Paroles du traducteur
L’ouvrage Way to the Quran a été écrit par l’éminent penseur islamique, M. Khurram Murad. Dans le monde moderne, parmi les quelques éminents penseurs islamiques qui, par une réflexion adaptée à leur époque, ont su attirer l’attention de l’Orient comme de l’Occident et susciter un grand ébranlement dans l’esprit de la jeunesse contemporaine, le nom de Khurram Murad mérite une mention particulière. Son livre, écrit à l’intention des membres du mouvement islamique, « Les relations mutuelles entre les membres du mouvement islamique », ne peut manquer de toucher le cœur de tout lecteur. Il est également l’auteur de nombreuses œuvres créatives. Bien qu’il soit, professionnellement, un ingénieur réputé et qu’il ait reçu une formation générale, les connaissances profondes et l’érudition qu’il a acquises sur l’islam par l’étude et la pratique sont dignes d’être suivies par les étudiants et les jeunes formés dans l’enseignement moderne. L’une des principales caractéristiques de ses écrits est la beauté, la douceur et le pouvoir de toucher le cœur de leur langue. Pour toucher, émouvoir et vivifier le cœur humain, sa plume est véritablement exceptionnelle.
Lorsque l’ouvrage Way to the Quran me parvint, je le lus naturellement rapidement. Son livre, écrit en anglais, m’impressionna dès la première lecture. Je fus convaincu que cet ouvrage, qui touche le cœur, serait d’une grande aide aux lecteurs de langue bengalie pour lire et comprendre le Noble Coran. M. Mir Qasim Ali, qui m’avait confié le livre, me dit également quelque chose de semblable. Il déclara : « Il est nécessaire que ce livre soit traduit en bengali. Un grand nombre de jeunes étudiants issus de l’enseignement général pourront en tirer profit. » Après avoir lu le livre une seconde fois, je pris courage et entrepris sa traduction en bengali. Étant un simple militant comme moi, qui ne maîtrise ni l’anglais ni le bengali et qui, de surcroît, n’a pas la capacité de comprendre le Noble Coran à partir de l’arabe, je me suis demandé si j’avais raison ou non d’entreprendre la traduction d’un ouvrage d’une telle valeur. Mais finalement, c’est en raison de mon intérêt personnel et de mon attachement à ce livre que j’ai achevé la traduction.
Je crois profondément que cet ouvrage peut apporter une contribution considérable à l’illumination du cœur par l’enseignement du Noble Coran, ainsi qu’à la compréhension et à la mise en pratique de son enseignement sublime. Si l’idée selon laquelle il faudrait absolument être un grand spécialiste de la langue arabe pour comprendre le Coran et saisir la beauté intrinsèque de l’islam venait à s’enraciner, personne n’oserait, par crainte, chercher à tirer un enseignement de la traduction et de l’exégèse du Coran. Mais, si l’on suit la méthode par laquelle l’auteur de ce livre, s’appuyant sur son expérience personnelle, a encouragé l’étude du Coran et conseillé d’en tirer profit, je suis fermement convaincu qu’il deviendra beaucoup plus facile de connaître et de comprendre le Coran. Nous devons également garder à l’esprit qu’il est impossible de connaître l’islam sans comprendre le Noble Coran. Or, pour la sauvegarde de l’humanité et le salut dans l’au-delà, il n’existe aucune alternative à l’islam. Nous devons donc nécessairement nourrir le désir de rechercher afin de comprendre et de connaître le Coran. En particulier, pour ceux d’entre nous qui, en raison de difficultés linguistiques, ne peuvent comprendre directement le Coran à partir de sa source originelle, nous devons continuer à chercher à le comprendre à travers sa traduction et son exégèse. Dans cet effort, Way to the Quran peut jouer un rôle considérable. C’est pourquoi, après avoir tout pris en considération, j’ai donné à l’ouvrage le titre bengali « Guide d’étude du Coran ».
Si les lecteurs de langue bengalie tirent le moindre bénéfice de la lecture de ce livre, je considérerai que mon travail n’aura pas été vain. Il n’est pas inhabituel que des erreurs subsistent dans la traduction d’un ouvrage par inadvertance. Les erreurs d’impression sont également très naturelles. Incha Allah, nous nous efforcerons d’améliorer encore le livre et de le rendre plus exact dans une prochaine édition. Qu’Allah accepte nos efforts. Qu’Allah récompense ceux qui ont, de diverses manières, apporté leur aide, leur soutien et leurs encouragements à la publication de ce modeste ouvrage traduit par mes soins. Je ne peux manquer de mentionner tout particulièrement mon épouse, Nurunnahar. Sans son aide, il n’aurait pas été possible d’achever la traduction de ce livre au milieu de mes occupations. Enfin, j’exprime mon infinie gratitude au Dieu Très-Haut, dont la bonté a rendu possible la traduction de ce livre. Qu’Allah nous aide. Amen.
Muhammad Qamaruzzaman
Le 5/5/91
423, Elephant Road, Bara Moghbazar, Dacca.
Introduction
Je considère qu’il est de mon devoir de commencer par reconnaître mon extrême inaptitude à écrire un livre de cette nature, moi qui suis un homme ignorant, faible dans la foi et l’obéissance. En effet, Allah le Très-Haut a dit : « Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vue s’humilier et se fissurer par crainte d’Allah. » (Sourate Al-Hashr, verset 21)
Comment un homme dont les connaissances sont limitées et dont l’âme manque de pureté pourrait-il avoir l’audace de donner des indications sur la grandeur, la miséricorde, la beauté et la sagesse du Livre sublime, le Noble Coran ? Ce qui m’a encouragé, ce sont les sollicitations persistantes de nombreux amis. Ils estimaient qu’il était nécessaire de faire participer davantage de personnes à ce que je pensais et méditais à ce sujet. Mais mon véritable courage et ma force viennent de la promesse d’Allah, le Seigneur des mondes, lorsqu’Il a dit :
« Quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons assurément vers Nos voies. » (Sourate Al-Ankabût, verset 69)
La parole du Noble Prophète (paix et salut sur lui) est la suivante :
« Transmettez de ma part, ne serait-ce qu’un seul verset ; et le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et en enseigne les préceptes. »
Cette parole me rend encore plus désireux de m’acquitter de ce devoir.
L’objectif de mon livre est très simple. Ce n’est pas un ouvrage érudit. Je ne suis pas un exégète éminent et je n’écris pas non plus ce livre pour des chercheurs savants. Je ne prétends ni instruire ni guider, car je n’en ai pas la compétence. Je l’écris spécialement pour tous ces gens ordinaires, inexpérimentés et peu instruits qui cherchent à comprendre le Coran, notamment les jeunes hommes et les jeunes femmes, et qui, comme moi, s’efforcent durement de réaliser leur aspiration à comprendre le Coran, à saisir son message essentiel et à mener leur vie conformément au Coran. J’écris pour les étudiants sur un sujet que je suis moi-même en train d’apprendre. Avec toutes mes faiblesses, je transmets dans ce livre, à un autre voyageur sur la voie du Coran, ce que j’ai compris et jugé nécessaire de mes expériences de trébuchements et de montées difficiles, en tant que marcheur avançant sur la voie simple et gratifiante du Coran. Je suis certain qu’ils seront capables, grâce à leur profonde sincérité, leur dévouement et leurs compétences, d’améliorer davantage le présent que je leur ai offert dans ce livre.
Ce livre est le fruit d’une longue recherche, poursuivie jusqu’à ce jour, et de nombreuses années d’étude. Il y a quelques décennies, lorsque je venais à peine d’entreprendre le combat pour vivre selon le Coran et que l’on m’avait confié la tâche d’expliquer à un groupe de jeunes étudiants prometteurs comment étudier le Coran, je leur avais dit que j’étais redevable aux sources suivantes : le Tafsîr-e Farâhî de Hamîduddîn Farâhî, le Tafhîm al-Qur’ân de Sayyid Abû al-A‘lâ Mawdûdî, le Tadabbur-e Qur’ân d’Amîn Ahsan Islâhî, l’Ihyâ’ ‘Ulûm al-Dîn d’al-Ghazâlî, la Hujjat Allâh al-Bâligha et l’al-Fawz al-Kabîr fî Usûl al-Tafsîr de Shâh Walî Allâh, ainsi que l’al-Itqân fî ‘Ulûm al-Qur’ân d’al-Suyûtî. Je reconnais avec gratitude la dette que j’ai envers ces ouvrages, bien qu’ils ne soient aucunement responsables de mes éventuelles erreurs de compréhension ou de présentation. La première occasion de consigner mes réflexions se présenta en 1977, lorsque je rédigeai une courte introduction intitulée « Sur la voie du Coran » à la traduction du Saint Coran par l’Allâma Yûsuf ‘Alî, publiée par l’Islamic Foundation (R.-U.).
Ce livre est né de plusieurs convictions permanentes. Elles y sont également expliquées. Néanmoins, il me paraît absolument nécessaire d’en mentionner brièvement quelques aspects ici.
Un : si nous ne nous laissons pas guider par le Coran, le Livre révélé par Allah, notre vie est dépourvue de sens et vouée à la perdition.
Deux : le Coran, donné par Allah, l’Éternel, comme guide de l’humanité pour toute l’éternité, est aujourd’hui ce qu’il était il y a quatorze cents ans et demeurera éternellement tel quel.
Trois : comme les premiers croyants du Coran, nous sommes capables d’en recevoir les bénédictions et nous en avons le droit, à condition de nous en approcher et de jouer un rôle actif pour en tirer profit.
Quatre : il est du devoir de tout musulman de se consacrer à l’étude du Coran, de s’efforcer de le comprendre et de chercher à le mémoriser.
Cinq : à la lumière de tout ce que le Coran lui a donné, chacun doit renoncer, dans ses actes comme dans ses pensées, à tout ce qui lui est propre. Toute arrogance, toute fierté, tout entêtement, tout sentiment d’autosuffisance, toute objection, toute réticence, le fait de considérer quelque chose comme inacceptable ou toute attitude semblable constituera nécessairement un obstacle très grave à la compréhension du Coran et pourra même fermer les portes de ses bénédictions.
Six : la voie du Coran est une voie de soumission et de mise en pratique. Si quelqu’un apprend ne serait-ce qu’un seul verset, l’apprendre et agir conformément à celui-ci vaut mieux que mille versets merveilleusement expliqués, dont la beauté ne se reflète nullement dans la vie du lecteur. L’obéissance est la véritable clé.
Ce livre comporte sept chapitres. Chacun met en lumière différents aspects du cheminement avec le Coran. Le premier chapitre explique ce que signifie ou implique suivre la voie du Coran dans notre vie. Au début du deuxième chapitre, il est exposé quelles conditions doivent être réunies au plus profond du cœur et de l’esprit. Le troisième chapitre décrit les dispositions et les efforts nécessaires au cœur, à l’esprit et au corps. Le quatrième chapitre traite des règles à respecter dans l’étude et de la manière de comprendre. Le sixième chapitre montre comment une personne peut consacrer sa vie à l’accomplissement de la mission du Coran. Les paroles du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) au sujet de différents passages précis du Saint Coran ont été réunies dans une annexe. Une autre annexe propose un programme d’étude individuel et collectif, qui pourra être très utile à beaucoup. D’autres éléments ont également été ajoutés comme guide d’étude.
Ce n’est pas un livre que l’on peut lire une seule fois à la hâte puis mettre de côté. Il en va autrement si vous ne l’appréciez pas ou ne le jugez pas nécessaire. Pour ceux qui ont besoin d’un tel livre et le considèrent comme très utile, j’espère qu’ils consacreront à chaque chapitre un temps particulier et l’étudieront à plusieurs reprises. Je vous demande de faire de ce livre un compagnon permanent.
Certains sujets devront être étudiés avec le plus grand soin. Vous devrez toujours garder certaines choses à l’esprit, tandis que d’autres devront être rappelées à maintes reprises. Mais ce que vous mettrez en pratique sera précisément ce qui vous sera le plus précieux. Cet ouvrage a indiqué les limites du chemin et installé des panneaux, afin que le voyageur puisse reconnaître correctement sa route et y trouver les indications, les avertissements, les mises en garde ou les interdictions nécessaires. Malgré tout cela, vous devrez vous munir d’un véhicule, le remplir de carburant, prendre la route et le conduire. Rien dans ce livre ne peut remplacer votre aspiration sincère, votre volonté, votre ferme résolution et vos efforts acharnés.
Tout ce qui est dit dans le livre au sujet de l’acceptation et de l’utilisation des avertissements qui y sont dispersés est très important. À cet égard, vous devez veiller à déterminer si vous cherchez à comprendre le Coran par votre propre démarche, si vous utilisez un programme et un cursus d’étude, ou si vous procédez d’une autre manière.
J’ai beaucoup insisté sur la nécessité, pour chaque musulman, de prendre personnellement l’initiative de comprendre le Coran. À mon avis, c’est là l’exigence la plus fondamentale du Coran. Je suis bien sûr conscient des erreurs que l’on peut commettre en suivant cette voie, et j’ai également essayé de les mentionner. À ce sujet, je souhaiterais que vous gardiez toujours devant vous cette parole de Sayyiduna Abou Bakr (qu’Allah l’agrée), qui dit :
« La terre ne m’acceptera pas et le ciel ne me protégera pas si j’invente des paroles pour interpréter le Coran. »
Cette parole a exercé sur moi une influence profonde et m’a incité à faire preuve de retenue et de fermeté ; vous devriez vous aussi en tirer profit.
Nous vivons à une époque où il est devenu absolument nécessaire et inévitable de faire du Coran le centre de notre vie. Sans cela, nous, musulmans, ne pourrons en aucune manière nous découvrir nous-mêmes, donner un sens à notre identité ni acquérir quelque pouvoir que ce soit dans cet univers. Plus important encore, sans une vie centrée sur le Coran, nous ne pourrons en aucune manière satisfaire notre Créateur et Seigneur. En outre, sans le Coran, l’humanité elle-même sombrera dans l’abîme de la destruction.
Aujourd’hui, la conscience de cette nécessité urgente s’accroît rapidement parmi les musulmans. Le désir de comprendre le Coran et de mener sa vie conformément à ses enseignements est désormais largement répandu. La vague de renouveau islamique qui traverse le monde entier est le fruit de ce désir, de cette prise de conscience et de cet enthousiasme. En ces jours de crise pour notre Oumma musulmane, si ce modeste effort fait naître dans le cœur de quelques personnes le désir de suivre la voie du Coran et si le Coran peut devenir leur compagnon de route dans la vie, alors mon travail aura pleinement porté ses fruits et sera récompensé. Il ne me sera véritablement utile que si Allah pardonne mes erreurs et mes manquements et accepte cet effort sincère. Je n’ai qu’une demande à adresser à ceux qui tireront profit de ce livre : ne m’oubliez pas dans vos prières à Allah.
–Khurram Murad
Leicester
15 Sha‘bân 1405 de l’Hégire
6 mai 1985
1 : Le cheminement de la vie
Une réalité éternelle et vivante
Le Coran est la parole d’Allah, le Très-Grand et le Tout-Aimant. Le Saint Coran a été révélé comme guide pour tous les êtres humains de tous les temps. Par le Coran, Allah s’est adressé aux hommes. Lire le Coran, c’est vénérer la parole d’Allah, s’entretenir avec Lui et suivre Sa voie. C’est rencontrer le Donateur de la vie au cœur du combat de l’existence. Il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah. Il est le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même et dont personne ne peut se passer (alors que tous dépendent de Lui). C’est Lui qui a fait descendre pour vous le Livre avec la vérité, comme guide pour l’humanité. (Âl ‘Imrân, 3:2-3)
Pour eux, le Saint Coran était une réalité vivante : ils avaient eu la chance d’entendre pour la première fois ce message de la bouche du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Ils n’avaient pas le moindre doute qu’à travers le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), Allah, le Seigneur des mondes, s’adressait directement à eux. C’est pourquoi leurs cœurs et leurs esprits en avaient été entièrement saisis. Leurs corps en étaient parcourus de tremblements et des flots de larmes coulaient de leurs yeux. Ils voyaient chaque parole du Coran s’accorder très profondément et concrètement avec les expériences et la compréhension de leur vie, et l’avaient pleinement intégrée à leur existence. Individuellement et collectivement, le contact avec le Coran les avait embrasés d’une singularité et d’une distinction porteuses d’une vie nouvelle. Ces hommes qui, autrefois, gardaient les moutons, élevaient des chameaux et se livraient à un commerce modeste prirent, grâce à ce livre sublime qu’est le Saint Coran, la direction de l’humanité tout entière.
Ce même Coran est aujourd’hui entre nos mains. Des millions d’exemplaires du Coran sont actuellement diffusés. Jour et nuit, sans interruption, le Coran est récité dans les maisons, les mosquées et depuis les estrades. Une immense quantité d’ouvrages et d’écrits explicatifs a été réunie pour en faire comprendre le sens. De nombreux discours ont continué à paraître afin d’expliquer l’enseignement du Coran et de guider la vie conformément à celui-ci. Malgré tout cela, nos yeux restent aujourd’hui secs et nos cœurs ne s’illuminent pas. Notre esprit n’éprouve aucune émotion. Le malheur et le déclin semblent être devenus le destin des adeptes du Coran. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que nous n’étudions pas le Coran en l’accueillant comme une réalité vivante. Nous pensons que c’est un livre saint d’un âge révolu, qui parle des musulmans, des kafirs, des juifs et des chrétiens, ainsi que de ceux qui furent autrefois croyants et hypocrites.
Le Coran peut-il aujourd’hui encore être une force aussi puissante, vivante et inspirante qu’il y a 1 400 ans ? Voilà la question la plus difficile, à laquelle nous devons absolument répondre si nous voulons redéfinir notre destination conformément à la guidance du Coran.
Il semble que plusieurs obstacles se dressent sur cette voie. Le Coran a été révélé à une période précise de l’histoire. Depuis cette époque, nous avons parcouru un long chemin. Des progrès sans précédent ont été accomplis dans les domaines de la science et de la technologie, et l’histoire de l’humanité a connu d’importantes transformations sociales. De plus, nous n’avons aujourd’hui qu’une connaissance limitée de la langue vivante du Coran. On ne peut attendre de nous que nous possédions, pour assimiler profondément le sens du Coran et trouver sa voie, la connaissance nécessaire de son expression, de ses idiomes et de ses figures de style. Malgré cela, parce qu’il est la parole du Créateur éternel, le Coran possède, par ses caractéristiques propres, une portée universelle pour tous les êtres humains. C’est pour cette raison que je suis fermement convaincu que, comme les premiers auditeurs du Coran, nous pouvons nous aussi le comprendre, l’assimiler et l’accepter, sinon pleinement, du moins jusqu’à un certain degré. Nous croyons que nous avons le droit et la possibilité de recevoir la guidance d’Allah dans toute sa beauté et sa splendeur. En d’autres termes, bien que la révélation du Coran ait constitué un événement historique survenu dans une langue, à une époque et en un lieu déterminés, puisque son message est éternel et universel, nous devons être capables de le comprendre et de l’accepter. C’est précisément parce que le Livre sublime qu’est le Coran est éternel que, comme les tout premiers croyants, nous devons entièrement unir notre vie au message du Coran et suivre nécessairement, en toute chose, la voie qu’il a prescrite.
Mais la question est la suivante : comment cela est-il possible ? On peut répondre très clairement à ce sujet : nous devons entrer dans le Coran comme si Allah nous parlait aujourd’hui même, à cet instant, et ce n’est que lorsque nous nous trouverons dans une situation où toutes les conditions requises sont réunies que nous pourrons comprendre, assimiler et accepter le Saint Coran.
Premièrement, nous devons comprendre ce qu’est le Coran en tant que parole d’Allah et quelle est sa signification pour nous ; cette compréhension exige que nous agissions en conséquence, avec toute la vénération, tout l’amour, tout le désir et toute la volonté nécessaires.
Deuxièmement, nous devons lire le Coran de la manière dont il nous a été demandé de le lire, comme l’a enseigné le Messager d’Allah, et comme lui-même ainsi que ses Compagnons le lisaient.
Troisièmement, en dépassant les obstacles du temps, de la culture et du changement, nous devons mettre chaque parole du Coran en relation avec la réalité, les expériences et les problèmes de notre vie.
Pour les premiers auditeurs du Coran, celui-ci s’inscrivait dans leur contexte contemporain. La langue et le style du Coran, ses arguments et ses figures de rhétorique, ses expressions idiomatiques et ses métaphores, ses comparaisons et ses images, ses époques et ses événements, tout cela présentait des caractéristiques particulières. Puisque la révélation du Coran avait lieu à leur époque, ses premiers auditeurs en étaient, d’une part, les témoins et, d’autre part, les participants directs au déroulement des événements de ce temps. Nous ne bénéficions pas de cette même possibilité. Malgré cela, on peut dire que la même chose doit nécessairement se produire dans notre cas.
Si, en nous plaçant dans notre propre situation, nous comprenons le Coran et le suivons, nous constaterons que, tout comme il était récent ou contemporain pour les générations précédentes, il l’est également pour nous. La raison profonde en est que l’essence de l’être humain n’a pas changé et demeure immuable. Seuls son comportement extérieur, son apparence, ses formes et sa technologie ont changé. Les polythéistes de La Mecque ont peut-être disparu, de même que les Juifs de Yathrib et les chrétiens de Najran, ainsi que les croyants et les incroyants de Médine, mais nous constatons tout autour de nous l’existence de caractères semblables. Nous sommes exactement les mêmes êtres humains que les premiers auditeurs. Pourtant, il est très difficile pour beaucoup d’entre nous de saisir la profonde portée de cette vérité des plus simples.
