Paroles du traducteur
Je rends d’infinies actions de grâce au Très-Haut Allah, qui m’a accordé la faveur de traduire cet ouvrage inestimable de l’imam adh-Dhahabî, « Kitâb al-Kabâ’ir ». J’adresse également mes sincères salutations et ma gratitude aux responsables du Centre islamique du Bangladesh, qui ont pris les dispositions nécessaires pour publier progressivement cet ouvrage dans le mensuel Prithibi, puis finalement sous forme de livre.
La traduction de Kitâb al-Kabâ’ir a été réalisée directement à partir de l’ouvrage arabe original. Si ce livre apporte le moindre bien aux musulmans bengalophones, puisse le Très-Haut Allah, par sa bénédiction, pardonner tous les péchés de cet humble serviteur : telle est ma prière sincère auprès du Seigneur miséricordieux.
« Les péchés majeurs » est une traduction fidèle de l’ouvrage Kitâb al-Kabâ’ir de l’érudit adh-Dhahabî, mais quelques légères modifications éditoriales ont néanmoins dû y être apportées. Ainsi, la répétition fréquente de certains hadiths et versets a été évitée dans la traduction ; certains récits relatant les expériences ou les rêves de vénérables personnages ont été supprimés ; la longue prose et les poèmes personnels de l’auteur ont parfois été abrégés et parfois supprimés lorsqu’ils semblaient superflus ; les hadiths faibles ainsi que les propos de savants ont été écartés, puisque suffisamment de versets et de hadiths authentiques étaient présentés comme preuves ; enfin, dans un ou deux cas, les titres ont été modifiés afin de rester conformes au contenu original, entre autres changements.
Ces quelques modifications éditoriales ont été effectuées pour deux raisons : premièrement, épargner au lecteur bengalophone la difficulté de lire de longues descriptions inutiles ; deuxièmement, veiller à ce que le volume de l’ouvrage n’augmente pas.
J’espère que cet ouvrage sera apprécié dans tous les milieux et qu’il contribuera à préserver les valeurs islamiques et morales de la société.
Akram Farûq,
Dacca
1-11-1995
Présentation de l’auteur
(L’imam Shams ad-Dîn Muhammad ibn Uthmân ibn Qaymâz at-Turkumânî, al-Fâriqî, ad-Dimashqî, adh-Dhahabî, naquit à Damas en 673 de l’Hégire, correspondant à 1274 de l’ère chrétienne. Sa demeure ancestrale se trouvait à Mîyâfâriqîn, au Turkménistan. Il étudia auprès des grands savants musulmans de Syrie, d’Égypte et du Hedjaz, et voyagea dans de nombreux pays à cette fin. Il acquit une maîtrise particulière dans plusieurs branches des sciences islamiques, notamment dans les sciences relatives au Coran et au hadith. Bien qu’il soit devenu une figure légendaire en tant que hâfiz du hadith, c’est sa compétence dans l’évaluation et la vérification de l’authenticité des hadiths qui porta son érudition et son génie au sommet de la renommée. Il rédigea quatre-vingt-dix ouvrages précieux dans diverses branches des sciences islamiques. Ceux-ci portent notamment sur le hadith, l’histoire et les biographies. Outre son œuvre la plus importante, « Târîkh al-Islâm » (Histoire de l’islam), ses ouvrages « Siyar an-Nubalâ’ » (Biographies des savants musulmans), ainsi que trois livres consacrés à l’examen de l’authenticité des hadiths — « Mîzân al-I‘tidâl », « al-Mushtabih fî Asmâ’ ar-Rijâl » et « Tajrîd al-Usûl fî Ahâdîth ar-Rasûl » — sont les plus célèbres. Il possède en outre une vaste encyclopédie contenant les noms et de brèves biographies de treize cents savants. Beaucoup de ces savants furent ses disciples ou ses maîtres.)
Son ouvrage intitulé « Kitab al-Kaba’ir » contient la description de soixante-dix péchés majeurs. Il a été rédigé afin de préserver les musulmans ordinaires de l’égarement.
L’imam adh-Dhahabi occupa plusieurs postes dans l’administration publique de l’enseignement à Damas et, parallèlement à ses fonctions, rédigea ces ouvrages. Ayant perdu la vue en 741 de l’Hégire, il cessa d’écrire, mais continua d’enseigner jusqu’à sa mort en 748 de l’Hégire, correspondant à l’an 1348 de l’ère chrétienne. Sa tombe se trouve à Damas.
Qu’est-ce qu’un péché majeur ?
Les choses dont l’interdiction explicite par Allah et Son Messager est connue à travers le Livre d’Allah, la Sunna du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et les récits des pieux savants du passé, ce sont elles les péchés majeurs. Allah a garanti dans le Coran que les péchés mineurs seront pardonnés si l’on s’abstient des péchés majeurs et des choses interdites.
Allah dit : « Si vous vous abstenez des grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos autres péchés et vous ferons entrer en un lieu honorable. » (Sourate An-Nisâ’)
Par cette déclaration catégorique et sans ambiguïté, Allah, exalté soit-Il, a clairement garanti le Paradis à ceux qui s’abstiennent des péchés majeurs.
Dans la sourate Ach-Chûrâ, Allah dit : « Ceux qui s’abstiennent des grands péchés et des turpitudes et qui pardonnent lorsqu’ils sont en colère. »
Et dans la sourate An-Najm, Allah dit : « Ceux qui s’abstiennent des grands péchés et des actes immoraux : certes, le pardon d’Allah est immense. Quant aux fautes légères, c’est autre chose. »
Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Les cinq prières quotidiennes, la prière du vendredi jusqu’au vendredi suivant et le jeûne du Ramadan jusqu’au Ramadan suivant garantissent le pardon des péchés commis entre-temps, à condition de s’abstenir des péchés majeurs. »
À la lumière de ces quelques versets et hadiths, il devient pour nous un devoir indispensable de rechercher quels sont les péchés majeurs. À ce sujet, nous constatons quelques divergences parmi les savants. Selon certains, les péchés majeurs sont au nombre de sept. Ils s’appuient sur cette parole du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : « Abstenez-vous des sept péchés destructeurs : associer quelqu’un à Allah, pratiquer la magie, tuer illégalement une personne autrement que conformément aux prescriptions de la loi islamique, s’approprier les biens de l’orphelin, consommer l’usure, fuir du champ de bataille et accuser d’adultère les croyantes chastes, innocentes et naïves. » (Sahih Al-Bukhari et Sahih Muslim) Abdullah ibn Abbas a dit : « Leur nombre est proche de soixante-dix. »
Le nombre précis des péchés majeurs n’est pas connu d’après les hadiths. Toutefois, on comprend et il est établi de manière irréfutable que sont des péchés majeurs toutes les fautes graves pour lesquelles une peine est prescrite ici-bas, comme le meurtre, le vol et l’adultère, ou pour lesquelles un terrible châtiment est annoncé dans l’au-delà, ou dont l’auteur est maudit selon les paroles du Messager (s.a.w.), ou au sujet desquelles il est dit que celui qui les commet n’a pas la foi ou ne fait pas partie de la communauté musulmane.
Il est rapporté de Saïd ibn Jubayr qu’un homme dit à Abdullah ibn Abbas : « Les péchés majeurs sont au nombre de sept. » Ibn Abbas répondit : « Ils sont plutôt proches de sept cents. » Toutefois, lorsqu’on demande pardon et qu’on se repent, aucun péché majeur ne demeure majeur ; autrement dit, il est pardonné. En revanche, lorsqu’on persiste à les commettre, même les péchés mineurs ne restent pas mineurs : ils deviennent majeurs. Selon une autre narration, Ibn Abbas aurait dit que les péchés majeurs sont au nombre d’environ soixante-dix. La plupart des savants en ont dénombré exactement soixante-dix, ou légèrement davantage.
Il est également vrai qu’il existe des degrés parmi les péchés majeurs : certains sont plus graves ou moins graves que d’autres. Ainsi, le shirk est lui aussi considéré comme un péché majeur. Pourtant, celui qui le commet demeurera éternellement en Enfer et son péché est impardonnable. Allah Tout-Puissant a dit dans la sourate An-Nisa : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés, mais Il pardonne ce qui est moindre que cela à qui Il veut. » Il en va autrement si l’on abandonne le shirk. On trouvera ci-dessous l’exposé des soixante-dix péchés majeurs.
1. Le shirk
Associer quelqu’un à Allah est le plus grave des péchés majeurs. Le shirk est de deux sortes : (1) le shirk doctrinal, c’est-à-dire considérer quelqu’un d’autre qu’Allah comme l’égal d’Allah et lui vouer un culte. Qu’il s’agisse d’un arbre, d’une pierre, du soleil, de la lune, d’une étoile, d’un ange, d’un prophète, d’un saint ou de toute autre chose, le fait de le considérer comme l’égal d’Allah et de lui vouer un culte constitue du shirk. Allah Tout-Puissant dit : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés, mais Il pardonne ce qui est moindre que cela à qui Il veut. » (Sourate An-Nisa) « Certes, le shirk est une immense injustice. » (Sourate Luqman) « Quiconque donne un associé à Allah, Allah lui interdira le Paradis et son refuge sera l’Enfer. » (Sourate Al-Maïda)
Il existe encore de nombreux versets à ce sujet.
En vérité, quiconque associe quelqu’un ou quelque chose à Allah et meurt dans cet état ira certainement en Enfer. De même, celui qui croit en Allah et meurt en croyant sera du nombre des habitants du Paradis, quand bien même il aurait subi les pires châtiments en Enfer. Il est rapporté dans Sahih Al-Boukhari et Sahih Muslim que le Messager (s.a.w.) dit un jour à trois reprises : « Ne vous informerai-je pas au sujet des plus graves péchés majeurs ? » Tous répondirent : « Si, ô Messager d’Allah ! » Il dit alors : « Donner un associé à Allah et maltraiter ses parents. » Puis il se redressa après avoir été appuyé et déclara : « Prenez garde au mensonge et au faux témoignage ! » Il ne cessa de répéter cette dernière parole si souvent que le rapporteur du hadith dit : « Nous nous disions intérieurement qu’il aurait été préférable que le Messager (s.a.w.) se taise. »
Il est rapporté par Al-Boukhari et Ahmad que le Messager (s.a.w.) a dit : « Évitez les sept péchés destructeurs et ruineux. » Puis il mentionna le shirk et ajouta : « Tuez celui qui change de religion, c’est-à-dire celui qui abandonne l’islam. »
La deuxième sorte de shirk consiste à accomplir de bonnes œuvres dans le but d’être vu par les gens.
Allah dit : « Celui qui espère rencontrer Allah doit accomplir de bonnes œuvres et n’associer personne à l’adoration de son Seigneur. » Cela signifie qu’il ne faut pas accomplir de bonnes œuvres dans le but de les montrer à quelqu’un. Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Éloignez-vous du petit polythéisme. » Les Compagnons demandèrent : « Qu’est-ce que le petit polythéisme ? » Il répondit : « C’est l’ostentation, c’est-à-dire accomplir de bonnes œuvres pour être vu des gens. » Le jour où Allah rétribuera Ses serviteurs selon leurs œuvres, Il leur dira : « Allez vers ceux pour qui vous accomplissiez vos bonnes œuvres dans le monde en vous faisant voir. Voyez s’ils vous accordent quelque récompense. » (Ahmad, al-Bayhaqî, al-Tabarânî) Dans un autre hadith, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) rapporte qu’Allah a dit : « Celui qui accomplit une œuvre et M’y associe quelqu’un d’autre, cette œuvre revient à celui qu’il M’a associé. Je n’ai aucun lien avec cette œuvre. » (Muslim, Ibn Mâjah) Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui accomplit une œuvre pour que les gens l’entendent, Allah fera que les gens l’entendent à son sujet ; et celui qui accomplit une œuvre pour que les gens le voient, Allah le traitera lui aussi avec ostentation. » (Al-Bukhârî et Muslim) Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Nombreux sont ceux qui jeûnent sans retirer de leur jeûne autre chose que la faim et la soif. Et nombreux sont ceux qui veillent la nuit en prière sans retirer de leur veille autre chose que la fatigue. » Cela signifie que si la prière et le jeûne ne sont pas accomplis pour obtenir l’agrément d’Allah, ils ne procurent aucune récompense. (Ibn Mâjah, Ahmad, al-Tabarânî) Allah, Très-Haut, dit : « Nous considérerons les œuvres qu’ils ont accomplies et Nous les réduirons en poussière dispersée. » Cela signifie qu’Allah annulera la récompense de toute œuvre accomplie par une personne dans un but autre que l’agrément d’Allah.
ʿAdî ibn Hâtim rapporte que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Le Jour de la Résurrection, il sera ordonné de faire entrer certaines personnes au Paradis. Lorsqu’elles s’en approcheront, qu’elles en sentiront le parfum et qu’elles verront ses palais ainsi que ses autres bienfaits incomparables, il sera dit aux anges : “Ramenez-les de là-bas, car elles n’ont aucun droit sur les bienfaits du Paradis.” Elles repartiront alors dans le plus grand désespoir et avec un profond regret. Puis elles diront : “Ô Allah ! Si Tu nous avais envoyés en Enfer avant de nous montrer les bienfaits que Tu as réservés à Tes bien-aimés, cela aurait été beaucoup plus facile pour nous.” Allah dira : “J’avais décidé de vous traiter ainsi. Lorsque vous étiez seuls, vous vous comportiez avec une extrême désobéissance envers Moi. Mais lorsque vous fréquentiez les gens, vous vous comportiez avec eux comme des hommes pieux. L’attitude que vos actes manifestaient aux gens, vous ne l’adoptiez pas sincèrement envers Moi. Vous craigniez les gens, mais vous ne Me craigniez pas. Vous accordiez de l’importance aux gens, mais vous ne M’en accordiez pas. Vous faisiez des sacrifices pour les gens, mais vous n’en faisiez pas pour Moi. Aujourd’hui, Je vous priverai donc de Mon immense récompense et vous infligerai aussi un châtiment douloureux.” » Un autre hadith rapporte qu’un homme demanda au Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) comment obtenir le salut. Il répondit : « Si tu ne trompes pas Allah, tu seras sauvé. » L’homme demanda : « Que signifie tromper Allah ? » Il répondit : « Si tu accomplis, pour satisfaire quelqu’un d’autre qu’Allah, une œuvre qu’Allah et Son Messager t’ont ordonné d’accomplir, cela revient à tromper Allah. » Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit également : « Garde-toi de l’ostentation, car l’ostentation est un petit polythéisme. Celui qui s’y adonne sera appelé, le Jour de la Résurrection, devant l’assemblée réunie, par quatre qualificatifs : “Ô ostentateur ! Ô traître ! Ô désobéissant ! Ô perdant ! Tes œuvres ont été annulées, ta récompense a été anéantie et tu n’as auprès de Moi aucun salaire à recevoir. Ô trompeur, va donc chercher ton salaire auprès de celui pour qui tu as œuvré !” »
On rapporte qu’un éminent musulman fut interrogé sur la sincérité et la pureté de l’intention (ikhlâs). Il répondit : « De même qu’une personne dissimule ses péchés, elle doit dissimuler ses bonnes œuvres. Voilà ce qu’est la sincérité, ou ikhlâs. » On lui demanda : « Quel est le but de l’ikhlâs, ou de la sincérité ? » Il répondit : « Ne pas désirer que les gens te louent. » Fudayl ibn ʿIyâd a dit : « Abandonner une mauvaise action par crainte des gens, c’est de l’ostentation ; accomplir une bonne action pour plaire aux gens, c’est du polythéisme. L’ikhlâs consiste à être préservé de ces deux maladies. »
2. Tuer ou commettre un meurtre
Allah, Très-Haut, a dit : « Celui qui tue volontairement un croyant aura pour rétribution l’Enfer, où il demeurera éternellement. Allah sera courroucé contre lui, le maudira et lui préparera un châtiment terrible. » (Sourate An-Nisâ’) « Ceux qui ne tuent pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, sauf pour une raison légitime, et qui ne commettent pas la fornication — ceux-là sont les serviteurs bien-aimés d’Allah. Quant à ceux qui commettent ces actes mauvais, ce sont de grands pécheurs. Le châtiment leur sera doublé et ils y demeureront éternellement, humiliés. » Toutefois, il en va autrement de celui qui se repent, croit et accomplit de bonnes œuvres. Dans la sourate Al-Mâ’idah, le meurtre d’une seule personne est assimilé au meurtre de toute l’humanité. Allah dit : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux Enfants d’Israël que quiconque tue une personne sans que ce soit en rétribution d’un meurtre ou pour avoir semé la corruption sur terre, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité,
et quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité. » Dans les hadiths, le meurtre et l’intention de tuer sont considérés comme des fautes équivalentes. Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Lorsque deux musulmans s’affrontent avec leurs épées, le meurtrier et la victime entreront tous deux en Enfer. » On lui demanda : « Nous comprenons le cas du meurtrier, mais qu’en est-il de la victime ? » Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) répondit : « Elle avait l’intention de tuer son adversaire. » (Al-Bukhârî, Muslim, Ahmad)
Les imams et les spécialistes du hadith ont expliqué, à propos de ce hadith, qu’il s’applique lorsque des personnes s’affrontent en raison d’un intérêt illégitime, d’une hostilité ou d’une haine. En revanche, il ne s’applique pas lorsqu’on prend les armes pour se défendre ou protéger des biens légitimement acquis. En effet, celui qui se défend n’a pas pour objectif de tuer son adversaire, mais de repousser l’attaque. S’il est possible de se défendre sans tuer l’agresseur, il est préférable de le faire.
Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Après moi, ne redevenez pas semblables à des mécréants qui se tuent les uns les autres. » Il a aussi dit : « Tant qu’un meurtre illégitime n’a pas été commis, il reste au serviteur la possibilité que tous ses autres péchés soient pardonnés. » Il a encore dit : « Le Jour de la Résurrection, le jugement concernant le meurtre sera la première affaire tranchée. » Il a également dit : « Pour moi, le meurtre d’un croyant est un événement plus grave que la destruction du monde entier. » Dans un hadith, le fait d’associer quelqu’un à Allah, de tuer une personne et de prononcer un faux serment sont présentés comme les plus grands péchés majeurs. Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Pour tout meurtre injuste commis sur terre, le premier fils d’Adam en recevra une part, car c’est lui qui a le premier instauré ce crime. » Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui tue une personne non musulmane ne sentira même pas le parfum du Paradis, alors que le parfum du Paradis peut être perçu à une distance de quarante années. »
3. Pratiquer la magie
La raison pour laquelle la magie constitue un péché majeur est qu’il est impossible de la pratiquer sans être mécréant. Allah le Très-Haut dit : « Les diables enseignaient la magie aux gens en s’adonnant à la mécréance. » En réalité, l’unique objectif des maudits démons en enseignant la magie aux hommes est de les amener à associer des partenaires à Allah. En relatant l’histoire des deux anges nommés Hârût et Mârût, Allah dit : « Avant d’enseigner la magie à quiconque, tous deux lui disaient : “Nous ne sommes qu’une épreuve ; ne sombrez donc pas dans la mécréance.” Puis les gens apprenaient auprès d’eux une magie grâce à laquelle ils pouvaient séparer l’époux de son épouse. Pourtant, ils ne pouvaient nuire à personne par elle, sauf avec la permission d’Allah. Ils apprenaient une magie qui ne leur causait que du tort et ne leur procurait aucun bien. Ils savaient également que celui qui acquiert la magie n’aura aucune part dans l’au-delà. » (Sourate Al-Baqara)
C’est pourquoi on voit de nombreuses personnes égarées avoir recours à la magie. Elles la considèrent seulement comme un acte interdit, sans savoir qu’elle relève en réalité aussi de la mécréance. Pour séparer un mari de son épouse ou susciter l’amour entre un homme et une femme étrangers l’un à l’autre, on pratique la magie en récitant des incantations dont la plupart sont imprégnées d’associationnisme et de mécréance.
La peine prescrite par la charia pour le magicien est la peine de mort, car la magie constitue de la mécréance envers Allah ou relève du degré de la mécréance. La magie figure également parmi les « sept actes destructeurs » que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a ordonné d’éviter dans un hadith. Il faut donc craindre Allah et ne pas s’approcher d’un acte nuisible ici-bas comme dans l’au-delà. Il est rapporté dans un hadith : « La peine du magicien consiste à le mettre à mort d’un coup d’épée. » (Al-Jâmi‘ at-Tirmidhî)
Il est rapporté dans un hadith de Sahîh Al-Bukhârî : « Ibn Abda a dit : un an avant la mort de ‘Umar, nous reçûmes une lettre nous ordonnant de tuer tout magicien, homme ou femme. » Dans un hadith qudsî, Allah le Très-Haut dit : « Il n’y a d’autre divinité que Moi. Celui qui pratique la magie, celui pour qui elle est pratiquée, celui qui prétend connaître l’avenir, celui pour qui une telle prédiction est faite, celui qui croit aux présages favorables ou défavorables, ou qui conseille à quelqu’un d’y croire, aucun d’eux ne m’est agréable. » ‘Alî rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Trois personnes n’entreront pas au Paradis :
(1) le buveur d’alcool,
(2) celui qui rompt les liens de parenté,
(3) celui qui place sa confiance dans la magie. » (Musnad Ahmad)
Dans un hadith rapporté par Ibn Mas‘ûd, il est dit : croire aux amulettes et aux incantations de guérison relève de l’associationnisme. Toutefois, si l’on croit qu’elles ne possèdent aucun pouvoir bénéfique en dehors de la volonté et de la grâce d’Allah, il n’y a pas de mal à porter des amulettes et à recourir aux incantations, à condition qu’elles ne soient pas rédigées dans une langue non islamique. L’imam Al-Khattâbî a dit : les amulettes sur lesquelles sont inscrits des versets du Coran ou les noms d’Allah sont permises, car le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) écrivait lui-même des amulettes pour Hasan et Husayn.
4. Faire preuve de négligence dans la prière
Allah le Très-Haut dit : « Puis, après ces prophètes, vinrent des successeurs qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils tomberont certainement dans le “Ghayy”. Mais ceux qui se repentent, croient et accomplissent de bonnes œuvres auront un sort différent. » (Maryam)
Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) a dit : « Délaisser la prière ne signifie pas nécessairement l’abandonner totalement ; cela signifie la faire après l’heure prescrite ou la rattraper. » Sa‘îd ibn Al-Musayyib a dit : « Cela signifie retarder la prière jusqu’à ce que l’heure de la prière suivante arrive. » Celui qui prend l’habitude d’agir ainsi et meurt sans se repentir de cette habitude est menacé par Allah d’être jeté dans un lieu nommé “Ghayy”. C’est le nom d’un gouffre extrêmement profond et immonde de l’Enfer.
Dans un autre verset, Allah a dit : « Malheur à ceux qui prient mais se montrent négligents à l’égard de leur prière », c’est-à-dire qu’ils sont paresseux et la retardent. Sa‘d ibn Abî Waqqâs rapporte : J’ai demandé au Messager (sallallahu alayhi wa sallam) ce que signifiait cette négligence. Il répondit : « La retarder au-delà de son heure fixée. » Ils ont été appelés des prieurs, mais, en raison de leur insouciance et de leur retard, ils ont été menacés par le « Weyl ». Weyl signifie la rigueur du châtiment. Selon certains, Weyl est un endroit extrêmement brûlant de l’Enfer où, même si l’on y jetait toutes les montagnes de la terre, elles fondraient sous l’intensité de la chaleur. À moins de demander pardon avec repentir et regret, cet endroit est destiné à devenir la demeure de ceux qui négligent la prière obligatoire et de ceux qui sont paresseux dans leur prière.
Allah Tout-Puissant a dit dans un autre verset : « Ô vous qui croyez ! Que vos biens et vos enfants ne vous distraient pas du rappel d’Allah. Et quiconque agit ainsi sera parmi les perdants. » Les exégètes ont dit que, dans ce verset, l’expression « rappel d’Allah » désigne les cinq prières quotidiennes. Ainsi, si quelqu’un, absorbé par ses activités liées à ses revenus, telles que le commerce, ou par ses occupations concernant ses enfants, ne prie pas à l’heure, il sera perdant.
Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Le Jour de la Résurrection, la première œuvre du serviteur au sujet de laquelle il sera interrogé sera la prière. S’il est capable de répondre à cet examen, il sera sauvé ; sinon, l’échec lui sera inévitable. »
Au sujet des habitants de l’Enfer, Allah dit : « Les gens du Paradis leur demanderont : “Pour quelle raison êtes-vous entrés en Enfer ?” Ils répondront : “Nous ne faisions pas partie de ceux qui accomplissaient la prière……” »
Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « L’engagement qui nous distingue des non-musulmans concerne la prière. Celui qui l’abandonne est un mécréant. » Il a également dit : « Entre le serviteur et sa mécréance, il n’y a que l’abandon de la prière. » Il est rapporté dans Sahîh al-Bukhârî que le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Celui dont la prière de l’après-midi lui échappe voit toutes ses bonnes œuvres réduites à néant. » Dans un autre hadith, le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Allah se désolidarise de celui qui abandonne volontairement la prière. » Dans un hadith rapporté par ‘Umar (qu’Allah l’agrée) et recueilli par Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim, le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Il m’a été ordonné de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils reconnaissent Allah comme l’Unique digne d’adoration, qu’ils accomplissent la prière et acquittent la zakât. Ceux qui accompliront ces actes verront leur sang et leurs biens protégés contre moi, sauf pour une raison légitime. Leur jugement incombe à Allah Tout-Puissant. » En expliquant ce hadith, ‘Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : « Celui qui abandonne la prière ne pourra bénéficier d’aucun des privilèges ni de la sécurité accordés par l’islam. »
Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a également dit : « Celui qui accomplit la prière comme il se doit, celle-ci sera pour lui, le Jour de la Résurrection, un moyen de salut, une lumière et une preuve. Quant à celui qui ne l’accomplit pas comme il se doit, elle ne sera pour lui ni une lumière, ni une preuve, ni un moyen de salut. De plus, le Jour de la Résurrection, il sera avec Pharaon, Qârûn, Hâmân et Ubay ibn Khalaf. »
En expliquant ce hadith, certains érudits musulmans ont dit que la raison pour laquelle celui qui n’accomplit pas la prière sera ressuscité avec ces quatre mécréants notoires est qu’il existe quatre causes à l’abandon de la prière : la gestion des richesses, les occupations liées au pouvoir, les responsabilités administratives et les activités commerciales. Si la première cause de l’abandon de la prière est la gestion des richesses, il sera ressuscité avec Qârûn ; si c’est la deuxième, avec Pharaon ; si c’est la troisième, avec Hâmân ; et si c’est la quatrième, avec Ubay ibn Khalaf, le célèbre commerçant de La Mecque.
Al-Bayhaqî rapporte d’après ‘Umar (qu’Allah l’agrée) qu’un homme vint trouver le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) et lui dit : « Ô Messager ! Quelle œuvre de l’islam est la plus aimée d’Allah ? » Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) répondit : « Accomplir la prière à son heure. Celui qui abandonne la prière n’a pas de religion. La prière est le pilier de l’islam. »
Lorsque ʿUmar fut blessé par le coup d’un assassin, on lui annonça : « Ô commandeur des croyants ! L’heure de la prière est arrivée. » Il répondit : « Oui, je vais prier. Celui qui délaisse la prière n’a aucun lien avec l’islam. » Il accomplit ensuite la prière, alors même que le sang continuait de couler de sa blessure. Le célèbre tābiʿī ʿAbdullah ibn Shaqīq — le tābiʿī étant celui qui n’a pas vu le Messager, mais a rencontré des Compagnons — a dit : « Les Compagnons du Messager ne considéraient pas que le fait de délaisser un acte, quel qu’il soit, rendait l’homme mécréant, excepté la prière. » ʿAlī et Ibn Masʿūd ont clairement qualifié respectivement de mécréant et d’irréligieux celui qui ne prie pas. Ibn ʿAbbās a dit : « Même s’il ne délaisse volontairement qu’une seule prière, lorsqu’il rencontrera Allah, Celui-ci sera irrité contre lui. »
Le Messager a dit : « Celui qui se présentera devant Allah sans avoir prié, Allah n’acceptera pas ses autres bonnes œuvres. » (At-Tabarānī) L’imam Ibn Hazm a dit : « Après l’association à Allah et le meurtre injuste d’un croyant, le plus grand des péchés est de délaisser la prière. » Le Messager a également dit : « Lorsqu’un serviteur accomplit la prière dès le début de son heure, cette prière s’élève jusqu’au Trône en projetant une lumière, puis elle ne cesse d’invoquer jusqu’au Jour de la Résurrection : “Ô Allah, protège-le comme il m’a protégée !” » (At-Tabarānī)
Le Messager a dit : « Allah n’accepte pas l’invocation de trois personnes : (1) celui qui s’impose comme leur dirigeant alors que le peuple le déteste, (2) celui qui prive une personne libre de sa liberté, (3) celui qui accomplit la prière après l’expiration de son heure. » (Abū Dāwūd) Le Messager a également dit : « Celui qui accomplit deux prières ensemble sans excuse commet un très grand péché majeur. » (Al-Hākim)
Il est rapporté dans Abū Dāwūd que le Messager a dit : « Dès qu’un enfant atteint l’âge de sept ans, ordonnez-lui d’accomplir la prière. Lorsqu’il atteint dix ans, frappez-le pour cela et séparez son lit. »
L’imam Al-Khattābī a dit : « Ce hadith montre qu’un châtiment encore plus sévère s’applique à l’adulte qui délaisse la prière. » Selon certains juristes de l’école shaféite, l’adulte qui délaisse volontairement la prière peut, au plus haut degré de la peine, être condamné à mort.
Selon les imams Mālik, Ash-Shāfiʿī et Ahmad, il mérite d’être tué. Selon Ibrāhīm An-Nakhaʿī, Ayyūb As-Sakhtiyānī, ʿAbdullah ibn Al-Mubārak, Ahmad ibn Hanbal et Ishāq ibn Rāhwayh, celui qui délaisse volontairement la prière sans excuse doit être considéré comme mécréant après l’expiration de l’heure de la prière.
Il est rapporté dans un hadith que celui qui accomplit correctement les cinq prières obligatoires, Allah lui accordera cinq mérites. Premièrement, Il éloignera sa pauvreté ; deuxièmement, Il le délivrera du châtiment de la tombe ; troisièmement, Il lui remettra son registre des œuvres dans la main droite ; quatrièmement, Il lui fera traverser le pont as-Sirāt à la vitesse de l’éclair ; cinquièmement, Il le fera entrer au Paradis sans jugement. Quant à celui qui fait preuve de négligence à l’égard de la prière, Allah lui infligera quatorze châtiments : cinq dans la vie terrestre, trois au moment de la mort, trois dans la tombe et trois au moment de sa résurrection hors de la tombe. Les cinq châtiments de la vie terrestre sont les suivants : la bénédiction sera retirée de sa vie, l’éclat propre aux gens vertueux disparaîtra de son visage, et aucune de ses bonnes œuvres ne sera récompensée.
Aucune de ses invocations ne sera acceptée et il sera privé des invocations des gens vertueux. Les trois châtiments du moment de la mort sont les suivants : il mourra humilié, il mourra affamé et il mourra dans une telle soif que, même s’il buvait l’eau de toutes les mers du monde, sa soif ne serait pas étanchée. Les trois châtiments qu’il subira dans la tombe sont les suivants : sa tombe se resserrera et le comprimera si fortement que les côtes d’un côté se briseront et passeront de l’autre côté ; sa tombe sera remplie de feu, qui brûlera nuit et jour ; et un serpent venimeux continuera à le mordre jusqu’au Jour de la Résurrection. Quant aux trois châtiments qu’il subira au moment de sortir de la tombe, ce sont ceux-ci : son jugement sera sévère, il verra Allah courroucé contre lui et il entrera en Enfer. Selon une autre transmission, trois paroles seront inscrites sur son front le Jour de la Résurrection. La première sera : « Ô toi qui as dilapidé le droit d’Allah ! » La deuxième sera : « Ô toi qui mérites la colère d’Allah ! » La troisième sera : « De même que tu n’as pas accordé à Allah Son droit sur terre, tu seras aujourd’hui privé de la miséricorde d’Allah. »
Il est rapporté d’Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) qu’au Jour de la Résurrection, un homme sera placé debout devant Allah et l’ordre lui sera donné d’entrer en Enfer. Il demandera : « Ô mon Seigneur ! Pour quelle raison ? » Allah répondra : « Parce que tu as accompli la prière après l’heure prescrite et que tu as prêté de faux serments en Mon nom. »
Un jour, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Ô Allah ! Ne fais de personne parmi nous un malheureux privé de Ta miséricorde. » Puis il demanda aux Compagnons présents : « Savez-vous qui est le malheureux privé de Ta miséricorde ? » Les Compagnons répondirent : « Ô Messager d’Allah, qui donc ? » Il dit : « Celui qui délaisse la prière. » Il est également rapporté dans un autre hadith qu’au Jour de la Résurrection, ceux dont les visages noirciront les premiers seront ceux qui auront délaissé la prière. En Enfer se trouve une région appelée Malham. Elle abrite de nombreux serpents. Chacun de ces serpents est aussi épais que le cou d’un chameau et long d’environ la distance parcourue en un mois. Ces serpents mordront celui qui délaisse la prière. Leur venin lui fera subir des souffrances pendant soixante-dix ans, jusqu’à ce que sa chair tombe en lambeaux.
Il est rapporté qu’une femme des Enfants d’Israël vint un jour trouver Moïse (paix sur lui). Elle dit : « Ô Messager d’Allah ! J’ai commis un péché terrible. Je me suis ensuite repentie. Invoque Allah afin qu’Il me pardonne. » Moïse (paix sur lui) demanda : « Quel péché as-tu commis ? » Elle répondit : « J’ai commis l’adultère. Puis j’ai donné naissance à un enfant illégitime et je l’ai tué. » Moïse (paix sur lui) dit : « Ô grande pécheresse ! Sors immédiatement. Je crains qu’un feu ne descende du ciel à l’instant et que nous ne soyons tous réduits en cendres. » La femme partit, le cœur brisé. Peu après, Jibril (paix sur lui) vint et dit : « Ô Moïse ! Allah t’a demandé pour quelle raison tu as chassé cette femme repentante. N’as-tu donc pas vu quelqu’un de plus vil qu’elle ? » Moïse répondit : « Ô Jibril ! Qui pourrait être plus pécheur qu’elle ? » Jibril (paix sur lui) dit : « Celui qui délaisse volontairement la prière. »
Il est rapporté qu’un homme, après avoir accompli l’inhumation et les rites funéraires de sa sœur, rentra chez lui et constata que son portefeuille avait disparu. Il pensa ensuite qu’il avait dû tomber dans la tombe. Il y retourna donc et creusa la tombe. Il vit que celle-ci était entièrement embrasée par un feu ardent. Il la recouvrit de terre, puis rentra chez lui en pleurant. Lorsqu’il raconta toute l’affaire à sa mère, elle lui dit que la jeune femme était négligente à l’égard de la prière et qu’elle la priait une fois l’heure passée. Si le fait de rattraper une prière sans excuse peut entraîner une telle conséquence, il est terrifiant d’imaginer combien le sort de celui qui ne prie pas peut être épouvantable. Il ne suffit pas d’accomplir la prière dans le temps prescrit ; il est également nécessaire de l’accomplir correctement et convenablement. Sinon, accomplir une prière incorrecte revient à ne pas prier. Il est rapporté dans le Sahih d’al-Bukhari et le Sahih Muslim qu’un jour, un homme entra dans la mosquée du Prophète. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) était alors assis dans la mosquée. L’homme pria, puis vint saluer le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Après lui avoir rendu son salut, il lui dit : « Retourne prier, car tu n’as pas prié. » L’homme s’en alla, pria de la même manière, puis revint saluer le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Après lui avoir rendu son salut, il lui dit de nouveau : « Retourne prier, car tu n’as pas prié. » Après avoir prié ainsi trois fois, l’homme dit : « Ô Messager d’Allah ! Je ne sais pas prier mieux que cela. Enseigne-moi donc. » Il dit : « Lorsque tu te lèves pour la prière, prononce le takbir. Puis récite du Coran ce que tu peux. Ensuite, incline-toi et reste immobile dans l’inclinaison. Puis relève-toi et tiens-toi bien droit. Ensuite, prosterne-toi et reste immobile dans la prosternation. Puis assieds-toi en restant immobile. Ensuite, prosterne-toi encore et reste immobile dans la prosternation. Accomplis ainsi ta prière. »
Il est dit dans le Noble Coran : « Le malheur est réservé à ceux qui prient tout en faisant preuve de négligence dans leur prière. » Dans l’explication de ce verset, il est rapporté dans un hadith qu’il s’agit de ceux qui n’accomplissent pas correctement l’inclinaison et la prosternation et qui se contentent de mouvements rapides et saccadés.
Il est rapporté dans un hadith que le plus grand des voleurs est celui qui vole dans sa prière. On demanda : « Comment vole-t-on dans la prière ? » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : « En n’accomplissant pas correctement l’inclinaison et la prosternation et en ne récitant pas correctement le Coran. » (Ahmad) Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit également : « Celui qui ne se redresse pas en gardant le dos droit entre l’inclinaison et la prosternation, Allah ne le regardera pas. » (Ahmad) Il dit encore : « La prière de celui qui s’assied et attend de voir le soleil, puis se lève dès que celui-ci atteint l’espace situé entre les deux cornes de Satan, c’est-à-dire juste avant son coucher, et frappe quatre fois la tête au sol, est la prière de l’hypocrite. À ce moment-là, il se souvient très peu d’Allah. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim)
Il est rapporté d’Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) pria avec ses compagnons, puis s’assit. À ce moment-là, un homme arriva et accomplit sa prière en se hâtant dans l’inclinaison et la prosternation. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Voyez-vous cet homme ? S’il mourait dans cet état, il mourrait en dehors de la communauté de Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui). » Il acheva sa prière en frappant rapidement la tête au sol, comme le corbeau donne des coups de bec dans le sang. (Sahih d’Ibn Khuzayma)
« Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : Chaque fois qu’une personne prie, un ange se tient à sa droite et un autre à sa gauche. Si elle achève correctement sa prière, ils la portent tous deux jusqu’à Allah. Sinon, ils la lui jettent au visage. » (Ad-Daraqutni)
Le Messager (saw) a également dit : « Celui qui accomplit correctement les ablutions, puis se tient debout pour la prière et l’achève correctement en accomplissant le rukūʿ, le sujūd et la récitation du Coran, sa prière lui dit : “Qu’Allah te protège comme tu m’as préservée.” »
Puis elle monte vers le ciel en diffusant des rayons de lumière. Les portes du ciel s’ouvrent alors pour elle et, parvenue auprès d’Allah, elle intercède en faveur de celui qui a accompli cette prière. Mais lorsque celui-ci n’accomplit pas correctement le rukūʿ, le sujūd et la récitation du Coran, la prière lui dit : « Qu’Allah te détruise comme tu m’as détruite. » Puis elle monte vers le ciel enveloppée de ténèbres. Les portes du ciel se ferment devant elle. Ensuite, elle est enroulée comme un vieux vêtement et jetée au visage de celui qui a accompli la prière.
Le Messager (saw) a également dit : « La prière est semblable à une balance. Celui qui remplit complètement cette balance recevra également sa récompense dans sa totalité. Quant à celui qui donne une mesure insuffisante, le Coran dit qu’un “Weyl” est réservé à ceux qui trichent dans la mesure. Donner une mesure insuffisante peut concerner les autres choses, tout comme la prière. Le “Weyl” est un endroit extrêmement brûlant de l’Enfer, dont la chaleur pousse même l’Enfer à chercher refuge auprès d’Allah. » (Musnad Aḥmad)
Le Messager (saw) a dit : « Lors du sujūd, posez votre visage, votre nez et vos deux mains sur le sol. En effet, Allah le Très-Haut m’a ordonné de me prosterner avec sept parties du corps : le front, le nez, les paumes des deux mains, les deux genoux et le dessus des deux pieds. Il a interdit de retenir ses vêtements et ses cheveux pendant le sujūd. Celui qui prie sans accorder à chacune de ses parties son droit voit la partie concernée le maudire pendant toute la durée de la prière. » (Ṣaḥīḥ al-Bukhārī et Ṣaḥīḥ Muslim)
Ḥudhayfa vit un homme prier sans accomplir correctement le rukūʿ et le sujūd. Il lui demanda : « Depuis combien de temps pries-tu de cette manière ? » L’homme répondit : « Depuis quarante ans. » Il lui dit : « Voilà quarante ans que tu n’as accompli aucune prière. Si tu meurs dans cet état, tu mourras en mécréant. »
L’imam al-Ḥasan al-Baṣrī disait : « Ô fils d’Adam ! Si la prière est pour toi une chose insignifiante, quelle œuvre de l’islam pourra donc avoir de l’importance à tes yeux ? Pourtant, le Messager (saw) a dit : “Le Jour de la Résurrection, le serviteur sera interrogé en premier au sujet de la prière. S’il l’a accomplie correctement, il sera sauvé. Mais s’il ne l’a pas accomplie correctement, il sera déçu et perdant. Si une insuffisance est constatée dans les prières obligatoires, Allah dira : ‘Voyez donc si Mon serviteur possède quelque œuvre surérogatoire. S’il en possède, elle servira à compenser le défaut de ses prières obligatoires.’ De la même manière, toutes les œuvres seront examinées.” » (Tirmidhī) Ainsi, il incombe à tout croyant d’accomplir autant d’œuvres surérogatoires que possible, afin de compenser les manquements aux obligations.
Au sujet du châtiment encouru pour ne pas accomplir la prière en assemblée
Allah le Très-Haut dit : « Le jour où un moment difficile surviendra et où les gens seront appelés à se prosterner… » Kaʿb al-Aḥbār (ra) a dit : « Ce verset n’a été révélé qu’au sujet de ceux qui s’absentent de la prière en assemblée. On comprend ainsi les terribles conséquences de ne pas se joindre à l’assemblée sans excuse valable. Dans un hadith rapporté par al-Bukhārī et Muslim, le Messager (saw) dit : “J’ai envie que la prière en assemblée soit célébrée, que je désigne un imam, puis que je me rende, accompagné d’un groupe portant du bois sec, aux maisons de ceux qui ne sont pas venus à l’assemblée et que je mette le feu à leurs maisons.” »
Il est rapporté dans le Sahih Muslim qu’un aveugle vint trouver le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) et lui dit : « Ô Messager de Dieu, personne ne peut m’accompagner à la mosquée. Autorisez-moi à prier chez moi. » Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) le lui permit. Alors qu’il s’apprêtait à partir, il l’appela et lui demanda : « Entends-tu l’appel à la prière ? » Il répondit : « Oui. » Il lui dit : « Alors rends-toi à la mosquée. » Ce hadith est rapporté ainsi dans le Sunan d’Abû Dâwûd : « ‘Amr ibn Umm Maktûm vint trouver le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) et lui dit : “Ô Messager de Dieu, Médine est une ville remplie de nombreuses bêtes féroces. Je ne vois pas. Ma maison est également très éloignée. Il y a certes quelqu’un qui pourrait m’accompagner à la mosquée, mais il ne me convient pas. Puis-je prier chez moi ?” Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) lui demanda : “Entends-tu l’appel à la prière ?” Il répondit : “Oui, je l’entends.” Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) lui dit : “Alors tu te rendras à la mosquée. Je ne peux pas t’autoriser à prier chez toi.” »
Ce hadith montre qu’il ne peut en aucun cas être permis à une personne bien portante de ne pas assister à la prière en assemblée. En effet, le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) n’a même pas autorisé un aveugle à prier chez lui. C’est pourquoi, lorsqu’on demanda à Ibn ‘Abbâs ce qu’il adviendrait d’un homme qui jeûne constamment pendant la journée et prie durant la nuit, mais ne prie pas en assemblée, il répondit : « S’il meurt en persistant dans cette attitude, il ira en Enfer. » (At-Tirmidhî)
Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « Celui qui entend l’appel à la prière mais ne se rend pas à la prière en assemblée, sans excuse valable, verra sa prière individuelle refusée. » On demanda : « Quelle sorte d’excuse ? » Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) répondit : « La maladie ou la crainte d’un danger. » (Abû Dâwûd)
Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a maudit trois catégories de personnes :
(1) Celui qui devient leur dirigeant contre la volonté du peuple.
(2) La femme dont la nuit s’écoule alors que son mari est mécontent d’elle.
(3) Celui qui, bien qu’ayant entendu l’appel à la prière, ne se rend pas à la prière en assemblée.
‘Alî (qu’Allah l’agrée) a dit : « La prière du voisin de la mosquée n’est valable qu’à la mosquée. » On lui demanda : « Qui est le voisin de la mosquée ? » Il répondit : « Celui qui entend l’appel à la prière depuis sa maison. »
Dans un hadith rapporté par Al-Bukhârî, ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) dit : « Nous ne considérions l’homme absent de la prière en assemblée comme autre chose qu’un hypocrite ou un malade. »
Ibn ‘Umar rapporte qu’un jour, ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) était allé voir sa palmeraie. À son retour, il constata que la prière de l’après-midi en assemblée était déjà terminée. Il fit aussitôt don de cette palmeraie aux pauvres, afin que cela compense le préjudice causé par le fait d’avoir manqué la prière en assemblée.
Il faut accorder la plus grande importance à la prière en assemblée pour les prières de ‘ishâ’ et de l’aube. En effet, le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « Ces deux prières, c’est-à-dire celle de l’aube et celle de ‘ishâ’, sont les plus difficiles pour l’hypocrite. Si les gens savaient quelle est la récompense de l’accomplissement de ces deux prières en assemblée, ils ne les délaisseraient en aucune circonstance. » (Sahih Al-Bukhârî)
Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) dit : lorsque quelqu’un était absent des prières en assemblée du fajr et de l’isha, nous pensions qu’il était devenu hypocrite.
Ubaydullah ibn Umar al-Qawariri, maître de l’imam al-Bukhari et de l’imam Muslim, dit : je ne manquais jamais la prière de l’isha en assemblée. Mais un jour, comme un invité était venu chez moi et que je fus occupé à m’en occuper, je ne pus rejoindre la prière de l’isha en assemblée. Je répétai ensuite la prière de l’isha vingt-sept fois, car il est rapporté dans un hadith que la récompense de la prière en assemblée est vingt-sept fois supérieure. Cependant, cette nuit-là, je rêvai que je faisais la course avec un groupe de cavaliers, mais que je restais derrière. Ceux qui étaient en tête me dirent : « Tu ne nous rattraperas jamais, car nous avons accompli la prière de l’isha en assemblée, tandis que toi, tu l’as accomplie seul. »
5. Ne pas s’acquitter de la zakat
Allah le Très-Haut dit : « Ne pense pas que ceux qui se montrent avares des biens qu’Allah leur a accordés agissent dans leur intérêt. Au contraire, cela leur est nuisible. Les biens dont ils étaient avares seront suspendus à leur cou le Jour de la Résurrection. » (Al Imran)
Allah le Très-Haut dit également : « Malheur aux associateurs qui ne s’acquittent pas de la zakat. » Ici, Allah les a qualifiés d’associateurs.
Allah le Très-Haut dit également : « Annonce-leur un châtiment douloureux, à ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah. Le jour où cet or et cet argent seront chauffés dans le feu de l’Enfer, puis qu’ils serviront à marquer leurs fronts, leurs dos et leurs flancs, on leur dira : “Voici les biens que vous thésaurisiez pour vous-mêmes. Goûtez donc au plaisir de vos biens thésaurisés.” » (At-Tawbah)
Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : celui qui possède suffisamment d’or et d’argent, mais n’en donne pas la part prescrite par la charia, sera marqué le Jour de la Résurrection au front, sur le dos et sur les deux flancs avec des plaques de fer chauffées au feu. Chaque fois que ces endroits refroidiront, ils seront de nouveau marqués. Ainsi, son supplice se poursuivra durant chaque jour aussi long que cinquante mille années, et ces marques continueront jusqu’à ce que le jugement soit rendu. Ensuite, il ira au Paradis ou en Enfer. Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager ! Subira-t-il également un tel châtiment s’il ne s’acquitte pas de la zakat des chameaux, des bovins, des chèvres et autres animaux ? » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : « Oui. »
Dans un hadith rapporté d’Abu Hurayra, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : les trois premières personnes qui entreront en Enfer seront : le dirigeant qui s’empare du pouvoir par la force (c’est-à-dire le tyran), le riche qui ne s’acquitte pas de la zakat et le pauvre orgueilleux. (Sahih Ibn Khuzayma et Sahih Ibn Hibban)
Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) a dit : Celui qui possède les biens nécessaires pour accomplir le hajj mais ne l’accomplit pas, ou qui possède les biens soumis à la zakat mais ne la verse pas, regrettera au moment de sa mort de ne pas avoir vécu un peu plus longtemps afin de s’acquitter du droit dû à Allah. À ce moment-là, un auditeur lui dit : « Ô Ibn Abbas ! Craignez Allah. Seuls les mécréants éprouveront un tel regret au moment de la mort. » Ibn Abbas répondit : « Pour preuve de ce que j’ai dit, je vais te réciter immédiatement un verset du Coran. » Allah, exalté soit-Il, dit : « Ô croyants ! Dépensez dans le bien une partie des biens que Nous vous avons accordés, avant que la mort ne vous atteigne, lorsque celui qui est à l’agonie dira : “Seigneur ! Si Tu retardais un peu ma mort, je ferais l’aumône et je serais parmi les gens vertueux.” » (Al-Munâfiqûn)
Ici, « je ferais l’aumône » signifie : « j’accomplirais le hajj ». Ensuite, on demanda à Ibn Abbas : « Quand la zakat devient-elle obligatoire ? » Il répondit : « Lorsqu’une richesse équivalant à deux cents dirhams est accumulée. » (Soit environ l’équivalent de dix mille takas.) Puis on lui demanda : « Dans quelles conditions le hajj devient-il obligatoire ? » Il répondit : « Lorsque les provisions et les frais de transport sont réunis. » Les bijoux licites fabriqués pour être utilisés ne sont pas soumis à la zakat. En revanche, la zakat doit être versée sur les bijoux fabriqués pour être épargnés ou loués. Les marchandises commerciales sont également soumises à la zakat. Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui à qui Allah a accordé des biens mais qui n’en verse pas la zakat verra, le Jour de la Résurrection, ses biens se transformer en un serpent venimeux qui s’enroulera autour de son cou, le mordra aux deux mâchoires et lui dira : “Je suis ta richesse, je suis ton capital.” » Puis il récita le verset suivant : « Que ceux qui thésaurisent avec avarice les biens qu’Allah leur a accordés ne pensent surtout pas que cela soit un bien pour eux. C’est au contraire un mal pour eux. Les biens dont ils étaient avares seront attachés autour de leur cou le Jour de la Résurrection. » (Sahih al-Bukhari)
Un hadith rapporté dans At-Tabarani dit : « Le Jour de la Résurrection, l’or et l’argent seront chauffés au feu, puis leurs fronts, leurs dos et leurs flancs en seront marqués. » En expliquant cette parole du Coran, Ibn Mas‘ud dit que ses dinars et ses dirhams ne seront pas fondus puis appliqués les uns sur les autres pour le supplice ; au contraire, la peau du corps de l’homme sera tellement étendue que chaque dinar et chaque dirham (c’est-à-dire les monnaies en circulation à l’époque concernée) pourra être chauffé et appliqué séparément.
On pourrait se demander pourquoi le dos, le front et les flancs ont été désignés pour être marqués par le feu. La réponse est que les riches avares, lorsqu’ils voient une personne pauvre, froncent le front avec irritation et assombrissent leur visage. Puis ils détournent leurs flancs, se tiennent le corps courbé et, lorsque le pauvre s’approche pour demander quelque chose, ils lui tournent le dos et s’en vont. C’est pourquoi ils seront châtiés de manière appropriée à leurs actes, en appliquant le feu sur ces parties du corps.
Dans un hadith rapporté par At-Tabarani, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Cinq péchés entraînent cinq châtiments. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Quels sont les cinq crimes et quels sont les cinq châtiments correspondants ? » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Chaque fois qu’un peuple rompra son engagement, Allah donnera pouvoir à ses ennemis sur lui. Chaque fois qu’un peuple gouvernera selon autre chose que les prescriptions révélées par Allah, Allah répandra la pauvreté parmi lui. Chaque fois que l’immoralité, l’impudeur et la fornication se répandront au sein d’un peuple, Allah y généralisera la mort (c’est-à-dire les morts anormelles et prématurées). » (Certaines versions mentionnent, à la place de la mort, la « déformation de l’esprit ».) « Chaque fois qu’un peuple trichera dans les mesures et les poids, Allah le frappera par la famine et la disette. Chaque fois qu’un peuple cessera de verser la zakat, Allah le frappera par la sécheresse. »
Conseil : Ceux qui sont fiers de leurs richesses doivent se rappeler qu’ils devront bientôt quitter ce monde et tous ses biens et moyens de subsistance. Lorsque leurs richesses accumulées seront brûlées puis appliquées sur leur front, leur dos et leurs flancs, elles ne leur seront d’aucune utilité. Il ne faut jamais oublier ce verset. Il ne convient pas de montrer de l’irritation à la vue des pauvres et des mendiants. Si Allah le veut, Il peut rendre riche le pauvre et réduire le riche à la pauvreté en un instant. Il ne faut pas oublier la profonde et noble sagesse d’Allah qui se trouve derrière le fait de rendre certains pauvres et d’enrichir certains autres.
