Avant-propos
Le Riyad as-Salihin est la contribution majeure de l’imam Muhy ad-Din Yahya an-Nawawi — qu’Allah lui fasse miséricorde —, éminent spécialiste du hadith du VIIe siècle de l’Hégire. Il a composé cette précieuse compilation en sélectionnant près de deux mille hadiths authentiques. Cet ouvrage est à même de jouer un rôle éminent dans la réponse aux besoins de ceux qui s’emploient sincèrement à réunir les provisions nécessaires à leur formation spirituelle.
Nous avions le rêve de remettre la traduction de cette compilation entre les mains de nos frères et sœurs bengalophones. Finalement, avec l’aide de plusieurs éminents savants, nous avons pu la traduire.
Par l’infinie grâce d’Allah, le Seigneur des mondes, nous avons publié le premier volume au mois de Ramadan de l’an 1405 de l’Hégire, le deuxième volume au mois de Ramadan de l’an 1406, le troisième volume au mois de Rabi al-Awwal de l’an 1407, et nous avons publié le quatrième, c’est-à-dire le dernier volume, au mois de Safar de l’an 1408 de l’Hégire.
Dans la présente édition de l’ouvrage, nous avons de nouveau confronté la traduction au hadith original et avons ainsi procédé à une révision afin de remédier aux erreurs et aux imperfections de l’édition précédente.
Qu’Allah, le Seigneur des mondes, accepte le service rendu par le compilateur et le récompense, et qu’Il accorde d’immenses bienfaits ici-bas et dans l’au-delà à ceux qui consacrent leur temps et leurs efforts à la traduction, à la révision et à la publication de cet ouvrage.
L’éditeur
Répartition des traductions :
Maulana Abdul Mannan Talib — hadiths n° 1465 à 1510
Maulana Muhammad Musa — hadiths n° 1511 à 1896
بسم الله الرحمن الرحيم
Chapitre 16 — Kitab ad-Da‘awat (invocations)
Section 1 — L’ordre de faire des invocations, leur mérite et un bref aperçu des invocations que faisait le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui).
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَقَالَ رَبُّكُمُ ادْعُونِي أَسْتَجِبْ لَكُمْ
Le Très-Haut dit :
« Votre Seigneur a dit : “Invoquez-Moi, Je vous répondrai.” » (Sourate Al-Mu’min : 60)
وقَالَ تَعَالَى : أَدْعُوا رَبَّكُمْ تَضَرُّعًا وَخُفْيَةً إِنَّهُ لَا يُحِبُّ الْمُعْتَدِينَ.
« Invoquez votre Seigneur avec humilité et discrétion. Certes, Il n’aime pas les transgresseurs. » (Sourate Al-A‘râf : 55)
وقال تعالى : وإذا سألك عبادي عَنِّى فَإِنِّي قريب أجيب دعوة الداع إذا دَعَانِ.
« Et lorsque Mes serviteurs t’interrogent à Mon sujet, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’invocation de celui qui M’invoque lorsqu’il M’invoque. » (Sourate Al-Baqara : 186)
وَقَالَ تَعَالَى : أَمَّنْ يُجِيبُ الْمُضْطَرَّ إِذَا دَعَاهُ وَيَكْشِفُ السُّوء.
« Qui exauce l’appel de l’affligé au cœur troublé et dissipe sa détresse ? » (Sourate An-Naml : 62)
١٤٦٥ – ووَعَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الدُّعَاءُ هُوَ العِبَادَةُ – رواه أبو داود والترمذى وَقَالَ حَدِيث حسن صحيح.
1465. D’après Nu‘mân ibn Bachîr (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « L’invocation est une adoration. »
L’imam Abû Dâwûd et l’imam At-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et l’imam At-Tirmidhî l’a qualifié de hadith hasan et sahîh.
١٤٦٦ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَسْتَحِبُّ الْجَوَامِعَ مِنَ الدُّعَاءِ وَبَدَعُ مَا سِوَى ذَلِكَ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ باشناد جيد.
1466. D’après ‘Â’ichah (qu’Allah l’agrée), elle a dit : Le Messager d’Allah ﷺ aimait, parmi les invocations, celles qui avaient un sens complet, et délaissait toute autre formulation.
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission.
4 ١٤٦٧ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ أَكْثَرُ دُعَاءِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللهم آتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الآخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ مُتَّفَقٌ علَيْهِ. زَادَ مُسْلِمٌ فِي رِوَايَتِهِ قَالَ وَكَانَ أنس إِذَا أَرَادَ أَن يُدْعُو بِدَعْوَةٍ دَعَا بِهَا وإذا أرادَ أَنْ يَدْعُوَ بِدُعَاء دَعَا بِهَا فِيهِ.
1467. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) faisait la plupart du temps cette invocation : « Allahumma atina fid-douya hasanatâou wa fil-akhirati hasanatâou waqina adhaban-nar » (Ô Allah, accorde-moi le bien ici-bas et le bien dans l’au-delà, et préserve-moi du châtiment de l’Enfer).
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans la version de l’imam Muslim, il est également dit que lorsque Anas (qu’Allah l’agrée) voulait faire une invocation, il faisait toujours celle-ci ; et lorsqu’il voulait faire une autre invocation, il y incluait également celle-ci.
١٤٦٨ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْهُدَى وَالتَّقَى وَالْعَفَافِ وَالْغَنِي رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1468. Abdullah ibn Mas’ud (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) disait : « Allahumma inni as’alukal-houda wat-touqa wal-‘afafa wal-ghina »
(Ô Allah, je Te demande la guidée, la piété, la chasteté et la suffisance, c’est-à-dire l’autonomie).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٦٩ – وَعَنْ طَارِقِ بْنِ أَشْيَمَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ الرَّجُلُ إِذَا أَسْلَمَ عَلَمَهُ النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الصَّلاةَ ثُمَّ أَمَرَهُ أَنْ يَدْعُوَ بِهُؤُلَاءِ الْكَلِمَاتِ اللَّهُم الغفر لي وَارْحَمْنِي وَاهْدِنِي وَعَافِنِي وَارْزُقْنِي رَوَاهُ مُسْلِمٌ. وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ عَنْ طارق أنَّهُ سَمِعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَآتَاهُ رَجُلٌ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ كَيْفَ أَقُولُ حِينَ أَسْأَلُ رَبِّي قَالَ قُلْ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي وَارْحَمْنِي وَعَافِنِي وَارْزُقْنِي فان هؤلاً ، تَجْمَعُ لك دنياك وآخرتك.
1469. Tariq ibn Ashyam (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lorsqu’une personne embrassait l’islam, le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) lui enseignait la prière, puis lui ordonnait d’invoquer Allah avec les paroles suivantes : « Allahummaghfir li warhamni wahdini wa ‘afini warzuqni » (Ô Allah, pardonne-moi, fais-moi miséricorde, guide-moi vers le droit chemin, accorde-moi la sécurité et accorde-moi ma subsistance).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre narration de Tariq (qu’Allah l’agrée), il est dit qu’il a entendu le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) raconter qu’un homme vint le trouver et lui dit : « Ô Messager d’Allah, que dois-je dire lorsque j’implore mon Seigneur ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) répondit : « Tu diras : “Allahummaghfir li warhamni wa ‘afini warzuqni.” » En effet, ces paroles réuniront pour toi les bienfaits de ce monde et de l’au-delà.
١٤٧٠ – وَعَنْ عَبْدِ الله بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللهُم مُصَرِفَ الْقُلُوبِ صَرِفَ قُلُوبَنَا عَلَى طَاعَتِكَ رواه مسلم.
1470. D’après ʿAbdullah ibn ʿAmr ibn al-ʿAs, qu’Allah l’agrée, il a dit : le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, faisait l’invocation suivante : « Allahumma musarrifal-qulûb, sarrif qulûbanâ ʿalâ tâʿatik » (Ô Allah, Toi qui changes les cœurs, oriente nos cœurs vers Ton obéissance).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٧١ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ تعودُوا بِاللَّهِ مِنْ جَهْدِ الْبَلَاءِ وَدَرَكَ السَّقَاءِ وَسُوءِ الْقَضَاءِ وَشَمَائَةِ الْأَعْدَاءِ متفق عليه.
1471. D’après Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Cherchez refuge auprès d’Allah contre les épreuves accablantes, le malheur extrême, le mauvais destin et la réjouissance des ennemis. » Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٤٧٢ – وَعَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ اللَّهُمَّ أَصْلِحْ لِي ديني الذي هُوَ عِصْمَةُ أَمْرِي وَأَصْلِحْ لِى دُنْيَايَ الَّتِي فِيهَا مَعَاشِي وَأَصْلِحْ لِي أخرتي التي فِيهَا مَعَادِي وَاجْعَلِ الْحَيَاةَ زِيادَةً لِي فِي كُلِّ خَيْرٍ وَاجْعَلِ الْمَوْتَ رَاحَةً لِي مِنْ كُلِّ شَرٍ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1472. D’après Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, il a dit : le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, faisait l’invocation suivante : « Allahumma aslih lî dînî alladhî huwa ʿismatu amrî, wa aslih lî dunyâya allatî fîhâ maʿâshî, wa aslih lî âkhiratî allatî ilayhâ maʿâdî, wajʿal al-hayâta ziyâdatan lî fî kulli khayr, wajʿal al-mawta râhatan lî min kulli sharr » (Ô Allah, rectifie pour moi ma religion, qui préserve mes affaires ; rectifie pour moi ma vie d’ici-bas, où se trouve ma subsistance ; rectifie pour moi mon au-delà, vers lequel sera mon retour ; fais que ma vie soit pour moi un accroissement dans tout bien, et fais de la mort pour moi un repos à l’égard de tout mal).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٧٣ – وَعَنْ عَلَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قُلْ اللَّهُمَّ اهْدِنِي وَسَلَّدْنِي وَفِي رِوَايَةِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الْهُدَى وَالسَّدَادَ رواه مسلم
1473. Il est rapporté d’après ʿAlî (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’a dit : « Dis : Allâhumma-hdinî wa saddidnî » (Ô Allah ! Accorde-moi la guidée et rectifie-moi). Dans une autre version, il est dit : « Allâhumma innî as’alukal-hudâ was-sadâd » (Ô Allah ! Je Te demande la guidée et le droit chemin). L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٧٤ – وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْعَجْزِ وَالْكَسَلِ وَالْجُبْنِ وَالْهَرَمِ وَالْبُخْلِ وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ فِتْنَةِ الْمَحْيَا وَالْمَمَاتِ وَفِي رِوَايَةٍ وَضَلَعِ الدِّينِ وَغَلَبَةِ الرِّجَالِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1474. Il est rapporté d’après Anas (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) faisait cette invocation : « Allâhumma innî aʿûdhu bika minal-ʿajzi wal-kasali wal-jubni wal-harami wal-bukhli, wa aʿûdhu bika min ʿadhâbil-qabri, wa aʿûdhu bika min fitnatil-mahyâ wal-mamât » (Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre l’incapacité, la paresse, la lâcheté, la vieillesse et l’avarice. Je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de la tombe et contre les épreuves de la vie et de la mort). Dans une autre version, il est dit : « Wa dhalʿid-dayni wa ghalabatir-rijâl » (contre le poids accablant des dettes et la domination des hommes).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٧٥ وَعَنْ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلِمْنِي دُعَاءُ ادْعُو بِهِ فِي صَلَاتِي قَالَ قُلْ اللَّهُمَّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي ظلما كثيراً ولا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ فَاغْفِرْ لِي مَغْفِرَةٌ مِنْ عِنْدِكَ وَارْحَمْنِي إِنَّكَ انتَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. وَفِي رِوَايَةٍ وَفِي بَيْتِي وَرُوِيَ ظُلْمًا كَثِيرًا وروى كبيراً بالثاء المثلثة وبالباء الموحدة فَيَنْبَغِي أَنْ يُجْمَعَ بَيْنَهُمَا فَيُقَالُ كثيراً كبيرا.
1475. Il est rapporté d’après Abû Bakr as-Siddîq (qu’Allah l’agrée). Il dit au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) : « Enseigne-moi une invocation que je réciterai dans ma prière. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Dis : Allâhumma innî dhalamtu nafsî dhulman kathîran, wa lâ yaghfirudh-dhunûba illâ anta, faghfir lî maghfiratan min ʿindika warhamnî, innaka antal-Ghafûrur-Rahîm » (Ô Allah ! J’ai grandement été injuste envers moi-même. Nul ne pardonne les péchés excepté Toi. Pardonne-moi donc d’un pardon venant de Toi et fais-moi miséricorde. Tu es certes Celui qui pardonne beaucoup, le Très Miséricordieux).
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Fî baytî », c’est-à-dire : dans ma maison (je le réciterai dans la prière). Dans certaines versions, le mot « dhulman kathîran » (beaucoup d’injustice) apparaît, tandis que dans une autre version figure le mot « kabîran » (une grande injustice). Cependant, il convient d’employer les deux mots ensemble : « kathîran » (beaucoup) et « kabîran » (grande).
١٤٧٦ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ كَانَ يَدْعُوا بِهذا الدُّعَاءِ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي خَطِيئَتِي وَجَهْلِي وَإِسْرَافِي فِي أَمْرِي وَمَا انت أعْلَمُ بِهِ مِنِّي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي جَدِى وَهَزْلِي وَخَطَئِي وَعَمْدِي وَكُلُّ ذَلِكَ عِنْدِي اللهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا قَدَّمْتُ وَمَا أُخْرَتُ وَمَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا أَنْتَ أَعْلَمُ بِهِ مني انتَ الْمُقَدِّمُ وَأَنْتَ الْمُؤَخِّرُ وَانتَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1476. Abû Mûsâ (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et la paix — invoquait Allah en ces termes : « Allâhumma-ghfir lî khatî’atî wa jahlî wa isrâfî fî amrî wa mâ anta a‘lamu bihi minnî. Allâhumma-ghfir lî jiddî wa hazlî wa khata’î wa ‘amdî wa kullu dhâlika ‘indî. Allâhumma-ghfir lî mâ qaddamtu wa mâ akhkhartu wa mâ asrartu wa mâ a‘lantu wa mâ anta a‘lamu bihi minnî. Anta-l-Muqaddimu wa anta-l-Mu’akhkhiru wa anta ‘alâ kulli shay’in qadîr » (Ô Allah ! Pardonne-moi mes péchés et mon ignorance, pardonne mes excès dans mes affaires et pardonne-moi les péchés que Tu connais mieux que moi. Ô Allah ! Pardonne-moi ce que j’ai fait délibérément, par plaisanterie, consciemment ou inconsciemment, ainsi que tout ce qui est en moi. Ô Allah ! Pardonne-moi mes péchés passés et futurs, ceux que j’ai commis en secret et au grand jour, ainsi que les péchés que Tu connais mieux que moi. C’est Toi qui fais avancer et c’est Toi qui fais reculer, et Tu es puissant sur toute chose). L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٤٧٧ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَيَقُولُ فِي دُعَائِهِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا عَمِلْتُ وَمِنْ شَرِّ مَا لَمْ أَعْمَلُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ1477. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et la paix — disait dans ses invocations : « Allâhumma innî a‘ûdhu bika min sharri mâ ‘amiltu wa min sharri mâ lam a‘mal » (Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de ce que j’ai fait et contre le mal de ce que je n’ai pas fait).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٧٨ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كَانَ مِنْ دُعَاءِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ زَوَالِ نِعْمَتِكَ وَتَحَولَ عَافِيَتِكَ وَفُجَاءَة نقْمَتِكَ وَجَمِيعِ سَخَطِكَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1478. ‘Abdullâh ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte qu’une des invocations du Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et la paix — était : « Allâhumma innî a‘ûdhu bika min zawâli ni‘matika wa tahawwuli ‘âfiyatika wa fujâ’ati niqmatika wa jamî‘i sakhatika » (Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre la disparition de Tes bienfaits, le changement de la sécurité et du bien-être que Tu accordes, Ton châtiment soudain et tout ce qui provoque Ton mécontentement).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٧٩ – وَعَنْ زَيْدِ بْنِ أَرْقَمَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْعَجْزِ وَالْكَسَلِ وَالْبُخْلِ وَالْهَرَمِ وَعَذَابِ الْقَبْرِ اللهم أن نفسِي تَقْوَاهَا وَزَكِهَا أَنْتَ خَيْرُ مَنْ زَكَاهَا أَنْتَ وَلِيُّهَا وَمَوْلَاهَا اللهُم إني أعوذُ بِكَ مِنْ عِلم لا يَنْفَعُ وَمِنْ قَلب لا يَخْشَعُ وَمِنْ نَفْسٍ لَا تَشْبَعُ وَمِنْ دعوة لا يُسْتَجَابُ لَهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1479. Zayd ibn Arqam (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde Ses bénédictions et la paix — invoquait Allah en ces termes : « Allâhumma innî a‘ûdhu bika mina-l-‘ajzi wa-l-kasali wa-l-bukhli wa-l-harami wa ‘adhâbi-l-qabri. Allâhumma âti nafsî taqwâhâ wa zakki-hâ anta khayru man zakkâhâ anta waliyyuhâ wa mawlâhâ. Allâhumma innî a‘ûdhu bika min ‘ilmin lâ yanfa‘u wa min qalbin lâ yakhsha‘u wa min nafsin lâ tashba‘u wa min da‘watin lâ yustajâbu lahâ » (Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre l’incapacité, la paresse, l’avarice, la vieillesse et le châtiment de la tombe. Ô Allah ! Accorde à mon âme sa piété et purifie-la ; Tu es le meilleur de ceux qui la purifient, Tu es son Protecteur et son Maître. Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre une science inutile, un cœur dépourvu de crainte d’Allah, une âme insatiable et une invocation qui n’est pas exaucée). L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٨٠ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ اللَّهُمَّ لكَ أَسْلَمْتُ وَبِكَ أمَنْتُ وَعَلَيْكَ تَوَكَّلْتُ وَإِلَيْكَ أَتَيْتُ وَبِكَ خاصمتُ وَإِلَيْكَ حَاكَمَتُ فَاغْفِرْ لِي مَا قَدَّمْتُ وَمَا أَخْرْتُ وَمَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ أنتَ الْمُقَدِّمُ وَأَنتَ الْمُؤَخِّرُ لا اله الا انتَ. زَادَ بَعْضُ الرُّواةِ وَلَا حَوْلَ وَلا قُوَّةَ الا بالله – متفقٌ عَلَيْهِ.
1480. D’après Abdallah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, disait : « Allahumma laka aslamtu, wa bika amantu, wa ‘alayka tawakkaltu, wa ilayka anabtu, wa bika khasamtu, wa ilayka hakamtu. Faghfir li ma qaddamtu wa ma akhkhartu, wa ma asrartu wa ma a‘lantu. Anta al-muqaddimu wa anta al-mu’akhkhiru, la ilaha illa Allah » (Ô Allah ! Je me suis soumis à Toi, j’ai cru en Toi, je m’en suis remis à Toi, je suis revenu vers Toi, c’est avec Ton pouvoir que j’ai disputé avec mes ennemis et c’est vers Toi que j’ai porté mon jugement. Pardonne-moi donc tous mes péchés antérieurs et ultérieurs, secrets et manifestes. C’est Toi qui fais avancer et c’est Toi qui fais reculer. Il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah.) Certaines versions ajoutent : « La hawla wa la quwwata illa billah » (Nul ne peut s’abstenir du péché ni accomplir les bonnes œuvres sans la force accordée par Allah).
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٤٨١ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَدْعُو بهولا – الْكَلِمَاتِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ فِتْنَةِ النَّارِ وَعَذَابِ النَّارِ وَمِنْ شَرِّ الغنى وَالْفَقْرِ – رواه أبو داود والترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ وَهُذَا لفظ ابن داود.
1481. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, invoquait en ces termes : « Allahumma inni a‘udhu bika min fitnat an-nar wa ‘adhab an-nar, wa min sharri al-ghina wa al-faqr » (Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre l’épreuve et le châtiment du Feu, ainsi que contre le mal de la richesse et de la pauvreté).
L’imam Abou Dawoud et l’imam At-Tirmidhi ont rapporté ce hadith, et l’imam At-Tirmidhi l’a qualifié de hadith hassan et sahih. Le texte original du hadith présenté ici est celui d’Abou Dawoud.
١٤٨٢ – وَعَنْ زِيَادِ بْنِ عَلاقَةً عَنْ عَمِهِ وَهُوَ قُطْبَةُ بْنُ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ مُنكرات الأخلاق والأعمال والأهوا – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1482. D’après Ziyad ibn ‘Alaqa, selon son oncle Qutba ibn Malik (qu’Allah l’agrée), il disait : « Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, invoquait en prononçant ces paroles : “Allahumma inni a‘udhu bika min munkarat al-akhlaq wa al-a‘mal wa al-ahwa’” (Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre les mauvais caractères, les mauvaises œuvres et les mauvaises passions). »
L’imam Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hassan.
١٤٨٣ – وَعَنْ شَكْلِ بْنِ حُمَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ عَلِمْنِي دعاء قَالَ قُلْ اللهم إني أعوذ بك من شر سمعِي وَمِنْ شَرِّ بَصَرِي وَمِنْ شَرِّ لساني ومن شَرِّ قَلبي وَمِن شَرِّ مَنى – رواه أبو داود والترمذي وقال حديث حَسَنٌ.
1483. Shakl ibn Humayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai dit : « Ô Messager d’Allah, apprends-moi une invocation. » Il dit : « Dis : “Allahumma inni a‘udhu bika min sharri sam‘i wa min sharri basari wa min sharri lisani wa min sharri qalbi wa min sharri maniyyi” » (Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de mon ouïe, contre le mal de ma vue, contre le mal de ma langue, contre le mal de mon cœur et contre le mal de mes parties intimes).
Les imams Abou Dawoud et Tirmidhi ont rapporté ce hadith, et l’imam Tirmidhi l’a qualifié de hadith hassan.
١٤٨٤ – وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ اللهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْبَرْضِ وَالْجُنُونِ وَالْجُدَامِ وَسَيْ الْأَسْقَامِ رَوَاهُ أَبُو دارد باشتاد صحيح
1484. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait : « Allahumma inni a‘udhu bika minal-barasi wal-jununi wal-judhami wa sayyi’il-asqam » (Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre la dépigmentation de la peau, la folie, la lèpre et toutes les mauvaises maladies).
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
١٤٨٥ – وعن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْجُوعِ فَإِنَّهُ بِئْسَ الصَّحِيعُ وَأَعُوذُ بِكَ مِنَ الْخِيَانَةِ فَإِنَّهَا بِئْسَتِ الْبِطَانَةُ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِإِسناد صحيح
1485. Abou Hourayra (que Dieu l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, disait : « Allahoumma innî a‘oudhou bika minal-jou‘i fa innahou bi’sad-dajî ‘ou wa a‘oudhou bika minal-khiyânati fa innahâ bi’satil-bitânatou » (Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre la faim et la privation, car elles sont de mauvais compagnons de lit. Et je cherche refuge auprès de Toi contre la trahison et le détournement, car ils constituent une mauvaise disposition intérieure).
L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
١٤٨٦ – وَعَنْ عَلِيَّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ مُكَانَبًا جَاءَهُ إِنِّي عَجِزَتُ عَنْ كِتَابِي فَاعَنِّي قَالَ أَلا أُعَلِّمُكَ كَلِمَاتٍ عَلَمَنِيْهِنَّ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَوْ كَانَ عَلَيْكَ مِثْلُ جَبَلٍ دَيْنَا أَداهُ اللهُ عَنْكَ قُلْ اللَّهُمَّ اكْفِنِي بِحَلَالِكَ عَنْ حَرَامِكَ وَاغْنِنِي بِفَضْلِكَ عَمَّنْ سِواكَ رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1486. D’après Ali (que Dieu l’agrée), un esclave mukâtib vint le trouver et lui dit : Je suis devenu incapable de payer la somme convenue pour mon affranchissement. Aussi, pourriez-vous
m’aider ? Il dit : Veux-tu que je t’enseigne les paroles que le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, m’a enseignées ? Si tu avais une dette grande comme une montagne, il ferait en sorte qu’elle soit acquittée. Dis : « Allahoumma affînî bihalâlika ‘an harâmika wa aghninî bifadlikka ‘amman siwâka » (Ô Allah ! Par Ton licite, rends-moi indépendant de Ton illicite, et par Ta grâce, rends-moi indépendant de tous ceux qui ne sont pas Toi). [Note : Le mukâtib est un esclave dont le maître a établi un contrat écrit stipulant qu’il sera affranchi s’il verse une somme déterminée.]
L’imam At-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.
١٤٨٧ – وَعَنْ عِمْرَانَ بْنِ الْحُصَيْنِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَّمَ آبَاهُ حُصَيْنًا كَلِمَتَيْنِ يَدْعُو بهما اللهُمُ الْهِمْنِي رُشْدِى وَاعِدُنِي مِنْ شَرِّ نفسي رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1487. D’après Imran ibn al-Husayn (que Dieu l’agrée), le Prophète, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, enseigna à son père Husayn (que Dieu l’agrée) deux paroles par lesquelles il invoquait : « Allahoumma ahimnî rushdî wa ayidhnî min sharri nafsî » (Ô Allah ! Fais parvenir la bonne direction à mon cœur et préserve-moi du mal de mon âme).
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.
١٤٨٨ – وَعَن أبي الفضل العباس بن عبد المطلب رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يا رَسُولَ الله عَلمنى شَيْئًا أَسْأَلُهُ الله تَعَالَى قَالَ سَلُوا اللهَ الْعَافِيَة فَمَكَنتُ أَيَّامًا ثُمَّ جِئْتُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ عَلِمْنِي شَيْئًا أَسْأَلُهُ اللَّهَ تَعَالَ قَالَ لِي يَا عَبَّاس يَا عَمِّ رَسُولِ الله سلوا الله العافية في الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ – رَوَاهُ الترمذي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.
1488. Il est rapporté d’Abu al-Fadl Abbas ibn Abd al-Muttalib (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : « Je dis : Ô Messager d’Allah, enseigne-moi certaines choses que je pourrai demander au Dieu Très-Haut. » Il dit : « Demandez à Allah la sécurité. » Quelques jours plus tard, je revins et dis : « Ô Messager d’Allah, enseigne-moi certaines choses que je pourrai demander à Allah le Très-Haut. » Il me dit : « Ô Abbas, ô oncle du Messager d’Allah, demande à Allah la sécurité ici-bas et dans l’au-delà. »
L’imam at-Tirmidhi a cité ce hadith et l’a qualifié de hadith sahih.
١٤٨٩ – وَعَنْ شَهْرِ بْنِ حَوْشَبٍ قَالَ قُلْتُ لِأَمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا يَا أَمْ الْمُؤْمِنِينَ مَا كَانَ أَكْثَرُ دُعَاءِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا كَانَ عِنْدَكَ قَالَتْ كَانَ أَكْثَرُ دُعَائِهِ يَا مُقَلِبَ الْقُلُوبِ ثَبِّتْ قَلْبِي عَلَى دِينِكَ رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1489. Il est rapporté de Shahr ibn Hawshab (qu’Allah lui fasse miséricorde) qu’il dit : « Je demandai à Umm Salama (qu’Allah l’agrée) : Ô Mère des croyants, quelle invocation le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) faisait-il le plus souvent lorsqu’il séjournait auprès de vous ? » Elle répondit : « Il faisait le plus souvent cette invocation : “Yā muqallibal-qulūb, thabbit qalbī ‘alā dīnik” (Ô Toi qui fais varier les cœurs, affermis mon cœur dans Ta religion). » L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.
١٤٩٠ – وَعَنْ أَبِي الدَّرْدَاء رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ مِنْ دُعَاء دَاوُدَ عَلَيْهِ السلامُ اللهُم إِنِّي أَسْأَلُكَ حُبِّكَ وَحَبِّ مَنْ يُحِبُّكَ والْعَمَلَ الَّذِي يُبْلِغْنِي حُبِّكَ اللهُمَّ اجْعَلَ حُبِّكَ أَحَبُّ إِلَى مِنْ نَفْسِي وَأَهْلِي وَمِنَ الماء البارد – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1490. Il est rapporté d’Abu ad-Darda (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « David (que la paix soit sur lui) avait cette invocation : “Allāhumma innī as’aluka hubbaka wa hubba man yuhibbuka wal-‘amala alladhī yuballighunī hubbaka. Allāhummaj‘al hubbaka ahabba ilayya min nafsī wa ahlī wa min al-mā’il-bārid” (Ô Allah, je Te demande Ton amour, l’amour de celui qui T’aime et les œuvres qui me feront parvenir à Ton amour. Ô Allah, rends Ton amour plus cher pour moi que ma propre personne, ma famille et l’eau fraîche). »
L’imam at-Tirmidhi a cité ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.
١٤٩١ – بن عامِرِ الصَّحَابِي قَالَ الْحَاكِمُ حَدِيثٌ صَحِيحُ الْإِسْنَادِ – القُوا بِكَسْرِ اللأم وتشديد الظاء المُعْجَمَة مَعْنَاهُ الزموا هذه الدعوة واكثروا منها .
1491. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ya Dhal-Jalali wal-Ikram », récite abondamment cette invocation.
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. L’imam an-Nasa’i l’a également rapporté d’après Rabi‘a ibn ‘Amir, le Compagnon. L’imam al-Hakim a déclaré que la chaîne de transmission de ce hadith est authentique. Le mot « Alezzyu » signifie : « considère-le comme obligatoire » et récite-le abondamment.
١٤٩٢ – وَعَنْ أَبِي أَمَامَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ دَعَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِدُعَاء كَثِيرٍ لَمْ نَحْفَظُ مِنْهُ شَيْئًا قُلْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ دَعَوْتَ بِدُعَاء كَثِيرٍ لَمْ تحفظ مِنْهُ شَيْئًا فَقَالَ إِلا أَدُلُّكُمْ عَلَى مَا يَجْمَعُ ذَلِكَ كُلُّهُ تَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي أسألك مِنْ خَيْرِ مَا سَأَلَكَ مِنْهُ نَبِيِّكَ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا اسْتَعَادَكَ مِنْهُ نَبِيُّكَ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَنْتَ الْمُسْتَعَانُ وَعَلَيْكَ الْبَلاغُ ولا حول ولا قوة الا بالله – رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1492. D’après Abou Oumama (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) fit de nombreuses invocations, dont nous ne pûmes retenir aucune. Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah, vous avez fait de nombreuses invocations, mais nous n’avons rien pu en retenir. » Il dit : « Ne vais-je pas vous enseigner une invocation qui les englobe toutes ? Dites : “Allahumma innî as’aluka min khayri mâ sa’alaka minhu nabiyyuka Muhammadun sallallahu ‘alayhi wa sallam, wa a‘ûdhu bika min sharri mâ ista‘âdhaka minhu nabiyyuka Muhammadun sallallahu ‘alayhi wa sallam, wa antal-musta‘ânu wa ‘alaykal-balâgh, wa lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâh” (Ô Allah ! Je Te demande tout le bien que Ton Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et le salue) T’a demandé, et je cherche refuge auprès de Toi contre tout le mal dont Ton Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et le salue) a cherché protection auprès de Toi. Tu es Celui auprès duquel on cherche secours. C’est auprès de Toi que tout aboutit, et nul n’a le pouvoir de s’éloigner du péché ni d’accomplir le bien sans Ton aide. »
L’imam at-Tirmidhi a cité ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.
بن عامِرِ الصَّحَابِي قَالَ الْحَاكِمُ حَدِيث صَحِيحُ الْإِسْنَادِ – الظوا بكسر اللام وتشديد الظاء المعجمة مَعْنَاهُ الزموا هذه الدعوة واكثروا منها .
1491. D’après Anas (qu’Allah soit satisfait de lui), le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Répétez très souvent cette invocation : “Ô Possesseur de la majesté et de la générosité !” » L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. L’imam an-Nasa’i l’a également rapporté d’après Rabi‘a ibn ‘Amir, le Compagnon. L’imam al-Hakim a dit que la chaîne de transmission de ce hadith était authentique. Le mot « alizzû » signifie : « considérez-la comme obligatoire » et répétez-la très souvent.
١٤٩٢ – وَعَنْ أَبِي أَمَامَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ دَعَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِدعا ، كَثِيرٍ لَمْ نَحْفَظَ مِنْهُ شَيْئًا قُلْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ دَعَوْتَ بِدُعَاء كَثِيرٍ لَمْ تحفظ مِنْهُ شَيْئًا فَقَالَ إلا ادلُكُمْ عَلَى مَا يَجْمَعُ ذَلِكَ كُلَّهُ تَقُولُ اللَّهُمَّ إِنِّي اسْأَلُكَ مِنْ خَيْرِ مَا سَأَلَكَ مِنْهُ نَبِيكَ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا اسْتَعَادَكَ مِنْهُ نَبِيِّكَ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَنْتَ الْمُسْتَعَانُ ولا حول ولا قوة الا بالله – رَوَاهُ الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ. وَعَلَيْكَ الْبَلاغُ ولا .
1492. D’après Abu Umama (qu’Allah soit satisfait de lui), il a dit : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avait fait de nombreuses invocations, mais nous ne parvenions à en mémoriser aucune. Nous dîmes : « Ô Messager d’Allah, vous avez fait de nombreuses invocations, mais nous n’avons rien pu en retenir. » Il dit : « Ne vais-je pas vous enseigner une invocation qui les réunira toutes ? Dites : “Ô Allah, je Te demande tout le bien que Ton Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) T’a demandé, et je cherche refuge auprès de Toi contre tout le mal contre lequel Ton Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a cherché refuge auprès de Toi. Tu es Celui auprès de qui l’on demande assistance, et c’est à Toi qu’incombe la transmission. Il n’y a de puissance ni de force qu’en Allah.” » (Ô Allah ! Je Te demande tous les biens que Ton Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) T’a demandés, et je cherche refuge auprès de Toi contre tous les maux contre lesquels Ton Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a cherché refuge auprès de Toi. Tu es Celui qui apporte secours. Tout parvient jusqu’à Toi, et nul ne possède le pouvoir de s’éloigner du péché ni d’accomplir le bien sans Ton aide.)
L’imam at-Tirmidhi a cité ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.
١٤٩٣ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ مِنْ دُعَاءِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ مُوْجِبَاتِ رَحْمَتِكَ وَعَزَائِمَ مَغْفِرَتِكَ وَالسَّلَامَةَ من كل اثم وَالْغَنِيمَةَ مِنْ كُلِّ بِرِّ وَالْفَوزَ بِالْجَنَّةِ وَالنَّجَاةَ مِنَ النَّارِ رَوَاهُ الْحَاكِمُ أَبُو عَبْدِ اللهِ وَقَالَ حَدِيثُ صَحِيحٌ عَلَى شَرْطِ مُسْلِم.
1493. D’après ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah soit satisfait de lui), il a dit : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avait cette invocation : « Ô Allah, je Te demande ce qui rend obligatoire Ta miséricorde, les causes de Ton pardon, la préservation contre tout péché, l’acquisition de tout bien, la réussite au Paradis et le salut du feu de l’Enfer. » (Ô Allah ! Je Te demande ce qui rend obligatoire Ta miséricorde, les causes de Ton pardon, les causes de Ta protection, ainsi que la préservation contre tout péché, l’acquisition de tout bien, la réussite au Paradis et le salut du feu de l’Enfer.)
L’imam al-Hakim Abu ‘Abdullah a rapporté ce hadith et l’a qualifié d’authentique selon les critères de l’imam Muslim.
Section : 2 – Le mérite d’invoquer Allah en faveur d’une personne en son absence
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ جَاءُوا مِنْ بَعْدِهِمْ يَقُولُونَ رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا وَلَا خُوَانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونَا بالايمان.
Allah le Très-Haut dit :
« Et ceux qui sont venus après eux disent : “Seigneur, pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi.” » (Sourate Al-Hashr : 10)
وقَالَ تَعالى : واستغفر لذنبك وللمؤمنين والمؤمنات.
« Implore le pardon pour tes péchés ainsi que pour les croyants et les croyantes. » (Sourate Muhammad : 19)
وقال تعالى اخباراً عَنْ إِبْرَاهِيمَ : رَبَّنَا اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَى وَلِلْمُؤْمِنِينَ يَوْمَ يَقُومُ الْحِسَابُ.
Allah le Très-Haut, rapportant les paroles d’Ibrahim, que la paix soit sur lui, dit : « Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère, et à tous les croyants, le jour où les comptes seront établis. » (Sourate Ibrahim : 41)
١٤٩٤ – وَعَنْ أبي الدرداء رضى اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَا مِنْ عَبْدٍ مُسْلِم يَدْعُوا لِأَخِيهِ بِظَهْرِ الْغَيْبِ إِلَّا قَالَ الْمَلَكُ ولك بمثل – رواه مسلم.
1494. Abou Ad-Dardâ, qu’Allah l’agrée, rapporte avoir entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire : « Tout serviteur musulman qui invoque Allah en faveur de son frère en son absence reçoit cette réponse de l’ange : “Et pour toi de même.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٩٥ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ دَعْوَةُ الْمَرْءِ الْمُسْلِمِ لِأَخِيهِ بِظَهْرِ الْغَيْبِ مُسْتَجَابَةٌ عِنْدَ رَأْسِهِ مَلَكَ مُوَكِّلٌ كُلَّمَا دَعَا لِأَخِيهِ بِخَيْرٍ قَالَ الْمَلَكُ الْمُؤكِّلُ بِهِ أَمِينَ وَلَكَ بِمِثْلِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1495. Abou ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait : « L’invocation d’un musulman en faveur de son frère en son absence est exaucée. Un ange chargé de cette mission est placé près de sa tête. Chaque fois que cet homme invoque Allah en faveur du bien de son frère, l’ange chargé de cette mission dit : “Âmîn ! Qu’il en soit de même pour toi.” » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 3 — Connaissances importantes concernant l’invocation.
١٤٩٦ – عَنْ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ صُنِعَ إِلَيْهِ مَعْرُوفٌ فَقَالَ لِفَاعِلِهِ جَزَاكَ اللَّهُ خَيْرًا فَقَدْ أَبْلَغَ فِي الثنَاءِ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيْثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ
1496. Oussama ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui à qui l’on a rendu un service et qui dit à celui qui le lui a rendu : “Jazâkallâhou khayran” (qu’Allah te récompense par le bien), l’a pleinement remercié et récompensé. »
L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan et sahih.
١٤٩٧ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تَدْعُوا عَلَى أَنفُسِكُمْ وَلا تَدْعُوا على أولادكُمْ وَلَا تَدْعُوا عَلَى أَمْوَالِكُمْ لا تُوَافَقُوا مِنَ اللَّهِ سَاعَةً يُسْأَلُ فِيهَا عَطَاءٌ فَيَسْتَجِيْبَ لَكُمْ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1497. Rapporté d’après Jâbir (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Ne prononcez pas de malédictions contre vous-mêmes, ne prononcez pas de malédictions contre vos enfants et ne prononcez pas de malédictions contre vos biens. Car cela pourrait arriver à un moment où, si l’on demande quelque chose à Allah, la demande est exaucée. Ainsi, cette malédiction pourrait également être exaucée contre vous. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٩٨ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَقْرَبُ مَا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنْ رَبِّهِ وَهُوَ سَاجِدٌ فَاكْثَرُوا الدُّعَاءَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1498. Rapporté d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Le serviteur est au plus près de son Seigneur lorsqu’il est prosterné. Multipliez donc les invocations en prosternation. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٤٩٩ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يُسْتَجَابُ لِأَحَدِكُمْ مَا لمْ يَعْجَل يَقُولُ قَدْ دَعَوْتُ رَبِّي فَلَمْ يُسْتَجَبْ لِي مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. وفي رواية المسلم لا يَزَالُ يُسْتَجَابُ لِلْعَبْدِ ما لم يدع بالم أو قطيعة رحم ما لم يَسْتَعْجِلُ قَبْلَ يَا رَسُولَ الله ما الاستعجالُ قَالَ يَقُولُ قَدْ دَعَوْتُ وَقَدْ دَعَوْتُ فَلَمْ أَرَ يستجيب لي فيستَحْسِرُ عند ذلك ويَدَعُ الدُّعاء
1499. Rapporté d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « L’invocation de l’un d’entre vous continue d’être exaucée tant qu’il ne se montre pas impatient. Il dit : “J’ai invoqué mon Seigneur, mais Il n’a pas exaucé mon invocation.” »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Toutefois, une version rapportée par Muslim indique : « L’invocation du serviteur continue d’être exaucée tant qu’il ne demande pas de commettre un péché ou de rompre les liens de parenté, et tant qu’il ne se montre pas impatient. » On demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce que l’impatience ? » Il répondit : « Que celui qui invoque continue de dire : “J’ai beaucoup invoqué — j’invoque encore et encore — mais je ne vois pas que mon invocation soit exaucée.” Alors, désespéré et regrettant, il abandonne l’invocation. »
١٥٠٠ – وَعَنْ أَبِي أَمَامَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَبْلَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أي الدعاء أسْمَعُ قَالَ جَوف الليل الآخر ودبر الصلوات المكتوبات. رواه الترمذي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1500. D’après Abû Umâma (qu’Allah l’agrée), il fut demandé au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — : « Quelle invocation est la plus exaucée ? » Il répondit : « Celle faite au cœur de la dernière partie de la nuit et après les prières obligatoires. »
L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.
١٥٠١ – وَعَنْ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا عَلَى الْأَرْضِ مُسْلِمٌ يَدْعُو اللَّهُ تَعَالَى بِدَعْوَةٍ إِلَّا آتَاهُ اللَّهُ إِيَّاهَا أَوْ صَرَفَ عَنْهُ مِنَ السُّوءِ مِثْلِهَا مَا لَمْ يَدْعُ بِإِثْمِ أَوْ قَطِيعَةِ رَحِمٍ فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْقَوْمِ إِذَنْ نُكْثَرُ قَالَ اللهُ أَكْثَرُ. رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ ورواهُ الْحَاكِمُ مِنْ رِوَايَةِ أَبي سَعِيدٍ وَزَادَ فِيهِ أَوْ يَدْخِرَ لَهُ مِنَ الْأَجْرِ مِثْلِهَا .
1501. D’après ‘Ubâda ibn as-Sâmit (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Tout musulman qui invoque Allah le Très-Haut reçoit ce qu’il a demandé, ou bien un mal équivalent est écarté de lui, tant qu’il ne demande pas un péché ou la rupture des liens de parenté. » Un homme présent dit alors : « Dans ce cas, nous multiplierons les invocations à partir de maintenant. »
Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — répondit : « Allah exaucera également davantage. »
L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan et sahîh. L’imam al-Hâkim l’a également rapporté d’après Abû Sa‘îd (qu’Allah l’agrée), avec l’ajout suivant : « Ou bien une récompense équivalente à son invocation lui sera mise en réserve. »
١٥٠٢ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ عِنْدَ الْكَرْب لا اله الا اللهُ الْعَظِيمُ الْحَلِيمُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ رَبُّ الْعَرْشِ الْعَظِيمُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ رَبُّ السَّمَاوَاتِ وَرَبُّ الْأَرْضِ وَرَبُّ الْعَرْشِ الْكَرِيمِ متفق عليه.
1502. D’après ‘Abdullah ibn al-‘Abbâs (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait dans les moments d’épreuve : « Lâ ilâha illallâhul-‘azîmoul-halîm, lâ ilâha illallâhou rabboul-‘archil-‘azîm, lâ ilâha illallâhou rabbous-samâwâti wa rabboul-ardi wa rabboul-‘archil-karîm » (Il n’y a de divinité qu’Allah, le Sublime, le Clément. Il n’y a de divinité qu’Allah, le Seigneur du Trône sublime. Il n’y a de divinité qu’Allah, le Seigneur des cieux, le Seigneur de la terre et le Seigneur du Trône noble).
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section : 4 – Les prodiges des saints et leurs mérites.
قَالَ اللهُ تَعَالَى : أَلا إِنْ أَوْلِيَاءَ الله لا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ الَّذِينَ
1. Pour invoquer Allah, une préparation physique et mentale est nécessaire. En d’autres termes, créer un certain état physique et mental est une condition préalable à l’invocation. Cela s’appelle les convenances de l’invocation. Les différents ouvrages de hadith rapportent de manière dispersée ces convenances de l’invocation. En réunissant ces récits, on obtient ce qui suit : éviter l’illicite dans les vêtements, la nourriture, les boissons et les revenus, et n’invoquer qu’Allah. Se purifier en accomplissant les ablutions et, si nécessaire, le bain rituel, se tourner vers la qibla, louer Allah au début et à la fin de l’invocation, réciter la prière sur le Prophète, lever les deux mains à hauteur des oreilles et les ouvrir en les tendant vers l’avant, puis présenter humblement sa requête devant Allah avec recueillement et soumission. Multiplier les invocations que le Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) formulait en mentionnant les différents noms et attributs d’Allah. Répéter chaque invocation au moins trois fois. Veiller également aux conditions énoncées dans les hadiths mentionnés ci-dessus. Lorsque, en tenant compte de tous ces éléments, on invoque Allah de tout cœur et avec sincérité, Allah exauce assurément cette invocation.
أمَنُوا وَكَانُوا يَتَّقُونَ لَهُمُ الْبُشْرَى فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَفِي الْآخِرَةِ لَا تَبْدِيلَ لكلماتِ اللَّهِ ذَلِكَ هُوَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ.
Le Très-Haut dit :
« Sachez qu’il n’y aura aucune crainte pour les alliés d’Allah et qu’ils ne seront pas affligés. Ceux qui ont cru et ont été pieux, à eux la bonne nouvelle dans la vie présente et dans l’au-delà. Il n’y a pas de changement aux paroles d’Allah. Voilà l’immense succès. » (Sourate Yûnus : 62)
وقال تعالى : وَهُوَى إِلَيْكِ بِجِذْعِ النَّخْلَةِ تُسَاقِطْ عَلَيْكَ رُطَبًا جَنِيًّا. فَكُلِي وَأَشْرَبَى وَقَرَى عَيْنًا.
« Secoue vers toi le tronc du palmier, et il fera tomber pour toi des dattes fraîches. Mange donc, bois et réjouis-toi. » (Sourate Maryam : 25)
وقال تعالى : كُلَّمَا دَخَلَ عَلَيْهَا زَكَرِيَّا الْمِحْرَابِ وَجَدَ عِنْدَهَا رِزْقًا قَالَ يَا مَرْيَمُ أَنَّى لَكِ هُذَا قَالَتْ هُوَ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ يَرْزُقُ مَنْ يُشَاءُ بِغَيْرِ حِسَابٍ.
« Chaque fois que Zakariya entrait auprès d’elle dans le sanctuaire, il trouvait auprès d’elle de la nourriture. Il lui demandait : “Ô Maryam, d’où cela te vient-il ?” Elle répondait : “Cela vient d’Allah.” Certes, Allah accorde Ses biens à qui Il veut, sans compter. » (Sourate Âl ‘Imrân : 38)
وقال تعالى : وإِذِ اعْتَزَلْتُمُوهُمْ وَمَا يَعْبُدُونَ إِلا اللَّهَ فَأَوْا إِلَى الْكَهْفِ يَنْشُرُ لَكُمْ رَبُّكُم مِنْ رَّحْمَتِه ويُهيى لَكُمْ مِنْ أَمْرِكُم مرفقًا. وَتَرَى الشمس اذا طلعت تَزَاوَرُ عَنْ كَهْفِهِمْ ذَات اليمين واذا غَرَبَتْ تَقْرِضُهُمْ ذَاتَ الشِّمَال.
« Et lorsque vous vous êtes séparés d’eux et de ce qu’ils adorent en dehors d’Allah, réfugiez-vous donc dans la caverne. Votre Seigneur répandra sur vous de Sa miséricorde et disposera pour vous, dans votre affaire, les moyens de réussir. Et tu aurais vu le soleil, lorsqu’il se levait, s’écarter de leur caverne vers la droite, et lorsqu’il se couchait, passer loin d’eux vers la gauche. » (Sourate Al-Kahf : 16)
١٥٠٣ – وَعَنْ أَبِي مُحَمَّدٍ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أن أَصْحَابَ الصَّفَةِ كَانُوا أَنَاسًا فُقَرَاءَ وَأنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَرَّةٌ مَنْ كَانَ عِندَهُ طَعَامُ اثْنَيْنِ فَلْيَذْهَبُ بِثَالِثٍ وَمَنْ كَانَ عِنْدَهُ طَعَامُ أَرْبَعَةٍ فَلْيَذْهَبْ بخامس بسادس أَوْ كَمَا قَالَ وَأَن أَبا بكر رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ جَاءَ بِثَلَاثَةٍ وَانْطَلَقَ النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِعَشْرَةٍ وَأَنْ أَبَا بَكْرٍ تَعَشَى عِنْدَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ لَبِثَ حَتَّى صَلَّى الْعِشَاءَ ثُمَّ رَجَعَ فَجَاءَ بَعْدَ مَا مَضَى مِنَ اللَّيْلِ ما شَاءَ اللهُ قَالَتْ لَهُ امْرَأَتُهُ مَا حَبَسَكَ عَنْ أَضْيَافَكَ قَالَ أَوْ مَا عَشِيْتِهِمْ قَالَتْ أَبَوْا حَتَّى تَجِي، وَقَدْ عَرَضُوا عَلَيْهِمْ قَالَ فَذَهَبْتُ أَنَا فَاخْتَبَأْتُ فَقَالَ يَا غُنْقَرُ فَجَدْعَ وَسَب وَقَالَ كُلُوا هَنِيئًا والله لا أَطْعَمُهُ أَبْدًا قَالَ وَايْمُ اللَّهِ مَا كُنَّا نَأْخُذُ مِنْ لقمة إلا ربا مِنْ أَسْفَلِهَا أَكْثَرَ مِنْهَا حَتَّى شَبِعُوا وَصَارَتْ أَكْثَرَ مِمَّا كَانَتْ قَبْلَ ذلك فنظرَ إِلَيْهَا أَبُو بَكْرٍ فَقَالَ لِإِمْرَأَتِهِ يَا أُخْتَ بَنِي فِرَاسٍ مَا هَذَا ؟ قَالَتْ لَا وقرة عَيْنِي لهي الآنَ أَكْثَرُ مِنْهَا قَبْلَ ذلكَ بِثَلَاثِ مَرَّاتٍ فَأَكَلَ مِنْهَا أَبُو بَكْرٍ وَقَالَ إِنَّمَا كَانَ ذلكَ مِنَ الشَّيْطَانِ يَعْنِي يَمِينَهُ ثُمَّ أَكَلَ مِنْهَا لُقْمَةً ثُمَّ حَمَلَهَا إِلَى النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَصْبَحَتْ عِنْدَهُ وَكَانَ بَيْنَنَا وَبَيْنَ قَوْمٍ عَهْدٌ فَمَضَى الأجَلُ فَتَفَرَّقْنَا اثْنَى عَشَرَ رَجُلاً مَعَ كُلِّ رَجُلٍ مِّنْهُمْ أَنَاسُ اللَّهُ أَعْلَمُ كَمْ مَعَ كُلِّ رَجُلٍ فَأَكَلُوا مِنْهَا أَجْمَعُونَ.
وَفِي رِوَايَةٍ فَخَلَفَ أَبُو بَكْرٍ لا يَطْعَمُهُ فَخَلَفَتِ الْمَرْأَةُ لَا تَطْعَمُهُ فَخَلَفَ الضُّيْفُ أَوِ الْأَضْيَافُ أَنْ لَا يَطْعَمَهُ أَوْ يَطْعَمُوهُ حَتَّى يَطْعَمَهُ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ هَذِهِ مِنَ الشَّيْطَانِ فَدَعَا بِالطَّعَامِ فَأَكَلَ وَأَكلُوا فَجَعَلُوا لَا يَرْفَعُونَ لُقْمَهُ إِلَّا رَبَتْ مِنْ أَسْفَلِهَا أَكْثَرَ مِنْهَا فَقَالَ يَا أُخْتَ بَنِي فِرَاسٍ مَا هُذَا ؟ فَقَالَتْ وَقُرَّةٍ عَيْنِي إِنَّهَا الْآنَ لَأَكْثَرُ مِنْهَا قَبْلَ أَنْ يَأْكُلَ فَاكَلُوا وَبَعَثَ بِهَا إِلى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرَ أنه أكل منها .
وفي رواية إِنْ أَبَا بَكْرٍ قَالَ لِعَبْدِ الرَّحْمَنِ دُونَكَ أَضْيَافَكَ فَإِنِّي مُنطَلِقُ إِلَى النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاخْرُغْ مِنْ قَرَاهُمْ قَبْلَ أَنْ أَجِي، فَانْطَلَقَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ فَآتَاهُمْ بِمَا عِنْدَهُ فَقَالَ اطْعَمُوا فَقَالُوا ابْنَ رَبُّ مَنْزِلِنَا قَالَ اطْعَمُوا قَالُوا مَا نَحْنُ باكلين حَتَّى يَجِيَّ رَبُّ منزلنَا قَالَ اقْبَلُوا عَنَّا قِرَاكُمْ فَإِنَّهُ إِنْ جَاءَ وَلَمْ تَطْعَمُوا لتَلْقَينُ مِنْهُ فَأَبَوْا فَعَرَفْتُ أَنَّهُ يَجِدُ عَلَى فَلَمَّا جَاءَ تَنَحيْتُ عَنْهُ فَقَالَ مَا صَنَعْتُمْ فَأَخْبَرُوهُ فَقَالَ يَا عَبْدَ الرَّحْمَنِ فَسَكَتْ ثُمَّ قَالَ يَا عَبْدَ الرَّحْمَنِ فَسَكَتْ فَقَالَ يَا غنر اقسمْتُ عَلَيْكَ إِن كُنتَ تَسْمَعُ صَوْتِي لَمَا جِئْتَ فَخَرَجْتُ فَقُلْتُ سَلْ أضيَافَكَ فَقَالُوا صَدَقَ آتَانَا بِهِ فَقَالَ إِنَّمَا انْتَظَرتُمُونِي وَالله لَا أَطْعَمُهُ اللَّيْلَة فَقَالَ الْآخَرُونَ وَالله لا نَطْعَمُهُ حَتَّى تَطْعَمَهُ فَقَالَ وَيْلَكُم مَا لَكُمْ لَا تَقْبَلُوْنَ عَنَّا قراكم هات طَعَامَكَ فَجَاءَ بِهِ فَوَضَعَ يَدَهُ فَقَالَ بِسم الله الأولى مِنَ الشَّيْطَانِ فاكل واكلوا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. قَوْلُهُ غَنْشَرَ وَهُوَ الْغَبِيُّ الْجَاهِلُ وَقَوْلُهُ فَجَدْعَ أَي شتَمَهُ وَالْجَدْعُ الْقَطْعُ وَقَوْلُهُ يَجِدُ عَلَى بَغْضَبُ.
1503. Abou Muhammad Abdur-Rahman, fils d’Abou Bakr as-Siddiq, rapporte : Les gens d’As-Suffa étaient extrêmement pauvres et nécessiteux. Un jour, le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : « Que celui qui dispose de nourriture pour deux personnes en fasse manger une troisième avec lui, et que celui qui dispose de nourriture pour quatre personnes en fasse manger une cinquième et une sixième », ou il prononça des paroles semblables. Abou Bakr emmena donc trois hommes avec lui, tandis que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, en emmena dix. Abou Bakr prit le repas du soir avec le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, puis resta avec lui et accomplit la prière d’al-‘Ichâ. Ensuite, il rentra chez lui. Une partie de la nuit s’était déjà écoulée, selon ce qu’Allah avait voulu. Sa femme lui dit : « Où étais-tu donc, après avoir laissé les hôtes ? » Il demanda : « Ne leur as-tu pas servi à manger ? » Elle répondit : « Ils ont refusé de manger jusqu’à ton retour, bien que nous les ayons invités à plusieurs reprises. » Abdur-Rahman dit : « Je me cachai par crainte. » Abou Bakr dit : « Espèce d’ignorant ! » Puis il se mit à lui faire de vifs reproches. Ensuite, il dit aux hôtes : « Mangez à votre faim. Par Allah, je ne mangerai pas. » Abdur-Rahman dit : « Par Allah, chaque fois que nous prenions une bouchée, la nourriture qui se trouvait dessous augmentait et remontait au-dessus, en quantité supérieure. Tous mangèrent donc à satiété, et la nourriture devint encore plus abondante qu’auparavant. En la voyant, Abou Bakr dit à sa femme : « Ô sœur des Banû Firâs, qu’est-ce donc ? » Elle répondit : « Non, non, par la fraîcheur de mes yeux ! Je constate qu’elle est maintenant trois fois plus abondante qu’auparavant. » Abou Bakr en mangea donc, puis dit : « Ce serment venait du Diable. » Il en mangea ensuite une bouchée, rassembla tout le reste et l’emporta auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue. Cette nourriture resta auprès de lui. Nous avions conclu un pacte de paix avec une tribu, mais la durée du pacte était arrivée à son terme. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, nous désigna comme éclaireurs douze hommes, chacun étant accompagné de plusieurs personnes. Allah sait combien de personnes accompagnaient chacun d’eux. Tous mangèrent de cette nourriture à satiété.
Dans une autre version, il est dit : Abou Bakr jura alors qu’il ne mangerait pas. Sa femme jura également qu’elle ne mangerait pas. Les hôtes jurèrent eux aussi qu’ils ne mangeraient pas tant qu’Abou Bakr n’aurait pas mangé. Abou Bakr dit alors : « Ce serment venait du Diable. » Il apporta donc la nourriture. Il mangea lui-même, et les hôtes mangèrent également. À peine prenaient-ils une bouchée que la nourriture qui se trouvait dessous devenait plus abondante qu’elle ne l’était. Abou Bakr dit à sa femme : « Ô sœur des Banû Firâs, qu’est-ce donc ? » Elle répondit : « Par la fraîcheur de mes yeux, je constate que notre nourriture est maintenant bien plus abondante qu’auparavant. » Tous mangèrent donc, puis le reste de la nourriture fut envoyé au service du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. Le rapporteur dit que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, en mangea.
Dans une autre version, il est dit : Abou Bakr dit à Abdur-Rahman : « Occupe-toi de ces hôtes qui sont les tiens. Je vais me rendre un moment auprès du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. Tu devras avoir terminé de les recevoir avant mon retour. » Abdur-Rahman rentra donc chez lui et apporta devant les hôtes tout ce qu’il avait chez lui. Il leur dit : « Mangez. » Les hôtes demandèrent : « Où est le maître de la maison ? » Abdur-Rahman répondit : « Mangez. » Ils dirent : « Nous ne mangerons pas avant le retour du maître de la maison. » Abdur-Rahman dit : « Acceptez notre invitation, car si Abou Bakr revient alors que vous n’avez toujours pas mangé, nous aurons à subir ses reproches. » Malgré cela, ils refusèrent de manger. Je compris qu’il se mettrait en colère contre moi ce jour-là. Lorsque Abou Bakr arriva, je me dérobai. Il demanda : « Qu’avez-vous fait au sujet des hôtes ? » Les gens de la maison l’informèrent qu’ils n’avaient pas mangé. Il appela : « Ô Abdur-Rahman ! » Je ne répondis pas. Il appela de nouveau : « Ô Abdur-Rahman ! » Je ne répondis toujours pas. Il appela alors : « Espèce d’ignorant, je te conjure par Allah : si tu m’entends, viens ! » Je sortis et dis : « Interroge tes hôtes. » Ils répondirent : « C’est exact, il nous a apporté à manger. » Il dit : « Vous m’avez attendu ? Par Allah, je ne mangerai pas ce soir. » En entendant cela, ils dirent tous : « Par Allah, si tu ne manges pas, nous non plus ne mangerons pas. » Il dit alors : « Hélas ! Que vous arrive-t-il donc ? Pourquoi n’acceptez-vous pas notre hospitalité ? Apporte la nourriture. » La nourriture fut apportée. Abou Bakr y posa la main et dit : « Au nom d’Allah. Le serment précédent venait du Diable. » Il mangea alors, et tous les autres mangèrent également.
L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Le terme « gounsar » mentionné dans ce hadith signifie : un parfait ignorant. « Jadda‘a » signifie : lui adresser des paroles quelconques ou le réprimander. Quant à « jadast », cela signifie : mordre. « Yazîdu ‘alayya » signifie : il se mettra en colère contre moi. Note : cette phrase témoigne de l’extrême piété du rapporteur du hadith. Elle ne contient aucun doute ni aucune hésitation dans sa transmission ; il a simplement rapporté ce qu’il avait entendu, exactement comme il l’avait entendu. Cela renforce donc davantage la précision de sa narration.
١٥٠٤ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَقَدْ كَانَ فِيمَا قَبْلَكُمْ مِنَ الْأُمَمِ نَاسٌ مُحَدِّثُونَ فَإِنْ يُكَ فِي أُمَّتِي أَحَدٌ فَإِنَّهُ عُمَرُ – رَوَاهُ الْبُخَارِي وَرَوَاهُ مُسْلِمٌ مِنْ رِوَايَةِ عَائِشَةَ وَفِي رِوَايَتِهِمَا قَالَ ابْنُ وَهْبٍ مُحَدِّثُونَ أَي مُلْهَمُونَ.
1504. Abou Hurayra rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Parmi les communautés qui vous ont précédés, il y avait beaucoup de muhaddathûn. S’il devait y avoir un muhaddath dans ma communauté, ce serait ‘Umar. »
L’imam Al-Bukhari a rapporté ce hadith. L’imam Muslim l’a également rapporté d’après ‘Aïcha. Dans la version rapportée par les deux imams, Al-Bukhari et Muslim, Ibn Wahb a dit : « Les muhaddathûn sont ceux qui reçoivent une inspiration de la part d’Allah. »
١٥٠٥ – وَعَنْ جَابِرِ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ شَكَا أَهْلُ الْكُوفَةِ سَعْدًا يَعْنِي ابْنَ أَبِي وَقَاصِ إِلَى عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ فَعَرْلُهُ وَاسْتَعْمَلَ عَلَيْهِمْ عَمَّارًا فَشَكَوْا حَتَّى ذَكَرُوا أَنَّهُ لَا يُحْسِنُ يُصَلِّى فَأَرْسَلَ إِلَيْهِ فَقَالَ يَا أَبَا إِسْحَاقَ إِنَّ هؤلاء يَزْعُمُونَ أَنَّكَ لَا تُحْسِنُ تُصَلَّى فَقَالَ أَمَا أَنَا وَاللَّهِ فَإِنِّي كُنْتُ أَصَلِّي بِهِمْ صلاةَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا أُخْرِمُ عَنْهَا أَصَلِّي صَلاةَ الْعِشَاءِ فَارْكَدُ فِي الأوليين وأخف في الأخريين قال ذلك الظَّنِّ بِكَ يَا أَبَا إِسْحَاقَ وارسل مَعَهُ رَجُلاً أَو رِجَالاً إلى الْكُوفَةِ يَسْأَلُ عَنْهُ أَهْلَ الْكُوفَةِ فَلَمْ يَدَعُ مَسْجِدًا إِلا سَأَلَ عَنْهُ وَيَشْنُونَ مَعْرُوفًا حَتَّى دَخَلَ مَسْجِدًا لِبَنِي عَبْسٍ فَقَامَ رَجُلٌ مِنْهُمْ يُقَالُ لَهُ أسَامَةُ بْنُ قَتَادَة يُكنى أبا سعدة فَقَالَ أما اذ نشدتنَا فَإِنْ سَعْدًا كَانَ لَا يَسِيرُ بالسرية ولا يُقسم بالسوية ولا يَعْدِلُ في القَضِيَّةِ قَالَ سَعْدٌ أَمَا وَاللَّهِ لَأَدْعُونَ بثلاث اللَّهُمَّ إِنْ كَانَ عَبْدُكَ هُذَا كَاذِبًا قَامَ رِيَاءٌ وَسُمْعَةٌ فَأَطِلٌ عُمْرَهُ وَأَطِلُ فَقْرَهُ وَعَرَضُهُ الْفِتَنِ ووَكَانَ بَعْدَ ذلك اذا سُئِلَ يَقُولُ شَيْخٌ كَبِيرٌ مَفْتُونَ أَصَابَتْنِي دَعْوَةٌ سعد. قَالَ عَبْدُ الْمَلِكِ بْنُ عُمَيْر الراوى عَنْ جَابِرِ بْنِ سَمُرَةً فَأَنَا رَأَيْتُهُ بَعْدُ قَدْ سَقَط حَاجَبَاهُ عَلَى عَيْنَيْهِ مِنَ الْكَبْرِ وَإِنَّهُ لَيَتَعَرَّضُ لِلْجَوَارِي فِي الطَّرقِ فَيَعْمَرُهُنَّ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1505. D’après Jâbir ibn Samoura (qu’Allah l’agrée), il a dit : Les habitants de Koufa se plaignirent auprès de ʿUmar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) au sujet de Saʿd ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée). Il le destitua et nomma ʿAmmâr (qu’Allah l’agrée) gouverneur à sa place. Ils prétendirent que Saʿd (qu’Allah l’agrée) ne dirigeait pas correctement la prière. ʿUmar (qu’Allah l’agrée) lui envoya donc un messager. Il lui dit : « Ô Abû Ishâq ! Selon les habitants de Koufa, tu ne diriges pas correctement la prière. » Saʿd répondit : « Par Allah, je leur dirige la prière comme le faisait le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), sans rien y diminuer. Je dirige pour eux les prières du maghrib et de ʿichâ’ : j’allonge les deux premières rakʿahs et j’allège les deux dernières. » ʿUmar (qu’Allah l’agrée) dit : « Ô Abû Ishâq ! J’avais également cette opinion à ton sujet. » Il envoya avec Saʿd un ou plusieurs hommes à Koufa afin d’interroger ses habitants à son sujet. Ils ne laissèrent aucune mosquée sans y poser des questions à son propos, et les gens de toutes les mosquées firent son éloge. Finalement, ils arrivèrent à la mosquée des Banû ʿAbs. Alors un homme parmi les fidèles se leva ; il s’appelait Usâma ibn Qatâda et était surnommé Abû Saʿd. Il dit : « Puisque vous nous interrogez, je vais vous répondre : Saʿd ne part jamais avec une armée et ne répartit pas équitablement le butin ; il ne fait pas non plus preuve de justice dans les affaires de l’État. » Saʿd (qu’Allah l’agrée) dit : « Par Allah, je vais faire trois invocations contre lui. » Puis Saʿd (qu’Allah l’agrée), profondément ému, dit : « Ô Allah ! Si Ton serviteur est un menteur et s’il s’est levé par ostentation et pour rechercher la célébrité, prolonge sa vie, prolonge sa pauvreté et sa faim, et jette-le dans les troubles. » Après cette invocation, lorsqu’on interrogeait cet homme, il disait : « Je suis un vieillard décrépit, plongé dans les troubles ; l’invocation de Saʿd m’a atteint. » Le narrateur, ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr (qu’Allah l’agrée), rapporte ce récit de Jâbir ibn Samoura (qu’Allah l’agrée). Jâbir dit : « Je l’ai vu. En raison de son grand âge, ses paupières retombaient sur ses yeux, et il importunait les jeunes filles dans les rues et leur faisait des signes de l’œil. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٠٦ وَعَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ أَنَّ سَعِيدَ بْنَ زَيْدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ نُقَيْلِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ خَاصَمَتْهُ أَرْوَى بِنتُ أَوْسِ إِلَى مَرْوَانَ بْنِ الْحَكَمِ وَادْعَتْ أَنَّهُ أَخَذَ شَيْئًا مِنْ أَرْضِهَا فَقَالَ سَعِيدٌ أنا كُنتُ أَخُذُ مِنْ أَرْضِهَا شَيْئًا بَعْدَ الَّذِي سَمِعْتُ مِنْ رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَاذَا سَمِعْتَ مِنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ أَخَذَ شَيْرًا مِنْ الْأَرْضِ ظُلْمًا طَوْقَهُ إِلَى سَبْعِ أَرَضِينَ فَقَالَ لَهُ مَرْوَانُ لَا أَسْأَلُكَ بَيِّنَهُ بَعْدَ هُذَا فَقَالَ سَعِيدُ اللَّهُمَّ إِنْ كَانَتْ كَاذِبَةً فَأَعْمِ بَصَرَهَا وَأَقْتُلْهَا فِي أَرْضِهَا قَالَ فَمَا مَانَتْ حَتَّى ذَهَبَ بَصَرُهَا وَبَيْنَمَا هِيَ تَمْشِي فِي أَرْضِهَا إِذْ وَقَعَتْ فِي حُفْرَةٍ فَمَاتَتْ مُتفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِم عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ زَيْدِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَبِمَعْنَاهُ وَأَنَّهُ رَأَهَا عَمْيَاءَ تَلْتَمِسُ الْجُدُرَ تَقُولُ أَصَابَتْنِي دَعْوَةُ سَعِيدٍ وَأَنَّهَا مَرْتُ على بشر في الدارِ الَّتِي خَاصَمَتَهُ فِيهَا فَوَقَعَتْ فِيهَا فَكَانَتْ قَبْرَهَا .
1506. D’après ʿUrwa ibn az-Zubayr (qu’Allah l’agrée), une dispute opposa ʿUrwa bint Aws à Saʿîd ibn Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl (qu’Allah l’agrée) au sujet d’un terrain. ʿUrwa bint Aws porta plainte contre Saʿîd ibn Zayd auprès de Marwân ibn al-Hakam, qui était alors le gouverneur de Médine. Elle l’accusa d’avoir usurpé une partie de son terrain. En réponse, Saʿîd (qu’Allah l’agrée) dit : « Après avoir entendu du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ce que j’ai entendu, pourrais-je malgré cela usurper une partie de son terrain ? » Marwân demanda : « Qu’avez-vous entendu du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ? » Saʿîd (qu’Allah l’agrée) répondit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “Quiconque s’empare injustement ne serait-ce que d’une coudée de la terre d’autrui aura, le Jour de la Résurrection, sept couches de terre passées autour de son cou.” » Marwân lui dit : « Voilà, je ne vous demanderai plus de preuve après cela. » Saʿîd dit : « Ô Allah ! Si cette femme, ʿUrwa bint Aws, est une menteuse, rends-la aveugle et fais-la mourir sur son propre terrain. » ʿUrwa ibn az-Zubayr dit : « Cette femme ne mourut qu’après être devenue aveugle. Un jour, alors qu’elle traversait son terrain, elle tomba dans un trou et mourut. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. L’imam Muslim a également rapporté de Muhammad ibn Zayd ibn ʿAbd Allah ibn ʿUmar une autre version ayant le même sens. Muhammad ibn Zayd l’avait vue — ʿUrwa bint Aws — alors qu’elle était aveugle. Elle avançait en se tenant aux murs et disait : « L’invocation de Saʿîd m’a atteinte. » Alors qu’elle traversait le terrain faisant l’objet du litige, elle tomba dans un puits qui s’y trouvait, et ce puits devint sa tombe.
١٥٠٧ – وَعَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمَّا حَضَرَتْ أَحَدٌ دَعَانِي أبي مِنَ اللَّيْلِ فَقَالَ مَا أراني الا مقتولاً في أول مَنْ يُقْتَلُ مِنْ أَصْحَابِ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا أَتْرَكَ بَعْدِى أَعَزُّ عَلَى مِنْكَ غَيْرِ نَفْسٍ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَإِنَّ عَلَى دَيْنًا فَاقْضِ وَاسْتَوص بِأَخَوَاتِكَ خَيْرًا فَأَصْبَحْنَا فَكَانَ أول قتيل وَدَفَنَتُ مَعَهُ أَخَرَ فِي قَبْرِهِ ثُمَّ لَمْ تَطِبْ نَفْسِي أَنْ أَتْرَكَهُ مَعَ أَخَرَفَاسْتَخْرَجْتُهُ بَعْدَ سِتَّةِ أَشْهُرٍ فَإِذَا كَيَوْمٍ وَضَعْتُهُ غَيْرَ أَذْنِهِ فَجَعَلْتُهُ فِي قَبْرِ عَلَى حدة – رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1507. D’après Jâbir ibn Abd Allah (qu’Allah l’agrée), il dit : Lorsque la bataille d’Uhud eut lieu, mon père m’appela cette nuit-là et me dit : « Je pense que, parmi les Compagnons du Prophète, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, je serai le premier à tomber en martyr lors de la bataille de demain. Après le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, tu es la personne que j’aime le plus. J’ai des dettes à payer ; tu t’en acquitteras, et tu te comporteras bien envers tes sœurs. » Ainsi, le lendemain matin, lorsque la bataille commença, il fut le premier à tomber en martyr. Je l’ensevelis dans la même tombe qu’un autre martyr. Mais je ne fus pas tranquille de l’avoir enterré avec cet autre homme. Six mois plus tard, je le retirai donc de cette tombe. Il était encore exactement dans le même état que le jour où je l’y avais déposé, à l’exception de son oreille, qui avait subi une légère altération. Je l’ensevelis alors dans une tombe séparée.
١٥٠٨ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلَيْنِ مِنْ أَصْحَابِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَرَجًا مِنْ عِندِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي لَيْلَةٍ مُظْلِمَةٍ وَمَعَهُمَا مثل المِصْبَاحَينِ بَيْنَ أَيْدِيهِمَا فَلَمَّا افْتَرَقَا صَارَ مَعَ كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا وَاحِدٌ حَتَّى أتى أهلهُ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ مِنْ طَرقٍ وَفِي بَعْضِهَا أَنَّ الرَّجُلَيْنِ أَسَيْدُ بْنُ حُضَيْرٍ وَعَبَّادُ بْنُ بِشْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا .
1508. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), deux Compagnons du Prophète, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, sortirent de chez lui par une nuit obscure. Deux lumières semblables à des lampes avançaient devant eux. Lorsqu’ils se séparèrent, chacun d’eux eut une lampe avec lui. Ils arrivèrent ainsi jusqu’à leurs maisons. [Note : Dans une version rapportée par l’imam al-Bukhari, cet événement est exposé de manière plus claire. En effet, Usayd ibn Hudayr (qu’Allah l’agrée) et Abbad ibn Bishr (qu’Allah l’agrée) étaient un jour restés longtemps auprès du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Ils repartirent chez eux au milieu de la nuit. La nuit était extrêmement sombre. Chacun tenait un bâton à la main. Le bâton de l’un d’eux se mit à briller, si bien que le chemin devint clairement visible grâce à cette lumière. Puis, lorsque leurs chemins se séparèrent, le bâton de l’autre s’illumina également. Ils arrivèrent ainsi chez eux à la lumière de leurs bâtons.]
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith par différentes chaînes de transmission. Certaines de ces versions précisent que l’un des deux Compagnons était Usayd ibn Hudayr (qu’Allah l’agrée) et l’autre Abbad ibn Bishr (qu’Allah l’agrée).
١٥٠٩ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَعَثَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَشْرَةَ رَهْطٍ عَيْنًا سَرِية وأمرَ عَلَيْهِمْ عَاصِم بن ثابت الأنصاري فانطلقوا حتى اذا كانوا بالهداة بين عُسفان ومكة ذكروا لحي مِنْ هَذَيْلٍ يُقَالُ لَهُمْ بَنُو لحْيَانَ فَتَفَرُوا لَهُمْ بِقَرِيبٍ مِنْ مِائَةِ رَجُلٍ رَامٍ فَاقْتَصُوا أَثَارَهُمْ فَلَمَّا أَحَسٌ بِهِمْ عاصم وأصْحَابُهُ لجؤوا إلى موضع فَأَحَاطَ بِهِمُ الْقَوْمُ فَقَالُوا انْزِلُوا فَاعْفُوا بِأَيْدِيكُمْ وَلَكُمُ الْعَهْدُ وَالْمِبْشَاقُ أن لا نَقْتُلَ مِنْكُمْ أَحَدًا فَقَالَ عَاصِمُ بْنُ ثَابِتٍ أَيُّهَا الْقَوْمُ أَمَّا أَنَا فَلا أُنزِلُ عَلَى ذِمَّةٍ كَافِرِ اللَّهُمَّ أَخْبِرُ عَنَّا نَبِيِّكَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَرَمَوهُم بالنبل فقَتَلُوا عاصما ونزل اليهم ثلاثةُ نَفَرٍ عَلَى الْعَهْدِ والْمِيثَاقِ مِنْهُمْ خُبَيْبٌ وَزَيْدُ بْنُ الدِّينَةِ وَرَجُلٌ آخَرُ فَلَمَّا اسْتَمْكَنُوا مِنْهُمْ أَطْلَقُوا أوتار قسبهم فربطوهُمْ بِهَا قَالَ الرَّجُلُ الثالث هذا أول الْغَدْرِ وَاللَّهِ لَا أَصْحَبُكُمْ إِنَّ لِي يهولاء أسوة يُرِيدُ الْقَتْلَى فَجَرُوهُ وَعَالِجُوهُ فَأَبَى أَنْ يُصْحَبَهُمْ فَقَتَلُوهُ وانطلقوا بحبيب وَزَيْدِ بْنِ الدِّينَةِ حَتَّى بَاعُوهُمَا بِمَكَّةَ بَعْدَ وَقْعَةِ بَدْرٍ فَابْتَاعَ بَنُو الْحَارِثِ بْنِ عَامِرِ ابْنِ نَوْفَلِ بْنِ عَبْدِ مَنَافِ خُبَيْبًا وَكَانَ خُبَيْبٌ هُوَ قَتَلَ الْحَارِثِ يَوْمَ بَدْرٍ فَلَبِثَ خُبَيْبٌ عِنْدَهُمْ أسيرًا حَتَّى اجْمَعُوا عَلَى قَتْلِهِ فَاسْتَعَارَ مِنْ بَعْضٍ بنات الحارث مُوسَى يَسْتَحِد بِهَا فَأَعَارَتْهُ فَدَرَجَ بَنَى لَهَا وَهِيَ غَافِلَةٌ حَتَّى آتَاهُ فَوَجَدَتْهُ مُجلِسَهُ على فخذه والمُوسى بيده ففَرْعَتْ فَرْعَةٌ عَرَفَهَا خُبَيْبٌ فَقَالَ اتخشين أن اقْتُلَهُ مَا كُنتُ لَأَفْعَلَ ذَلِكَ قَالَتْ وَالله مَا رَأَيْتُ أسيراً خَيْرًا مِنْ حبيب فوَ الله لَقَدْ وَجَدْتُهُ يَوْمًا يَأْكُلُ قَطْفًا مِنْ عَنَبٍ فِي يَدِهِ وَأَنَّهُ لَمُوثَقٌ بِالْحَدِيدِ وما بمكة مِنْ ثَمَرَةٍ وَكَانَتْ تَقُولُ إِنَّهُ لرِزْقٌ رَزَقَهُ اللَّهُ خُبَيْبًا فَلَمَّا خَرَجُوا بِهِ مِنَالْحَرَمِ لِيَقْتُلُوهُ فِي الْحِلِّ قَالَ لَهُمْ خُبَيْبٌ دَعُونِي أَصَلِّي رَكْعَتَيْنِ فَتَرَكُوهُ فَرَكَعَ ركْعَتَيْنِ فَقَالَ وَاللهِ لَوْلا أَنْ تَحْسَبُوا أَنَّ مَا بِي جَزَعَ لَزِدْتُ اللَّهُمَّ أَحْصِهِمْ عَدَدَا واقتلهم بدداً وَلَا تُبْقِ مِنْهُمْ أَحَداً وَقَالَ :
فَلَسْتُ أَبَالِي حِيْنَ أَقْتَلُ مُسْلِمًا * عَلَى أَي جَنَّبٍ كَانَ لِلَّهِ مَصْرَعِي. وَذَلِكَ فِي ذَاتِ الْإِلَهِ وَإِنْ يُشَأْ * يُبَارِكْ عَلَى أَوْصَالِ شَلْمٍ مُمَزِّعِ.
وَكَانَ خُبَيْبٌ هُوَ مَنْ لِكُلِّ مُسْلِمٍ قُتِلَ صَبْرًا الصَّلاةَ وَأَخْبَرَ يَعْنِي النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَصْحَابَهُ يَوْمَ أَصِيبُوا خَبَرَهُمْ وَبَعَثَ نَاسٌ مِنْ قُرَيْشٍ إِلَى عَاصِمٍ ابْنِ ثابت حين حدِثُوا أَنَّهُ قُتِلَ أَنْ يُؤْتُوا بِشَيْءٍ مِنْهُ يُعْرَفُ وَكَانَ قَتَلَ رَجُلاً مِنْ عُظَمَائِهِمْ فَبَعَثَ اللهُ لِعَاصِم مثل الظلة مِنَ الدَّبْرِ فَحَمَتَهُ مِنْ رُسُلِهِمْ فَلَمْ يَقْدِرُوا أن يقطعُوا مِنْهُ شَيْئًا – رَوَاهُ الْبُخَارِي.