Si vous êtes capable de prendre conscience de cette vérité, de la suivre et de vous rapprocher du Coran comme s’en étaient rapprochés les premiers croyants, il vous apparaîtra exactement comme il leur était apparu, et vous deviendrez, comme eux, partie prenante des événements. Ce n’est qu’alors que le Noble Coran cessera d’être seulement un livre saint, glorieux et miraculeusement béni, pour devenir une force inspiratrice, bouleversante, dynamique, profondément pénétrante et capable d’accorder le plus grand succès, comme elle le fut pour les hommes de cette époque.
L’appel d’un monde nouveau
En vous rapprochant du Coran, vous découvrirez un monde nouveau. Rien dans votre vie ne pourra être aussi précieux, important, béni et fécond que le voyage vers le Coran. Ce voyage de la vie vous conduira vers une joie et une prospérité infinies, que votre Créateur et Seigneur a envoyées pour vous et pour l’humanité. Dans ce Coran, vous trouverez un trésor inépuisable de conseils pour le chemin de la vie, de connaissances et de sagesse, afin de raffiner votre pensée et vos actions. Vous y découvrirez une profonde clairvoyance destinée à vous enrichir et vous y trouverez la force vivifiante de marcher sur le droit chemin. Vous pourrez en recevoir des rayons de lumière ardente qui illumineront les régions les plus profondes de votre cœur. Dans ce Livre grandiose, vous serez confronté à des flots de larmes coulant sur vos joues, à une chaleur capable de faire fondre le cœur et à des émotions pures.
Ce sera pour vous une tâche très difficile, car, pour suivre la voie du Coran, vous devrez avancer avec prudence à chaque pas. Vous devrez exprimer votre soumission sans réserve à Allah. Lire le Coran signifie faire preuve de spontanéité, de sincérité, d’une profonde concentration et, d’une manière générale, vivre avec le Coran. La réussite de toute votre vie dépend de la manière dont vous répondrez à l’appel d’Allah. Ainsi, votre existence, celle de l’être humain et l’avenir de la civilisation humaine dépendent de votre cheminement sur la voie du Coran.
Des centaines de mots nouveaux se trouvent dans cette terminologie.
Des siècles et des siècles sont liés à son instant fugace.
(Javidnama : Allama Iqbal)
Sachez-le : voici le Livre sublime, le Coran. Seul ce Coran peut vous guider vers la véritable réussite et la véritable réussite ainsi que la gloire, ici-bas et dans l’au-delà.
Qu’est-ce que le Coran ?
Il est au-delà des capacités humaines de décrire l’immensité et l’étendue de l’importance et de la grandeur du Coran pour l’être humain. Cependant, afin que vous puissiez vous immerger pleinement et avec enthousiasme dans le Coran, avec l’engagement, la concentration totale et l’effort ininterrompu qu’il exige, vous devez, dès le début, acquérir quelques notions sur ce qu’est le Coran et sur ce qui s’y rapporte.
Le Coran est une immense grâce d’Allah qui vous est accordée. Il est l’accomplissement de la promesse du Très-Haut Allah à Adam (paix sur lui) et de la promesse qui lui fut faite.
Puis, lorsque vous recevrez de Ma part la règle de vie qui vous sera transmise, ceux qui suivront Ma règle n’auront aucune raison de craindre ni de s’affliger. (Al-Baqara 2:38)
C’est votre unique arme de soutien dans votre existence éphémère pour lutter contre les convoitises du monde et les forces sataniques. C’est l’unique moyen de dissiper vos peurs et vos inquiétudes. C’est l’unique flambeau (Nûr) qui vous permet de discerner le chemin de la délivrance et de la réussite dans la nuit profonde des ténèbres.
C’est l’unique remède (Shifâ) à vos maladies intérieures et à la maladie sociale qui cherche constamment à vous dévorer. C’est un rappel permanent (Dhikr) de votre nature, de votre destination, de votre position, de vos responsabilités et devoirs, ainsi que de votre destruction.
C’est un ange puissant et digne de confiance du Paradis, Hazrat Jibrîl (que la paix soit sur lui), qui a apporté le Coran sur la terre. Après l’avoir apporté de la part d’Allah, la première demeure du Coran fut l’âme pure et majestueuse de notre bien-aimé Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), à laquelle aucune autre âme humaine ne saurait être comparable.
Plus important encore, c’est l’unique voie pour parvenir à la proximité et à l’intimité du Créateur. Ce Livre majestueux vous informe au sujet d’Allah et de Ses attributs. Il vous enseigne également dans le Coran comment le Très-Haut Créateur gouverne l’univers tout entier, ainsi que la nature des relations qui doivent exister entre vous et les autres êtres humains, et entre les êtres humains et les autres créatures.
Les récompenses liées au fait de suivre la voie du Coran sont certes nombreuses dans ce monde, et il existe dans l’au-delà des récompenses encore plus abondantes et éternelles. Mais au sujet de ce qu’Allah, exalté soit-Il, a promis au terme de cette voie, Hazrat Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Aucun œil ne l’a jamais vu, aucune oreille ne l’a jamais entendu et aucun cœur humain ne l’a jamais ressenti. » Si tu le souhaites, tu peux lire la sourate As-Sajda, verset 17 :
Nulle âme ne sait ce qui leur est réservé comme réjouissance des yeux, en récompense de leurs œuvres.
Miséricorde et majesté infinies
Le point le plus important de ce qui est lu dans le Coran est que ce sont les paroles d’Allah, le Seigneur des mondes. C’est par miséricorde, compassion et amour envers les êtres humains qu’Il les leur a offertes dans une langue humaine.
Le Tout Miséricordieux, qui a enseigné le Coran (Ar-Rahmân — 55:1-2)
Une miséricorde venant de votre Seigneur (Ad-Dukhân — 44:6)
La majesté d’Allah possède une puissance si extraordinaire qu’aucun être humain ne peut la concevoir. Allah Lui-même a dit :
Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vue s’humilier et se fissurer, se désagrégeant par crainte d’Allah (Al-Hashr, 59:21).
Cette grâce et cette majesté du Tout-Puissant suffisent à émerveiller l’être humain et à l’inciter à s’efforcer d’atteindre les sommets de la gratitude. En vérité, aucun bien ne peut être plus précieux pour l’être humain que le Coran.
Comme Allah l’a dit :
Ô hommes ! Une exhortation de la part de votre Seigneur vous est certes parvenue : elle est une guérison complète de toutes les maladies des cœurs. Et pour celui qui l’acceptera, la guidance et la miséricorde sont assurées. Ô Prophète, dis : « C’est par la grâce d’Allah et par Son immense miséricorde qu’Il l’a fait descendre. Voilà pourquoi les gens devraient s’en réjouir. Cela est meilleur que tout ce qu’ils amassent et s’approprient. » (Sourate Yûnus, 10:57-58).
Dangers et risques
La grâce, la majesté et la générosité d’Allah vous bouleverseront certainement et vous rempliront de joie. Elles éveilleront en vous l’inspiration et le désir de rechercher. Mais le Coran ouvre les portes de la guidance à ceux qui, comprenant l’importance de cette miséricorde d’Allah, se tournent vers le Coran avec une profonde ardeur du cœur, de la sincérité, un dévouement absolu, ainsi qu’une concentration et une attention totales. Eux seuls peuvent puiser dans le trésor majestueux du Coran ; en l’étudiant, ils sont prêts à tout sacrifier pour obéir à ses directives, suivre la voie du Coran et l’accepter.
Il n’est pas impossible qu’une personne étudie constamment le Coran, tourne page après page, récite admirablement chaque mot et l’examine comme un chercheur, sans pour autant rencontrer les circonstances capables d’enrichir et d’animer sa vie à la lumière du Coran. En effet, tous ceux qui lisent le Coran ne peuvent pas en tirer le profit qu’ils devraient en tirer. Certains sont privés de la bénédiction du Coran, tandis que d’autres peuvent même être maudits.
Sur le chemin du Coran se trouvent des récompenses précieuses et inépuisables, mais aussi des risques et des dangers. Bien qu’il soit à leur portée, nombreux sont ceux qui ne se tournent même pas vers ce Livre grandiose ; certains vont jusqu’à sa porte, puis rebroussent chemin. Beaucoup lisent souvent ce Livre et en reviennent les mains vides. Nombreux sont ceux qui le lisent sans toutefois pénétrer véritablement dans les profondeurs du Coran. Certains trouvent ce qu’ils cherchent, puis le perdent. Ils n’entendent pas Allah même au milieu des paroles d’Allah. Au lieu d’Allah, ils n’entendent que leur propre voix, leurs propres paroles. Beaucoup entendent la parole d’Allah, mais échouent à acquérir la volonté, la fermeté, le courage et la force nécessaires pour répondre à l’appel d’Allah et suivre Son chemin. Certains perdent même ce qu’ils possèdent déjà : au lieu de rapporter les précieux galets de la vie, ils reviennent avec un tas de pierres brisées qui ne leur cause que des blessures durant toute leur existence.
Si quelqu’un se tourne vers le Coran sans toutefois en être touché intérieurement, sans que son cœur soit bouleversé, si sa vie reste inchangée, s’il revient les mains vides et retourne exactement comme il était venu, quel malheur pourrait être plus affligeant que celui-là ?
La grandeur et la bénédiction du Saint Coran sont illimitées. Mais la quantité que chacun pourra en recevoir dépendra entièrement de la capacité du réceptacle qui le recevra. Ainsi, dès le début de l’étude du Coran, il faut prendre profondément conscience de ce qu’est le Coran et de ce qu’il exige. Il faut prendre l’engagement ferme d’étudier le Coran comme il se doit, afin de pouvoir être compté parmi ceux au sujet desquels il est dit dans le Noble Coran :
Ceux à qui Nous avons donné le Livre le récitent comme il se doit et y croient avec sincérité (Al-Baqara, 2:121).
La tilāwa du Coran
Tilāwa est un terme employé dans le Coran pour désigner l’acte de lire le Coran. Il n’est pas possible de le traduire directement en un seul mot, en français ou dans toute autre langue. Son sens premier est le plus proche de l’idée de « suivre » ; la lecture n’en constitue que le sens secondaire. En effet, même dans la lecture, les mots se suivent les uns les autres selon une succession extrêmement profonde, ordonnée et significative. Si un mot ne suit pas l’autre, ou si l’ordre et la continuité sont altérés, le sens est déformé.
Ainsi, au sens premier, la tilāwa signifie suivre de près, avancer, s’écouler de manière continue, s’efforcer d’atteindre l’objectif visé, accepter comme guide, dirigeant, maître et modèle, reconnaître l’autorité, accepter volontairement, mettre en pratique, cheminer, pratiquer un mode de vie, comprendre, suivre ou imiter le moyen de la pensée. Lire le Coran, comprendre le Coran, suivre le Coran. C’est ainsi que ceux qui prétendent croire au Coran peuvent lui rattacher leur vie.
La tilāwa, ou récitation, est un acte auquel l’être humain doit participer avec son corps, son cœur, son esprit et sa langue — en bref, avec la totalité de son existence humaine. Lorsqu’on lit le Coran, le corps et l’esprit, la raison et les sentiments perdent leurs distinctions et s’y investissent entièrement. Quand la récitation est faite avec la langue, les mots sortent des lèvres, l’esprit demeure plongé dans la réflexion, le cœur reflète, l’âme reçoit, les yeux se remplissent de larmes, le cœur se met à trembler et le corps est parcouru de frissons. C’est ainsi qu’il chemine dans la lumière de son Seigneur.
Allah a fait descendre la meilleure des paroles : un Livre dont toutes les parties sont cohérentes et dans lequel les mêmes enseignements sont répétés. En l’entendant, la peau de ceux qui craignent Allah frissonne. Puis leur corps et leur cœur s’adoucissent et s’emplissent d’enthousiasme et d’ardeur au rappel d’Allah. Telle est la guidance d’Allah ; par elle, Il guide qui Il veut sur le droit chemin. Et celui qu’Allah ne guide pas ne trouvera aucun guide. (Az-Zumar, 39:23).
Lire le Coran comme il convient n’est pas chose facile, mais ce n’est ni très difficile ni impossible. Sinon, le Coran n’aurait pas été révélé pour des gens ordinaires comme nous, et personne n’aurait pu bénéficier de la miséricorde et de la guidance qu’il apporte véritablement. Il est toutefois évident que l’étude du Coran exige nécessairement un effort intense du cœur et de l’esprit, du corps et de l’âme. En outre, certaines conditions intérieures et extérieures doivent être respectées, et des exigences incontournables doivent être satisfaites. Avant d’entrer dans le monde majestueux du Coran, il faut connaître ces aspects et s’efforcer autant que possible de les mettre en pratique.
Ce n’est qu’alors qu’il sera possible de tirer profit du bien et de la grandeur que le Saint Coran, ce Livre majestueux, renferme pour l’être humain. Ce n’est qu’alors que la porte du Coran s’ouvrira à une personne ; ce n’est qu’alors qu’elle pourra pénétrer à l’intérieur du Coran, et que celui-ci éveillera en elle une réflexion profonde et une vive émotion. Après avoir passé neuf mois dans le sein de sa mère, transformé à partir d’une goutte d’eau, vous devenez un être humain vivant, doué de l’ouïe, de la vue et de la faculté de penser. Pouvez-vous imaginer combien de temps de votre vie vous pouvez passer avec le Coran — à le rechercher, l’écouter, le regarder, le méditer et lutter — et combien il peut vous être nécessaire ? Il peut vous transformer en une personne entièrement nouvelle, devant laquelle beaucoup d’anges eux-mêmes s’honoreront de s’incliner.
À chaque pas accompli avec le Coran et à mesure que s’écoulent les moments passés en sa compagnie, vous sentirez que vous vous élevez vers les hauteurs. La force et la beauté qui émanent du Coran vous saisiront, et vous continuerez à les percevoir avec le cœur. Il est rapporté d’après Abdullah ibn Amr ibn al-As (qu’Allah l’agrée) que le noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit :
Il sera dit au compagnon du Coran : « Récite et élève-toi. Continue à monter fermement, comme tu récitais aisément le Coran dans le monde. Ton ultime demeure sera au degré correspondant au dernier verset que tu auras récité. » (Abou Dawoud, At-Tirmidhi, Ahmad, An-Nasaï).
2: Conditions préalables fondamentales
Pour établir une relation fructueuse avec le Coran, certains états et certaines dispositions fondamentaux du cœur et de l’esprit constituent des conditions préalables indispensables. Enrichissez-les autant que possible. Faites-en une partie de votre conscience et maintenez-les vivants et actifs. Intégrez-les à vos actes. Laissez ces sentiments du cœur et ces dispositions pénétrer profondément en vous. Sans le soutien de ces ressources intérieures, vous ne serez pas en mesure de recevoir les bénédictions et la miséricorde du Coran. Elles seront vos compagnons et vos amis indispensables tout au long de votre vie.
Ces ressources intérieures ne sont pas difficiles à acquérir, et il n’est pas impossible de les trouver. Par une vigilance constante, le discernement, ainsi que des paroles et des actes justes, vous pouvez acquérir une force intérieure et la développer. Plus vous vous y appliquerez, plus vous serez capable de vous rapprocher du Coran. Et plus vous vous rapprocherez du Coran, plus votre réussite sera grande.
Foi : La Parole d’Allah
Premièrement, approchez-vous du Coran avec une foi forte et profonde en cette vérité : ce Coran est la parole de notre Créateur et Seigneur suprême.
Pourquoi une telle foi constitue-t-elle une condition préalable indispensable ? Incontestablement, la puissance et l’attrait du Coran sont tels que quiconque l’étudie pourra en tirer profit, tout comme on peut tirer profit d’un ouvrage ordinaire lorsqu’on le lit avec un esprit ouvert. Mais ce Livre n’est pas un ouvrage ordinaire. Il commence par une déclaration solennelle : « C’est le Livre d’Allah, au sujet duquel il n’y a aucun doute. » (Al-Baqara, 2:2)
Votre objectif en lisant et en étudiant le Coran n’est pas un objectif ordinaire. Vous en recherchez la direction et la guidance, qui transformeront toute votre vie, vous amèneront sur la voie droite et simple, le Sirât al-Mustaqîm, et vous y guideront. « Guide-nous vers la voie droite et simple, ô Seigneur » (sourate Al-Fatiha, 1:5). Le Coran est la réponse à cette supplication.
Vous pouvez louer le Coran et même apprendre beaucoup de choses grâce à lui, mais le Coran ne pourra pas vous transformer tant que sa parole ne vous aura pas éveillé, saisi, guéri et changé. Cela ne peut se produire que lorsque vous l’acceptez comme la Parole d’Allah, en ce sens. Sans la foi, il est impossible d’acquérir les ressources et les forces intérieures nécessaires pour atteindre les profondeurs du Coran et assimiler sa parole. Une fois que cette foi s’est établie dans votre cœur, vous ne pouvez manquer d’être doté de nobles qualités : la sincérité du but, l’humilité et la révérence, l’amour et la gratitude, la confiance, la dépendance, l’ardeur à fournir de grands efforts, la conviction ferme de sa véracité, une disposition à se soumettre à sa parole, l’obéissance à ses commandements et la vigilance face aux obstacles susceptibles de vous priver des trésors du Coran.
Réfléchissez à la munificence, à la gloire et à la puissance d’Allah, et vous éprouverez révérence, humilité et profond attachement envers Sa parole. Considérez Sa bonté et Sa miséricorde, et vous constaterez que votre cœur est rempli de gratitude, d’amour et de désir pour Sa parole. Prenez connaissance de Sa sagesse, de Son savoir et de Sa miséricorde, et vous deviendrez désireux, empressé et prêt à obéir à Ses commandements. C’est pourquoi, dès le début de nombreuses sourates, le Coran vous rappelle à maintes reprises cette vérité essentielle.
C’est également pour cette raison qu’il a été ordonné au Noble Prophète (s.a.s.) de proclamer sa foi : « Dis : “Ô Messager, j’ai cru au Livre qu’Allah a révélé.” » (Ash-Shura, 42:15)
Le Messager a cru à la guidance, ou à la voie directrice, qui lui a été révélée par son Seigneur. (Al-Baqara, 2:285)
Vous devez toujours rester pleinement conscient que chaque mot que vous lisez, écoutez, récitez ou essayez de comprendre a été révélé par Allah.
Avez-vous réellement cette conviction ? Il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour y répondre. Il suffit d’examiner ou d’observer votre cœur et votre comportement. Si vous avez vraiment cette conviction, où sont alors votre ardeur et votre désir d’obtenir l’aide du Coran, votre effort et votre labeur acharné pour comprendre le Coran, votre soumission et votre obéissance à cette parole sublime ?
Comment acquérir cette conviction et comment la maintenir vivante ? Il existe de nombreux moyens d’y parvenir. Je n’en mentionnerai qu’un seul. Le moyen le plus efficace consiste à réciter le Coran. Cela pourrait donner l’impression que nous tournons en rond. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. En effet, en lisant le Coran, vous pourrez assurément comprendre qu’il s’agit de la parole d’Allah. Votre conviction deviendra alors plus profonde et plus ferme.
Les véritables croyants sont ceux dont les cœurs tremblent lorsque Allah est évoqué. Lorsque Ses versets leur sont récités, leur foi augmente. (Al-Anfâl, 8:2)
La pureté de l’intention
Deuxièmement, lisez le Coran uniquement afin de recevoir la direction d’Allah, de vous rapprocher de Lui et d’obtenir Sa satisfaction.
Ce que vous tirez du Coran dépend de ce que vous souhaitez en tirer. L’intention est ici déterminante. Il ne fait aucun doute que le Coran est venu pour nous guider. Mais si vous le lisez avec de mauvaises intentions et des desseins malhonnêtes, vous pouvez vous égarer. Le Coran est la parole d’Allah. Par conséquent, pour étudier le Coran, il faut exactement la même noblesse d’intention et la même pureté de l’intention que celles qui sont nécessaires dans l’adoration et le service d’Allah.
N’étudiez pas le Coran uniquement pour satisfaire vos besoins intellectuels et en tirer du plaisir. Mettez pleinement votre intellect au service de la compréhension du Coran et de sa mise en pratique. Beaucoup consacrent leur vie à l’étude de la langue du Coran, de son style, de son histoire, de sa géographie, de sa jurisprudence et de son éthique. Malgré cela, ils n’atteignent pas le véritable message du Coran ou restent privés de son enseignement essentiel. Le Coran mentionne à de nombreuses reprises des gens qui possèdent le savoir, mais ne peuvent pourtant pas en tirer profit.
Il ne faut pas étudier le Coran avec pour objectif précis d’y trouver un soutien à ses propres opinions, points de vue et doctrines. Dans ce cas, il se peut que vous n’entendiez que l’écho de votre propre voix, et non celle d’Allah. Le Saint Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a sévèrement condamné cette manière de comprendre et d’interpréter le Coran :
Celui qui interprète le Coran selon sa propre opinion aura pour demeure l’Enfer. (At-Tirmidhi).