Le célèbre tâbi‘î Muhammad ibn Yusuf al-Firyabi raconte : Un jour, mes compagnons et moi sommes allés rendre visite à Abu Sinan (qu’Allah lui fasse miséricorde). Peu après, Abu Sinan nous emmena voir l’un de ses voisins. Un frère de ce voisin venait récemment de mourir. Nous avions donc pour intention de lui présenter nos condoléances. Lorsque nous arrivâmes auprès de lui, nous le trouvâmes en train de pleurer et de se lamenter avec une grande agitation. Aucune parole de consolation ne parvenait à l’apaiser. Finalement, nous lui dîmes : « Ne savez-vous pas que la mort est une chose inévitable ? » Il répondit : « Je le sais, mes frères, mais je pleure seulement parce que mon frère subit un terrible châtiment dans sa tombe. » Nous lui demandâmes : « Allah vous a-t-Il informé de l’invisible ? » Il répondit : « Après l’inhumation, lorsque tout le monde fut parti, je restai assis quelque temps près de la tombe. Soudain, j’entendis une voix sortir de la tombe : “Ah ! Laissez-moi seul. Je continue à subir le châtiment. Pourtant, je priais et je jeûnais.” » Ces paroles me firent pleurer. Pour voir dans quel état il se trouvait, je creusai la tombe. Je vis un feu flamboyer dans la tombe, et un collier de feu était suspendu au cou de mon frère. Nous demandâmes : « Que faisait votre frère de son vivant ? » Il répondit : « Il ne versait pas la zakat. » Nous lui dîmes alors : « Allah a dit dans le Saint Coran : “Ne considérez pas comme bon le comportement de ceux qui se montrent avares des biens qu’Allah leur a accordés. C’est un mal pour eux. Les biens dont ils étaient avares seront suspendus à leur cou le Jour de la Résurrection.” Votre frère subit peut-être par anticipation ce châtiment. » Ensuite, nous sortîmes de là et allâmes trouver un Compagnon qui était encore en vie. Nous lui racontâmes tout l’événement et lui dîmes : « Combien de juifs et de chrétiens meurent, mais nous ne les voyons pas subir une telle chose. » Il répondit : « Ils iront sans aucun doute en Enfer. Toutefois, Allah montre des exemples parmi les croyants eux-mêmes, afin que vous en tiriez une leçon. »
6. Rompre le jeûne de Ramadan sans excuse valable
Allah le Très-Haut dit : « Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés. Peut-être atteindrez-vous ainsi la piété. Ce sont quelques jours déterminés. Quiconque parmi vous est malade ou en voyage devra jeûner d’autres jours. »
Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim que : « L’islam repose sur cinq choses : témoigner qu’il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah et que Muhammad est Son Messager, accomplir la prière, s’acquitter de la zakat, accomplir le hajj et jeûner pendant le Ramadan. » Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Quiconque abandonne, sans excuse valable, ne serait-ce qu’un seul jeûne du Ramadan, ne pourra pas le compenser quand bien même il jeûnerait toute sa vie par la suite. » (At-Tirmidhi, An-Nasa’i, Ibn Majah) En vérité, même si le péché d’avoir rompu le jeûne est pardonné grâce à l’expiation, il ne sera pas possible d’obtenir la récompense et le mérite du jeûne du Ramadan.
7. Ne pas accomplir le hajj malgré ses moyens
Allah le Très-Haut dit : « Le hajj est obligatoire pour quiconque en a les moyens. » Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui possède une monture et les provisions nécessaires pour se rendre à la Maison d’Allah et y accomplir le hajj, mais ne l’accomplit pas, qu’il meure juif ou chrétien : cela n’importe nullement à Allah. »
‘Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : « J’ai envie d’imposer la jizya à ceux qui, bien qu’en ayant les moyens, n’accomplissent pas le hajj, car ils ne sont pas musulmans. »
Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) a dit : « Celui qui, bien qu’en ayant les moyens, ne s’acquitte pas de la zakat et n’accomplit pas le hajj regrettera, au moment de sa mort, de ne pas avoir vécu plus longtemps. » On lui demanda : « Un tel regret n’est-il pas celui des mécréants ? » Il répondit : « Ce que j’ai dit se trouve dans le Coran. » Puis il récita les versets suivants : « Ô vous qui croyez ! Que vos biens et vos enfants ne vous détournent pas du rappel d’Allah. Ceux qui s’en détournent sont les perdants. Dépensez de ce que Nous vous avons attribué avant que la mort ne vienne à l’un de vous et qu’il dise alors : “Seigneur, pourquoi ne m’accordes-Tu pas un bref délai supplémentaire ? Je ferais alors l’aumône (c’est-à-dire que je m’acquitterais de la zakat) et je serais parmi les vertueux (c’est-à-dire parmi ceux qui accomplissent le hajj).” » On lui demanda : « Sur quoi la zakat devient-elle obligatoire ? » Il répondit : « Lorsqu’une personne possède deux cents dirhams ou de l’or d’une valeur équivalente. » Puis on lui demanda : « Sur quoi le hajj devient-il obligatoire ? » Il répondit : « Dès que sont réunis les frais de voyage aller-retour et le moyen de transport, le hajj devient obligatoire. » Sa‘id ibn Jubayr (qu’Allah l’agrée) a dit : « Lorsqu’un riche voisin à moi mourut sans avoir accompli le hajj, je n’accomplis pas la prière funéraire sur lui. »
8. Se suicider
Allah le Très-Haut dit : « Ne vous tuez pas vous-mêmes. Certes, Allah est Miséricordieux envers vous. Et quiconque commet cela par transgression et injustice, Nous le ferons brûler dans le Feu. Cela est facile pour Allah. » (Sourate An-Nisa)
L’imam al-Wâhidî, Ibn Abbâs et d’autres ont dit, à propos de l’exégèse de ce verset, que son sens est : « Ne vous entretuez pas », car vous êtes les adeptes d’une même religion ; vous êtes donc comme une seule personne. Mais d’autres ont dit que ce verset interdit le suicide. C’est cette dernière opinion qui est correcte, car le Coran et les hadiths contiennent des interdictions plus explicites concernant le meurtre d’autrui, et cette question y est traitée séparément. De plus, le hadith rapporté par ‘Amr ibn al-‘Âs et cité dans le Sunan d’Abû Dâwûd constitue également l’une des preuves de la justesse de cette opinion. ‘Amr ibn al-‘Âs raconte : « Lors de la bataille de Dhât as-Salâsil, menée sous la direction du Prophète ﷺ, j’eus une pollution nocturne par une nuit glaciale. Si je m’étais lavé cette nuit-là, je risquais de mourir de froid. Je fis donc les ablutions sèches et dirigeai la prière de l’aube avec mes compagnons. Ensuite, j’informai le Prophète ﷺ de ce qui s’était passé. Il me dit : “Ô ‘Amr, as-tu dirigé la prière avec tes compagnons alors que tu étais en état d’impureté ?” Je l’informai de la raison pour laquelle je ne m’étais pas lavé et j’ajoutai : “J’ai lu dans le Coran cette parole d’Allah : ‘Ne vous tuez pas vous-mêmes. Certes, Allah est Miséricordieux envers vous.’” En entendant cela, le Prophète ﷺ sourit et ne dit rien d’autre. » Ce hadith prouve que ‘Amr a compris de ce verset l’interdiction du suicide, et non celle du meurtre d’autrui. Or le Prophète ﷺ ne s’est pas opposé à son interprétation.
Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ a dit : « Parmi les peuples qui vous ont précédés, un homme était blessé et souffrait. Il prit alors un couteau et se frappa lui-même. Il saigna jusqu’à mourir. Allah dit alors : “Mon serviteur a pris une décision concernant sa propre personne en Me devançant. Je lui ai donc interdit le Paradis.” » (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim.)
Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui se tuera avec une arme de fer restera assis dans le feu de la Géhenne et se frappera éternellement avec cette même arme. Celui qui se suicidera en absorbant du poison continuera éternellement à en boire, même dans la Géhenne. Et celui qui se suicidera en se jetant du haut d’une montagne continuera, dans l’Enfer, à se précipiter sans cesse d’un lieu élevé. Ainsi, il continuera éternellement à se faire souffrir. » (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim.)
Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ a dit : « Maudire un croyant équivaut à le tuer. Traiter injustement un croyant de mécréant équivaut à le tuer. Et celui qui se tuera avec un objet quelconque sera châtié, le Jour de la Résurrection, avec ce même objet. » (Sahîh al-Bukhârî, Sahîh Muslim, an-Nasâ’î et at-Tirmidhî.)
Il est rapporté dans un autre hadith authentique qu’un homme, ne pouvant supporter la douleur de sa blessure, se suicida avec son épée. Lorsque le Prophète ﷺ l’apprit, il dit : « C’est un homme de l’Enfer. » En vérité, la vie et la durée de vie accordées par Allah sont une immense faveur, ainsi qu’une occasion limitée d’accomplir de bonnes œuvres pour l’au-delà. Ceux qui y mettent eux-mêmes fin s’exposent inévitablement à la colère d’Allah. Qu’Allah nous préserve de ce terrible péché majeur.
9. Désobéir à ses parents et leur causer du tort
Allah le Très-Haut dit dans la sourate Banî Isrâ’îl : « Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui et que vous soyez bienfaisants envers vos parents. » C’est-à-dire que vous preniez soin d’eux et que vous vous comportiez envers eux avec amour et compassion. « Si l’un d’eux, ou tous les deux, atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas : “Fi !” et ne les réprimande pas. » C’est-à-dire : n’emploie aucune parole rude ou dure. Puisqu’ils ont tous deux pris soin de toi, tu dois toi aussi prendre soin d’eux. Il faut se rappeler qu’ils ont, les premiers, pris soin de toi avec un désintéressement et une générosité extrêmes ; même si tu prends soin d’eux, tu ne pourras jamais les égaler. Il est regrettable que, durant son enfance, un enfant puisse faire souffrir ses parents, tandis qu’ils continuent à prendre soin de lui et souhaitent qu’il vive en bonne santé et longtemps. Mais dès que l’enfant éprouve une petite difficulté auprès de ses parents âgés, il souhaite leur mort rapide. Ensuite, Allah dit : « Parle-leur avec douceur. » C’est-à-dire : parle-leur avec humilité et une sincère compassion. Étends sur eux les ailes de la miséricorde et dis : “Ô mon Seigneur, accorde-leur Ta miséricorde et Ta compassion, comme ils m’ont élevé avec tendresse et affection durant mon enfance.”
Dans la sourate Luqmân, Allah dit : « Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. » Il est remarquable de voir comment Allah le Très-Haut a associé la reconnaissance envers les parents à la reconnaissance envers Lui-même. Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) a dit : « Trois versets ont été révélés en liant trois choses l’une à l’autre. L’une n’est pas acceptée sans l’autre. Dans le premier, Allah le Très-Haut dit : “Obéissez à Allah et obéissez au Messager.” Celui qui obéit à Allah sans obéir au Messager ne verra pas son obéissance à Allah acceptée. Dans le deuxième, Allah dit : “Accomplissez la prière et acquittez la zakât.” Celui qui accomplit la prière sans acquitter la zakât ne verra pas sa prière acceptée. Dans le troisième, Allah dit : “Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents.” Celui qui exprime sa reconnaissance uniquement envers Allah et n’est pas reconnaissant envers ses parents verra sa reconnaissance envers Allah privée de sens et rejetée. » C’est pourquoi le Prophète ﷺ a dit : « La satisfaction d’Allah réside dans la satisfaction des parents, et la colère d’Allah réside dans la colère des parents. » (Al-Jâmi‘ d’at-Tirmidhî.)
Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) raconte : « Un homme vint demander au Prophète ﷺ la permission de partir au jihâd avec lui. Le Prophète ﷺ lui demanda : “Tes parents sont-ils encore en vie ?” Il répondit : “Oui.” Le Prophète ﷺ lui dit : “Alors accomplis ton jihâd en les servant.” » C’est-à-dire que leur service constitue pour toi un jihâd. (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim.)
Il convient de remarquer que le service des parents a été déclaré prioritaire sur le jihad. Dans un autre hadith rapporté par Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, le Messager (saw) dit : « Voulez-vous que je vous informe du plus grand des péchés majeurs ? C’est associer des divinités à Allah et maltraiter ses parents. » Il faut ici observer que le mauvais traitement, la négligence et l’indifférence envers les parents ont été placés sur le même plan que le fait d’associer des divinités à Allah. Dans un autre hadith de Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, le Messager (saw) dit : « Celui qui maltraite ses parents, celui qui rappelle ses aumônes avec reproche et celui qui boit de l’alcool n’entreront pas au Paradis. » Le Messager (saw) dit également : « S’il existait une attitude nuisible moins grave encore que le fait de dire “ouf”, Allah l’aurait aussi interdite. » Que celui qui maltraite ses parents fasse donc ce qu’il veut : il n’entrera jamais au Paradis. Et que celui qui se comporte bien envers eux fasse ce qu’il veut : il n’entrera jamais en Enfer. » (ad-Daylami)
Il a également dit : « Allah a maudit celui qui maltraite ses parents. » Dans un autre hadith rapporté par Ibn Abbas, le Messager (saw) dit : « Allah a maudit celui qui insulte et blâme son père ; et Allah a également maudit celui qui insulte et blâme sa mère. » Dans un autre hadith rapporté par Abou Bakr, le Messager (saw) dit : « Allah retarde le châtiment de tous les péchés aussi longtemps qu’Il le veut, et peut même le retarder jusqu’au Jour de la Résurrection. Le mauvais comportement envers les parents fait exception : Allah en applique immédiatement le châtiment. » Autrement dit, le coupable en subit le châtiment dès cette vie terrestre, avant le Jour de la Résurrection.
Ka‘b al-Ahbar (ra) dit : « Lorsqu’un serviteur maltraite ses parents, Allah abrège sa vie afin d’accélérer son châtiment. Mais lorsqu’un serviteur se comporte bien envers ses parents, Allah prolonge sa vie afin qu’il puisse accomplir davantage de bonnes œuvres et obtenir bonheur, tranquillité et bienfaits. » Le bon comportement envers les parents consiste aussi à leur procurer ce dont ils ressentent le besoin. Un homme vint trouver le Messager (saw) et lui dit : « Ô Messager, mon père veut dilapider mes biens. » Le Messager (saw) répondit : « Toi et tes biens appartenez à ton père. » On demanda à Ka‘b al-Ahbar ce que signifiait maltraiter ses parents. Il répondit : « C’est notamment ne pas accomplir ce que les parents ont juré ou voué pour leur enfant, ne pas obéir lorsqu’ils donnent un ordre, ne pas leur donner ce qu’ils demandent malgré la capacité de le faire, et détourner ce qu’ils ont confié à leur enfant. » (Ibn Majah)
Dans plusieurs recueils de hadiths, notamment celui d’Ibn Majah, il est rapporté d’après Ibn Abbas et d’autres transmetteurs qu’on demanda à Ibn Abbas (ra) ce qu’était al-A‘raf et qui y résiderait. Ibn Abbas répondit qu’al-A‘raf est une montagne située entre le Paradis et l’Enfer. Du haut de cette montagne, on peut voir le Paradis et l’Enfer, et elle a été appelée al-A‘raf parce qu’elle comporte de nombreux arbres fruitiers et des sources. Ceux qui meurent en martyrs après être partis au jihad sans le consentement de leurs parents y séjourneront temporairement. En effet, leur martyre dans le sentier d’Allah leur fermera la voie de l’Enfer, tandis que le mécontentement de leurs parents leur barrera l’accès au Paradis. Après leur y avoir fait séjourner quelque temps, Allah décidera de leur sort.
Un hadith de Sahih al-Bukhari et de Sahih Muslim rapporte qu’un homme vint trouver le Messager (saw) et lui demanda : « Ô Messager d’Allah, qui mérite le plus de recevoir ma bonne conduite ? » Il répondit : « Ta mère. » L’homme demanda : « Et après elle ? » Il répondit : « Ta mère. » L’homme demanda encore : « Et ensuite ? » Le Messager d’Allah (saw) répondit : « Ta mère. » L’homme demanda : « Et ensuite ? » Il répondit : « Ton père. » Puis, successivement, tes proches et les personnes qui te sont les plus intimement liées. » Ainsi, il insista trois fois sur la bienfaisance envers la mère et une fois sur celle envers le père. La seule raison en est que la mère est la plus soucieuse de son enfant et lui témoigne le plus d’affection et de soins. C’est la mère seule qui supporte pour son enfant les épreuves de la grossesse, de l’allaitement, de l’éducation et de la veille nocturne pour le surveiller.
Un jour, Ibn Umar (ra) vit un homme faire le tawaf autour de la Kaaba en portant sa mère sur ses épaules. Celui-ci lui dit : « Ô Ibn Umar, pensez-vous qu’en portant ainsi ma mère pendant le tawaf, j’ai pu m’acquitter d’une partie de ce que je lui dois ? » Ibn Umar répondit : « Jamais. Tu ne pourrais même pas t’acquitter de la dette d’un seul des jours où elle a souffert en te portant dans son ventre. Toutefois, ce que tu as fait est bon. Allah te récompensera abondamment pour ce peu d’action. »
Le Messager (saw) a dit : « Allah a résolu de ne pas laisser quatre catégories de personnes entrer au Paradis ni goûter à Ses bienfaits : celui qui boit de l’alcool, l’usurier, celui qui s’approprie les biens de l’orphelin et celui qui maltraite ses parents. S’ils se repentent, c’est une autre affaire. » (Al-Hakim) Le Messager (saw) a également dit : « Le Paradis se trouve sous les pieds des mères. » (Ibn Majah, an-Nasaï) Un homme vint trouver Abou ad-Darda (ra) et lui dit : « J’ai épousé une femme, mais ma mère me demande de divorcer d’elle. » Abou ad-Darda répondit : « La mère est la porte centrale du Paradis. Tu peux, si tu le veux, la détruire ou la préserver. » (Abou Dawoud, at-Tirmidhi, an-Nasaï, Ibn Majah)
Le Messager (saw) a dit : « Il n’y a aucun doute que les invocations de trois personnes sont exaucées : l’invocation de l’émigré ou du voyageur, celle de l’opprimé et de la personne victime d’injustice, et celle des parents en faveur de leur enfant. » (At-Tirmidhi, Abou Dawoud)
Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a également dit : « La tante maternelle possède le même statut que la mère. » Autrement dit, il est obligatoire de la traiter avec la même bonté que sa mère, de lui témoigner du respect et de lui offrir des présents. Il est rapporté d’après Wahb ibn Munabbih qu’Allah Très-Haut révéla au prophète Moïse (sur lui la paix) : « Ô Moïse, honore tes parents. Car celui qui honore ses parents, Je lui accorde une longue vie et lui donne des enfants qui l’honoreront. Quant à celui qui maltraite ses parents, Je raccourcis sa vie et lui donne des enfants irrespectueux et désobéissants. »
Hazrat Abou Bakr ibn Abou Maryam (qu’Allah l’agrée) a dit : « J’ai lu dans la Torah que celui qui frappe son père est condamné à mort. » Wahb a dit : « J’ai lu dans la Torah que celui qui gifle son propre père doit être tué à coups de pierres. » Hazrat Amr ibn Murrah al-Juhani (qu’Allah l’agrée) a dit : « Un homme vint trouver le Messager (paix et bénédiction sur lui) et lui dit : “Ô Messager, si j’accomplis les cinq prières quotidiennes, jeûne durant le Ramadan, acquitte la zakat et accomplis le pèlerinage, quel bénéfice en tirerai-je ?” Il répondit : “Celui qui accomplit correctement ces œuvres sera avec les prophètes, les véridiques, les martyrs et les serviteurs pieux. Mais s’il maltraite ses parents, il sera privé de cette possibilité.” » (Ahmad, Tabarani, Ibn Hibban, Ibn Khuzayma.) Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a également dit : « Allah a maudit celui qui maltraite ses parents. » Il a également dit : « Durant la nuit du Mi‘raj, j’ai vu des gens suspendus à des colonnes de feu. Je demandai à Jibril : “Qui sont-ils ?” Il répondit : “Ceux qui, dans le monde, réprimandaient leurs parents.” » Il ressort également de diverses traditions que celui qui injurie et réprimande ses parents verra descendre dans sa tombe, depuis la Géhenne, une quantité de braises ardentes aussi considérable que le nombre de gouttes de pluie tombant du ciel. Il est aussi rapporté qu’après avoir été enterré, celui qui maltraite ses parents sera si fortement comprimé par sa tombe que les os de ses côtes seront broyés, et que, le Jour de la Résurrection, ceux qui subiront le châtiment le plus sévère seront les polythéistes, les fornicateurs et ceux qui maltraitent leurs parents.
Hazrat Bishr (qu’Allah l’agrée) a dit : celui qui demeure si près de sa mère qu’il peut entendre sa voix est meilleur que celui qui combat avec une épée dans le sentier d’Allah. Il n’est rien de plus noble que de regarder sa mère avec dévotion.
Un hadith rapporté par l’imam Ahmad et Abou Dawoud relate qu’un homme et une femme se présentèrent devant le Messager (paix et bénédiction sur lui) pour se disputer au sujet de leur enfant. L’homme dit : « Ô Messager, je suis le père de cet enfant. » La femme dit : « Ô Messager ! Il n’a éprouvé aucune peine à porter la semence de cet enfant ; au contraire, il n’a ressenti que du plaisir en le concevant. Quant à moi, j’ai porté l’enfant dans la souffrance, je l’ai mis au monde dans la souffrance et je l’ai allaité pendant deux années. » Après avoir entendu cela, le Messager (paix et bénédiction sur lui) décida que l’enfant resterait auprès de sa mère.
L’imam Tabarani et l’imam Ahmad ont rapporté un récit. À l’époque du Messager (paix et bénédiction sur lui), vivait à Médine un jeune homme nommé Alqama. Il se consacrait avec une grande assiduité au culte d’Allah Très-Haut par la prière, le jeûne et l’aumône. Un jour, il fut atteint d’une grave maladie. Sa femme envoya un message au Messager (paix et bénédiction sur lui) : « Mon mari Alqama est à l’agonie. Ô Messager, j’ai jugé nécessaire de vous informer de son état. » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) envoya aussitôt auprès de lui Hazrat Ammar, Suhayb et Bilal (qu’Allah les agrée), en leur disant : « Allez auprès de lui et faites-lui réciter la profession de foi. » Ils se rendirent auprès de lui et trouvèrent Alqama à l’agonie. Ils essayèrent donc de lui faire réciter « La ilaha illallah », mais il n’arrivait en aucune façon à prononcer la profession de foi. Ils durent finalement informer le Messager (paix et bénédiction sur lui) que la profession de foi ne sortait pas de la bouche d’Alqama. Le Messager demanda à celui qui lui avait apporté cette nouvelle : « L’un des parents d’Alqama est-il encore vivant ? » Il répondit : « Ô Messager, seule sa mère âgée est encore en vie. » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) l’envoya immédiatement auprès de la mère d’Alqama et lui dit : « Va lui dire que si elle peut venir auprès du Messager (paix et bénédiction sur lui), qu’elle vienne ; sinon, qu’elle attende, car il va venir la rencontrer. » Le messager se présenta auprès de la mère d’Alqama et lui rapporta les paroles du Messager (paix et bénédiction sur lui). La mère d’Alqama dit : « Que ma vie soit sacrifiée pour le Messager (paix et bénédiction sur lui) ! C’est moi qui vais plutôt me rendre auprès de lui. » La vieille femme, appuyée sur un bâton, vint auprès du Messager (paix et bénédiction sur lui) et le salua. Après lui avoir rendu son salut, le Messager lui dit : « Ô mère d’Alqama, vous allez me dire la vérité. Si vous mentez, une révélation d’Allah me parviendra. Dites-moi donc, quel était le caractère et le comportement de votre fils Alqama ? » La vieille femme répondit : « Ô Messager d’Allah, il accomplissait abondamment la prière, le jeûne et l’aumône. » Le Messager dit : « Quelle était votre attitude à son égard ? » La vieille femme répondit : « Ô Messager d’Allah, je suis mécontente de lui. » Le Messager demanda : « Pourquoi ? » Elle répondit : « Il préférait sa femme à moi et désobéissait à mes ordres. » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) dit : « C’est en raison du mécontentement de la mère d’Alqama que la langue d’Alqama s’est paralysée et qu’il ne peut prononcer la profession de foi. » Puis le Messager (paix et bénédiction sur lui) dit : « Ô Bilal, va et procure-moi une grande quantité de bois. »
La vieille femme demanda : « Ô Messager d’Allah, que ferez-vous du bois ? » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) répondit : « Je le brûlerai devant vous. » La vieille femme dit : « Ô Messager d’Allah, je ne pourrai pas supporter que vous brûliez mon fils devant moi. » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) dit : « Ô mère d’Alqama, le châtiment d’Allah est plus dur et plus durable que cela. À présent, si vous souhaitez qu’Allah pardonne à votre fils, pardonnez-lui et soyez satisfaite de lui. Sinon, par Celui qui détient mon âme, tant que vous serez mécontente de lui, ni sa prière, ni son jeûne, ni son aumône ne lui seront profitables. » En entendant cela, la mère d’Alqama dit : « Ô Messager d’Allah, je prends Allah, Ses anges et tous les musulmans présents ici à témoins que je suis désormais satisfaite de mon fils Alqama. » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) dit : « Ô Bilal, va maintenant auprès d’Alqama et vois s’il peut prononcer “La ilaha illallah”. Je pense en effet que la mère d’Alqama m’a dit toute la vérité, sans rien me dissimuler par pudeur. » Hazrat Bilal (qu’Allah l’agrée) partit aussitôt. Il entendit Alqama prononcer à haute voix, depuis l’intérieur de la maison : « La ilaha illallah. » Puis Bilal entra dans la maison et dit aux personnes présentes : « Sachez-le : parce que sa mère était mécontente de lui, il n’avait d’abord pas pu prononcer la profession de foi. Lorsqu’elle fut satisfaite de lui, sa langue retrouva la capacité de la prononcer. » Alqama mourut le jour même. Le Messager (paix et bénédiction sur lui) se rendit lui-même sur place, ordonna qu’on lui fasse la toilette funéraire et qu’on l’enveloppe dans son linceul, dirigea la prière funéraire et participa à son inhumation. Puis, debout près de sa tombe, le Messager (paix et bénédiction sur lui) dit : « Ô Ansar et Muhajirun ! Qu’Allah, les anges et tous les hommes maudissent celui qui préfère son épouse à sa mère ! Allah n’acceptera aucune intercession en sa faveur. Il ne pourra être sauvé qu’en se repentant, en se comportant convenablement envers sa mère et en obtenant sa satisfaction. Sachez que la satisfaction d’Allah réside dans la satisfaction de la mère, et que le mécontentement d’Allah réside dans le mécontentement de la mère. »
10. Rompre les liens avec les proches parents
Allah le Très-Haut dit : « Craignez Allah et prenez garde à vos proches parents par le sang. » C’est-à-dire : ne rompez pas les liens de parenté par le sang. (Sourate An-Nisâ)
Allah le Très-Haut dit également : « Rejetez-vous l’appel du Messager et voulez-vous semer la corruption sur terre et rompre vos liens de parenté ? Ce sont ceux qui commettent ces mauvaises actions qu’Allah a maudits et qu’Il a rendus sourds et aveugles. » (Sourate Muhammad) Allah le Très-Haut dit également : « Ceux qui respectent l’engagement pris envers Allah et ne violent pas le pacte, qui maintiennent les liens qu’Allah a ordonné de préserver, qui craignent leur Seigneur et redoutent le mauvais dénouement — ceux-là sont les doués d’intelligence. » (Sourate Ar-Ra‘d)
Allah égare ainsi beaucoup de gens — c’est-à-dire par le Coran — et en guide beaucoup d’autres. Il n’égare que les pervers, ceux qui rompent le pacte conclu avec Allah, qui brisent les liens qu’Allah a ordonné de préserver et qui sèment la corruption sur terre. Ce sont eux qui sont les perdants. »
En vérité, les liens qu’Allah a ordonné de préserver sont les relations les plus importantes. Il est rapporté dans Sahih Al-Bukhari et Sahih Muslim que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui rompt les liens de parenté n’entrera jamais au Paradis. » Cette menace et cet avertissement s’appliquent à celui qui rompt ses liens avec ses proches faibles et pauvres, les abandonne, fait preuve d’orgueil et de vanité à leur égard, et, alors qu’il est riche tandis qu’ils sont pauvres, ne cherche pas à se rapprocher d’eux par la compassion, la générosité et la bienfaisance ; il n’aura pas le droit d’entrer au Paradis. Seul le repentir auprès d’Allah et la bonne conduite envers ces proches peuvent le sauver de cette issue.
On trouve dans At-Tabarani un hadith rapporté par une chaîne fiable, selon lequel le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui, alors qu’il a des proches parents pauvres, ne se montre pas généreux envers eux et donne son aumône à d’autres plutôt qu’à eux, Allah n’acceptera pas son aumône et ne le regardera pas le Jour de la Résurrection. » S’il est lui-même pauvre, il doit toutefois s’efforcer de resserrer les liens en leur rendant visite et en s’enquérant de leur situation. En effet, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Entretenez les liens de parenté, ne serait-ce qu’en saluant vos proches. »
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier préserve ses liens de parenté par le sang. » (Sahih Al-Bukhari, Abou Dawoud, At-Tirmidhi) Dans un autre hadith, le Messager d’Allah dit : celui qui ne fait que rendre la pareille ne s’acquitte pas du devoir d’entretenir les liens. Celui qui entretient véritablement les liens est celui qui les maintient avec celui qui les a rompus.
Dans un hadith qudsi, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) rapporte qu’Allah le Très-Haut a dit : « Je suis le Tout-Miséricordieux. Celui qui préserve ses liens de parenté, Je préserve Mon lien avec lui ; et celui qui les rompt, Je romps également Mon lien avec lui. » Ali (qu’Allah l’agrée) dit à son fils : « Ô mon fils ! Ne prends jamais pour compagnon celui qui rompt les liens de parenté, car j’ai vu dans le Livre d’Allah qu’une telle personne est qualifiée de maudite en trois endroits. » (Abou Dawoud, At-Tirmidhi)
Un jour, alors qu’il rapportait un hadith du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dans une assemblée, Abou Hurayra (qu’Allah l’agrée) dit : « Je répugne à rester assis avec celui qui rompt les liens de parenté, jusqu’à ce qu’il se lève. » En entendant cela, un jeune homme se leva du fond de l’assemblée. Il alla chez sa tante paternelle, avec laquelle il avait rompu les liens depuis de nombreuses années, puis renoua avec elle. Sa tante lui demanda : « Pourquoi es-tu venu ? » Il répondit : « J’étais assis auprès d’Abou Hurayra, le compagnon du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Il a dit : “Je répugne à rester assis avec celui qui rompt les liens de parenté, jusqu’à ce qu’il se lève.” » Sa tante lui dit : « Ô mon neveu, retourne auprès d’Abou Hurayra et demande-lui quelle en est la raison. » Il retourna auprès d’Abou Hurayra, lui rapporta les paroles de sa tante et lui demanda : « Pourquoi celui qui rompt les liens de parenté ne peut-il pas s’asseoir auprès de vous ? » Abou Hurayra répondit : « J’ai entendu le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire que, lorsqu’une personne qui rompt les liens de parenté se trouve parmi un groupe, la miséricorde d’Allah ne descend pas sur eux. » (At-Targhib wa At-Tarhib)
On raconte qu’un jour, un homme fortuné partit accomplir le pèlerinage. Arrivé à La Mecque, il confia mille dinars à un homme connu pour son honnêteté et sa fidélité. À son retour d’Arafat, il constata que cet homme était mort. Il se rendit auprès de la famille du défunt et apprit qu’elle ne savait rien de ces mille dinars. Il alla ensuite demander conseil aux éminents savants de La Mecque. Ils lui dirent : « Va, au milieu de la nuit, près du puits de Zamzam, et appelle-le par son nom. S’il fait partie des habitants du Paradis, il te répondra dès ton premier appel et t’indiquera où se trouve ton argent. » L’homme se rendit au milieu de la nuit près du puits de Zamzam et l’appela à plusieurs reprises. Mais il n’obtint aucune réponse. Il retourna finalement auprès des savants. Ils lui dirent : « Nous craignons que ton ami ne soit devenu un habitant de l’Enfer. Va au Yémen. Il s’y trouve un puits appelé Barhout. Selon la croyance populaire, ce puits est relié à l’Enfer et les âmes des pécheurs y demeurent. Va là-bas au cœur de la nuit et appelle-le par son nom. S’il est destiné à l’Enfer, il te répondra. » L’homme se rendit alors auprès du puits indiqué du Yémen et appela le défunt par son nom. Le défunt lui répondit aussitôt. Il lui demanda : « Où as-tu déposé mes mille dinars ? » Celui-ci répondit : « Ils sont enterrés à tel endroit, dans le sol de ma maison. Comme mon fils n’est pas digne de confiance, je ne les lui ai pas confiés. Va chez moi, creuse la terre et prends tes dinars. » Il lui dit : « Nous te tenions pourtant pour un homme honnête. Mais pour quelle raison te trouves-tu ici ? » Il répondit : « J’avais une sœur pauvre. Je ne prenais jamais de ses nouvelles. C’est pourquoi Allah m’a infligé ce châtiment. »
Remarque : Il est permis de diverger quant à l’acceptabilité littérale des détails de ce récit. L’imam Ibn Qayyim a rejeté, dans son ouvrage « Ar-Rûh », l’idée que les âmes des croyants se trouvent dans le puits de Zamzam et celles des pécheurs dans le puits de Barhout ou de Zabia, car elle est contraire au Coran et aux hadiths. (Note de l’auteur.) Toutefois, l’enseignement fondamental de ce récit est confirmé par le hadith authentique du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) selon lequel « celui qui rompt les liens de parenté n’entrera pas au Paradis ». — Le traducteur
11. La fornication
La gravité de la fornication varie selon les circonstances et la personne concernée.
Allah, exalté soit-Il, dit : « Ne vous approchez pas de la fornication. C’est une turpitude et une voie néfaste. » (Banî Isrâ’îl) « Ceux qui n’invoquent aucune autre divinité avec Allah, ne tuent pas la personne qu’Allah a interdite de tuer, sauf à juste titre, et ne commettent pas de fornication — ceux-là sont les serviteurs bien-aimés d’Allah. Quiconque commet ces actes subira un châtiment. Le châtiment lui sera doublé le Jour de la Résurrection et il y demeurera humilié pour l’éternité, sauf celui qui se repent. » (Sourate Al-Furqân)
« Frappez de cent coups de fouet le fornicateur et la fornicatrice. Que la compassion envers eux ne vous empêche pas d’appliquer la loi d’Allah, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur châtiment. » (Sourate An-Nûr)
Les savants ont dit : telle est la peine terrestre du fornicateur et de la fornicatrice célibataires. Mais s’ils sont mariés, ou s’ils l’ont été au moins une fois au cours de leur vie, ils doivent être mis à mort par lapidation. Cela est établi par les hadiths. Si cette peine capitale ne suffit pas à expier entièrement leur péché et qu’ils meurent tous deux sans se repentir, ils seront châtiés en Enfer au moyen de barres de fer chauffées au feu.
Il était écrit dans le Livre d’Allah, le noble Zabour : « Les fornicateurs seront suspendus nus en Enfer et frappés sur leurs parties génitales avec des tiges ou des bâtons de fer. Lorsqu’ils crieront sous les coups, les anges de l’Enfer leur diront : “Où étaient donc ces cris lorsque, dans le monde, vous vous divertissiez, riiez, ne méditiez pas au sujet d’Allah et n’éprouviez aucune honte devant Lui ?”
Dans un hadith rapporté par al-Boukhari, Muslim, Abou Dawoud et an-Nassaï, d’après Abou Hourayra, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Aucun fornicateur ne commet la fornication alors qu’il est croyant au moment où il la commet. Aucun voleur ne vole alors qu’il est croyant au moment où il vole ; aucun buveur d’alcool ne boit alors qu’il est croyant au moment où il boit ; aucun pillard ne pille alors qu’il est croyant au moment où il pille. » Dans un autre hadith rapporté par Abou Dawoud, at-Tirmidhi et al-Bayhaqi, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Lorsqu’un serviteur commet la fornication, la foi sort de son être, puis elle reste suspendue au-dessus de sa tête comme un nuage. Lorsqu’il se repent, la foi revient alors à lui. »
Dans un autre hadith rapporté par Abou Hourayra, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui commet la fornication ou boit de l’alcool, Allah lui arrache la foi de la même manière qu’un homme retire sa chemise en la faisant passer par-dessus sa tête. » Dans un autre hadith rapporté par Muslim et an-Nassaï, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois personnes, ne les regardera pas, ne les purifiera pas et leur réservera un châtiment douloureux. Ce sont : le fornicateur âgé, le gouverneur menteur et le pauvre arrogant. »
Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) dit : J’ai demandé : « Ô Messager d’Allah, quel est le plus grand péché auprès d’Allah ? » Il répondit : « C’est de donner un égal à Allah, alors qu’Il est le Créateur de toute créature. » Je dis : « C’est assurément un péché immense. Et ensuite ? » Il répondit : « C’est de tuer ton enfant par crainte qu’il ne mange avec toi. » Je demandai : « Et ensuite, lequel ? » Il répondit : « C’est de commettre la fornication avec l’épouse de ton voisin. » (Sahih al-Boukhari et Sahih Muslim)
Il convient ici de remarquer comment la fornication avec l’épouse du voisin a été placée au même rang que l’association à Allah et le meurtre injuste d’une personne dont la vie est sacrée.
Dans le hadith relatant le rêve du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui), rapporté par Samoura ibn Joundoub (qu’Allah l’agrée) dans Sahih al-Boukhari, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit : « Jibril et Mikaël (paix sur eux) vinrent à moi et je partis avec eux. En chemin, nous arrivâmes auprès d’un immense four, dont la partie supérieure était étroite et la partie inférieure large. On y entendait de grands cris et un grand tumulte. Nous vîmes à l’intérieur du four des hommes et des femmes nus. De temps à autre, une flamme montait sous eux et, sous l’effet de sa chaleur intense, ils poussaient de grands cris. Je demandai : “Ô Jibril, qui sont ces gens ?” Il répondit : “Ce sont les hommes et les femmes fornicateurs.” » (Sahih al-Boukhari)
« Il y aura sept portes de l’Enfer. » À propos de l’exégèse de ce verset de la sourate al-Hijr du Noble Coran, ‘Ata (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : « Parmi ces sept portes, la plus ardente, la plus remplie de tristesse et de désolation, et la plus nauséabonde sera celle de ceux qui se livrent volontairement à la fornication. »
Makhoul ad-Dimachqi dit : Une odeur infecte parviendra aux narines des habitants de l’Enfer. Ils diront : “Nous n’avons jamais rencontré auparavant une odeur aussi épouvantable.” On leur dira alors que cette odeur provient des organes génitaux des fornicateurs. Le célèbre imam de l’exégèse, Ibn Zayd, dit : L’odeur des organes génitaux des fornicateurs causera une souffrance supplémentaire aux habitants de l’Enfer. L’un des dix premiers versets qu’Allah révéla à Moïse (paix sur lui) disait : “Ne vole pas et ne commets pas la fornication. Si tu le fais, Je voilerai de toi Ma Face.” Si une telle parole fut adressée au prophète d’Allah, Moïse (paix sur lui), il est facile d’imaginer ce qui peut être dit aux autres.
Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : Lorsqu’Iblis déploya ses troupes à travers la terre, il leur dit : « Celui d’entre vous qui égarera le plus un musulman, je placerai une couronne sur sa tête et lui accorderai le rang le plus élevé. » À la fin de la journée, ils vinrent l’un après l’autre auprès d’Iblis et lui racontèrent leurs exploits. L’un dit : « J’ai continuellement insufflé de mauvaises suggestions à un tel jusqu’à l’inciter à répudier son épouse, et il l’a répudiée. » Iblis répondit : « Tu n’as rien accompli de remarquable. Il épousera une autre femme. » Puis un autre vint et dit : « J’ai continuellement insufflé de mauvaises suggestions à un tel jusqu’à susciter l’hostilité entre lui et son frère. » Iblis répondit : « Tu n’as rien accompli de remarquable. Ils se réconcilieront bientôt. » Puis un autre vint et dit : « Je n’ai cessé d’inciter un tel jusqu’à lui faire commettre la fornication. » En entendant cela, Iblis le félicita et dit : « Voilà une véritable réussite ! » Puis il le fit approcher et plaça une couronne sur sa tête. Qu’Allah nous protège de l’emprise de Satan et de ses suppôts !
D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « La foi est un excellent vêtement qu’Allah revêt à qui Il veut. Mais lorsqu’un serviteur commet la fornication, Il lui retire le vêtement de la foi. Puis, s’il se repent, Il le lui rend. » (Al-Bayhaqî, At-Tirmidhî, Abû Dâwûd et Al-Hâkim)
Dans un autre hadith, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Ô musulmans ! Abstenez-vous de la fornication, car elle entraîne six châtiments : trois dans ce monde et trois dans l’au-delà. Les trois châtiments d’ici-bas sont les suivants : l’éclat de son visage disparaît, sa vie est raccourcie et sa pauvreté devient perpétuelle. Quant aux trois châtiments de l’au-delà, il subira le mécontentement d’Allah, un jugement rigoureux et le châtiment de l’Enfer. » (Al-Bayhaqî) Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Celui qui meurt en persistant à boire du vin, Allah lui fera boire l’eau d’une source appelée Ghouta. Ghouta est une source de pus et de liquides impurs qui s’écoulent des parties intimes des femmes adultères et qui coulera en Enfer. » (Ahmad)
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Après le fait d’associer quelqu’un à Allah, il n’existe pas de péché plus grave que d’avoir des rapports avec une femme interdite. » (Ahmad, At-Tabarânî)
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « En Enfer se trouve un lac où vivent un grand nombre de serpents. Chaque serpent est aussi épais que le cou d’un chameau. Ces serpents mordront celui qui délaisse la prière. Une seule morsure fera rester le poison dans son corps pendant soixante-dix ans. Ensuite, sa chair tombera. Il y a également en Enfer un autre lac appelé le “lac de la tristesse”. De nombreux serpents et scorpions y vivent. Chaque scorpion est grand comme un mulet et possède soixante-dix aiguillons, chacun rempli de venin. Ces scorpions mordront le fornicateur et déverseront tout leur venin dans son corps. Il souffrira alors de la douleur du poison pendant mille ans. Ensuite, sa chair se détachera et du pus ainsi que des liquides impurs s’écouleront de ses organes génitaux. »
Il est rapporté dans un autre hadith que celui qui commet la fornication avec une femme mariée, ainsi que cette femme, subiront dans la tombe la moitié du châtiment de toute la communauté musulmane. Le Jour de la Résurrection, Allah Très-Haut chargera son mari de juger ses bonnes œuvres et lui demandera s’il savait ce que sa femme avait commis. S’il le savait et n’avait pris aucune mesure pour empêcher cette mauvaise action, Allah lui interdira le Paradis. En effet, Allah Très-Haut a fait afficher sur la porte du Paradis cette annonce : “Le Paradis est interdit au dayyûth.” Le dayyûth est celui dont la famille se livre à des actes obscènes, tandis que, bien qu’il le sache, il garde le silence et ne prend aucune mesure pour y mettre fin.
Il est également rapporté dans le hadith que celui qui touche une femme interdite avec une mauvaise intention viendra, le Jour de la Résurrection, les mains attachées à son cou. S’il l’a embrassée, ses deux lèvres seront coupées avec des ciseaux de feu. Et s’il a commis la fornication avec elle, ses deux cuisses témoigneront : “Je l’ai chevauchée pour un acte illicite.” Allah Très-Haut lui lancera alors un regard courroucé. Il en éprouvera de l’humiliation et dira obstinément : “Je ne l’ai pas fait.” Sa langue témoignera alors contre lui. Elle dira : “J’ai parlé de choses illicites.” Ses mains témoigneront : “J’ai touché des choses illicites.” Puis ses yeux diront : “Je regardais des choses illicites.” Ses deux pieds diront : “Je me dirigeais vers des choses illicites.” Ses parties intimes diront : “J’ai commis la fornication.” L’ange gardien dira : “J’ai entendu.” L’autre ange dira : “Et moi, j’ai écrit.” Allah Très-Haut dira : “Je savais et Je l’ai dissimulé.” Puis Allah Très-Haut dira : “Ô anges ! Saisissez-le et faites-lui subir Mon châtiment, car Ma colère s’accroît contre celui dont la pudeur diminue.”
La véracité du hadith précité est démontrée par le verset suivant : « Le jour où leur langue, leurs mains et leurs pieds témoigneront contre eux de ce qu’ils faisaient dans la vie d’ici-bas. » (Sourate An-Nûr)
La forme de fornication la plus abominable consiste à avoir des rapports avec des femmes mahram, c’est-à-dire des femmes auxquelles le mariage est définitivement interdit. Il s’agit notamment de la mère, de la tante maternelle, de la sœur, de la fille, etc. Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui commet la fornication avec une femme mahram, tuez-le. »
Il est rapporté d’après Al-Barâ’ (qu’Allah l’agrée) que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) envoya l’oncle maternel d’Al-Barâ en lui donnant l’ordre de tuer tel homme et de rapporter tous ses biens après les avoir confisqués, car il avait épousé sa belle-mère. » (Al-Hâkim)
Que le Très-Haut Allah nous protège de ce péché majeur abominable. Et qu’Il accorde à ceux qui s’y adonnent la grâce de se repentir et leur pardonne.
Les dispositions de la charia pour prévenir la fornication
Allah a interdit la fornication afin de préserver la société humaine des mélanges de lignées et de la maintenir fondée sur une base généalogique saine et pure. Pour prévenir la fornication, la charia islamique a établi un ensemble détaillé de prescriptions appelé le voile islamique. Selon ces prescriptions, il est interdit aux femmes de sortir de chez elles découvertes dans le but d’exhiber leur beauté, d’étudier et de travailler avec des hommes sans respecter les règles du voile, à deux hommes et femmes adultes qui ne sont pas mari et femme de rester seuls ensemble dans un lieu isolé, aux femmes de faire entendre leur voix à des hommes étrangers sans nécessité, ainsi que les chants obscènes, la musique, les écrits obscènes, les pièces de théâtre, les films, etc. Il a notamment été ordonné aux hommes comme aux femmes de détourner leur regard les uns des autres. Dans la sourate An-Nûr, Allah le Très-Haut dit : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de préserver leurs parties intimes… Et dis aux croyantes de baisser leurs regards et de préserver leurs parties intimes. »
Il est rapporté dans un hadith : « Celui qui regarde une femme étrangère verra du plomb fondu versé dans ses yeux au Jour de la Résurrection. » Un autre hadith dit : « Le zina des yeux consiste à regarder, celui de la langue à tenir des propos obscènes, celui des mains à toucher quelqu’un illicitement, celui des pieds à marcher dans le but de commettre la fornication, celui des oreilles à écouter de mauvaises paroles, et celui du cœur à imaginer et désirer le zina. Ensuite, les parties intimes le concrétisent ou le laissent inabouti. » (Sahih al-Boukhari, Muslim, Abou Dâwoud et an-Nasaï)
Il est également rapporté dans un hadith que le regard est une flèche empoisonnée d’Iblis. Celui qui le maîtrise, Allah fera goûter à son cœur la véritable saveur de l’adoration, dont il jouira jusqu’au Jour de la Résurrection.
En somme, toutes les choses qui incitent à la fornication sont elles aussi, comme la fornication, de grands péchés. (Le traducteur)
12. L’homosexualité et les perversions sexuelles
Allah le Très-Haut a relaté en plusieurs endroits du Noble Coran l’histoire du peuple du prophète Lot (paix sur lui). Ainsi, dans la sourate Hûd, Il dit :
« Lorsque vint Notre ordre, Nous renversâmes leur cité, de sorte que sa partie supérieure devint sa partie inférieure, et Nous fîmes pleuvoir sur elle, sans interruption, des pierres d’argile durcie (qui, brûlées par le feu, étaient devenues comme des briques). Les pierres étaient marquées. (C’est-à-dire qu’elles portaient des signes permettant de reconnaître, au premier regard, qu’elles n’étaient pas des pierres terrestres.) Elles se trouvaient auprès de ton Seigneur. (C’est-à-dire dans Son trésor, dont rien ne peut être utilisé sans la permission d’Allah.) En vérité, ce châtiment n’est pas loin des injustes. (C’est-à-dire que si les membres de cette communauté commettent des actes aussi abominables, ils subiront eux aussi le triste sort qui fut le leur.) Ibn Mâjah et at-Tirmidhi rapportent que le Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit : “Ce que je crains le plus pour vous, c’est l’acte abominable du peuple de Lot.” Puis il maudit à trois reprises ceux qui commettent cet acte en disant : “Qu’Allah maudisse celui qui accomplit l’acte du peuple de Lot !” Dans un hadith rapporté par Abou Dâwoud, at-Tirmidhi et Ibn Mâjah, le Messager (paix et bénédictions sur lui) dit : “Tuez les deux personnes que vous trouvez en train de commettre l’acte du peuple de Lot.” Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) dit : “Il faut les jeter du toit de la maison la plus élevée de la localité et, au moment même où ils sont jetés, leur lancer des pierres, comme cela fut fait au peuple de Lot.” Les musulmans sont unanimes sur ce point : l’homosexualité est un acte interdit et un grand péché. »
Allah dit : « Vous ne vous approchez que des hommes parmi les habitants de la terre et délaissez les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? En vérité, vous êtes des transgresseurs — c’est-à-dire que vous franchissez les limites du licite pour entrer dans celles de l’illicite. » (Sourate Ach-Chu‘arâ)
Allah تعالى dit également, au sujet de Son prophète Lot (عليه السلام) : « Et Nous le sauvâmes de la cité qui se livrait à des actes obscènes. Ses habitants étaient des pervers criminels. » (Sourate Al-Anbiyâ)
Le nom de cette cité était Sodome. Le Coran décrit les actes obscènes auxquels se livraient ses habitants. Ils pratiquaient la sodomie entre hommes et se livraient à diverses transgressions dans les lieux de rassemblement publics.
Il est rapporté d’Ibn Abbas (رضي الله عنه) qu’il qualifia les actes suivants de pratiques du peuple de Lot : les femmes portant les cheveux courts comme les hommes et les hommes les portant longs comme les femmes, laisser les boutons de sa chemise ouverts, tirer au fusil, lancer des pierres, jouer avec des pigeons voyageurs, siffler en mettant un doigt dans la bouche, se percer les chevilles, laisser pendre les vêtements au-dessous des chevilles, laisser intentionnellement découverte la partie inférieure du vêtement, boire de l’alcool, pratiquer la sodomie entre hommes et entre femmes. (Il convient de préciser qu’en qualifiant ces actes de pratiques du peuple de Lot, Ibn Abbas voulait dire que ce peuple en fut le premier initiateur. À l’exception du tir au fusil, tous ces actes sont unanimement considérés comme illicites ou indécents. Même le tir au fusil n’est autorisé qu’aux forces de l’ordre dans l’exercice régulier de leurs fonctions et en cas de nécessité particulière d’autodéfense. — Le traducteur)
Dans un hadith cité par At-Tabarani, le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Les relations sexuelles entre femmes relèvent de la fornication. » Dans un hadith rapporté par At-Tabarani et Al-Bayhaqi, le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Quatre personnes sont matin et soir sous le coup de la colère et de la fureur d’Allah : l’homme qui adopte une tenue ressemblant à celle des femmes, la femme qui adopte une tenue ressemblant à celle des hommes, celui qui a des rapports sexuels avec des animaux et l’homosexuel. » Il est rapporté dans un autre hadith que : « Lorsqu’un homme a des rapports avec un autre homme, le Trône d’Allah se met à trembler par crainte de la colère d’Allah, et le ciel est sur le point de s’effondrer sur la terre. Les anges retiennent le ciel à ses extrémités et récitent la sourate Al-Ikhlas jusqu’à ce que la colère d’Allah soit apaisée. »
Le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Allah maudit sept catégories de personnes, ne les regardera pas le Jour de la Résurrection et leur ordonnera d’entrer en Enfer : les homosexuels, ceux qui ont des rapports sexuels avec des animaux, celui qui épouse simultanément une femme et sa fille, et celui qui se masturbe. Toutefois, s’ils se repentent, ils peuvent tous être pardonnés. »
Il est également rapporté qu’au Jour de la Résurrection, une catégorie de gens sera ressuscitée avec les mains enceintes à cause de la fornication. Dans la vie terrestre, ils se masturbaient. » Dans un autre hadith, il est dit que les jeux tels que les échecs et les dés, les combats de pigeons, de chiens, de béliers et de coqs, l’entrée aux bains sans vêtement, ainsi que la fraude dans les mesures, sont des pratiques du peuple de Lot. Ceux qui commettent ces actes subiront assurément un châtiment sévère. » Il est rapporté d’Ibn Abbas que l’homosexuel qui meurt sans se repentir prendra la forme d’un porc dans sa tombe.
Il est rapporté dans At-Tirmidhi, An-Nasa’i et par Ibn Abbas que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Allah ne regardera pas celui qui a des rapports anaux avec un homme ou une femme. » Regarder une femme ou un jeune homme d’une grande beauté avec désir relève également de la fornication. En effet, un hadith a déjà été rapporté à ce sujet : le mauvais regard est la fornication des yeux. Un poète arabe a dit : « Le commencement de tous les événements est le regard, de même que de grandes incendies naissent d’une petite étincelle. »
Il est rapporté que, sur l’ordre d’Abou Bakr, Khalid ibn Al-Walid fit brûler vif un homosexuel invétéré.
