Parole de l’éditeur

L’imam Muhyiddin Yahya an-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) était un éminent spécialiste du hadith du VIIe siècle de l’Hégire. Sa haute moralité et sa vie simple et dépouillée lui avaient valu une place de grand honneur au sein de la société musulmane de son époque. Prenant pour modèle la vie du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), il menait une existence simple. Il n’aspirait ni aux fonctions, ni aux richesses, ni à la renommée. Il n’a jamais accepté d’aide gouvernementale, pas plus qu’il n’a accepté le moindre don de quiconque. L’adoration d’Allah et la propagation de l’islam constituaient la mission de sa vie.

Au cours de ses quarante-cinq années de vie, il a composé de nombreux ouvrages précieux. Parmi ceux-ci figurent : (1) Kitab al-Iman, commentaire du Sahih al-Bukhari, (2) Al-Minhaj fi sharh Muslim ibn al-Hajjaj, (3) Kitab ar-Rawda, (4) Sharh al-Muhadhdhab, (5) Tahdhib al-Asma wa as-Sifat, (6) Kitab al-Adhkar, (7) Irshad fi ‘Ulum al-Hadith, (8) Kitab al-Mubhamat, (9) Sharh Sahih al-Bukhari, (10) Sharh Sunan Abi Dawud, (11) Tabaqat fuqaha’ ash-Shafi‘iyya, (12) Risala fi qismat al-ghana’im, (13) Fatawa, (14) Jami‘ as-Sunna, (15) Khulasat al-Ahkam, (16) Manaqib ash-Shafi‘i, (17) Bustan al-‘Arifin, (18) Mukhtasar Usud al-Ghaba, (19) Risalat al-istihbab al-qiyam li-ahl al-fadl et (20) Riyad as-Salihin.

Riyad as-Salihin est un recueil de 1 903 hadiths sélectionnés parmi les ouvrages de hadiths authentiques. L’imam an-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) les a choisis comme provisions pour la vie quotidienne. Ces hadiths contiennent les directives nécessaires, depuis la formation du caractère moral jusqu’à la purification des aspects pratiques de la vie. Ce recueil aide le croyant à construire une vie véritablement musulmane.

Louange et infinie gratitude à Allah : durant le mois de Ramadan de l’année 1405 de l’Hégire, nous avions pu publier le premier volume de la traduction bengalie de Riyad as-Salihin. C’est par Sa grâce que, durant le mois de Ramadan de l’année 1406 de l’Hégire, nous avons pu publier la première édition du deuxième volume de cet ouvrage précieux. Voici maintenant sa quinzième édition. Nous implorons sincèrement Allah, le Très-Haut, Seigneur des mondes, d’accepter comme service rendu à Sa religion le temps, les efforts et les capacités consacrés par chacun à la rédaction, à la traduction, à la révision, à la publication et à l’impression de cet ouvrage.

Qui a traduit quelle partie :

1. Mawlana Muhammad Shamsul Alam Khan — hadiths nos 391 à 543

2. Mawlana Saïd Ahmad — hadiths nos 544 à 816

3. Mawlana Abdul Mannan Talib – hadiths n° 817 à 893

بسم الله الرحمن الرحيم

Section : 49 – Les prescriptions de la charia seront appliquées selon les actes extérieurs des gens ; quant à leur état intérieur, il est remis à Allah

Les prescriptions de la charia seront appliquées selon les actes extérieurs des gens ; quant à leur état intérieur, il est remis à Allah.

قَالَ الله تَعَالَى : فَإِنْ تَابُوا وَأَقَامُوا الصَّلاة وأتوا الزَّكَاةَ فَخَلُوا سَبِيلَهم.

Le Très-Haut dit :

« Mais s’ils se repentent, accomplissent la prière et s’acquittent de la zakat, alors laissez-leur le chemin libre. » (Sourate At-Tawbah : 5)

٣٩٠- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال أمرت أن أقاتل النَّاسِ حَتَّى يَشْهَدُوا أن لا اله الا اللهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ الله ويُقِيمُوا الصلاة ويؤتوا الزكاة فاذا فعلوا ذلِكَ عَصَمُوا مِنِّي دِمَاءَهُمْ وَأَمْوَالَهُمْ إِلَّا بِحَقِّ الْإِسْلامِ وَحِسَابُهُمْ عَلَى اللهِ تَعَالَى – متفق عليه.

390. D’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a de divinité qu’Allah, que Muhammad est le Messager d’Allah, qu’ils accomplissent la prière et s’acquittent de la zakat. Lorsqu’ils auront accompli cela, ils auront mis leur vie et leurs biens à l’abri de moi. Toutefois, les droits de l’islam, c’est-à-dire les peines prévues pour les infractions, resteront applicables à leur encontre. Quant à leur jugement véritable, il est confié à Allah le Très-Haut. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۹۱- وَعَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ طارِقِ بْنِ أَشَيْم رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ قَالَ لا اله الا اللهُ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللهِ وَكَفَرَ بمَا يُعْبَدُ مِنْ دُونِ اللهِ حَرَمَ مَا لَهُ وَدَمَهُ وَحِسَابُهُ عَلَى اللهِ تَعَالى – مسلم .

391. D’après Abu Abdallah Tariq ibn Ushaym (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “Quiconque témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah, que Muhammad est le Messager d’Allah, et renie tout ce qui est adoré en dehors d’Allah, aura mis sa vie et ses biens à l’abri ; son compte sera remis à Allah le Très-Haut.” »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۳۹۲- وَعَنْ أَبِي مَعْبَدِ الْمِقْدَادِ بْنِ الْأَسْودِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قُلْتُ لِرَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَرَيْتَ إِنْ لَقِيتُ رَجُلًا مِنَ الْكُفَّارِ فَاقْتَتَلْنَا فَضَرَبَ إحْدَى يَدَى بِالسَّيْفِ فَقَطعَهَا ثُمَّ لَاذَ مِنِّي بِشَجَرَةٍ فَقَالَ أَسْلَمْتُ اللَّهِ أَقْتُلَهُ يَا رسُولَ اللهِ بَعْدَ أَنْ قَالَهَا فَقَالَ لَا تَقْتُلَهُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ قَطَعَ إِحْدَى بَدَى ثُمَّ قَالَ ذَلِكَ بَعْدَ ما قطعها فَقَالَ لا تَقْتُلَهُ فَإِنْ قَتَلْتَهُ فَإِنَّهُ بِمَنْزِلَتِكَ قَبْلَ أَنْ تَقْتُلَهُ وَإِنَّكَ بمنزلته قبل أن يقول كلمته التي قال متفق عليه

392. D’après Abu Ma‘bad al-Miqdad ibn al-Aswad (qu’Allah l’agrée), il dit : « Un jour, je demandai au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) : “Que dites-vous si je rencontre un mécréant et que, au cours du combat qui nous oppose, il me coupe l’une de mes deux mains d’un coup d’épée, puis se réfugie derrière un arbre pour échapper à ma contre-attaque et dit : ‘J’embrasse l’islam pour Allah’ ? Ô Messager d’Allah ! Après qu’il a prononcé cette parole, dois-je le tuer ?” Il répondit : “Ne le tue pas.” Je dis : “Ô Messager d’Allah ! Il m’a pourtant coupé l’une de mes deux mains, puis il a prononcé cette parole.” Il répondit : “Ne le tue pas. En effet, si tu le tues, il atteindra le rang où tu te trouvais avant de le tuer, tandis que tu descendras au rang où il se trouvait avant de prononcer la formule de foi.” »
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. انه بمنزلكL’expression signifie : en raison de son entrée dans l’islam, le fait de verser le sang de cet homme est devenu interdit.ان بمنزلتهEt l’expression signifie : parce que tu l’auras tué, il deviendra licite pour ses héritiers de faire couler ton sang en représailles, au titre du talion. Mais tu ne deviendras pas mécréant comme lui. Allah sait mieux.

٣٩٣- وَعَنْ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَعَثَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إلى الحرقَة مِنْ جُهَيْنَة فَصَبِّحْنَا الْقَوْمَ عَلَى مِيَاهِهِمْ وَلَحِقْتُ أَنَا وَرَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ رَجُلاً مِنْهُمْ فَلَمَّا غَشَيْنَاهُ قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ فَكَفَّ عَنْهُ الأنصاري وطعنته برمحى حَتَّى قَتَلْتُهُ فَلَمَّا قَدِمْنَا الْمَدِينَةَ بَلَغَ ذَلِكَ النَّبِيِّ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لِي يَا أَسَامَةُ أَقَتَلْتَهُ بَعْدَ مَا قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ قُلْتُيا رَسُولَ الله أَنَّمَا كَانَ مُتَعَوداً فَقَالَ اقْتَلْتَهُ بَعْدَ مَا قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ فَمَا زَالَ يُكرِّرُهَا عَلَى حَتَّى تَمَنَّبْتُ إِنِّي لَمْ أَكُنْ أَسْلَمْتُ قَبْلَ ذَلِكَ الْيَوْمِ متفق عليه.

393. D’après Ousama ibn Zayd (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous envoya dans les vergers de palmiers de la tribu de Juhayna. À l’aube, nous encerclâmes leur point d’eau. Puis un Ansari et moi capturâmes l’un de leurs hommes. Lorsque nous nous jetâmes sur lui, il s’écria aussitôt : « Lā ilāha illā Allāh. » En entendant cela, l’Ansari s’arrêta, tandis que je le tuai d’un coup de lance. Lorsque nous revînmes à Médine, le récit de ce meurtre parvint aux oreilles du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Il me dit : « Ô Ousama, l’as-tu tué après qu’il eut prononcé Lā ilāha illā Allāh ? » Je répondis : « Ô Messager d’Allah ! Il ne l’a dit que pour sauver sa vie. » Il dit : « L’as-tu tué après qu’il eut prononcé Lā ilāha illā Allāh ? » Il ne cessa de répéter ces paroles, au point que je regrettai et me dis : « Si seulement je ne m’étais converti à l’islam qu’aujourd’hui, je n’aurais pas commis ce péché. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

وفي رواية فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَقَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَقَتَلْتَهُ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّمَا قَالَهَا خَوْفًا مِنَ السَّلَاحِ قَالَ أَفَلَا شَقَقْتَ عَنْ قَلْبِهِ حَتَّى تَعْلَمَ أَقَالَهَا أَمْ لَا فَمَا زَالَ يُكَبِّرُهَا حَتَّى تَمَنَّيْتُ أَنِّي أَسْلَمْتُ يَوْمَئِذٍ .

Dans une autre version, il est dit : Puis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Il a prononcé Lā ilāha illā Allāh, et tu l’as tué ? » Je répondis : « Ô Messager d’Allah ! Il ne l’a dit que par peur de l’épée. » Il dit : « Pourquoi n’as-tu pas fendu son cœur afin de savoir s’il l’avait prononcé avec son cœur ou non ? » Il ne cessa de répéter ces paroles, au point que je regrettai et me dis : « Si seulement j’étais devenu musulman aujourd’hui. »

الحرقةest le nom d’une vallée célèbre de la tribu de Juhayna.متعوذاsignifie qu’il a prononcé cette formule afin d’échapper au meurtre, et non parce qu’il y croyait.

٣٩٤ – وَعَنْ جُنْدَبِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعَثَ بَعْثًا مِنَ الْمُسْلِمِينَ إِلَى قَوْمٍ مِنَ الْمُشْرِكِينَ وَأَنَّهُمُ الْتَقَوْا فَكَانَ رَجُلٌ منَ الْمُشْرِكِينَ إِذا شَاءَ أَنْ يَقْصِدَ إِلى رَجُلٍ مِنَ الْمُسْلِمِينَ قَصَدَ لَهُ فَقَتَلَهُ وَأَنْرَجُلاً مِنَ الْمُسْلِمِينَ قَصَدَ غَفْلَتَهُ وَكُنَّا نَتَحَدِّثُ أَنَّهُ أَسَامَةُ بْنُ زَيْدٍ فَلَمَّا رَفَعَ السيف قال لا اله الا اللهُ فَقَتَلَهُ فَجَاءَ الْبَشِيرُ إِلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَالَهُ وَأَخْبَرَهُ حَتَّى أَخْبَرَهُ خَبَرَ الرَّجُلِ كَيْفَ صَنَعَ فَدَعَاهُ فَسَالَهُ فَقَالَ لِمَ قَتَلْتَهُ فَقَالَ يَا رَسُولَ الله أَوْجَعَ فِي الْمُسْلِمِينَ وَقَتَلَ فُلَانًا وَفُلَانًا وَسَمَّى لَهُ نَفْرًا وَإِنِّي حَمَلْتُ عَلَيْه فلما رأى السيف قال لا اله الا اللهُ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَقَتَلْتَهُ قَالَ نَعَمْ قَالَ فَكَيْفَ تَصْنَعُ بِلا إِلَهَ إِلا اللَّهُ إِذَا جَاءَتْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ قَالَ يَا رَسُولَ اللهِ اسْتَغْفِرْ لِي قَالَ وَكَيْفَ تَصْنَعُ بِلا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِذَا جَاءَتْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَجَعَلَ لَا يَزِيدُ عَلَى أَنْ يَقُولَ كَيْفَ تَصْنَعُ بِلا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِذَا جاءَتْ يَوْمَ القيامة – رواه مسلم .

394. D’après Jundub ibn Abdallah (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) envoya une armée musulmane combattre une armée de polythéistes. Les deux armées se rencontrèrent. Parmi les polythéistes se trouvait un homme extrêmement courageux, qui tuait tous les musulmans qu’il rencontrait. Un musulman attendait l’occasion de l’attaquer. Nous nous disions entre nous : « Ce ne peut être qu’Ousama ibn Zayd. » Lorsqu’il brandit son épée, l’homme s’écria : « Lā ilāha illā Allāh. » Malgré cela, il le tua. Puis le messager annonçant la victoire arriva auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), qui l’interrogea au sujet de ce qui s’était passé. Il lui raconta tout, y compris ce qu’avait fait cet homme. Le Prophète appela alors Ousama et lui demanda : « Pourquoi l’as-tu tué ? » Il répondit : « Ô Messager d’Allah ! Il semait la terreur parmi les musulmans et avait tué untel et untel. » Il lui cita les noms de plusieurs personnes. Puis il ajouta : « Lorsque je l’ai attaqué, il a vu l’épée et s’est écrié : “Lā ilāha illā Allāh.” » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Tu l’as tué ? » Il répondit : « Oui. » Il dit : « Que répondras-tu à Lā ilāha illā Allāh le Jour de la Résurrection ? » Ousama (qu’Allah l’agrée) dit : « Ô Messager d’Allah ! Demande pardon pour moi. » Il dit : « Que répondras-tu à Lā ilāha illā Allāh le Jour de la Résurrection ? » Il n’ajouta rien à cela et ne cessa de répéter : « Que répondras-tu à Lā ilāha illā Allāh le Jour de la Résurrection ? »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٣٩٥ – وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُقْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ قَالَ سَمِعْتُ عُمَرَ بْنَ الْخَطَابِ رَضِي اللهُ عَنْهُ يَقُولُ إِنْ نَاسًا كَانُوا يُؤْخَذُونَ بِالْوَحْيِ فِي عَهْدِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَإِنَّ الْوَحْيَ قَدِ انْقَطَعَ وَإِنَّمَا تَأْخُذُكُمُ الْآنَ بِمَا ظَهَرَ لَنَا مِنْ أَعْمَالِكُمْ فَمَنْ أَظْهَرَ لَنَا خَيْرًا أمناء وَقَربْنَاهُ وَلَيْسَ لَنَا مِنْ سَرِيرَتِهِ شَى اللَّهُ يُحَاسِبُهُ فِي سريرته وَمَنْ أَظْهَرَ لَنَا سُوءًا لَمْ تَأْمَنْهُ وَلَمْ نُصَدِّقُهُ وَإِنْ قَالَ إِنَّ سَرِيرَتَهُ حَسَنَةٌ
رواه البخاري.

395. D’après ‘Abdullah ibn ‘Utba ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu ‘Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) dire : « À l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — les gens étaient évalués au moyen de la Révélation. Mais à présent, la Révélation a cessé. Désormais, nous vous évaluerons donc d’après vos actes extérieurs. Celui qui manifestera devant nous de bonnes actions, nous le croirons et le considérerons comme proche de nous ; nous n’avons pas à examiner ce qui se trouve dans son for intérieur. C’est Allah qui lui demandera des comptes au sujet de son for intérieur. Quant à celui qui manifestera devant nous de mauvaises actions, c’est-à-dire qui commettra extérieurement le mal, même s’il affirme que son état intérieur est très bon, nous ne le croirons pas et nous n’accepterons pas sa parole. Note : Par exemple, quelqu’un gifle une personne, puis dit de vive voix : “Au fond de moi, je l’aime beaucoup.” On ne peut pourtant pas le considérer comme son ami. »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

Chapitre : 50 – La crainte d’Allah

La crainte d’Allah.

Allah, le Très-Haut, dit :

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَإِيَّايَ فَارْهَبُونِ.

« Et ne craignez que Moi. » (sourate al-Baqara : 40)

وقَالَ تَعَالَى : إِنْ بَطْشَ رَبِّكَ لَشَدِيدٌ

« Le châtiment de ton Seigneur est certes terrible. » (Sourate Al-Burûj : 12)

وقَالَ تَعَالَى : وَيُحَذِرَكُمُ اللهُ نَفْسَهُ

« Et Allah vous met en garde contre Lui-même. » (C’est-à-dire qu’Il vous avertit du châtiment.) (Sourate Âl ‘Imrân : 30)

وقال تعالى : وكَذَلِكَ أَخُذُ رَبِّكَ إِذا أَخَذَ الْقُرَى وَهِيَ ظَالِمَةٌ إِنَّ أَخْذَهُ الهُمَّ شَدِيدٌ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَةً لِمَنْ خَافَ عَذَابَ الْآخِرَةِ ذَلِكَ يَوْمَ مَجْمُوعٌ لَهُ النَّاسُ وَذَلِكَ يَوْمٌ مَشْهُودٌ، وَمَا نُؤَخِّرُهُ إِلَّا لِأَجَلٍ مَعْدُوهُ يَوْمَ يَأْتِ لَا تَكَلَّمُ نَفْسٌ إِلَّا بِإِذْنِهِ فَمِنْهُمْ شَفِي وَسَعِيدٌ. فَأَمَّا الَّذِينَ شَقُوا فَفِي النَّارِ لَهُمْ فِيهَا زَفِيرٌ وَشَهِيقٌ.

« Telle est la saisie de ton Seigneur lorsqu’Il sévit contre les cités qui sont injustes. Sa saisie est certes douloureuse et très sévère. Il y a certainement dans cela un grand enseignement pour celui qui craint le châtiment de l’au-delà. Ce jour-là, tous les hommes seront rassemblés, et ce sera un jour auquel tous assisteront. Et Nous ne le retardons que pour un terme très bref. Ce jour-là, nul ne parlera sans la permission d’Allah. Certains d’entre eux seront alors malheureux et d’autres bienheureux. Quant à ceux qui seront malheureux, ils seront dans le Feu, où ils pousseront des cris et des sanglots. » (Sourate Hûd : 102-106)

وَقَالَ تَعَالَى : يَوْمَ يَفِرُّ الْمَرْءُ مِنْ أخيه. وأمه وأبيه، وصاحبته وبنيه لكل امْرِئٍ مِنْهُمْ يَوْمَئِذٍ شَأْنَ يُغْنِيهِ

« Ce jour-là, l’homme fuira son frère, sa mère et son père, sa femme et ses enfants. Ce jour-là, chacun d’eux sera tellement préoccupé par son propre sort qu’il ne pourra prêter attention à personne. » (Sourate ‘Abasa : 34-37)

وقال تعالى : يَأَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُوا رَبَّكُمْ إِن زَلْزَلَةَ السَّاعَةِ شَيْ عَظِيمٌ يَوْمَ تَرَوْنَهَا تَذْهَلُ كُلُّ مُرْضِعَةٍ عَمَّا أَرْضَعَتْ وَتَضَعُ كُلُّ ذَاتِ حَمْلٍ حَمْلَهَا وَتَرَى النَّاسَ سُكَارَى وَمَا هُمْ بِسُكَارَى وَلَكِنَّ عَذَابَ اللهِ شَدِيدٌ.

« Ô hommes ! Craignez votre Seigneur. Certes, le tremblement de l’Heure sera une chose terrible. Ce jour-là, vous verrez les femmes allaitantes oublier leurs nourrissons, et toutes les femmes enceintes avorter ; et vous verrez les gens comme des ivrognes, alors qu’ils ne le seront pas. En vérité, le châtiment d’Allah est très sévère. » (Sourate Al-Hajj : 1-2)

وقال تعالى : وَلِمَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ جَنَّتَانِ

« Et pour celui qui aura craint de comparaître devant son Seigneur, il y aura deux jardins. » (Sourate Ar-Rahman : 46)

وقال تعالى : وَأَقْبَلَ بَعْضُهُمْ عَلَى بَعْضٍ يَتَسَاءَلُونَ قَالُوا إِنَّا كُنَّا قَبْلُ فِي أَهْلِنَا مُشْفِقِينَ فَمَنْ اللَّهُ عَلَيْنَا وَوَقَانَا عَذَابَ السَّمُومِ إِنَّا كُنَّا مِنْ قَبْلُ نَدْعُوهُ إِنَّهُ هُوَ البر الرحيم

« Ils se tourneront les uns vers les autres et s’interrogeront. Ils diront : “Auparavant, nous étions très inquiets au sein de nos familles. Allah nous a comblés de Ses bienfaits et nous a préservés du châtiment brûlant de la Géhenne. Auparavant, nous L’invoquions. Certes, Il est le Très Bienveillant, le Très Miséricordieux.” » (Sourate At-Tur : 25-28)

Il existe dans le Coran un grand nombre de versets à ce sujet. L’objectif était d’en mentionner quelques-uns, et cela a été accompli. Il existe également de nombreux hadiths à ce sujet. Si Allah m’accorde la réussite, j’en présenterai quelques-uns ici.

٣٩٦- عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ حَدَّثَنَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم وَهُوَ الصَّادِقُ الْمَصْدُوقُ إِنْ أَحَدَكُمْ يُجْمَعُ خَلْقَهُ فِي بَطْنِ أُمِّهِ أَرْبَعِينَ يَوْمًا نُطْفَةً ثُمَّ يَكُونُ عَلَقَةً مِثْلَ ذلكَ ثُمَّ يَكُونُ مُضْغَةً مِثْلَ ذَلِكَ ثُمَّ يُرْسَلُ الْمَلَكُ فَيَنْفُخُ فِيهِ الرُّوحَ وَيُؤْمَرُ بِارْبَعِ كَلِمات بكتب رِزْقِهِ وَأَجَلِهِ وَعَمَلِهِ وَشَقِي أَوْ سَعِيدٌ قوالذي لا إلهَ غَيْرُهُ إِنْ أَحَدَكُمْ لِيَعْمَلُ بِعَمَل أَهْلِ الْجَنَّةِ حَتَّى مَا يَكُونُ بَيْنَهُ وبَيْنَهَا إِلَّا ذِرَاعٍ فَيَسْبِقُ عَلَيْهِ الْكِتَابُ فَيَعْمَلُ بِعَمَلِ أَهْلِ النَّارِ فَيَدْخُلُهَا وَإِنَّ أَحَدَكُمْ لَيَعْمَلُ بِعَمَلِ أَهْلِ النَّارِ حَتَّى مَا يَكُونُ بَيْنَهُ وَبَيْنَهَا إِلَّا ذِرَاعٍ فَيَسْبِقُ عَلَيْهِ الْكِتَابُ فَيَعْمَلُ بِعَمَل أَهْلِ الْجَنَّةِ فَيَدْخُلُها . متفق عليه

396. Il est rapporté d’Ibn Mas‘ûd — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : Le Messager d’Allah, le véridique et digne de confiance, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, nous a dit : « Chacun d’entre vous est constitué dans le ventre de sa mère sous forme de sperme pendant quarante jours. Puis il devient un caillot et demeure ainsi pendant une période équivalente, puis il devient une masse de chair et y demeure pendant une période équivalente. Ensuite, un ange est envoyé ; il y insuffle l’âme et reçoit l’ordre d’écrire quatre choses : sa subsistance, sa durée de vie, ses œuvres, et s’il sera malheureux ou bienheureux. Par Celui en dehors de qui il n’y a aucune divinité, l’un de vous accomplit les œuvres des gens du Paradis, au point qu’il ne reste entre lui et le Paradis qu’une coudée. Puis ce qui est écrit dans son registre se manifeste, et il accomplit alors les œuvres des gens de l’Enfer et y entre. Et l’un de vous accomplit les œuvres des gens de l’Enfer, au point qu’il ne reste entre lui et l’Enfer qu’une coudée. Puis ce qui est écrit dans son registre se manifeste, et il accomplit alors les œuvres des gens du Paradis et y entre. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۹۷- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُؤْتَى بِجَهَنَّمَ يَوْمَئِذٍ لَهَا سَبْعُونَ الْفَ زِمَامٍ مَعَ كُلِّ زَمَامٍ سَبْعُونَ الْفَ مَلَكَ يَجُرُوْنَهَا – رواه مسلم

397. Il est rapporté d’Ibn Mas‘ûd — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : Le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : « Ce jour-là, l’Enfer aura soixante-dix mille rênes, et chaque rêne sera tenue par soixante-dix mille anges qui la tireront. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۳۹۸- وعن النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنْ أَهْوَنَ أَهْلِ النَّارِ عَذَابًا يَوْمَ الْقِيَامَةِ لَرَجُلٌ يُوْضَعُ فِي اخمص قَدَمَيْهِ جَمْرَتَانِ يَغْلِى مِنْهُمَا دِمَاعَهُ مَا يَرَى أَنْ أَحَدًا أَشَدُّ مِنْهُ عَذَابًا وَإِنَّهُ لا هُوَنُهُمْ عَذَابًا – متفق عليه

398. Il est rapporté d’al-Nu‘mân ibn Bashîr — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, dire : « Le Jour de la Résurrection, le châtiment le moins sévère parmi les gens de l’Enfer sera celui d’un homme sous les pieds duquel seront placées deux braises de feu, au point que son cerveau en bouillonnera. Il pensera que personne n’a subi un châtiment plus dur que le sien, alors qu’il sera celui qui aura subi le châtiment le plus léger parmi les gens de l’Enfer. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۳۹۹ – وَعَنْ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدَبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنْ نَبِيِّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مِنْهُمْ مَنْ تَأخُذُهُ النَّارُ إِلَى كَعْبَيْهِ وَمِنْهُمْ مَنْ تَأْخُذَهُ إِلَى رَكْبَتَيْهِ وَمِنْهُمْ مَنْ تَأْخُذُهُ إِلَى حُجْزَتِهِ وَمِنْهُمْ مَنْ تَأْخُذُهُ إِلَى تَرْقُوتِهِ – رواه مسلم .

399. D’après Samura ibn Jundub (qu’Allah l’agrée), le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : dans le feu de la Géhenne, certains damnés brûleront jusqu’aux chevilles, d’autres jusqu’aux genoux, d’autres jusqu’à la taille et d’autres jusqu’à la gorge (chacun sera plongé dans le châtiment selon ses péchés).

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٤٠٠- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَقُومُ النَّاسُ لِرَبِّ الْعَالَمِينَ حَتَّى يَغِيبَ أَحَدُهُمْ فِي رَشهِهِ إِلَى أَنْصَافِ أذنيه – متفق عليه

400. D’après Ibn Umar (qu’Allah les agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : le jour où les gens se tiendront devant Allah, le Seigneur des mondes, certains d’entre eux seront immergés dans leur propre sueur jusqu’à la moitié des oreilles.

Ar-Rahou signifie la sueur.

Les imams al-Bukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

٤٠١ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَطَبَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خُطْبَة مَا سَمِعْتُ مِثْلَهَا قَط فَقَالَ لَوْ تَعْلَمُونَ مَا أَعْلَمُ لَضَحِكْتُمْ قَلِيلًا وَلَبَكَيْتُمْ كثيرا فغطى أَصْحَابُ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وُجُوهَهُمْ وَلَهُمْ خَيْنٌ متفق عليه

401. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un jour, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous fit un sermon tel que je n’en avais jamais entendu de semblable. Il dit : « Si vous saviez ce que je sais, vous ririez certainement très peu et vous pleureriez beaucoup. » En entendant cela, les Compagnons du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se couvrirent le visage avec leurs vêtements et se mirent à sangloter.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

وفي رواية بَلَغَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ أَصْحَابِهِ شَيْ فَخَطَبَ فَقَالَ عُرِضَتْ عَلَى الْجَنَّةُ وَالنَّارُ فَلَمْ أَرَ كَالْيَوْمِ فِي الْخَيْرِ وَالشَّرِّ وَلَوْ تَعْلَمُونَ مَا أَعْلَمُ الضَحِكْتُمُ قَليلاً وَلَبَكَيْتُمْ كَثِيرًا فَمَا أتَى عَلى أَصْحَابِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ أَشَدُّ مِنْهُ غَطَوْا رُؤُوسَهُمْ وَلَهُمْ خَيْنٌ

Selon une autre version, un jour, après avoir entendu ses Compagnons parler d’une certaine affaire, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) leur fit un sermon. Il y dit : « Le Paradis et l’Enfer m’ont été présentés. Je n’ai jamais vu autant de bien et de mal que ce jour-là. Si vous saviez ce que je sais à ce sujet, vous ririez certainement très peu et vous pleureriez beaucoup. »

Jamais les Compagnons du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’avaient connu de jour aussi difficile que celui-là. Ils se couvrirent donc la tête et continuèrent à sangloter.

Al-khanîn signifie pleurer et sangloter avec un sifflement nasal.

٤٠٢ – وعن المقداد رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ تُدنَى الشَّمْسُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ مِنَ الْخَلْقِ حَتَّى تَكُونَ مِنْهُمْ كَمِقْدَارٍ ميل قَالَ سُلَيمُ بْنُ عَامِر الراوى عَنِ الْمِقْدَادِ فَوَاللَّهِ مَا أَدْرِي مَا يَعْنِي بِالْمِيلِ امسافَةَ الْأَرْضِ أَمِ الْمِيلَ الَّذِي تَكْتَحَلُ بِهِ الْعَيْنُ فَيَكُوْنُ النَّاسُ عَلَى قَدْرِ أَعْمَالِهِمْ فِي الْعَرَقِ فَمِنْهُمْ مَنْ يَكُونُ إِلَى كَعْبَيْهِ وَمِنْهُمْ مَنْ يَكُونُ إِلَى رَكْبَتَيْهِ وَمِنْهُمْ مَنْ يَكُونُ إلى حقوتِهِ وَمِنْهُمْ مَنْ يُلْحِمُهُ الْعَرَقُ الْجَامًا وَأَشَارَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم بيده الى فيه – رواه مسلم

402. Al-Miqdad (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Le Jour de la Résurrection, le soleil sera rapproché des créatures au point de se trouver à seulement un mille d’elles. » Le rapporteur de ce hadith, Sulaym ibn ‘Amir (qu’Allah lui fasse miséricorde), le rapporte d’après al-Miqdad et dit : « Par Allah, je ne sais pas si, par “mille”, il faut entendre le mille qui mesure une distance terrestre, ou la distance correspondant au bâtonnet avec lequel on applique le khôl sur les yeux. » Le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit également : « Ensuite, les gens seront immergés dans leur sueur selon leurs œuvres. Certains auront de la sueur jusqu’aux chevilles, d’autres jusqu’aux genoux, d’autres jusqu’à la taille, et certains auront la sueur comme une bride. » En disant cela, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) indiqua son visage de la main, c’est-à-dire que certains seront immergés dans la sueur jusqu’au visage.

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٤٠٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يعْرَقُ النَّاسُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ حَتَّى يَذْهَبَ عَرَقْهُمْ فِي الْأَرْضِ سَبْعِينَ ذِرَاعًا وَيُلْحِمُهُمْ حَتَّى يَبْلُغَ أَذَانَهُمْ – متفق عليه .

403. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Le Jour de la Résurrection, les hommes transpireront tellement que leur sueur s’écoulera sur la terre sur une hauteur de soixante-dix coudées, et ils en auront une bride, au point qu’elle atteindra leurs oreilles. »

Les imams al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

٤٠٤ – وَعَنْهُ قَالَ كُنَّا مَعَ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا سَمِعَ وَجْبَةٌ فَقَالَ هَلْ تَدْرُونَ مَا هَذَا قُلْنَا اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ هَذَا حَجَرٌ رَمِي بِهِ فِي النَّارِ مُنْدُ سَبْعِينَ خَرِيفًا فَهُوَ يَهْوِي فِي النَّارِ الآنَ حَتَّى انْتَهَى إِلَى قَعْرِهَا فَسَمِعْتُمْ وجبتها – رواه مسلم.

404. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte : « Un jour, nous étions auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il entendit alors le bruit de la chute d’un objet. Il demanda : “Savez-vous quel est ce bruit ?” Nous répondîmes : “Allah et Son Messager savent mieux.” Il dit : “C’est une pierre qui a été jetée en Enfer il y a soixante-dix ans. Depuis lors, elle n’a cessé de rouler dans l’Enfer et vient maintenant de tomber au fond de celui-ci. Vous venez d’entendre le bruit de sa chute.” »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٤٠٥ – وَعَنْ عَدِي بْنِ حَاتِمٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ إِلا سَيُكَلِّمُهُ رَبُّهُ لَيْسَ بَيْنَهُ وَبَيْنَهُ تَرْجُمَانٌ فَيَنظُرُ أَيْمَنَ منه فلا يرى إلا ما قدم وينظر أشامَ مِنْهُ فلا يرى إِلَّا مَا قَدَّمَ وَيَنْظُرُ بَيْنَ يَدَيْهِ فَلَا يرى إِلا النَّارَ تِلْقَاءَ وَجْهِهِ فَاتَّقُوا النَّار ولو بشق تمرة – متفق عليه

405. D’après ‘Adî ibn Hâtim (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Chacun d’entre vous aura son Seigneur qui lui parlera. Il n’y aura aucun interprète entre lui et Allah. Il regardera à sa droite et ne verra rien d’autre que les œuvres qu’il aura accomplies auparavant ; il regardera également à sa gauche et ne verra rien d’autre que les œuvres qu’il aura accomplies auparavant ; puis il regardera devant lui et ne verra rien d’autre que l’Enfer face à ses yeux. Préservez-vous donc de l’Enfer, ne serait-ce qu’en donnant en aumône un morceau de datte. » L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٤٠٦- وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اني أرى مَا لا تَرَوْنَ أَطْتِ السَّمَاء وَحُقِّ لَهَا أَنْ تَبْطُ مَا فِيهَا مَوْضِعُ أَرْبَعِ أصابع الا وملك واضع جَبْهَتَهُ سَاجِدا لله تَعَالَى وَاللَّهِ لَوْ تَعْلَمُونَ مَا أَعْلَمُ لضحكتم قليلاً وَلَبَكَيْتُمْ كَثِيرًا وَمَا تَلأَذْتُمْ بِالسَّنَاءِ عَلَى الْفُرْشِ وَلَخَرَجْتُمْ إِلَى الصعدات تَجارُونَ إلى الله تعالى – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.

406. D’après Abû Dharr (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Je vois ce que vous ne voyez pas. Le ciel émet un grondement, et il a raison de gronder. En effet, il ne s’y trouve pas même l’espace de quatre doigts qui soit vide ; les anges y posent leur front en prosternation devant Allah. Par Allah, si vous saviez ce que je sais, vous ririez certainement moins et pleureriez davantage ; vous ne vous réjouiriez pas non plus au lit avec vos épouses, et vous sortiriez dans les forêts et les déserts pour implorer la protection du Très-Haut. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith. Il a dit : « Ce hadith est hasan. »

٤٠٧- وَعَنْ أَبِي بَرْزَةَ براء ثُمَّ رَأَى نَضْلَةَ بْنِ عُبَيْدِ الْأَسْلَمِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَزُولُ قَدَمًا عَبْدٍ حَتَّى يُسْأَلَ عَنْ عُمُرِهِ فِيمَ أَفْنَاهُ وَعَنْ عِلْمِهِ فِيمَ فَعَلَ فِيْهِ وَعَنْ مَالِهِ مِنْ أَيْنَ اكْتَسَبَهُ وَفِيمَ أَنْفَقَهُ وَعَنْ جسمه فيم أبلاه – رواه الترمذى وقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيح

407. D’après Abû Barza Nadla ibn ‘Ubayd al-Aslamî (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le Jour de la Résurrection, sur le lieu du rassemblement, le serviteur restera debout à sa place jusqu’à ce qu’on l’interroge sur la manière dont il a passé sa vie, sur l’usage qu’il a fait de son savoir, sur l’origine de ses biens et la façon dont il les a dépensés, ainsi que sur la manière dont il a usé son corps. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : « Ce hadith est hasan et sahîh. »

٤٠٨- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَرَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (يَوْمَئِذٍ تُحَدِّثُ اخْبَارَهَا) ثُمَّ قَالَ اتَدْرُونَ مَا أَخْبَارُهَا قَالُوا اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ فَإِنْ أَخْبَارَهَا أَنْ تَشْهَدَ عَلَى كُلِّ عَبْدِ أَوْ أَمَةٍ بِمَا عَمِلَ عَلَى ظهرها تَقُولُ عَمِلت كذا وكذا في يوم كذا وكذا فهذه أَخْبَارُهَا – رواه الترمذي وقال حديث حسن

408. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) récita ce verset : « Ce jour-là, elle (la terre) relatera toutes ses nouvelles » (sourate Az-Zalzalah, 4). Puis il demanda : « Savez-vous ce que la terre relatera ce jour-là ? » Tous les présents répondirent : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « Ce que la terre relatera, c’est qu’elle témoignera des œuvres accomplies sur elle par chaque homme et chaque femme, en disant : “Tu as fait telle et telle chose, tel et tel jour.” Voilà ce qu’elle relatera. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith bon et authentique. »

٤٠٩- وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَيْفَ انْعَمُ وَصَاحِبُ الْقَرْنِ قَدْ الْتَقَمَ الْقَرْنَ وَاسْتَمَعَ الْأَذْنَ مَتَى يُؤْمَرُ بِالنَّفْخِ فَيَنْفُخُ فَكَانَ ذَلِكَ ثَقُلَ عَلَى أَصْحَابِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَهُمْ قُولُوا حَسْبُنَا اللهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ – رواه الترمذي وقال حديث حسن

409. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Comment pourrais-je rester serein alors que l’ange chargé de souffler dans la Trompe — Isrâfîl — a déjà porté la Trompe à sa bouche, tend l’oreille et attend de recevoir l’ordre de souffler, après quoi il soufflera ? » Il sembla que les Compagnons du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) furent effrayés et alarmés par ces paroles. Il dit ensuite : « Dites : “Allah nous suffit, et quel excellent Protecteur !” »

L’imam at-Tirmidhi l’a rapporté et a dit : « C’est un hadith bon. »

٤١٠- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ خَافَ أَدْلَجَ وَمَنْ أَدْلَجَ بَلَغَ الْمَنْزِلَ أَلا إِنَّ سِلْعَةَ اللَّهِ غَالِيَةٌ أَلَا إِنَّ سِلْعَةَ الله الجنة – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ .

410. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui craint d’être attaqué à la fin de la nuit se met en route dès le début de la nuit, et celui qui se met en route dès le début de la nuit atteint sa destination. Sachez que la marchandise d’Allah est très précieuse. Sachez que la marchandise d’Allah, c’est le Paradis. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith bon. »

٤١١- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ يُحْشَرُ النَّاسُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ حُفَاةً عُرَاةٌ غُرُلا قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ الرِّجَالُ وَالنِّسَاءُ جَمِيعًا يَنْظُرُ بَعْضُهُمْ إِلَى بَعْضٍ قَالَ يَا عَائِشَةُ الْأَمْرُ أَشَدَّ من أن يُهِمُهُمْ ذَلِكَ . وَفِي رِوَايَة الْأَمْرُ اهُم مِنْ أَنْ يَنظُرَ بَعْضُهُمْ إِلَى بَعْضٍ متفق عليه

৪১১. D’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Le Jour de la Résurrection, les gens seront rassemblés pieds nus, nus et incirconcis. » Je demandai : « Ô Messager d’Allah ! Lorsque tous les hommes et toutes les femmes seront réunis, se verront-ils donc les uns les autres ? » Il répondit : « Ô Aïcha, la situation de ce jour sera bien plus terrifiante que ce que les gens peuvent imaginer. » Selon une autre narration : « La situation de ce jour sera encore plus terrifiante que le fait que les gens se regardent les uns les autres. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Chapitre 51 — Espérer en Allah et placer sa confiance en Lui

Espérer en Allah et placer sa confiance en Lui.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : قُلْ يَا عِبَادِيَ الَّذِينَ أَسْرَفُوا عَلَى أَنْفُسِهِمْ لَا تَقْنَطُوا مِنْ رَحْمَةِ اللهِ إِنَّ اللَّهَ يَغْفِرُ الذُّنُوبَ جَمِيعًا إِنَّهُ هُوَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ

Le Très-Haut dit :

« Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Certes, Allah pardonne tous les péchés. Il est certes le Très Pardonneur, le Très Miséricordieux.” » (Sourate az-Zumar : 53)

وَقَالَ تَعَالَى : وَهَلْ نُجَازِي إِلَّا الْكَفُورَ

« Et Je ne châtie que les ingrats. » (Sourate Saba : 17)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ قَدْ أُوحِيَ إِلَيْنَا أَنَّ الْعَذَابَ عَلَى مَنْ كَذَبَ وَتَوَلَّى

« Il nous a été révélé que celui qui attribue des mensonges et se détourne de la vérité sera le seul à subir le châtiment. » (Sourate Tâ-Hâ : 48)

وقال تعالى : وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلِّ شَيْءٍ

« Et Ma miséricorde embrasse toute chose. » (Sourate Al-A‘râf : 156)

٤١٢- وَعَنْ عُبَادَةَ بن الصامت رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ شَهِدَ أَنْ لا إِلهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدَهُ وَرَسُولُهُ وَأنَّ عِيسَى عَبْدُ اللهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ الْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوْحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ والنار حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ متفق عليه ، وفي رواية لمُسْلِمِ مَنْ شَهِدَ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ النَّارَ.

412. D’après ‘Ubâda ibn as-Sâmit (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui attestera qu’il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah, qu’Il est Un et n’a aucun associé, que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, que Jésus est le serviteur d’Allah et Son Messager, qu’il est Sa parole (Son ordre) qu’Il a adressée à Marie, et un esprit venant de Lui, que le Paradis est vrai et que l’Enfer est vrai, Allah le fera entrer au Paradis, quelles que soient les œuvres qu’il aura accomplies. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par Muslim, il est dit : « Celui qui attestera qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, Allah lui interdira l’Enfer. »

٤١٣ – فجزاء سيئة سَيِّئَة مثلها أو اغْفِرُ وَمَنْ تَقَرَّبَ مِنِّي شَيْرًا تَقَرَّبَتْ مِنْهُ ذِرَاعًا وَمَنْ تقرب مني ذراعًا تَقَرَّبْتُ مِنْهُ بَاعًا وَمَنْ أَتَانِي يَمْشِي أَتَيْتُهُ هَرُوَلَةً وَمَنْ لَقِينِي بقراب الْأَرْضِ خَطِيئَةٌ لا يُشْرِكْ بِي شَيْئًا لقيته بمثلها مغفرة – رواه مسلم.

413. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Allah, le Très-Haut, dit : Celui qui accomplira une bonne action en recevra une récompense multipliée par dix, ou davantage. Et celui qui commettra une mauvaise action en recevra une sanction équivalente, ou bien Je lui pardonnerai. Celui qui se rapprochera de Moi d’un empan, Je Me rapprocherai de lui d’une coudée ; celui qui se rapprochera de Moi d’une coudée, Je Me rapprocherai de lui de deux coudées. Celui qui viendra vers Moi en marchant, J’irai vers lui en courant. Celui qui Me rencontrera avec des péchés aussi abondants que la terre, sans rien M’associer, Je le rencontrerai avec un pardon d’une ampleur équivalente. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٤١٤- وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ أَعْرَابِيُّ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ مَا الْمُوْجِبَتَانِ فَقَالَ مَنْ مَاتَ لَا يُشْرِكْ بِاللَّهِ شَيْئًا دَخَلَ الْجَنَّةَ وَمَنْ مَاتَ يُشْرِكْ بِهِ شَيْئًا دَخَلَ النَّارَ – رواه مسلم .

414. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un Bédouin vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dit : « Ô Messager d’Allah, quelles sont les deux choses inéluctables ? » Il répondit : « Celui qui mourra sans rien associer à Allah entrera au Paradis, et celui qui mourra en Lui associant quoi que ce soit entrera en Enfer. » L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٤١٥ – وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمُعَاذَ رَدِيقُهُ على الرحل قَالَ يَا مُعَادُ قَالَ لَبَّيْكَ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَسَعْدَيْكَ قَالَ يَا مُعَادُ قَالَ لبيك يا رسول الله وَسَعدَيْكَ قَالَ يَا مُعَادُ قَالَ لَبَّيْكَ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَسَعْدَيْكَ ثلاثا قَالَ مَا مِنْ عَبْدِ يَشْهَدُ أن لا اله الا الله وأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ صَدْقًا مِنْ قَلْبِهِ إِلَّا حَرَّمَهُ اللَّهُ عَلَى النَّارِ قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَفَلَا أُخْبِرُ بِهَا النَّاسَ فَيَسْتَبْشِرُوا قَالَ إِذا يَتَكلُوا فَأَخْبَرَ بِهَا مُعَاذَ عِنْدَ مَوْتِهِ تَأْتُما – متفق عليه.وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُوْلُ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ مَنْ جَاءَ بِالْحَسَنَةِ فَلَهُ عَشْرُ أَمْثَالِهَا أَوْ أَزْبَدُ وَمَنْ جَاءَ بِالسَّيِّئَةِ

415. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que Mu‘adh (qu’Allah l’agrée) était assis derrière le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) sur sa monture. Il dit : « Ô Mu‘adh ! » Mu‘adh répondit : « Ô Messager d’Allah, je suis à votre service ! » Il l’appela de nouveau : « Ô Mu‘adh ! » Mu‘adh répondit : « Ô Messager d’Allah, me voici auprès de vous, honoré par votre présence bénie ! » Il l’appela encore : « Ô Mu‘adh ! » Mu‘adh répondit une fois de plus : « Ô Messager d’Allah, je suis à votre service ! » Après l’avoir appelé ainsi trois fois, il dit : « Toute personne qui attestera avec une foi sincère qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, Allah lui interdira le feu de l’Enfer. » Mu‘adh demanda : « Ô Messager d’Allah, ne devrais-je pas en informer les gens afin qu’ils puissent s’en réjouir ? » Il répondit : « Non, car ils s’en remettraient à cela et cesseraient d’agir. » Par la suite, craignant le péché de dissimuler un savoir connu, Mu‘adh en informa les gens au moment de sa mort.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٤١٦- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَوْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِي شَكٍّ الراوي ولا يضُر الشك في عَيْنِ الصَّحَابِي لِأَنَّهُمْ كُلُّهُمْ عُدُولٌ قَالَ لَمَّا كَانَ غَزْوَةٌ تَبُوكَ أصَابَ النَّاسَ مَجَاعَةً فَقَالُوا يَا رَسُولَ الله لَو أَنْتَ لَنَا فَنَحَرْنَا نَوَاضِحَنَا فَأَكَلْنَا وَادْهُنَا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ افْعَلُوْا فَجَاءَ عُمَرُ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ إِن فَعَلْتَ قَل الظهر ولكن أدْعُهُمْ بِفَضْلِ أَزْوَادِهِمْ ثُمَّ ادْعُ اللَّهَ لَهُمْ عَلَيْهَا بالبركة لعل الله أنْ يُجْعَل في ذلك البركة فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَعَمْ فَدَعَا ينطع فَبَسَطَهُ ثُمَّ دَعَا بِفَضْل أزوادهمْ فَجَعَلَ الرَّجُلُ يَجي بكف ذرةٍ ويجى الْآخَرُ بِكَفِ نَصْرٍ وَيَجيُّ الْآخَرُ بِكَسْرَةٍ حَتَّى اجْتَمَعَ عَلَى النطع من ذلِكَ شَيْ يَسِيرٌ فَدَعَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالْبَرَكَةِ ثُمَّ قَالَ خُذُوا فِي أَوْعِيَتِكُمْ فَأَخَذُوا فِي أَوْعِيَتِهِمْ حَتَّى مَا تَرَكُوا فِي الْعَسْكَرِ وَعَاء الا ملؤوه واكلوا حَتَّى شَبَعُوا وَفَضْلَ فَضْلَةً فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اشْهَدُ أن لا إله إلا الله وأنَّى رَسُولُ اللهِ لَا يَلْقَى اللَّهَ بِهِمَا عَبْدٌ غَيْرُ
شَاكٍ فَيُحْجَبَ عَنِ الْجَنَّةِ – رواه مسلم.

416. Il est rapporté d’Abou Hourayra — ou d’Abou Saïd al-Khoudri — (qu’Allah les agrée). (Le rapporteur a douté, mais le doute entre les Compagnons ne porte aucun préjudice, car chacun d’eux était intègre.) Il dit : Lors de la bataille de Tabouk, la famine frappa l’armée musulmane. Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, si vous nous le permettez, nous pouvons égorger nos chameaux pour les manger et en faire de l’huile avec leur graisse. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit alors : « D’accord, faites-le. » À ce moment-là, ‘Umar (qu’Allah l’agrée) vint et dit : « Ô Messager d’Allah, si vous faites cela, les montures deviendront moins nombreuses. Appelez plutôt les gens à apporter leurs provisions restantes et invoquez Allah afin qu’Il les bénisse. Il se peut qu’Allah y mette la bénédiction. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Oui, je le ferai. » Puis il fit apporter et étendre une nappe de cuir, et appela les gens à apporter leurs provisions restantes. L’un d’eux apporta donc une poignée de maïs, un autre une poignée de dattes et un autre encore un morceau de pain. Finalement, une petite quantité de provisions fut réunie sur la nappe. Après avoir invoqué Allah pour qu’Il les bénisse, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Remplissez-en vos récipients et emportez-les. » Tous remplirent alors leurs récipients, au point que tous les récipients de cette armée furent remplis. Ils mangèrent à satiété, et il en resta encore. Puis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « J’atteste qu’il n’y a aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah et que je suis le Messager d’Allah. Celui qui rencontrera Allah avec ces deux attestations, sans en douter, ne sera pas privé du Paradis. » (Muslim)

٤١٧ – وَعَنْ عِتْبَانَ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ وَهُوَ مِمَّنْ شَهِدَ بَدْرًا قَالَ كُنْتُ أصلي القومي بني سالم وكَانَ يَحُولُ بَيْنِي وَبَيْنَهُمْ وَادٍ إِذَا جَاءَتِ الْأَمْطَارُ فَيَشقُ عَلَى اجتيازه قبل مسجدهمْ فَجِئْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقُلْتُ لَهُ إِنِّي أنكرت بصرى وأن الوادى الذي بيني وَبَيْنَ قَوْمِي يَسبُلُ إِذَا جَاءَت الأمطار فَيَسُقُ عَلَى اجْتِيَاؤُهُ فَوَدَدْتُ أَنَّكَ تَأْتِي فَتُصَلِّي فِي بَيْتِي مَكَانًا اتَّخِذُهُ مُصَلَّى فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَافْعَلُ فَغَدًا عَلَى رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَبُو بَكْرٍ بَعْدَ مَا اشْتَدَّ النَّهَارُ وَاسْتَأْذَنَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِذَنْتُ لَهُ فَلَمْ يَجْلِسُ حَتَّى قَالَ ابْنَ تُحِبُّ أَنْ أَصَلِّي مِنْ بَيْتِكَ فَأَشَرْتُ لَهُ إلى المكان الذي أحِبُّ أنْ يُصَلِّى فِيهِ فَقَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّىاللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَكَبُرَ وَصَفَفْنَا وَرَاءَ فَصَلَّى رَكْعَتَيْنِ ثُمَّ سَلَّمَ وَسَلَّمْنَا حِيْنَ سَلَّمَ فَحَبَسْتُهُ عَلَى خَزِيرَةٍ تُصْنَعُ لَهُ فَسَمِعَ أَهْلُ الدَّارِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي بَيْتِي فَتَابَ رِجَالٌ مِنْهُمْ حَتَّى كَثُرَ الرِّجَالُ فِي الْبَيْتِ فَقَالَ رَجُلٌ مَا فعل مالك لا أراهُ فَقَالَ رَجُلٌ ذلك منافق لا يُحِبُّ اللهَ وَرَسُولَهُ فَقَالَ رَسُولُ الله صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَقُلْ ذَلِكَ إِلا تَرَاهُ قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ الله تَعَالَى فَقَالَ اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ أَمَّا نَحْنُ فَوَاللَّهُ مَا تَرَى وُدُهُ وَلَا حَدِيثَهُ الا إلى المُنَافِقِينَ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِنَّ اللَّهَ قَدْ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ يَبْتَغِي بذلك وجه الله – متفق عليه

417. Il est rapporté d’Itbân ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée). Il fut l’un des martyrs de la bataille de Badr. Il dit : Je dirigeais la prière dans la mosquée de ma tribu, les Banû Sâlim. Un champ faisait obstacle entre eux et moi. Lorsqu’il pleuvait, il m’était difficile de le traverser pour me rendre à leur mosquée. Je me rendis donc auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui dis : « Ma vue s’est affaiblie et, lorsque le champ situé entre moi et ma tribu est inondé les jours de pluie, il m’est difficile de le traverser. Je voudrais donc que vous veniez prier à un endroit de ma maison, afin que je prenne cet endroit comme lieu de prière. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « D’accord, je le ferai. » Le lendemain, lorsque le soleil fut déjà bien haut, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et Abou Basr vinrent chez moi. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) demanda la permission d’entrer dans la maison, et je la lui accordai. Sans s’asseoir, il dit : « À quel endroit de ta maison préfères-tu que je prie ? » Je lui indiquai alors l’endroit où je souhaitais qu’il prie. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) s’y tint debout, prononça « Allahou akbar » et commença la prière. Nous nous plaçâmes en rang derrière lui. Il accomplit deux unités de prière, puis prononça la salutation finale. Nous la prononçâmes également, puis nous le retînmes afin qu’il accepte la khazîra préparée pour lui, qui est une sorte de nourriture. Les habitants du quartier apprirent que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se trouvait chez moi ; ils vinrent donc par groupes et se réunirent. Le nombre de personnes dans la maison augmenta. Un homme demanda : « Où est Mâlik ? Je ne le vois pas. » Un autre répondit : « C’est un hypocrite ; il n’aime ni Allah ni Son Messager. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ne dis pas cela. Ne vois-tu pas qu’il a prononcé “Il n’y a aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah” en recherchant l’agrément d’Allah ? » L’homme répondit : « Allah et Son Messager savent mieux. Par Allah, nous ne voyons chez lui d’amitié ni de conversation avec personne d’autre qu’un hypocrite. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Celui qui prononce “Il n’y a aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah” en recherchant l’agrément d’Allah, Allah lui a interdit l’Enfer. » (Al-Bukhari et Muslim)

٤١٨ – وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَدِمَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِسَبَى فَإِذَا امْرَأَةٌ مِّنَ السَّبَني تَسْعَى إِذْ وَجَدَتْ صَبِيًّا فِي السَّبي احدَتْهُ فَالْزَقَتْهُ بِبَطْنِهَا فَأَرْضَعَتُهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَتَرَوْنَ هذه المرأة طارحة وَلدَهَا فِي النَّارِ قُلْنَا لا وَاللَّهِ فَقَالَ اللَّهُ أَرْحَمُ بِعِبَادِهِ مِنْ هَذِهِ بولدها – متفق عليه

٤١٨. D’après ʿUmar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) arriva avec un certain nombre de prisonniers. Parmi eux, une prisonnière courait affolée ; chaque fois qu’elle trouvait un enfant parmi les prisonniers, elle le prenait dans ses bras, le serrait contre son ventre et l’allaitait. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Pensez-vous que cette femme puisse jeter son enfant dans le feu ? » Nous répondîmes : « Par Allah, jamais ! » Il dit : « Allah est certes bien plus miséricordieux envers Ses serviteurs que cette femme ne l’est envers son enfant. » (Al-Bukhari, Muslim)

٤١٩- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَما خَلَقَ اللهُ الْخَلْقَ كَتَبَ فِي كِتَابٍ فَهُوَ عِنْدَهُ فَوْقَ الْعَرْشِ إِنَّ رَحْمَتِي تَغْلِبُ غَضَبِي. وفي رواية غَلَبَتْ غَضَبي وفي رواية سبقت غضبي – متفق عليه

٤١٩. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque Allah eut créé toutes les créatures, Il écrivit auprès de Lui, dans un Livre placé au-dessus du Trône : “Ma miséricorde l’emportera sur Ma colère.” » Dans une autre version : « Ma miséricorde a l’emporté sur Ma colère. » Et dans une autre : « Ma compassion a devancé Ma colère. » (Al-Bukhari, Muslim)

٤٢٠- وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ جَعَلَ اللهُ الرحمة مائة جزء فَأَمْسَكَ عنده تسعة وتسعينَ وَانْزَلَ فِي الْأَرْضِ جُزْءاً واحداً فَمِنْ ذلك الجزء يَتَرَاحَمُ الخَلائِقُ حَتَّى تَرفَع الدابَّةَ حَافِرَهَا عَنْ وَلَدِهَا خَشْيَةً أَنْ تصيبه . وفي رواية ان الله تعالى مائة رحمة انزل منها رحمة واحدة بين الجن والإنس والبهائم والهوام فيها يتعاطفون وبِهَا يَتَرَاحَمُونَ وَبِهَا تَعْطِفُ الْوَحْشِ على ولدها وآخر الله تعالى تسعا وتسعينَ رَحْمَةً يَرْحَمُ بِهَا عِبَادَهُ يَوْمَ القيامة – متفق عليه . ورواه مسلم أيضا من رِوَايَةِ سَلْمَانَ الْفَارِسِي قَالَ قَالَ رسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ الله تَعَالَى مِائَةَ رَحْمَةٍ فَمِنْهَا رَحْمَةٌ يَتَرَاحَمُ بِهَا الْخَلْقُ بَيْنَهُمْ وَتِسْع وَتِسْعُونَ لِيَوْمِ الْقِيَامَةِ ، وَفِي رِوَايَةٍ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى خَلَقَ يَوْمَ خَلَقَ السَّمَوَاتِ وَالْأَرْضَ مِائَةَ رَحْمَةٍ كُلُّ رَحْمَةٍ طَبَاقُ مَا بَيْنَ السَّمَاء إِلى الْأَرْضِ فَجَعَلَ مِنْهَا فِي الْأَرْضِ رَحْمَةً فِيهَا تَعْطِفُ الْوَالِدَةُ عَلَى وَلَدِهَا وَالْوَحْشِ والطَّيْرُ بَعْضُهَا عَلَى بَعْضٍ فَإِذَا كَانَ يَوْمُ الْقِيَامَةِ أَكْمَلَهَا بِهَذِهِ الرَّحْمَةِ

٤٢٠. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : “Allah a divisé la miséricorde en cent parts. Il en a gardé auprès de Lui quatre-vingt-dix-neuf et n’en a fait descendre sur terre qu’une seule. C’est grâce à cette seule part que toutes les créatures se témoignent de la miséricorde les unes envers les autres ; même la bête à quatre pattes retire son pied de dessus son petit, de peur de lui faire du mal.” » Dans une autre version : « Allah possède cent miséricordes ; Il n’en a envoyé qu’une seule parmi les djinns, les hommes, les animaux et les insectes. C’est grâce à elle qu’ils se témoignent mutuellement miséricorde, compassion et affection, et que la bête sauvage montre de la tendresse envers son petit. Allah a réservé les quatre-vingt-dix-neuf miséricordes restantes ; par elles, Il fera miséricorde à Ses serviteurs le Jour de la Résurrection. » (Al-Bukhari, Muslim)

À ce propos, l’imam Muslim rapporte également, d’après Salmân al-Fârisi (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Allah possède cent miséricordes. C’est grâce à une seule d’entre elles que les créatures se témoignent mutuellement tendresse et affection. Les quatre-vingt-dix-neuf autres sont réservées au Jour de la Résurrection. »

Dans une autre version, il est rapporté : « Le jour où Allah le Très-Haut créa les cieux et la terre, Il créa également cent miséricordes. Chacune de ces miséricordes est aussi vaste que l’espace entre les cieux et la terre. Il en a placé une seule sur terre. C’est grâce à elle que la mère éprouve de la tendresse pour son enfant, et que les animaux et les oiseaux se témoignent de l’affection les uns aux autres. Le Jour de la Résurrection, Allah manifestera la plénitude de Sa miséricorde. »

٤٢١- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِيْمَا يَحْكَى عَنْ رَبِّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى قَالَ أَذْنَبَ عَبْد ذَنْبًا فَقَالَ اللهُمَّ اغْفِرْ لِي ذَنْبِي فَقَالَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى اذنَبَ عَبْدِي ذَنْبًا فَعَلِمَ أَنَّ لَهُ رَبَّا يَغْفِرُ الذُّنْبَ وَيَأْخُذُ بِالذَّنْبِ ثُمَّ عَادَ فَأَذْنَبَ فَقَالَ أَي رَبِّ اغْفِرْ لِي ذَنْبِي فَقَالَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى أَذْنَبَ عَبْدِي ذَنْبًا فَعَلِمَ أَنَّ لَهُ ربا يغفر الذنب ويَأْخُذُ بالذنب ثُمَّ عَادَ فَأَذْنَبَ فَقَالَ أَيْ رَبِّ اغْفِرْ لِي ذَنْبِي فَقَالَ تبارك وتعالى أذْنَبَ عَبْدِي ذَنْبًا فَعَلِمَ أَنَّ لَهُ رَبَّا يُغْفِرُ الذُّنْبَ وَيَأْخُذُ بِالذَّنْبِ قَدْ غَفَرْتُ العبدي فليفعل ما شاء متفق عليه

421. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), citant son Seigneur, le Très-Haut et Bienfaisant, a dit : « Un serviteur commet un péché puis dit : “Ô Allah ! Pardonne-moi mon péché.” Allah, abondamment béni, dit alors : “Mon serviteur a commis un péché. Il sait qu’il a un Seigneur qui pardonne les péchés et punit pour eux.” Puis il commet de nouveau un péché et dit : “Ô mon Seigneur ! Pardonne-moi mon péché.” Allah, le Très-Haut et Bienfaisant, dit alors : “Mon serviteur a commis un péché. Il sait qu’il a un Seigneur qui pardonne les péchés et punit pour eux.” Il commet encore un péché et dit : “Ô Seigneur ! Pardonne-moi mon péché.” Allah, le Très-Haut, dit alors : “Mon serviteur a commis un péché et il sait qu’il a un Seigneur qui pardonne les péchés et inflige également un châtiment pour eux. Je pardonne donc à Mon serviteur. Qu’il fasse donc ce qu’il veut.” » (Al-Bukhari et Muslim)

Le sens de la parole du Très-Haut : « Qu’il fasse donc ce qu’il veut » est le suivant : aussi longtemps qu’il commettra un tel péché puis se repentira, Je continuerai à lui pardonner. En effet, le repentir efface tous les péchés antérieurs. [Note : concernant le repentir, il est dit clairement dans le Noble Coran : وتوبوا إلى الله تونة نصوحc’est-à-dire : « Repens-toi sincèrement devant Allah. » Cela signifie qu’il faut se repentir avec la ferme résolution de ne plus recommencer le péché ou la faute commise. Après une telle résolution, il ne peut y avoir de répétition d’un péché, sauf pour une raison absolument incontournable. En outre, le Noble Coran précise clairement, au sujet de l’acceptation du repentir, que si un péché ou une injustice est commis par ignorance, il faut se repentir sans délai. Mais si quelqu’un persiste à commettre des péchés et dit, au moment de sa mort : « Je me repens maintenant », un tel repentir n’est pas accepté par Allah. En résumé, ce hadith n’accorde nullement une permission générale aux serviteurs de commettre des péchés.]

٤٢٢ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَوْ لم تذنبوا لذهَبَ اللهُ بِكُمْ وَلَجَاء بِقَوْمٍ يُذْنِبُونَ فَيَسْتَغْفِرُونَ اللَّهَ تَعَالَى فَيَغْفِرُ لهم – رواه مسلم .

422. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Par Celui dans la main duquel se trouve ma vie ! Si vous ne commettiez pas de péchés, Allah vous ferait disparaître et vous remplacerait par un peuple qui commettrait des péchés, demanderait à Allah de lui pardonner, puis Allah lui pardonnerait. » (Muslim) [Note : l’objectif principal est ici de décrire l’immensité de la miséricorde d’Allah.]

٤٢٣ – وَعَنْ أَبِي أَيُّوبَ خَالِدِ بْنِ زَيْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَوْ لا أَنَّكُمْ تُذَنْبُونَ لَخَلَقَ اللَّهُ خَلْقًا يُذْنِبُونَ فَيَسْتَغْفِرُونَ فَيَغْفِرُ لَهُم رواه مسلم

423. Abou Ayyoub Khâlid ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Si vous ne commettiez pas de péchés, Allah créerait un peuple qui commettrait des péchés, demanderait pardon, et Il lui pardonnerait. » (Muslim)

٤٢٤- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا قُعُودًا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَنَا أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا فِي نَفَرٍ فَقَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ بَيْنِ أَظْهُرِنَا فَأَبْطأَ عَلَيْنَا فَخَشِيْنَا أَنْ يُقْتَطَعَ دُونَنَا فَفَزِعْنَا فَقُمْنَا فَكُنتُ أوَّلَ مَنْ فَزِعَ فَخَرَجْتُ ابْتَغِي رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى آتَيْتُ حَائِطا لِلْأَنْصَارِ وَذَكَرَ الْحَدِيث بطولِهِ إِلَى قَوْلِهِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اذْهَبْ فَمَنْ لقيت وراء هذا الحائط يَشْهَدُ أَنْ لا اله الا الله مستيقنا بها قَلْبُهُ فبشره بالجنة – رواه مسلم

424. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte : Nous étions avec le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Abou Bakr et ‘Umar, qu’Allah les agrée, étaient également avec nous. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, se leva et partit du milieu de nous, puis tarda beaucoup à revenir. Nous avons alors commencé à craindre qu’il ne se soit séparé de nous et qu’un malheur ne lui soit arrivé. Nous nous levâmes donc, alarmés. Je fus le premier d’entre nous à me lever, sous l’effet de la peur. Je partis ainsi à la recherche du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et j’arrivai dans le jardin d’un Ansar. Il rapporte ce long hadith jusqu’au passage suivant : Puis le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Va ! Toute personne que tu rencontreras à l’extérieur de ce jardin et qui attestera avec une foi sincère qu’il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah, annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis. » (Muslim)

٤٢٥- وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَلا قَوْلَ اللَّهِ عَزَّ وَجَلٌ فِي إِبْرَاهِيمَ رَبِّ إِنَّهُنَّ أَضْلَلْنَ كَثِيرًا مِّنَ النَّاسِ فَمَنْ تَبِعَنِي فَإِنَّهُ مِنَى وَقَوْلَ عِيسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ إِنْ تُعَذِّبْهُمْ فَإِنَّهُمْ عبَادِكَ وَإِن تَغْفِرْ لَهُمْ فَإِنَّكَ أَنتَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ) فَرَفَعَ يَدَيْهِ وَقَالَ اللَّهُمَّ أُمَّتِي أمنى وتكى فَقَالَ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ يَا جِبْرِيلُ اذْهَبْ إِلَى مُحَمَّدٍ وَرَبُّكَ أَعْلَمُ فَسَلْهُ مَا يبكيه فَآتَاهُ جِبْرِيلُ فَأَخْبَرَهُ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَا قَالَ وَهُوَ أَعْلَمُ فَقَالَ اللهُ تَعَالَى يَا جِبْرِيلُ اذْهَبْ إِلَى مُحَمَّد فَقُلْ إِنَّا سَنُرْضِيكَ فِي أُمَّتِكَ وَلَا تسوءك – رواه مسلم

425. ‘Abdullah ibn ‘Amr, qu’Allah l’agrée, rapporte : Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, récita cette parole du Très-Haut concernant Abraham (traduction) : « Ô mon Seigneur, ces idoles ont égaré beaucoup de gens. Celui qui me suivra sera donc des miens. » (sourate Ibrâhîm, 36). Il récita également la parole de Jésus (qui figure dans le Coran) (traduction) : « Si Tu les châties, ils sont certes Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, Tu es certes le Tout-Puissant, le Sage. » (sourate al-Mâ’idah, 118).

Puis il leva ses deux mains et dit : « Ô Allah ! Ma communauté ! Ma communauté ! » Et il se mit à pleurer. Le Très-Haut appela Gabriel et lui dit : « Va auprès de Muhammad et demande-lui ce qui le fait pleurer, bien que ton Seigneur le sache parfaitement. » Gabriel, la paix soit sur lui, se rendit alors auprès de lui. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui dit ce qu’il avait à dire. Allah le savait parfaitement. Le Très-Haut dit donc à Gabriel : « Va auprès de Muhammad et dis-lui : Je te donnerai satisfaction au sujet de ta communauté et je ne t’affligerai pas. » (Muslim)

٤٢٦ – وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنْتُ رِدْفَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى حِمارٍ فَقَالَ يَا مُعَاذُ هَلْ تَدْرِي مَا حَقُّ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ وَمَا حَقٌّ العباد على الله قُلْتُ اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ فَإِنْ حَقَّ اللَّهِ عَلَى الْعِبَادِ أَنْ يَعْبُدُوهُ ولا يُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا وَحَقُّ الْعِبَادِ عَلَى اللهِ أَنْ لَا يُعَذِّبَ مَنْ لَا يُشْرِكْ بِهِ شَيْئًا فَقُلْتُ يَا رَسُولَ الله أَفَلا أَبَشِّرُ النَّاسَ قَالَ لا تُبَشِّرُهُمْ فَيَتَّكلوا – متفق عليه

426. Mu‘âdh ibn Jabal, qu’Allah l’agrée, rapporte : J’étais assis derrière le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, sur le dos d’un âne. Il me dit : « Ô Mu‘âdh, sais-tu quel est le droit d’Allah sur Ses serviteurs et quel est le droit des serviteurs sur Allah ? » Je répondis : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « Le droit d’Allah sur Ses serviteurs est qu’ils L’adorent et ne Lui associent rien. Et le droit des serviteurs sur Allah est qu’Il ne châtie pas celui qui ne Lui associe rien. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, ne vais-je pas annoncer cette bonne nouvelle aux gens ? » Il répondit : « Ne la leur annonce pas, car ils s’en remettraient à cela. » (Al-Bukhari et Muslim)

٤٢٧- اللَّهِ فَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى : يُثَبِّتُ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا بِالْقَوْلِ الثَّابِتِ فِي الْحَيَاةِ الدنيا وفي الآخرة . متفق عليه

427. Al-Barâ’ ibn ‘Âzib, qu’Allah les agrée tous deux, rapporte : Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Lorsque le musulman sera interrogé dans la tombe, il attestera : Il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah et Muhammad est le Messager d’Allah. » Cette attestation confirme la parole du Très-Haut : « Allah affermit ceux qui ont cru par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà. » (sourate Ibrâhîm, 27 ; Al-Bukhari et Muslim)

٤٢٨- وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الكَافِرَ إِذَا عَمِلَ حَسَنَةً أَطْعِمَ بِهَا طَعْمَةً مِّنَ الدُّنْيَا وَأَمَّا الْمُؤْمِنُ فَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى يدْخِرُ لَهُ حَسَنَاتَهُ فِي الْآخِرَةِ وَيُعْقِبُهُ رِزْقًا فِي الدُّنْيا على طاعته ، وفي رواية إن الله لا يَظْلِمُ مُؤْمِنًا حَسَنَةً يُعْطَى بِهَا فِي الدُّنْيَا وَيُجْزِي بِهَا فِي الْآخِرَةِ وَأَما الْكَافِرُ فَيُطْعَمُ بِحَسَنَاتِ مَا عَمِلَ الله تَعَالَى فِي الدُّنْيَا حَتَّى إِذَا أَقْضَى إِلَى الْآخِرَةِ لَمْ يَكُن لَهُ حَسَنَةٌ يُجْزَى بها – رواه مسلم

428. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsqu’un mécréant accomplit une bonne œuvre, on lui permet d’en goûter la récompense ici-bas. Quant aux bonnes œuvres du croyant, Allah Très-Haut les conserve pour l’au-delà et lui accorde également ici-bas une subsistance en raison de son obéissance. Selon une autre version : Allah ne fera perdre au croyant aucune de ses bonnes œuvres. Il en recevra la récompense ici-bas et il en recevra également la rétribution dans l’au-delà. Quant aux bonnes œuvres que le mécréant accomplit pour Allah (c’est-à-dire de manière désintéressée), il en recevra la récompense ici-bas. Mais lorsqu’il parviendra dans l’au-delà, il ne lui restera aucune bonne œuvre pour laquelle une rétribution puisse lui être accordée. » (Muslim)

٤٢٩ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مثل الصلواتِ الْخَمْسِ كَمَثَلِ نَهَرٍ جَارٍ غَمْرِ عَلَى بَابِ أَحَدِكُمْ يَغْتَسِلُ مِنْهُ كُلِّ يوم خمس مرات – رواه مسلم.وَعَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْمُسْلِمُ إِذَا سُئِلَ فِي الْقَبْرِ يَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ

429. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « L’exemple des cinq prières quotidiennes est celui d’une grande rivière coulant devant la maison de l’un d’entre vous, dans laquelle il se baignerait cinq fois par jour. » (Muslim)

٤٣٠- وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَا مِنْ رَجُلٍ مُسْلِمٍ يَمُوتُ فَيَقُومُ عَلَى جَنَازَتِهِ أَرْبَعُونَ رَجُلاً لا يُشْرِكُونَ بالله شَيْئًا الا شفعهم الله فيه . رواه مسلم

430. Ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : Lorsqu’un musulman meurt et que quarante personnes, qui n’associent rien à Allah, assistent à sa prière funéraire, Allah accepte leur intercession en faveur du défunt. » (Muslim)٤٣١- وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي قُبة نحوا مِنْ أَرْبَعِينَ فَقَالَ أَتَرْضَوْنَ أَنْ تَكُونُوا رَبَّعَ أَهْلِ الْجَنَّةِ قُلْنَا نَعَمْ قَالَ أَتَرْضَوْنَ أَنْ تَكُونُوا ثلث أهْلِ الْجَنَّةِ قُلْنَا نَعَمْ قَالَ وَالَّذِي نَفْسُ محمد بيده اني لأَرْجُو أَنْ تَكُونُوا نِصْفَ أهْلِ الْجَنَّةِ وَذَلِكَ أَنَّ الْجَنَّةَ لَا يَدْخُلُهَا إلا نفس مُسْلِمَةٌ وَمَا أَنْتُمْ فِي أَهْلِ الشِّرْكِ إِلا كَالشَّعْرَةِ الْبَيْضَاءِ فِي جَلْدِ الشَّورِ الأسود أو كالشعرة السوداء في جَلْدِ النُّورِ الْأَحْمَر – متفق عليه

431. Ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Nous étions environ quarante hommes réunis avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dans une tente. Il demanda : “Seriez-vous heureux que le quart d’entre vous fasse partie des habitants du Paradis ?” Nous répondîmes : “Oui.” Il demanda : “Seriez-vous heureux que le tiers d’entre vous fasse partie des habitants du Paradis ?” Nous répondîmes : “Oui.” Il dit : “Par Celui qui détient l’âme de Muhammad dans Sa main, j’espère que vous constituerez la moitié des habitants du Paradis. En effet, seuls les musulmans entreront au Paradis. Et, parmi les polythéistes, vous êtes comme quelques poils blancs sur la peau d’un taureau noir, ou comme quelques poils noirs sur la peau d’un taureau rouge” (c’est-à-dire que les musulmans sont très peu nombreux comparés aux polythéistes). » (Al-Bukhari et Muslim)

٤٣٢ – وعَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا كَانَ يَوْمُ الْقِيَامَةِ دَفَعَ اللَّهُ إِلَى كُلِّ مُسْلِمٍ يَهُودِيًا أَوْ نَصَرَانِيًّا فَيَقُولُ هَذَا فَكَاكُكَ مِنَ النَّارِ وَفِي رِوَايَةٍ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَحِيُّ يَوْمَ الْقِيَامَةِ نَاسٌ مِنَ الْمُسْلِمِينَ بِذُنُوبِ أَمْثَالِ الْجِبَالِ يَغْفِرُهَا اللَّهُ لهم رواه مسلم.
قَوْلَهُ دَفعَ إِلى كُلِّ مُسْلِمٍ يَهُودِيًا أَوْ نَصَرَانِيًّا فَيَقُولُ هَذَا فَكَاكُكَ مِنَ النَّارِ مَعْنَاهُ مَا جَاءَ فِي حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةً لِكُلِّ أَحَدٍ مَنْزِلُ فِي الْجَنَّةِ وَمَنْزِلُ فِي النَّارِ فَالْمُؤْمِنُ إِذَا دَخَلَ الْجَنَّةَ خَلَفَهُ الْكَافِرُ فِي النَّارِ لِأَنَّهُ مُسْتَحِقُّ لذلك بكفره وَمَعْنَى فَكَاكُكَ إِنَّكَ كُنتَ مُعَرِّضا لدخول النَّارِ وَهَذَا فَكَاكُكَ لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قدر النَّارِ عَدَدًا يُمْلَؤُهَا فَإِذَا دَخَلَهَا الْكُفَّارُ بِذُنُوبِهِمْ وَكُفْرِهِمْ صَارُوا فِي مَعْنَى الْفَكَاكَ لِلْمُسْلِمِينَ – وَاللَّهُ أَعْلَمُ .

432. Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah remettra à chaque musulman un juif ou un chrétien et dira : “Voici ton expiation ou ta compensation pour être sauvé de l’Enfer.” » Dans une autre version rapportée par ce même transmetteur, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le Jour de la Résurrection, certains musulmans se présenteront avec des monceaux de péchés semblables à des montagnes. Puis Allah leur pardonnera ces péchés. » (Mouslim) L’imam an-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : La parole du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) : « Il remettra à chaque musulman un juif ou un chrétien et dira : “Voici ta compensation pour être sauvé de l’Enfer” » signifie ce qui suit : Un hadith rapporté d’après Abou Hourayra mentionne qu’il existe pour chaque être humain une place au Paradis et une place en Enfer. Lorsqu’un croyant entrera au Paradis, un mécréant ira aussitôt en Enfer à sa place, car c’est ce qu’il mérite en raison de sa mécréance. Quant au terme « fidâ’uka » mentionné dans le hadith, il signifie : « Tu étais destiné à entrer en Enfer, et voici ta compensation. » En effet, Allah a fixé pour l’Enfer un nombre de personnes par lesquelles Il le remplira complètement. Ainsi, puisque les mécréants y entreront en raison de leurs péchés et de leur mécréance, cela constituera pour les musulmans une expiation ou une compensation. Allah sait mieux.

٤٣٣ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ يُدْنَى الْمُؤْمِنُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ مِنْ رَبِّهِ حَتَّى يَضَعَ كَنَفَهُ عَلَيْهِ فَيُقَرِّرُهُ بذُنُوبِهِ فَيَقُولُ اتَعْرِفُ ذَنْبَ كَذَا اتَعْرِفُ ذَنْبَ كَذَا فَيَقُولَ رَبِّ أَعْرِفُ قَالَ فَإِنِّي قَدْ ستَرْتُهَا عَلَيْكَ فِي الدُّنْيَا وَأَنَا أَغْفِرُهَا لَكَ الْيَوْمَ فَيُعْطَى صَحِيفَةَ حَسَنَاتِهِ متفق عليه

433. Ibn Omar (qu’Allah les agrée) rapporte. Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Le Jour de la Résurrection, le croyant sera amené devant son Seigneur, qui le couvrira du voile de Sa miséricorde. Puis Il lui fera reconnaître tous ses péchés et lui dira : “Reconnais-tu ce péché ? Reconnais-tu ce péché ?” Il répondra : “Ô mon Seigneur, je les reconnais.” Il dira : “Dans le monde, Je les avais dissimulés pour toi, et aujourd’hui Je te les pardonne.” Puis on lui remettra le registre de ses bonnes œuvres. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٣٤ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلًا أَصَابَ مِنْ امْرَأَةٍ قُبْلَهُ فَأَتَى النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاخْبَرَهُ فَأَنْزَلَ اللهُ تَعَالَى (وَأَقِمِ الصَّلاةَ طرقي النَّهَارِ وَزُلَفًا مِنَ اللَّيْلِ إِنَّ الْحَسَنَاتِ يُذْهِبْنَ السَّيِّئَاتِ فَقَالَ الرَّجُلُ إِلَى هَذَا يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ لِجَمِيعِ أُمَّتِي كُلِّهِمْ متفق عليه

434. Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme embrassa une femme. Puis il se rendit auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et l’en informa. C’est alors qu’Allah Très-Haut révéla ce verset (traduction) : « Et accomplis la prière aux deux extrémités du jour ainsi qu’à certaines heures de la nuit. Certes, les bonnes œuvres effacent les mauvaises. » (sourate Houd, 114) L’homme dit : « Ô Messager d’Allah, cela ne concerne-t-il que moi ? » Il répondit : « Cela concerne toute ma communauté. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٣٥ -رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا قَضَى الصَّلاةَ قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي اصَبْتُ حَدَا فَاقِمْ فِي كِتَابَ اللهِ قَالَ هَلْ حَضَرْتَ مَعَنَا الصَّلَاةَ قَالَ نَعَمْ قَالَ قَدْ غفر لك، متفق عليه.

435. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et dit : « Ô Messager d’Allah, j’ai commis une infraction passible d’une peine légale. Applique donc cette peine contre moi. » Puis, lorsque l’heure de la prière arriva, il pria avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Après la prière, il répéta : « Ô Messager d’Allah, j’ai commis une infraction passible d’une peine légale. Applique donc contre moi la loi d’Allah. » Il lui demanda : « As-tu assisté à la prière avec nous ? » Il répondit : « Oui. » Il dit alors : « Tu as été pardonné. » (Ici, l’infraction passible d’une peine légale ne désigne pas la fornication, car le péché de fornication n’est pas pardonné par la prière ; en réalité, l’homme avait embrassé une femme.) (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٣٦ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللَّهَ لَيَرْضَى عَنِ الْعَبْدِ أن يأكل الأكلة فَيَحْمَدَهُ عَلَيْهَا أَوْ يَشْرَبَ الشَّرْبَةَ فَيَحْمَدَهُ عَلَيْهَا -رواه مسلم

436. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le préserve, a dit : « Allah est certainement satisfait du serviteur qui Le loue après avoir mangé une bouchée de nourriture et qui Le loue après avoir bu une gorgée de boisson (en disant : Al-hamdou lillah). » (Muslim)

٤٣٧- وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى يَبْسُطُ يَدَهُ بِاللَّيْلِ لِيَتُوبَ مُسِيُّ النَّهَارِ وَيَبْسُطُ يَدَهُ بِالنَّهَارِ لِيَتُوبَ مُسِئُ اللَّيْلِ حَتَّى تَطْلُعَ الشَّمْسُ مِنْ مَغْرِبِهَا – رواه مسلم

437. Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le préserve, a dit : « Le Très-Haut étend Sa main durant la nuit afin d’accepter le repentir de ceux qui ont péché durant le jour, et Il étend Sa main durant le jour afin d’accepter le repentir de ceux qui ont péché durant la nuit. Il continuera ainsi jusqu’à ce que le soleil se lève à l’ouest. » (Muslim)

٤٣٨ – وَعَنْ أَبِي نَجِيحِ عَمْرِو بْنِ عَبَسَهُ بِفَتْحِ الْعَيْنِ وَالْبَاءِ السُّلَمِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنتُ وأنا في الجاهلية أظن أن النَّاسَ عَلَى ضَلَالَةٍ وَأَنَّهُمْ لَيْسُوا عَلَى شَيْءٍ وَهُمْ يَعْبُدُونَ الْأَوْثَانَ فَسَمِعْتُ بِرَجُل بِمَكَّةَ يُخْبِرُ أَخْبَارًا فَقَعَدَتْ عَلَى راحلتي فقدمتُ عَلَيْهِ فَإِذَا رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُسْتَخْفِيًا جُرَءًاء عَلَيْهِ قَوْمُهُ فَتَلَطَّفْتُ حَتَّى دَخَلْتُ عَلَيْهِ بِمَكَّةَ فَقُلْتُ لَهُ مَا أَنْتَ قَالَ أَنَا نَبِيُّ قُلْتُ وَمَا نَبِي قَالَ أَرْسَلَنِي اللهُ قُلْتُ وَبِأَيِّ شَيْءٍ أَرْسَلَكَ قَالَ أَرْسَلَنِي بِصِلَةِ الْأَرْحَامِ وكسر الأوْثَانِ وَأنْ يُوَحدَ اللهُ لا يُشْرَكَ بِهِ شَيْ قُلْتُ فَمَنْ مَعَكَ عَلَى هَذَا قَالَ حُرَّ وعبدٌ وَمَعَهُ يَوْمَئِذٍ أَبُو بَكْرٍ وَبِلال قُلْتُ إِنِّي مُتَّبِعُكَ قَالَ إِنَّكَ لَنْ تَسْتَطِيعَ ذَلِكَ يَوْمَكَ هذا الا تَرى حَالِي وَحَالَ النَّاسِ وَلَكِنِ ارْجِعُ إِلَى أَهْلِكَ فَإِذَا سَمِعْتَ بِي قَدْ ظهَرْتُ فَاتِنِي قَالَ فَذَهَبْتُ إلى أَهْلِي وَقَدِمَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ المدينة وكُنتُ فِي أَهْلِى فَجَعَلْتُ اتَّخَيْرُ الْأَخْبَارَ وَاسْأَلُ النَّاسِ حِيْنَ قَدِمَ الْمَدِينَةَ حَتَّى قَدِمَ نَفَرٌ مِنْ أَهْلِي الْمَدِينَةَ فَقُلْتُ مَا فَعَلَ هَذَا الرَّجُلُ الَّذِي قَدِمَ الْمَدِينَةَ فَقَالُوا النَّاسُ إِليه سراع وقد أَراد قَوْمُهُ قَتْلَهُ فَلَمْ يَسْتَطِيعُوا ذَلِكَ فَقَدِمْتُ الْمَدِينَةَ فَدَخَلْتُ عَلَيْهِ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ اتَعْرِفْنِي قَالَ نَعَمُ أَنْتَ الَّذِي لَقِيتَنِي بمكة قَالَ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ أَخْبِرْنِي عَمَّا عَلَّمَكَ اللَّهُ وَأَجْهَلُهُ أَخْبِرْنِي عَنِ الصلاةِ قَالَ صَلِّ صَلاةَ الصُّبْحِ ثُمَّ اقْصُرْ عَنِ الصَّلَاةِ حَتَّى تَرْتَفِعَ الشَّمْسُ قِيدَ رمح فَإِنَّهَا تَطْلُعُ حِينَ تَطْلُعُ بَيْنَ قَرْنَى شَيْطَانٍ وَحِينَئِذٍ يَسْجُدُ لَهَا الْكُفَّارُ ثُمَّ صَلِّ فَإِنَّ الصَّلاةَ مَشْهُودَةً مَحْضُورَةً حَتَّى يَسْتَقِلْ الظُّلُّ بِالرُّمْحِ ثُمَّ اقْصُرْ عَنِ الصَّلاةِ قانه حينئذ تُسْجَرُ جَهَنَّمُ فَإِذَا أَقْبَلَ الْقَى فَصَلِّ فَإِنَّ الصَّلاةَ مَشْهُودَةٌ مَحْضُورَةٌ حَتَّى تُصَلَّى الْعَصْرَ ثُمَّ اقْصُرْ عَنِ الصَّلَاةِ حَتَّى تَغْرُبَ الشَّمْسُ فَإِنَّهَا تَغْرُبُ بَيْنَ قَرْنَيْ شَيْطَانٍ وَحِينَئِذٍ يَسْجُدُ لَهَا الْكُفَّارُ قَالَ قُلْتُ يَا نَبِيُّ اللَّهِ فَالْوُضُوءُ حَدِّثْنِيعَنْهُ فَقَالَ مَا مِنْكُمْ رَجُلٌ يُقَرِّبُ وَضُونَهُ فَيَتَمَضْمَضُ وَيَسْتَنشِقُ فَيَنْتَشِرُ إِلا خَرَتْ خَطَايَا وَجْهِهِ وَفِيهِ وَخَيَاشِبْمِهِ ثُمَّ إِذَا غَسَلَ وَجْهَهُ كَمَا أَمَرَهُ اللَّهُ إِلَّا خَرَّتْ خَطَايَا وجهه من أطراف لحيته مَعَ الْمَاء ثُمَّ يَغْسِلُ يَدَيْهِ إِلَى الْمِرْفَقَينِ الأَخَرَتْ خَطَايَا يديه من أنامله مَعَ الْمَاء ثُمَّ يَمْسَحُ رَأْسَهُ الأخَرَّتْ خَطايا رأسه من اطراف شعره مَعَ الْمَاءَ ثُمَّ يَغْسِلُ قَدَمَيْه إلى الكعبين الأخَرَتْ خَطَايَا رَجُلَيْهِ مِنْ أنامله مع الْمَاء فَإِنْ هُوَ قَامَ فَصَلَّى فَحَمِدَ الله تَعَالَى وَاثْنَى عَلَيْهِ وَمَجْدَهُ بِالَّذِي هُوَ لَهُ أهْل وَفَرْغَ قَلْبُهُ لِلَّهِ تَعَالَى إِلَّا انْصَرَفَ مِنْ خَطِيئَتِهِ كَهَيْئَتِهِ يَوْمَ وَلَدَتْهُ أُمُّهُ .
فَحَدَّثَ عَمْرُو بْنُ عَبَسَةَ بهذا الْحَدِيثِ أَبا أَمَامَةَ صَاحِبَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَهُ أَبُو أَمَامَةً يَا عَمْرُو بنُ عَبَسَةَ أَنْظُرْ مَا تَقُولُ فِي مَقَامِ وَاحِدٍ يعطى هذا الرَّجُلُ فَقَالَ عَمْرُو يَا أَبَا أَمَامَةَ لَقَدْ كَبِرَتْ سَنِي وَرَقَ عَظْمِي وَاقْتَرَبَ أجَلِي وَمَا بِي حَاجَةٌ أَنْ اكْذِبَ عَلَى اللهِ تَعَالَى وَلَا عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَوْ لَمْ أَسْمَعَهُ مِنْ رَسُولِ الله صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَّا مَرَّةً أَوْ مَرَّتَيْنِ او ثلاثًا حَتَّى عَدَّ سَبْعَ مَرَاتِ مَا حَدَّثَتُ أَبَدًا بِهِ وَلَكِنِّي سَمِعْتُهُ أَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ رواه مسلم .

438. Abou Najih Amr ibn Abassa as-Soulami (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : À l’époque de la période antéislamique, je pensais que l’humanité était plongée dans l’égarement et qu’elle ne s’attachait à rien de valable. Les gens adoraient les idoles. J’appris qu’un homme prêchait de nouvelles doctrines à La Mecque. Je montai sur ma monture, me rendis auprès de lui et découvris qu’il s’agissait du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le préserve. Il se tenait à l’écart de la foule, car les membres de sa tribu le maltraitaient. Je parvins donc, par ruse, à le rejoindre à La Mecque et lui demandai : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis un prophète. » Je demandai : « Qu’est-ce qu’un prophète ? » Il répondit : « Allah m’a envoyé. » Je demandai : « Avec quelle mission t’a-t-Il envoyé ? » Il répondit : « Il m’a envoyé afin que je recommande de préserver les liens de parenté, de briser les idoles, de proclamer qu’Allah est unique et de ne rien Lui associer. » Je demandai : « Qui sont ces gens qui te suivent ? » Il répondit : « Des hommes libres et des esclaves. » Ce jour-là, Abou Bakr et Bilal (qu’Allah les agrée) étaient avec lui. Je dis : « Moi aussi, je te suis. » Il répondit : « À présent, tu ne peux pas me suivre. Ne vois-tu pas ma situation et celle de ces gens ? Retourne plutôt chez toi pour le moment. Lorsque tu apprendras que j’ai remporté la victoire, viens me rejoindre. »

Il dit : Puis je retournai chez moi. Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — arriva à Médine, je me trouvais alors dans ma maison. Dès son arrivée à Médine, je ne cessai d’interroger les gens au sujet de tous les événements et de toutes les circonstances. Un jour, après qu’un groupe de gens de ma région fut allé à Médine puis revenu, je leur demandai : « Que fait cet homme qui est arrivé à Médine ? » Ils répondirent : « Les gens se rassemblent très rapidement autour de lui, et les membres de sa propre tribu ont voulu le tuer, mais ils n’y sont pas parvenus. » Je me rendis à Médine, allai le voir et lui demandai : « Ô Messager d’Allah, me reconnaissez-vous ? » Il répondit : « Oui, tu m’avais rencontré à La Mecque. » Le rapporteur dit : Je dis : « Ô Messager d’Allah, je ne connais pas ce qu’Allah vous a enseigné ; informez-moi donc à ce sujet. Parlez-moi de la prière. » Il répondit : « Après avoir accompli la prière de l’aube, abstiens-toi de prier jusqu’à ce que le soleil s’élève de la hauteur d’une lance, car il se lève entre les deux cornes de Satan et, à ce moment-là, les mécréants se prosternent devant lui. Ensuite, prie de nouveau, car les anges assistent à cette prière et témoignent en faveur de ceux qui l’accomplissent. Tu peux continuer jusqu’à ce que l’ombre devienne égale à la longueur d’une lance, c’est-à-dire juste avant midi. Puis abstiens-toi de prier, car c’est à ce moment que le feu de l’Enfer est attisé. Ensuite, lorsque l’ombre commence à s’incliner quelque peu, prie, car les anges assistent à cette prière et témoignent en faveur de ceux qui l’accomplissent. Puis accomplis la prière de l’après-midi et abstiens-toi de prier jusqu’au coucher du soleil, car il se couche entre les deux cornes de Satan et, à ce moment-là, les mécréants se prosternent devant lui. » (Lorsque le soleil est couché, accomplis la prière du coucher du soleil.) Le rapporteur dit : Je demandai : « Ô Prophète d’Allah, dites-moi quelque chose au sujet des ablutions. » Il répondit : « Lorsque l’un de vous prend l’eau des ablutions, se rince la bouche et se nettoie le nez en y faisant entrer de l’eau, les péchés de son visage, de sa bouche et de son nez tombent. Puis, lorsqu’il lave son visage conformément au commandement d’Allah, les péchés de son visage, y compris ceux des côtés de sa barbe, tombent. Lorsqu’il lave ses deux mains jusqu’aux coudes, les péchés de ses deux mains tombent avec l’eau par l’extrémité de ses doigts. Lorsqu’il passe les mains mouillées sur sa tête, les péchés de sa tête tombent par l’extrémité de ses cheveux. Lorsqu’il lave ses pieds jusqu’aux chevilles, les péchés de ses pieds et de ses orteils tombent également avec l’eau. Puis, s’il se tient debout pour prier, loue et glorifie Allah le Très-Haut, Le proclame exempt de toute imperfection, Lui attribue la dignité qui Lui revient et Lui consacre entièrement son cœur, il revient aussi pur et innocent que le jour où sa mère l’a mis au monde. »

Puis, lorsque ʿAmr ibn ʿAbasa — qu’Allah l’agrée — rapporta ce hadith à Abû Umâma — qu’Allah l’agrée —, compagnon du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue —, Abû Umâma lui dit : « Ô ʿAmr ibn ʿAbasa, réfléchis un peu à tes paroles. Tu affirmes qu’un homme recevra toutes ces choses en même temps. » ʿAmr — qu’Allah l’agrée — répondit : « Ô Abû Umâma, je suis devenu vieux, mes os se sont même desséchés et ma mort est proche. Je n’ai aucune raison de mentir au sujet d’Allah le Très-Haut ni au sujet du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue. Si je n’avais pas entendu ce hadith du Messager d’Allah une fois, deux fois, trois fois — et ainsi de suite jusqu’à sept fois — je ne l’aurais jamais rapporté. Mais je l’ai entendu de lui un nombre de fois supérieur à cela. » (Muslim)

٤٣٩- وَعَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم قال إذا أراد اللهُ تَعَالَى رَحْمَةً أُمَّةٍ قَبَضَ نَبِيَّهَا قَبْلَهَا فَجَعَلَهُ لَهَا فَرَطًا وسلما بَيْنَ يَدَيْهَا واذا أراد هَلَكَةً أُمَّةٍ عَذَبَها ونَبيُّهَا حَى فَأَهْلَكَهَا وَهُوَ حَى يَنْظُرُ فَأَقَر عَيْنَهُ بهلاكها حينَ كَذَّبُوهُ وَعَصَوا أمره – رواه مسلم .

439. Abû Mûsâ al-Achʿarî — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Lorsqu’Allah Très-Haut veut accorder Sa faveur à une nation, Il fait mourir son prophète avant elle, faisant de lui pour elle un représentant qui l’a précédée et une provision pour l’au-delà. Mais lorsqu’Il veut détruire un peuple, Il le châtie du vivant de son prophète et le détruit de son vivant. Celui-ci assiste alors à cela et ses yeux se réjouissent de leur destruction, car ils l’avaient traité de menteur et désobéi à ses commandements. » (Muslim)

Chapitre : 52 — Le mérite d’espérer en Allah et d’avoir de bonnes pensées à Son égard

Le mérite d’espérer en Allah et d’avoir de bonnes pensées à Son égard.

قَالَ اللهُ تَعَالَى إِخْبَارًا عَنِ الْعَبْدِ الصَّالِحِ : وَأَفَوِّضُ أَمْرِي إِلَى اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ بصير بالعباد . فَوَقَاهُ اللهُ سَيِّئَاتِ مَا مَكَرُوا

Allah le Très-Haut rapporte les paroles d’un serviteur vertueux : (Le serviteur dit 🙂 « Je confie mon affaire à Allah. Allah voit parfaitement Ses serviteurs. » Puis Allah le protégea contre les complots néfastes qu’ils avaient tramés contre lui. (Sourate al-Mu’min : 44-45)

٤٤٠- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ قَالَ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ أَنَا عِنْدَ ظَنِّ عَبْدِي بِي وَأَنَا مَعَهُ حَيْثُ يَذْكُرُنِي وَاللهُ اللهُ أَفْرَحُ بِتَوْبَةِ عَبْدِهِ مِنْ أَحَدِكُمْ يَجِدُ ضَالَتَهُ بِالْفَلَاةِ وَمَنْ تَقَرَّبَ إِلَى شِبْرًا تَقَرَّبْتُ إِلَيْهِ ذِرَاعًا وَمَنْ تقرب إلى ذراعا تقربت اليه بَاعًا وَإِذَا أَقْبَلَ إِلَى يَمْشِي أَقْبَلْتُ اليه أهزول – متفق عليه. وهذا لفظ إحدى رِوَايَاتِ مُسْلِمٍ وَتَقَدِّمَ شَرْحُهُ فِي الْبَابِ قَبْلَهُ – وَرَوَى فِي الصَّحِيحَيْنِ وَأَنَا مَعَهُ حِيْنَ يَذْكُرُنِي بِالنُّونِ وَفِي هَذِهِ الرواية حيث بالثاء وكلاهما صحيح

440. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit qu’Allah, le Très-Magnifique, dit : « Je suis tel que Mon serviteur pense de Moi (c’est-à-dire que Je me comporte avec lui selon l’idée qu’il se fait de Moi). Partout où il se souvient de Moi, Je suis avec lui. » Par Allah ! Allah éprouve pour le repentir de Son serviteur une joie plus grande que celle éprouvée par l’un de vous lorsqu’il retrouve son compagnon perdu dans un désert dépourvu de végétation. (Allah dit également 🙂 Celui qui s’approche de Moi d’un empan, Je m’approche de lui d’une coudée ; celui qui s’approche de Moi d’une coudée, Je m’approche de lui d’une brasse. Et lorsqu’il vient vers Moi en marchant, Je vais vers lui en courant. (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٤١ – عليه وسلم قبل موته بثلاثة أيام يقول لا يموتن أحدكم إلا وَهُوَ يُحسن الظن بالله عز وجل – رواه مسلم .

441. D’après Jabir ibn Abdallah (qu’Allah l’agrée), il a entendu le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dire, trois jours avant son décès : « Que personne parmi vous ne meure sans avoir une bonne opinion d’Allah, le Très-Magnifique. » (Mouslim)

٤٤٢- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ قَالَ اللهُ تَعَالَى يَا ابْنَ آدَمَ إِنَّكَ مَا دَعَوْتَنِي وَرَجَوْتَنِي غَفَرْتُ لَكَ عَلَى مَا كَانَ مِنكَ وَلا أَبَالِي يَا ابْنَ آدَمَ لَوْ بَلَغَتْ ذُنُوبُكَ عَنَانَ السَّمَاءِ ثُمَّ اسْتَغْفَرْتَنِي غَفَرْتُ لَكَ يَا ابْنَ آدَمَ إِنَّكَ لَوْ آتَيْتَنِي بِقُرَابِ الْأَرْضِ خَطَايَا ثُمَّ لَقِيتَنِي لَا تُشْرِكْ بِي شَيْئًا لَاتَيْتُكَ بِقُرَابِهَا مَغْفِرَةٌ – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيث حَسَنٌ .

442. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire qu’Allah, le Très-Haut, dit : « Ô fils d’Adam ! Aussi longtemps que tu M’invoqueras et imploreras Mon pardon, Je te pardonnerai tes péchés, quels qu’ils soient, et Je n’en tiendrai pas compte. Ô fils d’Adam ! Si tes péchés atteignaient le ciel, puis que tu Me demandais pardon, Je te pardonnerais. Ô fils d’Adam ! Si tu venais à Ma rencontre avec des péchés aussi nombreux que la terre, sans rien M’associer, Je viendrais à toi avec un pardon de même ampleur. »

L’imam at-Tirmidhi rapporte ce hadith et dit : C’est un hadith hassan.

Section 53 — La réunion de la crainte et de l’espérance

La réunion de la crainte et de l’espérance.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَلا يَأْمَنُ مَكْرَ الله إِلا الْقَوْمُ الْخَاسِرُونَ .

Le Très-Haut dit :

وَعَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّهُ سَمِعَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ

« Nul autre que les gens perdus ne se croit à l’abri du châtiment d’Allah. » (Sourate Al-A‘râf : 99)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّهُ لَا يَيَاسُ مِنْ رَّوْحِ اللَّهِ إِلَّا الْقَوْمُ الْكَافِرُونَ

« Nul autre que les mécréants ne désespère de la miséricorde d’Allah. » (Sourate Yûsuf : 87)

وتشود وجوه وقال تعالى : يوم تبيض وجوه وتم

« Ce jour-là, certains visages seront blancs et certains visages seront noirs. » (Sourate Âl ʿImrân : 106)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ رَبَّكَ لَسَرِيعُ الْعِقَابِ وَأَنَّهُ لَغَفُورٌ رَّحِيمٌ

« Certes, ton Seigneur est prompt à châtier. Et Il est assurément Pardonneur et Très Miséricordieux. » (Sourate Al-Aʿrâf : 167)

وَقَالَ تَعَالَى : إِنَّ الْأَبْرَارَ لَفِي نَعِيمٍ وَإِنَّ الْفُجَارَ لَفِي جَحِيمِ

« Les gens vertueux seront dans la félicité (au Paradis), tandis que les gens pervers seront en Enfer. » (Sourate Al-Infitâr : 13-14)

وَقَالَ تَعَالَى : فَأَمَّا مَنْ ثَقُلَتْ مَوَازِينُهُ فَهُوَ فِي عِيشَةٍ رَاضِيةٍ ، وَأَمَّا مَنْ خَفْتُ مَوَازِينُهُ فَأُمَّهُ هَاوِيَةٌ .

« Ensuite, celui dont la balance (des œuvres ou de la foi) sera lourde jouira d’une félicité conforme à ses attentes. Et celui dont la balance sera légère pèsera peu, alors Hâwiya (l’Enfer) sera son refuge. » (Sourate Al-Qâriʿa : 6-9)

٤٤٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَوْ يَعْلَمُ الْمُؤْمِنُ مَا عِندَ اللهِ مِنَ الْعُقُوبَةِ مَا طَمِعَ بِجَنَّتِهِ أَحَدٌ وَلَوْ يَعْلَمُ الْكَافِرُ مَا عِنْدَ اللَّهِ مِنَ الرَّحْمَةِ مَا قَنَطَ مِنْ جَنَّتِهِ أَحَدٌ .

443. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Si les croyants étaient pleinement informés du châtiment d’Allah, nul n’aspirerait à Son Paradis. Et si les mécréants connaissaient pleinement la miséricorde d’Allah, nul ne désespérerait de Son Paradis. » (Muslim)

٤٤٤ – وعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا وُضِعَتِ الْجَنَازَةُ وَاحْتَمَلَهَا النَّاسُ أَوِ الرِّجَالُ عَلَى أَعْنَاقِهِمْ فَإِنْكَانَتْ صَالِحَةٌ قَالَتْ قَدِمُونِي قَدِمُونِي وَإِن كَانَتْ غَيْرَ صَالِحَةٍ قَالَتْ يَا وَيْلَهَا أَيْنَ تَذْهَبُونَ بِهَا يَسْمَعُ صَوْتَهَا كُلَّ شَيْ إِلا الْإِنْسَانُ ولو سمعه صعق – رواه البخاري

444. Abû Saʿîd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque le cercueil est posé et que les gens le portent sur leurs épaules, si le défunt était une personne vertueuse, il dit : “Avancez avec moi, avancez avec moi !” Mais s’il s’agissait du cadavre d’une personne mauvaise, il dit : “Malheur à moi ! Où m’emmenez-vous avec ce malheureux ?” Tous ceux qui existent, à l’exception des êtres humains, entendent son cri. Si les humains l’entendaient, ils mourraient sous l’effet de l’intensité de ce cri. » (Al-Bukhârî)

٤٤٥ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم الجنَّة أقرب إلى أحدكم من شراك نعله والنار مثل ذلك – رواه البخاري.

445. Ibn Masʿûd (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le Paradis est plus proche de chacun d’entre vous que la bride de sa chaussure, et l’Enfer est également aussi proche. »

Chapitre 54 – Le mérite de pleurer par crainte du Très-Haut et l’aspiration à Lui

Le mérite de pleurer par crainte du Très-Haut et l’aspiration à Lui.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَيَخِرُونَ لِلْأَذْقَانِ يَبْكُونَ وَيَزِيدُهُمْ خُشُوعًا

Le Très-Haut dit : « Et ceux qui tombent face contre terre en pleurant, tandis que le Coran accroît leur crainte et leur humilité. » (Sourate Al-Isra : 199)

وقَالَ تَعَالَى : أَفَمَنْ هذا الحديث تَعْجَبُونَ وَتَضْحَكُونَ وَلَا تَبْكُونَ

« Êtes-vous donc étonnés de cette parole, et vous en riez au lieu de pleurer ? » (Sourate An-Najm : 59-60)

٤٤٦ – أن اسْمَعَهُ مِنْ غَيْرِي فَقَرَأْتُ عَلَيْهِ سُورَةَ النِّسَاء حَتَّى جِئْتُ إلى هذه الآية (فَكَيْفَ إِذَا جِئْنَا مِنْ كُلِّ أُمَّةٍ بِشَهِيدٌ وَجِئْنَا بِكَ عَلَى هُؤُلاء شَهِيدًا ) قَالَ حَسْبُكَ الآن فَالْتَفَتْ إِلَيْهِ فَإِذَا عَيْنَاهُ تَدْرِفان متفق عليه.

446. Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) me dit : « Récite-moi le Coran. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, je le réciterais devant vous alors que c’est sur vous qu’il a été révélé ? » Il dit : « J’aime écouter la récitation d’autrui. » Je récitai donc devant lui la sourate An-Nisâ’. Lorsque j’arrivai à ce verset : « Qu’en sera-t-il donc lorsque Nous ferons venir de chaque communauté un témoin et que Nous te ferons venir comme témoin contre eux ? » (Sourate An-Nisâ’ : 41), il dit : « Cela suffit maintenant. » Je le regardai et vis des larmes couler de ses deux yeux. (Al-Bukhari et Muslim)

٤٤٧ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَطَبَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خطْبَة مَا سَمِعْتُ مِثْلَهَا قَط فَقَالَ لَوْ تَعْلَمُونَ مَا أَعْلَمُ لَضَحِكْتُمْ قَلِيلاً وَلَبَكَيْتُمْ كثيرًا قَالَ فَغَطَى أَصْحَابُ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَجُوهَهُمْ وَلَهُمْ حنين. متفق عليهِ وَسَبَقَ بَيَانُهُ فِي بَابِ الْخَوْفِ .

447. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) prononça un sermon d’un genre que je n’avais jamais entendu auparavant. Il dit : « Si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et vous pleureriez beaucoup. » Le rapporteur dit : En entendant cela, les Compagnons du Messager d’Allah se couvrirent le visage avec leurs vêtements et se mirent à sangloter. (Al-Bukhari et Muslim)

٤٤٨- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَلِجُ النَّارَ رَجُلٌ بَكَى مِنْ خَشْيَةِ اللَّهِ حَتَّى يَعُودَ اللَّبَنُ فِي الضَّرْعِ ولا يَجْتَمِعُ عُبَارٌ فِي سَبِيلِ اللهِ وَدُخَانُ جَهَنَّمَ . رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح. وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ الله اقرَأُ عَلَيْكَ وَعَلَيْكَ أُنْزِلَ قَالَ إِنِّي أَحِبُّ وَسَلَّمَ اقْرَأْ عَلَى الْقُرْآنَ قُلْتُ يَا رَسُولَ الله

448. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui a pleuré par crainte d’Allah n’entrera pas en Enfer jusqu’à ce que le lait retourne dans le pis. De même, la poussière des pieds couverts de poussière dans le combat sur le chemin d’Allah et la fumée de l’Enfer ne se réuniront jamais » — c’est-à-dire que celui dont les pieds ont été couverts de poussière en combattant sur le chemin d’Allah entrera au Paradis. (Al-Boukhari et Mouslim) [Note : de même qu’il est absolument impossible que le lait retourne dans le pis, il est tout aussi absolument impossible qu’il entre en Enfer.]

٤٤٩ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبْعَةٌ يُظِلُّهُمُ اللَّهُ فِي ظله يوم لا ظل الا ظله امام عادل وَشَابٌ نَشَأَ فِي عِبَادَةِ اللهِ تَعَالَى وَرَجُلٌ قَلْبُهُ مُعَلِّقٌ فِي الْمَسَاجِدِ وَرَجُلَانِ تَحَابًا فِي اللَّهِ اجْتَمَعًا عَلَيْهِ وَتَفَرِّنَا عَلَيْهِ وَرَجُلٌ دَعَشه اشراةٌ ذاتُ مَنْصَبٍ وجَمَالَ فَقَالَ إِنِّي أَخَافُ اللَّهَ وَرَجُلٌ تَصَدِّقَ بصدقة فَاخْفَاهَا حَتَّى لا تَعْلَمَ شِمَالُهُ مَا تُنْفِقُ يَمِينُهُ وَرَجُلٌ ذَكَرَ اللَّهَ خَالِيًا فقاضَتْ عَيْنَاهُ متفق عليه .

449. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Sept catégories de personnes, Allah les abritera sous Son ombre rafraîchissante le Jour où il n’y aura d’autre ombre que la Sienne. Ce sont : (1) un dirigeant ou un chef juste ; (2) un jeune homme occupé à adorer Allah, le Très-Haut ; (3) une personne dont le cœur est attaché aux mosquées ; (4) deux personnes qui s’aiment et restent unies uniquement pour rechercher l’agrément d’Allah, puis se séparent de nouveau pour cette même raison ; (5) un homme qu’une belle femme issue d’une famille noble invite à commettre une mauvaise action, mais à qui il répond : “Je crains Allah” ; (6) celui qui fait l’aumône si discrètement que sa main gauche ne sait pas ce que sa main droite a donné ; et (7) celui qui, isolé, invoque Allah et dont les deux yeux se remplissent de larmes. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٥٠ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ الشَّخَيْرِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ آتَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ يُصَلِّي وَلِجوفه أزيز كازيرَ الْمِرْجَلِ مِنَ الْبُكَاءِ. حَدِيث صحيح رواه أبو داود والترمذي في الشمائل باسناد صحيح

450. D’après Abdallah ibn ach-Chikhkhir (qu’Allah l’agrée), il a dit : Je me rendis auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et le trouvai en prière ; en raison de ses pleurs par crainte d’Allah, un bruit semblable à celui d’un chaudron sortait de sa poitrine.

٤٥١- وعن أنس رضي اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لأبي بن كعب إِنَّ اللهَ عَزَّ وَجَلَّ أَمَرَنِي أَنْ أَقْرَأَ عَلَيْكَ لَمْ يَكُنِ الَّذِينَ كَفَرُوا ) قَالَ وَسَعَانِي قال نعم فبكى أبى – متفق عليه . وَفِي رِوَايَةٍ فَجَعَلَ أَبَى يَبْكي.

451. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit à Oubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée) : « Allah, le Très-Majestueux, m’a ordonné de te réciter la sourate Al-Bayyinah. » Il demanda : « A-t-Il prononcé mon nom ? » Le Prophète répondit : « Oui. » Oubayy (qu’Allah l’agrée) se mit à pleurer sous le coup de l’émotion.

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Aussitôt, Oubayy (qu’Allah l’agrée) se mit à pleurer. »

٤٥٢ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ أَبُو بَكْرَ لِعُمَرَ بَعْدَ وَفَاةِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ انطلق بنا إِلَى أَمْ أَيْمَنَ تَزُورُهَا كَمَا كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَزُورُهَا فَلَمَّا انْتَهَيْنَا إِلَيْهَا بَكَتْ فَقَالاً لَهَا مَا يُبْكِيْكَ أَمَا تَعْلَمِينَ أَنَّ مَا عِنْدَ اللهِ تَعَالَى خَيْرٌ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَتْ إِنِّي لَا أَبْكِي أَنِّي لَا اعْلَمُ أَنَّ مَا عِنْدَ اللهِ خَيْرٌ لِرَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَكِنِّي ابْكِي أَنَّ الوحى قد انقطع مِنَ السَّمَاءِ فَهَيْجَتْهُمَا عَلَى الْبُكَاءِ فَجَعَلا يَبْكِيَانِ مَعَهَا -رواه مسلم

৪৫২. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Après le décès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) dit à Omar (qu’Allah l’agrée) : « Allons rendre visite à Oumm Ayman, comme le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) avait l’habitude de lui rendre visite. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès d’elle, elle se mit à pleurer. Ils lui dirent : « Pourquoi pleurez-vous ? Ne savez-vous pas qu’auprès d’Allah le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) jouit d’un bien immense ? » Elle répondit : « Je ne pleure pas parce que j’ignore l’immense bien dont le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) jouit auprès d’Allah ; je pleure plutôt parce que la révélation venant du ciel a cessé. » Ses paroles touchèrent profondément leurs deux cœurs, et ils se mirent eux aussi à pleurer avec elle. (Mouslim)

٤٥٣- وَعَن ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ لَمَّا اشْتَدَّ بِرَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَجَعَهُ قَبْلَ لَهُ فِي الصَّلاةِ فَقَالَ مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بِالنَّاسِ فَقَالَتْ عَائِشَةُ إِن أبا بكر رَجُلٌ رَقِيقٌ إِذَا قَرَأَ الْقُرْآنَ غَلَبَهُ الْبُكَاءُ فَقَالَ مُرُوهُ فَلْيُصَلِّ. وَفِي رِوَايَةٍ عَنْ عَائِشَةَ قَالَتْ قُلْتُ إِنَّ أبا بكر إِذَا قَامَ مَقَامَكَ لَمْ يُسْمِعِ النَّاسِ من البكاء – متفق عليه.

৪৫৩. Ibn Omar (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Lorsque la maladie du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) s’aggrava, on lui parla de la prière et il dit : « Ordonnez à Abou Bakr de diriger la prière des gens. » Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : « Abou Bakr est un homme au cœur très tendre. Lorsqu’il récitera le Coran, les pleurs le submergeront. » Il répéta : « Ordonnez-lui de diriger la prière. » Selon une autre narration rapportée d’Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : « Je déclarai : Si Abou Bakr se tient à votre place, il ne pourra pas faire entendre le Coran aux fidèles à cause de ses pleurs. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٥٤- وعن إبراهيمَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفِ أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ عَوْفِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَتِي بِطَعَامٍ وَكَانَ صَائِمًا فَقَالَ قُتِلَ مُصْعَبُ بْنُ عُمَيْرٍ وَهُوَ خَيْرٌ مِنِّي قلم يُوجَدْ لَهُ مَا يُكَفِّنُ فِيهِ إِلَّا بُرْدَةٌ إِنْ عُطَى بِهَا رَأْسُهُ بَدَتْ رِجْلَاهُ وَإِنْ عُطَى بها رجلاه بَدَا رَأسَهُ ثُمَّ بسط لنَا مِنَ الدُّنْيَا مَا بُسِطَ أَوْ قَالَ أَعْطَيْنَا مِنَ الدُّنْيَا ما أُعْطِينَا قَدْ خَشِيْنَا أَنْ تَكُونَ حَسَنَاتُنَا عُجْلتْ لَنَا ثُمَّ جَعَلَ يَبْكِي حَتَّى ترك الطعام – رواه البخاري.

৪৫৪. Ibrahim ibn Abd ar-Rahman ibn Awf rapporte. De la nourriture fut présentée à Abd ar-Rahman ibn Awf (qu’Allah l’agrée), qui jeûnait. Il dit : « Moussab ibn Oumayr (qu’Allah l’agrée) est mort en martyr ; il était meilleur que moi. Nous ne disposions d’aucun tissu pour l’ensevelir, excepté un manteau. Lorsque nous lui en couvrions la tête, ses deux pieds restaient découverts, et lorsque nous lui en couvrions les pieds, sa tête restait découverte. Puis les biens de ce monde nous furent accordés en abondance. »

Nous craignîmes alors que la récompense de nos bonnes œuvres ne nous fût accordée ici-bas. Puis il se mit à pleurer, au point de délaisser la nourriture. (Al-Boukhari)

٤٥٥ – وَعَنْ أَبِي أَمَامَةً صُدَيِّ بْنِ عَجْلانَ الْبَاهِلِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَيْسَ شَيْ أَحَبُّ إِلى اللهِ تَعَالَى مِنْ قَطْرَتَيْنِ واثرين قطرة دموع مِنْ خَشْيَةِ الله وقطرة دم تُهَرَاقُ فِي سَبِيلِ اللهِ وَأَما الأثرانِ فَاثَرٌ فِي سَبِيلِ اللهِ تَعَالَى وَاثَر فِي فَرِيضَةٍ مِّنْ فَرَائِضِ اللَّهِ تَعَالَى رواه الترمذي وقال حديثٌ حَسَنٌ .

495. Abû Umâma Sudayy ibn ʿAjlân al-Bâhilî, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Rien n’est plus aimé d’Allah que deux gouttes et deux marques. L’une des deux gouttes est une larme versée par crainte d’Allah, et l’autre est une goutte de sang versée dans le sentier d’Allah (pour le jihâd). Les deux marques sont la marque d’une blessure reçue dans le sentier d’Allah (au cours du jihâd) et la marque de l’accomplissement de l’une des obligations d’Allah. »

L’imam at-Tirmidhî le rapporte et dit : « Ce hadith est hassan. De nombreux autres hadiths ont également été rapportés dans ce chapitre. Parmi eux, plusieurs ont déjà été mentionnés précédemment dans le chapitre consacré à l’éloignement des innovations religieuses (bidʿa), notamment le hadith d’Irbdâd ibn Sâriya, qu’Allah l’agrée : »

٤٥٦ – حدِيثُ الْعُرْبَاضِ بْنِ سَارِيَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ وَعَظَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَوْعِظَةً وَجِلَتْ مِنْهَا الْقُلُوبُ وَذَرَقَتْ مِنْهَا الْعُيُونُ

456. Irbdâd ibn Sâriya, qu’Allah l’agrée, rapporte : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, nous adressa un sermon si émouvant que nos cœurs en furent saisis de crainte et que nos yeux se mirent à verser des larmes.

Chapitre 55 – Le mérite de l’ascétisme (zuhd) à l’égard de la vie terrestre, l’encouragement à se satisfaire de peu et le mérite de la pauvreté

Le mérite de l’ascétisme (zuhd) à l’égard de la vie terrestre, l’encouragement à se satisfaire de peu et le mérite de la pauvreté.

Allah le Très-Haut dit :

قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّمَا مَثَلُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا كَمَا أَنْزَلْنَاهُ مِنَ السَّمَاءِ فَاخْتَلَطَ بِهِنباتُ الْأَرْضِ مِمَّا يَأْكُلُ النَّاسُ وَالْأَنْعَامُ حَتَّى إذا أَخَذَتْ الْأَرْضُ زُخْرُفَهَا وَأَزْيَّنَتْ وَظَنَّ أَهْلُهَا أَنَّهُمْ قَادِرُونَ عَلَيْهَا أَتَاهَا أمرنا ليلا أو نهاراً فَجَعَلْنَاهَا حَصِيداً كَانَ لَمْ تَعْنَ بِالْأَمْسِ كَذلِكَ نُفَصِّلُ الْآيَاتِ لِقَوْمٍ يَتَفَكَّرُونَ.

« En vérité, la situation de la vie terrestre est semblable à ceci : Nous avons fait descendre du ciel une eau, grâce à laquelle les plantes de la terre, dont se nourrissent les hommes et les animaux, ont poussé en abondance. Puis, lorsque la terre a revêtu toute sa beauté et s’est parée, et que ses propriétaires ont pensé en être pleinement maîtres, Notre ordre est venu sur elle, de jour ou de nuit, et Nous l’avons anéantie comme si elle n’avait jamais existé la veille. C’est ainsi que Nous exposons clairement les signes pour les gens réfléchis. » (sourate Yûnus : 24)

وقال تعالى : واضْرِبْ لَهُمْ مَثَلَ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا كَمَا أَنْزَلْنَاهُ مِنَ السَّمَاء فاختلط به نباتُ الْأَرْضِ فَأَصْبَحَ هَشِيمًا تَذَرُوهُ الرِّيَاحُ وَكَانَ اللهُ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ مقْتَدِرًا الْمَالُ وَالْبَنُونَ زِينَ حَيَاةِ الدُّنْيَا وَالْبَاقِيَاتُ الصَّالِحَاتُ خَيْرٌ عِنْدَ رَبِّكَ ثَوَابًا وَخَيْرٌ أملام

« Expose-leur la parabole de la vie terrestre : elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel. Grâce à elle, les plantes de la terre poussent en s’entremêlant densément, puis elles se dessèchent et deviennent des débris que les vents dispersent. Allah est Puissant sur toute chose. Les biens et les enfants ne sont que la parure de la vie terrestre. Quant aux bonnes œuvres durables, elles sont meilleures auprès de ton Seigneur, en récompense et en espérance. » (sourate al-Kahf : 45-46)

وَقَالَ تَعَالَى : اعْلَمُوا أَنَّمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيا لعب ولهو وَزِينَةٌ وَتَفَاخُرٌ بَيْنَكُمْ وتكاثر في الأموال والأولاد كَمَثَلِ غَيْثَ أَعْجَبَ الْكُفَّارَ نَبَاتُهُ ثُمَّ يَهِيجُ فَتَرَاهُ مُصْفَرًا ثُمَّ يَكُونُ حَطَامًا وَفِي الْآخِرَةِ عَذَابٌ شَدِيدٌ وَمَغْفِرَةٌ مِنَ اللَّهِ وَرِضْوَانٌ وَمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا إِلَّا مَتَاعُ الْغُرُورِ

« Sachez que la vie terrestre n’est que jeu, divertissement, apparat, rivalité dans la gloire et compétition dans l’abondance des biens et des enfants. Elle est semblable à une pluie dont la végétation réjouit les cultivateurs ; puis elle se dessèche, et tu la vois jaunir ; ensuite elle devient de la paille. Dans l’au-delà, il y a un sévère châtiment, ainsi que, de la part d’Allah, un pardon et un agrément pour les croyants. La vie terrestre n’est qu’un moyen de tromperie. » (sourate al-Hadîd : 20)

وقال تعالى : زين للنَّاسِ حُبُّ الشَّهَوَاتِ مِنَ النِّسَاءِ وَالْبَنِينَ وَالْقَنَاطِيرِ المقنطرة من الذهَب وَالْفِضَّةِ وَالْخَيْلِ الْمُسَوَّمَةِ وَالْأَنْعَامِ وَالْحَرْثِ ذَلِكَ مَتَاعٌ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَاللَّهُ عِنْدَهُ حُسْنُ الْمَابِ.

« L’amour des femmes, des enfants, des trésors amassés d’or et d’argent, des chevaux marqués, du bétail et des champs a été embelli aux yeux des gens. Ce ne sont là que des biens de la vie terrestre. Mais c’est auprès d’Allah qu’est le meilleur retour. » (sourate Âl ‘Imrân : 114)

وقال تعالى : يَأَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ وَعْدَ اللهِ حَقٌّ فَلَا تَغْرِنَّكُمُ الْحَيَاةُ الدُّنْيَا وَلَا يَغْرَنَّكُمْ بِاللَّهِ الْغَرُورُ

« Ô hommes ! La promesse d’Allah est certes vérité. Que la vie d’ici-bas ne vous trompe donc en rien, et que le grand trompeur ne vous trompe pas au sujet d’Allah. » (Sourate Fâtir : 5)

وقال تعالى : الْهَاكُمُ التَّكَاثُرُ حَتَّى زُرْتُمُ الْمَقَابِرَ كَلَّا سَوْفَ تَعْلَمُونَ ثُمَّ كَلا سوْفَ تَعْلَمُونَ كَلَّا لَوْ تَعْلَمُونَ عِلْمَ الْيَقِينِ.

« La course aux richesses vous distrait, jusqu’à ce que vous atteigniez les tombes. Mais non ! Vous saurez bientôt. Encore une fois, non ! Vous saurez bientôt. Mais non ! Si seulement vous saviez d’un savoir certain. » (Sourate At-Takâthur : 1-5)

وقال تعالى : وَمَا هَذِهِ الْحَيَاةُ الدُّنْيَا إلا لهو ولعب وإن الدار الآخرة لهي الْحَيَوَانُ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ.

« La vie d’ici-bas n’est que jeu et divertissement. C’est certes la vie de l’au-delà qui est la véritable vie, s’ils savaient. » (Sourate Al-‘Ankabût : 64)

٤٥٧- عَنْ عَمْرِو بْنِ عَوْفِ الْأَنْصَارِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعَثَ أَبا عبيدة بن الجراح إلى الْبَحْرَيْنِ يَأْتِي بِجِزْيَتِهَا فَقَدِمَ بِمَالٍ مِنَ الْبَحْرَيْنِ فَسَمِعَتِ الْأَنْصَارُ بِقُدُوْمٍ أَبِي عُبَيْدَةَ فَوَافَوْا صَلَاةَ الْفَجْرِ مَعَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا صَلَّى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ انْصَرَفَ فَتَعَرَّضُوا لَهُ فَتَبَسَّمَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِيْنَ رَأَهُمْ ثُمَّ قَالَ أَظُنُّكُمْ سَمِعْتُمْ أَنَّ أَبَا عُبَيْدَةَ قَدِمَ بِشَيْءٍ مِنَ الْبَحْرَيْنِ فَقَالُوا أَجَلَ يَا رَسُولَ اللَّهِ فَقَالَ ابشروا وأملوا مَا يَسُرُّكُمْ فَوَالله مَا الْفَقْرَ أَخْشَى عَلَيْكُمْ وَلَكِنِّي أَخْشَى أَنْ ط الدُّنْيَا عَلَيْكُمْ كَمَا يُسطَتْ عَلَى مَنْ كَانَ قَبْلَكُمْ فَتَنَافَسُوهَا كَمَا تَنَافَسُوهَا فَتُهْلِكَكُمْ كَما أهلكتهم متفق عليه .

457. ‘Amr ibn ‘Awf al-Ansârî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) envoya Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâh (qu’Allah l’agrée) à Bahreïn afin d’en rapporter la jizya. Celui-ci revint de Bahreïn avec des biens. Les Ansâr, ayant appris le retour d’Abû ‘Ubayda (qu’Allah l’agrée), accomplirent la prière de l’aube avec le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Lorsqu’il eut terminé la prière, ils se présentèrent devant lui. En les voyant, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) sourit et dit : « Je pense que vous avez appris qu’Abû ‘Ubayda est revenu de Bahreïn avec des biens. » Ils répondirent : « Oui, ô Messager d’Allah. » Il dit alors : « Réjouissez-vous et espérez ce qui vous réjouira. Par Allah ! Je ne crains pas pour vous la pauvreté, mais je crains plutôt que les richesses de ce monde ne soient déployées devant vous comme elles l’ont été devant ceux qui vous ont précédés. Alors vous les convoitez comme ils les ont convoitées, et elles vous détruiront comme elles les ont détruits. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٤٥٨- وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ جَلَسَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّىاللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى الْمِنْبَرِ وَجَلَسْنَا حَوْلَهُ فَقَالَ إِنَّ مِمَّا أَخَافُ عَلَيْكُمْ مِنْ بَعْدِى مَا يُفْتَحُ عَلَيْكُمْ مِنْ زَهْرَة الدنيا وزينتها – متفق عليه .

458. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’assit sur le minbar, et nous nous assîmes autour de lui. Il dit : « Ce que je crains le plus pour vous après moi, ce sont les splendeurs et les beautés de ce monde que vous obtiendrez (c’est-à-dire qu’après la conquête de divers pays, lorsque l’abondance sera entre vos mains, vous vous mettrez à courir après les biens terrestres ; c’est là ma plus grande crainte). » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٥٩ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الدُّنْيَا حَلْوَةٌ خَضِرَةٌ وَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى مُسْتَخْلِفَكُمْ فِيهَا فَيَنْظُرُ كَيْفَ تَعْمَلُوْنَ فَاتَّقُوا الدُّنْيَا وَاتَّقُوا النساء – رواه مسلم.

459. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le monde est une chose verdoyante et douce. Allah vous y a établis comme successeurs et Il observe ce que vous faites. Préservez-vous donc de ce monde (de ses convoitises) et méfiez-vous également des femmes (de leur tentation). » (Mouslim)

٤٦٠ – وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اللَّهُمْ لَا عيش الأ عيش الآخرة – متفق عليه .

460. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ô Allah ! La vie véritable est celle de l’au-delà. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٦١- وَعَنْهُ عَنْ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَتْبَعُ الْمَيِّتَ ثَلاثَةٌ أهْلُهُ وَمَالُهُ وَعَمَلُهُ فَيَرْجِعُ اثْنَانِ وَيَبْقَى وَاحِدٌ يَرْجِعُ أَهْلُهُ وَمَالُهُ وَيَبْقَى عَمَلُهُ متفق عليه .

461. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Trois choses suivent le défunt (jusqu’à sa tombe) : sa famille, ses biens et ses œuvres (bonnes ou mauvaises). Ensuite, deux d’entre elles repartent et l’une reste (avec lui). Sa famille et ses biens repartent, tandis que ses œuvres restent avec lui. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٦٢- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُؤْتَى بِأَنْعَمِ أَهْلِ الدنيا من أهْلِ النَّارِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَيُصْبَعُ فِي النَّارِ صَبْغَةً ثُمَّ يُقَالُ يَا ابْنَ آدَمَ هل رأيت خَيْرًا قَطُّ هَلْ مَرْ بِكَ نَعِيمٌ قَط فَيَقُولُ لَا وَاللَّهِ يَا رَبِّ وَيُؤْتَى بِأَشَدِّ الناس بوسا في الدُّنْيا مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ فَيُصْبَعُ صَبْغَةً فِي الْجَنَّةِ فَيُقَالُ لَهُ يَا ابْنَ ادم هل رأيت بُوسًا قَط هَلْ مَرَّ بِكَ شدة قط؟ فَيَقُولُ لَا وَاللَّهِ مَا مَرَّ بِي يُؤْسٌ قط ولا رأيت شدة قط – رواه مسلم .

462. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Au Jour de la Résurrection, on fera comparaître l’homme qui, parmi les damnés de l’Enfer, aura joui de la plus grande abondance dans ce monde, puis on le précipitera violemment dans l’Enfer. Ensuite, on lui demandera : “Ô fils d’Adam, as-tu jamais connu un bienfait ? As-tu jamais vécu dans l’abondance ?” Il répondra : “Non, par Allah, ô mon Seigneur !” Puis on fera également comparaître un homme parmi les gens du Paradis, qui aura été, dans ce monde, le plus éprouvé et le plus démuni. Ensuite, on le fera entrer très rapidement au Paradis, puis on lui demandera : “As-tu jamais connu la pauvreté ? As-tu jamais vécu dans l’épreuve et la misère ?” Il répondra : “Non, par Allah ! Je n’ai jamais connu la pauvreté ni la misère, et aucune épreuve semblable ne m’a jamais atteint.” » (Muslim)

٤٦٣ – وَعَنِ الْمُسْتَوْرِدِ بْنِ شَدَادٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا الدُّنْيَا فِي الْآخِرَة الأمثلُ مَا يَجْعَلُ أَحَدُكُمْ أَصْبُعَهُ فِي الْيَمِّ فَلْيَنظُرْ بِمَ يَرْجِعُ – رواه مسلم .

463. Mustawrid ibn Shaddad (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « La comparaison entre ce monde et l’au-delà est celle-ci : que l’un d’entre vous plonge un doigt dans la mer, puis qu’il regarde ce qu’il en retire avec lui. » (C’est-à-dire que la quantité d’eau qui reste sur le bout du doigt n’est rien comparée à la mer ; de même, ce monde n’est rien comparé à l’au-delà.) (Muslim)

٤٦٤ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرُ بالسوق والنَّاسُ كَنَفَتَيْهِ فَمَرْ بِجَدَى أَسَك مَيْت فَتَنَاوَلَهُ فَأَخَذَ بِأُذُنِهِ ثُمَّ قَالَ أَيُّكُمْيُحِبُّ أَنْ يَكُونَ هَذَا لَهُ بِدِرْهَم فَقَالُوا مَا نُحِبُّ أَنَّهُ لَنَا بِشَيْءٍ وَمَا نَصْنَعُ بِهِ ثُمَّ قَالَ اتُحِبُّونَ أَنَّهُ لَكُمْ قَالُوا وَالله لَوْ كَانَ حَيًّا كَانَ عَيْبًا أَنَّهُ أَسَكُ فَكَيْفَ وَهُوَ مَيْت فَقَالَ فَوَاللَّهِ لِلدُّنْيَا أَهْوَنُ عَلَى اللهِ مِنْ هذا عَلَيْكُمْ – رواه مسلم .

464. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) passait par le marché, accompagné de Compagnons de part et d’autre. En passant près du cadavre d’un chevreau dont l’oreille était coupée, il le saisit par l’oreille et leur demanda : « Qui parmi vous voudrait acheter ceci pour un dirham ? » Ils répondirent : « Nous ne voudrions l’acheter en échange de rien ; et que pourrions-nous bien en faire ? » Il leur demanda de nouveau : « Accepteriez-vous de le prendre gratuitement ? » Ils répondirent : « Par Allah ! Même vivant, il serait défectueux, puisque son oreille est coupée. Quelle valeur pourrait-il donc avoir une fois mort ? » Il dit : « Par Allah ! Le monde est plus méprisable aux yeux d’Allah que ce chevreau ne l’est à vos yeux. » (Muslim)

٤٦٥- وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنْتُ أَمْشِي مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي حَرَّةِ بِالْمَدِينَةِ فَاسْتَقْبَلَنَا أَحَدٌ فَقَالَ يَا أَبَا ذَرٍ قُلْتُ لَبَّيْكَ يَا رَسُولَ اللَّهِ فَقَالَ مَا يَسرني أن عندى مثل أحد هذا ذَهَبًا تَمْضَى عَلَى ثلاثة أيام وعندى مِنْهُ دِينَارُ إِلا شَيْ أَرْصُدُهُ لِدَيْنِ إِلا أن أقولَ بِهِ فِي عِبَادِ اللهِ هَكَذَا وَهَكَذَا وَهُكَذَا عَنْ يَمِينِهِ وَعَنْ شِمَالِهِ وَعَنْ خَلْفِهِ ثُمَّ سَارَ فَقَالَ إِنَّ الْأَكْثَرِيْنَ هُمُ الْأَقَلُوْنَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ إِلَّا مَنْ قَالَ بِالْمَالِ هَكَذَا وَهَكَذَا وَهَكَذَا عَنْ يَمِينِهِ وَعَنْ شِمَالِهِ وَمِنْ خَلْفَه وقَلِيلٌ مَا هُمْ ثُمَّ قَالَ لِي مَكَانَكَ لا تَبْرَحْ حَتَّى أَتِيَكَ ثُمَّ انْطَلَقَ فِي سواد الليل حتى تَوَارَى فَسَمِعْتُ صَوْتًا قَدِ ارْتَفَعَ فَتَخَوفْتُ أَنْ يَكُونَ أَحَدٌ عَرَضَ للنَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَارَدْتُ أَنْ أَتِيَهُ فَذَكَرْتُ قَوْلَهُ لَا تَبْرَحْ حَتَّى أَتِيَكَ فَلَمْ أَبْرَحْ حَتَّى أَتَانِي فَقُلْتُ لَقَدْ سَمِعْتُ صَوْتًا تَخَوقْتُ مِنْهُ فَذَكَرْتُ لَهُ فَقَالَ وَهَلْ سَمِعْتَهُ قُلْتُ نَعَمْ قَالَ ذَاكَ جِبْرِيلُ آتَانِى فَقَالَ مَنْ مَاتَ مِنْ أُمَّتِكَ لَا يُشْرِكُ باللهِ شَيْئًا دَخَلَ الْجَنَّةَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ – متفق عليه وهذا لفظ البخاري .

465. Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je marchais avec le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dans la plaine rocailleuse et noire de Médine. Lorsque le mont Uhud apparut à nos yeux, il dit : « Ô Abû Dharr ! » Je répondis : « Me voici à votre service, ô Messager d’Allah ! » Il dit : « Si je possédais de l’or de la quantité du mont Uhud et qu’après trois jours il m’en restât encore un seul dinar, hormis la somme destinée à régler mes dettes, je n’en serais nullement satisfait, jusqu’à ce que je le dépense ainsi, ainsi et ainsi parmi les serviteurs d’Allah », en indiquant sa droite, sa gauche et derrière lui. Puis il poursuivit son chemin et dit : « Ceux qui possèdent le plus de biens seront les plus démunis au Jour de la Résurrection, à l’exception de ceux qui auront dépensé leurs biens ainsi, ainsi et ainsi, à droite, à gauche et derrière eux. Mais ceux-là sont très peu nombreux. » Ensuite, il me dit : « Ne quitte pas ta place jusqu’à ce que je revienne. » Puis il disparut dans l’obscurité de la nuit. Quelque temps après, j’entendis un bruit retentissant et je fus pris de peur, me demandant si quelque chose d’inhabituel n’était pas arrivé au Messager d’Allah. Je voulus donc partir à sa recherche, mais je me rappelai son ordre : « Ne quitte pas ta place jusqu’à ce que je revienne », et je ne quittai pas mon emplacement jusqu’à son retour. Je lui dis : « J’ai entendu un bruit retentissant et j’en ai eu peur. » Lorsque je le lui eus dit, il demanda : « Tu as donc entendu ce bruit ? » Je répondis : « Oui. » Il dit : « C’était la voix de Jibrîl. Il était venu me voir et m’avait annoncé : “Quiconque, parmi les membres de ta communauté, meurt sans rien associer à Allah entrera au Paradis.” » Je demandai : « Même s’il commet la fornication ? Même s’il vole ? » Il répondit : « Même s’il commet la fornication et vole. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Toutefois, le texte original du hadith est celui d’al-Bukhârî.

٤٦٦- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَوْ كَانَ لِي مِثل أحد ذهبا لسرني أن لا تَمُرُ عَلَى ثَلَاثُ لِبَالٍ وَعِنْدِي مِنْهُ شي إلا شَيْ أَرْصدُهُ لدين متفق عليه .

466. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si je possédais une quantité d’or équivalant au mont Uhud et qu’au bout de trois jours il ne m’en restait rien, hormis la somme nécessaire au remboursement de mes dettes, j’en serais heureux. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٤٦٧ – وعنه قَالَ قَالَ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنظُرُوا إِلَى مَنْ هُوَ اسْفَلَ مِنْكُمْ وَلَا تَنْظُرُوا إِلَى مَنْ هُوَ فَوْقَكُمْ فَهُوَ اجْدَرُ أَنْ لَا تَزْدَرُوا نِعْمَةَ اللَّهِ عليكم – متفق عليه وهذا لفظ مسلم . وفي رِوَايَةِ الْبُخَارِي إِذَا نَظَرَ أَحَدُكُمْ إِلَى مَنْ فُضْلَ عَلَيْهِ فِي الْمَالِ وَالْخَلْقِ فَلْيَنْظُرْ إِلَى مَنْ هُوَ اسْفَلَ مِنْهُ .

467. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Regardez ceux qui sont d’un rang inférieur au vôtre et ne regardez pas ceux qui sont d’un rang supérieur au vôtre. C’est la meilleure façon de ne pas mépriser les bienfaits qu’Allah vous a accordés. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Le texte original du hadith se trouve dans Sahih Mouslim. Dans une autre version d’Al-Boukhari, il est dit : « Lorsque l’un de vous regarde une personne plus riche et plus belle que lui physiquement, qu’il regarde également une personne qui lui est inférieure ; ainsi, il comprendra la valeur de ce qui lui a été accordé. »

٤٦٨- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ تَعِسَ عَبْدُ الدِّينَارِ وَالدَّرْهَم والقطيفة والخميصة أن أعطى رضى وان لم يعط لم يَرْضَ – رواه البخاري.

468. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que périsse l’esclave du dinar, du dirham, de la cape noire et du manteau de laine à large bordure ! Car s’il en reçoit, il est satisfait, mais s’il n’en reçoit pas, il est mécontent. » (Al-Boukhari)

٤٦٩- وَعَنْهُ قَالَ لَقَدْ رَأَيْتُ سَبْعِينَ مِنْ أهْلِ الصُّفَةِ مَا مِنْهُمْ رَجُلٌ عَلَيْهِ رِدا ..
اما ازار واما كسَاءٌ قَدْ رَبطوا فِي أَعْنَاقِهِمْ فَمِنْهَا مَا يَبْلُغُ نَصْفَ السَّاقَيْنِ وَمِنْهَا ما يَبْلُغُ الكعبين فيجمعه بيده كراهية أن ترى عورته – رواه البخاري .

469. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai vu soixante-dix membres des Ahl as-Suffa, dont aucun ne possédait de manteau. Certains avaient peut-être un pagne et d’autres une couverture. Ils les attachaient autour de leur cou. Celui de certains descendait peut-être jusqu’à la moitié de leurs jambes, tandis que celui d’autres atteignait leurs genoux. Craignant que leurs parties intimes ne soient découvertes, ils les retenaient de leurs mains. (Al-Boukhari) [Note : 61. Les Ahl as-Suffa désignent les Compagnons érudits qui avaient quitté leurs maisons et s’étaient consacrés à l’acquisition du savoir auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Ils résidaient dans la cour de la mosquée du Prophète à Médine. Lorsque l’appel au combat était lancé, ils y participaient. Ils portaient d’épaises couvertures de laine. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) assumait leur subsistance. En raison de leur vie extrêmement dépouillée et pieuse, ils occupent une place particulièrement éminente dans l’histoire de l’islam.]

٤٧٠ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الدُّنْيَا سِجْنُ الْمُؤْمِنِ وجنة الكافر – رواه مسلم .

470. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ce bas monde est une prison pour le croyant et un paradis pour le mécréant. » (Mouslim) [Note : Cela ne signifie pas que les croyants ont été envoyés ici-bas comme châtiment. Cela signifie plutôt que, même si une personne bénéficiait des meilleures commodités dans une prison, elle ne souhaiterait pas y demeurer et aspirerait constamment à retourner dans sa demeure. De même, quel que soit le bonheur, le confort et la richesse dont un croyant dispose dans la vie d’ici-bas, il aspire toujours ardemment à rejoindre sa véritable demeure : le Paradis.]

٤٧١ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ أَخَذَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَنْكِبَى فَقَالَ كُنْ فِي الدُّنْيَا كَأَنَّكَ غَرِيبٌ أَوْ عَابِرُ سَبِيلِ وَكَانَ ابْنُ عُمَرَ يَقُولُ إِذا أَمْسَيْت فلا تنتظر الصباح وإذا أصْبَحْتَ فَلَا تَنْتَظِرِ الْمَسَاءَ وَخُذْ مِنْ صحتك المرضك ومن حياتك لموتك – رواه البخاري .

471. Il est rapporté d’Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me prit par l’épaule et dit : « Sois dans ce bas monde comme un étranger ou un voyageur de passage. » C’est pourquoi Ibn ‘Umar disait : « Lorsque tu parviens au soir, n’attends pas le matin ; lorsque tu parviens au matin, n’attends pas le soir. Profite de ta bonne santé pour te préparer à la maladie, et de ta vie pour te préparer à la mort. » (Al-Boukhari)

L’imam An-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Les traditionnistes ont expliqué ce hadith en disant que son sens est le suivant : ne soyez pas rassurés au sujet de la vie d’ici-bas au point de la considérer comme votre véritable demeure, et n’espérez pas pouvoir y demeurer longtemps. Votre relation avec le bas monde doit être celle d’un voyageur étranger : après avoir satisfait ses besoins à l’étranger aussi rapidement que possible, il retourne dans son pays afin de retrouver sa famille.

٤٧٢ – وعَنْ أَبِي الْعَباسِ سَهْلِ بْن سَعْد السَّاعِدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ رجل إلى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ دُلْنِي عَلَى عَمَلٍ إِذَا عَمِلْتُهُ أَحَبَّنِي اللهُ وَأَحَبَّنِي النَّاسُ فَقَالَ ازْهَدَ فِي الدُّنْيَا يُحِبُّكَ اللَّهُ وَأَزْهَدْ فِيمَا عند الناس يحبك الناس – حديث حسن رواه ابن ماجة وغيره باسانيد حسنة.

472. Il est rapporté d’Abou Al-Abbas Sahl ibn Sa’d as-Sa’idi (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Un homme vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dit : « Ô Messager d’Allah, indique-moi une œuvre telle que, si je l’accomplis, Allah m’aimera et les gens m’aimeront. » Il répondit : « Détache-toi du bas monde, Allah t’aimera ; et détache-toi de ce que les gens possèdent, alors les gens t’aimeront. »

Ce hadith est hasan ; l’imam Ibn Mâjah et d’autres l’ont rapporté avec une excellente chaîne de transmission.

٤٧٣ – وَعَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ ذَكَرَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ مَا أَصَابَ النَّاسُ مِنَ الدُّنْيَا فَقَالَ لَقَدْ رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم يَظُلُّ الْيَوْمَ يَلْتَوِي مَا يَجِدُ مِن الدقلِ مَا يَمْلأُ بِهِ بَطْنَهُ – رواه مسلم.

٤٧٣. Nuʿmân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Évoquant ceux qui ont obtenu les plaisirs, le confort et les richesses de ce monde, ʿUmar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) dit : « J’ai vu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — rester toute la journée avec les entrailles tordues de faim, sans même trouver une mauvaise datte à mettre dans son ventre. » (Muslim)

٤٧٤- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالتْ تُوفِى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَا فِي بَيْتِي مِنْ شَيْءٍ يَأْكُلُهُ ذُو كَبد إلا شَطْرُ شَعِيرٍ فِي رَبِّ لِي فَأَكَلْتُ مِنْهُ حَتَّى طَالَ عَلَى فَكِلْتُهُ فَفَنِي – متفق عليه .

٤٧٤. ʿÂ’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : Au moment du décès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — il n’y avait dans ma maison aucune nourriture qu’un être vivant puisse manger. Toutefois, il y avait un peu d’orge dans mon tiroir, dont je mangeai pendant longtemps. Finalement, je le pesai, et il s’épuisa. (Al-Bukhârî, Muslim)

٤٧٥ – وَعَنْ عَمْرِو بْنِ الْحَارِثِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَخِي جُوَيْرِيَةً بِنْتِ الْحَارِثِ أَمْ الْمُؤْمِنِينَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ مَا تَرَكَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عِنْدَ موته ديناراً ولا درهما ولا عبداً ولا أمةً ولا شَيْئًا إِلَّا بَغْلَتَهُ الْبَيْضَاءَ الَّتِي كَانَ يركبها وسلاحه وأَرْضًا جَعَلَهَا لِابْنِ السبيل صدقة – رواه البخاري .

٤٧٥. ʿAmr ibn al-Hârith (qu’Allah l’agrée), frère de la Mère des croyants Juwayriya bint al-Hârith (qu’Allah l’agrée), rapporte. Il dit : Au moment de son décès, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ne laissa ni dinar ni dirham, ni esclaves hommes ou femmes, ni aucun autre bien. Il ne laissa que sa mule blanche, son épée et quelques terres données en aumône aux voyageurs. (Al-Bukhârî)

٤٧٦ – وَعَنْ خَبَّابِ بْنِ الْأَرَبِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ هَاجَرْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَلْتَمِسُ وَجْهَ الله تَعَالَى فَوَقَعَ أَجْرُنَا عَلَى اللَّهِ فَمِنَّا مَنْ مَاتَ ولم يَأْكُل مِنْ أَجْرِه شَيْئًا مِنْهُمْ مُصْعَبُ بْنُ عُمَيْرٍ قُتِلَ يَوْمَ أَحُدٍ وَتَرَكَ نِمَرَةٌ فَكُنَّا إِذا عَطَيْنَا بِهَا رَأسَهُ بَدَتْ رِجَلاهُ وَإِذَا عَطَيْنَا بِهَا رِجْلَيْهِ بَدَأَ رَأْسُهُ قَامَرَنَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ نُعْطِيَ رَأْسَهُ وَنَجْعَلَ عَلَى رِجْلَيْهِ شَيْئًا مِّنَ الْإِذْخِرِ وَمِنَّا مَنْ ابْنَعَتْ لَهُ ثَمَرَتُهُ فَهُوَ يَهْدِبُهَا – متفق عليه .

476. D’après Khabbâb ibn al-Aratt (qu’Allah l’agrée), il dit : Nous avons émigré avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) afin d’obtenir la satisfaction d’Allah. Notre récompense Lui incombe donc. Certains d’entre nous sont morts sans avoir profité de la rétribution de leur émigration. Parmi eux se trouve notamment Mus‘ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée). Il fut martyrisé à la bataille d’Uhud. Il ne laissa parmi ses biens qu’un seul manteau de laine bariolé. Lorsque nous voulions couvrir sa tête avec ce manteau pour l’ensevelir, ses deux pieds restaient découverts ; et lorsque nous voulions couvrir ses deux pieds, sa tête restait découverte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous ordonna alors de couvrir sa tête et de placer de l’herbe d’idhkhir sur ses pieds. Aujourd’hui, certains d’entre nous se trouvent dans une situation telle que leurs fruits sont mûrs et qu’ils les cueillent et en jouissent, c’est-à-dire qu’ils vivent dans la richesse et l’abondance. (Al-Bukhari, Muslim)

٤٧٧ – وَعَنْ سَهْلِ بْن سَعْد السَّاعِدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَوْ كَانَتِ الدُّنْيَا تَعْدِلُ عِندَ اللهِ جَنَاحَ بَعُوضَةٍ مَا سَقَى كَافِرًا منها شربة ماء . رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.

477. D’après Sahl ibn Sa‘d as-Sa‘idi (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Si la valeur de ce monde auprès d’Allah avait été ne serait-ce que celle de l’aile d’un moustique, Il n’aurait pas accordé à un mécréant même une gorgée d’eau à boire.

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : C’est un hadith bon et authentique.

٤٧٨- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ الا ان الدُّنْيَا مَلْعُوْنَةٌ مَلْعُوْنَ مَا فِيهَا الأذكرَ اللَّهِ تَعَالَى وَمَا وَالاهُ وَعَالِمًا وَمُتَعَلما – رواه الترمذي وقال حديث حسن.

478. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Sachez que ce monde et tout ce qu’il contient sont maudits. Sauf le rappel d’Allah, ce qu’Il aime, le savant et celui qui acquiert la connaissance.

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : C’est un hadith bon.

٤٧٩ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تَتَّخِذُوا الضَّيْعَةَ فَتَرْغَبُوا في الدُّنْيا – رواه الترمذي وقال حَدِيثٌ حَسَنٌ.

479. D’après ‘Abd Allah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ne vous acharnez pas à acquérir des terrains et des terres agricoles, sinon vous vous attacherez à ce bas monde. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan. »

٤٨٠- وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ مَرَّ عَلَيْنَا رسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ نَعَالِجُ خُصا لَنَا فَقَالَ مَا هُذَا فَقُلْنَا قَدْوَهَى فَنَحْنُ نُصْلِحُهُ فَقَالَ مَا أَرَى الْأمْرَ إِلا أَعْجَلَ مِنْ ذلك – رواه ابو داود والترمذى بِاسْنَادِ الْبُخَارِي وَمُسْلِمِ وَقَالَ التَّرْمِذِيُّ حَدِيْثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

480. D’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passa près de nous tandis que nous réparions une de nos huttes. Il demanda : « Que faites-vous ? » Nous répondîmes : « Elle est devenue fragile, ou presque en ruine ; nous sommes donc en train de la réparer. » Il dit : « Je vois que l’Heure arrivera encore plus vite que cela. » Note : La hutte va s’effondrer et vous souhaitez la réparer pour y vivre. Mais l’Heure surviendra avant que vous n’ayez réparé la hutte et pu y demeurer. Cela indique que l’Heure est très proche. Réparez donc la demeure de l’au-delà avant de réparer la demeure de ce bas monde.

Abû Dâwûd et at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith selon la chaîne de transmission de al-Bukhârî et Muslim. L’imam at-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith hasan et sahîh. »

٤٨١- وَعَنْ كَعْبِ بْنِ عِبَاضٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ لِكُلِّ أُمَّةٍ فِتْنَةٌ وَفِتْنَةٌ أُمَّتِي الْمَالُ – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ .

481. D’après Ka‘b ibn ‘Iyâd (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : « Chaque communauté a une épreuve. L’épreuve de ma communauté, ce sont les biens. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan et sahîh. »

٤٨٢ – وَعَنْ أَبِي عَمْرُو وَيُقَالُ أَبُو عَبْدِ اللهِ وَيُقَالُ أَبُو لَيْلَى عُثْمَانَ ابْنِ عَفَّانَ رضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَيْسَ لِابْنِ آدَمَ حَقٌّ فِي سوى هذه الحَصَالِ بَيْت يَسْكُنُهُ وَتَوْبَ يُوَارِى عَوْرَتَهُ وَخَلْفُ الْخُبْزِ وَالْمَاءِ رواه الترمذي وقال حديث صحيح .

482. Il est rapporté d’Abou ‘Amr ‘Uthmân ibn ‘Affân (qu’Allah l’agrée), également appelé Abou ‘Abdallah et Abou Laylâ, que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le fils d’Adam n’a droit à rien d’autre qu’à trois choses : une maison pour y habiter, des vêtements pour couvrir son corps, ainsi que quelques morceaux de pain et de l’eau. »

L’imam at-Tirmidhî, après avoir rapporté ce hadith, dit : « C’est un hadith authentique. »

٤٨٣ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ الشَّخَيْرِ بِكَسْرِ الشَّيْنِ وَالْخَاءِ الْمَشَدَّدَةِ الْمُعْجَمَتَيْنِ رضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ آتَيْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ يَقْرَأُ الْهَاكُمُ التكاثر) قَالَ يَقُولُ ابْنُ آدَمَ مَالِي مَالِي وَهَلْ لَكَ يَا ابْنَ آدَمَ مِنْ مَالِكَ إِلَّا مَا اكلت فاقنيت او لبست قابلیت او تصدقت فأمضيت – رواه مسلم .

483. Il est rapporté d’Abdallah ibn ash-Shikhkhîr (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : « Je me rendis auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et le trouvai en train de réciter la sourate “Alhâkum at-takâthur” (“La course aux richesses et à l’abondance vous a détournés de la vie dernière”). Puis il dit : “Les fils d’Adam ne cessent de dire : ma richesse, mes biens, etc. Pourtant, ô fils d’Adam, ta richesse n’est que ce que tu as consommé, ce que tu as porté jusqu’à l’user et ce que tu as donné en aumône et ainsi thésaurisé pour toi.” » (Muslim)

٤٨٤ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ مُغَفَل رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَجُلٌ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا رَسُولَ اللهِ وَاللهِ إِنِّي لَأَحِبُّكَ فَقَالَ انْظُرْ مَا ذَا تَقُوْلُ قَالَ وَاللَّهِ إِنِّي لأحبك ثلاث مرات فَقَالَ إِن كُنتَ تُحِبُّنِي فَاعِدُ لِلْفَقْرِ تَجْفَافًا فَإِنَّ الْفَقْرَ أَسْرَعُ الى من يحبني من السيل إلى منتهاه – رواه الترمذي وقال حديث حَسَنٌ.

484. Il est rapporté d’Abdallah ibn Mughaffal (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : « Un homme dit au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) : “Ô Messager d’Allah, par Allah, je vous aime certainement.” Il lui dit : “Réfléchis bien à ce que tu dis.” L’homme répondit : “Par Allah, je vous aime certainement”, et il le répéta trois fois. Alors il lui dit : “Si tu m’aimes, prépare-toi un vêtement épais pour la pauvreté. En effet, de même que l’eau d’une inondation se précipite vers sa destination finale, la pauvreté atteint plus rapidement encore celui qui m’aime.” »

L’imam at-Tirmidhî, après avoir rapporté ce hadith, dit : « C’est un hadith bon. »

٤٨٥ – وَعَنْ كَعْبِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا ذَنْبَانِ جَائِعَانِ أَرْسِلَا فِي غَنَمِ بِأَفْسَدَ لَهَا مِنْ حِرْصِ الْمَرْءِ عَلَى المال والشرف لدينه – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيح .

৪৮৫. D’après Ka‘b ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : L’avidité de l’homme pour les richesses et la noblesse cause à sa religion des dommages si graves que deux loups affamés lâchés au milieu d’un troupeau de moutons ne pourraient lui causer autant de dommages.

L’imam at-Tirmidhî, après l’avoir rapporté, a dit : Ce hadith est hassan et sahîh.

٤٨٦ – وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ نَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى حَصِيرٍ فَقَامَ وَقَدْ أَثْرَ فِي جَنْبِهِ قُلْنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ لَوِ اتَّخَذْنَا لَكَ وطاء فَقَالَ مَا لِي وَلِلدُّنيا ما أنا في الدُّنْيا الأكراكب اسْتَظْلَّ تَحْتَ شَجَرَةٍ ثُمَّ راح وتركها – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيح .

৪৮৬. D’après ‘Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dormait allongé sur une natte. À son réveil, nous vîmes les marques de la natte sur son corps et nous lui dîmes : Ô Messager d’Allah, si nous vous fabriquions un matelas ! Il répondit : Quel rapport ai-je avec ce bas monde ? Je ne suis ici-bas que tel un voyageur qui se repose à l’ombre d’un arbre, puis le quitte et poursuit son chemin.

L’imam at-Tirmidhî, après avoir rapporté ce hadith, a dit : Ce hadith est hassan et sahîh.

٤٨٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْخُلُ الفقراء الْجَنَّةَ قَبْلَ الأغنياء بخمس مائة عام رواه الترمذي وقال حديث صحيح.

৪৮৭. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Les pauvres entreront au Paradis cinq cents ans avant les riches.
L’imam at-Tirmidhî, après avoir rapporté ce hadith, a dit : Ce hadith est sahîh.

٤٨٨- وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَعِمْرَانَ بْنِ الْحُصَيْنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اطَّلَعْتُ فِي الْجَنَّةِ فَرَأَيْتُ أَكْثَرَ أَهْلِهَا الْفُقَرَاء وَاطَّلَعْتُ فِي النَّارِ قرآيْتُ أكثر أهْلِهَا النِّسَاء – متفق عليه من رواية ابن عباس ورواه البخاري ايضا من رواية عمران بن الحصين .

৪৮৮. Il est rapporté d’Ibn al-ʿAbbās et d’Imrān ibn Ḥusayn — qu’Allah les agrée — que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « J’ai regardé à l’intérieur du Paradis et j’ai constaté que la plupart de ses habitants étaient des pauvres. Puis j’ai regardé à l’intérieur de l’Enfer et j’ai constaté que la plupart de ses habitants étaient des femmes. »

L’imam al-Bukhārī et l’imam Muslim ont tous deux rapporté ce hadith d’Ibn al-ʿAbbās — qu’Allah l’agrée —. L’imam al-Bukhārī l’a également compilé selon la chaîne de transmission d’Imrān ibn Ḥusayn.

٤٨٩- وَعَنْ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قُمْتُ عَلَى بَابِ الْجَنَّةِ فَكَانَ عَامَّةَ مَنْ دَخَلَهَا الْمَسَاكِينُ وَأَصْحَابُ الْجَدِّ مَحْبُوسُونَ غَيْرَ أَنْ أَصْحَابَ النَّارِ قَد أمر بهم إلى النار – متفق عليه والجد الْحَظُ وَالْعَنِى وَقَدْ سَبَقَ بَيَانُ هذا الحديث في باب فَضْلِ الضَّعَفَة .

৪৮৯. Il est rapporté d’Usāma ibn Zayd — qu’Allah l’agrée — que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Je me suis tenu à la porte du Paradis et j’ai constaté que la plupart de ceux qui y entraient étaient des indigents et des pauvres ; quant aux riches, ils avaient été retenus (on ne les autorisait pas à entrer au Paradis). Mais l’ordre avait déjà été donné de conduire les habitants de l’Enfer en Enfer. » (Al-Bukhārī, Muslim)

٤٩٠- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أصدق كلمة قالها شاعر كلمة لبيد : الا كُلَّ شَيْءٍ مَا خَلَا اللَّهَ بَاطِلُ – متفق عليه.

৪৯০. Il est rapporté d’Abū Hurayra — qu’Allah l’agrée — que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Parmi les paroles prononcées par les poètes, celles du poète Labīd sont les plus véridiques : “Sache que toute chose, excepté Allah, est vaine.” » (Al-Bukhārī, Muslim)

Chapitre 56 — Le mérite de supporter la faim, de mener une vie détachée des biens de ce monde, de se contenter de peu en matière de nourriture, de boisson et de vêtements, et de renoncer à la convoitise

Les mérites de rester dans le dénuement, de mener une vie détachée des biens de ce monde, de se contenter de peu en matière de nourriture, de boisson et de vêtements, et de renoncer à la convoitise.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَخَلَفَ مِنْ بَعْدِهِمْ خَلْفٌ أَضَاعُوا الصَّلوةَ وَاتَّبَعُوا الشَّهَوَاتِ فَسَوْفَ يَلْقَوْنَ غَيَّا إِلَّا مَنْ تَابَ وَآمَنَ وَعَمِلَ صَالِحًا فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ ولا يُظْلَمُونَ شَيْئًا

Allah, le Très-Haut, dit :

« Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils rencontreront donc bientôt la perdition. Mais ceux qui se sont repentis, ont cru et ont accompli de bonnes œuvres entreront au Paradis et ne subiront aucune injustice. » (Sourate Maryam : 59-60)

وقال تعالى : فَخَرَجَ عَلَى قَوْمِهِ فِي زِينَتِهِ قَالَ الَّذِينَ يُرِيدُونَ الْحَيَاةَ الدُّنْيَا يَا ليت لنا مِثْلَ مَا أُوتِي قَارُونُ إِنَّهُ لَذُو حَظٍّ عَظِيمِ ، وَقَالَ الَّذِينَ أُوتُوا الْعِلْمَ ويلكُمْ ثَوَابُ اللهِ خَيْرٌ لِمَنْ أَمَنَ وَعَمِلَ صَالِحًا

« Puis il sortit devant les gens de son peuple dans toute sa magnificence. Ceux qui convoitaient les biens de la vie présente dirent : “Ah ! Si seulement nous avions reçu autant de richesses que Qaroun ! Il est vraiment très favorisé.” Et ceux qui avaient reçu la connaissance dirent : “Malheur à vous ! Le meilleur prix auprès d’Allah est celui de celui qui croit et accomplit de bonnes œuvres.” » (Sourate Al-Qasas : 79-80)

وَقَالَ تَعَالَى : ثُمَّ لَتُسْأَلُنَّ يَوْمَئِذٍ عَنِ النَّعِيمِ .

« Puis, ce jour-là, vous serez certes interrogés au sujet des bienfaits de ce monde. » (Sourate At-Takâthur : 48)

وقال تعالى : مَنْ كَانَ يُرِيدُ الْعَاجِلَةَ عَجَلْنَا لَهُ فِيهَا مَا نَشَاءُ لِمَنْ نُرِيدُ ثُمَّ جَعَلْنَا لَهُ جَهَنَّمَ يَصْلَاهَا مَذْمُومًا مُدْحُورًا .

« Si quelqu’un désire la vie de ce monde, Je lui accorde promptement ce que Je veux et à qui Je veux. Puis Je lui destine l’Enfer, où il entrera humilié et misérable. »
(Sourate Banî Isrâ’îl : 18)

٤٩١ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ مَا شَبِعَ أَنْ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ خُيْرٍ شَعِيْرٍ يَوْمَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ حَتَّى قبض – متفق عليه. وفي رواية ما شيعَ ال مُحَمَّد صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِّنْدُ قَدِمَ الْمَدِينَةَ مِنْ طَعَامِ الْبَرِّ ثَلاثَ ليالٍ تَبَاعًا حَتَّى قُبض .

491. Selon ‘Â’icha (qu’Allah l’agrée), elle dit : « Jusqu’au décès de Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), sa famille ne mangea jamais à sa faim du pain d’orge deux jours consécutifs. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Dans une autre narration, il est rapporté : depuis l’arrivée de Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) à Médine jusqu’à son décès, les membres de sa famille ne mangèrent jamais à leur faim du pain de blé trois jours consécutifs.

٤٩٢- وَعَنْ عُرْوَةَ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّهَا كَانَتْ تَقُولُ وَاللَّهِ يَا ابْنَ أختى إِن كُنا لننظر إلى الهلال ثم الهلال ثلاثةَ أَهْلَةٍ فِي شَهْرَيْنِ وَمَا أَوْقَدَ فِي ابيات رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَارٌ قُلْتُ يَا خَالَةٌ فَمَا كَانَ يُعِيدُكُمْ قالت الأسودان التمر والماء الا أنه قد كان الرسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جيران مِنَ الْأَنْصَارِ وَكَانَتْ لَهُمْ مَنَائِحُ وَكَانُوا يُرْسِلُونَ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ الْبَانِهَا فَيَسْقِينَا – متفق عليه .