قوْلَهُ الْهَدَاةُ مَوضِع والظلة السَّحَابُ والدِّيرُ النَّحْلُ وَقَوْلُهُ اقْتُلْهُمْ بِدَدَا بِكَسْرِ الباء وفتحها فَمَنْ كَسَرَ قَالَ هُوَ جَمْعُ بَدة هُوَ جَمْعُ بَدَة بِكَسْرِ الْبَاءِ وَهِيَ النَّصِيبُ وَمَعْنَاهُ اقْتُلْهُمْ حَصَصًا مُنْقَسِمَةً لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ نَصِيبٌ وَمَنْ فَتَحَ قَالَ مَعْنَاهُ مُتَفَرِّقِينَ في القتل واحِداً بَعْدَ وَاحِدٍ مِنَ التَّبْدِيدِ . وَفِي الْبَابِ احاديث كثيرة صحيحة سبقت في مواضعها من هذا الكتاب منها حديث الغلام الذي كَانَ يَأْتِي الراهب والساحر ومنها حديث جريج وحديث أصحاب الغار الذين أطبقت عليهم الصخرة وحديث الرجل الذي سمع صوتا في السحاب يقول است حديقة فلان وغير ذلك والدلائل في الباب كثيرة مشهورة وبالله التوفيق.
1509. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) envoya un groupe de dix hommes afin de recueillir secrètement des renseignements militaires. Il nomma à leur tête ‘Âsim ibn Thâbit al-Ansârî (qu’Allah l’agrée). Ils partirent conformément à ses instructions. Lorsqu’ils arrivèrent à un endroit appelé Had’ât, situé entre ‘Usfân et La Mecque, la tribu de Hudhayl, également appelée Banû Lihyân, apprit leur présence. Ils partirent à leur recherche avec près d’une centaine d’archers et suivirent leurs traces. Lorsque ‘Âsim et ses compagnons se rendirent compte qu’ils étaient poursuivis, ils se réfugièrent sur un lieu élevé. Les mécréants les encerclèrent de toutes parts et leur dirent : « Descendez et livrez-vous à nous. Nous vous garantissons que nous ne tuerons aucun d’entre vous. »
‘Âsim ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée) dit : « Ô mes compagnons, je ne me livrerai pas sous la protection des mécréants. Ô Allah, informe Ton Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) de ce qui nous est arrivé. » Alors les mécréants le criblèrent de flèches et tuèrent ‘Âsim. Ensuite, trois hommes descendirent vers eux, confiants dans la promesse des mécréants. Il y avait parmi eux Khubayb, Zayd ibn al-Dathina et un troisième homme. Après s’être emparés d’eux, les mécréants attachèrent fermement les trois hommes avec les cordes de leurs arcs. Le troisième homme dit alors : « Voilà la première trahison. Par Allah, je ne vous suivrai pas. Il me reste à suivre l’exemple de ces martyrs, c’est-à-dire à être tué. » Les mécréants le traînèrent et tentèrent par tous les moyens de l’emmener avec eux, mais il refusa de partir. Ils le tuèrent alors.
Ensuite, les mécréants emmenèrent Khubayb et Zayd ibn al-Dathina avec eux et les vendirent à La Mecque. Cela se produisit après la bataille de Badr. Khubayb fut acheté par les descendants d’al-Hârith ibn ‘Âmir ibn Nawfal ibn ‘Abd Manâf. Or, le jour de Badr, c’était Khubayb qui avait tué al-Hârith. Khubayb resta donc prisonnier chez eux. Finalement, ils se mirent d’accord pour le tuer. À ce moment-là, il demanda à l’une des filles d’al-Hârith un rasoir afin de se raser le bas-ventre. Elle le lui donna. Alors qu’elle ne prêtait pas attention, son jeune fils s’approcha de Khubayb. Elle vint le trouver et vit son enfant assis sur le genou de Khubayb, tandis que celui-ci tenait le rasoir à la main. Elle fut terriblement effrayée. Khubayb remarqua son inquiétude et lui dit : « Tu as peur que je le tue, n’est-ce pas ? Jamais je ne ferai une chose pareille. » La fille d’al-Hârith dit : « Par Allah, je n’ai jamais vu un prisonnier meilleur que Khubayb. Par Allah, je l’ai vu un jour, alors qu’il était enchaîné, tenir une grappe de raisin, en détacher les grains et les manger, alors qu’il n’y avait pas de saison des fruits à La Mecque. » La fille d’al-Hârith dit : « Il s’agissait sans aucun doute d’une subsistance qu’Allah avait accordée à Khubayb. » Puis, lorsque les mécréants l’emmenèrent dans une zone située à l’extérieur du Sanctuaire sacré pour le tuer, Khubayb leur dit : « Accordez-moi un délai afin que je prie deux unités de prière. » Ils lui accordèrent ce délai et il pria deux unités. Puis il dit : « Par Allah, si vous ne pensiez pas que j’avais peur, j’aurais prié davantage. Ô Allah, compte-les, tue-les tous l’un après l’autre et n’en épargne aucun. » Ensuite, il récita les vers suivants :
« Je vais mourir musulman,
sans me soucier de la manière dont mon âme s’en ira dans le chemin d’Allah.
(Je ne sais qu’une seule chose 🙂
ma mort est dans le chemin d’Allah,
et Il bénit, s’Il le veut,
les articulations tranchées. »
Khubayb (qu’Allah l’agrée) fut le premier musulman à instaurer la pratique consistant, pour celui qui est capturé dans le chemin d’Allah et destiné à mourir, de prier avant d’être tué. Le jour où ces hommes furent martyrisés, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) en informa ses Compagnons. Après avoir appris la mort de ‘Âsim ibn Thâbit, certains Qurayshites envoyèrent des hommes afin de rapporter une partie de son cadavre pour l’identifier. En effet, ‘Âsim avait tué un chef qurayshite le jour de Badr. Mais Allah envoya un essaim d’abeilles semblable à un morceau de nuage pour protéger ‘Âsim. Elles défendirent son corps contre les hommes envoyés par les Qurayshites, si bien qu’ils ne purent rien en couper.
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith. Le terme « al-Had’ât » mentionné dans le hadith est le nom d’un lieu. « Az-Zullatu » signifie un nuage, et « ad-Dabr » signifie les abeilles. Certains ont également lu « badâdan » dans le terme mentionné dans le hadith, au lieu de « bidâdan ». « Bidâdan » est le pluriel de « bid‘atun », qui signifie une partie. Dans ce cas, le sens de « bidâdan » est : tuez-les en les divisant en différents groupes, afin que chacun puisse tuer ceux de son groupe. Quant à ceux qui lisent « badâdan », ils lui donnent le sens suivant : tuez-les séparément, l’un après l’autre.
Ce chapitre contient un grand nombre de hadiths authentiques, qui ont été mentionnés à différents endroits de cet ouvrage. Parmi eux figure le hadith de l’esclave qui fréquentait le moine et le magicien. [Note : voir à ce sujet le hadith n° 30 du premier volume.] Il y a ensuite le hadith de Jurayj. [Note : voir à ce sujet le hadith n° 259 du premier volume.] Puis le hadith des gens de la caverne, dont l’entrée de la caverne avait été obstruée par une pierre. [Voir à ce sujet le hadith n° 12 du premier volume.] Il y a encore le hadith de l’homme qui entendit une voix dans un nuage : « Arrose le champ d’untel. » Il existe en outre de nombreux autres hadiths. Ce chapitre contient d’innombrables preuves et arguments bien connus. C’est Allah qui accorde toute capacité et tout pouvoir. [Voir à ce sujet le hadith n° 562 du deuxième volume.]
١٥١٠ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ مَا سَمِعْتُ عُمَرَ يَقُولُ لِشَيْ قَطُّ إِنِّي لأَظُنُّهُ كَذَا إِلَّا كَانَ كَمَا يَظُنُّ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1510. D’après ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah les agrée tous deux), il dit : Je n’ai jamais entendu ʿUmar (qu’Allah l’agrée) dire à propos d’une chose : « J’en ai telle opinion », sans que cette chose ne se soit ensuite révélée conforme à son opinion. [Note : Les événements miraculeux qui se produisent, en dehors des règles habituelles, par l’intermédiaire des serviteurs pieux et vertueux d’Allah sont appelés karāmāt dans la terminologie de la Sharīʿa. Ces karāmāt établissent dans le cœur des serviteurs d’Allah la vérité de la Sharīʿa. Lorsque de tels événements miraculeux se produisent par l’intermédiaire de pervers, de kāzirs et de personnes hostiles aux prescriptions d’Allah, ils sont appelés makr ou istidrāj, c’est-à-dire une tromperie, et constituent une épreuve et une tentation de la part d’Allah.]
L’imam al-Bukhārī a rapporté ce hadith.
Chapitre 17 : Kitāb al-Umūr al-Manhiyya ʿAnhā (Les actes interdits)
Section 1 — La médisance est interdite et l’ordre de maîtriser sa parole.
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَلَا يَغْتَبْ بَعْضُكُمْ بَعْضًا أَيُحِبُّ أَحَدُكُمْ أَنْ يَأْكُلَ لَحْمَ أَخِيهِ ميْتًا فَكَرِهْتُمُوهُ وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ تَوَّابٌ رَّحِيمٌ.
Le Très-Haut dit :
« Que les uns d’entre vous ne méditent pas des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? Vous l’auriez certainement détesté. Craignez donc Allah. Allah accueille abondamment le repentir et Il est Miséricordieux. » (Sourate al-Hujurāt : 12)
وقال تعالى : وَلَا تَقْفُ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ إِنَّ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْفُؤَادَ كُلُّ أولَئِكَ كَانَ عَنْهُ مَسْئُولاً.
« Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. Sache avec certitude que l’ouïe, la vue et le cœur seront tous tenus pour responsables. » (Sourate al-Isrâ : 36)
وقَالَ تَعَالَى : مَا يَلْفِظُ مِنْ قَوْل إِلا لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ.
« Aucune parole ne prononce-t-il sans qu’un observateur, constamment prêt à la consigner, ne soit assigné auprès de lui. » (Sourate Qâf : 18)
L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Il incombe à tout adulte doué de raison saine de retenir sa langue des paroles inutiles. Toutefois, il lui incombe de dire les paroles qui apportent bénéfice et bien. Lorsque parler ou garder le silence sont équivalents quant au bénéfice et au bien, la voie conforme à la Sunna consiste à garder le silence. En effet, il arrive que des paroles permises (mubâh) deviennent la cause de choses interdites ou répréhensibles. C’est généralement ce qui se produit dans la plupart des cas. Rien n’égale l’état d’innocence et de perfection.
١٥١١ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَصْمُتْ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ، وَهُذَا الْحَدِيثُ صَرِيحٌ فِي أَنَّهُ يَنْبَغِي أَنْ لا يَتَكَلَّمَ إِلَّا إِذَا كَانَ الْكَلَامُ خَيْرًا وَهُوَ الَّذِي ظَهَرَتْ مَصْلَحَتُهُ وَمَتَى شَكٍّ فِي ظُهُورِ الْمَصْلَحَةِ فَلا يَتَكَلَّم.
1511. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim. L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Le sens de ce hadith montre clairement que, lorsqu’une parole ne comporte ni bénéfice ni bien, il convient de ne pas la prononcer. Autrement dit, les paroles qui comportent un bien et un bénéfice relèvent de cette catégorie. Mais si le bénéfice est incertain, il est préférable de garder le silence.
١٥١٢ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَيُّ الْمُسْلِمِينَ أَفْضَلُ قَالَ مَنْ سَلِمَ الْمُسْلِمُونَ مِنْ لِسَانِهِ وَبَدِهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1512. Rapporté d’après Abû Mûsâ (qu’Allah l’agrée). Il dit : « Je demandai : Ô Messager d’Allah, qui est le meilleur parmi les musulmans ? » Il répondit : « Celui dont les autres musulmans sont à l’abri des méfaits de sa langue et de ses mains est le meilleur musulman. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim.
١٥١٣ – وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ يُضْمَنْ لي مَا بَيْنَ لَحْيَيْه وَمَا بَيْنَ رَجُلَيْهِ أَضْمَنُ لَهُ الْجَنَّةَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1513. Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : « Celui qui me garantit ce qui se trouve entre ses deux mâchoires (la langue ou la faculté de parler) et ce qui se trouve entre ses deux jambes (les parties sexuelles), je lui garantis le Paradis. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim.
١٥١٤ – الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. وَمَعْنَى يَتَبَيَّنُ يَتَفَكَّرُ أَنَّهَا خَيْرٌ أم لا.
1514. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) dire : « Lorsque le serviteur prononce une parole sans réfléchir à son caractère bon ou mauvais, elle le fait s’enfoncer en Enfer à une profondeur équivalente à la distance entre l’Orient et l’Occident. » Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim. Le mot « tabayyun » signifie examiner si une chose est bonne ou mauvaise.
١٥١٥ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مِنْ رِضْوَانِ اللَّهِ تَعَالَى مَا يُلْقَى لَهَا بَالَا يَرْفَعُهُ اللَّهُ بِهَا دَرَجَاتٍ وَإِنَّ الْعَبْدَ ليتكلم بالكلمة من سخط الله تعالى لا يُلقَى لَهَا بَالَا يَهْوَى بِهَا فِي جَهَنَّمَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .
1515. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : « Lorsque le serviteur prononce une parole qui plaît à Allah le Très-Haut, sans se soucier de ses conséquences, Allah élève en retour son rang. Et lorsque le serviteur prononce une parole qui déplaît à Allah le Très-Haut, sans se soucier le moins du monde de ses conséquences, cette parole le précipite en Enfer. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhari.
١٥١٦ – وَعَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ بِلالِ بْنِ الْحَارِثِ الْمُزَنِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ رسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الرَّجُلَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مِنْ رِضْوَانِ اللهِ تَعَالَى مَا كَانَ يَظُنُّ أَنْ تَبْلُغَ مَا بَلَغَتْ يَكْتُبُ اللَّهُ لَهُ بِهَا رِضْوَانَهُ إِلَى يَوْمِ يُلْقَاهُ وَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مِنْ سَخَطَ اللَّهِ مَا كَانَ يَظُنُّ أَنْ تَبْلُغَ ما بَلَغَتْ يَكْتُبُ اللهُ لَهُ بِهَا سَخَطَهُ إِلَى يَوْمِ يُلْقَاهُ – رَوَاهُ مَالِكَ فِي الْمُوَطَا والترْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.
1516. Rapporté d’après Abou Abd al-Rahman Bilal ibn al-Harith al-Mouzani (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : L’homme prononce une parole qui plaît à Allah, sans savoir quelle est sa valeur et son mérite ; alors Allah lui inscrit Sa satisfaction jusqu’au jour où il Le rencontrera (le Jour de la Résurrection). Et l’homme prononce une parole qui déplaît à Allah, sans réfléchir le moins du monde à ses conséquences ; alors Allah lui inscrit Son mécontentement jusqu’au jour où il Le rencontrera, le Jour de la Résurrection. L’imam Malik a compilé ce hadith dans son ouvrage al-Muwatta. L’imam al-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « Il est bon et authentique. »
١٥١٧ – وَعَنْ سُفْيَانَ بْن عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ الله حَدِثَنِي بِأَمْرِ اعْتَصِمُ بِهِ قَالَ قُلْ رَبِّيَ اللَّهُ ثُمَّ اسْتَقِمْ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا أخْوَفُ مَا تَخَافُ عَلَى فَأَخَذَ بِلِسَانِ نَفْسِهِ ثُمَّ قَالَ هَذَا. رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.
1517. Rapporté d’après Soufyan ibn Abdallah (qu’Allah l’agrée). Il dit : J’ai dit : « Ô Messager d’Allah, indique-moi une chose à laquelle je pourrai fermement m’attacher. » Il dit : « Dis : “Allah est mon Seigneur et mon Maître”, et demeure fermement établi là-dessus. » Je demandai de nouveau : « Ô Messager d’Allah, quelle est la chose que vous craignez le plus pour moi ? » Il toucha sa propre langue et dit : « Celle-ci. » L’imam al-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « Ce hadith est bon et authentique. »
١٥١٨ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تُكْثِرُوا الْكَلَامَ بِغَيْرِ ذِكْرِ اللَّهِ فَإِنْ كَشَرَةَ الْكَلَامِ بِغَيْرِ ذِكْرِ اللَّهِ تَعَالَى قَسْوَةٌ لِلْقَلْبِ وَإِنْ أَبْعَدَ النَّاسِ مِنَ اللهِ الْقَلْبُ الْقَاسِي رَوَاهُ التَّرْمَذِى.
1518. Rapporté d’après Abdallah ibn Omar (qu’Allah les agrée tous deux). Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ne parlez pas excessivement sans faire le dhikr d’Allah, car les paroles abondantes dépourvues de l’évocation d’Allah endurcissent le cœur, et la personne au cœur dur est la plus éloignée d’Allah. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Tirmidhi.
١٥١٩ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ وَقَاهُ اللَّهُ شَرِّ مَا بَيْنَ لَحْيَيْهِ وَشَرِّ مَا بَيْنَ رِجُلَيْهِ دَخَلَ الْجَنَّةَ رَوَاهُ الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1519. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Celui qu’Allah a préservé des méfaits de ce qui se trouve entre ses deux mâchoires, c’est-à-dire la bouche, et de ce qui se trouve entre ses deux jambes, c’est-à-dire les parties intimes, entrera au Paradis. »
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan. »
١٥٢٠ – وَعَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا النَّجَاةُ قَالَ أَمْسِكَ عَلَيْكَ لِسَانَكَ وَلْيَسَعُكَ بَيْتُكَ وَأَبْكَ عَلَى خطيئتك – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ
1520. ‘Uqba ibn ‘Amir, qu’Allah l’agrée, rapporte. Il dit : « Je demandai : Ô Messager d’Allah, quel est le moyen d’obtenir le salut ? Il répondit : Garde ta langue, élargis ta demeure et pleure pour tes péchés. » Note : « Élargis ta demeure » signifie : pratique l’hospitalité.
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan. »
١٥٢١ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا أَصْبَحَ ابْنُ آدَمَ فَإِنَّ الْأَعْضَاءَ كُلَهَا تُكَفِّرُ اللسَانَ تَقُولُ اتَّقِ اللَّهَ فِينَا فَإِنَّمَا نَحْنُ بِكَ فَإِن اسْتَقَمْتَ اسْتَقَمْنَا وَأَنْ أَعْوَجَجْتَ أَعْوَجَجْنَا . رَوَاهُ الترمذي. معنى تُكَفِّرُ النِّسَانَ أَي تَذِلُّ وَتَخْضَعُ لَهُ. ة
1521. Abou Sa‘îd al-Khoudrî, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Lorsque le fils d’Adam se réveille le matin, tous les membres de son corps implorent humblement sa bouche en disant : “Crains Allah à notre égard, car nous dépendons de toi. Si tu restes droit, nous resterons nous aussi droits ; mais si tu dévies, nous deviendrons nous aussi mauvais.” »
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. « Toukâfir al-lisân » signifie adresser une requête avec humilité et douceur à la bouche.
١٥٢٢ – وَعَنْ مُعَادٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَخْبِرْنِي بِعَمَلٍ يدخلني الْجَنَّةَ وَيُبَاعِدُنِي مِنَ النَّارِ قَالَ لَقَدْ سَأَلْتَ عَنْ عَظِيمٍ وَإِنَّهُ لَيَسِيرٌ عَلَى مَنْ تَسْرَهُ اللَّهُ تَعَالَى عَلَيْهِ تَعْبُدُ اللهَ لا تُشْرِكْ بِهِ شَيْئًا وَتُقِيمُ الصَّلَاةَ وَتُؤْتِي الزكاة وتَصُومُ رَمَضَانَ وَتَحُجُّ الْبَيْتَ ثُمَّ قَالَ إِلا أَدُلُّكَ عَلَى أَبْوَابِ الْخَيْرِ الصوم جنة والصدقة تطفى الْخَطِيئَة كَمَا يُطْفِئُ الْمَاءُ النَّارَ وَصَلَاةُ الرَّجُلِ مِنْ جوف الليل ثم تلا (تتجافى جنوبهم عن الله الْمَضَاجِعِ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ خَوْفًا. خَوْفًا وَطَمَعًا ومِمَّا رَزَقْنَهُمْ يُنْفِقُونَ. فَلَا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أُخْفِيَ لَهُمْ مِنْ قُرَّةٍ أَعْيُنِ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُوْنَ) – ثُمَّ قَالَ إِلا أَخْبِرُكَ بِرَأْسِ الْأمْرِ وَعَمُودِهِ وَذَرُوَةِ سَنَامِهِ قُلْتُ بَلَى يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ رَأْسُ الْأَمْرِ الْإِسْلامُ وَعَمُودُهُ الصَّلَاةُ وَذَرُوةٌ سَنَامِهِ الْجِهَادُ ثُمَّ قال ألا أخبرك بملاك ذلك كله قُلْتُ بَلَى يَا رَسُولَ اللهِ فَأَخَذَ بِلِسَانِهِ قَالَ كُفْ عَلَيْكَ هذا قُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ وَأَنَّا لَمُؤَاخَذُونَ بِمَا نَتَكَلَّمُ بِهِ فَقَالَ تَكَلَتُكَ أُمُّكَ وَهَلْ يَكُبُ النَّاسَ في النَّارِ عَلَى وُجُوهِهِمُ الأحَصَائِدُ الْسِنَتِهِمْ. رَوَاهُ الترمذي وقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ وَقَدْ سَبَقَ شَرْحُهُ ؟.
1522. Mu‘âdh (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je dis : « Ô Messager d’Allah, indique-moi une œuvre qui me fera entrer au Paradis et m’éloignera de l’Enfer. » Il dit : « Tu as certes posé une question importante. Mais cette œuvre est très facile pour celui à qui Allah la facilite. Adore Allah sans rien Lui associer, accomplis la prière, acquitte la zakat, jeûne le mois de Ramadan et accomplis le pèlerinage à la Maison sacrée. » Puis il dit : « Ne veux-tu pas que je t’indique les portes du bien ? Le jeûne est un bouclier protecteur. L’aumône et la zakat effacent les péchés comme l’eau éteint le feu. De même, la prière nocturne de l’homme détruit les péchés. » Puis il récita le verset suivant (traduction) :
« Ils se tiennent éloignés de leurs lits. Ils invoquent leur Seigneur avec crainte et espoir, et dépensent de ce que Nous leur avons accordé comme subsistance. Nulle âme ne sait quelles délices qui réjouiront les yeux leur sont cachées en récompense de leurs œuvres. » (Sourate as-Sajda, 16-17)
Puis il dit encore : « Ne veux-tu pas que je t’indique la tête de toute chose, son pilier et son sommet le plus élevé ? » Je répondis : « Certes, ô Messager d’Allah. » Il dit : « La tête de toute chose dans la religion est l’islam, son pilier est la prière et son sommet le plus élevé est le jihad. » Puis il dit de nouveau : « Ne veux-tu pas que je t’indique la base de tout cela ? » Je répondis : « Oui, ô Messager d’Allah. » Alors il saisit sa langue et dit : « Retiens-la sous ton contrôle. » Je demandai : « Ô Messager d’Allah, serons-nous également châtiés pour les paroles que nous prononçons dans nos conversations ordinaires ? » Il dit : « Que ta mère te perde ! Les gens ne seront-ils pas précipités face contre terre dans l’Enfer précisément à cause de ce que leur langue aura acquis ? »
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il était bon et authentique. L’explication de ce hadith a déjà été donnée précédemment.
١٥٢٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اتَدْرُونَ مَا الْغَيْبَةُ؟ قَالُوا اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ ذِكْرُكَ أَخَاكَ بِمَا يَكْرَهُ قِيلَ أَفَرَأَيْتَ إِنْ كَانَ فِي أَخِي مَا أَقُولُ قَالَ إِنْ كَانَ فِيهِ مَا تَقُولُ فَقَدْ اغْتَبْتَهُ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِيهِ مَا تَقُولُ فَقَدْ بَهَتُهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1523. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah a dit : « Savez-vous ce qu’est la médisance ? » Les Compagnons répondirent : « Allah et Son Messager le savent mieux. » Il dit : « C’est parler de ton frère d’une manière qu’il n’aime pas. » On demanda : « Que pensez-vous si ce que je dis se trouve réellement en lui ? » Il répondit : « Si le défaut que tu as mentionné se trouve effectivement en lui, tu as alors médit de lui ; et s’il ne s’y trouve pas, tu as porté contre lui une fausse accusation. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٢٤ – وَعَنْ أَبِي بَكْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ فِي خُطْبَتِهِ يَوْمَ النَّحْرِ بِمَنى فِي حَجَّةِ الْوَدَاعِ إِنْ دِمَاءَكُمْ وَأَمْوَالَكُمْ وأعراضكُمْ حَرَامٌ عَلَيْكُمْ كَحُرُمَةِ يَوْمِكُمْ هَذَا فِي شَهْرِكُمْ هُذَا فِي بَلَدِكُمْ هَذَا الا هَل بَلَغْتُ مُتفق عليه.
1524. Abou Bakrah (qu’Allah l’agrée) rapporte que, dans son sermon prononcé à Mina, le jour du Sacrifice, lors du pèlerinage d’adieu, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Certes, votre sang — c’est-à-dire vos vies —, vos biens et votre honneur sont sacrés et inviolables les uns pour les autres, tout comme ce jour-ci, ce mois-ci et cette ville-ci vous sont sacrés et inviolables. Ai-je bien transmis le message d’Allah ? »
Al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٢٥ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ قُلْتُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حسبك من صفية كذا وكذا قال بعض الرواة تعنى قَصِيرَةً فَقَالَ لَقَدْ قُلْت كَلِمَة لَوْ مُرْجَتْ بِمَاء الْبَحْرِ لَمَزَجَتَهُ قَالَتْ وَحَكَيْتُ لَهُ إِنْسَانًا فَقَالَ مَا أُحِبُّ أَنِّيحَكَيْتُ انْسَانًا وَأَنْ لي كذا وكذا. رواه أبو داود والترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صحيح، ومعنى مَزَجَتُهُ خَالطتهُ مُخالطة يَتَغَيَّرُ بِهَا طَعْمُهُ أَوْ رِيحُهُ لِشِدَّةِ نتَنِهَا وَتُبْحِهَا وَهُذَا مِنْ أَبْلَغَ الزَّوَاجِرِ عَنِ الْغَيْبَةِ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى (وَمَا يَنطِقُ عَنِ الْهَوَى إِنْ هُوَ إِلَّا وَحْيٌ يُوحَى)
1525. ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai dit au Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), au sujet de Safiyya — c’est-à-dire concernant ces défauts chez elle — : « Cela vous suffit venant de Safiyya. » Certains rapporteurs précisent que Safiyya (qu’Allah l’agrée) était de petite taille. Il dit : « Tu viens de prononcer une parole qui, si elle était mêlée à l’eau de la mer, en altérerait l’eau. » ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : « Je l’ai imitée en reproduisant les gestes d’une personne. » Il dit : « Je n’aime pas imiter ou reproduire les défauts d’une personne, même si, en échange, on me donnait une telle et telle chose » — c’est-à-dire même si cela me permettait d’obtenir de grandes richesses ou quelque avantage.
L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. At-Tirmidhi a dit : « Ce hadith est bon et authentique. » « Mâzajat-hou » signifie : se mêler à une telle substance que, du fait de la mauvaise odeur et de la médiocrité de la matière mélangée, le goût et l’odeur de l’autre substance en sont altérés. Le contenu de ce hadith consiste à inspirer la plus grande crainte au sujet du châtiment de la médisance. Le Très-Haut a dit : « Il ne parle pas sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation qui lui est faite. » (Sourate An-Najm, 3-4)
١٥٢٦ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لما عُرِجَ بِي مَرَرْتُ بِقَوْمٍ لَهُمْ أَظْفَارٌ مِنْ نُحَاسِ يَحْمِسُونَ وُجُوهَهُمْ وَصُدُورَهُمْ فقُلْتُ مَنْ هُؤلاء يَا جِبْرِيلُ قَالَ هُولا – الَّذِينَ يَأْكُلُونَ لِحُومَ النَّاسِ وَيَقَعُونَ فِي أعراضهم – رواه أبو داود.
1526. Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : Lorsqu’on me fit monter au Mi‘râj, je passai devant un groupe de gens dont les ongles étaient en cuivre. Ils se griffaient le visage et la poitrine avec leurs ongles. Je demandai : « Ô Jibrîl, qui sont-ils ? » Il répondit : « Ce sont ceux qui mangeaient la chair des gens¹ et portaient atteinte à leur honneur. » [Note : ils médisaient des gens.]
L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith.
١٥٢٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كُلُّ الْمُسْلِمِ عَلَى الْمُسْلِمِ حَرَامٌ دَمُهُ وَعِرْضُهُ وَمَالُهُ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1527. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : L’honneur et les biens de chaque musulman sont sacrés pour tout autre musulman.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 2 — Il est interdit d’écouter la médisance ou les propos malveillants sur autrui
Celui qui entend quelqu’un médire d’une autre personne doit l’en empêcher, ne pas tolérer cela et l’en détourner. S’il ne peut pas le faire ou si cela n’est pas souhaitable, il doit quitter les lieux.
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَإِذَا سَمِعُوا اللَّغَوَ أَعْرَضُوا عَنْهُ.
Allah le Très-Haut dit :
« Lorsqu’ils entendent des propos vains, ils s’en détournent. » (Sourate Al-Qasas : 55)
وقَالَ تَعَالَى : وَالَّذِينَ هُمْ عَنِ اللَّغْوِ مُعْرِضُونَ.
« Ceux-là sont les croyants qui réussissent, ceux qui s’éloignent des futilités. » (Sourate Al-Mu’minûn : 3)
وقال تَعَالَى : إِنَّ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْفُؤَادَ كُلُّ أُولَئِكَ كَانَ عَنْهُ مَسْئُولًا.
« L’ouïe, la vue et le cœur : de tout cela, il sera demandé compte. » (Sourate Banî Isrâ’îl : 36)
وقال تعالى : وَإِذَا رَأَيْتَ الَّذِينَ يَخُوضُونَ فِي آيَاتِنَا فَأَعْرِضْ عَنْهُمْ حَتَّى يَخُوضُوا فِي حديث غيره وأما يُنسِيَنكَ الشَّيْطَانُ فَلَا تَقْعُدْ بَعْدَ الذِّكْرَى مَعَ القوم الظالمين .
« Lorsque tu vois ceux qui cherchent à relever les défauts de Nos versets, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils cessent de parler de ce sujet et se consacrent à une autre conversation. Et si Satan t’entraîne un jour dans l’égarement, ne reste plus assis auprès de ces injustes dès que tu prends conscience de ton erreur. » (Sourate Al-An‘âm : 68)
١٥٢٨ – وَعَنْ أَبِي الدَّرْدَاءِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ رَدَّ عَنْ عَرْض أَخِيهِ رَدَّ اللهُ عَنْ وَجْهِهِ النَّارَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ رَوَاهُ الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1528. Rapporté d’Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée). Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui protège l’honneur et la dignité de son frère musulman, Allah protégera son visage du feu de l’Enfer au Jour de la Résurrection. »
L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il s’agissait d’un hadith hassan.
١٥٢٩ – وَعَنْ عِتْبَانَ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فِي حَدِيثِهِ الطَّوِيلِ الْمَشْهُورِ الذي تَقَدِّمَ فِي بَابِ الرِّجَاء قَالَ قَامَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُصَلَّى فَقَالَ ابْنَ مَالِكُ بْنَ الدُّخْشُمِ؟ فَقَالَ رَجُلٌ ذَلِكَ مُنَافِقٌ لَا يُحِبُّ اللَّهَ وَلَا رَسُولَهُ فَقَالَ النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تَقُلْ ذلك الا تَرَاهُ قَدْ قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ يُرِيدُ بذلك وجه الله وَإِنَّ اللهَ قَدْ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَسْتَغِى بذلك وجه الله. مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1529. Rapporté d’Itbân ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée). Il raconte qu’un jour, alors que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) se tenait debout pour la prière, il demanda : « Où est Mâlik ibn ad-Dukhshum ? » Un homme répondit : « C’est un hypocrite. Il n’aime ni Allah ni Son Messager. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ne dis pas cela. Ne vois-tu pas qu’il a dit : “Lâ ilâha illallâh” (Il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah), et que par cette parole il ne cherche que la satisfaction d’Allah ? Celui qui dit “Lâ ilâha illallâh” (Il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah) en recherchant la satisfaction d’Allah, Allah lui interdit le feu de l’Enfer. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٣٠ – وَعَنْ كَعْبِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فِي حَدِيثِهِ الطَّوِيلِ فِي قِصَّةِ تويته وَقَدْ سَبَقَ فِي بَاب التوبة قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ جالس فِي الْقَوْمِ بِتَبُوكَ مَا فَعَلَ كَعْبُ بْنُ مَالِكَ ؟ فَقَالَ رَجُلٌ مِنْ بَنِي سَلِمَةَ يَا رَسُولَ اللَّهِ حَبَسَهُ بُرْدَاهُ وَالنَّظَرُ فِي عِطْفَيْهِ فَقَالَ لَهُ مُعَاذُ بْنُ جَبَلٍ رَضِيَ اللَّهُعَنْهُ بِئْسَ مَا قُلْتَ وَالله يَا رَسُولَ اللهِ مَا عَلِمْنَا عَلَيْهِ الأَخَيْرًا فَسَكَتَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ عِطْفَاهُ : جَانِبَاهُ وَهُوَ إِشَارَةٌ إِلَى اعجابه بنفسه.
1530. Rapporté de Ka‘b ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée). Il raconte qu’alors que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) était assis avec les Compagnons dans la région de Tabûk, il demanda : « Qu’a fait Ka‘b ibn Mâlik ? » Un homme de la tribu des Banû Salimah répondit : « Ô Messager d’Allah, ses deux manteaux et l’importance excessive qu’il accordait à son corps l’ont retenu. » Mu‘âdh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée) dit à l’homme : « Tu as tenu de très mauvaises paroles. Par Allah, ô Messager d’Allah ! Je ne connais de lui rien d’autre que du bien. » En entendant cela, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) resta silencieux.
L’imam al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. « Itfah » signifie ses deux flancs. Cela fait allusion à la satisfaction qu’il éprouvait à l’égard de sa constitution physique.
Chapitre 3 : Les formes de médisance qui ne sont pas blâmables
L’imam an-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : si l’accomplissement d’un objectif vertueux et conforme à la charia n’est pas possible sans médisance, alors ce type de médisance n’est pas blâmable. Elle peut être permise pour six raisons.
Première raison : porter plainte contre l’oppresseur. La personne lésée peut se plaindre de l’oppresseur auprès du chef de l’État, d’un juge ou de toute personne ayant le pouvoir ou l’autorité de le réprimer et la capacité de rendre justice à la victime. Dans ce cas, elle peut dire : « Untel m’a opprimé. »
Deuxième raison : dire quelque chose afin d’obtenir de l’aide et de la coopération pour empêcher les activités contraires à l’islam et faire obstacle aux péchés en ordonnant le bien. Dans ce but, on peut dire à quelqu’un dont on craint qu’il ne commette des actes de désobéissance envers Allah : « Untel fait telle et telle chose. Réprimandez-le. » L’intention doit être uniquement de dévoiler les activités illégales et de les empêcher. En l’absence d’une telle intention, accuser quelqu’un sans raison est interdit.
Troisième raison : demander une fatwa sur une question. On peut aller voir le mufti et lui dire : « Mon père, mon frère, mon mari ou telle personne m’a opprimée de cette manière. Devrait-il agir ainsi envers moi ? Comment puis-je me protéger contre lui, faire valoir mes droits et empêcher cette injustice ? » Il est permis, par nécessité, de dire ces choses et d’autres semblables. Toutefois, la manière correcte et préférable consiste à dire : « Que pensez-vous du cas d’une personne ou d’un mari qui agirait de cette façon ? » En effet, cela permet d’atteindre l’objectif sans désigner quelqu’un en particulier. Malgré cela, il est également permis de mentionner le nom de la personne.
Quatrième raison : mettre les musulmans en garde contre les conséquences des mauvaises actions et les conseiller. Cela peut se faire de plusieurs manières :
a) Examiner et signaler les défauts des personnes concernant la transmission des hadiths et les témoignages. Selon le consensus des musulmans, cela n’est pas seulement permis ; c’est même obligatoire dans certains cas et lorsque les circonstances l’exigent.
(b) Donner un conseil, par exemple lorsqu’on s’informe au sujet d’un homme en vue d’un mariage, d’un partenariat avec quelqu’un dans une affaire, d’un dépôt, d’une transaction, de l’autre partie, ou encore de la possibilité d’en faire son voisin, etc. Dans de tels cas, le devoir de celui qui donne le conseil est de ne pas dissimuler les informations, mais plutôt de mentionner les aspects négatifs dans l’intention de prodiguer un conseil sincère. Lorsqu’on constate qu’une personne intelligente est tombée dans le doute et l’inquiétude au sujet de quelqu’un qui se livre à des actes contraires à la Charia, ou qu’une personne perverse vient apprendre auprès d’elle, et qu’il existe, de ce fait, un risque que cet individu lui nuise, il devient obligatoire de lui révéler, par le conseil, la véritable nature de cette personne perverse. Dans de tels cas, le risque de malentendu est également considérable. Il arrive même que celui qui donne le conseil soit accusé d’envie et d’hostilité. Parfois, Satan le trompe en lui faisant croire qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’un simple conseil. Il faut donc avancer après avoir examiné la question avec profondeur et discernement.
(c) Une personne a été désignée pour être responsable ou chargée d’une affaire, mais elle est incapable de s’en acquitter, inapte à ce poste, perverse, paresseuse, etc. Dans ce cas, celui qui détient l’autorité en la matière et qui peut, s’il le souhaite, prendre des mesures ou confier la responsabilité à une autre personne compétente peut soit agir ainsi, soit la convoquer et lui exposer toutes ses faiblesses, afin qu’elle ait la possibilité de se corriger et d’accomplir convenablement son travail. Cela permettra au supérieur de ne pas être victime d’une opinion infondée à son sujet ou d’une tromperie. Il peut également la convoquer et lui dire que, soit elle acquerra les compétences et l’aptitude nécessaires, soit elle sera relevée de ses fonctions.
Cinquième raison : une personne se livre ouvertement à la perversité et à l’innovation religieuse. Par exemple, elle boit publiquement de l’alcool, opprime les gens, s’empare de force des biens d’autrui, perçoit injustement des impôts auprès du public, se livre à des activités illicites, etc. Il est permis de parler des agissements de cette personne. Toutefois, il n’est permis de mentionner que les mauvaises actions qu’elle a commises. S’il existe une autre raison que celles qui viennent d’être mentionnées, la règle est différente.
Sixième raison : identifier une personne. Il est permis de désigner quelqu’un en mentionnant son surnom particulier ou un défaut physique. Ainsi, il est permis d’identifier quelqu’un comme étant nyctalope, boiteux, sourd, aveugle, louche, etc. Toutefois, il est interdit d’employer ces termes dans l’intention de rabaisser ou d’humilier. S’il est possible de l’identifier d’une autre manière sans mentionner ces défauts, cela est préférable.
Les savants ont exposé ces six raisons. La plupart d’entre elles sont établies par le consensus. Des preuves de celles-ci sont rapportées dans des hadiths célèbres. Nous en mentionnerons ici quelques-unes.
١٥٣١ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ رَجُلًا اسْتَأْذَنَ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ ائْذَنُوا لَهُ بِئْسَ أَخُو الْعَشِيرَةِ مَتَّفَقٌ عَلَيْهِ احْتَجَ بِهِ الْبُخَارِيُّ في جواز غيبة أَهْلِ الْفَسَادِ وأهل الريب .
1531. ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un homme demanda la permission d’entrer auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il dit : « Autorisez-le à entrer. C’est vraiment le pire membre de sa tribu. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Par ce hadith, l’imam al-Bukhari a démontré qu’il est permis de médire de ceux qui provoquent la corruption et sèment le doute.
١٥٣٢ – وَعَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا أَظُنُّ فُلَانًا وَفُلانَا يَعْرِفَانِ مِنْ دِينِنَا شَيْئًا – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ قَالَ اللَّيْثُ بْنُ سَعْدٍ أَخَدُ رُوَاةِ هَذَا الحديث هذان الرجلان كانا من المنافقين .
1532. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Je ne pense pas qu’un tel et un tel connaissent quoi que ce soit de notre religion. » L’imam Al-Boukhari a rapporté ce hadith. L’un des rapporteurs de ce hadith, Al-Layth ibn Sa‘d, a dit : « Ces deux hommes étaient des hypocrites. »
١٥٣٣ -مُعَاوِيَةُ فَصُعْلُوكَ لا مَالَ لَهُ وَأما أبو الجهم فَلَا يَضَعُ الْعَصَا عَنْ عَائِقِهِ مُتَّفَقٌ عليه. وفي رواية لمسلم وأما أبو الجهم فَضَرَابٌ لِلنِّسَاءِ وَهُوَ تَفْسِيرُ لِرِوَايَةِ لا يَضَعُ الْعَصَا عَنْ عَائِقِهِ وَقِيلَ مَعْنَاهُ كَثِيرُ الْأَسْفَارِ.
1533. D’après Fatima bint Qays (qu’Allah l’agrée), elle a dit : Je me rendis auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dis : « Abû Jahm et Mu‘awiya m’ont demandé en mariage. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Mu‘awiya est pauvre et ne possède aucun bien. Quant à Abû Jahm, il ne dépose jamais son bâton de son épaule. » Les imams Al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une version de Muslim, il est dit : « Abû Jahm est un expert dans le fait de frapper les femmes. » Le rapporteur dit : « Cette expression — “il ne dépose jamais son bâton de son épaule” — en est l’explication. Une autre interprétation en a été donnée : il voyage beaucoup. »
١٥٣٤ – وَعَنْ زَيْدِ بْنِ أَرْقَمَ قَالَ خَرَجْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي سفر أصاب النَّاسَ فِيهِ شِدَّةٌ فَقَالَ عَبْدُ الله بن أبي لَا تُنْفِقُوا عَلَى مَنْ عِنْدَ رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى يَنْفَضُّوا وَقَالَ لَئِنْ رَجَعْنَا إِلَى الْمَدِينَةَ لِيُخْرِجَنَّ الْأَعزُّ مِنْهَا الأذل فَاتَيْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاخْبَرْتُهُ بِذَلِكَ فَأَرْسَلَ إلى عبد الله بن أبي فَاجْتَهَدَ يَمِينَهُ مَا فَعَلَ فَقَالُوا كَذَبَ زَيْدٌ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَوَقَعَ فِي نَفْسِي مِمَّا قَالُوهُ شِدَّةٌ حَتَّى انْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى تَصْدِيقِي (إِذَا جَاءَكَ الْمُنَافِقُونَ قَالُوا تَشْهَدُ إِنَّكَ لَرَسُولُ الله وَاللَّهُ يَعْلَمُ إِنَّكَ لَرَسُولُهُ وَاللَّهُ يَشْهَدُ إنَّ الْمُنْفِقِينَ لَكَذِبُونَ اتَّخَذُوا أَيْمَانَهُمْ جُنَّةً فَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ إِنَّهُمْ سَاءَ مَا كَانُوا يَعْلَمُونَ ذلِكَ بِأَنَّهُمْ آمَنُوا ثُمَّ كَفَرُوا قَطِيعَ عَلَى قُلُوبِهِمْ فَهُمْ لَا يَفْقَهُونَ. وإذا رأيتهم تُعْجِبُكَ أَجْسَامُهُمْ وَإِنْ يَقُولُوا تَسْمَعُ لِقَوْلِهِمْ كَأَنَّهُمْ خُشُبٌ مُسَنَدَةٌ يَحْسَبُونَ كُلِّ صَيْحَةٍ عَلَيْهِمْ هُمُ الْعَدُوُّ فَاحْذَرْهُمْ قَتَلَهُمُ اللَّهُ إِنَّى يُؤْفَكُونَ، وَإِذَا قِبْلَ لهُمْ تَعَالَوْا يَسْتَغْفِرْ لَكُمْ رَسُولُ اللهِ لووا رُمُوْسَهُمْ وَرَأَيْتَهُمْ يَصُدُّونَ وَهُمْ مستكبرون) ثُمَّ دَعَاهُمُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِيَسْتَغْفِرَ لَهُمْ فَلَوْوْا رُؤُوسُهُمْ متفق عليه.
1534. D’après Zayd ibn Arqam (qu’Allah l’agrée), il a dit : Nous partîmes en voyage avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Au cours de ce voyage, les gens furent durement éprouvés. ‘Abdullah ibn Ubayy dit à ses compagnons : « Ne dépensez rien pour les compagnons du Messager d’Allah, afin qu’ils se dispersent de lui. » Il ajouta : « Si nous retournons à Médine, les plus honorables d’entre nous en expulseront les plus vils. » Je me rendis auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et l’en informai. Il fit convoquer ‘Abdullah ibn Ubayy. Celui-ci jura avec insistance qu’il n’avait pas tenu ces propos. Les gens se mirent à dire que Zayd avait menti au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Cela me peina profondément. Alors le Très-Haut fit descendre ces versets, confirmant la véracité de mes paroles (traduction) :
« Ô Prophète, lorsque les hypocrites viennent à toi, ils disent : “Nous attestons que tu es assurément le Messager d’Allah.” Oui, Allah sait que tu es certainement Son Messager, mais Allah atteste que les hypocrites sont de purs menteurs. Ils prennent leurs serments comme boucliers. Ainsi, ils détournent du chemin d’Allah et en détournent les autres. Ce qu’ils font est vraiment détestable. Cela parce qu’ils ont cru, puis ont de nouveau adopté la voie de la mécréance. C’est pourquoi un sceau a été apposé sur leurs cœurs : désormais, ils ne comprennent plus rien. Lorsque tu les regardes, leurs corps te plaisent ; lorsqu’ils parlent, tu les écoutes avec fascination. En réalité, ils sont comme des morceaux de bois adossés à un mur. Chaque cri retentissant, ils le prennent pour dirigé contre eux. Ce sont des ennemis déclarés. Prends garde à eux. Qu’Allah les fasse périr ! Comme ils sont détournés de la vérité ! Lorsqu’on leur dit : “Venez, le Messager d’Allah demandera pour vous pardon et rémission”, ils secouent la tête. Et tu les vois se détourner de toi avec arrogance. » (Sourate Al-Munâfiqûn, 1-5).
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) les invita à venir afin de demander pardon pour ces hypocrites. Mais ils refusèrent avec arrogance en secouant la tête.
Les imams Al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٣٥ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَتْ قَالَتْ هِندُ امْرَأَةُ أَبِي سُفْيَانَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنْ أَبَا سُفْيَانَ رَجُلٌ شَحِيْحٌ وَلَيْسَ يُعْطِينِي مَا يَكْفِينِي وَوَلَدِي إِلا ما أَخَذْتُ مِنْهُ وَهُوَ لا يَعْلَمُ قَالَ خُذِى ما يكفيك وولدك بالمعروف متفق عليه.
1535. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), l’épouse d’Abou Soufiane, Hind, vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui dit : « Abou Soufiane est un homme très avare. Il ne pourvoit pas convenablement aux dépenses de mon foyer ni à celles de mes enfants. Toutefois, je prends à son insu ce qui m’est nécessaire. » Il lui dit : « Prends uniquement ce qui suffit normalement à tes besoins et à ceux de tes enfants. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim.
Chapitre 4 : L’interdiction du colportage de paroles ou de la médisance indirecte
On appelle colportage de paroles ou médisance indirecte le fait de rapporter à quelqu’un les propos d’une autre personne dans le but de provoquer des querelles et des disputes.
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : هَمَّازٍ مَشَاء بِنَمِيمٍ
Le Très-Haut dit :
« Celui qui diffame, maudit et colporte des paroles. » (Sourate Al-Qalam : 16)
وَقَالَ تَعَالَى : مَا يَلْفِظُ مِنْ قَوْل إِلا لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ.
« Toute parole qu’il prononce est consignée par un observateur toujours prêt, qui se tient auprès de lui. » (Sourate Qaf, 18)
١٥٣٦ – وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ نَمَّامٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1536. Houdhayfa (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le colporteur de médisances n’entrera jamais au Paradis. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٣٧ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَن بِقَيْبْرَيْنِ فَقَالَ إِنَّهُمَا يُعَذِّبَانِ وَمَا يُعَذِّبَانِ فِي كَبِيرِ بَلَى إِنَّهُ كَبِيرٌ أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ وَأَمَّا الْآخَرُ فَكَانَ لَا يَسْتَتِرُ مِنْ بَوْلِهِ – مُتَّفَقٌ عليه وهذا لفظ احدى رِوَايَاتِ الْبُخَارِي. قَالَ الْعُلَمَاءُ مَعْنَى وَمَا يُعَذِّبَانِ فِي كبير أي كبير في زعمِهِمَا وَقِيلَ كَبِيرٌ تَرَكُهُ عَلَيْهِمَا.
1537. Abd Allah ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), passant près de deux tombes, dit : « Ces deux personnes sont châtiées. Elles ne sont pas châtiées pour un péché majeur. Pourtant, si : l’affaire est grave. L’une d’elles colportait des médisances, et l’autre ne se protégeait pas de son urine (elle urinait à découvert). »
L’imam al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans l’une des versions rapportées par al-Bukhari, il est formulé ainsi. Les savants disent que l’expression « Wamâ yuʿadhdhabâni fî kabîrin » signifie, selon leur interprétation, que ces actes n’étaient pas considérés comme de grands péchés. Une autre interprétation a été donnée : il ne leur était pas particulièrement difficile de délaisser ces actes.
١٥٣٨ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِلا أَنبِئُكُمْ مَا الْعَضُهُ هِيَ النَّمِيمَةُ الْقَالَةُ بَيْنَ النَّاسِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَرُوِيَ الْعِضَةُ وَهِيَ الْكَذِبُ وَالْبُهْتَانُ.
9538. D’après ʿAbdullah ibn Masʿûd (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ne vous informerai-je pas de ce qu’est la ʿadhah ? C’est la calomnie, c’est-à-dire répandre entre les gens des propos propres à susciter la discorde. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans certaines versions, le terme « ad’hun » est remplacé par « ilâtun », qui signifie mensonge et calomnie.
Chapitre 5 — Interdiction de transmettre toutes les paroles des gens à l’autorité responsable
قال الله تعالى : وَلَا تَعَاوَنُوا عَلَى الْإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. » (Sourate al-Mâ’idah, 2)
١٥٣٩ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يُبْلِغْنِي أَحَدٌ مِنْ أَصْحَابِي عَنْ أَحَدٍ شَيْئًا فَإِنِّي أَحِبُّ أَنْ أَخْرُجَ إِلَيْكُمْ وَأَنَا سليم الصدر – رواه أبو داود والترمذي.
1539. D’après ʿAbdullah ibn Masʿûd (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que nul de mes Compagnons ne me rapporte la faute d’un autre, car je souhaite vous rencontrer le cœur serein. » L’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith.
Section 6 — Réprobation de la duplicité
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : يَسْتَخْفُونَ مِنَ النَّاسِ وَلَا يَسْتَخْفُونَ مِنَ اللَّهِ وَهُوَ مَعَهُمْ إِذْ يُبَيِّتُونَ مَا لَا يَرْضَى مِنَ الْقَوْلِ وَكَانَ اللهُ بِمَا يَعْمَلُونَ مُحِيطًا.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Ils peuvent cacher leurs actes aux gens, mais ils ne peuvent pas les cacher à Allah. Il est pourtant avec eux lorsqu’ils tiennent secrètement, dans l’obscurité de la nuit, des conciliabules contraires à Sa volonté. Allah cerne parfaitement toutes leurs actions. » (Sourate An-Nisâ’, 108)
١٥٤٠ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَجِدُونَ النَّاسَ مَعَادِنَ خِيَارُهُمْ فِي الْجَاهِلِيَّةِ خِيَارُهُمْ فِي الْإِسْلَامِ إِذَا فقَهُوا وَتَجِدُونَ خِيَارَ النَّاسِ فِي هذا الشأنِ أَشَدَّهُمْ كَرَاهِيَةً لَهُ وَتَجِدُونَ شَرِّ النَّاسِ ذا الْوَجْهَيْنِ الَّذِي يَأْتِي هؤلاء بوجه وهؤلاء بوجه – متفق عليه.
1540. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Vous constaterez que les gens sont comme des minerais. Les meilleurs d’entre eux à l’époque de la Jahiliyyah seront également les meilleurs dans la société islamique lorsqu’ils auront acquis une compréhension complète de la religion. Vous trouverez bons, dans l’administration, ceux qui répugnent le plus à assumer une responsabilité gouvernementale. Le pire d’entre vous est celui qui se présente une fois sous une forme à un groupe, puis sous une autre forme à un autre groupe. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٤١ – وَعَنْ مُحَمَّدِ بْنِ زَيْدٍ أَنْ نَاسًا قَالُوا لِجَدِهِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا إِنَّا نَدْخُلُ عَلَى سَلاطيننَا فَتَقُولُ لَهُم بخلاف مَا نَتَكَلَّمُ إِذَا خَرَجْنَا مِنْ نفَاقًا عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عِندِهِمْ قَالَ كُنَّا نَعُدُّ هذا : روَاهُ الْبُخَارِي.
1541. Muhammad ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Des gens vinrent voir mon grand-père, ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), et lui dirent : « Nous allons voir notre gouverneur et nous lui parlons. Mais lorsque nous le quittons, nous tenons des propos contraires à ceux que nous lui avons tenus. » ʿAbdullah (qu’Allah l’agrée) dit : « À l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, nous considérions cela comme de l’hypocrisie. » L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre 7 — L’interdiction de mentir
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَلَا تَقْفُ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ.
Allah le Très-Haut dit :
« Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. L’ouïe, la vue et le cœur : de tout cela, il sera demandé compte. » (Sourate Banî Isrâ’îl : 36)
وقَالَ تَعَالَى : مَا يَلْفِظُ مِنْ قَوْلَ إِلا لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ.
« Il ne prononce pas une parole sans qu’un observateur, toujours prêt à l’enregistrer, ne soit auprès de lui. » (Sourate Qâf : 18)
١٥٤٢ – وعن ابن مسعود رضى ى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم إِن الصدق يهدى إلى البر وأن البر يَهْدِي إِلَى الْجَنَّةِ وَإِنَّ الرَّجُلَ لِيَصْدُقُ حتَّى يُكتب عند الله صديقا وأنَّ الكَذِبَ يَهْدِى إِلَى الْفُجُورُ وَإِنَّ الْفُجُورَ يَهْدِى إلَى النَّارِ وَإِنَّ الرِّجلَ لِيَكْذِبُ حَتَّى يُكْتَبَ عِنْدَ اللَّهِ كَذَابًا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1542. D’après ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « La véracité guide vers le bien, et le bien mène au Paradis. Lorsqu’une personne ne cesse de dire la vérité, Allah l’inscrit au nombre des véridiques. Le mensonge mène à la perversité, et la perversité mène à l’Enfer. Lorsqu’une personne ne cesse de mentir, Allah l’inscrit au nombre des menteurs. »
Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٤٣ – وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ارْبَعَ مَنْ كُنْ فِيهِ كَانَ مُنَافِقًا خَالِصًا وَمَنْ كَانَتْ فِيْهِ خَصْلَةٌ مِنْهُنَّ كَانَتْ فِيهِ خَصْ فِيهِ خَصْلَةٌ مِنْ نِفَاقِ حَتَّى يَدَعَهَا إِذَا ا إذَا اؤْتُمِنَ خَانَ وَإِذَا حَدَّثَ كَذَبَ وإذا عَاهَدَ غَدَرَ وَإِذَا خَاصَمَ فَجَرَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ
1543. D’après ‘Abdullah ibn ‘Amr (qu’Allah les agrée tous deux), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui possède ces quatre défauts est un hypocrite avéré. Celui qui possède l’un de ces traits a en lui un trait d’hypocrisie jusqu’à ce qu’il s’en débarrasse : lorsqu’on lui confie un dépôt, il le trahit ; lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il conclut un pacte, il le rompt ; et lorsqu’il se dispute, il tient des propos obscènes. »
Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٤٤ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ تَعَلَّمَ يعلم لم بَرَهُ كَلِفَ أَنْ يَعْقِدَ بَيْنَ شَعِيرَتَيْنِ وَلَنْ يُفْعَلَ وَمَنِ اسْتَمَعَ إلى حَدِيْثِ قَوْمٍ وَهُمْ لَهُ كَارِهُونَ صُبِّ فِي أُذُنَيْهِ الْأَنَّكُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَمَنْ صور صُورَةٌ عَيْبَ وَكَلِفَ أنْ يُنْفُخَ فِيهَا الرُّوحَ وَلَيْسَ بِنَافِعَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ. تَعَلَّمَ أَي قَالَ إِنَّهُ حَلَمَ فِي نَوْمِهِ وَرَأَى كَذَا وَكَذَا وَهُوَ كَاذِبٌ وَالْأَنَّكَ وَهُوَ الرَّصاصِ الْعَذَابُ.
1544. D’après ‘Abdullah ibn ‘Abbas (qu’Allah les agrée tous deux), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui raconte un rêve qu’il n’a absolument pas vu sera chargé de faire un nœud entre deux grains d’orge, mais il ne pourra jamais y parvenir. Celui qui écoute furtivement une conversation tenue par un groupe de personnes alors qu’elles n’aiment pas qu’on l’écoute, on lui versera du plomb fondu brûlant dans les oreilles le Jour de la Résurrection. Celui qui représente ou dessine l’image d’un être vivant sera puni et il lui sera ordonné d’y insuffler la vie, mais il ne pourra pas le faire. »
Al-Bukhari a rapporté ce hadith. Le terme « tahallama » désigne le fait qu’une personne prétende avoir vu en rêve telle ou telle chose. En réalité, son affirmation est mensongère. « Anuk » désigne le plomb fondu brûlant.
١٥٤٥ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أخرى القرى أن يُرى الرَّجُلُ عَيْنَيْهِ مَا لَمْ تَرَيَا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ، وَمَعْنَاهُ يَقُولُ رَأَيْتُ فِيمَا لَمْ يَرْهُ.
1545. D’après Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le plus grand des mensonges consiste à prétendre que ses propres yeux ont vu ce qu’ils n’ont en réalité pas vu. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith. Cela signifie mentir en disant : « J’ai fait un tel rêve », alors qu’on ne l’a pas fait.
١٥٤٦ – وَعَنْ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدُبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِمَّا يُكْثِرُ أَنْ يَقُولَ لِأَصْحَابِهِ هَلْ رَأَى أَحَدٌ مِنْكُمْ مِنْ رُؤْيَا ؟ فَيَقْصُ عَلَيْهِ مَنْ شَاءَ اللَّهُ أَنْ يَقْصُ وَإِنَّهُ قَالَ لَنَا ذَاتَ غَدَاةٍ إِنَّهُ أَتَانِي اللَّيْلَةَ أَتِيَانِ وَإِنَّهُمَا قَالاً لِي انْطَلِقُ وَإِنِّي انْطَلَقْتُ مَعَهُمَا وَإِنَّا آتَيْنَا عَلَى رَجُلٍ مُضْطَجِع وَإِذَا أخَرُ قَائِمٌ عَلَيْهِ بِصَخْرَةٍ وَإِذَا هُوَ يَهْوِي بِالصَّخْرَةِ لِرَأْسِهِ فَيَبْلُغُ رَأْسَهُ فَيَتَدَهْدَهُ الْحَجَرُ هَاهُنَا فَيَتْبَعُ الْحَجَرَ فَيَأْخُذُهُ فَلا يَرْجِعُ إِلَيْهِ حَتَّى يَضِحُ رَأْسُهُ كَمَا كَانَ ثُمَّ يَعُودُ عَلَيْهِ فَيَفْعَلُ به مثل مَا فَعَلَ الْمَرَّة الأولى قَالَ قُلْتُ لَهُمَا سُبْحَانَ اللَّهِ مَا هذان. قَالَا لِي انْطَلِقُ انْطَلِقُ فَانْطَلَقْنَا فَآتَيْنَا عَلَى رَجُلٍ مُسْتَلْقِ لِقَفَاهُ وَإِذَا أَخَرُ قَائِمٌ عَلَيْهِ بِكَلُوبُ مِنْ حَدِيدٍ وَإِذَا هُوَ يَأْتِي أَحَدَ شَقَى وَجْهِهِ فَيُشَرْشِرُ شِدُقَهُ إِلَى قَفَاهُ وَمَنْخِرَهُ إِلى قَفَاهُ وَعَيْنَهُ إِلى قَفَاهُ ثُمَّ يَتَحَولُ إِلَى الْجَانِبِ الْآخَرِ فَيَفْعَلُ بِهِ مِثْلَ مَا فَعَلَ بِالْجَانِبِ الْأُولِ فَمَا يَفْرُعُ مِنْ ذَلِكَ الْجَانِبِ حَتَّى يَصِحٌ ذَلِكَ الْجَانِبُ كَمَا كَانَ ثُمَّ يَعُودُ عَلَيْهِ فَيَفْعَلُ مِثْلَ مَا فَعَلَ فِي الْمَرَةِ الْأَوْلَى قَالَ قُلْتُ سُبْحَانَ الله ما هذان. قَالَ قَالاً لى انطلِقَ انْطَلِقُ فَانْطَلَقْنَا فَآتَيْنَا عَلَى مثلِ التَّنُّورِ فَاحْسِبُ أَنَّهُ قَالَ فَإِذَا فِيهِ لَغَطْ وَأَصْوَاتٌ فَاطَّلَعْنَا فِيْهِ فَإِذَا فِيهِ رِجَالٌ وَنِسَاءٌ عُرَاةٌ وَإِذَا هُمْ يَأْتِيهِمْ لَهَبْ مِنْ أَسْفَلَ مِنْهُمْ فَإِذَا آتَاهُمْ ذَلِكَ اللَّهَبُ ضَوْضَوا قُلْتُ مَا هُؤلاء. قَالاً لِي انْطَلِقَ انْطَلِقُ فَانْطَلَقْنَا فَآتَيْنَا عَلَى نَهْرٍ حَسِبْتُ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ أَحْمَرُ مِثْلُ الدَّمِ وَإِذَا فِي النَّهْرُ رَجُلٌ سَابِحٌ يَسْبَحُ وَإِذَا عَلَى شَطِ النَّهْرِ رَجُلٌ قَدْ جَمَعَ عِنْدَهُ حِجَارَةً كَثِيرَةٌ وَإِذَا السَّابِحُ يَسْبَحُ مَا يَسْبَحُ ثُمَّ يَأْتِي ذَلِكَ الَّذِي قَدْ جَمَعَ عِنْدَهُ الْحِجَارَةَ فَيَفْغَرُ لَهُ فَاهُ فَيُلْقِمُهُ حَجَرًا فَيَنْطَلِقُ فَيَسْبَحُ ثُمَّ يَرْجِعُ إِلَيْهِ كُلَّمَا رَجَعَ إِلَيْهِ فَغَرَ لَهُ فَاهُ فَالْقَمَهُ حَجَرًا قُلْتُ لَهُمَا مَا هُنَانِقالاً لي انطلق لِنطَلِقُ فَانْطَلَقْنَا فَآتَيْنَا عَلَى رَجُلٍ كَرِيْهِ الْمَرْأَةِ أَوْ كَاكَرِهِ مَا أَنْتَ را ، رَجُلًا مَرَأَى فَإِذَا هُوَ عِنْدَهُ نَارٌ يَحْشُهَا وَيَسْعَى حَوْلَهَا قُلْتُ لَهُمَا مَا هُنَا.
قالاً لي انطلق انطلق فَانْطَلَقْنَا فَاتَبْنَا عَلَى رَوْضَةٍ مُعْتَمَةٍ فِيْهَا مِنْ كُلِّ نَوْرٍ الربيع وَإِذَا بَيْنَ ظَهرَى الرُّوضَةِ رَجُلٌ طويل لَا أَخَادُ أَرَى رَأْسَهُ طُوْلاً فِي السَّمَاءِ
وإذا حَوْلَ الرَّجُلِ مِنْ أَكْثَرِ وَلْدَانِ رَأَيْتُهُمْ قَط قُلْتُ مَا هُذَا وَمَا هَؤُلَاءِ. قَالَا لِي انطلق انطلق فانطلقنا فَاتَيْنا إلى دوحة عَظِيمَةٍ لَمْ أَرَ دَوْحَةً قَطُّ أَعْظَمَ مِنْهَا وَلَا أحْسَنَ قَالاً لِي ارْقَ فِيهَا فَارْتَقَيْنَا فِيهَا إلى مدينة مبنية يلين ذهب ولين فضة فَآتَيْنَا بَابَ الْمَدِينَةِ فَاسْتَفْتَحْنَا فَفُتِحَ لَنَا فَدَخَلْنَاهَا فَتَلَقَّانَا رِجَالٌ شَطْرٌ مِنْ خَلْقِهِمْ كَاحْسَنِ مَا أَنْتَ رَاء وَشَطْرٌ مِنْهُمْ كَانُبَحْ مَا أَنْتَ رَاءٍ قَالَا لَهُمْ اذْهَبُوا فَقَعُوا فِي ذَلِكَ النَّهْرِ وَإِذَا هُوَ نَهْرٌ مُعْتَرِضُ يَجْرِي كَأَنَّ مَاءَهُ الْمَحْضُ فِي الْبَيَاضِ فَذَهَبُوا فَوَقَعُوا فِيهِ ثُمَّ رَجَعُوا إِلَيْنَا قَدْ ذَهَبَ ذَلِكَ السُّوءُ عَنْهُمْ فَصَارُوا في أحسن صورة. قَالَ قَالاً لِي هَذِهِ جَنَّةُ عَدْنٍ وَهَذَاكَ مَنْزِلَكَ فَسَمَا بَصَرِي صُعْدًا فَإِذَا قَصَرٌ مِثْلُ الرِّبَابَةِ البَيْضَاءِ قَالَا لِي هَذَاكَ مَنْزِلَكَ قُلْتُ لَهُمَا بَارَكَ اللَّهُ فِيكُمَا فَدَرَانِي فَادْخُلَهُ قَالَا أَمَا الْآنَ فَلَا وَأَنْتَ دَاخِلُهُ قُلْتُ لَهُمَا فَإِنِّي رَأَيْتُ مُنْدُ اللَّيْلَةَ عَجَبًا فَما هذا الذى رَأَيْتُ قَالاً لى أمَا إِنَّا سَنُخْبِرُكَ أَما الرَّجُلُ الأول الذي أتيتَ عَلَيْهِ يُبْلُغُ رَأْسَهُ بِالْحَجَرِ فَإِنَّهُ الرَّجُلُ يَأْخُذُ الْقُرْآنَ فَيَرْفُضُهُ وَيَنَامُ عَنِ الصلاة المكتوبة، وأما الرَّجُلُ الَّذِي آتَيْتَ عَلَيْهِ يُشَرُشَرُ شَدَّقَهُ إِلَى قَفَاهُ وَمَنْخِرُهُ إلى قَفَاهُ وَعَيْنُهُ إِلَى قَفَاهُ فَإِنَّهُ الرَّجُلُ يَغْدُو مِنْ بَيْتِهِ فَيَكْذِبُ الْكَلْبَةَ تَبْلُغُ الْأَفَاقَ، وَأَمَّا الرِّجَالُ وَالنِّسَاءُ الْعُرَاةُ الَّذِينَ هُمْ فِي مِثْلِ بِنَاءِ التَّنُّورِ فَإِنَّهُمُ الزَّنَاةُ والزواني. وأما الرَّجُلُ الَّذِي آتَيْتَ عَلَيْهِ يَسْبَحُ فِي النَّهْرِ وَيُلْقَمُ الْحِجَارَةَ فَإِنَّهُ أكل الربا. وأما الرَّجُلُ الكَريه المراة الذي عِنْدَ النَّارِ يَحْشُهَا وَيَسْعَى حَوْلَهَافَإِنَّهُ مَالِكَ خَازِنُ جَهَنَّمَ. وأما الرَّجُلُ الطويلُ الَّذِي فِي الرُّوضَةِ فَإِنَّهُ إِبْرَاهِيمَ عليه السلام. وأما الوِلْدَانُ الَّذِينَ حَوْلَهُ فَكُلُّ مَوْلُودِ مَاتَ عَلَى الْفِطْرَةِ، وَفِي روايَةِ الْبَرْقَانِي وَلِدَ عَلَى الْفِطْرَةِ فَقَالَ بَعْضُ الْمُسْلِمِينَ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَأَوْلَادُ الْمُشْرِكِينَ فَقَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَوْلَادُ الْمُشْرِكِينَ وَأَمَّا الْقَوْمُ الَّذِينَ كَانُوا شَطْرَ مِنْهُمْ حَسَنٌ وَشَطَرٌ مِنْهُمْ قَبِيحٌ فَإِنَّهُمْ قَوْمٌ خَلَطُوا عَمَلاً صَالِحًا وَآخَرَ سَيئًا تَجَاوَزَ اللَّهُ عَنْهُمْ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
وفي روايةٍ لَهُ رَأَيْتُ اللَّيْلَةَ رَجُلَيْنِ انيَانِي فَاخْرَجَانِي إِلَى أَرْضِ مُقَدِّسَةٍ ثُمَّ ذَكَرَهُ وقَالَ فَانطلقنا إلى نقب مثل التنور أعلاه ضيق وَاسْفَلَهُ وَاسِعٌ يَتَوَفَّدُ تَحْتَهُ نَارًا فاذا ارْتَفَعَتِ ارْتَفَعُوا حَتَّى كَادُوا أَنْ يُخْرُجُوا وَإِذَا خَمَدَتْ رَجَعُوا فِيهَا وَفِيهَا رجالٌ وَنِسَاءٌ عُرَاةٌ وَفِيهَا حَتَّى أَتَيْنَا عَلَى نَهْرٍ مِّنْ دَرٍ وَلَمْ يَسُكَ فِيهِ رَجُلٌ قَائِمٌ على وسط النَّهْرِ وَعَلَى شَطِ النَّهْرِ رَجُلٌ وبَيْنَ يَدَيْهِ حِجَارَةٌ فَأَقْبَلَ الرَّجُلُ الَّذِي فِي النهر فإذا أراد أن يخرجَ رَمَى الرَّجُلُ بِحَجَرٍ فِي فِيهِ فَرَدَّهُ حَيْثُ كَانَ فَجَعَلَ كُلَّمَا جَاءَ لِيَخْرُجَ جَعَلَ يَرْمِي فِي فِيهِ بِحَجَرٍ فَيَرْجِعُ كَمَا كَانَ، وَفِيْهَا فَصَعِنَا بِي الشجرة فادخلاني داراً لم از قط أحْسَنَ مِنْهَا فِيهَا رِجَالٌ شُيُوخٌ وَشَبَابٌ. وَفِيهَا الَّذِي رَأَيْتَهُ يُشَقُّ شَدْقَهُ فَكَذَابٌ يُحَدِّثُ بِالْكَذَّبَةِ فَتُحْمَلُ عَنْهُ حَتَّى تَبْلُغَ الأفَاقَ فَيُصْنَعُ بِهِ مَا رَأَيْتَ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ، وَفِيهَا الَّذِي رَأَيْتَهُ يُشْدَخُ رَأْسُهُ فَرَجُلٌ عَلَّمَهُ اللهُ الْقُرْآنَ فَنَامَ عَنْهُ بِاللَّيْلِ وَلَمْ يَعْمَل فِيهِ بِالنَّهَارِ فَيُفْعَلُ بِه إِلى يَوْمِ الْقِيَامَةِ. والدار الأولى التي دَخَلْتَ دَارُ عَامَّةِ الْمُؤْمِنِينَ وَأَمَّا هَذِهِ الدَّارُ قدار الشهداء وأنا جبْرِيلُ وهذا ميكائيل فَارْفَعْ رَأْسَكَ فَرَفَعْتُ رَأْهِي فَإِذَا فَوقِي مِثْلُ السَّحَابِ قَالاً ذاكَ منزلكَ قُلْتُ دَعَانِي أَدْخَلُ مَنْزِلِي قَالَا إِنَّهُ بَنِي لكَ عُمْرٌ لَمْ تَسْتَكْمِلُهُ فَلَوْ اسْتَكْمَلْتَهُ أَتَيْتَ مَنْزِلِكَ رَوَاهُ الْبُخَارِي
1546. D’après Samura ibn Jundub (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) demandait souvent à ses Compagnons : « L’un de vous a-t-il fait un rêve ? » Celui à qui Allah en donnait la possibilité lui racontait son rêve. Un matin, il nous dit : « Cette nuit, deux visiteurs sont venus me voir en rêve. Ils m’ont dit : “Viens avec nous.” Je partis avec eux. Nous arrivâmes auprès d’un homme étendu sur le dos. Un autre homme se tenait devant lui avec une pierre. Il frappait avec cette pierre la tête de l’homme couché et la réduisait en bouillie. Lorsqu’il lançait la pierre, celle-ci roulait au loin. L’homme allait alors la reprendre et, dès qu’il revenait avec elle, la tête de l’autre redevenait comme auparavant. Il revenait ensuite auprès de lui et le châtiait de nouveau comme précédemment — et ce châtiment se poursuivait ainsi sans interruption. » Il dit : « Je demandai à mes deux compagnons : “Gloire à Allah ! Qui sont ces gens ?” Ils me répondirent : “Avance, avance.” »
Nous avançâmes donc et arrivâmes auprès d’un homme couché, le cou tordu. Un autre homme se tenait près de lui avec un crochet de fer. Il lui déchirait un côté du visage, depuis la bouche, le nez et l’œil jusqu’à la nuque. Puis il déchirait l’autre côté de son visage de la même manière, depuis la tête, le nez et l’œil jusqu’à la nuque. Dès qu’il achevait de déchirer le second côté, le premier redevenait comme auparavant. L’homme revenait alors de ce côté et recommençait à le déchirer comme précédemment — et ce châtiment se poursuivait ainsi sans interruption. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Je demandai : “Gloire à Allah ! Qui sont ces gens ?” » Tous deux me dirent : « Avance, avance. »
Nous poursuivîmes notre chemin et arrivâmes près d’une fosse semblable à un four. Le rapporteur du hadith dit : « Je crois qu’il a dit qu’il y avait dans la fosse de grands cris et un tumulte. » Nous y regardâmes et vîmes de nombreux hommes et femmes nus. Des flammes ardentes s’élevaient sous eux. Lorsqu’elles les enveloppaient, ils poussaient de grands cris. Je leur demandai : « Qui sont ces gens ? » Ils me répondirent : « Avance, avance. »
Nous avançâmes et arrivâmes au bord d’une source. Le rapporteur dit : « Je crois qu’il a dit que son eau était rouge comme le sang. » Un homme nageait dans la source, tandis qu’un autre se tenait sur la rive, avec un tas de pierres près de lui. Chaque fois que le nageur s’approchait de l’homme sur la rive, celui-ci lui lançait une pierre au visage, lui fracassant la figure. Le nageur retournait alors nager. Ainsi, chaque fois qu’il atteignait la rive après avoir nagé, l’autre lui lançait une pierre et lui broyait le visage. Je demandai à mes deux compagnons : « Qui sont ces gens ? » Ils me répondirent : « Avance, avance. »
Nous poursuivîmes notre chemin et arrivâmes auprès d’un homme d’une apparence repoussante. On voit rarement un homme au visage aussi laid que le sien. Devant lui se trouvait un feu ardent, autour duquel il tournait sans cesse. Je demandai à mes compagnons : « Qui sont ces gens ? » Ils me répondirent : « Avance, avance. »
De là, nous poursuivîmes notre chemin et arrivâmes dans un jardin verdoyant, orné de fruits de toutes sortes, comme au printemps. Au milieu du jardin, nous aperçûmes un homme de très grande taille. En raison de sa hauteur, je ne parvenais pour ainsi dire pas à voir sa tête ; il semblait que sa tête touchait le ciel. Autour de lui se trouvaient beaucoup de petits enfants, que je n’avais jamais vus auparavant. Je demandai à mes deux compagnons : « Qui est cet homme et qui sont ces enfants ? » Ils me répondirent : « Avance, avance. »
De là, nous poursuivîmes notre chemin et arrivâmes auprès d’un arbre immense. Je n’avais jamais vu auparavant d’arbre plus grand ni plus beau que celui-là. Ils me demandèrent de grimper à l’arbre. En le gravissant, nous parvînmes tous à une ville bâtie de briques d’or et d’argent. Lorsque nous atteignîmes la porte de la ville et demandâmes qu’on nous l’ouvre, elle nous fut ouverte. En entrant, nous rencontrâmes des gens dont une moitié du corps était d’une grande beauté et l’autre moitié d’une extrême laideur ; il était rare de voir quelque chose d’aussi surprenant. Mes deux compagnons leur dirent : « Allez vous plonger dans cette source. » Une source traversait le milieu du jardin et son eau était parfaitement limpide. Ils allèrent s’y plonger, puis revinrent vers nous. Alors toute la laideur avait disparu de leurs corps, qui étaient devenus entièrement beaux et séduisants.
Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Mes deux compagnons me dirent : “Ceci est le Paradis nommé ‘Adn, et c’est là ta demeure.” Je levai les yeux et aperçus un palais d’une blancheur éclatante, semblable à un nuage blanc. Mes deux compagnons me dirent : “C’est ta demeure.” Je leur dis : “Qu’Allah vous accorde d’abondantes bénédictions. Laissez-moi entrer un instant pour la voir.” Ils répondirent : “Vous ne pouvez pas encore y entrer. Mais oui, c’est là que vous entrerez.” »
Je leur dis : « Cette nuit, j’ai vu beaucoup de choses étonnantes. Qu’ai-je donc vu ? » Ils répondirent : « Nous allons certainement vous en informer. »
Le premier homme auprès duquel vous êtes passé, dont la tête est fracassée à coups de pierres, avait mémorisé le Coran puis l’avait délaissé, et il s’endormait sans accomplir la prière obligatoire.
Le deuxième homme auprès duquel vous êtes passé, dont la tête, le nez et les yeux sont fendus jusqu’à la nuque au moyen d’un crochet de fer, sortait de chez lui le matin et proférait des mensonges qui se répandaient largement parmi les gens.
Troisièmement, les hommes et les femmes nus que vous avez vus dans la fosse de feu sont des hommes et des femmes adultères.
Quatrièmement, l’homme que vous avez vu nager dans le ruisseau et dont le visage était lapidé était un usurier.
Cinquièmement, l’homme hideux que vous avez vu allumer le feu et tourner autour de celui-ci est Mâlik, le gardien de l’Enfer.
Sixièmement, l’homme de grande taille qui se trouvait au milieu du jardin est Ibrâhîm. Quant aux enfants qui l’entouraient, ce sont ceux qui sont nés et sont morts dans la vraie religion.
Le rapporteur du hadith dit : un musulman demanda : « Ô Messager d’Allah, quel sera le sort des enfants des polythéistes ? » Le Messager d’Allah répondit : « Parmi eux se trouvent aussi les enfants des polythéistes. »
Septièmement, les hommes dont vous avez vu le corps moitié hideux et moitié beau s’étaient adonnés à des œuvres bonnes et à des œuvres mauvaises ; Allah leur a pardonné cette faute.