Il est également rapporté qu’un jour, une délégation de la tribu d’Abdoul-Qays vint auprès du Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم). Parmi eux se trouvait un jeune homme imberbe. Le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) fit asseoir le jeune homme derrière lui et dit : « C’est à cause du regard que le prophète David (عليه السلام) connut un malheur. »
Un jour, un jeune garçon vint auprès de Ḥazrat Sufyān al-Thawrī. Celui-ci s’écria : « Éloignez-le de moi ! Car je vois un démon auprès de chaque femme, tandis qu’auprès des jeunes garçons j’en vois plus de dix. »
Un jour, alors que Ḥazrat Jésus (sur lui la paix) se rendait quelque part, il vit en chemin un homme consumé par le feu. En voyant cela, il apporta de l’eau et éteignit le feu ; alors le feu se transforma en un jeune garçon, tandis que l’homme se transforma en feu. Ḥazrat Jésus (sur lui la paix) invoqua Dieu : « Ô Allah ! Rends-leur à tous deux leur état originel, car je vais leur poser quelques questions. » Lorsque Dieu les ressuscita, on vit que l’un était un homme âgé et l’autre un jeune garçon. Ḥazrat Jésus (sur lui la paix) demanda : « Que vous était-il arrivé ? » L’homme répondit : « Ô Esprit de Dieu ! Je suis tombé amoureux de ce jeune garçon et j’ai commis avec lui cet acte abominable. Après notre mort à tous deux, Dieu nous châtie ainsi : pendant un certain temps, je deviens feu et je brûle le garçon ; puis, quelque temps après, le garçon devient feu et me brûle. Cela continuera ainsi jusqu’au Jour de la Résurrection. »
Il convient de préciser que la pénétration anale avec sa propre épouse, ou les rapports sexuels avec elle pendant ses menstrues, relèvent également de la fornication interdite. En effet, le Messager (sur lui la bénédiction et la paix) a dit : « Celui qui a des rapports avec son épouse pendant ses menstrues ou qui a avec elle une pénétration anale est maudit. »
Qu’Allah protège tous les musulmans de ce péché majeur.
13. Les transactions fondées sur l’usure
Le Très-Haut dit : « Ô vous qui croyez ! Ne consommez pas l’usure à taux multiplié. Craignez Allah, afin que vous réussissiez. » (Sourate Āl ʿImrān) Allah, exalté soit-Il, dit également : « Ceux qui consomment l’usure ne se lèveront que comme se lève celui que le contact de Satan a rendu fou. » (C’est-à-dire qu’au Jour de la Résurrection, lorsqu’ils sortiront de leurs tombes, ils se lèveront comme des hommes rendus fous par le contact de Satan.) « Cela, parce qu’ils disent : “Le commerce est semblable à l’usure.” Or Allah a permis le commerce et interdit l’usure. » (Sourate al-Baqara)
Autrement dit, ils ont considéré comme licite ce qu’Allah avait déclaré illicite. Puis, au Jour de la Résurrection, lorsque Allah ressuscitera l’humanité, tous sortiront de leurs tombes et se mettront à courir à toute vitesse. Mais les usuriers en seront incapables. Ils se lèveront et retomberont tour à tour, comme des hommes ivres. Chaque fois qu’ils se lèveront, ils retomberont aussitôt. En effet, ils avaient consommé dans ce monde l’usure interdite. Et Allah avait fait croître considérablement dans leur ventre cette nourriture illicite. Ainsi, au Jour de la Résurrection, Il les rendra si lourds que chaque fois qu’ils tenteront de se lever, ils retomberont. Ils voudront courir avec les autres, mais ils n’en seront pas capables.
L’imam Qatāda (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « L’usurier sera ressuscité, au Jour de la Résurrection, dans un état de folie. Cet état de folie sera connu de tous sur le lieu de la Résurrection comme le signe de l’usure. »
L’imam al-Bayhaqī, Ibn Jarīr et Ibn Abī Ḥātim rapportent de Ḥazrat Abū Saʿīd al-Khudrī que le Messager (sur lui la bénédiction et la paix) a dit : « La nuit de l’Ascension, lorsque je fus emmené, je passai auprès d’un groupe de gens dont le ventre était immense, comme une maison pour chacun d’eux. Avec de tels ventres, ils ne pouvaient pas se déplacer correctement et, en marchant, ils quittaient leur chemin. De temps à autre, ces gens apparaissaient sur la route par laquelle Pharaon et ses troupes sont conduits matin et soir vers l’Enfer, et ils avançaient comme des chameaux égarés, stupides et sourds. Lorsque ces hommes aux énormes ventres s’apercevaient que Pharaon et ses troupes arrivaient, ils voulaient s’enfuir précipitamment. Mais, ne pouvant bouger avec leur ventre, ils ne pouvaient pas quitter la route. Pharaon et ses troupes fondaient alors sur eux, les repoussaient et les faisaient avancer tantôt vers l’arrière, tantôt vers l’avant. Ils subiront ce châtiment de cette manière jusqu’à l’avènement de l’Heure. » Le Messager (sur lui la bénédiction et la paix) dit : « Je demandai : “Ô Jibrīl, qui sont-ils ?” Il répondit : “Ce sont les usuriers, qui se déplacent comme ceux que le contact de Satan a rendus fous.” »
Dans un hadith rapporté par l’imam Aḥmad, le Messager (sur lui la bénédiction et la paix) dit : « La nuit de l’Ascension, j’entendis au-dessus de ma tête, dans le septième ciel, un grondement et un fracas terribles. En levant les yeux, je vis des gens dont le ventre ressortait devant eux. Leurs ventres étaient grands, chacun semblable à une maison. Dans ces ventres se trouvaient des milliers de serpents et de scorpions. On pouvait les voir de l’extérieur de leur ventre. Je demandai : “Qui sont-ils ?” Jibrīl répondit : “Ce sont les usuriers.” »
Dans un hadith rapporté d’Ibn Abbas par Abû Ya‘lâ et al-Hâkim, le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) dit : « Lorsqu’un peuple s’adonne à la fornication et à l’usure, Allah leur permet de se détruire. » Abû Dâwûd rapporte que lorsqu’un peuple devient avare, pratique le commerce fondé sur l’usure, organise des courses de taureaux et abandonne le jihâd dans la voie d’Allah, Allah fait descendre sur lui un fléau dont il ne sera délivré qu’après être revenu sur le chemin de la religion. Ibn Mâjah, al-Bazzâr, al-Bayhaqî et al-Hâkim rapportent que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Lorsque l’usure se répand dans une société, le nombre de fous y augmente ; lorsque la fornication s’y répand, le nombre des décès augmente ; et lorsque la pratique de diminuer les mesures s’y instaure, Allah y retiendra la pluie. Cela est inéluctable. »
Il est rapporté dans un long hadith authentique d’al-Bukhârî que l’usurier, depuis sa mort jusqu’au Jour de la Résurrection, subira le châtiment en nageant dans une rivière rouge remplie de sang, et qu’on lui fera avaler des pierres. Cette rivière représente les biens illicites qu’il a acquis dans ce monde et dans lesquels il sera contraint de se débattre. Quant aux pierres de feu qu’on lui fera avaler, elles constituent le châtiment pour avoir consommé une nourriture illicite. Il sera soumis à ce châtiment jusqu’au Jour de la Résurrection, tandis que la malédiction continuera de s’abattre sur lui. Dans un autre hadith authentique, le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) dit : « Allah s’est chargé de ne pas laisser entrer au Paradis et de ne pas faire jouir de ses bienfaits quatre catégories de personnes : le buveur d’alcool, l’usurier, celui qui dévore les biens de l’orphelin et celui qui néglige ses devoirs envers ses parents, tant qu’ils ne se repentent pas. »
Il est également rapporté dans les hadiths qu’un groupe de Juifs, bien que la pêche fût interdite le samedi, creusait par ruse de grandes fosses au bord de la mer ; le samedi, les poissons y tombaient, puis ils venaient les prendre le dimanche. De même qu’Allah les transforma en singes et en porcs pour les punir de cette ruse, Allah ressuscitera le Jour de la Résurrection sous la forme de singes et de porcs ceux qui, ne pouvant pratiquer l’usure ouvertement, la pratiquent par diverses excuses et tromperies. En effet, aucune de leurs ruses ni de leurs tromperies ne reste cachée à Allah. L’éminent tâbi‘î Ayyûb al-Sakhtiyânî a dit : « De même qu’on trompe un enfant, les usuriers cherchent à tromper Allah. S’ils avaient pratiqué l’usure ouvertement au lieu d’agir ainsi, leur châtiment aurait peut-être été moins sévère. »
At-Tabarânî, Ibn Mâjah et al-Bayhaqî rapportent que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « L’usure comporte soixante-dix péchés. Le moindre d’entre eux équivaut au péché d’épouser sa propre mère. Et la forme d’usure la plus abominable consiste à porter atteinte à l’honneur d’un musulman ou à s’emparer de force de ses biens pour recouvrer une créance usuraire. »
Al-Bayhaqî rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Si un usurier perçoit ne serait-ce qu’un dirham d’usure, son péché équivaut à celui de trente-six fornications. »
Ibn Mâjah et al-Bayhaqî rapportent que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « L’usure comporte soixante-dix péchés. Le moindre d’entre eux équivaut à la fornication avec sa propre mère. » Dans un hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim, le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a qualifié sept péchés de « péchés ruineux » et a ordonné de s’en préserver. La consommation d’usure figure parmi ces sept péchés.
Le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a également dit : « Allah a maudit l’usurier, celui qui lui verse l’usure, les témoins de l’usure et celui qui la rédige. » (Sahîh Muslim et Sunan at-Tirmidhî) Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) a dit : « Si quelqu’un te doit une somme et t’envoie un cadeau, ne l’accepte pas, car c’est de l’usure. » Al-Hasan al-Basrî a dit : « Si tu manges quoi que ce soit venant d’une personne qui te doit de l’argent, c’est de l’usure. »
Le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Tout prêt qui procure un bénéfice est de l’usure. » Il est rapporté dans Sunan Abî Dâwûd que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Celui qui intercède en faveur de quelqu’un, puis reçoit de cette personne un cadeau et l’accepte, s’est engagé dans une forme grave d’usure. »
14. S’approprier les biens des orphelins (garçons et filles mineurs privés de leur père) et les opprimer
Allah Tout-Puissant a dit : « Certes, ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins ne font qu’introduire du feu dans leurs ventres. Ils brûleront bientôt dans l’Enfer. » Allah Tout-Puissant a également dit : « Ne vous approchez pas des biens de l’orphelin, si ce n’est de la meilleure manière, jusqu’à ce qu’il atteigne sa maturité. »
Il est rapporté dans le Sahih Muslim, d’après Abou Sa‘îd al-Khoudrî (qu’Allah l’agrée), que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « La nuit du Mi‘râdj, j’ai vu des gens confiés à la garde d’autres personnes. Ceux qui étaient chargés d’eux leur ouvraient les mâchoires et les forçaient à ouvrir la bouche, tandis que d’autres apportaient de l’Enfer des morceaux de pierre brûlants et les leur faisaient entrer dans la gorge. Aussitôt, les pierres ressortaient par leur anus. Je demandai : “Ô Jibrîl, qui sont-ils ?” Il répondit : “Ce sont ceux qui s’approprient les biens des orphelins. Ils ne mangent en réalité que du feu.” »
Abou Hourayra rapporte que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah Tout-Puissant fera sortir certaines personnes de leurs tombes dans un état tel que du feu sortira de leur ventre et que des flammes jailliront de leur bouche. On demanda : “Ô Messager d’Allah, qui sont-ils ?” Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) répondit : “N’as-tu pas lu cette parole d’Allah Tout-Puissant : Ceux qui s’approprient injustement les biens des orphelins ne consomment rien d’autre que du feu dans leurs ventres ?” »
L’imam Suddî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : lorsque celui qui s’est injustement approprié les biens d’un orphelin sera rassemblé sur le lieu de la Résurrection, du feu sortira de sa bouche, de son nez, de ses oreilles et de ses yeux. Quiconque le verra le reconnaîtra comme celui qui a dévoré les biens d’un orphelin.
Des savants expérimentés ont dit : si le tuteur d’un orphelin est pauvre, il peut prélever, pour veiller aux intérêts de l’orphelin, faire fructifier ses biens et les employer à des activités productives, ce qui lui est nécessaire et ce dont la prise est admise et considérée comme équitable dans la société de son époque. S’il prend davantage, cela devient illicite et haram. Allah Tout-Puissant dit au sujet du tuteur de l’orphelin :
« Que celui qui est riche s’abstienne, et que celui qui est pauvre en consomme selon ce qui est convenable. » Plusieurs avis ont été rapportés sur ce qu’est cette part convenable. Selon le premier avis, elle doit être considérée comme un prêt. Selon le deuxième, il peut en consommer la quantité nécessaire à sa subsistance, sans aucun gaspillage ni prodigalité. Selon le troisième, le tuteur ne peut recevoir une rémunération que lorsqu’il accomplit un travail pour l’orphelin, et seulement dans une proportion correspondant à ce travail. Selon le quatrième, il ne peut en prendre que lorsqu’il éprouve un besoin pressant ; s’il est aisé, il ne doit rien prendre, mais s’il ne l’est pas, il peut en prendre. Ces quatre avis ont été rapportés par l’érudit Ibn al-Jawzî dans son exégèse.
Il est rapporté dans le Sahih al-Boukhari que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Moi et celui qui prend en charge un orphelin serons ainsi au Paradis. » En disant cela, il joignit deux doigts de sa main. Dans le Sahih Muslim, il est rapporté que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui prend en charge un orphelin, qu’il soit de sa famille ou non, et moi, nous serons au Paradis comme ces deux doigts. » En disant cela, il montra deux doigts. Prendre en charge un orphelin signifie assumer ses responsabilités, pourvoir à sa nourriture, à ses vêtements et à ses autres besoins au moyen de ses biens s’il en possède, et veiller à ce que ces biens continuent de croître. S’il ne possède aucun bien, il faut subvenir à ses besoins avec ses propres biens, dans le but d’obtenir l’agrément d’Allah. Les termes « de sa famille ou non » employés dans le hadith signifient que l’orphelin peut être un parent ou un inconnu. Par exemple, si le tuteur est son grand-père, son frère, sa mère, son oncle paternel, le mari de sa mère, son oncle maternel ou un autre membre de sa famille, l’orphelin lui est apparenté ; sinon, il ne l’est pas.
Il est rapporté dans le Tirmidhi Sharif que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui prend en charge un enfant musulman orphelin et l’intègre à sa propre subsistance, puis le garde ainsi jusqu’à ce qu’Allah le rende aisé et autonome, Allah lui garantira le Paradis. Toutefois, s’il commet un péché impardonnable, son cas est différent. » Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui caresse la tête d’un orphelin dont nul autre qu’Allah ne prend soin obtiendra une récompense pour chaque cheveu touché par sa main. Et celui qui traite bien un orphelin sera au Paradis avec moi, ainsi. »
Un homme dit à ʿAbû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) : « Donne-moi un conseil. » Il répondit : « Sois compatissant envers l’orphelin, rapproche-le de toi et nourris-le de ta propre nourriture. » Un homme avait en effet informé le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) que son cœur était très dur. Le Messager lui dit alors : « Si tu veux que ton cœur s’adoucisse, rapproche de toi l’orphelin, caresse sa tête et nourris-le de ta propre nourriture. En faisant cela, ton cœur s’adoucira et tous tes besoins seront satisfaits. »
Un grand homme des premières générations de l’islam raconte : « Au début de ma jeunesse, je me livrais à la consommation d’alcool et à toutes sortes de péchés. Un jour, à cette époque, je vis au bord du chemin un garçon orphelin. Je l’emmenai chez moi, le traitai avec affection et attention comme mon propre fils, le lavai, lui fis porter de beaux vêtements et le nourris. »
Cette nuit-là, je m’endormis et rêvai que la Résurrection avait commencé et que j’étais appelé pour rendre des comptes. Après le jugement, l’ordre fut donné de me jeter en Enfer en punition de mes péchés. Alors que les anges de l’Enfer commençaient à me traîner, dans l’humiliation et l’impuissance les plus extrêmes, pour m’y précipiter, je vis soudain le même garçon orphelin s’avancer et barrer notre chemin. Il dit : « Ô anges ! Laissez-le. Je vais intercéder pour lui auprès de mon Seigneur, car il m’a fait beaucoup de bien. » Les anges répondirent : « Nous n’avons reçu aucun ordre à ce sujet. » À cet instant, une voix invisible retentit soudain. Le Très-Haut, Allah, Seigneur des mondes, disait : « Ô anges ! Laissez-le, car, puisqu’il a bien traité cet orphelin, Je lui ai accordé le droit de faire intercéder cet orphelin en sa faveur. » Il raconte : « À ce moment-là, je me réveillai. Je me repentis de tous les péchés auxquels je continuais alors à m’adonner et dont j’avais pris l’habitude. Dès lors, je consacrai tous mes efforts au service des orphelins. »
C’est pourquoi Anas ibn Malik (qu’Allah l’agrée), le serviteur du Messager, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : « La meilleure des maisons est celle où l’on prend soin d’un orphelin. Et la pire des maisons est celle où l’on opprime un orphelin. Le serviteur qui vient en aide à un orphelin ou à une veuve et les sert est le serviteur le plus aimé d’Allah Très-Haut. »
Il est rapporté qu’Allah Très-Haut révéla au prophète David (que la paix soit sur lui) : « Ô David ! Sois pour l’orphelin comme un père compatissant, et pour la veuve comme un époux affectueux. Sache que tu récolteras la même récolte que la semence que tu auras plantée. Autrement dit, après ta mort, on traitera tes enfants orphelins et ta veuve comme tu auras traité les autres. » David dit dans son invocation : « Ô mon Maître ! Quelle sera la récompense de celui qui, pour obtenir Ton agrément, aide les orphelins et les veuves ? » Allah Très-Haut répondit : « Le Jour de la Résurrection, lorsque nulle ombre ne subsistera en dehors de l’ombre de Mon Trône, Je le placerai sous l’ombre de Mon Trône. »
Une histoire est connue au sujet du mérite de servir les orphelins et les veuves. On raconte qu’un jour, un musulman non arabe émigra avec toute sa famille et arriva à Balkh. Ils vécurent d’abord dans l’aisance et le bonheur. Mais lorsque le mari mourut subitement, sa veuve et ses enfants orphelins tombèrent dans la pauvreté. Afin de sortir de sa misère et d’échapper aux railleries de voisins hostiles, la veuve, bravant un froid glacial, partit avec ses enfants pour une autre ville. Elle laissa ses enfants dans une mosquée abandonnée et sortit chercher de la nourriture pour eux. Elle rencontra alors deux hommes éminents. L’un était un musulman de la région et le maire de la ville. L’autre était un adorateur du feu et le responsable de la sécurité de la ville. Elle exposa d’abord ainsi sa détresse au maire : « Je suis une veuve musulmane. J’ai plusieurs enfants orphelins. Je les ai laissés dans une mosquée abandonnée et je cherche de quoi les nourrir pour cette nuit. » Le maire lui dit : « Prouve d’abord que tu es une femme musulmane chaste et vertueuse. » La femme répondit : « Je suis étrangère. Personne ici ne me connaît. » En entendant cela, le maire l’ignora et s’en alla. La femme le quitta le cœur brisé et se rendit auprès du responsable de la sécurité, adorateur du feu, à qui elle raconta toute son histoire. Elle lui relata également sa rencontre avec le maire musulman. Le responsable de la sécurité lui demanda d’attendre un peu, entra dans sa maison et envoya une femme. Par l’intermédiaire de celle-ci, il fit venir chez lui la visiteuse et ses enfants. Puis il leur fit servir un repas à leur entière satisfaction, leur donna de beaux vêtements et leur offrit un logement honorable pour la nuit.
Vers le milieu de la nuit, le maire musulman rêva que la Résurrection avait commencé et que le Messager lui-même (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se tenait, une bannière à la main, devant un édifice semblable à un palais, construit de pierres d’émeraude vertes. Le maire demanda : « Ô Messager d’Allah ! À qui appartient ce palais ? » Il répondit : « À un dirigeant musulman qui croit en l’unicité d’Allah. » L’homme dit : « Je suis pourtant un dirigeant musulman qui croit en l’unicité d’Allah. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Prouve d’abord que tu es un véritable musulman monothéiste. » En entendant cela, il resta stupéfait. Le Messager reprit : « La nuit, lorsqu’une femme s’est présentée comme musulmane et a demandé de l’aide, tu lui as dit de prouver d’abord qu’elle était musulmane. De même, tu dois maintenant prouver que tu es musulman. »
Après avoir vu ce rêve et s’être réveillé, le maire devint agité et envoya des gens dans toutes les directions à la recherche de cette femme. Il finit par apprendre qu’elle se trouvait chez le responsable de la sécurité, adorateur du feu. Il s’y rendit et lui dit : « Envoie-moi la musulmane qui a trouvé refuge chez toi avec ses enfants. » L’homme répondit : « Je lui ai tendu la main et j’ai obtenu grâce à elle d’immenses bienfaits et bénédictions. Je ne peux donc pas la renvoyer. » Le maire dit : « Je te donne mille dinars. Remets-les-moi. » Il répondit : « Non, cela m’est impossible. » Il ajouta : « J’ai vu en rêve qu’un immense palais avait été construit pour moi. C’est pourquoi toute ma famille et moi avons embrassé l’islam auprès de cette musulmane. »
C’est pourquoi il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui s’efforce d’assurer le bien-être des orphelins et des veuves est comparable à celui qui combat dans le sentier d’Allah. » Le rapporteur dit : « Il me semble que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit qu’une telle personne est comparable à celui qui prie et jeûne sans interruption. »
15. Attribuer des mensonges à Allah et à Son Messager
Dans la sourate az-Zumar, Allah le Très-Haut dit : « Le Jour de la Résurrection, tu verras les visages de ceux qui ont attribué des mensonges à Allah noircis. » Hasan al-Basri dit : « Ceux qui attribuent des mensonges à Allah et à Son Messager sont ceux qui disent : “Si nous le voulons, nous ferons telle ou telle chose, et sinon, nous ne la ferons pas. Nous ne serons pas châtiés pour cela.” » L’érudit Ibn al-Jawzi dit dans son exégèse : « Selon l’avis d’un groupe de savants, celui qui calomnie Allah et le Messager d’Allah devient totalement mécréant et sort de l’islam. De même, considérer comme licite ce qu’Allah a interdit et comme interdit ce qu’Il a rendu licite est une pure mécréance. On ne peut pas simplement qualifier cela de grand péché. Par conséquent, attribuer des mensonges à Allah et au Messager doit certainement désigner quelque chose de différent de cette catégorie de calomnie. »
Dans un hadith rapporté par le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Que celui qui attribue délibérément un mensonge à mon sujet se prépare une demeure en Enfer. » Dans un autre hadith du Sahih Muslim, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui rapporte à mon sujet un hadith alors qu’il sait qu’il est mensonger est un menteur. »
Dans un autre hadith du Sahih Muslim, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Attribuer un mensonge à mon sujet n’est pas comparable à attribuer un mensonge au sujet d’autrui. Que celui qui attribue un mensonge à mon sujet se prépare une demeure en Enfer. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Celui qui propage une parole en la présentant comme étant la mienne alors que je ne l’ai pas prononcée, qu’il se prépare une demeure en Enfer. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a encore dit : « Un croyant peut avoir tous les défauts qu’il est possible d’avoir dans son caractère. Mais le mensonge, la trahison, la perfidie et l’appropriation des biens confiés par autrui ne peuvent se trouver en lui. »
16. Fuir du champ de bataille
« Lorsque les forces ennemies ne sont pas plus de deux fois supérieures aux forces musulmanes, fuir leur affrontement est un grand péché. En revanche, si l’on fuit pour des raisons de stratégie militaire, ou dans le but de rejoindre un groupe de moudjahidines ou l’ensemble de leurs forces, ce n’est pas un grand péché. Allah le Très-Haut dit : « Celui qui leur tourne le dos le jour du combat, sauf pour une manœuvre de guerre ou pour rejoindre une autre troupe, encourt la colère d’Allah et aura l’Enfer pour refuge. Quelle mauvaise destination ! » (Al-Anfal)
La fuite du champ de bataille fait partie des sept grands péchés destructeurs mentionnés dans un hadith rapporté par le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim.
Hazrat Ibn Abbas a dit : Lorsque fut révélé ce verset : « Si vingt personnes patientes se trouvent parmi vous, elles vaincront deux cents hommes », Allah le Très-Haut ordonna que, si l’armée musulmane comptait vingt hommes et l’armée ennemie deux cents hommes, aucun membre de l’armée musulmane ne pourrait prendre la fuite. Puis fut révélé ce verset : « À présent, Allah le Très-Haut a allégé le fardeau de votre responsabilité et Il sait que certains d’entre vous sont faibles. Ainsi, s’il y a parmi vous cent personnes patientes, elles vaincront deux cents hommes, avec la permission d’Allah. Allah est certes avec les patients. » Après avoir révélé ce dernier verset, Allah le Très-Haut ordonna que, lorsque l’armée musulmane compterait cent combattants et l’armée ennemie deux cents, la fuite des musulmans serait interdite. (Sahih al-Bukhari)
Cela signifie que lorsque la force des ennemis est plus du double de celle des musulmans, il n’est pas obligatoire de poursuivre le combat et qu’il est permis, par quelque moyen que ce soit, de conclure une trêve ou un traité de paix. Le traducteur.
17. L’oppression et la tromperie des gouvernants envers leurs administrés, ainsi que leur soutien et leur assistance
Allah le Très-Haut dit dans le Saint Coran : « Il n’y a de recours que contre ceux qui oppriment les gens et commettent injustement des actes de rébellion sur la terre. Ceux-là subiront un châtiment douloureux. » (Sourate ach-Choura)
Allah le Très-Haut dit également : « Ne pense surtout pas qu’Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Il ne fait que reporter leur jugement jusqu’au jour où les regards resteront fixes, où les gens se précipiteront, la tête levée, sans pouvoir détourner leurs regards et le cœur vide. » (Sourate Ibrahim)
Allah le Très-Haut dit également : « Ceux qui ont commis l’injustice sauront bientôt à quel sort ils seront confrontés. » (Ach-Choura)
Allah le Très-Haut dit également : « Ils ne s’interdisaient pas mutuellement les mauvaises actions qu’ils commettaient. Quelle abominable conduite ! » (Al-Ma’idah)
Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Celui qui nous trompe ne fait pas partie des nôtres. » (Sahih Muslim) Le Messager a également dit : « L’injustice se transformera en ténèbres le Jour de la Résurrection. » (Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim, Jami‘ at-Tirmidhi) Le Messager a également dit : « Chacun de vous est un dirigeant, et chacun sera interrogé sur la manière dont il a gouverné. » (Sahih al-Bukhari)
Le Messager a également dit : Tout gouvernant qui trompera ses sujets sera un habitant de l’Enfer. (At-Tabarani) Le Messager a également dit : Allah confie à certains gouvernants la charge de sujets ; s’ils ne leur sont pas bénéfiques en recherchant leur bien, Allah leur interdira le Paradis. (Sahih al-Bukhari) Le Messager a également dit : « Celui à qui Allah a confié, par son gouvernement, certains sujets, mais qui continue à les tromper et meurt dans cet état de tromperie, Allah lui interdira le Paradis. » (Sahih al-Bukhari)
Le Messager a également dit : « Tout gouvernant qui exerce son autorité sur le peuple sera retenu le Jour de la Résurrection, tandis qu’un ange le tiendra par le cou. Si Allah dit à cet ange : “Jette-le !”, l’ange le jettera et il sera précipité en Enfer. » (Ahmad, Ibn Majah)
Le Messager a également dit : Même le juge équitable sera confronté, le Jour de la Résurrection, à un moment où il regrettera de ne pas s’être abstenu de régler un différend entre deux personnes au sujet d’une seule datte. (Ahmad) Le Messager a également dit : Même le gouvernant de dix personnes sera amené devant Allah, le dos lié, le Jour de la Résurrection. Ensuite, soit sa justice et sa bonne gouvernance le libéreront, soit son injustice et sa mauvaise gouvernance le précipiteront dans la perdition. (Ahmad et Ibn Hibban)
Le Messager (paix et salut sur lui) invoquait ainsi : « Ô Allah ! Sois miséricordieux envers celui à qui est confiée une responsabilité quelconque de cette communauté et qui se montre bienveillant envers ses membres ; et sois sévère envers celui qui se montre dur envers eux. » (Sahih Muslim, Sunan an-Nasaï) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Celui à qui Allah confie une responsabilité concernant les musulmans, puis qui se dérobe sans subvenir à leurs besoins et à leur indigence, Allah se dérobera également sans subvenir à ses besoins et à son indigence. » (Sunan Abou Dawoud, Al-Jami‘ at-Tirmidhi)
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Bientôt, des dirigeants pervers et tyranniques apparaîtront sur terre. Celui qui acceptera leurs mensonges et soutiendra leur tyrannie ne fait pas partie des miens, et je ne fais pas partie des siens. Il n’aura jamais l’occasion de venir au bassin de Kawthar. » (Ahmad, Tirmidhi, Nasaï) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Deux catégories de personnes de ma communauté ne bénéficieront jamais de mon intercession : les dirigeants tyranniques et trompeurs, et ceux qui se montrent excessifs dans les affaires de la religion. On témoignera contre eux et personne n’assumera aucune responsabilité à leur sujet. » (At-Tabarani) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Le dirigeant tyrannique sera celui qui subira le châtiment le plus intense le Jour de la Résurrection. » (At-Tabarani)
Dans un autre hadith, le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Ô gens ! Ordonnez le bien et interdisez le mal ; sinon viendra un temps où Allah n’acceptera pas vos invocations, même si vous L’invoquez, et ne vous pardonnera pas, même si vous Lui demandez pardon. Sachez que les savants juifs et les ascètes chrétiens ont été maudits par Allah, par l’intermédiaire de leurs prophètes, parce qu’ils se sont abstenus d’ordonner le bien et d’interdire le mal ; et Allah a fait descendre sur eux des calamités et des épreuves générales. »
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Celui qui n’est pas miséricordieux envers les gens, Allah ne sera pas miséricordieux envers lui. » (Sahih al-Boukhari) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Au Jour de la Résurrection, lorsqu’il n’y aura d’autre ombre que celle d’Allah, Allah installera le dirigeant juste sous l’ombre de Son Trône. » (Sahih al-Boukhari et Sahih Muslim) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Ces dirigeants justes seront assis, le Jour de la Résurrection, sur des chaires de lumière : ce sont ceux qui gouvernent avec justice leurs subordonnés, leurs familles, leurs proches et la population. » (Sahih Muslim et Nasaï)
Lorsque le Messager (paix et salut sur lui) envoya Mu‘adh au Yémen, il lui dit : « Prends garde à préserver les biens précieux de la population et sois vigilant concernant l’invocation de l’opprimé. Car il n’y a aucun voile entre Allah et l’invocation de l’opprimé. » (Sahih al-Boukhari) Dans un hadith rapporté par Sahih Muslim, le Messager (paix et salut sur lui) a dit qu’Allah ne parlera pas, le Jour de la Résurrection, à trois personnes, dont l’une sera le dirigeant menteur. Il a également dit : « Vous convoiterez le pouvoir, alors qu’il deviendra pour vous une cause de regret le Jour de la Résurrection. » (Sahih al-Boukhari) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Par Allah, je ne confierai cette responsabilité à personne qui la demandera ou la désirera. » (Sahih al-Boukhari)
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Ô Ka‘b ibn Ujra, qu’Allah te protège du gouvernement des ignorants et des insensés. Après moi, des dirigeants accéderont au pouvoir et ne suivront pas la voie que j’ai montrée. » (Ahmad) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Celui qui souhaite devenir juge des musulmans, puis est nommé à cette fonction, et dont la justice l’emporte sur l’injustice, aura le Paradis qui lui sera destiné. Quant à celui dont l’injustice l’emporte sur la justice, l’Enfer lui sera destiné. » (Sunan Abou Dawoud) Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Un dirigeant sera jeté, le Jour de la Résurrection, sur le pont de l’Enfer. Le pont tremblera alors si violemment que ses jointures se disloqueront et se déplaceront. Si ce dirigeant a obéi à Allah, il traversera malgré tout le pont. Mais s’il Lui a désobéi, le pont s’effondrera avec lui et il sera précipité dans les profondeurs de l’Enfer, situées à une distance de cinquante années. »
Amr ibn al-Mouhajir raconte : Umar ibn Abd al-Aziz m’a dit : « Lorsque tu me verras m’écarter du chemin de la vérité, saisis-moi immédiatement par le col et dis-moi : “Ô Umar, qu’es-tu donc en train de faire ?” »
Ainsi donc, ô tyran, ô dirigeant oppresseur ! Souviens-toi que ta prison est l’Enfer et que le Seigneur suprême, Allah, est ton juge ultime. Là, tu ne pourras présenter aucune excuse ni objection. La tombe terrifiante sera ta cellule. Et tu devras comparaître pour un long compte et rendre des comptes. Sauve-toi donc de ce châtiment. Et toi, ô opprimé, souviens-toi qu’aucune indulgence, si minime soit-elle, n’est accordée à l’oppresseur. Si tu vois qu’un oppresseur est devenu si puissant qu’il n’est plus possible de lui résister, alors confie-le à Allah et dors. Tu verras peut-être qu’au cours même de la nuit, il sera atteint d’une maladie ou d’un mal quelconque ; il ne pourra en aucun cas échapper à la saisie d’Allah.
18. L’orgueil
Se considérer comme le meilleur parmi les serviteurs d’Allah, mépriser les autres en les estimant inférieurs et de moindre valeur que soi, faire preuve d’arrogance envers les commandements d’Allah, Lui désobéir et enfreindre Ses ordres : tout cela constitue des signes de l’orgueil et relève de celui-ci. Dans plusieurs passages du Noble Coran, l’orgueil est condamné et la réprobation des orgueilleux est proclamée. Ainsi, dans la sourate Al-Mu’min, Allah le Très-Haut dit : « Moïse dit : Je cherche refuge auprès de mon Seigneur et du vôtre contre tout orgueilleux qui ne croit pas au Jour des comptes. » Dans la sourate An-Nahl, Allah le Très-Haut dit : « Certes, Allah n’aime pas les orgueilleux. »
Dans la sourate Al-Baqara, Allah dit : « Nous avons dit aux anges : Prosternez-vous devant Adam. Tous se prosternèrent, sauf Iblis. Il refusa et s’enorgueillit, et il devint ainsi l’un des mécréants. » Il ressort de cela que celui qui, par orgueil, désobéit au commandement d’Allah ne tirera aucun profit du fait d’avoir foi en Allah. À l’instar d’Iblis, il sera considéré comme mécréant. Il est dit dans la sourate Luqman : « Ne détourne pas ton visage des hommes avec mépris, ne marche pas sur la terre avec arrogance. Certes, Allah n’aime aucun orgueilleux plein de vanité. »
Dans un hadith qudsi, Allah le Très-Haut dit : « L’orgueil est Mon vêtement. Celui qui tente de Me ravir ce vêtement, Je le jetterai en Enfer. » (Sahih Muslim)
Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Au Jour de la Résurrection, les tyrans orgueilleux seront ressuscités sous la forme de minuscules particules. Les gens les piétineront et, de toutes parts, ils ne recevront que honte et humiliation. Ils seront conduits dans une prison de l’Enfer appelée Bolas. Du feu brûlera au-dessus de leurs têtes et on leur fera manger les excréments, la sueur, les crachats et autres souillures des habitants de l’Enfer. » (Sunan an-Nasa’i, Jami‘ at-Tirmidhi) Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a également dit : « Celui qui possède dans son cœur ne serait-ce qu’un atome d’orgueil n’entrera pas au Paradis. » (Sahih Muslim) Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a également dit : « Le Paradis et l’Enfer se disputeront. Le Paradis dira : Que m’arrive-t-il donc, puisque personne n’entre en moi si ce n’est les faibles et les déchus de la société humaine ? Et l’Enfer dira : C’est à moi que sont destinés tous les tyrans et les orgueilleux. Alors Allah tranchera leur dispute et dira : Ô Paradis ! Tu es le symbole de Ma miséricorde. Par toi, J’accorde Ma miséricorde à qui Je veux. Et toi, ô Enfer ! Tu es le symbole de Mon châtiment. Par toi, J’inflige Mon châtiment à qui Je veux. Toutefois, vous serez tous deux remplis à ras bord. » (Sahih Muslim)
L’histoire témoigne que le premier péché par lequel Allah fut désobéi était l’orgueil. C’est Iblis qui commit cette faute.
Hazrat Salama ibn al-Akwa‘ rapporte : Un homme mangea de la main gauche devant le Messager (paix et bénédiction sur lui). Celui-ci lui dit : « Mange de la main droite. » L’homme répondit : « Je ne peux pas manger de la main droite. » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) dit : « Puisses-tu ne plus jamais en être capable. » Puis il dit à ses Compagnons : « La seule raison pour laquelle il est incapable de manger de la main droite est son orgueil. » Après cela, il ne put plus jamais porter sa main à sa bouche. (Sahih Muslim)
Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Ne vais-je pas vous dire qui sont les habitants de l’Enfer ? » Tous répondirent d’une seule voix : « Si, dites-le-nous. » Alors le Messager (paix et bénédiction sur lui) dit : « Toute personne au cœur extrêmement dur, avare, avide de richesses et orgueilleuse. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim) Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a également dit : « Celui qui marche avec orgueil et se considère supérieur rencontrera Allah, et Le trouvera courroucé contre lui. » (At-Tabarani)
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit également : « Les trois premières personnes qui entreront en Enfer seront le dirigeant tyrannique qui s’empare du pouvoir par la force, le riche négligent dans l’acquittement de la zakat et le pauvre orgueilleux. Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Le Jour de la Résurrection, Allah ne regardera pas trois personnes, ne les purifiera pas de leurs péchés et leur a réservé un châtiment douloureux. Ce sont : celui qui porte un vêtement traînant jusqu’aux chevilles ou aux pieds, celui qui rappelle avec reproche ses dons ou ses bienfaits à autrui, et celui qui vend une marchandise en prêtant un faux serment.” Le fait de laisser traîner son vêtement jusqu’aux pieds est considéré comme un signe d’orgueil. C’est pourquoi le Messager (que la paix soit sur lui) a dit : “Le vêtement qui descend sous les chevilles ira en Enfer.”
Il faut se rappeler que se vanter de la supériorité de son savoir et de ses connaissances, ainsi que de l’élévation de son rang, constitue une forme très vile d’orgueil. Celui qui acquiert le savoir, en particulier le savoir islamique, dans le but de préparer l’au-delà ne peut être orgueilleux. Il surveille constamment son âme et y exerce une vigilance stricte. Dès qu’il se montre négligent à cet égard, l’orgueil pénètre son cœur et l’égare du droit chemin. Allah Très-Haut a dit : « Celui qui s’enorgueillit, Je le détournerai de Mes signes. » Cela signifie que l’orgueil ferme à l’être humain la voie de la guidée. Quant à celui qui acquiert le savoir dans le but de s’enorgueillir et de mépriser les musulmans, puis les traite d’ignorants après avoir acquis ce savoir, il se rend coupable de la forme d’orgueil la plus grave.
19. Le faux témoignage
Dans la sourate Al-Furqan du Noble Coran, il est dit que l’une des qualités indispensables des croyants est : « Ceux qui ne donnent pas de faux témoignage. » Dans la sourate Al-Hajj, il est dit : « Éloignez-vous de la fausseté. » Il est rapporté dans un hadith : « Le faux témoignage équivaut au polythéisme. » (Abou Dawoud, At-Tirmidhi, Ibn Majah, At-Tabarani)
Dans un autre hadith rapporté par Ibn Majah, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Le jour de la Résurrection, celui qui donne un faux témoignage ne pourra même pas remuer les pieds jusqu’à ce que le verdict de l’Enfer soit prononcé à son encontre. »
Celui qui donne un faux témoignage commet en réalité quatre grands péchés. Premièrement, il profère des mensonges et des paroles inventées. À ce sujet, Allah Très-Haut dit dans le Coran : « Allah ne guide pas le menteur outrancier. » (sourate Al-Mu’min) Deuxièmement, il fait subir une injustice à celui contre qui il témoigne faussement, car il lui porte ainsi préjudice dans sa vie, ses biens ou son honneur. Troisièmement, il fait également subir une injustice à celui en faveur de qui il témoigne, car il lui permet de jouir de biens illicites, ce qui rend l’Enfer inévitable pour lui. Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Si, sous l’effet d’un faux témoignage, j’ordonnais de remettre à quelqu’un les biens d’un autre croyant, qu’il ne les accepte pas, car ces biens seraient pour lui un morceau du feu de l’Enfer. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim) Quatrièmement, par son faux témoignage, il rend licite l’appropriation par autrui de biens, de la vie ou de l’honneur d’une personne, alors que cela est interdit.
Il est rapporté dans un hadith cité par le Sahih al-Bukhari, Muslim et At-Tirmidhi que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Ne vais-je pas vous informer des plus odieux des grands péchés ? Écoutez : c’est associer des partenaires à Allah, faire du tort à ses parents et, prenez garde, donner un faux témoignage — prenez garde, donner un faux témoignage. » Le narrateur dit qu’il répéta cette dernière parole tellement de fois que nous nous disions intérieurement : « Ah ! S’il pouvait maintenant se taire, ce serait mieux. »
20. La consommation d’alcool
Allah Très-Haut dit dans la sourate Al-Ma’idah : « Ô vous qui croyez ! Le vin, les jeux de hasard et la divination ne sont qu’une souillure parmi les œuvres du diable. Évitez-les donc, afin que vous réussissiez. Le diable ne veut que susciter parmi vous l’inimitié et la haine au moyen du vin et des jeux de hasard, et vous détourner du rappel d’Allah et de la prière. Allez-vous donc y renoncer ? »
Il est donc établi sans ambiguïté qu’Allah, exalté soit-Il, a interdit dans ce verset de boire du vin et a mis en garde contre celui-ci. Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Abstenez-vous du vin, car il est la mère de toutes les actions répugnantes. » Il est ainsi clair que celui qui ne renonce pas au vin désobéit à Allah et à Son Messager, et qu’il mérite pour cela le châtiment. À ce sujet, Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate An-Nisâ : « Quiconque désobéit à Allah et à Son Messager et transgresse Ses limites, Allah le fera entrer dans l’Enfer, où il demeurera éternellement. Il aura un châtiment humiliant. »
Le vénérable Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) a dit : « Après la révélation de l’interdiction de boire du vin, les Compagnons se rendaient les uns chez les autres et disaient que le vin avait été déclaré illicite et que son péché avait été établi comme étant du même degré que le polythéisme. »
Selon un hadith rapporté par At-Tabarani et Al-Hakim, le vénérable Abdallah ibn Amr considérait la consommation de vin comme le plus grave des péchés majeurs. Il ne fait aucun doute qu’il est la source ou la mère de l’incitation à toutes sortes d’actes sales et répréhensibles. Plusieurs hadiths rapportés dans le Sahih d’Abou Dawoud par le vénérable Ibn Omar, dans les recueils d’Ibn Majah et de Tirmidhi par le vénérable Anas, ainsi que dans Abou Dawoud et le Musnad d’Ahmad par le vénérable Ibn Abbas, maudissent celui qui boit du vin.
Dans un hadith rapporté par le Sahih Muslim, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Toute substance enivrante et tout intoxicant sont du vin, et tout vin est illicite. Celui qui, durant sa vie terrestre, s’est habitué à boire du vin et meurt sans s’être repenti sera privé, dans l’au-delà, des boissons du Paradis. » Ce hadith a également été rapporté par les Sahihs de Boukhari et de Tirmidhi, An-Nasaï, Abou Dawoud et Al-Bayhaqi. Dans des hadiths rapportés par le Sahih Muslim et An-Nasaï, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui consomme une substance enivrante, Allah lui fera boire la sueur et les excréments des gens de l’Enfer. » Dans le Musnad d’Ahmad, un hadith rapporté par le vénérable Abou Hourayra rapporte que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui boit du vin est semblable à l’adorateur d’idoles. »
Dans un hadith rapporté par le Sahih An-Nasaï, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Deux personnes n’entreront pas au Paradis : celui qui désobéit à ses parents et celui qui boit du vin. » Il est dit dans un autre hadith : « Trois personnes n’entreront pas au Paradis : celui qui boit du vin, celui qui désobéit à ses parents et le dayyouth. » Le dayyouth est celui qui, sachant que les membres de sa famille se livrent à des actes immoraux, ne les en empêche pas.
Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « La prière de trois personnes n’est pas acceptée et aucune bonne œuvre ne monte : celle de l’esclave fugitif jusqu’à ce qu’il retourne auprès de son maître, celle de l’épouse contre laquelle son mari est mécontent jusqu’à ce qu’il soit satisfait d’elle, et celle de l’homme qui s’est enivré en buvant du vin jusqu’à ce qu’il retrouve ses esprits. »
Toute substance enivrante qui neutralise la raison et la conscience de l’être humain est du vin, qu’il s’agisse d’une boisson liquide ou d’un aliment solide, qu’elle soit sèche ou humide. Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Tant qu’il restera la moindre quantité de vin dans le corps de celui qui en boit, Allah n’acceptera pas sa prière. » Il est dit dans un autre hadith : « Allah n’accepte aucune bonne œuvre de celui qui boit du vin, et la prière de celui qui s’est enivré à cause de la consommation de vin ne sera pas acceptée pendant quarante jours. S’il se repent puis recommence à boire du vin, Allah lui fera certainement manger du cuivre fondu de l’Enfer. » Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui a bu du vin sans s’enivrer, Allah se détournera de lui pendant quarante nuits. Quant à celui qui boit du vin et s’enivre, Allah n’acceptera ni sa sadaqa ni aucune de ses bonnes œuvres pendant quarante nuits. S’il meurt durant cette période, il mourra comme un idolâtre. Et Allah lui fera boire les excréments et la sueur des gens de l’Enfer. »
Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Le voleur ne vole pas alors qu’il est croyant, le fornicateur ne fornique pas alors qu’il est croyant, et celui qui boit du vin n’en boit pas alors qu’il est croyant. Puis le repentir le ramène à son état normal. » (Sahih de Boukhari, Muslim, Abou Dawoud, Tirmidhi, An-Nasaï) Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui commet la fornication ou boit du vin, Allah lui arrache la foi comme quelqu’un retire son vêtement en le faisant passer par-dessus sa tête. » (Al-Hakim)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui boit de l’alcool le soir restera polythéiste jusqu’au matin. Et celui qui en boit le matin restera polythéiste jusqu’au soir. » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Le parfum du Paradis peut être perçu à une distance de cinq cents ans. Pourtant, l’enfant désobéissant envers ses parents, celui qui reproche son aumône, l’ivrogne et l’idolâtre n’en percevront pas le parfum. » (At-Tabarani) Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « En Enfer, on fera boire à l’ivrogne l’eau qui s’écoule des parties intimes des femmes adultères. »
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Allah Tout-Puissant m’a envoyé comme miséricorde et guide, et m’a envoyé pour abolir les instruments de musique et les pratiques de l’époque de l’ignorance. Mon Seigneur a juré que si l’un de mes serviteurs buvait ne serait-ce qu’une goutte d’alcool, je lui ferais boire l’eau brûlante de l’Enfer. Quant au serviteur qui abandonnera l’alcool par crainte de Moi, je lui ferai boire une boisson dans le lieu le plus noble du Paradis, en compagnie des meilleurs compagnons. » (Ahmad)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La malédiction a été prononcée contre l’alcool, contre celui qui en boit, contre ceux qui en font boire, contre son acheteur, son vendeur, son producteur, celui qui le porte et le transporte, celui qui le stocke, celui qui le fournit et tous ceux qui profitent de l’argent tiré de sa vente. » (Abou Dawoud, Ahmad)
Hazrat Abdallah ibn Amr ibn al-As a dit : « Lorsque les ivrognes tombent malades, n’allez pas leur rendre visite. » L’imam Boukhari rapporte qu’Ibn Umar a dit : « Ne saluez pas les ivrognes. » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ne fréquentez pas les ivrognes. Lorsqu’ils tombent malades, n’allez pas leur rendre visite. N’assistez pas à leurs funérailles. Lorsque l’ivrogne se présentera sur le lieu de la Résurrection, sa langue pendra sur sa poitrine et de la salive en coulera. Quiconque le verra le haïra et le blâmera, et tous le reconnaîtront comme un ivrogne. »
Certains érudits musulmans ont dit : « La raison pour laquelle il est interdit de rendre visite à l’ivrogne malade et de le saluer est que l’ivrogne est pervers et maudit. Allah et Son Messager ont fait tomber la malédiction sur lui. Toutefois, s’il se repent, Allah lui pardonnera. »
Hazrat Umm Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Lorsqu’une de mes filles tomba malade, je préparai un peu d’alcool pour la soigner. À ce moment-là, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) entra dans ma maison et dit : “Ô Umm Salama ! Qu’est-ce donc ?” Je répondis : “Ô Messager d’Allah ! Je soigne ma fille avec cela.” Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : “Allah Tout-Puissant n’a placé aucun pouvoir curatif dans ce qu’Il a interdit à ma communauté.” »
Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) rapporte : On apporta au Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) un peu de jus conservé dans une cruche. Ce jus avait commencé à fermenter. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Jetez cette cruche contre le mur, car la boisson qu’elle contient est la boisson de ceux qui ne croient ni en Allah ni à l’au-delà. »
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui garde dans sa poitrine un verset du Livre d’Allah, puis boit de l’alcool, verra, le Jour de la Résurrection, chaque lettre de ce verset venir l’accuser et le présenter comme accusé devant Allah. Malheur, le Jour de la Résurrection, à celui dont le Coran sera l’accusateur. »
Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit dans un hadith : « Si un groupe de personnes s’unit ici-bas pour consommer une substance enivrante, Allah les réunira en Enfer. Ensuite, ils se reprocheront mutuellement de s’être incités à consommer cette substance. Chacun dira à l’autre : “C’est toi qui m’as poussé à consommer cette chose interdite.” »
Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui boira de l’alcool, Allah lui fera boire en Enfer un poison si violent que, dès qu’il approchera la coupe de sa bouche, et avant même d’avoir bu le poison, la chair de son visage tombera dans la coupe. Après avoir bu le poison, toute la chair et la peau de son corps se détacheront. Tous les habitants de l’Enfer souffriront de son odeur nauséabonde. Sachez que le buveur d’alcool, celui qui le produit, le transporte et le distribue, celui qui l’achète et le vend, ainsi que celui qui profite du prix de sa vente, sont tous associés à son péché. Allah n’acceptera ni leurs prières, ni leur jeûne, ni leur pèlerinage tant qu’ils ne se repentiront pas. S’ils meurent sans se repentir, Allah leur fera boire, en échange de chaque gorgée d’alcool, le sang et le pus des habitants de l’Enfer. Sachez que toute substance enivrante ou stupéfiante est considérée comme de l’alcool, et que tout alcool est interdit. »
Il est rapporté dans un hadith que les gardiens de l’Enfer arracheront les buveurs d’alcool du pont as-Sirât et que, si la boisson immonde qu’on leur fera boire en Enfer tombait sur le ciel, sa chaleur réduirait tout le ciel en cendres.
Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) a dit : « Lorsqu’un ivrogne meurt, empalez-le sur un morceau de bois et enterrez-le. Puis ouvrez sa tombe et observez-le. Si vous constatez que sa tête ne s’est pas tournée vers l’ouest, retirez-le du pieu et enterrez-le normalement. Sinon, laissez-le empalé. »
Un jour, le vénérable Fudayl ibn ‘Iyâd rendit visite à l’un de ses disciples mourants et lui demanda de réciter la profession de foi. Mais celui-ci n’y parvenait pas. Il la lui enseigna à plusieurs reprises, mais le disciple dit : « Je n’arrive pas à réciter la profession de foi. Je n’ai aucun lien avec elle. » Fudayl partit de chez lui en pleurant. Quelques jours plus tard, il le vit en rêve. Il le vit être traîné vers l’Enfer. Il lui demanda : « Qu’est-ce qui t’a fait perdre la connaissance de la profession de foi ? » Il répondit : « Une fois, je suis tombé malade. Le médecin m’a conseillé de boire de l’alcool pour me soigner. Je me suis donc mis à en boire. » En vérité, si celui qui boit de l’alcool à des fins thérapeutiques connaît un tel sort, on frissonne rien qu’en imaginant ce qui arrivera à celui qui en boit par plaisir ou sous l’emprise de l’ivresse.
Outre l’alcool, il existe des substances stupéfiantes liquides ou solides qui, lorsqu’elles sont mangées ou bues, provoquent l’ivresse, altèrent temporairement ou durablement la raison et l’humeur, entraînent une ivresse partielle ou complète, provoquent une excitation sexuelle excessive et incitent à la fornication, rendent violent et poussent aux insultes, aux rixes ou aux troubles, et détournent le consommateur de la prière, du jeûne et des autres actes d’adoration ; une consommation excessive peut même entraîner sa mort. Le ganja, le bhang, l’opium, le vin de palme, l’héroïne, le haschich et les substances similaires, locales ou étrangères, entrent dans cette catégorie. Elles sont toutes interdites. Par cette parole sans équivoque : « Toute substance stupéfiante est interdite, qu’elle soit consommée en grande ou en petite quantité », le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) les a toutes déclarées totalement interdites. La peine prescrite par la charia pour le buveur d’alcool est de quatre-vingts coups de fouet, et tout consommateur de stupéfiants la mérite également.
