Celui dont le droit est le plus grand après celui d’Allah
Le devoir ou l’obligation première de l’être humain consiste à croire en Allah et à Lui obéir et vouer un culte avec sincérité. C’est ensuite que commencent les devoirs familiaux. Assumer toutes ces responsabilités et réfléchir à la réforme et à la reconstruction de la vie familiale est, d’une part, une nécessité sociale, mais constitue également un devoir religieux.
Après la vie familiale commence le domaine de la vie clanique. Dans cette vie, la place la plus élevée et les droits les plus importants reviennent aux parents. L’importance de la haute dignité et des droits des parents se perçoit déjà dans le style des descriptions rapportées par le Noble Coran. À maintes reprises, le Noble Coran mentionne les droits des parents en même temps que les droits d’Allah, et il accorde également une importance particulière à la reconnaissance envers les parents, parallèlement à la reconnaissance envers Allah.
وقضى رَبُّكَ أَلا تَعْبُدُوا إِلَّا إِيَّاهُ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا ، إِمَّا يَبْلُغَنَّ عِنْدَكَ الْكِبَرَ أَحَدُهُمَا أَوْ كِلَهُمَا فَلَا تَقُل لَّهُمَا أفٍّ وَلَا تَنْهَرْهُمَا وَقُل لَّهُمَا قَوْلاً كَرِيمًا وَاخْفِضْ لَهُمَا جَنَاحَ الذُّلِّ مِنَ الرَّحْمَةِ وَقُلْ رَبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا ربيني صغيرا بنی اسرائیل : ٢٣-٢٤« Et ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui et que vous traitiez vos père et mère avec bonté. Si l’un d’eux, ou tous les deux, atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas : “Fi !” et ne les rabroue pas ; adresse-leur plutôt des paroles respectueuses. Et, par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité et dis : “Seigneur, fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé lorsque j’étais petit.” » — Sourate Banî Isrâ’îl, 23-24
Si l’on relit sans cesse ces deux versets du Noble Coran et que l’on médite à leur sujet, plusieurs éléments apparaîtront clairement :
Premièrement, après le droit d’Allah, les parents détiennent le plus grand droit sur le croyant. Dans le Noble Coran, après l’affirmation de l’unicité du Seigneur, le tout premier commandement stipule de bien traiter ses parents. Par la suite, cette injonction est répétée à maintes reprises dans le Coran sous des formulations similaires.
Deuxièmement, lorsque les parents vieillissent, leur humeur devient nécessairement quelque peu rude et irritable, et, en raison de leur âge, ils commencent aussi à tenir des propos indésirables. Les musulmans doivent, durant cette vieillesse, tenir compte de l’humeur rude de leurs parents, supporter chacun de leurs propos avec bonne humeur, ne même pas leur répondre par un « fi ! » lorsqu’ils sont importunés par l’une de leurs paroles, et ne répondre à aucun propos sur un ton réprobateur. Les enfants doivent se rappeler leur propre enfance. À cette époque, sans comprendre, ils importunaient leurs parents par toutes sortes de questions inutiles et de paroles vaines. Pourtant, leur père et leur mère écoutaient leurs propos avec le sourire, s’en réjouissaient, leur répondaient d’une voix affectueuse et ne se montraient jamais irrités.
Troisièmement, il faut veiller avec la plus grande attention à l’honneur et à la dignité des parents. Lorsqu’on s’adresse à eux, il faut tenir compte de leur honneur. Au terme de leur vie, lorsque leurs forces diminuent, les parents âgés tiennent naturellement diverses sortes de propos afin de préserver leur honneur et leur respectabilité et d’affirmer leur importance. Ils insistent sans raison sur leurs opinions. Ils se mettent souvent en colère. Ils expriment de diverses manières leur mécontentement. Dans une telle situation, il faut comprendre les directives du Noble Coran. Il faut supporter leurs propos avec le sourire et ne jamais, sous l’effet de l’irritation, prononcer des paroles contraires à leur honneur et à leur dignité.
Quatrièmement, il faut se comporter envers eux avec humilité et douceur. Tout en leur obéissant, il est indispensable de baisser la tête devant eux. Il faut écouter attentivement toutes leurs instructions, les mettre en pratique et en éprouver de la satisfaction. Lorsque, dans leur vieillesse, les parents dépendent de toute forme d’aide de leurs enfants, il est indispensable de les servir comme un serviteur dévoué. Toutefois, aucune parole ni aucun acte ne doit laisser paraître de l’orgueil ou le sentiment de leur faire une faveur. Il faut plutôt éprouver de la fierté à leur témoigner un respect filial et remercier Allah de donner l’occasion de les servir.
Cinquièmement, lorsqu’on trouve ses parents dans un âge de faiblesse et de vulnérabilité, il faut se rappeler cette période de sa propre enfance, lorsque l’enfant est extrêmement faible, démuni et dépendant. À cette époque, avec quelle tendresse, quel amour et quelle attention les parents élèvent leur enfant, en supportant toutes sortes de peines et de difficultés. Ils se réjouissent de la joie de l’enfant et s’alarment en voyant ses souffrances. En se rappelant son état durant l’enfance, sous l’effet de l’amour et de la miséricorde, il faut lever sans hésitation les mains et répéter la prière : « Ô Seigneur ! De même qu’ils nous ont élevés durant notre enfance avec tendresse et amour, en y consacrant toute leur âme, fais-leur miséricorde à ton tour et facilite leurs difficultés. »
Les enseignements exposés de manière extrêmement concise et pourtant admirable dans ces deux versets du Noble Coran se trouvent expliqués en détail dans la Sunna, c’est-à-dire les hadiths, du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.
L’importance des parents
عن أبي أمامة رضي اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلاً قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا
حق الوالدين على ولدهما ؟ قَالَ هما جنتك وبارك ابن ماجه، مشكوة« Hazrat Abou Oumama — qu’Allah l’agrée — a rapporté qu’un homme demanda au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : “Ô Messager d’Allah, quels droits les parents ont-ils sur leur enfant ?” Il répondit : “Vos parents sont votre paradis et votre enfer.” »
Le sens de cette parole du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — est que nul ne peut se passer de ses parents. Outre leur importance dans la vie sociale, leur importance est également immense pour le salut et la réussite dans la vie de l’au-delà. Par une bonne conduite envers eux, en leur obéissant et en les gardant satisfaits, l’enfant peut se construire une demeure au paradis. En revanche, en bafouant leurs droits et en encourant leur mécontentement, il peut aussi devenir le combustible de l’Enfer.
عنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ – وَقَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، رِضا اللهِ فِي رِضَا الْوَالِدِ وَسُخْطُ اللَّهِ فِي سُخْطِ الْوَالِدِ« Hazrat Abdallah ibn Amr — qu’Allah l’agrée — a rapporté que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “La satisfaction d’Allah réside dans la satisfaction du père, et le mécontentement d’Allah réside dans le mécontentement du père.” »
Il est impossible d’obtenir la satisfaction d’Allah en niant les droits des parents. Seuls ceux qui savent les satisfaire peuvent satisfaire Allah. Ceux qui provoquent leur colère ne peuvent échapper au courroux d’Allah, et quiconque les mécontente mécontente également Allah.
عن معاوية بن جامعة أن جَاهِمَة جَاءَ إِلى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ . فَقَالَ يَا رَسُول الله – أردت أَنْ أَغْزُو، وَقَدْ جِئْتُ اسْتَشِيرُكَ ؟ فَقَالَ هَلْ لَّكَ من أم قال نعم، قَالَ فَالْزَمَهَا فَإِنَّ الْجَنَّةَ عند رجلها – ابن ماجه، نسائ« Hazrat Mouawiya, fils de Hazrat Jahima — qu’Allah les agrée tous deux — a rapporté que Hazrat Jahima — qu’Allah l’agrée — se présenta auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui dit : “Ô Messager d’Allah, je désire participer au djihad et je suis venu vous demander conseil à ce sujet. Quelle est votre instruction à cet égard ?” Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui demanda : “Ta mère est-elle encore en vie ?” Hazrat Jahima — qu’Allah l’agrée — répondit : “Oui.” Puis il ajouta : “Grâce soit rendue à Allah, elle est encore en vie.” Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : “Retourne auprès d’elle et consacre-toi à son service, car le paradis se trouve sous ses pieds.” »
L’expression « le paradis se trouve sous ses pieds » est énoncée dans un sens très large. Elle signifie qu’il faut lui témoigner un respect absolu et faire preuve d’une grande humilité dans ses manières et son comportement. Il faut considérer, de tout son cœur et de toute son âme, son service et son dévouement comme le moyen de son propre salut.
Dans le hadith précédent, l’importance de l’obéissance au père a été soulignée, tandis que celui-ci expose l’importance de l’obéissance et du service envers la mère. Ce hadith est également rapporté dans la version d’al-Tabarani, où il est fait mention de la mère et du père à la fois. Hazrat Jahima — qu’Allah l’agrée — a lui-même dit : « Je me présentai auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui demandai : “Ô Messager d’Allah, je désire participer au djihad. Je voudrais connaître votre avis à ce sujet.” Il répondit : “Tes parents sont-ils en vie ?” Je répondis : “Oui. Grâce soit rendue à Allah, ils sont tous deux en vie.” Il dit : “Va et consacre-toi à leur service, car le paradis se trouve sous leurs pieds.” »
عن أبي هريرة عن النبي صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ رَغمَ أَنْفُهُ ثُمَّ رَعْمَ أَنْفُهُ ثُمَّ رَغمَ أَنْفُهُ، قَبْلَ مَنْ يَا رَسُولَ اللهِ ؟ قَالَ مَنْ أَدْرَكَ وَالدَيْهِ عِنْدَ الْكَبَرِ أَوْ أَحَدَهُمَا ثُمَّ لَمْ يَدْخُلِ الْجَنَّةَ .
“Il est rapporté d’après Abou Hourayra — qu’Allah l’agrée — que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Qu’il soit humilié, encore humilié, puis une nouvelle fois humilié ! » Les gens demandèrent : « Ô Messager d’Allah, de qui parlez-vous ? » Il répondit : « De celui qui a trouvé ses deux parents, ou l’un d’eux, dans leur vieillesse, puis n’est pas entré au Paradis (en les servant). »
La récompense terrestre du service des parents
La plus grande récompense du service des parents et de l’obéissance envers eux est d’obtenir, par cela, la satisfaction d’Allah et d’accéder au Paradis. Voilà la récompense de l’au-delà. Mais Allah Tout-Puissant récompense également, dans ce monde, ceux qui servent leurs parents avec sincérité et veillent à leurs droits. En vérité, le Prophète éminent — qu’Allah le bénisse et le salue — raconta un jour à ses compagnons l’histoire captivante de trois hommes. Il dit : « Un jour, trois hommes voyageaient quelque part. En chemin, une pluie torrentielle les surprit. Ils entrèrent dans une grotte pour s’y abriter et s’y installèrent. Gloire à Allah ! Un gros rocher se détacha de la montagne, tomba devant l’entrée de la grotte et la boucha complètement. Les trois amis furent terriblement effrayés. Et il y avait de quoi l’être : il leur était impossible de déplacer le rocher. Il n’y avait non plus aucun être humain à appeler à l’aide. Désespérés, ils restèrent assis, pensant qu’ils avaient été enterrés vivants et que cette grotte était leur tombe. L’un d’eux dit : “Il ne faut pas désespérer de la miséricorde d’Allah. Venez, que chacun de nous invoque Allah en mentionnant la meilleure œuvre de sa vie. J’espère qu’Allah, par Sa miséricorde, nous délivrera de cette épreuve.”
L’un des voyageurs commença ainsi : “Ô Allah ! Mes parents étaient âgés et j’avais de jeunes enfants. Durant la journée, je faisais paître les chèvres, puis je rentrais chez moi, je les trayais et faisais boire mes parents en premier. Ensuite, j’en donnais à mes enfants. Un jour, il se trouva que je m’étais éloigné très loin et que mon retour fut considérablement retardé. Lorsque je rentrai chez moi, le soir, mes parents s’étaient endormis. Comme chaque jour, je trayais le lait des chèvres, le versais dans une coupe, puis j’allais me tenir à la tête de mes parents. J’attendais qu’ils se réveillent afin de leur présenter le lait. La nuit était déjà bien avancée. Mes enfants commencèrent à souffrir de la faim. Ils venaient sans cesse se jeter à mes pieds et réclamaient du lait. Mais je ne pouvais supporter de leur en donner avant mes parents. Il était inconcevable que mes parents restent couchés sans avoir mangé tandis que mes enfants mangeraient à leur faim et dormiraient confortablement. Bref, je restai ainsi toute la nuit, la coupe à la main. Mes parents dormaient, tandis que mes enfants, affamés, pleuraient et s’effondraient. C’est ainsi que toute la nuit s’écoula. Ô Allah ! Si j’ai agi ainsi envers mes parents uniquement pour obtenir Ta satisfaction, alors, par Ta miséricorde, écarte ce rocher de l’entrée de la grotte.”
À peine eut-il prononcé ces paroles que le rocher s’écarta quelque peu de l’entrée de la grotte, et le ciel devint clairement visible. Ensuite, les deux autres voyageurs invoquèrent eux aussi Allah en mentionnant chacun sa bonne œuvre, et Allah, par Sa miséricorde, ouvrit l’entrée de la grotte.
Bien se comporter envers ses parents
عَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الْعَمَلِ أَحَبُّ إِلى اللهِ ؟ قَالَ : الصَّلُوةُ عَلَى وَقْتِهَا -قُلْتُ ثُمَّ أَي ؟ قَالَ : بِرُّ الْوَالِدَيْنِ قُلْتُ، ثُمَّ أَيُّ ؟ قَالَ الْجِهَادُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ ای
بخاری، مسلم
“Hadhrat Abdallah ibn Mas‘oud — qu’Allah l’agrée — a dit : « Je demandai au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — quelle œuvre pieuse était la plus aimée d’Allah. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — répondit : “La prière accomplie à son heure.” Je demandai encore : “Et ensuite, quelle œuvre est la plus aimée ?” Il répondit : “Bien se comporter envers ses parents.” Je demandai : “Et ensuite ?” Il répondit : “Combattre dans le sentier d’Allah.” » — Boukhari et Muslim
Aucun musulman n’ignore l’importance et le mérite de la prière. Pourtant, quelle importance religieuse ne doit pas avoir l’œuvre pieuse à laquelle le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a insisté, parallèlement à un acte d’adoration aussi important que la prière ? Il existe certes un lien entre les parents et les enfants. Entre eux, une relation de bienveillance et d’affection est tout naturellement liée au lien du sang. Tout croyant aime ses parents et les sert autant que possible, de tout son cœur et de toute son âme. Mais l’insistance du noble Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — signifie que cette relation n’est pas seulement familiale et mondaine. Elle est aussi une affaire religieuse. L’exigence de la religion d’Allah et de l’obéissance à Allah est de bien se comporter envers ses parents. L’ordre d’Allah et du Messager — qu’Allah le bénisse et le salue — est de leur obéir et de les servir, de les honorer et de s’efforcer de les rendre heureux de diverses manières. Si un musulman n’obéit pas à ses parents, il n’obéit pas non plus à Allah et à Son Messager — qu’Allah le bénisse et le salue. Il n’est pas seulement coupable envers sa famille et dans ce monde ; il est également coupable devant Allah. Il devra aussi rendre des comptes devant Allah.
قَالَ عَبْدُ الله بن عمرو بن العاص رض : أَقْبَلَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللهِ صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَبَايِعُكَ عَلى الهِجْرَةِ وَالْجِهَادِ ابْتَغِي الْآخِرَ مِنْ الله، قَالَ فَهَلْ مِنْ والديك أحد حي ؟ قَالَ نَعَمْ، بَلْ كِلَاهُمَا حَيٍّ، قَالَ فتبتغي الأجر من اللهِ ؟ قَالَ نَعَمْ، قَالَ فَارْجِعُ إِلَى وَالِدَيْكَ فَأَحْسِنُ
صحبتهما – مسلم
“Hadhrat Abdallah, fils de ‘Amr ibn al-‘Âs — qu’Allah les agrée — a dit : « Un homme se présenta auprès du bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — et déclara : “Je vous prête serment d’émigrer et de combattre, et j’en recherche la récompense auprès d’Allah.” Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — lui demanda : “L’un de tes parents est-il encore en vie ?” Il répondit : “Oui. Bien plus, grâce à Allah, ils sont tous deux en vie.” Il lui demanda : “Recherches-tu réellement auprès d’Allah la récompense de ton émigration et de ton combat ?” Il répondit : “Oui, je recherche la récompense auprès d’Allah.” Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — lui dit : “Alors retourne auprès de tes parents et comporte-toi bien avec eux.” » — Muslim
Qui pourrait nier l’importance accordée, dans la religion, à l’émigration et au combat ? Malgré cela, si les parents, en raison de leur vieillesse, de leur faiblesse ou d’une quelconque infirmité, ont besoin de l’aide et du service de leur enfant, celui-ci doit les servir, leur procurer du confort et espérer la récompense d’Allah. C’est en cela que réside la satisfaction d’Allah. Dans une telle situation de vulnérabilité, l’islam a qualifié le fait de rester auprès de ses parents pour les servir comme une œuvre encore meilleure que les œuvres excellentes telles que l’émigration et le combat.
Le vénérable Abd Allah ibn Amr (qu’Allah l’agrée) a rapporté qu’un homme se présenta auprès du noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) afin de lui prêter serment d’allégeance pour l’émigration, après avoir laissé ses parents en pleurs. À ce moment-là, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui dit : « Va, retourne auprès de tes parents et rends-les aussi heureux que tu les as laissés en pleurs. » — Abou Dawoud
Il a également rapporté qu’un homme se présenta auprès du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dans l’intention de participer au djihad. Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui demanda : « Tes parents sont-ils en vie ? » Il répondit : « Oui, Dieu merci, ils sont en vie. » Il lui dit : « Va donc et continue à les servir. C’est cela, le djihad. » — Mouslim, Abou Dawoud
Le respect envers les parents
عن أبي سعيد رض أنَّ رَجُلًا مِنْ أَهْلِ الْيَمَنِ هَاجَرَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ : هَلْ لكَ أحدٌ بِالْيَمَنِ ؟ قَالَ، أَبُولَى، قَالَ أَدْنَالَكَ ؟ قَالَ لا، قَالَ، ارجع اليهما ، فَاسْتَاذِنَهُمَا، فَإِنْ أَدْنَالَكَ فَجَاهِدُ وَإِلَّا فَبِرَهُما – ابوداودLe vénérable Abou Saïd (qu’Allah l’agrée) a rapporté qu’un Yéménite se présenta auprès du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui demanda : « As-tu quelqu’un au Yémen ? » Il répondit : « Oui, mes parents y résident. » Il lui demanda : « T’ont-ils donné leur permission ? » Il répondit : « Non. » Alors il lui dit : « Très bien, retourne auprès d’eux et demande-leur la permission. S’ils te la donnent, participe au djihad ; sinon, reste auprès d’eux et continue à bien te comporter envers eux. »
Un homme était venu auprès du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) après avoir parcouru des kilomètres et des kilomètres. Il était venu avec une intention si pieuse : rester auprès du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et s’efforcer d’accroître la grandeur de la religion. Pourtant, celui-ci le renvoya uniquement parce qu’il n’était pas venu avec la permission de ses parents ; sans cette permission, il ne lui permit pas de participer à une obligation aussi importante que le djihad. En réfléchissant à ce hadith, on comprend quel respect la religion enseigne envers les parents et de quelle manière elle exhorte à les honorer.
Le conseil du vénérable Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée)
Un jour, le vénérable Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), voyant deux hommes, demanda à l’un d’eux : « Qui est cet homme pour toi ? » Il répondit : « Monsieur, c’est mon père vénéré. » Il lui dit : « Écoute : ne l’appelle jamais par son prénom, ne marche jamais devant lui et n’essaie jamais de t’asseoir avant lui dans une assemblée. » — Al-Adab al-Moufrad
La récompense de converser d’une voix douce
Hazrat Taylaha bin Miyath, qu’Allah l’agrée, raconte un événement de sa vie : « Une fois, je suis parti combattre avec l’armée. Là-bas, je me suis retrouvé impliqué dans certains péchés. À mes yeux, c’était un péché majeur. J’étais extrêmement inquiet et, profitant d’une occasion, j’en parlai à Hazrat Abdullah ibn Umar, qu’Allah l’agrée. Il me dit : “Dis-moi, que s’est-il passé ?” Je lui racontai tout exactement. Après m’avoir écouté, il dit : “Ce n’est pas un péché majeur ; les péchés majeurs ne sont qu’au nombre de neuf : associer des divinités à Allah, tuer injustement quelqu’un, tourner le dos au djihad, accuser faussement une femme honnête, consommer l’usure, dévorer les biens de l’orphelin, tenir des propos mécréants dans la mosquée, se moquer de la religion et faire pleurer ses parents en leur désobéissant ou en se rebellant contre eux.” Après cela, il me demanda : “Mon frère, désires-tu rester éloigné de l’Enfer et entrer au Paradis ?” Je répondis : “Hazrat, pourquoi ne le désirerais-je pas ? Par Allah, c’est bien ce que je veux.” Hazrat me demanda : “Dis-moi donc, tes parents sont-ils encore en vie ?” Je répondis : “Oui, ma mère est en vie.” Il poursuivit : “Par Allah ! Si tu parles à ta mère avec douceur et respect et que tu veilles à ses besoins, tu entreras certainement au Paradis. Alors, garde-toi seulement des péchés majeurs.”
La rétribution envers les parents
عن أبي هريرة عن النبي صلى الله عليه وسلَّمَ قَالَ لا يُجْزِى وَلَدٌ وَالدَه إلا أن يجده مملوكا فيشتريه فيعتقه – مسلم، ترمذی، ابو ادود وغیره« Il est rapporté de Hazrat Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Si un enfant pouvait rendre à ses parents l’affection, l’amour, les soins et les peines qu’ils ont endurés pour lui, ce serait en achetant son père s’il le trouvait esclave de quelqu’un, ou sa mère s’il la trouvait esclave, puis en les affranchissant.” »
La rétribution envers la mère
« Hazrat Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte qu’un jour, Hazrat Abdullah ibn Umar, qu’Allah l’agrée, vit un Yéménite faire le tawaf autour de la Kaaba sacrée en portant sa mère sur son dos. Cet homme accomplissait le tawaf autour de la Kaaba et récitait avec une profonde émotion ce poème. »
Je suis le chameau de monture qui avance à son signe
Lorsque sa monture s’enfuit, effrayée, je ne prends pas la fuite
En voyant Hazrat Abdullah, qu’Allah l’agrée, il lui demanda : « Dites-moi, n’ai-je pas rendu à ma mère ce que je lui devais ? » Hazrat Abdullah, qu’Allah l’agrée, répondit : « La rétribution envers ta mère ? Cela ne constitue même pas la rétribution d’un seul de ses “ah !” »
Le comportement de Hazrat Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, envers sa mère
Un jour, Marwân désigna Abû Hurayra comme son remplaçant pour quelques jours. À cette époque, il séjournait à Dhul-Hulayfa. Sa mère habitait dans une autre maison, à quelque distance. Chaque fois qu’il avait l’intention de sortir, il se rendait d’abord devant la porte de sa mère et disait : « Chère maman, que la paix, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur toi. » De l’intérieur, sa mère répondait : « Cher fils, que la paix, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur toi. » Puis Abû Hurayra disait : « Maman, de même qu’au cours de mon enfance tu m’as élevé avec tendresse et affection, qu’Allah te fasse miséricorde. » Elle répondait : « Cher fils, qu’Allah fasse également descendre sur toi une miséricorde semblable aux bons traitements et au confort que tu m’as accordés dans ma vieillesse. » Lorsqu’il revenait de l’extérieur et entrait dans la maison, il saluait sa mère de la même manière et répétait les mêmes paroles.
La forme ultime de l’obéissance aux père et mère
عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَض قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَصْبَحَ مطيعا الله في والديه أصبح له بابان مفتوحانِ مِنَ الْجَنَّةِ وَإِنْ كَانَ وَاحِدًا فَوَاحِداً وَمَنْ أمسى عاصيا لله في والديه أَصْبَحَ لَهُ بَابَانَ مَفْتُوحَانِ مِنْ النَّارِ وَإِنْ كَانَ وَاحِدًا فَوَاحِداً قَالَ رَجُلٌ وَإِنْ ظَلَمَاهُ قَالَ وَإِنْ ظَلَمَاهُ وَإِنْ ظلْماهُ وَإِنْ ظَلْماهُ – مشكوة« Abdallah ibn Abbâs, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Celui qui commence sa journée en obéissant à Allah à l’égard de ses père et mère commence sa journée avec deux portes du Paradis ouvertes devant lui ; s’il n’y en a qu’un, une seule porte. Et celui qui commence sa journée en désobéissant à Allah à l’égard de ses père et mère a deux portes de l’Enfer ouvertes devant lui ; s’il n’y en a qu’un, une seule porte.” Un homme demanda : “Même s’ils lui font subir une injustice ?” Il répondit : “Même s’ils lui font subir une injustice, même s’ils lui font subir une injustice, même s’ils lui font subir une injustice.” » — Mishkât
Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a employé ce type de narration afin d’insister sur le bon comportement envers les père et mère. Ainsi, le croyant comprend clairement que l’obéissance doit être réservée à Allah seul. Il n’est pas permis d’obéir à quiconque en dehors d’Allah. Si l’on obéit à ses père et mère et qu’on se comporte convenablement envers eux, c’est parce qu’Allah a exposé leurs droits et a ordonné de les respecter et de les servir. Le croyant ne doit absolument pas obéir à ses père et mère dans une affaire qui constituerait une désobéissance à Allah.
Même lorsque les père et mère outrepassent les limites, le bon comportement signifie que, s’ils formulent, en raison de leur caractère sévère, des exigences difficiles à satisfaire pour leur enfant, s’ils lui imposent toujours davantage d’efforts sans tenir compte de ses limites d’endurance, ou s’ils lui réclament des dépenses dépassant ses moyens, les enfants doivent néanmoins maîtriser leurs émotions et continuer, même à contrecœur, à les servir et à bien se comporter envers eux.
Dans cette situation, l’obéissance n’est certes pas obligatoire pour l’enfant, car Allah n’impose à personne une charge supérieure à ses capacités ; pourtant, telle est la forme ultime de l’obéissance aux père et mère. L’enfant consacrera sa vie à leur service, même au-delà de ses propres moyens, et sacrifiera tout afin de les satisfaire et de leur procurer du confort. En revanche, s’ils formulent une exigence qui porte atteinte au droit d’autrui, dont les effets néfastes retombent sur autrui, ou qui s’oppose à un commandement d’Allah, il ne faut absolument pas leur obéir. Par exemple, s’ils empêchent quelqu’un d’obtenir son droit financier, ou s’ils veulent, sous l’effet d’une inimitié purement personnelle ou de l’entêtement, contraindre leur fille à se séparer sans raison d’un mari qui ne néglige pas les droits religieux de son épouse, ou s’ils l’empêchent de servir et d’obéir à un tel mari, alors il n’est absolument pas obligatoire d’obéir à de tels père et mère. En effet, s’acquitter des droits financiers d’autrui est obligatoire, et ne pas le faire est un péché grave. Allah ne pardonne un tel péché que si l’ayant droit pardonne.
En ce qui concerne le service et l’obéissance au mari, ou le maintien de la relation avec lui, il faut également garder à l’esprit un point : l’établissement du lien conjugal, l’amour réciproque des époux et leurs bonnes relations sont des choses extrêmement appréciées par Allah. L’islam insiste sur le maintien de cette relation à tout prix.
Il ne fait aucun doute qu’obéir à ses père et mère est obligatoire, mais cette obéissance est subordonnée à l’obéissance à Allah. Ce n’est pas une obéissance indépendante. Obéir à ses père et mère en se détournant des orientations, des prescriptions, des exigences et des intérêts de la religion n’est pas une obéissance à Allah ; c’est au contraire une désobéissance à Allah. Aucun croyant ne peut espérer une récompense pour une telle obéissance ; c’est le châtiment qui devient son dû.
Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Si l’on obéit à l’un des deux, une porte du Paradis reste ouverte. » Cela ne signifie pas que, si l’un des père et mère décède et qu’il n’est désormais plus possible de lui obéir ni de le servir, un tel enfant n’aurait qu’une seule porte ouverte devant lui. Le sens est plutôt que, si l’on obéit à l’un des deux tout en mécontentant l’autre, une porte du Paradis est ouverte en raison de l’obéissance au premier, tandis qu’une porte de l’Enfer est laissée ouverte en raison de la désobéissance au second. Si l’un des deux quitte ce monde après avoir reçu l’obéissance de son vivant, la porte ouverte en récompense de cette obéissance restera ouverte et ne sera pas refermée.
Ce hadith met en garde contre le fait d’obéir à l’un des deux tout en mécontentant l’autre par ses actes : cela n’est pas correct. En raison de l’obéissance à l’un, Allah maintient ouverte la porte du Paradis. Mais en raison de la désobéissance à l’autre, Il fait également ouvrir la porte de l’Enfer. Il ne peut être juste, pour un croyant, de se satisfaire d’obéir à l’un tout en négligeant la question du service et de l’obéissance à l’autre. Il souhaite au contraire obtenir l’agrément d’Allah en servant et en honorant les deux.
Le refus d’obéir aux père et mère
Bien que l’importance des droits des parents dans la vie sociale, ainsi que l’insistance sur leur obéissance et l’expression de la gratitude à leur égard, soient soulignées, il arrive parfois qu’une situation se présente où vous pouvez refuser de leur obéir. Vous pouvez alors passer outre leurs paroles afin de vous conformer aux exigences de la charia. En islam, seul Allah possède le droit d’être obéi. Vous ne pouvez obéir aux autres qu’au moment où Allah a permis de leur obéir, et uniquement dans ce qui est permis et licite. Si vous obéissez à quelqu’un en désobéissant à Allah, vous serez pécheur, et cette obéissance constituera une désobéissance envers Allah. Rester obéissant à ses parents dans l’obéissance à Allah est un moyen d’obtenir l’agrément d’Allah ; de même, leur obéir dans la désobéissance à Allah est une cause du mécontentement d’Allah.
Il existe un hadith célèbre de ʿAbdullah ibn ʿUmar, qu’Allah l’agrée, au sujet des droits des parents. Ce hadith concerne une question extrêmement délicate de la vie sociale, et les gens sont souvent induits en erreur par son sens apparent. Il est nécessaire de bien comprendre l’intention véritable du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et de ne pas, sous l’influence d’une compréhension erronée, prendre une mesure qui conduirait à désobéir à Allah et à Son Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Voici le hadith :
عن ابن عمر رض قال كان تحتى إمرأة أحبُّهَا وَكَانَ عُمَرُ يَكْرَهُهَا فَقَالَ لِي طلقها فَأَبَيْتُ فَأَتَى عُمَرُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرَ ذَالِكَ لَهُ فَقَالَ لِي رَسُولُ الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَلَّقَها – ابو داود، ترمذی
نسائی، ابن ماجه« ʿAbdullah ibn ʿUmar, qu’Allah l’agrée, a rapporté : “J’avais une épouse que j’aimais beaucoup, tandis que ʿUmar, qu’Allah l’agrée, ne l’appréciait pas. Il me dit donc : ‘Répudie-la.’ Je refusai. Alors ʿUmar, qu’Allah l’agrée, se rendit auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui exposa toute l’affaire. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, me dit : ‘Ô ʿAbdullah, répudie-la.’” » — Abû Dâwûd, at-Tirmidhî, an-Nasâ’î, Ibn Mâjah
Ce hadith vous réclame avec insistance de continuer à obéir pleinement à vos parents et de ne même pas laisser entrer dans votre cœur l’idée de leur désobéir. Cependant, il n’est pas juste d’en déduire que l’obéissance aux parents est sans conditions ni restrictions. Les gens tirent des paroles apparentes de ce hadith la fausse compréhension que les parents auraient également le droit d’ordonner à leur fils de répudier son épouse chaque fois qu’ils le souhaitent. Ils pourraient lui ordonner de la répudier même si elle est vertueuse et obéissante. Et chaque fois qu’ils le voudraient, ils pourraient ordonner à leur fille de rompre ses liens avec son mari, même si celui-ci est vertueux. Même s’il n’existe aucune raison légale, selon la charia, de rompre cette relation, il faudrait le faire sur l’ordre des parents.
C’est une grave erreur de compréhension. Cela ne correspond nullement à la réalité de la charia et n’a aucun rapport avec ses enseignements fondamentaux. Pour comprendre un hadith et connaître l’intention véritable du Noble Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, il faut le comprendre et l’assimiler à la lumière des enseignements fondamentaux du Coran et de la Sunna ainsi que de la nature globale de la religion, d’une manière conforme à l’explication manifeste du Coran et de la Sunna et compatible avec les enseignements fondamentaux de la religion.
Il s’agit ici du deuxième calife, ʿUmar, qu’Allah l’agrée, qui avait pleinement assimilé l’esprit de la religion. Son regard avait vu la religion corporelle en mouvement. Il connaissait parfaitement la nature de la religion. Il savait également que la bonne relation entre l’époux et l’épouse est plus importante que les actes de dévotion surérogatoires, et que l’islam insiste pour préserver cette relation à tout prix. Il n’autorise la rupture de ce lien sacré que lorsque sa continuation risque réellement de faire surgir une plus grande fitna religieuse et sociale. Il savait aussi parfaitement qu’à la rupture de cette relation ne se réjouit que le Satan sur lequel se trouve la malédiction éternelle d’Allah. Il détestait sa belle-fille et ne souhaitait pas qu’elle reste avec son fils. Réfléchissez donc : pourquoi une personne aussi instruite dans la religion que ʿUmar ibn al-Khattâb, qu’Allah l’agrée, n’appréciait-elle pas sa belle-fille ? Peut-on imaginer qu’il lui vouait une inimitié personnelle et qu’il voulait, pour un objectif mondain, priver sa belle-fille de la protection de son mari ? Ou bien qu’en raison d’une désobéissance de sa belle-fille, il se serait obstiné au point de ne vouloir s’arrêter qu’après avoir obtenu le divorce ? Une femme connaissant la piété d’un Compagnon pourrait-elle penser cela du deuxième calife, ʿUmar al-Fârûq, qu’Allah l’agrée ? De ce même ʿUmar, qu’Allah l’agrée, qui avait sacrifié tout ce qu’il possédait pour la religion ?
Il est plus clair que la lumière du jour qu’il avait nécessairement devant lui un objectif religieux plus important et qu’il avait insisté auprès de son fils pour qu’il divorce uniquement pour une considération morale et sociale d’intérêt général. Ce n’était pas non plus parce qu’il aurait dit : « Je suis ton père. En raison de ma dignité de père, je peux te faire divorcer même sans raison, et que tu sois coupable ou non, tu dois m’obéir malgré toi. »
D’un autre côté, ʿAbdullah, qu’Allah l’agrée, était lui-même un jeune homme vertueux. Il était lui aussi pleinement instruit dans la religion. Il observait de tout son cœur et de toute son âme la Sunna du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Sa pensée avait été formée par l’éducation du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il connaissait parfaitement les droits des parents et l’importance de leur obéir. Personne ne pouvait non plus imaginer qu’il puisse désobéir à ses parents. Lorsque ʿUmar, qu’Allah l’agrée, lui demanda de divorcer, il ne lui dit pas : « En refusant d’obéir, tu es devenu désobéissant envers ton père. » Il présenta plutôt l’affaire devant le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. De cette assemblée avaient été émises, à diverses occasions et sous diverses formulations, des directives prescrivant de bien traiter les épouses et de tenir toute sa vie les engagements pris envers elles, même si cela devait vous imposer certaines difficultés. Après avoir réfléchi à l’affaire, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, approuva l’avis de ʿUmar, qu’Allah l’agrée, et ordonna à ʿAbdullah ibn ʿUmar, qu’Allah l’agrée, de divorcer.
Lorsque vous réfléchissez à ce hadith à la lumière de l’esprit du dîn et du Coran et de la Sunna, vous parvenez à la conclusion que telle est bien sa portée. C’est également ce qu’exige la nature même du dîn et ce qu’enseignent le Coran et la Sunna. En faisant abstraction des directives claires du dîn, peut-on, en se fondant uniquement sur les termes apparents de ce hadith, accorder aux parents le droit d’ordonner à leur fils de divorcer, qu’il existe ou non une considération légitime ? Ou peut-on contraindre une fille, sur leur ordre, à se séparer de son mari par khul‘ ?
Si l’obéissance aux parents était exempte de telles restrictions et de tels empêchements, des milliers de foyers seraient détruits chaque jour par les tensions à venir entre belles-mères et belles-filles, et la paix de milliers d’hommes et de femmes innocents serait ruinée. La charia d’Allah n’a pas été instituée pour être utilisée afin de satisfaire des intérêts personnels, l’hostilité, la colère ou des ambitions égoïstes. Les parents pourraient, chaque fois qu’ils le souhaitent, se servir de leur autorité pour priver une femme innocente de l’amour et de la protection de son mari, et contraindre un jeune homme irréprochable à être privé de l’affection et de l’amour d’une épouse vertueuse.
Exiger d’un enfant une telle obéissance, qui plus est contraire à la raison, serait une attitude extrêmement cruelle et impitoyable. La justice exige que le dîn ne puisse réclamer de l’enfant une obéissance de cette nature. En traitant cette question, Mullâ ‘Alî Qârî, qu’Allah lui fasse miséricorde, a clairement donné l’exemple suivant : si les parents ordonnent à leur fils de divorcer de sa femme, il ne lui est pas obligatoire d’obéir à cet ordre. Le célèbre muhaddith et faqîh, l’honorable ‘Izzuddîn Shâfi‘î, qu’Allah lui fasse miséricorde, a déclaré que l’obéissance aux parents n’est pas obligatoire pour l’enfant en toutes circonstances. Autrement dit, le fils n’est pas tenu d’accomplir tout ce que ses parents lui ordonnent ni de s’abstenir de tout ce qu’ils lui interdisent. Qui pourrait nier l’importance que le dîn accorde à l’obéissance aux parents et à la gratitude envers eux ? Mais cela ne signifie certainement pas que leur obéissance soit obligatoire dans toute affaire, qu’elle soit licite ou illicite. Les questions du divorce et du khul‘ sont extrêmement délicates et lourdes de conséquences. Leurs effets ne touchent pas seulement l’homme qui divorce et la femme qui demande le khul‘ ; leurs conséquences pénibles affectent également de nombreuses personnes innocentes, qui doivent en subir les épreuves toute leur vie.
Toute cette discussion ne s’applique que lorsque les parents contraignent à divorcer ou à recourir au khul‘ sans motif de bien légitime selon la charia ni raison valable. Si vous comprenez que l’ordre de vos parents n’est pas motivé par une animosité personnelle, un entêtement ou une raison mondaine, mais qu’il est donné pour un motif religieux ou social, vous ne pouvez en aucun cas leur désobéir. Vous devez alors l’exécuter de tout votre cœur et de toute votre âme : cela devient obligatoire pour vous. Il ne vous est jamais permis de faire passer vos inclinations personnelles, vos préférences ou vos aversions avant l’obéissance à vos parents, ni d’invoquer votre amour comme excuse. Parmi leurs droits importants et leurs exigences légitimes figure le fait que vous sacrifiiez votre amour, vos désirs, vos préférences et vos aversions personnelles, et que vous trouviez votre bonheur dans leur satisfaction.
Le conseil de l’honorable Abû al-Dardâ’
On trouve également un autre hadith qui vient appuyer cette conception. « Un homme se présenta auprès de l’honorable Abû al-Dardâ’, qu’Allah l’agrée, et lui dit : “Mon père m’avait marié avec beaucoup d’insistance. Mais maintenant, il m’ordonne de divorcer de ma femme.” L’honorable Abû al-Dardâ’, qu’Allah l’agrée, lui répondit : “Mon frère, je ne te dis pas de désobéir à tes parents, mais je ne te dis pas non plus de divorcer de ta femme. Toutefois, si tu le souhaites, je peux te rapporter ce que j’ai entendu du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire : ‘Le père est la meilleure des portes du Paradis.’ Si vous le voulez, préservez cette porte pour vous-mêmes ; et si vous le voulez, négligez-la.” » — Ibn Hibbân
Ce point du hadith mérite réflexion. Le demandeur déclara clairement que son père lui avait ordonné de divorcer. Pourtant, l’honorable Abû al-Dardâ’, qu’Allah l’agrée, ne lui répondit pas explicitement : « Puisque ton père te l’ordonne, divorce, car il est obligatoire de lui obéir. » Il dit au contraire : « Je ne te dis pas de désobéir à tes parents, mais je ne te dis pas non plus de divorcer de ta femme. » Si l’obéissance avait été impérativement obligatoire dans cette affaire, l’honorable Abû al-Dardâ’, qu’Allah l’agrée, lui aurait clairement dit : « Divorce et obéis à tes parents. » Avec une grande sagesse et beaucoup de tact, l’honorable Abû al-Dardâ’, qu’Allah l’agrée, lui rapporta la parole du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et l’encouragea ainsi à réfléchir lui-même à la question. Il devait toutefois veiller à ne pas faire subir d’injustice à ses parents, car leur obéissance est un moyen d’accéder au Paradis.
Ce qu’il convient de faire après le décès des parents
عن أبي أسيد قَالَ كُنَّا عِندَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ رَجُلٌ يا رسول الله هل بقى من برابوى شيء بعد موتهما أبرهُمَا قَالَ نَعم . خصال أربع الدعاء لَهُمَا، وَالاسْتِغْفَارُ لَهُمَا وَأَنْفَاذُ عَهْدِهِمَا وَأَكْرِمْ صديقهما وصلة الرحم التي لارحم لك الا من قبلهما.
« L’honorable Abû Usayd, qu’Allah l’agrée, rapporte : Nous étions auprès du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Un homme demanda : “Ô Messager d’Allah, après leur mort, reste-t-il un moyen pour moi de continuer à bien traiter mes parents ?” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, répondit : “Oui. Il y a quatre actes : (1) invoquer Allah en leur faveur et demander leur pardon ; (2) tenir leurs promesses et accomplir leurs legs licites ; (3) honorer et traiter avec égards les amis de leur père et les amies de leur mère ; et (4) entretenir et bien traiter les liens de parenté qui vous rattachent à vos proches par l’intermédiaire de vos parents.” » — Al-Adab al-Mufrad
Les parents endurent des peines pour élever et former leurs enfants, et veillent sur eux jour et nuit. En réalité, même si vous les serviez toute votre vie comme un esclave et une servante, vous ne pourriez jamais vous acquitter pleinement de ce que vous leur devez. C’est pourquoi le croyant continue toute sa vie à bien traiter ses parents. Mais lorsqu’ils quittent ce monde, il continue de penser : « Hélas, je n’ai rien pu faire pour eux. » C’est pour cette raison qu’après leur mort, il cherche un moyen de réjouir leurs âmes. Un homme interrogea le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, au sujet de cette émotion profonde qui anime un tel croyant. Il lui répondit qu’il est encore possible de bien traiter ses parents après leur décès, puis il en exposa les différentes manières.
Premièrement : l’invocation et la demande de pardon : après la prière et à d’autres moments, invoquez Allah en pleurant : « Ô Allah ! Pardonne à mes père et mère. Couvre leurs péchés et accorde-leur ce que Tu accordes à Tes pieux serviteurs et servantes. Ô Allah ! Lorsque nous dépendions de leur aide, de leur affection et de leurs soins, ils ont tout sacrifié pour nous. Ils ont renoncé pour nous aux plaisirs du jour et au repos de la nuit. Ô Seigneur ! À présent, ils sont auprès de Toi. Durant notre enfance, nous dépendions d’eux alors que nous étions faibles et démunis. Maintenant, ils ont encore plus besoin de Ta miséricorde et de Ta bienveillance qu’ils n’en avaient besoin à cette époque. Ô Seigneur ! Accorde-leur l’ombre de Ta miséricorde et accueille-les dans le Paradis, demeure de Ton agrément. »
Hazrat Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, a rapporté qu’après sa mort, lorsque le rang du défunt s’élève, il demande avec étonnement : « Comment cela s’est-il produit ? » Il lui est alors dit de la part d’Allah : « Tes enfants ont continué à invoquer Allah en ta faveur et à demander ton pardon, et Allah l’a accepté. » Hazrat Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, a également rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Lorsqu’une personne meurt, la possibilité d’accomplir des œuvres prend fin pour elle. Seules trois choses continuent de lui être bénéfiques après sa mort : premièrement, une aumône perpétuelle ; deuxièmement, la science étendue dont les gens tirent profit ; et troisièmement, un enfant pieux qui demande pardon pour elle. »
Hazrat Ibn Sîrîn, que la miséricorde d’Allah soit sur lui, était un célèbre pieux parmi les tabi‘în. En relatant un récit, il a dit : « Une nuit, nous étions auprès de Hazrat Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée. Il leva les mains pour invoquer Allah et dit humblement : “Ô Seigneur ! Pardonne à Abû Hurayra. Ô Seigneur ! Pardonne à la mère d’Abû Hurayra. Ô Seigneur ! Pardonne à tous ceux qui invoquent Allah afin qu’Abû Hurayra et sa mère soient pardonnés.” » Hazrat Ibn Sîrîn, que la miséricorde d’Allah soit sur lui, a dit : « Nous avons continué à demander pardon en faveur d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, et de sa mère, afin d’être inclus dans l’invocation d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée. »
Deuxièmement : tenir les promesses et exécuter les volontés des père et mère : de leur vivant, les père et mère peuvent avoir fait des promesses à de nombreuses personnes. Ils peuvent avoir pris certains engagements dans diverses affaires. Au moment de leur mort, ils peuvent avoir exprimé certaines volontés.
Après le décès des père et mère, il reste à l’enfant une manière de bien se comporter envers eux et d’agir pieusement à leur égard : tenir les promesses qu’ils ont faites et exécuter leurs volontés. Il faut ainsi continuer à s’efforcer de réjouir leurs âmes. Toutefois, seules leurs volontés permises et légales doivent être exécutées. Si même leurs volontés illicites sont exécutées, cela ne constituera pas une bonne conduite envers eux, mais une mauvaise conduite.
Si les père et mère avaient promis à quelqu’un de lui apporter une aide financière ou avaient souhaité faire un don à quelqu’un, mais n’avaient pas eu l’occasion de le faire de leur vivant ; s’ils avaient fait un vœu, mais avaient quitté ce monde avant de pouvoir l’accomplir ; s’ils étaient endettés ou n’avaient pas eu l’occasion de rédiger une volonté, alors que vous comprenez qu’ils l’auraient certainement fait s’ils en avaient eu la possibilité ; ou s’ils n’avaient exprimé aucune volonté : si vous faites une aumône en leur nom, toutes ces actions constitueront une bonne conduite envers eux. Ainsi, même après leur décès, vous pouvez obtenir l’agrément d’Allah en vous comportant bien envers eux durant toute votre vie.
Hazrat ‘Abdullah ibn ‘Abbâs, qu’Allah l’agrée, a rapporté qu’un homme demanda au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : « Ô Messager d’Allah ! Ma mère est décédée sans laisser de volonté. Si je fais une aumône en son nom, cela lui sera-t-il bénéfique ? » Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, répondit : « Oui, oui. Pourquoi cela ne lui serait-il pas bénéfique ? »
Hazrat ‘Abdullah, qu’Allah l’agrée, a également rapporté que Hazrat As‘ad ibn ‘Ubâda, qu’Allah l’agrée, demanda au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : « Ô Messager d’Allah ! Ma mère avait fait un vœu, mais elle est décédée avant de pouvoir l’accomplir. Puis-je accomplir ce vœu en son nom ? » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, répondit : « Pourquoi pas ? Accomplis ce vœu en son nom. »
Troisièmement : se comporter envers les amies de la mère et les amis du père : après le décès des père et mère, la troisième manière de se comporter envers eux consiste à bien agir envers les amies de la mère et les amis du père. Dans la vie sociale, il faut les respecter comme les personnes âgées et honorables. Il faut respecter leurs opinions. Il est indispensable de les associer aux consultations concernant diverses questions et de toujours bien se comporter envers eux avec respect.
Un jour, le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Bien traiter les amis du père est la plus belle des bonnes conduites. »
La pratique des nobles Compagnons, qu’Allah les agrée
Un jour, Hazrat Abû Dardâ, qu’Allah l’agrée, tomba malade et son état ne fit qu’empirer, au point qu’il ne restait plus d’espoir qu’il demeure en vie. À ce moment-là, Hazrat Yûsuf ibn ‘Abdullah, qu’Allah l’agrée, fit le voyage depuis une région lointaine et vint le soigner. En le voyant, Hazrat Abû Dardâ, qu’Allah l’agrée, lui demanda avec étonnement : « Comment es-tu arrivé jusqu’ici ? » Yûsuf ibn ‘Abdullah, qu’Allah l’agrée, répondit : « Hazrat, je suis venu ici uniquement pour vous servir, car mon honorable père et vous aviez une relation profonde.