Il n’y a rien de plus malheureux que d’utiliser le Coran pour obtenir la renommée, les honneurs, la célébrité et les gains matériels de ce monde. Vous pouvez obtenir influence et pouvoir, bonne réputation, richesses et biens. Mais, ce faisant, vous aurez échangé un trésor inestimable contre quelque chose de dépourvu de valeur. Vous subirez certainement une perte immense. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Si quelqu’un étudie le Coran afin de gagner sa subsistance auprès des gens, son visage sera, au Jour de la Résurrection, comme un os dépourvu de chair » (Al-Bayhaqi). Il a également dit :
Celui qui apprend, récite ou enseigne le Coran pour quelque intérêt de ce monde sera jeté dans le feu ardent de l’Enfer. (Muslim)
Vous pouvez tirer de la parole du Coran certains bienfaits particuliers, comme le soulagement des souffrances physiques, de l’agitation mentale, de la pauvreté, etc. Il n’y a aucun mal à obtenir ces bienfaits. Mais ils ne peuvent constituer tout ce que vous cherchez à acquérir du Coran, ni être l’objectif de votre intention. Vous pouvez certes les obtenir. Mais vous perdrez alors un océan immense que vous auriez pu recevoir. Chaque mot récité du Coran est associé à une immense récompense. Vous devez rester attentif à chacune de ces récompenses et en faire une part de votre intention. Car ce sont elles qui vous encourageront à consacrer du temps au Coran. Mais n’oubliez jamais qu’il vous a été promis une immense récompense, ici-bas et dans l’au-delà, pour comprendre le Coran, l’assimiler et le suivre. Tel doit être votre objectif.
La seule pureté de l’intention ne suffit pas. Tant que vous avez auprès de vous le Coran, ses paroles et la Sunna, qui en est l’incarnation vivante, vous ne pouvez en aucune manière prendre autre chose comme source de guidance. Agir ainsi reviendrait à courir derrière un mirage. Ce serait également faire preuve d’un manque de confiance dans le Coran et de mépris à son égard. Ce serait diviser son obéissance.
Rien d’autre ne peut vous rapprocher autant de votre Seigneur que les moments que vous passez avec la parole de votre Seigneur. Le Coran est pour vous ce bienfait extraordinaire grâce auquel vous pouvez entendre, à votre intention, la « voix » de votre Seigneur éminent. Ainsi, lors de l’étude du Coran, votre désir profond devrait être de vous rapprocher d’Allah.
Votre intention devrait être de consacrer votre cœur, votre esprit et votre temps à la guidance que le Tout-Puissant Allah vous a envoyée, afin d’obtenir Son agrément. Voilà le pacte sur la base duquel vous vous soumettez à Allah. « Parmi les hommes, il en est qui se dévouent corps et âme dans le seul but d’obtenir l’agrément de Dieu. En vérité, Allah est très bienveillant envers ces serviteurs. » (Al-Baqarah 2:207)
L’objectif et l’intention sont semblables à l’énergie vitale du corps, à la force intérieure d’une graine. De nombreuses graines se ressemblent. Mais c’est lorsqu’elles grandissent, deviennent des arbres et portent des fruits que leurs différences apparaissent. Plus votre objectif sera pur et élevé, plus vos actes seront importants, précieux et fructueux.
Examinez-vous donc constamment et demandez-vous : pourquoi est-ce que je lis le Coran ? Répétez-vous sans cesse pourquoi vous devriez réciter le Coran. C’est la meilleure manière de préserver la pureté de votre objectif et de votre intention.
La gratitude et la louange
Troisièmement, vous devez, avec une gratitude et une louange infinies envers Allah Tout-Puissant, rester conscient et vigilant du fait qu’Allah vous a gracieusement accordé Son plus grand don, ainsi que la possibilité de réciter et d’étudier le Coran.
Si vous pouviez seulement ressentir quel trésor extraordinaire et inestimable vous détenez, votre cœur s’épanouirait spontanément de joie, se mettrait à danser, et vous vous écrieriez vous-même : « Toute louange appartient uniquement à Allah, qui nous a guidés sur cette voie. Nous n’aurions jamais pu trouver le chemin par nous-mêmes si Allah ne nous avait pas guidés. » (Al-A‘râf, 7:43)
Aucune des miséricordes et bénédictions qu’Allah Tout-Puissant a déversées sur vous ne peut être comparée au Coran. Même si chacun des poils de votre corps devenait une langue pour louer Allah et chanter Ses mérites, et si chaque goutte de votre sang se transformait en une larme de joie, vos louanges et votre gratitude ne pourraient toujours pas égaler la grandeur du Coran.
Même si le Coran n’avait pas été révélé pour nous, sa sainteté, sa beauté, sa noblesse et son éclat lumineux auraient mérité toutes nos louanges. Mais ce don majestueux et sacré, cette parole extraordinaire et éminente de notre Seigneur, nous a été accordé uniquement pour notre salut.
C’est pourquoi nous devons exprimer notre infinie gratitude et nos remerciements à Allah.
Une telle louange profonde se transforme inévitablement en une profonde gratitude. Aucun autre mot ne peut exprimer la louange et la reconnaissance envers Allah avec autant d’ampleur et de profondeur que le terme « al-hamd ». « Alhamdulillahil-ladhî hadânâ lihâdhâ __ »
Pourquoi remercier Allah de nous avoir donné le Coran ? De cette manière, Il nous a informés du but et du sens de la vie et nous a guidés vers le droit chemin. L’honneur et la gloire de ce monde vous ont été dévoilés. Dans ce Coran, vous pouvez parler avec Allah.
En suivant le Coran durant cette vie terrestre, vous pouvez obtenir dans l’au-delà le pardon, le Paradis et l’agrément du Très-Haut. La gratitude et la joie conduisent à la confiance, à l’espérance et à une grande récompense. Celui qui vous a donné le Coran vous aidera certainement à le lire, à le comprendre et à le suivre. La gratitude et la joie créent une force vitale éternellement vivifiante, qui vous aide constamment à lire le Coran avec un nouvel élan. Plus vous exprimerez votre gratitude, plus Allah vous accordera les richesses du Coran. La grandeur engendre la gratitude, et la gratitude vous rend grand : c’est un processus sans fin. Telle est également la promesse d’Allah.
« Si vous êtes reconnaissants, Je vous donnerai certainement davantage encore. » (Ibrâhîm, 14:7)
Le fait de ne pas éprouver une profonde gratitude pour le Coran malgré l’avoir reçu peut avoir deux significations : soit vous ignorez les bénédictions qu’il a apportées, soit vous n’accordez aucune importance au Coran. Dans tous les cas, vous devez réfléchir très profondément à la nature de votre relation avec le Coran. L’émotion de gratitude qui parcourt chaque recoin du cœur et de l’esprit doit nécessairement être exprimée par des paroles, de manière continue et enthousiaste. Remerciez Allah pour chaque pas que vous faites sur votre chemin, pour le temps que vous consacrez au Coran, pour chaque sens que vous en tirez en le lisant correctement et pour la capacité de suivre le Coran qu’Il vous accorde. La gratitude doit nécessairement se traduire en actes.
Reconnaissance et confiance
Quatrièmement : acceptez et tenez pour vraies toutes les connaissances et toutes les orientations apportées par le Coran, sans la moindre hésitation ni le moindre doute.
Vous êtes entièrement libre de vous interroger sur le fait que le Coran soit ou non la parole d’Allah. Vous pouvez même rejeter cette affirmation si vous n’en avez pas la pleine confiance ou si vous n’en êtes pas convaincu. Mais une fois que vous l’avez accepté comme la parole d’Allah, il n’existe aucune raison ni aucun fondement légitime pour douter d’un seul de ses mots. Agir ainsi signifie rejeter ce que vous aviez accepté. Vous devez vous soumettre pleinement aux enseignements du Coran. Vos propres croyances, opinions, jugements, points de vue et inclinations ne doivent pas pouvoir rejeter la moindre partie des enseignements du Coran. Le Coran tient pour coupables ceux qui le considèrent comme un Livre reçu en héritage et qui se comportent ensuite comme des croyants égarés, déconcertés et soupçonneux.
En vérité, ceux qui ont reçu en héritage le Livre après les générations précédentes se sont plongés dans un doute profond et dévastateur à son sujet (Ach-Choura, 42 : 14).
Le Coran a maintes fois souligné que toutes les mesures avaient été prises afin d’assurer la transmission et la communication intactes de la parole d’Allah.
Bien plus, ce Coran est inscrit sur une Table préservée, d’une noblesse éminente (Al-Burûj, 85 : 21).
C’est en réalité la parole d’un noble messager, éminent auprès du Maître du Trône, le Très-Puissant. Là-bas, son ordre est exécuté. Il est digne de confiance et fidèle (At-Takwîr, 81 : 19-21).
Il est entre les mains de scribes honorés et vertueux (Abasa, 80 : 15-16).
Ce sont ceux qui, lorsque la Parole d’exhortation leur fut présentée, refusèrent de l’accepter. Mais en vérité, c’est un Livre éminent. Le faux ne peut l’atteindre ni par devant ni par derrière. C’est une révélation émanant d’un Être infiniment Savant et digne de toute louange (Hâ-Mîm As-Sajda, 41 : 41-42).
Il a également été proclamé :
Nous avons fait descendre ce Coran avec la vérité, et c’est avec la vérité qu’il est descendu (Al-Isrâ, 17 : 105).
La parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et équité. (Al-An‘âm, 6:115)
Accepter le Coran comme vérité et comme vérité absolue, et lui accorder sa confiance, ne signifie pas adopter une foi aveugle, un esprit fermé ou une compréhension dépourvue de recherche.
Vous avez le droit de rechercher, d’examiner, de questionner et de comprendre ce qui se trouve dans le Coran. Mais si vous ne comprenez pas ou ne saisissez pas pleinement quelque chose, cela ne signifie pas pour autant que c’est irrationnel ou faux. Imaginez une mine dont vous croyez, preuve à l’appui, que chaque pierre est une gemme inestimable : vous ne pouvez pas rejeter celles dont vous ne pouvez déterminer la valeur à l’œil nu ou avec les instruments dont vous disposez.
Il n’est pas davantage permis de rejeter une partie du Coran sous prétexte qu’elle serait ancienne, désuète ou qu’elle ne serait qu’un récit d’autrefois. Si Allah est le Seigneur de tous les temps, alors Sa parole demeure tout aussi irréfutable et vraie quatorze siècles plus tard.
Accepter certaines parties du Coran et en rejeter d’autres revient à rejeter le Coran tout entier. Dans votre relation avec le Coran, il n’est ni possible ni logique de l’accepter partiellement ou de manière fragmentaire. (Al-Baqara, 2:85)
Le cœur et l’esprit sont atteints de nombreuses maladies qui vous empêchent d’accueillir le message du Coran et de vous y soumettre. Toutes sont expliquées dans le Coran. Elles comprennent l’envie, les superstitions, la satisfaction des désirs ainsi que l’imitation aveugle des coutumes et des usages de la société. Le plus grand obstacle, pour renoncer à vos propres opinions, accepter la parole d’Allah et la recevoir avec humilité, est constitué par l’orgueil, l’ignorance et l’attitude de suffisance.
Je détournerai de Mes signes ceux qui se comportent avec arrogance sur terre, sans aucun droit. Quels que soient les signes qu’ils voient, ils n’y croiront jamais. Même si le droit chemin se présente à eux, ils ne l’emprunteront pas. Mais s’ils voient le chemin de l’égarement, ils le prendront pour leur voie. Cela parce qu’ils ont traité Nos signes de mensonges, les ont rejetés et ne leur ont accordé aucune considération. (Al-A‘râf, 7:146)
Sachez avec certitude que les portes du royaume des cieux ne seront jamais ouvertes à ceux qui ont traité Nos versets de mensonges et les ont rejetés, et qui ont adopté une attitude rebelle à leur égard. Ils n’entreront au Paradis qu’aussi certainement qu’un chameau pourrait passer par le chas d’une aiguille. (Al-A‘râf, 7:40)
Obéissance et changement
Cinquièmement : il faut manifester une volonté ferme, prendre la résolution et se préparer à accepter tous les changements que le Coran demande dans votre vie, votre vision des choses et votre comportement. Tant que vous ne serez pas prêt à réorganiser votre pensée et vos activités à la lumière du message du Coran, votre dévouement et vos efforts finiront par être vains. La pratique purement intellectuelle et les expériences agréables ne pourront en aucun cas vous rapprocher du véritable trésor du Coran.
Échouer à suivre le Coran et à transformer sa vie conformément à ses enseignements en raison de faiblesses humaines, de tentations, de difficultés naturelles ou d’obstacles extérieurs est une chose ; échouer parce que l’on n’en a ni l’intention ni la volonté de faire des efforts en est une tout autre. Dans cette situation, vous pourrez peut-être acquérir une réputation de savant du Coran, mais cela ne vous permettra jamais de découvrir la vérité véritable et le sens authentique. Le Coran condamne dans les termes les plus sévères ceux qui prétendent croire au Livre d’Allah, mais qui, lorsqu’on leur demande de le suivre ou qu’ils doivent prendre une décision, négligent son appel et s’en détournent. Ils sont qualifiés de mécréants, de pervers et d’injustes.
Risques et obstacles
Sixièmement : soyez constamment vigilant à ce sujet : dès que vous vous consacrerez à l’étude du Coran, Satan créera sur votre chemin toutes sortes d’obstacles et d’empêchements possibles, afin que vous ne puissiez pas accéder au grand trésor du Coran.
Le Coran est l’unique guide sûr sur la voie droite d’Allah. Suivre cette voie est la destinée de l’être humain. Lorsque Adam (paix sur lui) fut créé, l’être humain fut averti des obstacles qu’il devrait surmonter pour accomplir sa destinée. Toutes les faiblesses de l’être humain, en particulier celles de la volonté, de la résolution et de la gratitude, lui furent révélées. (Taha, 20:115)
Il est facile de comprendre et évident de voir comment Satan créera des obstacles à chaque pas sur le chemin.
Je les guetterai certainement sur Ton droit chemin ; puis je les assaillirai de devant eux, de derrière eux, de leur droite et de leur gauche, et Tu n’en trouveras pas la plupart reconnaissants. (Al-A‘raf, 7:16-17)
Le Coran est clairement une guidance venant d’Allah et votre allié le plus puissant. Il vous aidera dans votre lutte contre Satan, dans votre combat pour suivre la voie du Coran et dans votre effort pour vivre selon la guidance d’Allah. Ainsi, depuis le début de votre étude du Coran jusqu’au dernier instant de votre vie conformément à ses enseignements, Satan se dressera devant vous avec de nombreuses ruses et tromperies, séductions et illusions, obstacles et difficultés, que vous devrez surmonter.
Satan peut corrompre votre intention, vous maintenir inattentif au sens et au message du Coran, dresser des obstacles entre votre âme et le monde d’Allah, vous piéger dans des enseignements marginaux au lieu de vous faire accéder à l’enseignement essentiel, vous inciter à vous abstenir de suivre le Coran ou, plus généralement, vous rendre insouciant à l’égard de son étude. Le Coran lui-même explique en détail tous ces obstacles.
Prenons un exemple très simple. Comprendre le Coran en l’étudiant chaque jour semble très facile. Mais essayez, et vous verrez combien cela paraît difficile. Le temps passe et d’autres tâches importantes se présentent. Un esprit concentré et attentif devient précisément ce que vous cherchez à éviter : pourquoi ne pas lire rapidement, uniquement pour obtenir la bénédiction ? Pour vous prémunir contre ce danger, lorsque vous lisez le Coran, cherchez refuge auprès d’Allah contre Satan, l’égaré et le maudit, en vous conformant au Coran (An-Nahl, 16:98). Dites : « Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le maudit. »
Confiance et dépendance
Septièmement : placez votre confiance entière en Allah afin qu’Il vous guide vers le plein bénéfice de la lecture du Coran.
C’est une grâce infinie d’Allah que le Coran ait porté la parole d’Allah jusqu’à vous et vous ait rapproché de Lui. Ainsi, seule la miséricorde d’Allah peut vous aider dans cette tâche difficile. Vous avez besoin d’un remède important et précieux, qui ne s’obtient pas facilement. Vous devez affronter de graves dangers qu’il n’est pas facile de surmonter. Vers qui d’autre qu’Allah pouvez-vous vous tourner, Lui qui vous prendra par la main, vous aidera et vous indiquera le chemin à suivre ?
Votre volonté et vos efforts constituent les moyens indispensables. Mais la grâce et le soutien extraordinaires d’Allah sont l’unique garantie grâce à laquelle vous pourrez avancer avec succès sur votre chemin. Pour tout ce qui concerne votre vie, vous devez vous tourner uniquement vers Lui. Et quelle chose pourrait être plus importante que le Coran ?
Ne tirez jamais fierté de ce que vous faites pour le Coran ni de ce que vous avez pu accomplir. Cette œuvre n’a aucun équivalent et elle vous maintient constamment conscient de vos insuffisances et de vos limites.
Demandez donc humblement au Coran, et, animés d’une confiance totale en Allah, implorez à chaque pas Son aide et Son soutien.
Commencez la récitation dans un état d’esprit empreint de foi, de louange et de gratitude, en harmonisant votre langue et votre cœur : « Bismillāhir-Raḥmānir-Raḥīm » — Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ce verset figure au début de chacune des 114 sourates du Coran, à l’exception d’une seule. Le serviteur prie en demandant Sa protection : « Ô Allah ! Puisque Tu nous as guidés vers le droit chemin, ne fais pas dévier nos cœurs et n’y fais naître aucune complication. Accorde-nous une grâce provenant du trésor de Ta miséricorde, car c’est Toi qui es le véritable Donateur » (Āl ʿImrān 3:8).
3: Concentration sincère
Dans la récitation et l’étude du Coran, vous devez vous y engager pleinement, de tout votre corps et de tout votre esprit. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez élever votre être au niveau souhaité par le Coran, niveau auquel, une fois parvenu, vous serez véritablement qualifié de croyant.
Ceux à qui Nous avons donné le Livre le lisent comme il se doit et y croient avec sincérité. Ceux qui le renient sont les véritables perdants. (Al-Baqara 2:121)
Qu’est-ce que le cœur ?
La partie la plus importante de votre personnalité est votre être intérieur. C’est précisément cet être intérieur que le Coran appelle le « qalb », ou cœur. Le cœur du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) fut le premier réceptacle du message coranique.
C’est l’œuvre du Seigneur des mondes. L’Esprit digne de confiance est descendu avec lui dans ton cœur, afin que tu sois du nombre de ceux qui avertissent (tous les hommes de la part d’Allah). (Ash-Shuʿarāʾ 26:192-194)
Vous ne pouvez alors goûter pleinement toute la joie et toute la bénédiction de la lecture du Coran que lorsque vous parvenez à y engager entièrement votre cœur.
Le « cœur », dans la terminologie coranique, n’est pas simplement un morceau de chair de votre corps. Il est plutôt le centre de toutes vos émotions, de vos sentiments, de vos élans, de vos souvenirs et de votre attention.
C’est ce cœur qui est bouleversé (Az-Zumar 39:23), ou qui devient dur et inflexible (Al-Baqara 2:74), qui s’aveugle et rejette la vérité (Al-Hajj 22:46), ou qui devient réceptif au raisonnement et à la compréhension (Al-A‘raf 7:179, Al-Hajj 22:46, Qaf 50:37). Ce cœur est la source de toutes sortes de maladies (Al-Ma’ida 5:32) et le refuge de toutes les maladies intérieures (Al-Baqara 2:10). Le cœur est la demeure de la foi et de l’hypocrisie (Al-Ma’ida 5:41, At-Tawba 9:77). Il est le centre de tout ce qui est bon ou mauvais : satisfaction et sérénité (Ar-Ra‘d 13:28), force face à la souffrance (At-Taghabun 64:11), pardon (Al-Hadid 57:27), amour fraternel (Al-Anfal 8:63), piété (Al-Hujurat 49:3, Al-Hajj 22:32), ou encore doute et hésitation (At-Tawba 9:45), regret (Ali Imran 3:156) et colère (At-Tawba 9:15).
En définitive, c’est bien du comportement de notre cœur que nous aurons à répondre, et seul sera sauvé celui qui pourra se présenter devant son Seigneur avec un cœur sain.
Allah ne vous châtiera pas pour les serments que vous prononcez involontairement. Mais Il vous demandera certainement des comptes au sujet des serments que vous prêtez sincèrement (Al-Baqara 2:225). Ce jour-là, ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité. Seul profitera celui qui se présentera devant Allah avec un cœur serein (Ash-Shu‘ara 26:88-89).
Vous devez donc absolument vous assurer que, tant que vous êtes avec le Coran, votre cœur soit avec vous également : non pas un simple morceau de chair, mais ce que le Coran appelle le « qalb ».
Cela ne vous paraîtra pas difficile si vous prenez conscience de certains éléments et observez quelques-unes des actions de votre cœur et de votre corps. Les sept conditions préalables décrites précédemment établissent les bases de la pleine participation de votre cœur à l’étude du Coran. En y ajoutant quelques démarches, il vous sera possible d’engager votre cœur dans cette activité de manière plus profonde et plus large.
La dynamique de l’engagement sincère
Vous devez bien comprendre la dynamique de la concentration intérieure. Quelle emprise la vérité exerce-t-elle dans votre cœur ? Premièrement, sachez-le. Deuxièmement, reconnaissez la vérité comme vérité et acceptez-la comme votre manière de vivre. Troisièmement, rappelez-vous la vérité aussi souvent que vous le pouvez. Quatrièmement, assimilez-la jusqu’à ce qu’elle imprègne les recoins les plus profonds de votre cœur. Ainsi, lorsque la vérité pénètre au plus profond de votre cœur, elle se manifestera nécessairement dans vos paroles et vos actes.
Il est ici très important de garder à l’esprit que ce que vous faites extérieurement avec votre langue et vos membres n’est que la réaction de votre activité intérieure. Il est possible que les paroles et les actes témoignent faussement de l’état intérieur. Mais la manifestation d’un état intérieur tel que la foi se révélera certainement dans les paroles et les actes ; ceux-ci contribueront progressivement à laisser une empreinte de connaissance dans votre conscience et à transformer cet état en une condition permanente.