Voici une histoire : un jeune homme vint en pleurant auprès du souverain omeyyade ‘Abd al-Malik ibn Marwân et lui dit : « Ô Commandeur des croyants, je creusais les tombes et volais les linceuls des morts. Après avoir creusé une tombe, je vis que l’homme qui y était allongé avait pris la forme d’un porc. Effrayé, je m’apprêtais à quitter la tombe, lorsqu’une voix venue de l’invisible retentit : “Tu t’en vas donc.
Sais-tu pourquoi cet homme a été transformé en porc ? » Je répondis : « Non. » On me dit : « Il buvait de l’alcool et il est mort sans se repentir. Il sera châtié dans cet état jusqu’au Jour de la Résurrection. » Qu’Allah nous protège de cet acte pécheur et terrifiant.
21. Le jeu de hasard
Le Très-Haut dit : « Ô vous qui croyez ! Le vin, les jeux de hasard, les sacrifices offerts sur les autels au nom des divinités et la divination par les flèches de loterie sont des œuvres impures de Satan. Éloignez-vous-en donc, afin que vous réussissiez. Satan ne cherche, par le vin et les jeux de hasard, qu’à susciter parmi vous l’inimitié et la haine, et à vous détourner de l’invocation d’Allah et de la prière. Allez-vous donc y renoncer ? » (sourate al-Mâ’idah)
Tous les types de jeux de hasard sont interdits par ce verset, qu’ils soient pratiqués avec les échecs, les cartes, les dés, les pions ou tout autre objet. Cela relève en réalité de l’appropriation et du pillage des biens d’autrui par des moyens illicites, ce qu’Allah a interdit dans ce verset de la sourate al-Baqarah : « Ne dévorez pas vos biens entre vous par des moyens illicites. » Le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit dans un hadith : « Certains s’emparent injustement des biens des gens. Le châtiment de l’Enfer leur est réservé. » (Sahih al-Bukhari) Dans un autre hadith rapporté par Sahih al-Bukhari, le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Si quelqu’un propose ou invite en disant : “Viens, jouons aux jeux de hasard”, il doit faire l’aumône (pour obtenir le pardon de son péché). » En vérité, si le simple fait de parler des jeux de hasard impose de faire l’aumône ou une expiation, réfléchissez donc aux conséquences de leur pratique !
Les jeux de cartes, d’échecs, etc., lorsqu’ils sont exempts d’enjeu financier et ne constituent qu’un divertissement, font l’objet d’une divergence d’opinions. Selon certains, ils sont interdits, tandis que selon d’autres, ils sont permis. En revanche, tous les savants et imams des différentes écoles sont unanimes sur le fait qu’ils sont interdits lorsqu’ils comportent un enjeu financier. Les imams sont également unanimes quant à l’interdiction des jeux de hasard tels que le marad ou les dés.
En effet, le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Celui qui joue aux dés est comme s’il avait trempé et teint sa main dans de la chair et du sang de porc. » (Muslim) Dans un hadith rapporté par Sahih al-Bukhari, le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Celui qui joue aux dés désobéit à Allah et au Messager. » Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : « Jouer aux dés est une forme de jeu de hasard et c’est une pratique interdite, comparable au polissage avec de la graisse de porc. »
La majorité des savants considèrent le jeu d’échecs comme interdit, qu’il comporte ou non le dépôt d’un enjeu, c’est-à-dire une obligation de gain ou de perte financière. Toutefois, lorsqu’un enjeu est déposé et que celui du joueur vaincu est confisqué, autrement dit lorsqu’il y a un gain ou une perte financière, il s’agit unanimement d’un jeu de hasard interdit. Même en l’absence d’enjeu et de gain ou de perte financière, la majorité des savants considèrent le jeu d’échecs comme interdit. Seul l’imam al-Shafi‘i le considère permis, à condition qu’il soit pratiqué à la maison et qu’il n’entraîne ni le rattrapage obligatoire d’une prière manquée ni la négligence d’une autre obligation religieuse. L’imam al-Nawawi émettait des fatwas conformément à l’opinion de l’imam al-Shafi‘i. Il jugeait en outre que jouer aux échecs en échange d’une rémunération ou d’un prix relevait des jeux de hasard.
La preuve avancée par les savants qui déclarent le jeu d’échecs interdit est cette parole du troisième verset de la sourate al-Mâ’idah : « Wa an tast aqsîmû bil-azlâm. » Les imams Sufyan et Waki‘ ibn al-Jarrah expliquent que « azlâm » signifie le jeu d’échecs. Ali (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le shatranj, ou jeu d’échecs, est le jeu de hasard des non-Arabes. » Un jour, Ali (qu’Allah l’agrée) passa près d’un groupe de personnes qui jouaient aux échecs. En les voyant, il dit : « Qu’est-ce donc qui vous absorbe ainsi ? Il vaudrait mieux toucher un feu ardent que toucher ces objets. Par Allah, vous n’avez pas été créés pour cela. » Ali (qu’Allah l’agrée) a également dit : « Nul n’est plus menteur que le joueur d’échecs. Il dit : “Je tue”, alors qu’il n’a tué personne. Il dit : “Cette pièce est morte”, alors que rien n’est mort. » Abu Musa al-Ash‘ari (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Nul ne joue aux échecs si ce n’est un pécheur. » On demanda à l’imam Ishaq ibn Rahawayh s’il voyait une objection au jeu d’échecs. Il répondit : « Les échecs sont entièrement répréhensibles. » On lui dit : « Les soldats des forteresses y jouent pour se préparer à la guerre. » Il répondit : « C’est un acte pécheur. » Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazi, répondant à une question sur le jeu d’échecs, a dit : « Le moindre tort du jeu d’échecs est que le joueur sera rassemblé, le Jour de la Résurrection, avec ceux qui suivent le faux. »
Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) considérait les échecs comme pires que les dés, tandis que l’imam Malik (qu’Allah lui fasse miséricorde) les considérait équivalents aux dés ; tous deux les ont déclarés interdits. L’imam Malik a également dit : « J’ai appris qu’Ibn Abbas était responsable des biens d’un orphelin. Ayant trouvé dans ces biens du matériel de jeu d’échecs, il le brûla. Si le jeu d’échecs avait été permis, il n’aurait pas pu ainsi porter préjudice aux biens de l’orphelin. C’est parce qu’il le considérait interdit qu’il a pu agir de la sorte, tout comme il est obligatoire de vider le vin trouvé dans les biens d’un orphelin. » Selon Ibrahim al-Nakha‘i (qu’Allah lui fasse miséricorde), les échecs sont un jeu maudit. Dans un hadith, le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Allah pose chaque jour 360 fois un regard de miséricorde sur Sa création. Celui qui joue aux échecs ne bénéficie d’aucun de ces regards. » Abu Hurayra rapporte que le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Lorsque vous passez près de gens absorbés par les échecs, les dés ou d’autres jeux qui engendrent l’oisiveté, ne les saluez pas. Lorsqu’ils sont pris par le jeu, Satan et ses troupes se rassemblent parmi eux. Chaque fois que quelqu’un quitte le jeu, Satan détourne son regard de lui, car Satan et ses troupes le détestent. Lorsque les joueurs d’échecs se dispersent après la partie, ils s’en vont comme des chiens rassasiés de la chair d’une bête morte. » Dans un autre hadith, le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Les joueurs d’échecs subiront un châtiment sévère le Jour de la Résurrection. »
22. La diffamation contre les femmes chastes
Allah Tout-Puissant dit : « Ceux qui calomnient les croyantes chastes et innocentes sont maudits ici-bas et dans l’au-delà, et un châtiment douloureux leur est réservé le jour où leur langue, leurs mains et leurs pieds témoigneront de leurs actes. » (Sourate An-Nûr) « Ceux qui accusent les femmes chastes d’adultère sans produire ensuite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Ce sont eux les pervers. » (Sourate An-Nûr)
Dans ces versets, Allah Tout-Puissant a clairement fait savoir que celui qui accuse une femme chaste d’adultère et d’actes obscènes est maudit ici-bas et dans l’au-delà, et qu’un châtiment douloureux lui est réservé. Son châtiment ici-bas consiste à lui infliger quatre-vingts coups de fouet (au moyen d’un instrument spécialement préparé), et son témoignage ne sera jamais accepté, même s’il dit vrai. Dans Sahîh Al-Bukhari et Sahîh Muslim, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a ordonné de s’abstenir de sept des plus grands péchés majeurs ; l’un de ces sept péchés consiste à accuser d’adultère les femmes musulmanes chastes et innocentes. La diffamation peut prendre différentes formes : s’adresser à une musulmane innocente en lui disant : « Ô adultère, ô prostituée, ô femme dévergondée », ou s’adresser à son mari en lui disant : « Ô mari d’une adultère ou d’une prostituée », ou dire à son enfant : « Ô bâtard ou bâtarde, ô enfant d’une prostituée ou d’une adultère », et ainsi de suite. Il convient de préciser que, quelle que soit la personne — femme ou homme — accusée d’adultère sans preuve, quels que soient les termes employés, et que la personne accusée soit libre ou esclave, l’accusateur sera fouetté de quatre-vingts coups à la demande de la personne lésée.
(La question des accusations concernant d’autres actes immoraux que l’adultère sera exposée séparément ultérieurement. En effet, bien qu’ils constituent des péchés majeurs, aucune peine terrestre précise ne leur est prescrite. — Le traducteur)
Il est regrettable que, généralement, des musulmans ignorants répandent de telles paroles obscènes, devenant ainsi maudits ici-bas et dans l’au-delà et subissant un châtiment. C’est pourquoi le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a recommandé de maîtriser sa langue. Dans un hadith rapporté par Sahîh Al-Bukhari et Sahîh Muslim, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Les gens sont parfois précipités dans une profondeur de l’Enfer supérieure à la distance séparant le lieu du coucher du soleil de celui de son lever, à cause de certaines paroles qu’ils prononcent sans preuve ni témoignage. » En entendant cela, Mu‘âdh ibn Jabal dit : « Ô Messager d’Allah ! Serons-nous également châtiés pour nos paroles ? » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : « Ô Mu‘âdh ! Y a-t-il autre chose que les péchés commis par la bouche des hommes qui soit davantage susceptible de les précipiter face contre terre dans l’Enfer ? » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit également : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. » En outre, ce verset du Saint Coran contient lui aussi un sévère avertissement concernant la langue : « Il ne prononce aucune parole sans avoir auprès de lui un gardien prêt à l’inscrire. » (Sourate Qâf) ‘Uqbah ibn ‘Âmir (qu’Allah l’agrée) demanda au Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) : « Ô Messager d’Allah ! Comment parvenir au salut ? » Il répondit : « Garde ta langue, que l’espace de ta maison te suffise (c’est-à-dire ne convoite pas le terrain d’autrui), pleure pour tes péchés et souviens-toi que les gens au cœur dur sont les plus éloignés d’Allah. » (Abû Dâwûd et At-Tirmidhî)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « La personne la plus détestée d’Allah est celle qui prononce des paroles obscènes. » (At-Tirmidhî) Ce hadith permet de comprendre aisément combien sont détestables ceux qui se livrent à des actes obscènes. Il a également dit : « Celui qui me garantit la préservation de ce qui se trouve entre ses deux mâchoires (la langue, les dents et le conduit alimentaire) et de ce qui se trouve entre ses deux cuisses (l’organe sexuel), je lui garantis le Paradis. »
Il convient de signaler que c’est précisément afin de préserver l’honneur des gens vertueux et chastes et d’empêcher la propagation de l’obscénité dans la société qu’une restriction juridique aussi sévère a été imposée à la dénonciation publique de l’adultère en l’absence de quatre témoins oculaires. La charia n’a pas pour objectif de protéger les véritables adultères par cette mesure. (À Dieu ne plaise !) Pour punir les véritables coupables, il faut déposer plainte auprès du tribunal selon la procédure appropriée.
23. Le détournement des biens publics
Le détournement directement depuis le Trésor public et depuis les fonds de la zakât relève également de cette catégorie. Allah Tout-Puissant dit : « Certes, Allah n’aime pas les traîtres. » (Sourate At-Tawbah) « Il n’appartient à aucun prophète de détourner des biens publics. Celui qui détourne viendra, le Jour de la Résurrection, avec ce qu’il aura détourné. » (Âl ‘Imrân)
Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Messager (paix et salut sur lui) prononça un sermon. Dans ce sermon, il évoqua avec la plus grande insistance le détournement des biens de l’État. Puis il dit : « Je ne veux pas voir, le Jour de la Résurrection, l’un d’entre vous avec un chameau sur le cou, tandis que celui-ci beuglera. Alors cet homme me dira : “Ô Messager d’Allah, sauve-moi !” Je lui répondrai : “Je ne suis capable de t’apporter aucune aide ; je t’avais déjà transmis les prescriptions d’Allah.” Je ne veux pas voir, le Jour de la Résurrection, l’un d’entre vous avec un cheval sur le cou, tandis que celui-ci hennira à haute voix. Cet homme me dira : “Ô Messager ! Sauve-moi !” Je répondrai : “Je ne suis capable de t’apporter aucune aide ; je t’avais déjà transmis les prescriptions d’Allah.” Je ne veux pas voir, le Jour de la Résurrection, l’un d’entre vous avec une chèvre sur le cou, tandis que celle-ci bêlera à haute voix. Cet homme me dira : “Ô Messager ! Sauve-moi !” Je répondrai : “Je ne suis capable de t’apporter aucune aide. Je t’avais déjà transmis les prescriptions d’Allah.” Je ne veux pas voir l’un d’entre vous avec un animal qui criera sur son cou. Cet homme me dira : “Ô Messager ! Sauve-moi !” Je répondrai : “Je ne suis capable de t’apporter aucune aide. Je t’avais déjà transmis les prescriptions d’Allah.” Je ne veux pas voir, le Jour de la Résurrection, l’un d’entre vous avec un tas de vêtements sur le cou, et qu’il me dise : “Ô Messager ! Sauve-moi !” Mais je répondrai : “Je suis incapable de t’aider. Je t’avais déjà transmis les prescriptions d’Allah.” Je ne veux pas voir, le Jour de la Résurrection, l’un d’entre vous avec une chose silencieuse (de l’or et de l’argent) sur le cou, et qu’il dise : “Ô Messager ! Protège-moi !” Mais je répondrai : “Je suis incapable de t’aider. Je t’avais déjà transmis les prescriptions d’Allah.” » (Sahîh Muslim)
En vérité, quiconque, après que ces biens sont arrivés comme butin de guerre (biens du trésor public), en prend une partie avant sa distribution officielle, ou en prend du Bayt al-Mâl, ou après leur collecte au titre de la zakât, sans l’autorisation de l’agent ou du responsable concerné, les verra lui tomber sur le cou le Jour de la Résurrection. Le Noble Coran l’indique en ces termes : « Celui qui détournera quelque chose viendra avec ce qu’il aura détourné. »
Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Si quelqu’un détient ne serait-ce qu’une aiguille ou un fil provenant des biens collectés pour le compte de l’État, qu’il le rende. Abstenez-vous du détournement, car celui qui détourne sera, le Jour de la Résurrection, victime d’une humiliation et d’une honte terribles. » Un Compagnon nommé Ibn al-Latbiyya fut un jour chargé de collecter la zakât et les aumônes. Il apporta au Messager (paix et salut sur lui) une partie des biens collectés. En montrant certains objets, il dit : « Ceci est pour vous. » Puis, en montrant d’autres objets, il dit : « Ceci m’a été offert en cadeau. » Dès qu’il entendit cela, le Messager (paix et salut sur lui) monta sur la chaire de la mosquée et, après avoir loué Allah, prononça le sermon suivant : « Par Allah, qu’aucun d’entre vous ne prenne quoi que ce soit sans en avoir le droit. Sinon, il se présentera le Jour de la Résurrection en portant cet objet. Celui qui se présentera ce jour-là devant Allah en portant sur son cou un chameau, une vache ou une chèvre qui criera, je ne le reconnaîtrai pas. » Puis il leva les mains et dit : « Ô Allah ! Ai-je bien transmis Ton ordre ? » (Selon une autre version, le Messager (paix et salut sur lui) dit au collecteur : « Si tu n’étais pas devenu collecteur pour l’État et que tu étais resté chez toi, quelqu’un t’aurait-il offert un cadeau ? ») (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim)
Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) dit : « Nous sommes partis à Khaybar avec le Messager (paix et salut sur lui), puis elle fut conquise par nos mains. Nous n’y trouvâmes ni or ni argent parmi les biens pris comme butin ; nous ne trouvâmes que des denrées alimentaires et des vêtements. Ensuite, nous nous dirigeâmes vers Wâdî al-Qurâ. Le Messager (paix et salut sur lui) avait avec lui un serviteur donné par un homme de Banû Judhâm. (Il était connu sous le nom de Rifâ‘a ibn Yazîd, de la tribu des Banû Yuzayb.) Lorsque nous fîmes halte dans la vallée, le serviteur du Messager (paix et salut sur lui) se trouvait parmi les chameaux du convoi. À ce moment-là, il mourut, transpercé par une flèche tirée d’un endroit inconnu. Nous dîmes : “Ô Messager d’Allah ! Quelle chance pour cet homme : il est mort en martyr.” Le Messager (paix et salut sur lui) répondit : “Jamais ! Par Celui qui détient mon âme, il a pris une couverture du butin, alors qu’elle ne lui avait pas été distribuée officiellement. Cette couverture deviendra un feu qui brûlera son corps.” En entendant cela, les Compagnons furent extrêmement effrayés. Celui qui possédait une ou deux lanières de sandales les apporta également pour les remettre (en disant : “Je les ai trouvées le jour de la bataille de Khaybar.”) Le Messager (paix et salut sur lui) dit : “Une ou deux lanières de sandales appartiennent au Feu.” » (Mâlik, Ahmad, Abû Dâwûd, an-Nasâ’î, Ibn Mâjah, al-Bukhârî et Muslim)
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’au cours d’un voyage, un homme nommé Kirkira fut chargé de garder les biens du Messager (paix et salut sur lui). Lorsqu’il mourut, le Messager (paix et salut sur lui) dit : « Il est un des gens de l’Enfer. » Les gens allèrent le voir et découvrirent qu’il avait détourné une cape. Zayd ibn Khâlid al-Juhanî (qu’Allah l’agrée) dit qu’au cours de la bataille de Khaybar, un homme détourna un objet. Lorsqu’il mourut par la suite, le Messager (paix et salut sur lui) ne fit pas sa prière funéraire. Il dit : « Votre compagnon a détourné des biens destinés à la cause d’Allah. » Nous fouillâmes ses affaires et y trouvâmes un vêtement de soie d’une valeur de deux dirhams, qui avait été pris aux Juifs pendant la bataille. L’imam Ahmad dit : « À ma connaissance, hormis pour celui qui détourne et celui qui se suicide, le Messager (paix et salut sur lui) ne s’est abstenu de faire la prière funéraire de personne d’autre. » Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Les cadeaux reçus par les agents relèvent du détournement. » (Sahîh Muslim)
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « De même qu’Allah n’accepte pas la prière sans purification, Il n’accepte pas non plus l’aumône provenant de biens détournés. » (Sahîh Muslim)
Il existe encore de nombreux hadiths au sujet du détournement. Certains de ces hadiths seront abordés dans le chapitre consacré à l’injustice. L’injustice a été divisée en trois catégories, à savoir :
Premièrement : s’emparer injustement des biens d’autrui. Deuxièmement : commettre une injustice envers quelqu’un en le tuant, en le frappant ou en le blessant. Troisièmement : porter atteinte à l’honneur d’une personne par les insultes, les malédictions, la médisance et les fausses accusations. Dans le sermon d’adieu du pèlerinage, le Messager (paix et salut sur lui) interdit tous ces actes et dit : « Sachez que votre sang, vos biens et votre honneur sont sacrés pour vous, tout comme sont sacrés, dans cette ville, ce mois et ce jour. » (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim)
24. Voler
Allah le Très-Haut dit : « Que le voleur soit un homme ou une femme, coupez-leur les mains, en rétribution de leurs actes et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est Tout-Puissant et Sage. » (Sourate al-Mâ’idah)
En commentant ce verset, Ibn Shihab dit : Allah a prescrit l’amputation de la main comme châtiment du vol des biens d’autrui. Il est Tout-Puissant dans la punition du voleur et Sage en rendant obligatoire l’amputation de la main.
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Aucun voleur ne vole alors qu’il est croyant. Mais s’il se repent, sa foi est rétablie. » (Abû Dâwûd, at-Tirmidhî)
Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a amputé la main d’un homme qui avait volé un objet d’une valeur de trois dirhams. (Sahîh al-Bukhârî, Sahîh Muslim) Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) amputait la main pour le vol d’un quart de dinar ou davantage. (Sahîh al-Bukhârî, Sahîh Muslim) Plusieurs hadiths rapportent que la main n’est pas amputée pour le vol de moins d’un quart de dinar ou de trois dirhams. À cette époque, un dinar valait douze dirhams. Toutefois, quelle que soit la quantité volée, et que le vol soit passible ou non de l’amputation de la main, il constitue en toutes circonstances un péché majeur et un crime odieux.
Dans un hadith rapporté par Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim, Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit qu’une femme de la tribu de Banû Makhzûm empruntait divers objets, puis niait les avoir pris. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ordonna qu’on lui coupe la main. Les membres de sa famille vinrent trouver Usâma, le fils de Zayd, le fils adoptif du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui), et lui demandèrent d’intercéder afin que cette femme soit dispensée de la peine. Lorsque Usâma intercéda, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Ô Usâma ! Je ne veux pas te voir intercéder au sujet d’une peine prescrite par Allah le Très-Haut. » Puis il se leva et s’adressa à l’assemblée en disant : « Les peuples qui vous ont précédés n’ont été détruits que parce que, lorsqu’un personnage honorable parmi eux volait, ils le laissaient impuni ; tandis que lorsqu’une personne faible volait, ils lui coupaient la main. Par Allah, même si Fâtima, la fille de Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui), avait volé, je lui aurais coupé la main. » La main de cette femme de Banû Makhzûm fut ensuite amputée.
Dans un hadith rapporté par at-Tirmidhî, Abû Dâwûd, an-Nasâ’î et Ibn Mâjah, Abd ar-Rahmân ibn Jarîr dit : nous avions demandé à Fudâla ibn Ubayd si, après l’amputation de la main d’un voleur, le fait de suspendre la main amputée à son épaule relevait de la Sunna du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Il répondit : oui, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) avait suspendu la main amputée à l’épaule du voleur.
Les savants disent que le repentir du voleur ne lui sera d’aucune utilité s’il ne restitue pas l’objet volé à son propriétaire. Toutefois, s’il est pauvre, il peut demander pardon au propriétaire.
25. Le brigandage
Allah le Très-Haut dit : « La seule rétribution de ceux qui font la guerre à Allah et à Son Messager et s’efforcent de semer le désordre sur terre est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou qu’on leur coupe la main et le pied opposés, ou qu’ils soient bannis du pays. Ce sera pour eux une humiliation ici-bas. Et dans l’au-delà, ils auront un châtiment immense. » (sourate al-Mâ’ida)
L’imam al-Wâhidî dit dans l’interprétation du verset précité : « Faire la guerre à Allah et à Son Messager » signifie s’opposer à Allah et à Son Messager et désobéir à leurs commandements et à leurs interdits. Celui qui désobéit aux commandements se trouve en réalité engagé dans la guerre et la rébellion. « S’efforcer de semer le désordre sur terre » signifie y semer le désordre par le meurtre et l’enlèvement des biens. Celui qui prend les armes contre les croyants est considéré comme un rebelle ayant déclaré la guerre à Allah et à Son Messager. L’imam Mâlik, l’imam al-Châfi‘î et l’imam al-Awzâ‘î étaient de cet avis. La répétition du mot « ou » indique que le gouvernement islamique est libre d’appliquer l’une quelconque de ces mesures. Autrement dit, il peut le tuer, le crucifier ou l’expulser, selon son choix. Tel était l’avis de ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs, al-Hasan, Sa‘îd ibn al-Musayyab et Mujâhid. Selon l’imam ‘Atâ’, il ne s’agit pas d’une liberté de choix, mais d’une peine déterminée selon la gravité du crime. Le brigand qui aura commis à la fois un meurtre et un vol sera tué puis crucifié. Celui qui aura pris les biens d’autrui sans tuer personne aura seulement les mains et les pieds coupés en sens opposés. Celui qui aura uniquement versé le sang sans prendre de biens sera tué. Quant à celui qui n’aura tué personne ni pris de biens, mais aura semé la terreur avec une arme ou par tout autre moyen, il sera banni du pays. Tel est l’avis de l’école châfi‘ite. L’imam al-Châfi‘î dit également que chacun sera puni selon la gravité de son crime. Celui qui mérite à la fois la peine de mort et la crucifixion sera d’abord tué, ou bien crucifié trois fois puis descendu, afin que sa peine soit manifestement rendue particulièrement infamante. Celui qui ne mérite que la peine de mort sera tué, puis son corps sera remis à ses proches. Quant à celui qui ne mérite que l’amputation, on lui coupera d’abord la main droite. S’il recommence à voler et à brigander, on lui coupera le pied gauche. S’il récidive encore, on lui coupera la main gauche. En effet, dans un hadith rapporté par Abû Dâwûd et al-Nasâ’î, le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « S’il vole pour la première fois, coupez-lui la main ; s’il vole pour la deuxième fois, coupez-lui le pied ; s’il recommence à voler, coupez-lui la main ; s’il recommence encore, coupez-lui le pied. »
» Sous les califats d’Abû Bakr et de ‘Umar (qu’Allah les agrée), on appliquait ce hadith, et aucun Compagnon ne s’y opposa.
Au sujet de l’expression du verset : « ou qu’ils soient bannis du pays », ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) dit : concernant celui qu’il est impossible de capturer, le gouvernement annoncera que quiconque parviendra à le saisir devra le tuer. Quant à celui qui sera capturé, il faudra l’arrêter et l’emprisonner. Ainsi, on lui fermera la voie qui lui permettrait de parcourir le pays en y commettant des crimes, et telle est son expulsion.
En vérité, le seul fait de menacer de tuer et de semer la terreur constitue déjà un péché majeur. Si, en plus, quelqu’un vole les biens d’autrui et blesse ou tue, il commet alors plusieurs péchés majeurs à la fois. De plus, les criminels de cette sorte sont généralement aussi engagés dans d’autres péchés majeurs, tels que la consommation d’alcool, la fornication, l’homosexualité et l’abandon de la prière.
26. Prêter de faux serments et jurer par autre qu’Allah
Allah le Très-Haut dit : « Ceux qui troquent l’engagement pris au nom d’Allah et leurs serments contre un vil avantage n’auront aucune part dans l’au-delà. Allah ne leur parlera pas, ne les regardera pas et ne les purifiera pas. En outre, ils auront un châtiment douloureux. » (Âl ‘Imrân)
L’imam al-Wāhidī dit : Un jour, deux hommes se mirent à revendiquer chacun la propriété d’un terrain, et tous deux se rendirent auprès du Messager (s.a.s.) afin qu’il tranche leur différend. Lorsque le défendeur s’apprêta à prêter serment à l’appui de sa revendication, ce verset fut aussitôt révélé. Il s’abstint alors de prêter serment et reconnut au demandeur la propriété du terrain.
Dans un hadith, le Messager (s.a.s.) a dit : Celui qui prête serment afin de s’approprier le bien d’autrui, alors qu’il n’y a pas droit, rencontrera Allah en Le voyant courroucé contre lui. Al-Ash‘ath dit : Le verset cité ci-dessus fut révélé à mon sujet. J’étais en conflit avec un Juif au sujet d’un terrain.
Je l’amenai auprès du Messager (s.a.s.). Il me demanda : As-tu des témoins ou des preuves ? Je répondis : Non. Alors le Messager (s.a.s.) dit au Juif en question : Prête serment que ce terrain t’appartient. Je dis : Ô Messager ! Si tu donnes au Juif la possibilité de prêter serment, il jurera et s’emparera de mon terrain. C’est à ce moment que ce verset fut révélé. Le « petit intérêt » mentionné dans le verset désigne les intérêts mondains pour lesquels les gens prêtent habituellement de faux serments.
Il convient de préciser à ce propos que, selon le droit islamique, lorsque le demandeur est incapable de présenter au tribunal des témoins et des preuves appropriés, le défendeur obtient la possibilité de prêter serment, et le tribunal tranche le litige sur la base de ce serment. Dans de tels cas, le serment constitue donc un moyen extrêmement efficace.
Il est rapporté d’après ‘Abdullah ibn Mas‘ūd (r.a.) que le Messager (s.a.s.) a dit :
« Celui qui prête serment en revendiquant un bien tout en sachant qu’il ne lui revient pas rencontrera Allah alors qu’Il sera courroucé contre lui. » Puis le Messager (s.a.s.) récita ce verset : « Ceux qui, en échange de leurs engagements envers Allah et de leurs serments, acquièrent un petit intérêt… »
Abū Umāmah (r.a.) dit : Nous étions assis auprès du Messager (s.a.s.).
Le Messager (s.a.s.) dit : Celui qui, par son serment, s’approprie le bien d’un musulman se rend le Feu obligatoire et le Paradis interdit. Un homme demanda : Ô Messager ! Même s’il s’agit d’une chose très insignifiante ? Il répondit : « Même s’il ne s’agit que d’une branche d’arbre. » (Ṣaḥīḥ Muslim, an-Nasā’ī, Ibn Mājah)
Dans un hadith rapporté par Ṣaḥīḥ Muslim, Abū Dāwūd, at-Tirmidhī, an-Nasā’ī et Ibn Mājah, d’après Ḥaḍrat Abū Dharr, le Messager (s.a.s.) dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois personnes, ne les purifiera pas et leur réserve un châtiment sévère. » Il répéta cette parole trois fois. Ḥaḍrat Abū Dharr dit : « Ce sont vraiment des gens totalement perdus et malheureux. »
« Ô Messager ! Qui sont-ils ? » Le Messager (s.a.s.) répondit : celui qui porte un vêtement arrivant jusqu’aux chevilles, celui qui reproche le don ou le bienfait qu’il a accordé, et celui qui vend sa marchandise en prêtant un faux serment. Autrement dit, il prête serment en mentant, en indiquant un prix d’achat plus élevé pour la marchandise ou en la présentant comme un produit étranger, afin de pouvoir la vendre à un prix élevé, tout en dissimulant par un faux serment les défauts de la marchandise.
Dans un autre hadith rapporté par Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, le Messager (s.a.s.) dit : « Les grands péchés sont l’association d’une autre divinité à Allah, mécontenter ses parents, se suicider et prêter un faux serment. » Le faux serment prêté intentionnellement est appelé, dans la terminologie de la charia, « yamīn ghamūs », c’est-à-dire le serment immergeant. Il est ainsi appelé parce que ce serment plonge l’être humain dans le péché.
Selon certains, il porte ce nom parce qu’il plonge celui qui le prête dans le Feu.
Jurer par le nom d’un autre qu’Allah fait également partie des grands péchés. Par exemple : jurer par le Prophète, par la Kaaba, par les anges, par le ciel, par l’eau, par la vie, par le dépôt confié, par l’âme, par la tête, par le mausolée d’un tel, etc.
Dans un hadith rapporté par le Muwaṭṭaʾ de l’imam Mālik, Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, Ṣaḥīḥ Muslim, Sunan Abū Dāwūd, Jāmiʿ at-Tirmidhī, Sunan an-Nasā’ī et Sunan Ibn Mājah, le Messager (s.a.s.) dit : « Allah vous a interdit de jurer par vos ancêtres. Si vous devez absolument prêter serment, jurez par Allah, sinon gardez le silence. »
Dans un hadith rapporté par Sahih Muslim, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Ne jurez ni par les divinités ni par vos pères et ancêtres. » Dire : « Si ce que je dis est faux, je ne suis pas le fils d’un tel », relève du serment par les pères et les ancêtres. Dans un hadith rapporté par Abou Dawoud, Ibn Mâjah et Al-Hakim, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui jure ainsi : “Si ce que je dis est faux, je ne suis pas musulman”, s’il ment, sa parole se réalisera — il sera privé de foi — et même s’il dit vrai, il ne pourra pas demeurer pleinement en sécurité dans la voie de l’islam. » Dans un hadith rapporté par Sahih Al-Boukhari et Sahih Muslim, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Si quelqu’un, par habitude, jure par autre qu’Allah et le fait par inadvertance, qu’il dise immédiatement : “Lâ ilâha illallah.” »
27. Commettre l’injustice ou la tyrannie
L’injustice et la tyrannie se présentent sous de nombreuses formes. Parmi les plus répandues figurent le fait de s’emparer des biens d’autrui, de les arracher de force, de frapper les gens, de les insulter, d’attaquer quelqu’un sans provocation, de porter atteinte à ses biens, à son corps ou à son honneur, ainsi que de faire preuve de cruauté envers les faibles, entre autres. Dans la sourate Ibrahim, Allah dit : « Ne pense jamais qu’Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Il ne fait que leur accorder un délai jusqu’à un jour déterminé, où les regards seront figés d’épouvante. Ils courront, la tête levée, sans que leur regard puisse se retourner vers eux-mêmes, et leurs cœurs seront vidés. Avertis les hommes du jour où le châtiment les atteindra. Ce jour-là, les injustes diront : “Ô notre Seigneur, accorde-nous un court délai : nous répondrons à Ton appel et nous suivrons les messagers.” N’aviez-vous pas juré auparavant qu’il n’y aurait pour vous aucun déclin ? Vous avez habité les demeures de ceux qui s’étaient fait du tort à eux-mêmes, et il vous est apparu clairement comment Nous avons traité ces injustes. De plus, Nous vous avons donné de nombreux exemples. »
Dans la sourate Ach-Choura, Allah dit : « Il n’y a de recours que contre ceux qui oppriment les gens. » Dans le dernier verset de la sourate Ach-Choura, Allah dit : « Les injustes sauront bientôt quelle sera la conséquence de leur injustice. »
Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Allah accorde un long délai à l’injuste. Mais lorsqu’Il le saisit, Il ne le laisse plus échapper. » Puis il récita ce verset : « Telle est la saisie de ton Seigneur lorsqu’Il saisit les cités injustes. Sa saisie est douloureuse et implacable. » (Sahih Al-Boukhari, Sahih Muslim, Jâmi‘ At-Tirmidhi)
Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Si quelqu’un a porté atteinte à l’honneur de son frère ou lui a causé quelque tort, qu’il lui demande dès aujourd’hui de lui pardonner — c’est-à-dire qu’il lui demande pardon — et qu’il le fasse avant l’arrivée de ce jour terrible où aucune compensation ne pourra être obtenue avec de l’argent. Si cette personne possède de bonnes œuvres, elles seront alors données à l’opprimé à la mesure de l’injustice qu’elle lui a fait subir ; et si elle ne possède aucune mauvaise action, les mauvaises actions de l’opprimé lui seront imputées. » (Sahih Al-Boukhari et Jâmi‘ At-Tirmidhi)
Dans un hadith qudsi, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) rapporte qu’Allah a dit : « Ô Mes serviteurs ! Je Me suis interdit l’injustice à Moi-même et Je vous l’ai également interdite entre vous. Ne vous faites donc pas injustice les uns aux autres. » (Sahih Muslim, Jâmi‘ At-Tirmidhi)
Dans un autre hadith, il est rapporté que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) demanda à ses Compagnons : « Savez-vous qui est le pauvre ? » Ils répondirent : « Parmi nous, le pauvre est celui qui n’a ni argent ni biens. » Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit : « Le pauvre de ma communauté est celui qui viendra, le Jour de la Résurrection, avec beaucoup de prières, de zakat, de jeûnes et de pèlerinages, mais qui se présentera après avoir insulté quelqu’un, s’être emparé des biens d’un autre, avoir porté atteinte à l’honneur de quelqu’un, frappé quelqu’un et versé le sang d’un autre. Ses bonnes œuvres seront alors distribuées entre ses victimes. Si ses bonnes œuvres s’épuisent avant que les torts des opprimés ne soient réparés, leurs péchés lui seront successivement imposés, puis il sera jeté en Enfer. » (Sahih Al-Boukhari et autres recueils de hadiths authentiques) Dans un autre hadith rapporté par Sahih Al-Boukhari et Sahih Muslim, il est dit : « Celui qui s’empare injustement d’un empan de la terre d’autrui portera, le Jour de la Résurrection, sept terres autour de son cou. » Dans un hadith qudsi, Allah dit : « Je suis extrêmement courroucé contre celui qui opprime une personne qui n’a d’autre soutien que Moi. »
Un poète arabe a dit :
« Ne commets pas d’injustice simplement parce que tu en as le pouvoir ; le seul aboutissement de l’injustice est le regret. Après avoir commis une injustice, tu dors paisiblement, mais l’opprimé ne trouve pas le sommeil. Toute la nuit, il invoque Allah contre toi, et Allah l’entend, car Lui non plus ne dort pas. » Un sage a dit : « N’opprimez pas les faibles. Sinon, ils deviendront un jour un groupe puissant et extrêmement nuisible. »
Il est rapporté dans la Torah : « Le Jour de la Résurrection, un crieur proclamera depuis le bord du Sirat : “Ô tyrans arrogants et cruels ! Allah a juré par Sa majesté et Sa puissance qu’en ce jour aucun injuste ne pourra franchir ce pont pour entrer au Paradis.” »
Hazrat Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : « L’année de la conquête de La Mecque, lorsque les émigrés qui avaient émigré en Abyssinie revinrent auprès du Messager, celui-ci leur dit : “Allez-vous me raconter une expérience extraordinaire que vous avez vécue durant votre séjour en Abyssinie ?” Quelques jeunes parmi les émigrés répondirent : “Oui, ô Messager d’Allah ! Un jour, alors que nous étions assis là-bas, nous vîmes une vieille femme passer près de nous, portant sur la tête une cruche d’eau. Soudain, un jeune homme arriva, posa la main sur sa nuque et la poussa violemment. La vieille femme tomba, et sa cruche d’eau se brisa également. Elle se releva, regarda le jeune homme et lui dit : ‘Ô traître ! Le jour où Allah établira le Trône, le jour où Il rassemblera tous les hommes, les premiers comme les derniers, et où les mains et les pieds des hommes témoigneront de leurs actes, tu verras quel sera ton sort devant Allah et quelle sera ma situation.’” En entendant cela, le Messager dit : “La vieille femme a dit vrai. Comment Allah pourrait-Il honorer une nation qui ne maîtrise pas ses puissants pour le bien de ses faibles ? » (Ibn Majah, Ibn Hibban, Al-Bayhaqi)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La colère d’Allah s’abattra inévitablement sur cinq catégories de personnes. S’Il le veut, Il la leur fera subir dans ce monde ; sinon, Il la leur fera subir dans l’au-delà :
(1) Le gouverneur d’un peuple qui prélève auprès de ses sujets ce qui revient à l’État, mais ne les traite ni avec justice ni avec équité et ne les protège pas contre l’injustice.
(2) Le chef de groupe, le chef de tribu ou le dirigeant national auquel tous obéissent et dont tous suivent les ordres, mais qui ne traite pas les forts et les faibles de manière égale et parle selon ses propres caprices.
(3) Celui qui n’ordonne pas à sa famille et à ses enfants d’obéir à Allah et ne leur enseigne pas les règles de l’islam.
(4) Celui qui exige pleinement de son employé le travail qui lui revient, mais ne lui verse pas intégralement la rémunération qui lui est due.
(5) Celui qui prive son épouse de sa dot et la maltraite. »
Hazrat Abdullah ibn Salam rapporte : « Lorsqu’Allah eut créé toutes Ses créatures pour la première fois, celles-ci demandèrent à Allah le Très-Haut : “Ô notre Seigneur, avec qui demeures-Tu ?” Allah répondit : “Avec l’opprimé, jusqu’à ce que ce qui lui est dû lui soit rendu.” »
Hazrat Wahb ibn Munabbih raconte : « Un roi puissant avait construit un palais. Un jour, une vieille mendiante vint construire une hutte à côté de ce palais et s’y installa. Plus tard, alors que le roi était monté sur le toit du palais et regardait les alentours, il aperçut la hutte et demanda : “À qui est cette hutte ?” On lui répondit : “À une pauvre vieille femme. Elle y habite.” Le roi ordonna aussitôt de démolir la hutte. La vieille femme était alors sortie mendier. Lorsqu’elle revint peu après, elle vit sa hutte détruite. Elle demanda aux habitants des environs : “Qui a démoli ma hutte ?” Ils lui apprirent que c’était le roi. La vieille femme leva la tête vers le ciel et dit : “Ô Allah ! Où étais-Tu lorsque je n’étais pas dans ma hutte ? N’as-Tu pas pu la protéger ?” Allah ordonna alors à Gabriel de détruire ce palais, et il fut aussitôt détruit. »
On raconte qu’après la chute du pouvoir du roi Khaled ibn Barmak, lorsque lui et son fils furent emprisonnés, son fils lui dit : « Père, après avoir joui d’un tel honneur et d’un tel prestige, pourquoi sommes-nous maintenant en prison ? » Khaled répondit : « Oui, mon fils. Les nuits où nous dormions paisiblement après avoir opprimé nos sujets, Allah, Lui, était éveillé et exauçait les invocations des opprimés. » Yazid ibn Hakim disait : « J’avais fait du tort à un homme. Je savais qu’il n’avait dans ce monde aucun protecteur en dehors d’Allah. Mais lorsqu’il dit : “Allah me suffit ; Allah jugera entre moi et toi”, j’eus si peur de lui que jamais, de toute ma vie, je n’avais craint quelqu’un à ce point. »
Un jour, le calife Haroun ar-Rachid fit emprisonner le poète Abou al-Atahiya. Dans la lettre que le poète lui écrivit depuis la prison, on trouvait ces vers : « Par Allah, sache que l’injustice attire un terrible malheur sur l’injuste lui-même. L’injuste est toujours mauvais. Ô injuste, lorsque nous serons réunis le Jour de la Résurrection, tu sauras qui sera véritablement blâmé. »
Un hadith rapporté dans le Sharîf de Tabarânî dit : « Lorsque l’injuste arrivera sur le pont du Sirât au Jour de la Résurrection, tous ceux qu’il aura opprimés, c’est-à-dire tous ceux dont il aura violé les droits et auxquels il aura causé du tort, viendront et lui prendront ses bonnes actions en compensation. Après que toutes ses bonnes actions auront été enlevées, des monceaux de péchés des opprimés seront placés sur ses épaules. L’injuste sera alors précipité dans le niveau le plus bas de l’Enfer. »
Dans un hadith rapporté par le Musnad d’Ahmad, le Messager (s.a.s.) dit : « Au Jour de la Résurrection, les serviteurs d’Allah seront rassemblés dans la plaine, pieds nus et nus. À ce moment-là, une voix grave retentira, que tous, proches ou éloignés, pourront entendre. Il sera dit : “Je suis le Roi suprême, Celui qui comble les besoins de tous. Il ne sera permis à aucun habitant du Paradis d’y entrer, ni à aucun habitant de l’Enfer d’y entrer, tant que je n’aurai pas vengé l’injustice qu’il aura commise, même s’il ne s’agit que d’une gifle ou d’un coup de pied. Ton Seigneur ne fait de tort à personne.” Nous demandâmes : “Ô Messager d’Allah, comment cela sera-t-il possible puisque nous serons tous pieds nus et nus ?” Le Messager (s.a.s.) répondit : “La vengeance sera accomplie par l’échange des bonnes et des mauvaises actions de chacun. Votre Seigneur n’est pas injuste.” » Dans un autre hadith, le Messager (s.a.s.) dit : « Même pour un coup de bâton, il y aura vengeance au Jour de la Résurrection. » On raconte qu’un empereur de Perse avait engagé un précepteur pour son fils. Lorsque le garçon eut suffisamment grandi, le précepteur l’appela un jour et lui infligea une sévère punition corporelle, sans raison ni faute de sa part. Le garçon resta irrité contre son précepteur et nourrissait de la colère dans son cœur. Peu de temps après, le roi mourut et le garçon monta sur le trône. Il fit alors appeler ce précepteur à la cour et lui demanda : “Pourquoi m’avez-vous puni sans raison tel jour ?” Le précepteur répondit : “Ô empereur, écoutez-moi. Lorsque j’ai vu que vous aviez grandi et que vous alliez bientôt monter sur le trône, j’ai décidé de vous faire goûter la douleur que l’on ressent lorsqu’on est frappé et opprimé sans raison, afin que vous n’opprimiez personne.” L’empereur, après avoir entendu cela, le remercia en disant : “Qu’Allah vous accorde la meilleure récompense.” Puis il congédia son ancien précepteur après lui avoir offert de nombreux présents. »
L’injustice envers l’orphelin et celle du gouvernant envers ses sujets ont déjà été abordées séparément. Nous exposons ici l’injustice des forts envers les faibles à tous les niveaux. Autrement dit, violer le droit ou le droit légitime de tout serviteur constitue une injustice. À ce propos, il convient de noter que le fait, pour une personne riche ou capable, de retarder sans raison et de tergiverser pour verser au créancier pauvre le salaire qui lui est dû ou lui remettre toute autre chose relève également de l’injustice. C’est pourquoi il est dit dans un hadith de verser au travailleur son salaire avant même que la sueur de son corps ne sèche. Le Messager (s.a.s.) a dit : « La tergiversation du riche fait partie de l’injustice. »
Dans un hadith rapporté par le Musnad d’Ahmad et at-Tirmidhî, le Messager (s.a.s.) dit : « L’invocation de l’opprimé s’élève au-dessus des nuages, et Allah dit alors : “Par Ma dignité et Ma puissance, Je te secourrai certainement, même si ce n’est qu’un peu plus tard.” » Le fait que le mari ne verse pas à son épouse la dot et la pension qui lui sont dues relève également de l’injustice. Le Messager (s.a.s.) a dit : « Le comportement tortueux du fort envers le faible, par lequel il porte atteinte à ses biens, à ses moyens et à son honneur et lui cause du tort, relève de l’injustice. »
Il est rapporté dans un hadith transmis par Ibn Mas‘ûd : « Au Jour de la Résurrection, chaque homme et chaque femme seront conduits successivement par la main et présentés devant toute l’humanité rassemblée dans la plaine de la Résurrection. Il sera dit : “Voici untel, fils ou fille d’untel. Si quelqu’un a une créance sur cette personne, qu’il vienne la recouvrer auprès d’elle.” À ce moment-là, les épouses privées de leurs droits se réjouiront et recouvreront leurs droits auprès de leur père, de leur frère ou de leur mari qui les leur aura pris. Puis il récita ce verset : “Ce jour-là, aucune relation de parenté ne sera utile et nul ne s’interrogera sur autrui.” Ce jour-là, Allah pardonnera à qui Il voudra ce qui relève de Ses propres droits, mais Il ne pardonnera pas les droits des hommes. Ensuite, l’homme ou la femme qui aura été présenté sera maintenu debout en un lieu, et il sera dit aux ayants droit : “Avancez pour prendre vos droits.” Allah dira aux anges : “Donnez à chaque ayant droit, sur les bonnes actions de cette personne, une part correspondant à son droit.” Après avoir ainsi donné à tous les ayants droit, s’il lui reste quelques bonnes actions et qu’il est, au regard de l’ensemble de ses actes, une personne aimée d’Allah, ses actes restants seront augmentés de manière à lui permettre d’entrer au Paradis. Puis il y sera admis. Mais s’il est globalement une mauvaise personne et qu’il ne lui reste plus aucune bonne action, les anges diront : “Ô Allah, toutes ses bonnes actions sont épuisées, alors qu’il reste encore de nombreux ayants droit.” Allah dira alors : “Faites porter sur lui les péchés des ayants droit et faites-le entrer en Enfer.” »
Même celui qui commet une injustice envers un non-musulman en subira les mêmes conséquences ici-bas et dans l’au-delà. De même qu’il est injuste de ne pas donner à un musulman ce qui lui revient, de lui en donner moins, de le tromper, de le duper, de lui imposer un travail dépassant ses capacités ou de prendre quelque chose lui appartenant tant qu’il ne le donne pas volontairement et de bon gré, toutes ces pratiques constituent également une injustice lorsqu’elles concernent un non-musulman. Le Messager (s.a.s.) a dit : « Au Jour de la Résurrection, je demanderai moi-même justice auprès d’Allah contre quiconque aura violé le droit d’un non-musulman ou porté atteinte à sa vie ou à ses biens. » Dans un hadith rapporté par Tabarânî, le Messager (s.a.s.) a dit : « Le premier litige qui sera porté devant le tribunal au Jour de la Résurrection concernera un mari et son épouse. L’épouse ne parlera pas, mais ses mains et ses pieds témoigneront du comportement qu’elle avait envers son mari, et les mains et les pieds du mari témoigneront du comportement, bon ou mauvais, qu’il avait envers son épouse. Ensuite, l’affaire des maîtres et de leurs serviteurs et servantes sera présentée. Aucun argent ne permettra de régler le litige. Seules les bonnes actions de l’injuste seront données à l’opprimé. Puis tous les gouvernants injustes et puissants seront amenés, liés par des chaînes de fer, et envoyés en Enfer. »
On raconte que l’éminent tâbi‘î Tâwûs al-Yamânî conseilla un jour à Hishâm ibn ‘Abd al-Malik, souverain omeyyade : « Prenez garde au jour de la proclamation. » Hishâm demanda : « Quel jour de la proclamation ? » Tâwûs répondit : « Allah le Très-Haut a dit : “Ce jour-là, quelqu’un proclamera : ‘La malédiction d’Allah est sur les injustes !’” » Dès qu’il entendit ces paroles, Hishâm s’évanouit. Tâwûs dit alors : « Si vous êtes dans cet état en entendant la description de ce qui arrivera au Jour de la Résurrection, qu’en sera-t-il lorsque cela se produira réellement et que vous le verrez de vos propres yeux ? »
En plus de l’injustice elle-même, l’islam a également interdit avec rigueur de soutenir l’injustice et de rester proche des injustes. Allah dit dans la sourate Hûd : « Ne vous rangez pas du côté des injustes, sinon le Feu vous touchera. » Hadrat Ibn ‘Abbâs dit dans son commentaire : cela signifie : ne leur portez pas un amour sincère et total, ne leur parlez pas avec douceur et humilité, et ne gardez pas d’amitié avec eux. As-Suddî dit : cela signifie ne faites pas de compromis avec les injustes. ‘Ikrima dit : cela signifie ne leur obéissez pas. Abû al-‘Âliya dit : cela signifie n’acceptez pas avec satisfaction les agissements des injustes.
Dans la sourate as-Saffat, Allah dit : « Rassemblez ceux qui commettent l’injustice ainsi que leurs acolytes. » Autrement dit, leurs auxiliaires et leurs suiveurs subiront eux aussi le même sort. Dans un hadith, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Celui qui prendra le parti d’un oppresseur tout en sachant qu’il est oppresseur sortira de l’islam. » Dans un autre hadith, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « De nombreux dirigeants apparaîtront ; ils auront beaucoup de partisans, et ces partisans opprimeront les gens et répandront des mensonges. Celui qui les fréquentera, soutiendra leurs mensonges et les aidera dans leur oppression, je ne suis pas des siens et il n’est pas des miens. Quant à celui qui se tiendra à distance d’eux et ne les aidera pas dans leur oppression, il est des miens et je suis des siens. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui aidera un oppresseur se verra imposer un oppresseur, quel qu’il soit. » Saïd ibn al-Musayyib (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Lorsqu’il regarde le dirigeant oppresseur et ses acolytes, qu’il les regarde avec indignation et mécontentement au fond du cœur ; sinon, il est à craindre que vos bonnes œuvres ne soient réduites à néant. » Makhoul al-Dimashqi a dit : « Le Jour de la Résurrection, lorsque l’oppresseur et ses acolytes seront appelés, celui qui remplissait d’encre le calame de l’oppresseur, qui préparait son calame, ou qui l’aidait par de petites tâches de ce genre ou par des tâches plus importantes, ne sera pas épargné. Tous les auxiliaires seront enfermés dans une caisse de feu et jetés en Enfer. »
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit dans un hadith : « Ceux qui parcouraient les rues armés pour le compte de dirigeants oppresseurs et frappaient injustement les gens pour leur plaire seront les premiers à entrer en Enfer. » Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : « Les acolytes des oppresseurs seront les chiens de l’Enfer. »
Dans un autre hadith, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Lorsque des gens sont injustement torturés ou tués en un lieu, qu’aucun de vous ne reste dans cet endroit. En effet, la malédiction d’Allah s’abat sur ceux qui demeurent dans ce lieu sans empêcher l’oppression. » (At-Tabarani)
Dans un autre hadith, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Après qu’un homme sera placé dans la tombe, les anges lui diront : “Nous allons te donner cent coups de bâton.” L’homme les suppliera longuement et implorera leur clémence. On ne lui donnera alors qu’un seul coup de bâton. Puis la tombe se remplira de feu. L’homme demandera : “Pour quelle raison m’avez-vous frappé ?” Ils répondront : “Parce que tu avais accompli une prière sans avoir effectué les ablutions, et qu’une personne était opprimée sur ton chemin, mais que, bien que tu en eusses le pouvoir, tu ne l’as pas aidée.” » Il est véritablement préoccupant de constater que si tel est le sort de celui qui, malgré son pouvoir, n’aide pas l’opprimé, quel sera alors le sort de celui qui commet lui-même l’oppression ?