Hazrat ‘Abdullah ibn ‘Umar, qu’Allah l’agrée, voyageait un jour. Il rencontra alors un Bédouin de La Mecque. Le Bédouin le regarda attentivement et lui demanda : « Êtes-vous le fils de Hazrat ‘Umar ? » Hazrat Ibn ‘Umar répondit : « Oui, je suis bien son fils. » Il ôta alors son turban et le lui donna, puis le fit monter avec respect sur son âne. Hazrat Ibn Dînâr a dit : « Nous observâmes tous cela avec étonnement, puis nous lui dîmes : “Hazrat, ce n’est qu’un Bédouin, un homme de la campagne. Si vous lui aviez donné deux dirhams, cela aurait suffi à le satisfaire.” » Hazrat ‘Abdullah, qu’Allah l’agrée, répondit : « Son père était l’ami de Hazrat ‘Umar, qu’Allah l’agrée, et le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Honorez les amis de vos pères et ne laissez pas cette relation s’éteindre ; sinon Allah Très-Haut éteindra votre lumière.” »
Hazrat Abou Bourda, qu’Allah l’agrée, a dit : « Lorsque je suis arrivé à Médine, Hazrat Abdallah ibn Omar, qu’Allah l’agrée, vint me voir et me dit : “Abou Bourda, sais-tu pourquoi je suis venu auprès de toi ?” Abou Bourda, qu’Allah l’agrée, répondit : “Hazrat, je l’ignore.” Hazrat Abdallah, qu’Allah l’agrée, dit : “J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire : Celui qui désire bien se comporter envers son père se trouvant dans la tombe doit, après la mort de son père, bien se comporter avec ses amis.” Puis il dit : “Mon frère, mon père, Hazrat Omar, qu’Allah l’agrée, et votre père entretenaient des liens de fraternité et d’amitié. Je souhaite, par respect pour cette amitié, m’acquitter de son droit.” — Ibn Hibban
Quatrièmement : bien se comporter avec les proches des parents : La quatrième manière de se comporter après le décès des parents consiste à bien traiter leurs proches : les proches du côté maternel, tels que les tantes maternelles, les oncles maternels, les grands-mères et les grands-pères maternels, ainsi que les proches du côté paternel, tels que les oncles paternels, les tantes paternelles, les grands-pères et les grands-mères paternels. Se montrer indépendant à l’égard de tous ces proches et les traiter avec insouciance revient en réalité à se montrer indépendant à l’égard des parents ; or un croyant ou une croyante ne peut se comporter avec insouciance envers ses parents. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Ne vous comportez jamais avec insouciance envers vos pères et vos grands-pères. » Se comporter avec insouciance envers ses parents revient à être ingrat envers Allah.
La récompense de l’invocation en faveur des parents
عن أنس قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ الْعَبْدَ لَيَمُوتُ وَالِدَاهُ أَوْ أَحَدُهُمَا وَإِنَّهُ لَهُمَا لَعَاقَ فَلَا يَزَالُ يَدْعُولَهُمَا وَيَسْتَغْفِرْ لَهُمَا حَتَّى يكتبَهُ اللهُ بَارًا .
« Il est rapporté de Hazrat Anas, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Si une personne a désobéi à ses parents toute sa vie et que ses parents, ou l’un des deux, décèdent, elle doit continuer à invoquer Allah en leur faveur et à demander leur pardon. Alors Allah, par Sa miséricorde, l’inscrit au nombre des gens vertueux.” »
Il est nécessaire d’obéir à ses parents toute sa vie, de bien se comporter envers eux et de continuer à s’efforcer de les satisfaire. Cependant, même après tous ces efforts, s’ils ne sont pas satisfaits et quittent ce monde dans le mécontentement, la porte de la miséricorde d’Allah reste ouverte et une réparation demeure possible. Grâce aux invocations continues en leur faveur et aux demandes de pardon pour eux, on peut espérer qu’Allah le Très-Haut pardonnera les fautes et vous comptera parmi Ses meilleurs serviteurs. Aucun serviteur croyant ne doit désespérer de la miséricorde d’Allah. Dès que le désir du repentir naît dans le cœur du serviteur, Allah s’empresse de l’accepter et met en place tous les moyens permettant de faire progresser ce désir et d’en faire sentir l’influence sur sa vie. Toutefois, il ne faut absolument pas tirer de ce hadith l’idée erronée qu’il est possible de désobéir à ses parents de leur vivant, puis d’obtenir la miséricorde d’Allah en invoquant pour eux et en demandant pardon après leur mort. La voie correcte consiste à servir ses parents de leur vivant, à les satisfaire et, par ce moyen, à rechercher l’agrément d’Allah.
Un regard d’amour envers les parents
عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَض أَنَّ رَسُولَ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا مِنْ وَلَدٍ
بار ينظر إلى والديه نظرة رحمة إلا كتب اللهُ لَهُ بِكُلِّ نَظَرَةٍ حَجَّة مبرورة قَالُوا إِنْ نَظَرَ كُلِّ يَوْمٍ مِائَةَ مَرَّةٍ قَالَ نَعَمُ وَاللَّهُ أَكْبَرُ وَأَطيبُ – مسلم
« Hazrat Ibn Abbas, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Tout enfant vertueux qui regarde une fois ses parents avec amour, Allah lui accorde en récompense celle d’un pèlerinage accepté.” Les gens demandèrent : “Ô Messager d’Allah, et si quelqu’un les regarde cent fois en un seul jour avec miséricorde et amour ?” Il répondit : “Oui, même s’il les regarde cent fois. Allah est plus grand et plus pur encore.” »
Le sens est que la miséricorde et l’immensité d’Allah sont si grandes qu’Il peut donner encore davantage. Si un enfant regarde cent fois dans la journée ses parents avec miséricorde et amour, Allah peut lui accorder la récompense de cent pèlerinages. Allah est plus grand et plus noble que tout ce que l’être humain peut concevoir à Son sujet.
L’être humain raisonne en fonction de ses propres capacités. Il lui semble donc impossible d’obtenir une récompense aussi immense et il tombe dans une conception erronée. Mais il n’est pas juste d’entretenir une telle idée au sujet d’Allah. Il est exempt de toute conception erronée. Cet Être miséricordieux peut donner tellement que l’imagination humaine est incapable d’atteindre cette mesure.
L’aide financière aux parents
يسْأَلُونَكَ مَاذَا يُنفِقُونَ ط قُلْ مَا أَنفَقْتُمْ مِنْ خَيْرٍ فَللوالدين.
« Les gens vous demandent ce qu’ils doivent dépenser. Dis-leur : les biens que vous dépensez, les premiers à y avoir droit sont les parents. » — Sourate al-Baqara : 215
De même que le Coran et la Sunna ont insisté sur l’importance de servir ses parents, de leur obéir et de bien se comporter envers eux, ils ont également souligné qu’il n’est pas correct d’épargner ses richesses sans dépenser pour ses parents. Au contraire, il faut dépenser pour eux en priorité. Et s’ils sont dans le besoin, ils peuvent même prendre cet argent de force. Si quelqu’un, tout en ne négligeant ni le service ni l’obéissance envers ses parents, ne souhaite pas dépenser de l’argent pour eux, cela ne sera pas correct non plus. De même que les parents ont des droits sur leurs enfants, ils ont également des droits sur les biens de leurs enfants.
Le droit du père sur les biens de son fils
Un jour, un homme vint trouver le Prophète bien-aimé, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, et se plaignit de son père en disant que celui-ci prenait ses biens dès qu’il le souhaitait. Le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, fit venir le père de cet homme. Un vieillard affaibli arriva en s’appuyant sur un bâton. Lorsque le Prophète commença à l’interroger sur toute l’affaire, il répondit : « Ô Messager d’Allah, il fut un temps où cet homme était encore plus faible et plus démuni, tandis que j’étais fort. J’étais riche, alors que lui ne possédait pas le moindre sou. Je ne l’ai jamais empêché de prendre mes biens. Aujourd’hui, je suis faible ; lui est robuste et fort. Je ne possède pas le moindre sou, tandis qu’il est riche. À présent, il ne me donne rien de ses biens. »
En entendant cela, le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, fondit en larmes et dit : « Toi et tes biens appartenez à ton père. Toi et tes biens appartenez à ton père. »
La préoccupation concernant les dettes des parents
Hazrat Abdullah ibn al-Zubayr était un homme extrêmement occupé. Malgré cela, il ne négligeait ni le service de ses parents ni leurs droits. De leur vivant, il veillait sur eux ; après leur mort également, il accordait toute son attention à leurs droits. Hazrat al-Zubayr était un homme très aisé. Habituellement, lorsqu’une personne riche meurt, ses héritiers se préoccupent immédiatement de leur propre part. Mais, contrairement aux gens attachés aux biens de ce monde, il ne s’inquiéta pas le moins du monde de sa propre part. Pourtant, selon les règles de l’héritage, il devait recevoir des dizaines de millions. Sa seule préoccupation était de savoir si son père n’était pas resté endetté envers quelqu’un. En réalité, il commença par régler les dettes de son père avec les biens laissés par celui-ci. Après le règlement des dettes, les autres héritiers commencèrent à réclamer et à demander instamment le partage de l’héritage. Mais Hazrat Abdullah s’opposa au partage. Il déclara que, pendant quatre années consécutives, durant la saison du pèlerinage, il continuerait à proclamer publiquement l’existence éventuelle de dettes de son père. S’il y avait un créancier, qu’il vienne les recouvrer. Il pouvait effectivement y avoir un créancier. Après avoir fait cette annonce de cette manière pendant quatre ans, il procéderait au partage de l’héritage.
Ainsi, il obtint l’accord des autres pour retarder de quatre ans le partage de l’héritage et, durant la saison du pèlerinage, il fit proclamer des annonces afin que des milliers de personnes prient pour son père et demandent le pardon en sa faveur.
Les bénédictions du service des parents
عن أنس بن مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ سَرَّهُ أَن يُعدَّ لَهُ فِي عُمُرِهِ وَيُزَادُ لَهُ فِي رِزْقِهِ فَلْيَبَرُ وَالدَيْهِ وليصل رحمه – احمد، الترهيب والترغيب« Anas ibn Malik, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Si quelqu’un souhaite voir sa vie prolongée et sa subsistance augmenter, qu’il traite bien ses parents et qu’il préserve les liens de parenté.” »
Ce monde est un champ d’action. L’être humain y a la possibilité d’acquérir abondamment afin de réussir sa vie dans l’au-delà. Obtenir une longue vie et l’aisance en échange du service des parents est une immense faveur d’Allah. Cette possibilité a été accordée en ce monde afin que l’être humain accomplisse davantage de bonnes œuvres, augmente ses mérites et, en servant ses parents, devienne digne de la miséricorde d’Allah.
عَنْ مُعَانِبْنِ أَنَسٍ رَض أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ بَرُ وَلِدَيْهِ طُوبَى لَهُ زَادَ اللَّهُ فِي عُمره – ( الترغيب والترهيب ج (۲) « Il est rapporté de Mu‘adh ibn Anas, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Bienheureux celui qui traite bien ses parents : Allah prolongera sa vie.” »
Pour un croyant, obtenir une longue vie est une bonne nouvelle en ce sens qu’il a l’occasion d’œuvrer davantage à la réalisation de nobles aspirations, dans le but de réussir sa vie dans l’au-delà.
Les droits de la mère sont plus grands que ceux du père
Les deux parents participent à l’éducation et à l’entretien de l’enfant. Tous deux sacrifient leur confort et leurs plaisirs pour l’élever. Le père dépense pour son enfant l’argent qu’il gagne à la sueur de son front, tandis que la mère l’élève en lui faisant boire le sang de son cœur. L’enfant est élevé grâce à l’amour, aux efforts et à l’affection réunis des deux parents. C’est pourquoi le Coran et la Sunna ont insisté sur la nécessité de bien se comporter envers tous deux et ont ordonné de les servir et de leur obéir.
Mais il est également tout à fait évident que c’est la mère qui endure les plus grandes souffrances dans l’éducation de l’enfant. Elle l’élève en se sacrifiant entièrement. Le service et le sacrifice par lesquels, avec tendresse et affection, elle nourrit l’enfant du sang de son cœur et sacrifie sans cesse pour lui le repos du jour et le sommeil de la nuit n’ont pas d’équivalent. C’est pourquoi le Noble Coran, tout en soulignant l’importance de bien se comporter envers les deux parents, a présenté avec une grande force les souffrances de la mère et a également indiqué cette signification : la mère, qui consacre sa vie à son enfant, mérite davantage que le père le service, l’obéissance et les bons traitements. C’est cette signification que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a exposée ouvertement :
ووصينا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ إِحْسَانًا ، حَمَلَتْهُ أُمَّهُ كُرْهًا وَوَضَعَتْهُ كُرْهًا . وحمله وفصله ثلثون شهراً – – الاحقاف : ١٥« Nous avons recommandé à l’être humain de bien traiter ses parents. Sa mère l’a porté avec peine et l’a mis au monde avec peine, et la durée de sa gestation et de son sevrage est de trente mois. » — Sourate al-Ahqaf, 15
Dans un autre passage également, en insistant sur la gratitude envers les père et mère, le Noble Coran mentionne le sacrifice et les souffrances sans égal de la mère et exhorte tout particulièrement l’enfant à lui témoigner sa reconnaissance.
ووصينا الإنسان بوالديه ، حملته أمه وهنا عَلَى وَهُن وَفَضْلُهُ فِي عَامَيْنِ أَنِ
اشكر لي ولوالديك – – لقمن : ١٤« Nous avons recommandé à l’homme de prendre soin de ses père et mère : sa mère l’a porté, peine après peine, et son sevrage a lieu au bout de deux ans. Nous lui avons recommandé : “Sois reconnaissant envers Moi et envers tes père et mère.” » — Sourate Luqman, 14
Cette manière de s’exprimer du Noble Coran montre clairement que la mère a davantage droit au service, à l’affection, à l’obéissance, aux bons traitements et à la gratitude, car elle endure des souffrances extraordinaires pour donner naissance à l’enfant et l’élever. Il ne fait aucun doute que le père contribue également à son éducation et à son entretien. Toutefois, les efforts et les sacrifices de la mère ne peuvent être comparés à ceux du père.
Dialogue édifiant
Un jour, un homme vint se plaindre auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : « Ô Messager d’Allah ! Ma mère est d’un mauvais caractère. » Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui dit : « Lorsqu’elle t’a porté sans interruption dans son ventre pendant neuf mois, n’avait-elle donc pas mauvais caractère ? » L’homme répondit : « Vénérable maître, je dis vrai : elle est d’un mauvais caractère. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Lorsqu’elle veillait nuit après nuit pour toi et t’allaitait, n’avait-elle donc pas mauvais caractère à ce moment-là ? » L’homme répondit : « J’ai déjà récompensé ma mère pour toutes ces actions. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui demanda : « Les as-tu réellement récompensées ? » Il répondit : « J’ai porté ma mère sur mes épaules et l’ai conduite accomplir le pèlerinage. » Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui donna une réponse décisive : « Peux-tu compenser ou rétribuer les souffrances qu’elle a endurées au moment de ta naissance ? »
عن أبي هريرة رض قال جاء رجل إلى رسولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فقال يا رسول الله مَنْ أَحَقُّ النَّاسِ بِحُسْنِ صَحَابَتِي، قَالَ أُمُّكَ قَالَ ثُمَّ مَنْ ؟
قَالَ أُمُّكَ ! قَالَ : ثُمَّ مَنْ قَالَ : أُمِّكَ – قَالَ ثُمَّ مَنْ قَالَ أَبُوكَ« Le vénérable Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, a rapporté qu’un homme vint auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui demanda : “Ô Messager d’Allah ! Qui mérite le plus mes bons traitements ?” Il répondit : “Ta mère.” L’homme demanda : “Puis qui ?” Il répondit : “Ta mère.” Il demanda : “Puis qui ?” Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, répondit : “Ta mère.” Il dit : “Puis qui ?” Il répondit : “Ton père.” »
Ce hadith indique clairement que, pour recevoir de bons traitements, des services et l’obéissance, la mère a un statut supérieur à celui du père. Le Compagnon posa plusieurs fois la même question, et le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, continua de donner la même réponse : c’est votre mère qui mérite le plus vos bons traitements. La quatrième fois, il dit que votre père mérite vos bons traitements. Le vénérable Ibn Battal a dit une parole remarquable : en matière de service et de bons traitements, le droit de la mère est trois fois supérieur à celui du père. En effet, concernant l’enfant, la mère accomplit trois tâches qu’aucun père ne pourrait même imaginer. Pendant la grossesse, elle porte l’enfant dans son ventre. Ensuite, elle endure les douleurs de l’accouchement et l’allaite. Le Noble Coran attire également l’attention sur ces trois services et souffrances considérables qu’elle assume. En matière d’éducation et d’entretien, le père et la mère sont ensuite égaux. C’est pourquoi il a été ordonné et recommandé de bien traiter les deux, et de leur témoigner à tous deux respect, vénération, service, obéissance et humilité. La majorité des savants est unanime sur le fait que le droit de la mère est supérieur à celui du père. Cela ne signifie toutefois pas qu’il faille toujours servir et obéir à sa mère sans accorder la moindre considération à son père. En matière de respect et de bienséance, le père a davantage de droits, et il n’est en aucun cas juste de rompre les liens avec lui. Il a été recommandé de bien traiter les deux. Il faut certes se rappeler, dans la pratique, que la fragilité de la mère la rend davantage digne de bienfaisance. Cette bienfaisance consiste à lui procurer le plus grand confort possible. Il ne faut jamais négliger l’obéissance qui lui est due ni jamais blesser son cœur rempli de tendresse. De même qu’une mère prête attention à tous les sentiments de son enfant durant son enfance, il ne faut jamais, à aucun moment, manquer de respect à ses sentiments.
Prendre en considération la tendresse maternelle
À l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — un Compagnon répudia sa femme pour une certaine raison et voulut lui retirer leur jeune enfant. La situation de la mère devint très pénible. D’un côté, elle souffrait d’être séparée de son mari ; de l’autre, on était sur le point de lui arracher son enfant, morceau de son cœur et source de réconfort qui dissipait ses soucis. Le cœur accablé de chagrin et profondément affligée, elle se présenta auprès du Miséricordieux des mondes — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui exposa toute son histoire douloureuse dans un langage empreint d’émotion. Elle dit :
« Ô Messager d’Allah ! Mon mari m’a répudiée. Ainsi, j’ai été privée de sa tutelle. Ô Messager d’Allah ! À présent, il veut aussi m’arracher cet enfant. Ô Messager d’Allah, ô Miséricordieux des mondes ! C’est mon enfant bien-aimé. Mon ventre a été son lieu de repos, ma poitrine son outre d’eau et mes bras son foyer. Il est la source de mon réconfort. C’est lui qui va chercher de l’eau au puits pour moi. Ô Messager d’Allah ! Comment pourrais-je supporter cette douleur ? »
Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : « Tirez au sort. » Le père s’avança et dit : « Ô Messager d’Allah ! Mais c’est mon enfant. Qui peut davantage prétendre à mon enfant que moi ? » Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — s’adressa au petit garçon : « Voici ton père et voici ta mère. Mon garçon, prends la main de celui que tu veux. » L’enfant prit la main de sa mère.
Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit à la mère de l’enfant : « Va. Tant que tu ne te seras pas remariée, personne ne pourra te l’enlever. »
Prêter attention aux ordres de la mère
Sous le règne de ʿUthmân — qu’Allah l’agrée — le prix des dattes avait augmenté. Un jour, les gens virent Usâmah ibn Zayd — qu’Allah l’agrée — couper un palmier et en extraire le cœur. Tous, très étonnés, lui demandèrent : « Ô noble homme ! Vous gâchez ainsi un palmier alors que le marché d’Akra est si cher. De nos jours, les palmiers sont des biens extrêmement précieux. » Il répondit : « Mes frères, que puis-je vous dire ? Ma mère m’a ordonné de lui rapporter le cœur du palmier. Peut-on jamais désobéir à l’ordre de sa mère ? »
Manifester de la déférence envers la mère
Muhammad ibn Sîrîn — qu’Allah lui fasse miséricorde — était un célèbre tâbiʿî. Il était considéré comme un imam dans la jurisprudence et le hadith. Sa mère était originaire du Hijaz. Il accordait une grande attention à la déférence envers sa mère, à son honneur et à ses souhaits. Lorsqu’il lui achetait des vêtements, il veillait à ce qu’ils soient doux et beaux. Pour l’Aïd, il teignait lui-même les vêtements de sa mère. Il témoignait tant de dévotion et de respect envers elle qu’il ne lui parlait jamais à voix haute. Il s’adressait à sa mère comme s’il lui confiait un secret.
Être au service de la mère
Uways al-Qaranî — qu’Allah lui fasse miséricorde — était un homme pieux très célèbre. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui avait attribué le titre de meilleur tâbiʿî. Il avait dit à ʿUmar — qu’Allah l’agrée : « Le meilleur des tâbiʿîn est un homme de la tribu de Qaran. Il s’appelle Uways. Il a une mère âgée. Lorsqu’il prête serment, il le respecte. Si tu peux lui demander d’invoquer Allah pour ton pardon, fais-le certainement. »
Uways — qu’Allah lui fasse miséricorde — vivait à l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Cependant, il ne put le rencontrer. Quel désir plus grand un croyant pourrait-il avoir que d’illuminer ses yeux en contemplant le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ou en obtenant la vision de sa noble personne ? Mais, parce qu’il avait une mère âgée et ne voulait pas la laisser seule, Uways — qu’Allah lui fasse miséricorde — ne put se rendre auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il demeurait constamment à son service, jour et nuit. Il désirait ardemment accomplir le pèlerinage. Toutefois, tant que sa mère était en vie, il ne pouvait pas partir l’accomplir en la laissant seule. Ce n’est qu’après sa mort qu’il réalisa ce souhait.
Le comportement envers la mère
Un homme vint trouver Hadrat Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) et lui dit : « Hadrat, j’avais demandé en mariage une jeune femme dans un endroit. Mais la fiancée rejeta cette demande. Lorsqu’un autre homme lui fit une demande, elle l’accepta. Considérant cela comme une atteinte à mon honneur et emporté par mes émotions, j’ai tué cette femme. Hadrat, dites-moi : m’est-il encore possible de me repentir ? » Hadrat Abdullah (qu’Allah l’agrée) lui demanda : « Dis-moi, ta mère est-elle encore en vie ? » Il répondit : « Hadrat, ma mère est déjà décédée. » Il lui dit : « Va, repens-toi sincèrement et accomplis des actes par lesquels tu puisses obtenir la proximité et la satisfaction d’Allah. »
Hadrat Zayd ibn Aslam vint auprès de Hadrat Abdullah et lui demanda : « Pourquoi avez-vous demandé à cet homme si sa mère était encore en vie ? » Hadrat Abdullah répondit : « Je ne connais aucune œuvre plus grande que la bonne conduite envers sa mère pour obtenir la proximité et la satisfaction d’Allah. »
Un événement semblable eut lieu à l’époque du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Un homme se présenta auprès du Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et se mit à dire : « Ô Messager d’Allah, j’ai commis un grand péché. Ô Messager d’Allah, existe-t-il encore pour moi une voie vers le repentir ? » Le Miséricordieux envers les mondes (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui demanda : « Ta mère est-elle encore en vie ? » L’homme répondit : « Maître, ma mère n’est plus en vie. » Il lui demanda alors : « Et ta tante maternelle est-elle encore en vie ? » Il répondit : « Oui, elle est en vie. » Il lui dit : « Conduis-toi bien envers ta tante maternelle. »
Ces événements permettent de mesurer la supériorité de la mère et l’importance religieuse de la servir. Même lorsqu’une personne commet de grands péchés, le Noble Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a indiqué que la bonne conduite envers sa mère constitue un moyen d’échapper au châtiment et d’obtenir la satisfaction d’Allah. Et c’est une miséricorde suprême d’Allah que, si la mère est décédée, une personne puisse préparer son au-delà en se comportant bien envers la sœur de sa mère.
La conduite envers la mère de lait
عن أبي الطفيل رض قال : رأيت النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُقْسِمُ لَحْمًا بالجعرانة إِذا أَقْبَلَتْ امْرَأَةٌ حَتَّى بنت إلى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فبسط لها رداءه فجلست عَلَيْهِ فَقُلْتُ من هي ؟ قَالُوا : هِيَ أُمُّهُ الَّتِي أرضعته (ابو داود)
« Il est rapporté de Hadrat Abou Tofaïl (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) distribuer de la viande à Ji‘rana. Entre-temps, une femme arriva et s’approcha tout près du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il étendit son propre manteau pour elle et la femme s’assit dessus. Je demandai aux gens qui était cette femme. Ils répondirent : “C’est la mère du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Elle l’avait allaité.” »
La femme dont un enfant boit le lait, en dehors de sa propre mère, est appelée mère de lait. Une femme ne devient pas la mère véritable d’un enfant simplement parce qu’elle l’a allaité. Cependant, dans certains cas, elle acquiert le même statut que la mère véritable. En matière de mariage et de voile, l’islam a accordé à la mère de lait le même statut qu’à la mère véritable. Cet événement du Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) montre également clairement qu’il faut se comporter envers la mère de lait comme envers sa propre mère. Il faut la servir et lui témoigner toutes les formes de respect.
La conduite envers les parents non musulmans
Dans ce monde, le conflit entre la vérité et le faux, ainsi qu’entre la justice et l’injustice, se poursuit sans interruption. Il est tout à fait possible que les parents d’un musulman soient privés de l’islam. Dans cette situation, quel comportement peut-on adopter envers eux ? C’est une question importante de la vie sociale.
Concernant la religion et la foi, le Noble Coran affirme clairement que si les parents ordonnent le polythéisme et le péché, il ne faut absolument pas leur obéir. Le droit d’Allah est supérieur à celui des parents, et les parents eux-mêmes doivent s’acquitter du droit d’Allah et Lui obéir. En effet, obéir à ses parents en désobéissant à leur Créateur et Maître est impossible ; il n’est même pas permis d’en concevoir l’idée.
وَإِنْ جَاهَدَكَ عَلَى أَنْ تُشْرِكَ بِي مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ فَلَا تُطِعْهُمَا ، – لقمن : ١٥
« Et s’ils te pressent de M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis surtout pas. » — Sourate Luqman, 15
Il ne s’agit pas seulement du polythéisme : dans tous les cas où la désobéissance à Allah devient nécessaire, leur obéissance cesse. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a clairement déclaré qu’il n’est permis d’obéir à personne en désobéissant à Allah.
La mère mécréante de Sa‘d
Hadrat Sa‘d ibn Abî Waqqâs, qu’Allah l’agrée, était un Compagnon éminent. À l’âge de dix-neuf ans, il venait à peine d’avoir l’honneur d’embrasser l’islam. Sa mère l’apprit et, dès qu’elle reçut cette nouvelle, elle jura : « Soit tu abandonnes l’islam, soit je me laisserai mourir de faim. » Hadrat Sa‘d, qu’Allah l’agrée, était extrêmement dévoué à sa mère. Celle-ci ne cessait de lui répéter : « Écoute ! Dans votre religion, une grande importance est accordée à l’obéissance aux parents. Je suis ta mère. En désobéissant à ta mère, tu agis toi-même contre ta religion. Je t’ordonne d’abandonner l’islam. » Hadrat Sa‘d a lui-même rapporté qu’il ne mangea ni ne but pendant trois jours. Il devint extrêmement faible, accablé par la faim et la soif. Mon frère lui ouvrit la bouche de force et lui fit avaler de la nourriture. C’est alors qu’Allah Très-Haut révéla ce verset :
« Et si tes parents te contraignent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas. »
En ce qui concerne la religion et la foi, la question est claire. Il faut catégoriquement refuser de leur obéir et ne se laisser nullement influencer par leur dureté ni par leur pression. Toutefois, dans les affaires de ce monde, il faut les servir et bien se comporter envers eux. Il faut constamment s’efforcer de les amener à la foi par la douceur.
وصاحبهما في الدنيا معروفا ، واتبع سبيل مَنْ آنَابَ إِلَى – لقمن : ١٥« Et comporte-toi envers eux avec bonté dans ce monde, et suis la voie de ceux qui reviennent vers Moi. » — Sourate Luqmân, 15
L’islam a accordé une importance extrême au service et à l’obéissance envers les parents. Même si les parents sont plongés dans la souillure de la mécréance et du polythéisme, et souhaitent non seulement y rester eux-mêmes mais encore y contraindre leurs enfants, ceux-ci doivent absolument continuer à respecter leur statut dans les affaires de ce monde. Quoi qu’il en soit, ce sont leurs parents, par l’intermédiaire desquels ils sont venus au monde. C’est pourquoi, malgré tout, il est obligatoire de les servir de toutes les manières et de bien se comporter envers eux. Si nécessaire, il faut également leur apporter une aide financière et ne leur laisser aucun motif de plainte concernant les affaires de ce monde. En revanche, pour la religion et la foi, il faut suivre ceux qui reviennent vers Allah, qui se trouvent sur la voie de l’islam et qui sont véritablement les pieux serviteurs obéissants d’Allah.
L’instruction du Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, au sujet de la mère polythéiste
عَنْ أَسْمَاءَ بِنْتِ أَبِي بَكْرٍ رَض قَالَتْ : قَدِمَتْ عَلَى أُمِّي وَهِيَ مُشْرِكَةً فِي عَهْدِ رسول الله صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاسْتَفْتَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ
وسلم قلت : قدمت على أمي ، وهي راغبةٌ أَفَاصِلُ أُمِّي ؟ قَالَ : نَعَمُ
صلى أمك – بخاری« Hadrat Asmâ’, fille de Hadrat Abû Bakr, qu’Allah les agrée tous deux, a dit : “À l’époque bénie du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, ma mère, qui était polythéiste, est venue me voir. Je demandai au Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : ‘Ma mère est venue me voir, alors qu’elle est hostile à l’islam. Puis-je entretenir avec elle les relations de parenté ?’ Il répondit : ‘Oui. Entretiens les relations de parenté avec ta mère.’” — Al-Bukhârî »
Ce hadith montre clairement qu’il faut préserver les liens de parenté avec des parents polythéistes tout comme avec des parents musulmans. Dans les affaires de ce monde, il faut absolument veiller à leur honneur, à leur respect et à leur service, et leur procurer du bien-être de toutes les manières. Cependant, en tant que croyant, il faut garder à l’esprit que le plus grand bien que l’on puisse souhaiter à ses parents et la plus belle manière de se comporter envers eux consistent à s’efforcer sans relâche de les rapprocher de l’islam par son caractère, son comportement, ses conversations et son service. Il faut prier Allah avec ferveur, en pleurant de tout cœur, pour qu’Il les guide. La mère d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, était elle aussi initialement privée de l’islam. Pourtant, il ne négligea en rien le respect qu’il lui témoignait ni son service. Il continua toujours à bien se comporter avec elle et à l’appeler à l’islam. Il ne cessait de prier Allah pour qu’Il la guide. Cet épisode montre clairement comment, si Allah nous en préserve, les parents de quelqu’un sont non musulmans, il doit vivre avec eux, leur témoigner du respect, bien se comporter envers eux et œuvrer à leur bien.
Le fruit d’un bon comportement envers une mère qui rejette l’islam
Longtemps après qu’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, eut embrassé l’islam, sa mère demeura plongée dans le shirk. Il ne cessa de l’appeler à l’islam et de lui exposer les conséquences du shirk. Mais, comme son cœur ne s’était pas encore ouvert à la guidance, elle continua à le refuser. Malgré cela, Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, ne manqua jamais à l’égard de sa mère de respect, de service ni d’obéissance. Un jour, alors qu’il lui présentait l’appel de la religion, sa mère eut un comportement offensant envers le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Le cœur d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, en fut accablé de douleur. En larmes, il se rendit auprès du Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Je ne cesse d’expliquer la religion à ma mère, mais elle la refuse toujours. Or, aujourd’hui, la situation est devenue terrible. Alors que je lui présentais l’appel à la religion du tawhîd, elle s’est mise en colère, s’est montrée irrespectueuse envers vous et vous a insulté. Ô Messager d’Allah ! Je n’ai pas pu le supporter. Mon cœur s’est empli de douleur et des larmes ont coulé de mes yeux. Ô Messager d’Allah, invoquez Allah afin qu’Il ouvre le cœur de ma mère à l’islam. » Le Miséricordieux de l’univers, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, leva immédiatement les mains pour invoquer Allah et dit : « Ô Allah ! Guide la mère d’Abû Hurayra. »
En voyant le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, invoquer Allah, toutes mes inquiétudes commencèrent à disparaître et je repartis de là rempli de joie. En arrivant chez moi, je trouvai la porte fermée et j’entendis le bruit de l’eau qui coulait. En entendant mes pas, ma mère vénérée me dit de l’intérieur : « Mon fils, attends un moment dehors ! » J’attendis donc quelque temps à l’extérieur. Au seul bruit de l’eau qui coulait, je compris que ma mère était en train de se laver. Mon cœur était alors transporté de joie. Ma mère termina rapidement ses ablutions, s’habilla et vint ouvrir la porte. Elle s’était tellement dépêchée qu’elle avait même oublié de mettre son voile. Dès qu’elle ouvrit la porte, elle dit : « Mon fils Abû Hurayra, Allah a entendu ta prière. Sois-en témoin : je prononce la profession de foi. » Puis elle récita : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. » J’étais si heureux que des larmes de joie coulèrent de mes yeux. Les yeux remplis de larmes de bonheur, je me rendis aussitôt auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui dis : « Ô Messager d’Allah ! Je suis venu vous annoncer une bonne nouvelle. Allah a exaucé l’invocation de Son Messager bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et ma mère a reçu le trésor de la foi. » En entendant cela, il fut lui aussi très heureux. Il loua Allah et me prodigua plusieurs conseils.
Ensuite, je présentai encore une requête au Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Je lui dis : « Ô Messager d’Allah ! Invoquez Allah afin qu’Il me rende, ainsi que ma mère, aimés de tous les croyants et que tous les croyants deviennent aimés de ma mère et de moi. » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, fit également cette invocation : « Seigneur, mets dans le cœur de tous les croyants l’amour d’Abû Hurayra et de sa mère, et fais naître dans leurs deux cœurs l’amour de tous les musulmans. » Après cette invocation agréée du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, tout musulman qui me voyait ou entendait parler de moi m’aimait.
La désobéissance aux parents
Après le shirk, le plus grand péché est la désobéissance aux parents. C’est une faute si odieuse et si grave que sa seule évocation fait frémir. La gratitude et la bienfaisance sont des qualités fondamentales grâce auxquelles l’être humain devient véritablement humain. Celui qui se prive de ces qualités fondamentales est dépourvu d’humanité. Une telle personne ne peut être agréée par Allah. Elle est incapable de s’acquitter des droits d’Allah comme de ceux des êtres humains. Après Allah, les parents sont les plus grands bienfaiteurs. C’est par leur intermédiaire qu’Allah donne la vie. C’est sous l’ombre de leur affection et de leur amour qu’Il assure l’éducation de l’enfant. Ils oublient leur propre existence pour élever leurs enfants et sacrifient leur confort en pensant au bien-être de ceux-ci. Il ne fait aucun doute que la meilleure manière d’exprimer la noblesse, la bienfaisance et la gratitude consiste à leur témoigner une reconnaissance sincère, du plus profond du cœur, à reconnaître leurs bienfaits, à leur demeurer reconnaissant toute sa vie et à continuer, en s’oubliant soi-même, à bien se comporter envers eux.
Si quelqu’un est reconnaissant envers Allah, ressent Ses bienfaits et souhaite Lui obéir, il ne peut jamais désobéir à ses parents. Bien loin de leur désobéir, il ne peut même pas se montrer indifférent à leur égard.
Un péché odieux
عنْ أَبِي بُكْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم : أَلا أُنَبِّئُكُمْ بِأَكْبَرِ الْكَبَائِرِ ثَلَاثًا قُلْنَا بَلَى يَا رَسُولُ اللَّهِ : قَالَ : الإشراك بِاللهِ وَعُقُوقَ الْوَالِدَيْنِ، وَكَانَ مُتَّكِنَّا فَجَلَسَ فَقَالَ : أَلَا وَقَوْلُ الزورِ ، وَشَهَادَةُ الرُّورِ ، فَمَا زَالَ يُكَبِّرُهَا حَتَّى قُلْنَا لَيْتَهُ سَكَتَ (بخاری
مسلم، ترمذی)
« Abû Bakr, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Ne vous informerai-je pas des trois plus grands et plus odieux péchés ?” Nous avons tous répondu : “Mais si, bien sûr, ô Messager d’Allah !” Il dit : “Associer quelqu’un à Allah et désobéir à ses parents.” Puis il se redressa de la position dans laquelle il était appuyé et dit : “Écoutez attentivement : tenir des propos mensongers et porter un faux témoignage.” Et il ne cessa de répéter ces paroles, au point que nous dîmes : “Ah ! S’il pouvait se taire !” »
Dans ce hadith, le mot « ‘uqûq » est employé à propos de la désobéissance aux parents. C’est un terme d’une très grande portée. Dans le Noble Coran, le fait de s’opposer à tout ce qui est prescrit lorsqu’il recommande de bien traiter les parents est appelé ‘uqûq. L’indifférence à l’égard des parents, la rudesse envers eux, le fait de ne pas tenir compte de leurs instructions, de les attrister et de leur désobéir : tout cela relève du sens de « ‘uqûq ».
Deuxièmement, la manière dont le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a présenté cette question mérite également réflexion. Une telle façon de s’exprimer est tout à fait naturelle et efficace pour souligner l’importance du sujet et toucher les cœurs. Lorsque l’auditeur est animé par le désir d’obéir, elle fait naître dans son cœur une telle aversion pour ce genre odieux de péché que la seule idée lui en donne la nausée et que sa représentation fait trembler son corps.
Dans ce hadith, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a d’abord posé une question aux Compagnons, qu’Allah les agrée. Il ne cherchait pas à ce que les Compagnons, qu’Allah les agrée, y répondent. Il voulait plutôt dire qu’il était venu montrer le chemin du salut et qu’il devait donc nécessairement leur exposer cela. Il a dit : « Ne vous informerai-je pas des trois odieux péchés ? » Ainsi, après avoir posé la question une fois, il n’en a pas immédiatement donné le contenu essentiel. Au contraire, il a attiré l’attention des Compagnons, qu’Allah les agrée, à trois reprises en disant : « Ne vous informerai-je pas des trois grands péchés ? »
Cette méthode de présentation indique clairement que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, considérait ces péchés comme des péchés destructeurs pour les hommes et souhaitait que l’auditeur en saisisse le sens avec l’oreille de son cœur. Après les avoir avertis trois fois de suite, lorsque les Compagnons, qu’Allah les agrée, furent impatients d’entendre la réponse, il dit : « Associer quelqu’un à Allah et désobéir à ses parents. » Puis l’inquiétude causée par ces odieux péchés troubla également le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il était assis, appuyé sur quelque chose. Sous l’effet de l’émotion et de l’inquiétude, il se redressa et s’écria : « Ô gens, écoutez attentivement avec vos oreilles : tenir des propos mensongers et porter un faux témoignage. » Puis son inquiétude augmenta encore et il continua à répéter ces paroles l’une après l’autre. Voyant son état, les Compagnons, qu’Allah les agrée, furent pris d’angoisse et se mirent à espérer : « Hélas ! Si seulement le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, pouvait se taire ! »
La troisième question importante est que le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a averti la communauté contre trois grands péchés. Parmi ces péchés, il a mentionné la désobéissance aux parents après l’associationnisme. On retrouve également cet ordre dans le Noble Coran : « Dis : “Venez, je vais vous réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien et traitez vos parents avec bonté.” » Nier les droits d’Allah, c’est l’associationnisme, tandis que négliger les droits des parents, c’est la désobéissance. Réfléchissez : le plus grand droit est celui du Créateur, Allah. Nier l’unicité d’Allah et Lui associer quelqu’un constitue le plus grand des péchés. C’est un péché si odieux qu’il n’est pas pardonné. Il est dit dans le Noble Coran : « En vérité, Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit. » Après le droit d’Allah, le plus grand droit est celui des parents ; après l’ingratitude et la désobéissance envers Allah, le plus grand péché est l’ingratitude et la désobéissance envers les parents. En effet, après avoir mentionné Ses propres droits, Allah a mentionné leurs droits et a ordonné de Lui être reconnaissant ainsi que d’être reconnaissant envers les parents. Autrement dit : « Sois reconnaissant envers Moi et envers tes propres parents. » Il est possible que cet ordre n’ait pas été rapporté de cette manière dans certains récits, puisqu’il n’y figurait pas. Mais dans chaque passage du Noble Coran ainsi que dans les hadiths, il est présenté dans cet ordre.
La lettre du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, aux habitants du Yémen
Le Messager d’Allah, Muhammad, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, envoya aux habitants du Yémen, par l’intermédiaire de ‘Amr ibn Hazm, qu’Allah l’agrée, une lettre mémorable. Il les y avertissait également en ces termes : « Sachez que, auprès d’Allah, les plus grands péchés au Jour de la Résurrection sont : (1) associer quelqu’un à Allah ; (2) tuer injustement un croyant ; (3) fuir le combat dans le chemin d’Allah ; (4) désobéir à ses parents ; (5) accuser de fornication des femmes chastes et honorables ; (6) apprendre la magie ; (7) consommer l’usure ; et (8) dévorer les biens de l’orphelin. »
Les recommandations du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix
Mu‘âdh ibn Jabal, qu’Allah l’agrée, était un Compagnon de très haut rang. ‘Umar, qu’Allah l’agrée, disait : « Si Mu‘âdh n’avait pas été là, j’aurais certainement péri. » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui adressa de nombreuses recommandations. Un jour, il dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, m’a recommandé de ne jamais rien associer à Allah, même si je devais être tué ou brûlé par le feu, et de ne jamais désobéir à mes parents, même s’ils m’ordonnaient de m’éloigner de mes biens et de ma famille. »
Faire pleurer ses père et mère
Hazrat Abdullah ibn Umar, qu’Allah l’agrée, était un Compagnon de très haut rang. Il était un grand savant, un dévot et un ascète. Dans tous les domaines, il observait scrupuleusement la Sunna. Il rendit des fatwas pendant soixante ans. Il a dit : « Faire pleurer ses père et mère signifie leur désobéir, et c’est un péché extrêmement grave. »
Insulter ses père et mère
عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِ بنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : مِنَ
الكَبَائِرِ شَتُمُ الرَّجُلِ وَالدَيْهِ قَالُوا : يَا رَسُولَ
الله ! وَهَلْ يَسْتمُ الرَّجُلُ وَالدَيْهِ ؟ قَالَ نَعَمْ يَسُبُّ أَبَا الرَّجُلِ فَيَسُبُّ أَبَاهُ يسب أمه فيسب أمه – بخاری، مسلم، ترمذی وغيره
« Hazrat Abdullah ibn Amr, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Insulter ses père et mère fait partie des péchés majeurs.” Les gens demandèrent, étonnés : “Ô Messager d’Allah ! Quelqu’un peut-il vraiment insulter ses propres père et mère ?” Il répondit : “Oui. Un homme insulte le père d’un autre, et celui-ci insulte son père en retour. Il insulte la mère d’un autre en lui donnant un mauvais nom, et celui-ci insulte sa mère en retour.” »
Ce hadith nous enseigne qu’il faut impérativement veiller à l’honneur et à la dignité de ses père et mère. Il faut prendre les dispositions nécessaires pour qu’ils ne subissent aucune sorte de peine. De plus, il ne faut pas tenir de propos au sujet des père et mère d’autrui qui pourraient l’irriter au point qu’il s’en prenne à vos propres père et mère.
Maudire
« Hazrat Abu Tufayl rapporte que l’on demanda à Hazrat Ali, qu’Allah l’agrée : “Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, vous a-t-il dit quelque chose qu’il n’aurait dit à personne d’autre ?” Il répondit : “Le Messager d’Allah ne m’a rien dit qu’il n’ait dit à quelqu’un d’autre. Toutefois, il y a une parole écrite dans le fourreau de mon épée.” Puis il sortit cette parole du fourreau de son épée. Il y était écrit : “Qu’Allah maudisse celui qui immole au nom d’un autre qu’Allah. Qu’Allah maudisse celui qui modifie les limites d’une terre. Qu’Allah maudisse celui qui maudit ses père et mère, et qu’Allah maudisse celui qui introduit une nouveauté dans la religion.” » Maudire ses père et mère et les insulter sont des actes si abominables qu’on ne peut même pas les concevoir ; pourtant, toutes sortes d’événements se produisent dans ce monde où l’on agit. À cause de la colère, du désir de vengeance, de l’ignorance et de la sottise, il arrive souvent que les gens commettent des actes qu’il serait difficile d’imaginer dans des circonstances normales.
Les père et mère sont eux aussi des êtres humains. Ils ne sont pas exempts des faiblesses humaines. La haine, l’amour, la colère, le désir de vengeance et d’autres faiblesses existent également chez eux. En raison de ces faiblesses humaines, il peut leur arriver de prononcer des paroles ou d’adopter des comportements qui ne sont pas attendus de leur part. Il ne faut pas s’en irriter. Il ne faut pas fermer les yeux sur leurs droits. Les père et mère sont deux personnes qui consacrent toute leur vie à élever leurs enfants et à leur assurer le confort. Quels que soient leurs comportements, il ne convient pas de tenir des propos à leur sujet. Il ne faut ni les insulter ni oublier tous les bienfaits qu’ils ont prodigués.
Il est certain que les père et mère peuvent parfois, en manquant à leurs devoirs envers leurs enfants et par leurs comportements indésirables, pousser ceux-ci sur la voie de la désobéissance et de la rébellion. Cela se produit notamment lorsque le père se remarie et que les enfants doivent vivre avec une belle-mère. Divers événements douloureux surviennent alors. Généralement, la belle-mère tente de différentes manières d’irriter le père contre ses enfants, et son souhait sincère finit par être que le père se détourne de ses enfants. Habituellement, pour satisfaire quelque peu sa nouvelle épouse et parce qu’elle le lui répète sans cesse, le père se met également à traiter ses propres enfants comme des beaux-enfants. De même, si la mère se remarie et que les enfants tombent sous l’autorité d’un beau-père, celui-ci ne peut généralement en aucune manière tolérer que les enfants issus de la précédente union soient bien traités. À défaut d’aller jusque-là, il souhaite au moins aimer ses propres enfants davantage que les enfants précédents. La mère aussi, parfois pour faire plaisir à son mari et souvent parce qu’elle se trouve sacrifiée à sa volonté, adopte un mauvais comportement. Pourtant, on ne peut certainement pas attendre cela d’une personne telle qu’une mère. Du point de vue de la justice, dans une telle situation, les père et mère sont, ne serait-ce que dans une certaine mesure, considérés comme fautifs. Dans de telles circonstances, la famille et la société ont une responsabilité. Elles doivent retenir ces père et mère, leur rappeler leurs responsabilités et leurs devoirs, et les contraindre, par la pression sociale, à traiter les enfants comme des enfants. Toutefois, en raison du lien familial, les enfants doivent rester patients en toutes circonstances. Ils doivent veiller attentivement à l’honneur et à la réputation de leurs père et mère, et ne doivent prononcer aucune parole contraire à l’honneur de leur mère. En toutes circonstances, le devoir de l’enfant est de manifester, autant que possible, gratitude, obéissance et bonne conduite. Un poète a dit avec beaucoup de justesse :
« Quelle que soit l’instruction donnée par le père, obéis-y ; sache avec certitude que celui qui obéit à son père n’est jamais humilié. »
Le châtiment de la désobéissance est subi dès ce monde
عن أَبِي بَكْرَةَ رَض عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : كُلُّ الذُّنُوبِ يُؤَخِّرُ اللَّهُ مِنْهَا مَا شَاءَ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ إِلَّا عُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ فَإِنَّ اللَّهَ يعجلة بصاحبه في الحيوة قَبْلَ الْمَمَاتِ – رواه الحاكم« Abou Bakra, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le bien-aimé Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Allah retarde jusqu’au Jour de la Résurrection le châtiment de tous les péchés dont Il veut retarder le châtiment. Quant à la désobéissance envers les parents, Allah en hâte le châtiment pour son auteur ici-bas, avant sa mort.” » — Rapporté par al-Hakim
Le sens est que, pour les autres péchés, Allah, exalté soit-Il, retarde le châtiment jusqu’au Jour de la Résurrection, et que cette personne en est préservée ici-bas. Mais la désobéissance envers les parents est un péché dont on doit subir le châtiment dès ce monde ; quant au châtiment de l’au-delà, il demeure bien entendu.
Les bonnes œuvres du désobéissant restent sans effet
Il est rapporté d’après Thawban, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Il y a trois péchés avec lesquels aucune bonne œuvre ne profite. Le premier est l’associationnisme, le deuxième la désobéissance envers les parents et le troisième la fuite du djihad.