Les conseils donnés ici seront efficaces si vous prêtez attention à la dynamique exposée plus haut et si vous suivez les principes mentionnés.
Les états de la conscience
Il existe sept états de la conscience. Vous devez vous efforcer de développer cette conscience en gardant certaines choses à l’esprit, en les assimilant et en vous les rappelant à vous-même.
Les critères coraniques de la participation intérieure
Premièrement, dites-vous à vous-même : ma récitation du Coran ne sera pas une véritable tilāwa tant que mon être intérieur ne s’y concentrera pas de la manière voulue par Allah. Que veut Allah ? Comment devez-vous accueillir le Coran ? Le Coran lui-même vous a expliqué en détail, en de nombreux endroits, comment le Prophète d’Allah (que la paix soit sur lui), ses Compagnons et ceux dont les cœurs étaient imprégnés du Coran l’accueillaient. Vous devez vous rappeler ces versets du Coran ; puis, lorsque vous récitez le Coran, ces versets doivent se refléter en vous. Voici les paroles de ces versets :
Les véritables croyants sont ceux dont les cœurs frémissent lorsque Allah est évoqué. Lorsque Ses versets leur sont récités, leur foi augmente et ils placent leur confiance et leur dépendance en leur Seigneur. (Al-Anfāl-8:2) Allah a fait descendre la meilleure des paroles : un Livre dont les parties sont cohérentes et où certaines paroles sont répétées à maintes reprises. En l’entendant, la peau de ceux qui craignent Allah se hérisse. Puis leur corps et leur cœur s’adoucissent et s’animent d’ardeur pour le rappel d’Allah. Telle est la guidée d’Allah ; par elle, Il guide qui Il veut vers le droit chemin. Et celui qu’Allah ne guide pas ne trouvera aucun guide. (Az-Zumar-39:23)
Ô Muhammad, dis à ces gens : que vous l’acceptiez ou non, lorsque cela est récité à ceux qui ont reçu auparavant la connaissance, ils tombent prosternés, le visage contre terre. Et ils s’écrient : « Gloire à notre Seigneur ! Sa promesse s’accomplira assurément. » Puis ils tombent le visage contre terre en pleurant, et le fait de l’entendre accroît encore leur profonde soumission. (Âl ‘Imrân-17 : 107-109)
Telle était leur attitude : lorsque les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant. (Maryam-19 : 58)
Lorsqu’ils entendent la révélation descendue sur le Messager, tu les vois, sous l’effet de la connaissance et de la reconnaissance de la vérité, les yeux baignés de larmes. Ils s’écrient : « Ô notre Seigneur, nous avons cru ; inscris-nous donc parmi les témoins. » (Al-Mâ’idah-5 : 83)
La présence d’Allah
Deuxièmement, dites-vous : « Je suis présent devant Allah, dans la présence d’Allah. Il me voit. »
Vous devez être extrêmement conscient de cette réalité : chaque fois que vous étudiez le Coran, vous êtes en présence de Celui qui vous a transmis cette révélation. Car Allah est toujours avec vous, où que vous soyez et quoi que vous fassiez ; Sa connaissance embrasse toute chose.
Comment acquérir cette conscience à ce degré ? Écoutez ce qu’Allah en dit dans le Coran. Au début de votre étude du Coran et pendant celle-ci, rappelez-vous ces versets, soyez attentifs et réfléchissez-y profondément. Ce qui peut vous aider encore davantage, non seulement dans l’étude du Coran, mais aussi à vivre toute votre vie conformément au Coran, c’est de vous rappeler cette réalité et d’y réfléchir profondément aussi souvent que possible. Seul ou en groupe, en silence ou à voix haute, à la maison ou au travail, au repos ou dans l’agitation, dites, mentalement ou à haute voix : « Il est ici, Il est avec moi, Il me voit, m’entend, me connaît et tient compte de mes actes. » Et rappelez-vous ces versets :
Il est avec vous où que vous soyez, et Il voit tout ce que vous faites. (Al-Hadîd-57 : 4)
Nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire. (Qaf-50 : 16)
Il n’arrive jamais que trois personnes tiennent une conversation secrète sans qu’Allah ne soit le quatrième parmi elles, ni que cinq personnes tiennent une conversation secrète sans qu’Allah ne soit le sixième parmi elles. Où qu’ils se trouvent, qu’ils soient moins nombreux ou plus nombreux, Allah sera certainement avec eux. (Al-Mujadalah-58 : 7)
Je suis avec vous deux (Moïse et Aaron), J’entends et Je vois tout. (Taha-20 : 46)
Certes, tu es sous Notre regard. (At-Tur-52 : 48)
Nous ressusciterons certainement un jour les morts, et Nous inscrivons tout ce qu’ils accomplissent. Nous préservons également les traces qu’ils laissent derrière eux. Nous avons consigné toute chose dans un registre manifeste. (Ya-Sin-36 : 12)
Le verset suivant est encore plus significatif. Ce verset ne souligne pas seulement qu’Allah est présent partout et qu’Il voit toute chose, mais il précise également ce qui concerne l’étude du Coran :
Quelle que soit la situation dans laquelle tu te trouves, quoi que tu récites du Coran et quoi que vous fassiez, ô gens, Nous vous observons et vous surveillons en toutes ces circonstances. Il n’existe dans les cieux ni sur la terre aucune chose, fût-ce du poids d’un atome, ni petite ni grande, qui soit cachée au regard de ton Seigneur ou qui ne soit inscrite dans un registre clair. (Yunus-10 : 61)
Ainsi, Allah Lui-même nous dit : Je suis présent lorsque vous récitez le Coran ; n’oubliez jamais cela.
La récitation du Coran est un acte d’adoration. Le meilleur moyen d’atteindre l’excellence est d’adorer Allah. À ce sujet, le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) a dit :
Adore Allah comme si tu Le voyais, bien que tes yeux ne puissent voir Allah ; tu ne Le vois pas, mais Lui te voit (Muslim).
En outre, il faut se rappeler que tu n’es pas le seul à être en Sa présence : Il se souvient de toi aussi longtemps que tu continues à réciter le Coran.
Souvenez-vous de Moi, et Je me souviendrai de vous. (Al-Baqara-2 : 152)
Sans aucun doute, le meilleur moyen de se souvenir d’Allah, c’est-à-dire la meilleure forme de dhikr, est de réciter le Coran.
Écouter depuis Allah
Troisièmement, dites-vous : « J’écoute depuis Allah. »
Dans le cadre de l’engagement de votre for intérieur dans l’étude du Coran, vous devriez essayer de vous représenter que vous écoutez le Coran directement d’Allah. Le Coran est la parole du Très-Haut Allah. En effet, vous ne pouvez pas Le voir alors qu’Il est pourtant avec vous, et vous ne pouvez pas non plus entendre Celui qui a prononcé cette parole. Laissez les mots imprimés et la voix du récitant s’effacer, et rapprochez-vous davantage de Celui qui parle. Ce sentiment renforcera et affermira en vous la conscience de la présence d’Allah.
L’imam al-Ghazali (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit, dans son ouvrage Ihyâ’ ‘Ulûm al-Dîn, à propos d’un homme : « Je récite le Coran, mais je n’y trouve aucun plaisir. Ensuite, je le récite comme si je l’entendais du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), lorsqu’il le récitait à ses Compagnons. Puis j’ai progressé d’un degré et j’ai récité le Coran comme si je l’entendais de Gabriel (que la paix soit sur lui), lorsqu’il le transmettait à Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Puis, par la grâce d’Allah, j’ai encore progressé d’un degré et j’ai commencé à le réciter comme si je l’entendais directement du Très-Haut Allah. »
Une telle perception vous imprégnera de joie et de satisfaction, qui envelopperont votre âme tout entière du Coran.
La parole directe d’Allah
Quatrièmement : dites-vous que, lorsque je lis le Coran, Allah s’adresse directement à moi par l’intermédiaire du messager de la Révélation.
Il ne fait aucun doute que le Coran a été révélé à une époque particulière de l’histoire et que vous l’avez reçu indirectement par l’intermédiaire de personnes d’une époque particulière. Mais le Coran est la parole de l’Allah éternel. Il est destiné à tous les temps. Son message s’adresse à chaque être humain. Ainsi, mettez pour un temps de côté ces intermédiaires et consacrez-vous vous-même à l’étude du Coran, comme si le Coran s’adressait directement à vous, en tant que personne de votre époque ou membre d’une collectivité. Le simple fait de penser que vous recevez ainsi directement le Coran établira dans votre cœur la place qui lui revient.
Chaque mot est pour vous
Cinquièmement : dites-vous que chaque mot du Coran est pour moi.
Si le Coran est valable pour l’éternité et s’il s’adresse à vous aujourd’hui, vous devez recevoir chacune de ses paroles comme étant liée à votre vie — qu’il s’agisse d’une valeur ou d’un principe, d’une déclaration de connaissance, d’un personnage ou d’un dialogue, d’une promesse ou d’un avertissement, d’un commandement ou d’une interdiction.
Une telle compréhension de la question rendra votre étude du Coran vivante, dynamique et porteuse de sens. Puisque les différences entre les personnes sont considérables, il peut s’avérer difficile de transposer à quelqu’un d’autre un message adressé à une personne donnée. Cependant, cela est possible si l’on déploie des efforts sincères et appropriés.
S’entretenir avec Allah
Sixièmement : dites-vous à vous-même : lorsque je lis le Coran, je parle directement avec Allah.
Le Coran contient la parole d’Allah qui vous est destinée et qui vous est adressée. Bien que ces paroles soient sur vos lèvres et gravées dans vos cœurs, elles constituent néanmoins un dialogue entre Allah et l’être humain. Ce dialogue peut prendre de nombreuses formes. Il peut être exprimé explicitement ou implicitement, en ce sens qu’il inclut une réponse de votre part ou de la Sienne.
Comment cette conversation ou ce dialogue implicite se déroule-t-il ? À ce sujet, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a donné un exemple remarquable dans un hadith qudsi :
« J’ai partagé la prière entre Moi et Mon serviteur : la moitié est pour Moi et la moitié pour lui, et Mon serviteur obtiendra ce qu’il demandera. Ainsi, lorsque le serviteur dit : Al-hamdou lillahi rabbil-‘alamin — Toute louange appartient à Allah, Seigneur des mondes — Allah dit : “Mon serviteur M’a loué.” Lorsque le serviteur dit : Ar-Rahmanir-Rahim — Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux — Allah dit : “Mon serviteur M’a rendu un éloge sublime.” Lorsque le serviteur dit : Maliki yawmid-din — Le Maître du Jour du Jugement — Allah dit : “Mon serviteur M’a glorifié ; ceci M’appartient.” Lorsqu’il dit : Iyyaka na‘boudou wa iyyaka nasta‘in — C’est Toi seul que nous adorons et c’est auprès de Toi seul que nous demandons secours — Il dit : “Ceci est partagé entre Moi et Mon serviteur ; il lui sera accordé ce qu’il demandera.” Lorsqu’il dit : Ihdinas-siratal-moustaqim — Guide-nous sur le droit chemin — Allah dit : “Ceci appartient à Mon serviteur, et Mon serviteur obtiendra ce qu’il demande.” » (Muslim, Tirmidhi, Ahmad)
Vous verrez plus loin comment le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondait à la parole d’Allah et au contenu de Ses différents versets, et comment il s’entretenait et conversait avec le Créateur et le Seigneur. Cette conscience conférera à votre étude du Coran une profondeur et une ferveur extraordinaires.
Espérer la récompense d’Allah
Septièmement : dites-vous que toutes les récompenses qu’Allah a promises, par l’intermédiaire de Son Messager, pour l’étude du Coran et sa mise en pratique, Il me les accordera certainement.
De nombreuses récompenses sont promises dans le Coran. Les qualités spirituelles de la vie y sont garanties, telles que la guidance, le pardon, la connaissance, la sagesse, la sérénité, la mémoire et la clairvoyance. De même, l’honneur et la dignité dans la vie terrestre, l’aisance et le progrès, la réussite et la victoire. Des bénédictions éternelles — telles que le pardon (maghfirat), le Paradis (Jannat) et l’agrément d’Allah (Ridwan) — sont également réservées aux adeptes du Coran.
Le Messager (paix et bénédictions sur lui) a également mentionné de nombreuses autres récompenses. Vous les trouverez en lisant les chapitres consacrés au Coran dans toute collection authentique de hadiths, comme celles de Boukhari, Muslim, Mishkat ou Riyad as-Salihin. Vous en trouverez aussi dans ce livre, particulièrement vers la fin. Par exemple :
Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne. (Boukhari)
Récitez le Coran, car au Jour de la Résurrection, le Coran apparaîtra comme intercesseur en faveur de son compagnon. (Muslim)
Aucun intercesseur n’a une dignité comparable à celle du Coran. (Sharhil Yahya)
Au Jour de la Résurrection, il sera dit au compagnon du Coran de le réciter et de s’élever. Plus il en récitera, plus il s’élèvera. (Abou Dawoud)
Pour chaque lettre du Coran que tu réciteras, tu recevras une récompense décuplée. (At-Tirmidhi)
Continuez à accumuler ces promesses autant que votre mémoire le permet, et rappelez-vous-en autant que vous le pouvez, chaque fois que vous le pouvez. Ayez confiance en Allah, espérez en Lui et demandez-Lui.
Observer cette attitude, appelée dans les hadiths l’iman et l’ih tisab, augmentera considérablement la valeur intérieure de vos actes. Un hadith rapporte :
Il existe quarante œuvres méritoires. Si quelqu’un en accomplit une seule en ayant confiance en la promesse d’Allah et en espérant Sa récompense, Allah lui accordera le Paradis. Parmi ces œuvres méritoires, la plus élevée est pourtant aussi simple que d’offrir un peu de lait à son voisin. (Al-Bukhari)
Les actions du corps et de l’âme
Il existe sept actions du corps et de l’âme qui vous aideront grandement, vous et votre cœur, à vous concentrer profondément sur l’étude du Coran. Certaines de ces actions, vous les accomplissez déjà. Mais peut-être n’en tirez-vous pas pleinement profit parce que vous ne les accomplissez pas correctement ou que vous n’êtes pas conscient de ce qu’il est absolument nécessaire d’en obtenir. D’autres actions sont telles que vous ne les aviez encore jamais envisagées. Elles sont très importantes. Pour étudier le Coran, vous devez les connaître et les apprendre.
L’accomplissement des actions ou activités mentionnées ne vous prendra en aucun cas davantage de temps que celui que vous consacrez actuellement à l’étude du Coran. Ce que ces actions vous demandent, c’est une attention accrue, une profonde concentration et la conscience d’étudier de manière correcte et efficace.
La réaction de l’âme
Premièrement : vous devez garder votre âme vivante et éveillée à tout ce que dit le Coran. Laissez chaque sujet que vous lisez dans le Coran produire une réaction dans votre cœur et y insuffler une vie nouvelle. Laissez votre cœur traverser les états les plus divers : dévotion et louange, respect et gratitude, émerveillement et crainte, amour et désir, foi et patience, espoir et peur, joie et douleur, expression et imitation, soumission et obéissance. Tant que vous ne le ferez pas, le bénéfice que vous souhaitez tirer de l’étude du Coran ne sera guère plus que le mouvement de vos lèvres.
Par exemple : lorsque vous entendez le nom et les attributs de votre Seigneur, votre cœur devrait se remplir de crainte révérencielle, de gratitude, d’amour et d’autres sentiments appropriés. Lorsque vous lisez au sujet des prophètes et des messagers d’Allah, un désir ardent de les suivre devrait s’éveiller en vous, tandis que vous devriez éprouver haine et aversion envers ceux qui les ont combattus. Lorsque vous lisez au sujet du Jour du Jugement dernier, le désir du Paradis devrait naître dans votre cœur et, ne serait-ce qu’un instant, votre âme devrait trembler de peur d’être précipitée dans le feu de l’Enfer. Lorsque vous lisez au sujet des individus et des peuples désobéissants qui ont été anéantis et châtiés, vous devriez détester leur ressembler. Et lorsque vous lisez au sujet des adeptes de la bonne voie, qu’Allah aime et récompense, vous devriez ardemment désirer devenir comme eux.
Lorsque vous lisez au sujet du pardon et de la miséricorde d’Allah, de l’honneur et de l’abondance en ce monde, ainsi que de l’agrément et de la proximité d’Allah dans l’au-delà, votre cœur devrait lui aussi être animé par le désir ardent d’œuvrer pour les obtenir et de vous en montrer digne. Et lorsque vous lisez au sujet de ces malheureux qui sont insouciants à l’égard du Coran, qui s’en détournent, qui ne l’acceptent pas et ne conduisent pas leur vie conformément à ses enseignements, vous devriez être saisi de crainte et d’effroi. Veillez à ne pas être l’un d’eux et prenez la résolution de ne jamais le devenir. Lorsque vous entendez l’appel d’Allah à tenir votre engagement envers Lui et à lutter dans Sa voie, vous devriez renouveler votre résolution de répondre à Son appel et vous engager pleinement, selon vos capacités, dans la lutte dans la voie d’Allah.
Parfois, un tel état se crée spontanément dans le cœur, lorsqu’un mot ou un verset particulier y allume l’étincelle d’un sentiment nouveau. Mais parfois, il faut prendre des mesures conscientes et résolues pour stimuler le cœur. Si vous ne ressentez pas spontanément la réaction appropriée, arrêtez-vous un instant et continuez à répéter ce que vous étiez en train de lire jusqu’à ce que vous la ressentiez. Si votre cœur le souhaite, un désir sincère de répéter plusieurs fois un verset particulier peut naître en vous. Mais si vous le répétez attentivement, en vous arrêtant pour réfléchir profondément, vous constaterez que votre cœur réagit rapidement.
L’acquisition de cette qualité est si importante que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Continue à réciter le Coran jusqu’à ce que ton cœur s’unisse au Coran. Tant que l’unité ne s’est pas établie entre ton cœur et le Coran, tu dois comprendre que ta récitation n’est pas véritablement une récitation. Lève-toi donc et cesse de lire. » (Al-Bukhari, Muslim)
La réponse par la parole
Deuxièmement : laissez la réponse appropriée à ce que vous lisez dans le Coran s’exprimer par les mots de votre langue. Ces mots devraient eux aussi jaillir spontanément. En effet, les exclamations expriment toujours les sentiments profonds de votre cœur suscités par le Coran, comme les pleurs dans la joie et la peine, les expressions de gratitude, d’amour, de crainte, d’inquiétude et autres émotions. Mais il convient de rappeler une fois encore que, même si cette spontanéité n’est pas présente, vous devez vous efforcer de la susciter.
C’est ainsi que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait le Saint Coran. Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) rapporte : une nuit, j’accomplis la prière derrière le Prophète. Il commença à réciter le Coran à partir de la sourate Al-Baqara. Lorsqu’il récitait les versets dans lesquels le Très-Haut Allah mentionnait le pardon, le Prophète demandait pardon. Lorsqu’il récitait un verset évoquant le châtiment, il demandait à Allah d’être délivré du châtiment. Et lorsqu’il récitait un verset mentionnant la gloire et les attributs incomparables d’Allah, il glorifiait Allah en disant : « Subhanallah ». (Muslim)
Un récit similaire est rapporté d’Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée). Il accomplit la prière derrière le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), dans la maison de Maymuna, la tante d’Abdullah ibn Abbas et l’épouse du Messager d’Allah. (Al-Bukhari, Muslim)
Il convient de répondre de cette manière à certains versets précis, comme l’a enseigné le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Après avoir récité le dernier verset de la sourate At-Tîn (« Allah n’est-Il pas le plus équitable des juges ? »), il convient de répondre : « Oui, certainement, je suis l’un de ceux qui en témoignent. » Celui qui récite le dernier verset de la sourate Al-Mursalât (« En dehors de ce Coran, en quelle autre parole pourraient-ils donc croire ? ») devrait dire : « Nous croyons en Allah. » (Abû Dâwûd).
Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit que, lorsqu’il récitait la sourate Ar-Rahmân aux djinns et qu’il disait : « Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? », ils s’exclamaient : « Ô notre Seigneur, non, nous ne nions aucun de Tes bienfaits. À Toi revient toute louange. » (At-Tirmidhî)
Ce ne sont là que quelques récits qui nous permettent de connaître les exemples et les enseignements de notre Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). À la lumière de ces exemples, il ne vous sera pas difficile de formuler, après réflexion, vos propres réponses de louange, de glorification, d’approbation, de désaveu et d’invocation, en disant « Al-hamdou lillah », « Subhân Allah », « Allahou akbar », « Lâ ilâha illallah », ou en vous repentant, en demandant pardon et en implorant Allah de vous accorder le Paradis.
Les larmes de vos yeux
Troisièmement : en réponse à ce que vous lisez dans le Coran, laissez les « larmes de joie et de tristesse », réponse de votre cœur, couler de vos yeux.
Cela doit nécessairement se produire si l’état de votre cœur est en harmonie avec le Coran que vous récitez. Ce n’est que lorsque votre cœur est inattentif, mort ou stérile que vos yeux restent secs. Les yeux ne se rempliront pas toujours de larmes uniquement par crainte d’Allah. Au contraire, les larmes couleront aussi des yeux du serviteur dans la joie de trouver la vérité, lorsqu’il prend conscience de l’immense miséricorde d’Allah et voit Ses promesses s’accomplir.
Tu vois leurs yeux déborder de larmes à cause de ce qu’ils ont reconnu de la vérité. (Al-Mâ’idah, 5:83)
Puis ils tombent face contre terre, en pleurant. (Al-Isrâ’, 17:109)
Le Prophète d’Allah (s), les nobles Compagnons (r) et ceux qui, comme eux, entretenaient une relation profonde avec le Noble Coran, fondaient souvent en larmes lors de sa récitation.