Dans un hadith rapporté par Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, le Messager a dit : « Aidez votre frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé. » Les Compagnons dirent : « Ô Messager d’Allah ! Nous comprenons qu’il faut aider l’opprimé, mais comment aider l’oppresseur ? » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Empêchez-le de commettre l’oppression. C’est ainsi que vous l’aidez. »
On raconte qu’un jour, un derviche vit en rêve, quelque temps après sa mort, l’un des auxiliaires de fonctionnaires gouvernementaux tyranniques, dans un état de détresse extrême. Il lui demanda : « Comment vas-tu après ta mort ? » Celui-ci répondit : « Je suis dans une situation insupportable. Je subis le châtiment d’Allah. » Il lui demanda : « Où sont tes maîtres, c’est-à-dire les fonctionnaires gouvernementaux tyranniques ? » Il répondit : « Ils sont dans une situation encore plus terrible que la mienne. » Puis il ajouta : « N’as-tu pas lu ce verset : “Les oppresseurs sauront bientôt quel sort leur est réservé” ? »
Un historien a également rapporté un autre récit à ce sujet. Il raconte : « Un jour, je vis un homme dont un bras avait été amputé depuis l’épaule. Il criait à haute voix : “Que ceux qui me voient ne commettent jamais d’injustice envers personne !” Je m’approchai de lui et lui demandai : “Que t’est-il arrivé, mon frère ?” Il répondit : “Une chose extraordinaire s’est produite. J’étais le garde d’un homme tyrannique. Un jour, je vis un pêcheur emporter un gros poisson. En voyant ce poisson, je fus saisi d’une grande convoitise ; je frappai le pêcheur et lui pris son poisson. Je rentrais joyeusement chez moi avec le poisson lorsqu’il mordit soudain mon pouce avec une force terrible. Arrivé chez moi, je jetai violemment le poisson à terre. Cette nuit-là, je ne pus dormir à cause de la douleur. Le lendemain matin, je constatai que mon pouce avait énormément enflé. Je me rendis rapidement chez un médecin. Il m’annonça qu’il fallait amputer le pouce, sinon toute la main serait ensuite atteinte. Il fallut donc couper le pouce. Mais même cela ne soulagea pas la douleur. Je retournai chez le médecin. Cette fois, il m’amputa toute la paume et la banda. Mais cela non plus ne me soulagea pas.”
« Peu à peu, il fallut amputer tout mon bras. Ensuite, un homme, après avoir entendu toute mon histoire, me conseilla d’aller demander pardon au propriétaire du poisson ; il m’avertit que, sinon, mon corps tout entier pourrait être atteint par la maladie. Après de longues recherches, je retrouvai le pêcheur. Je lui rappelai tout ce qui s’était passé auparavant, puis je le suppliai, en lui saisissant les pieds, de me pardonner. À présent, le reste de mon corps est en bonne santé, car ce pêcheur m’a pardonné et a retiré la malédiction qu’il avait prononcée contre moi. »
En vérité, l’oppression exercée sur les gens est un péché si terrible que sa punition commence, d’une manière ou d’une autre, dès la vie terrestre, bien que beaucoup ne s’en rendent pas compte. Le moyen efficace de s’en préserver consiste à se consacrer à la bienfaisance et au service de la communauté, à se retenir de la cupidité, de l’envie et de la colère, et à se satisfaire de tout ce que l’on possède, acquis licitement. Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui se satisfait de son destin et ne convoite pas ce que possèdent les autres goûte véritablement à la foi.
28. Extorquer des contributions par la force
C’est également une forme d’injustice. Cela fait aussi partie de l’injustice évoquée dans le verset suivant du Noble Coran :
« Seuls ceux qui oppriment les gens et se rebellent injustement sur terre doivent être sanctionnés. Un châtiment douloureux leur est réservé. » (Ach-Chûrâ)
Ceux qui extorquent des contributions par la force sont eux-mêmes des oppresseurs et les plus grands soutiens des oppresseurs. Les contributions qu’ils perçoivent ne leur sont pas dues, pas plus que la manière dont ils les dépensent n’est licite.
C’est pourquoi le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui perçoit illégalement des contributions n’entrera pas au Paradis. » (Abû Dâwûd)
La raison en est que celui qui extorque des contributions opprime et exploite les serviteurs d’Allah. Il leur arrache l’argent gagné au prix de leurs efforts. De telles personnes ne pourront pas, le Jour de la Résurrection, restituer aux opprimés ce qui leur revient. Si elles possèdent quelque bonne œuvre acceptée, elles devront la leur céder. Sinon, elles iront en Enfer en portant sur leurs épaules le fardeau des péchés des opprimés.
Un hadith à ce sujet a déjà été cité. Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Le véritable pauvre parmi les membres de ma communauté est celui qui, le Jour de la Résurrection, se présentera nanti de nombreuses prières, de jeûnes, du pèlerinage et de la zakat
Mais il aura insulté quelqu’un, frappé quelqu’un ou usurpé les biens d’autrui. Alors, ses bonnes œuvres seront distribuées une à une à toutes ces personnes lésées. Lorsque ses bonnes œuvres seront épuisées, les péchés des opprimés seront chargés sur lui, puis il sera jeté en Enfer.
Dans le hadith où est relatée la lapidation à mort d’une femme adultère, le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) dit : « Cette femme s’est repentie d’une manière telle que, si celui qui extorque des contributions s’était repenti de la même façon, ses péchés lui auraient également été pardonnés. » Cela montre combien cet acte est un péché grave et terrible. En vérité, extorquer de l’argent s’apparente au brigandage et au banditisme. Celui qui extorque des contributions, celui qui l’aide, celui qui les écrit et celui qui en est témoin sont tous également responsables de ce péché. Ils se nourrissent tous de biens haram.
Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Le morceau de chair qui provient de biens haram est voué à l’Enfer. »
L’imam Wahidi (rahimahullah), dans son commentaire du verset : « Ô Prophète, dis : Le pur et l’impur ne sont pas égaux », a inclus parmi les choses impures celles qui sont obtenues par extorsion. Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Les biens d’autrui ne deviennent licites que si celui-ci les donne de son plein gré. » Un jour, Hazrat Jabir (radiyallahu anhu) vint trouver le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) et lui dit : « Ô Messager, je faisais le commerce du vin. Il me reste une somme importante d’argent liquide épargnée grâce à ce commerce. Si je l’utilise pour accomplir un acte d’adoration envers Allah ou une bonne œuvre, cela me sera-t-il utile ? »
Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) répondit : « Si tu utilises cet argent pour le hajj, le jihad ou la sadaqa, il n’aura auprès d’Allah pas même la valeur de l’aile d’une mouche. Allah n’accepte rien d’autre que les biens purs. » C’est alors qu’Allah révéla, pour confirmer cette parole : « Ô Prophète ! Dis : Le pur et l’impur ne sont pas égaux, même si l’abondance de l’impur t’émerveille. » L’imam Ata et Hasan al-Basri disent que le pur et l’impur désignent respectivement le halal et le haram.
Exhortation : Réfléchissez à ceci : où sont aujourd’hui ceux qui, après avoir pillé les biens des gens par la force, ont vécu dans de hauts palais semblables à des forteresses afin d’échapper à la colère populaire, ceux qui ont construit d’agréables jardins fleuris et mené une vie de grand luxe, ceux qui ont occupé sur terre les trônes de l’honneur et du pouvoir ? Tous leurs efforts et tous leurs rêves de demeurer éternellement sur terre ont été réduits à néant. Aujourd’hui, ils commencent à subir les conséquences de leurs actes. Celui qui, en méditant sur cette destinée, se purifie en abandonnant pour toujours la voie de l’oppression, de la persécution et de l’appropriation des biens d’autrui est véritablement doué de discernement. Celui qui veut se purifier doit considérer comme une occasion en or les quelques jours qui lui restent à vivre.
29. Manger du haram, acquérir des biens par toute voie haram et en jouir ou en prendre possession
Dans le Noble Coran, Allah dit : « Ne consommez pas illégalement les biens les uns des autres. » Hazrat Ibn Abbas dit que cela signifie établir sa possession sur le bien d’autrui au moyen de serments mensongers et infondés. L’acquisition illégale, c’est-à-dire par des voies haram, peut prendre deux formes. Premièrement : par l’usage total de la force et de l’oppression, comme le détournement, l’enlèvement, l’usurpation, l’appropriation par trahison de biens confiés, le vol, le brigandage, etc. Deuxièmement : par les jeux, la ruse, la tromperie, etc. Gagner de l’argent par la loterie et les jeux de hasard relève également de cette catégorie. Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari que le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Il existe des gens qui interviennent injustement dans les biens des serviteurs d’Allah. L’Enfer leur est réservé le Jour de la Résurrection. » Il est rapporté dans le Sahih Muslim que le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Un homme, au cours d’un long voyage, les cheveux ébouriffés et le corps couvert de poussière, lève les mains vers le ciel et invoque : “Ô Seigneur ! Ô Seigneur !”, alors que ce qu’il mange est haram, ce qu’il boit est haram, ce qu’il porte est haram et qu’il s’est nourri de haram. Comment son invocation pourrait-elle être exaucée ? » Hazrat Anas (radiyallahu anhu) dit : « Je demandai : Ô Messager, invoque Allah afin que mon invocation soit exaucée. » Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) répondit : « Ô Anas, garde tes revenus halal et ton invocation sera exaucée. Sache que si quelqu’un met en bouche ne serait-ce qu’une bouchée de nourriture haram, son invocation ne sera pas exaucée pendant quarante jours. »
Al-Bayhaqi rapporte que le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « De même qu’Allah a réparti entre vous vos moyens de subsistance, Il a réparti entre vous vos dispositions et vos caractères. Il donne les biens de ce monde à celui qu’Il aime comme à celui qu’Il n’aime pas. Mais les biens de la religion, c’est-à-dire de l’au-delà, Il ne les donne qu’à celui qu’Il aime. Celui à qui Allah a accordé la religion doit comprendre qu’Il l’aime. Si un serviteur acquiert des biens haram et les dépense pour ses propres besoins, il n’en tirera ni bénédiction ni bien. S’il en fait don à autrui, ce don ne sera pas non plus accepté ; et ce qu’il en laissera dans ce monde deviendra pour lui une provision destinée à l’Enfer. Allah ne repousse pas le mal par le mal ; Il repousse le mal par le bien. » (Musnad Ahmad)
Hazrat Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « La terre est douce et verdoyante. Celui qui y acquiert des biens halal et les dépense de manière juste, Allah lui accordera une excellente récompense et le fera entrer au Paradis. Quant à celui qui acquiert des biens haram et les dépense de manière injuste, Allah le reléguera dans un lieu humiliant. Et ceux qui s’emparent de biens haram brûleront dans le feu au Jour de la Résurrection. »
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Celui qui ne se soucie pas de la provenance de ses biens, Allah Tout-Puissant ne se souciera pas par quelle porte Il le fera entrer en Enfer. »
Hazrat Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée) a dit : « Pour un musulman, manger de la terre vaut mieux que manger une chose haram. » (Musnad Ahmad)
Hazrat Yusuf ibn Asbat (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Lorsqu’un jeune homme se consacre à l’adoration, Satan dit à ses compagnons : “Cherchez ce que cet homme mange ! S’il mange du haram, laissez-le se fatiguer autant qu’il veut dans l’adoration, ne l’en empêchez pas. Il suffit à lui seul pour détruire son adoration. Tant qu’il persiste à manger du haram, son adoration ne lui sera d’aucune utilité.” Cette parole est confirmée par le hadith de Sahih Muslim cité précédemment. Il est rapporté dans un hadith qu’un ange proclame chaque nuit et chaque jour à Bayt al-Maqdis : “Allah n’accepte aucune œuvre obligatoire ni surérogatoire de celui qui mange du haram.” Abdullah ibn al-Mubarak a dit : “Je préfère donner cent mille pièces plutôt que d’accepter un seul dirham douteux.” Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Lorsque celui qui dépense de l’argent haram arrive en disant : “Labbaik” (Seigneur, me voici), un ange lui dit : “Ton labbaik n’est pas accepté. Ton pèlerinage t’est rejeté au visage.” » (Tabarani)
Il est rapporté dans le Musnad Ahmad que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui achète un vêtement pour dix dirhams, dont un dirham a été acquis de manière illicite, ne verra pas sa prière acceptée tant qu’il portera ce vêtement. » L’imam Wahb ibn al-Ward a dit : « Même si tu es engagé comme combattant ou comme sentinelle sur le champ du jihad, cela ne te sera d’aucune utilité tant que tu ne veilleras pas à savoir si ce que tu manges est halal ou haram. » Hazrat Ibn Abbas a dit : « Allah n’accepte pas la prière de celui qui se nourrit de haram jusqu’à ce qu’il se repente auprès d’Allah et revienne à un gain licite. » Hazrat Sufyan al-Thawri a dit : « Celui qui accomplit une bonne action avec de l’argent haram est semblable à celui qui lave un vêtement avec de l’urine. Un vêtement ne devient pur qu’avec de l’eau purifiante. De même, l’expiation des péchés n’est possible qu’avec un gain halal. »
Hazrat Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : « Par crainte de tomber dans le haram, nous renoncions à neuf dixièmes des biens halal. »
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Le corps qui s’est développé et s’est engraissé en mangeant du haram n’entrera pas au Paradis. » (Tirmidhi)
Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari que Hazrat Abu Bakr avait un esclave. Celui-ci demanda à être affranchi à condition de verser une certaine somme à Hazrat Abu Bakr comme prix de sa liberté, et ce dernier accepta. Ensuite, l’esclave lui apportait chaque jour une partie de la somme due pour son affranchissement. Hazrat Abu Bakr lui demandait comment il l’avait gagnée. S’il donnait une réponse satisfaisante, il l’acceptait et en profitait ; sinon, il ne l’acceptait pas. Un jour, l’esclave lui apporta de la nourriture le soir. Ce jour-là, Hazrat Abu Bakr jeûnait. Il oublia donc de l’interroger sur la provenance de cette nourriture et en mangea une bouchée.
Puis il lui demanda comment il s’était procuré cette nourriture. L’esclave répondit : « À l’époque de la Jahiliyyah, je pratiquais la divination pour les gens. Je ne savais pas bien prédire ; je ne faisais que les tromper. Cette nourriture a été achetée avec l’argent gagné par cette divination. » Hazrat Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) s’écria : « Quel désastre ! Tu as failli me mener à ma perte. » Puis il introduisit ses doigts dans sa gorge pour essayer de vomir, mais la nourriture ne sortit pas. Les personnes présentes lui dirent que, s’il ne buvait pas d’eau, la nourriture ne sortirait pas. Il demanda alors de l’eau et, en buvant de l’eau à plusieurs reprises, il fit sortir de son estomac tout ce qu’il avait ingéré. Les gens lui dirent : « Qu’Allah vous fasse miséricorde ! Est-ce pour une seule bouchée que vous avez fait tout cela ? » Hazrat Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) répondit : « Même si j’avais dû mourir pour faire sortir cette nourriture, je l’aurais tout de même fait sortir. Car j’ai entendu le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : “Pour le corps qui s’est constitué de nourriture haram, le feu de l’Enfer est préférable.” »
« Je craignais donc qu’une partie de mon corps ne se soit constituée de cette seule bouchée. » Les savants érudits ont dit : « L’extorsion d’argent, la trahison, le vol, la tromperie et la fraude, l’usure et l’intermédiation dans l’usure, le faux témoignage, le détournement d’un prêt, la corruption, la fraude dans les mesures et les poids, la vente d’une marchandise en dissimulant ses défauts, les jeux de hasard, la magie, la divination astrologique, le dessin et la photographie d’images, l’adultère, les lamentations professionnelles pour les morts, le fait de prendre une commission auprès de l’acheteur sans l’autorisation du vendeur, le fait de rechercher une marchandise pour l’acheteur en échange d’argent, la vente d’une personne libre, les biens gagnés par la vente de vin et de porc, ainsi que les biens d’un orphelin enlevés par la force : tout cela constitue des biens haram. »
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Au Jour de la Résurrection, certaines personnes se présenteront avec des œuvres bonnes grandes comme la montagne de Tihama. Mais Allah les transformera aussitôt en poussière et les dispersera. On demanda au Messager : “Ô Messager, comment cela sera-t-il possible ?” Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “Ces gens priaient, jeûnaient, acquittaient la zakat et accomplissaient le hajj. Mais chaque fois qu’ils entraient en contact avec quelque chose de haram, ils s’y adonnaient immédiatement. C’est pourquoi Allah a annulé toutes leurs bonnes œuvres.” » (Tabarani)
Il est rapporté qu’après avoir vu en rêve un homme pieux, quelqu’un lui demanda quelle était sa situation. Il répondit : « Je ne subis aucun châtiment. Toutefois, mon entrée au Paradis est suspendue parce que, durant ma vie terrestre, j’ai emprunté une aiguille et ne l’ai pas rendue. »
Conseil : en gardant constamment à l’esprit le châtiment rigoureux et inéluctable de l’au-delà, il convient de se tenir à l’écart de tout ce qui est interdit.
30. Mentir
Allah Tout-Puissant dit dans le Noble Coran : « Que la malédiction soit sur les menteurs. » (Al-Baqara) Il dit également : « Allah Tout-Puissant ne guide pas le menteur gaspilleur. » (Al-Mu’min)
Il est rapporté dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim que le Messager ﷺ a dit : « La véracité conduit l’homme à la droiture, et la droiture conduit au Paradis. Lorsqu’une personne ne cesse de dire la vérité et de rechercher la voie de la vérité, elle finit par être inscrite auprès d’Allah comme siddiq, c’est-à-dire “d’une véracité parfaite”. Quant au mensonge, il conduit l’homme à la dépravation, et la dépravation conduit à l’Enfer. Lorsqu’une personne ne cesse de mentir et de rechercher la voie du mensonge, elle finit par être inscrite auprès d’Allah comme “menteur”. »
Il est également rapporté dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim que le Messager ﷺ a dit : « Trois choses sont les signes de l’hypocrite, même s’il prie et jeûne autant qu’il veut et se prétend musulman :
– lorsqu’il parle, il ment ;
– lorsqu’il promet, il manque à sa promesse ;
– lorsqu’on lui confie un dépôt, il le trahit. »
On trouve dans un autre hadith rapporté par Sahih al-Bukhari que le Messager ﷺ a dit : « Celui qui possède ces quatre défauts est un hypocrite authentique. Et celui qui en possède un seul gardera en lui un signe d’hypocrisie jusqu’à ce qu’il y renonce : trahir un dépôt, manquer à sa promesse, mentir et proférer des insultes lors d’une dispute. » Dans le long hadith rapporté par Sahih al-Bukhari au sujet du rêve du Messager ﷺ, celui-ci dit notamment : « Nous arrivâmes auprès d’un homme étendu. Nous vîmes un homme debout à ses côtés qui, avec un instrument de fer, lui déchirait une fois la mâchoire et l’œil du côté droit jusqu’à l’arrière. Puis, chaque fois qu’il lui déchirait pareillement le côté gauche, le côté droit redevenait comme auparavant. Lorsqu’il lui déchirait de nouveau la mâchoire du côté droit, le côté gauche guérissait. Je demandai : “Qui est cet homme ?” Les deux anges qui m’accompagnaient répondirent : “Il sortait de chez lui, lançait un faux bruit, et celui-ci se répandait partout.” »
Dans un autre hadith, le Messager ﷺ a dit : « Le croyant peut avoir dans son caractère toutes sortes de défauts, mais il ne peut avoir le mensonge ni la trahison. » Le Messager ﷺ a dit : « Ne nourrissez pas de mauvaise opinion à l’égard de quiconque, car la mauvaise opinion est le plus abject des mensonges. » (Sahih al-Bukhari et Muslim) Il est rapporté dans un hadith de Muslim que le Messager ﷺ a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah Tout-Puissant ne parlera pas à trois personnes, ne les regardera pas et ne les purifiera pas de leurs péchés : le vieillard adultère, le gouvernant menteur et le pauvre orgueilleux. »
Dans un hadith du Musnad d’Ahmad, le Messager ﷺ a dit : « Périsse, périsse, périsse celui qui ment pour faire rire les gens. » Parmi les mensonges, le plus grave est le faux serment. Dans la sourate Al-Munafiqun, Allah Tout-Puissant l’a qualifié de trait des hypocrites. Il a dit : « Les hypocrites prêtent sciemment de faux serments. » (Voir le 26e péché majeur.) Dans des hadiths rapportés par Abu Dawud, At-Tirmidhi, An-Nasa’i et Al-Bayhaqi, le Messager ﷺ a dit : « Allah Tout-Puissant ne parlera pas à trois personnes le Jour de la Résurrection. Il ne les purifiera pas et un châtiment rigoureux leur sera réservé : l’homme qui possède un surplus d’eau mais en interdit l’usage au voyageur ; celui qui prête un faux serment à l’acheteur en lui disant : “J’ai acheté ceci à tel prix”, puis l’acheteur, le croyant, l’achète à un prix supérieur, alors qu’en réalité il ne l’a pas acheté à ce prix ; et celui qui promet de se montrer loyal envers un dirigeant pour un intérêt purement mondain, puis lui obéit lorsque le dirigeant lui accorde cet avantage, mais ne lui obéit pas autrement. » Le Messager ﷺ a également dit : « Mentir à celui qui te croit véridique est la pire des trahisons. »
Le Messager ﷺ a également dit : « La plus grande falsification envers Allah consiste, pour quelqu’un, à prétendre avoir vu ce qu’il n’a pas vu. » C’est-à-dire qu’il dit : “J’ai vu ceci en rêve”, alors qu’il ne l’a pas vu. Hudhayfa ibn Mas‘ud a dit : lorsqu’un serviteur persiste à mentir, une tache noire apparaît d’abord dans son cœur ; puis cette tache grandit jusqu’à ce que tout son cœur devienne noir. Alors il est inscrit auprès d’Allah parmi les menteurs.
Ainsi, sauf dans les cas où un bienfait clair et précis est en jeu, aucun musulman ne devrait jamais mentir, quelle que soit la situation. Il devrait soit dire la vérité, soit garder le silence. Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien, ou qu’il se taise. » Ce hadith montre clairement qu’il ne faut pas prononcer une parole si son utilité n’est pas manifeste. Hazrat Abû Mûsâ (qu’Allah l’agrée) dit : J’ai demandé : « Ô Messager d’Allah, quel est le meilleur parmi les musulmans ? » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Celui dont la langue et la main ne causent aucun tort aux autres musulmans. » (Boukhari, Muslim, Tirmidhi, Nasâ’î)
Dans un autre hadith, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui prononce sciemment une parole interdite sera précipité dans les profondeurs de l’Enfer, à une distance plus grande que celle qui sépare l’extrémité orientale de la terre de son extrémité occidentale. » Il convient de préciser que, pour sauver la vie d’une personne, apaiser un conflit entre deux parties ou empêcher la rupture d’un couple, il n’est pas seulement permis de mentir : dans certains cas, cela devient même obligatoire. Cependant, même dans de telles circonstances, il vaut mieux employer des paroles ambiguës plutôt que de proférer un mensonge manifeste. Ainsi, lorsqu’un homme interrogea Hazrat Abû Bakr au sujet du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), alors qu’ils se rendaient à la grotte de Thawr, en demandant : « Qui est cet homme ? », Abû Bakr répondit : « C’est mon guide. » Un sage a dit : « L’être humain possède environ huit mille défauts de caractère. Mais une seule qualité peut les dissimuler tous : la maîtrise de la parole. Et une autre qualité peut les éliminer tous : la véracité. »
31. Malhonnêteté et corruption dans l’administration de la justice
Allah Tout-Puissant dit dans la sourate Al-Mâ’idah : « Ceux qui ne jugent pas et ne gouvernent pas selon les règles révélées par Allah sont des injustes »… « Ceux qui ne jugent pas et ne gouvernent pas selon les règles révélées par Allah sont des mécréants. » « Ceux qui ne jugent pas et ne gouvernent pas selon les règles révélées par Allah sont des pervers. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Allah n’accepte pas la prière du juge ou du dirigeant qui ne rend pas ses décisions selon les règles révélées par Allah. (Hâkim) Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Il existe trois catégories de juges : deux d’entre elles iront en Enfer et une ira au Paradis. Le juge qui connaît la vérité et la justice et qui juge en conséquence ira au Paradis. Quant au juge qui ne sait pas ce que sont la vérité et la justice, ainsi qu’à celui qui le sait mais ne rend pas la justice, ils seront tous deux en Enfer. » On demanda : « Quelle faute a commise celui qui ne savait pas ? » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Sa faute est d’être devenu juge sans savoir. » (Hâkim, Abû Dâwûd, Tirmidhi) Hazrat Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) dit : « Celui qui est nommé juge est comme celui qu’on égorge sans couteau. »
Hazrat Fudayl ibn Iyâd dit : « Un juge devrait consacrer un jour à rendre la justice et un jour à pleurer sur son propre sort. »
L’imam Muhammad ibn Wâsi‘ (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : « Le Jour de la Résurrection, les juges seront les premiers à être appelés pour rendre des comptes. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Lorsqu’un juge équitable sera confronté au jugement le Jour de la Résurrection, il regrettera, en voyant la rigueur du compte, de ne pas s’être abstenu de trancher même un seul litige concernant une datte entre deux personnes. »
Hazrat Alî (qu’Allah l’agrée) dit : J’ai entendu le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire que, le Jour de la Résurrection, chaque dirigeant et chaque juge sera placé devant Allah sur le pont Sirât, et que son registre secret d’œuvres sera lu devant toute l’humanité. Ensuite, s’il est reconnu comme un juge équitable, Allah le sauvera ; sinon, il tombera en Enfer avec le pont Sirât.
32. Consommer des pots-de-vin
Allah le Très-Haut dit : « Ne vous appropriez pas injustement les biens les uns des autres et ne portez pas vos biens aux gouvernants afin de pouvoir consommer injustement une partie des biens des gens, alors que vous savez. » Autrement dit, ne cherchez pas à vous approprier les biens d’autrui en donnant des pots-de-vin aux gouvernants, alors que vous savez pourtant qu’une telle pratique n’est pas licite.
Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Allah a maudit à la fois celui qui donne un pot-de-vin et celui qui en reçoit. » Les imams sont unanimes pour dire que la malédiction ne frappe celui qui donne un pot-de-vin que lorsqu’il cherche, par ce moyen, à nuire à autrui ou à obtenir un avantage auquel il n’a pas droit. Mais s’il donne un pot-de-vin, faute d’autre moyen, pour obtenir un bien ou un droit qui lui revient légitimement, ou pour se protéger contre l’injustice de quelqu’un, alors la malédiction ne le frappe pas. Dans le hadith rapporté à ce sujet par Abou Dâwoud et at-Tirmidhi, la troisième personne qui aide celui qui donne le pot-de-vin et celui qui le reçoit est également comptée parmi les maudits. Si cette personne a été mandatée par celui qui donne le pot-de-vin, sa situation, lorsqu’il s’agit d’obtenir un droit légitime ou de se protéger contre l’injustice, sera la même que celle de ce dernier, et elle ne méritera pas la malédiction. Dans le cas contraire, elle la méritera. Toutefois, pour le gouvernant, le fait de donner ou de recevoir un pot-de-vin est absolument illicite, que ce soit pour porter atteinte au droit de quelqu’un ou pour repousser une injustice.
Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui intercède en faveur de quelqu’un, puis reçoit de celui pour qui il a intercédé un cadeau ou un présent, s’il accepte ce cadeau, cela relève d’une forme majeure de consommation de l’usure. » Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) a dit : « Si, après avoir satisfait le besoin de ton frère, tu acceptes de lui un cadeau, ce sera illicite. » (Il convient de préciser que lorsqu’une personne est employée et rémunérée pour accomplir une tâche, puis qu’après avoir exécuté une tâche relevant de ses fonctions elle reçoit une contrepartie de la personne pour laquelle elle l’a accomplie, cela constitue unanimement un pot-de-vin, qu’on l’appelle cadeau, présent, don ou gratification. En revanche, si la tâche dépasse ses responsabilités et est accomplie en dehors de ses heures de travail, la rémunération ou le paiement qu’elle reçoit à ce titre ne constitue pas un pot-de-vin. — Le traducteur.)
Il est rapporté qu’un jour, à Beyrouth, un chrétien rencontra l’imam al-Awzaï et se plaignit que le gouverneur de Baalbek lui avait injustement imposé un impôt excessif. Il lui demanda d’écrire une lettre de recommandation afin de remédier à cette injustice et lui offrit une bouteille de miel en cadeau. L’imam al-Awzaï lui dit : « Je vais écrire la lettre et je te rendrai la bouteille de miel. » L’homme repartit avec la bouteille de miel et la lettre et, à la demande de l’imam, le gouverneur de Baalbek réduisit de trente dirhams le montant de son impôt.
33. Adopter, pour les femmes, une tenue ressemblant à celle des hommes et, pour les hommes, une tenue ressemblant à celle des femmes
Il est rapporté dans le Sahih al-Boukhari, Abou Dâwoud, at-Tirmidhi, an-Nasaï et Ibn Majah, d’après Ibn Abbas, que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Allah a maudit les hommes qui adoptent une tenue ressemblant à celle des femmes et les femmes qui adoptent une tenue ressemblant à celle des hommes. » Il faut noter que l’imitation, par les hommes, de la voix des femmes, et par les femmes, de la voix des hommes, est également comprise dans cette interdiction.
Ainsi, lorsqu’une femme porte, à l’instar d’un homme, des vêtements moulants ou transparents, qui laissent découvertes les parties du corps devant être couvertes, elle imite les hommes et mérite la malédiction. Si son mari approuve son comportement et ne l’en détourne pas, il méritera lui aussi la malédiction. En effet, il lui est ordonné de maintenir son épouse dans l’obéissance aux commandements d’Allah et de l’empêcher de Lui désobéir. Allah a dit : « Ô vous qui croyez ! Préservez-vous, ainsi que vos familles, du Feu… » C’est-à-dire : enseignez-leur la bonne conduite, ordonnez-leur d’obéir à Allah et empêchez-les de Lui désobéir, tout comme cela est nécessaire pour vous-mêmes. En outre, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Vous êtes tous responsables, et chacun de vous est responsable de ceux qui sont sous son autorité. L’homme est responsable de sa famille et il en sera interrogé le Jour de la Résurrection. » (Sahih al-Boukhari et Muslim.) Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également dit : « Lorsque les hommes se soumettront aux ordres de leurs épouses, les hommes périront. »
Ce hadith montre que le fait, pour une femme, d’exercer l’autorité relève également de l’imitation des hommes, et que le fait, pour un homme, de se soumettre aux ordres d’une femme relève de l’imitation des femmes. Le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Deux catégories de personnes seront vouées à l’Enfer : celles qui frappent les gens avec des fouets semblables à des queues de vache, et les femmes qui portent des vêtements si transparents que la couleur de leur corps est visible à travers eux et qui marchent en se balançant avec une démarche d’orgueil. Ces femmes ne sentiront même pas le parfum du Paradis, bien qu’il puisse être perçu de très loin. » (Sahih Muslim.) Il est rapporté d’après Nafi‘ (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, Ibn Omar et Abdallah ibn Amr se trouvaient auprès de Zoubayr.
Dans ces circonstances, une femme s’avança, portant un arc autour du cou et poussant devant elle un troupeau de moutons. Abdallah ibn Umar lui demanda : « Es-tu un homme ou une femme ? » Elle répondit : « Une femme. » Il se tourna alors vers Abdallah ibn Amr, qui dit : « Allah, par la bouche de Son Prophète, a maudit les femmes qui cherchent à ressembler aux hommes et les hommes qui cherchent à ressembler aux femmes. » Il ressort de cela que, pour les femmes, adopter une profession masculine, se déplacer et travailler de manière masculine sans respecter le voile constitue une ressemblance avec les hommes. En revanche, il leur est permis d’exercer une profession et de travailler tout en respectant le voile.
Parmi les actes pour lesquels les femmes sont maudites figurent le fait d’exhiber la beauté de leur corps et leurs bijoux lorsqu’elles sortent, de se parfumer le corps ou les vêtements, ainsi que de porter des vêtements moulants et transparents qui ne couvrent pas les parties intimes et ne préservent pas la pudeur. Tout cela relève du tabarruj, que Allah et Son Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ont sévèrement condamné. C’est parce que la plupart des femmes s’y adonnent que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « J’ai vu l’Enfer durant la nuit de l’Ascension, et j’ai constaté que la majorité de ses habitants étaient des femmes. » Il a également dit : « Je n’ai laissé derrière moi aucune chose plus nuisible aux hommes que les femmes. »
34. Tolérer l’obscénité et la débauche au sein de sa propre famille
Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Trois personnes n’entreront pas au Paradis : celui qui désobéit à ses parents, le dayyûth, c’est-à-dire celui qui tolère l’obscénité et la débauche au sein de sa famille, et la femme qui adopte un comportement masculin. » Selon une narration d’an-Nasâ’î, le Messager d’Allah a dit : « Allah a interdit le Paradis à trois personnes : celui qui boit de l’alcool, celui qui désobéit à ses parents et celui qui tolère l’obscénité et la débauche dans sa propre famille. »
On ne qualifiera pas de dayyûth l’homme qui soupçonne sa propre épouse de se livrer à l’obscénité, mais qui ne possède aucune preuve manifeste et ne peut rien lui dire en raison de l’amour qu’il lui porte, ou qui fait preuve de laxisme parce qu’il est tellement endetté envers son épouse qu’il est incapable de rembourser, parce qu’il est redevable d’une dot très élevée, ou parce qu’il craint que son épouse ne saisisse le tribunal pour réclamer la pension alimentaire de leurs nombreux jeunes enfants. En revanche, celui qui n’éprouve aucune aversion pour l’obscénité et n’oblige pas son épouse et ses enfants à respecter les prescriptions islamiques, notamment le voile, ne connaîtra aucun bien ici-bas ni dans l’au-delà et sera considéré comme un dayyûth.
[Il convient de préciser que, si l’on met de côté les quelques situations exceptionnelles mentionnées ci-dessus, un homme exerce généralement sur son épouse et ses enfants une autorité absolue et une domination exclusive, comparables dans une certaine mesure au pouvoir souverain de l’État. En tant que père et époux, il a le droit d’obtenir de ses enfants et de son épouse une obéissance presque inconditionnelle et sans réserve, conformément à la fois aux règles de la charia et aux usages sociaux. C’est pourquoi, dans ce cadre d’autorité absolue, afin qu’il use de son pouvoir pour maintenir sa famille dans la bonne voie, le Saint Coran lui ordonne : « Préservez-vous, vous-mêmes et vos familles, du Feu de l’Enfer. » Ceux qui font preuve de laxisme à cet égard sont appelés dayyûth. S’il fait preuve de laxisme concernant le voile au sein de sa famille ou les autres prescriptions de la charia, le chef de famille lui-même en sera tenu responsable et sera considéré comme un dayyûth du point de vue de la charia. Traducteur]
35. Le tahlîl pour une femme divorcée
(C’est-à-dire contracter un mariage à condition de divorcer sans avoir eu de rapports conjugaux, afin que la femme divorcée redevienne licite pour son ancien époux.) Dans un hadith rapporté par an-Nasâ’î et at-Tirmidhî, Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) dit : « Le Messager d’Allah a maudit celui qui épouse une femme divorcée dans le but de la rendre licite pour son ancien époux, puis la divorce sans avoir eu de rapports conjugaux, conformément à la condition du mariage, ainsi que celui pour lequel il la rend licite. » L’imam at-Tirmidhî dit : « Umar (qu’Allah l’agrée), Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) et les juristes parmi les tâbi‘ûn agissaient conformément à ce hadith. » L’imam Ahmad a également rapporté ce hadith dans son Musnad. Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) dit : « Lorsque le Messager d’Allah fut interrogé au sujet du tahlîl, il répondit : “Non, aucun mariage n’est valable s’il n’est pas conclu de plein gré. Il ne doit y avoir aucune tromperie sous couvert de mariage.” » (C’est-à-dire qu’il ne s’agit que de feindre ou de jouer la comédie du mariage, sans réellement se marier. Cela n’est pas permis.)
Il n’y a aucune place pour tourner en dérision le Livre d’Allah. L’obligation de répudier une épouse sans avoir de relations conjugales n’est pas acceptable. Il est rapporté d’après ‘Uqba ibn ‘Amir que le Messager d’Allah a dit : « Qui vous parlerai-je du bouc loué ? » Tous dirent : « Oui, parlez-nous-en ! » Le Messager d’Allah dit alors : « C’est celui qui épouse une femme en acceptant la condition de la répudier sans avoir de relations conjugales avec elle. Allah a maudit celui qui contracte un mariage sous une telle condition ainsi que celui pour qui il contracte ce mariage. » (Ibn Maja)
Un homme demanda à Ibn ‘Umar : « J’ai épousé une femme qui a été répudiée. Je souhaite la répudier afin de la rendre licite à son ancien mari. Pourtant, son ancien mari ne me l’a pas demandé et il ne sait même pas que j’accomplis cette démarche pour lui. Quel est votre avis à ce sujet ? » Ibn ‘Umar répondit : « Tout mariage autre qu’un mariage pleinement volontaire est nul. Si tu le souhaites, tu peux la garder ; sinon, tu peux la répudier. À l’époque du Messager d’Allah, nous considérions un tel acte comme de la fornication. ‘Umar considérait ce type de mariage comme de la fornication et avait l’intention de faire lapider à mort celui qui contractait un tel mariage ainsi que celui pour qui il le contractait. Ibn ‘Umar a qualifié de fornicateurs l’époux et l’épouse, même s’ils avaient vécu vingt ans dans un mariage contracté dans le but du tahlîl. Un homme demanda à Ibn ‘Abbas : “Mon cousin a répudié sa femme trois fois d’un seul coup et le regrette maintenant.”
Ibn ‘Abbas répondit : « Il a désobéi à Allah. C’est pourquoi Allah l’a plongé dans cette situation regrettable. Il a obéi à Satan ; c’est pourquoi Satan l’a placé dans cette situation critique et ne lui en a laissé aucune issue. » L’homme demanda : « Que dire si quelqu’un entreprend de rendre son épouse licite pour lui ? » Ibn ‘Abbas répondit : « Celui qui cherche à tromper Allah, Allah le trompera. » L’éminent imam tâbi‘î Ibrâhîm an-Nakha‘î dit : « Si l’un des trois — le premier mari, la femme ou le second mari — a l’intention de pratiquer le tahlîl, le mariage conclu avec le mari suivant sera considéré comme nul, et ce mariage ne rendra pas cette femme licite pour son ancien mari. » Al-Hasan al-Basrî, Sa‘îd ibn al-Musayyab, Mâlik ibn Anas, al-Layth ibn Sa‘d, Sufyân ath-Thawrî et l’imam Ahmad sont tous d’accord sur le fait que, dans ce cas, la femme ne devient pas licite pour son ancien mari. Selon l’imam ach-Châfi‘î, si le contrat est conclu sous la condition du tahlîl, le mariage lui-même est invalide, car il est temporaire comme le mariage de jouissance, qui n’est pas conforme à la Loi religieuse. En revanche, si cette condition est mentionnée avant ou après la conclusion du contrat, et non au moment de sa conclusion, la condition est annulée et le mariage est valide.
36. Ne pas se purifier correctement après avoir uriné
Ne pas se purifier correctement après avoir uriné est à l’origine une pratique des chrétiens. Allah dit : « Purifie tes vêtements. » (sourate al-Muddaththir) Il est rapporté d’après Ibn ‘Abbas que, lorsque le Messager d’Allah passa près de deux tombes, il dit : « Les occupants de ces deux tombes subissent un châtiment. L’un d’eux colportait les propos des uns aux autres, tandis que l’autre ne se purifiait pas correctement après avoir uriné. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim)
Le Messager d’Allah a également dit : « Purifiez-vous après avoir uriné, car la plupart des châtiments de la tombe sont dus à cela. » (Ad-Daraqutni)
Celui qui ne se purifie pas correctement après avoir uriné rend impurs son corps et ses vêtements, et sa prière n’est pas valide. At-Tabarani et Ibn Abi ad-Dunya rapportent que le Messager d’Allah a dit : « Les habitants de l’Enfer subiront déjà des souffrances et des tourments indescriptibles. Mais, à cause de quatre catégories de personnes, leurs souffrances augmenteront encore. Ils se mettront alors à courir çà et là parmi l’eau bouillante et le feu, tout en souhaitant la mort et la destruction. Les habitants de l’Enfer se diront les uns aux autres : “Qui sont donc ces quatre personnes qui, en entrant en Enfer, ont accru nos tourments ?” L’un d’eux répondra : “L’un d’entre eux est enfermé dans une cage de feu ; un autre traîne ses intestins sortis de son corps ; un autre vomit sans cesse du pus et du sang par la bouche ; et un autre mange la chair de son propre corps en la mordant.” On dira ensuite à celui qui est enfermé dans la cage : “Qu’est-il arrivé à ce maudit qui a ajouté tourment sur tourment à nos souffrances ?” Il répondra : “Je suis maudit parce que je dévorais de diverses manières les biens des gens, puis je suis mort en portant toutes ces responsabilités.” On posera ensuite la même question à celui qui traîne ses intestins. Il répondra : “Je suis maudit parce que je ne prenais pas garde à l’urine et que je ne la lavais pas.” Puis on posera la même question à celui dont la bouche vomit continuellement du sang et du pus. Il répondra : “Je suis maudit parce que je prenais plaisir à écouter toute mauvaise parole et que, en rapportant les propos de l’un à l’autre, je colportais les paroles et suscitais l’inimitié.” Enfin, on posera la même question à celui qui mange la chair de son propre corps en la mordant. Il répondra : “Je suis maudit parce que je mangeais la chair des gens, c’est-à-dire que je médisais d’eux.” Qu’Allah nous protège tous de ces péchés abominables ! »
37. La riya, c’est-à-dire accomplir de bonnes œuvres afin de les montrer aux autres
Allah décrit les caractéristiques et les signes des hypocrites en disant : « Ils cherchent à être vus des gens et ne se souviennent que rarement d’Allah. » (sourate An-Nisâ)
« Malheur aux prieurs qui sont négligents dans leur prière, qui prient par ostentation et qui ne viennent pas en aide aux gens en leur donnant les choses indispensables. » (sourate Al-Mâ‘ûn) « Ô vous qui croyez ! N’annulez pas vos aumônes en les rappelant avec insistance, comme celui qui dépense par ostentation. » (sourate Al-Baqara) « Que celui qui espère rencontrer Allah accomplisse de bonnes œuvres et n’associe personne à l’adoration de son Seigneur. » (sourate Al-Kahf) Cela signifie qu’il ne faut pas accomplir l’adoration dans le but de plaire aux autres en la leur montrant.
Il est rapporté d’Abû Hurayra que le Messager ﷺ a dit : « Le Jour de la Résurrection, le jugement de trois personnes sera prononcé en premier. La première avait été martyrisée dans le sentier d’Allah. On la fera comparaître et on l’interrogera au sujet des bienfaits qu’Allah lui avait accordés. Elle reconnaîtra tous ces bienfaits. Puis on lui demandera : “Qu’as-tu fait en signe de gratitude pour tous ces bienfaits ?” Elle répondra : “J’ai combattu pour Toi et j’ai été martyrisée.” Allah dira : “Tu mens. En réalité, tu as combattu pour que les gens te qualifient de héros. Et ils t’ont effectivement qualifié de héros.” Puis l’ordre sera donné de la jeter en Enfer. La deuxième avait reçu d’Allah de grandes richesses. On la fera comparaître et on lui rappellera les bienfaits d’Allah. Elle les reconnaîtra. Puis on lui demandera : “Quelles bonnes œuvres as-tu accomplies avec cette immense richesse ?” Elle répondra : “Ô Allah ! Partout où j’ai vu qu’il était nécessaire de dépenser de l’argent dans Ton sentier, je n’ai pas hésité à le faire.” Allah dira : “Tu mens. Tu n’as pas donné dans Mon sentier ; tu as donné pour que les gens te louent et te qualifient de généreux. Et ils t’ont effectivement qualifié de généreux.” Puis elle aussi sera jetée en Enfer. La troisième avait acquis, durant sa vie terrestre, la connaissance de l’islam, l’avait enseignée à d’autres et avait étudié le Coran. On la fera comparaître et on lui rappellera les bienfaits qu’Allah lui avait accordés ; elle les reconnaîtra. On lui demandera : “Qu’as-tu fait de cette connaissance islamique ?” Elle répondra : “J’ai acquis la connaissance islamique, je l’ai également enseignée et j’ai étudié le Noble Coran pour obtenir Ton agrément.” Allah dira : “Tu es un menteur. Tu n’as pas étudié pour obtenir Mon agrément, mais pour que les gens te louent en te qualifiant de récitateur du Coran.” Puis l’ordre sera donné de la jeter elle aussi en Enfer. » (Sahîh Muslim)
Le Messager ﷺ a également dit : « Celui qui accomplit une bonne œuvre pour que les gens l’entendent, Allah le fera entendre ; et celui qui l’accomplit pour que les gens la voient, Allah le fera voir. »
(Sahîh Al-Bukhârî, Sahîh Muslim)
L’imam Al-Khattâbî dit que le sens de ce hadith est le suivant : celui qui agit non pas pour obtenir l’agrément d’Allah, mais pour que les gens l’entendent et le voient, Allah le punira en dévoilant le véritable objectif de ses actes et en l’humiliant publiquement le Jour de la Résurrection.
Le Messager ﷺ a également dit : « La moindre ostentation relève du polythéisme. » (At-Tabarânî, Al-Hâkim)
Le Messager ﷺ a également dit : « La chose la plus redoutable dont je crains la propagation parmi vous est le petit polythéisme. » On demanda : « Ô Messager d’Allah ! Qu’est-ce que le petit polythéisme ? » Il répondit : « Accomplir de bonnes œuvres par ostentation. Le jour où Allah rétribuera Ses serviteurs pour leurs œuvres, Il dira : “Allez vers ceux pour qui vous accomplissiez vos bonnes œuvres afin d’être vus, et voyez si vous obtenez auprès d’eux une quelconque récompense.” » (Ahmad, Al-Bayhaqî)
Dans le Noble Coran, Allah dit : « Des choses provenant d’Allah leur apparaîtront alors qu’ils ne les avaient jamais imaginées. » À propos de l’explication de ce verset, certains disent qu’ils accomplissaient des actes qu’ils considéraient comme de bonnes œuvres dans la vie terrestre, mais qui apparaîtront comme de mauvaises œuvres le Jour de la Résurrection. En récitant ce verset, certains pieux prédécesseurs disaient : « Périssent les gens de l’ostentation ! » Ibn Abî Ad-Dunyâ rapporte que, le Jour de la Résurrection, l’ostentateur sera appelé par quatre noms : « Ô ostentateur ! Ô hypocrite ! Ô pécheur ! Ô perdant ! Va donc chercher ta récompense auprès de celui pour qui tu agissais afin de lui plaire. Je n’ai rien pour toi auprès de Moi. » Il est rapporté que ‘Umar vit un homme marcher la tête baissée. Il lui dit : « Marche la tête haute. L’humilité ne réside pas dans le fait de baisser la tête ; elle réside dans le cœur. » Abû Umâma Al-Bâhilî vit un homme qui, prosterné dans la mosquée, invoquait Allah en pleurant à voix haute. Abû Umâma lui dit : « Tu aurais mieux fait de pleurer ainsi chez toi. » L’imam Muhammad ibn Al-Mubârak dit : « Fais connaître tes supplications durant la nuit, car se lever la nuit est pour Allah, tandis que le jour, cela est pour les gens. » ‘Alî dit : « Le signe de l’ostentateur est que, lorsqu’il est seul, il devient insouciant et paresseux ; lorsqu’il est parmi les gens, il devient actif ; lorsqu’on le loue, il multiplie les bonnes œuvres ; et lorsqu’on lui signale ses erreurs ou qu’on le blâme et le critique, il diminue ses bonnes œuvres. » Fudayl ibn ‘Iyâd dit : « Accomplir de bonnes œuvres pour plaire aux gens relève du polythéisme, et délaisser les bonnes œuvres par crainte de la colère des gens relève de l’ostentation. La sincérité consiste à se libérer de ces deux états. » Qu’Allah nous libère de l’ostentation et nous accorde la sincérité. Âmîn.
(Il convient de préciser que l’accomplissement public de bonnes œuvres n’est pas blâmable lorsqu’il n’a pas pour but d’obtenir les éloges des gens ou lorsqu’il vise à encourager les gens à accomplir de bonnes œuvres. Allah dit par exemple : « Ceux qui dépensent leurs biens, de nuit comme de jour, en secret comme en public, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. » — Le traducteur)
38. Acquérir le savoir ou les connaissances religieuses dans le seul but de la vie d’ici-bas, les dissimuler et ne pas mettre en pratique les connaissances acquises sur l’islam
Allah le Très-Haut dit : « Parmi les serviteurs d’Allah, seuls les savants Le craignent. » (Sourate Fâtir) C’est-à-dire ceux qui ont connaissance d’Allah. Ibn ‘Abbâs dit : c’est-à-dire que, parmi les créatures d’Allah, seuls ceux qui connaissent Sa puissance et Sa majesté Le craignent. L’imam Cha‘bî dit : celui qui craint Allah est véritablement savant. Rabî‘ ibn Anas dit que celui qui ne craint pas Allah n’est pas savant. Allah le Très-Haut dit également : « Ceux qui dissimulent les preuves évidentes et la bonne direction que Nous avons révélées, après les avoir clairement exposées aux hommes dans ce Livre, Allah les maudit, et ceux qui maudissent les maudissent également. » (Sourate Al-Baqara)
Ce verset fut révélé au sujet des savants juifs. Par les « preuves évidentes », il faut entendre les peines prescrites par la Charia pour le meurtre, l’adultère et autres actes, ainsi que les autres lois ; par la « bonne direction », l’ensemble des prescriptions apportées par le Messager (ﷺ) et ses qualités louables ; par les « hommes », les Enfants d’Israël ; par le « Livre », la Torah ; et par « ceux qui maudissent », toutes les créatures à l’exception des djinns et des hommes. ‘Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) dit que lorsque deux musulmans se maudissent mutuellement, la malédiction revient aux juifs et aux chrétiens, car ceux-ci dissimulent les récits concernant Muhammad (ﷺ), bien qu’ils se trouvent dans leurs Livres.
Allah dit ailleurs : « Allah avait pris l’engagement de ceux qui avaient reçu le Livre : vous l’exposerez pleinement aux hommes et vous n’en cacherez rien. Mais ils l’ont rejeté derrière leur dos et l’ont vendu à vil prix. Quel mauvais marché ils ont conclu. »
L’imam Wâhidî dit que ce verset fut révélé au sujet des juifs de Médine. Allah leur avait fait prendre, dans la Torah, un engagement — c’est-à-dire leur avait donné un ordre strict — de divulguer impérativement les informations relatives à Muhammad (ﷺ), ses qualités louables et sa prophétie, et de ne les dissimuler en aucune manière. Mais ils ont rejeté cet engagement ou cet ordre derrière leur dos, c’est-à-dire qu’ils lui ont désobéi. Le Messager (ﷺ) a dit que celui qui acquiert un savoir grâce auquel on peut obtenir l’agrément d’Allah, mais qui ne l’apprend que pour un bénéfice terrestre, ne sentira même pas le parfum du Paradis. (Sunan Abû Dâwûd, Sunan Ibn Mâjah)
Le Messager (ﷺ) a également dit que celui qui acquiert le savoir dans le but de se distinguer parmi tous les savants, de polémiquer avec les ignorants ou d’attirer vers lui le cœur des gens sera précipité en Enfer. (Jâmi‘ At-Tirmidhî)
Le Messager (ﷺ) a également dit : celui qui possède une connaissance sur un sujet, puis la dissimule lorsqu’on l’interroge à ce sujet, aura, le Jour de la Résurrection, une bride de feu autour du cou. Il est rapporté dans le Sahîh Muslim, le Jâmi‘ At-Tirmidhî et le Sunan An-Nasâ’î que le Messager (ﷺ) invoquait Allah en disant : « Je cherche refuge contre tout savoir qui ne m’est pas utile (c’est-à-dire dans l’au-delà). » Il est rapporté dans At-Tirmidhî et Ibn Mâjah que le Messager (ﷺ) a dit : « Celui qui acquiert un savoir religieux sans le mettre en pratique ne fera qu’accroître son orgueil par ce savoir. » Il est rapporté dans Abû Dâwûd et At-Tirmidhî que le Messager (ﷺ) a dit : le savant pervers sera jeté en Enfer le Jour de la Résurrection. Alors les gens lui demanderont : « Pourquoi vous trouvez-vous dans cet état ? Nous recevions pourtant de vous la guidée. » Il répondra : « Je faisais moi-même ce que je vous interdisais de faire. »
39. La trahison ou la perfidie
Allah le Très-Haut a dit : « Ô vous qui croyez ! Ne trahissez pas Allah, Son Messager ni les dépôts qui vous ont été confiés, alors même que vous en connaissez l’importance. » (Al-Anfâl)
L’imam al-Wahidi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit que ce verset fut révélé au sujet du compagnon Abu Lubaba. Son épouse et ses enfants vivaient dans le village de la tribu des Banû Qurayza. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) assiégeait les Banû Qurayza. Il envoya Abu Lubaba auprès d’eux pour une affaire. Les Banû Qurayza lui demandèrent : « Ô Abu Lubaba ! Que penses-tu qu’il nous arrivera si nous descendons conformément au jugement de Sa‘d à notre sujet ? » Abu Lubaba leur fit signe vers sa gorge pour leur faire comprendre qu’ils seraient égorgés. Il leur dit donc de ne pas descendre. Cet acte constituait une trahison envers Allah et Son Messager. Abu Lubaba reconnut lui-même : « Dès que j’ai accompli cet acte, j’ai compris que j’avais trahi. » Ensuite, Abu Lubaba s’attacha pendant six jours à l’un des piliers de la mosquée du Prophète et ne se libéra qu’après l’annonce de l’acceptation de son repentir. Ibn Abbas dit : Tout ce qu’Allah impose comme obligation à Ses serviteurs est un dépôt. Désobéir à l’ordre ou à l’interdiction d’Allah constitue une trahison du dépôt.