492. Selon ‘Urwa (qu’Allah lui fasse miséricorde), ‘Â’icha (qu’Allah l’agrée) disait : « Par Allah, ô fils de ma sœur ! Nous voyions un nouveau croissant, puis un autre nouveau croissant, puis encore un autre nouveau croissant ; ainsi, nous voyions trois nouveaux croissants en deux mois. Pourtant, durant toute cette longue période, aucun feu ne brûlait dans les foyers de la maison de l’Envoyé d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). » Je demandai : « Ô ma tante, de quoi viviez-vous donc ? » Elle répondit : « De deux choses noires : les dattes et l’eau. » Toutefois, l’Envoyé d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) avait quelques voisins parmi les Ansâr qui possédaient des chamelles laitières. Ils lui envoyaient un peu de lait, et il nous le faisait boire. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٤٩٣- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ مَرْ بِقَوْمٍ بَيْنَ أَيْدِيهِمْ شَاةٌ مَصْلِيةٌ قَدَعَوْهُ فَأَبَى أَنْ يَاكُل وَقَالَ خَرَجَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنَ الدُّنْيَا ولم يشبع من خبز الشعير – رواه البخاري.

493. D’après Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, il passait auprès d’un groupe de personnes devant lequel se trouvait alors une chèvre entière fraîchement égorgée. Lorsqu’ils l’invitèrent à en manger, il refusa et dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a quitté ce monde sans jamais pouvoir manger à satiété même du pain d’orge. » (Al-Boukhari)

٤٩٤- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمْ يَأْكُلِ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ على خوَانٍ حَتَّى مَاتَ وَمَا أَكَلَ خُبْرًا مَرَفَقًا حَتَّى مَاتَ – رواه البخاري. وفي رواية لهُ وَلَا رَأَى شَاةٌ سَمِيطًا بِعَيْنِهِ قَط.

494. D’après Anas, qu’Allah l’agrée, il dit : jusqu’à sa mort, le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, ne mangea jamais sur une nappe garnie de mets variés et ne mangea jamais de pain fait de farine fine.
L’imam Al-Boukhari a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : il ne vit jamais de ses propres yeux une chèvre entière rôtie.

٤٩٥ – وَعَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ لَقَدْ رَأَيْتُ نَبِيِّكُمْ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَا يَجِدُ مِنَ الدِّقْلِ مَا يَمْلَأُ بِهِ بَطْنَهُ . رواه مسلم.

495. D’après An-Nou‘man ibn Bachir, qu’Allah l’agrée, il dit : « J’ai vu votre Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ; il ne trouvait même pas de dattes de qualité inférieure pour se remplir le ventre. » (Muslim)

٤٩٦ – وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ مَا رَأَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ النَّقِيُّ مَنْ حِينَ ابْتَعَثَهُ اللهُ تَعَالَى حَتَّى قَبَضَهُ اللهُ تَعَالَى فَقِيلَ لَهُ هَلْ كَانَ لَكُمْ فِي عَهْدِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنَاخِلُ قَالَ مَا رَأَىرسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْخُلاً مِنْ حِينَ ابْتَعَتَهُ اللَّهُ تَعَالَى حَتَّى قَبَضَهُ اللهُ تَعَالَى فَقِيلَ لَهُ كَيْفَ كُنتُمْ تَأْكُلُونَ الشعيْرَ غَيْرَ مَنْخُولٍ قَالَ كُنَّا نَطْحَتُهُ وتنفُخُهُ فَيَطِيْرُ مَا طَارَ وَمَا بَقِيَ تَرَيْنَاهُ.

496. D’après Sahl ibn Sa‘d, qu’Allah l’agrée, il dit : depuis qu’Allah, exalté soit-Il, a envoyé le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, comme prophète pour l’humanité, jusqu’à ce qu’Il le rappelle à Lui, il ne vit jamais de pain fait de farine fine. On lui demanda : « N’aviez-vous donc pas de tamis à l’époque du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ? » Il répondit : depuis qu’Allah, exalté soit-Il, a envoyé le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, comme prophète pour l’humanité, jusqu’à ce qu’Il le rappelle à Lui par la mort, il ne vit jamais de tamis. On lui demanda encore : « Comment mangiez-vous donc l’orge non nettoyée ? » Il répondit : « Nous la moulions et soufflions dessus ; tout ce qui pouvait s’envoler s’envolait, puis nous mélangions la farine restante avec de l’eau pour en faire une pâte. » (Al-Boukhari)

٤٩٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَرَجَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم ذات يوم أوْ لَيْلَةٍ فَإِذَا هُوَ بِأَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ فَقَالَ مَا أَخْرَجَكُمَا مِنْ بُيُوتِكُمْ هذه الساعة؟ قالا الجوعُ يَا رَسُولَ الله قَالَ وَآنَا وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَأَخْرَجَنِي الذي اخْرَجَكُمَا قَوْمًا فَقَامَا مَعَهُ فَأَتَى رَجُلاً مِّنَ الْأَنْصَارِ فَإِذَا هُوَ لَيْسَ فِي بَيْتِهِ فلما رأتهُ الْمَرْأةُ قَالَتْ مَرْحَبًا وأهلاً فَقَالَ لَهَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اين فلان قالَتْ ذَهَبَ يَسْتَعْذِبُ لَنَا الْمَاء إِذْ جَاءَ الْأَنْصَارِيُّ فَنَظَرَ إِلَى رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَصَاحِبَيْهِ ثُمَّ قَالَ الْحَمْدُ لِلَّهِ مَا أَحَدُ الْيَوْمَ أَكْرَمَ أَضْيَافًا مِنِّي فَانْطَلَقَ فَجَاءَهُمْ بِعِذْقَ فِيهِ بُسْرٌ وَتَمْرٌ وَرُطَبٌ فَقَالَ كُلُوا وَآخَدَ الْمُدْيَةَ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِيَّاكَ وَالْحَلُوبَ فَذَبَحَ لَهُمْ فَاكَلُوا مِنَ الشَّاةِ وَمِنْ ذَلِكَ الْعِدْقِ وَشَرِبُوا فَلَمَّا أَنْ شَبِعُوا وَرَوُوْا قَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِأَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَتُسْأَلُنَّ عَنْ هُذَاالنَّعِيمِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَخْرَجَكُمْ مِنْ بُيُوتِكُمُ الْجُوعُ ثُمَّ لَمْ تَرْجِعُوا حَتَّى أَصَابَكُمْ هذا النعيم – رواه مسلم.

৪৯৭. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un jour, de jour ou de nuit, alors que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — sortait de chez lui, il rencontra Abou Bakr et ‘Umar (qu’Allah les agrée). Il leur demanda : « Qu’est-ce qui vous a fait sortir de chez vous à cette heure-ci ? » Ils répondirent : « La faim, ô Messager d’Allah. » Il dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, la même chose qui vous a fait sortir de chez vous m’a également fait sortir. Levez-vous donc. » Ils se levèrent tous deux avec lui. Puis, en chemin, ils arrivèrent à la maison d’un Ansar. Il s’avéra que celui-ci n’était pas chez lui. Sa femme, l’apercevant, dit : « Marhaban, soyez les bienvenus ! » Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) lui demanda : « Où est untel ? » Elle répondit : « Il est allé nous chercher de l’eau douce. » Entre-temps, l’Ansar arriva. Voyant le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et ses deux compagnons, il dit : « Louange à Allah ! Aujourd’hui, personne ne reçoit des hôtes plus honorables que mes hôtes. » Il entra ensuite dans la maison, apporta une grappe de dattes mûres et fraîches, la posa devant eux et dit : « Mangez-en. » Puis il prit un couteau. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui dit : « Attention ! N’égorge pas une chèvre qui allaite. » Il égorgea ensuite pour eux une chèvre, la fit cuire et l’apporta. Ils mangèrent de cette chèvre et de la grappe de dattes, et burent de l’eau. Lorsque tous eurent mangé à satiété et bu à leur contentement, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit à Abou Bakr et à ‘Umar : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, vous serez interrogés au Jour de la Résurrection au sujet de cette faveur. La faim vous a fait sortir de chez vous, puis vous retournez chez vous après avoir reçu cette faveur. » [Note : Le grand Compagnon ansarien chez qui le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et ses deux compagnons s’étaient rendus était Hadrat Abou al-Haytham ibn al-Tayyihân (qu’Allah l’agrée). L’imam at-Tirmidhi a mentionné le nom de ce Compagnon dans son recueil de hadiths.] (Muslim)

٤٩٨- وعن خالد بن عُمَرَ الْعَدَوِي قَالَ خَطَبَنَا عُتْبَةُ بْنُ عَزَوَانَ وَكَانَ أميرًا عَلَى الْبَصْرَة فَحَمِدَ الله واثنى عَلَيْهِ ثُمَّ قَالَ أَمَّا بَعْدُ فَإِنَّ الدُّنْيَا قَدْ أَذنَتْ بِصُرُم وولت حذاء ولم بَيْقَ مِنْهَا إِلا صُبَابَة كَصَبَابَةِ الْآنَاءِ يَتَصَابُهَا صَاحِبُهَا وَأَنَّكُمْ مُنتَقِلُونَ مِنْهَا إلى دار لا زوال لَهَا فَانْتَقِلُوا بِخَيْرِ مَا بِحَضْرَتِكُمْ فَإِنَّهُ قَدْ ذَكَرَ لنا أن الحَجَرَ يُلقى من شفير جَهَنَّمَ فَيَهْوى فِيْهَا سَبْعِينَ عَامًا لَا يُدْرِكُ لَهَا قرا والله لتُمْلَانُ أَفَعَجِبْتُمْ ؟ ولقد ذكر لنا أَنَّ مَا بَيْنَ مِصْرَاعَيْنِ مِنْ مَصَارِيعِ الجنة مسيرة أَرْبَعِينَ عَامًا وَلَيَأْتِيَنَّ عَلَيْهِ يَوْمَ وَهُوَ كَظِيظٌ مِنَ الرِّحَامِ وَلَقَدْ رايتني سابع سَبْعَة مَعَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا لَنَا طَعَامُ إِلَّا وَرَقُ الشَّجَرِ حَتَّى قَرِحت أشداقنا فالتقطت بردَةً فَشَفَقْتُهَا بَيْنِي وَبَيْنَ سَعْدِ بْنِ مَالِك فَاتُزَرْتُ بنصفها وانزر سعد بنصفها فَمَا أَصْبَحَ الْيَوْمَ مِنَّا أَحَدٌ إِلَّا أَصْبَحَ أميرا على مصر مِنَ الْأَمْصَارِ وَإِنِّي أَعُوذُ بِاللهِ أَنْ أَكُونَ فِي نَفْسِي عَظِيمًا وَعِنْدَ اللَّهِ صغيرا – رواه مسلم .

৪৯৮. Khâlid ibn ‘Oumar al-‘Adawî (que Dieu lui fasse miséricorde) rapporte : Le gouverneur de Bassora, ‘Utba ibn Ghazwân (qu’Allah l’agrée), nous fit un sermon. Après avoir loué Allah et célébré Ses mérites, il dit : « Ce bas monde annonce sa ruine et s’enfuit très rapidement. Il n’en reste que la quantité d’eau qui demeure au fond d’un récipient après qu’on en a bu, et les gens de ce monde ne font qu’y boire. Vous devez quitter ce monde éphémère pour vous diriger vers un monde éternel. Emportez donc avec vous ce que vous possédez de meilleur. On m’a rapporté qu’une pierre sera jetée depuis un côté de l’Enfer et qu’elle continuera à tomber dans ses profondeurs pendant soixante-dix ans sans parvenir à son fond. Par Allah, cela se réalisera pourtant. Êtes-vous étonnés ? On nous a rapporté que la distance entre les deux battants des portes du Paradis équivaut à quarante années de marche. Pourtant viendra un jour où elles seront remplies de foule. Je me suis vu comme le septième de sept hommes avec le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Nous n’avions pour nourriture que des feuilles d’arbres. À force d’en manger, nos mâchoires s’étaient ulcérées. J’avais trouvé une cape. Je la déchirai en deux morceaux et la partageai avec Sa‘d ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée). Je fabriquai un pagne avec une moitié, et Sa‘d en fabriqua un avec l’autre moitié. Mais aujourd’hui, voici notre situation : presque chacun d’entre nous, les sept, est devenu gouverneur dans une ville ou une province. Je demande refuge au Très-Haut contre le fait de me considérer grand à mes propres yeux et petit auprès d’Allah. » (Muslim)

٤٩٩- وَعَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ أَخْرَجَتْ لَنَا عَائِشَهُ كساء و إزاراً غليظا قَالَتْ قُبض رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي هَدَيْنِ متفق عليه

৪৯৯. Abou Moussa al-Ach‘arî (qu’Allah l’agrée) rapporte : ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) sortit pour nous montrer une cape et un pagne grossier, puis dit : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — mourut vêtu de ces deux pièces. » (Al-Boukhari et Muslim)

٥٠٠ وعَنْ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ إِنِّي لَأَوَّلُ الْعَرَبِ رَمَى يسهم في سَبِيلِ اللهِ وَلَقَدْ كُنَّا نَعْزُو مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا لَنَا طعام إلا ورق الحبلة وهذا السَّمَرُ حَتَّى إِنْ كَانَ أَحَدُنَا لَيَضَعُ كَمَا تَضَعُ الشَّاةُ ما له خلط – متفق عليه

৫০০. Sa‘d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai été le premier Arabe à tirer des flèches dans le sentier d’Allah. Nous avons participé au jihâd avec le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Nous n’avions pour nourriture que les feuilles de l’acacia et de ce tamaris ; au point que nos hommes déféquaient comme des chèvres, et que leurs excréments ne se mélangeaient pas les uns aux autres. » (Al-Boukhari et Muslim)

٥٠١ وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اللهُمَّ اجْعَلَ رِزْق آلِ مُحَمَّدٍ قُوْتًا – متفق عليه.

501. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Ô Allah ! Accorde à la famille de Muhammad la subsistance minimale nécessaire pour vivre. » (Al-Boukhari, Mouslim)

٥٠٢ وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ وَاللَّهِ الَّذِي لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ إِن كُنتُ لاعتمد بكيدِي عَلَى الْأَرْضِ مِنَ الْجُوعِ وَإِن كُنتُ لَأَشَدُّ الْحَجَرَ عَلَى بَطْنِي مِنَ الجوع ولقد قَعَدتُ يَوْمًا على طريقهم الذي يَخْرُجُونَ مِنْهُ فَمَرَّ بِي النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَتَبَسَّمَ حِيْنَ رَأْنِي وَعَرَفَ مَا فِي وَجْهِي وَمَا فِي نَفْسِي ثُمَّ قَالَابا هر قُلْتُ لَبَّيْكَ يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ الْحَقِّ وَمَضَى فَاتَّبَعْتُهُ فَدَخَلَ فَاسْتَأْذَنَ فَاذِنَ لِي فَدَخَلْتُ فَوَجَدَ لَبَنَا فِي قَدَح فَقَالَ مِنْ أَيْنَ هَذَا اللَّبَنُ قَالُوا أَهْدَاهُ لَكَ فلان أو فلانَةٌ قَالَ أَبَا هُوَ قُلْتُ لَبَّيْكَ يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ الْحَقِّ إِلى أَهْلِ الصفة فَادْعُهُمْ لِى قال وأهل الصفة أضياف الاسلام لَا يَأْوُونَ عَلَى أَهْلِ وَلا مَالٍ وَلَا على احد وكانَ إِذا أَتَتَهُ صَدَقَةٌ بَعَثَ بِهَا إِلَيْهِمْ وَلَمْ يَتَنَاوَلُ مِنْهَا شَيْئًا وَإِذَا أَتَتْهُ هَدِيَّة أَرْسَلَ اليهِم وَأَصَابَ مِنْهَا وَأَشْرَكَهُمْ فِيهَا فَسَاءَ نِي ذَلِكَ فَقُلْتُ وَمَا هَذَا اللبن في أهل الصفة كُنتُ أحق أن أصيب من هذا اللَّبَنِ شَرْبَةَ اتَّقَوَّى بِهَا فَإِذَا جاؤُوا وأمرني فكنتُ أنا أعطيهِمْ وَمَا عَسَى أَن يَبْلُغَنِي مِنْ هَذَا الدِّينِ وَلَمْ يَكُنْ من طاعة الله وطاعة رسوله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بُدْ فَآتَيْتُهُمْ فَدَعَوْتُهُمْ فَأَقْبَلُوا وَاسْتَأْذَنُوا فَاذَنَ لَهُمْ وَأَخَذُوا مَجَالِسَهُمْ مِنَ الْبَيْتِ قَالَ يَا أَبَا هُرَ قُلْتُ لبيكَ يَا رَسُولَ الله قَالَ خُذْ فأعطهم قَالَ فَأَخَذْتُ القَدَحَ فَجَعَلْتُ أَعطيه الرَّجُلَ فَيَشرَبُ حَتَّى يَرْوَى ثُمَّ يَرُدُّ عَلَى الْقَدَحَ فَأَعْطِيهِ الْآخَرَ فَيَشْرَبُ حَتَّى يَرْوَى ثُمَّ برد عَلَى القَدَحَ حَتَّى انْتَهَيْتُ إلى النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَدْ رُوِيَ الْقَوْمُ كُلُّهُم فَأَخَذَ القَدَحَ فَوَضَعَهُ عَلَى يَدِهِ فَنَظَرَ إِلَى فَتَبَسَّمَ فَقَالَ أَبَا هُوَ قُلْتُ لَبِّيكَ يَا رَسُولَ الله قَالَ بَقيتُ أنا وأنتَ قُلْتُ صَدَقْتَ يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ اقْعُدَ فَاشْرَبْ فَقَعَدتُ فَشَرِبْتُ فَقَالَ اشْرَبْ فَشَرِبْتُ فَمَا زَالَ يَقُولُ اشْرَبْ حَتَّى قُلْتُ لَا وَالَّذِي بعَثَكَ بِالْحَقِّ مَا أَجِدُ لَهُ مَسْلَكًا قَالَ فَارِنِي فَاعْطَيْتُهُ الْقَدَحَ فَحَمِدَ اللَّهَ تَعَالَى وَسَمَّى وَشَرِبَ الْفَضْلَة – رواه البخاري.

502. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Par Allah, en dehors de qui il n’y a aucune divinité, à l’époque du Messager d’Allah (ﷺ), il m’arrivait, à cause de la faim, de coller mon ventre contre le sol ; parfois aussi, sous l’effet de la faim, j’attachais une pierre à mon ventre. Un jour, je m’assis sur le chemin qu’empruntaient les gens. Alors que le Messager d’Allah (ﷺ) passait près de moi par ce chemin, il me vit, me sourit et comprit l’état de mon visage ainsi que ce que je ressentais au fond de moi. Puis il dit : « Ô Abou Hourayra ! » Je répondis : « Ô Messager d’Allah, me voici à votre service. » Il dit : « Viens avec moi. » Il se mit en route et je le suivis. Il demanda la permission d’entrer dans une maison, puis y entra ; lorsqu’il me donna la permission, j’entrai à mon tour. Il aperçut un bol de lait et demanda : « D’où vient ce lait ? » Les membres de sa famille répondirent : « Untel ou telle femme vous l’a envoyé en cadeau. »

Il dit : « Ô Abou Hourayra ! » Je répondis : « Ô Messager d’Allah, me voici à votre service. » Il dit : « Va chercher les gens de la Suffa et amène-les ici. » Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit : Les gens de la Suffa étaient les hôtes de l’islam. Ils n’avaient ni maisons, ni familles, ni biens. Ils n’avaient pas non plus d’amis chez lesquels ils auraient pu aller séjourner. Lorsque des biens provenant de l’aumône lui parvenaient, il les leur envoyait sans y toucher lui-même. Mais lorsqu’il recevait un cadeau, il leur en envoyait une part et en prenait lui-même. Ce jour-là, lorsqu’il me demanda d’aller les chercher, j’en fus très contrarié. Je me dis intérieurement : « Que pourront faire les gens de la Suffa avec si peu de lait ? J’étais pourtant plus en droit d’en boire, afin d’y puiser des forces. Lorsqu’ils arriveront, c’est certainement à moi qu’il ordonnera de leur servir ce lait. Après les avoir tous servis, je ne pense pas qu’il m’en restera quoi que ce soit. » Pourtant, je n’avais d’autre choix que d’obéir à Allah et à Son Messager (ﷺ). J’allai donc les trouver et les appelai. Lorsqu’ils vinrent demander la permission d’entrer, il la leur accorda. Ils s’assirent chacun à sa place à l’intérieur de la maison. Il me dit : « Ô Abou Hourayra ! » Je répondis : « Ô Messager d’Allah, me voici auprès de vous. » Il dit : « Prends le bol de lait et sers-le-leur. » Abou Hourayra dit : Je pris le bol et le donnai à l’un d’eux. Il but à satiété, puis me rendit le bol. Je le donnai ensuite à un autre, qui but lui aussi jusqu’à être pleinement rassasié, puis me le rendit. Ainsi, pour finir, j’apportai le bol au Prophète (ﷺ), alors que tous ceux qui étaient présents avaient bu à satiété. Il prit le bol, le garda dans sa main, me sourit et dit : « Ô Abou Hourayra ! » Je répondis : « Ô Messager d’Allah, me voici à votre service. » Il dit : « Il ne reste plus que toi et moi. » Je répondis : « Vous avez dit vrai, ô Messager d’Allah. » Il dit : « Assieds-toi et bois. » Je m’assis et bus. Il me dit encore : « Bois. » Je bus. Il continua ainsi à me dire de boire. Finalement, je dis : « Non, je ne peux plus boire. Par Celui qui vous a envoyé avec la vérité, il ne reste plus de place dans mon ventre. » Il dit : « Donne-moi maintenant le bol. » Je le lui tendis. Il loua Allah, prononça la formule « Bismillah » et but le lait restant. (Al-Boukhari)

٥٠٣ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَقَدْ رَأَيْتُنِي وَإِنِّي لَآخِرُ فِيْمَا بَيْنَ منبر رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلى حُجْرَةِ عَائِشَةَ مَغْشِيًّا عَلَى فَيَجِيُّ الْجَانِي فَيَضَعُ رِجْلَهُ عَلَى عُنُقِي وَيَرَى إِنِّي مَجْنُونٌ وَمَا بِي مِنْ جُنُونِ مَا بِي إِلَّا الجوع – رواه البخاري.

503. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Je me suis parfois trouvé dans un état tel que, lorsque je m’évanouissais de faim et restais étendu entre la chaire du Messager d’Allah (ﷺ) et la chambre d’Aïcha (qu’Allah l’agrée), certaines personnes venaient me piétiner la nuque, me prenant pour un fou. Pourtant, je n’étais pas fou ; c’était seulement l’intensité de la faim. (Al-Boukhari)

٥٠٤- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ تُوقِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَدِرْعَهُ مَرْهُونَةٌ عِنْدَ يَهُودِي فِي ثَلاثِينَ صَاعًا مِنْ شَعِير – متفق عليه.

৫০৪. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : À la mort du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), son armure était encore mise en gage auprès d’un Juif pour trente sa‘ de blé. [Note : le poids d’un sa‘ équivaut approximativement à trois ser et douze chhatak et demi.] (Al-Boukhari, Mouslim)

٥٠٥- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ رَهْنَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دِرْعَهُ يشعِيرِ وَمَشَيْتُ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِخُبْرٍ شَعِيرٍ وَاهَالَةٍ سَنِخَةٍ ولَقَدْ سَمِعْتُهُ يَقُولُ مَا أَصْبَحَ لِآلِ مُحَمَّدٍ صَاعٌ وَلَا أَمْسَى وَأَنَّهُمْ لَتَسْعَةُ أَبْيَاتٍ رواه البخاري.

৫০৫. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait mis son armure en gage pour une certaine quantité d’orge. J’apportai au Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) du pain d’orge et du pain fait avec une farine à l’odeur désagréable.

(Le narrateur subalterne) : J’ai entendu Anas (qu’Allah l’agrée) dire : Pour la famille de Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), il ne se trouvait même pas un sa‘ de blé matin et soir, alors qu’ils étaient neuf foyers. (Al-Boukhari)

٥٠٦ وعن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَقَدْ رَأَيْتُ سَبْعِينَ مِنْ أَهْلِ الصفةِ مَا مِنهُم رَجُلٌ عَلَيْهِ رِدا . اما ازار وإِما كَسَاءٌ قَدْ رَبَطُوا فِي أَعْنَاقِهِمْ مِنْهَا مَا يَبْلُغُ نِصْفَ السَّاقَيْنِ وَمِنْهَا مَا يَبْلُغُ الْكَعْبَينِ فَيَجْمَعُهُ بِيَدِهِ كَرَاهِيَة أن ترى عورته – رواه البخاري ..

৫০৬. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai certainement vu soixante-dix hommes parmi les Compagnons d’as-Souffa, dont aucun ne possédait de manteau. L’un d’eux n’avait peut-être qu’un pagne, tandis qu’un autre n’avait qu’une couverture. Ils l’attachaient autour de leurs épaules. Le pagne de certains d’entre eux descendait jusqu’au milieu des jambes, et celui d’autres jusqu’aux genoux. Ils le retenaient de la main par crainte que leurs parties intimes ne soient découvertes. (Al-Boukhari)

٥٠٧ وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ فِرَاسُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ أدم حشوه ليف – رواه البخاري

৫০৭. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) possédait un matelas en cuir, rempli de fibres de palmier-dattier. (Al-Boukhari)

٥٠ وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنَّا جُلُوسًا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذْ جَاءَ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ فَسَلَّمَ عَلَيْهِ ثُمَّ أَدْبَرَ الْأَنْصَارِيُّ فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا أَنَا الْأَنْصَارِ كَيْفَ أَخِي سَعْدُ بْنُ عُبَادَةَ فَقَالَ صَالِحٍ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ يَعُودُهُ مِنْكُمْ فَقَامَ وَقُمْنَا مَعَهُ وَنَحْنُ بِضْعَةَ عَشَرَ مَا عَلَيْنَا نعال ولا خفاف ولا فلانس ولا قمس تمشى فِي تِلْكَ السَّبَاحَ حَتَّى جِئْنَاهُ فَاسْتَأْخَرَ قَوْمُهُ مِنْ حَوْلِهِ حَتَّى دَنَا رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَصْحَابُهُ الَّذِينَ مَعَهُ – رواه مسلم .

508. Ibn Umar (qu’Allah les agrée) rapporte : Nous étions assis avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lorsqu’un Ansar vint le saluer, puis s’apprêta à repartir. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui demanda : « Ô frère ansarien, comment va mon frère Sa‘d ibn ‘Ubâda ? » Il répondit : « Il va bien. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda ensuite : « Lequel d’entre vous ira lui rendre visite ? » Il se leva et se mit en route, et nous l’accompagnâmes. Nous étions un peu plus de dix. Pourtant, aucun d’entre nous ne portait de chaussures, de chaussettes, de couvre-chef ni de vêtement. Dans cet état, nous traversâmes une étendue désertique et arrivâmes auprès de lui. Les membres de sa tribu s’écartèrent de Sa‘d, et le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ainsi que ses compagnons s’approchèrent de lui. (Muslim)

٥٠٩- وَعَنْ عِمْرَانَ بْنِ الْحُصَيْنِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ خَيْرُكُمْ قَرْنِي ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُوْنَهُمْ قَالَ عِمْرَانُ فَمَا أدرى قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرَّتَيْنِ أَوْ ثَلَاثًا ثُمَّ يَكُونُ بَعْدَهُمْ قَوْمٌ يَشْهَدُونَ وَلَا يُسْتَشْهَدُونَ وَيَخُونُونَ وَلَا يُؤْتَمَنُونَ وَيَنْذِرُونَ وَلَا يُؤْقُوْنَ وَيَظْهَرُ فِيهِمُ السمن متفق عليه .

509. ‘Imrân ibn Husayn (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les gens de ma génération — les Compagnons — sont les meilleurs d’entre vous, puis ceux qui viendront après eux — les tâbi‘ûn —, puis ceux qui viendront après ces derniers — les tâbi‘ at-tâbi‘în ; ainsi, de génération en génération, ce sont eux les meilleurs. » ‘Imrân (qu’Allah l’agrée) dit : « Je ne me souviens pas si le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) l’a dit deux ou trois fois. » Après eux apparaîtra un peuple dont les membres témoigneront sans qu’on leur demande de témoigner, trahiront et ne respecteront pas les dépôts qui leur sont confiés, feront des vœux sans les accomplir, et dont les corps seront marqués par l’embonpoint. (Al-Bukhari et Muslim)

٥١٠ – وَعَنْ أَبِي أَمَامَةً رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا ابْنَ أدَمَ إِنَّكَ أَنْ تَبْدُلَ الْفَضْلَ خَيْرٌ لَكَ وَأَنْ تُمْسِكَهُ شَرُّ لَكَ وَلَا تُلَامُ على كفاف وابدأ بِمَنْ تَعُولُ – رواه الترمذى وقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيح

510. Abû Umâma (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ô fils d’Adam ! Si tu dépenses dans les bonnes œuvres les biens qui dépassent tes besoins, ce sera meilleur pour toi ; mais si tu les retiens, ce sera mauvais pour toi. Toutefois, tu ne seras pas blâmé si tu conserves des biens à la mesure de tes besoins. Commence par subvenir aux besoins de ceux qui sont à ta charge. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a déclaré : « C’est un hadith hasan et sahih. »

٥١١ – وَعَنْ عُبَيْدِ اللهِ بْنِ مِحْصَنِ الْأَنْصَارِي الْخَطْمِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَصْبَحَ مِنْكُمْ أَمِنَّا فِي سَرْبِهِ مُعَافَى في جسده عنده قوت يومه فكأنما حيزت له الدنيا بحذافيرها – رواه الترمذي وقَالَ حَدِيث حَسَنٌ.

511. D’après ‘Ubaydullah ibn Mihsan al-Ansari al-Khatmi (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui d’entre vous qui se réveille le matin en sécurité dans son corps, en bonne santé, et qui possède la nourriture de sa journée suffisante pour apaiser sa faim, c’est comme si on lui avait donné tout ce que contient le monde. »

L’imam al-Tirmidhi le rapporte et dit : « Ce hadith est hassan. »

٥١٢ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قَدْ أَفْلَحَ مَنْ أَسْلَمَ وَكَانَ رِزْقُهُ كَفَافًا وَقَنَّعَهُ اللَّهُ بِمَا أتاه – رواه مسلم

512. D’après ‘Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘As (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « A réussi celui qui a embrassé l’islam, qui possède une subsistance suffisante pour ses besoins et qu’Allah a rendu satisfait de ce qu’Il lui a accordé. » (Muslim)

٥١٣ – وَعَنْ أَبِي مُحَمَّدٍ فَضَالَةَ بْنِ عُبَيْدِ الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ طُوبَى لِمَنْ هُدِى إِلَى الْإِسْلَامِ وَكَانَ عَيْشُهُ كَفَافًا وقنع – رواه الترمذي وقال حديثٌ حَسَنٌ صَحِيح

513. D’après Abou Muhammad Fadala ibn ‘Ubayd al-Ansari (qu’Allah l’agrée), il a entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Annoncez la bonne nouvelle à celui qui a reçu la guidance de l’islam, qui dispose d’une subsistance suffisante pour ses besoins et qui s’en contente. »

L’imam al-Tirmidhi le rapporte et dit : « Ce hadith est hassan et sahih. »

٥١٤ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم ببيت الليالي المتتابعة طاويا وأهله لا يَجِدُونَ عَشَاءُ وَكَانَ أَكْثَرُ خُبْزِهِمْ خبز الشعير – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيح .

514. Il est rapporté d’Ibn al-‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) restait plusieurs jours consécutifs sans manger, et ses proches ne trouvaient rien pour leur repas du soir. Leur nourriture consistait souvent en pain d’orge.

L’imam at-Tirmidhî, après avoir rapporté ce hadith, a dit : C’est un hadith bon et authentique.

٥١٥ – وَعَنْ فَضَالَةَ بْنِ عُبَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذا صلى بالنَّاسِ يَخرُ رِجَالٌ مِنْ قَامَتِهِمْ فِي الصَّلاةِ مِنَ الْخَصَاصَةِ وَهُمْ أَصْحَابُ الصَّفَةِ حَتَّى يَقُولَ الْأَعْرَابُ هَؤُلا ، مَجَانِيْنَ فَإِذَا صَلَّى رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ انْصَرَفَ إِلَيْهِمْ فَقَالَ لَوْ تَعْلَمُونَ مَا لَكُمْ عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى لأَحْبَبْتُمْ أَن تَزْدَادُوا فَاقَةً وحَاجَة – رواه الترمذي وقال حديث صحيح .

515. Il est rapporté de Fadâlah ibn ‘Ubayd (qu’Allah l’agrée) que, lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) priait avec ses Compagnons, certains de ceux qui se tenaient derrière lui, parmi les gens d’As-Suffah, tombaient à terre, terrassés par l’intensité de la faim, allant jusqu’à s’évanouir. Les bédouins les qualifiaient même de fous. Après la prière, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se tournait vers eux et disait : « Si vous saviez quels honneurs et quels biens Allah vous a réservés, vous souhaiteriez que la faim et la pauvreté augmentent encore. »

L’imam at-Tirmidhî, après l’avoir rapporté, a dit : Ce hadith est authentique.

٥١٦ – وَعَنْ أَبِي كَرِيمَة الْمِقْدَادِ بْنِ مَعْدِ يُكَرِبَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَا مَلا أَدَمِيُّ وَعَاءً شَرَا مِنْ بَطْنِ بِحَسْبٍابن ادم اكلات يُقِمَن صُلْبَهُ فَإِنْ كَانَ لا مَحالَهُ فَلَتْ لِطَعَامِهِ وَثَلَتْ لِشَرَابِهِ وثلث لنفسه – رواه الترمذي وقال حديث حسن .

516. Il est rapporté d’Abû Karîmah al-Miqdâd ibn Ma‘dî Karib (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « L’être humain ne remplit aucun récipient pire que son ventre. Quelques bouchées suffisent au fils d’Adam pour maintenir son dos droit. S’il lui faut davantage, qu’il réserve un tiers de son ventre à sa nourriture, un tiers à sa boisson et un tiers à sa respiration. »

L’imam at-Tirmidhî, après avoir rapporté ce hadith, a dit : C’est un hadith bon.

٥١٧ – وَعَنْ أَبِي أَمَامَة إِياس بن تَعْلَبَةَ الأَنْصَارِي الْحَارِثِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ ذكر أصْحَابُ رَسُول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمًا عِنْدَهُ الدُّنْيَا فَقَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلا تَسْمَعُونَ إِلا تَسْمَعُونَ إِنَّ الْبَدَادَةَ مِنَ الْإِيْمَانِ إِنَّ الْبَدَادَةَ مِنَ الْإِيْمَانِ يَعْنِي التَّفَحُلَ – رواه أبو داود.

517. Abû Umâma Iyâs ibn Tha‘laba al-Ansârî al-Hârithî (qu’Allah l’agrée) rapporte : Les Compagnons du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) évoquèrent devant lui les choses de ce bas monde. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « N’entendez-vous pas ? N’entendez-vous pas ? Renoncer au confort et au luxe est un signe de la foi ; renoncer au confort et au luxe est une manifestation de la foi », c’est-à-dire mener une vie simple et sans ostentation. (Abû Dâwûd)

٥١٨ – وَعَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ بَعَثَنَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَمْرَ عَلَيْنَا أَبَا عُبَيْدَةَ نَتَلَقَّى عِيْرًا لِقُرَيْشِ وَزَودَنَا جرابًا من تمر لمْ يَجِدُ لنا غَيْرَهُ فَكَانَ أَبُو عُبَيْدَةَ يُعْطِينَا تَمْرَةٌ تَمْرَةٌ فَقِيلَ كَيْفَ كُنتُمْ تَصْنَعُونَ بِهَا قَالَ نَمَضُهَا كَمَا يَمَصُ الصَّبِيُّ ثُمَّ تَشْرَبُ عَلَيْهَا مِنَ الْمَاءِ فَتَكْفِينَا يَوْمَنَا إلى الليل وكنا تضرب بعصينا الْخَبَطَ ثُمَّ نَبْلُهُ بِالْمَاءِ فَتَأْكُلُهُ ققَالَ وَانْطَلَقْنَا عَلَى سَاحِلِ الْبَحْرِ فَرَفَعَ لَنَا عَلَى سَاحِلِ الْبَحْرِ كَهَيْئَةِ الْكَثِيبِالضَّخْمِ فَأَتَيْنَاهُ فَإِذَا هِيَ تُدْعَى الْعَنْبَرَ فَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ مَيْتَةٌ ثُمَّ قَالَ لَا بَلْ نَحْنُ رسُلُ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَفِي سَبِيلِ اللَّهِ وَقَدِ اضْطُرِرْتُمْ فَكُلُوا فَأَقَمْنَا عَلَيْهِ شَهْرًا وَنَحْنُ ثَلاثُ مِائَةٍ حَتَّى سَمِنًا وَلَقَدْ رَأَيْتُنَا نَعْتَرِفُ مِنْ وَقْبِ عينه بالقلال الدهن وتقطع مِنْهُ القدر كالثور أوْ كَقَدْرِ الشَّوْرِ وَلَقَدْ أَخَذَ مِنَّا أَبُو عبيدة ثلاثة عشر رَجُلاً فَأَقْعَدَهُمْ في وقب عَيْنِهِ وَأَخَذَ ضلعا من أضلاعه فَأَقَامَهَا ثُمَّ رَحَلَ أعظم بعير مَعَنَا قَمَرُ مِنْ تَحْتِهَا وَتَزودنا من لحمه وشائق فَلَمَّا قَدِمْنَا الْمَدِينَةَ آتَيْنَا رَسُولَ الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَكَرْنَا ذَلِكَ لَهُ فَقَالَ هُوَ رِزْقٌ أَخْرَجَهُ اللَّهُ لَكُمْ فَهَلْ مَعَكُمْ مِنْ لَحْمِهِ شَيْ فَتُطْعِمُونَا فَأَرْسَلْنَا إِلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْهُ فَأَكَلَهُ – رواه مسلم .

518. Abû ‘Abd Allah Jâbir ibn ‘Abd Allah (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous envoya sous le commandement d’Abû ‘Ubayda (qu’Allah l’agrée) pour intercepter une caravane des Quraysh. Il ne nous donna qu’un seul sac de dattes, et rien d’autre. Abû ‘Ubayda donnait chaque jour une datte à chacun d’entre nous. On lui demanda — à Jâbir : « Que faisiez-vous avec une seule datte ? » Il répondit : « Nous la sucions comme les enfants, puis nous buvions de l’eau ; cela nous suffisait pour toute la journée. Nous arrachions aussi les feuilles des arbres avec des bâtons, nous les faisions tremper dans l’eau, puis nous les mangions. » Le rapporteur poursuit : Nous atteignîmes ensuite le rivage. Soudain, nous aperçûmes sur la côte une chose énorme, semblable à une vaste colline. En nous en approchant, nous découvrîmes qu’il s’agissait d’un immense animal marin, appelé ‘anbar ou baleine. Abû ‘Ubayda dit : « C’est une bête morte. » Puis il se ravisa et dit : « Non ! Nous sommes les soldats envoyés par le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), engagés dans le sentier d’Allah, et vous êtes dans le dénuement. Vous pouvez donc en manger. » Nous en mangeâmes pendant un mois. Nous étions au nombre de trois cents. À force d’en manger, nous reprîmes de l’embonpoint. Nous avons même extrait de l’huile de l’orbite de son œil, en remplissant des outres, et nous en découpions des morceaux semblables à des quartiers de viande de bœuf. Abû ‘Ubayda fit asseoir treize d’entre nous dans son orbite. Il prit l’une de ses côtes, la dressa, puis fit passer dessous le chameau le plus grand de notre groupe, après avoir placé une litière sur son dos. Nous fîmes cuire une partie de sa chair afin de la conserver comme provisions. Puis nous arrivâmes à Médine et nous nous présentâmes devant le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Lorsque nous lui en parlâmes, il dit : « Allah vous l’a accordé comme subsistance. S’il vous en reste de la viande, donnez-nous-en à manger. » Nous envoyâmes alors une partie de cette viande au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), et il en mangea. (Muslim)

٥١٩ – وَعَنْ أَسْمَاءَ بِنْتِ يَزِيدَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ كُمُ قَمِيصِ رَسُولِ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلى الرضع – رواه أبو داود والترمذي وقال حديث حسن.

519. Asmâ’ bint Yazîd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Les manches de la tunique du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) arrivaient jusqu’à ses poignets.

L’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et l’imam at-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith hassan. »

٥٢٠ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ إِنَّا كُنَّا يَوْمَ الْخَنْدَقِ نَحْفِرُ فَعَرَضَتْ كُذِيَةٌ شَدِيدَةٌ فَجَاؤُوا إلى النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا هذه كُدْيَةٌ عَرَضَتْ فِي الْخَنْدَقِ فَقَالَ أَنَا نَازِلَ ثُمَّ قَامَ وَيَطْنُهُ مَعْصُوبٌ بِحَجَرٍ وَلَبِثَنَا ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ لَا نَذُوقُ ذوافًا فَأَخَذَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ المعول فَضَرَبَ فَعَادَ كَثِيْبًا أَهْيَل أو اهيمَ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ الله الذن لي إلى البيت فقُلتُ لامراتي رأيت بالنبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ شَيْئًا ما في ذلك صبر فَعِندَكَ شَيْ فَقَالَتْ عندي شعير وعناق فَذَبَحْتُ العَنَاقَ وَطَعَنْتُ الشعير حَتَّى جَعَلْنَا اللَّحْمَ فِي الْبُرْمَةِ ثُمَّ جِئْتُ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْعَجِينُ قَدِ الكَسَرَ وَالْبُرْمَةُ بَيْنَ الْأَثَانِي قَدْ كَادَتْ تَنضج فَقُلْتُ طَعَيمٌ لِي فَقُمْ أَنتَ يَا رَسُولَ الله وَرَجُلٌ أَوْ رَجُلانِ قَالَ كَمْ هُوَ فَذَكَرْتُ لَهُ فَقَالَ كَثِيرٌ طيب قُل لها لا تنزع البرمة ولا الْخُبْرُ مِنَ التَّنُّورِ حَتَّى أَتِي فَقَالَ قومُوا فَقَامَ الْمُهَاجِرُونَ وَالْأَنْصَارُ فَدَخَلْتُ عَلَيْهَا فَقُلْتُ وَيْحَكَ جَاءَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْمُهَاجِرُونَ وَالْأَنْصَارُ وَمَنْ مَعَهُمْ قَالَتْ هَلْ سَأَلُكَ قُلْتُ نَعَمْ قَالَ ادْخُلُوا وَلَا تَضَاغَطُوا فَجَعَلَ بَكْسِرُ الْخُبْزَ وَيَجْعَلُ عَلَيْهِ اللَّحْمَ وَيُخَفِّرُ الْبُرْمَةَ والتنور اذا أخذ مِنْهُ وَيُقَرِّبُ إِلى أَصْحَابه ثُمَّ يَنزِعُ فَلَمْ يَزْلُ يَكْسِرُ وَيَغْرِفُ حَتَّى شبِعُوا وَبَقِيَ مِنْهُ فَقَالَ كُلى هذا واهْدِى فَإِنَّ النَّاسَ أَصَابَتْهُمْ مَجَاعَةٌ متفق عليه.
وفي رواية قَالَ جَابِرٌ لما حُفِرَ الْخَنْدَقُ رَأَيْتُ بِالنَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَمَصا فَانْكَفَأْتُ إِلَى امْرَأَتِي فَقُلْتُ هَلْ عِنْدَكَ شَيْ فَإِنِّي رَأَيْتُ بِرَسُولِ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَمْصًا شَدِيدًا فَاخْرَجَتْ إِلَى جِرَابًا فِيهِ صَاعٌ مِنْ شَعَيْرٍ ولنا بهيمةٌ داجِن فَذَبَحْتُها وطحنت الشعير فَفَرَغَتْ إِلَى فَرَاغِي وَقَطَّعْتُهَا فِي بُرْمَتِهَا ثُمَّ وَلَيْتُ إلى رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ لَا تَفْضَحْنى برسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَنْ مَعَهُ فَجِئْتُهُ فَسَارَرْتُهُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ ذبحنا بهيمة لنا وطحنت صاعا من شعير فَتَعَالَ أَنتَ وَنَفَرٌ مَعَكَ فَصَاحَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا أَهْلَ الْخَنْدَقِ إِنْ جَابِرًا قَدْ صَنَعَ سُوْرًا فَحَيْهَلا بِكُمْ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تُنزِلُنَّ بُرْمَتَكُمْ وَلَا تَخْبِرُنَّ عَجِيْنَكُمْ حتَّى أَجِي فَجِئْتُ وَجَاءَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقْدُمُ النَّاسَ حَتَّى جِئْتُ امراتي فقالت بك وبكَ فَقُلْتُ قَدْ فَعَلْتُ الذي قُلْت فَأَخْرَجَتْ عَجِيْنًا فَبَصَقَ فِيهِ وبارك ثُمَّ عَمَدَ إِلى بُرْمَتِنَا فَبَصَقَ وَبَارَكَ ثُمَّ قَالَ أَدْعُ خَابِرَةٌ فَلْتَخْبِرْ مَعَكَ واقْدَحى مِنْ بُرْمَتِكُمْ وَلَا تُنزِلُوهَا وَهُمُ الفُ فَأَقْسِمُ بِاللَّهِ لَأَكَلُوا حَتَّى تَرَكُوهُ وَانْحَرَقُوا وَإِنْ بُرْمَتَنَا لَتَغِطْ كَمَا هِيَ وَإِنْ عَجِيْنَنَا لَيُخْبَرُ كَمَا هُوَ

520. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lors de la bataille de la Tranchée, tandis que nous creusions le fossé, un rocher dur apparut. Les Compagnons allèrent trouver le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, et lui dirent : « Un rocher dur est apparu dans le fossé. » Il dit : « Je descends. » Puis il se leva ; à cause de la faim, une pierre était attachée à son ventre. Pendant trois jours, nous n’avions rien mis dans notre bouche. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, prit une pioche et frappa le rocher ; aussitôt, celui-ci se brisa en morceaux et devint du sable. Je dis : « Ô Messager d’Allah, permettez-moi de rentrer un moment chez moi. » Je rentrai donc chez moi et dis à ma femme : « Après avoir vu le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dans l’état où il se trouvait, je n’ai plus de patience. As-tu quelque chose ? » Elle répondit : « J’ai de l’orge et un chevreau. » J’égorgeai le chevreau et moulus l’orge. Puis je mis la viande à cuire dans une marmite et me rendis auprès du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. Entre-temps, la pâte fut prête pour faire du pain et la viande fut cuite dans la marmite du four. Je lui dis : « Ô Messager d’Allah, j’ai préparé un peu de nourriture. Viens, je t’en prie, avec un ou deux hommes. » Il demanda : « Combien serons-nous ? » Je lui indiquai le nombre. Il dit : « Être nombreux est préférable. Dis à ta femme de ne pas retirer la marmite du feu avant mon arrivée et de ne pas sortir le pain du four. » Puis il s’adressa à tous et dit : « Allez-y tous. » Les Muhadjirûn et les Ansâr se mirent donc tous en route. Je revins auprès de ma femme et lui dis : « Qu’Allah te fasse miséricorde ! Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, les Ansâr, les Muhadjirûn et tous ceux qui l’accompagnent sont arrivés. » Elle demanda : « T’a-t-il posé des questions ? » Je répondis : « Oui. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, dit alors : « Entrez, mais ne vous pressez pas. » Puis il se mit à couper le pain en morceaux et à y déposer de la viande, tout en couvrant la marmite et le four. Il en apportait ensuite aux Compagnons et le leur servait. Il continua ainsi à couper le pain et à y verser du ragoût. Finalement, tous mangèrent à satiété et il en resta encore. Il dit : « Mange cela, toi, l’épouse de Jâbir, et fais-en cadeau à d’autres. » (Al-Bukhari et Muslim.)

Une autre version rapporte que Jâbir (qu’Allah l’agrée) a dit : Alors que nous creusions la Tranchée, voyant des signes de faim chez le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, je retournai auprès de ma femme et lui demandai : « As-tu quelque chose ? J’ai vu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, très affamé. » Elle me sortit un sac contenant un sâ‘ d’orge. Nous avions un agneau que nous élevions ; je l’égorgeai, tandis qu’elle moulait l’orge. Lorsque j’eus fini, je découpai la viande et la mis dans une marmite. Alors que je m’apprêtais à retourner auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, elle me dit : « Ne me fais pas honte devant le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, et ses Compagnons. » Je me présentai auprès de lui et lui dis discrètement : « Ô Messager d’Allah, nous avions un agneau ; je l’ai égorgé, et elle a moulu un sâ‘ d’orge pour en faire de la pâte. Veuillez donc venir avec quelques hommes. » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, cria alors à haute voix : « Ô gens de la Tranchée ! Jâbir a préparé un festin pour vous ; venez donc tous. » Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, me dit : « Ne retire pas la marmite du feu et ne fais pas cuire le pain avant mon arrivée. » Je repartis, et le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, vint avec tout le monde. Je racontai tout à ma femme ; elle dit : « C’est toi qui seras couvert de honte et humilié ! » Je répondis : « J’ai fait exactement ce que tu m’avais dit. » Elle sortit alors la pâte levée. Le Prophète y mélangea sa salive et invoqua la bénédiction ; puis il se rendit auprès de la marmite, y mit également sa salive et invoqua la bénédiction. Il dit ensuite : « Appelez la boulangère. Elle fera cuire le pain avec vous et sortira la viande de la marmite, mais ne retirez pas celle-ci du feu. » Ils étaient au nombre de mille. Je jure par Allah qu’ils mangèrent tous à satiété et repartirent en laissant des restes. Pendant ce temps, notre marmite continuait à bouillir, et le pain continuait pareillement à cuire.

٥٢١ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ أَبُو طَلْحَةَ لِأم سُلَيْمٍ قَدْ سَمِعْتُ
صوت رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ضَعِيفًا أَعْرِفُ فِيهِ الْجُوعِ فَهَلْ عِندَكَ مِنْ شَيْءٍ فَقَالَتْ نَعَمْ فَأَخْرَجَتْ أقراصا من شعيرٍ ثُمَّ أَخَذَتْ خَسَارًا لَهَا فَلَت الْخُبْزَ بِبَعْضه ثُمَّ دَسته تَحْتَ ثَوْبِي وَرَدَتْني بِبَعْضِهِ ثُمَّ أَرْسَلَتْنِي إِلَى رَسُول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذَهَبْتُ بِهِ فَوَجَدْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَالِسًا فِي الْمَسْجِدِ وَمَعَهُ النَّاسُ فَقُمْتُ عَلَيْهِمْ فَقَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَرْسَلَكَ أَبُو طَلْحَةَ فَقُلْتُ نَعَمْ فَقَالَ الطَعَامِ فَقُلْتُ نَعَمْ فَقَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَوْمُوا فَانْطَلَقُوا وَانْطَلَقْتُ بَيْنَ أَيْدِيهِمْ حَتَّى جِئْتُ أَبَا طلحة فَأَخْبَرْتُهُ فَقَالَ أَبُو طَلْحَةَ يَا أَم سُلَيْمٍ قَدْ جَاءَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسَلَّمَ بِالنَّاسِ وليس عندنا ما نُطْعِمُهُمْ فقالت اللهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ فَانْطَلَقَ أَبُو طلحة حتى لقى رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَقْبَلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُعَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَهُ حَتَّى دَخَلا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هَلَمَى مَا عندكِ يَا أَمِّ سُلَيْم قَاتَتْ بِذَلِكَ الْخُبْزِ قَامَرَ بِهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فقت وَعَصَرَتْ عَلَيْهِ أم سُلَيْمٍ عُكَةٌ فَأَدَمَتْهُ ثُمَّ قَالَ فِيهِ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا شَاءَ اللهُ أَنْ يَقُولَ ثُمَّ قَالَ انْذَنْ لِعَشَرَةٍ فَأَذِنَ لَهُمْ فَأَكَلُوا حَتَّى شبِعُوا ثُمَّ خَرَجُوا ثُمَّ قَالَ الذَن لِعَشَرَةٍ فَاذَنَ لَهُمْ فَأَكَلُوا حَتَّى شَبِعُوا ثُمَّ خَرَجُوا ثُمَّ قَالَ الذَنْ لِعَشَرَةٍ فَأَذِنَ لَهُمْ حَتَّى أَكَلَ الْقَوْمُ كُلُّهُمْ وَشَبِعُوا وَالْقَوْمُ سَبْعُونَ رجلاً أو ثَمَانُونَ متفق عليه.
i وفي روايةٍ فَمَا زَالَ يَدْخُلُ عَشَرَةٌ وَيَخْرُجُ عَشَرَةٌ حَتَّى لَمْ يَبْقَ مِنْهُمْ أَحَدَّ إِلَّا دَخَلَ فَأَكَلَ حَتَّى شَبِعَ ثُمَّ هَيَّاهَا فَإِذَا هِيَ مِثْلُهَا حِيْنَ أَكَلُوا مِنْهَا وَفِي رِوَايَةٍ فَأَكَلُوا عشرَةٌ عَشَرَةً حَتَّى فَعَلَ ذَلِكَ بِثَمَانِينَ رَجُلًا ثُمَّ أَكَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعْدَ ذلِكَ وَاهْلُ الْبَيْتِ وَتَرَكُوا سُورًا وَفِي رِوَايَةٍ ثُمَّ أَفْضَلُوا مَا بَلَغُوا جِيرَانَهُمْ وفي رواية عن انس قَالَ جِئْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمًا فَوَجَدْتُهُ جَالِسًا مَعَ أَصْحَابه وَقَدْ عَصَبَ بَطْنَهُ بِعِصَابَةٍ فَقُلْتُ لِبَعْضِ أَصْحَابِهِ لِمَ عَصْبَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَطْنَهُ فَقَالُوا مِنَ الْجُوعِ فَذَهَبْتُ إِلَى أَبِي طَلْحَةَ وَهُوَ زَوج أم سليم بنتِ مِلْحَانَ فَقُلْتُ يَا ابْنَاهُ قَدْ رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَصَبَ بَطْنَهُ بِعِصَابَةٍ فَسَأَلْتُ بَعْضَ أَصْحَابِهِ فَقَالُوا مِنَ الْجُوعِ فَدَخَلَ أَبو طلحة على أمى فَقَالَ هَلْ مِنْ شَيْءٍ قَالَتْ نَعَمْ عِنْدِى كَسَرٌ مِّنْ خُبْرٍ وتمرات فَإِنْ جَاءَنَا رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَحْدَهُ أَشْبَعْنَاهُ وَإِنْ جَاءَ أَخَرُ مَعَهُ قُلْ عَنْهُمْ وَذَكَرَ تَمَامَ الْحَدِيْثِ .

521. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Abû Talha (qu’Allah l’agrée) dit à Umm Sulaym (qu’Allah l’agrée) : « J’ai entendu la voix faible du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), et j’ai compris qu’il avait faim. As-tu quelque chose ? » Elle répondit : « Oui. » Elle sortit alors quelques morceaux de pain d’orge, en enveloppa une partie dans un pan de son voile, cacha le paquet sous mon vêtement et rabattit une partie de son voile sur moi, puis m’envoya auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Je me rendis auprès de lui et le trouvai assis dans la mosquée, entouré de gens. Je me tins près d’eux. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me demanda : « Abû Talha t’a-t-il envoyé ? » Je répondis : « Oui. » Il demanda : « Pour apporter de la nourriture ? » Je répondis : « Oui. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit alors : « Levez-vous et venez. » Ils partirent donc, et je les précédai jusqu’à la maison, où j’informai Abû Talha (qu’Allah l’agrée). Abû Talha dit : « Ô Umm Sulaym, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est arrivé avec les Compagnons, alors que nous n’avons rien pour les nourrir. » Umm Sulaym répondit : « Allah et Son Messager savent mieux. » Abû Talha partit alors à la rencontre du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Celui-ci revint avec lui, entra dans la maison et dit : « Ô Umm Sulaym, apporte ce que tu as. » Elle apporta les pains. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ordonna qu’on les découpe en morceaux, et ils furent découpés. Umm Sulaym y versa du beurre clarifié et en fit un mets. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) invoqua les bénédictions d’Allah comme Allah le voulut, puis dit : « Fais entrer dix personnes. » Il leur en donna la permission. Elles entrèrent, mangèrent à satiété, puis sortirent. Il dit ensuite : « Fais entrer dix autres personnes. » Il leur en donna la permission ; elles mangèrent à satiété, puis sortirent. Il ordonna encore de faire entrer dix personnes. Ainsi, tous les membres du groupe mangèrent à satiété. Ils étaient soixante-dix ou quatre-vingts. (Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.)

Dans une autre version : les gens entraient dix par dix et sortaient dix par dix, jusqu’à ce qu’il n’en reste aucun ; chacun entrait donc, mangeait à sa faim, puis sortait. Ensuite, on rassembla la nourriture restante et l’on constata qu’il y en avait autant qu’au début du repas. Dans une autre version : ils mangèrent dix par dix. Après que quatre-vingts hommes eurent mangé, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et les gens de la maison mangèrent à leur tour, puis ils laissèrent le surplus et partirent. Dans une autre version : même après leur repas, il resta tant de nourriture qu’elle fut envoyée aux maisons des voisins.

Dans une autre version, Anas (qu’Allah l’agrée) dit : « Je me rendis auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et le trouvai assis avec ses Compagnons, le ventre attaché avec une bande. Je demandai à l’un des Compagnons : “Pourquoi le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a-t-il attaché son ventre ?” Ils répondirent : “À cause de la faim.” Je me rendis auprès d’Abû Talha, l’époux d’Umm Sulaym bint Milhân, et lui dis : “Ô père, j’ai vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) attacher son ventre avec une bande. J’ai interrogé certains Compagnons, et ils m’ont dit que c’était à cause de la faim.” Abû Talha (qu’Allah l’agrée) alla aussitôt trouver ma mère et lui demanda : “As-tu quelque chose ?” Elle répondit : “J’ai quelques morceaux de pain et quelques dattes. Si le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) vient seul chez nous, nous pourrons le rassasier ; mais si quelqu’un d’autre l’accompagne, la nourriture sera insuffisante pour eux.” Puis le rapporteur relata le récit complet du hadith. »

Chapitre 57 — Se contenter de peu, se passer des gens, être modéré dans son mode de vie et les dépenses du foyer ; il est répréhensible de demander sans nécessité

Se contenter de peu, se passer d’autrui, être économe dans son mode de vie et les dépenses du foyer, et mendier sans nécessité sont blâmables.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَا مِنْ دَابَّةٍ فِي الْأَرْضِ إِلَّا عَلَى اللهِ رِزْقُهَا .

Le Très-Haut dit :

« La subsistance de toute créature qui se déplace sur la terre incombe à Allah. » (Sourate Hûd : 6)

وقال تعالى : وَمَا خَلَقْتُ الْجِنِّ وَالْإِنسَ إِلا لِيَعْبُدُونِ مَا أُرِيدُ مِنْهُمْ مِنْ رِزْقٍ ومَا أُرِيدُ أَنْ يُطْعِمُون.

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. Je ne leur demande aucune subsistance et Je ne demande pas non plus qu’ils Me nourrissent. » (Sourate Adh-Dhâriyât : 56-57)

وَقَالَ تَعَالَى : للفقراء الذين أحْصِرُوا في سبيلِ اللَّهِ لَا يَسْتَطِيعُونَ ضَرْبًا فِي الأَرْضِ يَحْسَبَهُمُ الْجَاهِلُ أَغْنِيَاء مِنَ التَّعَفُّفِ تَعْرِفُهُمْ بِسِيمَاهُمْ لَا يَسْأَلُونَ الناس الحافا.

« Cela revient aux nécessiteux qui, retenus dans le chemin d’Allah, ne peuvent parcourir le pays. Celui qui ne les connaît pas les croit riches, en raison de leur abstention de demander. Tu les reconnaîtras à leurs signes : ils ne quémandent pas avec insistance auprès des gens. » (Sourate Al-Baqara : 273)

قال تعالى : وَالَّذِينَ إِذَا أَنْفَقُوا لَمْ يُسْرِفُوا وَلم يَقْتُرُوا وَكَانَ بَيْنَ ذَلِكَ قَوَامًا.

« Lorsqu’ils dépensent, ils ne sont ni dépensiers ni avares, mais adoptent une voie équilibrée entre les deux. » (Sourate Al-Furqân : 67)

٥٢٢- عن أبي هريرة رضى اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ليس الغنى عن كثرة العرض ولكن الغنى غنى النفس – متفق عليه.

522. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « La richesse ne consiste pas à posséder une abondance de biens ; la véritable richesse est celle de l’âme. » (Al-Boukhari, Mouslim)

٥٢٣ – وَعَنْ عَبْدِ الله بن عمرو رضى اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قَدْ أَفْلَحَ مَنْ أَسْلَمَ وَرُزْقَ كَفَافًا وَقَنَّعَهُ اللهُ بِمَا أَتَاهُ – رواه مسلم.

523. Abdoullah ibn Amr (qu’Allah les agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « A réussi celui qui a embrassé l’islam, a reçu une subsistance suffisante pour ses besoins et à qui Allah a accordé la capacité de se satisfaire de ce qu’Il lui a donné. » (Mouslim)

٥٢٤ – وَعَنْ حَكِيمِ بْنِ حِزام رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَأَلَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاعْطَانِي ثُمَّ سَالَتُهُ فَاعْطَانِي ثُمَّ سَأَلْتُهُ فَأَعْطَانِي ثُمَّ قَالَ يَا حَكِيمُ إن هذا المَالَ خَضْرٌ حُلُو فَمَنْ أَخَذَهُ بِسَخَاوَةِ نَفْسٍ بُورِكَ لَهُ فِيهِ وَمَنْ أَخَذَهُ باشراف نفس لم يُبَارَكَ لَهُ فِيهِ وَكَانَ كَالَّذِي يَأْكُلُ وَلَا يَشْبَعُ وَالْيَدُ الْعُلْيَا خَيْرٌ منَ الْيَدِ السُّفْلَى قَالَ حَكِيمٌ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ لَا أَرْزَاً احدا بعدَكَ شَيْئًا حَتَّى أَفَارِقَ الدُّنْيَا فَكَانَ أَبُو بَكْرِ يَدْعُو حَكِيمًا لِيُعْطِيَهُ فَيَابي أن يُقيلَ مِنْهُ شَيْئًا ثُمَّ إِنْ عُمَرَ دَعَاهُ لِيُعْطِيَهُ فَأَبِي أَنْ يُقْبَلُهُ فَقَالَ يَا مَعْشَرَ المسلمين أشهدكُمْ على حكيم إني أعرضُ عَلَيْهِ حَقَّهُ الَّذِي قَسَمَهُ اللَّهُ لَهُ فِي هذا الْفَي فَيَابِي أَنْ يَأْخُذَهُ فَلمَ يَرْزَا حَكِيمٌ أَحَدًا مِّنَ النَّاسِ بَعْدَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى تُوفى – متفق عليه

524. Hakîm ibn Hizâm (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je demandai quelque chose au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), et il me le donna. Je le lui demandai de nouveau, et il me le donna encore. Lorsque je le lui demandai une troisième fois, il me le donna également, puis dit : « Ô Hakîm, ces biens sont verdoyants et doux. Celui qui les reçoit sans avidité, ils sont bénis pour lui. Mais celui qui les acquiert avec avidité, ils ne sont pas bénis pour lui. Il ressemble à celui qui mange sans jamais être rassasié. La main supérieure est meilleure que la main inférieure » — c’est-à-dire que celui qui donne est meilleur que celui qui reçoit. Hakîm (qu’Allah l’agrée) dit : Je répondis : « Ô Messager d’Allah, par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne demanderai plus rien à personne après cela, jusqu’à ce que je quitte ce monde. » Ensuite, Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) appela Hakîm et lui demanda d’accepter un don, mais celui-ci refusa de l’accepter. Puis Omar (qu’Allah l’agrée) l’appela pour lui donner quelque chose, mais il refusa également. Alors Omar dit : « Ô communauté des musulmans, je vous prends à témoin au sujet de Hakîm : je lui ai présenté la part que Dieu lui a attribuée dans les biens du fay’, mais il refuse de l’accepter. » 64 Par la suite, Hakîm (qu’Allah l’agrée) ne demanda plus rien à personne, depuis la mort du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) jusqu’à sa propre mort. [Note : Le terme « fay’ » désigne les biens pris à l’ennemi. Il s’agit généralement des biens obtenus sans effort militaire : il n’a pas été nécessaire de mener les chevaux au combat ni de porter les armes, car les ennemis ont abandonné leurs biens en fuyant ou ont conclu un accord. Les biens de l’ennemi ainsi acquis sont appelés fay’.] (Al-Boukhari, Mouslim)

٥٢٥ – عن أبي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَرَجَنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَزَاءً وَنَحْنُ سِنَةٌ نَفَر بَيْنَنَا بَعِيْرٌ نَعْتَقِبُهُ فَنَقَبَتْ أَقْدَامَنَا ونقبت قدمي وسَقَطَتْ أَظْفَارِي فَكُنا تلفُ عَلَى أَرْجُلِنَا الْحَرَقَ فَسُمِّيَتْ غَزْوة ذات الرقاع لما كُنَّا نَعْصِبُ عَلَى أَرْجُلُنَا مِنَ الْخِرَقِ قَالَ أَبُو بُرْدَةً فَحَدَّثَ أَبُو موسى بهذا الحديث ثُمَّ كَرِهَ ذلكَ وَقَالَ مَا كُنتُ أَصْنَعُ بِأَنْ اذْكُرَهُ قَالَ كَأَنَّهُ كَرِهَ أن يَكُونَ شَيْئًا من عمله أفشاه – متفق عليه .

525. D’après Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée), il dit : Nous partîmes avec le Messager d’Allah pour une expédition. Nous n’avions qu’un seul chameau pour six personnes. Nous le montions à tour de rôle. Nos pieds furent alors blessés et nos ongles tombèrent également. Nous attachâmes donc des bandes de tissu autour de nos pieds. C’est pour cette raison que cette expédition fut appelée « Dhat ar-Riqa » (l’expédition des bandes), car nos pieds avaient été blessés en marchant et nous y avions attaché des bandes. Abou Bourda dit : Après avoir rapporté ce hadith, Abou Moussa le désapprouva et dit : « Hélas ! Si seulement je ne l’avais pas rapporté. » Abou Bourda dit : Il craignait peut-être que ses œuvres ne soient ainsi connues. (Al-Boukhari et Mouslim)

٥٢٦ – وَعَنْ عَمْرِو بْنِ تَغْلِبَ يفتح الناءِ الْمُثَنَاةِ فَوْقَ وَإِسْكَانِ الْغَيْنِ الْمُعْجَمَةِ وَكَسْرِ اللام رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَتِي بمال أو سني فَقَسْمَهُ فأعطى رجالاً وترك رجالاً فَبَلَغَهُ أَنَّ الَّذِينَ تَرَكَ عَتَبُوا محمد الله ثُمَّ اثْنى عَلَيْهِ ثُمَّ قَالَ أَمَّا بَعْدُ فَوَاللهِ إِنِّي لَأَعْطِي الرَّجُلَ وَادَعُ الرَّجُلَ والذي أدعُ أَحَبُّ إِلى مِنَ الذي أعطى ولكنى إِنَّمَا أَعْطَى أَقْوَامًا لِمَا أَرَى فِي قُلُوبِهِمْ مِنَ الْجَزَعِ وَالْهَلَعِ وَاكِلُ أَقْوَامًا إِلَى مَا جَعَلَ اللَّهُ فِي قُلُوبِهِمْ مِنَ الْغَنِي وَالْخَيْرِ مِنْهُمْ عَمْرُو بْنُ تَغْلِبَ قَالَ عَمْرُو بْنُ تَغْلِبَ فَوَاللَّهِ مَا أَحِبُّ أَنَّ لِي بِكَلِمَةٍ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حُمْرَ النَّعَم – رواه البخاري .

526. D’après ‘Amr ibn Taghlib (qu’Allah l’agrée), des biens ou des captifs furent présentés au Messager d’Allah. Lorsqu’il procéda à leur distribution, il en donna à certains et n’en donna pas à d’autres. Il apprit que ceux auxquels il n’avait rien donné en avaient été mécontents. Après avoir loué Allah et Lui avoir rendu hommage, il dit : « Par Allah, je donne à certains et je ne donne pas à d’autres. Celui à qui je ne donne pas m’est plus cher que celui à qui je donne. Je ne donne qu’à des gens dont je vois l’agitation et la perplexité dans les cœurs. Quant à ceux auxquels Allah a accordé l’aisance et la bienveillance, je les laisse s’en remettre à cela. ‘Amr ibn Taghlib est de ceux-là. » ‘Amr ibn Taghlib (qu’Allah l’agrée) dit : « Par Allah, la parole du Messager d’Allah m’est si précieuse que je ne voudrais même pas recevoir en échange des chameaux rouges. » (Al-Boukhari)

٥٢٧ – وَعَنْ حَكِيمِ بْنِ حِرَام رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْيَدُ العُلْيَا خَيْرٌ مِّنَ البَدِ السفلى وابدأ بِمَنْ تَعُولُ وَخَيْرُ الصَّدَقَةِ عَنْ ظَهْرِ عَنِّى وَمَنْ يَسْتَعْفِفْ يُعِفُهُ اللهُ وَمَنْ يُسْتَغْنِ يُغْنِهِ الله متفق عليه .

527. D’après Hakim ibn Hizam (qu’Allah l’agrée), le Prophète a dit : « La main supérieure est-elle meilleure que la main inférieure ? Commence par ceux qui sont à ta charge. La meilleure aumône est celle qui est faite tout en préservant de quoi subvenir à ses besoins. Celui qui cherche à être chaste et à se préserver, Allah le rend chaste et préservé. Celui qui cherche à se suffire à lui-même, Allah lui accordera l’autonomie. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Le texte original est celui d’Al-Boukhari, tandis que la version de Mouslim est plus concise.

٥٢٨ – وعَنْ أَبِي سُفْيَانَ صَخْرِ بْنِ حَرْبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تُلْحِقُوا فِي المَسئلةِ فَوَاللَّهِ لَا يَسْأَلُنِي أَحَدٌ مِنْكُمْ شَيْئًا فَتُخْرِجُ لَهُ مَسْأَلْتُهُ مِنَى شَيْئًا وَأَنَا لَهُ كَارِهُ فَيُبَارَكَ لَهُ فِيمَا أَعْطَبْتُهُ رواه مسلم.

528. Abou Soufyan Sakhr ibn Harb (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Ne mendiez pas avec insistance. Par Allah, quiconque parmi vous me demande quelque chose et l’obtient malgré le déplaisir que sa demande m’inspire ne sera pas béni dans les biens que je lui ai donnés. » (Mouslim)

٥٢٩ – وعَنْ أَبِي عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَوْفِ بْنِ مَالِكَ الْأَشْجَعِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا عِندَ رَسُول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تسعة أَوْ ثَمَانِيَةً أَوْ سَبْعَةٌ فَقَالَ إِلا تُبَايِعُونَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكُنَّا حَدِيثِ عَهْدٍ بِبَيْعَةٍ فَقُلْنَا قَدْ بَا يَعْنَاكَ يَا رَسُولَ اللهِ ثُمَّ قَالَ إِلا تُبَايِعُونَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فبسطنا أيدينا وَقُلْنَا قَدْ بَايَعْنَاكَ يَا رَسُولَ اللهِ فَعَلَامَ نُبَايِعُكَ قَالَ عَلَى أَنْ تَعْبُدُوا الله ولا تشركوا به شَيْئًا والصلوات الْخَمْسِ وَتُطِيعُوا اللَّهَ وَأَسْرُ كَلِمَةً خفية ولا تسألُوا النَّاسَ شَيْئًا فَلَقَدْ رَأَيْتُ بَعض أُولَئِكَ النَّفَرِ يَسْقُطُ سَوْطُ أَحَدِهِمْ فما يَسْأَلُ أَحَدًا يُنَاوِلُهُ إِيَّاهُ – رواه مسلم

529. Abou ‘Abd ar-Rahman ‘Awf ibn Malik al-Achja‘î (qu’Allah l’agrée) rapporte : Nous étions neuf, huit ou sept hommes auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Il dit : « Ne prêtez-vous pas allégeance au Messager d’Allah ? » Pourtant, nous lui avions prêté allégeance quelques jours auparavant. Nous dîmes donc : « Ô Messager d’Allah, nous t’avons déjà prêté allégeance. » Il répéta : « Ne prêtez-vous pas allégeance au Messager d’Allah ? » Alors nous tendîmes nos mains et dîmes : « Ô Messager d’Allah, nous t’avons déjà prêté allégeance ; à quoi allons-nous prêter allégeance maintenant ? » Il dit : « À vous engager à adorer Allah sans rien Lui associer, à accomplir les cinq prières et à obéir à Allah. » Puis il ajouta à voix basse : « Vous ne demanderez rien aux gens. » J’ai ensuite vu moi-même certains membres de ce groupe : même lorsque le fouet de l’un d’eux tombait à terre, il ne demandait à personne de le lui ramasser. (Mouslim)

٥٣٠ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَا تزالُ الْمَسْأَلَة بِأَحَدِكُمْ حَتَّى يَلْقَى اللهَ تَعَالَى وَلَيْسَ فِي وَجْهِهِ مُزْعَةٌ لحم متفق عليه.

530. Ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui d’entre vous qui ne cesse de mendier rencontrera Allah avec le visage dépourvu du moindre morceau de chair. » (Al-Boukhari, Mouslim)

٥٣١ – وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ وَهُوَ عَلَى الْمِنْبَرِ وَذَكَر الصدقة والتعقَّفَ عَنِ الْمَسْأَلَةِ الْبَدِ الْعُليا خَيْرٌ مِّنَ الْيَدِ السُّفْلَى وَالْيَدُ الْعُليا هي المنفقة والسفلى هي السائلة – متفق عليه .

531. Ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) monta en chaire et, évoquant l’aumône ainsi que le fait de ne rien demander à autrui, dit : « La main supérieure est meilleure que la main inférieure. La main supérieure est celle du donateur, et la main inférieure est celle du mendiant. » (Al-Boukhari, Mouslim)

٥٣٢ – وعن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ سَأَلَ النَّاسَ تكثرا فَإِنَّمَا يَسْأَلُ جَمْرًا فَلْيَسْتَقِل أو ليستكثير – رواه مسلم.

৫৩২. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui mendie auprès des gens dans le but d’accroître ses biens mendie en réalité des braises ardentes. Il peut donc en demander davantage ou moins. » (Muslim)

٥٣٣ – وَعَنْ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدُبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ الْمَسْأَلَة كَلٌّ يَكُدُّ بِهَا الرَّجُلُ وَجْهَهُ إِلَّا أَنْ يَسْأَلَ الرَّجُلُ سُلْطَانًا أَوْ في أمر لا بد منه – رواه الترمذى وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.

৫৩৩. Samura ibn Jundub (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Mendier est une plaie : par cela, le mendiant lacère son visage. Toutefois, il est permis de demander quelque chose au gouvernant, ou de demander en cas de nécessité absolue. »

L’imam at-Tirmidhî, après avoir rapporté ce hadith, dit qu’il est hasan et sahîh.

٥٣٤ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَصَابَتْهُ فَاقَةٌ فَأَنزَلَها بِالنَّاسِ لَمْ تُسَدُ فَاقْتُهُ وَمَنْ أَنْزَلَهَا بِاللَّهِ فَيُوْشِكُ الله له يرزق عاجل أو أجل رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حَسَنٌ.

৫৩৪. Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui que frappent la pauvreté et la pénurie, puis qui les expose publiquement, ne verra pas sa pauvreté dissipée. Quant à celui qui se réfugie auprès d’Allah au sujet de sa pauvreté, Allah lui accordera nécessairement sa subsistance, tôt ou tard. »

L’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et l’imam at-Tirmidhî a dit qu’il est hasan.

٥٣٥ وَعَنْ تَوْبَانَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ من تكفل لي أن لا يَسْأَلُ النَّاسَ شَيْئًا وَاتَكَفَّلُ لَهُ بِالْجَنَّةِ فَقُلْتُ أَنَا فَكَانَ لا يسأل أحدا شَيْئًا – رواه ابو داود باسناد صحيح

535. D’après Thawbân (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui s’engagera envers moi à ne rien demander à personne, je lui garantirai le Paradis. » Je dis : « Je m’engage. » (Le narrateur dit 🙂 Dès lors, il ne demanda rien à personne.
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

٥٣٦ – وَعَنْ أَبِي بِشَرِ قَبِيصَةَ بْنِ الْمُخَارِقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ تَحَمِّلْتُ حَمَالَهُ فاتَيْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَسْأَلُهُ فِيهَا فَقَالَ أَقِمْ حَتَّى تَأْتِينَا الصدَقَةُ فَنَامُرَ لَكَ بِهَا ثُمَّ قَالَ يَا قَبِيصَةُ إِنَّ الْمَسْأَلَةَ لَا تَحِلُّ إِلَّا لِأَحَدٍ ثلاثة رَجُلٌ تَحَمَلَ حَمَالَهُ فَعَلَتْ لَهُ الْمَسْأَلَة حَتَّى يُصِيبَهَا ثُمَّ يُمْسِكُ وَرَجُلٌ أَصَابَتْهُ جائحة اجتاحت ماله فحلت له المسألة حتى يُصيب قَوَامًا مِنْ عَيْشِ أَوْ قَالَ سدادا من عَيْشِ وَرَجُلٌ أَصَابَتْهُ فَاقَةٌ حَتَّى يَقُولَ ثَلَاثَةٌ مِّنْ ذَوِي الْحِجَى مِنْ قَوْمِهِ لقد أصابت فلانًا فَاقَةٌ فَحَلَّت له المسألةُ حَتَّى يُصِيبَ قِوَامًا مِنْ عَيْشِ أَوْ قال سدادا من عيش فما سواهُنَّ مِنَ المَسأَلَةِ يَا قَبِيصَةُ سُحْت يَا كُلُهَا صاحبها سحنا – رواه مسلم .

536. D’après Bishr Qabîsa ibn al-Mukhâriq (qu’Allah l’agrée), il dit : « Étant devenu incapable de m’acquitter d’une garantie concernant une dette ou le prix du sang, je me rendis auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) pour lui demander de l’aide à ce sujet. Il me dit : “Attends ; lorsque des biens de l’aumône légale nous parviendront, j’ordonnerai qu’on t’en donne.” Puis il ajouta : “Ô Qabîsa ! Il n’est permis de mendier qu’à trois catégories de personnes : (1) celui qui s’est endetté ; il peut demander jusqu’à ce qu’il ait remboursé sa dette, puis il doit s’abstenir ; (2) celui qui a été frappé par une calamité naturelle ayant détruit ses biens ; il peut demander de quoi satisfaire son besoin — ou, dit-il, jusqu’à ce que sa difficulté soit dissipée ; (3) celui qui a été frappé par la famine et dont trois personnes avisées de sa tribu attestent que la famine a atteint untel ; il lui est alors permis de demander de quoi satisfaire son besoin — ou, dit-il, jusqu’à ce que sa difficulté soit dissipée. Ô Qabîsa ! En dehors de ces trois catégories, tendre la main à autrui est interdit, et celui qui mendie consomme une richesse illicite.” »
L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٥٣٧ – والثمرتان ولكن المسكين الذي لا يَجِدُ عَنِّى يُغْنِيهِ وَلَا يُفْتَنُ لَهُ فَيُتَصَدَّقَ عليه ولا يقوم فيسأل الناس متفق عليه

537. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « N’est pas pauvre celui qui va de porte en porte pour obtenir une bouchée ou deux, ou une datte ou deux ; le véritable pauvre est celui qui ne possède pas de quoi se suffire à lui-même, dont la pauvreté n’est pas connue des gens de sorte qu’on lui fasse l’aumône, et qui ne demande rien volontairement à personne. » (Al-Bukhârî et Muslim)

Chapitre 58 — La permission d’accepter quelque chose sans l’avoir demandé ni le convoiter

Il est permis d’accepter quelque chose sans l’avoir demandé ni le convoiter.

٥٣٨ عن عمر رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يعطيني العطاء فَأَقُولُ أَعطه مَنْ هُوَ أفقر اليه منِّى فَقَالَ خُذْهُ إِذَا جَاءَكَ مِنْ هُذَا الْمَالِ شَيْ وأنت غَيْرُ مُشْرِف وَلا سَائِلٍ فَخُذَهُ فَتَمَولُهُ فَإِنْ شِئْتَ كُلَّهُ وَإِنْ شِئْتَ تصدِّقَ بِهِ وَمَا لَا فَلَا تُتَّبِعَهُ نَفْسَكَ قَالَ سَالِمٌ فَكَانَ عَبْدُ اللَّهِ لَا يَسْأَلُ أَحَدًا شَيْئًا وَلا يَرُدُّ شَيْئًا أَعطيه متفق عليه.

538. D’après ‘Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me faisait un don, je lui disais : « Donnez-le à celui qui en a davantage besoin que moi. » Il disait : « Si un bien de cette nature te parvient sans avidité ni demande, accepte-le et fais-en ta propriété. Ensuite, tu peux soit l’utiliser toi-même, soit le donner en aumône si tu le souhaites. Quant au bien qui ne te parvient pas de cette manière, n’y porte pas ton attention. » Sâlim (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « C’est pour cette raison qu’Abdullah (qu’Allah l’agrée) ne demandait rien à personne et ne refusait pas non plus ce qui lui était donné sans qu’il l’ait demandé. » (Al-Bukhari et Muslim)

Chapitre 59 — Encouragement à gagner sa subsistance par son propre travail, à s’abstenir de mendier et à prendre l’initiative de donner en aumône

Encouragement à gagner sa subsistance par son propre travail, à s’abstenir de mendier et à prendre l’initiative de donner en aumône.

قَالَ الله تعالى : فَإِذَا قُضيت الصَّلاةُ فَانتَشرُوا فِي الْأَرْضِ وَابْتَغُوا مِن فضل الله.وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ليس الْمِسْكِينُ الَّذِي يَطُوفُ عَلَى النَّاسِ تَرَدَّهُ اللُّقَمَةُ وَاللُّقَمَتَانِ وَالتَّمْرَةُ

Allah le Très-Haut dit :

« Puis, lorsque la prière est achevée, dispersez-vous sur la terre et recherchez la grâce d’Allah (la subsistance). » (Sourate Al-Jumu‘ah, 10)

٥٣٩ – عن أبي عبد الله الزبير بن العوام رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لأن يأخذ أحدكم أحبلَهُ ثُمَّ يَأْتِي الْجَبَلَ فَيَأْتِي بِحُزْمَةٍ مِنْ حطب على ظهره يبيعها فَيَكُفَ اللهُ بِهَا وَجَهَهُ خَيْرٌ لَهُ مِنْ أَنْ يُسْأَلَ النَّاسِ اعطوه أو منعوه – رواه البخاري

539. D’après Abû ‘Abdullah Az-Zubayr ibn Al-‘Awwâm (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que l’un de vous prenne sa corde, aille à la montagne, rapporte sur son dos une charge de bois et la vende au marché, préservant ainsi son visage du châtiment d’Allah. Cela est meilleur pour lui que d’aller mendier de porte en porte auprès des gens, qui peuvent lui donner quelque chose ou ne rien lui donner. » (Al-Bukhari)

٥٤٠- وَعَنْ أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم لأن يحتطب أحدكم حزمة على ظهره خَيْرٌ لَهُ مِنْ أن يُسأل أحدا فيُعطيه او يمنعه متفق عليه.

540. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Il vaut mieux que l’un d’entre vous porte sur son dos une charge de bois, la rapporte et la vende, que de mendier quelque chose à quelqu’un, qui pourrait lui donner ou ne pas lui donner. (Al-Boukhari et Mouslim)

٥٤١ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كَانَ دَاوُدُ عَلَيْهِ السَّلامُ لَا يأكل الا من عمل يده – رواه البخاري .

541. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : David (qu’Allah le bénisse) gagnait sa subsistance par le travail de ses propres mains. (Al-Boukhari)
٥٤٢ – وعنه أن رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كَانَ زَكَرِيَّا عَلَيْهِ السَّلَامُ نجارا رواه مسلم

542. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Zacharie (qu’Allah le bénisse) était cordonnier. (Mouslim)

٥٤٣ – وعن المقداد بن معد يكرب رضى اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا أَكل أَحَدٌ طَعَامًا قَط خَيْراً مِن أَن يَأْكُلَ مِنْ عَمَلِ يَدِهِ وَإِنَّ نَبِيُّ اللَّهِ داود صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَأْكُلُ مِنْ عَمَل يده – رواه البخاري .

543. D’après Al-Miqdad ibn Ma‘dikarib (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Nul n’a jamais consommé de meilleure nourriture que celle qu’il a gagnée par le travail de ses propres mains. Le prophète d’Allah, David (qu’Allah le bénisse), gagnait sa subsistance par le travail de ses propres mains.

L’imam Al-Boukhari a rapporté ce hadith.

Section 60 — Dépenser dans des œuvres bénéfiques en plaçant sa confiance en Allah, ainsi que la générosité et la libéralité

Dépenser dans des œuvres bénéfiques en plaçant sa confiance en Allah, ainsi que la générosité et la libéralité.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَا أَنْفَقْتُمْ مِنْ شَيْءٍ فَهُوَ يُخْلِفُهُ.

Le Très-Haut dit :

« Tout ce que vous dépenserez, Il vous le rétribuera. » (Sourate Saba, 39)

وقال تعالى : وَمَا تُنفِقُوا مِنْ خَيْرٍ فَلأَنفُسِكُمْ وَمَا تُنفِقُونَ إِلَّا ابْتِغَاءَ وَجْهِ اللهِ وَمَا تُنفِقُوا مِنْ خَيْرٍ يُوفُ اليَكُمْ وَأَنتُمْ لَا تُظْلَمُونَ.

« Les biens que vous dépensez sont pour vous-mêmes. Vous ne dépensez qu’en recherchant la satisfaction d’Allah. Et les biens que vous dépensez vous seront pleinement rétribués, et aucune injustice ne vous sera faite. » (Sourate Al-Baqara, 272)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَا تُنفِقُوا مِن خَيْرٍ فَإِنَّ اللَّهَ بِهِ عَلِيمٌ.

« Allah est parfaitement informé de tout ce que vous dépensez. » (Sourate al-Baqara : 273)

٥٤٤ وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ

لا حسد الا في اثْنَتَيْنِ رَجُلٌ آتَاهُ اللهُ مَالاً فَسَلطهُ عَلَى هَلكته فِي الْحَقِّ وَرَجُلٌ أَتَاهُ الله حكمةً فَهُوَ يَقْضى بها ويُعْلَمُها – متفق عليه

544. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il n’est permis d’envier que deux personnes. La première est celle à qui Allah a accordé des biens et la capacité ainsi que la compétence de les dépenser dans le sentier d’Allah. La seconde est celle à qui Allah a accordé le savoir et la sagesse, et qui juge grâce à eux et les enseigne à autrui. » [Note : 65. Souhaiter que le bonheur et la prospérité d’autrui disparaissent s’appelle le hasad ou l’envie. En revanche, souhaiter, sans désirer la disparition du bonheur et de la prospérité d’autrui, avoir soi-même une destinée aussi favorable que la sienne s’appelle la ghibtah ou l’émulation. La première attitude est condamnable, tandis que la seconde est innocente et acceptable.]

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit que le sens de ce hadith est qu’il ne convient d’éprouver de l’envie ou de la « ghibtah » envers personne, si ce n’est envers ceux qui possèdent les deux qualités mentionnées ci-dessus.

٥٤٥ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّكُمْ مَالٌ وَارِثَهُ أَحَبُّ اليه من ماله قالُوا يَا رَسُولَ الله ما منا أحد الا مَالُهُ أَحَبُّ إِلَيْهِ قَالَ فَإِنَّ مَالَهُ ما قدم ومال وارثه ما أخر – رواه البخاري .

545. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Qui, parmi vous, aime davantage les biens de son héritier que ses propres biens ? » Les Compagnons répondirent : « Ô Messager d’Allah, il n’y a personne parmi nous qui soit ainsi ; au contraire, chacun aime davantage ses propres biens. » Il dit : « Sachez donc que ses biens sont uniquement ce qu’il a envoyé en avance. 36 Quant aux biens de son héritier, ce sont ceux qu’il a laissés derrière lui. » [Note : 66. Il est possible d’envoyer ses biens en avance en faisant l’aumône et en mangeant et en se vêtant avec modération. Ce hadith encourage à dépenser ses biens, selon ses moyens, dans des œuvres bénéfiques, afin de pouvoir en tirer profit dans l’au-delà.] (Al-Bukhârî)

٥٤٦ – وَعَنْ عَدِي بْنِ حَاتِمٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اتَّقُوا النار ولو بشق تمرة – متفق عليه .

٥৪৬. Il est rapporté d’Adî ibn Hâtim (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui)

a dit : « Protégez-vous du Feu de l’Enfer, ne serait-ce qu’avec la moitié d’une datte. » (Al-Boukhari et Muslim)

٥٤٧ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ مَا سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ شَيْئًا قَط فَقَالَ لا – متفق عليه

٥৪৭. Il est rapporté de Jâbir (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Lorsque quelque chose était demandé au Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), il ne répondait jamais : « Non. » (Al-Boukhari et Muslim)

٥٤٨ – وعن أبي هريرة رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا مِنْ يَوْمِ يُصْبِحُ العِبَادُ فِيهِ إِلا مَلكَان يَنزِلَانِ فَيَقُولُ أَحَدُهُمَا اللَّهُمُ اعْطِ مُنفِقًا خَلْفًا وَيَقُولُ الْآخَرُ اللهم أعط ممسكا تلفا – متفق عليه .

٥৪৮. Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Chaque matin, lorsque le serviteur se réveille, deux anges descendent du ciel. L’un d’eux dit : « Ô Allah, accorde sa récompense à celui qui dépense (dans Ta voie). » Et l’autre dit : « Ô Allah, ruine l’avare qui retient ses biens. » (Al-Boukhari et Muslim)

٥٤٩ – وَعَنْهُ أَنَّ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قَالَ اللهُ تَعَالَى انْفِقَ يَا ابن ادم ينفق عليك متفق عليه .

٥৪৯. Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Allah, le Très-Haut, dit : « Ô fils d’Adam, dépense, et l’on dépensera aussi pour toi. » (Al-Boukhari et Muslim)

٥٥٠ وَعَن عبد الله بن عمرو بن العاص رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَجُلاً سَأَلَ رسول الله صلى الله عليه وسلم أي الإسلام خَيْرٌ قَالَ تُطْعِمُ الطَّعَامَ وَتَقْراً السلام عَلَى مَنْ عَرَفتَ وَمَن لم تعرف متفق عليه ..

550. D’après Abdallah ibn Amr ibn al-ʿAs, qu’Allah l’agrée, il a dit : Un homme demanda au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue : « Quel islam est le meilleur ? » Il répondit : « Que tu nourrisses les gens et que tu salues tous ceux que tu connais et ceux que tu ne connais pas. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٥٥١ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَرْبَعُونَ خَصْلَهُ أَعْلَاهَا منيحة العنز ما مِنْ عَامِل يَعْمَلُ بِخَصْلَة مِنْهَا رَجَاءَ ثَوَابِهَا وَتَصْدِيقَ مَوْعُودِهَا إلا أَدْخَلَهُ اللهُ تَعَالَى بِهَا الْجَنَّةَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَقَدْ سَبَقَ بَيَانُ هَذَا الْحَدِيثِ في باب بيان كثرة طرق الخير .

551. D’après Abdallah ibn Amr ibn al-ʿAs, qu’Allah l’agrée, il a dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Il existe quarante nobles qualités. La plus éminente d’entre elles est de donner une bête laitière. Tout homme qui accomplira l’une de ces œuvres en recherchant la récompense et en étant convaincu de la véracité de la rétribution qui lui est promise pour celle-ci, Allah Très-Haut le fera certainement entrer au Paradis. » (Al-Boukhari)

٥٥٢ – وعن أبي أَمَامَةً صُدَى بْنِ عَجْلانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا ابْنَ آدَمَ أَنَّكَ أَنْ تَبْدَلَ الْفَضْلَ خَيْرٌ لَكَ وَأَنْ تُمْسِكَهُ شَرٌّ لك ولا تُلامُ عَلَى كَفَافٍ وَابْدَأَ بِمَنْ تَعُولُ وَالْيَدُ الْعُلْيَا خَيْرٌ مِنَ الْيَدِ السُّفْلَى رواه مسلم .

552. D’après Abou Oumâma Souday ibn ʿAjlân, qu’Allah l’agrée, il a dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Ô fils d’Adam ! Si tu dépenses le surplus de tes biens, cela est meilleur pour toi. Mais si tu le conserves, cela sera nuisible pour toi. Tu ne seras pas blâmé pour avoir conservé la quantité de biens qui t’est nécessaire. Commence par tes proches parents. La main du donateur est meilleure que celle du bénéficiaire. » (Mouslim)

٥٥٣ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ مَا سُبُلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ على الإسلام شَيْئًا إلا أعطاه ولقد جَاءَهُ رَجُلٌ فَأَعْطَاهُ عَنْمًا بَيْنَ جَبَلِينِ فَرَجَعَ إِلَى قَوْمِهِ فَقَالَ يَا قَوْمِ أَسْلِمُوا فَإِنْ مُحَمَّدًا يُعْطِي عَطَاءٌ مَنْ لَا يَخْشَى الْفَقْرَ وَإِنْ كَانَ الرَّجُلُ لِيُسْلِمُ مَا يُرِيدُ إِلا الدُّنْيَا فَمَا يَلْبَثُ إِلا يَسِيرًا حَتَّى يَكُونَ الإِسْلَامُ أَحَبُّ اليه من الدُّنيا وما عليها – رواه مسلم .

553. D’après Anas, qu’Allah l’agrée, il a dit : Lorsqu’on demandait quelque chose au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, au nom de l’islam, il donnait certainement quelque chose au demandeur. Un homme vint le trouver et il lui donna les chèvres qui se trouvaient entre deux montagnes. L’homme retourna auprès de son peuple et dit : « Ô mon peuple ! Embrassez l’islam, car Muhammad, qu’Allah le bénisse et le salue, donne tellement qu’après lui on ne craint plus la pauvreté. » Lorsqu’un homme embrassait l’islam uniquement pour un intérêt terrestre, il ne demeurait que peu de temps dans cet état ; bientôt, l’islam devenait pour lui plus cher que le monde et tout ce qu’il contient.

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٥٥٤ – وَعَنْ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَسَمَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قسمًا فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللهِ لَغَيْرُ هُؤُلاء كَانُوا أَحَقُّ بِهِ مِنْهُمْ قَالَ إِنَّهُمْ خَيْرُونِي أَنْ يسألوني بالفحش أو يبخلوني ولستُ باخل – رواه مسلم .

554. Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) distribua certains biens. Je dis : « Ô Messager d’Allah ! Ceux qui n’en ont pas reçu étaient pourtant plus dignes que ceux-ci. » Il dit : « Ils m’ont laissé le choix : soit me demander suffisamment, soit m’accuser d’avarice. Pourtant, je ne suis pas avare — c’est pourquoi je leur donne. »٥٥٥ – وَعَنْ جُبَيْرِ بْنِ مُطْعِمٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ بَيْنَمَا هُوَ يَسِيرُ مَعَ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَقْفَلَهُ مِن حنين فَعَلقَهُ الْأَعْرَابُ يَسْأَلُونَهُ حَتَّى أَضْطَرُّوهُ إلى سمرَةٍ فَخَطفَتْ رِدا مه فوقف النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَعْطُونِي رداني فلو كَانَ لِي عَدَدُ هذه العِضَاءِ نَعَمًا لقسمتُهُ بَيْنَكُمْ ثُمَّ لَا تَجِدُونِي بَخِيْلاً ولا كذابا ولا جبانا – رواه البخاري.

555. Joubaïr ibn Mouṭ‘im (qu’Allah l’agrée) rapporte : Alors que je me trouvais avec le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) sur le chemin du retour de la bataille de Hunayn, quelques Bédouins vinrent à sa rencontre et lui demandèrent quelque chose, au point de le cerner près d’un arbre. L’un d’eux lui arracha son manteau. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) se leva et dit : « Rendez-moi mon manteau. Si je possédais autant de biens qu’il y a d’épines sur cet arbre, je vous les distribuerais tous ; ensuite, vous ne me trouveriez ni avare, ni menteur, ni lâche. » (Al-Bukhari)

٥٥٦ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ما نقصت صدقة من مالٍ وَمَا زَادَ اللهُ عَبْدا بعفو إلا عزاً وَمَا تَوَاضَعَ أَحَدٌ لله الا رَفَعَهُ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ – رواه مسلم .

556. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « La richesse ne diminue pas à cause de l’aumône. Allah n’accorde à un serviteur, en raison de son pardon, qu’un surcroît d’honneur. Et quiconque fait preuve d’humilité uniquement pour Allah, Allah le Très-Haut élève son rang. » (Muslim)

٥٥٧- وَعَنْ أَبِي كَيْشَةَ عُمَرَ بْنِ سعد الأَنْصَارِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ ثلاثة أقسمُ عَلَيْهِنَّ وَأَحَدَثُكُمْ حَدِيثًا فَاحْفَظُوهُ مَا نَقَصَ مَالُ عَبْدِ مِنْ صَدَقَةٍ وَلَا ظُلِمَ عَبْدَ مَظْلِمَةٌ صَبَرَ عَلَيْهَا إِلَّا زَادَهُ اللَّهُ عِزَّا ولا فَتَحَ عَبْدٌ بَاب مَسَالَة إِلا فَتَحَ اللهُ عَلَيْهِ بَابَ فَقَرٍ أَوْ كَلِمَةٌ نَحْوَهَا وَأَحَدِّثُكُم حَدِيثًا فَاحْفَظُوهُ قَالَ إِنَّمَا الدُّنْيا لأربعة نفر . عَبدِ رَزَقَهُ اللَّهُ مَالاً وَعِلْمًا فَهُوَ يَتَّقى فيه رَبَّهُ وَيَصلُ فِيهِ رَحِمَهُ وتعلم لله فِيهِ حَقًّا فَهَذَا بِأَفْضَلَ الْمَنَازِلَ . وَعَبْدِ رَزْقَهُ اللهُ علما وَلَمْ يَرْزُقَهُ مَالاً فَهُوَ صَادِقُ النِّيَّةِ يَقُولُ لَوْ أَنَّ لِي مَالاً العملتُ بِعَمَلٍ فُلانٍ فَهُوَ بِنَيتِهِ فَاجْرُهُمَا سَوَاءٌ ، وَعَبْدِ رَزَقَهُ اللَّهُ مَالَا وَلَمْ يَرْزُقَهُ علما فَهُوَ يَخبط في ماله بغير علم لا يتقى فيه رَبَّهُ وَلا يَصلُ فِيهِ رَحمهُ وَلا يعْلَمُ الله فيه حَقًّا فَهذا باحب المنازل ، وَعَبْدِ لَمْ يَرْزُقَهُ اللَّهُ مَالاً وَلَا عِلْمًا فَهُوَ يَقُولُ لَوْ أَنَّ لِي مَالاً لعملتُ فِيهِ يَعْمَل فلان فَهُوَ بَيْتُهُ فَوزَرُهُمَا سَواء – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح .

557. Abou Kabcha Umar ibn Sa‘d al-Anmari (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Il y a trois choses au sujet desquelles je vous jure, et retenez-les bien : la richesse d’aucun serviteur d’Allah ne diminue à cause de l’aumône ; aucun opprimé ne supporte patiemment l’injustice sans qu’Allah n’accroisse son honneur ; et quiconque ouvre la porte de la mendicité, Allah lui ouvre la porte de la pauvreté » — ou il a dit une parole semblable. « Je vais encore vous dire une chose : écoutez-la attentivement et retenez-la bien. Le monde est destiné à quatre sortes de personnes : (1) le serviteur auquel Allah a accordé richesse et savoir. Il craint son Seigneur à leur sujet, préserve grâce à eux ses liens de parenté et veille aux droits d’Allah qui s’y rattachent. Cet homme jouit du rang le plus éminent. »

(2) Le serviteur auquel Allah a accordé la connaissance ou la sagesse, mais auquel Il n’a pas accordé de richesses. Il est animé d’une intention sincère. Il dit : « Si je possédais des richesses, j’agirais comme Untel. » Telle est son intention. Ces deux personnes sont égales en récompense.

(3) Le serviteur auquel Allah a accordé des richesses, mais pas la connaissance. Il dilapide ses richesses n’importe comment, sans connaissance. À cet égard, il ne craint pas son Seigneur, ne préserve pas les liens de parenté et ne se soucie pas non plus, à travers cela, des droits d’Allah. Cet homme se trouve au plus bas degré.

(4) Le serviteur auquel Allah n’a accordé ni richesses ni connaissance. Il dit : « Si Allah m’avait accordé des richesses, je les aurais utilisées pour agir comme Untel. » Telle est son intention. Le fardeau des péchés de ces deux derniers est égal.

L’imam At-Tirmidhi l’a rapporté. Il a dit que ce hadith est hasan et sahih.

٥٥٨- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّهُمْ ذَبِّحُوا شَاةً فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا بَقِى مِنْهَا قَالَتْ مَا بَقِيَ مِنهَا إِلَّا كَتِفُهَا قَالَ بَقِى كُلُّهَا غَيْرَ كتفها – رواه الترمذي وقال حديث صحيح.

558. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), ils égorgèrent une chèvre. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda : « Qu’en reste-t-il ? » Aïcha (qu’Allah l’agrée) répondit : « Il n’en reste rien, si ce n’est l’épaule. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Au contraire, tout est resté, sauf l’épaule. »

L’imam At-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il est hasan et sahih.

Le sens de ce hadith est que la récompense de la quantité de viande donnée dans la voie d’Allah nous est déjà réservée auprès d’Allah pour l’au-delà, à l’exception de la viande de cette épaule.

٥٥٩- وَعَنْ أَسماء بنت أبي بكر الصديق رضي اللهُ عَنْهُمَا قَالَتْ قَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تُوكِى فَيُوكي عليك . وفي رواية أنفقي أو الفحي أو انضحى ولا تُحصى فَيُحْصى اللهُ عَلَيْكَ وَلَا تُوْعِى فَيُوْعِي اللهُ عليك متفق عليه .

559. D’après Asmā bint Abū Bakr al-Siddīq (qu’Allah l’agrée), elle rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) m’a dit : « Ne retiens pas tes biens, sinon Allah les retiendra aussi de toi. » Selon une autre version : « Dépense, donne en aumône ou distribue, et ne les amasse pas en les comptant, sinon Allah te donnera également mesure pour mesure. Ne retiens pas le surplus de tes biens, sinon Allah les retiendra aussi de toi. »

L’imam al-Bukhārī et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٥٦٠ – وعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَثَلُ الْبَحْيل والمُتفقِ كَمَثَلِ رَجُلييْن عَلَيْهِمَا جُنَّتَانِ مِنْ حَدِيدٍ مِنْ تديهما إلى تراقيهما فَأَما المُنْفِقُ فَلا يُنفِقُ إِلا سَبَغَتْ أَوْ وَفَرَتْ عَلَى جِلده حَتَّى تُخْفِي بَنَانَهُ وَتَعْفُو أَثَرَهُ وَأَمَّا الْبَخِيلُ فَلا يُرِيدُ أَنْ يُنْفِقَ شَيْئًا إِلَّا لَزِقَتْ كُلُّ حَلْقَةٍ مَكَانَهَا فَهُوَ يُوَسِعُها فلا تتسع متفق عليه .

560. D’après Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée), il a entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « L’exemple de l’avare et de celui qui dépense est celui de deux hommes portant chacun une armure de fer qui couvre leur poitrine jusqu’à leur cou. Chaque fois que celui qui dépense fait une dépense, l’armure s’élargit jusqu’à couvrir toute sa peau, au point même de recouvrir ses doigts, et elle continue de s’étendre jusqu’à couvrir la plante de ses pieds. Quant à l’avare, chaque fois qu’il veut dépenser quelque chose, chaque anneau de l’armure se resserre à sa place. Il cherche à l’élargir, mais elle ne s’élargit pas. » (Al-Bukhārī, Muslim)

٥٦١ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ تَصَدِّقَ بعدل تمرة من كسب طيب وَلَا يَقْبَلُ اللهُ إِلَّا الطَّيِّبَ فَإِنَّ اللَّهَ يَقْبَلُهَا بِيَمِينِهِ ثُمَّ يُرَبِّيْهَا لصاحبها كَمَا يُرَبِّي أَحَدُكُمْ قُلُوهُ حَتَّى تَكُونَ مِثْلَ الْجَبَلِ – متفق عليه .

561. D’après Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui donne en aumône l’équivalent du prix d’une datte provenant de ses gains licites — car Allah n’accepte, cela va sans dire, que ce qui est licite — » L’imam al-Rāzī a dit au sujet de ce hadith et d’autres hadiths similaires : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a donné cette comparaison afin de faire comprendre aux gens, et il a mentionné qu’Allah accepte l’aumône de Sa main droite. » L’imam al-Tirmidhī dit : « À ce sujet, la position des Ahl as-Sunna wa-l-Jamāʿa est la suivante : nous croyons en ces hadiths. Nous n’y concevons aucune ressemblance, et nous ne disons pas non plus pourquoi ni comment une ressemblance d’Allah le Très-Haut est donnée dans ces hadiths. Il est également répréhensible de poser de telles questions. » [Note : « Puis Il la fait fructifier pour celui qui l’a donnée, comme l’un de vous élève son poulain, jusqu’à ce qu’elle devienne telle une montagne. »] (Al-Bukhārī, Muslim)

Allah l’accepte de Sa main droite (selon Sa puissance),

٥٦٢ – وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بَيْنَمَا رَجُلٌ يَمْشِي بِفَلَاةٍ مِنْ الْأَرْضِ فَسَمِعَ صَوْتًا فِي سَحابة أسق حديقة فلان فَتَنَحَى ذَلِكَ السَّحَابُ فَأَفَرَغَ مامه في حرة فاذا شرجة من تلك الشراج قد استَوَعَبَتْ ذَلِكَ الْمَاءَ كُلَّهُ فَتَتَبَّعَ الْمَاءَ فَإِذَا رَجُلٌ قَائِمٌ فِي حَدِيقَتِهِ يُحْوِلُ المَاءَ بِمِسْحَاتِهِ فَقَالَ لَهُ يَا عَبْدَ اللَّهِ مَا اسْمُكَ قَالَ فُلانٌ للاسم الذي سمع في السَّحَابَة فَقَالَ لَهُ يَا عَبْدَ اللهِ لَمْ تَسْأَلُنِي عَنْ اسْمِي فَقَالَ إِنِّي سَمِعْتُ صَوْتًا فِي السَّحَابِ الَّذِي هَذَا مَاؤُهُ يَقُولُ اسْقِ حديقة فلان لاسْمِكَ فَمَا تَصْنَعُ فِيهَا فَقَالَ أَمَّا إِذْ قُلْتَ هَذَا فَإِنِّي أَنظُرُ إلى مَا يَخْرُجُ مِنْهَا فَاتَصدِّقُ بِسُلْثِهِ وَأكُلُ أَنَا وَعِبَالِي ثُلُثًا وَارَدُّ فِيهَا ثلثه – رواه مسلم.

562. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Un jour, un homme traversait une contrée dépourvue d’eau. Il entendit une voix venant d’un nuage : « Arrose le jardin d’Untel. » Le nuage se dirigea alors vers un endroit et déversa sa pluie sur un terrain rocailleux. Cette eau s’écoula des petits canaux vers un grand canal et encercla tout le jardin. Le voyageur se mit à suivre cette eau. Il vit un homme debout dans son jardin, projetant l’eau çà et là avec sa pelle. Le voyageur lui demanda : « Ô serviteur d’Allah, quel est ton nom ? » Il répondit : « Je m’appelle Untel », c’est-à-dire qu’il prononça le même nom que le voyageur avait entendu venant du nuage. Le propriétaire du jardin dit : « Ô serviteur d’Allah, pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Il répondit : « Du nuage qui a fait tomber cette pluie, j’ai entendu une voix. Cette voix disait, en mentionnant ton nom : “Va arroser le jardin d’Untel.” Que fais-tu donc dans ce jardin pour qu’il en soit ainsi ? » Il répondit : « Puisque tu tiens à le savoir, je vais te le dire : je veille sur tout ce que produit ce jardin. Je donne en aumône un tiers de la récolte. Je dépense un tiers pour la subsistance de ma famille et de moi-même, et je réinvestis un tiers dans ce jardin. » (Muslim) Je réinvestis un tiers dans ce jardin. (Muslim)

Chapitre 61 — L’avarice et la réticence à dépenser sont interdites

L’avarice et la réticence à dépenser sont interdites.

قَالَ اللهُ تعالى : وأَما مَنْ بَخِلَ وَاسْتَغْنى، وكذبَ بِالْحُسْنى، فَسَنيسره العشرى، وَمَا يُغْنِي عَنْهُ مَالُهُ إِذَا تَرَدَّى

Le Très-Haut dit :

« Quant à celui qui se montre avare, se croit autosuffisant et nie ce qui est meilleur (l’islam), Nous lui faciliterons l’accès à la difficulté. Ses biens ne lui seront d’aucune utilité lorsqu’il périra. » (Sourate al-Layl, 8-11)

وَقَالَ تَعَالَى : وَمَنْ يُوقَ شُحَّ نَفْسِهِ فَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ.

« Ceux qui se préservent de l’avidité de leur âme et de la mesquinerie, voilà ceux qui réussiront. » (Sourate At-Taghâbun : 18)

La plupart des hadiths relatifs à ce sujet ont déjà été mentionnés.

٥٦٣ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اتقوا الظُّلْمَ فَإِنَّ الظُّلْمَ ظُلُمَاتٌ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَاتَّقُوا الشَّحَّ فَإِنَّ الشُّحَّ أَهْلَكَ مَنْ كَانَ قَبْلَكُمْ حَمَلَهُمْ عَلَى أَن سَفَكُوا دِمَانَهُمْ وَاسْتَحَلُوا مَحَارِمَهُمْ – رواه مسلم .

563. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Gardez-vous de l’injustice, car l’injustice et l’oppression se transformeront en ténèbres au Jour de la Résurrection. Gardez-vous également de l’avarice, car l’avarice et la mesquinerie ont causé la perte de ceux qui vous ont précédés. Cette avarice les a incités à verser leur propre sang et à déclarer licite ce qui est interdit. » (Muslim)

Chapitre 62 – Le sacrifice de soi, la préférence accordée à autrui et la compassion

Le sacrifice de soi, la préférence accordée à autrui et la compassion.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَيُؤْثِرُونَ عَلَى أَنْفُسِهِمْ وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ.

68. L’avarice est une forme d’injustice, car elle entraîne la rupture des liens d’amitié réciproque et de parenté. Elle sème également les graines de l’hostilité. Elle devient ainsi souvent une cause d’effusion de sang. Les biens et les femmes des ennemis sont alors considérés comme licites, et l’on n’hésite pas à porter atteinte à leur honneur. En somme, puisqu’il s’agit d’un défaut vil, il faut s’en éloigner.
Le Très-Haut dit :

« Ils donnent la préférence aux autres sur eux-mêmes, quand bien même ils seraient eux-mêmes dans le besoin. » (sourate al-Hashr, 9)

وقَالَ تَعَالَى : وَيُطْعِمُونَ الطَّعَامَ عَلَى حبه مسكينا ويتيما وأسيرا.

« Et ils donnent la nourriture, malgré l’amour qu’ils lui portent, au nécessiteux, à l’orphelin et au captif. » (sourate al-Dahr, 8)

٥٦٤ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ رَجُلٌ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنِّي مَجْهُودٌ فَأَرْسَلَ إِلَى بَعْضٍ نِسَائِهِ فَقَالَتْ وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ مَا عِنْدِي إِلَّا مَاءٌ ثُمَّ أَرْسَلَ إِلَى أُخْرَى فَقَالَتْ مِثْلَ ذَلِكَ حَتَّى قُلْنَ كُلُّهُنَّ مثل ذلك لا وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ ما عندي الا مَاءً فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ يُضِيفُ هذا اللَّيْلَةَ فَقَالَ رَجُلٌ مِّنَ الْأَنْصَارِ أَنَا يَا رَسُولَ اللَّهِ فَانطَلَقَ به إلى رحله فَقَالَ لامراته اكرمى ضَيْفَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَفِي رواية قال لامرأته هل عندك شي فقالت لا الا قوتَ صِبْيَانِي قَالَ عَلَيْهِمْ بَشَيْ وَإِذَا أَرَادُوا الْعَشَاءَ فَنُومِيْهِمْ وَإِذَا دَخَلَ ضَيْفْنَا فَاطْفِنِي السَّرَاجَ وَآرِيْهِ أَنَّا تَأْكُلُ فَقَعَدُوا واكل الضيف وبانا طاوِبَيْنِ فَلَمَّا أَصْبَحَ غَدًا عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَقَدْ عَجِبَ اللهُ مِنْ صنيعكما يضيفكما الليلة – متفق عليه

564. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui dit : « Je suis extrêmement affamé. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) envoya quelqu’un auprès de l’une de ses épouses. Elle répondit : « Par Celui qui vous a envoyé avec la vérité, je n’ai rien chez moi, si ce n’est de l’eau. » Il l’envoya auprès d’une autre épouse, qui donna la même réponse. Ainsi, l’une après l’autre, elles répondirent toutes de la même manière : « Par Celui qui vous a envoyé avec la vérité, je n’ai rien chez moi, si ce n’est de l’eau. » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit à ses Compagnons : « Qui accueillera cet homme comme hôte cette nuit ? » Un Ansârî dit : « Moi, ô Messager d’Allah. » Il l’emmena chez lui et dit à son épouse : « Honore comme il se doit l’hôte du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). »

Dans une autre version, il est rapporté que l’Ansârî dit à son épouse : « As-tu quelque chose à manger ? » Elle répondit : « Je n’ai rien, si ce n’est la nourriture des enfants. » L’Ansârî dit : « Distraits-les avec quelque chose, et s’ils réclament leur repas du soir, endormons-les. Lorsque notre hôte arrivera (avec le repas), éteins la lampe et fais-lui croire que nous mangeons nous aussi. » Ils s’assirent tous. L’hôte mangea, tandis qu’eux deux passèrent toute la nuit sans manger. Au petit matin, il se rendit auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Le Prophète (qu’Allah l’agrée) lui dit alors : « Allah a agréé ce que vous avez fait cette nuit pour votre hôte. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٥٦٥ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَعَامُ الْاثْنَيْنِ كَافِي الثلاثة وطَعَامُ الثلاثة كافي الأربعة – متفق عليه . وَفِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمِ عَنْ جَابِرٍ عنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ طَعَامُ الْوَاحِدِ يَكْفِي الْاثْنَيْنِ وَطَعَامُ الْأَثْنَيْنِ يكفي الأربعة وطعام الأربعة يكفي الثمانية .

565. D’après Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « La nourriture de deux personnes peut suffire à trois, et la nourriture de trois personnes peut suffire à quatre. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version de Muslim, d’après Jâbir, qu’Allah l’agrée, le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « La nourriture d’une personne peut suffire à deux, celle de deux personnes à quatre, et celle de quatre personnes à huit. »

٥٦٦ – وعن أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَيْنَمَا نَحْنُ فِي سَفَرٍ مَعَ النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذْ جَاءَ رَجُلٌ عَلَى رَاحِلَةٍ لَهُ فَجَعَلَ يَصْرِفُ بَصَرَهُ يَمِينًا وَشِمَالاً فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ كَانَ مَعَهُ فَضْلُ ظَهْرٍ فَلْيَعُدْ بِهِ عَلَى مَنْ لا ظهر لَهُ وَمَنْ كَانَ لَهُ فَضْلٌ مِنْ زَادٍ فَلْيَعُدْ بِهِ عَلَى مَنْ لَا زاد له فذكر مِنْ أَصْنَافِ الْمَالِ مَا ذَكَرَ حَتَّى رَأَيْنَا أَنَّهُ لَا حَقَّ لِأَحَدٍ مِنَّا فِي فضل رواه مسلم.

566. D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî, qu’Allah l’agrée, il a dit : « Un jour, nous étions en voyage avec le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. Un homme arriva monté sur sa monture et se mit à regarder à droite et à gauche. Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dit : “Que celui qui possède une monture en surplus la donne à celui qui n’en a pas. Que celui qui possède des provisions en surplus les donne à celui qui n’en a pas.” Il cita ainsi différentes sortes de biens, si bien que nous pensâmes qu’aucun d’entre nous n’avait le droit de conserver ce qui dépassait ses besoins. » (Muslim)

٥٦٧ – وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ امْرَأَةً جَاءَتْ إِلَى رَسُولِ اللهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِبُرْدَةٍ مَنسُوجَةٍ فَقَالَتْ نَسَجْتُهَا بِيَدَى لِأَكْسُوكَهَا فَأَخَذَهَا النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُحْتَاجًا إِلَيْهَا فَخَرَجَ إِلَيْنَا وَإِنَّهَا لَازَارَهُ فَقَالَ فُلَانٌ اكسنيهَا مَا أَحْسَنَهَا فَقَالَ نَعَمْ فَجَلَسَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْمَجْلِسِ ثُمَّ رَجَعَ فَطَوَاهَا ثُمَّ أَرْسَلَ بِهَا إِلَيْهِ فَقَالَ لَهُ الْقَوْمُ مَا أَحْسَنْتَ لَبِسَهَا النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُحْتَاجًا إِلَيْهَا ثُمَّ سَأَلْتَهُ وَعَلِمْتَ أَنَّهُ لَا يَرُدُّ سَائِلاً فَقَالَ إِنِّي وَاللهِ مَا سَأَلْتُهُ لِأَلْبَسَهَا إِنَّمَا سَأَلْتُهُ لِتَكُونَ كَفَنِي قَالَ سَهْل فكانت گفته رواه البخاري

567. D’après Sahl ibn Sa‘d, qu’Allah l’agrée, il a dit : « Une femme vint auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, avec un manteau tissé à la main et lui dit : “J’ai tissé ce manteau de mes propres mains afin de vous en vêtir.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, qui en avait besoin, l’accepta. Il le revêtit comme un pagne et vint nous rejoindre. Un homme dit : “Donnez-le-moi ! Quel magnifique manteau !” Il répondit : “D’accord.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, resta quelque temps assis dans l’assemblée, puis retourna chez lui, plia le manteau et le lui envoya. Les gens lui dirent : “Tu as mal agi. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, l’avait porté parce qu’il en avait besoin, et tu le lui as demandé ! Pourtant, tu sais qu’il ne refuse jamais un demandeur.” Il répondit : “Par Allah ! Je ne le lui ai pas demandé pour le porter, mais pour qu’il me serve de linceul après ma mort.” Sahl, qu’Allah l’agrée, dit : “Il lui servit effectivement de linceul.” » (Al-Bukhârî)

٥٦٨- وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسَلَّمَ إِنَّ الأشعريينَ إِذا أَرْمَلُوا في الغزو أو قَلْ طَعَامُ عِبَالِهِمْ بِالْمَدِينَةِ جَمَعُوا مَا كَانَ عِندَهُمْ فِي ثَوْبِ وَاحِدٍ ثُمَّ اقْتَسَمُوهُ بَيْنَهُمْ فِي إِنَّا وَاحِدٍ بِالسَّوِيَّةِ فَهُمْ مني وأنا منهم متفق عليه

568. D’après Abû Mûsâ, qu’Allah l’agrée, il a dit : « Le principe des Ash‘arites est le suivant : lorsque leurs provisions s’épuisent au cours du jihad, ou que la nourriture de leurs familles à Médine vient à manquer, ils rassemblent dans un tissu les vivres qui leur restent en réserve. Puis ils les répartissent équitablement entre eux à l’aide d’un seul récipient. Sachez qu’ils sont des miens et que je suis des leurs. » [Note : Donner la priorité aux besoins d’autrui sur les siens est une qualité éminente. C’est là un exemple exceptionnel et suprême de générosité. Nourrir autrui tout en restant soi-même affamé, et endurer soi-même des difficultés pour procurer du confort à autrui, n’est pas chose facile. Ce sont précisément là les nobles idéaux. Ce ne sont pas de simples paroles : ce sont des vérités éprouvées sur la pierre de touche de l’histoire. Les hadiths susmentionnés en témoignent clairement.] (Al-Bukhârî, Muslim)

Section : 63 – Manifester de l’intérêt pour les choses de l’au-delà et aspirer à obtenir ce qui est bénéfique et béni

Manifester de l’intérêt pour les choses de l’au-delà et aspirer à obtenir ce qui est bénéfique et béni.

قال الله تعالى : وَفِي ذَلِكَ فَلْيَتَنَافَسِ الْمُتَنَافِسُونَ .

Le Très-Haut dit :

« Que ceux qui convoitent convoitent donc une telle chose. » (Sourate al-Mutaffifîn : 26)

٥٦٩ – وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أتي بشراب فَشَرِبَ مِنْهُ وَعَنْ يَمِينِهِ غُلَامٌ وَعَنْ يَسَارِهِ الْأَشْيَاخُ فَقَالَ لِلغُلام أَتَاذَن لي أن أعطى هؤلاء فَقَالَ الغُلامُ لا والله يَا رَسُولَ اللهِ لَا أُوْثَرُ بِنَصِيبي منك أحدا فَتَلَهُ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ في يده – متفق عليه .

569. Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Des boissons furent servies au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), et il en but. À sa droite se trouvait un garçon, tandis qu’à sa gauche se trouvaient plusieurs vieillards. Il dit au garçon : « M’autorises-tu à en donner aux vieillards avant toi ? » Le garçon répondit : « Non, par Allah, ô Messager d’Allah ! Je ne donnerai à personne la préférence sur ma part reçue de toi. » Alors le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) la lui remit dans la main. [Note : Ce garçon était le vénérable Abdallah ibn al-Abbas (qu’Allah l’agrée).] (Al-Bukhari, Muslim)

٥٧٠ وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بَيْنَا أَيُّوبُ عَلَيْهِ السَّلامُ يَغْتَسِلُ عُرْبَانًا فَخَرُ عَلَيْهِ جَرَادٌ مِنْ ذَهَبٍ فَجَعَلَ أَيُّوبُ يَحْتِي فِي تَوْبِهِ فَنَادَاهُ رَبُّهُ عَزَّ وَجَلَّ يَا أَيُّوبُ المَ أَكُنْ أَغْنَيْتُكَ عَمَّا تَرَى قَالَ بَلَى وعزتك ولكن لا غنى بي عن بركتك – رواه البخاري .

570. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Un jour, Ayyoub (que la paix soit sur lui) se baignait nu. Lorsqu’une sauterelle d’or tomba sur lui, il se mit à l’envelopper dans son vêtement. Son Seigneur, infiniment honoré, l’appela et lui dit : “Ô Ayyoub, ne t’ai-Je pas rendu indépendant de ces biens vers lesquels ton regard se porte ?” Ayyoub répondit : “Si, par Ta dignité ! Mais je ne peux me passer de Ta bénédiction ; au contraire, je la désire.” » (Al-Boukhari)

Section 64 — Le mérite du riche reconnaissant. Il se caractérise par le fait qu’il acquiert ses biens de manière licite et les dépense dans les voies prescrites par Allah

Le mérite du riche reconnaissant. Il se caractérise par le fait qu’il acquiert ses biens de manière licite et les dépense dans les voies prescrites par Allah.

قَالَ اللهُ تعالى : فأَما مَنْ أعطى واثقى، وَصَدَّقَ بِالْحُسْنَى فَسَنيَسرُهُ لِلْيُسْرَى

Allah, le Très-Haut, dit :

« Quant à celui qui donne dans la voie d’Allah, adopte la piété et tient pour vraie la meilleure parole, Nous lui faciliterons l’accès à la voie aisée. » (Sourate Al-Layl : 5-7)

وقال تعالى : وَسَيُجَنِّبُهَا الأتْقَى الذِي يُؤْتِي مَالَهُ يَتَزَكَّى، وَمَا لِأَحَدٍ عِنْدَهُ مِنْ نعمة تُجرى. الا ابْتِغَاء وَجْهِ رَبِّه الأعلى، وَلسَوْفَ يَرْضَى.

« En sera éloigné celui qui est le plus pieux, qui donne de ses biens afin de se purifier. Il n’a envers personne un bienfait dont il devrait rendre la pareille. Il n’agit que pour rechercher l’agrément de son Seigneur, le Très-Haut. Et certes, Il sera satisfait de lui. » (Sourate Al-Layl : 17-21)

وقَالَ تَعَالَى : إِن تُبْدُوا الصَّدَقَاتِ فَنِعِما هِيَ وَإِنْ تُخْفُرُهَا وَتُؤْتُوهَا الْفُقَرَاءَ فَهُوَ خَيْرٌ لَكُمْ وَيُكَفِّرُ عَنْكُمْ مِنْ سَيِّئَاتِكُمْ وَاللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ خَبِيرٌ.

« Si vous faites l’aumône ouvertement, c’est bien ; mais si vous la faites discrètement et la donnez aux nécessiteux, c’est encore meilleur pour vous. Et Il vous absoudra de vos péchés. Allah est parfaitement informé de ce que vous faites. » (Sourate al-Baqara : 271)

وقال تعالى : لن تَنَالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ وَمَا تُنْفِقُوا مِنْ شَيْءٍ فَإِنْ الله بِهِ عَلِيمٌ.

« Vous n’atteindrez jamais la vraie bonté tant que vous ne dépenserez pas, dans la voie d’Allah, ce que vous aimez. Et quoi que vous dépensiez, Allah le connaît parfaitement. » (Sourate Âl-Imrân : 12)

De nombreux versets du Coran exposent le mérite de dépenser ses biens dans les œuvres d’obéissance à Allah.

٥٧١ – وعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا حَسَدَ إِلا فِي اثْنَتَيْنِ رَجُلٌ أَتَاهُ اللَّهُ مَالَا فَسَلْطَهُ عَلَى هَلَكَتِهِ في الحَقِّ وَرَجُلٌ آتَاهُ اللهُ حِكْمَةً فَهُوَ يَقْضَى بِهَا وَيُعَلِّمُهَا – متفق عليه وَتَقَدِّمَ شَرْحُهُ قَرِيبًا .

571. D’après Abdallah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il n’est permis d’envier que deux personnes : la première est celle à qui Allah a accordé des biens et qu’Il a rendue capable de les dépenser dans le droit chemin ; la seconde est celle à qui Allah a accordé la connaissance, grâce à laquelle elle rend des jugements justes et qu’elle enseigne aux autres. » L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٥٧٢ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَلا حَسَدَ إِلا فِي اثْنَتَيْنِ رَجُلٌ أَتَاهُ اللهُ الْقُرْآنَ فَهُوَ يَقُومُ بِهِ أَنَاءَ اللَّيْلِ وَآنَاءَ النَّهَارِ وَرَجُلٌ آتَاهُ اللهُ مَالاً فَهُوَ يُنفِقُهُ إِناءَ اللَّيْلِ وَأَنَاءَ النَّهَارِ – متفق عليه .

572. D’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Il n’est permis d’envier que deux personnes : premièrement, celui à qui Allah a accordé la connaissance du Coran et qui s’y consacre constamment, de jour comme de nuit ; deuxièmement, celui à qui Allah a accordé des biens et qui les dépense à chaque instant, de jour comme de nuit, dans le sentier d’Allah. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٥٧٣ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ فُقَرَاءَ الْمُهَاجِرِينَ أَتَوْا رَسُولَ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا ذَهَبَ أَهْلُ الدُّنور بالدرجات العلى والنعيم الْمُقِيمِ فَقَالَ وَمَا ذَاكَ فَقَالُوا يُصَلُّونَ كَمَا تُصَلَّى وَيَصُومُونَ كَمَا نَصُومُ ويتصدقون ولا تَتَصَدِّقُ وَيَعْتَقُوْنَ وَلا تَعْتِقُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَفَلا أُعَلِّمُكُمْ شَيْئًا تُدْرِكُونَ بِهِ مَنْ سَبَقَكُمْ وَتَسْبِقُونَ بِهِ مَنْ بَعْدِكُمْ وَلَا يكونُ أَحَدٌ أَفْضَلَ مِنْكُمْ إِلَّا مَنْ صَنَعَ مِثْلَ مَا صَنَعْتُمْ قَالُوا بَلَى يَا رَسُولَ اللهِ قَالَ تُسَبِّحُونَ وَتَحْمِدُونَ وَتُكْبَرُونَ دبر كل صلاة ثَلاثًا وَثَلاثِينَ مَرَّةً فَرَجَعَ فُقَرَاء الْمُهَاجِرِينَ إِلى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا سَمِعَ إِخْوَانُنَا أَهْلُ الأموال بما فعَلْنَا فَفَعَلُوا مِثْلَهُ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَلِكَ فضل الله يؤتيه من يُشَاءُ متفق عليه وهذا لفظ رواية مسلم الدثر الأموال الكثيرة والله أعلم .

573. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : Les émigrés démunis vinrent trouver le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et dirent : « Les riches ont obtenu les degrés élevés et les bienfaits éternels. » Il demanda : « Comment cela ? » Ils répondirent : « Ils prient comme nous prions et jeûnent comme nous jeûnons. Ils font l’aumône, alors que nous ne pouvons pas la faire en raison de notre pauvreté. Ils affranchissent des esclaves, tandis que nous ne pouvons pas le faire. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ne vais-je pas vous indiquer une œuvre grâce à laquelle vous rattraperez ceux qui vous ont devancés, dépasserez ceux qui viendront après vous, et dont personne ne sera meilleur que vous, hormis ceux qui agiront comme vous ? » Ils dirent : « Si, bien sûr, ô Messager d’Allah ! » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Après chaque prière obligatoire, vous direz trente-trois fois : “Subhan Allah”, “Allahu akbar” et “Al-hamdou lillah”. » Puis ces mêmes pauvres émigrés revinrent auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et dirent : « Nos frères riches ont appris l’œuvre que nous accomplissions et la pratiquent eux aussi. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « C’est là la grâce particulière d’Allah ; Il l’accorde à qui Il veut. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Le texte original de la version rapportée par l’imam Mouslim est cité ici.

Chapitre 65 – Se rappeler la mort et limiter ses espoirs

Se rappeler la mort et limiter ses espoirs.

قَالَ اللهُ تعالى : كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ وَإِنَّمَا تُوَفَّوْنَ أُجُورَكُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَمَنْ زُحْزِحَ عَنِ النَّارِ وَأُدْخِلَ الْجَنَّةَ فَقَدْ فَازَ وَمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا إِلَّا مَتَاعُ الْغُرُورِ

Allah, le Très-Haut, dit :

« Toute personne goûtera finalement à la mort, et vous recevrez pleinement votre récompense le Jour de la Résurrection. Réussira celui qui sera sauvé ce jour-là du feu de l’Enfer et qui sera admis au Paradis. En vérité, la vie de ce monde n’est qu’une jouissance trompeuse. » (Sourate Âl ‘Imrân : 185)

وقال تعالى : وَمَا تَدْري نَفْسٌ ماذا تكسب غَدًا وَمَا تَدْري نَفْسٌ بأي أرض تموت.

« Nulle âme ne sait ce qu’elle acquerra demain, et nul ne sait sur quelle terre il mourra. » (Sourate Luqmân : 34)

وقَالَ تَعَالَى : فَإِذَا جَاءَ أَجَلُهُمْ لا يَسْتَأْخِرُونَ سَاعَةٌ وَلَا يَسْتَقْدِمُونَ.

« Lorsque leur terme arrive, ils ne peuvent ni le retarder ni l’avancer ne serait-ce que d’un instant. » (Sourate An-Nahl : 61)

وقال تعالى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تُلْهِكُمْ أَمْوَالُكُمْ وَلَا أَوْلَادُكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَمَن يُفْعَلُ ذَلِكَ فَأُولَئِكَ هُمُ الْخَاسِرُونَ . وَأَنْفِقُوا مِمَّا رَزَقْنَاكُمْ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَّاتِيأحدكُمُ الْمَوْتُ فَيَقُولَ رَبِّ لَوْ لا أخرتني إلى أجَلٍ قَرِيبٍ فَأَصْدَقَ وَأَكُن مِّنَ الصالحين ، ولَنْ يُؤَخِّرَ اللهُ نَفْسًا إِذَا جَاءَ أَجَلُهَا وَاللَّهُ خَبِيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ.

« Ô vous qui avez cru ! Que vos biens et vos enfants ne vous détournent pas du rappel d’Allah. Ceux qui agissent ainsi sont les perdants. Dépensez de ce que Nous vous avons attribué avant que la mort ne vienne à l’un de vous. Il dira alors : “Seigneur, pourquoi ne m’accordes-Tu pas un court délai supplémentaire ? Je ferais alors l’aumône et je serais parmi les gens vertueux.” Mais lorsqu’un terme fixé arrive pour quelqu’un, Allah ne lui accorde nullement de délai. Allah est parfaitement informé de ce que vous faites. » (Sourate Al-Munâfiqûn : 9-11)

وقال تعالى : حَتَّى إِذَا جَاءَ أَحَدَهُمُ الْمَوْتُ قَالَ رَبِّ ارْجِعُونِ . لَعَلَى أَعْمَلُ صَالِحًا فِيمَا تَرَكْتُ كلاً إِنَّهَا كَلِمَةٌ هُوَ قَائِلُهَا وَمِنْ وَرَائِهِمْ بَرْزَخٌ إِلَى يَوْمِ يُبْعَثُونَ. فاذا نفخ في الصُّورِ فَلا أَنْسَابَ بَيْنَهُمْ يَوْمَئِذٍ وَلَا يَتَسَاءَلُونَ . فَمَنْ ثَقُلَتُ موَازِينُهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ ، وَمَنْ خَفَّتْ مَوَازِينُهُ فَأُولَئِكَ الَّذِينَ خَسِرُوا أَنْفُسَهُمْ فِي جَهَنَّمَ خَالِدُونَ. تلفح وجوههم النَّارُ وَهُمْ فِيهَا كَالِحُونَ . أَلَمْ تَكُن آيَاتِي تُتْلَى عَلَيْكُمْ فَكُنتُمْ بِهَا تُكَذِّبُونَ إلى قَوْله تَعَالَى : كَمْ لَبِثْتُمْ فِي الْأَرْضِ عَدَدَ سِنِينَ . قَالُوا لَبِثْنَا يَوْمًا أَوْ بَعْضَ يَوْمٍ فَاسْأَلِ الْعَادِيْنَ ، قَالَ إِنْ لبنتم إلا قليلاً لَوْ أَنَّكُمْ كُنتُمْ تَعْلَمُونَ . الحَسِبْتُمْ أَنَّمَا خَلَقْنَاكُمْ عَبَثًا وَأَنَّكُمْ الَيْنَا لا تُرْجَعُونَ.

« Lorsque la mort se présente à l’un d’entre eux, il dit : “Ô mon Seigneur, renvoie-moi sur terre afin que je puisse accomplir de bonnes œuvres que je n’ai pas accomplies auparavant.” Non, cela n’est qu’une parole qu’il prononce. Derrière eux s’étendra une barrière jusqu’au Jour de la Résurrection. Puis, lorsque la trompe sera soufflée, ce jour-là, il n’y aura plus de liens de parenté entre eux et ils ne se demanderont pas les uns des autres. Ceux dont les balances seront lourdes seront les bienheureux. Quant à ceux dont les balances seront légères, ce sont eux qui auront causé leur propre perte ; ils demeureront éternellement dans l’Enfer. Le feu brûlera leurs visages, et leurs traits y seront hideux. Mes versets ne vous étaient-ils donc pas récités ? »

Vous les traitiez pourtant de mensonges. Ils diront : “Ô notre Seigneur, notre malheur nous a vaincus et nous étions un peuple égaré. Ô notre Seigneur, fais-nous sortir de ce feu. Si nous recommençons ensuite à rejeter la vérité, nous serons certainement injustes.” Allah dira : “Restez-y avilis et ne Me parlez pas. Parmi Mes serviteurs, il y avait un groupe qui disait : ‘Ô notre Seigneur, nous avons cru. Pardonne-nous donc et fais-nous miséricorde ; Tu es le meilleur des miséricordieux.’ Mais vous les avez tellement tournés en dérision que cela vous a fait oublier Mon rappel, et vous ne cessiez de vous moquer d’eux. Aujourd’hui, Je les récompense pour leur patience : ce sont eux les bienheureux.” Allah dira : “Combien d’années êtes-vous restés sur terre ?” Ils diront : “Nous y sommes restés un jour, ou une partie d’un jour. Interroge donc ceux qui comptent.” Il dira : “Vous n’y êtes restés que peu de temps, si seulement vous le saviez ! Pensiez-vous que Nous vous avions créés en vain et que vous ne retourneriez pas vers Nous ?” » (Sourate Al-Mu’minûn : 99-115)

وقال تعالى : الم بأن للذينَ آمَنُوا أَن تَخْشَعَ قُلُوبُهُمْ لِذِكْرِ اللهِ وَمَا نَزَلَ مِنَ الحقِّ وَلَا يَكُونُوا كَالَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلُ فَطَالَ عَلَيْهِمُ الْآمَدُ فَقَسَتْ قُلُوبُهُمْ وَكَثِيرٌ مِنْهُمْ فَاسِقُونَ .

« Le moment n’est-il pas encore venu pour les croyants que leurs cœurs s’humilient au rappel d’Allah et devant la Vérité suprême qu’Il a révélée, et qu’ils ne soient pas comme ceux qui reçurent le Livre avant eux ? Puis, après qu’un long délai se fut écoulé, leurs cœurs s’endurcirent, et la plupart d’entre eux devinrent pervers. » (Sourate Al-Hadîd : 16)

٥٧٤ – وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ أَخَذَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَنْكِينَ فَقَالَ كُنْ فِي الدُّنْيَا كَأَنَّكَ غَرِيبٌ أَوْ عَابِرُ سَبِيلِ. وَكَانَ بْنُ عُمْرٌ يَقُولُ إِذا أَمْسَيْتَ فَلا تنتظر الصباح وإذا أصْبَحْتَ فَلَا تَنْتَظِرِ الْمَسَاءَ وَخُذْ مِنْ صحتك المرضك ومن حياتك الموتك – رواه البخاري .

574. Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me prit par l’épaule et me dit : « Vis dans ce monde comme si tu étais un étranger ou un voyageur de passage. » Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) disait : « Lorsque tu arrives au soir, n’attends pas le matin, et lorsque tu arrives au matin, n’attends pas le soir. Profite de tes jours de bonne santé pour te préparer aux jours de maladie, et de ta vie pour te préparer à la mort. » (Al-Bukhari)

٥٧٥ – وعَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا حَقُّ امْرِئٍ مُسْلِمٍ لَهُ شي يوصى فيه يبيتُ ليلتين الا ووصيته مكتوبة عنده – متفق عليه. هذا لفظ البخاري . وفي رواية لمسلم ببيت ثلاث ليال قَالَ ابْنُ عُمَرَ مَا مَرَّتْ عَلَى لَيْلَةٌ منذ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ذلك الا وعندي وصيتي .

575. Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il ne convient pas à un musulman qui possède quelque chose au sujet duquel il doit faire un legs de passer deux nuits sans que son testament ne soit écrit et conservé auprès de lui. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith, mais le texte original est celui d’al-Bukhari. Dans la version de Muslim, il est dit : « Il ne convient même pas de laisser passer trois nuits. » Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) dit : « Depuis le jour où j’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire cela, aucune nuit ne s’est écoulée sans que je n’aie avec moi mon testament écrit. »

٥٧٦ – وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَطَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خُطُوطًا فَقَالَ هذا الإِنسَانُ وَهَذَا أَجَلُهُ فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذ جَاءَ الْخَطُ الْأَقْرَبُ رواه البخاري

576. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) traça quelques lignes, puis dit : « Voici l’être humain, et voici sa mort. Alors qu’il se trouve dans cet état, la ligne la plus proche — la mort — survient et l’atteint. » (Al-Bukhari)

٥٧٧ وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَطُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خطا مربعا وخط خطا في الوسط خَارِجًا مِنْهُ وَخَط خططًا صِغَارًا إلى هذا الَّذِي في الوسط من جانبه الذي في الوسط فقال هذا الْإِنسَانُ وَهَذَا أَجَلُهُ مُحِيطًا بِهِ أَوْ قَدْ أَحَاطَ بِهِ وَهَذَا الَّذِي هُوَ خَارِج أَمَلُهُ وَهَذِهِ الخُطط الصَّغَارُ الْأَعْرَاضُ فَإِنْ أخطاء هذا نهشه هذا وإن أخطاء هذا نهشه هذا – رواه البخاري وهذه صورته

577. Ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dessina un carré, puis traça en son milieu une autre ligne droite qui le traversait et se prolongeait à l’extérieur. Il traça ensuite plusieurs petites lignes droites transversales reliées à cette ligne centrale, puis dit : « Voici l’être humain, et voici sa mort qui l’entoure. La partie de la ligne qui sort du carré représente ses espoirs et ses aspirations. Les petites lignes représentent les épreuves de sa vie. S’il échappe à une épreuve, une autre épreuve vient l’arrêter et l’atteindre. Puis, s’il est épargné par la deuxième, la troisième l’accable. » (Al-Bukhari)

٥٧٨ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بادِرُوا بِالْأَعْمَالِ سَبْعًا هَلْ تَنتَظِرُونَ إِلا فَقْراً مُنْسِيًّا أَوْ عَنِّى مُطْغَيًا أَوْ مَرَضًا مفسداً أَوْ هَرَمًا مُفيداً أَوْ مَوْنًا مُجهزا أو الدَّجَّالَ فَشَرِّ غَائِبِ يُنتَظِرُ أَوِ السَّاعَةَ والساعة أدهى وأمر – رواه الترمذي وقال حديث حسن .

578. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Hâtez-vous d’accomplir de bonnes œuvres avant l’apparition de sept choses : (1) attendez-vous une pauvreté qui vous rende inattentifs et incapables, (2) ou une richesse qui vous fasse renier la religion, (3) ou une maladie qui anéantisse vos forces physiques, (4) ou une vieillesse qui fasse disparaître votre raison et votre intelligence, (5) ou une mort qui survienne à l’improviste, (6) ou le Dajjâl, qui est la pire chose attendue mais encore absente, (7) ou l’Heure, qui sera extrêmement terrifiante et amère ? »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. Il dit : « C’est un hadith حسن. »

٥٧٩ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اكْثَرُوا ذَكَرَ هَادَمٍ اللذات يعني الموت رواه الترمذي وقال حديث حسن .

579. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Souvenez-vous abondamment de la mort, qui anéantit les plaisirs de ce monde. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il était bon (hasan).

٥٨٠ – وَعَنْ أَبِي بْنِ كَعْبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ

وَسَلَّمَ إِذَا ذَهَبَ ثُلُثَ اللَّيْلِ قَامَ فَقَالَ يَا أَيُّهَا النَّاسُ اذْكُرُوا اللَّهَ جَاءَتِ الرَّاجِفَةُ تتبعها الرادفة جَاءَ الْمَوْتُ بِمَا فِيهِ جَاءَ الْمَوْتُ بِمَا فِيهِ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي أكثر الصلاة عليك فَكَمْ اجْعَلُ لك من صلاتي قَالَ مَا شِئْتَ قُلْتُ الربع قَالَ مَا شئت فَإِن زدت فَهُوَ خَيْرٌ لَكَ قُلْتُ فَالنِّصْفُ قَالَ مَا شِئْتَ فَإِنْ زِدْتَ فَهُوَ خَيْرٌ لك قُلْتُ فَالثلثين قَالَ مَا شِئتَ فَإِنْ زِدْتَ فَهُوَ خَيْرٌ لَكَ قُلْتُ اجْعَلُ لَكَ صَلَاتِي كلها قَالَ اذا تكفى همك ويغفر لك ذنبك – رواه الترمذي وقال حديث حسن .

580. Ubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait pour habitude, lorsqu’un tiers de la nuit était passé, de se lever (après son sommeil) et de dire : « Ô gens ! Évoquez Allah. Le premier souffle de la Trompe a déjà retenti et le second souffle va lui succéder. Avec lui vient la mort. Avec lui vient la mort. » Je dis : « Ô Messager d’Allah ! Je prie très abondamment sur toi. Dis-moi quelle part de mon temps dois-je consacrer aux prières sur toi. » Il dit : « Autant que tu le souhaites. » Je dis : « Un quart ? » Il dit : « Comme tu le juges convenable. Mais si tu en consacres davantage, ce sera meilleur pour toi. » Je dis : « La moitié ? » Il dit : « C’est ton choix. Mais si tu en consacres davantage, ce sera meilleur pour toi. » Je dis : « Les deux tiers ? » Il dit : « Comme tu le juges bon. Mais si tu peux en consacrer davantage, ce sera meilleur pour toi. » Je dis : « Eh bien, si je consacre tout mon temps aux prières sur toi, qu’en sera-t-il ? » Il dit : « Si tu agis ainsi, ces prières suffiront à dissiper toutes tes préoccupations et tes péchés te seront pardonnés. » [Note : La mort est une chose extrêmement terrifiante. Les étapes qui la suivent sont encore plus effroyables. Le fait de se rappeler fréquemment la mort et de la garder présente à l’esprit réduit progressivement l’attachement de l’être humain à ce monde éphémère. L’amour de ce monde est le fondement et la source de tous les péchés. Se préserver des convoitises et des désirs terrestres et rester constamment absorbé par la pensée de l’au-delà est un devoir essentiel pour chacun. C’est ainsi qu’il est possible de se préserver des péchés et d’espérer obtenir le salut et le bien-être dans l’au-delà. C’est pourquoi le Coran et les hadiths lui accordent une importance toute particulière.]

L’imam at-Tirmidhî l’a rapporté et a dit que ce hadith était bon (hasan).

Chapitre 66 — Il est recommandé aux hommes de visiter les tombes et ce que doit dire celui qui les visite

Pour les hommes, il est préférable de visiter les tombes, ainsi que ce que dira le visiteur.

٥٨١ – عن بريدةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُنْتُ نَهَيْتُكُمْ عَنْ زيارَةِ القُبُورِ فَزُورُوهَا – رواه مسلم . وَفِي رِوَايَةٍ فَمَنْ أَرَادَ أَن يَزُورَ الْقُبُورَ فَلْيَرُرُ فَإِنَّهَا تُذكرنا الآخرة .

581. D’après Bourayda (qu’Allah l’agrée), il a rapporté : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Je vous avais auparavant interdit de visiter les tombes. Visitez-les donc maintenant. »

C’est la version rapportée par l’imam Muslim. Dans une autre version, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que celui qui souhaite visiter une tombe le fasse donc, car cela rappelle l’au-delà. »

٥٨٢ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كُلَّمَا كَانَ لَيْلَتُهَا مِنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَخْرُجُ مِنْ آخِرِ الليل إلى البقيع فَيَقُولُ السَّلامُ عَلَيْكُمْ دَارَ قَوْمٍ مُؤْمِنِينَ وَآتَاكُمْ مَا تُوعَدُونَ عدًا مُوْجُلُونَ وَإِنَّا إِنْ شَاءَ اللهُ بِكُمْ لاحِقُوْنَ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِأَهْلِ بَقِيعِ الْغَرْقَدِ رواه مسلم .

582. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle a rapporté : La nuit qu’il passait chez elle, vers la fin de la nuit, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se levait, se rendait à Jannat al-Baqi‘ (le cimetière de Médine) et disait : « Que la paix soit sur vous, habitants des demeures des croyants ! Demain, au Jour de la Résurrection, vous recevrez ce qui vous a été promis. Un délai vous a été accordé jusqu’à un terme fixé. Nous aussi, si Allah le veut, nous vous rejoindrons bientôt. Ô Allah ! Pardonne aux habitants de Baqi‘ al-Gharqad. » [C’est-à-dire l’or, l’argent et les espèces que l’on doit enfouir sous terre pour les préserver du vol. Dans une narration de l’imam Tirmidhi, Khabbab (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Lorsque je me trouvais avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), je ne possédais même pas un dirham. Aujourd’hui, je possède quarante mille dirhams en réserve. »] (Muslim)

٥٨٣ – وعن بريدة رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُعَلِّمُهُمْ إِذَا خَرَجُوا إلى المقابر أن يقول قائلهم السَّلامُ عَلَيْكُمْ أَهْلَ الدِّيَارِ مِنَ

72. Baqi‘ al-Gharqad est le nom d’un lieu situé près de la Mosquée du Prophète. Il abrite les tombes des habitants de Médine.

الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُسْلِمِينَ وَإِنَّا إِنْ شَاءَ اللهُ بِكُمْ لاحِقُونَ أَسْأَلُ اللهَ لَنَا وَلَكُمُ العافية – رواه مسلم .

583. D’après Bourayda (qu’Allah l’agrée), il rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) enseignait aux musulmans de dire, lorsqu’ils se rendaient dans les cimetières : « Ô croyants et musulmans qui habitez les tombes, que la paix soit sur vous ! Nous vous rejoindrons, si Allah le veut. Nous demandons à Allah le pardon et la protection pour nous-mêmes et pour vous. » (Muslim)

٥٨٤ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ مَنْ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِقُبُورِ بِالْمَدِينَةِ فَأَقْبَلَ عَلَيْهِمْ بِوَجْهِهِ فَقَالَ السَّلَامُ عَلَيْكُمْ يَا أَهْلَ الْقُبُورِ يَغْفِرُ الله لنا ولكم أنتم سلفنا ونَحْنُ بالآثر – رواه الترمذي وقال حديث حسن.

584. D’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah les agrée tous deux), il rapporte : Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) passa près de certaines tombes de Médine, il se tourna vers elles et dit : « Ô habitants des tombes, que la paix soit sur vous ! Qu’Allah nous pardonne, ainsi qu’à vous. Vous êtes nos prédécesseurs, et nous sommes vos successeurs. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il était bon.

Chapitre 67 — Il est interdit de souhaiter la mort lorsqu’on est frappé par une épreuve. Toutefois, il n’y a aucun mal à la souhaiter si l’on craint de voir sa pratique religieuse se détériorer.

Il est interdit de souhaiter la mort lorsqu’on est frappé par une épreuve. Toutefois, il n’y a aucun mal à la souhaiter si l’on craint de voir sa pratique religieuse se détériorer.

٥٨٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَتَمَنْ أَحَدُكُمُ الْمَوْتَ امّا مُحْسِنًا فَلَعَلَهُ يَزْدَادُ وَأَمَّا مُسَيْئًا فَلَعَلَّهُ يَسْتَعْتِبُ متفق عليه وهذا لفظ البخاري. وفي رواية لِمُسْلِمِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنْ رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَتَمَنْ أَحَدُكُمُ الْمَوْتَ وَلَا يَدْعُ بِهِ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَأْتِيَهُ إِنَّهُ إِذَا مَاتَ انْقَطَعَ عَمَلَهُ وَأَنَّهُ لَا يَزِيدُ الْمُؤْمِنَ عُمُرُهُ إِلا خَيْرًا .

585. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que nul d’entre vous ne souhaite la mort. En effet, s’il est un homme pieux, il se peut que ses bonnes œuvres augmentent ; et s’il est pécheur, il se peut qu’il ait l’occasion de se repentir de ses péchés. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. La version intégrale est celle d’Al-Boukhari. Dans une version de Mouslim, il est dit : D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que nul d’entre vous ne souhaite la mort et ne prie pour mourir avant que la mort ne lui survienne. En effet, lorsque l’homme meurt, ses œuvres cessent également. La longévité du croyant ne fait qu’accroître son bien. »

٥٨٦ – وعن أنس رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يتمنينَ أَحَدُكُمُ الْمَوْتَ لِضْرٍ أَصَابَهُ فَإِنْ كَانَ لَا بُدَّ فَاعِلاً فَلْيَقُلْ اللَّهُمَّ أَحْيِنِي مَا كَانَتِ الْحَيَاةُ خَيْراً لِي وَتَوَفَّنِي إِذا كَانَتِ الْوَفَاةُ خَيْرًا لِي – متفق عليه .

586. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que nul d’entre vous ne souhaite la mort en raison d’une épreuve qui l’a frappé. S’il est absolument contraint de dire quelque chose, qu’il dise : “Ô Allah ! Maintiens-moi en vie tant que la vie est meilleure pour moi, et fais-moi mourir lorsque la mort sera meilleure pour moi.” » (Al-Boukhari et Mouslim)

٥٨٧ – وَعَنْ قَيْسِ بْنِ أَبِي حَازِمٍ قَالَ دَخَلْنَا عَلَى خَبَابِ بْنِ الْأَرَبِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ نَعُودُهُ وَقَدِ اكْتَوى سَبْعَ كَيَّاتٍ فَقَالَ إِنْ أَصْحَابَنَا الَّذِينَ سَلَفُوا مَضَوْا وَلَمْ تنقصهم الدُّنْيَا وَإِنَّا أَصَبْنَا مَا لا نَجِدُ لَهُ مَوْضِعًا إِلا التَّرَابِ وَلَوْ لَا أَنَّ النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَانَا أَنْ نَدْعُو بِالْمَوْتِ لَدَعَوْتُ بِهِ ثُمَّ أَتَيْنَاهُ مَرَّةً أُخْرَى وَهُوَ يَبْنِي حَائِطا لَهُ فَقَالَ إِنَّ الْمُسْلِمَ لِيُؤْجَرُ فِي كُلِّ شَيْءٍ يُنْفِقُهُ إِلَّا فِي شَيْءٍ يجعله في هذا التراب متفق عليه وهذا لفظ رواية البخاري .

587. D’après Qays ibn Abou Hazim, il a dit : Nous nous rendîmes auprès de Khabbab ibn Al-Aratt (qu’Allah l’agrée), qui était malade, afin de lui rendre visite. Il avait alors subi sept cautérisations. Il dit : « Nos compagnons qui sont morts avant nous sont partis, et le monde ne leur a causé aucun tort. Quant à nous, nous avons obtenu et accumulé des biens dont le seul endroit où les conserver est la terre. 73 Si le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ne nous avait pas interdit de souhaiter la mort, je la souhaiterais certainement. » Qays (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Nous lui rendîmes visite une autre fois et le trouvâmes en train de réparer un mur. Il dit alors : « Le musulman reçoit une récompense pour chacune de ses œuvres — ou de ses dépenses —, à l’exception de cette terre, c’est-à-dire la construction des maisons et autres choses semblables, pour lesquelles il ne reçoit pas de récompense. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. La version intégrale est celle d’Al-Boukhari.

Chapitre 68 — Adopter la piété et éviter les choses douteuses

À propos de l’adoption de la piété et de l’abstention des choses douteuses.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَتَحْسَبُونَهُ هَيِّنًا وَهُوَ عِنْدَ اللَّهِ عَظِيمٌ.

Le Très-Haut dit :

« Vous considérez cela comme une chose insignifiante, alors qu’auprès d’Allah c’est une affaire très grave. » (Sourate An-Nûr, 4:15)

وقَالَ تَعَالَى : إِنَّ رَبَّكَ لبالمرصاد.

« Certes, ton Seigneur est aux aguets (pour saisir les gens désobéissants). » (Sourate Al-Fajr, 14)

٥٨٨ – وَعَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ الْحَلالَ بَيْنَ وَإِنَّ الْحَرَامَ بَيْنَ وَبَيْنَهُمَا مُشْتَبِهَاتٌ لَا يَعْلَمُهُنَّ كَثِيرٌ مِنَ النَّاسِ فَمَنِ اتَّقَى الشُّبُهَاتِ اسْتَبْرَأَ لِدِينِهِ وَعِرْضِهِ وَمَنْ وَقَعَ في الشبهات وقع فِي الْحَرَامِ كَالراعى يرعى حول الحمى يُوشِكُ أَنْ يُرْتَعَ فِيهِ الا وَإِنَّ لِكُلِّ مَلك حتى الآ وَإِنَّ حِمَى اللهِ مَحارِمُهُ إِلا وَإِنَّ فِي الْجَسَدِ مُضْغَةً إذا صلحتْ صَلَحَ الْجَسَدُ كُلُّهُ وَإِذَا فَسَدَتْ فَسَدَ الْجَسَدُ كُلُّهُ أَلَا وَهِيَ الْقَلْبُ متفق عليه وروباه من طرق بالفاظ متقاربة .

588. D’après An-Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Le licite est manifeste et l’illicite est manifeste. Entre les deux se trouvent des choses douteuses, dont le caractère licite ou illicite est voilé, et que la plupart des gens ne connaissent pas. Celui qui s’écarte de ces choses douteuses préserve sa religion et son honneur. En revanche, celui qui s’engage dans les choses douteuses tombe dans l’illicite. Il est comparable au berger qui fait paître son troupeau aux abords d’un pâturage réservé ; il risque que son troupeau y pénètre. Sachez que chaque souverain possède un pâturage réservé. Le pâturage réservé d’Allah est constitué de ce qu’Il a interdit. Sachez également qu’il y a dans le corps humain un morceau de chair : s’il est sain et exempt de défauts, tout le corps est sain et exempt de défauts ; s’il est corrompu et malade, tout le corps est corrompu et malade. Sachez que c’est le cœur. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Tous deux l’ont également rapporté par d’autres chaînes avec des termes presque identiques.

٥٨٩ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَجَدَ تَمْرَةً فِي الطريق فَقَالَ لَوْ لا أَنِّي أَخَافُ أَن تَكُونَ مِنَ الصدقة لأكلتها – متفق عليه .

589. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) trouva sur la route une datte tombée à terre. Il dit alors : « Si je ne craignais pas qu’elle fasse partie des dattes de l’aumône obligatoire, je la mangerais certainement. » (Al-Boukhari et Muslim)

٥٩٠ – وعَنِ النَّواسِ بْنِ سَمْعَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْبِرُّحُسْنُ الْخُلْقِ وَالْإِثْمُ مَا حَاكَ فِي نَفْسِكَ وَكَرِهْتَ أَنْ يُطْلِعَ عَلَيْهِ الناس – رواه مسلم .

590. An-Nawwas ibn Sam‘an (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La piété et la droiture sont l’autre nom du bon caractère. Le péché est ce qui fait naître le doute dans ton cœur et que tu n’aimerais pas que les gens découvrent. » (Muslim)

٥٩١ – وَعَنْ وَابِصَةَ بْنِ مَعْبَدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ آتَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ جِئْتَ تَسْأَلُ عَنِ الْبَرِّ قُلْتُ نَعَمْ فَقَالَ اسْتَفْتِ قَلْبَكَ الْبِرُّ مَا اطمأنت اليه النَّفْسُ وَاطْمَانُ اليه القلب والاثمُ مَا حَاكَ فِي النَّفْسِ وَتَرَدَّدَ فِي الصدر وإن أفتاكَ النَّاسُ وأفتوك – حديث حسن رواه احمد والدارمي في
مسنديهما .

591. Wabisa ibn Ma‘bad (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je me rendis auprès du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Il me dit : « Es-tu venu m’interroger au sujet de la piété (et du péché) ? » Je répondis : « Oui. » Il dit : « Consulte ton cœur à ce sujet (car ton cœur lui-même en témoignera). La piété et la bonne moralité consistent en ce dont l’âme est satisfaite et dont le cœur éprouve la sérénité. Quant au péché, c’est ce qui fait naître en toi le malaise et le doute, et suscite dans ton cœur l’inquiétude et l’incertitude, quand bien même les gens te donneraient une fatwa ou te demanderaient ton avis juridique. » Le hadith est hasan. Ahmad et ad-Darimi l’ont rapporté chacun dans son propre Musnad.

٥٩٢ – وَعَنْ أَبِي سِرُوعَة بِكَسْرِ السِّينِ الْمُهْمَلَةِ وَنَصْبِهَا عُقْبَةَ بْنِ الْحَارِثِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ تَزَوْجَ ابْنَةً لِأَبِي اِهَابِ بْنِ عَزِيزِ فَأَتَتْهُ امْرَأَةٌ فَقَالَتْ إِنِّي قَدْ ارْضَعْتُ عُقبة والتي قد تَزَوجَ بِهَا فَقَالَ لَهَا عُقْبَةُ مَا أَعْلَمُ أَنَّكَ أَرْضَعْتَنِي وَلَا اخبرتني فركب إلى رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالْمَدِينَةِ فَسَأَلَهُ فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَيْفَ وَقَدْ قَبْلَ فَفَارَقَهَا عُقْبَةٌ وَنَكَحَتْ زَوْجًا غيره – رواه البخاري .

592. Il est rapporté d’Abou Sirwa‘a ‘Uqba ibn al-Hârith (qu’Allah l’agrée) qu’il épousa la fille d’Abou Ihâb ibn ‘Azîz. Puis une femme vint le trouver et dit : « J’ai allaité ‘Uqba ainsi que la fille d’Abou Ihâb, avec laquelle il s’est marié. » ‘Uqba (qu’Allah l’agrée) dit : « Je ne savais pas que tu m’avais allaité, et tu ne me l’avais pas non plus fait savoir. » Ensuite, ‘Uqba (qu’Allah l’agrée) se rendit à Médine auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — et l’interrogea à ce sujet. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dit : « Comment pourrais-tu la garder comme épouse alors qu’il a été dit qu’elle est ta sœur de lait ? » ‘Uqba (qu’Allah l’agrée) se sépara alors d’elle. Cette femme épousa ensuite un autre homme. (Al-Bukhari)

٥٩٣ – وَعَنِ الْحَسَنِ بْنِ عَلِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ حَفِظْتُ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَعْ مَا يُرِيبُكَ إِلَى مَا لا يَرِيبك – رواه الترمذي وقال حديث
حسن صحيح.

593. Al-Hasan ibn ‘Ali (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : « J’ai retenu du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — cette parole : “Délaisse ce qui te plonge dans le doute et adopte ce qui ne t’inspire aucun doute.” »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith bon et authentique. » Le sens de ce hadith est d’adopter ce qui est exempt de doute plutôt que ce qui est douteux.

٥٩٤ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ لِأَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ غُلامٌ يُخْرِجُ لَهُ الْخَرَاجَ وَكَانَ أَبُو بَكْرٍ يَأْكُلُ مِنْ خَرَاجِهِ فَجَاءَ يَوْمًا بِشَيْءٍ فَأَكَلَ مِنْهُ أَبو بَكْرٍ فَقَالَ لَهُ الْغُلَامُ تَدْرِى مَا هَذا فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ وَمَا هُوَ قَالَ كُنتُ تَكَهَنتُ الإنسان في الجاهليةِ وَمَا أَحْسِنُ الكهانة إلا أنِّي خَدَعْتُهُ فَلَقِيَنِي فَأَعْطَانِي لِذلِكَ هذا الذي اكلت مِنْهُ فَأَدْخَلَ أَبُو بَكْرِ يَدَهُ فَقَاءَ كُلَّ شَيْءٍ فِي بَطْنه – رواه البخاري.

594. Il est rapporté d’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle dit : Abou Bakr as-Siddiq (qu’Allah l’agrée) avait un esclave qui lui versait une somme provenant de ses propres gains, et Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) consommait ce qu’il lui apportait. Un jour, il lui apporta quelque chose, dont Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) mangea. L’esclave lui demanda : « Sais-tu ce que c’est ? » Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) répondit : « Qu’est-ce donc ? » L’esclave dit : « À l’époque de la Jâhiliya, j’avais lu la main d’un homme, bien que je ne fusse pas vraiment habile dans cet art ; je l’avais plutôt trompé. Lorsqu’il me rencontra, il me remit cette chose en paiement de cette précédente prestation. C’est donc ce que tu viens de manger. » Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) introduisit alors la main dans sa bouche et vomit tout ce qu’il avait dans l’estomac. (Al-Bukhari)

٥٩٥ – وَعَنْ نَافِع أنْ عُمَرَ بْنَ الخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ كَانَ فَرَضَ لِلْمُهَاجِرِينَ الأولين اربعة الاف وفرض لابنه ثلاثة الآف وخَمْسَ مِائَةٍ فَقِيلَ لَهُ هُوَ مِنْ الْمُهَاجِرِينَ فَلِمَ نَقَصْتَهُ فَقَالَ إِنَّمَا هَاجَرَ بِهِ أَبُوهُ يَقُولُ لَيْسَ هُوَ كَمَنْ هَاجَرَ بنفسه – رواه البخاري.

595. Nâfi‘ rapporte : ‘Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) fixa une allocation annuelle de quatre mille dirhams par personne aux émigrés de la première catégorie, mais fixa celle de son propre fils à trois mille cinq cents dirhams. On lui dit : « Ton fils fait lui aussi partie des émigrés. Pourquoi as-tu diminué son allocation ? » Il répondit : « Son père a émigré avec lui ; il n’est donc pas au même rang que ceux qui ont émigré seuls et directement. » (Al-Bukhari)

٥٩٦ – وَعَنْ عَطِيَّةَ بْنِ عُرْوَةَ السعدي الصحابي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يَبْلُغُ الْعَبْدُ أَنْ يَكُونَ مِنَ الْمُتَّقِينَ حَتَّى بَدَعَ مَا لا بأس به حذراً لما به باس – رواه الترمذي وقال حديث حسن .

৫৯৬. D’après le Compagnon ʿAtiyya ibn ʿUrwa as-Saʿdī (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le serviteur ne peut atteindre le rang des pieux tant qu’il ne délaisse pas certaines choses innocentes par crainte de tomber dans ce qui est répréhensible. »

L’imam at-Tirmidhī a rapporté ce hadith et a également dit qu’il était hassan. (En résumé, l’évaluation juste des œuvres apparentes dépend entièrement de la pureté et de la sincérité intérieures. Si le cœur est débarrassé de toutes les convoitises et passions terrestres, il devient très facile de s’éloigner des choses douteuses. La conséquence inévitable de la crainte est que le serviteur ne dépassera en aucune manière les limites fixées par la Loi islamique. Mais si la crainte d’Allah fait défaut, il peut commettre à sa guise toute sorte d’actes injustes.)

Chapitre 69 — Il est préférable de mener une vie solitaire afin de se préserver des troubles de l’époque et du mal des gens : la crainte d’être éprouvé dans la pratique de la religion et de tomber dans les choses interdites, douteuses, etc.

Il est préférable de mener une vie solitaire afin de se préserver des troubles de l’époque et du mal des gens : la crainte d’être éprouvé dans la pratique de la religion et de tomber dans les choses interdites, douteuses, etc.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَفِرُّوا إِلَى اللَّهِ إِنِّي لَكُمْ مِنْهُ نَذِيرٌ مُّبِينٌ.

Le Très-Haut dit :

« Fuyez donc vers Allah. Je suis pour vous un avertisseur explicite. » (Sourate adh-Dhāriyāt : 50)

٥٩٧ – وَعَنْ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَاصِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ اللهَ يُحِبُّ الْعَبْدَ التَّقِيُّ الْغَنِيُّ الْخَفِيُّ – رواه مسلم.

597. D’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : « Allah aime le serviteur pieux, au cœur généreux et discret. » (Muslim) Note : La discrétion signifie ici cacher aux gens ses bonnes œuvres et ses actes de piété, et ne pas chercher à se mettre en avant.

٥٩٨ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَجُلٌ أَيُّ النَّاسِ أَفْضَلُ يا رَسُولَ اللهِ قَالَ مُؤْمِنٌ مُجَاهِدٌ بِنَفْسِهِ وَمَالِهِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ قَالَ ثُمَّ مَنْ قَالَ ثُمَّ رجُلٌ مُعْتَزِلُ فِي شِعبٍ مِنَ العَابِ يَعْبُدُ رَبَّهُ وَفِي رِوَايَةٍ يَتَّقِي اللَّهَ وَبَدَعَ الناس من شره – متفق عليه.

