Propos liminaire

Même après près de quatorze siècles et demi, le Noble Coran demeure devant nous dans son intégralité, absolument inchangé et intact. On peut affirmer la même chose avec une entière assurance au sujet des hadiths. De nombreuses tentatives visant à falsifier les hadiths ont été entreprises. Mais la communauté de Muhammad, au prix d’efforts extraordinaires, de sincérité, de dévouement et de sacrifices, a réussi à sélectionner et à préserver les hadiths authentiques, exacts et véridiques. À l’exception de la communauté de Muhammad — qu’Allah prie sur lui et le salue — aucune autre communauté d’un prophète n’a cherché à préserver avec une telle fidélité et une telle précision l’ensemble du mode de vie de son prophète, ses paroles, ses actes, ses activités, ainsi que chacun de ses mouvements, chacun de ses pas et chacune de ses décisions.

La rédaction des hadiths a commencé dès l’époque du Messager béni — qu’Allah prie sur lui et le salue. Dans les deux ou trois siècles qui suivirent sa disparition, tous les hadiths furent vérifiés et consignés avec exactitude. Au début, les tabi‘în et les tabi‘ at-tabi‘în commencèrent à consigner les hadiths dans des ouvrages distincts, classés par thèmes. Ces ouvrages furent appelés jami‘ et sunan. C’est ainsi que furent composés de nombreux recueils fondamentaux de hadiths. Ensuite, un groupe de muhaddiths entra en scène. Certains classèrent les hadiths selon les noms des Compagnons et consacrèrent un chapitre à chaque Compagnon rapporteur. D’autres les classèrent selon le nom de leur maître, c’est-à-dire du dernier rapporteur. D’autres encore consignèrent les hadiths relatifs à chaque thème dans une section distincte. Ces ouvrages furent respectivement appelés musnad, mu‘jam et risalah. Tous sont des recueils fondamentaux de hadiths. Puis un groupe de muhaddiths se consacra à la compilation de hadiths thématiques tirés de divers recueils de hadiths fiables. Parmi ces compilations, Riyad as-Salihin de l’imam an-Nawawi jouit d’un statut tout à fait exceptionnel.

Les particularités de Riyad as-Salihin

L’imam an-Nawawi (رحمه الله) composa cet ouvrage au terme de longues années d’efforts et de recherches. Il en tira les hadiths de plusieurs recueils fiables de première importance, notamment les Sihah Sittah. Riyad as-Salihin ne contient aucun hadith de quelque degré de faiblesse que ce soit. Au début de chaque paragraphe consacré aux hadiths d’un thème donné, différents versets du Noble Coran relatifs à ce thème sont d’abord cités, puis viennent les hadiths authentiques qui s’y rapportent. À la fin des hadiths, leur degré de fiabilité est indiqué, et une brève explication y est également jointe.

Les hadiths remarquables relatifs aux aspects quotidiens de notre vie y ont été réunis d’une manière si envoûtante que, dès qu’un lecteur attentif les étudie, ils suscitent un profond bouleversement dans les recoins les plus intimes de son cœur, et qu’aucun lecteur intéressé ne peut rester insensible à leur influence.

Le fait que les versets du Noble Coran soient placés au début de chaque chapitre, suivis de l’exposé des hadiths relatifs au thème, montre la profondeur du lien entre le Noble Coran et les hadiths. Il est ici clairement démontré que les hadiths constituent l’explication même du Noble Coran. Sans l’aide des hadiths, il est impossible de comprendre correctement le sens du Noble Coran, et c’est dans les hadiths que sont exposées les modalités pratiques de ses principes fondamentaux. En disposant les hadiths immédiatement après les versets coraniques, l’auteur a clairement mis ce point en évidence. Il s’agit là d’une caractéristique remarquable de cet ouvrage.

Dans cet ouvrage, l’imam an-Nawawi (رحمه الله) a inclus 423 versets du Noble Coran et 1 903 hadiths. Il a fait preuve d’une grande originalité dans le choix des thèmes. Il y a inclus des hadiths portant sur des sujets tels que chacun, du lecteur simplement instruit ou peu instruit jusqu’à la personne hautement instruite, peut en tirer un bénéfice égal. En effet, il y a réuni tous les aspects de la vie extérieure du musulman et du croyant, depuis la formation du caractère moral jusqu’à l’orientation correcte et à l’accomplissement convenable de toutes ses œuvres et pratiques, ainsi que les thèmes relatifs à la purification de son cœur et à son perfectionnement intérieur. Cet ouvrage cultive et entretient les dispositions humaines de l’être humain, ce qu’un lecteur pourra aisément comprendre après l’avoir étudié. L’une des principales caractéristiques de ce recueil de hadiths réside dans l’exposé détaillé de l’ensemble des actes de dévotion et d’adoration du croyant, ainsi que de sa présentation minutieuse devant Allah, conformément à l’indication subtile contenue dans le hadith de Jibril au sujet de l’intention. Sont notamment exposés, dans des paragraphes distincts, la muraqabah, la mujahadah, la muhasabah, le repentir, le tawakkul, l’ikhlas, le silk, la bienfaisance envers les parents, les bonnes relations avec les proches, la taqwa, la réflexion et la méditation au sujet d’Allah, ainsi que l’espoir et les aspirations concernant la foi. C’est pourquoi, selon les savants éminents, Riyad as-Salihin occupe, parmi les meilleurs ouvrages de l’imam an-Nawawi, la place qui suit son commentaire de Sahih Muslim.

Quelques termes de hadith et les différentes catégories de hadiths

Le contenu du hadith comprend les paroles prononcées par le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ou les propos d’un Compagnon à son sujet, les actes du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, qu’il ait accomplis lui-même ou qu’un Compagnon ait accomplis et qu’il ait approuvés ou désapprouvés, ainsi que l’expression d’un sentiment, d’une habitude ou d’un désir du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. La responsabilité principale de transmettre tout cela de la part du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — incombe aux nobles Compagnons. Les Compagnons n’ont dissimulé aucun fait concernant le Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. En effet, il est dit dans le Coran :

ما أَنكُمُ الرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَكُمْ عَنْهُ فَانْتَهُوا

« Acceptez ce que le Messager vous donne et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit. » Les Compagnons ont pleinement appliqué cette injonction. De même qu’ils ont veillé à connaître, comprendre et maîtriser avec le plus grand sérieux tout ce qui le concernait, ils ont également assumé la responsabilité de transmettre ces éléments aux générations futures avec le même sérieux et le même soin. En la matière, ils n’ont eu recours ni à la moindre négligence, ni à l’exagération, ni à l’insouciance, ni à l’imagination. Car ils connaissaient parfaitement cette parole du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — : « Que celui qui attribue sciemment un mensonge à mon sujet se prépare une demeure en Enfer. » (Sahih Muslim)

Ils rapportent exactement de la manière dont ils ont connu ou entendu la chose. En terminologie du hadith, cette véracité dans la transmission du hadith est appelée « adala ». Les traditionnistes sont unanimes sur le fait que les Compagnons n’ont eu recours à aucune forme de mensonge dans la transmission des hadiths. Leur opinion unanimement admise est donc :الصَّحَابَةُ كَلَهُمْ عُدُوْلٌ« Tous les Compagnons sont adil », c’est-à-dire véridiques.

Après les Compagnons, les Tabi‘in (les successeurs des Compagnons) assumèrent la responsabilité de transmettre et de préserver les hadiths, puis les Tabi‘ al-Tabi‘in (les successeurs des Tabi‘in). Ainsi, cette chaîne s’est poursuivie à travers les générations. Après l’époque des Compagnons, lorsque les termes « adil » et « adala » étaient associés à un rapporteur ou transmetteur, cinq qualités devaient nécessairement être réunies en lui. Ces qualités sont les suivantes : premièrement, il n’avait jamais menti au sujet des hadiths du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Deuxièmement, il n’avait jamais été reconnu comme menteur dans les affaires ordinaires de la vie mondaine. Troisièmement, ce n’était pas une personne inconnue dont la vie n’était pas documentée, de sorte qu’il fût impossible d’examiner son mode de vie sur cette base. Quatrièmement, il n’était pas pervers dans sa vie personnelle et sociale. Autrement dit, c’était un musulman qui, dans sa vie, suivait les prescriptions de l’islam, notamment les obligations et la Sunna. Il n’adoptait aucune croyance contraire au Coran et à la Sunna, et n’inventait pas, dans le domaine du culte et de la dévotion, de « bid‘a », c’est-à-dire de paroles ou d’actes nouveaux absents du Coran, de la Sunna et de la vie des Compagnons, pas plus qu’il ne suivait comme partie intégrante de la religion des paroles ou des actes ainsi inventés.

En plus de la qualité d’adala chez les transmetteurs, les traditionnistes ont considéré comme indispensable une autre qualité : le dabt. Le dabt désigne la capacité de mémorisation. Autrement dit, la mémoire du transmetteur devait être suffisamment solide pour lui permettre de se rappeler à tout moment, exactement et correctement, un contenu entendu ou écrit, sans qu’aucune partie n’en disparaisse de sa mémoire. Le rapporteur possédant ce type de mémoire est appelé dabit. Le rapporteur chez qui les qualités d’adala et de dabt sont pleinement réunies est appelé un rapporteur thiqa. Les transmetteurs de hadith sont appelés rawi, et l’ensemble de la chaîne de ces transmetteurs — du Compagnon au Tabi‘i, du Tabi‘i au Tabi‘ al-Tabi‘i, puis des Tabi‘ al-Tabi‘in aux transmetteurs des générations suivantes — est appelé isnad.

Les traditionnistes ont réparti les hadiths en plusieurs catégories. Ces divisions reposent sur l’isnad et les rapporteurs du hadith. Le hadith dont l’isnad remonte jusqu’au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et qui est accepté comme une parole du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — est appelé hadith marfu‘. Le hadith dont l’isnad ne remonte pas jusqu’au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, mais seulement jusqu’à un Compagnon, et qui est reconnu comme une parole de ce Compagnon, est appelé hadith mawquf. Il porte également le nom d’athar. Il va de soi qu’aucun Compagnon ne peut parler de sa propre initiative sur les questions fondamentales de la religion et de la Loi religieuse ; il l’a nécessairement entendu du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, mais, pour une raison valable, ne l’a pas attribué au Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. C’est pourquoi le hadith mawquf est également compté parmi les hadiths authentiques. Le hadith dont l’isnad s’arrête à un Tabi‘i et qui est accepté comme une parole de ce Tabi‘i est appelé hadith maqtu‘. Le maqtu‘ n’est pas recevable.

Le hadith dont la chaîne de transmission ne comporte, à aucun niveau, l’omission du nom d’un narrateur, et où le nom de chacun est mentionné à sa place, est appelé hadith « muttasil ». Quant au hadith dans la chaîne duquel le nom d’un narrateur manque à un niveau quelconque, il est appelé hadith « munqati‘ ». Le hadith munqati‘ se divise à son tour en deux catégories : « mursal » et « mu‘allaq ». Le hadith dans la chaîne duquel le nom du narrateur situé vers l’extrémité finale, c’est-à-dire celui du Compagnon, est omis, tandis qu’un tabi‘i rapporte directement le hadith du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), est appelé hadith mursal. L’imam Abou Hanifa (qu’Allah lui fasse miséricorde) et l’imam Malik (qu’Allah lui fasse miséricorde) ont accepté sans réserve les hadiths mursal. L’imam Ahmad ibn Hanbal (qu’Allah lui fasse miséricorde) a lui aussi accepté le hadith mursal plutôt que l’opinion et a émis des fatwas sur cette base. Le hadith dans la chaîne duquel le nom d’un ou de plusieurs narrateurs après le Compagnon est omis est appelé hadith « mu‘allaq ». Le hadith mu‘allaq n’est pas recevable. Le hadith muttasil dont chacun des narrateurs de la chaîne possède pleinement les qualités de ‘adala et de dabt, et qui est exempt de toute sorte de défaut ou de faiblesse dans sa transmission, est appelé hadith « sahih ». Le hadith dont le narrateur ne possède pas pleinement la qualité de dabt est appelé hadith « hasan ». Dans l’élaboration des règles juridiques, les fuqaha s’appuient généralement sur ces hadiths sahih et hasan.

Le hadith dont le narrateur ne possède pas les qualités d’un hadith hasan, c’est-à-dire celui chez qui la qualité de dabt fait défaut, est appelé hadith « da‘if ». La faiblesse du hadith da‘if est due à la faiblesse de son narrateur. Elle ne peut en revanche provenir du matn (texte original). Le hadith rapporté par un narrateur reconnu comme ayant, à un moment de sa vie, menti délibérément au nom du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), ou comme ayant forgé un mensonge en son nom, est appelé hadith « mawdu‘ ». Ce type de hadith n’est en aucune manière recevable.

Le hadith sahih qui, à chaque époque, a été rapporté par un si grand nombre de narrateurs qu’il leur était impossible de se réunir au même moment et au même endroit pour inventer un mensonge est appelé « hadith mutawatir ». Le hadith mutawatir permet d’acquérir l’‘ilm al-yaqin (une connaissance pleinement certaine), qui ne comporte pas la moindre trace d’hésitation ou de doute. Le hadith sahih qui, à chaque époque, a été rapporté par au moins trois narrateurs est appelé hadith « mashhur ». Le hadith sahih qui, à chaque époque, a été rapporté par au moins deux narrateurs est appelé hadith « ‘aziz ». Quant au hadith sahih qui, à une époque donnée, n’a été rapporté que par un seul narrateur, il est appelé hadith « gharib ». Ces trois dernières catégories de hadiths sont réunies sous le nom de « khabar al-wahid ». Comme le nombre de narrateurs du khabar al-wahid est inférieur à un certain niveau ou degré, celui-ci ne permet pas d’acquérir un ‘ilm al-yaqin égal à celui que procure le mutawatir. Cela ne signifie toutefois pas que ses narrateurs soient dépourvus de la qualité de dabt. Il ne relève donc pas de la catégorie des hadiths da‘if. Il arrive également qu’un même hadith soit qualifié à la fois de hasan et de sahih. Cela peut avoir plusieurs explications : premièrement, selon beaucoup, il s’agit simplement d’une terminologie propre à l’imam al-Tirmidhi ; deuxièmement, le hadith a été rapporté par deux chaînes, dont l’une est sahih et l’autre hasan ; troisièmement, le hadith est hasan au sens lexical et sahih au sens terminologique ; quatrièmement, le hadith est sahih du point de vue de ses qualités supérieures (c’est-à-dire la mémoire, la capacité de conservation et la précision), et hasan du point de vue de la qualité inférieure (c’est-à-dire la véracité).

Cinquièmement, les qualités sahih et hasan du hadith sont de même niveau. Sixièmement, le hadith est hasan du point de vue de sa chaîne de transmission et sahih du point de vue de son contenu. Septièmement, le hadith est hasan li-dhatihi et sahih li-ghayrihi. Autrement dit, il est hasan en raison des qualités qui lui sont propres, et sahih en raison d’un facteur extérieur à son essence. Par exemple, un hadith peut être rapporté par différentes chaînes, mais aucune n’atteint le degré de perfection requis ; il est donc classé parmi les hadiths hasan. Cependant, le grand nombre de ses chaînes lui confère extérieurement la qualité de sahih.

Biographie de l’imam al-Nawawi

Le nom complet et la généalogie de l’imam al-Nawawi sont les suivants : Muhyi al-Din Abou Zakariyya Yahya ibn Sharaf ibn Marri ibn Hasan ibn Husayn ibn Muhammad ibn Juma‘i ibn Hizam al-Nawawi. Son nom propre était Yahya, sa kunya Abou Zakariyya et son titre honorifique Muhyi al-Din.

Il naquit au mois de Muharram de l’an 631 de l’Hégire, dans le village appelé Nawā, près de Damas. Il passa son enfance dans son propre village, où il commença également sa scolarité. Il débuta ses études par l’apprentissage de l’alphabet arabe, la récitation du Coran et sa mémorisation. Durant son enfance et son adolescence, il ne manifesta aucun intérêt pour les jeux. Lorsque les garçons de son âge l’invitaient à jouer, il ne les accompagnait pas ; et lorsqu’ils insistaient, il se mettait à pleurer. Au début de sa jeunesse, son père échoua dans sa tentative de l’employer dans le commerce avec lui. Il comprit alors que son fils Zakariyya brûlait du désir d’acquérir le savoir. Les dispositions intellectuelles élevées et l’extraordinaire intelligence de son fils l’encouragèrent. En vue de ses études supérieures, il l’emmena à Damas, qui était alors le centre du savoir et des sciences. Là, l’imam al-Nawawi commença à étudier auprès du célèbre maître Kamal ibn Ahmad.

À ce sujet, l’imam al-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) a lui-même écrit : « Lorsque j’eus dix-neuf ans, mon père m’emmena à Damas. À mon arrivée, je m’inscrivis à la madrasa Rawahiya. J’y demeurai deux ans. La madrasa était chargée de pourvoir à la nourriture et aux boissons. » Son profond attachement à l’étude du savoir attirait également les maîtres vers lui. En l’an 650 de l’Hégire, il se rendit avec son père à Jérusalem et séjourna un mois et demi à Médine l’Illuminée. ‘Ata al-Din ibn ‘Ata rapporte que le shaykh al-Nawawi lui avait dit qu’il étudiait chaque jour douze matières auprès de son maître. Les principales étaient : al-Jam‘ bayna al-Sahihayn, Sahih Muslim, la nahw, le sarf, la logique, les fondements du fiqh et l’asma’ al-rijal. Sa mémoire était également extraordinaire. Ainsi, lorsqu’il étudiait une matière une seule fois, elle demeurait gravée dans sa mémoire. Il trouvait une satisfaction spirituelle dans l’étude du hadith et du fiqh. Il acquit la science du hadith auprès des plus éminents muhaddiths de son époque et devint également versé dans les usul al-fiqh et la logique.

L’imam an-Nawawî étudia auprès d’un grand nombre de maîtres. Voici les noms de quelques-uns de ses maîtres les plus éminents : 1. Abû Ibrâhîm Ishâq ibn Ahmad al-Maghribî ; 2. Abû Muhammad Abd ar-Rahmân ibn Nûh al-Maqdisî ; 3. Abû Hafs Umar ibn As‘ad ar-Rib‘î ; 4. Abû al-Hasan al-Arshilî ; 5. Abû Ishâq Ibrâhîm al-Murâdî ; 6. Abû al-Baqâ Khâlid ibn Yûsuf an-Nâbisî ; 7. Diyâ ibn Tammâm al-Hanafî ; 8. Abû al-Abbâs Ahmad al-Misrî ; 9. Abû Abd Allâh al-Jiyânî ; 10. Abû al-Fath Umar ibn Bundâr ; 11. Abû Ishâq al-Wâsitî ; 12. Abû al-Abbâs al-Maqdisî ; 13. Abû Muhammad at-Tanûkhî ; 14. Abû Abd ar-Rahmân al-Anbârî ; 15. Abû al-Faraj al-Maqdisî ; et 16. Abû Muhammad al-Ansârî.

Après avoir achevé son voyage à Bayt al-Maqdis et être retourné dans son village en 676 de l’Hégire, il tomba malade. Dans cet état, il décéda dans la nuit du mercredi 14 Rajab. Inna lillâhi wa inna ilayhi râji‘ûn.

L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) rédigea d’innombrables ouvrages précieux au cours de ses 45 années de vie. En voici quelques titres : 1. Sharh Kitâb al-Îmân de Sahîh al-Bukhârî, c’est-à-dire un ouvrage d’explication du chapitre Kitâb al-Îmân de Sahîh al-Bukhârî. 2. Al-Minhâj fî sharh Muslim ibn al-Hajjâj, c’est-à-dire un commentaire de Sahîh Muslim. À propos de cet ouvrage, l’imam an-Nawawî déclara lui-même : « Si je n’avais pas craint que l’allongement du livre n’affaiblisse mes forces et ne réduise le nombre de lecteurs, je l’aurais achevé en cent volumes. Après avoir pris tous les aspects en considération, je l’ai maintenu dans un format intermédiaire. Aujourd’hui, l’ouvrage est imprimé en deux volumes en arabe. » 3. Riyâd as-Sâlihîn. 4. Kitâb ar-Rawdah. Il s’agit d’un abrégé de l’ouvrage Sharh al-Kabîr d’ar-Râfi‘î. 5. Sharh al-Muhadhdhab. 6. Tahdhîb al-Asmâ’ wa as-Sifât. 7. Kitâb al-Adhkâr. 8. Irshâd fî ulûm al-hadîth. 9. Kitâb al-Mubhamât. 10. Sharh Sahîh al-Bukhârî, c’est-à-dire un commentaire de Sahîh al-Bukhârî. 11. Sharh Sunan Abî Dâwûd, c’est-à-dire un commentaire des Sunan d’Abû Dâwûd. 12. Tabaqât fuqahâ’ ash-Shâfi‘iyya. 13. Risâlah fî qismat al-ghanâ’im. 14. Fatâwâ. 15. Jâmi‘ as-Sunnah. 16. Bulghat al-Ahkâm. 17. Manâqib ash-Shâfi‘î. 18. Bustân al-‘Ârifîn. 19. Mukhtasar Usud al-Ghâbah. 20. Risâlat Istithbâb al-Qiyâm li Ahl al-Fadl.

L’imam an-Nawawî, qu’Allah lui fasse miséricorde, n’était pas seulement connu comme savant et traditionniste ; son noble caractère, sa piété et sa vie sans ostentation étaient considérés comme un modèle dans la société islamique de son époque. Prenant pour modèle le mode de vie du Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), il se nourrissait très simplement et portait des vêtements de tissu grossier. Les instruits comme les illettrés, les riches comme les pauvres, le respectaient tous. Cependant, malgré le grand respect dont il jouissait dans ce monde, il ne courut jamais après l’argent, l’honneur, les fonctions ou le pouvoir. De toute sa vie, il n’accepta jamais de fonds ni d’aide de l’État. Il n’accepta de don de personne. Il consacrait toute la journée soit à la prédication et à la diffusion de l’islam, soit au culte et à la dévotion. Il ne mangeait qu’une seule fois par jour et par nuit, et c’est à ce moment-là qu’il buvait de l’eau. Ses élèves étaient innombrables. Beaucoup d’entre eux acquirent par la suite une grande renommée.

Abd al-Mannân Tâlib

Propos préliminaires

L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde)

Toutes les louanges reviennent à Allah le Très-Haut. Il est Un et Unique, Tout-Puissant et Pardonneur des fautes. Il fait alterner la nuit et le jour, afin que les gens réfléchis et clairvoyants en tirent une leçon. Parmi Ses créatures, Il éveille qui Il veut et le rend entreprenant. Il l’occupe d’une réflexion et d’une méditation profondes, lui accorde la capacité d’accepter les exhortations, le maintient ferme dans l’obéissance et lui donne la faveur de se préparer pour l’au-delà. Il l’éloigne du chemin de la colère et de l’Enfer et lui accorde, en toute situation, la capacité de rester ferme sur la voie de la vérité et de la justice.

Je Le loue abondamment par les paroles les plus pures et les plus pleinement significatives de tous Ses attributs. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah. Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), notre seul et éminent guide, est le Messager, l’ami et le serviteur d’Allah. Il a appelé l’humanité à suivre le droit chemin et à établir le mode de vie révélé par Allah. Que mon salut sincère soit sur lui, sur les autres prophètes, ainsi que sur l’ensemble des Compagnons et des pieux.

Le but de la création de l’être humain et la voie correcte pour atteindre ce but. Le Très-Haut dit :

ومَا خَلَقْتُ الْجِنَّ وَالْإِنسَ إِلا لِيَعْبُدُونِ مَا أُرِيدُ مِنْهُمْ مِّن رِزْقٍ وَمَا أُرِيدُ أَنْ يُطْعِمُونِ

« Je n’ai créé les hommes et les djinns que pour qu’ils M’adorent. Je ne leur demande aucune subsistance et ne leur demande pas de Me nourrir. » (Sourate Adh-Dhâriyât, 51:56-57)

Ce verset prouve que les djinns et les êtres humains n’ont été créés que pour adorer Allah. Il est donc du devoir indispensable des hommes et des djinns d’accorder une attention particulière à ce but de la création. Ils ne doivent pas courir après le bonheur, la tranquillité et les plaisirs de ce monde, car ce monde est éphémère. Il n’est pas un lieu destiné à durer éternellement. Chacun devra le quitter. Ainsi, ceux qui consacrent leur vie à l’adoration et à l’obéissance envers Allah sont les plus vigilants, et ceux qui adoptent la sincérité et la piété sont les plus avisés. Le Coran dépeint ainsi le caractère éphémère de ce monde.

Le Très-Haut dit :

إِنَّمَا مَثَلُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا كَمَا أَنزَلْنَاهُ مِنَ السَّمَاء فَاخْتَلَطَ بِهِ نَبَاتُ الْأَرْضِ مِمَّا يَأْكُلُ النَّاسُ وَالْأَنْعَامُ حَتَّى إِذَا أَخَذَتِ الْأَرْضُ زُخْرُفَهَا وَازْيَّنَتْ وَظَنَّ أَهْلُهَا أَنَّهُمْ قَدِرُونَ عَلَيْهَا أَنَّهَا أَمْرُنَا ليلا أو نهاراً فَجَعَلْنَهَا حَصِيدًا كَان لَمْ تَغْنَ

بِالْأَمْسِ كَذلِكَ نُفَصِّلُ الْآيَتِ لِقَوْمٍ يَتَفَكَّرُونَ (سورة يونس : ٢٤)

« La vie présente est semblable à ceci : J’ai fait descendre du ciel une eau grâce à laquelle les plantes de la terre, dont se nourrissent les hommes et les animaux, devinrent abondantes. Puis, lorsque la terre eut revêtu toute sa parure, s’embellit et se décora, et que ses habitants pensèrent avoir le pouvoir d’en disposer, Notre ordre destructeur lui parvint, de nuit ou de jour. Nous la réduisîmes alors en chaume desséché, comme si elle n’avait jamais existé la veille. C’est ainsi que Nous exposons clairement les signes à ceux qui réfléchissent. » (Sourate Yûnus : 24)

Le poète dit :

« Nombreux sont les serviteurs d’Allah
qui ont rompu leurs liens avec ce monde
et redouté les malheurs ;
après une profonde observation, ils ont compris
que ce monde n’est pas la demeure éternelle de l’être humain ;
par leur connaissance des profondeurs des mers,
ils ont fait voguer sur le monde le navire de leurs œuvres bonnes et sincères. »

À la lumière de cette condition de permanence et d’impermanence du monde, j’ai exposé le but fondamental de notre création. Désormais, il incombe à toute personne douée de raison de se diriger sur la voie des gens vertueux et d’adopter la voie des personnes dotées d’une intelligence juste. En outre, elle doit se préparer sérieusement aux questions auxquelles j’ai fait allusion et au but que j’ai rappelé. C’est pourquoi la seule voie correcte consiste à obéir au Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix — et à le suivre. Le Très-Haut dit :

وَ تَعَاوَنُوا عَلَى البر والتقوى (المائدة : ٢)

« Entraidez-vous dans l’accomplissement du bien et dans la piété. » (Sourate al-Mâ’idah : 2)

Il est rapporté dans un hadith authentique :

وَاللَّهُ فِي عَوْنِ الْعَبْدِ مَا كَانَ الْعَبْدُ فِي عَوْنِ أَخِيهِ –

« Tant qu’un serviteur aide son frère, Allah continue de l’aider. » (Muslim, An-Nasaï et At-Tirmidhi)

Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit :

مَنْ دَلَّ عَلَى خَيْرٍ فَلَهُ مِثْلُ أَجْرِ فَاعِلِهِ –

« Celui qui indique une voie vers un bien recevra également la récompense de toute œuvre accomplie en conséquence. » (Muslim, Abou Dawoud)

Il a également dit :

مَنْ دَعَا إِلَى هُدًى كَانَ لَهُ مِنَ الْأَجْرِ مِثْلُ أَجُورٍ مَنْ تَبِعَهُ لا يَنْقُصُ ذَلِكَ مِنْ أَجُورِهِمْ شَيْئًا .

« Celui qui appelle à la guidance recevra une récompense égale à celle de ceux qui la suivent. La récompense d’aucun des deux ne sera diminuée. »

Il a dit à Ali (qu’Allah l’agrée) :

فَوَاللَّهِ لَأَنْ يُهْدِيَ اللَّهُ بِكَ رَجُلًا وَاحِدًا خَيْرٌ لَكَ مِنْ حُمْرِ النَّعَمِ .

« Par Allah ! Si, par ton intermédiaire, Allah guide ne serait-ce qu’une seule personne, cela vaut mieux pour toi que des chameaux rouges (qui sont les plus précieux). » (Al-Bukhari, Muslim)

J’ai eu l’intention de compiler brièvement les hadiths authentiques du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Grâce à ce recueil, le chemin de l’au-delà sera facilité pour le lecteur. Il lui permettra d’acquérir les qualités extérieures et intérieures. Il contiendra des hadiths qui suscitent l’intérêt pour l’obéissance à Allah et à Son Messager, ainsi que des hadiths relatifs à l’effort visant à réprimer les penchants mauvais et à réformer le caractère, avec toutes les règles, méthodes et programmes de l’élévation spirituelle. Dans cet ouvrage, j’ai, avec une attention particulière, inclus uniquement des hadiths authentiques tirés des recueils de hadiths célèbres. J’ai commencé les chapitres et les sections de cet ouvrage par des versets du Coran. Puis j’ai rapporté les hadiths.

J’espère qu’Allah fera de cet ouvrage un moyen de pousser le lecteur vers la sincérité, la piété et le bien, et de le préserver du péché et de la perdition. Je demande à ceux qui tireront profit de cet ouvrage de prier pour moi, pour mes parents, mes enseignants, mes amis et l’ensemble des musulmans. Je place ma confiance en Allah, le Miséricordieux. Il me suffit. J’ai en Lui une foi ferme. Il est le meilleur des soutiens et Celui qui résout le mieux les affaires. En dehors d’Allah le Très-Haut, nul ne possède le pouvoir de détourner de la mauvaise voie et de conduire vers la bonne voie. Je Lui confie donc toute chose.

 

Répartition de la traduction :

Maulana Sayyid Muhammad Ali : hadiths n° 1–176

Maulana Muhammad Musa : hadiths n° 177–373

Maulana Shamsul Alam Khan : hadiths n° 374–390

 

بسم الله الرحمن الرحيم

 

Section : 1 – L’ikhlâs (sincérité) et la niyya (intention)

L’ikhlâs (sincérité) et la niyya (intention)

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَا أُمِرُوا إِلا لِيَعْبُدُوا اللهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ حُنَفَاءَ وَيُقِيمُوا الصلوةَ وَيُؤْتُوا الزَّكَاةَ وَذَلِكَ دِينُ القَيِّمَةِ .

Allah, le Très-Haut, dit :

(1) « Il leur a été ordonné de n’adorer qu’Allah, en Lui vouant un culte sincère et exclusif, d’accomplir la salât (prière) et de s’acquitter de la zakât. Telle est la voie droite et solide. » (Sourate al-Bayyina : 5)

وَقَالَ تَعَالَى : لَنْ يُنَالَ اللهَ لُحُومُهَا وَلَا دِمَاؤُهَا وَلَكِنْ يُنَالُهُ التَّقْوَى مِنْكُمْ .

(2) « Ni la chair ni le sang de vos bêtes sacrificielles ne parviennent jamais à Allah ; c’est plutôt votre crainte révérencielle d’Allah qui Lui parvient. » (Sourate al-Hajj : 37)

وَقَالَ تَعَالَى : قُلْ إِنْ تُخْفُوا مَا فِي صُدُورِكُمْ أَوْ تُبْدُوهُ يَعْلَمُهُ اللَّهُ .

(3) « Dis : Que vous cachiez ou manifestiez ce qui est dans vos cœurs, Allah le sait tout entier. » (sourate Âl ‘Imrân : 29)

– وَعَنْ أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ أَبِي حَفْصِ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ بْنِ نُفَيْلِ بْنِ عَبْدِ الْعُزَّى ابْنِ رِيَاحِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ قُرْطِ بْنِ رَزَاحِ بْنِ عَدِي بْنِ كَعْبِ بْن لَزَيِّ بْنِ غَالِبٍ الْقُرَشِيِّ الْعَدَوِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ

عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّمَا الْأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ وَإِنَّمَا لِكُلِّ امْرِئٍ مَا نَوَى فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إِلَى الله وَرَسُولِهِ فَهَجْرَتُهُ إلى الله وَرَسُولِهِ وَمَنْ كَانَتْ هَجْرَتُهُ لِدُنْيَا يُصِيبُهَا أَوْ امْرَأَةٍ يَنْكِحُهَا فَهَجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْهِ مُتَّفَقٌ عَلَى

صِحْتِهِ –

1. Il est rapporté d’Amîr al-Mu’minîn ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Les actes ne valent que par leurs intentions, et chacun n’aura que ce qu’il aura eu l’intention d’accomplir. Ainsi, celui dont l’émigration a été faite pour Allah et Son Messager, son émigration sera pour Allah et Son Messager. Et celui qui émigre dans le but d’obtenir un avantage de ce bas monde ou d’épouser une femme, son émigration sera pour ce motif. » (Al-Bukhârî, Muslim)

– وَعَنْ أَمِّ الْمُؤْمِنِينَ أَمْ عَبْدِ اللهِ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَغْزُو جَيْشِ الْكَعْبَةَ فَإِذَا كَانُوا بِبَيْدَاءَ مِنَ الْأَرْضِ يُخْسَفُ بأولهم وأخرِهِمْ قَالَتْ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ كَيْفَ يُخْسَفُ بِأَوْلِهِمْ

وَأَخِرِهِمْ وَفِيهِمْ أَسْوَاقُهُمْ وَمَنْ لَيْسَ مِنْهُمْ قَالَ يُخْسَفُ بِأَوْلِهِمْ وَأَخِرِهِمْ ثُمَّ يُبْعَثُونَ عَلَى نِيَاتِهِمْ -مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ

2. Il est rapporté d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée). Elle dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Une armée se dirigera pour attaquer la Kaaba. Lorsqu’elle atteindra une plaine, la terre les engloutira, les premiers comme les derniers. Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : Je demandai : « Ô Messager d’Allah ! Comment la terre les engloutira-t-elle tous, les premiers comme les derniers, alors qu’il y aura parmi eux de nombreux habitants des villes ainsi que des gens qui ne feront pas partie des assaillants ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répondit : « La terre les engloutira tous, les premiers comme les derniers, puis ils seront ressuscités selon leurs intentions. » (Al-Bukhari et Muslim)

Ici, la version d’Al-Bukhari est citée.

وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا هجْرَةَ بَعْدَ الْفَتْحِ وَلَكُنْ جِهَادُ وَنِيَّةٌ وَإِذَا اسْتَنْفِرْتُمْ فَانْفِرُوا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

3. Il est rapporté d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée). Elle dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Il n’y a plus d’émigration après la conquête de La Mecque. Cependant, le jihâd et l’intention demeurent. Lorsque vous serez appelés au jihâd, partez donc. (Al-Bukhari et Muslim)

L’imam An-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Cela signifie qu’au moment où ce hadith fut rapporté, l’obligation d’émigrer de La Mecque n’était plus en vigueur, car La Mecque était alors devenue partie intégrante de l’État islamique.

وَعَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَزَاةٍ فَقَالَ إِنَّ بِالْمَدِينَةِ لَرِجَالاً مَا سِرْتُمْ مسيرا وَلَا قَطَعْتُمْ وَادِيًا إِلَّا كَانُوا مَعَكُمْ حَبَسَهُمُ الْمَرَضُ وَفِي رِوَايَةٍ إِلَّا

 شَرِكُوكُمْ فِي الْأَجْرِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ. وَرَوَاهُ الْبُخَارِيُّ عَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ رَجَعْنَا مِنْ غَزْوَةٍ تَبُوكَ مَعَ النَّبِيِّ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنَّ أَقْوَامًا خَلْفَنَا بِالْمَدِينَةِ مَا سَلَكْنَا شِعبًا وَلَا وَادِيًا إِلَّا وَهُمْ مَعَنَا حَبْسَهُمُ الْعُذْرُ.

4. Il est rapporté d’après Jabir ibn Abdullah Al-Ansari (qu’Allah l’agrée). Il dit : Nous participions à une expédition avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il dit alors : « Il y a à Médine des gens qui vous accompagnent partout où vous voyagez et dans toute plaine que vous traversez. La maladie les a retenus. » (Muslim) Selon une autre version : « Ils partagent avec vous la récompense. »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith d’Anas (qu’Allah l’agrée) en ces termes. Il dit : Après notre retour du djihad de Tabuk avec le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), il dit : « Nous avions laissé derrière nous, à Médine, des gens qui étaient comme avec nous dans chaque col et chaque plaine que nous avons traversés ; seule une excuse valable les en avait empêchés. »

ه وَعَنْ أَبِي يَزِيدَ مَعْنِ بْنِ يَزِيدَ بْنِ الْأَخْنَسِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ وَهُوَ وَأَبُوهُ وَجَدهُ صَحَابِيُّونَ قَالَ كَانَ أَبِي يَزِيدُ أَخْرَجَ دَنَانِيْرَ يَتَصَدِّقُ بِهَا فَوَضَعَهَا عِنْدَ رَجُلٍ فِي الْمَسْجِدِ فَجِئْتُ فَأَخَذْتُهَا فَأَتَيْتُهُ بِهَا فَقَالَ وَاللَّهِ مَا إِيَّاكَ أَرَدْتُ

 فَخَاصَمْتُهُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَكَ مَا نَوَيْتَ يَا يَزِيدُ وَلَكَ مَا أَخَذْتَ يَا مَعْنُ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

5. Abou Yazid Ma‘n ibn Yazid ibn Akhnas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Lui, son père et son grand-père étaient tous trois des Compagnons. Il dit : Mon père, Yazid (qu’Allah l’agrée), sortit quelques dinars (pièces d’or) afin de les donner en aumône. Il les confia à un homme dans la mosquée. Je vins les prendre, puis mon père me dit : « Par Allah ! Je n’avais pas l’intention de te les donner. » Je présentai alors l’affaire au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Il dit : « Ô Yazid ! Tu auras la récompense de ce que tu as eu l’intention de faire. Et ô Ma‘n ! Ce que tu as pris t’appartient également. » (Al-Bukhari)

٦- وَعَنْ أَبِي إِسْحَاقَ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ مَالِكِ بْنِ وَهَيْبِ بْنِ عَبْدِ مَنَافِ ابْنِ زُهْرَةَ بْنِ كِلابِ بْنِ مُرَّةَ بْنِ كَعْبِ بْنِ لُغَيِّ الْقُرَشِيِّ الزُّهْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَحَدِ الْعَشَرَةِ الْمَشْهُودِ لَهُمْ بِالْجَنَّةِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ قَالَ جَاءَنِي

 رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَعُودُنِي عَامَ حَجَّةِ الْوَدَاعِ مِنْ وَجَعِ اشْتَدَّ بِي فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي قَدْ بَلَغَ بِي مِنَ الْوَجَعِ مَا تَرَى وَأَنَا ذُوْمَالٍ وَلَا يَرِثُنِي إِلَّا ابْنَةً لِي أَفَا تَصَدِّقُ بِثُلُثَى مَالَي ؟ قَالَ “لا” قُلْتُ فَالشَّطْرُ يَا

رَسُولَ اللَّهِ ؟ فَقَالَ لَا قُلْتُ فَالثُّلْتُ يَا رَسُولَ الله ؟ اللهِ ؟ قَالَ الثلث كَثِيرٌ أَوْ كَبِيرٌ إِنَّكَ أَنْ تَذَرَ وَرَثَتَكَ أَغْنِيَاءَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ تَذَرَهُمْ عَالَةً يَتَكَفَّفُونَ النَّاسَ وَإِنَّكَ لَنْ تُنْفِقَ نَفَقَةً تَبْتَغِي بِهَا وَجْهَ اللَّهِ إِلَّا أَجِرْتَ عَلَيْهَا حَتَّى مَا تَجْعَلُ فِي

 فِي امْرَأَتِكَ قَالَ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَخَلَّفُ بَعْدَ اصْحَابِي ؟ قَالَ إِنَّكَ لَنْ تُخَلَّفَ فَتَعْمَلَ عَمَلا تَبْتَغِي بِهِ وَجْهَ اللَّهِ إِلَّا ازْدَدْتَ بِهِ دَرَجَةً وَرَفْعَةٌ وَلَعَلَّكَ أَنْ تُخَلَّفَ حَتَّى يَنْتَفِعَ بِكَ أَقَوَامٌ وَيُضَرِّ بِكَ أَخَرُونَ اللَّهُمَّ أمْضِ لِأَصْحَابِي

 هِجْرَتَهُمْ وَلَا تَرُدَّهُمْ عَلَى أَعْقَابِهِمْ لَكِنِ الْبَائِسُ سَعْدُ بْنُ خَوْلَةَ يَرْنِي لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ مَاتَ بِمَكَّةَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

6. D’après Abou Ishaq Sa‘d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée). Il était l’un des dix Compagnons auxquels le Paradis a été annoncé. Il dit : L’année du pèlerinage d’adieu, je tombai gravement malade et le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) vint me rendre visite. Je lui dis : Ô Messager d’Allah ! Vous voyez bien l’état de ma maladie. Je suis un homme fortuné et je n’ai pour héritière que ma fille. Puis-je donner en aumône les deux tiers de mes biens ? Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : Non. Je demandai de nouveau : Ô Messager d’Allah ! Alors la moitié ? Il répondit : Non. Je dis : Ô Messager d’Allah ! Alors le tiers — puis-je en donner le tiers ? Il répondit : Donne le tiers, et le tiers est déjà beaucoup, voire considérable. Il vaut mieux que tu laisses tes héritiers riches plutôt que de les laisser démunis, contraints de tendre la main aux gens. Quelle que soit la dépense que tu accomplis pour obtenir l’agrément d’Allah, tu en recevras certainement une récompense, même pour la bouchée que tu mets dans la bouche de ton épouse. Abou Ishaq (qu’Allah l’agrée) dit : Je demandai : Ô Messager d’Allah ! Vais-je rester en arrière de mes compagnons, à La Mecque après l’émigration ? Il répondit : Tu ne feras aucune œuvre en restant sur place pour obtenir l’agrément d’Allah sans que ton rang et ton honneur n’en soient assurément accrus. Il est fort possible que tu restes en vie ; alors certains tireront profit de toi, tandis que d’autres subiront un préjudice à cause de toi. Ô Allah ! Accomplis l’émigration de mes compagnons et ne les ramène pas en arrière. Mais Sa‘d ibn Khawla est vraiment digne de compassion. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) exprima ses condoléances à l’occasion de sa mort à La Mecque. (Al-Bukhârî, Muslim)

وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ صَخْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى لَا يَنْظُرُ إِلَى أَجْسَامِكُمْ وَلَا إِلَى صُوَرِكُمْ وَلَكِنْ يَنظُرُ إِلى قُلُوْبِكُمْ وَأَعْمَالِكُمْ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ .

7. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Allah ne considère ni vos corps ni vos apparences, mais Il regarde vos cœurs et vos œuvres. (Muslim)

وَعَنْ أَبِي مُوسَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ قَيْسِ الْأَشْعَرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سُئِلَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الرَّجُلِ يُقَاتِلُ شَجَاعَةً وَيُقَاتِلُ حَمِيةٌ وَيُقَاتِلُ رِبَاءٌ أَيُّ ذَلِكَ فِي سَبِيْلِ اللَّهِ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ

وَسَلَّمَ مَنْ قَاتَلَ لِتَكُونَ كَلِمَةُ اللَّهِ هِيَ الْعُلْيَا فَهُوَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ (مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ )

8. D’après Abou Moussa al-Ach‘arî (qu’Allah l’agrée), on demanda au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) : Quel est celui qui combat pour faire montre de bravoure, celui qui combat par esprit d’honneur et de noblesse ancestrale, et celui qui combat par désir d’être vu : lequel d’entre eux combat dans le sentier d’Allah ? Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : Celui qui combat uniquement pour que la parole d’Allah soit élevée, voilà celui qui combat dans le sentier d’Allah. (Al-Bukhârî, Muslim)

– وَعَنْ أَبِي بَكْرَةً نُفَيْعِ بْنِ الْحَارِثِ الثَّقَفِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا الْتَقَى الْمُسْلِمَانِ بِسَيْفَيْهِمَا فَالْقَاتِلُ وَالْمَقْتُولُ فِي النَّارِ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ هُذَا الْقَاتِلُ فَمَا بَالُ الْمَقْتُولِ؟ قَالَ إِنَّهُ كَانَ

حَرِيصًا عَلَى قَبْلِ صَاحِبِهِ (مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ)

9. D’après Abou Bakra Noufay ibn al-Harith al-Thaqafî (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque deux musulmans s’affrontent avec leurs épées, le meurtrier et la victime seront tous deux en Enfer. » Abou Bakra (qu’Allah l’agrée) demanda : « Ô Messager d’Allah ! Celui-ci est le meurtrier, mais qu’en est-il de la victime, pour qu’elle soit elle aussi en Enfer ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : « Elle désirait également tuer son adversaire. » (Al-Boukhari et Mouslim)

١٠- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صَلاةُ الرَّجُلِ فِي جَمَاعَةٍ تَزِيدُ عَلَى صَلَاتِهِ فِى سُوقِهِ وَبَيْتِهِ بِضْعًا وَعِشْرِينَ دَرَجَةً وَذَلِكَ أَنْ أَحَدَهُمُ إِذَا تَوَضًا فَأَحْسَنَ الْوُضُوءَ ثُمَّ آتَى

الْمَسْجِدَ لَا يُرِيدُ إِلا الصلاة لا يَنْهَرُهُ إِلا الصَّلاةُ لَمْ يَخْطُ خُطُوَةً إِلا رُفِعَ لَهُ بِهَا دَرَجَةً وَحُطَّ عَنْهُ بِهَا خَطِيئَةٌ حَتَّى يَدْخُلَ الْمَسْجِدَ فَإِذَا دَخَلَ الْمَسْجِدَ كَانَ فِي الصَّلَاةِ مَا كَانَتِ الصَّلاةُ هِيَ تَحْبِسُهُ وَالْمَلَائِكَةُ يُصَلُّوْنَ عَلَى

 أَحَدِكُمْ مَا دَامَ فِي مَجْلِسِهِ الَّذِي صَلَّى فِيهِ يَقُولُونَ اللَّهُمَّ ارْحَمْهُ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُ اللَّهُمَّ تُبْ عَلَيْهِ مَا لَمْ يُؤْذِ فِيْهِ مَا لَمْ يُحْدِثُ فِيْهِ (مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَهُذَا لَفْظُ مُسْلِمٍ وَقَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَنْهَرُهُ هُوَ بِفَتْحِ الْيَاءِ وَالْهَاءِ
وَبِالزَّأَي أَي يُخْرِجُهُ وَيُنْهِضُهُ

10. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « La récompense de la prière accomplie en assemblée par une personne est supérieure de plus de vingt fois à celle de sa prière au marché ou chez elle. En effet, lorsqu’une personne accomplit correctement ses ablutions puis se rend à la mosquée uniquement dans le but d’y prier, sans qu’aucune autre chose ne l’y pousse, chacun de ses pas jusqu’à son entrée dans la mosquée élève son rang d’un degré et efface un de ses péchés. Lorsqu’elle entre dans la mosquée, elle est considérée comme étant en prière tant que la prière la retient. Tant que l’un d’entre vous reste à l’endroit où il prie, sans nuire à personne dans la mosquée ni rompre ses ablutions, les anges continuent d’invoquer Allah en sa faveur en disant : “Ô Allah, accorde-lui Ta miséricorde ! Ô Allah, pardonne-lui ! Ô Allah, accepte son repentir !” » (Al-Boukhari et Mouslim)

۱۱ – وَعَنْ أَبِي الْعَبَّاسِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسِ بْنِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِيمَا يَرْوِي عَنْ رَبِّهِ عَزَّ وَجَلٌ قَالَ إِنَّ اللَّهَ كتب الحسناتِ والسَّيِّئَاتِ ثُمَّ بَيْنَ ذَلِكَ فَمَنْ هُمْ بِحَسَنَةٍ فَلَمْ

يَعْمَلُهَا كَتَبَهَا اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى عِنْدَهُ حَسَنَةً كَامِلَةً وَإِنْ هَمْ بِهَا فَعَمِلَهَا كَتَبَهَا اللَّهُ عَشْرَ حَسَنَاتٍ إلى سَبْعِ مِائَةِ ضِعْفَ إِلَى أَضْعَافَ كَثِيرَةٍ وَإِنْ هُمْ بِسَيِّئَةٍ فَلَمْ يَعْمَلُهَا كَتَبَهَا اللَّهُ عِنْدَهُ حَسَنَةٌ كَامِلَةً وَإِنْ هَمْ بِهَا فَعَمِلَهَا

  كَتَبَهَا اللَّهُ سَيِّئَةً وَاحِدَةً مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.

11. D’après ʿAbdullah ibn al-ʿAbbās (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), rapportant les paroles de son Seigneur, le Très-Haut et Tout-Puissant, a dit : « Allah a déterminé les bonnes actions et les mauvaises actions, puis Il les a exposées clairement. Ainsi, lorsqu’une personne a l’intention d’accomplir une bonne action mais ne l’accomplit pas, Allah le Très-Haut lui inscrit une récompense complète. Et si elle l’accomplit, Allah lui inscrit de dix à sept cents récompenses, et même davantage. Lorsqu’une personne a l’intention d’accomplir une mauvaise action mais ne l’accomplit pas, Allah lui inscrit en échange une récompense complète. Et si elle l’accomplit, Allah ne lui inscrit à cause de celle-ci qu’un seul péché. » (Al-Bukhari et Muslim)

وَعَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُوْلُ انْطَلَقَ ثَلَاثَةٌ نَفَرٍ مِمَّنْ كَانَ قَبْلَكُم حَتَّى أَوَاهُمُ الْمِبَيْتُ إِلى غَارِ فَدَخَلُوهُ فَاتُحَدَرَتْ صَخْرَةٌ ۱۲

مِنَ الْجَبَلِ فَسَدَتْ عَلَيْهِمُ الْغَارَ فَقَالُوا إِنَّهُ لَا يُنْجِيْكُمْ مِنْ هَذِهِ الصَّخْرَةِ إِلَّا أَنْ تَدْعُوا اللَّهَ بِصَالِحٍ أَعْمَالِكُمْ قَالَ رَجُلٌ مِنْهُمُ اللَّهُمَّ كَانَ لِي أَبْوَانِ شَيْخَانِ كَبِيرَانِ وَكُنْتُ لَا أَغْبِقُ قَبْلَهُمَا أَهْلاً وَلَا مَالاً فَنَاى بِي طَلَبُ الشَّجَرِ يَوْمًا

فَلَمْ أُرِحٍ عَلَيْهِمَا حَتَّى نَامَا فَعَلَيْتْ لَهُمَا غَبُوقَهُمَا فَوَجَدتُهُمَا نَائِمَيْنِ فَكَرِهْتُ أَنْ أَوْقِظَهُمَا وَأَنْ أَغْبِقَ قَبْلَهُمَا اهلا أَوْ مَالاً فَلَبِثْتُ وَالْقَدَحُ عَلَى يَدِى انْتَظِرُ اسْتِيْقَاظَهُمَا حَتَّى بَرِقَ الْفَجْرُ والصَّبْيَةُ يَتَضَاغَوْنَ عِنْدَ قَدَمَى

فَاسْتَيْقَظَا فَشَرِبَا غَبُوقَهُمَا اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتُ فَعَلْتُ ذلِكَ ابْتِغَاءَ وَجْهِكَ فَفَرِّجْ عَنَّا مَا نَحْنُ فِيهِ مِنْ هَذِهِ الصَّخْرَةِ فَانْفَرَجَتْ شَيْئًا لا يَسْتَطِيعُونَ الْخُرُوجَ مِنْهُ قَالَ الْآخَرُ اللَّهُمَّ إِنَّهُ كَانَتْ لِي ابْنَةُ عَمَّ كَانَتْ أَحَبٌ النَّاسِ إِلَى وَفِي

رِوَايَةٍ كُنْتُ أَحِبُّهَا كَاشَدِ مَا يُحِبُّ الرِّجَالُ النِّسَاءَ فَأَرَدْتُهَا عَلَى نَفْسِهَا فَامْتَنَعَتْ مِنِّى حَتَّى المُتْ بِهَا سَنَةٌ مِنَ السِّنِينَ فَجَاءَتْنِي فَأَعْطَيْتُهَا عشْرِينَ وَمِائَةَ دِينَارٍ عَلَى أَنْ تُخَلَّى بَيْنِي وَبَيْنَ نَفْسِهَا فَفَعَلَتْ حَتَّى إِذَا قَدَرْتُ

عَلَيْهَا وَفِي رِوَايَةٍ فَلَمَّا فَعَدْتُ بَيْنَ رِجْلَيْهَا قَالَتْ اتَّقِ اللَّهَ وَلَا تَفْضُ الْخَاتَمَ إِلَّا بِحَقِّهِ فَانْصَرَفَتْ عَنْهَا وَهِيَ أَحَبُّ النَّاسِ إِلَى وَتَرَكْتُ الذَّهَبَ الَّذِي أَعْطَيْتُهَا اللهم ان إِن كُنتُ فَعَلْتُ ذَلِكَ ابْتِغَاءَ وَجْهِكَ فَاخْرُجْ عَنَّا مَا نَحْنُ فِيْهِ

فَانْفَرَجَتِ الصَّخْرَةُ غَيْرَ أَنَّهُمْ لَا يَسْتَطِيعُونَ الْخُرُوجَ مِنْهَا وَقَالَ الثَّالِثُ اللَّهُمَّ اسْتَأْجَرْتُ أجراء وأَعْطَيْتُهُمْ أَجْرَهُمْ غَيْرَ رَجُلٍ وَاحِدٍ تَرَكَ الَّذِي لَهُ وَذَهَبَ فَشَمَّرْتُ أَجْرَهُ حَتَّى كَثُرَتْ مِنْهُ الْأَمْوَالُ فَجَاءَنِي بَعْدَ حِينٍ فَقَالَ يَا عَبْدَ اللَّهِ

إِذِ إِلَى أَجْرِى فَقُلْتُ كُلُّ مَا تَرَى مِنْ أَجْرِكَ مِنَ الْإِبِلِ وَالْبَقَرِ وَالْغَنَمِ وَالرِّقِيقِ فَقَالَ يَا عَبْدَ اللَّهِ لَا تَسْتَهْزِئُ بِي فَقُلْتُ لَا أَسْتَهْزِئُ بِكَ فَأَخَذَهُ كُلَّهُ فَاسْتَاقَهُ فَلَمْ يَتْرُكْ مِنْهُ شَيْئًا اللهُم إِنْ كُنْتُ فَعَلْتُ ذَلِكَ ابْتِغَاءَ وَجْهِكَ فَاخْرُجْ

عَنَّا مَا نَحْنُ فِيْهِ فَانْفَرَجَتِ الصَّخْرَةُ فَخَرَجُوا يَمْشُونَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.

12. D’après ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : Trois hommes parmi ceux qui vous ont précédés se mirent en route. À la tombée de la nuit, ils cherchèrent refuge dans une grotte d’une montagne. Après qu’ils y furent entrés, un rocher se détacha et obstrua l’entrée de leur grotte. Ils se dirent les uns aux autres : « Vous ne pourrez vous délivrer de ce rocher qu’en invoquant Allah l’Unique en prenant pour intermédiaire vos œuvres sincères. »

L’un d’eux dit : « Ô Allah ! Mes parents étaient très âgés. Je leur donnais à boire le lait avant d’en donner à ma famille, à mes enfants et à mes serviteurs. Un jour, je dus aller très loin à la recherche de bois et ne pus rentrer chez moi à l’heure habituelle ; ils s’étaient donc endormis. Après avoir trait le lait destiné à leur repas du soir, je les trouvai endormis. Je n’aimai pas les réveiller, pas plus que je ne voulus donner à boire à ma famille et à mes serviteurs avant eux. Je restai donc debout, la coupe de lait à la main, à attendre leur réveil. Pendant ce temps, mes enfants pleuraient de faim à mes pieds. L’aube se leva ainsi. Puis ils se réveillèrent et burent le lait. Ô Allah ! Si j’ai fait cela uniquement pour obtenir Ton agrément, délivre-nous du malheur dans lequel nous a plongés ce rocher. » Le rocher se déplaça quelque peu, mais ils ne purent pas encore sortir par l’ouverture.

Un autre dit : « Ô Allah ! J’avais une cousine que j’aimais plus que toute autre personne. Selon une autre version : je l’aimais autant qu’un homme peut aimer une femme. Je lui exprimai mon désir d’avoir des rapports avec elle, mais elle refusa. Puis, durant une année de famine, elle vint me trouver. Je lui donnai cent vingt pièces d’or à condition qu’elle accepte d’avoir des rapports avec moi dans l’intimité ; elle accepta. Lorsque je pus disposer d’elle — selon une autre version : lorsque je m’assis entre ses jambes — elle dit : “Crains Allah et ne porte pas illicitement atteinte à ma chasteté.” Je la quittai aussitôt, alors qu’elle était, parmi tous les êtres humains, la personne que j’aimais le plus. Je renonçai également à l’or que je lui avais donné. Ô Allah ! Si j’ai fait cela uniquement pour obtenir Ton agrément, délivre-nous de ce malheur. » Le rocher se déplaça encore un peu, mais ils ne purent toujours pas sortir.

Le troisième dit : « Ô Allah ! J’avais engagé plusieurs ouvriers. Je les payai tous, mais l’un d’eux partit en laissant son salaire. Je fis fructifier ce salaire dans le commerce, et ses biens augmentèrent considérablement. Quelque temps plus tard, cet homme vint me trouver et dit : “Ô serviteur d’Allah, donne-moi mon salaire.” Je lui répondis : “Tout ce que tu vois — ces chameaux, ces bovins, ces chèvres et ces serviteurs — t’appartient.” Il dit : “Ô serviteur d’Allah, ne te moque pas de moi.” Je lui répondis : “Je ne me moque pas de toi.” Il prit alors tout et ne laissa rien. Ô Allah ! Si j’ai fait cela uniquement pour obtenir Ton agrément, délivre-nous de ce malheur. » Le rocher se déplaça complètement ; ils sortirent alors tous en marchant. (Al-Bukhari et Muslim)

Chapitre : 2 — Le repentir

Le repentir

Les savants disent que le repentir de tout péché est obligatoire. Si le péché concerne uniquement la relation entre Allah et Son serviteur et qu’aucun droit d’autrui n’y est impliqué, le repentir comporte trois conditions : premièrement, le repentant doit s’abstenir du péché ; deuxièmement, il doit regretter le péché qu’il a commis ; troisièmement, il doit être fermement résolu à ne plus jamais commettre ce péché. Si le péché concerne le droit d’une personne, une quatrième condition s’ajoute aux trois précédentes : le repentant doit restituer à l’ayant droit ce qui lui revient. S’il s’agit d’un droit portant sur des biens ou sur toute autre chose de ce genre, il doit les lui rendre. S’il s’agit d’une accusation diffamatoire — notamment une accusation d’adultère — ou d’une affaire similaire, il doit se soumettre à la peine infligée par la personne concernée ou lui demander pardon. En cas de médisance ou de propos malveillants, il doit demander pardon à la personne concernée. Le repentir de tous les péchés est obligatoire. Si l’on se repent de certains péchés, ce repentir sera accepté, tandis que le repentir des autres péchés restera encore dû. L’obligation du repentir est établie par le Coran, la Sunna et le consensus de la communauté.

 قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَا الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ .

Le Très-Haut dit :

« Ô croyants ! Repentez-vous tous auprès d’Allah, afin que vous réussissiez. » (Sourate An-Nûr : 31)

 وَقَالَ تَعَالَى : اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ثُمَّ تُوبُوا إِلَيْهِ .

(b) « Demandez pardon à votre Seigneur pour vos péchés, puis repentez-vous auprès de Lui. » (Sourate Hûd : 3)

 وَقَالَ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا تُوبُوا إِلَى اللَّهِ تَوْبَةً نَصُوحًا

(c) « Ô croyants ! Repentez-vous auprès d’Allah d’un repentir sincère (tawba nasûha) [Pour accomplir une tawba nasûha, trois choses sont indispensables : (a) se repentir de tous les péchés ; (b) être exempt de toute sorte de doute, de gêne et d’hésitation concernant le repentir ; et (c) être fermement résolu à maintenir ce repentir. (Le traducteur)] — (Sourate At-Tahrîm : 8)

۱۳ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ وَاللَّهِ إِنِّي لَاسْتَغْفِرُ اللهَ وَآتُوبُ إِلَيْهِ فِي الْيَوْمِ أَكْثَرَ مِنْ سَبْعِينَ مَرَّةً رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

13. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Par Allah ! Je me repens plus de soixante-dix fois par jour et je demande pardon à Allah.

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

١٤- وَعَنِ الْآخَرِ بْنِ يَسَارِ الْمُزَنِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأَيُّهَا النَّاسُ تُوبُوا إِلَى اللهِ وَاسْتَغْفِرُوهُ فَإِنِّي أَتُوبُ فِي الْيَوْمِ مِائَةَ مَرَّةٍ رَوَاهُ مُسْلِم

14. D’après al-Aghar ibn Yasar al-Muzani (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ô gens ! Repentez-vous auprès d’Allah et demandez-Lui pardon, car je me repens cent fois par jour. » (Muslim)

١٥ – وَعَنْ أَبِي حَمْزَةَ أَنَسِ بْنِ مَالِكَ الْأَنْصَارِيِّ خَادِمٍ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللَّهُ أَفْرَحُ بِتَوْبَةِ عَبْدِهِ مِنْ أَحَدِكُمْ سَقَطَ عَلَى بَعِيرِهِ وَقَدْ أَضَلَّهُ فِي أَرْضِ

 فَلَاةٍ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ . وفي رواية لمسلم اللهُ أَشَدُّ فَرَحًا بِتَوْبَةِ عَبْدِهِ حِيْنَ يَتُوبُ إِلَيْهِ مِنْ أَحَدِكُمْ كَانَ على راحلته بِأَرْضِ فَلَاةٍ فَانْفَلَتَتْ مِنْهُ وَعَلَيْهَا طَعَامُهُ وَشَرَابُهُ فَأَيْسَ مِنْهَا فَآتَى شَجَرَةٌ فَاضْطَجَعَ فِي ظِلِهَا وَقَدْ أَيسَ

مِنْ رَاحِلَتِهِ فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذَا هُوَ بِهَا قَائِمَةً عِنْدَهُ فَأَخَذَ بِخِطَامِهَا ثُمَّ قَالَ مِنْ شِدَّةِ الْفَرَحِ اللَّهُمَّ أَنْتَ عَبْدِي وَأَنَا رَبُّكَ أَخْطَا من شدة الفرح

15. D’après Abou Hamza Anas ibn Malik (qu’Allah l’agrée), serviteur du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), il a dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Allah se réjouit davantage du repentir de Son serviteur que l’un de vous lorsque, après avoir perdu son chameau dans le désert, il le retrouve. » (Al-Bukhari, Muslim)

Dans une autre version rapportée par Muslim : « Allah se réjouit davantage du repentir de Son serviteur que l’un de vous lorsque son chameau, avec sa nourriture et sa boisson, se perd dans le désert. Il se couche alors, désespéré, à l’ombre d’un arbre. Dans cet état de désespoir, il voit soudain son chameau debout près de lui ; il saisit sa bride et s’écrie, sous l’effet d’une joie immense : “Ô Allah ! Tu es mon serviteur et je suis ton seigneur !” Il s’est trompé sous l’effet de son immense joie. »

١٦ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى عَبْدِ اللهِ بْنِ قَيْسِ الْأَشْعَرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى يَبْسُطُ يَدَهُ بِاللَّيْلِ لِيَتُوبَ مُسْئُ النَّهَارِ وَيَبْسُطُ يَدَهُ بِالنَّهَارِ لِيَتُوبَ مُسْئُ اللَّيْلِ حَتَّى تَطْلُعَ الشَّمْسُ

مِنْ مَغْرِبِهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ .

16. Abou Moussa Abdallah ibn Qays al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Jusqu’à ce que le soleil se lève à l’ouest (c’est-à-dire jusqu’au Jour de la Résurrection), Allah Très-Haut continuera chaque nuit à tendre Sa main de puissance, afin que le pécheur du jour se repente. Et chaque jour, Il continuera à tendre Sa main de puissance, afin que le pécheur de la nuit se repente. » (Muslim)

۱۷ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ تَابَ قَبْلَ أَنْ تَطْلُعَ الشَّمْسُ مِنْ مَغْرِبِهَا تَابَ اللَّهُ عَلَيْهِ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ .

17. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Allah acceptera le repentir de quiconque se repentira avant que le soleil ne se lève à l’ouest. » (Muslim)

۱۸ – وَعَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلٌ يَقْبَلُ تَوْبَةَ الْعَبْدِ مَا لَمْ يُغَرغِرْ – رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثُ حَسَنٌ .

18. Abdallah ibn Omar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Allah, le Très-Grand et le Tout-Puissant, accepte le repentir de Son serviteur jusqu’à l’apparition des signes de sa mort. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hasan.

۱۹ – وَعَنْ زِرِ بْنِ حُبَيْشِ قَالَ أَتَيْتُ صَفْوَانَ بْنَ عَسَالٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَسْأَلُهُ عَنِ الْمَسْحِ عَلَى الْخُفَّيْنِ فَقَالَ مَا جَاءَ بِكَ يَا زِرِ؟ فَقُلْتُ ابْتِغَاءَ الْعِلْمِ فَقَالَ إِنَّ الْمَلَائِكَةَ تَضَعُ اجْنِحَتَهَا لِطَالِبِ الْعِلْمِ رِضَى بِمَا يَطْلُبُ فَقُلْتُ إِنَّهُ قَدْ

حَكَ فِي صَدْرِي الْمَسْحُ عَلَى الْخُفَّيْنِ بَعْدَ الْغَائِطِ وَالْبَوْلِ وَكُنْتَ امْرُهُ مِنْ أَصْحَابِ النَّبِيِّ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَجِئْتُ أَسْأَلُكَ هَلْ سَمِعْتَهُ يَذْكُرُ فِي ذَلِكَ شَيْئًا ؟ قَالَ نَعَمْ كَانَ يَأْمُرُنَا إِذَا كُنَّا سَفَرًا أَوْ مُسَافِرِينَ أَنْ لَا تَنْزِعَ

خِفَافَنَا ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ وَلَيَالِيْهِنَّ الا مِنْ جَنَابَةٍ لَكِنْ مِنْ غَائِطِ وَيَوْلٍ وَنَوْمٍ فَقُلْتُ هَلْ سَمِعْتَهُ يَذْكُرُ فِي الْهَوَى شَيئًا ؟ قَالَ نَعَمْ كُنَّا مَعَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي سَفَرٍ فَبَيْنَا نَحْنُ عِنْدَهُ إِذْ نَادَاهُ أَعْرَابِيُّ بِصَوْتٍ لَهُ

جَهْوَرِي يَا مُحَمَّدُ فَاجَابَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَحْوًا مِنْ صَوْتِهِ هَاؤُمُ فَقُلْتُ لَهُ وَيْحَكَ أَغْضُضْ مِنْ صَوْتِكَ فَإِنَّكَ عِندَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَدْ نُهِيتَ عَنْ هَذَا فَقَالَ وَاللَّهِ لَا أَغْضُضْ قَالَ الْأَعْرَابِيُّ الْمَرْءُ

يُحِبُّ الْقَوْمَ وَلَمَّا يَلْحَقِّ بِهِمْ؟ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَرْءُ مَعَ مَنْ أَحَبُّ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَمَا زَالَ يُحَدِّثْنَا حَتَّى ذَكَرَ بَابًا مِنَ الْمَغْرِبِ مَسِيرَةُ عَرْضِهِ أَوْ يَسِيرُ الرَّاكِبُ فِي عَرْضِهِ أَرْبَعِينَ أَوْ سَبْعِينَ عَامًا قَالَ سُفْيَانُ أحَدُ

الرُّواةِ قِبَلَ الشَّامِ خَلَقَهُ اللهُ تَعَالَى يَوْمَ خَلَقَ السَّمَوَاتِ وَالْأَرْضَ مَفْتُوحًا للتَّوْبَةِ لَا يُغْلَقُ حَتَّى تَطْلُعَ الشَّمْسُ مِنْهُ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَغَيْرُهُ وَقَالَ حَدِيثٍ حَسَنٌ صَحِيح .

19. D’après Zirr ibn Hubaysh (qu’Allah l’agrée), il dit : Je me suis rendu auprès de Safwân ibn ‘Assâl (qu’Allah l’agrée) afin de l’interroger au sujet de l’essuyage sur les chaussettes. Lorsqu’il me demanda le motif de ma venue, je répondis : « Je suis venu chercher la connaissance. » Il dit : « Les anges déploient leurs ailes pour celui qui recherche la connaissance, satisfaits de son étude. » Je lui dis : « J’ai un doute au sujet de l’essuyage sur les chaussettes après avoir satisfait un besoin naturel. Et vous êtes un compagnon du Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue). Je suis donc venu vous demander si vous avez entendu de lui une parole à ce sujet. » Il dit : « Oui. Lorsque nous étions en voyage, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) nous ordonnait de ne pas retirer nos chaussettes pendant trois jours et trois nuits, sauf en cas de janâbah (l’état d’impureté rituelle qui rend obligatoire le bain rituel). Toutefois, après avoir satisfait un besoin naturel ou dormi, il n’est pas nécessaire de retirer les chaussettes lors des ablutions (c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire de laver les pieds : il suffit de les essuyer). »

Je lui demandai : « Avez-vous entendu le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) dire quelque chose au sujet de l’amour ? » Il répondit : « Oui. Nous étions en voyage avec le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). Alors que nous étions près de lui, un bédouin l’appela soudain à voix haute : “Ô Muhammad !” Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) lui répondit d’une voix aussi forte : “Assieds-toi.” Je lui dis : “Ah ! Baisse la voix, car tu te trouves auprès du Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue), et il t’est interdit d’agir ainsi.” L’homme dit : “Je ne baisserai pas la voix.” Puis il demanda : “Que pensez-vous d’un homme qui aime un peuple alors qu’il ne les a pas encore rejoints ?” Le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) répondit : “L’homme sera, le Jour de la Résurrection, avec celui qu’il aime.” » Ainsi, tout en poursuivant son propos, il finit par mentionner une porte située à l’ouest, dont la largeur pourrait être franchie à pied ou par quelque moyen de transport en quarante ou soixante-dix ans.

Un transmetteur de hadith nommé Sufyān dit : Depuis le jour où Allah — exalté soit-Il — a créé les cieux et la terre, cette porte est restée ouverte au repentir (en direction de la Syrie). Elle ne sera pas fermée avant que le soleil ne se lève de l’ouest.

L’imam at-Tirmidhī et d’autres ont rapporté ce hadith, et il l’a qualifié de hadith hasan et sahih.

٢٠ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ سَعْدِ بْنِ مَالِكِ بْنِ سِنَانٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ نَبِيٍّ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كَانَ فِيمَنْ كَانَ قَبْلَكُمْ رَجُلٌ قَتَلَ تِسْعَةٌ وَتِسْعِيْنَ نَفْسًا فَسَأَلَ عَنْ أَعْلَمِ أَهْلِ الْأَرْضِ فَدَلَ عَلَى رَاهِبٍ فَآتَاهُ

 فَقَالَ إِنَّهُ قَتَلَ تِسْعَةً وَتِسْعِيْنَ نَفْسًا فَهَل لَهُ مِنْ تَوْبَةٍ ؟ فَقَالَ لَا فَقَتَلَهُ فَكَمِّلَ بِهِ مِائَةً ثُمَّ سَأَلَ عَنْ أَعْلَم أهْلِ الْأَرْضِ قَدْلٌ عَلَى رَجُلٍ عَالِمٍ فَقَالَ إِنَّهُ قَتَلَ مِائَةَ نَفْسٍ فَهَلْ لَهُ مِنْ تَوْبَةٍ ؟ فَقَالَ نَعَمْ وَمَنْ يَحُولُ بَيْنَهُ وَبَيْنَ

التَّوْبَةِ انْطَلِقُ إِلَى أَرْضِ كَذَا وَكَذَا فَإِنَّ بِهَا أَنَاسًا يَعْبُدُونَ اللهَ تَعَالَى فَاعْبُدِ اللَّهَ مَعَهُمْ وَلَا تَرْجِعُ إِلَى أَرْضِكَ فَإِنَّهَا أَرْضُ سُوءٍ فَانْطَلَقَ حَتَّى إِذَا نَصَفَ الطَّرِيقَ آتَاهُ الْمَوْتُ فَاخْتَصَمَتْ فِيهِ مَلَائِكَةُ الرَّحْمَةِ وَمَلَائِكَةُ الْعَذَابِ فَقَالَتْ

مَلائِكَةُ الرَّحْمَةِ جَاءَ تَائِبًا مُقْبلاً بِقَلْبِهِ إِلى الله تَعَالَى وَقَالَتْ مَلَائِكَةُ الْعَذَابِ إِنَّهُ لَمْ يَعْمَلْ خَيْرًا قَطُّ فَأَتَاهُمْ مَلَكَ فِي صُورَةٍ أدَمِيٌّ فَجَعَلُوهُ بَيْنَهُمْ أَيُّ حَكَمًا فَقَالَ قِيْسُوا مَا بَيْنَ الْأَرْضَيْنِ فَالِى أَيْتِهِمَا كَانَ أَدْنَى فَهُوَ لَهُ فَقَاسُوا

فَوَجَدُوهُ أَدْنى إِلَى الْأَرْضِ الَّتِي أَرَادَ فَقَبَضَتْهُ مَلَائِكَةُ الرحمة – متفق عليه. وَفِي رِوَايَة فِي الصَّحِيحِ فَكَانَ إِلَى الْقَرْيَةِ الصَّالِحَةِ أَقْرَبَ بِشِبْرٍ فَجُعِلَ مِنْ أَهْلِهَا وَفِي رِوَايَةٍ فِي الصَّحِيحِ فَأَوْحَى اللَّهُ تَعَالَى إِلَى هُذِهِ أَنْ تَبَاعَدِي

وَإِلَى هذهِ أَنْ تَقَرِّبَى وَقَالَ قِيْسُوا مَا بَيْنَهُمَا فَوَجَدُوهُ إِلَى هَذِهِ أَقْرَبَ بِشِبْرٍ فَغْفِرَ لَهُ وَفِي رِوَايَةٍ فَنَايَ بِصَدْرِهِ نَحْوَهَا

20. Abou Sa‘îd Sa‘d ibn Mâlik ibn Sinân al-Khoudrî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Parmi ceux qui vécurent avant vous, un homme tua quatre-vingt-dix-neuf personnes, puis se mit à rechercher le plus grand savant de la terre. On lui indiqua un moine chrétien retiré du monde. Il se rendit auprès de lui et lui dit qu’il avait tué quatre-vingt-dix-neuf personnes et lui demanda s’il pouvait encore se repentir. Le moine répondit que non. L’homme le tua alors, portant ainsi à cent le nombre de ses victimes. Puis, ayant de nouveau recherché le plus grand savant de la terre, on lui indiqua un savant. Il se rendit auprès de lui et lui dit qu’il avait tué cent personnes, lui demandant s’il pouvait encore se repentir. Le savant répondit : “Oui, la possibilité de se repentir existe. Qui donc pourrait s’interposer entre toi et le repentir ? Va dans tel endroit. Là-bas, des gens adorent Allah ; adore-Le avec eux et ne retourne pas dans ton pays, car c’est une mauvaise contrée.” L’homme se mit en route vers l’endroit indiqué. Alors qu’il avait parcouru la moitié du chemin, son heure arriva. Un différend opposa alors les anges de la miséricorde aux anges du châtiment. Les anges de la miséricorde dirent : “Cet homme s’est repenti et est revenu vers Allah.” Mais les anges du châtiment dirent : “Il n’a jamais accompli la moindre bonne œuvre.” Sur ces entrefaites, un autre ange vint à eux sous une apparence humaine. Ils le prirent comme arbitre dans leur différend. L’arbitre dit : “Mesurez la distance entre lui et les deux contrées. Il appartiendra à celle dont il sera le plus proche.” Après avoir mesuré, ils le trouvèrent plus proche de la contrée vers laquelle il se dirigeait. Les anges de la miséricorde prirent donc son âme. » (Al-Boukhârî et Mouslim)

Dans une autre version d’Al-Boukhârî, il est dit que cet homme se trouvait à une coudée de plus de la cité des gens pieux. Il fut donc compté parmi eux. Une autre version d’Al-Boukhârî rapporte qu’Allah ordonna aux anges de mesurer la terre, en faisant reculer la terre d’un côté et avancer celle de l’autre. Ils trouvèrent ainsi l’homme plus proche d’une demi-coudée de la terre des gens pieux. Il fut donc pardonné. Une autre version précise qu’il se traîna sur la poitrine, s’éloignant ainsi de la terre des gens pervers.

۲۱- وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بن کا بن كعب بن مالك وَكَانَ قَائِدُ كَعْبٍ رَضى ى اللهُ عَنْهُ مِنْ بَنِيهِ حِيْنَ عَمِيَ قَالَ سَمِعْتُ كَعْبَ بْنَ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يُحَدِّثُ بِحَدِيثِهِ حِيْنَ تَخَلَّفَ عَنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَزْوَةِ

تَبُوكَ قَالَ كَعْبٌ لَمْ اتَخَلَّفْ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَزْوَةٍ غَزَاهَا قَطُّ إِلَّا فِي غَزْوَةٍ تَبُوكَ غَيْرَ أَنِّي قَدْ تَخَلَّفْتُ فِي غَزْوَةِ بَدْرٍ وَلَمْ يُعَاتَبْ أَحَدٌ تَخَلَّفَ عَنْهُ إِنَّمَا خَرَجَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

وَالْمُسْلِمُونَ يُرِيدُونَ عَيْرَ قُرَيْشٍ حَتَّى جَمَعَ اللَّهُ تَعَالَى بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ عَدُوِّهِمْ عَلَى غَيْرِ مِبْعَادِ وَلَقَدْ شَهِدْتُ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيْلَةَ الْعَقَبَةِ حِيْنَ تَوَاثَقْنَا عَلَى الْإِسْلَامِ وَمَا أُحِبُّ أَنْ لِي بِهَا مَشْهَدَ بَدْرٍ وَإِنْ

كَانَتْ بَدْرٌ أَذْكَرَ فِي النَّاسِ مِنْهَا . وَكَانَ مِنْ خَبَرِي حِيْنَ تَخَلَّفْتُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَزْوَةٍ تَبُوكَ أَنِّي لَمْ أَكُنْ قَط أَقْوى وَلَا أَيْسَرَ مِنِّي حِيْنَ تَخَلَّفْتُ عَنْهُ فِي تِلْكَ الْغَزْوَةِ وَاللَّهِ مَا جَمَعْتُ قَبْلَهَا رَاحِلَتَيْنِ

قَطُّ حَتَّى جَمَعْتُهُمَا فِي تِلْكَ الْغَزْوَةِ وَلَمْ يَكُنْ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُرِيدُ غَزْوَةً إِلَّا وَرَى بِغَيْرِهَا حَتَّى كَانَتْ تِلْكَ الْغَزْوَةُ فَغَزَاهَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي حَرِّ شَدِيدٍ وَاسْتَقْبَلَ سَفَرًا بَعِيداً ومَفَارًا

وَاسْتَقْبَلَ عَدَداً كَثِيرًا فَجَلَى لِلْمُسْلِمِينَ أَمْرَهُمْ لِيَتَاهُبُوا أَهْبَةً غَزُوهِمْ فَأَخْبَرَهُمْ بِوَجْهِهِمُ الَّذِي يُرِيدُ وَالْمُسْلِمُونَ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَثِيرٌ وَلَا يَجْمَعُهُمْ كِتَابٌ حَافِظ يُرِيدُ بذَلِكَ الدِّيوَانَ قَالَ كَعْبٌ فَقَلْ رَجُلٌ

يُرِيدُ أَنْ يَتَغَيْبَ إِلَّا ظَنَّ أَنَّ ذَلِكَ سَيَخْفَى بِهِ مَا لَمْ يَنْزِلُ فِيْهِ وَحْيٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى وَغَزَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تِلْكَ الْغَزْوَةَ حِيْنَ طَابَتِ الشِّمَارُ وَالظُّلَالُ فَأَنَا إِلَيْهَا أَصْعَرُ فَتَجَهُزَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

وَالْمُسْلِمُونَ مَعَهُ وَطَفِقْتُ اغْدُو لِكَى أَتَجَهْزَ مَعَهُ فَارْجِعُ وَلَمْ أَقْضِ شَيْئًا وَأَقُولُ فِي نَفْسِي أَنَا قَادِرٌ عَلَى ذَلِكَ إِذَا أَرَدْتُ فَلَمْ يَزَلْ يَتَمَادَى بِي حَتَّى اسْتَمَرُ بِالنَّاسِ الْجُدُّ فَأَصْبَحَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ غَادِيًا

وَالْمُسْلِمُونُ مَعَهُ وَلَمْ أَقْضِ مِنْ جِهَازِي شَيْئًا ثُمَّ غَدَوْتُ فَرَجَعْتُ وَلَمْ اقْضِ شَيْئًا فَلَمْ يَزَلْ يَتَمَادَى بِي حَتَّى أَسْرَعُوا وَتَفَارَطَ الْغَزِرُ فَهَمَمْتُ أَنْ أَرْتَحِلَ فَأُدْرِكَهُمْ فَيَا لَيْتَنِي فَعَلْتُ ثُمَّ لَمْ يُقَدِّرُ ذَلِكَ لِي فَطَفِقْتُ إِذَا خَرَجْتُ فِي

النَّاسِ بَعْدَ خُرُوجِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَحْزُنُنِي أَنِّي لا أرى لِى أَسْوَةً إِلَّا رَجُلاً مَعْمُوصًا عَلَيْهِ فِي النِّفَاقِ أَوْ رَجُلاً مِمَّنْ عَذَرَ اللهُ تَعَالَى مِنَ الضُّعَفَاءِ وَلَمْ يَذْكُرْنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى بَلَغَ

تَبُوكَ فَقَالَ وَهُوَ جَالِسٌ فِي الْقَوْمِ بِتَبُوكَ مَا فَعَلَ كَعْبُ بْنُ مَالِكَ؟ فَقَالَ رَجُلٌ مِنْ بَنِي سَلِمَةَ يَا رَسُولَ اللهِ حَبَسَهُ بُرْدَاهُ وَالنَّظَرُ فِي عِطْفَيْهِ فَقَالَ لَهُ مُعَادُ بْنُ جَبَلٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ بِئْسَ مَا قُلْتَ وَاللهِ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا عَلِمْنَا

عَلَيْهِ إِلَّا خَيْرًا فَسَكَتَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَبَيْنَا هُوَ عَلَى ذَلِكَ رَأَى رَجُلاً مبيضا يزولُ بِهِ السَّرَابُ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُنْ أَبَا خَيْثَمَةَ فَإِذَا هُوَ أَبُو خَيْثَمَةَ الْأَنْصَارِيُّ وَهُوَ الَّذِي تَصَدِّقَ بِصَاعِ

الشَّمْرِ حِينَ لَمَزَهُ الْمُنَافِقُونَ قَالَ كَعْبٌ فَلَمَّا بَلَغَنِي أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ تَوَجُهَ قَافِلاً مِّنْ تَبُوكَ حَضَرَنِي بَنِى فَطَفَقْتُ أَتَذَكَّرُ الْكَذِبَ وَأَقُولُ بِمَا أَخْرُجُ مِنْ سَخَطِهِ غدًا وَاسْتَعِينُ عَلَى ذلك بكُلِّ ذي رأى مِنْ

أَهْلي فَلَمَّا قَبْلَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ أَظَلَّ قَادِمًا زَاحَ عَنِّى الْبَاطِلُ حَتَّى عَرَفْتُ أَنِّي لَمْ أَنْجُ مِنْهُ بِشَيْ أَبَدا فَأَجْمَعْتُ صِدْقَهُ وَأَصْبَحَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَادِمًا وَكَانَ إِذَا قَدِمَ مِنْ سَفَرٍ بَدَأَ

بِالْمَسْجِدِ فَرَكَعَ فِيهِ رَكْعَتَيْنِ ثُمَّ جَلَسَ لِلنَّاسِ فَلَمَّا فَعَلَ ذلِكَ جَاءَهُ الْمُخَلَّفُونَ يَعْتَذِرُونَ إِلَيْهِ وَيَحْلِفُونَ لَهُ وَكَانُوا بِضْعًا وَثَمَانِينَ رَجُلاً فَقَبِلَ مِنْهُمْ عَلَانِيَتَهُمْ وَتَابَعَهُمْ وَاسْتَغْفَرَ لَهُمْ وَوَكَلَ سَرَائِرَهُمْ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى حَتَّى جِئْتُ

فَلَمَّا سَلَّمْتُ تَبَسَّمَ تَبَسَّمَ الْمُغْضَبِ ثُمَّ قَالَ تَعَالَ فَجِئْتُ أَمْشِي حَتَّى جَلَسْتُ بَيْنَ يَدَيْهِ فَقَالَ لِي مَا خَلْفَكَ أَلَمْ تَكُنْ قَدِ ابْنَعْتَ ظَهْرَكَ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ إِنِّي وَاللهِ لَوْ جَلَسْتُ عِنْدَ غَيْرِكَ مِنْ أَهْلِ الدُّنْيَا لَرَأَيْتُ إِنِّي

سَأَخْرُجُ مِنْ سَخَطِهِ بِعُذر لَقَدْ أُعْطِيتُ جَدَلاً ولكنني وَاللَّهِ لَقَدْ عَلِمْتُ لَئِنْ حَدَّثْتُكَ الْيَوْمَ حَدِيثَ كَذِبٍ تَرْضَى بِهِ عَنِّى لَيُوشِكَنَّ اللهُ يُسْخِطَكَ عَلَى وَإِنْ حَدَّثْتُكَ حَدِيثَ صدق تَجِدُ عَلَى فِيْهِ إِنِّي لَأَرْجُو فِيْهِ عُقْبَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلٌ

وَاللَّهِ مَا كَانَ لِي مِنْ عُدْرٍ وَاللَّهِ مَا كُنْتُ قَطُّ أَقْوى وَلَا أَيْسَرَ مِنِّي حِينَ تَخَلَّفْتُ عَنْكَ. قَالَ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَّا هُذَا فَقَدْ صَدَقَ فَقُمْ حَتَّى يَقْضِيَ اللهُ فِيكَ وَسَارَ رِجَالٌ مِنْ بَنِي سَلِمَةَ فَاتَّبَعُونِي فَقَالُوا

لِي وَاللَّهِ مَا عَلِمْنَاكَ اذْنَبْتَ ذَنْبًا قَبْلَ هَذَا لَقَدْ عَجَزَتَ فِي أَنْ لَا تَكُونَ اعْتَذَرْتَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَا اعْتَذَرَ بِهِ إِلَيْهِ الْمُخَلَّفُونَ فَقَدْ كَانَ كَافِيَكَ ذَنْبَكَ اسْتِغْفَارُ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَكَ قَالَ

فَوَاللَّهِ مَا زَالُوْا يُؤْنَبُونَنِي حَتَّى أَرَدْتُ أن أرجع إلى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَكَذَبَ نَفْسِي ثُمَّ قُلْتُ لَهُمْ هَلْ لقِي هَذَا مَعِيَ مِنْ أَحَدٍ ؟ قَالُوا نَعَمْ لَقِيَهُ مَعَكَ رَجُلَانِ قَالَا مِثْلَ مَا قُلْتَ وَقِبْلَ لَهُمَا مِثْلَ مَا قَبْلَ لَكَ قَالَ

قُلْتُ مَنْ هُمَا ؟ قَالُوا مُرَارَةُ بْنُ الرَّبِيعِ الْعَمْرِيُّ وَهِلَالُ بن أمية الواقفِيُّ قَالَ فَذَكَرُوا لِي رَجُلَيْنِ صَالِحَيْنِ قَدْ شَهِدًا بَدْرًا فِيْهِمَا أَسْوَةً قَالَ فَمَضَيْتُ حِيْنَ ذَكَرُوهُمَا لِي وَنَهَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ كَلَامِنَا أيُّهَا

الثَّلَاثَةُ مِنْ بَيْنِ مَنْ تَخَلَّفَ عَنْهُ قَالَ فَاجْتَنَبَنَا النَّاسُ أَوْ قَالَ تَغَيَّرُوا لَنَا حَتَّى تَنَكَّرَتْ لِي فِي نَفْسِي الْأَرْضُ فَمَا هِيَ بِالْأَرْضِ الَّتِي أَعْرِفُ فَلَبِثْنَا عَلَى ذَلِكَ خَمْسِينَ لَيْلَةً فَأَمَّا صَاحِبَايَ فَاسْتَكَانَا وَقَعَدَا فِي بُيُوتِهِمَا يَبْكِيَانِ وَأَمَّا

أَنَا فَكُنْتُ أَشَبِّ الْقَوْمِ وَأَجْلَدَهُمْ فَكُنتُ أَخْرُجُ فَأَشْهَدُ الصَّلَاةَ مَعَ الْمُسْلِمِينَ وَاطُوْفُ فِي الْأَسْوَاقِ وَلَا يُكَلِّمُنِي أَحَدٌ وَأَتَى رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَسَلِّمُ عَلَيْهِ وَهُوَ فِي مَجْلِسِهِ بَعْدَ الصَّلَاةِ فَأَقُولُ فِي نَفْسِي هَلْ

حَرَّكَ شَفَتَيْهِ بِرَدِ السلام أم لا ؟ ثُمَّ أَصَلَّى قَرِيبًا مِنْهُ وَأَسَارِقُهُ النَّظَرَ فَإِذَا أَقْبَلْتُ عَلَى صَلَاتِي نَظَرَ إِلَى وَإِذَا الْتَفَتْ نَحْوَهُ أَعْرَضَ عَنِّى حَتَّى إِذَا طَالَ ذَلِكَ عَلَى مِنْ جَفْوَةِ الْمُسْلِمِينَ مَشَيْتُ حَتَّى تَسَوَّرْتُ جدارَ حَائِط أَبِي

قَتَادَةَ وَهُوَ ابْنُ عَمَى وَأَحَبُّ النَّاسِ إِلَى فَسَلَّمْتُ عَلَيْهِ فَوَاللهِ مَا رَدَّ عَلَى السَّلَامَ فَقُلْتُ لَهُ يَا أَبَا قَتَادَةَ أَنْشُدُكَ بِاللَّهِ هَلْ تَعْلَمُنِي أُحِبُّ اللهَ وَرَسُولَهُ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَكَتَ فَعُدْتُ فَنَا شَدْتُهُ فَسَكَتَ فَعُدتُ فَنَاشَدْتُهُ

فَقَالَ اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ فَفَاضَتْ عَيْنَايَ وَتَوَلَّيْتُ حَتَّى تَسَورْتُ الجِدَارَ فَبَيْنَا أَنَا أَمْشِي فِى سُوقِ المَدِينَةِ إِذَا نَبَطِيِّ مِّنْ نَبَطِ أَهْلِ الشَّامِ مِمَّنْ قَدِمَ بِالطَّعَامِ يَبِيعُهُ بِالْمَدِينَةِ يَقُولُ مَنْ يَدُلُّ عَلَى كَعْبِ بْنِ مَالِكَ؟ فَطَفِقَ النَّاسُ

يُشِيرُونَ لَهُ إِلَى حَتَّى جَاءَنِي فَدَفَعَ إِلَى كِتَابًا مِّنْ مَلِكِ غَسَّانَ وَكُنْتُ كَاتِبًا فَقَرَأْتُهُ فَإِذَا فِيْهِ : أَمَّا بَعْدُ فَإِنَّهُ قَدْ بَلَغَنَا أَنْ صَاحِبَكَ قَدْ جَفَاكَ وَلَمْ يَجْعَلُكَ اللَّهُ بِدَارِ هَوَانٍ وَلَا مَضْيَعَةٍ فَالْحَقِّ بِنَا نُوَاسِكَ فَقُلْتُ حِيْنَ قَرَأْتُهَا وَهَذِهِ

أَيْضًا مِنَ الْبَلَاءِ فَتَيَمَّمْتُ بِهَا التَّنُّورَ فَسَجَرْتُهَا حَتَّى إِذَا مَضَتْ أَرْبَعُوْنَ مِنَ الْخَمْسِينَ وَاسْتَلْبَثَ الْوَحْيُ إِذَا رَسُولُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأْتِيْنِي فَقَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأْمُرُكَ أَنْ تَعْتَزِلَ امْرَأَتَكَ

فَقُلْتُ أَطَلَقُهَا أَمْ مَاذَا أَفْعَلُ؟ قَالَ لَا بَلْ اعْتَزِلُهَا فَلَا تَقْرَبَنَّهَا وَأَرْسَلَ إِلَى صَاحِبَى بِمِثْلِ ذَلِكَ فَقُلْتُ الإِمْرَاتِي الْحَقِي بِأَهْلِكِ فَكُوْنِي عِنْدَهُمْ حَتَّى يَقْضِيَ اللَّهُ فِي هَذَا الْأَمْرِ فَجَاءَتْ امْرَأَةُ هِلَالِ بْنِ أُمَيَّةَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ

عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ لَهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ هِلَالَ بْنَ أُمَيَّةَ شَيْخٌ ضَائِعٌ لَيْسَ لَهُ خَادِمٌ فَهَلْ تَكْرَهُ أَنْ أَخْدُمَهُ؟ قَالَ لَا ولكن لا يَقْرَبَنَّكِ فَقَالَتْ إِنَّهُ وَاللَّهِ مَا بِهِ مِنْ حَرَكَةٍ إِلَى شَيْءٍ وَوَاللَّهِ مَا زَالَ يَبْكِي مُنْذُ كَانَ مِنْ أَمْرِهِ مَا كَانَ إِلَى

يَوْمِهِ هذا فَقَالَ لِي بَعْضُ أَهْلِي لَوِ اسْتَأْذَنَتَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي امْرَأَتِكَ فَقَد أَذِنَ لِامْرَأَةِ هلال بْنِ أُمَيَّةَ أَن تَخْدُمَهُ ؟ فَقُلْتُ لَا أَسْتَأْذِنُ فِيهَا رَسُوْلَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَا يُدْرِيْنِي مَاذَا يَقُولُ رَسُولُ

اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا اسْتَأْذَنْتُهُ فِيْهَا وَأَنَا رَجُلٌ شَابٌ فَلَبِثْتُ بِذلِكَ عَشْرَ لَيَالٍ فَكَمَلَ لَنَا خَمْسُونَ لَيْلَةً مِنْ حِينَ نُهِيَ عَنْ كَلَامِنَا . ثُمَّ صَلَّيْتُ صَلَاةَ الْفَجْرِ صَبَاحَ خَمْسِينَ لَيْلَةً عَلَى ظَهْرِ بَيْتٍ مِّنْ بُيُوتِنَا فَبَيْنَا أَنَا

جَالِسٌ عَلَى الْحَالِ الَّتِي ذَكَرَ اللهُ تَعَالَى مِنَّا قَدْ ضَاقَتْ عَلَى نَفْسِي وَضَاقَتْ عَلَى الْأَرْضُ بِمَا رَحُبَتْ سَمِعْتُ صَوْتَ صَارِحْ أَوْ فِى عَلَى سَلْعِ يَقُولُ بِأَعْلَى صَوْتِهِ يَا كَعْبَ بْنَ مَالِكِ أَبْشِرُ فَخَرَرْتُ سَاجِدًا وَعَرَفْتُ أَنَّهُ قَدْ جَاءَ

فَرَجٌ فَاذَنَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ النَّاسَ بِتَوْبَةِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ عَلَيْنَا حِينَ صَلَّى صَلاةَ الْفَجْرِ فَذَهَبَ النَّاسُ يُبَشِّرُونَنَا فَذَهَبَ قِبَلَ صَاحِبَي مُبَشِّرُونَ وَرَكَضَ رَجُلٌ إِلَى فَرَسًا وَسَعَى سَاعٍ مِنْ أَسْلَمَ قِبَلِي وَأَوْفَى

عَلَى الْجَبَلِ وَكَانَ الصَّوْتُ أَشْرَعَ مِنَ الْفَرَسِ فَلَمَّا جَاءَنِي الَّذِي سَمِعْتُ صَوْتَهُ يُبَشِّرُنِي نَزَعْتُ لَهُ ثَوْبَى فَكَسَوْتُهُمَا إِيَّاهُ بِبَشَارَتِهِ وَاللهِ مَا أَمْلِكُ غَيْرَهُمَا يَوْمَئِذٍ وَاسْتَعَرْتُ ثَوْبَيْنِ فَلَبِسْتُهُمَا وانْطَلَقْتُ أَتَاهُمُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى

اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَتَلَقَّانِي النَّاسُ فَوْجًا فَوْجًا يُهننونني بالتَّوْبَةِ وَيَقُولُونَ لِي لِتَهْنِكَ تَوْبَةُ اللَّهِ عَلَيْكَ حَتَّى دَخَلْتُ الْمَسْجِدَ فَإِذَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَالِسٌ حَوْلَهُ النَّاسُ فَقَامَ طَلْحَةُ بْنُ عُبَيْدِ اللهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ

يُهَرُولُ حَتَّى صَافَحَنِي وَهَنَّانِي وَاللَّهِ مَا قَامَ رَجُلٌ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ غَيْرُهُ فَكَانَ كَعْبُ لَا يَنْسَاهَا لِطَلْحَةَ قَالَ كَعْبٌ فَلَمَّا سَلَّمْتُ عَلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ وَهُوَ يَبْرُقُ وَجْهُهُ مِنَ السُّرُورِ أَبْشِرْ بِخَيْرِ يَوْمِ مَرَّ

عَلَيْكَ مُذْ وَلَدَتْكَ أُمُّكَ فَقُلْتُ مِنْ عِنْدَكَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَمْ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ ؟ قَالَ لَا بَلْ مِنْ عِنْدِ اللهِ عَزَّ وَجَلٌ وَكَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا سُرِّ اسْتَنَارَ وَجْهُهُ حَتَّى كَانْ وَجْهَهُ قِطْعَةُ قَمَرٍ وَكُنَّا نَعْرِفُ ذَلِكَ مِنْهُ . ذلكَ

مِنْهُ فَلَمَّا جَلَسْتُ بَيْنَ يَدَيْهِ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ مِنْ تَوْبَتِي أَنْ أَنْخَلِعَ مِنْ مَالِي صَدِّقَةً إِلَى اللَّهِ وَإِلَى رَسُولِهِ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمْسِكَ عَلَيْكَ بَعْضٍ مَالِكَ فَهُوَ خَيْرٌ لَكَ فَقُلْتُ إِنِّي أَمْسِكُ سَهْمِي

الَّذِي بِخَيْبَرَ وَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى إِنَّمَا أَنْجَانِي بِالصِّدْقِ وَإِنَّ مِنْ تَوْبَتِي أَنْ لَا أُحَدِّثَ إِلَّا صِدْقًا مَا بَقِيْتُ فَوَاللَّهِ مَا عَلِمْتُ أَحَدًا مِنَ الْمُسْلِمِينَ أَبْلَاهُ اللَّهُ تَعَالَى فِي صِدْقِ الْحَدِيثِ مُنْدُ ذكرت ذلك لِرَسُولِ الله صَلَّى

اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَحْسَنَ مِمَّا أَبْلَانِيَ اللَّهُ تَعَالَى وَاللَّهِ مَا تَعَمَّدْتُ كَذَّبَةٌ مُنْذُ قُلْتُ ذَلِكَ لِرَسُولِ الله صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى يَوْمِي هَذَا وَإِنِّي لَأَرْجُو أَنْ يَحْفَظْنِيَ اللَّهُ تَعَالَى فِيْمَا بَقِي . قَالَ فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى القَدْ تَابَ اللَّهُ

عَلَى النَّبِيِّ وَالْمُهَاجِرِينَ وَالْأَنْصَارِ الَّذِينَ اتَّبَعُوهُ فِي سَاعَةِ الْعُسْرَةِ) حَتَّى بَلَغَ : (إِنَّهُ بِهِمْ رَءُوْفٌ رَّحِيمٌ وَعَلَى الثَّلَاثَةِ الَّذِينَ خُلَفُوا حَتَّى إِذَا ضَاقَتْ عَلَيْهِمُ الْأَرْضُ بِمَا رَحُبَتْ) . حَتَّى بَلَغَ : (وَاتَّقُوا اللهَ وَكُونُوا مَعَ الصَّادِقِينَ)

(التوبة : ۱۱۹-۱۱۷) قَالَ كَعْبٌ وَاللهِ مَا أَنْعَمَ اللهُ عَلَى مِنْ نِعْمَةٍ قَطُّ بَعْدَ إِذْ هَدَانِي اللهُ لِلْإِسْلَامِ أَعْظَمَ فِي نَفْسِي مِنْ صِدْقِي رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ لَا اكُوْنَ كَذَبْتُهُ فَأَهْلَكَ كَمَا هَلَكَ الَّذِينَ كَذَّبُوا إِنَّ اللَّهَ

تَعَالَى قَالَ لِلَّذِينَ كَذَبُوا حِيْنَ أَنْزَلَ الْوَحْيَ شَرِّ مَا قَالَ لِأَحَدٍ فَقَالَ اللهُ تَعَالَى سَيَحْلِفُونَ بِاللَّهِ لَكُمْ إِذَا انْقَلَبْتُمْ إِلَيْهِمْ لِتُعْرِضُوا عَنْهُمْ فَاعْرِضُوا عَنْهُمْ إِنَّهُمْ رِجْسٌ وَمَا وَاهُمْ جَهَنَّمُ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَكْسِبُونَ . يَحْلِفُونَ لَكُمْ لِتَرْضَوْا

عَنْهُمْ فَإِنْ تَرْضَوْا عَنْهُمْ فَإِنَّ اللَّهَ لَا يَرْضَى عَنِ الْقَوْمِ الْفَاسِقِينَ) (التوبة : ٠٩٥ ٩٦) قَالَ كَعْبٌ كُنَّا خُلِفْنَا أَيُّهَا الثَّلاثَةُ عَنْ أَمْرِ أُولَئِكَ الَّذِينَ قَبِلَ مِنْهُمْ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِينَ خَلَفُوا لَهُ فَبَايَعَهُمْ وَاسْتَغْفَرَ لَهُمْ

وَأَرْجَأَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمْرَنَا حَتَّى قَضَى اللَّهُ تَعَالَى فِيْهِ بِذَلِكَ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى (وَعَلَى الثَّلَاثَةِ الَّذِينَ خُلِفُوا ) وَلَيْسَ الَّذِي ذَكَرَ مِمَّا خُلَّفْنَا تَخَلَّفْنَا عَنِ الْغَزْوِ وَأَنَّمَا هُوَ تَخْلِيفُهُ أَيَّانَا وَارْجَاؤُهُ أَمْرَنَا عَمَّنْ حَلَفَ لَهُ

وَاعْتَذَرَ إِلَيْهِ فَقَبِلَ مِنْهُ -مَتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَرَجَ فِي عَزْوَةٍ تَبُوكَ يَوْمَ الْخَمِيسِ وَكَانَ يُحِبُّ أَنْ يَخْرُجَ يَوْمَ الْخَمِيسِ وَفِي رِوَايَةٍ وَكَانَ لَا يَقْدَمُ مِنْ سَفَرٍ الا نهاراً فِي الضُّحَى فَإِذَا قَدِمَ بَدَأَ

بِالْمَسْجِدِ فَصَلَّى فِيْهِ رَكْعَتَيْنِ ثُمَّ جَلَسَ فِيْهِ.