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Les signes de l’hypocrite sont au nombre de trois : lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il promet, il manque à sa promesse ; et lorsqu’on lui confie un dépôt, il le trahit. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim) Dans la version de Sahih Muslim, il est ajouté : « Même s’il prie, jeûne et se considère comme musulman. »
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui n’est pas digne de confiance n’a pas de foi, et celui qui ne tient pas sa promesse n’a pas de religion. » (Ahmad, al-Bazzar, al-Tabarani) La trahison est mauvaise en toute chose, même si certaines trahisons sont pires que d’autres. Celui qui trahit un dépôt de peu de valeur n’est pas semblable à celui qui trahit la confiance placée en lui concernant les biens et la famille d’autrui et commet de grandes injustices. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Préserve la confiance de celui qui te fait confiance, et ne trahis pas celui qui te trahit. »
Dans un autre hadith, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Le croyant peut avoir tous les défauts, mais il ne peut être traître ni menteur. » (Ahmad) Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Allah a dit : Lorsque deux personnes s’associent pour accomplir une œuvre, Je suis leur troisième, tant qu’elles ne se trahissent pas l’une l’autre. » (C’est-à-dire que la miséricorde d’Allah demeure dans toute œuvre réalisée en partenariat tant qu’il n’y a pas de trahison.) (Abu Dawud)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « La première qualité qui disparaîtra parmi les hommes sera la fidélité et la confiance, tandis que la dernière chose qui subsistera sera la prière ; pourtant, nombreux sont ceux qui prient sans obtenir de bien. » Ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) dit : « Celui qui a trahi un dépôt sera amené le Jour de la Résurrection et on lui dira : “Rends ton dépôt.” Il répondra : “Ô mon Seigneur ! Comment pourrais-je le rendre ? Le monde a été détruit.” Alors l’objet qui lui avait été confié lui sera montré au niveau le plus bas de l’Enfer, exactement sous la forme dans laquelle il avait été déposé. Puis on lui dira : “Descends là-bas et rapporte-le.” Il y descendra et le remontera sur son cou. Cet objet lui semblera plus lourd que toutes les montagnes du monde. Il pensera qu’en le rapportant, il sera libéré du feu de l’Enfer.
Mais dès qu’il s’approchera de l’entrée de l’Enfer, il retombera au niveau le plus bas de l’Enfer avec le dépôt, et y demeurera éternellement. Puis Ibn Mas‘ud dit : « La prière, les ablutions, le bain rituel et la balance utilisée dans les transactions commerciales sont tous des dépôts. Quant aux biens confiés, ils constituent le plus grand des dépôts. »
40. Rappeler ses aumônes et ses bienfaits, les reprocher et les divulguer
Allah, le Très-Haut, a dit : « Ô vous qui croyez ! N’annulez pas vos aumônes en les rappelant et en causant du tort. » (Sourate al-Baqara) Dans un hadith rapporté par Sahih Muslim, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois personnes, ne les regardera pas, ne les purifiera pas de leurs péchés et leur réservera un châtiment douloureux : celui qui porte un vêtement descendant au-dessous des chevilles, celui qui rappelle et divulgue les aumônes et les bienfaits qu’il a accordés, et celui qui vend une marchandise en prêtant un faux serment. » Dans un hadith rapporté par les Sunan d’al-Nasa’i, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Trois personnes n’entreront pas au Paradis : celui qui mécontente ses parents, l’alcoolique et celui qui divulgue et rappelle les bienfaits et les aumônes qu’il a accordés. » C’est-à-dire celui qui donne quelque chose à quelqu’un, puis lui rappelle ce don et le divulgue. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ne divulguez pas les dons que vous avez faits, car cela en annule la récompense et vous prive du droit à la gratitude. » L’imam Ibn Sirin entendit un homme dire à un autre : « Je t’ai donné telle chose et je t’ai rendu tel service. » Ibn Sirin lui dit : « Tais-toi ! Celui qui rend un service puis en tient le compte n’en reçoit aucune récompense. »
41. Nier le destin
Allah Tout-Puissant dit dans la sourate Al-Qamar : « Nous avons créé toute chose avec mesure. » L’imam Ibn al-Jawzi dit qu’il existe deux avis concernant la cause de la révélation de ce verset. Selon le premier, les hypocrites de La Mecque étaient venus trouver le Messager (saw) et avaient engagé une controverse au sujet du destin. C’est alors que ce verset fut révélé. Selon le récit d’Abou Umama (qu’Allah l’agrée), ce verset fut révélé au sujet d’un groupe qui ne croyait pas au destin. Le second avis est que le prêtre chrétien de Najran était venu trouver le Messager (saw) et lui avait dit : « Ô Muhammad ! Penses-tu que les actes pécheurs se produisent conformément au destin ? » Il n’en est pas ainsi. Le Messager (saw) répondit alors : « Vous êtes des rebelles envers Dieu. » C’est à ce moment que le verset fut révélé. Allah dit dans la sourate Al-Hadid : « Aucun malheur ne touche la terre ni vos propres personnes sans être inscrit dans un Livre avant même que Nous ne vous ayons créés. Cela est très facile pour Allah. Ne vous affligez donc pas pour ce qui vous échappe et ne vous réjouissez pas orgueilleusement de ce qu’Allah vous a accordé. Allah n’aime ni les arrogants ni les vaniteux. »
Il est rapporté d’après ‘Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) que le Messager (saw) a dit : lorsque, le Jour de la Résurrection, Allah réunira les premiers et les derniers, un ange proclamera, sur Son ordre, d’une voix suffisamment forte pour être entendue des premiers comme des derniers : « Où sont ceux qui ont désobéi à Allah ? » Les qadariyyas, c’est-à-dire ceux qui nient le destin, se lèveront alors. Ils seront immédiatement jetés en Enfer. La doctrine des qadariyyas consiste à dire qu’il est impossible qu’Allah donne à Son serviteur la capacité de commettre des péchés puis le punisse pour cela. Or, en réalité, Allah éprouve l’être humain en lui accordant la capacité et la liberté d’accomplir toutes sortes d’actions, bonnes ou mauvaises. S’il accomplit de bonnes actions, il réussit l’épreuve et est récompensé ; s’il accomplit de mauvaises actions, il échoue à l’épreuve et est puni. Allah Tout-Puissant a exposé cette question dans le verset suivant : « Allah vous a créés, vous et ce que vous faites. » Cela signifie qu’Allah est le Créateur de toutes les actions bonnes et mauvaises de l’être humain. Il dit également dans un autre verset : « Il lui a fait connaître le péché et la piété. » Cela signifie qu’Il lui a accordé la capacité et la possibilité d’accomplir aussi bien le péché que la piété. Le Messager (saw) a dit : Allah Tout-Puissant inspire par faveur à une catégorie de personnes d’accomplir de bonnes actions et les fait entrer dans Sa miséricorde ; Il soumet une autre catégorie de personnes à l’épreuve, les humilie ainsi, les blâme pour leurs mauvaises actions et les rend incapables de faire autre chose que ce par quoi Il les éprouve. Puis Il les châtie. Malgré tout cela, Allah est parfaitement juste. »
Le Messager (saw) a dit : sache que si toute l’humanité s’unissait pour t’apporter un bienfait, elle ne pourrait t’être utile au-delà de ce qu’Allah a déjà décrété pour toi. Et si elle s’unissait pour te nuire, elle ne pourrait te nuire au-delà de ce qu’Allah a fixé pour toi. « Les plumes ont été levées et les feuillets ont séché. » Cela signifie que tout ce qui a été inscrit dans le destin est définitif. Rien d’autre ne sera désormais inscrit et rien de nouveau ne se produira.
Il convient de préciser que croire au destin est une condition indispensable de la foi, au même titre que croire à la mission prophétique, à l’au-delà et au Livre. Nier le destin n’est donc pas seulement un péché majeur : c’est aussi de la mécréance. Cette question fait l’objet de nombreuses confusions et divergences, mais au-delà de toutes ces divergences, on peut parvenir à la conclusion suivante : Allah Tout-Puissant a accordé au serviteur la capacité et la liberté de concevoir l’intention ou la volonté d’accomplir le bien et le mal, et de s’efforcer en ce sens. Il sera récompensé ou puni pour la volonté et l’effort qu’il aura ainsi déployés en usant de cette liberté. En revanche, le pouvoir d’achever l’acte lui-même ne lui a pas été accordé, et il n’en sera pas responsable. Par exemple, un homme décida de tuer quelqu’un et le frappa avec une arme appropriée. Même si la victime ne meurt pas de ses blessures, l’agresseur sera coupable de meurtre devant Allah et sera puni. En effet, nul ne peut provoquer la mort d’une personne avant que sa vie ne soit arrivée à son terme et que l’heure fixée de sa mort ne soit venue. Mais il ne pourra échapper au péché du meurtre en raison de son intention et de ses efforts actifs, car il a fait tout ce qui était en son pouvoir. Un hadith vient appuyer cette affirmation. Le Messager (saw) a dit : lorsque deux personnes s’affrontent pour se tuer mutuellement, le meurtrier et la victime iront tous deux en Enfer. On demanda : il n’y a rien d’étonnant à ce que celui qui a tué aille en Enfer, mais pourquoi la victime y entrerait-elle ? Le Messager (saw) répondit : elle aussi voulait tuer son adversaire. — Traducteur
42. Chercher à connaître les défauts cachés des gens
Allah Tout-Puissant a dit : « Ne cherchez pas à sonder les choses cachées. » Les exégètes disent que cela signifie : ne cherchez pas à découvrir les défauts et les fautes secrètes des gens. Autrement dit, il est interdit d’espionner. Un jour, on dit à Ibn Mas‘ud que de l’alcool coulait goutte à goutte de la barbe de Walid ibn ‘Uqba. Il répondit : il nous a été interdit d’espionner. Toutefois, si quelque chose devient manifeste, nous en tiendrons compte.
Le Messager (saw) a dit : « Celui qui écoute en cachette la conversation d’une personne sans son consentement, du plomb fondu sera versé dans ses oreilles le Jour de la Résurrection. » Un hadith interdit également avec insistance de lire la lettre de quelqu’un sans sa permission.
43. La namîma ou le colportage
(La règle permanente de l’islam veut que, si l’on doit louer quelqu’un, on le fasse en son absence, et que, si l’on doit le critiquer, on le fasse en sa présence. Chaque fois que, en violation de cette règle, on dénigre, critique ou calomnie quelqu’un en son absence, cela devient un acte contraire à la charia. Ce genre d’acte peut prendre trois formes, et toutes trois constituent des péchés majeurs. Premièrement, si l’accusation ou le défaut imputé à la personne concernée est mensonger ou dépourvu des témoignages et preuves nécessaires, il s’agit d’une pure calomnie. En arabe, on l’appelle buhtân ou qadhf. Dans la charia islamique, ce n’est pas seulement un péché majeur, mais aussi une infraction pénale punissable par la loi. La charia en fixe la peine à quatre-vingts coups de fouet et à la privation définitive de la qualité de témoin. Cela a déjà été exposé en détail dans le 22e péché majeur. Deuxièmement, si le défaut ou l’accusation imputé est réel, mais qu’au lieu d’expliquer directement et en privé la situation à la personne accusée, conformément aux règles de l’islam, afin de lui donner la possibilité de se purifier, on le révèle à une personne déterminée dans le but de susciter l’hostilité entre elles ou de détruire leurs bonnes relations, cela s’appelle namîma ou colportage. Troisièmement, si, au lieu de le révéler à une personne déterminée, on le divulgue au public afin d’humilier l’intéressé devant tout le monde, cela s’appelle ghibah, c’est-à-dire médisance. Ces trois formes de médisance en l’absence de la personne sont toutes des péchés majeurs et des actes odieux. Toutes trois portent atteinte au haqq al-‘ibâd, c’est-à-dire aux droits humains. En effet, elles détruisent illégalement l’honneur, la dignité et la réputation de la personne, sans même lui donner la possibilité de se défendre. C’est pourquoi Allah ne pardonne pas ce péché tant que la personne lésée et concernée ne pardonne pas. (Traducteur)
Dans le Noble Coran, Allah dit : « Ne suis pas celui qui prête serment à tout propos, qui est méprisable, qui médit en l’absence des gens et qui colporte les paroles de l’un auprès de l’autre. » (sourate al-Qalam)
Il est rapporté dans les Sahîh de Boukhari et de Muslim, ainsi que dans les recueils d’Abou Dawoud et de Tirmidhi, que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit que le colporteur n’entrera pas au Paradis. Selon un autre hadith, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) passa un jour près de deux tombes et dit : « Les occupants de ces deux tombes subissent un châtiment. Ils ne sont toutefois pas châtiés pour un péché qui leur aurait semblé majeur. L’un d’eux ne se purifiait pas correctement après avoir uriné, tandis que l’autre colportait les propos des gens. » Puis il prit deux branches de palmier et en planta une sur chacune des deux tombes, en disant : « Peut-être leur châtiment sera-t-il allégé tant que ces deux branches ne seront pas sèches. »
Dans ce hadith, l’expression « Ils ne sont toutefois pas châtiés pour un péché qui leur aurait semblé majeur » signifie que, selon leur propre perception, le péché qu’ils avaient commis ne leur paraissait pas si grave. C’est pourquoi certaines versions rapportent que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Pourtant, c’était bien un péché majeur. » Sahîh al-Boukhari,
Il est rapporté dans le Sahîh de Muslim et dans le Muwatta de l’imam Malik que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Vous trouverez que le pire des hommes est celui qui se rend auprès de différents groupes et se présente à chacun sous une forme différente. Quant à celui qui aura eu un comportement à deux visages ici-bas, Allah lui donnera, le Jour de la Résurrection, deux langues de feu. » Un comportement à deux visages consiste à tenir des propos différents à deux personnes.
L’imam Ghazali (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Par homme à deux visages, on entend généralement le colporteur, qui va trouver quelqu’un et lui dit : “Untel a dit ceci à ton sujet.” Révéler un secret dont l’une ou l’autre des deux parties concernées, ou une tierce personne, désapprouve la divulgation constitue du colportage, que cela se fasse par la parole, par écrit, par signe, par geste ou par tout autre moyen, et que la chose divulguée soit une parole, un acte ou un défaut quelconque. En somme, le colportage consiste à divulguer une information secrète dont l’une des parties concernées ou une tierce personne désapprouve la révélation. Quelle que soit la situation dont on est témoin, si la révéler à quelqu’un d’autre ne profite pas à la société et ne permet pas de la préserver d’un péché, il faut s’en abstenir. » L’imam Ghazali a également dit : lorsqu’une personne colporte auprès de quelqu’un les propos d’une autre personne en lui disant : « Untel a dit telle et telle chose à ton sujet », celui qui l’entend doit accomplir six choses. Premièrement, il ne la croira pas, car c’est un colporteur et un pervers ; elle n’est pas digne de confiance. Deuxièmement, il lui demandera de cesser cet acte, le condamnera sévèrement et lui donnera un conseil bienveillant. Troisièmement, il la détestera dans son cœur, car elle est détestée par Allah ; et il est obligatoire de détester ceux qu’Allah déteste. Quatrièmement, il ne concevra pas immédiatement une mauvaise opinion de la personne au sujet de laquelle le colporteur a rapporté cette mauvaise nouvelle, car Allah a dit : « Évitez de trop conjecturer, car certaines conjectures sont des péchés. » Cinquièmement, il n’accordera pas non plus une telle importance à la nouvelle rapportée qu’il commencera à en vérifier la véracité, car Allah dit : « N’espionnez pas. » Sixièmement, il ne transgressera pas lui-même le conseil donné au colporteur : il ne discutera pas avec d’autres de ce que le colporteur a dit. On rapporte qu’un homme informa l’émir des croyants, Umar ibn Abd al-Aziz, d’une mauvaise nouvelle concernant quelqu’un. Celui-ci lui dit : « Si tu le souhaites, nous pouvons donner suite à ta nouvelle. Si tu as dit vrai, ce verset s’appliquera à toi : “Ô vous qui croyez ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-en l’exactitude.” Et si tu es un menteur, ce verset s’appliquera à toi : “Celui qui médit par-derrière et colporte les paroles de l’un auprès de l’autre.” Si tu le souhaites, je peux aussi te pardonner. » L’homme répondit : « Ô émir des croyants, qu’Allah vous pardonne ! Je ne recommencerai plus. »
Hasan al-Basri a dit : « Sache que celui qui te rapporte les propos d’autrui rapportera aussi tes propos à autrui. »
Un homme vint trouver un éminent savant et se mit à dénigrer diverses personnes au sujet d’un autre homme. Le savant lui dit alors : « Tu as commis trois fautes envers moi. Premièrement, tu as suscité dans mon cœur de la rancœur et de l’hostilité envers un de mes frères en religion. Deuxièmement, à cause de lui, tu as accablé mon cœur d’inquiétude. Troisièmement, tu as perdu ma confiance. » Certains sages disaient : « Celui qui te rapporte les insultes de quelqu’un, c’est comme s’il t’insultait lui-même. » Un homme vint auprès de ʿAlî — qu’Allah l’agrée — et lui dit : « Untel a dit du mal de vous et vous a insulté. » Il répondit : « Emmène-moi auprès de lui. » L’homme le conduisit auprès de celui-ci. Il pensait que ʿAlî se vengerait de lui. Mais ʿAlî lui dit : « Ô mon frère ! Si ce que tu as dit est vrai, je demande pardon à Allah. Et si c’est faux, je demande à Allah de te pardonner. » Certains commentateurs, en expliquant le passage de la sourate al-Lahab où l’épouse d’Abû Lahab est appelée « ḥammālata al-ḥaṭab », disent que son sens littéral est « celle qui porte le bois ». Elle était une semeuse de discorde. La calomnie colporteuse a été comparée au bois, car de même que le bois contribue à allumer un feu, de même la calomnie colporteuse contribue à attiser le feu de l’hostilité entre deux personnes.
Une histoire : on raconte qu’un jour, un homme vit sur le marché quelqu’un vendre son esclave. Le vendeur criait : « Cet esclave n’a d’autre défaut qu’une légère tendance à colporter les propos. » Ne prêtant pas importance à ce défaut, l’homme acheta l’esclave. Celui-ci demeura dans sa maison. Quelque temps plus tard, il dit à la femme de son maître : « Mon maître veut se remarier et il ne vous aime plus autant. Si vous voulez empêcher ce mariage et souhaitez que votre mari vous aime comme auparavant, alors, lorsqu’il dormira, coupez avec un couteau quelques poils au-dessus de sa gorge et gardez-les auprès de vous. » D’un autre côté, il dit au maître : « Votre femme aime secrètement un autre homme et, de connivence avec lui, elle vous égorgera aujourd’hui pendant votre sommeil. Si vous voulez rester en vie, ne dormez pas vraiment : étendez-vous en feignant de dormir. Vous verrez comment votre femme tentera de vous passer le couteau à la gorge. » Le maître fit exactement cela. La nuit, dès que sa femme s’approcha avec un couteau pour couper les poils de sa gorge, le maître se leva, lui saisit la main, lui arracha le couteau et la tua sur-le-champ. Ensuite, les proches de la femme vinrent tuer le maître. Puis une guerre éclata entre les deux parties, et toutes deux furent complètement ruinées.
44. Maudire et insulter un musulman sans qu’il ait commis de faute
Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Insulter un musulman est une perversité, et combattre contre lui est de la mécréance. » (Tous les recueils de hadiths authentiques, à l’exception de celui d’Abû Dâwûd.) Il a également dit : « Maudire un croyant équivaut à le tuer. » (Tous les recueils de hadiths authentiques, à l’exception de celui d’Ibn Mâjah.) Il est rapporté dans Ṣaḥîḥ Muslim que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Ceux qui maudissent ne seront, le Jour de la Résurrection, ni des intercesseurs ni des témoins pour qui que ce soit. » Il est également rapporté dans un hadith : « Le croyant ne peut être ni quelqu’un qui maudit, ni quelqu’un qui tient des propos blessants, obscènes ou indécents. »
Il est rapporté dans les Sunan d’Abû Dâwûd que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Lorsqu’un serviteur maudit quelqu’un (l’invocation malveillante est elle aussi proche de la malédiction — le traducteur), elle monte vers le ciel. Mais les portes du ciel sont fermées et on l’empêche d’y entrer. Elle redescend alors vers la terre, mais les voies de la terre lui sont également barrées. Elle se met ensuite à aller de droite à gauche. Lorsqu’elle ne trouve aucune issue, elle s’accomplit sur celui qui a été maudit s’il en est digne ; sinon, elle s’accomplit sur celui qui a maudit. » ʿImrân ibn Ḥuṣayn rapporte qu’un jour le Messager d’Allah partit en voyage. Au cours de ce voyage, une femme ansârite se mit à injurier bruyamment sa chamelle et à la maudire. L’ayant entendu, le Messager d’Allah dit : « Déchargez tout ce qui se trouve sur le dos de cette chamelle et laissez-la partir, car elle est maudite. » ʿImrân dit : « J’ai encore l’impression de voir cette femme marcher, désemparée, avec les gens, sans que personne ne vienne l’aider. » (Ṣaḥîḥ Muslim.)
Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a également dit : « La pire des usures consiste à employer des paroles offensantes les uns envers les autres. »
Il est toutefois permis de maudire certaines personnes impliquées dans des péchés précis. Ainsi, Allah — exalté soit-Il — a dit : « Que la malédiction d’Allah soit sur les injustes !… Que la malédiction d’Allah soit sur les menteurs ! » Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a maudit diverses personnes : celles qui sont impliquées dans l’usure, dans le taḥlîl, dans la corruption, le vin et les jeux de hasard ; celles qui nouent des cheveux avec d’autres cheveux ; celles qui épilent les poils des sourcils ; celles qui, frappées par un malheur, paniquent, poussent des cris et se lamentent ; celles qui se rasent les cheveux et déchirent leurs vêtements. Il a maudit les peintres, les sculpteurs, ainsi que ceux qui arrachent ou déplacent les bornes pour s’emparer de la terre d’autrui. De même, il a maudit les personnes qui appellent la malédiction sur leurs propres parents, celles qui insultent et accablent les autres d’injures, celles qui égarent un aveugle, celles qui commettent des actes sexuels avec des animaux, les homosexuels, ceux qui ont des rapports anaux avec leur propre épouse, les devins et ceux qui les consultent, les femmes qui se lamentent à voix haute pour un mort, les pleureuses professionnelles et leurs collaboratrices, ceux qui s’emparent de force de la fonction de dirigeant ou de gouverneur malgré le rejet de la population, la femme qui passe la nuit alors que son mari est mécontent d’elle, celui qui, ayant entendu l’appel à la prière, ne se rend pas à la prière en assemblée sans excuse valable, celui qui sacrifie un animal au nom d’un autre qu’Allah, les voleurs, ceux qui insultent les Compagnons, les femmes qui adoptent l’habillement et l’apparence des hommes et les hommes qui adoptent l’habillement et l’apparence des femmes, ceux qui défèquent ou urinent sur les voies de passage, la femme qui refuse d’utiliser du henné sur ses mains et du khôl sur ses yeux — c’est-à-dire qui ne souhaite pas prendre soin de sa beauté pour satisfaire son mari —, ceux qui détruisent la relation entre époux ou entre serviteur et maître, ceux qui ont des rapports avec une femme en période de menstruation, ceux qui menacent une personne avec une arme, ceux qui refusent de payer la zakât, ceux qui attribuent la paternité à quelqu’un qui n’est pas leur père ou la qualité de maître à quelqu’un qui n’est pas leur maître, ceux qui marquent un animal au fer brûlant, ceux qui intercèdent ou acceptent une intercession afin de soustraire un coupable à la peine que le juge est sur le point de prononcer conformément à la loi religieuse, la femme qui quitte le domicile conjugal sans la permission de son mari, la femme qui abandonne le lit de son mari pour passer la nuit ailleurs, ceux qui, bien qu’en ayant le pouvoir, s’abstiennent d’ordonner le bien et d’interdire le mal, ainsi que ceux qui boivent du vin, le produisent, le vendent, l’achètent, le transportent, y participent ou les y aident. »
Il est également rapporté dans un hadith que le Messager d’Allah (s.a.w.) a dit : « J’ai maudit six personnes, Allah les a maudites et chaque prophète les a maudites, alors que l’invocation de chaque prophète est certainement exaucée. Ces six personnes sont : celui qui nie le destin fixé par Allah ; celui qui ajoute quoi que ce soit au Livre d’Allah ; celui qui s’empare du pouvoir par la force afin d’humilier ceux qu’Allah a honorés et d’honorer ceux qu’Allah a humiliés ; celui qui déclare licite ce qu’Allah a interdit et interdit ce qu’Allah a rendu licite ; et celui qui abandonne la voie que j’ai montrée. En outre, le Messager d’Allah a maudit celui qui commet la fornication avec la femme de son voisin, celui qui pratique la masturbation, celui qui épouse simultanément une femme et sa fille, celui qui prend des pots-de-vin, celui qui en donne et celui qui sert d’intermédiaire dans les pots-de-vin, celui qui dissimule le savoir, celui qui accapare les denrées alimentaires, celui qui humilie un musulman, celui qui, bien qu’en ayant le pouvoir, ne porte pas secours au musulman opprimé, le dirigeant sans compassion, l’homme et la femme qui jurent de ne pas se marier, ainsi que celui qui se rend seul, sans nécessité, dans un lieu désert. »
Maudire un musulman innocent est unanimement interdit. En revanche, maudire les gens immoraux sans les désigner nommément est unanimement permis.
Ainsi, si quelqu’un dit : « Que la malédiction soit sur les injustes, les menteurs ou les mécréants », cela est unanimement permis. En revanche, il existe une divergence au sujet du fait de maudire nommément une personne impliquée dans un péché. Beaucoup estiment que cela est permis. Mais selon l’imam al-Ghazali, il n’est permis de maudire que ceux dont on sait avec certitude qu’ils sont morts sans s’être repentis, tels qu’Abou Lahab, Abou Jahl, Pharaon, Haman et leurs semblables. Invoquer le mal contre quelqu’un est également proche de la malédiction. Dans tous les cas où la malédiction est interdite, l’invocation du mal est elle aussi interdite. Il est même inconvenant d’invoquer le mal contre l’injuste ; toutefois, si toutes les tentatives de résistance échouent, l’opprimé peut lui-même invoquer le mal contre l’injuste. Mais même dans ce cas, il convient de s’abstenir de le maudire.
45. Manquer à ses promesses
Allah, Exalté soit-Il, a dit : « Respectez vos promesses. Vous serez certainement interrogés au sujet des promesses. » Al-Zajjaj dit : tout ce qu’Allah a ordonné de faire et tout ce qu’Il a interdit de faire relève des promesses, car les musulmans sont liés par une promesse envers Allah quant à leur observance.
Allah, Exalté soit-Il, a également dit : « Ô vous qui croyez ! Respectez vos engagements. » Ibn Abbas a dit : les engagements désignent tout ce qui a été déclaré licite et illicite dans le Coran, ainsi que tout ce qui a été réglementé et limité. Muqatil a dit : les engagements désignent les prescriptions d’Allah relatives au licite et à l’illicite, au permis et à l’interdit, imposées aux serviteurs par le Coran, ainsi que tous les contrats, engagements et promesses conclus entre musulmans et mécréants, et entre les gens en général.
Le Messager d’Allah (s.a.w.) a dit : « Celui qui possède quatre défauts est totalement hypocrite. Et celui qui en possède un seul aura en lui un élément d’hypocrisie jusqu’à ce qu’il y renonce : lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’on lui confie quelque chose, il trahit le dépôt ; lorsqu’il prend un engagement ou fait une promesse, il la rompt ; et lorsqu’il se dispute avec quelqu’un, il dépasse les limites. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim)
Dans un hadith qudsi, Allah dit : « Le Jour de la Résurrection, Je serai l’adversaire de trois personnes : celui qui a fait une promesse puis ne l’a pas tenue ; celui qui vend un homme libre et consomme le prix de sa vente ; et celui qui engage un employé, lui fait accomplir entièrement son travail, mais ne lui verse pas son salaire. » (Sahih al-Bukhari)
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Celui qui meurt sans être lié par un bay‘a (engagement d’allégeance) meurt d’une mort de l’époque de l’ignorance. » (Sahih Muslim) Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Celui qui prête serment d’obéissance à un dirigeant doit lui obéir dans la mesure de ses capacités. » (Sahih Muslim)
46. Croire aux paroles des devins et des astrologues
Allah dit : « Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance certaine. En vérité, l’ouïe, la vue et le cœur seront interrogés. » Dans son commentaire de ce verset, l’imam al-Wahidi dit : cela signifie : ne dis pas ce que tu ne sais pas. Qatada dit : cela signifie : ne prétends pas avoir vu ce que tu n’as pas vu, avoir entendu ce que tu n’as pas entendu et savoir ce que tu ne sais pas. En bref, ne parle pas de ce que tu ignores. Dans l’explication de la dernière partie du verset, le vénérable Ibn Abbas dit : cela signifie qu’Allah demandera comment l’ouïe, la vue et le cœur ont été utilisés. Par ces paroles, il est strictement interdit de regarder ce qu’il est illicite de regarder, d’écouter ce qu’il est illicite d’écouter et d’entretenir les désirs qu’il est interdit d’entretenir. Allah dit également ailleurs : « Allah est le Seul à connaître l’invisible. Il ne communique Sa connaissance de l’invisible à personne, si ce n’est à un Messager qu’Il a choisi. » L’imam Ibn al-Jawzi dit : cela signifie qu’Allah détient exclusivement la connaissance de l’invisible. Il n’a aucun associé dans ce domaine. Il n’accorde cette connaissance de l’invisible à personne, si ce n’est à un Messager choisi. Il ne donne au Messager que la part de connaissance de l’invisible qu’Il veut lui donner, car la transmission de ces informations invisibles constitue la preuve de la prophétie du Prophète. Il en ressort que celui qui considère les astres comme une source de connaissance de l’invisible est un mécréant.
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui se rend chez un astrologue ou un devin et croit ce qu’il dit renie le Livre et la révélation descendus sur Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). » (Abou Dawoud, at-Tirmidhi, Ibn Majah) Dans un hadith qudsi, Allah dit : « Parmi Mes serviteurs, certains sont croyants et d’autres mécréants. Celui qui dit que la pluie est tombée par la grâce d’Allah croit en Moi et ne croit pas aux astres. Mais celui qui dit que la pluie est tombée à cause de tel type de temps ou à cause du vent ne croit pas en Moi et croit aux astres. »
Des savants expérimentés ont dit : si, en disant que la pluie est tombée à cause d’un type particulier de temps, un musulman croit que ce type de temps est le créateur de la pluie, il devient sans aucun doute mécréant et apostat.
Mais s’il croit que ce type particulier de temps n’est qu’un signe ou un indice de la pluie, il ne devient pas mécréant. Toutefois, selon la majorité des savants, il vaut mieux ne pas s’exprimer ainsi.
Dans un hadith rapporté par Sahih Muslim, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Celui qui croit aux paroles d’un devin ne verra pas sa prière acceptée pendant quarante jours. » Il est rapporté dans un hadith de Sahih al-Bukhari et de Sahih Muslim qu’un groupe de personnes interrogea le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) au sujet des devins et des astrologues. Il répondit : « Ce ne sont rien du tout. » « Ce ne sont rien du tout. » Quelques-uns dirent alors : « Ô Messager d’Allah ! Pourtant, tel astrologue a parfois dit telle chose. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Les djinns recueillent quelques paroles vraies, puis les soufflent à l’oreille de leur maître humain. Celui-ci y ajoute ensuite des centaines de mensonges et les diffuse. » Dans un hadith de Sahih al-Bukhari, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Les anges descendent dans les nuages, puis discutent des décisions déjà prises concernant diverses affaires. Satan écoute ces paroles à la dérobée et les transmet aux astrologues. Ceux-ci y ajoutent ensuite des centaines de mensonges. »
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Tirer des présages favorables ou défavorables du vol des oiseaux et d’autres signes constitue un polythéisme manifeste. »
47. La violation réciproque des droits entre époux
(a) La mauvaise conduite de l’épouse envers son mari
Allah Très-Haut dit : « Celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leur lit et frappez-les. Si elles vous obéissent alors, ne cherchez plus aucun moyen d’agir contre elles. »
L’imam al-Wâhidî dit : la désobéissance signifie ici désobéir au mari et s’opposer à lui. ‘Atâ dit : le fait que l’épouse change le genre d’obéissance qu’elle témoignait jusqu’alors à son mari et qu’elle l’empêche d’avoir des rapports sexuels sans raison valable relève de cette désobéissance. « Exhortez-les » signifie leur rappeler le Livre d’Allah et Ses commandements. Ibn ‘Abbâs dit : s’éloigner d’elles dans le lit signifie leur tourner le dos en se couchant et ne pas leur parler. Selon al-Cha‘bî et Mujâhid, cela signifie séparer complètement les lits et ne pas coucher dans le même lit que l’épouse. Quant à « frappez-les », cela signifie les frapper légèrement, de sorte qu’elles n’éprouvent pas de douleur excessive. Selon Ibn ‘Abbâs, cela ne doit pas aller au-delà de coups portés à mains nues, tels que des coups de poing ou des gifles.
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Lorsqu’un mari appelle son épouse au lit et qu’elle ne répond pas à son appel, les anges continuent de la maudire jusqu’à l’aube. » (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim)
Dans un autre hadith, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La prière et aucune bonne action ne sont acceptées de la part de trois personnes : l’esclave ou le serviteur fugitif, jusqu’à ce qu’il revienne ; l’épouse désobéissante à son mari, jusqu’à ce que son mari soit satisfait d’elle ; et la personne ivre de vin, jusqu’à ce qu’elle retrouve ses esprits. »
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « La première chose au sujet de laquelle la femme sera interrogée au Jour de la Résurrection sera sa prière et son mari. » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Il n’est pas permis à une épouse croyante de jeûner un jeûne surérogatoire sans la permission de son mari, ni de laisser entrer quelqu’un d’autre dans sa maison. » (Sahîh al-Bukhârî)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Si j’avais ordonné à quelqu’un de se prosterner devant quelqu’un d’autre, j’aurais ordonné à l’épouse de se prosterner devant son mari. » (At-Tirmidhî) Un jour, une femme mentionna son mari devant le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui), et il lui dit : « Réfléchis à la mesure de ta dignité par rapport à lui. Il est ton paradis et ton enfer. » (An-Nasâ’î)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « L’épouse dépend toujours de son mari. Pourtant, Allah ne regardera pas l’épouse qui n’est pas reconnaissante envers son mari. » (An-Nasâ’î)
Le Messager a également dit : « Lorsqu’une épouse quitte son foyer sans la permission de son mari, les anges continuent de la maudire jusqu’à ce qu’elle revienne. » (At-Tabarani)
Le Messager a également dit : « Toute épouse qui meurt alors que son mari est satisfait d’elle entrera au Paradis. » (At-Tirmidhi)
Cependant, il n’est pas permis à l’épouse d’aider son mari à accomplir une action interdite ; et même si son mari est mécontent parce qu’elle refuse de l’aider dans une action illégale, elle n’en sera pas pécheresse. Il est obligatoire pour l’épouse d’obéir pleinement à son mari dans les limites de ce qui est licite. Il ne lui est pas permis, sans l’autorisation de son mari, de s’occuper d’une activité qui priverait temporairement son mari de sa compagnie. Il ne lui est pas permis de disposer des biens de son mari sans son autorisation. Il lui est indispensable de donner la priorité aux droits de son mari sur ses propres droits, et aux droits de la famille de son mari sur ceux de sa propre famille. Elle doit toujours être prête à répondre à l’appel de son mari, en étant parfaitement propre. Il n’est pas convenable qu’elle se vante auprès de lui de sa propre beauté ni qu’elle lui reproche une quelconque particularité désagréable de son apparence.
L’épouse doit toujours être pudique devant son mari, baisser les yeux en sa présence, obéir à ses ordres, écouter attentivement ses paroles, garder le silence lorsqu’il parle, aller jusqu’à la porte pour l’accueillir lorsqu’il rentre chez lui, l’accompagner jusqu’à la porte lorsqu’il sort et y rester debout quelque temps, éviter tout ce qu’il n’aime pas, rester auprès de lui lorsqu’il dort, et, en son absence, préserver comme un dépôt confié son foyer, ses biens et sa chasteté. Elle doit se brosser régulièrement les dents, rester propre et nette, et se tenir toujours auprès de lui bien arrangée et parfumée ; elle ne doit pas le dénigrer en son absence. Elle doit prendre soin de ses proches et considérer comme important le moindre bienfait qu’il lui accorde.
Le Messager a dit : « Lorsque l’épouse accomplit correctement les cinq prières quotidiennes, jeûne convenablement durant le mois de Ramadan et obéit à son mari, elle pourra entrer au Paradis par la porte de son choix. » (Ahmad, At-Tabarani)
Le Messager a également dit : « Pour l’épouse obéissante à son mari, les oiseaux, les poissons, le soleil, la lune et même les anges demandent à Allah de pardonner ses péchés. Quant à l’épouse désobéissante à son mari, elle encourt la malédiction d’Allah, des anges et de l’ensemble de l’humanité. Lorsqu’une épouse affiche un visage renfrogné devant son mari, Allah reste mécontent d’elle jusqu’à ce qu’elle le satisfasse de nouveau en lui présentant un visage souriant. Toute épouse qui sort de la maison sans la permission de son mari continue de recueillir la malédiction des anges jusqu’à son retour. »
Le Messager a également dit : « Quatre catégories de femmes entreront au Paradis et quatre catégories de femmes entreront en Enfer : la femme chaste, obéissante à Allah et à son mari, capable d’avoir beaucoup d’enfants, patiente et satisfaite de peu ; la femme pudique qui, en l’absence de son mari, préserve sa chasteté et les biens de celui-ci, et qui, en sa présence, maîtrise sa langue avec lui ; et la femme qui, devenue veuve avec de jeunes enfants, s’attache à eux et se consacre à leur éducation sans se remarier par crainte qu’ils ne subissent un préjudice. Quant aux quatre catégories de femmes qui seront vouées à l’Enfer, les voici : »
(1) La femme qui accable son mari de paroles blessantes et de reproches, qui ne préserve pas sa chasteté en son absence et qui, lorsqu’il est présent, le fait souffrir par ses paroles blessantes.
(2) La femme qui impose à son mari un fardeau dépassant ses capacités et le contraint à faire ce qui est au-delà de ses forces.
(3) La femme qui ne se voile pas devant les hommes étrangers, ne respecte pas les règles du voile, et sort en se parant et en exhibant sa beauté.
(4) La femme qui ne s’intéresse à rien d’autre qu’à manger, boire et dormir, et qui ne veut ni accomplir la prière ni obéir à Allah, à Son Messager et à son mari. La femme qui présente ces défauts, lorsqu’elle sort sans la permission de son mari, recueille la malédiction et devient digne de l’Enfer. Seul le repentir peut la sauver de cette conséquence.
Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a dit : « (La nuit de l’Ascension) j’ai visité l’Enfer. J’ai constaté que la majorité de ses habitants étaient des femmes, parce qu’elles obéissent peu à Allah, au Messager et à leur mari, et pratiquent le “tabarruj”. Le tabarruj consiste, lorsqu’on sort, à porter les plus beaux vêtements, à se parer abondamment et à exhiber excessivement sa beauté afin de séduire le public ; autrement dit, le tabarruj désigne le fait de sortir sans pudeur ni voile. Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a dit : « La femme a été créée pour demeurer voilée. Lorsqu’elle sort de chez elle, Satan la salue. »
Il est rapporté dans un hadith que, tant qu’elles demeurent dans leur foyer, les femmes jouissent de la plus haute considération aux yeux d’Allah. Il est également rapporté qu’une femme ne peut obtenir la satisfaction d’Allah par aucun autre moyen autant que par le fait de rester chez elle, d’adorer Allah et d’obéir à son mari. Un jour, ʿAlî (qu’Allah l’agrée) demanda à son épouse Fâtima (qu’Allah l’agrée) : « En quoi réside le bien de la femme ? » Fâtima répondit : « Le bien de la femme réside dans le fait de ne pas regarder les hommes étrangers et de ne pas leur donner l’occasion de la regarder. »
ʿAlî (qu’Allah l’agrée) disait : « N’avez-vous donc pas de pudeur, ni de sens de l’honneur, pour laisser vos épouses sortir, alors qu’elles regardent des hommes étrangers et que ces hommes les regardent ? » Abû Dâwûd, an-Nasâ’î et Ibn Mâjah rapportent qu’un jour, ʿÂ’isha (qu’Allah l’agrée) et Hafsa (qu’Allah l’agrée) se trouvaient auprès du Messager d’Allah (paix et salut sur lui). À ce moment-là, le Compagnon aveugle Ibn Umm Maktûm arriva. Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) dit à ses deux épouses : « Éloignez-vous de lui en vous tenant voilées. » Elles répondirent : « Mais il est aveugle : il ne peut ni nous voir ni nous reconnaître. » Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) dit : « Êtes-vous aveugles toutes les deux ? Ne pouvez-vous donc pas le voir ? »
Ce hadith nous apprend que les hommes comme les femmes doivent s’abstenir de se regarder les uns les autres. Allah le Très-Haut dit dans la sourate An-Nûr : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté… Et dis aux croyantes de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté. »
ʿAlî (qu’Allah l’agrée) raconte : un jour, Fâtima et moi nous nous rendîmes auprès du Messager d’Allah (paix et salut sur lui) et le trouvâmes en train de pleurer très douloureusement. Je lui dis : « Ô Messager d’Allah, que mes père et mère soient sacrifiés pour toi ! Pourquoi pleures-tu ? » Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) répondit : « Ô ʿAlî, durant la nuit de l’Ascension, j’ai vu les femmes de ma communauté subir toutes sortes de châtiments. Je pleure en me rappelant ces terribles châtiments. J’ai vu une femme suspendue par ses cheveux au-dessus du feu de l’Enfer ; la matière de son cerveau bouillonnait violemment. J’ai vu une autre femme dont la langue avait été tirée et allongée, et par laquelle elle était suspendue, tandis que de l’eau bouillante était versée dans sa gorge. J’ai vu une autre femme suspendue, ses deux pieds attachés à ses deux seins et ses deux mains aux cheveux de son front. J’ai vu une autre femme suspendue par une corde attachée à ses seins. J’ai vu une autre femme dont la tête ressemblait à celle d’un porc et dont le corps ressemblait à celui d’un âne ; elle subissait des milliers de sortes de châtiments. J’ai vu encore une autre femme qui avait pris la forme d’un chien : le feu entrait par sa bouche et sortait par son anus, tandis que les anges lui frappaient la tête avec des marteaux de fer. »
Fâtima se leva et demanda la cause de ces châtiments infligés à ces femmes. Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) dit : « Ô Fâtima ! La femme qui était attachée par les cheveux et suspendue ne couvrait pas sa tête du regard des hommes étrangers. Celle qui était suspendue par sa langue faisait du mal à sa voisine par ses paroles blessantes. Celle qui était suspendue par une corde attachée à ses seins ne préservait pas sa chasteté en l’absence de son mari ; elle était donc adultère. Quant à celle dont les deux pieds étaient attachés à ses deux seins et les deux mains aux cheveux de son front, elle ne se purifiait pas après les rapports sexuels et les impuretés liées aux menstruations, et se moquait de la prière. Celle dont la tête était devenue semblable à celle d’un porc et le corps semblable à celui d’un âne était une calomniatrice et une menteuse. Quant à celle qui avait été transformée en chien, elle était jalouse et rappelait ses dons pour humilier ceux qui les avaient reçus. »
Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a dit : « Toute femme qui fait du tort à son mari est maudite par les houris du Paradis. »
Il est mentionné qu’il n’y a aucun mal à sortir, avec l’autorisation de son mari et en observant le voile, pour rendre visite à ses parents et à ses proches, ou pour d’autres nécessités urgentes.
(b) La violation par le mari des droits de son épouse : De même que l’épouse reçoit l’ordre d’obéir à son mari et de chercher à lui plaire, le mari reçoit l’ordre de bien se comporter envers son épouse et de la traiter avec douceur, de faire preuve de patience et de tolérance lorsqu’elle manifeste un mauvais comportement ou autre, et de lui assurer une subsistance ainsi que la possibilité de mener une vie honorable. Allah le Très-Haut dit : « Comportez-vous convenablement envers vos épouses. » Le Messager (ﷺ) a dit : « Veillez au bien-être de vos épouses. Sachez que, tout comme vous avez des droits sur vos épouses, elles ont également des droits sur vous. Leurs droits sur vous consistent à ce que vous vous comportiez bien envers elles et pourvoyiez à leur subsistance. Et vos droits sur vos épouses consistent à ce qu’elles préservent leur chasteté et leur pudeur, et qu’elles ne laissent pas entrer dans la maison ceux que vous ne souhaitez pas y voir. » (Ibn Mâjah, at-Tirmidhî)
Ibn Hibbân rapporte que le Messager (ﷺ) a dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui se comporte le mieux envers sa famille. » Selon certaines narrations : « Le meilleur est celui qui traite sa famille avec le plus de douceur. » Le Messager (ﷺ) se comportait avec une très grande douceur envers les femmes. Le Messager (ﷺ) a dit : « Celui qui supporte avec patience le mauvais comportement de son épouse sera récompensé comme Ayyûb (Job) (paix sur lui). Et l’épouse qui supporte avec patience le mauvais comportement de son mari sera récompensée comme Âsiyah bint Muzâhim, l’épouse de Pharaon. »
Il est rapporté dans un hadith qu’un homme se présenta auprès de Hazrat ‘Umar pour se plaindre du mauvais comportement de son épouse. Il se tint à la porte de la maison de Hazrat ‘Umar et attendit qu’il sorte. À ce moment-là, il entendit l’épouse de Hazrat ‘Umar le réprimander durement. Mais Hazrat ‘Umar supportait cela en silence, sans lui répondre. Après avoir entendu cela, l’homme s’apprêta à repartir. Il pensa : « Si même un calife aussi puissant et redoutable se trouve dans cette situation, qui suis-je donc, moi ? » C’est alors que Hazrat ‘Umar sortit et vit l’homme qui s’éloignait. Il l’appela et lui dit : « Pourquoi étais-tu venu, et pourquoi repars-tu sans me rencontrer ? » L’homme répondit : « Ô Commandeur des croyants ! Je suis venu auprès de vous pour me plaindre du mauvais comportement de mon épouse et de ses paroles blessantes à mon égard. Mais j’ai entendu que votre propre épouse se comporte de la même manière. Je repartais donc, en me disant : si le Commandeur des croyants est dans cette situation, qui suis-je donc, moi ? » Hazrat ‘Umar lui dit : « Écoute, mon frère ! Je la supporte parce qu’elle a certains droits sur moi. Vois-tu, elle prépare ma nourriture, fait le pain, lave mes vêtements et allaite mes enfants, alors que ces tâches ne lui sont pas obligatoires. En accomplissant ces tâches, elle détourne pourtant mon esprit des gains illicites. C’est pour cela que je la supporte. » L’homme répondit : « Ô Commandeur des croyants ! Mon épouse est également ainsi. » Hazrat ‘Umar lui dit : « Alors continue à la supporter, mon frère. La vie de ce monde n’est que très éphémère. »
On raconte qu’un jour, le frère religieux et vertueux d’un homme pieux vint lui rendre visite à son domicile. Il venait lui rendre visite une fois par an. Dès qu’il frappa à la porte, l’épouse de son ami ouvrit et demanda au visiteur : « Qui êtes-vous ? » Le visiteur répondit : « Je suis le frère religieux de votre mari ! Je suis venu le voir. » L’épouse dit d’un ton extrêmement rude : « Il est parti couper du bois dans la forêt. Qu’Allah ne le fasse pas revenir sain et sauf. Qu’Allah lui fasse ceci et cela ! » Et ainsi de suite. Elle se mit à le calomnier violemment en son absence. Sur ces entrefaites, son mari arriva soudain. Il revenait de la montagne avec une énorme charge de bois sur le dos d’un lion, tandis qu’il était lui-même monté sur le lion. Il salua son frère religieux et lui souhaita la bienvenue. Puis il entra dans la maison, déchargea le bois du dos du lion et lui dit : « Va, qu’Allah te récompense par le bien. » Ensuite, il fit entrer son frère religieux et le fit asseoir. Son épouse continuait à le réprimander, tandis que son mari restait silencieux. Après le repas, l’invité prit congé et repartit. Il fut émerveillé par le comportement de l’épouse querelleuse de son ami et par la patience de celui-ci.
L’année suivante, il revint à la même période. Dès qu’il frappa à la porte, une voix se fit entendre de l’intérieur : « Qui est à la porte ? » Le visiteur répondit : « Je suis untel, le frère religieux de votre mari. » La femme ouvrit alors la porte en lui souhaitant la bienvenue. Elle ajouta : « Asseyez-vous, mon mari reviendra bientôt, si Allah le veut. Qu’Allah le fasse revenir sain et sauf. » Et ainsi de suite. Le visiteur fut étonné par sa douceur et ses paroles aimables. Peu après, le maître de maison revint avec une charge de bois. Mais cette fois, il ne la portait pas sur le dos d’un lion : il la portait sur son propre dos. Ensuite, ils accueillirent l’invité avec attention, lui servirent à manger et le raccompagnèrent. Au moment du départ, il dit à son ami : « Lorsque je suis venu l’année dernière, j’ai entendu le comportement rude et les paroles insolentes de votre épouse. Elle ne cessait de vous calomnier. Et vous étiez revenu avec une charge de bois portée par un lion. Mais cette année, j’ai constaté la douceur de votre épouse, tandis que vous portiez vous-même la charge sur votre dos. Dites-moi donc, quelle est l’explication ? » Il répondit : « Ô mon frère ! Cette femme au langage rude est morte. Je supportais son comportement avec patience ; c’est pourquoi Allah avait soumis ce lion à mon service. Puis j’ai épousé cette femme au bon comportement. Je vis heureux avec elle, mais le lion m’a échappé. Je suis donc obligé de porter le bois sur mon propre dos afin de pouvoir mener une vie heureuse avec cette épouse obéissante et vertueuse. »
48. Dessiner, imprimer, graver, suspendre et conserver des représentations ou des images d’êtres animés
Allah le Très-Haut dit : « Ceux qui offensent Allah et Son Messager, Allah les maudira ici-bas et dans l’au-delà, et leur préparera un châtiment humiliant. » En expliquant ce verset, ‘Ikrimah dit : « Ceux qui fabriquent des images sont ceux qui offensent Allah et le Messager. » Le Messager (ﷺ) a dit : « Ceux qui fabriquent des images seront châtiés le Jour de la Résurrection, et il leur sera dit : “Donnez vie à ce que vous avez fabriqué.” » (Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim)
Hazrat ‘Â’ishah (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Messager (ﷺ) revint chez lui d’un voyage. J’avais alors recouvert la niche du mur de ma chambre d’un rideau sur lequel figuraient plusieurs images. Dès qu’il vit le rideau, le visage du Messager (ﷺ) changea de couleur. Il dit : « Ô ‘Â’ishah ! Ceux qui donnent à leur création une ressemblance avec la création d’Allah subiront le châtiment le plus sévère le Jour de la Résurrection. » Hazrat ‘Â’ishah dit : « Je découpai ensuite ce rideau en deux et en fis deux coussins. » (Al-Bukhârî et Muslim) Le Messager (ﷺ) a dit : « Tout artiste peintre sera voué à l’Enfer. Pour chacune de ses images, on lui donnera une âme, et chacune de ces âmes sera châtiée dans le feu de la Géhenne. » (Al-Bukhârî et Muslim) Le Messager (ﷺ) a dit : « Celui qui a fabriqué sur terre l’image ou la représentation d’un être animé recevra l’ordre, le Jour de la Résurrection, d’insuffler la vie à cette représentation ou à cette image. Mais il ne le pourra jamais. » (Al-Bukhârî)
Le Messager d’Allah (saw) a également dit : « Allah Tout-Puissant dit : Qui donc est plus criminel que celui qui a l’audace de créer comme Ma création ? Qu’il crée donc un grain ! Qu’il crée donc un grain de blé ou une lentille, pour voir ! » (Al-Boukhari, Muslim)
Il est rapporté dans At-Tirmidhi que le Messager d’Allah (saw) a dit : « Le Jour de la Résurrection, une tête sortira de l’Enfer et dira : Trois personnes m’ont été confiées afin que je les châtie. Ce sont celui qui associe quelqu’un à Allah, le dirigeant tyrannique et le peintre. » Dans un autre hadith rapporté par Al-Boukhari et Muslim, le Messager d’Allah (saw) dit : « Les anges n’entrent pas dans une maison où se trouvent un chien ou l’image d’un être animé. » L’imam Al-Khattabi explique qu’il s’agit des anges de la miséricorde et de la bénédiction. Quant aux anges chargés de la garde, ils se rendent dans toutes les maisons. Par chien, on entend le chien élevé uniquement par plaisir. Si l’on a besoin d’un chien pour chasser, garder les lieux ou pour une tâche semblable, cela ne constitue aucun empêchement. Par image, on entend toute image ou représentation d’un être animé, quel que soit le support ou la manière dont elle y est conservée. Il a été ordonné d’éliminer ou de détruire autant que possible toutes ces images et représentations. Il est rapporté dans Sahih Muslim que Ali (ra) ordonna de détruire toutes les images et représentations et de niveler toutes les tombes surélevées.