Un autre Compagnon, Amr ibn Murra, qu’Allah l’agrée, raconte qu’un homme vint trouver le bien-aimé Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et se mit à dire : “J’atteste qu’Allah est Unique, qu’il n’y a aucune divinité en dehors de Lui et que vous êtes le Messager d’Allah. J’accomplis les cinq prières quotidiennes, je donne la zakat sur mes biens et je jeûne le Ramadan.” Après avoir entendu cela, le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : “Celui qui a achevé cette déclaration sera, au Jour de la Résurrection, avec les prophètes, les véridiques et les martyrs” — et il leva deux doigts de sa main — “à condition qu’il ne désobéisse pas à ses parents et ne leur désobéisse d’aucune manière.” »
La désobéissance envers la mère
وَعَنْ أَبِي عِيسَى الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : إِنَّ اللهَ تَعَالَى حَرَّمَ عَلَيْكُمْ عُقُوقَ الْأُمَّهَاتِ، وَمَنْعًا وَهُتِ، وَدَاد البنات وكره لكم قيل وقال، وكثرة السؤال، وإضاعَةَ الْمَال – متفق عليه« Abou Issa al-Mughira ibn Shu‘ba, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Sachez qu’Allah vous a interdit la désobéissance envers les mères, l’avarice, la convoitise et l’enterrement vivant des filles ; et qu’Il a réprouvé chez vous les propos futiles, les questions excessives et le gaspillage des biens.” » — Rapporté par al-Bukhari et Muslim
Ce hadith a une portée extrêmement vaste. Par quelques paroles brèves, le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a attiré l’attention sur un vaste domaine de la guidance. Chaque croyant et chaque croyante doit, pour sa propre formation et sa purification, se rappeler constamment ce type de guidance étendue et y rester toujours attentif. Dans ces quelques paroles, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a donné six orientations particulières. Trois choses, Allah nous les a clairement interdites, et s’engager dans les trois autres est également réprouvé par Allah. Aucun croyant ne peut envisager d’adopter les trois choses qu’Allah, exalté soit-Il, a expressément interdites. Quant aux trois autres choses qu’Allah a réprouvées, il ne faut pas non plus les prendre à la légère.
Les trois choses qu’Allah a interdites sont : la désobéissance envers la mère, l’avarice et la convoitise, ainsi que l’enterrement vivant des filles.
Un : Dans ce hadith, l’accent est particulièrement mis sur le fait de se tenir éloigné de la désobéissance envers la mère. Cela indique que l’on est davantage occupé à servir sa mère qu’à servir son père et que l’on prend davantage de dispositions dans les relations avec sa mère qu’avec son père. Il est donc nécessaire de veiller avec encore plus d’attention et de sensibilité à ne pas désobéir à sa mère. Les émotions maternelles sont délicates. Les mères sont très vulnérables. La moindre parole peut blesser leur cœur. Il peut arriver que, par insouciance, on considère une chose à la légère, alors qu’elle blesse le cœur de la mère et le meurtrit. La guidance du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — signifie qu’il faut tenir pleinement compte des émotions et des sentiments de la mère, de ses habitudes, de son tempérament, de ses goûts et de ses aversions, et veiller à ce que l’idée même de l’attrister, de lui désobéir ou de briser son cœur en morceaux ne naisse pas dans l’esprit. La mère est cette personnalité dont le service est récompensé par le jardin du Paradis, éternel printemps, et dont la satisfaction vaut la demeure de l’agrément d’Allah. Si l’on désire la demeure de l’agrément d’Allah, le Paradis, il faut se consacrer entièrement au service et à l’obéissance de sa mère.
Deux : Deux mots sont employés dans ce hadith. Le premier est « man‘yân » et le second « hâ-tî ». Le mot « man‘yân » désigne celui qui hésite à donner les biens et les droits d’autrui qui lui incombent. Il empêche de diverses manières qu’ils soient acquittés. Il n’est disposé à apporter à personne une aide financière ou morale. Le mot « hâ-tî » signifie : « prends ». Autrement dit, être toujours prêt à prendre auprès des autres. Il ne s’agit pas seulement de réclamer ses propres droits aux autres, mais de s’employer à remplir son sac sans se soucier de savoir si ce qui est pris est légitime ou illégitime. Une telle mentalité d’avarice et de convoitise ne peut jamais correspondre au tempérament d’un croyant ou d’une croyante. Sa manière de donner et de recevoir est fondée sur le même principe. Les droits qu’il réclame aux autres et le comportement qu’il attend d’eux, il les accorde lui-même aux autres et s’acquitte de tous leurs droits avec une grande générosité. Il manifeste même à cet égard tant de largesse et d’ouverture de cœur que, si quelqu’un manque à ses devoirs envers lui ou se comporte mal à son égard, il continue néanmoins à lui témoigner bienfaisance et bon comportement.
Trois : Enterrer les filles vivantes. Dans l’Arabie préislamique, il existait une pratique tyrannique consistant à enterrer les filles vivantes. Il y avait encore deux autres façons de tuer les enfants. De nombreux polythéistes tuaient leurs propres enfants, terrorisés par les idoles et pour leur plaire. Beaucoup d’ignorants et d’insensés tuaient leur enfant bien-aimé, soumis à l’idée imaginaire de la pauvreté et du besoin. Mais les filles sont mentionnées en particulier dans le hadith parce que cette pratique était extrêmement cruelle. Il suffit de penser à une telle injustice et à une telle dureté pour en avoir les cheveux qui se dressent sur le corps. Avec l’avènement de l’islam, cette conception fondée sur l’injustice fut transformée. Les filles furent délivrées de cette humiliation et de cette oppression, et, dans chaque foyer, on commença à les traiter avec tendresse et amour.
Aujourd’hui, bien que notre société soit, grâce à l’islam, préservée de la malédiction d’enterrer les filles vivantes, dans de nombreux foyers, l’amour manifesté aux garçons ne l’est toujours pas aux filles, en raison du manque d’attachement à la religion et de l’ignorance de l’enseignement islamique. À la naissance d’une fille, on ne manifeste pas la même joie qu’à la naissance d’un garçon. Certains ignorants privent même les filles de l’affection et de l’amour qu’ils témoignent aux garçons. En particulier, après son mariage, la fille est considérée comme une étrangère. Ces injustes ne sont même pas disposés à lui accorder la part que l’islam lui a réservée. Cette conception corrompue n’a aucun rapport avec l’islam.
Ensuite, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a mentionné trois choses qu’Allah n’aime pas pour nous :
Un : parler inutilement.
Deux : poser trop de questions.
Trois : gaspiller les biens.
Parler inutilement signifie ne ressentir aucune responsabilité concernant sa langue. Dire tout ce qui vient à l’esprit. Répéter aux autres tout ce que l’on entend. Parler sans fin, sans examiner ses paroles et sans réfléchir à leur conformité avec la réalité. « Telle femme a dit ceci, telle dame pense cela, telle autre avait telle opinion » : autant de paroles futiles. Un célèbre proverbe dit : « Celui qui parle beaucoup commet beaucoup d’erreurs. » Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou qu’il se taise. » — Muslim
Poser des questions superflues. Certaines personnes, dès qu’elles se réunissent en un lieu, accablent les autres de questions successives. Il y a notamment des femmes qui, dès qu’elles se retrouvent quelque part, posent d’innombrables questions sur la famille : « Alors, qu’en était-il de l’affaire concernant ta belle-sœur ? Pour quelle raison t’étais-tu disputée avec ta belle-mère ? Que s’était-il passé avec ton beau-frère ? Ton mari aime bien les enfants, n’est-ce pas ? Tu envoies quelque chose aux voisins ? D’où est venue la demande en mariage pour ta fille ? » Elles deviennent extrêmement impatientes de connaître les affaires intérieures de la famille, les événements extérieurs, les activités — bref, tout. Rien ne doit même pouvoir leur être caché. Pour répondre à leurs questions déplacées, il faut soit donner un récit inexact, soit parfois esquiver la conversation et subir leur mécontentement. Beaucoup de choses ne peuvent pas être révélées à autrui, en particulier les affaires familiales. Pourtant, cette catégorie particulière de femmes s’efforce par tous les moyens d’extorquer les informations. Si on ne leur dit rien, elles déclarent : « Quelle arrogance ! » Mais si on leur dit quelque chose, elles le répètent aussitôt à tout le monde. Elles expriment leur opinion partout où elles vont et s’acharnent de la même manière à raconter la situation des autres. En réalité, ces femmes, insouciantes quant à la valeur de la vie et par ignorance, commettent des fautes sociales telles que la paix de la société, l’unité des familles et la tranquillité des foyers sont inutilement détruites. En colportant sans raison les propos d’un endroit à un autre, elles provoquent dans la société toutes sortes de malentendus et de complications.
De même, certaines personnes créent inutilement des complications dans les questions religieuses. Leur activité consiste à poser sans cesse de nouvelles questions. Elles s’en servent pour faire étalage de la fertilité de leur esprit. Généralement, elles restent en arrière dans le domaine de la pratique. Mais, pour montrer leur savoir et leurs aptitudes, elles se présentent comme omniscientes et sont très habiles à poser des questions extrêmement subtiles et à tirer treize paroles d’une seule. La tâche des croyants et des croyantes est de donner sa valeur à sa vie, de la dépenser dans les bonnes œuvres, de réfléchir à chaque instant à ce qui plaît à Allah et de s’efforcer de s’abstenir des questions inutiles. Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « La beauté de l’islam d’une personne consiste à délaisser ce qui ne la concerne pas. » — At-Tirmidhi
Gaspiller les biens signifie ne pas prendre les mesures appropriées pour les préserver, ne pas les dépenser pour les besoins de la religion, mais les consacrer, dans l’espoir de se faire voir et de gagner la renommée, à des coutumes futiles, à des actes honteux et à des activités contraires à la religion. Les biens sont un dépôt confié par Allah. Ils doivent être dépensés conformément à la volonté d’Allah. Les ornements et les équipements de la maison, la vaisselle, la literie, les meubles, les montres, les stylos, les livres, le papier — en un mot, toute chose — sont des bienfaits d’Allah et, en même temps, des dépôts confiés. Toute chose doit être utilisée et conservée convenablement. Il ne faut pas la détruire par insouciance. Allah n’aime pas non plus que l’on détruise Ses bienfaits et Ses dépôts sans leur accorder la valeur qui leur est due.
L’invocation funeste de la mère
La satisfaction de la mère et la prière de son cœur plein de tendresse sont la plus grande félicité de la religion et de ce monde. À l’inverse, la plus terrible humiliation dans la religion et dans ce monde est la malédiction proférée par le cœur accablé de chagrin d’une mère contre son enfant.
Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Trois invocations sont immanquablement exaucées.
Premièrement : l’invocation de l’opprimé.
Deuxièmement : l’invocation du voyageur.
Troisièmement : l’invocation des parents en faveur de leur enfant. »
Aux premiers temps, vivait un pieux personnage nommé Jarîj. Hazrat Jarîj, qu’Allah lui fasse miséricorde, était un homme vertueux et entièrement dévoué à l’adoration. Il passait toujours son temps à adorer Allah dans sa propre khanqah, loin de la ville. Un berger faisait paître ses chèvres toute la journée et passait la nuit dans sa khanqah.
Un jour, la mère de Hazrat Jarîj, qu’Allah lui fasse miséricorde, vint lui rendre visite. Hazrat Jarîj, qu’Allah lui fasse miséricorde, était en train de prier. Sa mère l’appela : « Jarîj ! » Il estima qu’il valait mieux rester silencieux et continuer sa prière. Le lendemain, la même chose se produisit. Sa mère vint et se mit à l’appeler. Pensant de la même manière, il resta silencieux, continua sa prière et ne répondit pas à l’appel de sa mère. Le troisième jour, sa mère revint auprès de son fils et se mit à l’appeler. Il resta silencieux, pensant qu’il ne pouvait pas répondre pendant la prière. Voyant cela, sa mère fut très peinée et, prise de colère, proféra une malédiction contre lui. Elle implora Allah en disant : « Ô Allah ! Ne fais pas mourir Jarîj avant qu’il ne tombe entre les mains de femmes dépravées. »
Après avoir dit cela, sa mère partit de là, désespérée. Quelques jours plus tard, les Israélites discutaient un jour de la piété et des actes d’adoration de Hazrat Jarîj. À ce moment-là, une femme d’une beauté incomparable s’écria : « Si vous le voulez, je peux le faire tomber dans le péché. » Puis cette femme se rendit à la khanqah de Hazrat Jarîj et se mit à l’appeler à commettre une mauvaise action. Allah, le Très-Haut, fit descendre Sa miséricorde sur Hazrat Jarîj, qui échappa complètement au complot de cette femme dépravée. Désespérant de parvenir à ses fins avec lui, la femme se rendit auprès du berger qui résidait dans la khanqah de Hazrat Jarîj. Le berger fut victime du complot et commit cette faute. Lorsque la femme eut un enfant, elle proclama que l’enfant était le fils de Jarîj. Quand cette nouvelle parvint au roi, il ordonna de démolir la khanqah et de lui amener Jarîj de force.
Les gens se rendirent à la khanqah de Hazrat Jarîj, la démolirent et le frappèrent sauvagement. Puis ils lui attachèrent les bras derrière le dos et l’emmenèrent auprès du roi. Alors qu’on le conduisait ainsi ligoté, quelques femmes dépravées le virent dans cet état sur le chemin et se mirent à rire. En les voyant rire, Hazrat Jarîj sourit lui aussi.
Le roi dit à Hazrat Jarîj : « Que dit cette femme ? » Il répondit : « Dites-moi ce qu’elle dit. » Le roi dit : « Elle affirme que l’enfant est celui de Jarîj. » Jarîj, qu’Allah lui fasse miséricorde, dit : « Qu’on amène l’enfant. » Lorsque l’enfant fut amené, il dit : « Qu’on me laisse prier. » Il pria. Lorsqu’il eut terminé sa prière, il posa son doigt sur le ventre de l’enfant et lui dit : « Dis-moi, qui est ton père ? » Par l’ordre d’Allah, la langue de l’enfant se délia et il répondit : « Un tel berger est mon père. » Alors les gens se mirent à embrasser les mains et les pieds de Hazrat Jarîj et à lui demander pardon. Le roi fut lui aussi profondément impressionné et dit à Hazrat Jarîj : « Hazrat, voulez-vous que je construise votre khanqah en or ? » Il répondit : « Non. Mais reconstruisez-la telle qu’elle était, en terre. »
Le roi dit : « Très bien, Hazrat, puis-je vous poser une question ? Lorsque, sur le chemin, quelques femmes dépravées riaient de vous d’un air moqueur, pourquoi souriiez-vous ? » Il répondit : « C’est un secret que moi seul connais. Tout ce qui s’est produit est le résultat de la malédiction de ma mère. La malédiction de ma mère m’a atteint. » Puis il lui raconta en détail toute l’histoire de la malédiction de sa mère.
Le châtiment instructif de la désobéissance à la mère
À l’époque du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui), un événement terrifiant se produisit. Lorsqu’on entend cette histoire, on en a le cœur bouleversé. Quelques Compagnons, qu’Allah les agrée, étaient présents auprès du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). À ce moment-là, un homme arriva et dit : « Ô Messager d’Allah ! Un jeune homme est à l’agonie. Les gens lui conseillent de réciter la profession de foi, mais il n’arrive pas à ouvrir la bouche. » Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) demanda : « Cet homme accomplissait-il la prière ? » Il répondit : « Oui, il priait. » En entendant cela, le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se leva et partit avec lui. Nous les suivîmes. Le Prophète bien-aimé (paix et bénédictions d’Allah sur lui) arriva auprès du jeune homme, qui était alors dans les derniers instants précédant la mort. Il lui fit répéter la profession de foi. Le jeune homme dit : « Ô Messager d’Allah, je n’arrive pas à la réciter. » Il demanda : « Pourquoi ? Que s’est-il passé ? » On apprit que le jeune homme désobéissait à sa mère. Il demanda aux gens : « Sa mère est-elle encore en vie ? » Tous répondirent : « Oui, elle est en vie. » Le Prophète bien-aimé ordonna de faire venir sa mère. Lorsque sa vieille mère arriva, il lui dit : « Bonne dame, est-ce ton fils ? » Elle répondit : « Oui, c’est bien mon fils. » Il lui dit : « Bonne dame, dis-moi : si un feu terrifiant était allumé et qu’on te disait que, si tu intercédais, il serait sauvé, mais que sinon il y serait jeté, intercéderais-tu en sa faveur ? » La vieille femme répondit : « Oui. Dans ce cas, j’intercéderais certainement en sa faveur. » En entendant cela, le Prophète de la miséricorde (paix et bénédictions d’Allah sur lui) lui dit : « Alors, prends Allah et moi à témoin en déclarant que tu es satisfaite de lui. » La vieille femme dit : « Ô Allah ! Je te prends, ainsi que Ton Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui), à témoin que je suis satisfaite de la chair de ma chair. »
Alors le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se tourna vers le jeune homme et lui dit : « Dis : Lâ ilâha illâ Allâhu wahdahu lâ sharîka lahu wa ashhadu anna Muhammadan ‘abduhu wa rasûluhu. » Grâce à la satisfaction de sa mère, la bouche du jeune homme s’ouvrit et il récita aussitôt la profession de foi. En voyant cela, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) loua Allah et dit : « Louange à Allah, qui, par mon intermédiaire, a sauvé ce jeune homme du terrible châtiment de l’Enfer. » — Tabrânî, Ahmad
Les bienfaits de la bonté envers les parents en un coup d’œil
Premièrement : parmi les bienfaits d’Allah, le plus grand bienfait est celui des parents. Après Allah, les parents jouent le plus grand rôle dans la naissance et l’éducation de l’être humain. Si vous reconnaissez leur bienfaisance à votre égard, vous reconnaissez la bienfaisance d’Allah. Et si vous leur êtes reconnaissant, vous êtes reconnaissant envers Allah.
Deuxièmement : gardez vos parents satisfaits, et Allah sera satisfait de vous. S’ils sont mécontents de vous en raison de votre négligence ou de votre désobéissance, Allah sera mécontent de vous. La satisfaction d’Allah réside dans la satisfaction des parents, et le mécontentement d’Allah dans leur mécontentement.
Troisièmement : bien se comporter envers ses père et mère et les servir équivaut au djihad ; c’est même parfois une œuvre plus grande encore. Si vous vous consacrez à leur service, vous serez, à l’instar des moudjahidines, compté parmi ceux qui œuvrent à établir la religion. Aux yeux d’Allah, vous aurez une dignité égale à celle de ceux qui participent au djihad sur le champ de bataille.
Quatrièmement : la satisfaction des père et mère est la clé du Paradis. En vous efforçant de les satisfaire, vous obtiendrez la satisfaction d’Allah.
Cinquièmement : celui à qui Allah Tout-Puissant a accordé la possibilité de servir ses père et mère a en réalité reçu la possibilité de suivre le chemin du Paradis. Celui qui saisira cette occasion, Allah lui accordera le Paradis. Quant à celui qui ne la saisira pas, il sera voué à la perdition.
Sixièmement : faire le tawaf autour de la Maison d’Allah, accomplir le hajj et la omra sont des actes d’adoration importants. Si quelqu’un se consacre au service de ses père et mère, Allah lui accordera une récompense équivalente à celle de celui qui accomplit le hajj et la omra.
Septièmement : si vous respectez vos père et mère et leur témoignez de la considération, votre enfant vous respectera également. Si vous faites preuve de bonté envers vos père et mère, Allah Tout-Puissant enseignera aussi cette même attitude à vos enfants.
Huitièmement : en servant ses père et mère, on se libère de toutes les épreuves et de toutes les inquiétudes.
Neuvièmement : ne vous éloignez jamais de l’obéissance à vos père et mère, ni du respect et de la considération à leur égard. Cela apportera la bénédiction dans votre vie et élargira les voies de votre subsistance et de vos revenus.
Les droits de l’enfant
La dignité de l’enfant
L’éducation et les soins
Un bon comportement
Donner un bon prénom
La tendresse et l’amour
L’instruction et la formation
Le mariage
Le désir d’avoir des enfants
Qui ne désire pas avoir des enfants ? Il n’existe pas de foyer où l’on ne souhaite pas avoir d’enfants. En réalité, la présence des enfants apporte la bénédiction au foyer, et ce sont eux qui en rehaussent l’éclat. Un foyer où ne retentissent pas les gazouillements d’enfants innocents est dépourvu de charme et de beauté. En particulier, les femmes considèrent comme inquiétant un foyer où l’on n’entend pas le babillage des enfants. Elles passent chaque instant de leur vie dans l’espoir d’avoir un enfant. Dans leur monde imaginaire, elles attendent avec impatience le moment où elles illumineront leurs bras en accueillant un enfant. Elles languissent de l’entendre les appeler « maman, maman ». Elles s’affairent à contempler les joies et les bonheurs des différentes étapes de la vie de l’enfant. Elles comptent les jours dans l’attente de cette joie et, grâce au bonheur intérieur qu’elles éprouvent, ressentent un bien-être profond. Parfois, dans leur monde imaginaire, elles pensent à l’avenir magnifique ou extraordinairement brillant de leur enfant bien-aimé, ainsi qu’au printemps empli de rires et de bonheur, et découvrent en elles une personnalité pleine de dignité. Puis, sous le coup de la gratitude, elles inclinent la tête devant Allah. Elles se disent qu’Allah a fait preuve d’une immense bienveillance envers une créature aussi faible qu’elles et qu’Il a considéré leur existence comme précieuse et nécessaire à la société humaine. Allah a créé la nature des femmes de telle sorte qu’elles consacrent leur vie à leurs enfants et qu’elles éprouvent une paix et une joie immenses en sacrifiant leur vie pour eux. Pendant une longue période, elles comptent les jours, gardant le fruit de leurs entrailles uni à leur corps et à leur esprit. Puis, lorsque, par Sa grâce, Allah remplit leurs bras d’un enfant, elles contemplent le nouveau-né avec tendresse. À ce moment-là, elles effacent de leur esprit toutes les images des souffrances et des difficultés qu’elles ont endurées jusqu’à l’accouchement. Commence alors la deuxième étape : celle des sacrifices consentis pour élever l’enfant. En réalité, Allah leur a confié la noble responsabilité de servir. C’est pourquoi Allah leur a généreusement accordé des sentiments extraordinaires, un courage et une patience sans pareils pour supporter les peines et les difficultés, ainsi que de très hautes qualités morales pour élever leurs enfants. Les femmes ne supportent pas toutes ces peines et ces difficultés uniquement parce qu’elles y sont contraintes ; conformément à leur nature, elles trouvent au contraire joie et fierté à les endurer. Elles possèdent un courage exceptionnel qui les pousse à affronter maintes fois la mort pour donner naissance à leurs enfants. Elles éprouvent une paix profonde et une grande joie en sacrifiant leurs désirs, leurs plaisirs, leur beauté et leur jeunesse pour élever et prendre soin de leurs enfants.
La spécificité des femmes musulmanes
Si les femmes ont une conception islamique des choses, elles considèrent que chaque étape où elles endurent peines et difficultés constitue un jihad sur le chemin d’Allah. Plus encore, elles pensent être occupées à accomplir un acte d’adoration. L’islam fait naître dans le cœur de chaque femme la conviction que les tâches physiques et naturelles qui lui incombent, leur récompense et leurs bienfaits ne se limitent pas à ce bas monde, et que chacun de ses actes de souffrance, de sacrifice et de renoncement équivaut, aux yeux d’Allah, à un acte d’adoration et à un jihad. Toute femme qui endure ces épreuves et se sacrifie pour ses enfants est en réalité active dans le jihad et consacrée à l’adoration d’Allah. Ce jihad et cette adoration ont également des bienfaits terrestres. Mais les femmes musulmanes tournent aussi leur regard vers les bienfaits éternels, qui seront obtenus dans la vie future. La spécificité de la femme musulmane est qu’en endurant diverses peines pour ses enfants et en sacrifiant ses désirs, ses émotions, sa beauté et sa jeunesse, elle n’obtient pas seulement un bénéfice terrestre en retour — ce bénéfice pouvant parfois exister et parfois non — ; elle obtiendra aussi la satisfaction d’Allah et le paradis dans la vie éternelle de l’au-delà. Et quel paradis : chacun de ses désirs y sera comblé. Tout ce qui permettra de satisfaire ses aspirations lui sera fourni, et elle recevra une beauté et une jeunesse qui ne se flétriront jamais. Cette beauté et cette jeunesse seront à l’abri de la vieillesse. Un aspect éminent de la conception islamique est que, même si la femme musulmane, après avoir accompli ses responsabilités avec excellence, est malheureusement privée du bien-être terrestre, elle ne désespère pas et n’éprouve aucune gêne à assumer ses responsabilités. Elle continue à les accomplir avec un cœur joyeux, dans la paix et avec une sincère ferveur. Même après avoir enduré toutes sortes de peines et consenti tous les sacrifices pour ses enfants, si elle ne reçoit d’eux aucun bonheur et s’ils réduisent en miettes ses espoirs, ses aspirations et ses rêves, elle ne devient pas pour autant la proie du désespoir et n’a pas honte de ce qu’elle a accompli. Elle ne nourrit pas non plus de pensées erronées pour l’avenir à ce sujet, car elle sait que le véritable et authentique succès de la croyante est celui de l’au-delà. Elle trouve toujours du réconfort en pensant qu’Allah la récompensera dans l’au-delà pour ses œuvres. Cette récompense sera si grande qu’il n’y aura aucune place pour le regret. Il n’existera pas non plus de crainte que la récompense reçue là-bas lui soit retirée. C’est pourquoi, durant toute sa vie, elle demeure active, considérant toutes ses œuvres comme des actes d’adoration et un jihad sur le chemin d’Allah. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
المرأةُ إِذَا حَمِلَتْ كَانَ لَهَا أَجْرُ الصَّائِمِ الْقَائِمِ الْمُخْبِتِ الْمُجَاهِدِ فِي سبيل الله وَإِذا ضربها الطلق فَلا تَدرِى الْخَلَائِقُ مَا لَهَا مِنَ الْأَجْرِ وَإِذَا وضعت كَانَ لَها بِكُلِّ مَضَةٍ أو رضعة أجرُ نَفْسٍ تُحْيِيهَا وَإِذَا أَفْطَمَت ضَرَبَ الْمَلِكِ عَلَى مَنْكَبِهَا وَقَالَ اسْتَائِفِي الْحَمَلَ – كنز العمال« Lorsqu’une femme est enceinte, elle reçoit durant toute sa grossesse la récompense et le mérite que reçoit un serviteur qui jeûne, veille la nuit, se montre soumis et mène le jihad dans le chemin d’Allah. Quant aux souffrances de l’accouchement, les créatures ne peuvent en estimer la récompense. Elles ne peuvent imaginer quelle est cette récompense ni quelle en est l’ampleur. Après ses cris, lorsque l’enfant vient au monde — et qu’elle l’allaite et l’élève —, elle reçoit, pour chaque gorgée de lait, la récompense accordée pour avoir donné la vie à une personne. Et lorsque vient le moment du sevrage, l’ange d’Allah pose, avec honneur et affection, la main sur son épaule et lui dit : “Ô servante d’Allah, prépare-toi maintenant à concevoir une deuxième fois.” »
Les espoirs et les aspirations de la mère
La femme qui, mettant maintes fois sa vie en danger, épuise son corps et ses forces vitales pour donner naissance à ses enfants et les élever, espère naturellement quelque chose d’eux. Elle souhaite sincèrement que l’avenir de ses enfants soit magnifique, qu’ils soient chanceux, dévoués à leur service, qu’ils construisent un avenir excellent conformément à la pensée et aux idéaux de leur mère, qu’ils préservent la religion et la civilisation de leurs parents et qu’ils soient d’une obéissance exceptionnelle. Lorsqu’elle constate que ses enfants donnent vie à ses rêves et à ses aspirations, qu’ils sont élevés conformément à ses souhaits et qu’Allah les a élevés jusqu’au sommet de l’excellence, sa joie et sa fierté ne connaissent plus de limites.
Plaintes courantes au sujet des enfants
Mais si ces enfants, pour lesquels une mère faible reste occupée jour et nuit au service, dépensant la force de son corps et de sa vie et levant les mains pour prier constamment, réduisent à néant les rêves, les aspirations et les espoirs de leur mère, puis deviennent désobéissants et rebelles, dans quel état cette mère se retrouve-t-elle ? La douleur de son esprit et de son cœur ne peut être exprimée par des mots.
À l’époque actuelle, à l’exception de quelques familles chanceuses, on entend les mêmes pleurs et les mêmes lamentations dans chaque famille. Tous tiennent le même discours : la situation des enfants est indescriptible. Qu’il s’agisse de fils ou de filles, ils sont insouciants des droits de leurs parents. Ils n’ont absolument pas dans leur nature de leur témoigner respect et considération, ni de leur manifester obéissance. On dirait que le comportement envers les parents, leur satisfaction, leur service, le respect qui leur est dû, l’attention portée à leurs sentiments et à leurs émotions, tout cela n’est pour eux que des paroles vides de sens. Une plainte courante est que les enfants deviennent ingrats et rebelles. Dans toute assemblée où vous vous asseyez, dans toute maison où vous allez, vous entendrez la même chose et verrez les parents pleurer à ce sujet. Ensuite, quelques vieilles femmes attireront l’attention sur elles-mêmes en disant : « Ma chère, à notre époque, les enfants pouvaient-ils parler d’une voix élevée devant leurs parents ? » Alors commence une longue histoire sur le mauvais environnement, cette époque bigarrée, la propagation des pensées erronées et mauvaises, la littérature obscène, l’éducation dépourvue de moralité, et autres choses semblables. Chaque femme ressent une certaine consolation et se met à penser : dans une telle situation, que pouvait-il arriver d’autre ? Que pouvaient encore faire les parents ? Cette situation est extrêmement triste.
Un sujet de réflexion pour les parents
Il ne fait aucun doute que les parents ne peuvent pas tout maîtriser. Mais ils ont au moins la capacité de réfléchir à leur propre rôle. À la lumière de la religion d’Allah, ils doivent examiner leurs actes et se demander s’il n’y a aucune négligence dans l’accomplissement de la responsabilité qu’Allah a confiée à la mère concernant l’éducation, la formation et l’élevage des enfants. Leurs espoirs et leurs aspirations concernant la vie future de leurs enfants ne comportent-ils aucune complication ? Ne manquent-ils pas à leur devoir de leur accorder les droits qu’Allah leur a donnés ? Les enfants ne peuvent répondre à vos espoirs et à vos aspirations que si vous-mêmes n’êtes pas insouciants de leurs droits. Vous pouvez voir votre enfant paré d’un bon caractère moral et devenir le genre de personne heureuse, dévouée au service, obéissante et au comportement agréable que vous espérez, si vous prenez conscience de ces responsabilités et les assumez de toutes vos forces, de tout votre cœur et de tous vos biens. La désobéissance et la rébellion d’un enfant sont sans aucun doute une chose douloureuse. Mais il faut également se demander si cet état ne résulte pas de la négligence des parents et de leur manque de sens des responsabilités. Comment cet enfant pourrait-il réfléchir à vos droits si vous ne lui en avez jamais fait prendre conscience ? Comment pourrait-il songer à servir ses parents et à leur témoigner de la considération si personne ne lui a jamais dit que servir ses parents et les respecter est une obligation pour l’enfant ? Si vous ne prêtez pas attention à leurs sentiments et à leurs émotions, auprès de qui apprendront-ils à prendre en considération les vôtres ? Si vous ne les aimez pas et que, par votre comportement, vous leur avez fait comprendre que vous préférez leur mort aux difficultés de les élever, comment pourraient-ils penser à vous aimer et à vous servir ? Si vous ne comprenez que votre propre confort et vos propres plaisirs, en oubliant leurs besoins, d’où leur viendra la conscience de vos besoins ? Si vous êtes porteur et défenseur d’un idéal particulier dans la réforme de la société et l’édification de la civilisation et de la culture, comment pouvez-vous leur demander de porter et de défendre cet idéal sans en avoir établi la valeur dans leur cœur ? N’attendez de vos enfants que ce pour quoi vous les avez préparés, et n’attendez d’eux que le comportement que vous avez eu envers eux.
« Hazrat Nu‘mân, qu’Allah l’agrée, rapporte : mon père, Hazrat Bashîr, qu’Allah l’agrée, m’emmena auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et dit : “Ô Messager d’Allah, sois témoin que j’ai donné telle et telle chose à Nu‘mân.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui demanda alors : “As-tu donné un présent de ce genre à tous tes enfants ?” Il répondit : “Non, je ne les ai pas tous gratifiés.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : “Alors prends quelqu’un d’autre à témoin.” Puis il demanda : “Ne souhaites-tu pas que tous tes enfants te traitent avec la même bonté ?” Bashîr, qu’Allah l’agrée, répondit : “Mais si.” Il dit : “Alors ne fais pas cela.” » — Al-Adab al-Moufrad
Ce passage de ce hadith mérite une réflexion particulière : « Ne souhaites-tu pas que tous tes enfants te traitent avec la même bonté ? » Cela signifie que c’est par votre comportement que l’enfant apprend comment il doit se comporter avec ses parents.
D’autres facteurs que les parents interviennent également dans la formation du caractère et de la conduite de l’enfant. L’éducation, l’environnement, les amis, les proches et le système étatique sont tous responsables, dans leurs propres limites, de sa construction et de sa déconstruction. Mais ici, il est seulement question des parents. Quelles sont leurs responsabilités envers les enfants, et quels sont les droits des enfants à leur égard ? C’est ce qui sera examiné.
Une compréhension claire des droits de l’enfant
Toute mère souhaite que son enfant soit la paix de son cœur et la fraîcheur de ses yeux, qu’il soit pour elle une source d’honneur et de confort ici-bas et dans l’au-delà, et qu’il soit bénéfique à sa famille et à sa société. Cette aspiration mérite assurément d’être honorée. Mais aucune aspiration ne se réalise par la seule prière. Vos prières sont pures, vos aspirations aussi, mais aucun objectif ne peut être atteint par les seules prières et aspirations. Si vous ne faites pas les efforts appropriés conformément à vos prières et à vos aspirations, elles ne connaîtront jamais l’aboutissement du succès. Qui ne souhaite pas un avenir bon et prospère pour son enfant ? Quelle mère espère que son enfant emprunte une voie égarée ? Qui ne souffre pas intérieurement des mauvaises actions et de l’égarement de son enfant ? Si son enfant est humilié et échoue, quelle mère ne verse pas des larmes de sang ? Et quelle mère ne déborde pas de joie en voyant l’avenir réussi de son enfant ? Mais de bonnes émotions et de bons sentiments ne suffisent pas à eux seuls pour atteindre l’objectif. Pour assurer un avenir brillant à vos enfants, il faut leur donner une compréhension claire de leurs droits et s’efforcer pleinement de les leur garantir. Vous ne pouvez enseigner à vos enfants à faire valoir leurs droits qu’après avoir vous-mêmes assumé vos responsabilités correctement et convenablement. Si vous n’avez pas vous-même une compréhension claire de leurs droits, comment pourrez-vous les leur garantir ?
Vous devez également vous empresser de garantir les droits de vos enfants parce que c’est votre responsabilité religieuse. Allah a fixé leurs droits, et un jour Il vous interrogera à ce sujet.
Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
والمرأة راعية على بيت زوجها وولده فَكُلُّكُمْ رَاعٍ وَكُلُّكُمْ مَسْئُولٌ عَنْ
رعيته – متفق عليه« La femme est la gardienne de la maison de son mari et de ses enfants. Vous êtes tous des gardiens, chacun selon sa situation, et vous serez tous interrogés à leur sujet. » — Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim
Certes, le père est lui aussi le protecteur de ses enfants et le garant de leurs droits. Mais il est vrai que la responsabilité de la mère est quelque peu plus grande. En raison de ses va-et-vient pour gagner sa subsistance, le père se trouve la plupart du temps à l’extérieur de la maison. À la maison, c’est toujours la mère qui reste auprès des enfants, et l’enfant est également plus attaché à sa mère. Pour veiller sur les enfants, la mère leur consacre naturellement davantage de temps, et l’enfant subit aussi davantage l’influence de sa mère.
Les droits de l’enfant
Il est également vrai que les femmes ont reçu d’Allah, dans Sa sagesse, une part quelque peu plus grande que les hommes des qualités et du caractère moral élevés nécessaires pour assumer convenablement et correctement les responsabilités envers les enfants et leur accorder pleinement leurs droits. Les qualités fondamentales de patience, de sacrifice, d’abnégation, de compassion, de douceur et d’amour leur ont été accordées davantage qu’aux hommes. C’est pourquoi ces qualités leur sont davantage nécessaires pour s’acquitter des responsabilités qu’Allah leur a confiées.
Les 7 droits de l’enfant
Un : l’estime et la valeur de l’enfant
Deux : les soins et l’éducation
Trois : un bon comportement
Quatre : lui donner un beau prénom
Cinq : l’affection et l’amour
Six : l’instruction et la formation
Et sept : le mariage.
Nous examinerons en détail ces sept droits dans la suite. Outre les invocations ferventes en faveur de l’enfant, c’est la compréhension profonde de ces droits et la mise en place complète des moyens de les lui accorder qui peuvent faire de votre enfant la joie de vos yeux.
L’estime et la valeur de l’enfant
Le premier droit, et le plus important, de l’enfant est que vous ayez conscience de sa dignité et de sa valeur. Vous ne devez pas être contrarié par son existence en la considérant comme une épreuve de la vie. Vous devez plutôt considérer l’enfant comme une miséricorde et une récompense d’Allah pour vous. Si vous ne parvenez pas à reconnaître la valeur de son existence, vous ne pourrez jamais lui accorder ses autres droits ; soit vous ne lui donnerez pas la possibilité de les recevoir, soit, même si cette possibilité se présente, vous ne réussirez pas à les lui accorder.
Pour bien agir envers l’enfant, il est absolument indispensable de connaître sa juste dignité et sa valeur. L’enfant est un immense bienfait d’Allah. Il est la parure de la maison, une source de bien et de bénédiction, et l’équivalent du bien-être religieux et mondain. L’enfant accroît votre honneur et votre considération dans ce monde, et il est considéré comme un soutien ou une aide dans la vie. Il réalise vos espoirs et vos aspirations. Il devient le moyen de préserver et de propager les idées ou les idéaux qui vous sont chers. Il perpétue les règles et les traditions que vous avez établies et, devenu votre héritier, il maintient ensuite vivant le souvenir de vos œuvres.
Du point de vue religieux également, l’enfant est une récompense incomparable d’Allah. Dans l’œuvre religieuse, il est votre meilleur soutien et votre héritier. Lorsqu’il s’agit de rendre des comptes pour l’œuvre religieuse, il est pour vous une consolation pour les yeux et une paix pour le cœur. Il est le gardien et l’héritier de vos traditions et de vos idéaux religieux. C’est pourquoi le Prophète d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — invoqua Allah en disant :
رب هَبْ لِي مِنْ لَّدُنْكَ ذُرِّيَّةً طَيِّبَةً .
« Ô mon Allah ! Accorde-moi, de Ta part, une descendance pure. »
Cette invocation avait un objectif précis : que l’enfant devienne, après lui, l’héritier de la religion et accomplisse la mission de son père.
فَهَبْ لِي مِن لَّدُنكَ وَلِيًّا – يَرِثُنِي وَيَرِثُ مِنْ آلِ يَعْقُوب –
« Ô mon Seigneur, accorde-moi, de Ta part, un héritier. Cet héritier sera mon successeur et recevra également l’héritage de la famille de Ya‘qûb. »
Autrement dit, il sera l’héritier de la lumière de la religion qui s’était répandue depuis la famille de Ya‘qûb, paix sur lui, et ne permettra jamais que cette lumière s’éteigne. En vérité, un enfant pieux est une source d’immense honneur et de considération dans ce monde, ainsi qu’une source de récompenses et de rétributions inépuisables dans l’au-delà.
Un palais particulier au Paradis
Si votre enfant meurt de votre vivant et que vous supportez le chagrin de sa mort avec patience et endurance, il deviendra pour vous une provision pour l’au-delà, un moyen d’accéder au Paradis et une source d’immense honneur et de considération. En récompense de cette patience, Allah vous accordera le Paradis et y construira pour vous un palais d’un genre particulier. Ce palais sera appelé « le palais de la gratitude ». Abû Mûsâ al-Ash‘arî, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
إِذا مَاتَ وَلَدُ الْعَبْدِ قَالَ اللهُ تَعَالَى لِمَلَائِكَتِهِ قَبَضْتُمْ وَلَدَ عَبدِي فَيَقُولُونَ نعم فَيَقُولُ قَبَضْتُم ثمرة فؤاده فيقولون نعم فَيَقُولُ فَمَاذَا قَالَ عَبْدِى فيقولون حمدك واسترجع فَيَقُولُ الله تعالى ابْنُوا لِعَبْدِي بَيْتًا فِي الْجَنَّةِ وسموه بيت الحمد – جامع ترمذى
« Lorsqu’un serviteur perd son enfant, Allah le Très-Haut demande aux anges : “Avez-vous pris l’âme de l’enfant de Mon serviteur ?” Les anges répondent : “Oui, Seigneur, nous l’avons prise.” Il demande ensuite : “Avez-vous pris l’âme de la prunelle de ses yeux ?” Les anges répondent : “Oui, Seigneur, nous l’avons prise.” Alors Allah demande : “Qu’a dit Mon serviteur ?” Les anges répondent : “Ô Seigneur, Ton serviteur T’a loué et, face à cette épreuve, il a récité : ‘Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournerons.’” En entendant cela, Allah le Très-Haut ordonne aux anges de construire pour Son serviteur un palais au Paradis et de l’appeler « le palais de la gratitude ». »
« Umm Habîba, qu’Allah l’agrée, a rapporté : “J’étais assise auprès de ‘Â’icha, qu’Allah l’agrée, lorsque le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, arriva. Il dit : ‘Si les trois enfants mineurs d’un couple musulman meurent, ces enfants se tiendront à la porte du Paradis le Jour de la Résurrection. Lorsqu’on leur demandera d’entrer au Paradis, ces enfants innocents répondront : “Nous ne pouvons pas entrer au Paradis tant que nos parents n’y sont pas entrés.” Alors Allah ordonnera : “Allez-y, entrez tous au Paradis, vous et vos parents.”’ » — At-Tabarânî
L’enfant, une aumône perpétuelle
Si vous quittez ce monde du vivant de votre enfant, celui-ci sera pour vous considéré comme une aumône perpétuelle, dont la récompense continuera d’être inscrite dans votre registre des œuvres aussi longtemps que le monde subsistera. Dès que l’être humain embrasse la mort, la possibilité d’accomplir des œuvres prend fin. Mais s’il laisse derrière lui un enfant pieux, celui-ci constituera une bonne œuvre dont la récompense continuera d’être inscrite. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
إِذَا مَاتَ الْإِنسان انقطع عمله إلا من ثلاث صدقة جارية أو علم ينتفع به أو ولد صالح يدعوله – صحيح مسلم« Lorsque l’être humain meurt, la possibilité d’accomplir des œuvres prend fin, sauf dans trois cas — une aumône perpétuelle, une connaissance dont les gens continuent de tirer profit, ou un enfant pieux qui prie pour lui après sa mort. »
« Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, a déclaré : lorsque le rang du défunt s’élève, il demande, étonné : “Comment cela s’est-il produit ?” On lui répond de la part d’Allah : “Ton enfant implore le pardon pour toi, et Allah a exaucé cette invocation.” »
« Ibn Sîrîn, qu’Allah lui fasse miséricorde, raconte : une nuit, nous étions assis auprès d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée. Il leva alors les mains pour invoquer Allah et dit humblement : “Ô mon Seigneur, pardonne à Abû Hurayra. Ô Seigneur, pardonne à la mère d’Abû Hurayra. Seigneur, pardonne également à tous ceux qui implorent le pardon pour Abû Hurayra et sa mère.” C’est pourquoi nous ne cessons d’invoquer le pardon en faveur d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, et de sa mère, afin d’être inclus dans l’invocation d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée. »
Le meurtre des enfants, le plus odieux des péchés
Bien que la société musulmane soit aujourd’hui meurtrie par un recul regrettable et une décadence édifiante, qu’elle ait perdu le courage d’avancer et de progresser dans le monde, et qu’elle ait oublié l’enseignement visant à obtenir un rang élevé dans l’au-delà, les femmes musulmanes jouissent néanmoins, grâce au maintien de leur lien avec l’unicité divine et les enseignements fondamentaux de la religion, d’une distinction particulière : elles ne peuvent même pas concevoir certains péchés dans lesquels d’autres femmes sont plongées ou pourraient très facilement tomber.
Une femme musulmane ne peut même pas imaginer qu’elle puisse tuer de ses propres mains son enfant innocent. Pour éradiquer ce péché terrible, l’islam a, d’une part, insufflé dans le cœur des parents un profond sentiment de la valeur de la vie humaine ainsi que de l’importance et de la valeur de l’enfant. D’autre part, il a qualifié le meurtre des enfants de péché si grave qu’il l’a décrit comme un péché aussi odieux que l’associationnisme. Il est dit dans le Noble Coran :
قُلْ تَعَالَوْا أَتْلُ مَا حَرَّمَ رَبُّكُمْ عَلَيْكُمْ أَلَّا تُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا وَلَا تَقْتُلُوا أَوْلَادَكُمْ مِّنْ إِمْلَاقٍ – – الانعام : ١٥١« Ô Messager, dis-leur : “Venez, je vais vous réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien, agissez avec bonté envers vos père et mère, et ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté.” » — Sourate al-An‘âm, 152
Le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, accordait une telle importance à purifier la société de cette terrible injustice que, lors du Serment d’al-‘Aqaba, l’un des engagements essentiels qu’il obtint en premier lieu des Ansâr était qu’ils ne tueraient pas leurs enfants. Il faisait également promettre aux femmes qui se présentaient auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, de ne pas tuer leurs enfants. Parmi les engagements demandés aux femmes qui embrassèrent l’islam après la trêve d’al-Hudaybiya figurait également la promesse de ne pas tuer leurs enfants. Lors des rassemblements généraux de l’Aïd, il se rendait dans le secteur réservé aux femmes et leur faisait promettre, entre autres choses, de respecter également cet engagement.
« Hazrat Ubaydah ibn Samit, qu’Allah l’agrée, a rapporté : Un jour, nous étions présents auprès du bien-aimé Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il nous dit : “Prêtez-moi serment de ne rien associer à Allah, de ne pas voler, de vous abstenir des mauvaises actions et de ne pas tuer vos enfants. Celui qui tiendra cet engagement recevra sa récompense d’Allah. Quant à celui qui commettra l’une de ces mauvaises actions et sera puni conformément à la loi, cette punition sera une expiation pour son péché. Mais celui dont le péché ne sera pas découvert ici-bas, Allah est libre de lui pardonner s’Il le veut, ou de le châtier s’Il le veut.” »
Les causes de l’assassinat des enfants
À l’époque préislamique, l’assassinat des enfants était pratiqué dans de nombreux pays. Il était particulièrement répandu à Rome. Les enfants y étaient tués ouvertement, sans qu’aucune enquête ni réflexion ne soit menée à ce sujet. Cette terrible coutume existait également chez les Rajputs de l’Inde, et les récits de l’insensibilité et de la cruauté des Arabes sont devenus légendaires.
En général, l’assassinat des enfants avait trois causes. Certains ignorants ou insensés considéraient cet acte comme une pratique religieuse et sacrifiaient leur enfant à leurs idoles afin de les satisfaire. Ils faisaient le vœu suivant : « Si telle chose m’arrive, je sacrifierai mon enfant. » Cette œuvre d’injustice et de barbarie n’était pas accomplie uniquement par les hommes : les femmes aussi y prenaient part avec cruauté. Un jour, une femme vint trouver Hazrat Abdallah ibn Abbas, qu’Allah l’agrée, et lui dit : « J’ai fait le vœu de sacrifier mon enfant. » Il lui répondit : « Ne fais jamais cela. Acquitte-toi plutôt de l’expiation du vœu. » — Muwatta de l’imam Malik
Cette coutume d’ignorance et de barbarie n’appartient pas seulement au passé : aujourd’hui encore, certaines personnes de ce sous-continent errent dans les ténèbres de l’ignorance. Il y a quelque temps, dans un lieu appelé Ozarân, une innocente fillette de neuf ans fut tuée au nom d’une déesse. Le Noble Coran a également dépeint leur ignorance et leur injustice, et il est dit qu’ils sont dans une perte manifeste.
وَكَذلِكَ زَيَّنَ لِكَثِيرٍ مِّنَ الْمُشْرِكِينَ قَتْلَ أَوْلَادِهِمْ شُرَكَاؤُهُمْ لِيُرْدُوهُمْ
وليلْبِسُوا عَلَيْهِم بَيْنَهُمْ ، وَلَوْ شَاءَ اللهُ مَا فَعَلُوهُ فَذَرْهُمْ وَمَا يَفْتَرُونَ« C’est ainsi que leurs associés ont rendu séduisant, pour nombre de polythéistes, le meurtre de leurs propres enfants, afin de les précipiter dans la perdition et de brouiller pour eux leur religion. Si Allah l’avait voulu, ils ne l’auraient pas fait. Laisse-les donc avec leurs mensonges. » — Sourate al-An‘am : 137
قد خَسِرَ الَّذِينَ قَتَلُوا أَوْلادَهُم سَفَها بغير علم – الانعام : ١٤٠« Ont certainement subi une perte ceux qui ont tué leurs enfants par sottise et ignorance. » — Sourate al-An‘am : 140
Certaines personnes peu intelligentes tuaient leur enfant bien-aimé par crainte que celui-ci ne prenne part à leur subsistance et ne les plonge dans la pauvreté et l’inquiétude. Ces ignorants furent empêchés de commettre cette injustice par ces paroles : est-ce vous qui créez vous-mêmes votre subsistance ? Celui qui vous accorde votre subsistance, Allah, leur accordera également la leur. Lorsqu’Allah décide d’envoyer une âme dans ce monde, Il lui envoie en même temps les moyens de sa subsistance. Les clés des trésors de la subsistance sont entre les seules mains d’Allah.