21. Rapporté d’après Abdallah, fils de Ka‘b ibn Mālik (qu’Allah l’agrée). Après que Ka‘b ibn Mālik (qu’Allah l’agrée) eut perdu la vue, Abdallah était, parmi ses fils, celui qui le guidait. Abdallah dit : « J’ai entendu Ka‘b ibn Mālik parler de son absence et du fait qu’il était resté en arrière au lieu de partir avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) pour l’expédition de Tabūk. Ka‘b dit : Je ne me suis jamais séparé du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lors d’une expédition, si ce n’est celle de Tabūk. Je suis également resté à l’écart de l’expédition de Badr. Toutefois, personne parmi ceux qui n’y avaient pas participé n’avait été sanctionné. À cette époque, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et les musulmans étaient partis dans l’intention de s’emparer des biens de la caravane commerciale des Quraychites. Finalement, Allah le Très-Haut amena apparemment les musulmans à affronter leurs ennemis à un moment inattendu. Lorsque, la nuit d’al-‘Aqaba, nous avions pris la ferme résolution de rester attachés à l’islam, j’étais avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Bien que l’expédition de Badr soit plus mémorable pour les gens, je ne considère pas ma présence à Badr comme plus chère à mon cœur que ma présence à al-‘Aqaba. »

Voici le récit de mon absence aux côtés du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lors de l’expédition de Tabūk : jamais je n’avais été aussi fortuné et aussi puissant qu’à l’époque de cette expédition. Par Allah, je possédais alors deux chameaux, alors qu’auparavant je n’en avais jamais possédé deux. Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) envisageait de partir pour une expédition, il le faisait savoir de manière indirecte, au moyen d’expressions allusives. Il partit pour l’expédition de Tabūk pendant une période de chaleur extrême. Le voyage était long, la région manquait de nourriture et d’eau, et les troupes ennemies étaient nombreuses. Il informa donc ouvertement les musulmans de cette expédition, afin que chacun puisse s’y préparer convenablement. Il leur fit connaître son intention. De nombreux combattants musulmans accompagnèrent le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dans cette expédition. À cette époque, il n’existait aucun registre où inscrire leurs noms. Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : celui qui voulait se soustraire à l’expédition en se cachant pensait certainement que son attitude resterait secrète tant qu’aucune révélation ne serait descendue à son sujet. Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) partit pour cette expédition, les fruits étaient mûrs sur les arbres et leur ombre était devenue agréable. J’étais attiré par tout cela. Quoi qu’il en soit, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et les musulmans qui l’accompagnaient commencèrent à se préparer. Moi aussi, je me rendais le matin sur le lieu des préparatifs dans l’intention de partir avec lui, mais je revenais sans rien avoir fait, me disant intérieurement que je pourrais accomplir cette tâche quand je le voudrais. Ainsi, en ne cessant de remettre les choses à plus tard, de nombreux jours passèrent, jusqu’à ce que les gens aient achevé leurs préparatifs pour le voyage. Puis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) partit avec les combattants musulmans, mais je ne fis aucun préparatif. Ma procrastination se poursuivit encore quelque temps. Pendant ce temps, les combattants avaient progressé rapidement et l’expédition était proche. Je remarquai alors qu’après leur départ, lorsque je circulais parmi les gens, je ne voyais personne dans une situation semblable à la mienne, si ce n’est ceux que l’on qualifiait d’hypocrites et ceux qu’Allah avait considérés comme incapables et faibles. Cette situation me plongeait dans l’inquiétude.

Jusqu’à notre arrivée à Tabūk, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ne demanda pas de mes nouvelles. À Tabūk, alors qu’il était assis parmi les gens, il demanda : « Qu’est-il arrivé à Ka‘b ibn Mālik ? » Un homme des Banū Salima répondit : « Ô Messager d’Allah ! Ses deux manteaux et le fait de contempler ses deux côtés l’ont retenu. » Mu‘ādh ibn Jabal lui dit : « Ce que tu viens de dire est une mauvaise parole. Par Allah, ô Messager d’Allah ! Nous ne savons de lui que du bien. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) garda le silence. À ce moment-là, voyant un homme vêtu de blanc s’avancer à travers les mirages du désert, il demanda : « Est-ce Abū Khaythama ? » Il apparut que c’était bien Abū Khaythama al-Anṣārī (qu’Allah l’agrée). Abū Khaythama était celui que les hypocrites avaient raillé parce qu’il avait fait don d’un ṣā‘ de dattes. Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : lorsque j’appris que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) revenait de Tabūk, je fus très inquiet. Je commençai donc à imaginer de fausses excuses. Je me disais intérieurement : « Comment pourrais-je échapper à son mécontentement ? » Je demandai conseil aux membres les plus avisés de ma famille. Puis, lorsque j’appris que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était en train de revenir, l’envie de mentir disparut. Je compris même qu’aucun moyen ne me permettrait d’y échapper et je résolus donc fermement de dire la vérité.

Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) revint. Lorsqu’il rentrait d’un voyage, il se rendait d’abord à la mosquée, où il accomplissait deux unités de prière, puis s’asseyait devant les gens. Lorsqu’il s’assit ainsi, ceux qui n’avaient pas participé à cette expédition commencèrent à présenter leurs excuses en jurant. Ils étaient plus de quatre-vingts. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) accepta leurs déclarations apparentes, reçut leur allégeance, demanda à Allah de pardonner leurs péchés et Lui confia leur état intérieur. Enfin, je me présentai et le saluai. Il m’adressa un sourire empreint de colère, puis m’appela auprès de lui. Je m’assis devant lui. Il me demanda : « Pourquoi es-tu resté en arrière ? N’avais-tu pas acheté ta monture ? » Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : je répondis : « Ô Messager d’Allah ! Si je m’étais assis devant un autre homme de ce monde que vous, j’aurais pu trouver une excuse pour échapper à son mécontentement, car je sais argumenter. Par Allah, je sais que si je vous mentais aujourd’hui et que cela vous satisfaisait à mon égard, Allah ne tarderait pas à vous mécontenter de moi. En revanche, même si la vérité vous mécontente à mon égard, j’espère auprès d’Allah une bonne issue. Par Allah, je n’avais aucune excuse. Par Allah, jamais je n’avais été aussi fortuné et aussi puissant qu’au moment où je suis resté en arrière sans partir avec vous pour cette expédition. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Il a dit la vérité. À présent, lève-toi et attends jusqu’à ce qu’Allah rende Son jugement à ton sujet. »

Quelques hommes de Banû Salima me suivirent et me dirent : « Par Allah, nous ne savons pas que tu aies commis auparavant le moindre péché. N’aurais-tu pas pu présenter une excuse au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — comme les autres ? La demande de pardon du Messager d’Allah auprès d’Allah pour ton péché aurait certainement suffi. » Ils ne cessèrent de me blâmer si vivement que je fus tenté de retourner auprès du Messager d’Allah et de me déclarer menteur. Puis je leur demandai : « Une situation semblable à la mienne est-elle arrivée à quelqu’un d’autre ? » Ils répondirent : « Oui, deux autres hommes ont connu la même situation que toi. Ils ont dit la même chose que toi, et on leur a dit la même chose qu’à toi. » Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : « Je demandai : “Qui sont ces deux hommes ?” Ils répondirent : “Ce sont Murâra ibn ar-Rabî‘a al-‘Âmirî et Hilâl ibn Umayya al-Wâqifî (qu’Allah les agrée).” »

Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : « Les deux hommes dont les gens m’avaient donné les noms étaient des hommes extrêmement vertueux et exemplaires, et ils avaient participé à la bataille de Badr. » Ka‘b dit : « Lorsque les gens m’informèrent au sujet de ces deux hommes, je restai ferme dans ma position initiale. »

Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — interdit aux gens de parler avec nous trois parmi ceux qui étaient restés en arrière. Tous les gens se mirent donc à nous éviter (ou bien leur attitude envers nous changea), au point que le monde devint totalement étranger pour moi. Le pays qui m’était familier devint étranger. Nous demeurâmes ainsi pendant cinquante jours. Mes deux compagnons restèrent enfermés chez eux et passèrent leur temps à pleurer. Moi, j’étais jeune et robuste. Je sortais donc prier avec les musulmans et circulais dans les marchés, mais personne ne me parlait. Après la prière, lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — s’asseyait à sa place, je le saluais et me demandais intérieurement s’il remuerait les lèvres pour répondre à mon salut. Puis je priais près de lui et l’observais discrètement pour voir s’il me regardait. Lorsque j’étais absorbé par la prière, il me regardait ; mais lorsque je le regardais, il détournait son visage de moi.

Ainsi, lorsque ma situation se prolongea en raison de l’isolement de la communauté musulmane à mon égard, je franchis un jour le mur du jardin d’Abû Qatâda (qu’Allah l’agrée) et le saluai. Par Allah, il ne répondit pas à mon salut, alors qu’il était mon cousin et mon ami le plus cher. Je lui dis : « Abû Qatâda, je t’adjure par Allah : ne sais-tu pas que j’aime Allah et Son Messager ? » Il resta silencieux. Je le lui demandai de nouveau en l’adjurant, mais il resta silencieux. Lorsque je le lui demandai encore une fois sous serment, il répondit : « Allah et Son Messager savent mieux. » À ces mots, mes deux yeux se remplirent de larmes. Je repassai le mur et m’en retournai. Un jour, alors que je déambulais dans le marché de Médine, un paysan syrien venu à Médine pour y vendre des denrées alimentaires se mit à me chercher. Les gens le dirigeaient vers moi. Il vint me trouver et me remit une lettre du roi de Ghassân. Je la lus. Elle disait : « Nous avons appris que ton compagnon (le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —) t’a rejeté. Allah ne t’a pas créé pour que tu demeures dans l’humiliation et la privation. Rejoins-nous, et nous te soutiendrons. » Après avoir lu la lettre, je dis : « Voilà encore une épreuve pour moi. » Je la jetai dans le fourneau et la brûlai.

Ainsi s’écoulèrent quarante des cinquante jours. Aucune révélation ne descendit encore. Puis, soudain, un émissaire du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — vint m’informer que le Messager d’Allah (qu’Allah l’agrée) m’ordonnait de me séparer de mon épouse. Je demandai : « Dois-je divorcer d’elle, ou faire autre chose ? » L’émissaire répondit : « Non, tu dois seulement te séparer d’elle et ne pas vivre avec elle. » Mes deux autres compagnons reçurent la même information. Je dis à mon épouse : « Va chez tes parents et reste auprès d’eux jusqu’à ce qu’Allah rende Son jugement à ce sujet. » L’épouse de Hilâl ibn Umayya vint trouver le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui dit : « Ô Messager d’Allah, Hilâl ibn Umayya est un homme très âgé et n’a personne pour le servir. Répugnerais-tu à ce que je le serve ? » Il répondit : « Non, mais qu’il n’ait pas de rapports avec toi. » L’épouse d’Umayya dit : « Par Allah, il n’en a pas la force. Par Allah, jusqu’à ce jour, il ne cesse de pleurer au sujet de ce qui lui arrive. » Ka‘b dit : « Quelqu’un de ma famille me suggéra : “Tu pourrais demander au Messager d’Allah l’autorisation de faire venir ton épouse pour te servir. Il a bien autorisé l’épouse de Hilâl ibn Umayya à le servir.” Je répondis : “Je ne demanderai pas au Messager d’Allah l’autorisation à ce sujet. Qui sait ce qu’il me répondrait si je la lui demandais ? Et je suis encore un jeune homme.” »

Nous passâmes ainsi encore dix jours. Cinquante jours entiers s’étaient écoulés depuis qu’il nous avait été interdit de parler avec les gens. Puis, à l’aube du cinquantième jour, après avoir accompli la prière de l’aube sur le toit de l’une de mes maisons, je restai assis dans l’état au sujet duquel Allah dit dans le Coran à notre propos : « Mon âme s’était resserrée et, malgré l’immensité de la terre, elle était devenue étroite pour moi. »

Alors que j’étais assis dans cet état, j’entendis un homme, depuis le sommet de la montagne de Sala‘, crier. Il disait à haute voix : « Ô Ka‘b ! Réjouis-toi de la bonne nouvelle ! » En entendant cela, je tombai prosterné et compris que le message de ma délivrance était arrivé. Après la prière de l’aube, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) informa tous les gens qu’Allah avait accepté notre repentir. Les gens vinrent alors nous annoncer la bonne nouvelle. Certains allèrent annoncer la bonne nouvelle à mes deux compagnons, tandis qu’un autre homme courut jusqu’au sommet de la montagne. La voix parvint plus vite que ne l’aurait fait un cheval. Lorsque j’entendis la voix de celui qui m’annonçait la bonne nouvelle, je retirai, dans l’excès de ma joie, mes deux vêtements et les lui donnai pour les porter. Par Allah ! Ce jour-là, je ne possédais aucun autre vêtement que ces deux-là. J’empruntai alors deux autres vêtements et les revêtis, puis je me dirigeai vers le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Les gens vinrent à ma rencontre par groupes et me félicitèrent pour l’acceptation de mon repentir. Ils me disaient : « Félicitations à toi, car Allah a accepté ton repentir ! » Enfin, j’entrai dans la mosquée. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) était assis, entouré de gens. Talha ibn ‘Ubaydullah (qu’Allah l’agrée) se leva rapidement, vint à ma rencontre, me serra chaleureusement la main et me félicita. Par Allah ! Aucun autre Émigré ne se leva, à l’exception de Talha (qu’Allah l’agrée). Ka‘b (qu’Allah l’agrée) n’oublia jamais cette attitude de Talha (qu’Allah l’agrée). Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : « Lorsque je saluai le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), son visage rayonnait de joie. Il me dit : “Réjouis-toi de la meilleure journée que tu aies connue depuis le jour de ta naissance jusqu’à aujourd’hui.” Je demandai : “Cette nouvelle vient-elle de vous ou d’Allah, ô Messager d’Allah ?” Il répondit : “Non, elle vient plutôt du Très-Haut.” Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) était heureux, son visage s’illuminait et semblait être un morceau de lune. Nous pouvions le constater. Puis je m’assis devant lui et dis : “Ô Messager d’Allah ! En raison de l’acceptation de mon repentir, je veux donner mes biens en aumône pour Allah et Son Messager.” Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : “Garde une partie de tes biens, car cela est meilleur pour toi.” Je dis : “Alors je garde ma part des biens de Khaybar.” Je dis également : “Ô Messager d’Allah ! Allah m’a délivré grâce à ma sincérité. Mon repentir exige donc aussi que je continue à dire la vérité durant le reste de ma vie.” Par Allah ! Depuis le moment où je dis cela au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), je ne connais aucun autre musulman à qui Allah ait accordé un bienfait meilleur que celui de dire la vérité. Par Allah ! Depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais eu l’intention de dire un mensonge. J’espère qu’Allah me préservera également du mensonge durant le reste de ma vie. Il dit qu’à ce sujet, Allah révéla les versets suivants : « Certes, Allah a pardonné au Prophète, aux Émigrés et aux Ansâr… Il est compatissant et miséricordieux envers eux. Il a également pardonné aux trois qui étaient restés en arrière, au point que la terre, malgré son étendue, leur devint étroite… »

Craignez Allah et soyez avec les véridiques. » (Sourate At-Tawbah, versets 117-119)

Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : « Par Allah ! Depuis qu’Allah m’a accordé la faveur d’embrasser l’islam jusqu’à aujourd’hui, le fait d’avoir dit la vérité au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) est pour moi le plus grand bienfait d’Allah. Si je lui avais menti, j’aurais péri comme les autres menteurs. Lorsque Allah révéla la Révélation au sujet de ceux qui avaient présenté de fausses excuses, Il les blâma en des termes si sévères qu’Il n’avait jamais employés auparavant contre personne. Allah dit : “Lorsque vous retournerez auprès d’eux, ils vous adjureront par Allah de les excuser, afin que vous ne preniez aucune mesure contre eux. Laissez-les donc ; ils sont impurs, et leur demeure sera l’Enfer, en rétribution de ce qu’ils accomplissaient. Ils vous adjureront par Allah pour vous satisfaire et vous présenteront de fausses excuses. Même si vous êtes satisfaits d’eux, Allah n’est nullement satisfait de ces gens pervers.” » (Sourate At-Tawbah, versets 95-96)

Ka‘b (qu’Allah l’agrée) dit : « Quant à ceux qui avaient présenté de fausses excuses en jurant devant le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), il accepta leurs excuses, reçut leur serment d’allégeance et invoqua également Allah pour le pardon de leurs péchés. Mais il retarda sa décision concernant notre cas à nous trois. Finalement, Allah trancha cette affaire. Lorsque Allah dit : “et les trois qui étaient restés en arrière”, cela ne signifie pas que nous étions restés en arrière par rapport au combat pour la cause d’Allah ; cela signifie plutôt que notre cas avait été laissé pour après celui de ces gens qui avaient présenté de fausses excuses sous serment et dont le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) avait accepté les excuses. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre narration, il est dit que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) partit un jeudi pour la bataille de Tabuk. Il aimait partir en voyage le jeudi. Une autre narration rapporte qu’il ne revenait de voyage que durant la journée, avant midi. Dès son retour de voyage, il se rendait d’abord à la mosquée, où il accomplissait deux unités de prière, puis s’asseyait.

۲۲- وَعَنْ أَبِي نُجَيْدِ عَمْرَانَ بْنِ الْحُصَيْنِ الْخُزَاعِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنْ امْرَأَةً مِنْ جُهَيْنَة أَتَتْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهِيَ حُبْلَى مِنَ الزِّنَا فَقَالَتْ يَا رَسُولَ اللهِ أَصَبْتُ حَداً فَاقِمُهُ عَلَى فَدَعَا نَبِيُّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ

عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلِيْهَا فَقَالَ أَحْسِنُ إِلَيْهَا فَإِذَا وَضَعَتْ فَأْتِنِي فَفَعَلَ فَأَمَرَ بِهَا نَبِيُّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَشُدَّتْ عَلَيْهَا ثِيَابُهَا ثُمَّ أَمَرَتِهَا فَرَحِمَتْ ثُمَّ صَلَّى عَلَيْهَا فَقَالَ لَهُ عُمَرُ تُصَلَّى عَلَيْهَا يَا رَسُولَ الله وَقَدْ زَنَتُ؟ قَالَ لَقَدْ

تَابَتْ تَوْبَةً لَوْ قُسَمَتْ بَيْنَ سَبْعِينَ مِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ لَوَسِعَتْهُمْ وَهَلْ وَجَدْتُ أَفْضَلَ مِنْ أَنْ جَادَتْ بِنَفْسِهَا لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ: رَوَاهُ مُسْلِمٌ .

22. D’après ‘Imrân ibn Husayn al-Khuzâ‘î (qu’Allah l’agrée), une femme de la tribu de Juhayna, enceinte à la suite d’une fornication, vint trouver le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! J’ai commis une fornication ; applique-moi la peine qui m’est due. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) convoqua son tuteur et lui dit : « Traite-la bien. Lorsqu’elle aura accouché, amène-la-moi. » L’homme fit ainsi. Ensuite, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) ordonna qu’on lui applique la peine prévue pour la fornication. Ses vêtements furent solidement attachés autour d’elle, puis elle fut lapidée conformément à l’ordre. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) accomplit la prière funéraire sur elle. ‘Umar (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Elle a pourtant commis une fornication, et tu accomplis malgré cela la prière funéraire sur elle ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : « Elle s’est repent ie d’un repentir tel que, s’il était réparti entre soixante-dix habitants de Médine, il leur suffirait. Connais-tu une œuvre meilleure que ce repentir, accompli par une femme qui a volontairement offert sa vie à Allah ? » (Muslim)

وَعَنْ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَوْ أَنَّ لِابْنِ آدَمَ وَادِيًا مَنْ ذَهَبٍ أَحَبَّ أَنْ يَكُونَ لَهُ وَادِيَانِ وَلَنْ يُمْلَأُ فَاهُ إِلَّا التَّرابُ وَيَتُوبُ اللهُ عَلَى مَنْ تَابَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

23. D’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Si un homme possédait une vallée remplie d’or, il souhaiterait en avoir encore deux autres remplies d’or. Rien ne remplit sa bouche si ce n’est la terre. Mais Allah accepte le repentir de celui qui se repent. » (Al-Bukhârî et Muslim)

٢٤- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ الله صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَضْحَكُ اللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى إِلَى رَجُلَيْنِ يَقْتُلُ أَحَدُهُمَا الْآخَرَ يَدْخُلَانِ الْجَنَّةَ يُقَاتِلُ هَذَا فِي سَبِيلِ اللهِ فَيُقْتَلُ ثُمَّ يَتُوبُ اللهُ عَلَى الْقَاتِلِ فَيُسْلِمُ

فَيُسْتَشْهَدُ – متفق عليه .

24. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Allah rira de deux hommes dont l’un tuera l’autre, puis qui entreront tous deux au Paradis. L’un d’eux combattra dans le chemin d’Allah et tombera en martyr. Ensuite, Allah acceptera le repentir de son meurtrier, qui embrassera l’islam et tombera à son tour en martyr dans le jihâd. » (Al-Bukhârî et Muslim)

Section 3 — La patience et l’endurance

La patience et l’endurance

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اصْبِرُوا وَصَابِرُوا .

Allah, le Très-Haut, dit :

« Ô vous qui croyez ! Soyez patients et rivalisez de patience. » (Sourate Âl ʿImrân : 200)

Allah, le Très-Haut, dit :

وَقَالَ تَعَالَى : وَلَنَبْلُونَكُمْ بِشَيْءٍ مِّنَ الْخَوْفِ وَالْجُوعِ وَنَقْصٍ مِنَ الْأَمْوَالِ وَالْأَنْفُسِ وَالثَّمَرَاتِ وَبَشِّرِ الصَّابِرِينَ .

« Nous vous éprouverons certainement par quelque peur, par la faim, ainsi que par la diminution de vos biens, de vos personnes et de vos récoltes. Et annonce la bonne nouvelle aux patients. » (Sourate Al-Baqara : 155)

Allah, le Très-Haut, dit :

وَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى : إِنَّمَا يُوَفِّى الصَّابِرُوْنَ أَجْرَهُمْ بِغَيْرِ حِسَابٍ .

« Une récompense innombrable sera pleinement accordée aux patients. » (sourate Az-Zumar : 10)

Il dit également :

وَقَالَ تَعَالَى : وَلَمَنْ صَبَرَ وَغَفَرَ إِنْ ذَلِكَ لَمِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ .

« Quiconque fait preuve de patience et pardonne, cela relève certes de la fermeté dans la résolution. » (sourate Ach-Choura : 43)

Allah, le Très-Haut, dit :

وَقَالَ تَعَالَى : اسْتَعِينُوا بِالصَّبْرِ وَالصَّلوةِ إِنَّ اللهَ مَعَ الصَّابِرِينَ .

« Cherchez secours dans la patience et la prière. Certes, Allah est avec les patients. » (sourate Al-Baqara : 153)

وَقَالَ تَعَالَى : وَلَنَبْلُونَكُمْ حَتَّى نَعْلَمَ الْمُجَاهِدِينَ مِنْكُمْ وَالصَّابِرِينَ .

Le Très-Haut dit :

« Nous vous éprouverons afin de distinguer ceux d’entre vous qui luttent et ceux qui sont patients. » (Sourate Muhammad : 31)

De nombreux autres versets célèbres de ce genre, concernant le sabr et ses mérites, sont rapportés dans le Noble Coran.

٢٥ – وَعَنْ أَبِي مَالِكَ الْحَارِثِ بْنِ عَاصِمِ الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الطَّهُورُ شَطْرُ الْإِيْمَانِ وَالْحَمْدُ لِلَّهِ تَمْلَأُ الْمِيزَانَ وَسُبْحَانَ الله وَالْحَمْدُ لله تَمْلَأَنْ أَوْ تَمْلَا مَا بَيْنَ السَّمواتِ وَالْأَرْضِ

وَالصَّلاةُ نُورٌ والصَّدَقَةُ بُرْهَانٌ وَالصَّبْرُ ضِيَاءٌ وَالْقُرْآنُ حُجَّةً لَكَ أَوْ عَلَيْكَ كُلُّ النَّاسِ يَغْدُو فَبَائِعٌ نَفْسَهُ فَمُعِتْقُهَا أَوْ مُؤْثِقُهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ .

25. Abou Mâlik al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « La purification est la moitié de la foi. Al-hamdou lillah remplit la balance, et soubhânallah ainsi qu’al-hamdou lillah remplissent tout ce qui se trouve entre les cieux et la terre. La prière est une lumière, l’aumône est une preuve de la foi, le sabr, ou patience, est une clarté, et le Coran est un argument en ta faveur ou contre toi. Chaque personne se lève le matin en se vendant elle-même : elle se libère ainsi ou se voue à la perdition. » — (Mouslim) [Le sens de cette dernière parole est que l’être humain obtiendra le salut s’il se soumet entièrement à Allah et œuvre pour l’au-delà ; mais que, s’il ne le fait pas et se soumet à son nafs ou à quelqu’un d’autre, œuvrant pour les intérêts de ce bas monde, il sera voué à la perdition. (Le traducteur)]

٢٦ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ سَعْدِ بْنِ مَالِكِ بْنِ سِنَانِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنْ نَاسًا مِنَ الْأَنْصَارِ سَأَلُوا رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَعْطَاهُمْ ثُمَّ سَأَلَوْهُ فَأَعْطَاهُمْ حَتَّى نَفِدَ مَا عِنْدَهُ فَقَالَ لَهُمْ حِيْنَ أَنْفَقَ كُلَّ شَيْ

بِيَدِهِ مَا يَكُنْ عِنْدِي مِنْ خَيْرٍ فَلَنْ ادْخِرَهُ عَنْكُمْ وَمَنْ يَسْتَعْفِفْ يُعِفُهُ اللَّهُ وَمَنْ يَسْتَغْنِ يُغْنِهِ اللَّهُ وَمَنْ يتصبر يُصَبَرْهُ اللهُ وَمَا أَعْطَى أَحَدٌ عَطَاءٌ خَيْراً وأَوْسَعَ مِنَ الصبر – متفق عليه.

26. D’après Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée), certains hommes parmi les Ansar demandèrent de l’aide au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il leur donna ce qu’ils demandaient. Ils demandèrent encore, et il leur donna de nouveau, jusqu’à ce que tout ce qu’il possédait fût épuisé. Après avoir donné tout ce qu’il avait entre les mains, il leur dit : « Je ne thésaurise pas les biens qui me parviennent en vous les refusant. Celui qui cherche à rester chaste, Allah le préserve dans la chasteté. Celui qui ne veut dépendre de personne, Allah l’enrichit et le rend indépendant. Celui qui cherche à faire preuve de patience, Allah lui accorde la patience. Nul n’a reçu un don meilleur et plus vaste que la patience. » (Al-Boukhari et Mouslim)

۲۷- وَعَنْ أَبِي يَحْيَى صُهَيْبِ بْنِ سَنَانٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَجَبًا لِأَمْرِ الْمُؤْمِنِ أَنْ أَمْرَهُ كُلَّهُ لَهُ خَيْرٌ وَلَيْسَ ذَلِكَ لأحد الا لِلْمُؤْمِنِ إِنْ أَصَابَتْهُ سَرَاءُ شَكَرَ فَكَانَ خَيْرًا لَهُ وَإِنْ أَصَابَتْهُ ضَرَاءُ

صَبَرَ فَكَانَ خَيْرًا لَهُ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ .

27. D’après Souhaïb ibn Sinan (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « L’affaire du croyant est étonnante : toute son affaire est un bien. Il n’en est pas ainsi pour nul autre que le croyant. Si quelque chose de réjouissant lui arrive, il remercie Allah, et cela est un bien pour lui. Et si quelque chose de nuisible lui arrive, il fait preuve de patience, et cela est également un bien pour lui. » (Mouslim)

۲۸ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمَّا ثَقُلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَعَلَ يَتَغَشَاهُ الْكَرْبُ فَقَالَتْ فَاطِمَةُ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا وَأَكَرْبَ أَبْنَاهُ فَقَالَ لَيْسَ عَلَى أَبِيكِ كَرْبُ بَعْدَ الْيَوْمِ فَلَمَّا مَاتَ قَالَتْ يَا ابْنَاهُ أَجَابَ رَبَّا دَعَاهُ يَا

آبَنَاهُ جَنَّةً الْفِرْدَوسُ مَأْوَاهُ يَا ابْنَاهُ إِلَى جِبْرِيلَ نَنْعَاهُ فَلَمَّا دُفِنَ قَالَتْ فَاطِمَةُ رَضِيا الله عَنْهَا أَطَابَتْ أَنْفُسُكُمْ أَنْ تَحْتُوا عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ التَّرَابَ؟ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

28. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il rapporte que lorsque le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, tomba gravement malade, les douleurs de la maladie commencèrent à lui faire perdre connaissance. Fatima (qu’Allah l’agrée) dit : « Quelle souffrance pour mon père ! » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui dit : « Après ce jour, ton père ne souffrira plus. » Lorsqu’il décéda, Fatima (qu’Allah l’agrée) dit : « Ô mon père, quel malheur ! Tu es parti en répondant à l’appel d’Allah. Ô mon père ! Le Firdaws est ta demeure ! Ô mon père ! J’annonce à Jibril (que la paix soit sur lui) ton décès. » Après que son inhumation fut achevée, elle dit : « Vos cœurs ont-ils donc accepté de jeter de la terre sur le Messager d’Allah ? » (Al-Boukhari)

۲۹- وَعَنْ أَبِي زَيْدٍ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدِ بْنِ حَارِثَةَ مَوْلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَحَبَّهِ وَابْنِ حِبَّهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ أَرْسَلَتْ بِنْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ ابْنِي قَدْ احْتُضِرَ فَشْهَدْنَا فَأَرْسَلَ يُقْرِئُ السَّلَامَ

وَيَقُولُ إِنَّ لِلَّهِ مَا أَخَذَ وَلَهُ مَا أَعْطَى وَكُلُّ شَيْءٍ عِنْدَهُ بِأَجَلٍ مُسَمًّى فَلْتَصْبِرُ وَلْتَحْتَسِبُ فَأَرْسَلَتْ إِلَيْهِ تُقْسِمُ عَلَيْهِ لَيَأْتِيَنَّهَا فَقَامَ وَمَعَهُ سَعْدُ بْنُ عُبَادَةَ وَمُعَادُ بْنُ جَبَلٍ وَأَبَيُّ بْنُ كَعْبٍ وَزَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ وَرِجَالٌ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ

فَرُفِعَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الصَّبِيُّ فَأَقْعَدَهُ فِي حِجْرِهِ وَنَفْسُهُ تَقَعْقَعُ فَفَاضَتْ عَيْنَاهُ فَقَالَ سَعْدٌ يَا رَسُولَ الله ه ما مَا هذا ؟ فَقَالَ هَذِهِ رَحْمَةٌ جَعَلَهَا اللهُ تَعَالَى فِي قُلُوبِ عِبَادِهِ. وَفِي روايَةٍ فِي قُلُوبِ مَنْ

شَاءَ مِنْ عِبَادِهِ وَإِنَّمَا يَرْحَمُ اللَّهُ مِنْ عِبَادِهِ الرُّحَمَاءَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَمَعْنَى تَفَعَقَعُ تَتَحَرَكَ وَتَضْطَرِبُ .

29. Il est rapporté d’Oussama (qu’Allah l’agrée), fils de Zaïd ibn Haritha, l’affranchi du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), que l’une des filles du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui fit parvenir un message l’informant que son fils était à l’agonie et lui demandant de venir auprès d’eux. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit au messager, après l’avoir salué : « Ce qu’Allah a repris Lui appartient, et ce qu’Il a donné Lui appartient également. Toute chose a auprès de Lui un terme fixé. Tu dois donc faire preuve de patience et espérer la récompense auprès d’Allah. » Elle lui fit alors parvenir un message, en le conjurant de venir auprès d’elle. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se leva donc, accompagné de Sa‘d ibn ‘Ubada, de Mu‘adh ibn Jabal, d’Ubayy ibn Ka‘b, de Zaïd ibn Thabit et de quelques autres personnes. Puis l’enfant fut remis au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), qui l’installa sur ses genoux. À ce moment-là, son âme s’agitait dans les affres de la mort. Les larmes se mirent alors à couler des yeux du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Sa‘d (qu’Allah l’agrée) demanda : « Qu’est-ce donc, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « C’est une miséricorde qu’Allah a placée dans le cœur de Ses serviteurs. » Selon une autre version : « Allah l’accorde au cœur de celui de Ses serviteurs qu’Il veut. » Et Allah n’accorde Sa miséricorde qu’à Ses serviteurs miséricordieux.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٠- وَعَنْ صُهَيْبٌ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كَانَ مَلِكَ فِيمَنْ قَبْلَكُمْ وَكَانَ لَهُ سَاحِرٌ فَلَمَّا كَبِرَ قَالَ لِلْمَلِكِ إِنِّي قَدْ كَبِرْتُ فَابْعَثْ إِلَى غُلَامًا أَعَلِمُهُ السِّحْرَ فَبَعَثَ إِلَيْهِ غُلَامًا يُعَلِّمُهُ وَكَانَ فِي

طَرِيقِهِ إِذَا سَلَكَ راهِبٌ فَقَعَدَ إِلَيْهِ وَسَمِعَ كَلَامَهُ فَأَعْجَبَهُ وَكَانَ إِذَا أَتَى السَّاحِرَ مَرَّ بِالرَّاهِبِ وَقَعَدَ إِلَيْهِ فَإِذَا أَتَى السَّاحِرَ ضَرَبَهُ فَشَكَا ذَلِكَ إِلى الرَّاهِبِ فَقَالَ إِذَا خَشِيْتَ السَّاحِرَ فَقُل حَبَسَنِي أَهْلِي وَإِذَا خَشِيْتَ أَهْلَكَ فَقُلْ

حَبَسَنِي السَّاحِرُ. فَبَيْنَمَا هُوَ عَلَى ذلِكَ إِذْ أَتَى عَلَى دَابَّةٍ عَظِيمَةٍ قَدْ حَبَسَتِ النَّاسِ فَقَالَ الْيَوْمَ أعلمُ السَّاحِرُ أَفْضَلُ أم الرَّاهِبُ أَفْضَلُ؟ فَأَخَذَ حَجَرًا فَقَالَ اللَّهُمْ إِنْ كَانَ أَمْرُ الراهب أحب إِلَيْكَ مِنْ أَمْرِ السَّاحِرِ فَاقْتُلْ هَذِهِ

الدَّابَّةَ حَتَّى يَمْضِيَ النَّاسُ فَرَمَاهَا فَقَتَلَهَا وَمَضَى النَّاسُ فَأَتَى الرَّاهِبَ فَأَخْبَرَهُ فَقَالَ لَهُ الرَّاهِبُ أَيْ بُنَيَّ أَنْتَ الْيَوْمَ أَفْضَلُ مِنِّي قَدْ بَلَغَ مِنْ أَمْرِكَ مَا أَرَى وَإِنَّكَ سَتُبْتَلَى فَإِنِ ابْتُلِيْتَ فَلَا تَدلُّ عَلَى وَكَانَ الْغُلامُ يُبْرِئُ الْأَكْمَهَ

وَالْأَبْرَصَ وَيُدَاوِي النَّاسَ مِنْ سَائِرِ الْأَدْوَاءِ فَسَمِعَ جَلِيْسَ لِلْمَلِكِ كَانَ قَدْ عَمِي فَآتَاهُ بِهَدَايَا كَثِيرَةٍ فَقَالَ مَا هُهُنَا لَكَ أَجْمَعُ إِنْ أَنْتَ شَفَيْتَنِي فَقَالَ إِنِّي لَا أَشْفِي أَحَدًا إِنَّمَا يَشْفِي اللَّهُ تَعَالَى فَإِنْ أَمَنْتَ بِاللَّهِ تَعَالَى

دَعَوْتُ اللَّهَ فَشَفَاكَ فَأَمَنَ بِاللَّهِ تَعَالَى فَشَفَاهُ اللَّهُ فَآتَى الْمَلِكَ فَجَلَسَ إِلَيْهِ كَمَا كَانَ يَجْلِسُ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ مَنْ رَدَّ عَلَيْكَ بَصَرَكَ ؟ قَالَ رَبِّي قَالَ أَولَكَ رَبِّ غَيْرِي ؟ قَالَ رَبِّي وَرَبُّكَ اللهُ فَأَخَذَهُ فَلَمْ يَزَلْ يُعَذِّبُهُ حَتَّى دَلْ عَلَى

الْغُلَامِ فَجِيَّ بِالْغُلامِ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ أَي بُنَى قَدْ بَلَغَ مِنْ سِحْرِكَ مَا تُبْرِئُ الْأَكْمَهَ وَالْأَبْرَصَ وَتَفْعَلُ وَتَفْعَلُ فَقَالَ إِنِّي لَا أَشْفِى أَحَدًا إِنَّمَا يَشْفِي اللَّهُ تَعَالَى فَأَخَذَهُ فَلَم يَزَلْ يُعَذِّبُهُ حَتَّى دَل عَلَى الرَّاهِبِ فَجِيَّ بِالرَّاهِبِ فَقِيلَ

لَهُ ارْجِعْ عَنْ دِينِكَ فَأَبَى فَدَعَا بِالْمِنْشَارِ فَوُضِعَ الْمِنْشَارُ فِي مُفْرَقِ رَأْسِهِ فَشَقَّهُ حَتَّى وَقَعَ شِقًّاهُ ثُمَّ جِيءَ بِجَلِيسِ الْمَلِكِ فَقِيلَ لَهُ ارْجِعُ عَنْ دِينِكَ فَأَبَى فَوُضِعَ الْمِنْشَارُ فِي مَفْرَقِ رَأْسِهِ فَشَقَّهُ بِهِ حَتَّى وَقَعَ شِقًّاهُ ثُمَّ

جِيءَ بِالْغُلَامِ فَقِيلَ لَهُ ارْجِعُ عَنْ دِينِكَ فَأَبِي فَدَفَعَهُ إلى نَفَرٍ مِّنْ أَصْحَابِهِ فَقَالَ اذْهَبُوا به الى جَبَلٍ كَذَا وَكَذَا فَاصْعَدُوا بِهِ الْجَبَلَ فَإِذَا بَلَغْتُمْ ذِرْوَتَهُ فَإِنْ رَجَعَ عَنْ دِينِهِ وَإِلا فَاطْرَحُوهُ فَذَهَبُوا بِهِ فَصَعِدُوا بِهِ الْجَبْلَ فَقَالَ

اللَّهُمَّ اكْفِنِيْهِمْ بِمَا شِئْتَ فَرَجَفَ بِهِمُ الْجَبَلُ فَسَقَطُوا وَجَاءَ يَمْشِي إِلَى الْمَلِكِ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ مَا فُعِلَ بِأَصْحَابِكَ؟ فَقَالَ كَفَانِيهِمُ اللَّهُ تَعَالَى فَدَفَعَهُ إِلَى نَفَرٍ مِنْ أَصْحَابِهِ فَقَالَ اذْهَبُوا بِهِ فَاحْمِلُوهُ فِي قُرْقُورٍ وَتَوَسَطُوا بِهِ

الْبَحْرَ فَإِنْ رَجَعَ عَنْ دِينِهِ وَإِلَّا فَاقْذِفُوهُ فَذَهَبُوا بِهِ فَقَالَ اللَّهُمَّ اكْفِنِيْهِمْ بِمَا شِئْتَ فَانْكَفَاتْ بِهِمُ السَّفِينَةُ فَغَرِقُوا وَجَاءَ يَمْشِي إِلَى الْمَلِكِ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ مَا فُعِلَ بِأَصْحَابِكَ؟ فَقَالَ كَفَانِيْهِمُ اللَّهُ تَعَالَى فَقَالَ لِلْمَلِكِ إِنَّكَ لَسْتَ

بِقَاتِلِي حَتَّى تَفْعَلَ مَا أَمْرُكَ بِهِ قَالَ مَا هُوَ؟ قَالَ تَجْمَعُ النَّاسَ فِي صَعِيدٍ وَاحِدٍ وَتَصْلُبُنِي عَلَى جِذْعِ ثُمَّ خُذْ سَهُما مِنْ كِنَانَتِي ثُمَّ ضَعِ السَّهُم فِي كَبِدِ الْقَوْسِ ثُمَّ قُلْ بِسْمِ اللَّهِ رَبِّ الْغُلَامِ ثُمَّ ارْمنِي فَإِنَّكَ إِذا فَعَلْتَ ذَلِكَ

قَتَلْتَنِي فَجَمَعَ النَّاسَ فِي صَعِيدٍ واحدٍ وَصَلَبَُ عَلَى جَزْعٍ ثُمَّ أَخَذَ سَهُمَا مِنْ كِنَانَتِهِ ثُمَّ وَضَعَ السَّهُمْ فِي كَبِدِ الْقَوْسِ ثُمَّ قَالَ بسْمِ اللهِ رَبِّ الْغُلامِ ثُمَّ رَمَاهُ فَوَقَعَ السَّهُمُ فِي صُدْغِهِ فَوَضَعَ يَدَهُ فِي صُدْغِهِ فَمَاتَ فَقَالَ

النَّاسُ أَمَنَّا بِرَبِّ الْغُلَامِ فَأُتِيَ الْمَلِكُ فَقِيلَ لَهُ أَرَأَيْتَ مَا كُنْتَ تَحْذَرُ قَدْ وَالله نَزَلَ بِكَ حَذَرُكَ قَدْ أَمَنَ النَّاسُ فَأَمَرَ بِالْأَخْدُودِ بِأَفْوَاهِ السَّكَكَ فَخُدَّتْ وَأَضْرِمَ فِيهَا النَّيْرَانُ وَقَالَ مَنْ لَمْ يَرْجِعْ عَنْ دِيْنِهِ فَأَقْحِمُوهُ فِيهَا أَوْ قِيْلَ لَهُ اقْتَحِمْ

فَفَعَلُوا حَتَّى جَاءَتْ امْرَأَةً وَمَعَهَا صَبِي لَهَا فَتَقَاعَسَتْ أَنْ تَقَعَ فِيْهَا فَقَالَ لَهَا الْغُلَامُ يَا أُمَّهُ اصْبِرِى فَإِنَّكَ عَلَى الْحَقِّ رَوَاهُ مُسْلِمٌ ذِرْوَةُ الْجَبَلِ أَعْلاهُ هِيَ بِكَسْرِ الدَّالِ الْمُعْجَمَةِ وَضَمِهَا وَالْقُرْقُورُ بِضَمَ الْقَافَيْنِ نوع مِنَ السُّفْنِ

وَالصَّعِيدُ هُنَا الْأَرْضُ الْبَارِزَةُ وَالْأَخْدُودُ الشَّقُوقُ فِي الْأَرْضِ كالنهر الصغيرِ وَأَضْرِمَ أُوقَدَ وَانْكَفَاتُ أَي انْقَلَبَتْ وَتَقَاعَسَتْ تَوَقَّفَتْ وَجَنَتْ .

30. D’après Suhayb (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Parmi vos prédécesseurs, il y avait un roi qui avait un magicien. Lorsque celui-ci devint âgé, il dit au roi : « Je suis devenu vieux ; envoie-moi donc un jeune garçon afin que je lui enseigne la magie. » Le roi lui envoya un garçon pour apprendre la magie auprès de lui. Sur le chemin qu’il empruntait se trouvait un ascète chrétien. Le garçon s’assit auprès de lui et fut émerveillé par ses paroles. Ainsi, chaque fois qu’il se rendait chez le magicien, il s’asseyait en chemin auprès de l’ascète. Lorsqu’il arrivait chez le magicien, celui-ci le frappait. Le garçon s’en plaignit à l’ascète. Celui-ci lui dit : « Lorsque tu craindras d’être interrogé par le magicien, dis-lui : “Ma famille m’a retenu.” Et lorsque tu craindras ta famille, dis-lui : “Le magicien m’a retenu.” »

Un jour, dans ces circonstances, une énorme bête féroce vint barrer le passage aux gens. Le garçon se dit alors : « Aujourd’hui, je vais savoir qui est meilleur : l’ascète ou le magicien. » Il prit donc un morceau de pierre et dit : « Ô Allah ! Si l’œuvre de l’ascète est plus aimée de Toi que celle du magicien, tue cette bête afin que les gens puissent passer. » Puis il lança la pierre, et la bête fut tuée. Les gens purent alors continuer leur chemin.

Ensuite, il vint trouver l’ascète et l’informa de ce qui s’était passé. L’ascète lui dit : « Ô mon cher fils ! Aujourd’hui, tu es meilleur que moi. Ton affaire a désormais atteint, à mon avis, un stade particulier. Tu seras bientôt mis à l’épreuve. Si tu es éprouvé, ne me révèle pas. »

Le garçon guérissait l’aveugle-né et le lépreux, et soignait les gens de toutes sortes de maladies. L’un des courtisans du roi était devenu aveugle. Ayant entendu parler du garçon, il vint le trouver avec de nombreux présents et lui dit : « Je t’offre tous ces présents afin que tu me guérisses. » Le garçon répondit : « Je ne guéris personne ; c’est Allah qui guérit. Si tu crois en Allah, j’invoquerai Allah afin qu’Il te guérisse. » L’homme crut alors en Allah, et Allah le guérit.

Puis il retourna à la cour du roi comme auparavant. Le roi lui demanda : « Qui t’a rendu la vue ? » Il répondit : « Mon Seigneur. » Le roi dit : « As-tu donc un seigneur autre que moi ? » Il répondit : « Allah est mon Seigneur et le tien. » Le roi le fit alors arrêter et ne cessa de le torturer jusqu’à ce qu’il dénonçât le garçon. Le garçon fut alors amené. Le roi lui dit : « Ô garçon ! On m’a rapporté que tu pratiques la magie et que tu guéris l’aveugle-né et le lépreux, et que tu fais encore bien d’autres choses. » Le garçon répondit : « Je ne guéris personne. »

C’est Allah seul qui accorde la guérison. » Le roi le fit également arrêter et ne cessa de le torturer jusqu’à ce qu’il dénonçât l’ascète chrétien. Celui-ci fut amené et on lui demanda d’abandonner sa religion. Mais il refusa. Le roi ordonna alors qu’on apporte une scie. Elle fut placée au milieu de sa tête, puis on le scia jusqu’à ce qu’il tombe en deux morceaux.

Ensuite, le courtisan du roi fut amené. On lui demanda également d’abandonner sa religion. Comme il refusa, il fut scié au milieu de la tête jusqu’à ce qu’il tombe en deux morceaux.

Puis le garçon fut amené. On lui demanda à son tour d’abandonner sa religion, mais il refusa. Le roi le confia alors à certains de ses compagnons et leur dit : « Emmenez-le sur telle montagne. Lorsque vous aurez atteint son sommet, s’il abandonne sa religion, tout ira bien ; sinon, jetez-le du haut de la montagne. » Ils l’emmenèrent et gravirent la montagne. Le garçon dit : « Ô Allah ! Délivre-moi d’eux de la manière que Tu veux. » La montagne trembla alors, et ils tombèrent en bas, tandis que le garçon retourna auprès du roi.

Le roi lui demanda : « Qu’est-il arrivé à tes compagnons ? » Il répondit : « Allah me suffit à leur sujet. » Le roi le confia ensuite à d’autres de ses compagnons et leur dit : « Faites-le monter dans une petite embarcation et emmenez-le au milieu de la mer. S’il n’abandonne pas sa religion, jetez-le à la mer. » Ils partirent avec lui. Le garçon dit : « Ô Allah ! Délivre-moi d’eux de la manière que Tu veux. » L’embarcation chavira alors avec eux, et ils se noyèrent tous. Quant au garçon, il retourna auprès du roi.

Le roi lui demanda : « Qu’est-il arrivé à tes compagnons ? » Il répondit : « Allah a suffi à me protéger d’eux. » Puis il dit au roi : « Tu ne pourras me tuer qu’en faisant ce que je t’ordonne. » Le roi demanda : « De quoi s’agit-il ? » Il répondit : « Réunis les gens dans une plaine. Ensuite, fais-moi monter sur un poteau, prends une flèche dans mon carquois, place-la au milieu de l’arc et dis : “Au nom d’Allah, le Seigneur du garçon” — c’est-à-dire : “Je tire cette flèche au nom d’Allah, le Seigneur du garçon” — puis décoche-la. Tu pourras alors me tuer. »

Le roi réunit donc les gens dans une plaine, fit monter le garçon sur un poteau, prit une flèche de son carquois, la plaça au milieu de l’arc et dit : « Au nom d’Allah, le Seigneur du garçon », puis tira sur lui. La flèche l’atteignit à la tête, près de l’oreille. Le garçon y porta la main, puis mourut. Les gens se mirent alors à dire : « Nous croyons en Allah, le Seigneur du garçon ! »

Lorsque cette nouvelle parvint au roi, on lui dit : « Ce que tu redoutais s’est produit : tous les gens ont cru en Allah. » Le roi ordonna alors de creuser une fosse au bord de la route. Une fois la fosse creusée, on y alluma un feu. Le roi proclama : « Jetez-y quiconque n’abandonnera pas sa religion. » Ceux qui ne renoncèrent pas à leur religion furent jetés dans le feu.

Enfin, une femme arriva avec son enfant. Comme elle hésitait à entrer dans le feu, l’enfant lui dit : « Ô mère ! Patiente — n’hésite pas à te jeter dans le feu — car tu es certes dans la vérité. » (Muslim)

٣١- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ مَرَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِامْرَأَةٍ تَبْكِي عِنْدَ قَبْرٍ فَقَالَ اتَّقِى اللهَ وَاصْبِرِي فَقَالَتْ إِلَيْكَ عَنِّى فَإِنَّكَ لَمْ تُصَبْ بِمُصِيبَتِي وَلَمْ تَعْرِفْهُ فَقَبْلَ لَهَا إِنَّهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاتَتْ

بَابَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمْ تَجِدُ عِندَهُ بَوابِينَ فَقَالَتْ لَمْ أَعْرِفُكَ فَقَالَ إِنَّمَا الصبر عند الصدمة الأولى – متفق عليه وفي رِوَايَةٍ المُسلِمِ تَبْكِي عَلَى صَبِي لَهَا .

31. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) passa près d’une femme qui était assise et pleurait auprès d’une tombe. Il lui dit : « Crains Allah et sois patiente. » Elle répondit : « Laissez-moi (c’est-à-dire : laissez-moi pleurer). Vous n’avez pas subi une épreuve semblable à la mienne. » Elle ne l’avait pas reconnu. On lui dit : « C’est le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). » La femme se rendit alors devant la porte de la demeure du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et n’y trouva aucun gardien. Elle dit : « Je ne vous avais pas reconnu. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « La véritable patience est celle qui se manifeste au premier choc. » (Al-Bukhari et Muslim.) Dans une version rapportée par Muslim, il est dit qu’elle pleurait la perte de l’un de ses jeunes fils.

٣٢- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُؤْمِنِ عِنْدِي جَزَاءً إِذَا قَبَضْتُ صَفِيَّهُ مِنْ أَهْلِ يَقُولُ اللهُ تَعَالَى مَا لِعَبْدِي الدُّنْيَا ثُمَّ احْتَسَبَهُ إِلَّا الْجَنَّةَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

32. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Allah dit : Je n’ai pour Mon serviteur croyant aucune récompense autre que le Paradis lorsque Je lui enlève de ce monde l’être qui lui est cher, et qu’il fait preuve de patience dans l’espoir d’obtenir une récompense. » (Al-Bukhari)

– وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّهَا سَأَلَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الطَّاعُونِ فَأَخْبَرَهَا أَنَّهُ كَانَ عَذَابًا يَبْعَثُهُ اللَّهُ تَعَالَى عَلَى مَن يَشَاءُ فَجَعَلَهُ اللهُ تَعَالَى رَحْمَةً لِلْمُؤْمِنِينَ فَلَيْسَ مِنْ عَبْدِ يَقَعُ فِي الطَّاعُوْنِ

فَيَمْكُثُ فِي بَلَدِهِ صابرا مُحْتَسِبًا يَعْلَمُ أَنَّهُ لَا يُصِيبُهُ إِلا مَا كَتَبَ اللَّهُ لَهُ إِلَّا كَانَ لَهُ مِثْلُ أَجْرِ الشَّهِيدِ رَوَاهُ البُخَارِيُّ .

33. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’elle interrogea le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, au sujet de l’épidémie. Il répondit : « C’était un châtiment envoyé par Allah. Il l’envoie à qui Il veut. Mais Il en a fait une miséricorde pour les croyants. Lorsqu’un serviteur croyant est atteint par une épidémie et qu’il demeure dans son territoire avec patience, en recherchant la récompense, tout en sachant et en étant convaincu qu’il n’est atteint que par ce qu’Allah a décrété pour lui, il obtiendra la récompense du martyr. » (Al-Bukhari)

٣٤ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ اللهَ عَزَّ وَجَلٌ قَالَ إِذَا ابْتَلَيْتُ عَبْدِى بِحَبِيبَتَيْهِ فَصَبَرَ عَوْضْتُهُ مِنْهُمَا الْجَنَّةَ يُرِيدُ عَيْنَيْهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

34. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Allah, le Très-Haut, a dit : « Lorsque J’éprouve Mon serviteur en lui retirant ses deux choses les plus chères — c’est-à-dire la vue de ses deux yeux — et qu’il fait preuve de patience, Je lui accorde en compensation le Paradis. » (Al-Bukhari)

٣٥ – وَعَنْ عَطَاءِ بْنِ رَبَاحٍ قَالَ قَالَ لِي ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَلَا أُرِيكَ امرأةً مِنْ أهْل الْجَنَّة ؟ فَقُلْتُ بَلَى قَالَ هذه الْمَرْأَةُ السوداء أنتِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ أَنِّي أَصْرَعُ وَإِنِّي أَتَكَشَفُ فَادْعُ اللَّهَ تَعَالَى لِي

قَالَ إِنْ شِئْتِ صبرت ولكِ الْجَنَّةُ وَإِنْ شِئْتِ دَعَوْتُ اللهَ تَعَالَى أَنْ يُعَافِيَكِ فَقَالَتْ أَصْبِرُ فَقَالَتْ إِنِّي أَتَكَشْفُ فَادْعُ اللَّهَ أَنْ لَا أَتَكَشُفَ فَدَعَا لَهَا – متفق عليه .

35. ‘Ata ibn Rabah (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte : Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) m’a dit : « Veux-tu que je te montre une femme du Paradis ? » Je répondis : « Oui. » Il dit : « Cette femme noire » — et il la désigna — « vint trouver le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dit : “Je souffre d’épilepsie et, lors de mes crises, mon corps se découvre. Invoque donc Allah en ma faveur.” Il lui dit : “Si tu veux, tu peux faire preuve de patience, et tu auras le Paradis ; et si tu veux, j’invoquerai Allah, le Très-Haut, afin qu’Il te guérisse.” Elle dit : “Je patienterai, mais invoque Allah afin que mon corps ne se découvre pas.” Il invoqua alors Allah en sa faveur. » (Al-Bukhari, Muslim)

٣٦ – وَعَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَبْدِ الله بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كَأَنِّي انْظُرُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَحْكِي نَبِيًّا مِنَ الْأَنْبِيَاءِ صَلَوَاتُ اللَّهِ وَسَلَامُهُ عَلَيْهِمْ ضَرَبَهُ قَوْمُهُ فَادْمَوْهُ وَهُوَ يَمْسَحُ الدِّمَ عَنْ وَجْهِهِ

يَقُولُ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِقَوْمِي فَإِنَّهُمْ لَا يَعْلَمُونَ متفق عليه

36. ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) rapporte : C’est comme si je voyais le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) raconter l’histoire d’un prophète parmi les prophètes : son peuple l’avait frappé et l’avait couvert de sang, tandis qu’il essuyait le sang de son visage et disait : « Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas. » (Al-Bukhari, Muslim)

۳۷- وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ وَآبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا يُصِيبُ الْمُسْلِمَ مِنْ نَصَبَ وَلَا وَصَبَ وَلَا هُمْ وَلَا حَزَنٍ وَلَا أَذًى وَلَا غَم حَتَّى الشَّوْكَةُ يُشَاكُهَا إِلَّا كَفَرَ اللَّهُ بِهَا مِنْ خَطَايَاهُ – متفق

عليه والْوَصَبُ الْمَرَضُ .

37. D’après Abou Saïd et Abou Hourayra (qu’Allah les agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Toute fatigue, maladie, inquiétude, anxiété, peine ou affliction qui atteint le serviteur musulman, même une épine qui le pique, devient pour Allah une cause d’expiation de ses péchés. » (Al-Boukhari et Mouslim)

۳۸- وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ دَخَلْتُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ يُوعَكَ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ إِنَّكَ تُوعَكُ وَعْكَاً شَدِيدًا قَالَ أَجَلْ إِنِّي أَوْعَكَ كَمَا يُوْعَكُ رَجُلانِ مِنْكُمْ قُلْتُ ذَلِكَ أَنْ لَكَ أَجْرَيْنِ ؟ قَالَ أَجَلُ

ذَلِكَ كَذَلِكَ مَا مِنْ مُسْلِمٍ يُصِيبُهُ أَذًى شَوْكَةً فَمَا فَوْقَهَا إِلَّا كَفْرَ اللَّهُ بِهَا سَيِّئَاتِهِ وَحُطَّتْ عَنْهُ ذُنُوبُهُ كَمَا تَحُطُّ الشَّجَرَةُ وَرَقَهَا – متفق عليه وَالْوَعْكُ مَغْتُ الْحُمَّى وَقِيلَ الْحُمَى.

38. D’après Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée), il dit : « Je me rendis auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), qui souffrait de fièvre. Je lui dis : “Ô Messager d’Allah ! Vous souffrez d’une fièvre très intense.” Il répondit : “Oui, je souffre d’une fièvre équivalant à celle de deux d’entre vous [c’est-à-dire que la chaleur produite par la fièvre de deux personnes parmi vous équivaut à celle que je ressens seul].”

Je demandai : “Est-ce parce que vous recevrez une double récompense pour cela ?” Il répondit : “Oui, c’est bien cela.” Chaque fois qu’un serviteur musulman est atteint par une chose douloureuse, qu’il s’agisse d’une épine ou de quelque chose de plus douloureux encore, Allah lui efface nécessairement, par cette épreuve, certains de ses péchés. Et ses péchés mineurs tombent comme tombent les feuilles des arbres. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٣٩- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ يُرِدِ اللهُ بِهِ خَيْرًا يُصِبْ مِنْهُ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَضَبَطُوْا يُصَبْ بِفَتْحِ الصَّادِ وَكَسْرِهَا .

39. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Celui à qui Allah veut du bien, Il lui fait subir des épreuves. » (Al-Boukhari)

٤٠ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَا يَتَمَنَّيَنْ أَحَدُكُمُ الْمَوْتَ لِضُرٍّ أَصَابَهُ فَإِنْ كَانَ لَا بُدَّ فَاعِلاً فَلْيَقُلُ اللَّهُمَّ أَحْيَنِي مَا كَانَتِ الْحَيَاةُ خَيْرًا لِي وَتَوَفَّنِي إِذَا كَانَتِ الْوَفَاةُ خَيْراً لِي – متفق

عليه .

40. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Si l’un d’entre vous est touché par une calamité ou une difficulté, qu’il ne souhaite pas la mort. S’il ne peut faire autrement, qu’il dise : “Ô Allah ! Fais-moi vivre aussi longtemps que la vie est meilleure pour moi, et fais-moi mourir lorsque la mort sera meilleure pour moi.” » (Al-Boukhari et Muslim)

٤١ – وَعَنْ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ خَبَّابِ بْنِ الْأَرَةِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ شَكَوْنَا إِلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ مُتَوَسِدُ بُرْدَةً لَهُ فِي ظِلِّ الْكَعْبَةِ فَقُلْنَا أَلَا تَسْتَنْصِرُ لَنَا أَلَا تَدْعُو لَنَا ؟ فَقَالَ قَدْ كَانَ مَنْ قَبْلَكُمْ يُؤْخَذُ الرَّجُلُ

فَيُحْفَرُ لَهُ فِي الْأَرْضِ فَيُجْعَلُ فِيهَا ثُمَّ يَؤْتَى بِالْمِنْشَارِ فَيُوضَعُ عَلَى رَأْسِهِ فَيُجْعَلُ نِصْفَيْنِ وَيُمْشَطَ بِامْشَاطَ الْحَدِيدِ مَا دُونَ لَحْمِهِ وَعَظْمِهِ مَا يَصُدُّهُ ذَلِكَ عَنْ دِينِهِ وَاللَّهِ حَضْرَمُوْتَ لَا يَخَافُ ليُتِمَّنَّ اللَّهُ هَذَا الْأَمْرَ حَتَّى يَسِيرَ

الرَّاكِبُ مِنْ صَنْعَاءَ إِلَى . إلا الله والذِّنْبَ عَلَى غَنَمِهِ وَلَكِنَّكُمْ تَسْتَعْجِلُونَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَفِي رِوَايَةٍ وَهُوَ متوسد بُردَةً وَقَدْ لَقِينَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ شِدَّةٌ .

41. Abou ‘Abdullah Khabbâb ibn al-Aratt (qu’Allah l’agrée) rapporte : Nous nous plaignîmes auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, de l’opposition des mécréants de La Mecque. À ce moment-là, il était étendu à l’ombre de la Kaaba, ayant placé son manteau sous sa tête. Nous lui dîmes : « Ne demanderas-tu pas à Allah de nous aider et ne L’imploreras-tu pas en notre faveur ? » Il répondit : « Dans les temps qui vous ont précédés, on amenait un homme, on creusait un trou dans le sol et on l’y plaçait. Puis on apportait une scie, qu’on posait sur sa tête, et on le fendait en deux. Ensuite, avec un peigne de fer, on déchirait sa chair et ses os. Malgré cela, rien ne pouvait le détourner de sa religion. Par Allah ! Allah fera certainement triompher pleinement cette religion, au point qu’un cavalier pourra voyager de Sanaa à Hadramout sans rien craindre si ce n’est Allah et le loup pour son troupeau. Mais vous êtes impatients. »

Dans une autre narration, il est dit : Il avait placé son manteau sous sa tête. Et les polythéistes nous infligent de nombreuses souffrances. (Al-Bukhari)

٤٢ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمَّا كَانَ يَوْمُ حُنَيْنٍ أَثَرَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَاسًا فِي الْقِسْمَةِ فَاعْطَى الْأَقْرَعَ بْنَ حَابِسٍ مِائَةٌ مِنَ الْإِبِلِ وأعطى عُيَيْنَةَ بْنَ حِصْنٍ مِثْلَ ذَلِكَ وَاعْطَى نَاسًا مِنْ أَشْرَافِ

الْعَرَبِ وَأَثَرَهُمْ يَوْمَئِذٍ فِي الْقِسْمَةِ فَقَالَ رَجُلٌ وَاللَّهِ إِنَّ هَذِهِ قِسْمَةٌ مَا عُدِلَ فِيْهَا وَمَا أُرِيدَ فِيْهَا وَجْهُ اللهِ فَقُلْتُ وَاللهِ لأَخْبِرَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَآتَيْتُهُ فَأَخْبَرْتُهُ بِمَا قَالَ فَتَغَيْرَ وَجْهُهُ حَتَّى كَانَ كَالصِرْفِ ثُمَّ قَالَ

فَمَنْ يُعْدِلُ إِذَا لَمْ يَعْدِلُ اللَّهُ وَرَسُولُهُ ثُمَّ قَالَ يَرْحَمُ اللهُ مُوسَى قَدْ أَوَذِي بِأَكْثَرَ مِنْ هَذَا فَصَبَرَ فَقُلْتُ لَا جَرَمَ لَا أَرْفَعُ إِلَيْهِ بَعْدَهَا حَدِيثًا – متفق عليه وَقُولُهُ كَالصِّرْفِ هُوَ بِكَسْرِ الصَّادِ الْمُهْمَلَةِ وَهُوَ صِبْغَ أَحْمَرُ .

42. D’après Abdallah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée), il a dit : Lors de la bataille de Hunayn, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — donna à certains hommes une part plus importante du butin, afin de satisfaire les nouveaux convertis à l’islam. Il donna cent chameaux à Al-Aqra‘ ibn Habis, et le même nombre de chameaux à ‘Uyayna ibn Hisn. Il donna également davantage aux notables arabes. Alors un homme dit : « Par Allah ! Cette répartition n’est pas équitable et l’intention de rechercher l’agrément d’Allah n’y a pas présidé. » Je dis : « Par Allah ! Je rapporterai certainement cette nouvelle au Messager d’Allah. » Je vins donc auprès de lui et lui rapportai les propos de cet homme. Le teint de son noble visage changea et devint rouge. Il dit : « Si Allah et Son Messager ne sont pas équitables, qui donc le sera ? » Puis il dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à Moïse ! Il a certes subi des souffrances plus grandes que celles-ci, et il a patienté. » Je me dis alors : « Après cela, je ne lui rapporterai plus jamais de propos de cette nature. » (Al-Bukhari, Muslim)

وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا أَرَادَ اللهُ بِعَبْدِهِ خَيْرًا عَجَلَ لَهُ الْعُقُوبَةَ فِي الدُّنْيَا وَإِذَا أَرَادَ بِعَبْدِهِ الشَّرِّ أَمْسَكَ عَنْهُ بِذَنْبِهِ حَتَّى يُوَافِي بِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ. وَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ

وَسَلَّمَ إِنْ عِظَمَ الْجَزَاءِ مَعَ عِظَمِ الْبَلَاءِ وَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى إِذَا أَحَبٌ قَوْمًا إِبْتَلَاهُمْ فَمَنْ رَضِيَ فَلَهُ الرِّضَا وَمَنْ سَخِطَ فَلَهُ السُّخْطُ ررَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ .

43. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Lorsqu’Allah veut le bien pour l’un de Ses serviteurs, Il hâte pour lui le châtiment de ses péchés dès ce monde. Mais lorsqu’Il veut le mal pour l’un de Ses serviteurs, Il s’abstient de lui infliger le châtiment de ses péchés ici-bas, jusqu’à ce qu’Il lui fasse subir son châtiment complet le Jour de la Résurrection. » Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a également dit : « Plus l’épreuve est grande, plus la récompense est grande. Et lorsqu’Allah aime un peuple, Il le met à l’épreuve. Celui qui se montre satisfait de cette épreuve obtient l’agrément d’Allah, tandis que celui qui s’en montre mécontent obtient le mécontentement d’Allah. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.

٤٤- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ ابْنُ لِأَبِي طَلْحَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يَشْتَكِي فَخَرَجَ أَبُو طَلْحَةَ فَقُبِضَ الصَّبِيُّ فَلَمَّا رَجَعَ أَبُو طَلْحَةَ قَالَ مَا فَعَلَ ابْنِي؟ قَالَتْ أَمْ سُلَيْمٍ وَهِيَ أُمُّ الصَّبِيِّ هُوَ أَسْكَنُ مَا كَانَ فَقَرَبَتْ إِلَيْهِ

الْعَشَاءَ فَتَعَشَى ثُمَّ أَصَابَ مِنْهَا فَلَمَّا فَرَغَ قَالَتْ وَارُوا الصَّبِيِّ فَلَمَّا أَصْبَحَ أَبُو طَلْحَةَ أَتَى رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْبَرَهُ فَقَالَ أَعَرَّسْتُمُ اللَّيْلَةَ ۚ قَالَ نَعَمْ قَالَ اللهُمَّ بَارِكْ لَهُمَا فَوَلَدَتْ غُلَامًا فَقَالَ لِي أَبُو طَلْحَةَ

احْمِلُهُ حَتَّى تَأْتِيَ بِهِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَبَعَثَ مَعَهُ بِتَمَرَاتِ فَقَالَ آمَعَهُ شَيْ؟ قَالَ نَعَمْ تَمَرَاتُ فَأَخَذَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَمَضَغَهَا ثُمَّ أَخَذَهَا مِنْ فِيْهِ فَجَعَلَهَا فِي فِي الصبي ثُمَّ حَنْكَهُ وَسَمَّاهُ عَبْدَ

اللَّهِ مَتَّفَقَ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ لِلْبُخَارِيِّ قَالَ ابْنُ عُيَيْنَةَ فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ فَرَأَيْتُ تِسْعَةَ أَوْلاد. كُلُّهُمْ قَدْ قَرَمُوا الْقُرْآنَ يَعْنِي مِنْ أَوْلَادِ عَبْدِ اللَّهِ الْمَوْلُودِ. وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ مَاتَ ابْنُ لِأَبِي طَلْحَةَ مِنْ أَمْ سُلَيْمٍ فَقَالَتْ لِأَهْلِهَا

لَا تُحَدِّثُوا آبَا طَلْحَةَ بِابْنِهِ حَتَّى أَكُونَ أَنَا أُحَدِثُهُ فَجَاءَ فَقَرِّبَتْ إِلَيْهِ عَشَاءُ فَأَكَلَ وَشَرِبَ ثُمَّ تَصَنْعَتْ لَهُ أَحْسَنَ مَا كَانَتْ تَصَنْعُ قَبْلَ ذَلِكَ فَوَقَعَ بِهَا فَلَمَّا أَنْ رَآتُ أَنَّهُ قَدْ شَبِعَ وَأَصَابَ مِنْهَا قَالَتْ يَا أَبَا طَلْحَةَ أَرَأَيْتَ لَوْ أَنْ قَوْمًا أَعَارُوا

عَارِبَتَهُمْ أَهْلَ بَيْتِ فَطَلَبُوا عَارِيَتَهُمُ الهُمْ أَنْ يَمْنَعُوهُمْ ؟ قَالَ لَا فَقَالَتْ فَاحْتَسِبْ ابْنَكَ قَالَ فَغَضِبَ ثُمَّ قَالَ تَرَكْتُنِي حَتَّى إِذَا تَلَطَّحْتُ ثُمَّ أَخْبَرَتِنِي بِابْنِي؟ فَانْطَلَقَ حَتَّى أَتَى رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاخْبَرَهُ بِمَا كَانَ

فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَارَكَ اللَّهُ فِي لَيْلَتِكُمَا قَالَ فَحَمَلَتْ قَالَ وَكَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي سَفَرٍ وَهِيَ مَعَهُ وَكَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا آتَى الْمَدِينَةَ مِنْ سَفَرٍ لَا يَطْرُقُهَا

طَرُوقًا فَدَنَوْا مِنَ الْمَدِينَةِ فَضَرَبَهَا الْمَخَاضُ فَاحْتَبَسَ عَلَيْهَا ابو طَلْحَةَ وَانْطَلَقَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَقُولُ أَبُو طَلْحَةَ إِنَّكَ لتَعْلَمُ يَا رَبِّ أَنَّهُ يُعْجِبُنِي أَنْ أَخْرُجَ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا خَرَجَ

وَادْخُلَ مَعَهُ إِذَا دَخَلَ وَقَدِ احْتَبَسْتُ بِمَا تَرَى تَقُوْلُ أَمُّ سُلَيْمٍ يَا أَبَا طَلْحَةَ مَا أَجِدُ الَّذِي كُنتُ أجدُ انْطَلِقُ فَانْطَلَقْنَا وَضَرَبَهَا الْمَخَاضُ حِيْنَ قَدِمًا فَوَلَدَتْ غُلَامًا فَقَالَتْ لِى أُمِّي يَا أَنَسُ لَا يُرْضِعُهُ أَحَدٌ حَتَّى تَغْدُو بِهِ عَلَى رَسُولِ

الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا أَصْبَحَ احْتَمَلَتُهُ فَانْطَلَقْتُ بِهِ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَذَكَرَ تَمَامَ الْحَدِيثِ .

44. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un fils d’Abou Talha (qu’Allah l’agrée) tomba malade. Abou Talha sortit. C’est alors que l’enfant mourut. À son retour, Abou Talha demanda des nouvelles de son fils. Sa mère, Oum Souleym (qu’Allah l’agrée), lui répondit : « Il va mieux qu’avant. » Puis elle servit le repas du soir à Abou Talha. Celui-ci mangea, puis eut des relations conjugales avec elle. Enfin, Oum Souleym lui dit : « Enterre l’enfant. » Au matin, Abou Talha (qu’Allah l’agrée) se rendit auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et l’informa de ce qui s’était passé. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui demanda : « As-tu eu des relations conjugales cette nuit ? » Abou Talha répondit : « Oui. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Ô Allah, bénis-les tous les deux ! » Puis Oum Souleym donna naissance à un fils.
Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Abou Talha me demanda d’emmener cet enfant auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et me donna également quelques dattes. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda : « Avez-vous quelque chose avec vous ? » Il répondit : « Oui, quelques dattes. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) prit les dattes, les mâcha, puis les sortit de sa bouche et les plaça dans la bouche de l’enfant. Il lui donna le nom d’Abdallah. (Al-Boukhari et Mouslim)

Dans une version rapportée par Al-Boukhari, Ibn Ouyayna (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte qu’un homme parmi les Ansar dit : « J’ai vu neuf enfants d’Abdallah, et chacun d’eux était un spécialiste du Coran. »

Dans une version rapportée par Mouslim, il est dit ceci : Lorsque le fils d’Abou Talha mourut, sa mère, Oum Souleym, dit aux gens de la maison de ne rien dire à Abou Talha au sujet de son fils, car elle lui annoncerait elle-même ce qu’il fallait lui dire. À son retour, Oum Souleym lui servit le repas du soir. Il mangea et but. Puis Oum Souleym se para pour son mari avec plus de soin qu’à l’ordinaire. Abou Talha eut des relations conjugales avec elle. Lorsqu’elle constata qu’il avait obtenu satisfaction et que son besoin était comblé, elle lui dit : « Ô Abou Talha, voyez : si un peuple prête quelque chose à une famille, puis lui en demande la restitution, cette famille a-t-elle le droit de ne pas le rendre ? » Abou Talha répondit : « Non. » Oum Souleym dit alors : « Eh bien, espère la récompense d’Allah au sujet de ton fils. » En entendant cela, Abou Talha se mit en colère et dit : « Tu ne m’as rien dit auparavant ; tu as même attendu que j’aie eu des relations avec toi pour m’annoncer la mort de mon fils ! » Il se rendit auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui raconta tout. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) invoqua Allah en ces termes : « Qu’Allah bénisse votre nuit à tous deux ! » Oum Souleym (qu’Allah l’agrée) devint alors enceinte. Lors d’un voyage, elle se trouvait, avec Abou Talha, auprès du

Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ne rentrait généralement pas de voyage à Médine durant la nuit. Quoi qu’il en soit, lorsqu’ils approchèrent de Médine, Oum Souleym ressentit les douleurs de l’accouchement. Abou Talha resta donc auprès d’elle, tandis que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) poursuivit sa route. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’Abou Talha se mit à dire : « Ô Allah, Tu sais combien j’aime être avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lorsqu’il part quelque part et lorsqu’il en revient. Tu vois maintenant pourquoi je suis retenu ici. » Oum Souleym se mit à dire : « Ô Abou Talha, je ne ressens plus les douleurs que j’éprouvais. Allons-y. » Ils repartirent donc. Après leur arrivée à Médine, les douleurs de l’accouchement d’Oum Souleym commencèrent et elle donna naissance à un fils. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Ma mère me dit : « Emmène cet enfant auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) le matin, avant que quiconque ne lui donne à téter. » Le matin, j’emmenai l’enfant auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il rapporta ainsi la suite du hadith.

٤٥ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ليس الشديد بالصرَعَةِ إِنَّمَا الشَّدِيدُ الَّذِي يَمْلِكُ نَفْسَهُ عِنْدَ الْغَضَب – متفق علي والصرعَةُ بِضَمِّ الصَّادِ وَفَتْحِ الرَّاءِ وَأَصْلُهُ عِنْدَ الْعَرَبِ مَن يُصْرَعُ

النَّاسَ كَثِيرًا .

45. Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « N’est pas fort celui qui terrasse son adversaire dans la lutte ; le fort est plutôt celui qui se maîtrise au moment de la colère. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٤٦- وَعَنْ سُلَيْمَانَ بْنِ صُرَةٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنْتُ جَالِسًا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَرَجُلانِ يَسْتَبَانِ وَأَحَدُهُمَا قَدِ احْمَرٌ وَجْهُهُ وَأَنْفَخَتْ أَوْدَاجُهُ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنِّي لَأَعْلَمُ كَلِمَةً لَوْ قَالَهَا

لَذَهَبَ عَنْهُ مَا يَجِدُ لَوْ قَالَ أَعُوذُ بِاللَّهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّحِيمِ ذَهَبَ مِنْهُ مَا يَجِدُ فَقَالُوا لَهُ إِنَّ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ تَعَوَّذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّحِيم – متفق عليه .

46. Sulaymân ibn Surad — qu’Allah l’agrée — rapporte : J’étais assis avec le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lorsque deux hommes se disputèrent et s’insultèrent mutuellement. Le visage de l’un d’eux devint rouge de colère et les veines de son cou se gonflèrent. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit alors : « Je connais une parole qui, s’il la prononçait, ferait certainement disparaître son état. S’il disait : “A‘ûdhu billâhi min ash-shaytân ir-rajîm”, sa colère disparaîtrait. » Les Compagnons lui dirent : « Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — t’a ordonné de dire : “A‘ûdhu billâh”, c’est-à-dire de chercher refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٤٧- وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ كَظَمَ غَيْظًا وَهُوَ قَادِرٌ عَلَى أَنْ يُنْفِذَهُ دَعَاهُ اللهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى عَلَى رُءُوسِ الْخَلَائِقِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ حَتَّى يُخَيِّرَهُ مِنَ الْحُورِ الْعِيْنِ مَا شَاءَ رَوَاهُ

أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ .

47. Mu‘âdh ibn Anas — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Celui qui retient sa colère alors qu’il est capable de la mettre à exécution, Allah l’appellera, le Jour de la Résurrection, devant tous les hommes et lui donnera le choix, parmi les houris aux grands yeux, de choisir celle qu’il voudra. » L’imam Abû Dâwûd et l’imam At-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et At-Tirmidhî l’a jugé bon.

٤٨- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلا قَالَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْصِنِي قَالَ لَا تَغْضَبُ فَرَدَّدَ مِرَارًا قَالَ لَا تَغْضَبْ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

48. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme dit au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : « Conseille-moi. » Il répondit : « Ne te mets pas en colère. » L’homme répéta plusieurs fois sa demande, et le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui répondit à chaque fois : « Ne te mets pas en colère. » (Al-Boukhari)

٤٩- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا يَزَالُ الْبَلاءُ بِالْمُؤْمِنِ وَالْمُؤْمِنَةِ فِي نَفْسِهِ وَوَلَدِهِ وَمَالِهِ حَتَّى يَلْقَى اللَّهَ تَعَالَى وَمَا عَلَيْهِ خَطِيئَةٌ رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثُ حَسَنٌ صَحِيحٌ.

49. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Les croyants, hommes et femmes, ne cessent d’être éprouvés dans leur personne, leurs biens et leurs enfants, jusqu’à ce qu’ils rencontrent Allah dans un état où ils n’ont plus aucun péché. » L’imam At-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hassan et de sahih.

٥٠ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَدِمَ عُيَيْنَةُ بْنُ حِصْنٍ فَنَزَلَ عَلَى ابْنِ أَخِيهِ الْحَرِّ بْنِ قَيْسٍ وَكَانَ مِنَ النَّفَرِ الَّذِينَ يُدْنِيْهِمْ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَكَانَ الْقُرَاءُ أَصْحَابَ مَجْلِسِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَمُشَاوَرَتِهِ كُسُولًا

كَانُوا أَوْ شَبَانًا فَقَالَ عُبَيْنَةٌ لِابْنِ أَخِيهِ يَا ابْنَ أَخِي لَكَ وَجْهُ عِنْدَ هَذَا الْأَمِيرِ فَاسْتَأْذِنُ لِي عَلَيْهِ فَاسْتَأْذَنَ فَاذِنَ لَهُ عُمَرُ فَلَمَّا دَخَلَ قَالَ هِي يَا ابْنَ الْخَطَابِ فَوَاللَّهُ مَا تُعْطَيْنَا الْجَزْلَ وَلَا تَحْكُمُ فِيْنَا بِالْعَدْلِ فَغَضِبَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ

عَنْهُ حَتَّى هَمْ أَنْ يُوقِعَ بِهِ فَقَالَ لَهُ الْحُرُّ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى قَالَ لِنَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (خُذِ الْعَفْوَ وَأَمُرُ بِالْعُرْفِ وَأَعْرِضْ عَنِ الْجَاهِلِينَ) (الاعراف : ۱۹۹) وان هذا مِنَ الْجَاهِلِينَ وَاللَّهِ مَا جَاوَزَهَا عُمَرُ حِينَ

تَلَاهَا وَكَانَ وَفَّافًا عِنْدَ كِتَابِ اللَّهِ تعالى رواه البخاري

50. D’après Ibn Abbas, qu’Allah l’agrée, il a dit : Uyayna ibn Hisn vint à Médine et fut l’hôte de son neveu Hurr ibn Qays. Hurr ibn Qays faisait partie de ceux qu’Omar, qu’Allah l’agrée, gardait auprès de lui. Les membres du conseil d’Omar, qu’Allah l’agrée, et de son assemblée consultative étaient tous des spécialistes du Coran, qu’ils fussent jeunes ou âgés. Uyayna dit à son neveu : « Mon neveu, tu as facilement accès à l’Émir des croyants. Demande donc pour moi la permission de le rencontrer. » Hurr demanda la permission, et Omar la lui accorda. Il entra auprès de lui et dit : « Ô fils d’Al-Khattab, par Allah ! Tu ne nous donnes pas beaucoup et tu ne gouvernes pas nos affaires avec équité. » Omar, qu’Allah l’agrée, se mit en colère, au point d’être sur le point de l’attaquer. Hurr lui dit alors : « Ô Émir des croyants, Allah a dit à Son Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : “Use du pardon, ordonne le bien et détourne-toi des ignorants.” » (Sourate Al-A‘raf, 199.) Or cet homme fait partie des ignorants. Par Allah ! Après avoir récité ce verset, Omar ne commit aucun excès. Il mettait grandement en pratique le Livre d’Allah. (Al-Bukhari)

٥١ – وَعَن ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّهَا سَتَكُونُ بَعْدِى أَثَرَةً وَأَمُورٌ تُنْكِرُونَهَا قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ فَمَا تَأْمُرُنَا ؟ قَالَ تُؤَدُّونَ الْحَقِّ الَّذِي عَلَيْكُمْ وَتَسْأَلُونَ اللهَ الَّذِي لَكُم متفق عليه

وَالْآثَرَةُ الْإِنْفَرَادُ بِالشَّيْ عَمْنُ لَهُ فِيهِ حَقٌّ.

51. D’après Ibn Mas‘ud, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Peu après ma mort, certains seront favorisés par rapport à d’autres, et des choses que vous n’approuverez pas se produiront. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, que nous ordonnes-tu alors dans cette situation ? » Il répondit : « Acquittez-vous des droits qui vous incombent et demandez à Allah ce qui vous revient. » (Al-Bukhari et Muslim)

٥٢ – وَعَنْ أَبِي يَحْيَى أُسَيْدِ بْنِ حُضَيْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلًا مِّنَ الْأَنْصَارِ قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَلا تَسْتَعْمِلْنِي كَمَا اسْتَعْمَلْتَ فُلَانًا فَقَالَ إِنَّكُمْ سَتَلْقَوْنَ بَعْدِى أَثَرَةٌ فَاصْبِرُوا حَتَّى تَلْقَوْنِي عَلَى الْحَوْضِ – متفق عليه ، وَأُسَيْد

بِضَمِّ الْهَمْزَةِ وَحُضَير بِحَاءٍ مُهْمَلَةٍ مَضْمُومَةٍ وَضَادٍ مُعْجَمَةٍ مَفْتُوحَةٍ ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ.

52. D’après Abu Yahya Usayd ibn Hudayr, qu’Allah l’agrée, un Ansarien dit : « Ô Messager d’Allah, ne me nommeras-tu pas à une fonction, comme tu as nommé untel ? » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Peu après ma mort, vous verrez d’autres personnes favorisées par rapport à vous. Alors, faites preuve de patience jusqu’à ce que vous me retrouviez auprès du Bassin de Kawthar. » (Al-Bukhari et Muslim)

٥٣ – وَعَنْ أَبِي إِبْرَاهِيمَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي أَوْفَى رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي بَعْضِ أَيَّامِهِ الَّتِي لَقِي فِيهَا الْعَدُوِّ انْتَظَرَ حَتَّى إِذَا مالَتِ الشَّمْسُ قَامَ فِيْهِمْ فَقَالَ يَا أَيُّهَا النَّاسُ لَا تَتَمَنَّوْا لِقَاءَ الْعَدُوِّ

وَاسْأَلُوا اللَّهَ الْعَافِيَةَ فَإِذَا لَقِيتُمُوهُمْ فَاصْبِرُوا وَاعْلَمُوا أَنَّ الْجَنَّةَ تَحْتَ ظِلالِ السُّيُوفِ ثُمَّ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللَّهُمَّ مُنَزَّلَ الْكِتَابِ وَمُجْرِي السَّحَابِ وَهَازِمَ الْأَحْزَابِ اهْزِمُهُمْ وَانْصُرْنَا عَلَيْهِمْ – متفق عليه وبالله

التوفيق .

53. D’après ‘Abdullah ibn Abî Awfâ (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) était un jour engagé dans un combat contre les ennemis et attendait que le soleil décline. Dans cette situation, il se leva au milieu d’eux et dit : « Ô gens ! Ne souhaitez pas affronter les ennemis ; demandez plutôt la paix à Allah. Mais lorsque l’affrontement avec eux devient inévitable, faites preuve de patience et restez fermes. Sachez que le Paradis se trouve sous l’ombre des épées. » Puis le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ô Allah, Toi qui as révélé le Livre, qui fais avancer les nuages et qui vaincs les armées ennemies, vaincs-les et donne-nous la victoire sur eux. » (Al-Bukhârî et Muslim)

Chapitre 4 — La véracité

La véracité

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللهَ وَكُونُوا مَعَ الصَّادِقِينَ .

Le Très-Haut dit :

1. « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques. » (Sourate At-Tawbah, 119)

وقَالَ تَعَالَى : والصادقين والصادقات .

2. « Les hommes et les femmes véridiques… Allah leur a préparé un pardon et une immense récompense. » (sourate Al-Ahzab, 35)

وَقَالَ تَعَالَى : فَلَوْ صَدَقُوا اللَّهَ لَكَانَ خَيْرًا لَهُمُ .

3. « S’ils avaient prouvé leur sincérité dans leur engagement envers Allah, cela aurait certes été meilleur pour eux. » (sourate Muhammad, 21)

٥٤ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الصدقَ يَهْدِى إِلَى الْبِرِّ وَإِنَّ الْبِرِّ يَهْدِى إِلَى الْجَنَّةِ وَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَصْدُقُ حَتَّى يُكْتَبَ عِندَ اللهِ صِدِّيقًا وَإِنَّ الْكَذِبَ يَهْدِى إِلَى الْفُجُوْرِ وَإِنَّ الْفُجُورَ

يَهْدِي إِلَى النَّارِ وَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَكْذِبُ حَتَّى يُكْتَبَ عِنْدَ اللهِ كَذَابًا – متفق عليه .

54. Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « La véracité guide vers la piété et le bien. Et la piété et le bien conduisent au Paradis. Lorsqu’un homme ne cesse de suivre la vérité, il finit par être inscrit auprès d’Allah au nombre des siddîqûn (les parfaitement véridiques). Le mensonge conduit à la perversité, et la perversité conduit au feu de l’Enfer. Lorsqu’un homme ne cesse de suivre le mensonge, il finit par être inscrit auprès d’Allah au nombre des grands menteurs. » (Al-Bukhârî et Muslim)

٥٥- وَعَنْ أَبِي مُحَمَّدٍ الْحَسَنِ بْنِ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ حَفِظْتُ مِنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَعْ مَا يَرِيبُكَ إِلَى مَا لَا يَرِيْبُكَ فَإِنْ الصَّدْقَ طَمَانِينَةٌ وَالْكَذِبَ رِيبَةً رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثُ صَحِيحٌ

قَوْلُهُ يَرِيبُكَ بِفَتْحِ الْيَاءِ وَضَمِّهَا وَمَعْنَاهُ أتْرُكْ مَا تَشْكُ فِي حِلِهِ وَاعْدِلُ إِلَى مَا لَا تَشْكُ فِيهِ .

٥٥. Abou Mouhammad Hasan ibn Ali (qu’Allah l’agrée) a rapporté. Il a dit : J’ai mémorisé ces paroles du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue : « Délaisse ce qui te met dans le doute et adopte ce qui ne te met pas dans le doute. La véracité est certes une source de quiétude, tandis que le mensonge suscite le doute. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a déclaré authentique.

٥٦ – وَعَنْ أَبِي سُفْيَانَ صَخْرِ بْنِ حَرْبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي حَدِيثِهِ الطَّوِيلِ فِي قصة هرقل قَالَ هِرَقْلُ فَمَا ذَا يَأْمُرُكُمْ يَعْنِي النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَبُو سُفْيَانَ قُلْتُ يَقُولُ اعْبُدُوا اللهَ وَحْدَهُ لا تُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا

وَاتْرُكُوا مَا يَقُولُ أَبَاؤُكُمْ وَيَأْمُرُنَا بِالصَّلاةِ والصِدْقِ وَالْعَفَافِ والصلة – متفق عليه .

٥٦. Abou Soufyan Sakhr ibn Harb (qu’Allah l’agrée) a raconté, dans un long hadith relatant l’histoire d’Héraclius : Héraclius demanda : « Quelles œuvres le Prophète vous ordonne-t-il d’accomplir ? » Abou Soufyan répondit : « Il dit : Adorez Allah seul et ne Lui associez rien. Abandonnez ce que disaient vos pères et vos ancêtres. Il nous ordonne également d’accomplir la prière, d’être véridiques, d’être généreux et de préserver les liens de parenté. » (Al-Boukhari, Mouslim)

٥٧ – وَعَنْ أَبِي ثَابِتٍ وَقِيلَ أَبِي سَعِيدٍ وَقِيلَ أَبِي الْوَلِيدِ سَهْلِ بْنِ حُنَيْفٍ وَهُوَ بَدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ سَأَلَ اللَّهَ تَعَالَى الشَّهَادَةَ بِصِدْقٍ بَلْغَهُ اللَّهُ مَنَازِلَ الشُّهَدَاءِ وَإِنْ مَاتَ عَلَى

فِرَاشِهِ – رواه مسلم .

57. Il est rapporté du Compagnon Sahl ibn Hunayf, qui participa à la bataille de Badr, que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui demande sincèrement à Allah de mourir en martyr, Allah l’élève au rang des martyrs, même s’il meurt dans son lit. » (Muslim)

٥٨ وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ غَزَا نَبِي مِنَ الْأَنْبِيَاءِ صَلَوَاتُ اللهِ وَسَلَامُهُ عَلَيْهِمْ فَقَالَ لِقَوْمِهِ لَا يَتْبَعَنِي رَجُلٌ مَلَكَ بُضْعَ امْرَأَةٍ وَهُوَ يُرِيدُ أَنْ يُبْنَى بِهَا وَلَمَّا يَيْنِ بِهَا وَلَا أَحَدٌ بَنَى

بُيُوتًا لَمْ يَرْفَعُ سُقُوفَهَا وَلَا أَحَدٌ اشْتَرَى غَنَمًا أَوْ خَلِفَاتٍ وَهُوَ يَنْتَظِرُ أَوْلَادَهَا فَغَزَا فَدَنَا مِنَ الْقَرْيَةِ صَلَاةَ الْعَصْرِ أَوْ قَرِيبًا مِنْ ذَلِكَ فَقَالَ لِلشَّمْسِ إِنَّكَ مَا مُورَةٌ وَأَنَا مَا مُورَ اللَّهُمَّ احْبِشهَا عَلَيْنَا فَحُبِسَتْ حَتَّى فَتَحَ اللَّهُ عَلَيْهِ فَجَمَعَ

الْغَنَائِمَ فَجَاءَتْ يَعْنِي النَّارَ لِتَأْكُلَهَا فَلَمْ تَطْعَمُهَا فَقَالَ إِنَّ فِيكُمْ غُلُوْلاً فَلْيُبَايِعْنِي مِنْ كُلِّ قَبِيلَةٍ رَجُلٌ فَلَزِقَتْ يَدُ رَجُلٍ بِيَدِهِ فَقَالَ فِيكُمُ الْغُلُولُ فَلْيُبَايِعْنِي قَبِيلَتُكَ فَلَزِقَتْ يَدُ رَجُلَيْنِ أَوْ ثَلَاثَةٍ بِيَدِهِ فَقَالَ فِيكُمُ الْغُلُولُ فَجَاءُوا بِرَأْسٍ

مِثْلِ رَأْسِ بَقَرَةٍ مِّنَ الذَّهَبِ فَوَضَعَهَا فَجَاءَتِ النَّارُ فَأَكَلَتْهَا فَلَمْ تَحِلُّ الْغَنَائِمُ لِأَحَدٍ قَبْلَنَا ثُمَّ أَحَلَّ اللهُ لَنَا الْغَنَائِمَ لَمَّا رَأَى ضَعْفَنَا وَعَجْزَنَا فَأَحَلَّهَا لَنَا – متفق عليه الخَلِفَاتُ بِفَتْحِ الْخَاءِ الْمُعْجَمَةِ وَكَسْرِ اللام جَمْعُ خَلِفَةٍ وَهِيَ

النَّاقَةُ الْحَامِلُ.

58. Il est rapporté d’Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Un prophète — Yûsha‘ ibn Nûn — partit faire le jihâd et dit à son peuple : Que ne m’accompagnent pas dans le jihâd celui qui vient de se marier et désire s’unir à son épouse, mais ne l’a pas encore fait ; celui qui a construit une maison, mais n’en a pas encore achevé le toit ; et celui qui a acheté une chèvre ou une chamelle pleine et attend sa mise bas. » Puis il partit faire le jihâd et arriva dans la localité qu’il avait l’intention de combattre au moment de la prière de l’après-midi, ou peu avant. Il dit alors au soleil : « Toi aussi, tu es soumis au commandement d’Allah, et moi aussi je suis soumis à Son commandement. Ô Allah, retiens le soleil ! » Il fut alors retenu jusqu’à ce que la victoire fût remportée dans le jihâd. Après avoir rassemblé le butin de guerre, il le déposa en un tas. Le feu vint pour le consumer, mais il ne le consuma pas. Il dit alors : « Il y a certainement parmi vous quelqu’un qui a trahi dans le butin. Qu’un homme de chaque clan me prête donc serment d’allégeance. » Lors de cette allégeance, la main de l’un d’eux resta attachée à la sienne. Il lui dit : « Le traître se trouve parmi vous. Que tous les membres de ton clan me prêtent donc serment d’allégeance. » Ainsi, au moment de prêter serment, les mains de deux ou trois hommes restèrent attachées à la sienne. Il dit alors : « C’est vous qui avez commis cette trahison. » Ils apportèrent ensuite une masse d’or de la taille d’une tête de vache. Il la déposa avec le reste du butin, puis le feu vint et le consuma entièrement. Avant nous, le butin n’avait été rendu licite à personne. Allah, considérant notre faiblesse et notre incapacité, l’a rendu licite pour nous. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٥٩- وَعَنْ أَبِي خَالِدٍ حَكِيمِ بْنِ حَزَامٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْبَيِّعَانِ بِالْخِيَارِ مَا لَمْ يَتَفَرِّقَا فَإِنْ صَدَقَا وَبَيْنَا بُوْرِكَ لَهُمَا فِي بيعهما وَإِنْ كَتَمَا وَكَذبًا مُحقَّتْ بَرَكَةُ بَيْعهما – متفق عليه .

59. Abou Khâlid Hakîm ibn Hizâm (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « L’acheteur et le vendeur ont tous deux le choix d’annuler leur transaction tant qu’ils ne se sont pas séparés. S’ils parlent tous deux avec sincérité et clarté, leur transaction est bénie ; mais s’ils dissimulent quelque chose et mentent, la bénédiction de leur transaction est supprimée. » (Al-Bukhârî, Muslim) (Dans la langue arabe originale, le terme « sidqun » a été employé. On considère généralement que ce mot signifie l’honnêteté. Cependant, selon la perspective islamique, sa signification est beaucoup plus vaste. La véracité, la sincérité, le fait de rester sur le droit chemin, de suivre la vérité, la concordance entre les paroles, les actes, les pensées et le cœur, ainsi que la probité, etc., sont toutes comprises dans le sens de ce terme. L’imam Al-Ghazâlî en a exposé six significations dans son ouvrage Ihyâ’ ‘ulûm ad-dîn : (1) dire vrai, (2) avoir une intention sincère, (3) prendre un engagement sincère, (4) prouver sa sincérité en tenant son engagement, (5) suivre la vérité dans ses actes et (6) présenter un modèle de vérité à tous les niveaux de la voie religieuse. Toutes ces significations se retrouvent dans les versets et les hadiths cités. (Le traducteur).

Chapitre 5 – La muraqabah ou l’auto-observation.

La muraqabah ou l’auto-observation. [Le terme muraqabah signifie veiller, observer, s’examiner soi-même, se maîtriser, s’observer intérieurement avec une profonde concentration et se consacrer à la méditation d’Allah. De nombreux versets et hadiths traitent de ce sujet. (Le traducteur).]

قَالَ اللهُ تَعَالَى : الَّذِي يَرَاكَ حِينَ تَقُومُ وَتَقَلُّبَكَ فِي السَّاجِدِينَ .

Le Très-Haut dit :

(1) « Lorsque tu te lèves pour la prière, Il te voit, ainsi que tes mouvements parmi ceux qui se prosternent. » (Sourate Ach-Chu‘arâ : 219 et 220)

وَقَالَ تَعَالَى : وَهُوَ مَعَكُم أَيْنَمَا كُنْتُمْ .

(2) « Où que vous soyez, Allah est avec vous. » (Sourate Al-Hadîd : 4)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ اللَّهَ لَا يَخْفَى عَلَيْهِ شَيْ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي السَّمَاءِ .

(3) « Rien, dans les cieux ni sur la terre, n’est caché à Allah. » (Sourate Âl ‘Imrân : 5)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ رَبِّكَ لَبِالْمِرْصَادِ

(4) « Certes, ton Seigneur observe attentivement (ceux qui s’opposent à Lui). » (Sourate Al-Fajr : 14)

وَقَالَ تَعَالَى : يَعْلَمُ خَائِنَةَ الْأَعْيُنِ وَمَا تُخْفِي الصُّدُورُ وَالْآيَاتُ فِي الْبَابِ كثيرة معلومة.

(5) « Allah connaît la traîtrise des regards (c’est-à-dire les regards illicites) ainsi que ce que les cœurs dissimulent. » (Sourate Ghafir : 19)

٦٠ – عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَيْنَمَا نَحْنُ جُلُوسٌ عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَاتَ يَوْمِ إِذْ طَلَعَ عَلَيْنَا رَجُلٌ شَدِيدُ بَيَاضِ الشَّيَابِ شَدِيدُ سواد الشعر لا يُرى عَلَيْهِ أثر السفر ولا يعرفه منا أَحَدٌ

أحمد حَتَّى جَلَسَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاسْنَدَ رَكْبَتَيْهِ إِلَى رُكْبَتَيْهِ وَوَضَعَ كَفَّيْهِ عَلَى فَخِذَيْهِ وَقَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي عَنِ الْإِسْلَامِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْإِسْلامُ أَنْ تَشْهَدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللهُ

وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَتُقِيمَ الصَّلَاةَ وتُؤْتِي الزَّكَاةَ وَتَصُومَ رَمَضَانَ وَتَحُجَّ الْبَيْتَ إِنِ اسْتَطَعْتَ إِلَيْهِ سَبِيلاً قَالَ صَدَقْتَ فَعَجِبْنَا لَهُ يَسْأَلُهُ وَيُصَدِّقُهُ قَالَ فَأَخْبِرْنِي عَنِ الْإِيْمَانِ قَالَ أَنْ تُؤْمِنَ بِاللهِ وَمَلَائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ

الْآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدْرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ قَالَ صَدَقَتَ قَالَ فَأَخْبِرْنِي عَنِ الْإِحْسَانِ قَالَ أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ كَانَّكَ تَرَاهُ فَإِنْ لَمْ تَكُنْ تَرَاهُ فَإِنَّهُ يَرَاكَ قَالَ فَأَخْبِرْنِي عَنِ السَّاعَةِ قَالَ مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ مِنَ السَّائِلِ قَالَ فَأَخْبِرْنِي عَنْ

أَمَارَاتِهَا قَالَ أَن تَلِدَ الْآمَةُ رَبَّتَهَا وَأَن تَرَى الْحُفَاةَ العرَاةَ الْعَالَةَ رِعَاءَ الشَّاءِ يَتَطَاوَلُوْنَ فِي الْبُنْيَانِ ثُمَّ انْطَلَقَ فَلَبِثْتُ مَلِيًّا ثُمَّ قَالَ يَا عُمَرُ اتَدْرِي مَنِ السَّائِلُ: قُلْتُ اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ فَإِنَّهُ جِبْرِيلُ آتَاكُمْ يُعَلِّمُكُمْ دِينَكُمْ – رواه

مسلم. وَمَعْنَى تَلِدَ الْآمَةُ رَبَّتَهَا أَى سَيِّدَتَهَا وَمَعْنَاهُ أَنْ تَكْثُرَ السَّرَارِي حَتَّى تَلِدَ الْآمَةُ السرية بنتًا لِسَيِّدِهَا وَبَنْتُ السَّيِّدِ فِي مَعْنَى السَّيِّدِ وَقِيلَ غَيْرُ ذَلِكَ وَالْعَالَةُ الْفُقَرَاءُ وَقَوْلُهُ مَلِيًّا أَيُّ زَمَنًا طَوِيلاً وَكَانَ ذَلِكَ ثَلَاثًا .