49. Se lamenter à voix haute dans l’épreuve, la calamité ou lors d’un événement douloureux, se frapper la poitrine et le front, déchirer ses vêtements, se raser la tête, s’arracher les cheveux et souhaiter sa propre mort et sa destruction, entre autres
Il est rapporté dans Sahih Al-Boukhari que le Messager d’Allah (saw) a dit : « Celui qui se frappe le visage et le front, déchire ses vêtements et invoque selon les pratiques de l’époque de l’ignorance n’appartient pas à ma communauté. » Nous avons déjà mentionné le hadith rapporté par Al-Boukhari et Muslim selon lequel le Messager d’Allah (saw) a maudit celles qui expriment leur deuil par des lamentations à voix haute, en se rasant les cheveux, en se les arrachant et en déchirant leurs vêtements. Tous ces actes sont unanimement considérés comme haram. De même, se frapper le visage et le front, se griffer le visage et invoquer en souhaitant la mort et la destruction sont également haram. Umm Atiyya (ra) rapporte que le Messager d’Allah (saw) nous a fait prendre l’engagement de ne jamais exprimer notre deuil par des lamentations à voix haute. (Al-Boukhari)
Le Messager d’Allah (saw) a également dit : « Deux actes relèvent de la mécréance : tourner en dérision la lignée de quelqu’un et se lamenter à voix haute sur un mort. » (Muslim)
Il est rapporté dans Abou Dawoud que le Messager d’Allah (saw) a maudit celle qui se lamente à voix haute ainsi que ceux qui l’écoutent. Il est rapporté dans Al-Boukhari, Ibn Majah et An-Nasa’i que lorsque Abou Moussa Al-Achari (ra) perdit connaissance sous l’effet d’une douleur intense, une de ses parentes se mit à crier et à pleurer. Lorsqu’il reprit connaissance, il dit : « Celui que le Messager d’Allah (saw) a considéré comme indésirable, je le considère moi aussi comme indésirable. » Le Messager d’Allah (saw) a considéré comme indésirables les manifestations de deuil consistant à se lamenter à voix haute, à s’arracher les cheveux, à déchirer ses vêtements et autres actes semblables.
Il est rapporté dans Sahih Al-Boukhari et Sahih Muslim que le Messager d’Allah (saw) a dit : « À cause des lamentations à voix haute, le mort subit un châtiment dans sa tombe. » Le Messager d’Allah (saw) a dit : « Il m’a été ordonné de m’abstenir de deux sons insensés et pécheurs : l’un est le son de la musique et l’autre est le fait de se frapper le visage dans l’épreuve et de pousser des cris à la manière de Satan. » Il est rapporté que Umar (ra) frappa de sa propre main une pleureuse professionnelle et dit : « Je frappe cette pleureuse, car il n’est pas interdit de la frapper. Elle ne pleure pas en partageant votre chagrin ; elle pleure plutôt pour vous soutirer de l’argent. Elle fait souffrir vos morts dans leurs tombes et accroît le chagrin et la douleur des vivants. En effet, elle interdit de faire preuve de patience, alors qu’Allah l’a ordonnée, et elle incite à pleurer avec désespoir, alors qu’Allah l’a interdit. »
Les savants ont dit qu’en dehors des lamentations des pleureuses professionnelles rémunérées et des lamentations à voix haute accompagnées de désarroi, les pleurs sincères et doux dus au bouleversement du chagrin ne sont pas haram. Il est rapporté dans Sahih Al-Boukhari et Sahih Muslim que le Messager d’Allah (saw) se mit à pleurer en allant rendre visite à Saad ibn Oubada, qui était malade. En voyant ses pleurs, les Compagnons réunis se mirent eux aussi à pleurer. Puis le Messager d’Allah (saw) dit : « Sachez qu’Allah ne châtie pas pour les larmes versées par les yeux ni pour l’émotion du cœur. Il ne châtie ou n’accorde Sa grâce que pour cette chose-ci », et il indiqua sa langue. Dans une autre narration, il est rapporté que lorsque le Messager d’Allah (saw) se mit à pleurer, Saad demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce donc ? » Il répondit : « C’est la miséricorde et la compassion qu’Allah a créées dans le cœur de Ses serviteurs. Allah n’accorde Sa miséricorde qu’à Ses serviteurs miséricordieux et compatissants. »
Il est également rapporté dans le Sahih al-Bukhari que, lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se rendit auprès de son fils Ibrahim, qui était à l’agonie, des larmes coulaient de ses yeux. En voyant cela, Abdur-Rahman ibn Awf lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Vous aussi, vous pleurez ! » Le Messager d’Allah répondit : « Ce n’est qu’une manifestation de tendresse et d’affection. » Puis il dit : « Les yeux versent des larmes et le cœur est attristé. Mais nous ne prononçons de notre bouche que ce qui plaît à Allah. Ô Ibrahim, nous sommes affligés par ta séparation. »
Il convient de préciser que si les pleurs excessifs lors des épreuves et de la séparation d’avec un être cher sont découragés, c’est parce qu’Allah et Son Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ont ordonné la patience et la maîtrise de soi, et ont interdit de manifester désespoir et impatience. Allah Tout-Puissant a dit : « Ô vous qui croyez ! Cherchez secours dans la patience et la prière. Certes, Allah est avec les patients… Et Nous vous éprouverons certainement par quelque peur, quelque faim, une diminution de biens, de personnes et de récoltes. Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients, qui, lorsqu’un malheur les atteint, disent : “Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournerons.” » (sourate Al-Baqara)
Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) a dit : la signification de « Allah est avec les patients » est qu’Il les aide et ne les humilie pas. Quant à « ceux qui, lorsqu’un malheur les atteint, disent : “Nous appartenons à Allah” », cela signifie : « Nous sommes les serviteurs d’Allah ; Il peut donc agir envers nous comme Il le souhaite. »
Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Quelle que soit l’épreuve qui touche le serviteur croyant, fût-ce même une épine qui lui pique le pied, Allah efface par elle certains de ses péchés. » (Sahih Muslim) Il est rapporté dans le Tirmidhi que le Messager d’Allah a dit : « Lorsqu’un serviteur perd son enfant, Allah demande aux anges : “Qu’a dit mon serviteur lorsque vous avez pris la vie de son enfant ?” Les anges répondent : “Il T’a loué et a rappelé qu’il retournerait auprès de Toi.” Alors Allah dit : “Construisez pour Mon serviteur une demeure au Paradis et appelez-la Bayt al-Hamd (la demeure de la louange).” Il est rapporté dans un hadith qudsi qu’Allah a dit : « Lorsque l’un des êtres chers à Mon serviteur meurt et qu’il fait preuve de patience et de retenue, Je n’ai pour lui d’autre récompense que le Paradis. » (Sahih al-Bukhari)
Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Pour le fils d’Adam, accepter sereinement le décret d’Allah est une source de bonheur, tandis que s’en irriter et s’en mécontenter est une source de malheur. » Un hadith rapporté d’après Umar (qu’Allah l’agrée) dit que, lorsque l’ange de la mort, après avoir pris l’âme d’un croyant, s’en va et que sa famille commence à se lamenter, à se frapper la poitrine, à défaire ses cheveux et à souhaiter sa propre mort et sa destruction, il s’arrête un instant à la porte de la maison et dit : « Pourquoi tant de lamentations et de pleurs ? Par Allah ! Je n’ai raccourci la vie d’aucun d’entre vous, je n’ai privé personne de sa subsistance et je n’ai fait de tort à personne. Si vos plaintes et votre mécontentement sont dirigés contre moi, alors, par Allah, je suis soumis à l’ordre d’Allah. Mais si votre colère est dirigée contre le défunt, vous êtes devenus mécréants. Je devrai encore venir bien des fois, et un jour aucun d’entre vous ne restera. » Le Messager d’Allah a dit : « Par Allah ! Si les gens entendaient ce discours et le voyaient, ils oublieraient leur mort et pleureraient, éperdus, pour eux-mêmes. » Exprimer sa tristesse ou sa compassion en apprenant le malheur de quelqu’un est une œuvre méritoire. Il est rapporté dans le Tirmidhi que le Messager d’Allah a dit : « Celui qui présente ses condoléances à une personne éprouvée recevra une récompense semblable à celle que cette personne éprouvée obtient si elle fait preuve de patience. » Le Messager d’Allah a également dit : « Celui qui présente ses condoléances à une mère ayant perdu son enfant et la console, Allah la revêtira de vêtements précieux du Paradis. » (Tirmidhi)
Il convient de préciser que l’expression de la tristesse et des condoléances a pour but de réconforter la personne touchée, de lui conseiller la patience et d’alléger le poids de sa peine, de son chagrin et de son épreuve ; elle est donc recommandée. Elle relève du fait d’ordonner le bien, d’interdire le mal et de s’entraider dans la droiture et la crainte d’Allah. La meilleure formulation des condoléances et du réconfort nous est connue par le hadith suivant du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim qu’une fille du Messager d’Allah lui fit parvenir le message suivant : l’un de ses fils était à l’article de la mort. Le Messager d’Allah dit au messager : « Va lui dire : ce qu’Allah prend Lui appartient, et ce qu’Il donne Lui appartient également. Toute chose a auprès du serviteur un terme fixé. Dis-lui de faire preuve de patience et de retenue. »
Remarquant l’absence d’un compagnon à son assemblée, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) demanda de ses nouvelles. Un homme répondit : « Ô Messager d’Allah ! Son fils est mort. » Le Messager d’Allah alla le voir et lui présenta ses condoléances. Puis il dit : « Écoute : préfères-tu que ton fils reste auprès de toi toute sa vie, ou qu’il te précède, se tienne à la porte du Paradis et, lorsque tu mourras, t’en ouvre la porte ? » Le compagnon répondit : « Je préfère qu’il me précède au Paradis et m’en ouvre la porte. » Le Messager d’Allah dit : « Alors cela t’est destiné. » Le compagnon demanda : « Est-ce réservé à moi seul ? » Le Messager d’Allah répondit : « Non, c’est pour tous les musulmans. » (Ahmad, an-Nasa’i)
Abu Musa (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se rendit à Jannat al-Baqi et vit une femme étendue face contre terre sur une tombe, en train de pleurer. Le Messager d’Allah lui dit : « Ô servante d’Allah, crains Allah et sois patiente. » La femme répondit : « Ô serviteur d’Allah, je suis une mère qui a perdu son enfant. Ce que je fais n’a donc rien d’inconvenant dans mon cas. » Le Messager d’Allah lui dit de nouveau : « Sois patiente. » La femme répondit : « Cela suffit. J’ai entendu ce que tu as dit. Maintenant, va-t’en. » Le Messager d’Allah s’éloigna. Un compagnon, ayant vu la femme, lui demanda : « Que t’a dit cet homme ? » Elle lui raconta tout. Le compagnon demanda : « Sais-tu qui est cet homme ? » Elle répondit : « Non. » Il dit : « Quel malheur ! C’était le Messager d’Allah ! » Dès qu’elle l’apprit, la femme courut rencontrer le Messager d’Allah et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Je serai patiente. » Le Messager d’Allah dit : « C’est dès le premier choc qu’il faut faire preuve de patience. » Cela signifie qu’il est préférable de rester patient au moment où survient soudainement l’épreuve ; par la suite, le cœur se calme naturellement avec le temps.
Il est rapporté dans le Sahih Muslim qu’un fils d’un Compagnon nommé Abou Talha mourut. À ce moment-là, il se trouvait à l’étranger et ignorait totalement la mort de son fils. Lorsqu’il rentra ensuite chez lui, son épouse dit à l’avance à tous les membres de la famille : « Qu’aucun de vous ne lui révèle la mort de son fils. Je lui annoncerai moi-même ce qu’il faudra lui dire, le moment venu. » Puis elle prépara le repas d’Abou Talha. Après s’être couchée avec lui, elle lui dit : « Ô Abou Talha, si quelqu’un prête une chose à une autre personne, puis la lui réclame, est-il convenable que celle-ci refuse de la rendre ? » Talha répondit : « Non. » Alors son épouse lui raconta tout ce qui s’était passé et dit : « Dans ce cas, fais preuve de patience au sujet de ton fils. » En entendant cela, Abou Talha se mit en colère. Il dit : « Pourquoi me l’as-tu annoncé si tard ? » Puis il se rendit auprès du Messager d’Allah (ﷺ) et lui raconta toute l’affaire. Après l’avoir entendu, le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « Allah a agréé votre comportement de la nuit dernière. » Il est également rapporté dans un hadith : « Nul n’a reçu un don meilleur et plus vaste que la patience. »
Il est rapporté que lorsque les meurtriers frappèrent Othman (qu’Allah l’agrée), il dit, tandis que le sang coulait sur sa barbe : « Lā ilāha illā anta, subḥānaka, innī kuntu minaẓ-ẓālimīn. Ô Allah ! Je Te demande de m’aider contre eux et de m’aider en toute affaire, et je Te demande de m’accorder la patience face à l’épreuve dans laquelle Tu m’as plongé. »
Il est rapporté dans le Jami‘ at-Tirmidhi que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Celui dont deux enfants n’ayant pas atteint la maturité meurent entrera au Paradis. » Dans un hadith rapporté par le Sahih Muslim, le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Les enfants décédés qui n’avaient pas atteint la maturité se promèneront librement partout au Paradis. Au lieu de la Résurrection, ils retrouveront leurs parents, les saisiront dans leurs bras et ne les quitteront pas avant de les avoir fait entrer au Paradis. »
Hazrat Malik ibn Dinar (qu’Allah lui fasse miséricorde) raconte : « Dans ma jeunesse, j’étais dépendant de l’alcool. À cette époque, une de mes filles, âgée de deux ans, mourut. Je l’aimais énormément. Sa mort me causa donc une telle douleur que je réduisis considérablement ma consommation d’alcool. Un jour, alors que je dormais, je rêvai que la Résurrection avait commencé et que je m’étais relevé de ma tombe. Soudain, je vis un énorme serpent me poursuivre. Effrayé, je me mis à courir pour lui échapper, mais le serpent continuait à se précipiter sur moi. En chemin, apercevant un vieillard vêtu de blanc, je lui dis : “Je vous en prie, accordez-moi refuge. Un serpent me poursuit.” Il répondit : “Je suis faible, et ce serpent est plus fort que moi. Continue donc à fuir. Allah te protégera peut-être.” Je continuai à courir jusqu’à atteindre le sommet d’une montagne. Là, je vis plusieurs petits garçons et petites filles qui jouaient. Leurs visages étaient tous lumineux comme la lune. Je remarquai que ma fille se trouvait parmi eux. En me voyant, elle descendit et lança une lampe en direction du serpent. Celui-ci s’enfuit. Ensuite, ma fille vint s’asseoir sur mes genoux et récita ce verset du Coran : “Le moment n’est-il pas encore venu pour les croyants que leurs cœurs s’humilient au rappel d’Allah et devant la vérité qu’Il a fait descendre ?” Je lui demandai : “Ma chère petite fille, tu connais donc aussi le Coran ?” Elle répondit : “Papa, nous en savons davantage que vous.” Je demandai : “Qui sont tes compagnons et que faites-vous ici ?” Elle répondit : “Nous sommes ici les enfants décédés de parents musulmans. Nous attendrons ici, jusqu’à la Résurrection, l’arrivée de nos parents.” Je lui demandai : “Ma chère petite fille, sais-tu pourquoi ce serpent me poursuivait ?” Elle répondit : “Papa, c’était ta mauvaise action. C’est toi-même qui l’as rendue puissante.” Je demandai : “Qui était ce vieillard ?” Elle répondit : “C’était ta bonne action, devenue faible à cause de ta négligence. Repens-toi, et tu seras sauvé.” Alors je me réveillai et me repentis immédiatement. »
Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Chaque fois qu’une épreuve ou une calamité atteint un serviteur, c’est soit pour le purifier d’un péché qu’Allah a décidé de ne lui pardonner d’aucune autre manière que par cette épreuve, soit pour l’élever à un rang éminent pour lequel Allah n’a prévu aucune autre voie. »
Oumm al-Mou’minine Hazrat Oumm Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Celui qui, lorsqu’une calamité l’atteint, dit : “Innā lillāhi wa innā ilayhi rāji‘ūn”, et invoque ainsi : “Ô Allah ! Accorde-moi refuge dans cette calamité et donne-moi une meilleure compensation”, Allah lui accordera une récompense appropriée et une meilleure compensation. » Hazrat Oumm Salama (qu’Allah l’agrée) dit : « Après la mort de mon mari Abou Salama, je fis cette même invocation. Allah m’accorda donc comme époux quelqu’un de meilleur que lui : le Messager d’Allah (ﷺ). » (Sahih Muslim)
Le juge Chourayh (qu’Allah lui fasse miséricorde) disait : « Lorsque je suis frappé par une calamité, je loue Allah quatre fois. La première fois, parce que la calamité aurait pu être plus grave, mais elle ne l’a pas été. La deuxième fois, parce qu’Allah m’accorde la capacité de la supporter. La troisième fois, parce qu’Il me donne l’occasion de dire : “Innā lillāh…” La quatrième fois, lorsque je constate que cette calamité n’a pas pris la forme d’un égarement par rapport à mon islam. »
En revanche, si quelqu’un, face aux calamités, se montre agité, souhaite sa propre mort et sa destruction, déchire ses cheveux et ses vêtements, se gifle et se griffe le visage et la poitrine, pleure en criant de toutes ses forces ou fait pleurer quelqu’un à sa place, Allah sera certainement mécontent de lui. Il le maudira et, selon certains récits, anéantira ses bonnes œuvres. En effet, de tels comportements reviennent à renier le destin, c’est-à-dire le décret d’Allah. Souhaiter en particulier sa propre mort et sa destruction constitue en quelque sorte une tentative de suicide.
50. Rébellion, arrogance et orgueil
Allah Tout-Puissant a dit : « Seuls ceux qui oppriment les gens et se rebellent injustement sur terre en adoptant un comportement arrogant peuvent faire l’objet de mesures. Un châtiment douloureux leur est réservé. » (Sourate Ach-Choura)
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah Tout-Puissant m’a révélé ceci : soyez humbles, afin qu’aucun de vous n’agresse ni ne fasse preuve d’arrogance envers autrui. » (Sahih Muslim, Sunan Abou Dawoud et Sunan Ibn Majah)
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Il n’existe aucun crime, tel que la rébellion et l’arrogance, qui entraîne inévitablement un châtiment dans ce monde en plus du châtiment de l’au-delà. » (Jami‘ at-Tirmidhi et Sunan Ibn Majah)
Qaroun reçut le châtiment le plus exemplaire pour ce crime. Il était le propre cousin de Moïse (que la paix soit sur lui) et l’un des principaux conseillers de Pharaon. En guise de châtiment pour sa rébellion et son arrogance, Allah l’engloutit vivant dans la terre avec tous ses biens et ses richesses. Le récit de cet événement est rapporté ainsi dans la sourate Al-Qasas :
« Qaroun appartenait certes au peuple de Moïse. Mais il se rebella contre eux et se montra arrogant. Nous lui avions donné des trésors dont les clés étaient lourdes à porter même pour un groupe d’hommes robustes. Rappelle-toi lorsque son peuple lui dit : “Ne te réjouis pas avec orgueil, car Allah n’aime pas les arrogants. Recherche, à travers ce qu’Allah t’a donné, la demeure de l’au-delà. Mais n’oublie pas ta part des biens de ce monde. Fais le bien envers les autres comme Allah a été bienfaisant envers toi. Et ne cherche pas à semer la corruption sur terre, car Allah n’aime pas les corrupteurs.” Il répondit : “Cette fortune m’a été donnée en raison de la connaissance que je possède.” Ne savait-il pas qu’Allah avait déjà anéanti, avant lui, nombre de peuples plus puissants et plus riches que lui ? Et les criminels ne seront pas interrogés au sujet de leurs péchés. (Car tout sera déjà inscrit dans leurs registres.) Qaroun sortit alors devant son peuple dans toute sa splendeur. Ceux qui désiraient la vie terrestre dirent : “Ah ! Si seulement nous avions reçu des richesses semblables à celles qui ont été données à Qaroun ! Il est vraiment très chanceux.” Quant à ceux qui avaient reçu la connaissance, ils dirent : “Malheur à vous ! La récompense d’Allah est meilleure pour ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres. Mais seuls les patients l’obtiendront.” Puis Nous fîmes engloutir Qaroun et son palais dans la terre. Il n’eut aucun groupe pour le secourir contre le châtiment d’Allah, et il ne put pas non plus se défendre lui-même. Ceux qui, la veille encore, souhaitaient être semblables à Qaroun dirent alors, en voyant son destin : “En vérité, Allah étend largement la subsistance à qui Il veut et la restreint à qui Il veut. Si Allah n’avait pas été bienveillant envers nous, Il nous aurait également engloutis dans la terre. En vérité, les mécréants ne réussissent pas.” »
L’imam Ibn al-Jawzi dit : plusieurs récits existent au sujet de la manière dont Qaroun manifesta son arrogance et sa rébellion. Selon Ibn Abbas, il incita par la tromperie une femme débauchée à répandre contre Moïse (que la paix soit sur lui) la calomnie selon laquelle il aurait commis l’adultère avec elle. Lorsque Moïse (que la paix soit sur lui) la força à dire la vérité sous serment, elle révéla qu’elle avait une relation avec Qaroun et que c’était lui qui l’avait incitée à répandre cette calomnie. Selon Ad-Dahhak et Qatada, Qaroun renia le prophète d’Allah et tomba dans la mécréance. Selon Al-Mawardi, il travaillait à la cour de Pharaon et, s’appuyant sur cette position, opprimait son propre peuple, les Enfants d’Israël.
Il est rapporté d’après Ibn Abbas que, furieux de la calomnie répandue contre Moïse (que la paix soit sur lui), celui-ci invoqua une malédiction contre Qaroun. Allah dit alors : “Ô Moïse ! J’ai ordonné à la terre d’obéir à tes ordres. Ordonne-lui donc ce que tu veux.” Moïse (que la paix soit sur lui) ordonna : “Ô terre, engloutis Qaroun !” Aussitôt, le lit de Qaroun disparut dans la terre. Voyant cela, Qaroun implora la clémence de Moïse (que la paix soit sur lui). Mais Moïse ordonna de nouveau à la terre : “Engloutis-le !” Cette fois, ses pieds s’enfoncèrent sous terre. Ainsi, à force de répéter ses ordres, Moïse fit disparaître Qaroun entièrement sous terre.
Les aspects de la rébellion et de l’arrogance de Qaroun qui ressortent de l’événement précité, rapporté dans le Saint Coran, sont les suivants :
(1) S’allier aux ennemis de l’islam et des musulmans afin de nuire aux intérêts des musulmans et de son propre peuple.
(2) Se vanter de ses richesses acquises en les considérant comme le fruit de son propre savoir, au lieu de les considérer comme un don de la faveur d’Allah.
(3) Ne pas reconnaître le droit des pauvres de la société sur ses richesses et refuser de le leur accorder ; qui plus est, exhiber continuellement devant la population l’éclat de son opulence, de sorte que la souffrance psychologique des personnes privées de leurs droits s’accroisse et que leur sentiment de privation devienne encore plus intense.
(d) L’avarice, le capitalisme débridé, la mentalité arrogante et exclusivement consumériste. — Traducteur)
51. Traiter cruellement les catégories vulnérables, les esclaves, les domestiques et les animaux
Allah le Très-Haut a dit : « Adorez Allah et ne Lui associez rien ; faites preuve de bonté envers vos père et mère, ainsi qu’envers vos proches, les orphelins, les nécessiteux, le voisin proche, le voisin éloigné, le compagnon de voyage, le voyageur et ceux qui sont sous votre autorité. Allah n’aime pas les arrogants et les orgueilleux. » (Sourate An-Nisâ)
Même dans les derniers instants précédant sa mort, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a insisté en disant : « Craignez Allah au sujet de la prière et de ceux qui sont sous votre autorité. » (Abû Dâwûd, Ibn Mâjah)
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a également dit : « La bonté envers ceux qui sont sous votre autorité est une source de bonheur, tandis que la maltraitance à leur égard est une source de malheur. » (Musnad Ahmad, Sunan Abû Dâwûd)
Le vénérable Abû Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) raconte : Je frappais un serviteur avec un bâton. À ce moment-là, j’entendis derrière moi une voix qui disait : « Sache, ô Abû Mas‘ûd, qu’Allah seul t’a donné autorité sur ce serviteur. » Je dis : Ô Messager d’Allah ! Je ne frapperai plus jamais ni esclave, ni servante, ni domestique. Je l’affranchis. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) dit : « Si tu n’avais pas accompli cet acte, le Feu t’aurait consumé au Jour de la Résurrection. » (Sahîh Muslim)
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Ceux qui maltraitent les gens ici-bas, Allah leur infligera un châtiment sévère. » Il est rapporté dans le Jâmi‘ at-Tirmidhî et les Sunan d’Abû Dâwûd que l’on demanda au Prophète (paix et bénédictions sur lui) : « Combien de fois devons-nous pardonner à ceux qui sont sous notre autorité ? » Le Prophète répondit : « Soixante-dix fois par jour. »
Il est rapporté dans le Musnad Ahmad que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) appela un de ses serviteurs. Celui-ci arriva très tard. Alors le Prophète, montrant le siwâk qu’il tenait à la main, dit : « Si je ne craignais pas de devoir rendre des comptes au Jour de la Résurrection, je te frapperais avec ce siwâk. »
Il est rapporté dans un hadith qu’une femme vint trouver le Messager (paix et salut sur lui) et lui dit : « J’ai insulté ma servante en la traitant d’adultère. » Le Messager (paix et salut sur lui) demanda : « As-tu vu en elle un quelconque signe d’adultère ? » La femme répondit : « Non. » Le Messager (paix et salut sur lui) dit : « Prends garde, car cette jeune fille se vengera de toi le Jour de la Résurrection. » La femme se rendit aussitôt auprès de sa servante et lui dit, en lui tendant un bâton : « Frappe-moi. » La servante refusa. Alors la femme l’affranchit. Puis elle vint trouver le Messager (paix et salut sur lui) et l’informa qu’elle avait affranchi sa servante. Le Messager (paix et salut sur lui) dit : « Il est à espérer que ton péché sera pardonné. »
Il est rapporté dans les hadiths de Sahih al-Bukhari et de Sahih Muslim que le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui accuse faussement son subordonné subira, le Jour de la Résurrection, la flagellation prescrite pour la calomnie. » Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Il faut fournir aux serviteurs et aux esclaves la nourriture et les vêtements nécessaires, et il ne faut pas leur imposer une tâche dépassant leurs capacités. Si cela s’avère absolument nécessaire, il faut alors travailler soi-même avec eux. Ne faites pas souffrir les créatures d’Allah. Il vous a donné autorité sur elles ; s’Il l’avait voulu, Il aurait pu leur donner autorité sur vous. » (Sahih Muslim, Tabarani)
Faire souffrir de faim les personnes ou les animaux placés sous son autorité, et séparer les enfants de leurs parents, sont des formes particulièrement abominables de péché majeur. Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui séparera une mère de son enfant, Allah le séparera de ceux qu’il aime le Jour de la Résurrection. » (Jami‘ at-Tirmidhi)
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Il n’existe pas de péché plus grave que de faire souffrir de faim une personne ou un animal placé sous son autorité. » (Sahih Muslim)
De même, il n’est pas permis de frapper violemment les animaux domestiques, de les garder constamment enfermés dans une cage, de ne pas leur donner leur nourriture à temps ou de les contraindre à accomplir un travail dépassant leurs capacités. Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Une femme sera châtiée pour avoir attaché une chatte et l’avoir laissée mourir de faim. » Il va sans dire que cela s’applique à tous les animaux. Il est rapporté dans les hadiths de Sahih al-Bukhari et de Sahih Muslim que le Messager (paix et salut sur lui) a interdit d’utiliser un animal pour autre chose que son activité naturelle et de lui faire accomplir un travail dépassant ses capacités. Il a ordonné que, lorsqu’un animal doit être égorgé, on l’égorge avec un instrument tranchant, et que l’animal qui doit être tué soit tué à la première occasion, sans être maintenu captif. Il a été strictement interdit de brûler vifs les animaux nuisibles tels que les serpents, les scorpions, les rats et les chiens enragés. Le Messager (paix et salut sur lui) a interdit de tuer un animal par simple divertissement ou plaisir, sans aucun bénéfice. Affranchir les esclaves est une œuvre qui procure une grande récompense. Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui affranchira son esclave, Allah le libérera du châtiment de l’Enfer. »
52. Faire du tort à son voisin
Il est rapporté dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim qu’un jour le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Il n’est pas croyant. Il n’est pas croyant. » Tous demandèrent : « Ô Messager, qui donc ? » Le Messager (paix et salut sur lui) répondit : « Celui dont le voisin n’est pas à l’abri de ses méfaits. » Il existe trois catégories de voisins. Premièrement, le voisin musulman et parent. Ce voisin bénéficie de trois droits : un en tant que parent, un en tant que musulman et un en tant que voisin. Deuxièmement, le voisin musulman qui n’est pas un parent. Ce voisin bénéficie de deux droits : un en tant que voisin et un en tant que musulman. Troisièmement, le voisin non musulman. Ce voisin ne bénéficie que du droit dû au voisinage.
Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « N’est pas musulman celui qui mange à sa faim tandis que son voisin reste affamé. » Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Jibril m’a tellement recommandé de prendre soin du voisin que je pense parfois que le voisin pourrait être désigné comme mon héritier. » (Sunan Abu Dawud, Sunan Ibn Majah)
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Le voisin pauvre saisira le voisin riche le Jour de la Résurrection et dira : “Ô Seigneur, Tu avais rendu prospère mon frère que voici, et il habitait tout près de moi ; pourtant, je restais affamé tandis qu’il mangeait à satiété. Demande-lui pourquoi il gardait sa porte fermée devant moi et me privait.” » Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Les trois péchés les plus graves sont : associer des associés à Allah, tuer son enfant par peur de la pauvreté et violer la chasteté de la femme de son voisin. » (Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim, Sunan an-Nasa’i, Jami‘ at-Tirmidhi)
Hazrat Ibn Umar avait un voisin juif. Chaque fois qu’une chèvre était abattue chez lui, il disait : « Donnez-en de la viande à notre voisin juif. » (Sunan Abou Dawoud, Jami‘ at-Tirmidhi)
Il convient au voisin de supporter autant que possible le comportement pénible de son autre voisin, même si celui-ci est non musulman. Cela fait en effet partie des bienfaits et des faveurs qu’on lui accorde. Un jour, un homme vint voir le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et lui dit : « Ô Messager ! Indique-moi une œuvre qui me permettra d’entrer au Paradis. » Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) répondit : « Sois bienfaisant. » L’homme demanda : « Comment saurai-je si je suis bienfaisant ? » Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) répondit : « Demande-le à ton voisin. S’il dit que tu es bienfaisant, alors tu l’es ; et s’il dit que tu nuis aux autres, alors tu nuis aux autres. » (Al-Bayhaqi)
Dans un autre hadith, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Le voisin a pour droit que, lorsqu’il demande de l’aide, on l’aide ; lorsqu’il demande un prêt, on lui prête ; lorsqu’il a besoin de quelque chose, on la lui donne ; lorsqu’il tombe malade, on lui rende visite ; lorsqu’il obtient un bienfait, on le félicite ; lorsqu’il est frappé par un malheur, on lui présente ses condoléances ; lorsqu’il meurt, on se rende auprès de sa tombe pour accomplir sa prière funéraire et l’enterrer. Il ne faut pas construire une maison élevée sans sa permission, de manière à lui couper l’air. Lorsque l’odeur de la nourriture préparée dans la marmite lui parvient, il faut lui en donner une part. Si l’on achète des fruits, il faut lui en envoyer en cadeau ; sinon, il ne faut pas en jeter les épluchures dehors, afin qu’il ne les voie pas. »
Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Porter atteinte à la chasteté d’une femme voisine équivaut à porter atteinte à la chasteté de dix autres femmes. De même, voler dans la maison d’un voisin équivaut à voler dans les maisons de dix autres personnes. »
Manifester de la patience envers son voisin est une œuvre très noble, même lorsque celui-ci est hostile. On raconte que Hazrat Sahl ibn Abd Allah at-Tustari (qu’Allah lui fasse miséricorde) avait pour voisin un adorateur du feu. Chaque jour, une grande quantité d’ordures provenant de la maison du voisin tombait à son insu dans la maison de Hazrat Sahl. Pourtant, il ne s’en plaignait pas auprès de lui. Pendant la journée, il ramassait les ordures et les recouvrait, puis les sortait la nuit. Un jour, le moment de la mort de Sahl arriva. Il appela son voisin, lui montra le tas d’ordures et lui dit : « Si ma mort n’était pas proche, je ne vous l’aurais pas montré. Je crains qu’après ma mort, personne de ma famille ne puisse faire preuve de la même patience que moi. C’est pourquoi je vous le montre. Faites ce que vous jugerez bon. » L’étonnement du voisin adorateur du feu fut sans limite. Il dit : « Vous avez supporté cette chose pénible pendant si longtemps, sans même prononcer un mot. Et moi, je persiste encore dans ma mécréance ! » Sur ces paroles, il prit la main de Sahl et embrassa l’islam. Sahl mourut aussitôt après.
53. Importuner les musulmans, les insulter et semer parmi eux le trouble, la division et l’inimitié.
Allah, exalté soit-Il, a dit : « Ô vous qui croyez ! Qu’un groupe ne se moque pas d’un autre groupe, car ceux dont on se moque peuvent être meilleurs que ceux qui se moquent. Et que des femmes ne se moquent pas d’autres femmes, car celles dont on se moque peuvent être meilleures que celles qui se moquent. Ne vous diffamez pas les uns les autres et ne vous donnez pas de sobriquets injurieux. Quel mauvais acte que de donner de mauvais noms après avoir cru ! Ceux qui ne se repentent pas sont les injustes. » Sourate Al-Hujurat
Allah a également dit : « Ne recherchez pas les défauts les uns des autres et ne médisez pas les uns des autres en secret. » Il est rapporté dans Sahih Al-Boukhari et Sahih Muslim que le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Le Jour de la Résurrection, la personne la plus détestée aux yeux d’Allah sera celle dont les gens s’éloignent par crainte d’entendre ses propos obscènes et grossiers. »
Le Messager (ﷺ) a également dit : « Ô serviteurs d’Allah ! Allah a écarté de vous la gêne. Toutefois, celui qui joue avec l’honneur et la dignité de son frère musulman fait exception : il sera lui-même frappé par la gêne.
Il est rapporté dans le Sahih Muslim et les Sunan at-Tirmidhi que le Messager (ﷺ) a dit : Il est interdit à tout musulman de porter atteinte à la vie, aux biens et à l’honneur d’un autre musulman.
Il est également rapporté dans le Sahih Muslim que le Messager (ﷺ) a dit : Le musulman est le frère du musulman. Aucun ne fait subir d’injustice à l’autre, aucun ne l’humilie ni ne le hait. Il ne peut y avoir de pire acte pour un musulman que de haïr ou de mépriser son frère musulman. Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim que le Messager (ﷺ) a dit : Insulter un musulman est une perversité, et lui faire la guerre est une mécréance. »
Al-Hakim, Ibn Hibban, Ahmad et al-Bazzar rapportent qu’un jour, on dit au Messager (ﷺ) : « Telle femme prie toute la nuit et jeûne jour après jour, mais elle fait du tort à ses voisins par ses paroles blessantes. » Le Messager (ﷺ) répondit : « Il n’y a aucun bien en elle. Elle ira en Enfer. » Il est également rapporté dans un hadith : « Ne mentionnez de vos morts que leurs qualités et abstenez-vous de mentionner leurs défauts, car ils sont déjà parvenus au lieu où ils recevront la rétribution de leurs œuvres. » (Al-Hakim) Le Messager (ﷺ) a dit : « Celui qui traite quelqu’un de “mécréant” ou d’“ennemi d’Allah”, alors qu’il ne l’est pas en réalité, verra cette qualification revenir sur lui. » C’est-à-dire qu’il deviendra lui-même mécréant et ennemi d’Allah. (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim)
Il est rapporté dans les Sunan Abi Dawud que le Messager (ﷺ) a dit : « La nuit de l’Ascension, j’ai vu un groupe de gens qui avaient des griffes de cuivre dans les mains et se lacéraient le visage avec celles-ci. Je demandai : “Ô Jibril, qui sont-ils ?” Il répondit : “Ce sont ceux qui calomniaient les gens, répandaient des médisances et jouaient avec leur honneur et leur dignité.” »
En vérité, semer la division, la discorde et les troubles parmi les musulmans, et provoquer des combats entre les animaux, constituent de terribles péchés majeurs. Le Messager (ﷺ) a dit : « Satan n’espère plus que les musulmans de la péninsule Arabique l’adoreront, mais il espère encore semer parmi eux la division, la discorde et les conflits. »
Ce hadith prouve que celui qui suscite des troubles et des querelles entre deux personnes ou deux groupes, et qui échange avec eux des propos blessants et provocateurs, est un colporteur appartenant au parti de Satan et l’un des pires des hommes. De même, celui qui détériore les relations entre l’époux et l’épouse, entre le serviteur et le maître, ou entre l’ouvrier et l’employeur, est un colporteur appartenant au parti de Satan, même si cela est présenté sous les apparences d’une bonne action. Le Messager (ﷺ) a dit : « Est maudit celui qui provoque la division et les querelles entre l’époux et l’épouse, ainsi qu’entre le serviteur et le maître. » (Sunan Abi Dawud)
De même, le Messager (ﷺ) a sévèrement interdit d’organiser, comme divertissement, des combats de coqs, de chiens, de taureaux, etc. (Pour la même raison, la boxe ainsi que tous les jeux et compétitions comportant des risques de dommages corporels et de gaspillage financier devraient être interdits. — Le traducteur)
En revanche, réconcilier deux parties en conflit et rétablir leurs relations est une œuvre extrêmement noble. Il n’est pas non plus nuisible de tenir des consultations secrètes dans un but aussi noble. Sinon, les consultations secrètes peuvent susciter le soupçon, le doute et la division. Allah dit dans un verset de la sourate An-Nisa : « Il n’y a aucun bien dans la plupart de leurs consultations secrètes, sauf chez celui qui recommande une aumône, une bonne action ou la réconciliation entre les gens. Celui qui agit ainsi pour rechercher l’agrément d’Allah, Je lui accorderai une immense récompense. » Le Messager (ﷺ) a vivement encouragé la réconciliation entre les gens, la résolution des conflits, le renforcement de l’unité et le rapprochement des relations. Il dit à Abu Ayyub al-Ansari : « Voulez-vous que je vous indique une aumône meilleure qu’un troupeau de chameaux roux ? » Il répondit : « Oui, ô Messager d’Allah. » Le Messager (ﷺ) dit : « Lorsque les relations entre les gens se détériorent, tu les rétabliras, et lorsqu’ils s’éloignent les uns des autres, tu les rapprocheras. »
Rétablir de bonnes relations est une œuvre si noble que, pour cette raison, le Messager (ﷺ) a autorisé, si nécessaire, à dire des paroles qui ne sont pas véridiques. Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari que le Messager (ﷺ) a dit : « N’est pas menteur celui qui s’efforce d’améliorer les relations entre les gens et dont les paroles produisent un bon résultat. » Un hadith rapporté dans le Sahih Muslim indique qu’Umm Kulthum a dit : « Le Messager (ﷺ) n’a autorisé le mensonge que dans trois cas : pendant la guerre, pour rétablir les relations entre les gens, et dans ce que l’époux dit à son épouse ou l’épouse à son époux. »
Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari que, ayant appris qu’une guerre était sur le point d’éclater entre les Banu Amr, le Messager (ﷺ) s’y rendit avec un groupe de Compagnons et apaisa les tensions. Le Messager (ﷺ) a dit : « Celui qui met fin à la querelle entre deux personnes, Allah rendra toutes ses œuvres bonnes, lui accordera, pour chacune de ses paroles, la récompense de l’affranchissement d’un esclave, et lui pardonnera tous ses péchés passés. »
54. Nuire aux serviteurs pieux et craignant Allah
Allah le Très-Haut dit : « Ceux qui nuisent aux croyants et aux croyantes en diffusant à leur sujet ce qu’ils n’ont pas fait se chargent d’une calomnie et d’un péché manifeste. » (Sourate Al-Ahzab) « Prenez soin des croyants obéissants. » (Sourate Al-Hijr)
Il est rapporté d’Abu Hurayra que le Messager (ﷺ) a dit : « Allah le Très-Haut a dit : Je déclare la guerre à celui qui fait du tort à l’un de Mes alliés. » Il est rapporté dans un hadith mentionné plus haut que Salman al-Farisi, Suhayb et Bilal (qu’Allah les agrée), trois Compagnons, étaient un jour assis ensemble. À ce moment-là, Abu Sufyan vint les voir. En le voyant, ils dirent : « Les épées d’Allah n’ont pas encore tiré de l’ennemi d’Allah une juste vengeance. » Abu Bakr, qui était présent, entendit ces paroles et dit : « Vous tenez de tels propos au sujet d’un dirigeant âgé de la tribu de Quraysh ? » Puis il alla trouver le Messager d’Allah et lui raconta toute l’affaire. Le Messager (ﷺ) dit : « Ô Abu Bakr, tu as probablement offensé le cœur de ces trois Compagnons et tu as également irrité Allah » — c’est-à-dire : tu n’as pas bien agi. Abu Bakr se rendit aussitôt auprès de ces trois Compagnons et leur dit : « Mes paroles vous ont-elles mis en colère, mes frères ? » Ils répondirent : « Non, frère. Qu’Allah te pardonne. »
Il convient de noter que les premiers à avoir cru aux prophètes étaient issus des classes pauvres ; ce ne fut pas seulement le cas pour le Messager (ﷺ), mais pour tous les prophètes : leurs premiers croyants étaient des gens pauvres. Le Messager (ﷺ) s’asseyait souvent auprès de Compagnons pauvres tels que Suhayb, Salman et Bilal. Les polythéistes apprirent d’un savant juif que le signe des prophètes et des messagers était que leurs premiers disciples provenaient des pauvres. Ils élaborèrent donc un stratagème pour éloigner les pauvres du Messager. Certains chefs polythéistes vinrent le voir et lui dirent : « Ô Muhammad, éloigne les pauvres qui t’entourent, car nous éprouvons de la répugnance à nous asseoir avec eux. Si tu les éloignes, les notables et les hommes éminents de la société croiront en toi. » En réponse, Allah révéla : « Ne chasse pas ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir dans le désir de Lui plaire. » (Al-An‘am)
Après l’échec de cette conspiration des polythéistes, ils dirent : « Ô Muhammad, si tu ne veux pas les chasser, fixe pour nous un jour et pour eux un autre jour. » En réponse, Allah révéla : « Reste avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa satisfaction, et que tes yeux ne se détournent pas d’eux par désir des ornements de la vie d’ici-bas. » (Sourate al-Kahf)
Par la suite, le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) prit davantage soin des Compagnons pauvres et leur accorda plus d’importance et de considération. Depuis lors, il est devenu un principe éternel de l’islam que les critères de l’honneur, de la dignité et du respect sont la foi, les œuvres vertueuses, la taqwâ et la crainte de Dieu, et non l’apparat, la splendeur, la richesse ou l’influence de ce monde. Ceux qui sont supérieurs et possèdent un caractère plus noble par leur taqwâ et leur crainte de Dieu ne doivent être ni méprisés, ni négligés, ni dédaignés parce qu’ils sont pauvres, et ils ne doivent en aucune manière être offensés.
55. Porter un vêtement descendant au-dessous des chevilles par orgueil et ostentation
Il est rapporté dans Sahîh al-Bukhârî que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Celui qui porte un vêtement descendant jusqu’au-dessous des chevilles ira en Enfer. » Dans le Muwatta de l’imam Mâlik, Sahîh al-Bukhârî, Sahîh Muslim, Jâmi‘ at-Tirmidhî et Sunan Ibn Mâjah, il est rapporté que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Allah ne regardera pas celui dont le vêtement traîne au-dessous des chevilles par orgueil. » Dans Sunan Abû Dâwûd, il est rapporté qu’un homme priait en portant un vêtement qui traînait au-dessous de ses chevilles. Le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) lui dit alors : « Va faire tes ablutions, puis reviens. » Lorsqu’il revint après avoir fait ses ablutions, il lui dit de nouveau : « Va faire tes ablutions, puis reviens. » Un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, pourquoi lui as-tu ordonné de faire ses ablutions ? » Le Messager d’Allah resta silencieux. Puis, quelque temps après, il dit : « Il priait en portant un vêtement qui traînait au-dessous de ses chevilles. Allah n’accepte pas une prière de cette sorte. »
Il est rapporté dans Sahîh al-Bukhârî, Sahîh Muslim, Sunan Abû Dâwûd et Sunan Ibn Mâjah que lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) dit : « Allah ne regardera pas, le Jour de la Résurrection, celui dont le vêtement traîne au-dessous des chevilles par orgueil », Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) dit : « Ô Messager d’Allah, mon pantalon se relâche et traîne si je ne le serre pas fortement. » Le Messager d’Allah répondit : « Tu ne fais pas partie de ceux qui le font par orgueil. » Il convient de préciser que plusieurs hadiths concernant ce sujet ne comportent pas les mots « par orgueil et ostentation ». (Traducteur)
56. L’usage de l’or et de la soie par les hommes
Il est rapporté dans Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Celui qui porte de la soie dans ce monde ne pourra pas en porter dans l’au-delà. » Dans Sunan Abû Dâwûd et Sunan an-Nasâ’î, il est rapporté que l’or et la soie ont été interdits aux hommes de ma communauté. » Cela s’applique aussi bien aux militaires qu’aux civils. Il est également rapporté dans Sahîh al-Bukhârî que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) a interdit de manger et de boire dans des récipients d’or et d’argent, de porter des vêtements de soie et de s’asseoir sur des literies en soie. Celui qui considère licite l’usage de la soie par les hommes, ou qui considère licite toute autre chose interdite, est mécréant. Seule une personne malade peut en faire usage lorsque, selon l’avis du médecin, cela est indispensable. Les soldats peuvent également en faire usage en cas de nécessité sur le champ de bataille. L’usage de la soie et de l’or par les hommes, pour le simple plaisir ou l’embellissement, est unanimement interdit. De même, il est interdit aux hommes de porter un vêtement dont la majorité des fils sont en soie. Il est rapporté dans Sahîh Muslim que le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui), ayant vu une bague en or à la main d’un homme, la lui retira et dit : « Cet homme a désiré porter de sa propre main un morceau du feu de l’Enfer. » De même, les motifs et les broderies en or et en soie sont interdits aux hommes. Il existe toutefois une divergence concernant l’usage de l’or et de la soie pour les enfants. Selon l’imam Ahmad ibn Hanbal et la majorité des imams, cela est également interdit aux garçons.
57. Désobéir à l’autorité légitime et rompre unilatéralement le lien d’obéissance légitime
Dans la charia islamique, trois types d’autorité et de direction sont légitimes. Celui qui relève de l’une d’elles n’a pas le droit d’abandonner unilatéralement l’obéissance à cette autorité ni de rompre avec elle. Premièrement, lorsque, en raison des coutumes établies et des relations internationales, une personne devient l’esclave ou la servante d’une autre, il lui est interdit d’abandonner unilatéralement son maître et de s’enfuir si celui-ci ne maltraite ni n’opprime pas son esclave, sa servante ou son serviteur. En revanche, il est permis de s’enfuir d’un maître tyrannique, et cela est considéré comme une hijra. Deuxièmement, l’autorité du mari sur son épouse. Tant que le mari assure l’entretien de son épouse et lui accorde tous ses droits conjugaux légitimes, il est interdit à celle-ci d’abandonner l’obéissance à son mari, de rompre avec lui ou de lui désobéir. (Voir le 47e grand péché.) Troisièmement, l’obéissance à un dirigeant ou à un groupe qui donne des instructions conformes à la charia. Abandonner l’obéissance à un tel dirigeant ou groupe et rompre avec lui est interdit et constitue un grand péché. Voici quelques hadiths concernant l’obéissance à ces trois types d’autorité.
Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Lorsqu’un esclave, une servante ou un domestique s’enfuit, ses prières et toute autre bonne action ne sont pas acceptées jusqu’à ce qu’il revienne ; lorsqu’une épouse désobéit à son mari, elles ne sont pas acceptées jusqu’à ce qu’elle obéisse à son mari ; et lorsqu’une personne s’enivre en buvant de l’alcool, elles ne sont pas acceptées jusqu’à ce qu’elle retrouve ses esprits. » (Sahih Muslim, Tabarani, Sahih Ibn Khuzayma) Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Nul n’est responsable du sort de trois personnes — c’est-à-dire qu’elles en sont elles-mêmes responsables : celui qui rompt ses liens avec sa communauté ou son organisation et désobéit à son dirigeant ; le domestique qui fuit son maître et meurt dans la désobéissance ; et l’épouse qui, bien que son mari subvienne à tous ses besoins, se déplace sans voile en l’absence de celui-ci et se montre en public en exposant sa beauté de manière contraire à l’islam. » (Sahih Ibn Hibban, Tabarani et Hakim)
58. Égorgement d’un animal au nom d’un autre qu’Allah
Dans la sourate Al-An’am, Allah dit : « Ne mangez pas de l’animal sur lequel le nom d’Allah n’a pas été prononcé lors de l’égorgement : c’est un grave péché… » À propos de l’exégèse de ce verset, les imams Ibn Abbas, Kalbi, Ata et d’autres ont dit qu’il désigne les animaux égorgés par les mécréants et les polythéistes au nom d’un autre qu’Allah. Sinon, les animaux égorgés par les musulmans sont unanimement licites, que le nom d’Allah ait été prononcé ou non. At-Tabarani rapporte qu’un homme demanda : « Ô Messager ! Que se passe-t-il si l’un de nous oublie de prononcer le nom d’Allah au moment d’égorger ? » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Le nom d’Allah est sur les lèvres de tout musulman. » Il est rapporté dans le Muwatta de l’imam Malik et dans le Sahih Al-Bukhari que certains musulmans dirent : « Ô Messager, des gens viennent nous donner de la viande, mais nous ne savons pas si ces animaux ont été égorgés en prononçant le nom d’Allah. » Le Messager répondit : « Prononcez le nom d’Allah et mangez. »
59. Se présenter sciemment comme l’enfant d’un autre que son propre père
Il est rapporté dans le Sahih Al-Bukhari que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Celui qui se présente comme étant l’enfant d’un autre que son propre
père, le Paradis lui est interdit. Dans un autre hadith du Sahih Al-Bukhari, une telle personne est qualifiée de mécréante et maudite. Il est rapporté dans le Sahih Muslim que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui se présente comme étant l’enfant d’un autre que son propre père, tout en sachant que celui-ci n’est pas son père, ne fait pas partie de ma communauté ; il est plutôt mécréant. Celui qui prétend être ce qu’il n’est pas ne fait pas partie de ma communauté ; qu’il se prépare donc une demeure en Enfer. Celui qui traite quelqu’un de mécréant ou d’ennemi d’Allah alors qu’il ne l’est pas réellement, cette accusation se retournera contre lui. Autrement dit, il deviendra lui-même mécréant et ennemi d’Allah. Telle est sa conséquence. »
60. Argumenter, quereller et se disputer sciemment en faveur de l’injustice
Allah, Très-Haut, dit : « Parmi les hommes, il en est dont le discours sur la vie d’ici-bas te plaît, et qui prennent Allah à témoin de ce qu’ils ont dans le cœur, alors qu’ils sont de redoutables adversaires. » L’imam Al-Ghazali (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : Dans la loi islamique, la controverse est de trois sortes, et toutes trois sont blâmables. La première est le « mira ». Il s’agit de relever dans les paroles de quelqu’un de simples défauts linguistiques pour les contester. Son objectif n’est rien d’autre que d’humilier l’orateur et de prouver sa propre supériorité. La deuxième est le « jidal ». Il consiste à manifester une divergence d’opinion et à tenter d’établir la primauté de son propre avis. La troisième est la « khusumat ». Elle vise à obtenir un avantage matériel ou tout autre intérêt. Elle est parfois provoquée de manière spontanée, et parfois formulée en s’appuyant sur les paroles d’autrui. La première, c’est-à-dire le « mira », n’est jamais engagée spontanément au départ ; elle est suscitée à partir d’une autre déclaration. Les deux dernières, en revanche, peuvent être engagées au début comme par la suite. Toutefois, l’intention des trois est mauvaise et injuste.
L’imam An-Nawawi dit : La controverse peut être de deux sortes : en faveur de l’injustice ou en faveur de la justice. Allah a dit : « Ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus convenable. » « Seuls les mécréants discutent au sujet des signes d’Allah. » Si le but de la controverse est de connaître et d’établir la vérité en tant que vérité, elle est louable ; mais discuter pour repousser la vérité en tant que vérité et discuter de sujets inconnus est blâmable. C’est à la lumière de cette explication qu’il faut comprendre les propos relatifs à la controverse rapportés dans le Coran et les hadiths. Même si l’on discute en faveur d’une revendication légitime, si cela se transforme en mensonges, en paroles blessantes ou en propos obscènes, cela reste blâmable et doit être abandonné.