ولا تَقْتُلُوا أَوْلَادَكُمْ خَشْيَةَ إِمْلَاقٍ ، نَحْنُ نَرْزُقُهُمْ وَإِيَّاكُمْ ، إِنَّ قَتَلَهُمْ كَانَ خِطْأُ كبيران (بنی اسراء يل : (۳۱« Ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. Nous pourvoyons à leur subsistance ainsi qu’à la vôtre. En vérité, les tuer est un grand péché. » — Sourate Banî Isrâ’îl : 31
Le Noble Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a qualifié ce crime de plus grand des péchés :
عن عبد اللهِ قَالَ سَأَلْتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الذَّنْبِ أَعْظَمُ عِندَ اللهِ قَالَ أَنْ تَجْعَلَ الله ندا وَهُوَ خَلَقَكَ قُلْتُ إِنْ ذَالِكَ لَعَظِيمٌ قُلْتُ ثُمَّ أَيُّ قَالَ أَنْ تَقْتُلَ وَلَدَكَ تَخَافُ أَنْ يُطْعَمَ مَعَكَ قُلْتُ ثُمَّ أَي قَالَ أَنْ تُزَانِي حَلِيلَةً جارك – صحيح بخاري كتاب التفسير« Hadrat Abdallah ibn Mas‘ud — qu’Allah l’agrée — rapporte : J’ai demandé au Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — quel était le plus grand péché auprès d’Allah. Il répondit : “Que vous donniez un associé à Allah, alors que c’est Lui qui vous a créés.” Je dis : “C’est assurément un péché immense.” Puis je demandai : “Et ensuite, quel est le plus grand péché ?” Il répondit : “Que vous tuiez votre enfant par crainte qu’il ne partage votre subsistance.” Je demandai : “Et ensuite, quel péché ?” Il répondit : “Commettre une mauvaise action avec l’épouse de votre voisin.” »
La troisième méthode de mise à mort des enfants était particulièrement terrible et douloureuse. Rien que d’y penser, le cœur se met à trembler. Certains hommes au cœur dur et cruels enterraient de leurs propres mains leur fille innocente et chérie alors qu’elle était encore vivante. Cette scène effroyable et les plaintes déchirantes de cette fille innocente et immaculée ne produisaient sur eux pas le moindre effet. À leurs yeux, l’existence d’une fille était considérée comme un symbole d’humiliation et de déshonneur. Qu’une femme devienne l’épouse d’un autre homme et l’appelle « père » leur paraissait un déshonneur inimaginable. Ils trouvaient également extrêmement honteux qu’un homme devienne leur gendre et que leurs gendres les appellent « beau-père ». En réalité, dès qu’ils apprenaient qu’une fille était née dans leur foyer, ils étaient bouleversés par l’inquiétude. Ils s’efforçaient de jeter immédiatement plusieurs pelletées de terre sur cet objet de prétendue honte. Ils détestaient terriblement le fait de devenir le beau-père de quelqu’un et le père de l’épouse d’un homme. Le Saint Coran a dépeint ainsi cette pensée répréhensible :
وإذا بشر أحدهم بالأنثى ظل وجهه مسوداً وَهُوَ كَظِيمٌ يَتَوَارَى مِنَ الْقَوْمِ مِنْ سُوءِ مَا بُشِرَبِهِ ، أَيُمْسِكُهُ عَلَى هُونٍ أَمْ يَدُسُهُ فِي التَّرَابِ —
« Lorsqu’on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son visage s’assombrit et il refoule sa colère. Il se cache des gens, à cause de cette mauvaise nouvelle qui lui a été annoncée. Il se demande : la gardera-t-il malgré l’humiliation, ou l’enfouira-t-il dans la terre ? » — Sourate An-Nahl, 58-59
Certaines tribus et certains individus arabes étaient réputés pour cette cruauté et cette dureté de cœur. Ces injustes considéraient comme un acte de grand mérite le fait d’enterrer vivantes les filles sans défense et innocentes. Ces impitoyables se glorifiaient même de leur cruauté. Un homme se présenta auprès du Noble Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — et, vantant son exploit, déclara qu’il avait enterré vivantes de ses propres mains huit filles.
Le récit déchirant d’une fille innocente
Chez la tribu des Banû Tamîm, la pratique cruelle d’enterrer vivantes les filles était particulièrement répandue. Lorsque le chef de cette tribu, Qays ibn Âsim, embrassa l’islam, il raconta l’histoire déchirante de l’enterrement vivant, de sa propre main, de sa fille innocente, et dit :
« Ô Messager d’Allah ! J’étais parti en voyage. Pendant ce temps, une fille naquit de moi. Si j’avais été à la maison, dès que j’aurais entendu sa voix, je l’aurais enterrée dans la terre et réduite au silence pour toujours. Sa mère l’éleva tant bien que mal pendant quelque temps. Puis, à force de s’occuper d’elle, l’affection maternelle devint très intense. La mère trembla à l’idée que son père l’enterre vivante. En réalité, effrayée par ma cruauté, elle envoya sa fille bien-aimée chez sa tante maternelle. Elle espérait qu’une fois devenue grande après y avoir été élevée, la miséricorde naîtrait aussi dans le cœur de son père. Lorsque je revins de voyage, j’appris qu’un enfant mort était né dans ma maison. Ainsi l’affaire fut-elle considérée comme réglée. La fille continua d’être élevée chez sa tante, jusqu’à devenir assez grande.
Par la volonté d’Allah, je sortis un jour pour une affaire. Sa mère pensa : “Aujourd’hui, le père de la fille n’est pas à la maison. Quel mal y aurait-il à ramener sa fille ici ?” Elle la ramena donc à la maison. Malheureusement, quelques jours plus tard, je rentrai moi aussi. À mon arrivée, je vis une enfant d’une beauté incomparable courir et jouer d’un bout à l’autre de la maison. Un amour inconnu jaillit également dans mon cœur. En voyant mon regard, ma femme comprit que l’affection paternelle jusque-là endormie s’était éveillée et que l’effet du lien du sang avait produit son influence.
Je demandai à ma femme : “Ô femme de bon augure, à qui est cette enfant ? Quelle fille merveilleusement belle !” En réponse, ma femme me raconta toute l’histoire. Sans hésiter, je pris la petite dans mes bras. Sa mère lui dit : “Voici ton père.” La fille se blottit contre moi. Comblée de joie par l’affection de son père, elle collait son visage au mien en répétant : “Papa, papa.” Lorsqu’elle accourait vers moi en criant “Papa, papa !”, je la serrais dans mes bras et ressentais une paix extraordinaire.
Les jours passèrent ainsi, et la fille grandit insouciante, entourée de tendresse et d’amour. Pourtant, en la regardant, il m’arrivait de penser que, par sa faute, je devrais devenir beau-père. Je devrais également subir cette humiliation : ma fille deviendrait l’épouse de quelqu’un. Comment pourrais-je montrer mon visage en public ? Mon honneur et ma réputation seraient réduits à néant. Finalement, mon prétendu sens de la dignité m’excita, la digue de ma patience se rompit et je décidai d’enterrer à tout prix cette source d’humiliation.
Je dis à ma femme de préparer la fille, car je l’emmènerais avec moi à une invitation. Ma femme la baigna, lui fit revêtir des vêtements propres, puis la para et la prépara. La petite fille débordait elle aussi de joie à l’idée de sortir avec son père. Je partis avec elle en direction d’une forêt déserte. Elle marchait avec moi en dansant de bonheur, tandis que mon cœur de pierre ne nourrissait qu’une seule pensée : comment enterrer au plus vite ce fardeau de honte. Elle ne se doutait de rien. Tantôt l’enfant innocente me tenait la main, tantôt elle courait devant moi, tantôt, transportée de joie, elle avançait en parlant sans arrêt.
Enfin, je m’arrêtai en un endroit et me mis à y creuser un trou. La petite fille fut déconcertée : pourquoi son père creusait-il un trou dans une forêt isolée ? Elle me demanda : “Papa, pourquoi creuses-tu ce trou ?” Elle ignorait que son père cruel creusait justement sa tombe pour la réduire au silence à jamais. Pendant que je creusais, de la terre tomba sur mes pieds et mes vêtements. Avec ses petites mains délicates et chéries, l’enfant innocente enleva la terre et dit d’une voix enfantine : “Papa, tes vêtements se salissent.”
Lorsque j’eus fini de creuser un trou profond, je soulevai cette fille pure, innocente et souriante, et la jetai dans le trou. Je me mis aussitôt à la recouvrir de terre. La fille me regarda avec douleur et se mit à crier : “Mon père, ô mon père, qu’est-ce que tu fais ? Papa, qu’est-ce que tu fais ? Papa, je n’ai rien fait. Papa, pourquoi m’enterres-tu dans la terre ?” Et moi, comme si j’étais muet, aveugle et sourd, je continuai mon œuvre.
Ô Messager d’Allah ! Aucune compassion ni aucune pitié ne naquit dans mon cœur injuste et de pierre. Après avoir enterré ma fille vivante, je repartis en poussant un soupir de soulagement. En entendant le récit, douloureux et bouleversant, de cette cruauté infligée à une fille innocente et de son impuissance, le cœur du Messager de la miséricorde pour les mondes, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, fut accablé de tristesse. Des larmes se mirent à couler abondamment de ses yeux bénis. Il disait en pleurant : “C’est l’acte d’un cœur extrêmement dur. Comment Allah ferait-Il miséricorde à celui qui n’est pas capable de faire miséricorde aux autres ?”»
Récit édifiant
Un homme raconta devant le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, une histoire de son époque d’ignorance, et la décrivit d’une manière telle que le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, en fut profondément bouleversé.
« Ô Messager d’Allah ! Nous étions ignorants. Nous ne savions rien. Nous adorions les idoles de pierre et nous livrions de nos propres mains nos enfants bien-aimés à la mort. Ô Messager d’Allah, j’avais une fille que j’aimais profondément. Chaque fois que je l’appelais, elle accourait vers moi. Un jour, je l’appelai. Toute joyeuse, elle accourut vers moi. Je partis avec elle. Je marchais devant, et elle me suivait en courant. À peu de distance de ma maison se trouvait un puits profond. J’atteignis ce puits et m’arrêtai. La petite fille vint également jusqu’à moi. Puis, ô Messager d’Allah, je la saisis par la main, la soulevai et la jetai dans le puits. La fille innocente se mit à crier au fond du puits et à m’appeler “Papa, papa !” d’une voix extrêmement émouvante. Ô Messager d’Allah ! Ce fut son dernier cri dans la vie. »
En entendant ce récit poignant, le cœur du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, fut accablé de douleur et des larmes se mirent à couler de ses yeux. Un Compagnon l’injuria et lui dit : “Tu as inutilement fait souffrir le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, en lui racontant cette histoire douloureuse.” En entendant cela, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : “Non, ne lui dis rien. Ne lui dis rien. Il est venu entendre le remède au malheur qui l’a frappé.” Puis il s’adressa à l’homme lui-même et lui dit : “Raconte encore ton histoire.” Le Compagnon raconta une deuxième fois cette histoire pleine de douleur. En l’entendant, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, fut saisi d’un état extraordinaire. À force de pleurer, sa barbe bénie fut trempée de larmes. Puis il lui dit : “Grâce au fait que vous avez embrassé l’islam, tous les péchés de l’époque de l’ignorance ont été pardonnés. Va maintenant et accomplis de bonnes œuvres.” — Musnad al-Dârimî
Allah seul sait combien de filles innocentes et sans défense furent victimes de cette oppression, et pendant combien de temps les filles furent enterrées vivantes par leurs propres parents. Certes, même à cette époque, il existait des hommes miséricordieux et épris d’Allah. Ils s’efforcèrent de sauver les filles de cette oppression et de cette barbarie. Mais leurs efforts individuels ne purent mettre fin à cette terrible pratique.
Les efforts louables pour sauver les filles de l’enterrement vivant
Farazdaq était un poète arabe renommé. Il tirait une grande fierté d’un fait particulier : son grand-père, le vénérable Cha‘cha‘, avait sauvé de nombreuses filles de l’enterrement vivant. Le vénérable Cha‘cha‘ raconte lui-même son histoire :
« Un jour, je partis à la recherche de mes deux chameaux égarés. Au loin, j’aperçus un feu. Tantôt ses flammes s’élevaient vivement, tantôt elles s’éteignaient. Je me demandai ce qui se passait et décidai d’aller voir. Peut-être une personne frappée par un malheur avait-elle allumé ce feu. Je me mis en route, résolu à tenter de lui venir en aide et de dissiper son malheur si elle était effectivement en difficulté et si je pouvais lui être utile. Je pressai toutefois mes chameaux et, peu après, j’atteignis le quartier des Banû Anmâr. Je vis alors un vieillard aux longs cheveux assis devant sa demeure, en train de se lamenter, tandis que plusieurs femmes entouraient une autre femme. Celle-ci souffrait des douleurs de l’accouchement. Après les salutations et les prières, je m’enquis de la situation. Elles m’apprirent que cette femme souffrait depuis trois jours des douleurs de l’enfantement. Alors que je m’entretenais de cela avec le vieil homme, les femmes s’écrièrent que l’enfant était né. Le vieillard cria : “Si c’est un garçon, tant mieux. Mais si c’est une fille, je ne veux pas entendre sa voix. Je vais la tuer sur-le-champ.” Je lui dis avec beaucoup de douceur : “Cheikh, ne faites pas cela. C’est votre propre fille. Quant à sa subsistance, son Pourvoyeur est Allah.” Le vieillard rugit de nouveau : “Non, je ne la laisserai pas vivre. Je la tuerai, quoi qu’il arrive.” Comme j’insistais humblement, il changea quelque peu d’attitude et dit : “Si tu es vraiment si miséricordieux, paie son prix et emmène-la pour l’élever.” Je répondis sans hésiter que j’étais prêt à l’acheter. J’achetai donc la nouveau-née et repartis heureux, promettant à Allah d’élever cette petite fille avec affection et amour. Je promis également à Allah que, chaque fois qu’un homme au cœur de pierre voudrait tuer une fille innocente, je ne le laisserais jamais faire. Je l’emmènerais en en payant le prix et l’élèverais avec la plus grande tendresse et le plus grand amour. Cette pratique se poursuivit ensuite. Finalement, Allah Tout-Puissant envoya Muhammad, qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix. Jusqu’à cette époque, j’avais sauvé quatre-vingt-quatorze petites filles des griffes de parents injustes. Puis le Messager, qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix, mit fin à cette malédiction pour toujours. »
L’islam purifie la société de toutes les pratiques oppressives consistant à tuer les enfants et mentionne, comme signe distinctif des serviteurs bien-aimés d’Allah, qu’ils prient Allah de faire de leurs enfants une source de fraîcheur pour leurs yeux :
والَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّتِنَا قُرَّةَ أَعْيُن – الفرقان : ٧٤« et ceux qui disent : “Seigneur, accorde-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie de nos yeux.” » — Sourate Al-Furqân, 74
La naissance d’une fille
Qu’une fille ou un garçon naisse dans votre foyer, vous vous en réjouissez. Il est naturel que vous manifestiez votre joie à cette occasion. Vous ne souhaitez pas seulement exprimer votre bonheur ; vous voulez aussi que vos amis et vos proches y prennent part. Et c’est effectivement ce qui se produit. Tant que vous avez devant vous la lumière que l’islam vous a montrée et l’exemple du Prophète, qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix, vous ne pouvez même pas envisager de faire une distinction entre un fils et une fille : vous réjouir de la naissance d’un fils et ne pas le faire à la naissance d’une fille. Considérer l’existence d’une fille comme déshonorante et donner la préférence au fils sur la fille sont les conséquences d’une pensée contraire à l’islam. La société islamique doit absolument être purifiée de ces conceptions. Certes, la société islamique en est déjà affranchie. Pourtant, on trouve encore des familles où l’atmosphère n’est pas la même à la naissance d’un fils et à celle d’une fille. La joie manifestée sincèrement à la naissance d’un fils ne l’est pas lorsqu’il s’agit d’une fille. La bonne nouvelle de la naissance d’un fils est annoncée aux proches et aux amis avec une émotion et un enthousiasme qui ne se retrouvent pas dans l’annonce de la naissance d’une fille, contrairement à ce qui se fait pour un garçon. Les félicitations adressées pour la naissance d’une fille ressemblent souvent à une invitation à prendre patience.
Dites-moi vous-même quel sens peuvent avoir des phrases telles que : “Ma taille est brisée. Je suis complètement anéanti. Le désir de mon cœur est resté dans mon cœur. Je la prendrai aussi dans mes bras. Mais c’est différent lorsqu’il s’agit d’un fils. J’ai baissé la tête de honte. Ceux qui ont une fille ne peuvent même pas relever la tête. Bon, mon frère, qui peut s’opposer à la volonté d’Allah ? Qu’Allah améliore son destin. Allah nous a mis à l’épreuve. C’est Lui qui donnera le courage. J’aime aussi ma fille, mais je ressens une grande tristesse. Si c’était un fils, ma joie aurait été d’une tout autre nature. Je ne vous ai pas annoncé la nouvelle, car que pourrais-je bien vous annoncer ? Il s’est produit ce qui se produit toujours. Que pourrais-je écrire à ce sujet ?” Qu’Allah pardonne ! Dites-moi, quel rapport ces paroles peuvent-elles avoir avec l’enseignement islamique ? Pourtant, consciemment ou inconsciemment, ces propos sont répétés dans certaines familles musulmanes. Les hommes comme les femmes les répètent.
La question des enfants relève directement du pouvoir d’Allah. La volonté ou les désirs de quiconque n’y ont aucune prise. Allah seul sait aussi pour qui une fille est meilleure et pour qui un fils l’est. Vous pouvez certes prier et souhaiter avoir une fille plutôt qu’un fils, ou un fils plutôt qu’une fille. Mais il n’est pas nécessaire que votre souhait se réalise et que votre prière soit exaucée. Le Maître de cette décision est Allah, le Très-Haut, et Lui seul. Personne n’a le pouvoir de modifier Sa décision ni de L’influencer. Nul n’est associé à Sa puissance ni à Son pouvoir.
يخلق ما يشاء ، يهب لمن يشاء انانا ويهب لمن يشاء الذكور أو يزوجهم ذكرانا وإناثًا ، ويجعل من يشاءُ عَقِيمًا ، إِنَّهُ عَلِيمٌ قدير – شوری : ٥٠٤٩« Il crée ce qu’Il veut. À qui Il veut, Il donne des filles ; à qui Il veut, Il donne des garçons ; à qui Il veut, Il accorde à la fois des garçons et des filles ; et qui Il veut, Il le rend stérile. Il est certes Omniscient et Omnipotent. »
En vérité, l’être humain est totalement impuissant lorsqu’il s’agit des enfants. S’il réfléchit à cette question, il constatera que, dans toute la création, seul le commandement d’Allah s’exerce et que nul ne partage Sa divinité. En matière d’enfants, la grandeur ni les miracles de personne ne sont d’aucune utilité. Les amulettes et les traitements ne servent pas davantage. Donner un enfant à autrui ou faire naître un garçon à la place d’une fille est encore bien plus hors de portée : même les personnes dotées de grandes capacités spirituelles ne peuvent obtenir, dans leur propre foyer, la naissance d’un enfant selon leurs propres souhaits. Et s’il est privé d’enfant, il lui est impossible d’en obtenir un par ses propres efforts.
Il ne vous est pas non plus possible de savoir, par quelque connaissance que ce soit, si une fille sera meilleure pour vous ou si ce sera un garçon. On voit parfois dans une maison uniquement des filles, et cette maison est comblée de bénédictions et d’épreuves. Dans une autre maison, il n’y a que des garçons, mais chacun d’eux est devenu une source de maux de tête pour ses parents. Il arrive aussi qu’après avoir donné naissance à plusieurs garçons, une mère prie jour et nuit pour avoir une fille ; mais dès qu’Allah lui en accorde une, on dit aussitôt qu’elle a ruiné la vie de ses parents, et la mère est contrainte de formuler cette malédiction : « Hélas ! Si seulement j’étais morte au moment de ma naissance, comme cela aurait été préférable ! » Il arrive également que des parents ne puissent même pas supporter la présence de leur fils, tandis que leur fille leur soit si chère qu’ils ne cessent de chanter ses louanges. En vérité, Allah seul connaît l’invisible et Lui seul sait en quoi résident la félicité et le bien de l’être humain.
Les filles sont une cause de bonheur
L’épouse d’Imrân invoqua Allah en disant : « Ô Seigneur ! Je Te voue en offrande l’enfant que je dois mettre au monde. Accepte donc mon offrande. » Mais lorsqu’elle donna naissance à une fille, elle fut très préoccupée et dit : « Seigneur ! C’est une fille. Ô Allah ! Comment cette fille permettra-t-elle d’atteindre l’objectif visé ? Un garçon n’est pas comme une fille. Un garçon est libéré des faiblesses naturelles et des contraintes de la civilisation. » Pourtant, Allah savait parfaitement pour quelle mission l’épouse d’Imrân l’avait consacrée. Elle était extrêmement préoccupée parce qu’il s’agissait d’une fille. Elle se demandait comment serait atteint l’objectif pour lequel elle avait voulu consacrer son enfant. Savait-elle que cette fille serait précisément la cause de sa félicité et qu’elle illuminerait son nom jusqu’au Jour de la Résurrection ? C’est grâce à elle que le nom de l’épouse d’Imrân serait conservé dans le dernier Livre céleste, que des millions et des millions de personnes se souviendraient de son nom jusqu’au Jour de la Résurrection, et qu’elle deviendrait, grâce à elle, la grand-mère d’un prophète éminent sur lequel Allah ferait descendre le Livre de l’Évangile.
En vérité, Allah n’a pas rendu vaine l’offrande de l’épouse d’Imrân. Au contraire, Il a accepté cette fille d’une manière si belle que cela sera évoqué jusqu’au Jour de la Résurrection. Son nom est conservé dans les feuillets ; sa lecture est une source de récompense, son écoute est une source de récompense, et le fait de la faire écouter est également une source de récompense. Le Saint Coran relate également cette histoire en ces termes :
متقبلها ربها بقبول حسن وأنبتها نباتا حسنَا ، وَكَفَلَهَا زَكَرِيَّا ، كُلَّمَا دَخَلَ عليها زكريا المحراب ، وجد عندها رزقا ، قال يمريمُ أَنِّي لَكَ هَذَا ، قَالَتْ
هُوَ مِنْ عِندِ اللهِ ، إِنَّ اللهَ يَرْزُقُ مَنْ يَشَاء بغير حساب ال عمران : ۲۷« Finalement, son Seigneur l’accepta d’une belle manière, la fit croître d’une belle croissance et plaça Zakariya sous sa tutelle. Chaque fois que Zakariya entrait auprès d’elle dans le sanctuaire, il trouvait auprès d’elle quelque nourriture ou quelque boisson. Il lui demandait : “Ô Maryam, d’où cela te vient-il ?” Elle répondait : “Cela vient d’Allah.” En vérité, Allah accorde une subsistance abondante à qui Il veut. »
L’enfant est un don d’Allah. La fille est également Son don, tout comme le garçon. Celui qui reçoit un don doit en reconnaître la valeur et exprimer sa gratitude envers Celui qui le lui a accordé. Il ne sied jamais au croyant de ne pas apprécier le don d’Allah et de se montrer ingrat. Allah sait mieux à qui accorder telle ou telle grâce, et c’est Lui qui, selon Sa science et Sa puissance, prend des décisions empreintes de sagesse. Il incombe au croyant d’être satisfait de Sa décision et de considérer celle-ci comme bénéfique pour lui.
La croyance de tout homme et de toute femme croyants au sujet du Bien-Aimé Prophète — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix — est que nul n’a été ni ne pourra être créé meilleur ou plus éminent que lui. Il était le père de quatre filles. Le Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix — a dit au sujet de Khadija — qu’Allah l’agrée — qu’il n’existait dans les cieux ni sur la terre aucune femme meilleure qu’elle. C’est par son intermédiaire qu’Allah avait accordé ces quatre filles au Bien-Aimé Prophète — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix — et Khadija — qu’Allah l’agrée — était la mère de ces quatre filles. Le Prophète — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix — a donné à la communauté cette directive :
لا تَكْرِهُو الْبَنَاتِ فَإِنِّي أَبُو الْبَنَاتِ« Ne détestez pas les filles, car je suis moi-même le père de filles. »
Il a également dit que les filles sont extrêmement affectueuses et qu’elles sont une source de bien, de bonté et de bénédictions. Dans le Kanz al-Ummal, Hazrat Ibn Shurayt rapporte :
سبعة رَسُولَ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِذَا وُلِدَ لِلرَّجُلُ ابْنَةُ بَعَثَ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ مَلَئِكَةٌ يَقُولُونَ السَّلامُ عَلَيْكُمْ يَا أَهْلَ الْبَيْتِ يَكْتَنفُونَهَا
بأجنحتهم ويمسحون بأيديهم على رأسها ويَقُولُونَ ضَعِيفَةٌ خَرَجَتْ مِنْ ضعيفة القيم عليها معان إلى يوم القيمة – المعجم الصغير اللطبراني« J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et Sa paix — dire : lorsqu’une fille naît dans la maison d’un homme, Allah y envoie des anges. Ils viennent et disent : “Que la paix soit sur vous, ô habitants de cette maison !” Ils entourent de leurs ailes la fille qui vient de naître, posent leurs mains sur sa tête et disent : “C’est un être faible, né d’une vie faible. Celui qui assumera la responsabilité d’élever cet être faible bénéficiera de l’aide d’Allah jusqu’au Jour de la Résurrection.” » — Al-Mu‘jam al-Saghir d’al-Tabarani
Un homme était assis auprès de ʿAbdullah ibn ʿUmar, qu’Allah l’agrée. Cet homme avait plusieurs filles. Il dit : « Hélas ! Si seulement ces filles mouraient, ce serait tellement mieux. » En entendant cela, ʿAbdullah ibn ʿUmar, qu’Allah l’agrée, entra dans une grande colère et lui dit : « Est-ce toi qui leur accordes leur subsistance ? »
Deux raisons fondamentales peuvent expliquer le froncement des sourcils et la tristesse à la naissance d’une fille. La première consiste à considérer l’existence d’une fille comme une honte, et la seconde à s’alarmer des dépenses qu’elle entraînera.
Si l’on analyse la première raison, on constate qu’elle est extrêmement honteuse. En effet, comment cela pourrait-il être une honte pour une femme qui souhaite vivre selon la lumière de l’islam et qui considère la vie bénie du Messager, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, comme un modèle ? Le Prophète bien-aimé, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, était lui-même père de filles et a décrit leur existence comme un bouclier contre l’Enfer et un moyen d’accéder au Paradis.
En examinant la seconde raison, on constate que de telles conceptions jahilites ne peuvent même pas effleurer l’esprit d’un musulman. Comment celui qui croit qu’Allah est Celui qui accorde la subsistance et pourvoit aux besoins peut-il imaginer qu’il est le pourvoyeur de la subsistance de sa fille ? La croyance de celui qui a foi dans les attributs d’Allah est que Seul Allah accorde la subsistance et pourvoit aux besoins, et qu’Allah fournit la subsistance à toute créature. Chacun apporte avec lui la part de subsistance qui lui est destinée. Quel droit un être humain a-t-il de penser qu’il pourvoit à la subsistance d’autrui, alors qu’Allah lui-même lui accorde sa subsistance et qu’il dépend d’Allah pour satisfaire ses propres besoins ?
Nul ne peut savoir ce que le destin réserve à chacun. Il se peut que la fille fragile qui vient de naître arrive avec une force exceptionnelle et un destin grandiose. Il n’est pas non plus exclu, selon la puissance d’Allah, que la fille fragile née dans votre foyer n’apporte pas seulement sa propre subsistance, mais qu’elle puisse aussi, par la faveur de son destin, améliorer votre situation. En vous faisant le protecteur d’une fille fragile, Allah vous a accordé un immense iḥsān. Et quel iḥsān ! Si vous y réfléchissez, vous serez submergé de gratitude. Le Paradis, qu’Allah a entouré d’un chemin ardu, plein d’épreuves et de difficultés, vous a été rendu plus facilement accessible parce que vous êtes les parents d’une fille.
L’éducation des enfants
Le deuxième droit important des enfants est celui d’être nourris et élevés. De même que l’enfant dépend de ses parents pour venir à l’existence, il dépend également d’eux pour grandir, être élevé et être pris en charge. La petite enfance est une période de grande vulnérabilité. S’il ne bénéficie pas alors de la tutelle et des soins de ses parents, il ne peut pas se développer convenablement. C’est pourquoi, après avoir exposé la valeur et l’importance de l’enfant, l’islam a présenté comme son deuxième droit celui d’être correctement élevé et pris en charge.
La bienveillance d’Allah envers les parents
Élever un enfant est une tâche extrêmement difficile. Elle exige une patience sans limites, le sacrifice et le dévouement, ainsi qu’une affection et un amour sincères. Allah a placé dans le cœur des parents un amour infini pour leur enfant et leur a donné une volonté puissante de l’élever, les rendant ainsi capables d’assumer cette lourde responsabilité. Tout en supportant diverses difficultés durant l’éducation de l’enfant, les parents n’éprouvent jamais de dégoût ; au contraire, même au milieu de ces peines et de ces épreuves, ils ressentent intérieurement de la sérénité. Après avoir accepté les souffrances et enduré toutes sortes de difficultés, il leur suffit de poser un regard affectueux sur l’enfant pour qu’une vague de fierté et de joie les envahisse. Une telle joie spirituelle naît dans leur cœur que le souvenir de toutes les peines et difficultés liées à son éducation disparaît. Par cette affection sincère et extraordinaire envers l’enfant, Allah a fait preuve d’une immense bienveillance envers les parents. Sans cette émotion et cet élan, l’accomplissement du devoir d’élever un enfant serait probablement devenu pour les parents une épreuve considérable, et très peu de gens auraient été capables d’assumer cette mission pénible.
Pensez à cette mère faible et épuisée qui, pendant plusieurs mois déterminés, dépense peu à peu son corps et sa force vitale pour donner la force d’exister à un enfant, puis met sa vie en jeu pour donner naissance à un nouveau-né. Pensez à ce nouveau-né : un morceau de chair sans défense, qui n’a même pas la capacité de parler. Et cette mère malade, sans se soucier de sa propre vie, accueille avec le sourire les difficultés de l’élever, au prix du sacrifice et de l’endurance.
Les pleurs incessants de l’enfant ne lui causent pas le moindre malaise. Il urine et fait ses besoins à maintes reprises, non seulement dans le lit, mais souvent aussi sur son corps et ses vêtements. Pourtant, elle ne s’en formalise pas. De plus, si l’enfant souffre, cette mère fragile le prend dans ses bras et passe toute la nuit sans dormir. Elle n’en ressent pas la moindre peine. Au contraire, en voyant son enfant souffrir, elle s’agite au point que, si cela était possible, elle serait prête à prendre la souffrance sur elle-même pour lui apporter du soulagement.
Il en va de même pour le père. Il n’hésite nullement à dépenser pour cet enfant délicat l’argent gagné à la sueur de son front, que ce soit pour célébrer sa naissance ou pour se réjouir de son ʿaqīqah. Il dépense toujours ses biens avec joie. Il endure la chaleur qui brûle le corps, affronte les violentes rafales du vent brûlant, travaille durement sous un soleil qui fend les pierres et, dans un froid qui glace le sang, court et se démène à toute heure ; tout ce qu’il gagne au prix de grandes difficultés, il le gagne pour ses enfants. Puis, lorsqu’il le dépense pour eux, il n’en éprouve aucune peine intérieure ; au contraire, il ressent une immense paix spirituelle. Si le cœur des parents n’était pas rempli d’un amour et d’une affection sans limites pour cet enfant, ainsi que d’un désir ardent de l’élever, comment tout cela serait-il possible ?
L’éducation des enfants, une inclination naturelle
L’amour envers l’enfant et l’élan qui pousse à l’élever sont des instincts innés. Allah a créé cet instinct dans le cœur de chaque parent. Que les parents soient musulmans ou non, qu’ils croient ou non en une religion ou en Allah, cela ne fait aucune différence. C’est en raison de l’impérieuse nécessité d’assurer la pérennité de l’humanité et de maintenir cette terre habitée qu’Allah Très-Haut a créé en chaque être humain l’instinct et le désir d’élever des enfants. C’est pourquoi Allah a accordé à tous les parents, sans distinction, cette inclination naturelle. Il est naturel que chacun souhaite que son enfant prenne un jour sa place, perpétue son nom, hérite de ses biens et de ses moyens de subsistance, ainsi que de son histoire, de sa civilisation, de ses règles et de ses coutumes. L’enfant est une partie du corps et de l’âme de ses parents. Il est donc naturel que sa vie leur soit chère. Même ceux qui comprennent clairement l’éducation des enfants et les sentiments qu’elle suscite considèrent, sous l’effet de cette affection et de cet amour innés, l’éducation des enfants comme un devoir excellent et une bonne œuvre. Pour qu’une femme supporte toutes sortes de difficultés pour l’amour de l’enfant et endure des sacrifices constants, il lui suffit d’être sa mère. Qu’elle ait foi en l’islam, qu’elle suive une autre religion que l’islam ou qu’elle ne reconnaisse absolument aucune religion, cela ne change rien.
La différence de la mère musulmane dans la question de l’éducation
Allah, le Très-Haut, a accordé à toutes les mères le sentiment d’affection envers leurs enfants et l’élan nécessaire à leur éducation. La mère musulmane comme celle qui ignore l’islam élève son enfant sous l’impulsion de l’instinct naturel. Cependant, leurs conceptions, les raisons de leurs efforts, leurs méthodes d’action ainsi que les effets et les conséquences de leurs efforts sont très différents.
La mère privée de l’islam limite à ce bas monde tout ce qu’elle pense ou peut penser concernant l’éducation de son enfant. Après avoir franchi la frontière de la mort, sa vision ne s’étend pas jusqu’au monde éternel. Elle l’élève parce qu’il est son enfant. Son cœur éprouve pour lui une affection et un attachement sans limites. Elle l’élève parce que l’éducation des enfants est une bonne œuvre en ce monde et que cet élan instinctif l’y pousse.
Elle pense que son enfant perpétuera sa lignée, ou qu’en grandissant il lui procurera confort et tranquillité et deviendra son soutien. Sous l’influence de ces conceptions, elle élève son enfant de manière à ce qu’il puisse mener une vie réussie du point de vue matériel.
La mère musulmane élève elle aussi son enfant par affection illimitée envers lui. Elle considère également que l’enfant est le moyen d’assurer la pérennité de sa descendance. Il est pour elle un soutien dans la vie et un refuge dans la vieillesse. Mais la différence est qu’elle considère l’éducation de l’enfant comme une responsabilité religieuse et comme un moyen d’obtenir le salut dans l’au-delà et la satisfaction d’Allah. De plus, les parents musulmans soumettent leur manière d’élever leurs enfants aux commandements et aux prescriptions de l’islam. Ils n’élèvent pas leurs enfants uniquement pour qu’ils passent leur vie terrestre dans l’aisance et le confort ; ils forment au contraire, sous leur tutelle, des combattants de la foi dont la vision est lointaine, qui vivent et meurent en ce monde pour y vivre conformément à la volonté d’Allah et obtenir Sa satisfaction dans l’au-delà.
Pour la mère musulmane, l’éducation de l’enfant ne concerne pas uniquement la vie matérielle de ce monde : ses effets bons ou mauvais se manifesteront également dans cette autre vie appelée la vie future, à laquelle elle croit. Elle pense que si elle forme son enfant selon les conceptions islamiques et l’élève conformément aux directives de l’islam, sa vie future sera belle. Allah sera satisfait d’elle, lui accordera le Paradis et fera pleuvoir sur elle Ses récompenses. Mais si elle fait preuve de faiblesse dans l’accomplissement de cette responsabilité ou ne forme pas ses enfants conformément aux directives d’Allah, elle sera couverte de honte dans l’au-delà et sa vie future sera ruinée. Allah sera mécontent d’elle et la châtiera.
Même poussée par l’affection maternelle, la mère musulmane élève ses enfants et espère en recevoir une bonne récompense dès ce monde. Mais elle espère également sa rétribution et sa récompense au jour où elle en aura davantage besoin qu’en ce monde. Cette récompense sera éternelle.
La mère privée de la grâce de l’islam ne peut jamais éprouver envers son enfant un élan d’amour comparable à celui de la mère musulmane. Lorsque l’élan de la foi s’ajoute à l’affection instinctive, la profondeur de tendresse et de sincérité qui en résulte ne peut naître dans le cœur d’une mère non musulmane. De plus, la joie et la force qui naissent dans le cœur de la mère musulmane du fait de conceptions fondamentales et caractéristiques ne peuvent naître dans le cœur de la mère non musulmane.
Le plus grand avantage de ce type de pensée et d’action est que, même si l’enfant est incapable de satisfaire les aspirations de sa mère malgré tous ses efforts et ses sacrifices, celle-ci n’en éprouve pas de honte. Elle ne désespère pas non plus et son activité ne diminue pas. Elle reste au contraire toujours fortifiée par la conviction que, même si son enfant échoue en ce monde à satisfaire ses aspirations, Allah lui accordera la rétribution et la récompense qu’elle espère auprès de Lui. En effet, Allah ne laisse jamais perdre la récompense des œuvres de Ses serviteurs. Il est infiniment puissant. Il rétribue pleinement les belles œuvres de Ses serviteurs et ne les prive jamais de leur récompense.
إِنَّ هَذَا كَانَ لَكُمْ جَزَاء وَكَانَ سَعيكم مشكورا الدهر : ٢٢« C’est là votre récompense, et vos efforts sont agréés et ne sont pas perdus. » — Sourate Al-Insan, 22
La puissance d’Allah se manifeste ainsi : Il accroît encore, par Sa grâce, les bonnes œuvres de Ses serviteurs et leur accorde des récompenses et des rétributions multipliées. Même si leurs œuvres comportent quelques défauts et manquements, Il ne diminue pas leur récompense ; au contraire, Il leur pardonne ces défauts et accroît la récompense par Sa grâce.
ومن يُقْتَرِفْ حَسَنَةً نَزِدْلَهُ فِيهَا حُسْنًا ، إِنَّ اللهَ غَفُورٌ شَكُور – الشورى : ۲۳« Quiconque accomplit une bonne action, Nous en accroîtrons la beauté pour lui. Certes, Allah est Grand Pardonneur et Très Reconnaissant. » — Sourate Ach-Choura, 23
Le sens de l’éducation des enfants : deux responsabilités
La responsabilité des parents dans l’éducation des enfants est égale, et ils s’en acquittent tous deux ensemble. L’éducation des enfants signifie assumer deux types de responsabilités.
Premièrement : assurer les soins et l’éducation de l’enfant.
Deuxièmement : fournir les moyens financiers nécessaires à son entretien.
La première responsabilité consiste à veiller à la croissance des enfants, à les protéger et à les surveiller. Il faut assurer leur santé et leur confort. Ces soins doivent leur être prodigués jusqu’à ce qu’ils soient capables de se nourrir seuls. La mère allaitera l’enfant et veillera sur lui. Même après le sevrage, il faudra prendre soin de lui jusqu’à sa maturité et veiller à ses besoins physiques et moraux, afin qu’il puisse, grâce à cette éducation, acquérir le sens des responsabilités humaines et devenir apte à assumer ses propres responsabilités.
La deuxième responsabilité consiste à prendre en charge toutes les dépenses de l’enfant depuis sa naissance jusqu’à sa puberté. Il faut assumer toutes les dépenses liées à sa nourriture, à ses vêtements et à son logement, ainsi que les frais de ses soins, de la surveillance de sa santé physique, de son éducation et de sa formation.
Répartition des responsabilités
Bien que la première responsabilité, c’est-à-dire les soins et l’éducation de l’enfant, incombe aux deux parents, elle pèse naturellement davantage sur la mère. L’islam lui a également accordé ce droit. Il incombe aussi à la mère d’allaiter normalement son enfant pendant deux ans. La deuxième responsabilité, c’est-à-dire la prise en charge des dépenses, est confiée exclusivement au père. Allah a dispensé la mère de cette responsabilité afin qu’elle puisse rester constamment auprès des enfants et s’acquitter avec concentration, de manière belle et adéquate, de la part de responsabilité qui lui revient.
Le véritable mérite de la mère réside dans le service consacré à l’éducation des enfants
Le véritable domaine des efforts de la mère est son foyer, et son mérite essentiel consiste à prendre soin de l’enfant et à lui prodiguer une éducation attentive. C’est précisément ce service que l’islam lui a confié comme responsabilité. C’est là le véritable domaine de sa réussite et son mérite véritable. À ce sujet, elle devra rendre des comptes le Jour de la Résurrection. Le Noble Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit :
والمرأة راعية في بيت زوجها ومسئولة عن رعيتها – بخاری، مسلم« La femme est la gardienne de la maison de son mari et elle est responsable de ceux qui sont sous sa garde. Elle sera interrogée au sujet des personnes et des biens dont elle a été chargée. » — Al-Bukhari et Muslim
Chaque fois et partout où l’on a éloigné la femme de son véritable domaine pour l’attirer vers le monde extérieur, et où l’on a fait peser sur elle, en lui faisant miroiter le rêve d’un progrès anormal, le fardeau de responsabilités extérieures dépassant ses devoirs naturels, la vie familiale s’est détruite. La vie extérieure elle-même a connu des bouleversements semblables à ceux du Jour de la Résurrection, et la vie des enfants a également été dévastée et ruinée. Pourtant, Allah le Très-Haut ne leur avait pas confié cette responsabilité. Dans son aspiration illusoire au progrès, la femme a accepté une double responsabilité.
Dans les pays où cette expérimentation n’est pas encore achevée, les femmes s’épuisent pour satisfaire leurs aspirations intérieures, tandis que la société court aveuglément sur cette voie. Mais ceux qui ont achevé l’expérimentation de cette civilisation désastreuse en subissent les fruits amers. Honteux de leurs actes, ils songent à revenir en arrière. Arnold Toynbee, le grand penseur occidental de l’époque moderne, a écrit :
« Les périodes de l’histoire humaine qui ont été frappées par le déclin sont celles où la femme a porté ses pas au-delà des quatre murs de son foyer. »
Le Dr Judd a écrit : « Si les femmes se contentaient d’assumer dans leur foyer la responsabilité de veiller sur celui-ci et d’élever leurs enfants, j’ai la pleine confiance que ce monde deviendrait le symbole du Paradis. »
Le plus éminent guide, le vénéré Muhammad Mustafa, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, avait averti son ummah depuis longtemps que l’époque où vous serez soumis à vos épouses et où les rênes de vos affaires collectives seront remises entre leurs mains serait une époque très mauvaise pour vous. Il a en outre dit :
إِذَا كَانَ أَمَرَ أَنكُم شراركُمْ وَأَغْنِيَاءكُم بِخَلاتُكُمْ وَأَمركم إلى نساءكم
فَبَطْنُ الأَرْضِ خَيرٌ لكم من ظهرها – مشكوة باب تغير الناس« Lorsque vos dirigeants et vos responsables seront des gens mauvais, que vos riches seront avares et que vos affaires seront confiées aux femmes, alors le sein de la terre sera meilleur pour vous que sa surface. » — Mishkat
Le bien-aimé Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit aux femmes de sa ummah : si vous continuez à remplir vos responsabilités naturelles de manière belle et convenable, vous serez avec moi au Paradis. Cela signifie que vos responsabilités naturelles et domestiques sont, aux yeux d’Allah, extrêmement importantes et précieuses. Il ne faut en aucune manière les considérer comme insignifiantes. Seules réussissent les femmes qui s’acquittent avec sincérité de leur véritable responsabilité. Les femmes qui, portant sur leurs épaules le fardeau des responsabilités extérieures, veulent se tenir aux côtés des hommes dans tous les domaines ne peuvent jamais réussir. Le bien-aimé Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit :
أيما امرأة قعدت على بيت أولادها فهي مَعِي فِي الْجَنَّةِ – كنز العمال« Toute femme qui reste chez elle pour s’occuper de ses enfants sera avec moi au Paradis. » — Kanz al-‘Ummal
Quel plus grand bonheur et quelle plus grande réussite les femmes pourraient-elles espérer que d’être au Paradis avec le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui ? Chaque femme peut obtenir ce bonheur si elle s’occupe de ses enfants, accomplit les tâches du foyer et assume sa véritable responsabilité.
En vérité, Allah le Très-Haut a créé la constitution physique de la femme, ses sentiments et émotions particuliers et purs, ses qualités morales particulières ainsi que son tempérament particulier en les rendant précisément aptes à cette tâche. L’éloigner de cette activité naturelle et lui imposer d’autres tâches n’est rien d’autre qu’une injustice.
L’œuvre qui confère aux femmes la plus haute dignité
Considérer les tâches ménagères comme dégradantes, juger indigne l’éducation des enfants et considérer la participation aux activités collectives extérieures comme un progrès n’est rien d’autre qu’une idée fausse. L’islam vous a certes accordé le droit de participer aux activités collectives, dans certaines limites. Mais il ne vous a pas accordé ce droit pour que vous considériez vos responsabilités naturelles comme indignes, que vous les abandonniez et que vous considériez l’accomplissement de responsabilités extérieures comme un progrès. Le véritable développement de la civilisation et de la culture humaines consiste à édifier une société humaine avancée. Or, pour édifier une telle société, il est indispensable d’assumer la responsabilité d’élever les enfants et de former des êtres au caractère noble et à la nature pure. En effet, une société saine ne peut être constituée que de bonnes personnes. Nul, hormis les femmes, ne peut accomplir cette tâche. Les bonnes personnes sont élevées dans de bonnes poitrines maternelles. C’est pourquoi l’islam a qualifié votre œuvre de tâche la plus honorable. Cette œuvre est, du point de vue de l’islam, un jihad, et le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a décrit le jihad comme le sommet de la religion. Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit à Muadh, qu’Allah l’agrée :
ألا أدلك برأس الأمر وعموده وذروة سنامه ؟ قُلْتُ بَلَى يَا رَسُولَ الله ! قَالَ رَأس الأمر الإسلام وعموده الصلوة وذروة سنامه الجهاد – ترمذى« Voulez-vous que je vous indique la tête de la religion, son pilier et son sommet ? » Je répondis : « Oui, ô Messager d’Allah ! » Il dit : « La tête de la religion est l’obéissance, son pilier est la prière et son sommet est le jihad. »
À la lumière de cet enseignement, si vous vous consacrez à la gestion de votre foyer et à l’éducation de vos enfants, vous êtes dans le champ du jihad et, aux yeux d’Allah, votre rang est égal à celui du mujahid. Il est rapporté d’Aïcha, qu’Allah l’agrée, que le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
عَلَيْكُنَّ بِالْبَيْتِ فَإِنَّهُ جِهَادُكُن – مسند احمد ج ۲« Vous devez vous consacrer à votre foyer, car telle est votre forme de jihad. »
Ne pas se remarier pour ses enfants
Si le mari d’une femme décède, il lui est non seulement permis de se remarier, mais cela est également recommandé. Toutefois, si une femme ne se remarie pas pour le bien de son propre enfant et sacrifie sa beauté et sa jeunesse pour l’enfant orphelin de son mari défunt, son acte sera si apprécié et agréé qu’elle sera, le Jour de la Résurrection, aux côtés du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.
قَالَ رَسُولُ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَا وَامْرَأَةُ سَفَعَاءُ الخَدِّينِ كَهَاتَيْنِ يوم القيمة وأوما يزيد بن زريع إلى الوسطى والسبابة امرأة أمت من زوجها ذات منصب وجمال حبست نفسها علَى يَتَامَاهَا حَتَّى بَانُوا أَوْ مَاتُوا« Le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Le Jour de la Résurrection, moi et la femme aux joues brûlées par l’inquiétude serons ensemble comme ces deux doigts.” (Yazid ibn Zuray a alors montré son majeur et son index.) Il s’agit de la femme dont le mari est décédé. C’est une femme de haute naissance, honorable et belle. Pourtant, pour le bien de ses enfants orphelins, elle s’abstient de se remarier, jusqu’à ce que ces enfants ne soient plus sous sa tutelle ou qu’ils quittent ce monde. »
L’expression « femme privée de mari » peut avoir deux sens. Premièrement, celle dont le mari est décédé. Deuxièmement, celle dont le mari a divorcé. Du point de vue lexical, ayyima désigne une personne privée de lien conjugal. Un homme peut être privé de ce lien, tout comme une femme. Ici, le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a loué l’acte de l’homme ou de la femme privés de conjoint : autrement dit, la femme ne se remarie pas par considération pour les enfants orphelins. C’est pourquoi il est naturellement question ici de la veuve. Toutefois, si une femme est répudiée par son mari et que, pour une raison quelconque, un enfant se retrouve à sa charge, puis qu’elle ne se remarie pas par considération pour cet enfant, on peut espérer qu’elle bénéficiera elle aussi de cette récompense.