Le Prophète d’Allah (s) a dit : « Certes, le Coran a été révélé avec tristesse. Ainsi, lorsque vous récitez le Coran, rendez-vous tristes. » (Abû Ya‘lâ, Abû Nu‘aym). Il est également rapporté dans un autre hadith : « Récitez le Coran et pleurez. Si les larmes ne viennent pas spontanément, pleurez tout de même. » (Ibn Mâjah).
Si vous réfléchissez et méditez profondément, ne serait-ce qu’une fois, à ce que dit le Coran et à ce qu’il vous ordonne, il ne faudra pas beaucoup de temps avant que des larmes ne coulent par intermittence sur vos joues. En méditant sur les bonnes nouvelles, le lourd fardeau des responsabilités exigeantes et les avertissements que le Coran vous apporte, vous pouvez vous-même vous mettre à pleurer.
Votre comportement
Quatrièmement : adoptez une attitude dont la pureté, la dévotion et la soumission de votre cœur à la parole de votre Seigneur seront le reflet.
Le Coran mentionne à de nombreux endroits un tel comportement : les véritables croyants « tomberont face contre terre », « inclineront eux-mêmes la tête » et « écouteront le Coran dans le silence et l’attention, tandis que leurs corps trembleront, saisis de frayeur ». L’obligation de se prosterner lors de la récitation de certains versets du Coran constitue une indication de la réaction que votre corps devrait avoir à ce que vous récitez. Pourquoi cette attitude ou ce comportement corporels sont-ils importants ? L’état mental d’une personne exerce une profonde influence sur son état physique. L’existence du corps maintient l’existence du cœur. L’attitude corporelle lors de la lecture d’un livre ordinaire et celle adoptée lors de l’étude du Coran doivent être très différentes. C’est pourquoi de nombreuses règles de bienséance et convenances relatives à la récitation du Coran ont été enseignées.
L’imam Ghazâlî (r) dit : « Commence par faire les ablutions, assieds-toi calmement en direction de la qibla, garde la tête inclinée, ne t’assieds pas avec arrogance, mais assieds-toi comme si tu étais assis devant ton Seigneur. » Dans son ouvrage Kitâb al-Adhkâr, l’imam Nawawî mentionne encore quelques éléments : « Le visage doit être propre, le lieu où l’on s’assied doit être pur, le visage doit être tourné vers la qibla et l’humilité corporelle doit être manifeste. »
Réciter avec tartîl
Cinquièmement : récitez le Coran avec tartîl.
Il est impossible d’exprimer le sens de tartîl par un seul mot de la langue anglaise. En arabe, il signifie réciter lentement, par pauses successives, clairement, calmement, à un rythme mesuré et avec réflexion, tout en maintenant une harmonie parfaite entre la langue, le corps et le cœur.
Telle est la manière souhaitable de réciter le Coran, qu’Allah — exalté soit-Il — a enseignée dès le commencement. C’est également cette méthode qu’Il a ordonné au Prophète d’Allah ﷺ de suivre lorsqu’Il lui a prescrit de rester debout une grande partie de la nuit pour prier et réciter le Noble Coran (Al-Muzzammil, 73:4). Au sujet de la raison pour laquelle Allah a révélé le Coran progressivement et par étapes, Il dit :
« Ainsi, afin que Nous puissions affermir ton cœur. » (Al-Furqân, 25:32)
Le tartîl est un élément important pour unir le cœur à l’étude du Coran et lui donner fermeté et profondeur. Plutôt que de le réciter rapidement et machinalement, le réciter avec tartîl exprime l’émerveillement et le respect, aide à comprendre et à réfléchir, et peut laisser dans l’âme une empreinte indélébile.
‘Abdullah ibn ‘Abbâs a dit : « Réciter les sourates Al-Baqara et Âl ‘Imrân avec tartîl me paraît meilleur pour moi que de réciter rapidement l’ensemble du Coran. De même, réciter les sourates Az-Zalzala et Al-Qâri‘a avec tartîl m’est préférable à réciter Al-Baqara et Âl ‘Imrân. »
Le tartîl ne désigne pas seulement le silence, la clarté, les pauses, la réflexion et l’harmonie entre le corps et le cœur ; il implique également la répétition assidue de certains mots et versets. Lorsqu’un verset particulier touche profondément le cœur, chaque récitation procure une saveur et un plaisir nouveaux. Sa répétition crée une harmonie entre le cœur et ce que vous récitez.
Il est rapporté qu’une fois, le Messager ﷺ répéta plusieurs fois « Bismillâhir-Rahmânir-Rahîm » (« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux »). Une autre fois, le Messager ﷺ passa toute la nuit à répéter : « Si Tu les châties, ils sont certes Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, Tu es certes le Tout-Puissant, le Sage et l’Omniscient » (5:118). Sa‘îd ibn Jubayr récitait ce verset : « Ô criminels, séparez-vous aujourd’hui ! » (Yâ-Sîn), tout en pleurant et en versant des larmes. (Ihyâ’ ‘ulûm ad-dîn)
Acquérir la pureté
Sixièmement : purifiez-vous autant que vous le pouvez.
Vous savez que nul ne peut toucher le Coran sans être en état de pureté. (Al-Wāqiʿa, 56:79). Ce verset explique largement la purification religieuse. Autrement dit, vous devez vous purifier au moyen des ablutions, conformément aux prescriptions religieuses. Cela est pleinement établi par de nombreux hadiths et par l’ijmāʿ. Mais, outre la propreté du corps, des vêtements et du lieu, la pureté comporte encore bien d’autres aspects.
Vous avez également constaté combien la pureté de l’intention et du dessein est importante. Il est tout aussi important que le cœur et les membres soient préservés des péchés susceptibles de provoquer la colère d’Allah. Aucun être humain ne peut être totalement exempt de péché. Mais vous pouvez, autant que possible, vous abstenir de commettre des péchés. Si vous en commettez un, revenez à Allah et repentez-vous, implorez Son pardon, le plus rapidement possible. Vous devez veiller à ce que, lorsque vous récitez le Coran, vous ne consommiez pas de nourriture haram, ne portiez pas de vêtements haram et ne viviez pas de revenus haram. Plus vous serez pur, plus votre cœur sera avec vous ; plus votre cœur s’ouvrira au Saint Coran, plus vous pourrez en comprendre le sens et en tirer profit. Vous pourrez alors davantage ressembler à ceux qui sont les seuls autorisés à toucher ce Coran sublime, consigné dans un Livre préservé. (Al-Wāqiʿa, 56:77-78)
Demander l’aide d’Allah (duʿāʾ)
Septièmement : lorsque vous récitez le Coran, invoquez Allah afin d’obtenir Sa miséricorde, Son pardon, Sa guidance et Sa protection. Vous devez Le demander par le cœur, par la parole et par les actes. Pour avancer à la lumière du Coran, vous devez placer votre confiance entière en Allah. Vous ne devez pas vous laisser emporter excessivement par ce sentiment de dépendance ; vous devez au contraire l’exprimer pleinement. À chaque pas du chemin que vous parcourez, vous devez rencontrer Allah. Vous devez Lui demander Son aide afin de garder votre cœur vivant, de comprendre le Coran et de le suivre. Demandez-Lui également pardon pour votre faiblesse et votre incapacité.
Pour obtenir la proximité d’Allah, gardez-vous de vous croire autosuffisant et de faire preuve d’indifférence envers Allah. Ce sont de grands péchés. Ce dont vous avez besoin, c’est de l’humilité plutôt que de l’orgueil, et du tawakkul plutôt que de l’autonomie.
Vous devez toujours nourrir en vous l’espoir, la foi et la certitude que ce que vous demanderez vous sera accordé. Sans cela, votre duʿāʾ ne vous sera guère utile. C’est là l’un des enseignements fondamentaux du Coran. Considérez les versets suivants :
Ô Seigneur ! Je suis dans le besoin de tout bien que Tu feras descendre sur moi. (Al-Qasas — 28:24)
Seuls les égarés désespèrent de la miséricorde de leur Seigneur. (Al-Hijr — 15:56)
Votre Seigneur dit :
Invoquez-Moi, Je répondrai à votre invocation. Ceux qui, par orgueil et arrogance, se détournent de Mon adoration entreront certainement en Enfer, humiliés et avilis. (Al-Mu’min — 40:60)
Je suis tout proche d’eux. J’entends l’invocation de celui qui M’invoque et J’y réponds. Ils doivent donc répondre à Mon appel et croire en Moi. Fais-leur entendre ces paroles. Peut-être trouveront-ils le véritable droit chemin. (Al-Baqara — 2:186)
Examinons encore quelques paroles par lesquelles nous devrions demander l’aide d’Allah.
La protection d’Allah
Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le maudit. A‘ûdhu billâhi min ash-shaytân ir-rajîm.
Nous avons déjà souligné combien il est important de chercher refuge auprès d’Allah contre Satan. Cela est en fait ordonné dans le Coran même (An-Nahl, 16:98). Ne prononcez pas simplement ces mots comme une formule rituelle ou magique. Vous devez comprendre que, dans votre démarche, vous serez confronté à d’immenses obstacles et difficultés. Satan est votre plus grand ennemi. Il fera tout ce qui est possible pour vous priver de la récompense de vos efforts. Allah, et Allah seul, peut vous protéger de cette machination de Satan.
Vous pouvez parfois employer, pour demander refuge auprès d’Allah, les paroles tirées du Coran (Al-Mu’minûn, 23:99) ou celles que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a enseignées ; vous pouvez également réciter les deux sourates coraniques Al-Falaq et An-Nas.
Pour guider votre cœur sur le droit chemin, vous devriez revenir de temps à autre vers Allah.
Ô notre Seigneur, puisque c’est Toi qui nous as guidés sur le droit chemin, ne fais pas naître dans nos cœurs la moindre déviation ni la moindre inclination tortueuse. Accorde-nous une grâce provenant des trésors de Ta miséricorde, car c’est Toi le véritable Donateur. (Âl ‘Imrân, 3:8)
Bien que demander la protection d’Allah soit indispensable dès le début de l’étude du Coran, le message coranique nous rappelle que cela devrait être une démarche continue.
Au nom d’Allah
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Clément : nous avons déjà discuté de l’importance et de la portée de « Bismillahir-Rahmanir-Rahim ». Ce verset figure au début de toutes les 114 sourates du Noble Coran, à l’exception d’une seule. Commencer en Son nom signifie exprimer sa gratitude envers Celui qui a accordé toute forme d’aide, afin de s’en remettre au Coran et à Allah.
Demander la bénédiction du Coran
Il existe encore plusieurs invocations particulières que vous devriez apprendre.
Ô mon Seigneur, accrois ma connaissance. (Taha – 20:114)
Lorsqu’Allah le Très-Haut a exhorté le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) à faire preuve de patience et de fermeté dans la réception du Coran, Il lui a appris à invoquer par ces mots : « Et ne te hâte pas de réciter le Coran avant que sa révélation ne te soit achevée. » Si l’on veut rester attaché au sens du Coran, la patience au nom d’Allah et l’aide d’Allah seules peuvent dissiper la confusion, dénouer les difficultés et permettre d’avancer dans la mise en pratique du Coran.
Une autre invocation remarquable
Ô mon Seigneur ! Je suis Ton serviteur, le fils de Ton serviteur et le fils de Ta servante. Je suis entièrement soumis à Toi, et mon front est entre Tes mains. Ton commandement à mon égard est définitif. Ton décret est juste et équitable. Ô Seigneur ! Je T’invoque par tous Tes noms, ceux par lesquels Tu T’es nommé, ceux que Tu as enseignés à Tes créatures, ceux que Tu as révélés dans Ton Livre sacré, ou ceux que Tu as gardés cachés auprès de Toi. Ô mon Seigneur ! Fais du Coran la source de toute inspiration dans mon cœur, la lumière de mon for intérieur, le remède à ma tristesse et l’apaisement de mes inquiétudes et de mes soucis. (Ahmad, Ruzayn)
L’invocation suivante est généralement récitée après avoir achevé la lecture complète du Coran. Mais sa portée est si vaste que, si l’on invoque fréquemment Allah par ces paroles, Allah accordera certainement d’immenses bénédictions : « Ô mon Seigneur ! Accorde-moi Ta miséricorde par l’intermédiaire du Coran, le Livre sublime. Fais du Coran pour moi un guide, une lumière, un indicateur du chemin et une miséricorde. Ô Allah ! Accorde-moi, par le Coran, la capacité de me rappeler ce que j’ai oublié et enseigne-le-moi. Donne-moi la force de le réciter jour et nuit. Ô Maître des mondes, fais du Coran une preuve en ma faveur. »
Avant de lire le Coran, pendant sa lecture et après l’avoir achevée, demandez le pardon d’Allah dans la langue et de la manière qui vous conviennent. Vous trouverez à ce sujet trois invocations coraniques dans la sourate Âl ‘Imrân (3:16), dans Al-Mu’minûn (23:118) et dans Âl ‘Imrân (3:193).
Invocation générale
En plus de ces invocations précises mentionnées ci-dessus, adressez à Allah, le Seigneur des mondes, des prières dans votre propre langue afin de tirer profit du Coran. Par exemple : « Ouvre ma compréhension, donne-moi la force de voir la vérité comme vérité et le mensonge comme mensonge ; accorde-moi cette lumière grâce à laquelle je pourrai reconnaître Ton chemin ; aide-moi dans mes efforts ; rends ma volonté humble ; accorde-moi la grâce de trouver la joie en recevant Ton pardon et Ta guidance ; guide-moi dans mes inquiétudes, mes décisions et toutes mes affaires ; donne-moi la force de résister à toutes les tentations ; accorde-moi la force d’assumer toutes mes responsabilités ; éloigne de moi la paresse et l’inertie ; que Ta parole vivifie mes pensées et mes actes et comble chacun de mes besoins ; apaise-moi lorsque je suis troublé, donne-moi la sérénité lorsque je suis en détresse ; aide-moi à étudier et à comprendre ; accorde-moi la grâce de connaître et de comprendre Ta personne et Ta guidance ; donne-moi la patience ; accorde-moi honneur et dignité ; donne-moi la force d’accepter et de mettre en pratique ; accorde-moi la grâce de vivre conformément à ce que j’apprends ; donne-moi la capacité d’accomplir la mission que le Coran m’a confiée. »
Étudier avec compréhension
La prise de conscience de ce que vous lisez vous impliquera profondément dans l’étude du Coran. C’est le dernier aspect de l’étude du Coran, mais il n’est en aucune manière le moins important. Il peut même en être l’approche la plus importante et la plus efficace.
Bien qu’il soit indispensable pour tous de comprendre ce que dit le Coran avant que sa parole ne pénètre profondément dans le cœur, ce n’est pas une condition absolue sans laquelle il serait impossible de recevoir la moindre bénédiction du Coran. Nombreux sont ceux qui comprennent chaque mot du Coran, mais dont le cœur reste néanmoins fermé au Coran. D’autres, en revanche, ne comprennent pas un seul mot et acquièrent pourtant une concentration extrêmement profonde, une relation profonde avec Allah, ainsi que l’amour et le désir de se rapprocher d’Allah et de Lui obéir. Cela s’explique par le fait que la relation avec le Coran dépend de nombreux facteurs. Il y aura d’ailleurs d’innombrables personnes qui n’apprendront jamais l’arabe, ne seront pas capables de lire une traduction ou ne disposeront pas du temps nécessaire pour faire cet effort. Elles n’ont pourtant aucune raison de désespérer. Tant qu’elles n’auront pas fait tous leurs efforts pour trouver les moyens de comprendre le Coran et qu’elles n’auront pas sincèrement essayé de vivre conformément à ses enseignements, elles devront absolument continuer à lire le Coran, même si elles n’en comprennent pas le sens, et elles devront également espérer recevoir les bénédictions du Coran.
Néanmoins, l’importance immense de comprendre ce que le Coran vous dit ne peut en aucune manière diminuer, ne serait-ce que d’un iota. Le terme « comprendre » est employé ici au sens de connaître directement ce qui est dit dans le Coran. Nous aborderons ultérieurement la réflexion, les autres niveaux de la mise en pratique, la compréhension du sens dans sa plénitude, son intégration à notre pensée, et ainsi de suite.
Pourquoi est-il nécessaire de comprendre le sens direct ? Premièrement, cela vous aidera énormément à concentrer votre attention sur le sens direct du Coran, à éveiller différents états de conscience et à susciter des réactions du corps et de l’âme afin de placer votre être intérieur face au Coran. Deuxièmement, c’est uniquement par la compréhension que vous pourrez approfondir votre foi, ce qui vous conduira véritablement à vivre dans la foi et conformément aux enseignements du Coran.
4 : Méthode de lecture
Une compagnie durable du Coran doit être le plus grand désir et la plus grande activité de notre cœur. Étudiez donc le Coran autant que vous le pouvez. Consacrez-y autant de temps qu’il vous est possible, en particulier la nuit. C’est ainsi que le Prophète et ses nobles Compagnons ont pu se préparer, sur le chemin d’Allah, à accomplir la grande et importante responsabilité que le Coran leur avait confiée. À ce sujet, il existe certaines orientations et règles que vous devez toujours garder à l’esprit.
Combien de fois lirez-vous ?
Vous devez absolument lire chaque jour une partie, quelle qu’elle soit, du Coran. En fait, aucun jour ne devrait s’écouler sans que vous consacriez un peu de temps au Coran. Il vaut mieux lire régulièrement, même une très petite partie, que de lire seulement de temps à autre ou une grande quantité en une seule fois.
Le Messager ﷺ a dit : « Allah aime l’œuvre accomplie régulièrement, même si elle est peu abondante » (al-Bukhari, Muslim). Il a particulièrement averti qu’il fallait nécessairement s’appliquer régulièrement à l’étude du Coran. Autrement, vous risquez facilement de subir une perte. Le récit de ceux qui possèdent le Coran est comparable à celui d’un chameau attaché par une corde : tant qu’on le retient, il reste entre ses mains ; mais si on le laisse partir, il s’enfuit (al-Bukhari, Muslim).
Quelle quantité lire ?
Il n’existe pas de réponse précise à cette question. Cela variera d’une personne à l’autre et selon les circonstances. L’orientation à suivre est donc celle qu’Allah, en tenant compte de toutes les ressources humaines disponibles, a donnée :
Lisez donc du Coran autant que vous pouvez en lire facilement. (Al-Muzzammil, 73:20)
À cet égard, la pratique des nobles Compagnons et de leurs successeurs variait naturellement. Certains achevaient la lecture complète du Noble Coran en deux mois, d’autres en un mois, d’autres en dix jours, d’autres en une semaine, et certains même en un seul jour. Nous devons garder le hadith suivant à l’esprit comme critère directeur : « Celui qui achève le Coran en moins de trois jours ne le comprend pas » (Abu Dawud, at-Tirmidhi).
Un jour, lorsque le Messager ﷺ demanda à Ibn Umar de terminer le Coran en un mois, Ibn Umar insista pour le faire en moins de temps ; le Messager ﷺ lui dit alors : « Lis-le en sept jours et n’en augmente pas la fréquence » (al-Bukhari). Le Coran est divisé en 7 hizb et 30 paras. Cela donne également une indication de ce qui est souhaitable.
À cet égard, le conseil de l’imam An-Nawawi mérite une attention particulière. Celui qui peut étudier le Coran avec recueillement et en découvrir les significations et la portée profondes devrait en lire une moindre quantité. De même, celui qui doit consacrer son temps à l’éducation, à un travail gouvernemental ou à une tâche importante prescrite par l’islam peut en lire moins. (Kitab al-Adhkar)
La quantité à lire dépendra de l’objectif de la lecture. Si vous souhaitez consacrer du temps uniquement à l’étude du Coran ou en acquérir rapidement une compréhension générale, vous pouvez lire rapidement et en lire davantage. Mais si vous souhaitez y réfléchir et le mettre en pratique, lisez lentement et en moindre quantité. C’est ce qu’a expliqué l’imam Al-Ghazali (qu’Allah lui fasse miséricorde). Il dit : « Il m’arrive d’achever la lecture du Coran chaque vendredi, parfois chaque mois, et parfois chaque année. Et, d’une certaine manière, je m’efforce d’achever le Coran depuis trente ans, mais jusqu’à présent je n’y suis pas parvenu. » (Ihya ‘Ulum ad-Din)
Je pense que, dans notre situation actuelle, la plupart d’entre nous devraient s’efforcer de faire au moins une lecture générale de l’ensemble du Coran une fois tous les huit mois. Que vous en compreniez directement le sens ou par l’intermédiaire d’une traduction, cela ne devrait en aucun cas prendre plus de 5 à 15 minutes par jour.
Cependant, au cours de votre vie, vous devriez vous efforcer d’achever la lecture du Coran en sept jours, ne serait-ce que quelques fois. Ou en un mois, en particulier durant le mois de Ramadan. Il convient parfois de se consacrer à l’étude du Coran avec une réflexion approfondie et très lentement, même si cela ne peut pas être fait chaque jour.
Quand faut-il le lire ?
Aucun moment du jour ou de la nuit n’est inapproprié pour étudier le Coran. Il n’est pas non plus nécessaire d’adopter une posture physique particulière à cet égard. Allah dit : « Et invoque le nom de ton Seigneur, matin et soir, et durant une partie de la nuit. » (Al-Insan, 76:25)
« Ceux qui invoquent Allah debout, assis et couchés, en toutes circonstances. » (Al ‘Imran, 3:191)
Certes, l’étude du Coran est la meilleure manière de se souvenir d’Allah, ou de pratiquer le dhikr. L’imam An-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit que les nobles Compagnons et leurs successeurs étudiaient le Coran à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, qu’ils fussent établis quelque part ou en voyage.