598. D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), un homme demanda au Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue : « Ô Messager d’Allah, qui sont les meilleurs des hommes ? » Il répondit : « Le croyant combattant qui lutte dans le chemin d’Allah avec ses biens et sa vie. » L’homme demanda : « Et ensuite, qui vient après lui ? » Il répondit : « Ensuite, l’homme qui se consacre à l’adoration de son Seigneur, isolé dans quelque défilé montagneux. » Selon une autre version : « Celui qui adopte la taqwâ et s’abstient de nuire aux gens. » Note : Cela signifie que le jihâd, avec ses biens et sa vie, pour établir la religion d’Allah élève le croyant au rang le plus éminent. Toutefois, si cette possibilité n’existe nulle part, le devoir du croyant est alors de se consacrer silencieusement à l’adoration, d’obéir pleinement aux commandements d’Allah en toute chose et d’atteindre le degré élevé de la taqwâ. (Al-Bukhârî, Muslim)

٥٩٩ – وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُوْشِكُ أَنْ يَكُونَ خَيْرَ مَالَ الجبال ومَوَاقِعَ الْقَطْرِ يَفِرُّ بِدينِهِ مِنَ الْفِتَنِ نَ يَتَّبِعُ بِهَا عَفَ الْجِبَالِ رواه البخاري

599. D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Dans un avenir proche, le meilleur bien du musulman sera constitué de moutons et de chèvres, qu’il emmènera au sommet des montagnes ou dans des régions abondamment arrosées afin de préserver sa religion des troubles. » (Al-Bukhârî)

٦٠٠- وعن أبي هريرة رضى اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا بَعَثَ اللهُ نَبِيًّا إِلَّا رَعَى الْغَنَمَ فَقَالَ أَصْحَابُهُ وَأَنْتَ؟ قَالَ نَعَمْ كُنْتُ أَرْعَاهَا على قراريط لأهل مكة – رواه البخاري

600. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Allah n’a envoyé aucun prophète qui n’ait gardé des chèvres. » Les Compagnons demandèrent : « Même vous ? » Il répondit : « Oui, moi aussi, j’ai gardé les chèvres des habitants de La Mecque en échange de quelques qirâts. » Note 77 : Hâfiz Turpushriti dit que travailler contre rémunération pour subvenir à ses besoins n’est nullement incompatible avec le rang de la prophétie ; au contraire, le principe de gagner sa vie fait partie de la Sunna et de la pratique des prophètes. Quant au tawakkul, il constitue leur caractéristique. Cette activité du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, eut lieu avant sa mission prophétique. (Al-Bukhârî)

١-٦- وَعَنْهُ عَنْ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ مِنْ خَيْرٍ مَعَاشِ النَّاسِ لَهُمْ رَجُلٌ مُمسك عنان فرسه في سبيل الله يَطِيرُ عَلَى مَتَنهُ كُلَّمَا سَمِعَ هيعة أو فزعة طار عَلَيْهِ يَبْتَغِي القَتْلَ أو الموت مَظَانُهُ أَوْ رَجُلٌ فِي غُنَيْمَةٍ فِي رأس شعقة من هذه الشعف أو بطن واد من هذه الأودية يُقِيمُ الصَّلاةَ وَيُؤْتِي الزَّكَاةَ وَيَعْبُدُ رَبَّهُ حَتَّى يَأْتِيَهُ الْيَقِينُ لَيْسَ مِنَ النَّاسِ إِلا في خير – رواه مسلم.

৬০১. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « La meilleure vie parmi les hommes est celle de l’homme qui tient les rênes de son cheval sur le chemin d’Allah et chevauche pour combattre. Dès qu’il entend le cri d’alarme de l’ennemi ou un bruit terrifiant, il se dirige vers cet endroit à la vitesse de l’éclair, aspirant à obtenir le martyre ou à mourir sur le champ de bataille. Ou bien celle de l’homme qui vit avec quelques chèvres au sommet d’une montagne ou dans l’une de ces vallées, accomplit la prière, s’acquitte de la zakât, se consacre au culte de son Seigneur jusqu’à sa mort et ne fait preuve envers les gens que de bonté. » [Note : 78. La fitna, l’injustice et la dépravation se répandent spontanément de tous côtés. Elles ne nécessitent aucun effort particulier. Le faux est naturellement expansif. Ainsi, même les gens pieux finissent progressivement par s’y trouver impliqués. Cela devient particulièrement intense lorsque les défenseurs de la vérité se retirent et renoncent à assumer leur responsabilité. Les quelques adeptes de la vraie religion sont alors contraints de se rendre dans des montagnes et des vallées isolées afin de préserver leur foi. Cela écarte au moins le risque que les gens de bien deviennent mauvais et empêche la fitna de prendre une forme dévastatrice. De telles circonstances apparaîtront avant la Résurrection.] (Muslim)

Chapitre 70 — Le mérite de fréquenter les gens et de se mêler à eux, d’assister à leurs assemblées et à leurs bonnes réunions, de rendre visite aux malades, de participer aux funérailles, de venir en aide aux nécessiteux, de guider les ignorants vers le droit chemin, d’ordonner le bien et d’interdire le mal, de ne pas nuire aux autres et de patienter malgré les torts subis, entre autres.

Le mérite de fréquenter les gens et de se mêler à eux, d’assister à leurs assemblées et à leurs bonnes réunions, de rendre visite aux malades, de participer aux funérailles, de venir en aide aux nécessiteux, de guider les ignorants vers le droit chemin, d’ordonner le bien et d’interdire le mal, de ne pas nuire aux autres et de patienter malgré les torts subis, entre autres.

L’imam an-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : Il est préférable de se mêler aux gens et de les fréquenter lors des réunions et des cérémonies susmentionnées. Le Prophète bien-aimé (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), les nobles prophètes, les califes bien guidés, les nobles Compagnons et les meilleurs tabi‘în avaient tous cette conduite et cet idéal. Les savants éminents des générations suivantes et les meilleurs penseurs de la communauté ont également suivi ce même idéal. Les célèbres imams de la jurisprudence, notamment l’imam ach-Châfi‘î et Ahmad (qu’Allah leur fasse miséricorde), ainsi que les autres penseurs islamiques, ont tous considéré que vivre en société et s’acquitter de ses responsabilités et devoirs sociaux et familiaux constituaient les conditions préalables de la réussite dans la vie islamique. Le Très-Haut dit :وتَعَاوَنُوا عَلَى البر والتقرىŒuvrez ensemble dans la bienfaisance et la piété. » (sourate al-Mâ’idah, 2) Le Noble Coran contient encore de nombreux versets à ce sujet.

Chapitre 71 — Se comporter avec humilité et douceur envers les musulmans

Se comporter avec humilité et douceur envers les musulmans.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَاخْفِضْ جَنَاحَكَ لِمَنِ اتَّبَعَكَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Sois bienveillant envers les croyants qui te suivent. » (Sourate Ach-Chu‘arâ : 215)

وقال تعالى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا مَنْ يُرِيدُ مِنْكُمْ عَنْ دِينِهِ فَسَوْفَ يَأْتِي اللَّهُ بِقَوْمٍ يُحِبُّهُمْ وَيُحِبُّونَهُ أَذلَّةٍ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى الْكَافِرِينَ.

« Ô vous qui croyez ! Si l’un d’entre vous renie sa religion, Allah fera venir un peuple qu’Il aimera et qui L’aimera, humble et doux envers les croyants et très dur envers les mécréants. » (Sourate Al-Mâ’idah : 54)

وقال تعالى : بَأَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُمْ مِنْ ذَكَرٍ وَأُنثَى وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ.

« Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un homme et d’une femme, puis Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous connaissiez les uns les autres. En vérité, le plus honoré d’entre vous auprès d’Allah est celui qui Le craint le plus. » (Sourate Al-Hujurât : 13)

وقال تعالى : فَلا تُرَكُوا أَنْفُسَكُمْ هُوَ أَعْلَمُ بِمَنِ اتَّقَى.

« Ne prétendez donc pas vous-mêmes être purs. C’est Lui qui sait le mieux qui est véritablement pieux. » (Sourate An-Najm : 32)

وقال تعالى : ونادى أصْحَابُ الأعراف رجالاً يُعْرِفُونَهُمْ بِسِيمَاهُمْ قَالُوا مَا اغْنى عَنْكُمْ جَمْعُكُمْ وَمَا كُنتُمْ تَسْتَكْبِرُونَ . أهولا – الَّذِينَ أَقْسَمْتُمْ لَا يَنَالُهُمُ اللَّهُ برَحْمَةٍ أَدْخُلُوا الْجَنَّةَ لَا خَوْفٌ عَلَيْكُمْ وَلَا انْتُمْ تَحْزَنُونَ.

« Les gens des hauteurs reconnaîtront certains des grands personnages de l’Enfer à leurs signes et les interpelleront : “Votre armée et votre orgueil ne vous ont été d’aucune utilité. Et ces gens du Paradis ne sont-ils pas ceux au sujet desquels vous juriez qu’Allah ne leur accorderait aucune part de Sa miséricorde ?” Il leur sera dit : “Entrez au Paradis ; vous n’aurez ni crainte ni affliction.” » (Sourate al-A‘râf, 48-49)

٦٠٢ – وَعَنْ عِبَاضِ بْنِ حِمَارٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ أَوْحَى إِلَى أَنْ تَوَاضَعُوا حَتَّى لَا يَفْخَرَ أَحَدٌ عَلَى أَحَدٍ وَلَا يبغى أحد على أحد – رواه مسلم.

602. Iyâd ibn Himâr (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Allah m’a révélé que vous devez vous comporter les uns envers les autres avec humilité et douceur, de sorte que nul ne s’enorgueillisse envers autrui et que nul ne transgresse contre autrui. » (Muslim)

٦٠٣- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا نَقَصَتْ صَدَقَةٌ مِنْ مَالٍ وَمَا زَادَ اللهُ عَبْدًا بِعَفْو الا عزاً وَمَا تَوَاضَعَ أَحَدٌ لِلَّهِ إلا رفعه الله – رواه مسلم .

603. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « La richesse ne diminue pas à cause de l’aumône. Allah n’augmente le serviteur en honneur et en dignité qu’en raison de son pardon. Et quiconque adopte l’humilité et la modestie pour rechercher l’agrément d’Allah, Allah élève son rang. » (Muslim)

٦٠٤- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ مَرْ عَلَى صِبْيَانِ فَسَلَّمَ عَلَيْهِمْ وَقَالَ كَانَ النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَفْعَلُ – متفق عليه.

604. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’en passant près de quelques enfants, il les salua. Puis il dit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) faisait de même. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٦٠٥ – وَعَنْهُ قَالَ إِنْ كَانَتِ الأمة من اما – المَدِينَةِ لِتَأْخُذُ بِيدِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فتنطلق به حيث شاءت رواه البخاري .

605. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Il dit : Une servante de Médine prenait le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) par la main et l’emmenait où elle voulait, souvent pour répondre à l’un de ses besoins. (Al-Bukhari)

٦٠٦- وَعَنِ الْأَسْوَدِ بْنِ يَزِيدَ قَالَ سُئِلَتْ عَائِشَةُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا مَا كَانَ النَّبِيُّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَصْنَعُ فِي بَيْتِهِ؟ قَالَتْ كَانَ يَكُونُ فِي مِهْنَةِ أَهْلِهِ يَعْنِي خدمة أهله فاذا حضرت الصلاة خرج إلى الصلاة – رواه البخاري .

606. Al-Aswad ibn Yazid (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte : On demanda à Aïcha (qu’Allah l’agrée) : « Que faisait le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) chez lui ? » Elle répondit : « Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était chez lui, il travaillait, c’est-à-dire qu’il s’occupait de servir les membres de sa famille. Lorsque venait l’heure de la prière, il partait pour l’accomplir. » (Al-Bukhari)

٦٠٧- وَعَنْ أَبِي رِفَاعَةً تَمِيمِ بْنِ أُسَيْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ انْتَهَيْتُ إِلَى رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ يَخْطُبُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ رَجُلٌ غَرِيبٌ جَاءَ يسأل عن دينه لا يدرى ما دينهُ؟ فَأَقْبَلَ عَلَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وترك خُطبَتَهُ حَتَّى انْتَهَى إِلى فَأْتِيَ بِكُرْسِي فَقَعَدَ عَلَيْهِ وَجَعَلَ يُعَلِّمُنِي مِمَّا عَلَّمَهُ اللهُ ثُم أتى خُطْبَتَهُ قائم آخرها – رواه مسلم.

607. Abou Rifa‘a Tamim ibn Usayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je me rendis auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), qui prononçait alors un sermon. Je dis : « Ô Messager d’Allah, je suis un voyageur venu s’informer au sujet de la religion ; il ne sait pas en quoi consiste sa religion. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) interrompit son sermon, se tourna vers moi et vint à ma rencontre. On apporta une chaise, sur laquelle il s’assit, puis il m’enseigna les prescriptions qu’Allah lui avait enseignées. Ensuite, il retourna à son sermon et l’acheva. » (Muslim)

٦٠٨- وعن انس رضى اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا اكل طعاما لعن أَصَابِعَهُ الثلاثَ قَالَ وَقَالَ إِذا سَقَطَتْ لُقْمَةُ أَحَدِكُمْ فَلْيُمْطَ عَنْهَا الأذى وَلْيَأْكُلها ولا يَدَعُها للشيطان وأمر أن تُسْلَتِ الْقَصْعَةُ قَالَ فَإِنَّكُمْ لَا تدرون في أي طعامكم البركة – رواه مسلم .

608. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Après avoir mangé, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) léchait ses trois doigts, à savoir le pouce, l’index et le majeur. Anas (qu’Allah l’agrée) dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a également dit : « Si la bouchée de l’un d’entre vous tombe, qu’il en retire la saleté et la mange, et qu’il ne la laisse pas au diable. » Il ordonna aussi de lécher le plat après avoir mangé et dit : « Vous ne savez pas dans quelle partie de votre nourriture se trouve la bénédiction. » (Muslim)

٦٠٩- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا بعث اللهُ نَبِيًّا إِلَّا رَعَى الْغَنَمَ قَالَ أَصْحَابُهُ وَانْتَ؟ فَقَالَ نَعَمْ كُنتُ أَرْعَاهَا عَلَى قراريط لأهل مكة – رواه البخاري .

609. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Allah n’a envoyé aucun prophète qui n’ait gardé des moutons. » Les Compagnons demandèrent : « Même vous ? » Il répondit : « Oui, moi aussi je gardais les moutons des habitants de La Mecque pour quelques qirats. » (Al-Boukhari)

٦١٠- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَوْ دُعِيتُ إِلى كُراع أو ذراع لأَجَبْتُ ولو أهدى إلى ذراع أو كراع لقبلت – رواه البخاري .

610. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si l’on m’invitait même pour un pied ou une épaule, j’accepterais certainement l’invitation. Et si l’on m’offrait un pied ou une épaule, je l’accepterais également. » (Al-Boukhari)

٦١١- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَتْ نَاقَةُ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ العَضَيَاء لا تُسْبَقُ أو لا تَكَادُ تُسبَقُ فَجَاءَ أَعْرَابِي عَلَى فَعُودٍ لَهُ فَسَبَقَهَا فشق ذلك عَلَى الْمُسْلِمِينَ حَتَّى عَرَفَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ حَقٌّ عَلَى اللهِ أَنْ لَا يُرْتَفِعَ شَيْ مِنَ الدُّنْيَا إِلا وضعه – رواه البخاري .

611. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’il y avait une chamelle du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), appelée Al-‘Adbâ, qu’aucune autre monture ne pouvait dépasser ni vaincre dans une course. Finalement, un Bédouin arriva monté sur un jeune chameau. Lors d’une course contre la chamelle du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), celui-ci la devança. Les musulmans en furent profondément peinés. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) le remarqua et dit : « Telle est la loi d’Allah : lorsqu’une chose atteint les sommets de la grandeur ici-bas, Allah l’abaisse. » (Al-Boukhari)

Chapitre 72 — L’orgueil et la vanité sont interdits

L’orgueil et la vanité sont interdits.

قَالَ اللهُ تعالى : تِلْكَ الدار الآخِرَةُ نَجْعَلُهَا لِلَّذِينَ لَا يُرِيدُونَ عُلُوا فِي الْأَرْضِ ولا فَسَادًا وَالْعَاقِبَةُ لِلْمُتَّقِينَ.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Cette demeure de l’au-delà, Je la destine à ceux qui ne cherchent ni à s’enorgueillir sur terre ni à y semer la corruption. La bonne fin est réservée aux pieux. » (Sourate Al-Qasas, 83)

وقال تعالى : ولا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحًا إِنَّكَ لَنْ تَخْرِقَ الْأَرْضَ وَلَن تَبْلُغَ الجبال طولاً.

« Ne marche pas sur la terre avec arrogance. Tu ne sauras jamais la fendre de tes pas et tu ne seras jamais aussi haut qu’une montagne. » (Sourate Banî Isrâ’îl, 37)

وقال تعالى : وَلا تُصْعِرْ خَدكَ للنَّاسِ وَلا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحًا إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ كُلِّ مُخْتَالٍ فَخُورٍ

« Ne détourne pas ton visage des gens avec mépris et ne marche pas sur la terre avec arrogance. Allah n’aime aucun arrogant vaniteux. » (Sourate Luqmân, 18) L’imam An-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : « La tusayyi r khaddaka li-n-nâs » signifie : ne détourne pas ton visage des gens avec arrogance. « Marah » signifie fierté et arrogance.

وَقَالَ تَعَالَى : إِنْ قَارُونَ كَانَ مِنْ قَوْمٍ مُوسَى فَبَغَى عَلَيْهِمْ وَأَتَيْنَاهُ مِنَ الْكُنُوزِ مَا إِنَّ مَفَاتِحَهُ لتَنُوهُ بِالْعُصْبَةِ أولى القوة إِذْ قَالَ لَهُ قَوْمُهُ لَا تَفْرَحْ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْفَرِحِينَ إلى قوله تعالى : فَخَسَفْنَا بِهِ وَبَدَارِهِ الْأَرْضَ.

« Qaroun appartenait au peuple de Moïse, mais il les opprimait. Nous lui avions donné des trésors dont les clés étaient si lourdes à porter qu’elles auraient accablé tout un groupe d’hommes robustes. Souviens-toi lorsque son peuple lui dit : “Ne te réjouis pas avec arrogance ; certes, Allah n’aime pas les arrogants. Recherche, grâce à ce qu’Allah t’a donné, la demeure dernière, sans oublier ta part licite de la vie présente. Sois bienfaisant comme Allah l’a été envers toi, et ne cherche pas à semer la corruption sur terre. Certes, Allah n’aime pas les corrupteurs.” Il répondit : “Tout cela m’a été donné en raison d’un savoir que je possède.” Ne savait-il pas qu’Allah avait déjà fait périr, avant lui, nombre de générations qui étaient plus puissantes que lui et plus riches ? »

Les criminels ne seront pas interrogés au sujet de leurs péchés. Qaroun se présenta devant son peuple dans toute sa splendeur. Ceux qui désiraient la vie présente dirent : “Ah ! Si seulement nous possédions ce qui a été donné à Qaroun ! Il est vraiment très favorisé.” Ceux auxquels le savoir avait été donné dirent : “Malheur à vous ! La récompense d’Allah est meilleure pour ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres ; mais seuls les patients la recevront.” Puis Nous fîmes engloutir Qaroun et son palais dans la terre. Il n’eut aucun groupe qui pût le secourir contre le châtiment d’Allah, et il ne put pas non plus se défendre lui-même. » (Sourate Al-Qasas, 76-81)

٦١٢- وَعَنْ عَبْدِ الله بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ مَنْ كَانَ فِي قَلْبِهِ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ مِنْ كَبْرِ فَقَالَ رَجُلٌ إِنَّ الرجل يُحِبُّ أن يكون ثَوْبُهُ حَسَنًا وَنَعْلَهُ حَسَنَةً قَالَ إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ يُحِبُّ الْجَمَالَ الكبرُ بَطرُ الْحَقِّ وَغَمْطُ النَّاسِ رواه مسلم.

612. D’après Abdoullah ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui possède dans son cœur ne serait-ce que le poids d’un atome d’orgueil n’entrera pas au Paradis. » Un homme demanda : « Toute personne aime pourtant que ses vêtements soient beaux et que ses chaussures soient élégantes ; cela fait-il partie de l’orgueil ? » Il répondit : « Certes, Allah est Beau et Il aime la beauté. L’orgueil consiste à rejeter la vérité avec arrogance et à mépriser les gens. » (Mouslim)

٦١٣ – وَعَنْ سَلَمَةَ بْنِ الْأَخْوَعِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلًا أَكَلَ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِشِمَالِهِ فَقَالَ كُلِّ بِيَمِينِكَ قَالَ لَا أَسْتَطِيعُ قَالَ لَا استطعت ما مَنَعَهُ الا الكبر قَالَ فَمَا رَفعها إلى فيه رواه مسلم .

613. D’après Salama ibn al-Akwa‘ (qu’Allah l’agrée), un homme mangeait de la main gauche en présence du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Celui-ci lui dit : « Mange de la main droite. » L’homme répondit : « Je ne peux pas. » Il lui dit : « Puisses-tu ne pas le pouvoir ! » C’est l’orgueil qui l’en empêchait. Il ne put plus jamais porter sa main jusqu’à sa bouche. (Mouslim)

٦١٤ – وَعَنْ حَارِثَةَ بْنِ وَهْبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِلا أَخْبِرُكُمْ بِأهْلِ النَّارِ كُلُّ عُثْل جواظ مُسْتَكْبر – متفق عليه وتَقَدِّمَ شَرْحُهُ فِي بَابِ ضَعْفَةِ الْمُسْلِمِينَ .

614. D’après Haritha ibn Wahb (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : “Ne vous informerai-je pas au sujet des gens de l’Enfer ? Ce sont tout homme arrogant, transgresseur, misérable et hautain.” »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٦١٥- وعن أبي سَعِيدٍ الْخُدْرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ احتجت الجنة والنار فقالت النار في الْجَبَّارُونَ وَالْمُتَكَبِّرُونَ وَقَالَت الْجَنَّةُ فِي ضُعَفَاءُ النَّاسِ وَمَسَاكِينُهُمْ فَقَضَى اللَّهُ بَيْنَهُمَا إِنَّكِ الْجَنَّةُ رَحْمَتِي ارْحَمُ بِكِ مَنْ أَشَاءُ وَإِنَّكِ النَّارُ عَذَابِي أُعَذِّبُ بِكِ مَن أَشَاءُ وَلَكِلَيْكُمَا عَلَى ملوها – رواه مسلم.

615. Abou Saïd al-Khoudri, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Le Paradis et l’Enfer se disputèrent. L’Enfer dit : “Les orgueilleux et les arrogants entreront en moi.” Le Paradis dit : “Ce sont les faibles, les nécessiteux et les démunis qui entreront en moi.” Allah trancha entre eux : “Ô Paradis, tu es Ma miséricorde ; par toi, Je ferai miséricorde au serviteur auquel Je voudrai faire miséricorde. Et toi, ô Enfer, tu es Mon châtiment ; par toi, Je châtierai qui Je voudrai. Il M’incombe de vous remplir tous les deux.” » (Muslim)

٦١٦- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَنْظُرُ اللهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ إلى من جر إزاره بطرا – متفق عليه .

616. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne regardera pas l’homme qui laisse traîner son vêtement sous les chevilles par orgueil. » (Al-Bukhari et Muslim)

٦١٧- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثَلَاثَةٌ لَا يُكَلِّمُهُمُ اللهُ يومَ القِيَامَةِ وَلا يُزَكِّيهِمْ وَلا يَنظُرُ إِلَيْهِمْ وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ شَيْخٌ زَانٍ وَمَلِكَ كَذَابٌ وَعَائِلٌ مُستكبر – رواه مسلم.

617. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois catégories de personnes, ne les purifiera pas, ne les regardera pas, et un châtiment douloureux leur est réservé : (1) le vieillard adultère, (2) le dirigeant menteur et (3) le pauvre orgueilleux. » (Muslim)

٦١٨- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ الْعِزَّ ازارِى وَالْكَبْرِيَاءُ رِدَائِي فَمَنْ يُنَازِعُنِي فِي وَاحِدٍ مِنْهُمَا فَقَدْ عَذَبْتُهُ .

618. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Allah, le Très-Honoré et le Très-Haut, dit : « La dignité et la majesté sont mon izâr, et l’orgueil et la grandeur sont mon manteau. Celui qui entre en conflit et se querelle avec Moi au sujet de l’un de ces deux attributs, Je le punirai certainement. » (Muslim)

٦١٩- وَعَنْهُ أَنْ رَسُولَ الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ بَيْنَمَا رَجُلٌ يَمْشِي فِي حلة تُعْجِبُهُ نَفْسُهُ مُرَجَلٌ رَأْسَهُ يَخْتَالُ فِي مِشْيَتِهِ إِذْ خَسَفَ اللَّهُ بِهِ فَهُوَ يَتَجَلَجَلُ في الأرض إلى يوم القيامة – متفق عليه

619. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Dans le passé, un homme vêtu d’un habit précieux marchait après s’être coiffé avec une raie sur la tête (ou dans les cheveux), affichant de l’orgueil dans sa démarche. Il se sentait très heureux et fier de lui-même. Soudain, Allah l’enfonça sous la terre. Il continuera à s’enfoncer sous terre jusqu’au Jour de la Résurrection. (Al-Bukhârî, Muslim)

٦٢٠- وَعَنْ سَلَمَةَ بْنِ الْأَكْوَعِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يَزَالُ الرَّجُلُ يَذْهَبُ بِنَفْسِهِ حَتَّى يُكْتَبَ فِي الْجَبَّارِينَ فَيُصِيبُهُ مَا أصابهم – رواه الترمذي وقال حديث حسن .
620. Salama ibn al-Akwa‘ (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : L’homme ne cesse de s’enorgueillir jusqu’à ce que son nom soit inscrit parmi les tyrans et les orgueilleux ; il subira alors un châtiment semblable à celui qu’ils ont subi.

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il s’agit d’un hadith hasan.

Chapitre 73 — La bonne moralité

La bonne moralité.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَإِنَّكَ لَعَلَى خُلُقٍ عَظِيمٍAllah, le Très-Haut, dit :

« Certes, tu es certes doué d’un caractère éminent. » (Sourate Al-Qalam : 4) وَقَالَ تَعَالَى : وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ.

« Ceux qui maîtrisent leur colère et pardonnent aux gens. » (Sourate Âl ‘Imrân : 134) ٦٢١ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أحسنَ النَّاسِ خُلُقًا – متفق عليه

621. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) possédait le meilleur caractère de toute l’humanité. (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٢٢- وَعَنْهُ قَالَ مَا مَسَسْتُ ديباجا ولا حريراً الينَ مِنْ كَفَ رَسُول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلا شَمَمْتُ رَائِحَةُ قط أطيب مِنْ رَائِحَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُعلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَقَدْ خَدَمْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَشْرَ سِنِينَ فَمَا قَالَ لي قط أن ولا قَالَ لشي فعلته لما فعلته ولا يشير لم افعله الا فعلت كذا – متفق عليه.

622. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je n’ai jamais touché de tissu de laine ou de soie plus doux et plus souple que la paume de la main du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Je n’ai jamais trouvé de parfum plus agréable que celui du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Je l’ai servi pendant dix longues années. Pourtant, il ne m’a jamais dit même « ouf ! ». Il ne m’a jamais demandé, à propos d’une chose que j’avais faite : « Pourquoi as-tu fait cela ? » ni, à propos d’un devoir que je n’avais pas accompli : « Pourquoi ne l’as-tu pas fait ? » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٢٣ – وَعَنِ الصَّعْبِ بْنِ جَنَّامَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ أَهْدَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حِماراً وحشيا فرده على فلما رأَى مَا فِي وَجْهِي قَالَ إِنَّا لَمْ تردهُ عَلَيْكَ الا لأن حرم – متفق عليه .

623. Sâ‘b ibn Jaththâma (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’offris au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) un âne sauvage. Il me le rendit. Constatant les signes de tristesse sur mon visage, il dit : « Nous te l’avons rendu parce que nous sommes en état d’ihrâm. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٢٤- وَعَنِ النَّوَّاسِ بْنِ سَمْعَانَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْبَرِّ وَالْإِثْمِ فَقَالَ الْبِرُّ حُسْنُ الْخُلْقِ وَالْإِثْمُ مَا حَاكَ فِي نفسك وكرهت أن يطلع عليه الناس – رواه مسلم .

624. D’après Nawwâs ibn Sam‘ân (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai interrogé le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) au sujet de la vertu et du péché. Il a dit : « La vertu, c’est le bon caractère ; et le péché, c’est ce qui fait naître le doute dans ton cœur et que tu n’aimes pas que les gens découvrent. » (Muslim)

٦٢٥- وَعَنْ عَبْدِ الله بن عمرو بن العاص رضى اللهُ عَنْهُمَا قَالَ لَمْ يَكُنْ رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَاحِشًا وَلَا مُتَفَحِّشًا وَكَانَ يَقُولُ إِنَّ مِنْ خيارِكُمْ أَحْسَنُكُمْ أخلاقا – متفق عليه

625. D’après ‘Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah les agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) n’aimait pas naturellement les obscénités et n’était pas grossier dans son langage. Il disait : « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui ont le meilleur caractère. » (Al-Bukhari et Muslim)

٦٢٦- وَعَنْ أَبِي الدَّرْدَاء رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا مِنْ شَيْءٍ أَثْقَل في ميزان المُؤْمِن يَوْمَ الْقِيَامَةِ مِنْ حُسْنِ الْخُلْقِ وَإِنَّ اللهَ بعض الفاحش البذي رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح .

626. D’après Abû al-Dardâ’ (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Au Jour de la Résurrection, rien ne pèsera davantage dans le registre des œuvres du serviteur croyant que le bon caractère. En vérité, Allah déteste l’homme obscène, grossier et bavard, qui débite des paroles vaines. »

L’imam al-Tirmidhi l’a rapporté et a dit : « Ce hadith est hasan et sahih. »

٦٢٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ أَكْثَرِ مَا يُدْخِلُ النَّاسَ الْجَنَّةَ قَالَ تَقْوَى اللَّهِ وَحُسْنُ الخُلْقِ وَسُئِلَ عَنْ أَكْثَرِ مَا يُدْخِلُ النَّاسِ النَّارَ فَقَالَ الْغَمُ وَالْفَرْجُ – رواه الترمذي وقال حديث
حسن صحيح.

627. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : On demanda au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) quelle était la chose qui ferait entrer le plus de gens au Paradis. Il répondit : « La taqwâ, c’est-à-dire la crainte d’Allah, et le bon caractère. » On lui demanda encore quelle était la chose qui ferait entrer le plus de gens en Enfer. Il répondit : « La bouche et les parties intimes. »

L’imam at-Tirmidhi l’a rapporté et a dit que le hadith est hassan et sahih.

٦٢٨- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَكْمَلُ الْمُؤْمِنِينَ إِيْمَانًا احْسَنُهُمْ خُلُقًا وَخَيَارُكُمْ خياركم لنسائهم – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح.

٦٢٨. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le croyant dont la foi est la plus parfaite est celui qui possède le meilleur caractère. Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui se comportent le mieux envers leurs épouses. »

L’imam at-Tirmidhi l’a rapporté. Il a dit que le hadith est hassan et sahih.

٦٢٩- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ الْمُؤْمِنَ لِيُدْرِكُ بِحُسْنِ خُلْقِهِ دَرجة الصائم القائم – رواه أبو داود.

٦٢٩. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : Le croyant peut certainement, grâce à son bon comportement et à son excellent caractère, atteindre le rang de celui qui jeûne durant le jour et prie durant la nuit. » (Abou Dawoud)

٦٣٠ – وعَنْ أَبِي أَمَامَةَ الْبَاهِلِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَا زَعِيمٌ بِبَيْت فِي رَبِّضِ الْجَنَّةِ لِمَنْ تَرَكَ الْمِرَاءَ وَإِنْ كَانَ مُحِقًا ويبيت في وسط الجَنَّةِ لِمَنْ تَرَكَ الكذب وإن كان مازحًا ويبيت في أعلى الْجَنَّةِ لِمَنْ حَسُنَ خُلُقَهُ حديث صحيح رواه ابو داود باسناد صحيح .

٦٣٠. Abou Oumama al-Bahili (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Je garantis une demeure aux abords du Paradis à celui qui renonce à la dispute, même lorsqu’il est dans son bon droit. Je garantis une demeure au centre du Paradis à celui qui renonce au mensonge, même en plaisantant. Je garantis une demeure dans les hauteurs du Paradis à celui qui embellit son caractère. »

Ce hadith est authentique. L’imam Abû Dâwûd l’a rapporté avec une chaîne de transmission authentique.

٦٣١ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ مِنْ أَحَبِّكُمْ إِلَى وَأَقْرَيْكُمْ مِنَى مَجْلِسًا يُوْمَ الْقِيَامَةِ أَحَاسِنُكُمْ أَخْلَاقًا وَإِنْ ابعضَكُم إلى وابْعَدكُمْ مِنِّى يَوْمَ القِيَامَةِ الشَّرْتَارُونَ وَالْمُتَشَدِقُونَ وَالْمُتَفَيْهِقُونَ قَالُوا يَا رَسُولَ اللهِ قَدْ عَلِمْنَا الثَّرْتَارُونَ وَالْمُتَشَدِقُونَ فَمَا الْمُتَفَيْهِقُوْنَ قَالَ المتكبرون – رواه الترمذي وقال حديث حسن

631. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le Jour de la Résurrection, parmi vous, celui qui me sera le plus cher et qui sera assis le plus près de moi sera celui qui aura le meilleur caractère. Le Jour de la Résurrection, parmi vous, ceux qui me seront les plus détestables et qui seront les plus éloignés de moi seront ceux qui affectent leur manière de parler, ceux qui manifestent leur arrogance dans leurs paroles et les mutafayhiqûn. » Les Compagnons dirent : « Ô Messager d’Allah, nous comprenons le sens de ceux qui affectent leur manière de parler et de ceux qui manifestent leur arrogance dans leurs paroles, mais qui sont les “mutafayhiqûn” ? » Il répondit : « Les arrogants. »

L’imam At-Tirmidhî a rapporté ce hadith. Il a dit qu’il s’agissait d’un hadith حسن. Par as-sarsâru, on désigne celui qui parle de manière excessivement affectée. Al-mutashaddiq désigne celui qui, par ses paroles, manifeste sa supériorité et sa vantardise envers les autres, et qui, lorsqu’il parle, cherche à établir la correction et la supériorité de ses propres propos. Le mot fayhaqû est dérivé de la racine « fahqûn », qui signifie remplir ou emplir la bouche. Ainsi, al-mutafayhiq désigne celui qui parle la bouche pleine, en exagérant, en articulant ses paroles avec affectation et en tenant de longs discours afin de manifester son arrogance et sa noblesse.

L’imam At-Tirmidhî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a rapporté d’Abdullah ibn Al-Mubârak (qu’Allah lui fasse miséricorde) une explication du bon caractère. Il y dit que le bon caractère consiste notamment à avoir un visage souriant, à s’attacher à la vérité et à la justice, et à s’abstenir de causer quelque tort que ce soit à autrui.

Chapitre 74 — La patience, le calme et la douceur

La patience, le calme et la douceur.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ وَاللَّهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Ceux qui répriment leur colère et pardonnent aux gens. Allah aime les bienfaisants. » (Sourate Âl ‘Imrân : 134)

وَقَالَ تَعَالَى : خُذِ الْعَفْوَ وَآمُرُ بِالْعُرْفِ وَاعْرِضْ عَنِ الْجَاهِلِينَ.

« Adopte le pardon, ordonne ce qui est convenable et détourne-toi des ignorants. » (Sourate Al-A‘râf : 199)

وقال تعالى : ولا تستوى الحسنة ولا السيئة ادفع بالتي هي أحسن فاذا الَّذِي بَيْنَكَ وَبَيْنَهُ عَدَاوَةٌ كَأَنَّهُ وَلِيٌّ حَمِيمٌ، وَمَا يُلْقَاهَا إِلَّا الَّذِينَ صَبَرُوا وَمَا يُلَقَّاهَا إِلا ذُو حَظٍّ عَظِيم

« Le bien et le mal ne sont pas semblables. Repousse le mal par ce qui est meilleur, et voilà que celui avec qui tu avais une inimitié deviendra comme un ami intime. Mais ce privilège n’est accordé qu’à celui qui fait preuve de patience et de maîtrise de soi, et celui qui possède une immense part de bonheur. » (Sourate Hâ-Mîm as-Sajda : 34-35)

وقَالَ تَعَالَى : وَلَمَنْ صَبَرَ وَغَفَرَ إِنَّ ذَلِكَ لَمِنْ عَزم الأمور.

« Certes, celui qui patiente et pardonne, c’est là une résolution ferme. » (Sourate Ach-Chûrâ : 43)

٦٣٢ – وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ لِأَشَجِّ عَبْدِ الْقَيْسِ إِنَّ فِيكَ خَصْلَتَيْنِ يُحِبُّهُمَا اللهُ الْحِلْمُ وَالْآنَاةُ رواه مسلم.

632. Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) dit à Al-Ashajj de la tribu d’Abd al-Qays : « Tu possèdes deux qualités ou habitudes qu’Allah aime également : la patience et la pondération. » (Muslim)

٦٣٣- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلَّمَ إِنَّ الله رفيق يحب الرفق في الأمر كله – متفق عليه

633. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le préserve) a dit : « Allah est Doux. Il aime donc la douceur en toute chose. » (Al-Bukhari, Muslim)

٦٣٤ – وَعَنْهَا أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللَّهَ رَفِيقٌ يُحِبُّ الرِّفْق ويعطى على الرفق ما لا يُعْطِي عَلَى الْعُنْفِ وَمَا لَا يُعْطِي عَلَى مَا سِوَاهُ رواه مسلم

634. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le préserve) a dit : « Allah est Lui-même Doux. Il aime la douceur. Par la douceur, Il accorde ce qu’Il n’accorde pas par la rudesse ; en vérité, Il ne l’accorde par rien d’autre que la douceur. » (Muslim)

٦٣٥ – وَعَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الرِّفْقَ لَا يَكُونُ فِي شَيْءٍ إلا زانه ولا ينزع مِنْ شَيْءٍ إِلا شَانَهُ – رواه مسلم .

635. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le préserve) a dit : « Toute chose qui contient de la douceur est embellie par celle-ci. Toute chose dont la douceur est retirée devient défectueuse et imparfaite. » (Muslim)

٦٣٦ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ بَالَ أَعْرَابِي فِي الْمَسْجِدِ فَقَامَ النَّاسُ إِليهِ لِيَقَعُوا فِيهِ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَعُوهُ وَارِيقُوا عَلَى بَوْلِهِ سَجُلاً مِنْ مَاءٍ أَوْ ذَنُوبًا مِنْ مَاءٍ فَإِنَّمَا بُعِثْتُمْ مُبَشِّرِينَ وَلَمْ تُبْعَثُوا معسرين – رواه البخاري .

৬৩৬. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un Bédouin urina dans la mosquée, et les gens se précipitèrent pour se jeter sur lui. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Laissez-le. Versez un seau d’eau sur son urine. Vous avez été envoyés pour faciliter les choses, et non pour les rendre difficiles. » (Al-Boukhari)

٦٣٧- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يَسِرُوا ولا تعسروا وتشروا ولا تنفروا – متفق عليه .

৬৩৭. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Adoptez la facilité et la bienveillance, et ne rendez pas les choses difficiles. Annoncez de bonnes nouvelles et ne répandez pas entre vous la haine et l’hostilité. » (Al-Boukhari, Mouslim)

۱۳۸ – وَعَنْ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ الله رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ يُحْرَمُ الرِّفْقَ يُحْرَمُ الْخَيْرَ كله – رواه مسلم .

৬৩৮. Jarir ibn Abdallah (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Celui qui est privé de douceur est privé de tout bien. » (Mouslim)

٦٣٩ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلاً قَالَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم أوصني قَالَ لا تَغْضَبْ فَرَدَّد مراراً قَالَ لا تغضب – رواه البخاري .

৬৩৯. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme dit au Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) : « Donnez-moi un conseil. » Il répondit : « Ne te mets pas en colère. » L’homme répéta plusieurs fois sa demande, ne considérant pas cette réponse comme suffisante, et le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répétait chaque fois : « Ne te mets pas en colère. » (Al-Boukhari)

٦٤٠ – وَعَنْ أَبِي يَعلَى شَدَّادِ بْنِ أَوْسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ اللهَ كَتَبَ الْإِحْسَانَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ فَإِذَا قَتَلْتُمْ فَأَحْسَنُوا القتلة وإذا ذيَحْتُمْ فَأَحْسَنُوا الذبحة وليُحِدُ أَحَدُكُمْ شَفَرَتَهُ وَلْيُرِح ذَبِيحَتَهُ – رواه مسلم.

640. Abû Ya‘la Shaddâd ibn Aws (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Allah a rendu obligatoire la bienveillance envers toute chose. Ainsi, lorsque vous tuez un animal, tuez-le de la meilleure manière ; et lorsque vous égorgez un animal, égorgez-le de la meilleure manière. Que chacun de vous aiguise son couteau et épargne des souffrances à l’animal qu’il égorge. » (Muslim)

٦٤١ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ مَا خَيْرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَ أمرين قط الا أخَذَ أَيْسَرَهُمَا مَا لَمْ يَكُنْ إِثْمًا فَإِنْ كَانَ إِثْمًا كَانَ أَبْعَدَ النَّاسِ مِنْهُ وَمَا انْتَقَمَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِنَفْسِهِ فِي شَيْءٍ قَطُّ إِلَّا أن تُنتهك حرمة الله فينتقم الله تعالى – متفق عليه .

641. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Lorsqu’on donnait au Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) le choix entre deux choses, il choisissait toujours la plus facile, tant qu’elle ne constituait pas un péché. Mais si elle constituait un péché, il était alors de tous les hommes celui qui s’en éloignait le plus. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ne s’est jamais vengé pour une affaire personnelle. Toutefois, lorsque les prescriptions d’Allah étaient transgressées, il se vengeait uniquement pour Allah, le Très-Haut. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٦٤٢ – وسلم الا أخبركُم بِمَنْ يَحْرُمُ عَلَى النَّارِ أَوْ بِمَنْ تَحْرُمُ عَلَيْهِ النَّارُ؟ تَحْرُمُ عَلَى كُلِّ قريب هين لين سهل – رواه الترمذي وقال حديث حسن

642. Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Ne vous informerai-je pas de celui à qui le Feu de l’Enfer est interdit, ou de ceux pour qui le Feu de l’Enfer est interdit ? Le Feu de l’Enfer est interdit à toute personne qui est accessible aux gens et vit en bonne entente avec eux, qui est douce, affable et humble. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il s’agissait d’un hadith hassan.

Chapitre 75 — Faire preuve de pardon et éviter avec discernement les ignorants et les insensés

Faire preuve de pardon et éviter avec sollicitude les ignorants et les insensés.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : خُذِ الْعَفْوَ وَأْمُرْ بِالْعُرْفِ وَأَعْرِضْ عَنِ الْجَاهِلِينَ.

Le Très-Haut dit :

« Adopte le pardon, ordonne le convenable et détourne-toi des ignorants. » (Sourate Al-A‘râf : 199)

وقَالَ تَعَالَى : فَاصْفَحِ الصَّفْحَ الْجَمِيلَ.

« Pardonne-leur donc avec une belle indulgence. » (Sourate Al-Hijr : 85)

وقال تعالى : وَلَيَعْفُوا وَلَيَصْفَحُوا الا تَحِبُّونَ أَنْ يُغْفِرَ اللَّهُ لَكُمْ وَاللَّهُ غفور رحيم.

« Qu’ils pardonnent et passent outre leurs fautes. N’aimez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate An-Nûr : 22)

وَقَالَ تَعَالَى : وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ وَاللَّهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ.

« Ceux qui dominent leur colère et pardonnent aux gens. Et Allah aime les bienfaisants. » (Sourate Âl ʿImrân : 134)

وقال تعالى : وَلَمَنْ صَبَرَ وَغَفَرَ إِنَّ ذَلِكَ لَمِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ.

« Celui qui fait preuve de patience et pardonne, c’est certes là une affaire qui relève d’une ferme résolution. » (Sourate ach-Chûrâ : 43)

وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ

١٤٣ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّهَا قَالَتْ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هل أتى عَلَيْكَ يَوْمٌ كَانَ أَشَدَّ مِنْ يَوْمٍ أَحد قَالَ لَقَدْ لَقِيتُ مِنْ قَوْمِكَ وَكَانَ أَشَدُّ مَا لقيتُ مِنْهُمْ يَوْمَ الْعَقْبَةِ إِذْ عَرَضْتُ نَفْسِى عَلَى ابْنِ عَبْدِ بَالِيْلَ بْنِ عَبْدِ كَلَالٍ فَلَمُ يُحبني إلى ما أردتُ فانطلقت وأنا مهموم عَلَى وَجْهِي فَلَمْ أَسْتَفِقْ الا وانا يقرن الثعالب فرفعت رأسي فإذا أنا بسحابة قَدْ أَظلَّتْنِي فَنَظَرْتُ فَإِذَا فِيهَا جبريل عليه السَّلامُ فَنَادَانِي فَقَالَ إِنَّ اللهَ تَعَالَى قَدْ سَمِعَ قَوْلَ قَوْمِكَ لَكَ وَمَا رَدُّوا عَلَيْكَ وَقَدْ بَعَثَ إِلَيْكَ ملك الجبال لتأمرَهُ بِمَا شِئْتَ فِيْهِمْ فَنَادَانِي مَلَكُ الجبال فسلم عَلَى ثُمَّ قَالَ يَا مُحَمَّدُ إِنَّ اللهَ قَدْ سَمِعَ قَوْلَ قَوْمِكَ لكَ وَأَنَا مَلَكُ الجبال وقَدْ بَعَثَنِي رَبِّي إِلَيْكَ لِتَأْمُرَنِي بِأَمْرِكَ فَمَا شِئْتَ إِنْ شِئْتَ أَطْبَقْتُ عَلَيْهِمُ الْأَحْسَبَيْنَ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَلْ أَرْجُو أَنْ يُخْرِجَ اللَّهُ مِنْ أَصْلَابِهِمْ مَنْ يَعْبُدُ اللهَ وَحْدَهُ لا يُشرك به شيئًا – متفق عليه .

643. ʿÂ’icha (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) : « Un jour plus éprouvant que celui de la bataille d’Uhud vous est-il jamais arrivé ? » Il répondit : « Oui. Le jour d’al-ʿAqaba, j’ai subi de la part de ton peuple un comportement plus pénible encore que celui du jour d’Uhud, lorsque je me suis présenté à Ibn ʿAbd Yâlîl ibn ʿAbd Kulâl. Je lui proposai ce que je souhaitais, mais il ne répondit nullement à ma demande. Je repartis donc de là, accablé de chagrin, et je ne repris conscience de moi-même qu’en atteignant Qarn as-Saʿâlib. Là, lorsque je levai la tête, je vis un nuage qui me faisait de l’ombre. J’y aperçus Jibrîl (Gabriel), qu’Allah le salue. Jibrîl m’appela et me dit : “Allah a entendu les paroles de ton peuple ainsi que la réponse qu’ils t’ont faite. Il t’a envoyé l’ange des montagnes. Tu peux lui ordonner à leur sujet ce que tu veux.” Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : “L’ange des montagnes m’appela, me salua, puis dit : ‘Ô Muhammad ! Allah a entendu les paroles que ton peuple t’a adressées. Je suis l’ange des montagnes. Mon Seigneur m’a envoyé auprès de toi. Tu peux m’ordonner ce que tu veux. Si tu le souhaites, je réunirai sur eux les deux montagnes d’al-Akhchabayn⁷⁹ et les anéantirai avec les mécréants.’” Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : “Je ne souhaite pas leur destruction. J’espère plutôt qu’Allah fera naître de leur descendance des gens qui adoreront Allah Seul et ne Lui associeront rien.” [Note : al-Akhchab désigne les deux montagnes qui entourent La Mecque. Une très grande montagne est appelée al-Aqchab.] (Al-Bukhârî, Muslim)

٦٤٤- وَعَنْهَا قَالَتْ مَا ضَرَبَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ شَيْئًا قَط بيده ولا امْرَأَةً وَلَا خَادِمًا إِلَّا أَنْ يُجَاهِدَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَمَا نَيْلَ مِنْهُ شَيْ قَطَ فَيَنْتَقِمُ مِنْ صَاحِبِهِ إِلا أَن يُنْتَهَكَ شَيْ مِنْ مَحَارِمِ اللَّهِ تَعَالَى فَيَنْتَقِمُ لِلَّهِ تعالى- رواه مسلم.

644. D’après ‘Â’icha (qu’Allah l’agrée), elle rapporte : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’a jamais frappé personne, ni femme ni serviteur, si ce n’est dans le combat pour la cause d’Allah. Même lorsqu’on lui faisait du tort, il ne se vengeait jamais. Toutefois, lorsqu’une interdiction prescrite par Allah était transgressée, il se vengeait pour Allah. » (Muslim)

٦٤٥- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنْتُ أَمْشِي مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَعَلَيْهِ بُرْد نَجْرَانِي غَلَيْظُ الْحَاشِيَةِ فَأَدْرَكَهُ أَعْرَابِي فَجَبَدَهُ بردائه جيدة شديدة فنظرت الى صفحة عاتق النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَدْ أَثْرَتْ بها حاشية الرداء مِنْ شِدَّةِ جَبْدَتِهِ ثُمَّ قَالَ يَا مُحَمَّدُ مُرْ لِي مِنْ مَالِ اللَّهِ الَّذِي عِندَكَ فَالْتَفَتَ إِلَيْهِ فَضَحِكَ ثُمَّ أَمَرَ لَهُ بِعَطا ء – متفق عليه .

645. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il rapporte : « Je marchais avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il portait un manteau najrânite à bordure épaisse ou plate. Un Bédouin s’approcha de lui, saisit son manteau et le tira très violemment. Je remarquai que, sous l’effet de cette forte traction, le bord du manteau avait laissé une marque sur le côté du cou du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Le Bédouin dit : “Ô Muhammad, fais-moi donner une part des biens qu’Allah t’a accordés.” Il regarda l’homme et s’inclina vers lui, puis ordonna qu’on lui donne quelque chose. » (Al-Bukhârî, Muslim)

٦٤٦ – وَعَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَأَنَّى أَنْظُرُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَحْكِي نَبِيًّا مِنَ الْأَنْبِيَاءِ صَلَوَاتُ اللهِ وَسَلَامُهُ عَلَيْهِمْ ضَرَبَهُ قَوْمُهُ فَأَدْمَوهُ وَهُوَ يَمْسَحُ الدم عن وجهه وَيَقُولُ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِقَوْمِي فَإِنَّهُمْ لَا يعْلَمُونَ متفق عليه.

646. D’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), il rapporte : « C’est comme si je voyais le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) raconter l’histoire de l’un des prophètes — que la prière et la paix d’Allah soient sur eux. Son peuple l’avait roué de coups jusqu’à le faire saigner. Il essuyait le sang de son visage et disait : “Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne comprennent pas.” » (Al-Bukhârî, Muslim)

٦٤٧- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال ليسَ الشَّدِيدُ بِالصُّرَعَةِ إِنَّمَا الشَّدِيدُ الَّذِي يَمْلِكُ نَفْسَهُ عِنْدَ الْغَضَبِ متفق عليه.

647. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « La force ne consiste pas à vaincre son adversaire dans la lutte ; la véritable force consiste à se maîtriser au moment de la colère. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Section : 76 — La patience face aux épreuves et aux souffrances

Faire preuve de patience face aux souffrances et aux épreuves.

قَالَ اللهُ تعالى : وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ وَاللَّهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ.

Le Très-Haut dit :

« Ceux qui maîtrisent leur colère et pardonnent aux gens. Allah aime les bienfaisants. » (sourate Âl ʿImrân : 134)

وقَالَ تَعَالَى : وَلَمَنْ صَبَرَ وَغَفَرَ إِنَّ ذَلِكَ لَمِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ.

« Celui qui patiente et pardonne, voilà certes une œuvre qui relève d’une ferme résolution. » — (sourate Ach-Chûrâ : 43)

De nombreux hadiths concernant ce sujet ont déjà été rapportés. En voici encore un autre.

٦٤٨ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلاً قَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ لِي قَرَابَهُ اصلهم وتقطعني وأحسنُ إِلَيْهِمْ وَيُسِينُونَ إلى وَاحْلُمُ عَنْهُمْ وَيَجْهَلُونَ عَلَى فَقَالَ لئِنْ كُنتَ كَمَا قُلْتَ فَكَأَنَّمَا تُسِفُهُمُ الْمَل وَلا يَزَالُ مَعَكَ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى ظَهِير عَلَيْهِمْ مَا دُمْتَ على ذلك – رواه مسلم وقد سبق شَرحُهُ فِي بَابِ صِلَةِ الْأَرْحَامِ.

648. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un homme dit : « Ô Messager d’Allah, j’ai des proches avec lesquels je préserve les liens de parenté, mais eux les rompent. Je leur fais preuve de bonté, mais ils me maltraitent. Je me montre envers eux indulgent, mais ils se comportent avec moi de manière ignorante. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Si tu es réellement comme tu viens de le dire, c’est comme si tu leur faisais manger des cendres brûlantes. Tant que tu resteras constant dans cette attitude, un soutien de la part d’Allah — un ange — continuera de t’aider contre eux. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’explication de ce hadith a déjà été présentée dans le chapitre intitulé « Préserver les liens de parenté ».

Chapitre 77 — Manifester son mécontentement lorsque les prescriptions vénérables de la charia sont transgressées et exercer des représailles pour la cause de la religion d’Allah

Manifester son mécontentement lorsque les prescriptions vénérables de la charia sont transgressées et exercer des représailles pour la cause de la religion d’Allah.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : ذَلِكَ وَمَنْ يُعَظِمْ حُرُمَاتِ اللَّهِ فَهُوَ خَيْرٌ لَهُ عِنْدَ رَبِّهِ.

Allah Très-Haut dit :

« Voilà ce qui est prescrit. Et quiconque honore les prescriptions établies par Allah, cela sera meilleur pour lui auprès de son Seigneur. » (Sourate Al-Hajj, 30)

وقَالَ تَعَالَى : إِن تَنصُرُوا اللهَ يَنْصُرْكُمْ وَيُثَبِّتْ أَقْدَامَكُمْ.

« Si vous soutenez la religion d’Allah, Allah vous soutiendra et affermira vos pas. » (Sourate Muhammad : 7)
Le hadith rapporté par Aïcha (qu’Allah l’agrée) à ce sujet a déjà été exposé.

٦٤٩ – وَعَنْ أَبِي مَسْعُودٍ عُقْبَةَ بْنِ عَمْرُو الْبَدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ رَجُلٌ إلى النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنِّي لَا تَأْخُرُ عَنْ صَلَاةِ الصُّبْحِ مِنْ أَجْلِ فلان مما يطيل بنا فَمَا رَأَيْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ غَضِبَ فِي مَوْعِظَةٌ قط أَشَدَّ مِمَّا غَضِبَ يَوْمَئِذٍ فَقَالَ يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ مِنْكُمْ مُنْفَرِينَ فَأَيُّكُمْ أَمْ الناس فليوجز فان من ورائه الكبير والصغير وذا الحاجة – متفق عليه .

649. Abou Mas‘oud ‘Uqba ibn ‘Amr al-Badrî (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui dit : « À cause d’un tel, ma prière de l’aube est retardée, car il dirige pour nous une prière très longue. » Ce jour-là, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) prononça un sermon avec une très grande indignation ; jamais auparavant je ne l’avais vu aussi contrarié. Il dit : « Ô gens ! Certains d’entre vous font fuir les gens. Que celui qui dirige la prière des gens la raccourcisse, car derrière lui se trouvent des personnes âgées, des enfants, des faibles et des personnes ayant des besoins. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٥٠ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَدِمَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ سَفَرٍ وقَدْ سَتَرْتُ سَهْوَةٌ لي بقرام فيهِ تَمَاثِيلُ فَلَمَّا رَأَهُ رَسُولُ اللهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هَتَكَهُ وَتَلُونَ وَجْهُهُ وَقَالَ يَا عَائِشَةُ أَشَدَّ النَّاسِ عَذَابًا عِنْدَ اللهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ الَّذِينَ يُضَاهُونَ بِخَلْقِ الله – متفق عليه

650. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) revint d’un voyage. J’avais suspendu dans la cour de ma maison un rideau orné d’images. Dès que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) le vit, il le déchira et son visage changea de couleur. Il dit : « Ô Aïcha ! Au Jour de la Résurrection, les gens qui subiront le châtiment le plus sévère auprès d’Allah seront ceux qui cherchent à imiter la création d’Allah [en réalisant ou en fabriquant des images]. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٥١- وَعَنْهَا أَنْ قُرَيْشًا أهمهم شأن المراة المحرومية التي سَرَقَتْ فَقَالُوا مَنْ يُكَلِّمُ فِيهَا رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا مَنْ يَجْتَرِئُ عَلَيْهِ إِلَّا أَسَامَةً بن زيد حِب رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَكَلَّمَهُ أَسَامَةٌ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اتَشفَعُ فِي حَدٌ مِنْ حُدُودِ اللَّهِ تَعَالَى ثُمَّ قَامَ فَاخْتَطَبَ ثُمَّ قَالَ إِنَّمَا أَهْلَكَ مَنْ قَبْلَكُم أَنَّهُمْ كَانُوا إِذَا سَرَقَ فِيهِمُ الشَّرِيفَ تَرَكُوهُ وَإِذَا سَرَقَ فيهم الضعيفُ أَقَامُوا عَلَيْهِ الحد وأيم الله لو أن فَاطِمَةَ بِنْتَ مُحَمَّدٍ سَرَقَتْ لقطعت يدها – متفق عليه .

651. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Les Quraychites furent très préoccupés par le cas d’une femme noble de la tribu des Banou Makhzoum, car elle avait commis un vol. Ils se demandèrent entre eux qui pourrait parler de son cas au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Puis ils dirent : « Qui d’autre oserait lui en parler, si ce n’est Oussama ibn Zayd, son bien-aimé ? » Finalement, Oussama (qu’Allah l’agrée) en parla au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Celui-ci dit : « Intercèdes-tu au sujet d’une peine légale prescrite par Allah ? » Puis il se leva et prononça un sermon. Il dit ensuite : « Vos peuples précédents n’ont été détruits que parce que, lorsqu’un noble parmi eux commettait un vol, ils le laissaient impuni, tandis que lorsqu’un faible commettait un vol, ils lui appliquaient la peine légale. Par Allah ! Si Fâtima, la fille de Muhammad, avait volé, je lui aurais certainement coupé la main. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٥٢- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ ) عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَأَى نُخَامَةٌ في القبلة فشق ذلكَ عَلَيْهِ حَتَّى رُؤى في وجهه فَقَامَ فَحَكَهُ بِيَدِهِ فَقَالَ إِنْ أَحَدَكُمْ اذا قام في صلاته فَإِنَّهُ يُنَاجِي رَبَّهُ وَإِنَّ رَبَّهُ بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْقِبْلَةِ فَلَا يَبْزُقَنُ أَحَدُكُمْ قبل القبلة ولكن عن يساره أو تحت قدمه ثم أخذ طرف ردائه فَبَصَقَ فِيهِ ثُمَّ رَد بَعْضَهُ عَلَى بَعْضٍ فَقَالَ أَوْ يَفْعَلُ هَكَذَا – متفق عليه .

652. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) vit des crachats collés dans la mosquée, du côté de la qibla. Cela lui déplut tellement que l’on vit la marque de son mécontentement sur son visage. Il se leva aussitôt, les gratta de sa propre main et les enleva, puis dit : « Lorsque l’un d’entre vous se tient debout pour prier, il s’entretient en privé avec son Seigneur. Son Seigneur se trouve entre lui et la qibla. Que personne parmi vous ne crache donc en direction de la qibla ; qu’il crache plutôt à sa gauche ou sous son pied. » Puis il saisit un coin de son manteau, y cracha et frotta une partie contre l’autre, avant de dire : « Ou bien qu’il agisse ainsi. » (Al-Boukhari et Mouslim)

Chapitre 78 – Le gouverneur doit se montrer conciliant dans ses rapports avec le peuple, l’aimer, lui donner de bons conseils, ne pas le tromper ni se montrer dur envers lui, et ne pas négliger de veiller à son bien-être et de répondre à ses besoins

Le gouverneur doit se montrer conciliant dans ses rapports avec le peuple, l’aimer, lui donner de bons conseils, ne pas le tromper ni se montrer dur envers lui, et ne pas négliger de veiller à son bien-être et de répondre à ses besoins.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَاخْفِضْ جَنَاحَكَ لِمَنِ اتَّبَعَكَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ.
Allah, exalté soit-Il, dit :

« Sois humble envers les croyants qui te suivent. » (Sourate Ach-Chou‘ara : 215)

وقَالَ تَعَالَى : إِنَّ اللهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسَانِ وَإِيتَاءِ ذِي الْقُرْبَى وَيَنْهَى عَنِ الفحشاء والمنكر وَالْبَغْيِ يَعِظُكُمْ لَعَلَّكُمْ تَذَكَّرُونَ.

« Certes, Allah ordonne la justice, la bienfaisance et la générosité envers les proches. Et Il interdit la turpitude, les actes répréhensibles et la transgression. Allah vous exhorte afin que vous vous rappeliez. » (Sourate An-Nahl : 90)

٦٥٣- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ كلكم راع وكلكم مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ الْإِمَامُ رَاعٍ وَمَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ والرجل راع في أهله ومسئول عن رعيته والمرأة راعية في بيت زوجها وَمَسْئُولَةٌ عَنْ رَعِيَّتِهَا وَالْخَادِمُ رَاعٍ فِي مَالِ سَيِّدِهِ وَمَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ وَكُلُّكُمْ راع ومسئول عن رعيته – متفق عليه

653. D’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Chacun de vous est un gardien (ou un responsable), et chacun de vous sera interrogé au sujet de ceux qui sont sous sa responsabilité. L’homme est responsable de sa famille et de son foyer, et il sera interrogé au sujet de la manière dont il les a pris en charge et s’est acquitté de sa responsabilité. La femme est responsable du foyer de son mari et elle devra rendre des comptes à ce sujet. Le serviteur est responsable des biens de son maître et il devra rendre des comptes sur la manière dont il s’est acquitté de cette responsabilité. Ainsi, chacun de vous est responsable et chacun devra rendre des comptes sur l’accomplissement de ses propres responsabilités. » (Al-Boukhari et Muslim)

١٥٤ – وَعَنْ أَبِي يَعْلَى مَعْقِلِ بْنِ يَسَارٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَا مِنْ عَبْدِ يَسْتَرْعِيْهِ اللَّهُ رَعِيَّةً يَمُوتُ يَوْمَ يَمُوْتُ وَهُوَ غَاشِ لِرَعِيَّتِهِ إِلا حَرَّمَ اللهُ عَلَيْهِ الْجَنَّة – متفق عليه ، وفي رواية فلم يَحْطِهَا بِنُصْحه لم يجد رائحة الجنة ، وفي رواية لِمُسْلِمِ مَا مِنْ أمير يلى أمورَ الْمُسْلِمِينَ ثُمَّ لَا يَجْهَدُ لَهُمْ وَيَنْصَح لهم إلا لم يدخل معهم الجنة .

654. D’après Abou Ya‘la Ma‘qil ibn Yasar (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Après qu’Allah a chargé l’un de Ses serviteurs de veiller sur le peuple, s’il le trompe, Allah lui interdira le Paradis, quel que soit le jour où il mourra. » L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Selon une autre version : « Si cet homme ne se consacre pas au bien-être de ses sujets, il ne respirera même pas le parfum du Paradis. » Dans une version de Muslim, il est dit : « Tout gouverneur chargé de s’occuper de toutes les affaires des musulmans, qui ne s’efforce aucunement de leur être utile et ne se préoccupe pas d’œuvrer à leur bien-être, n’entrera jamais au Paradis avec eux. »

٦٥٥ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ فِي بَيْتِي هذا اللهُم مَنْ وَلِي مِنْ أَمْرِ أُمَّتِي شَيْئًا فَشَقٌ عَلَيْهِمْ فَاشْقُقْ عَلَيْهِ وَمَنْ وَلِى مِنْ أَمْرِ أُمَّتِي شَيْئًا فَرَفَقَ بِهِمْ فَارْفق به رواه مسلم

655. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire dans cette même maison : « Ô Allah ! Celui qui est chargé d’une affaire de ma communauté et se montre dur envers eux, sois dur envers lui ; et celui qui est chargé d’une affaire de ma communauté et se montre doux et bienveillant envers eux, sois doux envers lui. » (Muslim)

9 ٦٥٦- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ ا كلمَا هَلَكَ نَبِي خَلَقَهُ نَبِي وَإِنَّهُ لَا وَسَلَّمَ كَانَتْ بَنو اسرائيلَ تَسُوسُهُمُ الأنبياء كا نَبِي بَعْدِي وَسَيَكُونُ بَعْدِي خُلَفَاء فَيَكْثُرُونَ قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ فَمَا تَأْمُرُنَا قَالَ أوْفُوا بِبَيْعَةِ الأَول فَالْأول ثُمَّ أَعْطَوْهُمْ حَقَّهُمْ وَاسْأَلُوا اللَّهَ الَّذِي لَكُمْ فَإِنَّ اللَّهَ سَائِلُهُمْ عَمَّا اسْتَرْعَاهُمْ متفق عليه .

656. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les prophètes dirigeaient les affaires politiques des Enfants d’Israël. Lorsqu’un prophète mourait, un autre prophète lui succédait. Mais il n’y aura aucun prophète après moi. Il y aura bientôt, après moi, de nombreux califes. » Les Compagnons demandèrent : « Que nous ordonnes-tu alors ? » Il répondit : « Respectez successivement l’allégeance envers le premier, puis envers le suivant ; donnez-leur ce qui leur revient et demandez à Allah ce qui vous revient. Allah les interrogera au sujet de la responsabilité de la direction du peuple qu’Il leur a confiée. » (Al-Boukhari et Muslim)

٦٥٧- وَعَنْ عَائِدَ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ دَخَلَ عَلَى عُبَيْدِ اللهِ بْنِ زِيَادٍ فَقَالَ لَهُ أَي بُنَى إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ شَرَّ الرعاء الخطمَة فَإِيَّاكَ أَنْ تَكُونَ مِنْهُمْ – متفق عليه .

657. Il est rapporté d’Aïdh ibn Amr (qu’Allah l’agrée) qu’il se rendit auprès d’Ubaydullah ibn Ziyad et lui dit : « Ô mon fils, j’ai entendu le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) dire : “Le pire des dirigeants est celui qui se montre dur et tyrannique envers le peuple. Prends donc garde à ne pas être de leur nombre.” » (Al-Boukhari et Muslim)

٦٥٨- وَعَنْ أَبِي مَرْيَمَ الْأَزْدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ لِمُعَاوِيَةَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ وَلاهُ اللهُ شَيْئًا مِنْ أَمُورِ الْمُسْلِمِينَ فَاحْتَجَبَ دُونَ حَاجَتِهِمْ وَخَلْتِهِمْ وَفَقْرِهِمْ احْتَجَبَ اللَّهُ دُونَ حَاجَتِهِ وَخَلْتِهِ وَفَقْرِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَجَعَلَ مُعَاوِيَةُ رَجُلاً على حوائج الناس – رواه ابو داود والترمذي.

658. Il est rapporté d’Abou Maryam al-Abdi (qu’Allah l’agrée) qu’il dit à Mu‘awiya (qu’Allah l’agrée) : « J’ai entendu le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) dire : “Allah nomme dirigeant des musulmans celui qui ne se soucie pas de satisfaire leurs besoins, leurs demandes et leur pauvreté ; au Jour de la Résurrection, Allah ne se souciera pas non plus de satisfaire ses besoins, ses demandes et sa pauvreté.” » Par la suite, Mu‘awiya (qu’Allah l’agrée) nomma quelqu’un pour veiller aux besoins du peuple. (Abou Dawoud et At-Tirmidhi)

Chapitre 79 – Le dirigeant équitable

Le dirigeant équitable.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسَانِ.

Le Très-Haut dit :

« Certes, Allah commande l’équité et la bienfaisance. » (Sourate An-Nahl : 90).

وقال تعالى : وأَقْسِطُوا إِنَّ اللهَ يُحِبُّ الْمُقْسِطِينَ.

« Soyez équitables. Certes, Allah aime ceux qui sont équitables. » (Sourate Al-Hujurât : 9)

٦٥٩- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ سبعة يظلهم الله في ظله يوم لا ظل إلا ظله إِمَامٌ عَادِلٌ وَشَابٌ نَشَأَ فِي عِبَادَة الله تَعَالَى وَرَجُلٌ قَلْبُهُ مُعَلى فِي الْمَسَاجِدِ وَرَجُلَانِ تَحَابًا فِي اللَّهِ اجْتَمَعًا عَلَيْهِ وَتَفَرِّنَا عَلَيْهِ وَرَجُلٌ دَعَتْهُ امْرَأَةً ذات منصب وجَمَالَ فَقَالَ إِنِّي أَخَافُ اللَّهَ وَرَجُلٌ تصدق بِصَدَقَةٍ فَأَخْفَاهَا حَتَّى لا تَعْلَمَ شِمَالُهُ مَا تَنْفِقُ يَمِينُهُ وَرَجُلٌ ذَكَرَ اللَّهَ خَالِيًا فَفَاضَتْ عَيْنَاهُ – متفق عليه

659. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Allah accordera refuge, sous l’ombre de Son Trône, à sept catégories de personnes, le Jour redoutable où il n’y aura d’autre ombre que celle de Son Trône. Ce sont : (1) le dirigeant équitable ; (2) le jeune homme occupé à adorer Allah Tout-Puissant ; (3) celui dont le cœur reste attaché à la mosquée ; (4) deux personnes qui s’aiment pour Allah, se réunissent pour Lui et se séparent pour Lui ; (5) l’homme qu’une femme belle et noble invite à commettre une mauvaise action, mais qui dit : “Je crains Allah” ; (6) celui qui fait l’aumône en secret, au point que sa main gauche ne sait pas ce que sa main droite a donné ; et (7) celui qui, seul et dans la solitude, se rappelle Allah et dont les deux yeux versent des larmes. » (Al-Bukhârî)

٦٦٠ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ المُقْسِطِينَ عِندَ اللهِ عَلَى مَنَابِرَ مِنْ نُوْرِ الَّذِينَ يَعْدِلُونَ في حكمهم وأَهْلِيهِمْ وَمَا وَلوا – رواه مسلم .

660. ‘Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘Âs, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Certes, les équitables occuperont des chaires de lumière auprès d’Allah : ce sont ceux qui sont équitables dans leurs jugements, envers leurs familles et dans les responsabilités qui leur sont confiées. » (Muslim)

٦٦١ – وَعَنْ عَوْفِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ خِيَارُ المَتِكُمُ الَّذِينَ تُحِبُّونَهُمْ وَيُحِبُّونَكُمْ وَتُصَلُّوْنَ عَلَيْهِمْ وَيُصَلُّونَ عَلَيْكُمْ وَشِرَارُ أَيْمَتِكُمُ الَّذِينَ تُبْغِضُونَهُمْ وَيُبْغِضُونَكُمْ وَتَلْعَنُونَهُمْ وَيَلْعَنُونَكُمْ قَالَ قُلْنَا يَا رَسُولَ الله أَفَلا تُنَابِدُهُمْ قَالَ لَا مَا أَقَامُوا فِيكُمُ الصَّلاةَ لا ما أقاموا فيكم الصلاة – رواه مسلم.

661. ‘Awf ibn Mâlik, qu’Allah l’agrée, rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : “Les meilleurs dirigeants et imams parmi vous sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, pour lesquels vous invoquez et qui invoquent pour vous. En revanche, les dirigeants les plus mauvais et les plus vils parmi vous sont ceux que vous détestez et qui vous détestent ; vous les maudissez et ils vous maudissent.” Le rapporteur dit : Nous avons demandé : “Ô Messager d’Allah, ne devons-nous pas nous séparer d’eux ?” Il répondit : “Non, tant qu’ils accomplissent la prière parmi vous.” » (Muslim)

٦٦٢ – وَعَنْ عِبَاضِ بْنِ حِمَارٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ أَهْلُ الْجَنَّة ثلاثة ذو سُلْطَانٍ مُقْسِطٌ مُوَفِّقٌ وَرَجُلٌ رَحِيمٌ رَقِيقٌ الْقَلْبِ لِكُلِّ ذِي قُرْبَى وَمُسْلِمِ وَعَفِيفٌ مُتَعَقِّفٌ ذُو عيال- رواه مسلم .

৬৬২. Il est rapporté d’Iyad ibn Himar (qu’Allah l’agrée). Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Les gens du Paradis sont de trois catégories : (1) un gouvernant juste, à qui la réussite a été accordée (pour faire des aumônes et œuvrer au bien-être du peuple) ; (2) une personne au cœur compatissant et miséricordieux, dont le cœur est extrêmement tendre et doux envers chacun de ses proches et envers son frère musulman ; et (3) une personne pure et irréprochable de corps et d’esprit, au caractère noble et entourée de sa famille. » (Muslim)

Chapitre 80 – Il est obligatoire d’obéir aux ordres pécheurs du gouvernant, tandis qu’il est interdit d’obéir à leurs ordres pécheurs

Il est obligatoire d’obéir aux ordres pécheurs du gouvernant, tandis qu’il est interdit d’obéir à leurs ordres pécheurs.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَطِيعُوا الله وأطيعوا الرسول وأولى الأمر منكم

Le Très-Haut dit :

« Ô croyants ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité. » (Sourate An-Nisâ’ : 59)

٦٦٣ – وَعَنِ ابْنِ عَمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ على المرء المُسلِم السمع والطاعَةُ فِيمَا أَحَبٌ وَكَرِهَ إِلَّا أَنْ يُؤْمَرَ بِمَعْصِيَةٍ فَإِذَا أمر بمعصية فلا سمع ولا طاعة – متفق عليه

663. D’après Ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Il incombe à tout musulman d’écouter et d’obéir (aux ordres du dirigeant), que cela lui plaise ou non, tant qu’il ne reçoit pas l’ordre de commettre un péché. Mais lorsqu’il reçoit l’ordre de commettre un péché, il n’y a aucune obligation de l’écouter ni de lui obéir. » (Al-Bukhari et Muslim)

٦٦٤ – وَعَنْهُ قَالَ كُنَّا إِذَا بَابَعْنَا رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى السَّمْعِ والطَّاعَةِ يَقُولُ لَنَا فِيمَا اسْتَطَعْتُمْ – مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.

664. D’après Ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), il dit : « Lorsque nous prêtions serment au Messager d’Allah ﷺ de l’écouter et de lui obéir, il nous disait : “Obéissez dans la mesure de vos capacités.” » (Al-Bukhari et Muslim)

٦٦٥ – وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ خَلَعَ يَدَا مِنْ طاعة لقى الله يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلا حُجَّةَ لَهُ وَمَنْ مَاتَ وَلَيْسَ فِي عُنُقِهِ بَيْعَةٌ مَاتَ ميتة جَاهِلِيَّة رَوَاهُ مُسْلِمٌ. وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ وَمَنْ مَاتَ وَهُوَ مُفَارِقٌ لِلْجَمَاعَةِ فَإِنَّهُ يَمُوتُ مِيتَة جاهلية.

665. D’après Ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Celui qui retire sa main de l’obéissance rencontrera Allah, le Jour de la Résurrection, sans pouvoir présenter aucun argument en sa faveur. Celui qui meurt sans avoir autour du cou le lien de l’obéissance mourra d’une mort de l’époque de la Jâhiliyyah.” »

L’imam Muslim l’a rapporté. Dans une autre version de son récit, il est dit : « Celui qui meurt séparé de la communauté mourra d’une mort de l’époque de la Jâhiliyyah. »

٦٦٦ – وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اسمعوا وَأَطِيعُوا وَإِنِ اسْتُعْمِلَ عَلَيْكُمْ عَبْدٌ كَانْ رَأْسَهُ رَبِيبَةً رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

666. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Écoutez et obéissez, même si un esclave abyssinien à la tête semblable à un grain de raisin est nommé votre dirigeant. » (Al-Bukhari)

٦٦٧ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسَلَّمَ عَلَيْكَ السَّنعُ والطَّاعَةُ فِي عُشركَ وَيُسْرِكَ وَمَنْشَطَكَ وَمَكْرَهكَ وأثرة عليك رواه مسلم.

667. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il vous est obligatoire d’écouter et d’obéir dans les périodes de prospérité comme dans les périodes de difficulté, que cela vous plaise ou vous déplaise, même lorsque vos droits sont diminués ou qu’une autre personne reçoit la préférence sur vous conformément aux ordres du dirigeant. » (Mouslim)

٦٦٨ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنَّا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي سَفَرٍ فَتَزَلْنا منزلاً فَمِنَّا مَنْ يُصْلِحُ حَيَانَهُ وَمِنَّا مَنْ يُنْتَضِلُ وَمِنَّا مَنْ هُوَ في حشره إذ نادى منادى رسولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الصلاة جامعة فَاجْتَمَعنا إلى رَسُولِ الله صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَنَّهُ لَمْ قَبْلِي إِلا كَانَ حَقًّا عَلَيْهِ أَنْ يُدلُّ أُمَّتَهُ عَلَى خَيْرِ مَا يَعْلَمُهُ لَهُمْ وَيُنْذِرَهُمْ يَكُن بِي قَبْ شَرِّ مَا يَعْلَمُهُ لَهُمْ وَإِنْ أَمْتَكُمْ هذه جُعِلَ عَافِيَتُهَا فِي أُولُهَا وَسَيُصِيبُ أَخْرَهَا بلاء وأمور تنكرونها وتجىء فَتَنَّ يُرقِّقُ بَعْدُهَا بَعْضًا وَتَجِيءُ الْفِتْنَةُ فَيَقُولُ الْمُؤْمِنُ هذه مهلكني ثم تنكشف وتجيء الفتنةُ فَيَقُولُ الْمُؤْمِنُ هَذِهِ هَذِهِ فَمَنْ احب أَنْ يُرْحَزَحَ عَنِ النَّارِ وَيُدْخَلَ الْجَنَّةَ فَلْتَأْتِهِ مَنِيتُهُ وَهُوَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخر وليات الى الناس الذي يُحِبُّ أن يوتى اليْهِ وَمَنْ بَايَعَ إِمَامًا فَأَعْطَاهُ صفقَهُ يَدِهِ وَثَمَرَةَ قَلْبِهِ فَلْيُطِعْهُ إِنِ اسْتَطَاعَ فَإِنْ جَاءَ أَخَرُ يُنَازِعُهُ فَاضْرِبُوا عُنُقَ الآخر – رواه مسلم.

668. Abdoullah ibn Amr (qu’Allah les agrée) rapporte. Il dit : « Nous étions en voyage avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Nous nous arrêtâmes en un endroit. Certains d’entre nous s’occupaient d’installer leur tente, d’autres participaient à un concours de tir à l’arc, tandis que d’autres encore prenaient soin de leur bête. À ce moment-là, le crieur du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) appela : “Rassemblez-vous pour la prière.” Nous nous réunîmes auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il dit : “Tout prophète qui m’a précédé avait le devoir, selon la connaissance qu’Allah lui avait accordée, de guider sa communauté vers le bien et de l’avertir de ce qu’il considérait comme mauvais ou injuste. Quant à votre communauté, ses débuts seront marqués par la paix et la stabilité, tandis que sa fin sera marquée par une succession de troubles et de calamités. Vous serez alors confrontés à des choses et à des événements que vous désapprouverez. Des fitnas apparaîtront, dont certaines affaibliront les autres — les suivantes seront plus terribles que les précédentes. Une calamité surviendra et le croyant dira : ‘C’est probablement elle qui va me détruire.’ Puis cette épreuve disparaîtra. Une nouvelle calamité surviendra et le croyant dira : ‘C’est peut-être elle qui causera ma perte.’ En de tels moments difficiles, quiconque désire être préservé du feu de la Géhenne et entrer au Paradis doit mourir en croyant en Allah et au Jour dernier. Qu’il traite les gens comme il aimerait être traité. Si quelqu’un prête serment d’allégeance à l’imam, lui donne sa main et lui voue sincèrement son cœur, qu’il lui obéisse autant qu’il le peut. Si quelqu’un d’autre se dresse contre l’imam, frappez-lui le cou.” » (Mouslim)

٦٦٩- وَعَنْ أَبِي هُنَيْدَةَ وَايْلِ بْنِ حُجْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَأَلَ سَلَمَةُ ابْنُ يَزِيدَ الجعفي رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا نَبِيِّ اللهِ أَرَأَيْتَ إِنْ قَامَتْ عَلَيْنَا أمراء يَسْأَلُونَا حَقَّهُمْ وَيَمْتَعُونَا حَقْنَا فَمَا تَأْمُرُنَا فَأَعْرَضَ عَنْهُ ثُمَّ سَأَلَهُ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اسْمَعُوا وَأَطِيعُوا فَإِنَّمَا عَلَيْهِمْ مَا حُمِّلُوا وعَلَيْكُمْ مَا حُمِّلْتُمْ – رواه مسلم .

669. Abou Houneïda Wa’il ibn Houjr (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Salama ibn Yazid al-Jou‘fi (qu’Allah l’agrée) demanda au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) : « Ô Prophète d’Allah, quel est votre ordre pour nous si des dirigeants prennent le pouvoir sur nous, exigent pleinement de nous leurs droits, mais ne nous accordent pas les droits qui nous reviennent ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) détourna son visage de lui. Lorsque Salama posa de nouveau la question, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Écoutez et obéissez. Car le poids de leurs péchés repose sur eux, et le poids de vos péchés repose sur vous. » (Mouslim)

٦٧٠- وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهَا سَتَكُونُ بَعْدِى اثرة وأمور تُنْكِرُونَهَا قَالُوا يَا رَسُولَ اللهِ كَيْفَ تَأْمُرُ مَنْ أَدْرَكَ مِنا ذلكَ قَالَ تُوَدُّونَ الْحَقِّ الَّذِينَ عَلَيْكُمْ وَتَسْأَلُونَ اللهَ الذي لكم متفق عليه

670. Abdoullah ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Après moi, vous serez confrontés à l’accaparement des droits et à de nombreuses choses que vous désapprouverez. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, quel est votre ordre pour celui d’entre nous qui sera confronté à une telle situation ? » Il répondit : « Dans ce cas, acquittez-vous correctement de ce qui vous est dû et demandez à Allah ce qui vous revient. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٧١- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أطاعَنِى فَقَدْ أَطاعَ اللهَ وَمَنْ عَصَانِي فَقَدْ عَصَى اللَّهَ وَمَنْ يُطِعِ الْأَمِيرَ فَقَدْ أَطَاعَنِي وَمَنْ يَعْصِ الأمير فَقَدْ عَصَانِي – متفق عليه

671. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui m’obéit obéit à Allah, et celui qui me désobéit désobéit à Allah. De même, celui qui obéit au dirigeant m’obéit, et celui qui désobéit au dirigeant me désobéit. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٧٢- وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال من كرة من أميره شَيْئًا فَلْيَصْبِرُ فَإِنَّهُ مَنْ خَرَجَ مِنَ السُّلْطَانِ شِبْرًا مَاتَ ميتة جاهلية – متفق عليه.

672. Ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si l’un d’entre vous constate chez son dirigeant quelque chose de désagréable, qu’il fasse preuve de patience. En effet, celui qui se sépare du pouvoir de l’État islamique de la longueur d’un empan et meurt dans cet état meurt d’une mort de l’époque de l’ignorance. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٧٣- وعن أبي بُكْرَةً رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ أَمَانَ السُّلْطَانَ أَهَانَهُ الله رَوَاهُ التَّرْمِذِي وَقَالَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.