L’éducation des enfants et les Compagnes
Les Compagnes qui avaient cru au Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et s’étaient immergées dans sa guidance aimaient profondément, de tout leur être et de tout leur cœur, chacune des instructions et chacun des enseignements du bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et s’acquittaient du devoir de les mettre en pratique uniquement pour obtenir l’agrément d’Allah. Ces Compagnes aux âmes élevées — qu’Allah soit satisfait d’elles — assumèrent également la responsabilité d’élever leurs enfants. Pour le bien de leurs enfants, elles sacrifièrent tout : le confort, les espoirs et les aspirations, ainsi que leur beauté et leur jeunesse. En vérité, elles avaient correctement assimilé les enseignements du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.
Une mère assumant la responsabilité de l’éducation
« Qu’Allah accorde une excellente récompense à ma mère. Elle a assumé la responsabilité de mon éducation et de ma tutelle. » C’est ainsi que le vénérable Anas — qu’Allah soit satisfait de lui — serviteur particulier du bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — parla de sa mère.
La mère d’Anas, Umm Sulaym, était surtout connue par sa kunya. Son véritable nom était Ramilah ou Sahlah, et son surnom était Rumaysâ. Son père s’appelait Malhân. Elle était apparentée à la tribu najjâr des Ansar.
Elle épousa un jeune homme de sa propre tribu, Mâlik ibn an-Nadr. C’est de lui que naquit Anas — qu’Allah soit satisfait de lui. Alors qu’Anas était encore enfant, Umm Sulaym embrassa l’islam.
Umm Sulaym aimait son jeune enfant de toute son âme. Lorsqu’elle lui enseignait la formule de foi, Mâlik ibn an-Nadr se mettait très en colère. Finalement, mécontent, il partit en Syrie.
En Syrie, l’un de ses ennemis saisit l’occasion pour le tuer, et Umm Sulaym devint veuve alors qu’elle était encore jeune. Les propositions de mariage commencèrent alors à lui parvenir. Mais elle les refusa toutes en disant : « Je ne me marierai pas tant que mon fils n’aura pas acquis la capacité de se tenir dans les assemblées et d’y converser. Ensuite, lorsque Anas lui-même acceptera mon mariage, je me marierai. »
Umm Sulaym était une jeune femme, et Anas était encore un enfant. Umm Sulaym était dans l’inquiétude. Mais elle ne pouvait supporter que les mauvais traitements d’un beau-père causent la moindre blessure dans le cœur de l’enfant.
Lorsque Anas — qu’Allah soit satisfait de lui — devint jeune homme, Abû Talhah lui adressa une proposition de mariage. Mais comment aurait-elle pu l’accepter ? Abû Talhah n’était pas musulman. Elle refusa donc cette proposition. Cependant, ce refus était un refus empreint d’une grande sagesse, afin que les yeux d’Abû Talhah s’ouvrent. Umm Sulaym dit :
يا أبا طلحة الست تعلم أن الهك الذي تعيد نبت مِنَ الْأَرْضِ قَالَ بَلَى قَالَت
أفلا تستحيي تعبد شجرة – اصابه ج دوم و مسند احمد« Abû Talhah, ne savez-vous pas que celui que vous avez pris pour dieu et que vous adorez sort de terre ? Il répondit : “Si, je le sais.” Umm Sulaym poursuivit alors : “N’avez-vous donc pas honte d’adorer un arbre ?” — Al-Isâbah et le Musnad d’Ahmad
En entendant cela, Abû Talhah se mit à réfléchir. Il partit alors. Mais la souillure de son cœur commença à se dissiper. Quelques jours plus tard, il revint auprès d’Umm Sulaym et fut honoré par l’acceptation de l’islam.
Lorsqu’Umm Sulaym vit qu’Allah le Très-Haut avait honoré Abû Talhah du bienfait de l’islam, elle lui dit, sans se soucier de sa faiblesse ni de sa pauvreté : « Abû Talhah, j’accepte ta proposition. Ma dot sera ton islam. » Le mariage d’Umm Sulaym avait ainsi été conclu pour assurer l’avenir de cet enfant vertueux, pour la bonne éducation duquel elle avait refusé de se marier jusque-là. Anas — qu’Allah soit satisfait de lui — disait : « La dot de ma mère était également d’une nature extraordinaire. »
On peut mesurer le rang élevé de cette pieuse épouse auprès d’Allah à travers le récit suivant du bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — :
دخلت الجنَّةَ فَسَمِعتُ خَشَفَةً فَقُلْتُ مَا هذَا فَقِيلَ الرميصاء بنت ملحان –
صحيح مسلم ج دوم وطبقات ابن سعد ج هشتم« J’entrai au Paradis et j’entendis un bruit. Je demandai : “Quel est ce bruit ?” On me répondit : “C’est la voix de Rumaysâ, fille de Malhân.” » — Muslim et les Tabaqât d’Ibn Sa‘d
Un sacrifice sans précédent pour élever les enfants
Qui pouvait être plus cher aux Compagnes du Messager de Dieu — qu’Allah les agrée — que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ? Pourtant, lorsque le Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — demanda en mariage Umm Hânî, la fille de son oncle paternel Abû Tâlib, elle s’en excusa, car les Compagnes avaient parfaitement assimilé l’enseignement que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — leur avait dispensé sur l’importance d’élever les enfants. Réfléchissez aux paroles qu’Umm Hânî adressa au Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — en s’excusant. Vous comprendrez alors clairement quelle importance les Compagnes accordaient à l’éducation des enfants. Umm Hânî dit :
« Ô Messager d’Allah ! Vous m’êtes plus cher que mes deux yeux. Mais les droits du mari sont bien plus grands. Si je me marie, je crains que, si je m’acquitte du droit de servir mon mari, je ne puisse m’acquitter des droits de ces joyaux de mon cœur (mes enfants). Et si je me consacre au service de mes enfants, je ne pourrai pas m’acquitter des droits de mon mari. » — Ṭabaqāt d’Ibn Saʿd : récit concernant Umm Hânî
C’était cette heureuse Umm Hânî, dans la demeure de laquelle le Noble Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — fit ses ablutions majeures et accomplit la prière de la matinée le jour de la conquête de La Mecque. Les deux polythéistes auxquels Umm Hânî avait accordé sa protection dans sa maison en raison des liens de parenté, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — leur accorda lui aussi sa protection. — Musnad Aḥmad
Le lait maternel du point de vue islamique
Dans le cadre de l’éducation de l’enfant, la mère l’allaite naturellement. C’est une règle ou une coutume bien connue ! C’est le droit de l’enfant bien-aimé sur sa mère. C’est également une exigence de la maternité. Donner à l’enfant le lait de sa mère est une coutume bien connue et une pratique courante dans la société. D’autre part, chaque mère considère naturellement et instinctivement l’allaitement de son enfant comme un devoir. Porter l’enfant dans son sein, lui donner naissance et l’allaiter pour assurer sa croissance sont des dispositions naturelles propres à toute mère.
Le Noble Coran dit :
والوالدت يرضعن أولادهن حولين كاملين لِمَنْ أَرَادَ أَن يَتِمَّ الرَّضَاعَةَ .
« Les mères allaiteront leurs enfants durant deux années complètes, pour celui qui désire mener l’allaitement à son terme. » — Sourate al-Baqara : 233
Ce verset ordonne en réalité d’allaiter à toutes les mères dont le mari a prononcé le divorce ou qui se sont séparées de leur mari par khulʿ. L’enfant possède un droit naturel au lait de sa mère, et il n’est pas seulement un morceau du cœur de son père, mais aussi de celui de sa mère. C’est pourquoi la mère ne doit pas déverser sur l’enfant la colère qu’elle éprouve envers son père, ni porter atteinte aux droits de l’enfant. Puisque le Noble Coran ordonne aux femmes séparées de leur mari de ne pas refuser d’allaiter leur enfant, il est clair que l’allaitement est un droit et une responsabilité religieuse de la mère. Mais comment se fait-il que l’allaitement soit ordonné à la femme séparée de son mari, alors qu’aucun ordre similaire ne soit donné à la femme qui demeure avec son mari ? Dans les deux situations, un même ordre s’applique en raison de la maternité. Le Noble Coran a donné cette orientation par crainte que, du fait de la séparation d’avec son mari, l’enfant ne soit privé de son droit à être allaité. Si le Noble Coran ne donne pas séparément d’ordre concernant les mères qui vivent avec leur mari, c’est parce que l’allaitement de son propre enfant est une pratique courante, et que chaque mère, poussée par son instinct naturel, allaite son enfant et en éprouve la sérénité du cœur et la joie spirituelle. Ainsi, cette instruction ressort également clairement de ce verset du Noble Coran. Par conséquent, le Coran n’a pas présenté cette question comme une règle juridique permanente. Il l’a plutôt exposée comme un devoir naturel et une pratique courante, en adoptant le principe suivant : de même que chaque mère porte le fardeau de son enfant et assume l’acte de lui donner naissance, elle lui fait aussi boire le sang de son cœur pendant deux années.
حملته أنه كرها ووضعته كرها ، وحمله وفصله ثلثون شهراً – –
« Sa mère l’a porté avec peine et l’a mis au monde avec peine, et la durée de sa gestation jusqu’au sevrage est de trente mois. » — Sourate al-Aḥqāf : 15
Ce verset reconnaît les trois grands bienfaits accordés par la mère.
Premièrement : la mère l’a porté dans son sein au prix de grandes souffrances.
Deuxièmement : elle lui a donné naissance au prix de grandes souffrances.
Troisièmement : la mère l’a allaité.
Ces trois bienfaits sans précédent impliquent que la mère possède, par rapport au père, trois fois plus de droits. Ce qui est évoqué dans le Noble Coran, le Prophète éminent — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — l’a expliqué ainsi en tant qu’interprète de ses enseignements :
« Un Compagnon demanda : “Ô Messager d’Allah ! Qui a le plus droit à ma bonne conduite ?” Il répondit : “Ta mère.” Il demanda : “Et après ma mère, qui vient ensuite ?” Il répondit : “Ta mère.” Le Compagnon demanda : “Et ensuite qui ?” Il répondit : “Ta mère.” Il demanda encore : “Et ensuite qui ?” Il répondit : “Ton père.” » — Al-Bukhârî et Muslim
Il ressort de cette narration du Coran et de la Sunna que chaque enfant doit à sa mère trois fois plus de droits. En effet, la mère accomplit naturellement trois actes envers son enfant. Elle le porte pendant neuf mois, en supportant faiblesse sur faiblesse. Puis, au péril de sa vie, elle lui donne naissance, et enfin, pendant deux années, elle lui fait boire le sang de son cœur. C’est l’instinct naturel et la tâche habituelle de toute mère. Par cet acte, le Noble Coran a exposé avec une grande sagesse l’attachement de l’enfant et le bienfait de la mère, affirmant que la mère possède trois fois plus de droits que le père.
L’islam est une religion naturelle. C’est pourquoi l’islam n’impose à personne une souffrance inutile. En règle générale, la mère devrait allaiter pendant deux ans. Mais si, pour une raison quelconque, il devient nécessaire de sevrer l’enfant avant l’achèvement des deux années, l’islam ne rend pas obligatoire l’allaitement pendant deux ans. De même, si une femme est malade ou faible et qu’il existe un risque que sa santé se détériore davantage, il lui est permis, selon les circonstances, de ne pas allaiter. En revanche, ne pas allaiter uniquement pour des raisons de mode, sans difficulté réelle ni nécessité, est considéré comme une atteinte au droit de l’enfant et comme un acte de dureté de cœur.
Les femmes qui, influencées par l’éclat de la civilisation moderne, n’allaitent pas leur enfant, ou le privent de leur lait par crainte que l’allaitement n’altère leur beauté, leur jeunesse et leur charme, et ne détruise leur jeunesse, sont, bien qu’elles soient mères, privées de la tendresse et des sentiments de la mère ainsi que du cœur maternel. En effet, aucun lait ne peut remplacer le lait maternel pour l’enfant. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a lancé une sévère mise en garde contre les femmes animées par de telles conceptions. Le Prophète éminent — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a averti du châtiment extrêmement grave réservé aux femmes qui, sous l’influence de ces activités blâmables, privent leur propre enfant de leur lait. En relatant l’événement de la nuit du Miʿrâj, le Prophète éminent — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :
ثم انطلق بي فَإِذَا بِنِسَاء تَنهش تديَهُنَّ الْحَيَّاتُ قُلْتُ مَا بَالُ هَؤُلَاءِ قَبْلَ هُؤُلاء
يمنعن أولادهن البانهن – ترغيب وترهيب« Puis on m’emmena encore plus loin. Entre-temps, je vis plusieurs femmes dont les seins étaient mordus par des serpents. Je demandai : “Qui sont ces femmes ?” On me répondit : “Ce sont celles qui ne faisaient pas boire leur propre lait à leurs enfants.” » — At-Targhîb wa at-Tarhîb
L’importance religieuse et morale du lait maternel
Le lait maternel est une nourriture naturelle pour l’enfant. Cette nourriture lui procure une santé parfaite et de la vigueur. Mais il ne constitue pas seulement une nourriture physique : il est également une nourriture spirituelle et morale. Le lait maternel exerce une profonde influence sur le cœur de l’enfant, ses émotions et ses sentiments, ainsi que sur son caractère et ses actes. En allaitant son enfant, la mère ne lui fournit pas uniquement une nourriture nutritive ; avec chaque goutte de lait, elle fait également pénétrer dans son corps et son âme ses pensées pures, ses nobles émotions, ses aspirations élevées et son caractère louable. Naturellement, l’enfant assimile tout cela en même temps que le lait de sa mère. Du point de vue moral, le lait maternel est extrêmement important. En effet, toute nourriture exerce nécessairement une influence sur le caractère et les actes de l’être humain. Mais puisque le lait est la première nourriture de l’homme, son importance est d’autant plus grande.
Si, pour une raison quelconque, un enfant ne peut pas recevoir le lait de sa propre mère et doit être allaité par une femme étrangère, il faut veiller à ce que la santé de cette femme soit bonne. Il faut également qu’elle soit satisfaisante du point de vue de la pureté et de la chasteté, qu’elle soit recommandable par ses émotions, ses sentiments et ses pensées, digne de confiance dans son caractère et ses actes, et bonne dans ses habitudes et ses dispositions naturelles, afin que l’enfant puisse acquérir auprès d’elle un beau caractère.
Le lait est la cause principale de l’extraordinaire relation et du profond amour qui se créent entre la mère et l’enfant. Les mères qui n’allaitent pas leurs enfants ne ressentent pas pour eux l’attachement qui naît précisément de l’allaitement. Si elles se plaignent ensuite de l’absence de liens et de la froideur de leur relation avec leurs enfants, elles en sont elles-mêmes responsables. En effet, durant les deux premières années de la vie de leur enfant, si elles ne l’ont pas serré contre leur sein chaleureux et n’ont pas ainsi vivifié l’affection, l’amour et le lien spirituel, il est naturel que cette situation en soit la conséquence.
Dans la loi islamique, on ne s’est pas contenté de reconnaître l’importance du lait ; on lui a accordé une telle importance que des règles concernant le licite et l’illicite ont été établies sur cette base.
En arabe, l’allaitement est appelé radâ‘at. L’islam considère cette radâ‘at comme presque aussi digne de respect que la parenté. Si, pour une raison quelconque, un enfant est allaité par une femme étrangère, un lien de radâ‘at s’établit entre lui et cette femme. La femme qui l’a allaité devient sa mère de lait. Le statut de la mère de lait est presque semblable à celui de la mère biologique. Du fait de cet allaitement, la femme seule ne devient pas mère de lait : son mari devient le père de lait de l’enfant, et ses enfants deviennent ses frères et sœurs de lait. Dans la loi islamique, le statut de ces liens de parenté est presque semblable à celui des liens de parenté par le sang. Ainsi, le mariage entre ces personnes devient interdit de la même manière qu’il est interdit entre les parents par le sang. Il est dit dans le Noble Coran :
وأُمَّهَاتُكُمُ الَّتِي أَرضَعْنَكُم وَأَخَوَاتُكُم من الرضاعة – النساء : ٢٣« Et vos mères qui vous ont allaités, ainsi que vos sœurs de lait. »
En d’autres termes, les parents qui deviennent interdits en raison du lien avec les parents biologiques deviennent également interdits en raison du lien avec les parents de lait. En expliquant cette règle, le noble Messager d’Allah a dit :
إِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ مِنَ الرَّضَاعَةِ مَا حَرَّمَ مِنَ النَّسب – صحيح مسلم« Allah a rendu interdits, en raison de l’allaitement, les mêmes parents qu’Il a rendus interdits en raison de la filiation. » — Sahîh Muslim
L’importance accordée à l’allaitement dans la loi islamique est telle que, si un homme et une femme se marient sans savoir qu’un lien d’allaitement existe entre eux, ce mariage sera annulé sur le seul témoignage d’une femme ; dès qu’ils apprennent l’existence de ce lien, il ne leur sera même plus permis un seul instant de vivre ensemble comme mari et femme.
‘Uqbah ibn Al-Hârith épousa une femme. Après le mariage, une femme vint leur dire : « Je vous ai tous les deux allaités. » ‘Uqbah demanda aux proches de la famille de son épouse ce qu’il en était, mais ils déclarèrent ne rien savoir. Finalement, ‘Uqbah, qu’Allah l’agrée, se rendit auprès du noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui exposa toute l’affaire. Après l’avoir écouté, le noble Prophète dit : « Comment pouvez-vous encore rester ensemble ? » ‘Uqbah, qu’Allah l’agrée, divorça alors de cette femme, qui épousa ensuite un autre homme. — Sahîh Al-Bukhârî
La valeur inestimable de l’allaitement
Compte tenu de l’importance extraordinaire de l’allaitement maternel et de ses immenses bienfaits moraux et spirituels, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a, tout en adressant de sévères avertissements à celles qui n’allaitent pas leurs enfants, également encouragé les mères à le faire. S’adressant aux femmes musulmanes, il a dit : « En allaitant la chair de votre chair, vous n’en recevrez pas seulement la rétribution dans ce monde ; dans la vie de l’au-delà également, vous recevrez une récompense et des bienfaits immenses. » Le bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :
وإِن لها من أول رضعة ترضعه أجر حياة نسمة – كنز العمال« La femme musulmane qui donne à son enfant sa première gorgée de lait recevra une récompense équivalente à celle de quelqu’un qui a donné la vie à un être humain. » — Kanz al-‘Ummal
En outre, le bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a comparé la femme qui allaite à un combattant engagé dans la voie d’Allah et qui monte continuellement la garde. Si cette femme meurt durant cette période, elle obtient la récompense du martyre.
Le lait maternel du point de vue médical et psychologique
Le lait maternel est également extraordinairement bénéfique du point de vue médical et psychologique. Des spécialistes de la médecine et de la psychologie ont beaucoup écrit à ce sujet. Nous présentons ici des extraits d’un article de recherche publié par un organisme de recherche médicale et sanitaire. Ces extraits permettront de comprendre ce que les spécialistes de la médecine et de la psychologie pensent de cette question, ainsi que les bienfaits que vous et votre descendance pouvez retirer de l’encouragement que l’islam vous adresse à faire valoir ce droit.
« Les nombreuses exigences de la civilisation moderne nous éloignent de nombreuses lois naturelles. Beaucoup de femmes enceintes se demandent si elles doivent nourrir leur enfant de leur propre lait ou de lait de vache. Il est nécessaire de leur faire savoir que le lait de vache ne peut en aucun cas remplacer le lait maternel. Si vous voulez préserver votre enfant de toutes sortes d’allergies, de maux de ventre et d’indigestions, allaitez-le.
Après la naissance de l’enfant, le fait de l’allaiter permet au corps de la mère de retrouver rapidement la santé. En outre, la faiblesse des enfants nés prématurément est elle aussi éliminée grâce au lait maternel. »
L’histoire d’une mère
L’enfant d’une femme naquit six semaines avant le terme prévu. L’infirmière lui serra une bande autour du corps. La femme lui demanda : « Pourquoi m’avez-vous attaché cette bande ? »
L’infirmière répondit : « Nous vous l’avons attachée afin que votre lait ne monte pas. »
« Mais je veux allaiter mon enfant. »
« Vous ne pourrez pas l’allaiter », répondit l’infirmière. « Comme votre enfant est né avant terme, il est faible. Vous devrez rester séparée de lui pendant quelques semaines. »
« Docteur ! » dit la femme, déçue par l’infirmière. « Pouvez-vous m’aider ? Je veux allaiter mon enfant. »
Le médecin répondit d’un ton réprobateur : « Vous savez que votre enfant est né quelques semaines trop tôt. »
« C’est précisément pour cela que je veux lui donner mon lait. Je veux que son corps faible reçoive immédiatement des forces et qu’il survive. »
« Cette question ne se pose même pas. »
« Si vous voulez lui donner votre lait, nous devrons l’extraire au moyen d’un appareil. Êtes-vous prête à cela ? »
Par affection pour son enfant, la mère y était prête. Son lait fut extrait à l’aide d’un appareil électrique. Il arrivait qu’on en obtienne jusqu’à onze onces. D’autres enfants de l’hôpital en buvaient également. Lorsque la mère quitta l’hôpital, l’enfant y resta, car son poids était inférieur à six livres. À la maison, la mère tirait son lait à l’aide d’un tire-lait et l’envoyait à l’hôpital pour son enfant. Entre-temps, celui-ci atteignit l’âge de cinq semaines, puis elle le ramena chez elle.
Dans notre société éprise de mode, on trouverait très peu de femmes qui insistent, comme cette femme, pour allaiter leur enfant. Elle avait vu de ses propres yeux la situation de ses amies. Elle savait que les enfants nourris au biberon souffrent constamment de maux de ventre. Bien que son enfant soit né avant terme, il retrouva très rapidement un état normal, et la faiblesse ressentie au début disparut aussitôt.
Le lait maternel et la santé
Dans les pays où, au nom des exigences modernes de la civilisation, les mères manifestent de la réticence à allaiter leurs enfants, le niveau de santé décline et les enfants sont privés des qualités de leurs parents.
Durant les premiers jours, le lait maternel contient une substance appelée colostrum. Ce colostrum donne à l’enfant une solide force vitale. La quantité de vitamine A qu’il contient ne se retrouve plus par la suite. Elle diminue progressivement. C’est pourquoi, au début, la mère doit absolument allaiter son enfant. Le bébé n’acquiert pas cette vitamine dans le ventre de sa mère. Il doit donc impérativement la recevoir au début de sa vie. Le colostrum protège également les nouveau-nés contre les attaques des microbes extérieurs.
Les nouveau-nés sont exposés à la toux et à la pneumonie. S’ils reçoivent du colostrum, le risque de contracter ces maladies diminue. La plupart des enfants qui meurent au cours du premier mois suivant leur naissance meurent en raison d’une carence en colostrum.
Les recherches modernes
Les chercheurs s’accordent à dire que le meilleur moyen de protéger les nouveau-nés de toutes sortes de souffrances consiste à les allaiter. Cet aliment répond pour eux au besoin de médicaments. La plupart des maladies dont souffrent les enfants au début de leur vie sont dues à leur alimentation.
À la réflexion, on constate que la situation des animaux est totalement différente de celle des êtres humains. Le lait de vache convient parfaitement à son veau, car celui-ci doit se tenir très rapidement sur ses propres jambes. Il a davantage besoin de force physique que de facultés cérébrales. Le bébé humain, lui, n’a pas besoin de se déplacer immédiatement après sa naissance. Il doit développer ses facultés cérébrales. Le lait maternel agit comme le moyen idéal pour acquérir ces facultés.
Le lait maternel contient 4 % de matières grasses. En revanche, le lait du phoque en contient 40 %. La raison en est claire : le corps du phoque a rapidement besoin d’une couche de graisse. Grâce à cette graisse, il résiste au froid de la glace et de l’eau glacée et peut survivre. En revanche, le lait de lapine contient une proportion de protéines un peu plus élevée : dix fois supérieure à celle du lait humain. C’est pourquoi le lapereau grandit à une vitesse fulgurante. En seulement six jours, son poids double par rapport à celui qu’il avait à la naissance. Il faut six mois au poids d’un bébé humain pour doubler. Telle est la loi de la nature.
Les méfaits de l’allaitement avec un autre lait que celui de la mère
Selon les conceptions modernes, l’hypertension artérielle ne survient pas seulement à un âge avancé ; elle commence dès l’enfance. Sa principale cause est l’excès de sodium du lait de vache. L’une des causes de l’augmentation des maladies cardiaques dans les nations éprises de mode est la consommation d’un autre lait que le lait maternel. Une enquête a révélé qu’en Amérique, le nombre de mères qui allaitent leur propre enfant a diminué de moitié. Dans une ville de Grande-Bretagne, ce nombre est passé de 77 % à 36 %, et en cinq ans, en France, le nombre d’enfants qui n’avaient pas été allaités est passé de 31 % à 51 %. En réalité, la nature a rendu le lait de chaque mammifère adapté uniquement à son propre petit.
L’affection
L’enfant que sa mère prend contre sa poitrine pour l’allaiter reçoit, en plus du lait, le sentiment d’être protégé auprès d’elle. Ce sentiment reste éveillé toute sa vie et contribue, sur le plan psychologique, à faire de lui une bonne personne. Cette relation fondée sur l’allaitement crée un lien indestructible entre la mère et l’enfant. Ce lien et cette relation de tendresse ne peuvent pas s’acheter sur un marché.
Les spécialistes des maladies mentales affirment que l’une des principales causes de l’augmentation de ces maladies est qu’aujourd’hui les êtres humains sont privés de l’affection maternelle. La civilisation moderne érige un mur artificiel entre la mère et l’enfant. Une bouteille sans vie en verre ou en plastique, remplie de lait animal, ne peut remplacer les bras doux de la mère ni son lait parfaitement adapté. De plus, rien ne peut égaler la sérénité que ressent la mère au moment d’allaiter.
Assumer les dépenses liées à l’éducation des enfants
La deuxième composante de l’éducation des enfants consiste à subvenir à leurs dépenses. L’islam a confié exclusivement au père la responsabilité de ces dépenses. En effet, Allah le Très-Haut a chargé l’homme de se démener pour assurer sa subsistance et de fournir les biens nécessaires à la vie. C’est pour cela qu’Il lui a également accordé une force physique, mentale et morale. Par rapport aux femmes, les hommes ont reçu davantage de santé physique, d’endurance au travail, de courage, de fermeté, de capacité de réflexion, ainsi que de force physique et morale, car ils avaient davantage besoin de ces forces et de ces aptitudes pour leurs responsabilités particulières. Allah le Très-Haut a dispensé les femmes de la responsabilité de se démener pour gagner leur subsistance et leur a confié la responsabilité du foyer. C’est pourquoi Il leur a accordé les qualités appropriées. En somme, Allah a donné à l’homme et à la femme des aptitudes différentes et leur a confié la responsabilité d’assumer convenablement les devoirs propres à leurs domaines respectifs.
Le sens de la prise en charge des dépenses
La responsabilité de subvenir aux dépenses signifie que le père doit prendre en charge toutes les dépenses de l’enfant depuis sa naissance jusqu’à sa majorité. Cela comprend les frais liés à sa naissance, sa nourriture et sa boisson, ses vêtements et son voile, les frais de soins et de surveillance, ceux de sa santé et de son confort, ainsi que la rémunération d’une autre femme s’il est nécessaire qu’elle l’allaite. Si la mère de l’enfant est répudiée et qu’elle allaite l’enfant, le père doit également lui verser cette rémunération. En somme, prendre en charge toutes les dépenses nécessaires à l’éducation et à la croissance de l’enfant est une obligation religieuse du père. Si le père est aisé, il lui incombe également de s’acquitter de la sadaqa et de la fitra de l’enfant, tandis que l’offrande de l’aqîqa est recommandée.
La prise en charge des dépenses et l’affection paternelle
Le père s’acquitte de ce droit de l’enfant avec une grande générosité. Lorsqu’après avoir dépensé sans hésitation les biens acquis à la sueur de son front, il voit son enfant heureux et souriant, toutes ses peines disparaissent. L’émotion de son affection paternelle trouve son apaisement et il déborde de joie. Allah le Très-Haut a fait une immense grâce au père et à l’enfant en créant dans le cœur du père une affection paternelle infinie. Sans cette tendresse et cette compassion naturelles, subvenir aux dépenses de l’enfant aurait été une tâche très difficile si elle n’avait été qu’un devoir, et bien peu de gens auraient été capables de l’assumer. L’éducation des enfants serait alors devenue un problème majeur dans la société humaine, et ceux-ci en auraient généralement été privés. C’est également une immense grâce d’Allah envers l’enfant qu’Il ait placé dans le cœur des parents de l’affection et de la tendresse, et qu’Il leur ait confié la très noble responsabilité de l’élever.
La prise en charge des dépenses et la responsabilité religieuse
Le père musulman subvient aux dépenses de son enfant par affection naturelle. Mais il considère également que subvenir aux dépenses nécessaires à son éducation est une responsabilité religieuse. Allah lui a confié la tutelle de l’enfant et la responsabilité de s’en occuper. En subvenant aux besoins de son enfant, il satisfait d’une part son affection paternelle et exprime d’autre part à Allah son espoir d’obtenir dans l’au-delà une récompense abondante pour cette bonne œuvre. Lorsque cette puissante motivation s’ajoute à l’amour naturel qu’il porte à son enfant, les dépenses engagées pour l’élever deviennent un moyen de réussir dans l’au-delà. Ainsi, lorsque la prise en charge des dépenses liées à l’éducation de l’enfant est orientée vers ce noble objectif, il devient très facile d’assumer cette responsabilité. Le père musulman s’acquitte de cette responsabilité en la considérant comme obligatoire, afin d’obtenir le salut dans l’au-delà et l’agrément d’Allah. Il accepte les travaux les plus pénibles et consent de grands sacrifices pour élever son enfant, et se réjouit de constater que le dépôt qu’Allah lui avait confié n’a pas été dilapidé. En dépensant de l’argent pour élever son enfant, il considère qu’il a dépensé dans la voie d’Allah, conformément à Son commandement. Abû Mas‘ûd al-Badrî, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
إذا أنفق الرَّجُلُ عَلَى أَهْلِهِ نَفَقَةً يَحْسِبُهَا فَهِي لَهُ صَدَقَةٌ – متفق عليه، رياض
الصالحين ص ١٥٢« Lorsqu’un homme dépense pour sa famille en espérant en être récompensé, cette dépense lui est comptée comme une aumône. » — Rapporté par al-Bukhârî et Muslim
Faire une œuvre avec ihtisab signifie l’accomplir uniquement pour obtenir l’agrément d’Allah et la récompense dans l’au-delà, sans aucune autre intention.
Le meilleur modèle
Lorsque le plus jeune fils du noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, Hadrat Ibrahim vint au monde, son esclave Abu Rafi‘ lui en annonça la bonne nouvelle. Dans sa joie, il affranchit immédiatement un esclave. Le septième jour, il accomplit l’aqîqa et fit couper les cheveux de l’enfant. Il donna en aumône, dans le sentier d’Allah, une quantité d’argent équivalente au poids des cheveux. Beaucoup de femmes des Ansar proposèrent d’allaiter l’enfant. Parmi elles, il choisit Khawla bint Zayd al-Ansariyya pour ce service et lui confia Ibrahim. En échange de ce service, quelques palmiers lui furent donnés.
L’aqîqa
Accomplir l’aqîqa pour un enfant est une sunna. Le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a accompli l’aqîqa pour ses propres enfants et a également encouragé les autres à l’accomplir. Il faut toutefois garder fermement à l’esprit que l’aqîqa est une simple sadaqa mustahabb. Ce n’est pas un fard obligatoire. Si quelqu’un ne l’accomplit pas, il ne commet aucun péché. Si le père en a les moyens, il est préférable d’accomplir l’aqîqa. L’aqîqa est une sadaqa pour la vie de l’enfant. Grâce à l’aqîqa, les malheurs sont éloignés et l’enfant est protégé contre les épreuves et les calamités. Le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
رَأْسَهُ . بح عنه يوم سابعه ويُسمّى فِيهِ وَيُخلق كل غلام رهين بحقيقته تذبح عنه يوم .
جامع ترمذی« Chaque enfant est gagé en échange de son aqîqa. Le septième jour, un animal doit être sacrifié en son nom. Ce jour-là, on doit lui donner son nom et lui couper les cheveux. » — Tirmidhi
L’aqîqa désigne en réalité l’animal qui est sacrifié en aumône le septième jour de la naissance du nouveau-né. Si possible, deux béliers ou deux chèvres doivent être sacrifiés pour un garçon, et un seul pour une fille. Toutefois, il n’est pas obligatoire de sacrifier deux animaux pour l’aqîqa d’un garçon. Il est possible d’en sacrifier un seul, qu’il s’agisse d’un bouc ou d’une chèvre. En réalité, c’est une sadaqa pour la vie de l’enfant, et la vie de l’enfant reste gagée en échange de celle-ci. C’est pourquoi accomplir l’aqîqa est une bonne œuvre. Mais la condition est d’en avoir les moyens financiers.
عن على بن أبي طَالِبٍ قَالَ عَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الحسن بشَاةٍ وقال يا فاطمة : اخْلِقى رأسه وتصدقي بِزَنَةِ شَعْرِه فِضة فوزناه فكان وزنه برهما أو بعض درهم – جامع ترمذی« Il est rapporté d’Ali ibn Abi Talib, qu’Allah l’agrée, qu’il a dit : pour l’aqîqa de Hasan, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, sacrifia une chèvre et dit : “Fatima ! Coupe-lui les cheveux et donne en aumône une quantité d’argent équivalente au poids de ses cheveux.” Nous pesâmes ses cheveux, et leur poids était d’un dirham ou légèrement inférieur. » — Tirmidhi
Il ressort de ce hadith qu’il est également permis d’égorger une seule chèvre pour un garçon. Si Allah a accordé des richesses à quelqu’un et qu’il souhaite égorger deux bêtes, il peut le faire avec joie. Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’égorger deux bêtes pour un garçon n’est pas obligatoire : une seule suffit.
L’aqîqa devrait être accomplie le septième jour après la naissance. Si, pour une raison quelconque, cela n’est pas possible le septième jour, elle peut être accomplie le quatorzième ou le vingt-et-unième jour, et même plus tard.
L’aqîqa est une célébration relevant de la sunna. Elle doit être observée très simplement, avec l’intention de suivre la sunna. Il faut veiller tout particulièrement à ce que cette pratique ne soit pas souillée par l’ostentation, l’orgueil, la vanité, ainsi que par les coutumes et les usages. Ceux qui, lors de cette célébration de la sunna, organisent des chants et de la musique et se livrent à toutes sortes de dépenses superflues se trompent eux-mêmes et veulent aussi tromper leur propre Seigneur. Anéantir la sunna au nom de la sunna est le plus odieux des crimes. Dans une telle aqîqa, il est difficile d’espérer obtenir une récompense spirituelle. Au contraire, cette conduite afflige le cœur du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et Allah en est mécontent.
La circoncision
La circoncision est la sunna de tous les prophètes — que la paix soit sur eux — et une pratique islamique. Il est rapporté d’après Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — que le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :
الفطرة خمس الختان والاستحداد، ونتف الابط، وقص الشارب وتعليم الأظفار – الادب المفرد ص ۱۸۸« Cinq pratiques relèvent de la saine nature : la circoncision, le rasage des poils pubiens, l’épilation des poils des aisselles, la taille de la moustache et la coupe des ongles. »
Al-fitra signifie la belle nature ou le bon caractère. Autrement dit, ces cinq pratiques sont des signes de pureté. Depuis les temps anciens, ces cinq pratiques sont considérées comme faisant partie de la sunna des prophètes. Tous les prophètes les ont observées et elles ont été unanimement pratiquées dans les législations de chacun d’eux.
Si l’enfant n’est pas très faible, il convient de le circoncire le septième jour après sa naissance. Cela présente deux avantages. Premièrement, à ce moment-là, la peau de l’enfant est tendre et fine, et elle guérit rapidement. Deuxièmement, cela permet de suivre l’indication de la circoncision au septième jour mentionnée dans un hadith du noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Salmân ibn Âmir — qu’Allah l’agrée — dit : « J’ai entendu le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dire : »
معَ الغُلَامِ عَقِيقَةُ فَأَهْرٍ قُوا عَنْهُ دما وأميطُوا عنه الأذى – بخاري« Avec l’enfant vient l’aqîqa. Faites donc couler du sang en son nom et éloignez de lui les souillures. » — Boukhari
Éloigner les souillures signifie couper les cheveux, donner un bain, etc. Selon certains savants, la circoncision est également incluse dans cette indication, car elle vise elle aussi à éliminer les souillures et à acquérir la pureté.
C’est pourquoi il convient de faire circoncire l’enfant le septième jour. Si cela n’est pas possible pour une raison quelconque, il faut le faire dans les quarante jours. À défaut, on peut le faire à n’importe quel moment ; cela ne pose aucune difficulté. Il faut toutefois garder deux points à l’esprit.
Premièrement, il ne faut pas trop tarder. Il est préférable de faire circoncire l’enfant avant l’âge de sept ans, car ensuite la peau devient plus épaisse et l’intervention est plus douloureuse. Deuxièmement, cette sunna doit être observée très simplement, sans grande pompe. Si les circonstances le permettent, on peut inviter ses amis à manger pour se réjouir d’avoir accompli cette sunna. Mais en faire une célébration permanente et considérer nécessaire de dépenser de l’argent pour l’ostentation ne correspond pas à l’esprit de l’islam. S’imposer inutilement une obligation, puis en subir les conséquences et se créer des difficultés équivaut à désobéir à la Loi religieuse.
Un homme avait invité Othmân ibn Abî al-Âs — qu’Allah l’agrée — à participer chez lui à une célébration de circoncision, mais celui-ci n’y assista pas. Lorsqu’on lui demanda la raison de son absence, il répondit : « À l’époque du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — nous ne participions à aucune célébration de circoncision et nous n’y étions pas invités. »
Il est préférable d’observer cette sunna avec la plus grande simplicité, afin qu’elle ne devienne pas inutilement une charge pour les gens. Toutefois, si le père de l’enfant est aisé et souhaite, en considérant qu’Allah lui a accordé la capacité d’accomplir cette sunna, offrir un repas à quelques personnes ou distribuer des friandises, il n’y a aucun mal à cela. Mais il faut veiller tout particulièrement à ce que cela ne devienne pas une coutume.
La rémunération de la nourrice
C’est au père qu’incombe le paiement de la rémunération de la femme qui allaite l’enfant. Si le père a divorcé de la mère de l’enfant ou si elle a obtenu le khul‘, il est préférable que l’enfant soit allaité par sa mère, et la mère ne devrait pas le priver de son propre lait. Dans cette situation, le père de l’enfant a l’obligation religieuse de subvenir aux besoins de la mère et doit pourvoir à sa nourriture et à ses vêtements. Si la mère n’est pas présente ou si, pour une raison quelconque, une autre femme doit allaiter l’enfant, le paiement de sa rémunération relève également de la responsabilité religieuse du père. Si le père meurt, c’est au grand-père de l’enfant ou à tout autre tuteur de l’enfant qu’incombe le paiement de la rémunération de la femme qui l’allaite. Il est dit dans le Saint Coran :
والوالدت يرضعن أولادهن حولين كاملين لمَنْ أَرَادَ أَنْ يُتِمَّ الرَّضَاعَةَ . وعلى المولودله رزقهن وكسوتهن بالمعروف ، لا تُكَلِّفُ نَفْس إلا وسعها : لا تضار والدة بولدها ولا مولود له بولده وعلى الوارث مثلُ ذَلِكَ ، فَإِنْ أراد فصالاً عن تراض منهما وتشاور فَلا جُنَاحَ عَلَيْهِمَا ، وَإِنْ أَرَدتُّمْ أَن تسترضعوا أولادكم فلا جناح عليكم إِذا سلمتم ما أتيتُم بالمعروف . واتَّقُوا الله واعلموا أن الله بما تعملون بصير البقرة : ٢٣٣
« Les mères allaiteront leurs enfants pendant deux années complètes. Cela concerne celui qui désire mener l’allaitement à son terme. Le père de l’enfant doit assurer convenablement leur nourriture et leurs vêtements. Nul n’est chargé au-delà de sa capacité. Que la mère ne soit pas lésée à cause de son enfant, ni le père à cause de son enfant. Celui à qui revient l’héritage est soumis à la même obligation. Si, d’un commun accord et après consultation, les deux parties désirent sevrer l’enfant, nul grief ne leur sera fait. Et si vous désirez faire allaiter vos enfants par une autre femme, nul grief ne vous sera fait non plus, à condition que vous versiez convenablement la rémunération convenue. Craignez Allah et sachez qu’Allah voit parfaitement ce que vous faites. » — Sourate al-Baqara, 233
De ce verset, on tire sept directives fondamentales relatives à l’allaitement :
Premièrement : les mères allaiteront généralement leurs enfants pendant deux ans.
Deuxièmement : les mères qui, pour une raison quelconque, se sont séparées du père allaiteront elles aussi leur enfant pendant toute la durée prévue. Oui, si le père de l’enfant souhaite que l’allaitement soit poursuivi pendant toute cette durée, il faut le faire.
Troisièmement : pendant la période d’allaitement, c’est au père de l’enfant de prendre en charge les dépenses de nourriture et de vêtements de la mère.
Quatrièmement : si le père de l’enfant n’est pas présent, c’est au grand-père ou à celui qui sera le wali de l’enfant qu’incombe le paiement de la rémunération de la femme qui l’allaite.
Cinquièmement : nul ne peut être chargé au-delà de sa capacité.
D’une part, il ne faut pas importuner la mère en la contraignant, au nom de son amour maternel, à allaiter nécessairement l’enfant. Il ne faut donc pas lui verser une rémunération insuffisante. D’autre part, il ne faut pas non plus la tourmenter en exigeant du père une rémunération excessive.
Sixièmement : si les parents de l’enfant souhaitent le sevrer avant deux ans, d’un commun accord et après consultation, il n’y a aucun inconvénient à cela.
Septièmement : si, pour une raison quelconque, la mère ne souhaite pas allaiter l’enfant de son propre lait, il est permis de le faire allaiter par une autre femme. Il faut toutefois fixer sa rémunération et la lui verser convenablement.
Ces sept directives fondamentales n’ont pas été données uniquement pour être récitées, mais pour être mises en pratique. Seuls peuvent les appliquer correctement ceux qui développent en eux-mêmes deux qualités fondamentales : la crainte d’Allah et la connaissance ainsi que la conviction qu’Allah voit toute chose.
La taqwā, ou crainte d’Allah, signifie se préserver de ce qui Lui déplaît et aspirer à obtenir Son agrément. Cela signifie ne faire, par crainte d’Allah, aucune chose qui provoquerait Sa colère, et accomplir avec sincérité, sous l’impulsion de l’amour d’Allah, toute action propre à obtenir Son agrément. La conviction qu’Allah observe toute chose est le nom donné à une immense force de la foi. D’une part, cette force protège l’être humain contre l’insouciance, l’imprudence et l’égarement. D’autre part, elle le maintient constamment actif afin d’obtenir auprès d’Allah récompense et rétribution.
L’injonction coranique de subvenir aux besoins de l’enfant
Dans le Saint Coran, l’ordre de prendre en charge les dépenses liées à l’éducation et à l’entretien de l’enfant n’est certes pas mentionné en termes explicites. Le Coran ne dit pas : « Assumez les dépenses de l’enfant », ni : « Il est obligatoire de subvenir aux besoins de l’enfant. » Cela ne signifie pas pour autant que le Coran ne contient aucune directive concernant les dépenses de l’enfant et que cette exigence ne figure que dans les hadiths.
Le Coran est en réalité une Parole d’un très haut niveau. Dans l’exposé des commandements, des prescriptions et des lois, il adopte un style d’une grande sagesse. Cet exposé prend pleinement en considération la nature, les émotions et les aspects psychologiques de l’être humain.
La prise en charge des dépenses liées à l’éducation et à l’entretien des enfants est, dans la société humaine, une œuvre si belle, naturelle, instinctive et aimée que le Saint Coran n’a pas jugé nécessaire de la présenter sous la forme d’un commandement distinct ; en même temps, il a clairement établi, avec une grande sagesse, que le père est responsable de subvenir aux dépenses liées à l’entretien de l’enfant.
Dans le verset cité plus haut, il est dit que, quelle que soit la femme à laquelle le père confie l’allaitement de son enfant, il est tenu de lui fournir sa nourriture, ses vêtements ou la rémunération de l’allaitement. Si le père n’est pas présent, cette responsabilité revient à celui qui sera le tuteur de l’enfant. Le Coran vous a confié la charge des dépenses d’une femme étrangère précisément parce qu’elle a allaité votre enfant. Si une femme étrangère allaite votre enfant, il devient de votre responsabilité de prendre convenablement ses dépenses en charge. Et cela, parce qu’elle a allaité votre enfant. Si vous êtes chargé de subvenir aux besoins d’une femme étrangère pour qu’elle allaite votre enfant, comment serait-il possible que vous ne soyez pas chargé de subvenir aux besoins de l’enfant ? Tout ce que vous donnez à la femme qui allaite, vous le lui donnez en échange de la nourriture et des soins qu’elle procure à votre enfant. En confiant au père la responsabilité de verser cette rémunération, le Coran a ainsi clairement exposé que le père est l’unique responsable de la prise en charge des dépenses liées à l’entretien de l’enfant, et le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a exposé ce même sens dans ses propres paroles.
La prise en charge des dépenses de l’enfant à la lumière des hadiths
Dans les nobles hadiths, la question de la prise en charge des dépenses liées à l’entretien de l’enfant est abordée sous différents angles. En tenant compte de tous ces aspects, un musulman peut élever son enfant conformément aux exigences de la religion et assurer ainsi sa réussite.
Les premières dépenses doivent être consacrées à l’enfant
Dans les biens qu’Allah Tout-Puissant vous a accordés, le premier ayant droit est votre enfant. Dépenser pour ses enfants n’est pas une simple affaire mondaine ou matérielle ; c’est aussi une exigence directe de la religion. La religion ordonne de satisfaire en premier lieu les besoins des enfants. Répondre à leurs besoins n’est pas une affaire mondaine, mais une œuvre de religion.
Il n’est pas convenable de faire des aumônes en privant vos enfants de leurs droits, en leur ôtant ce qui leur revient ou en les abandonnant à la compassion d’autrui. En réalité, l’aumône qui est appréciée est celle qui laisse encore une aisance et n’expose pas les enfants à quelque difficulté que ce soit. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, n’appréciait pas une aumône après laquelle les enfants doivent tendre la main à autrui pour satisfaire leurs besoins. Selon les enseignements de la religion, il n’est pas non plus une bonne œuvre que vos enfants regardent le visage de différentes personnes tandis que vous dépensez dans d’autres voies prétendument bonnes. C’est également un signe d’ignorance de la religion que ses propres enfants restent affamés et mal vêtus, qu’on leur donne au compte-gouttes de quoi subsister, tandis que l’on dépense généreusement pour faire connaître son nom et acquérir la renommée, ou pour son confort et ses plaisirs personnels. Le premier ayant droit à vos biens est votre enfant bien-aimé, même s’il est issu de votre épouse que vous avez répudiée. En somme, ce sont vos enfants. Les laisser dans la détresse ou la pauvreté pour vivre soi-même dans le confort, ou pour assurer le confort d’autrui, revient à les priver de leur droit. Il faut corriger cette manière de faire preuve de générosité envers les autres. La guidance du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, est que vous satisfassiez en premier lieu les besoins de vos enfants :
قَالَ رَسُولُ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَيْرُ الصَّدَقَةِ مَا كَانَ عَنْ ظَهْرٍ غَنِيٌّ وابدأ بمن تعول – بخاري، مشكوة باب فضل الصدقة عن أبي هريرة
وحكيم بن حزام ص ۱۷۰« Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “La meilleure aumône est celle qui laisse encore une aisance, et commencez par ceux dont la subsistance vous incombe.” » — al-Bukhari
Ce hadith enseigne aux parents musulmans une règle équilibrée et naturelle. L’aspiration naturelle de chacun est que ses biens profitent à ses enfants et qu’ils mènent une vie confortable et agréable. C’est la principale raison pour laquelle on acquiert des biens, et c’est aussi le premier poste de dépense recommandé. L’islam accorde une importance particulière à l’aumône. Il la présente même comme une exigence de la foi, tandis que l’avarice et le manque de générosité sont décrits comme des signes d’hypocrisie. Mais il ordonne en même temps de satisfaire en premier lieu les besoins de ceux qui vous sont confiés. En islam, il n’est pas apprécié de faire l’aumône en négligeant les besoins des enfants. La meilleure aumône est donc celle après laquelle les enfants ne sont pas exposés à la difficulté.