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith. Dans une autre version, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dit : « Cette nuit, deux hommes vinrent me trouver et m’emmenèrent dans une terre sacrée. » Puis il rapporta l’événement mentionné précédemment : « Nous partîmes et arrivâmes près d’une fosse semblable à un four. Sa partie supérieure était étroite et sa partie inférieure, large, et un feu y brûlait. À mesure que les flammes s’élevaient avec force, les personnes qui se trouvaient à l’intérieur montaient également, jusqu’à être sur le point de sortir par l’ouverture de la fosse. Lorsque l’intensité des flammes diminuait, elles étaient de nouveau précipitées au fond. Tous les hommes et toutes les femmes qui s’y trouvaient étaient nus. »
La suite du récit du hadith : « Ensuite, nous arrivâmes près d’un ruisseau rempli de sang. Un homme se tenait au milieu du ruisseau et un autre sur la rive. Devant celui-ci se trouvaient plusieurs pierres. Chaque fois que l’homme au milieu du ruisseau avançait et tentait d’en sortir, l’homme sur la rive lui lançait une pierre au visage et le ramenait à sa place. Ainsi, chaque fois qu’il essayait de remonter, l’autre lui jetait une pierre au visage, le repoussait et le contraignait à retourner à sa place. »
Il est également rapporté : « Mes deux compagnons me firent monter dans un arbre. Puis ils me firent entrer dans une demeure si magnifique que je n’en avais jamais vu auparavant de plus belle. J’y vis des gens de tous âges, jeunes et âgés. »
Il est également rapporté : « Celui que j’ai vu se faire fendre depuis le sommet de la tête jusqu’à la nuque était un menteur. Il disait des mensonges, qui étaient ensuite rapportés, et se répandaient ainsi dans le monde entier. Ce châtiment se poursuivra jusqu’au Jour de la Résurrection. »
Il est encore rapporté dans cette version : « Celui dont j’ai vu la tête être réduite en morceaux avait reçu d’Allah la faveur d’apprendre le Coran. Mais il l’abandonnait, passant ses nuits à dormir et n’agissant pas durant le jour conformément aux prescriptions du Coran. Lui aussi sera châtié de cette manière jusqu’au Jour de la Résurrection. »
« La première demeure dans laquelle vous étiez entré est la demeure des croyants ordinaires. Quant à cette demeure, c’est celle des martyrs. Je suis Jibrîl et lui est Mîkâ’îl. Levez la tête vers le haut. » Je levai la tête et vis au-dessus de moi quelque chose qui ressemblait à un nuage. Ils dirent tous deux : « Ceci est votre demeure. » Je dis : « Permettez-moi d’entrer un instant dans ma demeure. » Ils dirent : « Il vous reste encore une partie de votre vie, que vous n’avez pas achevée. Si vous aviez achevé votre vie, vous auriez pu entrer dans ce palais. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre : 8 — Les cas où il est permis de mentir
L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Mentir est en principe interdit. Toutefois, dans certains cas, cela est permis sous certaines conditions. J’ai traité cette question en détail dans mon ouvrage intitulé Kitâb al-Adhkâr. En résumé, voici ce qu’il en est : l’être humain ne parle que pour atteindre un objectif. Si un objectif bon peut être atteint sans mentir, il est alors interdit de mentir. Mais s’il est impossible de l’atteindre autrement, il est permis de mentir. Si l’objectif visé est permis, mentir dans ce cas est également permis. Et s’il est obligatoire, mentir devient également obligatoire. Par exemple, si un musulman se cache chez quelqu’un par crainte d’un injuste meurtrier, ou s’il a confié ses biens à quelqu’un pour éviter qu’ils ne soient pillés, et que l’injuste demande à cette personne où ils se trouvent, il lui devient obligatoire de mentir. De même, si un dépôt est confié à quelqu’un et qu’un injuste veut s’en emparer, il est obligatoire de mentir afin de le dissimuler. Dans ces situations, il faut parvenir à ses fins au moyen d’expressions métaphoriques. Les paroles doivent être prononcées avec une intention correcte. Dans ce cas, la personne n’est pas considérée comme menteuse, même si les mots semblent exprimer extérieurement un mensonge, ou si, du point de vue de celui à qui ils sont adressés, ils paraissent effectivement mensongers. Dans une telle situation, même si elle renonce à la ruse et dit directement un mensonge, cela ne sera pas interdit.
Pour démontrer que mentir est permis dans ces situations, les savants se sont appuyés sur un hadith rapporté par Umm Kulthûm (qu’Allah l’agrée). Le voici : elle dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire :
ليس الكتاب الذي يصلحN’est pas menteur celui qui réconcilie les gens, transmet une bonne parole ou en dit une bonne.بين الناس فيتمي خيراً أو يقول خيرا.
Celui qui rétablit la paix n’est pas un menteur ; au contraire, il favorise le bien et tient des propos bénéfiques. Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim. Dans sa version, l’imam Muslim a mentionné ces paroles : Umm Kulthûm (qu’Allah l’agrée) dit : je ne l’ai jamais entendu autoriser la ruse, sauf dans trois cas : en temps de guerre, pour réconcilier les gens et établir entre eux une trêve et la paix, et dans les échanges entre l’époux et son épouse ainsi qu’entre l’épouse et son époux.
Section 9 — Rapporter une parole après en avoir vérifié l’authenticité
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَلَا تَقْفُ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ.
Allah le Très-Haut dit :
« Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. » (Sourate al-Isrâ’, 36)
وَقَالَ تَعَالَى : مَا يَلْفِظُ مِنْ قَوْلِ إِلا لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ.
« Quelle que soit la parole qu’il prononce de sa bouche, un observateur constamment prêt se tient auprès de lui pour la consigner. » (Sourate Qaf, 18)
١٥٤٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كَفَى بِالْمَرْءِ كذبا أن يُحَدِّثَ بِكُلِّ مَا سَمِعَ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1547. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il suffit à quelqu’un, pour être considéré comme menteur, qu’il rapporte tout ce qu’il entend. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٤٨ – وَعَنْ سَمُرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ حَدَّثَ عَنِّي بِحَدِيثِ يَرَى أَنَّهُ كَذَّبٌ فَهُوَ أَحَدُ الْكَاذِبِينَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1548. Samoura (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui rapporte mensongèrement un hadith en mon nom, tout en sachant qu’il ment, est l’un des menteurs. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٤٩ – وَعَنْ أَسْمَاء رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنْ امْرَأَةً قَالَتْ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ لِي ضَرَّةٌ فَهَلْ عَلَى جُنَاحٌ إِنْ تَشَبِّعْتُ مِنْ زَوْجِي غَيْرَ الَّذِي يُعْطِينِي فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُتَشَبَعُ بما لم يُعط كَلابِسِ تَوْبَى زُورٍ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ الْمُسْبَعُ هُوَ الذي يُظهر الشبعَ وَلَيْسَ بِشَبْعَانَ وَمَعْنَاهُ هُنَا أَنَّهُ يُظْهِرُ أَنَّهُ حَصَلَ لَهُ فَضِيلَةٌ وليست حاصلة. ولابس ثوبى زور أى ذي زُورٍ وَهُوَ الَّذِي يُزَوِّرُ عَلَى النَّاسِ بِأَنْ يتربى يزي أهل الزهد أو العلم أو الثروة لِيَغْتَرَ بِهِ النَّاسُ وَلَيْسَ هُوَ بِتِلْكَ الصَّفَةِ وَقِيلَ غَيْرُ ذَلِكَ وَاللَّهُ أَعْلَمُ.
1549. D’après Asmâ’ (qu’Allah l’agrée), une femme dit : « Ô Messager d’Allah, j’ai une coépouse. Si je lui dis que mon mari m’a donné ceci, alors qu’il ne me l’a pas donné, commettrai-je un péché ? » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Celui qui fait croire qu’on lui a donné ce qui ne lui a pas été donné est semblable à celui qui porte deux vêtements de mensonge. » L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Al-mutashabbi’ désigne celui qui, bien qu’affamé, se présente comme rassasié de nourriture et de boisson. Il veut donner l’impression d’être digne d’honneur et de considération, alors qu’en réalité il ne l’est pas. L’expression « celui qui porte deux vêtements de mensonge » signifie : le menteur. Elle désigne celui qui veut tromper les gens en se présentant faussement devant eux comme un savant, un ascète ou un homme riche, alors qu’en réalité il ne l’est pas. Certains en ont également donné une autre interprétation.
Section : 10 – Le faux témoignage est strictement interdit
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَاجْتَنِبُوا قَوْلَ الزُّور.
Allah le Très-Haut dit :
« Éloignez-vous des paroles mensongères. » (Sourate al-Hajj : 30)
وقال تعالى : وَلَا تَقْفُ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ
« Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. » (Sourate al-Isrâ’ : 36)
وَقَالَ تَعَالَى : مَا يَلْفِظُ مِنْ قَوْل إِلا لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ.
« Un observateur, toujours prêt à conserver toute parole qu’il prononce de sa bouche, se tient auprès de lui. » (Sourate Qaf : 18)
« En vérité, ton Seigneur est aux aguets. » (Sourate Al-Fajr : 14)
وقَالَ تَعَالَى : إِنَّ رَبَّكَ لَبِالْمِرْصَادِ.وقال تعالى : وَالَّذِينَ لَا يَشْهَدُونَ الزُّورَ
« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui ne portent pas de faux témoignage. Lorsqu’ils passent auprès d’une futilité, ils s’en éloignent avec dignité, comme des gens convenables et honorables. » (Sourate Al-Furqan : 72)
١٥٥٠ – وَعَنْ أَبِي بَكْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسَلَّمَ إِلا أَتَيْتُكُمْ بِاكْبَرِ الْكَبَائِرِ قُلْنَا بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ الْإِشْرَاكَ بِاللَّهِ وَعُقُوقُ الوَالِدَيْنِ وَكَانَ مُتَكَنَّا فَجَلَسَ فَقَالَ إِلَّا وَقَوْلُ الزَّوْرِ فَمَا زَالَ يُكَبِّرُهَا حتَّى قُلْنَا لَيْتَهُ سَكَتَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1550. Abou Bakka (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Voulez-vous que je vous informe du plus grave des péchés ? » Nous répondîmes : « Oui, ô Messager d’Allah. » Il dit : « Associer quelque chose à Allah et maltraiter ses père et mère. » Il prononça ces paroles alors qu’il était accoudé. Puis il s’assit bien droit et dit : « Attention ! Et le faux témoignage. » Il ne cessa de répéter cette dernière parole, au point que nous nous dîmes : « Ah ! S’il pouvait maintenant se taire. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 11 — Il est interdit de maudire une personne déterminée ou un animal déterminé
١٥٥١ – عَنْ أَبِي زَيْدِ بْنِ ثَابِتِ بْنِ الصِّحاكِ الْأَنْصَارِيِّ وَهُوَ مِنْ أَهْلِ بَيْعَةِ الرضوان قالَ قَالَ رَسُولُ الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ خَلْفَ عَلَى يَمِين بملة غير الاسلام كَاذِبًا مُتَعَمِّداً فَهُوَ كَمَا قَالَ وَمَنْ قَتَلَ نَفْسَهُ بِشَيْءٍ عَذِّبَ بِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلَيْسَ عَلَى رَجُلٍ نَذَرَ فِيمَا لَا يَمْلِكُهُ وَلَعْنُ الْمُؤْمِنِ كَقَتْلِهِ متفق عَلَيْهِ.
1551. Rapporté d’Abou Zaïd Thabit ibn ad-Dahhak al-Ansari (qu’Allah l’agrée). Il participa au grand serment d’allégeance appelé Bay‘at ar-Ridwan. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui prête délibérément serment par une autre communauté ou religion que l’islam — en disant que, s’il faisait telle chose, il serait juif ou chrétien — sera considéré comme tel. Celui qui se suicidera au moyen d’une chose quelconque sera tourmenté, le Jour de la Résurrection, au moyen de cette même chose. Nul vœu ne peut être formulé au sujet d’une chose dont l’homme n’est pas propriétaire. Maudire un croyant équivaut à le tuer.
Al-Boukhari et Mouslim ont rapporté ce hadith.
١٥٥٢ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَنْبَغِي لِصِدِّيقَ أَنْ يَكُونَ لَعَانَا – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1552. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Il ne convient pas au croyant véridique d’être excessivement porté à maudire. Mouslim a rapporté ce hadith.
١٥٥٣ – وَعَنْ أَبِي الدَّرْدَاء رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يَكُونُ اللَّعَانُونَ شُفَعَاءَ وَلَا شُهَدَاءَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1553. Abou ad-Darda (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Ceux qui maudissent excessivement ne pourront être ni intercesseurs ni témoins le Jour de la Résurrection.
Mouslim a rapporté ce hadith.
١٥٥٤ – وَعَنْ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدَبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَلاعَتُوا بلعنة الله ولا يغضبه ولا بالنَّارِ. رواه أبو داود والترْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.
1554. D’après Samura ibn Jundub (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Ne vous maudissez pas les uns les autres en invoquant la malédiction d’Allah, Sa colère ou l’Enfer. »
L’imam Abû Dâwûd et l’imam At-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. L’imam At-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith hasan et sahih. »
١٥٥٥ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيْسَ الْمُؤْمِنُ بِالطَّعانِ وَلا اللعانِ وَلَا الْفَاحِشِ وَلَا الْبَدِي رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1555. D’après Abd Allah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Le croyant ne peut être ni moqueur, ni maudisseur, ni grossier, ni de mauvaise conduite.
L’imam At-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : “C’est un hadith hasan.” »
١٥٥٦ – وَعَنْ أبي الدرداء رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ الْعَبْدَ إِذ لَعَنَ شَيْئًا صعدت اللعْنَةُ إِلى السَّمَاء فَتُغْلَقُ أَبْوَابُ السَّمَاءِ دُونَهَا ثُمَّ تَهْبِطُ إِلَى الْأَرْضِ فَتُغْلَقُ أَبْوَابُهَا دُونَهَا ثُمَّ تَأْخُذُ يَمِينًا وَشِمَالاً فَإِذا لم تَجِدُ مَسَاعًا رَجَعَتْ إِلى الذي لُعِنَ فَإِنْ كَانَ أَهْلاً لِذلِكَ وَالا رَجَعَتْ إِلَى قَائِلِهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1556. D’après Abû Ad-Dardâ’ (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Lorsque le serviteur maudit quelque chose, la malédiction monte vers le ciel. Mais les portes du ciel se ferment aussitôt devant elle. Elle redescend alors vers la terre, dont les portes se ferment également devant elle. Elle se met donc à chercher à droite et à gauche. Si elle ne trouve aucun endroit où aller, elle revient vers celui qui a été maudit. Si celui-ci mérite la malédiction, elle s’abat sur lui ; sinon, elle revient vers celui qui l’a proférée. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith.
١٥٥٧ – وَعَنْ عِمْرَانَ بْنِ الْحُصَيْنِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ بَيْنَمَا رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي بَعْضِ أَسْفَارِهِ وَامْرَأَةٌ مِّنَ الْأَنْصَارِ عَلَى نَاقَةٍ فَضْحِرَتْ فَلَعَنَتَها فَسَمِعَ ذَلِكَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ خُذُوا مَا عَلَيْهَا وَدَعُوهَا فَإِنَّهَا مَلْعُوْنَةٌ قَالَ عِمْرَانَ فَكَانِي أَرَاهَا الْآنَ تَمْشِي فِي النَّاسِ مَا يَعْرِضُ لَهَا أَحَدٌ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1557. Selon ‘Imrân ibn al-Husayn (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) était en voyage, et nous étions avec lui. Une femme ansârite conduisait son chameau à vive allure tout en le maudissant. L’ayant entendue, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Déchargez les bagages qui se trouvent sur le dos de ce chameau, puis laissez-le libre, car il est désormais maudit. » ‘Imrân (qu’Allah l’agrée) dit : « Je vois encore comme si je regardais ce chameau : il errait parmi les gens, mais personne ne le regardait. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٥٨ – وَعَنْ أَبِي بَرْزَةً نَضْلَةَ بْنِ عُبَيْدِ الْأَسْلَمِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ بَيْنَمَا جَارِيَةٌ عَلَى نَاقَةٍ عَلَيْهَا بَعْضُ مَتَاعِ الْقَوْمِ إِذْ بَصُرَتْ بِالنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وتضايق بهِمُ الْجَبَلُ فَقَالَتْ حَلَّ اللهُمُ الْعَنْهَا فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تُصَاحِبْنَا نَاقَةٌ عَلَيْهَا لَعْنَةٌ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1558. Selon Abû Barza Nadla ibn ‘Ubayd al-Aslamî (qu’Allah l’agrée), une jeune femme voyageait un jour sur le dos d’un chameau qui portait également certains bagages des gens. Soudain, elle aperçut le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Le chemin de montagne devint étroit pour les membres du groupe. La jeune femme dit, en poussant son chameau : « Ô Allah, maudis-le ! » En entendant cela, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Un chameau maudit ne peut pas voyager avec nous. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : « Le sens de ce hadith semble difficile à comprendre, mais en réalité il n’en est pas ainsi. Ce hadith n’établit qu’une seule interdiction concernant ce chameau : celle de l’accompagner. En dehors de la proximité du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), il est permis de le vendre, de l’égorger et de monter sur son dos ; aucune interdiction de ce genre n’est établie par ce hadith. De même, il n’est pas interdit de l’utiliser pour d’autres activités en plus de celles-ci, car toutes ces actions sont permises. Seules certaines actions particulières ont été interdites. »
Section 12 — Il est permis de maudire les malfaiteurs sans préciser leurs noms
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَنْ أَظْلَمُ مِمَّنِ افْتَرَى عَلَى اللَّهِ كَذِبًا أَوْلَئِكَ يُعْرَضُونَ عَلَى ربِّهِمْ وَيَقُولُ الْأَشْهَادُ هُؤلاء الَّذِينَ كَذَبُوا عَلَى رَبِّهِمْ أَلَا لَعْنَةُ اللَّهِ عَلَى الظَّالِمِينَ.
Le Très-Haut dit :
« Qui est plus injuste que celui qui forge des mensonges au sujet d’Allah ? Ces gens seront présentés devant leur Seigneur, et les témoins témoigneront : ce sont eux qui ont forgé des mensonges au sujet de leur Seigneur. Sachez-le : la malédiction d’Allah est sur les injustes. » (Sourate Hûd : 18)
وقال تعالى : ونادى أصْحَبُ الْجَنَّةِ أصْحَب النَّارِ أَنْ قَدْ وَجَدْنَا مَا وَعَدَنَا رَبُّنَا حَقًّا فَهَلْ وَجَدْتُمُ ما وَعَدَ رَبُّكُمْ حَقًّا قَالُوا نَعَمُ فَاذْنَ مُؤَذِنَّ بَيْنَهُمْ أَنْ لَعْنَةُ اللَّهِ على الظالمين.
« Les habitants du Paradis appelleront les habitants de l’Enfer : “Nous avons bien trouvé véridiques les promesses que notre Seigneur nous avait faites. Avez-vous, vous aussi, bien trouvé véridiques les promesses que votre Seigneur vous avait faites ?” Ils répondront : “Oui.” Alors un annonceur proclamera parmi eux : “Que la malédiction d’Allah soit sur les injustes !” » (Sourate al-A‘râf : 88)
L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Il est établi par les hadiths authentiques que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a maudit et a dit : « Qu’Allah maudisse les femmes qui ajoutent des cheveux postiches et allongent ainsi leurs cheveux, ainsi que celles qui le leur font. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a également dit : Allah a maudit ceux qui pratiquent l’usure. Il a maudit ceux qui fabriquent des images d’êtres vivants. Il a dit : « Qu’Allah maudisse ceux qui déplacent illégalement les limites des terres. » Allah a maudit celui qui vole un œuf, celui qui fait du tort à ses parents ou les maudit, et celui qui immole une bête au nom d’un autre qu’Allah. Il dit aussi que celui qui introduit à Médine la Cité illuminée une pratique contraire à la Loi religieuse, ainsi que celui qui accorde refuge à une personne impliquée dans une innovation religieuse, encourent la malédiction d’Allah, de Ses anges et de tous les hommes. Il a invoqué la malédiction en disant : « Ô Allah ! Maudis les tribus de Ri‘l, Dhakwân et ‘Usayya, car elles ont désobéi à Allah et à Son Messager. » Ri‘l, Dhakwân et ‘Usayya sont les noms de trois tribus arabes. Il a dit : Allah Très-Haut a maudit les Juifs, car ils ont transformé les tombes de leurs prophètes en lieux de prosternation. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a maudit les hommes qui se parent à la manière des femmes et les femmes qui se parent à la manière des hommes. Toutes ces paroles figurent dans les hadiths authentiques. Certaines sont rapportées dans le Sahîh d’al-Bukhârî, d’autres dans le Sahîh de Muslim, et d’autres encore dans les deux recueils. Je me suis contenté ici de les évoquer brièvement.
Chapitre 13 — L’interdiction d’insulter injustement un musulman
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يُؤْذُونَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَيْرِ مَا اكْتَسَبُوا فَقَدِ احْتَمَلُوا بُهْتَانًا وَإِثْمًا مُّبِينًا.
Allah le Très-Haut dit :
« Ceux qui offensent injustement les croyants et les croyantes se chargent d’une énorme calomnie et d’un péché manifeste. » (Sourate al-Ahzâb : 58)
١٥٥٩ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبَابُ الْمُسْلِمِ فَسُوقَ وَقِتَالُهُ كُفْرٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1559. D’après Abdallah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Insulter les musulmans relève du fisq, et les combattre relève du kufr. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٦٠ – وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَا يَرْمِي رَجُلٌ رَجُلاً بِالْفِسْقِ أَوِ الْكُفْرِ إِلَّا ارْتَدَّتْ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يَكُنْ صَاحِبُهُ كَذَلِكَ رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1560. D’après Abû Dharr (qu’Allah l’agrée), il a entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Qu’aucun homme ne traite un autre homme de pervers ou de mécréant. Car s’il ne l’est pas réellement, cette accusation retombera sur celui qui l’a proférée. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
١٥٦١ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُتَسَابَانِ مَا قَالاً فَعَلَى الْبَادِى مِنْهُمَا حَتَّى يَعْتَدِي الْمَظْلُومُ رواه مسلم.
1561. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Parmi ceux qui s’insultent mutuellement, celui qui a commencé est coupable, à condition que la personne lésée (c’est-à-dire celle qui a été insultée en premier) ne dépasse pas les limites. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٦٢ – وَعَنْهُ قَالَ أَتِي النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِرَجُلٍ قَدْ شَرِبَ قَالَ اضْرِبُوهُ قال أبو هريرة قمنا الضارب بيده والضارب بنقله والضارب بشويه فلما انصرف قَالَ بَعْضُ الْقَوْمِ اخْزَاكَ اللهُ قَالَ لَا تَقُولُوا هَذَا لَا تُعِينُوا عَلَيْهِ الشَّيْطَانَ – رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1562. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme qui avait bu du vin fut amené devant le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue. Il dit : « Frappez-le. » Abû Hurayra dit : Certains d’entre nous le frappèrent de leur main, d’autres avec leur chaussure et d’autres encore avec leur vêtement. Lorsqu’il repartit, un homme dit : « Qu’Allah t’humilie ! » En entendant cela, il dit : « Ne dites pas de telles paroles. N’aidez pas Satan contre lui. »
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
١٥٦٣ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ قَذَفَ الا أن يكُونَ كَمَا قَالَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. مَمْلُوكَهُ بِالزِّنَا يُقَامُ عَلَيْهِ الْحَدُّ يَوْمَ الْقِيَامَةِ الا
1563. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : Si quelqu’un accuse sa servante de fornication, la peine légale lui sera appliquée au Jour de la Résurrection, sauf si l’esclave est effectivement comme il l’a prétendu.
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 14 — L’interdiction d’insulter injustement une personne morte ou sans raison conforme à la Charia
L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Il faut prendre garde à considérer comme licites les mauvaises actions, les innovations religieuses et autres actes commis par le défunt, et à s’y adonner. Des versets du Coran et des hadiths à ce sujet ont déjà été cités.
١٥٦٤ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلمَ لا تَسبُوا الْأَمْوَاتِ فَإِنَّهُمْ قَدْ أَفْضَوْا إِلَى مَا قَدَّمُوا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ
1564. Selon ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Ne diffamez pas les morts, car ils sont parvenus au lieu où ils recevront le fruit de ce qu’ils ont accompli. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Section : 15 — Interdiction de faire du tort
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يُؤْذُونَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَيْرِ مَا اكْتَسَبُوا فَقَدِ احْتَمَلُوا بُهْتَانًا وَإِثْمًا مُّبِينًا.
Le Très-Haut dit :
« Ceux qui font du tort aux croyants et aux croyantes sans qu’ils l’aient mérité se chargent d’une énorme calomnie et d’un péché manifeste. » (Sourate Al-Ahzab : 58)
١٥٦٥ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُسْلِمُ مَنْ سَلِمَ الْمُسْلِمُونَ مِنْ لِسَانِهِ وَبَدِهِ وَالْمُهَاجِرُ مَنْ هَجَرَ مَا نَهَى اللَّهُ عَنْهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1565. D’après ʿAbdullah ibn ʿAmr ibn al-ʿÂs (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Le véritable musulman est celui dont les autres musulmans sont à l’abri des méfaits de sa langue et de sa main. Et le véritable émigré est celui qui abandonne les actes qu’Allah a interdits. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٦٦ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَحَبُّ أَنْ يُزَحْزَحَعَنِ النَّارِ وَيُدْخَلَ الْجَنَّةَ فَلْتَأْتِهِ مَنِيتُهُ وَهُوَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَلْيَأْتِ إِلَى الناس الذي يُحِبُّ أَن يُؤْتَى اللَيْهِ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1566. D’après ʿAbdullah ibn ʿAmr ibn al-ʿÂs (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui désire être sauvé de l’Enfer et entrer au Paradis, qu’il meure en croyant en Allah et au Jour dernier, et qu’il traite les gens comme il souhaite qu’ils le traitent.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 16 : Interdiction de se vouer mutuellement haine et rancœur, de cesser de se rencontrer et de rompre les relations
قالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ فَأَصْلِحُوا بَيْنَ أَخَوَيْكُمْ وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ.
Allah le Très-Haut dit
« Les croyants ne sont que des frères. Réconciliez donc vos deux frères et craignez Allah, afin qu’il vous soit fait miséricorde. » (sourate al-Hujurât : 10)
وقال تعالى : بَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا مَنْ يُرْتَدَّ مِنْكُمْ عَنْ دِينِهِ فَسَوْفَ يَأْتِيَ اللَّهُ يقوم يُحِبُّهُمْ وَيُحِبُّونَه أَذلَّةٍ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى الْكَافِرِينَ يُجَاهِدُونَ في سَبِيلِ اللهِ وَلَا يَخَافُونَ لَوْمَةَ لائِم ذَلِكَ فَضْلُ اللَّهِ يُؤْتِيهِ مَنْ يُشَاءُ وَاللَّهُ واسع عليم.
« Ô vous qui croyez ! Si l’un d’entre vous renie sa religion, Allah fera venir des gens qu’Il aimera et qui L’aimeront, humbles et doux envers les croyants, mais durs et sévères envers les mécréants. Ils lutteront et combattront dans le sentier d’Allah, sans craindre le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce particulière d’Allah ; Il l’accorde à qui Il veut. Et Allah est le Détenteur d’une immense largesse. Il est Omniscient. » (Sourate al-Mâ’idah : 54)
وقال تعالى : مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللهِ وَالَّذِينَ مَعَهُ أَشِدَّاءُ عَلَى الْكُفَّارِ رُحَمَاءُ بَيْنَهُمْ تَرَاهُم رَكعًا سُجَّدًا يَبْتَغُونَ فَضْلًا مِّنَ اللَّهِ وَرِضْوَانًا.
« Muhammad est le Messager d’Allah, et ceux qui sont avec lui sont très durs envers les mécréants, mais pleins de bonté les uns envers les autres. Tu les verras inclinés, prosternés, recherchant la grâce d’Allah et Sa satisfaction. » (Sourate al-Fath : 29)
١٥٦٧ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تَبَاغَضُوا وَلَا تَحَاسَدُوا ولا تَدَابَرُوا ولا تقاطعوا وَكُونُوا عِبَادَ اللهُ اخْوَانًا وَلا يَحِلُّ لِمُسْلِمِ أَن يُهْجَرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلَاثَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1567. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ne vous enviez pas les uns les autres, ne nourrissez pas de haine ni d’hostilité les uns envers les autres, ne vous évitez pas et ne rompez pas vos relations. Ô serviteurs d’Allah ! Soyez des frères. Il n’est pas permis à un musulman de délaisser son frère musulman pendant plus de trois jours. » [Note : 1. Le célèbre traditionniste et hâfiz Ibn Hajar al-‘Asqalânî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a cité, dans son commentaire de la phrase : « Ô serviteurs d’Allah ! Soyez des frères », une explication de l’éminent imam al-Qurtubî. En d’autres termes : « Soyez liés les uns aux autres comme des frères germains, dans la compassion, le partage des peines et des épreuves, le souci, l’affection, l’amour, l’aide et la coopération, ainsi que dans tous les domaines similaires. Cette fraternité ne peut être établie que si l’on évite tout ce qui peut détériorer les relations. Sinon, l’hostilité naît à la place de la fraternité ; alors les fruits de la fraternité ainsi que la bonne moralité sont détruits. »]
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٦٨ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ تُفتح أبواب الْجَنَّةِ يَوْمَ الاثنين وَيَوْمَ الْخَمِيسِ فَيُغْفَرُ لِكُلِّ عَبْدِ لَا يُشْرِكُ بالله شَيْئًا إِلا رَجُلاً كَانَتْ بَيْنَهُ وَبَيْنَ أخيه شَحْنَاءُ فَيُقَالُ انْظُرُوا هَدَيْنِ حَتَّى يصطلحا انظُرُوا هَذَيْنِ حَتَّى يَصْطلحا . رَوَاهُ مُسْلِمٌ، وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ تُعْرَضُ الْأَعْمَالُ فِي كُلِّ يَوْمٍ خَمِيشَ وَاثْنَيْنِ وَذَكَرَ نَحْوَهُ.
1568. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Les portes du Paradis sont ouvertes chaque lundi et chaque jeudi. Allah pardonne à celui qui ne Lui associe rien. Quant à ceux qui sont en conflit avec leur frère musulman, il est dit à leur sujet : “Laissez-les en attente afin qu’ils puissent rétablir leurs relations ; laissez-les en attente afin qu’ils puissent rétablir leurs relations.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Les œuvres des serviteurs sont présentées chaque lundi et chaque jeudi. » La suite du hadith est telle qu’elle a été mentionnée précédemment, avec un contenu similaire.
Chapitre 17 — L’interdiction de l’envie
L’envie consiste à souhaiter la disparition du bienfait qu’Allah a accordé à une personne. Ce bienfait peut être mondain ou religieux.
قَالَ اللهُ تَعَالَى : أَمْ يَحْسُدُونَ النَّاسَ عَلَى مَا أَتَاهُمُ اللَّهُ مِنْ فَضْلِهِ ، فَقَدْ أَتَيْنَا ال إبراهيم الكتب وَالْحِكْمَةَ وَأَتَيْتُهُمْ مُلْكًا عَظِيمًا.
Le Très-Haut dit :
« Envient-ils les autres uniquement parce qu’Allah leur a accordé de Sa grâce particulière ? S’il en est ainsi, qu’ils sachent que Nous avons donné aux descendants d’Ibrâhîm le Livre et la sagesse, et que Nous lui avons donné un immense royaume. » (Sourate An-Nisâ’, 54)
١٥٦٩ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اياكُمْ وَالْحَسَدَ فَإِنَّ الْحَسَدَ يَأْكُلُ الْحَسَنَاتِ كَمَا تَأْكُلُ النَّارُ الْحَطِبَ أَوْ قَالَ العشب رواه أبو داود.
1569. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Éloignez-vous de l’envie, car l’envie détruit les bonnes qualités de l’être humain comme le feu réduit en cendres le bois sec ou l’herbe. »
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith.
Chapitre 18 — Interdiction de rechercher les défauts des uns et des autres et d’écouter furtivement les conversations
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَلَا تَجَسَّسُوا
Allah le Très-Haut dit :
« Ne recherchez pas les défauts les uns des autres. » (Sourate Al-Hujurât, 12)
وقال تعالى : وَالَّذِينَ يُؤْذُونَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَيْرِ مَا اكْتَسَبُوا فَقَدِ احْتَمَلُوا بُهْتَانًا وَأَثْمًا مُّبِينًا.
« Ceux qui offensent injustement les croyants et les croyantes se chargent d’une énorme calomnie et d’un péché manifeste. » (Sourate Al-Ahzâb, 58).
١٥٧٠ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِيَّاكُمْ وَالظَّنِّ فَإِنَّ الظَّن اكذبُ الْحَدِيثِ وَلَا تَحَسَّسُوا وَلَا تَجَسَّسُوا وَلَا تَنَافَسُوا وَلا تَحَاسَدُوا وَلا تَبَاغَضُوا وَلا تَدابَرُوا وَكُونُوا عِبَادَ اللهِ اخْوَانًا كَمَا أمَرَكُمُ الْمُسْلِمُ أخو المسلم لا يَظْلِمُهُ ولا يخذله ولا يحقره التقوى ههنا التقوى ههنا ويُشير إلى صدره بحسب امرئ من الشَّرِّ أَنْ يُحْفِرَ أَخَاهُ الْمُسْلِمَ كُلُّ الْمُسْلِمِ عَلَى الْمُسْلِمِ حَرَامٌ دَمُهُ وَعِرْضُهُ وَمَالُهُ إِنَّ اللَّهَ لَا يَنْظُرُ إِلَى أَجْسَادِكُمْ ولا إلى صُورِكُمْ وَلَكِن يُنظرُ إِلى قُلُوبِكُمْ وَأَعْمَالِكُمْ وَفِي رِوَايَةٍ لَا تَحَاسَدُوا وَلَا تَبَاغَضُوا وَلَا تَجَسَّسُوا وَلَا تَحَسَّسُوا وَلَا تَنَاجَسُوا وَكُونُوا عِبَادَ الله اخْوَانًا. وفي روايةٍ لا تَقَاطَعُوا وَلَا تَدَابَرُوا وَلَا تَبَاغَضُوا وَلَا تَحَاسَدُوا وَكُونُوا عِبَادَ اللَّهِ اخوانا . وفي روايةٍ لا تَهَاجَرُوا وَلَا يَبعُ بَعْضُكُمْ عَلَى بَيْعِ بَعْضٍ رَوَاهُ مُسْلِمٌ بكل هذه الرِّوَايَاتِ وَرَوَى الْبُخَارِيُّ اكْثَرُهَا .
1570. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Prenez garde et abstenez-vous des conjectures infondées, car les conjectures infondées sont les plus mensongères des paroles. Ne cherchez pas à découvrir les défauts des gens, ne vous mettez pas à rechercher les défauts les uns des autres, ne vous livrez pas à la surenchère, ne vous enviez pas et ne rompez pas vos relations. Ô serviteurs d’Allah, soyez frères les uns envers les autres, comme Il vous l’a ordonné. Le musulman est le frère du musulman : il ne doit pas lui faire la guerre, l’humilier ni le mépriser. La piété et la crainte révérencielle d’Allah sont ici. » En disant cela, il désigna sa poitrine. « Il suffit à un homme pour être mauvais qu’il méprise ou haïsse son frère musulman. Le sang, l’honneur et les biens de chaque musulman sont sacrés pour tout autre musulman. Allah ne regarde ni vos corps ni vos visages, mais Il regarde vos cœurs et vos œuvres. »
Dans une autre version, il est dit : « Ne vous enviez pas et ne vous haïssez pas les uns les autres, ne cherchez pas à découvrir les défauts et ne surenchérissez pas sur l’offre d’autrui. » Ô serviteurs d’Allah, établissez entre vous des liens fraternels. Dans une autre version, il est dit : « Ne rompez pas vos relations, ne cessez pas de prendre des nouvelles les uns des autres et ne vous enviez pas. Ô serviteurs d’Allah, soyez frères les uns envers les autres. » Dans une autre version encore, il est dit : « Ne vous abandonnez pas les uns les autres. Qu’aucun de vous ne fasse une transaction par-dessus la transaction d’un autre. » [Note : 1. Le terme original est « tanâjus ». Il désigne le fait qu’une personne propose un prix pour une marchandise, puis qu’une autre propose un prix supérieur pour la même marchandise ; ou encore le fait de se faire passer pour un acheteur fictif, en servant d’intermédiaire au vendeur, afin d’augmenter le prix de la marchandise devant le véritable acheteur ; ainsi que le fait de vanter indûment la marchandise du vendeur pour la rendre attrayante à l’acheteur, etc. Ces pratiques sont interdites dans les transactions commerciales.]
L’imam Muslim a rassemblé les versions susmentionnées, et l’imam al-Bukhârî en a inclus la plupart dans son recueil.
١٥٧١ – وَعَنْ مُعَاوِيَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّكَ إِنِ اتَّبَعْتَ عَوْرَاتِ الْمُسْلِمِينَ أَفْسَدْتَهُمْ أَوْ كُنْتَ أَنْ تُفْسِدَهُمْ حديث صحيح رواه أبو داود بإسناد صحيح .
1571. Mu‘âwiya (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : “Si tu te mets à rechercher les défauts des musulmans, tu les entraîneras dans le scandale ou tu seras sur le point de les y entraîner.” »
C’est un hadith authentique. L’imam Abû Dâwûd l’a rapporté avec une chaîne de transmission authentique.
١٥٧٢ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ أَتِي بِرَجُلٍ فَقِيلَ لَهُ هُذَا فُلَانٌ تقطرُ لِحْيَتُهُ خَمْرًا فَقَالَ إِنَّا قَدْ نُهِينَا عَنِ النَّجَسِ وَلَكِنْ إِنْ يُظْهَرْ لَنَا شَيْ نَأْخُذْ بِهِ – حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِإِسْنَادِ عَلَى شَرْطِ الْبُخَارِي وَمُسْلِمٍ
1572. ‘Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte : « On lui amena un homme et on lui dit : “Voici untel ; l’alcool dégouline de sa barbe (on en sent l’odeur).” ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée) dit : “Il nous a été interdit de rechercher les défauts des gens. Mais lorsqu’une chose de cette nature devient manifeste devant nous, nous pouvons alors agir à son encontre.”
Ce hadith est jugé bon et authentique. L’imam Abû Dâwûd l’a rapporté avec une chaîne de transmission répondant aux conditions retenues par les imams al-Bukhârî et Muslim.
Section : 19 – Interdiction de nourrir sans raison de mauvaises pensées à l’égard d’un musulman
قَالَ اللهُ تَعَالَى: بَايُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اجْتَنِبُوا كَثِيرًا مِنَ الظَّنِّ إِنَّ بَعْضَ الظَّنِّ إِثْمٌ.
Allah le Très-Haut dit :
« Ô vous qui croyez ! Évitez de nourrir trop de soupçons, car certains soupçons sont des péchés. » (Sourate al-Hujurât : 12)
١٥٧٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِيَّاكُمْ وَالظَّنِّ فَإِنَّ الظَّنِّ اكذبُ الْحَدِيثِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1573. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Prenez garde ! Éloignez-vous des suppositions et des conjectures, car les suppositions et les conjectures sont les paroles les plus mensongères.
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section : 20 – Interdiction de mépriser les musulmans
قالَ اللهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا يَسْخَرُ قَوْمٌ مِنْ قَوْمٍ عَسَى أَنْ يكُونُوا خَيْرًا مِنْهُمْ وَلَا نِسَاءٌ مِنْ نِسَاءٍ عَسَى أَنْ يُكُنَّ خَيْرًا مِنْهُنَّ وَلَا تَلْمِزُوا انفُسَكُمْ وَلَا تَنَابَزُوا بِالْأَلْقَابِ بِئْسَ الْاسْمُ الْفُسُوقُ بَعْدَ الْإِيْمَانِ وَمَنْ لَمْ يَتُبْ فَأُولَئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ.
Le Très-Haut dit :
« Ô vous qui croyez ! Que les hommes ne se moquent pas les uns des autres. Il se peut que ceux dont on se moque soient meilleurs qu’eux. Et que les femmes ne se moquent pas les unes des autres. Il se peut que celles dont on se moque soient meilleures qu’elles. Ne vous lancez pas d’injures les uns aux autres et ne vous donnez pas de sobriquets offensants. Quelle mauvaise chose que de se livrer à la perversité après avoir cru ! Ceux qui ne se repentent pas et ne cessent pas de tels agissements sont les injustes. » (Sourate Al-Hujurât : 11)
وقَالَ تَعَالَى : وَيْلٌ لِكُلِّ هُمَزَةٍ أَمَزَةٍ.
« Malheur à tout homme qui injurie les gens en face et divulgue leurs défauts dans leur dos. » (Sourate Al-Humazah : 1)
١٥٧٤ وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بِحَسْبِ امْرِئٍ مِنَ الشَّرِّ أَنْ يُحْفِرَ أَخَاهُ الْمُسْلِمَ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1574. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Il suffit à l’homme, pour être mauvais, de mépriser son frère musulman. L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٧٥ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ مَنْ كَانَ فِي قَلْبِهِ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ مِنْ كَبْرِ فَقَالَ رَجُلٌ إِنَّ الرَّجُلَ يُحِبُّ أن يكونَ ثَوْبُهُ حَسَنًا وَنَعْلَهُ حَسَنَةً فَقَالَ إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ يُحِبُّ الْجَمَالَ الْكَبْرُ بطرُ الْحَقِّ وَغَمْطُ النَّاسِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1575. D’après ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui possède dans son cœur ne serait-ce que le poids d’un atome d’orgueil n’entrera pas au Paradis. » Un homme demanda : « Une personne aime pourtant que ses vêtements, ses chaussures, etc., soient beaux. » Il répondit : « Certes, Allah est Beau et Il aime la beauté. L’orgueil consiste à rejeter la vérité et à mépriser les gens. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam Muslim.
١٥٧٦ – وَعَنْ جُنْدَبِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ رَجُلٌ وَاللهِ لَا يَغْفِرُ لِفُلانٍ فَقَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلٌ مَنْ ذَا الَّذِي يتالى على أن لا أغْفِرَ لِفُلان إِنِّي قَدْ غَفَرْتُ لَهُ وَأَحْبَطْتُ عَمَلَكَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1576. D’après Jundub ibn ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Un homme dit : “Par Allah, Allah ne pardonnera pas à untel.” Alors Allah, Exalté soit-Il, dit : “Qui donc ose jurer par Mon nom que Je ne pardonnerai pas à untel ? Je lui ai pardonné et J’ai annulé toutes tes œuvres.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 21 — Interdiction de se réjouir ou de manifester sa satisfaction en voyant la souffrance d’un musulman
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ.
Allah, Exalté soit-Il, dit :
« Les croyants sont frères les uns des autres. » (Sourate Al-Hujurât : 10)
وقال تعالى : إِنَّ الَّذِينَ يُحِبُّونَ أَنْ تَشِيعَ الْفَاحِشَةُ فِي الَّذِينَ آمَنُوا لَهُمْ عَذَابٌ اليم في الدُّنْيا وَالْآخِرَةِ ، وَاللَّهُ يَعْلَمُ وَأَنْتُمْ لَا تَعْلَمُونَ.
« Ceux qui souhaitent que l’indécence et l’obscénité se répandent parmi les croyants subiront un châtiment douloureux ici-bas et dans l’au-delà. Allah sait, tandis que vous ne savez pas. » (Sourate An-Nûr : 19)
١٥٧٧ – وَعَنْ وَائِلَةَ بْنِ الْأَسْفَعِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ لا تُظهر السَّمَائَةَ لأَخِيكَ فَيَرْحَمَهُ اللهُ وَيَبْتَلِيكَ رَوَاهُ التَّرْمِنِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1577. Wâthila ibn al-Asqaʿ rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Ne te réjouis pas du malheur de ton frère, car Allah lui accordera Sa grâce et t’y plongera. »
L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il s’agit d’un hadith hasan.
Chapitre 22 — Il est interdit de railler les liens de filiation bien établis
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يُؤْذُونَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَيْرِ مَا اكْتَسَبُوا فَقَدِ احْتَمَلُوا بُهْتَانًا وَأَثْمًا مُّبِينًا.
Le Très-Haut dit :
« Ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu’ils l’aient mérité se chargent assurément d’une très grande calomnie et d’un péché manifeste. » (Sourate Al-Ahzab : 58)
١٥٧٨ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اثْنَتَانِ فِي النَّاسِ هُمَا بِهِمْ كُفر الطعنُ فِي النَّسَبِ وَالنِّيَاحَةُ عَلَى الْمَيِّتِ رَوَاهُ مُسلم.
1578. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Deux choses présentes chez les gens constituent pour eux une cause de mécréance : dénigrer les lignées et se lamenter sur les morts. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 23 — Interdiction de tromper et de frauder
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يُؤْدُّونَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَيْرِ مَا اكْتَسَبُوا فَقَدِ احْتَمَلُوا بُهْتَانًا وَأَثْمًا مُبِينًا.
Le Très-Haut dit :
« Ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu’ils aient commis aucune faute se chargent d’une très grande calomnie mensongère et d’un péché manifeste. » (Sourate Al-Ahzab : 58)
١٥٧٩ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ حَمَلَ عَلَيْنَا السّلاحَ فَلَيْسَ مِنَّا وَمَنْ غَشْنَا فَلَيْسَ مِنَّا رَوَاهُ مُسْلِمٌ
وفي روايةٍ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ عَلَى صُبْرَةٍ طَعَامٍ فَأَدْخَلَ يَدَهُ فيهَا فَنَالَتْ أصابعه بللاً فَقَالَ ما هذا يا صاحِبَ الطَّعَامِ قَالَ أَصَابَتْهُ السَّمَاءُ يَا رسُولَ اللهِ قَالَ أَفَلَا جَعَلْتَهُ فَوْقَ الطَّعَامِ حَتَّى بَرَاهُ النَّاسُ مَنْ غَشْنَا فَلَيْسَ مِنَّا.
1579. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui porte les armes contre nous ne fait pas partie des nôtres. Et celui qui nous trompe ne fait pas non plus partie des nôtres. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : alors que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) passait près d’un tas de céréales, il y plongea la main. Ses doigts lui parurent humides. Il dit : « Ô propriétaire des céréales, qu’est-ce donc ? » L’homme répondit : « Ô Messager d’Allah, elles ont été mouillées par la pluie. » Il dit : « Alors, pourquoi ne les as-tu pas placées au-dessus, afin que les gens puissent les voir et les acheter en connaissance de cause ? Celui qui nous trompe ne fait pas partie des nôtres. »
١٥٨٠ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تَنَاجَشُوا -متفق عليه.
1580. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne surenchéris pas sur l’offre de ton frère. » L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٨١ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنِ النجش – متفق عليه.
1581. Rapporté d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée). Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a interdit de surenchérir sur l’offre d’un autre.¹ L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. [Note : pour l’explication du terme « najsh », voir la note du hadith n° 1570.]
١٥٨٢ – وَعَنْهُ قَالَ ذَكَرَ رَجُلٌ لِرَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ يُخْدَعُ فِي الْبُوعِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ مَنْ بَايَعْتَ فَقُلْ لَا خِلَابَةً مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1582. Rapporté d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée). Il dit : un homme vint voir le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui dit qu’il était victime de tromperies dans les transactions commerciales. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui dit : « Dis à celui avec qui tu effectues une transaction : “Il n’y aura aucune tromperie.” »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٨٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ خَيْبَ زَوْجَةَ امْرِئٍ أَوْ مَمْلُوكَهُ فَلَيْسَ مِنَّا رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ.
1583. Rapporté d’après Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée). Il dit : le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Celui qui trompe l’épouse ou l’esclave d’autrui et corrompt sa moralité ne fait pas partie des nôtres. »
L’imam Abu Dawud a rapporté ce hadith.
Section : 24 — Il est interdit de manquer à sa promesse
قَالَ اللهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَوْفُوا بِالْعُقُودِ.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Ô vous qui croyez ! Respectez les engagements que vous avez contractés. » (Sourate al-Mâ’idah : 1)
وقال تعالى : وأَوْفُوا بِالْعَهْدِ إِنَّ الْعَهْدَ كَانَ مَسْئُوْلاً.
« Respectez vos promesses et vos engagements, car vous aurez à en rendre compte. » (Sourate Banî Isrâ’îl : 34)
١٥٨٤ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ارْبَعٍ مَنْ كُنْ فِيهِ كَانَ مُنَافِقًا خَالِصًا وَمَنْ كَانَتْ فِيهِ خَصْلَةٌ مِنْهُنَّ كَانَ فِيهِ خَصْلَةٌ مِنَ النِّفَاقِ حَتَّى يَدَعَهَا إِذَا أَوْ تُمِنَ خَانَ وَإِذَا حَدَّثَ كذبَ وَإِذا عَاهَدَ غَدَرَ وَإِذَا خَاصَمَ فَجَرَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1584. Abdallah ibn Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui possède ces quatre défauts est un hypocrite avéré. Et celui qui possède l’un de ces défauts a en lui un trait d’hypocrisie jusqu’à ce qu’il l’abandonne : il trahit le dépôt qui lui est confié, ment chaque fois qu’il parle, rompt ses promesses ou ses engagements et emploie des paroles obscènes dans les disputes. »
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٨٥ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عُمَرَ وَأَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ قَالُوا قَالَ النبي صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِكُلِّ غَادِرٍ لواء يَوْمَ الْقِيَامَةِ يُقَالُ هَذِهِ غَدْرَةٌ فلان مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1585. Rapporté d’après ʿAbdullah ibn Masʿûd, ʿAbdullah ibn ʿUmar et Anas — qu’Allah les agrée. Ils dirent : Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Le Jour de la Résurrection, un étendard sera dressé pour chaque traître, et il sera dit : “Voici l’étendard de la trahison d’un tel.” »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٨٦ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لِكُلِّ غادر لواء عِندَ اسْتِه يَوْمَ الْقِيَامَةِ يُرْفَعُ لَهُ بِقَدْرِ غَدْره الا ولا غادر اعظم غَدْرًا مِنْ أَمِيرِ عَامَّةٍ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1586. Rapporté d’après Abû Saʿîd al-Khudrî — qu’Allah l’agrée. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Le Jour de la Résurrection, un étendard sera dressé pour chaque traître, à hauteur de ses deux fesses. Il sera élevé en fonction de l’ampleur de sa trahison. Prenez garde : il n’y aura pas de traître plus grand que le dirigeant de l’ensemble de la communauté. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. [Note : « Amîr ʿâmmah » signifie le dirigeant de l’ensemble des gens, la personne investie de la plus haute responsabilité de la nation.]
١٥٨٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قَالَ اللهُ تَعَالَى ثَلَاثَةً أَنَا خَصْمُهُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ رَجُلٌ أَعْطَى بِن ثُمَّ غَدَرَ ورجل بَاعَ حُراً فَأَكَلَ ثَمَنَهُ وَرَجُلٌ اسْتَأْجَرَ اجيرًا فَاسْتَوْفِى مِنْهُ وَلَمْ يُعْطه أَجْرَهُ – رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1587. Rapporté d’après Abû Hurayrah — qu’Allah l’agrée. Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : Allah Très-Haut a dit : « Le Jour de la Résurrection, Je serai l’adversaire de trois personnes : celui qui prend un engagement en Mon nom puis le rompt ; celui qui vend une personne libre et consomme le prix de sa vente ; et celui qui engage un ouvrier, lui fait accomplir entièrement son travail, puis ne lui verse pas son salaire. »
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
Chapitre 25 – Interdiction de rappeler avec reproche les cadeaux, les aumônes et autres dons après les avoir accordés
قَالَ اللهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تُبْطِلُوا صَدَقَاتِكُمْ بِالْمَنِّ وَالْأَذَى . كَالَّذِي يُنْفِقُ مَالَةَ رِئَاءَ النَّاسِ وَلَا يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ، فَمَثَلُهُ كَمَثَلِ صفوان عَلَيْهِ تُراب فَأَصَابَه وابل فتَرَكَهُ صَلنا ، لا يَقْدِرُونَ عَلَى شَيْءٍ مِّمَّا كسبوا ، وَاللَّهُ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَفِرِينَ.
Allah le Très-Haut dit :
« Ô vous qui croyez ! N’annulez pas vos aumônes en les rappelant avec reproche et en causant du tort, à l’image de celui qui dépense ses biens par ostentation, sans croire ni en Allah ni au Jour dernier. Son exemple est celui d’un immense rocher recouvert d’une couche de terre : lorsqu’une pluie torrentielle l’atteint, elle emporte toute la terre et le laisse nu et lisse. Ceux-là ne tireront aucun profit de la récompense qu’ils ont acquise par leurs aumônes. Allah ne guide pas les mécréants dans le droit chemin. » (Sourate al-Baqara : 264)
وقال تعالى : الَّذِينَ يُنفِقُونَ أَمْوَالَهُمْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ لَا يُتْبَعُوْنَ مَا أَنْفَقُوا مَنَا ولا أذى : لَهُمْ أَجْرُهُمْ عِندَ رَبِّهِمْ ، وَلا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ.
« Ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier d’Allah, puis ne rappellent pas leurs bienfaits après avoir dépensé et n’adressent pas de reproches à ceux qu’ils ont favorisés, leur récompense est garantie auprès de leur Seigneur. Ils n’auront ni inquiétude ni crainte. » (Sourate al-Baqara : 262)
١٥٨٨ – وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ثلاثةٌ لا يُكَلِّمُهُمُ اللهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلا يَنظُرُ اليْهِمْ وَلَا يُزَكِّيهِمْ وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ
قالَ فَقَرَأَهَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ قَالَ أَبُو ذَرٍ خَابُوا وَخَسِرُوا مَنْ هُمْ يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ الْمُسْبِلُ وَالْمَنَّانُ وَالْمُنْفِقُ سَلْعَتَهُ بِالْحَلْفِ الْكَاذِبِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ. وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ الْمُسْبِلُ إِزَارَهُ يَعْنِيالْمُسْبِلُ إِزَارَهُ وَثَوْبَهُ اسْفَلَ الكَعْبَين للخيلاء.
1588. D’après Abû Dharr (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois catégories de personnes, ne les regardera pas et ne les purifiera pas. » Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) dit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répéta cette phrase trois fois. » Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) ajouta : « Ils ont été déçus et ont subi une perte. Ô Messager d’Allah, qui sont ces gens ? » Il répondit : « Celui qui laisse traîner son vêtement, celui qui rappelle avec reproche le bienfait accordé, et celui qui vend sa marchandise en prêtant de faux serments. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Celui qui laisse traîner son pagne et ses vêtements. » C’est-à-dire celui qui, par orgueil et arrogance, laisse traîner son pagne, ses vêtements et autres habits en dessous des chevilles.
Chapitre 26 — L’interdiction de l’orgueil, de l’arrogance et de la rébellion
قَالَ اللهُ تَعَالَى : الَّذِينَ يَجْتَنِبُونَ كَبْشِرَ الْإِثْمِ وَالْفَوَاحِشَ إِلَّا اللَّمَمَ ، إِنَّ رَبَّكَ واسع المغفرة ، هُوَ أَعْلَمُ بِكُمْ إِذْ أَنْشَاكُم مِّنَ الْأَرْضِ وَإِذْ أَنْتُمْ أَجَنَّةً فِي بُطُونِ أمهتِكُمْ ، فَلا تُرَكُوا أَنْفُسَكُمْ هُوَ أَعْلَمُ بِمَنِ اتَّقَى.
Allah le Très-Haut dit :
« Ceux qui s’abstiennent des grands péchés et des turpitudes, à l’exception de quelques fautes insignifiantes. Certes, le pardon de ton Seigneur est immense. Il vous connaît parfaitement. Il vous a créés de terre, puis lorsque vous étiez des embryons dans le ventre de vos mères. Ne vous attribuez donc pas vous-mêmes la pureté. Il connaît mieux que quiconque ceux qui sont pieux. » (Sourate An-Najm : 32)
وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّمَا السَّبِيلُ عَلَى الَّذِينَ يَظْلِمُونَ النَّاسِ وَيَبْغُونَ فِي الْأَرْضِ بِغَيْرِ الْحَقِّ أُولَئِكَ لَهُمْ عَذَابٌ اليم
« Ceux qui, après avoir subi une injustice, se vengent ne peuvent faire l’objet d’aucun blâme. Le blâme ne concerne que ceux qui commettent des injustices envers autrui et se livrent à des excès injustes sur terre. Ceux-là subiront un châtiment douloureux. » (Sourate Ach-Choura : 42)
١٥٨٩ – وَعَنْ عِيَاضٍ بن حِمارٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى أَوْحَى إِلَى أَنْ تَوَاضَعُوا حَتَّى لَا يَبْغِي أَحَدٌ عَلَى أَحَدٍ ولا يَفْجُرَ أَحَدٌ عَلَى أَحَدٍ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1589. D’après Iyad ibn Himar (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Allah, le Très-Haut, m’a révélé ceci : Soyez tous humbles, afin qu’aucun d’entre vous ne fasse preuve d’excès envers autrui et qu’aucun d’entre vous ne s’enorgueillisse devant autrui. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٩٠ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذا قَالَ الرَّجُلُ هَلَكَ النَّاسُ فَهُوَ أَهْلَكُهُمْ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ، وَهُذَا النَّهَى لِمَنْ قَالَ ذلِكَ عُجْبًا بِنَفْسِهِ وَتَصَاغراً لِلنَّاسِ وَارْتفاعًا عَلَيْهِمْ فَهُذَا هُوَ الْحَرَامُ وَأَمَّا مَنْ قاله لما يرى فِي النَّاسِ مِنْ نَقص في أمرِ دِينِهِمْ وَقَالَهُ تَحَزْنَا عَلَيْهِمْ وَعَلَى الدِّينِ فَلا بأس به. هكذا فَسَّرَهُ الْعُلَمَاء وَفَصَّلُوهُ وَمِمَّنْ قَالَهُ مِنَ الْآئِمَةِ الْأَعْلَامِ مالك بن أنس وَالْخَطَابِي وَالْحُمَيْدِي وَاخْرُوْنَ وَقَدْ أَوْضَعْتُهُ فِي كِتَابِ الْأَذْكَارِ.
1590. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Lorsqu’un homme dit : “Les gens sont perdus”, c’est lui, parmi eux, qui mérite le plus d’être perdu. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’imam An-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Cette interdiction concerne celui qui se considère supérieur, méprise les autres et dit : « Les gens sont perdus », afin d’afficher sa supériorité sur eux. Un tel comportement est totalement interdit. En revanche, si une personne constate l’ignorance et les manquements des gens concernant leur religion et fait ce commentaire par tristesse pour leur religion, il n’y a aucun mal à cela. Malik ibn Anas, Al-Khattabi, Al-Houmaydi et d’autres grands savants ont donné cette interprétation de ce hadith. J’ai expliqué cette question en détail dans le « Kitab al-Adhkar ».
Chapitre 27 — Interdiction pour un musulman de cesser de parler à un autre musulman pendant plus de trois jours ; toutefois, cela est permis lorsque des innovations religieuses et des actes de désobéissance sont manifestes
قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ فَأَصْلِحُوا بَيْنَ أَخَوَيْكُمْ.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Les croyants sont frères les uns des autres. Réconciliez donc vos relations fraternelles. » (Sourate Al-Hujurât, 10)
وقال تعالى : وَلَا تَعَاوَنُوا عَلَى الْإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ.
« Entraidez-vous dans la bonté et la piété, et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Craignez Allah, car Son châtiment est très sévère. » (Sourate Al-Mâ’idah, 2)
١٥٩١ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تقاطعوا ولا تَدَابَرُوا وَلا تَبَاغَضُوا وَلا تَحَاسَدُوا وَكُونُوا عِبَادَ اللَّهِ اخْوَانًا وَلَا يَحِلُّ لِمُسْلِمِ أَن يُهْجَرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلَاثَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1591. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne rompez pas vos relations mutuelles, ne vous épiez pas, ne nourrissez ni jalousie, ni rancune, ni haine les uns envers les autres. Soyez, ô serviteurs d’Allah, des frères. Il n’est pas permis à un musulman de délaisser son frère musulman plus de trois jours. »
١٥٩٢ – وَعَنْ أَبِي أَيُّوبَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَحِلُّ لِمُسْلِمِ أَنْ يُهْجَرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلاثِ لَيَالٍ يَلْتَقِيَانِ فَيُعْرِضُ هُذَا وَيُعْرِضُ هذا. وَخَيْرُهُمَا الَّذِي يَبْدَأُ بِالسَّلامِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1592. Abû Ayyûb (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il n’est pas permis à un musulman de délaisser son frère musulman plus de trois jours, au point que, lorsqu’ils se rencontrent face à face, l’un se détourne de ce côté et l’autre de l’autre côté. Le meilleur des deux est celui qui salue le premier. »
L’imam Al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٥٩٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تُعْرَضُ الْأَعْمَالُ فِي كُلِّ اثْنَيْنِ وَخَمِيسِ فَيَغْفِرُ اللَّهُ لِكُلِّ امْرِئٍ لَا يُشْرِكْ بالله شَيْئًا إِلا امْرَمَا كَانَتْ بَيْنَهُ وَبَيْنَ أَخِيهِ شَحْنَاهُ فَيَقُولُ أَتْرُكُوا هَذَيْنِ حَتَّى يَصْطَلِنَا – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1593. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Les œuvres de tous les êtres humains sont présentées chaque lundi et chaque jeudi. Allah pardonne à toute personne qui ne Lui associe rien. Quant à celui qui nourrit de l’hostilité envers son frère musulman, Il ne lui pardonne pas. À leur sujet, Allah dit : “Laissez en suspens l’affaire de ces deux personnes, afin qu’elles rétablissent leurs relations mutuelles.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٥٩٤ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ الشَّيْطَانَ قَدْ أَيسَ أَنْ يُعْبُدَهُ الْمُصَلُّوْنَ فِي جَزِيرَةِ الْعَرَبِ وَلَكِنْ فِي التحريشِ بَيْنَهُمْ – رَوَاهُ مُسْلِم التحريسُ الْأَفْسَادُ وَتَغْيِيرُ قُلُوْبِهِمْ وَتَقَاطَعُهُمْ.
1594. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : “Satan a désespéré d’obtenir l’obéissance des musulmans de la péninsule Arabique, mais il n’a pas désespéré de provoquer parmi eux des querelles, des animosités et des ruptures de relations.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Le terme tahrîsh signifie semer les germes de la discorde, provoquer des changements dans les cœurs et rompre les relations.
١٥٩٥ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَحِلُّ المسلم أن يهجرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثلاث فَمَنْ هَجَرَ فَوْقَ ثَلَاثَ فَمَاتَ دَخَلَ النَّارَ – رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِاسْنَادِ عَلَى شَرْطِ الْبُخَارِي وَمُسْلِمِ
1595. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Il n’est pas permis à un musulman de rompre ses relations avec son frère pendant plus de trois jours. Celui qui meurt après être resté séparé pendant plus de trois jours entrera en Enfer. »
L’imam Abû Dâwûd, l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission de qualité acceptable.
١٥٩٦ – وَعَنْ أَبِي خراش حَدَّرَدِ بْنِ أَبِي حَيْرَةِ الْأَسْلَمِي وَيُقَالُ السلمي الصَّحَابِيُّ أَنَّهُ سَمِعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ هَجَرَ أَخَاهُ سَنَةً فَهُوَ كسفك دمه – رواه أبو داود باشناد صحيح
1596. Abû Khirâsh Hadrad ibn Abû Hadrad al-Aslamî, ou al-Sulamî, le Compagnon — qu’Allah l’agrée — rapporte avoir entendu le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — dire : « Celui qui rompt ses relations avec son frère pendant une année est comme s’il l’avait tué. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
١٥٩٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَحِلُّ لِمُؤْمِنِ أَنْ يُهْجَرَ مُؤْمِنًا فَوْقَ ثَلَاثَ فَإِنْ مَرَّتْ بِهِ ثَلَاثَ فَلْيَلْقَهُ فَلْيُسَلِّمْ عَلَيْهِ فَإِنْ رَد عليه السلام فقد اشتركا في الآخِرُ وَإِنْ لَمْ يَرُدُّ عَلَيْهِ فَقَدْ باء بالاثم وَخَرَجَ الْمُسَلِّمُ مِنَ الهجرة. رواه أبو دَاوُدَ بَاسْنَادِ حَسَن قَالَ أَبُو داود اذا كانت الهجرة لله تَعَالَى فَلَيْسَ مِنْ هَذَا فِي شَيْءٍ.
1597. Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Il n’est pas permis à un croyant de délaisser un autre croyant pendant plus de trois jours. Après ces trois jours, s’ils se rencontrent et que l’un adresse le salâm à l’autre, tandis que celui-ci lui rend le salâm, ils auront tous deux part au mérite. Mais s’il ne lui rend pas le salâm, il sera pécheur, tandis que celui qui a salué sera exempt du péché d’avoir délaissé son frère. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission. Il a également dit : « Si cette rupture des relations a lieu pour obtenir l’agrément d’Allah, elle ne constitue pas une faute. »
Section 28 — Il est interdit à deux personnes, parmi trois, de tenir une conversation secrète en excluant la troisième. Toutefois, en cas de besoin, elles peuvent le faire avec l’autorisation de la troisième personne. Dans ce cas, elles doivent parler à voix basse. Elles peuvent également parler dans une langue que la troisième personne ne comprend pas.
قَالَ اللهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا تَنَاجَبْتُمْ فَلَا تَتَنَاجَوْا بِالْأُثْمِ وَالْعُدْوَانِ و معصيت الرسول وتناجوا بالبر والتقوى ، واتَّقُوا اللهَ الَّذِي اليهِ تُحْشَرُونَ. إِنَّمَا النَّجْوَى مِنَ الشَّيْطَانِ لِيَحْزُنَ الَّذِينَ آمَنُوا وَلَيْسَ بِصَارِهِمْ شَيْئًا إِلَّا بِإِذْنِ الله ، وَعَلَى اللهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُؤْمِنِينَ.
Allah le Très-Haut dit :
« Ô vous qui croyez ! Lorsque vous vous entretenez secrètement les uns avec les autres, ne parlez ni de péché, ni de transgression, ni de désobéissance au Messager ; parlez plutôt de bonté et de piété. Craignez Allah, vers qui vous serez rassemblés. Les conversations secrètes sont une œuvre du Diable, afin qu’elles attristent les croyants. Mais elles ne peuvent leur nuire en rien sans la permission d’Allah. Que les croyants placent leur confiance uniquement en Allah. » (Sourate Al-Mujâdilah : 9-10)
١٥٩٨ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذا كَانُوا ثلاثة فلا يَتَنَاجى اثنان دون الثالث. مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَرَوَاهُ أَبُو داودَ وَزَادَ قَالَ أَبُو صَالِحٍ فَقُلْتُ لِابْنِ عُمَرَ فَارْبَعَهُ قَالَ لَا يَضُرُّكَ. وَرَوَاهُ مَالِكٌ في الموطأ عَنْ عَبْدِ الله بْنِ دِينَارٍ قَالَ كُنتُ أَنا وَابْنُ عُمَرَ عِنْدَ دَارٍ خَالِدِ بْنِ عقبة التي في السوق فَجَاءَ رَجُلٌ يُرِيدُ أنْ يُنَاحِيَهُ وَلَيْسَ مَعَ ابْنِ عُمَرَ أَحَدٌ غَيْرِي فَدَعَا ابْنُ عُمَرَ رَجُلًا أَخَرَ حَتَّى كُنَّا أَرْبَعَةً فَقَالَ لِي وَلِلرَّجُلِ الثَّالِثِ الَّذِي دَعَا اسْتَأْخِرًا شَيْئًا فَإِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَا يَتَتَاجِى اثْنَانِ دُونَ وَاحِدٍ.
1598. D’après Abdallah ibn Omar (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque trois personnes sont réunies, que deux d’entre elles ne se concertent pas secrètement en laissant la troisième à l’écart. » L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. L’imam Abou Dawoud l’a également rapporté, en ajoutant : Abou Salih dit : « Je demandai à Abdallah ibn Omar (qu’Allah l’agrée) : “Et s’ils sont quatre réunis ?” Il répondit : “Il n’y a alors aucun mal.” » L’imam Malik a rapporté ce hadith d’après Abdallah ibn Dinar dans son ouvrage Al-Muwatta. Celui-ci a dit : « Moi et Abdallah ibn Omar étions dans le marché, près de la maison de Khalid ibn Oqba. Un homme vint et voulut s’entretenir secrètement avec Abdallah ibn Omar. À ce moment-là, personne n’était avec lui si ce n’est moi. Il appela alors une autre personne, et nous fûmes désormais quatre. Il me dit, ainsi qu’à la troisième personne qu’il avait appelée : “Attendez tous deux quelque temps, car j’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Que deux personnes ne parlent pas secrètement en laissant la troisième à l’écart.” »
١٥٩٩ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا كُنْتُمْ ثَلَاثَةٌ فَلا يَتَنَاجَى اثْنَانِ دُونَ الْأُخْرِ حَتَّى تَخْتَلِطُوا بِالنَّاسِ مِنْ4أجل أَنَّ ذَلِكَ يُحْزِنُهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1599. D’après Abdallah ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque vous êtes trois, que deux d’entre vous ne se parlent pas secrètement en laissant le troisième à l’écart ; toutefois, s’il y a d’autres personnes réunies, cela ne pose aucun problème, car cela pourrait attrister le troisième. »
L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section 29 — Il est interdit d’infliger, sans raison prescrite par la loi religieuse, une punition excessive aux esclaves, aux animaux, aux femmes et aux enfants sous prétexte de leur enseigner les bonnes manières et les règles de bienséance.
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا ويُذى الْقُرْبَى وَالْيَتَامَى وَالْمَسَاكِينِ وَالْجَارِ ذِي الْقُرْبى والجار الجنب والصاحب بالجنب وابن السبيل وما مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ إِنَّ اللهَ لَا يُحِبُّ مَنْ كَانَ مُخْتَالاً فَخُورًا.
Le Très-Haut dit :
« Adorez Allah et ne Lui associez rien. Soyez bons envers vos père et mère, les proches parents, les orphelins, les nécessiteux, les voisins apparentés, les voisins proches, le compagnon de voyage, le voyageur de passage et vos esclaves et servantes placés sous votre autorité. Allah n’aime jamais celui qui est arrogant, vaniteux et imbu de lui-même. » (Sourate An-Nisâ’, 36)
١٦٠٠ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ عُذِّبَتْ امْرَأَةٌ فِي هِرَةٍ سَجَنَتْهَا حَتَّى مَانَتْ فَدَخَلَتْ فِيْهَا النَّارَ لَا هِيَ العَمَتْهَا وَسَقَتْهَا إِذْ هِيَ حَبَسَتْهَا وَلَا هِيَ تَرَكَتُهَا تَأْكُلُ مِنْ خَشَاشِ الْأَرْضِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1600. D’après Abdallah ibn Umar, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Une femme est entrée en Enfer à cause d’une chatte. Elle l’avait attachée et l’avait laissée mourir. C’est pour ce crime qu’elle est entrée en Enfer. Tant qu’elle était attachée, elle ne lui donnait ni nourriture ni eau, et ne la libérait pas non plus pour qu’elle puisse manger les insectes. » L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٠١ – وَعَنْهُ أَنَّهُ مَرْ بِفِتْيَانِ مِنْ قُرَيْسٌ قَدْ نَصَبُوا طَيْرًا وَهُمْ يَرْمُونَهُ وَقَدْ جَعَلُوا لصاحب الطَّيْرِ كُلَّ خَاطِئَةِ مِنْ نَبْلِهِمْ فَلَمَّا رَأَوا ابْنَ عُمَرَ تَفَرِّقُوا فَقَالَ ابْنُ عُمَرَ مَنْ فَعَلَ هذا لَعَنَ اللهُ مَنْ فَعَلَ هذا إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَعَنَ مَنِ اتَّخَذَ شَيْئًا فيه الرُّوحُ عَرَضًا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1601. D’après Abdallah ibn Umar, qu’Allah l’agrée, il passa près de quelques jeunes gens de Quraysh. Ils avaient attaché un oiseau en un endroit pour s’en servir comme cible et lui tiraient des flèches. Ils avaient convenu avec le propriétaire de l’oiseau que les flèches qui manqueraient leur cible lui appartiendraient. Lorsqu’ils aperçurent Abdallah ibn Umar, ils s’enfuirent. Abdallah ibn Umar, qu’Allah l’agrée, dit : « Qui a fait cela ? Qu’Allah maudisse celui qui l’a fait. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a maudit ceux qui prennent un animal pour cible. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٠٢ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ تُصْبَرَ الْبَهَائِمُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1602. Anas ibn Malik (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit de tuer cruellement un animal.
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
٣ – ١٦ – وَعَنْ أَبِي عَلِيَّ سُوَيْدِ بْنِ مُقَرِنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ لَقَدْ رَأَيْتُنِي سَابِعَ سَبْعَة مِنْ بَنِي مُقَرِّنَ مَا لَنَا خَادِم إلا واحدةً لطمَهَا أَصْغَرْنَا فَأَمَرَنَا رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ نُعْتِقَهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَفِي رِوَايَةٍ سَابِعَ اخْوَةٍ لِي.
1603. Abou ‘Ali Souwayd ibn Mouqarrin (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je me suis vu être le septième des sept enfants de Mouqarrin. Nous n’avions qu’un seul serviteur pour nous tous. Lorsque le plus jeune d’entre nous le gifla, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous ordonna de l’affranchir.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « J’étais le septième de mes sept frères. »
١٦٠٤ – وَعَنْ أَبِي مَسْعُودٍ الْبَدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كُنْتُ أَضْرِبُ غُلَامًا لِي بالسوط فَسَمِعْتُ صَوْتًا مِنْ خَلْفِي اعْلَمْ أَبَا مَسْعُودٍ فَلَمْ أَنَّهُمُ الصَّوْتَ مِنَ الْغَضَبِ فلما دنا منى اذا هُوَ رَسُولُ الله صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِذَا هُوَ يَقُولُ اعْلَمُ أَبَا مَسْعُودٍ إِنَّ اللَّهَ أَقْدَرُ عَلَيْكَ مِنْكَ عَلَى هَذَا الْغُلَامِ فَقُلْتُ لَا أَضْرِبُ مَمْلُوكًا بَعْدَهُ ابدا – وفي رواية فسقط السوطُ مِنْ يَدِي مِنْ هَيْبَتِهِ ۖ وَفِي رِوَايَةٍ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ هُوَ حُلٌّ لِوَجْهِ اللهِ تَعَالَى فَقَالَ أَمَا لَوْ لَمْ تَفْعَلُ لِلْفَحَتَكَ النَّارُ أو لمستك النار – رواه مسلم بهذه الروايات.
1604. Abû Mas‘ûd al-Badrî (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je frappais un de mes esclaves avec un fouet lorsque j’entendis soudain une voix derrière moi : « Attention, Abû Mas‘ûd ! » Comme j’étais emporté par la colère, je ne compris pas ce qui était dit. Lorsqu’il s’approcha, je compris que c’était le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il disait alors : « Attention, Abû Mas‘ûd ! Allah a sur toi un pouvoir bien plus grand que celui que tu as sur ton esclave. » Je dis : « Après cela, je ne frapperai plus jamais aucun esclave. » Dans une autre version, il est dit : « Par crainte du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), le fouet tomba de ma main. » Dans une autre version encore, il est dit : « Je dis : Ô Messager d’Allah ! Pour rechercher l’agrément d’Allah, je l’affranchis de ses chaînes d’esclavage. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Si tu ne l’avais pas fait, le feu de l’Enfer t’aurait enveloppé — ou il a dit : le feu t’aurait touché. »
Ces versions sont rapportées par l’imam Muslim.
١٦٠٥ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ ضَرَبَ غُلَامًا لَهُ حَداً لَمْ يَأْتِهِ أَوْ لَطْمَهُ فَإِنْ كَفَّارَتَهُ أَنْ يُعْتِقُهُ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1605. ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si quelqu’un frappe son esclave sans qu’il ait commis de faute, ou le gifle au visage, son expiation consiste à l’affranchir. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٩٠٦ – وَعَنْ هِشَامِ بْنِ حَكِيم بن حزام رضيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّهُ مَرْ بِالشَّامِ عَلَى أناس من الأنباط وَقَدْ أَقِيمُوا فِي الشَّمْسِ وَصُبٌ عَلَى رُؤُوسِهِمُ الزَّيْتُ فَقَالَ مَا هذا قيلَ يُعَذِّبُونَ فِي الْخِرَاجِ وَفِي رِوَايَةٍ حُبِسُوا فِي الْجِزْيَةِ فَقَالَ هِشَامٌ أَشْهَدُ السَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ اللَّهَ يُعَذِّبُ الَّذِيْنَ النَّاسَ فِي الدُّنْيَا فَدَخَلَ عَلَى الْأَميرِ فَحَدَّثَهُ فَأَمَرَ بِهِمْ فَخُلُوْا رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1606. Hishâm ibn Hakîm ibn Hizâm (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’en traversant une région de Syrie, il aperçut des gens appartenant à la communauté des cultivateurs. Ils étaient punis : on leur versait de l’huile sur la tête et on les faisait se tenir debout au soleil. Hishâm (qu’Allah l’agrée) demanda : « Pourquoi sont-ils dans cet état ? » On lui répondit : « Ils sont punis pour avoir perçu le kharâj (l’impôt). » Selon une autre version : « Ils ont été retenus afin de percevoir la jizya. » Hishâm (qu’Allah l’agrée) dit : « J’atteste avoir entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “Allah punira ceux qui punissent les gens dans ce monde.” » Puis Hishâm (qu’Allah l’agrée) se rendit auprès du gouverneur de cette région, ‘Umayr ibn Sa‘d, et lui rapporta ce hadith. Le gouverneur ordonna alors de les libérer, et ils furent libérés.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٠٧ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ رَأَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِماراً مَوْسُوْمَ الْوَجْهِ فَأَنكر ذلكَ فَقَالَ وَاللَّهِ لَا اسْمُهُ إِلَّا أَقْصَى شَيْءٍمِنَ الْوَجْهِ وَآمر بحماره فكُوى فِي جَاعِرَتَيْهِ فَهُوَ أَولُ مَنْ كُوَى الْجَاعِرَتَيْنِ رواه مسلم.
1607. Il est rapporté d’Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) vit un âne marqué au fer sur le visage. Cela lui déplut. Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) dit : « Par Allah, je ne marquerai que la partie la plus éloignée du visage. » Ainsi, lorsqu’il ordonna qu’on s’occupe de son âne, celui-ci fut marqué sur l’arrière-train. Il fut le premier à marquer les animaux sur leur arrière-train.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٠٨ – وَعَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ عَلَيْهِ حِمَارٌ قَدْ وَسِمَ فِي وَجْهِهِ فَقَالَ لَعَنَ اللهُ الَّذِي وَسَمَهُ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ، وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ أَيْضًا نَهَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الضَّرْبِ فِي الْوَجْهِ وَعَنِ الْوَسْمِ فِي الْوَجْهِ.
1608. Il est rapporté d’Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) qu’un âne passa devant le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il portait une marque au fer sur le visage. Il dit : « Qu’Allah maudisse celui qui l’a marqué. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit de frapper le visage d’un être vivant et de le marquer au fer sur le visage.
Chapitre : 30 – Il est interdit de châtier par le feu tout animal, même les fourmis et les créatures semblables
١٦٠٩ – عن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَعَثَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي بَعْث فَقَالَ إِنْ وَجَدْتُمْ فَلانا وفلانا لِرَجُلَيْنِ مِنْ قُرَيْشٍ سَمَاهُمَا فَأَحْرِقُوْهُمَا بِالنَّارِ ثُمَّ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِيْنَ أَرَدْنَا الْخُرُوجَ اني كُنتُ أَمَرْتُكُمْ أَنْ تَحْرِقُوا فُلانا وفلانًا وَإِنَّ النَّارَ لَا يُعَذِّبُ بِهَا إِلَّا اللَّهُ فَإِنْ وَجَدْتُمُوهُمَا فَاقْتُلُوهُمَا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1609. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), alors qu’il nous envoyait pour une expédition militaire, nomma deux hommes parmi les Qurayshites et dit : « Si vous mettez la main sur un tel et un tel, brûlez-les vifs. » Puis, lorsque nous nous apprêtâmes à partir, il dit : « Je vous avais ordonné de brûler un tel et un tel. Or nul autre qu’Allah ne peut châtier par le feu. Si donc vous les trouvez, tuez-les. »
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
١٦١٠ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي سَفَرٍ فَانْطَلَقَ لِحَاجَتِهِ فَرَأَيْنَا حُمْرَةً مَعَهَا فَرْخَانِ فَأَخَدْنَا فَرْخَيْهَا فَجَاءَتِ الْحُمْرَةُ فَجَعَلَتْ تَعْرِشُ فَجَاءَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ مَنْ فَجَعَ هَذِهِ بِوَلَدِهَا رُدُّوا وَلَدَهَا إِلَيْهَا وَرَأَى قَرْيَةً نَمْلِ قَدْ حَرَّقْنَاهَا فَقَالَ مَنْ حَرَّقَ هذهِ قُلْنَا نَحْنُ قَالَ إِنَّهُ لا يَنْبَغِي أَنْ يُعَذِّبَ بِالنَّارِ إِلَّا رَبُّ النَّارِ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ باشناد صحيح
1610. ‘Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lors d’un voyage, nous étions avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il alla se soulager. Nous aperçûmes un petit oiseau rouge avec deux oisillons. Nous prîmes les deux oisillons. Leur mère arriva, plaqua son ventre contre le sol et se mit à battre des ailes. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) revint et dit : « Qui a pris les petits de cet oiseau et l’a ainsi effrayé ? Rendez-lui ses deux petits. » Ensuite, il vit une fourmilière que nous avions brûlée. Il demanda : « Qui a brûlé celles-ci ? » Nous répondîmes : « C’est nous qui l’avons fait. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Nul n’a le droit de châtier par le feu, si ce n’est le Seigneur du feu. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
Chapitre 31 — Il est interdit à une personne aisée de tergiverser lorsque le créancier réclame son dû
قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ اللهَ يَأْمُرُكُمْ أَنْ تُؤَدُّوا الْأَمُنْتِ إِلَى أَهْلِهَا ، وَإِذَا حَكَمْتُمْ
بين النَّاسِ أَنْ تَحْكُمُوا بِالْعَدْلِ ، إِنَّ اللهَ نِعِمَّا يَعِظُكُمْ بِهِ ، إِنَّ اللَّهَ كَانَ سميعاً بصيراً.