673. Abou Bakra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Celui qui humilie le chef de l’État islamique, Allah l’humiliera également. »
L’imam At-Tirmidhi l’a rapporté. Il a dit qu’il s’agissait d’un hadith hassan.

Chapitre 81 – Il est interdit de solliciter une fonction de l’État. Si l’on n’est pas désigné pour cette fonction ou si l’on n’en a pas besoin, il convient de s’en tenir éloigné.

Il est interdit de solliciter une fonction de l’État. Si l’on n’est pas désigné pour cette fonction ou si l’on n’en a pas besoin, il convient de s’en tenir éloigné.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : تِلْكَ الدَّارُ الْآخِرَةُ نَجْعَلُهَا لِلَّذِينَ لَا يُرِيدُونَ عُلُوا فِي الْأَرْضِ وَلَا فَسَادًا وَالْعَاقِبَةُ لِلْمُتَّقِينَ.

Le Très-Haut dit :

« Cette demeure de l’au-delà, Nous la réservons à ceux qui ne cherchent ni à s’élever sur terre ni à y semer la corruption. La bonne issue est réservée aux pieux. » (Sourate Al-Qasas : 83)

٦٧٤ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْن سَمُرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنِ سَمُرَةَ لَا تَسْأَلِ الْإِمَارَةَ فَإِنَّكَ إِنْ أَعْطَيْتَهَا عَنْ غَيْرِ مَسْأَلَة أعنْتَ عَلَيْهَا وَإِنْ أَعْطَيْتُهَا عَنْ مَسْأَلَةٍ وكُلْتَ إِلَيْهَا وَإِذَا خَلَقْتَ عَلَى يَمِينِ فَرَأَيْتَ غَيْرَهَا خَيْرًا مِنْهَا فَأْتِ الَّذِي هُوَ خَيْرٌ وكَفِّرْ عَن يمينك – متفق عليه.

674. Il est rapporté d’Abou Sa‘îd ‘Abd ar-Rahmân ibn Samoura (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) m’a dit : « Ô ‘Abd ar-Rahmân ibn Samoura, ne cherche pas à obtenir une fonction d’autorité. Car si elle t’est accordée sans que tu l’aies demandée, tu seras assisté à ce sujet. En revanche, si tu l’obtiens après l’avoir demandée, tu en porteras seul tout le poids des responsabilités. Si, après avoir prêté serment au sujet d’une chose, tu vois que le bien se trouve dans son contraire, fais alors ce qui est meilleur et acquitte-toi de l’expiation de ton serment. » (Al-Boukhari et Mouslim)

٦٧٥ – وَعَنْ أَبِي ذَرِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا أَبَا ذَرَ إِنِّي أَرَاكَ ضَعِيفًا وَإِنِّي أَحِبُّ لَكَ مَا أَحِبُّ لِنَفْسِي لَا تَأْمُرَنَّ علَى اثْنَيْنِ وَلا تَوَلين مال يتيم – رواه مسلم .

675. Il est rapporté d’Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) me dit : « Ô Abou Dharr, je te vois faible et vulnérable. Je souhaite pour toi ce que je souhaite pour moi-même. Ne prends pas la direction de deux personnes, et ne sois pas le tuteur des biens d’un orphelin. » (Mouslim)

٦٧٦ – وَعَنْهُ قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ الله الا تَسْتَعملني فَضَرَبَ بيده على منكبي ثُمَّ قَالَ يَا أَبَا ذَرَ إِنَّكَ ضَعِيفٌ وَأَنَّهَا أَمَانَةٌ وَأَنَّهَا يَوْمَ الْقِيَامَةِ خِزْيٌ وَنَدَامَةً إِلَّا مَنْ أَخَذَهَا بِحَقِّهَا وادى الذي عَلَيْهِ فِيهَا – رواه مسلم .

৬৭৬. D’après Abou Dharr (qu’Allah l’agrée), il dit : « Je demandai : “Ô Messager d’Allah, ne me nommerez-vous pas à une fonction gouvernementale ?” » Il posa alors sa main sur mon épaule et dit : « Ô Abou Dharr, tu es un homme faible, et cette fonction est un immense dépôt. Elle sera, le Jour de la Résurrection, une cause d’humiliation, de disgrâce et de regret, sauf pour celui qui l’accepte comme il se doit et s’acquitte correctement des responsabilités qui lui sont confiées en la prenant. » (Mouslim)

٦٧٧- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّكُمْ سَتَحْرِصُونَ عَلَى الْإِمَارَةِ وَسَتَكُونُ نَدَامَةً يَوْمَ الْقِيَامَةِ – رواه البخاري.

৬৭৭. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Vous désirerez bientôt obtenir le pouvoir. Sachez que, le Jour de la Résurrection, il sera pour vous une cause de honte et de regret. » (Al-Boukhari)

Chapitre 82 — Encouragement adressé aux gouvernants, aux juges et autres responsables à nommer de bons conseillers pour gérer les affaires publiques, et mise en garde contre le fait de choisir de mauvais conseillers

Encouragement adressé aux gouvernants, aux juges et autres responsables à nommer de bons conseillers pour gérer les affaires publiques, et mise en garde contre le fait de choisir de mauvais conseillers.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : الأخلاءُ يَوْمَئِذٍ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ عَدُوٌّ إِلا الْمُتَّقِينَ.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Ce jour-là, les amis deviendront ennemis les uns des autres, à l’exception des pieux. » (Sourate Az-Zukhruf : 67)

أبي سعيد وأبي هريرة رضى ا ريرة رضي الله عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا بَعَثَ اللهُ مِنْ نَبِي وَلا اسْتَخْلَفَ مِنْ خَلِيفَةِ إِلَّا كَانَتْ لَهُ بطانتان بطانة تأمرُهُ بِالْمَعْرُوفِ وَتَحْضُهُ عَلَيْهِ وَ بِطَانَةٌ تَأْمُرُهُ بِالشَّرِّ وَتَحْضُهُ عَلَيْهِ وَالْمَعْصُومُ مَنْ عَصَمَ الله – رواه البخاري.

৬৭৮. D’après Abou Saïd et Abou Hourayra (qu’Allah les agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Tout prophète qu’Allah a envoyé et tout calife qu’Il a désigné a deux compagnons : l’un lui ordonne le bien et l’y incite et l’encourage ; l’autre lui ordonne le mal et l’y encourage. Est préservé du péché celui qu’Allah a protégé. » (Al-Boukhari)

٦٧٩- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذا أَرادَ اللهُ بِالْأَمِيرِ خَيْراً جَعَلَ لَهُ وَزِيرَ صِدْقٍ إِنْ نَسِي ذَكَرَهُ وَإِنْ ذَكَرَ أعانه وإذا أراد بِهِ غَيْرَ ذَلِكَ جَعَلَ لَهُ وَزِيرَ سُوءٍ إِنْ نَسِيَ لَمْ يُذكِّرُهُ وَإِنْ ذَكَرَ لَمْ بعنه رواه ابو داود باسناد جيد على شرط مسلم.

৬৭৯. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Lorsqu’Allah veut le bien d’un dirigeant, Il lui désigne un conseiller véridique. Si le dirigeant oublie quelque chose, celui-ci le lui rappelle ; et s’il s’en souvient, il l’aide et le soutient. Mais si Allah veut autre chose que le bien d’un dirigeant, Il lui désigne un mauvais conseiller. Si le dirigeant oublie quelque chose, celui-ci ne le lui rappelle pas ; et s’il s’en souvient, il ne lui apporte aucune aide. » (Abou Dawoud)

Chapitre 83 — Il est interdit de nommer à une fonction officielle, à une fonction de juge ou à toute fonction similaire celui qui se présente comme candidat ou qui la convoite

Il est interdit de nommer à une fonction officielle, à une fonction de juge ou à toute fonction similaire celui qui se présente comme candidat ou qui la convoite.

٦٨٠- عَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ دَخَلْتُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَا وَرَجُلانِ مِنْ بَنِي عَلَى فَقَالَ أَحَدُهُمَا يَا رَسُولَ اللَّهَ أَمْرُنَا علَى بَعْضٍ مَا وَلاكَ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ وَقَالَ الْآخَرُ مِثْلَ ذَلِكَ فَقَالَ إِنَّا وَاللَّهِ لَا نُوَلَّى هذا الْعَمَلَ أَحَدًا سَأَلَهُ أَوْ أَحداً حرص عليه متفق عليه.

৬৮০. D’après Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée), il rapporte : « Je me présentai auprès du Prophète ﷺ accompagné de mes deux cousins. L’un d’eux dit : “Ô Messager d’Allah, nomme-moi à l’une des fonctions de l’État qu’Allah Tout-Puissant t’a confié.” L’autre lui adressa une demande à peu près semblable. Le Messager d’Allah ﷺ dit : “Par Allah, nous ne confions pas cette responsabilité à celui qui la demande ou qui la convoite.” » (Al-Boukhari et Mouslim)

Chapitre : 1

Kitâb al-Adab (la bienséance)

Section : 1 – La pudeur, son mérite et l’encouragement à l’acquérir

La pudeur, son mérite et l’encouragement à l’acquérir.

٦٨١- عن ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرْ على رَجُلٍ مِنَ الْأَنْصَارِ وَهُوَ يَعِظُ أَخَاهُ فِي الْحَيَاءِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَعَهُ فَإِنَّ الْحَيَاء مِنَ الْإِيمَانِ متفق عليه.

681. Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passa près d’un homme des Ansar qui exhortait son frère à faire preuve de pudeur — ou le réprimandait à ce sujet. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Laisse-le donc, car la pudeur fait partie de la foi. » (Al-Bukhari et Muslim)

٦٨٢ – وَعَنْ عِمْرَانَ بْنِ حُصَيْنِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ الْحَيَاء لا يأتي إلا بخير – متفق عليه، وفي رواية لمسلم الحياء خَيْر كُلُّهُ أَوْ قَالَ الْحَيَاءُ كُلُّهُ خَيْرٌ.

682. Imran ibn Husayn (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’il a dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La pudeur n’apporte que le bien. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une version rapportée par Muslim, il est dit : « Toute la pudeur est un bien. »

٦٨٣- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الإِيمَانُ بِضْعُ وَسَبْعُونَ أَوْ بِضْعَ وَسِتُونَ شُعْبَةٌ فَأَفْضَلُهَا قَوْلُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وادُنَاهَا اماطة الأذى عن الطريق والحياء شُعْبَةٌ مِّنَ الْإِيمَانِ متفق عليه.

683. D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « La foi comporte plus de soixante-dix, ou plus de soixante, branches. La meilleure d’entre elles est la parole : “Il n’y a de divinité qu’Allah” (Lâ ilâha illâ Allah), et la moindre consiste à ôter de la route ce qui est nuisible. La pudeur est également une branche de la foi. » (Al-Bukhari et Muslim)

٦٨٤ – وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَشَدَّ حَيَاءٌ مِّنَ الْعَدْرَاء في خدرها فَإِذَا رَأَى شَيْئًا يَكْرَهُهُ عَرَفْنَاهُ فِي وجهه – متفق عليه.

684. D’après Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée), il a dit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était plus pudique encore que les jeunes filles vierges chastes et voilées. Lorsqu’une chose lui déplaisait, nous le comprenions à la seule expression de son visage. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Les savants spécialistes, en définissant la pudeur, ont dit : « C’est une qualité qui incite l’être humain à éviter les choses répréhensibles et blâmables, et qui l’oblige à remettre à son ayant droit ce qui lui revient, de manière appropriée. » Abou al-Qasim al-Junayd (qu’Allah lui fasse miséricorde) a donné de la pudeur la définition suivante :

La pudeur consiste pour l’être humain à considérer d’abord l’immense miséricorde, la grâce et la bienfaisance d’Allah, puis à réfléchir profondément à ses propres défauts et à son incapacité. Le sentiment qui naît dans l’esprit de ces deux réflexions est précisément ce que l’on appelle la pudeur.

Section 2 – Ne pas divulguer les choses secrètes

Ne pas divulguer les affaires confidentielles.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وأَوْفُوا بِالْعَهْدِ إِنَّ الْعَهْدَ كَانَ مَسْئُولاً.

Le Très-Haut dit :

« Respectez vos engagements. Certes, il sera demandé compte des engagements. » (Sourate Banî Isrâ’îl : 34)

٦٨٥ – عَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ إِنْ مِنْ أَشَرُ النَّاسِ عِندَ اللهِ مَنْزِلَةَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ الرَّجُلُ يُقْضِي إِلى المراة وتقضى إِلَيْهِ ثُمَّ يَنْشُرُ سِرهَا – رواه مسلم.

685. Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le préserve, a dit : Le plus vil des hommes, en rang auprès d’Allah au Jour de la Résurrection, sera celui qui a des rapports avec son épouse, puis divulgue aux gens les secrets de leurs relations intimes et de leurs rapports conjugaux. [Note : 80. C’est-à-dire qu’il révèle à autrui les détails de ce qui a précédé les rapports, de ce qui s’est déroulé pendant ceux-ci et des propos échangés ensuite, etc. Un acte aussi honteux fait partie des péchés majeurs.] (Muslim)

٦٨٦ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ حِيْنَ تَأَيُّمَتْ بِنْتُهُ حَفْصَةٌ قَالَ لَقِيتُ عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَعَرَضْتُ عَلَيْهِ حفصة فَقُلْتُ أن شئتَ الكَحْتُكَ حَفْصَةَ بنت عُمَرَ قَالَ سَانْظُرُ فِي أَمْرِي فَلَبِثْتُ ليالي ثُمَّ لقيني فقال قد بدا لي أن لا اتزوج يومي هذا فلقيت أبا بكر الصديق رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فَقُلْتُ إِنْ شِئتَ الكَحْتُكَ حَفْصَةَ بِنْتَ عُمَرَ فَصَمَتَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فَلَمْ يَرْجِعُ إِلَى شَيْئًا فَكُنتُ عَلَيْهِ أَوْجَدَ مِنِّي عَلَى عُثْمَانَ فَلَبِثْتُ لَيَالِي ثُمَّ خَطبَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَانْكَحْتُهَا إِيَّاهُ فَلَقِيَنِي أَبُو بَكْرٍ فَقَالَ لعلك وجدت على حِينَ عَرَضْتَ عَلَى حفصه فلم أَرْجِعُ إِلَيْكَ شَيْئًا فَقُلْتُ نَعَمْ قَالَ فَإِنَّهُ لَمْ يَمْنَعْنِي أن أرجع إليكَ فِيمَا عَرَضْتَ عَلَى إِلَّا أَنِّي كُنْتُ عَلِمْتُ أَنَّ النَّبِي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَكَرَهَا فَلَمْ أَكُن لأنسى سِرِّ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَوْ تَرَكَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَقَبِلْتُهَا – رواه البخاري.

686. ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte. Il dit : Après que Hafsa (qu’Allah l’agrée), la fille de ‘Umar (qu’Allah l’agrée), fut devenue veuve, ‘Umar dit : Je rencontrai ‘Uthmân ibn ‘Affân. Je m’entretins avec lui au sujet de Hafsa et lui dis : « Si vous le souhaitez, je vous donnerai en mariage Hafsa, la fille de ‘Umar. » ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) répondit : « D’accord, je vais y réfléchir. » ‘Umar dit : J’attendis quelques jours. Puis, lorsque je rencontrai ‘Uthmân, il me dit : « J’ai compris que je ne me marierai pas pour le moment. » ‘Umar dit : Je rencontrai alors Abû Bakr as-Siddîq (qu’Allah l’agrée) et lui dis : « Si vous le souhaitez, je vous donnerai en mariage Hafsa, la fille de ‘Umar. » Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) resta silencieux et ne me répondit pas. Je me sentis plus blessé par son attitude que par la réponse de ‘Uthmân. Après avoir attendu quelques jours, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le préserve, demanda finalement Hafsa en mariage. Je la lui donnai donc en mariage. Ensuite, lorsqu’Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) me rencontra, il me dit : « Vous avez peut-être été peiné par mon attitude le jour où vous m’avez proposé Hafsa en mariage et où je ne vous ai pas répondu. » Je répondis : « Oui. » Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) dit : « La seule chose qui m’empêchait de vous répondre après que vous me l’aviez proposée était que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le préserve, avait évoqué son cas et que je le savais. Je ne voulais pas divulguer ce secret du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le préserve. Toutefois, si le Prophète, qu’Allah le bénisse et le préserve, ne l’avait pas acceptée, je l’aurais certainement épousée. » (Al-Bukhârî)

٦٨٧- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كُنْ أَزْوَاجُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ
وسلم عِندَهُ فَاقْبَلَتْ فَاطِمَةُ تَمْشِي مَا تَخْطِئُ مِشْيَتُهَا مِنْ مِشْيَةِ رَسُولِ اللهِ صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ شَيْئًا فَلَمَّا رَأهَا رَحبَ بِهَا وَقَالَ مَرْحَبًا بِابْنَتِي ثُمَّ أَجْلَسَهَا عَنْ يَمِينِهِ أَوْ عَنْ شِمَالِهِ ثُمَّ سَارُهَا فَبَكَتْ بُكَاءً شَدِيدًا فَلَمَّا رَأَى جَزَعَهَا سَارِهَا الثانية فَضَحِكَتْ فَقُلْتُ لَهَا خَصْكِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ بَيْنِ نسانه بالسرارِ ثُمَّ انْتِ تَبْكِينَ؟ فَلَمَّا قَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سالتها ما قَالَ لك رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَتْ مَا كُنْتُ لِأَفْشَى عَلَى رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سِرَّهُ فَلَمَّا تُوفَّى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قُلْتُ عَزَمْتُ عَلَيْكَ بِمَا لِي عَلَيْكَ مِنَ الْحَقِّ لَمَا حَدَّثْتِنِي مَا قَالَ لَكَ رسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ أما الآن فَنَعَمْ أَمَّا حِينَ سَارِنِي فِي المرة الأولى فَأَخْبَرَنِي أَن جِبْرِيلَ كَانَ يُعَارِضُهُ الْقُرْآنَ فِي كُلِّ سَنَةٍ مَرَّةً أَوْ مَرَّتَيْنِ وَأَنَّهُ عَارَضَهُ الآن مَرَّتَيْنِ وَإِنِّي لا أرى الأجل الا قَدِ اقْتَرَبَ فَاتَّقِي اللَّهَ وَأَصْبِرِي فَإِنَّهُ نعم السلف أنا لك فبكيت بكاني الذي رايت فَلَمَّا رَأَى جَزَعِي سَارِنِيالثانية فَقَالَ يَا فَاطِمَةُ أَمَا تَرْضَيْنَ أَنْ تَكُونِي سَيِّدَةَ نِسَاءِ الْمُؤْمِنِينَ أَوْ سَيِّدَةَ نساء هذه الأمة فضحكت ضحكي الذي رايت – متفق عليه وهذا لفظ مسلم .

687. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), toutes les épouses du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) se trouvaient auprès de lui. C’est alors que Fatima (qu’Allah l’agrée) arriva en marchant. Il va sans dire que sa manière de marcher ressemblait à celle du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). En la voyant, il lui fit de la place pour qu’elle s’assoie et lui dit : « Bienvenue, ma chère fille. » Il la fit asseoir à sa droite ou à sa gauche, puis lui murmura quelques paroles à l’oreille. Fatima (qu’Allah l’agrée) se mit alors à pleurer abondamment. Voyant son affliction, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) lui murmura une nouvelle fois quelque chose à l’oreille. Cette fois, Fatima sourit. Je lui dis alors : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) t’a parlé à l’oreille, à toi seule devant ses épouses, et malgré cela tu as pleuré ? » Puis, lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se leva de l’assemblée, je demandai à Fatima : « Que t’a dit le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) ? » Fatima répondit : « Écoutez, je ne veux pas divulguer le secret du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). » Finalement, après le décès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), je dis à Fatima : « Je t’en conjure, par le droit que j’ai sur toi : raconte-moi ce que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) t’avait dit. » Fatima répondit : « Eh bien, je vais te le dire maintenant. » La première fois, il m’avait murmuré à l’oreille : « Gabriel (que la paix soit sur lui) me présentait le Coran une ou deux fois par an, de bout en bout, mais cette année il me l’a présenté deux fois au même moment. Je pense donc que le terme de ma vie est arrivé et que ma mort est proche. Crains donc Allah et prends patience ; je serai pour toi un excellent prédécesseur. » En entendant cela, je me mis à pleurer, comme vous l’avez vu. Voyant mon affliction, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) me murmura une seconde fois : « Ô Fatima, n’es-tu pas satisfaite d’être la dirigeante de toutes les croyantes, ou la dirigeante des femmes de cette communauté ? » En entendant cela, je souris, comme vous l’avez vu.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Le texte original du hadith est tiré de l’ouvrage de Muslim.

٦٨٨- أمي فلما جِئْتُ قَالَتْ مَا حَبَسَكَ فَقُلْتُ بَعَثَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الحاجة قالت ما حَاجَتُهُ قُلْتُ أَنَّهَا سِرَّ قَالَتْ لا تُخْبَرَنَ بِسرِّ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَحَدًا قَالَ انس والله لو حدثت به احدا لحدثتك به يا ثابت رواه مسلم وروى البخاري بَعْضَهُ مُختصراً .

688. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) vint me trouver alors que je jouais avec des garçons. Il salua les enfants qui étaient avec nous et m’envoya accomplir une tâche pour lui. Cela me retarda pour rentrer auprès de ma mère. Lorsque je revins auprès d’elle, elle me demanda : « Qu’est-ce qui t’a retenu ? » Je répondis : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) m’avait envoyé accomplir une tâche pour lui. » Elle demanda : « Quelle était cette tâche ? » Je répondis : « C’est un secret. » Ma mère me dit : « Ne mets personne au courant du secret du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). » Anas (qu’Allah l’agrée) dit : « Ô Thabit, par Allah ! Si j’en avais parlé à quelqu’un, je te l’aurais certainement dit. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’imam al-Bukhari en a rapporté certaines parties de manière abrégée.

Section : 3 – Tenir ses promesses et respecter ses engagements

Tenir ses promesses et respecter ses engagements.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَأَوْفُوا بِالْعَهْدِ إِنَّ الْعَهْدَ كَانَ مَسْؤُولاً.

Le Très-Haut dit :

« Respectez vos promesses et vos engagements. Certes, vous serez interrogés au sujet de vos engagements. » (Sourate Al-Isrâ’ : 34)

وقال تعالى : وأَوْفُوا بِعَهْدِ اللهِ إِذَا عَاهَدُتُمْ.

« Lorsque vous prenez un engagement au nom d’Allah, respectez-le. » (Sourate An-Nahl : 91)

وقال تعالى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَوْفُوا بِالْعُقُودِ

« Ô vous qui croyez ! Respectez vos engagements. » (Sourate Al-Mâ’idah : 1)

وقَالَ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لِمَ تَقُولُونَ مَا لَا تَفْعَلُوْنَ . كَبُرَ مَقْتًا عِنْدَ اللَّهِ أَنْ تَقُولُوا مَا لَا تَفْعَلُونَ.

« Ô vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? Dire ce que vous ne faites pas est extrêmement détestable auprès d’Allah. » (Sourate As-Saff : 2-3)

٦٨٩ – عنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أيَةُ الْمُنَافِقِ ثَلاثَ إِذَا حَدَّثَ كَذَبَ وَإِذَا وَعَدَ أَخْلَفَ وَإِذَا أَوْ تُمِنَ خَانَ مشفق عليه زاد في رواية المسلم وَإِنْ صَامَ وَصَلَّى وَزَعَمَ أَنَّهُ مُسْلِمٌ .

689. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les signes de l’hypocrite sont au nombre de trois : (1) lorsqu’il parle, il ment ; (2) lorsqu’il promet, il ne tient pas sa promesse ; et (3) lorsqu’un dépôt lui est confié, il le trahit. » L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Dans une version de Mouslim, il est ajouté : « même s’il jeûne, accomplit la prière et se considère comme musulman. »

٦٩٠ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ أَرْبَعَ مَنْ كُنْ فِيهِ كَانَ مُنَافِقًا خَالِصًا وَمَنْ كَانَتْ فِيْهِ حصلَةٌ مِنْهُنَّ كَانَتْ فِيهِ خَصْلَةٌ مِّنَ النِّفَاقِ حَتَّى بَدَعَهَا إِذَا أَوْ تُمِنَ خَانَ وَإِذَا حدث كَذَبَ وَإِذَا عَاهَدَ غَدَرَ وَإِذا خاصم فجر – متفق عليه

690. Abdallah ibn Amr ibn Al-As (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui chez qui se trouvent ces quatre défauts est un hypocrite accompli. Celui chez qui se trouve l’un de ces quatre défauts possède un trait d’hypocrisie, jusqu’à ce qu’il l’abandonne. Ces défauts sont : (1) lorsqu’un dépôt lui est confié, il le trahit ; (2) lorsqu’il parle, il ment ; (3) lorsqu’il promet, il ne tient pas sa promesse ; et (4) lorsqu’il se querelle, il profère des insultes obscènes. » (Al-Boukhari, Mouslim)

٦٩١ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَوْ قَدْ جَاءَ مَالُ الْبَحْرَيْنِ أَعْطَيْتُكَ هكَذَا وَهُكَذَا وَهُكَذَا فَلَمْ يَجِيُّ مَالُ الْبَحْرَيْنِ حَتَّى قبض النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَّا جَاءَ مَالُ الْبَحْرَيْنِ أَمَرَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَاللهُ عَنْهُ فَنَادَى مَنْ كَانَ لَهُ عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عِدَةٌ أَوْ دَيْنٌ فَلْيَأْتِنَا فَاتَيْتُهُ وَقُلْتُ لَهُ إِنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لِي كَذَا وَكَذَا فَحَثَى لي حشبة فَعَدَدْتُهَا فَإِذَا هِي خَمْسُ مِائَةٍ فَقَالَ لِي خُذْ مِثْلبها – متفق عليه.

691. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me dit : « Lorsque les biens provenant de Bahreïn arriveront, je te donnerai telle quantité, telle quantité et telle quantité. » Mais le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) mourut avant l’arrivée des biens de Bahreïn. Lorsque les biens de Bahreïn arrivèrent ensuite, Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) donna l’ordre de faire venir un crieur public, qui annonça : « Que celui à qui le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a fait une promesse, ou auprès de qui il a une dette à régler, vienne nous trouver. » Je me rendis auprès d’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) et lui dis : « Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’avait dit qu’il me donnerait ceci et cela. » Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) me remplit alors les mains. Je comptai et trouvai cinq cents dirhams. Puis Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) me dit : « Prends-en le double. » [Note : 81. Cela signifie qu’il avait indiqué trois fois la même quantité. Dans une version rapportée par l’imam Al-Boukhari, il est dit : « Il avait tendu la main trois fois. »] (Al-Boukhari, Mouslim)

Chapitre : 4 – Persévérer constamment dans une bonne œuvre à laquelle on s’est habitué, sans l’abandonner

Une fois habitué à une bonne œuvre, continuez toujours à l’accomplir sans l’abandonner.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : إِنَّ اللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُوا مَا بِأَنْفُسِهِمْ

Allah le Très-Haut dit :

« Allah ne change pas le sort d’un peuple tant que ses membres ne s’emploient pas à changer leur propre sort. [Note : que ce soit pour le bien ou pour le mal ; autrement dit, leur sort changera selon la nature de leurs actes.] (Sourate Ar-Ra‘d : 11)

وَقَالَ تَعَالَى : وَلَا تَكُونُوا كَالَّتِي نَقَضَتْ غَزَلَهَا مِنْ بَعْدِ قُوَّةٍ أَنْكَاثًا.

« Ne soyez pas comme cette femme qui, après avoir solidement filé son fil, l’a défait en morceaux. » (Sourate An-Nahl : 92)

وقال تعالى : ولا يَكُونُوا كَالَّذِينَ أوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلُ فَطَالَ عَلَيْهِمُ الْأَمَدُ فَقَسَتْ قُلُوبُهُمْ.

« Qu’ils ne soient pas comme ceux auxquels le Livre avait été donné auparavant : après qu’un long délai se fut écoulé pour eux, leurs cœurs se sont endurcis. » (Sourate Al-Hadîd : 16)وقال تعالى : فَمَا رَعَوْهَا حَقٍّ رِعَابَتِهَا .

« Ils n’en ont pas respecté la juste valeur. » (Sourate Al-Hadîd : 27)

٦٩٢ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بنِ العَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا عَبْدَ اللهِ لَا تَكُنْ مِثْلَ فُلانٍ كَانَ يَقُوْمُ اللَّيْلَ فترك قيام الليل – متفق عليه

692. D’après Abdullah ibn Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) me dit : « Ô Abdullah, ne sois pas comme telle personne qui veillait régulièrement la nuit — c’est-à-dire qui accomplissait la prière du Tahajjud — puis a ensuite abandonné les veillées nocturnes. » (Al-Bukhari et Muslim)

Section 5 — Parler avec le sourire lors des rencontres et se montrer doux

Parler avec le sourire lors des rencontres et se montrer doux.

قال الله تعالى : واخْفِضْ جَنَاحَكَ لِلْمُؤْمِنِينَ.

Le Très-Haut dit :

« Comporte-toi avec compassion envers les croyants. » (Sourate Al-Hijr : 88)

٦٩٣- عَنْ عَدِي بْنِ حَاتِمٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اتَّقُوا النار ولو بشق تمرة فمن لم يجد فبكلمة طيبة – متفق عليه.

693. Adî ibn Hâtim (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Préservez-vous du Feu de l’Enfer, ne serait-ce qu’en donnant un morceau de datte. Celui qui n’est même pas capable de donner cela, qu’il se préserve au moins de l’Enfer par une bonne parole. » (Al-Boukhari et Muslim)

٦٩٤ – وَعَن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ والكلمة الطيبة صدقة – متفق عليه وَهُوَ بَعْضُ حديث تقدم بطوله .

694. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Une bonne parole est également une aumône. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Il s’agit d’une partie d’un hadith. Le hadith complet a déjà été mentionné précédemment.

٦٩٥- وَعَنْ أَبِي ذَر رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تحقرن مِنَ المَعْرُوفِ شَيْئًا ولو أن تلقى أخاك بوجه طليق رواه مسلم.

695. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) m’a dit : « Ne méprise aucune bonne action, fût-ce le fait de rencontrer ton frère avec un visage souriant. » (Muslim)

Chapitre 6 — Il est préférable de répéter une parole afin de faciliter sa compréhension à l’auditeur lorsqu’il ne l’a pas correctement comprise

Il est préférable de répéter un propos afin de faciliter sa compréhension par l’auditeur lorsqu’il ne l’a pas correctement compris.

٦٩٦- عن أنس رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا تَكَلَّمَ بكَلِمَةٍ أَعَادَها ثَلاثًا حَتَّى تُفْهَمَ عَنْهُ وَإِذَا أَتَى عَلَى قَوْمٍ فَسَلَّمَ عَلَيْهِمْ سَلَّمَ علَيْهِم ثلاثا – رواه البخاري .

৬৯৬. Il est rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) que, lorsque le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait quelque chose, il le répétait trois fois afin que l’auditeur puisse le comprendre de sa part. Lorsqu’il arrivait auprès d’un peuple (d’une tribu), il les saluait, et il les saluait trois fois. [Note : Selon les spécialistes, la raison des trois salutations est la suivante : la première salutation était faite au moment de demander la permission, la deuxième au moment de la rencontre et la troisième au moment de prendre congé. Certains disent que, dans le cas d’une assemblée, la première salutation était destinée aux personnes présentes au début de l’assemblée, la deuxième à celles qui arrivaient au milieu, et la troisième marquait la fin de l’assemblée.] (Al-Bukhari)

٦٩٧- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ كَلَامُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ كَلامًا فَضْلاً يَفْهَمُهُ كُلُّ مَنْ يَسْمَعُهُ رواه أبو داود

৬৯৭. Il est rapporté d’Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle a dit : lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) parlait, il s’exprimait de manière très claire et précise, si bien que tous les auditeurs pouvaient le comprendre parfaitement. (Abou Dawoud)

Chapitre 7 — Les autres compagnons écouteront attentivement les paroles d’un compagnon si elles ne sont pas blâmables, et l’orateur fera taire les auditeurs présents afin de les exhorter

Les autres compagnons écouteront attentivement les paroles d’un compagnon si elles ne sont pas blâmables, et l’orateur fera taire les auditeurs présents afin de les exhorter.

٦٩٨- عَنْ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي حَجَّةِ الْوَدَاعِ اسْتَنصت النَّاسَ ثُمَّ قَالَ لَا تَرْجِعُوا بَعْدِي كُفَّارًا يُضرِبُ بَعْضُكُمْ رِقَابَ بَعض متفق عليه .

৬৯৮. Selon Jarir ibn Abd Allah (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) lui dit lors du pèlerinage d’Adieu : « Demande aux gens de se taire. » Puis il dit : « Prenez garde ! Après moi, ne retournez pas à la mécréance en vous combattant les uns les autres. » (Al-Bukhari, Muslim)

Chapitre 8 — Exhorter et conseiller, tout en adoptant une attitude modérée à cet égard

Exhorter et conseiller, tout en adoptant une attitude modérée à cet égard.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : أَدْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحَكَمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ.

Le Très-Haut dit :

« Appelle les gens au chemin de ton Seigneur avec sagesse et par une belle exhortation. » (Sourate An-Nahl, 16:125)

٦٩٩- عَنْ أَبِي وَائِلٍ شَقِيقٍ بَن سَلَمَةَ قَالَ كَانَ ابْنُ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يُذكرنا كلُّ خَمِيْس فَقَالَ لَهُ رَجُلٌ يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ لَوَدِدْتُ أَنَّكَ ذَكرتَنَا كُلِّيوم فقال أما أنه يمنعني من ذلك أني أكره أن أملكُمْ وَإِنِّي اتخولكم بالموعظة كما كَانَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَتَخَولُنَا بِهَا مَخَافَةً السامة علينا – متفق عليه.

৬৯৯. Selon Abou Waïl Chaqiq ibn Salama, Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) nous exhortait et nous conseillait chaque jeudi. Un homme lui dit : « Ô Abou Abd ar-Rahman, nous souhaitons que tu nous exhortes et nous conseilles chaque jour. » Il répondit : « Sachez que l’unique obstacle qui m’empêche de vous exhorter chaque jour est que je n’aime pas vous ennuyer. Pour vous conseiller, je suis le même principe que celui que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) suivait avec nous, de peur que nous ne nous lassions. » (Al-Bukhari, Muslim)

٧٠٠ وَعَنْ أَبِي الْيَقْطَانِ عَمَّارِ بْنِ يَاسِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّ طول صلاة الرَّجُلِ وَقَصَرَ خُطْبَتِه مَتَنهُ مِنْ فقهه فأطيلوا الصلوة واقْصِرُوا الخُطبة – رواه مسلم.

700. Rapporté d’après Abou al-Yaqzân ‘Ammâr ibn Yâsir (qu’Allah l’agrée). Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « La longueur de la prière d’un homme et la brièveté de son sermon sont un signe de sa profonde compréhension de la religion et de sa clairvoyance. Allongez donc la prière et abrégez le sermon. » (Mouslim)

۷۰۱- وَعَنْ مُعَاوِيَةَ بْنِ الْحَكَمِ السلمي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ بَيْنَا أَنَا أَصَلِّي مَعَ رسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذْ عَطَسَ رَجُلٌ مِنَ الْقَوْمِ فَقُلْتُ يَرْحَمُكَ اللَّهُ فَرَمَانِي القَوْمُ بِأَبْصَارِهِمْ فَقُلْتُ وَأَنكُلَ أَصْيَاهُ مَا شَانَّكُمْ تَنظُرُونَ إِلَى فَجَعَلُوا يَضْرِبُونَ بِأَيْدِيهِمْ عَلَى أَفْخَادِهِمْ فَلَمَّا رَأَيْتُهُمْ يُصَمِّتُونَنِي لَكِنِّي سَكَتُ فَلَمَّا صلى رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَبِأَبِى هُوَ وَأُمِّى مَا رَأَيْتُ مُعَلَّمًا قَبْلَهُ وَلَا بعْدَهُ أَحْسَنَ تعليما منه فوالله ما كهرني ولا ضربني ولا شَتَمَنِي قَالَ إِنَّ هذه الصلاة لا يصلح فِيهَا شَيْ مِنْ كَلام النَّاسِ إِنَّما هي التسبيح والتكبير وقراءةالْقُرْآنِ أَوْ كَمَا قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنِّي حَدِيثُ عَهْدٍ بِجَاهِلِيَّةٍ وَقَدْ جَاءَ اللهُ بِالْإِسْلامِ وَإِنَّ مِنَّا رِجَالًا يَأْتُونَ الْكُهَانَ قَالَ فَلا تَأْتِهِمْ قُلْتُ وَمِنَّا رِجَالٌ يَتَطيرُونَ قَالَ ذَاكَ شَيْ يَجِدُونَهُ فِي صُدُورِهِمْ فَلَا يصدنهم – رواه مسلم.

701. Rapporté d’après Mu‘âwiya ibn al-Hakam as-Sulamî (qu’Allah l’agrée). Il dit : Un jour, je priais avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Lorsqu’un fidèle éternua, je lui dis : « Qu’Allah te fasse miséricorde ! » Les fidèles se mirent alors à me lancer des regards sévères. Je dis : « Que vos mères vous perdent ! Qu’avez-vous donc à me regarder ainsi ? » Ils se mirent à taper leurs mains sur leurs cuisses. Lorsque je compris qu’ils voulaient me faire taire, je me mis en colère, mais je gardai le silence. Entre-temps, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) termina la prière. Que mon père et ma mère lui soient sacrifiés ! Je n’ai jamais vu, ni avant ni après lui, un meilleur éducateur que lui. Par Allah, il ne me réprimanda pas, ne me frappa pas et ne m’adressa aucune parole mauvaise. Il dit seulement : « Il ne convient pas de tenir des propos humains durant cette prière. La prière n’est que glorification d’Allah, proclamation de Sa grandeur et récitation du Coran », ou des paroles de ce genre, a dit le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue). Je dis : « Ô Messager d’Allah, je viens à peine de quitter l’époque de l’Ignorance, et Allah nous a accordé la faveur d’embrasser l’islam. Certains d’entre nous se rendent encore auprès des devins. » Il dit : « Non, ne vous rendez pas auprès d’eux. » Je dis : « Il y a aussi parmi nous des gens qui croient aux présages favorables ou défavorables. » Il dit : « C’est une chose qu’ils ressentent dans leur cœur, mais qu’elle ne les empêche pas d’accomplir ou de ne pas accomplir une chose. » (Mouslim)

۷۰۲- وَعَنِ العرباض بن سارية رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ وَعَظَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ موعظة وجلت منها القلوب وذرِفَتْ مِنْهَا الْعُيُونُ وَذَكَرَ الْحَدِيث وقد سبق بكماله في باب الأمر بالمحافظة على السُّنَّةِ وَذَكَرْنَا أَنَّ التَّرْمِذِي قَالَ إِنَّهُ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ

702. Rapporté d’après Irbâd ibn Sâriya (qu’Allah l’agrée). Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous adressa un sermon qui fit trembler les cœurs et couler les larmes des yeux… Puis il rapporta l’intégralité du hadith. Ce hadith a déjà été cité dans le chapitre intitulé « L’ordre de préserver la Sunna ». L’imam at-Tirmidhî considère ce hadith, qu’il a rapporté, comme hasan et sahîh.

Chapitre 9 — Dignité et sérénité

Dignité et sérénité.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَعِبَادُ الرَّحْمَنِ الَّذِينَ يَمْشُونَ عَلَى الْأَرْضِ هَوْنًا وَإِذَا خَاطَبَهُمُ الْجَاهِلُونَ قَالُوا سَلَامًا.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre et qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : “Paix !” » (sourate Al-Furqân : 63)

٧٠ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ مَا رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُسْتَجمعا قط ضاحكا حتى ترى منه لهوَاتُهُ إِنَّمَا كَانَ يُتبسم – متفق عليه.

703. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : Je n’ai jamais vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) rire aux éclats au point de laisser apparaître le fond de sa bouche. Il souriait généralement. (Al-Boukhari et Muslim)

Section 10 — Se rendre avec calme et gravité à la prière, à l’acquisition du savoir et à tous les actes d’adoration

Il convient de se rendre avec calme et gravité à la prière, à l’acquisition du savoir et à tous les actes d’adoration.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَنْ يُعَظِمْ شَعَائِرَ اللَّهِ فَإِنَّهَا مِنْ تَقْوَى الْقُلُوبِ.

Allah le Très-Haut dit :

« Celui qui respecte comme il se doit les rites d’Allah, cela relève certes de la piété des cœurs. » (Sourate Al-Hajj : 32)

٧٠٤- وَعَلَيْكُمُ السَّكينة فما أدركتُمْ فَصَلُّوا وَمَا فَاتَكُم فأتموا – متفق عليه. زاد مسلم في روايةٍ لَهُ فَإِنْ أَحَدَكُم إِذا كَانَ يَعْمِدُ إِلى الصَّلاةِ فَهُوَ فِي صَلاة .

704. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Lorsque l’appel annonçant le début de la prière a été prononcé, ne vous y rendez pas en courant pour rejoindre la prière en assemblée ; allez-y plutôt en marchant calmement et sereinement. Ce que vous rattrapez de la prière, accomplissez-le, et ce que vous en avez manqué, complétez-le ensuite. »

L’imam Al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version rapportée par l’imam Mouslim, il est ajouté : « Lorsque l’un d’entre vous se met en route avec l’intention d’accomplir la prière, il est déjà considéré comme étant en prière. »

٧٠٥ وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّهُ دَفَعَ مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ عَرَفَةَ فَسَمِعَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَرَانَهُ زَجْرًا شَدِيدًا وَضَرْبًا وصوتا للايلِ فَأَشَارَ بِسَوْطِهِ إِلَيْهِمْ وَقَالَ أَيُّهَا النَّاسُ عَلَيْكُمْ بِالسَّكِينَةَ فَإِنَّ الْبِرِّ ليس بالإيضاع – رواه البخاري وروى مسلم بعضه .

705. Ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : Le jour d’Arafat, il se rendait avec le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Le Prophète entendit derrière lui les cris retentissants de ceux qui poussaient et frappaient leurs chameaux, ainsi que le tumulte. Il leur fit signe en agitant son fouet et dit : « Ô gens ! Vous devez avancer avec calme et sérénité. Il n’y a aucun bien dans la précipitation et l’allure rapide. »

L’imam Al-Boukhari l’a rapporté ; l’imam Mouslim en a également rapporté une partie.

Chapitre : 11 – Honorer l’hôte et l’accueillir chaleureusement

Honorer l’hôte et l’accueillir chaleureusement.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : هَلْ أَتَاكَ حَدِيثُ ضَيْف ابراهيمَ الْمُكْرَمِينَ . إِذْ دَخَلُوا عَلَيْهِ فَقَالُوا سَلَامًا قَالَ سَلَامٌ قَوْمٌ مُنْكَرُونَ فَرَاغَ إِلَى أَهْلِهِ فَجَاءَ بِعِجْل سمين فَقَرِّبُهُ إِلَيْهِمْ قَالَ أَلَا تَأْكُلُونَ.وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِذا أَقِيمَتِ الصَّلاةُ فَلا تَأْتُوهَا وَأنتُمْ تَسْعَوْنَ وَآتُوهَا وَأَنتُمْ تَمْشُونَ

Le Très-Haut dit :

« Le récit des hôtes honorables d’Abraham t’est-il parvenu ? Lorsqu’ils entrèrent chez lui et dirent : “Paix à vous !”, il répondit : “Paix à vous !” Ce sont des gens inconnus. Puis il se retira discrètement auprès de sa femme, et rapporta un veau gras rôti qu’il leur présenta. Il dit : “Pourquoi ne mangez-vous pas ?” » (Sourate Adh-Dhâriyât : 24-27)

وقَالَ تَعَالَى : وَجَاءَهُ قَوْمُهُ يُهْرَعُونَ إِلَيْهِ وَمِنْ قَبْلُ كَانُوا يَعْمَلُونَ السَّيِّئَاتِ قَالَ يا قوم هؤلاء بَنَاتِي هُن أَطْهَرُ لَكُمْ فَاتَّقُوا اللَّهَ وَلَا تُخْزُونَ فِي ضَيْفِى اليْسَ مِنْكُمْ رَجُلٌ رَشِيد.

« Son peuple accourut vers lui, affolé, alors qu’auparavant déjà ils commettaient de mauvaises actions. Il dit : “Ô mon peuple ! Voici mes filles ; elles sont plus pures pour vous. Craignez Allah et ne me déshonorez pas au sujet de mes hôtes. N’y a-t-il donc parmi vous aucun homme raisonnable ?” » (Sourate Hûd : 78)

٧٠٦- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيُكَرِمْ ضَيْفَهُ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَصِل رَحِمَهُ وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَصْمُتْ متفق عليه.

706. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son hôte. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier préserve ses liens de parenté. Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise une bonne parole ou se taise. » (Al-Boukhari et Mouslim)

۷۰۷- وَعَنْ أَبِي شُرَيْحٍ خُوَيْلِدِ بْنِ عَمْرُو الْخُزَاعِيُّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيُكَرِمْ ضَيْفَهُ جَائِزَتَهُ قَالُوا وَمَا جَائِزَتُهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ يَوْمُهُ وَلَيْلَقُهُ والضيافة ثلاثة أَيَّامٍ فَمَا كَانَ وَرَاءَ ذَلِكَ فَهُوَ صَدَقَةٌ عَلَيْهِ – متفق عليه. وفيرواية المسلم لا يحل لمسلم أن يُقيم عند أخيه حَتَّى يُؤْثِمَهُ قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ وكَيْفَ يُؤْثِمُهُ قَالَ يُقِيمُ عِندَهُ وَلَا شَيْءَ لَهُ يَقْرِيهِ بِهِ.

707. Abou Chourayh Khouwailid ibn Amr al-Khouza‘i (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son hôte en lui accordant pleinement son droit.” Les Compagnons demandèrent : “Ô Messager d’Allah, quel est son droit ?” Il répondit : “Un jour et une nuit, durant lesquels vous lui témoignez hospitalité et attention.” La durée de l’hospitalité est de trois jours. Au-delà, c’est une aumône. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Dans une version de l’imam Mouslim, il est dit : « Il n’est pas licite pour un musulman de séjourner chez son frère pendant une durée qui le ferait tomber dans le péché. » Les Compagnons demandèrent : « Comment le ferait-il tomber dans le péché ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répondit : « Il continue de séjourner chez lui alors que celui-ci ne possède rien avec quoi lui offrir l’hospitalité. » [Note : 84. L’hospitalité est accordée pendant trois jours. Le premier jour, on préparera autant que possible. Les deuxième et troisième jours, on servira des repas ordinaires. Tel est également le sens de al-jāʾiza. Le terme al-jāʾiza est mentionné dans le hadith original. Al-jāʾiza signifie notamment récompense, présent et mets savoureux. Ici, il signifie seulement un jour. Honorer et prendre soin de l’hôte est une qualité ou une caractéristique morale. Le hadith attire l’attention sur cette vertu. L’imam Ja‘far as-Sadiq a dit : « Lorsque tu t’assieds à table avec tes frères, reste assis longtemps, car c’est un moment dont tu ne rendras pas compte dans ta vie. »]

Chapitre 12 – Annoncer de bonnes nouvelles et adresser des félicitations pour les bonnes œuvres

Annoncer de bonnes nouvelles et adresser des félicitations pour les bonnes œuvres.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : فَبَشِّرْ عِبَادِ الَّذِينَ يَسْتَمِعُونَ الْقَوْلَ فَيَتَّبِعُونَ أَحْسَنَهُ.

Le Très-Haut dit :

« Annonce donc la bonne nouvelle à Mes serviteurs qui écoutent attentivement la parole et en suivent ce qu’elle contient de meilleur. » (Sourate Az-Zumar : 17-18)

وقَالَ تَعَالَى : يُبَشِّرُهُمْ رَبُّهُم بِرَحْمَةٍ مِنْهُ وَرِضْوَانِ وَجَنَّاتٍ لَهُمْ فِيهَا نَعِيمٌ مُقِيمٌ.

« Leur Seigneur leur annonce la bonne nouvelle de Sa miséricorde, de Son agrément et d’un Paradis où sont préparées pour eux des jouissances éternelles. » (Sourate At-Tawbah : 21)

وقال تعالى : وابْشِرُوا بِالْجَنَّةِ الَّتِي كُنتُمْ تُوعَدُونَ.

« Recevez la bonne nouvelle du Paradis qui vous a été promis. » (Sourate Ha-Mîm As-Sajdah : 73)

وقال تعالى : فَبَشِّرْنَاهُ بِغُلام حليم

« Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d’un fils éminemment patient. » (Sourate As-Saffât : 101)

وقال تعالى : ولَقَدْ جَاءَ رُسُلُنَا إِبْرَاهِيمَ بِالبشرى.

« Mes messagers vinrent auprès d’Ibrahim avec une bonne nouvelle. » (Sourate Hûd : 69)

وقَالَ تَعَالَى : فَنَادَتْهُ الْمَلَائِكَةُ وَهُوَ قَائِمٌ يُصَلَّى فِي الْمِحْرَابِ أَنَّ اللَّهَ يبشرك بيحى.

« Les anges l’appelèrent alors qu’il se tenait debout dans le mihrab pour prier : “Allah t’annonce la bonne nouvelle de Yahyâ.” » (Sourate Âl ‘Imrân : 39)

وقال تعالى : إِذْ قَالَتِ الْمَلَائِكَةُ يَا مَرْيَمُ إِنَّ اللَّهَ يُبَشِّرُكَ بِكَلِمَةٍ مِّنْهُ اسمه المسيح.

« Lorsque les anges dirent : “Ô Maryam, Allah t’annonce la bonne nouvelle d’une parole venant de Lui. Son nom sera le Messie, ‘Îsâ fils de Maryam…” » (Sourate Âl ‘Imrân : 44)

وقال تعالى : وامْرَأَتُهُ قَائِمَةٌ فَضَحِكَتْ فَبَشِّرْنَاهَا بِإِسْحَاقَ وَمِنْ وَرَاءِ اسحاق يعقوب.

« La femme d’Ibrahim se tenait debout et elle se mit à rire. Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d’Is’hâq, puis, après Is’hâq, celle de Ya‘qûb. » (Sourate Hûd : 71)

Il existe à ce sujet un grand nombre de hadiths. Ils sont dispersés dans les recueils de hadiths authentiques. Nous allons en mentionner quelques-uns.

۷۰۸- أو في رضي اللهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَشِّرَ خَدِيجَةَ بِبَيْت فِي الْجَنَّةِ مِن قصب فيه لا صخب ولا نصب متفق عليه .

708. Rapporté d’Abû Ibrâhîm, ou d’Abû Muhammad, ou d’Abû Mu‘âwiya, ‘Abdullah ibn Abî Awfâ — qu’Allah l’agrée. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — annonça à Khadîja — qu’Allah l’agrée — la bonne nouvelle d’un palais au Paradis, construit de perles, où il n’y aurait ni écho, ni tapage, ni désagrément. (Al-Bukhârî, Muslim)

۷۰۹- وعن أبي موسى الأشعري رضى اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ تَوَضَّأَ فِي بَيْتِهِ ثُمَّ خَرَجَ فَقَالَ الزَمَنْ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَا كُونَنَّ مَعَهُ يَوْمِي هَذَا فَجَاءَ المسجد فسألَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا وَجْهَ هَهُنَا قَالَ فَخَرَجْتُ على اثره اسأل عَنْهُ حَتَّى دَخَلَ بِئر أريس فجلستُ عِندَ الْبَابِ حَتَّى قَضَى رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَاجَتَهُ وَتَوَضَّأَ فَقُمْتُ إِلَيْهِ فَإِذَا هُوَ قَدْ جَلَسَ عَلَى بِئرٍ اريس وتوسط تُفْهَا وَكَشَفَ عَنْ سَاقَيْهِ وَدَلَأَهُمَا فِي الْبَحْرِ فَسَلَّمْتُ عَلَيْهِ ثُمَّ انصرفت فجلستُ عِندَ الْبَابِ فَقُلْتُ لَا كُونَن بَوَابَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْيَوْمَ فَجاءَ أبو بكر فَدَفَعَ البَابَ فَقُلْتُ مَنْ هَذَا فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ فَقُلْتُ عَلَى رسُلِكَ ثُمَّ ذَهَبَتُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ الله هذا أبو بكر يَسْتَأْذِنُ فَقَالَ انْذَنَ لَهُ وَبَشَرَهُ بالْجَنَّةِ فَأَقْبَلَتُ حَتَّى قُلْتُ لأبي بكر ادخل وَرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يبشرك بالْجَنَّةِ فَدَخَلَ أَبُو بَكْرٍ حَتَّى جَلَسَ عَنْ يَمِينِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَهُ فِي الْقُفْ وَدَلَّى رجليه في البشر كَمَا صَنَعَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وكَشَفَ عَنْ سَاقَيْهِ ثُمَّ رَجَعَتْ وَجَلَسْتُ وَقَدْ تَرَكَتْ أَخِي يَتَوَفَّا وَيَلْحَقْنِي فَقُلْتُ ان يرد الله بفلان يُرِيدُ أَخَاهُ – خَيْراً يَأْت به فَإِذَا انْسَانَ يُحْرِكُ الْبَابَ فَقُلْتُ مَنْ هذا فَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَابِ فَقُلْتُ عَلَى رَسُلِكَ ثُمَّ جِئْتُ إِلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَلَّمْتُ عَلَيْهِ وَقُلَتْ هذا عُمَرُ يَسْتَأْذِنُ فَقَالَ انْذَنَ لَهُ وَبَشِّرُهُعن أبي إِبْرَاهِيمَ وَيُقَالُ أَبُو مُحَمَّدٍ وَيُقَالُ أَبُو مُعَاوِيَةَ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ أَبِيبالجنة فجئتُ عُمَرَ فَقُلْتُ أَذنَ وَيُبَشِّرُكَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم بالْجَنَّةِ فَدَخَلَ فَجَلَسَ مَعَ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي القُفَ عَنْ يَسَارِهِ ودلى رجليه في البئرِ ثُمَّ رَجَعَت فَجَلَسَت فَقُلْتُ إِن يُرِدِ اللَّهِ بِفُلان خَيْرًا يَعْنِي به فجاء انسان فَحَرَّكَ الْبَابَ فَقُلْتُ مَنْ هَذَا فَقَالَ عُثْمَانُ بْنُ عَفَّانَ أَخَاهُ يَأْت به فجاء ا فَقُلْتُ عَلَى رِسْلكَ وَجِئْتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْبَرْتُهُ فَقَالَ الذَنَ لَهُ وبشره بالجنة مع بلوى تُصيبه فجئتُ فَقُلْتُ أدخل وَيُبَشِّرُكَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عليه وسلم بالجنَّة مع بلوى تُصِيبُكَ فَدَخَلَ فَوَجَدَ الْقُفُ قَدْ مُلَى فَجَلَسَ وِجَاهَهُمْ من الشق الآخرِ قَالَ سَعيد بن المسيب فأولتها قبورهم – متفق عليه . وزاد في رواية وأمرني رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بحفظ البَابِ وَفِيهَا أَنْ عُثْمَانَ حِينَ بَشَرَهُ حَمدَ الله تَعَالَى ثُمَّ قَالَ اللهُ الْمُسْتَعَانُ .

709. Abû Mûsâ al-Ash‘arî — qu’Allah l’agrée — rapporte : Il fit ses ablutions chez lui, puis sortit en disant : « Je vais tenir compagnie au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — et passer toute ma journée auprès de lui. » Il se rendit à la mosquée et demanda où se trouvait le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue. Les Compagnons lui indiquèrent par des gestes la direction dans laquelle il était parti. Abû Mûsâ dit : « Je suivis ses traces et me mis en route, avançant tout en demandant où il se trouvait. Entre-temps, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — était entré dans le puits d’Arîs — nom d’un puits. Je m’assis près de la porte. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — fit ses besoins, puis ses ablutions. Je me levai et me dirigeai vers lui. Je le vis assis au-dessus du puits d’Arîs. Il était assis dans l’enceinte du puits, les jambes suspendues à l’intérieur, les parties inférieures de ses deux genoux découvertes. Je le saluai, puis je revins m’asseoir à la porte. Je me dis intérieurement : “Aujourd’hui, je serai le gardien du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue.” À ce moment-là, Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — arriva et frappa à la porte. Je demandai : “Qui est là ?” Il répondit : “Abû Bakr.” Je lui dis : “Attendez.” Puis j’allai dire : “Ô Messager d’Allah, voici Abû Bakr qui demande la permission d’entrer.” Il dit : “Donne-lui la permission et annonce-lui également la bonne nouvelle du Paradis.” Je revins auprès d’Abû Bakr et lui dis : “Entrez ; oui, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — vous annonce la bonne nouvelle du Paradis.” Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — entra et s’assit à la droite du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue. Lui aussi découvrit les parties inférieures de ses deux genoux et suspendit ses jambes dans le puits, comme l’avait fait le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue. Je revins m’asseoir. J’avais laissé mon frère en train de faire ses ablutions, et il devait arriver juste après moi. Je me dis intérieurement : “Si Allah veut son bien, Il le fera venir à cet instant.” C’est alors que quelqu’un frappa à la porte. Je demandai : “Qui est là ?” Le visiteur répondit : “‘Umar ibn al-Khattâb.” Je lui dis : “Attendez.” Puis je me rendis auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue —, le saluai et lui dis : “Voici ‘Umar qui demande la permission d’entrer.” Il dit : “Donne-lui la permission et annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis.” Je revins auprès de ‘Umar et lui dis : “Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — vous a donné la permission et vous annonce la bonne nouvelle du Paradis.” ‘Umar — qu’Allah l’agrée — entra et s’assit à la gauche du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue. Lui aussi s’assit dans l’enceinte du puits et y suspendit ses jambes. Je revins m’asseoir et me dis intérieurement : “Si Allah veut le bien d’un tel, c’est-à-dire de mon frère, Il l’enverra certainement.” À ce moment-là, un homme vint frapper à la porte. Je demandai : “Qui est là ?” Il répondit : “‘Uthmân ibn ‘Affân.” Je lui dis : “Attendez.” Puis j’allai auprès du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — et l’informai de la présence de ‘Uthmân. Il dit : “Donne-lui la permission et annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis, malgré les épreuves et les calamités qui l’atteindront.” Je revins et lui dis : “Entrez ; le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — vous annonce la bonne nouvelle du Paradis, malgré certaines épreuves et calamités.” Il entra à son tour et vit que l’enceinte était déjà occupée. Il s’assit en face, de l’autre côté. Sa‘îd ibn al-Musayyib — qu’Allah lui fasse miséricorde — dit : « Le fait que ces trois hommes se soient assis au même endroit indiquait que leurs tombes seraient réunies au même endroit. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Une autre version ajoute : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — me chargea de garder la porte. » On y trouve également : « Lorsque la bonne nouvelle fut annoncée à ‘Uthmân, il remercia Allah, le Très-Haut, et dit : “Allah est Celui qui accorde le soutien et l’aide.” »

۷۱۰- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا قُعُودًا حَوْلَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى
اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَعَنَا أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ فِي نَفَرٍ فَقَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ بَيْنِ أَظْهُرِنَا فَأَبْطأَ عَلَيْنَا وَخَشِيْنَا أَنْ يُقْتَطَعَ دُونَنَا وَفَزِعْنَا فَقُمْنَا فكنتُ أول مَنْ فَزِعَ فَخَرَجْتُ ابْتَغِي رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى أَتَيْتُحائطا للأنصار لبنى النجار قدرت به هَل أجِدُ لَهُ بَابًا فَلَمْ أَجِدٌ فَإِذَا رَبِيعٌ يَدْخُلُ فِي جَوْفِ حَائِط من بشر خارجه والربيعُ الْجَدُولُ الصَّغِيرُ فَاحْتَفَرْتُ فَدَخَلْتُ عَلَى رَسُول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ فَقُلْتُ نَعْمُ يَا رسُولَ اللهِ قَالَ مَا شَانُكَ قُلْتُ كُنتَ بَيْنَ أَظْهُرِنَا فَقُمْتَ فَأَبْطَأْتَ عَلَيْنَا فَخَشِيْنَا أن تقتطع دونَنَا فَفَزِعَنَا فَكُنتُ أوَّلَ مَنْ فَرْعَ فَاتَيْتُ هَذَا الْحَائِطَ فَاحْتَفَرْتُ كَمَا يَحْتَفِرُ الشُّعْلَبُ وَهُؤلاء النَّاسُ وَرَائِي فَقَالَ يَا أَبَا هُرَيْرَةً وَأَعْطَانِي نَعْلَيْهِ فَقَالَ اذْهَبْ بِتَعْلَى هَاتَيْنِ فَمَنْ لقيت من وراء هذا الحَائِطِ يَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلا اللَّهُ مستيقنا بها قلبه فبشره بالجنة وذكر الحديث بطوله – رواه مسلم.

710. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Nous étions assis autour du Messager d’Allah ﷺ. Abou Bakr et ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) étaient assis avec nous dans la même assemblée. Le Messager d’Allah ﷺ se leva de devant nous et sortit. Son retour auprès de nous se fit attendre assez longtemps. Nous craignîmes qu’un malheur ne lui soit arrivé en notre absence. Nous fûmes pris de panique et nous nous levâmes tous. Je fus le premier à paniquer. Je partis à la recherche du Messager d’Allah ﷺ. En le cherchant, j’arrivai près de l’enceinte du jardin d’un Ansar des Banû Najjâr. Je fis le tour de l’enceinte à la recherche d’une porte, mais je n’en trouvai aucune. Je remarquai un petit canal qui partait d’un puits situé à l’extérieur et pénétrait dans le jardin. Je me faufilai par ce canal et parvins ainsi auprès du Messager d’Allah ﷺ. Le Messager d’Allah ﷺ dit : « Abou Hourayra ? » Je répondis : « Oui, ô Messager d’Allah. » Il demanda : « Qu’y a-t-il donc ? » Je répondis : « Vous étiez avec nous, puis vous vous êtes levé et vous êtes parti. Votre retour auprès de nous s’est fait attendre. Nous avons craint qu’un malheur ne vous soit arrivé en notre absence. Nous avons donc paniqué, et je fus le premier à paniquer. Je suis arrivé jusqu’à l’enceinte de ce jardin. Je me suis faufilé, comme se faufile un renard, puis je suis entré dans le jardin. Les autres sont derrière moi. » Le Messager d’Allah ﷺ me donna alors ses sandales et dit : « Ô Abou Hourayra, prends mes sandales. Puis, à l’extérieur de ce jardin, quiconque tu rencontreras et qui témoignera sincèrement : “Il n’y a de divinité qu’Allah” — qu’Allah l’agrée — annonce-lui la bonne nouvelle du Paradis. » Puis il rapporta l’intégralité du hadith. (Mouslim)

۷۱۱- وَعَنِ ابْنِ شُمَاسَةَ قَالَ حَضَرْنَا عَمْرُو بْنَ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَهُوَ فِي سياقَةِ الْمَوْتِ فبكى طويلاً وحول وجهه إلى الجِدَارِ فَجَعَلَ ابْنُهُ يَقُولُ يَا أَبْنَاهُ أما بشركَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِكَذَا ؟ أَمَا بَشْرَكَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِكَذا ؟ فَأَقْبَلَ بِوَجْهِهِ فَقَالَ إِنْ أَفْضَلَ مَا تُعِدُّ شَهَادَةً أَنْ لَا إِلَهَ إِلا اللهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ إِنِّي قَدْ كُنتُ عَلَى اطْبَاقٍ ثَلَاثَ لَقَدْ رَأَيْتُنِي وَمَا أَحَدٌ اشد بعضًا لِرَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنِّي وَلَا أَحَبُّ إِلَى مِنْ أَنْ أَكُونَ قَدِ استمكَنتُ مِنْهُ فَقَتَلْتُهُ فَلَوْ مُت عَلَى تِلْكَ الْحَالِ لَكُنتُ مِنْ أَهْلِ النَّارِ فَلَمَّا جَعَلَ اللَّهُ الْإِسْلَامَ فِي قَلْبِي أَتَيْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقُلْتُ ابْسُطُ يمينك فلا با بعكَ فَبَسَطَ يَمِينَهُ فَقَبَضْتُ يَدِى فَقَالَ مَا لَكَ يَا عَمْرُو قُلْتُ أَرَدْتُ ان اشترط قَالَ تَشْتَرِطُ مَاذَا ؟ قُلْتُ أَنْ يُغفَرَ لِي قَالَ أَمَا عَلِمْتَ أَنَّ الْإِسْلَامَ يَهْدِمُ مَا كَانَ قَبْلَهُ وَأَنَّ الْهَجْرَةَ تَهْدِمُ مَا كَانَ قَبْلَهَا وَأَنَّ الْحَجِّ يَهْدِمُ مَا كَانَ قَبْلَهُ وَمَا كان أحدٌ أَحَبُّ إِلَى مِنْ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَا أَجَلٌ فِي عَيْنِي مِنْهُ ومَا كُنتُ أطيق أن أملاً عَيْنِي مِنْهُ اجلالاً لهُ وَلَوْ سُئِلْتُ أَنْ أَصِفَهُ مَا أَطقَتُ لِأَنِّي لم اكن أملاً عَيْنِي مِنْهُ وَلَوْ مُت عَلَى تِلْكَ الْحَالِ لِرَجَوْتُ أَنْ أَكُونَ مِنْ أَهْلِ الجَنَّةِ ثُمَّ وَلَيْنَا أَشْيَاءَ مَا أَدْرِي مَا خَالِي فِيهَا ؟ فَإِذَا أَنَا مِّن فَلَا تَصْحَبَنِي نَائِحَةٌ وَلَا نَارٌ فَإِذَا دَفَنَتُمُونِي فَسُنُوا عَلَى التَّرَابَ شَنَّا ثُمَّ أَقِيمُوا حَوْلَ قَبْرِي قدر ر ما مَا تُنْحَرُ جَزُورٌ وَيُقْسَمُ لَحْمُهَا حَتَّى اسْتَانِسَ بِكُمْ وَأَنْظُرَ مَا أَرَاجِعُ بِهِ رُسُلٌ ربی- رواه مسلم.

711. D’après Ibn Chumâsa (qu’Allah l’agrée), il dit : Nous nous rendîmes auprès de ‘Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée), qui était alors à l’agonie, accablé par les douleurs de la mort. Il pleura longuement et tourna son visage vers le mur. Son fils se mit à lui dire : « Ô père ! Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ne vous a-t-il pas annoncé une telle bonne nouvelle ? Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ne vous a-t-il pas annoncé une telle bonne nouvelle ? » Puis il se tourna vers lui et dit : « La meilleure provision que nous puissions préparer est de témoigner qu’il n’y a aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Dans ma vie, j’ai traversé trois périodes distinctes. Il fut un temps où nul n’éprouvait envers le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) une haine et une hostilité plus grandes que les miennes, et rien ne m’était plus cher que de le tuer si j’en avais l’occasion. Si j’étais mort dans cet état, j’aurais certainement été voué à l’Enfer. Lorsque Allah fit naître dans mon cœur l’attirance pour l’islam, je me rendis auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et lui dis : “Tendez-moi votre main droite ; je veux absolument vous prêter allégeance.” Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) me tendit sa main droite, mais je retirai la mienne. Il demanda : “Qu’y a-t-il, ô ‘Amr ?” Je répondis : “Je voudrais poser une condition.” Il demanda : “Quelle condition veux-tu poser ?” Je répondis : “Que je sois pardonné.” Il dit : “Ne sais-tu pas que l’islam efface tous les péchés antérieurs, que l’émigration détruit tous les péchés antérieurs et que le pèlerinage efface tous les péchés antérieurs ?” » (Quoi qu’il en soit, je lui prêtai ensuite allégeance.) Dès lors, personne ne me fut plus cher que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), et nul ne fut plus vénérable à mes yeux que lui. En raison de son immense dignité et de sa majesté, je ne pouvais même pas le regarder longuement. Ainsi, lorsqu’on me demandait de décrire son apparence et ses traits, j’en étais incapable, car je ne l’avais jamais regardé pleinement. Si j’étais mort dans cet état, j’aurais eu l’espoir certain d’être au Paradis. Puis de nombreuses responsabilités nous furent confiées. Je ne sais pas quelle sera ma situation à leur sujet. Quoi qu’il en soit, lorsque je mourrai, je ne veux qu’aucune pleureuse ne soit présente à mes funérailles ni qu’un cortège de torches ne soit organisé. Lorsque vous m’enterrerez, jetez progressivement un peu de terre sur ma tombe, puis restez autour d’elle le temps nécessaire pour égorger un chameau et en distribuer la viande, afin que je puisse bénéficier de votre affection et de votre proximité, et voir quels propos j’échangerai avec les messagers de mon Seigneur. (Muslim)

Chapitre 13 — Prendre congé d’un ami, lui donner des conseils au moment de la séparation, invoquer Allah en sa faveur et lui demander d’invoquer Allah en notre faveur

Prendre congé d’un ami, lui donner des conseils au moment de la séparation, invoquer Allah en sa faveur et lui demander d’invoquer Allah en notre faveur.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَوَصَّى بِهَا إِبْرَاهِيمُ بَنِيهِ وَيَعْقُوبُ يَا بَنِي إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَى لَكُمُ الدِّينَ فَلا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنْتُمْ مُسْلِمُونَ ، أَمْ كُنتُمْ شُهَدَاءَ إِذْ حَضَرَ يَعْقُوبَ الْمَوْتُ إِذْ قَالَ لِبَنِيهِ مَا تَعْبُدُونَ مِنْ بَعْدِي قَالُوا نَعْبُدُ الْهَكَ وَاللَّهَ أَبَائِكَ إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ وَإِسْحَاقَ إِلَهَا وَاحِدًا وَنَحْنُ لَهُ مُسْلِمُونَ.

Le Très-Haut dit :

« Abraham et Jacob enjoignirent cela à leurs fils : “Ô mes fils ! Allah a choisi pour vous cette religion. Ne mourez donc qu’en étant musulmans (soumis à Allah).” Étiez-vous présents lorsque la mort se présenta à Jacob ? Lorsqu’il demanda à ses fils : “Qu’adorerez-vous après moi ?” Ils répondirent : “Nous adorerons ton Dieu et le Dieu de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac, un Dieu unique, et nous Lui sommes soumis.” » (Sourate al-Baqara : 132-133)

۷۱۲- فَمِنْهَا حَدِيثُ زَيْدِ بْنِ أَرْقَمَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ الَّذِي سَبَقَ فِي بَابِ إِكْرَامِ أَهْلِ بيت رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ قَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فينَا خَطِيبًا فحمد الله وأثنى عَلَيْهِ وَوَعظ وذكرَ ثُمَّ قَالَ أَمَّا بَعْدُ أَلَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّمَا أَنَا بَشَرٌ يُوشِكُ أَنْ يَأْتِي رَسُولُ رَبِّي فَاجِيبَ وَأَنَا تَارِكٌ فِيكُمْ تَقَلَيْنِ أولهما كِتَابُ اللهِ فِيهِ الْهُدَى وَالنُّورُ فَخُذُوا بِكِتَابِ اللَّهِ وَاسْتَمْسِكُوا بِهِ فَحَتْ عَلَى كِتَابِ اللهِ وَرَغْبَ فِيهِ ثُمَّ قَالَ وَاهْلُ بَيْتِي أَذْكَرُكُمُ اللَّهَ فِي أَهْلِ بيتي رواه مسلم .

712. Dans le hadith de Zayd ibn Arqam (qu’Allah l’agrée), déjà cité dans le chapitre consacré au respect des gens de la maison du Prophète, il est rapporté qu’il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se leva pour nous adresser un discours. Il commença par louer Allah, puis exhorta les gens et leur rappela la récompense et le châtiment. Ensuite, il dit : « Ô gens ! Sachez que je ne suis qu’un être humain comme vous. Bientôt, l’ange de la mort envoyé par mon Seigneur viendra à moi, et je répondrai à l’appel d’Allah pour partir dans l’au-delà. Je laisse parmi vous deux choses lourdes. La première est le Livre d’Allah (le Coran), dans lequel se trouvent pour vous la guidée, la direction vers le droit chemin, la lumière et le flambeau éclairant. Tenez fermement au Livre d’Allah et attachez-vous résolument à ses prescriptions. » Puis il exhorta les gens à s’attacher au Livre d’Allah et les incita à s’y tourner. Ensuite, il dit : « La seconde chose, ce sont les gens de ma maison. Je vous rappelle Allah au sujet des gens de ma maison. » [Note : Il est également dit dans le Coran : « Dis : Je ne suis qu’un être humain comme vous, mais je reçois la révélation. » Grâce à ces citations du Coran et des hadiths, nous pouvons facilement comprendre la véritable position du prophète humain et du prophète parmi les hommes.]

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Il a déjà été exposé en détail dans le hadith cité au chapitre consacré au respect des gens de la famille du Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui).

۷۱۳- وَعَنْ أَبِي سُلَيْمَانَ مَالِكِ بْنِ الْحُوَيْرِثِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ آتَيْنَا رَسُوْلَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ شَبَبَةٌ مُتَقَارِبُونَ فَأَقَمْنَا عِنْدَهُ عِشْرِينَ لَيْلَةً وكَانَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَحِيمًا رَفِيقًا فَظَنَّ أَنَّا قَدِ اشْتَقْنَا أَهْلَنَا فَسَأَلْنَا عَمَّنْ تَرَكْنَا مِنْ أَهْلِنَا فَأَخْبَرْنَاهُ فَقَالَ ارْجِعُوا إِلَى أَهْلِيْكُمْ فَأَقِيمُوا فِيهِمْ وَعَلِمُوهُمْ وَمُرُوهُمْ وَصَلُّوا صَلاةَ كَذَا فِي حِيْنِ كَذَا وَصَلُّوا كَذَا فِي حِيْنٍ كَذَا فَإِذَا حضرت الصلاة فَلْيُؤَذَنَ لَكُمْ أَحَدُكُمْ وَلَيَؤُمَكُمْ أَكْبَرُكُم – متفق عليه . زاد الْبُخَارِي فِي رِوَايَةٍ لَهُ وَصَلُّوا كَمَا رَأَيْتُمُونِي أَصَلِّي.

713. Abou Soulaymân Mâlik ibn al-Houwayrith (qu’Allah l’agrée) rapporte : Nous sommes venus auprès du Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui). Nous étions tous de jeunes hommes du même âge. Nous sommes restés auprès de lui pendant vingt jours. Le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) était extrêmement compatissant et affectueux. Il comprit que nous désirions ardemment retrouver nos proches. Il nous demanda qui nous avions laissé dans nos familles et quelle était leur situation. Nous l’en informâmes. Il dit : « Retournez auprès des vôtres et restez avec vos familles, enseignez-leur la religion, ordonnez-leur de la mettre en pratique et accomplissez la prière à ces heures précises. Lorsque l’heure de la prière arrive, que l’un d’entre vous fasse l’appel à la prière, et que le plus âgé d’entre vous dirige la prière. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans l’une de ses transmissions, l’imam al-Boukhari rapporte également : « Priez comme vous m’avez vu prier. »

٧١٤- وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ اسْتَأْذَنَتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْعُمْرَةِ فَأَذِنَ وَقَالَ لا تَنْسَنَا يَا أَخَى مِنْ دُعَائِكَ فَقَالَ كَلِمَةٌ مَا يسرني أنَّ لِي بِهَا الدُّنْيَا وَفِي رِوَايَةٍ قَالَ أَشْرِكْنَا يَا أَخَى فِي دُعَائِكَ – رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن صحيح

714. ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai demandé au Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) la permission d’accomplir la ‘umra. Il me l’accorda et dit : « Mon cher frère, ne nous oublie pas dans tes invocations. » Il prononça une phrase qui m’aurait été plus précieuse que le monde entier, même si celui-ci m’avait été donné en échange. Dans une autre transmission, il est rapporté que le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Mon frère ! Fais-nous aussi participer à tes invocations. »

L’imam Abou Dâwoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhi a dit : « Ce hadith est bon et authentique. »

٧١٥ – وَعَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّ عَبَدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا كَانَ يَقُولُ للرَّجُلِ إِذا أَرَادَ سَفَراً أذن منى حَتَّى أَوَدَعَكَ كَمَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُوَدِعُنَا فَيَقُولُ اسْتَودِعُ اللهَ دِينَكَ وَأَمَانَتَكَ وَخَوَاتِيمَ عملك – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح .

715. D’après Sâlim ibn Abd Allâh ibn Umar (qu’Allah les agrée), Abd Allâh ibn Umar (qu’Allah les agrée) disait à celui qui s’apprêtait à voyager : « Approche-toi de moi afin que je puisse te faire mes adieux, comme le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous faisait ses adieux. » Lorsqu’il nous faisait ses adieux, il disait : « Je confie à Allah ta religion, ton dépôt et tes dernières œuvres. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan et authentique. »

٧١٦- وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ يَزِيدَ الْخَطَمِي الصَّحَابِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذا أَرَادَ أَنْ يُوَدَعَ الْجَيْشِ قَالَ اسْتَودِعُ اللَّهَ دينَكُمْ وَأَمَانَتَكُمْ وَخَوَاتِمَ أَعْمَالِكُمْ حديث صحيح رواه ابو داود وغيره باسناد صحيح.

716. D’après Abd Allâh ibn Yazîd al-Khath‘amî, un Compagnon (qu’Allah l’agrée), il a dit : lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) voulait faire ses adieux à une armée, il disait : « Je confie à Allah votre religion, vos dépôts et vos dernières œuvres. »

C’est un hadith authentique. L’imam Abû Dâwûd et d’autres l’ont rapporté avec une chaîne de transmission authentique.

۷۱۷- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ جَاءَ رَجُلٌ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللهِ إِنِّي أَرِيدُ سَفَرًا فَزَوَّدَنِي فَقَالَ زَوْدَكَ اللَّهُ التَّقْوَى قَالَ زِدْنِي قَالَ وَغَفَرَ ذَنْبَكَ قَالَ زِدْنِي قَالَ وَيَسْرَ لَكَ الْخَيْرَ حَيْثُمَا كُنتَ رواه الترمذي وقال حديث حسن .

717. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il a dit : un homme vint trouver le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et lui dit : « Ô Messager d’Allah, je veux entreprendre un voyage ; donne-moi quelques provisions. » Il dit : « Qu’Allah te fournisse comme provisions la crainte d’Allah. » L’homme dit : « Ajoute-m’en davantage. » Il dit : « Qu’Allah te pardonne tes péchés. » L’homme dit : « Ajoute-m’en davantage. » Il dit : « Où que tu sois, qu’Allah te facilite l’acquisition du bien. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan. »

Chapitre 14 — À propos de l’istikharah et de la concertation

À propos de l’istikharah et de la concertation.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : وَشَاوِرُهُمْ فِي الْأَمْرِ.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Consulte-les au sujet des affaires importantes. » (Sourate Âl ʿImrân : 159)

وقال تَعَالَى : وَأَمْرُهُمْ شُورَى بَيْنَهُمْ.

« Leurs affaires sont conduites par la concertation mutuelle. » (Sourate ach-Chûrâ : 38)

۷۱۸- عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُعَلِّمُنَا الْاسْتِخَارَة فِي الْأُمُورِ كُلِّهَا كَالسُّورَةِ مِنَ الْقُرْآنِ يَقُولُ إِذَا هُمْ أَحَدُكُمْ بالأمر فليركع ركعتين من غيرِ الفَرِيضَةِ ثُمَّ لِيَقُلْ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيْرُكَ بِعِلْمِكَ واستقدرك بقدرتك وأسألك من فضلك العظيم فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلَا أَقْدِرُ وَتَعْلَمُ وَلَا أعلم وأنت عَلامُ الْغُيُوبِ اللَّهُم إِن كُنتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ خَيْرٌ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِى أَوْ قَالَ عَاجِلِ أمْرِى وَأجَلِهِ فَاقْدُرْهُ لِي وَيَسِرْهُ لِي ثُمَّ بَارِكْ لِي فِيهِ وَإِن كُنتَ تَعْلَمُ أن هذا الأمر شَرٌّ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي أَوْ قَالَ عَاجِلِ أَمْرِي وَأَجَلِهِ فَاصْرِقْهُ عَنِّى وَاصْرِفْنِي عَنْهُ وَاقْدُرْ لِي الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ ثُمَّ أَرْضِنِي بِهِ . قَالَ وَيُسَمِّي حَاجَتَهُ – رواه البخاري .

718. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) nous enseignait l’istikhâra parmi toutes les autres choses, comme il nous enseignait une sourate du Coran. Il disait : « Lorsque l’un de vous envisage d’accomplir une chose, qu’il prie deux rak‘ats de prière surérogatoire, puis qu’il dise : “Ô Allah ! Je Te demande le bien par Ton savoir, et je Te demande la force par Ta puissance. Je Te demande de Ta grâce immense. Tu es certes Omnipotent, tandis que je n’ai aucun pouvoir. Tu es Omniscient, tandis que je ne sais rien. Tu es le Parfait Connaisseur de toutes les choses cachées. Ô Allah ! Si, selon Ta science, cette chose que je souhaite accomplir est bonne pour ma religion, ma vie, ma subsistance et l’issue de mon affaire — ou il a dit : si elle est bonne pour moi dans ce monde et dans l’au-delà — alors donne-moi la capacité de l’accomplir, facilite-la-moi et bénis-la pour moi. Mais si, selon Ta science, cette chose est mauvaise pour ma religion, ma vie, ma subsistance et l’issue de mon affaire — ou il a dit : si elle est mauvaise pour moi dans ce monde ou dans l’au-delà — alors détourne-moi d’elle, éloigne-la de mon cœur, décrète pour moi le bien où qu’il se trouve et rends-moi satisfait de celui-ci.” » Ensuite, il exprimera son besoin. [Note : 86. Lorsqu’on envisage ou décide d’accomplir une action mubah et que l’on éprouve un doute ou une hésitation quant au fait de la faire ou non, il est recommandé de faire l’istikhâra. C’est le cas, par exemple, d’un voyage entrepris pour le commerce ou d’un mariage. Il n’est pas permis de faire l’istikhâra au sujet des actes qui sont obligatoires ou prescrits comme actes obligatoires par la charia, ni au sujet des actes makrûh ou haram. Il est également possible de faire l’istikhâra afin de choisir le moment d’accomplir une bonne action. La bonne manière de faire l’istikhâra consiste d’abord à prier deux rak‘ats de prière surérogatoire. Il est mentionné qu’on y récite la sourate Al-Kâfirûn et la sourate Al-Ikhlâs ; toutefois, il n’est pas nécessaire de déterminer une sourate particulière. L’istikhâra peut être accomplie à n’importe quel moment, excepté les trois périodes interdites du jour et de la nuit. Les bienfaits de l’istikhâra sont incontestables. Il n’est pas indispensable qu’une indication soit obtenue ouvertement, par signe ou par rêve grâce à l’istikhâra. Après avoir accompli l’istikhâra de la manière prescrite, il suffit d’entreprendre, selon l’inclination de son cœur, toute action mubah et bonne. On obtient ainsi l’aide et la miséricorde d’Allah, et l’on recueille de bons résultats dans son entreprise.] (Al-Bukhârî)

Chapitre : 15 — Il est recommandé d’emprunter un chemin à l’aller et un autre au retour pour se rendre au lieu de prière de l’Aïd, rendre visite à un malade, accomplir le pèlerinage, mener le jihâd, effectuer la prière funéraire et pour les activités similaires

Il est recommandé d’emprunter un chemin à l’aller et un autre au retour pour se rendre au lieu de prière de l’Aïd, rendre visite à un malade, accomplir le pèlerinage, mener le jihâd, effectuer la prière funéraire et pour les activités similaires.

۷۱۹- عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا كَانَ يوم عيد خالف الطريق – رواه البخاري.

719. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) se rendait au lieu de prière de l’Aïd par un chemin le jour de l’Aïd et en revenait par un autre. (Al-Bukhârî)

۷۲۰- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَخْرُجُ مِنْ طَرِيقِ الشَّجَرَةِ وَيَدْخُلُ مِنْ طَرِيقِ الْمُعَرِّسِ وَإِذَا دَخَلَ مَكَّةَ دَخَلَ مِنَ الثَّنِيَّةِ الْعُلْيَا وَيَخْرُجُ مِنَ الثنية السفلى – متفق عليه.

720. Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) sortait par la route d’Ash-Shajara et entrait par la route d’Al-Mu‘arras (de la mosquée). Lorsqu’il entrait à La Mecque, il y entrait par As-Saniyya al-‘Ulyâ et en sortait par As-Saniyya as-Suflâ. [Note : Le terme saniyya désigne un passage étroit entre deux montagnes. As-Saniyya al-‘Ulyâ passe par le lieu appelé Hujûn, situé sur les hauteurs de la montagne, tandis qu’As-Saniyya as-Suflâ traverse le lieu appelé Ash-Shabîka, situé dans la partie basse de la montagne.] (Al-Bukhârî, Muslim)

Chapitre : 16 — Il est recommandé de commencer toutes les bonnes actions par la droite

Il est recommandé de commencer toute bonne action par la droite.

L’imam An-Nawawi (رحمه الله) dit qu’il est préférable de commencer les actes suivants par la main droite ou du côté droit : faire les ablutions, se laver, mettre ses vêtements, ses chaussures, ses chaussettes et son pantalon, entrer dans la mosquée, utiliser le siwāk, appliquer du khôl, se couper les ongles, tailler sa moustache, s’épiler les aisselles, se raser la tête, prononcer le salām à la fin de la prière, manger et boire, se serrer la main, embrasser la Pierre noire, sortir des latrines, recevoir des cadeaux, ainsi que tous les autres actes de cette nature. En revanche, il est préférable de commencer les actes suivants par la main gauche ou du côté gauche : se nettoyer le nez, cracher, entrer dans les latrines, sortir de la mosquée, retirer ses chaussettes, ses chaussures, ses vêtements et son pantalon, se nettoyer après avoir satisfait ses besoins, ainsi que tous les autres actes insignifiants de cette nature.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : فَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ بِيَمِينِهِ فَيَقُولُ هَاؤُمُ اقْرَوْا كِتَابِيَة.

Allah le Très-Haut dit :

« Celui à qui son registre sera remis dans la main droite dira [joyeusement] à ceux qui l’entourent : “Tenez, lisez mon registre !” » (sourate Al-Hāqqah : 19)

وَقَالَ تَعَالَى : فَأَصْحَابُ الْمَيْمَنَةِ مَا أَصْحَابُ الْمَيْمَنَةِ، وَأَصْحَابُ الْمَشْتَمَة مَا أَصْحَابُ الْمَشْتَعة.

« Les gens de la droite : comme ils seront heureux, les gens de la droite ! Et les gens de la gauche : comme ils seront malheureux, les gens de la gauche ! » (sourate Al-Wāqiʿah : 8-9)

۷۲۱- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُعْجِبُهُ التَّيَمُنُ فِي شَانِهِ فِي ظُهوره وترجله وتنعله متفق عليه.

৭২১. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, aimait commencer par la droite tous ses actes convenables, comme les ablutions, se peigner les cheveux et la barbe, et mettre ses chaussures. (Al-Bukhari, Muslim)

۷۲۲- وَعَنْهَا قَالَتْ كَانَتْ يَدُ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اليُمْنَى لِطَهُورِهِ وطعامه وكَانَتِ الْيُسْرَى لِخَلائِهِ وَمَا كَانَ مِنْ أَذًى حَدِيثٌ صَحِيحٌ رَوَاهُ أَبُو
داود وغيره باسناد صحيح .

৭২২. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : La main droite du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, était utilisée pour les ablutions et pour manger, tandis que la main gauche était utilisée pour se soulager et pour les actes impurs et méprisables de ce genre.

Ce hadith est authentique. Il a notamment été rapporté par l’imam Abu Dawud avec une chaîne de transmission authentique.

۷۲۳- وَعَنْ أَمْ عَطِبَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَهُنَّ فِي غُسْلِ ابْنَتِهِ زَيْنَبَ ابْدَأْنَ بِمَيَامِنِهَا وَمَوَاضِعِ الْوُضُوءِ مِنْهَا – متفق عليه .

৭২৩. D’après Umm ‘Atiyya (qu’Allah l’agrée), lorsque le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, fit laver sa fille Zaynab (qu’Allah l’agrée), il dit à celles qui la lavaient : « Commencez par son côté droit et par les membres des ablutions. » (Al-Bukhari, Muslim)

٧٢٤ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذا انْتَعَلَ أَحَدُكُمْ فَلْيَبْدَأُ بِالْيُمنى وإذا نَزَعَ فَلْيَبْدَأُ بِالشِّمَالِ لِتَكُنِ الْيُمْنَى أولهما تُنْعَلُ وَآخِرَهُمَا تُنزع متفق عليه.

৭২৪. D’après Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Lorsque l’un de vous met ses chaussures, qu’il commence par le pied droit ; et lorsqu’il veut les retirer, qu’il commence par le pied gauche, afin que le pied droit soit le premier chaussé et le dernier déchaussé. » (Al-Bukhari, Muslim)

٧٢٥ – وَعَنْ حَفْصَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَجْعَلْ يَمِينَهُ لطعامه وشرابه وثيابه ويَجْعَلُ يَسَارَهُ لما سوى ذلك – رواه ابو داود والترمذي وغيره.

725. Hafsa (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) utilisait sa main droite pour manger, boire et s’habiller, et sa main gauche pour les autres actes.

L’imam Abû Dâwûd, l’imam at-Tirmidhî et d’autres l’ont rapporté.

٧٢٦ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إذا لبسْتُمْ وَإِذَا تَوَضَّأْتُمْ فَابْدَوْا بِآيَامِنِكُمْ – حَدِيثٌ صَحِيح رواه ابو داود والترمذى باسناد صحيح726. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque vous vous habillez et lorsque vous faites vos ablutions, commencez par votre côté droit. » C’est un hadith authentique, rapporté par l’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî avec une chaîne de transmission authentique.

۷۲۷- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَتَى مِنِّى فاتي الجمرة فرماها ثم أتى منزله بمنى ونحر ثُمَّ قَالَ لِلْحَلاقِ خُذْ وَأَشَارَ إِلى جانبه الأيمن ثُمَّ الأيسر ثُمَّ جَعَلَ يُعطيه الناس متفق عليه. وفي رواية لما رمى الْجَمْرَة ونَحرَ نُسُكَهُ وَخَلَقَ ناول الحلاق شقَّهُ الْأَيْمَنَ فَحَلَقَهُ ثُمَّ دَعَا أَبَا طلحة الأنصارى فَاعْطَاهُ إِيَّاهُ ثُمَّ نَاوَلَهُ الشقِّ الْأَيْسَرَ فَقَالَ احْلِقُ فَحَلَقَهُ فَأَعْطَاهُ ابا طَلْحَةَ فَقَالَ اقْسِمُهُ بَيْنَ النَّاسِ

727. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) arriva à Mina, se rendit ensuite aux jamarât et y lança les pierres, puis retourna à son lieu de résidence à Mina et procéda au sacrifice. Il dit au coiffeur : « Prends [commence par ici]. » Il lui indiqua le côté droit, puis le côté gauche, et se mit ensuite à distribuer les cheveux parmi les gens.

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont cité ce hadith. Selon une autre version : Après avoir lancé les pierres, il immola la bête sacrificielle. Lorsqu’il voulut se faire raser la tête, il indiqua au coiffeur, par un geste, le côté droit de sa tête. Après que celui-ci l’eut rasé, il appela Abû Talha al-Ansârî (qu’Allah l’agrée) et lui donna les cheveux. Puis il indiqua au coiffeur le côté gauche de sa tête et lui dit : « Rase ceux-ci [à présent]. » Il les rasa. Le Messager d’Allah donna les cheveux à Abû Talha et lui dit : « Distribue-les parmi les gens. » [Note : Utiliser la main droite pour tout acte bienfaisant fait partie de la Sunna du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), comme l’attestent clairement les hadiths authentiques. Les savants ont accordé une importance particulière à l’usage de la main droite pour manger et boire. Ils sont même allés jusqu’à dire qu’il est obligatoire de manger et de boire de la main droite, car divers hadiths l’ont fortement souligné et ont également formulé une mise en garde particulière contre le châtiment encouru lorsqu’on ne le met pas en pratique. Il est donc indispensable, à la lumière de ces éléments, de suivre la Sunna prophétique et de rester particulièrement vigilant afin de ne pas dépasser les limites à cet égard.]

Chapitre : 2

Livre des convenances du repas

Chapitre 1 : Dire Bismillah au début du repas et Alhamdulillah à la fin

Dire Bismillah au début du repas et Alhamdulillah à la fin.

۷۲۸- عَنْ عُمَرَ بْنِ أَبِي سَلَمَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَمَ اللهَ وَكُل بيمينك وكل مما يليك متفق عليه.

728. Umar ibn Abi Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’a dit : « Dis Bismillah, mange de ta main droite et mange devant toi. » (Al-Bukhari et Muslim)

۷۲۹- وَعَنْ عَائِشَةَ رضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ رَسُولُ الله صلى الله عليه وسلم إذا أكل أَحَدُكُمْ فَلْيَذْكُر اسم الله تَعَالَى فَإِنْ نَسِيَ أَنْ يُذْكُرَ اسْمَ اللَّهِ تَعَالَى في أوله فَلْيَقُلْ بِسْم الله أوله وآخره – رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن صحيح.

729. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque l’un de vous mange, qu’il prononce le nom d’Allah au début. S’il oublie de prononcer le nom d’Allah au début, qu’il dise : Bismillahi awwalahu wa akhirahu (Au nom d’Allah, au début et à la fin). »

L’imam Abu Dawud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith, et l’imam at-Tirmidhi a dit qu’il est hassan et sahih.

۷۳۰- وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يقولُ إِذا دَخَلَ الرَّجُلُ بَيْتَهُ فذكر الله تعالى عند دخوله وَعِندَ طَعَامِه قَالَ الشَّيْطَانُ لِأَصْحَابِهِ لا مَبِيْتَ لَكُمْ وَلَا عَشَاءَ وَإِذَا دَخَلَ فَلَمْ يَذْكُرِ اللَّهَ تَعَالَىعِنْدَ دُخُولِهِ قَالَ الشَّيْطَانُ أدْرَكْتُمُ المَبيت وإذا لَمْ يَذْكُرِ الله تَعَالَى عِنْدَ طَعامه قالَ أَدْرَكْتُمُ المبيت والعشاء – رواه مسلم .

730. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : lorsqu’un homme mentionne le nom d’Allah en entrant dans sa maison et le mentionne au moment de manger, Satan dit à ses compagnons : « Vous n’avez ni lieu où passer la nuit dans cette maison ni repas du soir. » Mais lorsqu’il entre dans sa maison sans mentionner le nom d’Allah, Satan dit : « Vous avez trouvé un lieu où passer la nuit. » Et s’il ne mentionne pas non plus le nom d’Allah au moment de manger, Satan dit : « Vous avez trouvé un lieu où passer la nuit et un repas du soir. » (Muslim)

۷۳۱- وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنَّا إِذَا حَضَرْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَعَامًا لَمْ نَضَعْ أَيْدِينَا حَتَّى يَبْدَأُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَضَعَ يَدَهُ وَإِنَّا حَضَرْنَا مَعَهُ مَرَّةً طَعَامًا فَجَاءَتْ جَارِيَةٌ كَأَنَّهَا تُدْفَعُ فَذَهَبَتْ لتضع يدها في الطَّعَامِ فَأَخَذَ رَسُولُ اللهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِيَدِهَا ثُمَّ جَاءَ اعرابیي كَأَنَّمَا يُدْفَعُ فَأَخَذَ بِيَدِهِ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ الشيطان يستحل الطعام أن لا يُذكر اسم الله تعالى عَلَيْهِ وَأَنَّهُ جَاءَ بهذه الجارية ليَسْتَحِلَّ بِهَا فَأَخَذَتْ بِيَدِهَا فَجَاءَ بهذا الأعْرَابِي لِيَسْتَحِلُ بِهِ فَأَخَذْتُ بِيَدِهِ والذي نفسي بيده ان يده في يدى مع يديهما ثُمَّ ذَكَرَ اسْمَ اللهِ تَعَالَى وَأَكل رواه مسلم.

731. Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lorsque nous nous réunissions avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) pour prendre un repas, nous ne touchions pas à la nourriture tant que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’avait pas commencé à manger. Un jour, nous nous présentâmes avec lui pour prendre un repas. Une jeune fille arriva alors et se précipita vers la nourriture comme si elle était extrêmement affamée. Au moment où elle allait y porter la main, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui saisit la main. Puis un Bédouin arriva. Lui aussi se précipita vers la nourriture, et le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui saisit également la main. Ensuite, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « La nourriture sur laquelle le nom d’Allah n’est pas mentionné, Satan se l’approprie comme licite. Satan avait amené cette jeune fille afin de rendre cette nourriture licite pour lui-même par son intermédiaire. Je lui ai donc saisi la main. Puis Satan amena ce Bédouin afin de rendre cette nourriture licite pour lui-même par son intermédiaire. Je lui ai donc également saisi la main. Par Celui qui détient mon âme dans Sa main ! La main de Satan se trouve, avec les mains de ces deux personnes, dans ma main. » Puis il mentionna le nom d’Allah (dit « Bismillah ») et mangea. (Muslim)

۷۳۲- وَعَنْ أُمَيَّةَ بْنِ مَخْشِي الصَّحَابِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَالِسًا وَرَجُلٌ يَأْكُلُ فَلَمْ يُسَمَ اللَّهَ حَتَّى لَمْ يَبْقَ مِنْ طَعَامِهِ الا لُقْمَةٌ فَلَمَّا رَفَعَهَا إِلَى فِيهِ قَالَ بِسْمِ اللهِ أُولهُ وَآخِرَهُ فَضَحِكَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ قَالَ مَا زَالَ الشَّيْطَانُ يَأْكُلُ مَعَهُ فَلَمَّا ذَكَرَ اسْمَ اللَّهِ اسْتَقَاء مَا
في بطنه – رواه ابو داود والنسائي.

732. Umayya ibn Marshî, un Compagnon (qu’Allah l’agrée), rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était assis, tandis qu’un homme mangeait sans mentionner le nom d’Allah. Il ne lui restait plus qu’une bouchée pour terminer son repas. Alors qu’il portait cette dernière bouchée à sa bouche, il dit : « Bismillâhi awwalahu wa âkhirahu » (« Je mentionne le nom d’Allah au début et à la fin de mon repas »). Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) sourit. Il dit : « Satan mangeait sans cesse avec lui. Dès qu’il mentionna le nom d’Allah, il vomit tout ce qui se trouvait dans son ventre. » (Abû Dâwûd, An-Nasâ’î)

۷۳۳- وَعَنْ عَائِشَةَ رضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأْكُلُ طَعَامًا فِي سِتَّةٍ مِنْ أَصْحَابِهِ فَجَاءَ أَعْرَابِي فَأَكَلَهُ بِلقْمَتَيْنِ فَقَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَا إِنَّهُ لَوْ سَمَّى لكفاكم – رواه الترمذي وقال
حدیث حسن صحيح

733. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) mangeait avec six de ses Compagnons. Un Bédouin arriva et termina toute la nourriture en deux bouchées. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Si cet homme avait mangé en mentionnant le nom d’Allah, cette nourriture aurait suffi à vous tous. » [Note : Il est recommandé de dire « Bismillah » au début du repas et de louer Allah et de Le glorifier à la fin. Lorsque plusieurs personnes s’assoient ensemble pour manger, chacune doit dire « Bismillah » séparément. Tel est l’avis de la majorité des savants. Certains ont toutefois dit que la formule prononcée par une seule personne suffit.]

L’imam at-Tirmidhi l’a rapporté et a dit que le hadith est hasan et sahih.

٧٣٤- وَعَنْ أَبِي أَمَامَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا رفَعَ مَائِدَتَهُ قَالَ الْحَمْدُ لِلهِ حَمْداً كثيراً طيباً مُبَارَكًا فِيْهِ غَيْرَ مَكْفِي وَلَا مُوَدِّع ولا مستغنى عنه ربنا – رواه البخاري .

734. Abou Oumama (qu’Allah l’agrée) rapporte que, lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — retirait la nappe, il disait : « Al-hamdou lillahi hamdan kathiran tayyiban moubarakan fihi ghayra makfiyyin wa la moustaghna ‘anhu rabbana » (Toutes les louanges appartiennent à Allah : une louange abondante, bonne et bénie, qui ne saurait être suffisante et dont notre Seigneur ne peut se passer). (Al-Boukhari)

٧٣٥- وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَكَلَ طَعَامًا فَقَالَ الْحَمْدُ لِلهِ الَّذِي أَطْعَمَنِي هَذَا وَرَزَقَنِيهِ مِنْ غَيْرِ حول مني ولا قوة غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّم من ذنبه رواه ابو داود والترمذي وقال حدیث حسن.

735. Mou‘adh ibn Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Quiconque, après avoir mangé, dit : “Al-hamdou lillahil-ladhi at‘amani hadha wa razaqanihi min ghayri hawlin minni wa la quwwatin” (Toutes les louanges appartiennent à Allah, qui m’a nourri de cette nourriture et m’en a accordé la subsistance sans aucun effort ni aucune force de ma part), tous ses péchés antérieurs lui sont pardonnés. »

L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith, et l’imam at-Tirmidhi a dit qu’il s’agissait d’un hadith hasan.

Chapitre 2 — Ne pas dénigrer la nourriture et en faire l’éloge

Ne pas dénigrer la nourriture et en faire l’éloge.

٧٣٦- عن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ مَا عَابَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَعَامًا قَطُّ إِن اشْتَهَاهُ أَكَلهُ وَإِنْ كَرِهَهُ تركه – متفق عليه .

736. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) ne critiquait jamais une nourriture. Si elle lui plaisait, il la mangeait ; sinon, il ne la mangeait pas. (Al-Bukhârî et Muslim)

۷۳۷- وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَأَلَ أَهْلَهُ الْآدَمَ فَقَالُوا مَا عِنْدَنَا إِلا خَلٌّ فَدَعَا بِهِ فَجَعَلَ يَأْكُلُ وَيَقُولُ نِعْمَ الْأَدْمُ الْخَلُّ نِعْمَ الأدم الخل- رواه مسلم.

737. D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) demanda à sa famille un plat en sauce. Ils répondirent : « Nous n’avons que du vinaigre. » Il se fit alors apporter le vinaigre et se mit à en manger, en disant : « Quel excellent plat en sauce que le vinaigre ! Quel excellent plat en sauce que le vinaigre ! » (Muslim)

Section 3 – Ce qu’il faut dire lorsqu’on apporte de la nourriture à un jeûneur et qu’il ne souhaite pas rompre son jeûne

Ce qu’il faut dire lorsqu’on apporte de la nourriture à un jeûneur et qu’il ne souhaite pas rompre son jeûne.

۷۳۸- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا دُعِيَ أَحَدُكُمْ فَلْيَجِبُ فَإِن كَانَ صَائِمًا فَلْيُصَلِّ وَإِنْ كَانَ مُقْطَراً فَلْيَطْعم – رواه مسلم.

738. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque l’un de vous est invité, qu’il accepte l’invitation. S’il jeûne, qu’il invoque Allah en faveur de celui qui l’a invité. Et s’il ne jeûne pas, qu’il mange. » (Muslim)

Section 4 — Que dire lorsqu’une autre personne se joint à celui qui a été invité

Que dire lorsqu’une autre personne se joint à celui qui a été invité.

۷۳۹- عَنْ أَبِي مَسْعُودٍ الْبَدْرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ دَعَا رَجُلُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ
عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِطَعَامِ صَنَعَهُ لَهُ خَامِسَ خَمْسَةٍ فَتَبِعَهُمْ رَجُلٌ فَلَمَّا بَلَغَ الْبَابَ قَالَ النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنْ هَذَا تَبِعَنَا فَإِنْ شِئْتَ أَنْ تَأْذَنَ لَهُ وَإِنْ شِئْتَ رَجَعَ قَالَ بَلَى أَذَنُ لَهُ يَا رَسُولَ الله – متفق عليه .

739. Abû Masʿûd al-Badrî (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme prépara spécialement un repas pour le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et l’invita. Le Prophète était le cinquième parmi les participants au repas. Mais une autre personne vint se joindre à eux. Lorsqu’ils arrivèrent à la porte, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit à l’hôte : « Cet homme est venu avec nous. Si tu le souhaites, tu peux l’autoriser à entrer ; sinon, tu peux lui demander de repartir. » L’hôte répondit : « Oui, ô Messager d’Allah ! Je l’autorise à entrer. » (Al-Bukhârî et Muslim)

Section 5 — Manger devant soi et enseigner les règles du repas à celui qui ne les connaît pas

Manger devant soi et enseigner les règles du repas à celui qui ne les connaît pas.

٧٤٠- عَنْ عُمَرَ بْنِ أَبِي سَلَمَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنْتُ غُلَامًا فِي حِجْرٍ رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَانَتْ يَدِى تَطِيسُ فِي الصَّحْفَةِ فَقَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا غُلامُ سَمَّ اللَّهَ تَعَالَى وَكُلَّ بِيَمِينِكَ وَكُلِّ مِمَّا يليك – متفق عليه.

740. ʿUmar ibn Abî Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’étais un garçon sous la tutelle du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Pendant le repas, ma main parcourait tout le pourtour du plat. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — me dit : « Mon garçon ! Prononce le nom d’Allah (dis : Bismillah), mange de ta main droite et mange devant toi. » (Al-Bukhârî et Muslim)

٧٤١- وَعَنْ سَلَمَةَ بْنِ الْأَكْوَعِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَجُلًا أَكَلَ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِشِمَالِهِ فَقَالَ كُلِّ بِيَمِينِكَ قَالَ لَا أَسْتَطِيعُ قَالَ لَا اسْتَطَعْتَ مَا مَنَعَهُ إِلَّا الْكِبْرُ فَمَا رَفَعَهَا إِلَى فِيهِ – رَوَاهُ مُسلم .

741. D’après Salama ibn al-Akwa‘ — qu’Allah l’agrée —, un homme mangeait de la main gauche en présence du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue. Il lui dit : « Mange de la main droite. » L’homme répondit : « J’en suis incapable. » Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dit : « Puisses-tu ne jamais en être capable ! » Rien d’autre que l’orgueil ne l’avait empêché de manger de la main droite. Il ne put plus jamais porter sa main jusqu’à sa bouche. (Muslim)

Chapitre 6 — Interdiction de manger deux dattes ou autres en une seule bouchée sans la permission des compagnons

Il est interdit de manger deux dattes ou autres en une seule bouchée sans la permission des compagnons.

٧٤٢ – عَنْ جَبَلَةَ بْنِ سُحَيمِ قَالَ أَصَابَنَا عَامُ سَنَةٍ مَعَ ابْنِ الزُّبَيْرِ فَرُزِقْنَا تَمْرًا وكَانَ عَبْدُ اللهِ بْنُ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا يَمُرُّ بَنَا وَنَحْنُ نَأْكُلُ فَيَقُولُ لَا تقارنوا فَإِنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهى عَنِ الْأَقْرَانِ ثُمَّ يَقُولُ إِلَّا أَنْ يستَأْذَنَ الرَّجُلُ أَخَاهُ – متفق عليه.

742. D’après Jabala ibn Suhaym — qu’Allah l’agrée —, il raconte : « Une année, nous fûmes frappés par la famine avec ‘Abdullah ibn az-Zubayr. On nous donnait une datte chacun. ‘Abdullah ibn ‘Umar — qu’Allah l’agrée — passait près de nous ; si nous étions en train de manger, il disait : “Ne mangez pas deux dattes à la fois, car le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a interdit de manger deux dattes en une seule bouchée.” Puis il dit : “Toutefois, il est permis de les manger avec l’autorisation de l’autre frère.” » [Note : Si les amis ou les compagnons donnent volontiers leur permission, il est permis de manger deux dattes à la fois ; sinon, cela est interdit.] (Al-Bukhari, Muslim)

Chapitre 7 — Que doit faire ou dire celui qui ne se rassasie pas après avoir mangé ?

Que doit faire ou dire celui qui ne se rassasie pas après avoir mangé ?

٧٤٣- عَنْ وَحْشِيِّ بْنِ حَرْبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ أَصْحَابَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالُوا يَا رَسُولَ اللهِ إِنَّا نَأْكُلُ وَلَا نَشْبَعُ قَالَ فَلَعَلَّكُمْ تَفْتَرِقُونَ قَالُوا نَعَمْ قَالَ فَاجْتَمِعُوا عَلَى طَعَامِكُمْ وَاذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ يُبَارَكَ لَكُمْ فِيهِ رواه أبو داود.

۷৪৩. D’après Wahshî ibn Harb (qu’Allah l’agrée), les Compagnons du Messager d’Allah disent : « Ô Messager d’Allah, nous mangeons, mais nous ne sommes pas rassasiés (quel est le remède à cela) ? » Il dit : « Vous mangez peut-être séparément. » Ils répondirent : « Oui. » Il dit : « Mangez donc ensemble et mentionnez le nom d’Allah ; votre nourriture sera bénie. » (Abû Dâwûd)

Chapitre 8 — Ordre de manger sur un côté du plat et interdiction de manger en son milieu

Ordre de manger sur un côté du plat et interdiction de manger en son milieu.

À ce sujet, voici la parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — :

وكل مما يليك – متفق عليه كما سبق

« Mange devant toi. » Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

٧٤٤- وَعَنِ ابْن عباس رضى اللهُ عَنْهُما عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ البركة تنزل وسط الطعام فكلوا من حافتيه ولا تَأْكُلُوا مِن وسطه رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن صحيح .

744. Il est rapporté d’Ibn ʿAbbās (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « La bénédiction descend au milieu du plat. Mangez donc sur l’un de ses côtés et ne mangez pas en son milieu. »

L’imam Abū Dāwūd et l’imam at-Tirmidhī ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhī a dit : « C’est un hadith hasan et sahih. »

٧٤٥- وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ بُسْرِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَصْعَةٌ يُقَالُ لَهَا الْغَرَاءُ يَحْمِلُهَا أَرْبَعَةُ رِجَالٍ فَلَمَّا أَضْحَوْا وَسَجَدُوا الضُّحى أتي بتلك القصعة يعني وقد ترد فيها فالتقوا عَلَيْهَا فَلَمَّا كَثُرُوا جَنَا رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ أَعْرَابِي مَا هَذِهِ الْجَلْسَةُ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ جَعَلَنِي عَبْداً كَرِيمًا وَلَمْ يَجْعَلْنِي جَبَّارًا عَنِيْدًا ثُمَّ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى الله عليه وسلم كلوا من حواليهَا وَدَعُوا ذِرْوَنَهَا يُبَارَكَ فِيهَا -رواه أبو داود باسناد جيد.

745. ʿAbdullāh ibn Busr (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) possédait un grand et lourd plat appelé gharrāʾ. Quatre hommes le portaient. Lorsque venait le moment de la prière de duha et que les gens l’avaient accomplie, on apportait ce plat, dans lequel avait été préparé du tharīd. Douze personnes s’asseyaient autour du plat. Lorsque leur nombre augmentait, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) s’asseyait sur ses deux genoux. Un Bédouin demanda : « Quelle est donc cette manière de s’asseoir ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : « Allah a fait de moi un serviteur humble ; Il ne m’a pas fait arrogant ni transgresseur de la vérité. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) ajouta : « Mangez sur les bords du plat et ne mangez pas de la partie surélevée du milieu, car c’est là que la bénédiction descend. » [Note : Gharrāʾ signifie blanc et éclatant. Ce nom lui aurait été donné en raison de la couleur du plat, ou de celle de la nourriture ou du lait qui y était présenté.] [Note : Le tharīd est un mets savoureux préparé en mélangeant une sauce de viande et du pain.]

L’imam Abū Dāwūd l’a rapporté avec une chaîne de transmission authentique.

Chapitre 9 — Il est réprouvé de manger en s’adossant

Il est réprouvé de manger en s’adossant.

٧٤٦ – عن أبي جحيفة وهب بن عبد الله رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا أكل متكنا – رواه البخاري.

৭৪৬. D’après Abou Juhaïfa Wahb ibn Abd Allah (qu’Allah l’agrée), il dit : le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Je ne mange pas en m’appuyant. »

L’imam al-Boukhari a rapporté ce hadith.

Al-Khattabi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit que s’appuyer signifie ici prendre appui contre la chose sur laquelle on est assis. Il dit que le but du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, est d’interdire de manger de cette manière, comme celui qui s’appuie contre un lit ou un coussin dans l’intention de manger davantage ; il est plutôt souhaitable de s’asseoir droit, sans prendre aucun appui, et de manger avec modération. Certains ont dit que s’appuyer signifie manger en se penchant sur un côté.

٧٤٧- وعن أنس رضي اللهُ عَنْهُ قَالَ رَأيْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَقَلَم جالسًا مقعيًا يَأْكُل تمرا – رواه مسلم.

৭৪৭. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai vu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, manger des dattes assis, les deux genoux dressés. » (Mouslim)

Section 10 — Manger avec trois doigts, lécher le récipient de nourriture, etc.

Manger avec trois doigts, lécher le récipient de nourriture, etc.

L’imam an-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit qu’il est préférable de se lécher les doigts après le repas et qu’il est makrouh de les essuyer avant de les lécher. Il est moustahabb de lécher le récipient de nourriture et de ramasser les aliments tombés pour les manger. Après les avoir léchés, on peut essuyer ses doigts avec quelque chose.

٧٤٨- عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم إذا أكل أحدُكُمْ طَعَامًا فَلا يَمْسَحْ أَصَابِعَهُ حَتَّى يَلْعَقَهَا أَوْ يُلْعِقَهَا متفق عليه .

748. Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Qu’aucun d’entre vous n’essuie ses doigts après avoir mangé avant de les avoir léchés ou de les avoir fait lécher. » (Al-Bukhari, Muslim)

٧٤٩- وَعَنْ كَعْبِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَأْكُلُ بِثَلاث اصابع فَإِذَا فَرَغَ لعقها – رواه مسلم.

749. Ka‘b ibn Malik (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai vu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) manger avec trois doigts, puis lécher ses doigts après avoir mangé. (Muslim)

٧٥٠- وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَرَ بِلَعْقِ الأصابع والصحفَةِ وَقَالَ إِنَّكُمْ لا تَدْرُونَ في أي طعامِكُمُ البركة – رواه مسلم.

750. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a ordonné de lécher les doigts et le récipient dans lequel on a mangé, et a dit : « Vous ne savez pas dans quelle partie de votre nourriture se trouve la bénédiction. » (Muslim)

٧٥١- وَعَنْهُ أَنَّ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا وَقَعَتْ لَقْمَةُ أَحَدِكُمْ فَلْيَأْخُذَهَا فَلْيُمط مَا كَانَ بِهَا مِن أذى وَلَيَأْكُلَهَا وَلا يَدَعَهَا لِلشَّيْطَانِ ولا يمسح يده بالمنديل حتى يلعق أصابعه فإنه لا يدري في أي طعامه البركة رواه مسلم.

751. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Si la bouchée de l’un d’entre vous tombe, qu’il la ramasse, enlève la saleté qui y adhère et la mange, et qu’il ne la laisse pas au démon. Qu’il n’essuie pas sa main avec un mouchoir avant d’avoir léché ses doigts, car il ne sait pas dans quelle partie de sa nourriture se trouve la bénédiction. » (Muslim)

٧٥٢ – وَعَنْهُ أَنَّ رَسُولَ الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الشَّيْطَانَ يَحْضُرُ احدكُمْ عِنْدَ كُلِّ شَيْءٍ مِنْ شَأْنِهِ حَتَّى يَحْضُرَهُ عِنْدَ طَعَامِهِ فَإِذَا سَقَطَتْ لَقَمَةٌ أَحَدِكُمْ فَلْيَأْخُذْهَا فَلْيُمط مَا كَانَ بِهَا مِن أذى ثُمَّ لِيَأْكُلَهَا وَلَا يَدَعَهَا لِلشَّيْطَانِ فَإِذَا فَرَغَ فَلْيَلْعق أصابعَهُ فَإِنَّهُ لا يَدْرِي في أي طعامه البركة – رواه مسلم.

752. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit : « Satan est présent auprès de chacun d’entre vous dans chacune de ses activités, même au moment de manger. Si la bouchée de l’un d’entre vous tombe, qu’il la ramasse, enlève la saleté qui y adhère et la mange, et qu’il ne la laisse pas à Satan. Qu’il se lèche les doigts après avoir mangé, car il ne sait pas dans quelle partie de sa nourriture se trouve la bénédiction. » (Muslim)

٧٥٣- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا اكل طعاما لعق أصابعه الثلاث وقال اذا سقطت لُقْمَةُ أَحَدَكُمْ فَلْيَأْخُذْهَا وَلِيُمط عنها الأذى وليا كلها ولا يدعها للشيطان وامرنَا أَنْ نَسْلُتَ الْقَصْعَةَ وَقَالَ إِنَّكُمْ لا تَدْرُونَ فِي أي طعامكم البركة – رواه مسلم .

753. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Après avoir mangé, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — se léchait les trois doigts et disait : “Si la bouchée de l’un d’entre vous tombe, qu’il la ramasse, enlève la saleté qui y adhère et la mange, et qu’il ne la laisse pas à Satan.” Il nous ordonnait également de nettoyer le plat et d’en manger les restes. Il disait : “Vous ne savez pas dans quelle partie de votre nourriture se trouve la bénédiction.” » (Muslim)

٧٥٤- وعن سعيد بن الحارث أنه سأل جابرا رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ الْوَضُوءِ مِمَّا مستِ النَّارُ فَقَالَ لا قَدْ كُنَّا زَمَنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَجِدُ مِثْلَ ذَلِكَ الطعام الأ قليلاً فَإِذَا نَحْنُ وَجَدْنَاهُ لَمْ يَكُن لَنَا مَنَادِيلُ إِلَّا اكُفْنَا وَسَوَاعَدَنَا وَاقْدَامَنَا ثُمَّ نُصَلِّي ولا تتوضا – رواه البخاري.

754. Sa‘îd ibn al-Hârith (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte qu’il demanda à Jâbir (qu’Allah l’agrée) s’il fallait faire les ablutions après avoir mangé un aliment cuit au feu. Il répondit : « Non. À l’époque du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — nous trouvions très rarement ce genre de nourriture. Lorsque nous en trouvions et en mangions, nous n’avions pas de serviette ; nous avions seulement les paumes des mains, l’air et les pieds. Nous nous essuyions les mains avec cela, puis nous priions sans refaire les ablutions. » (Al-Bukhari)

Chapitre 11 — Le mérite de réunir un grand nombre de mains autour du repas et de manger tous ensemble

Le mérite de réunir un grand nombre de mains autour du repas et de manger tous ensemble.

٧٥٥ – عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طعام الاثنين كافي الثلاثة وطعام الثلاثة كافي الأربعة متفق عليه.

755. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : La nourriture de deux personnes suffit à trois personnes, et la nourriture de trois personnes suffit à quatre personnes. (Al-Bukhârî, Muslim)

٧٥٦ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يقولُ طَعَامُ الواحد يكفى الاثنين وطَعَامُ الاثْنَيْنِ يَكْفِي الْأَرْبَعَةَ وَطَعَامُ الْأَرْبَعَةِ يكفى الثمانية رواه مسلم

756. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : La nourriture d’une personne suffit à deux personnes, la nourriture de deux personnes suffit à quatre personnes, et la nourriture de quatre personnes suffit à huit personnes. [Note : 93. Le sens des deux hadiths précédents est que la nourriture suffisante pour remplir l’estomac d’une personne peut, temporairement, nourrir deux personnes. Leur faim sera ainsi apaisée. Elles acquerront ainsi la force d’adorer Allah et de Lui obéir. Tel est le sens du hadith. Le sens du hadith n’est pas que la nourriture d’une personne remplira complètement l’estomac de deux personnes ; elle suffira plutôt à répondre à leurs besoins.] (Muslim)

Paragraphe : 12 – Règles relatives à la manière de boire de l’eau

Règles relatives à la manière de boire de l’eau.

٧٥٧- عنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يتنفس في الشراب ثلاثا – متفق عليه.

757. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) respirait trois fois lorsqu’il buvait de l’eau, en retirant à chaque fois le récipient de sa bouche. (Al-Bukhârî, Muslim)

٧٥٨ وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم لا تشربوا واحداً كشرب البعير ولكن اشْرَبُوا مَثْنَى وَثُلَاثَ وَسَمَّوا إِذَا أنتم شربْتُمْ واحْمَدُوا اذا أنتم رفعتُم. رواه الترمذي وقال حديث حسن.

758. D’après Ibn al-Abbas (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ne buvez pas l’eau d’une seule traite, comme les chameaux ; buvez plutôt en deux ou trois fois, en reprenant votre souffle. Prononcez le Bismillah lorsque vous commencez à boire et dites : “Al-hamdou lillah” lorsque vous avez terminé. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il s’agissait d’un hadith حسن.

٧٥٩- وعن أبي قَتَادَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى أَنْ يتنفس في الاناء متفق عليه .

759. D’après Abou Qatada (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit de souffler dans le récipient à boire. (Al-Boukhari, Mouslim)

٧٦٠- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَتِي بِلَيْنِ قد شَيْبَ بِمَاءٍ وَعَنْ يَمِينِهِ أَعْرَابِي وَعَنْ يُسَارِهِ أَبُو بَكْرٍ فَشَرِبَ ثُمَّ أَعْطَى الأعرابي وَقَالَ الأيمن فالأيمن متفق عليه760. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), on apporta au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) du lait mélangé à de l’eau. À sa droite se trouvait un Bédouin et à sa gauche Abou Bakr (qu’Allah l’agrée). Il en but, puis le donna au Bédouin et dit : « Celui qui est à droite, puis celui qui est à droite. » (Al-Boukhari, Mouslim)

٧٦١- وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أتي بشراب فَشَرِبَ مِنْهُ وَعَنْ يَمِينِهِ غُلامٌ وَعَن يُسَارِهِ أَشْبَاحَ فَقَالَ لِلْغُلَامِ تَأْذَنُ لي أن أعطى هؤلا . فقال الغلام لا والله لا أوثرُ بِنَصِيبَي مِنْكَ أَحَدًا قَتَلَهُ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ في يده – متفق عليه

761. D’après Sahl ibn Sa’d (qu’Allah l’agrée), on apporta une boisson devant le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), et il en but quelque peu. À sa droite se trouvait un garçon et à sa gauche plusieurs personnes âgées. Il dit au garçon : « M’autorises-tu à les servir avant toi ? » Le garçon répondit : « Non, par Allah ! Je ne peux donner à personne la préférence sur la part qui m’est réservée de votre part. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui remit alors le bol. (Note : ce garçon était le vénérable Abdallah ibn al-Abbas (qu’Allah l’agrée). Ce hadith montre que la distribution doit commencer par la droite.) (Al-Boukhari, Mouslim)

Chapitre 13 — Il est réprouvé de boire directement à l’ouverture des outres et autres récipients, et cette réprobation est tanzîhî, non tahrîmî

Il est réprouvé de boire directement à l’ouverture des outres et autres récipients, et cette réprobation est tanzîhî, non tahrîmî.

٧٦٢- عن أبي سعيد الْخُدْرِي رَضى اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ اخْتناث الأسقية يعنى أن تكسر أفواهها ويُشرب منها -متفق عليه.

762. Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit de boire en retournant l’ouverture de l’outre, c’est-à-dire en inclinant l’ouverture de l’outre pour boire. (Al-Bukhârî, Muslim)

٧٦٣- وعن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَن يُشْرَبَ مِنْ في السقاء أو القربة – متفق عليه .

763. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit de boire directement à l’ouverture de l’outre. (Al-Bukhârî, Muslim)

٧٦٤ – وَعَنْ أَمْ ثَابِت كَيْشَة بنت ثابت أُخْتِ حَسَّانِ بْنِ ثَابِتٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَتْ دَخَلَ عَلَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَشَرِبَ مِنْ فِي قِرْبَةٍ مُعَلَّقَةٍ قَائِمًا فَقُمتُ إلى فيها فقطعته – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح .

764. Ummu Thâbit Kabsha (qu’Allah l’agrée), sœur de Hassân ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée), rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) entra chez moi. Puis il but debout directement à l’ouverture d’une outre suspendue. Je me levai alors et en découpai l’ouverture (pour obtenir la bénédiction).

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il est hasan et sahih. L’imam an-Nawawi dit qu’Ummu Thabit ne l’a coupée que pour préserver la partie touchée par la bouche du Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, obtenir sa bénédiction et éviter qu’elle ne soit en quelque manière profanée. Ce hadith prouve qu’il est permis de boire en mettant la bouche sur l’ouverture de l’outre. Les deux hadiths rapportés précédemment constituent la preuve qu’il est préférable et meilleur de ne pas boire en mettant la bouche sur l’ouverture de l’outre. Allah sait mieux.

Chapitre 14 – Il est makruh de souffler dans une boisson

Il est makruh de souffler dans une boisson.

٧٦٥- عن أبي سَعِيدِ الْخُدْرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نهى عن النفخ في الشراب فَقَالَ رَجُلٌ الْقَناةُ آرَاهَا فِي الْآنَاء فَقَالَ أَهْرِقُهَا قَالَ اني لا أروى من نفس واحد قال فابن القدح اذا عن فيك رواه الترمذي وقال حدیث حسن صحيح .

765. Il est rapporté d’Abou Saïd al-Khoudri, qu’Allah l’agrée, que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit de souffler dans une boisson. Quelqu’un demanda : « Et si je vois une impureté dans le récipient ? » Il répondit : « Alors verse-la et jette-la. » L’homme demanda : « Je ne peux pas étancher ma soif en une seule respiration. » Il répondit : « Alors éloigne le récipient de ta bouche au moment où tu respires. » L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il est hasan et sahih.

٧٦٦- وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى أَنْ يتنفس في الاناء أو ينفخ فيه رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح.

766. Il est rapporté d’Ibn Abbas, qu’Allah les agrée tous deux, que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit de respirer dans le récipient d’eau ou d’y souffler.

L’imam at-Tirmidhi a cité ce hadith et a dit qu’il est hasan et sahih.

Chapitre 15 — Il est permis de boire de l’eau debout, mais il est préférable et plus complet (plus satisfaisant) de la boire assis

Il est permis de boire de l’eau debout, mais il est préférable et plus complet (plus satisfaisant) de la boire assis.

٧٦٧- وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ سَقَيْتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم من زمزم فشرب وهو قائم متفق عليه.

767. Ibn al-ʿAbbās (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai donné à boire au Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — de l’eau de Zamzam. Il l’a bue debout. » (Al-Bukhari et Muslim)

٧٦٨- وَعَنِ النزالِ بْنِ سَبْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ أَتَى عَلَى بَابَ الرَّحْمَةِ فَشَرِبَ قائما وقَالَ إِنِّي رَأَيْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَعَلَ كَمَا رَأَيْتُمُونِي فعلت – رواه البخاري

768. An-Nazzāl ibn Sabra (qu’Allah l’agrée) rapporte : « ʿAlī (qu’Allah l’agrée) se rendit à un endroit de Koufa appelé Bāb ar-Rahba et y but de l’eau debout. Puis il dit : “J’ai vu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — faire exactement cela, comme vous m’avez vu le faire.” » (Al-Bukhari)

٧٦٩ – وعن ابْنِ عَمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنَّا نَأْكُلُ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ نَمْشي وتشرب وَنَحْنُ قيام – رواه الترمذي وقال حدیث حسن صحيح.

769. Ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) rapporte : « À l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — nous mangions en marchant et nous buvions de l’eau debout. »

L’imam at-Tirmidhi a cité ce hadith et a déclaré qu’il était hasan et sahih.

۷۷۰- وَعَنْ عَمْرُو بْن شَعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ رَأَيْتُ رَسُولَ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَشْرَبُ قائما وقاعداً – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح.

770. D’après ʿAmr ibn Shuʿayb (qu’Allah lui fasse miséricorde), qui le tient successivement de son père et de son grand-père, il dit : J’ai vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) boire de l’eau tantôt debout, tantôt assis.

L’imam at-Tirmidhi a cité ce hadith et a déclaré qu’il était hasan et sahih.

۷۷۱- وعن أنس رضى اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ نَهَى أَنْ يُشرب الرَّجُلُ قَائِمًا قَالَ قَتَادَةُ فَقُلْنَا لأني فَالْأَكلُ قَالَ ذلك أشر أو أحبت رواه مسلم. وفي رواية له أن النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ زَجَرَ عَنِ الشرب قائما .

771. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit aux gens de boire de l’eau debout. Qatada (qu’Allah lui fasse miséricorde) demanda à Anas (qu’Allah l’agrée) : Quel est le jugement concernant le fait de manger debout ? Il répondit : C’est encore plus mauvais, ou, selon une autre formulation : c’est une chose plus vile.

L’imam Muslim a cité ce hadith. Dans une autre narration de Muslim, il est dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a réprouvé le fait de boire de l’eau debout.

۷۷۲- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم لا يَشْرِينَ أَحَدٌ مِنْكُمْ قَائِمًا فَمَنْ نَسِي فَلْيَسْتَقى – رواه مسلم.

772. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Que nul d’entre vous ne boive debout. Celui qui le fait par oubli doit vomir. » Note 95 : Il est préférable de ne pas boire debout. L’interdiction mentionnée dans le hadith est du degré du makrûh tanzîhî, car de nombreux hadiths authentiques rapportent également que l’on buvait debout. Toutefois, il est préférable de boire assis. (Muslim)

Chapitre 16 — Il est préférable que celui qui sert à boire boive en dernier

Il est préférable que celui qui sert à boire boive en dernier.

۷۷۳- عَنْ أَبِي فَتَادَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ساقي الْقَوْمِ آخِرُهُمْ شُربا – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح.

773. Abû Qatâda (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui sert à boire aux gens boira en dernier. »

L’imam at-Tirmidhî a cité ce hadith. Il a dit : « Ce hadith est hasan et sahîh. »

Chapitre 17 — Il est permis de boire dans tout récipient pur

Il est permis de boire dans tout récipient pur.

Il est permis de boire dans tout récipient pur, à l’exception des récipients en or et en argent. Il est également permis de boire dans les rivières et les sources en y portant directement la bouche, sans récipient ni les mains. Il est illicite de boire ou de manger dans des récipients en or et en argent, ainsi que d’en faire quelque usage que ce soit.

٧٧٤- عن أنس رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ حضرت الصَّلاةُ فَقَامَ مَنْ كَانَ قَرِيبَ الدار إلى أهله وبَقِي قَوْمٌ فَأَتِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَغْضَبٍ مِنْ حِجَارَةٍ فَصَغُرَ الْمِخْضَبُ أن يُبْسُطُ فِيهِ كَفَهُ فَتَوَضَّأُ الْقَوْمُ كُلُّهُمْ قَالُوا كَمْ كُنتُمْ قَالَ ثمانين وزيادة متفق عليه هذه رواية البخاري ، وفي رواية لَهُ وَلِمُسلم أن النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَعَا بِإِنَا مِنْ مَاءٍ فَأَتِي بِقَدَحٍ رَحْرَاحٍ فِيهِ شَيْءٌ مِن ما ، فَوَضَعَ أصابعه فيهِ قَالَ انس فَجَعَلْتُ أنظر إلى الماء ينبع من بين أصابعه فَحَزَرْتُ مَنْ تَوَضَّأَ مَا بَيْنَ السَّبعين إلى الثَّمَانِينَ

774. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : L’heure de la prière approcha. Ceux dont les maisons étaient proches se rendirent auprès de leurs familles pour faire leurs ablutions, tandis que quelques personnes restèrent sur place. On apporta au Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) un bol en pierre. Le récipient était si petit qu’il ne pouvait même pas y étendre la main. Tous firent leurs ablutions avec l’eau de ce récipient. On demanda : « Combien étiez-vous ? » On répondit : « Quatre-vingts personnes, ou un peu plus. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Il s’agit toutefois de la version d’al-Bukhari. Dans une autre version rapportée par lui et par l’imam Muslim, il est dit : Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) fit demander qu’on apporte un récipient d’eau. On apporta un grand récipient peu profond contenant une petite quantité d’eau. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) y plaça ses doigts. Anas (qu’Allah l’agrée) dit : « Je vis de l’eau jaillir entre ses doigts. » Anas dit : « J’estimai que le nombre de ceux qui firent leurs ablutions se situait entre soixante-dix et quatre-vingts. »

٧٧٥ – وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ زَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ أَتَانَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْرَجْنَا لَهُ مَاءٌ فِي تَوْرِ مِن صفر فتوضا – رواه البخاري.

775. ‘Abdullah ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) vint nous voir. Nous lui apportâmes de l’eau dans un récipient en laiton, et il fit ses ablutions. (Al-Bukhari)

٧٧٦ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ عَلَى رَجُلٍ مِنَ الْأَنْصَارِ وَمَعَهُ صَاحِبٌ لَهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ان كَانَ عِندَكَ مَاء بَاتَ هذه الليلة في سنة والا كرعنا – رواه البخاري .

776. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se rendit auprès d’un Ansari. Un de ses compagnons, Abu Baks, l’accompagnait également. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Si tu as de l’eau restante de la nuit dans ton outre, donne-la-nous ; sinon, nous boirons en portant directement la bouche à une rivière ou à un cours d’eau quelconque. » (Al-Bukhari)

۷۷۷- وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ إِنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَانَا عن الحرير والديباج والشرب في أنية الذهَب وَالْفِضَّةِ وَقَالَ هِيَ لَهُمْ فِي الدُّنْيَا وهي لكم في الآخرة – متفق عليه

777. D’après Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) nous a interdit de porter des vêtements mêlés de soie et de coton. Il nous a également interdit de boire dans des récipients en or et en argent. Il a dit : « Ces choses sont pour eux (les mécréants) dans ce monde, et pour vous dans l’au-delà. » (Al-Bukhari, Muslim)

۷۷۸- وَعَنْ أَمْ سَلَمَةَ رَضى اللهُ عَنْهَا أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الذي يَشْرَبُ في أنية الفضة إِنَّمَا يُجرجر في بطنه نارَ جَهَنَّمَ – متفق عليه، وفي رواية المسلم إن الذي يَأْكُلُ أَوْ يَشْرَبُ فِي أنيةِ الْفِضَّةِ وَالذَّهَبِ وَفِي رِوَايَةٍ لَهُ مَنْ شَرِبَ فِي إِنَاءٍ مِنْ ذَهَبٍ أَوْ فِضَّةٍ فَإِنَّمَا يُجَرْجِرُ فِي بَطْنِهِ نَارًا مِنْ جَهَنَّمَ

778. D’après Umm Salama (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui boit dans un récipient en argent ne fait qu’attiser dans son ventre le feu de l’Enfer. » L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.
Dans une version rapportée par Muslim, il est dit : « Celui qui mange ou boit dans des récipients en argent et en or. » Dans une autre version, il est dit : « Celui qui boit dans un récipient en or ou en argent attise dans son ventre le feu de l’Enfer. » [Note : Les spécialistes sont unanimes à considérer que manger ou boire dans des récipients en or ou en argent est interdit à tous les hommes et à toutes les femmes. De même, l’utilisation de ces récipients pour toute autre activité est totalement interdite. Toutefois, les femmes ont le droit de porter des bijoux en or et en argent.]
Chapitre : 3

Kitab al-Libās (Vêtements)

Section : 1 — Il est préférable de porter des vêtements blancs. Il est également permis de porter des vêtements rouges, verts, jaunes et noirs. Il est permis de porter tout vêtement en coton, en laine, en poil ou autre, à l’exception de la soie.

Il est préférable de porter des vêtements blancs. Il est également permis de porter des vêtements rouges, verts, jaunes et noirs. Il est permis de porter tout vêtement en coton, en laine, en poil ou autre, à l’exception de la soie.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : يَا بَنِي آدَمَ قَدْ أَنزَلْنَا عَلَيْكُمْ لِبَاسًا يُوَارِي سَوْاتِكُمْ وَرَيْشًا ولباس التقوى ذلك خَيْرٌ.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Ô enfants d’Adam ! Nous vous avons accordé des vêtements pour couvrir vos parties intimes et pour vous parer ; mais le vêtement de la piété est meilleur. » (Sourate Al-A‘râf : 26)

وقال تعالى : وَجَعَلَ لَكُمْ سَرَابِيلَ تَقِيكُمُ الْحَرِّ وَسَرَابِيلَ تَقِيكُمْ بَأْسَكُمْ

« Il vous procure des vêtements qui vous protègent de la chaleur, ainsi que des armures qui vous protègent pendant la guerre. » (Sourate An-Nahl : 81)

۷۷۹- وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الْبَسُوا مِنْ ثِيَابِكُمُ الْبَيَاضُ فَإِنَّهَا مِنْ خَيْرِ ثِيَابِكُمْ وَكَفَنُوا فِيهَا مَوْتَاكُمْ رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن صحيح.

779. Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Portez des vêtements blancs, car ce sont les meilleurs de vos vêtements, et ensevelissez vos morts dans des vêtements blancs. »

L’imam Abû Dâwûd et l’imam At-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. L’imam At-Tirmidhî a dit : « Ce hadith est hasan et sahih. »

۷۸۰- وَعَن سَمُرَةَ رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْبَسُوا البَياضِ فَإِنَّهَا أَطْهَرُ وأَطيبُ وكَفَنُوا فِيهَا مَوْتَاكُمْ – رواه النسائي والحاكم وقال حديث صحيح.

780. Samoura (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Portez des vêtements blancs, car ils sont plus purs et meilleurs. Et ensevelissez vos morts dans des étoffes blanches. »

L’imam An-Nasaï et Al-Hakim ont rapporté ce hadith. Al-Hakim a dit : « Ce hadith est authentique. »

۷۸۱- وَعَنِ الْبَرَاءِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرْفُوعًا ولقد رايته في حلة حمراء ما رأيتُ شَيْئًا قَط أَحْسَنَ مِنه متفق عليه.

781. Al-Barâ (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) était de constitution moyenne. Je l’ai vu enveloppé dans un manteau rouge. Je n’ai jamais vu dans ce monde quelque chose de plus beau que lui. » (Al-Boukhari et Mouslim)

۷۸۲- وَعَنْ أَبِي جُحَيْفَة وَهْبِ بْنِ عَبْدِ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ رَأَيْتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِمَكَّةَ وَهُوَ بِالأبطح في قبة لَهُ حَمْراء مِنْ آدَمَ فَخَرَجَ بِلال بوضُونِهِ فَمِنْ نَاضِح وَنَائِلِ فَخَرَجَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَعَلَيْهِ حُلَةً حَمْراء كَانِي أَنْظُرُ إِلى بَيَاضِ سَاقَيْهِ فَتَوَضَاً وَاذْنَ بِلال فَجَعَلْتُ أَتَتَبَّعُ فَاهُ هُهُنَا وَهُهُنَا يَقُولُ يَمِينًا وَشِمَالاً حَى عَلَى الصَّلاةِ حَى عَلَى الْفَلَاحِ ثُمَّ رَكِرَتْ لَهُ عَنَزَةٌ فَتَقَدِّمُ فَصَلَّى يَمُرُّ بَيْنَ يَدَيْهِ الْكَلْبُ والحمار لا يمنع متفق عليه.

782. Abou Jouhaïfa Wahb ibn Abdallah (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai vu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), à La Mecque, à un endroit appelé Al-Abtah, sous une tente rouge en cuir. Bilal (qu’Allah l’agrée) apporta l’eau de ses ablutions. Certains présents purent obtenir une partie de l’eau du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), tandis que d’autres ne bénéficièrent que du contact des mains mouillées des premiers. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) sortit de la tente enveloppé dans un manteau rouge. Je peux encore voir la blancheur de la partie située au-dessous de ses deux genoux. Il fit ses ablutions. Bilal lança l’appel à la prière. Je suivais du regard sa bouche tandis qu’il se tournait tantôt à droite, tantôt à gauche, en disant : “Venez à la prière ! Venez au succès !” Puis une lance fut plantée devant lui. Il s’avança et dirigea la prière. Un chien et un âne passèrent devant lui, sans qu’on les en empêchât. » (Al-Boukhari et Mouslim)

۷۸۳- وَعَنْ أَبِي رَمْشَةَ رفَاعَة التَّيْمِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى الله عليه وسلم ثوبان اخضران رواه ابو داود والترمذى باسناد صحيح.

783. Abou Rimtha Rifâa At-Taïmi (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai vu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) vêtu de deux étoffes vertes. »

L’imam Abou Dawoud et l’imam At-Tirmidhi l’ont rapporté avec une chaîne de transmission authentique.

٧٨٤ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ يَوْمَ فتح مكة وعليه عمامة سوادا – – رواه مسلم.

784. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le jour de la conquête de La Mecque, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) entra à La Mecque coiffé d’un turban noir. (Mouslim)٧٨٥- وعن أبي سعيد عمرو بن حريث رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ كَأَنَّى أَنْظُرُ إِلَى رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَعَلَيْهِ عَمَامَةٌ سَوْداءُ قَدْ أَرْحَى طَرَفَيْهَا بَيْنَ كتفيه رواه مسلم. وفي رواية له أن رسول اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ خَطَبَ الناس وعليه عمامة سودا ..

785. Abou Saïd ‘Amr ibn Hourayth (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai l’impression de voir le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) portant sur la tête un turban noir, dont les deux extrémités retombaient sur ses deux épaules.

L’imam Mouslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’adressa aux gens en prononçant un sermon, et il portait alors un turban noir.

٧٨٦- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا كُفَنَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي ثلاثة أثواب بيض سحولية مِنْ كُرْسَفَ لَيْسَ فِيهَا قَمِيصُ وَلَا عِمَامَةٌ متفق عليه.

786. ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) fut enveloppé dans trois pièces de tissu yéménite blanc en coton. Il n’y avait ni qamis ni turban. (Al-Boukhari et Mouslim)

۷۸۷- وَعَنْهَا قَالَتْ خَرَجَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَاتَ غَدَاةٍ وَعَلَيْهِ مرط مرحل من شعر أسود – رواه مسلم.

٧٨٧. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un matin, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) sortit enveloppé dans un manteau de laine noire, orné d’un motif représentant un palanquin sur le dos d’un chameau. (Muslim)

۷۸۸- وَعَنِ الْمُغِيرَةِ بْنِ شُعْبَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كُنتُ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذاتَ لَيْلَةٍ فِي مَسِيرٍ فَقَالَ لِي أَمَعَكَ مَاءٌ قُلْتُ نَعَمْ فَنَزَلَ عَنْ راحلته فمشى حتى توارى في سواد الليل ثُمَّ جَاءَ فَأَفَرَعْتُ عَلَيْهِ مِنَ الْإِدَاوَةِ فَغَسَلَ وَجْهَهُ وَعَلَيْهِ جُبَّةٌ مِنْ صُوفَ فَلم يستطع أن يخرج ذراعيه منها حَتَّى أَخْرَجَهُمَا مِنْ أَسْفَلِ الْجَنَّةِ فَغَسَلَ ذِرَاعَيْهِ وَمَسَحَ بِرَأْسِهِ ثُمَّ أَهْوَيْتُ لِأَنْزِعَ خُفْيْهِ فَقَالَ دَعْهُمَا فَإِنِّي أدخلتهما طاهرتين ومسح عليهما – متفق عليه. وفي رواية وعليه جبةٌ شَامِيةٌ ضَيِّقَةُ الكمين وفي رِوَايَةٍ أَنَّ هَذِهِ الْقَضِيَّةَ كَانَتْ فِي غزوة تبوك .

٧٨٨. Al-Mughîra ibn Chu‘ba (qu’Allah l’agrée) rapporte : Une nuit, j’accompagnais le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) en voyage. Il me demanda : « As-tu de l’eau avec toi ? » Je répondis : « Oui. » Il descendit de sa monture et s’éloigna à pied dans une direction, jusqu’à disparaître dans l’obscurité de la nuit. Après quelque temps, il revint. Je lui versai de l’eau d’un récipient. Il se lava le visage. Il portait une tunique de laine. Il ne parvint pas à en sortir ses deux mains et finit par les faire passer par-dessous la tunique. Puis il se lava les deux mains et passa ses mains mouillées sur sa tête. Je tendis la main pour lui retirer ses deux chaussons. Il dit : « Laisse-les, car je les ai chaussés alors que j’étais en état de pureté. » Puis il passa ses mains mouillées sur ses deux chaussons.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Une autre version précise qu’il portait une tunique syrienne aux manches étroites. Une autre version indique que cet événement eut lieu lors de la bataille de Tabûk.

Chapitre 2 — Le caractère recommandé du port de la tunique

Le port de la tunique est recommandé.

۷۸۹- عَنْ أَمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ أَحَبُّ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عليه وسلم القميص – رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن.

٧٨٩. Umm Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le vêtement que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) aimait et préférait le plus était la tunique. [Note : Ce hadith prouve que la tunique est un vêtement de qualité supérieure, car elle permet de bien couvrir le corps et exprime l’humilité. Quoi qu’il en soit, toute pratique du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) mérite d’être suivie.]

L’imam Abou Dâwoud et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhî dit que le hadith est حسن.

Chapitre 3 — Description de la longueur de la tunique et des manches

Description de la longueur de la tunique et des manches.

La longueur de la tunique et des manches. Les limites du pagne et du pantalon. Il est interdit de laisser traîner ses vêtements par orgueil, mais cela est permis lorsqu’il n’y a pas d’orgueil.

٧٩٠- عنْ أَسْمَاءَ بِنْتِ يَزِيدَ الأَنصَارِيَّةِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ كُمْ قَمِيصِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إلى الرسغ – رواه ابو داود والترمذي وقال حدیث حسن.

790. Asmâ bint Yazîd al-Ansâriyya (qu’Allah l’agrée) rapporte. Elle dit : Les manches de la tunique de l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) arrivaient jusqu’à ses poignets.
L’imam Abou Dâwoud et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhî a dit que le hadith est حسن.

۷۹۱- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ جَرِّ ثَوْبَهُ خيلاء لم ينظر اللهُ إِلَيْهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَقَالَ أَبُو بَكْرِ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنْ ازارِى يَسْتَرْخي إلا أن أتعَاهَدَهُ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّكَ لشت مِمَّنْ يَفْعَلُهُ خيلاء – رواه البخاري وروى مسلم بعضه.

791. Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Celui qui laisse traîner son vêtement par orgueil, Allah ne le regardera pas le Jour de la Résurrection. Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) dit : Ô Envoyé d’Allah ! Mon pagne tombe souvent, à moins que je n’y prête attention. L’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) lui dit : Tu ne fais pas partie de ceux qui laissent traîner leurs vêtements par orgueil. L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith, et l’imam Muslim en a rapporté une partie.

۷۹۲- وعن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَنظُرُ اللهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ إلى من جر إزاره بطرا – متفق عليه.

592. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Allah ne regardera pas, le Jour de la Résurrection, celui qui laisse traîner son pagne ou son pantalon au-dessous des chevilles par orgueil. » (Al-Bukhârî)

۷۹۳- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا أَسْفَلَ الْكَعْمَيْنِ مِنَ الْإِزارِ ففي النار – رواه البخاري .

793. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « La partie du pagne qui couvre ce qui se trouve au-dessous des chevilles sera dans le Feu. » (Al-Bukhârî)

٧٩٤- وَعَنْ أَبِي ذَرِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ ثلاثَةٌ لا يُكَلِّمُهُمُ اللهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلا يَنظُرُ إِلَيْهِمْ وَلَا يُزَكِّيهِمْ وَلَهُمْ عَذَابٌ التم قالَ فَقَرَأَها رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثلاث مرارٍ قَالَ أَبُو ذَرَ خَابُوا وخَسِرُوا مَنْ هُمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ الْمُسْبِلُ وَالْمَنَّانُ وَالْمُنَفِقُ سِلْعَتَهُ بِالْخَلْفِ الكاذب رواه مسلم. وفي رواية له المسبل إزاره .

794. Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois personnes, ne les regardera pas, ne les purifiera pas de leurs péchés et un châtiment douloureux leur est réservé. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répéta ces paroles trois fois. Abû Dharr dit : « Ô Messager d’Allah, qui sont donc ces gens frustrés et perdus ? » Il répondit : « (1) Celui qui laisse traîner son vêtement au-dessous des chevilles par orgueil ; (2) celui qui rappelle ses bienfaits à autrui ou s’en vante ; et (3) celui qui vend sa marchandise en prêtant un faux serment. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Celui qui traîne son pagne en marchant. »

٧٩٥- وعن ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ الاسبال في الازار والقميص والعِمَامَةِ مَنْ جَرِّ شَيْئًا خُيْلَاءَ لَمْ يَنْظُرِ اللَّهُ إِلَيْهِ يوم القيامة – رواه ابو داود والنسائي باسناد صحيح.

795. Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Ce ne sont que l’izar ou le pantalon, la chemise et le turban que l’on laisse traîner. Celui qui laisse traîner l’un de ces vêtements par orgueil, Allah ne le regardera pas le Jour de la Résurrection. »

L’imam Abou Dâwoud et l’imam An-Nassâ’î ont rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

٧٩٦ – وعَنْ أَبِي جُرَي جَابِرِ بْنِ سُلَيْمٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ رَأَيْتُ رَجُلًا يَصْدُرُ النَّاسُ عَن رايه لا يَقُولُ شَيْئًا الأصْدَرُوا عَنْهُ قُلْتُ مَنْ هَذَا قَالُوا رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قُلْتُ عَلَيْكَ السَّلامُ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَرَّتَيْنِ قَالَ لَا تَقُلْ علَيْكَ السلامُ، عَلَيْكَ السلام تحية الموتى قلِ السَّلامُ عَلَيْكَ قَالَ قُلْتُ أَنْتَ رَسُولُ اللهِ ؟ قَالَ أَنَا رَسُولُ اللهِ الَّذِي إِذَا أَصَابَكَ ضُرٍّ فَدَعَوْنَهُ كَشَفَهُ عَنْكَ وَإِذَا أَصَابَكَ عَامُ سَنَةٍ فَدَعَوْتَهُ أَنْبَتَهَا لَكَ وَإِذَا كُنْتَ بِأَرْضِ قَفْرٍ أَوْ فَلَاةٍ فَضَلْتُ راحلتكَ فَدَعَوْتَهُ رَدَّهَا عَلَيْكَ قَالَ قُلْتُ اعْهد الى قَالَ لَا تَسُبُّنُ أَحَدًا قَالَ فَمَا سببت بعده حراً ولا عبداً ولا بعيراً ولا شاة ولا تَحْفَرَنَّ مِنَ الْمَعْرُوفِ شَيْئًا وَأَنْ تُكَلِّمَ أَخَاكَ وأنتَ منبسط اليه وجهكَ إِنَّ ذلِكَ مِنَ الْمَعْرُوفِ وَأَرْفَعُ إِزَارَكَ إلى نصف الساق فان ابيت قالى الكعبين وأياكَ وَأَسْبَالَ الْآزار فَانَّهَا مِن المخيلة وان الله لا يُحِبُّ المَخيلة وان امْرُوا شَتَمَكَ وَعَبْرَكَ بِمَا يَعْلَمُ فِيْكَ فَلَا تغيره بِمَا تَعْلَمُ فِيهِ فَإِنَّمَا وَبَالُ ذلِكَ عَلَيْهِ – رواه ابو داود والترمذى باسناد صحيح وقال الترمذي حديث حسن صحيح .

796. Abou Juray Jâbir ibn Soulaym (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai vu un homme dont les gens suivaient l’opinion ; tout ce qu’il disait, ils l’acceptaient. Je demandai : “Qui est cet homme ?” Les gens répondirent : “C’est le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui).” Je dis : “Que le salut soit sur toi, ô Messager d’Allah”, et je le répétai deux fois. Il dit : “Ne dis pas : ‘Que le salut soit sur toi’, car cette formule est le salut adressé aux morts ; dis plutôt : ‘Que le salut soit sur toi.’” Je demandai : “Es-tu le Messager d’Allah ?” Il répondit : “Oui, je suis le Messager d’Allah, Celui que tu invoques lorsque tu es frappé par une épreuve et qui la dissipe, Celui que tu invoques lorsque tu es touché par la famine et qui fait pousser des récoltes pour toi, et Celui que tu invoques lorsque tu perds ta monture dans un lieu désert et sans eau et qui te la rend.” Jâbir ibn Soulaym dit : “Je lui demandai : ‘Donne-moi un conseil.’ Il dit : ‘N’insulte jamais personne.’” Jâbir dit : “Après cela, je n’ai plus jamais insulté ni homme libre, ni esclave, ni chameau, ni chèvre. Ne méprise aucune bonne œuvre, même si elle est minime. Parle à ton frère avec un visage souriant ; cela aussi est une bonne œuvre. Relève ton izar ou ton vêtement jusqu’à la moitié de tes jambes, en dessous de tes genoux. Si tu ne peux pas le relever jusque-là, relève-le au moins jusqu’aux chevilles. Garde-toi de laisser traîner ton pagne, car cela relève de l’orgueil, et Allah n’aime pas l’orgueil. Si quelqu’un t’insulte ou te diffame au sujet d’un défaut qu’il connaît chez toi, ne le diffame pas au sujet d’un défaut que tu connais chez lui, car le mauvais résultat retombera sur lui.” »

L’imam Abou Dâwoud et l’imam At-Tirmidhî ont rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique. L’imam At-Tirmidhî a dit : « Ce hadith est bon et authentique. »

۷۹۷- وَعَن أبي هريرة رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ بَيْنَمَا رَجُلٌ يُصَلِّى مُسْبِلُ إِزَارَهُ قَالَ لهُ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اذْهَبْ فَتَوَضَّاً فَذَهَبَ فَتَوَضَّا ثُمَّ جَاءَ فَقَالَ اذْهَبْ فَتَوَضَّاً فَقَالَ لَهُ رَجُلٌ يَا رَسُولَ الله مَا لَكَ أَمَرْتَهُ أَنْ يَتَوَضَّا ثُمَّ سَكَتْ عَنْهُ قَالَ إِنَّهُ كَانَ يُصَلِّى وَهُوَ مُسْئِلَ إِزَارَهُ وَإِنَّ اللهَ لَا يَقْبَلُ صَلَاةَ رَجُلٍ مُسْبِل – رواه ابو داود باسناد صحيح على شرط مسلم

797. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un jour, un homme priait en laissant traîner son izar en dessous des chevilles. Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui dit : “Va refaire tes ablutions.” Il partit, refit ses ablutions, puis revint. Il lui dit de nouveau : “Va refaire tes ablutions.” Il partit et refit ses ablutions. Quelqu’un demanda : “Ô Messager d’Allah, pourquoi lui ordonnes-tu de refaire ses ablutions, puis gardes-tu le silence à son sujet ?” Il répondit : “Cet homme priait en laissant traîner son izar en dessous des chevilles. Or Allah n’accepte pas la prière de celui qui prie en laissant traîner son izar.” »

L’imam Abou Dâwoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique, selon les critères de l’imam Mouslim.

۷۹۸- وَعَن قيس بن بشر التغلبي قال أخبرني أَبِي وَكَانَ جَلِيسًا لِأَبِي الدردا ، قَالَ كَانَ بدمشق رَجُلٌ مِنْ أَصْحَاب النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُقَالُ لَهُ سهل بن الحنظلية وَكَانَ رَجُلاً مُتَوَجِداً فَلْمَا يُجَالِسُ النَّاسِ إِنَّمَا هُوَ صَلَاةٌ فَإِذَا فَرَغَ فَإِنَّمَا هُوَ تشبيح وتكبير حَتَّى يَأْتِي أَهْلَهُ فَمَرُ بِنَا وَنَحْنُ عِنْدَ أَبي الدردا .
فقال له أبو الدرداء كلمة تنفعنا ولا تَضُرُّك قَالَ بَعَثَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عليه وسلم سرية فَقَدِمَتْ فَجَاءَ رَجُلٌ مِنْهُمْ فَجَلَسَ فِي الْمَجْلِسِ الَّذِي يَجْلِسُ فِيهِ رسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لِرَجُل إِلى جَنْبِهِ لَوْ رَأَيْتَنَا حِينَ الْتَقَيْنَا نَحْنُ وَالْعَدُو فَحَمَلَ فُلانٌ وَطَعَنَ فَقَالَ خُذْهَا مِنِّي وَأَنَا الْغُلَامُ الْغَفَارِيُّ كَيْفَ تَرَى في قَوْله قَالَ مَا آراء الأ قد بطل أجره فسمع بذلكَ أَخَرُ فَقَالَ مَا أَرَى بِذلِكَ بَأْسًا فتنازعا ا حتى حَتَّى سَمِعَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ سُبْحَانَ الله لا : بأس أن يُؤْجَرَ وَيُحْمَدَ فَرَأَيْتُ أَبا الدرداء سُر بذلك وَجَعَلَ يَرْفَعُ رَأْسَهُ اليْهِ وَيَقُولُ أَنْتَ سمعت ذلك مِن رَّسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَقُولُ نَعَمْ فَمَا زَالَ يُعِيدُ عَلَيْهِ حَتَّى إِنِّي لَأَقُولُ لِيَبْرُكَنُ عَلَى رَكْبَتَيْهِ قَالَ فَمَرَّ بِنَا يَوْمًا أَخَرَ فَقَالَ لَهُ أَبُو الدردا ، كلمة تَنْفَعْنَا وَلا تَضُرُّكَ قَالَ قَالَ لَنَا رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ المنفق على الخيل كالباسط بده بالصدقة لا يقبِضُهَا ثُمَّ مَرَّ بِنَا يَوْمًا أَخَرَ فَقَالَ له أبو الدردا ، كلمة تنفعنا ولا تَضُرُّك قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نِعْمَ الرَّجُلُ حريم الأسيدي لو لا طول جمته وَاسْبَالُ ازاره فَبَلَغَ خُرَيْمًا فَعَجَلَ فَاخَدَ شَفْرَةً فَقَطعَ بِهَا جُمْتَهُ إلى أذنيه ورفع ازاره إلى انصاف ساقيه. ثُمَّ مَرَّ بِنَا يَوْمًا آخَرَ فَقَالَ لَهُ أبو الدرد) ، كَلِمَةً تَنْفَعْنَا وَلَا تَضُرُّكَ قَالَ سَمِعْتُ رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّكُمْ قَادِمُونَ عَلَى اخْوَانِكُمْ فَأَصْلِحُوا رِجَالِكُمْ وَأَصْلِحُوا لِبَاسَكُمْ حَتَّى تَكُونُوا كَانَّكُمْ شَامَةٌ فِي النَّاسِ فَإِنَّ اللَّهَ لَايُحِبُّ الفُحش ولا التفحش – رواه ابو داود بإسناد حسن إلا قيس بن بشر فَاخْتَلَفُوا فِي توثيقه وتضعيفه وقد روى له مسلم .

৭৯৮. Qays ibn Bishr at-Taghlibi (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte. Il dit : mon père m’a informé qu’il était le compagnon d’Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée). Il dit : à Damas, il y avait un Compagnon du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), nommé Sahl ibn Hanzaliyya. Il préférait beaucoup la solitude, fréquentait très peu les gens, passait la majeure partie de son temps en prière et, lorsqu’il avait terminé sa prière, s’occupait de la glorification et de la proclamation de la grandeur d’Allah jusqu’à ce qu’il retourne auprès de sa famille. Un jour, il passa près de nous alors que nous étions assis auprès d’Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée). Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Dites-nous quelque chose qui nous soit utile sans vous causer de tort. » Il répondit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) envoya une petite troupe. Après son retour, l’un de ses membres vint s’asseoir dans l’assemblée où se trouvait également le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Le nouveau venu dit à celui qui était assis à côté de lui : “Si tu nous avais vus lorsque nous faisions face à l’ennemi sur le champ du jihâd ! Un tel mécréant leva sa lance, attaqua et me frappa. En réponse, le musulman attaqué lui dit : ‘Tiens, prends cela de ma part ; je suis un jeune homme de la tribu de Ghifâr.’ Que dis-tu de cette parole ?” L’autre répondit : “À mon avis, sa récompense a été annulée à cause de son orgueil.” L’autre, après avoir entendu cela, dit : “Pour ma part, je n’y vois aucun mal.” Ils se mirent à discuter, au point que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) les entendit. Il dit : “Gloire à Allah ! Il n’y a aucun mal en cela. Il sera récompensé dans l’au-delà et loué ici-bas.” » Qays ibn Bishr dit : « Je vis Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) s’en réjouir. Il leva la tête vers lui et lui dit : “As-tu entendu cela du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ?” Ibn Hanzaliyya (qu’Allah l’agrée) répondit : “Oui, je l’ai entendu.” Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) ne cessait de répéter ces paroles devant Ibn Hanzaliyya. Je finis par lui dire : “Voulez-vous donc vous asseoir sur les genoux d’Ibn Hanzaliyya ?”

Bishr (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : un autre jour, Ibn Hanzaliyya (qu’Allah l’agrée) passa de nouveau près de nous. Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Dites-nous quelque chose qui nous soit utile sans vous causer de tort. » Il répondit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) nous a dit : “Celui qui dépense de l’argent pour la nourriture de son cheval est semblable à celui qui tend la main pour faire l’aumône et ne la retire pas.” » Puis, un autre jour, Ibn Hanzaliyya (qu’Allah l’agrée) passa de nouveau près de nous. Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Dites-nous quelque chose dont nous puissions tirer profit sans que cela vous cause de tort. » Il répondit : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : “Quel excellent homme que Khuraym al-Usaydî, si ses cheveux n’étaient pas si longs et si son izâr ne descendait pas au-dessous de ses chevilles !” » Cette parole parvint aux oreilles de Khuraym. Il prit rapidement un couteau, coupa ses cheveux jusqu’au niveau de ses oreilles et remonta son izâr jusqu’à mi-chemin entre ses genoux et ses chevilles. Puis, un autre jour, Ibn Hanzaliyya (qu’Allah l’agrée) passa de nouveau près de nous. Abû ad-Dardâ (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Faites-nous entendre quelque chose qui nous soit utile sans vous causer de tort. » Il répondit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “Vous allez vous rendre auprès de vos frères. Arrangez donc vos selles et soignez vos vêtements, afin de devenir les mieux vêtus et les plus avenants parmi les gens. Car Allah n’aime ni celui qui porte l’indécence ni celui qui la commet ouvertement.” »

L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une meilleure chaîne de transmission. Cependant, les spécialistes divergent quant à la solidité et à la faiblesse de la transmission du hadith de Qays ibn Bishr. L’imam Muslim a également rapporté des hadiths de lui.

۷۹۹- وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِزْرَةُ المسلم إلى نصف الساق ولا خرَجَ أَوْ لَا جُنَاحَ فِيمَا بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْكَعْبَيْنِ فَمَا كَانَ أَسْفَلَ مِنَ الْكَعْبَيْنِ فَهُوَ فِي النَّارِ وَمَنْ جَرِّ إِزَارَهُ بَطَراً لَمْ يَنظُرِ الله الله – رواه ابو داود باسناد صحيح.

৭৯৯. Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le pagne ou pantalon du musulman doit descendre jusqu’à mi-hauteur des mollets. Il n’y a toutefois aucun mal à ce qu’il arrive à mi-chemin entre les chevilles et les mollets. La partie qui descend au-dessous des chevilles ira en Enfer. Celui qui, par orgueil, laisse descendre son pagne ou son pantalon, Allah ne le regardera pas le Jour de la Résurrection. »

۸۰۰- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ مَرَرْتُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَفِي إِزارِي اسْتِرْخَاءُ فَقَالَ يَا عَبْدَ اللَّهِ ارْفَعْ إِزَارَكَ فَرَفَعْتُهُ ثُمَّ قَالَ زِدْفردت فَمَا زِلْتُ الحَراهَا بَعْدُ فَقَالَ بَعْضُ الْقَوْمِ إِلَى ابْنَ فَقَالَ إِلَى أَنْصاف الساقين رواه مسلم.

800. Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je passai près du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), alors mon izâr pendait en dessous de mes mollets. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Ô Abdallah, relève ton izâr. » Je le relevai. Il dit encore : « Relève-le davantage. » Je le relevai encore. Ainsi, sur son ordre, je ne cessai de le relever. Quelqu’un demanda : « Jusqu’où faut-il le relever ? » Il répondit : « Jusqu’à mi-hauteur des deux mollets. » (Mouslim)

۸-۱- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ جَرَّ ثَوْبَهُ خُيْلا لَمْ ينظر الله إليه يَوْمَ القِيامَةِ فَقَالَتْ أم سَلَمَةَ فَكَيْفَ تَصْنَعُ النِّسَاءُ بِدْيُولِهِنَّ قَالَ برخين شيراً قالت إذا تَنْكَشِفُ اقْدَامُهُنَّ قَالَ فَيُرْخِينَهُ ذِرَاعًا لَا يَزِدْنَ- رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن صحيح

801. Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui laisse traîner son vêtement par orgueil, Allah ne le regardera même pas le Jour de la Résurrection. » Umm Salama (qu’Allah l’agrée) demanda : « Que doivent alors faire les femmes avec leurs pans de vêtement ? » Il répondit : « Elles les laisseront pendre d’une empan en dessous des mollets. » Umm Salama dit : « Dans ce cas, leurs pieds seront découverts. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « Alors elles peuvent les laisser pendre d’une coudée, mais pas davantage. »

L’imam Abou Dawoud et l’imam At-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam At-Tirmidhi a dit : « C’est un hadith bon et authentique. »

Chapitre 4 — Il est recommandé de renoncer aux vêtements élégants par humilité et modestie

Il est recommandé de renoncer aux vêtements élégants par humilité et modestie.

L’imam An-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : « Certains hadiths se rapportant à ce chapitre ont été mentionnés au chapitre 56, intitulé “Le mérite de supporter la faim et le détachement de la vie mondaine”. »

۰۲ وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال من ترك اللباس تواضعا الله وهو يقدر عَلَيْهِ دَعَاهُ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ عَلَى
رؤوس الخَلائِقِ حَتَّى يُخْبَرَهُ مِنْ أَي حُللِ الْإِيْمَانِ شَاءَ يَلْبَسُهَا – رواه الترمذى وقال حديث حسن

٨٠٢. Il est rapporté de Muʿâdh ibn Anas (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Celui qui, bien qu’en ayant les moyens, renonce à porter de beaux vêtements par humilité et modestie, uniquement pour rechercher l’agrément d’Allah, Allah l’appellera, le Jour de la Résurrection, devant toutes Ses créatures, et lui donnera le choix de porter celui des vêtements ou ornements de la foi qu’il voudra. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il était bon.

Chapitre 5 — Il est recommandé d’adopter la modération dans l’habillement. Il ne faut pas porter de vêtements médiocres sans nécessité ni exigence de la Sharîʿa.

Il est recommandé d’adopter la modération dans l’habillement. Il ne faut pas porter de vêtements médiocres sans nécessité ni exigence de la Sharîʿa.

۸۰۳- عن عمرو بن شعيب عن أبيه عن جدهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللهَ يُحِبُّ أن يرى اثر نِعْمَتِهِ عَلَى عَبْدِهِ – رواه الترمذي وقال حديث حسن.

٨٠٣. Il est rapporté de ʿAmr ibn Chuʿayb, d’après son père, d’après son grand-père, qu’il a dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Allah aime voir les signes de Ses bienfaits et de Sa faveur sur Son serviteur. »

L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et a dit qu’il était bon.

Section 6 — Il est interdit aux hommes d’utiliser des vêtements de soie, de s’y asseoir ou de s’y adosser. Il est permis aux femmes de les porter

Il est interdit aux hommes d’utiliser des vêtements de soie, de s’y asseoir ou de s’y adosser. Il est permis aux femmes de les porter.