Néanmoins, certains moments privilégiés ont été recommandés par le Coran et le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), moments où l’étude du Coran produit davantage de résultats et de bienfaits. Il existe donc certaines dispositions et certaines attitudes à adopter. La nuit est le moment le plus merveilleux pour réciter le Coran, et la manière la plus souhaitable est de le faire debout dans la prière. C’est ce que nous dit le Coran dans la sourate initiale, Al-Muzzammil, ainsi qu’en plusieurs autres endroits. (Âl ‘Imrân, 3:113 ; Al-Isrâ’, 17:79 ; Az-Zumar, 39:9.) Réciter le Coran debout lors de la prière nocturne unit votre cœur à la récitation, renforce votre désir de vous soumettre à la direction d’Allah et vous aide à accomplir la mission qu’Il vous a confiée.
Pour cela, il vous faut : (a) mémoriser une partie du Coran et (b) rester éveillé quelque temps durant la nuit. Le Coran reconnaît toutefois que, pour diverses raisons, cela peut ne pas être possible pour tout le monde en permanence. Il vous permet donc de réciter le Coran aussi facilement et autant que vous le pouvez. Cela signifie que vous devez le réciter dans la mesure du possible, pendant le temps dont vous disposez et dans toute situation où cela est possible. L’étude du Coran pendant la prière nocturne est d’une immense nécessité et procure des bienfaits extraordinaires. Vous devriez donc y consacrer un peu de temps, si peu soit-il, même quelques minutes. À intervalles réguliers, par exemple chaque semaine ou chaque mois, vous devez absolument lui réserver du temps.
Pour vous rapprocher autant que possible de la voie idéale, on peut espérer que vous réciterez le Noble Coran avant ou après les prières du Fajr et de l’Ishâ’, ou bien le matin ou avant de vous coucher. L’étude du Noble Coran le matin a été particulièrement recommandée (Al-Isrâ’, 17:78). Bien qu’il ne soit pas souhaitable d’étudier le Coran assis sur une chaise, appuyé contre un coussin, ou allongé sur un lit ou dans une voiture, cela n’est pas interdit. Toutefois, ne le faites jamais sans raison et n’en prenez pas l’habitude. Quoi qu’il en soit, si quelqu’un est privé de la récitation du Coran simplement parce qu’il ne peut pas s’asseoir dans la position correcte, il se prive de bien plus de choses précieuses.
Lire correctement
Vous devez absolument lire le Coran correctement. Vous devez au moins prononcer correctement les voyelles et les lettres, même si vous n’êtes pas capable d’apprendre tout l’art du tajwîd. La langue arabe est telle qu’une légère erreur dans la prononciation des voyelles peut modifier gravement le sens et, bien souvent, le dénaturer complètement.
Pour acquérir dans ce domaine les compétences élémentaires minimales, un mois d’apprentissage continu à raison d’une heure par jour suffit à un adulte instruit.
Nul ne peut se dispenser de faire des efforts sincères pour apprendre à lire correctement le Coran. Même après avoir appris, si vous n’y parvenez pas toujours, cela ne peut constituer une raison pour abandonner sa récitation. Un non-Arabe pourrait ne jamais parvenir à maîtriser la technique de la lecture correcte. Il se peut aussi que vous n’ayez pas la possibilité de l’apprendre.
J’ai été envoyé parmi un peuple comprenant des hommes et des femmes illettrés et âgés, des garçons et des filles, ainsi que des gens qui n’avaient jamais lu le moindre livre. (At-Tirmidhî)
Cette parole du noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), adressée à Gabriel (que la paix soit sur lui), prouve qu’il était conscient de ce genre de difficulté. Vous devriez donc vous rappeler ses paroles rassurantes à ce sujet, même s’il ne vous a pas permis d’en faire une excuse pour relâcher ou abandonner vos efforts d’apprentissage.
Celui qui est habile dans la récitation du Coran est le compagnon de l’ange noble et vertueux qui apporte la révélation. Quant à celui qui trébuche en le récitant et pour qui la lecture correcte est difficile, il recevra une double récompense pour sa récitation et ses efforts. (Boukhari, Muslim)
Réciter avec beauté
Après avoir appris à réciter correctement le Coran, il est souhaitable d’apprendre l’art de la récitation afin de pouvoir le réciter d’une voix belle, douce, captivante et agréable à l’oreille. De nombreux hadiths attirent l’attention sur ce point :
Embellissez le Coran par votre voix. (Abou Dawoud)
Allah n’écoute la récitation d’aucun prophète comme Il écoute la récitation mélodieuse d’un prophète (c’est-à-dire qu’Il n’écoute pas la récitation d’un autre comme Il écoute celle de celui qui récite clairement et avec beauté).
Celui qui ne récite pas le Coran d’une voix mélodieuse ne fait pas partie des nôtres. (Boukhari)
Mais il faut se rappeler que la véritable beauté est celle qui provient de la crainte d’Allah dans le cœur.
Sa récitation et sa voix sont si mélodieuses que, lorsque vous l’écoutez réciter, vous sentez qu’il craint Allah. (Darisi)
Écouter avec attention
Chaque fois que le Coran est récité, écoutez-le attentivement et observez un profond silence.
Le Coran lui-même dit à ce sujet :
Lorsque le Noble Coran est récité devant vous, écoutez-le avec la plus grande attention et gardez le silence. Peut-être la miséricorde descendra-t-elle aussi sur vous. (Al-A‘râf, 7:204)
Il est naturel que, lorsque Allah parle, vous deviez nécessairement garder le silence. Cependant, le mot arabe employé pour « écouter » ne désigne pas seulement l’acte naturel d’entendre, mais aussi un degré particulier de concentration et d’assimilation.
En pratique, rien de contraire à cette instruction ne doit être fait. Il ne faut ni parler ni prononcer de discours pendant la récitation du Coran. Il ne faut pas non plus faire jouer une cassette de récitation et l’utiliser comme musique de fond tout en faisant autre chose, comme parler ou chuchoter. Au début des réunions, rassemblements et cérémonies, lorsque le Coran est récité, il ne peut être question que quelqu’un ne lui prête pas attention.
Certains juristes ont même interdit de prier dans un lieu proche pendant qu’une récitation du Coran à voix haute est en cours.
La conséquence indispensable de cette règle est que, si la récitation du Coran à voix haute empêche les personnes proches de prêter attention au Coran ou les empêche d’y répondre, le récitant doit alors baisser la voix ou réciter en silence. La bienveillance envers le voisin fait partie des responsabilités de chacun. De plus, si quelqu’un ne souhaite pas écouter, il ne convient pas de lui imposer l’écoute du Coran.
Il est vivement recommandé de demander à ceux qui savent réciter le Coran correctement et avec beauté de le réciter, puis de l’écouter attentivement. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) demandait à ses Compagnons de réciter le Coran devant lui. Il convient de se rappeler ce que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit à ce sujet :
Celui qui écoute un verset recevra une récompense double. Quant à celui qui le récite, cela lui apparaîtra comme une lumière au Jour de la Résurrection (Ahmad).
Achever la récitation du Coran
Chaque fois que vous achevez la récitation du Coran, le moment où vous terminez la lecture de l’intégralité du Coran est un moment de joie, d’enthousiasme et de prière. L’imam an-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) a mentionné à ce sujet certaines pratiques suivies par les nobles Compagnons (qu’Allah les agrée) et les Tabi‘in. Bien que ces pratiques soient recommandées, elles ne sont pas obligatoires. Suivez-les donc autant que vous le pouvez.
Premièrement : commencer dans la nuit du vendredi et terminer dans la nuit du jeudi. Certains préféraient commencer le lundi matin. D’autres choisissaient des moments différents ; aucun moment n’est dépourvu de bénédiction. Chaque moment témoignera au Jour de la Résurrection.
Deuxièmement : récitez la dernière partie dans la prière si, au moment d’achever la récitation du Coran, vous êtes seul.
Troisièmement : au moment de terminer, invitez d’autres personnes et soumettez-vous ensemble à Allah.
Lorsque le Compagnon Anas ibn Malik (qu’Allah l’agrée) achevait la lecture du Coran, il réunissait tous les membres de sa famille et invoquait Allah (Abou Dawoud). Il est rapporté d’après Hakam ibn Utayba qu’un jour, ayant été envoyé auprès de Mujahid et d’Ubadah ibn Abi Hudhayfa, ils lui dirent : « Nous t’avons invité parce que nous voulons achever la lecture du Coran et invoquer Allah au moment de la terminer. » Selon une autre narration, la miséricorde d’Allah descend au moment où le Coran est achevé.
Quatrièmement : jeûnez le jour où vous souhaitez achever la lecture du Coran.
Cinquièmement : commencez aussitôt une nouvelle lecture complète après avoir achevé celle du Coran. Ainsi, après avoir terminé la sourate An-Nas, récitez la sourate Al-Fatiha ainsi que quelques versets d’Al-Baqara. Cela répondra, en un sens, à ce qui est rapporté dans le hadith d’Anas ibn Malik.
« La meilleure œuvre consiste à parvenir au terme, à demeurer, puis à se remettre en route. » Lorsqu’on lui demanda ce que cela signifiait, il répondit : « Achever le Coran, puis recommencer. »
Sixièmement : soumettez-vous à Allah et invoquez-Le au moment d’achever la lecture du Coran. C’est le moment où vos invocations sont exaucées et où la miséricorde d’Allah descend. Il est particulièrement recommandé de mettre cela en pratique. Lorsqu’une personne récite le Coran puis implore Allah, quarante mille anges disent : « Amîn. » (Ad-Darimi)
Invoquez Allah avec humilité, crainte, espoir, douceur et fermeté. Priez pour vous-mêmes, mais priez assurément pour toute chose. Priez en particulier pour les importantes affaires collectives de l’Oumma, pour l’honneur et la dignité de l’Oumma, pour la rectitude de ses dirigeants, pour la protection de l’Oumma musulmane contre les mains de ses ennemis, ainsi que pour la coopération mutuelle des musulmans dans l’accomplissement du bien et la taqwa.
Mémorisation
Mémorisez autant que possible du Noble Coran. Le Coran est exceptionnel pour le hifz, c’est-à-dire la conservation dans la mémoire. De nos jours, le mot hifz est employé dans son sens étroit de mémorisation, mais le hifz désigne à la fois le fait de lire en comprenant et celui de mettre en pratique. En réalité, il n’existe en anglais aucun mot qui puisse exprimer correctement et pleinement le sens exact du hifz.
Le hifz est un moyen extrêmement nécessaire par lequel le Coran peut pénétrer en vous. Ce n’est ni une activité mécanique ni une tâche purement scolaire. Il revêt une grande importance pour atteindre une spiritualité supérieure et la concentration. C’est uniquement grâce au hifz que vous pouvez réciter le Coran dans la prière et réfléchir à son sens en vous tenant devant Celui qui en est le transmetteur. De plus, le hifz fait couler le Coran dans votre langue et en fait votre compagnon constant. Plus vous mémoriserez, plus il vous sera facile de vous concentrer profondément lors de la récitation du Coran et d’en saisir le sens.
Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a insisté de diverses manières sur son importance. « Mémorisez le Coran, car Allah ne châtiera pas l’âme qui porte le Coran en elle. » (Charḥ as-Sunna)
Celui qui ne possède rien du Coran dans son cœur est comme une maison abandonnée ou détruite. (At-Tirmidhî)
Consacrez donc à cela une partie du temps que vous réservez à l’étude du Coran. Avancez dans cette démarche selon une méthode organisée. Fixez-vous un objectif pour une période déterminée. Votre liste devrait inclure les passages que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait dans la prière, ceux qu’il récitait à certains moments du jour ou de la nuit, ceux qu’il demandait à ses Compagnons de réciter, ainsi que ceux dont il a décrit les mérites. Certains passages vous attireront spontanément pendant la récitation du Coran, et vous devriez également mémoriser ces passages.
5 : Étude et compréhension
Importance et nécessité
Vous ne pouvez recueillir pleinement les véritables bénédictions et les richesses du Coran tant que vous ne vous consacrez pas entièrement à la compréhension de son sens et que vous ne cherchez pas à savoir ce que dit votre Créateur. Cela ne contredit pas ce que nous avons dit précédemment, à savoir que même ceux qui ne le comprennent pas peuvent recevoir les bénédictions du Coran. Il ne fait aucun doute que l’immense majorité des musulmans ne connaît pas l’arabe et que beaucoup ne disposent même pas d’une traduction dans leur propre langue. Pourtant, s’ils récitent le Coran avec une sincère concentration, humilité et amour, ils ne seront pas privés d’une part de ses richesses. En effet, lorsque vous aimez quelqu’un, vous jouissez de sa compagnie et, même si vous ne connaissez pas sa langue, votre relation avec lui est nécessairement appelée à s’approfondir. Cependant, cette relation sera plus solide si vous comprenez sa langue.
À l’inverse, comprendre uniquement le sens peut également s’avérer inutile. Beaucoup ont entendu le Coran de la bouche du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et en ont compris chaque mot, mais se sont pourtant davantage égarés. Des millions de personnes ont l’arabe pour langue et ont compris le Coran, sans que celui-ci ait le moindre effet sur leur vie. D’innombrables érudits musulmans et non musulmans consacrent leur vie à l’étude et à la pratique du Coran, et leur savoir est irréprochable, mais le Coran ne parvient pas à toucher leur vie.
Néanmoins, il demeure absolument nécessaire de vous consacrer à la compréhension du Coran. Le Coran est venu pour guider, rappeler, avertir et apporter la guérison. Il n’est pas seulement une source de récompense, une Écriture sainte, un symbole de spiritualité, un signe de sainteté ou une magie sacrée. Le Coran est venu pour vous transformer radicalement et vous conduire vers une vie nouvelle. Toutefois, comprendre le Coran ne constitue pas en soi une garantie certaine d’acquérir une vie nouvelle. Mais sans comprendre le Coran, il sera extrêmement difficile d’atteindre son véritable objectif et d’appeler l’humanité à suivre sa voie.
L’étude personnelle
Pourquoi devons-nous, de notre propre initiative, nous consacrer à la compréhension du Coran et y réfléchir profondément et attentivement ? Ne suffit-il pas que nous étudiions le Coran auprès de personnes savantes et que nous l’écoutions ? Non, cela ne suffit pas. Cela demeure néanmoins nécessaire. Pour savoir ce que le Coran dit sur une question importante, vous devez absolument faire vous-même l’effort de le comprendre. Le Coran n’est pas simplement un livre. Ce n’est pas non plus un recueil de listes indiquant ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Ce Livre ne vous informe pas seulement au sujet d’Allah et de ce qu’Il attend de vous. Il cherche à influencer votre vie personnelle, à vous donner une vie nouvelle et à établir une relation profonde entre vous et Allah. Il devrait donc vous encourager constamment à accroître votre patience, à vous purifier, à former votre caractère et à corriger votre conduite, et à réaliser en vous de nombreux progrès.
Tout cela peut être acquis si vous parvenez à établir une relation personnelle avec le Coran par son étude, sa mise en pratique et sa compréhension. Votre cœur, votre pensée et votre comportement ne peuvent y répondre sans réfléchir profondément à ses enseignements. Sans vous immerger dans la réflexion sur le message du Coran, vous ne pouvez pas l’accueillir, et ces enseignements ne peuvent pas pénétrer dans votre vie. Réfléchissez un instant : s’il n’était pas question de réflexion et de compréhension, pourquoi vous aurait-on ordonné de réciter le Coran avec tartîl ? Il vous est demandé de lire le Coran en marquant des pauses. Si vous ne comprenez pas ce que vous lisez dans le Coran, comment pourrez-vous répondre sincèrement, par votre corps et par votre parole, à ce à quoi le Coran accorde de l’importance ?
Arguments contre l’étude
Mais si quelqu’un entreprend seul, sans bénéficier d’un enseignant expérimenté ni de tous les moyens nécessaires à l’étude, l’effort terriblement risqué de comprendre le Livre d’Allah, n’y a-t-il pas un risque de commettre des erreurs ou de s’égarer ? Oui, ce risque existe certainement, surtout lorsque vous ne connaissez pas clairement vos limites et votre objectif. Mais si vous ne faites absolument aucun effort pour comprendre le Coran, le préjudice sera bien plus grand pour vous et pour la communauté musulmane. En prenant quelques précautions appropriées, il est possible d’éliminer les risques de l’étude personnelle du Coran. Il faut veiller à ne jamais dépasser, dans ce domaine, vos limites et votre objectif. Mais le préjudice causé par l’abandon d’une telle étude ne peut être compensé.
Certains soutiennent que chercher à comprendre par soi-même le sens du Coran ne constitue-t-il pas une transgression des hadiths du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ? Il a dit : « Celui qui interprète le Coran selon ses propres caprices aura pour demeure l’Enfer. » (Tirmidhi)
Ce hadith concerne l’étude entreprise non pas pour accueillir à cœur ouvert la guidance d’Allah, mais pour trouver la preuve ou la confirmation d’une idée préconçue ou d’une opinion personnelle. Il désigne également la tendance à donner une interprétation sur des sujets au sujet desquels on ne possède pas les connaissances nécessaires. À ce propos, l’imam al-Ghazali (qu’Allah lui fasse miséricorde) a fermement affirmé que, sans cela, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’aurait pas encouragé ses Compagnons à comprendre le Coran ; ils n’auraient pas non plus tiré des significations qu’ils n’avaient pas entendues de lui, et ils ne se seraient pas opposés les uns aux autres au sujet de l’interprétation du Coran.
Craignant de terribles conséquences, de nombreux responsables religieux interdisent même de lire une traduction du Coran sans l’aide d’un enseignant compétent. Ou bien ils imposent à l’étude individuelle du Coran des conditions que très peu de personnes peuvent remplir, même après de longues années d’efforts. Malgré leurs bonnes intentions, de tels conseils finiront en réalité par vous priver de l’immense richesse du Coran. Leur appréhension est peut-être naturelle, mais leurs interdictions ne reposent sur aucun argument ni fondement.
Réfléchissez un instant : peuvent-ils interdire à un Arabe de comprendre le sens littéral des mots du Coran ? Alors, pourquoi un Arabe ne devrait-il pas lire une traduction ? En outre, peuvent-ils empêcher quelqu’un de lire sur un autre sujet et d’en comprendre ou d’en rechercher le sens ? Pourquoi donc serait-il interdit d’étudier le Coran et de s’efforcer de le comprendre ? Que dire, par ailleurs, des premiers versets révélés du Coran, qui s’adressaient aussi bien aux musulmans qu’aux mécréants ? Ceux-ci étaient des marchands illettrés et des Bédouins, qui ne disposaient d’aucun moyen ni d’aucune ressource pour acquérir le savoir. Pourtant, de nombreux mécréants ont embrassé l’islam sans l’aide de personne, en se contentant d’écouter, parfois même dès la première écoute.
Il est vrai que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et ses nobles Compagnons (qu’Allah les agrée) bénéficiaient d’un avantage exceptionnel et incomparable pour percevoir la portée du Coran dans leur vie : les Compagnons traversaient les épreuves éprouvantes de la foi, de la da‘wa et du jihad sur la voie du Coran. Cela ne devrait toutefois pas nous décourager. Si nous sommes capables de remplir les conditions nécessaires, pourquoi le Coran ne nous en ouvrirait-il pas les portes ? Au contraire, ce qui a été maintes fois souligné, c’est que nous devons nous aussi mener notre vie, à l’instar des nobles Compagnons, sur la voie exigeante de la foi, de la da‘wa et du jihad.
Le remède au danger qui consiste à interdire tout effort visant à comprendre le Coran, hormis le fait de s’asseoir aux pieds d’un enseignant, ne réside pas dans une mise en garde, mais dans le respect d’une orientation correcte.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille nier l’importance d’acquérir les connaissances nécessaires de la langue arabe et des diverses sciences coraniques, de lire le tafsir, d’étudier auprès d’enseignants compétents et fiables, et de maîtriser les connaissances humaines contemporaines. Tout cela est important. Mais cela dépend de ce que vous souhaitez obtenir du Coran. Vous devez disposer des moyens appropriés pour atteindre votre objectif. Toutefois, vous ne pouvez pas mettre fin à la nécessité d’étudier le Coran simplement parce que vous ne disposez pas de tous les moyens et de toutes les ressources, ou parce que vous ne pouvez pas vous rendre auprès d’un enseignant.
Imaginez que vous vous trouviez sur une île, que vous ne connaissiez pas l’arabe ou que vous n’ayez aucune possibilité de l’apprendre. Vous n’avez pas de bon enseignant ni de bon tafsir, ou vous ne pouvez vous procurer ni l’un ni l’autre. Dans une telle situation, vous devriez certainement reconnaître la nécessité d’acquérir la capacité de comprendre correctement le Coran et prendre toutes les mesures nécessaires à cette fin. Néanmoins, le Coran reste une guidance venant d’Allah pour vous.
Heureusement, aucun d’entre nous ne vit sur une telle île. L’existence d’une île semblable n’est présente dans notre imagination que principalement en raison de notre incapacité, de notre paresse, de notre inattention et de notre passivité ; ou bien, pour comprendre le Coran, la fréquentation du Coran est aussi indispensable à nos cœurs et à nos esprits que la nourriture l’est au corps. Ce qu’il est important de retenir, c’est que même si quelqu’un vivait réellement sur une île, ne possédait qu’un seul exemplaire du Coran et n’en comprenait tant bien que mal que le sens littéral, ou même s’il avait assimilé les prescriptions coraniques, la nécessité et l’exigence de se consacrer personnellement à une réflexion et à une étude approfondies du Coran demeureraient.