Négliger de subvenir aux besoins de ses enfants est un grave péché
قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَفَى بِالْمَرْءِ إِنَّمَا أَنْ يُضِيعَ مَنْ يقوت – رياض الصالحين، ابوداود عن عبد الله بن عمر وبن العاص..
« Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Il suffit à l’homme comme péché de nuire à ceux dont il assure la nourriture et la boisson.” »
Négliger de subvenir aux besoins des personnes dont on a reçu la responsabilité et leur causer du tort constitue un péché si grave qu’il suffit à lui seul pour qualifier quelqu’un de désobéissant à Allah et de pécheur. Cette négligence peut prendre plusieurs formes :
Il dépense beaucoup pour la renommée et l’ostentation, mais reste négligent à l’égard des droits de ses enfants.
Il mène lui-même une vie très confortable, tandis que ses enfants souffrent de la faim et de la soif.
Faute d’une compréhension correcte de la religion, il dépense ses biens dans d’autres bonnes œuvres, mais néglige de satisfaire les besoins de ses enfants.
L’enfant lutte entre la vie et la mort, alors que lui, à ce moment-là, reste insensible, ne se décide pas à bouger ni à entreprendre quoi que ce soit. Subvenir aux besoins de ses enfants est la responsabilité de tout père. Ne pas ressentir cette responsabilité et négliger d’en remplir les exigences est un grave péché.
La dépense qui rapporte la plus grande récompense
عن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم دينار أنفقته في سبيل الله ودينار أنفَقْتُهُ فِي رقبة ودينار تصدقت بِهِ على مسكين ودينار أنفقته على أهلك أعظمها أَجْرًا الَّذِي أَنفَقْتَهُ عَلَى أَهْلِكَ
– صحيح مسلم« Hazrat Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : “Une pièce d’or que tu dépenses dans le chemin d’Allah, une pièce d’or que tu dépenses pour affranchir un esclave, une pièce d’or que tu donnes en aumône à un pauvre et une pièce d’or que tu dépenses pour ta famille : parmi toutes, celle qui procure la plus grande récompense est celle que tu dépenses pour ta famille.” »
Cette narration peut être davantage expliquée par le hadith de Thawbân, qu’Allah l’agrée. Il rapporte que le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : « La meilleure pièce d’or est celle qu’une personne dépense pour ses enfants, puis celle qu’elle dépense pour une monture dans le chemin d’Allah, puis celle qu’elle dépense pour les compagnons engagés dans le chemin d’Allah. » Abû Qilâba, l’un des transmetteurs intermédiaires, dit qu’il commença par mentionner les dépenses consacrées aux enfants et ajouta : « Qui peut obtenir une récompense et un mérite plus grands que celui qui dépense pour ses jeunes enfants afin qu’Allah les préserve de tendre la main aux autres et les maintienne dans l’aisance ? » — Jâmi‘ at-Tirmidhî
Le père dont le visage brillera comme la pleine lune
عن أبي هريرة قَالَ : قَالَ رَسُولُ الله صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ طَلَبَ الدنيا خلالاً اسْتِعْفَافًا عَنِ المسئلة وسعيا عَلَى أَهْلِهِ وَتَعَطَّفًا عَلَى جَارِهِ لقى الله تعالى يوم القيمة ووجهه مثل القمَرَ لَيْلَةَ الْبَدْرِ وَمَنْ طَلَبَ الدُّنْيَا حلالاً مكاثراً مُفَاخِرًا مُرَائِيًا لقى الله تَعَالَى وَهُوَ عَلَيْهِ غَضْبَانُ – بهقى في شعب الايمان« Il est rapporté d’Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : “Celui qui recherche les biens de ce monde par des moyens licites afin de s’épargner de tendre la main aux autres, de subvenir aux besoins de sa famille et de bien se comporter envers son voisin rencontrera Allah au Jour de la Résurrection avec un visage brillant comme la pleine lune. Quant à celui qui acquiert licitement les biens de ce monde dans le but d’avoir plus de richesses que les autres et de s’en glorifier en établissant sa supériorité sur eux, il rencontrera Allah alors qu’Il sera en colère contre lui.” » — Al-Bayhaqî, dans Shu‘ab al-îmân
La récompense de la mère qui dépense pour ses enfants
L’islam a désigné le père comme l’unique responsable de la prise en charge des dépenses liées à l’entretien des enfants et a libéré la mère de la course aux moyens de subsistance, afin qu’elle puisse s’acquitter de sa part de responsabilité avec une pleine concentration et un dévouement total. Cela ne signifie toutefois pas que la mère qui dépense pour ses enfants soit privée de récompense et de mérite. Si son mari est décédé, ou s’il est devenu incapable et invalide, et que la mère pourvoit aux besoins de ses enfants, elle recevra assurément la récompense et le mérite de sa bonne conduite.
عن أم سلمةَ قَالَتْ قُلْتُ يَا رَسُولَ الله هَلْ لِي فِي بَنِي أَبِي سَلَّمَةَ أَجْرٌ أَنْ أنفق عليهم ولست بتاركتهم هكذا وهكذا إِنَّمَا هُمْ بَنِي ؟ فَقَالَ نَعَمْ لَكَ أَجْرُ ما أنفقت عليهم – متفق عليه رياض الصالحين ص ١٥٢« Il est rapporté d’Umm Salama, qu’Allah l’agrée : je demandai au Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui : “Obtiendrai-je une récompense pour subvenir aux besoins des fils d’Abû Salama ? Je ne peux pas les abandonner ainsi, errant de-ci de-là dans le besoin. Ce sont aussi mes fils.” Il répondit : “Oui, tu recevras la récompense de ce que tu dépenseras pour eux.” » — Rapporté par al-Bukhârî et Muslim
Le premier mari de l’Umm al-Mu’minîn Umm Salama, qu’Allah l’agrée, était Abû Salama, qu’Allah l’agrée, et elle avait de lui deux fils et deux filles. C’est au sujet de ces enfants qu’elle avait interrogé le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Ce hadith fournit deux indications. Premièrement, même si la mère n’est pas obligée de dépenser pour ses enfants, elle recevra assurément une récompense et un mérite pour tout ce qu’elle dépensera. Ce hadith indique également quelle doit être la manière de penser d’une mère croyante. Umm Salama, qu’Allah l’agrée, éprouvait un amour naturel pour ses enfants. C’est pourquoi elle se sentait obligée d’assumer leur tutelle. Elle dit elle-même : “Je ne peux pas les abandonner de telle sorte qu’ils errent çà et là comme des nécessiteux.” Mais, en même temps, elle s’était demandé s’il ne fallait pas également obtenir une récompense dans l’au-delà pour cette bonne action. En effet, le fondement de toute action du croyant est l’au-delà. Il ne peut rien faire en se montrant indifférent à la réussite dans l’au-delà.
Élever une fille
Parallèlement à ces directives générales concernant l’éducation des enfants, l’islam a accordé une importance particulière à l’éducation des filles et a vivement encouragé cette œuvre en soulignant l’immense récompense et le grand mérite qui y sont attachés.
En réalité, une fille est une créature vulnérable. Même après avoir assuré son éducation et subvenu à ses besoins pendant des années, les parents ne peuvent espérer recevoir d’elle une quelconque contrepartie. Ils ne peuvent pas non plus espérer recevoir d’elle des services, car dès qu’une fille devient apte à servir, il faut la confier au service d’autrui. Dans toutes ces circonstances, si les enseignements de l’islam ne sont pas présents à l’esprit, il lui sera impossible de s’acquitter du devoir d’élever sa fille et de lui accorder l’affection, la tendresse, l’amour et le respect auxquels elle a droit. C’est pourquoi ces directives doivent être rappelées encore et encore. Il faut en particulier comprendre avec sérieux l’enseignement de l’islam concernant l’éducation des filles.
La grâce d’élever une fille
Il est rapporté d’Anas, qu’Allah l’agrée, que le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
من عَالَ جَارِيَتَيْنِ حَتَّى تَبْلُغَا جَاءَ يَوْمَ الْقِيمَةِ أَنَا وَهُوَ كَهَاتَينِ وَضَمَّ أَصَابِعِهِ
رياض الصالحين، صحيح مسلم« Celui qui élève deux filles jusqu’à ce qu’elles atteignent la maturité viendra, le Jour de la Résurrection, avec moi comme ceci », et il joignit ses doigts. — Riyad as-Salihin, Sahih Muslim
Quel plus grand bonheur peut-il y avoir pour une mère et un père croyants que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, les rejoigne comme leur compagnon le Jour de la Résurrection ? Dans ce hadith, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a employé le terme « tablughâ ». Ce terme est très large. L’un de ses sens est que ces deux filles sont devenues de jeunes femmes. Il peut également signifier qu’elles sont parvenues à leur étape ou à leur objectif, c’est-à-dire qu’elles sont arrivées dans leur propre foyer, sous la responsabilité de leur mari.
La mère à qui le Paradis est promis
عَنْ عَائِشَةَ رضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ جَاءَ تَنِي مِسْكِينَةٌ تَحْمِلُ ابْنَتَيْنِ لَهَا فاطعمتها ثلاث تمرات فأعطت كل واحدة منهما تمرة ورفعت إلى فيها تمرة لتأكلها فاستطعمتها ابنتاها فَشَقَتِ الثمرة الَّتِي كَانَتْ تُرِيدُ أَنْ تَأْكُلَهَا بَيْنَهُمَا فَأَعْجَبَنِي شَأْنُهَا فَذَكَرْتُ الَّذِي صَنَعَت لِرَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ : إِنَّ اللَّهَ قَدْ أَوْجَبَ لَهَا بِهَا الْجَنَّةَ أَوْ اعْتَقَهَا بِهَا مِنَ النَّارِ –
رياض الصالحين، صحيح مسلم« Aïcha, qu’Allah l’agrée, rapporte : Une pauvre femme vint à moi avec ses deux filles. Je lui donnai trois dattes. Elle donna deux dattes à ses deux filles, puis leva la dernière à sa bouche pour la manger. Ses deux filles la lui demandèrent ; elle partagea alors entre elles la datte qu’elle s’apprêtait à manger. Son comportement m’émerveilla. Je rapportai au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, ce qu’elle avait fait. Il dit : “Allah lui a assuré le Paradis grâce à cela, ou l’a sauvée du Feu grâce à cela.” »
La fille, le paradis de ses parents
Si Allah a fait de vous la mère ou le père d’une fille, vous êtes extrêmement chanceux. Allah Tout-Puissant a placé votre paradis sous votre responsabilité. C’est désormais à vous de préserver ce paradis ou de le détruire. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a annoncé avec une pleine certitude que, si vous vous êtes acquitté du droit d’élever votre fille, le paradis vous est devenu obligatoire.
Hazrat Jabir ibn Abdallah, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
منْ كَانَ لَهُ ثَلاث بنات يرويهن ويكفيهن ويرحمهن فقد وجب له الجنة البتة
فقَالَ رَجُلٌ مِنْ بَعْضِ الْقَوْمِ وَثِنْتَيْنِ يَا رَسُولَ اللهِ : قَالَ وَثِنْتَيْنِ –
الادب المفرد ص ١٥« Celui qui a trois filles, qui les garde sous sa tutelle, subvient à leurs besoins et se montre miséricordieux envers elles, le paradis lui est assurément acquis. Un homme d’une tribu demanda : “Et si elles sont deux, ô Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ?” Il répondit : “Même si elles sont deux, il obtiendra cette récompense. » — Al-Adab al-Mufrad
Le Mishkat al-Sharif contient d’autres hadiths ayant ce même sens. Le rapporteur de ce hadith est Abdallah ibn Abbas, qu’Allah l’agrée. Il a dit que, si les gens avaient interrogé le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, au sujet d’une seule fille, il aurait également annoncé cette bonne nouvelle pour une seule fille.
Subvenir aux besoins d’une fille sans soutien
إن النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَلا أدلُّكُمْ عَلَى أَفْضَلِ الصَّدَقَةِ ابْنَتُكَ
مردودة إِلَيْكَ لَيْسَ لَهَا كَاسب غيرك –
ابن ماجه، جمع الفوائد باب بر الاولاد« Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Ne vous indiquerais-je pas quelle est la meilleure aumône ? C’est votre fille qui vous a été rendue et qui n’a, en dehors de vous, personne pour subvenir à ses besoins.” »
Cela désigne en réalité la fille qui, après son mariage, est renvoyée auprès de ses parents. Cela peut arriver à la suite du décès de son mari : après celui-ci, personne ne pouvant subvenir à ses besoins dans sa belle-famille, ou bien parce que son mari l’a répudiée pour une raison quelconque, elle est retournée chez ses parents. Ce hadith peut aussi désigner la fille qui n’est pas mariée ou qui n’est pas en âge de se marier.
Une révolution illuminée par la foi
Grâce à tous ces enseignements révolutionnaires de l’islam, la révolution qui, en quelques brèves années, apporta un accroissement de la foi sur la terre d’Arabie fut considérée comme un chapitre d’or de l’histoire. Seuls ceux qui eurent la chance de vivre à cette époque furent témoins de l’image exacte des bénédictions de cette extraordinaire révolution. Ceux dont les yeux et l’univers de la pensée avaient observé à la fois le tableau désolant qui précédait la révolution et les scènes d’accroissement de la foi qui lui succédèrent savent ce qu’est une révolution. Mais même aujourd’hui, lorsqu’un éclair de ce chapitre doré des pages de l’histoire apparaît devant nous, les yeux s’illuminent et la foi reprend vie.
Avant l’époque du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dans le monde arabe, la dureté du cœur du père envers sa fille et sa cruauté étaient considérées comme le plus grand honneur. Il préférait la mort à la vie de sa fille innocente et faible. Un poète de cette époque dit :
تهوى حياتي وأهوى موتها شفقا – والْمَوْتُ أكرم نزال على الحرم –
« Elle désire ma vie, et moi, par compassion pour elle, je désire sa mort. Car, pour les femmes, la mort est l’hôte le plus honorable. »
Un autre poète dit :
إِنَّ النِّسَاءَ شَيَاطِينُ خُلِقْنَ لَنَا – فَوُذْ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّ الشَّيَاطِينِ .
« En vérité, les femmes sont des démons créés pour nous. Qu’Allah nous préserve du mal de ces démons. »
À la mort de la fille du chef de Bahra, Abou Bakr al-Khawarizmi lui demanda d’écrire un éloge funèbre :
« Si vous aviez mentionné le voile de la défunte ou rappelé sa beauté, vos félicitations auraient été préférables à vos condoléances. En effet, il vaut mieux que ce qui ne doit pas être exposé disparaisse, et enterrer les petites filles est un acte de grand honneur. Nous traversons une époque où, si la femme d’un homme meurt de son vivant, celui-ci semble avoir obtenu toutes les faveurs. Et s’il enterre lui-même sa fille dans une fosse, il aura pris la pleine revanche sur son gendre. »
Qays ibn ‘Asim, chef des Banou Tamim, déclara lui-même devant le Messager de la miséricorde, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, qu’il avait enterré vivantes de ses propres mains dix de ses filles innocentes. Un autre homme exposa au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, le récit douloureux de son expérience d’une manière qui le bouleversa ; il pleura tant que sa noble barbe fut trempée de larmes.
Lorsque cette société arabe embrassa l’islam et assimila les enseignements islamiques, son visage changea en quelques années. Les filles, dont l’existence était pour eux un objet de honte, devinrent pour eux une source de salut. Ceux qui arrachaient les filles des bras de leurs mères pour les enterrer vivantes en vinrent à se quereller entre eux pour élever les filles des pauvres.
Une scène étonnante
Après la ‘umra, alors que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, se préparait à quitter La Mecque, une orpheline accourut en criant : « Oncle, oncle ! » C’était la fille de Hamza, qui se trouvait à La Mecque. ‘Ali, qu’Allah l’agrée, s’avança, la prit dans ses bras et, en la plaçant dans les bras de Fatima, qu’Allah l’agrée, dit : « C’est la fille de ton oncle. » Ensuite, ‘Ali, Ja‘far et Zayd, qu’Allah les agrée, se mirent à se disputer pour l’accueillir auprès d’eux.
Ja‘far at-Tayyar, qu’Allah l’agrée, dit : « Ô Messager d’Allah ! Cette petite fille devrait me revenir, car elle est la fille de mon oncle, et je suis celui qui a le plus de droits sur elle, puisque sa tante maternelle est dans ma maison. » Zayd, qu’Allah l’agrée, dit : « Ô Messager d’Allah, confie-moi cette petite fille. Son père était mon frère en religion. »
‘Ali, qu’Allah l’agrée, la tenait dans ses bras depuis le début. Il dit : « Maître, c’est ma sœur et elle est d’abord venue dans mes bras. Elle me revient donc. » Cette ardeur à prendre en charge la fillette était véritablement une scène étonnante et touchante. Le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, examina attentivement les paroles des trois hommes et confia la petite fille à sa tante maternelle en disant : « C’est-à-dire que la tante maternelle est comme une mère. » — Al-Bukhari
La bonne conduite
Le troisième droit de l’enfant est d’être traité avec bonté. Il faut lui témoigner de la bienveillance, se comporter avec lui avec tendresse, veiller à son confort, tenir compte de ses émotions et de ses sentiments, s’efforcer de le rendre heureux et éviter toute attitude qui pourrait blesser ses sentiments, briser son cœur, le plonger dans le désespoir ou porter atteinte à son amour-propre et à sa dignité.
Votre cher enfant, qui est sous votre responsabilité, vous regarde avec l’espoir de recevoir votre affection. C’est un don d’Allah à votre égard. Remerciez Allah pour ce don et ne le déshonorez pas. Honorez vos enfants et traitez-les comme ils le méritent.
L’enfant est un dépôt confié par Allah. Préservez et protégez ce dépôt, et ne le détruisez pas par votre ignorance et votre mauvais comportement. Traitez vos enfants de manière à ce qu’ils deviennent aptes à être une bénédiction pour le monde, ainsi qu’un moyen de préserver votre honneur, votre bonne réputation et votre salut dans l’au-delà.
Les terribles conséquences du mauvais comportement
Si votre comportement envers votre enfant n’est pas bon, cela ne peut être qu’une injustice envers vous-même, envers l’enfant et envers la société.
Se mettre en colère à tout propos, crier, menacer, insulter, employer des termes tels que « imbécile » ou d’autres expressions semblables, manifester son mécontentement avec agitation face à leur sottise, les injurier, se montrer dur envers eux et les priver sans raison de l’occasion de jouer et de rire : voilà ce que signifie maltraiter son enfant. Les conséquences de ce mauvais comportement sont très mauvaises et terribles. Elles sont extrêmement nuisibles à l’enfant, aux parents et à la société. Durant ses premières années, lorsque l’enfant est dépourvu de discernement, faible et sans défense, il a droit à votre amour et à votre bienveillance. Il recherche alors votre affection, votre compassion, votre aide et votre orientation. Mais s’il ne reçoit pas de vous ces trois bienfaits et ne trouve auprès de vous que colère et dureté, il se désespérera naturellement de vous. Il cherchera à s’éloigner de vous et à fuir la maison ; partout où il verra ces trois bienfaits se manifester, il s’y dirigera spontanément. Les enfants ne savent pas distinguer l’amour véritable de l’amour feint. Les personnes mal intentionnées de la société trouvent alors l’occasion d’égarer ces enfants et de les prendre dans leurs filets. Peu à peu, ces enfants ignorants deviennent une source de terreur pour la société et se mettent à commettre de graves crimes.
Même si, par bonheur, ces enfants échappent aux mauvais desseins des personnes malveillantes, ils demeurent une source permanente de soucis pour leurs parents. Ils n’ont plus de véritable relation avec eux. En raison du mauvais comportement et des mauvais traitements des parents, ne naît pas dans le cœur des enfants ce sentiment pur envers leurs parents qui naît dans le cœur des enfants heureux. Les parents passent toute leur vie à pleurer leur désobéissance et leur incapacité. En réalité, c’est surtout leur mauvais comportement et leurs mauvais traitements qui contribuent à rendre ces enfants rebelles. Pourtant, les parents rejettent toute la faute sur leurs enfants. Mais il faut savoir que, dans cette situation, la culpabilité des parents n’est en rien moindre que celle des enfants.
Un événement instructif
Je demandai à un jeune homme intelligent : « On ne trouve pas chez vous le type de relation avec vos parents que l’on pourrait attendre d’une personne comme vous. Quelle en est la raison ? » Le jeune homme poussa un soupir et raconta son histoire. Dans son récit, il décrivit ainsi son enfance :
« Qu’Allah accorde la paix à mon père. C’est un homme d’une extrême dureté, semblable à un bourreau. Durant mon enfance, je tremblais constamment sous l’effet de sa colère et de sa fureur. Le soir, je me couchais sans vraiment désirer me réveiller le matin. Et, au réveil, j’hésitais beaucoup à me présenter devant mon père, tout en espérant intérieurement : “Ah ! Si seulement cette journée pouvait s’écouler en paix ! Si seulement elle pouvait passer sans insultes ni coups !” Si une journée s’écoulait en grande partie sous les punitions, j’en étais très heureux et je disais : “Quelle journée bénie ! J’ai survécu aujourd’hui.” Mais dès que le soir approchait, ma joie disparaissait dans la poussière.
Mon père voyageait aussi. Lorsque j’apprenais qu’il allait bientôt revenir, j’en étais très triste. Oui, il m’arrivait d’attendre son retour avec joie, en me disant qu’il rapporterait certainement quelque chose à manger ou à boire. En voyant la dureté de mon père et son cœur de pierre, je pensais que tous les pères étaient ainsi. Chaque fois que je voyais un homme en meilleure santé et plus fort que mon père, et que je savais en outre qu’il était très courageux et colérique, mon chagrin devenait sans limites. Je me disais : “Dans quel état doivent donc être ses enfants ? Ils ont sûrement perdu tout espoir dans la vie. Ils subissent constamment insultes, menaces et coups.” Il m’arrivait parfois de pleurer réellement. Lorsque je considérais le père de quelqu’un comme très faible, malade ou impotent, et d’un naturel extrêmement doux et humble, j’enviais le bonheur de ses enfants et je pensais : “Ah ! Si seulement mon père était lui aussi faible, humble et doux, comme cela aurait été bien !” »
Après avoir dit cela, le jeune homme resta silencieux un long moment. Je me mis à réfléchir à la grande responsabilité que représente le fait d’être père. Si les parents veulent voir leurs enfants dans une bonne situation, ils doivent réfléchir à leur propre comportement. En effet, l’enfant n’apprend pas autant des conseils de ses parents que de leurs actes et de leur comportement.
La troisième conséquence néfaste du mauvais comportement des parents concerne la moralité. Les enfants de parents de cette nature atteignent un niveau très bas sur le plan moral. Si une personne dans ce monde veut accomplir de grandes choses, elle doit posséder une moralité élevée. Mais les enfants qui subissent les mauvais traitements de leurs parents sont toujours privés de qualités morales. Ils sont dépourvus de confiance en eux, de courage, d’honneur, de dignité, d’amour-propre, d’effort personnel, de bonnes manières, de bonne humeur et d’une parole agréable, entre autres qualités morales. À l’inverse, ils deviennent victimes de mauvais traits tels que la rudesse, le manque de clairvoyance, l’insensibilité, l’avarice, la bassesse et l’orgueil.
La plupart du temps, ils considèrent leur propre existence comme méprisable et inutile. Pour dissimuler ces défauts ou s’en détourner, ils se vantent de diverses manières. Si vous souhaitez réellement le bien de vos enfants, acquittez-vous de leurs droits et comportez-vous avec eux comme vous voudriez qu’ils se comportent envers vous. Alors seulement vous pourrez voir et ressentir le bienfait de ce don qu’est l’enfant, et vos enfants feront monter du fond de leur cœur cette invocation en votre faveur :
رب ارحمهما كما ربيني صغيراً – بني اسرئيل : ٢٤« Seigneur ! Accorde Ta miséricorde à nos parents, comme ils nous ont élevés avec bonté et tendresse durant notre enfance. » — Sourate Banî Isrâ’îl, 24
L’insistance du Noble Coran sur le bon comportement
Le Coran insiste sur la douceur et la clémence dans le comportement envers les enfants. Les punir pour leurs erreurs, se venger d’eux et se montrer dur envers eux pour décharger sa colère sont des actes réprouvés. Allah Tout-Puissant pardonne les fautes et accorde Sa miséricorde à ceux qui se comportent avec clémence envers les membres de leur foyer.
وَإِنْ تَعْفُوا وَتَصْفَحُوا وَتَغْفِرُوا فَإِنَّ اللَّهَ غَفُورٌ رَّحِيمٌ التغابن : ١٤« Et si vous pardonnez, faites preuve d’indulgence et absous, alors Allah est certes Grand Pardonneur et Très Miséricordieux. »
Même après avoir embrassé l’islam, certaines personnes furent privées de la grâce de l’émigration. Voici ce qui s’était passé : lorsqu’elles se préparèrent à émigrer vers Médine, les membres de leur famille les en empêchèrent. Ils dirent : « Nous avons toléré que vous deveniez musulmans, mais nous ne pourrons pas tolérer que vous vous sépariez de nous. » Les épouses et les enfants suscitèrent en eux des sentiments d’affection et exercèrent une pression sur leur esprit ; ils renoncèrent donc à émigrer. Puis, lorsqu’ils arrivèrent à Médine et constatèrent que ceux qui avaient émigré à cette époque et rejoint le service du noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — les avaient devancés dans la connaissance de la religion, ils en furent attristés. Ils pensèrent que la cause de cette immense perte était leurs épouses et leurs enfants. Le feu de leur colère s’embrasa donc contre eux. Ils voulurent se venger de leurs épouses et de leurs enfants et les punir. À ce moment-là, le Coran les guida en leur indiquant qu’ils avaient certes été privés du mérite de l’émigration à cause de l’ignorance des membres de leur foyer, mais que c’étaient eux-mêmes qui leur avaient donné la priorité sur les exigences de la religion. Ils devaient donc désormais se tenir sur leurs gardes à leur égard. Toutefois, ils devaient également garder à l’esprit qu’Allah n’approuverait jamais qu’ils traitent durement les membres de leur foyer et se vengent d’eux. Bien agir envers eux est une exigence de la religion. Allah est Lui-même Très Pardonneur et n’aime que ceux qui pardonnent. Il est Lui-même Miséricordieux et n’aime que ceux qui font miséricorde.
Si vous aspirez au pardon et à la miséricorde d’Allah, traitez donc vos enfants avec affection et bonté. Pardonnez-leur. Soyez indulgents face à leurs erreurs et à leurs manquements, et absous-les.
Le conseil d’Ahnaf ibn Qays
Ahnaf était un chef arabe célèbre. Il était très réputé en Arabie pour sa gloire, sa sagesse, sa patience et sa sérénité. Le noble Mu‘awiya — qu’Allah l’agrée — lui vouait un grand respect et disait : « Si cet homme se corrompt, sache que cent mille Arabes se sont corrompus. »
Une fois, le noble Mu‘awiya — qu’Allah l’agrée — le fit appeler. Lorsqu’il se présenta, il lui demanda : « Ô Abu Bahr, quel est votre avis concernant la manière de traiter les enfants ? »
Ahnaf ibn Qays répondit : « L’enfant est le fruit de nos aspirations intimes et la force de nos reins. Pour lui, nous sommes comme la terre : extrêmement douce et parfaitement exempte de dommage. Notre existence est pour lui comme le ciel qui lui fait de l’ombre. C’est grâce à lui que nous osons accomplir de grandes choses. Ainsi, si votre enfant vous demande quelque chose, accordez-le-lui de bon cœur. S’il est préoccupé, dissipez sa préoccupation. Vous verrez qu’il vous aimera et appréciera vos efforts paternels. Ne devenez jamais pour lui un fardeau insupportable. Sinon, il vous prendra en aversion, souhaitera votre mort et répugnera à s’approcher de vous. »
L’importance du bon comportement selon les hadiths
La question du bon comportement envers les enfants a également été abordée de manière très détaillée dans les hadiths. Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — en a décrit les bénéfices terrestres et a également exposé longuement les récompenses et les mérites dans l’au-delà. En outre, à ce sujet, il a attiré avec une grande sagesse l’attention sur les erreurs de réflexion ou de pratique que la société humaine peut commettre. Ainsi, le droit au bon comportement peut être respecté et nul ne subit aucune forme d’excès.
L’égalité dans le comportement
عَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ قَالَ أَعْطَانِي أَبِي عَطِيَّةً فَقَالَتْ عُمْرَةُ بِنْتُ رَوَاحَةَ لا أرضى حتى تُشَهِدَ رَسُولَ اللهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَتَى رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنِّي أَعْطَيتُ ابْنِي مِنْ عمرة عطية فأمرتني أن أشهدك يا رسول الله : قَالَ أَعطيت سائِرُ ولِدَكَ مِثْلَ هَذَا قَالَ لَا، قَالَ فَاتَّقُوا اللهَ وَاعْدِلُوا بَيْنَ أَوْلادِكُمْ قَالَ فَرَجَعَ ورَدَّ عَطِيَّتَهُ وَفِي رِوَايَةٍ قَالَ اني لا أشهد على جور – بخاری، مسلم، مشكوة باب العطايا« Il est rapporté de Nu‘mân ibn Bashîr — qu’Allah l’agrée — qu’il dit : Mon père m’avait fait un cadeau. Alors ‘Umrah bint Rawâhah dit : « Je ne serai satisfaite que si tu prends le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — à témoin à ce sujet. » Mon père se rendit donc auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui dit : « J’ai donné à l’un de mes fils, issu de ‘Umrah bint Rawâhah, un cadeau, et ‘Umrah m’a demandé de vous prendre à témoin. » Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui dit alors : « As-tu donné un cadeau semblable à tous tes enfants ? » Il répondit : « Non, je ne leur ai pas tous donné cela. » Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit alors : « Craignez Allah et soyez équitables entre vos enfants. » Il retourna ensuite sur ses pas et reprit son cadeau. Dans une autre version, il est rapporté qu’il dit : « Je ne témoigne pas en faveur d’une injustice. » Dans une autre version encore, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit à Bashîr — qu’Allah l’agrée — :
اليك في البر سواء ؟« Aimerais-tu que tous tes enfants se comportent de la même manière envers toi ? » Hadrat Bashîr — qu’Allah l’agrée — répondit : « Bien sûr. » Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : « Alors, ne fais pas cela. » — Al-Bukhârî et Muslim
Il est au-delà des capacités humaines d’éprouver exactement le même amour pour tous ses enfants. Pour des raisons naturelles, l’attirance envers l’un d’eux peut parfois être plus forte. Aucun être humain n’est capable de faire preuve d’une parfaite égalité dans l’amour, et cela ne lui a d’ailleurs pas été demandé. Ce que le hadith exige concerne le comportement. Tous vos enfants sont égaux en tant que vos enfants, et ils ont tous les mêmes droits sur vous. Vous devez donc bien vous comporter envers chacun d’eux de la même manière et ne pas accorder à l’un la préférence sur l’autre à cet égard. Il n’est pas juste non plus de privilégier un enfant par rapport à un autre, car cela porte atteinte au droit de l’un et exerce, d’autre part, une mauvaise influence sur la moralité des enfants. Celui qui bénéficie d’un traitement particulier devient arrogant et commence à considérer ses autres frères et sœurs comme inférieurs à lui. Les enfants qui sont maltraités développent un sentiment d’infériorité et commencent psychologiquement à se considérer comme méprisables. Leur développement moral et physique s’en trouve alors entravé. En même temps, les sentiments d’amour, d’affection, de sacrifice et de dévouement sont également affectés. Or ces qualités existent naturellement en chacun envers ses frères et sœurs. De cette manière, le sentiment de respect et d’honneur que les enfants éprouvent envers leurs parents est blessé.
Il arrive aussi qu’il ne soit pas possible de traiter de manière égale les enfants de la première épouse ou du premier mari et ceux de l’épouse actuelle. On accorde davantage de considération aux enfants de la nouvelle épouse ou du nouveau mari qu’à ceux de l’épouse ou du mari dont on s’est séparé, et l’on ne prête pas attention aux droits des enfants du premier conjoint. Si votre cœur n’est pas serein à l’égard de ces enfants, si leur comportement ne vous plaît pas et si votre cœur ne penche pas vers eux, vous êtes malgré tout contraint d’agir ainsi. L’islam exige nécessairement de vous que, malgré tout, vous traitiez tout le monde avec égalité. Si vous réunissez pour l’un tous les moyens du confort et en privez les autres, vous êtes coupable aux yeux de la charia.
Vous pouvez tromper votre propre cœur en justifiant vos actes. Vous pouvez jeter de la poussière aux yeux du monde, mais vous ne pouvez pas cacher votre faute au regard d’Allah, ni Le tromper. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a qualifié de tels actes d’injustice et n’a pas aimé être témoin d’une injustice. Le Compagnon obéissant reprit immédiatement le cadeau qu’il avait offert. Hadrat Bashîr — qu’Allah l’agrée — commettait lui aussi une faute de ce genre : il offrait un cadeau au fils de ‘Umrah bint Rawâhah, mais en privait les enfants de son autre épouse. Cependant, dès qu’il apprit ce qui était juste, il corrigea immédiatement son acte et renonça à ce traitement particulier.
Le traitement différencié entre les fils et les filles
عن ابن عباس رض قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ كَانَتْ لهُ أنثَى فَلَم يندها ولم يهنها ولم يوثر ولدَهُ عَلَيْهَا يعني الذِّكُورَ أَدْخَلَهُ الله الجنة – ابو داود« Hadrat Ibn ‘Abbâs — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Celui qui a une fille, ne l’enterre pas vivante, ne la méprise pas et ne lui préfère pas ses fils, Allah le fera entrer au Paradis.” » — Abû Dâwûd
L’acte pour lequel le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a annoncé aux parents la bonne nouvelle du Paradis dans ce hadith comporte trois volets :
Premièrement : ne pas enterrer la fille vivante et lui accorder le droit de vivre.
Deuxièmement : ne pas déshonorer ni humilier la fille.
Troisièmement : ne pas préférer le garçon à la fille.
En ce qui concerne le premier point, c’est-à-dire accorder à la fille le droit de vivre, la société musulmane y est tenue. Après avoir reçu la lumière de l’islam, aucun musulman ne peut même imaginer enterrer sa fille vivante ou la priver de quelque manière que ce soit de son droit à la vie. Cependant, certaines familles musulmanes présentent encore des insuffisances dans leurs conceptions et leurs pratiques lorsqu’il s’agit de mépriser les filles et de préférer les fils aux filles. Il est indispensable de corriger ces conceptions et ces pratiques ; c’est précisément dans ce but que s’inscrivent les avertissements et les encouragements du Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.
Dans de nombreuses familles, l’honneur et l’importance accordés au fils dans la maison et dans la famille ne le sont pas à la fille. La bonne conduite observée envers le fils, sa belle-fille et leurs enfants ne l’est pas envers la fille, son gendre et leurs enfants. En réalité, à la racine du traitement discriminatoire entre fils et filles se trouve l’idée que l’on élève la fille pour autrui, tandis que l’on élève le fils pour soi-même. On n’attend rien de la fille, alors que l’on attend tout du fils. La fille est considérée comme la parure de la maison d’autrui et comme un moyen de la faire prospérer. Le fils, en revanche, est considéré comme la parure de sa propre maison et comme un moyen de la faire prospérer. La conséquence inévitable d’une telle conception est que les filles sont privées de la sincérité et de l’affection qui accompagnent l’éducation des fils. Dans l’éducation de la fille et dans la manière de la traiter, le sentiment d’accomplir un devoir est bien présent, mais l’espoir, les aspirations et la joie débordante font défaut. En revanche, tout cela se retrouve dans l’éducation du fils.
Dans leur propre foyer, les filles sont considérées comme inférieures, et il en va de même dans la société. Au sein de la famille, les fils reçoivent la préférence sur les filles, et, dans la société également, les garçons jouissent d’un statut plus élevé. Les parents ne donnent pas non plus à leur fille les vêtements, les bijoux et les cadeaux qu’ils offrent à leur belle-fille. Tout ce qu’ils donnent à leur belle-fille, ils le donnent avec une affection sincère, car elle est la beauté de leur foyer ; tandis que ce qu’ils donnent à leur fille, ils le font uniquement pour s’acquitter d’un devoir ou accroître leur honneur dans la société. Lorsqu’ils donnent quelque chose à leur belle-fille, ils ne s’en souviennent jamais. En revanche, lorsqu’ils donnent quelque chose à leur fille, ils s’en souviennent et en parlent constamment, allant même jusqu’à le lui reprocher. Dans ce type de famille, les filles ne reçoivent pas la protection, l’affection et l’amour dont bénéficient les enfants des fils. Les enfants du fils sont considérés comme les enfants de la maison, tandis que ceux de la fille sont considérés comme les enfants d’une autre maison. Même devant la famille, la société et les personnes éminentes, les enfants des fils sont présentés comme les membres et les enfants de leur propre foyer. On attend alors de la société qu’elle les traite de la même manière ; mais les enfants des filles ne reçoivent pas eux-mêmes un tel traitement, et l’on n’attend pas non plus de la société qu’elle leur accorde le même honneur. De son côté, la société ne traite pas les enfants des filles de ces personnes comme elle traite les enfants de leurs fils. Dans ce hadith, le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a averti les parents musulmans que cette manière d’agir n’est pas appréciée. Pour obtenir l’agrément d’Allah et parvenir au Paradis, les parents musulmans doivent accorder la même importance à leurs fils et à leurs filles et les traiter équitablement. Ils doivent donner à leur fille, au foyer comme dans la société, le même statut et le même honneur qu’à leur fils. En outre, en aucune circonstance le fils ne doit être préféré à la fille ; il faut toujours donner priorité aux exigences de la religion plutôt qu’aux goûts personnels et aux coutumes sociales.
Les filles : une protection contre le feu de l’Enfer
عن عائشة رضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ : دَخَلَتْ عَلَى امْرَأَةٌ وَمَعَهَا ابْنَتَانِ لَهَا تَسأَلُ فَلَمْ تَجِدُ عِندى شيئًا غير تمرة واحدة فأعْطَيْتُهَا إِيَّاهَا فَقَسَمْتُهَا بَيْنَ ابنتيها ولم تَأْكُلُ مِنْهَا ثُمَّ قَامَتْ فَخَرَجَتْ فَدَخَلَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ
وسلم علينا فأخبرته فقال : من ابتلي من هذهِ الْبَنَاتِ بِشَيْ فَأَحْسَنَ إِلَيْهِنَّ كُن لَه ستراً من النار – متفق عليه، رياض الصالحين ص ١٤٤« Aïcha, qu’Allah l’agrée, rapporte : Une femme vint me trouver avec ses deux filles pour demander l’aumône. À ce moment-là, je ne possédais rien, si ce n’est une seule datte. Je la lui donnai. Elle la partagea en deux et en donna les morceaux à ses deux filles, sans même en goûter elle-même. Puis elle se leva et partit. Ensuite, lorsque le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — entra chez nous, je lui racontai cet événement. Il dit : “Toute personne qui est éprouvée par ses filles et qui se comporte convenablement envers elles, celles-ci deviendront pour elle une protection contre le feu de l’Enfer.” » — Al-Bukhari et Muslim
Même s’il est vrai qu’il ne faut pas espérer de gain matériel de la part d’une fille en ce monde, quelle plus grande force pourrait inciter des parents qui croient en la véracité du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et en l’au-delà à bien traiter leur fille, que la certitude que ces filles faibles se dresseront, le Jour de la Résurrection, comme une protection pour eux contre le feu ardent de l’Enfer ?
« Un homme vint trouver le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — avec son enfant dans les bras. Il se mit à le cajoler tendrement. Voyant cela, le Prophète lui demanda : “Éprouves-tu de la compassion pour lui ?” Il répondit : “Bien sûr.” Le Prophète dit : “La compassion que tu éprouves pour cet enfant n’est pas plus grande que celle qu’Allah éprouve pour toi ; car Il est le plus miséricordieux de tous les miséricordieux.” » — Al-Adab al-Mufrad
Le comportement du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — envers les enfants
Il n’existe pas dans la vie du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — le moindre événement, même insignifiant, que ses épouses, ses enfants et ses nobles Compagnons n’aient pas gardé en mémoire. Tout cela a été conservé dans les ouvrages consacrés à sa biographie et aux hadiths. Même les petits détails de sa vie familiale intime et de sa vie entièrement personnelle ont été retenus par les gens, rapportés les uns aux autres, puis conservés dans les ouvrages de hadiths et de sîra.
Pourtant, il est étonnant de constater que, durant toute la vie sacrée du bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — on ne trouve pas un seul récit où il aurait frappé ou maltraité l’un de ses enfants, lui aurait adressé des paroles dures ou aurait adopté envers lui quelque comportement sévère. Les récits de son affection, de sa tendresse, de sa bonté, de sa douceur, de sa miséricorde et de son excellent comportement sont innombrables ; mais, chose étonnante, on ne trouve pas un seul récit de sévérité envers l’un de ses enfants. Les êtres humains éprouvent naturellement un amour extraordinaire pour leurs enfants et supportent bon nombre de leurs comportements contraires à leur tempérament. Mais ici, la situation est d’une autre nature. Un serviteur resta auprès de lui pendant dix années entières, et jamais, pas même une seule fois, il ne lui dit : “Ouf ! Qu’est-ce que tu fais donc ?” Anas, qu’Allah l’agrée, raconte : “J’ai été au service du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — à Médine pendant près de dix ans, et j’étais alors adolescent. C’est pourquoi toutes mes actions ne se conformaient pas à la volonté du Prophète — et cela ne pouvait d’ailleurs pas être autrement : que peut comprendre un garçon de dix ou douze ans ? Pourtant, durant ces dix années, il ne m’a jamais dit même ‘ouf’, et il ne m’a jamais demandé : ‘Pourquoi as-tu fait cela ?’ ou ‘Pourquoi ne l’as-tu pas fait ?’”
Aïcha, qu’Allah l’agrée, a décrit ainsi le bel comportement et les manières du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : “Il n’a jamais frappé de sa propre main un esclave, une servante, une femme ou un animal ; et chaque fois qu’il rentrait chez lui, il arrivait dans la joie, avec le sourire et le visage souriant.”
Bien traiter sa fille
Le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — disait au sujet de sa fille : « Fatima, qu’Allah l’agrée, est une partie de mon corps. Celui qui la mécontente me mécontente. » — Al-Bukhari
Après son mariage, chaque fois que Fâtima, qu’Allah l’agrée, venait rendre visite au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, celui-ci se levait de sa place pour l’accueillir. Il l’embrassait sur le front et la faisait asseoir à sa propre place. — Abû Dâwûd
Lorsqu’il voyait parfois Fâtima, qu’Allah l’agrée, attristée, il devenait lui-même triste. Un jour, le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, entra très préoccupé dans la demeure de Fâtima, qu’Allah l’agrée. Peu après, il en ressortit très joyeux et souriant. Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, lorsque vous êtes entré dans la demeure de votre fille, vous étiez préoccupé, et lorsque vous en êtes sorti, vous étiez joyeux et souriant. Que s’est-il passé ? » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, répondit : « J’ai dissipé le malentendu qui les opposait. Tous deux me sont très chers. »
À Médine, le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, résidait chez Abû Ayyûb al-Ansârî, qu’Allah l’agrée. La demeure de Fâtima, qu’Allah l’agrée, était assez éloignée de celle du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Un jour, le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, se rendit dans la demeure de sa fille. Au cours de la conversation, il lui dit : « Ma fille, tu es très éloignée de moi. Je voudrais t’installer dans une maison proche de la mienne. »
Fâtima, qu’Allah l’agrée, répondit : « Père bien-aimé, Hârith ibn Nu‘mân possède plusieurs maisons. Si vous lui en parlez, il vous en donnera certainement une. Père bien-aimé, parlez-lui ! » Le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, répondit : « Ma fille, j’ai honte de le lui demander. »
D’une manière ou d’une autre, Hârith ibn Nu‘mân l’apprit. Il se présenta lui-même auprès du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui dit : « Ô Messager d’Allah, j’ai appris que vous souhaitez faire venir votre fille, Fâtima, qu’Allah l’agrée, dans une maison proche de la vôtre. Ô Messager d’Allah, que mes parents soient sacrifiés pour vous ! Je mets toutes mes maisons à votre disposition. Choisissez celle que vous voulez et installez-la-y avec joie. Par Allah, quelle que soit la chose que vous prendrez chez moi, je la préfère au fait de l’avoir auprès de moi plutôt qu’auprès de vous. »
Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui dit : « Tu as bien parlé. Qu’Allah te bénisse et fasse descendre Sa miséricorde sur toi. » Puis il prit sa fille bien-aimée, Fâtima, qu’Allah l’agrée, et l’installa près de lui dans l’une des maisons de Hârith ibn Nu‘mân. Chaque fois que le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, partait en voyage, il rendait en dernier lieu visite à Fâtima, qu’Allah l’agrée, dans sa demeure, puis, après l’avoir saluée, il se mettait en route. De même, lorsqu’il revenait d’un voyage, après avoir achevé la prière surérogatoire dans la mosquée, il se rendait en premier lieu auprès de Fâtima, qu’Allah l’agrée.
Il aimait aussi profondément ses petits-enfants. Chaque fois qu’il se rendait auprès de Fâtima, qu’Allah l’agrée, il disait : « Fâtima, amène-moi mes enfants. » Elle amenait ses fils auprès de lui. Il les respirait avec affection et les serrait contre sa poitrine.
L’une des filles du noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, s’appelait Zaynab, qu’Allah l’agrée. Elle était l’aînée de toutes. Elle avait épousé son cousin maternel Abû al-‘Âs. Khadîdja, qu’Allah l’agrée, lui avait offert pour son mariage un précieux collier en agate yéménite. Lorsque le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, émigra à Médine, Zaynab, qu’Allah l’agrée, se trouvait chez sa belle-famille. Son mari n’avait pas encore embrassé la foi. Au contraire, il avait participé à la bataille de Badr aux côtés des mécréants et avait été fait prisonnier. Il fit savoir à sa famille d’envoyer l’argent de sa rançon afin d’obtenir sa libération. En réalité, Zaynab, qu’Allah l’agrée, avait envoyé le collier que sa mère lui avait offert pour son mariage. Lorsque le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, vit ce collier de sa fille, il fut bouleversé et des larmes coulèrent de ses yeux. Il dit ensuite aux Compagnons : « Si vous êtes d’accord, vous pouvez rendre ce collier à Zaynab, qu’Allah l’agrée, et libérer également son mari. » Les Compagnons acceptèrent avec joie la requête du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Abû al-‘Âs fut libéré et le collier de son épouse lui fut également remis. Toutefois, il fut stipulé qu’il se rendrait à La Mecque et enverrait Zaynab, qu’Allah l’agrée, auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.
Ainsi, Zaynab, qu’Allah l’agrée, rejoignit son père.
Quelques jours plus tard, Abû al-‘Âs vint lui aussi à Médine et embrassa l’islam. Après la conversion d’Abû al-‘Âs, Zaynab, qu’Allah l’agrée, vécut encore un an et trois mois, puis quitta ce monde éphémère durant la huitième année de l’Hégire.
Le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, la descendit lui-même dans la tombe de ses mains bénies. Au moment de l’y déposer, il était profondément affligé et préoccupé. Puis il invoqua Allah en disant : « Ô Seigneur, elle était très faible. Ô Seigneur, facilite ses difficultés et élargis sa tombe. » — Usud al-Ghâbah
Donner un bon prénom
Le nom aussi révèle la personnalité d’une personne et exerce une grande influence sur le plan psychologique. Tout le monde souhaite chérir les enfants potelés et mignons. Mais lorsqu’on demande leur nom et qu’ils donnent un nom dépourvu de sens et laid, le cœur se serre naturellement. À ce moment-là, on souhaite intérieurement : « Ah ! Si seulement son nom était aussi beau que lui ! » En réalité, un beau nom exerce une grande influence sur les sentiments et les émotions. Ainsi, lorsqu’une femme est appelée par un nom laid et déplaisant, on peut également observer une réaction de colère de sa part. Le fait de l’appeler par un mauvais nom fait apparaître ses émotions négatives. En revanche, lorsqu’une femme est appelée par un beau nom, elle répond avec une profonde gratitude et affection. En entendant son beau nom, elle se sent honorée.
Que les gens appellent leur enfant par un beau nom : telle est l’aspiration naturelle des parents. Appeler l’enfant par un beau nom le rend heureux d’une part ; d’autre part, cela fait naître dans le cœur de celui qui l’appelle une bonne opinion à son égard. Mais cela ne peut se produire que si vous donnez un beau nom à votre enfant. Le droit de votre enfant bien-aimé sur vous est que vous lui donniez un nom beau et pur.