Le Très-Haut dit :
« Allah vous ordonne de restituer tous les dépôts à leurs ayants droit. Et lorsque vous jugez entre les gens sur quelque affaire, jugez avec équité. Quelle excellente exhortation Allah vous donne ! Allah entend tout et voit tout. » (Sourate An-Nisâ’, 58)
وقَالَ تَعَالَى : فَإِنْ أمِنَ بَعْضُكُم بَعْضًا فَلْيُؤَدِ الَّذِي اؤْتُمِنَ أَمَانَتَهُ وَلَيَتَّقِ الله ربه ، ولا تَكْتُمُوا الشَّهَادَةَ ، وَمَنْ يُكْتُمُهَا فَإِنَّهُ أَثْمَّ قَلْبُهُ ، وَاللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ عَلِيمٌ.
« Si l’un d’entre vous confie un dépôt à quelqu’un, celui qui en est dépositaire doit s’acquitter convenablement du droit qui s’y rattache et craindre Allah, son Seigneur. Ne dissimulez jamais le témoignage. Celui qui dissimule un témoignage a le cœur souillé par le péché. Allah sait parfaitement tout ce que vous faites. » (Sourate Al-Baqara, 283)
١٦١١ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَطَلُ الْغَنِي ظُلْمُ وَإِذَا أَتَّبِعَ أَحَدُكُمْ عَلَى مَلِي فَلْيَتَبَعْ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1611. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le retard d’un homme riche dans le remboursement d’une dette est une injustice. Si la dette de quelqu’un est transférée à une autre personne fortunée, le créancier doit accepter ce transfert. » (Note : c’est-à-dire que si l’autre personne se porte garante de la dette, il convient d’accepter cette garantie.)
Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
Section 32 — Il est réprouvé de reprendre une donation avant de l’avoir remise à son bénéficiaire
De même, il est réprouvé de reprendre le don fait à son propre enfant, qu’il lui ait été remis ou non,
et il est réprouvé que le donateur rachète, à celui qui l’a reçu en aumône, le bien même qu’il lui avait donné. Il est également réprouvé de racheter, auprès du bénéficiaire, la zakat, la kaffâra ou tout bien similaire. En revanche, si ce bien est acheté auprès d’une autre personne après lui avoir été transféré, il n’y a aucun mal à cela.
١٦١٢ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسِ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الَّذِي يَعُودُ ففِي هَبَتِهِ كَالْكَلْبِ يَرْجِعُ فِي قَيْنِهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ، وَفِي رِوَايَةٍ مَثَلُ الَّذِي يَرْجِعُ فِي صدقتِهِ كَمَثَلِ الْكَلْبِ يَقِيُّ ثُمَّ يَعُودُ فِي قَيْتِهِ فَيَأْكُلُهُ وَفِي رِوَايَةِ الْعَائِدُ فِي هبته كالعائد في قيته.
1612. D’après Abd Allah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) a dit : « Celui qui reprend le cadeau ou l’aumône qu’il a donné est comparable au chien qui vomit puis remange ce qu’il a vomi. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Celui qui reprend l’aumône qu’il a donnée est comparable à un chien qui vomit puis remange ce qu’il a vomi. » Une autre version rapporte : « Celui qui reprend le don qu’il a fait est semblable à celui qui mange son propre vomi. »
١٦١٣ – وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ حَمَلْتُ عَلَى فَرَسَ فِي سَبِيلِ الله فَاضَاعَهُ الَّذِي كَانَ عِنْدَهُ فَأَرَدْتُ أَنْ اشْتَرِيهُ وَظَنَنْتُ أَنَّهُ يَبِيعُهُ بِرُخص فَسَأَلْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَا تَشْتَرِهِ وَلَا تَعُدُّ فِي صَدَقَتِكَ وَإِنْ أَعْطَاكَهُ بِدِرْهَم فَإِنَّ الْعَائِدُ فِي صَدَقَتِهِ كَالْعَائِدِ فِي قَبْتِهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1613. D’après Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’avais donné un cheval pour le combat dans le sentier d’Allah à un combattant. Celui qui l’avait reçu était en train de le laisser dépérir. Je voulus donc le racheter auprès de lui. Je pensais qu’il le vendrait à bas prix. J’interrogeai le Prophète (qu’Allah le bénisse et le préserve) à ce sujet. Il dit : “Ne l’achète pas, car celui qui reprend ce qu’il a donné est comme celui qui vomit puis ravale son vomi.” »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section : 33 – Il est strictement interdit de dilapider les biens des orphelins
قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ الَّذِينَ يَأْكُلُونَ أَمْوَالَ الْيَتَامَى ظُلْمًا إِنَّمَا يَأْكُلُونَ فِي بُطُونِهِمْ نَارًا وَسَيَصْلَوْنَ سَعِيرًا.
Le Très-Haut dit :
« Ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins ne font que remplir leur ventre de feu. Ils seront certainement jetés dans le feu de la Géhenne. » (Sourate An-Nisâ’, 10)
وَقَالَ تَعَالَى : وَلا تَقْرَبُوا مَالَ الْيَتِيمِ إِلَّا بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ.
« Ne vous approchez des biens de l’orphelin que de la meilleure manière, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de la maturité. » (Sourate Al-An‘âm, 152)
وقال تعالى : وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الْيَتَامَى قُلْ إِصْلاحَ لَهُمْ خَيْرٌ وَإِنْ تُخَالِطُوهُمْ فَإِخْوَانُكُمْ وَاللَّهُ يَعْلَمُ الْمُفْسِدَ مِنَ الْمُصْلِحِ ، وَلَوْ شَاءَ اللَّهُ لَأَعْنَتَكُمْ إِنَّ اللَّهَ عزيز حكيم.
« Ils t’interrogent au sujet des orphelins. Dis : leur assurer ce qui est dans leur intérêt est préférable. Si vous mêlez leurs dépenses et leur subsistance aux vôtres, il n’y a aucun mal à cela, car ils sont vos frères. Allah sait qui agit injustement et qui agit avec justice. Et si Allah l’avait voulu, Il vous aurait imposé de grandes difficultés. Certes, Allah est Tout-Puissant et Sage. » (Sourate Al-Baqara, 220)
١٦١٤ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اجتنبوا السبع الموبقات قَالُوا يَا رَسُولَ الله وَمَا هُنَّ قَالَ الشَّرْكُ بِاللَّهِ وَالسَّحْرُ وَقَتْلُ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ وَأَكُلُ الرِّهَا وَأَكُلُ مَالِ الْيَتِيمِ وَالتَّولِي يومَ الزَّحْفِ وَقَذَفَ الْمُحْصَنَاتِ الْمُؤْمِنَاتِ الْغَافِلات مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1614. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Éloignez-vous des sept choses qui causent la perdition. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, quelles sont-elles ? » Il répondit : « Donner des associés à Allah, pratiquer la magie, tuer injustement une personne dont Allah a interdit de prendre la vie, consommer l’usure, dévorer les biens de l’orphelin, fuir du champ de bataille et accuser d’immoralité les croyantes chastes et naïves. » [Note : Cela signifie que lorsqu’un crime passible de la peine de mort est commis, celle-ci ne peut être appliquée que par l’intermédiaire d’un tribunal. La loi islamique a définitivement déterminé cinq cas justifiant légalement la mise à mort : (1) mettre à mort l’auteur d’un meurtre volontaire ; (2) tuer les soldats ennemis sur le champ de bataille ; (3) mettre à mort celui qui complote pour détruire le système de gouvernement islamique ; (4) mettre à mort l’homme ou la femme marié(e) qui commet la fornication ; et (5) mettre à mort l’apostat, c’est-à-dire celui qui abandonne l’islam.]
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 34 — L’interdiction stricte de l’usure
قَالَ اللهُ تَعَالَى : الَّذِينَ يَأْكُلُونَ الرِّبَا لَا يَقُومُونَ إِلَّا كَمَا يَقُوْمُ الَّذِي يَتَخَيْطُهُ الشيطانُ مِنَ الْمَسِ ذَلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوا إِنَّمَا الْبَيْعُ مِثْلُ الرِّبَا وَأَحَلَّ اللَّهُ الْبَيْعَ وحرم الرِّهَا فَمَنْ جَاءَهُ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّهِ فَانْتَهَى فَلَهُ مَا سَلَفَ وَآمُرُهُ إِلَى اللَّهِ وَمَنْ عَادَ فَأُولَئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ. يَمْحَقُ اللَّهُ الرِّبَا وَيُرْبِي الصَّدَقَاتِ . والله لا يُحِبُّ كُلِّ كَفَّارٍ أتيم. إِنَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّلِحَتِ وَأَقَامُوا الصَّلوةَ وأتوا الزكوة لَهُمْ أَجْرُهُمْ عِنْدَ رَبِّهِمْ ، وَلا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُوْنَ يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللهَ وَذَرُوا مَا بَقِيَ مِنَ الرِّبوا إِنْ كُنتُمْ مُؤْمِنِينَ. فَإِنْ لَّمْ تَفْعَلُوا فَأْذَنُوا بِحَرْبٍ مِّنَ اللَّهِ وَرَسُولِهِ ، وَإِنْ تُبْتُمْ فَلَكُمْ رُمُوسُ أَمْوَالِكُمْ لَا تَظْلِمُونَ ولا تُظْلَمُونَ.
Le Très-Haut dit :
« Ceux qui consomment l’usure se tiendront [le Jour de la Résurrection] comme se tient celui que le contact de Satan a rendu fou et privé de raison. Cela, parce qu’ils disent : “Le commerce est semblable à l’usure.” Or Allah a permis le commerce et interdit l’usure. Celui à qui parvient l’exhortation de son Seigneur et qui cesse ensuite de pratiquer l’usure peut conserver ce qu’il a acquis auparavant ; son affaire relève d’Allah. Quant à ceux qui récidivent après avoir reçu cette directive, ceux-là sont les gens du Feu, où ils demeureront éternellement. Allah anéantit l’usure et fait fructifier les aumônes. Allah n’aime aucun ingrat pécheur. Ceux qui croient, accomplissent de bonnes œuvres, accomplissent la prière et s’acquittent de la zakât auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n’auront ni crainte ni tristesse. Ô vous qui croyez, craignez Allah et renoncez à ce qui vous reste dû de l’usure, si vous êtes véritablement croyants. Si vous ne le faites pas, sachez qu’une guerre vous est déclarée de la part d’Allah et de Son Messager. Mais si vous vous repentez et renoncez à l’usure, vous recouvrerez votre capital. Vous ne commettrez pas d’injustice et vous ne subirez pas d’injustice. » (Sourate al-Baqara, 275-279)
L’imam an-Nawawî dit : Il existe un grand nombre de hadiths authentiques et célèbres concernant l’interdiction de l’usure et ses conséquences.
١٦١٥ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَعَنَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم أكل الربا وموكله. رَوَاهُ مُسْلِمٌ. زَادَ التَّرْمِذِى وَغَيْرُهُ وَشَاهِدَيْهِ وَكَاتِبَهُ.
1615. D’après ʿAbdullah ibn Masʿud (qu’Allah l’agrée), il a dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a maudit celui qui consomme l’usure ainsi que celui qui la verse. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Des traditionnistes, parmi lesquels l’imam at-Tirmidhi, ont également rapporté que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a maudit les deux témoins de l’usure ainsi que celui qui en tient les comptes.
Chapitre 35 — L’interdiction d’accomplir une œuvre par ostentation
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَا أمروا الا لِيَعْبُدُوا اللهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ ، حُنَفَاءَ وَيُقِيمُوا الصلوة ويؤتوا الزكوة وذلك دين القيمة.
Le Très-Haut dit :
« Il ne leur a été commandé que d’adorer Allah exclusivement, de Lui vouer un culte sincère, en véritables monothéistes, d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakat. Telle est la religion parfaitement droite. » (Sourate al-Bayyina : 5)
وقال تعالى : بأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تُبْطِلُوا صَدَقَاتِكُمْ بِالْمَنِّ وَالْأَذَى : كَالَّذِييُنفِقُ مَالَهُ رِئَاءَ النَّاسِ وَلَا يُؤْمِنُ بِاللهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ ، فَمَثَلُهُ كَمَثَلِ صَفْوَانِ عَلَيْهِ تراب فَأَصَابَهُ وَابِلٌ فَتَرَكَهُ صَلْدًا ، لا يَقْدِرُونَ عَلَى شَيْءٍ مِمَّا كَسَبُوا ، وَاللَّهُ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَفِرِينَ.
« Ô vous qui croyez ! N’annulez pas vos aumônes en rappelant votre générosité et en faisant du tort, à l’exemple de celui qui dépense ses biens par ostentation. Il ne croit ni en Allah ni au Jour dernier. Son exemple est celui d’un rocher recouvert d’une couche de terre : lorsqu’une pluie torrentielle l’atteint, elle emporte toute cette terre et le laisse nu et lisse. Ceux-là ne tireront aucun profit de leurs aumônes et de la récompense qu’ils en espèrent. Allah ne guide pas les mécréants dans le droit chemin. » (Sourate Al-Baqara, 264)
وقال تعالى : إِنَّ الْمُنْفِقِينَ يُخْدِعُونَ اللهَ وَهُوَ خَادِعُهُمْ ، وَإِذَا قَامُوا إِلَى الصَّلوة قَامُوا كُسَالَى : يُرَاؤُونَ النَّاسِ وَلَا يَذْكُرُونَ اللهَ الا قليلا.
« Les hypocrites cherchent à tromper Allah, alors que c’est Lui qui les laisse s’égarer dans leur tromperie. Lorsqu’ils se lèvent pour accomplir la prière, ils se lèvent avec paresse. Ils ne remuent leurs lèvres que par ostentation et ne se souviennent d’Allah que très peu. » (Sourate An-Nisâ, 142)
١٦١٦ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ قَالَ اللهُ تَعَالَى أنا أغنى الشركاء عَنِ الشَّرْكَ مَنْ عَمِلَ عَمَلاً أشرك فِيْهِ مَعِي غَيْرِي تَرَكْتُهُ وَشِرْكَهُ.
1616. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Allah, Exalté soit-Il, a dit : « Je suis totalement indépendant du shirk des associateurs. Celui qui accomplit une œuvre dans laquelle il M’associe quelqu’un d’autre, Je l’abandonne, lui et son shirk. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦١٧ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنْ أَوَّلَ الناس يقضى يَوْمَ الْقِيَامَةِ عَلَيْهِ رَجُلٌ اسْتُشْهِدَ فَأْتِيَ بِهِ فَعَرَفَهُ نِعْمَتَهُ فَعَرَفَهَا قَالَ فَمَا عَمِلْتَ فِيْهَا قَالَ قَاتَلْتُ فِيكَ حَتَّى اسْتُشْهِدْتُ قَالَ كَذَبْتَ وَلَكِنَّكَقاتَلْتَ لأَنْ يُقَالَ جَرِى فَقَدْ قَبْلَ ثُمَّ أَمر بِهِ فَسُحِبَ عَلَى وَجْهِهِ حَتَّى الْقِي فِي النَّارِ، وَرَجُلٌ تَعَلَّمَ الْعِلْمَ وَعَلَمَهُ وَقَرَأَ الْقُرْآنَ فَأَتِيَ بِهِ فَعَرَفَهُ نِعَمَهُ فَعَرَفَهَا قَالَ فَمَا عَمِلْتَ فِيهَا قَالَ تَعَلَّمُتُ الْعِلْمَ وَعَلَمْتُهُ وَقَرَأْتُ فِيْكَ الْقُرْآنَ قَالَ كَذَبْتَ ولكنك تعلمتَ لِيُقَالَ عَالِمٌ وَقَرَأْتَ الْقُرْآنَ لِيُقَالَ هُوَ قَارِئُ فَقَدْ قِيلَ ثُمَّ أَمَرَ بِهِ فَسُحِبَ عَلَى وَجْهِهِ حَتَّى الْقِي فِي النَّارِ، وَرَجُلٌ وَسْعَ اللَّهُ عَلَيْهِ وَأَعْطَاهُ مِنْ أصْنَافِ الْمَالِ فَأتِي بِهِ فَعَرَفَهُ نِعَمَهُ فَعَرَفَهَا قَالَ فَمَا عَمِلْتَ فِيهَا قَالَ مَا تَرَكْتُ مِنْ سَبِيلِ تُحِبُّ أَنْ يُنْفَقَ فِيهَا انْفَقْتُ فِيهَا لَكَ قَالَ كَذَبْتَ وَلَكِنَّكَ فَعَلْتَ ليُقَالَ هُوَ جَوَادٌ فَقَدْ قَبْلَ ثُمَّ أَمِرَ بِهِ فَسُحِبَ عَلَى وَجْهِهِ ثُمَّ الْقِي فِي النَّارِ رواه مسلم.
1617. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Le Jour de la Résurrection, le premier homme dont le jugement sera prononcé sera un martyr. On le fera comparaître et on lui montrera les bienfaits qui lui avaient été accordés dans le monde d’ici-bas ; il les reconnaîtra. On lui demandera : « Qu’as-tu fait de ces bienfaits ? » Il répondra : « Ô Allah ! J’ai combattu dans Ta voie jusqu’à être martyrisé. » Allah dira : « Tu mens ! Tu as plutôt combattu afin que les gens te qualifient de héros, et cela a été dit. » Puis l’ordre sera donné à son sujet ; il sera traîné sur son visage et jeté en Enfer.
Un autre homme avait acquis la connaissance, l’avait enseignée à autrui et avait également récité le Coran. On le fera venir et on lui montrera les bienfaits qui lui avaient été accordés ; il les reconnaîtra. Allah, Béni et Élevé, lui dira : « Qu’as-tu fait de ces bienfaits ? » Il répondra : « J’ai acquis la connaissance, je l’ai enseignée à autrui et j’ai récité le Coran pour rechercher Ton agrément. » Allah dira : « Tu mens ! Tu as plutôt acquis la connaissance afin que les gens te qualifient de savant, et tu as récité le Coran afin qu’on te qualifie de qârî, et cela a été dit. » Puis l’ordre sera donné à son sujet ; il sera traîné sur son visage et jeté en Enfer.
Un autre homme avait reçu d’Allah une grande abondance de biens. Les bienfaits qui lui avaient été accordés seront présentés devant lui et il les reconnaîtra. On lui demandera : « Comment as-tu utilisé ces biens ? » Il répondra : « Ô Allah ! J’ai dépensé mes biens dans toutes les voies où Tu aimes que l’on dépense. » Allah dira : « Tu mens ! Tu as plutôt dépensé tes biens afin que l’on te qualifie de généreux, et cela a été dit. » Puis l’ordre sera donné à son sujet ; il sera traîné sur son visage et jeté en Enfer.
[Note : Dans notre pays, on appelle qârî celui qui a appris à réciter correctement le Coran. Mais, dans la terminologie du hadith, le terme qârî désigne celui qui possède une connaissance approfondie du Coran et de la science de l’exégèse.]
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦١٨ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ نَاسًا قَالُوا لَهُ إِنَّا نَدْخُلُ عَلَى سلاطيننَا فَتَقُولُ لَهُم بخلاف ما نَتَكَلَّمُ إِذا خَرَجْنَا مِنْ عِنْدِهِمْ قَالَ ابْنُ عُمَرَ كُنَّا تعُدُّ هُذَا نِفَاقًا عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1618. Rapporté d’après ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah les agrée). Un groupe de gens lui dit : « Il nous arrive parfois de nous rendre auprès de nos gouvernants. Là-bas, nous tenons certains propos, puis, une fois sortis, nous disons le contraire. » ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah les agrée) dit : « À l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue —, nous considérions un tel comportement comme de l’hypocrisie. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
١٦١٩ – وَعَنْ جُنْدُبِ بْنِ عَبْدِ اللهِ بْنِ سُفْيَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ سَمْعَ سَمَّعَ اللَّهُ بِهِ وَمَنْ يُرَانِي يُرَانِي اللهُ بِهِ. متفق عَلَيْهِ وَرَوَاهُ مُسْلِمٌ أَيْضًا مِنْ رِوَايَةِ ابْنِ عَبَّاسٍ سَمْعَ بِتَشْدِيدِ الْمِيمِ وَمَعْنَاهُ أَظْهَرَ عَمَلَهُ لِلنَّاسِ رِيَاءٌ، سَمَّعَ اللَّهُ بِهِ أَي فَضَحَهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَمَعْنَى من را مى أَي مَنْ أَظْهَرَ لِلنَّاسِ الْعَمَلَ الصَّالِحَ لِيَعْظُمَ عِنْدَهُمْ رَامَى اللَّهُ بِهِ أَيُّ اظهَرَ سَرِيرَتَهُ عَلَى رُؤُوسِ الْخَلَائِقِ .
1619. Rapporté d’après Jundub ibn ʿAbdullah ibn Sufyan (qu’Allah l’agrée). Il dit que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui accomplit une œuvre afin d’acquérir une bonne réputation, Allah Très-Haut dévoilera ses défauts devant les gens. Et celui qui accomplit une œuvre pour être vu des gens, Allah Très-Haut le traitera Lui aussi comme quelqu’un qui agit pour être vu. » (C’est-à-dire qu’il sera privé de la récompense véritable de son œuvre.)
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhari et l’imam Muslim. L’imam Muslim l’a également rapporté par la chaîne d’Ibn ʿAbbas (qu’Allah les agrée). Le terme sammāʿa signifie : exposer devant les gens toutes ses bonnes œuvres, poussé par le désir d’être vu. L’expression « sammāʿa Allahu bihi » signifie : le Jour de la Résurrection, Allah l’humiliera et le couvrira d’opprobre. « Man rā’ā, rā’a Allahu bihi » signifie : celui qui accomplit une bonne œuvre et l’expose devant les gens afin d’acquérir de la grandeur à leurs yeux, Allah Très-Haut dévoilera ses défauts devant toutes les créatures le Jour de la Résurrection.
١٦٢٠ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ تَعَلَّمَ عَلمًا مِمَّا يُبْتَغَى به وَجْهُ الله عَزَّ وَجَلَّ لَا يَتَعَلَّمُهُ إِلا لِيُصِيبَ بِهِ عرضًا مِنَ الدُّنْيَا لَمْ يَجِدُ عَرْفَ الْجَنَّةِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ يَعْنِي رِيحَهَا رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ باشناد صحيح والْأَحَادِيثُ فِي الْبَابِ كَثِيرَةً مَشْهُورَةٌ .
1620. Rapporté d’après Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée). Il dit que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui acquiert une connaissance permettant d’obtenir l’agrément d’Allah, le Très-Grand et le Tout-Puissant, mais qui l’acquiert dans l’intention d’obtenir les plaisirs, le bien-être et les avantages de ce bas monde, ne sentira même pas le parfum du Paradis le Jour de la Résurrection. »
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique. De nombreux hadiths célèbres existent à ce sujet.
Chapitre 36 — Les actes qui semblent relever de l’ostentation, mais qui, en réalité, n’en relèvent pas
١٦٢١ – عَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قِيلَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَرَأَيْتَ الرَّجُلَ الَّذِي يَعْمَلُ الْعَمَلَ مِنَ الْخَيْرِ وَيَحْمَدُهُ النَّاسُ عَلَيْهِ قَالَ تِلْكَ عَاجِلٌ بُشْرَى الْمُؤْمِنِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1621. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : On demanda au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) ce qu’il pensait d’un homme qui accomplit une bonne action et que les gens louent pour cela. Il répondit : C’est une bonne annonce anticipée pour le croyant.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 37 — L’interdiction de regarder sans nécessité une femme étrangère et un jeune garçon séduisant
قَالَ اللهُ تَعَالَى : قُلْ لِلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا مِنْ أَبْصَارِهِمْ وَيَحْفَظُوا فُرُوجَهُمْ ، ذَلِكَ ازكى لَهُمْ ، إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا يَصْنَعُونَ.
Le Très-Haut dit :
« Ô Prophète, dis aux croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté. Cela est plus pur pour eux. Allah est parfaitement informé de ce qu’ils font. » (Sourate An-Nûr : 30)
وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْفُؤَادَ كُلُّ أُولَئِكَ كَانَ عَنْهُ مَسْئُوْلاً.
« L’ouïe, la vue, le cœur et chacun des autres organes feront l’objet d’un interrogatoire. » (Sourate Banî Isrâ’îl : 36)
وَقَالَ تَعَالَى : يَعْلَمُ خَائِنَةَ الْأَعْيُنِ وَمَا تُخْفِي الصُّدُورُ.
« Allah connaît même les regards furtifs des yeux et ce que les poitrines dissimulent. » (Sourate Al-Mu’min : 19)
وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ رَبَّكَ لَبِالْمِرْصَادِ .
« Ton Seigneur est aux aguets. » (Sourate Al-Fajr : 14)
١٦٢٢ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كتب عَلَى ابْنِ آدَمَ نَصِيبُهُ مِنَ الزنى مُدْرِكَ ذَلِكَ لَا مَحَالَةَ الْعَيْنَانِ زِنَاهُمَا النظر والأذْنَانِ زِنَاهُمَا الاسْتِمَاعُ وَالنِّسَانُ زِنَاهُ الْكَلَامُ وَالْيَدُ زِنَاهَا الْبَطْسُ والرَّجُلُ زِنَاهَا الْخُطَا وَالْقَلْبُ يَهْوِي وَيَتَمَنَّى وَيُصَدِّقُ ذَلِكَ الْفَرْجُ أَوْ يُكَذِّبُهُ. مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ، وَهُذا لفظ مُسْلِم .
1622. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Une part de fornication a été prescrite au fils d’Adam, et il l’obtiendra inévitablement. La fornication des deux yeux consiste à regarder les femmes étrangères ; celle des deux oreilles, à écouter des propos excitant le désir sexuel ; celle de la bouche, à en parler ; celle des mains, à toucher ; et celle des pieds, à se rendre dans ce but. Le cœur nourrit le penchant pour cet acte et en fait naître le désir, puis les organes sexuels confirment ou démentent cela. » L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Ici, le texte original de Sahîh Muslim est cité.
١٦٢٣ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِيَّاكُمْ وَالْجُلُوس في الطرقات قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا لَنَا مِنْ مجالِسِنَا بُدَّ تَتَحَدِّثُ فِيهَا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِذَا أَبَيْتُمُ إلا الْمَجْلِسَ فَاعْطُوا الطريق حَقَّهُ قَالُوا وَمَا حَقُّ الطَّرِيقِ يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ غَضُ الْبَصَرِ وَكَفَّ الْأَذَى وَرَدُّ السَّلامِ وَالْأَمْرُ بِالْمَعْرُوفِ وَالنَّهَى عَنِ الْمُنْكَرِ متفق عليه.
1623. D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Gardez-vous de vous asseoir sur les chemins. » Les Compagnons dirent : « Ô Messager d’Allah ! Nous n’avons pas d’autre choix que de nous asseoir sur les chemins. Nous nous y asseyons pour parler. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Puisque vous refusez de vous abstenir de vous asseoir sur les chemins, acquittez-vous donc du droit du chemin. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Quel est donc le droit du chemin ? » Il répondit : « Baisser le regard, retirer du chemin ce qui nuit, rendre le salut aux passants, ordonner le bien et interdire le mal. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٢٤ – وَعَنْ أَبِي طَلْحَةَ زَيْدِ بْنِ سَهْلِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا قُعُودًا بِالْأَغْنِيَةِ تتحدث فِيهَا فَجَاءَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَامَ عَلَيْنَا فَقَالَ مَا لَكُمْ والمجالس الصعدات اجْتَنِبُوا مجالس الصعداتِ فَقُلْنَا إِنَّمَا فَعَدْنَا لِغَيْرِ مَا بَأْسٍ فَعَدْنَا نَتَذَاكَرُ وَنَتَحَدَّثُ قَالَ إِمَّا لَا فَادُوا حَقَّهَا غَضُ الْبَصَرِ وَرَدُّ السَّلَامِ وَحُسْنُ الكلام – رَوَاهُ مُسْلِم
1624. D’après Abû Talha ibn Sahl (qu’Allah l’agrée), il raconte : « Nous étions assis dans la cour de notre maison et nous parlions. Entre-temps, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) arriva et se tint devant nous. Il dit : “Qu’avez-vous donc à vous asseoir sur le chemin ? Évitez de vous asseoir sur les chemins.” Nous répondîmes : “Nous ne nous sommes pas assis ici pour causer un tort, mais pour parler et échanger.” Il dit : “Si vous devez absolument vous asseoir, alors acquittez-vous du droit du chemin.” Le droit du chemin consiste à baisser le regard, à rendre le salut aux passants et à tenir de bonnes paroles. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.١٦٢٥ – وَعَنْ جَرِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ نَظرِ الْفَجْأَةِ فَقَالَ اصْرِفُ بَصَرَكَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1625. D’après Jarîr (qu’Allah l’agrée), il raconte : « J’ai interrogé le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) au sujet du regard accidentel. Il répondit : “Détourne ton regard.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٢٦ – وَعَنْ أَمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ كُنتُ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَعِنْدَهُ مَيْمُونَةً فَأَقْبَلَ ابْنُ أَمِّ مَكْتُوْمِ وَذَلِكَ بَعْدَ أَنْ أَمِرْنَا بِالْحِجَابِ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ احْتَجِهَا مِنْهُ فَقُلْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ الَيْسَ هُوَ أعمى لا يُبْصِرنا ولا يَعْرِفْنَا فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَفَعَتَبَاوَانِ انْتَمَا الستما تُبصرانه رواه أبو داود والترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.
١٦٢٦. Il est rapporté d’Umm Salama (qu’Allah l’agrée) qu’elle dit : « Je me trouvais auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue. Maymūna (qu’Allah l’agrée) se trouvait également auprès de lui. C’est alors que ʿAbdullah ibn Umm Maktūm arriva. Cela se produisit après que l’ordre du voile nous eut été donné. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : “Voilez-vous devant lui.” Nous demandâmes : “Ô Messager d’Allah, n’est-il pas aveugle ? Il ne peut ni nous voir ni nous reconnaître.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : “Êtes-vous donc toutes deux aveugles ? Ne le voyez-vous pas ?”
L’imam Abū Dāwūd et l’imam at-Tirmidhī ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhī dit : « Ce hadith est hasan et sahih. »
١٦٢٧ – قال لا يَنظُرُ الرَّجُلُ إِلى عَوْرَة الرَّجُلِ وَلا الْمَرْأَةُ إِلَى عَوْرَةِ الْمَرْأَةِ وَلَا يُقْضِي الرجل إلى الرجل في ثوب واحد ولا تقضى الْمَرْأَةُ إِلَى الْمَرْأَةِ فِي الشَّوْبِ الواحد – رواه مسلم.
١٦٢٧. Il est rapporté d’Abū Saʿīd (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Aucun homme ne doit regarder les parties intimes d’un autre homme, et aucune femme ne doit regarder les parties intimes d’une autre femme. Deux hommes ne doivent pas dormir enlacés sous un même vêtement. De même, deux femmes ne doivent pas dormir enlacées sous un même vêtement. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. [Note : Les parties du corps de l’homme et de la femme qui doivent toujours être couvertes sont appelées les ʿawra.]
Chapitre 38 – Interdiction de se retrouver en tête-à-tête avec une femme étrangère
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَإِذَا سَأَلْتُمُوهُنَّ مَتَاعًا فَاسْأَلُوهُنَّ مِنْ وَرَاءِ حِجَابٍ ذَلِكُمْ أَظْهَرُ لِقُلُوبِكُمْ وَقُلُوبِهِنَّ.
Allah le Très-Haut dit :
« Lorsque vous demandez quelque chose aux épouses du Prophète, demandez-le derrière un voile. Cela est meilleur pour préserver la pureté de vos cœurs et des leurs. » (Sourate al-Ahzab : 53)
١٦٢٨ – وَعَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِيَّاكُمْ وَالدُّخُولَ عَلَى النِّسَاء فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ أَفَرَأَيْتَ الْحَمْوَ قَالَ الْحَمْدُ الْمَوْتُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ الْحَمْدُ قَرِيبُ الزَّوْجِ كَأَخِيهِ وَابْنِ أخيه وابن عمه.
1628. D’après ‘Uqba ibn ‘Amir (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Gardez-vous de vous mêler librement aux femmes. » Un Ansarite demanda : « Que pensez-vous de la fréquentation du beau-frère ? » Il répondit : « Le beau-frère, c’est la mort. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Al-hamw désigne les proches parents du mari, tels que son frère, son neveu, son cousin paternel, etc.
١٦٢٩ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَخْلُونَ أَحَدُكُمْ بِإِمْرَأَةِ إِلَّا مَعَ ذِي مَحْرَمٍ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1629. D’après Ibn ‘Abbas (qu’Allah les agrée tous deux), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Que nul d’entre vous ne s’isole avec une femme, sauf si un de ses proches parents masculins mahram est avec elle. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٣٠ – وَعَنْ بُرَيْدَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حُرْمَة نِسَاءِ الْمُجَاهِدِينَ عَلَى الْقَاعِدِينَ كَحُرْمَةِ أُمَّهَاتِهِمْ مَا مِنْ رَجُلٍ مِّنَ الْقَاعِدِينَ يَخْلُفُ رَجُلاً مِّنَ الْمُجَاهِدِينَ في أَهْلِهِ فَيَخُونُهُ فِيهِمُ الأَ وَقَفَ لَهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَيَأْخُذُ مِنْ حَسَنَاتِهِ مَا شَاءَ حَتَّى يَرْضَى ثُمَّ الْتَفَتَ إِلَيْنَا رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ مَا ظَنُّكُمْ. رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1630. D’après Burayda (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a dit : Pour les hommes restés chez eux, préserver l’honneur et la dignité des épouses des combattants engagés dans le jihâd équivaut à préserver l’honneur et la dignité de leurs propres mères. Si un homme resté chez lui est chargé de veiller sur la famille d’un combattant, puis qu’il trahit cette responsabilité, le combattant pourra, le Jour de la Résurrection, prendre de ses bonnes œuvres autant qu’il le voudra. Puis le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) se tourna vers nous et dit : Que pensez-vous ?
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 39 — L’interdiction pour les hommes d’imiter les femmes et pour les femmes d’imiter les hommes dans la tenue vestimentaire, la démarche, le comportement, etc.
١٦٣١ – عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ لَعَنَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُخْتَثِينَ مِنَ الرِّجَالِ وَالْمُتَرَجِلاتِ مِنَ النِّسَاءِ، وَفِي رواية لَعَنَ رَسُولُ الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُتَشَهِينَ مِنَ الرِّجَالِ بِالنِّسَاءِ وَالْمُتَشَبَهَاتِ مِنَ النِّسَاءِ بِالرِّجَالِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ
1631. D’après ʿAbdullâh ibn ʿAbbâs (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a maudit les hommes qui adoptent l’apparence des femmes et les femmes qui adoptent l’apparence des hommes. Selon une autre version, le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a maudit les hommes qui imitent les femmes et les femmes qui imitent les hommes.
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
١٦٣٢ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضى اللهُ عَنْهُ قَالَ لَعَنَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الرَّجُلَ يَلْبَسُ لِبْسَةَ الْمَرْأَةِ وَالْمَرْأَةَ تَلْبَسُ لِبْسَةَ الرَّجُلِ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ باسناد صحيح
1632. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a maudit l’homme qui porte des vêtements de femme et la femme qui porte des vêtements d’homme.
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
١٦٣٣ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صِنْفَانِ مِنْ أَهْلِ النَّارِ لم أَرَهُمَا قَوْمٌ مَعَهُمْ سَيَاطٌ كَاذْنَابِ الْبَقَرِ يَضْرِبُونَ بِهَا النَّاسَ وَنِسَاء كَاسِيَاتٌ عاريات مميلات مائلات رؤوسهن كأسنمة البخت المائلة لا يَدْخُلُنَ الْجَنَّةَ وَلَا يَجِدْنَ رِيحَهَا وَإِنْ رِيحَهَا لِيُوجَدُ مِنْ مَسيرَة كَذَا وَكَنَا – رَوَاهُ مُسْلِمٌ مَعْنَى كاسيات أي من نعمة الله عاريات من شكرها. وَقَبْلَ مَعْنَاهُ تَسْتُرُ بَعْضٍ بَدَنِهَا وَتَكْشِفُ بَعْضَهُ اظهاراً لجمالها ونحوه. وقيل تَلْبَسُ ثَوْبًا رَقِيقًا يَصِفُ لَوْنَ بدنها. ومعنى ما ثلاتٌ قَبْلَ عَن طاعة الله تَعَالَى وَمَا يَلْزَمُهُنَّ حفظهُ مُمِيلات أن يُعَلِّمْنَ غَيْرَهُنَّ فِعْلَهُنَّ الْمَذْمُومَ. وَقِيلَ مَا ثلاتٌ يَمْشِينَ مُتَبَخْتِرَاتِ مُمِيلات لاكتافهن، وقيل مائلات يمتشطن المشطة الْمَيْلَاءَ وَهِيَ مَشْطةُ الْبَغَايَا ومُمِيلات يُمَشِطْنَ غَيْرَهُنَّ تِلْكَ الْمِشْطَة. رُؤُوسُهُنَّ كَاسْنِمَةِ الْبُخْتِ أَي يُكَبِّرْنَهَا ويعظمتها بلفِ عِمَامَةٍ أَوْ عِصَابَةٍ أَوْ نَحوه .
١٦٣٣. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il y a deux catégories de gens de l’Enfer que je n’ai pas vues. L’une d’elles aura des fouets semblables à des queues de bovins et frappera les gens avec. Et l’autre sera composée de femmes vêtues mais nues, déviantes et faisant dévier les autres. Leurs coiffures seront semblables aux bosses élevées des chameaux al-Bukht. Ces femmes n’entreront jamais au Paradis et n’en sentiront même pas le parfum, alors que son parfum peut être senti à une très grande distance. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. « Kâsiyât » signifie : celle qui ne porte pas un vêtement en reconnaissance des bienfaits d’Allah. « ‘Âriyât » signifie : celle qui ne fait pas preuve de gratitude, ou celle qui couvre certaines parties de son corps et en découvre d’autres dans le but d’exhiber sa beauté, ou encore celle qui porte des vêtements fins et transparents afin de montrer les attraits de son corps. « Mâ’ilât » signifie : celle qui expose ses mauvaises actions devant les gens et les manifeste par ses gestes ostentatoires. Ce genre de parure est généralement adopté par les femmes adultères et celles qui ont la nature des prostituées. « Leurs têtes semblables aux bosses des chameaux al-Bukht » signifie : la femme qui noue ses cheveux en chignon comme une cruche, ou qui enroule autour de ceux-ci un dupatta, un foulard ou autre, de manière à les rendre volumineux et élevés comme la bosse d’un chameau al-Bukht.
Chapitre 40 — Interdiction d’imiter Satan et les mécréants
١٦٣٤ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَأْكُلُوا بِالشِّمَالِ فَإِنَّ الشَّيْطَانَ يَأْكُلُ وَيَشْرَبُ بِشِمَالِهِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
١٦٣٤. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne mangez ni ne buvez de la main gauche, car Satan mange et boit de la main gauche. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٣٥ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال لا يَأْكُلَنْ أَحَدُكُمْ بِشِمَالِهِ وَلَا يَشْرَبْنَ بِهَا فَإِنَّ الشَّيْطَانَ يَأْكُلُ بِشِمَالِهِ وَيَشْرَبُ بِهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
١٦٣٥. Abd Allah ibn Omar (qu’Allah les agrée) rapporte que l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Qu’aucun d’entre vous ne mange ni ne boive jamais de la main gauche, car Satan mange et boit de la main gauche. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٣٦ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الْيَهُودَ وَالنَّصَارَى لا يَصْبِغُونَ فَخَالِقُوهُمْ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ الْمُرَادُ خَضَابٌ شعر اللحية والرأس الأبيض بصفْرَةٍ أَوْ حُمْرَةٍ وَأَمَّا السَّوَادُ فَمَنْهَى عَنْهُ.
1636. Rapporté d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les Juifs et les chrétiens n’utilisent pas de teinture. Faites donc le contraire d’eux. » Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith. L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : Il est permis de teindre en rouge ou en jaune la barbe et les cheveux blancs de la tête. En revanche, la teinture noire est interdite.
Chapitre 41 — Interdiction d’utiliser une teinture noire dans les cheveux, pour les femmes comme pour les hommes
١٦٣٧ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ أَتِي بِأَبِي قُحَافَةً وَالِدِ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ يَوْمَ فَتْحِ مَكَّةَ وَرَأْسُهُ وَلِحْبَتُهُ كَالتَّغَامَةِ بَيَاضًا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ غَيرُوا هذا وَاجْتَنِبُوا السواد – رواه مسلم.
1637. Rapporté d’après Jâbir (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le jour de la conquête de La Mecque, Abû Quhâfa, le père d’Abû Bakr as-Siddîq (qu’Allah l’agrée), fut amené auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Sa barbe et les cheveux de sa tête étaient d’un blanc éclatant, comme la plante sagham. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Changez cette couleur des cheveux avec quelque chose, mais évitez le noir. »
Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 42 — Interdiction de raser une partie de la tête
Il est interdit de raser une partie de la tête tout en laissant des cheveux sur une autre partie. Il est permis aux hommes de se raser entièrement la tête, mais cela n’est pas permis aux femmes.
١٦٣٨ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْقَزَعِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1638. D’après ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit de raser une partie des cheveux de la tête tout en laissant des cheveux sur une autre partie. L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٣٩ – وَعَنْهُ قَالَ رَأَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صَبِيًّا قَدْ خُلِقَ بَعْضَ شعرِ رَأْسِهِ وَتُرِكَ بَعْضُهُ فَنَهَاهُمْ عَنْ ذَلِكَ وَقَالَ احْلِقُوهُ كُلَّهُ أَوِ اتْرَكُوهُ كُلَّهُ رَوَاهُ أبو داود بِإِسْنَادِ صَحِيحِ عَلَى شَرْطِ الْبُخَارِي وَمُسْلِم
1639. D’après ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, vit un enfant dont une partie de la tête était rasée tandis qu’une autre ne l’était pas. Il interdit aux gens de faire cela et dit : « Rasez toute la tête, ou laissez tous les cheveux. »
L’imam Abu Dawud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique répondant aux conditions établies par l’imam al-Bukhari et l’imam Muslim.
١٦٤٠ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ جَعْفَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اشهلَ ال جَعْفَرٍ ثَلاثًا ثُمَّ أَتَاهُمْ فَقَالَ لا تَبْكُوا عَلَى أَخِي بَعْدَ الْيَوْمِ ثُمَّ قَالَ ادْعُوا لي بَنِي أَخِي فَجِيَّ بِنَا كَأَنَّنَا أَفْرُحْ فَقَالَ ادْعُوا لِي الْحَلَاقَ فَأَمَرَهُ فَخَلَقَ رؤوسُنَا – رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِاسْنَادِ صَحِيح عَلَى شَرْطِ الْبُخَارِي وَمُسلِم
1640. D’après ʿAbdullah ibn Jaʿfar (qu’Allah l’agrée), il dit : Après le martyre de Jaʿfar, le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, accorda à sa famille trois jours pour observer le deuil. Le troisième jour, il se rendit auprès d’eux et dit : « Après aujourd’hui, ne pleurez plus pour mon frère. » Il dit également : « Appelez les enfants de mon frère. » On nous amena auprès de lui. Sous l’effet du chagrin et de la douleur, nous étions comme de jeunes enfants désemparés. Il dit : « Appelez-moi un coiffeur. » Puis il lui ordonna de nous raser la tête.
L’imam Abu Dawud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique répondant aux conditions établies par l’imam al-Bukhari et l’imam Muslim.
١٦٤١ – وَعَنْ عَلِيِّ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ تَخْلِقَ الْمَرْأَةُ رَأْسَهَا رَوَاهُ النِّسَانِي
1641. D’après ʿAlî (qu’Allah l’agrée), il a interdit aux femmes de se raser les cheveux de la tête.
L’imam an-Nasâ’î a rapporté ce hadith.
Chapitre 43 – Il est interdit de poser des cheveux postiches, de se faire tatouer et de limer les dents pour les amincir
قَالَ اللهُ تَعَالَى : أَنْ يَدْعُونَ مِنْ دُونِه الا اناثا وَأَنْ يُدْعُونَ إِلا شَيْطَانًا مَّرِيدًا. لعَنَهُ اللهُ وَقَالَ لَاتَّخَذَنَّ مِنْ عِبَادِكَ نَصِيبًا مُفْرُوضًا، وَلَأَصْلَتُهُمْ وَلَأُمَنَيْنَهُمْ وَلا مُرَنَّهُمْ فَلَيُبَتِكُنَّ أَذَانَ الْأَنْعَامِ وَلَا مُرَنَّهُمْ فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ ، وَمَنْ يَتَّخِذ الشيطن وَلِيًّا مِنْ دُونِ اللَّهِ فَقَدْ خَسِرَ خُسْرَانًا مُّبِينًا ، يَعِدُهُمْ وَيُمَنِّيْهِمْ ، وَمَا بعِدُهُمُ الشَّيْطَنُ إِلا غُرُورًا. أُولَئِكَ مَا وَلَهُمْ جَهَنَّمُ ، وَلَا يَجِدُونَ عَنْهَا مَحِيمًا.
Le Très-Haut dit :
« Ils invoquent, en dehors d’Allah, des déesses qu’ils prennent pour divinités. Ils prennent également pour divinité Satan le rebelle, sur lequel est la malédiction d’Allah. Satan dit : “Je prendrai certainement une part déterminée de Tes serviteurs. Je les égarerai, je leur inspirerai de vains espoirs, je leur ordonnerai et ils fenderont les oreilles des bestiaux. Je leur ordonnerai et ils altéreront la création d’Allah.” Quiconque prend Satan pour protecteur et ami au lieu d’Allah est manifestement voué à la perdition. Il leur fait des promesses et leur inspire de vains espoirs, mais les promesses de Satan ne sont que tromperie. Ceux-là auront pour demeure l’Enfer et ils ne trouveront aucun moyen d’y échapper. » (Sourate An-Nisâ’, 117-121)
١٦٤٢ – وَعَنْ أَسْمَاءَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّ امْرَأَةً سَأَلَتِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ ابْنَتِي أَصَابَتْهَا الْحَصْبَةُ فَتَمَرُقَ شَعْرُهَا وَأَنِّي زوجْتُهَا أَفَاصِلُ فِيهِ فَقَالَ لَعَنَ اللهُ الْوَاصِلَةَ وَالْمَوْصُولة – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ – وَفِي رواية الواصلة والمستوصلةقَوْلُهَا فَتَمَرَّقَ هُوَ بالراء وَمَعْنَاهُ انْتَشَرَ وَسَقَط وَالْوَاصِلَةُ الَّتِي تَصِلُ شَعْرَهَا أَوْ شَعرَ غَيْرِهَا بِشَعْرِ آخَرَ، وَالْمَوْصُولَةُ الَّتِي يُوصَلُ شَعْرُهَا، وَالْمُسْتَوْصِلَةُ الَّتِي تَسْأَلُ مَنْ يَفْعَلُ ذَلِكَ لَهَا وَعَنْ عَائِشَةَ نَحْوَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1642. D’après Asmâ (qu’Allah l’agrée), une femme dit au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) : « Ô Messager d’Allah ! Ma fille a perdu ses cheveux à la suite de la variole. Je souhaite la marier. Puis-je lui mettre une perruque sur la tête ? » Il répondit : « Allah a maudit celle qui utilise des extensions capillaires ainsi que celle qui les pose. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Selon une autre version : « Allah a maudit celle qui utilise des extensions capillaires ainsi que celle qui les fabrique. » ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) a également rapporté un hadith similaire à celui qui est mentionné ci-dessus. [Note : « tamarraka » signifie : se disperser, tomber, chuter. Al-wâsila désigne la femme qui ajoute des cheveux supplémentaires à ses propres cheveux ou à ceux d’une autre femme. Al-mawsûla désigne celle à qui ces cheveux sont ajoutés. Al-mustawsila désigne la femme qui fait appel à une professionnelle pour accomplir cet acte.]
١٦٤٣ – وَعَنْ حُمَيْدِ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ أَنَّهُ سَمِعَ مُعَاوِيَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَامَ حَجٌ على الْمِنْبَرِ وَتَنَاوَلَ قُصَّةٌ مِنْ شَعرٍ كَانَتْ فِي يَدِ حَرْسِي فَقَالَ يَا أَهْلَ الْمَدِينَةِ ابْنَ عُلَمَاؤُكُمْ سَمِعْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَنْهَى عَنْ مِثْلِ هَذِهِ وَيَقُولُ إِنَّمَا هَلَكَتْ بَنُو إِسْرَائِيلَ حِيْنَ اتَّخَذَ هَذِهِ نِسَاؤُهُمْ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1643. Humayd ibn ‘Abd al-Rahmân rapporte que l’année où Mu‘âwiya (qu’Allah l’agrée) accomplit le pèlerinage, il l’entendit prendre une mèche de cheveux des mains d’un agent de sécurité, monter sur la chaire et dire : « Ô habitants de Médine ! Où sont vos savants ? J’ai entendu le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) interdire l’usage de tels cheveux. Il a dit : “Lorsque les femmes des Enfants d’Israël commencèrent à utiliser de telles mèches de cheveux — des perruques —, ce fut alors que commença la destruction des Enfants d’Israël.” »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٤٤ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لعن الواصلة وَالْمُسْتَوْصلة وَالْوَاشِمَةَ وَالْمُسْتَوْشِمَة – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1644. D’après ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a maudit toutes celles qui utilisent des extensions capillaires, celles qui les fabriquent, celles qui tatouent et celles qui se font tatouer.
L’imam al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٤٥ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَعَنَ اللهُ الْوَاشِمَاتِ وَالْمُسْتَوْشِمَاتِ وَالْمُتَنَمِّصَاتِ وَالْمُتَفَلِجَاتِ لِلْحُسْنِ الْمُغَيِّرَاتِ خَلْقَ اللَّهِ فقَالَتْ لَهُ امْرَأَةً فِي ذَلِكَ فَقَالَ وَمَا لِي لا الْعَنْ مَنْ لَعَنَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ فِي كِتَابِ اللهِ قَالَ اللهُ تَعَالَى (وَمَا أَتَاكُمُ الرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانْتَهُوا ) – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
المُتَفَلِجَة هي التي تَبْرُهُ مِنْ أَسْنَانِهَا لِيَتَبَاعَدَ بَعْضُهَا مِنْ بَعْضٍ قَلِيلاً وَتُحَسِنُهَا وَهُوَ الْوَشْرُ. وَالنَّامِصَةُ هِيَ الَّتِي تَأْخُذُ مِنْ شَعْرِ حَاجِبِ غَيْرِهَا وَتُرَقِّقُهُ لبَصِيرَ حَسَنًا وَالْمُتَنَمِّصَةُ الَّتِي تَأْمُرُ مَنْ يَفْعَلُ بِهَا ذَلِكَ.
1645. Il est rapporté d’après ʿAbdullah ibn Masʿud, qu’Allah l’agrée. Il dit : « Allah a maudit les femmes qui se font tatouer le corps et celles qui tatouent, celles qui liment leurs dents pour accroître leur beauté, celles qui épilent les poils des paupières ou des sourcils, ainsi que celles qui modifient la création d’Allah de cette manière. » Une femme interrogea ʿAbdullah ibn Masʿud, qu’Allah l’agrée, à ce sujet. Il répondit : « Pourquoi ne maudirais-je pas celles que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a maudites, alors que cela figure également dans le Noble Coran ? Allah, Exalté soit-Il, a dit : “Prenez ce que le Messager vous donne et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit.” » (Sourate al-Hashr, 59:7)
Al-mutafarijaha désigne la femme qui lime ses dents dans le but d’accroître sa beauté et de créer un léger espace entre ses dents.
An-namisa désigne la femme qui arrache les poils des paupières, des sourcils ou autres afin de les affiner pour accroître la beauté. Al-mutanamisa désigne la femme qui fait effectuer ce travail.
Chapitre 44 — Interdiction d’arracher les poils blancs de la barbe et les cheveux blancs de la tête. Interdiction au jeune homme de raser sa barbe lorsqu’elle pousse.
١٦٤٦ – عَنْ عَمْرِو شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تَتَّقُوا الشَّيْبَ فَإِنَّهُ نُورُ الْمُسْلِمِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ – حَدِيثٍ حسن رواه أبو داود والترمذى والنِّسَانِي بِأسَانِيدَ حَسَنَةٍ قَالَ التَّرْمِذِي هُوَ حديث حَسَنٌ.
1646. Il est rapporté d’après ʿAmr ibn Shuʿayb, d’après son père, d’après son grand-père, que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « N’arrachez pas les cheveux blancs, car ils seront une lumière pour le musulman au Jour de la Résurrection. »
Ce hadith est hasan. L’imam Abou Dawoud, l’imam at-Tirmidhi et l’imam an-Nasaï l’ont rapporté avec une excellente chaîne de transmission. L’imam at-Tirmidhi a dit : « C’est un hadith hasan. »
١٦٤٧ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ عَمِلَ عَمَلاً لَيْسَ عَلَيْهِ أَمْرُنَا فَهُوَ رَدُّ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1647. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Quiconque accomplit un acte pour lequel nous n’avons donné aucune approbation, celui-ci est rejeté. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre : 45 – Il est mauvais de se nettoyer après les besoins avec la main droite et de toucher inutilement les parties intimes avec la main droite
١٦٤٨ – عَنْ أَبِي قَتَادَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إذا بال أَحَدُكُمْ فَلا يَأْخُذَنُ ذَكَرَهُ بِيَمِينِهِ وَلَا يَسْتَنْجِ بِيَمِينِهِ وَلَا يَتَنفُسُ فِي الآنَاء مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. وَفِي الْبَابِ أَحَادِيثُ كَثِيرَةٌ صَحِيحَةٌ.
1648. D’après Abû Qatâda (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque l’un de vous urine, qu’il ne touche pas son pénis avec sa main droite, qu’il ne se nettoie pas après les besoins avec sa main droite et qu’il ne souffle pas dans le récipient en buvant. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Il existe à ce sujet de nombreux hadiths authentiques.
Chapitre : 46 – Il est réprouvé, sans excuse valable, de marcher avec une seule chaussure ou une seule chaussette, ainsi que de mettre ses chaussures et ses chaussettes debout
١٦٤٩ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَمْشِ أَحَدُكُمْ فِي نَعْلِ وَاحِدَةٍ لِيَنْعَلَّهُمَا جَمِيعًا أَوْ لِيَخْلَعْهُمَا جَمِيعًا وفي رواية أوْ لِيُحْفِهِمَا جَمِيعًا . مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1649. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Que nul d’entre vous ne marche avec une seule chaussure. Qu’il mette les deux chaussures ou qu’il reste pieds nus. Selon une autre version : qu’il laisse ses deux pieds déchaussés. »
L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.
١٦٥٠ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِذَا انْقَطَعَ شيعُ نَعْلِ أَحَدَكُمْ فَلَا يَمْشِ فِي الْأُخْرَى حَتَّى يُصْلِحَهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1650. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire : “Si la lanière de la chaussure de l’un d’entre vous se rompt, qu’il ne marche pas avec l’autre chaussure avant de l’avoir réparée.” »
L’imam Mouslim a rapporté ce hadith.
١٦٥١ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى أَنْ ينتعل الرجل قائما – رواه أبو داود باشناد حسن
1651. Jabir, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a interdit à toute personne de mettre ses chaussures en position debout.
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission jugée bonne.
Paragraphe 47 – Il est interdit de dormir en laissant dans la maison un feu allumé ou une lampe allumée
١٦٥٢ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا تَتْرَكُوا النَّارَ فِي بُيُوتِكُمْ حِينَ تَنَامُوْنَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1652. D’après ʿAbdullah ibn ʿUmar (RA), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Lorsque vous allez dormir, ne laissez pas de feu (ou de lampe) allumé dans la maison. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٥٣ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ احْتَرَقَ بَيْتُ بِالْمَدِينَةِ عَلَى أَهْلِهِ مِنَ اللَّيْلِ فَلَمَّا حُدِّثَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِشَأْنِهِمْ قَالَ إِنْ هَذِهِ النَّارَ عَدُوٌّ لَكُمْ فَإِذَا نَمْتُمْ فَأَطْفَتُوهَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1653. D’après Abû Mûsâ al-Ashʿarî (RA), il a dit : « Une maison de Médine prit feu pendant la nuit et fut entièrement consumée. Lorsque l’affaire fut évoquée devant le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, il dit : “Ce feu est votre ennemi. Lorsque vous allez dormir, éteignez-le donc.” »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٥٤ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ عطوا الاناء وأوكنوا السَّقَاء وَاغْلِقُوا الْبَابَ وَأَطْفِئُوا الصِّرَاجَ فَإِنَّ الشَّيْطَانَ لا يحل سقاء وَلا يَفْتَحُ بَابًا وَلا يَكْشِفُ اناء فَإِنْ لَمْ يَجِدُ أَحَدُكُمْ إِلا أَن يُعْرِضَ علَى إِنَائِهِ عُودًا وَيَذْكُرَ اسْمَ اللَّهِ فَلْيَفْعَلْ فَإِنَّ الْفُوَشِفَةَ تُضْرِمُ عَلَى أَهْلِ الْبَيْتِ بَيْنَهُمْ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1654. D’après Jâbir (RA), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Avant de vous coucher la nuit, couvrez les récipients, nouez l’ouverture des outres, fermez les portes de la maison et éteignez les lampes. En effet, Satan n’ouvre ni l’ouverture d’une outre fermée ni une porte fermée, et il ne soulève pas non plus le couvercle d’un récipient couvert. Si l’un d’entre vous ne trouve rien pour couvrir un récipient, qu’il pose au moins un morceau de bois dessus en prononçant le nom d’Allah. En effet, il arrive souvent que les souris mettent le feu à une maison. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 48 : L’interdiction de feindre
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : قُلْ مَا أَسْأَلُكُمْ عَلَيْهِ مِنْ أَجْرٍ وَمَا أَنَا مِنَ الْمُتَكَلِّفِينَ.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Dis-leur : “Je ne vous demande aucune rémunération pour transmettre cette religion, et je ne suis pas de ceux qui affectent.” » (Sourate Sad, 86)
C’est-à-dire : manifester, dans les paroles et les actes, avec artificialité, une attitude qui n’est pas conforme à la réalité ou qui ne recèle aucun bien.
١٦٥٥ – وَعَنِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ نُهِبْنَا عَنِ التَّكَلفِ رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1655. Umar (qu’Allah l’agrée) a rapporté : Il nous a été interdit d’afficher une ostentation affectée.
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
١٦٥٦ – وَعَنْ مَشْرُوقٍ قَالَ دَخَلْنَا عَلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَقَالَ يَا أَيُّهَا النَّاسُ مَنْ عَلِمَ شَيْئًا فَلْيَقُلْ بِهِ وَمَنْ لَمْ يَعْلَمْ فَلْيَقُلِ اللَّهُ أَعْلَمُ فَإِنْ من العلم أن تَقُولَ لِمَا لا تَعْلَمُ اللهُ أَعْلَمُ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى لِنَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قُلْ مَا أَسْأَلُكُمْ عَلَيْهِ مِنْ أَجْرٍ وَمَا أَنَا مِنَ الْمُتَكَلِّفِينَ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1656. Masruq (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte. Il dit : Lorsque nous nous rendions auprès de ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée), il disait : « Ô gens ! Que celui qui sait quelque chose le dise. Quant à celui qui ne sait pas, qu’il dise : “Allah sait mieux.” En effet, dire “Allah sait mieux” à propos de ce que l’on ne sait pas est une marque de connaissance. Allah Très-Haut a dit à Son Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — : “Ô Prophète ! Dis-leur : Je ne vous demande aucune rémunération pour la transmission de cette religion et je ne suis pas de ceux qui prétendent.” » (Sourate Sad, 86)
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre 49 — Il est interdit de se lamenter pour le défunt
Il est interdit de pleurer en se lamentant pour le défunt, de se frapper le visage, de déchirer l’encolure de son vêtement, de s’arracher les cheveux, de se raser la tête, d’appeler le malheur, et autres actes semblables.
١٦٥٧ – عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَيِّتُ يُعَذِّبُ فِي قَبْرِهِ بِمَا نَبْعَ عَلَيْهِ – وَفِي رِوَايَةٍ مَا نَبْحَ عَلَيْهِ متفق عليه.
1657. ‘Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Le défunt est châtié dans sa tombe à cause des lamentations faites pour lui. »
Dans une autre version, il est rapporté : le défunt est châtié à cause des lamentations.
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٥٨ – وَعَن ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم ليسَ مِنَّا مَنْ ضَرَبَ الْخُدُودَ وَشَقِّ الْجُيُوبِ وَدَعَا بِدَعْوَى الْجَاهِلِية متفق عَلَيْهِ.
1658. Il est rapporté d’après ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui, au moment d’une épreuve, se frappe les joues, déchire ses vêtements sur sa poitrine et tient des propos semblables à ceux des gens de l’époque de l’ignorance ne fait pas partie de nous. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٥٩ – وَعَنْ أَبِي بُرْدَةَ قَالَ وَجَعَ أَبُو مُوسَى فَغُشِيَ عَلَيْهِ وَرَأْسُهُ فِي حِجْرٍ امْرَأَةٍ منْ أَهْلِهِ فَاقْبَلَتْ تصيح برنة فلم يستطع أن يردُّ عَلَيْهَا شَيْئًا فَلَمَّا أَفَاقَ قَالَ أَنَا برى مِمَّنْ بَرِئَ مِنْهُ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَبرى مِنَ الصَّالِقة والحالقة والشالة – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ الصَّالِقَة التي ترفع صوتها بالنياحة والندب والحَائِقَةُ التِي تَخْلِقُ رَأْسَهَا عِنْدَ الْمُصِيبَةِ. وَالشَّاقَّةُ الَّتِي تَشَقُ تَوْبَهَا
1659. Il est rapporté d’après Abou Burda (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) était atteint d’une grave maladie et perdait connaissance de temps à autre. Sa tête reposait sur les genoux d’une femme de sa maison. Celle-ci se mit à pousser des cris et à pleurer. Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) n’avait pas la force de lui parler. Lorsqu’il reprit quelque peu connaissance, il dit : « Je désapprouve moi aussi celle que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) désapprouve. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) désapprouvait la femme qui pousse des cris et pleure, qui se rase les cheveux en cas d’épreuve et qui déchire ses vêtements. L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. As-Saliqah désigne la femme qui se lamente à haute voix sur un mort. Al-Haliqah désigne la femme qui se rase les cheveux au moment d’une épreuve. Ash-Shāqqah désigne la femme qui déchire le vêtement qu’elle porte sur sa poitrine au moment d’une épreuve.
١٦٦٠ – وَعَنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ نِيحَ عَلَيْهِ فَإِنَّهُ يُعَذِّبُ بِمَا نِبْحَ عَلَيْهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ متفق عليه.
1660. Al-Mughîra ibn Shu‘ba (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Celui pour qui on se lamente sera châtié au Jour de la Résurrection à cause de ces lamentations. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٦١ – وَعَنْ أَمْ عَطِيَّة نُسَيْبَةَ بِضَمِّ النُّونِ وَفَتْحِهَا قَالَتْ أَخْذَ عَلَيْنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عِنْدَ الْبَيْعَةِ أَنْ لَا تَنُوحَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1661. Umm ‘Atiyya Nusayba (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lors de l’engagement d’allégeance, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous fit également promettre de ne pas nous lamenter sur les morts.
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٦٢ – وَعَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ أَغْمِي عَلَى عَبْدِ اللَّهِ بْنِ رواحة فَجَعَلَتْ أخته تبكي وتقول واجبلاه وكذا وكَذَا تُعَدِّدُ عَلَيْهِ فَقَالَ حِينَ أَفَاقَ مَا قُلْتِ شَيْئًا إِلا قِيلَ لِي أَنْتَ كَذَالِكَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ
1662. An-Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) rapporte : ‘Abdullah ibn Rawâha (qu’Allah l’agrée) perdit connaissance en raison de sa maladie. Alors sa sœur se mit à pleurer et à dire : « Ô montagne, quel malheur ! » et : « Ô toi qui étais ainsi, ô toi qui étais comme cela », décrivant ainsi ses qualités. Lorsqu’il reprit connaissance, il dit à sa sœur : « On m’a interrogé au sujet de tout ce que tu as dit. Étais-tu réellement ainsi ? »
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
١٦٦٣ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ اشْتَكَى سَعْدُ بْنُ عُبَادَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ شَكُولى فَآتَاهُ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَعُودُهُ مَعَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفِ وَسَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ وَعَبْدِ اللهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ فَلَمَّا دَخَلَ عَلَيْهِ وَجَدَهُ فِي غَشْيَةٍ فَقَالَ أَقضَى قَالُوا لا يَا رَسُولَ اللهِ فَبَكَى رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا رَأَى الْقَوْمُ بُكَاءَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَكُوا قال إلا تَسْمَعُونَ إِنَّ اللهَ لا يُعَذِّبُ بِدَمْعِ الْعَيْنِ وَلَا بِحُزْنِ الْقَلْبِ وَلَكِنْ يُعَذِّبُ بهذا وأشار إلى لِسَانِهِ أَوْ يَرْحَمُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1663. D’après Abd Allah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : Sa‘d ibn Ubâda (qu’Allah l’agrée) tomba malade. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — alla lui rendre visite, accompagné de Abd al-Rahmân ibn Awf, de Sa‘d ibn Abû Waqqâs et de Abd Allah ibn Mas‘ûd (qu’Allah les agrée). Ils le trouvèrent inconscient. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — demanda : « Est-il mort ? » Les gens répondirent : « Non, ô Messager d’Allah. » Alors le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — se mit à pleurer. En le voyant pleurer, les gens se mirent eux aussi à pleurer. Il dit : « N’écoutez-vous donc pas ? Certes, Allah ne punit ni pour les larmes des yeux ni pour la douleur et le chagrin du cœur ; Il punit ou fait miséricorde à cause de cela. » En disant cela, il désigna sa langue.
Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٦٤ – وَعَنْ أَبِي مَالِكَ الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ النَّائِحَةُ إِذا لم تَتُبْ قَبْلَ مَوْتِهَا تُقَامُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَعَلَيْهَا سِرْبَالٌ من قَطِرَانِ وَدِرْعٍ مِنْ جَرَبٍ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1664. D’après Abû Mâlik al-Ash‘arî (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Si celle qui se lamente en pleurant sur un mort ne se repent pas avant sa mort, elle sera ressuscitée, le Jour de la Résurrection, vêtue d’un vêtement de goudron et portant une armure de plomb. »
Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٦٥ – وَعَنْ أسيد بن أبي أسيد التابعي عن امْرَأَةٍ مِنَ الْمُبَايَعَاتِ قَالَتْ كَانَ فِيمَا أَخَذَ عَلَيْنَا رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْمَعْرُوفِ الَّذِي أَخَذَ عَلَيْنَا أن لا نَعْصِبَهُ فِيهِ أَنْ لا نَخْمِسَ وَجْهَا وَلَا نَدْعُوَ وَيْلا وَلَا نَشَقُ جَيْبًا وَأَنْ لَا نَنْتُرَ شعرا – رواه أبو داود باشتاد حسن .
1665. D’après Usayd ibn Abû Usayd at-Tâ’i, selon une Compagne qui avait prêté serment d’allégeance, cette femme a dit : « Parmi les engagements que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — nous fit prendre au sujet des bonnes œuvres figurait celui-ci : nous ne lui désobéirions pas en ce qui concerne le convenable, c’est-à-dire les bonnes œuvres ; nous ne nous grifferions pas le visage jusqu’à le faire saigner en cas de malheur ; nous n’appellerions pas la destruction ou le malheur ; nous ne déchirerions pas nos vêtements au niveau de la poitrine et nous ne nous arracherions pas les cheveux. »
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission jugée bonne.
١٦٦٦ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا مِنْ مَيِّتِ يَمُوتُ فَيَقُومُ بَاكِيْهِمْ فَيَقُولُ وَاجَبَلاهُ وَأَسَيِّدَاهُ أَوْ نَحْوَ ذَلِكَ إِلَّا وَكلَ بِهِ مَلَكَانِ يَلْهَزَانِهِ أَهْكَذَا كُنْتَ رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1666. Abou Moussa al-Ach‘ari, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : lorsqu’une personne meurt et que ceux qui la pleurent se lamentent en disant : « Hélas, quelle montagne ! Hélas, quel chef ! » et autres paroles semblables, deux anges sont chargés d’elle. Ils lui frappent la poitrine et lui disent : « Étais-tu vraiment ainsi ? »
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. Il a dit : « Ce hadith est bon. »
١٦٦٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اثْنَتَانِ فِي النَّاسِ هُمَا بِهِمْ كُفر الطعْنُ فِي النَّسَبِ وَالنِّسَاحَةُ عَلَى الْمَيِّتِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1667. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : deux traits de caractère chez les gens relèvent de la mécréance : diffamer la filiation de quelqu’un ou insulter les lignées, et se lamenter sur le mort.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 50 — Interdiction de se rendre chez les astrologues, les devins et autres personnes semblables
١٦٦٨ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ سَأَلَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَاسٌ عَنِ الْكَهَانِ فَقَالَ لِيَسُوا بِشَيْءٍ فَقَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّهُمْ يُحَدِّثُوْنَا أحْيَانًا بِشَيْءٍ فَيَكُونُ حَقًّا فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تِلْكَ الْكَلِمَةُ مِنَ الْحَقِّ يَخْطَفُهَا الْجِنِّى فَيَقُرُهَا في أذن وَلِيْهِ فَيَخْلِطُوْنَ مَعَهَا مِائَةَ كَذَّبَةٍ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ ۖ وَفِي رِوَايَةٍ لِلْبُخَارِي عَنْ عَائِشَةَ أَنَّهَا سَمِعَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ الْمَلائِكَةَ تَنزِلُ في العَنَانِ وَهُوَ السَّحَابُ فَتَذْكُرُ الْأَمْرُ قُضِى في السماء فَيَسْتَرِقُ الشَّيْطَانُ السَّمْعَ فَيَسْمَعُهُ فَيُوْحِيهِ إِلَى الْكُهَانِ فَيَكْذِبُونَ معَهَا مِائَةَ كَذَبَةٍ مِّنْ عِندِ أَنْفُسِهِمْ.
1668. Il est rapporté d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée) que quelques personnes interrogèrent le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) au sujet des devins. Il répondit : « Ils ne sont rien. » Les gens dirent : « Ô Messager d’Allah, ils nous disent parfois des choses qui se révèlent effectivement vraies. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : « C’est une parole vraie. Les djinns l’écoutent furtivement auprès des anges, puis s’enfuient rapidement avec elle et la chuchotent à l’oreille de leurs alliés. Ensuite, les devins y ajoutent de leur propre chef des centaines de mensonges. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par al-Bukhari, il est dit : Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Les anges se répandent dans le monde supérieur avec les commandements d’Allah qui leur sont confiés et se mettent à discuter au sujet des décisions célestes promulguées. Satan écoute alors leurs propos à la dérobée. Puis il les chuchote à l’oreille des devins. Les devins y ajoutent de leur propre chef des centaines de mensonges. »
١٦٦٩ – وَعَنْ صَفِيَّةَ بْنِ أَبِي عُبَيْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ بَعْضٍ أَزْوَاجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ أَتَى عَرَّافًا فَسَأَلَهُ عَنْ شَيْءٍ فَصَدِّقَهُ لمْ تُقبل لَهُ صَلَاةٌ أَرْبَعِينَ يَوْمًا رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1669. Safiyya bint Abi Ubayd rapporte, par l’intermédiaire de l’une des épouses du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui se rend auprès d’un devin pour l’interroger sur une chose et le croit, sa prière ne sera pas agréée pendant quarante jours. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٧٠- وَعَنْ قَبِيصَةَ بْنِ الْمُخَارِقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ الْعِيَافَةُ والطَّبَرَةُ وَالطَّرْقُ مِنَ الْجِبْتِ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ باشناد حسن وقَالَ الطرق هُوَ الرِّجْرُ أَي زَجْرُ الطَّيْرِ وَهُوَ أَنْ يُتَيَمَنَ أَوْ يَتَشَاءَمَ بطبَرَانِهِ فَإِنْ طَارَ إِلى جِهَةِ الْيَمِينِ تَيَمَنَ وَإِنْ طَارَ إِلَى جِهَةِ الْيَسَارِ تَشَامَمَ. قَالَ أبو دَاوُودَ وَالْعِيَافَةُ الْخَط. قَالَ الْجَوْهَرِي فِي الصِّحَاحِ الْجِبْتُ كَلِمَةٌ تَقَعُ عَلَى الصنم وَالْكَاهِنِ وَالسَّاحِرِ وَنَحْوِ ذَلِكَ.
1670. Il est rapporté de Qabisa ibn al-Mukhariq (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Le yافah, c’est-à-dire le tracé de lignes, la tayarah, c’est-à-dire considérer comme un mauvais présage ce que l’on voit, et le tark, c’est-à-dire tirer des présages en faisant s’envoler les oiseaux, relèvent du polythéisme. »
L’imam Abu Dawud a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission. Il a dit que le tark signifie faire s’envoler les oiseaux, puis déterminer par leur envolée un résultat favorable ou défavorable. Si l’oiseau vole vers la droite, on y voit un bon présage ; s’il vole vers la gauche, on y voit un mauvais présage. Al-yafah signifie : l’écriture manuscrite et les lignes de la main. Al-Jawhari a dit dans son ouvrage lexicographique intitulé as-Sihah que le terme al-jibt désigne notamment les idoles, les devins et les magiciens.
١٦٧١ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنِ اقْتَبَسَ عِلْمًا مِّنَ النُّجُومِ اقْتَبَسَ شُعْبَةٌ مِنَ السِّحْرِ زَادَ مَا زَادَ – رَوَاهُ أبو داود بإسناد صحيح1671. Il est rapporté d’après ‘Abdullah ibn ‘Abbâs — qu’Allah les agrée tous deux — qu’il a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui acquiert une connaissance de l’astrologie acquiert en réalité une branche de la magie ; plus il en acquiert, plus il acquiert de magie. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
١٦٧٢ – وَعَنْ مُعَاوِيَةَ بْنِ الْحَكَمِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي حَدِيثُ عَهْدٍ بِجَاهِلِيَّةٍ وَقَدْ جَاءَ اللهُ تَعَالَى بِالْإِسْلَامِ وَإِنَّ مِنَّا رِجَالًا يَأْتُونَ الكهانَ قَالَ فَلا تَأْتِهِمْ قُلْتُ وَمِنَّا رِجَالٌ يُتَطيرُونَ قَالَ ذَلِكَ شَيْءٌ يُجِدُونَهُ فِي صُدُورِهِمْ فَلا يَصْدُهُمْ قُلْتُ وَمِنَّا رِجَالٌ يُخْطُونَ قَالَ كَانَ نَبِي مِنَ الْأَنْبِيَاءِ يَخْطُ فَمَنْ وَافَقَ خَطْهُ فَذَاكَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1672. Il est rapporté d’après Mu‘âwiya ibn al-Hakam — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : Je dis : « Ô Messager d’Allah, je viens tout juste de quitter l’époque de l’ignorance et Allah m’a accordé la faveur d’embrasser l’islam. Parmi nous, certains se rendent chez les devins. » Il dit : « N’allez pas les consulter. » Je dis : « Certains d’entre nous considèrent certaines choses comme des présages funestes. » Il dit : « C’est une chose qu’ils imaginent. Que cela ne les empêche donc pas d’agir. » Je dis : « Certains parmi nous pratiquent la chiromancie. » Il dit : « Il y avait un prophète parmi les prophètes qui traçait des lignes. Si le tracé de quelqu’un correspond au sien, alors c’est juste. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٧٣ – وَعَنْ أَبِي مَسْعُودٍ الْبَدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنْ تَمَنِ الْكَلْبِ وَمَهْرَ الْبَغِى وَحُلُوَانِ الْكَاهِنِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1673. Il est rapporté d’après Abû Mas‘ûd al-Badrî — qu’Allah l’agrée — que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a interdit le prix du chien, le gain de la prostituée et la rémunération du devin.
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٧٤ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم لا عدوى ولا طيرة ويُعْجِبُنِي الْقَالَ قَالُوا وَمَا الْقَالَ قَالَ كَلِمَةٌ طَيِّبَةٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1674. Il est rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il n’existe ni contagion ni mauvais présage. Toutefois, j’aime le fa’l. » Les gens demandèrent : « Qu’est-ce que le fa’l ? » Il répondit : « Une bonne parole. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٧٥ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا عدوى ولا طيرَة وَإِنْ كَانَ السُّؤْمُ فِي شَيْءٍ فَفِي الدَّارِ وَالْمَرْأَةِ وَالْفَرَسِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1675. Il est rapporté d’Abdullah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux) qu’il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il n’existe ni contagion ni mauvais présage. S’il y avait un mauvais présage dans quelque chose, ce serait dans la maison, la femme et le cheval. »
(C’est-à-dire que ces trois éléments indispensables de la vie sont eux aussi exposés à diverses épreuves et difficultés. Pourtant, personne ne les délaisse en croyant qu’ils portent malheur. Il ne convient donc pas de croire que d’autres choses portent malheur.)
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٧٦ – وَعَنْ بُرَيْدَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ لَا يتطير – رواه أبو داود باشناد صحيح
1676. Il est rapporté de Burayda (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) ne considérait rien comme néfaste ou de mauvais augure.
L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
١٦٧٧ – وَعَنْ عُرْوَةَ بْنِ عَامِرٍ قَالَ ذكرت الطيرَةُ عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَحْسَنُهَا الْقَالَ وَلَا تَرُدُّ مُسْلِمًا فَإِذَا رَأَى أَحَدُكُمْ مَا يَكْرَهُ فَلْيَقُل : اللهم لا يَأْتِي بِالْحَسَنَاتِ إِلا انتَ وَلَا يَدْفَعُ السَّيِّئَاتِ إِلا انْتَ وَلَا حَوْلَ وَلا قُوَّةَ إِلَّا بِكَ. حَدِيث صَحِيحٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِإِسْنَادِ صَحِيح
1677. D’après ‘Urwa ibn ‘Âmir (qu’Allah l’agrée), il est rapporté qu’une discussion sur les présages néfastes avait lieu en présence du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il dit : « Le meilleur d’entre eux est le fal. Mais les mauvais présages ne doivent pas empêcher un musulman d’accomplir son œuvre. Si l’un de vous voit quelque chose qui lui déplaît, qu’il dise : “Ô Allah ! Nul ne peut apporter le bien en dehors de Toi, nul ne peut écarter le mal en dehors de Toi. Tu es le seul à pouvoir changer les situations et à décréter le bien et le mal.” »
C’est un hadith authentique. L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
Chapitre 51 — L’interdiction de dessiner des images sur les literies, les pierres et autres supports
Il est interdit, ou assimilé à l’interdit, de dessiner des images d’êtres vivants sur les literies, les vêtements, les coussins, les pierres, les pièces métalliques, les billets de banque, etc., ainsi que de peindre sur les murs, les plafonds, les étoffes des rideaux, les turbans, les vêtements et autres supports ; il est ordonné de retirer ou d’effacer ces images.
١٦٧٨ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الَّذِينَ يَصْنَعُونَ هذه الصُّورَ يُعَذِّبُونَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ يُقَالُ لَهُمْ أَحْبُوا مَا خَلَقْتُم متفق عليه.