Les caractéristiques du Coran
Le Coran est une guidance, un enseignant et un conseiller avisé pour chacun. Il est donc très important de le comprendre ; autrement, il ne serait rien de plus qu’un symbole mystérieux. Le Coran a clairement insisté sur l’importance cruciale des efforts et de l’engagement personnel pour ouvrir le cœur et l’esprit à son appel. Nous avons pourtant conservé le défaut de garder nos cœurs et nos esprits verrouillés lorsqu’il s’agit de comprendre le Coran.
Ne réfléchissent-ils donc pas au Coran ?
Ou bien leurs cœurs sont-ils verrouillés ? (47:24)
Ainsi, l’appel à comprendre le Coran se trouve répandu presque à chaque page du Coran. Pourquoi n’écoutez-vous pas ? Pourquoi ne regardez-vous pas ? Pourquoi ne réfléchissez-vous pas ? Pourquoi ne raisonnez-vous pas ? Pourquoi ne cherchez-vous pas à comprendre ? Pourquoi ne l’accueillez-vous pas dans votre cœur ? Si cet appel ne s’adresse pas aux êtres humains, qui ont la capacité et le pouvoir d’écouter, de voir et de réfléchir, à qui donc s’adresse-t-il ?
Il a été déclaré très clairement que le Coran a été révélé afin d’être compris.
Voici un Livre béni que Nous avons fait descendre sur toi, ô Prophète, afin que ces gens réfléchissent à ses versets et que les gens doués de savoir, d’intelligence et de discernement en tirent une leçon. (Sâd 38:29)
De même, le Noble Coran les a loués comme les véritables serviteurs du Tout Miséricordieux :
ceux à qui les versets de leur Seigneur sont rappelés ne restent ni aveugles ni sourds à leur égard (Al-Furqân 25:73).
D’autre part, Il blâme ceux qui sont plus vils que les animaux, car ils n’utilisent ni leur ouïe, ni leur vue, ni leur cœur pour écouter, voir et comprendre le Coran :
Ils ont des cœurs, mais ne s’en servent pas pour réfléchir. Ils ont des yeux, mais ne voient pas avec eux. Ils ont une ouïe, mais n’entendent pas avec elle. Ils sont comme des bestiaux, ou plutôt plus égarés encore. Ceux-là sont plongés dans une profonde insouciance. (Al-A‘râf, 7:179)
Vous ne pouvez puiser les véritables bienfaits et richesses du Coran tant que vous n’en comprenez pas le sens, tant que vous ne comprenez pas ce qu’Allah vous a dit et tant que vous ne vous consacrez pas personnellement à le rechercher.
La pratique des premières générations
Même le hadith qui déconseille d’achever la récitation du Coran en moins de trois jours exprime clairement la nécessité de le comprendre. Dans ce cas, vous ne pourrez pas le comprendre. Cette directive n’a aucun intérêt pour celui qui n’en comprend pas le sens. L’imam Al-Ghazâlî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a donné à ce sujet, dans son ouvrage Ihyâ’ ‘Ulûm ad-Dîn, de nombreux exemples montrant comment les Compagnons se consacraient à l’étude et à la compréhension du Coran.
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un homme récite souvent le Coran, mais le Coran le maudit, car il ne le comprend pas. » Selon ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée), le signe de la foi est de comprendre le Coran. Nous avons vécu longtemps… Puis vint un temps où je vis un homme à qui le Coran tout entier avait été donné avant même qu’il n’embrasse la foi : il récitait toutes les pages, de la sourate Al-Fâtiha jusqu’à la fin du Coran, sans savoir quelles étaient les prescriptions du Coran, quels étaient ses avertissements, ni reconnaître les passages où il devait se montrer humble. Il le rejetait comme quelqu’un qui, dans sa fuite, abandonne rapidement quelque chose derrière lui. Un jour, ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) entendit un homme marmonner devant le Coran et dit : « Cet homme ne récite pas le Coran, mais il ne garde pas non plus le silence. » ‘Alî (qu’Allah l’agrée) dit : « Il n’y a aucun bien à étudier le Coran si l’on ne réfléchit pas à son sujet et si l’on ne médite pas sur lui. » Abû Sulaymân ad-Dârânî dit : « Je lis un verset et je passe quatre ou cinq nuits à le méditer ; je ne lis pas le verset suivant tant que ma réflexion sur celui-ci n’est pas achevée. »
Naturellement, si le Coran est un Livre de guidance pour tous les êtres humains, alors un habitant d’une île peut en recevoir autant de guidance qu’une personne plongée dans la recherche du savoir. Même s’il ne dispose d’aucun livre ni d’aucun enseignant à cette fin, vous devez néanmoins savoir clairement que vous devez consacrer du temps à le comprendre, individuellement ou collectivement, à méditer sur lui, à rechercher ce que son sens représente pour votre vie et à découvrir ce que le Coran vous dit.
Les risques de l’étude personnelle
Les risques inhérents à une telle démarche doivent être clairement identifiés, et des mesures appropriées doivent être prises pour les éviter. Vous pouvez certainement éviter ces risques en suivant certaines directives :
(1) Il faut garder à l’esprit que comprendre le Coran est un processus vaste et multidimensionnel. Il comporte différents types, perspectives, degrés et niveaux. Vous devez tous les connaître. Il existe une grande différence entre comprendre pour prendre soin du cœur et comprendre pour déduire des prescriptions religieuses.
(2) Évaluez votre propre situation et identifiez très clairement vos limites et vos capacités. Par exemple : votre compréhension de la guidance ou des directives du Coran, votre capacité à comprendre l’arabe, votre maîtrise des hadiths et de la vie du Messager, ainsi que votre capacité à accéder aux sources.
(3) Comprenez correctement votre objectif et fixez des buts précis pour votre étude. En aucune circonstance, ne dépassez vos limites et vos capacités.
Par exemple : si vous ne connaissez pas l’arabe, n’entreprenez pas de recherches approfondies en grammaire et en lexicographie ; limitez-vous au sens littéral direct. Si vous n’avez pas de connaissances concernant les versets révélés ou abrogés, ni des œuvres des premiers fuqaha, vous ne devez pas commencer à élaborer votre propre fiqh à partir du Coran, ni critiquer ou soutenir une opinion particulière.
(4) Ne considérez pas comme définitive et ne commencez pas à diffuser une conclusion issue de vos recherches qui serait contraire au consensus général de l’ummah. Cela ne vise pas à vous empêcher d’adopter une opinion, ni à affirmer que l’avis des savants est nécessairement juste ; c’est parce que, pour s’opposer à une opinion, il faut posséder au minimum des qualifications égales, sinon supérieures.
Cela ne doit pas vous dispenser d’accomplir ce que vous savez être juste d’après le Coran, ni d’éviter ce qui est incorrect.
(5) Chaque fois que vous aurez des doutes au sujet de vos propres conclusions en raison de vos connaissances limitées — ce qui sera souvent le cas —, maintenez votre opinion dans le doute jusqu’à avoir effectué une étude comparative complète ou en avoir discuté avec un savant compétent et digne de confiance du Coran.
Les catégories de la compréhension
De manière générale, nous pouvons répartir l’étude du Coran en deux catégories : (1) le Tadhakkur et (2) le Tadabbur. Comme cela a été mentionné :
Afin qu’ils réfléchissent à ses versets et que les gens doués d’intelligence et de conscience en tirent une leçon. (Sâd 38:29)
Tadhakkur
Le mot Tadhakkur est largement employé dans le Saint Coran et a été traduit de diverses manières : tirer une exhortation, recevoir un enseignement, se rappeler, être attentif, accueillir avec le cœur. C’est donc un processus par lequel vous pouvez comprendre le message général et l’enseignement du Coran. Vous pouvez saisir ce que ce message signifie pour vous et ce qu’il exige de vous. Accueillez tout cela avec le cœur, afin de susciter une réponse ouverte du cœur et de l’esprit. Mettez votre volonté en œuvre conformément à ce que vous avez compris et déterminez enfin quel message vous présenterez aux autres.
Le Tadhakkur est une forme de compréhension qui, de par sa nature même et son objectif, ne requiert pas un degré très élevé d’érudition. Vous ne connaîtrez peut-être pas le sens de chaque mot. Vous ne serez peut-être pas capable d’expliquer le sens de tous les mots importants et fondamentaux, et vous ne connaîtrez peut-être pas le sens de chaque verset ; mais vous devriez connaître très clairement et distinctement le message général, global et particulier, ainsi que la manière dont vous devez vivre.
En réalité, parmi ceux qui avaient le mieux compris le Coran et qui en avaient le plus profité, les premiers auditeurs furent les meilleurs : c’étaient des commerçants honnêtes, des agriculteurs, des bergers, des chameliers et des Bédouins. Ils n’avaient à leur disposition ni dictionnaires ni ouvrages de tafsir, pas plus que des ouvrages de recherche sur le style, l’art de la composition, la métrique ou la rhétorique. Ils ne possédaient pas non plus toutes les connaissances de la philosophie, de l’histoire, de la géographie, de l’archéologie, de l’anthropologie, ni des sciences sociales et physiques. Malgré cela, ils furent les plus aptes à comprendre le Coran. La raison en est qu’ils avaient accueilli le message du Coran avec le cœur et avaient commencé à vivre conformément à celui-ci. Dans ce domaine, ceux qui remplissent les conditions nécessaires parviennent à ce type de compréhension, et chacun peut l’atteindre. La quantité ou le degré qu’une personne peut assimiler dépend de son effort et de ses capacités. Certes, les outils de l’érudition ajoutent de nombreux aspects nouveaux à ce processus, en renforcent l’importance et offrent de nouvelles perspectives, mais ils ne sont pas indispensables.
Le sens du Tadhakkur est que le Coran explique clairement qu’il est très facile à comprendre, et qu’il est à la portée de tout chercheur sincère, s’il prend seulement conscience de ce qu’il lit et y réfléchit. Le Tadhakkur signifie également que le Coran appelle ceux qui peuvent entendre, voir et réfléchir à se laisser guider par lui. C’est en ce sens que :
Nous avons rendu ce Coran facile à comprendre afin que l’on en tire un enseignement. Y a-t-il quelqu’un qui en tirera un enseignement ? (Al-Qasas 54:17)
Ô Prophète ! Nous avons rendu ce Livre très facile dans ta langue, afin que ces gens en tirent un rappel. (Ad-Dukhan 44:58)
Nous avons exposé dans ce Coran, à l’intention des gens, toutes sortes d’exemples et de paraboles, afin qu’ils prennent conscience. (Az-Zumar 39:27)
Il contient un enseignement particulièrement édifiant pour toute personne qui possède un cœur ou qui prête une oreille attentive. (Qaf 50:37)
Le tazakkur n’est pas une compréhension de niveau inférieur ; c’est l’objectif fondamental et essentiel du Coran. Vous devrez lutter toute votre vie pour obtenir la lumière et la guidance, ainsi que la guérison par le tazakkur. Dans ce processus, vous devrez poursuivre vos efforts afin d’en tirer d’innombrables bénéfices personnels.
Tadabbur
Le tadabbur est une forme différente de compréhension. Il consiste à chercher à connaître le sens complet de chaque mot, de chaque verset et de chaque sourate ; à rechercher le sens intrinsèque des mots, des comparaisons, des hyperboles et des métaphores ; à découvrir la cohérence du texte et son unité interne ; à déterminer son thème central ; à mener des recherches approfondies sur les complexités lexicales, les circonstances de la révélation et le contexte historique ; et à entreprendre une étude comparative des différents tafsirs. Il consiste ensuite à découvrir toutes les implications des relations de l’être humain avec Allah, avec les autres êtres humains qui l’accompagnent, avec sa propre personne et avec le monde qui l’entoure ; à déduire les lois et les principes de la morale pour l’individu et la société, les règles de l’État et de l’économie, les principes fondamentaux de l’histoire et de la philosophie ; et à comprendre la portée du niveau actuel des connaissances humaines.
Une telle étude nécessite une connaissance vaste et approfondie des différentes sciences du Coran, et elle dépend également de votre but et de votre objectif.
Le tadabbur et le tazakkur ne sont pas entièrement distincts, ni des processus mutuellement indépendants pour comprendre le Coran. L’un est lié à l’autre.
Votre objectif
Quel devrait être votre objectif ? Naturellement, l’objectif variera d’une personne à l’autre, et même, pour une même personne, d’une période à l’autre. À mon avis, le tazakkur est un devoir essentiel pour tout musulman capable de comprendre le Coran.
Ainsi, le tazakkur devrait être le premier et le plus important objectif d’un musulman ordinairement instruit qui s’efforce de tenir son engagement envers Allah, dans les limites de ses capacités et de ses contraintes. Vous demeurerez toujours attaché à cette pratique et vous n’atteindrez jamais un niveau où vous pourriez vous en dispenser.
Vous devez vous rappeler que, dans le tazakkur, vous devez prendre soin de votre esprit et de votre cœur, vous efforcer d’accroître votre foi, vous consacrer à découvrir le message que le Coran vous adresse, et tenter de l’accueillir dans votre cœur et de le mémoriser. Par tous vos efforts, vous devriez parvenir à entendre la voix d’Allah : ce qu’Il vous demande de devenir ou de faire.
Les niveaux et les types de compréhension
Votre compréhension du Coran peut comporter différents niveaux et différentes formes.
Premièrement : vous pouvez comprendre le sens simple et littéral d’un livre écrit dans une langue que vous connaissez, de la même manière qu’une personne connaissant l’arabe peut comprendre le Coran.
Une telle compréhension ou prise de conscience peut constituer le minimum requis. Elle sera la clé pour atteindre tous les autres niveaux, mais elle ne suffira pas à elle seule.
Deuxièmement : cherchez à savoir comment les savants l’ont compris, soit en écoutant leurs explications, soit en lisant des commentaires et en consultant d’autres sources.
Troisièmement : étudiez par vous-même et réfléchissez afin de découvrir le sens du Coran, de l’assimiler et d’acquérir le tadhakkur. Si vous en avez les capacités et le désir, vous pourrez également atteindre le tadabbur.
Quatrièmement : découvrez sa signification en mettant ses enseignements en pratique et en accomplissant les responsabilités, les devoirs et la mission que le Coran vous a confiés.
Conditions fondamentales
Pour rendre vos efforts fructueux, vous devriez remplir certaines conditions fondamentales.
Premièrement : vous devriez apprendre suffisamment d’arabe pour comprendre le sens du Coran sans l’aide d’une traduction. Il s’agit du niveau élémentaire et de la condition préalable la plus importante. Cela peut sembler très difficile. Pourtant, j’ai appris que même des personnes peu instruites, s’y consacrant avec une profonde détermination, y sont parvenues en quelques mois seulement. Avec l’aide d’un enseignant ou d’un bon livre, vous ne devriez pas avoir besoin de plus de 120 heures pour apprendre suffisamment d’arabe afin de comprendre le Coran.
Mais n’attendez pas d’avoir trouvé tout ce temps pour apprendre l’arabe avant de commencer à étudier le Coran. Procurez-vous une bonne traduction et commencez vos efforts. Cela vaut mieux que de réciter le Coran sans le comprendre.
Lire l’intégralité du Coran
Deuxièmement : commencez par lire l’intégralité du Coran, du début à la fin, en en comprenant directement le sens littéral. Si vous ne connaissez pas l’arabe, utilisez une traduction.
Vous devriez établir un projet précis afin d’achever une première lecture en l’espace d’un mois au moins. Cela ne devrait pas vous prendre plus de deux heures par jour. Ensuite, vous pourrez établir un programme de lecture plus paisible, adapté à votre convenance. Mais vous devez absolument poursuivre ce type de lecture toute votre vie, quelle que soit la manière qui vous convient, comme vous l’avez déjà appris dans la méthode d’étude du Coran.
Avant d’entreprendre une étude approfondie, une première lecture de l’ensemble du Coran est absolument indispensable. Elle vous informera du message global du Coran et vous donnera une certaine idée de son style de composition, de son mode d’expression, de son argumentation et de ses métaphores, ainsi que de ses enseignements et de ses prescriptions. En le récitant régulièrement, vous vous familiariserez avec le Coran, vous percevrez sa cohérence et son unité, et vous commencerez à le considérer comme un tout. Vous réduirez ainsi le risque d’interpréter quoi que ce soit en dehors de sa structure générale. Ceux qui abordent le Coran en suivant simplement l’ordre indiqué par la table des matières, sans connaître intimement son contenu et son texte original, restent exposés au risque sérieux de se tromper ou d’en donner une interprétation erronée.
Entretenir régulièrement un contact avec le texte original du Coran est une clé indispensable pour le comprendre. Cela vous sera d’une grande aide, même pour comprendre un mot ou un verset. Grâce à une fréquentation longue et constante du Coran, vous constaterez que vous vous trouvez parfois devant un passage qui, soudain, vous donne l’impression de vous parler et de répondre à vos questions.
Bien entendu, à un moment ou à un autre, vous avancez dans le Coran de différentes manières afin d’atteindre des objectifs variés. Vous pouvez adopter une méthode de lecture rapide ou achever votre lecture dans un délai déterminé ; vous pouvez aussi passer des heures à réfléchir au sens d’un mot ou d’un verset afin d’en saisir la signification. Vous pouvez relire un paragraphe plusieurs fois, tantôt rapidement, tantôt lentement. Ou bien vous pouvez vous contenter de parcourir les pages du regard pour obtenir des indications sur un sujet particulier que vous connaissez déjà. Vous pouvez continuer à réfléchir par vous-même, ce qui prendra moins de temps, ou entreprendre une étude comparative à partir de quatre tafsirs différents, dont même une petite section peut vous prendre beaucoup de temps.
Lecture du tafsir
Troisièmement : après avoir achevé une fois, avec compréhension et réflexion, la lecture de l’ensemble du Noble Coran, continuez à le lire régulièrement, aussi lentement que possible. Dans ces conditions, procurez-vous un tafsir ou une traduction concis mais fiable, et lisez-le du début à la fin. On ne trouve que très peu de tafsirs concis en arabe, en ourdou et dans d’autres langues musulmanes. Ils sont encore beaucoup plus rares dans l’anglais et les langues européennes actuelles. Quoi qu’il en soit, tout ce qui est disponible peut être utilisé avec profit, à condition d’être lu attentivement.
Même la lecture d’un bref tafsîr, plutôt que la lecture par vous-même, est capable de vous donner une compréhension beaucoup plus détaillée du Coran. Le tafsîr vous familiarisera avec de nombreux éléments importants, tels que la langue, le style, l’argumentation, le contexte historique et le sens détaillé, qu’il ne vous serait pas possible de découvrir par votre propre réflexion. Il peut également corriger certaines de vos erreurs.
Chaque fois que vous ressentez la nécessité d’étudier le Coran en détail, efforcez-vous de vous limiter à un bref tafsîr. Du moins au début, ne songez jamais à entreprendre un long tafsîr détaillé et savant. Souvent, leurs longues explications et analyses deviennent un obstacle à votre relation vivante et directe avec la parole d’Allah. Lisez un tafsîr partiel si vous ne pouvez pas en trouver un complet. Lorsque vous lisez également un ouvrage sur l’islam, prenez soin de noter spécialement, pendant votre étude ou dans la conclusion, tout ce que vous y trouvez qui est centré sur le Coran. Même si ces éléments sont largement dispersés en différents endroits, un tel travail peut devenir une aide très précieuse pour votre compréhension du Coran.
Souvenez-vous que vous pouvez nourrir votre foi et apprendre les enseignements nécessaires pour savoir comment vivre sans explications ni analyses détaillées. Vous aurez besoin de l’aide du tafsîr seulement pour dissiper certains doutes, explorer un sujet remarquable et démêler des questions complexes.
Étudier les passages déterminés
Quatrièmement : idéalement, vous devez commencer l’étude du Coran dès le début et la poursuivre jusqu’à la fin. Un jour viendra certainement où l’un d’entre vous entreprendra une telle démarche.
Mais pour la plupart d’entre nous, ce jour est extrêmement lointain, ou peut-être ne viendra-t-il jamais. Dans ces circonstances, vous devriez commencer votre étude dès que possible.
Prenez alors, à cette fin, le passage, le paragraphe, la sourate ou le verset déterminé, et étudiez-le avec des explications détaillées. Il vous arrive parfois d’être obligé d’étudier certains passages en raison de votre implication dans vos propres activités de da‘wa et pour votre perfectionnement personnel. Parfois, votre étude régulière peut également vous conduire vers certains paragraphes particuliers que vous souhaitez étudier. Mais vous pouvez aussi suivre un programme scientifique et méthodique. L’important est de commencer et de savoir comment étudier, non de savoir par quoi commencer. À la fin de ce livre, une liste de quelques paragraphes est proposée à titre indicatif.
Les paragraphes déterminés pour commencer votre étude vous seront utiles de nombreuses façons. Premièrement : au lieu d’attendre indéfiniment, vous commencerez à progresser dans une étape importante de votre voyage dans l’univers du Coran, en établissant la relation indispensable avec le tadhakkur. Deuxièmement : vous découvrirez des indications, des clés et des méthodes importantes qui vous aideront à comprendre les passages du Coran que vous n’aurez peut-être pas bientôt l’occasion d’étudier en détail. Le Coran exprime son message de diverses manières. Allah a révélé la meilleure des paroles. C’est un Livre dont toutes les parties sont cohérentes et dans lequel la même parole est répétée à maintes reprises (Az-Zumar 39:23). Troisièmement : vous devez vous forger une vision d’ensemble ou une représentation de la structure coranique, ce qui est essentiel pour maintenir votre compréhension sur la bonne voie. Quatrièmement : vous serez mieux préparé à transmettre le message du Coran aux autres.