Le Noble Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a ordonné à sa communauté de donner de bons noms et des noms purs. Chaque fois que les Compagnons et les Compagnes venaient demander au Messager, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, de choisir un nom pour leur enfant, il leur proposait des noms très purs et porteurs de sens. Lorsqu’on demandait à quelqu’un son nom et qu’il donnait un nom dépourvu de sens et détestable, le Noble Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, le désapprouvait et ne lui permettait pas d’accomplir l’une de ses tâches. En revanche, lorsqu’il entendait un beau nom et un nom pur, il l’approuvait, priait pour cette personne et lui permettait d’accomplir sa tâche. Lorsque le Bien-Aimé Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, sortait pour ses besoins, il aimait entendre des expressions telles que « Ô Najih » ou « Ô Rachid ». Lorsqu’il envoyait quelqu’un pour prendre la responsabilité d’un lieu, il lui demandait son nom. Si le nom lui plaisait, il en était très heureux, et les signes de sa joie apparaissaient sur son visage. Si son nom lui déplaisait, cela se manifestait également sur son visage. Lorsqu’il entrait dans un village, il en demandait le nom. Si le nom du village lui plaisait, il en était très heureux. Il arrivait aussi souvent qu’il change le nom qui lui déplaisait. Il ne pouvait tolérer un mauvais nom pour aucune chose. Les gens appelaient un endroit Hujrah, c’est-à-dire « stérile » ou « improductif ». Il conserva le nom de cet endroit sous la forme de Khujrah, c’est-à-dire « éternellement verdoyant et fertile ». Une forteresse était appelée la forteresse de l’égarement ; il la nomma la forteresse de la guidée. De même, il changea les noms de nombreux hommes et de nombreuses femmes. Celui qui insistait pour conserver l’ancien nom au lieu du nom qu’il avait changé ressentait alors lui-même l’effet néfaste de cet ancien nom sur sa personnalité, et son influence mauvaise demeurait sur ses descendants.
Les noms recommandés pour l’enfant
Par noms recommandés pour votre enfant, on entend les noms choisis en tenant compte de certains éléments et en veillant à s’éloigner de certaines choses.
Premièrement : des noms formés en associant le terme Abd ou Amat à un nom de l’Essence d’Allah ou à l’un de Ses attributs, tels que Abdallah, Abd ar-Rahman, Abd al-Ghaffar, Amatullah, Amat ar-Rahman, etc. Ou encore un nom qui exprime la louange d’Allah.
Deuxièmement : donner un nom correspondant à celui d’un prophète, comme Ya‘qub, Yusuf, Idris, Ahmad, Ibrahim, Isma‘il, etc.
Troisièmement : donner le nom d’un combattant pour la foi, d’un saint ou d’un serviteur de la religion, comme Umar al-Faruq, Khalid, Abd al-Qadir, Hajar, Maryam, Umm Salama, Sumayya, etc.
Quatrièmement : que le nom soit le reflet de vos sentiments religieux et de vos nobles espoirs et aspirations. Par exemple, en voyant la situation actuelle désastreuse de la communauté, vous pouvez donner à votre enfant les noms d’Umar, de Salah ad-Din, etc., et espérer qu’en grandissant, votre enfant conduira le navire en perdition de la communauté jusqu’au rivage et fera revivre la religion.
Cinquièmement : proposer un nom en ayant à l’esprit une réussite religieuse. Par exemple, alors que vous récitiez le Noble Coran, le verset suivant apparut :
يوم يأْتِ لا تكلم نفس الا باذنه ، فمنهم شقى وسعيد –
« Lorsque ce jour viendra, tu ne pourras parler à personne. Oui, les gens pourront parler avec la permission d’Allah. Ce jour-là, certains seront malheureux et d’autres seront bienheureux. »
Cela signifie qu’au Jour de la Résurrection, l’ensemble de l’humanité sera divisé en deux groupes. L’un sera celui des malheureux et l’autre celui des bienheureux. En lisant ce verset, vous avez spontanément prié au fond de votre cœur : « Ô Seigneur, fais que mes enfants et moi appartenions au groupe des bienheureux », puis, après la naissance de votre enfant, vous lui avez donné le nom de Saïd.
En réalité, consciemment ou inconsciemment, vous proposez des noms conformément à vos volontés, à vos émotions, à vos espoirs et à vos aspirations. C’est sur la base de ces espoirs et aspirations que l’enfant grandit et, naturellement, dans des circonstances ordinaires, réalise votre rêve.
Il est recommandé de garder ces considérations à l’esprit lorsqu’on propose un nom. Il existe également certains éléments à l’égard desquels il faut faire preuve de prudence au moment de choisir un nom.
Premièrement : les pensées et les sentiments contraires à la croyance et aux principes islamiques, en particulier les noms qui portent atteinte à la conception de l’unicité divine, comme Nabî Bakhsh et Abd ar-Rasûl.
Deuxièmement : tout terme exprimant l’orgueil, l’arrogance, la prétendue pureté ou la prétention personnelle.
Troisièmement : les noms qui reflètent des espoirs et des aspirations non islamiques et qui ne laissent espérer aucune miséricorde d’Allah.
Les orientations et la sagesse relatives au choix d’un bon nom
قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّكُمْ تَدْعُونَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ بِأَسْمَائِكُمْ ، وَأَسْمَاءِ آبَاءِ كُمْ فَأَحْسِنُوا أَسْمَائِكُم – ابو داود عن أبي الدردا« Le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Le Jour de la Résurrection, vous serez appelés par vos noms et par les noms de vos pères. Donnez donc de bons noms.” »
Les noms agréés par Allah
عن أبي وهب رض عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : تُسَمُوا بِأَسْمَاءِ الأنبياء وأحبُّ الْأَسْمَاءِ إِلى اللهِ عَزَّ وَجَلَّ عبدُ اللَّهِ وَعَبْدُ الرَّحْمَنِ وَأَصْدَقَهَا حارث وهمام وأقبحها حرب ومرة – الادب المفرد وجمع الفوائد ج ۲ ص ٤٠٦ بحو اله ابوا داود ونسائي« Abû Wahab rapporte du Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — qu’il a dit : “Donnez des noms d’après les noms des prophètes. Les noms les plus aimés d’Allah, le Tout-Puissant et le Majestueux, sont Abdallah et Abd ar-Rahman. Les noms les plus véridiques sont Harith et Hammam, et les noms les plus détestables sont Harb et Murrah.” »
Le mot « Allah » est le nom propre d’Allah. Ar-Rahman n’est pas le nom propre d’Allah dans l’islam. Toutefois, avant l’islam, il était employé comme nom d’Allah chez certains peuples. C’est pourquoi il possède lui aussi une importance particulière par rapport à Ses autres attributs ou qualités. La mention de ces deux noms dans le hadith ne signifie pas que seuls ces deux noms puissent être donnés et qu’ils soient les seuls agréables à Allah. Ils sont plutôt cités à titre d’exemple. Tout nom formé en ajoutant le mot « Abd » à l’un des attributs d’Allah est donc un nom agréable à Allah. Il est possible que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ait mentionné uniquement ces deux noms également parce que, dans le Noble Coran, ces deux noms sont mentionnés en relation avec « Abd ».
On appelle Hârith celui qui s’occupe d’agriculture et d’activités lucratives. S’il gagne sa vie dans le monde par des moyens licites, c’est déjà une bonne chose ; mais s’il s’emploie à gagner pour l’au-delà, quoi de meilleur que lui ?
Hammâm désigne une personne fermement déterminée, qui se met à une tâche après en avoir achevé une autre.
Harb signifie la guerre. Il va de soi que la guerre n’est pas une activité appréciée.
Murrah désigne une chose amère, et les choses amères sont assurément détestées de tous.
Un heureux commencement avec un bon nom
Hadrat Yahya ibn Sa‘id — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — demanda aux gens qui trairait une chamelle :
مَنْ يُحْلبُ هَذِهِ ؟ فَقَامَ رَجُلٌ فَقَالَ لَهُ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا اسْمُكَ ؟ قَالَ : مُرَّة، فَقَالَ لَهُ : اجْلِسُ ثُمَّ قَالَ : مَنْ يُحْلَبُ هَذِهِ ؟ فَقَامَ رَجُلٌ ، فَقَالَ له صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا اسْمُكَ ؟ قَالَ حَرْبٌ ، فَقَالَ لَهُ اجْلِسُ ثُمَّ قَالَ من يحلب هذه ؟ فَقَامَ رَجُلٌ ، فَقَالَ لَهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا اسْمُكَ ؟ قَالَ : يَعِيشُ فَقَالَ لَهُ أحلب – جمع الفوائد بحوا الله مؤطا امام مالك رح« Qui traira cette chamelle ? » Un homme se leva. Il lui demanda : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Mon nom est Murrah. » Il lui dit : « Assieds-toi. » Puis il demanda : « Qui traira cette chamelle ? » Un homme se leva. Il lui demanda : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Harb. » Il lui dit : « Assieds-toi. » Puis il demanda : « Qui traira cette chamelle ? » Un homme se leva. Il lui demanda : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Ya‘ish. » Il lui dit : « Très bien, trais-la. » — Jam‘ al-fawā’id, avec référence au Mu’atta de l’imam Mâlik
Le sens des deux premiers noms est déplaisant, tandis que le sens du dernier nom est agréable. Le mot Ya‘ish signifie « rester en vie ».
De même, l’imam al-Bukhari a également rapporté un hadith :
« Le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — demanda aux gens : “Qui conduira notre chameau ?” Ou bien il dit : “Qui l’accompagnera jusqu’à destination ?” Un homme répondit : “Moi.” Il lui demanda : “Quel est ton nom ?” Il répondit : “Mon nom est ainsi.” Il lui dit : “Assieds-toi.” Puis un deuxième homme se leva dans ce but. Il lui demanda : “Quel est ton nom ?” Celui-ci répondit également : “Mon nom est ainsi.” Il lui dit : “Assieds-toi.” Puis un troisième homme se leva. Il lui demanda aussi : “Quel est ton nom ?” Il répondit : “Son nom est Najiyah.” Il lui dit alors : “Tu es apte à cette tâche. Conduis-le.” »
Une plaisanterie de Hadrat ‘Umar — qu’Allah l’agrée —
Hadrat ‘Umar — qu’Allah l’agrée — demanda à un homme : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Braise. » Il demanda : « Quel est le nom de ton père ? » Il répondit : « Flamme. » Il demanda : « De quelle tribu es-tu ? » Il répondit : « De la tribu de l’Incendie. » Il demanda : « Où se trouve ta maison ? » Il répondit : « Sur la colline chaude du feu. » Il demanda : « Sur quelle colline du feu ? » Il répondit : « Sur la colline embrasée. » En entendant cela, Hadrat ‘Umar — qu’Allah l’agrée — lui dit : « Va vite prévenir les gens de ta maison. Ils ont tous brûlé. » Il en fut exactement comme Hadrat ‘Umar — qu’Allah l’agrée — l’avait dit. — Jam‘ al-fawā’id
Honorer les noms
Ḥaḍrat Abū Rāfiʿ, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
إذا سميتم محمدًا فَلَا تَضْرِبُوهُ وَلَا تَحْرِمُوهُ .
« Lorsque vous donnez à quelqu’un le nom de Muḥammad, ne le frappez pas et ne le privez pas. » — Jamʿ al-Fawāʾid
Ḥaḍrat Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
تسمونهم محمدًا ثُمَّ تَلْعَنُونَهم .
« Vous donnerez aux enfants le nom de Muḥammad, puis vous les maudirez et les insulterez. »
Autrement dit, par respect pour ce nom, vous ne devez pas maltraiter les enfants. De toute façon, mal se comporter avec les enfants est une chose répréhensible. Et si l’enfant s’appelle Muḥammad, il faut y veiller encore davantage, car il est également obligatoire de respecter ce nom.
Quelques noms proposés par le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix
Un : Ḥaḍrat Yūsuf, fils de Ḥaḍrat ʿAbdullāh ibn Salām, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, m’a donné le nom de Yūsuf. Il m’a pris sur ses genoux et m’a passé la main sur la tête.
Deux : Ḥaḍrat Abū Mūsā, qu’Allah l’agrée, rapporte qu’à la naissance de son premier enfant, il se rendit auprès du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, en l’emmenant avec lui. Celui-ci lui donna le nom d’Ibrāhīm. Il mâcha une datte, la mit dans sa bouche, puis le lui rendit en invoquant pour lui le bien et la bénédiction.
Trois : Ḥaḍrat ʿAlī, qu’Allah l’agrée, avait également donné à ses trois fils le nom de Ḥarb. Le bien-aimé Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, changea leurs noms en Ḥasan, Ḥusayn et Muḥsin.
Changement de nom
Le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, accordait une grande attention aux noms. S’il trouvait, sous quelque aspect que ce soit, le nom de quelqu’un mauvais, il le changeait et proposait un bon nom. Si un nom exprimait une signification contraire à la conception du tawhid, ou s’il était dépourvu de sens, ou s’il désignait une chose détestable et mauvaise, ou comportait une signification répréhensible, ou établissait un lien personnel avec un péché, ou exprimait l’orgueil et la vanité de son porteur, ou présentait quelque autre aspect mauvais, il le changeait et proposait à la place un nom bon et pur.
Aïcha, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, changeait les mauvais noms. — Jami‘ at-Tirmidhi
Un : Hani ibn Zayd se présenta auprès du noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, avec une délégation. Il apprit alors que sa kunya était Abou al-Hakam. Le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, l’appela et lui dit : « Al-Hakam, c’est Allah, et le jugement relève de Son autorité. Comment as-tu donc pris la kunya d’Abou al-Hakam ? » Ibn Zayd répondit : « Ce n’est pas cela. En réalité, lorsque les membres de mon peuple sont en désaccord au sujet d’une affaire, ils viennent me trouver. Je rends entre eux un jugement juste, et les deux parties acceptent cette décision avec satisfaction. » Le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Quelle belle chose tu as décrite ! » Puis il demanda : « N’as-tu pas d’enfants ? » Ibn Zayd répondit qu’il avait trois fils, nommés Shourayh, Abdoullah et Mouslim. Il demanda : « Lequel est l’aîné ? » Ibn Zayd répondit : « Shourayh est l’aîné de tous. » Il dit alors : « Ta kunya sera donc Abou Shourayh », puis il invoqua Allah en faveur de Shourayh et de ses fils. Il apprit en outre que l’un des membres de cette délégation se nommait Abd al-Hajar. Il lui demanda : « Quel est ton nom ? » L’homme répondit : « Abd al-Hajar. » Il lui dit : « Non, ton nom sera Abdoullah. »
Shourayh rapporte que lorsque Hani ibn Zayd s’apprêta à retourner dans son pays, il se présenta auprès du Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui demanda : « Ô Messager d’Allah, indique-moi quelle œuvre me fera nécessairement entrer au Paradis. » Il répondit : « Accomplis deux choses : parle convenablement aux gens et distribue largement la nourriture. » — Al-Adab al-Moufrad
Deux : Hadrat Abdour-Rahman rapporte : « Je me présentai auprès du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il me demanda : “Quel est ton nom ?” Je répondis : “Mon nom est Abd al-‘Uzza.” Il dit : “Non, ton nom est Abdour-Rahman.” Dans une autre version, il est rapporté que je répondis : “Mon nom est Aziz.” Il dit alors : “Al-‘Aziz, c’est Allah.” » — Al-Adab al-Moufrad
Trois : Hadrat Ibn Omar, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, changea le nom d’Âsiya et dit : « Ton nom est Jamila. » — Al-Adab al-Moufrad
Dans une version de Sahih Mouslim, il est rapporté que la fille de Hadrat Omar, qu’Allah l’agrée, s’appelait Âsiya, et que le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, changea son nom en Jamila.
Quatre : Hadrat Muhammad ibn Amr, qu’Allah l’agrée, a rapporté qu’un jour il se rendit auprès de Zaynab, la fille d’Abou Salama [elle était la fille d’Oumm Salama, l’épouse du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ; elle était la fille issue de son premier époux, Abou Salama]. À ce moment-là, Zaynab demanda le nom de la sœur de l’un de mes compagnons. Je lui répondis que son nom était Barrah. Elle dit : « Change son nom, car lorsque le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, épousa Zaynab bint Jahsh, son nom était Barrah. Le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, changea son nom et l’appela Zaynab. » Sa mère l’appelait alors sans cesse « Barrah, Barrah ». Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit alors : « Ne proclamez pas votre propre pureté. Allah sait mieux qui, parmi vous, est pieux et qui est mauvais », puis il dit : « Appelez-la Zaynab. » Ma mère, Oumm Salama, dit : « Très bien », et elle fut donc appelée Zaynab.
Cinq : Hadrat Rayta bint Mouslim rapporte que mon père, Mouslim, me dit : « J’étais avec le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lors de la bataille de Hunayn. Il me demanda : “Quel est ton nom ?” Je répondis : “Mon nom est Ghourab (corbeau).” Il dit : “Non, ton nom est Mouslim.” »
Aïcha, qu’Allah l’agrée, a rapporté qu’un homme mentionna, dans l’assemblée du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, qu’on l’appelait Chihab. En entendant cela, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Non, tu es plutôt Hicham. »
Sixièmement : avant l’islam, le fils d’Abd ar-Rahman ibn Saïd al-Makhzoumi s’appelait « As-Sarm ». Ensuite, le noble Prophète — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — changea ce nom et le remplaça par « Saïd ». Le Prophète — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — demanda à Saïd : « Lequel de nous deux est le plus âgé, toi ou moi ? » Saïd — que Dieu l’agrée — répondit : « Vous êtes plus grand que moi, tandis que je suis plus âgé que vous. »
Lorsqu’il commença à perdre la vue, Omar — que Dieu l’agrée — vint lui prodiguer ses soins et lui dit : « Vous devez absolument assister à la prière du vendredi et à la prière en assemblée. » Il répondit : « Qui m’y conduira ? » Omar — que Dieu l’agrée — lui envoya alors un esclave pour le guider et le servir.
Septièmement : le noble Prophète — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Ne donnez pas à votre enfant le nom de Houbab, car Houbab est le nom du diable. Un enfant ne doit pas s’appeler Houbab. Donnez-lui plutôt le nom d’Abd ar-Rahman. » Le serpent est appelé Houbab, et le monde est appelé Oumm Houbab. C’est pourquoi il interdit de donner le nom de Houbab.
Les effets néfastes des mauvais noms
Le célèbre traditionniste tabi‘i de Médine, Saïd ibn al-Mousayyib, rapporta l’histoire de son grand-père Houroun. Celui-ci se présenta un jour auprès du Prophète — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — qui lui demanda : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Mon nom est Hayn. » Il lui dit : « Non, ton nom n’est pas Hayn ; ton nom est plutôt Sahala. » Hayn répondit : « Je ne changerai pas le nom que m’a donné mon père pour en prendre un autre. » Saïd ibn al-Mousayyib dit : « C’est pour cette raison que, depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, le malheur persiste dans notre descendance. »
Le pire des noms auprès de Dieu
عن أبي هريرةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَخْنَى الْأَسْمَاءِ عند الله رجلٌ تُسمى ملك الأملاك – الادب المفرد« Abou Hourayra — que Dieu l’agrée — a rapporté que le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Le nom le plus détestable et le plus odieux auprès de Dieu est celui d’un homme appelé Malik al-Amlak.” »
L’expression Malik al-Amlak signifie « le roi des rois ». En persan, elle signifie Chahanchah. C’est un nom extrêmement mauvais par son sens, car il implique une indication de polythéisme. Le pouvoir et la royauté appartiennent exclusivement à Dieu. Nul autre ne partage ce droit avec Lui. Cette expression figure également dans le Sahih Muslim. Elle signifie que la royauté et le pouvoir appartiennent uniquement à Dieu.
Appeler son interlocuteur par le nom qu’il préfère
Lorsque vous appelez quelqu’un par son nom, vous pouvez également l’appeler par le nom qu’il préfère. Appelez donc toujours les autres par le nom qui leur plaît. Ainsi, la personne interpellée ressentira que son honneur est accru. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — aimait beaucoup que l’on appelle chaque personne par le nom et la kunya qu’elle préférait le plus.
Le nom préféré du vénérable Ali — qu’Allah l’agrée —
Un jour, le Noble Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se rendit chez son gendre, le vénérable Ali — qu’Allah l’agrée. La vénérable Fatima — qu’Allah l’agrée — était seule à la maison. Le vénérable Ali — qu’Allah l’agrée — n’y était pas. Il demanda à sa fille : « Où est le fils de votre oncle ? » Elle répondit : « Une dispute a éclaté entre lui et moi. Il s’est fâché contre moi et est parti quelque part, irrité. Après le repas de midi, il ne s’est même pas reposé ici. »
Le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit à quelqu’un : « Va donc voir où se trouve Ali. » L’homme répondit : « Il est allongé, adossé au mur de la mosquée. » Le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — le suivit. Il le vit allongé sur le dos. Sa couverture n’était pas correctement arrangée et de la terre couvrait son corps. Le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui essuyait la terre du dos en disant : « Abou Tourab ! Lève-toi et assieds-toi. »
Prononcer un nom abrégé avec affection
Il arrivait au bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — de prendre affectueusement un nom abrégé au lieu de prononcer le nom complet. Ainsi, au lieu de Aïcha, il disait Aïch, et au lieu de Othman, il disait Othm. Vous faites naturellement parfois de même pour exprimer votre tendresse et votre affection. Il n’y a là rien de répréhensible, car ce n’est pas fait pour déformer le nom, mais pour exprimer l’élan de l’amour. Le vénérable Abou Salama — qu’Allah l’agrée — a rapporté :
أن عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلَّم يَا عَائِشَ : هَذَا جِبْرِيلُ يُقْرِئُ عَلَيْكَ السَّلام قَالَتْ : وَعَلَيْهِ السَّلام ورحمة الله قَالَتْ وَهُوَ يُرَى مَالَا أَرَى –
« La vénérable Aïcha — qu’Allah l’agrée — a dit : “Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : ‘Ô Aïch ! Voici Gabriel qui te salue.’ Elle répondit : ‘Que la paix et la miséricorde d’Allah soient également sur lui.’ Elle ajouta : ‘Le Noble Prophète voyait ce que je ne voyais pas.’” Al-Adab al-Mufrad
Même si vous ne vous souvenez pas du nom de quelqu’un et que vous devez l’appeler, ne vous adressez pas à lui par un nom laid ou mauvais. Employez plutôt une bonne expression pour attirer son attention. Lorsque le bien-aimé Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ne se souvenait parfois pas du nom de quelqu’un, il s’adressait à lui en disant : « Ô fils d’Abdallah ! »
Tendresse et affection envers les enfants
Manifester de l’affection et de l’amour à l’enfant est également l’un de ses droits. Montrer de l’affection et de l’amour à l’enfant est une disposition naturelle. Allah a créé cette inclination naturelle dans le cœur de chaque père et de chaque mère. En suscitant dans le cœur des parents un amour illimité pour leur enfant, Allah leur a également accordé un bienfait extraordinaire. C’est aussi un bienfait envers l’enfant, car sans cela, il serait absolument impossible de l’élever. En réalité, cela aurait été pour la plupart impossible. Comparé aux petits de tous les autres animaux, l’enfant humain est le plus démuni, le plus vulnérable, le plus faible et le plus dépendant de l’aide d’autrui. Si le cœur des parents n’était pas animé d’une affection et d’un amour illimités pour lui, il ne pourrait pas être élevé. C’est grâce à l’affection et à l’amour sans pareils de ses parents, ainsi qu’à leurs sacrifices extraordinaires, qu’il grandit et devient capable.
Le bienfait envers les parents réside, quant à lui, dans le fait qu’Allah leur a confié la noble responsabilité d’élever leurs enfants. Les parents n’auraient jamais pu assumer ce droit si un immense amour pour leurs enfants n’avait pas été suscité dans leur cœur.
L’amour envers l’enfant est un signe de la miséricorde et de la sagesse d’Allah, ainsi qu’une preuve manifeste qu’Il est le Seigneur et le Nourricier. Allah a créé cette affection dans le cœur de tout être humain, sans aucune distinction. Il ne l’a pas accordée uniquement aux êtres humains : Il l’a également donnée aux animaux, qui éprouvent naturellement de l’amour pour leur progéniture.
La particularité de l’amour d’une mère musulmane
L’amour envers l’enfant est une émotion naturelle. C’est pourquoi, indépendamment de leur religion et de leurs idéaux, tous les parents aiment leur propre enfant. Même si des parents ne croient ni en une religion ni au Créateur, ils aiment tout de même leur enfant. Cependant, les parents musulmans possèdent à cet égard une caractéristique particulière. Les parents privés de l’islam ne peuvent jamais acquérir cette caractéristique. En aimant son enfant, une mère non musulmane satisfait elle aussi son inclination naturelle. De même, une mère musulmane satisfait cette émotion. Mais la particularité de la mère musulmane est qu’elle aime son enfant avec le sentiment que c’est un droit de l’enfant, une exigence de la religion et une sunna du Noble Prophète et de ses nobles Compagnons. Manifester de l’affection à l’enfant ne consiste pas seulement à satisfaire une émotion naturelle : elle considère également cela comme un moyen d’obtenir l’agrément d’Allah et de Son Messager, d’être récompensée dans l’au-delà et d’atteindre le salut éternel. Sous l’effet de ce sentiment intense, une immense émotion et une force extraordinaire se manifestent dans le cœur de la mère musulmane. Un amour inspiré par ce sentiment est totalement différent de l’amour purement naturel. L’amour d’une mère animée par un amour imprégné du sentiment religieux ne peut pas être un amour aveugle. Elle aime son enfant conformément aux orientations de la religion et ne recourt jamais, sous l’effet de l’émotion, à une méthode qui pourrait entraîner sa propre ruine et celle de son enfant.
L’enfant comme moyen d’épreuve
Manifester de l’amour à l’enfant est un droit de l’enfant, mais c’est aussi un moyen par lequel les parents sont éprouvés. Allah a accordé l’inclination naturelle à aimer l’enfant et l’a également encouragée, tout en avertissant et en disant de prendre garde à ce qui concerne les enfants. En effet, il arrive que ces mêmes enfants deviennent les ennemis de l’homme. En se laissant inutilement prendre dans les filets de l’amour qu’il leur porte, l’homme perd son équilibre et s’éloigne considérablement de la religion. Pour eux, il usurpe les droits d’autrui. Il ne distingue plus le licite de l’illicite. Il devient inattentif au culte et à l’obéissance envers Allah. Il oublie les exigences de la foi et de l’islam. Il renonce à de grandes œuvres pieuses, suit une mauvaise voie et ruine ainsi sa vie future. C’est pourquoi Allah a dit de prendre garde à l’égard des enfants. Certains enfants deviennent, sous cet aspect, les ennemis de l’homme.
يأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّ مِنْ أَزْوَاجِكُمْ وَأَوْلَادِكُمْ عَدُوا لَّكُمْ فَاحْذَرُوهُمْ :
« Ô vous qui croyez, certaines de vos épouses et certains de vos enfants sont vos ennemis. Prenez donc garde à eux. » — Sourate At-Taghabun, 14
Prendre garde à l’égard des enfants signifie que l’homme ne doit pas se laisser tellement emprisonner par l’amour qu’il leur porte qu’il en devienne inattentif aux exigences de la religion et de la foi. Si l’amour envers les enfants empêche d’avancer sur la voie de la religion et de se sacrifier pour elle, alors il devient une inimitié ; l’homme doit donc rester vigilant. Il ne faut jamais que l’amour qu’il leur porte l’emporte sur l’amour de la religion, ni qu’il recule dans le domaine religieux à cause d’eux. Avant l’Hégire, certaines personnes avaient embrassé la foi à La Mecque. Mais, malgré leur conversion à l’islam, elles ne purent émigrer à Médine avec les musulmans émigrants. Bien qu’elles fussent croyantes, elles furent privées de la faveur de l’Hégire uniquement parce qu’elles s’étaient laissé piéger par un amour excessif envers leurs épouses et leurs enfants, lesquels les avaient empêchées de se rendre à Médine. Ces musulmans furent privés d’une faveur telle que l’Hégire parce qu’ils n’avaient pas été vigilants concernant leur amour pour leurs enfants et qu’ils s’étaient tellement absorbés dans cet amour qu’ils n’avaient pas répondu à l’appel de la religion. Le Saint Coran a également qualifié les enfants, sous cet aspect, de fitna et d’épreuve. D’un côté, il y a l’émotion de l’amour naturel qu’on éprouve pour eux ; de l’autre, les exigences de la religion et de la foi. Il a été insisté sur la nécessité de leur témoigner de l’amour et de s’acquitter de leurs droits. Mais, en même temps, l’avertissement a été lancé que les enfants sont un moyen d’épreuve. Ne vous absorbez donc pas tellement dans l’amour que vous leur portez que vous en veniez à oublier les exigences de la religion et de la foi :
إِنَّمَا أَمْوَالُكُمْ وَأَولادكم فنتة ، التغابن : ١٥
« En vérité, vos biens et vos enfants sont pour vous une épreuve. » — Sourate At-Taghabun, 15
Il a été dit ailleurs :يأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تُلْهِكُمْ أَمْوَالُكُمْ وَلَا أَوْلَادُكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ ، وَمَنْ يَفْعَلُ
ذالِكَ فَأُولَئِكَ هُمُ الْخَسِرُونَ المنافقون : ٩« Ô vous qui croyez ! Que vos biens et vos enfants ne vous détournent pas du rappel d’Allah ; et quiconque agit ainsi, ceux-là sont les grands perdants. » — Sourate Al-Munâfiqûn, 9
La signification de ce verset est que les hypocrites étaient pris au piège par l’amour des biens et des enfants. Ils étaient absorbés par les désirs matériels et avaient oublié l’au-delà en échange de ce bas monde. Or, la plus grande perte consiste précisément à être privé, pour le monde périssable, des bienfaits illimités de la vie éternelle. C’est pourquoi les musulmans doivent rester vigilants à cet égard.
Un jour, le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, prononçait un sermon dans la mosquée du Prophète. À ce moment-là, Al-Hasan, qu’Allah l’agrée, et Al-Husayn, qu’Allah l’agrée, arrivèrent dans la mosquée vêtus de vêtements rouges. Ils étaient encore très jeunes. Ils avançaient tant bien que mal, trébuchant sur leurs pieds. Le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, ne put le supporter. Il descendit de la chaire, prit ses deux petits-fils dans ses bras et les fit asseoir près de lui. Puis il dit : Allah a dit vrai :
إِنَّمَا أَمْوَالُكُمْ وَأَوْلَادُكُمْ فِتْنَةٌ – التغابن : ١٥« En vérité, vos biens et vos enfants ne sont pour vous qu’une épreuve. » — Sourate At-Taghâbun, 15
Khawla bint Hakîm, qu’Allah l’agrée, était une femme très pieuse. Elle a rapporté qu’un jour, le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, sortit. Il portait l’un de ses petits-fils dans ses bras et lui disait : « C’est vous qui rendez les gens avares, c’est vous qui les rendez lâches, et c’est vous qui les plongez dans l’ignorance et la stupidité. » — Jâmi‘ At-Tirmidhî
En vérité, les enfants engendrent chez l’être humain diverses faiblesses ; à cause d’eux, son courage s’épuise et il devient peureux. Dans bien des situations, il hésite à avancer. Qu’Allah nous en préserve, si l’issue devait être mauvaise, qu’adviendrait-il des enfants ? Il dépense avec beaucoup de prudence, en tenant compte de leurs besoins, et, à cause d’eux, il lui arrive parfois, emporté par ses émotions, d’accomplir des actes insensés et irréfléchis.
L’islam ne méprise pas l’élan d’amour envers les enfants et ne l’interdit pas non plus ; au contraire, il le considère comme noble et porteur de sens, et y encourage. Toutefois, l’islam insiste impérativement sur le fait que le musulman doit aimer ses enfants à la lumière de la religion. Il doit toujours garder présentes à l’esprit les orientations de la religion et ne doit en aucun cas adopter une attitude qu’Allah désapprouve.
عَنْ أَنَسٍ قَالَ دَخَلْنَا مَعَ رَسُولِ الله صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى أَبي سيف القَيْنِ وَكَانَ ظَرًا لإبراهيم فَأَخَذَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَبْلَهُ وشمه ثُمَّ دَخَلْنَا عَلَيْه بعد ذالك وإبراهيم يجودُ بِنَفْسِهِ فَجَعَلْتُ عَيْنَا رَسُول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَنْرَفَانِ فَقَالَ لَهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفِ وَأَنْتَ يا رَسُولَ اللهِ فَقَالَ يَا ابْنَ عَوْفِ إِنَّهَا رَحْمَةٌ ثُمَّ اتَّبَعَهَا بِأُخْرِى فَقَالَ إِنَّ الْعَيْنَ تدمع والقلب يَحْزُنُ وَلَا نَقُولُ إِلا ما يرضى رَبُّنَا وَإِنَّا بِفِرَاقِكَ يَا إِبْرَاهِيمُ لمحزونون – بخاری، مسلم« Anas, qu’Allah l’agrée, a rapporté : Nous nous rendîmes avec le Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, chez Abû Sayf, le forgeron. Abû Sayf était l’époux de la nourrice du fils du Prophète, Ibrâhîm. Le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, prit son fils dans ses bras, le câlina et le huma (c’est-à-dire qu’il posa son nez et sa bouche sur son visage comme pour le humer). Puis, lorsque nous y retournâmes, Ibrâhîm rendait son dernier souffle et les larmes coulaient des deux yeux du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. En voyant cela, ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf, qu’Allah l’agrée, dit au Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : Ô Messager d’Allah, vous aussi, vous pleurez ? Il répondit : Ô Ibn ‘Awf, ces larmes sont un signe de miséricorde. Puis ses larmes continuèrent de couler, et il dit : Les yeux versent des larmes et le cœur éprouve de la tristesse. Nous ne disons avec notre langue que ce qui plaît à notre Seigneur. Ô Ibrâhîm, nous sommes affligés par ta séparation. »
La rudesse envers les enfants
Certaines personnes considèrent comme contraire à la piété le fait de rire et de jouer avec leurs enfants, de s’occuper d’eux, de les nourrir dans leurs bras, de les embrasser et de les câliner. Selon elles, la piété et l’exigence de gravité imposent de s’abstenir de parler joyeusement avec les enfants. Il faudrait rester séparé et distant d’eux. Au lieu de se mêler à eux, il faudrait manifester de l’indifférence et faire preuve de dureté et de rudesse plutôt que d’exprimer son affection.
L’islam ne soutient jamais de telles conceptions. Elles sont la conséquence d’idées religieuses erronées et d’une mauvaise compréhension de la religion. Au contraire, il ressort clairement de l’enseignement et de la pratique du Prophète éminent, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, que manifester tendresse et affection envers les enfants est une œuvre appréciée. Le cœur de celui qui n’aime pas ses propres enfants est nécessairement dépourvu de compassion et de douceur. Les enfants sont une source de joie pour les yeux. Leur témoigner tendresse et affection sera un moyen de réussir dans l’au-delà. En être privé signifie être privé de la miséricorde d’Allah.
Embrasser son enfant est une cause de la miséricorde d’Allah
عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَبْلَ رَسُولُ اللهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْحَسَنَ بْنَ عَلِي رضي الله عَنْهُ وَعِندَهُ الأقرع بن حابس التَّمِعِي جَالِسٌ فَقَالَ الْأَقْرَعُ إِنْ لي عشرَةً مِّنَ الْوَلَدِ مَا قَبلْتُ مِنْهُمْ أَحَدًا فَنَظَرَ إِلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ قَالَ مَنْ لا يرحم لا يرحم .
« Il est rapporté d’Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, qu’il a dit : le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, embrassa son petit-fils Hassan ibn Ali, qu’Allah l’agrée, et lui témoigna de l’affection. Al-Aqra ibn Habis était assis auprès de lui. Il dit : “J’ai dix enfants, mais je n’ai jamais témoigné d’affection à aucun d’entre eux.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, le regarda puis dit : “Celui qui ne fait pas miséricorde ne recevra pas la miséricorde d’Allah.”
En d’autres termes, embrasser son propre enfant et lui témoigner de l’affection sont des signes de compassion et de bonté. Seuls ceux dans le cœur desquels Allah a placé la miséricorde embrassent leurs enfants et leur témoignent de l’affection, et Allah fait miséricorde à ceux qui font miséricorde aux autres. Ceux qui ne font pas miséricorde aux autres en sont eux-mêmes privés.
عنْ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ قَالَ أَرْسَلَتِ ابْنَةُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَيْهِ إِنْ ابنا لي قبض فَاتِنَا فَارْسل يُقْرِئُ السَّلام وَيَقُولُ إِنَّ لِلَّهِ مَا أَخَذَ وَلَهُ مَا أعطى وكُلَّ عِندَه بَأجَلٍ مُسَمًّى فَلْتَصْبِرُ وَلتَحْتَسِبْ فَأَرْسَلَتْ إِلَيْهِ تُقْسِمُ عَلَيْهِ ليَأْتِيَنَّهَا فَقَامَ وَمَعه سعد بن عبادة ومعاذ بن جبل وأبي بن كعب وزيد بن ثَابِتٍ وَرِجَالٌ فَرُفِعَ إِلَى رَسُولِ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الصَّبِيُّ وَنَفْسَهُ تتقعقع ففاضت عيناهُ فَقَالَ سَعد يا رَسُولَ اللَّهِ مَا هُذَا ؟ فَقَالَ هَذِهِ رَحْمَةٌ جَعَلَهَا اللهُ فِي قُلُوبِ عِبَادِهِ فَإِنَّمَا يَرْحَمُ اللَّهُ مِنْ عِبَادِهِ الرَّحَمَاء – بخاری مسلم« Zaynab, la fille du Prophète, qu’Allah la bénisse et lui accorde la paix, envoya de nouveau un messager pour le faire venir et lui fit parvenir ce message : “Les derniers instants de mon enfant sont proches ; venez donc auprès de nous et restez quelque temps.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit au messager : “Va lui transmettre mon salut et dis-lui : ‘Ce qu’Allah a repris Lui appartient, et ce qu’Il a donné Lui appartient également, et toute chose a auprès de Lui un terme fixé. Qu’elle soit donc patiente et espère auprès d’Allah sa récompense et son mérite.’” — Rapporté par Al-Boukhari et Muslim
Zaynab, qu’Allah l’agrée, le fit de nouveau appeler et lui fit jurer : « Vous devez absolument venir. » Il se leva donc pour se rendre auprès de sa fille. Il était accompagné de Sa‘d ibn Oubada, de Mou‘adh ibn Jabal, d’Oubay ibn Ka‘b, de Zayd ibn Thabit, qu’Allah les agrée, ainsi que de plusieurs autres hommes. Lorsqu’il arriva chez Zaynab, qu’Allah l’agrée, on lui remit l’enfant dans les bras. À ce moment-là, l’âme de l’enfant était en train d’être saisie. En voyant cette scène, des larmes coulèrent de ses yeux. Sa‘d, qu’Allah l’agrée, demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce donc ? Vous aussi, vous pleurez ? » Il répondit : « C’est une miséricorde qu’Allah a créée dans le cœur de Ses serviteurs, de ceux qui se montrent miséricordieux les uns envers les autres. »
Ne pas témoigner d’affection à son enfant revient à faire preuve de cruauté
عنْ عَائِشَةَ رَض قَالَتْ جَاءَ أَعْرَابِيُّ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ اتقبلون الصبيانَ فَمَا نُقَبِلُهُمْ فَقَالَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوَ أَمْلِكُ لَكَ أَنْ نَزَعَ اللهُ مِنْ قَلْبِكَ الرحمة – بخاری، مسلم« Aïcha, qu’Allah l’agrée, rapporte qu’un bédouin vint trouver le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et lui dit : “Embrassez-vous les enfants et leur témoignez-vous de l’affection ? Nous, nous n’embrassons pas les enfants.” En entendant cela, le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : “Que puis-je faire pour toi si Allah a retiré la miséricorde de ton cœur ?” » — Rapporté par Al-Boukhari et Muslim
Ne pas embrasser les enfants et ne pas leur témoigner d’affection n’est pas une bonne chose. C’est plutôt un signe de cruauté. Ne pas témoigner d’affection aux enfants signifie qu’Allah a extirpé du cœur la source de la miséricorde. Si la source de la miséricorde existe encore, l’être humain témoignera nécessairement de l’affection à son propre enfant.
Prendre l’enfant dans ses bras
عَنْ عَدِي بْنِ ثَابِت قَالَ سَمِعْتُ الْبَرَاء يَقُولُ رَأَيْتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسَلَّمَ وَالْحَسَنُ صَلوتُ اللهِ عَلَيْهِ عَلَى عَاتِقِهِ وَهُوَ يَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أَحِبُّهُ فاحبه« Hazrat Adi ibn Thabit, qu’Allah l’agrée, rapporte : J’ai entendu Hazrat al-Bara, qu’Allah l’agrée, dire : “J’ai vu le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, avec Hazrat Hassan, qu’Allah l’agrée, sur son épaule, et il disait : Ô Allah ! Je l’aime, aime-le toi aussi.” »
Un jour, Hazrat Hassan, qu’Allah l’agrée, ou Hazrat Hussein, qu’Allah l’agrée, était monté sur son cou. Un homme, voyant cela, dit : « Quelle belle monture il a trouvée ! » Ayant entendu cela, le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Le cavalier est également un excellent cavalier. » — Sîrat an-Nabî, deuxième tome
Hazrat Usama ibn Zayd, qu’Allah l’agrée, a dit : « Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, me prenait dans ses bras, me plaçait sur une cuisse et Hazrat Hassan, qu’Allah l’agrée, sur l’autre, puis nous serrait tous deux contre sa poitrine en disant : “Ô Allah ! Accorde Ta miséricorde à ces deux-là. Je leur témoigne de la compassion.” » — Boukhari
Il aimait profondément Hazrat Hassan et Hazrat Hussein, qu’Allah les agrée. Il disait : « Ce sont les joyaux de mon cou. » Lorsqu’il se rendait chez sa fille, il disait : « Amenez-moi mes enfants. » Quand on les lui amenait, il les prenait dans ses bras, les embrassait et les serrait contre sa poitrine. — Sîrat an-Nabî, deuxième tome
Il prenait souvent Hazrat Hussein, qu’Allah l’agrée, dans ses bras et le cajolait en posant son visage contre le sien. Il disait : « Ô Allah ! Je l’aime, et j’aime aussi celui qui l’aime. » — Sîrat an-Nabî, deuxième tome
L’amour du Messager pour ses enfants
Hazrat Anas, qu’Allah l’agrée, était le serviteur particulier du Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il restait à son service jour et nuit. Il a dit : « Je n’ai vu personne aimer ses proches autant que le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, les aimait. » — Sîrat an-Nabî, deuxième tome
La règle constante du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — était que, chaque fois qu’il partait en voyage, il se rendait en dernier lieu chez sa chère fille, Fatima — qu’Allah l’agrée — et qu’à son retour, après avoir accompli deux unités de prière dans la mosquée, il se rendait en premier chez Fatima — qu’Allah l’agrée —.
Un jour, à la suite d’une parole, une mésentente survint entre Fatima — qu’Allah l’agrée — et Ali — qu’Allah l’agrée —. Ayant appris cela, le Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se rendit chez eux et les réconcilia. Puis, lorsqu’il sortit, il était très joyeux. Les gens demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Lorsque vous êtes entré dans la maison, vous étiez très préoccupé, tandis qu’en sortant, vous étiez très heureux. » Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — répondit : « Oui, j’ai réconcilié ces deux personnes. Je les aime profondément. » — Sîrat an-Nabawî, tome II
Un jour, Ali — qu’Allah l’agrée — exprima le désir de contracter un second mariage. En l’apprenant, le Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — en fut très attristé. Il se rendit aussitôt à la mosquée et prononça un sermon. Dans celui-ci, il exprima son mécontentement et dit : « Fatima est ma fille bien-aimée et une partie de mon cœur. Celui qui lui fait du mal me fait du mal. » — Al-Bukhari
Le mari de Zaynab — qu’Allah l’agrée —, Abû al-‘Âs, fut capturé lors de la bataille de Badr. Il fut décidé que ces prisonniers seraient libérés contre le paiement d’une rançon. Abû al-‘Âs ne possédait pas les moyens de payer cette rançon. Il envoya donc chez lui demander qu’on lui fasse parvenir la somme nécessaire à sa libération. Son épouse dévouée lui envoya immédiatement le collier que sa mère, Khadîja — qu’Allah l’agrée —, lui avait offert. Abû al-‘Âs présenta ce collier comme rançon. Lorsque le collier fut apporté devant le Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, il en fut bouleversé. Des larmes se mirent à couler de ses yeux. S’adressant aux Compagnons, il dit : « Si vous y consentez, peut-on rendre ce collier à Zaynab ? » Les Compagnons répondirent : « Rendez-le-lui, bien sûr. » Il rendit alors le collier à Zaynab — qu’Allah l’agrée —.
Le plus jeune fils du Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, Ibrâhîm — qu’Allah l’agrée —, était élevé chez Abû Yûsuf, un forgeron de la périphérie de Médine. Le Prophète s’y rendait souvent à pied. Abû Yûsuf était forgeron ; sa maison était donc remplie de fumée. Le Prophète s’asseyait au milieu de cette fumée, prenait l’enfant dans ses bras et le cajolait. Puis il retournait à Médine. — Sîrat an-Nabawî, tome II
Un jour, le Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se rendait quelque part. Husayn — qu’Allah l’agrée — jouait sur la route. Le Prophète étendit affectueusement ses deux bras afin que Husayn vienne vers lui. Husayn s’approchait de lui en riant, puis, par espièglerie, s’éloignait de nouveau. Finalement, le Prophète l’attrapa, posa une main sous son menton et l’autre sur sa tête, puis le serra contre sa poitrine. Ensuite, il dit : « Husayn est à moi, et je suis à Husayn. » — Sîrat an-Nabawî, tome II, avec citation d’al-Bukhari
Zaynab — qu’Allah l’agrée — avait une petite fille très aimée. Elle s’appelait Umâma. Le Prophète bien-aimé — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — aimait beaucoup Umâma. Elle était presque toujours avec le Messager d’Allah au moment de la prière. Lorsqu’il se levait pour prier, elle montait sur ses épaules. Au moment de l’inclinaison, il la déposait. Puis, lorsqu’il se relevait, elle remontait sur lui.
Un jour, un homme envoya plusieurs objets en cadeau au Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —. Parmi ces objets se trouvait un collier en or. À ce moment-là, Umâma jouait sur place. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : « Je donnerai ce collier à celle qui m’est la plus chère dans cette maison. » Les femmes de la maison pensèrent qu’il le donnerait à Aïcha — qu’Allah l’agrée —. Mais il appela Umâma auprès de lui et, de sa propre main bénie, lui passa le collier autour du cou. — Sîrat an-Nabawî, tome II
La tendresse d’une mère et la décision du Prophète ﷺ
À l’époque du Prophète ﷺ, un homme divorça de sa femme et voulut garder auprès de lui leur jeune enfant. La situation de la mère était indescriptible : d’un côté, la douleur d’être séparée de son mari, et de l’autre, la souffrance de se voir arracher son enfant. Dans cette situation tragique, la femme se présenta auprès de la Miséricorde des mondes ﷺ pour lui exposer sa plainte et lui raconta son histoire au Prophète ﷺ avec une grande émotion :
« Ô Messager d’Allah ! Mon mari a divorcé de moi et m’a séparée de lui, et maintenant il veut m’arracher cette poupée chérie. Ô Messager d’Allah ! Cet enfant est une partie de mon cœur. Mon ventre lui a servi de lieu de repos. Ma poitrine est pour lui semblable à une outre, et mes genoux sont pour lui comme une maison. Ô Messager d’Allah, comment pourrais-je supporter cette douleur ? »
Après avoir entendu la plainte de cette femme, la Miséricorde des mondes ﷺ déclara : « Tant que tu ne te remarieras pas, personne ne pourra t’arracher ton enfant. » — Abû Dâwûd : Kitâb at-Talâq
Le désir de Jacob, que la paix soit sur lui
Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte qu’un jour le noble Prophète ﷺ raconta une histoire. Il dit qu’un homme demanda un jour à Jacob, que la paix soit sur lui : « Ô vénérable ! Pour quelle raison votre vue s’affaiblit-elle et pourquoi votre dos se courbe-t-il ? » Jacob, que la paix soit sur lui, répondit : « Ma vue s’est affaiblie à force de penser à Joseph, que la paix soit sur lui, et mon dos s’est courbé à force de penser à son frère Benjamin. » À cet instant même, Gabriel, que la paix soit sur lui, vint auprès de Jacob, que la paix soit sur lui, et lui demanda : « Te plains-tu d’Allah ? » Jacob, que la paix soit sur lui, répondit : « Non, je présente plutôt à Allah ma plainte au sujet de mes peines et de mes souffrances. » Gabriel, que la paix soit sur lui, dit : « Allah sait parfaitement le chagrin que tu as décrit. » Puis Gabriel, que la paix soit sur lui, partit. Jacob, que la paix soit sur lui, entra dans sa chambre et se mit à dire : « Ô mon Seigneur ! N’as-tu donc pas pitié d’un vieil homme ? Tu m’as privé de la vue et tu as courbé mon dos. Seigneur, rends-moi mes deux fleurs, afin que je puisse seulement les sentir. Ensuite, fais de moi ce que Tu voudras. » Gabriel, que la paix soit sur lui, revint alors et dit : « Ô Jacob, Allah le Très-Haut te salue et te dit : “Ô Jacob, réjouis-toi ! Même si tes deux fils étaient morts, je les aurais ressuscités pour toi, afin que tu puisses les voir tous deux et réjouir tes yeux.” » — At-Targhîb wa at-Tarhîb : troisième volume
La plainte d’une mère auprès du Messager
Une femme vint se plaindre auprès du Prophète ﷺ : « Ô Messager d’Allah ! J’ai un fils. Il m’aide dans de nombreuses tâches. Étant une femme, je ne peux pas travailler à l’extérieur. Il m’apporte de l’eau du puits et accomplit également les autres travaux extérieurs. Ô Messager d’Allah ! Mon mari, qui est séparé de moi, veut aussi m’arracher cet enfant. »
Après avoir entendu la plainte de la femme, le noble Prophète ﷺ rendit sa décision : « Très bien, procédez à un tirage au sort. Celui dont le nom sortira emmènera l’enfant avec lui. » Le père de l’enfant dit : « Ô Messager d’Allah ! C’est mon fils. Comment quelqu’un d’autre pourrait-il prétendre l’emmener avec lui ? Et comment quelqu’un d’autre pourrait-il l’emmener alors que je suis là ? »
Après avoir entendu les deux parents, le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se tourna vers le fils et dit : « Mon garçon ! Voici ton père et voici ta mère. Va avec celui dont tu veux prendre la main. Tu en as la liberté. » Le fils se leva de sa place, puis alla vers sa mère et lui prit la main.