1678. D’après Abdallah ibn Omar (qu’Allah les agrée tous deux), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le Jour de la Résurrection, ceux qui fabriquent des images seront châtiés. On leur dira : “Donnez vie à ce que vous avez créé.” »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٧٩ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَدِمَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ سَفَرٍ وَقَدْ سَتَرْتُ سَهْوَةً لِي بِقِرَامِ فِيهِ تَمَاثِيلُ فَلَمَّا رَأَهُ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَلُونَ وَجْهُهُ وَقَالَ يَا عَائِشَةُ أَشَدُّ النَّاسِ عَذَابًا عِنْدَ اللَّهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ الَّذِينَ يُضَاهُونَ بِخَلْقِ اللهِ قَالَتْ فَقَطَعْنَاهُ فَجَعَلْنَا مِنْهُ وِسَادَةً أَوْ وسادتين متفق عليه.
1679. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) revint d’un voyage. J’avais suspendu dans la véranda un rideau sur lequel étaient peintes des images. En le voyant, le visage du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) changea de couleur. Il dit : « Ô Aïcha, ceux qui imitent la création d’Allah, c’est-à-dire qui fabriquent des images, subiront le châtiment le plus sévère auprès d’Allah le Jour de la Résurrection. » Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : Je le déchirai ensuite et en fabriquai un ou deux coussins.
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٨٠ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ كُلُّ مُصَوِّرٍ فِي النَّارِ يُجْعَلُ لَهُ بِكُلِّ صُورَةٍ صَورَهَا نَفْسٌ فَيُعَذِّبَهُ فِي جَهَنَّمَ. قَالَ ابْنُ عَبَّاس فَإِن كُنت لا بُدَّ فَاعِلاً فَاصْنَعِ الشَّجَرَ وَمَا لَا رُوحَ فِيهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1680. Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Tout peintre d’images ira en Enfer. Pour chacune des images qu’il aura fabriquées, une personne sera désignée et continuera à le châtier en Enfer. » Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) dit : « Si tu dois absolument peindre, alors peins des arbres ou des objets inanimés. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٨١ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ صَوْرَ صُورَةٌ فِي الدُّنْيَا كُلَّفَ أَنْ يُنْفُخَ فِيهَا الرُّوحَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلَيْسَ بِنَافِعُ متفق عليه.
1681. Il est rapporté d’Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Celui qui représentera l’image de quelque chose dans ce monde, on lui demandera, le Jour de la Résurrection, d’insuffler la vie à cette image, mais il ne pourra jamais le faire. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhari et l’imam Muslim.
١٦٨٢ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنْ أَشَدَّ النَّاسِ عَذَابًا يَوْمَ الْقِيَامَةِ الْمُصَوِّرُونَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1682. Il est rapporté d’Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Le Jour de la Résurrection, ceux qui fabriquent des images subiront le châtiment le plus sévère. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٨٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ قَالَ اللهُ تَعَالَى وَمَنْ أَظْلَمُ مِمَّنْ ذَهَبَ يَخْلُقُ كَخَلْقِي فَلْيَخْلُقُوا ذرة أو لِيَخْلُقُوا حَبَّةَ أَوْ لِيَخْلُقُوا شَعِيرَةً مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1683. Il est rapporté d’Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Allah le Très-Haut dit : Qui est plus injuste que celui qui entreprend de créer quelque chose à l’image de Ma création ? S’il est capable de le faire, qu’il crée donc une petite fourmi, un grain de céréale ou un grain d’orge. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٨٤ – وَعَنْ أَبِي طَلْحَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال لا تَدْخُلُ الْمَلائِكَةُ بَيْتًا فيه كلب ولا صورة – متفق عليه.
1684. Abû Talha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les anges de la miséricorde n’entrent pas dans une maison où se trouvent un chien ou une image. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٨٥ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ وَعَدَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم جبريل أنْ يَأْتِيَهُ فَرَاثَ عَلَيْهِ حَتَّى اشْتَدَّ عَلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَخَرَجَ فَلَقِيَهُ جِبْرِيلُ فَشَكَا إِلَيْهِ فَقَالَ إِنَّا لَا نَدْخُلُ بَيْتًا فِيْهِ كَلْبٌ وَلَا صورة – رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1685. ‘Abdullâh ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : Jibrîl (que la paix soit sur lui) avait promis de rencontrer le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), mais il tarda à venir. Ce retard fut extrêmement pénible pour le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Plus tard, lorsqu’il sortit de chez lui, il rencontra Jibrîl. Il lui en fit le reproche, et Jibrîl (que la paix soit sur lui) dit : « Nous n’entrons pas dans une maison où se trouve un chien ou une représentation d’un être vivant. »
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
١٦٨٦ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ وَعَدَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي سَاعَةٍ أَنْ يَأْتِيَهُ فَجَاءَتْ تِلْكَ السَّاعَةُ وَلَمْ يَأْتِهِ قالتْ وَكَانَ بِيَدِهِ عَمَّا فَطَرَحَهَا مِنْ يُدِهِ وَهُوَ يَقُوْلُ مَا يُخْلِفُ اللَّهُ وَعْدَهُ وَلَا رُسُلُهُ ثم الْتَفْتَ فَإِذَا جَرْهُ كَلْبِ تَحْتَ سَرِيرِهِ فَقَالَ مَتَى دَخَلَ هَذَا الْكَلْبُ فَقُلْتُ وَاللَّهِ ما دَرَيْتُ بِهِ فَأَمَرَ بِهِ فَأَخْرَجَ فَجَاءَهُ جبريل عَلَيْهِ السَّلَامُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَعَدْتَنِي فَجَلَسْتُ لكَ وَلَمْ تَأْتِنِي فَقَالَ مَنَعَنِى الْكَلْبُ الَّذِي كَانَ فِي بَيْتِكَ إِنَّا لَا تَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلَا صُورَةٌ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1686. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Jibrîl (que la paix soit sur lui) avait promis de rencontrer le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) à une heure déterminée. Pourtant, même après que l’heure fixée fut passée, il ne vint pas. ‘Â’isha dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) tenait un bâton à la main. Tout en le jetant, il dit : « Allah et Ses messagers ne manquent jamais à leurs promesses. » Puis, en regardant autour de lui, il aperçut un chiot sous son lit. Il dit : « Quand ce chien est-il entré ? » ‘Â’isha dit : Je répondis : « Par Allah ! Je ne sais absolument pas quand il est entré. » Il ordonna de le chasser, et on le fit sortir. Ensuite, Jibrîl (que la paix soit sur lui) vint auprès de lui. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) lui dit : « Vous aviez promis de venir. Je vous ai attendu, mais vous n’êtes pas venu. » Il répondit : « Je n’ai pas pu venir à cause du chien qui se trouvait dans votre maison. Nous n’entrons jamais dans une maison où se trouvent un chien ou la représentation d’un être vivant. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٨٧ – وَعَنْ أَبِي الشَّيَاحِ حَيَّانَ بْنِ حُصَيْنٍ قَالَ قَالَ لِي عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ إِلا ابْعَتُكَ عَلَى مَا بَعَثَنِي عَلَيْهِ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أنْ لا تَدَعَ صُورَة إلا طمستها ولا قَبْرًا مُشْرِفًا إِلا سَوَّيْتَهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1687. Abû at-Tayyâh Hayyân ibn Husayn (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Alî ibn Abî Tâlib (qu’Allah l’agrée) me dit : “Ne vais-je pas t’envoyer accomplir la mission pour laquelle le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) m’avait envoyé ? Elle consiste à ne laisser aucune image sans l’avoir complètement effacée, ni aucune tombe surélevée sans l’avoir nivelée au sol.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 52 – L’interdiction de garder un chien dans un autre but que la chasse ou la garde du bétail et des terres agricoles
١٦٨٨- عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا إِلا كَلبَ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِه كُلِّ يَوْمٍ قيراطان – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ – وَفِي رِوَايَةٍ قيراط
1688. Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : “Quiconque garde un chien dans un autre but que la chasse ou la garde du bétail verra diminuer chaque jour de deux qirâts la récompense de ses bonnes œuvres.” [Note : Le qirât est une très petite unité de poids sur la balance. Allah seul en connaît la mesure exacte. Cependant, il est mentionné dans un autre hadith que, le Jour de la Résurrection, chacun des qirâts pèsera autant que le mont Uhud.] »
Les imams Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « un qirât ».
١٦٨٩ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَمْسَكَ كَلْبًا فَإِنَّهُ يَنقُصُ كُلَّ يَوْمٍ مِنْ عَمَلِهِ قِيرَاطَ إِلا كَلْبَ حَرْثٍ أَوْ ماشِيَة مُنْفَقٌ عَلَيْهِ – وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ مَنْ اقْتَنَى كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ صَيْدٍ وَلَا ماشِيَةٍ ولا أَرْضِ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطَانِ.
1689. Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui garde un chien voit chaque jour diminuer d’un qirât la récompense de ses bonnes œuvres. Toutefois, il en va autrement lorsqu’il le garde pour surveiller les cultures ou le bétail. »
Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Celui qui garde un chien pour une raison autre que la chasse, la surveillance du bétail et la protection des cultures voit chaque jour diminuer de deux qirâts la récompense de ses bonnes œuvres. »
Chapitre 53 — Il est déconseillé d’attacher une cloche au cou d’un chameau ou de tout autre animal, ainsi que d’emmener un chien en voyage ou de lui attacher une cloche au cou
١٦٩٠ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَصْحَبُ الْمَلَائِكَةُ رُفْقَةً فِيهَا كَلْبٌ أَوْ جَرَسٌ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1690. Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les anges de la miséricorde n’accompagnent pas les caravanes dans lesquelles se trouvent un chien ou une cloche. »
Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٩١ – وَعَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْجَرَسُ مَزَامِيرُ الشَّيْطَانِ رواه مسلم.
1691. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les cloches font partie des instruments de musique du Diable. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 54 — Il est réprouvé de monter une chamelle qui se nourrit d’impuretés ou d’excréments. Toutefois, si elle abandonne cette habitude et commence à manger de l’herbe pure, il ne sera plus réprouvé de la monter et sa viande deviendra licite.
١٦٩٢ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْجَلَالَةِ فِي الابلِ أَنْ يُرْكَبَ عَلَيْهَا رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِاسْنَادِ صَحِيح
1692. Abdallah ibn Omar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit de monter sur le dos d’une chamelle qui se nourrit d’excréments.
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
Chapitre 55 — Il est interdit de cracher dans la mosquée. Il est ordonné de maintenir la mosquée propre et d’en retirer les crachats ou toute chose similaire qui s’y trouverait.
١٦٩٣ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْبَصَاقُ فِي الْمَسْجِدِ خَطِيئَةُ وَكَفَّارَتُهَا دَفْتُهَا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَالْمُرَادُ بِدَفْنِهَا إِذَا كَانَ الْمَسْجِدُ تُرَابًا أَوْ رَمَلاً وَنَحْوَهُ فَيُوَارِيهَا تَحْتَ تُرَابِهِ. قَالَ أَبُو الْمَحَاسِنِ الرؤيانِي مِنْ أَصْحَابِنَا فِي كِتَابِهِ الْبَحْرِ وَقِيلَ الْمُرَادُ بِدَقْنِهَا إِخْرَاجُهَا مِنْ المستجد أما إذا كَانَ الْمَسْجِدُ مُبلطا أو مُجَصَصًا فَدَلَكَهَا عَلَيْهِ بِمَدَاسه أو بغيره كَمَا يَفْعَلُهُ كَثِيرَةً مِّنَ الْجُهَالِ فَلَيْسَ ذَلِكَ بِدَفْنِ بَلْ زِيَادَةٌ فِي الْخَطِيئَةِ وَتَكْثِير لِلْقَدْرِ فِي الْمَسْجِدِ وَعَلَى مَنْ فَعَلَ ذَلِكَ أَنْ يَمْسَحَهُ بَعْدَ ذَلِكَ بِشَيْبِهِ أَوْ بيَدِهِ أَوْ غَيْرِهِ أَوْ يَغْسِلُهُ.
1693. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Cracher à l’intérieur de la mosquée est un péché. Son expiation consiste à l’enterrer (ou à le nettoyer).
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. L’imam An-Nawawi dit que l’expression « l’enterrer » signifie que, si le sol de la mosquée est en terre ou en sable, il faut y enterrer le crachat. Notre collègue Abou Al-Mahasin Ar-Rouyani dit dans son ouvrage intitulé Kitab Al-Bahr que, dans ce cas, « l’enterrer » signifie le jeter à l’extérieur de la mosquée. Dans une mosquée au sol dallé, cracher sur le tapis de prière puis, comme un ignorant, l’y frotter et le mélanger à celui-ci est un péché et revient à souiller la mosquée. Celui qui agirait ainsi doit le nettoyer avec son vêtement ou sa main, ou le laver avec de l’eau.
١٦٩٤ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَأَى في جدارِ الْقِبْلَةِ مُخَاطًا أَوْ بُرَاقًا نُخَامَةٌ فَحَكَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1694. Il est rapporté d’Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) vit sur le mur de la mosquée, du côté de la qibla, des crachats, des sécrétions nasales ou des mucosités ; il les gratta et les enleva.
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٦٩٥ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنْ هذِهِ الْمَسَاجِدَ لَا تَصْلُحُ لِشَيْءٍ مِّنْ هُذَا الْبَوْلِ وَلَا الْقَدْرِ إِنَّمَا هِيَ لِذِكْرِ اللَّهِ تَعَالَى وَقَرَامَةِ الْقُرْآنِ أَوْ كَمَا قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1695. Il est rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : L’urine et les saletés sont contraires à la dignité et à la pureté de la mosquée. La mosquée est le lieu où l’on évoque Allah et où l’on récite le Coran, ou comme l’a dit le Messager d’Allah.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 56 — Il est réprouvé de se quereller dans la mosquée, d’y élever la voix ou d’y parler à haute voix, d’y rechercher un objet perdu, d’y effectuer des transactions telles que l’achat, la vente ou la location, et autres opérations similaires.
١٦٩٦ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ سَمِعَ رَجُلًا يَنْشُدُ ضَالَةَ فِي الْمَسْجِدِ فَلْيَقُلْ لَا رَدَّهَا اللَّهُ عَلَيْكَ فَإِنَّ الْمَسَاجِدَ لَمْ تُبْنَ لِهَذَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1696. Il est rapporté d’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : Si quelqu’un entend une personne rechercher un objet perdu dans la mosquée, qu’il lui dise : « Qu’Allah ne te rende pas ton objet ! » Les mosquées n’ont pas été bâties pour cela.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٩٧ – وَعَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا رَأَيْتُمْ مَنْ يُبِيعُ أَوْ يَبْتَاعُ فِي الْمَسْجِدِ فَقُولُوا لَا أَرْبَحَ اللهُ تِجَارَتَكَ وَإِذَا رَأَيْتُمْ مَنْ يُنْشُدُ ضَالَةً فَقُولُوا لَا رَبِّهَا اللهُ عَلَيْكَ رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ
1697. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Si vous voyez quelqu’un acheter ou vendre à l’intérieur de la mosquée, dites-lui : “Qu’Allah ne rende pas ton commerce profitable !” Et si vous voyez quelqu’un y chercher ce qu’il a perdu, dites-lui : “Qu’Allah ne te restitue pas ton bien !” »
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith bon. »
١٦٩٨ – وَعَنْ بُرَيْدَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلاً نَشَدَ فِي الْمَسْجِدِ فَقَالَ مَنْ دَعَا إِلَى الْجَمَلَ الْأَحْمَرَةِ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا وَجَدْتَ إِنَّمَا بنيتِ الْمَسَاجِدُ لِمَا بُنِيَتْ لَهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1698. Bourayda (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un homme cherchait dans la mosquée une chose qu’il avait perdue. Il dit : « Qui annoncera que j’ai perdu mon chameau roux ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) lui dit : « Tu ne le retrouveras pas. Les mosquées ont été bâties pour une fin particulière. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٦٩٩- وَعَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنِ الشَّرَاءِ وَالْبَيْعِ فِي الْمَسْجِدِ وَأَنْ تُنْشَدَ فِيْهِ ضَالَّةٌ أوْ يُنشَدَ فيه شعر – رواه أبو داود والترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ
1899. ʿAmr ibn Shuʿayb rapporte de son père, qui le tenait de son grand-père, que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit de faire du commerce dans les mosquées, d’y rechercher les objets perdus et d’y réciter de la poésie.
Les imams Abou Dawoud et at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. At-Tirmidhi a dit : « C’est un hadith bon. »
۱۷۰۰ – وَعَنِ السَّائِبِ بْنِ يَزِيدَ الصَّحَابِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كُنْتُ فِي المسجد فَحَصَبَنِي رَجُلٌ فَنَظَرْتُ فَإِذَا عُمَرُ بْنُ الْخَطَابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَقَالَ اذْهَبْ فَالْتَنِي بِهدَيْنِ فَجِئْتُهُ بِهِمَا فَقَالَ مِن أينَ أَنْتُمَا ؟ فَقَالَا مِنْ أَهْلِ الطَّائِفِ فَقَالَ لَوْ كُنْتُمَا مِنْ أَهْلِ الْبَلَدِ لَأَوْجَعْتُكُمَا تَرْفَعَانِ أَصْوَاتَكُمَا فِي مَسْجِدِ رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1700. D’après le compagnon Saïb ibn Yazid (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’étais présent dans la mosquée lorsqu’un homme me lança une pierre. En regardant, je vis Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée). Il dit : “Va me chercher ces deux hommes.” Je les lui amenai. Il leur demanda : “D’où venez-vous ?”
Ils répondirent : « Nous sommes de Taïf. » Umar (qu’Allah l’agrée) dit : « Si vous étiez habitants de cette ville, je vous aurais châtiés, car vous avez parlé à voix haute dans la mosquée du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre 57 — Il est interdit d’entrer dans la mosquée sans nécessité, après avoir mangé des oignons, de l’ail ou quelque autre aliment malodorant similaire, avant que l’odeur ne disparaisse.
۱۷۰۱ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ منْ أَكَلَ مِنْ هذه الشَّجَرَةِ يَعْنِي الثوم فلا يقربَنَ مَسْجِدَنَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رواية المُسْلِمِ مَسَاجِدنا .
1701. D’après Abd Allah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux), le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Celui qui mange de cette plante — c’est-à-dire de l’ail — qu’il ne s’approche pas de notre mosquée. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par Muslim, on trouve le mot « masajidana », qui signifie « nos mosquées ».
۱۷۰۲ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أكل من هذه الشجرة فلا يقربنا وَلَا يُصَلِّينَ مَعَنَا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1702. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que celui qui mange ce genre de légume ne vienne pas auprès de nous et ne prie pas non plus avec nous. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۰۳ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ اكل ثُوْمًا أَوْ بَصَلاً فَلْيَعْتَزِلْنَا أَوْ فَلْيَعْتَزِلُ مَسْجِدَنَا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رواية لِمُسْلِم مَنْ أَكل البصل والثوم والكراث فَلا يَقْرَبَنَّ مَسْجِدَنَا فَإِنَّ الْمَلَائِكَة تَتَأَذًى مِمَّا يَتَأَذًى مِنْهُ بَنُو أَدَمَ.
1703. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que celui qui mange de l’ail ou de l’oignon s’éloigne de nous ou de notre mosquée. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Que celui qui mange de l’oignon, de l’ail ou un autre légume à l’odeur semblable ne s’approche pas de notre mosquée, car les choses qui incommodent les gens incommodent également les anges. »
١٧٠٤ – وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ خَطَبَ يَوْمَ الْجُمُعَةِ فَقَالَ فِي خُطْبَتِهِ ثُمَّ إِنَّكُمْ أَيُّهَا النَّاسُ تَأْكُلُونَ شَجَرَتَيْنِ مَا أَرَاهُمَا إِلَّا خَبِيئَتَيْنِ البصل والثوم. لَقَدْ رَأَيْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا وَجَدَ رِيحَهُمَا من الرَّجُلِ فِي الْمَسْجِدِ أَمَرَيهِ فَأَخْرَجَ إِلَى الْبَقِيعِ فَمَنْ أَكَلَهُمَا فَلْيُمِتْهُمَا طبخا – رَوَاهُ مُسْلِم
1704. Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un vendredi, il prononça un sermon. Il y dit : « Ensuite, ô gens ! Vous mangez deux sortes de légumes. À mon avis, les deux plus mauvais sont l’oignon et l’ail. J’ai vu que, lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) sentait leur odeur dans la bouche d’un homme à la mosquée, il ordonnait qu’on le fasse sortir. On le faisait alors sortir de la mosquée en direction d’un lieu appelé al-Baqi’. Ainsi, celui qui veut manger ces deux aliments doit les faire cuire afin d’en éliminer l’odeur. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 58 — Il est déconseillé, le vendredi pendant le sermon de l’imam, de s’asseoir en ramenant les genoux contre le ventre
Car cette position provoque le sommeil, ce qui empêche de rester attentif au sermon et fait craindre la rupture des ablutions.
١٧٠٥ – عَنْ مُعَاذِ بْنِ أَنَسِ الْجُهَنِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنِ الحيوة يَوْمَ الْجُمُعَةِ وَالْإِمَامُ يَخْطُبُ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِي وقَالَا حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1705. Muʿādh ibn Anas al-Juhanī (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit, le vendredi pendant le sermon, de s’asseoir en ramenant les genoux contre le ventre. L’imam Abū Dāwūd et l’imam al-Tirmidhī ont rapporté ce hadith et ont déclaré qu’il s’agissait d’un hadith hasan.
Section 59 — Il est interdit à celui qui a l’intention d’accomplir le sacrifice de se couper les ongles et les cheveux pendant les dix premiers jours de Dhū al-Hijjah, c’est-à-dire jusqu’au matin du dixième jour, avant l’accomplissement du sacrifice.
١٧٠٦- عَنْ أَمْ سَلَمَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ كَانَ لَهُ ذَبْحٌ يَذْبَحُهُ فَإِذَا أَهل هلالُ ذِي الْحَجَّةِ فَلَا يَأْخُذَنَّ مِنْ شَعْرِه ولا مِنْ أَطْفَارِهِ شَيْئًا حَتَّى يُضَحَى رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1706. Umm Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui possède une bête destinée au sacrifice et qui a l’intention de l’immoler ne doit pas se couper les cheveux ni les ongles après l’apparition de la nouvelle lune de Dhū al-Hijjah, jusqu’à ce qu’il accomplisse le sacrifice. » (Selon les hanafites, cette interdiction est tanzīhī ; selon certains, elle est taḥrīmī. L’objectif est de manifester une solidarité avec les pèlerins.)
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 60 — Il est interdit de jurer par une créature
Il n’est pas permis de jurer par le nom d’une créature ou d’un animal. Par exemple, il est interdit de jurer au nom des prophètes et des messagers, des anges, de la Kaaba, du ciel, du père, du grand-père, de la vie, de l’âme, de la tête, etc., ainsi que par le don d’un sultan ou d’un empereur, la tombe d’un tel, le dépôt confié ou la fidélité d’une personne. Jurer en invoquant toutes ces choses est strictement interdit.
۱۷۰۷ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَنْهَاكُمْ أَنْ تَحْلِفُوا بِأَبَاتِكُمْ فَمَنْ كَانَ خَالِفًا فَلْيَحْلِفُ بِاللَّهِ أَوْ ليَصُمُتْ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. وفي رواية في الصحيحِ فَمَنْ كَانَ خَالِفًا فَلَا يَحْلِفُ إِلَّا بالله أو لبسكت
1707. Il est rapporté d’Abdullah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Allah Très-Haut vous a interdit de jurer par vos pères, vos grands-pères et vos ancêtres. Lorsque l’un de vous doit prêter serment, qu’il jure par Allah, sinon qu’il se taise. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Une autre version de Sahih al-Bukhari précise : « Lorsque l’un de vous doit prêter serment, qu’il jure uniquement par Allah ou qu’il se taise. »
۱۷۰۸ – وَعَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَحْلِفُوا بِالطَّوَاغِي وَلَا بِآبَائِكُمْ ۖ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1708. Il est rapporté d’Abd al-Rahman ibn Samura (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne jurez jamais par les divinités, ni par vos pères, vos grands-pères et vos ancêtres. » [Note : Le terme at-tawaghi est un pluriel. Son singulier, taghiya, signifie une idole ou une statue. Ainsi, dans le hadith, l’expression « taghiyat Dawس » désigne l’idole de la tribu de Daws. Ce terme est également employé pour désigner Satan.]
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۷۰۹ – وَعَنْ بُرَيْدَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَن يَسْسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ خَلَقَ بِالْأَمَانَةِ فَلَيْسَ مِنَّا حَدِيثٌ صَحِيحٌ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِاسْنَادِ صَحِيح
1709. Il est rapporté de Burayda (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui prête serment en invoquant l’amana (la loyauté) ne fait pas partie des nôtres. » C’est un hadith authentique. L’imam Abu Dawud l’a rapporté avec une chaîne de transmission authentique.
۱۷۱۰ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ خَلْفَ فَقَالَ إِنِّي بَرِى مِنَ الْإِسْلامِ فَإِنْ كَانَ كَاذِبًا فَهُوَ كَمَا قَالَ وَإِنْ كَانَ صَادِقًا فَلَنْ يُرْجِعَ إِلَى الْإِسْلامِ سَالِمًا – رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ .
1710. Il est rapporté de Burayda (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Celui qui jure en disant : « Je suis désavoué de l’islam », si ses paroles sont mensongères, est un menteur ; mais s’il dit vrai, il ne pourra pas revenir sain et sauf à l’islam.
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith.
يَقُولُ لا والكعبة قَالَ أنَّهُ سَمِعَ رَجُلاً يَقُولُ : عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّهُ . -۱۱- وعن بن عمر رضى ) ابْنُ عُمَرَ لَا تَحْلِفْ بِغَيْرِ اللهِ فَإِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ حَلَفَ بِغَيْرِ اللهِ فَقَدْ كَفَرَ أَوْ أَشْرَكَ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ وفَسَّرَ بَعْضُ العُلَمَاء قَوْلَهُ كَفَرَ أَوْ أَشْرَكَ عَلَى التَّغْلِيظَ كَمَا رُوِيَ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الرِّيَاءُ شرك.
1711. Il est rapporté d’Abdullah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux) qu’il entendit un homme dire : « Non, par la Kaaba ! » Abdullah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux) dit : Ne jurez pas par autre chose qu’Allah. En effet, j’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : Celui qui jure par autre chose qu’Allah commet un acte de mécréance ou d’associationnisme.
L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan. » Selon les savants, l’expression « il a commis un acte de mécréance ou d’associationnisme » est employée pour exprimer une sévère réprobation. Ainsi, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit ailleurs : « L’ostentation (le désir de se faire voir, la simulation ou l’hypocrisie) est une forme d’associationnisme. »
Chapitre 61 — L’interdiction stricte de prêter volontairement un faux serment
۱۷۱۲ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ من خلفَ عَلَى مَالِ امْرِئٍ بِغَيْرِ حَقِهِ لَقِيَ اللَّهَ وَهُوَ عَلَيْهِ غَضْبَانُ قَالَ ثُمَّ قَرَأَ عَلَيْنَا رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِصْدَاقَهُ مِنْ كِتَابِ اللهِ عَزَّ وَجَلٌ : إِنْ الَّذِينَ يَشْتَرُونَ بِعَهْدِ اللهِ وَايْمَانِهِمْ ثَمَنًا قَلِيلاً أُولَئِكَ لَا خَلَاقَ لَهُمْ فِي الْآخِرَةِ ولا يُكَلِّمُهُمُ الله ولا ينظر اليهم يَوْمَ الْقِيمَةِ وَلَا يُزَكِّيهِمْ من وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ.
1712. Il est rapporté d’Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Celui qui prête un faux serment afin de s’approprier illégalement les biens d’un musulman se présentera, le Jour de la Résurrection, devant Allah dans un état tel qu’Allah sera extrêmement courroucé contre lui. Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) dit : Ensuite, pour confirmer ces paroles, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous récita ce verset du Noble Coran : « Ceux qui vendent à vil prix l’engagement pris envers Allah et leurs serments n’auront aucune part dans l’au-delà. Au Jour de la Résurrection, Allah ne leur parlera pas, ne les regardera pas et ne les purifiera pas ; et ils auront un châtiment douloureux. » (Sourate Âl ‘Imrân, 3:77)
۱۷۱۳ – وَعَنْ أَبِي أُمَامَةَ أَيَّاسِ بْنِ ثَعْلَبَةَ الْحَارِثِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنِ اقْتَطَعَ حَقَّ امْرِئٍ مُسْلِم بِيَمِينِهِ فَقَدْ أَوْجَبَ اللهُ لَهُ النَّارَ وَحَرَّمَ عَلَيْهِ الْجَنَّةَ فَقَالَ لَهُ رَجُلٌ وَإِنْ كَانَ شَيْئًا يَسِيرًا يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ وَإِنْ كَانَ قَضِيبًا مِنْ أَرَاكَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1713. Abou Oumama Yas ibn Thalaba al-Hârithî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Celui qui s’approprie, par un faux serment, le droit ou le bien appartenant à un musulman, Allah lui rend l’Enfer obligatoire et lui interdit le Paradis. » Un homme lui demanda : « Ô Messager d’Allah, même s’il s’agit d’une chose insignifiante ? » Il répondit : « Même si c’est une petite branche du pilou. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٧١٤ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الكبائر الاشراك باللهِ وَعُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ وَقَتْلُ النَّفْسِ والْيَمِينُ الْغَمُوسُ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ – وَفِي رِوَايَةٍ أَنْ أَعْرَابِيا جَاءَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ الله مَا الكَبَائِرُ قَالَ الْإِشْرَاكَ بِاللهِ قَالَ ثُمَّ مَا ذَا قَالَ الْيَمِينُ الْغَمُوسُ قُلْتُ وَمَا الْيَمِينُ الْغَمُوسُ قَالَ الَّذِي يَقْتَطِعُ مَالَ امْرِئٍ مُسْلِم يَعْنِي بِيَمِيْنِ هُوَ فِيْهَا كَاذِبٌ .
1714. Abdallah ibn Amr ibn al-Âs (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Les péchés majeurs sont : associer des divinités à Allah, faire du tort à ses parents, tuer une personne et prêter un faux serment. »
L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par l’imam al-Boukhari, il est dit : « Un Bédouin vint auprès du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui demanda : “Ô Messager d’Allah, quels sont les péchés majeurs ?” Il répondit : “Associer des divinités à Allah.” L’homme demanda : “Et ensuite, lequel ?” Il répondit : “Prêter un faux serment.” Je demandai : “Qu’est-ce qu’un faux serment ?” Il répondit : “C’est lorsqu’une personne s’approprie les biens d’un musulman au moyen d’un faux serment.” »
Chapitre 62 — Après avoir juré de faire quelque chose…
Lorsqu’une personne jure de faire quelque chose, puis a l’occasion d’accomplir une action meilleure, elle doit donner la priorité à l’action meilleure et il lui suffit ensuite d’acquitter l’expiation pour avoir rompu son serment.
١٧١٥ – عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَإِذَا خَلَقْتَ عَلَى يَمِينَ فَرَأَيْتَ غَيْرَهَا خَيْرًا مِنْهَا فَأْتِ الذي هُوَ خَيْرٌ وَكَفِّرْ عَنْ يَمِينكَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1715. Abdur-Rahman ibn Samura (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah ﷺ m’a dit : « Si tu prêtes serment au sujet d’une chose, puis que tu estimes qu’il est préférable d’agir contrairement à ce serment, alors romps ton serment, accomplis l’expiation de celui-ci et fais ce qui est meilleur. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱٧١٦ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ حَلَفَ عَلَى يَمِين فَرَأَى غَيْرَهَا خَيْرًا مِنْهَا فَلْيُكَفِّرُ عَنْ يَمِينِهِ وَلْيَفْعَلِ الَّذِي هُوَ خَيْرٌ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1716. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui prête serment au sujet d’une chose, puis trouve l’occasion de faire quelque chose de meilleur que ce à quoi il a juré, qu’il rompe son serment, accomplisse son expiation et fasse ce qui est meilleur. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۷۱۷ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنِّي والله إِن شَاءَ اللهُ لا أَخْلِفُ عَلَى يَمِينِ ثُمَّ أَرَى خَيْرًا مِنْهَا إِلَّا كَفَرْتُ عَنْ يَمِينِي وَآتَيْتُ الَّذِي هُوَ خَيْرٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1717. Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Par Allah ! Si, après avoir prêté serment au sujet d’une chose, je trouve l’occasion de faire quelque chose de meilleur, si Allah le veut, je romprai certainement mon serment, accomplirai son expiation et ferai ce qui est meilleur. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۱۸ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم لأن يلج أَحَدُكُمْ فِي يَمِينِهِ فِي أَهْلِهِ أَثْمُ لَهُ عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى مِنْ أَنْ يُعْطِيَ كَفَّارَتَهُ الَّتِي فَرَضَ اللَّهُ عَلَيْهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1718. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Si l’un d’entre vous prête serment en nourrissant de l’aversion envers sa famille, il commet un péché plus grave que s’il s’acquittait de l’expiation qui lui incombe. »
Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 63 — Les serments futiles sont pardonnables
Les serments futiles sont pardonnables. La rupture de ce genre de serment n’exige aucune expiation. Il s’agit de serments qui viennent spontanément à la bouche, par habitude, sans que la personne ait l’intention de prêter serment. Ainsi, dans la conversation courante, on dit souvent : « Par Allah ! », « Je jure par Allah ! », etc.
قَالَ اللهُ تَعَالَى : لَا يُؤَاخِذُكُمُ اللهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ وَلَكِنْ يُؤَاخِدُكُمْ بِمَا عَقَدْتُمُ الْأَيْمَانَ فَكَفَّارَتُهُ اطْعَامُ عَشَرَةِ مَسَاكِينَ مِنْ أَوْسَطِ مَا تُطْعِمُونَ أَهْلِيْكُمْ أَوْ كِسْوَتُهُمْ أَوْ تَحْرِيرُ رَقَبَةٍ فَمَنْ لَمْ يَجِدْ فَصِيَامُ ثَلَاثَةِ أَيَّامٍ ذَلِكَ كَفَّارَةٌ أَيْمَانِكُمْ إِذَا خَلَقْتُمْ وَاحْفَظُوا أَيْمَانَكُمْ.
Le Très-Haut a dit :
« Allah ne vous tiendra pas rigueur de vos serments futiles, mais Il vous tiendra certainement rigueur des serments que vous prononcez délibérément. L’expiation consiste à nourrir dix indigents avec une nourriture moyenne de celle dont vous nourrissez vos familles, ou à leur donner des vêtements, ou à affranchir un esclave. Celui qui n’en a pas les moyens devra jeûner trois jours. Telle est l’expiation de vos serments lorsque vous les rompez. Gardez vos serments. Ainsi Allah vous expose clairement Ses enseignements, afin que vous soyez reconnaissants. » [Note : L’expiation ou l’amende d’un serment rompu consiste à affranchir un esclave, à nourrir dix indigents deux repas ou à leur donner des vêtements. Si l’on n’a les moyens d’accomplir aucune de ces choses, on doit jeûner trois jours consécutifs.] (Sourate al-Mâ’idah : 89)
۱۷۱۹ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ أُنزِلَتْ هذه الآيَةُ إِلا يُؤَاخِدُكُمُ اللهُ باللغو فِي أَيْمَانُكُمْ فِي قَوْلِ الرَّجُلِ لَا وَاللهِ وَبَلَى وَاللَّهِ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1719. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle a dit : « Le verset : “Allah ne vous tiendra pas rigueur des serments futiles que vous prononcez” a été révélé au sujet des serments que certaines personnes prononcent, tels que : “Non, par Allah !”, “Oui, par Allah !”, et autres expressions similaires.
L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith.
Section 64 — Il est également mauvais de jurer sincèrement lors de l’achat et de la vente
۱۷۲۰ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ الْحَلفُ مَنْفَقَة للسلعة مَمْحَقَةٌ للكسب مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1720. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : La multiplication des serments peut certes permettre de vendre davantage de marchandises, mais elle anéantit la bénédiction des gains.
L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۲۱ – عَنْ أَبِي قَتَادَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِيَّاكُمْ وَكَثرَةَ الْحَلِفِ فِي الْبَيْعِ فَإِنَّهُ يُنفِقُ ثُمَّ يَمْحَقُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1721. Il est rapporté d’Abou Qatada (qu’Allah l’agrée) qu’il a entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Abstenez-vous de multiplier les serments lors des ventes, car, même si cela augmente les ventes, cela anéantit la bénédiction. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 65 — Demander quelque chose au nom d’Allah
Il est répréhensible de demander, au nom d’Allah, autre chose que le Paradis. Il est répréhensible de priver celui qui demande quelque chose au nom d’Allah et de rejeter l’intercession faite au nom d’Allah.
۱۷۲۲ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يُسْأَلُ بوجه الله الا الْجَنَّةُ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ.
1722. Il est rapporté de Djâbir (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il ne convient de demander, au nom d’Allah, rien d’autre que le Paradis. » L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith.
۱۷۲۳ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنِ اسْتَعَاذَ بِالله فَأَعِيدُوهُ وَمَنْ سَأَلَ بِاللَّهِ فَأَعْطُوهُ وَمَنْ دَعَاكُمْ فَأَجِيبُوهُ وَمَنْ صَنَعَ إِلَيْكُمْ مَعْرُوفًا فَكَافِنُوهُ فَإِنْ لَمْ تَجِدُوا مَا تُكَافِتُونَهُ فَادْعُوا لَهُ حَتَّى تَرَوْا أَنَّكُمْ قَدْ كَافَأْتُمُوهُ، حَدِيثٌ صَحِيحٌ، رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالنِّسَانِي بأسانيد الصحيحين.
1723. Il est rapporté d’Abdallah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Accordez refuge à celui qui vous demande refuge au nom d’Allah. Donnez quelque chose à celui qui vous demande quelque chose au nom d’Allah. Acceptez l’invitation de celui qui vous invite. Récompensez celui qui vous fait un bienfait. Si vous n’avez rien avec quoi le récompenser, continuez à invoquer Allah en sa faveur jusqu’à ce que vous soyez convaincus de l’avoir récompensé. »
Ce hadith est authentique. L’imam Abou Dawoud et l’imam An-Nassaï ont rapporté ce hadith avec des chaînes de transmission d’un niveau équivalent à celles d’Al-Boukhari et de Mouslim.
Section : 66 – Il est interdit de dire « roi des rois »
Il est interdit de s’adresser à un roi ou à un chef d’État en l’appelant « roi des rois », ou de lui attribuer ce titre.
En effet, le mot « Shahanshah » signifie « Malik al-Mulk (l’empereur des empereurs) ». Il est interdit d’attribuer cette qualité à quiconque en dehors d’Allah, le Très-Haut.
١٧٢٤ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنْ اخْنَعَ اسْمِ عِندَ اللهِ عَزَّ وَجَلَّ رَجُلٌ تَسَمَّى مَلِكَ الْأَمْلاكِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. قَالَ سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ مَلك الأملاك مثل شاهنشاه .
1724. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète ﷺ a dit : « Auprès d’Allah, le Très-Haut et l’Omnipotent, l’homme le plus vil est celui qui prend le nom de “Shahanshah” ou de “roi des rois”. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Soufyan ibn ‘Uyayna (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit que « Malik al-Amlak » a un sens analogue à celui de « Shahanshah ».
Section : 67 – Il est interdit de s’adresser à une personne perverse ou adepte d’une innovation en l’appelant « sayyid » ou par un titre similaire
١٧٢٥ – عَنْ بُرَيْدَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَقُولُوا لِلْمُنَافِقِ سَيِّدٌ فَإِنَّهُ إِنْ يَكُ سَيِّدًا فَقَدْ أَسْخَطْتُمْ رَبُّكُمْ عَزَّ وَجَلَّ رَوَاهُ أَبُو داود بإسناد صحيح
1725. D’après Burayda (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « N’appelez pas l’hypocrite sayyid. Même s’il est effectivement un sayyid, ne mécontentez pas votre Seigneur sublime en l’appelant ainsi. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
Chapitre 68 — Il est réprouvé d’insulter la fièvre
ترفرفينَ قَالَتِ الْحُمَّى لا بَارَكَ اللهُ فِيهَا فَقَالَ لَا تُسَبِّى الْحُمَّى فَإِنَّهَا تُذْهَبُ خَطَايَا بَنِي آدَمَ كَمَا يُذْهِبُ الْكَيْرُ خَبَثَ الْحَدِيدِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1726. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se rendit auprès d’Umm as-Sâ’ib — ou d’Umm al-Musayyab — et lui dit : « Ô Umm as-Sâ’ib — ou ô Umm al-Musayyab ! Qu’as-tu donc ? Pourquoi trembles-tu ? » Elle répondit : « J’ai de la fièvre. » Puis elle dit : « Qu’Allah ne bénisse pas la fièvre. » Il dit : « N’insulte pas la fièvre, car elle efface les péchés des enfants d’Adam, comme le soufflet du forgeron ôte les scories du fer. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 69 — Interdiction d’insulter le vent et ce qu’il faut dire lorsque le vent souffle
۱۷۲۷ – عَنْ أَبِي الْمُنْذِرِ أَبي بْنِ كَعْبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَسُبُوا الرِّيحَ فَإِذَا رَأَيْتُمْ مَا تَكْرَهُونَ فَقُولُوا اللَّهُمُ إِنَّا نَسْأَلُكَ مِنْ خَيْرٍ هَذِهِ الرِّيحُ وَخَيْرِ مَا فِيهَا وَخَيْرِ مَا أُمِرَتْ بِهِ وَنَعُوذُ بِكَ من شر هذه الرِّيحِ وَشَرِّ مَا فِيهَا وَشَرِّ مَا أُمِرَتْ بِهِ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيث حسن صحيح.
1727. Rapporté d’Abû al-Mundhir Ubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Ne maudissez pas le vent. Lorsque vous le trouvez contraire à vos souhaits, dites : “Ô Allah ! Nous Te demandons le bien de ce vent, le bien qu’il contient et le bien pour lequel il a reçu l’ordre de souffler. Et nous cherchons refuge auprès de Toi contre le mal de ce vent, contre le mal qu’il contient et contre le mal pour lequel il a reçu l’ordre de souffler.” »
L’imam al-Tirmidhî a rapporté ce hadith. Il a dit : « Ce hadith est hasan et sahîh. »
۱۷۲۸ – رَأَيْتُمُوهَا فَلَا تَسُبُوهَا وَسَلُوا اللهَ خَيْرَهَا وَاسْتَعِيدُوا بِاللَّهِ مِنْ شَرِّهَا رَوَاهُ أَبُو دارد باشناد حسن
1728. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : « Le vent est une miséricorde d’Allah. Il apporte parfois le bien et la grâce, et il est parfois une cause de tranquillité. Ainsi, lorsque vous voyez le vent souffler, ne le maudissez pas ; demandez plutôt à Allah d’en obtenir le bien et cherchez refuge auprès d’Allah contre son mal. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission hasan.
۱۷۲۹ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إذَا عَصَفَتِ الرِّيحُ قَالَ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ خَيْرَهَا وَخَيْرَ مَا فِيْهَا وَخَيْرَ مَا أُرْسِلَتْ بههِ وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّهَا وَشَرِّ مَا فِيهَا وَشَرِّ مَا أُرْسِلَتْ بِهِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1729. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lorsque le vent soufflait avec violence, le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, disait : « Ô Allah ! Je Te demande le bien de ce vent, le bien qu’il contient et le bien avec lequel il a été envoyé. Je cherche refuge auprès de Toi contre son mal, contre le mal qu’il contient et contre le mal avec lequel il a été envoyé. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 70 – Il est réprouvé d’injurier le coq
۱۷۳۰ – عَنْ زَيْدِ بْنِ خَالِدٍ الْجُهَنِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَسُبُّوا الدِّيْكَ فَإِنَّهُ يُوقِظُ لِلصَّلاةِ رَوَاهُ أَبُو دَاوُد باشناد صحيح
1730. D’après Zayd ibn Khâlid al-Juhanî (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « N’injuriez pas le coq, car il réveille pour la prière. »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
Chapitre 71 – Il est interdit de dire : « La pluie est tombée à cause de telle étoile »
۱۷۳۱ – عَنْ زَيْدِ بْنِ خَالِدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ صَلَّى بِنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صَلاةَ الصُّبْحِ بِالْحُدَيْبِيَّةِ فِي أَثَرِ سَمَاءٍ كَانَتْ مِنَ اللَّيْلِ فَلَمَّا انْصَرَفَ اقْبَلَ عَلَى النَّاسِ فَقَالَ هَلْ تَدْرُونَ مَاذَا قَالَ رَبُّكُمْ قَالُوا اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ قَالَ أَصْبَحَ مِنْ عِبَادِي مُؤْمِنٌ بِي وَكَافِرٌ فَأَمَّا مَنْ قَالَ مُطِرْنَا بِفَضْلِ اللهِ وَرَحْمَتِهِ فَذَلِكَ مُؤْمِنٌ بِي كَافِرُ بالكواكب وَأَمَّا مَنْ قَالَ مُطَرْنَا بِنَوْءٍ كَذَا وَكَذَا فذلك كافر كافر بي مُؤْمِنٌ بالكواكب – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَالسَّمَاءُ هُنَا الْمَطَرُ.
1731. D’après Zayd ibn Khâlid (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous dirigea dans la prière de l’aube à Hudaybiyyah. Il avait plu durant la nuit. Après la prière, il se tourna vers les gens et dit : « Savez-vous ce que votre Seigneur a dit ? » Tous répondirent : « Allah et Son Messager sont ceux qui savent le mieux. » Il dit : « Allah a dit : “Ce matin, certains de Mes serviteurs ont cru en Moi, tandis que d’autres ont mécru. Ceux qui ont dit : ‘La pluie nous a été accordée par la grâce et la miséricorde d’Allah’ croient en Moi et mécroient aux étoiles. Quant à ceux qui ont dit : ‘La pluie est tombée sous l’influence de telle ou telle étoile’, ils ont mécru en Moi et cru aux étoiles.” »
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans le hadith, le mot signifie « pluie ».
Chapitre 72 — Il est interdit de qualifier un musulman de mécréant
۱۷۳۲ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ يَا كَافِرُ فَقَدْ بَاءَ بِهَا أَحَدُهُمَا فَإِنْ كَانَ كَمَا قَالَ وَالا رَجَعَتْ عَلَيْهِ – متفق عليه.
1732. D’après `Abd Allah ibn `Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : « Lorsqu’un musulman dit à son frère musulman : “Ô mécréant !”, la mécréance retombe nécessairement sur l’un des deux. Si celui qui a été traité de mécréant l’est réellement, alors il n’y a rien à redire. Mais s’il ne l’est pas, la mécréance retombe sur celui qui l’a ainsi interpellé. »
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۳۳ – وَعَنْ أَبِي ذَرِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ دَعَا رَجُلًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوٌّ اللَّهِ وَلَيْسَ كَذَلِكَ الأَحَارَ عَلَيْهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ حَارَ رَجَعَ.
1733. D’après Abou Dharr (qu’Allah l’agrée), il a entendu le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) dire : « Si quelqu’un traite une personne de mécréante ou d’ennemie d’Allah, alors qu’elle ne l’est pas, cette parole se retourne contre celui qui l’a prononcée. »
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section 73 – Interdiction de tenir des propos obscènes et offensants
١٧٣٤ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيْسَ الْمُؤْمِنُ بِالطَّعَانِ وَلا اللعَانِ وَلا الْفَاحِشِ وَلَا الْبَدِي رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1734. D’après ʿAbdullah ibn Masʿud (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le croyant ne peut être moqueur, calomniateur, maudisseur, grossier ni de mauvais caractère. »
L’imam at-Tirmidhi, après avoir rapporté ce hadith, a dit : « C’est un hadith hasan. »
١٧٣٥ – وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا كَانَ الْفَحْشَ فِي شَيْءٍ إِلا شَانَهُ وَمَا كَانَ الْحَيَاءُ فِي شَيْءٍ إِلَّا زَانَهُ رَوَاهُ الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1735. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « L’obscénité enlaidit toute chose, tandis que la pudeur embellit toute chose. »
L’imam at-Tirmidhi, après avoir rapporté ce hadith, a dit : « C’est un hadith hasan. »
Section 74 – Il est réprouvé d’employer des phrases compliquées dans les conversations
Lorsque l’on s’adresse au grand public, il faut parler dans une langue qu’il comprend. Dans de tels cas, il est répréhensible de parler en traînant les mots, d’employer un langage recherché, d’étaler son éloquence ou d’utiliser des termes peu courants, entre autres.
١٧٣٦ – عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ هَلَكَ الْمُتَنَطِعُونَ قَالَهَا ثَلاثًا . رَوَاهُ مُسْلِم الْمُتَنَطِعُونَ الْمُبَالِغُونَ فِي الْأَمُورِ.
1736. Il est rapporté d’Abdallah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les exagérateurs sont perdus. » Il répéta cette phrase trois fois.
« Al-mutanaṭṭi‘ûn » signifie : exagérer ou dépasser les limites dans quelque chose.
۱۷۳۷ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللهَ يُبْغِضُ الْبَلِيغَ مِنَ الرِّجَالِ الَّذِي يَتَخَلَّلُ بِلِسَانِهِ كَمَا تَتَخَلَّلُ الْبَقَرَةُ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِنِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1737. Il est rapporté de ‘Abdallah ibn ‘Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Certes, Allah déteste les exagérateurs qui entortillent leur langue en parlant, à la manière des bovins qui ruminent. »
L’imam Abû Dâwûd et at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhî a dit qu’il s’agissait d’un hadith hasan.
۱۷۳۸ – وَعَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ مِنْ أَحَبِّكُمْ إِلَى وَأَقْرَبَكُمْ مِنِّي مَجْلِسًا يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَحَاسِنُكُمْ اخلاقا وَإِنْ أَبْغَضَكُمْ إِلَى وَابْعَدكُمْ مِنِّى يَوْمَ الْقِيَامَةِ الشَّرْتَارُونَ وَالْمُتَشَدِقُونَ وَالْمُتَفَيهِقُونَ – رَوَاهُ التَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1738. Il est rapporté de Jâbir ibn ‘Abdallah (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Parmi vous, celui qui possède le meilleur caractère est celui que j’aime le plus et qui sera le plus proche de moi le Jour de la Résurrection. Quant à ceux d’entre vous qui sont bavards, qui parlent dans un langage incompréhensible et avec arrogance, ce sont ceux que je déteste le plus et qui seront les plus éloignés de moi le Jour de la Résurrection. »
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith hasan. »
Chapitre 75 — Interdiction de dire : « Mon âme est devenue impure »
۱۷۳۹ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يَقُولَنَّ أَحَدُكُمْ خَبُثَتْ نَفْسِي وَلَكِنْ لِيَقُلْ لَقِسَتْ نَفْسِي مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ – قَالَ الْعُلَمَاءُ مَعْنَى خَبُثَتْ غَشَتْ وَهُوَ مَعْنَى لَقِسَتْ وَلَكِنْ كَرِهَ لفظ الْخُبْثِ.
1739. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Que nul d’entre vous ne dise à son propre sujet : “Mon âme est devenue impure”, mais qu’il dise plutôt : “Mon âme est devenue souillée.” »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Les savants ont dit que les deux termes khabuthat et laqisat ont le même sens. C’est-à-dire qu’ils signifient tous deux : mauvais, défectueux, souillure, impureté, égarement, etc. Toutefois, ils n’ont pas apprécié l’emploi du terme khukt.
Chapitre 76 — Il est détestable d’appeler l’‘inab (raisin) « karm »
١٧٤٠ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تُسموا العنب الكرم فَإِنَّ الكَرْمَ الْمُسْلِمُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. وَهُذَا لفظ مُسلِم وفي رواية فَإِنَّمَا الْكَرْمُ قَلْبُ الْمُؤْمِنِ. وَفِي رواية لِلْبُخَارِي وَمُسْلِمٍ يَقُولُونَ الْكَرَمُ إِنَّمَا الْكَرْمُ قَلْبُ الْمُؤْمِنِ.
1740. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « N’appelez pas l’‘inab (raisin) “karm”, car seul le musulman peut être un karm. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Le texte original du hadith est celui rapporté par l’imam Muslim. Dans une autre version, il est dit : en effet, le « karm » est le cœur du croyant. Dans une autre version rapportée par al-Bukhari et Muslim, il est dit : les gens appellent le raisin « karm », alors que le « karm » est le cœur du croyant.
١٧٤١ – وَعَنْ وَائِلِ بْنِ حُجْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تَقُولُوا الْكَرْمُ وَلَكِنْ قُولُوا الْعِنَبُ وَالْحَبْلَةُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1741. Wā’il ibn Hujr (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « N’appelez pas le raisin “karm”, mais appelez-le “ʿinab” (raisin) et “habala” (vigne à raisin). »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 77 — Interdiction de décrire la beauté physique des femmes devant les hommes
Il est interdit de décrire à des hommes la beauté physique d’une femme sans raison ou nécessité conforme à la charia. Toutefois, il est permis de décrire sa constitution et son apparence physique en cas de mariage ou pour toute nécessité similaire.
١٧٤٢ – عن ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم لا تُبَاشِرِ الْمَرْأَةُ الْمَرْأَةَ فَتَصِفَهَا لِزَوْجِهَا كَأَنَّهُ يَنظُرُ إِلَيْهَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1742. ʿAbdullah ibn Masʿud (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Qu’aucune femme ne colle son corps découvert contre le corps découvert d’une autre femme, et qu’elle ne décrive pas à son propre mari la beauté physique de l’autre femme d’une manière telle qu’il ait l’impression de la voir de ses propres yeux. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 78 — Il est réprouvé de faire cette invocation : « Ô Allah ! Si Tu le veux, pardonne-moi »
١٧٤٣ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال لا يَقُولَنَّ أَحَدُكُمُ اللهُمُ اغْفِرْ لِي إِنْ شِئْتَ اللَّهُمَّ ارْحَمْنِي إِنْ شِئْتَ لِيَعْزِمِ الْمَسْأَلَة فَإِنَّهُ لَا مُكْرِهَ لَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ وَلَكِنْ لِيَعْزِمُ وَلْيُعَظمِ الرُّغْبَة فَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى لَا يَتَعَاظِمُهُ شَيْ أَعْطَاهُ .
1743. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Que nul d’entre vous ne fasse cette invocation : “Ô Allah ! Si Tu le veux, pardonne-moi ; ô Allah, si Tu le veux, fais-moi miséricorde”, mais qu’il invoque avec résolution. En effet, personne ne peut imposer sa volonté ni exercer d’influence sur Lui. » (Al-Bukhârî et Muslim.) Une autre version d’Al-Bukhârî dit : « Allah fait ce qu’Il veut, et nul ne peut s’opposer à Lui. » Une autre version de Muslim dit : « Qu’il invoque avec une confiance et un désir absolus, ainsi qu’une ferme résolution. En effet, ce qu’Allah donne à Son serviteur ne représente rien de considérable pour Lui. » (Autrement dit, Il n’éprouve aucune difficulté à le lui accorder.)
١٧٤٤ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذا دَعَا أَحَدُكُمْ فَلْيَعْزِمِ الْمَسْأَلَة وَلا يَقُولَنَّ اللَّهُمَّ إِنْ شِئْتَ فَأَعْطِنِي فَإِنَّهُ لَا مُسْتَكْرِهَ لَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1744. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous invoque, qu’il invoque avec une confiance et une résolution absolues. Que nul ne dise : “Ô Allah ! Si Tu le veux, donne-moi”, car personne ne peut imposer sa volonté à Allah ni exercer d’influence sur Lui, et Il n’est nullement obligé de donner quoi que ce soit à quiconque. » L’imam Al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 79 — Il est mauvais d’associer une autre volonté à celle d’Allah
١٧٤٥ – عَنْ حُذَيْفَةَ بْنِ الْيَمَانِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا تَقُولُوا مَا شَاءَ اللهُ وَمَا شَاءَ فُلانٌ وَلَكِنْ قُولُوا مَا شَاءَ اللَّهُ ثُمَّ شَاءَ فلان رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِاسْنَادِ صَحِيح.
1745. Hudhayfa ibn Al-Yamân (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne dites pas : “Cela se fera selon la volonté d’Allah et la volonté d’un tel”, mais dites : “Selon la volonté d’Allah, puis la volonté d’un tel.” »
L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.
Section : 80 — Il est réprouvé de parler après la prière de l’‘ichâ’
L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Cela signifie que les conversations ordinaires qui sont permises à d’autres moments, ainsi que celles dont le fait de les tenir ou de s’en abstenir est indifférent, sont réprouvées après la prière de l’‘ichâ’. Quant aux propos qui sont interdits ou réprouvés lorsqu’ils sont tenus ou discutés à d’autres moments, ils sont encore plus sévèrement interdits ou réprouvés après l’‘ichâ’. En revanche, il n’est pas réprouvé de tenir des propos bénéfiques, comme discuter de questions islamiques, évoquer la vie des grands hommes, parler des nobles qualités morales et les enseigner, converser avec un hôte, parler avec une personne venue pour un besoin, ainsi que d’autres sujets similaires. De même, il n’est pas réprouvé de tenir des propos nécessaires ou de parler en cas de difficulté. De nombreux hadiths authentiques appuient les points mentionnés.
١٧٤٦ – عَنْ أَبِي بَرْزَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَكْرَهُ النَّوْمَ قَبْلَ الْعِشَاءِ وَالْحَدِيثَ بَعْدَهَا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1746. Abou Barza (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) réprouvait le fait de dormir avant la prière de l’‘ichâ’ et de parler après celle-ci.
L’imam al-Boukhârî et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.
١٧٤٧ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صلى الْعِشَاءَ فِي آخِرِ حَيَاتِهِ فَلَمَّا سَلَّمَ قَالَ أَرَأَيْتَكُمْ لَيْلَتَكُمْ هَذِهِ فَإِنَّ عَلَى رَأْسِ سنَةٍ لا يَبْقَى مِمَّنْ هُوَ عَلَى ظَهْرِ الْأَرْضِ الْيَوْمَ أَحَدٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. مائة
1747. Abdallah ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte que, vers la fin de sa vie, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous dirigea dans la prière de l’‘ichâ’. Après avoir prononcé la salutation finale, il dit : « Savez-vous quelque chose au sujet de cette nuit-ci ? » Puis il dit : « Parmi ceux qui sont actuellement vivants sur terre, aucun ne sera encore en vie dans cent ans. »
L’imam al-Boukhârî et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.
١٧٤٨ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُمْ انْتَظِرُوا النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَجَاءَهُمْ قَرِيبًا مِنْ شَطْرِ اللَّيْلِ فَصَلَّى بِهِمْ يَعْنِي الْعِشَاءُ قَالَ ثُمَّ خَطَبَنَا فَقَالَ إِلا إِنَّ النَّاسَ قَدْ صَلُّوا ثُمَّ رَقَدُوا وَإِنَّكُمْ لَنْ تَزَالُوْا فِي صَلَاةٍ مَا انْتَظَرْتُمُ الصَّلاةَ رَوَاهُ الْبُخَارِي
1748. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), les Compagnons attendaient le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Il arriva vers le milieu de la nuit, puis accomplit avec eux la prière d’Al-‘Ichâ. Anas (qu’Allah l’agrée) dit : « Ensuite, il nous fit un sermon. Il dit : Sachez-le : beaucoup de gens ont prié puis se sont endormis, mais vous êtes en prière depuis que vous attendez la prière. »
L’imam Al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre 81 – Il est interdit à l’épouse de refuser de rejoindre son mari au lit sans raison valable selon la Charia lorsque celui-ci l’y appelle
١٧٤٩ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا دَعَا الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ إلى فراشه فَآبَتْ فَبَاتَ غَضْبَانَ عَلَيْهَا لَعَنَتُهَا الْمَلائِكَةُ حَتَّى تُصْبحَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ – وَفِي رِوَايَةٍ حَتَّى تَرْجِعَ.
1749. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Lorsque le mari appelle son épouse au lit et qu’elle refuse, puis qu’il passe la nuit mécontent d’elle à cause de cela, les anges continuent de la maudire jusqu’au matin. »
L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par les deux mêmes auteurs, il est dit : « Les anges continuent de la maudire jusqu’à ce qu’elle retourne au lit de son mari. »
Chapitre 82 – Il est interdit à l’épouse d’observer un jeûne volontaire sans l’autorisation de son mari lorsque celui-ci est présent
١٧٥٠ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَحِلُّ لِلْمَرْأَةِ أَنْ تَصُومَ وَزَوْجُهَا شَاهِدٌ الا باذنه وَلَا تَأْذَنَ فِي بَيْتِهِ الا باذنه – متفق عليه.
১৭৫০. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il n’est pas permis à une épouse de jeûner un jeûne surérogatoire en présence de son mari sans son autorisation. Et elle ne doit pas autoriser quelqu’un d’autre à entrer dans sa maison sans son autorisation. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim.
Chapitre 83 — Interdiction pour celui qui prie derrière l’imam de relever la tête du rukû‘ ou de la prosternation avant lui
١٧٥١ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَمَا يَخْشَى أَحَدُكُمْ إِذَا رَفَعَ رَأْسَهُ قَبْلَ الْإِمَامِ أَنْ يَجْعَلَ اللَّهُ رَأْسَهُ رَأْسَ حِمَارِ أَوْ يَجْعَلَ اللَّهُ صُورَتَهُ صُورَةً حِمَارٍ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
১৭৫১. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui d’entre vous qui relève la tête avant l’imam — du rukû‘ ou de la prosternation — ne craint-il pas qu’Allah ne transforme sa tête en tête d’âne, ou qu’Il ne transforme son apparence en celle d’un âne ? »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim.
Chapitre 84 — Il est réprouvé de poser les mains sur les hanches pendant la prière
١٧٥٢ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ نُهِيَ عَنِ الْخَصْرِ فِي الصَّلاةِ متفق عليه.
1752. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Il nous a été interdit de mettre les mains sur les hanches pendant la prière. L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 85 — Lorsque la nourriture est servie au moment de la prière…
Lorsque la nourriture est servie et que l’on en a envie ou que l’on éprouve de l’attirance pour elle, il est réprouvé de laisser la nourriture pour accomplir la prière. De même, il est réprouvé d’accomplir la prière en se retenant de satisfaire un besoin d’uriner ou de déféquer.
١٧٥٣ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم يَقُولُ لَا صَلاةَ بِحَضْرَةِ طعام ولا يُدَافِعُهُ الْأَخْبَثَانِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1753. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Lorsque la nourriture est servie, n’accomplissez pas la prière en la laissant. De même, n’accomplissez pas la prière en vous retenant de satisfaire les deux besoins impurs (uriner et déféquer).
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 86 — Il est interdit de regarder vers le ciel pendant la prière
١٧٥٤ – عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا بَالُ أَقْوَامٍ يَرْفَعُونَ أَبْصَارَهُمْ إِلَى السَّمَاءِ فِي صَلَاتِهِمْ فَاشْتَدَّ قَوْلُهُ في ذلك حَتَّى قَالَ لِيَنْتَهُنَّ عَن ذلك أو لتُخْطَفَنَّ أَبْصَارُهُمْ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1754. Il est rapporté d’Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Qu’ont donc les gens à lever les yeux vers le ciel pendant la prière ? » Anas (qu’Allah l’agrée) a dit : Il insista vivement sur cette question, allant jusqu’à dire : « Qu’ils cessent impérativement de le faire, sinon leur vue pourrait leur être ôtée. » L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre 87 — Il est réprouvé de regarder de-ci de-là pendant la prière sans nécessité
١٧٥٥ – عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ سَأَلْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْالْتِفَاتِ فِي الصَّلَاةِ فَقَالَ هُوَ اخْتِلَاسِ يَخْتَلِسُهُ الشَّيْطَانُ مِنْ صَلَاةِ العبد – رواه البخاري.
1755. Il est rapporté d’Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle a dit : J’ai interrogé le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) au sujet du fait de regarder de-ci de-là pendant la prière. Il a dit : « C’est un coup porté par Satan. Il dérobe ainsi une partie de la prière du serviteur. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
١٧٥٦ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِيَّاكَ والالتفات في الصلاةِ فَإِنَّ الْالْتِفَاتَ فِي الصَّلَاةَ هَلَكَةٌ فَإِنْ كَانَ لأبد ففي التطوع لا فِي الفَرِيضَةِ – رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.
1756. Il est rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’a dit : « Garde-toi de regarder de-ci de-là pendant la prière, car regarder de-ci de-là pendant la prière est une calamité. S’il n’y a pas d’autre choix que de regarder à droite ou à gauche, fais-le dans une prière surérogatoire, mais cela n’est pas permis dans la prière obligatoire. »
L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « Ce hadith est bon et authentique. »
Section 88 — Interdiction de prier en faisant face à une tombe
١٧٥٧ – عَنْ أَبِي مَرْقَد كَنَّارَ بْنِ الْحُصَيْنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لا تُصَلُّوا إِلَى الْقُبُورِ وَلَا تَجْلِسُوا عَلَيْهَا رواه مسلم.
1757. Abû Marsad Kannâz ibn al-Husayn (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “Ne priez pas en direction des tombes et ne vous asseyez pas dessus.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 89 — Interdiction de passer devant une personne en prière
١٧٥٨ – عَنْ أَبِي الْجُهَيْمِ عَبْدِ اللهِ بْنِ الْحَارِثِ بْنِ الصَّمَةِ الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَوْ يَعْلَمُ المَارُ بَيْنَ يَدَى الْمُصَلَّى مَاذَا عَلَيْهِ لكان أن يقف أَرْبَعِينَ خَيْرًا لَهُ مِنْ أَن يُمُرٌ بَيْنَ يَدَيْهِ قَالَ الراوي ما أدرى قَالَ أَرْبَعِينَ يَوْمًا أَوْ أَرْبَعِينَ شَهْرًا أَوْ أَرْبَعِينَ سَنَةً مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1758. Abû Juhaym ‘Abdullah ibn al-Hârith ibn as-Simmah al-Ansârî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si celui qui passe devant une personne en prière savait quel péché il commet, il préférerait attendre quarante plutôt que de passer devant elle. » Le narrateur dit : « Je ne sais pas s’il a dit quarante jours, quarante mois ou quarante ans. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section 90 — Lorsque le muezzin prononce l’iqama pour la prière obligatoire, il est réprouvé que ceux qui prient derrière l’imam accomplissent une prière sunnah ou surérogatoire.
١٧٥٩ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إذا أقيمت الصلاة فلا صَلَاةَ إِلا الْمَكْتُوبَةَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1759. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la bénédiction et le salut d’Allah soient sur lui) a dit : « Lorsque l’iqama est prononcée pour la prière, aucune prière ne doit être accomplie en dehors de la prière obligatoire. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 91 — Il est réprouvé de réserver exclusivement le vendredi au jeûne et la nuit du vendredi à la prière surérogatoire.
١٧٦٠ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تَخْصُوا لَيْلَةَ الْجُمُعَةِ بِقِيَامِ مِنْ بَيْنِ اللَّيَالِي وَلَا تَخُصُوا يَوْمَ الْجُمُعَةِ بِصِيَامٍ مِنْ بَيْنِ الْأَيَّامِ إِلا أَن يَكُونَ فِي صَوْمِ يَصُومُهُ أَحَدُكُمْ – رَوَاهُ مُسْلِم.
1760. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la bénédiction et le salut d’Allah soient sur lui) a dit : « Ne réservez pas exclusivement la nuit du vendredi, parmi les nuits, aux actes de dévotion surérogatoires, et ne réservez pas exclusivement le vendredi, parmi les jours, au jeûne surérogatoire. Toutefois, si le jeûne de l’un d’entre vous tombe un vendredi, il en va autrement. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٧٦١ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَا يَصُومَنْ أَحَدُكُمْ يَوْمَ الْجُمُعَةِ إِلا يَوْمًا قَبْلَهُ أَوْ بَعْدَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1761. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : Que nul d’entre vous ne jeûne uniquement le vendredi ; qu’il jeûne plutôt en y ajoutant le jour précédent ou le jour suivant. »
Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٧٦٢ – وَعَنْ مُحَمَّدِ بْنِ عَبَّادٍ قَالَ سَأَلْتُ جَابِرًا أَنَّهَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ صَوْمِ الْجُمُعَةِ قَالَ نَعَمُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1762. Muhammad ibn ʿAbbâd (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte : « Je demandai à Jâbir (qu’Allah l’agrée) si le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) avait interdit de jeûner uniquement le vendredi. Il répondit : “Oui.” »
Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٧٦٣ – وَعَنْ أَمِّ الْمُؤْمِنِينَ جُوَيْرِيَةَ بِنْتِ الْحَارِثِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ عَلَيْهَا يَوْمَ الْجُمُعَةِ وَهِيَ صَائِمَةٌ فَقَالَ أَصُمْتِ أَمْسِ قَالَتْ لَا قَالَ تُرِيدِينَ أَنْ تَصُوْمِي غَدًا قَالَتْ لَا قَالَ فَأَفْطَرِي رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1763. Umm al-Mu’minîn Juwayriya bint al-Hârith (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un vendredi, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) vint la voir alors qu’elle jeûnait. Le Prophète lui demanda : “As-tu jeûné hier ?” Elle répondit : “Non.” Il lui demanda : “As-tu l’intention de jeûner demain ?” Juwayriya répondit : “Non.” Il dit alors : “Dans ce cas, romps le jeûne d’aujourd’hui.” »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre : 92 – Interdiction du sawm al-wisâl, c’est-à-dire du jeûne continu
Le sawm al-wisâl consiste à jeûner deux jours consécutifs ou davantage sans manger ni boire.
١٧٦٤ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ وَعَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم نهى عَنِ الوصال – متفق عليه.
1764. Rapporté d’après Abou Hourayra et Aïcha, qu’Allah les agrée. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit le sawm al-wisâl.
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٧٦٥ – عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْوِصَالِ قَالُوا إِنَّكَ تُوَاصِلُ قَالَ إِنِّي لَسْتُ مِثْلَكُمْ إِنِّي أَطْعَمُ وأشقى مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَهُذا لفظ الْبُخَارِي.
1765. Rapporté d’après Abdallah ibn Omar, qu’Allah les agrée. Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit le sawm al-wisâl (jeûner plusieurs jours consécutifs sans manger ni boire). Les Compagnons dirent : « Mais vous pratiquez le sawm al-wisâl ! » Il répondit : « Je ne suis pas comme vous. On me donne à manger et à boire. »
Ce hadith a été rapporté par l’imam al-Boukhari et l’imam Muslim. Toutefois, le texte original est celui d’al-Boukhari.
Chapitre 93 — Il est interdit de s’asseoir sur une tombe
١٧٦٦ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَأَنْ يُجْلِسَ أَحَدُكُمْ عَلَى جَمْرَةٍ فَتَحْرِقَ ثِيَابَهُ فَتَخْلُصَ إِلَى جِلْدِهِ خَيْرٌ لَهُ مِنْ أن يُجْلِسَ عَلَى قَبْرٍ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1766. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Si quelqu’un s’asseyait sur une braise ardente, si ses vêtements brûlaient et adhéraient à sa peau — même si sa peau brûlait également — ce serait encore meilleur pour lui que de s’asseoir sur une tombe. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 94 — Il est interdit de cimenter les tombes et d’y construire des coupoles
١٧٦٧ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أن يُجَصِّصَ الْقَبرُ وأن يقعد عليه وأن يبنى عليه – رواه . رواه مسلم
1767. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte : l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit de cimenter les tombes, de s’asseoir dessus et d’y construire quoi que ce soit.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Paragraphe : 95 – Interdiction pour l’esclave de fuir son maître
١٧٦٨ – عَنْ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّمَا عَبْدِ ابْقَ فَقَدْ بَرِئَتْ مِنْهُ الدِّمَةُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1768. Jarîr ibn Abd Allah (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : La protection de l’islam à l’égard de l’esclave qui fuit son maître prend fin.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٧٦٩ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا أَبْقَ الْعَبْدُ لَمْ تُقْبَل لَهُ صلاةٌ رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَفِي رِوَايَةٍ فَقَدْ كَفَرَ.
1769. Jarîr (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Lorsque l’esclave s’enfuit, sa prière n’est pas acceptée.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Selon une autre version : Il tombe alors dans la mécréance.
Paragraphe : 96 – Interdiction d’intercéder pour empêcher l’application des hudud (peines prescrites)
قَالَ اللهُ تَعَالَى : الزانية والزاني فاجلدوا كُلَّ واحدٍ مِنْهُمَا مِائَةَ جَلْدَةٍ ولا تَأْخُذَكُمْ بِهِمَا رَأْفَةٌ فِي دِيْنِ اللَّهِ إِنْ كُنْتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَلِيَشْهَدُ عَذَابَهُمَا طَائِفَةٌ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ.
Allah le Très-Haut dit :
« Le fornicateur et la fornicatrice, donnez à chacun d’eux cent coups de fouet. Que la compassion à leur égard ne vous gagne pas dans l’application de la religion d’Allah, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Qu’un groupe de croyants soit témoin de leur châtiment. » (Sourate An-Nûr : 2)
۱۷۷۰ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنْ قُرَيْشًا أَهَمِّهُمْ شَأْنُ الْمَرْأَةِ المخزومية التي سَرَقَتْ فَقَالُوا مَنْ يُكَلِّمُ فِيهَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا وَمَنْ يُجْتَرِئُ عَلَيْهِ إِلَّا أَسَامَةُ بْنُ زَيْدِ حِبُّ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِوَسَلَّمَ فَكَلَّمَهُ أَسَامَةً فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اتَشْفَعُ فِي حَدٍ مِنْ حُدُودِ اللهِ تَعَالَى ثُمَّ قَامَ فَاخْتَطَبَ ثُمَّ قَالَ إِنَّمَا أَهْلَكَ الَّذِينَ قَبْلَكُمْ أَنَّهُمْ كَانُوا إِذَا سَرَقَ فِيهِمُ الشَّرِيفَ تَرَكُوهُ وَإِذَا سَرَقَ فِيهِمُ الضَّعِيفُ أَقَامُوا عَلَيْهِ الْحَدُ وَأَيْمُ الله لو أن فاطمة بنت مُحَمَّد سَرَقَتْ لقطعتُ بَدَهَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ – وَفِي رواية قتَلُونَ وَجْهُ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَتَشْفَعُ فِي حَدٍ مِنْ حُدُودُ اللَّهِ فَقَالَ أَسَامَةُ اسْتَغْفِرْ لِي يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ ثُمَّ أَمَرَ بِتِلْكَ الْمَرْأَةِ فَقُطِعَتْ يَدُهَا .
1770. Il est rapporté d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée) que l’affaire de la femme du clan des Makhzûm qui avait volé devint très grave pour les Quraychites. Ils se demandaient : « Qui peut parler de cette affaire au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — ? » Ils dirent : « Oussâma ibn Zayd est le favori du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue —. Lui seul aura le courage de le faire. » Lorsque Oussâma lui en parla, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dit : « Intercèdes-tu contre l’application d’un hadd (paix) prescrit par Allah le Très-Haut ? » Puis il se leva, prononça un sermon et dit : « Vos prédécesseurs n’ont été détruits que parce que, lorsqu’un notable parmi eux volait, ils le laissaient en paix, tandis que lorsqu’un faible volait, ils le châtiaient. Par Allah ! Si même Fâtima, la fille de Muhammad, avait volé, je lui aurais également coupé la main. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par eux, il est dit : « À cause de cette intercession, le visage du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — changea de couleur. Il dit : “Intercèdes-tu pour abolir le châtiment prescrit par Allah ?” Oussâma (qu’Allah l’agrée) dit : “Ô Messager d’Allah, implore le pardon en ma faveur.” » Le rapporteur dit : « Puis, lorsqu’il donna l’ordre au sujet de cette femme, sa main fut coupée. »
Chapitre 97 — Interdiction de déféquer sur les voies publiques, à l’ombre des arbres et dans les eaux utilisées, ainsi que dans les endroits similaires
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالَّذِينَ يُؤْذُونَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِغَيْرِ مَا اكْتَسَبُوا فَقَدِ احْتَمَلُوا بُهْتَانًا وَإِثْمًا مُّبِينًا
Allah le Très-Haut dit :
« Ceux qui nuisent aux croyants et aux croyantes sans qu’ils aient commis de faute se chargent d’une très grave calomnie et d’un péché manifeste. » (Sourate Al-Ahzab : 58).
۱۷۷۱ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اتَّقُوا اللعَنَيْنِ قَالُوا وَمَا اللأعِنَانِ قَالَ الَّذِي يَتَخَلَّى فِي طَرِيقِ النَّاسِ أَوْ فِي ظلِهِمْ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1771. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Évitez les deux choses qui attirent la malédiction. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, quelles sont ces deux choses qui attirent la malédiction ? » Il répondit : « C’est le fait de faire ses besoins sur le chemin emprunté par les gens ou à l’ombre des arbres. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 98 – L’interdiction d’uriner, etc., dans une eau stagnante
۱۷۷۲ – عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى أَنْ يبَالَ فِي الْمَاءِ الرَّاكِدِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1772. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit d’uriner dans une eau stagnante.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 99 — Il est réprouvé de favoriser l’un de ses enfants lors de l’octroi de cadeaux
۱۷۷۳ – عَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ آبَاهُ أَتَى بِهِ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنِّي نَحَلْتُ ابْنِي هُذَا غُلَامًا كَانَ لِي فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اكل ولدكَ نَحلْتَهُ مِثلَ هَذَا فَقَالَ لَا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَارْجِعْهُ وَفِي رِوَايَةٍ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ افعلت هذا بوَلَدِكَ كُلِّهِمْ قَالَ لا قَالَ اتَّقُوا اللَّهَ وَاعْدِلُوا فِي أَوْلَادِكُمْ فَرَجَعَ أَبِي فرد تلكَ الصَّدَقَةَ وَفِي رِوَايَةٍ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا بَشِيرُ الك ولد سوى هذا قَالَ نَعَمْ قَالَ اللهُم وَهَبْتَ لَهُ مِثْلَ هَذَا قَالَ لَا قَالَ فَلَا تُشْهِدُنِي إِذَا فَانّي لا أَشْهَدُ عَلَى جَوْرٍ. وفي رواية لا تُشْهِدُنِي عَلَى جَوْرٍ وَفِي روَايَةٍ أَشْهَدْ عَلى هذا غَيْرِي ثُمَّ قَالَ ايَسُرُّكَ أَنْ يَكُونُوا إِلَيْكَ فِي الْبَرِّ سَوَاءٌ قَالَ بلى قال فلا اذا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1773. Il est rapporté de Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) que son père le conduisit auprès du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et dit : « J’ai donné cet esclave à ce fils qui est le mien. » Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) demanda : « As-tu donné un esclave semblable à tous tes fils ? » Il répondit : « Non. » Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Reprends cet esclave. » Selon une autre version, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) demanda : « As-tu donné de la même manière à tous tes fils ? » Il répondit : « Non. » Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Craignez Allah et soyez équitables envers vos enfants. » Nu‘mân (qu’Allah l’agrée) dit : « Mon père retourna chez lui et reprit le cadeau. » Selon une autre version, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Ô Bashîr, as-tu d’autres enfants que celui-ci ? » Il répondit : « Oui. » Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) demanda : « Leur as-tu donné à chacun un cadeau semblable ? » Il répondit : « Non. » Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Alors, ne me prends pas à témoin. » Selon une autre version : « Prends quelqu’un d’autre que moi comme témoin. » Puis il dit : « Désires-tu que tous tes enfants te traitent avec bonté ? » Il répondit : « Oui. » Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Alors, ne fais pas cela. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section 100 — Le deuil observé par les femmes
Il est interdit aux femmes d’observer un deuil de plus de trois jours pour le décès de toute personne autre que leur époux. En cas de décès de son époux uniquement, la femme observera un deuil de quatre mois et dix jours.