60. D’après ʿUmar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), qui dit : Un jour, nous étions assis auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, lorsqu’un homme apparut devant nous. Ses vêtements étaient d’une blancheur éclatante, ses cheveux d’un noir profond, et aucune trace de voyage ne paraissait sur lui. Pourtant, personne parmi nous ne le connaissait. Il s’avança directement vers le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, et s’assit auprès de lui. Il appuya ensuite ses genoux contre ceux du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), posa ses deux mains sur ses cuisses et dit : « Ô Muhammad ! Informe-moi au sujet de l’islam. » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, répondit : « L’islam consiste à attester qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, à accomplir la prière, à acquitter la zakat, à jeûner le mois de Ramadan et à accomplir le pèlerinage si tu en as la capacité. » Il dit : « Tu as dit vrai. » Nous fûmes étonnés de son attitude : il l’interrogeait, puis déclarait véridiques ses paroles. Il demanda encore : « Informe-moi au sujet de la foi. » Il répondit : « La foi consiste à croire en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers, au Jour de la Résurrection et au destin, qu’il soit bon ou mauvais. » Il dit : « Tu as dit vrai. » Puis il demanda : « Informe-moi au sujet de l’excellence spirituelle (ihsan). » Il répondit : « C’est que tu adores Allah comme si tu Le voyais ; et si tu ne Le vois pas, certes, Lui te voit. » Il demanda : « Informe-moi au sujet de l’Heure. » Il répondit : « Celui qui est interrogé à son sujet n’en sait pas davantage que celui qui interroge. » Il dit : « Informe-moi donc de ses signes. » Il répondit : « La servante donnera naissance à sa maîtresse ; et tu verras les va-nu-pieds, les dénudés et les pauvres bergers de moutons rivaliser autrefois, par la suite, dans la construction de hauts édifices. » Puis l’homme partit. Après qu’un long moment se fut écoulé, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : « Ô ʿUmar ! Sais-tu qui était celui qui interrogeait ? » Je répondis : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « C’était Jibril. Il était venu vous enseigner votre religion. » (Muslim)

٦١ – عَنْ أَبِي ذَرٍ جُنْدَبِ بْنِ جَنَادَةً وَأَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اتَّقِ اللهَ حَيْثُمَا كُنْتَ وَاتَّبِعِ السَّيِّئَةَ الْحَسَنَةِ تَمْحُهَا وَخَالِقِ النَّاسَ بِخُلُقٍ حَسَن رَوَاهُ التَّرْمِذِى

وَقَالَ حَدِيْثٌ حَسَنٌ .

61. D’après Abû Dharr et Muʿâdh ibn Jabal (qu’Allah les agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Crains Allah où que tu sois. Si tu commets une mauvaise action, fais-la suivre d’une bonne action : celle-ci effacera la mauvaise. Et comporte-toi convenablement avec les gens. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hassan.

٦٢- عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنْتُ خَلْفَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمًا فَقَالَ يَا غُلَامُ إِنِّي أَعَلِّمُكَ كَلِمَاتِ احْفَظُ اللَّهَ يَحْفَظْكَ احْفَظُ اللَّهَ تَجِدُهُ تُجَاهَكَ إِذَا سَأَلْتَ فَاسْأَلِ اللَّهَ وَإِذَا اسْتَعَنْتَ فَاسْتَعِنْ بِاللَّهِ

وَاعْلَمْ أَنَّ الْأُمِّةَ لو اجْتَمَعَتْ عَلَى أَنْ يُنْفَعُوكَ بِشَيْءٍ لَمْ يَنْفَعُوكَ إِلَّا بِشَيْءٍ قَدْ كَتَبَهُ اللَّهُ لَكَ وَإِنِ اجْتَمَعُوا عَلَى أَنْ يَضُرُّوكَ بِشَيْ لَمْ يَضُرُّوكَ إِلَّا بِشَيْءٍ قَدْ كَتَبَهُ اللَّهُ عَلَيْكَ رفَعَتِ الْأَقْلَامُ وَجَفَّتِ الصُّحُفُ رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ

حَدِيثُ حَسَنٌ صَحِيحٌ وفِي رِوَايَةٍ غَيْرِ التَّرْمِذِي احْفَظُ اللَّهَ تَجِدُهُ أَمَامَكَ تَعَرَّفْ إِلَى اللَّهِ فِي الرِّخَاءِ يعرفك في الشدَّةِ وَاعْلَمُ أَنَّ مَا أَخْطَاكَ لَمْ يَكُنْ لِيُصِيبَكَ وَمَا أَصَابَكَ لَمْ يَكُنْ ليُخْطِئَكَ وَاعْلَمُ أَنَّ النَّصْرَ مَعَ الصَّبْرِ وَأَنَّ الْفَرَجَ مَعَ

الْكَرْبِ وَأَنْ مَعَ الْعُسْرِ يُسْراً.

62. Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un jour, je me trouvais derrière le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il me dit : « Ô jeune homme ! Je vais certes t’enseigner quelques paroles : observe les prescriptions d’Allah et applique-les, et Il te protégera. Acquitte-toi des droits d’Allah, et tu Le trouveras auprès de toi. Lorsque tu demandes quelque chose, demande-le à Allah. Et lorsque tu sollicites de l’aide, sollicite-la d’Allah seul. Sache que si toutes les créatures se réunissaient pour t’être utiles, elles ne pourraient t’être utiles que par ce qu’Allah a déjà décrété pour toi. Et si elles se réunissaient pour te nuire, elles ne pourraient te nuire que par ce qu’Allah a déjà décrété pour toi. Les plumes ont été relevées et les pages ont séché (le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a exprimé de manière particulièrement éloquente, par cette dernière phrase, le caractère irrévocable du destin. Une fois l’écriture achevée, la plume relevée et l’encre séchée, rien de nouveau n’est écrit et aucune modification n’est apportée. L’écriture du destin est si irrévocable qu’elle ne peut subir ni changement ni ajout. C’est ce qui est voulu par cette parole. (Note du traducteur)) »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hassan et sahih. On trouve également, dans d’autres recueils de hadiths que celui d’at-Tirmidhi : « Préserve les droits d’Allah, et tu Le trouveras devant toi. Souviens-toi d’Allah dans les jours heureux, et Il se souviendra de toi dans les jours difficiles. Sache que ce qui ne t’est pas arrivé ne pouvait pas t’arriver, et que ce qui t’est arrivé ne pouvait pas manquer de t’atteindre. (C’est-à-dire que ce qui est inscrit dans le destin se réalisera nécessairement.) Sache aussi que le secours vient avec la patience, que l’aisance vient avec la difficulté et l’épreuve, et qu’avec la tristesse vient assurément la joie. »

٦٣ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ إِنَّكُمْ لَتَعْمَلُونَ أَعْمَالَا هِيَ آدَقُّ فِي أَعْيُنِكُمْ مِنَ الشَّعْرِ كُنَّا نَعُدُهَا عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنَ الْمُوْبِقَاتِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَقَالَ الْمُوْبِقَاتُ المُهْلِكَاتٌ .

63. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : « Vous commettez aujourd’hui de nombreux actes que vous considérez comme plus légers qu’un cheveu. Mais nous les considérions comme des actes destructeurs à l’époque du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). » (Al-Bukhari)

٦٤- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَغَارُ وَغَيْرَةُ الله تَعَالَى أَنْ يَأْتِيَ الْمَرْءُ مَا حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ – متفق عليه والْغَيْرَةُ بِفَتْحِ الْغَيْنِ وَأَصْلُهَا الْأَنْفَةُ .

64. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Allah éprouve de la jalousie à l’égard de Ses serviteurs. Dès lors qu’une personne commet ce qu’Allah a interdit aux hommes, la jalousie d’Allah se manifeste. » (Al-Bukhari et Muslim) [Le sens de ce hadith est que le fait que les hommes commettent des actes interdits équivaut à porter atteinte à la majesté d’Allah. Ainsi, commettre des actes interdits porte atteinte à Sa majesté. En ce sens, Allah éprouve, à juste titre, un sentiment de jalousie. (Le traducteur)]

٦٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُوْلُ إِنَّ ثَلَاثَةَ مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ أَبْرَصَ وَأَقْرَعَ وَأَعْمَى أَرَادَ اللَّهُ أَنْ يُبْتَلِيَهُمْ فَبَعَثَ إِلَيْهِمُ مَلَكًا فَأَتَى الْأَبْرَصَ فَقَالَ أَيُّ شَيْءٍ أَحَبُّ إِلَيْكَ؟ قَالَ لَوْنَ

حَسَنٌ وَجِلْدٌ حَسَنٌ وَيَذْهَبُ عَنِّى الَّذِي قَدْ قَدْرَنِي النَّاسُ فَمَسَحَهُ فَذَهَبَ عَنْهُ قَذَرُهُ وَأَعْطِيَ لَوْنًا حَسَنًا قَالَ فَأَيُّ الْمَالِ أَحَبُّ إِلَيْكَ؟ قَالَ الْإِبِلُ أَوْ قَالَ الْبَقَرُ شَكُ الرَّاوِيُّ) فَأَعْطِيَ نَاقَةً عُشَرَاءَ فَقَالَ بَارَكَ اللَّهُ لَكَ فِيْهَا .

فَأَتَى الْأَقْرَعَ فَقَالَ أَيُّ شَيْءٍ أَحَبُّ إِلَيْكَ؟ قَالَ شَعْرٌ حَسَنٌ وَيَذْهَبُ عَنِّى هُذَا الَّذِي قَذِرَنِي النَّاسُ فَمَسَحَهُ فَذَهَبَ عَنْهُ وَأَعْطِيَ شَعْرًا حَسَنًا قَالَ فَأَيُّ الْمَالِ أَحَبُّ الَيْكَ؟ قَالَ الْبَقَرُ فَأَعْطَى بَقَرَةً حَامِلاً وَقَالَ بَارَكَ اللهُ لَكَ

فِيهَا .قَاتَى الْأَعْمَى فَقَالَ أَيُّ شَيْرَ احَبَّ إِلَيْكَ؟ قَالَ أَنْ يُرَدَّ اللَّهُ إِلَى بَصَرِي فَأَبْصِرَ النَّاسَ فَمَسَحَهُ فَرَدَّ اللهُ إِلَيْهِ بَصَرَهُ قَالَ فَأَيُّ الْمَالِ أَحَبُّ إِلَيْكَ؟ قَالَ الْغَنَمُ فَأَعْطِيَ شَاةٌ وَالِدَا فَانْتَجَ هَذَانِ وَوَلَدَ هَذَا فَكَانَ لِهَذَا وَادٍ مِّنَ الْإِبِلِ

وَلِهَذَا وَادٍ مِنَ الْبَقَرِ وَلِهَذَا وَادٍ مِّنَ الْغَنَمِ. ثُمَّ إِنَّهُ أَتَى الْأَبْرَصَ فِى صُورَتِهِ وَهَيْئَتِهِ فَقَالَ رَجُلٌ مِسْكِينَ قَدِ انْقَطَعَتْ بِي الْجِبَالُ فِي سَفَرِي فَلا بَلاغَ لِي الْيَوْمَ إِلا بِاللهِ ثُمَّ بِكَ أَسْأَلُكَ بِالَّذِي أَعْطَاكَ اللَّوْنَ الْحَسَنَ وَالْجِلْدَ الْحَسَنَ

وَالْمَالَ بَعِيرًا اتبَلغُ بِهِ فِي سَفَرِى فَقَالَ الْحُقُوقُ كَثِيرَةٌ فَقَالَ كَانَي أَعْرِفُكَ أَلَمْ تَكُنْ أَبْرَصَ يَقْدُرُكَ النَّاسُ فَقِيرًا فَأَعْطَاكَ اللهُ؟ فَقَالَ إِنَّمَا وَرِثْتُ هَذَا الْمَالَ كَابِرًا عَنْ كَابِرٍ فَقَالَ إِنْ كُنْتَ كَاذِبًا فَصَيْرَكَ اللَّهُ إِلَى مَا كُنتَ .

وَآتَى الْأَقْرَعَ فِى صُورَتِهِ وَهَيْئَتِهِ فَقَالَ لَهُ مِثْلَ مَا قَالَ لِهَذَا وَرَدَّ عَلَيْهِ مِثْلَ مَا رَدَّ هَذَا فَقَالَ إِنْ كُنْتَ كَاذِبًا فَصَيْرَكَ اللَّهُ إِلَى مَا كُنْتَ. وآتَى الْأَعْمَى فِى صُورَتِهِ وَهَيْئَتِهِ فَقَالَ رَجُلٌ مِسْكِينٌ وَابْنُ سَبِيلِ انْقَطَعَتْ بِيَ الْجِبَالُ فِي

سَفَرِى فَلا بَلاغَ لِي الْيَوْمَ إِلا بِاللَّهِ ثُمَّ بِكَ أَسْأَلُكَ بِالَّذِي رَبِّ عَلَيْكَ بَصَرَكَ شَاةَ اتَبْلُغُ بِهَا فِي سَفَرِى ؟ فَقَالَ قَدْ كُنْتُ أَعْمَى فَرَدَّ اللَّهُ إِلَى بَصَرِي فَخُذْ مَا شِئْتَ وَدَعْ مَا شِئْتَ فَوَاللَّهِ مَا أَجْهَدُكَ الْيَوْمَ بِشَيْءٍ أَخَذْتَهُ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلٌ

فَقَالَ أَمْسِكَ مَالَكَ فَإِنَّمَا ابْتُلِيْتُمْ فَقَدْ رَضِيَ اللهُ عَنْكَ وَسَخط على صاحبيك – متفق عليه.

65. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Il a entendu le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : « Il y avait, parmi les Enfants d’Israël, trois hommes : un lépreux, un chauve et un aveugle. Allah voulut les éprouver et leur envoya un ange. Celui-ci vint trouver le lépreux et lui demanda : “Quelle est la chose que tu désires le plus ?” Il répondit : “Une belle peau et être débarrassé de cette maladie à cause de laquelle les gens me détestent.” L’ange passa alors la main sur son corps. Sa maladie disparut et il reçut un teint magnifique. Puis il lui demanda : “Quel bien désires-tu le plus ?” Il répondit : “Des chameaux ou des vaches” — le narrateur ayant un doute. On lui donna alors une chamelle pleine de dix mois. L’ange dit : “Qu’Allah te la bénisse !” Ensuite, il se rendit auprès de l’homme chauve et lui demanda : “Quelle est la chose que tu désires le plus ?” Il répondit : “De beaux cheveux et être débarrassé de cette calvitie à cause de laquelle les gens me détestent.” Il passa la main sur sa tête. Sa calvitie disparut et il reçut de beaux cheveux. Puis il lui demanda : “Quel bien désires-tu le plus ?” Il répondit : “Des vaches.” On lui donna alors une vache pleine. L’ange dit : “Qu’Allah te la bénisse !” Ensuite, il vint trouver l’aveugle et lui demanda : “Quelle est la chose que tu désires le plus ?” Il répondit : “Qu’Allah me rende la vue afin que je puisse voir les gens.” Il passa la main sur ses yeux, et Allah lui rendit la vue. Puis il lui demanda : “Quel bien désires-tu le plus ?” Il répondit : “Des chèvres.” On lui donna alors une chèvre qui mettait souvent bas. Puis les chameaux, les vaches et les chèvres eurent des petits, si bien que les chameaux remplirent une vallée, les vaches une autre et les chèvres une troisième. »

Puis l’ange se rendit auprès du lépreux sous son apparence initiale et lui dit : « Je suis un pauvre homme. Tout ce que je possédais a disparu au cours de mon voyage. Aujourd’hui, je ne peux atteindre ma destination qu’avec l’aide d’Allah, puis grâce à toi. Par Celui qui t’a donné un beau teint, une belle peau et des biens, je te demande un chameau afin de pouvoir atteindre ma destination grâce à lui. » L’homme répondit : « J’ai beaucoup de droits à acquitter. » L’ange dit : « Il me semble te connaître. N’étais-tu pas lépreux ? Les gens ne te détestaient-ils pas ? N’étais-tu pas pauvre ? Allah t’a pourtant donné des biens. » Il répondit : « J’ai hérité de ces biens de mes ancêtres. » L’ange dit : « Si tu mens, qu’Allah te rende comme tu étais auparavant. » Puis il se rendit auprès de l’homme chauve sous son apparence initiale et lui adressa les mêmes paroles qu’au premier homme. Celui-ci lui donna la même réponse que l’homme précédent. L’ange lui dit également : « Si tu mens, qu’Allah te rende comme tu étais auparavant. »

Puis il se rendit auprès de l’aveugle sous son apparence précédente et lui dit : « Je suis un pauvre homme et un voyageur. Tout ce que je possédais a disparu au cours de mon voyage. Je ne peux désormais atteindre ma destination qu’avec l’aide d’Allah, puis grâce à toi. Par Celui qui t’a rendu la vue, je te demande une chèvre. » L’homme répondit : « J’étais aveugle, puis Allah m’a rendu la vue. Prends donc ce que tu veux de mes biens et laisse ce que tu veux. Par Allah, je ne t’empêcherai pas aujourd’hui de prendre quoi que ce soit pour Allah, le Très-Haut. » L’ange dit : « Garde tes biens. Vous avez seulement été soumis à une épreuve. Allah est satisfait de toi et Il est mécontent de tes deux autres compagnons. » (Al-Boukhari et Muslim)

٦٦ – عَنْ أَبِي يَعْلَى شَدَّادِ بْنِ أَوْسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْكَيْسُ مَنْ دَانَ نَفْسَهُ وَعَمِلَ لِمَا بَعْدَ الْمَوْتِ وَالْعَاجِزُ مَنْ أَتْبَعَ نَفْسَهُ هَوَاهَا وَتَمَنَّى عَلَى اللهِ رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيْثٌ حَسَنٌ

قَالَ التَّرْمِذِيُّ وَغَيْرُهُ مِنَ الْعُلَمَاءِ مَعْنَى دَانَ نَفْسَهُ حَاسَبَهَا .

66. D’après Chaddad ibn Aws (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « L’homme intelligent est celui qui se demande des comptes à lui-même et œuvre pour la vie après la mort. Quant à l’homme faible, c’est celui qui se fait l’esclave de ses passions tout en nourrissant des espoirs auprès d’Allah. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de bon (hasan).

٦٧ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ حُسْنِ إِسْلَامِ الْمَرْءِ تَرْكُهُ مَا لَا يَعْنِيْهِ – حَدِيثٌ حَسَنٌ رَوَاهُ التَّرْمِذِيُّ وَغَيْرُهُ .

67. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Renoncer aux actes inconvenants et futiles fait partie de la beauté de l’islam d’une personne. » (At-Tirmidhi)

٦٨ – عَنْ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يُسْأَلُ الرَّجُلُ فِيمَ ضَرَبَ امْرَأَتَهُ – رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَغَيْرُهُ .

68. D’après ‘Umar (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si un homme frappe son épouse pour une raison légitime, il ne sera pas interrogé à ce sujet. » (Abou Dawoud)

Chapitre : 6 — La taqwâ

Taqwā [en arabe, le sens lexical du mot taqwā est : craindre, se préserver, faire preuve de prudence, s’abstenir, etc. En accord avec ces significations, le mot taqwā est employé dans le Coran et les hadiths principalement dans un sens particulier et large. Lorsqu’une personne, tout en conservant constamment une foi ferme en Allah, agit dans tous les domaines de sa vie, elle acquiert la capacité et la disposition à distinguer correctement le bien du mal. Cela fait naître en elle l’encouragement à accomplir le bien et la répulsion envers le mal. Le fait d’adopter une conduite pieuse conformément à cet état du cœur est appelé « taqwā » dans la terminologie islamique. De nombreux versets et hadiths traitent de ce sujet. (Le traducteur)].

قَالَ اللهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ حَقَّ تَقَاتِهِ .

Le Très-Haut dit :

(1) « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah comme Il doit être craint. » (sourate Āl ʿImrān : 102)

وَقَالَ تَعَالَى : فَاتَّقُوا اللَّهَ مَا اسْتَطَعْتُمْ.

(2) « Craignez Allah autant que vous le pouvez. » (sourate At-Taghābun : 16)

وَقَالَ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَقُولُوا قَوْلاً سَدِيدًا .

(3) « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et dites une parole juste. » (sourate Al-Ahzāb : 70)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَنْ يُتَّقِ اللهَ يَجْعَلْ لَهُ مَخْرَجًا وَيَرْزُقْهُ مِنْ حَيْثُ لَا يَحْتَسِبُ.

(4) « Quiconque craint Allah, Il lui ménage une issue et lui accorde Ses dons par des voies qu’il n’aurait jamais imaginées. » (Sourate At-Talâq, 2-3)

وقَالَ تَعَالَى : إِنْ تَتَّقُوا اللهَ يَجْعَلْ لَكُمْ فُرْقَانًا وَيُكَفِّرْ عَنْكُمْ سَيِّئَاتِكُمْ وَيَغْفِرُ لَكُمْ وَاللَّهُ ذُو الْفَضْلِ الْعَظِيمِ .

(5) « Si vous craignez Allah, Il vous accordera un discernement, effacera vos péchés et vous pardonnera. Allah est certes le Détenteur de la grâce immense. » (Sourate Al-Anfâl, 29)

٦٩- عن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَبْلَ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَنْ أَكْرَمُ النَّاسِ ؟ قَالَ أَتْقَاهُمْ فَقَالُوا لَيْسَ عَنْ هَذَا نَسْأَلُكَ قَالَ فَيُوسُفُ نَبِيُّ اللَّهِ ابْنُ نَبِيِّ اللَّهِ بْنِ نَبِيِّ اللَّهِ بْنِ خَلِيلِ اللهِ قَالُوا لَيْسَ عَنْ هَذَا نَسْأَلُكَ قَالَ فَعَنْ

مَعَادِنِ الْعَرَبِ تَسْأَلُونِي؟ خَيَارُهُمْ فِي الْجَاهِلِيَّةِ خَيَارُهُمْ فِي الْإِسْلامِ إِذَا فَقُهُوا – متفق عليه . وَفَقَهُوا بِضَمَ الْقَافِ عَلَى الْمَشْهُورِ وَحُكِى كَسْرُهَا أَي عَلِمُوا أَحْكَامَ الشرع .

69. D’après Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, il a été rapporté. Il dit : On demanda au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue : « Quel est l’homme le plus honorable ? » Il répondit : « Celui qui est le plus pieux, qui craint Allah plus que tous les autres. » Les Compagnons dirent : « Ce n’est pas à ce sujet que nous vous interrogeons. » Il dit : « Alors, c’est le prophète d’Allah Joseph, dont le père était un prophète d’Allah, dont le grand-père était un prophète d’Allah, et dont l’arrière-grand-père était Abraham, l’ami intime d’Allah. » Les Compagnons dirent : « Ce n’est pas non plus à ce sujet que nous vous interrogeons. » Alors le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : « Vous interrogez donc au sujet des différentes lignées arabes ? Sachez que ceux qui étaient les meilleurs d’entre eux à l’époque de l’Ignorance sont également les meilleurs à l’époque de l’islam, s’ils acquièrent la connaissance de la religion et de la charia. » (Al-Bukhârî, Muslim)

عن أبي سَعِيدٍ الْخُدْرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الدُّنْيَا حُلْوَةٌ خَضِرَةٌ وَإِنَّ اللهَ مُسْتَخْلِفُكُمْ فِيهَا فَيَنْظُرُ كَيْفَ تَعْمَلُونَ فَاتَّقُوا الدنيا واتَّقُوا النِّسَاءَ فَإِنْ أَوَّلَ فِتْنَةِ بَنِي إِسْرَائِيلَ كَانَتْ فِي النِّسَاء –

رواه مسلم.

70. D’après Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Certes, ce bas monde est doux et séduisant. Allah vous y a établis comme Ses lieutenants afin de voir comment vous agirez. Prenez donc garde à ce bas monde et prenez également garde à la tentation des femmes, car la première tentation des enfants d’Israël fut provoquée par les femmes. » (Mouslim)

۷۱- عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْهُدَى وَالتَّقى والعفاف والغنى – رواه مسلم .

71. D’après Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) disait : « Ô Allah, je Te demande la guidée, la piété, la chasteté et l’autosuffisance. » (Mouslim)

 ۷۲- عَنْ أَبِي طَرِيفِ عَدِي بْنِ حَاتِمِ الطَّائِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ حَلَفَ عَلَى يَمِيْنِ ثُمَّ رَأَى أَتْقَى لِلَّهِ مِنْهَا قليات التقوى – رواه مسلم .

72. D’après Adi ibn Hatim at-Taï (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : « Celui qui prête serment à propos d’une chose, puis voit une action davantage conforme à la crainte d’Allah, doit accomplir cette action. » (Mouslim)

عَنْ أَبِي أَمَامَة صُدَى بْنِ عَجْلانَ الْبَاهِلِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَخْطُبُ فِي حَجَّةِ الْوَدَاعِ فَقَالَ اتَّقُوا اللهَ وَصَلُّوا خَمْسَكُمْ وَصُوْمُوا شَهْرَكُمْ وَادُّوا زَكَاةَ أَمْوَالِكُمْ وَأَطِيعُوا أَمْرَاءَكُمْ تَدْخُلُوا

جَنَّةَ رَبِّكُمْ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي فِي آخِرِ كِتَابِ الصَّلاةِ وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

73. Abû Umâma Suday ibn Ajlân al-Bâhilî (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire dans le sermon du pèlerinage d’adieu : « Craignez Allah, accomplissez les cinq prières quotidiennes, jeûnez durant le Ramadan, acquittez la zakât de vos biens et obéissez à vos dirigeants ; alors vous entrerez dans le Paradis de votre Seigneur. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith dans le Kitâb as-Salât et l’a qualifié de hassan et sahîh.

Chapitre : 7 – La yaqîn et le tawakkul

La yaqîn et le tawakkul [En arabe, le mot yaqîn signifie une foi certaine et ferme, exempte de toute sorte de doute, d’hésitation, de réserve ou d’incertitude. Le Coran mentionne trois sortes de yaqîn : (1) ‘ilm al-yaqîn, c’est-à-dire la conviction fondée sur le raisonnement et la connaissance ; (2) ‘ayn al-yaqîn, c’est-à-dire la conviction fondée sur ce que l’on voit de ses propres yeux ; (3) haqq al-yaqîn, c’est-à-dire la conviction fondée sur la perception de la réalité.

On peut l’expliquer par l’exemple suivant : une personne apprend avec certitude qu’un incendie s’est déclaré quelque part. Le fait de croire cette information s’appelle l’iskul yaqîn. Puis, après avoir vu cet incendie de ses propres yeux, la conviction qui naît en elle s’appelle ‘ayn al-yaqîn. Enfin, après avoir touché cet incendie de sa propre main, la conviction qu’elle acquiert s’appelle haqq al-yaqîn.

Le mot tawakkul signifie placer sa confiance, s’en remettre à quelqu’un et dépendre de lui. Dans la terminologie du Coran et du hadith, le tawakkul consiste, après avoir entrepris une action avec une résolution ferme et un plein engagement, conformément aux prescriptions de l’islam, à placer sa confiance en Allah et à s’en remettre à Lui pour sa réussite.

Il n’y a aucune contradiction entre l’action et le tawakkul. Ils sont complémentaires l’un de l’autre. C’est Allah Seul qui a ordonné d’agir et de faire des efforts. Dès lors, comment pourrait-on s’en remettre à Lui tout en désobéissant à Son commandement ? Agir est la règle de ce monde. C’est pour agir qu’Allah a envoyé l’être humain sur terre. C’est pourquoi l’être humain doit agir, et il le devra nécessairement. C’est précisément en agissant que l’on a besoin du tawakkul pour réussir. Si l’on n’agit pas, la question du tawakkul ne se pose même pas. Il faut certes mettre pleinement à profit ses aptitudes, ses connaissances et sa capacité d’action, mais, pour réussir, il faut placer sa confiance en Allah Seul. Car les clés de toute chose et la réussite sont entre Ses mains. (Le traducteur) ] .

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَلَمَّا رَأَى الْمُؤْمِنُونَ الْأَحْزَابَ قَالُوا هُذَا مَا وَعَدَنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ وَصَدَقَ اللهُ وَرَسُولُهُ وَمَا زَادَهُمُ الأَ إِيْمَانًا وَتَسْلِيمًا

Le Très-Haut dit :

(1) « Lorsque les croyants virent les troupes ennemies, ils dirent : “Voici ce qu’Allah et Son Messager nous avaient promis ; Allah et Son Messager ont dit vrai.” Cela ne fit qu’accroître leur foi et leur soumission à Allah. » (Sourate Al-Ahzab : 22)

وَقَالَ تَعَالَى : الَّذِينَ قَالَ لَهُمُ النَّاسُ إِنَّ النَّاسَ قَدْ جَمَعُوا لَكُمْ فَاخْشَوْهُمْ فَزَادَهُمْ إِيمَانًا وَقَالُوا حَسْبُنَا اللهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ فَانْقَلَبُوا بِنِعْمَةٍ مِّنَ اللَّهِ وَفَضْلٍ لَمْ يَمْسَسْهُمْ سُوءٌ وَاتَّبَعُوا رِضْوَانَ اللهِ وَاللَّهُ ذُو فَضْلٍ عَظِيمٌ .

(2) « Ceux auxquels les gens dirent : “Une immense armée s’est rassemblée contre vous ; craignez-les”, virent leur foi augmenter davantage et répondirent : “Allah nous suffit, et quel excellent Garant !” Ils revinrent finalement comblés des bienfaits et de la grâce d’Allah, sans subir aucun mal. Ils suivirent la satisfaction d’Allah, et Allah est le Détenteur d’une immense grâce. » (Sourate Âl ‘Imrân : 173-174)

 وَقَالَ تَعَالَى : وَتَوَكَّلْ عَلَى الْحَيِّ الَّذِي لَا يَمُوتُ .

(3) « Place ta confiance en Allah, le Vivant qui ne meurt pas. » (Sourate Al-Furqân : 58)

 وَقَالَ تَعَالَى : وَعَلَى اللهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُؤْمِنُونَ .

(4) « C’est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance. » (Sourate Ibrâhîm : 11)

وَقَالَ تَعَالَى : فَإِذَا عَزَمْتَ فَتَوَكَّلْ عَلَى الله

(5) « Lorsque tu as pris une décision ferme, place ta confiance en Allah. » (Sourate Âl ʿImrân : 159)

 وَقَالَ تَعَالَى : وَمَنْ يُتَوَكَّلْ عَلَى اللَّهِ فَهُوَ حَسْبُهُ .

(6) « Quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. » (Sourate At-Talâq : 3)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ إِذَا ذُكِرَ اللَّهُ وَجِلَتْ قُلُوبُهُمْ وَإِذَا تُلِيَتْ عَلَيْهِمْ آيَاتُهُ زَادَتْهُمْ إِيمَانًا وَعَلَى رَبِّهِمْ يَتَوَكَّلُونَ .

(7) « Les croyants sont ceux dont les cœurs frémissent lorsque Allah est mentionné, et lorsque Ses versets leur sont récités, leur foi augmente. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur. » (Sourate Al-Anfâl : 2)

Il existe également dans le Coran de nombreux autres versets concernant le tawakkul.

وأما الْأَحَادِيثُ :

٧٤- عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عُرِضَتْ عَلَى الْأَمَمُ فَرَأَيْتُ النَّبِي وَمَعَهُ الرُّهَيْطُ وَالنَّبِيِّ وَمَعَهُ الرَّجُلُ والرجلان والنَّبِي وَلَيْسَ مَعَهُ أَحَدٌ إِذ رَفَعَ لِى سَوَادٌ عَظِيمٌ فَظَنَنْتُ أَنَّهُمْ

أُمَّتِي فَقِيلَ لي هذا مُوسَى وَقَوْمُهُ ولكن انظر إلى الأفُقِ فَنَظَرْتُ فَإِذَا سَوَادٌ عَظِيمٌ فَقِيلَ لِي أَنْظُرُ إِلَى الْأُفُقِ الْآخَرِ فَإِذَا سَوَادٌ عَظِيمٌ فَقِيلَ لِي هَذِهِ أُمْتُكَ وَمَعَهُمْ سَبْعُونَ الْفًا يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ بِغَيْرِ حِسَابٍ وَلَا عَذَابٍ ثُمَّ

نَهَضَ فَدَخَلَ مَنْزِلَهُ فَخَاضَ النَّاسُ فِي أُولئِكَ الَّذِينَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ بِغَيْرِ حِسَابٍ وَلَا عَذَابٍ فَقَالَ بَعْضُهُمْ فَلَعَلَّهُمُ الَّذِينَ صَحِبُوا رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَالَ بَعْضُهُمْ فَلَعَلَّهُمُ الَّذِين ولدوا في الإِسْلامِ فَلَمْ يُشْرِكُوا

بِاللَّهِ شَيْئًا وَذَكَرُوا أَشْيَاءَ فَخَرَجَ عَلَيْهِمْ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ مَا الَّذِي تَخُوضُونَ فِيهِ؟ فَأَخْبَرُوهُ فَقَالَ هُمُ الَّذِينَ لا يَرْقُونَ وَلَا يَسْتَرْقُوْنَ وَلَا يَتَطيرُونَ وَعَلَى رَبِّهِمْ يَتَوَكَّلُونَ فَقَامَ عكاشة بنُ مِحْصَنٍ فَقَالَ أَدْعُ

اللهَ أَنْ يَجْعَلَنِي مِنْهُمْ فَقَالَ أَنْتَ مِنْهُمْ ثُمَّ قَامَ رَجُلٌ آخَرُ فَقَالَ ادْعُ اللهَ أَنْ يُجْعَلْنِي مِنْهُمْ فَقَالَ سَبَقَكَ بِهَا عُكاشة. متفق عليه الرهيط بضم الراء تَصْغِيرُ رَهْطٍ وَهُمْ دُونَ عَشَرَةِ أَنْفُسِ وَالْأُفُقُ النَّاحِيَةُ وَالْجَانِبُ وَعُكَاشَةُ بِضَمِّ

الْعَيْنِ وَتَشْدِيدِ الْكَافِ وَيَتَخْفِيفِهَا وَالتَّشْدِيدُ أَفْصَحُ .

74. D’après Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les communautés m’ont été présentées (en rêve ou lors de l’Ascension). Je vis un prophète accompagné d’un petit groupe, un autre prophète accompagné d’un ou de deux hommes, et un autre prophète qui n’avait personne avec lui. Soudain, on me montra une foule immense. Je pensai : “Ce sont là ma communauté.” On me dit : “Voici Moïse et sa communauté. Mais regarde vers l’horizon du ciel.” Je regardai et vis une foule immense. Puis on me dit de regarder vers un autre horizon du ciel. Je regardai et y vis également une foule immense. On me dit alors : “Ceux-là sont ta communauté. Parmi eux, soixante-dix mille entreront au Paradis sans jugement et sans châtiment.” » Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) poursuit : « Ensuite, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se leva et se rendit dans sa chambre. À ce moment-là, les Compagnons discutaient au sujet de ceux qui entreront au Paradis sans jugement et sans châtiment. Certains dirent : “Il se peut qu’il s’agisse de ceux qui ont été en compagnie du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue).” D’autres dirent : “Il se peut qu’il s’agisse de ceux qui sont nés à l’époque de l’islam et qui n’ont rien associé à Allah.” Les Compagnons échangèrent ainsi diverses opinions. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) sortit et leur demanda : “De quoi discutez-vous ?” Ils l’en informèrent. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : “Ce sont ceux qui ne pratiquent pas les incantations et ne demandent pas qu’on les leur pratique, qui ne se fient à aucun présage favorable ou défavorable, et qui s’en remettent uniquement à leur Seigneur, Allah.” » Ukasha ibn Mihsan (qu’Allah l’agrée) se leva et dit : « Invoquez Allah afin qu’Il me fasse compter parmi eux. » Il dit : « Tu es parmi eux. » Puis un autre homme se leva et dit : « Invoquez Allah afin qu’Il me fasse également compter parmi eux. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ukasha t’a devancé. » (Al-Bukhari et Muslim)

ى اللهُ عَنْهُمَا أَيْضًا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ ٧٥ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيا وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ اللهُمَّ لَكَ أَسْلَمْتُ وَبِكَ أمَنْتُ وَعَلَيْكَ تَوَكَّلْتُ وَإِلَيْكَ أَنَبْتُ وَبَكَ خَاصَمْتُ اللَّهُمَّ أَعُوذُ بِعِزَّتِكَ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ أَنْ تُضِلَّنِي أَنْتَ الْحَيُّ

الَّذِي لَا تَمُوتُ والجنَّ وَالْإِنسُ يَمُوتُونَ – متفق عليه وهذا لفظ مُسْلِمِ وَاخْتَصَرَهُ الْبُخَارِيُّ .

75. D’après Ibn al-ʿAbbās (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) disait : « Ô Allah ! Je me suis soumis à Toi par l’islam, j’ai cru en Toi, je me suis confié à Toi, je me suis tourné vers Toi et je m’en remets à Ton jugement. Ô Allah ! Je cherche refuge dans Ta puissance, afin que Tu ne m’égare pas. Il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. Tu es le Vivant qui ne meurt pas, tandis que les djinns et les hommes, eux, mourront tous. » (Al-Bukhari et Muslim)

La formulation complète de ce hadith est celle de l’imam Muslim. L’imam al-Bukhari l’a rapporté sous une forme abrégée.

٧٦- عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَيْضًا قَالَ حَسْبُنَا اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ قَالَهَا إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلامُ حِينَ أُلْقِيَ فِي النَّارِ وَقَالَهَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِيْنَ قَالُوا إِنَّ النَّاسَ قَدْ جَمَعُوا لَكُمْ فَاخْشَوْهُمْ فَزَادَهُمْ إِيْمَانًا

وَقَالُوا حَسْبُنَا اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّوَفِي رِوَايَةٍ لَهُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كَانَ أُخِرَ قَوْلِ إِبْرَاهِيمَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِيْنَ الْقِيَ فِي النَّارِ حَسْبِيَ اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ .

76. D’après Ibn al-ʿAbbās (qu’Allah l’agrée), il dit : Lorsque Abraham (que la paix soit sur lui) fut jeté dans le feu, il dit : « Allah me suffit, et quel excellent Garant ! » Et lorsque les gens dirent à Muhammad (qu’Allah le bénisse et le salue) et à ses compagnons : « Les associateurs se sont rassemblés contre vous ; craignez-les », cela ne fit qu’accroître leur foi, et ils dirent : « Allah nous suffit, et quel excellent Garant ! » (Al-Bukhari)

Dans une autre version rapportée par al-Bukhari, Ibn al-ʿAbbās (qu’Allah l’agrée) dit : « Après avoir été jeté dans le feu, les dernières paroles d’Abraham (que la paix soit sur lui) furent : “Allah me suffit, et Il est le meilleur Protecteur.” »

۷۷- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَدْخُلُ الْجَنَّةَ أَقوَامٌ أَفْئِدَتُهُم مِثلُ أَفْئِدَةِ الطير. رواه مسلم قبْلَ مَعْنَاهُ مُتَوَكَّلُونَ وَقِيلَ قُلُوبُهُمْ رَقِيقَةٌ.

77. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Beaucoup de gens entreront au Paradis, leurs cœurs étant semblables à ceux des oiseaux » (c’est-à-dire que leurs cœurs sont doux et qu’ils placent leur confiance en Allah). (Muslim)

۷۸- عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ غَزَا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قِبَلَ نَجْدٍ فَلَمَّا قَفَلَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَفَلَ مَعَهُمْ فَأَدْرَكَتْهُمُ الْقَائِلَةُ في وَادٍ كَثِيرِ الْعِضَاءِ فَنَزَلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

وَتَفَرِّقَ النَّاسُ يَسْتَظُلُّونَ بالشَّجَرِ وَنَزَلَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَحْتَ سَمُرَةٍ فَعَلَّقَ بِهَا سَيْفَهُ وَنَمَّنَا نَوْمَةً فَإِذَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْعُونَا وَإِذَا عِنْدَهُ أَعْرَابِي فَقَالَ إِنْ هَذَا اخْتَرَطَ عَلَى سَيْفِي وَأَنَا

نَائِمٌ فَاسْتَيْقَظْتُ وَهُوَ فِي يَدِهِ صَلْنَا قَالَ مَنْ يَمْنَعُكَ مِنَى ؟ قُلْتُ اللهُ ثَلاثًا وَلَمْ يُعَاقِبُهُ وَجَلَسَ. متفق عليهوفِي رِوَايَةٍ قَالَ جَابِرٌ كُنَّا مَعَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِذَاتِ الرِّقَاعِ فَإِذَا أَتَيْنَا عَلَى شَجَرَةٍ ظليلَةٍ تَرَكْنَاهَا

لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَجَاءَ رَجُلٌ مِنَ الْمُشْرِكِينَ وَسَيْفَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُعَلِّقٌ بِالشَّجَرَةِ فَاخْتَرَطَهُ فَقَالَ تَخَافُنِي؟ قَالَ لَا قَالَ فَمَنْ يُمْنَعُكَ مِنِّي ؟ قَالَ اللَّهُ. وَفِي رِوَايَةِ أَبِي بَكْرِ الْإِسْمَاعِيلِي

فِي صَحِيحِهِ قَالَ مَنْ يَمْنَعُكَ مِنِّي؟ قَالَ اللَّهُ قَالَ فَسَقَطَ السَّيْفُ مِنْ يَدِهِ فَأَخَذَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ السَّيْفَ فَقَالَ مَنْ يُمْنَعُكَ مِنِّي فَقَالَ كُنْ خَيْرَ أَخِرٍ فَقَالَ تَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَآتِي رَسُولُ اللهِ ؟ قَالَ لا

وَلَكِنِّي أَعَاهِدُكَ أَنْ لا أَقَاتِلَكَ وَلَا أَكُونَ مَعَ قَوْمٍ يُقَاتِلُونَكَ فَخَلَى سَبِيلَهُ فَأَتَى أَصْحَابَهُ فَقَالَ جِئْتُكُمْ مِنْ عِنْدِ خَيْرِ النَّاسِ . قَولُهُ قَفَلَ أَى رَجَعَ وَالْعِضَاهُ الشَّجَرُ الَّذِي لَهُ شَوْكَ وَالسَّمَرَةُ بِفَتْحِ السِّينِ وَضَمَ الْمِيمِ الشَّجَرَةُ مِنَ

الطَّلْحِ وَهِيَ الْعِظَامُ مِنْ شَجَرِ الْعِضَاءِ وَاخْتَرَطَ السَّيْفَ أَي سَلَهُ وَهُوَ فِي يَدِهِ صَلْنَا أَيْ مَسْلُولاً وَهُوَ بِفَتْحِ الصَّادِ وَضَمِّهَا .

78. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), il combattit aux côtés du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dans la région du Najd. Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) revint, il revint lui aussi avec lui. À midi, ils arrivèrent tous dans une plaine où se trouvaient de nombreux arbustes épineux. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) y descendit, tandis que les autres hommes se dispersèrent à la recherche de l’ombre des arbres. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) alla sous l’ombre d’un acacia et y suspendit son épée. Nous nous endormîmes tous. Soudain, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se mit à nous appeler. Un Bédouin se trouvait auprès de lui. Il dit : « Cet homme a voulu me frapper avec mon épée alors que je dormais. À mon réveil, je l’ai vue nue dans sa main. Il m’a dit : “Qui te sauvera maintenant de moi ?” » Je répondis trois fois : « Allah. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ne lui infligea aucun châtiment et s’assit. L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Dans une autre version rapportée d’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), il est dit : « Nous étions avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lors de la bataille de Dhât ar-Riqâ‘. Nous arrivâmes près d’un arbre procurant de l’ombre et laissâmes cet arbre au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) afin qu’il s’y repose. Un homme parmi les polythéistes arriva. L’épée du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était alors suspendue à l’arbre. Il la décrocha et dit : “As-tu peur de moi ?” Il répondit : “Non.” L’homme dit encore : “Alors, qui te protégera de moi ?” Il répondit : “Allah.” »

Dans la version rapportée par Abû Bakr al-Ismâ‘îlî dans son Sahîh, il est dit que le polythéiste demanda : « Qui te sauvera de moi ? » Il répondit : « Allah. » Alors l’épée tomba de la main de l’homme. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) la ramassa et lui dit : « Qui te protégera de moi ? » Il répondit : « Soyez le meilleur de ceux qui capturent. » Il lui dit : « Attestes-tu qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que je suis le Messager d’Allah ? » Il répondit : « Non. Toutefois, je te promets que je ne combattrai pas contre toi et que je n’aiderai pas ceux qui te combattent. » Sur ces paroles, il le laissa partir. Puis le polythéiste rejoignit ses compagnons et leur dit : « Je reviens après avoir rencontré le meilleur des hommes. »

۷۹- عَنْ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَوْ أَنَّكُمْ تَتَوَكَّلُونَ عَلَى اللهِ حَقَّ تَوَكَّلِه لَرَزَقَكُمْ كَمَا يَرْزُقُ الطَّيْرَ تَغْدُو خمَاصًا وَتَرُوحُ بِطَانًا . رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ .

مَعْنَاهُ تَذْهَبُ أَوَّلَ النَّهَارِ خِمَاصًا أَى ضَامِرَةَ البُطُونِ مِنَ الْجُوعِ وَتَرْجِعُ آخِرَ النَّهَارِ بطانًا أَي مُمْتَلَثَةَ الْبُطُون .

79. D’après ‘Umar (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “Si vous placiez votre confiance en Allah comme il se doit, Il vous accorderait votre subsistance comme Il l’accorde aux oiseaux : ceux-ci sortent le matin le ventre vide et reviennent le soir le ventre plein.” »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hasan.

عَنْ أَبِي عِمَارَةَ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا فُلانُ إِذَا أَوَيْتَ إِلَى فِرَاشِكَ فَقُلْ اللَّهُمَّ أَسْلَمْتُ نَفْسِي إِلَيْكَ وَوَجْهُتُ وَجْهِي إِلَيْكَ وَفَوَّضْتُ أَمْرِى إِلَيْكَ وَالْجَأْتُ ظَهْرِي إِلَيْكَ

رَغْبَةً ورَهْبَةً إِلَيْكَ لا مَلْجَاءَ وَلَا مَنْجَا مِنْكَ إِلا إِلَيْكَ أَمَنْتُ بِكِتَابِكَ الَّذِي أَنْزَلْتَ وَنَبِيِّكَ الَّذِي أَرْسَلْتَ فَإِنَّكَ إِنْ مِنْ مِنْ لَيُلَتِكَ مِنْ عَلَى الْفِطْرَةِ وَإِنْ أَصْبَحْتَ أصبت خيرا – متفق عليه وفي رواية في الصَّحِيحَيْنِ عَنِ الْبَرَاءِ قَالَ

قَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا آتَيْتَ مَضْجَعَكَ فَتَوَضَّا وُضُوءَكَ لِلصَّلَاةِ ثُمَّ اضطجع عَلَى شِقِّكَ الْأَيْمَنِ وَقُلْ وَذَكَرَ نَحْوَهُ ثُمَّ قَالَ وَاجْعَلْهُنَّ آخِرَ مَا تَقُولُ .

80. D’après Al-Barâ ibn Âzib (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ô untel ! Lorsque tu vas te coucher sur ton lit, dis : “Ô Allah ! Je me suis soumis à Toi, j’ai tourné mon visage vers Toi, je T’ai confié mon affaire et j’ai appuyé mon dos sur Toi. J’ai fait tout cela par crainte de Toi et dans l’espoir de Ta récompense. Il n’y a de refuge ni d’échappatoire ailleurs qu’auprès de Toi. J’ai cru en Ton Livre que Tu as révélé et en Ton Prophète que Tu as envoyé.” » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Si tu meurs cette nuit-là, tu mourras dans l’islam, et si tu restes en vie jusqu’au matin, tu obtiendras le bien. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par Al-Boukhari et Muslim, Al-Barâ (qu’Allah l’agrée) dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) m’a dit : « Lorsque tu vas te coucher, fais les ablutions comme tu les fais pour la prière, puis couche-toi sur le côté droit et récite cette invocation. » Sur ce, il récita l’invocation mentionnée précédemment. Il dit : « Tu la réciteras en dernier lieu. »

اللَّهِ بْنِ عُثْمَانَ بْنِ عَامِرِ بْنِ اللهُ عَنْهُ عَبد الله ۱- عَنْ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ . عُمَرَ بْنِ كَعْبِ ابْنِ سَعْدِ بْنِ تَيْمِ بْنِ مُرَّةَ بْنِ كَعْبِ بْنِ لُغَيِّ بْنِ غَالِبِ الْقُرَيْشِي التَّيْمِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَهُوَ وَآبُوهُ وَأُمُّهُ صَحَابَةٌ رَضِيَ

اللَّهُ عَنْهُمْ قَالَ نَظَرْتُ إِلَى اقدام الْمُشْرِكِينَ وَنَحْنُ فِي الْغَارِ وَهُمْ عَلَى رُؤُوسِنَا فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ لَوْ أَنَّ أَحَدَهُمْ نَظَرَ تَحْتَ قَدَمَيْهِ لَأَبْصَرْنَا فَقَالَ مَا ظَنُّكَ يَا أَبَا بَكْرِ بِاثْنَيْنِ اللَّهُ ثالثهما – متفق عليه .

81. D’après Abou Bakr as-Siddiq (qu’Allah l’agrée), il a dit : Alors que je me trouvais dans la grotte avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), je regardai les pieds des polythéistes. Ils se trouvaient alors au-dessus de nos têtes — c’était lors de l’émigration. Je dis : « Ô Messager d’Allah ! Si l’un d’eux regardait maintenant sous ses deux pieds, il nous verrait. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ô Abou Bakr ! Que penses-tu de deux personnes dont le troisième est Allah ? » (Al-Boukhari, Muslim)

۲- عَنْ أَمِّ الْمُؤْمِنِينَ أُمِّ سَلَمَةَ وَاسْمُهَا هِندُ بِنْتِ أَبِي أُمَيَّةَ حُذَيْفَةَ الْمَخْزُومِيَّةِ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا خَرَجَ مِنْ بَيْتِهِ قَالَ بِسْمِ اللهِ تَوَكَّلْتُ عَلَى اللهِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ أَنْ أَضِلَّ أَوْ أَضَلَّ أَوْ

أَزِلَ أَوْ أَزَلَ أَوْ أَظْلِمَ أَوْ أَظْلَمَ أَوْ أَجْهَلَ أَوْ يُجْهَلَ عَلَى – (حَدِيث صَحِيح)رواه أبو داودَ وَالتَّرْمِذِى وَغَيْرُهُمَا بِأَسَانِيدَ صَحِيحَةٍ قَالَ التَّرْمِذِى حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ وَهَذَا لَفْظُ أَبِي دَاوُدَ .

82. Il est rapporté d’Umm al-Mu’minîn Umm Salama — qu’Allah l’agrée — que, lorsque le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — sortait de chez lui, il disait : « Je sors au nom d’Allah et je place ma confiance en Lui. Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de m’égarer ou d’être égaré, de m’écarter de la religion ou d’en être écarté, de commettre une injustice envers quiconque ou d’être victime d’une injustice, de me comporter avec ignorance ou d’être victime de l’ignorance. »

L’imam Abû Dâwûd, l’imam at-Tirmidhî et d’autres imams ont rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique. L’imam at-Tirmidhî l’a qualifié de bon et d’authentique. Toutefois, les termes du hadith cités ici sont ceux rapportés par Abû Dâwûd.

– عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ قَالَ يَعْنِي إِذَا خَرَجَ مِنْ بَيْتِهِ بِسْمِ اللهِ تَوَكَّلْتُ عَلَى اللَّهِ وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللهِ يُقَالُ لَهُ هُدِيَّتَ وَكُفِيتَ وَوُقِيْتَ وَتَنَحَى عَنْهُ الشَّيْطَانُ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ

والترمذي وَالنِّسَائِيُّ وَغَيْرُهُمْ وَقَالَ التِرْمِذِى حَدِيْثٌ حَسَنٌ زَادَ أَبُو دَاوُدَ فَيَقُولُ يَعْنِي الشَّيْطَانَ لِشَيْطَانِ أَخَرَ كَيْفَ لَكَ بِرَجُلٍ قَدْ هُدِى وَكُفِي وَوُقِي؟

83. Anas — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Celui qui, en sortant de chez lui, dit : “Je sors au nom d’Allah et je place ma confiance en Allah. Il n’y a de pouvoir ni de force qu’en Allah”, il lui est dit : “Tu as été guidé, tu as reçu ce qui te suffit et tu as été protégé.” » Satan s’éloigne alors de lui.

Ce hadith a été rapporté par Abû Dâwûd, at-Tirmidhî et an-Nasâ’î. At-Tirmidhî l’a qualifié de hadith bon. Abû Dâwûd ajoute : Satan dit à un autre démon : « Comment pourrais-tu prendre le contrôle de celui qui a été guidé, à qui l’on a accordé ce qui lui suffit et qui a été protégé ? »

٨٤- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ أَخَوَانِ عَلَى عَهْدِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَانَ أَحْدُهُمَا يَأْتِي النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْآخَرُ يَحْتَرِفُ فَشَكَا الْمُحْتَرِفُ أَخَاهُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَعَلَّكَ تُرْزَقُ

بِهِ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي بِاسْنَادِ صَحِيحِ عَلَى شَرْطِ مُسْلِمٍ يَحْتَرِفُ يَكْتَسِبُ وَيَتَسَبِّبُ .

84. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il y avait, à l’époque du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), deux frères. L’un d’eux venait auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), tandis que l’autre était occupé par son métier. Un jour, le frère occupé par son travail vint se plaindre de son frère auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Il se peut que ta subsistance te soit accordée grâce à lui. » (At-Tirmidhi)

Chapitre 8 – L’istiqāmah ou la constance inébranlable

L’istiqāmah ou la constance inébranlable [Le mot istiqāmah signifie principalement fermeté et rectitude. Pour avancer sur le chemin d’Allah en affrontant sans compromis tous les obstacles et toutes les difficultés, le croyant doit demeurer constant, inébranlable et ferme dans sa foi, sa pensée, ses actes et son caractère. Il doit abandonner les pensées et les voies tortueuses et suivre toujours ce chemin avec rectitude. En terminologie islamique, cette fermeté et cette rectitude sont appelées istiqāmah. (Le traducteur)]

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : فَاسْتَقِمْ كَمَا أُمِرْتَ .

Allah, le Très-Haut, dit :

(1) « Demeure ferme sur le chemin de la religion comme il t’a été ordonné. » (Sourate Hūd : 112)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ الَّذِينَ قَالُوا رَبُّنَا اللهُ ثُمَّ اسْتَقَامُوا تَتَنَزَّلُ عَلَيْهِمُ الْمَلَائِكَةُ أَنْ لا تَخَافُوا وَلَا تَحْزَنُوا وَأَبْشِرُوا بِالْجَنَّةِ الَّتِي كُنتُمْ تُوعَدُونَ نَحْنُ أَوْلِيَاؤُكُم فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَفِي الْآخِرَةِ وَلَكُمْ فِيهَا مَا تَشتَهِي أَنْفُسُكُمْ وَلَكُمْ فِيْهَا

مَا تَدْعُونَ نُزُلاً مِنْ غَفُورٍ رَّحِيم .

(2) « Ceux qui disent sincèrement : “Allah est notre Seigneur”, puis demeurent fermes dans cette affirmation, les anges descendent auprès d’eux et leur disent : “N’ayez pas peur et ne vous affligez pas ; réjouissez-vous de l’annonce du Paradis qui vous a été promis. Nous sommes vos alliés dans la vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Vous y trouverez tout ce que vos âmes désireront et tout ce que vous demanderez. Voilà l’hospitalité offerte par Allah, Celui qui est Très Pardonneur et Très Miséricordieux.” » (Sourate Fussilat : 30, 31, 32)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ الَّذِينَ قَالُوا رَبُّنَا اللهُ ثُمَّ اسْتَقَامُوا فَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ أُولَئِكَ أَصْحَابُ الْجَنَّةِ خَالِدِينَ فِيهَا جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ .

(3) « Ceux qui disent sincèrement : “Allah est notre Seigneur”, puis demeurent fermes dans cette affirmation, n’auront aucune crainte et ne s’affligeront pas. Ils demeureront éternellement au Paradis, en récompense des œuvres qu’ils accomplissaient ici-bas. » (Sourate Al-Ahqaf : 13, 14)

٨٥ عَنْ أَبِي عَمْرُو وَقَبْلَ أَبِي عَمْرَةَ سُفْيَانَ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ قُلْ لِي فِي الْإِسْلامِ قَوْلاً لَا أَسْأَلُ عَنْهُ أَحَدًا غَيْرَكَ قَالَ قُلْ أمَنْتُ بِاللهِ ثُمَّ اسْتَقِمْ – رواه مسلم .

85. Sufyân ibn Abdallah (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai dit : « Ô Messager d’Allah ! Dis-moi, au sujet de l’islam, une parole après laquelle je n’aurai plus à interroger personne d’autre que toi à ce sujet. » Il répondit : « Dis : “J’ai foi en Allah”, puis demeure ferme dans cette voie. » (Muslim)

٨٦- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَارِبُوا وَسَدِّدُوا وَاعْلَمُوا أَنَّهُ لَنْ يُنْجُوَ أَحَدٌ مِنْكُمْ بِعَمَلِهِ قَالُوا وَلَا أَنْتَ يَا رَسُولَ الله؟ قَالَ وَلَا أَنَا إِلا أَن يَتَغَمَّدَنِي اللهُ بِرَحْمَةٍ مِنْهُ وَفَضْل – رواه

مسلم . وَالْمُقَارَبَةُ الْقَصْدُ الذى لا غُلُو فِيهِ وَلَا تَقْصِيرَ وَالسَّدَادُ الْاسْتَقَامَةُ وَالْأَصَابَةُ وَيَتَعَمَّدُنِي يُلْبِسُنِي وَيَسْتُرُنِي. قَالَ الْعُلَمَاءُ مَعْنَى الْإِسْتِقَامَةِ لُزُوْمُ طَاعَةِ اللَّهِ تَعَالَى قَالُوا وَهِيَ مِنْ جَوَامِعِ الكَلِم وَهِيَ نِظَامُ الْأُمُورِ وَبِاللَّهِ

التَّوْفِيقِ.

86. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Faites preuve de modération dans la religion et restez-y fermement attachés. Et sachez qu’aucun d’entre vous n’obtiendra le salut grâce à ses œuvres. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Même vous ? » Il répondit : « Même moi, à moins qu’Allah ne m’enveloppe de Sa miséricorde et de Sa grâce. » (Mouslim)

Chapitre 9 — Réfléchir à la magnifique création d’Allah, à la brièveté de la vie terrestre, aux réalités de l’au-delà et à tout ce qui s’y rapporte, remédier aux défauts du nafs et encourager à rester fermement attaché à la religion

Réfléchir à la magnifique création d’Allah, à la brièveté de la vie terrestre, aux réalités de l’au-delà et à tout ce qui s’y rapporte, remédier aux défauts du nafs et encourager à rester fermement attaché à la religion. Allah est l’unique Créateur, et tout le reste est Sa création. En méditant et en étudiant la création, on découvre le Créateur et l’on trouve les preuves de Sa grandeur et de Son pouvoir infini. L’être humain est une créature étonnante : d’un côté, il est Son serviteur et, de l’autre, Son représentant. L’homme entretient ces deux relations avec le Créateur. C’est en comprenant correctement ces relations et en les entretenant que l’être humain peut s’acquitter de ses responsabilités et de ses devoirs, et obtenir dans ce monde et dans l’au-delà le véritable bien-être, la réussite, le salut et la délivrance du châtiment. Il est donc indispensable de réfléchir et de mener des recherches sur toute la création, y compris sur l’être humain lui-même. (Le traducteur)

قَالَ اللهُ تَعَالَى : قُلْ إِنَّمَا أَعِظُكُمْ بِوَاحِدَةٍ أَنْ تَقُومُوا لِلَّهِ مَثْنَى وَفُرَادَى ثُمَّ تَتَفَكَّرُوا

Le Très-Haut dit :

(1) « Dis : “Je ne vous exhorte qu’à une seule chose : levez-vous pour Allah, individuellement ou deux par deux, puis réfléchissez profondément.” » (Sourate Saba, 46)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ فِي خَلْقِ السَّمَوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلافِ الَّيْلِ وَالنَّهَارِ لَآيَاتٍ لأولى الْأَلْبَابِ الَّذِينَ يَذْكُرُونَ اللَّهَ قِيَامًا وَقُعُودًا وَعَلَى جُنُوبِهِم وَيَتَفَكَّرُونَ فِي خلق السمواتِ وَالْأَرْضِ رَبَّنَا مَا خَلَقْتَ هَذا بَاطِلاً سُبْحَانَكَ فَقِنَا عَذَابَ النَّارِ.

(2) « Il y a certes, dans la création des cieux et de la terre et dans l’alternance de la nuit et du jour, de nombreux signes pour les gens doués d’intelligence : ceux qui évoquent Allah debout, assis et couchés, et méditent sur la création des cieux et de la terre. (Puis ils disent 🙂 “Ô notre Seigneur, Tu n’as pas créé tout cela en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous donc du châtiment du Feu.” » (sourate Âl ʿImrân : 190-191)

وَقَالَ تَعَالَى : أَفَلا يَنْظُرُونَ إِلى الابلِ كَيْفَ خُلِقَتْ وَإِلَى السَّمَاءِ كَيْفَ رُفِعَتْ وإلى الْجِبَالِ كَيْفَ نُصِبَتْ وَإِلَى الْأَرْضِ كَيْفَ سُطِحَتْ فَذَكِّرُ إِنَّمَا أَنْتَ مُذَكِّر .

(3) « Ne regardent-ils donc pas les chameaux, comment ils ont été créés ? Et le ciel, comment il a été élevé ? Et les montagnes, comment elles ont été fermement dressées ? Et la terre, comment elle a été étendue ? Exhorte donc, car tu n’es qu’un exhortateur. » (sourate Al-Ghâshiyah : 17-21)

وَقَالَ تَعَالَى : أَفَلَمْ يَسِيرُوا فِي الْأَرْضِ فَيَنْظُرُوا ….. الآيَةَ .

« Ne parcourent-ils donc pas la terre et ne voient-ils pas quelle a été la fin de ceux qui les ont précédés ? » (sourate Yûsuf : 109)

Il existe encore d’innombrables versets dans ce chapitre.

وَمِنَ الْأَحَادِيثِ الْحَدِيثُ السَّابِقُ الْكَيْسُ مَنْ دَانَ نَفْسَهُ .

Le hadith n° 66, mentionné précédemment — « L’homme intelligent est celui qui se remet lui-même en question… » — convient à ce chapitre.

Chapitre 10 — Prendre les devants dans les bonnes œuvres et encourager celui qui prend les devants à s’efforcer et à prendre les mesures nécessaires sans précipitation

Prendre les devants dans les bonnes œuvres et encourager celui qui prend les devants à s’efforcer et à prendre les mesures nécessaires sans précipitation [Le terme arabe original est « mubādara ». Il signifie rivalité et activité immédiate, c’est-à-dire accomplir aussitôt une œuvre par émulation, sans tergiverser. Ne pas être paresseux ni négligent dans son travail, mais être immédiatement actif, telle est la caractéristique du croyant. Le Coran et les hadiths encouragent les croyants à rivaliser dans les œuvres religieuses, ainsi que dans le sacrifice et le dévouement pour la religion, plutôt que d’être préoccupés et agités uniquement par la recherche de la réussite mondaine. Ainsi, dans l’effort visant à établir la religion et dans toutes les œuvres religieuses, la rivalité et l’activité immédiate sont indispensables. (Le traducteur)] .

قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَاسْتَبِقُوا الْخَيْرَاتِ .

Allah, le Très-Haut, dit :

(1) « Rivalisez donc dans les bonnes œuvres. » (Sourate al-Baqarah, 148)

وَقَالَ تَعَالَى : وَسَارِعُوا إِلَى مَغْفِرَةٍ مِنْ رَبِّكُمْ وَجَنَّةٍ عَرْضُهَا السَّمَوَاتُ وَالْأَرْضُ أعدت للمتقين .

(2) « Hâtez-vous vers le pardon de votre Seigneur et vers un Paradis aussi vaste que les cieux et la terre, préparé pour ceux qui craignent Allah. » (Sourate Āl ʿImrān, 133)

۸۷ ۷- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بَادِرُوا بِالْأَعْمَالِ فَسَتَكُونُ فِتَنَا كَقِطَعِ اللَّيْلِ الْمُظْلِمِ يُصْبِحُ الرَّجُلُ مُؤْمِنًا وَيُمْسِي كَافِرًا ويُمْسِي مُؤْمِنًا وَيُصْبِحُ كَافِرًا يَبِيعُ دِينَهُ بَعَرَضَ مِنَ

الدُّنْيَا – رواه مسلم.

87. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Hâtez-vous de rivaliser dans les bonnes œuvres, sans attendre un seul instant, car des troubles et des désordres se répandront bientôt, tels des pans d’une nuit obscure. L’homme se réveillera croyant et se retrouvera mécréant le soir ; ou bien il sera croyant le soir et deviendra mécréant au matin. Il vendra sa religion en échange des intérêts de ce bas monde. » (Muslim)

۸۸- عَنْ أَبِي سِرْوَعَةَ بِكَسْرِ السِّينِ الْمُهْمَلَةِ وَفَتْحِهَا عُقْبَةَ بْنِ الْحَارِثِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ صَلَّيْتُ وَرَاءَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالْمَدِينَةِ الْعَصْرَ فَسَلَّمَ ثُمَّ قَامَ مُشْرِعًا فَتَخَطَى رِقَابَ النَّاسِ إِلَى بَعْضٍ حُجَرٍ نِسَائِهِ

فَفَزِعَ النَّاسُ مِنْ سُرْعَتِهِ فَخَرَجَ عَلَيْهِمْ فَرَأَى أَنَّهُمْ قَدْ عَجِبُوا مِنْ سُرْعَتِهِ قَالَ ذَكَرْتُ شَيْئًا مِنْ تَبْرُ عِنْدِنَا فَكَرِهْتُ أَنْ يُحْبِسَنِي فَأَمَرْتُ بِقِسْمَتِهِ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ كُنْتُ خَلَقْتُ فِي الْبَيْتِ تَبْرًا مِنَ الصَّدَقَةِ فَكَرِهْتُ

أَنْ أَبَيْتَهُ. التبر” قطعُ ذَهَبٍ أو فضة.

88. ‘Uqba ibn al-Hârith, qu’Allah l’agrée, rapporte : « J’accomplis la prière de l’après-midi à Médine derrière le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. Après avoir prononcé les salutations finales, il se leva précipitamment et se dirigea vers les appartements de ses épouses en passant parmi les gens. Ceux-ci furent effrayés par sa précipitation. Puis il ressortit et constata que les gens étaient stupéfaits de le voir se hâter ainsi. Il dit : “Je me suis souvenu d’un morceau d’or ou d’argent qui se trouvait chez nous. Je n’aimais pas le garder auprès de moi ; j’ai donc ordonné qu’on le distribue.” » (Al-Bukhârî)
Dans une autre version rapportée par al-Bukhârî, il est dit : « Un morceau d’or destiné à l’aumône était resté dans la maison. Il m’était désagréable de passer la nuit avec lui. »

عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَجُل لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ أحد أرَأَيْتَ إِنْ قُتِلْتُ فَأَيْنَ أَنَا ؟ قَالَ فِي الْجَنَّةِ فَالْقَى تَمَرَاتٍ كُنْ فِي يَدِهِ ثُمَّ قَاتَلَ حَتَّى قُتل متفق عليه .

89. Jâbir, qu’Allah l’agrée, rapporte : « Un homme demanda au Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, le jour de la bataille d’Uhud : “Si je suis tué, où serai-je ?” Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, répondit : “Au Paradis.” L’homme jeta alors les dattes qu’il tenait dans sa main et combattit jusqu’à être tué en martyr. » (Al-Bukhârî et Muslim)

– عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ رَجُلٌ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ أَيُّ الصَّدَقَةِ أَعْظَمُ أَجْرًا ؟ قَالَ أَن تَصَدَّقَ وَأَنْتَ صَحِيحٌ شَعِيحٌ تَخْشَى الْفَقْرَ وَتَأْمُلُ الْغِنَى وَلَا تُمْهِلُ حَتَّى إِذَا بَلَغَتِ

الْخَلْقُوْمَ قُلْتَ لِفُلَانِ كَذَا وَلِفُلان كَذَا وَقَدْ كَانَ لِفُلان متفق عليه. الْخَلقُومُ مَجْرَى النَّفَسِ وَالْمَرِئُ مَجْرَى الطَّعَامِ والشراب .

90. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme vint trouver le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Quelle aumône procure la plus grande récompense ? » Il répondit : « Tu donneras alors que tu es en bonne santé, avide de biens, craignant la pauvreté et espérant la richesse. Ne sois pas avare dans tes dons jusqu’à ce que le moment de la mort arrive et que tu dises alors : “Ceci est pour untel et cela est pour untel.” Or, ces biens sont déjà destinés à untel ; donne donc avant que l’agonie ne survienne. Car après la mort, ces biens appartiendront de toute façon à d’autres. » (Al-Bukhari, Muslim)

۹۱- عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَخَذَ سَبْعًا يَوْمَ أَحُدٍ فَقَالَ مَنْ يَأْخُذُ مِنَى هَذَا ؟ فَبَسَطُوا أَيْدِيَهُمْ كُلُّ إِنْسَانِ مِنْهُمْ يَقُولُ أَنَا أنَا قَالَ فَمَنْ يَأْخُذُهُ بِحَقِّهِ؟ فَاحْجَمَ الْقَوْمُ فَقَالَ أَبُو دُجَانَةَ رَضِيَ

اللَّهُ عَنْهُ أَنَا أَخُذُهُ بِحَقِّهِ فَأَخَذَهُ فَفَلَقَ بِهِ هَامَ الْمُشْرِكِينَ – رواه مسلم. اسْمُ أَبِي دُجَانَةَ سِمَاكُ بْنُ خَرَشَةَ قَولُهُ احْجَمَ الْقَوْمُ أَي تَوَقَّفُوا وَفَلَقَ بِه أَي شَقِّ هَامَ الْمُشْرِكِينَ أَي رُءُوسَهُمْ.

91. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — prit une épée le jour de la bataille d’Uhud et dit : « Qui la prendra de ma main ? » Chacun des gens tendit la main en disant : « Moi, moi ! » Il demanda : « Qui la prendra pour en acquitter le droit ? » À ces mots, tous s’arrêtèrent. Alors Abou Dujana (qu’Allah l’agrée) dit : « Je la prendrai pour en acquitter le droit. » Il la prit et décapita les associateurs. (Muslim)

٩٢- عَنِ الزُّبَيْرِ بْنِ عَدِي قَالَ آتَيْنَا أَنَسَ بْنَ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَشَكَوْنَا إِلَيْهِ مَا تَلْقَى مِنَ الْحَجاجِ فَقَالَ اصْبِرُوا فَإِنَّهُ لا يَأْتِي زَمَانٌ إِلَّا وَالَّذِي بَعْدَهُ شَرٌّ مِنْهُ حَتَّى تَلْقَوْا رَبَّكُمْ سَمِعْتُهُ مِنْ نَبِيِّكُمْ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رواه

البخاري .

৯২. D’après Zoubaïr ibn ‘Adî (qu’Allah l’agrée), il dit : Je me rendis auprès d’Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) et me plaignis des persécutions que nous subissions de la part d’Al-Hajjâj ibn Yûsuf. Il dit : « Sois patient, car chaque époque qui vient est pire que la précédente. Cette situation continuera jusqu’à ce que tu rencontres ton Seigneur. » J’ai entendu cela de votre Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). (Al-Bukhârî)

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بَادِرُوا بِالْأَعْمَالِ سَبْعًا هَلْ تَنْتَظِرُونَ إِلا فَقْراً مُنْسَبًا أَوْ عَنِّي مُطْغَيًا أَوْ مَرَضًا مُفْسِدُ أَوْ هَرَمًا مُفْئِداً أَوْ مَوْتًا مُجهزاً أو الدجالَ فَشَرُّ غَائِبِ يُنْتَظِرُ أَوِ

السَّاعَةَ فَالسَّاعَةُ أَدْهَى وَآمَرُ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ .

৯৩. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Hâtez-vous d’accomplir les œuvres avant que ne surviennent sept choses. Attendez-vous qu’arrive une pauvreté qui vous fasse oublier de respecter les prescriptions de l’islam ? Ou une richesse qui vous pousse à vous opposer à l’islam ? Ou une maladie qui détériore votre corps ? Ou une vieillesse qui altère votre raison ? Ou que survienne une mort soudaine ? Ou que le Dajjâl, l’imposteur malfaisant et invisible, apparaisse ? Ou que l’Heure arrive ? Or l’Heure sera très terrifiante et amère. »

L’imam At-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hassan.

٩٤ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَوْمَ خَيْبَرَ لَأُعْطِيَنٌ هَذِهِ الراية رَجُلًا يُحِبُّ اللهَ وَرَسُولَهُ يَفْتَحُ اللهُ عَلَى يَدَيْهِ قَالَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ مَا أحْبَبْتُ الإِمَارَةَ الأ يَوْمَئِذٍ فَتَسَاوَرْتُ لَهَا رَجَاءَ أَنْ أَدْعَى لَهَا فَدَعَا

رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِب رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَأَعْطَاهُ إِيَّاهَا وَقَالَ امش ولا تَلْتَفِتُ حَتَّى يَفْتَحَ اللهُ عَلَيْكَ فَسَارَ عَلِيٌّ شَيْئًا ثُمَّ وَقَفَ وَلَمْ يَلْتَفِتْ فَصَرَخَ يَا رَسُولَ اللَّهِ عَلَى مَاذَا أَقَاتِلُ النَّاسَ قَالَ قَاتِلُهُمْ

حَتَّى يَشْهَدُوا أَنْ لَا إِلهَ إِلَّا اللهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللهِ فَإِذَا فَعَلُوا ذَلِكَ فَقَدْ مَنَعُوا مِنْكَ دِمَاءَهُمْ وأموالَهُمْ إِلَّا بِحَقِّهَا وَحِسَابُهُمْ عَلَى اللهِ – رواه مسلم. قَوْلُهُ فَتَسَاوَرْتُ هُوَ بالسِّينِ الْمُهَمَلَةِ أَيْ وَتَبْتُ مُتَطَلَعًا

94. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que, le jour de la bataille de Khaybar, l’Envoyé d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Je donnerai cette bannière à un homme qui aime Allah et Son Envoyé. Allah accordera la victoire par son intermédiaire. » Umar (qu’Allah l’agrée) dit : « Je n’aimais pas obtenir le commandement, mais ce jour-là, je désirai l’obtenir. J’espérai donc être appelé. » L’Envoyé d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) appela Ali (qu’Allah l’agrée), lui remit la bannière et lui dit : « Avance et ne regarde dans aucune direction jusqu’à ce qu’Allah t’accorde la victoire. » Ali (qu’Allah l’agrée) s’avança quelque peu, puis s’arrêta, mais ne regarda dans aucune direction. Il demanda à haute voix : « Ô Envoyé d’Allah ! Sur quelle base et jusqu’à quand dois-je combattre les gens ? » L’Envoyé d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : « Combats-les jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah et que Muhammad est l’Envoyé d’Allah. Lorsqu’ils auront prononcé cette attestation, ils pourront préserver de toi leur vie et leurs biens. Toutefois, ils devront s’acquitter des droits de l’islam. Quant à leur compte, il incombe à Allah. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Chapitre 11 : la Mujâhada (effort spirituel)

Mujâhada (effort spirituel) [Le mot mujâhada signifie déployer toutes ses forces et fournir les efforts les plus intenses. L’islam est un système de vie complet. La mujâhada consiste à déployer toutes ses forces et à œuvrer sans relâche, par l’appel, l’organisation, la formation ainsi que la réforme de soi-même, de la société et de l’État, de manière collective et unie, afin d’acquérir les connaissances nécessaires à ce sujet et d’établir concrètement l’islam pour le faire triompher. C’est par cette mujâhada que l’objectif suprême de la vie humaine, à savoir obtenir la satisfaction et la proximité d’Allah, devient possible. (Le traducteur)] .

قَالَ اللهُ تَعَالَى وَالَّذِينَ جَاهَدُوا فِينَا لَنَهْدِيَنَّهُمْ سُبُلَنَا وَإِنَّ اللَّهَ لَمَعَ الْمُحْسِنِينَ).

Allah, le Très-Haut, dit :

(1) « Ceux qui luttent pour Moi, Je les guiderai assurément vers Mes voies. Et Allah est certainement avec les bienfaisants. » (Sourate Al-Ankabût : 69)

وقَالَ تَعَالَى : وَاعْبُدْ رَبِّكَ حَتَّى يَأْتِيَكَ الْيَقِينُ .

(2) « Adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne avec certitude le moment de la mort. » (Sourate Al-Hijr : 99)

وَقَالَ تَعَالَى : واذْكُرِ اسْمَ رَبِّكَ وَتَبَتَّلْ إِلَيْهِ تَبْتِيلاً.

(3) « Et invoque sans cesse le nom de ton Seigneur, et consacre-toi entièrement à Lui, en rompant tout lien avec les autres. » (Sourate Al-Muzzammil : 8)

وَقَالَ تَعَالَى : فَمَنْ يُعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ .

(4) « Ainsi, quiconque aura fait le poids d’un atome de bien le verra. » (Sourate Az-Zalzalah : 7)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا تُقَدِّمُوا لِأَنْفُسِكُمْ مِنْ خَيْرٍ تَجِدُوهُ عِنْدَ اللَّهِ هُوَ خَيْرًا وأعظم أجرا .

(5) « Tout bien que vous aurez accompli à l’avance pour vous-mêmes, vous le trouverez auprès d’Allah sous la forme d’une récompense meilleure et plus grande. » (Sourate Al-Muzzammil : 20)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا تُنْفِقُوا مِنْ خَيْرٍ فَإِنَّ اللَّهَ بِهِ عَلِيمٌ .

(6) « Allah sait parfaitement tout ce que vous donnez. » (Sourate Al-Baqara : 273)

٩٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى قَالَ مَنْ عَادَى لِي وَلِيًّا فَقَدْ أَذَنْتُهُ بِالْحَرْبِ وَمَا تَقَرِّبَ إِلَى عَبْدِي بِشَيْءٍ أَحَبُّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ وَمَا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ

إِلَى بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبُّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطِسُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا وَإِنْ سَأَلَنِي أَعْطَيْتُهُ وَلَئِنِ اسْتَعَاذَنِي لَأَعِيدَنَّهُ. رواه البخاري – أذَنْتُهُ اعْلَمْتُهُ بِأَنِّي

مُحَارِبٌ لَهُ اسْتَعَاذَنِي رُوِيَ بِالنُّوْنِ وَبِالْبَاءِ.

95. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : Allah dit : « Celui qui fait du mal à Mon allié [L’allié d’Allah est celui qui Lui obéit pleinement, mène une vie empreinte de taqwā, n’accomplit aucun acte contraire au commandement d’Allah, s’oppose à tout acte contraire à Son commandement et considère Son commandement comme l’unique règle de sa vie. (L’éditeur)] déclare, Je lui déclare la guerre. Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actes obligatoires que Je lui ai prescrits, qui sont les plus aimés de Moi, puis par les actes surérogatoires. Ainsi, à un certain degré, Je continue à l’aimer. Et lorsque Je l’aime, Je deviens son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main par laquelle il saisit et son pied par lequel il marche. (C’est-à-dire que, grâce aux actes obligatoires et surérogatoires, le serviteur acquiert une telle proximité avec Allah et L’aime à ce point qu’Allah dirige chacun de ses membres vers ce qui Lui plaît et Le satisfait. Ainsi, aucun acte suscitant la colère ou le mécontentement d’Allah ne provient de lui.) S’il Me demande quelque chose, Je la lui accorde, et s’il cherche refuge auprès de Moi, Je lui accorde refuge. » (Al-Boukhari)

٩٦- عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِيْمَا يَرْوِثِهِ عَنْ رَبِّهِ عَزَّ وَجَلٌ قَالَ إِذَا تَقَرَّبَ الْعَبْدُ إِلَى شِبْرًا تَقَرِّبْتُ إِلَيْهِ ذِرَاعًا وَإِذَا تَقَرَّبَ إِلَى ذراعا تقربْتُ مِنْهُ بَاعًا وَإِذَا أَتَانِي يَمْشِي أَتَيْتُهُ هَرُولَةً – رواه

البخاري .

96. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte, d’après le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — que le Très-Haut dit : « Lorsque le serviteur s’avance vers Moi d’une demi-coudée, Je m’avance vers lui d’une coudée. Lorsqu’il s’avance vers Moi d’une coudée, Je m’avance vers lui de deux coudées. Et lorsqu’il vient vers Moi en marchant, Je viens vers lui en courant. » (Al-Boukhari) [Le sens de ce hadith est que plus le serviteur accomplit les actes qu’Allah aime et s’efforce d’obtenir, par son obéissance, Sa satisfaction et Son amour, plus Allah l’élève rapidement au degré de ceux qu’Il aime et dirige tous ses membres selon ce qui Lui plaît et ce qu’Il veut. (Le traducteur)].

۹۷- عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نِعْمَتَانِ مَغْبُونٌ فِيهِمَا كَثِيرٌ مِنَ النَّاسِ الصحة والفراغ – رواه البخاري .

97. Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Deux bienfaits au sujet desquels beaucoup de gens sont lésés : la santé et le temps libre. » (Al-Boukhari) (C’est-à-dire que, dans la vie humaine, la santé et le temps libre sont de grands bienfaits accordés par Allah, exalté soit-Il. Mais la plupart des gens, poussés par leurs passions et absorbés par les divertissements, ne mettent pas ces bienfaits à profit au moment opportun. Par la suite, leurs regrets sont sans limites, car la santé ne demeure pas toujours la même : on peut tomber malade à tout moment. De même, une période d’occupation peut succéder au temps libre. Alors, l’être humain se trouve privé de la possibilité de se consacrer à l’adoration et aux actes de dévotion.)

ى اللهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُومُ مِنَ ۹۸- عَنْ عَائِشَةَ رَضِيا اللَّيْلِ حَتَّى تَتَفَطَّرَ قَدَمَاهُ فَقُلْتُ لَهُ لِمَ تَصْنَعُ هُذَا يَا رَسُولَ اللَّهِ وَقَدْ غَفَرَ اللَّهُ لَكَ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِكَ وَمَا تَأَخَّرَ؟ قَالَ أَفَلَا أُحِبُّ أَنْ أَكُونَ عَبْدًا

شَكُورًا ؟ متفق عليه هذَا لَفْظُ الْبُخَارِيِّ وَنَحْوَهُ فِي الصَّحِيحَيْنِ مِنْ رِوَايَةِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ .

98. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) consacrait tellement de temps à l’adoration durant la nuit que ses deux pieds enflaient au point de se fendre. Je lui dis : « Ô Messager d’Allah ! Pourquoi agissez-vous ainsi alors qu’Allah vous a pardonné tous vos péchés passés et futurs ? » Il répondit : « Ne devrais-je pas aimer être un serviteur reconnaissant envers Allah ? » (Al-Boukhari, Muslim)

Les termes originaux du hadith sont ceux d’Al-Boukhari. Un récit similaire, transmis par la voie de Mughira ibn Chou‘ba (qu’Allah l’agrée), figure également dans Al-Boukhari et Muslim.

٩٩- عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّهَا قَالَتْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا دَخَلَ الْعَشْرُ أَحْيَا اللَّيْلَ وَايْقَظَ أَهْلَهُ وَجَدٌ وَشَدَّ الْمِنْزَرَ – متفق عليه . وَالْمُرَادُ الْعَشْرُ الْأَوَاخِرُ مِنْ شَهْرِ رَمَضَانَ وَالْمِنْزَرُ الْإِزارُ وَهُوَ كِنَايَةً

عَنْ اعْتِزَالِ النِّسَاءِ وَقِيلَ الْمُرَادُ تَشْمِيرُهُ لِلْعِبَادَةِ يُقَالُ شَدَاتٌ لِهَذَا الْأَمْرِ مِنْزَرِي أَيْ تَشَمَّرْتُ وَتَفَرَّعْتُ لَهُ .

99. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), lorsque venaient les dix dernières nuits du mois de Ramadan, veillait toute la nuit en adoration et réveillait également sa famille. Durant cette période, il se consacrait entièrement à l’adoration.

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

١٠٠ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُؤْمِنُ الْقَوِيُّ خَيْرٌ وَأَحَبُّ إِلى اللهِ مِنَ الْمُؤْمِنِ الضَّعِيفَ وَفِي كُلِّ خَيْرٌ احْرِصُ عَلَى مَا يَنْفَعُكَ وَاسْتَعِنُ بِاللهِ وَلَا تَعْجَرُ وَإِنْ أَصَابَكَ شَيْ فَلَا

تَقُلْ لَوْ أَنِّي فَعَلْتُ كَانَ كَذَا وكَذَا وَلكِنْ قُلْ قَدْرَ اللهُ وَمَا شَاءَ فَعَلَ فَإِنْ لَوْ تَفْتَحُ عَمَلَ الشَّيْطَانِ – رواه مسلم.

100. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le croyant fort est meilleur et plus aimé d’Allah que le croyant faible, et il y a du bien en chacun. Recherche ce qui t’est utile et demande l’aide d’Allah, et ne faiblis pas. Si un malheur t’atteint, ne dis pas : “Si seulement j’avais fait cela, il se serait produit ceci.” Dis plutôt : “Allah en a ainsi décrété, et Il fait ce qu’Il veut”, car le mot “si” ouvre la porte aux œuvres de Satan. » (Muslim)

١٠١ – وَعَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ حُجِبَتِ النَّارُ بِالشَّهَوَاتِ وَحُجِبَتِ الْجَنَّةُ بِالْمَكَارِهِ – متفق عليه وفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ حُقَّتْ بَدَلَ حُجِبَتْ وَهُوَ بِمَعْنَاهُ أَي بَيْنَهُ وَبَيْنَهَا هُذَا الْحِجَابُ فَإِذَا فَعَلَهُ دَخَلَهَا

101. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « L’Enfer est voilé par les choses attrayantes, et le Paradis est voilé par les difficultés et les épreuves. » (Al-Boukhari, Muslim) [Le sens de ce hadith est que celui qui se plonge dans les désirs, la convoitise et les plaisirs est digne d’entrer en Enfer. Quant à celui qui endure les épreuves, les malheurs et les difficultés et reste fermement attaché à la religion, il est digne d’entrer au Paradis. (Le traducteur)].

۱۰۲ – عَنْ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ حُذَيْفَةَ بْنِ الْيَمَانِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ صَلَّيْتُ مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَاتَ لَيْلَةٍ فَافْتَتَحَ الْبَقَرَةَ فَقُلْتُ يَرْكَعُ عِنْدَ الْمِائَةِ ثُمَّ مَضَى فَقُلْتُ يُصَلِّى بِهَا فِي رَكْعَةٍ فَمَضَى فَقُلْتُ يَرْكَعُ بِهَا ثُمَّ

افْتَتَحَ النِّسَاءَ فَقَرَأَهَا ثُمَّ افْتَتَحَ آلَ عِمْرَانَ فَقَرَأَهَا يَقْرَأُ مُتَرَسِلاً إِذَا مَرَّ بِآيَةٍ فِيهَا تَسْبِيحَ سَبْحَ وَإِذَا مَرَّ بِسُؤالٍ سَأَلَ وَإِذَا مَرْ بِتَعَودَ تَعَوَّذَ ثُمَّ رَكَعَ فَجَعَلَ يَقُولُ سُبْحَانَ رَبِّي الْعَظِيمِ فَكَانَ رَكُوْعُهُ نَحُوا مِنْ قِيَامِهِ ثُمَّ قَالَ سَمِعَ اللَّهُ

لِمَنْ حَمِدَهُ رَبُّنَا لَكَ الْحَمْدُ ثُمَّ قَامَ قِيَامًا طويلاً قَرِيبًا مِمَّا رَكَعَ ثُمَّ سَجَدَ فَقَالَ سُبْحَانَ رَبِّيَ الْأَعْلَى فَكَانَ سُجُودُهُ قَرِيبًا مِنْ قِيَامِهِ – رواه مسلم .

102. D’après Hudhayfa ibn al-Yamân (qu’Allah l’agrée), il raconte : J’ai accompli la prière avec le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) une nuit. Il commença à réciter la sourate al-Baqara. Je pensai intérieurement qu’il s’inclinerait après avoir récité cent versets. Mais il continua à réciter. Je pensai qu’il achèverait peut-être cette sourate en une seule unité de prière. Il continua pourtant sans interruption. Je pensai qu’il allait alors s’incliner, mais il commença la sourate an-Nisâ’. Après l’avoir achevée, il commença la sourate Âl ‘Imrân. Il récitait lentement et avec application. Lorsqu’il récitait un verset mentionnant la glorification d’Allah, il Le glorifiait. Lorsqu’il récitait un verset contenant une demande, il demandait à Allah. Et lorsqu’il récitait un verset appelant à chercher refuge, il cherchait refuge. Puis, en s’inclinant, il disait : « Subhâna Rabbiyal-‘Azîm » (Gloire et pureté à mon Seigneur, le Magnifique). Son inclination fut aussi longue que sa station debout. Puis il disait : « Sami‘allâhu liman hamidah » (Allah entend celui qui Le loue), et il resta ensuite debout presque aussi longtemps que la durée de son inclination. Puis, en se prosternant, il disait : « Subhâna Rabbiyal-A‘lâ » (Gloire et pureté à mon Seigneur, le Très-Haut). Sa prosternation fut également aussi longue que sa station debout. (Muslim)

۱۰۳ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ صَلَّيْتُ مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيْلَةَ فَأَطَالَ الْقِيَامَ حَتَّى هَمَمْتُ بِأَمْرِ سُوءٍ قَبْلَ وَمَا هَمَمْتَ بِهِ؟ قَالَ هَمَمْتُ أَنْ أَجْلِسَ وَآدَعَهُ – متفق عليه.

103. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), il raconte : J’ai accompli la prière avec le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) une nuit. Il resta longtemps debout en prière, au point que je conçus l’intention de faire quelque chose de répréhensible. On demanda à Ibn Mas‘ûd : « Quelle chose répréhensible aviez-vous l’intention de faire ? » Il répondit : « J’avais l’intention de le laisser debout en prière et de m’asseoir. » (Al-Bukhârî et Muslim)

١٠٤ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَتْبَعُ الْمَيِّتَ ثَلَاثَةُ أَهْلُهُ وَمَالُهُ وَعَمَلُهُ فَيَرْجِعُ اثْنَانِ وَيَبْقَى وَاحِدٌ يَرْجِعُ أَهْلُهُ وَمَالُهُ ويبقى عمله – متفق عليه .

104. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Trois choses suivent le défunt : sa famille, ses biens et ses œuvres. Puis deux d’entre elles retournent tandis qu’une seule reste. Sa famille et ses biens retournent, tandis que ses œuvres restent. (Al-Bukhârî et Muslim)

١٠٥ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الجنَّةُ أَقْرَبُ إِلَى أَحَدِكُمْ مِنْ شِرَاكَ نَعْلِهِ وَالنَّارُ مِثْلُ ذَلِكَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

105. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le Paradis est plus proche de chacun d’entre vous que le lacet de sa chaussure, et l’Enfer l’est également. » (Al-Bukhârî)

١٠٦ – عَنْ أَبِي فِرَاسٍ رَبِيعَةَ بْنِ كَعْبِ الْأَسْلَمِي خَادِمٍ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمِنْ أَهْلِ الصَّفَةِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنتُ أَبِيْتُ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاتِهِ بِوَضُوْنِهِ وَحَاجَتِهِ فَقَالَ سَلْنِي فَقُلْتُ

أَسْأَلُكَ مُرَافَقَتَكَ فِي الْجَنَّةِ فَقَالَ أَوَ غَيْرَ ذَلِكَ ؟ قُلْتُ هُوَ ذَاكَ قَالَ فَأَعِنِّى عَلَى نَفْسِكَ بكثرة السجود . رواه مسلم.

106. D’après Abû Firâs Rabî‘a ibn Ka‘b al-Aslamî (qu’Allah l’agrée), qui était le serviteur du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et l’un des membres des gens d’As-Suffa, il a dit : « Je passais la nuit auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et je lui apportais l’eau des ablutions ainsi que les autres choses dont il avait besoin. Un jour, il me dit : “Demande-moi ce que tu veux.” Je répondis : “Je veux être avec vous au Paradis.” Il dit : “Rien d’autre ?” Je répondis : “C’est tout ce que je veux.” Il dit : “Alors aide-moi à réaliser cela pour toi-même en multipliant les prosternations (c’est-à-dire les prières).” » (Muslim)

١٠٧ – عَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ وَيُقَالُ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ ثَوْبَانَ مَوْلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ عَلَيْكَ بكثَرَةِ السُّجُودِ فَإِنَّكَ لَنْ تَسْجُدَ لِلَّهِ سَجْدَةً إِلَّا رَفَعَكَ اللَّهُ بِهَا دَرَجَةً

وَحَطَّ عَنْكَ بهَا خَطِيئَة – رواه مسلم .

107. Thawbân (qu’Allah l’agrée), l’affranchi du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : “Tu dois multiplier les prosternations (c’est-à-dire les prières). En effet, chaque fois que tu te prosternes devant Allah, Allah t’élève certainement d’un degré et efface par cette prosternation l’un de tes péchés.” » (Muslim)

١٠٨ عَنْ أَبِي صَفْوَانَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ بُشِّرِ الْأَسْلَمِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَيْرُ النَّاسِ مَنْ طَالَ عُمُرُهُ وَحَسُنَ عَمَلَهُ – رواه الترمذى وَقَالَ حَديثُ حَسَنٌ .

١٠٨. Rapporté d’Abou Safwân ‘Abdallah ibn Busr al-Aslamî (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le meilleur des hommes est celui qui a vécu longtemps et accompli de bonnes œuvres. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.

۱۰۹ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ غَابَ عَمِّى أَنَسُ بْنُ النَّضْرِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ قِتَالِ بَدْرٍ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ غَيْتُ عَنْ أُولِ قِتَالٍ قَاتَلْتَ الْمُشْرِكِينَ لَئِنِ اللَّهُ اشْهَدَنِي قِتَالَ الْمُشْرِكِينَ لِيُرِيَنَّ اللهُ مَا أَصْنَعُ فَلَمَّا كَانَ يَوْمُ

أَحُدٍ انْكَشَفَ الْمُسْلِمُونَ فَقَالَ اللَّهُمَّ اعْتَذِرُ إِلَيْكَ مِمَّا صَنَعَ هَؤُلَاءِ يَعْنِي أَصْحَابَهُ وَأَبْرَا إِلَيْكَ مِمَّا صَنَعَ هولاء يَعْنِي الْمُشْرِكِينَ ثُمَّ تَقَدِّمَ فَاسْتَقْبَلَهُ سَعْدُ بْنُ مُعَادٍ فَقَالَ يَا سَعْدُ بْنُ مُعَادَ الْجَنَّةُ وَرَبِّ الْكَعْبَةِ إِنِّي أَجِدُ رِيحَهَا مِنْ

دُونِ أَحُدٍ فَقَالَ سَعْدُ فَمَا اسْتَطَعْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا صَنَعَ قَالَ أَنَسُ فَوَجَدْنَا بِهِ بِضُعًا وَثَمَانِينَ ضَرْبَةً بالسيف أو طعْنَةً بِرُمْح أَوْ رَحْيَةٌ بِسَهُم وَوَجَدْنَاهُ قَدْ قُتِلَ وَمَثْلَ بِهِ الْمُشْرِكُونَ فَمَا عَرَقَهُ أَحَدٌ إِلَّا أَخْتُهُ بِبَنَانِهِ قَالَ أَنَسُ كُنَّا

نَرَى أَوْ نَظَنَّ أَنْ هَذِهِ الْآيَةَ نَزَلَتْ فِيهِ وَفِي أَشْبَاهِهِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ) … إِلى أخرها – متفق عليه. قَوْلُهُ لَيُرِيَنَّ اللهُ رُوِيَ بِضَمِّ الْيَاءِ وَكَسْرِ الرَّاءِ أَي لِيُظْهِرَنَّ اللَّهُ ذَلِكَ لِلنَّاسِ وَرُوِيَ بِفَتْحِهِمَا

وَمَعْنَاهُ ظَاهِرُ وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

١٠٩. Rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée). Il dit : Mon oncle Anas ibn an-Nadr (qu’Allah l’agrée) était absent lors de la bataille de Badr. Il dit donc : « Ô Messager d’Allah ! J’ai été absent lors de la première bataille que tu as menée contre les polythéistes. Si Allah me permet maintenant d’être présent à une bataille contre les polythéistes, Il montrera certainement aux hommes ce que je ferai. » Puis, lorsque vint le jour de la bataille d’Ouhoud, les musulmans furent confrontés à l’attaque des mécréants — c’est-à-dire qu’en apparence, ils furent vaincus. Alors Anas ibn an-Nadr dit : « Ô Allah ! Je Te présente mes excuses pour ce que mes compagnons ont fait, et je proclame mon désaveu total des agissements des polythéistes. » Puis, lorsqu’il s’avança, il rencontra Sa‘d ibn Mu‘âdh. Il lui dit : « Ô Sa‘d ibn Mu‘âdh ! Par le Seigneur de la Ka‘ba, je sens le parfum du Paradis derrière Ouhoud. » Sa‘d dit : « Ô Messager d’Allah ! Je ne saurais décrire ce qu’il a accompli. » Anas (qu’Allah l’agrée) dit : « Nous avons trouvé sur son corps plus de quatre-vingts blessures causées par des épées, des lances ou des flèches. Nous avons également constaté qu’il avait été martyrisé et que les polythéistes avaient mutilé son corps. C’est pourquoi aucun d’entre nous ne put le reconnaître. Toutefois, sa sœur le reconnut en voyant l’extrémité de ses doigts. » Anas dit : « Nous pensions que ce verset avait été révélé au sujet de lui et de ceux qui lui ressemblaient : “Parmi les croyants, il y a des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Parmi eux, certains ont accompli leur vœu jusqu’à la mort, et d’autres attendent encore.” » (Al-Bukhârî, Muslim)

١١٠ – عَنْ أَبِي مَسْعُودٍ عُقْبَةَ بْنِ عَمْرُو الْأَنْصَارِي الْبَدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ لمَّا نَزَلَتْ آيَةُ الصَّدَقَةِ كُنَّا نُحَامِلُ عَلَى ظُهُورِنَا فَجَاءَ رَجُلٌ فَتَصَدَّقَ بِشَيْءٍ كَثِيرٍ فَقَالُوا مُرَاء وَجَاءَ رَجُلٌ أَخَرُ فَتَصَدَّقَ بِصَاعٍ فَقَالُوا إِنَّ اللَّهَ لَغَنِيٌّ عَنْ

صَاعِ هَذَا فَنَزَلَتْ الَّذِينَ يَلْمِزُونَ المُطوَعِينَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ فِي الصَّدَقَاتِ وَالَّذِينَ لَا يَجِدُونَ إِلا جُهْدَهُمْ) الآية – متفق عليه . وَنُحَامِلُ بِضَمِّ النُّونِ وَبِالْحَاءِ الْمُهْمَلَةِ أَي يَحْمِلُ أَحَدُنَا عَلَى ظَهْرِهِ بِالْأَجْرَةِ وَيَتَصَدِّقُ بِهَا .

110. Abû Mas‘ûd ‘Uqba ibn ‘Amr al-Ansârî al-Badrî (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Lorsque le verset concernant la ṣadaqa fut révélé, nous portions des charges sur nos dos (et nous faisions don du salaire de ce travail). Un homme vint et fit un don considérable. Les hypocrites dirent : « Cet homme agit par ostentation. » Puis un autre homme vint et donna la quantité d’un ṣâ‘. Les hypocrites dirent : « Allah n’a nul besoin de ce don d’un ṣâ‘. » C’est alors que fut révélé ce verset : « Allah se moque de ceux qui tournent en dérision les croyants qui donnent généreusement et ceux qui ne trouvent à donner que ce qu’ils peuvent offrir au prix de grandes difficultés, et un châtiment douloureux les attend. » (Al-Bukhârî, Muslim)

۱۱۱ – عَنْ أَبِي ذَرٍ جُنْدُبِ بْنِ جُنَادَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِيمَا يَرْوِى عَنِ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى أَنَّهُ قَالَ يَا عِبَادِي إِنِّي حَرَّمْتُ الظُّلْمَ عَلَى نَفْسِي وَجَعَلْتُهُ بَيْنَكُمْ مُحَرِّمًا فَلا تَظَالَمُوا يَا عِبَادِي كُلُّكُمْ

ضَالُّ إِلَّا مَنْ هَدَيْتُهُ فَاسْتَهْدُونِي أَهْدِكُمْ يَا عِبَادِي كُلُّكُمْ جَائِعٌ إِلَّا مَنْ أَطْعَمْتُهُ فَاسْتَطْعِمُونِي أَطْعِمُكُمْ يَا عِبَادِي كُلُّكُمْ عَارِ إِلَّا مَنْ كَسَوْتُهُ فَاسْتَكْسُونِي أَكْسُكُمْ يَا عِبَادِي إِنَّكُمْ تُخْطِئُونَ بِاللَّيْلِ وَالنَّهَارِ وَأَنَا اغْفِرُ الذُّنُوبَ

جَمِيعًا فَاسْتَغْفِرُونِي أَغْفِرْ لَكُمْ يَا عِبَادِي إِنَّكُمْ لَنْ تَبْلُغُوا ضُرِى فَتَضُرُونِي وَلَنْ تَبْلُغُوا نَفْعِي فَتَنفَعُونِي يَا عِبَادِي لَوْ أَنْ أَوْلَكُمْ وَآخِرَكُمْ وَإِنْسَكُمْ وَجِنَّكُمْ كَانُوا عَلَى اتْقَى قَلْبِ رَجُلٍ وَاحِدٍ مِنْكُمْ مَا زَادَ ذلِكَ فِي مُلْكِى شَيْئًا يَا

عِبَادِي لَوْ أَنَّ أَوَّلَكُمْ وَآخِرَكُمْ وَأَنْسَكُمْ وَجِنَّكُم كَانُوا عَلَى أَفْجَرِ قَلْبِ رَجُلٍ وَاحِدٍ مِنْكُمُ مَا نَقَصَ ذَلِكَ مِنْ مُلْكِي شَيْئًا يَا عِبَادِي لَوْ أَنْ أَوْلَكُمْ وَآخِرَكُمْ وَإِنْسَكُمْ وَجِنَّكُمْ قَامُوا فِي صَعِيدٍ وَاحِدٍ فَسَأَلُونِي فَاعْطَيْتُ كُلَّ إِنْسَانِ

مَسْأَلَتَهُ مَا نَقَصَ ذَلِكَ مِمَّا عِنْدِي إِلا كَمَا يَنْقُصُ الْمِخْيَطُ إِذَا أُدْخِلَ الْبَحْرَ يَا عِبَادِي إِنَّمَا هِيَ أَعْمَالُكُمْ أَحْصِيهَا لَكُمْ ثُمَّ أَوَفِّيْكُمْ إِيَّاهَا فَمَنْ وَجَدَ خَيْرًا فَلْيَحْمَدِ اللَّهَ وَمَنْ وَجَدَ غَيْرَ ذَلِكَ فَلَا يَلُومَنَّ إِلَّا نَفْسَهُ قَالَ سَعِيدٌ كَانَ أَبُو

إِدْرِيسَ إِذَا حَدَّثَ بِهَذَا الْحَدِيثِ جَنَا عَلَى رُكْبَتَيْهِ – رواه مسلم وَرَوَيْنَا عَنِ الْإِمَامِ أَحْمَدَ بْنِ حَنْبَلٍ رَحِمَهُ اللَّهُ قَالَ لَيْسَ لِأَهْلِ الشَّامِ حَدِيثُ أشرفُ مِنْ هذَا الْحَدِيثِ .