٨٠٤- عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَابِ رَضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عليه وسلم لا تَلْبَسُوا الحرير فإن من لبسه في الدنيا لم يلبسه في الآخرة – متفق عليه.

804. D’après ʿUmar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Ne portez pas de vêtements de soie. Car celui qui en porte dans ce monde en sera privé dans l’au-delà. » (Al-Bukhari, Muslim)

٨٠٥ وَعَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِنَّمَا يَلْبَسُ الحرير من لا لا . خلاق له متفق عليه. وفي رواية للبخاري من لا خلاق له في الآخرة.

805. D’après ʿUmar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : « Dans ce monde, ne porte de vêtements de soie que celui qui n’aura aucune part dans l’au-delà. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une version rapportée par al-Bukhari, il est dit : « Celui qui n’aura aucune part dans l’au-delà. » [Note : Il ne convient pas de porter des vêtements qui attirent les regards, au point que les gens les désignent du doigt ou lèvent les yeux vers eux. Le but d’un tel vêtement n’est rien d’autre que d’afficher son orgueil et sa magnificence, et de faire valoir sa supériorité.]

٨- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَن ليس الحرير في الدُّنْيَا لَمْ يَلْبَسُهُ فِي الآخرة – متفق عليه.

806. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui porte des vêtements de soie dans ce monde ne pourra pas les porter dans l’au-delà. » (Al-Bukhari et Muslim)

۸۰۷- وَعَنْ عَلى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَخَذَ حَرِيرًا فَجَعَلَهُ فِي يَمِينِهِ وَذَهَبًا فَجَعَلَهُ فِي شِمَالِهِ ثُمَّ قَالَ إِنْ هَذَيْنِ حَرَامٌ عَلَى ذكور أمني رواه ابو داود باسناد حسن .

807. Ali (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : J’ai vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) prendre un vêtement de soie et le placer dans sa main droite, puis prendre une pièce d’or et la placer dans sa main gauche. Ensuite, il a dit : « Ces deux choses sont interdites aux hommes de ma communauté. »

L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission.

۸۰۸- وعن أبي مُوسَى الْأَشْعَرِي رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ حُرِّمَ لِبَاسُ الْحَرِيرِ وَالذَّهَبِ عَلَى ذُكُورِ أُمَّتِي وَأَحِلَّ لِأَنَائِهِمْ رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح.

808. Abou Moussa Al-Achari (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Les vêtements de soie et les objets en or ont été interdits aux hommes de ma communauté et autorisés à ses femmes. »

L’imam At-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith bon et authentique. »

۸۰۹- وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضى اللهُ عَنْهُ قَالَ نَهَانَا النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ تشرب في آنية الذهب والفضة وأن تأكل فِيهَا وَعَنْ لَيْسِ الْحَرِيرِ وَالدِّيباج وَأَنْ تجلس عليه رواه البخاري

809. D’après Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) nous a interdit de manger et de boire dans des récipients en or et en argent, ainsi que de porter des vêtements en soie ou en mélange de soie et de coton, et de nous asseoir dessus. (Al-Bukhari)

Chapitre 7 — La permission d’utiliser des vêtements en soie en raison d’une affection cutanée

La permission d’utiliser des vêtements en soie en raison d’une affection cutanée.

۸۱۰- عن انس قَالَ رَخَّصَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِلزُّبَيْرِ وَعَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفَ فِي لبس الحرير لحكة بهما – متفق عليه .

810. D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a permis à az-Zubayr et à ʿAbd ar-Rahman ibn ʿAwf (qu’Allah les agrée) d’utiliser des vêtements en soie en raison de la gale ou des démangeaisons dont ils souffraient. [Note : La gale ou les démangeaisons qu’ils avaient sur le corps étaient dues à des parasites semblables aux poux. La soie est un vêtement de nature chaude. Son utilisation élimine les poux. C’est pourquoi le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) leur a permis de porter des vêtements en soie à titre de traitement préventif.] (Al-Bukhari, Muslim)

Chapitre 8 — L’interdiction de s’asseoir sur une peau de tigre et de monter dessus

L’interdiction de s’asseoir sur une peau de tigre et de monter dessus.

۸۱۱- عَنْ مُعَاوِيَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تركبوا الحر ولا النمار – حديث حسن رواه ابو داود وغیره باسناد حسن

811. D’après Mu‘âwiya (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ne montez pas sur des selles ou des coussins en soie et en peau de léopard. »

Ce hadith est hasan. L’imam Abû Dâwûd et d’autres l’ont rapporté avec une bonne chaîne de transmission.

۸۱۲- وَعَنْ أَبِي الْمَلِيْحِ عَنْ أَبِيْهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ

وسلم نهى عن جلود السباع رواه ابو داود والترمذي والنسائي باسانيد صحاح وفي رواية الترمذي نهى عَنْ جُلُود السباع أن تُفْتَرَش .

812. D’après Abû al-Malîh, qui le tient de son père, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit l’utilisation des peaux d’animaux sauvages et prédateurs.

L’imam Abû Dâwûd, l’imam at-Tirmidhî et l’imam an-Nasâ’î ont rapporté ce hadith avec une chaîne authentique. Selon une version rapportée par at-Tirmidhî, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a interdit d’utiliser les peaux d’animaux sauvages comme tapis ou literie.

Chapitre 9 — Ce que l’on doit dire en mettant des vêtements, des chaussures, etc. neufs

Ce que l’on doit dire en mettant des vêtements, des chaussures, etc. neufs.

ى اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ ۱۳- عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِي ) عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا اسْتَجَدٌ ثَوْبًا سَمَاهُ بِاسْمِهِ عِمَامَةَ أَوْ قَمِيصًا أَوْ رِدَاء يَقُولُ اللهُم لكَ الْحَمْدُ أَنْتَ كَسَوْنَنِيْهِ أَسْأَلُكَ خَيْرَهُ وَخَيْرَ مَا صُنِعَ لَهُ وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّهِ وشَرِّ ما صنع له – رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن .

813. D’après Abou Sa‘îd al-Khoudrî (qu’Allah l’agrée), il a dit : Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — revêtait un vêtement neuf, il le désignait d’abord par son nom. Il disait par exemple : « C’est un turban, une tunique ou un manteau. » Puis il disait : « Allâhoumma laka al-hamdou anta kassawtanîhi… » C’est-à-dire : « Ô Allah, à Toi revient toute louange. C’est Toi qui m’as revêtu de ce vêtement. Je Te demande le bien qu’il contient et le bien pour lequel il a été confectionné. En revanche, je cherche refuge auprès de Toi contre le mal qu’il contient et contre le mal pour lequel il a été confectionné. »

L’imam Abou Dâwoud et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et l’imam at-Tirmidhî a dit qu’il s’agissait d’un hadith hassan.

Section 10 — Commencer par le côté droit lors de l’habillement

Commencer par le côté droit lors de l’habillement.

Le hadith authentique relatif à cette section a déjà été mentionné (voir la section n° 95).

Chapitre 4

Adab an-nawm (règles de bienséance du sommeil)

Chapitre 1 — Les règles de bienséance relatives au sommeil, au fait de s’allonger sur le côté, de s’asseoir, de s’asseoir ensemble dans les réunions, ainsi qu’aux rêves

Les règles de bienséance relatives au sommeil, au fait de s’allonger sur le côté, de s’asseoir, de s’asseoir ensemble dans les réunions, ainsi qu’aux rêves.

٨١٤- عَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا أَوَى إِلى فِرَاشِهِ نَامَ عَلَى شَقِهِ الْأَيْمَنِ ثُمَّ قَالَ اللَّهُمَّ اسْلَمْتُ نَفْسِي إِلَيْكَ وَوَجْهَتُ وَجْهِي اليك وفوضت أمرى اليك والجات ظهري اليك رغبة ورهبة إليكَ لا ملجا ولا منجى مِنكَ إِلا إِلَيْكَ آمَنْتُ بِكِتَابِكَ الَّذِي أَنزَلْتَ ونبيك الذي أرسلت رواه البخاري بهذا اللفظ في كتاب الادب من صحيحه.

814. D’après Al-Barâ’ ibn ‘Âzib (qu’Allah l’agrée), il a dit : Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — se couchait sur son lit, il s’allongeait sur le côté droit et disait : « Ô Allah ! Je Te confie mon âme, je tourne mon être vers Toi, je Te remets mon affaire et je m’appuie sur Ta protection, avec espoir en Toi et crainte de Toi. Il n’y a ni refuge ni salut contre Ton châtiment en dehors de Toi. Je crois en Ton Livre que Tu as révélé et au Prophète que Tu as envoyé. »

L’imam Al-Bukhari a rapporté ce hadith dans son Sahih al-Bukhari, dans le Livre de la bienséance, avec exactement ces mêmes termes. [Note : Ce hadith ne se trouve pas dans le Livre de la bienséance de l’imam Al-Bukhari, mais dans le Livre des invocations, au chapitre « Dormir sur le côté droit ». (L’éditeur)]

٨١٥- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا آتَيْتَ مَضْجَعَكَ فتوضأ وضوءك للصلاة ثم اضطجع على شقكَ الْأَيْمَنِ وَقُل ….. وَذَكَرَ نَحْوَهُ وفيه وَاجْعَلْهُنَّ آخَرَ مَا تَقُولُ – متفق عليه .

815. D’après Al-Barâ’ ibn ‘Âzib (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — m’a dit : « Lorsque tu voudras aller dormir dans ton lit, fais les ablutions comme pour la prière, puis allonge-toi sur le côté droit et dis… » — comme dans le hadith précédent. Il y est également précisé que tu dois prononcer cette invocation comme tes dernières paroles. (Al-Bukhari et Muslim)

٨١٦- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُصَلِّي مِنَ اللَّيْلِ احدى عشرة ركعة فاذا طلعَ الْفَجْرُ صَلَّى رَكَعَتَيْنِ خَفِيفَتَيْنِ ثُمَّ اضْطَجَعَ عَلَى شَقِهِ الْأَيْمَنِ حَتَّى يَجِيَّ الْمُؤَذِّنُ فَيُؤْذِنْهُ – متفق عليه

816. Selon ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) priait onze rak‘ats durant la nuit. Lorsque l’aube véritable se levait, il accomplissait légèrement deux rak‘ats, puis s’allongeait sur le côté droit. Ensuite, le muezzin venait l’informer que la prière en assemblée était prête. (Al-Bukhari et Muslim)

۸۱۷- وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا أَخَذَ مَضْجَعَهُ مِنَ اللَّيْلِ وَضَعَ يَدَهُ تَحْتَ خَدِهِ ثُمَّ يَقُولُ اللَّهُم بِاسْمِكَ أَمُوتُ وآخيا وإذا اسْتَيْقَظَ قَالَ الْحَمْدُ لله الذي أَحْيَانًا بَعْدَ مَا أَمَاتَنَا وَإِلَيْهِ النُّشُورُ رواه البخاري.

817. Selon Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), il a dit : Lorsque le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se couchait la nuit, il plaçait sa main sous sa joue, puis disait : « Ô Allah, c’est en Ton nom que je meurs et que je vis. » Lorsqu’il se réveillait, il disait : « Al-hamdu lillāhilladhī ahyānā ba‘da mā amātanā wa ilayhin-nushūr » — Toute louange appartient à Allah, Celui qui nous a redonné la vie après nous avoir fait mourir. C’est vers Lui que sera le retour. (Al-Bukhari)

۸۱۸- وَعَنْ يَعِيش بن طحفَة الغَفَارِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ أَبِي بَيْنَمَا أنا مضطجع في المسجد على بطنى إِذا رَجُلٌ يُحرِكْنِي بِرِجْلِهِ فَقَالَ إِنَّ هَذه ضجعة ببغضها اللهُ قَالَ فَنَظَرْتُ فَاذَا رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. رواه ابو داود باسناد صحیح

818. Selon Ya‘ish ibn Tikhfa al-Ghifari (qu’Allah l’agrée), il a rapporté que son père a dit : Un jour, j’étais allongé à plat ventre dans la mosquée. Soudain, quelqu’un me toucha du pied, puis dit : « Allah déteste ce genre de position allongée. » Mon père a dit : Je levai les yeux et vis que c’était le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). L’imam Abu Dawud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

۸۱۹- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ قَعَدَ مَقْعَدا لم يذكر الله تعالى فيه كانتْ عَلَيْهِ مِنَ اللهِ تَعَالَى تَرَةٌ وَمَن اضْطَجَعَ مَضْجَعًا لا يَذْكُرُ اللهَ تَعَالَى فِيهِ كَانَتْ عَلَيْهِ مِنَ الله ترة – رواه ابو داود باستاد حسن

819. Selon Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui s’assoit dans une réunion ou une assemblée sans y mentionner Allah le Très-Haut s’expose, de la part d’Allah, à un dommage et à un blâme. De même, celui qui s’allonge sur un lit sans mentionner Allah le Très-Haut s’expose, de la part d’Allah, à un dommage et à un blâme.

L’imam Abu Dawud a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission. Le terme « tirātun » signifie dommage ou mauvaise conséquence.

Chapitre 2 — Il est permis de s’allonger sur le dos en posant une jambe sur l’autre, lorsqu’il n’y a pas de risque que la ‘awra soit découverte. Il est également permis de s’asseoir les genoux repliés et les deux genoux relevés.

Il est permis de s’allonger sur le dos en posant une jambe sur l’autre, lorsqu’il n’y a pas de risque que la ‘awra soit découverte. Il est également permis de s’asseoir les genoux repliés et les deux genoux relevés.

۸۲۰- عَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ يَزِيدِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ رَأَى رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وسلم مُسْتَلْقِيا فِي الْمَسْجِدِ وَاضِعا احدى رجليه على الأخرى متفق عليه.

820. Abdallah ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) rapporte : Il a vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) allongé sur le dos dans la mosquée, une jambe posée sur l’autre.

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۸۲۱- وَعَنْ جَابِرِ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذا صلى الْفَجْرَ تَربَّع في مجلسه حَتَّى تَطْلُعَ الشَّمْسُ حَسنَاء – حديث صحيح رواه ابو داود وغيره باسانيد صحيحة .

821. Jabir ibn Samura (qu’Allah l’agrée) rapporte : Il dit : Après la prière de l’aube, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) restait assis à sa place, les genoux repliés, jusqu’à ce que le soleil se lève et devienne bien lumineux.

C’est un hadith authentique. L’imam Abou Dawoud et d’autres l’ont rapporté avec une chaîne de transmission authentique.

۸۲۲- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِفَناء الكعبة محتبيا بيديه هكذا ووصف بِيَدَيْهِ الْاحْتِيَاء وَهُوَ الْقُرْقُصَاءُ
رواه البخاري.

822. D’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) assis dans la cour de la Kaaba, les mains ainsi placées en position ihtibâ. » Ibn Umar expliqua avec ses propres mains la manière de s’asseoir. C’est la position kurfousa. [Note : c’est-à-dire s’asseoir accroupi, les deux genoux dressés, en prenant ceux-ci entre les mains par-devant tout en étant assis sur les fesses.]

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

۸۲۳- وَعَنْ قَبلة بنت مَخْرَمَةً رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ رَأَيْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ قَاعِدُ الْقُرْ فُصَاءَ فَلَمَّا رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمُتَخَشِعَ فِي الْجِلْسَةِ أَرْعَدْتُ من الفرق – رواه ابو داود والترمذي .

823. D’après Qayla bint Makhrama (qu’Allah l’agrée), elle dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) assis en position kurfousa. Lorsque je vis le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dans cet état d’humilité et de soumission, mon cœur trembla de peur. »

L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith.

٨٢٤- وَعَنِ الشَّدِيدِ بْنِ سُوَيْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ مَرَّ بِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَنَا جَالِسٌ هكذا وَقَدْ وَضَعْتُ يَدِيَ الْيُسْرَى خَلْفَ ظَهْرِي وانكاتُ عَلَى اليَةِ بَدِي فَقَالَ أَتَقْعُدُ فَعْدَةَ الْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ – رواه ابو داود باستاد صحيح.

824. D’après Charid ibn Souwaïd (qu’Allah l’agrée), il dit : « Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) passa près de moi alors que j’étais assis, la main gauche placée derrière le dos et appuyé sur la partie charnue du pouce de ma main droite. Il dit : “T’es-tu assis à la manière de ceux qui sont maudits ?” [Note : par “ceux qui sont maudits”, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) faisait ici allusion aux Juifs.] »

L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

Section : 3 – Les convenances de l’assemblée et du fait de s’asseoir ensemble

Les convenances de l’assemblée et du fait de s’asseoir ensemble.

٨٢٥- عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يُقِيمَنْ أَحَدُكُمْ رَجُلاً مِنْ مَجْلِسِهِ ثُمَّ يَجْلِسُ فِيْهِ وَلَكِنْ تَوَسُعُوا وَتَفَسَحُوا وكَانَ ابْنُ عُمَرَ إِذَا قَامَ لَهُ رَجُلٌ مِنْ مَجْلِسِهِ لَمْ يَجْلِسُ فيهِ – متفق عليه.

825. Selon Ibn ʿUmar (qu’Allah les agrée tous deux), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Que nul d’entre vous ne fasse lever quelqu’un de sa place pour s’y asseoir lui-même. Mais faites plutôt de la place et asseyez-vous en vous écartant. » Lorsqu’une personne se levait pour céder sa place à Ibn ʿUmar (qu’Allah les agrée tous deux), celui-ci ne s’asseyait pas à la place qu’elle lui avait laissée. L’imam al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٨٢٦- وعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا قَامَ أَحَدُكُمْ مِنْ مَجْلِسٍ ثُمَّ رَجَعَ إِلَيْهِ فَهُوَ أَحَقُّ بِهِ – رواه مسلم.

826. Selon Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si l’un d’entre vous se lève de sa place puis y revient, il est plus en droit que quiconque de s’y asseoir. » (Muslim)

۸۲۷- وَعَنْ جَابِرِ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ كُنَّا إِذَا آتَيْنَا النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَلَسَ أَحَدُنَا حَيْثُ يَنتَهى – رواه أبو داود والترمذي وقال حديث حسن.

827. Jabir ibn Samura (qu’Allah l’agrée) rapporte : Il dit : Lorsque nous nous rendions auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), chacun de nous s’asseyait à l’endroit où s’achevait l’assemblée.

L’imam Abou Dawoud et l’imam At-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam At-Tirmidhi l’a qualifié de hadith hassan.

۸۲۸- وَعَنْ أَبِي عَبْدِ اللهِ سَلْمَانَ الْفَارِسِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يَغْتَسِلُ رَجُلٌ يَوْمَ الْجُمُعَةِ وَيَتَطَهُرُ مَا اسْتَطَاعَ مِنْ طهر ويدهن مِنْ دُهْنِهِ أَوْ يَمَسُ مِنْ طِيبِ بَيْتِهِ ثُمَّ يَخْرُجُ فَلَا يُفَرِّقُ بَيْنَ اثْنَيْنِ ثُمَّ يُصَلِّي مَا كُتِبَ لَهُ ثُمَّ يُنْصِتُ إِذا تَكَلَّمَ الْإِمَامُ إِلا غُفِرَ لَهُ مَا بَيْنَهُ وَبَيْنَ الجمعة الأخرى رواه البخاري.

828. Abou Abdillah Salman al-Farisi (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui se lave le vendredi, se purifie autant qu’il le peut, se met de l’huile qu’il a chez lui ou se parfume, puis sort de chez lui pour la prière, ne sépare pas deux personnes pour s’asseoir entre elles, accomplit la prière qui lui a été prescrite par Allah, puis reste silencieux pendant que l’imam prononce le sermon, Allah lui pardonne tous les péchés qu’il a commis entre un vendredi et l’autre.

L’imam Al-Boukhari a rapporté ce hadith.

۸۲۹- وَعَنْ عَمْرُو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا يَحِلُّ لِرَجُلٍ أَنْ يُفَرِّقَ بَيْنَ اثْنَيْنِ إِلَّا بِإِذْنِهِمَا – رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن، وفي روايةٍ لِأَبِي دَاوُدَ لَا يَجْلِسُ بَيْنَ رجلين الا باذنهما .

829. Il est rapporté d’Amr ibn Chou‘ayb, d’après son père, lui-même d’après son grand-père, que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Il n’est pas permis de s’interposer entre deux personnes sans leur permission.

L’imam Abou Dawoud et l’imam At-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam At-Tirmidhi dit : « C’est un hadith hassan. » Une autre version rapportée par l’imam Abou Dawoud dit : « Ne vous asseyez pas entre deux personnes sans avoir obtenu leur permission. »

وَعَنْ حُذَيْفَةَ بْنِ الْيَمَانِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَعَنَ مَنْ جَلسَ وَسَط الحلقة – رواه ابو داود بإسناد حسن ، وروى الترمذي عَنْ أَبِي مِجاز أَنْ رَجُلاً فَعَدَ وَسَطَ حَلْقَةٍ فَقَالَ حُذَيْفَةٌ مَلْعُوْنَ عَلَى لِسَانِ مُحَمَّد صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْ لَعَنَ اللهُ عَلَى لِسَانِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ جَلَسَ وَسَط الْحَلْقَةِ – قَالَ التَّرْمِذِى حَدِيْثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ.

830. D’après Hudhayfa ibn al-Yamân (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a maudit celui qui va s’asseoir au milieu d’une assemblée.

L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission. L’imam at-Tirmidhî a rapporté d’après Abû Mijlâz (qu’Allah lui fasse miséricorde) : lorsqu’un homme s’assit au milieu d’une assemblée, Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) dit : « Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a maudit cet acte », ou bien : « Allah a maudit, par la bouche de Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), celui qui s’assoit au milieu d’une assemblée. »

L’imam at-Tirmidhî a dit : « C’est un hadith hasan. »

۸۳۱- وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ خَيْرُ الْمَجَالِسِ أَوْسَعُها – رواه ابو داود بإسناد صحيح على شرط البخاري

831. D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : “L’assemblée la plus vaste et la plus aérée est la meilleure des assemblées.” »
L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique, conforme aux conditions de l’imam al-Bukhârî.

۸۳۲ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ جَلسَ فِي مَجلس فَكَثرَ فيه لغطهُ فَقَالَ قَبْلَ أَنْ يَقُومَ مِنْ مَجْلِسِهِ ذَلِكَ سبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ اسْتَغْفِرُكَ وَأَتُوبُ إِلَيْكَ إِلَّا غفِرَ لَهُ مَا كَانَ فِي مَجْلِسِهِ ذلك – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح

832. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui s’assoit dans une assemblée où sont tenus beaucoup de propos futiles et vains, qu’il dise, avant de se lever : “Ô Allah, Tu es exempt de toute imperfection et la louange T’appartient. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. Je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi.” Alors tout ce qui s’est produit dans cette assemblée lui est pardonné. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit : « C’est un hadith hasan et sahih. »

۸۳۳- وَعَنْ أَبِي بَرْزَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ بِأخرة إذا أراد أن يقوم مِنَ الْمَجْلِسِ (سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ وَبِحَمْدِكَ أشْهَدُ أن لا اله الا انت استغفرك واتوب اليك فَقَالَ رَجُلٌ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّكَ لتَقُولُ قَوْلاً مَا كُنتَ تَقُولُهُ فِيمَا مَضَى قَالَ ذلكَ كَفَّارَةٌ لِمَا يَكُونُ فِي المجلس – رواه أبو داود. وراه الحاكم ابو عبد الله في المستدرك من رواية عائشة وقال صحيح الاسناد.

٨٣٣. Abou Barza (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : À la fin de sa vie, lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se levait d’une assemblée, il disait : « Ô Allah ! Je proclame Ta pureté en Te louant. J’atteste qu’il n’y a de divinité que Toi. Je Te demande pardon et je me repens auprès de Toi. » Un homme dit : « Ô Messager d’Allah, vous venez de prononcer des paroles que vous n’aviez jamais dites auparavant. » Il répondit : « Ces paroles sont une expiation pour ce qui a pu se produire d’inutile dans cette assemblée. »

L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith. Al-Hakim Abou Abdallah l’a également rapporté d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée) dans son ouvrage Al-Mustadrak, et l’a déclaré authentique selon sa chaîne de transmission.

٨٣٤- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ قَلَّمَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُومُ مِنْ مَجْلِسَ حَتَّى يَدْعُو بِهَؤُلَاءِ الدَّعَوَاتِ اللَّهُمَّ اقْسِمُ لَنَا مِنْ خَشْيَتِكَ مَا تَحُولُ بِهِ بَيْنَنَا وَبَيْنَ مَعَاصِيكَ وَمِنْ طَاعَتِكَ مَا تُبْلِغْنَا بِهِ جَنَّتَكَ وَمِنَ الْيَقِيْنِ مَا تُهَوِّنُ عَلَيْنَا مَصَائِبَ الدُّنْيَا اللَّهُمَّ مَتَّعْنَا بِأَسْمَاعِنَا وَأَبْصَارِنَاوقُوتِنَا مَا أَحْيَيْتَنَا وَاجْعَلْهُ الْوَارِثَ مِنَّا وَاجْعَلْ ثَارَنَا عَلَى مَنْ ظَلَمَنَا وَانْصُرْنَا على من عادانا ولا تَجْعَلْ مُصيبتنا في ديننا ولا تَجْعَلِ الدُّنْيَا أَكْبَرَ هَمِّنَا وَلا مبلغ علمنا ولا تُسَلِّطْ عَلَيْنَا مَنْ لا يَرْحَمُنَا ) رواه الترمذي وقال حديث حسن.

٨٣٤. Ibn Omar (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Il était rare que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se lève d’une assemblée sans réciter ces invocations : « Ô Allah ! Accorde-nous une crainte de Toi suffisante pour s’interposer entre nous et la désobéissance envers Toi ; accorde-nous une obéissance à Toi suffisante pour nous faire parvenir à Ton Paradis ; et accorde-nous une certitude qui rende faciles pour nous les épreuves et les calamités de ce monde. Ô Allah ! Tant que Tu nous maintiendras en vie, fais de notre ouïe, de notre vue et de nos autres facultés nos héritières. Limite notre ressentiment et notre désir de vengeance à celui qui nous a fait du tort. Aide-nous contre celui qui nous est hostile. Ne nous expose pas aux épreuves dans notre religion. Ne fais pas de ce monde le centre de nos préoccupations et ne donne pas autorité sur nous à ceux qui ne sont pas bienveillants envers nous. »

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith hasan. »

ى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ ٨٣٥ – وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيا وَسَلَّمَ مَا مِنْ قَوْمٍ يَقُومُوْنَ مِنْ مَجْلِسِ لا يَذْكُرُونَ اللَّهَ تَعَالَى فِيهِ إِلَّا قَامُوا عَنْ مثل جيفة حمار وكان لهم حسرة – رواه ابو داود باسناد صحيح

835. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Tout groupe qui se lève d’une assemblée sans y avoir évoqué le nom d’Allah se lève comme s’il s’était séparé du cadavre d’un âne, et il n’en recueille que regret et honte.

L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

٨٣٦- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَا جَلَسَ قَوْمٌ مَجْلِسًا لَمْ يَذْكُرُوا اللهَ تَعَالَى فِيْهِ وَلَمْ يُصَلُّوا عَلَى نَبِيِّهِمْ فِيْهِ إِلَّا كَانَ عَلَيْهِمْ تَرَةٌ فَإِنْ شَاءَ عَذَبَهُمْ وَإِنْ شَاءَ غَفَرَ لَهُمْ – رواه الترمذي وقال حديث حسن .

836. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Si un groupe s’assoit dans une assemblée sans y invoquer le nom du Très-Haut et sans prier sur son Prophète, cela sera une cause de perte pour lui. Allah pourra donc, s’Il le veut, le châtier, ou lui pardonner.

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il s’agissait d’un hadith hassan.

۸۳۷- وَعَنْهُ عَنْ رَسُولِ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ قَعَدَ مَقْعَدًا لَمْ يَذْكُر الله تَعَالَى فِيهِ كَانَتْ عَلَيْهِ مِنَ الله تَرَةٌ وَمَنِ اضْطَجَعَ مَضْجَعًا لَا يَذْكُرُ اللَّهَ تعَالَى فِيهِ كَانَتْ عَلَيْهِ مِنَ الله ترة – رواه ابو داود وقَدْ سَبَقَ قَرِيبًا وَشَرَحْنَا الترة فيه.

837. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui s’assoit en un lieu sans y évoquer le nom du Très-Haut s’expose à une perte de la part d’Allah. De même, celui qui se couche en un lieu sans y évoquer le nom d’Allah s’expose également à une perte de la part d’Allah. [Note : Ces hadiths montrent qu’il faut évoquer Allah en se levant et en s’asseyant, en se couchant et en se réveillant, dans ses déplacements, dans toute activité, à tout moment et en tout lieu. Le musulman doit se rappeler qu’il est le serviteur du Dieu unique et qu’Allah est le centre de toutes ses actions et de toutes ses activités. Il doit évoquer Allah avant de commencer une tâche, pendant qu’il l’accomplit et après l’avoir achevée. Un hadith mentionne également qu’il faut prier sur le Prophète dans toute assemblée. L’acte accompli sans l’évocation d’Allah, ou le temps écoulé dans l’insouciance à l’égard de Son évocation, apporte en réalité à l’intéressé un lot de regret, de honte et de perte. Allah sait mieux quelle en est la signification exacte.]

L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith. Il en a été question un peu plus tôt, et c’est à cet endroit que nous avons expliqué le terme « tiratoun ». [Note : À ce sujet, voir le hadith n° 819.]

Section 4 — Le rêve et les sujets qui s’y rapportent

Le rêve et les sujets qui s’y rapportent.

قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمِنْ آيَاتِهِ مَنَامُكُمْ بِاللَّيْلِ وَالنَّهَارِ.

Allah, le Très-Haut, dit :

« Parmi Ses signes figurent votre sommeil, de jour comme de nuit. » (Ar-Rûm : 23)

۸۳۸- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ لَمْ يَبْقَ مِنَ النبوة إلا المُبَشِّرَاتُ قَالُوا وَمَا الْمُبَشِّرَاتُ قَالَ الرؤيا الصالحة – رواه البخاري.

838. Abû Hurayra rapporte. Il dit : J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : Il ne reste rien de la prophétie, si ce n’est les bonnes annonces. Les gens demandèrent : Quelles sont les bonnes annonces ? Il répondit : Le bon rêve.

L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.

۸۳۹- وَعَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا اقْتَرَبَ الزَّمَانُ لَمْ تَكَدُ رُؤْيَا الْمُؤْمِنِ تَكْذِبُ وَرُؤْيَا الْمُؤْمِنِ جُزء من سنة وَارْبَعِينَ جُزْءًا مِنَ النبوة متفق عليه . وفي روايةٍ أَصْدَقُكُمْ رُؤْيَا أَصْدَقُكُمْ حَدِيثًا

839. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « À l’approche de la Résurrection, le rêve du croyant sera très rarement mensonger. Le rêve du croyant constitue une part sur quarante-six de la prophétie. » [Note : Dans ce monde, la prophétie est l’unique moyen parfaitement fiable d’accéder à la connaissance. Après le dernier Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), ce moyen de connaissance a pris fin. Toutefois, les rêves véridiques du croyant subsistent en tant que mubashshirât (bonnes nouvelles). Ils permettent d’accéder à une infime part de la connaissance correcte. Cependant, le critère permettant de vérifier ces rêves véridiques est le Coran et la Sunna. Autrement dit, si le rêve du croyant contredit les enseignements du Coran et de la Sunna, il ne sera pas accepté comme un rêve véridique ou bon.]

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith. Dans une autre version, il est dit : « Celui d’entre vous qui est le plus véridique dans ses paroles aura aussi les rêves les plus véridiques. »

٨٤٠- وَعَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ رَأَنِي فِي الْمَنَامِ فَسَيَرَانِي فِي الْيَقظَةِ أَوْ كَانَّمَا رَأَنِي فِي الْيَقْظَةِ لَا يَتَمَثَلُ الشَّيْطَانُ بِي متفق عليه.

840. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Celui qui m’a vu en rêve me verra bientôt à l’état de veille, ou c’est comme s’il m’avait vu à l’état de veille. Satan ne peut prendre ma forme. » [Note : Pour cela, il faut naturellement que celui qui a vu le rêve ait une connaissance claire de l’apparence physique, des traits du visage et de la sîra du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Sinon, si Satan se déclarait être le Messager, comment pourrait-on reconnaître qu’il ne l’est pas ? Il n’est pas dit ici que Satan ne peut pas prendre l’apparence ou le visage du Messager, mais qu’il ne peut pas prendre le visage d’une autre personne et se présenter comme le Messager.] (Al-Boukhari, Mouslim)

٨٤١- وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ إِذا رأى أَحَدُكُمْ رُؤْيَا يُحِبُّهَا فَإِنَّمَا هِيَ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى فَلْيَحْمَد الله عَلَيْهَا وَلْيُحَدِّثْ بِهَا وَفِي رِوَايَةٍ فَلا يُحَدِّثُ بِهَا إِلَّا مَنْ يُحِبُّ وَإِذَا رَأَى غَيْرَ ذلِكَ مِمَّا يَكْرَهُ فَإِنَّمَا هِي مِنَ الشَّيْطَانِ فَلْيَسْتَعِذْ مِنْ شَرِّهَا وَلَا يَذْكُرُهَا لِأَحَدٍ فانها لا تضره – متفق عليه.

841. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : « Si l’un de vous voit en rêve quelque chose qui lui plaît, cela vient d’Allah. Il doit louer Allah pour cela et le raconter à ses amis. » Dans une autre version, il est dit : « Il ne doit alors le raconter à personne d’autre qu’à celui qu’il aime. » Et s’il voit un rêve qui lui déplaît, cela vient de Satan. Il doit chercher refuge auprès d’Allah contre son mal et ne le raconter à personne. Ainsi, ce rêve ne pourra lui causer aucun tort.

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

٨٤٢- وَعَنْ أَبِي قَتَادَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الرؤيا الصالحة وفي رواية الرُّؤْيَا الْحَسَنَةُ مِنَ اللهِ وَالْحَلْمُ مِنَ الشَّيْطَانِ فَمَنْ رأَى شَيْئًا يَكْرَهُهُ فَلْيَنْقُتُ عَن شماله ثلاثًا وَلِيَتَعَوَّذُ مِنَ الشَّيْطَانِ فَإِنَّهَا لا تضره – متفق عليه.

৮৪২. Abou Qatada (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Le rêve véridique — et, selon une autre version, le bon rêve — vient d’Allah, tandis que le mauvais rêve vient de Satan. Ainsi, si quelqu’un voit un rêve qu’il n’aime pas, qu’il

crache légèrement trois fois à sa gauche et cherche refuge auprès d’Allah contre le mal de Satan. Alors ce rêve ne pourra lui causer aucun dommage. »

L’imam Al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Le terme « an-nafasu », mentionné dans le hadith, désigne un souffle léger ou subtil, dont ne sort même pas la moindre quantité de salive.

٨٤٣ – وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا رأى أحدكم الرؤيا يَكْرَهُهَا فَلْيَبْصُ عَن يساره ثلاثا وَلْيَسْتَعِذْ بِالله مِن الشَّيْطَانِ ثَلاثًا وَلْيَتَحَولَ عَنْ جَنبه الذي كَانَ عَلَيْهِ – رواه مسلم.

৮৪৩. Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Si l’un de vous voit un rêve qu’il n’aime pas, qu’il crache légèrement trois fois à sa gauche, qu’il cherche trois fois refuge auprès d’Allah contre Satan et qu’il change le côté sur lequel il dormait. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٨٤٤ – وَعَنْ أَبِي الْأَسْفَعِ وَايْلَةَ بْنِ الْأَسْفَعِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ مِنْ أعظم القرى أن يُدْعِيَ الرَّجُلُ إِلَى غَيْرِ أَبِيهِ أَوْ يُرى عَيْنَهُ مَا لَمْ تَرَ أَوْ يَقُولَ عَلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا لَمْ يَقُلْ رواه البخاري.

844. Abû al-Asqā‘ Wāthila ibn al-Asqā‘ (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Le plus abominable des mensonges consiste à se prétendre le fils d’un autre homme, à faire voir à quelqu’un ce qu’il n’a pas vu — c’est-à-dire à raconter un faux rêve — ou à attribuer au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) une parole qu’il n’a pas prononcée. » L’imam al-Bukhārī a rapporté ce hadith.

Chapitre : 5

L’échange des salutations de salām

Section : 1 — La grandeur du salām et l’ordre de le répandre largement

La grandeur du salām et l’ordre de le répandre largement.

قالَ اللهُ تَعَالَى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تَدْخُلُوا بُيُوتًا غَيْرَ بُيُوتِكُمْ حَتَّى تَسْتَأْنِسُوا وَتُسَلِّمُوا عَلَى أَهْلِهَا .

Le Très-Haut dit :

« Ô vous qui croyez ! N’entrez pas dans des maisons autres que les vôtres avant d’avoir demandé la permission à leurs habitants et de les avoir salués. » (Sourate An-Nūr : 28)

وَقَالَ تَعَالَى : فَإِذَا دَخَلْتُمْ بُيُوتًا فَسَلِّمُوا عَلَى أَنْفُسِكُمْ تَحِيَّةٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ مباركة طيبة.

« Lorsque vous entrez dans vos maisons, saluez les vôtres par une salutation bénie et pure venant d’Allah. » (Sourate An-Nûr : 61)

وقال تعالى : وإذا حبيتُم بِتَحِيَّةٍ فَحَيُّوا بِأَحْسَنَ مِنْهَا أَوْ رُدُّوهَا .

« Lorsqu’on vous adresse une salutation, répondez par une meilleure salutation ou rendez-la de la même manière. » (Sourate An-Nisâ’ : 86)

وقال تعالى : هَلْ أَتَاكَ حَدِيثُ ضَيف إبْرَاهِيمَ الْمُكْرَمِينَ ، إِذْ دَخَلُوا عَلَيْهِ فَقَالُوا سَلَامًا قَالَ سَلَامٌ.

« L’histoire des hôtes honorables d’Ibrâhîm t’est-elle parvenue ? Lorsqu’ils vinrent auprès de lui et le saluèrent, il les salua également. » (Adh-Dhâriyât : 24)

٨٤٥- وَعَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَجُلًا سَأَلَ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الْإِسْلامِ خَيْرٌ قَالَ تُطْعِمُ الطَّعَامَ وَتَقْراً السلام عَلَى مَنْ عَرَفتَ ومَنْ لم تعرف متفق عليه

845. D’après Abdallah ibn Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée), un homme demanda au Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) : « Quelle est l’œuvre la meilleure en islam ? » Il répondit : « Donner à manger à ceux qui ont faim et adresser le salâm à tous, qu’ils soient connus ou inconnus. » Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith.

٨٤٦- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لما خَلَقَ اللهُ تَعَالَى أَدَمَ عَلَيْهِ السَّلامُ قَالَ اذْهَبْ فَسَلَّمْ عَلَى أُولَئِكَ نَفَرٍ مِنَ المَلائِكَةِ جُلُوسٌ فَاسْتَمِعُ مَا يُحَبُّونَكَ فَإِنَّهَا تَحِيَّتُكَ وَتَحِيَّةُ ذُرِّيَّتِكَ فَقَالَ السَّلَامُ عَلَيْكُمْ فَقَالُوا السّلامُ عَلَيْكَ وَرَحْمَةُ الله فَزَادُوهُ وَرَحْمَةُ الله متفق عليه.

846. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Après avoir créé Adam (sur lui la paix), Allah lui dit : “Va saluer ce groupe d’anges qui est assis et écoute leur réponse. La réponse qu’ils te donneront sera ta réponse et celle de ta descendance.” Adam (sur lui la paix) alla donc les trouver et, s’adressant au groupe d’anges, leur dit : “As-salâmu ‘alaykum” (que la paix soit sur vous). Les anges répondirent : “As-salâmu ‘alayka wa rahmatullâh” (que la paix soit également sur toi, ainsi que la miséricorde d’Allah). Ils ajoutèrent les mots “wa rahmatullâh”. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٨٤٧- وَعَنْ أَبِي عُمَارَةَ الْبَراء بن عازب رضى اللهُ عَنْهُمَا قَالَ أَمْرِنَا رَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِسَبْع بعيادَةِ الْمَرِيضِ وَاتَّبَاعِ الْجَنَائِزِ وَتَشْمِيْت العاطي ونَصْرِ الضَّعِيفَ وَعَوْنِ الْمَظْلُوم وافشاء السلام وإبْرارِ المقسم – متفق عليه هذا لفظ احدى روايات البخاري .

847. Abû ‘Umâra al-Barâ ibn ‘Âzib (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) m’a ordonné sept choses : (1) rendre visite au malade ; (2) participer aux funérailles ; (3) dire “Yarhamukallâh” à celui qui éternue après qu’il a dit “Al-hamdulillâh” ; (4) aider les faibles et les personnes âgées ; (5) soutenir l’opprimé ; (6) répandre largement le salâm ; et (7) tenir ses serments. »

L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Le texte original du hadith est tiré d’une version rapportée par l’imam al-Bukhârî.

٨٤٨- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا تَدْخُلُوا الْجَنَّةَ حَتَّى تُؤْمِنُوا وَلا تُؤْمِنُوا حَتَّى تَحَابُّوا أَوَلَا أَدلُّكُمْ عَلَى شَيْءٍ إِذَا فَعَلْتُمُوهُ تَحَابَبْتُمْ أَقْسُوا السَّلام بَيْنَكُم – رواه مسلم.

848. Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Vous n’entrerez pas au Paradis tant que vous n’aurez pas cru, et votre foi n’atteindra pas sa perfection tant que vous ne vous aimerez pas les uns les autres. Voulez-vous que je vous indique une chose qui, si vous l’accomplissez, vous fera vous aimer les uns les autres ? Répandez largement le salâm entre vous. »

L’imam Muslim a cité ce hadith.

٨٤٩ – وَعَنْ أَبِي يُوسُفَ عَبْدِ اللهِ بْنِ سَلَام رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ يَا أَيُّهَا النَّاسُ أَقْسُوا السَّلَامَ وَأَطْعِمُوا الطَّعَامَ وصلوا الْأَرْحَامَ وَصَلُّوا وَالنَّاسُ نِيَام تَدْخُلُوا الجَنَّة بسلام – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح.

849. Il est rapporté d’Abou Yousouf ‘Abdullah ibn Salâm (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : « Ô gens ! Répandez largement le salâm, nourrissez les affamés, entretenez de bonnes relations avec vos proches et priez lorsque les gens dorment. Vous entrerez alors au Paradis en paix et en toute sécurité. »
L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith. Il a dit : « C’est un hadith hasan. »

٨٥٠ وَعَنِ الطَّفَيْلِ بْنِ أَبِي بْنِ كَعْبٍ أَنَّهُ كَانَ يَأْتِي عَبْدِ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ فَيَغْدُو مَعَهُ إِلَى السُّوقِ قَالَ فَإِذَا غَدَوْنَا إِلَى السُّوقِ لَمْ يَمُرُ عَبْدُ اللَّهِ عَلَى سَقَاطِ وَلَا صاحب بيعة ولا مسكين ولا أحد الأسلم عَلَيْهِ قَالَ الطَّفَيْلُ فَجِئْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ يَوْمًا فَاسْتَتْبَعَنِي إِلَى السُّوقِ فَقُلْتُ لَهُ مَا نَصْنَعُ بِالسُّوقِ وَأَنْتَ لَا تَقِفُ عَلَى الْبَيْعِ وَلَا تَسْأَلُ عَنِ السَّلْمِ وَلَا تَسُوْمُ بِهَا وَلَا تَجْلِسُ فِي مَجَالِسِ السُّوقِ وأقولُ اجْلِسُ بِنَا هَاهُنَا نَتَحَدِّثُ فَقَالَ يَا أَبَا بَطْنٍ وَكَانَ الطَّفَيْلُ ذَابَطنِإِنَّمَا نَعْدُو مِنْ أجل السلام فَتُسَلِّم على من لقيناه – رواه مالك في الموطأ
باستاد صحيح.

850. Il est rapporté de Tufayl ibn Ubayy ibn Ka‘b (qu’Allah lui fasse miséricorde) qu’il fréquentait ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée). Il se rendait de bon matin au marché avec Ibn ‘Umar. Il dit : Lorsque nous allions au marché le matin, chaque fois qu’Ibn ‘Umar passait devant un marchand ambulant, un commerçant établi, un pauvre ou toute autre personne, il la saluait. Tufayl raconte : Un jour, je me rendis auprès de ‘Abdullah ibn ‘Umar. Comme à son habitude, il m’emmena au marché. Je lui dis : « Que faites-vous au marché ? Vous ne vous arrêtez pour acheter ou vendre aucune marchandise, vous ne vous renseignez sur aucun article, vous n’en discutez pas le prix et vous ne vous asseyez dans aucune assemblée du marché. Venez donc ; asseyons-nous ici et discutons un peu. » Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) répondit : « Ô ventru » — car Tufayl avait un ventre assez proéminent — « nous venons au marché de bon matin uniquement pour adresser le salâm : nous saluons toute personne que nous rencontrons. » Note : Ce qui ressort clairement de ce hadith et d’autres hadiths relatifs au salâm, c’est que la société islamique assure la sécurité de l’individu, une grande profondeur dans les relations mutuelles et une vaste fraternité. Le salâm y apparaît comme une déclaration de sécurité et de paix. Autrement dit, dans cette société, personne ne nourrit de jalousie, de rancune ou d’hostilité envers autrui. Chacun porte dans son cœur un profond sentiment de paix et de sécurité envers tous, connus ou inconnus. C’est pourquoi les musulmans sont encouragés à adresser le salâm à tout musulman, en tout lieu et à tout moment, qu’ils le connaissent ou non. Pour toute société musulmane, et particulièrement pour une nouvelle société musulmane ou pour une société où la paix et la sécurité ont été ébranlées, où chacun est devenu l’ennemi de chacun et où règne au moins un climat de terreur, on peut aisément mesurer l’importance de répandre largement ce type de salâm.

L’imam Mâlik a rapporté ce hadith dans son Muwatta avec une chaîne de transmission authentique.

Section 2 — La manière d’échanger les salutations de salâm

La manière d’échanger les salutations de salâm.

La manière recommandée de saluer consiste, pour celui qui adresse le salut en premier, à dire : « As-salâmu ‘alaykum wa rahmatullâhi wa barakâtuh » (que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous). Même si le musulman à qui l’on adresse le salut est une seule personne (au singulier), le pronom utilisé pour s’adresser à lui doit être

au pluriel. En réponse, celui qui répondra dira : « Wa ‘alaykumus-salâm wa rahmatullâhi wa barakâtuh » (que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient également sur vous). Dans la réponse, la conjonction wa (et) doit être employée en premier. [Note : Deux raisons peuvent être avancées pour expliquer l’emploi du pluriel. Premièrement, ce musulman peut être considéré comme le représentant de tous les musulmans qui se trouvent derrière lui ou de la communauté musulmane présente en ce lieu. Deuxièmement, selon la croyance islamique, ce salut s’adresse également aux anges d’Allah attachés à la personne.]

٨٥١ عَنْ عِمْرَانَ بْنِ الْحُصَيْنِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قَالَ جَاءَ رَجُلٌ إِلَى النَّبِيِّ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ السَّلامُ عَلَيْكُمْ فَرَدَّ عَلَيْهِ ثُمَّ جَلَسَ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (عَشْرٌ) ثُمَّ جَاءَ أَخَرُ فَقَالَ السَّلامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ اللَّهِ فَرَدَّ عَلَيْهِ مجلس فَقَالَ (عشْرُونَ) ثُمَّ جَاءَ أَخَرُ فَقَالَ السَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ اللهِ وَبَرَكَاتُهُ فرَد عَلَيْهِ فَجَلَسَ فَقَالَ (ثَلاثون) – رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن .

851. ‘Imrân ibn al-Husayn (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme vint trouver le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et dit : « As-salâmu ‘alaykum. » Il lui rendit son salut. Lorsque l’homme se fut assis, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : « Dix bonnes actions lui ont été inscrites. » Puis un autre homme vint et dit : « As-salâmu ‘alaykum wa rahmatullâh. » Il lui rendit son salut. Lorsque l’homme se fut assis, il dit : « Vingt bonnes actions lui ont été inscrites. » Ensuite, un autre homme arriva et dit : « As-salâmu ‘alaykum wa rahmatullâhi wa barakâtuh. » Il lui rendit son salut. Lorsque cet homme se fut également assis, il dit : « Trente bonnes actions lui ont été inscrites. »

L’imam Abû Dâwûd et l’imam at-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et l’imam at-Tirmidhî l’a qualifié de hadith hasan.

٨٥٢ – وَعَنْ عَائِشَةَ رَضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَالَ لِي رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وسلم هذا جِبْرِيلُ يَقْرَأُ عَلَيْكَ السَّلام قَالتْ قُلْتُ وَعَلَيْهِ السَّلَامُ وَرَحْمَةُ اللهِ وبركاته متفق عليه . وهكذا وقع في بعض روايَاتِ الصَّحِيحَيْنِ (وبركاته) وفِي بَعْضِهَا بِحَذْفِهَا وَزِيَادَةُ الثَّقَةِ مَقْبُولَةٌ .

852. ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — me dit : « Voici Jibrîl, qui te salue. » ‘Â’isha dit :

« Je répondis : “Wa ‘alayhis-salâm wa rahmatullâhi wa barakâtuh” (que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur lui). »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans certaines chaînes de transmission de l’imam al-Bukhari et de l’imam Muslim à ce sujet, le mot « barakâtuhu » est mentionné, tandis qu’il ne l’est pas dans d’autres. Toutefois, l’ajout formulé par un rapporteur thiqa (doté d’une mémoire exceptionnelle et parfaitement digne de confiance) est recevable.

٨٥٣ – وعن أنس رضي اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا تَكَلَّمَ بكلمة أعادها ثلاثًا حَتَّى تُفهَم عَنْهُ وإذا أتى على قوم فَسَلَّمَ عَلَيْهِم سَلم عليهم ثلاثا – رواه البخاري وهذا محمول عَلَى مَا إِذَا كَانَ الجَمع كَثِيراً .

853. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lorsque le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) prononçait une parole, il la répétait trois fois afin qu’elle soit comprise. Et lorsqu’il arrivait auprès d’une tribu, il la saluait ; il répétait également le salut trois fois.

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith. Quant au fait de saluer trois fois, cela se produisait lorsque l’assemblée était très nombreuse et imposante.

٨٥٤- وعن المقداد رضى الله عنه في حديثه الطويل قَالَ كُنَّا ترفع للنبي صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّم نصيبه من اللبن فيجي من الليل فيُسلم تسليما لا يُوقِظُ نَائِمًا وَيُسْمِعُ اليَقظَانَ فَجَاءَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَلَّمَ كَمَا كَانَ يسلم – رواه مسلم.

854. Al-Miqdad (qu’Allah l’agrée) dit dans un long hadith qu’il a rapporté : Nous mettions de côté, dans le lait, la part du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il venait durant la nuit. Il saluait alors d’une manière qui ne réveillait pas les dormeurs, tandis que ceux qui étaient éveillés entendaient son salut. Ainsi, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) vint et salua comme à son habitude. (Muslim)

٨٥٥- وعن أسماء بنت يزيد رضي الله عنها أنَّ رَسُولَ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرَّ فِي الْمَسْجِدِ يَوْمًا وَعُصْبَةٌ مِنَ النِّسَاء قُعود فالوى بيده بالتسليم رواه الترمذي وقال حديث حسن وهذا محمول عَلَى أَنَّهُ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جمع بين اللفظ والاشارة ويؤيده أن في رواية أبي داود (فَسَلَّمَ عَلَيْنَا )

855. Asma bint Yazid (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un jour, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se rendait à la mosquée. Un groupe de femmes y était assis. Il les salua d’un geste de la main.

L’imam At-Tirmidhi a rapporté ce hadith et a dit qu’il s’agissait d’un hadith hasan. En réalité, il s’agit d’un cas où le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, réunit à la fois les paroles et les gestes. Cela est confirmé par une version rapportée par l’imam Abou Dawoud : « Puis il nous salua. »

٨٥٦- وعن أبي جرى الهجيمي رضي الله عنه قَالَ أَتَيْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقُلْتُ عَلَيْكَ السَّلامُ يَا رَسُولَ اللهُ قَالَ لَا تَقُل عَلَيْكَ السَّلَامُ فَإِنَّ عليك السلام تحية الموتى رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن صحيح وقد سبق بطوله.

856. Abou Juray al-Houjaymi, qu’Allah l’agrée, rapporte : Je me rendis auprès du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, et lui dis : « As-salâm ‘alayka, ô Messager d’Allah » — que la paix soit sur vous, ô Messager d’Allah. Il dit : « Ne dis pas : “As-salâm ‘alayka”, car “As-salâm ‘alayka” est la salutation des morts. »

L’imam Abou Dawoud et l’imam At-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam At-Tirmidhi l’a qualifié de hasan et sahih. Ce hadith a déjà été rapporté en détail précédemment.

Chapitre 3 — Les règles et les modalités de la salutation

Les règles et les modalités de la salutation.

٨٥٧- عن أبي هريرة رضي الله عنه أن رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ يسلم الراكب على الماشي والماشي على القاعد والقليل على الكثير – متفق عليه، وفي رواية البخاري والصغير على الكبير.

857. Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Le cavalier saluera le piéton, le piéton saluera celui qui est assis, et le groupe le moins nombreux saluera le groupe le plus nombreux. »

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. Dans une version rapportée par l’imam al-Bukhari, il est dit : « Le plus jeune saluera le plus âgé. »

٨٥٨- وَعَنْ أَبِي أَمَامَهُ صُدَى بن عجلان الجَاهِلِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رسول الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنْ أولى النَّاسِ بِاللهِ مَن بَدَأَهُم بِالسلام رواه ابو داود باسناد جيد . ورواه الترمذى عَنْ أَبِي أَمَامَهُ قِيلَ يَا رَسُولَ اللَّهِ الرجُلانِ يَلْتَقِيَانِ أَيُّهُمَا يبدأ بالسلام قَالَ أَوْلاهُمَا بِاللهِ تعالى – قال الترمذي هذا حديث حسن.

858. Abou Oumama Soudaï ibn Ajlan al-Bahili, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « Parmi les gens, celui qui est le plus proche d’Allah est celui qui salue le premier. »

L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une excellente chaîne de transmission. L’imam at-Tirmidhi rapporte d’après Abou Oumama, qu’Allah l’agrée : On demanda : « Ô Messager d’Allah, deux hommes se sont rencontrés. Lequel des deux doit saluer le premier ? » Il répondit : « Celui qui est le plus proche d’Allah parmi eux doit saluer le premier. »

L’imam at-Tirmidhi l’a qualifié de hadith حسن (hasan).

Section 4 – Il est recommandé de saluer de nouveau une personne lorsque l’on la rencontre plusieurs fois, par exemple lorsqu’on se rend auprès de quelqu’un, qu’on revient aussitôt puis qu’on y retourne, ou lorsqu’un arbre ou tout autre obstacle s’interpose entre deux personnes.

Il est recommandé de saluer de nouveau une personne lorsque l’on la rencontre plusieurs fois, par exemple lorsqu’on se rend auprès de quelqu’un, qu’on revient aussitôt puis qu’on y retourne, ou lorsqu’un arbre ou tout autre obstacle s’interpose entre deux personnes.

٨٥٩- عن أبي هريرة رضي الله عنه في حديث المُسَى صَلَاتُهُ أَنَّهُ جَاءَ فَصَلَّى ثُمَّ جَاءَ إلى النبي صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَلَّمَ عَلَيْهِ فَرَدَّ عَلَيْهِ السَّلامَ فَقَالَ ارجع فصل فَإِنَّكَ لَم تُصَلِّ فَرَجَعَ فَصَلَّى ثُمَّ جَاءَ فَسَلَّمَ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى فَعَلَ ذلك ثلاث مرات متفق عليه.

৮৫৯. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il raconte, à propos d’un hadith concernant celui qui accomplissait mal la prière, qu’un homme vint prier, puis se présenta devant le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et le salua. Celui-ci lui rendit son salut, puis lui dit : « Va-t’en et prie de nouveau, car tu n’as pas prié. » L’homme retourna donc prier, puis revint saluer le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Il fit ainsi trois fois. (Al-Boukhari et Mouslim)

٨٦٠- وعنه عن رسول الله صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا لَقِي أَحَدُكُمْ أَخَاهُ فَلْيُسَلَّمَ عَلَيْهِ فَان حالت بينهما شجرة أو جدار أو حجر ثم لقيه فليسلم عليه رواه ابو داود .

৮৬০. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque l’un de vous rencontre son frère, qu’il le salue. Puis, si un arbre, un mur ou une pierre s’interpose entre eux et qu’ils se retrouvent ensuite face à face, qu’il le salue de nouveau. » (Abou Dawoud)

Chapitre 5 — Il est recommandé de saluer en entrant dans la maison

Il est recommandé de saluer en entrant dans la maison.

قَالَ اللهُ تعالى : فَإِذَا دَخَلْتُم بُيُوتًا فَسَلِّمُوا عَلَى أَنفُسِكُم تحية من عند الله مباركة طيبة.

Le Très-Haut dit :

« Lorsque vous entrez dans une maison, saluez ses habitants en guise de salutation, bénie et pure, venant d’Allah. » (Sourate An-Nour : 61)

٨٦١- وعن أنس رضي اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَا بُنَى إِذا دخلت على أهلك فسلم يكن بركة عَلَيْكَ وَعَلَى أهل بيتك – رواه الترمذي وقال حديث حسن صحيح

861. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) m’a dit : « Ô mon fils ! Lorsque tu entres auprès des membres de ta famille, adresse-leur le salâm. Cette salutation sera une source de bénédiction pour toi et pour les membres de ta famille. » L’imam at-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de bon et d’authentique.

Section 6 — Saluer les enfants et les adolescents

Saluer les enfants et les adolescents.

٨٦٢- عن أنس رضي اللهُ عَنْهُ أَنَّهُ مَر عَلى صِبيانِ فَسَلَّمَ عَلَيْهِمْ وَقَالَ كَانَ رَسُولُ الله صلى الله عليه وسلم يفعله متفق عليه

862. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il passa auprès d’enfants et d’adolescents et leur adressa le salâm. Puis il dit : « Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) faisait de même. »
L’imam al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Section 7 — Le mari saluant son épouse, saluer les femmes mahram et saluer les femmes étrangères s’il n’y a pas de crainte d’une conduite inconvenante. Sous la même condition, les femmes peuvent saluer les hommes

Le mari saluant son épouse, saluer les femmes mahram et saluer les femmes étrangères s’il n’y a pas de crainte d’une conduite inconvenante. Sous la même condition, les femmes peuvent saluer les hommes.

٨٦٣ – عن سهل بن سعد رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَتْ فِينَا امْرَأَةٌ وَفِي رواية كانت لنا عَجُورٌ تَأخُذُ مِن أصول السلقِ فَتَطْرَحُهُ فِي القَدْرِ وَتُكَرَكِرُ حَبَّاتٍ مِنْ شعير فاذا صلينا الجمعة وانصرفنا تُسَلِّمُ عَلَيْهَا فَتُقَدِّمُهُ الينا – رواه البخاري.

863. Selon Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée), une femme vivait parmi nous — selon une autre narration, une vieille femme vivait parmi nous — qui faisait cuire des racines de betterave dans une marmite, puis elle y ajoutait des grains d’orge qu’elle avait moulus. Lorsque nous revenions après avoir accompli la prière du vendredi, nous la saluions. Elle nous servait ces mets. L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.قوله تكركر أي تطحن Cela signifie moudre l’orge, le blé et autres céréales.

٨٦٤- وَعَنْ أم هاني فاختة بنت أبي طالب رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَتْ آتَيْتُ النبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ الْفَتْحِ وَهُوَ يَغْسِلُ وَفَاطِمَةُ تَسْتُرُهُ بِشَوْب تسلمت وذكرت الحديث رواه مسلم .

864. Selon Umm Hani’ Fakhta bint Abi Talib (qu’Allah l’agrée), elle dit : Le jour de la conquête de La Mecque, je me rendis auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il était en train de prendre un bain, tandis que Fatima le dissimulait derrière un tissu. Je le saluai. Elle rapporte ensuite le reste du hadith. L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

٨٦٥- وعن أسماء بنت يزيد رضى اللهُ عَنْهَا قَالَتْ مَرَّ عَلَيْنَا النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ في نسوة فَسَلم علينا . رواه أبو داود والترمذي وقال حديث حسن
وهذا لفظ ابي داود ولفظ الترمذى، ان رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرَّ فِي الْمَسْجِدِ يَوْمًا وَعُصْبَةٌ مِنَ النِّسَاءِ قُعود قالوى بيده التسليم

865. Selon Asma bint Yazid (qu’Allah l’agrée), elle dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) passa près d’un groupe de nos jeunes filles et les salua. Les imams Abu Dawud et at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhi l’a qualifié de hadith hasan. La version originale du hadith est celle d’Abu Dawud. Quant à la version originale d’at-Tirmidhi, elle est la suivante : Un jour, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se dirigeait vers la mosquée.

Un groupe de femmes était assis. Il les salua d’un geste de la main.

Section 8 — L’interdiction de saluer en premier le mécréant et la manière de lui répondre. Dans une assemblée où se trouvent à la fois des musulmans et des mécréants, il est recommandé de saluer.

Il est interdit de saluer le mécréant en premier, et voici la manière de lui répondre. Il est recommandé de saluer dans une assemblée où se trouvent à la fois des musulmans et des mécréants.

٨٦٦- عن أبي هريرة رضي الله عنه أن رسول الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لا تبدوا اليهود ولا النصارى بالسلام فإذا لقيتُمْ أَحَدَهُمْ فِي طَرِيق فَاضْطَرُّوهُ الى أضيقه رواه مسلم.

866. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Ne saluez pas les juifs et les chrétiens en premier. Lorsque vous rencontrez l’un d’eux sur le chemin, contraignez-le à emprunter la partie la plus étroite de la route. » (Mouslim)

٨٦٧- وعن أنس رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا سلَّمَ عَلَيْكُمْ أَهْل الكتاب فَقُولُوا وَعَلَيْكُم – متفق عليه

867. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque les juifs et les chrétiens vous saluent, répondez-leur seulement : “Wa ‘alaykum.” »

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

٨٦٨- وَعَنْ أَسَامَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرَّ عَلَى

مجلس فيه اخلاط من المسلمين والمشركين عبدة الأوثان واليَهُودِ فَسَلَّمَ عَلَيْهِمُ النَّبي صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم – متفق عليه.

868. D’après Usāma (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passa devant une assemblée où étaient réunis toutes sortes de gens : des musulmans, des idolâtres, des polythéistes et des juifs. Il les salua. (Al-Bukhari, Muslim)

Chapitre 9 — Il est recommandé de se lever et de saluer en prenant congé d’une assemblée ou d’un compagnon

Il est recommandé de se lever et de saluer en prenant congé d’une assemblée ou d’un compagnon.

٨٦٩- عنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذا انتهى أحَدُكُمْ إِلَى الْمَجْلِسِ فَلْيُسَلَّمْ فَإِذَا أَرَادَ أَنْ يَقُومَ فَلْيُسَلِم فليست الأولى بأحق من الآخرة – رواه أبو داود والترمذي وقال حديث حسن.

869. D’après Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Lorsque l’un de vous arrive dans une assemblée, il doit la saluer. Puis, lorsqu’il souhaite se lever pour la quitter, il doit également la saluer. En effet, le second salut, celui du départ, n’est pas moins méritoire que le premier. »

L’imam Abū Dāwūd et l’imam at-Tirmidhī ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhī l’a qualifié de hadith hasan.

Chapitre 10 — La demande de permission et ses règles

La demande de permission et ses règles.

قالَ اللهُ تعالى : يَأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تَدْخُلُوا بُيُوتًا غَيْرَ بُيُوتِكُمْ حَتَّى تستانسوا وتُسَلِّمُوا عَلَى أَهْلها.

Le Très-Haut dit :

« Ô vous qui croyez ! N’entrez pas dans des maisons autres que les vôtres avant d’en avoir demandé la permission et d’avoir salué leurs habitants. » (Sourate An-Nûr : 27)

وقال تعالى : وَإِذَا بَلَغَ الأَطْفَالُ مِنكُمُ الحُلْمَ فَلْيَسْتَأْذِنُوا كَمَا اسْتَأْذَنَ الَّذِينَ من قبلهم

« Et lorsque vos jeunes atteignent la puberté, qu’ils demandent également la permission, comme l’ont demandée ceux qui les ont précédés. » (Sourate An-Nûr : 59)

۸۷۰- وَعَنْ أَبِي مُوسى الأشعرى رضى اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْاسْتِبْدَانُ ثَلاثَ فَإِن أَذن لك والا فارجع – متفق عليه.

870. Abû Mûsâ (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Il faut demander la permission trois fois. Si on te donne la permission, c’est bien ; sinon, retourne-t’en.
L’imam Al-Bukhârî et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

۸۷۱- وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّمَا جُعِلَ الْاسْتِبْدَانُ من أجل البصر – متفق عليه.

871. D’après Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « C’est en raison du regard que la demande de permission a été prescrite. » 109
L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith. [Note : Ce hadith est rapporté en détail ailleurs. Il y est dit qu’un homme regarda à l’intérieur de la maison du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) par une fente de la porte. À ce moment-là, il se grattait la tête avec quelque chose. En voyant cet homme, il dit : « Si j’avais su que tu regardais, je te l’aurais enfoncé dans l’œil. » Puis il dit : « C’est bien en raison du regard que la demande de permission a été instituée. »]

۸۷۲- وَعَنْ رِبَعِي بن حراش قَالَ حَدَّثَنَا رَجُلٌ مِنْ بَنِي عَامِرٍ اسْتَأْذَنَ عَلَى النبي صلى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ فِي بَيْتِ فَقَالَ آلِجُ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ الخادمه أخرج إلى هذا فعلمه الاستندانَ فَقُل لَهُ السَّلامُ عَلَيْكُمْ أدْخُلُ فَسَمِعَهُ الرَّجُلُ فَقَالَ السّلامُ عَلَيْكُمْ ادْخُلُ فَأَذِنَ لَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عليه وسلم فدخل – رواه ابو داود باسناد صحيح.

872. D’après Ribi‘ ibn Hirash (qu’Allah lui fasse miséricorde), il a dit : Un homme de la tribu des ‘Amir nous a rapporté ce hadith : Il demanda la permission de se rendre auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), qui se trouvait alors dans sa maison. L’homme dit : « Puis-je entrer ? » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit à son serviteur : « Va auprès de cet homme et enseigne-lui la manière de demander la permission. Dis-lui de dire : “As-salâmu ‘alaykum, puis-je entrer ?” » L’homme, après l’avoir entendu, dit : « As-salâmu ‘alaykum, puis-je entrer ? » Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui donna alors la permission, et il entra.

L’imam Abou Dawoud a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

۸۷۳- عَنْ كِلْدَةَ بْنِ الْحَنْبَلِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ آتَيْتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَدَخَلْتُ عَلَيْهِ وَلَم أَسَلَّمَ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ارْجِعْ فَقُلْ السلامُ عَلَيْكُمْ ادْخُلُ – رواه أبو داود والترمذي وقال حديث حسن.
873. D’après Kilda ibn al-Hanbal (qu’Allah l’agrée), il a dit : Je me rendis auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et j’entrai auprès de lui sans le saluer. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Retourne sur tes pas, puis dis : “As-salâmu ‘alaykum, puis-je entrer ?” »

L’imam Abou Dawoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhi l’a qualifié de hadith hasan.

Section : 11 — Lorsque celui qui demande la permission se voit demander : « Qui es-tu ? », la manière conforme à la Sunna consiste à répondre : « Je suis untel », en mentionnant son nom, son surnom ou autre, et non pas à dire « moi » ou quelque chose d’aussi vague.

Lorsque celui qui demande la permission se voit demander : « Qui es-tu ? », la manière conforme à la Sunna consiste à répondre : « Je suis untel », en mentionnant son nom, son surnom ou autre, et non pas à dire « moi » ou quelque chose d’aussi vague.

٨٧٤- عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ فِي حَدِيثِهِ الْمَشْهُورِ فِي الْإِسْرَاءِ قَالَ قَالَ ررَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ثُمَّ صَعِدَ بِي جِبْرِيلُ إِلَى السَّمَاءِ الدُّنْيَا فَاسْتَفْتَحَ فَقَبْلَ مَنْ هَذَا قَالَ جِبْرِيلُ قِيلَ وَمَنْ مَعَكَ قَالَ مُحَمَّدٌ ثُمَّ صَعِدَ إِلَى السماء الثانية والثالثة والرابعة وسائرهن ويُقَالُ فِي بَابٍ كُلِّ سَمَاء مَنْ هَذَا فَيَقُولُ جِبْرِيلُ – متفق عليه.

874. Anas (qu’Allah l’agrée) a dit dans son célèbre hadith concernant le Mi‘raj que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Puis Jibril (paix sur lui) m’emmena vers le ciel terrestre (ou le ciel le plus proche) et demanda que la porte soit ouverte. On demanda alors : “Qui est là ?” Il répondit : “Jibril.” On demanda : “Qui est avec toi ?” Il répondit : “Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).” Puis il monta avec moi au deuxième, au troisième, au quatrième et à tous les autres cieux ; à la porte de chaque ciel, on demanda : “Qui est là ?” et il répondit : “Jibril.”

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٨٧٥ – وَعَنْ أَبِي ذَرِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ خَرَجْتُ لَيْلَهُ مِنَ اللَّيَالِي فَإِذَا رَسُولُ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَمْشِي وَحْدَهُ فَجَعَلْتُ امْشِي فِي ظِلِّ الْقَمَرِ فَالْتَفَتَ قَرَأْنِي فَقَالَ مَنْ هُذَا فَقُلْتُ أَبو ذر – متفق عليه .

875. Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Une nuit, je sortis et vis le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) marcher seul. Je me mis moi aussi à marcher dans la lumière de la lune. Il se retourna, me vit et dit : “Qui est là ?” Je répondis : “Abou Dharr.”

L’imam al-Bukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

٨٧٦- وَعَنْ أُمِّ هَانِي رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ آتَيْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَهُوَ يَغْتَسِلُ وَفَاطِمَهُ تَسْتُرُهُ فَقَالَ مَنْ هذه فَقُلْتُ أنا أم هاني متفق عليه.

876. Oummou Hani (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Je vins auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il faisait ses ablutions majeures, tandis que Fatima le dissimulait. Il demanda : “Qui est venu ?” Je répondis : “C’est moi, Oummou Hani.”

Les imams al-Boukhari et Muslim ont rapporté ce hadith.

۸۷۷- وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ آتَيْتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَدَفَقْتُ الْبَابَ فَقَالَ مَنْ ذا فَقُلْتُ أَنَا فَقَالَ أنا أنا كأنه كرهها – متفق عليه.

877. Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je me rendis auprès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et frappai à la porte. Il demanda : « Qui est-ce ? » Je répondis : « C’est moi. » Il dit : « Moi, moi. » Comme s’il avait désapprouvé cette réponse.

Les imams al-Boukhari et Muslim ont cité ce hadith.

Section 12 – Il est recommandé de répondre à celui qui éternue lorsqu’il dit « al-hamdou lillah », tandis qu’il est réprouvé de lui répondre s’il ne le dit pas. Règles relatives à l’éternuement, à la réponse à celui qui éternue et au bâillement

Il est recommandé de répondre à celui qui éternue lorsqu’il dit « al-hamdou lillah », tandis qu’il est réprouvé de lui répondre s’il ne le dit pas. Règles relatives à l’éternuement, à la réponse à celui qui éternue et au bâillement.

۸۷۸- عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ أَنَّ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِنَّ الله يُحِبُّ العطاس ويَكْرَهُ التَّناوُبَ فَإِذَا عَطسَ أَحَدُكُمْ وَحَمِدَ اللهَ تَعَالَى كَانَ حَقًّا عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ سَمِعَهُ أَنْ يَقُولَ لَهُ يَرْحَمُكَ اللَّهُ وَأَمَّا التَّشَاؤُبَ فَإِنَّمَا هُوَ مِنَ الشَّيْطَانِ فَإِذَا تَشَاءَبَ أَحَدُكُمْ فَلْبَرُدَهُ مَا اسْتَطَاعَ فَإِنْ أَحَدَكُمْ إِذَا تَتَاءَبَ ضَحِكَ منه الشيطان – رواه البخاري.

878. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Allah aime l’éternuement et déteste le bâillement. Ainsi, lorsque l’un d’entre vous éternue et dit “al-hamdou lillah”, tout musulman qui l’entend doit lui dire : “Yarhamouka Allah.” Quant au bâillement, il vient de Satan. Si l’un d’entre vous est sur le point de bâiller, qu’il s’efforce de le retenir autant que possible, car lorsque quelqu’un bâille, Satan rit. »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

۸۷۹- وَعَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ إِذَا عَطَسَ أَحَدُكُمْ فَلْيَقْلِ الْحَمْدُ لِلهِ وَلْيَقُلْ لَهُ أَخُوهُ أَو صَاحِبُهُ يَرْحَمُكَ اللَّهُ فَإِذَا قَالَ لَهُ يَرْحَمُكَ اللَّهُ فَلْيَقُلْ يَهْدِيكُمُ اللهُ وَيُصْلِحُ بالكُم رواه البخاري.

879. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque l’un de vous éternue, qu’il dise : “Al-hamdou lillah”, et que son frère ou son compagnon lui dise : “Yarhamoukallah” (qu’Allah t’accorde Sa miséricorde). Si celui-ci lui dit “Yarhamoukallah”, qu’il réponde : “Yah­sîkoumoullah wa youslihou bâlakoum.” »

L’imam al-Bukhari a rapporté ce hadith.

۸۸۰- وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ
وَسَلَّمَ يَقُولُ إِذَا عَطَسَ أَحَدُكُمْ فَحَمِدَ اللهَ فَشَمِتُوهُ فَإِنْ لَمْ يَحْمَدِ اللَّهَ فَلَا تشمتوه – رواه مسلم

880. Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) dire : “Lorsque l’un de vous éternue et dit : ‘Al-hamdou lillah’, dites-lui en réponse : ‘Yarhamoukallah’. Mais s’il ne dit pas : ‘Al-hamdou lillah’, ne lui dites pas non plus : ‘Yarhamoukallah’.” »

L’imam Mouslim a rapporté ce hadith.

۸۸۱- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ عَطَسَ رَجُلَانِ عِنْدَ النَّبِيِّ صَلَّى اللهُ علَيْهِ وَسَلَّمَ قسمت أَحَدَهُمَا وَلَمْ يُشَمِّتِ الْآخَرَ فَقَالَ الَّذِي لَمْ يُشَمِّتُهُ عَطَسَ فلان قَسَمْتُهُ وَعَطَمْتُ فَلَمْ تُشَمِّتْنِي فَقَالَ هَذَا حَمِدَ اللَّهَ وَإِنَّكَ لَمْ تَحْمَدِ اللَّهَ متفق عليه

881. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Deux hommes éternuèrent en présence du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit à l’un d’eux : « Qu’Allah te fasse miséricorde », mais ne dit rien en réponse à l’autre. Celui auquel il n’avait rien dit demanda : « Untel a éternué et vous lui avez dit : “Qu’Allah te fasse miséricorde”, mais vous n’avez rien dit en réponse à mon éternuement ? » Il répondit : « Cet homme a dit, après avoir éternué : “Al-hamdou lillah”, mais toi, tu n’as pas dit : “Al-hamdoulillah”. »

L’imam al-Boukhari et l’imam Mouslim ont rapporté ce hadith.

۸۸۲- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا عَطَسَ وَضَعَ يَدَهُ أَوْ تَوْبَهُ عَلَى فِيهِ وَخَفَضَ أَوْ غَضَ بِهَا صَوْتَهُ شَكٍّ الراوي – رواه ابو داود والترمذي وقال حديث حسن صحيح.

882. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) éternuait, il plaçait sa main ou un vêtement sur son visage et baissait ou étouffait le son de son éternuement.

L’imam Abou Daoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhi l’a qualifié de hadith hassan et authentique.

۸۸۳- وَعَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ كَانَ الْيَهُودُ يَتَعَاطَسُونَ عِنْدَ رَسُولِ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَرْجُونَ أَن يَقُولَ لَهُمْ يَرْحَمُكُمُ اللَّهُ فَيَقُولُ يَهْدِيكُمُ اللَّهُ ويُصْلِحُ بالكم رواه ابو دواد والترمذي وقال حديث حسن صحيح .

883. Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Les Juifs éternuaient en présence du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), espérant qu’en réponse à leur éternuement, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) leur dirait : « Qu’Allah vous fasse miséricorde. » Il disait : « Qu’Allah vous guide et améliore votre condition. »
L’imam Abou Daoud et l’imam at-Tirmidhi ont rapporté ce hadith. L’imam at-Tirmidhi l’a qualifié de hadith hassan et authentique.

٨٨٤- وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا تَشَاحَبَ أَحَدُكُمْ فَلْيُمْسِكَ بيده عَلَى فِيْهِ فَإِنَّ الشَّيْطَانَ يَدْخُلُ رواه مسلم.
884. Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Lorsque l’un de vous bâille, qu’il couvre sa bouche avec sa main, car le diable y entre. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

Section 13 — Il est recommandé de serrer la main de quelqu’un lorsqu’on le rencontre et de l’accueillir avec le sourire, de baiser la main des gens pieux, d’embrasser affectueusement son propre fils et d’étreindre celui qui revient d’un voyage ; en revanche, il est réprouvé de s’incliner.

Il est recommandé de serrer la main de quelqu’un lorsqu’on le rencontre et de l’accueillir avec le sourire, de baiser la main des gens pieux, d’embrasser affectueusement son propre fils et d’étreindre celui qui revient d’un voyage ; en revanche, il est réprouvé de s’incliner.

٨٨٥- عن أبي الْخَطَابِ قَتَادَةَ قَالَ قُلْتُ لِإِنسِ أَكَانَتِ الْمُصَافَحَةُ فِي اصْحَابِ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ نَعَم رواه البخاري.

885. Abû al-Khattâb Qatâda (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte : J’ai demandé à Anas (qu’Allah l’agrée) si la poignée de main était pratiquée parmi les compagnons du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le bénisse). Il répondit : Oui.

L’imam al-Bukhârî a rapporté ce hadith.

٨٨٦- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ لَمَّا جَاءَ أَهْلُ الْيَمَنِ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَدْ جَاءَكُمْ أَهْلُ الْيَمَنِ وَهُمْ أَوَّلُ مَنْ جَاءَ بِالْمُصَافَحَةِ رواه ابو داود باسناد صحیح886. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Lorsque les habitants du Yémen arrivèrent, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le bénisse) dit : « Les habitants du Yémen sont venus à vous, et ce sont eux qui ont été les premiers à introduire la poignée de main. »

L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

۸۸۷- وَعَنِ الْبَرَاءِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا مِنْ مُسْلِمَيْنِ يَلْتَقِيَانِ فَيَتَصَافَحَانِ الأَغْفِرَ لَهُمَا قَبْلَ أَن يُفْتَرِقَا -رواه ابو داود.

887. Al-Barâ’ (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Lorsque deux musulmans se rencontrent et se serrent la main, leurs péchés leur sont pardonnés avant qu’ils ne se séparent. »

L’imam Abû Dâwûd a rapporté ce hadith.

۸۸۸- وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَجُلٌ يَا رَسُولَ اللَّهِ الرَّجُلُ مِنَّا يَلْقَى أَخَاهُ أَوْ صَدِيقَهُ ايَنْحَنِي لَهُ قَالَ لا قَالَ أَفَيَلْتَزِمُهُ وَيُقَبِّلُهُ قَالَ لَا قَالَ فَيَأْخُذُ بِيَدِهِ ويُصافحه قال نعم – رواه الترمذي وقال حديث حسن .

888. Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, lorsque l’un de nous rencontre son frère ou son ami, doit-il s’incliner devant lui ? » Il répondit : « Non. » L’homme demanda : « Doit-il l’étreindre et l’embrasser ? » Il répondit : « Non. » Il demanda : « Doit-il prendre sa main dans la sienne et lui serrer la main ? » Il répondit : « Oui. »

L’imam At-Tirmidhî a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.

۸۸۹- وَعَنْ صَفْوَانَ بْنِ عَمَّالٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ يَهُودِي لِصَاحِبِهِ اذْهَبْ بنا إلى هذا النَّبِيِّ فَأَتَيَا رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَأَلَاهُ عَنْ تِسْعِ آيات بَيِّنَاتٍ فَذَكَرَ الْحَدِيث إِلى قَوْلِهِ فَقَبُلا يَدَهُ وَرِجْلَهُ وَقَالَا نَشْهَدُ أَنَّكَ نَبِي رواه الترمذي وغيره بأسانيد صحيحة

889. Safwân ibn ‘Assâl (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un Juif dit à son compagnon : « Allons auprès de ce prophète. » Ils vinrent donc tous deux auprès du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) et l’interrogèrent au sujet de neuf signes évidents. Le rapporteur poursuit le récit jusqu’à sa fin : ensuite, ils embrassèrent tous deux les mains et les pieds du Messager d’Allah et dirent : « Nous attestons que, sans aucun doute, vous êtes un prophète. »

L’imam at-Tirmidhi et d’autres ont rapporté ce hadith avec une chaîne de transmission authentique.

۸۹۰- وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُمَا قِصَّةٌ قَالَ فِيهَا فَدَنَوْنَا مِنَ النَّبِيِّ صَلَّى الله عليه وسلم فقبلنا يده – رواه ابو داود .

890. Il est rapporté qu’Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : « Ensuite, nous nous sommes approchés du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et avons embrassé sa main. » L’imam Abou Dawud a rapporté ce hadith.

۸۹۱- وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهَا قَالَتْ قَدِمَ زَيْدُ بْنُ حَارِثَةَ الْمَدِينَةَ وَرَسُولُ الله صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي بَيْتِي فَآتَاهُ فَقَرَعَ الْبَابَ فَقَامَ إِلَيْهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَجُرُّ ثَوْبَهُ فَاعْتَنَقَهُ وَقَبْلَهُ – رواه الترمذي وقال حديث حسن.

891. D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle a dit : « Zayd ibn Haritha (qu’Allah l’agrée) arriva à Médine. Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se trouvait alors dans ma chambre. Zayd vint à lui pour le rencontrer et frappa à la porte. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) se leva en tirant son vêtement, l’étreignit et l’embrassa. » L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith et l’a qualifié de hadith hasan.

۸۹۲- وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ لِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا تحقرن مِنَ الْمَعْرُوفِ شَيْئًا وَلَوْ أنْ تلقى أخاك بوجه طليق – رواه مسلم.

892. D’après Abou Dharr (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) m’a dit : « Ne considère comme insignifiant aucun acte de bien, même s’il s’agit de rencontrer ton frère avec un visage souriant ; ne le considère pas non plus comme négligeable. »

L’imam Muslim a rapporté ce hadith.

۸۹۳- وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ قَبْلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الحَسَنَ ابْنَ عَلِي فَقَالَ الْأَقْرَعُ بْنُ حَابِسٍ إِنَّ لِي عَشْرَةٌ مِنَ الْوَلَدِ مَا قَبْلَتُ مِنْهُمْ احدا فقالَ رَسُولُ الله صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ لا يَرْحَمُ لَا يُرْحَمُ – متفق عليه.

893. Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) embrassa Al-Hassan ibn Ali. En voyant cela, Al-Aqra ibn Habis dit : « J’ai dix enfants, mais je n’en ai embrassé aucun. » Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Celui qui ne fait pas preuve de tendresse et de compassion envers autrui ne bénéficiera pas non plus de tendresse et de compassion. » L’imam Al-Boukhari et l’imam Muslim ont rapporté ce hadith.

Fin du deuxième tome