١٧٧٤ – عَنْ زَيْنَبَ بِنْتِ أَبِي سَلَمَةَ قَالَتْ دَخَلْتُ عَلَى أَمْ حَبِيبَةً زَوْجِ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِينَ تُوفَّى أَبُوهَا أَبُو سُفْيَانَ ابْنُ حَرْبٍ فَدَعَتْ بِطِيبٍ فِيهِ صفرة خلوقٍ أَوْ غَيْرِهِ فَدَعَنَتْ مِنْهُ جَارِيَةٌ ثُمَّ مَسَّتْ يُعَارِضَيْهَا ثُمَّ قَالَتْ وَاللهِ مَا لِي بِالطَّيِّبِ مِنْ حَاجَةٍ غَيْرَ إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ عَلَى الْمِنْبَرِ لا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أَنْ تُحِدُ على ميت فوق ثلاث ليال إلا على زوج أربعة أَشْهُرٍ وَعَشْرًا قَالَتْ زَيْنَبُ ثُمَّ دَخَلْتُ عَلَى زَيْنَبَ بِنْتِ جَحْشٍ حِينَ تُوقِى أَخُوهَا فَدَعَتْ بِطِيبٍ فَمَسَّتْ مِنْهُ ثُمَّ قالت أما واللهِ مَالِي بِالطَّيبُ مِنْ حَاجَةٍ غَيْرَ إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ عَلَى الْمِنْبَرِ لَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أَنْ تُحِدُ علَى مَيْت فَوقَ ثَلاث إلا على زوج أربعة أشهرٍ وَعَشْرًا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1774. Il est rapporté de Zaynab bint Abou Salama — qu’Allah l’agrée — qu’elle dit : Après la mort d’Abou Soufyan ibn Harb — qu’Allah l’agrée — le père d’Oum Habiba — qu’Allah l’agrée — l’épouse du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, je me rendis auprès d’elle. Elle demanda qu’on lui apporte un parfum jaune ou d’une autre couleur, et une servante s’en parfuma. Puis elle en appliqua sur ses joues et dit : « Par Allah, je n’avais nul besoin de parfum. Cependant, j’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dire, debout sur la chaire : “Il n’est pas permis à une femme qui croit en Allah et au Jour dernier de porter le deuil d’un défunt pendant plus de trois jours. Seul le deuil de son mari doit être observé pendant quatre mois et dix jours.” » Zaynab dit : « Ensuite, lorsque mourut le frère de Zaynab bint Jahsh — qu’Allah l’agrée —, je me rendis auprès d’elle. Elle demanda également du parfum et s’en parfuma, puis dit : “Par Allah, je n’ai nul besoin de parfum. Cependant, j’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dire, debout sur la chaire : ‘Il n’est pas permis à une femme qui croit en Allah et au Jour dernier de porter le deuil d’un défunt pendant plus de trois jours. Seule la mort de son mari impose à l’épouse un deuil de quatre mois et dix jours.’” »
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 101 — Que l’habitant de la ville ne vende pas les marchandises du villageois
L’habitant de la ville ne doit pas vendre les marchandises du villageois, en faisant intervenir un intermédiaire. Il ne doit pas non plus aller à la rencontre, en chemin, des marchands qui se rendent au marché. De même, nul ne doit proposer un prix supérieur à celui déjà annoncé par un autre, ni faire une demande en mariage alors qu’un autre en a déjà formulé une, sans sa permission. Toutes ces pratiques sont interdites.
١٧٧٥ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يبيع حاضر لِبَادِ وَإِنْ كَانَ أَخَاهُ لِأَبِيهِ وَأُمِّهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1775. Il est rapporté d’Anas — qu’Allah l’agrée — qu’il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a interdit à l’habitant de la ville de vendre les marchandises du villageois, même si celui-ci était son propre frère.
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٧٧٦ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَتَتَّقُوا السَّلعَ حَتَّى يُهْبَطَ بِهَا إِلَى الْأَسْوَاقِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1776. D’après Abdullah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a rapporté que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « N’allez pas au-devant des caravanes de marchands pour leur acheter leurs marchandises avant qu’elles n’atteignent le marché ; laissez les marchandises parvenir au marché. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۷۷ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَتَلَقُوا الرُّكْبَانَ وَلَا يَبِعْ حَاضِرٌ لِبَادٍ فَقَالَ لَهُ طَاؤُوسٌ مَا قَوْلُهُ لَا يبع حاضر لِبَادٍ قَالَ لَا يَكُونُ لَهُ سَمْسَارًا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1777. D’après Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), il a rapporté que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « N’allez pas au-devant des caravanes de marchands pour acheter leurs marchandises. Qu’aucun citadin ne vende les marchandises d’un campagnard. » Tawus (qu’Allah lui fasse miséricorde) demanda à Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) : « Que signifie : “Qu’aucun citadin ne vende les marchandises d’un campagnard” ? » Il répondit : « Cela signifie : qu’il ne trompe pas le campagnard en se faisant passer pour un intermédiaire. »
۱۷۷۸ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يُبِيعَ حَاضِرٌ لِبَادٍ وَلَا تَنَاجَسُوا وَلا يَبِيعُ الرَّجُلُ عَلَى بَيْعِ أَخِيهِ وَلَا يَخْطُبُ على خطبة أخيه ولا تَسْأَلُ الْمَرْأَةُ طَلَاقَ أُخْتِهَا لِتَكْفَأُ مَا فِي أَنَائِهَا وفي رواية قَالَ نَهَى رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ التَّلْقِي وَأَنْ يُبْتَاعَ الْمُهَاجِرُ لِلْأَعْرَابِي وَأَنْ تَشْتَرِطَ الْمَرْأَةُ طَلَاقَ أُخْتِهَا وَأَنْ يُسْتَامَ الرَّجُلُ عَلَى سَوْمٍ أخيه ونهى عن النجش والتَّصْرِية – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1778. D’après Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée), il a rapporté que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit au citadin de vendre les marchandises du campagnard, de surenchérir sur le prix d’une marchandise afin de tromper l’acheteur, de surenchérir sur l’offre d’un autre, de faire une demande en mariage alors qu’un autre en a déjà fait une, et de demander à un mari de divorcer sa sœur musulmane afin de prendre sa place et de jouir de sa part. Une autre version rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit d’aller au-devant des caravanes de marchands pour les rencontrer, au citadin d’acheter quelque chose pour un acheteur venu de la campagne, à une femme d’exiger d’une autre femme qu’elle divorce sa sœur musulmane, ainsi que de faire monter le prix d’une marchandise en enchérissant sans intention de l’acheter, ou de servir d’intermédiaire. Il a également interdit de tromper l’acheteur en annonçant un prix plus élevé et de le duper en retenant le lait dans les mamelles de l’animal.
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۷۹ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَبِعْ بَعْضُكُمْ عَلَى بَيْعِ بَعْضٍ وَلَا يَخْطُبُ عَلَى خِطْبَةِ أَخِيهِ إِلَّا أَنْ يَأْذَنَ لَهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَهَذا لفظ مُسلم.
1779. D’après Abdullah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Que nul d’entre vous n’achète par-dessus l’achat d’un autre, et que nul ne fasse une demande en mariage par-dessus celle d’un autre sans son autorisation. » [Note : 1. Lorsque des habitants des campagnes viennent vendre leurs récoltes sur les marchés des villes, les intermédiaires et les courtiers sortent de la ville et s’installent sur leur chemin. Profitant de la naïveté des campagnards, ils achètent leurs marchandises à un prix inférieur à celui du marché. Ils les apportent ensuite en ville et les revendent à un prix plus élevé. De même, lorsque les campagnards achètent des marchandises aux citadins, ceux-ci leur font payer des prix élevés de diverses manières. Ainsi, les habitants simples et naïfs des campagnes sont trompés des deux côtés. C’est pour cette raison que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a désapprouvé le fait d’aller acheter des marchandises en dehors du marché ainsi que les courtiers intermédiaires dans le commerce.]
L’imam al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Le texte original du hadith est celui de Muslim.
۱۷۸۰ – وَعَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُؤْمِنُ أَخُو الْمُؤْمِنِ فَلا يَحِلُّ لِمُؤْمِنِ أَنْ يُبْتَاعَ عَلَى بَيْعِ أَخِيهِ وَلَا يَخْطَبَ عَلَى خِطْبَة أَخِيهِ حَتَّى يَدْرَ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1780. D’après ‘Uqba ibn ‘Amir (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le croyant est le frère du croyant. Il n’est donc pas permis à un croyant de surenchérir sur l’achat de son frère croyant, ni de faire une demande en mariage par-dessus la demande de son frère tant que celui-ci ne s’est pas désisté. » Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 102 — L’interdiction de dilapider les biens sans motif conforme à la Charia
۱۷۸۱ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى يَرْضَى لَكُم ثلاثا وَيَكْرَهُ لَكُمْ ثَلَاثًا فَيَرْضَى لَكُمْ أَنْ تَعْبُدُوهُ ولا تُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا وَأَنْ تَعْتَصِمُوا بِحَبْلِ اللَّهِ جَمِيعًا وَلَا تَفَرِّقُوا وَيَكْرَهُ لَكُمْ قيلَ وَقَالَ وكثرة السؤال وَأَضَاعَةَ الْمَالِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَتَقَدَّمَ شَرْحُهُ.
1781. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Allah Très-Haut aime pour vous trois choses et en déteste trois autres. Les trois choses qu’Il aime pour vous sont : que vous L’adoriez, que vous ne Lui associiez rien et que vous vous attachiez tous ensemble à la corde d’Allah — la religion de l’islam — sans vous diviser. Quant aux trois choses qu’Il déteste pour vous, ce sont : les propos rapportés et les on-dit, les questions et demandes excessives, ainsi que la dilapidation des biens. » Muslim a rapporté ce hadith. L’explication de ce hadith a déjà été donnée précédemment.
۱۷۸۲ – وَعَنْ وَرَادٍ كَاتِبِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ قَالَ أَمْلَى عَلَى الْمُغِيرَةُ فِي كتاب إلى مُعَاوِيَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَقُولُ في دبر كل صلاة مكتوبة لا اله الا الله وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرُ اللَّهُمْ لَا مَانِعَ لِمَا أَعْطَيْتَ وَلَا مُعْطِيَ لِمَا مَنَعْتَ ولا يَنْفَعُ ذَا الْجَدِّ مِنْكَ الْجَدُ. وَكَتَبَ إِلَيْهِ أَنَّهُ كَانَ يَنْهَى عَنْ قِبْلَ وَقَالَ وَإِضَاعَةِ المال وكثرة السؤالِ وَكَانَ يَنْهَى عَنْ عُقُوقِ الْأُمَّهَاتِ وَوَادِ الْبَنَاتِ وَمَنْعُ وَهَاتِ 4 متفق عَلَيْهِ وَسَبَقَ شَرحُه.
1782. D’après Warrad, le secrétaire d’al-Mughira, il a dit : Al-Mughira ibn Chu‘ba (qu’Allah l’agrée) me fit écrire une lettre à Mu‘awiya (qu’Allah l’agrée), dans laquelle il était dit : « Après chaque prière obligatoire, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait : “Il n’y a de divinité qu’Allah. Il est Unique et n’a aucun associé. À Lui appartient la royauté et à Lui revient la louange, et Il est capable de toute chose. Ô Allah ! Nul ne peut empêcher ce que Tu donnes, et nul ne peut donner ce que Tu empêches. La fortune d’un homme fortuné ne lui est d’aucune utilité auprès de Toi.” » Il lui écrivit également que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) interdisait les paroles futiles et vaines, la dilapidation des biens et les demandes excessives. Il interdisait aussi de faire souffrir les mères, d’enterrer vivantes les filles et de chercher à obtenir quoi que ce soit par les jeux de hasard.
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 103 — Interdiction de pointer une arme
Il est interdit de pointer une épée ou une arme vers un musulman, que ce soit intentionnellement ou par plaisanterie. De même, il est interdit de remettre à quelqu’un une épée dégainée.
۱۷۸۳ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قالَ لا يُشر أحدكم إلى أخيه بالسلاح فَإِنَّهُ لا يَدْرِي لَعَلَّ الشَّيْطَانَ يَنْزِعُ فِي يَدِهِفيقع في حُفْرَةٍ مِنَ النَّارِ. مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمٍ قَالَ قَالَ أَبُو الْقَاسِمِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَشَارَ إلى أخيه بِحَدِيدَةٍ فَإِنَّ الْمَلَائِكَةَ تَلْعَنُهُ حَتَّى يتْرُعَ وَإِنْ كَانَ أَخَاهُ لِأَبِيهِ وَأُمِّهِ
1783. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Que nul d’entre vous ne pointe une arme vers son frère musulman. Car nul ne sait si Satan ne le fera pas dégainer son arme, de sorte qu’il tombera dans une fosse de l’Enfer pour avoir tué quelqu’un. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version de Muslim, il est rapporté qu’Abou al-Qasim, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Si quelqu’un pointe une arme tranchante vers son frère musulman, les anges ne cessent de le maudire jusqu’à ce qu’il la dépose, même s’il s’agit de son propre frère. »
١٧٨٤ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أن يتعاطى السَّيْفُ مَسْلُولاً – رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1784. Jabir, qu’Allah l’agrée, rapporte qu’il a dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit de tendre à quelqu’un une épée dégainée. »
L’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith hasan. »
Chapitre 104 — Il est réprouvé de sortir de la mosquée après l’appel à la prière sans avoir accompli la prière obligatoire, sans excuse valable
۱١٧٨٥ – وَعَنْ أَبِي الشَّعْشَاءِ قَالَ كُنَّا قُعُودًا مَعَ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي الْمَسْجِدِ فَاذْنَ الْمُؤَذِّنُ فَقَامَ رَجُلٌ مِنَ الْمَسْجِدِ يَمْشِي فَاتَّبَعَهُ أَبُو هُرَيْرَةً بَصَرَهُ حتَّى خَرَجَ مِنَ الْمَسْجِدِ فَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ أَمَّا هُذَا فَقَدْ عَصَى أَبَا الْقَاسِمِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1785. Abû ash-Sha‘thâ’ (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte : Nous étions assis dans la mosquée avec Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée). Sur ces entrefaites, après que le muezzin eut lancé l’appel à la prière, un homme se mit à sortir de la mosquée. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) le suivait du regard. Lorsque l’homme fut finalement sorti de la mosquée, Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) dit : « Cet homme a désobéi à Abû al-Qâsim, qu’Allah prie sur lui et le salue. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 105 — Il est réprouvé de refuser un parfum sans raison
١٧٨٦ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ عُرِضَ عَلَيْهِ رَبِّحَانَ فَلَا يَرُدُّهُ فَإِنَّهُ خَفِيفَ الْمَحْمِلِ طَيِّبُ الرِّيحرواه مسلم
1786. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Lorsqu’un parfum est présenté à quelqu’un, qu’il ne le refuse pas, car il est facile à transporter et agréablement parfumé. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۷۸۷ – وَعَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ لَا يَرُدُّ الطَّيِّبَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1787. Anas ibn Malik (qu’Allah l’agrée) a rapporté : Le Prophète ﷺ ne refusait pas le parfum.
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre 106 – Il est répréhensible de faire l’éloge d’une personne en sa présence
Si, en faisant l’éloge d’une personne devant elle, on craint qu’un mal ne soit causé par cette personne ou que l’orgueil ne s’éveille en elle, il est mauvais de la louer en sa présence. En revanche, s’il n’y a aucune crainte qu’une telle chose se produise, il n’y a aucun mal à faire son éloge face à face.
۱۷۸۸ – عَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَجُلاً يُثنى عَلَى رَجُلٍ وَيُطريه في المِدْحَةِ فَقَالَ أَهْلَكْتُمْ أَوْ قَطَعْتُمْ ظهر الرجل – متفق عليْهِ – وَالْأَطْرَاءُ الْمُبَالَغَةُ فِي الْمَدْحِ.
1788. Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) a rapporté : Il dit : Le Prophète ﷺ entendit un homme faire l’éloge d’un autre homme. Celui-ci exagérait dans son éloge. Il dit : « Vous avez tué cet homme ou vous lui avez brisé le dos. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. « Al-iṭrāʾ » signifie exagérer dans l’éloge.
۱۷۸۹ – وَعَنْ أَبِي بَكْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلًا ذُكِرَ عِنْدَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاثْنَى عَلَيْهِ رَجُلٌ خَيْرًا فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَيْحَكَ قطعت عنق صاحبكَ يَقُولُهُ مِرارًا إِنْ كَانَ أَحَدُكُمْ مَادِحًا لَا مَحَالَهُ فَلْيَقُلْ احْسَبُ كَذَا وَكَذَا إِن كَانَ يَرَى أَنَّهُ كَذَلِكَ وَحَسِيَّبُهُ اللَّهُ وَلَا يُزَكِّي عَلَى اللَّهِ أَحَدٌ متفق عليه.
1789. D’après Abou Bakra (qu’Allah l’agrée), un homme fut mentionné devant le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), puis un autre homme en fit l’éloge. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Malheur à toi ! Tais-toi ! Tu as tranché le cou de ton compagnon. » Il répéta cette parole plusieurs fois. Si l’un de vous tient absolument à faire l’éloge de quelqu’un, qu’il dise : “Je pense qu’untel est ainsi”, s’il est réellement tel qu’il le pense. Mais Allah est le seul à connaître véritablement son compte. Nul autre qu’Allah ne peut avoir une connaissance exacte de la valeur d’une personne. L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۹۰ – وَعَنْ هَمَّامِ بْنِ الْحَارِثِ عَنِ الْمِقْدَادِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلًا جَعَلَ يَمْدَحُ عُثْمَانَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فَعَمِدَ الْمِقدادُ فَجَنَا عَلَى رُكْبَتَيْهِ فَجَعَلَ يَحْشُرُ فِي وجهه الْحَصْبَا، فَقَالَ لَهُ عُثْمَانُ مَا شَأْنُكَ فَقَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا رَأَيْتُمُ الْمَدَا حِينَ فَاحْتُوا فِي وُجُوهِهِمُ التَّرَابَ رَوَاهُ مُسْلِمفهذه الأحاديث في النهي. وجاء في الاباحة أحاديث كَثِيرَةٌ صَحِيحَةٌ. قَالَ الْعَلَمَاءُ وَطَرِيقُ الْجَمْعِ بَيْنَ الْأَحَادِيثِ أَنْ يُقَالَ إِنْ كَانَ الْمَمْدُوحُ عِنْدَهُ كَمَالُ ايمان وبقينِ وَرِيَاضَةٌ نَفْسٍ وَمَعْرِفَةٌ تَامَّةٌ بِحَيْثُ لَا يَفْتَتِنُ وَلَا يَغْتَرُّ بِذلِكَ وَلَا تَلْعَبُ بِهِ نَفْسُهُ فليس بحرام ولا مَكْرُوهُ وَإِن خَيْفَ عَلَيْهِ شَيْءٌ مِنْ هَذِهِ الْأَمُورِ كُرِهَ مدحه في وجهه كراهة شديدة. وعلى هذا التفضيل تُنَزِّلُ الْأَحَادِيث الْمُخْتَلِفَةُ فِي ذَلِكَ وَمِمَّا جَاءَ فِي الْإِبَاحَةِ قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِأَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَرْجُو أَنْ تَكُونَ مِنْهُمْ أَى مِنَ الَّذِينَ يُدْعَونَ مِنْ جَمِيعِ أَبْوَابِ الْجَنَّةِ لِدُخُولِهَا، وَفِي الْحَدِيثِ الْآخَرِ لَسْتَ مِنْهُمْ أَي لَسْتَ مِنَ الَّذِينَ يُسْبِلُونَ أَزْرَهُمْ خُيَلاهُ. وَقَالَ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِعُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ مَا رَأَكَ الشيطان سَالِكًا فَجَا إِلا سَلَكَ فَجَا غَيْرَ فَجَكَ وَالْأَحَادِيثُ فِي الْإِبَاحَةِ كَثِيرَةٌ وقد ذكرت جُمْلَةً مِنْ أَطْرَافِهَا فِي كِتَابِ الْأَذْكَارِ .
1790. D’après Hammam ibn al-Harith, selon al-Miqdad (qu’Allah l’agrée), un homme faisait l’éloge de ‘Uthman (qu’Allah l’agrée). Alors al-Miqdad (qu’Allah l’agrée) s’agenouilla et se mit à jeter des graviers sur son visage. ‘Uthman (qu’Allah l’agrée) lui demanda : « Que se passe-t-il ? » Il répondit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : “Lorsque vous voyez quelqu’un faire l’éloge d’une personne en sa présence, jetez de la terre sur son visage.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’imam al-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : les hadiths précités interdisent de faire l’éloge de quelqu’un en sa présence. Il existe toutefois de nombreux hadiths qui permettent de faire un tel éloge. Les savants ont concilié ces deux catégories de hadiths. Ils ont dit que si la personne louée possède une foi et une conviction parfaites, ainsi qu’un cœur pur et du savoir, et que l’éloge fait en sa présence ne risque pas de lui nuire, de la rendre orgueilleuse ni de lui faire éprouver une autosatisfaction en recevant des éloges, alors, dans ces cas, l’éloge n’est ni interdit ni réprouvé. Mais s’il existe la crainte de voir apparaître l’un des défauts mentionnés, ou plusieurs d’entre eux, l’éloge fait en présence de la personne est une très mauvaise action. De nombreux hadiths permettent d’en apporter la preuve.
Parmi les hadiths qui montrent qu’il est permis de faire des éloges figure celui dans lequel le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) fit l’éloge d’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) : « J’espère que tu seras de ceux qui seront invités à entrer par chacune des portes du Paradis. » Dans un autre hadith, il dit : « Tu ne seras pas parmi eux. » C’est-à-dire : tu ne seras pas parmi ceux qui, par orgueil, portent leurs vêtements en dessous des chevilles. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit au sujet de ‘Umar (qu’Allah l’agrée) : « Chaque fois que Satan te voit emprunter une voie, il abandonne ta voie et en emprunte une autre. » Les hadiths permettant de faire des éloges en présence de la personne sont suffisamment nombreux. J’ai traité cette question dans l’ouvrage Kitab al-Adhkar.
Section : 107 — Il est réprouvé de fuir par crainte d’une épidémie d’une localité touchée, ou de s’y rendre depuis l’extérieur.
قَالَ تَعَالَى : أَيْنَ مَا تَكُونُوا يُدْرِكُكُمُ الْمَوْتُ وَلَوْ كُنتُمْ فِي بُرُوج مُشَيَّدَةٍ ، وَإِنْ تُصِبْهُمْ حَسَنَةٌ يَقُولُوا هَذِهِ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ وَإِنْ تُصِبْهُمْ سَيِّئَةٌ يَقُولُوا هَذِهِ مِنْ عندك ، قُلْ كُلٌّ مِّنْ عِنْدِ اللهِ ، فَمَالِ هَؤُلَاءِ الْقَوْمِ لَا يَكَادُونَ يَفْقَهُونَ حَدِيثًا .
Allah le Très-Haut dit :
« Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous même dans des tours fortifiées (elle vous poursuivra également jusque-là). S’il leur arrive un bien, ils disent : “Cela vient d’Allah.” Mais s’il leur arrive un mal, ils disent : “Cela vient de toi.” Dis : “Tout vient d’Allah.” Qu’ont donc ces gens à ne pouvoir comprendre aucune parole ? » (sourate An-Nisâ’ : 78)
وقال تعالى : وَلا تُلْقُوا بِأَيْدِيكُم إلى التَّهْلُكَةِ وَاحْسِنُوا إِنَّ اللَّهَ يحب المحسنين.
« Dépensez vos biens dans le sentier d’Allah et ne vous précipitez pas vous-mêmes dans la destruction par vos propres mains. Adoptez la voie de la bienfaisance et de la bonté. En vérité, Allah aime les bienfaisants. » (sourate Al-Baqara : 195)
۱۷۹۱وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ عُمَرَ بْنَ الْخَطَابِ رَضِيَ اللَّهُعَنْهُ خَرَجَ إِلَى الشَّامِ حَتَّى إِذَا كَانَ بِسُرْعَ لَقِيَهُ أَمَرَاءُ الْأَجْنَادِ أَبُو عُبَيْدَةَ بْنُ الجراح وأَصْحَابُهُ فَأَخْبَرُوهُ أَنَّ الوَبَاءَ قَدْ وَقَعَ بِالشَّامِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ فَقَالَ لِي عُمَرُ أَدْعُ لِي الْمُهَاجِرِينَ الْأُولِينَ فَدَعَوْتُهُمْ فَاسْتَشَارَهُمْ وَأَخْبَرَهُمْ أَنَّ الْوَبَاءَ قَدْ وقع بالشام. فَاخْتَلَفُوا فَقَالَ بَعْضُهُمْ خَرَجْتَ لِأَمْرُ وَلَا نَرَى أَنْ تَرْجِعَ عَنْهُ وَقَالَ بَعْضُهُمْ مَعَكَ بَقِيَّةُ النَّاسِ وَأَصْحَابُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَا نَرَى أن تُقْدِمَهُمْ عَلَى هَذَا الْوَبَاءِ. فَقَالَ ارْتَفِعُوا عَنِّى ثُمَّ قَالَ أَدْعُ لِي الْأَنْصَارَ فَدَعَوْتُهُمْ فَاسْتَشَارَهُمْ فَسَلَكُوا سَبِيلَ الْمُهَاجِرِينَ وَاخْتَلَفُوا كَاخْتِلافِهِمْ. فَقَالَ ارْتَفِعُوا عَلَى ثُمَّ قَالَ أَدْعُ لِى مَنْ كَانَ هَاهُنَا مِنْ مَشْيَخة قريش من مهاجرة الْفَتْحِ فَدَعَوْتُهُمْ فَلَمْ يَخْتَلِف عَلَيْهِ مِنْهُمْ رَجُلانِ، فَقَالُوا نَرَى أَنْ تَرْجِعَ بِالنَّاسِ ولا تُقْدِمَهُمْ عَلَى هذا الوَبَاءِ فَنَادَى عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي النَّاسِ إِنِّي مُصْبِحٌ على ظهر فَاصْبِحُوا عَلَيْهِ، فَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ بْنُ الْجَرَاحِ أَفرَارًا مِنْ قَدَرِ الله. فَقَالَ عُمَرُ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ لَوْ غَيْرُكَ قَالَهَا يَا أَبَا عُبَيْدَةَ، وَكَانَ عُمَرُ يَكْرَهُ خَلاقَهُ نعم نفر من قدر الله إلى قدر الله أرَأَيْتَ لَوْ كَانَ لَكَ ايلٌ فَهَبَطَتْ وَادِيًا لَهُ عدُوتَانِ احْدَاهُمَا خَصْبَةٌ وَالْأُخْرَى جَدْبَةٌ اليسَ إِنْ رَعَيْتَ الْخَصْبَةَ رَعَيْتَهَا بِقَدَرٍ اللهِ وَإِنْ رَعَيْتَ الْجَدْبَةَ رَعَيْتَهَا بِقَدْرِ اللَّهِ، قَالَ فَجَاءَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ عَوْفِ وكَانَ مُتَغَيِّبًا فِي بَعض حَاجَتِهِ فَقَالَ إِن عندى مِنْ هَذَا عِلْمًا سَمِعْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِذَا سَمِعْتُمْ بِهِ بِأَرْضِ فَلَا تَقْدَمُوا عَلَيْهِ وَإِذَا وَقَعَ بأرض وانتُم بِهَا فَلا تَخْرُجُوا فِرَاراً مِنْهُ فَحَمِدَ اللَّهَ تَعَالَى عُمَرُ وَانْصَرَفَ متفق عليه وَالْعُدْوَةُ جَانب الوادي.
1791. Abdallah ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : Umar ibn Al-Khattab (qu’Allah l’agrée) partit pour la Syrie. Lorsqu’il arriva à un endroit appelé Sarân, les commandants de l’armée, à savoir Abou Oubaïda ibn Al-Jarrah (qu’Allah l’agrée) et ses compagnons, vinrent à sa rencontre. Ils l’informèrent qu’une épidémie s’était déclarée en Syrie. Abdallah ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) dit : Umar me demanda alors de faire venir auprès de lui les premiers Mouhâjirûn. Je les fis donc venir. Il les consulta et leur dit : « Une épidémie s’est déclarée en Syrie. » Ils divergèrent dans leur décision. Certains dirent : « Vous êtes parti pour une affaire importante ; il ne convient pas de revenir. » D’autres dirent : « Vous avez avec vous les Compagnons du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), ainsi que beaucoup d’autres personnes. Il ne convient pas de les emmener dans une région touchée par l’épidémie. » Umar (qu’Allah l’agrée) dit : « Levez-vous et partez. »
Puis il dit à Abdallah ibn Abbas : « Appelle les Ansâr. » Je les fis donc venir. Il les consulta ; eux aussi suivirent la voie des Mouhâjirûn. Comme ces derniers, les Ansâr divergèrent également dans leur décision. Umar (qu’Allah l’agrée) dit : « Éloignez-vous de moi. »
Puis il dit : « Appelez ceux des émigrés qurayshites qui avaient participé à la conquête de La Mecque. » Je les fis donc venir. Pas même deux d’entre eux ne divergeaient d’avis. Tous déclarèrent unanimement : « Nous estimons préférable de repartir plutôt que de nous rendre avec les gens dans une région frappée par l’épidémie. » ʿUmar annonça : « Je partirai demain matin. » Alors que les gens se préparaient à partir au matin, Abû ʿUbayda ibn al-Jarrâh dit : « Fuyez-vous le décret d’Allah ? » ʿUmar répondit : « Ô Abû ʿUbayda ! Si quelqu’un d’autre que toi avait dit cela, je l’aurais trouvé juste. » Cependant, ʿUmar n’apprécia pas cette opinion divergente d’Abû ʿUbayda. Quoi qu’il en soit, il dit : « Oui, nous fuyons le décret d’Allah vers le décret d’Allah. Regarde : si tu possèdes des chameaux et que tu les conduis paître dans une plaine ou une vallée, et que cette vallée comporte deux parties, l’une verdoyante et l’autre désertique, dépourvue d’herbe et de végétation, dis-moi : si tu fais paître tes chameaux dans la partie verdoyante, ne sera-ce pas le décret d’Allah ? Et si tu les fais paître dans la partie dépourvue d’herbe et de végétation, ne sera-ce pas également le décret d’Allah ? » ʿAbdullah ibn ʿAbbâs rapporte : « Sur ces entrefaites, ʿAbd al-Rahmân ibn ʿAwf arriva. Il avait été absent jusque-là pour une raison particulière. Il dit : “Je connais quelque chose à ce sujet. J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : ‘Lorsque vous apprenez qu’une épidémie s’est déclarée dans une région, n’y allez pas. En revanche, si une épidémie se déclare dans une région où vous vous trouvez déjà, dans ce cas
vous ne la fuirez pas. » Ayant entendu ce hadith, ʿUmar loua Allah, puis repartit de cet endroit.
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۹۲ – وَعَنْ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إذا سَمِعْتُمُ الطَّاعُونَ بِأَرْضِ فَلا تَدْخُلُوهَا وَإِذَا وَقَعَ بِأَرْضِ وَأَنْتُمْ فِيهَا فَلَا تَخْرُجُوا مِنْهَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1792. D’après Usâma ibn Zayd, le Prophète ﷺ a dit : « Si vous apprenez qu’une épidémie sévit dans une région, n’y allez pas. Et si une épidémie s’est déclarée dans une région où vous vous trouvez, ne quittez pas cette région. »
L’imam al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
Section : 108 – Il est strictement interdit d’apprendre et de pratiquer la magie
قَالَ اللهُ تعالى : واتَّبعوا ما تتلوا الشيطينُ عَلَى مُلْكِ سُلَيْمَنَ ، وَمَا كَفَرُ سُلَيْمَانُ وَلَكِنَّ الشَّيَاطِينَ كَفَرُوا يُعَلِّمُونَ النَّاسَ السِّحْرَ ، وَمَا أُنْزِلَ عَلَى الْمَلَكَيْنِ يبَابِلَ هَارُوتَ وَمَارُوتَ ، وَمَا يُعَلِّمَن مِنْ أَحَدٍ حَتَّى يَقُولَا إِنَّمَا نَحْنُ فِتْنَةٌ فَلَا تَكْفُرْ فَيَتَعَلَّمُونَ مِنْهُمَا مَا يُفَرِّقُونَ بِهِ بَيْنَ الْمَرْءِ وَزَوْجَهُ ، وَمَا هُمْ بِضَارِّينَ به منْ أَحَدٍ إِلا بِإِذْنِ اللهِ ، وَيَتَعَلَّمُونَ مَا يَضُرُّهُمْ وَلَا يَنْفَعُهُمْ ، وَلَقَدْ عَلِمُوا لَمَنِ اشْتَرَهُ مَالَهُ فِي الْآخِرَةِ مِنْ خَلَاقٍ، وَلَبِئْسَ مَا شَرَوْا بِهِ أَنْفُسَهُمْ ، لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ.
Le Très-Haut dit :
« Ils se mirent à suivre ce que les démons avaient présenté au sujet du royaume de Salomon. Pourtant, Salomon n’a jamais suivi la voie de la mécréance ; ce sont plutôt les démons qui ont mécru. Ils enseignaient la magie aux gens. Ils s’étaient particulièrement intéressés à ce qui avait été descendu sur les deux anges, Hârût et Mârût, dans la ville de Babel. Chaque fois que les deux anges enseignaient cela à quelqu’un, ils l’avertissaient d’abord en disant : “Sachez que nous ne sommes qu’une épreuve ; ne suivez donc pas la voie de la mécréance.” Malgré cela, ils apprenaient auprès des deux anges des choses au moyen desquelles ils pouvaient provoquer la séparation entre l’homme et son épouse. Pourtant, il est évident qu’ils ne pouvaient nuire à personne par ce moyen sans la permission d’Allah. Malgré tout, ils apprenaient des choses qui ne leur étaient d’aucune utilité, mais qui leur nuisaient. Ils savaient parfaitement que ceux qui achèteraient ces choses n’auraient aucune part de bien dans l’au-delà. Combien est mauvais ce contre quoi ils ont vendu leurs propres âmes ! Ah ! S’ils pouvaient le comprendre ! »
(La sourate Al-Baqara : 102)
۱۷۹۳ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اجتنبوا السَّبْعَ الْمُؤْبِقَاتِ قَالُوا يَا رَسُولَ اللهِ وَمَا هُنَّ قَالَ الشَّرْكُ بِاللَّهِ وَالسِّحْرُ وقتل النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللهُ إِلا بِالْحَقِّ وَأَكلُ الرِّبَا وَأَكُلُ مَالِ الْيَتِيمِ وَالتَّولِي يومَ الرِّحْفِ وَقَذَفَ الْمُحْصَنَاتِ الْمُؤْمِنَاتِ الْغَافِلات – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1793. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Éloignez-vous des sept choses destructrices. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Quelles sont-elles ? » Il répondit : « Associer quoi que ce soit à Allah, pratiquer la magie, tuer injustement une personne dont Allah a interdit de prendre la vie, consommer l’usure, usurper les biens de l’orphelin, fuir du champ de bataille et accuser faussement de fornication des croyantes chastes, innocentes et vertueuses. »
Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
Section 109 – Interdiction de voyager dans les territoires des mécréants en emportant le Noble Coran lorsqu’il est à craindre qu’il ne tombe entre les mains des ennemis
١٧٩٤ – عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يُسَافَرَ بِالْقُرْآنِ إِلَى أَرْضِ الْعَدُوِّ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1794. D’après Abdullâh ibn Umar (qu’Allah les agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit de voyager avec le Coran dans le pays des ennemis mécréants.
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Section : 110 – Il est interdit d’utiliser des récipients en or et en argent pour manger, boire, accomplir les ablutions et à d’autres fins
١٧٩٥ – عَنْ أَمْ سَلَمَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الَّذِي يَشْرَبُ في انية الفضة إِنَّمَا يُجَرِّجُرُ في بَطْنِهِ نَارَ جَهَنَّمَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَفِي رواية المُسْلِمِ إِنَّ الَّذِي يَأْكُلُ أَوْ يَشْرَبُ فِي أَنِيَةِ الْفِضَّةِ وَالذَّهَبِ.
1795. D’après Umm Salama (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui boit dans un récipient en argent ne fait que remplir son ventre du feu de l’Enfer. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version de Muslim : « Celui qui mange et boit dans des récipients en or et en argent. »
١٧٩٦ – وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ إِنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَانَا عَنِ الْحَرِيرِ والدِّيباج والشرب في أنيةِ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ وَقَالَ هُنَّ لَهُمْ فِي الدُّنْيَا وهي لَكُمْ فِي الآخرة مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ – وفي رواية في الصحيحين عن حديقة سمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَا تَلْبَسُوا الْحَرِيرَ وَلَا الدِّيباج وَلَا تَشْرَبُوا فِي آنِيَةِ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ وَلَا تَأْكُلُوا فِي صِحَافِهَا .
1796. D’après Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous a interdit de porter des vêtements de soie et de boire dans des récipients en or et en argent. Il a dit : « Ceux-ci sont pour les mécréants dans ce bas monde, et pour vous dans l’au-delà. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version d’al-Bukhari et de Muslim, Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Ne portez pas de vêtements de soie, ne buvez pas dans des récipients en or et en argent, et ne mangez pas dans des plats fabriqués avec ces métaux. »
۱۷۹۷ -فحولهُ عَلَى إِنَاءٍ مِنْ خَلَنْج وَجِيَ بِهِ فَأَكَلَهُ – رَوَاهُ الْبَيْهَقِي بِإِسْنَادِ حَسَن الخليج الجفنة.
1797. Anas ibn Sîrîn, qu’Allah lui fasse miséricorde, rapporte : J’étais auprès d’un groupe d’adorateurs du feu avec Anas ibn Mâlik, qu’Allah l’agrée. Une sorte de halwa fut apportée dans un plateau d’argent, mais il n’en mangea pas. On dit au serviteur : « Apporte-la après l’avoir changée. » Après avoir changé le récipient, on la servit de nouveau, et il en mangea. L’imam al-Bayhaqî a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission hasan. Le mot « » signifie récipient ou coupe.
Chapitre 111 — Les vêtements teints au safran sont interdits aux hommes
۱۷۹۸ – عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يتَزَعْفَرَ الرَّجُلُ – متفق عليه.
1798. Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte : Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a interdit aux hommes de porter des vêtements teints au safran. L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۷۹۹ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ رَأَى النَّبِيُّ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى ثَوْبَيْنِ مُعَصْفَرَيْنِ فَقَالَ أَمُّكَ أَمَرَتْكَ بِهَذَا قُلْتُ اغْسِلُهُمَا قَالَ بَلْ أَحْرِقْهُما – وفي رِوَايَةٍ فَقَالَ إِنَّ هَذَا مِنْ ثِيَابِ الْكُفَّارِ فَلا تَلْبَسُهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1799. Abd Allah ibn Amr ibn al-Âs, qu’Allah l’agrée, rapporte : Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, vit que je portais deux vêtements jaunes et demanda : « Est-ce ta mère qui t’a ordonné de les porter ? » Je répondis : « Dois-je les laver ? » Il dit : « Non, brûle-les plutôt. » Dans une autre version, il est dit : « Ce sont les vêtements des mécréants. Ne portez donc pas de tels vêtements. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Chapitre 112 — L’interdiction de garder inutilement le silence toute la journée
۱۸۰۰ – عَنْ عَلِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ حَفِظْتُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم لا يتم بَعْدَ احْتِلام ولا صُمَاتَ يَوْمٍ إِلَى اللَّيْلِ رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ بِإِسْنَادِ حسن قَالَ الْخَطَابِي فِي تَفْسِيرِ هُذَا الْحَدِيْثِ كَانَ مِنْ نُسُكِ الْجَاهِلِيَّةِ الصَّمَاتُ فَنُهُوا فِي الْإِسْلامِ عَنْ ذَلِكَ وَأَمِرُوا بِالذِكرِ وَالْحَدِيث بِالْخَيْرِ.
1800. D’après Ali, qu’Allah l’agrée, il dit : « J’ai retenu ces paroles du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue : après avoir atteint la puberté, nul ne demeure orphelin, et il n’est pas permis de garder un silence vain durant toute la journée jusqu’à la nuit. »
L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission حسن. L’imam An-Nawawi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Al-Khattabi a expliqué ce hadith en disant que, à l’époque de la Jâhiliyyah, rester silencieux toute la journée sans parler aux gens était considéré comme un acte de dévotion. Mais l’islam l’a interdit. À la place, il a ordonné de se rappeler Allah et de tenir de bonnes paroles. »
۱۸۰۱ – وَعَنْ قَيْسِ بْنِ أَبِي حَازِمٍ قَالَ دَخَلَ أَبُو بَكْرِ الصِّدِّيقُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ على امرأة مِنْ أَحْمَسَ يُقَالُ لَهَا زَيْنَبُ فَرَأَهَا لا تَتَكَلَّمُ فَقَالَ مَا لَهَا لَا تَتَكَلَّمُ فَقَالُوا حَجَّتْ مُصْمِتَةٌ فَقَالَ لَهَا تَكَلَّمِي فَإِنَّ هَذَا لَا يَحِلُّ هُذَا مِنْ عَمَلِ الْجَاهِلِيَّةِ فَتَكَلَّمَتْ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1801. D’après Qays ibn Abou Hazim, qu’Allah lui fasse miséricorde, il dit : Abou Bakr As-Siddiq, qu’Allah l’agrée, se rendit auprès d’une femme nommée Zaynab, issue de la tribu des Ahmas. Il la vit ne pas parler et demanda donc : « Qu’a-t-elle, pour ne pas parler ? » Les gens répondirent : « Elle a décidé de garder le silence. » Il dit à cette femme : « Parle, car il n’est pas permis de garder ainsi le silence. C’était une pratique de l’époque superstitieuse de la Jâhiliyyah. » Elle se mit alors à parler, rompant son silence.
L’imam Al-Boukhari a rapporté ce hadith.
Chapitre 113 — Il est interdit de se réclamer d’un autre que son père véritable et, pour un esclave, de se réclamer d’un autre que son véritable maître
۱۸۰۲ – عَنْ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنِ ادْعَى إِلَى غَيْرِ أَبِيهِ وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ غَيْرُ أَبِيْهِ فَالْجَنَّةُ عَلَيْهِ حَرَامٌ متفق عليه.
1802. Sa’d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui se donne pour père quelqu’un d’autre que son propre père, tout en sachant que cet homme n’est pas son père, aura le Paradis interdit. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۰۳ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا تَرْغَبُوا عَنْ أَبَائِكُمْ فَمَنْ رَغِبَ عَنْ أَبِيهِ فَهُوَ كُفْرَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1803. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ne répugnez pas à vous réclamer de vos pères. Celui qui répugne à se réclamer de son père a certes mécru. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱٨٠٤ – وَعَنْ يَزِيدَ بْنِ شَرِيكِ بْنِ طَارِقٍ قَالَ رَأَيْتُ عَلِيًّا عَلَى الْمِنْبَرِ يَخْطُبُ فَسَمِعْتُهُ يَقُولُ لَا وَاللَّهِ مَا عِنْدَنَا مِنْ كِتَابِ تَقْرَؤُهُ إِلَّا كِتَابَ اللَّهِ وَمَا فِي هَذِهِ الصحيفة فنشرها فاذا فيها أسْنَانُ الابل وأشْيَاء مِنَ الْجَرَاحَاتِ. وَفِيهَا قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَدِينَةُ حَرَمُ مَا بَيْنَ عَيْرِ إِلَى ثَوْرٍ فَمَنْ أَحْدَثَ فِيهَا حَدَثًا أَوْ أَوَى مُحْدِثًا فَعَلَيْهِ لَعْنَةُ اللهِ وَالْمَلَائِكَةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ لَا يَقْبَلُ اللهُ مِنْهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ صَرفًا ولا عدلا ذمة الْمُسْلِمِينَ وَاحِدَةٌ يَسْعَى بِهَا أَدْنَاهُمْ فَمَنْ اخْفَرَ مُسْلِمًا فَعَلَيْهِ لَعْنَةُ الله وَالْمَلائِكَةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ لَا يَقْبَلُ اللَّهُ يَوْمَ القِيامَةِ صَرفا ولا عدلاً. ومن ادعى إلى غير أبيه أو انْتَمَى إِلَى غَيْرِ مَوَالِيهِفَعَلَيْهِ لَعْنَةُ اللهِ وَالْمَلَائِكَةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ لَا يَقْبَلُ اللَّهِ مِنْهُ يَوْمَ القيامة صرفا ولا عدلاً. متفق عليه
1804. Yazîd ibn Sharîk ibn Târiq (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte : « J’ai vu Alî (qu’Allah l’agrée) prononcer un sermon debout sur le minbar. Je l’ai entendu dire : “Non, par Allah ! Nous ne possédons aucun livre que nous lisons, en dehors du Livre d’Allah (le Coran), ainsi que ce qui se trouve dans cette feuille.” Puis il déploya cette feuille. Elle contenait des indications concernant la zakât des chameaux, ainsi que des prescriptions relatives au prix du sang et à d’autres sujets. Il y était également écrit que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) avait dit : “Le territoire sacré de Médine s’étend du mont Ayr au mont Thawr. Ainsi, quiconque y introduit une innovation ou accorde refuge à un innovateur encourt la malédiction d’Allah, des anges et de toute l’humanité. Allah n’acceptera de lui, au Jour de la Résurrection, ni repentir ni rançon. L’engagement et la garantie de sécurité de tous les musulmans sont uniques et indivisibles. Même le plus humble d’entre eux peut accorder une garantie de sécurité. Quiconque rompt l’engagement conclu avec un musulman encourt la malédiction d’Allah, des anges et de tous les hommes. Allah n’acceptera de lui, au Jour de la Résurrection, ni repentir ni rançon. Quiconque se donne pour père quelqu’un d’autre que son propre père, ou tout esclave qui fuit son maître pour aller chez un autre, encourt la malédiction d’Allah, des anges et de tous les hommes. Allah n’acceptera de lui, au Jour de la Résurrection, ni repentir ni rançon.” »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ ١٨٠٥ – وَعَنْ أَبِي دَر رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ ) وَسَلَّمَ يَقُولُ ليس من رجل ادعى لغير أبيه وَهُوَ يَعْلَمُهُ الأَكَفَرَ وَمَنِ ادْعَى مَا ليس له فليس منا وَلْيَتَبَوا مَقْعَدَهُ مِنَ النَّارِ وَمَنْ دَعَا رَجُلًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوٌّ الله وَلَيْسَ كَذَلِكَ الأَحَارَ عَلَيْهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَهَذا لفظ رواية مسلم .
1805. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Celui qui, en connaissance de cause, se réclame comme père d’un autre que son propre père a adopté la mécréance. Celui qui revendique comme sien un bien appartenant à autrui ne fait pas partie des nôtres ; qu’il se prépare donc une demeure en Enfer. Et celui qui traite quelqu’un de mécréant ou d’ennemi d’Allah, alors qu’il ne l’est pas, verra cette parole retomber sur lui. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Le texte original du hadith est celui rapporté par l’imam Muslim.
Chapitre 114 — Mise en garde sévère contre les actes qu’Allah, le Très-Haut et l’Omnipotent, ainsi que Son Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), ont interdits
قَالَ اللهُ تَعَالَى : لا تَجْعَلُوا دُعَاءَ الرَّسُولِ بَيْنَكُمْ كَدُعَا ، بَعْضُكُمْ بَعْضًا ، قَدْ يَعْلَمُ اللهُ الَّذِينَ يَتَسَلَّلُوْنَ مِنْكُمْ لِوَاذَا ، فَلْيَحْذَرِ الَّذِينَ يُخَالِفُونَ عَنْ أَمْرِهِ أَنْ تُصِيبَهُمْ فِتْنَةٌ أَوْ يُصِيبَهُمْ عَذَابٌ اليم.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Ne considérez pas l’interpellation du Messager parmi vous comme l’interpellation que vous vous adressez les uns aux autres. Allah connaît parfaitement ceux qui, parmi vous, se dérobent furtivement en se dissimulant les uns des autres. Que ceux qui désobéissent à l’ordre du Messager prennent garde d’être frappés par une épreuve ou qu’un châtiment douloureux ne les atteigne. » (Sourate An-Nour, 63)
وقَالَ تَعَالَى : يَوْمَ تَجِدُ كُلُّ نَفْسٍ مَا عَلِمَتْ مِنْ خَيْرٍ مُحْضَرًا ، وَمَا عَمِلَتْ مِنْ سُوءٍ تَوَدُّ لَوْ أَنْ بَيْنَهَا وَبَيْنَهُ أَمَدًا بَعِيدًا ، وَيُحَذِّرُكُمُ اللَّهُ نَفْسَهُ ، وَاللَّهُ رموف بالعباد .
« Ce jour-là, chaque personne verra de ses propres yeux le résultat de ses œuvres, qu’elle ait accompli le bien ou le mal. Ce jour-là, chacun souhaitera qu’il y ait eu entre lui et ce jour une très grande distance. Allah vous met en garde contre Lui-même. Allah est plein de bonté et de compassion envers Ses serviteurs. » (Sourate Âl ‘Imrân, 30)
وَقَالَ تَعَالَى : إِنْ بَطْشَ رَبِّكَ لَشَدِيدٌ.
« Certes, la prise de ton Seigneur est extrêmement rigoureuse. » (Sourate Al-Burûj, 12)
وقال تعالى : وكذلك أخذ ربك اذا أخذ القرى وَهِيَ ظَالِمَةٌ إِنْ أَخْذَهُ الهُم شَدِيدٌ.
« Telle est la prise de ton Seigneur lorsqu’Il saisit les cités injustes. Certes, Sa prise est douloureuse et très rigoureuse. » (Sourate Hûd, 102)
۱٨٠٦ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الله تَعَالَى يَغَارُ وَغَيْرَةُ اللهِ أَنْ يَأْتِيَ الْمَرْءُ مَا حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1806. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Allah est doté d’un noble sentiment d’honneur. Son sentiment d’honneur consiste à ce qu’aucun être humain ne se livre aux choses qu’Il a interdites (c’est-à-dire que lorsqu’une personne commet un acte interdit, cela porte atteinte au sentiment d’honneur d’Allah).
Les imams Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
Section 115 — Que doit dire et faire celui qui commet un acte interdit
قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَإِمَّا يَنْزَغَنَّكَ مِنَ الشَّيْطَانِ نَزْغٌ فَاسْتَعِذْ بِاللَّهِ إِنَّهُ هُوَ السميع العليم.
Allah, le Très-Haut, dit :
« Si tu ressens quelque incitation de la part de Satan, alors cherche refuge auprès d’Allah. Il est Celui qui entend le plus et qui sait le mieux. » (Sourate Fussilat : 36)
وقَالَ تَعَالَى : إِنَّ الَّذِينَ اتَّقَوْا إِذَا مَسَّهُمْ طائِفَ مِنَ الشَّيْطَانِ تَذَكَّرُوا فَإِذَا هُمْ مُبْصِرُونَ.
« En vérité, ceux qui craignent Allah, lorsqu’une mauvaise pensée les effleure sous l’effet des incitations de Satan, se rappellent aussitôt leur devoir et deviennent vigilants ; ils voient alors clairement la voie droite et bénéfique qui s’offre à eux. » (Sourate Al-A‘raf : 201)
وقال تعالى : وَالَّذِينَ إِذا فَعَلُوا فَاحِشَةً أو ظلموا أَنْفُسَهُمْ ذَكَرُوا اللَّهَ فَاسْتَغْفَرُوا لذُنُوبِهِمْ وَمَنْ يُغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلا الله ولم يُصِرُّوا عَلَى مَا فَعَلُوا وَهُمْ يَعْلَمُونَ. أُولئِكَ جَزَاؤُهُمْ مَغْفِرَةٌ مِنْ رَبِّهِمْ وَجَنَّاتٌ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا وَنِعْمَ أَجْرُ الْعَامِلِينَ
« Et lorsqu’ils commettent quelque acte obscène ou se font du tort à eux-mêmes en péchant, ils se rappellent aussitôt Allah et Lui demandent pardon pour leurs péchés. Et qui donc peut pardonner les péchés en dehors d’Allah ? Ceux-là ne persistent pas sciemment dans le mal. La récompense de ces gens est auprès de leur Seigneur : Il leur pardonnera et leur accordera des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Quelle belle récompense pour ceux qui accomplissent de bonnes œuvres ! » (Sourate Âl ‘Imrân : 135-136)
وَقَالَ تَعَالَى : وَتُوبُوا إِلى اللهِ جَمِيعًا أَيُّهَا الْمُؤْمِنُوْنَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ.
« Ô vous qui croyez ! Repentez-vous tous auprès d’Allah, afin que vous réussissiez. » (Sourate An-Nûr : 31)
۱۸۰۷ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ خَلْفَ فَقَالَ في حلفه باللات والعزى فَلْيَقُل لا الهَ إِلا اللَّهُ وَمَنْ قَالَ لصاحبه تعال أقَامِرُكَ فَلْيَتَصَدِّقُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1807. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Celui qui jure en disant : « Par al-Lât et al-‘Uzzâ », qu’il dise : « Il n’y a de divinité qu’Allah. » Et celui qui dit à son compagnon : « Viens, jouons aux jeux de hasard », qu’il fasse alors une aumône. [Note : al-Lât et al-‘Uzzâ étaient les noms de deux déesses adorées par les polythéistes arabes de l’époque préislamique.]
Les imams al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 18 : Kitâb al-Manṣûrât wa-l-Mulâḥ
كِتَابُ الْمَنْشُورَاتِ وَالْمُلْحِ
(Hadiths sur des sujets divers et les plaisanteries)
Section : 1 – Hadiths divers et sur la plaisanterie
۱۸۰۸ – عَنِ النَّواسِ بْنِ سَمْعَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ ذَكَرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الدَّجَّالَ ذَاتَ غَدَاءً فَخَفَضَ فِيْهِ وَرَفَعَ حَتَّى ظَنَنَّاهُ فِي طَائِفَةِ النَّخْلِ م فَلَمَّا رُحْنَا إِلَيْهِ عَرَفَ ذَلِكَ فِيْنَا فَقَالَ مَا شَأْنُكُمْ قُلْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ ذَكَرْتَ الدَّجَالَ الْغَدَاةَ فَخَفْضْتَ فِيْهِ وَرَفَعْتَ حَتَّى ظَنَنَّاهُ فِي طَائِفَةِ النَّخْلِ فَقَالَ غَيْرُ الدجال أخوقني عَلَيْكُمْ إِن يُخْرُجُ وأنا فيكم فأنَا حَجِيجُهُ دُونَكُمْ وَإِنْ يُخْرُجُ ولستُ فِيكُمْ فَامْرُؤٌ حَجِيجُ نَفْسِهِ وَاللهُ خَلِيفَتِي عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ إِنَّهُ شَابٌ قَطط عيْنُهُ طَافِيَةٌ كَانَي أَشَبِّهُهُ بِعَبْدِ الْعُزَّى بْنِ قَطَنٍ فَمَنْ أَدْرَكَهُ مِنْكُمْ فَلْيَقْرَأُ عَلَيْهِ فواتح سُورَةِ الْكَهْفِ إِنَّهُ خَارِج خَلَةَ بَيْنَ الشَّامِ وَالْعِرَاقِ فَعَاثَ يَمِينًا وَعَاتَ شمالاً يَا عِبَادَ اللهِ فَاثْبُتُوا قُلْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ وَمَا لَبْتُهُ فِي الْأَرْضِ قَالَ أَرْبَعُونَ يَوْمًا يَوْمَ كَسَنَةٍ وَيَوْمَ كَشَهْرٍ وَيَوْمَ كُجُمُعَةٍ وَسَائِرَةُ أَيَّامِهِ كَأَيَّامِكُمْ قُلْنَا يَا رَسُولَ اللهِ فَذَلِكَ الْيَوْمُ الَّذِي كَسَنَةٍ أَتَكْفِيْنَا فِيهِ صَلَاةُ يَوْمٍ قَالَ لَا أَقْدُرُوا لَهُ قَدْرَهُ قُلْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ وَمَا إِسْرَاعُهُ فِي الْأَرْضِ قَالَ كَالْغَيْثِ اسْتَدْبَرَتْهُ الرِّبْحُ فَيَأْتِي عَلَى
الْقَوْمِ فَيَدْعُوهُمْ فَيُؤْمِنُونَ بِهِ وَيَسْتَجِيبُونَ لَهُ فَيَأْمُرُ السَّمَاءَ فَتُمْطِرُ وَالْأَرْضَ فتنبت فَتَرُوح عَلَيْهِمْ سَارِحَتُهُمْ أَطْوَلَ مَا كَانَتْ ذُرِّى وَأَسْبَغَهُ ضُرُوعًا وَآمَدَهُ خواصِرَ ثُمَّ يَأْتِي الْقَوْمَ فَيَدْعُوهُمْ فَيَرُدُّونَ عَلَيْهِ قَوْلَهُ فَيَنْصَرِفُ عَنْهُمْ فَيَصْبِحُونَ ممحلين ليس بايديهم شي من أموالهم ويمر بالخربَةِ فَيَقُولُ لَهَا أَخْرَجِي كُنُوزَكَ فَتَتْبَعُهُ كُنُوزُهَا كَيْعَاسِيب النحل ثُمَّ يَدْعُو رَجُلاً مُمتَلنَا شَبَابًا فَيَضْرِبُهُ بالسيف فَيَقْطعه جزلتين رَمْيَةَ الْغَرَضِ ثُمَّ يَدْعُوهُ فَيَقْبِلُ وَيَتَهَلَّلُ وَجْهُهُ يَضْحَكُ فَبَيْنَمَا هُوَ كَذلِكَ إِذْ بَعَثَ اللَّهُ تَعَالَى الْمَسِيحَ ابْنَ مَرْيَمَ عَلَيْهِ السَّلَامُ فَيَنْزِلُ عِنْدَ الْمَنَارَةِ الْبَيْضَاءَ شَرْقِي دِمَشْقَ بَيْنَ مَهْرُودَتين واضعًا كَفَّيْهِ عَلَى أَجْنِحَة مَلَكَيْنَ إِذَا طأطأ رَأْسَهُ قَطَرَ وَإِذَا رَفَعَهُ تَحَدِّرَ مِنْهُ جُمَانٌ كَاللُّؤْلُةِ فَلَا يَحِلُّ لِكَافِرٍ يَجِدُ رِيحَ نَفْسِهِ الأَمَاتَ وَنَفَسُهُ يَنْتَهِي إِلى حَيْثُ يَنتَهى طَرْفُهُ فَيَطْلُبُهُ حَتَّى يُدْرِكَهُ بِبَابِ لدٍ فَيَقْتُلُهُ ثُمَّ يَأْتِي عِيسَى عَلَيْهِ السَّلام قَوْما قَدْ عَصَمَهُمُ اللَّهُ مِنْهُ فَيَمْسَحُ عَنْ وُجُوهِهِمْ وَيُحَدِّثُهُمْ بِدَرَجَاتِهِمْ فِي الْجَنَّةِ فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذْ أَوْحَى اللَّهُ تَعَالَى إلى عيسى عَلَيْهِ السَّلامُ إِنِّي قَدْ أَخْرَجْتُ عِباداً لِي لا يَدَانِ لِأَحَدٍ بِقِتَالِهِمْ فَحَرِّزْ عبادِي إِلَى الطُّورِ. وَيَبْعَثُ اللهُ يَأْجُوجَ وَمَأْجُوجَ وَهُمْ مِنْ كُلِّ حَدَبٍ يُنْسِلُونَ فَيَمُرُ أوائلهم على بحيرة طبرية فيشربون ما فيها ويمرُ آخِرُهُمْ فَيَقُولُونَ لَقَدْ كَانَ بِهذه مرة مَاءً وَيُحْصَرُ نَبِيُّ اللَّهِ عِبْسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ وَأَصْحَابُهُ حَتَّى يَكُوْنَ رَأْسُ النَّوْرِ لأحدهمْ خَيْرًا مِنْ مِائَةِ دِينَارٍ لِأَحَدِكُمُ الْيَوْمَ فَيَرْغَبُ نَبِيُّ اللَّهِ عِيسَى عَلَيْهِ السلام وأَصْحَابُهُ إِلَى اللهِ تَعَالَى فَيُرْسِلُ اللهُ تَعَالَى عَلَيْهِمُ النَّغَفَ فِي رِقَابِهِمُ فَيُصْبِحُونَ فَرْسَى كَمَوْتِ نَفْسٍ وَاحِدَةٍ ثُمَّ يَهْبِطُ نَبِيُّ اللَّهِ عِيْسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ واصْحَابُهُ إِلَى الْأَرْضِ فَلا يَجِدُونَ فِي الْأَرْضِ مَوْضِعَ شَيْرٍ إِلَّا مَلَاهُ زَهَمُهُمْ وَنَتَنُهُمْ
فَيَرْغَبُ نَبِيُّ اللهِ عِيسَى عَلَيْهِ السَّلامُ وَأَصْحَابُهُ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى فَيُرْسِلُ اللَّهُ تعالى طيراً كَاعْنَاقِ الْبُخْتِ فَتَحْمِلُهُمْ فَتَطْرَحُهُمْ حَيْثُ شَاءَ اللَّهُ ثُمَّ يُرْسِلُ اللَّهُ عزَّ وَجَلَّ مطراً لا يُكن مِنْهُ بَيْتُ مَدَرٍ ولا وَبَر فَيَغْسِلُ الْأَرْضَ حَتَّى يَتْرُكَهَا كالزلقة ثُمَّ يُقَالُ لِلْأَرْضِ انبتي ثَمَرَتَكَ وَرَدَى بَرَكَتَكَ فَيَوْمَئِذٍ تَأْكُلُ الْعِصَابَةُ مِنَ الرمانة ويستظلون بتحفها ويُبارك في الرَّسُلِ حَتَّى أَنَّ التَّقْحَةَ مِنَ الابل لتكفي الْقِتَامَ مِنَ النَّاسِ وَاللفحة مِنَ الْبَقَرِ لتَكْفِي الْقَبِيلَةَ مِنَ النَّاسِ وَاللفحة مِنَ الغَنَمِ لتَكْفِي الْفَخِذُ مِنَ النَّاسِ فَبَيْنَمَاهُمْ كَذَلِكَ إِذْ بَعَثَ اللَّهُ تَعَالَى رِبْحًا طيبة فَتَاخُذُهُمْ تَحْتَ اباطهم فَتَقْبِضُ رُوحَ كُلِّ مُؤْمِنٍ وَكُلِّ مُسْلِمٍ ويَبْقَى شرار النَّاسِ يَتَهَا رَجُونَ فِيهَا تَهَارُجَ الْحُمْرِ فَعَلَيْهِمْ تَقُومُ السَّاعَةُ . رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1808. Il est rapporté de Nawwâs ibn Sam‘ân (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) parla de l’Antéchrist. Tantôt, il en parla à voix basse, tantôt à voix haute, au point que nous pensâmes qu’il se trouvait caché quelque part dans cette palmeraie. Lorsque nous nous éloignions de lui, il comprit notre état et demanda : « Que vous arrive-t-il ? » Nous répondîmes : « Ô Messager d’Allah, ce matin, tu as parlé de l’Antéchrist. Tantôt tu en as parlé à voix basse, tantôt à voix haute, si bien que nous avons pensé qu’il se trouvait caché quelque part dans cette palmeraie. » Il dit : « Je ne crains pas beaucoup pour vous la tentation de l’Antéchrist. S’il apparaît de mon vivant, je me dresserai moi-même contre lui pour vous défendre. Mais s’il apparaît après ma mort, chacun devra se défendre lui-même contre lui. Allah est, après ma mort, le Protecteur de tout musulman. L’Antéchrist sera un jeune homme aux cheveux courts et bouclés, aux yeux saillants. Je le comparerais à ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qatân. Celui d’entre vous qui le rencontrera devra réciter contre lui les premiers versets de la sourate al-Kahf. L’Antéchrist apparaîtra sur une route reliant la Syrie et Yâfir. Il répandra à sa droite et à sa gauche le meurtre, la destruction et la corruption. Ô serviteurs d’Allah, demeurez fermes et constants ! » Nous demandâmes : « Ô Messager d’Allah, combien de temps restera-t-il sur terre ? » Il répondit : « Quarante jours. L’un de ces jours sera comme une année, un autre comme un mois, un autre comme une semaine, et les autres seront aussi longs que vos jours ordinaires. » Nous demandâmes : « Ô Messager d’Allah, durant le jour qui sera comme une année, nous suffira-t-il d’accomplir seulement les prières d’un jour ? » Il répondit : « Non ; vous devrez estimer les horaires des prières et les accomplir en conséquence. » Nous demandâmes : « Ô Messager d’Allah, avec quelle rapidité l’Antéchrist se déplacera-t-il sur terre ? » Il répondit : « Avec la rapidité d’un nuage poussé par le vent. » Il se rendra auprès d’un peuple et l’appellera à le suivre. Ils croiront en lui et lui obéiront. Il ordonnera au ciel de faire tomber la pluie sur eux, et il pleuvra ; il ordonnera à la terre de produire sa végétation, et elle la produira. Leurs animaux domestiques reviendront le soir avec des bosses plus hautes qu’auparavant, des mamelles allongées et des corps plus corpulents. Puis il se rendra auprès d’un autre peuple et l’appellera à le suivre. Ils rejetteront son appel. Il les quittera alors, et ils seront bientôt frappés par la disette et la famine ; ils ne conserveront plus aucun bien. En passant près d’une région dévastée, il lui dira : « Fais sortir tes trésors minéraux ! » Aussitôt, les richesses de cette région le suivront comme des abeilles. Puis il appellera un jeune homme parvenu à l’âge adulte, qui le désavouera. L’Antéchrist le frappera de son épée et le coupera en deux. Il placera ensuite les deux morceaux séparément, à une distance équivalente à la portée d’une flèche. Puis il l’appellera, et les deux morceaux se rejoindront. Son visage sera alors rayonnant et souriant.
Entre-temps, Allah Tout-Puissant enverra le Messie, fils de Marie. Il descendra sur le minaret blanc situé à l’est de Damas, vêtu d’un habit légèrement safrané, en s’appuyant sur les ailes de deux anges. Lorsqu’il inclinera la tête, on aura l’impression que des gouttes d’eau semblables à des perles s’en écoulent. Lorsqu’il la relèvera, on aura également l’impression que des grains de perles tombent de sa tête. Tout mécréant sur lequel son souffle passera mourra. Son souffle atteindra aussi loin que portera son regard. Il poursuivra l’Antéchrist et le tuera dans un lieu appelé Ludd. Puis Jésus (sur lui la paix) se rendra auprès des gens qu’Allah aura préservés de la nuisance de l’Antéchrist. Il ôtera la souillure de leurs visages et leur décrira le rang qu’ils occuperont au Paradis. [Note : Ludd (Lydda) est situé en Palestine, à six miles de Tel-Aviv, capitale de l’État juif d’Israël, établi illégalement en Palestine. Les Juifs y ont construit un grand aéroport international.]
Entre-temps, Allah révélera à Jésus (sur lui la paix) : « J’ai fait apparaître un peuple contre lequel personne n’aura la force de combattre. Pars donc avec Mes serviteurs vers le mont Tûr. » Puis Allah fera surgir les peuples de Gog et Magog. Ils déferleront rapidement de toutes les hauteurs. Les premiers d’entre eux, en passant par le lac de Tibériade, en boiront toute l’eau. Les derniers passeront ensuite par cet endroit et diront : « Il y avait donc de l’eau ici autrefois ! » Le prophète d’Allah, Jésus (sur lui la paix), et ses compagnons seront assiégés. À ce moment-là, une tête de bœuf leur sera plus précieuse que ne vous est aujourd’hui une centaine de dinars. Jésus (sur lui la paix) et ses compagnons imploreront alors Allah avec ferveur. Allah fera apparaître sur la nuque de chacun d’eux, Gog et Magog, une sorte de ver, et ils périront tous simultanément.
Ensuite, le prophète d’Allah, Jésus (que la paix soit sur lui), et ses compagnons descendront de la montagne vers les localités. Mais ils ne trouveront pas sur terre un seul endroit, même grand comme un pouce, qui ne soit rempli des cadavres et de la puanteur de Gog et Magog. Puis, après que le prophète d’Allah, Jésus (sur lui la paix), et ses compagnons auront imploré Allah avec ferveur, Allah enverra des oiseaux dont le cou sera semblable aux bosses des chameaux bactriens. Ces oiseaux emporteront les cadavres et les déposeront là où Allah leur ordonnera de les jeter. Ensuite, Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant, fera tomber une pluie qui lavera tout endroit, qu’il soit de terre ou de sable, jusqu’à le rendre aussi propre qu’un miroir.
Puis il sera dit à la terre : « Fais pousser tes fruits et rends ta bénédiction ! » La bénédiction, le bien et l’abondance apparaîtront alors. Un groupe entier sera rassasié par une seule grenade, dont l’écorce sera si grande qu’ils pourront s’abriter sous son ombre. Le bétail sera également si béni que le lait d’une seule chamelle suffira à un grand groupe, celui d’une vache suffira à une tribu, et celui d’une chèvre laitière suffira à une famille. À cette époque, Allah fera souffler un vent pur. Il pénétrera jusqu’au-dessous de leurs aisselles et entraînera la mort de tous les croyants et de tous les musulmans. Seuls les gens mauvais resteront en vie. Ils s’adonneront publiquement à la fornication comme les ânes. C’est sur eux que l’Heure surviendra. L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۰۹ – وَعَنْ رِبْعِيِّ بْنِ حِراسٌ قَالَ انْطَلَقْتُ مَعَ أَبِي مَسْعُودٍ الْأَنْصَارِي إِلَى حديقة بْنِ الْيَمَانِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ فَقَالَ لَهُ أَبُو مَسْعُودٍ حَدِثْنِي مَا سَمِعْتَ مِنْ رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الدَّجال قَالَ إِنَّ الدِّجَالَ يَخْرُجُ وَإِنْ مَعَهُ مَاءً وتاراً فأما الذي بَرَاهُ النَّاسُ مَاءً فَتَارٌ تُحْرِقُ وَأَمَّا الَّذِي يَرَاهُ النَّاسُ نَارًا فَمَاءٌ بَارِدٌ عَذَبٌ فَمَنْ أَدْرَكَهُ مِنْكُمْ فَلْيَقَعُ فِي الَّذِي يَرَاهُ نَارًا فَإِنَّهُ مَاءً عَذَبٌ طَيِّبٌ فَقَالَ أَبو مَسْعُودٍ وَأَنَا قَدْ سَمِعْتُهُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ
1809. Rib‘î ibn Hirâsh (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je me rendis auprès de Hudhayfa ibn al-Yamân (qu’Allah l’agrée) avec Abû Mas‘ûd al-Ansârî (qu’Allah l’agrée). Abû Mas‘ûd lui dit : « Informe-moi de ce que tu as entendu du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) au sujet de l’Antéchrist. » Il répondit : « L’Antéchrist apparaîtra, et il aura avec lui de l’eau et du feu. Mais l’eau que les gens verront sera en réalité un feu ardent, tandis que le feu qu’ils verront auprès de lui sera en réalité une eau fraîche et potable. Que celui d’entre vous qui en aura la possibilité se dirige vers ce qui lui semblera être du feu auprès de lui, car ce sera en réalité une eau potable. » Après avoir entendu ce hadith, Abû Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) dit : « Moi aussi, j’ai entendu le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dire cela. » L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۱۰ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرُو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَخْرُجُ الرِّجالُ فِي أُمَّتِي فَيَمْكُتُ أَرْبَعِينَ لَا أَدْرِي ارْبَعِينَ يَوْمًا أَوْ أَرْبَعِينَ شَهْرًا أَوْ أَرْبَعِينَ عَامًا فَيَبْعَثُ اللَّهُ تَعَالَى عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ عليه السلام فَيَطْلُبُهُ فَيُهْلِكُهُ ثُمَّ يَمْكُتُ النَّاسُ سَبْعَ سِنِينَ لَيْسَ بَيْنَ اثْنَيْنِ عَدَاوَةٌ ثُمَّ يُرْسِلُ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ رِيحًا بَارِدَةً مِنْ قِبَلِ الشَّامِ فَلَا يَبْقَى عَلَى وَجْهِ الْأَرْضِ أحد في قلبه مثقال ذرة مِنْ خَيْرٍ أَوْ إِيْمَانِ الأَقَبَضَتْهُ حَتَّى لَوْ أَنْ أَحَدَكُمْ دَخَلَ في كبد جبل الدخلتُهُ عَلَيْهِ حَتَّى تَقبضه. فيبقى شرار النَّاسِ فِي خِفْه الطير وأحلام السباع لا يَعْرِفُونَ مَعْرُوفًا وَلَا يُنْكِرُونَ مُنكَرًا فَيَتَمَثْلُ لَهُمُ الشَّيْطَانُ فَيَقُولُ إِلا تَسْتَجِيبُونَ؟ فَيَقُولُونَ فَمَا تَأْمُرُنَا فَيَأْمُرُهُمْ بِعِبَادَةِ الْأَوْثَانِ وَهُمْ فِي ذلك دار رِزْقُهُمْ حَسَنٌ عَيْشُهُمْ ثُمَّ يُنْفَخُ فِي الصُّورِ فَلَا يَسْمَعُهُ أَحَدٌ إِلَّا أَصْغَى لينا وَرَفَعَ لِيْتًا وَأَوَّل مَنْ يُسْمَعُهُ رَجُلٌ يَلُوطُ حَوْضَ ابْلَهِ فَيُصْعَقُ وَيُصْعَقُ النَّاسُ ثُمَّ يُرْسِلُ اللهُ أَوْ قَالَ يُنْزِلُ اللهُ مَطَراً كَأَنَّهُ الطَّل أو الظلُّ فَتَنْبُتُ مِنْهُ أَجْسَادُالنَّاسِ ثُمَّ يُنْفَخُ فِيهِ أُخْرَى فَإِذَا هُمْ قِيَامٌ يَنظُرُونَ ثُمَّ يُقَالُ يَا أَيُّهَا النَّاسُ هَلْمٌ إِلَى رَبِّكُمْ وَقِفُوْهُمْ إِنَّهُمْ مَسْؤُولُوْنَ ثُمَّ يُقَالُ أَخْرِجُوا بَعْثَ النَّارِ فَيُقَالُ مِنْ كَمْ فَيُقَالُ من كل الف تشع مائة وتسعة وتسعينَ فَذلِكَ يَوْمَ يُجْعَلُ الْوِلْدَانَ شَيْئًا وَذَلِكَ يَوْمَ يُكشفُ عَنْ سَاقٍ رَوَاهُ مُسْلِمٌ اللَّيْتُ صَفْحَةُ الْعُنُقِ وَمَعْنَاهُ يَضَعُ صَفْحَة عنقه ويرفع صفحته الأخرى.
1810. ‘Abdullâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « L’Antéchrist apparaîtra parmi ma communauté et demeurera quarante. » Le rapporteur dit : « Je ne me souviens plus si le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit quarante jours, quarante mois ou quarante ans. » Ensuite, Allah, le Très-Haut, enverra ‘Îsâ ibn Maryam (que la paix soit sur lui). Celui-ci recherchera l’Antéchrist et le tuera. Puis les gens vivront durant sept années sans qu’il n’y ait la moindre inimitié entre deux personnes. Allah, le Puissant et le Tout-Puissant, fera souffler un vent froid venant de la région de Syrie. Il ne restera alors sur la terre aucune personne possédant même la moindre inclination vers le bien ou la foi ; au contraire, ce vent fera rendre l’âme à tous ceux qui seront dans cette situation. Même si quelqu’un se réfugiait dans une grotte de montagne, le vent l’y atteindrait et lui ferait rendre l’âme. Il ne restera ensuite que les malfaiteurs. Ils seront semblables à des oiseaux dans leurs relations sexuelles et leurs penchants pervers, et semblables à des bêtes féroces dans leurs injustices mutuelles. Ils ne connaîtront rien du bien et ne laisseront aucune mauvaise action sans la commettre. Satan viendra à eux sous l’apparence d’un homme et leur dira : « M’obéirez-vous ? » Ils répondront : « Que nous ordonnes-tu de faire ? » Satan leur ordonnera alors d’adorer les idoles. Pendant qu’ils pratiqueront l’idolâtrie, leurs moyens de subsistance resteront abondants et leur vie sera extrêmement luxueuse, joyeuse et pleine de plaisirs. Puis on soufflera dans la Trompe. Quiconque entendra le son de la Trompe inclinera le cou pour regarder dans sa direction et le redressera. Le premier à entendre ce son sera alors occupé à réparer l’abreuvoir de ses chameaux. Il tombera inconscient, et les gens qui l’entoureront tomberont eux aussi inconscients. Ensuite, Allah fera descendre une pluie semblable à de la rosée — ou il a dit : une pluie torrentielle — par laquelle les corps des hommes se reconstitueront. Puis on soufflera une seconde fois dans la Trompe, et tous les hommes se lèveront et regarderont autour d’eux. Il sera alors dit : « Ô gens ! Venez auprès de votre Seigneur ! » Puis il sera ordonné : « Faites-les se tenir debout », car ils seront interrogés avec précision. Ensuite il sera dit : « Faites sortir de leur nombre ceux qui sont destinés à l’Enfer. » On demandera : « Combien sont-ils ? » Il sera répondu : « Neuf cent quatre-vingt-dix-neuf sur mille. » C’est le jour où le jeune homme vieillira et où toute chose sera exposée clairement.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۱۱ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ليس من بلد الأسيطوه الدجال الأمكة والمدينة وليس نَقْبٌ مِنْ أَنْقابها الا عَلَيْهِ الْمَلَائِكَةُ صَاحِينَ تَحْرُسُهُمَا فَيَنْزِلُ بِالسَّبَخَةِ فَتَرْجُفُ الْمَدِينَةُ ثَلَاثَ رَجَفَاتٍ يُخْرِجُ اللَّهُ مِنْهَا كُلَّ كَافِرٍ وَمُنَافِقِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1811. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Il ne restera aucune localité, à l’exception de La Mecque et de Médine, que l’Antéchrist ne foulera aux pieds. À chacune des voies d’accès de ces deux villes sacrées, les anges se tiendront en rangs pour les garder. Lorsque l’Antéchrist arrivera dans un lieu appelé « Sabkha », Médine sera secouée trois fois par un tremblement de terre. Ainsi, Allah fera sortir de Médine tous les mécréants et les hypocrites.
Ce hadith a été rapporté par l’imam Muslim.
۱۸۱۲ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَتْبَعُ الدَّجَالَ مِنْ يَهُودِ أَصْبَهَانَ سَبْعُونَ الْفًا عَلَيْهِمُ الطَّبَالِسَةُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1812. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : Soixante-dix mille Juifs d’Ispahan, vêtus de manteaux verts, se joindront au Dajjâl.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۱۳ – وَعَنْ أَمْ شَرِيكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّهَا سَمِعَتِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لِيَنْفِرَنَّ النَّاسُ مِنَ الدَّجال فِي الْجِبَالِ رَوَاهُ مُسْلِم.