111. D’après Abou Dharr Jundub ibn Junâdah (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a rapporté de son Seigneur glorifié qu’Il a dit : « Ô Mes serviteurs ! Je Me suis interdit l’injustice et Je vous l’ai également interdite ; ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. Ô Mes serviteurs ! Vous êtes tous égarés, sauf celui que J’ai guidé ; demandez-Moi donc la guidée et Je vous guiderai. Ô Mes serviteurs ! Vous êtes tous affamés, sauf celui que J’ai nourri ; demandez-Moi donc votre nourriture et Je vous nourrirai. Ô Mes serviteurs ! Vous êtes tous dénudés, sauf celui que J’ai vêtu ; demandez-Moi donc des vêtements et Je vous en vêtirai. Ô Mes serviteurs ! Vous commettez des fautes nuit et jour, et Moi, Je pardonne tous les péchés ; demandez-Moi donc le pardon et Je vous pardonnerai. Ô Mes serviteurs ! Vous ne sauriez Me nuire ni Me procurer le moindre avantage. Ô Mes serviteurs ! Si les premiers et les derniers d’entre vous, les djinns et les hommes, avaient tous le cœur de l’homme le plus pieux parmi vous, cela n’ajouterait rien à Mon royaume. Ô Mes serviteurs ! Si les premiers et les derniers d’entre vous, les djinns et les hommes, avaient tous le cœur de l’homme le plus mauvais parmi vous, cela ne diminuerait en rien la grandeur de Mon royaume. Ô Mes serviteurs ! Si les premiers et les derniers d’entre vous, les djinns et les hommes, se tenaient tous réunis en un même endroit et Me demandaient tous, et si J’accordais à chacun ce qu’il demande, cela ne diminuerait de ce que Je possède que ce que l’on retirerait de la mer en y plongeant une aiguille (c’est-à-dire que, de même que l’eau de la mer ne diminue en rien lorsqu’on y plonge une aiguille, rien ne diminuerait des trésors infinis d’Allah, même s’Il exauçait les demandes de chacun). Ô Mes serviteurs ! Je recense vos bonnes œuvres pour vous, puis Je vous en donnerai la pleine récompense. Que celui qui trouve un bien loue donc Allah, et que celui qui trouve autre chose ne blâme que lui-même. »

Sa‘îd (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : lorsqu’Abou Idrîs rapportait ce hadith, il tombait à genoux. L’imam Muslim a rapporté ce hadith, et l’imam Ahmad ibn Hanbal (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Pour les Syriens, il n’existe aucun hadith plus vénérable que celui-ci. »

Chapitre 12 — Encouragement à multiplier les bonnes œuvres dans la dernière partie de la vie

Encouragement à multiplier les bonnes œuvres dans la dernière partie de la vie [L’être humain vient en ce monde pour un temps limité, puis il le quitte définitivement. Mais où va-t-il ? Chacun doit se rendre, après sa mort, dans la vie future afin d’y recevoir la récompense de ses bonnes et de ses mauvaises actions accomplies dans ce monde. Là-bas, il n’aura plus la possibilité d’accomplir quelque œuvre que ce soit. Il n’y aura que le compte et la rétribution. Or, pour beaucoup, la première partie de leur vie n’a pas été consacrée à la religion d’Allah. D’autres, après avoir accompli durant leur jeunesse de nombreuses œuvres et de nombreux services religieux, ne parviennent pas à demeurer sur le chemin de la religion à la fin de leur vie. Pour ces deux catégories de personnes, il n’existe aucune voie de salut, à la fin de la vie, en dehors du fait de s’adonner aux œuvres religieuses. En outre, le temps de vie de chacun s’écoule et le moment des adieux approche. Il est donc absolument nécessaire de s’adonner autant que possible aux bonnes œuvres durant cette période. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a consacré la fin de sa vie à multiplier les actes d’adoration. Celui dont la fin est bonne, toute sa vie est bonne. C’est pourquoi Allah et Son Messager ont particulièrement encouragé, durant cette période, à se préparer à l’au-delà en multipliant les bonnes œuvres. (Le traducteur)]

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : أَوَلَمْ نُعَمِّرُكُمْ مَا يَتَذَكَّرُ فِيهِ مَنْ تَذَكَّرَ وَجَاءَكُمُ النَّذِيرُ.

Allah, le Très-Haut, dit :

(1) « Ne vous avons-Nous pas accordé une durée de vie suffisante pour que celui qui voulait réfléchir puisse le faire ? Et l’avertisseur ne vous est-il pas venu ? » (Sourate Fâtir : 37)

Abdullah ibn al-‘Abbâs (ra) et les savants éminents disent : l’expression « Ne vous ai-Je pas donné une longue vie telle que… » fait allusion à l’âge de soixante ans. On trouve également dans le hadith suivant un argument en faveur de cet avis. Certains ont aussi parlé de dix-huit ans à ce sujet. L’imam al-Hasan, l’imam al-Kalbî et Masrûq (ra) se sont accordés sur l’âge de quarante ans. Une seconde opinion d’Ibn al-‘Abbâs (ra) en faveur de ces quarante ans est également rapportée. À ce propos, on rapporte une pratique des habitants de Médine : lorsqu’un homme parmi eux atteignait l’âge de quarante ans, il consacrait son temps à l’adoration. D’autres ont interprété cette expression comme désignant simplement le fait d’atteindre la puberté. Quant à la seconde partie, où il est dit : « Un avertisseur vous est également venu », Ibn al-‘Abbâs (ra) et la majorité des savants éminents estiment qu’elle fait ici allusion à l’Envoyé d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue. Il a également été dit qu’elle signifiait la vieillesse. Les imams ‘Ikrima, Ibn ‘Uyayna et d’autres ont rapporté cette interprétation.

وَأَمَّا الْأَحَادِيثُ : ۱۱۲ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَعْدَرَ اللهُ إِلَى امْرِئٍ أَخْرَ أَجَلَهُ حَتَّى بَلَغَ سِيِّينَ سَنَةً – رواه البخاري . قَالَ الْعُلَمَاءُ مَعْنَاهُ لَمْ يَتْرُكْ لَهُ عُدْرًا إِذْ أَمْهَلَهُ هَذِهِ الْمُدَّةَ

يُقَالُ أَعْذَرَ الرَّجُلُ إِذَا بَلَغَ الْغَايَةَ فِي الْعُذرِ .

112. Abû Hurayra (ra) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Allah continue d’accepter l’excuse de celui dont Il a retardé la mort jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de soixante ans. » (Al-Bukhârî)

۱۱۳ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كَانَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يُدْخِلْنِي مَعَ أَشْيَاحَ بَدْرٍ فَكَانُ بَعْضَهُمْ وَجَدَ فِي نَفْسِهِ فَقَالَ لِمَ يَدْخُلُ هُذَا مَعَنَا وَلَنَا أَبْنَاءُ مِثْلُهُ؟ فَقَالَ عُمَرُ إِنَّهُ مِنْ حَيْثُ عَلِمْتُمْ فَدَعَانِي ذَاتَ يَوْمٍ

فَأَدْخَلَنِي مَعَهُمْ فَمَا رَأَيْتُ أَنَّهُ دَعَانِي يَوْمَئِذٍ إِلَّا لِيُرِيَهُمْ قَالَ مَا تَقُولُونَ فِي قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى (إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللهِ وَالْفَتْحُ) فَقَالَ بَعْضُهُمْ أَمِرْنَا نَحْمَدُ اللَّهَ وَنَسْتَغْفِرُهُ إِذَا نَصَرَنَا وَفَتَحَ عَلَيْنَا وَسَكَتَ بَعْضُهُمْ فَلَمْ يَقُلْ شَيْئًا فَقَالَ لِي

أَكَذَلِكَ تَقُولُ يَا ابْن عَبَّاسٍ؟ فَقُلْتُ لَا قَالَ فَمَا تَقُولُ ؟ قُلْتُ هُوَ أَجَلُ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَعْلَمَهُ لَهُ قَالَ (إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللهِ وَالْفَتْحُ) وَذَلِكَ عَلامَةُ أَجَلِكَ ) علامَةُ أَجَلِكَ فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّابًا )

فَقَالَ عُمَرُ رَضِيَا ى اللَّهُ عَنْهُ مَا مَا أَعْلَمُ مِنْهَا إِلَّا مَا تَقُوْلُ رواه البخاري .

113. Ibn al-Abbas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Umar (qu’Allah l’agrée) me faisait asseoir dans une assemblée avec les éminents compagnons qui avaient participé à la bataille de Badr. Certains d’entre eux semblèrent en être intérieurement contrariés et dirent : « Pourquoi ce garçon siège-t-il avec nous, alors que nous avons nous aussi des enfants de son âge ? » Umar (qu’Allah l’agrée) leur dit : « Vous savez de quelle famille est ce garçon », c’est-à-dire de la famille du Prophète. Un jour, il me convoqua auprès d’eux. Je pensai qu’il m’avait certainement appelé ce jour-là afin de leur expliquer cette question. Il leur demanda : « Que dites-vous au sujet de “Lorsque vient le secours d’Allah” ? » Certains répondirent : « Puisque Allah nous a secourus et nous a accordé la victoire, il nous a été ordonné de Le louer et de Lui demander pardon. » D’autres gardèrent le silence et ne dirent rien. Il me demanda ensuite : « Ô Ibn al-Abbas, dis-tu toi aussi la même chose ? » Je répondis : « Non. » Il demanda : « Que dis-tu, alors ? » Je répondis : « Cela signifie la mort du Messager d’Allah, qu’Allah l’informa de son vivant. En d’autres termes, Allah a dit : puisque le secours d’Allah et la victoire sont venus, et que cela est le signe de ta mort, glorifie donc ton Seigneur et demande-Lui pardon. Il est Celui qui accepte le repentir. » Umar (qu’Allah l’agrée) dit alors : « Je ne connais, à ce sujet, aucune autre interprétation que celle que tu viens de donner. » (Al-Bukhari)

١١٤ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ مَا صَلَّى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صَلَاةٌ بَعْدَ أَنْ نَزَلَتْ عَلَيْهِ إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ) إِلَّا يَقُولُ فِيهَا سُبْحَانَكَ رَبَّنَا وَبِحَمْدِكَ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ . وفي رواية فِي

الصَّحِيحَيْنِ عَنْهَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُكْثِرُ أَنْ يَقُولَ فِي رَكُوعِهِ وَسُجُودِهِ سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ رَبَّنَا وَبِحَمْدِكَ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي يَتَاوَلُ الْقُرْآنَ. معنى يَتَأَوَّلُ الْقُرْآنَ أَي : يَعْمَلُ مَا أُمِرَ بِهِ فِي الْقُرْآنِ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى :

(فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرُهُ) . وفي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمٍ كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُكْثِرُ أَنْ يَقُولَ قَبْلَ أَنْ يمُوتَ سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ اسْتَغْفِرُكَ وَأَتُوبُ إِلَيْكَ قَالَتْ عَائِشَةُ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ مَا هَذِهِ الْكَلِمَاتُ

الَّتِي أَرَاكَ أَحْدَثْتَهَا تَقُولُهَا ؟ قَالَ جُعِلَتْ لِي عَلَامَةٌ في أُمَّتِي إِذَا رَأَيْتُهَا قُلْتُهَا إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ) إِلَى آخِرِ السُّورَةِ . وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُكْثِرُ مِنْ قَوْلِ سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحَمْدِهِ اسْتَغْفِرُ اللهَ

وَآتُوبُ إِلَيْهِ قَا وقالت قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَرَاكَ تُكْثِرُ مِنْ قَوْلِ سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحَمْدِهِ اسْتَغْفِرُ اللَّهَ وَاتُوبُ إِلَيْهِ؟ فَقَالَ أَخْبَرَنِي رَبِّي أَنِّي سَارَى علَامَةً فِي أُمَّتِي فَإِذَا رَأَيْتُهَا اكْثَرْتُ مِنْ قَوْلِ سُبْحَانَ اللَّهِ وَبِحمدِهِ اسْتَغْفِرُ اللَّهَ وَاتُوبُ

إِلَيْهِ فَقَدْ رَأَيْتُهَا إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللهِ وَالْفَتْحُ (فَتْحُ مَكَّةَ) وَرَأَيْتَ النَّاسِ يَدْخُلُونَ فِي دِينِ اللهِ أَفْوَاجًا فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّابًا .) مَعَنَى يَتَاوَلُ الْقُرْآنَ أَنْ يَعْمَلُ مَا أَمِرَ بِهِ فِي الْقُرْآنِ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى : فَسَبِّحْ بِحَمْدِ

رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرُهُ.

114. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — disait obligatoirement à chaque prière, après la révélation de la sourate « Lorsque vient le secours d’Allah et la victoire » : « Gloire à Toi, ô notre Seigneur, et louange à Toi ; ô Allah, pardonne-moi. » (Al-Bukhari et Muslim)

Dans une autre version rapportée par Al-Bukhari et Muslim d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), il est dit que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — répétait fréquemment, dans son inclinaison et sa prosternation : « Gloire à Toi, ô Allah, notre Seigneur, et louange à Toi ; ô Allah, pardonne-moi. » Cela signifie qu’il mettait en pratique l’ordre de glorifier Allah et de Lui demander pardon qu’Il a donné dans le Coran : « Glorifie donc, par la louange de ton Seigneur, et implore Son pardon. »

Dans une version rapportée par Muslim, il est dit que, peu avant son décès, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — répétait fréquemment : « Gloire à Toi, par Ta louange ; je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi. » Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : « Je demandai : “Ô Messager d’Allah ! Que sont donc ces nouvelles paroles que je te vois prononcer ?” Il répondit : “Un signe a été établi pour moi au sein de ma communauté. Lorsque je le vois, je prononce ces paroles.” » Puis il récita la sourate An-Nasr jusqu’à sa fin.

Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — répétait très fréquemment cette invocation : « Gloire à Allah et louange à Lui ; je demande pardon à Allah et je me repens auprès de Lui. » Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : « Je demandai : “Ô Messager d’Allah ! Je te vois répéter très souvent ces paroles : ‘Gloire à Allah et louange à Lui ; je demande pardon à Allah et je me repens auprès de Lui.’” Il répondit : “Mon Seigneur m’a informé que tu verras bientôt un signe au sein de ta communauté. Ainsi, lorsque je le vois, je répète fréquemment ces paroles : ‘Gloire à Allah et louange à Lui ; je demande pardon à Allah et je me repens auprès de Lui.’ Et j’ai effectivement vu ce signe. Allah a dit : ‘Lorsque vient le secours d’Allah et que la victoire est accordée’ — c’est-à-dire la conquête de La Mecque — ‘et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d’Allah, alors célèbre la gloire et la louange de ton Seigneur et implore Son pardon. Il est certes Celui qui accueille grandement le repentir.’”

١١٥ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلٌ تَابَعَ الْوَحْيَ عَلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَبْلَ وَقَاتِه حَتَّى تُوفَّى أَكْثَرَ مَا كَانَ الْوَحْى. متفق عليه.

115. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), Allah Très-Haut a fait descendre sur le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — davantage de révélations, de manière continue, depuis l’approche de sa mort jusqu’à son décès, qu’Il ne lui en avait fait descendre auparavant. (Al-Bukhari et Muslim)

١١٦ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُبْعَثُ كُلُّ عَبْدِ عَلَى مَا مَاتَ عَلَيْهِ – رواه مسلم.

116. D’après Jabir (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Chaque serviteur sera ressuscité dans l’état où il est mort. » (Muslim)

Section : 13 – Les diverses voies des bonnes œuvres

Les diverses voies des bonnes œuvres [ Les bonnes œuvres sont nombreuses et très vastes. On ne désigne pas seulement certaines pratiques religieuses particulières comme des œuvres bonnes et vertueuses. Dans le Coran et les hadiths, l’importance des œuvres pies et du khayr (bonnes œuvres) est comparable à celle de la foi. Toute œuvre conforme à la foi fondamentale et qui en accomplit les exigences est appelée œuvre pie, bonne œuvre. Toute œuvre bénéfique, petite ou grande, à tous les niveaux de la vie, de la vie individuelle à la vie collective, est considérée comme une œuvre religieuse. Les œuvres de bienfaisance sociale, politiques, économiques, sociales et familiales, etc., si elles sont conformes aux prescriptions de l’islam, sont considérées comme des œuvres pies, bonnes et religieuses. C’est également par ces œuvres que se manifestent et se prouvent la foi véritable. (Le traducteur) ] .

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَمَا تَفْعَلُوا مِنْ خَيْرٍ فَإِنَّ اللَّهَ بِهِ عَلِيمٌ .

Le Très-Haut dit :

(1) « Quelle que soit la bonne œuvre que vous accomplissiez, Allah en est parfaitement informé. » (Sourate Al-Baqara : 215)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا تَفْعَلُوا مِنْ خَيْرٍ يُعْلَمُهُ اللهُ .

(2) « Quelle que soit la bonne œuvre que vous accomplissiez, Allah la connaît. » (Sourate Al-Baqara : 197)

وَقَالَ تَعَالَى : فَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ .

(3) « Quiconque accomplit une œuvre pieuse du poids d’un atome la verra. » (Sourate Az-Zalzalah : 7)

وقَالَ تَعَالَى : مَنْ عَمِلَ صَالِحًا فَلِنَفْسِهِ .

(4) « Quiconque accomplit une œuvre pieuse, c’est pour lui-même qu’il l’accomplit. » (Sourate Al-Jathiya : 15)

وَالْآيَاتُ فِي الْبَابِ كَثِيرَةً وَأَمَّا الْأَحَادِيثُ فَكَثِيرَةٌ جِداً وَهِيَ غَيْرُ مُنْحَصِرَةٍ فَتَذْكُرُ طَرَفًا مِنْهَا : ۱۱۷ – عَنْ أَبِي ذَرٍ جُنْدُبِ بْنِ جُنَادَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَيُّ الْأَعْمَالِ أَفْضَلُ؟ قَالَ الْإِيْمَانُ بِاللَّهِ وَالْجِهَادُ فِي

سَبِيلِهِ قُلْتُ أَيُّ الرِّقَابِ أَفْضَلُ؟ قَالَ أَنْفَسُهَا عِنْدَ أَهْلِهَا وَأَكْثَرُهَا ثَمَنًا قُلْتُ فَإِنْ لَمْ أَفْعَلُ قَالَ تُعِينُ صَانِعًا أَوْ تَصْنَعُ لِأَخْرَقَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَرَأَيْتَ إِن ضَعُفَتُ عَنْ بَعْضِ الْعَمَلِ قَالَ تَكْفُ شركَ عَنِ النَّاسِ فَإِنَّهَا صَدَقَةٌ مِنْكَ

عَلَى نَفْسِكَ – متفق عليه . الصَّانِعُ بِالصَّادِ الْمُهْمَلَةِ هذا هُوَ الْمَشْهُورُ وَرُوِيَ ضَائِعًا بِالْمُعْجَمَةِ أَيْ ذَا ضَبَاعِ مِنْ فَقْرِ أَوْ عِبَالٍ وَنَحْو ذَلِكَ وَالْأَخْرَقُ الَّذِي لَا يُتْقِنُ مَا يُحَاوِلُ فَعْلَهُ .

117. D’après Abou Dharr Jundub ibn Junada — qu’Allah l’agrée —, il dit : Je demandai : « Ô Messager d’Allah, quelle est l’œuvre la plus méritoire ? » Il répondit : « La foi en Allah et le djihad dans Sa voie. » Je demandai : « Quel esclave est le meilleur à affranchir ? » Il répondit : « Celui qui est le plus cher à son maître et dont le prix est le plus élevé. » Je demandai : « Si je suis incapable de faire cela en raison de la pauvreté ? » Il répondit : « Tu aideras un artisan ou tu apprendras un métier à quelqu’un qui ne le connaît pas. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, que penses-tu si je suis également incapable de faire cela ? » Il répondit : « Abstiens-toi de nuire aux gens. Cela constitue, de ta part, une aumône pour toi-même. » (Al-Boukhari et Mouslim)

۱۱۸ – عَنْ أَبِي ذَرٍ أَيْضًا رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يُصْبِحُ عَلَى كُلِّ سُلامَى مِنْ أَحَدِكُمْ صَدَقَةٌ فَكُلُّ تَسْبِيحَةٍ صَدَقَةٌ وَكُلُّ تَحْمِيدَةٍ صَدَقَةٌ وَكُلُّ تَهْلِيلَةٍ صَدَقَةٌ وَكُلُّ تَكبِيرَةٍ صَدَقَةٌ وَامْرُ بِالْمَعْرُوفِ

صَدَقَةٌ وَنَهَى عَنِ الْمُنْكَرِ صَدَقَةً وَيُجْزِئُ مِنْ ذَلِكَ رَكْعَتَانِ يَرْكَعُهُمَا مِنَ الضُّحى – رواه مسلم. السلامى بِضَمِّ السِّينِ الْمُهْمَلَةِ وَتَخْفِيفِ اللَّامِ وَفَتْحِ الْمِيمِ الْمَفْصِلُ.

118. D’après Abû Dharr Jundub ibn Junâda (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Chacun de vous doit faire une aumône pour chacune de ses articulations. Dire “Subhân Allah”, “Al-hamdou lillâh”, “Lâ ilâha illallâh” et “Allâhou akbar” constitue chacune une aumône. Ordonner le bien et interdire le mal constituent également une aumône. Et deux rak‘ates de la prière de la matinée (avant midi) suffisent à cela. » (Muslim)

۱۱۹ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عُرِضَتْ عَلَى أَعْمَالُ أُمَّتِي حَسَنُهَا وَسَيِّنُهَا فَوَجَدْتُ فِي مَحَاسِنِ أَعْمَالِهَا الْأَذِى يُمَاطُ عَنِ الطَّرِيقِ وَوَجَدْتُ فِي مَسَاوِي أَعْمَالِهَا النُّخَاعَةَ تَكُونُ فِي الْمَسْجِدِ لَا

تُدْفَنُ – رواه مسلم .

119. D’après Abû Dharr (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « On m’a présenté les bonnes et les mauvaises actions de ma communauté. J’ai trouvé parmi les bonnes actions le fait d’ôter du chemin ce qui est nuisible, et parmi les mauvaises actions le fait de ne pas enfouir dans le sol le crachat tombé dans la mosquée. » (Muslim)

۱۲۰ – وَعَنْهُ أَنْ نَاسًا قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ ذَهَبَ أَهْلُ الدُّثُورِ بِالْأَجُورِ يُصَلُّونَ كَمَا تُصَلَّى وَيَصُومُونَ كَمَا نَصُومُ وَيَتَصَدِّقُونَ بِفُضُولِ أَمْوَالِهِمْ قَالَ أَوَلَيْسَ قَدْ جَعَلَ اللهُ لَكُمْ مَا تَصَدِّقُونَ بِهِ إِنَّ بِكُلِّ تَسْبِيحَةٍ صَدَقَةٌ وَكُلِّ تَكْبِيرَةٍ صَدَقَةً

وَكُلِّ تَحْمِيدَةٍ صَدَقَةً وَكُلِّ تَهْلِيلَةٍ صَدَقَةٌ وَأَمْرُ بِالْمَعْرُوفِ صَدَقَةٌ وَنَهَى عَنِ الْمُنْكَرِ صَدَقَةٌ وَفِي بُضْعِ أَحَدِكُمْ صَدَقَةً قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ آيَاتِي أَحَدُنَا شَهْوَتَهُ وَيَكُونُ لَهُ فِيهَا أَجْرُ ؟ قَالَ أَرَأَيْتُمْ لَوْ وَضَعَهَا فِي حَرَامِ أَكَانَ عَلَيْهِ وَزْرُ؟

فَكَذَلِكَ إِذَا وَضَعَهَا فِي الْحَلالِ كَانَ لَهُ أَجْرٌ – رواه مسلم. الدُّثُورُ بِالنَّاءِ الْمُثَلَثَةِ الْأَمْوَالُ واحدها دثر.

120. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Des gens dirent : « Ô Messager d’Allah ! Les riches ont emporté toutes les récompenses. Ils prient comme nous prions et jeûnent comme nous jeûnons. Mais ils font l’aumône de leurs biens excédentaires, ce que nous ne pouvons pas faire. » Il dit : « Allah ne vous a-t-Il pas accordé un moyen par lequel vous pouvez faire l’aumône ? Chaque fois que vous dites “Subhân Allah”, c’est une aumône ; que vous dites “Allahou akbar”, c’est une aumône ; que vous dites “Al-hamdou lillah”, c’est une aumône ; que vous dites “Lâ ilâha illallah”, c’est une aumône ; ordonner le bien est une aumône ; interdire le mal est une aumône ; et le rapport intime avec vos épouses est également une aumône. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Lorsque l’un de nous assouvit son désir sexuel, obtient-il aussi une récompense ? » Il dit : « Dites-moi : s’il assouvissait son désir sexuel par un moyen interdit, commettrait-il un péché ? De même, lorsqu’il le fait par un moyen licite, il obtient une récompense. » (Mouslim)

۱۲۱ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ لِي النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَحْقِرَنَّ مِنَ الْمَعْرُوفِ شَيْئًا وَلَوْ أَنْ تَلْقَى أَخَاكَ بِوَجْهِ طليق رواه مسلم .

121. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’a dit : « Ne méprise aucune bonne action, même s’il ne s’agit que de rencontrer ton frère avec un visage souriant. » (Mouslim)

۱۲۲ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُلُّ سُلامَى مِنَ النَّاسِ عَلَيْهِ صَدَقَةٌ كُلَّ يَوْمٍ تَطْلُعُ فِيْهِ الشَّمْسُ تَعْدِلُ بَيْنَ الْأَثْنَيْنِ صَدَقَةٌ وَتُعِينُ الرَّجُلَ فِي دَابَّتِهِ فَيَحْمِلُهُ عَلَيْهَا أَوْ تَرْفَعُ لَهُ

عَلَيْهَا مَتَاعَهُ صَدَقَةً والكَلِمَةُ الطَّيِّبَةُ صَدَقَةٌ وَبِكُلِّ خُطْوَةٍ تَمْشِيهَا إِلَى الصَّلَاةِ صَدَقَةٌ وَيُمِيطُ الْآذِى عن الطريق صَدَقَةٌ – متفق عليه. وَرَوَاهُ مُسْلِمُ أَيْضًا مِنْ رِوَايَةِ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ

وَسَلَّمَ إِنَّهُ خُلِقَ كُلُّ إِنْسَانِ مِنْ بَنِي آدَمَ عَلَى سِيِّينَ وَثَلَاثَ مِائَةٍ مَفْصَلٍ فَمَنْ كَبُرَ اللهَ وَحَمِدَ اللهَ وَهَلَلَ اللهَ وَسَبِّحَ اللَّهَ وَاسْتَغْفَرَ اللَّهَ وَعَزَلَ حَجَرًا عَنْ طريق النَّاسِ أَوْ شَوْكَةً أَوْ عَظْمًا عَنْ طَرِيقِ النَّاسِ أَوْ أَمَرَ بِمَعْرُوفِ أَوْ

نَهَى عَنْ مُنْكَر عَدَدَ السَّيِّينَ وَالثَّلاثَ مَائَةٍ فَإِنَّهُ يُمْشِي يَوْمَئِذٍ وَقَدْ زَحْزَحَ نَفْسَهُ عَنِ النَّارِ.

122. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Chaque jour où le soleil se lève, une aumône est due pour chacune des articulations du corps humain. Rendre justice entre deux personnes est une aumône. Aider quelqu’un à monter sur sa monture ou à y charger ses bagages est également une aumône. Dire une bonne parole est une aumône. Chacun de tes pas lorsque tu te diriges vers la prière est une aumône. Retirer de la route ce qui est nuisible est également une aumône. » (Al-Boukhari et Mouslim)

L’imam Muslim a rapporté ce même hadith d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée). Elle dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Chaque fils d’Adam a été créé avec trois cent soixante articulations. Ainsi, toute personne qui proclame la grandeur d’Allah, Le loue, dit : “Lā ilāha illā Allāh”, dit : “Subḥān Allāh”, Lui demande pardon, enlève du chemin emprunté par les gens une pierre, une épine ou un os, ordonne le bien ou interdit le mal accomplit, par ces actes, le nombre de trois cent soixante. Et cette personne passe toute sa journée en s’étant ainsi éloignée du feu de l’Enfer. »

۱۲۳ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ غَدًا إِلَى الْمَسْجِدِ أَوْ راح أَعَدَّ اللهُ لَهُ فِي الْجَنَّةِ نُزُلاً كُلَّمَا غَدًا أَوْ راح – متفق عليه. النُّزلُ الْقُوتُ وَالرِّزْقُ وَمَا يُهَيَّا لِلضَّيْفِ .

123. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui se rend à la mosquée le matin ou le soir, Allah lui prépare au Paradis une hospitalité chaque matin et chaque soir. » (Al-Bukhari et Muslim)

١٢٤ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا نِسَاءَ الْمُسْلِمَاتِ لَا تَحْقِرَنَّ جَارَةً لِجَارَتِهَا وَلَوْ فِرْسِنَ شَاءَ – متفق عليه قَالَ الْجَوْهَرِي الْفِرْسِنُ مِنَ الْبَعِيرِ كَالْحَافِرِ مِنَ الدَّابَّةِ قَالَ وَرَبِّمَا اسْتَعِيْرَ فِي الشَّاةِ .

124. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ô femmes musulmanes ! Qu’aucune femme ne méprise le fait d’offrir à sa voisine, fût-ce même un sabot de chèvre. » (C’est-à-dire qu’il ne faut pas éprouver de gêne à donner ou à recevoir, même si le don est de faible valeur.) (Al-Bukhari et Muslim)

١٢٥ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْإِيْمَانُ بِضْعُ وَسَبْعُونَ أَوْ بضْعُ وَستُونَ شُعْبَةً فَأَفْضَلُهَا قَوْلُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَدْنَاهَا إِمَاطَةُ الْأَذِى عَنِ الطَّرِيقِ وَالْحَيَاءُ شُعْبَةً مِنَ الْإِيْمَانِ متفق عليه الْبَضْعُ مِنْ ثَلاثَةِ إِلى

تِسْعَة بِكَسْرِ الْبَاءِ وَقَدْ تُفْتَحُ وَالشُّعْبَةُ القِطْعَةُ .

125. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « La foi comporte un peu plus de soixante-dix branches, ou un peu plus de soixante branches. La meilleure d’entre elles est de dire : “Lā ilāha illā Allāh”, et la plus basse est d’enlever du chemin ce qui est nuisible. La pudeur est également une branche de la foi. » (Al-Bukhari et Muslim)

١٢٦ – وَعَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بَيْنَمَا رَجُلٌ يَمْشِي بِطَرِيق اشْتَدَّ عَلَيْهِ الْعَطَسُ فَوَجَدَ بِتْرًا فَنَزَلَ فِيهَا فَشَرِبَ ثُمَّ خَرَجَ فَإِذَا كَلْبٌ يُلْهَثْ يَأْكُلُ الشرى مِنَ الْعَطَشِ فَقَالَ الرَّجُلُ لَقَدْ بَلَغَ هَذَا الْكَلْبَ مِنَ

الْعَطَشِ مِثْلُ الَّذِي كَانَ قَدْ بَلَغَ مِنِّي فَنَزَلَ الْبِئْرَ فَمَلَا خُفْهُ مَاءٌ ثُمَّ أَمْسَكَهُ بِفِيْهِ حَتَّى رَقِيَ فَسَقَى الْكَلْبَ فَشَكَرَ اللهُ لَهُ فَغَفَرَ لَهُ قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ لَنَا فِي الْبَهَائِمِ أَجْرًا ؟ فَقَالَ فِي كُلِّ كَبِدِ رَطْبَةٍ أَجْرُ – متفق عليه.

وَفِي رِوَايَةٍ لِلْبُخَارِيِّ فَشَكَرَ اللَّهُ لَهُ فَغَفَرَ لَهُ فَأَدْخَلَهُ الْجَنَّةَ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُمَا بَيْنَمَا كَلْبٌ يُطِيفُ بِرَكِيَّةٍ قَدْ كَادَ يَقْتُلُهُ الْعَطَسُ إِذْ رَاتُهُ بَغِي مِنْ بَغَايَا بَنِي إِسْرَائِيلَ فَنَزَعَتْ مُوْقَهَا فَاسْتَقَتْ لَهُ بِهِ فَسَقَتْهُ فَغُفِرَ لَهَا بِهِ الْمُوْقُ الْخُفُ

وَيُطِيفُ يَدُورُ حَوْلَ رَكِيَّةٍ وَهِيَ الْبثْرُ .

126. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Un homme cheminait sur une route lorsqu’il ressentit une grande soif. Ayant aperçu un puits, il y descendit, but de l’eau, puis en ressortit. Il vit alors un chien, accablé par la soif, tirer la langue et lécher la boue. L’homme se dit : “Ce chien a soif tout comme j’avais soif.” Il redescendit donc dans le puits, remplit sa chaussette d’eau, la tint entre ses dents, remonta du puits, puis donna à boire au chien. Allah lui manifesta alors Sa miséricorde et lui pardonna ses péchés. Les Compagnons demandèrent : “Ô Messager d’Allah ! Recevrons-nous une récompense même pour avoir fait du bien aux animaux ?”

Il répondit : « Il y a une récompense pour toute créature vivante. » (Al-Boukhari et Mouslim)

Dans une autre version rapportée par Al-Boukhari, il est dit : « Allah lui manifesta Sa miséricorde, lui pardonna et le fit entrer au Paradis. » Dans une autre narration d’Al-Boukhari et de Mouslim, il est rapporté qu’un jour, une chienne errait autour d’un puits et était sur le point de mourir de soif. Une prostituée des enfants d’Israël l’aperçut, retira sa chaussette, puisa de l’eau dans le puits et lui en donna à boire ; elle fut pardonnée pour cela.

۱۲۷ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَقَدْ رَأَيْتُ رَجُلًا يَتَقَلُّبُ فِي الْجَنَّةِ فِي شَجَرَةٍ قَطَعَهَا مِنْ ظَهْرِ الطَّرِيقِ كَانَتْ تُؤْذِي الْمُسْلِمِينَ . رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَفِي رِوَايَةٍ مَنْ رَجُلٌ بِغُصْنِ شَجَرَةٍ عَلَى ظَهْرِ طَرِيق فَقَالَ وَاللَّهِ لِأُنَحِيَنَّ هَذَا عَنِ الْمُسْلِمِينَ لَا يُؤْذِيهِمْ فَأُدْخِلَ الْجَنَّةَ . وَفِي رِوَايَةٍ لَهُمَا بَيْنَمَا رَجُلٌ يَمْشِي بِطَرِيق وَجَدَ غُصْنَ شَوْكَ عَلَى الطَّرِيقِ فَأَخْرَهُ فَشَكَرَ اللَّهُ لَهُ فَغَفَرَ لَهُ .

١٢٧. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « J’ai vu en rêve — ou lors de l’Ascension nocturne — un homme se déplacer au Paradis pour avoir coupé un arbre qui se trouvait sur le chemin. Cet arbre causait du tort aux musulmans sur leur passage. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Un homme passa près d’une branche d’arbre qui se trouvait au milieu du chemin. Il dit : “Par Allah, je vais écarter cette branche du chemin des musulmans afin qu’elle ne leur cause pas de tort.” C’est pour cela qu’il fut admis au Paradis. »

Dans une autre version rapportée par al-Boukhari et Muslim, il est dit : « Un homme, alors qu’il marchait sur la route, retira du chemin une branche d’un arbre épineux. Allah lui accorda alors Sa miséricorde et lui pardonna. »

۱۲۸ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ تَوَضَّأَ فَأَحْسَنَ الْوَضُوءَ ثُمَّ أَتَى الْجُمُعَةَ فَاسْتَمَعَ وَانْصَتَ غُفِرَ لَهُ مَا بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْجُمُعَةِ وَزِيَادَةٌ ثَلَاثَةِ أَيَّامٍ وَمَنْ مَسَ الْحَصَا فَقَدْ لغا – رواه مسلم .

١٢٨. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui accomplit parfaitement les ablutions, puis se rend à la mosquée et écoute le sermon en silence, ses péchés commis entre un vendredi et le vendredi suivant, ainsi que ceux des trois jours suivants, lui sont pardonnés. Quant à celui qui manipule des cailloux pendant le sermon, il commet une mauvaise action. » (Muslim)

۱۲۹ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا تَوَضًا الْعَبْدُ الْمُسْلِمُ أَوِ الْمُؤْمِنُ فَغَسَلَ وَجْهَهُ خَرَجَ مِنْ وَجْهِهِ كُلُّ خَطِيئَةٍ نَظَرَ إِلَيْهَا بِعَيْنَيْهِ مَعَ الْمَاءِ أَوْ مَعَ أُخرِ قَطْرِ الْمَاءِ فَإِذَا غَسَلَ يَدَيْهِ خَرَجَ مِنْ يَدَيْهِ كُلُّ خَطِيئَةٍ

كَانَ بَطْشَتُهَا يَدَاهُ مَعَ الْمَاءِ أَوْ مَعَ أَخِرِ قَطْرِ الْمَاءِ فَإِذَا غَسَلَ رِجْلَيْهِ خَرَجَتْ كُلُّ خَطِيئَةٍ مَشَتْهَا رِجَلاهُ مَعَ الْمَاءِ أَوْ مَعَ أَخِرِ قَطْرَ الْمَاءِ حَتَّى يَخْرُجَ نَقِيَّا مِنَ الذُّنُوبِ رواه مسلم.

١٢٩. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque le serviteur musulman ou croyant accomplit les ablutions et lave son visage, tout péché qu’il a commis par le regard de ses deux yeux tombe de son visage avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Puis, lorsqu’il lave ses deux mains, tout péché qu’il a commis avec ses deux mains tombe de celles-ci avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Puis, lorsqu’il lave ses deux pieds, tout péché qu’il a commis avec ses deux pieds tombe de ceux-ci avec l’eau, ou avec la dernière goutte d’eau. Il devient ainsi purifié de tous ses péchés — les péchés mineurs. » (Muslim)

۱۳۰ – وَعَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الصَّلَوَاتُ الْخَمْسُ والْجُمُعَة إلى الجُمُعَةِ وَرَمَضَانُ إِلى رَمَضَانَ مُكَفِّرَاتُ لِمَا بَيْنَهُنَّ إِذَا اجْتَنِبَتِ الكَبَائِرُ – رواه مسلم .

130. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Les cinq prières quotidiennes, d’une prière du vendredi à l’autre et d’un Ramadan à l’autre, expient les petits péchés commis entre ces périodes, à condition d’éviter les péchés majeurs. (Muslim)

۱۳۱ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَلَا أَدْلُكُمْ عَلَى مَا يَمْحُو اللَّهُ بِهِ الْخَطَايَا وَيَرْفَعُ بِهِ الدَّرْجَاتِ ؟ قَالُوا بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ إِسْبَاغُ الْوُضُوءِ عَلَى الْمَكَارِهِ وَكَثَرَةُ الخُطا إِلَى الْمَسَاجِدِ وَانْتِظَارُ الصَّلَاةِ بَعْدَ الصَّلَاةِ فَذلِكُمُ الرباط – رواه مسلم .

131. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Ne voulez-vous pas que je vous indique une œuvre par laquelle Allah efface les péchés et élève les degrés ? Les Compagnons dirent : Ô Messager d’Allah, certainement, dites-nous. Il dit : Accomplir parfaitement les ablutions malgré les difficultés, marcher souvent vers les mosquées et attendre la prière suivante après une prière. Voilà le ribât, ou le jihâd, qui vous est destiné. (Muslim) (Acquérir la pureté, persévérer régulièrement dans la prière et l’adoration d’Allah et y atteindre la perfection sont comparables au jihâd. Le mot ribât signifie à l’origine se tenir constamment prêt, avec des armes, pour défendre les frontières. Dans ce hadith, l’attente d’une prière après une autre est comparée à cela. Autrement dit, ils en obtiendront la récompense de la surveillance des frontières. (Traducteur))

۱۳۲ – عَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ صَلَّى الْبَرْدَيْنِ دَخَلَ الْجَنَّةَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ الْبَرْدَانِ الصُّبْحُ وَالْعَصْرُ .

132. Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui accomplit les deux prières des heures fraîches entrera au Paradis, c’est-à-dire les prières de l’aube et de l’après-midi. (Al-Boukhari, Muslim)

۱۳۳ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا مَرِضَ الْعَبْدُ أَوْ سافَرَ كُتِبَ لَهُ مِثْلُ مَا كَانَ يَعْمَلُ مُقِيمًا صَحِيحا – رواه البخاري .

133. Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Lorsqu’un serviteur d’Allah tombe malade ou voyage, la récompense des bonnes œuvres qu’il accomplissait lorsqu’il était en bonne santé et résident lui est inscrite dans la même mesure. (Al-Boukhari)

١٣٤ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُلُّ مَعْرُوفِ صَدَقَةٌ . رواه البخاري وَرَوَاهُ مُسْلِمٌ مِنْ رِوَايَةٍ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ .

134. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Toute bonne action est une aumône. » (Al-Bukhari)

L’imam Muslim a rapporté ce hadith par l’intermédiaire de Hudhayfa (qu’Allah l’agrée).

١٣٥ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا مِنْ مُسْلِمٍ يَغْرِسُ غَرْسًا إِلَّا كَانَ مَا أَكِلَ مِنْهُ لَهُ صَدَقَةً وَمَا سُرِقَ مِنْهُ لَهُ صَدَقَةً وَلَا يَرْزَؤُهُ أَحَدٌ إِلا كَانَ لَهُ صَدَقَةً رَوَاهُ مُسْلِمُ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ فَلا يَعْرِسُ الْمُسْلِمُ

غَرْسًا فَيَأْكُلُ مِنْهُ إِنْسَانٌ وَلَا دَابَّةً وَلَا طَيْر إِلا كَانَ لَهُ صَدَقَةً إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ . وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ لَا يَغْرِسُ مُسْلِمٌ غَرْسًا وَلَا يَزْرَعُ زَرْعًا فَيَأْكُلُ مِنْهُ إِنْسَانٌ وَلَا دَابَّةٌ ولا شَيْ إِلَّا كَانَتْ لَهُ صَدَقَةً وَرَوَيَاهُ جَمِيعًا مِنْ رِوَايَةِ أَنَسٍ رَضِيَ

اللَّهُ عَنْهُ قَوْلُهُ يَرْزَؤُهُ أَي يَنْقُصُهُ .

135. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), il a dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Tout musulman qui plante un arbre, et dont les fruits sont consommés, en recevra une aumône ; et ce qui lui en est volé ou ce qui lui est enlevé lui sera également compté comme une aumône. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Lorsqu’un musulman plante un arbre, tout ce qu’en mangent les hommes, les animaux et les oiseaux demeure pour lui une aumône jusqu’au Jour de la Résurrection. » Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Lorsqu’un musulman plante un arbre ou cultive une terre, tout ce qu’en mangent les hommes, les animaux ou toute autre créature est considéré pour lui comme une aumône. » Ces deux dernières versions sont rapportées d’Anas (qu’Allah l’agrée).

١٣٦ – وَعَنْهُ قَالَ أَرَادَ بَنُو سَلِمَةَ أَن يُنْتَقِلُوا قُرْبَ الْمَسْجِدِ فَبَلَغَ ذَلِكَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَهُمْ إِنَّهُ قَدْ بَلَغَنِي أَنَّكُمْ تُرِيدُونَ أَن تَنْتَقِلُوْا قُرْبَ الْمَسْجِدِ ؟ فَقَالُوا نَعَمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ قَدْ أَرَدْنَا ذَلِكَ فَقَالَ بَنِي

سَلِمَةً دِيَارِكُمْ تُكتَبْ أَثَارَكُمْ دِيَارَكُمْ تُكْتَبُ أَثَارُكُمْ . رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَفِي رِوَايَةٍ إِنَّ بِكُلِّ خَطْوَةٍ

درجة. رواه مسلم ورواه البخاري أيضًا بِمَعْنَاهُ مِنْ رِوَايَةِ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. وَبَنُو سَلِمَةٌ بِكَسْرِ اللام قَبِيلَةٌ مَعْرُوفَةٌ مِّنَ الْأَنْصَارِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ وَأَثَارُهُمْ خُطَاهُمْ .

136. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), il est rapporté qu’il a dit : Les Banû Salima voulurent s’installer plus près de la mosquée (la mosquée du Prophète). Lorsque cette nouvelle parvint au Messager d’Allah, il leur dit : « Il m’est parvenu que vous souhaitez vous installer près de la mosquée ? » Ils répondirent : « Oui, ô Messager d’Allah ! Nous en avons l’intention. » Il dit : « Ô Banû Salima, restez dans vos demeures (c’est-à-dire dans vos habitations actuelles), vos pas sont inscrits. Restez dans vos demeures, vos pas sont inscrits. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « À chaque pas, un degré est élevé. » L’imam al-Bukhari (qu’Allah lui fasse miséricorde) a rapporté, par l’intermédiaire d’Anas (qu’Allah l’agrée), un hadith de même sens.

۱۳۷ – عَنْ أَبِي الْمُنْذِرِ أَبي بْنِ كَعْبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَجُلٌ لَا أَعْلَمُ رَجُلاً أَبْعَدَ مِنَ الْمَسْجِدِ مِنْهُ وَكَانَ لا تُخْطِئُهُ صَلَاةٌ فَقِيلَ لَهُ أَوْ فَقُلْتُ لَهُ لَوِ اشْتَرَيْتَ حِماراً تَرْكَبُهُ فِي الظُّلْمَاءِ وَفِي الرَّمْضَاءِ فَقَالَ مَا يَسُرُّنِي أَنَّ

مَنْزِلِي إِلَى جَنْبِ الْمَسْجِدِ إِنِّي أُرِيدُ أَنْ يُكْتَبَ لِي مَمْشَاء إِلَى الْمَسْجِدِ وَرُجُوعِي إِذَا رَجَعْتُ إِلَى أَهْلِي فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ جَمَعَ اللَّهَ ذَلِكَ كُلَّهُ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَفِي رِوَايَةٍ إِنَّ لَكَ مَا احْتَسَبْتَ الرَّمْضَاءُ

الْأَرْضُ الَّتِي أَصَابَهَا الْحَرُّ الشَّدِيدُ .

137. Rapporté d’Ubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée). Il dit : Je connaissais un homme dont la maison était plus éloignée de la mosquée que celle de quiconque. Pourtant, il ne manquait jamais la prière en assemblée. On lui dit — ou bien je lui dis : « Tu pourrais acheter un âne et le monter pour venir à la mosquée, de jour comme de nuit, dans l’obscurité comme par forte chaleur. » Il répondit : « Je ne souhaite pas que ma maison soit proche de la mosquée. Je désire que mes pas vers la mosquée et mon retour auprès de ma famille soient tous deux inscrits dans mon registre des œuvres. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Allah t’a certes réuni tout cela. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Dans une autre version, il est dit : « Tu obtiendras la récompense que tu espérais. »

۱۳۸ – عَنْ أَبِي مُحَمَّدٍ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَرْبَعُونَ خَصْلَةً أَعْلَاهَا مَنِيْحَةُ الْعَنْزِ مَا مِنْ عَامِل يَعْمَلُ بِخَصْلَةٍ مِنْهَا رَجَاءَ ثَوَابِهَا وَتَصْدِيقَ مَوْعُودِهَا إِلَّا أَدْخَلَهُ

اللَّهُ بِهَا الجنَّةَ رَوَاهُ الْبُخَارِي المَنِيحَةُ أَنْ يُعْطِيَهُ إِيَّاهَا لِيَأْكُلَ لَبَنَهَا ثُمَّ يَرُدَّهَا إِلَيْهِ .

138. Rapporté d’Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘As (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Parmi les quarante bonnes œuvres, la meilleure consiste à prêter à quelqu’un une bête laitière afin qu’il puisse boire son lait. Quiconque accomplit l’une de ces quarante œuvres en espérant la récompense et en croyant à la promesse qui y est attachée, Allah le fera entrer au Paradis. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

۱۳۹ – عَنْ عَدِي بْنِ حَاتِمٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ اتَّقُوا النَّارَ وَلَوْ بِشِقِّ تَمْرَةٍ – متفق عليه وَفِي رِوَايَةٍ لَهُمَا عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ إِلا

سَيُكَلِّمُهُ رَبُّهُ لَيْسَ بَيْنَهُ وَبَيْنَهُ تَرْجُمَانٌ فَيَنْظُرُ أَيْمَنَ مِنْهُ فَلَا يَرَى إِلَّا مَا قَدَّمَ وَيَنظُرُ أَشْأَمَ مِنْهُ فَلا يَرَى إِلا مَا قَدَّمَ وَيَنْظُرُ بَيْنَ يَدَيْهِ فَلَا يَرَى إِلَّا النَّارَ تِلْقَاءَ وَجْهِهِ فَاتَّقُوا النَّارَ وَلَوْ بِشِقِّ تَمَرَةٍ فَمَنْ لَمْ يَجِدُ فَبِكَلِمَةٍ طَيِّبَةٍ .

139. Rapporté d’‘Adi ibn Hatim (qu’Allah l’agrée). Il dit : J’ai entendu le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Préservez-vous du Feu, ne serait-ce qu’en donnant la moitié d’une datte. » (Al-Bukhari et Muslim)

Dans une autre version rapportée par al-Boukhari et Mouslim, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Chacun d’entre vous s’entretiendra bientôt avec son Seigneur, sans aucun interprète entre eux. Il regardera à sa droite et ne verra que les œuvres qu’il a accomplies ; il regardera à sa gauche et ne verra que les œuvres qu’il a accomplies ; puis il regardera devant lui et verra le Feu face à lui. Préservez-vous donc du Feu, ne serait-ce qu’en donnant en aumône la moitié d’une datte. Celui qui ne trouve même pas cela, qu’il se préserve du Feu par une bonne parole. »

١٤٠ – عَن أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنْ اللهَ لَيَرْضَى عَنِ الْعَبْدِ أَنْ يَأْكُلَ الْأكْلَةَ فَيَحْمَدُهُ عَلَيْهَا أَوْ يَشْرَبَ الشَّرْبَةَ فَيَحْمَدُهُ عَلَيْهَا – رواه مسلم والأكلةُ بِفَتْحِ الْهَمْزَةِ وَهِيَ الْغَدْوَةُ أَوِ

الْعَشْوَةُ .

140. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Allah est certainement satisfait de Son serviteur lorsque celui-ci Le loue après avoir mangé quelque chose, ou Le loue après avoir bu quelque chose. » (Mouslim)

١٤١ – عَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ صَدَقَةً قَالَ أَرَأَيْتَ إِنْ لَمْ يَجِدْ ؟ قَالَ يَعْمَلُ بِيَدَيْهِ فَيَنْفَعُ نَفْسَهُ وَيَتَصَدِّقُ قَالَ أَرَأَيْتَ إِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ ؟ قَالَ يُعِينُ ذَا الْحَاجَةِ

الْمَلْهُوفَ قَالَ أَرَأَيْتَ إِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ قَالَ يَأْمُرُ بِالْمَعْرُوفِ أَوِ الْخَيْرِ قَالَ أَرَأَيْتَ إِنْ لَمْ يَفْعَلُ قَالَ يُمْسِكُ عَنِ الشَّرِّ فَانَّهَا صَدَقَةٌ متفق عليه ..

141. Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il incombe à chaque musulman de donner en aumône. » Un Compagnon demanda : « Et s’il ne trouve rien à donner en aumône ? » Il répondit : « Qu’il travaille de ses propres mains, qu’il en tire profit et qu’il donne également en aumône. » Le Compagnon demanda : « Et s’il n’en est pas capable ? » Il répondit : « Qu’il aide alors les nécessiteux et les indigents. » Le Compagnon demanda : « Et s’il n’en est toujours pas capable ? » Il répondit : « Qu’il ordonne alors ce qui est juste ou ce qui est bon. » Le Compagnon demanda : « Et s’il ne peut pas non plus faire cela ? » Il répondit : « Qu’il s’abstienne au moins de faire le mal. Et cela sera pour lui une aumône. » (Al-Boukhari, Mouslim)

Chapitre : 14 – Préserver l’équilibre dans l’adoration et la dévotion

Maintenir un équilibre dans l’adoration et la dévotion [Le mot arabe original « Iqtisād » signifie adopter une voie équilibrée et médiane : ne transgresser les limites dans aucune œuvre, ne pas exagérer et ne pas aller dans l’excès].

قَالَ اللهُ تَعَالَى : طَهُ مَا أَنْزَلْنَا عَلَيْكَ الْقُرْآنَ لِتَشْقَى .

Le Très-Haut dit :

(1) « Ṭā-Hā. Nous n’avons pas fait descendre le Coran sur toi afin que tu souffres. » (sourate Ṭā-Hā : 1)

وَقَالَ تَعَالَى : يُرِيدُ اللهُ بِكُمُ الْيُسْرَ وَلَا يُرِيدُ بِكُمُ الْعُسْرَ .

(2) « Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas pour vous la difficulté. » (sourate al-Baqara : 185)

١٤٣ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ عَلَيْهَا وَعِنْدَهَا إِمْرَأَةً قَالَ مَنْ هَذِهِ ؟ قَالَتْ هَذِهِ فَلَانَةٌ تَذْكُرُ مِنْ صَلَاتِهَا قَالَ مَهُ عَلَيْكُمْ بِمَا تُطِيقُونَ فَوَاللَّهِ لَا يَمَلُّ اللَّهُ حَتَّى تَمَلُّوْا وَكَانَ أَحَبُّ الدِّينِ

إِلَيْهِ مَا دَاوَمَ صَاحِبُهُ عَلَيْهِ – متفق عليه وَمَهُ كَلِمَةٌ نَهْي وَزَجْرٍ وَمَعْنَى لَا يَمَلُّ اللَّهُ أَنْ لَا يَقْطَعُ ثَوَابَهُ عَنْكُمْ وَجَزَاءَ أَعْمَالِكُمْ وَيُعَامِلُكُمْ مُعَامَلَةَ الْمَالِ حَتَّى تَمَلُّوا فَتَتْرَكُوا فَيَنْبَغِي لَكُمْ أَنْ تَاخُذُوا مَا تُطِيقُونَ الدَّوامَ عَلَيْهِ لِيَدُومَ

ثَوَابُهُ لَكُمْ وَفَضْلُهُ عَلَيْكُمْ.

142. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se rendit chez elle. Une femme était assise auprès d’elle. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) demanda : « Qui est cette femme ? » Aïcha (qu’Allah l’agrée) répondit : « C’est telle femme ; elle parle de ses prières. » Il dit : « Cessez ! Accomplissez les œuvres selon vos capacités. Par Allah, Allah ne se lasse pas de vous récompenser, même si vous vous lassez. L’œuvre religieuse qu’Allah aime le plus est celle que son auteur accomplit régulièrement. » (Al-Bukhari, Muslim

١٤٣ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ ثَلَاثَةُ رَهْطٍ إِلَى بُيُوتِ أَزْوَاجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَسْأَلُونَ عَنْ عِبَادَةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا

أخْبِرُوا كَأَنَّهُمْ تَقَالُوْهَا وَقَالُوا أَيْنَ نَحْنُ مِنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَدْ غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ وَمَا تَأَخَّرَ قَالَ أَحَدُهُمْ أَمَّا أَنَا فَأَصَلَّى اللَّيْلَ أَبَدًا وَقَالَ أَخَرُ وَأَنَا أَصُومُ الدَّهْرَ وَلَا أَفْطِرُ وَقَالَ أَخَرُ وَأَنَا أَعْتَزِلُ النِّسَاءَ فَلَا أَتَزَوْجُ

أَبَدًا فَجَاءَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَيْهِمْ فَقَالَ أَنْتُمُ الَّذِينَ قُلْتُمْ كَذَا وَكَذَا ؟ أَمَا وَاللَّهِ إِنِّي لَأَخْشَاكُمُ لِلَّهِ وَاتْقَاكُمْ لَهُ لَكِنِّي أَصُومُ وَأَفْطِرُ وَأَصَلَّى وَأَرْقُدُ وَاتَزَوْجُ النِّسَاءَ فَمَنْ رَغِبَ عَنْ سُنَّتِي فَلَيْسَ مِنِّي – متفق عليه .

****[ Il doit y avoir un équilibre dans toutes les activités de la vie du croyant. S’il penche trop d’un côté, les activités de l’autre côté en pâtiront nécessairement. C’est pourquoi il est indispensable de consacrer à chaque activité du temps, de l’argent et des efforts en fonction de son importance. Toute activité accomplie régulièrement est bénie et permet aussi d’accroître les aptitudes. Même si elle est modeste, une activité régulière demeure et produit de bons résultats.

Lorsqu’on dépasse les limites dans une affaire, qu’on y fait preuve d’excès ou qu’on en fait trop, cela engendre du désordre, entraîne la fatigue et ne permet pas non plus le développement des aptitudes. En effet, les occupations de la vie sont nombreuses. Tout en s’acquittant des droits d’Allah, il faut également s’acquitter des droits de Ses différents serviteurs. Il faut aussi s’acquitter de ses propres droits essentiels et nécessaires. Sans équilibre, il est impossible de s’acquitter correctement d’aucun droit. Accomplir soudainement de nombreuses œuvres, puis ne plus avoir aucune activité par la suite, ne correspond pas à l’esprit de l’islam. Il est donc conforme aux exigences du Coran et des hadiths que chacun mette pleinement ses forces à profit et accomplisse régulièrement toutes ses œuvres de manière équilibrée. (Le traducteur)

143. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Trois hommes se rendirent dans les demeures des épouses du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) afin de se renseigner sur son adoration. Lorsqu’ils en furent informés, ils semblèrent la trouver insuffisante pour eux-mêmes et dirent : « Où pouvons-nous nous comparer au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ? Ses péchés passés et futurs lui ont été pardonnés. » L’un d’eux dit : « Je prierai toute la nuit sans interruption. » Un autre dit : « Je jeûnerai continuellement et ne romprai jamais le jeûne. » Le troisième dit : « Je m’éloignerai des femmes et ne me marierai jamais. » Sur ce, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) vint à eux et dit : « Êtes-vous ceux qui avez dit telle et telle chose ? Par Allah, je crains Allah davantage que vous et je suis plus pieux que vous. Mais je jeûne et je mange, je prie et je dors, et je me marie également. Celui qui se détourne de ma Sunna (mode de vie) ne fait pas partie des miens. » (Al-Bukhari, Muslim)

١٤٤ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ هَلَكَ الْمُتَنَطِعُونَ قَالَهَا ثَلَاثًا – رواه مسلم الْمُتَنَطِعُونَ الْمُتَعَمِّقُونَ الْمُشَدِّدُونَ فِي غَيْرِ مَوْضِعِ التَّشْدِيدِ.

144. Ibn Mas‘ûd, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Ceux qui s’imposent une rigueur excessive sont perdus. » Il répéta cette parole trois fois. (Muslim)

١٤٥ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنْ الدِّينَ يُسرِّ وَلَنْ يُشَادُ الدِّينُ إِلَّا غَلَبَهُ فَسَدِدُوا وَقَارِبُوا وَأَبْشِرُوا وَاسْتَعِينُوا بِالْغَدْوَةِ وَالرُّوْحَةِ وَشَيْ مِنَ الدُّلجة – رواه البخاري وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ

سَدِدُوا وَقَارِبُوا وَاغْدُوا وَرُوحُوا وَشَيْ مِنَ الدُّلْجَةِ الْقَصْدَ الْقَصْدَ تَبْلُغُوا – قَوْلُهُ الدِّينُ هُوَ مَرْفُوعَ عَلَى مَا لَمْ يُسَمٌ فَاعِلُهُ وَرُوِيَ مَنْصُوبًا وَرُوِيَ لَنْ يُشَادُ الدِّينَ أَحَدٌ وَقَوْلُهُ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلا غَلَبَهُ أَي غَلَبَهُ الدِّينُ وَعَجَزَ

ذَلِكَ الْمُشَادُ عَنْ مُقَاوَمَةِ الدِّينِ لِكَثْرَةِ طَرُقِهِ وَالْغَدْوَةُ سَيْرُ أُولِ النَّهَارِ وَالرُّوْحَةُ أَخِرِ النهار والدلجة آخر اللَّيْلِ وَهذَا اسْتِعَارَةً وَتَمْثِيلٌ وَمَعْنَاهُ اسْتَعِينُوا عَلَى طَاعَة اللهِ عَزَّ وَجَلَّ بِالْأَعْمَالِ فِي وَقْتِ نَشَاطِكُمْ وَفَرَاغِ قُلُوْبِكُمْ بِحَيْثُ

تَسْتَلِدُونَ العِبَادَةَ وَلَا تَشَامُونَ وَتَبْلُغُونَ مَقْصُودَكُمْ كَمَا أَنَّ الْمُسَافِرَ الْحَاذِقَ يَسِيرُ فِي هَذِهِ الأوقاتِ وَيَسْتَرِيحُ هُوَ وَدَابَّتُهُ فِي غَيْرِهَا فَيَصِلُ الْمَقْصُودَ بِغَيْرِ تَعَب وَاللَّهُ أَعْلَمُ.

145. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « La religion est aisée. Quiconque rend cette religion difficile, elle le vaincra. Adoptez donc une voie équilibrée, accomplissez les œuvres selon votre capacité et accueillez la bonne nouvelle. Cherchez l’aide d’Allah en adorant durant le matin, le soir et une partie de la fin de la nuit. »

L’imam al-Bukhârî a cité ce hadith. Dans une autre version rapportée par al-Bukhârî, il est dit : « Adoptez une voie moyenne, accomplissez les œuvres selon votre capacité, avancez le matin — dans le but d’adorer —, avancez la nuit et durant une partie de la fin de la nuit. Adoptez une voie équilibrée, adoptez une voie moyenne, et vous atteindrez votre objectif. » [Le sens de ce hadith n’est pas qu’il faille accomplir dans la religion uniquement les œuvres faciles, qui ne comportent ni risque, ni sacrifice, ni épreuve, et qui ne portent aucunement atteinte au bien-être, à la tranquillité et au confort financier de la vie terrestre. Il signifie plutôt que les œuvres de la religion sont nombreuses, tout comme les droits d’Allah et ceux des serviteurs. Il est obligatoire d’accomplir ces œuvres et de s’acquitter de ces droits. Il faut donc accomplir régulièrement toutes ces œuvres avec l’importance qui leur revient, de la manière la plus simple et la plus aisée possible selon ses capacités. Il faut progresser graduellement tout en maintenant un équilibre entre toutes les œuvres. Ainsi, il devient également facile de sacrifier sa vie et ses biens pour la religion. En revanche, si l’on s’impose une rigueur excessive, il devient extrêmement difficile de rester ferme dans la voie d’Allah sous le poids de la responsabilité d’établir la religion. (Le traducteur)]

١٤٦ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ دَخَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَسْجِدَ فَإِذَا حَبْلٌ مَمْدُودٌ بَيْنَ السَّارِيَتَيْنِ فَقَالَ مَا هُذَا الْحَبْلُ؟ قَالُوا هَذَا حَبْلٌ لزَيْنَبَ فَإِذَا فَتَرَتْ تَعَلَّقَتْ بِهِ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حُلُوهُ

لِيُصَلِّ أَحَدُكُمْ نَشَاطَهُ فَإِذَا فَتَرَ فَلْيَرْقُدْ – متفق عليه .

146. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) entra dans la mosquée et trouva une corde attachée entre deux piliers. Il demanda : « À quoi sert cette corde ? » Les Compagnons répondirent : « C’est la corde de Zaynab. Lorsqu’elle se fatigue à force de prier, elle s’y suspend. » Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Enlevez-la. Que chacun de vous prie tant qu’il est énergique et en forme, puis qu’il dorme lorsqu’il est fatigué. » (Al-Bukhari et Muslim)

١٤٧ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا نَعَسَ أَحَدُكُمْ وَهُوَ يُصَلَّى فَلْيَرْقُدْ حَتَّى يَذْهَبَ عَنْهُ النَّوْمُ فَإِنْ أَحَدَكُمْ إِذَا صَلَّى وَهُوَ نَاعِسٌ لَا يَدْرِي لَعَلَّهُ يَذْهَبُ يَسْتَغْفِرُ فَيَسُبُّ نَفْسَهُ –

متفق عليه .

147. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Si l’un de vous s’assoupit alors qu’il prie, qu’il s’allonge jusqu’à ce que son sommeil se dissipe. En effet, lorsqu’il prie en étant somnolent, il risque, en demandant pardon, de se mettre lui-même à s’insulter. » (Al-Bukhari et Muslim)

١٤٨ – وَعَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ جَابِرِ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنْتُ أَصَلِّي مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الصَّلَوَاتِ فَكَانَتْ صَلَاتُهُ قَصُدًا وَخُطْبَتُهُ قَصْدا -رواه مسلم قولُهُ قَصْداً أَي بَيْنَ الطُّولِ وَالْقِصَرِ .

148. D’après Jabir ibn Samura (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’accomplissais la prière avec le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Sa prière et son sermon n’étaient pas longs. » (Muslim)

١٤٩ – وَعَنْ أَبِي جُحَيْفَةً وَهْبِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ أَخَى النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَ سَلْمَانَ وَآبِي الدَّرْدَاءِ فَزَارَ سَلْمَانُ أَبَا الدَّرْدَاءِ فَرَأَى أَمْ الدرداء مُتَبَدِّلَةً فَقَالَ مَا شَأْنُكَ ؟ قَالَتْ أَخُوكَ أَبُو الدَّرْدَاءِ لَيْسَ لَهُ

حَاجَةٌ فِي الدُّنْيَا فَجَاءَ أَبُو الدَّرْدَاءِ فَصَنَعَ لَهُ طَعَامًا فَقَالَ لَهُ كُلَّ فَإِنِّي صَائِمٌ قَالَ مَا أَنَا بأكل حَتَّى تَأْكُلَ فَأَكَلَ فَلَمَّا كَانَ اللَّيْلُ ذَهَبَ أَبُو الدَّرْدَاءِ يَقُومُ فَقَالَ لَهُ نَمْ فَنَامَ ثُمَّ ذَهَبَ يَقُوْمُ فَقَالَ لَهُ نَمْ فَلَمَّا كَانَ أُخِرُ اللَّيْلِ قَالَ

سَلْمَانُ قُمِ الْآنَ فَصَلِّيَا جَمِيعًا فَقَالَ لَهُ سَلْمَانُ إِنَّ لِرَبِّكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَإِنَّ لِنَفْسِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِأَهْلِكَ عَلَيْكَ حَقًّا فَاعْطِ كُلِّ ذِي حَقٌّ حَقَّهُ فَأَتَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرَ ذلِكَ لَهُ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

صَدَقَ سَلْمَانُ – رواه البخاري .

149. Abû Juhaïfa Wahb ibn Abd Allâh (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) avait établi un lien de fraternité entre Salmân et Abû ad-Dardâ (qu’Allah les agrée tous deux). Salmân (qu’Allah l’agrée), étant allé rendre visite à Abû ad-Dardâ, vit Umm ad-Dardâ (l’épouse d’Abû ad-Dardâ) vêtue de vieux habits usés. Lorsqu’il l’interrogea sur sa situation, Umm ad-Dardâ répondit : « Ton frère Abû ad-Dardâ ne désire rien de ce monde. » Puis Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) arriva, prépara de la nourriture pour Salmân et lui dit : « Mange, car je jeûne. » Salmân (qu’Allah l’agrée) lui répondit : « Je ne mangerai pas tant que tu ne mangeras pas. » Abû ad-Dardâ mangea donc également. Ensuite, lorsqu’Abû ad-Dardâ voulut se lever durant la nuit pour prier, Salmân (qu’Allah l’agrée) lui dit de dormir. Il dormit. Puis, lorsqu’il voulut de nouveau se lever, Salmân lui dit encore de dormir. Enfin, à la fin de la nuit, Salmân (qu’Allah l’agrée) lui dit de se lever, et tous deux accomplirent la prière ensemble. Puis Salmân (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Ton Seigneur — Allah — a un droit sur toi, ton âme a un droit sur toi et ta famille a un droit sur toi. Accorde donc à chaque ayant droit son dû. » Ensuite, Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) se rendit auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui rapporta tout cela. Il dit alors : « Salmân a dit vrai. » (Al-Bukhârî)

١٥٠ وَعَنْ أَبِي مُحَمَّدٍ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ أخْبِرَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنِّي أَقُولُ وَاللَّهِ لَأَصُومَنَّ النَّهَارَ وَلَاقُوْمَنْ اللَّيْلَ مَا عِشْتُ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْتَ الَّذِي تَقُولُ

ذَلِكَ؟ فَقُلْتُ لَهُ قَدْ قُلْتُهُ بِأَبِي أَنْتَ وَأُمِّي يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ فَإِنَّكَ لَا تَسْتَطِيعُ ذَلِكَ قصم وَاقْطِرْ وَلَمْ وَقُمْ وَصُمَّ مِنَ الشَّهْرِ ثَلاثَةَ أَيَّامٍ فَإِنَّ الْحَسَنَةَ بِعَشْرِ أَمْثَالِهَا وَذَلِكَ مِثْلُ صِيَامِ الدَّهْرِ قُلْتُ فَإِنِّي أَطِيقُ أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ قَالَ

فَصُمْ يَوْمًا وَأَفْطِرُ يَوْمَيْنِ قُلْتُ فَإِنِّي أَطِيقُ أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ قَالَ فَصُمْ يَوْمًا وَأَفْطِرُ يَوْمًا فَذَلِكَ صِيَامُ داودَ عَلَيْهِ السَّلامُ وَهُوَ أَعْدَلُ الصِّيَامِ وَفِي رِوَايَةٍ هُوَ أَفْضَلُ الصِّيَامِ فَقُلْتُ فَإِنِّي أطِيقُ أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى

اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ وَلَأَنْ أَكُونَ قَبِلْتُ الثَّلَاثَةَ الْأَيَّامِ الَّتِي قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَحَبُّ إِلَى مِنْ أَهْلِي وَمَالِي . وفي رواية أَلَمْ أَخْبَرُ أَنَّكَ تَصُومُ النَّهَارَ وَتَقُومُ اللَّيْلَ: قُلْتُ بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ فَلَا

تَفْعَلْ صُمْ وَأَفْطِرُ وَنَمْ وَقُمْ فَإِنَّ لِجَسَدِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَإِنْ لِعَيْنَيْكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَإِنَّ لِزَوْجِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَإِنَّ لِزَوْرِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَإِنَّ بِحَسْبِكَ أَنْ تَصُومَ فِي كُلِّ شهر ثلاثةَ أَيَّامٍ فَإِنْ لَكَ بِكُلِّ حَسَنَةٍ عَشْرَ أَمْثَالِهَا فَإِنَّ ذَلِكَ صِيَامُ

الدِّهْرِ فَشَدَدْتُ فَشُدِّدَ عَلَى قُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ إِنِّي أَجِدُ قُوَّةً قَالَ صُمْ صِيَامَ نَبِيَّ اللَّهِ دَاوُدَ وَلَا تَزِدْ عَلَيْهِ قُلْتُ وَمَا كَانَ صِيَامُ دَاوُدَ ؟ قَالَ نِصْفُ الدَّهْرِ فَكَانَ عَبْدُ اللَّهِ يَقُولُ بَعْدَ مَا كَبِرَ يَا لَيْتَنِي قَبِلْتُ رُخْصَةَ رَسُوْلِ اللَّهِ صَلَّى

اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ . وفي رواية الم أَخْبَرُ أَنَّكَ تَصُومُ الدَّهْرَ وَتَقْرَأُ الْقُرْآنَ كُلَّ لَيْلَةٍ فَقُلْتُ بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ وَلَمْ أَرِدْ بِذَلِكَ إِلَّا الْخَيْرَ قَالَ فَصُ صَوْمَ نَبِيِّ الله الله دَاوُدَ فَإِنَّهُ كَانَ أَعْبَدَ النَّاسِ وَاقْرًا الْقُرْآنَ فِي كُلِّ شَهْرٍ قُلْتُ يَا نَبِيُّ

اللَّهِ إِنِّي أَطِيقُ أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ؟ قَالَ فَاقْرَاهُ فِي كُلِّ عِشْرِينَ قُلْتُ يَا نَبِيُّ اللَّهِ إِنِّي أَطِيقُ أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ؟ قَالَ فَاقْرَاهُ فِي كُلِّ عَشْرٍ قُلْتُ يَا نَبِيُّ اللَّهِ إِنِّي أَطِيقُ أَفْضَلَ مِنْ ذَلِكَ؟ قَالَ فَاقْرَأَهُ فِي كُلِّ سَبْعِ وَلَا تَزِدُ عَلَى ذَلِكَ

فَشَدَدْتُ فَشُدِّدَ عَلَى وَقَالَ لِي النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّكَ لَا تَدْرِي لَعَلَّكَ يَطولُ بِكَ عُمُر قَالَ فَصِرْتُ إِلَى الَّذِي قَالَ لِي النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا كَبِرْتُ وَدِدْتُ إِنِّي كُنْتُ قَبِلْتُ رُخْصَةً نَبِيِّ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ

وَسَلَّمَ وفي روايةٍ وَإِنَّ لِوَلَدِكَ عَلَيْكَ حَقًّا . وَفِي رِوَايَةٍ لَا صَامَ مَنْ صَامَ الْأَبَدَ ثَلَاثًا وَفِي رِوَايَةٍ أَحَبُّ الصِّيَامِ إِلى اللهِ صِيَامُ دَاوُدَ وَأَحَبُّ الصَّلاةِ إِلى اللهِ صَلَاةُ دَاوُدَ كَانَ يَنَامُ نِصْفَ اللَّيْلِ وَيَقُوْمُ ثُلُثَهُ وَيَنَامُ سُدُسَهُ وَكَانَ يَصُومُ

يَوْمًا وَيُفْطِرُ يَوْمًا ولا يفر اذا لاقى. وَفِي رِوَايَةٍ قَالَ أَنْكَحَنِي أَبِي امْرَأَةً ذَاتَ حَسَبٍ وَكَانَ يَتَعَاهَدُ كَنْتَهُ أَيْ امْرَأَةً وَلَدِهِ فَيَسْأَلُهَا عَنْ بَعْلِهَا فَتَقُولُ لَهُ نِعْمَ الرَّجُلُ مِنْ رَجُلٍ لَمْ يَطَأَ لَنَا فِرَاشًا وَلَمْ يُفَبِّشُ لَنَا كَنَفًا مُنْدُ آتَيْنَاهُ فَلَمَّا

طَالَ ذَلِكَ عَلَيْهِ ذَكَرَ ذَلِكَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ الْقَنِي بِهِ فَلَقِيتُهُ بَعد ذلِكَ فَقَالَ كَيْفَ تَصُومُ؟ قُلْتُ كُلِّ يَوْمٍ قَالَ وَكَيْفَ تَخْتِمُ؟ قُلْتُ كُلَّ لَيْلَةٍ وَذَكَرَ نَحْوَ مَا سَبَقَ وَكَانَ يَقْرَأُ عَلَى بَعْضٍ أَهْلِهِ السَّبْعَ الَّذِي يَقْرَؤُهُ

يَعْرِضُهُ مِنَ النَّهَارِ لِيَكُونَ أَخَفْ عَلَيْهِ بِاللَّيْلِ وَإِذَا أَرَادَ أَنْ يتقوى أفطرَ أَيَّامًا وَأَحْصَى وَصَامَ مِثْلَهُنَّ كَرَاهِيَةَ أَنْ يُتْرُكَ شَيْئًا فَارَقَ عَلَيْهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. كُلِّ هذهِ الرِّوَايَاتِ صَحِيحَةٌ مُعْظَمُهَا فِي الصَّحِيحَيْنِ وَقَلِيلٌ

مِنْهَا فِي أَحَدِهِمَا .

150. D’après ‘Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘As (qu’Allah l’agrée), il est rapporté qu’il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) fut informé que je disais : « Par Allah ! Tant que je vivrai, je jeûnerai et je prierai toute la nuit. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda : « Est-il vrai que tu dis cela ? » Je répondis : « Que mes père et mère soient sacrifiés pour toi, ô Messager d’Allah ! Oui, j’ai bien dit cela. » Il dit : « Tu ne seras pas capable de le faire. Jeûne donc certains jours et mange certains autres, dors une partie de la nuit et prie durant une autre, et jeûne trois jours par mois. Car la bonne œuvre est récompensée dix fois, et cela équivaut au jeûne perpétuel. » Je dis : « J’ai plus de force que cela. » Il dit : « Alors jeûne un jour et mange pendant deux jours. » Je dis : « J’ai encore plus de force que cela. » Il dit : « Alors jeûne un jour et mange un jour. Tel est le jeûne de David (que la paix soit sur lui), et c’est le jeûne équilibré. » Selon une autre version : « C’est le meilleur jeûne. » Je dis : « J’ai encore plus de force que cela. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Il n’y a pas de jeûne meilleur que celui-ci. » (‘Abdullah disait dans sa vieillesse 🙂 « Hélas ! Si seulement j’avais accepté ces trois jours de jeûne que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait recommandés, ils m’auraient été plus chers que ma famille et mes biens. »

Selon une autre version, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Ne m’a-t-on pas informé que tu jeûnes le jour et accomplis des prières surérogatoires la nuit ? » Je répondis : « Certes, ô Messager d’Allah ! » Il dit : « Ne fais pas cela. Jeûne, mais romps aussi le jeûne ; dors, puis lève-toi également pour prier. Ton corps a un droit sur toi, tes deux yeux ont un droit sur toi, ton épouse a un droit sur toi et ton hôte a également un droit sur toi. Il te suffit de jeûner trois jours par mois, car pour chaque bonne action tu recevras une récompense décuplée. Cela équivaut au jeûne de toute l’année, voire au jeûne perpétuel. » Comme je m’étais imposé une grande rigueur, celle-ci finit par s’imposer à moi. Je dis : « Ô Messager d’Allah, je me sens capable de davantage. » Il répondit : « Jeûne selon le jeûne du prophète d’Allah, David, et n’y ajoute rien. » Je demandai : « En quoi consistait le jeûne de David ? » Il répondit : « La moitié de l’année », c’est-à-dire jeûner un jour et rompre le jeûne le jour suivant. Lorsque ‘Abdullah devint vieux, il disait : « Hélas ! Si seulement j’avais accepté la dispense accordée par le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ! »

Selon une autre version, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Ne m’a-t-on pas informé que tu jeûnes toute l’année et achèves la récitation du Coran chaque nuit ? » Je répondis : « Oui, ô Messager d’Allah ! Mais je souhaite en tirer un bienfait. » Il dit : « Jeûne donc selon le jeûne du prophète d’Allah, David, car il était le plus assidu des hommes dans l’adoration, et achève la récitation du Coran une fois par mois. » Je dis : « Ô prophète d’Allah, je suis capable de faire davantage. » Il dit : « Alors achève-le en vingt jours. » Je dis : « Ô prophète d’Allah… »

« Je suis capable de faire davantage. » Il dit : « Alors achève-le en dix jours. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, je suis capable de jeûner davantage. » Il dit : « Alors achève la récitation du Coran en une semaine, et ne fais pas davantage. » Ainsi, je me suis imposé une grande rigueur, qui finit par s’imposer à moi. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’avait également dit : « Tu ne sais pas, peut-être vivras-tu longtemps. » ‘Abdullah dit : « J’ai atteint l’âge dont le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’avait parlé. Lorsque j’atteignis la vieillesse, je regrettai de ne pas avoir accepté la dispense accordée par le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ! »

Selon une autre version : « Ton fils a également un droit sur toi. » Selon une autre version : « Celui qui jeûne continuellement ne jeûne pas véritablement. » Il répéta cette parole trois fois. Selon une autre version : « Le jeûne le plus aimé d’Allah est le jeûne de David, et la prière la plus aimée d’Allah est la prière de David. Il dormait la moitié de la nuit, consacrait le tiers de la nuit à l’adoration, puis dormait de nouveau durant son sixième. Il jeûnait un jour et rompait le jeûne le jour suivant, et, lorsqu’il affrontait l’ennemi, il ne reculait pas. »

Dans une autre version, ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée) dit : « Mon père me maria à la fille d’une famille noble. Mon père faisait jurer la femme de son fils, puis l’interrogeait au sujet de son mari. Ma femme lui répondait : “Quel homme excellent ! C’est un homme qui, depuis que je suis venue auprès de lui, ne s’est pas encore couché avec moi dans le même lit et n’a même pas soulevé mon voile.” Lorsque cette situation se prolongea, mon père en informa le Prophète (ﷺ). Il dit : “Envoyez-le-moi.” Je le rencontrai ensuite. Il me demanda : “Comment jeûnes-tu ?” Je répondis : “Tous les jours.” Il demanda : “Comment achèves-tu la récitation du Coran ?” Je répondis : “Chaque nuit.” Le reste du hadith est rapporté comme précédemment. ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée) faisait réciter à l’un des membres de sa famille le septième de ce qu’il récitait pendant la journée, afin que sa charge fût plus légère durant la nuit. Lorsqu’il voulait se reposer, il rompait le jeûne pendant quelques jours, en les comptant, puis rattrapait le jeûne de ces jours, car il répugnait à agir contrairement à ce sur quoi il s’était séparé du Prophète (ﷺ).”

L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : « Toutes ces narrations sont authentiques. La plupart d’entre elles sont rapportées dans les recueils d’al-Bukhârî et de Muslim, et seule une petite partie est tirée de l’un de ces deux ouvrages. »

١٥١ – وَعَنْ أَبِي رِجْعِي حَنْظَلَةَ بْنِ الرَّبِيعِ الْأَسَيْدِي الْكَاتِبِ أَحَدٍ كُتَابِ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَقِيَنِي أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَقَالَ كَيْفَ أَنْتَ يَا حَنْظَلَةُ؟ قُلْتُ نَافَقَ حَنْظَلَةُ قَالَ سُبْحَانَ اللهِ مَا تَقُولُ: قُلْتُ

نَكُوْنُ عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُذكِّرْنَا بِالْجَنَّةِ وَالنَّارِ كَأَنَّا رَأَى عَيْنٍ فَإِذَا خَرَجْنَا مِنْ عِندِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَافَسْنَا الْأَزْوَاجَ وَالْأَوْلَادَ والضَّيِّعَاتِ نَسِينَا كَثِيرًا قَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فَوَاللَّهِ إِنَّا

لَتَلْقَى مِثْلَ هَذَا فَانْطَلَقْتُ أنا وَأَبُو بَكْرٍ حَتَّى دَخَلْنَا عَلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقُلْتُ نَافَقَ حَنْظَلَةُ يَا رَسُولَ اللهِ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَا ذَاكَ؟ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ تَكُونُ عِنْدَكَ تُذَكِّرْنَا بِالنَّارِ

وَالْجَنَّةِ كَأَنَّا رَأَى الْعَيْنِ فَإِذَا خَرَجْنَا مِنْ عِنْدِكَ عَافَشَنَا الْأَزْوَاجَ وَالْأَوْلَادَ والضَّيِّعَاتِ نَسِينَا كَثِيرًا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَوْ تَدُومُونَ عَلَى مَا تَكُونُونَ عِنْدِي وَفِي الذِكرِ لَصَافَحَتْكُمُ الْمَلَائِكَةُ

عَلَى فُرُشِكُمْ وَفِي طُرُقِكُمْ وَلَكِنْ يَا حَنْظَلَةُ سَاعَةً وَسَاعَةً ثَلاث مرات . رواه مسلم قوله ربعي بِكَسْرِ الرَّاءِ وَالْأَسَيِّدِي بِضَمَ الْهَمْزَةِ وَفَتْحِ السِّيْنِ وَبَعْدَهَا يَاءُ مُشَدَّدَةٌ مَكْسُورَةٌ وَقَوْلُهُ عَافَسْنَا هَوَ بِالْعَيْنِ وَالسَّيْنِ الْمُهْمَلَتَيْنِ

أَي عَالَجْنَا وَلَا عَبْنَا وَالضَّيِّعَاتُ الْمَعَابِسُ .

151. Il est rapporté d’Abû Rujay‘ ibn Hanzala ibn al-Rabî‘ al-Usaydî, qu’Allah l’agrée. Il était l’un des secrétaires du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il dit : Un jour, Abû Bakr, qu’Allah l’agrée, me rencontra et me demanda : « Comment vas-tu, Hanzala ? » Je répondis : « Hanzala est devenu hypocrite. » Abû Bakr, qu’Allah l’agrée, s’étonna et dit : « Gloire à Allah ! Que dis-tu ? » Je répondis : « Lorsque nous sommes auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, il nous exhorte en nous parlant du Paradis et de l’Enfer, si bien que nous avons l’impression de les voir devant nos yeux. Mais lorsque nous nous éloignons de lui et que nous sommes absorbés par nos épouses, nos enfants et nos biens, nous oublions beaucoup de ses paroles. » Abû Bakr, qu’Allah l’agrée, dit : « Ma situation est également ainsi. » Puis Abû Bakr, qu’Allah l’agrée, et moi nous rendîmes auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! Hanzala est devenu hypocrite. » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, demanda : « Qu’en est-il donc ? » Je répondis : « Ô Messager d’Allah, lorsque nous sommes auprès de vous, vous nous exhortez en nous parlant du Paradis et de l’Enfer, si bien que nous avons l’impression de les voir devant nos yeux. Mais lorsque nous nous éloignons de vous et que nous sommes absorbés par nos épouses, nos enfants et nos biens, nous oublions beaucoup de vos paroles. » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Par Celui dans la main duquel se trouve mon âme ! Si vous demeuriez toujours dans l’état où vous êtes lorsque vous êtes auprès de moi et que vous persistiez à vous rappeler Allah, les anges vous serreraient la main dans vos lits, c’est-à-dire lorsque vous êtes couchés, ainsi que sur vos chemins. Mais, Hanzala, l’être humain est naturellement tantôt dans un état, tantôt dans un autre. » Il répéta ces paroles trois fois. (Muslim)

١٥٢ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ بَيْنَمَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَخْطُبُ إِذَا هُوَ بِرَجُلٍ قَائِمٍ فَسَأَلَ عَنْهُ فَقَالُوا أَبُو إِسْرَائِيلَ نَذَرَ أَنْ يَقُومَ فِي الشَّمْسِ وَلَا يَقْعُدَ وَلَا يَسْتَظِلُّ وَلَا يَتَكَلَّمَ وَيَصُوْمَ فَقَالَ النَّبِيُّ

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُرُوهُ فَلْيَتَكَلَّمْ وَلْيَسْتَظِلُّ وَلْيَقْعُدُ وَلْيُتِمَّ صَوْمَهُ – رواه البخاري .

152. Il est rapporté d’Ibn al-‘Abbâs, qu’Allah l’agrée. Il dit : Un jour, alors que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, prononçait un sermon, il vit un homme debout. Lorsqu’il s’enquit à son sujet, les Compagnons lui dirent : « Cet homme est Abû Isrâ’îl. Il a fait le vœu de rester debout au soleil, de ne pas s’asseoir, de ne pas aller à l’ombre, de ne parler à personne et de jeûner. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Ordonnez-lui de parler, d’aller à l’ombre, de s’asseoir et d’achever son jeûne. » (Al-Bukhârî)

Chapitre : 15 – Il faut être constamment actif et prompt à accomplir les bonnes œuvres

Il faut être constamment actif et prompt à accomplir les bonnes œuvres.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : أَلَمْ يَأْنِ لِلَّذِينَ آمَنُوا أَنْ تَخْشَعَ قُلُوبُهُمْ لِذِكْرِ اللَّهِ وَمَا نَزَلَ مِنَ الْحَقِّ وَلَا يَكُونُوا كَالَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلُ فَطَالَ عَلَيْهِمُ الْآمَدُ فَقَسَتْ قُلُوبُهُمْ .

Le Très-Haut dit :

(1) « Le moment n’est-il pas encore venu pour les croyants que leurs cœurs s’attendrissent au rappel d’Allah et s’inclinent devant la grande vérité qu’Il a révélée ? Qu’ils ne soient pas comme ceux auxquels le Livre a été donné auparavant ; puis, lorsque le temps s’est longuement écoulé pour eux, leurs cœurs se sont endurcis. » (Sourate Al-Hadîd : 16)

وَقَالَ تَعَالَى : ثُمَّ قَفَّيْنَا عَلَى أَثَارِهِمْ بِرُسُلِنَا وَقَفَّيْنَا بِعِيسَى ابْنِ مَرْيَمَ وَأَتَيْنَاهُ الْإِنْجِيلَ وَجَعَلْنَا فِي قُلُوبِ الَّذِينَ اتَّبَعُوهُ رَافَةً وَرَحْمَةً وَرَهْبَانِيَّةٌ ابْتَدَعُوهَا مَا كَتَبْنَاهَا عَلَيْهِمْ إِلَّا ابْتِغَاءَ رِضْوَانِ اللَّهِ فَمَا رَعَوْهَا حَقٍّ رِعَايَتِهَا .

(2) « Ensuite, Nous avons envoyé à leur suite Nos messagers. Nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, et Nous lui avons donné l’Évangile. Nous avons placé dans les cœurs de ses disciples compassion et miséricorde. Quant au monachisme, ils l’ont eux-mêmes instauré. Nous ne le leur avions pas prescrit. Mais ils l’ont adopté eux-mêmes en recherchant l’agrément d’Allah. Pourtant, ils ne l’ont pas observé comme il se devait. » (Sourate Al-Hadîd : 27)

وَقَالَ تَعَالَى : وَلَا تَكُونُوا كَالَّتِي نَقَضَتْ غَزْلَهَا مِنْ بَعْدِ قُوَّةٍ أَنْكَاثًا .

(3) « Et ne soyez pas comme cette femme qui, après avoir solidement filé son fil, le réduit elle-même en morceaux. » (Sourate An-Nahl : 92)

وَقَالَ تَعَالَى : وَاعْبُدُ رَبِّكَ حَتَّى يَأْتِيَكَ الْيَقِينُ .

(4) « Adore ton Seigneur jusqu’à ce que la mort t’atteigne. » (Sourate Al-Hijr : 99)

وَأَمَّا الْأَحَادِيثُ فَمِنْهَا حَدِيثُ عَائِشَةَ وَكَانَ أَحَبُّ الدِّينِ إِلَيْهِ مَا دَاوَمَ صَاحِبُهُ عَلَيْهِ وَقَدْ سَبَقَ فِي الْبَابِ قَبْلَهُ .

Parmi les hadiths de cette section, on peut également inclure celui rapporté par Aïcha (qu’Allah l’agrée), cité au numéro 142, dont le contenu est le suivant : « L’œuvre religieuse la plus aimée d’Allah est celle que son auteur accomplit régulièrement. »

١٥٣ – وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ نَامَ عَنْ حِزْبِهِ مِنَ اللَّيْلِ أَوْ عَنْ شَيْءٍ مِّنْهُ فَقَرَاهُ مَا بَيْنَ صَلَاةِ الْفَجْرِ وَصَلَاةِ الظُّهْرِ كُتِبَ لَهُ كَأَنَّمَا قَرَآهُ مِنَ اللَّيْلِ – رواه مسلم .

153. D’après Omar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui s’endort sans accomplir son wird nocturne, ou dont une partie reste à accomplir, puis le rattrape entre la prière de l’aube et celle de midi, recevra la récompense qui lui aurait été inscrite comme s’il l’avait accompli durant la nuit. » (Muslim)

١٥٤ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا عَبْدَ اللهِ لَا تَكُنْ مِثْلَ فُلانٍ كَانَ يَقُوْمُ اللَّيْلَ فتَرَكَ قِيَامَ اللَّيْلِ – متفق عليه .

154. D’après Abd Allah ibn Amr ibn al-As (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) lui a dit : « Ô Abd Allah, ne sois pas comme tel homme : il priait la nuit, puis il abandonna cette pratique. » (Al-Bukhari, Muslim)

١٥٥ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا فَاتَتْهُ الصَّلاةُ مِنَ اللَّيْلِ مِنْ وَجَعِ أَوْ غَيْرِهِ صَلَّى مِنَ النَّهَارِ ثِنْتَيْ عَشْرَةَ ركعة – رواه مسلم .

155. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), lorsque la prière nocturne du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) lui échappait en raison d’une maladie ou pour toute autre raison, il priait à sa place douze unités de prière durant la journée. (Muslim)

Section 16 – Préserver la Sunna et la mettre en pratique

Préserver la Sunna et agir conformément à celle-ci [Le mot Sunna signifie notamment voie, opinion, modèle, méthode et règle. Il n’est pas question ici de la Sunna au sens technique du fiqh. En fiqh, les différentes prescriptions de la Charia sont classées en catégories telles que fard, wajib, sunna et nafl. Dans la terminologie générale de l’islam, le sens fondamental de la Sunna est le modèle de vie, les règles et la manière de vivre du Messager d’Allah, connus à travers ses paroles, ses actes et ses approbations. C’est l’observance de cette Sunna qui est évoquée dans ce paragraphe, et le Coran ainsi que les hadiths insistent fortement sur son observance. Telle est l’exigence de la foi. (Le traducteur)] .

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَا أَتَاكُمُ الرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانْتَهُوا

Allah, le Très-Haut, dit :

(1) « Acceptez tout ce que le Messager vous donne et abstenez-vous de tout ce dont il vous ordonne de vous abstenir. » (Sourate al-Hashr : 7)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا يَنْطِقُ عَنِ الْهَوَى إِنْ هُوَ إِلَّا وَحْيٌ يُوحَى .

(2) « Il ne prononce pas de paroles dictées par sa propre imagination. Ce n’est rien d’autre qu’une révélation qui lui est révélée. » (Sourate an-Najm : 3-4)

وَقَالَ تَعَالَى : قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ .

(3) « Dis : “Si vous aimez Allah, suivez-moi ; Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés.” » (Sourate Al ‘Imran : 31)

وَقَالَ تَعَالَى : لَقَدْ كَانَ لَكُمْ فِي رَسُولِ اللَّهِ أَسْوَةٌ حَسَنَةٌ لِمَنْ كَانَ يَرْجُوا اللَّهَ وَالْيَوْمَ الْآخِرَ .

(4) « En vérité, pour ceux d’entre vous qui espèrent en Allah et au Jour dernier, il y a dans la vie du Messager d’Allah un excellent modèle. » (sourate Al-Ahzab : 21)

وَقَالَ تَعَالَى : فَلَا وَرَبِّكَ لَا يُؤْمِنُونَ حَتَّى يُحَكِّمُوكَ فِيْمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ ثُمَّ لَا يَجِدُوا فِي أَنْفُسِهِمْ حَرَجًا مِمَّا قَضَيْتَ وَيُسَلِّمُوا تَسْلِيمًا .

(5) « Non, par ton Seigneur ! Ils ne peuvent nullement être croyants tant qu’ils ne t’auront pas pris pour juge dans leurs différends. Ensuite, ils ne ressentiront aucune gêne dans leur cœur au sujet de la décision que tu auras rendue et s’y soumettront pleinement. » (sourate An-Nisa : 65)

وَقَالَ تَعَالَى : فَإِنْ تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ إِنْ كُنْتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ.

(6) « Si vous divergez au sujet de quelque chose, rapportez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. » (sourate An-Nisa : 59). Les savants spécialistes disent : c’est-à-dire, revenez au Coran et à la Sunna.

وَقَالَ تَعَالَى : مَنْ يُطِعِ الرَّسُولَ فَقَدْ أَطَاعَ اللَّهَ .

(7) « Celui qui obéit au Messager obéit à Allah. » (sourate An-Nisa : 80)

وَقَالَ تَعَالَى : وَإِنَّكَ لَتَهْدِى إِلَى صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ صِرَاط الله .

(8) « Et que tu guides vers le droit chemin, le chemin d’Allah. » (sourate Ach-Choura : 63)

وَقَالَ تَعَالَى : فَلْيَحْذَرِ الَّذِينَ يُخَالِفُوْنَ عَنْ أَمْرِهِ أَنْ تُصِيبَهُمْ فِتْنَةٌ أَوْ يُصِيبَهُمْ عَذَابٌ اليم.

(9) « Que ceux qui s’opposent au commandement d’Allah prennent garde qu’une épreuve ou un châtiment douloureux ne les atteigne. » (sourate An-Nour : 63)

وَقَالَ تَعَالَى : وَاذْكُرْنَ مَا يُتْلَى فِي بُيُوتِكُنْ مِنْ آيَاتِ اللَّهِ وَالْحِكْمَةِ .

(10) « Ô femmes du Prophète, gardez en mémoire les versets d’Allah et la sagesse qui sont récités dans vos maisons. » (sourate Al-Ahzab : 34)

وَالْآيَاتُ فِي الْبَابِ كَثِيرَةٌ. وَأَمَّا الْأَحَادِيثُ : ١٥٦ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ دَعُونِي مَا تَرَكْتُكُمْ إِنَّمَا أَهْلَكَ مَنْ كَانَ قَبْلَكُمْ كَثَرَةٌ سُؤَالِهِمْ وَاخْتِلَافُهُمْ عَلَى أَنْبِيَائِهِمْ فَإِذَا نَهَيْتُكُمْ عَنْ

شَيْءٍ فَاجْتَنِبُوهُ وَإِذَا أَمَرْتُكُمْ بِأَمْرٍ فَأْتُوا مِنْهُ مَا استطعتم متفق عليه .

156. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (ﷺ) a dit : « Laissez-moi concernant les choses que je n’ai pas mentionnées pour vous — c’est-à-dire ne posez pas de questions à leur sujet. Vos prédécesseurs ont été anéantis à cause de leurs questions excessives et de leurs divergences au sujet de leurs prophètes. Lorsque je vous interdis une chose, abstenez-vous-en donc. Et lorsque je vous ordonne une chose, accomplissez-la dans la mesure de vos capacités. » (Al-Bukhârî et Muslim)

١٥٧ – عَنْ أَبِي نَجِيحِ الْعِرْبَاضِ بْنِ سَارِيَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ وَعَظَنَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَوْعِظَةٌ بَلِيغَهُ وَجِلَتْ مِنْهَا الْقُلُوبُ وَذَرَفَتْ مِنْهَا الْعُيُونُ فَقُلْنَا يَا رَسُولَ اللهِ كَأَنَّهَا مَوْعِظَةٌ مُوَدِّعٍ فَأَوْصِنَا قَالَ أَوْصِيكُمْ

بِتَقْوَى الله والسمع والطَّاعَةِ وَإِنْ تَأمُرَ عَلَيْكُمْ عَبْدٌ وَإِنَّهُ مَنْ يُعِشُ مِنْكُمْ فَسَيَرَى اختلافا كَثِيرًا فَعَلَيْكُمْ بِسُنَّتِي وَسُنَّةِ الْخُلَفَاءِ الرَّاشِدِينَ الْمَهْدِيِّينَ عَضُوا عَلَيْهَا بِالنَّوَاجِدِ وَإِيَّاكُمْ وَمُحْدَثَاتِ الْأَمُورِ فَإِنْ كُلَّ بِدْعَةٍ ضَلالة – رواه

ابو داود والترمذي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحُ النَّوَاجِدُ بِالنَّالِ الْمُعْجَمَةِ الْأَنْيَابُ وَقِيلَ الْأَضْرَاسُ .

157. Abû Najîh ‘Iyâd ibn Sâriya (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un jour, le Messager d’Allah (ﷺ) nous adressa une exhortation si émouvante que nos cœurs s’attendrirent tous et que nos yeux se mirent à verser des larmes. »

Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah ! On dirait une exhortation d’adieu. Donne-nous donc encore des conseils. » Il dit : « Je vous recommande de craindre Allah. Je vous recommande également d’écouter et d’obéir, même si un esclave abyssinien était nommé votre gouverneur. Celui d’entre vous qui vivra longtemps verra de nombreuses divergences. Vous devrez alors suivre ma sunnah ainsi que la sunnah des califes bien guidés. Attachez-vous-y fermement et abstenez-vous de toutes les innovations nouvellement introduites dans la religion (bid‘ah), car toute bid‘ah est un égarement. »

L’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et l’imam at-Tirmidhî l’a qualifié de bon et d’authentique.

١٥٨ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كُلُّ أُمَّتِي يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ إِلَّا مَنْ أَبَى قِيلَ وَمَنْ يُأْبَى يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ مَنْ أَطَاعَنِي دَخَلَ الْجَنَّةَ وَمَنْ عَصَانِي فَقَدْ أبى – رواه البخاري .

158. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Toute ma communauté entrera au Paradis, sauf celui qui refuse. » On demanda : « Ô Messager d’Allah, qui donc refuse ? » Il répondit : « Celui qui m’obéit entrera au Paradis, et celui qui me désobéit refuse d’y entrer. » (Al-Bukhârî)

١٥٩ – عَنْ أَبِي مُسْلِمٍ وَقِيلَ أَبِي إِيَّاسِ سَلَمَةَ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْأَكْوَعِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلاً أَكَلَ عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِشِمَالِهِ فَقَالَ كُلِّ بِيَمِينِكَ قَالَ لا أَسْتَطِيعُ قَالَ لَا اسْتَطَعْتَ مَا مَنَعَهُ إِلَّا الْكِبْرُ فَمَا

رَفَعَهَا إِلَى فيه رواه مسلم .

159. Abû Muslim ou Abû Iyâs Salama ibn ‘Amr ibn al-Akwa‘ (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un homme se mit à manger de la main gauche devant le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il lui dit : « Mange de la main droite. » L’homme répondit : « Je ne peux pas. » Il dit : « Puisses-tu ne pas le pouvoir ! » C’est essentiellement l’orgueil qui l’avait empêché d’obéir à cet ordre. Ensuite, il ne put plus porter sa main à sa bouche. (Muslim)
Explication : Ce hadith montre clairement que manger et boire de la main gauche est un signe d’orgueil. Or Allah n’aime pas l’orgueilleux. Pourtant, à l’époque actuelle, manger et boire de la main gauche semble être considéré comme un signe de distinction.