Le Messager (s.a.w.) a dit : « Persister dans les disputes suffit pour tomber dans le péché. » (At-Tirmidhi) Le Messager (s.a.w.) a également dit : « Celui qui se dispute au sujet de ce qu’il ignore restera sous le courroux d’Allah jusqu’à ce qu’il abandonne cette dispute. » (At-Tirmidhi) Le Messager (s.a.w.) a également dit : « Chaque fois qu’une personne s’égare, elle devient querelleuse. » (At-Tirmidhi) Le Messager (s.a.w.) a encore dit : « Je crains surtout pour vous trois choses : les faux pas de ceux qui possèdent une connaissance suffisante du Coran et du hadith ; le fait qu’un hypocrite se réclamant de l’islam se dispute au sujet du Coran ; et l’amour du monde, qui vous incitera à vous entretuer. » (At-Tabarani)
Le Messager (s.a.w.) a dit : « Se disputer au sujet du Coran est de la mécréance. » (Abou Dawoud)
Le Messager (s.a.w.) a dit : « Celui qui renonce à la dispute tout en étant certain de la justesse de son opinion aura sa demeure au plus haut degré du Paradis. Quant à celui qui renonce à la dispute sans être certain de la justesse de son opinion, sa demeure lui sera accordée dans un lieu ordinaire du Paradis. »
61. Refuser de donner à autrui l’eau excédentaire
Allah le Très-Haut dit : « Avez-vous réfléchi à ceci : si votre eau s’enfonçait dans le sol, qui donc vous apporterait une eau courante ? » (sourate Al-Mulk)
Il est rapporté dans Sahih Al-Boukhari et Sahih Mouslim que le Messager (s.a.w.) a dit : « Ne vous abstenez pas de donner l’eau excédentaire, afin qu’Allah ne s’abstienne pas de vous accorder des récoltes. » Il est rapporté dans le Mousnad que le Messager (s.a.w.) a dit : « Celui qui refuse de donner son eau excédentaire et son pâturage excédentaire, Allah lui refusera Ses bienfaits au Jour de la Résurrection. »
Il est rapporté dans Sahih Mouslim et Sahih Al-Boukhari que le Messager (s.a.w.) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois personnes, ne les regardera pas, ne les purifiera pas et leur est réservé un châtiment douloureux : celui qui possède de l’eau excédentaire mais ne la donne pas au voyageur ; celui qui prête serment d’allégeance à un dirigeant uniquement pour un intérêt mondain, puis respecte son engagement si le dirigeant lui accorde cet intérêt, mais le rompt dans le cas contraire ; et celui qui, voulant vendre une chose à un prix élevé, jure en disant : “Je l’ai achetée à tel prix”, alors qu’en réalité il ne l’a pas achetée à ce prix, et que l’acheteur le croit. » Sahih Al-Boukhari rapporte ainsi le cas de la première personne : « Celui qui ne donne pas son eau excédentaire à autrui, Allah lui dira au Jour de la Résurrection : “De même que tu n’as donné à personne le surplus d’une chose que tu n’avais pas fabriquée de tes propres mains, de même Je ne t’accorderai pas aujourd’hui Mes bienfaits.” »
62. Donner moins que la mesure et le poids prescrits
Allah dit : « Malheur à ceux qui donnent une mesure et un poids moindres, qui, lorsqu’ils reçoivent des gens une mesure, la prennent exactement, mais qui, lorsqu’ils mesurent pour eux, donnent moins. » L’imam Souddi dit : À l’époque où le Messager (s.a.w.) émigra, il y avait là un commerçant nommé Abou Jouhayna. Il possédait deux balances : avec l’une, il pesait exactement ses propres marchandises, et avec l’autre, il pesait les marchandises des autres. C’est à son sujet que ce verset fut révélé.
Le Messager (s.a.w.) a dit : « Cinq choses entraînent inévitablement cinq conséquences : lorsqu’un peuple rompt ses promesses, Allah lui imposera son ennemi ; lorsqu’un peuple gouverne le pays au moyen de lois inventées, au lieu de la loi d’Allah, la pauvreté se répandra parmi lui ; lorsque l’obscénité et la fornication se répandent largement dans un peuple, le nombre de ses morts augmentera ; lorsque les mesures et les poids sont diminués, les récoltes diminuent et la famine survient ; et lorsque l’on cesse de donner la zakat, la pluie cesse de tomber. »
Il convient de remarquer que celui qui donne une mesure moindre vole en réalité peu à peu, à l’insu des autres, et acquiert un revenu illicite.
63. Se sentir à l’abri du châtiment et de la colère d’Allah
Allah Tout-Puissant dit : « Lorsqu’ils eurent oublié ce qui leur avait été rappelé, Nous leur ouvrîmes les portes de toute chose — c’est-à-dire les portes de l’abondance et de la prospérité. Puis, lorsqu’ils se réjouirent démesurément des biens qui leur avaient été accordés, Nous les saisîmes soudainement, et les voilà plongés dans le désespoir le plus profond. Puis les injustes furent anéantis. » Ici, saisir soudainement signifie les saisir d’une manière qu’ils ne perçoivent pas. L’imam Hasan al-Basri dit : « Si Allah accorde à quelqu’un d’immenses richesses et que celui-ci pense qu’il ne sera pas éprouvé, ce n’est pas une preuve d’intelligence. De même, si quelqu’un est plongé dans une extrême pauvreté et pense qu’il a été abandonné et qu’Allah ne lui accorde aucune attention, il se fait également de fausses idées. »
Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a dit : « Lorsque vous voyez qu’Allah accorde à un serviteur ce qu’il aime, alors même qu’il persiste dans la désobéissance envers Allah, sachez qu’un délai lui est accordé et que son châtiment n’est plus qu’une question de temps. » Puis il récita ce verset.
Il est rapporté que, bien qu’Iblis fît partie des anges, lorsque la colère ardente d’Allah s’abattit sur lui, Jibril et Mikaïl se mirent à pleurer. Allah demanda : « Pourquoi pleurez-vous ? » Ils répondirent : « Ô notre Seigneur, nous sommes effrayés par Ton épreuve. » Allah dit : « Restez ainsi et ne vous sentez jamais à l’abri de Mon épreuve. » Il est rapporté dans le Jami‘ at-Tirmidhi que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) récitait très fréquemment cette invocation : « Ô Toi qui fais varier les cœurs, affermis nos cœurs dans Ta religion. » On lui demanda : « Ô Messager d’Allah, craignez-vous donc pour notre foi ? » Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) répondit : « Les cœurs se trouvent entre les deux doigts d’Allah ; Il les fait tourner comme Il le veut. »
Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a dit : « Une personne continue d’accomplir les œuvres des gens du Paradis jusqu’à parvenir à ce qu’il ne reste entre elle et le Paradis qu’une coudée. À ce moment précis, le décret qui lui était destiné s’accomplit : elle accomplit alors les œuvres des gens de l’Enfer et y entre. De même, une personne continue d’accomplir les œuvres des gens de l’Enfer jusqu’à s’en approcher. À ce moment précis, le décret qui lui était destiné s’accomplit : elle accomplit alors les œuvres des gens du Paradis et devient l’une de ses habitants. » La destinée d’une personne est déterminée par ses dernières œuvres.
Allah Tout-Puissant a relaté dans le Saint Coran l’histoire de Bal‘am Ba‘ura. Même après avoir acquis une connaissance complète d’Allah et de la charia, sa foi s’est corrompue. De même, un ascète nommé Barsisa mourut en mécréant. Chacun doit donc rester vigilant au sujet de sa propre foi et réciter fréquemment cette invocation : « Rabbana la tuzigh qulubana ba‘da idh hadaytana wa hab lana min ladunka rahmatan innaka antal-Wahhab. » « Ô notre Seigneur ! Après nous avoir guidés, ne détourne pas nos cœurs et accorde-nous une miséricorde venant de Toi. Tu es certes le Grand Donateur. » ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) récitait souvent cette invocation : « Ô Toi qui fais varier les cœurs, affermis mon cœur dans l’obéissance. » Je demandai : « Ô Messager d’Allah, vous répétez très souvent cette invocation. Avez-vous donc peur ? » Il répondit : « Ô ‘Aïcha, les cœurs des serviteurs sont entre les deux doigts d’Allah ; Il les fait tourner comme Il le veut. Comment pourrais-je alors me sentir à l’abri ? » La guidée ne vient donc que d’Allah. Puisque la fermeté sur le droit chemin dépend de Sa volonté, que l’issue finale de l’être humain est inconnue et que la détermination de sa volonté est incertaine, il est inconvenant de s’enorgueillir de sa foi, de ses bonnes œuvres, de ses prières et de ses jeûnes. Il faut se rappeler que, même si la foi et les nombreuses bonnes œuvres sont acquises par le serviteur, c’est Allah qui lui en accorde la capacité, la motivation et l’occasion.
À ce propos, il faut toujours garder à l’esprit les points suivants :
(1) De même que le fait de s’enorgueillir de la richesse que l’on possède dans ce monde et de mépriser ceux qui sont plus faibles et plus démunis que soi peut amener Allah à retirer cette richesse — comme Il l’a effectivement retirée à Qaroun et à d’autres —, s’enorgueillir de sa foi, de ses bonnes œuvres, c’est-à-dire des richesses de l’au-delà, mépriser, haïr et envier les personnes d’un rang inférieur peut également annuler ces bonnes œuvres et entraîner la perte de la foi. C’est ce qui est arrivé à Iblis, à Barsisa et à Bal‘am Ba‘ura. Il est donc de notre devoir de remercier Allah à chaque instant pour notre foi, notre droiture et notre sincérité, et de L’implorer de les préserver.
(2) La foi et les bonnes œuvres sont annulées à cause de la jalousie, de la rancune, de la rancune, de l’ostentation et de la confusion dans l’intention. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La jalousie dévore les bonnes œuvres comme le feu dévore le bois sec. » Ainsi, il faut constamment surveiller son cœur et implorer la protection d’Allah, afin que toutes ces choses ne viennent pas détruire la foi et les œuvres, ces biens inestimables acquis au prix de tant d’efforts.
64. Désespérer de la miséricorde d’Allah
Allah, exalté soit-Il, a dit : « Dis : Ô Mes serviteurs qui avez abusé de votre vie, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Certes, Allah pardonne tous les péchés. Il est certes le Pardonneur, le Très Miséricordieux. » (Sourate az-Zumar) « Nul ne désespère de la miséricorde d’Allah, sauf les mécréants. » (Sourate Yûsuf)
Il est rapporté dans un hadith qu’au Jour de la Résurrection, un héraut criera à haute voix depuis la direction du Trône : « Où est untel ? Où est untel ? » Celui qui entendra cet appel se mettra à trembler de peur. Allah lui dira : « C’est toi qui as été appelé. Viens et présente-toi devant le Créateur des cieux et de la terre. » À ce moment-là, tous les serviteurs d’Allah, les yeux écarquillés de peur, regarderont en direction du Trône. Celui dont le nom aura été appelé se tiendra devant Allah. Alors Allah le soustraira au regard de tous les autres grâce à Sa lumière. Puis Il lui dira : « Ô Mon serviteur, ne savais-tu pas que Je voyais sur terre toutes tes actions ? » Il répondra : « Si, mon Maître, je le savais. » Allah dira : « Ô Mon serviteur, n’as-tu pas entendu que J’inflige un châtiment sévère à Mon serviteur désobéissant ? » Il répondra : « Si, je l’ai entendu. » Allah dira : « Ô Mon serviteur, M’as-tu désobéi ? » Il répondra : « Oui, je L’ai parfois fait. » Allah dira : « Quelle est aujourd’hui ton opinion à Mon sujet ? » Il répondra : « Ô mon Seigneur, je pense que Tu me pardonneras. » Allah dira : « Ô Mon serviteur, étais-tu certain que Je te pardonnerais ? » Il répondra : « Oui, car Tu m’as vu commettre des péchés, mais Tu les as dissimulés. » Allah dira : « Je t’ai pardonné et J’ai confirmé la justesse de ton opinion. Voici ton registre : prends-le dans ta main droite. J’y ai accepté les bonnes actions que tu as accomplies et J’ai pardonné toutes les mauvaises. Je suis Généreux et Miséricordieux. »
Il est rapporté dans Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim qu’un jour, plusieurs prisonniers furent amenés auprès du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Il vit, parmi les prisonniers, une femme qui, dès qu’elle aperçut son jeune enfant, le prit dans ses bras et se mit à l’allaiter. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit à ses Compagnons : « Pensez-vous que cette femme pourrait jeter son enfant dans le feu ? » Ils répondirent : « Non. » Alors le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Cette femme est plus compatissante envers son enfant qu’Allah ne l’est envers Ses serviteurs. »
Dans ce hadith qudsî rapporté par Sahîh al-Bukhârî et Sahîh Muslim, Allah dit : « Je suis tel que Mon serviteur pense de Moi. Je suis avec lui partout où il se souvient de Moi. Allah se réjouit du repentir de Son serviteur pécheur plus que ne se réjouit celui qui, ayant perdu son chameau dans le désert et étant sur le point de mourir de désespoir, le retrouve. Celui qui s’approche de Moi d’un empan, Je m’approche de lui d’une coudée ; et lorsqu’il vient à Moi en marchant, Je vais vers lui en courant. »
Il est rapporté dans Sahîh Muslim que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Si le croyant savait quel châtiment est réservé aux péchés auprès d’Allah, nul n’espérerait entrer dans Son Paradis. Et s’il savait combien sont grandes la miséricorde et la compassion d’Allah, nul ne désespérerait de Son Paradis. »
Il ne faut pas désespérer uniquement au sujet du salut dans l’au-delà, mais également au sujet du bonheur et de la tranquillité dans ce monde. Allah a interdit toute forme de désespoir, car le désespoir pousse l’être humain vers la destruction. Il incite le pécheur à commettre encore davantage de péchés et pousse la personne accablée par les épreuves, les malheurs et la pauvreté à des actes pécheurs tels que le suicide, le souhait de mourir et l’acquisition de biens par des moyens illicites. Quelle que soit la détresse dans laquelle l’être humain est tombé, il lui incombe d’affronter patiemment toutes les situations par des moyens licites, en s’en remettant à l’espoir en la miséricorde d’Allah.
(Le 64e grand péché traité ici se trouvait à l’état incomplet dans l’ouvrage original. Il ne s’y trouvait rien, à l’exception de son premier hadith. Même le titre n’y figurait pas. À la lumière du contenu de ce premier hadith, le traducteur a complété ce 64e grand péché en y ajoutant son titre ainsi que les autres versets et hadiths.)
65. Abandonner la prière en assemblée et prier seul sans excuse valable
Il est rapporté dans le Sahih Muslim et les Sunan d’Ibn Majah que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), parlant d’un groupe de gens habitués à abandonner la prière en assemblée, a dit : « J’ai envie de charger quelqu’un d’autre de diriger la prière, puis d’aller incendier les maisons de ceux qui abandonnent la prière en assemblée. » Dans un autre hadith du Sahih Muslim, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Ceux qui sont habitués à abandonner la prière en assemblée doivent absolument renoncer à cette habitude ; sinon, Allah scellera certainement leurs cœurs et ils deviendront assurément négligents. »
Il est rapporté dans les Sunan d’Abu Dawud et les Sunan d’Ibn Majah que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui abandonne trois prières du vendredi par mépris, Allah scellera son cœur. » Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Celui qui abandonne la prière du vendredi sans excuse valable et sans craindre aucun préjudice est inscrit comme hypocrite dans un registre dont rien n’a été effacé et où rien n’a été modifié. »
Il est rapporté dans les Sunan d’an-Nasa’i que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « La prière du vendredi est une obligation impérative pour tout homme adulte. »
Il est rapporté dans les Sunan d’Abu Dawud que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui entend l’appel à la prière et s’abstient de se rendre à la prière en assemblée sans excuse valable, sa prière accomplie chez lui ne sera pas acceptée. »
66. Nuire à un héritier au moyen d’un testament
Il est rapporté dans le Jami‘ at-Tirmidhi, les Sunan d’Abu Dawud et les Sunan d’Ibn Majah que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Un homme ou une femme peut obéir pleinement à Allah pendant soixante ans, puis se trouver face à la mort et nuire à autrui au moyen de son testament. En conséquence, l’Enfer lui devient inévitable. »
Il est rapporté dans les Sunan d’Ibn Majah que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui prive quelqu’un de son héritage, Allah le privera de l’héritage du Paradis. » Il est rapporté dans le Jami‘ at-Tirmidhi que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah a garanti à chacun son droit légitime. Il n’est donc pas permis de faire un testament en faveur d’un héritier. »
67. La tromperie, la ruse et la conspiration
Allah Tout-Puissant dit : « La mauvaise conspiration n’enveloppe de toutes parts que celui qui la trame. » Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « La place du conspirateur et du trompeur est l’Enfer. » Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Aucun trompeur, aucun avare et aucun falsificateur n’entrera au Paradis. » Dans le Saint Coran, Allah Tout-Puissant a qualifié la tromperie de trait caractéristique des hypocrites : « Ils trompent Allah et les croyants. » Dans un hadith rapporté par Sahih Muslim, le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui trompe quelqu’un au sujet de ses biens et de sa famille est voué à l’Enfer. » (La contrefaçon et la falsification de marchandises, de produits frelatés, de monnaies, de certificats, de passeports et d’autres documents, ainsi que le fait de se déguiser en portant les vêtements d’une personne exerçant une autre profession afin de parvenir à une fin malhonnête, font également partie de la tromperie et de la fraude — le traducteur.)
68. L’avarice, le gaspillage et la dépense excessive, c’est-à-dire les dépenses illicites et désordonnées
Allah Tout-Puissant dit : « Ne garde pas ta main attachée à ton cou et ne l’étends pas non plus complètement. » Cela signifie : ne sois ni avare ni dépensier et ne gaspille pas. Allah dit également : « Ne gaspillez pas. Les gaspilleurs sont les frères des démons. » (sourate Banî Isrâ’îl)
Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « L’avare n’entrera jamais au Paradis. » Allah dit : « Que ceux qui sont avares de ce qu’Allah leur a accordé ne pensent pas que cette avarice est un bien pour eux. Elle est plutôt un mal pour eux. Ce dont ils auront été avares leur sera suspendu au cou le Jour de la Résurrection. » Allah dit également : « Malheur à ceux qui refusent de prêter les choses nécessaires à la vie quotidienne. » (sourate Al-Mâ‘ûn)
En un mot, de même qu’il faut respecter les prescriptions de la charia dans l’acquisition des biens, il faut également les suivre dans leur dépense. Ne pas dépenser, ou dépenser trop peu, dans les domaines nécessaires et prescrits par la charia relève de l’avarice ; dépenser au-delà des besoins relève du gaspillage, et dilapider l’argent relève également du gaspillage. Tout cela fait partie des dépenses illicites et désordonnées et constitue un péché majeur. Le luxe est lui aussi une forme de gaspillage.
69. Révéler aux ennemis les secrets des musulmans
Le célèbre Compagnon, ancien combattant de Badr, Hâtib ibn Abî Balta‘a, avait entrepris de révéler le plan du Prophète (paix et salut sur lui) concernant la conquête de La Mecque, afin d’assurer la sécurité de sa famille qui s’y trouvait. Ayant appris cette affaire à temps par la Révélation, le Prophète (paix et salut sur lui) prit rapidement les mesures nécessaires, si bien que sa lettre ne parvint pas jusqu’à La Mecque. ‘Umar demanda l’autorisation de tuer ce Compagnon, acteur de cette affaire, en le qualifiant d’hypocrite. Mais le Prophète (paix et salut sur lui) ne lui accorda pas cette autorisation. Il accepta l’excuse et les explications de Hâtib et lui pardonna. Il ne fait toutefois aucun doute que cet acte était injuste. Il fut jugé digne de pardon uniquement parce qu’il avait combattu à Badr. Un tel acte ne serait pardonné à personne d’autre.
70. Insulter un Compagnon
Il a déjà été mentionné dans ce hadith rapporté par Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim : « Allah dit (dans le hadith qudsi) : “Quiconque se comportera en ennemi envers l’un de Mes alliés, Je lui déclarerai la guerre.” Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “N’insultez pas mes Compagnons. Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, si l’un d’entre vous dépensait dans la voie d’Allah de l’or équivalent au mont Uhud, il n’atteindrait ni le mérite d’un seul Compagnon, ni même la moitié de celui-ci.” » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim)
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit : « Craignez Allah au sujet de mes Compagnons. Après ma mort, n’en faites pas la cible de vos insultes. Celui qui les aimera ne les aimera que poussé par son amour pour moi. Et celui qui éprouvera de l’hostilité envers eux ne l’éprouvera que par hostilité envers moi. Celui qui leur fera du tort m’aura fait du tort. Et celui qui me fera du tort aura fait du tort à Allah. Et celui qui fait du tort à Allah, Il le châtiera bientôt. » (Jami‘ at-Tirmidhi)
La raison fondamentale de l’importance et du mérite des nobles Compagnons est qu’ils ont cru directement au Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), ont reçu son enseignement, et ont œuvré avec lui dans le jihad ainsi que dans la transmission et l’établissement de la religion. Ils constituent la meilleure et la première génération de cette Ummah. Sans eux, nous n’aurions rien reçu du Noble Coran, du Hadith ni de la Sharia. Ainsi, les insulter et éprouver de l’hostilité envers eux revient à éprouver de l’hostilité envers Allah, le Messager et la religion elle-même, et équivaut à sortir de l’islam.
Parmi tous les Compagnons, dix sont les meilleurs. Ce sont les ‘Ashara al-Mubashshara, c’est-à-dire ceux qui ont reçu l’annonce du Paradis de leur vivant. Parmi eux, les quatre califes sont les plus éminents. À leur sujet, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Attachez-vous à ma voie et, après moi, suivez la voie des califes bien guidés. Suivez-les fermement et rejetez les voies nouvellement inventées qui sont étrangères à la Sharia. »
Les nobles Compagnons ont eu des divergences sur certaines questions. Il est certes parfois difficile de faire face à ces questions, mais, dans ce cas, il est plus sûr de garder le silence. Si l’expression d’une opinion devient absolument nécessaire, il faut se prononcer en faveur de l’opinion de la majorité des Compagnons et de la voie des califes bien guidés, et accorder la première place à l’opinion du Noble Coran et de la Sunnah. En revanche, il ne sera jamais permis de faire de remarque désobligeante au sujet des Compagnons qui avaient une opinion différente. Il ne faut nourrir aucun doute quant à leur sincérité, leur dévouement, leur honnêteté et leur véracité. De manière générale, nous devons avoir à leur sujet la croyance proclamée dans le Noble Coran : « Allah est satisfait d’eux et ils sont satisfaits de Lui. » Ils sont donc au-dessus de toutes les divergences de l’Ummah. Malgré certaines divergences entre eux, et même si les batailles du Chameau et de Siffin ont eu lieu entre eux, ils sont tous, sans aucun doute, destinés au Paradis. Au lieu de nous préoccuper de leurs actes, nous devons nous préoccuper de notre propre destinée.
Conclusion
(Ajout du traducteur)
Je rends d’innombrables actions de grâce au Très-Haut, qui a accordé à cet humble serviteur la capacité de traduire un ouvrage aussi nécessaire et bénéfique que le célèbre livre de l’imam al-Dhahabî, « Kitâb al-Kabâ’ir ». Parmi les « péchés majeurs » qu’il a rassemblés dans cet ouvrage, il est très probable que presque tous soient unanimement considérés comme des péchés majeurs par l’ensemble des courants et écoles des Ahl al-Sunna wa-l-Jamâ‘a. C’est probablement en dressant cette liste de péchés majeurs fondamentaux faisant l’unanimité qu’il a dû la limiter à soixante-dix. Sinon, cette liste aurait pu être encore plus longue.
Comme, à mes yeux, certains autres péchés majeurs, en dehors des soixante-dix précités, revêtent une gravité extrême, je les présente dans cette conclusion, accompagnés de brèves preuves tirées du Coran et des hadiths. J’espère que les lecteurs de toutes les catégories en tireront profit.
Trente-cinq autres péchés majeurs graves
1. L’excès dans les affaires de l’islam, c’est-à-dire le ghulû fî d-dîn et l’ikrâh fî d-dîn
L’excès dans les affaires religieuses, ou la contrainte injustifiée et abusive, est appelé, dans la terminologie islamique, « ghulû fî d-dîn » ou « ikrâh fî d-dîn ». Il est unanimement considéré comme interdit et comme un péché majeur. Accorder à une chose une importance supérieure à celle que lui donnent le Coran et les hadiths authentiques constitue un excès. Ainsi, considérer une œuvre surérogatoire ou recommandée comme obligatoire au même titre qu’une obligation ou un devoir, contraindre les autres à l’accomplir, les y forcer, les punir ou les réprimander s’ils ne l’accomplissent pas relève de l’excès. De même, considérer une chose déconseillée comme interdite et obliger les autres à s’en abstenir relève également de l’excès.
Empêcher les adeptes d’autres religions d’accomplir leurs rites religieux, les priver de leurs droits religieux, sociaux et civiques, insulter leurs divinités ou les convertir de force à l’islam relève aussi de l’excès. Allah, exalté soit-Il, a dit : « Ô gens du Livre ! N’exagérez pas dans votre religion. » (sourate al-Mâ’ida)
Il a également dit : « Nulle contrainte en religion. » (sourate al-Baqara) Il a encore dit : « Ô vous qui croyez ! Ne déclarez pas interdites les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites et ne transgressez pas les limites. Allah n’aime pas les transgresseurs. » (sourate al-Mâ’ida) Ailleurs, Allah a dit : « N’insultez pas ceux qu’ils invoquent en dehors d’Allah, car ils insulteraient alors Allah par hostilité et ignorance. » (sourate al-An‘âm) Le Messager ﷺ a dit : « Celui qui nuira à un citoyen non musulman pacifique, je porterai moi-même plainte contre lui au Jour de la Résurrection. »
Il convient de préciser que, après avoir accompli toutes les obligations dans le but de se rapprocher d’Allah, il n’est pas blâmable de multiplier les actes de dévotion surérogatoires et d’encourager les autres à les accomplir en les y exhortant. De même, prêcher l’islam aux non-musulmans ne constitue pas une ingérence dans leur liberté religieuse. Et contraindre le musulman qui délaisse les obligations et les devoirs ou qui s’habitue à commettre des actes interdits à accomplir les obligations et les devoirs et à délaisser les actes interdits ne relève pas de l’excès. Toutefois, nul autre qu’une personne ou une autorité habilitée par la Loi islamique et par la loi ne possède le droit d’exercer une telle contrainte. En réalité, la coercition et l’excès ne produisent aucun autre résultat que d’éloigner les cœurs des gens de l’islam.
2. Le laxisme et la souplesse excessive à l’égard de l’islam
C’est exactement le contraire de l’excès mentionné précédemment. Dans la terminologie islamique, on l’appelle « mudâhanat fî d-dîn ». Une catégorie de musulmans faibles est atteinte par cette maladie en raison de son asservissement mental aux forces rebelles à Dieu, victorieuses et établies. Cette maladie présente trois signes :
(1) Considérer les obligations, les devoirs et les sunan mu’akkada comme laissés au choix, à l’instar des actes surérogatoires ou recommandés, tarder à les accomplir, considérer les actes interdits comme simplement déconseillés ou permis, et faire preuve de laxisme dans le fait de les délaisser.
(2) Fréquenter sincèrement et soutenir les personnes qui se livrent ouvertement à la débauche et aux péchés majeurs, ainsi que les hypocrites.
(3) Entretenir avec les non-musulmans des relations d’affection sincère et d’amitié.
Allah, exalté soit-Il, a dit : « Tu ne trouveras jamais que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier éprouvent de l’affection et de l’amour pour ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou leurs proches. » (sourate al-Mujâdala)
Le Messager ﷺ a dit : « Aucun d’entre vous ne sera véritablement croyant tant que je ne serai pas pour lui plus aimé que son père, son enfant et l’ensemble des hommes. »
Allah dit : « Annonce aux hypocrites un châtiment douloureux, ceux qui prennent les mécréants pour alliés au lieu des croyants. » (sourate an-Nisâ’)
Allah a également dit : « Ô croyants ! Ne prenez pas les Juifs et les chrétiens pour amis ou protecteurs. Quiconque parmi vous les prend pour amis ou protecteurs sera des leurs. » En raison de l’interdiction de l’amitié avec les non-musulmans, il est également haram de leur ressembler et de suivre leurs comportements, leurs coutumes et leurs lois. (Dans des circonstances difficiles, il n’est pas répréhensible de feindre l’amitié.)
3. Se livrer à la bid‘a
Considérer comme faisant partie de l’islam, suivre, instaurer et considérer comme une œuvre méritoire toute croyance, conception, coutume ou loi étrangère à l’islam constitue une bid‘a. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Quiconque introduit dans l’islam une chose nouvelle sera rejeté. »
Allah dit : « Celui qui ne juge pas conformément aux prescriptions d’Allah est mécréant, injuste… et pervers. » (sourate Al-Ma’idah) Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Le repentir et l’invocation de celui qui pratique la bid‘a ne sont pas acceptés tant qu’il n’abandonne pas la bid‘a. »
Il convient de préciser qu’adopter, pour le bien de l’islam et des musulmans, de nouvelles méthodes et de nouveaux moyens adaptés à l’époque ne constitue pas une bid‘a : par exemple, créer des établissements d’enseignement islamique, combattre les ennemis de l’islam au moyen d’armes et de stratégies modernes, ou mener, sans armes, une lutte électorale et politique, etc. Toutefois, dans de tels cas, il est indispensable de suivre les principes fondamentaux de la charia.
4. La médisance (ghiba)
La médisance (ghiba) est un péché majeur extrêmement grave. Il est dit dans le Saint Coran : « Ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? Certainement, vous détesteriez cela. » (sourate Al-Hujurat)
Il est rapporté dans un hadith que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Savez-vous ce qu’est la médisance ? » Les Compagnons répondirent : « Allah et Son Messager savent mieux. » Le Messager dit : « C’est parler de ton frère musulman, en son absence, d’une manière qu’il n’apprécie pas. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager, même si ce que je dis existe réellement chez ce frère ? » Le Messager répondit : « Oui. Si tu dis ce qui existe chez lui, tu as médit de lui. Et si tu dis ce qui n’existe pas chez lui, tu l’as calomnié, ce qui constitue un péché encore plus grave. »
On trouve dans un autre hadith : lorsque Aïcha (qu’Allah l’agrée) fit allusion à la petite taille relative de Safiya (qu’Allah l’agrée), le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) lui dit : « Si tu avais mélangé ce que tu viens de dire à la mer, toute son immense étendue d’eau en aurait été souillée. »
Toutefois, la médisance est permise dans six cas :
(1) lorsque l’opprimé porte plainte contre l’oppresseur auprès de l’autorité compétente ;
(2) lorsqu’il s’agit de mobiliser l’opinion publique et de créer un climat de résistance afin qu’une personne constamment plongée dans les péchés majeurs ne puisse entraîner toute la société dans les mauvaises actions ;
(3) lorsqu’on mentionne le défaut de quelqu’un en donnant au mufti les détails nécessaires pour demander une fatwa sur l’affaire ;
(4) lorsqu’il s’agit de protéger les musulmans ordinaires contre des individus nuisibles agissant sous couverture, tels qu’un faux cheikh, un savant ou un imam incompétent et pervers, un faux témoin ou un rapporteur de hadiths fabriqués ; de conseiller quelqu’un afin de le préserver d’une personne nuisible dans le mariage, une affaire commerciale en partenariat ou toute autre affaire ; ou de révéler la liste des méfaits d’une personne immorale avide de pouvoir afin qu’elle ne puisse être élue grâce aux voix obtenues ;
(5) lorsqu’il s’agit de mobiliser l’opinion publique pour faire tomber un dirigeant tyrannique au pouvoir ;
(6) lorsqu’un défaut involontaire de quelqu’un est devenu une partie de son identité, comme le fait d’être aveugle, boiteux ou sourd, etc.
Discuter des défauts d’une personne sans mentionner son nom ne constitue pas de la médisance.
5. S’emparer du pouvoir et gouverner par la force sans recueillir l’avis des musulmans ni les consulter, s’emparer du pouvoir par la fraude et la ruse, se porter soi-même candidat à une fonction et nommer un candidat à une fonction.
Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « J’ai maudit six catégories de personnes ; Allah les a maudites, et chaque prophète les a maudites. »
(1) Celui qui ajoute quelque chose au Livre d’Allah ;
(2) celui qui nie le destin ;
(3) celui qui prend de force le pouvoir sur ma communauté, humilie ceux qu’Allah a honorés et honore ceux qu’Allah a humiliés ;
(4) celui qui considère comme licite ce qu’Allah a déclaré interdit ;
(5) celui qui humilie les descendants de ma famille ; et
(6) celui qui abandonne ma Sunna. (At-Tabarani)
Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Celui qui se porte candidat à une fonction est inapte à cette fonction. »
Allah le Très-Haut a dit : « Consulte les musulmans dans les affaires de gouvernance. » (sourate Al-Imran)
6. Ne pas ordonner le bien et ne pas interdire ou empêcher le mal malgré le pouvoir de le faire ; ne pas aider à accomplir le bien ou l’empêcher ; aider à commettre le mal ou soutenir l’oppresseur.
Dans la sourate Al-Maïda, Allah dit : « Ceux des enfants d’Israël qui ont mécru ont été maudits par la bouche de David et de Jésus, fils de Marie. Cela parce qu’ils désobéissaient, transgressaient les limites et n’interdisaient pas les actes répréhensibles. »
Dans un autre verset de la sourate Al-Maïda, Allah dit : « Entraidez-vous dans la bonté et la piété, et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. »
Le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) a dit : « Je jure par Celui qui détient mon âme entre Ses mains : vous ordonnerez certainement le bien et interdirez le mal ; sinon, Allah fera bientôt descendre sur vous tous un châtiment général. Alors, même si vous invoquez Allah, vos invocations ne seront pas exaucées. » (At-Tirmidhi)
Le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) a également dit : « Lorsque les gens voient un injuste commettre une injustice sans l’en empêcher, Allah fait descendre sur eux un châtiment général. » (Abou Dawoud, At-Tirmidhi, An-Nasaï)
Le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) a également dit : « Que celui d’entre vous qui voit une mauvaise action l’empêche par sa force ; s’il ne le peut pas, qu’il l’interdise par sa parole ; s’il ne le peut pas, qu’il pense intérieurement à la combattre ou qu’il la déteste. Cette dernière attitude est le degré le plus faible de la foi. »
7. Passer devant une personne en prière
Le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) a dit : « Si celui qui passe devant une personne en prière savait quelles seraient les conséquences de son acte, il préférerait rester debout quarante jours plutôt que de passer devant elle. »
8. Salir et polluer l’environnement
Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte que « le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) a interdit d’uriner dans une étendue d’eau stagnante ». (Sahih Muslim) Le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) a également dit : « Prenez garde à celui qui urine ou défèque sur les voies de passage des gens et sous l’ombre des arbres, en particulier sous les arbres fruitiers. »
9. Entraver, par des démarches, des recommandations ou tout autre moyen, l’application des peines légales islamiques, et faire preuve de discrimination dans leur application
Il est rapporté d’Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’une femme nommée Fatima, appartenant à la tribu des Banou Makhzoum, fut arrêtée après avoir commis un vol. Les Quraychites accordèrent une grande importance à la question de l’amputation de sa main. Ils se demandèrent entre eux qui ils pourraient envoyer intercéder auprès du Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) à ce sujet. Tous dirent que personne ne pourrait y parvenir, si ce n’est Oussama ibn Zayd, la personne la plus aimée du Messager d’Allah. Oussama finit donc par aller intercéder. Le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) lui dit : « Es-tu venu intercéder au sujet d’une peine prescrite par Allah ? » Puis il se leva et commença à prononcer un sermon. Il dit : « Vos prédécesseurs n’ont été détruits que parce que, lorsqu’un personnage noble commettait un délit, ils le laissaient impuni, tandis que lorsqu’une personne faible commettait un délit, ils la punissaient. Par Allah, même si ma fille Fatima commettait un vol, je lui couperais moi aussi la main. » La main de cette femme fut ensuite amputée. » (Sahih Al-Boukhari, Sahih Muslim)
10. Cesser de parler à un musulman ou rompre ses relations avec lui pendant plus de trois jours
Abou Ayyoub Ansari rapporte que le Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Il est interdit de rompre les relations avec un frère musulman pendant plus de trois jours. Toutefois, celui des deux qui, le premier, le salue et rétablit les relations est le meilleur. » (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)
11. Ne pas obéir à l’émir, c’est-à-dire au dirigeant parmi les adeptes de l’islam, et mourir sans appartenir à aucune communauté islamique
Allah dit : « Ô vous qui croyez, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux qui détiennent l’autorité parmi vous. » (sourate An-Nisa)
Le Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Tout musulman doit obéir aux ordres de son dirigeant, qu’ils lui plaisent ou non, tant qu’il ne lui ordonne pas de commettre un péché. Mais s’il lui ordonne de commettre un péché, il ne doit pas lui obéir. » (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)
Le Messager (paix et bénédictions sur lui) a également dit : « Celui qui mourra sans appartenir à aucune communauté islamique mourra de la mort de la Jâhiliyyah. »
Il convient de préciser que, du vivant du Messager (paix et bénédictions sur lui), il n’existait qu’une seule communauté islamique, dont le dirigeant était le Messager lui-même. Par la suite, toute organisation possédant les quatre caractéristiques suivantes sera considérée comme une communauté islamique :
(1) Toutes les décisions du groupe seront prises conformément au Coran et à la Sunnah.
(2) Lorsqu’aucune directive claire ne peut être trouvée dans le Coran et la Sunnah, les affaires seront conduites sur la base de la consultation.
(3) L’objectif du groupe sera d’établir pleinement l’islam dans le pays.
(4) Un mécanisme de critique mutuelle entre les dirigeants et les membres sera prévu au sein du groupe.
Il convient de préciser qu’il n’est pas permis de désobéir aux ordres et aux lois du gouvernement qui ne sont pas contraires à la charia.
12. Le chant, la musique et la danse
Jouer et écouter toutes sortes d’instruments aux mélodies douces et plaintives est haram et constitue un péché majeur. Si une chanson contient des paroles incitant à des actes interdits, si elle est chantée par une femme ou si elle est accompagnée d’instruments interdits, elle est alors haram et constitue un péché majeur. À propos du « lahw al-hadith » condamné dans la sourate Louqman du Saint Coran, le vénérable Ibn Mas‘oud a affirmé avec insistance qu’il signifie le chant. Le Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit que l’argent gagné par les chanteurs et les chanteuses n’est pas halal. (At-Tirmidhi) Pour la même raison, à savoir qu’elle incite aux actes interdits, notamment à la fornication, la danse est également haram. Assister à ces spectacles, les écouter ou les organiser constitue un péché majeur.
De même, les conversations, pièces de théâtre, romans, jeux et autres activités qui incitent à l’obscénité et aux actes haram sont également haram. Le Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Je suis venu dans ce monde pour détruire les instruments de musique. »
Il convient de préciser que chanter d’une voix masculine, sans instruments, une chanson qui ne contient pas de contenu obscène n’est pas un péché.
13. Violer les prescriptions du voile et répandre l’obscénité, et découvrir la awra, c’est-à-dire les parties du corps qui doivent être couvertes, sans excuse valable selon la charia
Le voile a été prescrit en islam afin d’éliminer de la société les possibilités de fornication, et il a été interdit de répandre l’impudeur et l’obscénité. Violer cette prescription est un péché majeur. Allah le Très-Haut dit : « Dis aux hommes croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté… Et dis aux femmes croyantes de baisser leurs regards, de préserver leur chasteté et de ne pas exposer leur beauté devant les hommes étrangers. »
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Quiconque porte un regard concupiscent sur une femme qui lui est étrangère aura du plomb fondu versé dans les yeux le Jour de la Résurrection. »
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Lorsqu’un homme et une femme étrangers se rencontrent en privé, Satan est leur troisième compagnon. »
Allah dit : « Ceux qui aiment que l’impudeur et l’obscénité se répandent parmi les croyants auront un châtiment douloureux ici-bas et dans l’au-delà. »
Ainsi, tout acte, toute parole, tout écrit, toute image, toute pièce de théâtre, tout roman ou tout film qui incite à violer le voile ou contribue à répandre l’obscénité est interdit et constitue un péché majeur.
14. Stocker des denrées alimentaires pendant plus de quarante jours et se réjouir de l’augmentation du prix des aliments
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Quiconque stocke une denrée alimentaire pendant plus de quarante jours, son péché de stockage ne lui sera pas pardonné, même s’il fait don de cette denrée en aumône. »
Toutefois, il est permis aux autorités de stocker, dans le cadre d’une initiative gouvernementale, une quantité de nourriture supérieure aux besoins afin de faire face à une éventuelle famine.
15. Tarder à rembourser une dette malgré la capacité de s’en acquitter, harceler le créancier ou ne pas verser le salaire
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Le retard d’un riche dans le paiement de ce qu’il doit relève de l’injustice. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit : « Payez le salaire du travailleur avant que sa sueur ne sèche. »
16. Envier les autres et souhaiter leur malheur
Souhaiter, de quelque manière que ce soit, la destruction ou la perte des biens d’une personne, dans ce monde ou dans l’au-delà, qu’ils soient matériels ou moraux, et éprouver de la peine devant sa réussite, son bonheur et sa prospérité, voilà ce qu’est l’envie.
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Gardez-vous de l’envie, car de même que le feu dévore le bois sec, l’envie détruit les bonnes œuvres accomplies. »
17. Créer, parmi les musulmans, des divisions, des discriminations et de la désunion sur la base de la langue, de la couleur, de la lignée, du régionalisme, etc., se mépriser les uns les autres, se moquer les uns des autres et s’adresser des reproches
Allah le Très-Haut dit : « Ô vous qui croyez ! Qu’un groupe ne se moque pas d’un autre groupe : il se peut que ceux-ci soient meilleurs qu’eux. … Ne vous adressez pas de reproches les uns aux autres et ne vous donnez pas de surnoms injurieux. Quelle mauvaise chose que la perversité après la foi. »
Allah dit également : « Saisissez-vous tous ensemble de la corde d’Allah et ne vous divisez pas. » (Al ‘Imran)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Un homme disait : “Par Allah, Allah ne pardonnera jamais à untel.” Alors Allah dit : “Qui es-tu pour dire que Je ne pardonnerai pas ? Je lui ai pardonné et J’ai annulé tes bonnes actions.” » (Sahih Muslim)
18. Se réjouir du malheur d’un musulman
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ne te réjouis pas du malheur de ton frère musulman. Sinon, Allah le délivrera de son épreuve et t’en affligera. » (At-Tirmidhi)
19. Être cruel envers les enfants et manquer de respect aux personnes âgées
Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui n’éprouve pas d’affection pour les plus jeunes et ne respecte pas les plus âgés ne fait pas partie de ma communauté. »
Toutefois, il est absolument nécessaire de discipliner les enfants afin de leur enseigner la prière et les bonnes manières.
20. Mendier sans excuse valable, demander les services et l’aide d’autrui, dépendre des autres et s’endetter
Hakîm ibn Hizâm (qu’Allah l’agrée) a dit : « J’ai demandé de l’aide au Messager (paix et salut sur lui) à trois reprises. Chaque fois, il m’a aidé et a dit : “Ô Hakîm, écoute ! Ces biens sont très attrayants et agréables. Celui qui les accepte de son plein gré n’y trouvera pas de bienfait. Souviens-toi que la main qui donne est meilleure que celle qui reçoit.” J’ai dit : “Ô Messager d’Allah, après vous, je ne demanderai plus rien à personne.” Par la suite, même lorsque Abû Bakr et ‘Umar voulurent l’aider, Hakîm n’accepta rien. » (Sahîh al-Bukhârî, Sahîh Muslim)
Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui mendie n’aura pas d’or sur le visage au Jour de la Résurrection. »
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Celui qu’Allah veut plonger dans le châtiment ici-bas, Il le rend endetté. »
Le Messager (paix et salut sur lui) a également dit : « Celui qui s’engage à ne rien demander à personne, je lui garantirai le Paradis. » (Abû Dâwûd)
21. Humilier quelqu’un en révélant publiquement les péchés qu’il a commis auparavant, et divulguer le secret de quelqu’un sans sa permission
Le Messager (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui humilie son frère musulman en révélant un péché qu’il a abandonné et dont il s’est repenti ne mourra pas sans être lui-même tombé dans ce péché. »
22. Nourrir de mauvaises pensées à l’égard d’un musulman sans preuve
Allah dit : « Ô vous qui croyez ! Évitez de nourrir trop de soupçons, car certains soupçons sont un péché. » (Sourate Al-Hujurât)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Évitez les soupçons, car nourrir des soupçons constitue le plus grand des mensonges. » (Sahih Al-Bukhari, Sahih Muslim)
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ayez une bonne opinion des croyants. »
Il convient de préciser que c’est le fait de nourrir des pensées négatives imaginaires et infondées qui est interdit. Si une mauvaise pensée naît spontanément pour une raison valable, il n’y a pas de péché à cela. Toutefois, il n’est pas permis de prendre une quelconque mesure sur cette base sans preuve.
23. Profaner la mosquée
Transformer la mosquée en bâtiment ordinaire, y cracher et la souiller, y faire du commerce et y annoncer des objets perdus, y parler à voix haute et s’y quereller, empêcher les activités islamiques dans la mosquée, tenter de détruire la mosquée et nommer des mécréants ou des pervers pour en assurer la gestion. Allah dit : « Qui est plus injuste que celui qui empêche que le nom d’Allah soit mentionné dans les mosquées d’Allah et qui s’efforce de les détruire ? » (Sourate Al-Baqara)
Amr ibn Shu‘ayb rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a interdit de faire du commerce dans la mosquée et d’y annoncer des objets perdus.
Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Que celui qui mange de l’oignon ou de l’ail crus ne s’approche même pas de la mosquée. »
Le Messager (s.a.s.) a également dit : Cracher dans la mosquée est un péché, et son expiation consiste à l’enlever.
Toutefois, enseigner dans la mosquée, y rendre la justice, y tenir des consultations et y discuter ne sont pas blâmables. Il est interdit à une femme en période de menstruation et à un homme en état d’impureté rituelle, pour lequel le ghusl est fard ou wajib, d’entrer dans la mosquée.
24. Parler de sujets inconnus, répandre des rumeurs, croire aux rumeurs sans enquête et dissimuler ce que l’on sait
Allah dit : « Ne poursuis pas ce dont tu n’as pas connaissance. » (sourate Banî Isrâ’îl) Le Messager (s.a.s.) a dit : « Il suffit à un homme d’être un menteur qu’il colporte tout ce qu’il entend. » (Sahih Muslim)
Le Messager (s.a.s.) a également dit : « Celui qui détient un savoir dont les gens ont besoin mais le dissimule sera, le Jour de la Résurrection, bridé d’une bride de feu.
25. Ne pas traiter sa famille conformément à la charia, ne pas rendre justice et enfreindre les prescriptions de la charia relatives au mariage et au divorce
Lorsqu’un homme a plusieurs épouses, ne pas les traiter équitablement, contracter plusieurs mariages sans s’assurer qu’il pourra rendre justice à toutes, prononcer trois divorces à la fois contre son épouse, la divorcer pendant ses menstruations, la chasser de la maison pendant la période de l’iddah. Laisser son épouse en suspens, c’est-à-dire ne pas la divorcer tout en n’entretenant pas non plus de relation normale avec elle, priver l’un de ses enfants de son héritage ou lui en donner une part moindre ou plus grande, faire preuve de discrimination dans les transactions entre ses enfants de son vivant, en particulier à l’égard des filles, faire pression sur son épouse pour qu’elle apporte une dot, ne pas verser à son épouse son mahr, ne pas marier ses fils et filles adultes sans excuse valable, rester célibataire toute sa vie sans excuse valable. Le Messager (s.a.s.) a dit : Le mariage est ma sunna. Celui qui méprise ma sunna ne fait pas partie de ma communauté. Le Messager (s.a.s.) a également dit : « Celui qui est bon envers son épouse est également bon auprès d’Allah. »
26. Vivre sciemment dans la compagnie d’un pécheur et d’une personne hostile à l’islam, voter pour lui, le louer et lui obéir, et accepter comme critère de leadership autre chose que l’honnêteté
Allah dit : « N’obéissez pas à celui que J’ai rendu insouciant à Mon rappel et qui suit ses propres passions. » (Sourate Al-Kahf) Le Messager (saws) a dit : « Lorsqu’un pervers est loué, Allah se met en colère et le Trône tremble. » Allah dit : « Le plus honoré parmi vous est celui qui est le plus pieux. »
27. Ne pas acquérir les connaissances essentielles et minimales de l’islam, notamment du Coran et des hadiths
Le Messager (saws) a dit : « Acquérir la connaissance de l’islam est obligatoire pour tout musulman et toute musulmane. »
28. Accomplir des actes d’adoration à des moments interdits et dans des situations interdites
Jeûner pendant les deux fêtes de l’Aïd et les jours d’At-Tachrîq (les 11, 12 et 13 de Dhoul-Hijjah), accomplir délibérément la prière en état d’impureté, prier au lever et au coucher du soleil, réciter le Coran, des invocations ou des formules de dhikr lorsqu’on se trouve aux toilettes ou au moment de déféquer ou d’uriner, etc. De nombreux hadiths ont strictement interdit ces actes. 29. Contrôler les naissances par le meurtre du fœtus, l’avortement, la stérilisation ou d’autres moyens, uniquement par crainte de la pauvreté, sauf pour des raisons de santé ou en cas de grave danger pour la vie
Allah dit : « Ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. » (Banî Isrâ’îl)
30. Ne pas accomplir la prière du vendredi sans excuse valable et enfreindre les règles de la prière du vendredi
Parler pendant que l’imam prononce le sermon, prier ou réciter des invocations et des salutations, ou, en arrivant en retard à la mosquée, essayer de passer devant ceux qui sont arrivés avant soi. Allah dit : « Ô vous qui croyez ! Lorsque l’appel à la prière est lancé le vendredi, hâtez-vous vers le rappel d’Allah et cessez toute activité commerciale. » (Sourate Al-Jumua) Le Messager (saws) a dit : « Après que l’imam est monté sur le minbar, il ne faut ni accomplir de prière ni parler. »
31. Profaner, mépriser et négliger le Coran et les hadiths, les interpréter faussement par ignorance, toucher le Coran en état d’impureté, ne pas l’écouter lorsqu’il est récité ou empêcher de l’écouter, dissimuler le savoir du Coran et des hadiths, c’est-à-dire s’abstenir sans excuse de le diffuser ou en empêcher la diffusion, nier et désobéir aux hadiths authentiques, commencer des actes contraires à l’islam par la Bismillah ou par la récitation du Coran, etc.
Allah dit : « Lorsque le Coran est récité, écoutez-le et gardez le silence. Peut-être vous sera-t-il fait miséricorde. » (Al-A‘raf) « Lorsque Mes versets sont récités, tu verras des signes de répulsion sur les visages des mécréants. » (sourate Al-Hajj)
32. Répandre la fitna, c’est-à-dire l’égarement, dans la société, et créer des situations dans lesquelles les gens sont découragés de faire le bien ou en sont empêchés, et sont incités ou contraints à faire le mal
Allah dit : « La malédiction d’Allah est sur ces injustes qui détournent les gens du chemin d’Allah. » (sourate Al-A‘raf)
33. Ne pas verser la zakat al-fitr sans excuse et ne pas accomplir le sacrifice rituel
Le Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Que celui qui n’accomplit pas le sacrifice sans excuse ne s’approche pas de notre lieu de prière pour l’Aïd. »
34. Ne pas rendre le salut sans excuse et saluer en premier un mécréant
Allah dit : « Lorsqu’on vous adresse une salutation, répondez par une meilleure salutation ou rendez-la de la même manière. » (sourate An-Nisa) Le salam est également une invocation. Il est donc obligatoire d’y répondre.
35. Confier à une femme, alors qu’il existe des hommes compétents, la direction et la gestion des hommes, ou des femmes et des hommes à la fois
Le Messager (s.a.s.) a dit : « Lorsque l’autorité sera confiée à une femme, le sous-sol sera alors meilleur pour vous que la surface de la terre. »
Allah le Très-Haut dit : « Les hommes ont autorité sur les femmes. » (sourate An-Nisâ)
Les moyens d’être délivré des péchés majeurs
Allah a dit : « Ô Mes serviteurs, vous qui avez commis des injustices envers vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Certes, Allah pardonne tous les péchés. Il est Pardonneur et Miséricordieux. »
En vérité, il est possible d’être libéré de tous les péchés par un repentir sincère.
Cependant, cela requiert quatre conditions :
(1) Se repentir et éprouver sincèrement de la honte, (2) promettre de ne plus commettre ce péché à l’avenir, (3) abandonner immédiatement et complètement ledit péché, (4) si le péché concerne les droits d’une personne et que celle-ci est encore en vie, lui demander pardon et, si nécessaire, lui verser, ou verser à ses héritiers, une compensation satisfaisante.
Allah a promis de pardonner à celui qui demande pardon après avoir respecté ces quatre conditions.