1813. Umm Sharîk (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire : Par crainte du Dajjâl, les gens fuiront certainement vers les montagnes et les monts.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨١٤ – وَعَنْ عِمْرَانَ بْنِ حُصَيْنٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّىاللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَا بَيْنَ خَلْقِ أَدَمَ إِلَى قِيَامِ السَّاعَةِ أَمْر أَكْبَرُ مِنَ الدَّجَّالِ روَاهُ مُسْلِمٌ
1814. ‘Imrân ibn Husayn (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dire : Depuis la création d’Adam jusqu’à l’Heure, il n’y aura aucune épreuve plus grave que celle du Dajjâl.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۱۵ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَخْرُجُ الرِّجالُ فَيَتَوَجَّهُ قِبْلَهُ رَجُلٌ مِّنَ الْمُؤْمِنِينَ فَيَتَلَقَّاهُ الْمَسَالِحُ مسالح الدجالِ فَيَقُولُونَ لَهُ إِلَى ابْنَ تَعْمِدُ فَيَقُولُ أَعْمِدُ إِلَى هَذَا الَّذِي خَرَجَ فَيَقُولُونَ لَهُ أَوَمَا تُؤْمِنُ بِرِينَا فَيَقُولُ مَا بِرَبِّنَا خَفَاء فَيَقُولُونَ اقْتُلُوهُ فَيَقُولُ بَعْضُهُمْ لِبَعْض البسَ قَدْ نَهَاكُمْ رَبُّكُمْ أَن تَقْتُلُوا أَحَداً دُونَهُ فَيَنْطَلِقُونَ بِهِ إِلى الدجال فاذا رأهُ الْمُؤْمِنُ قَالَ يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنْ هُذَا الدَّجَّالُ الَّذِي ذَكَرَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَأْمُرُ الدَّجَّالُ بِهِ فَيُسَبِّحُ فَيَقُولُ خُذُوهُ وَشُجُوهُ فَيُوْسَعُ ظهره وبطنه ضَرْبًا فَيَقُولُ أَوَمَا تُؤْمِنُ بِي فَيَقُولُ أَنْتَ الْمَسِيحُ الْكَذَابُ فَيُؤْمَرُ به فَيُؤْشَرُ بِالْمِنْشَارِ مِنْ مَفْرِقِهِ حَتَّى يُفْرَقَ بَيْنَ رِجْلِيْهِ ثُمَّ يَمْشِي الدَّجَّالُ بَيْنَ الْقِطْعَتَيْنِ ثُمَّ يَقُولُ لَهُ قُمْ فَيَسْتَوى فَائِمًا ثُمَّ يَقُولُ لَهُ تُؤْمِنُ بِي فَيَقُولُ مَا ازددت فيك الأبَصِيرَةً ثُمَّ يَقُولُ يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّهُ لَا يَفْعَلُ بَعْدِي بِأَحَدٍ مِّنَ النَّاسِ فَيَأْخُذُهُ الدَّجَّالُ لِيَذْبَحَهُ فَيَجْعَلُ اللهُ مَا بَيْنَ رَقَبَتِهِ إِلَى تَرْقُونِهِ نُحَاسًا فَلَا يَسْتَطِيعُ إِلَيْهِ سَبِيلًا فَيَأْخُذُ بِيَدَيْهِ وَرِجْلَيْهِ فَيَقْذِفُ بِهِ فَيَحْسَبُ النَّاسُ أَنَّمَا قَذَفَهُ إِلى النَّارِ وَإِنَّمَا الْقِي فِي الْجَنَّةِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هذَا أَعْظَمُ النَّاسِ شَهَادَةً عِنْدَ رَبِّ الْعَالَمِينَ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ وَرَوَى الْبُخَارِيُّ بَعْضَهُ بِمَعْنَاهُ
1815. Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : Lorsque le Dajjâl apparaîtra, un croyant se rendra auprès de lui. Les gardes du Dajjâl le rencontreront et lui diront : Où veux-tu aller ? Il répondra : Je veux me rendre auprès de cet homme qui vient d’apparaître. Les gardes lui diront : Ne crois-tu pas en notre seigneur ? Il répondra : Notre Seigneur ne comporte aucun secret. Ils diront : Tuez-le. Mais certains d’entre eux diront aux autres : Votre seigneur ne vous a-t-il pas interdit de tuer quelqu’un sans sa permission ? Ils l’emmèneront donc auprès du Dajjâl. En voyant le Dajjâl, le croyant dira : Ô gens ! Voici bien le Dajjâl au sujet duquel le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, nous avait avertis. Alors, sur l’ordre du Dajjâl, on séparera sa tête de son corps. Son ventre et son dos seront exposés, puis il sera frappé, tandis qu’on lui dira : Ne crois-tu donc pas en moi ? Le croyant répondra : C’est toi le faux Messie, le Dajjâl. Ensuite, sur son ordre, le croyant sera scié en deux, depuis le milieu de sa tête jusqu’entre ses deux pieds. Le Dajjâl passera d’un côté à l’autre entre les deux parties de son corps. Puis il s’adressera au corps du croyant en disant : Redeviens comme tu étais auparavant. Alors celui-ci se relèvera de nouveau, parfaitement constitué. Le Dajjâl lui dira encore : Crois-tu maintenant en moi ? Le croyant répondra : Je n’ai jamais eu une connaissance aussi directe de ta réalité qu’aujourd’hui. Il appellera ensuite les gens et leur dira : Ô gens ! Après moi, il ne pourra plus rien vous faire. Lorsque le Dajjâl voudra de nouveau le saisir et le tuer, Allah enveloppera son cou de cuivre jusqu’à l’os situé sous sa gorge. Il ne trouvera alors aucun moyen de le tuer. Contraint, il le saisira par les mains et les pieds et le jettera. Les gens penseront que le Dajjâl l’a jeté dans le feu, mais en réalité il sera jeté au Paradis. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : Cet homme aura, auprès d’Allah, le Seigneur des mondes, le rang de martyr le plus élevé parmi les hommes.
Ce hadith a été rapporté par l’imam Muslim. L’imam al-Bukhari a également rapporté une partie de celui-ci ainsi que d’autres hadiths de même sens.
١٨١٦ – وَعَنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ قَالَ مَا سَأَلَ أَحَدٌ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الدَّجال اكثر مِمَّا سَأَلْتُهُ وَأَنَّهُ قَالَ لِي مَا يَضُرُّكَ قُلْتُ أَنَّهُمْ يَقُولُونَ إِنَّ اللَّهِ مِنْ ذَلِكَ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ. مَعَهُ جَبَل خُبْرُ ونَهرَ مَا ، قَالَ هُوَ أَهْوَنُ عَلَى الله من
1816. Al-Mughira ibn Shu‘ba (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : J’ai interrogé le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) au sujet du Dajjâl plus que quiconque. Il m’a dit : « Il ne pourra absolument pas te nuire. » Je lui dis : « Les gens disent qu’il aura avec lui une montagne de pain et des sources d’eau. » Il répondit : « Cela est insignifiant pour Allah. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۱۷ – وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ما من نبي إلا وقد أَنْذَرَ أُمَّتَهُ الأعور الكتابَ أَلَا إِنَّهُ أَعْوَرُ وَإِنَّ رَبَّكُمْ عَزَّ وَجَلٌ ليس باعورَ مَكْتُوبَ بَيْنَ عَيْنَيْه ك ف ر متفقٌ عَلَيْهِ.
1817. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Chaque prophète a mis sa communauté en garde contre le borgne menteur (le Dajjâl). Prenez garde ! Il est borgne. Votre Seigneur, le Très-Grand et le Tout-Puissant, n’est pas borgne. Sur le front de ce borgne menteur, le Dajjâl, seront inscrites les lettres kâf (A), fâ (A) et râ (1) (kafir). »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۱۸ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلا أُحَدِّثُكُمْ حَدِيثًا عَنِ الدَّجالِ مَا حَدَّثَ بِهِ نَبِيُّ قَوْمَهُ إِنَّهُ أَعْوَرُ وَأَنَّهُ يَجِيُّ مَعَهُ بِمَثَالِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ فَالَّتِي يَقُولُ إِنَّهَا الْجَنَّةَ هِيَ النَّارُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1818. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ne vais-je pas vous parler du Dajjâl comme aucun autre prophète n’en a parlé à sa communauté ? Il sera borgne et apportera avec lui une chose semblable à l’Enfer et une autre semblable au Paradis. Ce qu’il présentera comme le Paradis sera en réalité l’Enfer. (De même, son Enfer sera en réalité le Paradis.) »
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۱۹ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذكَرَ الدِّجَالَ بَيْنَ ظَهْرَانِي النَّاسِ فَقَالَ إِنَّ اللَّهَ لَيْسَ بِاعْوَرَ إِلَّا الْمَسِيحَ الدِّجَالَ أَعُورُ العَيْنِ الْيُمْنَى كَانَ عَيْنَهُ عِنَبَةٌ طَافِيَةٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ
1819. D’après Abd Allah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — évoqua le Dajjal devant les gens. Il dit : « Allah n’est pas borgne. Mais le Messie Dajjal est borgne de l’œil droit ; son œil sera comme un grain de raisin saillant.
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۲۰ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تَقُومُ السَّاعَةُ حَتَّى يُقَاتِلَ الْمُسْلِمُونَ الْيَهُودَ حَتَّى يَخْتَبِيَ الْيَهُودِي مِنْ وراءِ الْحَجَرِ وَالشَّجَرِ فَيَقُولُ الْحَجَرُ وَالشَّجَرُ يَا مُسْلِمُ هُذَا يَهُودِى خَلْفِي تَعَالَ فَاقْتُلَهُ إِلا الْفَرْقَدَ فَإِنَّهُ مِنْ شَجَرِ الْيَهُود – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1820. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « L’Heure ne surviendra pas tant que les musulmans n’auront pas combattu les Juifs. Finalement vaincus, les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, par crainte des musulmans. Mais les arbres et les pierres s’écrieront : “Ô musulman ! Voici un Juif caché derrière moi ; viens le tuer !” Cependant, l’arbre appelé gharqad ne le dira pas, car c’est l’arbre des Juifs. » (Le gharqad est une sorte d’arbre épineux que l’on trouve dans la région de Bayt al-Maqdis.)
L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۲۱ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَا تَذْهَبُ الدُّنْيَا حَتَّى يَمُرُ الرَّجُلُ بِالْقَبْرِ فَيَتَمَرْغَ عَلَيْهِ وَيَقُولُ يَا لَيْتَنِي مَكَانَ صاحب هذا القَبْرِ وَلَيْسَ بِهِ الدِّينُ مَا بِهِ إِلا الْبَلاءُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1821. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, le monde ne prendra pas fin avant qu’un homme ne passe près d’une tombe, puis ne retourne auprès d’elle et ne dise : “Ah ! Si seulement j’étais dans cette tombe à la place de son occupant, comme cela aurait été préférable !” En réalité, il ne lui restera plus rien de la religion de l’islam ; c’est seulement accablé par les épreuves et les malheurs qu’il dira cela. »
L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۲۲ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَقُوْمُ السَّاعَةُ حَتَّى يحْسِرَ الْفُرَاتُ عَنْ جَبَلٍ مِنْ ذَهَبٍ يُقْتَتَلُ عَلَيْهِ فَيُقْتَلُ مِنْ كُلِّ مِائَةٍ تَسْعَةٌ وتَسْعُونَ فَيَقُولُ كُلُّ رَجُلٍ مِنْهُمْ لَعَلَى أَنْ أَكُونَ أَنَا أَنْجُوا – وَفِي رِوَايَةٍ يُوشِكُ أَنْ بخسرَ الْفُرَاتُ عَنْ كَثرَ مِنْ ذَهَبٍ فَمَنْ حَضَرَهُ فَلَا يَأْخُذْ مِنْهُ شَيْئًا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1822. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « L’Heure ne surviendra pas avant que l’Euphrate ne fasse apparaître une montagne d’or, au sujet de laquelle les gens se livreront à des combats. Dans cette bataille, quatre-vingt-dix-neuf personnes sur cent seront tuées. Chacune d’elles dira : “J’espère être celui qui survivra.” » Dans une autre version, il est dit : « Bientôt, un trésor d’or sera découvert dans l’Euphrate. Que celui qui sera présent à ce moment-là n’en prenne rien. »
L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۲۳ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ يَشْرَكُونَ الْمَدِينَةَ عَلَى خَيْرٌ مَا كَانَتْ لَا يَغْشَاهَا إِلا الْعَوَافِي يُرِيدُ عَوَافِي السَّبَاعِ والطَّيْرِ وآخرُ مَنْ يَحْشُرُ رَاعِيَانِ مِنْ مُزَيْنَةَ يُرِيدَانِ الْمَدِينَةَ يَنْعِقَانِ بِغَنَمِهِمَا فَيَجِدَانِهَا وحُوشًا حَتَّى إِذَا بَلَغَا ثَنِيَّةَ الْوَدَاعِ خَرَا عَلَى وُجُوهِهِمَا مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1823. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : “À l’approche de l’Heure, les gens délaisseront Médine dans un bon état. Il ne restera alors à travers Médine que des bêtes sauvages et des oiseaux. Enfin, deux bergers de la tribu de Muzayna viendront à Médine avec leurs moutons et leurs chèvres. Mais ils la trouveront remplie de bêtes sauvages féroces et rebrousseront chemin. Lorsqu’ils atteindront la montagne appelée Sanîʿat al-Widâʿ, ils tomberont à terre et mourront.” »
L’imam Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٢٤ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَكُونُ خَلِيفَةً مِنْ خُلَفَائِكُمْ فِي آخرِ الزَّمَانِ يَحْذُو الْمَالَ وَلَا يَعُدُّهُ رواه مسلم
1824. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « À la fin des temps, l’un de vos califes deviendra dirigeant. Il distribuera abondamment les richesses à pleines mains, sans les compter. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٢٤ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَكُونُ خَلِيفَةً مِّن خُلَفَائِكُمْ فِي آخِرِ الزَّمَانِ يَحْذُو الْمَالَ وَلَا بعده – رواه مسلم
1824. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « À la fin des temps, l’un de vos califes deviendra dirigeant. Il distribuera abondamment les richesses à pleines mains, sans les compter. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٢٥ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لِيَأْتِيَنَّ عَلَى النَّاسِ زَمَانٌ يَطُوفُ الرَّجُلُ فيهِ بِالصَّدَقَة مِنَ الذَّهَبِ فَلا يَجِدُ أَحَدًا يَأْخُذَهَا مِنْهُ وَيُرَى الرَّجُلُ الْوَاحِدُ يَتْبَعُهُ أَرْبَعُوْنَ امْرَأَةً يَأْذَنَ بِهِ مِنْ قِلَّةِ الرِّجَالِ وَكَثَرَةِ النِّسَاءِ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1825. Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il viendra, dans l’histoire de l’humanité, une époque où un homme parcourra les environs avec la zakat de son or, mais ne trouvera personne pour l’accepter. À cette époque, en raison de la rareté des hommes et de l’abondance des femmes, quarante femmes suivront un seul homme afin de goûter au plaisir des rapports sexuels. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ عنْهُ عَنِ النبي صلى الله ١٨٢٦ – وَعَن أبي هريرة رضى ا اشْتَرى رَجُلٌ مِّنْ رَجُلٍ عَقَارًا فَوَجَدَ الَّذِي اشْتَرَى الْعَقَارَ فِي عَقَارِهِ جَرَةٌ فِيهَا ذَهَبٌ فَقَالَ لَهُ الَّذِي اشْتَرَى الْعَقَارَ خُذْ ذَهَبَكَ إِنَّمَا اشْتَرَيْتُ مِنْكَ الْأَرْضِ ولم أشتر الذهَبَ وَقَالَ الَّذِي لَهُ الْأَرْضُ إِنَّمَا بعتُكَ الْأَرْضَ وَمَا فِيهَا فَتَحَاكَمَاإلى رَجُلٍ فَقَالَ الَّذِي تَحَاكَمَا إِلَيْهِ الكُما ولد قَالَ أَحَدُهُمَا لِي غُلَامٌ وَقَالَ الْآخَرُ لي جَارِيَةٌ قَالَ انْكِحَ الْغُلَامَ الْجَارِيَةَ وَأَنْفِقُوا عَلَى أَنْفُسِهِمَا مِنْهُ وَتَصَدِّقًا -متفق عليه.
1826. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Un homme acheta une terre à un autre. L’acheteur y trouva une jarre remplie d’or. Il dit au vendeur : « Reprenez votre jarre, car je vous ai seulement acheté la terre, et non l’or. » Le vendeur répondit : « Je vous ai vendu la terre ainsi que tout ce qu’elle contient. » Ils se rendirent alors auprès d’un tiers afin qu’il les départage. L’arbitre leur demanda à tous deux : « Avez-vous des enfants ? » L’un répondit : « J’ai un fils », et l’autre dit : « J’ai une fille. » L’arbitre leur dit : « Mariez le garçon à la fille, dépensez ce bien pour eux deux et faites-en l’aumône. »
Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۲۷ – وَعَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ كَانَتْ امْرَأَتَانِ مَعَهُمَا ابْنَاهُمَا جَاءَ الذِّنْبُ فَذَهَبَ بِابْنِ إِحْدَاهُمَا فَقَالَتْ لِصَاحِبَتِهَا إِنَّمَا ذَهَبَ بابنك وقالت الأخرى إِنَّمَا ذَهَبَ بابنك فَتَحَاكَمَا إِلى دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلامُ فَقَضَى به الكبرى فَخَرَجَنَا عَلَى سُلَيْمَانَ بْنِ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ فَأَخْبَرَنَاهُ فَقَالَ ائْتُونِي بالسكين اشقهُ بَيْنَهُما فقالت الصغرى لا تَفْعَلُ رَحِمَكَ اللَّهُ هُوَ ابْنُهَا فَقَضَى بِهِ للصغرى – متفق عليه.
1827. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Autrefois, deux femmes avaient chacune un fils. Un tigre vint et emporta l’enfant de l’une d’elles. Celle dont le fils avait été emporté par le tigre dit à l’autre femme : « C’est ton fils que le tigre a emporté. » L’autre répondit : « C’est plutôt ton fils qu’il a emporté. » Elles se rendirent toutes deux auprès de David (que la paix soit sur lui) afin qu’il les départage. Il rendit son jugement en faveur de la femme âgée. Puis, lorsqu’elles sortirent de chez lui et passèrent auprès de Salomon, fils de David (que la paix soit sur eux deux), elles lui racontèrent l’affaire. Il dit à ses compagnons : « Apportez-moi un couteau ; je vais couper cet enfant en deux et vous le partager. » En entendant cela, la femme la plus jeune dit : « Qu’Allah vous fasse miséricorde ! Ne faites pas cela. L’enfant est à elle. » Quant à la femme âgée, elle resta silencieuse. Il rendit donc son jugement en faveur de la femme la plus jeune.
Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۲۸ – وَعَنْ مِرْدَاسِ الْأَسْلَمِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَذْهَبُ الصَّالِحُونَ الأول فالأول وتبقى حثالة كحالة الشعير أو التمر لا يبَالِيْهِمُ اللهُ بَالَهُ. رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1828. Midras al-Aslamî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Les gens vertueux continueront à mourir les uns après les autres, et il ne restera que des gens vils et inutiles, semblables à la balle d’orge ou à l’écorce des dattes. Allah ne leur accordera aucune considération. Al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
۱۸۲۹ – وَعَنْ رِفَاعَةَ بْنِ رَافِع الزرقي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ جِبْرِيلُ إلى النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا تَعُدُّونَ أَهْلَ بَدْرٍ فِيكُمْ قَالَ مِنْ افْضَلِ الْمُسْلِمِينَ أَوْ كَلِمَةً نَحْرُهَا قَالَ وَكَذلِكَ مَنْ شَهِدَ بَدْرًا مِّنَ الْمَلَائِكَةِ رواه البخاري.
1829. Rifa’a ibn Rafi’ az-Zuraqi (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Jibril (sur lui la paix) vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui demanda : « Quel est le rang, parmi vous, de ceux qui ont participé à la bataille de Badr ? » Il répondit : « Ils sont les meilleurs parmi les musulmans », ou il dit quelque chose de semblable. Jibril dit : « De même, le rang des anges qui ont participé à la bataille de Badr est supérieur à celui de tous les autres anges. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
۱۸۳۰ – وَعَن ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم إذا أنزلَ اللهُ تَعَالَى بِقَوْمٍ عَذَابًا أَصَابَ الْعَذَابُ مَنْ كَانَ فِيهِمْ ثُمَّ يُعِثُوا عَلَى أَعْمَالِهِمْ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1830. Abd Allah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque Allah fait descendre un châtiment sur un peuple, chacun de ses membres en est frappé. Le Jour de la Résurrection, ces gens seront ressuscités avec leurs actes. »
Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۳۱ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ جِذْعُ يَقُومُ إِلَيْهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَعْنِي فِي الْخُطْبَةِ فَلَمَّا وُضِعَ الْمِنْبَرُ سَمِعْنَا لِلْجِذْعِ مِثْلَ صَوْتِ العشارِ حَتَّى نَزَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَوَضَعَ يَدَهُ عَلَيْهِ فَسَكَنَ، وَفِي رواية فَلَمَّا كَانَ يَوْمُ الْجُمُعَةِ قَعَدَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى الْمِنْبَرِ فَصَاحَتِ النَّخْلَةُ الَّتِي كَانَ يَخْطُبُ عِنْدَهَا حَتَّى كَادَتْ أَنْ تَنْشَقُ وَفِي رِوَايَةٍ فَصَاحَتْ صَبَاحَ الصَّبِيِّ فَنَزَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى أَخَذَهَا فَضَمِّهَا اليه فَجَعَلَتْ تَن أنين الصبي الذي يُسكتُ حَتَّى اسْتَقَرْتُ قَالَ بَكَتْ عَلَى مَا كانتْ تَسْمَعُ مِنَ الذِّكْرِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1831. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Dans la mosquée du Prophète, il y avait un tronc de palmier. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’y appuyait en se tenant debout pour prononcer le sermon du vendredi. Lorsque la chaire fut installée, nous entendîmes venant de ce palmier un son douloureux, semblable à celui d’une chamelle pleine. Lorsque le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) descendit de la chaire et posa sa main sur lui, sa voix se tut. Dans une autre version, il est rapporté que, lorsque le vendredi arriva, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) monta sur la chaire pour prononcer le sermon du vendredi. Alors le tronc de palmier se mit à crier, au point de faillir se fendre. C’est près de ce tronc que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) prononçait son sermon. Une autre version rapporte que le tronc se mit à crier et à pleurer comme un petit enfant. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) descendit de la chaire et le prit dans ses bras. Alors il se remit à pleurer comme pleurent les enfants que l’on apaise jusqu’à ce qu’ils se calment. Lorsque ses pleurs cessèrent enfin, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « L’arbre pleurait parce qu’il était privé du rappel qu’il avait l’habitude d’entendre. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
۱۸۳۲ – وَعَنْ أَبِي ثَعْلَبَةَ الْخُشَنِي جُرْثُومِ بْنِ نَاشِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى فَرَضَ فَرَائِضَ فَلَا تُضَبِّعُوهَا وَحَدٌ حُدُوداً فَلَا تَعْتَدُوهَا وَحَرَّمَ أَشْيَاء فَلا تَنْتَهكُوهَا وَسَكَتَ عَنْ أَشْيَاءَ رَحْمَةً لَكُمْ غَيْرَ نِسْيَانِ فَلَا تَبْحَثُوا عَنْهَا حَدِيثٌ حَسَنٌ رَوَاهُ الدَّارُ قَطْنِي وَغَيْرُهُ.
1832. Abou Tha‘laba al-Khushani, Jurthum ibn Nashir (qu’Allah l’agrée), rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Allah, Exalté soit-Il, vous a imposé certaines obligations — les rendant absolument nécessaires — : ne les négligez donc pas ; Il a fixé certaines limites : ne les transgressez pas ; Il a interdit certaines choses — les rendant absolument répréhensibles — : ne commettez donc pas de péché en vous y adonnant ; et, par miséricorde envers vous, Il s’est volontairement tu au sujet de certaines choses : ne vous engagez donc pas dans des controverses à leur propos. »
Ce hadith est hasan ; l’imam al-Daraqutni et d’autres l’ont rapporté.
۱۸۳۳ – وَعَنْ عَبْدِ الله بن أبي أوفى رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ غَزَوْنَا مَعَ رَسُول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبْعَ غَزَوَات تَأْكُلُ الْجَرَادَ، وَفِي رِوَايَةٍ تَأْكُلُ مَعَهُ الجراد – متفق عليه.
1833. Abdallah ibn Abou Awfa (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Nous avons participé avec le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — à sept expéditions militaires. Nous y avons alors mangé des criquets. » Une autre version rapporte : « Nous avons mangé des criquets avec lui. » [Note : Le criquet est un insecte de la famille des sauterelles. Il se nourrit d’herbes et de feuilles. Il est permis de le consommer.]
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٣٤ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا يُلْدَعُ الْمُؤْمِنُ مِنْ جُحْرٍ وَاحِدٍ مَرَّتَيْنِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1834. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Le croyant ne se fait pas mordre deux fois par le même trou. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٣٥ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثَلَاثَةٌ لَا يُكَلِّمُهُمُ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلا يَنظُرُ إِلَيْهِمْ وَلا يُزَكِّيهِمْ وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ رَجُلٌ عَلَى فَضْلِ مَا. بِالْفَلَاةِ يَمْنَعُهُ مِن ابْنِ السَّبِيلِ وَرَجُلٌ بَايَعَ رَجُلا سِلْعَةَ بَعْدَ الْعَصْرِ فَخَلَفَ بِاللَّهِ لأَخَذَها بكذا وكذا فَصَدِّقَهُ وَهُوَ عَلَى غَيْرِ ذَلِكَ وَرَجُلٌ بَايَعَ إِمَامًا لَا يُبَايِعُهُ الا لدنيا فإن أعطاه منها وفى وأن لم يعطه منها لم يف متفق عليه.
1835. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il y a trois catégories de personnes auxquelles Allah ne parlera pas le Jour de la Résurrection, auxquelles Il ne portera pas Son regard, qu’Il ne purifiera pas, et auxquelles revient un châtiment douloureux : (1) celui qui possède, dans un terrain découvert, un surplus d’eau dépassant ses besoins, mais qui n’en permet pas l’usage aux voyageurs et aux passants ; (2) celui qui, après la prière d’Al-‘Asr, vend sa marchandise à quelqu’un et jure par Allah en disant : “Je l’ai achetée à tel et tel prix.” L’acheteur le croit, alors qu’il ne l’a pas achetée à ce prix — il a donc prêté un faux serment ; (3) celui qui prête allégeance à l’imam, le dirigeant, uniquement pour obtenir des avantages mondains : si l’imam lui accorde quelque intérêt matériel, il lui reste fidèle ; sinon, il ne lui reste pas fidèle. »
L’imam Al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٣٦ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بَيْنَ الْتَفْخَتَيْنِ أَرْبَعُونَ قَالُوا يَا أَبَا هُرَيْرَةَ أَرْبَعُونَ يَوْمًا قَالَ أَبَيْتُ قَالُوا أَرْبَعُونَ سَنَةً قَالَ أَبَيْتُ قَالُوا أَرْبَعُونَ شهرا قال ابيتُ وَيَبْلَى كُلِّ شَيْءٍ مِنَ الْإِنْسَانِ الا عجب الذنب فِيهِ يُرَكَبُ الْخَلْقُ ثُمَّ يُنزِلُ اللَّهُ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً فَيَنْبُتُونَ كَمَا يَنْبَتُ الْبَقْلُ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1836. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Il y aura un intervalle de quarante entre les deux souffles dans la Trompe. » Les gens demandèrent : « Quarante jours ? » Il répondit : « Je refuse de le préciser. » Ils demandèrent : « Quarante ans ? » Il répondit : « Je refuse de le préciser. » Ils demandèrent encore : « Quarante mois ? » Il répondit : « Je refuse également de le préciser. » Le Prophète ﷺ dit aussi : « Tout le corps de l’être humain se décompose, sauf le coccyx, qui ne se détériore pas. C’est à partir de lui que l’être humain sera reconstitué. Puis Allah fera tomber la pluie, et les êtres humains pousseront comme les plantes. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۳۷ – وَعَنْهُ قَالَ بَيْنَمَا النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي مَجْلِسِ يُحَدِّثُ الْقَوْمَ جاء أعرابي فَقَالَ مَتَى السَّاعَةُ فَمَضَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُحَدِّثُ فَقَالَ الْقَوْمُ سَمِعَ مَا قَالَ فَكَرِهَ مَا قَالَ وَقَالَ بَعْضُهُمْ بَلْ لَمْ يَسْمَعُ حَتَّى إِذَا قضى حَدِيثَهُ قَالَ أَيْنَ السَّائِلُ عَنِ السَّاعَةِ قَالَ مَا أَنَا يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ إِذا يعَتِ الْأَمَانَةُ فَانْتَظِرِ السَّاعَةَ قَالَ كَيْفَ إِضَاعَتُهَا قَالَ إِذَا وُسِدَ الْأَمْرُ إِلَى غَيْرِ أهلِهِ فَانْتَظِرِ السَّاعَةَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1837. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Un jour, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) s’adressait aux gens lors d’une assemblée. Un Bédouin arriva alors et demanda : « Quand l’Heure aura-t-elle lieu ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) continua de parler sans s’interrompre. Certains des présents dirent : « Il a entendu les paroles de cet homme, mais elles lui ont déplu. » D’autres dirent : « Il ne les a pas entendues du tout. » Après avoir terminé son discours, il demanda : « Où est celui qui a interrogé au sujet de l’Heure ? » L’homme répondit : « Me voici, ô Messager d’Allah ! » Il dit : « Lorsque le dépôt sera négligé, attends-toi à l’arrivée de l’Heure. » L’homme demanda : « Que signifie négliger le dépôt ? » Il répondit : « Lorsque la responsabilité des fonctions publiques sera confiée à des personnes qui n’en sont pas dignes, attends-toi à l’arrivée de l’Heure. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
۱۸۳۸ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يُصَلُّونَ لَكُمْ فَانْ أَصَابُوا فَلَكُمْ وَإِنْ أَخْطَؤُوا فَلَكُمْ وَعَلَيْهِمْ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1838. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les dirigeants conduiront la prière. S’ils l’accomplissent correctement, ils recevront une récompense et vous en recevrez une ; s’ils la dirigent incorrectement, vous recevrez une récompense, mais eux porteront le péché. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
۱۸۳۹ – وَعَنْهُ كُنْتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ) قَالَ خَيْرَ النَّاسِ لِلنَّاسِ يَأْتُونَ بهم في السلاسل فِي أَعْنَاقِهِمْ حَتَّى يَدْخُلُوا فِي الْإِسْلَامِ .
1839. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Vous êtes la meilleure communauté ; vous avez été amenés sur le terrain d’action pour guider l’humanité. » Il dit : « Le meilleur des hommes pour les gens est celui qui les amène avec des chaînes autour du cou, jusqu’à ce qu’ils entrent finalement dans l’islam. »
١٨٤٠ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ عَجِبَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلٌ مِنْ قَوْمِ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ في السلاسل – رَوَاهُمَا الْبُخَارِيُّ مَعْنَاهُ يُؤْسَرُونَ وَيُقَدِّدُونَ ثُمَّ يُسْلِمُونَ فَيَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ.
1840. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah, le Très-Haut et l’Omnipotent, agréera un groupe de gens qui entreront au Paradis enchaînés. »
L’imam al-Bukhârî a rapporté les deux hadiths (susmentionnés). La signification de ces deux hadiths est qu’ils seront amenés dans les pays musulmans en tant que prisonniers de guerre, puis qu’ils entreront au Paradis après avoir embrassé l’islam.
١٨٤١ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَحَبُّ الْبِلادِ إِلَى اللَّهِ مساجدها وأبغض البلاد إلى اللهِ أَسْوَاقُهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1841. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Parmi les lieux des villes, les mosquées sont les plus aimés d’Allah, tandis que les marchés sont ceux qu’Il déteste le plus. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٤٢ – وَعَنْ سَلْمَانَ الْفَارِسِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ مِنْ قَوْلِهِ قَالَ لَا تَكُونَنَّ إِنِ استطعت أول من يدخل السوق ولا أخر من يُخْرُجُ مِنْهَا فَإِنَّهَا مَعْرَكَةُ الشَّيْطَانِ وبهَا يَنصُبُ رَايَتَهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ هكذا . وَرَوَاهُ الْبَرْقَانِي فِي صَحِيحِهِ عَنْ سَلْمَانَ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تَكُنْ أَوَّلَ مَنْ يُدْخُلُ السُّوقَ وَلَا أُخِرَ مَن يُخْرُجُ مِنْهَا فِيهَا بَاضَ الشَّيْطَانُ وَفَرْخَ
1842. Salmân al-Fârisî (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit lui-même : « Si vous le pouvez, ne soyez pas les premiers à entrer au marché ni les derniers à en sortir. En effet, le marché est le champ de bataille de Satan. C’est là qu’il dresse son étendard. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith de cette manière. Al-Burqani l’a rapporté ainsi dans son ouvrage Ṣaḥīḥ, d’après Salmān al-Fārisī (qu’Allah l’agrée) : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne sois pas le premier à entrer au marché ni le dernier à en sortir, car Satan y pond ses œufs et les fait éclore. »
اللَّهُ عَنْهُ قَالَ ١٨٤٣ – وَعَنْ عَاصِم الأحولِ عَنْ عَبْدِ الله بْنِ سَرْجِ رَضى قُلْتُ لِرَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا رَسُولَ اللَّهِ غَفَرَ اللَّهُ لَكَ قَالَ وَلَكَ قَالَ عَاصِمٌ فَقُلْتُ لَهُ اسْتَغْفَرَ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ نَعَمْ وَلَكَ ثُمَّ تلا هذه الآية (وَاسْتَغْفِرُ لذَنْبكَ وَالْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ) – رَوَاهُ مُسْلِم
1843. Rapporté d’après ʿĀṣim al-Aḥwal, par l’intermédiaire de ʿAbdullah ibn Sarjis (qu’Allah l’agrée). Il dit : Je dis au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) : « Ô Messager d’Allah, qu’Allah vous pardonne vos péchés. » Il répondit : « Et les tiens aussi. » ʿĀṣim (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Je lui dis, c’est-à-dire à ʿAbdullah : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a imploré le pardon pour vous. » Il répondit : « Oui, et pour toi aussi. » Puis il récita ce verset (traduction) : « Demande pardon pour toi-même et pour les croyants et les croyantes. » (Sourate Muḥammad, 19)
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٤٤ – وَعَنْ أَبِي مَسْعُودٍ الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ مِمَّا أَدْرَكَ النَّاسُ مِنْ كَلامِ النُّبُوَّةِ الْأُولَى إِذَا لَمْ تَسْتَحِ فَاصْنَعْ مَا شِئْتَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1844. Rapporté d’après Abū Masʿūd al-Anṣārī (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Parmi les enseignements des prophètes précédents qui sont parvenus aux hommes figure celui-ci : si tu n’éprouves aucune pudeur, alors fais ce que tu veux. »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
١٨٤٥ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسَلَّمَ أَوَّلُ مَا يُقْضَى بَيْنَ النَّاسِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فِي الدِّمَاءِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ
1845. D’après ‘Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le premier crime dont les hommes seront jugés le Jour de la Résurrection sera le meurtre. »
L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٤٦ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خُلِقَتِ الْمَلَائِكَةُ مِنْ نُورٍ وَخُلِقَ الْجَانُ مِنْ مَارِجٍ مِنْ نَارٍ وَخُلِقَ آدَمُ مِمَّا وصِفَ لَكُمْ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1846. D’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les anges ont été créés de lumière, les djinns ont été créés d’une flamme ardente de feu, et Adam a été créé de ce qui vous a été décrit. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٤٧ – وَعَنْهَا قَالَتْ كَانَ خُلُقُ نَبِيِّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْقُرْآنَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ فِي جُمْلَةٍ حَدِيث طويل .
1847. D’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), le caractère et le comportement du Prophète d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) étaient l’incarnation pratique du Coran.
L’imam Muslim l’a rapporté dans un long hadith.
١٨٤٨ – وَعَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَحَبُّ لِقَاءَ اللَّهِ احب اللهُ لِقَائَهُ وَمَنْ كَرِهَ لقَاءَ الله كَرَهُ اللَّهُ لِقَاءَهُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهُ أَكْرَاهِيَةً الْمَوْتِ فكلنا نكرهُ الْمَوْتَ قَالَ ليس كذلك وَلَكِنَّ الْمُؤْمِنَ إِذَا بُشِّرَ بِرَحْمَةِ الله وَرِضْوَانِهِ وَجَنَّتِهِ أَحَبُّ لِقَاءَ اللهِ فَأَحَبُّ اللَّهُ لِقَاءَهُ وَإِنَّ الْكَافِرَ إِذَا بُشِّرَ بِعَذَابِ اللَّهِ وسخطه كره لقاء الله وَكَرِهَ اللهُ لِقَاءَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1848. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui aime rencontrer Allah, Allah aime le rencontrer. Et celui qui n’aime pas rencontrer Allah, Allah n’aime pas le rencontrer. » Je demandai : « Ô Messager d’Allah, cela signifie-t-il détester la mort ? Si tel est le cas, nous détestons tous la mort. » Il répondit : « Non, ce n’est pas cela. Mais lorsque le croyant reçoit la bonne nouvelle de la miséricorde d’Allah, de Sa satisfaction et de Son Paradis, il aime alors profondément rencontrer Allah, et Allah aime le rencontrer. En revanche, lorsque le mécréant reçoit la nouvelle du châtiment d’Allah et de Sa colère (?), il déteste alors rencontrer Allah, et Allah déteste le rencontrer. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٤٩ – وَعَنْ أَمِّ الْمُؤْمِنِينَ صَفِيَّةَ بِنْتِ حُبَي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ النَّبِيُّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُعْتَكفًا فَاتَيْتُهُ أَزُورَهُ لَيْلاً فَحَدَّثْتُهُ ثُمَّ قُمْتُ لَأَنْقَلِبَ فَقَامَ مَعِي لِيَقْلِبَنِي فَمَرَّ رَجُلانِ مِنَ الْأَنْصَارِ فَلَمَّا رَأَيَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَسْرَعَا فَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى رِسْلِكُمَا إِنَّهَا صَفِيَّةٌ بِنْتِ حُبَيٍّ فَقَالَا سُبْحَانَ اللهِ يَا رَسُولَ اللهِ فَقَالَ إِنَّ الشَّيْطَانَ يَجْرِي مِنْ ابْنِ آدَمَ مَجْرَى الدِّمِ وَإِنِّي خَشِيتُ أَنْ يَقْذَفَ فِي قُلُوبَكُمَا شَرَأَ أَوْ قَالَ شَيْئًا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1849. Umm al-Mu’minin Safiyya bint Huyayy ibn Akhtab (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était en retraite spirituelle. Je vins lui rendre visite pendant la nuit. Après avoir conversé avec lui, je me levai pour repartir, et il m’accompagna lui aussi sur une certaine distance. Entre-temps, deux Ansar passèrent par ce chemin. En voyant le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), ils se hâtèrent de poursuivre leur route. Mais le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) leur dit : « Attendez un instant. » Puis il ajouta : « Voici Safiyya bint Huyayy, mon épouse. » Ils s’exclamèrent : « Subhan Allah (Allah est infiniment exempt de toute imperfection), ô Messager d’Allah ! » Il dit : « Satan circule dans le corps du fils d’Adam comme le sang y circule. J’ai craint qu’il ne fasse naître dans vos cœurs une mauvaise pensée. »
Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٥٠ – وَعَنْ أَبِي الْفَضْلِ الْعَبَّاسِ بْنِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ شَهِدْتُ مَعَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ حُنَيْنٍ فَلَزِمُتُ أَنَا وَأَبُو سُفْيَانَبن الْحَارِثِ ابْنِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمْ نُفَارِقُهُ وَرَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى بَغْلَةٍ لَهُ بَيْضَاءَ فَلَمَّا الْتَقَى الْمُسْلِمُونَ وَالْمُشْرِكُونَ وَلَى الْمُسْلِمُونَ مُدْبِرِينَ فَطَفِقَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَرْكُضُ بَغْلَتَهُ قِبَلَ الْكُفَّارِ وَأَنَا أَخِذُ بِلِجَامٍ بَغْلَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اكُفُهَا إِرَادَةَ أَن لا تُسْرِعَ وَأَبُو سُفْيَانَ أَخَذَ بِرِكَابِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَي عَبَّاسُ نَادِ أَصْحَابَ السَّمْرَةِ قَالَ الْعَبَّاسُ وَكَانَ رَجُلاً صَيْتًا فَقُلْتُ بِأعْلَى صَوْتِي أَيْنَ أَصْحَابَ السَّمَرَةِ فَوَاللَّهِ لكَان عَطْفَتَهُمْ حِينَ سَمِعُوا صَوْتِي عَطْفَةُ الْبَقَرِ عَلَى أَوْلَادِهَا فَقَالُوا يَا لَبَّيْكَ يَا لبيك فَاقْتَتَلُوا هُمْ وَالْكُفَّارُ وَالدَّعْوَةُ فِي الْأَنْصَارِ يَقُولُونَ يَا مَعْشَرَ الْأَنْصَارِ يَا مَعْشَرَ الْأَنْصَارِ ثُمَّ قُصِرَتِ الدَّعْوَةُ عَلَى بَنِي الْحَارِثِ ابْنِ الْخَزْرَجِ فَنَظَرَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ عَلَى بَغْلَتِهِ كَالْمُتَطاول عَلَيْهَا إِلَى قِتَالِهِمْ فَقَالَ هذا حِينَ حَمِي الْوَطِيسُ ثُمَّ أَخَذَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَصَيَاتٍ فَرَمَى بهِنَّ وُجُوهَ الْكُفَّارِ ثُمَّ قَالَ انْهَزَمُوا وَرَبِّ مُحَمَّدٍ فَذَهَبَتُ انْظُرُ فَإِذَا الْقِتَالُ عَلَى هَيْئَتِهِ فِيمَا أَرَى فَوَاللَّهِ مَا هُوَ إِلَّا أَنْ رَمَاهُمْ بَحَصَيَاتِهِ فَمَا زِلْتُ أَرَى حَدَهُمْ كَلِيلاً وَآمُرَهُمْ مُدْيرًا – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1850. Abû al-Fadl al-Abbas ibn Abd al-Muttalib (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : J’étais avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lors de la bataille de Hunayn. Abû Sufyan ibn al-Harith ibn Abd al-Muttalib et moi-même restions auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Nous ne nous séparions jamais de lui. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était monté sur sa mule blanche. Lorsque le combat entre les mécréants et les musulmans commença, les musulmans se mirent à fuir. Mais le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) continua de diriger sa mule vers les mécréants. Je retenais les rênes de la mule du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), afin de l’empêcher d’avancer trop rapidement. Abû Sufyan tenait l’étrier de la mule du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Ô Abbas ! Appelle ceux qui ont participé au serment d’al-Ridwan. » Abbas (qu’Allah l’agrée) avait une voix puissante. Il dit : « Je les appelai à haute voix en disant : “Où sont ceux qui ont participé au serment d’al-Ridwan ?” Par Allah, après avoir entendu mon appel, leur affection et leur attachement répondirent comme répond une vache à son veau nouveau-né. Ils répondirent : “Nous voici, nous voici !” » Ils engagèrent alors le combat contre les mécréants. À ce moment-là, tous appelaient également les Ansar en disant : « Ô Ansar, ô Ansar ! » Puis seuls les Banû al-Harith ibn al-Khazraj furent appelés. À ce moment, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) leva le cou depuis sa mule, observa la situation du combat et dit : « La bataille fait rage maintenant. » Ensuite, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ramassa quelques petits cailloux, les lança en direction des mécréants et dit : « Par le Seigneur de Muhammad, ils seront vaincus ! » J’observais la situation du combat et je constatai qu’il se poursuivait comme auparavant. Mais, par Allah, lorsqu’il leur lança ces petits cailloux, je vis la violence de leur attaque s’affaiblir, puis ils furent finalement vaincus et prirent la fuite, tournant le dos.
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٥١ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ اللهَ طيب لا يَقْبَلُ الا طيبًا وَإِنَّ اللَّهَ أَمَرَ الْمُؤْمِنِينَ بِمَا أَمَرَ بِهِ الْمُرْسَلِينَ فَقَالَ تَعَالَى : يَا أَيُّهَا الرُّسُلُ كُلُوا مِنَ الطَّيِّبَاتِ وَاعْمَلُوا صالحا . وَقَالَ تَعَالَى : يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُلُوا مِنْ طَيِّبَاتِ مَا رَزَقْنَاكُمْ ثُمَّ ذكر الرجل يُطِيلُ السَّفَرَ أَشْعَتْ أَغْبَرَ يَمُدُّ يَدَيْهِ إِلَى السَّمَاءِ يَا رَبِّ يَا رَبِّ وَمَطْعَمُهُ حَرَامٌ وَمَشْرَبُهُ حَرَامٌ وَمَلْبَسُهُ حَرَامَ وَغَذِيَ بِالْحَرَامِ فَأَنَّى يُسْتَجَابُ لِذلِكَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1851. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ô gens ! Allah est pur et n’accepte que ce qui est pur. Allah a ordonné aux messagers ce qu’Il a ordonné aux croyants. Il a dit : “Ô Messagers ! Mangez de ce qui est pur et accomplissez de bonnes œuvres. Je sais parfaitement ce que vous faites.” » (sourate Al-Mu’minûn). Allah, exalté soit-Il, a également dit : « Ô vous qui croyez ! Mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées. » (sourate Al-Baqara, 172). Puis il évoqua le cas d’un homme qui a entrepris un long voyage, au point d’être ébouriffé et couvert de poussière. Dans cet état, il tend ses deux mains vers le ciel en disant : “Ô Seigneur, ô Seigneur !” Pourtant, ce qu’il mange est illicite, ce qu’il boit est illicite, ce dont il se vêt est illicite et, en un mot, tout ce qui constitue sa subsistance est illicite. Comment donc son invocation serait-elle exaucée ? L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٥٢ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثَلَاثَةٌ لَا يُكَلِّمُهُمُ اللَّهُ يوْمَ الْقِيَامَةِ وَلا يُزَكِّيهِمْ وَلا يَنظُرُ اليهم وَلَهُمْ عَذَابٌ الهُمَّ شَيْخٌ زَانٍ وَمَلكَ كَذَابٌ وَعَائِلٌ مُسْتَكْبِرُ – رَوَاهُ مُسْلِمُ الْعَائِلُ الْفَقِيرُ.
1852. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il y a trois catégories de personnes auxquelles Allah ne parlera pas le Jour de la Résurrection, qu’Il ne purifiera pas, qu’Il ne regardera pas et auxquelles est réservé un châtiment douloureux : le vieil adultère, le gouvernant menteur et le pauvre arrogant. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Le mot « J » signifie pauvre.
١٨٥٣ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبْحَانُ وَجَيْحَانُ والْفُرَاتُ وَالنَّيْلُ كُلُّ مِنْ أَنْهَارِ الْجَنَّةِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1853. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Sayhan (Sihun), Jayhan (Jihun), l’Euphrate et le Nil sont les quatre fleuves du Paradis. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٥٤ – وَعَنْهُ قَالَ أَخَذَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِيَدِي فَقَالَ خَلَقَ اللَّهُ التربة يَوْمَ السَّبْتِ وَخَلَقَ فِيهَا الْجِبَالَ يَوْمَ الْأَحَدِ وَخَلَقَ الشَّجَرَ يَوْمَ الْاثْنَيْنِ وخَلَقَ المكروه يَوْمَ الثلاثاء وَخَلَقَ النُّورَ يَوْمَ الْأَرْبِعَاءِ وَبَثَّ فِيهَا الدَّوَابِ يَوْمَ الْخَمِيسِ وَخَلَقَ آدَمَ عَلَيْهِ السَّلامُ بَعْدَ الْعَصْرِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فِي آخِرِ الْخَلْقِ فِي آخِرِ سَاعَةٍ مِنَ النَّهَارِ فِيمَا بَيْنَ الْعَصْرِ إِلَى اللَّيْلِ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1854. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, me prit par la main et dit : « Allah a créé la terre le samedi, y a créé les montagnes le dimanche, a créé les arbres le lundi, a créé les choses mauvaises le mardi, a créé la lumière le mercredi, a créé les créatures vivantes le jeudi et, à la fin de la création, a créé Adam, que la paix soit sur lui, le vendredi, à la dernière heure, entre l’après-midi et le coucher du soleil. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٥٥ – وَعَنْ أَبِي سُلَيْمَانَ خَالِدِ بْنِ الْوَلِيدِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ لَقَدِ انْقَطَعَتْ فِي يَدِي يَوْمَ مُؤْتَهُ تِسْعَةُ أَسْبَابِ فَمَا بَقِي فِي يَدِى الأَصَفِيحَةٌ يَمَانِيَةً رَوَاهُ الْبُخَارِي
1855. Abou Soulaymane Khalid ibn al-Walid (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le jour de la bataille de Mou’ta, neuf sabres se brisèrent dans ma main. 1 Finalement, il ne me resta qu’un seul sabre yéménite. [Note : La bataille de Mou’ta débuta au cours de la huitième année de l’Hégire (629 apr. J.-C.), lorsque le gouverneur romain Churahbil tua injustement un émissaire musulman à un endroit appelé « Mou’ta », à la frontière de la Syrie. Au cours de cette bataille, trois commandants musulmans successifs — Zayd ibn Haritha, Ja‘far at-Tayyar et Abdallah ibn Rawaha — tombèrent en martyrs. Après que le grand héros Khalid eut pris le commandement, le cours de la bataille changea et les musulmans furent mis en sécurité. Admiré par le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, pour son immense bravoure lors de cette bataille, Khalid reçut le titre de « Saïfoullah », c’est-à-dire « l’épée d’Allah ». ]
L’imam Boukhari a rapporté ce hadith.
١٨٥٦ – وَعَنْ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِذا حَكَمَ الْحَاكِمُ فَاجْتَهَدَ ثُمَّ أَصَابَ فَلَهُ أَجْرَانِ وَإِنْ حَكَمَ وَاجْتَهَدَ فَأَخْطَأَ فَلَهُ أَجْرٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1856. ‘Amr ibn al-‘As (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il a entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : « Si un juge déploie un effort d’interprétation (ijtihad) pour rendre un jugement et parvient à la décision correcte, deux récompenses lui sont accordées ; s’il se trompe dans son effort d’interprétation, une récompense lui est accordée. »
L’imam Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٥٧ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْحُمَّى مِنْ فَيْحِ جَهَنَّمَ فَأَبْرِدُوهَا بِالْمَاءِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1857. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La fièvre est une part de la chaleur intense de l’Enfer. Refroidissez-la avec de l’eau. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۵۸ – وَعَنْهَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ مَاتَ وَعَلَيْهِ صَوْمٌ صَامَ عَنْهُ وَلِيه – متفق عليه.
1858. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui meurt en ayant des jeûnes obligatoires à rattraper, que son héritier ou son tuteur jeûne à sa place. » [Note : Si une personne rompt un jeûne obligatoire pour une raison reconnue par la Charia, puis meurt avant de l’avoir rattrapé, les savants ont divergé sur la question de savoir si ses héritiers peuvent jeûner à sa place. Selon le hadith cité, l’imam Ahmad ibn Hanbal (qu’Allah lui fasse miséricorde) considère qu’il est permis à une autre personne de jeûner à la place du défunt. En revanche, selon d’autres hadiths du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), les imams Abou Hanifa, Malik et al-Chafii (qu’Allah leur fasse miséricorde) préconisent de verser une expiation, c’est-à-dire de nourrir un pauvre. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui meurt en ayant des jours de jeûne à rattraper doit donner, pour chaque jour, de la nourriture à un pauvre. » Abdallah ibn Omar (qu’Allah l’agrée) a dit : « Nul ne peut jeûner ni prier à la place d’un autre. » D’autre part, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a autorisé un homme à jeûner à la place de sa mère. C’est en raison de l’existence de ces deux types de hadiths concernant le jeûne du défunt que les imams ont divergé. (Note du traducteur.)]
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. L’imam al-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit qu’au regard de ce hadith, la meilleure manière de procéder est la suivante : si une personne avait des jeûnes obligatoires à rattraper pour quelque raison que ce soit et meurt avant de les avoir accomplis, il est permis à ses tuteurs de les accomplir à sa place. Par « tuteurs », on entend ici les proches parents, qu’ils soient ou non les héritiers du défunt.
١٨٥٩ – وَعَنْ عَوْفِ بْنِ مَالِكِ بْنِ الطَّفَيْلِ أَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ حُدِثَتُ أنَّ عَبْدَ اللهِ بْنَ الزُّبَيْرِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ فِي بَيْعِ أَوْ عَطَاء أَعْطَتُهُ عَائِشَةُ والله لتنتهينْ عَائِشَةُ أَوْ لَاحْجُرَنَّ عَلَيْهَا قَالَتْ أَهُوَ قَالَ هُذَا قَالُوا نَعَمُ قَالَتْ هُوَ للَّهِ عَلَى نَذر أن لا أَكَلَّمَ ابْنَ الزُّبَيْرِ أَبَدًا فَاسْتَشْفَعَ ابْنُ الزُّبَيْرِ إِلَيْهَا حِينَ طَالَتِ الهجرة فقالت لا والله لا أشفَعُ فِيهِ أبدا ولا أَتَحَنَّثُ إِلَى نَدْرِي فَلَمَّا طَالَ ذَلِكَ علَى ابْنِ الزُّبَيْرِ كَلَّمَ الْمِسْوَرَ بْنَ مَخْرَمَةَ وَعَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ الْأَسْوَدِ بْنِ عَبْدِ يَغُوْثَ وقَالَ لَهُمَا انْشُدُكُمَا اللَّهَ لَمَا أَدْخَلْتُمَانِي عَلَى عَائِشَةَ فَإِنَّهَا لَا يَحِلُّ لَهَا أَنْ تنذِرَ قَطِيعَتِي فَأَقْبَلَ بِهِ الْمِسْوَرُ وَعَبْدُ الرَّحْمَنِ حَتَّى اسْتَأْذَنَا عَلَى عَائِشَةَ فَقَالَا السلام عَلَيْكَ وَرَحْمَةُ الله وَبَرَكاتُهُ انَدْخُلُ قَالَتْ عَائِشَةُ أَدْخُلُوا قَالُوا كُلْنَا ؟ قَالَتْ نَعَمْ ادْخُلُوا كُلُّكُمْ وَلَا تَعْلَمُ أَنَّ مَعَهُمَا ابْنَ الزُّبَيْرِ فَلَمَّا دَخَلُوا دَخَلَ ابْنُ الزُّبَيْرِ الحِجَاب فَاعْتَنَقَ عَائِشَة وطفق يناشدها ويبكى وطفق المشور وعبد الرحمن يناشد انها الأكلمَتَهُ وَقَبلَتْ مِنْهُ وَيَقُولان أن النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَمَّا قَدْ عَلِمْت مِنَ الهجرة ولا يَحِلُّ لِمُسْلِم أن يُهْجَرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلاثَ لَيَالٍ فَلَمَّا اكْثَرُوا عَلَى عَائِشَةَ مِنَ التذكرة والتخريج طَفِقَتُ تُذكِّرُهُمَا وَتَبْكِي وَتَقُوْلُ إِنِّي نذرت والنذر شَدِيدٌ فَلَمْ يَزَالاً بِهَا حَتَّى كَلمَت ابن الزبير وَاعْتَقَتْ فِي نَذْرِهَا ذلِكَ أَرْبَعِينَ رَقَبَةً وَكَانَتْ تَذْكُرُ نَذَرَهَا بَعْدَ ذَلِكَ فَتَبْكِي حَتَّى تَبَلْ دُمُوعُهَا خمَارَهَا رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1859. Awf ibn Malik ibn al-Tufayl (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte qu’Aïcha (qu’Allah l’agrée) fut informée qu’au sujet de la vente de ses biens, ou du don qu’elle avait fait à Abdallah ibn al-Zubayr, Abdallah ibn al-Zubayr (qu’Allah l’agrée) avait dit : « Par Allah, Aïcha doit absolument s’abstenir de faire cela ; sinon, je l’empêcherai de dépenser son argent de cette manière. » En l’apprenant, Aïcha demanda : « A-t-il vraiment dit cela ? » Les gens répondirent : « Oui. » Elle dit alors : « Je jure par Allah que je ne parlerai plus jamais à Abdallah ibn al-Zubayr. » Après qu’ils eurent cessé de se parler pendant longtemps, Abdallah ibn al-Zubayr envoya des personnes intercéder auprès d’elle. Mais Aïcha dit : « Par Allah, je n’accepterai aucune intercession à ce sujet et je ne romprai pas mon vœu. » Lorsque cette situation devint pénible pour Abdallah ibn al-Zubayr (qu’Allah l’agrée), il en parla à al-Miswar ibn Makhrama et à Abd al-Rahman ibn al-Aswad ibn Abd Yaghuth. Il leur dit : « Je vous adjure par Allah de m’emmener auprès d’Aïcha, car il ne lui est pas permis de persister à jurer de rompre les liens de parenté avec moi. » Al-Miswar et Abd al-Rahman l’emmenèrent chez Aïcha (qu’Allah l’agrée), en le dissimulant sous un manteau. Ils demandèrent à Aïcha la permission d’entrer et dirent : « Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur toi ; pouvons-nous entrer ? » Aïcha répondit : « Entrez. » Ils demandèrent : « Pouvons-nous tous entrer ? » Elle répondit : « Oui, entrez tous. » Elle ignorait qu’Abdallah ibn al-Zubayr se trouvait avec eux. Lorsqu’ils entrèrent, Abdallah ibn al-Zubayr (qu’Allah l’agrée) se précipita auprès d’Aïcha (qu’Allah l’agrée), lui entoura le cou de ses bras et se mit à pleurer en la conjurant par Allah. Al-Miswar et Abd al-Rahman la supplièrent également, en la conjurant par Allah, de lui parler et de lui pardonner sa faute. Ils dirent : « Tu sais que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a interdit de rompre les liens de parenté. Il a également dit : “Il n’est permis à aucun musulman de cesser de saluer et de parler à son frère musulman pendant plus de trois jours.” » Comme ils ne cessaient de lui rappeler le caractère sacré des liens de parenté et de pleurer, elle dit : « J’ai fait un vœu très ferme. » Mais tous deux continuèrent à la supplier. Finalement, elle parla à Abdallah ibn al-Zubayr. Pour expier la violation de ce serment, elle affranchit quarante esclaves. Par la suite, lorsqu’elle se souvenait de ce vœu, elle pleurait tellement que son voile était mouillé de ses larmes. L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
١٨٦٠ – والأمواتِ ثُمَّ طَلَعَ إِلَى الْمِنْبَرِ فَقَالَ إِنِّي بَيْنَ أَيْدِيكُمْ فَرَطٌ وَأَنَا شَهِيدٌ عَلَيْكُمْ وَإِنْ مَوْعِدُكُمُ الْخَوضُ وَإِنِّي لَأَنْظُرُ إِلَيْهِ مِنْ مَقَامى هذا إِلَّا وَإِنِّي لَسْتُ أَخْشَى عَلَيْكُمْ أن تُشْرِكُوا وَلَكِنْ أَخْشَى عَلَيْكُمُ الدُّنْيَا أَنْ تَنَافَسُوهَا قَالَ فَكَانَتْ أُخِرَ نَظْرَةٍ نَظَرْتُهَا إِلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ، وَفِي رِوَايَةٍ وَلَكِنِّي اخشى عَلَيْكُمُ الدُّنْيَا أَنْ تَنَافَسُوا فِيهَا وَتَقْتَتِلُوا فَتَهْلِكُوا كَمَا هَلَكَ مَنْ كَانَ قَبْلِكُمْ قَالَ عُقْبَةُ فَكَانَ آخِرَ مَا رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى المنبر. وفي روايةٍ قَالَ إِنِّي فَرَط لكم وأنا شَهِيدٌ عَلَيْكُمْ وَإِنِّي وَاللَّهِ لَأَنْظُرُ إِلَى حوضِي الْآنَ وَإِنِّي أَعْطَبْتُ مَفَاتِيحَ خَزَائِنِ الْأَرْضِ أَوْ مَفَاتِيحَ الْأَرْضِ وَأَنِّي وَاللَّهِ مَا أَخَافُ عَلَيْكُمْ أَنْ تُشْرِكُوا بَعْدِى وَلَكِنْ أَخَافُ عَلَيْكُمْ أَنْ تَنَافَسُوا فِيهَا -وَالْمُرَادُ بِالصَّلاةِ عَلَى قَتْلى أحد الدُّعَاءُ لَهُمْ لَا الصَّلاةُ الْمَعْرُوفَةُ .
1860. D’après ‘Uqba ibn ‘Amir (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se rendit sur les tombes des martyrs de la bataille d’Uhud. Huit ans plus tard, il invoqua Allah en leur faveur comme le fait une personne qui prend congé en invoquant Allah pour les vivants et les morts. Puis il revint, monta sur le minbar et dit : « Je vous précéderai, je serai témoin en votre faveur, et notre rendez-vous est fixé : nous nous retrouverons auprès de la source appelée Al-Kawthar. Je la vois certainement depuis cet endroit. Je ne crains pas pour vous que vous retombiez dans le polythéisme ; je crains plutôt que vous ne vous adonniez aux plaisirs et aux jouissances de ce monde. » ‘Uqba ibn ‘Amir (qu’Allah l’agrée) dit : « Ce fut la dernière fois que je vis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Selon une autre version, il dit : « Je crains plutôt que vous ne vous adonniez aux plaisirs de ce monde et que, vous livrant aux querelles entre vous, vous ne périssiez comme ceux qui vous ont précédés. » ‘Uqba (qu’Allah l’agrée) dit : « Ce fut la dernière fois que je vis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) sur le minbar. » Dans une autre version, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Je vous précéderai et je serai témoin en votre faveur. Par Allah ! Je vois maintenant mon bassin d’Al-Kawthar. On m’a donné les clés des trésors accumulés, ou bien — dit-il — les clés de la terre. Par Allah ! Je ne crains certainement pas que vous tombiez dans le polythéisme après mon départ. Mais je crains que vous ne vous attachiez aux convoitises et aux désirs de ce monde. » L’imam al-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : « Dans ce hadith, le terme salât concernant les martyrs de la bataille d’Uhud signifie invocation. »
١٨٦١ – وَعَنْ أَبِي زَيْدٍ عَمْرِو بْنِ اخْطَبَ الْأَنْصَارِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ صَلَّى بنا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْفَجْرَ وَصَعِدَ الْمِنْبَرَ فَخَطَبَنَا حَتَّى حَضَرَتِ الظَّهْرُ فَنَزَلَ فَصَلَّى ثُمَّ صَعِدَ الْمِنْبَرَ حَتَّى حَضَرَتِ الْعَصْرُ ثُمَّ نَزَلَ فَصَلَّى ثُمَّ صَعِدَ الْمِنْبَرَ حَتَّى غَرَبَتِ الشَّمْسُ فَأَخْبَرَنَا مَا كَانَ وَمَا هُوَ كَائِنٌ فَاعْلَمُنَا احْفَظْنَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1861. D’après Abu Zayd ‘Amr ibn Akhtab al-Ansari (qu’Allah l’agrée), il dit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dirigea pour nous la prière de l’aube, puis monta sur le minbar et s’adressa à nous jusqu’à l’arrivée de l’heure de la prière de midi. Il descendit du minbar et accomplit la prière de midi, puis remonta sur le minbar et continua son sermon jusqu’à l’arrivée de l’heure de la prière de l’après-midi. Il descendit du minbar et accomplit la prière de l’après-midi. Puis il remonta sur le minbar et prêcha jusqu’au coucher du soleil. Il nous informa de tout ce qui s’était produit dans le monde et de tout ce qui devait s’y produire. Le plus savant d’entre nous fut celui qui parvint à retenir ces informations de la meilleure manière. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٦٢ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ نَذَرَ أَنْ يُطِيعَ اللَّهَ فَلْيُطِعْهُ وَمَنْ نَذَرَ أَنْ يَعْصِيَ اللَّهَ فَلَا يَعْصِهِ روَاهُ الْبُخَارِي.
1862. D’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : « Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : “Celui qui a fait le vœu d’obéir à Allah doit l’accomplir ; et celui qui a fait le vœu de désobéir à Allah ne doit pas Lui désobéir.” »
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
١٨٦٣ – وَعَنْ أَمْ شَرِيكَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَرَهَا بِقَتْلِ الْأَوْزَاعِ وَقَالَ كَانَ يَنْفُخُ عَلَى إِبْرَاهِيمَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1863. D’après Umm Sharik, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, lui a ordonné de tuer le gecko¹. Jilî a dit : « Le gecko avait soufflé sur le feu dans lequel Ibrahim, paix sur lui, avait été jeté. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٦٤ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ قَتَلَ وَزَعَةً فِي أُولِ ضَرْبَةٍ فَلَهُ كَذَا وَكَذَا حَسَنَةٌ وَمَنْ قَتَلَهَا فِي الضَّرْبَةِ الثانية فله كذا وكذا حَسَنَةً دُونَ الأولى وَإِن قَتَلَهَا فِي الضَّرْبَةِ الثَّالِثَةِ فَلَهُ كَذَا وكذا حسنة، وفي رواية من قتل ودعا في أول ضَرْبَةٍ كُتِبَ لَهُ مَائَةُ حَسَنَةٍ وَفِي الثَّانِيَةِ دُونَ ذَلِكَ وَفِي الثَّالِثَةِ دُونَ ذَلِكَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ قَالَ أَهْلُ اللُّغَةِ الْوَزَعُ الْعِظَامُ مِنْ سَامِ أَبْرَضَ.
1864. D’après Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, il a dit : Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Celui qui parvient à tuer le gecko au premier coup recevra telle et telle récompense. Celui qui le tue au deuxième coup recevra telle et telle récompense, mais moindre que la première. Celui qui le tue au troisième coup recevra également telle et telle récompense. » Dans une autre version, il est dit : « Celui qui parvient à tuer le gecko dès le premier coup se voit inscrire cent récompenses ; au deuxième coup, une récompense moindre que celle-ci, et au troisième coup, une récompense moindre encore que celle du deuxième coup. » [Note : 1. Le gecko est un animal venimeux d’une espèce plus grande que le lézard domestique. Dans notre pays, on l’appelle « suceur de sang ». Lorsque l’armée de Nimrod jeta Ibrahim, paix sur lui, dans le feu, cet animal souffla sur le feu (le traducteur).]
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٦٥ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قَالَ رَجُلٌ لَا تَصَدِّقَنَ بِصَدَقَةٍ فَخَرَجَ بِصَدَقَتِهِ فَوَضَعَهَا فِي يَدِ سَارِقٍ فَأَصْبَحُوا يَتَحَدِّثُونَ تُصْدِقَ عَلَى سَارِقِ فَقَالَ اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ لَا تَصَدِّقَنَّ بِصَدَقَةٍ فَخَرَجَ بصدقته فوَضَعَهَا فِي يَدِ زَانِيَةٍ فَأَصْبَحُوا يَتَحَدِّثُونَ تُصْدِقَ اللَّيْلَةَ عَلَى زانيَةٍ فَقَالَ اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ عَلَى زَانِيَةٍ لَا تَصَدِّقَنَّ بِصَدَقَةٍ فَخَرَجَ بِصَدَقَتِهِ فَوَضَعَهَا فِي يَدِ غَنِي فَاصْبَحُوا يَتَحَدِّثُونَ تُصْدِقَ عَلَى عَنِي فَقَالَ اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ عَلَى سَارِقٍ وَعَلَى زَانِيَةٍ وَعَلَى غَنِي فَأَتِي فَقِيلَ لَهُ أَمَّا صَدَقَتُكَ عَلَى سارق فَلَعَلَهُ أَنْ يَسْتَعِفُ عَنْ سَرقته وأما الزَّانِيَةُ فَلَعَلَّهَا تَسْتَعِفُ عَنْ زِنَاهَا وأما الْغَنِيُّ فَلَعَهُ أَنْ يَعْتَبِرَ فَيُنْفِقَ مِمَّا أَتَاهُ اللَّهُ – رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ بِلَفْظِهِ بِمَعْنَاهُ.
1865. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Un homme déclara : « Je ferai certainement une aumône. » Il sortit avec son aumône et la remit à un voleur. Au matin, les gens se mirent à dire : « La nuit dernière, une aumône a été donnée à un voleur. » Celui qui avait fait l’aumône dit : « Ô Allah, à Toi toute louange ! Je ferai certainement une aumône. » Il sortit avec son aumône et la remit à une femme adultère. Au matin, les gens se mirent à dire : « La nuit dernière, une aumône a été donnée à une femme adultère. » Celui qui avait fait l’aumône dit : « Ô Allah, à Toi toute louange ! Mon aumône est tombée entre les mains d’une femme adultère. Je ferai certainement encore une aumône. » Il sortit avec son aumône et la remit à un homme riche. Au matin, les gens se mirent à dire : « La nuit dernière, une aumône a été donnée à un homme riche. » Celui qui avait fait l’aumône dit : « Ô Allah, à Toi toute louange ! Mon aumône est tombée entre les mains d’un voleur, d’une femme adultère et d’un homme riche. » On lui dit alors : « Tu as donné au voleur : peut-être s’abstiendra-t-il de voler. Tu as donné à la femme adultère : peut-être s’abstiendra-t-elle de sa mauvaise conduite. Et tu as donné à l’homme riche : il se peut qu’il en tire une leçon et dépense de ce qu’Allah lui a accordé. »
L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith avec la formulation mentionnée, tandis que l’imam Muslim l’a rapporté avec une formulation de sens similaire.
١٨٦٦ – وَعَنْهُ قَالَ كُنَّا مَعَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي دَعْوَةٍ فَرَفَعَ اليه الذراع وَكَانَتْ تُعْجِبُهُ فَنَهَى مِنْهَا نَفْسَهُ وَقَالَ أَنَا سَيِّدُ النَّاسِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ هَلْ تَدْرُونَ مِمَّا ذَاكَ يَجْمَعُ اللَّهُ الْأَوَّلِينَ وَالْآخِرِينَ فِي صَعِيدٍ وَاحِدٍ فَيُبْصِرُهُمُالناظر وَيُسْمِعُهُمُ الدَّاعِى وَتَدْنُو مِنْهُمُ الشَّمْسُ فَيَبْلُغُ النَّاسُ مِنَ الْغَمِّ وَالْكَرْبِ ما لا يُطِيقُونَ وَلا يَحْتَمِلُونَ فَيَقُولُ النَّاسُ الا تَرَوْنَ إِلَى مَا أَنْتُمْ فِيهِ إِلَى مَا بَلَغَكُم إِلا تَنْظُرُونَ مَن يُشْفَعُ لَكُم إِلى رَبِّكُمْ فَيَقُولُ بَعْضُ النَّاسِ لِبَعْضِ أَبُوكُمْ ادم وَيَأْتُونَهُ فَيَقُولُونَ يَا آدَمُ أَنتَ أَبُو الْبَشَرِ خَلَقَكَ اللَّهُ بِيَدِهِ وَنَفَخَ فِيْكَ مِنْ رُوحِهِ وامر الملائِكَةَ فَسَجَدُوا لك واشكنكَ الْجَنَّةَ أَلا تَشْفَعُ لَنَا إِلَى رَبِّكَ أَلا تَرَى مَا نَحْنُ فِيهِ وَمَا بَلغنا فَقَالَ إِنَّ رَبِّي غَضِبَ عَضَبًا لَمْ يَغْضَبْ قَبْلَهُ مِثْلَهُ وَلَا يَغْضَبُ بَعْدَهُ مِثْلَهُ وَإِنَّهُ نَهَانِي عَنِ الشَّجَرَةِ فَعَصَيْتُ نَفْسِي نَفْسِي نَفْسِي اذْهَبُوا إِلَى غَيْرِي اذْهَبُوا إِلَى نُوحٍ فَيَأْتُونَ نُوحًا فَيَقُولُونَ يَا نُوحُ أَنْتَ أَولُ الرُّسُلِ إِلَى أَهْلِ الْأَرْضِ وَقَدْ سَمَاكَ اللهُ عَبْدًا شَكُورًا الا تَرَى إِلَى مَا نَحْنُ فِيْهِ إِلا تَرَى إِلَى مَا بلغنا الا تَشْفَعُ لَنَا إِلى رَبِّكَ فَيَقُولُ إِنَّ رَبِّي غَضِبَ الْيَوْمَ غَضَبًا لَمْ يَغْضَبُ قَبْلَهُ مثله ولن يغضَبَ بَعْدَهُ مِثْلَهُ وَإِنَّهُ قَدْ كَانَتْ لِي دَعْوَةٌ دَعَوْتُ بِهَا عَلَى قَوْمِي نَفْسِي نَفْسِي نَفْسِي اذْهَبُوا إِلَى غَيْرِي اذْهَبُوا إِلَى إِبْرَاهِيمَ فَيَأْتُونَ إِبْرَاهِيمَ فَيَقُولُونَ يَا إِبْرَاهِيمُ أَنْتَ نَبِيُّ اللهِ وَخَلِيْلَهُ مِنْ أَهْلِ الْأَرْضِ اشْفَعْ لَنَا إِلَى رَبِّكَ أَلَا ترى إلى مَا نَحْنُ فِيهِ فَيَقُولُ لَهُمْ إِنَّ رَبِّي قَدْ غَضِبَ الْيَوْمَ غَضَبًا لَمْ يَغْضَبْ قَبْلَهُ مثله ولن يغضَبَ بَعْدَهُ مِثْلَهُ وَإِنِّي كُنتُ كَذَبْتُ ثَلاثَ كَذَبَات نَفْسِي نَفْسِي نَفْسِي اذْهَبُوا إِلَى غَيْرِي اذْهَبُوا إِلى مُوسَى فَيَأْتُونَ مُوسَى فَيَقُولُونَ يَا مُوسَى انتَ رَسُولُ الله فضلك الله برسالاته وبكلامه عَلَى النَّاسِ اشْفَعْ لَنَا إِلَى رَبِّكَ الا ترى إلى مَا نَحْنُ فِيهِ فَيَقُولُ إِنْ رَبِّي قَدْ غَضِبَ الْيَوْمَ غَضَبًا لَمْ يَغْضَبْ قَبْلَهُ مثله ولَنْ يَغْضَبَ بَعْدَهُ مِثْلَهُ وَأَنِّي قَدْ قَتَلْتُ نَفْسًا لَمْ أَوْمَرْ بِقَتْلِهَا نَفْسِي نَفْسِي نَفْسِي اذْهَبُوا إِلَى غَيْرِي اذْهَبُوا إِلَى عِيسَى فَيَأْتُونَ عَيْسَى فَيَقُولُونَ يَا عِيسَى أنتَ رَسُولُ اللهِ وَكَلِمَتُهُ الْقَاهَا إِلى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَكَلَّمْتَ النَّاسَ فِي الْمَهْدِاشفع لنا إلى رَبِّكَ أَلا ترى إلى مَا نَحْنُ فِيهِ فَيَقُولُ عِيسَى إِنَّ رَبِّي قَدْ غَضِبَ الْيَوْمَ غَضَبًا لَمْ يَغْضَبْ قَبْلَهُ مِثْلَهُ وَلَنْ يَغْضَبَ بَعْدَهُ مِثْلَهُ وَلَمْ يَذْكُرُ ذَنْبًا نَفْسِي نَفْسِي نَفْسِي اذْهَبُوا إِلَى غَيْرِي اذْهَبُوا إِلَى مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَفِي روايَةٍ فَيَأْتُونِي فَيَقُولُونَ يَا مُحَمَّدٌ أَنْتَ رَسُولُ اللَّهِ وَخَاتَمُ الْأَنْبِيَاءِ وَقَدْ غَفَرَ اللَّهُ لكَ مَا تَقَدِّمَ مِنْ ذَنْبِكَ وَمَا تَأَخَّرَ اشْفَعْ لَنَا إِلَى رَبِّكَ أَلَا تَرَى إِلَى مَا نَحْنُ فِيْهِ فَانْطَلِقُ فَاتِي تَحْتَ الْعَرْشِ فَاقَعُ سَاجِدًا لِرَبِّي ثُمَّ يَفْتَحُ اللَّهُ عَلَى مِنْ مَحَامِدِهِ وَحُسْنِ الثناء عَلَيْهِ شَيْئًا لَمْ يَفْتَحُهُ عَلَى أَحَدٍ قَبْلِي ثُمَّ يُقَالُ يَا مُحَمَّدُ ارْفَعْ رَأْسَكَ سَلْ تُعْطَهُ وَاشْفَعْ تُشَفَعُ فَارْفَعُ رَأْسِي فَاقُوْلُ أُمَّتِي يَا رَبِّ أَمْنِي يَا رَبِّ فَيُقَالُ يَا مُحَمَّدُ أَدْخِلُ مِنْ أُمَّتِكَ مَنْ لا حِسَابَ عَلَيْهِمْ مِنَ الْبَابِ الْأَيْمَنِ مِنْ ابواب الجنَّةِ وَهُمْ شُرَكَاءُ النَّاسِ فيما سوى ذلكَ مِنَ الْأَبْوَابِ ثُمَّ قَالَ وَالَّذِي نفسی بیده ان مَا بَيْنَ الْمِصْرَاعَيْنَ مِنْ مَصَارِيعِ الْجَنَّةِ كَمَا بَيْنَ مَكَّةَ وَهَجَرَ أَوْ كَمَا بَيْنَ مَكَّةَ وَيُصْرى – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1866. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Nous étions allés à un repas avec le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue. Une cuisse lui fut servie. Il aimait beaucoup la viande de la cuisse. Il en arracha un morceau avec ses dents et dit : « Je serai le chef de toute l’humanité au Jour de la Résurrection. Savez-vous pourquoi ? Au Jour de la Résurrection, Allah rassemblera les premiers et les derniers humains sur une même plaine. L’observateur pourra les voir d’un seul regard et le crieur pourra faire entendre son appel à tous. Le soleil s’approchera d’eux. Les gens seront confrontés à une affliction et à une détresse qu’ils ne pourront ni supporter ni endurer. Les gens se diront les uns aux autres : “Ne voyez-vous pas dans quelle situation vous vous trouvez et jusqu’où sont parvenues votre peine et votre inquiétude ? Pourquoi ne cherchez-vous pas quelqu’un qui intercédera pour vous auprès de votre Seigneur ?” Les gens se diront alors les uns aux autres : “Votre père originel à tous est Adam, sur lui la paix.” Ils iront donc auprès de lui et lui diront : “Ô Adam ! Vous êtes le père de toute l’humanité. Allah vous a créé de Ses propres mains, Il a insufflé en vous l’esprit qu’Il a créé, et lorsque les anges en reçurent l’ordre, ils se prosternèrent devant vous. Il vous a aussi fait habiter au Paradis. N’intercéderez-vous pas pour nous auprès de votre Seigneur ? Ne voyez-vous pas dans quelle situation nous nous trouvons et jusqu’où sont parvenues notre peine et notre détresse ?” Adam dira : “Mon Seigneur est aujourd’hui si courroucé qu’Il ne l’a jamais été auparavant et ne le sera jamais plus par la suite. Il m’avait interdit de m’approcher d’un arbre, mais j’ai désobéi à Son ordre. Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Allez voir quelqu’un d’autre. Allez plutôt voir Noé.” Ils se précipiteront alors auprès de Noé, sur lui la paix, et lui diront : “Ô Noé ! Vous avez été envoyé comme le tout premier messager aux habitants de la terre. Allah vous a donné le titre de serviteur reconnaissant. Ne voyez-vous pas notre situation ? Ne voyez-vous pas jusqu’à quel point notre détresse est parvenue ? N’intercéderez-vous pas pour nous auprès de votre Seigneur ?” Il dira : “Mon Seigneur est aujourd’hui si courroucé qu’Il ne l’a jamais été auparavant et ne le sera jamais plus par la suite. J’avais le droit de formuler une invocation, et je l’ai formulée contre mon peuple ; ils ont donc été anéantis. Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Allez voir quelqu’un d’autre. Allez plutôt voir Abraham.”