Il est dit dans un autre hadith : « Mangez et buvez de la main droite, car Satan mange et boit de la main gauche. »

١٦٠ – عَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ النَّعْمَانِ بْن بَشِيرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُوْلَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَتُسَوَّنُ صُفُوفَكُمْ أَوْ لَيُخَالِفَنَّ اللَّهُ بَيْنَ وَجُوهِكُمْ – متفق عليه وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمٍ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ

عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُسَوِى صُفُوفَنَا حَتَّى كَأَنَّمَا يُسَوَى بِهَا الْقِدَاحَ حَتَّى إِذَا رَأَى أَنَّا قَدْ عَقَلْنَا عَنْهُ ثُمَّ خَرَجَ يَوْمًا فَقَامَ حَتَّى كَادَ أَنْ يُكَبِّرَ فَرَأَى رَجُلًا بَادِيًا صَدْرُهُ فَقَالَ عِبَادَ اللَّهِ لَتُسَوَّنُ صُفُوقَكُمْ أَوْ لَيُخَالِفَنَّ اللَّهُ بَيْنَ وَجُوهِكُمْ .

160. Abû ‘Abd Allâh an-Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Alignez correctement les rangs de la prière, sinon Allah provoquera des divergences entre vos visages. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — redressait nos rangs, au point qu’il semblait ainsi redresser des flèches. Il insistait jusqu’à ce que nous comprenions pleinement ce qu’il voulait nous faire comprendre. Puis, un jour, il sortit de la chambre et se tint debout pour la prière. Alors qu’il allait prononcer le takbîr d’entrée en prière, il aperçut un homme dont la poitrine dépassait du rang. Il dit : « Ô serviteurs d’Allah ! Redressez vos rangs, sinon Allah créera de la divergence entre vos visages — ou entre vos cœurs. »

١٦١ – عَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ احْتَرَقَ بَيْتٌ بِالْمَدِينَةِ عَلَى أَهْلِهِ مِنَ اللَّيْلِ فَلَمَّا حُدِثَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِشَأْنِهِمْ قَالَ إِنَّ هَذِهِ النَّارَ عَدُوٌّ لَكُمْ فَإِذَا نِمْتُمْ فَأَطْفِئُوهَا عَنْكُمْ متفق عليه .

161. Abou Moussa — qu’Allah l’agrée — rapporte. Il dit : Une nuit, à Médine, une maison prit feu. Lorsque cela fut rapporté au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — il dit : « Ce feu est votre ennemi. Éteignez-le donc lorsque vous allez dormir. » (Al-Boukhari et Muslim)

١٦٢ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنْ مَثَلَ مَا بَعَثَنِي اللَّهُ بِهِ مِنَ الْهُدَى وَالْعِلْمِ كَمَثَلِ غَيْثَ أَصَابَ أَرْضًا فَكَانَتْ مِنْهَا طَائِفَةٌ طَيِّبَةً قَبِلَتِ الْمَاءَ فَأَنْبَتَتِ الْكَلَّا وَالْعُشَبَ الْكَثِيرَ وَكَانَ مِنْهَا أَجَادِبُ أَمْسَكَتِ

الْمَاءَ فَنَفَعَ اللَّهُ بِهَا النَّاسَ فَشَرِبُوا مِنْهَا وَسَقَوْا وَزَرَعُوا وَأَصَابَ طَائِفَةٌ مِنْهَا أُخْرَى إِنَّمَا هِيَ قِبْعَانٌ لَا تُمْسِكُ مَاءً وَلَا تُنْبِتُ كَلَّا فَذَلِكَ مَثَلُ مَنْ فَقُهَ فِي دِينِ اللَّهِ وَنَفَعَهُ بِمَا بَعَثَنِي اللهُ بِهِ فَعَلِمَ وَعَلَّمَ وَمَثَلُ مَنْ لَمْ يَرْفَعُ بِذَلِكَ

رَأْسًا وَلَمْ يَقْبَلْ هُدَى الله الذي أُرْسِلْتُ به متفق عليهفَقُهَ بِضَمِّ الْقَافِ عَلَى الْمَشْهُورِ وَقِيلَ بَكَسْرِهَا أَوْ صَارَ فَقِيْهَا

162. Abou Moussa — qu’Allah l’agrée — rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « La connaissance et la bonne direction avec lesquelles Allah m’a envoyé sont comparables à la pluie. Lorsque l’eau de pluie tombe sur une terre, sa bonne partie l’absorbe et fait pousser beaucoup d’herbe nouvelle et fraîche. Une autre partie de la terre retient l’eau de pluie, et Allah en fait profiter les gens : ils y puisent de l’eau, en irriguent leurs terres et produisent des récoltes. Une autre partie de la terre est une étendue aride, dépourvue d’herbe ; elle ne retient pas l’eau et aucune herbe n’y pousse. Le premier exemple est celui de l’homme qui acquiert une connaissance approfondie de la religion d’Allah et tire profit de ce avec quoi Allah m’a envoyé. Il acquiert lui-même la connaissance et l’enseigne à autrui. Le dernier exemple est celui de l’homme qui ne s’est pas intéressé à la connaissance de la religion et n’a pas accepté les prescriptions avec lesquelles Allah m’a envoyé. » (Al-Boukhari et Muslim)

١٦٣ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَثَلِى وَمَثَلُكُمْ كَمَثَلِ رَجُلٍ أَوْقَدَ نَارًا فَجَعَلَ الْجَنَادِبُ وَالْفَرَاسُ يَقَعْنَ فِيهَا وَهُوَ يَدُبُّهُنَّ عَنْهَا وَأَنَا أَحَدٌ بِحُجَزِكُمْ عَنِ النَّارِ وَانْتُمْ تُفْلِتُوْنَ مِنْ بَدَى – رواه

مسلم الْجَنَادِبُ نَحْوُ الْجَرَادِ وَالْفَرَاسُ هَذَا الْمَعْرُوفَ الَّذِي يَقَعُ فِي النَّارِ وَالْحُجَزُ جَمْعُ حجْزَةٍ وَهِيَ مَعْقِدُ الْإِزارِ وَالسَّرَاوِيلِ.

١٦٣. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Moi et vous, nous sommes comparables à un homme qui a allumé un feu ; les papillons et autres insectes s’y précipitent, tandis qu’il s’efforce de les en empêcher. De même, je vous retiens par la taille pour vous empêcher de tomber dans le Feu, mais vous vous échappez de mes mains et y tombez. » (Muslim)

١٦٤ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَرَ بِلَعْقِ الْأَصَابِعِ وَالصَّحْفَةِ وَقَالَ إِنَّكُمْ لَا تَدْرُوْنَ فِي أَيُّهَا الْبَرَكَةُ . رواه مسلم وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ إِذَا وَقَعَتْ لُقْمَةٌ أَحَدِكُمْ فَلْيَأْخُذْهَا فَلْيُمِطُ مَا كَانَ بِهَا مِنْ أَذًى وَلِيَأْكُلُهَا وَلَا

يَدَعْهَا لِلشَّيْطَانِ وَلَا يَمْسَحُ يَدَهُ بِالْمِنْدِيلِ حَتَّى يَلْعَقَ أَصَابِعَهُ فَإِنَّهُ لَا يَدْرِي فِي أَي طَعَامِهِ الْبَرَكَةُ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ إِنَّ الشَّيْطَانَ يَحْضُرُ أَحَدَكُمْ عِنْدَ كُلِّ شَيْ مِنْ شَأْنِهِ حَتَّى يَحْضُرَهُ عِندَ طَعَامِهِ فَإِذَا سَقَطَتْ مِنْ أَحَدِكُمُ

اللُّقْمَةُ فَلْيُمِطُ مَا كَانَ بِهَا مِنْ أَذًى فَلْيَأْكُلْهَا وَلَا يَدَعْهَا لِلشَّيْطَانِ .

١٦٤. D’après Jâbir, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a ordonné de lécher les doigts et le plat, et a dit : « Vous ne savez pas dans quelle partie se trouve la bénédiction. » (Muslim)
Dans une autre version de Muslim, il est dit : « Si la bouchée de l’un d’entre vous tombe, qu’il la ramasse, la débarrasse de ce qui s’y est attaché et la mange ; qu’il ne la laisse pas au diable. Et qu’il ne s’essuie pas la main avec un mouchoir avant d’avoir léché ses doigts, car il ne sait pas dans quelle partie de sa nourriture se trouve la bénédiction. »

Dans une autre version de Muslim, il est dit : « Le diable est présent auprès de chacun d’entre vous en toute circonstance, même au moment où il mange. Si donc la bouchée de l’un d’entre vous tombe, qu’il la débarrasse de ce qui s’y est attaché et la mange, et qu’il ne la laisse pas au diable. »

١٦٥ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَامَ فِيْنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَوْعِظَةٍ فَقَالَ يَأَيُّهَا النَّاسُ إِنَّكُمْ مَحْشُورُونَ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى حُفَاةً عُرَاةً غُوْلاً كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُعِيدُهُ وَعْدًا عَلَيْنَا إِنَّا كُنَّا فَاعِلِيْنَا أَلَا

وَإِنْ أَوَّلَ الْخَلائِقِ يُكْسَى يَوْمَ الْقِيَامَةِ إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلامِ أَلَا وَإِنَّهُ سَيُجَاءُ بِرِجَالٍ مِنْ أُمَّتِي فَيُؤْخَذُ بِهِمْ ذَاتَ الشِّمَالِ فَأَقُولُ يَا رَبِّ أَصْحَابِي فَيُقَالُ إِنَّكَ لَا تَدْرِي مَا أحْدَثُوا بَعْدَكَ فَأَقُولُ كَمَا قَالَ الْعَبْدُ الصَّالِحُ وَكُنْتُ عَلَيْهِمْ

شَهِيدًا مَا دُمْتُ فِيْهِمْ إِلَى قَوْلِهِ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ فَيُقَالُ لِي إِنَّهُمْ لَمْ يَزَالُوْا مُرْتَدِيْنَ عَلَى أَعْقَابِهِمْ مُنْذُ فَارَقْتَهُمْ – متفق عليه غزلاً أَي غَيْرَ مَخْتُونِينَ .

165. D’après Ibn al-‘Abbâs (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se leva parmi nous et prononça un sermon en disant : « Ô gens ! Vous serez rassemblés devant Allah pieds nus, nus et incirconcis. Allah dit : “De même que Nous avons commencé la première création, Nous la recommencerons. C’est une promesse qui Nous incombe, et Nous l’accomplirons certainement” (sourate al-Anbiyâ’, 103). Sachez que, le Jour de la Résurrection, le premier à être revêtu d’un vêtement sera Ibrâhîm (sur lui la paix). Attention ! Certains membres de ma communauté seront amenés et conduits vers la gauche, en direction de l’Enfer. Je dirai : “Ô mon Seigneur, ce sont pourtant mes Compagnons !” On me dira alors : “Tu ne sais pas quelles innovations ils ont introduites après toi.” Je dirai alors, comme ‘Îsâ (sur lui la paix) : “Je fus témoin de leurs actes aussi longtemps que je demeurai parmi eux…” (sourate al-Mâ’idah, 117-118). On me dira alors : “Depuis que tu les as quittés, ils se sont détournés de ta religion.” » (Al-Bukhârî, Muslim)

١٦٦ – عَنْ أَبِي سَعِيدٍ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّل رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْخَذْفِ وَقَالَ إِنَّهُ لَا يَقْتُلُ الصَّيْدَ وَلَا يَنْكَأُ الْعَدُوِّ وَإِنَّهُ يَفْقَأُ الْعَيْنَ وَيَكْسِرُ السِّن متفق عليه

وَفِي رِوَايَةٍ أَنْ قَرِيبًا لِابْنِ مُغَفَّلٍ خَذَفَ فَنَهَاهُ وَقَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنِ الْخَذْفِ وَقَالَ إِنَّهَا لا تَصِيدُ صَيْدًا ثُمَّ عَادَ فَقَالَ أَحَدِّثُكَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنْهُ ثُمَّ عُدَّتْ تَخْذِفُ لَا

أَكَلِّمُكَ أَبَدًا

166. D’après Abû Sa‘îd ‘Abdullah ibn Mughaffal (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit de lancer des petits cailloux en les plaçant entre l’index et le pouce, et il a dit : « Cela ne tue aucun gibier et ne terrasse aucun ennemi ; cela crève plutôt l’œil et brise la dent. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Dans une autre version, il est rapporté qu’un proche parent de ‘Abdullah ibn Mughaffal lança un caillou. ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée) le lui interdit et dit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit de lancer ainsi des cailloux et a dit : “Cela ne tue pas le gibier.” » L’homme recommença. ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée) lui dit alors : « Je te dis que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) l’a interdit, et pourtant tu continues à le faire ! Je ne te parlerai plus jamais. »

١٦٧ – عَنْ عَابِسِ بْنِ رَبِيعَةَ قَالَ رَأَيْتُ عُمَرَ بْنَ الْخَطَابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يُقَبِّلُ الْحَجَرَ يَعْنِي الْأَسْوَدَ وَيَقُولُ إِنِّي أَعْلَمُ أَنَّكَ حَجَرٌ مَا تَنْفَعُ وَلَا تَضُرُّ وَلَوْ لَا أَنِّي رايْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُقَبِّلُكَ مَا قَبْلَتُكَ – متفق

عليه .

167. Abès ibn Rabîʿa (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai vu ʿUmar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) embrasser la Pierre Noire. Il dit : « Je sais que tu n’es qu’une pierre ; tu ne peux ni être utile ni nuire. Si je n’avais pas vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) t’embrasser, je ne t’aurais pas embrassée. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Chapitre 17 — Il est obligatoire d’observer les commandements d’Allah, et ce que doit dire celui qui y appelle, ordonne le bien et interdit le mal

Il est obligatoire d’observer les commandements d’Allah, et ce que doit dire celui qui y appelle, ordonne le bien et interdit le mal.

اللهُ تَعَالَى : فَلَا وَرَبِّكَ لَا يُؤْمِنُونَ حَتَّى يُحَكِّمُوكَ فِيمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ ثُمَّ لَا قَالَ الله يَجِدُوا فِي أَنفُسِهِمْ حَرَجًا مِمَّا قَضَيْتَ وَيُسَلِّمُوا تَسْلِيمًا.

Le Très-Haut dit :

(1) « Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants tant qu’ils ne t’auront pas pris comme arbitre dans leurs différends, puis qu’ils n’éprouveront aucune gêne dans leur for intérieur au sujet de la décision que tu auras rendue et qu’ils s’y soumettront pleinement. » (Sourate An-Nisâ’ : 65)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّمَا كَانَ قَوْلَ الْمُؤْمِنِينَ إِذَا دُعُوا إِلَى اللَّهِ وَرَسُوْلِهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ أَنْ يَقُولُوا سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا وَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ .

(2) « Lorsqu’ils sont appelés à se tourner vers Allah et le Messager (vers le Coran et la Sunna) afin qu’un jugement soit rendu dans une affaire opposant les croyants, ils disent simplement : “Nous avons entendu et nous avons obéi.” Et ceux-là sont les bienheureux. » (Sourate An-Nûr : 51) Parmi les hadiths concordant avec le contenu de ce paragraphe figure celui d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), qui a été mentionné précédemment (hadith n° 156). De nombreux autres hadiths traitent également de ce sujet, comme celui-ci :

١٦٨ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمَّا نَزَلَتْ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللهُ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ وَإِنْ تُبْدُوا مَا فِي أَنْفُسِكُمْ أَوْ تُخْفُوهُ يُحَاسِبُكُمْ بِهِ اللهُ الْآيَةَ اشْتَدَّ ذَلِكَ عَلَى أَصْحَابِ رَسُولِ

اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَتَوْا رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ بَرَكُوا عَلَى الرُّكَبِ فَقَالُوا أَي رَسُولَ اللهِ كَلِفْنَا مِنَ الْأَعْمَالِ مَا تُطِيقُ الصَّلاةَ وَالصِّيَامَ وَالْجِهَادَ وَالصَّدَقَةَ وَقَدْ أُنزِلَتْ عَلَيْكَ هذه الْآيَةُ وَلَا تُطِيقُهَا قَالَ رَسُولُ

اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اتُرِيدُونَ أَنْ تَقُولُوا كَمَا قَالَ أَهْلُ الْكِتَابَيْنِ مِنْ قَبْلِكُمْ سَمِعْنَا وَعَصَيْنَا ؟ بَلْ قُولُوا سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا غُفْرَانَكَ رَبَّنَا وَإِلَيْكَ الْمَصِيرَ فَلَمَّا اقْتَرَأَهَا الْقَوْمُ وَذَلَّتْ بِهَا الْسِنَتُهُمْ أَنْزَلَ اللهُ تَعَالَى فِي اثْرِهَا أَمَنَ

الرَّسُولُ بِمَا أُنْزِلَ إِلَيْهِ مِنْ رَبِّهِ وَالْمُؤْمِنُونَ كُلُّ أَمَنَ بِاللهِ وَمَلَائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ لَا نُفَرِّقُ بَيْنَ أَحَدٍ مِّنْ رُّسُلِهِ وَقَالُوا سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا غُفْرَانَكَ رَبَّنَا وَإِلَيْكَ الْمَصِيرُ) فَلَمَّا فَعَلُوْا ذَلِكَ نَسَخَهَا اللهُ تَعَالَى فَأَنْزَلَ اللهُ عَزَّ وَجَلٌ لا يُكَلِّفُ

اللهُ نَفْسًا إِلَّا وُسْعَهَا لَهَا مَا كَسَبَتْ وَعَلَيْهَا مَا اكْتَسَبَتْ رَبُّنَا لَا تُؤَاخِذْنَا إِنْ نَسِينَا أَوْ أَخْطَأْنَا) قَالَ نَعَمُ (رَبَّنَا وَلَا تَحْمِلْ عَلَيْنَا إِصْراً كَمَا حَمَلْتَهُ عَلَى الَّذِينَ مِنْ قَبْلِنَا ) قَالَ نَعَمْ (رَبَّنَا وَلَا تُحَمِّلْنَا مَا لَا طَاقَةَ لَنَا بِهِ) قَالَ نَعَمْ

وَاعْفُ عَنَّا وَاغْفِرْ لَنَا وَارْحَمْنَا أَنْتَ مَوْلَانَا فَانْصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ) قَالَ نَعَمْ – رواه مسلم .

168. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lorsque fut révélée au Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — la parole : « À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Que vous divulguiez ce qui est en vous ou que vous le dissimuliez, Allah vous en demandera compte » (sourate al-Baqara : 284), cela parut très difficile aux Compagnons. Ils vinrent alors auprès du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et, s’agenouillant, dirent : « Ô Messager d’Allah ! On nous a imposé, selon nos capacités, la prière, le jihâd, le jeûne, l’aumône et d’autres œuvres, mais ce verset t’a été révélé, et nous ne sommes pas capables de l’appliquer. » Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : « Voulez-vous donc dire, comme l’ont dit auparavant les juifs et les chrétiens : “Nous avons entendu et nous avons désobéi” ? Dites plutôt : “Nous avons entendu et nous avons obéi ; nous implorons Ton pardon, ô notre Seigneur ! Et c’est vers Toi que sera le retour.” » Lorsque les gens récitèrent ce verset et que leurs langues se soumirent, Allah révéla, après ce verset, le verset suivant : « Le Messager et les croyants ont cru à ce qui lui a été révélé de la part de son Seigneur. Tous ont cru en Allah, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses messagers. Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers. Et ils disent : “Nous avons entendu et nous avons obéi. Ô notre Seigneur ! Nous implorons Ton pardon, et c’est vers Toi que sera le retour.” » (sourate al-Baqara : 185)

Lorsque les Compagnons eurent fait cela, Allah abrogea la disposition de ce verset et révéla le verset suivant : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle bénéficiera de ce qu’elle aura acquis et subira le poids de ce qu’elle aura commis. » (Ils disent 🙂 « Ô notre Seigneur ! Ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur. » Allah dit : « C’est accordé. » Ils disent : « Ô notre Seigneur ! Ne nous impose pas une charge semblable à celle que Tu as imposée à ceux qui nous ont précédés. » Allah dit : « C’est accordé. » Ils disent : « Ô notre Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous n’avons pas la force de supporter. Efface nos péchés, pardonne-nous et fais-nous miséricorde. Tu es notre Protecteur ; accorde-nous donc la victoire sur les mécréants. » (sourate al-Baqara : 286). Allah dit : « C’est accordé. » (Mouslim)

Section : 18 — L’interdiction de l’innovation religieuse

L’innovation religieuse (le fait d’inventer et d’introduire de nouvelles pratiques dans la religion) est interdite.

 قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَمَا ذَا بَعْدَ الْحَقِّ إِلَّا الضَّلَالُ .

Le Très-Haut dit :

1. « Après la vérité, tout n’est qu’égarement. » (sourate Yûnus : 22)

 وَقَالَ تَعَالَى : مَا فَرَّطْنَا فِي الْكِتَابِ مِنْ شَيْءٍ .

2. « Je n’ai rien omis de ce Livre. » (Sourate al-An‘âm : 8)

وَقَالَ تَعَالَى : فَإِنْ تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ .

3. « Si vous êtes en désaccord au sujet de quelque chose, rapportez-le à Allah et au Messager » (Sourate an-Nisâ’ : 59), c’est-à-dire au Livre et à la Sunnah.

 وَقَالَ تَعَالَى : وَإِنَّ هَذَا صِرَاطِئ مُسْتَقِيمًا فَاتَّبِعُوهُ وَلَا تَتَّبِعُوا السَّبُلَ فَتَفَرِّقَ بِكُمْ عَنْ سَبِيلِهِ .

4. « Et voici certes Ma voie droite et solide. Suivez-la donc, et ne suivez pas les autres voies, car elles vous écarteront de Sa voie. » (Sourate al-An‘âm : 153)

وَقَالَ تَعَالَى : قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ.

5. « Dis : “Si vous aimez Allah, suivez-moi ; Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés.” » (Sourate Âl ‘Imrân : 31)

Il existe encore de nombreux versets célèbres qui appuient le contenu de cette section.

١٦٩ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رد متفق عليه وفي رواية المسلم 4. مَنْ أَحْدَثَ في أمرنا هذا مَا لَيْسَ مِنْهُ فَهُوَ رَدُّ . مَنْ عَمِلَ عَمَلاً لَيْسَ عَلَيْهِ أَمْرُنَا فَهُوَ رَدُّ.

169. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Quiconque introduit dans notre religion une chose qui n’en fait pas partie, celle-ci est rejetée. » (Al-Boukhari et Muslim)

Dans une autre version rapportée par Muslim : « Quiconque accomplit une œuvre qui n’est pas conforme à notre religion, celle-ci est rejetée. »

۱۷۰ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا خَطَبَ إِحْمَرْتُ عَيْنَاهُ وَعَلَا صَوْتُهُ وَاشْتَدْ غَضَبُهُ حَتَّى كَأَنَّهُ مُنْذِرُ جَيْشِ يَقُولُ صَبْحَكُمْ وَمَسَاكُمْ وَيَقُولُ بُعِثْتُ أنَا وَالسَّاعَةُ كَهَاتَيْنِ وَيَقْرِنُ بَيْنَ

أَصْبَعَيْهِ السَّبَابَةِ والوُسْطَى وَيَقُولُ أَمَّا بَعْدُ فَإِنْ خَيْرَ الْحَدِيثِ كِتَابُ اللَّهِ وَخَيْرَ الْهَدَى هَدَى مُحَمَّدٍ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَشَرِّ الْأَمُورِ مُحْدَثَاتُهَا وَكُلِّ بِدْعَةٍ ضَلَالَةٌ ثُمَّ يَقُولُ أَنَا أولى بِكُلِّ مُؤْمِن مِنْ نَفْسِهِ مَنْ تَرَكَ مَالاً فَلِأَهْلِهِ

وَمَنْ تَرَكَ دَيْنَا أَوْ ضِيَاعًا فَإِلَى وعلى – رواه مسلم .

170. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), il a dit : Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) prononçait un sermon, ses deux yeux devenaient rouges, sa voix s’élevait et sa colère s’intensifiait, comme s’il avertissait une armée. Il disait : « Qu’Allah vous accorde le bien matin et soir. » Il disait également : « J’ai été envoyé ainsi avec l’Heure. » En disant cela, il joignait ses doigts médian et index. Il disait aussi : « Ensuite, la meilleure parole est le Livre d’Allah, et la meilleure voie est la voie de Muhammad (qu’Allah le bénisse et le salue). Les choses nouvelles [introduites dans la religion] sont les pires. Et toute innovation est un égarement. » Puis il disait : « Je suis plus proche de chaque croyant que lui-même. Celui qui laisse des biens, ils reviennent à sa famille. Et celui qui laisse une dette ou des enfants démunis, leur prise en charge m’incombe. » (Muslim)

Dans ce contexte, ‘Irbâd ibn Sâriya (qu’Allah l’agrée) a rapporté un hadith. Son hadith a été cité précédemment dans le chapitre consacré à la préservation de la Sunna (hadith n° 157).

Paragraphe : 19 — Celui qui instaure une bonne voie ou une mauvaise voie

Celui qui instaure une bonne voie ou une mauvaise voie.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ وَاجْعَلْنَا لِلْمُتَّقِينَ إِمَامًا .

Allah, le Très-Haut, dit :

1. « Ceux qui disent : “Notre Seigneur, accorde-nous des épouses et des descendants qui réjouissent nos yeux, et fais de nous des guides pour les pieux.” » (Sourate Al-Furqân : 74)

وَقَالَ تَعَالَى : وَجَعَلْنَاهُمْ أَئِمَّةً يَهْدُونَ بِأَمْرِنَا

2. « Nous avons fait d’eux des guides qui dirigent les gens selon Notre ordre. » (Sourate Al-Anbiyâ : 73)

۱۷۱ – عَنْ أَبِي عَمْرٍو جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا فِي صَدْرِ النَّهَارِ عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَجَاءَهُ قَوْمٌ عُرَاةٌ مُجْتَابِي النِّمَارِ أَوِ الْعَبَاءِ مُتَقَلِدِي السَّيُوفِ عَامُتُهُمْ مِنْ مُضَرَ بَلْ كُلُّهُمْ مِنْ مُضَرَ فَتَمَعْرَ

وَجْهُ رَسُوْلَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِمَا رَأَى بِهِمْ مِنَ الْفَاقَةِ فَدَخَلَ ثُمَّ خَرَجَ فَأَمَرَ بِلالا فَاذْنَ وَأَقَامَ فَصَلَّى ثُمَّ خَطَبَ فَقَالَ (يَأَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُوا رَبَّكُمُ الَّذِي خَلَقَكُمْ مِّنْ نفس واحدة) إلى آخِرِ الْآيَةِ (إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلَيْكُمْ رَقِيبًا)

وَالْآيَةُ الْأُخْرَى الَّتِي فِي أَخِرِ الْخَشْرِ (بَايُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنظُرْ نَفْسٌ مَا قَدَّمَتْ لِغَدَا تَصَدِّقَ رَجُلٌ مِّنْ دِينَارِهِ مِنْ دِرْهَمِهِ مِنْ تَوْبِهِ مِنْ صَاعِ بُرِّهِ مِنْ صَاعِ تَمْرِهِ حَتَّى قَالَ وَلَوْ بِشِقِّ تَمْرَةٍ فَجَاءَ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ بِصُرْةٍ

كَادَتْ كَفَّهُ تَعْجِرُ عَنْهَا بَلْ قَدْ عَجَزَتْ ثُمَّ تَتَابَعَ النَّاسُ حَتَّى رَأَيْتُ كَوْمَيْنِ مِنْ طَعَامٍ وَثِيَابٍ حَتَّى رَأَيْتُ وَجْهَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَتَهَلَلُ كَانَّهُ مُذْهَبَةٌ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ سَنْ فِي

الْإِسْلامِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهَا وَأَجْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ بَعْدِهِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنقُصُ مِنْ أَجُورِهِمْ شَيْءٍ وَمَنْ سَنْ فِي الْإِسْلَامِ سُنَّةً سَيِّئَةً كَانَ عَلَيْهِ وِزْرُهَا وَوَزْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ بَعْدِهِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنقُصُ مِنْ أَوْزَارِهِمْ شَيْ

رواه مسلمقَولُهُ مُجْتَابِي النَّمَارِ هُوَ بِالْجَيْمِ وَبَعْدِ الْأَلِفِ بَاءٌ مُؤَحَدَةً وَالنَّمَارُ جَمْعُ نَمِرَةٍ وَهِيَ كِسَاء مِنْ صُوفَ مُخَطَّطِ وَمَعْنَى مُجْتَابِيهَا أَى لَابِسِيْهَا قَدْ خَرَقُوهَا فِي رُوسِهِمْ وَالْجَوبُ الْقَطْعُ وَمِنْهُ قَوْلُ اللهِ تَعَالَى وَتَمَوْدَ الَّذِينَ

جَابُوا الصَّخْرَ بِالْوَادِ) أَيْ نَحَتُوهُ وَقَطَعُوهُ وَقَوْلُهُ تَمَعْرَ هُوَ بِالْعَيْنِ الْمُهْمَلَةِ أَي تَغَيَّرَ وَقَوْلُهُ رَأَيْتُ كَوْمَيْنِ بِفَتْحِ الْكَافِ وَضَمِهَا أَى صُبْرَتَيْنِ وَقَوْلُهُ كَأَنَّهُ مُذْهَبَةٌ هُوَ بِالنَّالِ الْمُعْجَمَةِ وَفَتْحِ الْهَاءِ وَالْبَاءِ الْمُوَحِدَةِ قَالَهُ الْقَاضِي عِبَاضُ

وَغَيْرُهُ وَصَحْفَهُ بَعْضُهُمْ فَقَالَ مُدْهُنَةٌ بدال مُهْمَلَةٍ وَضَمَ الْهَاءِ وَبِالنُّونِ وكَذَا ضَبَطَهُ الْحُمَيْدِي وَالصَّحِيحُ الْمَشْهُورُ هُوَ الْأَوَّلُ وَالْمُرَادُ بِهِ عَلَى الْوَجْهَيْنِ الصَّفَاءُ وَالْاسْتَنَارَةُ .

171. D’après Jarîr ibn ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée), il a dit : Nous étions auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) au début de la journée, lorsqu’un groupe de gens vint le trouver. Leurs corps étaient dénudés ; ils portaient des vêtements de toile grossière ou des manteaux de laine. Leurs épées étaient également suspendues à leurs côtés. La plupart d’entre eux, voire tous, appartenaient à la tribu de Mudar. Voyant leur état de famine, le teint du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) changea. Il entra dans sa demeure, puis en ressortit et ordonna à Bilal (qu’Allah l’agrée) de lancer l’appel à la prière. Bilal (qu’Allah l’agrée) fit l’adhan et l’iqama. Puis, après avoir accompli la prière, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) prononça un sermon dans lequel il dit : « Ô gens ! Craignez votre Seigneur, qui vous a créés d’un seul être, qui a créé de celui-ci son épouse, et qui, de ces deux-là, a répandu beaucoup d’hommes et de femmes. Et craignez Allah, au nom duquel vous vous réclamez mutuellement vos droits. Et préservez les liens de parenté de toute rupture. Certes, Allah vous observe attentivement. » (Sourate An-Nisâ’, verset 1.) Il récita également les versets suivants, vers la fin de la sourate Al-Hachr : « Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme considère ce qu’elle a préparé pour demain [l’Au-delà]. Craignez Allah. Allah est parfaitement informé de ce que vous faites. » (Sourate Al-Hachr, verset 18.) Puis il dit : « Que chacun fasse l’aumône d’un dinar (pièce d’or), d’un dirham (pièce d’argent), d’un vêtement, de blé ou de dattes qu’il possède. » Il alla même jusqu’à dire : « Qu’il donne ne serait-ce qu’un morceau de datte. » Alors un homme des Ansar apporta un sac de dattes. Ses mains étaient sur le point de ne plus pouvoir le porter ; elles n’en pouvaient même déjà plus. Puis les gens commencèrent à faire des dons les uns après les autres. Finalement, je vis deux tas, l’un de vêtements et l’autre de nourriture. Je vis aussi le visage du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) resplendir de lumière, comme s’il s’était teinté d’une couleur dorée. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit alors : « Celui qui instaure en islam une bonne pratique en recevra la récompense, ainsi qu’une récompense égale à celle de tous ceux qui la mettront en pratique après lui, sans que leur récompense soit diminuée en quoi que ce soit. Et celui qui instaure en islam une mauvaise pratique portera son péché, ainsi que le péché de tous ceux qui agiront conformément à cette pratique après lui, sans que leur péché soit diminué en quoi que ce soit. » (Muslim).

۱۷۲ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَيْسَ مِنْ نَفْسٍ تُقْتَلُ ظُلْمًا إِلا كَانَ عَلَى ابْنِ آدَمَ الْأَوَّلِ كِفْلٌ مِنْ دَمِهَا لِأَنَّهُ كَانَ أول مَنْ سَنُ الْقَتْلَ – متفق عليه .

172. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Quiconque est tué injustement, la responsabilité de son sang retombera également sur le premier fils d’Adam à avoir commis un meurtre, Caïn, car il fut le premier à instaurer la pratique du meurtre. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Chapitre 20 — Indiquer le chemin des œuvres bénéfiques et les conséquences d’appeler à la bonne voie ou à la voie de l’égarement

Indiquer le chemin des œuvres bénéfiques et les conséquences d’appeler à la bonne voie ou à la voie de l’égarement.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَأَدْعُ إِلَى رَبِّكَ .

Allah, le Très-Haut, dit :

(1) « Appelle au chemin de ton Seigneur. » (Sourate Al-Qasas : 87)

وَقَالَ تَعَالَى : أَدْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ .

(2) « Appelle au chemin de ton Seigneur avec sagesse et une bonne exhortation. » (sourate An-Nahl : 125)

وقَالَ تَعَالَى : وَتَعَاوَنُوا عَلَى الْبِرِّ وَالتَّقْوى

(3) « Entraidez-vous dans la bonté et la piété. » (sourate Al-Mâ’idah : 2)

وَقَالَ تَعَالَى : وَلْتَكُنْ مِنْكُمْ أُمَّةً يُدْعُونَ إِلَى الْخَيْرِ .

(4) « Qu’il y ait parmi vous une communauté qui appelle au bien. » (sourate Âl ‘Imrân : 104)

۱۷۳ – وَعَنْ أَبِي مَسْعُودٍ عُقْبَةَ بْنِ عَمْرُو الْأَنْصَارِيِّ الْبَدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ دَلَّ عَلَى خَيْرٍ فَلَهُ مِثْلُ أَجْرٍ فَاعِلِهِ رواه مسلم

173. Abû Mas‘ûd ‘Uqba ibn ‘Amr al-Ansârî al-Badrî (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui indique une bonne voie reçoit une récompense égale à celle de celui qui accomplit cette œuvre lui-même. » (Muslim)

١٧٤ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ دَعَا إِلَى هُدًى كَانَ لَهُ مِنَ الْأَجْرِ مِثْلُ أُجُورِ مَنْ تَبِعَهُ لَا يَنْقُصُ ذَلِكَ مِنْ أَجُورِهِمْ شَيْئًا وَمَن دَعَا إِلَى ضَلَالَةٍ كَانَ عَلَيْهِ مِنَ الْإِثْمِ مِثْلُ أَيَّامٍ

مَنْ تَبِعَهُ لَا يَنْقُصُ ذَلِكَ مِنْ أَيَّامِهِمْ شَيْئًا – رواه مسلم .

174. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) a dit : « Celui qui appelle à la bonne voie recevra une récompense égale à celle de tous ceux qui le suivront, sans que leur récompense soit diminuée en rien. Et celui qui appelle à la voie de l’égarement portera un péché égal à celui de tous ceux qui le suivront, sans que leurs péchés soient diminués en rien. » (Muslim)

١٧٥ – عَنْ أَبِي الْعَبَّاسِ سَهْلِ بْنِ سَعْدِ السَّاعِدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَوْمَ خَيْبَرَ لَأُعْطِيَنَّ هَذِهِ الرَّايَةَ غَدًا رَجُلًا يَفْتَحُ اللَّهُ عَلَى يَدَيْهِ يُحِبُّ اللهَ وَرَسُولَهُ وَيُحِبُّهُ اللهُ وَرَسُولُهُ فَبَاتَ النَّاسُ

يَدُوكُونَ لَيْلَتَهُمْ أَيُّهُمْ يُعْطَاهَا فَلَمَّا أَصْبَحَ النَّاسُ غَدَوْا عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُلُّهُمْ يَرْجُو أَنْ يُعْطَاهَا فَقَالَ ابْنَ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ ۚ فَقِيلَ يَا رَسُولَ اللَّهِ هُوَ يَشْتَكِيْ عَيْنَيْهِ قَالَ فَارْسِلُوا إِلَيْهِ فَأْتِيَ بِهِ فَبَصَقَ

رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَجَعَ فَأَعْطَاهُ الرَّايَةَ فَقَالَ وَسَلَّمَ فِي عَيْنَيْهِ وَدَعَا لَهُ فَبَراً حَتَّى كَانَ لَمْ يَكُنْ بِهِ وَجَع . عَلَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ يَا رَسُولَ اللهِ أَقَاتِلُهُمْ حَتَّى يَكُونُوا مِثْلَنَا ؟ فَقَالَ انْقُدْ عَلَى رسُلِكَ حَتَّى تَنْزِلَ بِسَاحَتِهِمْ

ثُمَّ ادْعُهُمْ إِلَى الْإِسْلَامِ وَاخْبِرُهُمْ بِمَا يَجِبُ عَلَيْهِمْ مِنْ حَقِّ اللَّهِ تَعَالَى فِيْهِ فَوَاللَّهِ لِأَنْ يُهْدِى اللَّهُ بِكَ رَجُلًا وَاحِدًا خَيْرٌ لَكَ مِنْ حمر النعم – متفق عليه قَوْلُهُ يَدُوكُونَ أَي يَخُوضُونَ وَيَتَحَدِّثُونَ وَقَوْلُهُ رِسُلِكَ بكسر الراء وَبِفَتْحِهَا

لُغَتَانِ وَالْكَسْرُ أَفْصَحُ .

175. D’après Abû al-Abbâs Sahl ibn Sa‘d as-Sâ‘idî (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) a dit, le jour de la bataille de Khaybar : « Je remettrai certainement demain cet étendard à un homme entre les mains duquel Allah accordera la victoire. Cet homme aime Allah et Son Messager, et Allah et Son Messager l’aiment. » Les gens passèrent la nuit à réfléchir et à discuter pour savoir à qui l’étendard serait remis. Au matin, ils vinrent tous auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve), espérant recevoir cet étendard. Il dit : « Où est Ali ibn Abî Tâlib ? » On lui répondit : « Ô Messager d’Allah, il souffre des yeux. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) dit : « Envoyez quelqu’un le chercher. » Lorsqu’il fut amené, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) cracha dans ses deux yeux et invoqua Allah en sa faveur. Il recouvra alors une guérison telle qu’il semblait n’avoir jamais été malade. Ali (qu’Allah l’agrée) dit : « Ô Messager d’Allah, dois-je les combattre jusqu’à ce que les ennemis deviennent comme nous, musulmans ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) dit : « Avance jusqu’à parvenir sur leur territoire, puis appelle-les à l’islam et informe-les de ce qui leur incombe concernant l’accomplissement du droit d’Allah. Par Allah, si Allah guide par ton intermédiaire ne serait-ce qu’un seul homme, cela vaut mieux pour toi que des chameaux roux, [les chameaux roux étant considérés chez les Arabes comme des biens très précieux et très appréciés]. » (Al-Bukhârî, Muslim).

١٧٦ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ فَتَى مِنْ أَسْلَمَ قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي أَرِيدُ الْغَزْوَ وَلَيْسَ مَعِى مَا أَتَجَهَرُ بِهِ ؟ قَالَ انْتِ فُلَانًا فَإِنَّهُ قَدْ كَانَ تَجَهْزَ فَمَرِضَ فَآتَاهُ فَقَالَ إِنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُقْرِئُكَ السَّلَامَ

وَيَقُولُ أَعْطِنِي الَّذِي تَجَهَّرْتَ بِهِ فَقَالَ يَا فُلانَةُ أَعْطِيهِ الَّذِي تَجَهَّرْتُ بِهِ وَلَا تَحْبِسِي مِنْهُ شَيْئًا فَوَاللَّهِ لَا تَحْبِسِينَ مِنْهُ شَيْئًا فَيُبَارَكَ لَنَا فِيهِ – رواه مسلم .

176. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), un jeune homme de la tribu d’Aslam dit : « Ô Messager d’Allah ! Je souhaite partir au jihâd, mais je ne possède aucun bien me permettant de m’y préparer. » Il dit : « Va voir untel. Il s’est préparé pour la guerre, puis est tombé malade. » Le jeune homme se rendit auprès de lui et lui dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, t’adresse ses salutations et te dit de me donner tout l’équipement que tu as préparé. » L’homme dit : « Ô une telle ! Donne-lui tout mon équipement et ne lui en laisse rien. Par Allah ! Si vous ne lui en laissez rien, Allah mettra certainement Sa bénédiction pour nous dans cela. » (Mouslim)

Chapitre 21 — La coopération mutuelle dans les œuvres de bien et de piété

La coopération mutuelle dans les œuvres de bien et de piété.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَتَعَاوَنُوا عَلَى الْبِرِّ وَالتَّقْوى …..

Allah, le Très-Haut, dit :

« Entraidez-vous dans les œuvres de bien et de piété, mais ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Craignez Allah ; certes, le châtiment d’Allah est très sévère. » (Sourate Al-Mâ’idah, 2)

وقَالَ تَعَالَى : وَالْعَصْرِ إِنَّ الْإِنْسَانَ لَفِي خُسْرٍ إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ وَتَوَاصَوْا بِالْحَقِّ وَتَوَاصَوا بالصبر .

« Par le Temps ! Certes, l’être humain est en grande perdition, à l’exception de ceux qui ont cru, accompli de bonnes œuvres, se sont recommandé mutuellement la vérité et se sont recommandé mutuellement la patience. » (Sourate al-‘Asr : 1, 2, 3)

L’imam al-Châfi‘î (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : les gens, ou la plupart d’entre eux, ne réfléchissent pas profondément à cette sourate. À cet égard, ils demeurent dans l’insouciance.

۱۷۷ – عَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ زَيْدِ بْنِ خَالِدٍ الْجُهَنِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ نَبِيُّ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ جَهْزَ غَازِيًا فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَقَدْ غَزَا وَمَنْ خَلَفَ غَازِيًا فِي أَهْلِهِ بِخَيْرٍ فَقَدْ غَزَا – متفق عليه

177. D’après Abû ‘Abd al-Rahmân Zayd ibn Khâlid al-Juhanî (qu’Allah l’agrée), il a dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui équipe un combattant engagé dans le jihad, c’est comme s’il avait lui-même participé au jihad. Et celui qui, durant son absence, se comporte convenablement envers la famille d’un combattant engagé dans le jihad, c’est également comme s’il avait participé au jihad. »

Ce hadith a été rapporté par les imams al-Bukhârî et Muslim.

۱۷۸ – عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعَثَ بَعْثًا إِلَى بَنِي لِحْيَانَ مِنْ هُذَيْلٍ فَقَالَ لِيَنْبَعِثُ مِنْ كُلِّ رَجُلَيْنِ أَحَدُهُمَا وَالْأَجْرُ بَيْنَهُمَا – رواه مسلم .

178. D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) envoya un groupe de soldats combattre la tribu de Lihyân, une branche de la tribu de Hudhayl. Il dit : « Que, parmi deux personnes de chaque famille, l’une au moins participe au jihad ; et toutes deux recevront une récompense. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۱۷۹ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَقِيَ ركبا بالروحَاءِ فَقَالَ مَنِ الْقَوْمُ ؟ قَالُوا الْمُسْلِمُونَ فَقَالُوا مَنْ أَنْتَ؟ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ فَرَفَعَتْ إِلَيْهِ امْرَأَةً صَبِيًّا فَقَالَتْ الهُذَا حَج؟ قَالَ نَعَمْ وَلَكِ

أَجْرُ” رواه مسلم.

179. Il est rapporté d’Ibn al-‘Abbās (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) rencontra un groupe de cavaliers à un endroit appelé ar-Rawḥā’. Il leur demanda : « Qui êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes musulmans. » Ils lui demandèrent : « Et qui êtes-vous ? » Il répondit : « Je suis le Messager d’Allah. » Puis une femme leva un enfant devant lui et demanda : « Cet enfant peut-il également accomplir le hajj ? » Il répondit : « Oui, et tu en recevras la récompense. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۱۸۰ – عَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ الْخَازِنُ الْمُسْلِمُ الْآمِينُ الَّذِي يُنْفِدُ مَا أَمرَ بِهِ فَيُعْطِيهِ كَامِلاً مُوَفِّرًا طيبة بهِ نَفْسُهُ فَيَدْفَعُهُ إِلَى الَّذِي أَمرَ لَهُ بِهِ أَحَدُ الْمُتَصَدِّقِينَ

متفق عليه وَفِي رواية الذي يُعْطِي مَا أَمِرَ بِهِ وَضَبَطُوا الْمُتَصَدِّقِيْنَ بِفَتْحِ الْقَافِ مَعَ كَسْرِ النُّونِ عَلَى التَّثْنِيَةِ وَعَكْسُهُ عَلَى الْجَمْعِ وَكِلاهُمَا صَحِيح

180. Il est rapporté d’Abū Mūsā al-Ash‘arī (qu’Allah l’agrée). Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le trésorier musulman est une personne digne de confiance : il exécute ce qui lui est ordonné, puis il s’acquitte entièrement de la ṣadaqa-zakāt, de son plein gré et avec satisfaction, et la remet ensuite à celui à qui il lui a été ordonné de la transmettre. Cette personne compte également parmi ceux qui donnent la ṣadaqa, en raison de l’accomplissement de son devoir. Selon une autre version : elle est également l’un des deux donateurs de ṣadaqa. »

Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

Section : 22 – La nasîha (le conseil et la recherche du bien)

La nasîha (le conseil et la recherche du bien).

قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ اخْوَةً ….

Allah le Très-Haut dit :

« Les musulmans sont frères les uns des autres. Réformez donc correctement les relations entre vos frères. » (Sourate al-Hujurât : 10)

اخْبَارًا عَنْ نُوحٍ عَلَيْهِ السَّلامِ : وَأَنْصَحُ لَكُمْ…..

Allah le Très-Haut dit à propos de l’histoire de Noé, que la paix soit sur lui :

« Je vous ai transmis les messages de mon Seigneur. Je suis pour vous un conseiller bienveillant, et je sais, de la part d’Allah, ce que vous ne savez pas. » (Sourate Al-A‘râf : 62)

وَعَنْ هُودٍ عَلَيْهِ السَّلام : وَأَنَا لَكُمْ نَاصِحُ أَمِينُ .

Il dit à propos de l’histoire de Houd, que la paix soit sur lui :

« Je suis pour vous un conseiller digne de confiance. » (Sourate Al-A‘râf : 68)

وَأَمَّا الْأَحَادِيثُ : ۱۸۱ – عَنْ أَبِي رُقَيَّةَ تَمِيمِ بْنِ أَوْسِ الدَّارِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الدِّينُ النَّصِيحَةُ قُلْنَا لِمَنْ ؟ قَالَ لِلَّهِ وَلِكِتَابِهِ وَلِرَسُولِهِ وَلَآئِمَةِ الْمُسْلِمِينَ وَعَامِّتِهِمْ – رواه مسلم .

181. Abou Rouqayya Tamîm ibn Aws Ad-Dârî, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « La religion (les fondements et les piliers de l’islam) consiste à conseiller et à rechercher le bien. » Nous demandâmes : « Pour qui ? » Il répondit : « Pour Allah, pour Son Livre, pour Son Messager, pour les imams (dirigeants) des musulmans et pour l’ensemble des musulmans. » Le fait de rechercher réciproquement le bien et de se conseiller la vérité est comparable au fondement même de l’islam. La naseeha envers Allah signifie accepter tous Ses commandements et toutes Ses interdictions. La naseeha envers le Livre (le Coran) signifie en acquérir la connaissance et agir conformément à celui-ci. La naseeha envers le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, signifie lui obéir et déployer tous ses efforts pour propager et établir la religion. La naseeha envers les dirigeants musulmans signifie leur donner des conseils appropriés, leur signaler leurs erreurs et les appeler à établir les valeurs islamiques à tous les niveaux. (Note du traducteur)

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۱۸۲ – عَنْ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَايَعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى إِقَامِ الصَّلَاةِ وَأَبْنَاءِ الزكوة والنَّصْحِ لِكُلِّ مُسْلِم. متفق عليه.

182. D’après Jarîr ibn ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai prêté serment d’allégeance (bay‘a) au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — en m’engageant à accomplir la prière, à acquitter la zakat, à souhaiter le bien à tous les musulmans et à leur donner des conseils avisés. L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۱۸۳ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يُؤْمِنُ أَحَدُكُمْ حَتَّى يُحِبُّ لِأَخِيهِ مَا يُحِبُّ لِنَفْسِهِ – متفق عليه .

183. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : Aucun d’entre vous ne sera véritablement croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Section 23 – Ordonner le bien et proscrire le mal.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَلْتَكُنْ مِنْكُمُ أُمَّةً يُدْعُونَ إِلَى الْخَيْرِ وَيَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ .

Le Très-Haut dit :

« Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne ce qui est convenable et interdit ce qui est blâmable. Ceux-là sont ceux qui réussiront. » (Sourate Âl ‘Imrân : 104)

 وَقَالَ تَعَالَى : كُنتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ

« Vous êtes la meilleure communauté qui ait été suscitée pour les hommes. Vous ordonnez le bien et interdisez aux gens le mal et le péché. » (Sourate Âl ‘Imrân : 110)

وَقَالَ تَعَالَى : خُذِ الْعَفْوَ وَأَمُرُ بِالْعُرْفِ وَأَعْرِضْ عَنِ الْجَاهِلِينَ .

« Adopte la douceur et le pardon comme principe ; ordonne le bien et ne discute pas avec les ignorants. » (Sourate Al-A‘râf : 199)

وَقَالَ تَعَالَى : وَالْمُؤْمِنُونَ وَالْمُؤْمِنَاتُ بَعْضُهُم أَوْلِيَاءُ بَعْضٍ يَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنكَرِ ……

« Les croyants et les croyantes sont alliés et solidaires les uns des autres. Ils ordonnent tout ce qui est bien, interdisent le mal et le péché, accomplissent la prière, s’acquittent de la zakât et obéissent à Allah et à Son Messager. » (Sourate At-Tawbah : 71)

وَقَالَ تَعَالَى : لُعِنَ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ عَلَى لِسَانِ دَاوُدَ وَعِيسَى ابْنِ مَرْيَمَ ذَلِكَ بِمَا عَصَوْا وَكَانُوا يَعْتَدُونَ كَانُوا لَا يَتَنَاهَوْنَ عَنْ مُنكَرٍ فَعَلُوهُ لَبِئْسَ مَا كَانُوا يَفْعَلُونَ

« Ceux parmi les enfants d’Israël qui ont adopté la voie de la mécréance ont été maudits par la bouche de David et de Jésus, fils de Marie. Cela parce qu’ils s’étaient rebellés et avaient commencé à commettre de graves excès. Ils ne s’interdisaient pas mutuellement les actes pécheurs. Quelle conduite détestable ils avaient adoptée ! » (Sourate Al-Mâ’idah : 78-79)

وَقَالَ تَعَالَى : وَقُلِ الْحَقُّ مِنْ رَبِّكُمْ فَمَنْ شَاءَ فَلْيُؤْمِنُ وَمَنْ شَاءَ فَلْيَكْفُرُ .

« Dis : “La vérité vient de votre Seigneur. Que celui qui le veut croie donc, et que celui qui le veut rejette la vérité.” » (sourate Al-Kahf : 29)

وَقَالَ تَعَالَى : فَاصْدَعْ بِمَا تُؤْمَرُ وَأَعْرِضْ عَنِ الْمُشْرِكِينَ .

« Ô Prophète ! Proclame donc à haute voix et avec force ce qui t’est ordonné, et ne te soucie nullement des polythéistes. » (sourate Al-Hijr : 94)

وَقَالَ تَعَالَى : انْجَيْنَا الَّذِينَ يَنْهَوْنَ عَنِ السُّوءِ وَأَخَذْنَا الَّذِينَ ظَلَمُوا بِعَذَابِ بَئِيسٍ بِمَا كَانُوا يَفْسُقُونَ .

« Nous sauvâmes ceux qui s’abstenaient de commettre de mauvaises actions, et Nous infligeâmes un châtiment rigoureux aux injustes en raison de leurs actes corrupteurs. » (sourate Al-A‘râf : 165)

Il existe dans le Noble Coran de nombreux versets en accord avec le contenu de ce paragraphe.

وأما الأحاديث : ١٨٤ – عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ رَأَى مِنْكُمْ مُنْكَرًا فَلْيُغَيِّرُهُ بِيَدِهِ فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِلِسَانِهِ فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِقَلْبِهِ وَذَلِكَ أَضْعَفُ

الْإِيْمَانِ – رواه مسلم .

184. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : « Que celui d’entre vous qui voit une mauvaise action la fasse cesser par sa main (en usant de sa force). S’il n’en a pas la capacité, qu’il la fasse cesser par sa parole (en sensibilisant l’opinion publique). S’il n’en a même pas la capacité, qu’il tente de la faire cesser dans son cœur (par une démarche réfléchie), ou qu’il éprouve de la répulsion à son égard. Et cela constitue le degré le plus faible (le plus bas) de la foi. »

١٨٥ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا مِنْ نَبِي بَعَثَهُ اللهُ فِي أُمَّةٍ قَبْلِي إِلا كَانَ لَهُ مِنْ أُمَّتِهِ حَوَارِبُونَ وَأَصْحَابٌ يَأْخُذُونَ بِسُنَّتِهِ وَيَقْتَدُونَ بِأَمْرِهِ ثُمَّ إِنَّهَا تَخْلُفُ مِنْ بَعْدِهِمْ خُلُوْفٌ

يَقُولُونَ مَا لَا يَفْعَلُونَ وَيَفْعَلُونَ مَا لَا يُؤْمَرُونَ فَمَنْ جَاهَدَهُمْ بِيَدِهِ فَهُوَ مُؤْمِنٌ وَمَنْ جَاهَدَهُمْ بِقَلْبِهِ فَهُوَ مُؤْمِنٌ وَمَنْ جَاهَدَهُمْ بِلِسَانِهِ فَهُوَ مُؤْمِنٌ وَلَيْسَ وَرَاءَ ذَلِكَ مِنَ الْإِيْمَانِ حَبَّةُ خردل رواه مسلم.

185. Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Tout prophète envoyé avant moi à un peuple avait, parmi les membres de sa communauté, un groupe d’auxiliaires et de compagnons qui le soutenaient. Ils s’attachaient fermement à sa sunna et suivaient ses commandements. Puis, après eux, apparurent des gens qui ne mettaient pas eux-mêmes en pratique ce qu’ils disaient et accomplissaient des actes qu’on ne leur avait pas ordonné d’accomplir. Ainsi, celui qui combat de tels gens par sa main (en usant de sa force) est croyant. Celui qui les combat dans son cœur est également croyant. Celui qui les combat par sa parole (en convainquant les gens) est également croyant. Après cela, il ne reste plus le moindre degré de foi, fût-ce du poids d’un grain de moutarde. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

١٨٦ – عَنْ أَبِي الْوَلِيدِ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ بَايَعْنَا رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى السَّمْعِ وَالطَّاعَةِ فِي الْعُسْرِ وَالْيُسْرِ وَالْمَنْشَطِ وَالْمَكْرَه وَعَلَى آثَرَةٍ عَلَيْنَا وَعَلَى أَنْ لَا تُنَازِعَ الْأَمْرَ أَهْلَهُ إِلَّا أَنْ تَرَوْا

كُفْرًا بَوَاحًا عِنْدَكُمْ مِّنَ اللَّهِ فِيْهِ بُرْهَانٌ وَعَلَى أَنْ نَقُولَ بِالْحَقِّ أَيْنَمَا كُنَّا لَا تَخَافُ فِي اللَّهِ لومة لائم – متفق عليه المَنْشَطُ والمَكْرَهُ بِفَتْحِ مِيْمَيْهِمَا أَيْ فِي السَّهْلِ والصعبِ وَالْآثَرَةُ الْاخْتِصَاصُ بِالْمُشْتَرِكِ وَقَدْ سَبَقَ بَيَانُهَا

بَوَاحًا بِفَتْحِ الْبَاءِ الْمُوَحَدَةِ وَبَعْدَهَا وَأَوْ ثُمَّ أَلِفُ ثُمَّ حَاءُ مُهْمَلَةٌ أَوْ ظَاهِراً لا يَحْتَمِلُ تَاوِيلاً .

186. Abû al-Walîd ‘Ubâda ibn as-Sâmit (qu’Allah l’agrée) rapporte : Nous avons prêté serment d’allégeance au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, en nous engageant à l’écouter attentivement, à lui obéir dans l’aisance comme dans la difficulté, dans l’adversité comme dans la prospérité, en toutes circonstances, normales ou exceptionnelles, et à lui donner la préférence sur nous-mêmes. Nous avons également prêté serment de ne pas contester l’autorité d’un dirigeant compétent et convenable. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : « Oui, sauf si vous le voyez clairement se livrer à un acte contraire à l’islam, au sujet duquel vous disposez d’une preuve et d’un argument venant d’Allah ; alors vous pouvez contester son autorité. » Nous avons également prêté serment de dire la vérité où que nous soyons et en toute circonstance, et de ne pas nous soucier, au sujet d’Allah, du blâme ni des reproches d’aucun censeur.

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Sens des mots : الْمَنْشَطُ وَالْمُكْرَهُfacile et difficile, sans peine et exigeant des efforts. الأثَرَةُévident ; réserver une chose particulière à un autre associé, sans qu’aucune explication ne soit nécessaire pour le faire comprendre.

۱۸۷ – عَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَثَلُ الْقَائِمِ فِي حُدُودِ اللهِ وَالْوَاقِعِ فِيْهَا كَمَثَلِ قَوْمٍ اسْتَهَمُوا عَلَى سَفِينَةٍ فَصَارَ بَعْضُهُمْ أَعْلَاهَا وَبَعْضُهُمْ أَسْفَلَهَا وَكَانَ الَّذِينَ فِي

أَسْفَلِهَا إِذَا اسْتَقَوْا مِنَ الْمَاءِ مَرُّوا عَلَى مَنْ فَوْقَهُمْ فَقَالُوا لَوْ أَنَّا خَرَقْنَا فِي نَصِيبِنَا خَرُقًا وَلَمْ نُوذِ مَنْ فَوْقَنَا فَإِنْ تَرْكُوهُمْ وَمَا أَرَادُوا هَلَكُوا جَمِيعًا وَإِنْ أَخَذُوا عَلَى أَيْدِيهِمْ نَجَوْا وَنَجَوْا جَمِيعًا – رواه البخاري الْقَائِمُ فِي حُدُودِ اللَّهِ

مَعْنَاهُ الْمُنْكِرُ لَهَا الْقَائِمُ فِي دَفْعِهَا وَإِزَالَتِهَا وَالْمُرَادُ بِالْحُدُودِ مَا نَهَى اللَّهُ عَنْهُ اسْتَهَمُوا اقْتَرَعُوا

187. An-Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « L’exemple de celui qui respecte les limites fixées par Allah et de celui qui les transgresse est celui d’un groupe de personnes qui montèrent à bord d’un navire après avoir tiré au sort. Certains occupèrent la partie inférieure et d’autres la partie supérieure. Lorsque ceux de la partie inférieure avaient besoin d’eau, ils devaient passer par ceux de la partie supérieure pour en prendre. Ils se dirent alors entre eux : “Si nous faisions un trou dans notre partie, nous éviterions de déranger ceux de la partie supérieure.” Si ceux de la partie supérieure les laissaient faire, ils périraient tous ; mais s’ils les en empêchaient, ils se sauveraient eux-mêmes et sauveraient tout le monde. »

L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith.

۱۸۸ – عَنْ أَمِّ الْمُؤْمِنِينَ أُمِّ سَلَمَةَ هِنْدِ بِنْتِ أَبِي أُمَيَّةَ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا عَنِ النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ إِنَّهُ يُسْتَعْمَلُ عَلَيْكُمْ أَمْرَاءُ فَتَعْرِفُونَ وَتُنْكِرُونَ فَمَنْ كَرِهَ فَقَدْ بَرِئَ وَمَنْ أَنْكَرَ فَقَدْ سَلِمَ وَلَكِنْ مِنْ رَضِيَ

تَابَعَ قَالُوا يَا رَسُولَ اللهِ إِلا تُقَاتِلُهُمْ قَالَ لا مَا أَقَامُوا فِيكُمُ الصَّلاةَ – رواه مسلم مَعْنَاهُ مَنْ كَرِهَ بِقَلْبِهِ وَلَمْ يَسْتَطِعْ إِنْكَارًا بِيَدٍ وَلَا لِسَانٍ فَقَدْ بَرِي مِنَ الْإِثْمِ وَأَدَّى وَظِيفَتَهُ وَمَنْ أَنْكَرَ بِحَسَبِ طَاقَتِهِ فَقَدْ سَلِمَ مِنْ هَذِهِ الْمَعْصِيَةِ

وَمَنْ رَضِيَ بفِعْلِهِمْ وَتَابَعَهُمْ فَهُوَ الْعَاصِي .

188. D’après Umm al-Mou’minine Umm Salama (qu’Allah l’agrée), le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Certains dirigeants seront nommés pour vous. Certaines de leurs actions vous seront connues (parce qu’elles seront conformes à la charia islamique), tandis que d’autres vous seront inconnues (parce qu’elles seront contraires à la charia). Dans une telle situation, celui qui les réprouve sera préservé (du péché), et celui qui les désapprouve ouvertement sera à l’abri (de toute responsabilité). En revanche, celui qui approuve de telles actions et y coopère aura désobéi. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Ne devons-nous pas prendre les armes contre eux (ces dirigeants tyranniques) ? » Il répondit : « Non, tant qu’ils accomplissent la prière parmi vous. »

L’imam Mouslim a rapporté ce hadith.

۱۸۹ – عَنْ أُمِّ الْمُؤْمِنِينَ أُمِّ الْحَكَمِ زَيْنَبَ بِئْتِ جَحْشِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ عَلَيْهَا فَزِعًا يَقُولُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَيْلُ لِلْعَرَبِ مِنْ شَرِّ قَدِ اقْتَرَبَ فُتِحَ الْيَوْمَ مِنْ رَدْمِ يَأْجُوجَ وَمَأْجُوجَ مِثْلُ هَذِهِ وَخَلَقَ

بِأَصْبُعَيْهِ الْإِبْهَامِ وَالَّتِي تَلِيْهَا فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ أَتَهْلِكُ وَفِيْنَا الصَّالِحُونَ؟ قَالَ نَعَمُ إِذَا كَثُرَ الْخَبَثُ متفق عليه .

189. Il est rapporté de la mère des croyants, Zaynab bint Jahsh (qu’Allah l’agrée), que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) vint un jour auprès d’elle, effrayé et bouleversé. Il disait : « Lā ilāha illā Allāh ! Malheur aux Arabes à cause du mal et du malheur qui se sont rapprochés. Aujourd’hui, une ouverture de cette ampleur a été faite dans la barrière de Gog et Magog. » Il le montra en formant un cercle avec son pouce et son index. Je demandai : « Ô Messager d’Allah, serons-nous détruits alors qu’il y a parmi nous des gens vertueux et pieux ? » Il répondit : « Oui, lorsque le mal et le malheur se répandront excessivement. »

L’imam al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

١٩٠ – عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِيَّاكُمُ وَالْجُلُوسَ فِي الطَّرْقَاتِ فَقَالُوا يَا رَسُولَ اللهِ مَا لَنَا مِنْ مَجَالِسِنَا بُدَّ نَتَحَدِّثُ فِيهَا فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِذَا أَبَيْتُمْ إِلَّا الْمَجْلِسَ

فَأَعْطُوا الطَّرِيقَ حَقَّهُ قَالُوا وَمَا حَقُّ الطَّرِيقِ يَا رَسُولَ اللَّهِ ؟ قَالَ غَضُ الْبَصَرِ وَكَفَّ الْأَذَى وَرَدُّ السَّلَامِ وَالْأَمْرُ بِالْمَعْرُوفِ وَالنَّهَى عَنِ الْمُنْكَرِ – متفق عليه .

190. Il est rapporté d’Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Évitez de vous asseoir sur les chemins. » Les Compagnons dirent : « Ô Messager d’Allah, nous n’avons d’autre choix que de nous asseoir sur les chemins. Nous nous y asseyons pour discuter de nos affaires communes. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Puisque vous refusez de ne pas vous asseoir sur les chemins, alors donnez au chemin son droit. » Ils demandèrent : « Ô Messager d’Allah, quel est donc le droit du chemin ? » Il répondit : « Baisser le regard, ôter du chemin ce qui est nuisible, répondre au salut, ordonner le bien et interdire le mal. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۱۹۱ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَأَى خَاتَمًا مِنْ ذَهَبٍ فِي يَدِ رَجُلٍ فَنَزَعَهُ فَطَرَحَهُ وَقَالَ يَعْمِدُ أَحَدُكُمْ إِلَى جَمْرَةٍ مِنْ نَارٍ فَيَجْعَلُهَا فِي يَدِهِ فَقِيلَ لِلرَّجُلِ بَعْدَ مَا ذَهَبَ رَسُولُ اللَّهِ

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خُذْ خَاتَمَكَ انْتَفِعُ بِهِ قَالَ لا وَاللَّهِ لَا أَخُذُهُ أَبَدًا وَقَدْ طَرَحَهُ رَسُوْلُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – رواه مسلم .

191. Il est rapporté d’Ibn al-ʿAbbās (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah ﷺ vit une bague en or au doigt d’un homme. Il la lui retira de la main, la jeta et dit : « Qui parmi vous aimerait tenir dans sa main un charbon ardent ? » Après le départ du Messager d’Allah ﷺ, on dit à l’homme : « Ramasse ta bague et utilise-la à quelque fin utile. » Il répondit : « Par Allah ! Je ne reprendrai jamais ce que le Messager d’Allah ﷺ a jeté. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

١٩٢ – عَنْ أَبِي سَعِيدِ الْحَسَنِ الْبَصَرِي أَنْ عَائِدَ بْنَ عَمْرُو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ دَخَلَ عَلَى عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ زِيَادٍ فَقَالَ أَيْ بُنَى إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنْ شَرِّ الرِّعَاءِ الْحُطَمَةُ فَإِيَّاكَ أَنْ تَكُونَ مِنْهُمْ فَقَالَ

لَهُ اجْلِسُ فَإِنَّمَا أنتَ مِنْ نُخَالَةِ أَصْحَابِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ وَهَلْ كَانَتْ لَهُمُ نُخَالَةً إِنَّمَا كَانَتِ النُّخَالَةُ بَعْدَهُمْ وَفِي غَيْرِهِمْ – رواه مسلم .

192. Il est rapporté d’Abū Saʿīd al-Ḥasan al-Baṣrī (qu’Allah lui fasse miséricorde) que ʿĀʾiḍ ibn ʿAmr (qu’Allah l’agrée) se rendit un jour auprès de ʿUbayd Allāh ibn Ziyād. Il lui dit : « Ô jeune homme ! J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Le pire des bergers — c’est-à-dire des gouvernants — est celui qui ne fait pas preuve de douceur et de patience dans l’administration de ceux qui lui sont confiés. Prends garde à ne pas en faire partie.” » Celui-ci lui dit : « Tais-toi ! Tu fais partie des incapables parmi les compagnons de Muḥammad ﷺ. » ʿĀʾiḍ lui répondit : « Y avait-il donc des incapables parmi eux ? Les gens vils et incapables se trouvaient dans les générations qui leur ont succédé et parmi d’autres qu’eux. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

١٩٣ – عَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَتَأْمُرُنَّ بِالْمَعْرُوفِ وَلَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ أَوْ لَيُوْشِكَنَّ اللَّهُ أَنْ يُبْعَثَ عَلَيْكُمْ عِقَابًا مِنْهُ ثُمَّ تَدْعُونَهُ فَلا يُسْتَجَابُ لَكُمْ – رواه الترمذى

وَقَالَ حَدِيثُ حَسَنُ.

193. D’après Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Par Celui dans la main duquel se trouve ma vie ! Vous ordonnerez certainement la vérité et la justice, et vous vous opposerez certainement à l’injustice et au mensonge. Sinon, Allah vous châtiera bientôt. Vous L’invoquerez alors, mais votre appel ne sera pas exaucé (votre invocation ne sera pas acceptée). »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith حسن. »

١٩٤ – عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَفْضَلُ الْجِهَادِ كَلِمَةُ عَدْلٍ عِنْدَ سُلْطَانٍ جَائر – رواه ابو داود والترمذي وقال حَدِيثٌ حَسَنٌ .

194. D’après Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Dire une parole juste devant un dirigeant tyrannique est le meilleur jihad. »

L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhi l’a qualifié de hadith حسن.

١٩٥ – عَنْ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ بْنِ طَارِقِ بْنِ شِهَابٍ الْبَجَلِي الْأَحْمَسِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلًا سَأَلَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَدْ وَضَعَ رِجْلَهُ فِي الْغَرْزِ أَيُّ الْجِهَادِ أَفْضَلُ؟ قَالَ كَلِمَةٌ حَقِّ عِنْدَ سُلْطَانٍ جَائِرٍ – رواه النِّسَائِيُّ

بِإِسْنَادِ صَحِيحِ الْغَرْزُ بِغَيْنِ مُعْجَمَةٍ مَفْتُوحَةٍ ثُمَّ رَاءٍ سَاكِنَةٍ ثُمَّ رَأَى وَهُوَ رِكَابَ كَيْرِ الْجَمَلِ إِذَا كَانَ مِنْ جلد أَوْ خَشَبٍ وَقِيلَ لَا يَخْتَصُّ بِجِلْدٌ وَخَشَبٍ .

195. D’après Abou Abdallah Tariq ibn Chihab (qu’Allah l’agrée), un homme interrogea le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) au moment où il venait tout juste de poser le pied dans l’étrier de sa monture : « Quel est le meilleur jihad ? » Il répondit : « Dire la vérité devant un dirigeant tyrannique. »

١٩٦ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنْ أَوَّلَ مَا دَخَلَ النَّقْصُ عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ أَنَّهُ كَانَ الرَّجُلُ يَلْقَى الرَّجُلَ فَيَقُولُ يَا هَذَا اتَّقِ اللهَ وَدَعْ مَا تَصْنَعُ فَإِنَّهُ لا يَحِلُّ لَكَ ثُمَّ يَلْقَاهُ مِنَ

الْغَدِ وَهُوَ عَلَى حَالِهِ فَلَا يَمْنَعُهُ ذَلِكَ أَنْ يَكُونَ أَكِيلَهُ وَشَرِيبَهُ وَقَعِيدَهُ فَلَمَّا فَعَلُوا ذَلِكَ ضَرَبَ اللهُ قُلُوبَ بَعْضِهِمْ بِبَعْضٍ ثُمَّ قَالَ الْعِنَ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ عَلَى لِسَانِ دَاوُدَ وَعِيسَى ابْنِ مَرْيَمَ ذَلِكَ بِمَا عَصَوا وَكَانُوا

يَعْتَدُونَ . كَانُوا لَا يَتَنَاهَوْنَ عَنْ مُنْكَرٍ فَعَلُوهُ لَبِئْسَ مَا كَانُوا يَفْعَلُونَ . تَرَى كَثِيرًا مِنْهُمْ يَتَوَلَّوْنَ الَّذِينَ كَفَرُوا لَبِئْسَ مَا قَدَّمَتْ لَهُمْ أَنْفُسُهُمْ إِلَى قَوْلِهِ (فَاسِقُونَ) ثُمَّ قَالَ كَلا وَاللَّهِ لَتَأْمُرُنَّ بِالْمَعْرُوفِ وَلتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَلَتَأْخُذَنَّ

عَلَى يَدِ الظَّالِمِ وَلتَأْطِرْتُهُ عَلَى الْحَقِّ أَطْرًا وَلَتَقْصُرْتُهُ عَلَى الْحَقِّ قَصْرًا أَوْ لَيَضْرِبَنَّ اللَّهُ بِقُلُوبِ بَعْضِكُمْ عَلَى بَعْضٍ ثُمَّ لَيَلْعَنَنَّكُمْ كَمَا لَعَنَهُمْ – رواه ابو داود والترمذي وقال حَديثُ حَسَنٌ هذا لفظ أَبِي دَاوُدَ وَلَفظُ التَّرْمِذِي قَالَ

رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمَّا وَقَعَتْ بَنُو إِسْرَائِيلَ فِي الْمَعَاصِي نَهَتُهُمْ عُلَمَاؤُهُمْ فَلَمْ يَنْتَهُوا فَجَالَسُوهُمْ فِي مَجَالِسِهِمْ وَوَاكَلُوهُمْ وَشَارَبُوهُمْ فَضَرَبَ اللهُ قُلُوبَ بَعْضِهِمْ بِبَعْضٍ وَلَعَنَهُمْ عَلَى لسَان دَاوُدَ وَعِيسَى

بْنِ مَرْيَمَ ذَلِكَ بِمَا عَصَوْا وَكَانُوا يَعْتَدُونَ فَجَلَسَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَانَ مُتَكَنَّا فَقَالَ لَا وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ حَتَّى تَأْطِرُوهُمْ عَلَى الْحَقِّ أَطْرًا – قَوْلُهُ تَأْطِرُوهُمْ أَى تَعْطِفُوهُمْ وَلَتَقْصُرُنَّهُ أَى لَتَحْبِسُنَّهُ .

196. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : C’est ainsi que la corruption et les méfaits commencèrent à s’infiltrer parmi les fils d’Israël : un homme de savoir rencontrait un autre homme et lui disait : « Ô untel ! Crains Allah et abandonne ce que tu fais, car cela ne t’est pas permis. » Le lendemain, il le rencontrait encore et le trouvait dans le même état, mais il ne lui interdisait plus ce qu’il faisait. Il finit ainsi par partager ses repas et ses réunions. Lorsqu’ils en arrivèrent à cet état, Allah obscurcit le cœur de l’un par ce qui se trouvait dans le cœur de l’autre. Puis il récita ce verset : « Ceux des fils d’Israël qui ont mécru ont été maudits par la bouche de David et de Jésus, fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient. Ils ne s’interdisaient plus mutuellement les actes blâmables. Comme était mauvais ce qu’ils faisaient ! Tu vois beaucoup d’entre eux s’allier et coopérer avec les mécréants, au lieu des croyants. Comme est mauvais ce que leurs âmes ont préparé pour eux-mêmes, si bien qu’Allah s’est irrité contre eux et qu’ils demeureront éternellement dans le châtiment. S’ils avaient cru en Allah, au Prophète et à ce qui lui a été révélé, ils n’auraient jamais pris les mécréants pour alliés. Mais la plupart d’entre eux sont pervers. » (Sourate al-Mâ’idah, 78-81). Puis il dit : « Jamais ! Par Allah ! Vous devez assurément ordonner le bien et interdire le mal et les actes répréhensibles ; vous devez saisir fermement la main de l’injuste, le tirer de force et l’établir sur la vérité et la justice. Sinon, Allah rapprochera et obscurcira les cœurs de vos vertueux et de vos pécheurs, puis Il vous maudira comme Il a maudit les fils d’Israël. » L’imam Abû Dâwûd et at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. At-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith حسن. » Les termes originaux du hadith sont ceux d’Abû Dâwûd. Le sens du hadith original rapporté par at-Tirmidhî est le suivant : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque les fils d’Israël se livrèrent aux péchés, leurs savants leur ordonnèrent de s’en abstenir, mais ils ne s’en abstinrent pas. À un certain moment, les savants se mirent eux aussi à partager leurs réunions et leurs repas. Alors Allah rapprocha leurs cœurs les uns des autres, si bien que les savants se livrèrent eux aussi aux péchés. Allah les maudit par la bouche de David et de Jésus, fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et commençaient à transgresser gravement. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se redressa alors après avoir été appuyé, puis dit : « Jamais ! Par Celui qui détient mon âme dans Sa main ! Vous ne cesserez pas de les saisir par la main — les injustes — de les tirer jusqu’à les établir sur la vérité, jusqu’à ce que vous le fassiez. »

۱۹۷ – عَنْ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ يَأَيُّهَا النَّاسُ إِنَّكُمْ لَتَقْرَؤُوْنَ هذِهِ الْآيَةَ (يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا عَلَيْكُمْ أَنْفُسَكُمْ لَا يَضُرُكُمْ مَنْ ضَلَّ إِذَا اهْتَدَيْتُمْ ….. وَإِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ النَّاسَ

إذا رَأَوُا الظَّالِمَ فَلَمْ يَأْخُذُوا عَلَى يَدَيْهِ أَوْشَكَ أَنْ يُعْمُهُمُ اللَّهُ بِعِقَابِ مِنْهُ – رَوَاهُ ابو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِيُّ وَالنَّسَائِيُّ بِأَسَانِيدِ صَحِيحَة .

197. Abou Bakr as-Siddiq (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : « Ô gens ! Vous récitez ce verset : “Ô vous qui croyez ! Préoccupez-vous de vous-mêmes. Celui qui s’égare ne vous nuira pas, si vous êtes bien guidés. C’est vers Allah que vous retournerez tous ; puis Il vous informera de ce que vous faisiez.” » (sourate al-Mâ’idah, 105). Pourtant, j’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : « Lorsque les gens voient un injuste commettre une injustice sans l’en empêcher, Allah leur infligera bientôt à tous un châtiment. »

Ce hadith a été rapporté par l’imam Abou Dawoud, at-Tirmidhi et an-Nasa’i avec une chaîne de transmission authentique.

Section 24 — Le châtiment de celui qui ordonne le bien et interdit le mal, mais n’agit pas conformément à ses paroles

Le châtiment de celui qui ordonne le bien et interdit le mal, mais n’agit pas conformément à ses paroles.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : أَتَأْمُرُونَ النَّاسَ بِالْبِرِّ وَتَنْسَوْنَ أَنْفُسَكُمْ وَأَنْتُمْ تَتْلُوْنَ الْكِتَابَ أَفَلا تَعْقِلُونَ

Le Très-Haut dit :

« Ordonnez-vous aux gens d’adopter la voie de la justice, tandis que vous vous oubliez vous-mêmes, alors même que vous étudiez le Livre ? N’usez-vous donc pas de votre raison ? » (sourate al-Baqarah, 44)

وَقَالَ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لِمَ تَقُولُونَ مَا لَا تَفْعَلُونَ . كَبُرَ مَقْتًا عِنْدَ اللَّهِ أَنْ تَقُولُوا مَا لَا تَفْعَلُونَ

« Ô croyants ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas vous-mêmes ? Il est extrêmement répréhensible auprès d’Allah que vous disiez ce que vous ne faites pas. » (Sourate As-Saff : 2-3)

وَقَالَ تَعَالَى إِخْبَارًا عَنْ شُعَيْبٍ عَلَيْهِ السَّلامِ وَمَا أُرِيدُ أَنْ أُخَالِفَكُمْ إِلَى مَا أَنْهَاكُمْ عَنْهُ ..

Allah, exalté soit-Il, dit au sujet de Shu‘ayb, que la paix soit sur lui : « Je ne veux nullement faire moi-même ce dont je cherche à vous empêcher. Je ne veux que réformer autant que je le peux. » (Sourate Hûd : 488)

۱۹۸ – عَنْ أَبِي زَيْدٍ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدِ بْنِ حَارِثَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ يُؤْتَى بِالرَّجُلِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَيُلْقَى فِي النَّارِ فَتَنْدَلِقُ اقْتَابُ بَطْنِهِ فَيَدُورُ بِهَا كَمَا يَدُورُ الْحِمَارُ فِي الرِّحَا

فَيَجْتَمِعُ إِلَيْهِ أهْلُ النَّارِ فَيَقُولُونَ يَا فُلانُ مَا لَكَ؟ أَلَمْ تَكُ تَأْمُرُ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَى عَنِ الْمُنْكَرِ ؟ فَيَقُولُ بَلَى كُنْتُ أَمُرُ بِالْمَعْرُوفِ وَلَا أُتِيْهِ وَأَنْهَى عَنِ الْمُنْكَرِ وَأَتِيهِ متفق عليه قَوْلُهُ تَنْدَلِقُ هُوَ بالدال الْمُهْمَلَةِ وَمَعْنَاهُ تَخْرُجُ وَالْأَقْتَابُ

الْأَمْعَاءُ واحدها قتب .

198. Selon Usâma ibn Zayd, qu’Allah l’agrée, il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire : Le Jour de la Résurrection, un homme sera amené, puis jeté en Enfer ; ses intestins sortiront alors de son ventre. Il se mettra à tourner autour d’eux comme un âne tourne autour d’un cercle. Les gens de l’Enfer se rassembleront autour de lui et lui demanderont : « Ô untel ! Pourquoi te trouves-tu dans cet état ? N’ordonnais-tu pas le bien et n’interdisais-tu pas le mal ? » Il répondra : « Si, j’ordonnais le bien, mais je ne le pratiquais pas moi-même. J’interdisais aux autres de faire le mal, mais je le faisais moi-même. »

Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhari et l’imam Muslim.

Chapitre : 25 – L’ordre de restituer les dépôts confiés

L’ordre de restituer les dépôts confiés.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُكُمْ أَنْ تُؤَدُّوا الْأَمَانَاتِ إِلَى أَهْلِهَا .

Allah, le Très-Haut, dit :

« Allah vous ordonne de restituer tous les dépôts à leurs ayants droit. » (Sourate An-Nisa : 58)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّا عَرَضْنَا الْأَمَانَةَ عَلَى السَّمَوَاتِ وَالْأَرْضِ وَالْجِبَالِ فَأَبَيْنَ أَنْ يَحْمِلْنَهَا وَأَشْفَقْنَ مِنْهَا وَحَمَلَهَا الْإِنْسَانُ إِنَّهُ كَانَ ظَلُومًا جَهُولا .

« Nous avons proposé ce dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes. Ils n’ont pas voulu s’en charger et en ont eu peur. Mais l’homme s’en est chargé. Certes, l’homme est très injuste et très ignorant. » (Sourate Al-Ahzab : 72)

۱۹۹ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَيَةُ الْمُنَافِقِ ثلاث إِذا حَدَّثَ كَذَبَ وَإِذَا وَعَدَ أَخْلَفَ وَإِذَا اؤْتُمِنَ خَانَ متفق عليه وَفِي رِوَايَةٍ وَإِنْ صَامَ وَصَلَّى وَزَعَمَ أَنَّهُ مُسْلِمٌ .

199. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les signes de l’hypocrite sont au nombre de trois : lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il conclut une promesse ou un engagement, il agit à l’encontre de celui-ci ; et lorsqu’on lui confie quelque chose, il trahit. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Une autre version ajoute : « Même s’il jeûne, prie et se considère comme musulman, il reste néanmoins hypocrite. »

٢٠٠ – عَنْ حُذَيْفَةَ بْنِ الْيَمَانِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ حَدَّثَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَدِيثَيْنِ قَدْ رَأَيْتُ أَحَدَهُمَا وَأَنَا انْتَظِرُ الْآخَرَ حَدَّثَنَا أَنَّ الْأَمَانَةَ نَزَلَتْ فِي جَذْرِ قُلُوبِ الرِّجَالِ ثُمَّ نَزَلَ الْقُرْآنُ فَعَلِمُوا مِنَ الْقُرْآنِ وَعَلِمُوا

مِنَ السُّنَّةِ ثُمَّ حَدَّثَنَا عَنْ رَفْعِ الْأَمَانَةِ فَقَالَ يَنَامُ الرَّجُلُ النَّوْمَةَ فَتُقْبَضُ الْأَمَانَةُ مِنْ قَلْبِهِ فَيَظُلُّ أثرها مثل الوكت ثُمَّ يَنَامُ القَوْمَةَ فَتُقْبَضُ الْأَمَانَةُ مِنْ قَلْبِهِ فَيَظُلُّ أَثَرُهَا مِثْلَ أَثَرِ الْمَجْلِ كَجَمْرٍ دَخَرَجْتَهُ عَلَى رِجْلِكَ فَنَفِطَ فَتَرَاهُ

مُنْتَبِرًا وَلَيْسَ فِيْهِ شَيْ ثُمَّ أَخَذَ حَصَاةً فَدَخَرَجَهُ عَلَى رِجْلِهِ فَيُصْبِحُ النَّاسُ يَتَبَايَعُوْنَ فَلَا يَكَادُ أَحَدٌ يُؤَدِّي الْأَمَانَةَ حَتَّى يُقَالَ إِنَّ فِي بَنِي فَلَانٍ رَجُلًا آمِينًا حَتَّى يُقَالَ لِلرَّجُلِ مَا أَجْلَدَهُ مَا أَظْرَفَهُ مَا أَعْقَلَهُ وَمَا فِي قَلْبِهِ مِثْقَالُ

حَبَّةٍ مِنْ خَرْدَلٍ مِنْ إِيْمَانٍ وَلَقَدْ أَتَى عَلَى زَمَانٌ وَمَا أَبَالِي أَيُّكُمْ بَايَعْتُ لَئِنْ كَانَ مُسْلِمًا لَيَرُدُّنَّهُ عَلَى دِينُهُ وَلَئِنْ كَانَ نَصْرَانِيًّا أَوْ يَهُودِيَّا لَيَرُدُّتُّهُ عَلَى سَاعِيْهِ وَأَمَّا الْيَوْمَ فَمَا كُنْتُ أَبَايِعُ مِنْكُمْ إِلَّا فَلَانًا وَفُلَانًا -متفق عليه قَوْلُهُ

جَذْرٌ بِفَتْحِ الْجِيمِ وَإِشْكَانِ النَّالِ الْمُعْجَمَةِ وَهُوَ أَصْلُ الشَّيْ والوكتُ بِالتَّاءِ الْمُثَنَّاةِ مِنْ فَوْقَ الْأَثَرُ الْيَسِيرُ وَالْمَجْلُ بِفَتْحِ الْمِيمِ وَإِشْكَانِ الْجِيمِ وَهُوَ تَنَفَّطُ فِي الْيَدِ وَنَحْوِهَا مِنْ أَثَرِ عَمَلٍ وَغَيْرِهِ قَوْلُهُ مُنْتَبِرًا مُرْتَفِعًا قَوْلُهُ ساعيه

الوالي عليه.

200. Selon Hudhayfa ibn al-Yamân (qu’Allah l’agrée), le Prophète rapporte qu’il a dit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous a dit deux paroles. J’ai déjà été témoin de l’une d’elles, tandis que j’attends encore la seconde. Il nous a dit : Premièrement, la confiance fut déposée au plus profond des cœurs des hommes, puis le Coran fut révélé. Ils apprirent donc à connaître le Coran et la Sunna. Ensuite, il nous parla du retrait de la confiance et de la loyauté. Il dit : L’homme dormira comme il en a l’habitude, et la confiance ainsi que la loyauté seront retirées de son cœur. Il n’en restera alors qu’une faible trace. Puis il dormira de nouveau comme à son habitude, et le reste de la trace de la loyauté sera également retiré de son cœur. Il ne restera alors dans le cœur qu’une marque semblable à une cloque. C’est comme lorsque tu poses une braise sur ton pied : la peau brûle et une cloque se forme. L’endroit paraît extérieurement gonflé, mais il ne contient rien. » Le rapporteur dit : « Puis il prit un caillou et le frappa contre son pied. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) poursuivit : « Dans cet état, les gens se lèveront le matin et se livreront à leurs transactions commerciales. Il ne se trouvera parmi eux personne qui respecte la confiance, au point que l’on dira : “Il y a un homme digne de confiance dans telle tribu.” On dira même d’un homme, en raison de son habileté dans les affaires mondaines : “Quel homme avisé, intelligent, robuste, beau et perspicace !” Pourtant, il n’y aura pas dans son cœur même le poids d’un grain de moutarde de foi. » Le rapporteur, Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), dit : « Me voici aujourd’hui arrivé à une époque où je ne me soucie guère de savoir avec qui je fais affaire. S’il est musulman, sa religion et sa foi le pousseront à s’acquitter de ce qu’il me doit. S’il est chrétien ou juif, son responsable s’acquittera de ma créance auprès de lui. Aujourd’hui, je ne ferai de transactions avec aucun d’entre vous, si ce n’est avec telle ou telle personne. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Sens des mots :جذر l’origine et le fondement de toute chose. لرکت Signe général. المجل les marques qui apparaissent sur les mains, les pieds, etc., à force de travailler. (منتبر) Élevé, supérieur. ساعی Administrateur et superviseur.

٢٠١ – عَنْ حُذَيْفَةً وَأَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَا قَالَ رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَجْمَعُ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى النَّاسَ فَيَقُومُ الْمُؤْمِنُونَ حَتَّى تُزْلَفَ لَهُمُ الْجَنَّةُ فَيَأْتُونَ أَدَمَ صَلَوَاتُ اللهِ عَلَيْهِ فَيَقُولُونَ يَا أَبَانَا اسْتَفْتِحُ لَنَا

الْجَنَّةَ فَيَقُولُ وَهَلْ أَخْرَجَكُمْ مِنَ الْجَنَّةِ إِلا خَطِيئَةُ أَبِيكُمْ لَسْتُ بِصَاحِبِ ذَلِكَ اذْهَبُوا إِلَى ابْنِي إِبْرَاهِيمَ خَلِيلِ اللَّهِ قَالَ فَيَأْتُونَ إِبْرَاهِيمَ فَيَقُولُ إِبْرَاهِيمُ لَسْتُ بِصَاحِبِ ذَلِكَ إِنَّمَا كُنْتُ خَلِيْلًا مِنْ وَرَاءَ وَرَاءَ اعْمَدُوا إِلَى مُوسَى

الَّذِي كَلَّمَهُ اللَّهِ تَكْلِيمًا فَيَأْتُونَ مُوسَى فَيَقُولُ لَسْتُ بِصَاحِب ذَلِكَ اذْهَبُوا إِلى عِيسَى كَلِمَةِ اللَّهِ وَرُوحِهِ فَيَقُولُ عيسى لشت بِصَاحِبِ ذَلِكَ فَيَأْتُونَ مُحَمَّداً صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَقُوْمُ فَيُؤْذَنُ لَهُ وَتَرْسَلُ الْأَمَانَةُ وَالرَّحِمُ

فَتَقُوْمَانِ جَنَّبَتَي الصِّرَاطِ يَمِينًا وَشِمَالاً فَيَمُرُّ أَوَلَكُمْ كَالْبَرْقِ قُلْتُ بِأَبِي وَأَمِّي أَيُّ شَيْءٍ كَمَرِ الْبَرْقِ ؟ قَالَ أَلَمْ تَرَوْا كَيْفَ يَمُرُّ وَيَرْجِعُ فِي طَرْفَةِ عَيْنٍ ثُمَّ كَمَرَ الرِّيحِ ثُمَّ كَمَرِ الطَّيْرِ وَشَدِ الرِّجَالِ تَجْرِي بِهِمْ أَعْمَالُهُمْ وَنَبِيُّكُمْ قَائِمٌ

عَلَى الصِّرَاطِ يَقُولُ رَبِّ سَلِّمُ سَلِّمْ حَتَّى تَعْجِزَ أَعْمَالُ الْعِبَادِ حَتَّى يجى الرَّجُلُ لا يَسْتَطِيعُ السَّيْرَ إِلا زَحْفًا وَفِي حَافَتَي الصِّرَاطِ كَلَالِيْبُ مُعَلَّقَةٌ مَأْمُورَةٌ بِأَخْذِ مَنْ أُمِرَتْ بِهِ فَمَخْدُوسٌ نَاجِ وَمُكَرْدَسَ فِي النَّارِ وَالَّذِي نَفْسُ أَبِي

هُرَيْرَةَ بِيَدِهِ إِنْ قَعْرَ جَهَنَّمَ لَسَبْعُونَ خَرِيفًا – رَوَاهُ مُسْلِمُ قَوْلُهُ وَرَاءَ وَرَاءَ هُوَ بِالْفَتْحِ فِيهِمَا وَقِيلَ بِالضَّمِّ بِلا تَنْوِينِ وَمَعْنَاهُ لَسْتُ بِتِلْكَ الدَّرَجَةِ الرَّفِيعَةِ وَهِيَ كَلِمَةٌ تُذْكَرُ عَلَى سَبِيلِ التَّواضُعِ وَقَدْ بَسَطْتُ مَعْنَاهَا فِي شَرْحِ

صَحِيحِ مُسْلِمٍ وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

201. D’après Hudhayfa et Abû Hurayra (qu’Allah les agrée), tous deux rapportent que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Allah, le Très-Haut et le Très-Abondant, rassemblera tous les hommes le Jour de la Résurrection. Alors les croyants se lèveront. Le Paradis sera alors rapproché d’eux. Ils se rendront auprès d’Adam, paix sur lui, et lui diront : “Ô notre père, ouvre-nous les portes du Paradis.” Il répondra : “C’est le péché de votre père qui vous a fait sortir du Paradis. Je ne suis pas digne d’en ouvrir les portes. Allez plutôt auprès de mon fils Ibrâhîm, l’ami intime d’Allah.” Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : “Ils se rendront ensuite auprès d’Ibrâhîm, paix sur lui. Il dira : ‘Je ne suis pas digne de cette tâche. Je n’étais qu’un humble ami intime’ — c’est-à-dire : je ne suis pas digne de ce grand honneur. ‘Allez plutôt auprès de Mûsâ, avec qui Allah a parlé.’ Ils accourront tous auprès de Mûsâ, paix sur lui. Il dira : ‘Je ne suis pas digne de cela. Allez auprès de ‘Îsâ. Il est la Parole d’Allah et Son Esprit.’ ‘Îsâ, paix sur lui, dira : ‘Je n’ai pas la capacité d’ouvrir les portes du Paradis.’ Enfin, ils accourront auprès de Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il se lèvera, et l’autorisation lui sera accordée d’intercéder. L’Amanah et les liens de parenté seront alors laissés en suspens. Ils se tiendront des deux côtés du pont du Sirât, à droite et à gauche. Le premier groupe d’entre vous traversera le pont du Sirât à la vitesse de l’éclair.” Je demandai — qu’Allah me soit témoin — : “Que mes père et mère soient sacrifiés pour vous, ô Messager d’Allah ! Que signifie traverser à la vitesse de l’éclair ?” Il répondit : “N’avez-vous pas vu l’éclair, qui peut aller et revenir en un clin d’œil ?” Ensuite, ils traverseront successivement le pont du Sirât à la vitesse du vent, puis à celle des oiseaux, puis à la vitesse d’une course rapide. Cette différence sera due à leurs œuvres. À ce moment-là, votre Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se tiendra sur le pont du Sirât et ne cessera de dire : “Ô Seigneur, accorde le salut ! Ô Seigneur, accorde le salut !” Ainsi, en raison de la faiblesse de leurs bonnes œuvres, certains serviteurs seront incapables d’avancer. Ils progresseront alors en traînant leur derrière. Des crochets de fer seront suspendus des deux côtés du pont du Sirât. Ceux auxquels il sera ordonné de saisir quelqu’un le saisiront. Celui qui ne recevra qu’une égratignure sera sauvé. Tous les autres seront jetés en Enfer.” Le rapporteur, Abû Hurayra, dit : “Par Celui qui détient l’âme d’Abû Hurayra dans Sa main, la profondeur de l’Enfer équivaut à la distance parcourue en soixante-dix ans.”

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Sens des mots :وراء وراء signifie : « je ne suis pas digne d’un rang élevé ». Ce mot est employé pour exprimer l’humilité, la modestie et la bienséance.

۲۰۲ – عَنْ أَبِي خُبَيْبٍ بِضَمَ الْخَاءِ الْمُعْجَمَةِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الزُّبَيْرِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ لَمَّا وَقَفَ الزُّبَيْرُ يَوْمَ الْجَمَلِ دَعَانِي فَقُمْتُ إِلَى جَنْبِهِ فَقَالَ يَا بُنَى إِنَّهُ لا يُقْتَلُ الْيَوْمَ الأَظَالِم أَوْ مَظْلُومٌ وَإِنِّي لَا أَرَانِي إِلَّا سَأَقْتَلُ الْيَوْمَ

مَظْلُومًا وَإِنَّ مِنْ أَكْبَرِ هَمِّي لَدَيْنِي أَفَتَرَى دَيْنَنَا يُبْقَى مِنْ مَالِنَا شَيْئًا ؟ ثُمَّ قَالَ يَا بُنَى بِعْ مَالَنَا وَاقْضِ دَيْنِي وَأَوْصَى بِالثُّلْثِ وَتُلْتُهُ لِبَنِيْهِ يَعْنِي لِبَنِي عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الزُّبَيْرِ ثلث الثلث قَالَ فَإِنْ فَضَلَ مِنْ مَالِنَا بَعْدَ قَضَاءِ الدِّينِ

شَيْ فَثُلُثُهُ لَبَنِيْكَ قَالَ هِشَامُ وَكَانَ بَعْضُ وَلَدِ عَبْدِ اللهِ قَدْ وَارَى بَعْضَ بَنِي الزُّبَيْرِ خُبَيْبٍ وَعَبَّادِ وَلَهُ يَوْمَئِذٍ تِسْعَةُ بَنِينَ وَتِسْعُ بَنَاتٍ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ فَجَعَلَ يُوصِينِي بِدَيْنِهِ وَيَقُولُ يَا بُنَى إِنْ عَجَرْتَ عَنْ شَيْءٍ مِنْهُ فَاسْتَعِنْ عَلَيْهِ

بِمَوْلايَ قَالَ فَوَاللَّهِ مَا دَرَيْتُ مَا أَرَادَ حَتَّى قُلْتُ يَا آبَت مَنْ مَوْلاكَ ؟ قَالَ اللهُ قَالَ فَوَاللَّهِ مَا وَقَعْتُ فِي كُرْبَةٍ مِنْ دَيْنِهِ إِلا قُلْتُ يَا مَوْلَى الزُّبَيْرِ اقْضِ عَنْهُ دَيْنَهُ فَيَقْضِيَهُ قَالَ فَقُتِلَ الزُّبَيْرُ وَلَمْ يَدَعُ ديناراً ولا دِرْهَمًا إِلَّا أَرَضِينَ مِنْهَا

الْغَابَةُ وَإِحْدَى عَشَرَةَ دَارًا بِالْمَدِينَةِ وَدَارَيْنِ بِالْبَصْرَةِ وَدَاراً بِالْكُوفَةِ وَدَاراً بِمِصْرَ قَالَ وَإِنَّمَا كَانَ دَيْنُهُ الَّذِي كَانَ عَلَيْهِ أَنْ الرَّجُلَ كَانَ يَأْتِيْهِ بِالْمَالِ فَيَسْتَوْدِعُهُ إِيَّاهُ فَيَقُولُ الزُّبَيْرُ لَا وَلَكِنْ هُوَ سَلَفَ إِنِّي أَخْشَى عَلَيْهِ الضَّيْعَةَ وَمَا

وَلِى إِمَارَةً قَط وَلَا حِبَايَةً وَلَا خَرَاجًا وَلَا شَيْئًا إِلَّا أَنْ يكُونَ فِي غَزُو مَعَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى ا اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْ مَعَ أَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ وَعُثْمَانَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ قَالَ عَبْدُ اللهِ فَحَسَبْتُ مَا كَانَ عَلَيْهِ مِنَ الدِّيْنِ فَوَجَدتُهُ

الْقَى الْفِ وَمِائَتَيْ أَلْفِ فَلَقِيَ حَكِيمُ بْنُ حِزَامٍ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ الزُّبَيْرِ فَقَالَ يَا ابْنَ أخِي كَمْ عَلَى أَخِي مِنَ الدِّينِ ؟ فَكَتَمْتُهُ وَقُلْتُ مِائَةُ أَلْفِ فَقَالَ حَكِيمُ وَاللَّهِ مَا أرى أموالَكُمْ تَسِعُ هَذِهِ فَقَالَ عَبْدُ اللهِ أَرَأَيْتَكَ إِنْ كَانَتْ الْقَى الْفِ ۚ

وَمِائَتَيْ الف؟ قَالَ مَا أَرَاكُمْ تُطِيقُونَ هَذَا فَإِنْ عَجَزْتُمْ عَنْ شَيْءٍ مِنْهُ فَاسْتَعِينُوا بِي قَالَ وكَانَ الزُّبَيْرُ قَدِ اشْتَرَى الْغَابَةَ بِسَبْعِينَ وَمِائَةَ أَلْفِ فَبَاعَهَا عَبْدُ اللَّهِ بِالْفِ أَلْفِ وست مائة ألف ثُمَّ قَامَ فَقَالَ مَنْ كَانَ لَهُ عَلَى الزُّبَيْرِ

شَيْ فَلْيُوافِنَا بِالْغَابَةِ فَآتَاهُ عَبْدُ اللَّهِ ابْنُ جَعْفَرٍ وَكَانَ لَهُ عَلَى الزُّبَيْرِ أَرْبَعُ مِائَةِ أَلْفِ فَقَالَ لِعَبْدِ اللَّهِ إِنْ شِئْتُمْ تَرَكْتُهَا لَكُمْ ؟ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ لا قَالَ فَإِنْ شِئْتُمْ جَعَلْتُمُوهَا فِيْمَا تُؤَخِّرُونَ إِنْ أَخَّرْتُمْ فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ لا قَالَ فَاقْطَعُوا لِي

قِطْعَةٌ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ لَكَ مِنْ هُهُنَا إِلَى هُهُنَا فَبَاعَ عَبْدُ اللَّهِ مِنْهَا فَقَضَى عَنْهُ دَيْنَهُ وَأَوْفَاهُ وَبَقِيَ مِنْهَا أَرْبَعَةُ أَشْهُرٍ وَنِصْفٌ فَقَدِمَ عَلَى مُعَاوِيَةً وَعِنْدَهُ عَمْرُو بْنُ عُثْمَانَ وَالْمُنْذِرُ بْنُ الزُّبَيْرِ وَابْنُ زَمْعَةَ فَقَالَ لَهُ مُعَاوِيَةُ كَمْ قُومَتِ

الْغَابَةُ؟ قَالَ كُلُّ سَهُم بِمَائَةِ أَلْفِ قَالَ كَمْ بَقِيَ مِنْهَا ؟ قَالَ أَرْبَعَةُ أَسْهُم وَنِصْفُ فَقَالَ الْمُنْذِرُ بْنُ الزُّبَيْرِ قَدْ أَخَذْتُ مِنْهَا سَهُمَا بِمَائَةِ أَلْفِ وَقَالَ عَمْرُو بْنُ عُثْمَانَ قَدْ أَخَذْتُ سَهُما بِمَائَةِ أَلْفِ وَقَالَ ابْنُ زَمْعَةَ قَدْ أَخَذْتُ سَهُما

بِمَائَةِ أَلْفِ فَقَالَ مُعَاوِيَةٌ كَمْ بَقِيَ مِنْهَا ؟ قَالَ سَهُمْ وَنِصْفٌ قَالَ قَدْ أَخَذْتُهُ بِخَمْسِينَ وَمِائَةِ أَلْفِ قَالَ وَبَاعَ عَبْدُ اللهُ بْنُ جَعْفَرٍ نَصِيبَهُ مِنْ مُعَاوِيَةَ بِسِتِ مِائَةِ أَلْفِ فَلَمَّا فَرَغَ ابْنُ الزُّبَيْرِ مِنْ قَضَاءِ دَيْنِهِ قَالَ بَنُو الزُّبَيْرِ أَقْسِمْ بَيْنَنَا

مِيْرَاثَنَا قَالَ وَاللَّهِ لَا أُقْسِمُ بَيْنَكُمْ حَتَّى أَنَادِي بِالْمَوْسِمِ أَرْبَعَ سِنِينَ عَلَى مَنْ كَانَ لَهُ عَلَى الزُّبَيْرِ دَيْنِ فَلْيَاتِنَا فَلْنَقْضِهِ فَجَعَلَ كُلِّ سَنَةٍ يُنَادِي فِي الْمَوْسِمِ فَلَمَّا مَضَى أَرْبَعُ سِنِينَ قَسَمَ بَيْنَهُمْ وَدَفَعَ الثلث وَكَانَ لِلزُّبَيْرِ أَرْبَعُ

نِسْوَةٍ فَأَصَابَ كُلِّ امْرَأَةٍ أَلْفُ الف وَمِائَنَا الْفِ فَجَمِيعُ مَالِهِ خَمْسُونَ أَلْفَ أَلْفِ وَمِائَنَا الْف رواه البخاري .