L’éducation et la formation de l’enfant
La croissance physique de l’enfant, ainsi que son entretien et sa protection, constituent également un droit important. Mais même si vous vous acquittez de ce droit, si vous négligez son instruction, sa formation, ses bonnes manières et sa civilisation, vous commettez une grande injustice. Sans instruction ni formation, votre enfant ne peut devenir un véritable enfant. Les aspirations pieuses qui vous poussent à désirer des enfants, ainsi que les nobles espoirs pour lesquels vous consacrez jour et nuit votre temps à les élever, ne peuvent se réaliser que lorsque vous vous acquittez du droit à l’éducation religieuse et à la formation morale de votre enfant.
Faire de son enfant une personne vertueuse et comblée par la chance est, d’une part, une responsabilité religieuse qui vous incombe. De même, lui témoigner de l’amour fait partie de ses droits. En réalité, parmi les droits de l’enfant, le plus important est que vous organisiez sa formation avec une grande sagesse, réflexion, patience, sens du devoir, générosité, bon goût, encouragement, enthousiasme et concentration. Ce n’est qu’après avoir rempli ce droit de l’enfant que vous pouvez espérer que votre enfant devienne pour vous une cause de paix, pour la société un moyen de miséricorde, pour la communauté une source de gloire et pour la religion un patrimoine. Même après avoir dépensé une grande part de votre énergie vitale et de vos biens pour élever vos enfants, si vous faites preuve de négligence dans leur formation, vous commettez un grave crime social. Les conséquences de ce crime sont extrêmement amères.
La part particulière de la mère dans l’éducation et la formation
Il ne fait aucun doute que la responsabilité de l’éducation et de la formation de l’enfant ne vous incombe pas à vous seul. Elle incombe aux deux parents. Tout comme la formation par la mère est nécessaire, l’instruction par le père l’est également. Plus encore, en ce qui concerne les dépenses, l’islam en a entièrement chargé le père. La mère en a été dispensée. Mais il est également vrai que l’engagement de la mère dans l’éducation des enfants mérite une importance particulière. Elle en assume la plus grande part des efforts. De même que les efforts dévoués de la mère sont nécessaires pour prendre soin physiquement de l’enfant et l’élever, elle joue aussi un rôle particulier dans son instruction et sa formation ; c’est grâce à la formation maternelle que l’enfant acquiert les aptitudes qui accroissent l’honneur du pays et de la nation. En même temps, les parents connaissent eux aussi le bonheur et la prospérité.
Le père est la plupart du temps occupé à gagner sa vie et à subvenir aux besoins de l’existence. C’est pourquoi il passe la majeure partie de son temps sans contact avec ses enfants. Malgré son désir, il n’a pas l’occasion de leur accorder l’attention nécessaire à leur instruction et à leur formation. Par nature, la mère bénéficie de bien davantage d’occasions à cet égard. Généralement, elle est constamment auprès de ses enfants. Toute leur vie et chaque aspect de leur personnalité se trouvent sous ses yeux. Parce qu’ils sont toujours avec elle, les enfants ne la craignent pas. Grâce à son extraordinaire douceur, à sa patience et à son affection maternelle incomparable, ils sont dépourvus de crainte envers leur mère et lui obéissent. Sans peur et librement, ils lui adressent toutes sortes de demandes, de protestations et de bêtises. Ainsi se manifestent toutes leurs aptitudes et leurs forces, bonnes ou mauvaises. Il devient alors possible de les corriger et de les former facilement. Pourtant, la patience, le sacrifice, la générosité, l’affection et les qualités morales nécessaires à la formation et à la correction, Allah Tout-Puissant en a davantage accordé à la mère qu’au père. Le père s’impatiente et manifeste rapidement sa colère. La mère, en revanche, fait preuve jusqu’au bout de patience, de compassion, d’affection et de belles manières ; elle réussit davantage à éveiller les sentiments intérieurs des enfants. Irrité par les fautes de son enfant, le père se déclare mécontent et rompt avec lui. La mère, au contraire, serre son enfant contre sa poitrine et, jusqu’au dernier moment, s’efforce de tout son cœur et avec une entière concentration de le corriger et d’en faire une personne digne.
Le destin transformé par la formation d’une grande mère
Une caravane de marchands se dirigeait vers Bagdad. Un jeune adolescent voyageait également avec eux. Sa mère l’avait envoyé avec la caravane en lui donnant quelques conseils, afin qu’il puisse atteindre sa destination sain et sauf, acquérir le savoir religieux et transmettre aux serviteurs d’Allah Ses commandements et leur montrer la lumière.
La caravane avançait très tranquillement. En chemin, une bande de brigands l’attaqua. Les membres de la caravane tentèrent de nombreuses manœuvres pour protéger leurs biens, mais leurs stratagèmes ne produisirent aucun effet sur les brigands. Ceux-ci ne prêtèrent pas davantage attention à leurs diverses supplications. Ils dépouillèrent chacun des membres de la caravane de tout ce qu’il possédait. Lorsque les brigands eurent terminé, l’un d’eux demanda à ce jeune homme inquiet :
Le brigand : Hé, garçon, as-tu quelque chose sur toi ?
Le jeune homme : Oui, j’ai quarante dinars.
Le brigand : Tu as quarante dinars ? (Le brigand n’arrivait pas à le croire. D’où quarante dinars pouvaient-ils venir à ce pauvre garçon démuni ? Et s’il en avait vraiment, pourquoi le leur disait-il ? Le brigand réfléchit longuement, puis conduisit cet étrange jeune homme auprès du chef.)
Le brigand : Chef, regardez ce garçon. Il dit qu’il possède quarante pièces d’or.
Le chef : Mon garçon, as-tu vraiment des dinars ?
Le jeune homme : Oui, j’ai quarante dinars.
Le chef : Bien. Où as-tu mis tes dinars ? Le chef se mit à observer le pauvre garçon avec étonnement.
Le jeune homme : Oui, j’ai une petite bourse attachée à ma taille. Les dinars s’y trouvent.
Le chef détacha la bourse de la taille du jeune homme et la compta : elle contenait bien quarante dinars. Stupéfait, le chef fixa le jeune homme pendant quelque temps. Puis il demanda : Mon garçon, où vas-tu ?
Le jeune homme : Je vais à Bagdad pour acquérir le savoir religieux.
Le chef : Y connais-tu quelqu’un ?
Le jeune homme : Non. C’est une ville où je ne connais personne. Ma mère m’a donné quarante dinars afin que je puisse acquérir tranquillement le savoir religieux. Qui veillera sur mes besoins dans cette ville inconnue ? Et pourquoi devrais-je dépendre d’autrui ? Le chef écoutait le jeune homme avec un vif intérêt et un grand étonnement.
Son trouble grandissait. Il se demandait pourquoi le jeune homme n’avait pas caché les dinars. S’il ne les avait pas mentionnés, aucun de ses compagnons n’aurait imaginé que ce jeune homme pauvre et inquiet puisse encore avoir quelque chose. Pourquoi le jeune homme n’avait-il pas réfléchi au fait qu’il se rendait dans un lieu inconnu ? Son avenir et ses études dépendaient précisément de cet argent. Pourquoi, finalement, ne l’avait-il pas caché ? La simplicité et la véracité du jeune homme suscitaient de nombreuses questions dans son cœur. Il lui demanda : Mon garçon, pourquoi n’as-tu pas caché cet argent ? Si tu ne l’avais pas mentionné et que tu l’avais nié, nous n’aurions même pas soupçonné que tu puisses encore avoir de l’argent.
Le jeune homme : Lorsque je quittais la maison, ma mère m’exhorta en me disant : « Mon fils, quoi qu’il arrive, ne mens jamais. » Comment pourrais-je désobéir aux instructions de ma mère ?
La conscience du chef s’éveilla. Il se mit à réfléchir : « Ce jeune homme n’est pas disposé à désobéir aux instructions de sa mère, bien qu’il voie la ruine inévitable de son avenir, tandis que moi, depuis si longtemps, je foule aux pieds les commandements de mon Seigneur. » Il étreignit le jeune homme, lui rendit ses dinars, restitua aux membres de la caravane leurs biens, puis se prosterna devant Allah et se mit à pleurer. Il se repentit sincèrement, et la miséricorde d’Allah l’enveloppa. Ce brigand devint, à son époque, un grand wali d’Allah ; lui qui dépouillait les serviteurs d’Allah devint celui qui distribuait aux serviteurs d’Allah les bienfaits de la religion. L’éducation de cette grande mère n’éleva pas seulement le jeune homme à un rang éminent : elle changea aussi le destin des brigands. Ce jeune homme plein de promesses est celui qui est célèbre dans tout le monde islamique sous le nom d’Abd al-Qadir al-Jilani, qu’Allah lui fasse miséricorde, et à l’évocation de son nom, les cœurs s’inclinent avec respect.
L’avenir radieux de l’enfant
Désirer un avenir radieux pour son enfant est une aspiration naturelle. Allah a placé une force et un attrait considérables dans cet espoir et cette aspiration. Les parents sont particulièrement réfléchis, sensibles et actifs à cet égard. Malgré les multiples occupations de la vie, les parents ne se libèrent jamais de cette préoccupation ; la plupart de leurs pensées et de leurs efforts sont plutôt orientés vers l’objectif de rendre l’avenir de leurs enfants brillant. Il y a probablement très peu de parents qui ne se soucient pas de l’avenir de leurs enfants.
L’aspiration à un avenir radieux pour son enfant est une aspiration tout à fait louable. Du point de vue du savoir et de la raison, de la société et de la religion, elle est considérée comme une aspiration très élevée. L’islam encourage même cette aspiration. Il insiste auprès des parents croyants pour qu’ils façonnent l’avenir de leurs enfants de manière belle et brillante. Mais la question est de savoir ce que l’islam entend par l’avenir radieux de l’enfant.
L’avenir radieux selon la perspective de l’islam
Quel est l’avenir radieux de l’enfant selon l’islam ? Pour trouver la réponse exacte à cette question, il faut réfléchir à une question connexe : pourquoi les parents musulmans désirent-ils avoir des enfants ? En quoi leur désir diffère-t-il de celui des autres parents ? Pour comprendre cette signification, nous devons saisir les versets du Saint Coran relatifs au prophète Zakariya, que la paix soit sur lui :
قَالَ رَبِّ إِنِّي وَهَنَ الْعَظمُ مِنّى وَاشْتَعَلَ الرَّأْسُ شَيْبًا وَلَمْ أَكُنُ بِدُعَائِكَ رَبِّ شقيا واني خفت المولى من ورائي وكانت امرأتِي عَاقِرًا فَهَبْ لِي مِنْ لدنك وليا يرثني ويَرِثُ مِنْ آل يعقوب ، وَاجْعَلْهُ رَبِّ رَضِيا مريم : ٦٤« Le prophète Zakariya, que la paix soit sur lui, dit : Ô mon Seigneur, mes os se sont affaiblis jusqu’à la moelle et ma tête s’est embrasée de cheveux blancs. Ô Allah, je n’ai jamais été déçu en T’invoquant. Après moi, je crains les méfaits de mes frères et de mes proches, et ma femme est stérile. Accorde-moi donc, par Ta grâce particulière, un héritier qui sera mon héritier et héritera également de la famille de Jacob. Ô mon Seigneur, fais de lui un homme agréable. » — Sourate Maryam, 4-6
Le prophète Zakariya, que la paix soit sur lui, et son épouse al-Yashba étaient tous deux arrivés au terme de leur vie, et leurs forces de travail les avaient abandonnés. Dans cette situation, le prophète Zakariya, que la paix soit sur lui, était peiné à la pensée de savoir qui porterait l’étendard de sa mission après lui et qui assumerait la responsabilité de protéger et de propager la religion d’Allah. Il voyait que les jeunes gens issus de la lignée des prophètes étaient devenus apostats et irresponsables. Il n’y en avait pas un seul qui puisse devenir l’héritier du prophète Zakariya, que la paix soit sur lui. Témoin de cette situation, il priait Allah, la tête inclinée :
« Ô Seigneur, accorde-moi un héritier capable d’assumer la responsabilité de l’héritage qui m’incombe ainsi que celui de la famille de Ya‘qoub, que la paix soit sur lui. Ô mon Seigneur, fais de lui un serviteur qui Te soit agréable. » Le prophète Zakariya, que la paix soit sur lui, ne désirait pas un enfant pour perpétuer sa lignée. Il ne désirait pas non plus un enfant pour gérer ses richesses et ses activités commerciales. Il désirait plutôt un enfant afin qu’il assume ensuite la responsabilité de la religion, en devienne le véritable héritier et soit un serviteur agréé par Allah. Allah, exalté soit-Il, exauça cette invocation issue des profondeurs du cœur du père croyant et lui accorda un fils pieux, dont le Livre d’Allah lui-même témoigne du brillant avenir :
وَآتَيْنَهُ الْحُكْمَ صَبِيًّا ، وَحَنَانًا مِّنْ لَّدُنَّا وَزَكُوةً ، وَكَانَ تَقِيًّا وَبَرَا بِوَالِدَيْهِ ولم يكن جباراً عصيان مريم : ١٢-١٤« Nous l’avons comblé de sagesse dès son enfance, Nous lui avons accordé, de Notre part, tendresse et pureté, et il était pieux et respectueux des droits de ses parents. Il n’était ni arrogant ni tyrannique, ni désobéissant. »
En présentant le portrait d’un avenir réussi, le Noble Coran met ici en lumière certaines qualités particulières du caractère de sayyiduna Yahya, عليه السلام : la sagesse, la douceur du cœur, la pureté, une vie empreinte de taqwa, la préservation des droits des parents et une vie exempte de rébellion et de désobéissance. La sagesse signifie la capacité de prendre les bonnes décisions. La faculté de parvenir à une décision juste après avoir réfléchi profondément aux affaires de la religion et de ce monde est une qualité très appréciable. La douceur du cœur n’est pas seulement une qualité ; elle est plutôt le fondement de nombreuses vertus morales. La pureté signifie que son nafs était préservé du péché, de l’impudence, de l’égarement et de l’injustice. La pureté du nafs est une haute dignité morale. La vie de taqwa, de crainte d’Allah et de piété est la vie réussie. Seul l’homme muttaqi peut prétendre à l’honneur et à la dignité auprès d’Allah. Préserver les droits des parents est un capital qui prépare l’homme à s’acquitter convenablement de ses droits dans la vie sociale. Seul l’enfant obéissant, dévoué au service de ses parents et soucieux de préserver leurs droits peut être la lumière de leurs yeux et la paix de leur cœur. Il n’est ni rebelle ni désobéissant.
À la lumière de cette description du Noble Coran, examinez ce que vous désirez. Quelle est votre aspiration ? Qu’espérez-vous de votre Seigneur et que Lui demandez-vous dans vos invocations ? Quelle est, selon vous, l’image de l’avenir radieux de votre enfant ? Dans quelle mesure cette image correspond-elle à celle du Coran ? Et quels efforts fournissez-vous à cette fin ? Obtenir un avenir radieux ne signifie pas seulement que votre enfant sera aisé, qu’il détiendra de hauts diplômes et occupera de grands postes, qu’il disposera de tous les biens du confort, qu’il jouira du prestige, du pouvoir et de l’influence de ce monde, ou qu’il possédera de somptueuses demeures et des voitures modernes. Si vous souhaitez ces choses pour votre enfant ou si vous l’aidez à les obtenir, l’islam ne l’interdit pas. Cependant, l’islam veut vous apprendre à ne pas limiter votre regard à ces seules choses et à ne pas considérer leur possession comme le véritable avenir radieux.
Il n’est pas blâmable d’espérer que votre enfant reçoive une instruction supérieure, obtienne un poste élevé, jouisse du confort et de la considération, et réussisse sur le plan matériel. Vos efforts en ce sens ne sont pas non plus blâmables. Ce qui est blâmable, c’est de faire de ce monde ou de la réussite matérielle le but de votre vie et de devenir insouciant du dîn et de l’akhlaq de votre enfant. Qu’une mère musulmane ne chasse jamais de son esprit cette vérité : la véritable vie est celle de l’au-delà, et il est impossible d’y parvenir en restant insouciant de la foi. L’avenir magnifique de votre enfant consiste à ce qu’il soit orné d’une éducation religieuse, qu’il acquière une compréhension profonde du dîn, qu’il soit un représentant du caractère pur et de la civilisation islamique, qu’il se distingue dans l’accomplissement de ses responsabilités sociales, et que sa vie soit un modèle de pureté, de crainte d’Allah et de piété. Qu’il soit obéissant à ses parents et dévoué à leur service. Même lorsqu’il occupe de hautes fonctions dans la vie matérielle, qu’il soit un véritable représentant et un serviteur sincère du dîn de vérité.
La place de l’éducation et de la formation religieuses de l’enfant
Pour faire réussir la vie de l’enfant selon cette perspective, il est nécessaire d’accorder une attention exceptionnelle à son éducation et à sa formation. Agir avec la plus grande sagesse, une sincérité absolue, de la patience et de la persévérance est honorable tant aux yeux de la société qu’à ceux de la religion. Grâce à cela, vous obtiendrez ici-bas estime, honneur et bonne réputation, et vous serez également honoré dans l’au-delà. Du point de vue du Messager d’Allah, صلى الله عليه وسلم, le meilleur cadeau que vous puissiez offrir à votre enfant est de le parer d’une bonne éducation et d’une bonne formation. Le Messager d’Allah, صلى الله عليه وسلم, a dit :
مَا تَحِلَّ وَالِدٌ وَلَدَهُ مِنْ نَحْلٍ أَفْضَلَ مِنْ أَدب حسن— « Parmi tout ce qu’un père peut offrir à son enfant, le meilleur est une bonne éducation et une bonne formation. »
La bonne éducation et la bonne formation de l’enfant constituent une sadaqa jariya. Le temps et les occasions d’agir prendront fin pour vous, mais les récompenses et le sawab continueront d’augmenter dans votre registre des œuvres. Le Noble Prophète, صلى الله عليه وسلم, a dit :
إِذا مَاتَ الإِنسان انقطع عمله إلا من ثلاث صدقة جارية أو علم ينتفع به، أو ولد صالح يدعوله— « Lorsque l’être humain meurt, ses œuvres prennent fin, sauf dans trois cas : une sadaqa jariya, une connaissance dont les gens tirent profit, ou un enfant pieux qui invoque Allah en sa faveur. »
Un jour, le Noble Messager, صلى الله عليه وسلم, dit que les parents du savant du Coran recevront une coiffe au Jour de la Résurrection. Il a dit :
من قرء الْقُرْآنَ وَعَمِلَ بِهِ اليس والده تاجًا يَوْمَ الْقِيمَةِ ضَوْءَهُ أَحْسَنُ مِنْ ضوء الشمس في بيوت الدنيا فما ظَنَّكُم بِالَّذِي عَمِلَ بِهذا – ابو داود، حاكم« Celui qui acquiert la connaissance du Coran et la met en pratique, ses père et mère seront coiffés, le Jour de la Résurrection, d’une couronne dont la lumière sera meilleure que celle du soleil qui éclaire les maisons de ce monde. Que pensez-vous donc de la récompense de celui qui a lui-même accompli ces œuvres ? » — Abû Dâwûd, Hâkim
Dans une narration rapportée par Hazrat Burayda, il est fait mention d’un vêtement du Paradis au lieu d’une couronne. Le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Celui qui lit le Coran, l’apprend et le met en pratique, ses père et mère seront coiffés, le Jour de la Résurrection, d’une couronne lumineuse.
Sa lumière sera semblable à celle du soleil, et ses père et mère seront revêtus de deux vêtements si précieux que le monde entier ne pourrait en constituer le prix. Alors, étonnés, les parents demanderont en échange de quoi ces vêtements leur sont attribués. On leur répondra : « Ils vous sont attribués en récompense de l’acquisition du Coran par votre fils. » » Dans ces récits, le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a exposé la récompense et le mérite immenses de l’éducation des enfants, encourageant ainsi la communauté à assumer cette responsabilité. Le but de cet encouragement est qu’aucun foyer de la communauté ne néglige l’éducation et la formation des enfants. Tout en encourageant cette responsabilité, il a également souligné que les parents qui la négligeraient seraient sévèrement interrogés le Jour de la Résurrection.
Accorder de l’attention à la dignité de l’enfant
عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : أَكْرِمُوا أولادكم وأحسنوا أدبهم – ترغيب وترهيب بحو الله ابن ماجه« Il est rapporté de Hazrat Abdullâh ibn Abbâs — qu’Allah les agrée tous deux — que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Traitez vos enfants avec bonté et respect, et donnez-leur une bonne éducation et une bonne formation.” » — At-Targhîb wa at-Tarhîb
Dans ce hadith, le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a insisté sur la nécessité de donner aux enfants une bonne éducation et une bonne formation, tout en ordonnant également de les traiter avec compassion et bienveillance. Il a même commencé par insister sur le fait de traiter les enfants avec honneur et dignité. Il a ensuite insisté sur la nécessité de leur donner une excellente éducation et une bonne formation. C’est une question très importante pour les parents. Traiter les enfants avec compassion et bienveillance est si important que le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a lui-même attiré l’attention sur ce point en premier. Il a ensuite parlé de leur donner une excellente éducation et une bonne formation. Traiter les enfants avec compassion et bienveillance signifie accorder la plus grande attention à leur honneur et à leur dignité. Il ne faut ni se comporter avec eux ni leur parler d’une manière qui blesse leur sentiment de dignité et les amène à se considérer comme inférieurs. C’est généralement au moment de l’éducation et de la formation initiales que ce genre de négligence se manifeste, sans que l’on prête attention à la dignité et au sentiment de dignité de l’enfant. En réalité, l’enfance est le meilleur moment pour inscrire dans l’esprit et le cœur encore purs de l’enfant les images correspondant aux aspirations que l’on souhaite lui transmettre. Ces images ou représentations influencent toute sa vie son caractère et ses actes. L’éducation et la formation initiales revêtent une importance fondamentale dans la construction de la personnalité de l’enfant.
Réfléchissez vous-mêmes : si, en raison des mauvaises méthodes éducatives des parents ou de l’enseignant, la conviction s’enracine dans l’esprit de l’enfant qu’il est faible, inutile et inférieur, qu’il n’est pas digne qu’on lui parle correctement, qu’il ne mérite pas d’être traité avec respect et qu’on ne peut pas lui confier une tâche en lui accordant sa confiance, dites-moi donc comment pourraient naître en lui les qualités d’ambition, de dignité, de courage et de confiance en soi. Et comment un tel enfant pourrait-il accomplir de grandes œuvres pour la religion et la communauté ?
Les parents doivent surveiller attentivement leurs propres paroles et leurs actes, et être également rassurés quant aux personnes auxquelles ils confient l’éducation de leurs enfants. Le sentiment de dignité et d’honneur de l’enfant constitue une force fondamentale. Si cette force est blessée, des défauts moraux tels que l’absence de courage, la timidité, l’infériorité et le manque de confiance en soi apparaissent chez l’enfant ; et l’on ne peut alors espérer de tels enfants aucune grande œuvre à l’avenir.
À la lumière de cette parole du Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — examinez et évaluez votre propre foyer, ainsi que les établissements d’éducation et de formation. La règle fondamentale d’une bonne éducation et d’une bonne formation est que les parents et les enseignants traitent les enfants avec compassion et bienveillance et ne prononcent aucune parole susceptible de porter atteinte à leur dignité ou de blesser leur sentiment d’honneur.
La responsabilité concernant l’éducation et la formation de l’enfant
Le Prophète bien-aimé, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a également attiré l’attention sur l’importance de l’éducation des enfants. Il a dit qu’au Jour de la Résurrection, Allah Tout-Puissant demandera si l’on avait pris les dispositions nécessaires pour instruire et éduquer ses enfants. Donner une éducation religieuse et morale aux membres de sa famille constitue l’un des devoirs religieux essentiels. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
لا يسترعى اللهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى عَبْدًا رَعِيَّةً قَلَّتْ أَوْ كَثْرَتْ إِلَّا سَأَوْلَهُ اللَّهُ تبارك وتعالى عنها يَوْمَ القِيمة أقام فيها أمرَ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى أَمْ أَضَاعَهُ حتَّى يَسْأَلُهُ عَنْ أَهْلِ بَيْتِهِ خَاصَّةً« Quel que soit le nombre de personnes dont Allah, Béni et Très-Haut, confie la responsabilité à un serviteur, Il lui demandera certainement, au Jour de la Résurrection, s’il a fait respecter parmi elles les commandements d’Allah, Béni et Très-Haut, ou s’il les a négligés, jusqu’à ce qu’Il l’interroge en particulier au sujet des membres de sa famille. »
Le moment de commencer l’éducation et la formation
Le célèbre pédagogue de Chicago, Francis Willinder Parker, donnait un jour une conférence sur l’éducation des enfants. À la fin de la conférence, une femme lui demanda :
« Quand dois-je commencer l’éducation de mon enfant ? »
Willinder Parker répondit : « Quand votre enfant doit-il naître ? »
« Naître ? » dit la femme, stupéfaite. « Monsieur, il a déjà cinq ans. »
« C’est terrible ! Vous êtes ici à parler debout, tandis que, de l’autre côté, cinq années précieuses se sont déjà écoulées. »
Ce n’est pas une histoire, mais un fait réel. Il faut songer à l’éducation et à la formation de l’enfant dès sa naissance. Les premières années sont très importantes pour son éducation et sa formation, mais, généralement, on laisse ces premières années se perdre dans l’insouciance. La sagesse qui réside dans le fait de réciter l’adhan et l’iqama à l’oreille de l’enfant dès sa naissance est que, dès le début, la grandeur et la majesté d’Allah pénètrent dans ses oreilles. L’érudit Qawim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a écrit dans son ouvrage intitulé « Tuhfat al-Wadud » :
« Cela signifie que la première voix qui parvienne à l’oreille de l’être humain soit celle de la grandeur et de la suprématie d’Allah. Celui qui, après avoir atteint la puberté, témoignera de la foi et entrera en islam doit en recevoir l’instruction dès le jour de sa naissance, de même qu’on lui enseigne la profession de foi de l’unicité au moment de sa mort. Le deuxième bienfait de l’adhan et de l’iqama est que Satan, tapi, cherche à éprouver l’être humain dès sa naissance. Dès qu’il entend l’adhan, il s’enfuit, et l’enfant est appelé à l’islam et à l’adoration d’Allah avant même l’appel de Satan.
Bien que l’enfant ne puisse pas parler durant les premiers jours de sa vie, il peut néanmoins ressentir et être influencé par les paroles. Il apprend beaucoup du comportement de sa mère. C’est pourquoi il ne faut pas tenir devant lui de propos grossiers ni avoir de comportements indécents, même à cette époque. Il faut le former au moyen de paroles et de sons agréables. Il convient de réciter le Noble Coran près de lui.
Lorsque l’enfant commence à parler, il faut lui enseigner la profession de foi, lui inculquer dès le début l’unicité divine et ancrer dans son esprit une conception correcte des attributs d’Allah. Il est rapporté dans un hadith que, chaque fois qu’un enfant de la famille du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, apprenait à parler, il lui enseignait ce verset de la sourate Al-Furqane :
الَّذِي لَهُ مُلْكُ السَّمَوتِ وَالْأَرْضِ وَلَمْ يَتَّخِذُ وَلَدًا وَلَمْ يَكُن لَّهُ شَرِيكَ في الْمُلْكِ وَخَلَقَ كُلَّ شَيْءٍ فَقَدَّرَهُ تقديرا – الفرقان : ٢« Celui à qui appartient la royauté des cieux et de la terre, qui ne S’est attribué aucun enfant, qui n’a aucun associé dans Sa royauté, qui a créé toute chose et lui a fixé sa juste mesure. » — Sourate Al-Furqane, 2
Il est rapporté dans un autre hadith : lorsque l’enfant commence à parler, enseignez-lui la profession de foi :إِذَا أَفْصَحَ أَوْلَادُكُمْ فَعَلِمُوهُمْ لَا إِلَهَ إِلَّا الله – ابن سنى« Lorsque vos enfants apprennent à parler, enseignez-leur la formule : “Il n’y a de divinité qu’Allah.” »
Le sens du hadith n’est pas de leur enseigner uniquement « Il n’y a de divinité qu’Allah ». Cette expression renvoie en réalité à la profession de foi de l’unicité. Le sens est de leur enseigner la profession de foi complète : « Il n’y a de divinité qu’Allah, Muhammad est le Messager d’Allah. »
Enseigner le Coran, les invocations et la prière
Dès que l’enfant acquiert un peu de discernement et devient conscient, il faut lui enseigner les éléments de la prière. Il convient de lui apprendre dès le plus jeune âge la récitation de la prière et de veiller tout particulièrement à ce qu’elle soit correcte et exacte. En effet, si l’enfant apprend une récitation erronée durant son enfance, cette erreur risque de persister toute sa vie. C’est également à cet âge qu’il faut organiser son apprentissage de la lecture du Noble Coran. Il faut lui faire mémoriser ou apprendre par cœur certaines parties du Noble Coran et lui en expliquer simplement le sens et la portée. Il acquerra ainsi dès le début la conviction que le Noble Coran doit être lu en étant bien compris.
Il faut également leur faire mémoriser les invocations de la Sunna qu’ils récitent à diverses occasions. Il ne fait aucun doute que vous êtes occupé jour et nuit par les tâches familiales. Mais votre responsabilité n’est en rien moins importante que celle des autres. Faites de l’éducation et de la formation des enfants une belle occupation et assumez cette responsabilité de tout votre cœur. En tenant compte de leur âge et de leurs capacités intellectuelles, vous devez absolument leur apprendre certaines invocations : par exemple, l’invocation avant de dormir et au réveil, les invocations avant et après manger et boire, l’invocation lorsqu’on revêt un vêtement neuf et lorsqu’on mange un fruit nouveau, l’invocation après avoir éternué et sa réponse, ainsi que l’invocation à la vue de la nouvelle lune, entre autres. Ces invocations sont extrêmement efficaces pour former leur esprit et susciter leur attrait pour la religion. Les enfants récitent avec beaucoup d’enthousiasme les paroles rimées et les poèmes, qu’ils mémorisent également très rapidement. Aidez-les dans ce domaine et, pour satisfaire cet intérêt, choisissez pour eux de beaux extraits de poèmes appropriés. Par exemple :
مَا فِي قَلْبِي غَيْرَ اللَّهِ لَآإِلَهَ إِلَّا اللهُ
حسبي ربي جَلَّ اللَّهُ نور محمد صَلَّى اللهُSi vous ne satisfaites pas cet intérêt des enfants, ils mémoriseront des poèmes indésirables et continueront à les réciter sans cesse. Et vous savez combien la préservation du langage est nécessaire pour préserver la moralité.
Enseigner les convenances islamiques
C’est également l’âge où il faut enseigner les convenances, la civilité et les bonnes manières de la vie. C’est une grande sottise de ne pas y prêter attention sous prétexte que les enfants ne comprennent pas encore. Les convenances que vous leur enseignerez et les habitudes que vous leur inculquerez durant leur enfance influenceront toute leur vie. Les bonnes ou mauvaises habitudes acquises pendant l’enfance disparaissent très rarement. À cet âge, il est particulièrement nécessaire de surveiller attentivement les enfants. La responsabilité de la mère est très grande. Une légère négligence au début de la vie peut devenir une cause de honte et de soucis pour toujours.
Enseignez aux enfants les bonnes manières avec sagesse, persévérance et patience, dans le cadre d’un programme. Apprenez-leur les convenances liées à la nourriture et à la boisson, à la manière de se lever et de s’asseoir, au sommeil et au réveil. Parlez-leur du respect dû à l’éducation et à l’enseignant, ainsi que des convenances de la mosquée et de la madrasa. Enseignez-leur les convenances de la propreté et de la pureté, celles de la santé et de l’hygiène, la manière de se déplacer et de se comporter avec leurs camarades et compagnons, ainsi que la façon d’utiliser avec soin et ordre les objets de la maison et leurs effets personnels. Continuez à les encadrer afin qu’ils mènent une vie civilisée et pure. Il ne suffit pas d’attirer une seule fois leur attention sur une bonne chose ; l’exigence de la formation est de continuer à veiller sur ce point et de ne pas vous irriter malgré leurs erreurs répétées. Corrigez-les avec patience, constance et affection, et ne considérez même pas la moindre erreur comme insignifiante. Hadrat Abou Hourayra, qu’Allah soit satisfait de lui, a rapporté qu’un jour Hadrat Hassan ibn Ali, qu’Allah soit satisfait de lui, prit une datte provenant de l’aumône et la porta à sa bouche. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui dit : « Crache-la, recrache-la ! Ne sais-tu pas qu’il ne nous est pas permis de manger l’aumône ? »
Hadrat Oumar ibn Abou Salama, qu’Allah soit satisfait de lui, était le fils de Hadrat Oumm Soulaym, qu’Allah soit satisfaite d’elle, l’épouse du bien-aimé Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, l’élevait. Il a raconté son histoire :
كُنتُ غُلامًا فِي حِجْرٍ رَسُولِ اللهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَانَتْ يَدِى تَطِيشُ في الصحفَةِ فَقَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا غُلَامُ : سَمَ اللَّهَ
تعالى وكل بيمينك وكل مما يليكَ فَمَا زَالَتْ تِلْكَ طُعْمَتِي بَعْد – متفق عليه« J’étais alors un jeune garçon et je vivais auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Au moment de manger, ma main circulait tout autour du plat. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, me dit alors : “Mon garçon, prononce le nom d’Allah, mange de ta main droite et mange ce qui se trouve devant toi.” Dès lors, telle devint mon habitude. »
Organiser l’écoute de récits édifiants
Durant leur enfance, les enfants aiment beaucoup écouter des récits. Ils les écoutent avec grand plaisir et en sont également influencés. Certains personnages de ces récits les impressionnent même au point qu’ils se mettent à essayer de leur ressembler. Tirez parti de cette disposition psychologique des enfants et racontez-leur des récits correspondant au type de personnes que vous souhaitez qu’ils deviennent. Ne leur racontez pas des histoires uniquement pour satisfaire leur intérêt. Considérez plutôt les récits comme un excellent moyen d’éducation et organisez leur écoute dans ce but. Racontez-leur les récits édifiants des prophètes. Racontez-leur les épisodes inspirants de la vie des Compagnons. Racontez-leur les récits héroïques des moudjahidines de l’islam. Mentionnez les exploits accomplis sur les champs de bataille. Suscitez ainsi en eux l’enthousiasme pour l’islam.
Les histoires de djinns et de fées, les récits de fantômes et de revenants, les histoires de magie et de sorcellerie, ainsi que les récits de démons et de monstres sont très nuisibles aux enfants. Sous l’effet néfaste de ces récits, une peur inconnue envahit profondément leur cœur et leur esprit, et leur pensée est affectée. Même après avoir reçu une instruction supérieure, ils souffrent de diverses sortes de doutes.
L’intérêt pour les récits est naturel chez les enfants. Il n’est donc pas juste de les en empêcher, mais il est également erroné de les laisser entièrement libres dans ce domaine. Aidez-les avec beaucoup de tact et de sagesse, et répondez à ce besoin et à cet intérêt d’une manière qui vous permette de réussir au mieux leur éducation.
L’exhortation à accomplir la prière
La prière est un acte d’adoration d’une grande importance, qui maintient l’être humain attaché à la religion. Elle protège également la religion et suscite l’attachement à celle-ci. Elle prépare aussi l’être humain à mener une vie pieuse. Dès leur plus jeune âge, il faut habituer les enfants à accomplir régulièrement la prière. À cet égard, une affection excessive et une trop grande indulgence sont très nuisibles. Ne laissez pas les enfants se coucher sans avoir accompli la prière de ‘Ichâ. Même s’ils se sont déjà couchés, faites-les se lever pour prier. Réveillez-les au premier moment de la prière de Fajr et habituez-les à se lever le matin. Allah ordonne :
وأمر أهلك بالصلوةِ وَاصْطَبِرْ عَلَيْها – – طه : ۱۳۲« Exhorte ta famille à accomplir la prière et persévère toi-même dans son accomplissement. » — Sourate Tâ-Hâ, 132
Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :مروا أولادَكُمْ بِالصَّلوةِ وَهُمْ أَبْنَاء سَبْع وَاضْرِبُوهُمْ عَلَيْهَا وَهُمْ أَبْنَاءُ عَشْرٍ وَفَرِّقُوا بَيْنَهُمْ فِي الْمَضَاجِعِ .
« Lorsqu’un enfant atteint l’âge de sept ans, exhortez-le à accomplir la prière. Lorsqu’il atteint l’âge de dix ans, soyez fermes avec lui afin qu’il accomplisse la prière et, dès qu’il atteint cet âge, séparez leurs couches. »
Toutes ces instructions signifient que vous devez vous-même être assidu à la prière et créer dans votre foyer une atmosphère telle que les enfants prient eux aussi avec enthousiasme. Votre comportement doit démontrer que vous ne tolérerez en aucun cas la négligence à l’égard de la prière.
Le mariage des enfants
Dès que l’enfant entre dans la jeunesse, il se trouve confronté à de nouvelles pensées, aspirations et inquiétudes. Lorsque l’enfant atteint cette étape de la vie, les parents sont saisis de nouvelles émotions. Lorsqu’ils réfléchissent à sa situation future, la peur, l’appréhension et le doute troublent leur tranquillité. Parfois, en pensant aux belles espérances et aspirations de l’avenir, leur joie ne connaît plus de limites. Parfois, des inquiétudes infondées et des complications imaginaires leur serrent le cœur. Parfois, le sens des responsabilités les excite et les rend impatients de se libérer au plus vite de cette responsabilité envers leur enfant. Parfois, leur cœur s’évanouit de bonheur à la perspective d’accueillir au foyer une belle-fille distinguée. Parfois, ils implorent Allah en pleurant afin de trouver pour leur fille un époux chanceux et de bonne moralité.
Marier son enfant est certes un devoir social. C’est également le souhait sincère des parents, et l’islam y encourage et y guide.
Les orientations de l’islam
L’islam est une religion naturelle. Cette religion répond aux dispositions naturelles. Dès que l’enfant atteint la jeunesse et qu’un parti convenable se présente, vous souhaitez le marier. L’islam accorde de la valeur à ce souhait. L’islam ordonne également de ne pas tarder à marier l’enfant dès qu’il atteint la jeunesse. Il faut certes du temps pour trouver un parti convenable. Cependant, conformément aux orientations de l’islam, une fois qu’un parti convenable a été trouvé, il n’est en aucun cas juste de retarder inutilement le mariage ou de chercher des prétextes. Souvent, ces retards et ces atermoiements inutiles entraînent de mauvaises conséquences. En somme, les parents ne peuvent échapper à la responsabilité de ces mauvaises conséquences.
Les conséquences néfastes du mariage tardif
Qu’il s’agisse d’un fils ou d’une fille, dès qu’il ou elle atteint la maturité, réfléchir à lui établir une union appropriée constitue l’un des devoirs les plus importants des parents. Dès qu’une telle alliance se présente, il convient de le ou la lier sans délai par les liens du mariage. Retarder inutilement le mariage entraîne souvent des conséquences très honteuses. La personne n’est plus en mesure de paraître en société. Cette honte devient une source d’infamie dans la vie des parents. Toutefois, la responsabilité leur incombe également, car ils font preuve de négligence lorsqu’il s’agit de marier leur enfant ou retardent le mariage sans raison légale selon la charia ni motif raisonnable. Si les émotions ou les élans de la jeunesse ne trouvent pas un moyen approprié de s’apaiser, les jeunes risquent fortement de s’égarer. Vous ne pouvez donc pas vous disculper en invoquant le mauvais environnement, ni tenter en vain d’alléger votre propre faute en insultant les jeunes. Le remède véritable à ce mal consiste à prendre conscience de vos responsabilités et de vos devoirs, puis à suivre avec le plus grand sérieux et la plus grande attention les orientations données à ce sujet par le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Les conséquences du mariage tardif ne se limitent pas aux mauvaises situations qui en résultent : au regard des conséquences islamiques, vous serez également considéré comme pécheur. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :
من ولد لَهُ وَلَدٌ فَلْيُحْسِنَ اسْمُهُ وَالبُهُ فَإِذَا بَلَغَ فَلْيُزَوجَهُ وَإِنْ بَلَغَ وَلَمْ
يُزَوجَهُ فَأَصَابَ إِثْمًا فَإِنَّمَا اثْعَهُ عَلَى أَبِيهِ – بيهقى« Celui à qui Allah accorde un enfant doit lui donner un bon nom, bien l’éduquer et, lorsqu’il atteint la puberté, le marier. S’il ne marie pas son enfant après que celui-ci a atteint la puberté et que l’enfant commet un péché, le châtiment lui en sera imputé. » — Bayhaqî
Ailleurs, le Noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : il est écrit dans la Torah : « Lorsqu’une personne a une fille âgée de douze ans et ne la marie pas, puis que celle-ci commet une mauvaise action, le châtiment de cette mauvaise action sera imputé au père. »
Rechercher une union convenable
Le mariage est généralement retardé parce qu’on ne trouve pas de prétendant ou de prétendante convenable. Il est tout à fait naturel de désirer et de chercher une prétendante ou un prétendant convenable pour son fils ou sa fille. Plus encore, cette réflexion et cette recherche constituent pour vous une obligation religieuse. L’enseignement islamique exige également que vous fassiez tous vos efforts pour trouver une union appropriée.
L’islam ne vous demande jamais d’accepter les yeux fermés le pire des prétendants ou des prétendantes que vous pourriez trouver. Il ne vous demande pas non plus de ne faire aucun effort ni aucune recherche à ce sujet. Le mariage est une question extrêmement importante. Il concerne toute la vie. Ses effets ne se limitent pas aux affaires de ce monde ; ils peuvent également se répercuter sur la vie de l’au-delà. C’est une question très grave et sérieuse. Il est indispensable de réfléchir au choix du conjoint.
La seule question à se poser est de savoir si vos efforts et vos démarches s’inscrivent dans la lumière de l’islam. Vous devez adopter les critères que l’islam a fixés pour choisir un conjoint. Gardez ces principes fondamentaux à l’esprit lorsque vous choisissez le conjoint de votre enfant. Réfléchissez et examinez si vous retardez le choix d’un prétendant ou d’une prétendante en donnant la priorité à des considérations auxquelles la religion n’accorde aucune importance.
Les critères de choix du conjoint
Lors du choix d’un conjoint, cinq éléments sont généralement pris en considération.
Un : la richesse.
Deux : la noblesse de la lignée.
Trois : la beauté et l’apparence agréable.
Quatre : le dîn et l’akhlaq.
Cinq : l’instruction.
Il ne fait aucun doute que ces cinq éléments sont importants chacun à sa place. À notre époque, qui pourrait nier l’importance de la richesse ? La noblesse de la lignée ne doit pas non plus être négligée dans de nombreux cas.
La beauté et l’apparence agréable revêtent également une importance fondamentale dans le choix d’une épouse. Lorsqu’il s’agit de choisir une prétendante, cet élément est particulièrement déterminant. Il est également impossible de nier qu’Allah est Celui qui a accordé aux êtres humains le goût et la beauté, et que l’apparence est naturellement une chose que l’on apprécie.
L’importance et la nécessité de l’instruction sont des vérités reconnues. À l’époque actuelle, lors de l’établissement d’une union, on accorde une attention particulière aux études et aux diplômes. Il est également vrai que les études supérieures renforcent l’encouragement et l’enthousiasme, et qu’elles contribuent à parer une personne de civilisation. Les études supérieures sont considérées comme un moyen d’accroître le statut et l’honneur. Elles favorisent une vie aisée et la considération au sein de la société.
Reste la question du dîn et de l’akhlaq. Il est évident que, pour un musulman, leur importance et leur valeur seront toujours reconnues. Les parents musulmans peuvent examiner tous les aspects d’une personne proposée, mais ils ne peuvent pas négliger le dîn et l’akhlaq ni ne leur accorder aucune importance.
Si votre souhait, votre aspiration et vos efforts consistent à trouver à votre fille ou à votre fils un conjoint possédant ces cinq qualités, votre aspiration est noble. Votre espoir est juste et vos efforts sont appropriés. Quel parent ne souhaite pas que son enfant chéri obtienne un conjoint doté de ces qualités ?
L’islam ne déprécie jamais cet espoir, cette aspiration et cette conscience. L’islam respecte cette émotion qui vous anime.
Si vous trouvez un couple doté de toutes les qualités, ce sera une faveur particulière d’Allah. En général, il est très difficile de trouver toutes les qualités réunies dans chaque union. On peut trouver certaines qualités chez une personne, mais aussi quelques défauts. En réalité, votre épreuve dans cette affaire consiste à garder le point de vue islamique à l’esprit lors du choix et à donner la priorité à la qualité à laquelle l’islam a accordé la priorité.
Les directives du Messager d’Allah ﷺ
Les directives du Messager d’Allah ﷺ sont que, lors du choix d’un prétendant ou d’une prétendante, vous devez accorder en premier lieu de l’importance à la religion et au caractère. Si, en plus de la religion et du caractère, vous trouvez l’une des quatre autres qualités, vous devez en remercier Allah. Ensuite, vous ne retarderez plus inutilement le mariage. En revanche, une alliance ou une relation ne peut vous convenir si elle possède toutes les qualités, mais est dépourvue de religion et de caractère. La première chose que les parents musulmans doivent considérer est la religion et le caractère. Celui qui en est dépourvu, même s’il est exemplaire dans les autres domaines, ne peut devenir le conjoint de votre enfant chéri. Vous ne pouvez envisager d’en faire votre belle-fille ou votre gendre. Les défauts dans les autres domaines peuvent être compensés par la religion et le caractère ; autrement dit, en raison de la religion et du caractère, on peut tolérer d’autres faiblesses, mais même en considération de très grandes qualités, il n’est pas possible de tolérer l’absence de religion et de caractère. Les lacunes dans la religion et le caractère ne peuvent être compensées par aucune autre qualité. La directive du Messager d’Allah est la suivante :
« Lorsqu’il s’agit de mariage, quatre critères sont généralement pris en considération chez les femmes : la richesse, la noblesse de l’ascendance, la beauté et la jeunesse, ainsi que la religion et le caractère. Épousez donc une femme pieuse. C’est là que réside votre bien. »
Ce hadith indique que vous devez choisir pour votre fils une épouse pieuse et parée d’un caractère islamique. C’est par l’intermédiaire d’une telle épouse que votre foyer peut devenir une forteresse de l’islam. On peut également espérer qu’une telle épouse donnera naissance à des enfants solides dans leur religion et leur foi, et entièrement dévoués à l’islam.
De même, le Messager d’Allah ﷺ a donné des directives concernant le choix d’un gendre et d’une belle-fille. Dans ces directives également, la religion et le caractère occupent une importance fondamentale.
Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Lorsqu’un homme dont la religion et le caractère vous satisfont et vous réjouissent vous adresse une demande en mariage, mariez-lui votre enfant chéri. Si vous ne le faites pas, de graves troubles apparaîtront sur la terre. »
Ce hadith vous ordonne catégoriquement que, lorsqu’un prétendant vous adresse une demande en mariage et que vous êtes satisfait de sa religion et de son caractère, et que vous disposez d’informations dignes de confiance établissant qu’il craint Allah, qu’il est pieux, assidu à la prière et au jeûne, et doté d’une moralité islamique, il n’est en aucun cas convenable de retarder inutilement le mariage. Placez votre confiance en Allah, mariez-lui votre enfant et espérez le bien. En effet, pour une alliance matrimoniale musulmane, la première chose essentielle est la religion et la foi. Dans une société où l’on néglige la religion et la foi pour accorder de l’importance à d’autres choses, ou bien où la richesse, la beauté et la jeunesse sont préférées à la religion et au caractère, des tempêtes de troubles et de corruption se lèvent. Aucune puissance de ce monde ne pourra alors protéger une telle société contre la ruine.
— Fin —