Ils iront auprès d’Abraham, sur lui la paix, et lui diront : « Ô Abraham ! Vous êtes le prophète d’Allah et, parmi les habitants de la terre, vous êtes Son intime ami. Intercédez pour nous auprès de votre Seigneur. Ne voyez-vous pas notre situation désespérée ? » Il leur dira : « Mon Seigneur est aujourd’hui si courroucé qu’Il ne l’a jamais été auparavant et ne le sera jamais plus par la suite. J’ai prononcé trois paroles mensongères (et j’en ai honte). Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Allez voir quelqu’un d’autre. Allez plutôt voir Moïse. » Les gens se rendront alors auprès de Moïse, sur lui la paix, et lui diront : « Ô Moïse ! Vous êtes le Messager d’Allah. Parmi les êtres humains, Allah vous a honoré en vous accordant Sa mission et la faveur de vous parler. N’intercéderez-vous pas pour nous auprès de votre Seigneur afin que nous soyons délivrés ? Ne voyez-vous pas dans quelle détresse nous sommes plongés ? » Il dira : « Mon Seigneur est aujourd’hui si courroucé qu’Il ne l’a jamais été auparavant et ne le sera jamais plus par la suite. De plus, j’ai tué un homme alors que je n’avais pas reçu l’ordre de le tuer. Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Allez voir quelqu’un d’autre. Allez plutôt voir Jésus. »
Ils iront donc auprès de Jésus, sur lui la paix, et lui diront : « Ô Jésus ! Vous êtes le Messager d’Allah et Sa Parole qu’Il a adressée à Marie. Vous êtes aussi l’Esprit venant d’Allah. Vous avez parlé aux gens alors que vous étiez encore au berceau, durant votre enfance. Intercédez pour nous auprès de votre Seigneur. Ne voyez-vous pas dans quelle détresse nous sommes plongés ? » Jésus, sur lui la paix, dira : « Mon Seigneur est aujourd’hui extrêmement courroucé. Il ne l’a jamais été auparavant et ne le sera jamais plus par la suite. » Jésus ne mentionnera aucun de ses péchés. « Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Hélas, qu’adviendra-t-il de moi ! Allez plutôt voir quelqu’un d’autre. Oui, allez voir Muhammad, qu’Allah le bénisse et le salue. »
Dans une autre version, il est rapporté que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Ils viendront à moi et diront : “Ô Muhammad ! Vous êtes le Messager d’Allah et le dernier des prophètes. Allah vous a pardonné toutes vos fautes passées et futures. Intercédez pour nous auprès de votre Seigneur. Ne savez-vous pas dans quelle épreuve nous sommes plongés ?” » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : « J’avancerai jusqu’à me rendre sous le Trône et je tomberai prosterné devant mon Seigneur. Allah m’enseignera alors des louanges et des éloges qu’Il n’a enseignés à personne avant moi. Puis il sera dit : “Ô Muhammad, relève ta tête ; demande, et il te sera accordé, et intercède, et ton intercession sera acceptée.” Je relèverai alors la tête et dirai : “Ô Seigneur ! Ma communauté ! Ô Seigneur, ma communauté !” Il sera alors dit : “Ô Muhammad, fais entrer par la porte droite du Paradis ceux de ta communauté qui ne seront pas soumis au jugement (et qui auront la possibilité d’entrer au Paradis sans rendre de comptes). Ils pourront également entrer par les autres portes du Paradis avec tous les autres habitants du Paradis.” Puis il dit : « Par Celui qui tient ma vie entre Ses mains, la distance entre les deux battants de chacune des portes du Paradis est égale à la distance entre La Mecque et Hajar, ou entre La Mecque et Bosra. » L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٦٧ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ أَولُ مَا اتَّخَذَ النِّسَاءُ الْمِنْطَقَ من قبل أم إسْمَاعِيلَ اتَّخَذَتْ مِنْطَفًا لِتُعْفِى أَثَرَهَا عَلَى سَارَةَ ثُمَّ جَاءَ إِبْرَاهِيمُ عليه السلام بأم اسْمَاعِيلَ وَبِابْنِهَا إِسْمَاعِيلَ وَهِيَ تُرْضِعُهُ حَتَّى وَضَعَهَا عِنْدَ البيت عند دوحَةٍ فَوْقَ زَمْزَمَ فِي أَعْلَى الْمَسْجِدِ وَلَيْسَ بِمَكَّةَ يَوْمَئِذٍ أَحَدٌ وَلَيس بها مَاءً فَوَضَعَهُمَا هُنَاكَ وَوَضَعَ عِنْدَهُمَا جِرَابًا فِيهِ تَمْرَ وَسَقَاءٌ فِيهِ مَاءٌ ثُمَّ قَفَّى ابراهيم منطلقا فَتَبعَتْهُ أُمُّ اسْمَاعِيلَ فَقَالَتْ يَا ابْرَاهِيمُ أَيْنَ تَذْهَبُ وَتَتْرُكْنَا بِهذاالوادي الذي ليس فيه أنيس ولا شَيْءٍ فَقَالَتْ لَهُ ذَلِكَ مِرَارًا وَجَعَلَ لَا يَلْتَفِتُ اليها قَالَتْ لَهُ اللهُ أَمَرَكَ بهذا ؟ قَالَ نَعَمْ قَالَتْ إذا لا يُضَيِّعُنَا ثُمَّ رَجَعَتْ فَانْطَلَقَ إبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلامُ حَتَّى إِذَا كَانَ عِنْدَ الثَّنِيَّةِ حَيْثُ لَا يَرَوْنَهُ اسْتَقْبَلَ بِوَجْهِهِ البيت ثُمَّ دَعَا بهؤلاء الدعوات فَرَفَعَ يَدَيْهِ فَقَالَ رَبُّنَا إِنِّي أَسْكَنْتُ مِنْ ذُرِّيَّتِي بوَادٍ غَيْرِ ذِي زَرْعٍ حَتَّى بَلَغَ (يَشْكُرُونَ) وَجَعَلَتْ أُمُّ إِسْمَاعِيلَ تُرْضِعُ إِسْمَاعِيلَ وتَشْرَبُ مِنْ ذلِكَ الْمَاء حَتَّى إِذا نَفِدَ مَا فِي السَّقَاءِ عَطَشَتْ وَعَطِشَ ابْنُهَا وَجَعَلَتْ تَنظُرُ إِلَيْهِ يتلوى أو قَالَ يَتلبط فانطلقت كَرَاهِيَة أَنْ تَنظُرَ إِلَيْهِ فَوَجَدَت الصفا أقرب جَبَلٍ فِي الْأَرْضِ بَلِيْهَا فَقَامَتْ عَلَيْهِ ثُمَّ اسْتَقْبَلَتِ الْوَادِي تَنْظُرُ هَلْ ترى أحدا فَلَمْ تَرى أَحَدًا فَهَبَطَتُ مِنَ الصَّفَا حَتَّى إِذَا بَلَغَتِ الْوَادِي رَفَعَتْ طَرَفَ درعها ثُمَّ سَعَتْ سَعَى الْإِنْسَانِ الْمَجْهُودِ حَتَّى جَاوَزَتِ الْوَادِي ثُمَّ آتَتِ الْمَرْوَةَ فَقَامَتْ عَلَيْهَا فَنَظَرَتْ هَلْ تَرَى أَحَدًا فَلَمْ تَرَى أَحَدًا فَفَعَلَتْ ذَلِكَ سَبْعَ مَرَاتٍ قَالَ ابْن عَبَّاسٍ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَلِكَ سَعَى النَّاسِ بَيْنَهُمَا فَلَمَّا اشرفت على الْمَرْوَة سَمِعَتْ صَوْتًا فَقَالَتْ صَهُ تُرِيدُ نَفْسَهَا ثُمَّ تَسَمَّعَتْ فَسَمِعَتْ أيضًا فَقَالَتْ قَدْ أَسْمَعْتَ إِنْ كَانَ عِنْدَكَ غَوَاتٌ فَإِذَا هِيَ بِالْمَلَكِ عِنْدَ مَوْضِع زمزم بحث بعقبه أو قَالَ بجناحه حَتَّى ظَهَرَ الْمَاءُ فَجَعَلَتُ تُحَرِّضُهُ وَتَقُولُ بِيَدِهَا هَكَذَا وَجَعَلَتْ تَغْرُفُ مِنَ الْمَاءِ فِي سِقَائِهَا وَهُوَ يَفُورُ بَعْدَ مَا تَغْرِفُ وَفِي رواية بِقَدَرٍ مَا تَعْرِفُ.
قَالَ ابْنُ عَبَّاس قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَحِمَ اللَّهُ أَمِّ اسْمَاعِيلَ لَوْ تَرَكَتْ زمزم أوْ قَالَ لَوْ لَمْ تَعْرِفُ مِنَ الْمَاء لَكَانَتْ زَمْزَمُ عَيْنًا مَعِيْنًا قَالَ فَشَرِبَتْ وارْضَعَتْ وَلَدَهَا فَقَالَ لَهَا الْمَلَكُ لا تَخَافُوا الضَّيْعَةَ فَإِنْ هُهُنَا بَيْتًا لِلَّهِ يَبْنِيه هذَا الْغُلَامُ وَأَبُوهُ وَإِنَّ اللَّهَ لَا يُضَيعُ أَهْلَهُ وَكَانَ الْبَيْتُ مُرْتَفِعًا مِنَ الْأَرْضِكالرابية تأتيه السُّيُولُ فَتَأْخُدُ عَنْ يُمينه وَعَن شماله فَكَانَتْ كَذَلِكَ حَتَّى مَرْتُ بِهِمْ رفقَةٌ مِنْ جُرْهُم أَوْ أَهْلُ بَيْتِ مِنْ جُرْهُم مُقْبِلِينَ مِنْ طَرِيقِ كَدَاءَ فَنَزَلُوا فِي أسفل مكة فراوا طائراً عَائِفًا فَقَالُوا إِن هذا الطائِرَ لَيَدُورُ عَلَى مَا لَعَهْدُنَا بِهذا الْوَادِي وَمَا فِيهِ مَاءً فَأَرْسَلُوا جَرِبًا أَوْ جَرِييْن فَإِذَا هُمْ بِالْمَاءِ فَرَجَعُوا فَأَخْبَرُوهُمْ فَاقْبَلُوا وَأَمُّ إِسْمَاعِيلَ عِنْدَ الْمَاءِ فَقَالُوا أَتَأْذَنَيْنَ لَنَا أَنْ تَنْزِلَ عِنْدَكَ قَالَتْ نَعَمْ ولكن لا حَقٌّ لَكُمْ فِي الْمَاءِ قَالُوا نَعَمْ .
قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَالْفَى ذَلِكَ أَمْ إِسْمَاعِيلَ وَهِيَ تحب الأنس فَتَزَلُوا فَأَرْسَلُوا إِلى أَهْلِيْهِمْ فَنَزَلُوا مَعَهُمْ حَتَّى إِذَا كَانُوا بِهَا أَهْلُ ابيات وَشَبِّ الْغُلام وتعلم العربية مِنْهُمْ وَأَنفُسَهُمْ وَأَعْجَبَهُمْ حِيْنَ شَبِّ فَلَمَّا أَدْرَكَ زوجُوهُ امْرَأَةً مِنْهُمْ وَمَانَتْ أُمُّ اسْمَاعِيلَ فَجَاءَ إِبْرَاهِيمُ بَعْدَ مَا تَزَوْجَ اسْمَاعِيلُ يطالع تركت قلم : ركته فلم يَجِدُ اسْمَاعِيلَ فَسَأَلَ امْرَأَتَهُ . أنهُ عَنْهُ فَقَالَتْ خَرَجَ يَبْتَغِي لَنَا وَفِي روايَةٍ يَصِيدُ لَنَا ثُمَّ سَأَلَهَا عَنْ عَيْشِهِمْ وَهَيْئَتِهِمْ فَقَالَتْ نَحْنُ بِشَرٌ نَحْنُ فِي ضيق وشدة وشكت اليه قَالَ فَإِذَا جَاءَ زَوْجُكَ اقْرَنِي عَلَيْهِ السَّلَامَ وَقُولِي لَهُ يُغَيِّرُ عَتَبَةَ بَابِهِ فَلَمَّا جَاءَ إِسْمَاعِيلُ كَأَنَّهُ أَنَسَ شَيْئًا فَقَالَ هَلْ جَاءَكُمْ مِنْ أَحَدٍ قَالَتْ نَعَمُ جَاءَنَا شَيْخٌ كَذَا وَكَذَا فَسَأَلْنَا عَنْكَ فَأَخْبَرْتُهُ فَسَأَلَنِي كَيْفَ عَيْشُنَا فَأَخْبَرْتُهُ أَنَّا فِي جَهْد وَشِدَّةٍ قَالَ فَهَلْ أَوْصَاكِ بِشَيْءٍ قَالَتْ نَعَمُ أَمَرَنِي أَنْ أَقْرَأَ عَلَيْكَ السَّلام وَيَقُولُ غَيْرُ عَتَبَةً بَابِكَ قَالَ ذاك أبِي وَقَدْ أَمَرَنِي أنْ أفارقك الحقى بأهلك مطلقها وتزوج مِنْهُمْ أخرى.
قلَبِثَ عَنْهُمْ إِبْرَاهِيمُ مَا شَاءَ اللهُ ثُمَّ أَتَاهُمُ بَعْدُ فَلَمْ يَجِدُهُ فَدَخَلَ عَلَى امْرَأَتِهِ فَسَأَلَ عَنْهُ قَالَتْ خَرَجَ يَبْتَغِي لَنَا قَالَ كَيْفَ أَنْتُمْ وَسَأَلَهَا عَنْ عَيْشِهِمْ وَهَيْئَتِهِمْ فَقَالَتْ نَحْنُ بِخَيْرٍ وَسَعَةٍ وَاثْنَتْ عَلَى اللهِ تَعَالَى فَقَالَ مَا طَعَامُكُمْ قَالَتِ اللَّحْمُقَالَ فَمَا شَرَابُكُمْ قَالَتِ الْمَاءُ قَالَ اللَّهُمَّ بَارِكْ لَهُمْ فِي اللَّحْمِ وَالْمَاءِ قَالَ النَّبِيُّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُمْ يَوْمَئِذٍ حَبُّ وَلَوْ كَانَ لَهُمْ دَعَا لَهُمْ فِيهِ قَالَ فَهُمَا لَا يَخْلُو عَلَيْهِمَا أَحَدٌ بِغَيْرِ مَكَّةَ الا لم يُوافِقَاهُ .
وفي روايةٍ فَجَاءَ فَقَالَ أَيْنَ إِسْمَاعِيلُ فَقَالَتِ امْرَأَتُهُ ذَهَبَ بَصِيدٌ فَقَالَتْ امْرَأَتُهُ الا تنزلُ فَتَطْعَمَ وتَشْرَبَ قَالَ وَمَا طَعَامُكُمْ وَمَا شَرَابُكُمْ قَالَتْ طَعَامُنَا اللَّحْمُ وَشَرَابُنَا الْمَاءُ قَالَ اللهُمَّ بَارِكْ لَهُمْ فِي طَعَامِهِمْ وَشَرَابِهِمْ قَالَ فَقَالَ أَبُو الْقَاسِمِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَرَكَةً دَعْوَةِ إِبْرَاهِيمَ عَلَيْهِ السَّلَامُ قَالَ فَإِذَا جَاءَ زَوْجُكَ فَاقْرَنِي عَلَيْهِ السَّلامَ وَمُرِيهِ يُثَبِّتْ عَتَبَةُ بَابِهِ فَلَمَّا جَاءَ إِسْمَاعِيلُ قَالَ هَلْ أَتَاكُمْ من أحد قالَتْ نَعَمُ أَتَانَا شَيْخٌ حَسَنُ الْهَيْئَةِ وَاثْنَتْ عَلَيْهِ فَسَأَلَنِي عَنْكَ فَأَخْبَرْتُهُ فَسَأَلَنِي كَيْفَ عَيْشُنَا فَأَخْبَرْتُهُ أَنَّا بِخَيْرٍ قَالَ فَأَوْصَاكِ بِشَيْءٍ قَالَتْ نَعَمْ يَقْرَأُ عليك السَّلامَ وَيَأْمُرُكَ أَنْ تُثَبِّتَ عَتَبَةَ بَابِكَ قَالَ ذَاكَ أَبِي وَأَنْتِ الْعَتَبَةُ أَمَرَنِي أن أمشيكك.
ثم لبث عَنْهُمْ مَا شَاءَ اللهُ ثُمَّ جَاءَ بَعْدَ ذَلِكَ وَإِسْمَاعِيلُ يَبْرِي نَبْلاً لَهُ تَحْتَ دوحة قريبًا مِنْ زَمْزَمَ فَلَمَّا رَاهُ قَامَ إِلَيْهِ فَصَنَعَ كَمَا يَصْنَعُ الْوَالِدُ بِالْوَلَدِ وَالْوَلَدُ بالوالد ثُمَّ قَالَ يَا إِسْمَاعِيلُ إِنَّ اللهَ أَمَرَنِي بِأَمْرٍ قَالَ فَاصْنَعْ مَا أَمَرَكَ رَبُّكَ قَالَ وَتُعِينُنِي قَالَ وَأَعِينُكَ قَالَ فَإِنَّ اللهَ أَمَرَنِي أَنْ أَبْنِي بَيْتًا فَهُنَا وَأَشَارَ إِلَى أَكَمَةٍ مرتفعة على ما حولها قَالَ فَعِندَ ذلِكَ رَفَعَ القَوَاعِدَ مِنَ الْبَيْتِ فَجَعَلَ اسْمَاعِيلُ يَأْتِي بِالحِجَارَةِ وَإِبْرَاهِيمُ بَيْنِي حَتَّى إِذا ارْتَفَعَ الْبَنَاءُ جَاءَ بِهَذَا الْحَجَرِ فَوَضَعَهُ لهُ فَقَامَ عَلَيْهِ وَهُوَ بَيْنِي وَاسْمَاعِيلُ يُنَاوِلُهُ الْحِجَارَةَ وَهُمَا يَقُولَانِ رَبَّنَا تَقَبَّلُ مِنَّا إِنَّكَ أَنتَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ .
وفي رواية إِنْ إِبْرَاهِيمَ خَرَجَ بِإِسْمَاعِيلَ وَأَمَ إِسْمَاعِيلَ مَعَهُمْ شَنَّةٌ فِيْهَا مَاءً فَجَعَلَتْ أم إسْمَاعِيلَ تَشْرَبُ مِنَ السُّنَّةِ فَيَدِر لِبَنُهَا عَلَى صَبِيهَا حَتَّى قَدِمَ مَكَّةَ فوضعها تحتَ دوحَةٍ ثُمَّ رَجَعَ إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السلامُ إِلَى أَهْلِهِ فَاتَّبَعَتُهُ أَمْ اسْمَاعِيلَ حَتَّى لمَّا بَلَغُوا كَذَا ، نَادَتْهُ مِنْ وَرَائِه يَا إِبْرَاهِيمُ إِلَى مَنْ تَتْرُكْنَا قَالَ إلى اللهِ قَالَتْ رَضِيتُ بِاللهِ فَرَجَعَتْ وَجَعَلَتْ تَشْرَبُ مِنَ السُّنَّةِ وَيَدْرُّ لَبَنُهَا عَلَى صَبِيهَا حَتَّى لمَّا فَلَى الْمَاءُ قَالَتْ لَو ذَهَبَتُ فَنَظَرْتُ لَعَلَى أُحِسُّ أَحَدًا قَالَ فَذَهَبَتْ فصعدت الصفا فنظرت ونظرت هَل تُحسُّ أَحَدًا فَلَمْ تُحِسُّ أَحَدًا فَلَمَّا بلغت الوادى سَعَتْ وأنتِ المَروَةَ وَفَعَلَتْ ذَلِكَ أَشْوَاطًا ثُمَّ قَالَتْ لَوْ ذَهَبْتُ فَنَظَرْتُ مَا فَعَلَ الصَّبِيُّ فَذَهَبَتْ وَنَظَرَتُ فَإِذَا هُوَ عَلَى حَالِهِ كَأَنَّهُ يَنْشَعُ لِلْمَوْتِ فَلَمْ تُقرِّهَا نَفْسُهَا فَقَالَتْ لَوْ ذَهَبْتُ فَنَظَرْتُ لَعَلَى أَحِسُّ أَحَدًا فَذَهَبَتْ فَصَعِدَت الصفا فَنَظَرَتْ ونَظَرَتْ فَلَمْ تُحس أحداً حتى اتِمْتُ سَبْعًا ثُمَّ قَالَتْ لَوْ ذَهَبْتُ فَنَظَرْتُ مَا فَعَلَ فَإِذَا هِيَ بِصَوْتٍ فَقَالَتُ اغِتْ إِنْ كَانَ عِنْدَكَ خَيْرٌ فَإِذَا جِبْرِيلُ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ بعقبه هكذا وغَمَزَ بِعَقِبِهِ عَلَى الْأَرْضِ فَانْبَثَقَ الْمَاءُ فدهشتْ أَمْ إِسْمَاعِيلَ فَجَعَلَتْ تَحْقِنُ وَذَكَرَ الْحَدِيثَ بِطُولِهِ. رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ بِهَذَا الروايات كلها .
1867. Il est rapporté d’Abdullah ibn al-Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) qu’il dit : Ce sont les femmes qui ont appris en premier à porter une ceinture auprès de la mère d’Ismaïl (Hajar). Hajar portait cette ceinture afin de dissimuler ses traces à Sarah. Puis, lorsque leur différend atteignit son paroxysme, Ibrahim, paix et bénédictions d’Allah sur lui, amena la mère d’Ismaïl et son nourrisson allaité, Ismaïl. Il les installa sous un arbre immense, à l’emplacement de Zamzam, sur le terrain élevé de la mosquée, près de la Kaaba. À cette époque, il n’y avait ni habitation ni eau à La Mecque. Il les y laissa, et plaça auprès d’eux un panier de dattes ainsi qu’une outre d’eau. Puis Ibrahim, paix et bénédictions d’Allah sur lui, partit. La mère d’Ismaïl le suivait en disant : « Ô Ibrahim, où vas-tu en nous laissant dans cette vallée déserte, où il n’y a ni amis ni environnement familier ? » Elle lui répéta ces paroles à plusieurs reprises, mais Ibrahim ne prêta aucune attention à ses paroles. Elle lui demanda de nouveau : « Est-ce Allah qui t’a ordonné de faire cela ? » Ibrahim répondit : « Oui. » Alors la mère d’Ismaïl dit : « Dans ce cas, Allah ne nous abandonnera pas. » Puis elle retourna à sa place, tandis qu’Ibrahim, paix et bénédictions d’Allah sur lui, poursuivit son chemin. Lorsqu’il eut atteint un endroit appelé Sanِyya, hors de leur champ de vision, il se tourna vers la Kaaba, leva les deux mains et invoqua : « Seigneur ! J’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée aride, dépourvue d’eau et de végétation, près de Ta Maison sacrée. Seigneur, afin qu’ils accomplissent la prière, fais donc que les cœurs d’une partie des gens se prennent d’affection pour eux et accorde-leur des fruits en nourriture, afin qu’ils soient reconnaissants. » (Sourate Ibrahim, 14:37).
La mère d’Ismaïl se mit à allaiter et à élever Ismaïl. Elle continua à boire l’eau de l’outre. Lorsque l’eau du récipient fut finalement épuisée, elle et son enfant furent accablés par la soif. Elle vit son nourrisson se tordre de soif. Ne pouvant le supporter, elle se leva et partit. Elle vit alors la montagne de Safa comme étant la plus proche d’elle. Elle gravit Safa et regarda tout autour d’elle. Elle regarda en direction de la vallée, espérant apercevoir quelqu’un, mais ne vit personne. Elle descendit donc de Safa vers la basse vallée et courut, en relevant un pan de sa tunique, comme une personne épuisée et exténuée. Après avoir traversé la vallée, elle atteignit le pied de la montagne de Marwa et la gravit. Debout sur la montagne, elle regarda de tous côtés pour voir si quelqu’un apparaissait, mais ne vit personne. Elle courut ainsi sept fois entre les deux montagnes. Abdullah ibn al-Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « C’est pour cette raison que les gens courent entre ces deux montagnes » — c’est le sa‘y accompli durant le pèlerinage. Lorsque la mère d’Ismaïl gravit Marwa en courant pour la dernière fois, elle entendit un bruit. Elle se dit : « Que se passe-t-il ? J’ai l’impression d’avoir entendu une voix. » Puis elle tendit l’oreille vers le bruit. Elle l’entendit de nouveau et pensa : « Tu m’as fait entendre ta voix ; peut-être peux-tu remédier à mon malheur. » Soudain, elle aperçut un ange près de l’actuel Zamzam. L’ange creusa le sol avec son talon — ou, selon le rapporteur, avec son aile — et l’eau jaillit. Elle se mit à construire une digue autour de l’eau et à remplir son outre à poignées. Tandis qu’elle la remplissait, l’eau continuait à déborder. Selon une autre version, elle remplit l’outre et mit l’eau de côté. Ibn al-Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à la mère d’Ismaïl ! Si elle avait laissé Zamzam dans cet état, ou si elle n’en avait pas puisé dans son outre, Zamzam serait devenue une source coulant librement. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Elle but de l’eau et allaitait son enfant. » L’ange lui dit : « Ne craignez pas la destruction, car ici se trouve l’emplacement de la Maison d’Allah, que ce garçon et son père construiront. Allah ne fera pas périr les habitants de ce lieu. » À cette époque, l’emplacement de la Maison sacrée était légèrement surélevé par rapport au sol, comme une butte. Lorsque survenaient des inondations, l’eau s’écoulait à sa droite et à sa gauche. Après que la mère et l’enfant eurent vécu ainsi quelque temps, une caravane de Banu Jurhum, ou des membres de la tribu de Banu Jurhum, passa par la route de Qada. Lorsqu’ils arrivèrent dans la partie basse de La Mecque, ils virent des oiseaux voler en cercle et dirent : « Ces oiseaux tournent certainement au-dessus de l’eau. Nous sommes dans ce désert depuis longtemps, mais nous n’y avons vu aucune eau. » Ils envoyèrent un ou deux éclaireurs pour vérifier. Ceux-ci allèrent voir l’eau, puis revinrent les en informer. Les gens de la caravane se dirigèrent aussitôt vers l’eau. La mère d’Ismaïl était alors assise près d’elle. Ils vinrent lui demander : « Nous autorises-tu à nous installer ici ? » Elle répondit : « Oui, mais vous n’aurez aucun droit de propriété sur l’eau. » Ils dirent : « Oui, il en sera ainsi. »
Abdullah ibn al-Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : La mère d’Ismaïl souhaitait se familiariser avec eux et établir un climat d’intimité et de bienveillance. Ces gens s’installèrent alors dans ce lieu, et les autres membres de la caravane firent venir leurs familles. Finalement, plusieurs maisons y furent bâties. Ismaïl atteignit la maturité et apprit l’arabe auprès d’eux. Ils apprécièrent beaucoup sa bonne constitution, son apparence et son mode de vie raffiné. Lorsqu’il devint adulte, ces gens le marièrent à l’une de leurs femmes.
Entre-temps, la mère d’Ismaël mourut. Après le mariage d’Ismaël, Abraham (que la paix soit sur lui) vint à La Mecque pour rendre visite à sa famille qu’il avait laissée. Il ne trouva pas Ismaël à la maison. Il demanda à sa belle-fille : « Où est Ismaël ? » Elle répondit : « Il est sorti pour chercher de quoi manger. » Selon une autre version, il était parti chasser. Abraham (que la paix soit sur lui) s’enquit de leur mode de vie et de leurs affaires domestiques. Sa belle-fille répondit : « Nous sommes dans une très mauvaise situation. Les difficultés, la dureté et la gêne nous entourent. » Elle se plaignit ainsi. Il lui dit : « Lorsque ton mari reviendra, transmets-lui mes salutations et dis-lui de changer le seuil de la porte de sa maison. » À son retour, Ismaël (que la paix soit sur lui) comprit aussitôt ce qui s’était passé. Il demanda à sa femme : « Quelqu’un est-il venu ? » Elle répondit : « Oui, un vieil homme de cette sorte est venu. Il m’a interrogée à ton sujet et je l’en ai informé. Il m’a également demandé comment se déroulait notre vie conjugale. Je lui ai dit que nous vivions dans de grandes difficultés et de grandes peines. » Ismaël (que la paix soit sur lui) demanda : « T’a-t-il laissé un message ? » Elle répondit : « Oui. Il m’a demandé de te transmettre ses salutations et t’a dit de changer le seuil de la porte de ta maison. » Ismaël (que la paix soit sur lui) dit : « C’est mon père. Il m’a ordonné de me séparer de toi. Va donc rejoindre ta famille. » Puis il divorça d’elle et épousa une autre femme de la même tribu.
Selon la volonté d’Allah, Abraham (que la paix soit sur lui) ne revint pas dans cette région pendant de nombreux jours. Lorsqu’il revint ensuite, il ne rencontra pas non plus Ismaël. Il alla voir sa belle-fille et lui demanda des nouvelles d’Ismaël. Elle répondit : « Il est parti chercher de quoi nous nourrir. » Il lui demanda : « Comment allez-vous ? » Il s’enquit également de leur vie conjugale et d’autres affaires. La femme d’Ismaël répondit : « Nous allons très bien et nous vivons dans l’aisance. » Sur ce, elle loua le Tout-Puissant. Abraham (que la paix soit sur lui) demanda : « Que mangez-vous ? » Sa belle-fille répondit : « De la viande. » Il demanda : « Que buvez-vous ? » Elle répondit : « De l’eau. » Abraham (que la paix soit sur lui) invoqua alors Allah : « Ô Allah, bénis pour eux la viande et l’eau. »
Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « À cette époque, ils ne disposaient d’aucune céréale (c’est-à-dire qu’ils n’en produisaient pas). S’ils en avaient eu, Abraham (que la paix soit sur lui) aurait également invoqué la bénédiction pour leurs céréales. C’est pourquoi, en dehors de La Mecque, personne ne peut vivre en se contentant de viande et d’eau, sauf si cela ne convient pas à ses goûts ou à son état physique. »
Selon une autre version, il vint et demanda : « Où est Ismaël ? » Sa femme répondit : « Il est parti chasser. Entrez donc et mangez et buvez quelque chose. » Il demanda : « De quoi disposez-vous comme nourriture et comme boisson ? » Sa belle-fille répondit : « Nous mangeons de la viande et nous buvons de l’eau. » Il dit : « Ô Allah, bénis leur nourriture et leur boisson. » Abd Allah ibn al-Abbas (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte qu’Abou al-Qasim (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « C’est grâce à la bénédiction de l’invocation d’Abraham (que la paix soit sur lui) que la nourriture et la boisson des habitants de La Mecque sont bénies. » Abraham (que la paix soit sur lui) dit : « Lorsque ton mari reviendra, transmets-lui mes salutations et dis-lui de préserver le seuil de sa maison. »
Ismaël (que la paix soit sur lui) revint et demanda à sa femme : « Quelqu’un est-il venu te voir ? » Elle répondit : « Oui. Un vieil homme, bel homme et bien bâti, est venu me voir. » Elle fit également son éloge. Il demanda : « Comment assurons-nous notre subsistance et notre entretien ? » Je lui répondis : « Nous allons très bien. » Ismaël (que la paix soit sur lui) demanda : « T’a-t-il donné un conseil ? » Elle répondit : « Oui ! Il t’a transmis ses salutations et t’a ordonné de préserver le seuil de la maison. » Après avoir tout entendu, Ismaël (que la paix soit sur lui) dit : « C’est mon père, et toi, tu es le seuil de la maison. Il m’a ordonné de consolider notre lien conjugal. »
Le vénérable Abraham (que la paix soit sur lui), selon la volonté d’Allah, ne revint pas pendant longtemps. Un jour, Ismaël était assis sous un arbre immense, près du puits de Zamzam, et réparait ses flèches. C’est alors que le vénérable Abraham (que la paix soit sur lui) arriva. En voyant son père, Ismaël se leva et s’avança vers lui. Puis ils échangèrent les marques de courtoisie qu’échangent habituellement un père et son fils, et un fils et son père. Il lui dit : « Ô Ismaël, Allah m’a ordonné d’accomplir une tâche. » Ismaël répondit : « Accomplissez donc la tâche que votre Seigneur vous a ordonné d’accomplir. » Il dit : « Aide-moi dans cette tâche. » Le fils répondit : « Oui, je vous aiderai certainement. » Abraham (que la paix soit sur lui) dit : « Allah m’a ordonné de construire ici une maison. » En disant cela, il indiqua une colline élevée et dit : « Il faut construire la maison tout autour. » Ils posèrent alors les fondations de cette maison. Ismaël apportait les pierres et Abraham les maçonnait pour bâtir les fondations. Lorsque les murs eurent atteint une certaine hauteur, Abraham (que la paix soit sur lui) apporta cette pierre et se tint dessus — il s’agit du Maqâm d’Abraham — pour poursuivre la construction, tandis qu’Ismaël (que la paix soit sur lui) lui apportait les pierres. Pendant qu’ils construisaient la Maison, le père et le fils invoquaient Allah : « Ô notre Seigneur, accepte de nous cet effort et ce labeur. Tu es Celui qui entend tout et qui sait tout. » (Sourate al-Baqara, 127)
Selon une autre version, Abraham (que la paix soit sur lui) partit avec Ismaël et sa mère. Ils avaient avec eux une outre d’eau. La mère d’Ismaël buvait l’eau de l’outre et allaitait son enfant. Ils arrivèrent ainsi à La Mecque. Abraham (que la paix soit sur lui) laissa sa femme sous un arbre immense et se mit en route pour rejoindre sa famille. La mère d’Ismaël se mit à le suivre. Lorsqu’elle parvint finalement à un endroit appelé al-Qadâ, elle appela son mari par-derrière : « Ô Abraham, à qui nous laissez-vous ? » Il répondit : « Je vous laisse à Allah. » La mère d’Ismaël dit : « Je suis satisfaite d’Allah. » Puis elle revint. Elle continua à boire l’eau de l’outre et à allaiter son enfant. Au bout d’un certain temps, l’eau s’épuisa. Elle dit : « Je devrais aller chercher quelque part, pour voir si quelqu’un est en vue. »
Le narrateur dit : Sur ce, elle partit et monta sur le mont Safa. Elle regarda à plusieurs reprises de tous côtés, pour voir si elle apercevait quelqu’un, mais ne vit personne. (Elle descendit du mont Safa et se dirigea vers le mont Marwa.) Arrivée au milieu de la vallée, elle courut et atteignit le mont Marwa. Elle fit ainsi plusieurs allers-retours entre les deux monts. Puis elle pensa qu’il fallait aller voir dans quel état se trouvait son enfant. Elle partit donc. Lorsqu’elle arriva, elle vit que l’enfant semblait agoniser. Elle ne put supporter cette scène. Elle pensa qu’elle devait retourner chercher quelqu’un. Elle partit donc, monta sur le mont Safa et regarda de nouveau à plusieurs reprises de tous côtés, mais ne vit personne. Après avoir effectué ainsi sept tours, elle pensa qu’il fallait aller voir ce que faisait l’enfant. À ce moment-là, elle entendit soudain un bruit. Elle s’écria : « Si tu peux être utile, viens à notre secours ! » Il apparut que le vénérable Gabriel (que la paix soit sur lui) se trouvait là. Il frappa le sol du talon de son pied, en le désignant. Soudain, voyant l’eau jaillir en abondance, la mère d’Ismaël resta stupéfaite. Elle se mit à recueillir l’eau. (Le rapporteur a ensuite exposé le reste de ce long hadith de cette manière.)
L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith selon plusieurs versions.
١٨٦٨ – وَعَنْ سَعِيدِ بْنِ زَيْدِ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ الْكَمَاةُ مِنَ الْمَنِّ وَمَاؤُهَا شِفَاء لِلْعَيْنِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1868. D’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : « Le champignon fait partie des aliments de la catégorie du mann, et son eau est un remède contre les maladies oculaires. » [Note : Le mann est une sorte de nourriture. À l’époque de Moïse (sur lui la paix), les enfants d’Israël reçurent cette nourriture d’Allah de manière ininterrompue pendant quarante longues années, durant leur vie nomade. Elle tombait sur le sol pendant la nuit comme le brouillard et y demeurait en gouttes semblables à la rosée. Ils la recueillaient et s’en nourrissaient (note du traducteur).]
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Chapitre 2 — Demander pardon
قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَاعْلَمْ أَنَّهُ لا اله الا اللهُ وَاسْتَغْفِرْ لِذَنْبِكَ وَلِلْمُؤْمِنِينَ والْمُؤْمِنَاتِ ، وَاللَّهُ يَعْلَمُ مُتَقَلَّبَكُمْ وَمَثْوَكُم
Le Très-Haut dit :
« Sache donc, ô Prophète, qu’il n’y a aucune divinité digne d’être adorée en dehors d’Allah. Demande pardon pour toi-même ainsi que pour les croyantes et les croyants. Allah connaît parfaitement vos activités et votre demeure. » (Sourate Muhammad, 19)
وَقَالَ تَعَالَى : واسْتَغْفِرِ اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ كَانَ غَفُورًا رَّحِيمًا.
« Demande pardon à Allah. Il est Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate An-Nisâ : 106)وقَالَ تَعَالَى : فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّابًا.
« Célèbre donc la gloire de ton Seigneur en Le louant et demande-Lui pardon. Certes, Il est Celui qui accueille abondamment le repentir. » (Sourate An-Nasr : 3)
وقَالَ تَعَالَى : قُلْ أَوْ نَبِّئُكُمْ بِخَيْرٍ مِنْ ذَلِكُمْ ، لِلَّذِينَ اتَّقَوْا عِنْدَ رَبِّهِمْ جَنَّاتٌ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهَرُ خَلِدِينَ فِيهَا وَأَزْوَاجٌ مُطَهَّرَةٌ وَرِضْوَانٌ مِنَ اللَّهِ ، وَاللَّهُ بصير بالعباد : الَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا إِنَّنَا أمَنَّا فَاغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ الصَّبِرِينَ وَالصَّدِقِينَ وَالْقَنِتِينَ وَالْمُنْفِقِينَ وَالْمُسْتَغْفِرِينَ بِالْأَسْحَارِ.
« Dis : “Vous annoncerai-je ce qui est meilleur que tout cela ? Pour ceux qui adoptent la taqwâ, il y a auprès d’Allah des jardins sous lesquels coulent des ruisseaux, où ils demeureront éternellement, ainsi que des épouses pures. Et ils obtiendront l’agrément d’Allah. Allah observe toutes les actions de Ses serviteurs. Ceux-là disent : “Seigneur, nous avons cru ; pardonne-nous nos péchés et préserve-nous du feu de l’Enfer.” Ils sont patients, véridiques, humblement soumis et généreux. Ils implorent le pardon aux dernières heures de la nuit.” » (Sourate Âl ‘Imrân : 15, 16, 17)
وقال تعالى : وَمَنْ يُعْمَل سُوْمًا أَوْ يَظْلِمُ نَفْسَهُ ثُمَّ يَسْتَغْفِرِ اللَّهَ يَجِد الله غَفُورًا رَّحِيمًا، وَمَنْ يُكْسِبُ اثْمًا فَإِنَّمَا يَكْسِبُهُ عَلَى نَفْسِهِ ، وَكَانَ اللهُ عَلِيمًا حكِيمًا، وَمَنْ يُكْسِبُ خَطِيئَةً أَوْ إِثْمًا ثُمَّ يَرْمِ بِهِ بَرِيْنَا فَقَدِ احْتَمَلَ بُهْتَانًا وانما مبينًا
« Quiconque commet une mauvaise action ou se fait du tort à lui-même, puis demande pardon à Allah, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux. Mais quiconque commet un péché, ne le commet qu’à son propre détriment. Allah sait toute chose ; Il est Omniscient et Sage. Quiconque commet une faute ou un péché, puis en accuse un innocent, se charge assurément d’une infâme calomnie et d’un péché manifeste. » (Sourate An-Nisâ : 110, 111, 112)
وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا كَانَ اللهُ لِيُعَذِّبَهُمْ وَأَنْتَ فِيهِمْ وَمَا كَانَ اللَّهُ مُعَذِّبْهُمْ وَهُمْ يَسْتَغْفِرُونَ.
« Allah ne saurait les châtier alors que tu te trouves parmi eux. Allah ne saurait non plus les châtier alors qu’ils demandent pardon. » (Sourate Al-Anfâl : 33)
وقال تعالى : وَالَّذِينَ إِذَا فَعَلُوا فَاحِشَةً أَوْ ظَلَمُوا أَنْفُسَهُمْ ذَكَرُوا اللهَ فَاسْتَغْفَرُوا لِذُنُوبِهِمْ وَمَنْ يُغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا اللَّهُ وَلَمْ يُصِرُّوا عَلَى مَا فَعَلُوا وهم يعلمون.
« Lorsqu’ils commettent quelque turpitude ou se font du tort à eux-mêmes, ils se souviennent aussitôt d’Allah et Lui demandent pardon. Et qui donc, hormis Allah, peut pardonner les péchés ? Ces gens ne persistent pas sciemment dans leurs mauvaises actions. » (Sourate Al ‘Imrân : 135)
۱٨٦٩ – وَعَنِ الْآخَرِ الْمُزْنِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّهُ لَيُغَانُ عَلَى قَلْبِي وَإِنِّي لَاسْتَغْفِرُ اللهَ فِي الْيَوْمِ مِائَةَ مَرَّةٍ رواه مسلم.
1869. Al-Agharr al-Muzanî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Il arrive parfois qu’un voile recouvre mon cœur. Je demande pardon à Allah et me repens auprès de Lui cent fois par jour. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۷۰ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ وَاللَّهِ إِنِّي لَاسْتَغْفِرُ اللهَ وَآتُوبُ إِلَيْهِ فِي الْيَوْمَ أَكْثَرَ مِنْ سَبْعِينَ مَرَّةٍ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ
1870. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : “Par Allah ! Je demande pardon à Allah et me repens auprès de Lui plus de soixante-dix fois par jour.” »
L’imam Al-Bukhârî a rapporté ce hadith.
۱۸۷۱ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَوْ لم تذنبوا لذهَبَ اللهُ تَعَالَى بِكُمْ وَلَجَاءَ بِقَوْمٍ يُذْنِبُونَ فَيَسْتَغْفِرُونَ اللَّهَ تَعَالَى فَيَغْفِرُ لَهُمْ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1871. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main ! Si vous ne commettiez pas de péchés, Allah le Très-Haut vous ferait disparaître, puis Il enverrait un peuple qui commettrait des péchés, demanderait pardon à Allah le Très-Haut, et à qui Il pardonnerait. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۷۲ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنَّا نَعُدُّ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْمَجْلِسِ الواحد مائة مرة رَبِّ اغْفِرْ لِي وَتُبْ عَلَى إِنَّكَ أَنْتَ التواب الرحيم – رواه أبو داودَ وَالتَّرْمِذِى وَقَالَ حَدِيثٌ صَحِيحٌ.
1872. Abdallah ibn Umar (qu’Allah les agréent tous deux) rapporte : « Nous avons compté que, lors d’une même assemblée, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait récité cent fois cette invocation : “Mon Seigneur, pardonne-moi et accepte mon repentir. Tu es certes Celui qui accepte le repentir, le Très Miséricordieux.” »
L’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith authentique. »
۱۸۷۳ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ لَزِمَ الْاسْتِغْفَارَ جَعَلَ اللَّهُ لَهُ مِنْ كُلِّ ضَيْقٍ مَخْرَجًا وَمِنْ كُلِّ هَم فَرَجًا وَرَزَقَهُ مِنْ حَيْثُ لا يَحْتَسِبُ رَوَاهُ أَبو داود.
1873. Abdallah ibn Abbâs (qu’Allah les agréent tous deux) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui demande constamment pardon pour ses péchés (en répétant “Astaghfirullah”) se voit accorder par Allah une issue à toute difficulté ou situation pénible, être libéré de toute inquiétude, et recevoir sa subsistance de sources qu’il n’aurait jamais imaginées. »
L’imam Abou Daoud a rapporté ce hadith.
١٨٧٤ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ قَالَ اسْتَغْفِرُ الله الذي لا اله الا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومَ وَآتُوبُ إِلَيْهِ غُفِرَتْ ذُنُوبُهُ وَإِنْ كَانَ قَد فَرَّ مِنَ الزحف – رواه أبو داودَ وَالتَّرْمِذِى وَالْحَاكِمُ وَقَالَ حديث صَحِيحٌ عَلَى شَرْطِ الْبُخَارِي وَمُسْلِمٌ.
1874. D’après Abdallah ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Celui qui dit : “Je demande pardon à Allah, en dehors de qui il n’y a aucune divinité, le Vivant, l’Immuable. Je me repens auprès de Lui”, verra ses péchés pardonnés, même s’il a commis le péché de fuir du champ de bataille. »
L’imam Abou Daoud, l’imam at-Tirmidhi et al-Hakim ont rapporté ce hadith. Al-Hakim a dit qu’il s’agissait d’un hadith authentique, dont la chaîne de transmission répondait aux critères de Boukhari et de Mouslim.
١٨٧٥ – وَعَنْ شَدَادِ بْنِ أَوْس عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ سَيِّدُ الاستغفار أن يقُول الْعَبْدُ اللهم أنت ربي لا الهَ إِلا أَنْتَ خَلَقْتَنِي وَأَنَا عَبْدُكَ وأنا على عَهْدِكَ وَوَعْدِكَ مَا اسْتَطَعْتُ أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا صَنَعْتُ أَبُوءُ لَكَ بنعمتك على وأبوء بذنبي فَاغْفِرْ لِي فَإِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ. مَنْ قَالَهَا مِنَ النَّهَارِ مُوقِنًا بِهَا فَمَاتَ مِنْ يُوْمِهِ قَبْلَ أَن يُمْسِيَ فَهُوَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ وَمَنْ قَالَهَا مِنَ اللَّيْلِ وَهُوَ مُوقِنٌ بِهَا فَمَاتَ قَبْلَ أَنْ يُصْبِحَ فَهُوَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.
1875. D’après Chaddad ibn Aws (qu’Allah l’agrée), le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « La meilleure formule de demande de pardon consiste à dire : “Ô Allah, Tu es mon Seigneur ; il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. Tu m’as créé et je suis Ton serviteur. Je tiens, autant que je le peux, à respecter l’engagement et la promesse que j’ai pris envers Toi. Je cherche refuge auprès de Toi contre les méfaits de ce que j’ai commis. Je reconnais les bienfaits dont Tu m’as comblé et je reconnais mes péchés. Pardonne-moi donc, car nul autre que Toi ne pardonne les péchés.” Celui qui récite cette invocation pendant la journée avec une foi pleine et entière, puis meurt avant le soir, sera au Paradis. Et celui qui récite cette invocation pendant la nuit avec une foi pleine et entière, puis meurt avant le matin, sera également au Paradis. »
L’imam Boukhari a rapporté ce hadith.
١٨٧٦ – وَعَنْ ثَوْبَانَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إذا انْصَرَفَ مِنْ صَلَاتِهِ اسْتَغْفَرَ اللهَ ثَلاثًا وَقَالَ اللَّهُمَّ أَنْتَ السَّلامُ وَمِنْكَ السَّلامُ تباركت يا ذا الجلال والإكرام. قِيلَ لِلْأَوْزَاعِي وَهُوَ أَحَدٌ رُوَاتِهِ كَيْفَ الْاسْتِغْفَارُ قَالَ يَقُوْلُ اسْتَغْفِرُ اللَّهَ اسْتَغْفِرُ اللَّهَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1876. D’après Thawbân (qu’Allah l’agrée), il a dit : « Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) achevait sa prière, il demandait pardon trois fois (en disant : “Ô Allah, pardonne-moi”). Il disait également : “Ô Allah, Tu es la Paix ; de Toi proviennent la paix et la sécurité. Tu es Béni et source de tout bien, ô Détenteur de la majesté et de l’honneur.” On demanda à l’imam Al-Awzâ‘î : “Comment le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) demandait-il pardon ?” Il répondit : “Il disait : Astaghfirullah (je demande pardon à Allah), astaghfirullah.”
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۷۷ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُكْثِرُ أَنْ يَقُولَ قَبْلَ مَوْتِهِ سُبْحَانَ اللهِ وَبِحَمْدِهِ اسْتَغْفِرُ اللهَ وَآتُوبُ إِلَيْهِ متفق عليه.
1877. D’après ‘Â’ishah (qu’Allah l’agrée), elle a dit : « Avant sa mort, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) récitait fréquemment cette invocation : “Subhânallâhi wa bihamdihi. Astaghfirullâha wa atûbu ilayhi” (« Allah est exempt de toute imperfection et à Lui revient toute louange. Je demande pardon à Allah et je me repens auprès de Lui »).
L’imam Al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۷۸ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ
وَسَلَّمَ يَقُولُ قَالَ اللهُ تَعَالَى يَا ابْنَ آدَمَ إِنَّكَ مَا دَعَوْتَنِي وَرَجَوْتَنِي غَفَرْتُ لَكَ عَلَى مَا كَانَ مِنْكَ وَلا أَبَالِي يَا ابْنَ آدَمَ لَوْ بَلَغَتْ ذُنُوبُكَ عَنَانَ السَّمَاءِ ثُمَّ اسْتَغْفَرْتَنِي غَفَرْتُ لكَ وَلا أَبَالِي يَا ابْنَ آدَمَ إِنَّكَ لَوْ آتَيْتَنِي بِقُرَابِ الْأَرْضِ خطايا ثم لقيتنى لا تُشْرِكْ بِي شَيْئًا لَا تَبْتُكَ بِقُرَابِهَا مَغْفِرَةٌ رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
1878. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : Allah, le Très-Haut, dit : “Ô fils d’Adam ! Tant que tu M’invoqueras et que tu placeras ton espoir en Moi, Je te pardonnerai tes péchés, quelle qu’en soit la quantité et quelle qu’en soit la gravité, et Je ne m’en soucierai pas. Ô fils d’Adam ! Si tes péchés atteignaient le ciel et que tu Me demandais pardon, Je te pardonnerais, et Je ne m’en soucierais pas. Ô fils d’Adam ! Si tu venais à Moi avec des péchés remplissant la terre, sans rien M’associer, Je viendrais à toi avec un pardon aussi grand que la terre.”»
L’imam At-Tirmidhi a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith hassan. »
۱۸۷۹ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَا معشر النِّسَاء تَصَدِّقْنَ وَاكْثَرْنَ مِنَ الْاسْتِغْفَارِ فَإِنِّي رَأَيْتُكُنَّ أَكْثَرَ أَهْلِ النار قالت امرأةٌ مِنْهُنَّ مَا لَنَا أَكْثَرَ أَهْلِ النَّارِ قَالَ تُكْثِرُرْنَ اللَّعْنَ وَتَكْفُرْنَ الْعَشِيرَ مَا رَأَيْتُ مِنْ نَاقِصَاتِ عَقْلِ وَدِيْنِ أَغْلَبَ لِذِي لَبِ مِنْكُنَّ قَالَتْ مَا نُقْصَانُ الْعَقْلِ وَالدِّينِ قَالَ شَهَادَةُ امْرَأَتَيْنِ بِشَهَادَةِ رَجُلٍ وَتَمْكُثُ الْأَيَّامَ لا تُصَلِّي رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1879. D’après Abd Allah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : « Ô femmes ! Faites l’aumône et demandez abondamment pardon pour vos péchés, car je vous ai vues en majorité parmi les habitants de l’Enfer. » L’une d’elles demanda : « Quelle est la cause du fait que la majorité d’entre nous ira en Enfer ? » Il répondit : « Vous maudissez beaucoup et vous êtes ingrates et désobéissantes envers vos maris. Malgré vos lacunes en raison et en religion, je n’ai vu personne être capable de décontenancer un homme intelligent et habile comme l’une de vous. » La femme demanda de nouveau : « En quoi consistent nos lacunes et nos insuffisances en raison et en religion ? » Il répondit : « Le témoignage de deux femmes équivaut à celui d’un homme, et vous ne pouvez pas prier pendant quelques jours durant vos règles. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
Section 3 — Ce qu’Allah Très-Haut a préparé au Paradis pour les croyants
قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ الْمُتَّقِينَ فِي جَنَّاتٍ وَعُيُونِ ادْخُلُوهَا بِسَلَامٍ آمِنِينَ وَنَزَعْنَا مَا فِي صُدُورِهِمْ مِنْ عَلَ اخْوَانًا عَلَى سُرُرٍ مُتَقَابِلِينَ. لَا يَمَسُّهُمْ فِيْهَا نَصَبٌ وَمَا هُمْ مِنْهَا بِمُخْرَجِينَ.
Allah le Très-Haut dit :
« Les pieux seront dans des jardins et auprès de sources. Il leur sera dit : “Entrez-y en paix et en sécurité. J’ôterai de leurs cœurs toute rancœur et toute haine, et Je les rendrai purs. Puis, devenus frères, ils seront assis face à face sur des lits disposés en rangées. Ils n’y seront atteints par aucune maladie, aucune affliction ni aucune tristesse. Ils n’en seront jamais expulsés.” » (Sourate Al-Hijr : 45-48)
وقَالَ تَعَالَى : الْأَخِلاءُ يَوْمَئِذٍ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ عَدُوٌّ إِلَّا الْمُتَّقِينَ، يَا عِبَادِ لَا خَوْفٌ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ وَلا أَنتُمْ تَحْزَنُونَ الَّذِينَ آمَنُوا بِآيَاتِنَا وَكَانُوا مُسْلِمِينَ. أَدْخُلُوا الجنة انتم و ازواجُكُمْ تُحْبَرُونَ. يُطَافُ عَلَيْهِم بصحاف مِنْ ذَهَب وأكواب وفيها مَا تَشْتَهِيهِ الْأَنْفُسُ وَتَلَذُّ الْأَعْيُنُ وَأنتُمْ فِيهَا خَالِدُونَ. وَتِلْكَ الْجَنَّةُ الَّتِي أَوْرِيْتُمُوهَا بِمَا كُنتُمْ تَعْمَلُونَ لَكُمْ فِيْهَا فَاكِهَةٌ كَثِيرَةٌ مِّنْهَا تَأْكُلُونَ.
« Le jour où il viendra (le Jour de la Résurrection), tous les amis seront ennemis les uns des autres, à l’exception des pieux. Ceux qui avaient foi en Nos signes et étaient des serviteurs soumis seront interpellés ce jour-là : “Ô Mes serviteurs ! Aujourd’hui, vous n’aurez aucune crainte et vous ne serez pas non plus affligés. Entrez au Paradis, vous et vos épouses ; vous y serez comblés. On placera devant eux des coupes à boire et des plats d’or, et ils y trouveront tout ce que désirent leurs âmes et ce qui réjouit leurs yeux. On leur dira : “Vous y demeurerez éternellement. Vous avez hérité de ce Paradis en récompense des bonnes œuvres que vous accomplissiez dans le monde. Vous y trouverez des fruits en abondance ; vous en mangerez.” » (Sourate az-Zukhruf, 67-73)
وقَالَ تَعَالَى : إِنَّ الْمُتَّقِينَ فِي مَقَام أمين، فِي جَنَّاتٍ وَعُيُونَ يَلْبَسُونَ مِنْ سندس واسْتَبْرَقٍ مُتَقَابِلِينَ. كَذلِكَ وَزَوْجْنَاهُمْ بِحُورٍ عِيْنِ يَدْعُونَ فِيهَا بِكُلِّ فاكهة أمنين. لا يَذُوقُوْنَ فِيهَا الْمَوْتَ إِلا الْمَوْتَةَ الْأُولَى وَوَقَاهُمْ عَذَابَ الْجَحِيمَ فَضْلاً مِنْ رَبِّكَ ذَلِكَ هُوَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ.
« Les gens pieux seront dans un lieu sûr. Ils seront assis face à face sur des sièges, vêtus de soie fine et de soie épaisse, au milieu de jardins et de sources. Telle sera leur situation. Et Nous leur donnerons pour épouses des houris aux grands yeux. Là, ils demanderont en toute quiétude toutes sortes de mets délicieux. Ils n’y goûteront jamais la mort ; seule la mort qu’ils auront connue une première fois dans le monde aura eu lieu. Allah les aura préservés, par Sa grâce, du châtiment de l’Enfer. Voilà certes une immense faveur d’Allah et le plus grand succès. » (Sourate ad-Dukhân, 51-57)
وقال تعالى : إِنَّ الْأَبْرَار لفي نعيم . عَلَى الْأَرَائِكِ يَنْظُرُونَ . تَعْرِفُ فِي وُجُوهِهِمْ نَضْرَةَ النَّعيم . يُسْقَوْنَ مِنْ رَّحِيقٍ مُخْتُورٍ ، حَتَامُهُ مِشكَ وَفِي ذَلِكَ فلْيَتَنَافَسِ الْمُتَنَافِسُونَ ، وَمِزَاجُهُ مِنْ تَسْنِيم . عَيْنًا يُشْرَبُ بِهَا الْمُقَرِّبُونَ.
« Certes, les gens de bien seront dans des délices inépuisables. Installés sur des sièges élevés, ils contempleront les spectacles. Vous verrez sur leurs visages l’éclat du bien-être. On leur servira une boisson exquise, scellée ; son sceau sera de musc. Que ceux qui souhaitent se surpasser dans la compétition avec les autres rivalisent donc pour obtenir cela. Cette boisson sera mêlée de Tasnîm, une source dont boiront les rapprochés. » (Sourate al-Mutaffifîn, 22-28)
۱۸۸۰ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأْكُلُ أهْلُ الْجَنَّةِ فِيهَا وَيُشْرَبُونَ وَلَا يَتَغَوَّطُونَ وَلَا يَسْتَحْطُوْنَ وَلَا يَبُولُونَ ولكِنْ طَعَامُهُمْ ذَلِكَ جُشَاء كَرَشْحِ الْمِسْكِ يُلْهَمُونَ التَّسْبِيحَ وَالتَّكْبِيرَ كَمَا يُلْهَمُونَ النَّفْسَ رَوَاهُ مُسْلِمٌ
1880. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les gens du Paradis mangeront la nourriture du Paradis et boiront ses boissons. Cependant, ils n’auront pas besoin d’y déféquer, aucune mucosité ni impureté ne s’accumulera dans leur nez, et ils n’urineront pas non plus. Leur nourriture sera digérée et sortira sous forme de rots, comme le parfum du musc. Ils seront habitués au tasbih et au takbir comme ils le sont à la respiration. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۸۱ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى أَعْدَدْتُ لِعِبَادِي الصَّالِحِينَ مَا لَا عَيْنَ رَأَتْ وَلَا أَذُنَ سمعت ولا خَطرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ وَاقْرَؤُوا إِنْ شِئْتُمْ فَلَا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أَخْفِيَ لَهُمْ من قرة أَعْيُنِ جَزَاء بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ) .
1881. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) a rapporté. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Allah le Très-Haut dit : « J’ai préparé pour Mes serviteurs vertueux des choses qu’aucun œil n’a jamais vues, qu’aucune oreille n’a jamais entendues décrire et qu’aucun être humain n’a jamais imaginées ni conçues. » Pour confirmer cela, récitez ce verset : « Nulle âme ne sait ce qui leur est caché comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils accomplissaient de bien. » (Sourate As-Sajda : 17)
Les imams Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۸۲ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوَّلُ زُمْرَةٍ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ عَلَى صُورَةِ الْقَمَرِ لَيْلَةَ الْبَدْرِ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُوْنَهُمْ عَلَى أَشَدَّ كَوْكَبٌ دُرِّيٌّ فِي السماء إضاءة لا يَبُولُونَ وَلَا يَتَغَوِّطُونَ وَلا يَنْقُلُوْنَ وَلَا يَسْتَخِطُوْنَ أَمْشَاطَهُمُالذهب وَرَشحُهُمُ الْمسكُ وَمُجَامِرُهُمُ الألوة عود الطيب أَزْوَاجُهُمُ الْحُور الْعِينُ عَلَى خَلْقِ رَجُلٍ وَاحِدٍ عَلَى صُورَةِ أَبِيهِمْ أَدَمَ سَتُونَ ذِرَاعًا فِي السَّمَاءِ متفق عليه.
وفي رواية لِلْبُخَارِي وَمُسْلِمِ أَنِيتُهُمْ فِيهَا الذَّهَبُ وَرَشْحُهُمُ الْمِسْكُ وَلِكُلِّ واحِدٍ مِنْهُمْ زَوْجَتَانِ يُرَى مَنْ سَاقِهِمَا مِنْ وَرَاءِ اللَّحْمِ مِنَ الْحُسْنِ لَا اخْتِلَافَ بَيْنَهُمْ وَلَا تَبَاغُضَ قُلُوبُهُمْ قَلْبُ وَاحِدٍ يُسَبِّحُونَ اللَّهَ بُكْرَةً وَعَشِيَّا
1882. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) a rapporté. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Le premier groupe qui entrera au Paradis aura des visages brillants comme la pleine lune de la quatorzième nuit. Puis, ceux qui y entreront ensuite auront des visages lumineux comme des étoiles scintillantes. Ils n’auront ni besoin d’uriner ni de déféquer, ne cracheront pas et n’auront pas de saleté dans le nez. Leurs peignes seront en or. Leur sueur sentira le musc. Leurs encensoirs seront alimentés avec du bois odoriférant. Des houris aux grands yeux seront leurs épouses. Leur constitution physique sera identique et leurs dispositions seront semblables. Ils auront la taille de leur père originel, Adam (que la paix soit sur lui) : soixante coudées.
Les imams Al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par Al-Bukhari et Muslim, il est dit : Leurs récipients seront en or. Leur sueur sentira le musc. Chacun d’eux aura deux épouses. Elles seront si belles que la moelle de leurs os des cuisses sera visible à travers leur chair. Il n’y aura entre eux ni divergence ni jalousie. Leurs cœurs seront comme le cœur d’un seul homme. Matin et soir, ils proclameront la gloire et la grandeur d’Allah.
۱۸۸۳ – وَعَنِ الْمُغِيرَةَ بْن شُعْبَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ سَأَلَ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلامُ رَبَّهُ مَا أَدْنَى أَهْلِ الْجَنَّةِ مَنْزِلَةَ قَالَ هُوَ رَجُلٌ يَحِيُّ بَعْدَ مَا أُدْخِلَ أَهْلُ الْجَنَّةِ الْجَنَّةَ فَيُقَالُ لَهُ ادْخُلِ الْجَنَّةَ فَيَقُولُ أَي رَبِّ كَيْفَ وَقَدْ نَزَلَ النَّاسُ مَنَازِلَهُمْ وَأَخَذُوا أَخَذَاتِهِمْ فَيُقَالُ لَهُ أَتَرْضَى أَنْ يَكُونَ لكَ مِثْلُ مُلْكَ مَلِكَ مِنْ مُلوكِ الدُّنْيَا ؟ فَيَقُولُ رَضِيتُ رَبِّ فَيَقُولُ لَكَ ذَلِكَ وَمِثْلُهُوَمِثْلُهُ وَمِثْلُهُ وَمِثْلُهُ فَيَقُولُ فِي الْخَامِسَةِ رَضِيْتُ رَبِّ فَيَقُولُ هَذَا لَكَ وَعَشْرَةٌ أمثاله ولك مَا اشْتَهَتْ نَفْسُكَ وَلَنَتْ عَيْنُكَ فَيَقُولُ رَضِيتُ رَبِّ قَالَ رَبِّ فَاعْلاهُم منزلة قَالَ أُولَئِكَ الَّذِينَ أَرَدْتُ غَرَشتُ كَرَامَتَهُمْ بِيَدِي وَخَتَمْتُ عَلَيْهَا فَلَمْ تَرْعَيْنَ وَلَمْ تَسْمَعُ أَذُنٌ وَلَمْ يَخْطُرُ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1883. Il est rapporté d’al-Mughîra ibn Chu‘ba (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Moïse (que la paix soit sur lui) demanda à son Seigneur : « Qui, parmi les gens du Paradis, aura le rang le plus bas ? » Allah dit : « Ce sera celui qui viendra après que les gens du Paradis y auront été admis. » On lui dira : « Entre au Paradis. » Il répondra : « Ô Seigneur, tous les gens ont pris possession de leurs demeures et reçu leur part. Comment pourrais-je maintenant trouver une place au Paradis ? » On lui dira : « Si l’on te donnait un territoire égal au royaume d’un roi ou d’un gouverneur de la terre, serais-tu satisfait ? » Il répondra : « Ô Seigneur, j’en serais satisfait. » Allah Très-Haut lui dira : « Cela t’est accordé, ainsi qu’un autre équivalent, puis un autre équivalent, puis encore un autre équivalent de ceux-ci. » À la cinquième reprise, il dira : « Ô Seigneur, je suis satisfait. » Alors Allah lui dira : « Tu recevras encore dix fois l’équivalent de tout cela. Tu auras tout ce que ton cœur désire et tout ce qui réjouira tes yeux parmi les compagnes. » Il dira : « Ô Seigneur, je suis satisfait. » Moïse demanda : « Ô Seigneur, qui aura le rang le plus élevé au Paradis ? » Allah, le Très-Haut, dit : « Ce sont ceux dont Je veux élever le rang. J’établirai Moi-même leur dignité et les marquerai de Mon sceau. Ils recevront ce qu’aucun œil n’a jamais vu, qu’aucune oreille n’a jamais entendu et que l’imagination humaine n’a même jamais pu approcher. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱٨٨٤ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنِّي لَأَعْلَمُ أَخَرَ اهْلِ النَّارِ خُرُوجًا مِنْهَا وَآخِرَ اهْلِ الْجَنَّةِ دُخُولا الْجَنَّةَ رَجُلٌ يَخْرُجُ مِنَ النَّارِ حَبُوا فَيَقُولُ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ لَهُ اذْهَبْ فَادْخُلِ الْجَنَّةَ فَيَأْتِيهَا فَيُخَيَّلُ الله أَنَّهَا مَلأَى فَيُرْجِعُ فَيَقُولُ يَا رَبِّ وَجَدْتُهَا مَلْأَى فَيَقُولُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ لَهُ اذْهَبْ فَادْخُلِ الْجَنَّةَ فَيَأْتِيهَا فَيُخَيَّلُ إِلَيْهِ أَنَّهَا مَلْأَى فَيَرْجِعُ فَيَقُولُ يَا رَبِّ وَجَدْتُهَا مَلْأَى فَيَقُولُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلٌ لَهُ اذْهَبْ فَادْخُلِ الْجَنَّةَ فَإِنَّ لَكَ مِثْلَ الدُّنْيَاوَعَشْرَةَ أَمْثَالِهَا أو أن لك مثل عشرة أمثال الدُّنْيَا فَيَقُولُ أَتَسْخَرُ بِي أَوْ تَضْحَكُ بي وأنتَ الْمَلِكُ قَالَ فَلَقَدْ رَأَيْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ضَحِكَ حَتَّى بَدَتْ نَوَاحِدُهُ فَكَانَ يَقُولُ ذَلِكَ أَدْنَى أَهْلِ الْجَنَّةِ مَنْزِلَةَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1884. Il est rapporté d’Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Je sais qui sera le dernier des gens de l’Enfer à en sortir et qui sera le dernier des gens du Paradis à y entrer. Un homme sortira de l’Enfer en rampant. Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant, lui dira : “Va et entre au Paradis.” Lorsqu’il s’en approchera, il lui semblera qu’il est déjà plein. Il reviendra et dira : “Ô Seigneur, le Paradis est déjà plein.” Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant, lui dira : “Va et entre au Paradis.” Il y retournera, mais il lui semblera qu’il est déjà plein. Il reviendra et dira : “Ô Seigneur, j’ai vu que le Paradis était rempli.” Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant, lui dira : “Va et entre au Paradis.” Il y retournera encore, mais il lui semblera qu’il est déjà plein. Il reviendra et dira : “Ô Seigneur, j’ai vu que le Paradis était rempli.” Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant, lui dira : “Va et entre au Paradis. Tu y auras l’équivalent de la terre et encore dix fois autant, ou dix fois l’étendue de la terre.” L’homme dira : “Ô Allah, vous moquez-vous de moi ou vous plaisantez-vous à mes dépens, alors que Vous êtes le Souverain absolu de toute chose ?” » Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) dit : « Je vis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) rire en prononçant ces paroles, au point que ses incisives apparurent. » Il disait : « Cet homme sera celui qui aura le rang le plus bas parmi les gens du Paradis. »
١٨٨٥ – وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ لِلْمُؤْمِنَ فِي الْجَنَّةِ الخَيمة من لؤلوة واحدة مجوفة طولها في السماء ستُونَ مَيْلًا لِلْمُؤْمِنِ فِيْهَا أَهْلُوْنَ يَطُوفُ عَلَيْهِمُ الْمُؤْمِنُ فَلَا يَرَى بَعْضُهُمْ بعضا – متفق عليه.
1885. Il est rapporté d’Abû Mûsâ (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Au Paradis, chaque croyant aura une tente individuelle faite d’une perle creuse. Sa hauteur s’élèvera jusqu’à quatre miles dans le ciel. À chacun de ses angles, chaque croyant aura une houri. Le croyant leur rendra visite à chacune dans son espace, mais aucune d’elles ne verra l’autre. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٨٦ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ فِي الْجَنَّةِ لَشَجَرَةَ يَسِيرُ الرَّاكِبُ الْجَوَادَ الْمُضَمَّرَ السَّرِيعَ مِائَة سَنَةٍ مَا يَقْطَعُهَا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ وَرَوَبَاهُ فِي الصَّحِيحَيْنِ أَيْضًا مِنْ رِوَايَةِ أَبِي هريرة قال يسير الراكب في ظلها مائة سَنَةٍ مَا يَقطعها .
1886. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il y a au Paradis un arbre qu’un homme de constitution légère, monté sur un cheval rapide et voyageant sans interruption pendant cent ans, ne pourrait malgré tout dépasser. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Ils l’ont également rapporté, dans leurs recueils authentiques, d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée). Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) y a dit : « Même si un cavalier faisait courir son cheval pendant cent ans sous son ombre, il ne pourrait pas la dépasser. »
۱۸۸۷ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنْ أَهْلَ الْجَنَّةِ لَبَتَرَا مَوْنَ أهْلَ الْغُرَفِ مِنْ فَوْقِهِمْ كَمَا تَتَرا مَوْنَ الْكَوْكَبَ الدَّرِّيِّ الْغَابِرَ فِي الْأُفُقِ مِنَ المشرق أو المغرب التفاضل مَا بَيْنَهُمْ قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ تِلْكَ مَنَازِلُ الأَنْبِيَاء لَا يَبْلُغُهَا غَيْرُهُمْ قَالَ بَلَى وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ رِجَالٌ آمَنُوا بِاللَّهِ وصَدِّقُوا الْمُرْسَلِينَ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1887. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les habitants du Paradis verront les occupants des chambres situées au-dessus d’eux comme vous voyez les étoiles brillantes à l’horizon oriental ou occidental. Cela sera dû à la différence de leurs degrés respectifs. » Les Compagnons dirent : « Ô Messager d’Allah, ces degrés sont ceux des prophètes, que nul autre ne pourra atteindre. » Il répondit : « Oui, par Celui qui détient mon âme dans Sa main ! Ceux qui ont cru en Allah et considéré les prophètes comme véridiques pourront eux aussi atteindre ces degrés. »
L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۸۸ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم قَالَ لَقَابُ قَوْسَ فِي الْجَنَّةِ خَيْرٌ مِمَّا تَطْلُعُ عَلَيْهِ الشَّمْسُ أَوْ تَغْرُبُ متفق عليه.
1888. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Un emplacement au Paradis de la taille d’une corde d’arc est meilleur et plus précieux que l’ensemble du monde. » L’imam Al-Boukhari et Mouslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۸۹ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ في الْجَنَّةِ سُوقًا يَأْتُونَهَا كُلِّ جُمُعَةٍ فَتَهُب ريحُ الشِّمَالِ فَتَحْتُو فِي وُجُوهِهِمْ وَثِيَا بِهِمْ فَيَزْدَادُونَ حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَرْجِعُونَ إِلَى أَهْلِيهِمْ وَقَدِ ازْدَادُوا حُسْنًا وجَمَالاً فَيَقُولُ لَهُمْ أَهْلُوهُمْ وَالله لَقَدِ ازْدَدْتُمْ حُسْنًا وَجَمَالاً فَيَقُولُونَ وَأَنتُمْ وَاللَّهِ لقَدِ ازْدَدْتُمْ بَعْدَنَا حُسْنًا وَجَمَالاً. رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1889. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Au Paradis, un marché se tient chaque vendredi. Les habitants du Paradis s’y rendent. Alors, un vent venant du nord soufflera sur eux et se répandra sur leurs visages et leurs vêtements, ce qui accroîtra encore leur beauté et leur éclat. Lorsqu’ils retourneront auprès de leurs familles, ils leur diront : “Par Allah, votre beauté et votre éclat ont considérablement augmenté !” De leur côté, elles diront également : “Par Allah, votre beauté et votre éclat ont eux aussi augmenté !”
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۹۰ – وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ أَهْلَ الْجَنَّةِ لَيَتَرا مَوْنَ الْعُرَفَ فِي الْجَنَّةِ كَمَا تَتَرَا مَوْنَ الْكَوْكَبَ فِي السماء متفق عليه.
1890. Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les habitants du Paradis se verront les uns les autres depuis leurs demeures respectives, comme vous voyez les étoiles dans le ciel. »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱۸۹۱ – وَعَنْهُ قَالَ شَهِدْتُ مِنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَجْلِسًا وَصَفَ فِيْهِ الْجَنَّةَ حَتَّى انْتَهَى ثُمَّ قَالَ فِي آخر حديثه فيهَا مَا لَا عَيْنٌ رَأَتْ وَلَا أَذُنٌ سَمِعَتُ ولا خطر عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ ثُمَّ قَرَأَ تَتَجَافَى جُنُوبُهُمْ عَنِ الْمَضَاجِعِ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ خَوْفًا وَطَمَعًا وَمِمَّا رَزَقْنَهُمْ يُنْفِقُونَ. فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أَخْفَى لَهُمْ مِنْ قُرَّةَ أَعْيُنِ جزاء بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ ) رَوَاهُ الْبُخَارِي.
1891. Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’assistais à une assemblée en compagnie du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Il y décrivit le Paradis. Puis, à la fin, il dit : “Au Paradis se trouvent des choses qu’aucun œil n’a jamais vues, qu’aucune oreille n’a jamais entendues et qu’aucune imagination n’a jamais pu concevoir.” Puis il récita ce verset, dont le sens est : “Leurs flancs se détachent de leurs lits ; ils invoquent leur Seigneur avec crainte et espoir, et dépensent de ce que Nous leur avons attribué. Nulle âme ne sait quelles délices qui réjouissent les yeux leur sont réservées en récompense de leurs œuvres.” (Sourate As-Sajda, 16-17)
L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.
۱۸۹۲ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ وَآبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذا دَخَلَ أَهْلُ الْجَنَّةِ الْجَنَّةَ يُنَادِي مُنَادٍ إِنَّ لَكُمْ أَنْ تَحْيَنُوا فَلا تَمُوتُوا ابدا وأن لكم أن تَصِحُوا فَلا تَسْقَمُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَسْبُوا فَلَا تَهْرَمُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَنْعَمُوا فَلَا تَبَاسُوا ابدا – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1892. Abû Saïd et Abû Hurayra (qu’Allah les agrée) rapportent que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : Après que les habitants du Paradis y seront entrés, un héraut annoncera : « Ô habitants du Paradis ! Vous vivrez et ne mourrez jamais ; vous serez toujours en bonne santé et ne serez jamais malades ; vous resterez éternellement jeunes et ne vieillirez jamais ; vous vivrez toujours dans le bonheur et ne connaîtrez jamais ni tristesse ni souffrance. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
۱۸۹۳ – قَالَ إِنَّ أَدْنَى مَقْعَدِ أَحَدِكُمْ مِنَ الْجَنَّةِ أَنْ يَقُولَ لَهُ تَمَنْ فَيَتَمَنَّى وَيَتَمَنَّى فَيَقُولُ لَهُ هَلْ تَمَنَّيْتَ فَيَقُولُ نَعَمْ فَيَقُولُ لَهُ فَإِنَّ لَكَ مَا تَمَنَّيْتَ وَمِثْلَهُ مَعَهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1893. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : On dira à celui d’entre vous qui aura le rang le plus bas au Paradis : « Demande ce que tu veux. » Alors il demandera et demandera encore, exprimant ses souhaits. Allah Très-Haut lui dira : « As-tu demandé ? » Il répondra : « Oui, j’ai demandé. » Alors Allah Très-Haut lui dira : « Ce que tu as demandé t’est accordé, ainsi que son équivalent. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
١٨٩٤ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللهَ عَزَّ وَجَلٌ يَقُولُ لِأَهْلِ الْجَنَّةِ يَا أَهْلَ الْجَنَّةِ فَيَقُولُونَ لَبَيْكَ رَبَّنَا وَسَعْدَيْكَ وَالْخَيْرُ فِي يَدَيْكَ فَيَقُولُ هَلْ رَضِيْتُمْ فَيَقُولُونَ وَمَا لَنَا لَا تَرْضَى يا ربَّنَا وَقَدْ أَعطيتنا ما لم تعط أَحَدًا مِنْ خَلْقِكَ فَيَقُولُ إِلَّا أَعْطِبُكُمْ أَفْضَلَ مِنْ ذلك فَيَقُولُونَ وَأَيُّ شَيْءٍ أَفْضَلُ مِنْ ذلكَ فَيَقُولُ أُحِلُّ عَلَيْكُمْ رِضْوَانِي فَلَا أَسْخَطُ عَلَيْكُمْ بَعْدَهُ أَبَدًا – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.
1894. Abû Saïd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : Allah, le Très-Haut et le Tout-Puissant, dira aux habitants du Paradis : « Ô habitants du Paradis ! » Ils répondront : « Nous voici présents, ô notre Seigneur. Tout le bien est entre Tes mains. » Allah dira : « Êtes-vous satisfaits ? » Ils répondront : « Ô notre Seigneur, pourquoi ne le serions-nous pas ? Tu nous as accordé des bienfaits que Tu n’as accordés à aucune autre créature. » Allah, le Très-Haut, dira : « Ne vous accorderai-je pas quelque chose de meilleur encore ? » Ils répondront : « Qu’y aurait-il de meilleur et de plus élevé que cela ? » Allah dira : « Je ferai descendre sur vous Ma satisfaction et, après cela, Je ne serai plus jamais en colère contre vous. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
١٨٩٥ – وَعَنْ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فنظر إلى الْقَمَرِ لَيْلَةَ الْبَدْرِ وَقَالَ إِنَّكُمْ سَتَرَوْنَ رَبَّكُمْ عِبَانًا كَمَا تَرَوْنَ هَذَا الْقَمَرَ لَا تُضَامُونَ فِي رُؤْيَتِهِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
1895. D’après Jarîr ibn ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée), il a dit : Nous étions auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Il regarda la pleine lune de la quatorzième nuit et dit : « Vous verrez bientôt votre Seigneur de vos propres yeux, tout comme vous voyez maintenant cette lune. Vous n’éprouverez aucune peine ni aucune difficulté en Le contemplant. » L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
۱٨٩٦ – وَعَنْ صُهَيْبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا دَخَلَ أَهْلُ الْجَنَّةِ الْجَنَّةَ يَقُولُ اللهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى تُرِيدُونَ شَيْئًا أَزِيدَكُمْ فَيَقُولُونَ المْ تُبَيِّضُ وُجُوهَنَا الَم تُدْخِلْنَا الْجَنَّةَ وَتُنَجِّنَا مِنَ النَّارِ فَيَكْشِفُ الْحِجَابَ فَمَا أَعْطُوا شَيْئًا أَحَبُّ إِلَيْهِمُ مِنَ النَّظرِ إِلَى رَبِّهِمْ – رَوَاهُ مُسْلِمٌ.
1896. D’après Suhayb (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Après que les gens du Paradis y seront entrés, Allah, Source de toute bonté et de toute bénédiction, leur dira : “Désirez-vous encore quelque chose ?” Ils répondront : “N’as-Tu pas illuminé nos visages ? Ne nous as-Tu pas fait entrer au Paradis et ne nous as-Tu pas sauvés du Feu de l’Enfer ?” À ce moment-là, Allah retirera le voile. Rien ne sera plus cher aux gens du Paradis que de contempler Allah. »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.
قالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ يَهْدِيهِمْ رَبُّهُمْ بِإِيْمَانِهِمْ تَجْرِي مِن تَحْتِهِمُ الْأَنْهَارُ فِي جَنَّاتِ النَّعِيمِ. دَعْوَاهُمْ فِيهَا سُبْحَانَكَ اللَّهُم وَتَحِيتُهُمْ فِيهَا سَلامٌ وَآخِرُ دَعْوَاهُمْ أَنِ الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَعلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ وَبَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ إِنَّكَ. حمِيدٌ مَجِيدٌ. قَالَ مُؤَلِفَهُ يَحْيَى النَّوْوِي غَفَرَ اللَّهُ لَهُ فَرَغْتُ مِنْهُ يَوْمَ الْاثْنَيْنِ رَابِعَ عشر رمضان سنة سبعين وست مائة
Allah, le Très-Haut, dit :
« Ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres, leur Seigneur les guidera en raison de leur foi. Il les fera entrer dans des jardins de délices sous lesquels coulent des ruisseaux. Leur invocation y sera : “Gloire à Toi, ô Allah !” et leur salutation y sera : “Paix !” La conclusion de toutes leurs paroles sera : “Louange à Allah, Seigneur des mondes !” » (sourate Yûnus, 9-10)
الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي هَدَانَا لِهذَا وَمَا كُنَّا لِنَهْتَدِي لَوْلَا أَنْ هَدَانَا اللَّهُ اللَّهُمَّ صَلَّعلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ وَبَارِكْ على محمد وعلى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ إِنَّكَ. حَمِيدٌ مَجِيدٌ، قَالَ مُؤْلِفُهُ يَحْيَى التَّوْوِيُّ غَفَرَ اللَّهُ لَهُ فَرَغْتُ مِنْهُ يَوْمَ الْاثْنَيْنِ رَابِعَ عشرَ رَمَضَانَ سَنَةً سَبْعِينَ وَست مائة.
« Toute louange appartient exclusivement à Allah, qui nous a guidés vers cette voie. Si Allah ne nous avait pas guidés, nous n’aurions pas trouvé le chemin de la bonne direction. Les messagers de notre Seigneur sont venus à nous avec la vérité. » Il sera alors proclamé : « Voici le Paradis dont vous avez hérité en récompense de vos œuvres dans la vie terrestre. » (Sourate Al-A‘râf : 42)
Ô Allah, répands Ta miséricorde et Ta grâce sur Ton serviteur et Messager, le Prophète illettré Muhammad, ainsi que sur sa famille, ses épouses, ses enfants et ses compagnons, comme Tu as comblé de Tes bienfaits Ibrâhîm et sa famille. Ô Allah, accorde bénédiction et abondance au Prophète illettré Muhammad, à sa famille, à ses épouses, à ses enfants et à ses compagnons, comme Tu as accordé bénédiction et abondance à Ibrâhîm et à sa famille parmi les habitants des mondes. Tu es certes Digne de toute louange et Glorieux.
L’imam An-Nawawî dit : J’ai achevé la compilation de cet ouvrage le 4 ramadan de l’an 670 de l’Hégire.
L’ouvrage s’achève en quatre volumes.