202. D’après Abou Khoubaïb, ‘Abdullah ibn az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée), qui dit : Le jour de la bataille du Chameau (36 de l’hégire), lorsque az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) se prépara au combat, il m’appela auprès de lui. Je me tins à ses côtés. Il dit : « Mon fils, aujourd’hui, l’un des deux — l’injuste ou l’opprimé — mourra nécessairement. Je pense que je mourrai aujourd’hui en étant opprimé. Je suis très préoccupé et inquiet au sujet de mes dettes. Penses-tu qu’il restera quelque chose de mes biens après le remboursement de mes dettes ? » Puis il dit : « Mon fils, tu vendras mes biens et tu rembourseras mes dettes. » Il légua ensuite le tiers de ses biens, dont le tiers devait revenir à ses fils, c’est-à-dire aux fils de ‘Abdullah ibn az-Zoubayr : le tiers du tiers, soit un neuvième. Az-Zoubayr dit : « S’il reste quelque chose après le remboursement de mes dettes, le tiers de cette somme reviendra à tes fils. » Hichâm dit : « Certains fils de ‘Abdullah avaient le même âge que Khoubaïb et ‘Abbâd, les fils d’az-Zoubayr. » Az-Zoubayr laissa neuf fils et neuf filles.

‘Abdullah dit : Mon père, az-Zoubayr, ne cessait de me parler de ses dettes. Il disait : « Mon fils, si tu es incapable de rembourser cette dette, tu demanderas à mon Maître de t’aider à la rembourser. » ‘Abdullah dit : Par Allah, je ne comprenais pas qui il entendait par « mon Maître ». Je lui demandai donc : « Père, qui est ton Maître ? » Il répondit : « Allah. » ‘Abdullah dit : Chaque fois que j’éprouvais des difficultés à rembourser ses dettes, je disais : « Ô Maître d’az-Zoubayr, Allah, règle ses dettes. » Allah, le Très-Haut, exauça cette invocation et me permit de rembourser les dettes de mon père. ‘Abdullah dit : Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) fut tué, mais il ne laissa aucun argent liquide, ni dinars ni dirhams. Il laissa des biens immobiliers : des terres situées dans un endroit appelé al-Ghâbah, onze maisons à Médine, deux maisons à Bassorah, une maison à Koufa et une maison en Égypte.

‘Abdullah dit : La raison pour laquelle il s’était endetté était la suivante : lorsqu’un homme venait lui confier un dépôt, il disait : « Je n’accepte pas les dépôts ; je le prends plutôt de toi comme un prêt, car s’il était conservé comme dépôt, il pourrait se perdre entre mes mains. » Az-Zoubayr n’avait jamais été nommé à une fonction administrative, ni chargé de percevoir l’impôt, ni affecté à une autre fonction. Il n’aimait aucune charge officielle. Toutefois, il participa au jihâd avec le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — ainsi qu’avec Abou Bakr (qu’Allah l’agrée), ‘Oumar (qu’Allah l’agrée) et ‘Othmân (qu’Allah l’agrée). ‘Abdullah dit : Je calculai l’ensemble de ses dettes, qui s’élevait à deux millions deux cent mille dirhams. Hakîm ibn Hizâm (qu’Allah l’agrée) rencontra ‘Abdullah ibn az-Zoubayr et lui dit : « Ô fils de mon frère, quel est le montant de la dette de mon frère ? » Je dissimulai le montant réel et répondis : « Cent mille dirhams. » Hakîm (qu’Allah l’agrée) dit : « Par Allah, vous ne possédez pas suffisamment de biens pour rembourser une telle dette. » ‘Abdullah dit : « Que se passerait-il si la dette s’élevait à deux millions deux cent mille ? » Hakîm (qu’Allah l’agrée) répondit : « Alors, selon moi, tu serais tout à fait incapable de la rembourser. Si tu rencontres la moindre difficulté pour rembourser cette dette, demande mon aide. » ‘Abdullah dit : Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) avait acheté les terres d’al-Ghâbah pour cent soixante-dix mille dirhams. ‘Abdullah les vendit pour un million six cent mille dirhams. Puis il se leva et proclama : « Que celui à qui az-Zoubayr doit de l’argent vienne nous rencontrer à al-Ghâbah. » Après cette proclamation, ‘Abdullah ibn Ja‘far (qu’Allah l’agrée) vint et dit : « Az-Zoubayr me doit quatre cent mille dirhams. Si vous le souhaitez, je peux y renoncer. » ‘Abdullah répondit : « Non. » ‘Abdullah ibn Ja‘far dit : « Si vous souhaitez un délai pour effectuer ce paiement, je suis disposé à vous l’accorder. » ‘Abdullah répondit : « Non. » Il dit alors : « Dans ce cas, attribue-moi une partie distincte de la terre. » ‘Abdullah répondit : « Prends la terre depuis ici jusqu’à cet endroit. » Il vendit la terre et remboursa les dettes d’az-Zoubayr. Il restait encore quatre parcelles et demie. Ensuite, ‘Abdullah se rendit auprès de Mou‘âwiyah (qu’Allah l’agrée), qui était en compagnie de ‘Amr ibn ‘Othmân, de Mundhir ibn az-Zoubayr et d’Ibn Zam‘ah. Mou‘âwiyah (qu’Allah l’agrée) lui demanda : « À quel prix as-tu évalué les terres d’al-Ghâbah ? » Il répondit : « À cent mille dirhams la parcelle. » Il demanda : « Combien de parcelles restent-elles ? » Il répondit : « Quatre parcelles et demie. » Mundhir ibn az-Zoubayr dit : « J’en prends une pour cent mille dirhams. » ‘Amr ibn ‘Othmân dit : « J’en prends une pour cent mille dirhams. » Ibn Zam‘ah dit : « J’en prends une pour cent mille dirhams. » Mou‘âwiyah (qu’Allah l’agrée) demanda : « Combien en reste-t-il maintenant ? » Il répondit : « Une parcelle et demie. » Il dit : « Je la prends pour cent cinquante mille dirhams. » Le narrateur dit : ‘Abdullah ibn Ja‘far revendit à Mou‘âwiyah, pour quatre cent mille dirhams, la part qu’il avait achetée en règlement de sa créance. Lorsque ‘Abdullah eut terminé de rembourser les dettes, les autres fils d’az-Zoubayr lui dirent : « Répartis entre nous notre héritage. » Il répondit : « Par Allah, je ne répartirai pas l’héritage entre vous avant d’avoir proclamé cette annonce pendant quatre années consécutives, durant la saison du pèlerinage : “Que celui à qui az-Zoubayr doit de l’argent vienne à nous ; nous le rembourserons.” » Il fit cette proclamation pendant quatre années consécutives lors du rassemblement du pèlerinage. Au terme des quatre années, il répartit entre eux les biens laissés par le défunt et en réserva le tiers au titre du legs. Az-Zoubayr avait quatre épouses. La part de chacune s’éleva à douze cent mille dirhams. Il est probable que la fortune d’az-Zoubayr s’élevait à cinquante millions deux cent mille dirhams. L’imam al-Boukhâri a rapporté ce hadith.

Chapitre 26 — L’interdiction de l’injustice et l’ordre de s’y opposer

L’injustice est interdite et il est ordonné de s’y opposer.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : مَا لِلظَّالِمِينَ مِنْ حَمِيمٍ وَلَا شَفِيعٍ يُطَاعُ .

Allah le Très-Haut dit :

« Les injustes n’auront ni ami dévoué ni intercesseur dont l’intercession sera acceptée. » (Sourate Al-Mu’min : 18)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا لِلظَّالِمِينَ مِنْ نَصِيرٍ .

« Les injustes n’auront aucun défenseur. » (Sourate Al-Hajj : 79)

وأما الْأَحَادِيثُ فَمِنْهَا حَدِيثُ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ الْمُتَقَدِّمُ فِي آخِرِ بَابِ الْمُجَاهَدَةِ . ٢٠ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اتَّقُوا الظُّلْمَ فَإِنَّ الظُّلْمَ ظُلُمَاتٌ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَاتَّقُوا الشَّحَّ فَإِنَّ

الشَّحْ أَهْلَكَ مَنْ كَانَ قَبْلَكُمْ حَمَلَهُمْ عَلَى أَنْ سَفَكُوا دِمَا ءَهُمْ وَاتَحَلُّوْا مَحَارِمَهُمْ – رواه مسلم .

203. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Gardez-vous de l’injustice, car l’injustice deviendra des ténèbres le Jour de la Résurrection. Gardez-vous également de l’avarice, car l’avarice a causé la destruction de nombreux peuples qui vous ont précédés. Elle les a poussés à verser le sang et à s’entre-tuer, et les a incités à déclarer licite ce qui est interdit.

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٠٤ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لتُؤَدُّنُ الْحَقُوق إِلَى أَهْلِهَا يَوْمَ الْقِيَامَةِ حَتَّى يُقَادَ لِلشَّاةِ الْجَلْحَاءِ مِنَ الشَّاةِ القرناء – رواه مسلم.

204. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Au Jour de la Résurrection, Allah fera certainement restituer au créancier son dû ; au point que réparation sera demandée pour la brebis dépourvue de cornes auprès de la brebis cornue. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٠٥ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنَّا نَتَحَدِّثُ عَنْ حَجَّةِ الْوَدَاعِ وَالنَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَ أَظْهُرِنَا وَلَا تَدْرِي مَا حَجَّةُ الْوَدَاعِ حَتَّى حَمِدَ اللهَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَاثْنَى عَلَيْهِ ثُمَّ ذَكَرَ الْمَسِيحَ

الدَّجَّالَ فَاطْنَبَ فِي ذِكْرِهِ وَقَالَ مَا بَعَثَ اللَّهُ مِنْ نَبِي إِلَّا أَنْذَرَهُ أَمْتَهُ أَنْدَرَهُ نُوْحُ وَالنَّبِيُّونَ مِنْ بَعْدِهِ وَإِنَّهُ إِنْ يُخْرُجُ فِيكُمْ فَمَا خَفِى عَلَيْكُمْ مِنْ شَانِهِ فَلَيْسَ يَخْفَى عَلَيْكُمْ إِنَّ رَبَّكُمْ لَيْسَ بِأَعْوَرَ وَإِنَّهُ أَعْوَرُ عَيْنِ الْيُمْنَى كَأَنَّ عَيْنَهُ

عِنَبَةٌ طَافِيَةٌ أَلَا إِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَيْكُمْ دِمَاءَكُمْ وَأَمْوَالَكُمْ كَحُرمَةِ يَوْمِكُمْ هَذَا فِي بَلَدِكُمْ هَذَا فِي شَهْرِكُمْ هذا الا هَلْ بَلَغْتُ؟ قَالُوا نَعَمْ قَالَ اللهُمَّ اشْهَدُ ثَلَاثًا وَيْلَكُمْ أَوْ وَتَحَكُمْ أَنْظُرُوا لا تَرْجِعُوا بَعْدِي كُفَّارًا يَضْرِبُ بَعْضُكُمْ رِقَابَ

بعض رواه البخاري وروى مسلم بعضه .

205. Ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée) rapporte : Nous discutions au sujet du Pèlerinage d’Adieu, tandis que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était parmi nous. Nous ne savions pas ce qu’était le Pèlerinage d’Adieu ni pourquoi on l’appelait ainsi. Alors, après avoir loué Allah et chanté Ses louanges, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) parla longuement du Messie Dajjâl. Il dit : « Allah n’a envoyé aucun prophète sans que celui-ci n’ait averti sa communauté du Dajjâl. Noé (que la paix soit sur lui), ainsi que les prophètes venus après lui, ont averti et mis en garde leurs communautés contre lui. Il apparaîtra parmi vous. Son affaire ne vous sera pas cachée. Et il ne vous est pas inconnu que votre Seigneur n’est ni borgne ni aveugle. Le Dajjâl sera borgne de l’œil droit, qui sera gonflé comme un grain de raisin. Prenez garde ! Vos vies et vos biens sont sacrés et inviolables les uns pour les autres, tout comme ce jour-ci est sacré et inviolable, et ce mois-ci est sacré et inviolable. Prenez garde ! Ai-je transmis [le commandement d’Allah] ? » Tous les présents répondirent : « Oui, vous l’avez transmis. » Puis il dit trois fois : « Ô Allah, sois témoin ! » Ensuite, il répéta : « Malheur ou regret ! Écoutez attentivement : après ma disparition, ne retournez pas à la mécréance en vous entretuant les uns les autres. »

L’intégralité de ce hadith a été rapportée par l’imam al-Bukhari, et l’imam Muslim en a rapporté certaines parties.

٢٠٦ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ ظَلَمَ قِيدَ شِبْرٍ مِنَ الْأَرْضِ طُوقَهُ مِنْ سَبْعِ أَرَضِينَ – متفق عليه .

206. Selon Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui s’approprie injustement une parcelle de terre de la largeur d’un empan verra, le Jour de la Résurrection, sept terres suspendues à son cou. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۰۷ – عَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللَّهَ لَيُمْلِيُّ لِلظَّالِمِ فَإِذَا أَخَذَهُ لَمْ يُفْلِتْهُ ثُمَّ قَرَأَ وَكَذَلِكَ أَخْذُ رَبِّكَ إِذَا أَخَذَ الْقُرَى وَهِيَ ظَالِمَةٌ إِنَّ أَخْذَهُ اليم شَدِيدٌ) – متفق عليه .

207. Selon Abou Moussa (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Certes, Allah laisse un délai à l’injuste. Mais lorsqu’Il le saisit, Il ne le laisse plus s’échapper. » Puis il récita ce verset : « Et telle est la saisie de ton Seigneur lorsqu’Il saisit les cités injustes. Sa saisie est certes douloureuse et sévère. » (Sourate Hud : 102)

L’imam al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۰۸ – عَنْ مُعَادٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَعَثَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنَّكَ تَأْتِي قَوْمًا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ فَادْعُهُمْ إِلَى شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنِّي رَسُولُ اللَّهِ فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوا لِذَلِكَ فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللَّهَ قَدِ افْتَرَضَ

عَلَيْهِمْ خَمْسَ صَلَوَاتٍ فِي كُلِّ يَوْمٍ وَلَيْلَةٍ فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوا لِذَلِكَ فَأَعْلِمُهُمْ أَنَّ اللَّهَ قَدِ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ صَدَقَةً تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَائِهِمْ فَتُرَدُّ عَلَى فُقَرَائِهِمْ فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوا لذلِكَ فَإِيَّاكَ وَكَرَائِمَ أَمْوَالِهِمْ وَاتَّقِ دَعْوَةَ الْمَظْلُومِ فَإِنَّهُ لَيْسَ

بَيْنَهَا وَبَيْنَ اللَّهِ حجاب متفق عليه .

208. Il est rapporté de Mu‘âdh (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — m’envoya (en tant que gouverneur du Yémen), il me dit : « Tu vas te rendre auprès d’un peuple appartenant aux gens du Livre. Tu les inviteras à attester ceci : “Il n’y a aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah et je suis le Messager d’Allah.” S’ils acceptent cette invitation, informe-les qu’Allah leur a prescrit cinq prières quotidiennes. S’ils acceptent également cela de ta part, informe-les qu’Allah leur a prescrit la sadaqa (zakât). Elle sera prélevée sur les riches d’entre eux et distribuée à leurs pauvres. S’ils acceptent également cela de ta part, abstiens-toi de choisir leurs meilleurs biens (pour les prendre). Et crains l’invocation (la malédiction) de l’opprimé, car il n’y a aucun voile entre lui et Allah. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۰۹ – عَنْ أَبِي حُمَيْدٍ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ سَعْدِ السَّاعِدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ اسْتَعْمَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَجُلاً مِنَ الْأَزْدِ يُقَالُ لَهُ ابْنُ اللَّتْبِيَّةِ عَلَى الصدقَةِ فَلَمَّا قَدِمَ قَالَ هذا لَكُمْ وَهَذَا أَهْدِى إِلَى فَقَامَ رَسُولُ

اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى الْمِنْبَرِ فَحَمِدَ اللهَ وَاثْنى عَلَيْهِ ثُمَّ قَالَ أَمَّا بَعْدُ فَإِنِّي اسْتَعْمِلُ الرَّجُلَ مِنْكُمْ عَلَى الْعَمَلِ مِمَّا وَلأَنِي اللهُ فَيَأْتِي فَيَقُولُ هُذَا لَكُمْ وَهُذَا هَدِيَّةً أَهْدِيَتْ إلى أَفَلا جَلَسَ فِي بَيْتِ أَبِيهِ أَوْ أُمِّهِ حَتَّى

تَأْتِيَهُ هَدِيَّتُهُ إِنْ كَانَ صَادِقًا وَاللَّهَ لَا يَأْخُذُ أَحَدٌ مِنْكُمْ شَيْئًا بِغَيْرِ حَقِهِ إِلا لَقِيَ اللَّهَ تَعَالَى يَحْمِلُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَلا أَعْرِفَنَّ أَحَدًا مِنْكُمْ لَقِيَ اللَّهَ يَحْمِلُ بَعِيرًا لَهُ رُغَاء أَوْ بَقَرَةً لَهَا خَوَارٌ أَوْ شَاةٌ تَبْعَرُ ثُمَّ رَفَعَ يَدَيْهِ حَتَّى رُؤيَ بَيَاضُ

ابْطَيْهِ فَقَالَ اللَّهُمَّ هَلْ بَلَغْتُ ثَلَاثًا متفق عليه .

209. D’après Abou Houmayd Abd ar-Rahman ibn Sa‘d as-Sa‘idi (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) nomma un homme de la tribu des Abd pour percevoir la zakat. Son

surnom était Ibn al-Lutbiyya. Après être revenu, ayant perçu la zakat, il dit au Prophète : « Ces biens sont pour vous, et ceux-ci m’ont été offerts en cadeau. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue)

se leva sur le minbar et, après avoir loué Allah et fait Son éloge, dit : « Ensuite, parmi les fonctions dont Allah m’a confié la responsabilité, je nomme l’un de vos hommes à une fonction.

Il revient alors me dire : “Ceux-ci sont pour vous, et ceux-ci m’ont été offerts en cadeau.” Pourquoi cet homme ne reste-t-il pas assis dans la maison de son père et de sa mère ? S’il est véridique, son

cadeau lui serait apporté là-bas. Par Allah ! Si l’un de vous prend quelque chose sans en avoir le droit (ou illégalement), il se présentera devant Allah, le Jour de la Résurrection, en le portant. Aussi,

je ne veux voir aucun de vous se présenter devant Allah dans cet état : portant un chameau qui blatère, ou une vache qui meugle, ou une brebis qui bêle. » Le rapporteur dit : Puis il leva ses deux mains si haut que la blancheur de ses aisselles apparut. Il dit : « Ô Allah ! Ai-je transmis Ton commandement ? » Il le répéta trois fois.

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

ى اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ ۲۱۰ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضى كَانَتْ عِنْدَهُ مَظْلِمَةٌ لِأَخِيهِ مِنْ عِرْضِهِ أَوْ مِنْ شَيْءٍ فَلْيَتَحَلَّلَهُ مِنْهُ الْيَوْمَ قَبْلَ أَنْ لا يَكُونَ دِينَارٍ وَلَا دِرْهَمْ إِنْ كَانَ لَهُ عَمَلَ صَالِحٌ أُخِذَ مِنْهُ

بِقَدْرِ مَظْلِمَتِهِ وَإِنْ لَمْ يَكُن لَهُ حَسَنَاتٌ أَخذ مِنْ سَيِّئَاتِ صاحبه فَحُمِلَ عَلَيْه – رواه البخاري.

২১০. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporta : Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Celui qui a une réclamation à faire valoir contre son frère, que ce soit au sujet de son honneur ou de toute autre chose, qu’il lui demande pardon dès aujourd’hui, avant de devenir dépourvu de toute richesse. Sinon, le Jour de la Résurrection, on lui retirera des bonnes actions à hauteur du tort qu’il lui a causé. Et s’il n’a aucune bonne action, on prendra alors des péchés de son adversaire, la personne lésée, et on les ajoutera à son compte, à hauteur de son injustice. »

L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith.

اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى ۲۱۱ – عَنْ عَبْد الله بن اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُسْلِمُ مَنْ سَلِمَ الْمُسْلِمُونَ مِنْ لِسَانِهِ وَيَدِهِ وَالْمُهَاجِرُ مَنْ هَجَرَ مَا نَهَى اللَّهُ عَنْهُ – متفق عليه .

২১১. Abdoullah ibn Amr (qu’Allah les agrée tous deux) rapporta : Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Le musulman est celui dont les autres musulmans sont à l’abri du mal ou du tort de sa langue et de sa main. L’émigré est celui qui abandonne ce qu’Allah a interdit. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

۲۱۲ – وَعَنْهُ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ عَلَى ثَقَلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَجُلٌ يُقَالُ لَهُ كِرْكِرَةً فَمَاتَ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هُوَ فِي النَّارِ فَذَهَبُوا يَنْظُرُونَ إِلَيْهِ فَوَجَدُوا عَبَاءَةً قَدْ غَلَهَا – رواه البخاري .

২১২. Abdoullah ibn Amr (qu’Allah les agrée tous deux) rapporta : Il dit : Un homme nommé Kirkira était chargé des biens du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Lorsqu’il mourut, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : « Il est en Enfer. » Les compagnons se rendirent à son habitation pour en vérifier la raison. Ils y trouvèrent un ‘aba (un vêtement d’une certaine sorte) qu’il avait détourné.
L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith.

۲۱۳ – عَنْ أَبِي بَكْرَةً نُفَيْعِ بْنِ الْحَارِثِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الزَّمَانَ قَدِ اسْتَدَارَ كَهَيْئَتِهِ يَوْمَ خَلَقَ اللَّهُ السَّمَوَاتِ وَالْأَرْضَ السَّنَةُ اثْنَا عَشَرَ شَهْرًا مِنْهَا أَرْبَعَةٌ حُرُمٌ ثَلاثُ مُتَوَالِيَاتٌ ذُو الْقَعْدَةِ

وَذُو الْحِجَّةِ وَالْمُحَرِّمُ وَرَجَبُ مُضَرَ الَّذِي بَيْنَ جُمَادَى وَشَعْبَانَ أَيُّ شَهْرٍ هَذَا ؟ قُلْنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ فَسَكَتَ حَتَّى ظَنَنَّا أَنَّهُ سَيُسَمِّيْهِ بِغَيْرِ اسْمِهِ قَالَ أَلَيْسَ ذَا الْحَجَّةِ قُلْنَا بَلَى قَالَ فَأَيُّ بَلَدٍ هَذَا ؟ قُلْنَا اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ

فَسَكَتَ حَتَّى ظَنَنَّا أَنَّهُ سَيُسَمِّيْهِ بِغَيْرِ اسْمِهِ قَالَ الَيْسَ الْبَلْدَةَ؛ قُلْنَا بَلَى قَالَ فَأَيُّ يَوْمٍ هُذَا ؟ قُلْنَا اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ فَسَكَتَ حَتَّى ظَنَنَّا أَنَّهُ سَيُسَمِيْهِ بِغَيْرِ اسْمه قَالَ اليْسَ يَوْمَ النَّحْرِ ؟ قُلْنَا بَلَى قَالَ فَإِنْ دِمَاءَكُمْ

وَأَمْوَالَكُمْ وَأَعْرَاضَكُمْ عَلَيْكُمْ حَرَامٌ كُحُرُمَةِ يَوْمِكُمْ هذَا فِي بَلَدِكُمْ هَذَا فِي شَهْرِكُمْ هَذَا وَسَتَلْقَوْنَ رَبُّكُمْ فَيَسْأَلُكُمْ عَنْ أَعْمَالِكُمْ أَلَا فَلَا تَرْجِعُوا بَعْدِي كُفَّارًا يُضْرِبُ بَعْضُكُمْ رِقَابَ بَعْضٍ إِلَّا لِيُبَلِّغَ الشَّاهِدُ الْغَائِبَ فَلَعَلَّ بَعْضَ مَنْ

يُبَلِّغُهُ أَنْ يَكُونَ أَوْعَى لَهُ مِنْ بَعْضٍ مَنْ سَمِعَهُ ثُمَّ قَالَ أَلَا هَلْ بَلَغَتُ إِلا هَلْ بَلَغَتُ؟ قُلْنَا نَعَمْ قَالَ اللَّهُمُ اشْهَدْ – متفق عليه .

213. D’après Abou Baksa (qu’Allah l’agrée), le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Depuis le jour où Allah a créé les cieux et la terre, le temps suit son cours selon l’ordre qui lui a été fixé. L’année compte douze mois, dont quatre sont sacrés ; trois d’entre eux se suivent : Dhoul-Qa‘da, Dhoul-Hijja et Mouharram, ainsi que le mois de Rajab de la tribu de Moudar, qui se situe entre Joumada ath-Thaniya et Cha‘ban. » Il demanda : « Quel mois sommes-nous ? » Nous répondîmes : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il garda le silence, et nous pensâmes qu’il allait peut-être lui donner un nouveau nom. Il demanda : « N’est-ce pas le mois de Dhoul-Hijja ? » Nous répondîmes : « Si. » Il demanda : « Quelle ville est-ce ? » Nous répondîmes : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il resta silencieux, et nous pensâmes qu’il allait peut-être lui donner un nouveau nom. Il dit : « N’est-ce pas la ville de La Mecque ? » Nous répondîmes : « Si. » Il demanda : « Quel jour sommes-nous ? » Nous répondîmes : « Allah sait mieux. » Il garda le silence, et nous pensâmes qu’il allait peut-être lui donner un autre nom. Il dit : « N’est-ce pas le jour du sacrifice ? » Nous répondîmes : « Si. » Il dit : « De même que ce jour qui est le vôtre est sacré, que cette ville qui est la vôtre est sacrée et que ce mois qui est le vôtre est sacré, votre sang, vos biens et votre honneur sont également sacrés et inviolables. Vous rencontrerez bientôt votre Seigneur, et Il vous interrogera au sujet de vos œuvres. Prenez garde ! Après ma mort, ne retombez pas les uns dans le sang des autres au point de sombrer dans la mécréance. Que ceux qui sont présents transmettent à ceux qui sont absents. Il se peut en effet que celui à qui le message est transmis le retienne mieux que celui qui l’a transmis. » Puis il demanda : « Ai-je transmis le message ? Ai-je transmis le message ? » Nous répondîmes : « Oui. » Il dit : « Ô Allah, sois-en témoin ! »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

٢١٤ – عَنْ أَبِي أَمَامَةَ إِيَاسِ بْنِ ثَعْلَبَةَ الْحَارِثِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنِ اقْتَطَعَ حَقَّ امْرِئٍ مُسْلِم بِيَمِينِهِ فَقَدْ أَوْجَبَ اللَّهُ لَهُ النَّارَ وَحَرَّمَ عَلَيْهِ الْجَنَّةَ فَقَالَ رَجُلٌ وَإِنْ كَانَ شَيْئًا يَسِيرًا يَا

رَسُولَ اللَّهِ؟ فَقَالَ وَإِنْ كَانَ قَضِيبًا مِنْ أراك – رواه مسلم .

214. D’après Abou Oumâma — qu’Allah l’agrée —, le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — a dit : « Celui qui, par un serment mensonger, s’empare du droit d’un musulman, Allah lui rendra le Feu de l’Enfer obligatoire et lui interdira le Paradis. » Un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, même s’il s’agit d’une chose insignifiante ? » Il répondit : « Même si ce n’est qu’une branche d’un arbre pilou. »

L’imam Mouslim a rapporté ce hadith.

٢١٥ – عَنْ عَدِي بْنِ عُمَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنِ اسْتَعْمَلَنَاهُ مِنْكُمْ عَلَى عَمَلٍ فَكَتَمَنَا مِخْيَطًا فَمَا فَوْقَهُ كَانَ غُلُوْلا يَأْتِي بِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَقَامَ إِلَيْهِ رَجُلٌ أَسْوَدُ مِنَ الْأَنْصَارِ

كَأَنِّي أَنْظُرُ إِلَيْهِ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ اقْبَلْ عَنِّى عَمَلَكَ قَالَ وَمَا لَكَ؟ قَالَ سَمِعْتُكَ تَقُولُ كَذَا وَكَذَا قَالَ وَأَنَا أَقُولُهُ الْآنَ مَنِ اسْتَعْمَلَنَاهُ عَلَى عَمَلٍ فَلْيَجِيْ بِقَلِيْلِهِ وَكَثِيْرِهِ فَمَا أُوتِيَ مِنْهُ أَخَذَ وَمَا نُهِيَ عَنْهُ انْتَهى – رواه مسلم .

215. D’après Adi ibn Oumayra — qu’Allah l’agrée —, il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dire : « Nous avons nommé l’un d’entre vous à une fonction publique. Puis il nous a dissimulé quelque chose de la taille d’une aiguille, ou davantage. Il sera considéré comme un traître et se présentera avec cela le Jour de la Résurrection. » Un homme à la peau noire, appartenant aux Ansar, se leva devant lui et dit : « Ô Messager d’Allah, déchargez-moi de cette responsabilité. » Le narrateur dit : Je peux encore voir cette scène comme si elle se déroulait sous mes yeux. Il demanda : « Qu’as-tu donc ? » L’homme répondit : « Je vous ai entendu dire ceci et cela. » Il dit : « Je le répète encore : nous nommons l’un d’entre vous à une fonction. Il apportera tout ce qu’il aura reçu, qu’il y en ait peu ou beaucoup. Ce qui lui sera attribué, il le prendra, et ce qui lui sera interdit, il s’en abstiendra. »

L’imam Mouslim a rapporté ce hadith.

٢١٦ – عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمَّا كَانَ يَوْمَ خَيْبَرَ أَقْبَلَ نَفَرٌ مِّنْ اصْحَابِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا فُلَانٌ شَهِيدٌ وَفُلَانٌ شَهِيدٌ حَتَّى مَرُّوا عَلَى رَجُلٍ فَقَالُوا فُلانٌ شَهِيدٌ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ

وَسَلَّمَ كَلَا إِنِّي رَأَيْتُهُ فِي النَّارِ فِي بُرْدَةٍ عَلَهَا أَوْ عَبَاءَة – رواه مسلم .

٢١٦. D’après ʿUmar, qu’Allah l’agrée, il dit : Le jour de la bataille de Khaybar, un groupe de compagnons du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, vint le trouver. Ils disaient : « Untel est martyr, untel est martyr. » Ainsi, lorsqu’ils passèrent près d’un homme, ils dirent : « Untel est martyr. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Jamais ! Je le vois en Enfer à cause d’un manteau ou d’une ʿaba (l’ʿaba est un vêtement arabe qui est plus long qu’une sherwani et couvre le corps du cou jusqu’aux pieds) qu’il avait détourné. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۱۷ – عَنْ أَبِي قَتَادَةَ الْحَارِثِ بْنِ رَبَعِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَامَ فِيْهِمْ فَذَكَرَ لَهُمُ أَنَّ الْجِهَادَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَالْإِيْمَانَ بِاللَّهِ أَفْضَلُ الْأَعْمَالِ فَقَامَ رَجُلٌ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَرَأَيْتَ إِنْ قُتِلْتُ

فِي سَبِيلِ اللَّهِ تُكَفِّرُ عَنِّي خَطَايَايَ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَعَمْ إِنْ قُتِلْتَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَأَنْتَ صَابِرٌ مُحْتَسِبٌ مُقْبِلَ غَيْرُ مُدْبِرٍ ثُمَّ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَيْفَ قُلْتَ ؟ قَالَ أَرَأَيْتَ إِنْ قُتِلْتُ

فِي سَبِيلِ اللَّهِ اتَّكَفُرُ عَنِّى خَطَايَايَ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَعَمُ وَأَنْتَ صَابِرٌ مُحْتَسِبٌ مُقْبِلُ غَيْرَ مُدْبِرِ إِلَّا الدِّينَ فَإِنَّ جِبْرِيلَ قَالَ لِي ذَلِكَ – رواه مسلم .

٢١٧. D’après Abou Qatada, qu’Allah l’agrée, le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, se tint parmi eux. Il leur dit : « Le djihad dans le sentier d’Allah et la foi en Allah sont les meilleures œuvres. » Un homme se leva et dit : « Ô Messager d’Allah ! Penses-tu que, si je suis tué dans le sentier d’Allah, mes péchés seront expiés ? » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui répondit : « Oui, si tu es patient, espères la récompense, avances et ne tournes pas le dos. » Puis le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Qu’as-tu dit ? » L’homme répéta : « Que penses-tu : si je suis tué dans le sentier d’Allah, mes péchés seront-ils expiés ? » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Oui, si tu es patient, espères la récompense, avances et ne tournes pas le dos. Mais la dette ne sera pas pardonnée. Jibril me l’a dit. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۱۸ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اتَدْرُونَ مَا الْمُفْلِسُ؟ قَالُوا الْمُفْلِسُ فِينَا مَنْ لَا دِرْهَمَ لَهُ وَلَا مَتَاعَ فَقَالَ إِنَّ الْمُفْلِسُ مِنْ أُمَّتِي مَنْ يَأْتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ بِصَلَاةٍ وَصِيَامٍ وَزَكَاةَ

وَيَأْتِي قَدْ شَتَمَ هذا وَقَذَفَ هذا وأَكَلَ مَالَ هذا وَسَفَكَ دَمَ هذا وَضَرَبَ هَذَا فَيُعْطَى هَذَا مِنْ حَسَنَاتِهِ وَهُذَا مِنْ حَسَنَاتِهِ فَإِنْ فَنِيَتْ حَسَنَاتُهُ قَبْلَ أَنْ يُقْضِيَ مَا عَلَيْهِ أُخِذَ مِنْ خَطَايَاهُمْ فَطَرِحَتْ عَلَيْهِ ثُمَّ طَرِحَ فِي النَّارِ –

رواه مسلم .

218. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — demanda : « Savez-vous qui est le véritable indigent ? » Les Compagnons répondirent : « Chez nous, l’indigent est celui qui ne possède ni biens ni fortune. » Il dit : « Le véritable indigent de ma communauté sera celui qui se présentera le Jour de la Résurrection avec ses prières, ses jeûnes, sa zakât et tous ses autres actes d’adoration, mais qui aura insulté quelqu’un, calomnié quelqu’un, usurpé les biens d’autrui, versé le sang de quelqu’un et frappé quelqu’un — il apportera donc également ces péchés avec lui. Ses bonnes œuvres seront alors distribuées à ceux qu’il aura lésés. Si ses bonnes œuvres s’épuisent avant que les revendications mentionnées ne soient satisfaites, les péchés des plaignants lui seront imputés, puis il sera jeté en Enfer. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۱۹ – عَنْ أُمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّمَا أَنَا بَشَرٌ وَإِنَّكُمْ تَخْتَصِمُونَ إِلَى وَلَعَلَّ بَعْضَكُمْ أَنْ يَكُونَ الْحَنَ بِحُجَّتِهِ مِنْ بَعْضٍ فَاقْضِي لَهُ بِنَحْوِ مَا أَسْمَعُ فَمَنْ قَضَيْتُ لَهُ بِحَقِّ أَخِيهِ فَإِنَّمَا

أَقْطَعُ لَهُ قطعة مِنَ النَّار – متفق عليه. الْحَنَ أَي أَعْلَم.

219. Oumm Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Je ne suis qu’un être humain. Vous venez me soumettre vos différends afin que je les tranche. Il se peut que certains d’entre vous soient plus habiles que leurs adversaires à présenter leurs preuves. Il se peut alors que je rende mon jugement d’après ce que j’aurai entendu de lui. Si, de cette manière, je décide — à son insu — de lui attribuer le droit de son frère, je ne lui aurai donné qu’un morceau de l’Enfer. »

Les imams Al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۲۰ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَنْ يزَالَ الْمُؤْمِنُ فِي فُسْحَةٍ مِنْ دِينِهِ مَا لَمْ يُصِبْ دَما حَرَامًا – رواه البخاري .

220. D’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Le musulman demeure constamment sous protection et en sécurité tant qu’il ne verse pas injustement le sang (tant qu’il ne tue pas injustement quelqu’un). »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

۲۲۱ – عَنْ خَوْلَةَ بِنْتِ عَامِرِ الْأَنْصَارِيَّةِ وَهِيَ امْرَأَةُ حَمْزَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ رِجَالاً يَتَخَوضُونَ فِي مَالِ اللَّهِ بِغَيْرِ حَقٍّ فَلَهُمُ النَّارُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ – رواه البخاري .

221. D’après Khawla bint Amir al-Ansariyya (qu’Allah l’agrée), qui était l’épouse de Hamza (qu’Allah l’agrée), elle a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : “Il y a beaucoup de gens qui dépensent et dilapident illicitement les biens d’Allah (les fonds et richesses publics). Le Jour de la Résurrection, le feu de l’Enfer leur est destiné en châtiment.” » L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

Chapitre 27 — Respecter l’honneur et la dignité des musulmans, leurs droits, et leur témoigner compassion, bienveillance et affection

Respecter l’honneur et la dignité des musulmans, leurs droits, et leur témoigner compassion, bienveillance et affection.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَنْ يُعَظِمْ حُرُمَاتِ اللهِ فَهُوَ خَيْرٌ لَهُ عِنْدَ رَبِّهِ .

Le Très-Haut dit :

« Quiconque respecte les choses sacrées et vénérables établies par Allah, cela sera meilleur pour lui auprès de son Seigneur. » (Sourate Al-Hajj : 30)

 وَقَالَ تَعَالَى : وَمَنْ يُعَظِمْ شَعَائِرَ اللَّهِ فَإِنَّهَا مِنْ تَقْوَى الْقُلُوبِ .

« Quiconque honore les rites d’Allah, cela procède certes de la taqwa des cœurs. » (Sourate Al-Hajj : 32)

وَقَالَ تَعَالَى : وَاخْفِضْ جَنَاحَكَ لِلْمُؤْمِنِينَ

« Abaisse pour les croyants l’aile de ton humilité et de ta douceur. » (Sourate Al-Hijr : 88)

 وَقَالَ تَعَالَى : مَنْ قَتَلَ نَفْسًا بِغَيْرِ نَفْسٍ أَوْ فَسَادٍ فِي الْأَرْضِ فَكَأَنَّمَا قَتَلَ النَّاسَ جَمِيعًا وَمَنْ أَحْيَاهَا فَكَأَنَّمَا أَحْيَا النَّاسَ جَمِيعًا

« Quiconque tue une personne, sans que ce soit en châtiment pour un meurtre ou pour avoir semé la corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué l’humanité entière. Et quiconque sauve la vie d’une personne, c’est comme s’il avait sauvé la vie de l’humanité entière. » (Sourate Al-Maïda : 32)

۲۲۲ – عَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُؤْمِنُ لِلْمُؤْمِنِ كَالْبُنْيَانِ يَشُدُّ بَعْضُهُ بَعْضًا وَشَبِّكَ بَيْنَ أَصَابِعِهِ – متفق عليه.

222. Abou Moussa al-Ach‘ari, qu’Allah l’agrée, rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Le croyant est pour le croyant comme un édifice dont les parties se renforcent mutuellement. » En disant cela, il entrelaça les doigts d’une de ses mains avec ceux de l’autre.

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

۲۲۳ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ مَرَّ فِي شَيْءٍ مِنْ مَسَاجِدِنَا أَوْ أَسْواقِنَا وَمَعَهُ نَبْلٌ فَلْيُمْسِكَ أَوْ لِيُقْبِضُ عَلَى نِصَالِهَا بِكَفِّهِ أَنْ يُصِيبَ أَحَدًا مِّنَ الْمُسْلِمِينَ مِنْهَا بِشَيْءٍ متفق عليه .

223. Abou Moussa al-Ach‘ari, qu’Allah l’agrée, rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Lorsqu’une personne traverse l’une de nos mosquées ou l’un de nos marchés avec des flèches, qu’elle en protège soigneusement les pointes ou les tienne dans le creux de sa main, afin qu’aucun musulman ne risque d’être blessé. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

٢٢٤ – عَنِ النَّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَثَلُ الْمُؤْمِنِينَ فِي تَوَادِهِمْ وَتَرَاحُمِهِمْ وَتَعَاطَفِهِمْ مَثَلُ الْجَسَدِ إِذَا اشتكى منه عضو تداعى لَهُ سَائِرُ الْجَسَد بالسهر والحمى –

متفق عليه .

224. Il est rapporté de Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : En ce qui concerne l’amour réciproque, la compassion et la tendresse, les croyants sont comparables à un seul corps. Lorsqu’une partie du corps est malade, les autres membres le ressentent également, que ce soit à l’état de veille ou dans la fièvre ; ils partagent en toute circonstance les joies et les peines les uns des autres.
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٢٥ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَبْلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْحَسَنَ بْنَ عَلِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا وَعِنْدَهُ الْأَقْرَعُ بْنُ حَابِسِ فَقَالَ الْأَقْرَعُ إِنَّ لِي عَشَرَةٌ مِنَ الْوَلَدِ مَا قَبَّلْتُ مِنْهُمْ أَحَدًا فَنَظَرَ إِلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ مَنْ لا يَرْحَمُ لا يُرْحَمُ – متفق عليه .

225. Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) embrassa Hasan ibn ‘Alî (qu’Allah les agrée tous deux). Al-Aqra‘ ibn Hâbis (qu’Allah l’agrée) était présent auprès de lui. Al-Aqra‘ dit : « J’ai dix enfants, mais je n’ai jamais embrassé aucun d’entre eux. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) le regarda et dit : « Celui qui ne fait pas miséricorde ne recevra pas de miséricorde. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٢٦ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَدِمَ نَاسٌ مِنَ الْأَعْرَابِ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا اتَّقَبِّلُوْنَ صِبْيَانَكُمْ؟ فَقَالَ نَعَمْ قَالُوا لَكِنَّا وَاللَّهِ مَا نُقَبِّلُ فَقَالَ رَسُوْلُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْ أَمْلِكُ إِنْ كَانَ

اللَّهُ نَزَعَ مِنْ قُلُوبِكُمُ الرَّحْمَةَ؟ متفق عليه.

226. Il est rapporté de ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) qu’elle dit : Quelques Bédouins arabes vinrent voir le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui demandèrent : « Embrassez-vous vos jeunes enfants ? » Il répondit : « Oui. » Ils dirent : « Par Allah ! Nous, nous ne les embrassons pas. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Que puis-je faire pour vous si Allah a retiré la miséricorde et la compassion de vos cœurs ? » L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۲۷ – عَنْ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ لَا يَرْحَمُ النَّاسَ لَا يَرْحَمُهُ اللهُ – متفق عليه .

227. Jâbir ibn Abd Allah (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Celui qui ne fait pas miséricorde aux gens, Allah ne lui fait pas miséricorde. » L’imam Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۲۸- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذا صَلَّى أَحَدُكُمْ لِلنَّاسِ فَلْيُخَفِّفْ فَإِنَّ فِيهِمُ الضَّعِيفَ وَالسَّقِيمَ وَالْكَبِيرَ وَإِذَا صَلَّى أَحَدُكُمْ لِنَفْسِهِ فَلْيَطُولُ مَا شَاءَ – متفق عليه وَفِي رِوَايَةٍ

وَذَا الْحَاجَةِ .

228. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Lorsque l’un de vous dirige les gens dans la prière, qu’il l’abrège, car il peut y avoir parmi eux une personne faible, malade ou âgée. Lorsque l’un de vous prie seul, qu’il peut prolonger la prière autant qu’il le souhaite. »

L’imam Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est également fait mention de « la personne occupée ou dans le besoin ».

۲۲۹ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ إِنْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيَدْعُ الْعَمَلَ وَهُوَ يُحِبُّ أَنْ يُعْمَلَ بِهِ خَشْيَةَ أَنْ يُعْمَلَ بِهِ النَّاسُ فَيُفْرَضَ عليهم. متفق عليه.

229. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : Bien qu’il eût un désir ardent d’accomplir certaines œuvres cultuelles, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, les délaissait par crainte que les gens, en l’imitant, ne se mettent à les accomplir régulièrement et qu’elles ne leur soient alors rendues obligatoires.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۳۰ – وَعَنْهَا رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَتْ نَهَاهُمُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْوِصَالِ رَحْمَةً لَهُمْ فَقَالُوا إِنَّكَ تُوَاصِلُ؟ قَالَ إِنِّي لَسْتُ كَهَيْئَتِكُمْ إِنِّي أَبِيْتُ يُطْعِمُنِي رَبِّي وَيَسْقِينِي – متفق عليه مَعْنَاهُ يَجْعَلُ فِي قُوَّةً مَنْ أَكَلَ

وَشَرِبَ .

230. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : Le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui), par compassion pour les Compagnons, leur interdit de pratiquer le « sawm al-wisâl » [Le sawm al-wisâl désigne le fait de jeûner plusieurs jours consécutifs en ne consommant que très peu de nourriture et de boisson]. Ils lui demandèrent : « Mais vous, vous le pratiquez ? » Il répondit : « Je ne suis pas comme vous. Je passe la nuit, et mon Seigneur me nourrit et m’abreuve (c’est-à-dire qu’Il me donne la force comme à une personne qui mange et boit). »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۳۱ – عَنْ أَبِي قَتَادَةَ الْحَارِثِ بْنِ رِبْعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنِّي لَأَقُومُ إِلَى الصَّلاةِ وَأُرِيدُ أَنْ أَطُولَ فِيْهَا فَأَسْمَعُ بُكَاءَ الصَّبِيِّ فَاتَجُوزُ فِي صَلَاتِي كَرَاهِيَةً أَنْ أَشُقِّ عَلَى أُمِّهِ – رواه

البخاري .

231. D’après Abou Qatada (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Je me lève pour prier avec l’intention de prolonger la prière. Mais j’entends les pleurs d’un enfant et, craignant que cela ne bouleverse sa mère, j’abrège ma prière. »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

۲۳۲ – عَنْ جُنْدَبِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ صَلَّى صَلَاةَ الصُّبْحِ فَهُوَ فِي ذِمَّةِ اللَّهِ فَلَا يَطْلُبَنَّكُمُ اللَّهُ مِنْ ذِمَّتِهِ بِشَيْءٍ فَإِنَّهُ مَنْ يُطْلَبُهُ مِنْ ذِمَّتِهِ بِشَيْ مُدْرِكَهُ ثُمَّ يَكُبُهُ عَلَى

وَجْهِهِ فِي نَارِ جهَنَّمَ – رواه مسلم.

232. Il est rapporté de Jundub ibn Abd Allah — qu’Allah l’agrée — qu’il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui accomplit la prière de l’aube (fajr) se trouve sous la protection d’Allah (vous devez donc rester dans cet état). Prenez garde qu’Allah ne vous demande des comptes au sujet de Sa protection. Car s’Il veut saisir quelqu’un au sujet de Sa protection, Il le pourra, puis le jettera face contre terre dans l’Enfer. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۳۳ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُسْلِمُ أَخُو الْمُسْلِمِ لَا يَظْلِمُهُ وَلَا يُسْلِمُهُ مَنْ كَانَ فِي حَاجَةٍ أَخِيهِ كَانَ اللَّهُ فِي حَاجَتِهِ وَمَنْ فَرِّجَ عَنْ مُسْلِمٍ كُرْبَةٌ فَرَجَ اللهُ عَنْهُ بِهَا كُرْبَةٌ

مِنْ كُرَبِ يَوْمِ الْقِيَامَةِ وَمَنْ سَتَرَ مُسْلِمًا سَتَرَهُ اللهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ – متفق عليه .

233. Il est rapporté d’Ibn Umar — qu’Allah les agrée tous deux — que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Le musulman est le frère du musulman. Il ne lui fait pas injustice et ne le livre pas à l’ennemi. Celui qui s’efforce de satisfaire le besoin de son frère musulman, Allah satisfait son besoin. Celui qui soulage un musulman d’une difficulté ou d’une peine, Allah le soulagera en retour d’une partie de ses difficultés et de ses épreuves au Jour de la Résurrection. Celui qui dissimule le défaut d’un musulman, Allah dissimulera son défaut au Jour de la Résurrection. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٣٤ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُسْلِمُ أَخُو الْمُسْلِمِ لَا يَخُونُهُ وَلَا يَكْذِبُهُ وَلَا يَخْذُلُهُ كُلُّ الْمُسْلِمِ عَلَى الْمُسْلِمِ حَرَامٌ عِرْضُهُ وَمَالُهُ وَدَمُهُ التَّقوى هُهُنَا بِحَسْبِ امْرِئٍ مِنَ

الشَّرِّ أَنْ يُحْفِرَ أَخَاهُ المسلم – رواه الترمذى. وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.

234. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le musulman est le frère du musulman. Il ne le trahira pas, ne lui mentira pas et ne l’humiliera pas. L’honneur, les biens et le sang de chaque musulman sont sacrés pour tous les autres musulmans. » (Il indiqua sa poitrine et dit 🙂 « La taqwa est ici. » Il suffit à un homme d’être considéré comme vil qu’il haïsse son frère musulman et le rabaisse.

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hassan. »

٢٣٥ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تَحَاسَدُوا وَلَا تَنَاجَشُوا وَلَا تَبَاغَضُوا وَلَا تَدَابَرُوا وَلَا يَبِعْ بَعْضُكُمْ عَلَى بَيْعِ بَعْضٍ وَكُونُوا عِبَادَ اللهِ إِخْوَانًا الْمُسْلِمُ أَخُو الْمُسْلِمِ لَا يَظْلِمُهُ وَلَا يَحْقِرُهُ وَلَا يَخْذُلُهُ

التَّقْوَى هُهُنَا وَيُشِيرُ إِلَى صَدْرِهِ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ بِحَسْبِ امْرِئٍ مِنَ الشَّرِّ أَنْ يُحْقِرَ أَخَاهُ الْمُسْلِمَ كُلُّ الْمُسْلِمِ عَلَى الْمُسْلِمِ حَرَامٌ دَمُهُ وَمَالُهُ وَعِرْضُهُ – رواه مسلم النَّجَسُ أَنْ يُزِيدَ فِي ثَمَن سِلْعَةٍ يُنَادَى عَلَيْهَا فِي السُّوقِ

وَنَحوه وَلَا رَغْبَةً لَهُ فِي شرَائِهَا بَلْ يَقْصِدُ أَنْ يَغُرَّ غَيْرَهُ وَهَذَا حَرَامٌ وَالتَّدَابُرُ أَنْ يُعْرِضَ عَنِ الْإِنْسَانِ وَيَهْجَرَهُ وَيَجْعَلَهُ كَالشئ الذي وراء الظهر والدبر .

235. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Ne vous enviez pas les uns les autres, ne pratiquez pas le najsh (le fait de faire semblant d’être un acheteur et d’augmenter le prix des marchandises devant l’acheteur véritable, de sorte que celui-ci, trompé, soit contraint de les acheter à un prix plus élevé ; cette pratique est interdite). Ne vous haïssez pas, ne vous tournez pas le dos les uns aux autres et ne surenchérissez pas sur la vente d’un autre. Ô serviteurs d’Allah, soyez frères. Le musulman est le

frère du musulman. Il ne lui fait pas subir d’injustice, ne le méprise pas et ne l’humilie pas. La piété est ici. » Il répéta cela trois fois en faisant signe vers sa poitrine. Il suffit à un homme, pour être considéré comme mauvais, qu’il méprise et dédaigne son frère musulman. Le sang — c’est-à-dire la vie —, les biens et l’honneur de tout musulman sont sacrés pour les autres musulmans.

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٣٦ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يُؤْمِنُ أَحَدُكُمْ حَتَّى يُحِبُّ لأَخِيهِ مَا يُحِبُّ لِنَفْسِهِ – متفق عليه .

236. Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Aucun d’entre vous ne sera véritablement croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۳۷ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْصُرُ أَخَاكَ ظَالِمًا أَوْ مَظْلُومًا فَقَالَ رَجُلٌ يَا رَسُولَ اللهِ أَنْصُرُهُ إِذَا كَانَ مَظْلُومًا أَرَأَيْتَ إِنْ كَانَ ظَالِمًا كَيْفَ أَنْصُرُهُ؟ قَالَ تَحْجُرُهُ أَوْ تَمْنَعُهُ مِنَ الظَّلْمِ فَإِنَّ ذَلِكَ نَصْرُهُ – رواه

البخاري .

237. Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Secours ton frère, qu’il soit injuste ou victime d’une injustice. » Un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, s’il est victime d’une injustice, je le secourrai. Mais s’il est injuste, comment le secourrai-je ? » Il répondit : « Empêche-le de commettre l’injustice, retiens-le. Voilà comment tu le secoures. »
L’imam Al-Boukhari a rapporté ce hadith.

۲۳۸- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ حَقُّ الْمُسْلِمِ عَلَى الْمُسْلِمِ خَمْسٌ رَدُّ السَّلامِ وَعِيَادَةُ الْمَرِيضِ وَاتَّبَاعُ الْجَنَائِزِ وَأَجَابَةُ الدَّعْوَةِ وَتَشْمِيْتُ الْعَاطِس – متفق عليه

وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ حَقُّ الْمُسْلِمِ مِنْ إِذَا لَقِيتَهُ فَسَلِّمْ عَلَيْهِ وَإِذَا دَعَاكَ فَأَجِبُهُ وَإِذَا اسْتَنضَحَكَ فَانْصَحْ لَهُ وَإِذَا عَطَسَ فَحَمِدَ اللَّهَ فَشَمِتْهُ وَإِذَا مَرِضَ فَعُدْهُ وَإِذَا مَاتَ فَاتَّبِعُهُ .

238. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le préserve, a dit : « Le musulman a cinq droits sur son frère musulman : répondre au salut, rendre visite au malade, assister aux funérailles, accepter l’invitation et répondre à l’éternuement (en disant : yarhamukallah). »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Les musulmans ont six droits les uns sur les autres : lorsque tu le rencontres, tu le salues ; s’il t’invite, tu acceptes son invitation ; s’il te demande un conseil (ou un avis), tu le conseilles ; s’il éternue et dit al-hamdou lillah (toute louange revient à Allah), tu lui réponds : yarhamukallah (qu’Allah te fasse miséricorde) ; s’il tombe malade, tu lui rends visite ; et s’il meurt, tu assistes à ses funérailles. »

۲۳۹ – عَنْ أَبِي عُمَارَةَ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ آمَرَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِسَبْعٍ وَنَهَانَا عَنْ سَبْعِ أَمَرَنَا بِعِبَادَةِ الْمَرِيضِ وَاتَّبَاعِ الْجَنَازَةِ وَتَشْمِيْتِ الْعَاطِسِ وَإِبْرَارِ الْمُقْسِمِ وَنَصْرِ الْمَظْلُومِ وَإِجَابَةِ

الدَّاعِي وانشاء السلامِ وَنَهَانَا عَنْ خَوَاتِيمِ أَوْ تَخَتُم بِالذَّهَبِ وَعَنْ شُرْبِ بِالْفِضَّةِ وَعَنِ الْمَيَائِرِ الْحُمْرِ وَعَنِ الْقَسِيِّ وَعَن لَبْسُ الْخَرِيرِ وَالْاسْتَبْرَقِ وَالدِّيباج متفق عليه وفي رواية وإِنْشَادِ الضَّالَّةِ فِي السَّبْعِ الأولِ الْمَيَائِرُ بِيَاء

مُثَنَّاةٍ قَبْلَ الْأَلِفِ وَثَاء مُثَلَّثَةٍ بَعْدَهَا وَهِيَ جَمْعُ مَبْشَرَةٍ وَهِيَ شَيْ يُتَّخَذُ مِنْ حَرِيْرٍ وَيُحْشَى قُطْنًا أَوْ غَيْرَهُ وَيُجْعَلُ فِي السَّرْجِ وَكُورِ الْبَعِيرِ يَجْلِسُ عَلَيْهِ الرَّاكِبُ وَالْقَسِي بِفَتْحِ الْقَافِ وكشرِ السِّينِ الْمُهْمَلَةَ الْمُشَدِّدَةِ وَهِيَ

ثِيَابٌ تُنْسَجُ مِنْ حَرِيْرٍ وَكَتَانٍ مُخْتَلِطَيْنِ وَإِنْشَادُ الضَّالَّةِ تَعْرِيقُهَا .

239. D’après Al-Barā’ ibn ʿĀzib (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous a ordonné de faire sept choses et de nous abstenir de sept autres. Il nous a ordonné : de prendre soin des malades, de participer aux funérailles, de répondre à celui qui éternue, de tenir les serments ou les engagements, de venir en aide à l’opprimé, d’accepter l’invitation de celui qui invite et de répandre largement le salām. Il nous a interdit : de porter ou de fabriquer des bagues en or, de boire dans des récipients en argent, de nous asseoir sur des coussins de soie rouges [en Arabie, il était courant de fabriquer ce genre de coussins pour s’asseoir sur le dos des chevaux et des chameaux] ; ainsi que de porter des vêtements en qassī (étoffe), des vêtements de soie et du dibāj.

L’imam Al-Bukhārī et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, parmi les sept premières choses, l’ordre de faire proclamer la découverte d’un objet perdu remplace celui de tenir les serments.

Sens des termes :المياثر étoffe fabriquée à partir d’un mélange de soie et de fil, étendue sur la selle d’un chameau ou d’un cheval. نسى étoffe fabriquée à partir d’un mélange de soie et de coton. دیباج une sorte de vêtement de soie.

Section 28 – Garder cachés les défauts et les manquements du musulman et ne pas les divulguer sans nécessité

Garder cachés les défauts et les manquements du musulman et ne pas les divulguer sans nécessité.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ الَّذِينَ يُحِبُّونَ أَنْ تَشِيعَ الْفَاحِشَةُ فِي الَّذِينَ آمَنُوا لَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ .

Le Très-Haut dit :

« Ceux qui aiment que la turpitude et l’indécence se répandent parmi les croyants auront un châtiment douloureux ici-bas et dans l’au-delà. » (Sourate An-Nūr, 19)

٢٤٠ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَسْتُرُ عَبْدٌ عَبْدًا فِي الدُّنْيَا إِلا سَتَرَهُ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ – رواه مسلم .

240. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Tout serviteur qui dissimule les défauts d’un autre serviteur dans ce bas monde, Allah dissimulera ses défauts le Jour de la Résurrection. »

Ce hadith a été rapporté par l’imam Muslim.

٢٤١ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ كُلُّ أُمَّتِي مُعَافَى إِلا الْمُجَاهِرِينَ وَإِنَّ مِنَ الْمُجَاهَرَةِ أَنْ يُعْمَلَ الرَّجُلُ بِاللَّيْلِ عَمَلًا ثُمَّ يُصْبِحَ وَقَدْ سَتَرَهُ اللهُ عَلَيْهِ فَيَقُولُ يَا فُلانُ عَمِلْتُ الْبَارِحَةَ كَذَا وَكَذَا وَقَدْ

بَاتَ الله عنه يَسْتُرُهُ رَبُّهُ وَيُصْبِحُ يَكْشِفُ سِتْرَ الله . – متفق عليه .

241. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Tous les membres de ma communauté seront pardonnés, sauf ceux qui divulguent leurs fautes. La divulgation des fautes consiste en ceci : un homme commet pendant la nuit une mauvaise action. Allah la dissimule. Puis, au matin, il dit lui-même : “Ô untel ! J’ai fait telle et telle chose la nuit dernière.” Pourtant, il avait passé la nuit alors qu’Allah avait dissimulé ses actes, et au matin il a levé le voile qu’Allah avait placé sur eux. »

Ce hadith a été rapporté par les imams al-Bukhârî et Muslim.

٢٤٢ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا زَنَتِ الْآمَةُ فَتَبَيِّنَ زِنَاهَا فَلْيَجْلِدُهَا الْحَد وَلا يُشَرِبْ عَلَيْهَا ثُمَّ إِنْ زَنَتِ الثَّانِيَةَ فَلْيَجْلِدُهَا الْحَدِّ وَلَا يُشَرِّبُ عَلَيْهَا ثُمَّ إِنْ زَنَتِ الثَّالِثَةَ فَلْيَبِعُهَا وَلَوْ بِحَبْلٍ مِنْ شَعْر – متفق

عليه التقريب التوبيخ.

242. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Si une femme esclave commet la fornication et que cela est prouvé, la peine légale doit lui être appliquée, mais elle ne doit être ni intimidée ni réprimandée. Si elle commet de nouveau la fornication et que cela est prouvé, la peine légale doit lui être appliquée, mais elle ne doit être ni intimidée ni réprimandée. Si elle commet la fornication une troisième fois, qu’elle soit alors vendue, même en échange d’une corde en fibres. » [Si une esclave commet la fornication, sa peine légale est de cinquante coups de fouet ; si elle la commet une deuxième fois, elle doit subir la même peine. Lors de la vente, l’acheteur doit être informé de son caractère.]

L’imam al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٤٣ – وَعَنْهُ قَالَ أَتِيَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِرَجُلٍ قَدْ شَرِبَ خَمْرًا قَالَ اضْرِبُوهُ قَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فَمِنَّا الضَّارِبُ بِيَدِهِ وَالضَّارِبُ بِنَعْلِم والضَّارِبُ بِشَوْبِهِ فَلَمَّا انْصَرَفَ قَالَ بَعْضُ الْقَوْمِ أَخْزَاكَ اللَّهُ قَالَ لَا تَقُوْلُوْا

هَكَذَا ولا تُعينُوا عَلَيْه الشيطان – رواه البخاري .

243. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un homme qui avait bu du vin fut amené au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Celui-ci ordonna : « Frappez-le. » Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) dit : Certains d’entre nous le frappèrent de la main, d’autres avec leurs chaussures et d’autres avec leurs vêtements. Lorsqu’il s’en retournait, quelques personnes lui dirent : « Qu’Allah t’humilie ! » Le Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ne dites pas cela, et ne donnez pas à Satan la victoire sur lui. »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

Paragraphe 29 – Aider à satisfaire le besoin d’un musulman

Aider à satisfaire les besoins d’un musulman.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَافْعَلُوا الْخَيْرَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ .

Allah le Très-Haut dit :

« Accomplissez les bonnes œuvres, afin que vous réussissiez. » (Sourate Al-Hajj : 77)

٢٤٤ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُسْلِمُ أَخُو الْمُسْلِمِ لَا يَظْلِمُهُ وَلَا يُسْلِمُهُ مَنْ كَانَ فِي حَاجَةٍ أَخِيهِ كَانَ اللَّهُ فِي حَاجَتِهِ وَمَنْ فَرِّجَ عَنْ مُسْلِمٍ كُرْبَةً فَرْجَ اللهُ عَنْهُ بِهَا كُرْبَةً

مِنْ كُرَبِ يَوْمِ الْقِيَامَةِ وَمَنْ سَتَرَ مُسْلِمًا سَتَرَهُ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ – متفق عليه .

244. Ibn Umar, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Le musulman est le frère du musulman. Il ne lui fera pas de tort et ne le livrera pas à l’ennemi. Celui qui s’efforce de satisfaire le besoin de son frère musulman, Allah satisfera son besoin. Celui qui soulage un musulman d’une difficulté (ou d’un malheur), Allah lui ôtera en échange une part de ses peines et de ses épreuves le Jour de la Résurrection. Celui qui dissimule le défaut d’un musulman, Allah dissimulera ses défauts le Jour de la Résurrection. »

L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٤٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ نَفْسَ عَنْ مُؤْمِن كُرْبَةً مِنْ كُرَبِ الدُّنْيَا نَفْسَ اللَّهُ عَنْهُ كُرْبَةً مِنْ كُرَبِ يَوْمِ الْقِيَامَةِ وَمَنْ يَسْرَ عَلَى مُعْسِرٍ يَسْرَ اللهُ عَلَيْهِ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ

وَمَنْ سَتَرَ مُسْلِمًا سَتَرَهُ اللهُ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ وَاللَّهُ فِي عَوْنِ الْعَبْدِ مَا كَانَ الْعَبْدُ فِي عَوْنِ أَخِيهِ وَمَنْ سَلَكَ طَرِيقًا يَلْتَمِسُ فِيهِ عِلْمًا سَهْلَ اللهُ لَهُ بِهِ طَرِيقًا إِلَى الْجَنَّةِ وَمَا اجْتَمَعَ قَوْمٌ في بَيْتِ مِنْ بُيُوتِ اللهِ تَعَالَى يَتْلُونَ

كِتَابَ اللَّهِ وَيَتَدَارَسُونَهُ بَيْنَهُمْ إِلَّا نَزَلَتْ عَلَيْهِمُ السَّكِينَةُ وَغَشِبَتْهُمُ الرَّحْمَةُ وَحَفْتُهُمُ الْمَلَائِكَةُ وَذَكَرَهُمُ اللَّهُ فِيْمَنْ عِنْدَهُ وَمَنْ بَطَأَ بِهِ عَمَلَهُ لَمْ يُسْرِعْ بِهِ نَسَبُهُ – رواه مسلم .

245. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui soulage un musulman d’une des difficultés de ce monde, Allah le soulagera d’une de ses grandes difficultés le Jour de la Résurrection. Celui qui allège la détresse d’un nécessiteux, Allah allégera sa détresse ici-bas et dans l’au-delà. Celui qui dissimule le défaut d’un musulman, Allah dissimulera son défaut ici-bas et dans l’au-delà. Tant que le serviteur aide son frère musulman, Allah continue également de l’aider. Celui qui emprunte un chemin à la recherche de la connaissance, Allah lui facilitera un chemin vers le Paradis. Lorsque des gens se réunissent dans l’une des maisons d’Allah pour réciter le Livre d’Allah et l’étudier ensemble, la paix et la quiétude descendent sur eux, la miséricorde et la grâce les couvrent, les anges les entourent et Allah les mentionne auprès de ceux qui sont auprès de Lui. Celui dont les œuvres le retardent ne sera pas avancé par la noblesse de sa lignée. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Chapitre 30 – L’intercession ou la recommandation

L’intercession ou la recommandation.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : مَنْ يُشْفَعْ شَفَاعَةٌ حَسَنَةٌ يُكُنْ لَهُ نَصِيبٌ مِنْهَا

Allah, le Très-Haut, dit :

« Quiconque intercède en faveur d’une bonne œuvre en aura une part, et quiconque intercède en faveur d’une mauvaise œuvre en aura une part. » (Sourate An-Nisâ’, 85)

٢٤٦ – عَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا آتَاهُ طَالِبُ حَاجَةٍ أَقْبَلَ عَلَى جُلَسَائِهِ فَقَالَ اشْفَعُوا تُؤْجَرُوا وَيَقْضِيَ اللَّهُ عَلَى لِسَانِ نَبِيِّهِ مَا أَحَبِّ – متفق عليه وفي رواية ما

شاء .

246. D’après Abû Mûsâ al-Ach‘arî (qu’Allah l’agrée), il dit : Lorsqu’un nécessiteux venait trouver le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, celui-ci attirait l’attention des personnes présentes et disait : « Intercédez, vous serez récompensés. Allah fait exprimer par la bouche de Son Prophète ce qu’Il aime. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « ce qu’Il veut ».

٢٤٧ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا فِي قِصَّةِ بَرِيرَةً وَزَوْجِهَا قَالَ قَالَ لَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَوْ رَاجَعْتِهِ؟ قَالَتْ يَا رَسُولَ اللَّهِ تَأْمُرُنِي؟ قَالَ إِنَّمَا اشْفَعُ قَالَتْ لَا حَاجَةً لِي فِيهِ – رواه البخاري .

247. D’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrée tous deux), au sujet de l’histoire de Barîra et de son mari, il dit : Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui dit, à elle : « Si tu souhaites le reprendre [Barîra et son mari Mughîth étaient tous deux esclaves. ‘Â’icha (qu’Allah l’agrée) acheta Barîra et l’affranchit, tandis que son mari était encore esclave. Barîra obtint ainsi le droit de choisir (option) de rompre le lien conjugal et décida de quitter Mughîth. Mais le pauvre Mughîth était fou d’amour pour elle]… » Barîra dit : « Ô Messager d’Allah ! Est-ce un ordre que vous me donnez ? » Il répondit : « Je ne fais que recommander et te demander [Le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait deux aspects : l’un était son statut prophétique, l’autre sa qualité personnelle. En tant que Prophète, les ordres qu’il donnait étaient inviolables, obligatoires et devaient être suivis sans réserve. Il n’y avait aucune place pour une considération personnelle dans le fait de les accepter ou non. Lorsque le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit à Barîra de reprendre Mughîth, elle lui demanda si c’était un ordre qu’il lui donnait, car s’il s’agissait d’un ordre, elle devait nécessairement s’y conformer.
En tant que membre de la société, il exprimait également, sur la base de l’expérience humaine, des conseils, des propositions, des intentions et des recommandations qui n’avaient aucun rapport avec la Révélation. La communauté avait le droit de les examiner et de décider de les accepter ou non. C’est pourquoi, dans les affaires personnelles, le Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait : « Je ne suis qu’un être humain comme vous. » Le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’avait pas ordonné à Barîra de reprendre son mari ; il le lui avait personnellement demandé, mais Barîra n’en tint pas compte] ». Barîra dit : « Je n’ai pas besoin de lui. » L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.

Chapitre 31 : Établir la réconciliation entre les gens

Établir la réconciliation entre les gens.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : لَا خَيْرَ فِي كَثِيرٍ مِنْ نَجْوَاهُمْ إِلَّا مَنْ أَمَرَ بِصَدَقَةٍ أَوْ مَعْرُوفِ أَوْ اصلاح بَيْنَ النَّاسِ .

Le Très-Haut dit :

« Il n’y a généralement aucun bien dans leurs conciliabules secrets. Toutefois, celui qui recommande secrètement de faire l’aumône, d’accomplir une bonne action ou de réconcilier les gens entre eux, celui-là fait certainement le bien. » (Sourate An-Nisâ : 114)

وَقَالَ تَعَالَى : وَالصُّلْحُ خَيْرٌ .

« La réconciliation est toujours préférable. » (Sourate An-Nisâ : 128)

وَقَالَ تَعَالَى : فَاتَّقُوا اللَّهَ وَأَصْلِحُوا ذَاتَ بَيْنِكُمْ .

« Craignez Allah et rétablissez vos relations mutuelles. » (Sourate Al-Anfâl : 1)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ فَأَصْلِحُوا بَيْنَ أَخَوَيْكُمْ .

« Les croyants sont frères les uns des autres. Réconciliez donc vos frères et rétablissez convenablement leurs relations mutuelles. » (Sourate Al-Hujurât : 10)

٢٤٨- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُلُّ سلامى مِنَ النَّاسِ عَلَيْهِ صَدَقَةٌ كُلَّ يَوْمٍ تَطْلُعُ فِيهِ الشَّمْسُ تَعْدِلُ بَيْنَ الْإِثْنَيْنِ صَدَقَةً وَتُعِينُ الرَّجُلَ فِي دَابَّتِهِ فَيَحْمِلُهُ عَلَيْهَا أَوْ تَرْفَعُ لَهُ

عَلَيْهَا مَتَاعَهُ صَدَقَةً وَالْكَلِمَةُ الطَّيِّبَةُ صَدَقَةٌ وَبِكُلِّ خَطْوَةٍ يَمْشِيْهَا إِلى الصَّلاةِ صَدَقَةٌ وَيُمِيطُ الْأَذَى عَنِ الطَّرِيقِ صَدَقَةٌ متفق عليه ومعنى وَتَعْدِلُ بَيْنَهُمَا تُصْلِحُ بَيْنَهُمَا بِالْعَدْلِ .

248. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Chaque jour où le soleil se lève, chaque articulation du corps humain doit faire l’aumône. Réconcilier équitablement deux personnes est considéré comme une aumône. Aider quelqu’un à monter sur sa monture ou charger ses biens et ses bagages sur sa monture est considéré comme une aumône. Une parole pure et bonne est comptée comme une aumône. Chaque pas accompli pour se rendre à la prière est considéré comme une aumône, et enlever de la route ce qui est nuisible est également considéré comme une aumône.
L’imam Al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٤٩ – عَنْ أُمِّ كُلْثُومٍ بِنْتِ عُقْبَةَ بْنِ أَبِي مُعِيطٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَيْسَ الْكَذَابُ الَّذِي يُصْلِحُ بَيْنَ النَّاسِ فَيَنْمِي خَيْرًا أَوْ يَقُولُ خَيْرًا – متفق عليه

وَفِي رِوَايَةِ مُسْلِمِ زِيَادَةً قَالَتْ وَلَمْ أَسْمَعْهُ يُرَخِّصُ فِي شَيْءٍ مِمَّا يَقُولُهُ النَّاسُ إِلَّا في ثلاث تَعْنِي الْحَرْبَ وَالْإِصْلاحَ بَيْنَ النَّاسِ وَحَدِيثَ الرَّجُلِ امْرَأَتَهُ وَحَدِيثَ الْمَرْأَة زَوْجَهَا

249. D’après Umm Kulthum (qu’Allah l’agrée), elle dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Celui qui réconcilie deux personnes en conflit au moyen de paroles mensongères, dans le but de réaliser un bien, n’est pas considéré comme menteur. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version de Muslim, il est également rapporté : elle (Umm Kulthum) dit : Je l’ai entendu (le Prophète) autoriser le mensonge uniquement dans trois cas : réconcilier deux parties en conflit au moyen de paroles mensongères ; mentir au sujet de la guerre ; et recourir au mensonge dans les propos échangés entre l’épouse et son mari, ainsi qu’entre le mari et son épouse [L’autorisation de recourir au mensonge n’est pas accordée ici dans toutes les affaires des époux. Sinon, le doute et la suspicion s’introduiraient dans leur relation, ce qui leur serait gravement préjudiciable. En revanche, il n’est pas répréhensible de recourir au mensonge dans les affaires importantes entre époux, qui approfondissent leur relation, la préservent de la rupture, et dans d’autres affaires semblables].

٢٥٠ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صَوْتَ خُصُومٍ بِالْبَابِ عَالِيَةُ أَصْوَاتُهُمَا وَإِذَا أَحَدُهُمَا يَسْتَوْضِعُ الْآخَرَ وَيَسْتَرْفِقُهُ فِي شَيْءٍ وَهُوَ يَقُولُ وَاللهِ لا أَفْعَلُ فَخَرَجَ عَلَيْهِمَا رَسُولُ اللَّهِ

صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَيْنَ الْمُتَالِى عَلَى اللهِ لا يَفْعَلُ الْمَعْرُوفَ فَقَالَ أَنَا يَا رَسُولَ اللهِ فَلَهُ أَى ذلك أحب متفق عليه مَعنَى يَسْتَوْضِعُهُ يَسْأَلُهُ أَنْ يَضَعَ عَنْهُ بَعْضَ دَيْنِهِ وَيَسْتَرْفِقُهُ يَسْأَلُهُ الرِّفْقَ وَالْمُتَالِي الْخَالِفُ .

250. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) entendit, depuis l’extérieur de la porte de sa maison, le bruit d’une dispute. Leurs voix s’étaient élevées au plus haut point. L’un d’eux, l’emprunteur, suppliait l’autre de lui remettre une partie de sa dette et de lui faire grâce. L’autre, le créancier, disait : « Par Allah, je ne pourrai pas le faire. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) sortit alors à leur rencontre et dit : « Où est celui qui jure par Allah qu’il ne veut pas dire une parole de bien ? » Il répondit : « C’est moi, ô Messager d’Allah ! Il sera fait comme il le souhaite » (c’est-à-dire : j’accepterai ce que dira l’emprunteur).

L’imam al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٥١ – عَنْ أَبِي الْعَبَّاسِ سَهْلِ بْنِ سَعْدِ السَّاعِدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَلَغَهُ أَنْ بَنِي عَمْرِو بْنِ عَوْفٍ كَانَ بَيْنَهُمْ شَرِّ فَخَرَجَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُصْلِحُ بَيْنَهُمْ فِي أَنَاسِ مَعَهُ

فَحُبِسَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَحَانَتِ الصَّلاةُ فَجَاءَ بِلال إلى أَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَقَالَ يَا أَبَا بَكْرٍ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ حُبِسَ وَحَانَتِ الصَّلَاةُ فَهَلْ لكَ أَنْ تَوْمُ النَّاسَ ؟ قَالَ نَعَمْ إِنْ شِئْتَ

فَأَقَامَ بِلالُ الصَّلوةَ وَتَقَدِّمَ أَبُو بَكْرٍ فَكَبَرَ وَكَبَّرَ النَّاسُ وَجَاءَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَمْشِي فِي الصُّفُوفِ حَتَّى قَامَ فِي الصَّفِ فَأَخَذَ النَّاسُ فِي التَّصْفِيقِ وَكَانَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ لَا يَلْتَفِتُ فِي صَلَاتِهِ فَلَمَّا أَكْثَرَ

النَّاسُ التَّصْفِيقَ الْتَفَتَ فَإِذَا رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَشَارَ إِلَيْهِ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَرَفَعَ أَبُو بَكْرٍ رَضِي اللهُ عَنْهُ يَدَهُ فَحَمِدَ اللهَ وَرَجَعَ الْقَهْقَرَى وَرَاءَهُ حَتَّى قَامَ فِي الصَّفِ فَتَقَدَّمَ رَسُولُ

اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَصَلَّى لِلنَّاسِ فَلَمَّا فَرَغَ أَقْبَلَ عَلَى النَّاسِ فَقَالَ يَأَيُّهَا النَّاسُ مَا لَكُمْ حِيْنَ نَابَكُمْ شَيْ فِي الصَّلاةِ أَخَذْتُمْ فِي التَّصْفِيقِ إِنَّمَا التَّصْفِيقُ لِلنِّسَاءِ مَنْ نَابَهُ شَيْءٍ فِي صَلَاتِهِ فَلْيَقُلْ سُبْحَانَ اللَّهِ فَإِنَّهُ

لَا يَسْمَعُهُ أَحَدٌ حِيْنَ يَقُوْلُ سُبْحَانَ اللهِ إِلَّا الْتَفَتَ يَا أَبَا بَكْرٍ مَا مَنَعَكَ أَنْ تُصَلِّي بِالنَّاسِ حِيْنَ أَشَرْتُ إِلَيْكَ؟ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ مَا كَانَ يَنْبَغِي لِابْنِ أَبِي قُحَافَةَ أَنْ يُصَلِّي بِالنَّاسِ بَيْنَ يَدَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – متفق

عليه مَعنى حُبِسَ أَمْسَكُوهُ لِيُضِيفُوهُ .

251. D’après Sahl ibn Sa‘d as-Sa‘idi (qu’Allah l’agrée), une querelle opposant des gens des Banû ‘Awf ibn ‘Amr fut portée à la connaissance du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) s’y rendit avec quelques Compagnons afin de réconcilier les parties. Son absence se prolongea quelque peu. Entre-temps, l’heure de la prière approcha. Bilal (qu’Allah l’agrée) se rendit auprès d’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) et lui dit : « Ô Abou Bakr, le retour du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) tarde, tandis que l’heure de la prière est arrivée. Veux-tu diriger les gens dans la prière ? » Il répondit : « D’accord, si tu le souhaites. » Bilal (qu’Allah l’agrée) fit l’iqâma pour la prière et Abou Bakr s’avança pour la diriger. Il prononça le takbîr d’entrée en prière, puis les fidèles le suivirent. C’est alors que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) arriva également. Il traversa les rangs et se tint au tout premier rang. Les fidèles commencèrent à applaudir pour donner un signal, mais Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) n’y prêta pas attention. Lorsqu’ils applaudirent plus fort, Abou Bakr regarda et aperçut le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Celui-ci lui fit signe de rester à sa place. Abou Bakr leva alors ses deux mains, loua Allah, pivota sur ses talons, recula et vint se placer au premier rang. Ensuite, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) s’avança et dirigea les gens dans la prière. Après avoir terminé la prière, il se tourna vers les Compagnons et dit : « Ô gens ! Qu’avez-vous donc à commencer à applaudir lorsqu’il survient quelque chose pendant la prière ? Frapper les cuisses avec les mains et applaudir est réservé aux femmes. Ainsi, celui qui voit survenir quelque chose pendant la prière doit dire : “Subhân Allah” (Allah est exempt de toute imperfection). En effet, dès qu’une personne dit “Subhân Allah”, les gens se tournent vers elle dès qu’ils l’entendent. Ô Abou Bakr ! Qu’est-ce qui t’a empêché de diriger les gens dans la prière alors que je t’en avais fait signe ? » Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) répondit : « Le fils d’Abou Quhâfa (Abou Bakr) n’est nullement digne de diriger les gens dans la prière en présence du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). » Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

Chapitre 32 — Les mérites des musulmans faibles, démunis et pauvres

Les mérites des musulmans faibles, démunis et pauvres

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَاصْبِرْ نَفْسَكَ مَعَ الَّذِينَ يَدْعُوْنَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ وَلَا تَعْدُ عَيْنَاكَ عَنْهُمْ .

Allah, le Très-Haut, dit :

« Retiens ton cœur auprès de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa satisfaction. Et ne détourne jamais ton regard d’eux pour en regarder d’autres. » (Sourate Al-Kahf, 28)

٢٥٢ – عَنْ حَارِثَةَ بْنِ وَهْبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِلا أَخْبِرُكُمْ بِأَهْلِ الْجَنَّةِ ؟ كُلُّ ضَعِيفَ مُتَضَعُفَ لَوْ أَقْسَمَ عَلَى الله لأبره إِلا أَخْبِرُكُمْ بِأَهْلِ النَّارِ ؟ كُلُّ عُتُلٍ جواظ مُسْتَكْبر متفق

عليه . الْعُتُلُ الْغَلِيظَ الْجَافِي وَالْجَواظُ بِفَتْحِ الْجِيمِ وَتَشْدِيدِ الْوَاوِ وَبِالظَّاءِ الْمُعْجَمَةِ وَهُوَ الْجَمُوعُ الْمَنُوعُ وَقِيلَ الضَّخْمُ الْمُخْتَالُ فِي مِشْيَتِهِ وَقِيلَ الْقَصِيرُ الْبَطِينُ .

252. D’après Haritha ibn Wahb (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Ne vous informerai-je pas de la nature des gens qui entreront au Paradis ? Toute personne faible (humble), que les gens considèrent comme impuissante et méprisable. Si elle jure par Allah en Lui faisant confiance, Allah lui permet assurément de tenir son serment. Ne vous informerai-je pas de la nature des gens qui entreront en Enfer ? Toute personne ignorante et stupide, arrogante, désobéissante et orgueilleuse entrera en Enfer. »

L’imam Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٥٣ – عَنْ أَبِي الْعَبَّاسِ سَهْلِ بْنِ سَعْدِ السَّاعِدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ مَرَّ رَجُلٌ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لِرَجُلٍ عِنْدَهُ جَالِسَ مَا رَأَيْكَ فِي هَذَا ؟ فَقَالَ رَجُلٌ مِنْ أَشْرَافِ النَّاسِ هَذَا وَاللهِ حَرِى إِنْ خَطَبَ أَنْ

يُنْكَحَ وَإِنْ شَفَعَ أَنْ يُشَفَعَ فَسَكَتَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ مَنْ رَجُلٌ آخَرُ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا رَأَيْكَ فِي هَذَا ؟ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ هُذَا رَجُلٌ مِنْ فُقَرَاءِ الْمُسْلِمِينَ هَذَا حَرِى إِنْ خَطَبَ

أَنْ لَا يُنْكَحَ وَإِنْ شَفَعَ أَنْ لَا يُشَفَعَ وَإِنْ قَالَ أن لا يُسْمَعَ لِقَوْلِهِ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هَذَا خَيْرٌ مِنْ مِلْ الْأَرْضِ مِثْلَ هَذا – متفق عليه. قَوْلُهُ حَرِيٌّ هُوَ بِفَتْحِ الْحَاءِ وَكَسْرِ الرَّاءِ وَتَشْدِيدِ الْيَاءِ أَي حَقِيقٌ وَقَوْلُهُ

شَفَعَ بِفَتْحِ الْقَاءِ ..

253. Il est rapporté de Sahl ibn Sa’d (qu’Allah l’agrée). Il dit : Un homme passa près du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Celui-ci demanda à l’homme assis auprès de lui : « Que penses-tu de cet homme ? » Il répondit : « C’est un homme considéré parmi les nobles. Par Allah ! C’est un homme très compétent : s’il demande une femme en mariage, sa demande est acceptée, et s’il intercède dans une affaire, son intercession est acceptée. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) resta silencieux. Puis un autre homme passa devant lui. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda à l’homme assis : « Que penses-tu de cet homme ? » Il répondit : « Ô Messager d’Allah ! Celui-ci fait partie des musulmans pauvres et démunis. Il est si peu considéré que, s’il demande une femme en mariage, sa demande est rejetée, que son intercession n’est pas acceptée et que personne ne prête attention à ses paroles. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Cet homme pauvre et musulman est meilleur que tous ces hommes prétendument nobles, même s’ils remplissaient la terre entière. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٥٤ – عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ احْتَجَتِ الْجَنَّةُ وَالنَّارُ فَقَالَتِ النَّارُ فِي الْجَبَّارُونَ وَالْمُتَكَبِّرُونَ وَقَالَتِ الْجَنَّةُ فِي ضُعَفَاءُ النَّاسِ وَمَسَاكِينُهُمْ فَقَضَى اللَّهُ بَيْنَهُمَا إِنَّكِ الْجَنَّةُ

رَحْمَتِي أَرْحَمُ بِكِ مَنْ أَشَاءُ وَإِنَّكِ النَّارُ عَذَابِي أَعَذِّبُ بِكِ مَنْ أَشَاءُ وَلَكِلَيْكُمَا عَلَى مِلْؤُهَا – رواه مسلم.

254. Il est rapporté d’Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée). Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Le Paradis et l’Enfer se disputèrent. L’Enfer dit : « Il y a en moi de grands tyrans, des despotes et des orgueilleux. » Le Paradis dit : « Il y a en moi les faibles, les démunis et les pauvres. » Allah Très-Haut trancha entre eux : « Ô Paradis ! Tu es le réceptacle de Ma miséricorde et de Ma grâce. Par toi, Je ferai miséricorde à qui Je veux. Et toi, ô Enfer ! Tu es le réceptacle de Mon châtiment. Par toi, Je châtierai qui Je veux. Il M’incombe de vous remplir tous les deux. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٥٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّهُ لِيَأْتِي الرُّجُلُ الْعَظِيمُ السَّمِينُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ لَا يَزِنُ عِنْدَ اللَّهِ جَنَاحَ بَعُوضَةٍ متفق عليه.

255. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le Jour de la Résurrection, on fera venir un homme corpulent et de haute stature. Pourtant, auprès d’Allah, son importance et sa valeur ne pèseront même pas le poids de l’aile d’une mouche. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٥٦ – وَعَنْهُ أَنْ امْرَأَةٌ سَوْدَاءَ كَانَتْ تَقُمُ الْمَسْجِدَ أَوْ شَابًّا فَفَقَدَهَا أَوْ فَقَدَهُ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَأَلَ عَنْهَا أَوْ عَنْهُ فَقَالُوا مَاتَ قَالَ أَفَلَا كُنتُمْ أَذَنْتُمُونِي بِهِ فَكَأَنَّهُمْ صَغْرُوا أَمْرَهَا أَوْ أَمْرَهُ فَقَالَ دُلُّونِي عَلَى قَبْرِهِ

فَدَلُّوهُ فَصَلَّى عَلَيْهَا ثُمَّ قَالَ إِنَّ هذه الْقُبُورَ مَمْلُوعَةٌ ظُلْمَةً عَلَى أَهْلِهَا وَإِنَّ اللَّهَ يُنَوِّرُهَا لَهُمْ بِصَلَاتِي عَلَيْهِمْ – متفق عليه قَوْلُهُ تَقُمُّ هُوَ بِفَتْحِ النَّاءِ وَضَمِّ الْقَافِ أَن تَكْنُسُ وَالْقَمَامَةُ الْكُنَاسَةُ وَأَذَنْتُمُونِي بِمَدِ الْهَمْزَةِ

أَعْلَمْتُمُونِي .

256. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’une femme noire ou un jeune homme balayait la mosquée du Prophète. Comme le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) ne le vit plus, il s’enquit de lui auprès des Compagnons. Ils répondirent qu’il était mort. Il dit : « Pourquoi ne m’en avez-vous pas informé ? » Ils avaient probablement considéré cela comme une chose insignifiante. Il dit : « Montrez-moi sa tombe. » Ils le conduisirent auprès de sa tombe. Il accomplit la prière funéraire sur lui, puis dit : « Les tombes des occupants de ce cimetière étaient plongées dans les ténèbres. Grâce à mes invocations, Allah le Très-Haut les a illuminées pour eux. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٥٧ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَبِّ اشْعَتَ أَغْبَرَ مَدْفُوع بِالْأَبْوَابِ لَوْ أَقْسَمَ عَلَى اللهِ لأبره – رواه مسلم .

257. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Nombreux sont ceux qui ont les cheveux ébouriffés et les pieds couverts de poussière, que l’on chasse des portes des gens. S’ils jurent par Allah, Allah leur permet de tenir leur serment. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٥٨ – عَنْ أَسَامَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قُمْتُ عَلَى بَابِ الْجَنَّةِ فَإِذَا عَامَّةٌ مَنْ دَخَلَهَا الْمَسَاكِينُ وَأَصْحَابُ الْجَدِ مَحْبُوسُونَ غَيْرَ أَنْ أَصْحَابَ النَّارِ قَدْ أَمِرَ بِهِمْ إِلَى النَّارِ وَقُمْتُ عَلَى بَابِ النَّارِ

فَإِذَا عَامَّةٌ مَنْ دَخَلَهَا النِّسَاءُ – متفق عليه. والجد بفتح الجيمِ الْحَظُ وَالْغَنِي وَقَوْلُهُ مَحْبُوسُونَ أَي لَمْ يُؤْذَنَ لَهُمْ بَعْدُ فِي دَخُولِ الْجَنَّةِ .

258. Oussama (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « La nuit de l’Ascension, je me tins à la porte du Paradis. Je vis que la majorité de ceux qui y entraient étaient des indigents et des pauvres. Les riches n’avaient pas encore reçu l’autorisation d’entrer au Paradis. L’ordre avait déjà été donné de conduire les damnés en Enfer. Je me tins à la porte de l’Enfer. Je vis que la majorité de ceux qui y entraient étaient des femmes. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٥٩ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَمْ يَتَكَلَّمُ فِي الْمَهْدِ إِلا ثَلَاثَةٌ عِيسَى بْنُ مَرْيَمَ وَصَاحِبُ جُرَيْجٍ وَكَانَ جُرَيْجٍ رَجُلاً عَابِدا فَاتَّخَذَ صَوَمَعَةً فَكَانَ فِيهَا فَأَتَتْهُ أُمُّهُ وَهُوَ يُصَلِّي فَقَالَتْ يَا

جُرَيْجُ فَقَالَ يَا رَبِّ أَمِّي وَصَلَاتِي فَأَقْبَلَ عَلَى صَلَاتِهِ فَانْصَرَفَتْ فَلَمَّا كَانَ مِنَ الْغَدِ أَتَتْهُ وَهُوَ يُصَلِّى فَقَالَتْ يَا جُرَيْجُ فَقَالَ أَيْ رَبِّ أَمِّي وَصَلَاتِي فَأَقْبَلَ عَلَى صَلَاتِهِ فَلَمَّا كَانَ مِنَ الْغَدِ أَتَتْهُ وَهُوَ يُصَلَّى فَقَالَتْ يَا جُرَيْجُ فَقَالَ أَيْ

رَبِّ أَمِّي وَصَلَاتِي فَأَقْبَلَ عَلَى صَلاتِه فَقَالَتْ اللهم لا تُمِتَهُ حَتَّى يَنْظُرَ إِلَى وُجُوهِ الْمُؤْمِسَاتِ فَتَذَاكَرَ بَنُو إِسْرَائِيلَ جُرَيْجًا وَعِبَادَتَهُ وَكَانَتِ امْرَأَةً بَغِى يَتَمَثْلُ بِحُسْنِهَا فَقَالَتْ إِنْ شِئْتُمْ لَأَفْتِنَنَّهُ فَتَعَرَّضَتْ لَهُ فَلَمْ يَلْتَفِتْ إِلَيْهَا

فَأَتَتْ رَاعِيًا كَانَ يَأْوِى إِلَى صَوْمَعَتِهِ فَأَمْكَنَتْهُ مِنْ نَفْسِهَا فَوَقَعَ عَلَيْهَا فَحَمَلَتْ فَلَمَّا وَلَدَتْ قَالَتْ هُوَ مِنْ جُرَيْجٍ فَاتَوُهُ فَاسْتَنْزَلُوهُ وَهَدَمُوا صَوْمَعَتَهُ وَجَعَلُوا يَضْرِبُونَهُ فَقَالَ مَا شَأْنُكُمْ؟ قَالُوا زَنَيْتَ بِهَذِهِ الْبَغِيِّ فَوَلَدَتْ مِنْكَ قَالَ أَيْنَ

الصَّبِيُّ؟ فَجَامُوا بِهِ فَقَالَ دَعُونِي حَتَّى أُصَلِّي فَصَلَّى فَلَمَّا انْصَرَفَ أتَى الصَّبِيُّ فَطَعَنَ فِي بَطْنِهِ وَقَالَ يَا غُلَامُ مَنْ أبُوكَ؟ قَالَ فُلأَنَّ الرَّاعِي فَأَقْبَلُوا عَلَى جُرَيْجٍ يُقَبِّلُونَهُ وَيَتَمَسْحُونَ بِهِ وَقَالُوا نَبْنِي لكَ صَوْمَعَتَكَ مِنْ ذَهَبٍ قَالَ

لَا أَعِيدُوهَا مِنْ طِينٍ كَمَا كَانَتْ فَفَعَلُوا وَبَيْنَا صَبِي يَرْضَعُ مِنْ أُمِّهِ فَمَرَّ رَجُلٌ رَاكِبٌ عَلَى دَابَّةٍ قَارِهَةٍ وَشَارَةٍ حَسَنَةٍ فَقَالَتْ أُمُّهُ اللَّهُمْ اجْعَلِ ابْنِي مِثْلَ هَذَا فَتَرَكَ النَّدَى وَأَقْبَلَ إِلَيْهِ فَنَظَرَ إِلَيْهِ فَقَالَ اللَّهُمْ لَا تَجْعَلْنِي مِثْلَهُ ثُمَّ

أَقْبَلَ عَلَى ثَدْيِهِ فَجَعَلَ يَرْتَضِعُ فَكَأَنِّي أَنْظُرُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ يَحْكى ارْتَضَاعَهُ بِأَصْبَعِهِ السَّبَابَةِ فِي فِيهِ فَجَعَلَ يَمُصُّهَا قَالَ وَمَرُّوا بِحَارِيَةٍ وَهُمْ يَضْرِبُونَهَا وَيَقُولُونَ زَنَيْتِ سَرَقْتِ وَهِيَ تَقُولُ حَسْبِيَ

اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ فَقَالَتْ أُمُّهُ اللهُمْ لَا تَجْعَلْ ابْنِي مِثْلَهَا فَتَرَكَ الرَّضَاعَ وَنَظَرَ إِلَيْهَا فَقَالَ اللَّهُمَّ اجْعَلْنِي مِثْلَهَا فَهُنَالِكَ تَرَاجَعَا الْحَدِيث فَقَالَتْ مَرَّ رَجُلٌ حَسَنُ الْهَيْئَةِ فَقُلْتُ اللَّهُمَّ اجْعَلْ ابْنِي مِثْلَهُ فَقُلْتَ اللهُمُ لا تَجْعَلْنِي مِثْلَهُ

وَمَرُّوا بِهَذِهِ الْآمَةِ وَهُمْ يَضْرِبُونَهَا وَيَقُولُونَ زَنَيْتِ سَرَقْتِ فَقُلْتُ اللَّهُمَّ لَا تَجْعَلْ ابْنِي مِثْلَهَا فَقُلْتَ اللَّهُمَّ اجْعَلْنِي مِثْلَهَا ؟ قَالَ إِنَّ ذَلِكَ الرَّجُلَ كَانَ جَبَّارًا فَقُلْتُ اللَّهُمْ لَا تَجْعَلْنِي مِثْلَهُ وَإِنَّ هَذِهِ يَقُولُونَ لَهَا زَنَيْتِ وَلَمْ تَزْنِ

وَسَرَقْتِ وَلَمْ تَسْرِقُ فَقُلْتُ اللَّهُم اجْعَلْنِي مِثْلَهَا – متفق عليه الْمُؤْمِسَاتُ بِضَمِّ الْمِيمِ الْأُولَى وَإِسْكَانِ الْوَاوِ وكسر المِيمِ الثَّانِيَةِ وَبِالسِّينِ الْمُهْمَلَةِ وَهُنَّ الزَّوَانِي وَالْمُؤْمِسَةُ الزَّانِيَةُ وَقَوْلُهُ دَابَّةٌ فَارِهَةٌ بِالْقَاءِ أَي حَاذِقَةٌ

نَفِيسَةٌ وَالشَّارَةُ بِالشَّيْنِ الْمُعْجَمَةِ وَتَخْفِيفِ الرَّاءِ وَهِيَ الْجَمَالُ الظَّاهِرُ فِي الْهَيْئَةِ وَالْمَلْبَسِ وَمَعْنَى تَرَاجَعَا الْحَدِيثَ أَيْ حَدَّثَتِ الصَّبِيِّ وَحَدَّثَهَا وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

259. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Nul n’a parlé au berceau, si ce n’est trois personnes parmi les enfants d’Israël : premièrement, ‘Îsâ ibn Maryam ; deuxièmement, le compagnon de Jurayj [c’est-à-dire un enfant lié à Jurayj]. Jurayj était un serviteur très dévoué à l’adoration. Il se construisit un ermitage et y demeurait. Sa mère vint le voir alors qu’il priait. Elle lui dit : “Ô Jurayj !” Il se dit alors en lui-même : “Seigneur, ma mère ou ma prière ?” Jurayj continua sa prière, et sa mère repartit. Le lendemain, sa mère vint de nouveau alors qu’il était absorbé par sa prière. Elle l’appela : “Ô Jurayj !” Il se dit en lui-même : “Seigneur, ma mère ou ma prière ?” Il continua sa prière. Le jour suivant, sa mère le trouva encore en train de prier. Elle l’appela : “Ô Jurayj !” Jurayj dit : “Seigneur, ma mère ou ma prière ?” Il resta occupé par sa prière. Sa mère dit alors : “Ô Allah ! Ne le fais pas mourir avant qu’il n’ait vu le visage de femmes adultères.”

Parmi les enfants d’Israël, on se mit à parler de Jurayj et de sa dévotion. Il y avait une femme adultère, qui possédait une grande beauté. Elle dit : “Si vous le souhaitez, je peux le séduire.” Elle tenta de le séduire, mais il ne lui prêta aucune attention. Elle se rendit ensuite auprès d’un berger qui se trouvait dans les environs de son ermitage. Elle s’offrit à lui et ils commirent l’adultère. Elle tomba enceinte, puis, après avoir accouché, elle dit : “C’est l’enfant de Jurayj.” Les enfants d’Israël vinrent alors à lui, furieux, le firent sortir de son ermitage, le détruisirent et se mirent à le frapper. Jurayj dit : “Qu’avez-vous donc ?” Ils répondirent : “Tu as commis l’adultère avec cette prostituée, et un enfant est né de cette relation.” Il demanda : “Où est l’enfant ?” Ils l’amenèrent. Jurayj dit : “Laissez-moi un instant afin que j’accomplisse la prière.” Il pria donc. Après avoir terminé sa prière, il s’approcha de l’enfant, lui toucha le ventre du doigt et lui demanda : “Ô enfant, qui est ton père ?” L’enfant répondit : “Mon père est tel berger.” Les gens présents se tournèrent alors vers Jurayj et se mirent à l’embrasser. Ils dirent : “Nous allons maintenant construire ton ermitage en or.” Il répondit : “Ce n’est pas nécessaire ; reconstruisez-le plutôt en terre comme auparavant.” Ils reconstruisirent alors son ermitage.

Troisièmement, un enfant tétait le lait de sa mère. À ce moment-là, un homme passa par là, monté sur une monture rapide et de grande qualité, et vêtu de beaux habits. La mère de l’enfant dit : “Ô Allah ! Rends mon fils semblable à cet homme.” L’enfant cessa de téter, regarda l’homme, puis dit : “Ô Allah ! Ne me rends pas semblable à cet homme.” Le rapporteur dit : “Je vois encore comme si le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous montrait la manière dont l’enfant tétait, en mettant son index dans sa bouche et en le suçant.” Il (le Prophète) dit : “Les gens emmenaient une esclave en la frappant et disaient : ‘Tu as commis l’adultère et tu as volé.’ La femme disait : ‘Allah me suffit, et Il est le meilleur garant.’ La mère de l’enfant dit : ‘Ô Allah ! Ne rends pas mon enfant semblable à cette femme égarée.’ L’enfant cessa de téter, regarda la femme, puis dit : ‘Ô Allah ! Rends-moi semblable à cette femme.’”

La mère et l’enfant se mirent alors à se disputer. La mère dit : “Lorsqu’un homme bien bâti et beau passa, je dis : ‘Ô Allah ! Rends mon enfant aussi accompli que lui.’ Tu répondis : ‘Ô Allah ! Ne me rends pas semblable à lui.’ Puis, lorsque les gens emmenèrent cette esclave en la frappant et en disant : ‘Tu as commis l’adultère et tu as volé’, je dis : ‘Ô Allah ! Ne rends pas mon enfant comme elle.’ Et tu répondis : ‘Ô Allah ! Rends-moi semblable à elle.’” L’enfant répondit alors : “Le premier homme était un tyran injuste. C’est pourquoi j’ai dit : ‘Ô Allah ! Ne me rends pas semblable à cet homme.’ Quant à cette femme, les gens l’ont accusée en disant : ‘Tu as commis l’adultère’, alors qu’elle ne l’avait pas commis. Ils ont dit : ‘Tu as volé’, alors qu’elle n’avait pas volé. C’est pourquoi j’ai dit : ‘Ô Allah ! Rends-moi semblable à cette femme.’”

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Chapitre 33 – Se comporter avec douceur et bienveillance envers les orphelins, les filles, les faibles, les démunis et les accablés

Se comporter avec douceur et bienveillance envers les orphelins, les filles, les faibles, les démunis et les accablés.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : لا تَمُدْنٌ عَيْنَيْكَ إِلَى مَا مَتَّعْنَا بِهِ أَزْوَاجًا مِنْهُمْ وَلَا تَحْزَنْ عَلَيْهِمْ وَاخْفِضْ جَنَاحَكَ لِلْمُؤْمِنِينَ .

Le Très-Haut dit :

« Ne porte pas tes deux yeux sur les biens de ce monde que Nous avons accordés à diverses catégories d’entre eux, et ne t’attriste pas pour leur condition. Abaisse l’aile de ta bienveillance envers les croyants. » (Sourate al-Hijr : 88)

وَقَالَ تَعَالَى: وَاصْبِرْ نَفْسَكَ مَعَ الَّذِينَ يَدْعُوْنَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ وَلَا تَعْدُ عَيْنَاكَ عَنْهُمْ تُرِيدُ زِينَةَ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا

« Retiens-toi auprès de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa satisfaction. Et ne détourne jamais ton regard d’eux en désirant les parures de la vie d’ici-bas. » (Sourate al-Kahf : 28)

وَقَالَ تَعَالَى : فَأَمَّا الْيَتِيمَ فَلَا تَقْهَرُ . وَأَمَّا السَّائِلَ فَلَا تَنْهَرْ .

« Aussi, ne traite pas l’orphelin avec rudesse et ne repousse pas le demandeur. » (sourate Ad-Duha : 9-10)

وَقَالَ تَعَالَى : أَرَأَيْتَ الَّذِي يُكَذِّبُ بِالدِّينِ . فَذَلِكَ الَّذِي يَدُعُ الْيَتِيمَ ، وَلَا يَحُضُّ عَلَى طَعَامِ الْمِسْكِينِ .

« As-tu vu celui qui traite de mensonge la Rétribution ? Ce sont ceux qui repoussent brutalement l’orphelin et n’incitent pas à nourrir le pauvre. » (sourate Al-Ma‘un : 1-3)

٢٦٠ – عَنْ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سِتَّةَ نَفَرٍ فَقَالَ الْمُشْرِكُونَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَطْرُهُ هَؤُلَاءِ لا يَجْتَرِئُونَ عَلَيْنَا وَكُنْتُ أَنَا وَابْنُ مَسْعُودٍ وَرَجُلٌ مِنْ هُذَيْلٍ

وَبِلَالٌ وَرَجُلَانِ لَسْتُ أسَمِّيْهِمَا فَوَقَعَ فِي نَفْسٍ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا شَاءَ اللَّهُ أَنْ يُقَعَ فَحَدَّثَ نَفْسَهُ فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: وَلَا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُوْنَ رَبُّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ… رواه مسلم .

260. D’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée), il rapporte : Nous étions six hommes avec le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Les polythéistes dirent au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) : « Éloignez ces gens de vous, afin qu’ils ne se montrent pas supérieurs à nous. » Nous étions au nombre de six : moi-même, Ibn Mas‘ûd, un homme de la tribu des Hudhayl, Bilâl et deux autres hommes dont je ne me souviens pas des noms. Une pensée concernant cette affaire vint à l’esprit du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), conformément à la volonté d’Allah. Il se mit donc à y réfléchir intérieurement. Entre-temps, Allah le Très-Haut révéla : « Ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa satisfaction.

Tu n’as pas à répondre de leurs comptes, et ils n’ont pas à répondre de ton compte. Et si, malgré cela, tu les éloignes, tu seras alors du nombre des injustes. » (sourate Al-An‘am : 52)

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٦١ – عَنْ أَبِي هُبَيْرَةَ عَائِدِ بْنِ عَمْرٍو الْمُزَنِي وَهُوَ مِنْ أَهْلِ بَيْعَةِ الرِّضْوَانِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ أَبَا سُفْيَانَ أَتَى عَلَى سَلْمَانَ وَصُهَيْبٌ وَبِلَالٍ فِي نَفَرٍ فَقَالُوا مَا أَخَذَتْ سُيُوفُ اللَّهِ مِنْ عَدُوٌّ اللَّهِ مَأْخَذَهَا فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ

عَنْهُ أَتَقُوْلُوْنَ هذَا لِشَيْخِ قُرَيْشٍ وَسَيِّدِهِمْ ؟ فَأَتَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْبَرَهُ فَقَالَ يَا أَبَا بَكْرٍ لَعَلَّكَ أَغْضَبْتَهُمْ لَئِنْ كُنْتَ أَغْضَبْتَهُمْ لَقَدْ أَغْضَبْتَ رَبِّكَ فَأَتَاهُمْ فَقَالَ يَا اخْوَتَاهُ أَغْضَبْتُكُمْ ؟ قَالُوا لَا يَغْفِرُ اللهُ لَكَ يَا أَخَى –

رواه مسلم. قَوْلُهُ مَأْخَذَهَا أَي لَمْ تَسْتَوْفِ حَقَّهَا مِنْهُ وَقَوْلُهُ يَا أَخَى روى بِفَتْحِ الْهَمْزَةِ وَكَسْرِ الْخَاءِ وَتَخْفِيفِ الْيَاءِ وَرُوِيَ بِضَمِّ الْهَمْزَةِ وَفَتْحِ الْخَاءِ وَتَشْدِيدِ الْيَاءِ …

261. Rapporté d’Abou Houbaïra, Iyâdh ibn Amr al-Muzanî (qu’Allah l’agrée). Il participa au pacte de Ridwân. Un jour, Abou Sufyân vint avec quelques personnes auprès de Salmân al-Fârisî (qu’Allah l’agrée), de Souhayb ar-Rûmî (qu’Allah l’agrée) et de Bilâl (qu’Allah l’agrée). Ils dirent : « Par Allah, les épées d’Allah n’ont-elles pas obtenu leur juste dû des ennemis d’Allah ? » Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) leur dit : « Vous dites cela au cheikh et au dirigeant des Quraychites ? » Il se rendit ensuite auprès du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) et l’en informa. Il dit : « Ô Abou Bakr, tu les as peut-être offensés. Si tu les as offensés, tu as certes offensé ton Seigneur ! » Il retourna auprès d’eux et dit : « Ô mes frères, vous ai-je offensés ? » Ils répondirent : « Non, ô notre frère ! Qu’Allah vous pardonne. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٦٢ – عَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَا وَكَافِلُ الْيَتِيمِ فِي الْجَنَّةِ هَكَذَا وَأَشَارَ بِالسَّبَابَةِ وَالْوُسْطَى وَفَرِّجَ بَيْنَهُما – رواه البخارى كَافِلُ الْيَتِيمِ الْقَائِمُ بِأَمُورِهِ .

262. Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (que Dieu le bénisse et le salue) a dit : « Moi et celui qui prend en charge des orphelins serons ainsi réunis au Paradis. » En disant cela, il fit un signe avec son index et son majeur, en laissant un espace entre les deux.

L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.

٢٦٣ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَافِلُ الْيَتِيمِ لَهُ وَلِغَيْرِهِ أَنَا وَهُوَ كَهَاتَيْنِ فِي الْجَنَّةِ وَأَشَارَ الرَّاوِي وَهُوَ مَالِكُ بْنُ انس بالسبابة والوسطى – رواه مسلم . قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ

عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْيَتِيمُ لَهُ أَوْ لِغَيْرِهِ مَعْنَاهُ قَرِيبُهُ أَوِ الْأَجْنَبِيُّ مِنْهُ فَالْقَرِيبُ مِثْلُ أَنْ تَكْفُلَهُ أُمُّهُ أَوْ جَدُّهُ أَوْ أَخُوهُ أَوْ غَيْرُهُمْ مِنْ قَرَابَتِهِ وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

263. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : Celui qui prend en charge un orphelin, qu’il soit de ses proches parents ou non, et moi, nous serons ainsi côte à côte au Paradis. Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée)

Lorsqu’il rapporta ce hadith, il fit signe avec son index et son majeur (pour expliquer cela).

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٦٤ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيْسَ الْمِسْكِينُ الَّذِي تردُّهُ التَّمْرَةُ وَالتَّمْرَتَانِ وَلَا اللَّقْمَةُ واللُّقَمَتَانِ إِنَّمَا المِسْكِينُ الَّذِي يَتَعَفَّفُ متفق عليه وفي رواية في الصَّحِيحَيْنِ لَيْسَ الْمِسْكِينُ الَّذِي يَطُوفُ

عَلَى النَّاسِ تَرُدُّهُ اللقْمَةُ وَالتَّقْمَتَانِ وَالتَّمْرَةُ وَالتَّمْرَتَانِ وَلَكِنَّ الْمِسْكِينُ الَّذِي لَا يَجِدُ عَنِّى يُغْنِيهِ وَلَا يُفْطَنُ بِهِ فَيُتَصَدِّقَ عَلَيْهِ وَلَا يَقُوْمُ فَيَسْأَلَ النَّاسَ .

264. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : N’est pas miskîn celui à qui l’on donne une ou deux dattes, ou une ou deux bouchées de nourriture (c’est-à-dire celui qui tend la main aux gens pour obtenir une chose très insignifiante). Le véritable miskîn est celui qui, bien qu’accablé par la pauvreté, ne tend pas la main aux autres.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version des deux recueils de hadiths authentiques mentionnés, il est dit : « N’est pas pauvre celui qui erre de porte en porte pour obtenir une ou deux poignées de nourriture ou quelques dattes, puis repart lorsqu’on lui en donne. Le véritable pauvre est celui qui ne possède pas suffisamment de quoi subvenir à ses besoins ; pourtant, on ne le reconnaît pas afin que les gens puissent lui venir en aide, en raison de sa discrétion, et il ne tend pas non plus la main auprès des gens. »

٢٦٥ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ السَّاعِى عَلَى الْأَرْمَلَةِ والْمِسْكِينِ كَالْمُجَاهِدِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَأَحْسَبُهُ قَالَ وَكَالْقَائِمِ الَّذِي لَا يَفْتُرُ وكالصائم الذي لا يُقطر – متفق عليه .

265. Abû Hurayra rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui s’efforce de venir en aide aux veuves, aux personnes âgées et aux pauvres est semblable à celui qui combat dans le sentier d’Allah. » Le rapporteur dit : « Je pense qu’il a également dit : “Il est comme celui qui prie sans relâche et celui qui jeûne continuellement.” »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٦٦ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ شَرُّ الطَّعَامِ طَعَامُ الْوَلِيمَةِ يُمْنَعُهَا مَنْ يَأْتِيْهَا وَيُدْعَى إِلَيْهَا مَنْ يَأْبَاهَا وَمَنْ لَمْ يُجِبِ الدَّعْوَةَ فَقَدْ عَصَى اللهَ وَرَسُولَهُ – رواه مسلم وفي رواية في الصَّحِيحَيْنِ عَنْ أَبِي

هُرَيْرَةَ مِنْ قَوْلِهِ بِئْسَ الطَّعَامُ طَعَامُ الْوَلِيمَةِ يُدعى اليْهَا الْأَغْنِيَاء وَيُتْرَكَ الْفُقَرَاء .

266. Abû Hurayra rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Le pire des banquets de mariage est celui auquel les personnes qui viennent sont empêchées d’accéder — les pauvres — tandis que ceux qui ne souhaitent pas venir — les riches — y sont invités. Celui qui n’accepte pas l’invitation a désobéi à Allah et à Son Messager. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans les deux recueils de hadiths authentiques, un hadith rapporté par Abû Hurayra dit : « Le pire des banquets de mariage est celui où les riches sont invités et les pauvres délaissés. »

٢٦٧ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ عَالَ جَارِيَتَيْنِ حَتَّى تَبْلُغَا جَاءَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَنَا وَهُوَ كَهَاتَيْنِ وَضَمْ أَصَابِعَهُ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَجَارِيَتَيْنِ أَي بِنْتَيْنِ.

267. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui élève deux filles jusqu’à leur maturité viendra, au Jour de la Résurrection, dans cet état : moi et lui serons ainsi rapprochés. » Il joignit alors ses doigts pour le montrer.

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٦٨ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ دَخَلَتْ عَلَى امْرَأَةٌ وَمَعَهَا ابْنَتَانِ لَهَا تَسْأَلُ فَلَمْ تَجِدُ عِنْدِي شَيْئًا غَيْرَ تَمْرَةٍ وَاحِدَةٍ فَأَعْطَيْتُهَا إِيَّاهَا فَقَسَمَتْهَا بَيْنَ ابْنَتَيْهَا وَلَمْ تَأْكُلَ مِنْهَا ثُمَّ قَامَتْ فَخَرَجَتْ فَدَخَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ

عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَيْنَا فَاخْبَرْتُهُ فَقَالَ مَنِ ابْتُلِيَ مِنْ هَذِهِ الْبَنَاتِ بِشَيْءٍ فَأَحْسَنَ اليْهِنَّ كُنَّ لَهُ سِتْرًا مِّنَ النار – متفق عليه.

268. ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : « Une femme vint me voir avec ses deux filles. Elle demanda quelque chose, mais je ne possédais rien d’autre qu’une seule datte. Je la lui donnai. Elle partagea la datte entre ses deux filles, n’en mangea elle-même rien, puis se leva et partit. Lorsque le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) vint auprès de nous, je lui racontai l’affaire. Il dit : “Quiconque est éprouvé par la charge de telles filles et se comporte convenablement envers elles, elles constitueront pour lui une protection contre le feu de l’Enfer.” »

Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٦٩ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَتْ جَاءَتْنِي مِسْكِينَةٌ تَحْمِلُ ابْنَتَيْنِ لَهَا فَأَطْعَمْتُهَا ثَلاثَ تَمَرَاتِ فَأَعْطَتْ كُلُّ وَاحِدَةٍ مِنْهُمَا تَمْرَةً وَرَفَعَتْ إِلَى فِيْهَا تَمْرَةٌ لِتَأْكُلَهَا فَاسْتَطْعَمَتُهَا ابْنَتَاهَا فَشَقَت التَّمْرَةَ الَّتِي كَانَتْ تُرِيدُ أَنْ

تَأْكُلَهَا بَيْنَهُمَا فَاعْجَبَنِي شَأْنُهَا فَذَكَرْتُ الَّذِي صَنَعَتْ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنَّ اللَّهَ قَدْ أَوْجَبَ لَهَا بِهَا الْجَنَّةَ أَوْ أَعْتَقَهَا بِهَا مِنَ النَّارِ. رَوَاهُ مُسْلِمٍ

269. D’après ʿAïcha (qu’Allah l’agrée), une femme pauvre vint me voir avec ses deux filles. Je lui donnai trois dattes à manger. Elle donna une datte à chacune de ses filles et porta la troisième à sa bouche pour la manger elle-même. Mais ses filles la lui demandèrent également. Elle partagea alors en deux la datte qu’elle avait l’intention de manger et la donna à ses deux filles. (ʿAïcha, qu’Allah l’agrée, dit 🙂 Son comportement m’étonna. Je rapportai à l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ce qu’elle avait fait. Il dit : « En récompense de cela, Allah lui a destiné le Paradis ou l’a délivrée de l’Enfer. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۷۰ – عَنْ أَبِي شُرَيْحٍ خُوَيْلِدِ بْنِ عَمْرُو الْخَزَاعِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللَّهُمَّ إِنِّي أَحَرِّجُ حَقَّ الضَّعِيفَيْنِ الْيَتِيمِ وَالْمَرْأَةِ حَدِيثُ حَسَن رَوَاهُ النِّسَائِي بِإِسْنَادِ جَيْدٍ وَمَعْنَى أَحَرِّجُ الْحَقُّ الْحَرَجَ

وَهُوَ الْإِثْمُ بِمَنْ ضَيْعَ حَقَّهُمَا وَأَحَذِرُ مِنْ ذَلِكَ تَحْذِيرًا بَلِيْنَا وَأَزْجُرُ عَنْهُ زَجْرًا اكيداً .

270. D’après Abû Shurayh Khouwailid ibn ʿAmr al-Khuzâʿî (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ô Allah ! Je déclare injuste et pécheur quiconque porte atteinte aux droits et aux parts revenant aux deux faibles, c’est-à-dire aux orphelins et aux femmes. »

C’est un hadith hasan. L’imam an-Nasâ’î l’a rapporté avec une excellente chaîne de transmission.

۲۷۱ – عَنْ مُصْعَبِ بْنِ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ رَأَى سَعْدٌ أَنْ لَهُ فَضْلاً عَلَى مَنْ دُونَهُ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هَلْ تُنْصَرُونَ وَتُرْزَقُوْنَ الا بِضُعَفَائِكُمْ. رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ هَكَذَا مُرْسَلاً فَإِنْ مُصْعَبَ بْنَ

سَعْدٍ تَابِعِي رَوَاهُ الْحَافِظُ أَبُو بَكْرِ الْبَرْقَانِيُّ فِي صَحِيحِهِ مُتصلاً عَنْ مُصْعَبٍ عَنْ أَبِيْهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.

271. Il est rapporté de Mus‘ab ibn Sa‘d ibn Abî Waqqâs — qu’Allah l’agrée — qu’il dit : Sa‘d vit qu’il avait une certaine supériorité sur les autres. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — dit : « Vous ne recevez secours et subsistance que grâce à vos faibles. »

L’imam al-Bukhari l’a rapporté par l’intermédiaire de Mus‘ab ibn Sa‘d sous forme de hadith mursal, car Mus‘ab était un tâbi‘î. Le hâfiz Abû Bakr al-Burqânî l’a rapporté dans son ouvrage authentique sous forme de hadith muttasil, c’est-à-dire que Mus‘ab l’a rapporté de son père.

۲۷۲ – عَنْ أَبِي الدَّرْدَاءِ عُوَيْمَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ ابْغُونِي فِي الضُّعَفَاءِ فَإِنَّمَا تُنْصَرُونَ وَتُرْزَقُونَ بِضُعَفَائِكُمْ – رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِإِسْنَادِ جَيْدٌ .

272. Il est rapporté d’Abû ad-Dardâ’ — qu’Allah l’agrée — qu’il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : « Recherchez ma satisfaction auprès des indigents et des faibles, car vous recevez secours et subsistance grâce à eux. »

L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission.

Chapitre 34 — Bien se comporter envers les filles

Bien se comporter envers les filles.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَعَاشِرُوهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ .

Allah, le Très-Haut, dit :

« Et vivez avec elles (vos épouses) en bonne entente et avec bienséance. » (Sourate An-Nisâ : 19)

وَقَالَ تَعَالَى: وَلَنْ تَسْتَطِيعُوا أَنْ تَعْدِلُوا بَيْنَ النِّسَاء وَلَوْ حَرَصْتُمْ فَلَا تَمِيلُوا كُلَّ الْمَيْلِ فَتَذَرُوهَا كَالْمُعَلَّقَةِ وَإِنْ تُصْلِحُوا وَتَتَّقُوا فَإِنَّ اللَّهَ كَانَ غَفُورًا رَحِيمًا .

« Vous ne pourrez jamais maintenir une parfaite égalité et une parfaite justice entre vos épouses, même si vous le désirez ardemment. Ne penchez donc pas totalement vers l’une, en laissant l’autre comme en suspens. Si vous réformez votre conduite et craignez Allah, Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate An-Nisâ : 129)

۲۷۳ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم اسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ خَيْرًا فَإِنَّ الْمَرْأَةَ خُلِقَتْ مِنْ ضِلَعِ وَإِنْ أَعْوَجَ مَا فِي الضَّلَعِ أَعْلاهُ فَإِنْ ذَهَبْتَ تُقِيمُهُ كَسَرْتَهُ وَإِن تَرَكْتَهُ لَمْ يَزَلَ أَعْوَجَ

فَاسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ. متفق عليهوفِي رِوَايَةٍ فِي الصَّحِيحَيْنِ الْمَرْأَةُ كَالضَّلَعِ إِنْ أَقَمْتَهَا كَسَرْتَهَا وَإِنِ اسْتَمْتَعْتَ بِهَا اسْتَمْتَعْتَ وَفِيهَا عَوَجٌ. وَفِي رِوَايَة لِمُسْلِمِ إِنَّ الْمَرْأَةَ خُلِقَتْ مِنْ ضلع لَنْ تَسْتَقِيمَ لَكَ عَلَى طَرِيقَةٍ فَانِ

اسْتَمْتَعْتَ بِهَا اسْتَمْتَعْتَ بِهَا وَفِيْهَا عَوَجٌ وَإِنْ ذَهَبْتَ تُقِيمُهَا كَسَرْتَهَا وَكَسْرُهَا طلاقها – قَوْلُهُ عَوَجٌ هُوَ بِفَتْحِ الْعَيْنِ وَالْوَاوِ .

273. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Apprenez de moi à bien traiter les femmes. La femme a été créée à partir d’une côte courbée. Or, la partie supérieure de la côte est la plus courbée. Si tu cherches à la redresser, tu la briseras, et si tu la laisses, elle restera courbée. Traitez donc bien les femmes. »

Al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version de leurs recueils de hadiths authentiques, il est dit : « Les femmes sont comme une côte courbée. Si tu cherches à la redresser, tu la briseras. Si donc tu veux obtenir d’elle ce que tu souhaites, fais-le alors qu’elle est dans cet état de courbure. » Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Les femmes ont été créées à partir d’une côte courbée. Jamais, en aucune circonstance, elle ne se redressera pour toi. Si tu veux obtenir d’elle ce que tu souhaites, fais-le alors qu’elle est dans cet état de courbure ; mais si tu cherches à la redresser, tu la briseras. » La briser signifie la répudier.

٢٧٤ – عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ زَمْعَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَخْطُبُ وَذَكَرَ النَّاقَةَ وَالَّذِي عَقَرَهَا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذِ انْبَعَثَ أَشْقَاهَا انْبَعَثَ لَهَا رَجُلٌ عَزِيزٌ عَارِمٌ مَنِيعٌ فِي رَهْطِهِ

ثُمَّ ذَكَرَ النِّسَاءَ فَوَعَظَ فِيهِنَّ فَقَالَ يَعْمِدُ أَحَدُكُمْ فَيَجْلِدُ امْرَأَتَهُ جَلْدَ الْعَبْدِ فَلَعَلَهُ يُضَاجِعُهَا مِنْ أَخِرٍ يَوْمِهِ ثُمَّ وَعَظَهُمْ فِي ضَحِكِهِمْ مِنَ الضَّرْطَةِ وَقَالَ لِمَ يَضْحَكُ أَحَدُكُمْ مِمَّا يَفْعَلُ؟ متفق عليه. وَالْعَارِمُ بِالْعَيْنِ الْمُهْمَلَةِ وَالرَّاءِ

هُوَ الشَّرِيرُ الْمُفْسِدُ وَقَوْلُهُ اتَّبَعَثَ أَى قَامَ بِسُرْعَةٍ .

274. Abdallah ibn Zam‘a (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il entendit le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) prononcer un sermon. Il mentionna cette chamelle et celui qui l’avait tuée. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Lorsqu’ils envoyèrent leur plus misérable scélérat. » C’est-à-dire qu’un grand chef du peuple de Thamûd, le plus vil, le plus pervers et le plus puissant d’entre eux, se leva avec exaltation et frénésie pour tuer la chamelle (il s’agit ici de la chamelle du prophète Sâlih, qu’Allah le salue, envoyée au peuple de Thamûd. Elle constituait un miracle qu’Allah lui avait accordé. Le Coran l’appelle « la chamelle d’Allah ». Il avait auparavant averti son peuple que s’il lui faisait le moindre mal, il serait anéanti par un châtiment terrible. Lorsqu’ils méprisèrent cet avertissement et tuèrent la chamelle, ils furent anéantis par un cri terrifiant et assourdissant). Dans son sermon, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) mentionna ensuite les femmes et les exhorta à leur sujet. Il dit : « L’un de vous s’emporte contre sa femme, la frappe comme on frappe une esclave, puis, à la fin de la journée, il couche de nouveau avec elle (il a des rapports avec elle ; quelle ingratitude !) » Puis il les exhorta au sujet de leur rire provoqué par les flatulences. Il dit : « Pourquoi l’un de vous rit-il d’un acte qu’il accomplit lui-même ? »

Al-Boukhari a rapporté ce hadith.

٢٧٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَفْرَكُ مُؤْمِنٌ مُؤْمِنَةٌ إِنْ كَرِهَ مِنْهَا خُلْقًا رَضِيَ مِنْهَا أَخَرَ أَوْ قَالَ غَيْرَهُ – رواه مسلم. وَقَوْلُهُ يَفْرَكْ هُوَ بِفَتْحِ الْيَاءِ وَإِسْكَانِ الْفَاءِ وَفَتْحِ الرَّاءِ مَعْنَاهُ

يُبْغِضُ يُقَالُ فَرَكَتِ الْمَرأَةُ زَوْجَهَا وَفَرَكَهَا زَوْجُهَا بِكَسْرِ الرَّاءِ يَفْرَكُهَا بِفَتْحِهَا أَوْ أَبْغَضَهَا -والله اعلم .

275. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Qu’aucun homme musulman ne nourrisse de haine, d’aversion ou d’hostilité envers une femme musulmane. En effet, si un de ses côtés lui déplaît, un autre de ses côtés lui plaira (c’est-à-dire que s’il y a un défaut, il y a aussi une qualité), ou il a dit quelque chose de semblable. [En raison de leur plus grande crainte révérencielle d’Allah et de leur conscience de leur responsabilité concernant l’authenticité des hadiths, les transmetteurs de hadiths prononcent ce genre de formule.] »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٢٧٦ – عَنْ عَمْرِو بْنِ الْأَحْوَصِ الْجُسْمِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي حَجَّةِ الْوَدَاعِ يَقُولُ بَعْدَ أَنْ حَمِدَ اللَّهَ تَعَالَى وَاثْنَى عَلَيْهِ وَذَكَرَ وَوَعَظَ ثُمَّ قَالَ أَلَا وَاسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ خَيْرًا فَإِنَّمَا هُنَّ عَوَانٌ

عِنْدَكُمْ لَيْسَ تَمْلِكُونَ مِنْهُنَّ شَيْئًا غَيْرَ ذَلِكَ إِلَّا أَن يَأْتِينَ بِفَاحِشَةٍ مُّبَيِّنَةٍ فَإِنْ فَعَلْنَ فَاهْجُرُوهُنَّ فِي الْمَضَاجِعِ وَاضْرِبُوهُنَّ ضَرْبًا غَيْرَ مُبَرِّحٍ فَإِنْ أَطَعْنَكُمْ فَلَا تَبْغُوا عَلَيْهِنَّ سبيلاً أَلا إِنَّ لَكُمْ عَلَى نِسَائِكُمْ حَقًّا وَلِنِسَائِكُمْ عَلَيْكُمْ

حَقًّا فَحَقُكُمْ عَلَيْهِنَّ أَنْ لا يُوطِينَ فُرُشَكُمْ مَنْ تَكْرَهُونَ وَلَا يَأْذَنْ فِي بُيُوتِكُمْ لِمَنْ تَكْرَهُونَ أَلَا وَحَقَّهُنَّ عَلَيْكُمْ أَنْ تُحْسِنُوا إِلَيْهِنَّ فِي كِسْوَتِهِنَّ وَطَعَامِهِنَّ رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثُ حَسَنٌ صَحِيحٌ قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

عَوَانٌ أَنْ أَسِيْرَاتٌ جَمْعُ عَانِيَةٍ بِالْعَيْنِ الْمُهْمَلَةِ وَهِيَ الْأَسِيرَةُ وَالْعَانِي الْأَسِيرُ شَبَّهَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَرْأَةَ فِي دُخُولِهَا تَحْتَ حُكم الزوج بِالْأَسِيرِ وَالضَّرْبُ المُبَرِّحُ هُوَ الشَّاقُ الشَّدِيدُ وَقَوْلُهُ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ

وَسَلَّمَ فَلا تَبْغُوا عَلَيْهِنَّ سَبِيلاً أَي لَا تَطْلُبُوا وَاللَّهُ أَعْلَمُ . طرِيقًا تَحْتَجُوْنَ بِهِ عَلَيْهِنَّ وَتُؤْذُونَهُنَّ بِهِ وَا

276. D’après ʿAmr ibn al-Aḥwaṣ al-Jushamī, qu’Allah l’agrée, qui a entendu le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dire dans le sermon du pèlerinage d’adieu : Il loua Allah et fit Son éloge, exhorta les gens et dit : « Traitez bien les femmes, car elles sont sous votre responsabilité. Vous ne possédez à leur égard rien d’autre que le droit de jouir d’elles et de leur confier la gestion du foyer, sauf si elles commettent ouvertement une indécence. Si elles agissent ainsi, éloignez-les de vos lits et frappez-les, mais sans dureté. Si elles vous obéissent, ne cherchez pas de moyen de leur nuire. Prenez garde ! De même que vous avez des droits sur vos épouses, elles ont des droits sur vous. Votre droit sur elles est qu’elles ne souillent pas votre lit avec des personnes que vous n’aimez pas et qu’elles ne permettent pas à des personnes indésirables d’entrer dans votre maison. Leur droit sur vous est que vous leur assuriez convenablement leur nourriture et leurs vêtements. »

L’imam at-Tirmidhī a rapporté ce hadith et a dit qu’il est bon et authentique.

Vocabulaire : dans la parole du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue :عوانc’est un terme pluriel qui signifie prisonnières ou captives. Il a comparé la situation de l’épouse sous l’autorité de son mari à celle d’une captive.الضرب المبرحsignifie : frapper durement.فلا تبغوا عليهن سبيلاًC’est-à-dire : n’adoptez aucune voie ni aucun moyen qui leur causerait de la souffrance ou les laisserait dans la détresse.

۲۷۷- عَنْ مُعَاوِيَةَ بْنِ حَيْدَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا حَقُّ زَوْجَة أَحَدَنَا عَلَيْهِ ؟ قَالَ أنْ تُطعمها اذا طعمت وَتَكْسُوهَا إِذَا اكْتَسَيْتَ وَلَا تَضْرِبِ الْوَجْهَ وَلَا تُقَبِّحُ وَلَا تَهْجُرُ إِلا فِي الْبَيْتِ حَدِيثٌ حَسَنٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ

وَقَالَ مَعْنَى لَا تُقَبِّحُ لَا تَقُلْ قَبْحَكِ اللَّهُ .

277. D’après Muʿāwiya ibn Ḥayda, qu’Allah l’agrée, qui dit : J’ai demandé : « Ô Messager d’Allah, quels sont les droits de l’épouse de l’un de nous sur lui ? » Il répondit : « Lorsque tu manges, fais-la manger aussi ; lorsque tu t’habilles, habille-la aussi ; ne frappe jamais son visage, ne l’insulte jamais par des paroles obscènes et ne t’éloigne pas d’elle, sauf dans la maison [par “dans la maison”, il faut entendre ici le lit : il est donc permis, à titre disciplinaire, de lui attribuer parfois un lit séparé]. »

C’est un hadith bon, rapporté par l’imam Abū Dāwūd.

۲۷۸ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم أَكْمَلُ الْمُؤْمِنِينَ إِيْمَانًا أَحْسَنُهُمْ خُلْقًا وَخِيَارُكُمْ خَيَارُكُمْ لِنِسَائِهِمْ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثُ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

278. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) a rapporté. Il a dit : Le croyant dont la foi est la plus parfaite est celui dont le caractère et le comportement sont les meilleurs. Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs envers leurs épouses.

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il est hassan et sahih.

۲۷۹ – عَنْ آيَاسِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِي ذُبَابٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَضْرِبُوا إِمَاءَ اللهِ فَجَاءَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ إِلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ ذَئِرْنَ النِّسَاءُ عَلَى أَزْوَاجِهِنَّ

فَرَخْصَ فِي ضَرْبِهِنَّ فَأَطَافَ بال رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نِسَاءٌ كَثِيرٌ يَشْكُونَ أَزْوَاجَهُنَّ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَقَدْ أَطَافَ بِالِ بَيْتِ مُحَمَّدٍ نِسَاءٌ كَثِيرٌ يَشْكُونَ أَزْوَاجَهُنَّ لَيْسَ أُولَئِكَ بِخِيَارِكُمْ – رواه ابو

داود باشنَادٍ صَحِيحِ ، قَوْلُهُ ذَئِرْنَ هُوَ بذال مُعْجَمَةٍ مَفْتُوحَةٍ ثُمَّ هَمْزَةٍ مَكْسُورَةٍ ثُمَّ رَاء سَاكِنَةٍ ثُمَّ نُونٍ أَى اجْتَرَانَ وَقَوْلُهُ أطاف أي أحاط.

279. Yas ibn Abd Allah (qu’Allah l’agrée) a rapporté. Il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne frappez pas les servantes d’Allah (les femmes). » Umar (qu’Allah l’agrée) vint trouver le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui dit : « Les femmes se sont rebellées contre leurs maris (et leur manifestent de l’arrogance). » Il leur permit alors de les frapper. De nombreuses femmes vinrent ensuite auprès des proches du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se plaindre de leurs maris. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « De nombreuses femmes sont venues se plaindre de leurs maris auprès de la famille de Muhammad. Ces hommes ne sont certainement pas les meilleurs. »

L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

۲۸۰ – عَنْ عَبْدِ اللَّهُ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الدُّنْيَا مَتَاعٌ وَخَيْرُ مَتَاعِهَا الْمَرْأَةُ الصَّالِحَةُ – رواه مسلم .

২৮০. D’après ʿAbdullah ibn ʿAmr (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Le monde entier est une jouissance, et la meilleure jouissance du monde est une épouse pieuse. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Chapitre 35 — Les devoirs de l’épouse envers son mari

Les devoirs de l’épouse envers son mari.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : الرِّجَالُ قَوَّامُونَ عَلَى النِّسَاءِ بِمَا فَضْلَ اللَّهُ بَعْضَهُمْ عَلَى بَعْضٍ وبِمَا أَنْفَقُوا مِنْ أَمْوَالِهِمْ فَالصَّالِحَاتُ قَانِتَاتٌ حَافِظَاتٌ لِلْغَيْبِ بِمَا حَفِظَ اللَّهُ .

Le Très-Haut dit :

« Les hommes ont autorité sur les femmes, parce qu’Allah a favorisé certains d’entre eux par rapport aux autres, et parce qu’ils dépensent de leurs biens. Les femmes vertueuses sont donc obéissantes et préservent, en l’absence de leurs maris, ce qu’Allah leur a ordonné de préserver. (Sourate An-Nisâ’, 34)

وأما الْأَحَادِيثُ فَمِنْهَا حَدِيثُ عَمْرِو بْنِ الْأَحْوَصِ السَّابِقُ فِي الْبَابِ قَبْلَهُ : ۲۸۱ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم إِذَا دَعَا الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ إِلَى فِرَاشِهِ فَلَمْ تَأْتِهِ فَبَاتَ غَضْبَانَ عَلَيْهَا

لَعَنَتْهَا الْمَلَائِكَةُ حَتَّى تُصْبِحَ متفق عليه. وفي رِوَايَةٍ لَهُمَا إِذَا بَاتَتِ الْمَرْأَةُ هَاجِرَةٌ فراش زَوْجِهَا لَعَنَتْهَا الْمَلَائِكَةُ حَتَّى تُصْبِحَ، وَفِي رِوَايَةٍ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ مَا مِنْ رُجُلٍ يَدْعُو إِمْرَأَتَهُ

إِلَى فِرَاشِهَا فَتَأْبَى عَلَيْهِ الأَ كَانَ الَّذِي فِي السَّمَاءِ سَاخِطًا عَلَيْهَا حَتَّى يَرْضَى عَنْهَا

281. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Lorsqu’un homme appelle son épouse à son lit, mais qu’elle ne vient pas, et que le mari passe la nuit mécontent d’elle, les anges continuent de la maudire jusqu’au matin.

Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

Dans une autre version rapportée par tous deux, il est dit : Lorsqu’une femme passe la nuit en abandonnant le lit de son mari, les anges continuent de la maudire jusqu’au matin. Dans une autre version, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : Par Celui dans la main de qui se trouve ma vie ! Lorsqu’un homme appelle son épouse à son lit et qu’elle refuse, Celui qui est au ciel reste mécontent d’elle jusqu’à ce que son mari soit satisfait d’elle.

۲۸۲ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَيْضًا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَحِلُّ لِلْمَرْأَةِ أَنْ تَصُومَ وَزَوْجُهَا شَاهِدٌ إِلَّا بِإِذْنِهِ وَلَا تَأْذَنَ فِي بَيْتِهِ الا باذنه متفق عليه وَهُذَا لَفْظُ الْبُخَارِيِّ .

282. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Il n’est pas permis à une femme de jeûner (un jeûne surérogatoire) sans l’autorisation de son mari lorsque celui-ci est présent à la maison. Il ne lui est pas non plus permis d’autoriser quelqu’un d’autre à entrer chez elle sans son autorisation.

Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith. Toutefois, le texte principal est celui d’Al-Bukhârî.

۲۸۳ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كلكم راع وكُلُّكُمْ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ وَالْأَمِيرُ رَاعٍ وَالرَّجُلُ رَاعٍ عَلَى أَهْلِ بَيْتِهِ والْمَرْأَةُ رَعِيَّةٌ عَلَى بَيْتِ زَوْجِهَا وَوَلَدِهِ فَكُلُّكُمْ رَاعٍ وَكُلُّكُمْ مَسْئُولٌ

عَنْ رَعِيَّتِهِ متفق عليه .

283. D’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Chacun de vous est un responsable, et chacun de vous sera interrogé au sujet de sa responsabilité. Le gouverneur ou le dirigeant est un responsable, et il devra rendre compte en détail de sa responsabilité. L’homme est responsable de sa famille, et la femme est responsable de la maison de son mari et de ses enfants. Ainsi, chacun de vous est un responsable, et chacun de vous sera interrogé au sujet de sa responsabilité. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٨٤ – عَنْ أَبِي عَلِيَّ طَلْقٍ بْنِ عَلِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا دَعَا الرَّجُلُ زَوْجَتَهُ لِحَاجَتِهِ فَلْتَأْتِهِ وَإِنْ كَانَتْ عَلَى التَّنُّورِ. رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَالنِّسَائِي وَقَالَ التَّرْمِذِى حَدِيْثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

284. D’après Abou Ali Talluf ibn Ali (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque le mari appelle sa femme pour quelque besoin, qu’elle se rende immédiatement auprès de lui, même si le pain est sur le fourneau. »

L’imam at-Tirmidhi et l’imam an-Nasa’i ont rapporté ce hadith. At-Tirmidhi a dit : « Ce hadith est hassan et sahih. »

٢٨٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَوْ كنتُ أمرا احدا أنْ يَسْجُدَ لِأَحَدٍ لَأَمَرْتُ الْمَرْأَةَ أَنْ تَسْجُدَ لِزَوْجِهَا رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.

285. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit :

Si j’avais ordonné à quelqu’un de se prosterner devant une autre personne, j’aurais ordonné à l’épouse de se prosterner devant son mari.

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il est hasan et sahih.

٢٨٦ – عَنْ أَمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّمَا امْرَأَةٍ مَاتَتْ وَزَوْجُهَا عَنْهَا رَاضِ دَخَلَتِ الْجَنَّةَ . رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ .

286. Umm Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : Toute femme qui meurt alors que son mari est satisfait d’elle entrera au Paradis.

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il est hasan.

۲۸۷ – عَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا تُؤْذِي امْرَأَةً زَوْجَهَا فِي الدُّنْيَا إِلَّا قَالَتْ زَوْجَتُهُ مِنَ الْحُورِ الْعَيْنِ لَا تُؤْذِيهِ قَاتَلَكَ اللهُ فَإِنَّمَا هُوَ عِنْدَكَ دَخِيلٌ يُوشِكُ أَنْ يُفَارِقَكَ الَيْنَا – رَوَاهُ

التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.

287. D’après Mu‘âdh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée), le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : Chaque fois qu’une femme fait souffrir son mari ici-bas, celle qui sera son épouse parmi les houris aux grands yeux du Paradis lui dit : « Ô malheureuse, ne lui fais pas de mal. Qu’Allah te fasse périr ! Il n’est auprès de toi qu’en tant qu’hôte. Il ne tardera pas à te quitter pour nous rejoindre. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : C’est un hadith hassan.

۲۸۸ – عَنْ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا تَرَكْتُ بَعْدِى فِتْنَةٌ هِيَ أَضَرُّ عَلَى الرِّجَالِ مِنَ النِّسَاء – متفق عليه .

288. D’après Usâma ibn Zayd (qu’Allah l’agrée), le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : Après moi, je n’ai laissé pour les hommes aucune fitna plus nuisible que les femmes.

Les imams al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

Section 36 — L’entretien de la famille et des proches

L’entretien de la famille et des proches.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَعَلَى الْمَوْلُودِ لَهُ رِزْقُهُنَّ وَكِسْوَتُهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ .

Allah le Très-Haut dit :

« Le père de l’enfant doit assurer la subsistance des mères de manière convenable. » (Sourate al-Baqara : 233)

وَقَالَ تَعَالَى : لِيُنْفِقْ ذُو سَعَةٍ مِنْ سَعَتِهِ وَمَنْ قُدِرَ عَلَيْهِ رِزْقُهُ فَلْيُنْفِقْ مِمَّا آتَاهُ اللهُ لَا يُكَلِّفُ اللَّهُ نَفْسًا إِلَّا مَا أَتَاهَا

« Que l’homme aisé dépense selon ses moyens. Et que celui dont les ressources sont limitées dépense selon ce qu’Allah lui a accordé. Allah n’impose à personne une dépense supérieure à ce qu’Il lui a donné. Il se peut qu’Allah fasse succéder l’aisance à la gêne. » (Sourate at-Talaq : 7)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا أَنْفَقْتُمْ مِنْ شَيْءٍ فَهُوَ يُخْلِفُهُ.

« Quoi que vous dépensiez, Il vous le remplacera. » (Sourate Saba : 39)

۲۸۹ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دِيْنَارٌ انْفَقْتَهُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَدِيْنَارٌ أَنْفَقْتَهُ فِي رَقَبَةٍ وَدِيْنَارٌ تَصَدِّقْتَ بِهِ على مشكين وَدِيْنَارٌ انْفَقْتَهُ عَلَى أَهْلِكَ أَعْظَمُهَا أَجْرًا الَّذِي أَنْفَقْتَهُ

عَلَى أَهْلِكَ. رواه مسلم.

289. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Tu as dépensé un dinar dans le sentier d’Allah, un dinar pour affranchir un esclave, un dinar en aumône pour un indigent et un dinar pour ta famille. Parmi ces dinars, celui que tu as dépensé pour les membres de ta propre famille est le meilleur en termes de récompense. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۹۰ – عَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ وَيُقَالُ لَهُ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ ثَوْبَانَ بْنِ بُجُدُدَ مَوْلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَفْضَلُ دِينَارٍ يُنْفِقُهُ الرَّجُلُ دِينَارٌ يُنْفِقُهُ عَلَى عِبَالِهِ وَدِيْنَارُ يُنْفِقُهُ عَلَى

دَابَّتِهِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَدِيْنَارٌ يُنْفِقُهُ عَلَى أَصْحَابه في سبيل الله . رواه مسلم.

290. Abou Abdallah, ou Abou Abder-Rahman, Thawbân ibn Boujdoud, l’affranchi du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), rapporte. Il dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Parmi les dinars qu’une personne dépense, le meilleur est celui qu’elle dépense pour sa famille, celui qu’elle dépense pour le cheval qu’elle entretient en vue du jihâd dans le sentier d’Allah, et celui qu’elle dépense pour ses compagnons dans le sentier d’Allah. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۹۱ – عَنْ أُمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَتْ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ هَلْ لِي أَجْرٌ فِي بَنِي أَبِي سَلَمَةَ أَنْ أَنْفِقَ عَلَيْهِمْ وَلَسْتُ بِتَارِكَتِهِمْ هُكَذَا وَهُكَذَ إِنَّمَا هُمْ بَنِي؟ فَقَالَ نَعَمْ لَكِ أَجْرُ مَا أَنْفَقْتِ عَلَيْهِمْ – متفق عليه.

219. Oummou Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : « J’ai demandé : Ô Messager d’Allah ! Serai-je récompensée pour les dépenses que j’engage pour les enfants d’Abou Salama ? Je ne peux en aucune façon les abandonner, car ils sont aussi mes enfants. » Il répondit : « Oui, tu recevras une récompense pour la charge que tu assumes à leur égard. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۹۲ – عَنْ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي حَدِيثِهِ الطَّوِيلِ الَّذِي قَدَّمْنَاهُ فِي أَوَّلِ الْكِتَابِ فِي بَابِ النِّيَّةِ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لهُ وَإِنَّكَ لَنْ تُنْفِقَ نَفَقَةً تَبْتَغِي بِهَا وَجْهَ اللَّهِ إِلَّا أَجِرْتَ بِهَا حَتَّى مَا

تَجْعَلُ فِي فِي امْرَأَتِكَ – متفق عليه.

292. Il est rapporté d’après Sa‘d ibn Abi Waqqas (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le préserve — lui dit : « Tout ce que tu dépenses afin d’obtenir l’agrément d’Allah te sera rétribué, même la bouchée que tu portes à la bouche de ton épouse. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۲۹۳ – عَنْ أَبِي مَسْعُودٍ الْبَدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا أَنْفَقَ الرَّجُلُ عَلَى أَهْلِهِ نَفَقَةً يَحْتَسِبُهَا فَهِيَ لَهُ صَدَقَةٌ – متفق عليه.

293. Il est rapporté d’après Abou Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le préserve — a dit : « Ce qu’un homme dépense pour sa famille en espérant obtenir une récompense lui est compté comme une aumône (sadaqa).
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٩٤ – عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَفَى بِالْمَرْءِ أَثِمًا أَنْ يُضَيِّعَ مَنْ يَقُوْتُ حَدِيثُ صَحِيحٌ روَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَغَيْرُهُ وَرَوَاهُ مُسْلِمٌ فِي صَحِيحِهِ بِمَعْنَاهُ قَالَ كَفَى

بِالْمَرْءِ أَثْمًا أَنْ يَحْبِسَ عَمَّنْ يُمْلِكُ قُوْتَهُ

294. D’après Abdullah ibn Amr (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Il suffit à un homme, pour être considéré comme pécheur, de gaspiller la subsistance de ceux dont il a la charge.

C’est un hadith authentique, rapporté par l’imam Abû Dâwûd et d’autres.

L’imam Muslim a également rapporté un hadith allant dans le même sens. Il a dit : Il suffit à un homme, pour être pécheur, de retenir la subsistance de ceux dont il a la charge.

٢٩٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا مِنْ يَوْمِ يُصْبِحُ الْعِبَادُ فِيهِ إِلا مَلَكَان يَنزِلَانِ فَيَقُولُ أَحَدُهُمَا اللَّهُمَّ أَعْطِ مُنْفِقًا خَلَفًا وَيَقُولُ الْآخَرُ اللَّهُمَّ أَعْطَ مُمْسكًا تَلَفًا – متفق عليه .

295. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Chaque matin, deux anges descendent dès que le serviteur se réveille. L’un d’eux dit : « Ô Allah ! Accorde une compensation à celui qui dépense », et l’autre dit : « Ô Allah ! Anéantis les biens de l’avare. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٢٩٦ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْبَدُ الْعُلْيَا خَيْرٌ مِّنَ الْيَدِ السفلي وابْدَأَ بِمَنْ تَعُولُ وَخَيْرُ الصَّدَقَةِ مَا كَانَ عَنْ ظَهْرِ عَنِّى وَمَنْ يَسْتَعْفِفْ يُعِفُهُ اللَّهُ وَمَنْ يَسْتَغْنِ يُغْنِه الله – رواه البخاري .

২৯৬. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « La main supérieure est meilleure que la main inférieure [c’est-à-dire que le donateur est meilleur que celui qui reçoit l’aumône]. Commence par ceux qui sont à ta charge. Le don fait tout en conservant une aisance financière est le meilleur [c’est-à-dire donner ce qui reste après avoir dépensé pour sa famille et ses proches]. Celui qui désire être chaste et abstinent, Allah lui en accorde la capacité. Et celui qui désire se suffire à lui-même, Allah le rend indépendant. »

L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.

Chapitre 37 – Dépenser dans le chemin d’Allah ce qui est meilleur et le plus aimé

Dépenser dans le chemin d’Allah ce qui est meilleur et le plus aimé.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : لَنْ تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ .

Le Très-Haut dit :

« Vous n’atteindrez jamais la bonté tant que vous ne dépenserez pas de ce que vous aimez et appréciez. Et quoi que vous dépensiez, Allah le sait parfaitement. » (Sourate Âl ‘Imrân, 92)

وَقَالَ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَنْفِقُوا مِنْ طَيِّبَاتِ مَا كَسَبْتُمْ وَمِمَّا أَخْرَجْنَا لَكُمْ مِنَ الْأَرْضِ وَلَا تَيَمِّمُوا الْخَبِيثَ مِنْهُ تُنْفِقُونَ .

« Ô vous qui croyez ! Dépensez dans le sentier d’Allah une partie des meilleures choses que vous avez acquises et de ce que Nous avons fait sortir pour vous de la terre. Ne choisissez pas les choses les plus mauvaises pour les dépenser dans le sentier d’Allah. » (Sourate Al-Baqara : 267)

۲۹۷ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ أَبُو طَلْحَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَكْثَرَ الْأَنْصَارِ بِالْمَدِينَةِ مَالاً مِنْ نَخْلِ وَكَانَ أَحَبُّ أَمْوَالِهِ إِلَيْهِ بَيْرَحَاءُ وَكَانَتْ مستقبلة المسجد وَكَانَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْخُلُهَا وَيَشْرَبُ مِنْ

مَاء فِيهَا طَيِّبٍ قَالَ أَنَسٌ فَلَمَّا نَزَلَتْ هُذِهِ الْآيَةُ لَنْ تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ قَامَ أَبُو طَلْعَةَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى انْزَلَ عَلَيْكَ لَنْ تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ

وَإِنْ أَحَبٌ مَالِي إِلَى بَيْرَ حَاءُ وَأَنَّهَا صَدَقَةً لِلَّهِ تَعَالَى أَرْجُو بِرْهَا وَذُخْرَهَا عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى فَضَعْهَا يَا رَسُولَ اللهِ حَيْثُ أَرَاكَ اللهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَحْ ذَلِكَ مَالَ رَابِحٌ ذَالِكَ مَالٌ رَابِحٌ وَقَدْ سَمِعْتُ مَا قُلْتَ وَإِنِّي

أَرَى أَنْ تَجْعَلَهَا فِي الْأَقْرِبَيْنَ فَقَالَ أَبُو طَلْحَةَ أَفْعَلُ يَا رَسُولَ اللَّهِ فَقَسْمَهَا أَبُو طَلْحَةَ فِي أَقَارِيهِ وبَنِي عَمِّهِ – متفق عليه. قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَالٌ رَابِحٌ رُوِيَ فِي الصحيحين رابع ورايح بِالْبَاءِ الْمُوَحْدَةِ وَبِالْيَاءِ الْمُثَنَّاةِ

أَيْ رَابِحٌ عَلَيْكَ نَفْعُهُ وَبَيْرَحَاءُ حَدِيقَةُ نَخْلِ وَرُوِيَ بِكَسْرِ الْبَاءِ وَفَتْحِهَا .

297. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Parmi les Ansar de Médine, Abou Talha (qu’Allah l’agrée) était le plus riche grâce à ses plantations de dattiers. De tous ses biens, le jardin appelé « Bairuha » lui était le plus cher. Ce jardin se trouvait juste en face de la Mosquée du Prophète. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’y rendait et buvait l’eau douce du jardin. Anas (qu’Allah l’agrée) dit : Lorsque fut révélée cette parole : « Vous n’atteindrez jamais la piété tant que vous ne dépenserez pas de ce que vous aimez » (sourate Al ‘Imran : 92),

Abou Talha (qu’Allah l’agrée) se rendit alors auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dit : Ô Messager d’Allah ! Certes, Allah Très-Haut vous a révélé : « Vous n’atteindrez jamais la piété tant que vous ne dépenserez pas de ce que vous aimez. » Le jardin appelé « Bairuha » est le bien qui m’est le plus cher. Je le donne pour Allah. J’espère auprès d’Allah sa récompense et sa rétribution. Ô Messager d’Allah ! Utilisez-le comme Allah vous le fera aimer. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : Très bien ! Voilà un bien réellement profitable. J’ai entendu ce que tu as dit, et je pense qu’il convient de le donner à tes proches. Abou Talha (qu’Allah l’agrée) dit : Je le ferai donc, ô Messager d’Allah ! Puis Abou Talha répartit le jardin entre ses proches parents et ses cousins.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Chapitre 38 – Ordonner à ses enfants, à sa famille, à ses personnes à charge et à tous ceux qui lui sont liés d’obéir à Allah le Très-Haut, leur interdire de Lui désobéir, leur enseigner les bonnes manières et la courtoisie, et les préserver des choses interdites

Ordonner à ses enfants, à sa famille, à ses personnes à charge et à tous ceux qui lui sont liés d’obéir à Allah le Très-Haut, leur interdire de Lui désobéir, leur enseigner les bonnes manières et la courtoisie, et les préserver des choses interdites.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَأَمر أَهْلَكَ بِالصَّلاةِ وَاصْطَبِرْ عَلَيْهَا .

Allah le Très-Haut dit :

« Ordonne à ta famille d’accomplir la prière et sois toi-même constant dans son accomplissement. » (Sourate Taha : 132)

وَقَالَ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا قُوا أَنْفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَارًا

« Ô vous qui croyez ! Préservez-vous, ainsi que vos familles, d’un Feu. » (Sourate At-Tahrim : 6)

۲۹۸- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنهُ قَالَ أَخَذَ الحَسَنُ بْنُ عَلِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا تَمْرَةٌ مِنْ تَشرِ الصَّدَقَةِ فَجَعَلَهَا فِي فِيهِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُنْ كَنْ إِرْمِ بِهَا أَمَا عَلِمْتَ إِنَّا لَا تَأْكُلُ الصَّدَقَةَ؟ متفق عليه

وَفِي رِوَايَةٍ أَنَّا لَا تَحِلُّ لَنَا الصَّدَقَةُ وَقَوْلُهُ كَنْ كَنْ يُقَالُ بِإِسْكَانِ الْخَاءِ وَيُقَالُ بِكَسْرِهَا مَعَ التَّنْوِينِ وَهِيَ كَلِمَةُ زَجْرٍ لِلصَّبِيِّ عَنِ الْمُسْتَقَذَرَاتِ وَكَانَ الْحَسَنُ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ صَبِيًّا .

298. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Al-Hasan ibn Ali (qu’Allah l’agrée) prit une datte provenant des dattes de la sadaqa (zakât) et la mit dans sa bouche. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit sur un ton de reproche : « Kakh ! Kakh ! Rejette-la ! Ne sais-tu pas que nous ne mangeons pas de sadaqa ? »

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Une autre version précise : « Les biens provenant de la sadaqa ne nous sont pas licites. » [Il est interdit aux membres de la famille du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) de consommer la sadaqa, la zakât, etc.].

Explication des termes : l’imam al-Nawawi dit que l’expressionکخ کخ ou کخ کخ est employée pour conseiller les enfants, les mettre en garde, les réprimander ou les blâmer lorsqu’il s’agit d’une chose réprouvée [par exemple, lorsque quelqu’un donne une chose déplaisante, nous disons en bengali : « Duh ! Khuh !»]. Al-Hasan (qu’Allah l’agrée) était alors encore jeune.

٢٩٩ – عَنْ أَبِي حَفْصِ عُمَرَ بْنِ أَبِي سَلَمَةَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ الْأَسَدِ رَبِيبِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كُنْتُ غُلَامًا فِي حَجْرٍ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَانَتْ يَدِى تَطِيسُ فِي الصَّحْفَةِ فَقَالَ لِي رَسُولُ

اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا غُلَامُ سَمَّ اللَّهَ تَعَالَى وَكُلْ بِيَمِينِكَ وَكُلُّ مِمَّا يَلِيْكَ فَمَا زَالَتْ تِلْكَ طعْمَتِي بَعْدُ . متفق عليه وتَطِيسُ تَدُورُ فِي نَوَاحِي الصَّحْفَةِ .

299. Abou Hafs Omar ibn Abou Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : J’étais un enfant sous la tutelle du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) [il était le fils d’Abdullah ibn Abd al-Asad, l’ancien époux d’Oumm Salama, l’épouse du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il fut élevé au sein de la famille du Messager]. Ma main se déplaçait çà et là dans le plat. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me dit : « Mon garçon ! Prononce le nom d’Allah, mange avec ta main droite et mange ce qui est devant toi. » Depuis lors, j’ai toujours mangé de la manière qu’il m’avait enseignée.

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٠٠- عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ كُلُّكُمْ رَاعٍ وَكُلُّكُمْ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ الْإِمَامُ رَاعٍ وَمَسْئُولٌ عَنْ رعيته والرَّجُلُ راعٍ فِي أَهْلِهِ وَمَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ وَالْمَرْأَةُ رَاعِيَةٌ فِي

بَيْتِ زَوْجِهَا وَمَسْئُولَةٌ عَنْ رَعِيَّتِهَا وَالْخَادِمُ رَاعٍ فِي مَالِ سَيِّدِهِ وَمَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ فَكُلُّكُمْ راعٍ وَمَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ – متفق عليه .

300. Ibn ‘Umar, qu’Allah l’agrée, rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah dire : « Chacun de vous est un gardien, et chacun de vous sera interrogé au sujet de ce dont il a la charge. L’imam est un gardien ; il sera interrogé au sujet de ce dont il a la charge. »

L’homme est le gardien de sa famille ; il sera interrogé au sujet de la responsabilité qui lui a été confiée. La femme est la gardienne du foyer de son mari ; elle devra rendre des comptes au sujet de sa garde. Le serviteur est le gardien des biens de son maître ; il sera interrogé au sujet de ce dont il a la charge. Ainsi, vous êtes tous des gardiens, et chacun de vous sera interrogé au sujet de ce dont il a la charge.

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٠١- عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُرُوا أَوْلادَكُمْ بِالصَّلَاةِ وَهُمْ أَبْنَاءُ سَبْعِ سِنِينَ وَاضْرِبُوهُمْ عَلَيْهَا وَهُمْ أَبْنَاءُ عَشْرٍ وَفَرِّقُوا بَيْنَهُمْ فِي الْمَضَاجِعِ حَدِيْثٌ

حَسَنٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِاشْنَادٍ حَسَن .

301. Rapporté d’après ‘Amr ibn Shu‘ayb, par l’intermédiaire de son père puis de son grand-père. Il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Dès que vos enfants atteignent l’âge de sept ans, ordonnez-leur d’accomplir la prière ; lorsqu’ils atteignent l’âge de dix ans, s’ils n’ont toujours pas pris l’habitude de prier, corrigez-les physiquement afin qu’ils prient et séparez leurs lits. » C’est un hadith hasan. L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission.

٣٠٢ – عَنْ أَبِي ثُرَيَّةَ سَبْرَةَ بْنِ مَعْبَدِ الْجُهَنِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلِمُوا الصَّبِيُّ الصَّلاةَ لِسَبْعِ سِنِينَ وَاضْرِبُوهُ عَلَيْهَا ابْنَ عَشْرِ سِنِينَ – حَدِيثٌ حَسَنٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِي وَقَالَ

حَدِيثٌ حَسَنٌ وَلَفْظُ أَبِي داود مُرُوا الصَّبِيِّ بِالصَّلاةِ إِذَا بَلَغَ سَبْعَ سِنِينَ .

302. Rapporté d’après Abou Sourayya Sabra ibn Ma‘bad al-Jouhani — qu’Allah l’agrée. Il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Enseignez la prière à l’enfant dès l’âge de sept ans et, à l’âge de dix ans, frappez-le s’il ne prie pas. »

C’est un hadith hasan. L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith.

La version littérale d’Abou Dawoud est la suivante : « Lorsque l’enfant atteint l’âge de sept ans, ordonnez-lui d’accomplir la prière. »

Section : 39 — Les droits du voisin et l’importance de préserver de bonnes relations avec lui

Les droits du voisin et l’importance de préserver de bonnes relations avec lui.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَاعْبُدُوا اللهَ وَلَا تُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا وَبِذِي الْقُرْبَى وَالْيَتَامَى وَالْمَسَاكِينِ وَالْجَارِ ذِي الْقُرْبَى وَالْجَارِ الْجُنُبِ وَالصَّاحِبِ بِالْجَنبِ وابن السبيلِ وَمَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ ……

Le Très-Haut dit :

« Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé ; soyez bons envers vos père et mère, ainsi qu’envers les proches, les orphelins et les nécessiteux, le voisin proche, le voisin éloigné, le compagnon qui vous côtoie (l’expression originale est « waṣ-ṣāḥibi bil-jānb » ; elle peut désigner l’ami qui vit avec vous, celui qui vous accompagne temporairement en un lieu ou à un moment donné, ou encore le compagnon de route qui marche avec vous lors de vos déplacements au marché et ailleurs), le voyageur de passage, ainsi que les esclaves et servantes qui sont sous votre autorité. Allah n’aime nullement celui qui est arrogant, imbu de lui-même et vaniteux. » (Sourate An-Nisâ’, 36)

٣٠٣ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ وَعَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَا قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا زَالَ جِبْرِيلُ يُوصِينِي بِالْجَارِ حَتَّى ظَنَنْتُ أَنَّهُ سَيُورَثُهُ – متفق عليه.

303. Selon Ibn Umar et Aïcha (qu’Allah les agrée tous deux), tous deux rapportent que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Jibrîl ne cessa de me recommander de bien traiter le voisin, au point que je pensai qu’il allait peut-être lui attribuer une part d’héritage. »

L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٠٤ – عَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا آبًا ذَرٍ إِذَا طَبَخْتَ مَرَقَةٌ فَأَكْثِرُ مَا مَهَا وَتَعَاهَدْ حِيْرَانَكَ رَوَاهُ مُسْلِمُ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ عَنْ أَبِي ذَرٍ قَالَ إِنَّ خَلِيلِى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْصَانِي إِذَا

طَبَخْتَ مَرَقًا فَأَكْثِرْ مَاءَهُ ثُمَّ انْظُرْ أَهْلَ بَيْتِ مِنْ حِيْرَانِكَ فَأَصْبِهُمْ مِنْهَا بِمَعْرُوفَ.

304. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ô Abou Dharr ! Lorsque tu cuisines un ragoût, ajoute-y un peu plus d’eau afin d’en augmenter le bouillon, puis fais-en parvenir à ton voisin. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) dit : « Mon ami, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), m’a recommandé ceci : lorsque tu cuisines un bouillon, ajoute-y davantage d’eau, puis prends des nouvelles des foyers de tes voisins et donne-leur-en généreusement. »

٣٠٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ وَاللَّهِ لا يُؤْمِنُ وَاللَّهِ لَا يُؤْمِنُ وَاللَّهِ لَا يُؤْمِنُ قِيلَ مَنْ يَا رَسُولَ اللَّهِ ؟ قَالَ الَّذِي لَا يَأْمَنُ جَارَهُ بَوَائِقَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ لَا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ مَنْ

لَا يَأْمَنُ جَارُهُ بوَائِقَهُ الْبَوَائِقُ الْغَوَائِلُ والسُّرُورُ .

305. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Par Allah ! Il n’est pas croyant ; par Allah, il n’est pas croyant ; par Allah ! Il n’est pas croyant. » On demanda : « Ô Messager d’Allah, qui est-ce donc ? » Il répondit : « Celui dont le voisin n’est pas à l’abri du mal. »

Les imams al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version de Muslim, il est dit : « Celui dont le voisin n’est pas à l’abri du mal n’entrera pas au Paradis. »
Sens des mots : البوائقtrompeur ou méchant.

٣٠٦- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا نِسَاءَ الْمُسْلِمَاتِ لَا تَحْقِرَنَّ جَارَةً لِجَارَتِهَا وَلَوْ فِرْسِنَ شَاءَ متفق عليه .

306. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ô femmes musulmanes ! Qu’aucune voisine ne méprise le cadeau de son autre voisine, même s’il s’agit d’un morceau de sabot de brebis qu’elle lui offre. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٠٧- وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَمْنَعُ جَارُ جَارَهُ أَنْ يُغْرِزَ خَشَبَةٌ فِي جِدَارِهِ ثُمَّ يَقُولُ أَبُو هُرَيْرَةَ مَا لِي أَرَاكُمْ عَنْهَا مُعْرِضِينَ وَاللَّهِ لأَرْمِينَ بَيْنَ اكْتَافِكُمْ – متفق عليه . رُوِيَ خَشَبَهُ بِالْإِضَافَةِ وَالْجَمْعِ

وَرُوِيَ خَشَبَةٌ بِالتَّنْوِيْنِ عَلَى الْإِفْرَادِ وَقَوْلُهُ مَا لِي أَرَاكُمْ عَنْهَا مُعْرِضِينَ يَعْنِي عَنْ هَذِهِ السَّنَّةِ .

307. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Qu’un voisin n’empêche pas son autre voisin d’enfoncer une poutre dans son mur. » Puis Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, disait : « Je vois que vous vous détournez de ce hadith. Par Allah ! Je vous le ferai certainement connaître. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٠٨- وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلَا يُؤْذِ جَارَهُ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيُكْرِمْ ضَيْفَهُ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَشْكُتْ – متفق عليه .

308. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier ne nuise pas à son voisin. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son hôte. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٠٩ – عَنْ أَبِي شُرَيْحِ الْخَزَاعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيُحْسِنَ إِلَى جَارِهِ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيُكْرِمُ ضَيْفَهُ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ

فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَشكُتُ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ بِهذا اللفظ وَرَوَى الْبُخَارِيُّ بَعْضَهُ .

309. Abou Chourayh al-Khouzâ’î (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier traite bien son voisin. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore et accueille généreusement son hôte. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise une bonne parole ou qu’il se taise. »

L’imam Mouslim a rapporté ce hadith selon les termes susmentionnés. L’imam al-Boukhârî en a également rapporté une partie.

٣١٠ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ لِي جَارَيْنِ قَالَى أَيْهِمَا أَهْدِي ؟ قَالَ إِلَى أَقْرَبِهِمَا مِنْكِ بَابًا – رواه البخاري .

310. ‘Â’icha (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’elle a dit : « J’ai demandé : Ô Messager d’Allah, j’ai deux voisines. À laquelle des deux dois-je offrir un cadeau ? » Il répondit : « À celle dont la maison est la plus proche de la tienne. »

L’imam al-Boukhârî a rapporté ce hadith.

۳۱۱ – عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَيْرُ الْأَصْحَابِ عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى خَيْرُهُمْ لِصَاحِبِهِ وَخَيْرُ الْخَيْرَانِ عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى خَيْرُهُمْ لِجَارِهِ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.

311. D’après ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), il a rapporté que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Parmi les amis, le meilleur auprès d’Allah est celui qui souhaite le bien à son compagnon (le meilleur auprès de ses amis est le meilleur). Parmi les voisins, le meilleur auprès d’Allah est celui qui souhaite le bien à son voisin (le meilleur voisin aux yeux des voisins est le meilleur). »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hassan. »

Chapitre 40 – Bien se comporter envers ses père et mère et entretenir de bonnes relations avec ses proches parents

Bien se comporter envers ses père et mère et entretenir de bonnes relations avec ses proches parents.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَاعْبُدُوا اللهَ وَلَا تُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا وَبَذِي الْقُرْبَى وَالْيَتَامَى وَالْمَسَاكِينِ وَالْجَارِ ذِي الْقُرْبَى وَالْجَارِ الْجُنُبِ وَالصَّاحِبِ بِالْجَنبِ وابنِ السَّبِيلِ وَمَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ .

Le Très-Haut dit :

« Adorez Allah et ne Lui associez rien ; soyez bons envers vos père et mère, les proches parents, les orphelins, les nécessiteux, le proche voisin, le voisin éloigné, le compagnon à vos côtés, le voyageur de passage et ceux qui sont sous votre autorité parmi les esclaves, hommes et femmes. » (Sourate An-Nisâ’, 36)

وَقَالَ تَعَالَى : وَاتَّقُوا اللَّهَ الَّذِي تَسَاءَلُونَ بِهِ وَالْأَرْحَامَ .

« Craignez Allah, au nom duquel vous vous réclamez mutuellement vos droits, et prenez garde de rompre les liens de parenté. » (Sourate An-Nisâ’, 1)

وَقَالَ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يَصِلُونَ مَا أَمَرَ اللَّهِ بِهِ أَنْ يُوصَلَ الْآيَةَ .

« (Les gens doués d’intelligence sont ceux) qui maintiennent les liens qu’Allah a ordonné de maintenir. » (Sourate Ar-Ra‘d, 21)

وَقَالَ تَعَالَى : وَوَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ حُسْنًا.

« Nous avons enjoint à l’être humain de bien traiter ses père et mère. » (Sourate Al-‘Ankabût, 8)

وَقَالَ تَعَالَى: وَقَضَى رَبُّكَ أَلا تَعْبُدُوا إِلَّا إِيَّاهُ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا إِمَّا يَبْلُغَنَّ عِنْدَكَ الْكِبَرَ أَحَدُهُمَا أَوْ كِلاهُمَا فَلَا تَقُلْ لَهُمَا أَن وَلَا تَنْهَرْهُمَا وَقُلْ لَهُمَا قَوْلاً كَرِيمًا ، وَاخْفِضْ لَهُمَا جَنَاحَ الذُّلِّ مِنَ الرَّحْمَةِ وَقُلْ رَبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا

رَبَّيَانِي صَغِيرًا.

« Ton Seigneur a ordonné que vous n’adoriez que Lui et que vous traitiez vos père et mère avec bonté. Si l’un d’eux ou tous deux atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas même : “Ouf !”, ne les réprimande pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Abaisse devant eux l’aile de l’humilité et de la miséricorde, et dis : “Seigneur ! Fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé lorsque j’étais enfant.” » (Sourate Banî Isrâ’îl, 4:23-24)

وَقَالَ تَعَالَى: وَوَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ حَمَلَتْهُ أُمُّهُ وَهْنًا عَلَى وَهْنٍ وَفِصَالُهُ فِي عَامَيْنِ أَنِ اشْكُرْ لِي وَلِوَالِدَيْكَ .

Allah, le Très-Haut, dit :

« Nous avons expressément recommandé à l’être humain de reconnaître les droits de ses père et mère. Sa mère l’a porté dans son ventre, dans la souffrance et la faiblesse, puis l’a allaité pendant deux années complètes [Selon les imams ach-Châfiʿî, Ahmad, Abû Yûsuf et Muhammad, la période d’allaitement de l’enfant est de deux ans. Si, durant cette période, un enfant tète le lait d’une autre femme, l’interdiction matrimoniale due à l’allaitement prend effet. Cela signifie que cette femme devient sa mère de lait et qu’il lui devient interdit d’épouser ses enfants et ses descendants. En revanche, si l’enfant est allaité après cette période, cette interdiction ne prend pas effet. Un avis similaire a également été rapporté de l’imam Mâlik. Selon l’imam Abû Hanîfa, toutefois, la période d’allaitement est de deux ans et demi. Il ajoute que si l’enfant cesse d’être allaité à deux ans ou avant et commence à dépendre d’une autre nourriture, le fait qu’il tète ensuite le lait d’une femme n’entraîne aucune disposition juridique particulière.] Sois donc reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes père et mère. » (Sourate Luqmân : 14)

۳۱۲- عَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَأَلْتُ اللهِ ؟ قَالَ الصَّلَاةُ عَلَى وَقْتِهَا النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الْعَمَلِ أَحَبُّ إِلى الله ؟ قُلْتُ ثُمَّ أَيُّ؟ قَالَ بِرُّ الْوَالِدَيْنِ قُلْتُ ثُمَّ أَيُّ ؟ قَالَ الْجِهَادُ

فِي سَبِيلِ اللهِ – متفق عليه.

312. Selon ʿAbdullah ibn Masʿûd (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai demandé au Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) : « Quelle œuvre est la plus aimée d’Allah, Très-Haut ? » Il répondit : « Accomplir la prière à son heure. » Je demandai encore : « Et ensuite, laquelle ? » Il répondit : « Bien traiter ses père et mère. » Je demandai de nouveau : « Et ensuite, laquelle ? » Il répondit : « Combattre dans le sentier d’Allah. »

Les imams al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

٣١٣- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يجزى ولد والدا الا أن يُجدَهُ مَمْلُوكًا فَيَشْتَرِيَهُ فَيُعْتَقَهُ – رواه مسلم .

313. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Aucun enfant ne peut s’acquitter de ce qu’il doit à son père. Toutefois, s’il le trouve esclave, l’achète puis l’affranchit, il se sera alors acquitté d’une partie de ce qu’il lui doit.

L’imam Mouslim a rapporté ce hadith.

٣١٤ – وَعَنْهُ أَيْضًا رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيُكْرِمْ ضَيْفَهُ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَصِلُ رَحِمَهُ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ

لِيَعْمُتُ متفق عليه.

314. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son hôte. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier préserve ses liens de parenté. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise une bonne parole ou se taise.

Les imams Al-Boukhari et Mouslim ont rapporté ce hadith.

٣١٥ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى خَلَقَ الخلقَ حَتَّى إِذَا فَرَغَ مِنْهُمْ قَامَتِ الرَّحِمُ فَقَالَتْ هَذَا مَقَامُ الْعَائِدِ بِكَ مِنَ الْقَطِيعَةِ قَالَ نَعَمُ أَمَا تَرْضَيْنَ أَن أَصِلَ مَنْ وَصَلَكَ وَاقْطَعَ مَنْ قَطَعَكَ؟

قَالَتْ بَلَى قَالَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اقْرَمُوا إِنْ شِئْتُمْ فَهَلْ فذلك لك ثُمَّ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى ا عَسَبْتُمْ إِنْ تَوَلَّيْتُمْ أَنْ تُفْسِدُوا فِي الْأَرْضِ وَتُقَطِعُوا أَرْحَامَكُمْ أُولَئِكَ الَّذِينَ لَعَنَهُمُ اللهُ فَأَصَمْهُمْ وَأَعْمَى أَبْصَارَهُمْ) . مُتَّفَقٌ

عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ لِلْبُخَارِي فَقَالَ اللهُ تَعَالَى مَنْ وَصَلَكَ وَصَلْتُهُ وَمَنْ قَطَعَكَ قَطَعْتُهُ

115. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Lorsque Allah Tout-Puissant eut achevé la création de toutes Ses créatures et se fut retiré d’elles, le Raḥim (les liens de parenté) se leva et dit : « Est-ce le lieu où peut se réfugier celui qui cherche auprès de Toi protection contre la rupture des liens de parenté ? » Il dit — c’est-à-dire Allah — : « Oui. Serais-tu satisfaite de ce que j’accorde Ma grâce à celui qui préserve tes liens et que Je rompe les liens avec celui qui les rompt avec toi ? » Le Raḥim dit : « Oui, j’en suis satisfaite. » Allah dit : « Cette place est donc la tienne. » Puis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit aux Compagnons : « Si vous le souhaitez, récitez ce verset : “Si vous détenez le pouvoir, vous risquez de semer la corruption sur terre et de rompre vos liens de parenté. Voilà ceux qu’Allah a maudits, qu’Il a rendus sourds et dont Il a aveuglé les yeux.” » (Sourate Muḥammad : 22-23) [En islam, rompre les liens avec les proches parents est totalement interdit].

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version d’al-Bukhari, il est dit : « Allah Tout-Puissant dit : J’accorderai Ma grâce à celui qui préservera tes liens, et Je romprai les liens avec celui qui les rompra avec toi. »

٣١٦ – وَعَنْهُ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ مَنْ أَحَقُّ النَّاسِ بِحُسْنِ صَحَابَتِي؟ قَالَ أُمُّكَ قَالَ ثُمَّ مَنْ ؟ قَالَ أَمُّكَ قَالَ ثُمَّ مَنْ ؟ قَالَ أَمُّكَ قَالَ ثُمَّ مَنْ ؟ قَالَ أَبُوكَ –

مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ يَا رَسُولَ اللهِ مَنْ أَحَقُّ بِحُسْنِ الصُّحْبَةِ؟ قَالَ أُمُّكَ ثُمَّ أُمُّكَ ثُمَّ أُمُّكَ ثُمَّ أَبَاكَ ثُمَّ أَدْنَاكَ أَدْنَاكَ . وَالصَّحَابَةُ بِمَعْنَى الصُّحْبَةِ وَقَوْلُهُ ثُمَّ أَبَاكَ هَكَذَا هُوَ مَنْصُوبُ بِفِعْلِ مَحْذُوفَ أَى ثُمَّ بِرِّ أَبَاكَ وَفِي رِوَايَةٍ ثُمَّ

أَبُوكَ وَهُذَا وَاضِحُ .

316. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Un homme vint trouver le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Qui mérite le plus de ma part la bienveillance et la bonne compagnie ? » Il répondit : « Ta mère. » Il demanda : « Puis qui ? » Il répondit : « Ta mère. » Il demanda : « Puis qui ? » Il répondit : « Ta mère. » Il demanda : « Puis qui ? » Il répondit : « Ton père. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Ô Messager d’Allah ! Qui mérite le plus de ma part la bienveillance et la bonne compagnie ? » Il répondit : « Ta mère, puis ta mère, puis ta mère, puis ton père, puis ton proche parent, puis ton proche parent. »ثم برDans une autre version,ثُمَّ أبوك.

۳۱۷- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ رَغِمَ أَنْفُ ثُمَّ رَغِمَ أَنْفُ ثُمَّ رَغِمَ انْفُ مَنْ أَدْرَكَ أَبَوَيْهِ عِنْدَ الْكَبَرِ أَحَدَهُمَا أَوْ كِلاهُمَا فَلَمْ يَدْخُلِ الْجَنَّةَ – رواه مسلم.

৩১৭. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que le nez de celui qui a trouvé ses deux parents, ou l’un d’eux, parvenu à la vieillesse, mais n’a pas pu entrer au Paradis en les servant, soit couvert de poussière ! Que son nez soit couvert de poussière ! Que son nez soit couvert de poussière ! »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۳۱۸- وَعَنْهُ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلاً قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ لِي قَرَابَةً أَصِلُهُمْ وَيَقْطَعُونِي وَأَحْسِنُ إِلَيْهِمْ وَيُسِيتُونَ إِلَى وَاحْلُمُ عَنْهُمْ وَيَجْهَلُوْنَ عَلَى فَقَالَ لَئِنْ كُنْتَ كَمَا قُلْتَ فَكَأَنَّمَا تُسِفُهُمُ الْمَل وَلَا يَزَالُ مَعَكَ مِنَ اللَّهِ ظَهِيرٌ

عَلَيْهِمْ مَا دمْتَ عَلَى ذَلِكَ – رواه مسلم . وَتُسِفُهُمْ بِضَمِّ النَّاءِ وَكَسْرِ السِّينِ الْمُهْمَلَةِ وَتَشْدِيدِ الْفَاءِ وَالْمَلُّ بِفَتْحِ الْمِيمِ وَتَشْدِيدِ اللَّامِ وَهُوَ الرِّمَادُ الْحَارُ أَيْ كَأَنَّمَا تُطْعِمُهُمُ الرِّمَادَ الْخَارُ وَهُوَ تَشْبِيَّةٌ لِمَا يَلْحَقُهُمْ مِنَ الْإِثْمِ بِمَا

يَلْحَقُ أَكِلَ الرِّمَادِ الْخَارِ مِنَ الْآلَمِ وَلَا شَيْ عَلَى هُذَا الْمُحْسِنِ إِلَيْهِمْ لَكِنْ يَنَالُهُمْ إِثْمٌ عَظِيمٌ بِتَقْصِيرِهِمْ فِي حَقَّهِ وَإِذْ خَالِهِمُ الْأَذَى عَلَيْهِ وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

৩১৮. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Un homme dit : « Ô Messager d’Allah ! J’ai des proches avec lesquels je m’efforce de maintenir de bonnes relations, mais ils rompent les liens avec moi. Je leur fais du bien, mais ils me maltraitent. Je me comporte envers eux avec patience et sagesse, mais ils ne cessent de faire preuve d’ignorance. » Le Prophète dit : « Si ce que tu dis est réellement ainsi, c’est comme si tu leur faisais manger des cendres brûlantes. Tant que tu resteras fidèle à la conduite que tu as décrite, l’aide d’Allah demeurera constamment avec toi. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’imam An-Nawawi dit : Dans ce hadith, les cendres brûlantes sont comparées au péché. De même que celui qui mange des cendres brûlantes en souffre, le pécheur sera confronté à la tristesse, à la souffrance et au châtiment. En revanche, la personne vertueuse ne subira aucune difficulté de cette nature ; c’est plutôt son adversaire qui souffrira pour lui avoir causé du tort et l’avoir privé de ses droits légitimes.

۳۱۹- عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ أحَبُّ أَن يُبْسُطُ لَهُ فِي رِزْقِهِ وَيُنْسَأَ لَهُ فِي أَثَرِهِ فَلْيَصِلُ رَحِمَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَمَعْنَى يُنْسَأَ لَهُ فِي أَثَرِهِ أَنْ يُؤَخِّرَ لَهُ فِي أَجَلِهِ وَعُمْرِهِ .

319. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que celui qui souhaite voir sa subsistance s’accroître et sa durée de vie se prolonger entretienne ses liens de parenté. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۲۰- وَعَنْهُ قَالَ كَانَ أَبُو طَلْحَةَ اكْثَرَ الْأَنْصَارِ بِالْمَدِينَةِ مَالَا مِنْ نَخْلٍ وَكَانَ احب أمواله اليه بَيْرَحَاءَ وَكَانَتْ مُسْتَقَبلَة الْمَسْجِد وَكَانَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْخُلُهَا وَيَشْرَبُ مِنْ مَاءٍ فِيهَا طَيِّب فَلَمَّا نَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ

لَنْ تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ قَامَ أَبُو طَلْحَةَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى يَقُولُ الَنْ تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ وَإِنْ أَحَبُّ مَالِى إِلَى بَيْرَحَاءُ وَإِنَّهَا صَدَقَةً لِلَّهِ

تَعَالَى أَرْجُو بِرْهَا وَذُخْرَهَا عِنْدَ اللهِ فَضَعْهَا يَا رَسُولَ اللَّهِ حَيْثُ أَرَاكَ اللَّهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَحْ ذَلِكَ مَالٌ رَابِحٌ ذَلِكَ مَالٌ رَابِحٌ وَقَدْ سَمِعْتُ مَا قُلْتَ واني أرى أَنْ تَجْعَلَهَا فِي الْأَقْرَبِينَ فَقَالَ أَبُو طَلْحَةَ افْعَلُ يَا

رَسُولَ اللَّهِ فَقَسْمَهَا أبو طلحةَ فِي أَقَارِبِهِ وَبَنِي عَمِّهِ . مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَسَبَقَ بَيَانُ الْفَاظِهِ فِي بَابِ الْأَنْفَاقِ مِمَّا يُحِبُّ .

320. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Abu Talha (qu’Allah l’agrée), qui possédait une palmeraie prospère, était le plus riche des Ansar de Médine. De tous ses biens, le jardin appelé « Bairaha » lui était le plus cher. Ce jardin se trouvait juste en face de la mosquée du Prophète. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) y entrait et buvait l’eau douce qui se trouvait en son centre. Lorsque fut révélé ce verset : « Vous n’atteindrez jamais la piété tant que vous ne dépenserez pas de ce que vous aimez » (sourate Âl ‘Imran, 92), Abu Talha (qu’Allah l’agrée) vint trouver le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Certes, Allah Très-Haut vous a révélé : “Vous n’atteindrez jamais la piété tant que vous ne dépenserez pas de ce que vous aimez.” Le jardin appelé “Bairaha” est le bien qui m’est le plus cher. Je le donne en aumône pour Allah. J’espère, en échange, obtenir auprès d’Allah une récompense et un salaire. Ô Messager d’Allah ! Utilisez-le comme Allah vous le montrera. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Bravo, bravo ! Voilà un bien réellement profitable. J’ai entendu ce que tu as dit. Je pense qu’il serait convenable que tu le donnes à tes proches. » Abu Talha (qu’Allah l’agrée) dit : « Je le ferai, ô Messager d’Allah ! » Puis Abu Talha (qu’Allah l’agrée) partagea le jardin entre ses proches et ses cousins paternels.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۲۱- عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ أَقْبَلَ رَجُلٌ إِلَى نَبِيِّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَبَا بِعَكَ عَلَى الْهِجْرَةِ وَالْجِهَادِ ابْتَغِي الْأَجْرَ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى قَالَ فَهَلْ لَكَ مِنْ وَالِدَيْكَ أَحَدٌ حَيٍّ؟ قَالَ نَعَمْ بَلْ

كِلاهُمَا قَالَ فَتَبْتَغِي الْأَجْرَ مِنَ اللهِ تَعَالَى ؟ قَالَ نَعَمْ قَالَ فَارْجِعُ إِلَى وَالِدَيْكَ فَأَحْسِنُ صُحْبَتَهُمَا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَهُذَا لَفْظُ مُسْلِم وَفِي رِوَايَةٍ لَهُمَا جَاءَ رَجُلٌ فَاسْتَأْذَنَهُ فِي الْجِهَادِ فَقَالَ أَحَى وَالِدَاكَ ؟ قَالَ نَعَمْ قَالَ فَفِيْهِمَا

فَجَاهِدٌ .

Rapporté d’Abdallah ibn Amr (qu’Allah l’agrée). Il dit : Un homme vint auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et dit : « Je voudrais te prêter serment d’allégeance pour le jihâd et l’émigration, et j’espère obtenir une récompense auprès d’Allah le Très-Haut. » Il lui dit : « L’un de tes parents est-il encore en vie ? » Il répondit : « Oui, tous deux sont encore en vie. » Il lui dit : « Malgré cela, tu espères obtenir une récompense auprès d’Allah ? » Il répondit : « Oui. » Il lui dit : « Retourne auprès de tes parents et comporte-toi bien avec eux. »

Al-Bukhari et Muslim ont tous deux rapporté ce hadith.

Dans une autre version rapportée par eux, il est dit : Un homme vint demander au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) la permission de participer au jihâd. Il lui demanda : « Tes parents sont-ils encore en vie ? » Il répondit : « Oui. » Il lui dit : « Alors efforce-toi de les satisfaire. »

۳۲۲- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَيْسَ الْوَاصِلُ بِالْمُكَافِي وَلَكِنَّ الْوَاصِلَ الَّذِي إِذَا قَطَعَتْ رَحِمُهُ وَصَلَهَا . رَوَاهُ الْبُخَارِي وَقَطَعَتْ بِفَتْحِ الْقَافِ وَالطَّاءِ وَرَحِمُهُ مَرْفُوعُ .

322. Rapporté d’Abdallah ibn Amr (qu’Allah l’agrée). Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui rend la pareille à la bienfaisance reçue n’est pas celui qui entretient véritablement les liens de parenté. Celui qui entretient véritablement les liens de parenté est celui qui les renouvelle après qu’ils ont été rompus avec lui. »

Al-Bukhari a rapporté ce hadith.

٣٢٣- عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَتْ قَالَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الرَّحِمُ مُعَلَّقَةُ بِالْعَرْشِ تَقُولُ مَنْ وَصَلَنِي وَصَلَهُ اللهُ وَمَنْ قَطَعَنِي قَطْعَهُ اللَّهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.

৩২৩. D’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le lien de parenté est suspendu au Trône. Il dit, comme une invocation : “Celui qui me maintient, Allah le maintiendra, et celui qui me rompt, Allah le rompra.” »

Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٢٤- عَنْ أُمِّ الْمُؤْمِنِينَ مَيْمُونَةَ بِنْتِ الْحَارِثِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّهَا أَعْتَقَتْ وَلِيدَةٌ وَلَمْ تَسْتَأْذِنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا كَانَ يَوْمُهَا الَّذِي يَدُورُ عَلَيْهَا فِيهِ قَالَتْ أَشَعَرْتَ يَا رَسُولَ اللهِ إِنِّي أَعْتَقْتُ وَلِيْدَنِي؟ قَالَ أَوْ

فَعَلْت ؟ قَالَتْ نَعَمْ قَالَ أَمَا إِنَّكَ لَوْ أَعْطَيْتِهَا أَخْوَالَكَ كَانَ أعظم الأجرك – متفق عليه .

৩২৪. D’après la Mère des croyants Maymûna bint al-Hârith (qu’Allah l’agrée), elle affranchit une esclave sans en demander la permission au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Le jour où, à tour de rôle, il se rendit chez elle, elle lui dit : « Ô Messager d’Allah, sais-tu que j’ai affranchi mon esclave ? » Il demanda : « L’as-tu affranchie ? » Elle répondit : « Oui. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Si tu l’avais donnée à tes oncles maternels, tu aurais obtenu une récompense plus grande. »

Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٢٥ – عَنْ أَسْمَاءَ بِنْتِ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَتْ قَدِمَتْ عَلَى أُمِّي وَهِيَ مُشْرِكَةً فِي عَهْدِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاسْتَفْتَيْتُ رَسُوْلَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قُلْتُ قَدِمَتْ عَلَى أُمِّي وَهِيَ

رَاغِبَةً أَفَاصِلُ أُمِّي ؟ قَالَ نَعَمْ صلى أمك – متفق عليه. وَقَوْلُهَا رَاغِبَةً أَنْ طَامِعَةً فِيْمَا عِنْدِي تَسْأَلْنِي شَيْئًا قَبْلَ كَانَتْ أُمِّهَا مِنَ النَّسَبِ وَقِيلَ مِنَ الرَّضَاعَةِ وَالصَّحِيحُ الْأَوَّلُ .

325. Asmâ bint Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Après que le Messager d’Allah ﷺ eut conclu le traité de Hudaybiyyah avec les polythéistes, ma mère vint me voir de La Mecque à Médine. Elle était alors polythéiste. Je demandai au Messager d’Allah ﷺ : « Ma mère est venue me demander quelque chose ; dois-je bien me comporter envers elle ? » Il répondit : « Oui, traite-la avec bonté. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٢٦ – عَنْ زَيْنَبَ الثَّقَفِيَّةِ امْرَأَةِ عَبْدِ اللهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَعَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَصَدِّقْنَ يَا مَعْشَرَ النِّسَاءِ وَلَوْ مِنْ حُلِيكُنَّ قَالَتْ فَرَجَعْتُ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ فَقُلْتُ لَهُ إِنَّكَ رَجُلٌ

خَفِيفٌ ذَاتِ الْيَدِ وَإِنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ أَمَرَنَا بِالصَّدَقَةِ فَأْتِهِ فَاسْأَلْهُ فَإِنْ كَانَ ذلِكَ يُجْزِئُ عَنِّى وَإِلا صَدَقْتُهَا إِلَى غَيْرِكُمْ فَقَالَ عَبْدُ اللَّهُ بَلِ انْتِيْهِ انْتِ فَانْطَلَقْتُ فَإِذَا امْرَأَةً مِنَ الْأَنْصَارِ بِبَابِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى

اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَاجَتِي حَاجَتُهَا وَكَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ الْقِيَتْ عَلَيْهِ الْمَهَابَةُ فَخَرَجَ عَلَيْنَا بِلال فَقُلْنَا لَهُ اثْتِ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْبِرُهُ أَنْ امْرَأَتَيْنِ بِالْبَابِ تَسْأَلَائِكَ اتَّجْزِئُ الصَّدَقَةُ عَنْهُمَا

عَلَى أَزْوَاجِهِمَا وَعَلَى أَيْتَامٍ فِي حُجُورِهِمَا ؟ وَلَا تُخْبِرُهُ مَنْ نَحْنُ فَدَخَلَ بِلال عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَأَلَهُ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ هُمَا ؟ قَالَ إِمْرَأَةٌ مِّنَ

الْأَنْصَارِ وَزَيْنَبُ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الرِّيَانِبِ هِيَ؟ قَالَ امْرَأَةُ عَبْدِ اللهِ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَهُمَا أَجْرَانِ أَجْرُ الْقَرَابَةِ وأَجْرُ الصَّدَقَة . مُتَّفَقٌ عَلَيْه .

326. D’après Zaynab (qu’Allah l’agrée), l’épouse d’Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) et fille d’un membre de la tribu des Thaqîf, elle dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Ô femmes ! Faites l’aumône, ne serait-ce qu’avec vos bijoux. » Zaynab (qu’Allah l’agrée) dit : Je retournai auprès d’Abdullah ibn Mas‘ud et lui dis : « Tu es pauvre et tu possèdes peu de biens. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous a ordonné, à nous les femmes, de faire l’aumône. Va donc lui demander si le fait de te donner mon aumône est valable, sinon je la donnerai à d’autres. » Abdullah (qu’Allah l’agrée) dit : « C’est plutôt toi qui dois aller le lui demander. » Je sortis donc. En arrivant, je vis une autre femme des Ansâr qui attendait à la porte du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), et qui avait la même question que moi. À ce moment-là, un état grandiose et extraordinaire régnait sur le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).

Bilal (qu’Allah l’agrée) sortit vers nous. Nous lui dîmes : « Va informer le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) que deux femmes attendent à la porte. Elles te demandent de lui demander si, lorsqu’elles font l’aumône à leurs maris et aux orphelins élevés sous leur responsabilité, cela leur est valable. Mais ne l’informe pas de notre identité. » Bilal (qu’Allah l’agrée) entra alors auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et l’interrogea à ce sujet. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda : « Qui sont-elles ? » Il répondit : « Une femme des Ansâr et Zaynab. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda : « Quelle Zaynab ? » Bilal (qu’Allah l’agrée) répondit : « L’épouse d’Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée). » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Elles auront toutes deux une double récompense : l’une pour le lien de parenté, et l’autre pour l’aumône. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۲۷- عن أبي سُفْيَانَ صَحْرِ بنِ حَرب رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي حَدِيثِهِ الطَّوِيلِ فِي قِصَّةِ هِرَقْلَ أَنْ هِرَقْلَ قَالَ لِأَبِي سُفْيَانَ فَمَاذَا يَأْمُرُكُمْ بِهِ ۚ يَعْنِي النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قُلْتُ يَقُولُ اعْبُدُوا اللهَ وَحْدَهُ وَلَا تُشْرِكُوا بِهِ

شَيْئًا وَاتْرُكُوا مَا يَقُولُ أَبَاؤُكُمْ وَيَأْمُرُنَا بِالصَّلاةِ وَالصِّدْقِ وَالْعَفَافِ وَالصِّلة – متفق عليه .

327. D’après Abû Sufyân (qu’Allah l’agrée), l’empereur romain Héraclius demanda à Abû Sufyân : « Que vous ordonne-t-il ? » Abû Sufyân dit : Je répondis : « Il dit : Adorez Allah Seul, ne Lui associez rien et abandonnez ce que vos ancêtres disaient. Il nous ordonne également d’accomplir la prière, d’être véridiques, de préserver notre chasteté, de maintenir les liens de parenté, et autres choses semblables. » (Al-Bukhari et Muslim)

۳۲۸- عَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّكُمْ سَتَفْتَحُونَ أَرْضًا يُذْكَرُ فِيهَا الْقِبْرَاطُ وَفِي رِوَايَةٍ سَتَفْتَحُونَ مِصْرَ وَهِيَ أَرْضِ يُسَمَّى فِيهَا الْقِبْرَاطُ فَاسْتَوْصُوا بِأَهْلِهَا خَيْرًا فَإِنَّ لَهُمْ ذِمَّةً

وَرَحِمًا – وَفِي رِوَايَةٍ فَإِذَا فَتَحْتُمُوهَا فَأَحْسِنُوا إِلَى أَهْلِهَا فَإِنَّ لَهُمْ ذِمَّةً وَرَحِمًا أَوْ قَالَ ذِمَّةً وصهرا . رواه مسلم . قَالَ الْعُلَمَاءُ الرَّحِمُ التِي لَهُمْ كَوْنُ هَاجَرَ أَمْ إِسْمَاعِيلَ منهم وَالصَّهْرُ كَوْنُ مَارِيَةَ أَمْ إِبْرَاهِيمَ بْنِ رَسُوْلِ اللَّهِ

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْهُمْ.

328. Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit aux Compagnons : « Vous conquérirez bientôt une contrée où l’on parle du qîrât [le qîrât est un terme désignant une quantité particulière de récompense]. » Dans une autre version : « Vous conquérirez bientôt l’Égypte, où l’on mentionne le qîrât. Traitez donc convenablement ses habitants, car ils ont envers vous un pacte de protection et un lien de parenté. » Dans une autre version : « Lorsque vous la conquérirez, faites preuve de compassion envers ses habitants, car ils ont envers vous un pacte de protection et un lien de parenté. » Ou bien il a dit ذمة ورحماً à la place de ذمة وصهراً ces mots. C’est-à-dire qu’il existe un pacte de protection et un lien de parenté par alliance.

٣٢٩- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمَّا نَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ وَانْذِرْ عَشِيرَتَكَ الْأَقْرَبَيْنَ دَعَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قُرَيْشًا فَاجْتَمَعُوا فَعَمْ وَخَصَّ وَقَالَ يَا بَنِي عَبْدِ شَمْسٍ يَا بَنِي كَعْبِ بْنِ لُغَيِّ انْقِذُوا أَنْفُسَكُمْ مِنَ

النَّارِ يَا بَنِي مُرَّةَ بْنِ كَعْبٍ انْقِذُوا أَنْفُسَكُمْ مِنَ النَّارِ يَا بَنِي عَبْدِ مَنَافِ انْقُذُوا أَنْفُسَكُمْ مِنَ النَّارِ يَا بَنِي هَاشِمِ انْقِذُوا أَنْفُسَكُمْ مِنَ النَّارِ يَا بَنِي عَبْدِ الْمُطَّلِبِ انْقِذُوا أَنْفُسَكُمْ مِنَ النَّارِ يَا فَاطِمَةُ انْقِذِى نَفْسَكَ مِنَ النَّارِ فَإِنِّي لَا

أَمْلِكُ لَكُمْ مِنَ اللهِ شَيْئًا غَيْرَ أَنَّ لَكُمْ رَحِمًا سَابُلُهَا بِلالِهَا – رواه مسلم. قَوْلُهُ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِلالِهَا هُوَ بِفَتْحِ الْبَاءِ الثَّانِيَةِ وَكَسْرِهَا وَالْبَلالُ الْمَاءُ وَمَعْنَى الحديث سَاصِلُهَا شَبَّهَ قَطِيعَتَهَا بِالْحَرَارَةِ تُطْفَأُ بِالْمَاءِ وَهُذِهِ

تُبَرِّدُ بِالصَّلَةِ .

329. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Lorsque fut révélé le verset : « Avertis tes proches parents », le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) appela les Quraychites. Tous se réunirent, nobles et gens du peuple, de haut rang et de basse condition, les gens ordinaires comme les notables. Il dit : « Ô descendants de ʿAbd Shams ! Préservez-vous du Feu. Ô descendants de Kaʿb ibn Luʾayy ! Préservez-vous du Feu. Ô Banû ʿAbd Manâf ! Préservez-vous du Feu. Ô descendants de Hâshim ! Préservez-vous du Feu. Ô descendants de ʿAbd al-Muttalib ! Préservez-vous du Feu. Ô Fâtima, fille de Muhammad ! Préserve-toi du Feu. Je ne peux nullement vous protéger contre la saisie d’Allah. Je peux seulement préserver le lien de parenté qui nous unit et m’efforcer de l’entretenir ici-bas. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٣٣٠- عَنْ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ النَّبِيِّ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جِهَارًا غَيْرَ سِرَ يَقُولُ إِنْ أَلَ بَنِي فُلانٍ لَيْسُوا بِأَوْلِيَائِي إِنَّمَا وَلِيَّى اللهُ وَصَالِحُ الْمُؤْمِنِينَ وَلَكِنْ لَهُمْ رَحِمٌ أَبْلُهَا بِبِلَالِهَا .

مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ واللفظ لِلْبُخَارِي.

330. Rapporté d’après ʿAmr ibn al-ʿÂs (qu’Allah l’agrée). Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire publiquement et non secrètement : « Les descendants d’un tel ne sont ni mes alliés ni mes protecteurs. Mon allié et mon protecteur sont Allah et les croyants vertueux. Toutefois, j’ai avec eux un lien de parenté et je m’efforcerai de le préserver. »

Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhari et l’imam Muslim, mais le texte original est celui d’al-Bukhari.

۳۳۱ – عَنْ أَبِي أَيُّوبَ خَالِدِ بْنِ زَيْدِ الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلا قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَخْبِرْنِي بِعَمَلٍ يُدْخِلْنِي الْجَنَّةَ وَيُبَاعِدُنِي مِنَ النَّارِ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَعْبُدُ اللهَ وَلَا تُشْرِكْ بِهِ شَيْئًا وَتُقِيمُ الصَّلَاةَ وَتُؤْتِي

الزَّكَاةَ وَتَصِلُ الرَّحِمَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

331. Rapporté d’après Abû Ayyûb Khâlid ibn Zayd al-Ansârî (qu’Allah l’agrée). Un homme dit : « Ô Messager d’Allah, informe-moi d’une œuvre qui me fera entrer au Paradis et m’éloignera de l’Enfer. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Adore Allah, ne Lui associe rien, accomplis la prière, acquitte la zakat et entretiens les liens de parenté. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٣٢ – عَنْ سَلْمَانَ بْنِ عَامِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا أَقْطَرَ أَحَدُكُمْ فَلْيُفْطِرُ عَلَى تَمْرٍ فَإِنَّهُ بَرَكَةً فَإِنْ لَمْ يَجِدُ تَمْرًا فَالْمَاءُ فَإِنَّهُ طَهُورَ وَقَالَ الصَّدَقَةُ عَلَى الْمِسْكِيْنِ صَدَقَةٌ وَعَلَى ذِي الرَّحِمِ

ثِنْتَانِ صَدَقَةً وصلة – رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ .

৩৩২. D’après Salman ibn Amir (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous rompt son jeûne, qu’il le fasse avec des dattes, car elles sont bénies. S’il ne trouve pas de dattes, qu’il rompe son jeûne avec de l’eau, car elle est purifiante. » Il a également dit : « L’aumône donnée au pauvre ne compte que comme une aumône, tandis que celle donnée à un proche constitue à la fois une aumône et le maintien des liens de parenté. »

Ce hadith a été rapporté par l’imam at-Tirmidhi, qui a dit : « C’est un hadith hasan. »

٣٣٣- عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كَانَتْ تَحْتِي امْرَأَةً وَكُنْتُ أَحِبُّهَا وَكَانَ عُمَرُ يَكْرَهُهَا فَقَالَ لِي طَلِقْهَا فَأَبَيْتُ فَأَتَى عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ النَّبِيُّ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرَ ذَلِكَ لَهُ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

طَلِقُهَا . رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

৩৩৩. D’après Ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux), il a dit : « J’avais une épouse que j’aimais beaucoup. Mais Umar (qu’Allah l’agrée) ne l’appréciait pas. Il me dit : “Répudie-la.” Je refusai cette proposition. Umar (qu’Allah l’agrée) se rendit alors auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et l’en informa. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me dit ensuite : “Répudie-la.” » L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. At-Tirmidhi a dit : « C’est un hadith hasan et sahih. »

٣٣٤- عَنْ أَبِي الدَّرْدَاءِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلًا آتَاهُ فَقَالَ إِنَّ لِي امْرَأَةً وَإِنْ أُمِّي تَأْمُرُنِي بِطَلَاقِهَا ؟ فَقَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ الْوَالِدُ أوسَطُ أَبْوَابِ الْجَنَّةِ فَإِنْ شِئْتَ فَاضِعُ ذَلِكَ الْبَابَ أَوِ احْفَظْهُ . رَوَاهُ

التَّرْمِذِيُّ وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.

334. Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme vint le trouver et lui dit : « J’ai une épouse. Ma mère m’a ordonné de la répudier. » Il (Abû ad-Dardâ) dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : “Les père et mère sont l’une des portes solides du Paradis. Si tu le veux, tu peux la briser, ou bien la préserver.” » L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith hasan et sahîh. »

٣٣٥- عَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْحَالَةُ بِمَنْزِلَةِ الْأُمِّ . رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

335. Al-Barâ’ ibn ‘Âzib (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La tante maternelle tient lieu de mère. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith sahîh. »

De nombreux hadiths authentiques liés à ce chapitre se trouvent dans les recueils de hadiths sahîh. Ils n’ont pas été cités afin de ne pas allonger le chapitre. Il existe également un long hadith rapporté par ‘Amr ibn ‘Abasa (qu’Allah l’agrée). Nous en mentionnons ici une partie :

دَخَلْتُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَكَّةَ يَعْنِي فِي أَوَّلِ النُّبُوَّةِ فَقُلْتُ لَهُ مَا انْتَ؟ قَالَ نَبِيُّ فَقُلْتُ وَمَا نَبِيُّ ؟ قَالَ أَرْسَلَنِي اللَّهُ فَقُلْتُ بِأَيِّ شَيْءٍ أَرْسَلَكَ؟ قَالَ ارسلني بصِلَةِ الْأَرْحَامِ وَكَسْرِ الْأَوْثَانِ وَأَنْ يُوَحْدَ اللَّهَ لَا

يُشْرَكَ بِهِ شَيْ وَذَكَرَ تَمَامَ الْحَدِيثِ وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

« ʿAmr ibn ʿAbasa (qu’Allah l’agrée) dit : Au début de la prophétie, je me rendis à La Mecque et rencontrai le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Je lui demandai : “Qui êtes-vous ?” Il répondit : “Un prophète.” Je demandai : “Qu’est-ce qu’un prophète ?” Il répondit : “Allah Très-Haut m’a envoyé.” Je demandai : “Avec quoi vous a-t-Il envoyé ?” Il répondit : “Il m’a envoyé avec l’ordre de maintenir les liens de parenté, de mettre fin au polythéisme, d’établir l’unicité d’Allah et de ne rien Lui associer.”

Section 41 — Il est interdit de nuire aux parents, de leur désobéir et de rompre les liens de parenté

Il est interdit de nuire aux parents, de leur désobéir et de rompre les liens de parenté.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَهَلْ عَسَيْتُمْ إِنْ تَوَلَّيْتُمْ أَنْ تُفْسِدُوا فِي الْأَرْضِ وَتُقَطِعُوا أَرْحَامَكُمْ أُولَئِكَ الَّذِينَ لَعَنَهُمُ اللَّهُ فَأَصَمْهُم وَأَعْمَى أَبْصَارَهُمْ .

Allah Très-Haut dit :

« Si vous détenez le pouvoir, vous risquez de semer la corruption sur terre et de rompre les liens de parenté. Ceux-là sont ceux qu’Allah maudit et qu’Il rend sourds et aveugles. » (Sourate Muḥammad : 22-23)

وَقَالَ تَعَالَى: وَالَّذِينَ يَنْقُضُونَ عَهْدَ الله من بَعدِ مِيثَاقِهِ وَيَقْطَعُونَ مَا أَمَرَ اللَّهُ بِهِ أَنْ يُوصَلَ وَيُفْسِدُونَ فِي الْأَرْضِ أُولَئِكَ لَهُمُ اللَّعْنَةُ وَلَهُمْ سُوءُ الدَّارِ .

« Ceux qui violent l’engagement d’Allah après l’avoir fermement contracté, qui rompent les liens qu’Allah a ordonné de maintenir et qui sèment la corruption sur terre, ceux-là sont maudits et auront la pire demeure dans l’au-delà. » (Sourate ar-Raʿd : 25)

وَقَالَ تَعَالَى: وَقَضَى رَبُّكَ أَلا تَعْبُدُوا إِلَّا إِيَّاهُ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا أَمَّا يَبْلُغَنَّ عندَكَ الْكِبَرَ أَحَدُهُمَا أَوْ كِلَاهُمَا فَلَا تَقُلْ لَهُمَا أَنَّ وَلَا تَنْهَرْهُمَا وَقُلْ لَهُمَا قَوْلاً كَرِيمًا وَاخْفِضْ لَهُمَا جَنَاحَ الذُّلِّ مِنَ الرَّحْمَةِ وَقُلْ رَبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِي

صَغِيرًا.

« Votre Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui et que vous soyez bienfaisants envers vos père et mère. Si l’un d’eux, ou tous les deux, atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas même : “Ouf !”, ne les rabroue pas et adresse-leur des paroles respectueuses. Abaisse devant eux, avec humilité et douceur, l’aile de la soumission et dis : “Seigneur ! Fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé lorsque j’étais petit.” » (Sourate Banî Isrâ’îl, 23-24)

٣٣٦- عَنْ أَبِي بَكْرَةَ نُفَيْعِ بْنِ الْحَارِثِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَلَا أُنَبِّئُكُمْ بِأَكْبَرِ الْكَبَائِرِ؟ ثَلَاثًا قُلْنَا بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ الإشراك باللهِ وَعُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ وَكَانَ مُتَكنَّا فَجَلَسَ فَقَالَ أَلَا وَقَوْلُ

الزُّوْرِ وَشَهَادَةُ الزُّوْرِ فَمَا زَالَ يُكَبِّرُهَا حَتَّى قُلْنَا لَيْتَهُ سَكَتَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

336. Abû Bakra Nufay ibn al-Hârith (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ne vous informerai-je pas au sujet des péchés les plus graves ? » Il répéta cette question trois fois. Nous répondîmes : « Certes, ô Messager d’Allah, informez-nous ! » Il dit : « Le fait d’associer des partenaires à Allah et de faire du tort aux père et mère. » Il était alors appuyé, puis il se redressa et s’assit avant de dire : « Prenez garde ! Le mensonge et le faux témoignage. » Il ne cessait de répéter ces paroles, au point que nous nous disions intérieurement : « Ah ! S’il pouvait s’arrêter. »

Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۳۷- عَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْكَبَائِرُ الْإِشْرَاكَ بِاللهِ وَعُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ وَقَتْلُ النَّفْسِ وَالْيَمِينُ الْغَمُوسُ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ الْيَمِينُ الْغُمُوسُ الَّتِي يَحْلِفُهَا كَاذِبًا عَامِداً

سُمِّيَتْ غَمُوسًا لِأَنَّهَا تَعْمِسُ الْخَالِفَ فِي الْإِثْمِ .

337. Il est rapporté d’après Abdallah ibn Amr, qu’Allah l’agrée, que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Les grands péchés sont : associer des associés à Allah, désobéir à ses parents, tuer une personne et prêter un faux serment. »

L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith.

۳۳۸ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مِنَ الْكَبَائِرِ شَتْمُ الرَّجُلِ وَالِدَيْهِ قَالُوا يَا رَسُولَ اللهِ وَهَلْ يَشْتُمُ الرَّجُلُ وَالِدَيْهِ؟ قَالَ نَعَمْ يَسُبُّ أَبَا الرَّجُلِ فَيَسُبُ آبَاهُ وَيَسُبُّ أُمَّهُ فَيَسُبُ أمَّهُ . مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ

إِنَّ مِنْ أَكْبَرِ الْكَبَائِرِ أَنْ يَلْعَنَ الرَّجُلُ وَالِدَيْهِ قِيلَ يَا رَسُولَ اللهِ كَيْفَ يَلْعَنُ الرَّجُلُ وَالِدَيْهِ؟ قَالَ يَسُبُّ أبا الرَّجُلِ فَيَسُبُ آبَاهُ وَيَسُبُّ أُمَّهُ فَيَسُبُّ أُمَّهُ .

338. Il est rapporté d’après Abdallah ibn Amr, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Parmi les grands péchés figure le fait d’insulter ses parents. » Les Compagnons dirent : « Ô Messager d’Allah ! Un homme peut-il insulter ses parents ? » Il répondit : « Oui. Un homme insulte le père d’un autre, et celui-ci lui répond en insultant son père. L’un insulte la mère de l’autre et, en réponse, le second insulte la mère du premier. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Parmi les péchés majeurs les plus graves figure le fait qu’un homme maudisse ses parents. » On demanda : « Ô Messager d’Allah ! Un homme peut-il maudire ses parents ? » Il répondit : « Un homme insulte le père d’un autre, puis celui-ci insulte à son tour son père. Celui-ci insulte la mère de l’autre et, en réponse, l’autre insulte sa mère. »

٣٣٩ – عَنْ أَبِي مُحَمَّدٍ جُبَيْرِ بْنِ مُطْعِمٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ قَاطِع قَالَ سُفْيَانُ فِي رِوَايَتِهِ يَعْنِي قَاطِعُ رَحِمِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

339. Abû Muhammad Zubayr ibn Mut‘im (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui rompt les liens de parenté n’entrera pas au Paradis. » Sufyân (qu’Allah lui fasse miséricorde) précise dans sa transmission qu’il s’agit de celui qui rompt les liens de parenté.

Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٤٠- عَنْ أَبِي عِيسَى الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَيْكُمْ عُقُوْقَ الْأُمَّهَاتِ وَمَنْعًا وَهَاتِ وَوَادَ الْبَنَاتِ وَكَرِهَ لَكُمْ قِيلَ وَقَالَ وَكَثْرَةَ السُّؤالِ وَإِضَاعَةَ الْمَالِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

قَوْلُهُ مَنْعًا لهُ وَوَادَ الْبَنَاتِ مَعْنَاهُ دَفْتُهُنَّ فِي مَعْنَاهُ مَنْعُ مَا وَجَبَ عَلَيْهِ وَهَاتِ طَلَبُ مَا لَيْسَ لَهُ الحَيَاةِ وَقِيلَ وَقَالَ مَعْنَاهُ الْحَدِيثُ بِكُلِّ مَا يَسْمَعُهُ فَيَقُولُ قَبْلَ كَذَا وَقَالَ فُلَانٌ كذا مما لا يَعْلَمُ صِحْتَهُ وَلَا يَظُنُّهَا وَكَفَى بِالْمَرْءِ

كَذِبًا أَنْ يُحَدِّثَ بِكُلِّ مَا سَمِعَ وَإِضَاعَةُ الْمَالِ تَبْذِيرُهُ وَصَرْفُهُ فِي غَيْرِ الْوُجُوهِ الْمَأْذُونِ فِيْهَا مِنْ مَقَاصِدِ الْآخِرَةِ وَالدُّنْيَا وَتَرْكُ حفظه مَعَ امْكَانِ الحفظ وكَثَرَةُ السُّؤالِ الْأَلْحَاحُ فِيْمَا لَا حاجة اليه.

340. Al-Mughîra ibn Shu‘ba (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Allah vous a interdit de faire du tort aux parents, d’être avares, de réclamer injustement les biens d’autrui et d’enterrer vivantes les filles nouveau-nées. Il vous a défendu les paroles futiles et inutiles, les demandes excessives et le gaspillage des biens. »

Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith. L’imam An-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit :منعاًRetenir ce qui est obligatoire à quelqu’un.وهاتRéclamer une chose dont on n’est pas le propriétaire.واد البناتEnterrer vivantes les filles nouveau-nées.قبل وقالRépéter ce que l’on a entendu sans en vérifier l’exactitude, en disant qu’untel a dit ou fait telle chose, alors qu’on n’en possède aucune connaissance certaine. Il suffit à une personne d’être considérée comme menteuse qu’elle rapporte tout ce qu’elle entend.اضاعة المالGaspiller ses biens dans des activités contraires à la Loi religieuse, qui ne comportent aucun bien pour ce monde ni pour l’au-delà. Ne pas préserver ses biens alors qu’on en a la capacité et la possibilité.كثرة السؤالDemander avec insistance ce dont on pourrait se passer.

Chapitre 42 – Le mérite de bien traiter les amis et les proches des parents, l’épouse et les autres personnes envers lesquelles il est recommandé de faire preuve de respect

Le mérite de la bonté envers les amis et proches des père et mère, les proches parents, l’épouse et tous ceux envers qui il est recommandé de témoigner du respect.

٣٤١ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ أَبَرُ الْبِرِّ أَنْ يُصِلَ الرَّجُلُ وُدَ أَبِيْهِ.

341. Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Parmi les bonnes œuvres, l’une des plus éminentes consiste à bien traiter les amis de son père. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٣٤٢ – وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ دِينَارٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنْ رَجُلاً مِنَ الْأَعْرَابِ لَقِيَهُ بِطَرِيقِ مَكَّةَ فَسَلَّمَ عَلَيْهِ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ وَحَمَلَهُ عَلَى حِمَارِ كَانَ يَرْكَبُهُ وَأَعْطَاهُ عِمَامَةٌ كَانَتْ عَلَى رَأْسِهِ قَالَ ابْنُ دِينَارٍ

فَقُلْنَا لَهُ أصْلَحَكَ اللهُ إِنَّهُمُ الْأَعْرَابُ وَهُمْ يَرْضَوْنَ بِالْيَسِيرِ فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ إِنْ أَبَا هُذَا كَانَ وُدًا لِعُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَإِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنْ أَبَرُ الْبِرِّ صِلَةُ الرَّجُلِ أَهْلَ وُدَ

أَبِيْهِ . وَفِي رِوَايَةٍ عَنِ ابْنِ دِينَارٍ عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّهُ كَانَ إِذَا خَرَجَ إِلَى مَكَّةَ كَانَ لَهُ حِمَارٌ يَتَرَوْحُ عَلَيْهِ إِذا مَنْ رُكُوبَ الرَّاحِلَةِ وَعِمَامَةٌ يَشُدُّ بِهَا رَأْسَهُ فَبَيْنَا هُوَ يَوْمًا عَلَى ذلِكَ الْحِمَارِ إِذْ مَرَّ بِهِ أَعْرَابِي فَقَالَ السَّتَ بْنَ فُلَانِ بْنِ

فُلانٍ ۚ قَالَ بَلَى فَأَعْطَاهُ الْحِمَارَ فَقَالَ أَرْكَبُ هَذَا وَأَعْطَاهُ وَالْعِمَامَةَ وَقَالَ اشْدُدْ بِهَا رَأْسَكَ فَقَالَ لَهُ بَعْضُ اصْحَابه غَفَرَ اللهُ لَكَ أَعْطَيْتَ هذا الأَعْرَابِي حِمَارًا كُنْتَ تَرَوْحُ عَلَيْهِ وَعِمَامَةً كُنتَ تَشَدُّ بِهَا رَأْسَكَ فَقَالَ إِنِّي سَمِعْتُ

رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُوْلُ إِنَّ مِنْ أَبَرِّ الْبَرِّ أَنْ يُصِلَ الرَّجُلُ أَهْلَ وُدَ أَبِيْهِ بَعْدَ أَنْ يُوَلِى وَإِنْ آبَاهُ كَانَ صَدِيقًا لِعُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ – رَوَى هَذِهِ الرِّوَايَاتِ كُلَّهَا مُسْلِمٌ.

342. Rapporté d’après ʿAbdullah ibn Dînâr, par l’intermédiaire de ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah les agrée tous deux). Un Bédouin le rencontra sur la route de La Mecque. ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) le salua et le fit monter sur l’âne qu’il montait lui-même. Il lui donna également son propre turban. Ibn Dînâr raconte : « Nous lui dîmes : “Qu’Allah vous accorde le bien ! Les Bédouins se contentent pourtant de peu.” ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) répondit : “Le père de cet homme était l’ami de ʿUmar (qu’Allah l’agrée). J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Parmi les bonnes œuvres, la meilleure consiste à entretenir de bonnes relations avec les amis de son père.” »

Selon une autre chaîne de transmission, rapportée par Ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) d’après Ibn Dînâr, il possédait un âne. Lorsqu’il se rendait à La Mecque et éprouvait de la fatigue à monter le chameau, il montait cet âne pour se reposer et attachait son turban autour de sa tête. Un jour, conformément à son habitude, il montait cet âne. Sur ces entrefaites, un Bédouin vint trouver Ibn ʿUmar et lui demanda : « N’es-tu pas untel, fils d’un tel ? » Il répondit : « Si. » Ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) lui donna alors l’âne et lui dit : « Monte-le. » Il lui donna également son turban et lui dit : « Attache-le autour de ta tête. » Ses compagnons lui dirent : « Qu’Allah vous pardonne ! Vous avez donné cet âne à ce Bédouin, alors que vous le montiez vous-même, et vous lui avez donné votre turban, alors que vous le portiez vous-même. » Il répondit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Parmi les bonnes œuvres, la meilleure consiste, après la mort du père, à bien traiter la famille de son ami. Le père de cet homme était l’ami de ʿUmar (qu’Allah l’agrée). »

L’Imam Muslim a rapporté l’intégralité de ce hadith.

٣٤٣ – عَنْ أَبِي أُسَيْدِ بِضَمِّ الْهَمْزَةِ وَفَتْحِ السِّينِ مَالِكِ بْنِ رَبِيعَةَ السَّاعِدِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَيْنَا نَحْنُ جُلُوسٌ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذْ جَاءَهُ رَجُلٌ مِنْ بَنِي سَلَمَةَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ هَلْ بَقِيَ مِنْ بِرِّ

أَبَوَى شَيْ أَبَرُّهُمَا بِهِ بَعْدَ مَوْتِهِمَا ؟ فَقَالَ نَعَمُ الصَّلَاةُ عَلَيْهِمَا وَالْاسْتِغْفَارُ لَهُمَا وَإِنْفَاذُ عَهْدِهِمَا مِنْ بَعْدِهِمَا وَصلَةُ الرَّحِمِ التِي لا تُوصَلُ إِلا بِهِمَا وَإِكْرَامُ صَدِيقِهِمَا . رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ.

343. Abû Usayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un jour, nous étions assis auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). À ce moment-là, un homme de la tribu des Banû Salama vint et dit : “Ô Messager d’Allah ! M’incombe-t-il encore de bien agir envers mes parents après leur mort ? Et comment dois-je agir envers eux ?” Il répondit : “Oui. Tu invoqueras Allah en leur faveur, tu demanderas le pardon pour leurs péchés, tu accompliras les promesses qu’ils ont faites, tu entretiendras de bonnes relations avec leurs proches, car ils sont leurs proches, et tu témoigneras du respect à leurs amis.” »

L’Imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith.

٣٤٤- عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ مَا غِرْتُ عَلَى أَحَدٍ مِنْ نِسَاءِ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا غَرْتُ عَلَى خَدِيجَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا وَمَا رَأَيْتُهَا قَطُّ وَلَكِنْ كَانَ يُكْثِرُ ذِكْرَهَا وَرَبِّمَا ذَبَحَ الشَّاةَ ثُمَّ يُقَطِعُهَا أَعْضَاءٌ ثُمَّ يَبْعَثُهَا

فِي صَدَائِقِ خَدِيجَةَ فَرَبِّمَا قُلْتُ لَهُ كَانْ لَّمْ يَكُنْ فِي الدُّنْيَا امْرَأَةً إِلَّا خَدِيجَةُ فَيَقُولُ إِنَّهَا كَانَتْ وَكَانَتْ وَكَانَ لِي مِنْهَا وَلَدٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ وَإِنْ كَانَ لَيَذْبَحُ الشَّاةَ فَيُهْدِي فِي خَلَائِلِهَا مِنْهَا مَا يَسَعُهُنَّ وَفِي رِوَايَةٍ كَانَ إِذَا

ذَبَحَ الشَّاةَ يَقُولُ ارْسِلُوا بِهَا إِلَى أصْدِقَاءِ خَدِيجَةَ وَفِي رِوَايَةٍ قَالَتْ اسْتَأْذَنَتْ هَالَةٌ بِنْتُ خويلد أُخْتُ خَديجَةً عَلَى رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَعَرَفَ اسْتَنْدَانَ خَدِيجَةَ فَارْتَاحَ لِذَلِكَ فَقَالَ اللَّهُمَّ هَالَةُ بِنْتُ خَوَيْلِدٍ قَوْلُهَا

فَارْتَاحَ هُوَ بِالْحَاءِ وَفِي الْجَمْعِ بَيْنَ الصَّحِيحَيْنِ لِلْحُمَيْدِي فَارْتَاعَ بِالْعَيْنِ وَمَعْنَاهُ اهْتَمْ بِهِ .

344. D’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : Parmi les épouses du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), aucune ne suscitait en moi autant de jalousie que Khadîja (qu’Allah l’agrée), bien que je ne l’aie jamais vue. Cependant, le Prophète parlait souvent d’elle. Il lui arrivait d’égorger une chèvre, d’en découper la viande en morceaux, puis de l’envoyer aux amies de Khadîja. Je lui disais parfois : « On dirait qu’il n’y avait au monde aucune autre femme que Khadîja ! » Il répondait : « Elle était ainsi et ainsi » — c’est-à-dire qu’il faisait d’elle différents éloges — « et j’ai eu plusieurs enfants d’elle. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Selon une autre version : Chaque fois qu’il égorgeait une chèvre, il s’efforçait, dans la mesure du possible, d’en envoyer la viande aux amies de Khadîja. Selon une autre version : Lorsqu’il égorgeait une chèvre, il disait : « Envoyez de la viande aux maisons des amies de Khadîja. » Une autre version rapporte que ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) a dit : Hâlah, fille des Banû Buwayl et sœur de Khadîja, demanda au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) la permission d’entrer auprès de lui. Il se souvint alors de la manière dont Khadîja demandait la permission. Il fut ému et dit : « Ô Allah ! C’est Hâlah bint Khuwaylid qui est venue. »

٣٤٥ – عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَرَجْتُ مَعَ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ الْبَجَلِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي سَفَرٍ فَكَانَ يَخْدُمُنِي فَقُلْتُ لَهُ لَا تَفْعَلُ فَقَالَ إِنِّي قَدْ رايت الْأَنْصَارَ تَصْنَعُ بِرَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ شَيْئًا أَلَيْتُ

عَلَى نَفْسِي أن لا أَصْحَب أَحَدًا مِنْهُمْ إِلَّا خَدَمْتُهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ

৩৪৫. D’après Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée), il dit : Je partis en voyage avec Jarîr ibn ‘Abdullâh (qu’Allah l’agrée). Celui-ci se mit à prendre soin de moi. Je lui dis : « Ne faites pas cela. » Jarîr dit : « Je voyais les Ansâr rendre de nombreux services au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue. J’ai donc fait le vœu de prendre soin de toute personne parmi eux avec laquelle je me trouverais. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Chapitre 43 — Le mérite de la famille du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — et le respect qui leur est dû

Le mérite de la famille du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — et le respect qui leur est dû.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : إِنَّمَا يُرِيدُ اللَّهُ لِيُذْهِبَ عَنْكُمُ الرِّجْسَ أَهْلَ الْبَيْتِ وَيُطَهِّرَكُمْ تَطْهِيرًا.

Le Très-Haut dit :

« Allah veut seulement éloigner de vous la souillure, ô gens de la maison du Prophète, et vous purifier pleinement. » (Sourate al-Ahzâb : 33)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَنْ يُعَظِمْ شَعَائِرَ اللَّهِ فَإِنَّهَا مِنْ تَقْوَى الْقُلُوْبِ .

« Celui qui vénère les rites d’Allah, c’est certes là une marque de la piété des cœurs. » (Sourate al-Hajj, 32)

٣٤٦ – عَنْ يَزِيدِ بْنِ حِبَّانَ قَالَ انْطَلَقْتُ أَنَا وَحُصَيْنُ بْنُ سَبْرَةً وَعَمْرُو بْنُ مُسْلِمٍ إلى زَيْدِ بْنِ أَرْقَمَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ فَلَمَّا جَلَسْنَا إِلَيْهِ قَالَ لَهُ حُصَيْنٌ لَقَدْ لَقِيتَ يَا زَيْدُ خَيْرًا كَثِيرًا رَأَيْتَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

وَسَمِعْتَ حَدِيثَهُ وَغَزَوْتَ مَعَهُ وَصَلَّيْتَ خَلْفَهُ لَقَدْ لَقِيتَ يَا زَيْدُ خَيْرًا كَثِيرًا حَدِثْنَا يَا زَيْدُ مَا سَمِعْتَ مِنْ رسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَا ابْنَ أَخِي وَاللَّهِ لَقَدْ كَبِرَتْ سِنِي وَقَدَمَ عَهْدِي وَنَسِيتُ بَعْضَ الَّذِي كُنْتُ أَعِى

مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَمَا حَدَّثْتُكُمْ فَاقْبَلُوا وَمَا لا فَلَا تُكَلِّفُونِيهِ ثُمَّ قَالَ قَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمًا فِيْنَا خَطِيبًا بِمَاءٍ يُدْعَى خُمَّا بَيْنَ مَكَّةَ وَالْمَدِينَةِ فَحَمِدَ اللَّهَ وَاثْنَى عَلَيْهِ وَوَعَظَ وَذَكِّرَ ثُمَّ قَالَ

أَمَّا بَعْدُ أَلَا أَيُّهَا النَّاسُ فَإِنَّمَا أَنَا بَشَرٌ يُوشِكُ أَنْ يَأْتِيَ رَسُولُ رَبِّي فَأَجِيْبَ وَأَنَا تَارِكٌ فِيكُمْ ثَقَلَيْنِ أَولُهُمَا كِتَابُ اللَّهِ فِيْهِ الْهُدَى وَالنُّورُ فَخُذُوا بكتاب الله وَاسْتَمْسِكُوا بِهِ فَحَتْ عَلَى كِتَابِ اللهِ وَرَغْبَ فِيْهِ ثُمَّ قَالَ واهْلُ بَيْتِي

أُذكِّرُكُمُ اللهَ فِي أَهْلِ بَيْتِي أُذكِّرُكُمُ اللَّهَ فِي أَهْلِ بَيْتِي فَقَالَ لَهُ حُصَيْنُ وَمَنْ أَهْلُ بَيْتِهِ يَا زَيْدُ الَيْسَ نِسَاؤُهُ مِنْ أَهْلِ بَيْتِهِ؟ قَالَ نِسَاؤُهُ مِنْ أَهْلِ بَيْتِهِ وَلَكِنْ أَهْلُ بَيْتِهِ مَنْ حُرِمَ الصَّدَقَةَ بَعْدَهُ قَالَ وَمَنْ هُمْ؟ قَالَ هُمْ أَلْ عَلِيٌّ

وَأَلْ عقيل وَال جَعْفَرٍ وَأَنَّ عَبَّاس قَالَ كُلُّ هؤلاء حُرِمَ الصَّدَقَةَ قَالَ نَعَمْ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ وفي روايةٍ أَلَا وَإِنِّي تَارِكٌ فِيكُمْ ثَقَلَيْنِ أَحَدُهُمَا كِتَابُ اللَّهِ وَهُوَ حَبْلُ اللَّهِ مَنِ اتَّبَعَهُ كَانَ عَلَى الْهُدَى وَمَنْ تَرَكَهُ كَانَ عَلَى ضَلَالَةٍ .

346. Il est rapporté de Yazîd ibn Hibbân (qu’Allah lui fasse miséricorde). Il dit : Husayn ibn Sabra, ‘Amr ibn Muslim (qu’Allah leur fasse miséricorde) et moi-même allâmes trouver Zayd ibn Arqam (qu’Allah l’agrée). Lorsque nous nous assîmes auprès de lui, Husayn lui dit : « Ô Zayd ! Vous avez acquis un immense bienfait. Vous avez vu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, vous avez entendu ses hadiths, vous l’avez accompagné dans les expéditions et vous avez prié derrière lui. Ô Zayd ! Vous avez acquis un immense bienfait. Ô Zayd, dites-nous ce que vous avez entendu du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. » Il répondit : « Ô fils de mon frère ! Par Allah, je suis devenu vieux, j’ai atteint un âge avancé et j’ai oublié une partie de ce que j’avais mémorisé du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Acceptez donc ce que je vous dirai et ne me tourmentez pas au sujet de ce que je ne vous dirai pas. » Puis il dit : « Un jour, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se leva pour nous prononcer un sermon près du point d’eau appelé Khumm, situé à mi-chemin entre La Mecque et Médine. Il loua et glorifia Allah le Très-Haut, exhorta les gens et leur rappela les choses relatives à la paix et au châtiment. Puis il dit : “Ô gens ! Soyez attentifs. Je ne suis qu’un être humain, et il se peut que bientôt le messager de mon Seigneur vienne à moi et que je doive me soumettre au décret d’Allah. Je vous laisse deux choses. La première est le Livre d’Allah, qui contient la bonne direction et la lumière. Attachez-vous donc au Livre d’Allah et maintenez-le fermement.” » Zayd dit : « Il nous exhorta à nous attacher au Livre d’Allah et attira notre attention sur la nécessité d’agir conformément à celui-ci. » Puis il dit : « “La seconde est ma famille, les gens de ma maison.” Je vous rappelle Allah au sujet des gens de ma maison ; je vous rappelle Allah au sujet des gens de ma maison — ne les oubliez pas. » Husayn lui demanda : « Ô Zayd, qui sont les gens de sa maison ? Ses épouses ne font-elles pas partie des gens de sa maison ? » Il répondit : « Ses épouses font également partie des gens de sa maison. Mais, au sens large, après sa mort, ceux auxquels il a été interdit de consommer l’aumône font également partie de sa famille. » Il demanda : « Qui sont-ils ? » Zayd répondit : « Ce sont les descendants de ‘Alî (qu’Allah l’agrée), de ‘Aqîl (qu’Allah l’agrée), de Ja‘far (qu’Allah l’agrée) et d’al-‘Abbâs (qu’Allah l’agrée). » Il demanda : « L’aumône leur était-elle à tous interdite ? » Zayd répondit : « Oui. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Prenez garde ! Je vous laisse deux choses importantes. L’une d’elles est le Livre d’Allah — et c’est le lien d’Allah avec Ses serviteurs. Quiconque le suivra restera assurément sur le droit chemin de la guidée. Quiconque l’abandonnera s’égarera. »

٣٤٧ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنْ أَبِي بَكْرِ الصِّدِيقِ مَوْقُوفًا عَلَيْهِ أَنَّهُ قَالَ ارْقُبُوا مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي أَهْلِ بَيْتِهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ ، مَعْنَى ار قُبُوهُ رَاعُوهُ وَاحْتَرِمُوهُ وَأَكْرِمُوهُ وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

347. Rapporté d’Ibn Umar par l’intermédiaire d’Abou Bakṣ as-Siddiq, sous forme de mawqūf. Il dit : « Témoignez du respect à la famille de Muhammad — qu’Allah le bénisse et le salue — et gardez à l’esprit son mérite. »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

Chapitre 44 — Témoigner du respect aux savants, aux personnes âgées et aux personnes honorables ; leur donner la priorité sur les autres ; exposer l’importance de leurs assemblées et réunions, ainsi que leur honneur et leur prestige

Témoigner du respect aux savants, aux personnes âgées et aux personnes honorables ; leur donner la priorité sur les autres ; exposer l’importance de leurs assemblées et réunions, ainsi que leur honneur et leur prestige.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : قُلْ هَلْ يَسْتَوِي الَّذِيْنَ يَعْلَمُونَ وَالَّذِينَ لَا يَعْلَمُونَ إِنَّمَا يَتَذَكَّرُ أولُوا الْأَلْبَابِ .

Le Très-Haut dit :

« Demande-leur : celui qui sait et celui qui ne sait pas peuvent-ils jamais être égaux ? Seuls les gens doués d’intelligence et de raison tirent profit des exhortations. » (Sourate az-Zumar : 9)

٣٤٨- عَنْ أَبِي مَسْعُودٍ عُقْبَةَ بْنِ عَمْرُو الْبَدْرِي الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمُ الْقَوْمَ أَقْرَؤُهُمْ لِكِتَابِ اللَّهِ فَإِنْ كَانُوا في الْقِرَاءَةِ سَوَاءٌ فَاعْلَمُهُمْ بِالسُّنَّةِ فَإِنْ كَانُوا فِي السُّنَّةِ سَوَاءٌ

فَأَقْدَمُهُمْ هِجْرَةً فَإِنْ كَانُوا فِي الْهِجْرَةِ سَوَاء فَأَقْدَمُهُمْ سِنًا وَلَا يَؤْمِنُ الرَّجُلُ الرَّجُلَ فِي سُلْطَانِهِ وَلَا يَقْعُدُ فِي بَيْتِهِ عَلَى تَكْرِمَتِهِ إِلا بِإِذْنِهِ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ فَأَقْدَمُهُمْ سلمًا بَدَلَ سِنَّا أَي إِسْلَامًا وَفِي رِوَايَةٍ يَؤُمُ

الْقَوْمَ أَقْرَؤُهُمْ لِكِتَابِ اللَّهِ وَأَقْدَمُهُمْ قِرَاءَةٌ فَإِنْ كَانَتْ قِرَاءَتُهُمْ سَوَاءٌ فَيَوْمُهُمْ أَقْدَمُهُمْ هِجْرَةً فَإِنْ كَانُوا فِي الْهِجْرَةِ سَوَاءٌ فَلْيَوْمُهُمْ أَكْبَرُهُمْ سِنًا ، وَالْمُرَادُ بِسُلْطَانِهِ مَحَلُّ وَلَآيَتِهِ أَوِ الْمَوْضِعُ الَّذِي يَخْتَصُّ بِهِ وَتَكْرِمَتُهُ بِفَتْحِ النَّاءِ

وَكَسْرِ الرَّاءِ وَهِيَ مَا يَنْفَرِدُ بِهِ مِنْ فِرَاشِ وسرير ونحوهما .

348. Abû Mas‘ûd ‘Uqba ibn ‘Amr rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui, parmi les gens, récite le mieux le Coran d’Allah dirigera leur prière. S’ils sont égaux dans la récitation du Coran, celui qui connaît le mieux la Sunna (les hadiths) parmi eux la dirigera [celui qui connaît le mieux les masâ’il, c’est-à-dire celui qui possède la connaissance la plus approfondie de la Loi islamique, dirigera la prière en assemblée. S’ils sont de valeur égale sur ce point, celui qui récite le Coran de la plus belle manière dirigera la prière. Selon les imams Abû Hanîfa et ash-Shâfi‘î, tel est le sens de ce hadith]. S’ils sont également égaux dans la Sunna, celui qui a émigré le premier. S’ils sont également égaux concernant l’émigration, le plus âgé d’entre eux (dirigera la prière). Que nul ne dirige la prière dans le territoire relevant des droits et de l’autorité d’un autre sans son consentement, et qu’il ne s’asseye pas dans sa maison, à la place qui lui est réservée par honneur (sur son siège ou son emplacement attitré), sans sa permission. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, au lieu de la priorité fondée sur l’âge, il est fait mention de la priorité dans l’acceptation de l’islam. Une autre version dit : « Celui qui, parmi les gens, récite le mieux le Livre d’Allah et qui est également le plus avancé en matière de récitation (de mémorisation) dirigera leur prière. S’ils sont égaux en matière de récitation, celui qui a émigré le premier dirigera leur prière. S’ils sont également égaux concernant l’émigration, le plus âgé d’entre eux dirigera leur prière. »

٣٤٩ – وَعَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَمْسَحُ مَنَاكِبَنَا فِي الصَّلاةِ وَيَقُولُ اسْتَوُوا وَلَا تَخْتَلِفُوا فَتَخْتَلِفَ قُلُوبُكُمْ لِيَلِنِي مِنْكُمْ أَوْلُو الْأَحْلامِ والنهى ثُمَّ الَّذِينَ يَلُوْنَهُمْ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُوْنَهُمْ – رَوَاهُ مُسْلِمُ . وَقَوْلُهُ

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِيَلِنِي هُوَ بِتَخْفِيفِ النُّونِ وَلَيْسَ قَبْلَهَا يَاءُ وَرُوِيَ بِتَشْدِيدِ النُّوْنِ مَعَ يَاء قَبْلَهَا وَالنُّهَى الْعَقُولُ وَأُولُو الْأَحْلامِ هُمُ الْبَالِغُوْنَ وَقِيلَ أَهْلُ الْحِلْمِ وَالْفَضْلِ .

349. Abou Mas‘oud ‘Uqbah ibn ‘Amr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) posait ses mains sur nos épaules dans les rangs de la prière et disait : « Tenez-vous bien droits et ne vous alignez pas de manière irrégulière (en courbant les rangs), sinon vos cœurs se diviseront (c’est-à-dire que des divergences apparaîtront entre vous). »

Que ceux d’entre vous qui sont les plus âgés et les plus instruits se tiennent près de moi (au premier rang), puis ceux qui leur sont les plus proches en âge et en savoir, puis ceux qui leur sont proches sous ces deux aspects. L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٣٥٠- عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِيَلِنِي مِنْكُمْ أُولُو الْأَحْلامِ وَالنُّهَى ثُمَّ الَّذِينَ يَلُوْنَهُمْ ثَلَاثًا وَأَيَّاكُمْ وَهَيْشَاتِ الْأَسْوَاقِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.

350. ‘Abdallah ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Que ceux d’entre vous qui sont les plus âgés et les plus instruits se tiennent près de moi, puis ceux qui leur sont les plus proches en âge et en savoir. » Il répéta cette parole trois fois. Prenez garde à ne pas transformer la mosquée en marché (ne faites pas de bruit dans la mosquée comme dans un marché).

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٣٥١ – عَنْ أَبِي يَحْى وَقِيلَ أَبِي مُحَمَّدٍ سَهْلِ بْنِ أَبِي حَثَمَةً بِفَتْحِ الْحَاءِ الْمُهْمَلَةِ وَاسْكَانِ الشَّاءِ الْمُثَلَثَةِ الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ انْطَلَقَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ سَهْلِ وَمُحَبِّصَةُ بْنُ مَسْعُودٍ إِلَى خَيْبَرَ وَهِيَ يَوْمَئِذٍ صُلْحٌ فَتَفَرِّقَا

فَأَتَى مُحَبِّصَةُ إِلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ سَهْلِ وَهُوَ يَتَشَحْطُ فِي دَمِهِ قَتِيلاً فَدَفَنَهُ ثُمَّ قَدِمَ الْمَدِينَةَ فَانْطَلَقَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ سَهْلِ وَمُحَبِّصَةً وَحُوَيْصَةُ ابْنَا مَسْعُودٍ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَهَبَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ يَتَكَلَّمُ فَقَالَ

كَبِّرُ كَبِرُ وَهُوَ أَحْدَثُ الْقَوْمِ فَسَكَتَ فَتَكَلَّمَا فَقَالَ اتَحْلِفُونَ وَتَسْتَحِقُونَ قَاتِلَكُمْ ؟ وَذَكَرَ تَمَامَ الْحَدِيْثِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَقَوْلُهُ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَبِرُ كَيْرٌ مَعْنَاهُ يَتَكَلَّمُ الْأَكْبَرُ.

351. Rapporté d’Abou Yahya ou d’Abou Muhammad Sahl ibn Abou Hathma al-Ansari (qu’Allah l’agrée). Il dit : « Abdullah ibn Sahl et Mouhayyisa ibn Mas‘oud se rendirent dans la région de Khaybar. À cette époque, les habitants de Khaybar étaient liés aux musulmans par un pacte. Puis les deux hommes se séparèrent, chacun allant vaquer à ses occupations. Plus tard, Mouhayyisa (qu’Allah l’agrée) vint trouver Abdullah ibn Sahl et le découvrit gisant mort, grièvement blessé et couvert de sang. Il l’ensevelit, puis retourna à Médine. Abdur-Rahman ibn Sahl, ainsi que les deux fils de Mas‘oud, Mouhayyisa et Houwayyisa, se rendirent auprès du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Lorsque Abdur-Rahman s’apprêta à parler, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : “Laissez parler le plus âgé, laissez parler le plus âgé.” Abdur-Rahman était le plus jeune du groupe ; il se tut donc. Puis Mouhayyisa et Houwayyisa parlèrent tous deux. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : “Pouvez-vous jurer et déclarer qui est le meurtrier ? Dans ce cas, vous aurez droit au prix du sang (diyya).” Puis le hadith complet est rapporté. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

٣٥٢ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَجْمَعُ بَيْنَ الرَّجُلَيْنِ مِنْ قَتْلَى أَحَدٍ يَعْنِي فِي الْقَبْرِ ثُمَّ يَقُولُ أَيُّهُمَا أَكْثَرُ أَخِدًا لِلْقُرْآنِ؟ فَإِذَا أَشِيْرَ لَهُ إِلَى أَحَدِهِمَا قَدَّمَهُ فِي اللَّحْدِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

352. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Lors de la bataille d’Ouhoud, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) réunissait deux martyrs tués afin de les ensevelir dans une même tombe. Puis il demandait : “Lequel de ces deux hommes connaissait le mieux le Coran par cœur ?” Lorsqu’on lui désignait l’un d’eux, il le plaçait en premier dans la tombe, du côté droit. »

L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith.

٣٥٣- عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أراني فِي الْمَنَامِ أَتَسَولُ بِسِوَاكَ فَجَا عَنِي رَجُلَانِ أَحَدُهُمَا أَكْبَرُ مِنَ الْآخَرِ فَنَاوَلْتُ السواكَ الْأَصْغَرَ فَقِيلَ لِى كَبِّرُ فَدَفَعْتُهُ إِلَى الْأَكْبَرِ مِنْهُمَا – رَوَاهُ

مُسْلِمٌ مُشْنَدًا وَالْبُخَارِي تَعْلِيقا .

৩৫৩. Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « J’ai vu en rêve que je me nettoyais les dents avec un siwāk. Deux hommes vinrent à moi, dont l’un était plus âgé que l’autre. Alors que je m’apprêtais à donner le siwāk au plus jeune, on me dit : “Donne-le à l’aîné.” Je le donnai donc au plus âgé des deux. »

L’imam Muslim l’a rapporté avec sa chaîne complète de transmission, tandis que Hammām al-Bukhārī l’a rapporté sans mentionner la chaîne de transmission.

٣٥٤ – عَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ مِنْ اجْلاَلِ اللهِ تَعَالَى إِكْرَامَ ذِي الشَّيْبَةِ الْمُسْلِمِ وَحَامِلِ الْقُرْآنِ غَيْرِ الْغَالِي فِيْهِ وَالْجَافِى عَنْهُ وَإِكْرَامَ ذِي السُّلْطَانِ الْمُقْسِطِ حَدِيْثٌ

حَسَنٌ رواه أبو داود

৩৫৪. Abū Mūsā (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Honorer le musulman âgé, honorer le porteur du Coran — c’est-à-dire son spécialiste — sans exagération à son égard, et honorer le gouverneur juste font partie du respect dû à Allah. »

C’est un hadith hasan. L’imam Abū Dāwūd l’a rapporté.

٣٥٥ – عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَن أَبِيْهِ عَنْ جَدِهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيْسَ مِنَّا مَنْ لَمْ يَرْحَمُ صَغِيرَنَا وَيَعْرِفُ شَرَفَ كَبِيرِنَا – حَدِيثٌ صَحِيحٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِيُّ وَقَالَ التَّرْمِذِيُّ حَدِيثٌ

حَسَنٌ صحيح وفِي رِوَايَةِ أَبِي دَاوُدَ حَقٌّ كَبِيرِنَا

355. Selon une transmission rapportée d’après ʿAmr ibn Shuʿayb, par l’intermédiaire de son père puis de son grand-père, celui-ci a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui ne se montre pas affectueux et miséricordieux envers nos jeunes, et qui n’honore ni ne respecte nos aînés, ne fait pas partie des nôtres. »

C’est un hadith authentique. L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi l’ont rapporté. L’imam at-Tirmidhi a dit que ce hadith est hasan et authentique. Dans une autre version rapportée par Abou Dawoud, on trouve : « Celui qui ne reconnaît pas les droits de nos aînés ne fait pas partie des nôtres. »

٣٥٦ – عَنْ مَيْمُونِ بْنِ أَبِي شَبِيبٍ أَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا مَرَّ بِهَا سَائِلٌ فاعطتُهُ كِسْرَةً وَمَرْ بِهَا رَجُلٌ عَلَيْهِ ثِيَابٌ وَهَيْئَةٌ فَأَقْعَدَتْهُ فَأَكَلَ فَقِيلَ لَهَا فِي ذلِكَ ؟ فَقَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ انْزِلُوا النَّاسَ

مَنَازِلَهُمْ – رَوَاهُ أبو داود لكنْ قَالَ مَيْمُونُ لَمْ يُدْرِكْ عَائِشَةَ وَقَدْ ذَكَرَهُ مُسْلِمٌ فِي أَوَّلِ صَحِيحِهِ تَعْلِيْقًا فَقَالَ وَذُكِرَ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ أَمَرَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ تُنْزِلَ النَّاسَ مَنَازِلَهُمْ وَذَكَرَهُ

الْحَاكِمُ أَبُو عَبْدِ اللَّهِ فِي كِتَابِهِ مَعْرِفَةِ عُلُومِ الْحَدِيثِ وَقَالَ هُوَ حَدِيثٌ صَحِيحٌ .

356. Maymoun ibn Abou Chouʿayb rapporte : Un mendiant passa devant ʿAïcha — qu’Allah l’agrée — et elle lui donna un morceau de pain. Puis un homme vêtu d’habits élégants passa devant elle ; elle le fit asseoir et lui fit servir à manger. Lorsqu’on l’interrogea à ce sujet, elle dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Donnez aux gens une place conforme à leur rang. »
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith, mais il a dit que Maymoun n’avait pas rencontré ʿAïcha. L’imam Mouslim l’a rapporté dans son recueil de hadiths authentiques sous forme de hadith muʿallaq. Il a dit : ʿAïcha rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — « nous a ordonné d’accorder aux gens une place conforme à leur rang ». L’imam al-Hakim Abou ʿAbdallah a rapporté ce hadith dans son ouvrage Maʿrifat ʿouloum al-hadith et a dit qu’il s’agissait d’un hadith authentique.

٣٥٧- عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَدِمَ عُيَيْنَةُ بْنُ حِصْنٍ فَنَزَلَ عَلَى ابْنِ أَخِيهِ الْحُرِّ بْنِ قَيْسٍ وَكَانَ مِنَ النَّفَرِ الَّذِينَ يُدْنِيْهِمْ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَكَانَ الْقُراءُ أَصْحَابَ مَجْلِسٍ عُمَرَ وَمُشَاوَرَتِهِ كُهُوْلاً كَانُوا أَوْ شُبَّانًا فَقَالَ

عُيَيْنَةٌ لِابْنِ آخِيْهِ يَا ابْنَ أَخِي لَكَ وَجْهُ عِنْدَ هَذَا الْأَمِيرِ فَاسْتَأْذِنُ لِيْ عَلَيْهِ فَاسْتَأْذَنَ لَهُ فَأَذِنَ لَهُ عُمَرُ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فَلَمَّا دَخَلَ قَالَ هِي يَا ابْنَ الْخَطَّابِ فَوَاللَّهِ مَا تُعْطِينَا الجزلَ وَلَا تَحْكُمُ فِينَا بِالْعَدْلِ فَغَضِبَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ

عَنْهُ حَتَّى هَمْ أَنْ يُوقِعَ بِهِ فَقَالَ لَهُ الْحُرُّ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَالَ لِنَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الخُذِ الْعَفْوَ وَأْمُرْ بِالْعُرْفِ وَأَعْرِضْ عَنِ الْجَاهِلِينَ) وَإِنَّ هَذَا مِنَ الْجَاهِلِينَ وَاللَّهِ مَا جَاوَزَهَا عُمَرُ حِينَ تَلاهَا عَلَيْهِ وَكَانَ

وَفَّافًا عِنْدَ كِتَابِ اللهِ تَعَالَى رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

357. D’après Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée), il a dit : « Uyayna ibn Hisn arriva à Médine et fut l’hôte de son neveu, Hur ibn Qays. Hur ibn Qays faisait partie des proches compagnons de Umar (qu’Allah l’agrée). Les spécialistes du Coran (les qurra’) faisaient également partie de l’entourage de Umar et de son conseil, qu’ils fussent jeunes ou âgés. Uyayna dit à son neveu : “Mon neveu, tu as libre accès auprès de cet émir (Umar). Demande-lui donc pour moi la permission de le rencontrer.” Il lui demanda la permission, et Umar (qu’Allah l’agrée) la lui accorda. Uyayna entra auprès de lui et dit : “Ô fils d’Al-Khattab ! Par Allah, tu ne nous donnes pas suffisamment et tu ne juges pas équitablement entre nous.” Umar (qu’Allah l’agrée) se mit dans une grande colère et fut même sur le point de lui infliger une correction. Hur lui dit alors : “Ô émir des croyants ! Allah Très-Haut dit à Son Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) : ‘Ô Prophète ! Adopte la clémence, ordonne ce qui est convenable et détourne-toi des ignorants’ (sourate Al-A‘râf, 199). Cet homme est l’un des ignorants.” Par Allah, lorsque Umar (qu’Allah l’agrée) entendit ce verset, il ne dépassa nullement sa place. Il était celui qui suivait le plus scrupuleusement le Livre d’Allah. »

L’imam Al-Bukhari a rapporté ce hadith.

٣٥٨ – عَنْ أَبِي سَعِيدِ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدَبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ لَقَدْ كُنْتُ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ غُلَامًا فَكُنْتُ أَحْفَظُ عَنْهُ فَمَا يَمْنَعُنِي مِنَ الْقَوْلِ إِلا أَنْ هُهُنَا رِجَالاً هُمْ أَسَنُ مِنَى مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

358. D’après Samura ibn Jundub (qu’Allah l’agrée), il a dit : « À l’époque du Messager d’Allah (que Dieu prie sur lui et le salue), j’étais un jeune garçon. Je mémorisais des hadiths auprès de lui. Rien ne m’empêchait de rapporter ces hadiths, si ce n’est un seul obstacle : il y avait parmi les présents des gens plus âgés que moi, et je considérais qu’il ne convenait pas de rapporter des hadiths devant eux. »

Les imams Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٥٩- عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا اكْرَمَ شَابٌ شَيْئًا لِسَبِّهِ إِلا قَبْضَ اللهُ لَهُ مَنْ يُكْرِمُهُ عِنْدَ سِنَهِ رَوَاهُ التَّرْمِنِي وَقَالَ حَدِيْثٌ غَرِيبٌ.

359. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Si un jeune homme honore une personne âgée en raison de sa vieillesse, Allah lui destine, lorsqu’il atteindra lui-même la vieillesse, quelqu’un qui l’honorera.

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith gharîb. »

Chapitre 45 — Rendre visite aux personnes pieuses, participer à leurs assemblées, rester en leur compagnie, les aimer, chercher à les rencontrer, leur demander de faire des invocations et visiter les lieux bénis et prestigieux

Rendre visite aux personnes pieuses, participer à leurs assemblées, rester en leur compagnie, les aimer, chercher à les rencontrer, leur demander de faire des invocations et visiter les lieux bénis et prestigieux.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَإِذْ قَالَ مُوسَى لِفَتَاهُ لا أَبْرَحُ حَتَّى أَبْلُغَ مَجْمَعَ الْبَحْرَيْنِ أَوْ أَمْضِيَ حُقُبًا إِلَى قَوْلِهِ تَعَالَى قَالَ لَهُ مُوسَى هَلْ أَتَّبِعُكَ عَلَى أَنْ تُعَلِّمَنِ مِمَّا علمت رشدا .

Allah le Très-Haut dit :

« Lorsque Moïse dit à son compagnon : “Je ne cesserai de marcher jusqu’à atteindre le confluent des deux mers, quand bien même je devrais marcher durant de longues années.” Lorsqu’ils atteignirent le confluent des deux mers, ils oublièrent leur poisson. Celui-ci prit son chemin dans la mer, comme dans un tunnel. Puis, lorsqu’ils eurent avancé davantage, Moïse dit à son compagnon : “Apporte-nous notre déjeuner ; nous avons éprouvé de la fatigue au cours de ce voyage.” Il répondit : “As-tu remarqué ce qui s’est passé lorsque nous nous sommes réfugiés près du rocher ? J’ai oublié le poisson — et seul Satan m’a fait oublier de le mentionner. Il a pris d’une manière étonnante son chemin dans la mer.” Moïse dit : “C’est précisément ce que nous cherchions.” Ils retournèrent alors sur leurs pas. Ils trouvèrent là un de Nos serviteurs, auquel Nous avions accordé une miséricorde venant de Nous et enseigné, de Notre part, une science particulière. Moïse lui dit : “Puis-je te suivre afin que tu m’enseignes de ce qui t’a été enseigné ?” » (Sourate al-Kahf, 60-66)

وَقَالَ تَعَالَى : وَاصْبِرُ نَفْسَكَ مَعَ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ وَلَا تَعْدُ عَيْنَاكَ عَنْهُمْ .

« Garde ton cœur attaché à la compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa satisfaction, et ne détourne jamais tes yeux d’eux. » (Sourate al-Kahf, 28)

٣٦٠ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ أَبُو بَكْرٍ لِعُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا بَعْدَ وَفَاةِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ انْطَلِقِ بِنَا إِلَى أُمِّ أَيْمَنَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا نَزُورُهَا كَمَا كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَزُورُهَا فَلَمَّا

انْتَهَيَا إِلَيْهَا بَكَتْ فَقَالاً لَهَا مَا يُبْكِيْكِ أَمَا تَعْلَمِينَ أَنَّ مَا عِنْدَ اللَّهِ خَيْرٌ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ؟ فَقَالَتْ إِنِّي لَا أَبْكِي أَنِّي لَا أَعْلَمُ أَنَّ مَا عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى خَيْرٌ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَكِنْ أَبْكِي أَنَّ

الْوَحَى قَدْ انْقَطَعَ مِنَ السَّمَاءِ فَهَيْجَتْهُمَا عَلَى الْبُكَاءِ فَجَعَلا يَبْكِيَانِ مَعَهَا – رواه مسلم.

360. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Après le décès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) dit à ‘Umar (qu’Allah l’agrée) : « Viens avec nous chez Umm Ayman. Nous lui rendrons visite comme le faisait le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). » (Umm Ayman (qu’Allah l’agrée) avait élevé le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) durant son enfance et l’avait servi pendant son adolescence. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) l’affranchit et la maria à Zayd ibn Hâritha. Il lui vouait une grande vénération et disait : « Umm Ayman est comme ma mère. ») Dès qu’ils arrivèrent tous deux auprès d’elle, elle se mit à pleurer. Ils lui demandèrent : « Pourquoi pleures-tu ? Ne sais-tu pas qu’Allah possède auprès de Lui d’innombrables bienfaits pour le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ? » Elle répondit : « Je ne pleure pas parce que j’ignore ce qu’Allah Tout-Puissant réserve au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), mais parce que la révélation ne descendra plus jamais du ciel. » À ces paroles, tous deux furent émus et se mirent eux aussi à pleurer avec elle.

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٣٦١ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّ رَجُلًا زَارَ أَذًا لَهُ فِي قَرْيَةٍ أُخْرَى فَأَرْصَدَ اللهُ تَعَالَى عَلَى مَدْرَجَتِهِ مَلَكًا فَلَمَّا أَتَى عَلَيْهِ قَالَ أَيْنَ تُرِيدُ؟ قَالَ أَرِيدُ أَذًا لِي فِي هَذِهِ الْقَرْيَةِ قَالَ هَلْ لَكَ

عَلَيْهِ مِنْ نِعْمَةٍ تَرَبُّهَا عَلَيْهِ ؟ قَالَ لَا غَيْرَ أَنِّي أَحْبَبْتُهُ فِي اللَّهِ قَالَ فَإِنِّي رَسُولُ اللَّهِ إِلَيْكَ بِأَنَّ اللَّهَ قَدْ أَحَبَّكَ كَمَا أَحْبَبْتَهُ فِيهِ – رَوَاهُ مُسْلِمُ . يُقَالُ أَرْصَدَهُ لِكَذَا إِذَا وَكُلَهُ بحِفْظِهِ وَالْمَدْرَجَةُ بِفَتْحِ الْمِيم والراءِ الطَّرِيقُ وَمَعْنَى تَرَبُّهَا

تَقُومُ بِهَا وَتَسْعَى في صلاحها .

٣٦١. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ce hadith : Un homme se rendit dans une autre ville pour rendre visite à l’un de ses frères qui y résidait. Allah Très-Haut lui assigna un ange sur le chemin. Lorsqu’il arriva sur cette route, l’ange lui demanda : « Où allez-vous ? » L’homme répondit : « Dans cette ville, j’ai un frère que je suis venu visiter. » L’ange lui demanda : « Avez-vous auprès de lui quelque avantage recherché pour lequel vous vous donnez cette peine ? » Il répondit : « Je l’aime uniquement pour obtenir l’agrément d’Allah Très-Haut ; je n’ai aucun autre intérêt. » L’ange lui dit : « Je suis venu à vous en tant que messager d’Allah pour vous informer qu’Allah vous aime comme vous aimez cet homme (pour obtenir l’agrément d’Allah). »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٣٦٢ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ عَادَ مَرِيضًا أَوْ زَارَ أَنَّا لَهُ فِي اللهِ نَادَاهُ مُنَادٍ بِأَنْ طَبْتَ وَطَابَ مَمْشَاكَ وَتَبَوَّأْتَ مِنَ الْجَنَّةِ مَنْزِلاً -رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ وَفِي بَعْضِ النُّسَخِ غَرِيبٌ .

٣٦٢. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui rend visite à un malade ou va à la rencontre de son frère dans le seul but d’obtenir l’agrément d’Allah, un héraut l’appelle en disant : « Réjouis-toi, que ton cheminement soit béni et qu’une haute demeure te soit accordée au Paradis. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith hasan ; dans certains manuscrits, il est qualifié de gharîb. »

٣٦٣ – عَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّمَا مَثَلُ الْجَلِيسِ الصَّالِحِ وَجَلِيسِ السُّوْءِ كَحَامِلِ الْمِسْكِ وَنَافِخَ الْكِيْرِ فَحَامِلُ الْمِسْكِ إِمَّا أَنْ يُحْذِيَكَ وَإِمَّا أَنْ تَبْتَاعَ مِنْهُ وَإِمَّا أَنْ تَجِدَ

مِنْهُ رِيحًا طَيِّبَةً وَنَافِخُ الْكَيْرِ إِمَّا أَنْ يُحْرِقَ ثِيَابَكَ وَإِمَّا أَنْ تَجِدَ مِنْهُ رِيحًا مُنْتِنَةً مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ يُحْذِيَكَ يُعْطِيكَ.

363. D’après Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « L’exemple du bon compagnon et du mauvais compagnon est celui du vendeur de musc et du forgeron qui actionne le soufflet. Le vendeur de musc te donnera gratuitement du musc ou bien tu lui en achèteras ; et si aucune de ces deux choses ne se produit, tu sentiras au moins auprès de lui son agréable parfum. Quant à celui qui actionne le soufflet, soit il brûlera tes vêtements, soit tu respireras auprès de lui une mauvaise odeur. »

Le hadith a été rapporté par l’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim.

٣٦٤ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ تُنْكَحُ الْمَرْأةُ لِأَرْبَعِ لِمَالِهَا وَلِحَسَبِهَا وَلِجَمَالِهَا وَلِدِينِهَا فَاظْفَرُ بِذَاتِ الدِّينِ تربَتْ يَدَاكَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَمَعْنَى ذَلِكَ أَنَّ النَّاسِ يَقْصِدُونَ فِي الْعَادَةِ مِنَ

الْمَرْأَةِ هذِهِ الْخِصَالِ الْأَرْبَعِ فَاحْرِضُ أَنْتَ عَلَى ذَاتِ الدِّينِ وَأَظْفَرُ بِهَا وَأَخْرِصُ عَلَى صُحْبَتِهَا .

364. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Une femme est épousée pour quatre raisons : sa richesse, sa noblesse, sa beauté et sa piété. Choisis donc celle qui est pieuse, tu seras gagnant ; que tes mains soient comblées de bien. »

Le hadith a été rapporté par l’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim. La signification de ce hadith est que les hommes prennent naturellement en considération ces quatre critères lorsqu’ils choisissent une épouse. Tu dois donc désirer une épouse pieuse, t’efforcer grandement de l’obtenir et en faire ta compagne de vie.

٣٦٥ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لجِبْرِيلَ مَا يَمْنَعُكَ أَنْ تَزُورَنَا أَكْثَرَ مِمَّا تَزُورُنَا ؟ فَنَزَلَتْ وَمَا نَتَنَزِّلُ إِلَّا بِأَمْرِ رَبِّكَ لَهُ مَا بَيْنَ أَيْدِينَا وَمَا خَلْفَنَا وَمَا بَيْنَ ذَلِكَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

365. D’après Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit à Jibril (que la paix soit sur lui) : « Qu’est-ce qui t’empêche de nous rendre visite plus souvent que tu ne le fais ? » Alors fut révélé ce verset : « Nous ne descendons que sur l’ordre de ton Seigneur. À Lui appartient tout ce qui est devant nous, tout ce qui est derrière nous et tout ce qui se trouve entre les deux. Ton Seigneur n’oublie jamais. »

(sourate Maryam : 64)

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

٣٦٦ – عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تُصَاحِبُ إِلا مُؤْمِنًا وَلَا يَأْكُل طَعَامَكَ إِلا تَقِيُّ. رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِي باسْنَادِ لا بَأْسَ بِه.

366. D’après Abou Sa‘îd al-Khoudrî (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne prends pour compagnon que le croyant, et que nul autre que l’homme pieux ne mange de ta nourriture. » L’imam Abou Dawoud et at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission exempte de toute imperfection.

٣٦٧ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الرَّجُلُ عَلَى دِيْنِ خَلِيلِهِ فَلْيَنْظُر أَحَدُكُمْ مَنْ يُخَالِلُ. رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِي بِإِسْنَادِ صحِيحِ وَقَالَ التَّرْمِذِى حَدِيثٌ حَسَنٌ .

367. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « L’homme suit la religion de son ami. Que chacun de vous veille donc à choisir pour ami celui qu’il choisit. » [Le terme dîn est employé ici dans un sens large. Il désigne non seulement le système de vie, mais aussi les mœurs, le comportement et l’ensemble des aspects du mode de vie.]

L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith avec une chaîne authentique.

At-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith حسن. »

٣٦٨- عَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُرْءُ مَعَ مَنْ أَحَبِّ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ قَالَ قِيلَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الرَّجُلُ يُحِبُّ الْقَوْمَ وَلَمَّا يَلْحَقُ بِهِمْ ؟ قَالَ الْمَرْءُ مَعَ

مَنْ أَحَبُّ .

368. Abû Mûsâ al-Ach‘arî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qu’un homme aime sera considéré comme son compagnon. » L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Selon une autre version, on demanda au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) : « Un homme aime un peuple, mais ne peut les rejoindre. » Il répondit : « Celui qu’une personne aime fait partie des leurs. »

٣٦٩ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ أَعْرَابِيا قَالَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَتَى السَّاعَةُ ؟ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا أَعْدَدْتُ لَهَا ؟ قَالَ حُبُّ اللَّهِ وَرَسُولِهِ قَالَ أَنْتَ مَعَ مَنْ أَحْبَبْتَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَهُذَا

لَفْظُ مُسْلِمٍ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُمَا مَا أَعْدَدْتُ لَهَا مِنْ كَثِيرِ صَوْمٍ وَلا صَلَاةٍ ولا صَدَقَةٍ وَلَكِنِّي أُحِبُّ اللهَ وَرَسُولَهُ .

369. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un Bédouin demanda au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) : « Quand l’Heure aura-t-elle lieu ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : « Qu’as-tu préparé pour cela ? » Il dit : « L’amour d’Allah et de Son Messager. » Il répondit : « Tu seras avec celui que tu aimes. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Le texte original est celui de Muslim. Dans une autre version rapportée par tous deux, il est dit : « Il répondit : “Je n’ai pas pu amasser beaucoup de choses, notamment le jeûne, la prière et l’aumône, mais j’aime Allah et Son Messager.” »

۳۷۰- عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ رَجُلُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ كَيْفَ تَقُولُ فِي رَجُلٍ أَحَبٌ قَوْمًا وَلَمْ يَلْحَقُ بِهِمْ؟ فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَرْءُ مَعَ مَنْ أَحَبٌ

مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

370. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), un homme vint trouver le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Que dites-vous d’un homme qui aime un peuple, mais qui ne peut se joindre à lui ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répondit : « L’homme sera avec celui qu’il aime le jour de la Résurrection. »

Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۷۱- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ النَّاسُ مَعَادِنُ كَمَعَادَنِ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ خِيَارُهُمْ فِي الْجَاهِلِيَّةِ خَيَارُهُمْ فِي الْإِسْلَامِ إِذا فَقَهُوا وَالْأَرْوَاحُ جُنُودٌ مُجَنَّدَةً فَمَا تَعَارَفَ مِنْهَا اخْتَلَفَ وَمَا

تَنَاكَرَ مِنْهَا اخْتَلَفَ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَرَوَى الْبُخَارِيُّ قَوْلُهُ الْأَرْوَاحُ إِلَى آخِرِهِ مِنْ رِوَايَةِ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا .

371. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les hommes sont comme des minerais, tels les mines d’or et d’argent. Les meilleurs d’entre eux à l’époque de la Jahiliya seront les meilleurs durant l’islam, lorsqu’ils auront acquis une compréhension complète de la religion. Les âmes sont des troupes rassemblées : celles qui, parmi elles, différaient par leurs qualités et leurs caractéristiques se sont séparées les unes des autres. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’imam al-Bukhari l’a rapporté d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), depuis le mot « Arwâh » jusqu’à la fin du hadith.

 فكان بك برص ۳۷۲- عَنْ أَسَيْرِ بْنِ عَمْرٍو وَيُقَالُ ابْنُ جَابِرٍ وَهُوَ بِضَمِّ الْهَمْزَةِ وَفَتْحِ السِّينِ الْمُهْمَلَةِ قَالَ كَانَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ إِذَا أَتَى عَلَيْهِ أَمْدَادُ أَهْلِ الْيَمَنِ سَأَلَهُمْ أَفِيكُمْ أَوَيْسُ بْنُ عَامِرٍ ؟ حَتَّى أَتَى

عَلَى أَوَيْسُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَقَالَ لَهُ أَنْتَ أَوَيْسُ ابْنُ عَامِرٍ قَالَ نَعَمْ قَالَ مِنْ مُرَادٍ ثُمَّ مِنْ قَرْنٍ ۚ قَالَ نَعَمْ قَالَ برص فَبَرَاتَ مِنْهُ إِلَّا مَوْضِعَ دِرْهَم ؟ قَالَ نَعَمْ قَالَ لَكَ وَالِدَةٌ؟ قَالَ نَعَمْ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

يَقُولُ يَأْتِي عَلَيْكُم أَوَيْنُ بْنُ عَامِرٍ مَعَ أَشدَادٍ أَهْلِ الْيَمَنِ مِنْ مُرَادٍ ثُمَّ مِنْ قَرْن كَانَ بِهِ بَرَصَ فَبَرًا مِنْهُ إِلَّا مَوْطِعَ درهم لَهُ وَالِدَةٌ هُوَ بِهَا بَرَ لَوْ أَقْسَمَ عَلَى اللهِ لَا بَرِّهُ فَإِنِ اسْتَطَعْتَ أَن يَسْتَغْفِرَ لَكَ فَافْعَلْ فَاسْتَغْفِرْ لِي فَاسْتَغْفَرَ

لَهُ فَقَالَ لَهُ عُمَرُ أَيْنَ تُرِيدُ؟ قَالَ الْكُوفَةَ قَالَ أَلَا اكتُبُ لَكَ إِلى عَامِلهَا ؟ قَالَ أَكُونُ فِي غَيْرَاءِ النَّاسِ أَحَبُّ إِلَى فَلَمَّا كَانَ مِنَ العامِ الْمُقْبِلِ حَجٌ رَجُلٌ مِنْ أَشْرَائِهِمْ فَوَافَى عُمَرَ فَسَأَلَهُ عَنْ أَوَشٍ فَقَالَ تَرَكْتُهُ رَبِّ الْبَيْتِ قَلِيْلَ

الْمَتَاعِ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ يَأْتِي عَلَيْكُمْ أَوَيْسُ بْنُ عَامِرٍ مَعَ أَمْدَادٍ مِنْ أَهْلِ الْيَمَنِ مِنْ مُرَادٍ ثُمَّ مِنْ قَرْنٍ كَانَ بِهِ بَرَصَ فَبَرَا مِنْهُ إِلَّا مَوْضِعَ دِرْهَم لَهُ وَالِدَةٌ هُوَ بِهَا بَرَ لَوْ أَقْسَمَ عَلَى اللَّهِ لَأَبَرَهُ

فَإِنِ اسْتَطَعْتَ أَنْ يَسْتَغْفِرَ لَكَ فَافْعَلْ فَأَتَى أَوَيْسًا فَقَالَ اسْتَغْفِرْ لِي قَالَ أَنْتَ أحْدَثُ عَهْدًا بِسَفَرٍ صَالِحٍ فَاسْتَغْفِرْ لِي قَالَ لَقِيتَ عُمَرَ قَالَ نَعَمْ فَاسْتَغْفَرَ لَهُ فَقَطِنَ لَهُ النَّاسُ فَانْطَلَقَ عَلَى وَجْهِهِ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ

وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسلِم أَيْضًا عَنْ أَسَيْرِ بْنِ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ أَهْلَ الْكُوفَةِ وَقَدُوا عَلَى عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَفِيهِمْ رَجُلٌ مِمَّنْ كَانَ يَسْخَرُ بِأَوَيْشِ فَقَالَ عُمَرُ هَل فَهُنَا أَحَدٌ مِّنَ الْقَرَنِيِّينَ فَجَاءَ ذَلِكَ الرَّجُلُ فَقَالَ عُمَرُ إِنْ رَسُولَ

اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ قَالَ إِنَّ رَجُلًا يَأْتِيْكُمْ مِنَ الْيَمَنِ يُقَالُ لَهُ أَوَيْسٌ لَا يَدَعُ بِالْيَمَنِ غَيْرَ أَمْ لَهُ قَدْ كَانَ بِهِ بَيَاضٌ فَدَعَا اللَّهَ تَعَالَى فَاذْهَبَهُ إِلَّا مَوْضِعَ الدِّيْنَارِ أَوِ الدرْهَم فَمَنْ لَقِيَهُ مِنْكُمْ فَلْيَسْتَغْفِرْ لَكُمْ.

وفي روايَةٍ لَهُ عَنْ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنْ خَيْرَ التَّابِعِينَ رَجُلٌ يُقَالُ لَهُ أَوَيْسَ وَلَهُ وَالِدَةً وَكَانَ بِهِ بَيَاضِ فَصُرُوهُ فَلْيَسْتَغْفِرْ لَكُمْ . قَوْلَهُ غَيْرَاءِ النَّاسِ بِفَتْحِ الْغَيْنِ

الْمُعْجَمَةِ وَاشْكَانِ الْبَاءِ وَبِالْمَدِ وَهُمْ فُقَرَاؤُهُمْ وَصَعَالِيْكُهُمْ وَمَنْ لَا تُعْرَفُ عَيْنُهُ مِنْ أَخْلاطِهِمْ وَالْأَمْدَادُ جَمْعُ مَدَدٍ وَهُمُ الْأَعْوَانُ وَالنَّاصِرُونَ الَّذِينَ كَانُوا يُمِدُونَ الْمُسْلِمِينَ فِي الْجِهَادِ .

372. D’après Usayr ibn ʿAmr (qu’Allah l’agrée), également appelé Ibn Jâbir. Il dit : Lorsque des délégations de secours venues des habitants du Yémen arrivèrent auprès de ʿUmar (qu’Allah l’agrée), il leur demanda : « Uways ibn ʿÂmir se trouve-t-il parmi vous ? » Finalement, il se rendit auprès de Uways (qu’Allah l’agrée). ʿUmar lui demanda : « Êtes-vous de Qarn, une branche de la tribu de Murâd ? » Il répondit : « Oui. » Il lui demanda : « Avez-vous été atteint de la lèpre, puis en avez-vous été guéri, à l’exception d’une partie de la taille d’un dirham ? » Il répondit : « Oui. » Il lui demanda : « Votre mère est-elle encore en vie ? » Il répondit : « Oui. » ʿUmar dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : “Un homme nommé Uways ibn ʿÂmir viendra à vous avec les délégations de secours du Yémen. Il sera de Qarn, une branche de la tribu de Murâd. Il aura été atteint de la lèpre, puis en sera guéri, à l’exception d’une partie de la taille d’un dirham. Sa mère sera en vie et il lui sera profondément dévoué. S’il prête serment au nom d’Allah au sujet de quelque chose, Allah exauce son serment. Si tu peux lui demander d’invoquer Allah afin qu’Il te pardonne tes péchés, fais-le.” » ʿUmar lui dit alors : « Invoquez donc Allah afin qu’Il me pardonne mes fautes. » Uways invoqua Allah pour qu’Il pardonne les péchés de ʿUmar. ʿUmar lui demanda : « Où comptez-vous aller ? » Il répondit : « À Kûfa. » ʿUmar lui dit : « Voulez-vous que j’écrive au gouverneur de cette ville pour vous recommander ? » Il répondit : « Il m’est préférable de vivre parmi les pauvres et les nécessiteux. » L’année suivante, un notable de Kûfa vint accomplir le pèlerinage. Lorsqu’il rencontra ʿUmar, celui-ci l’interrogea au sujet de Uways. L’homme répondit : « Je l’ai laissé dans une situation telle que sa maison était extrêmement délabrée et que ses moyens de subsistance étaient très modestes. » ʿUmar dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : “Un homme nommé Uways ibn ʿÂmir viendra à vous avec les délégations de secours du Yémen. Il sera de la lignée de Qarn, une branche de la tribu de Murâd. Il aura été atteint de la lèpre, puis en sera guéri, à l’exception d’une partie de la taille d’un dirham. Sa mère sera en vie et il lui sera profondément dévoué. S’il prête serment au nom d’Allah au sujet de quelque chose, Allah l’exauce. Si tu peux lui demander d’invoquer Allah afin qu’Il te pardonne tes fautes, fais-le.” » L’homme revint alors et se rendit auprès de Uways. Il lui dit : « Invoquez Allah afin qu’Il me pardonne mes péchés. » Uways lui répondit : « Vous revenez à peine d’un voyage béni ; c’est plutôt vous qui devriez invoquer Allah afin qu’Il me pardonne mes péchés. » L’homme demanda : « Avez-vous rencontré ʿUmar ? » Il répondit : « Oui. » Uways invoqua alors Allah en sa faveur. Lorsque les gens eurent pris conscience du rang éminent de Uways, celui-ci quitta cet endroit pour aller ailleurs.

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version de Muslim, il est rapporté d’après Usayr ibn Jâbir (qu’Allah l’agrée) que les habitants de Kûfa envoyèrent une délégation auprès de ʿUmar (qu’Allah l’agrée). Un homme de la délégation se moquait de Uways. ʿUmar demanda : « Y a-t-il ici quelqu’un de la lignée de Qarn ? » Lorsque cet homme se leva, ʿUmar dit : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : “Un homme nommé Uways viendra à vous du Yémen. Il laissera sa mère seule au Yémen. Il sera atteint de la lèpre. Il invoquera Allah, qui le guérira de sa maladie, à l’exception d’une partie de la taille d’un dinar ou d’un dirham. Que celui d’entre vous qui le rencontre lui demande d’invoquer Allah afin qu’Il lui pardonne ses fautes.” »

Dans une autre version de Muslim, il est rapporté d’après ʿUmar (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : « Parmi les générations postérieures — les tâbiʿûn — se trouvera un homme excellent nommé Uways. Sa mère sera en vie et son corps portera des traces de lèpre. Allez donc le trouver et demandez-lui d’invoquer Allah afin qu’Il vous pardonne vos fautes. »

۳۷۳- عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ اسْتَأْذَنْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْعُمْرَةِ فَأَذِنَ لِي وَقَالَ لا تَنْسَانَا يَا أَخَى مِنْ دُعَائِكَ فَقَالَ كَلِمَةً ما يَسُرُّنِي أَنَّ لِي بِهَا الدُّنْيَا وَفِي رِوَايَةٍ قَالَ أَشْرِكْنَا يَا أَخَى فِي

دُعَائِكَ حَدِيثُ صَحِيحَ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

373. D’après ʿUmar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée), il dit : Je demandai au Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — la permission d’accomplir la ʿumra. Il me l’accorda et dit : « Ô petit frère, ne nous oublie pas dans tes invocations. » ʿUmar dit : Il prononça une parole dont je n’aurais pas été heureux d’obtenir le monde entier en échange. Dans une autre version, il est dit : « Ô petit frère, associe-nous également à tes invocations. »

C’est un hadith authentique. Les imams Abû Dâwûd et at-Tirmidhî l’ont rapporté. At-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith bon et authentique. »

٣٧٤- عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُزُورُ قُبَاءَ رَاكِبًا وَمَاشِيًا فَيُصَلِّى فِيهِ رَكْعَتَيْنِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأْتِي مَسْجِدَ قُبَاءَ كُلِّ سَبْتِ رَاكِبًا وَمَاشِيًا

وَكَانَ ابْنُ عُمَرَ يَفْعَلُهُ.

374. D’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se rendait à Qubâ à monture ou à pied, puis y accomplissait deux rak‘ahs de prière dans la mosquée.

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : Chaque samedi, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se rendait à la mosquée de Qubâ à monture ou à pied. Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) en faisait de même.

Chapitre 46 — Le mérite de l’amour pour Allah et l’encouragement à cet amour ; informer celui que l’on aime de cet amour et la manière de l’en informer

Le mérite de l’amour pour Allah et l’encouragement à cet amour ; informer celui que l’on aime de cet amour et la manière de l’en informer.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : مُحَمَّدٌ رَّسُولُ اللهِ وَالَّذِينَ مَعَهُ أَشِدَّاءُ عَلَى الْكُفَّارِ رُحَمَاءُ بَيْنَهُمْ إِلَى آخِرِ السُّورَةِ .

Allah, le Très-Haut, dit :

« Muhammad est le Messager d’Allah. Ses compagnons sont extrêmement durs envers les mécréants, mais miséricordieux entre eux. Tu les verras s’incliner et se prosterner, recherchant la grâce et l’agrément d’Allah. Les marques de leur dévotion seront visibles sur leurs visages en raison de la prosternation. Telle est leur description dans la Torah et dans l’Évangile. Ils sont comparables à une semence qui fait pousser sa pousse, puis la fortifie, puis l’épaissit, puis se dresse sur sa tige, au point de réjouir les cultivateurs et de susciter la fureur des mécréants à leur encontre. Allah a promis à ceux d’entre eux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres un pardon et une immense récompense. » (Sourate Al-Fath : 29)

وَقَالَ تَعَالَى : وَالَّذِينَ تَبَوَّمُوا الدَّارَ وَالْإِيْمَانَ مِنْ قَبْلِهِمْ يُحِبُّوْنَ مَنْ هَاجَرَ إِلَيْهِمْ.

« Et ceux qui, avant leur arrivée, étaient fermement établis dans la Demeure de l’islam (Médine) et dans la foi, aiment ceux qui ont émigré vers eux. » (Sourate Al-Hashr : 9)

٣٧٥- عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ثَلَاثَ مَنْ كُنْ فِيْهِ وَجَدَ بِهِنَّ حَلَاوَةَ الْإِيْمَانِ أَنْ يُكُونَ اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَحَبُّ إِلَيْهِ مِمَّا سِوَاهُمَا وَأَنْ يُحِبُّ الْمَرْء لا يُحِبُّهُ إِلا لِلهِ وَأَنْ يُكْرَهُ أَنْ يَعُودَ فِي الْكُفْرِ بَعْدَ

أَنْ أَنْقَذَهُ اللَّهُ مِنْهُ كَمَا يَكْرَهُ أَنْ يُقْذَفَ فِي النَّارِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

375. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui possède les trois qualités suivantes a goûté à la douceur de la foi : celui qui aime Allah et Son Messager plus que toute autre chose ; celui qui aime une personne uniquement pour l’agrément d’Allah ; et celui qui déteste retourner à la mécréance, après qu’Allah l’en a sauvé, autant qu’il déteste être jeté dans le feu.

L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٣٧٦- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ سَبْعَةٌ يُظِلُّهُمُ اللهُ فِي ظِلِهِ يَوْمَ لا ظل الا ظلهُ إِمَامٌ عَادِلٌ وَشَابٌ نَشَأَ فِي عِبَادَةِ اللهِ عَزَّ وَجَلَّ وَرَجُلٌ قَلْبُهُ مُعَلَّقٌ بِالْمَسَاجِدِ وَرَجُلَانِ تَحَابًا فِي

اللَّهِ اجْتَمَعًا عَلَيْهِ وَتَفَرِّقَا عَلَيْهِ وَرَجُلٌ دَعَتْهُ امْرَأَةُ ذَاتُ حُسْنٍ وَجَمَالٍ فَقَالَ إِنِّي أَخَافُ اللَّهَ وَرَجُلٌ تَصَدِّقَ بِصَدَقَةٍ فَأَخْفَاهَا حَتَّى لَا تَعْلَمَ شِمَالُهُ مَا تُنْفِقُ يَمِينُهُ وَرَجُلٌ ذَكَرَ اللَّهَ خَالِيًا فَفَاضَتْ عَيْنَاهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

376. D’après Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Sept catégories de personnes, Allah les abritera sous l’ombre de Son Trône ce jour-là, où il n’y aura d’autre ombre que celle de Son Trône : (1) un imam ou dirigeant équitable ; (2) un jeune homme qui se consacre à l’adoration d’Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant ; (3) une personne dont le cœur est attaché aux mosquées ; (4) deux personnes qui s’aiment uniquement pour Allah. Elles se lient d’amitié pour rechercher l’agrément d’Allah et se séparent également pour rechercher Son agrément ; (5) un homme qu’une femme belle et séduisante invite à la fornication, mais qui dit : “Je crains Allah” ; (6) celui qui fait l’aumône en secret, au point que sa main gauche ne sait pas ce que sa main droite a donné ; (7) celui qui se rappelle Allah dans la solitude et dont les deux yeux se remplissent de larmes. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۷۷- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَقُولُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَيْنَ الْمُتَحَابُّوْنَ بِجَلالِي ؟ الْيَوْمَ أَظِلُّهُمْ فِي ظِلِى يَوْمَ لَا ظِلَّ إِلَّا ظِلَى رَوَاهُ مُسْلِمٌ.

377. D’après Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, il a dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Certes, Allah, le Très-Haut, dira le Jour de la Résurrection : “Où sont ceux qui s’aimaient les uns les autres pour rechercher Mon agrément ? Aujourd’hui, Je les installerai sous Mon ombre rafraîchissante ; aujourd’hui, il n’y a d’autre ombre que la Mienne.” »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۲۷۸ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُوْلُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَا تَدْخُلُوا الْجَنَّةَ حَتَّى تُؤْمِنُوا وَلَا تُؤْمِنُوا حَتَّى تَحَابُّوا أَوَلَا أَدْلُكُمْ عَلَى شَيْءٍ إِذَا فَعَلْتُمُوهُ تَحَابَبْتُمْ ؟ أَفشوا السَّلَامَ بَيْنَكُمْ – رَوَاهُ مُسلِم .

378. D’après Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, il a dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main ! Vous n’entrerez pas au Paradis tant que vous ne serez pas croyants, et vous ne serez pas croyants tant que vous ne vous aimerez pas les uns les autres. Voulez-vous que je vous indique une chose qui, si vous l’accomplissez, vous fera vous aimer les uns les autres ? Répandez le salam parmi vous. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۳۷۹- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّ رَجُلًا زَارَ أَنَّا لَهُ فِي قَرْيَةٍ أخرى فَأَرْصَدَ اللهُ عَلَى مَدْرَجَتِهِ مَلَكًا وَذَكَرَ الْحَدِيثَ إِلَى قَوْلِهِ إِنَّ اللَّهَ قَدْ أَحَبُّكَ كَمَا أَحْبَبْتَهُ فِيهِ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَقَدْ سَبَقَ بِالْبَابِ قَبْلَهُ .

৩৭৯. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Un homme se mit en route vers un autre village afin d’y rendre visite à l’un de ses frères musulmans. Sur son chemin, Allah plaça un ange pour l’attendre. Puis il rapporta le hadith jusqu’à ces paroles : (L’ange lui dit 🙂 « Certes, Allah t’aime comme tu aimes untel pour rechercher l’agrément d’Allah. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۳۸۰- عَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ فِي الْأَنْصَارِ لا يُحِبُّهُمْ إِلا مُؤْمِنٌ وَلَا يُبْغِضُهُمْ إِلَّا مُنَافِقٌ مَنْ احَبَّهُمْ أَحَبَّهُ اللَّهُ وَمَنْ أَبْغَضَهُمْ أَبْغَضَهُ اللَّهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ .

৩৮০. D’après Al-Barâ ibn Âzib (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit au sujet des Ansar : « Seuls les croyants les aiment, et seuls les hypocrites les détestent. Celui qui les aime, Allah l’aime également, et celui qui les déteste, Allah le déteste également (c’est-à-dire qu’Il le châtie). » L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۸۱- عَنْ مُعَادٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ قَالَ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ الْمُتَحَابُّونَ فِي جَلَالِي لَهُمْ مَنَابِرُ مِنْ نُورٍ يَغْبِطُهُمُ النَّبِيُّونَ وَالشُّهَدَاءُ – رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

৩৮১. D’après Mu‘âdh (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Allah, le Très Honoré et le Tout-Puissant, dit : Ceux qui s’aiment les uns les autres pour rechercher Mon agrément auront, dans l’au-delà, des chaires de lumière, et les prophètes ainsi que les martyrs les envieront [La ghibta signifie l’envie, c’est-à-dire souhaiter acquérir pour soi-même un bien ou une vertu observé chez autrui. Cette forme de ghibta est permise]. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « Ce hadith est حسن et sahih. »

۳۸۲- عَنْ أَبِي إِدْرِيسَ الْخَوْلَانِي رَحِمَهُ اللهُ قَالَ دَخَلْتُ مَسْجِدَ دِمَشْقَ فَإِذَا فَتًى بَرَاقُ الثَّنَايَا وَإِذَا النَّاسُ مَعَهُ فَإِذَا اخْتَلَفُوا فِي شَيْ أَسْنَدُوهُ إِلَيْهِ وَصَدَرُوا عَنْ رَابِهِ فَسَأَلْتُ عَنْهُ فَقِيلَ هَذَا مُعَاذُ بْنُ جَبَلٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ

فَلَمَّا كَانَ مِنَ الْغَدِ هَجَرْتُ فَوَجَدْتُهُ قَدْ سَبَقَنِي بِالتَّهْجِيرِ وَوَجَدْتُهُ يُصَلِّي فَانْتَظَرْتُهُ حَتَّى قَضَى صَلَاتَهُ ثُمَّ جِئْتُهُ مِنْ قِبَلِ وَجْهِهِ فَسَلَّمْتُ عَلَيْهِ ثُمَّ قُلْتُ وَاللَّهِ إِنِّي لَأُحِبُّكَ لِلَّهِ فَقَالَ اللهِ ؟ فَقُلْتُ اللهِ فَقَالَ اللَّهِ ؟ فَقُلْتُ اللَّهِ

فَأَخَذَنِي بِحَبْوَةِ رِدَانِي فَجَبَدَنِي إِلَيْهِ فَقَالَ ابشِرْ فَإِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى وَجَبَتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَحَابِيْنَ فِي وَالْمُتَجَالِسِيْنَ فِي وَالْمُتَزَاوِرِينَ فِي وَالْمُتَبَادَلِيْنَ فِي حَدِيثٌ صَحِيحٌ رَوَاهُ

مَالِكٌ فِي الْمُوَطَأَ بِإِسْنَادِهِ الصَّحِيحِ ، قَوْلُهُ هَجْرَتُ أَيْ بكَرْتُ وَهُوَ بِتَشْدِيدِ الْحِيمِ قَوْلُهُ اللهِ فَقُلْتُ اللهِ الْأَوَّلُ بِهَمْزَةٍ مَمْدُودَةٍ لِلْاسْتَفْهَامِ والثاني بلا مد.

382. Abou Idris al-Khawlani (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte. Il dit : Je suis entré dans la mosquée de Damas et j’y ai vu un jeune homme aux dents éclatantes, entouré d’une nombreuse assemblée. Chaque fois que les gens divergeaient sur une question, ils s’en remettaient à lui pour la résoudre et agissaient conformément à son avis. Lorsque je demandai qui il était, on me répondit qu’il s’agissait de Mu‘adh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée). Le lendemain, je me rendis très tôt à la mosquée et constatai qu’il y était arrivé avant moi. Je le trouvai en prière et me mis à l’attendre. Lorsqu’il eut terminé sa prière, je me présentai devant lui, le saluai et lui dis : « Par Allah ! Je vous aime certainement. » Il demanda : « Est-ce pour Allah ? » Je répondis : « Oui, pour Allah. » Il répéta : « Pour Allah ? » Je répondis : « Pour Allah. » Alors il saisit un pan de mon manteau, me tira vers lui et dit : « Recevez la bonne nouvelle ! J’ai entendu le Messager d’Allah dire qu’Allah Très-Haut a dit : “Mon amour est dû à ceux qui s’aiment les uns les autres en recherchant Mon agrément, se réunissent les uns avec les autres dans le but de rechercher Mon agrément, se rendent visite les uns aux autres en recherchant Mon agrément et dépensent leurs biens pour Moi seul.” »

Ce hadith est sahih. L’imam Malik (qu’Allah lui fasse miséricorde) l’a mentionné dans son Muwatta avec une chaîne de transmission authentique. Vocabulaire : hajjartu, c’est-à-dire bakkaartu, signifie : venir très tôt, se hâter de venir.

۳۸۳- عَنْ أَبِي كَرِيمَة الْمِقْدَادِ بْنِ مَعْدِي كَرَبَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا أَحَبُّ الرَّجُلُ أَخَاهُ فَلْيُخْبِرَهُ أَنَّهُ يُحِبُّهُ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

383. D’après Abou Karîma Miqdad ibn Ma‘dîkarib (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsqu’une personne aime son frère musulman, elle doit l’en informer. »

Ce hadith est rapporté par Abou Dâwoud et at-Tirmidhî. At-Tirmidhî dit : « C’est un hadith bon et authentique. »

٣٨٤ – عَنْ مُعَادٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَخَذَ بِيَدِهِ وَقَالَ يَا مُعَادُ وَاللَّهِ إِنِّي لَأَحِبُّكَ ثُمَّ أَوْصِيْكَ يَا مُعَاذُ لَا تَدَعَنْ فِي دُبُرِ كُلِّ صَلَاةٍ تَقُولُ اللَّهُمَّ أَعِنِّى عَلَى ذِكْرِكَ وَشُكْرِكَ وَحُسْنِ عِبَادَتِكَ حَدِيثُ

صَحِيحٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالنِّسَائِي بِإِسْنَادِ صَحِيح .

384. D’après Mu‘âdh (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) me prit la main et dit : « Ô Mu‘âdh ! Par Allah, je t’aime certainement. Puis je te recommande, ô Mu‘âdh, de réciter assurément cette invocation après chaque prière : “Allâhumma a‘innî ‘alâ dhikrika wa shukrika wa husni ‘ibâdatik” (Ô Allah ! Aide-moi à T’évoquer, à Te remercier et à T’adorer de la meilleure manière). »

C’est un hadith authentique, rapporté par Abou Dâwoud et an-Nasâ’î avec une chaîne de transmission authentique.

٣٨٥- عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلاً كَانَ عِنْدَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَمَرٌ رَجُلٌ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي لَأُحِبُّ هَذَا فَقَالَ لَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَعْلَمْتَهُ ؟ قَالَ لا قَالَ أَعْلِمُهُ فَلَحِقَهُ فَقَالَ إِنِّي أَحِبُّكَ فِي

اللَّهِ فَقَالَ أَحَبَّكَ الَّذِي أَحْبَبْتَنِي لَهُ – رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِإِسْنَادِ صَحِيح .

385. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme se trouvait auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). À ce moment-là, un autre homme passa devant lui. Il dit : « Ô Messager d’Allah, j’aime cet homme. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) lui demanda : « Le lui as-tu fait savoir ? » Il répondit : « Non. » Il dit : « Fais-le-lui savoir. » Il alla donc à sa rencontre et lui dit : « Certes, je t’aime dans l’espoir d’obtenir l’agrément d’Allah. » L’autre lui répondit : « Qu’Allah t’aime, Lui pour l’amour duquel tu m’aimes. » Ce hadith est rapporté par Abou Dawoud avec une chaîne de transmission authentique.

Section 47 — Les signes de l’amour d’Allah Très-Haut pour Son serviteur, l’encouragement à susciter ces signes et à s’efforcer de les acquérir

Les signes de l’amour d’Allah Très-Haut pour Son serviteur, l’encouragement à susciter ces signes et à s’efforcer de les acquérir.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرُ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَّحِيمٌ .

Allah le Très-Haut dit :

« Dis : “Si vous aimez Allah, suivez-moi ; Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Allah est Grand Pardonneur et Miséricordieux.” » (Sourate Âl ‘Imrân : 31)

وَقَالَ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا مَنْ يُرْتَدَّ مِنْكُمْ عَنْ دِينِهِ فَسَوْفَ يَأْتِي اللَّهُ بِقَوْمٍ يُحِبُّهُمْ وَيُحِبُّونَهُ أَذِلَّةٍ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى الْكَافِرِينَ يُجَاهِدُونَ فِي سَبِيلِ اللهِ وَلَا يَخَافُونَ لَوْمَةَ لائِم ذَلِكَ فَضْلُ اللَّهِ يُؤْتِيهِ مَنْ يُشَاءُ وَاللَّهُ

واسع عليم .

« Ô vous qui croyez ! Celui d’entre vous qui abandonne sa religion doit savoir qu’Allah fera bientôt surgir un peuple qu’Il aimera et qui L’aimera, humble envers les croyants et ferme envers les mécréants. Ils combattront dans le sentier d’Allah et ne craindront le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah, qu’Il accorde à qui Il veut. Allah est plein de largesse et Omniscient. » (Sourate al-Mâ’ida : 54)

٣٨٦ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى قَالَ مَنْ عَادَى لِي وَلِيًّا فَقَدْ أَذَنْتُهُ بِالْحَرْبِ وَمَا تَقَرِّبَ إِلَى عَبْدِي بِشَيْءٍ أَحَبُّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ وَمَا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرُبُ

إِلَى بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أحِبُّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنتُ سَمِعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطِسُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا وَإِنْ سَأَلَنِي أَعْطَيْتُهُ وَلَئِنِ اسْتَعَاذَنِي لا عِيدَنَّهُ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ ، مَعْنى أذَنْتُهُ أَعْلَمْتُهُ

بِأَنِّي مُحَارِبُ لَهُ وَقَوْلُهُ اسْتَعَاذَنِي رُوِيَ بِالْبَاءِ وَرُوِيَ بِالنُّوْنِ.

386. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Certes, Allah le Très-Haut dit : Celui qui se montre hostile à l’un de Mes alliés, Je lui déclare la guerre. Mon serviteur ne se rapproche de Moi par rien qui Me soit plus aimé que ce que Je lui ai rendu obligatoire. Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Lorsque Je l’aime, Je deviens l’ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main avec laquelle il saisit et le pied avec lequel il marche. S’il Me demande quelque chose, Je le lui accorde, et s’il cherche refuge auprès de Moi, Je lui accorde refuge. »

L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith. ذنته. Sens : اعلمته Je lui fais savoir ou je proclame que Je lui ferai la guerre. استعاذنی Sens : il cherche refuge auprès de Moi.

۳۸۷- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا أَحَبُّ اللَّهُ تَعَالَى الْعَبْدَ نادى جبْرِيلَ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ فُلَانًا فَأَحْبِبْهُ فَيُحِبُهُ جِبْرِيلُ فَيُنَادِي فِي أَهْلِ السَّمَاءِ إِنَّ اللهَ يُحِبُّ فُلانَا فَاحِبُّوْهُ فَيُحِبُّهُ أَهْلُ السَّمَاءِ ثُمَّ يُوْضَعُ لَهُ

الْقَبُولُ فِي الْأَرْضِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمٍ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى إِذَا أَحَبٌ عَبْدًا دَعَا جِبْرِيلَ فَقَالَ إِنِّي أُحِبُّ فُلَانًا فَأَحْبِبُهُ فَيُحِبُّهُ جِبْرِيلُ ثُمَّ يُنَادِي فِي السَّمَاءِ فَيَقُولُ إِنَّ اللهَ يُحِبُّ فُلَانًا

فَأَحِبُّوهُ فَيُحِبُّهُ أَهْلُ السَّمَاءِ ثُمَّ يُوْضَعُ لَهُ الْقَبُولُ فِي الْأَرْضِ وَإِذَا أَبْغَضَ عَبْدًا دَعَا جِبْرِيلَ فَيَقُولُ إِنِّي أَبْغِضُ فُلَانًا فَأَبْغِضُهُ فَيُبْغِضُهُ جِبْرِيلُ ثُمَّ يُنَادِى في أهْلِ السَّمَاءِ إِنَّ اللَّهَ يُبْغِضُ فُلَانًا فَأَبْغِضُوهُ فَيُبْغِضُهُ أَهْلُ السَّمَاءِ ثُمَّ تُوضَعُ

لَهُ الْبَغْضَاءُ فِي الْأَرْضِ .

387. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsqu’Allah, Très-Haut, aime un serviteur, Il appelle Jibrîl et lui dit : “Certes, Allah aime untel ; aime-le donc, toi aussi.” Jibrîl l’aime alors et proclame parmi les habitants des cieux : “Allah aime untel ; aimez-le donc, vous aussi.” Il devient ensuite aimé sur terre. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Une autre version de Muslim rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsqu’Allah, Très-Haut, aime un serviteur, Il appelle Jibrîl et lui dit : “J’aime untel ; aime-le donc, toi aussi.” Jibrîl l’aime alors et proclame parmi les habitants des cieux : “Allah aime untel ; aimez-le donc, vous aussi.” Il devient ensuite aimé sur terre. Et lorsqu’Il déteste un serviteur, Il appelle Jibrîl et lui dit : “Je déteste untel ; déteste-le donc, toi aussi.” Jibrîl le déteste alors et proclame parmi les habitants des cieux : “Allah déteste untel ; détestez-le donc, vous aussi.” Les habitants des cieux se mettent alors à le détester, puis il est également rendu détesté et humilié sur terre. »

۳۸۸- عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعَثَ رَجُلاً عَلَى سَرِيَّةٍ فَكَانَ يَقْرَأُ لِأَصْحَابِهِ فِي صَلَاتِهِمْ فَيَخْتِمُ (قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ) فَلَمَّا رَجَعُوا ذَكَرُوا ذَلِكَ لِرَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ

سَلُوهُ لِأَيِّ شَيْءٍ يَصْنَعُ ذَلِكَ؟ فَسَأَلُوهُ فَقَالَ لِأَنَّهَا صِفَةُ الرَّحْمَنِ فَأَنَا أَحِبُّ أَنْ أَقْرَأَ بِهَا فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اخْبِرُوهُ أَنَّ اللهَ تَعَالَى يُحِبُّهُ – متفق عليه .

388. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) envoya un homme à la tête d’une petite armée. Lorsqu’il dirigeait la prière de ses compagnons, il récitait la sourate et terminait chaque récitation par « Qul huwa Allâhu ahad » (sourate al-Ikhlâs). À leur retour, ils en informèrent le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il dit : « Demandez-lui pourquoi il agissait ainsi. » Ils l’interrogèrent donc. Il répondit : « Cette sourate décrit les louanges et la grandeur d’Allah. C’est pourquoi j’aime la réciter. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Informez-le qu’Allah aussi l’aime. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Section 48 – Mise en garde contre le fait de nuire aux gens pieux, aux faibles et aux nécessiteux

Mise en garde contre le fait de nuire aux gens pieux, aux faibles et aux nécessiteux.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يُؤْذُونَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَيْرِ مَا اكْتَسَبُوا فَقَدِ احْتَمَلُوا بُهْتَانًا وَإِثْمًا مُّبِينًا.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Ceux qui offensent les croyants et les croyantes pour un crime qu’ils n’ont pas commis portent le fardeau d’une calomnie mensongère et d’un péché manifeste. » (Sourate al-Ahzab : 58)

وَقَالَ تَعَالَى : فَأَمَّا الْيَتِيمَ فَلا تَقْهَرُ وَأَما السَّائِلَ فَلا تَنْهَرْ .

« Ne traite donc pas l’orphelin avec dureté et ne rabroue pas le mendiant. » (Sourate ad-Duha : 9-10)

De nombreux hadiths ont été rapportés à ce sujet. Parmi eux figure le hadith rapporté par Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) dans la section précédente, où il est dit : « Celui qui se montre hostile envers Mon allié, Je lui déclare la guerre. » Le hadith rapporté par Sa‘d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée) est également mentionné à ce sujet dans la section « La bienveillance envers l’orphelin ». Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ô Abû Bakr ! Si tu les mécontentes, tu mécontentes alors ton Seigneur. »

۳۸۹ – عَنْ جُنْدُبِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ صَلَّى صَلَاةَ الصُّبْحِ فَهُوَ فِي ذِمَّةِ اللَّهِ فَلَا يَطْلُبَنَّكُمُ اللَّهُ مِنْ ذِمَّتِهِ بِشَيْءٍ فَإِنَّهُ مَنْ يُطْلُبُهُ مِنْ ذِمَّتِهِ بِشَيْءٍ يُدْرِكْهُ ثُمَّ يَكْبُهُ عَلَى

وَجْهِهِ فِي نَارِ جهنم رواه مسلم .

389. D’après Jundub ibn Abd Allah (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui accomplit la prière de l’aube se trouve sous la protection d’Allah. Prenez donc garde qu’Allah ne vous demande des comptes au sujet de Sa protection. En effet, lorsqu’Il demandera des comptes à quelqu’un au sujet de cette protection et qu’Il le trouvera en contradiction avec celle-ci, Il le saisira et le jettera la face contre terre dans le feu de l’Enfer. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Fin du premier tome