L’étude détaillée des passages déterminés ne peut en aucun cas remplacer la lecture générale. Son utilité est d’une nature différente et elle est importante. Par conséquent, n’abandonnez pas la lecture régulière du Coran ni la lecture de longs passages. Lire en détail tout en négligeant l’ensemble peut vous plonger dans la confusion.
Lire encore et encore
Cinquièmement : quelle que soit la partie que vous avez choisie d’étudier, vous devez la lire encore et encore. Faites-en une règle générale et suivez-la toujours. Restez-en proche, conformez-vous à ses enseignements autant que possible, méditez-la profondément et laissez-la pénétrer profondément votre cœur et votre esprit. Une telle fréquentation durable est un moyen indispensable de comprendre le Coran. Plus les paroles du Coran s’enracinent dans votre cœur et plus elles sont souvent prononcées par vos lèvres, plus il vous sera facile de vous concentrer sur le Coran et de le méditer. Alors, non seulement pendant la récitation ou l’étude, mais aussi dans chaque aspect de votre vie quotidienne, le Coran vous dévoilera son sens chaque fois qu’un verset ou un mot vous viendra à l’esprit.
Un esprit curieux
Sixièmement : forgez-vous un esprit curieux, une âme investigatrice et un cœur avide de sens. Vous savez que le Coran ne demande jamais une foi aveugle, pas plus qu’il ne veut que vous le lisiez les yeux et les oreilles fermés, comme s’ils étaient verrouillés. L’appel à la réflexion constitue l’un de ses thèmes les plus importants et les plus récurrents.
Poser des questions et se souvenir sont les clés de la connaissance et de la compréhension. Par conséquent, soulevez autant de questions que vous le jugez nécessaire. Par exemple : quel est le sens littéral de ce mot ou de ce verset ? Quel autre sens pourrait-il avoir ? Quel est son contexte historique, et à propos de quel événement a-t-il été révélé ? Quel est le texte original de chaque mot, expression et phrase ? Comment cette phrase s’articule-t-elle avec la suivante ? Comment peut-on percevoir l’ordre interne et l’unité thématique ? Qu’est-ce qui est dit ? Pourquoi est-ce dit ? Quels en sont le sens général et le sens particulier ? Quels sont les thèmes principaux ? Quelle est l’idée centrale ? Quel message y a-t-il maintenant pour moi/nous ? Pendant votre étude, notez vos questions et essayez d’en trouver les réponses.
N’ayez pas peur de poser des questions. Il se peut que vous ne trouviez pas immédiatement les réponses, ou que vous ne les trouviez parfois ni vous-même ni avec l’aide appropriée de quelqu’un. Cela n’a pas d’importance. Quelle que soit la réponse que vous obtenez, elle vous sera bénéfique. Rien ne vous causera de tort si vous respectez certaines règles. Premièrement, ne posez pas de questions qui dépassent les capacités humaines et relèvent des questions équivoques (Âl ʿImrân 3:7), comme : à quoi ressemble le Trône ? Deuxièmement, ne vous adonnez pas aux subtilités excessives. Ne posez pas de questions sur des sujets qui ne sont pas liés à votre chemin de vie. Troisièmement, n’essayez pas de donner une réponse qui ne repose pas sur les connaissances nécessaires et appropriées ou sur un raisonnement sain. Quatrièmement, il existe de nombreuses questions auxquelles vous ne trouverez pas de réponse et que vous ne comprendrez pas malgré tous vos efforts. Laissez ces questions de côté pendant quelque temps et concentrez-vous sur d’autres sujets du Coran. Un jour, vous trouverez un bon enseignant ou un livre qui vous aidera à ce propos. Ou bien vous découvrirez vous-même la réponse avec le temps. Le Coran contient d’innombrables preuves de la manière dont ses premiers croyants posaient des questions, ainsi que certains récits particulièrement significatifs et instructifs où le Messager et ses Compagnons ont encouragé les interrogations, la curiosité, les questions et la réflexion.
Utile pour l’étude
Sept : Il existe quelques ouvrages de référence dont vous aurez besoin pour votre étude.
Efforcez-vous de les maîtriser autant que vous le pouvez.
(1) Procurez-vous une traduction du Coran dans votre propre langue. C’est votre besoin minimum. Vous devrez l’utiliser aussi bien pour la lecture ordinaire que pour l’étude. Vous pouvez utiliser le même exemplaire pour mémoriser, s’il est facile à transporter. Mais veillez à utiliser le même exemplaire toute votre vie pour la mémorisation. Sinon, la relecture devient difficile.
Rappelez-vous qu’aucune traduction n’est parfaite ni irréprochable. Chaque traduction contient certains éléments de l’interprétation personnelle de son traducteur. Il n’existe aucune traduction du Coran reconnue comme faisant autorité, et cela ne peut pas être le cas.
(2) Le même exemplaire peut contenir une explication concise, ou vous pouvez vous en procurer une séparément. Mais vous devez absolument en avoir une. Une traduction et un ouvrage de tafsir fiable devraient suffire pour votre objectif principal initial.
(3) Plusieurs traductions et ouvrages de tafsir vous seront utiles pour savoir quelles significations différentes les savants ont attribuées aux mots et au contenu fondamental, bien que leur possession ne soit pas indispensable.
(4) Pour une étude plus approfondie, vous devriez posséder au moins un ouvrage de tafsir détaillé.
(5) Vous devriez posséder un bon dictionnaire arabe, et ce serait encore mieux s’il s’agissait d’un dictionnaire coranique, afin de pouvoir pénétrer plus profondément dans le sens des mots.
(6) Il convient de se procurer un index alphabétique des termes ou des sujets.
Une liste de ce type de ressources d’étude figure à la fin de ce livre.
Comment étudier
Une procédure par étapes pour étudier en détail le passage indiqué est présentée ci-dessous. Il n’existe évidemment aucune règle précise à cet effet. Vous pouvez surtout vous en servir pour élaborer votre propre méthode, adaptée à vos capacités et à vos limites. Ce qui importe, c’est d’avancer de manière très scientifique et d’essayer de suivre l’ordre indiqué ci-dessous.
Tout d’abord, lisez l’ensemble du passage par vous-même. Ensuite, consultez la personne qui vous aide dans votre étude, ou apprenez-en la signification autant que possible auprès d’un enseignant qualifié. Enfin, essayez de parvenir à une compréhension complète en réunissant autant que possible les enseignements tirés de ces deux approches.
Première étape : informez-vous et identifiez les problèmes.
Étape 1 : saisissez rapidement les conditions fondamentales et ce que vous pouvez retenir d’une participation sincère. Comprenez qu’Allah est avec vous et implorez Son aide afin de comprendre ce que vous allez lire.
Étape 2 : lisez le passage au moins trois fois et réfléchissez à sa signification. Ou bien lisez-le autant de fois que nécessaire, jusqu’à pouvoir vous rappeler son contenu principal sans le regarder. Vous pourrez alors l’assimiler et réfléchir à son sujet chaque fois que vous le souhaiterez.
La règle est la suivante : laissez les mots et les significations se déployer avant de commencer à consulter l’explication.
Étape 3 : Notez les thèmes principaux que vous pouvez saisir sans le texte original. Comparez-les ensuite avec le texte original et révisez-les.
Étape 4 : Si vous parvenez à en dégager ne serait-ce qu’un seul, notez le thème central.
Étape 5 : Divisez-le en courts paragraphes qui, selon vous, contiennent une ou plusieurs affirmations.
Étape 6 : Soulignez les mots et les expressions idiomatiques qui, selon vous, sont essentiels à la compréhension du sens.
Étape 7 : Posez des questions de la manière indiquée précédemment.
Deuxième niveau : Réfléchissez à ce que vous avez lu. Essayez de répondre vous-même aux questions et cherchez à comprendre quel en est le sens et quelles sont les affirmations.
Étape 8 : Déterminez la signification des mots importants.
Étape 9 : Précisez le sens de chaque idiome ou énoncé.
Étape 10 : Réfléchissez à la manière dont ils sont liés les uns aux autres, à la manière dont l’un suit ou précède l’autre, et à l’unité ou à la cohérence qui existe entre eux.
Étape 11 : Efforcez-vous d’extraire et de comprendre le sens à partir du thème central direct du passage, du thème plus large de la sourate et du thème central général du Coran.
Étape 12 : Précisez quels sont ses différents énoncés et enseignements.
Étape 13 : Demandez-vous quel est son message pour moi et pour notre époque.
Étape 14 : Réfléchissez à la manière dont vous-même, l’Oumma et l’humanité peuvent y répondre.
Troisième niveau : quel que soit le guide d’étude ou l’enseignant dont vous disposez, consacrez-vous, avec leur aide, à essayer de comprendre le sens au moyen des étapes 8 à 14 du deuxième niveau. Réétudiez, corrigez, complétez et actualisez votre propre compréhension ; approuvez-la comme correcte ou rejetez-la.
Quatrième niveau : Notez la compréhension que vous avez acquise de cette manière, ou conservez-la dans votre cœur et votre esprit.
Notez les questions qui restent sans réponse. Ne considérez aucune compréhension comme complète et définitive. Plus vous poursuivrez votre étude, plus vous découvrirez de significations et plus vous prendrez conscience de l’importance et de la nécessité de relire.
Comment comprendre le sens
Pour exposer en détail tous les principes et toutes les directives qu’il faut suivre afin de comprendre le Coran, il faudrait rédiger un ouvrage considérable.
Nous pouvons ici proposer des directives concernant quelques questions très importantes qu’il faut toujours garder à l’esprit lorsque l’on s’efforce de comprendre le Coran.
6 : Principes généraux
Le comprendre comme une réalité vivante
Premièrement :Essayez de comprendre chaque parole du Coran comme si elle venait d’être révélée aujourd’hui. Lorsqu’il fut transmis pour la première fois, il y a 1 400 ans, ce Livre était pertinent et vivant ; il faut de même l’accueillir à l’époque moderne. Car il est éternel, et son message ne présente encore aujourd’hui aucune formulation différente. En aucune circonstance, ne considérez une parole du Coran comme appartenant au passé. Ce n’est qu’alors que vous pourrez comprendre le message du Coran comme la parole éternelle d’Allah, le Vivant éternel, qui demeure toujours éveillé au sein de chaque créature.
Cela est essentiel pour votre âme lorsque vous vous concentrez sur l’étude du Coran ; votre cœur et votre intelligence devraient toujours être sollicités par cette directive. Sa portée est considérable. Elle vous aidera à comprendre ce que contient le Coran, afin que vous puissiez comprendre votre monde à sa lumière.
À la lumière de cela, appliquez-le alors aux aspects liés à votre propre vie. Les questions de la pensée contemporaine, les différents enjeux, les expériences, les niveaux de connaissance et la technologie de votre époque trouveront tous leur réponse dans le Coran.
Comprenez-le comme un message qui vous est destiné.
Deux : Prenez chaque message du Coran avec encore plus de sérieux, comme s’il s’adressait à vous et à votre communauté. Une fois que vous aurez réalisé certains progrès, vous devriez essayer de comprendre ce que chaque verset du Coran vous enseigne personnellement. Vous avez déjà vu comment procéder afin d’en saisir le sens au plus profond de votre cœur. Vous devriez maintenant sentir comment cela ouvre votre cœur à la compréhension du Coran. Un jour, un homme vint auprès du Messager pour apprendre le Coran. Le Messager lui enseigna la sourate Az-Zalzalah. Lorsqu’il arriva à ce verset : « Quiconque aura fait le poids d’un atome de bien le verra, et quiconque aura fait le poids d’un atome de mal le verra. » Il dit : « Cela me suffit. » Puis il s’en alla. Le Prophète commenta : « Cet homme est reparti en étant un faqih. » (Abou Dawoud)
En vérité, je crois qu’il n’y a pas un seul passage du Saint Coran qui ne porte pas personnellement un message pour vous ou qui ne vous enseigne quelque chose. Mais vous devez avoir la perspicacité nécessaire pour le comprendre. Chaque parole d’Allah vous invite à établir avec Lui une relation profonde. Chaque description de l’au-delà vous demande de vous y préparer, vous inspire à rechercher sa récompense ou vous invite à demander pardon pour ses châtiments. Chaque dialogue vous y implique. Chaque personnage offre un exemple. Vous devez soit le suivre, soit le désavouer ou le rejeter. Chaque disposition juridique, même si elle ne semble manifestement pas vous être applicable dans votre situation actuelle, comporte néanmoins un message pour vous. Une déclaration très générale peut toujours revêtir pour vous une signification particulière, tandis qu’une déclaration très particulière peut, en raison des événements et des circonstances, avoir constamment une portée générale dans votre vie.
Comprenez-le comme une partie de l’ensemble du Coran.
Trois : L’ensemble du Coran forme en lui-même une unité. C’est une révélation unique. Bien que ce message ait été transmis de différentes manières et sous diverses formes, le message lui-même n’en demeure pas moins un. Il possède une vision du monde et une structure globale d’orientation. Toutes ses composantes sont parfaitement cohérentes entre elles. C’est là un signe qu’il s’agit d’un système révélé par Allah.
« Ne méditent-ils donc pas profondément sur le Coran ? S’il venait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes de nombreuses contradictions. » (An-Nisa 4:82)
Vous devriez vous efforcer d’assimiler pleinement ce message et cette structure uniques. Vous pourrez alors comprendre chaque élément comme faisant partie du message du livre unique qu’est le Coran, qu’il s’agisse d’un seul mot, d’un verset, d’un passage ou d’une sourate. Ne séparez jamais quoi que ce soit de la structure coranique. Sinon, vous risquez d’en trouver un sens déformé. Quel que soit le sens que vous en tirez, vérifiez-le à la lumière du thème général. Lorsque vous lisez un passage déterminé, vous devez l’expliquer, l’analyser en profondeur et essayer de comprendre chaque phrase ainsi que chaque mot pris séparément. Mais vous ne devez pas oublier de les réunir en un tout cohérent. Et cette vision d’ensemble doit être évaluée à l’aune du message global du Coran. Sinon, votre lecture ciblée vous conduira dans la direction opposée. En outre, au lieu de vous laisser guider par le Coran, cette lecture ciblée peut vous plonger dans l’erreur consistant à utiliser des versets déterminés au service de votre propre point de vue.
Si vous voulez appliquer le Coran à la résolution des problèmes de votre époque, vous devez inclure l’ensemble du Coran dans votre étude. Sinon, vous commettrez la grave erreur de chercher simplement à conformer le Coran aux courants de pensée contemporains, au lieu de les évaluer de manière critique à la lumière du Coran.
À la lumière de la discussion qui précède, on ne peut pas recommander d’aborder l’étude du Coran au moyen d’un index. En tout état de cause, n’étudiez aucun sujet en rassemblant un index de versets sans avoir étudié le Coran à plusieurs reprises et sans l’avoir pleinement compris. N’utilisez une référence que lorsque, sur la base de votre propre étude, vous ressentez le besoin d’en consulter une.
Comprenez-le comme un tout cohérent
Quatre : Bien qu’il paraisse extérieurement désordonné, le Coran possède en réalité une cohérence et une organisation d’un très haut niveau. Chaque partie est liée aux autres, chaque verset aux autres versets, et chaque sourate aux autres sourates. Derrière les variations apparentes du contenu se trouve un fil unificateur. C’est pourquoi le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a indiqué aux scribes quelle révélation devait être placée à quel endroit. Vous devriez découvrir cette cohérence interne, même si vous n’y parvenez pas dès la première lecture ou si cela exige beaucoup de temps. Ce n’est qu’alors que vous serez capable de comprendre pleinement le sens de chaque partie.
Essayez de comprendre avec tout votre être
Cinq : En vous investissant tout entier dans l’étude, essayez de comprendre le Coran. Le cœur et l’intériorité, les sentiments et la sagesse sont tous immergés dans votre personnalité. Le Coran n’est pas une enveloppe que l’on pourrait envelopper avec l’intelligence. Il n’est pas non plus uniquement un message de conseil céleste dont on pourrait jouir dans l’extase. Il ne convient pas de chercher à comprendre le Coran de manière fragmentaire ; lors de son étude, vous ne devez laisser derrière vous ni l’intelligence ni les sentiments, mais intégrer les deux simultanément.
Essayez de comprendre ce que dit le Coran
Six : comprenez non pas ce que vous dites, mais ce que dit le Coran. Ne vous tournez jamais vers le Coran pour trouver un soutien à votre opinion, confirmer votre point de vue ou prouver votre argument. Vous devez vous tourner vers le Coran avec un esprit ouvert. Vous devez être prêt à écouter la parole d’Allah et à vous y soumettre.
Restez au sein du consensus
Septièmement : Vous n’êtes pas les premiers à étudier le Coran et à le comprendre. Avant vous, il y a eu toute une succession de groupes humains qui ont accompli cette tâche et en ont légué une riche tradition ; vous ne pouvez pas les négliger. Vous ne devez donc pas avancer sur la voie du Coran comme si personne ne l’avait fait avant vous. Aucune interprétation n’est valide, correcte ou acceptable si elle contredit les propos de Muhammad (s.a.) ou le consensus de la communauté musulmane. Dans ce domaine, toute conclusion entièrement différente et nouvelle par rapport à la riche tradition que nous possédons depuis des générations devrait reposer sur une érudition très approfondie.
Comprenez-le uniquement selon les critères coraniques
Huitièmement : Le Coran ne ressemble à aucun autre livre. À tous égards, ce livre est unique : le Coran possède sa propre langue, son propre vocabulaire, son propre style, sa propre rhétorique, sa propre philosophie et sa propre logique. Il possède en outre un appel et une finalité extraordinaires. Il est vain d’essayer de le comprendre à l’aide de critères humains extérieurs au Coran.
Son unique objectif est de guider l’humanité, chaque être humain, vers son Créateur, d’apporter une transformation révolutionnaire à la vie humaine et d’établir une relation entièrement nouvelle avec Allah. Tout est destiné à atteindre cet objectif et tout est déterminé en fonction de lui. Cela comporte plusieurs implications importantes.
Premièrement : Bien que la profondeur de l’océan de ses significations soit insondable, ces significations sont simples et compréhensibles pour un chercheur de vérité ordinaire qui souhaite orienter sa vie. Lorsqu’on adopte une attitude sincère et que l’on souhaite avancer sur le droit chemin, on peut aisément comprendre les significations suffisantes pour recevoir la guidance.
Deuxièmement : La langue du Coran est telle que les gens ordinaires sont capables de la comprendre. Le Coran emploie les mots que les gens ordinaires utilisent dans leurs conversations quotidiennes. Il n’emploie pas de termes nouveaux et incompréhensibles, ni le langage technique et académique de la philosophie, des sciences ou de la logique. Cependant, il exprime des significations entièrement nouvelles au moyen de mots anciens et employés quotidiennement.
Troisièmement : Le Coran n’est ni un livre d’histoire, ni un ouvrage scientifique. Ce n’est pas non plus un traité de philosophie ou de logique, bien qu’il fasse usage de tous ces domaines. Il ne le fait toutefois que pour guider les êtres humains. Ainsi, le Coran ne cherche pas à faire approuver les connaissances humaines contemporaines, et ces connaissances ne sont pas indispensables pour le comprendre, même si elles peuvent contribuer à accroître la capacité de compréhension.
Comprenez le Coran à l’aide du Coran
Neuf : La meilleure exégèse du Coran est le Coran lui-même. À première vue, il semble que de nombreux mots et énoncés soient répétés. Mais, en réalité, ces répétitions ne sont pas dépourvues de raison. La répétition d’un mot ou d’un énoncé particulier met en lumière un nouvel aspect de son sens et y apporte une lumière nouvelle. Vous devriez vous efforcer de comprendre ce sens.
Par conséquent, pour comprendre un mot, un verset ou un passage, portez votre regard sur le Coran lui-même. À titre d’exemple, vous pouvez parvenir à une meilleure compréhension en étudiant l’emploi, dans différents passages du Coran, de termes importants tels que Rabb, Ilah, dîn, ‘ibâda, kufr, îmân et dhikr.
Comprenez-le à travers les hadiths et la Sîra
Dix : L’une des principales responsabilités du Messager (paix et bénédictions de Dieu sur lui) était d’expliquer et d’interpréter le Coran. Il s’est acquitté de cette responsabilité en donnant des exemples par ses paroles et ses actes. Ainsi, l’ensemble de la science des hadiths et la Sîra constituent une source précieuse pour comprendre le Coran. Il n’y a pas seulement les hadiths contenant une exégèse qui puissent y contribuer : tous les hadiths sont utiles à cet égard. Par exemple, les hadiths portant sur la foi, le jihâd et le repentir vous aideront grandement à comprendre le Coran lorsque vous rencontrerez des thèmes similaires.
La langue
Onzièmement : La langue est la première clé du Coran. Par la langue, le Coran se rend clair, vivant et compréhensible. Vous devez être conscient de certaines caractéristiques de la langue arabe employées dans le Coran.
Premièrement : Le style du Coran ressemble à celui d’un discours, et non à celui d’un texte écrit. Dans un discours, certains éléments de la langue arabe peuvent rester inexprimés, sans que cela rende la compréhension difficile pour les auditeurs présents. Cela renforce son efficacité et sa force. En effet, les auditeurs sont constamment en interaction avec l’orateur, ses paroles et leur environnement. Un discours trop détaillé devient fastidieux.
Dans le Coran, on observe des changements soudains de temps. Ceux-ci renforcent la portée vivante du texte. Vous devez être attentif à ces changements et déterminer à qui l’on s’adresse et ce qui lui est dit. Il arrive aussi que le discours s’interrompe brusquement ; vous devez identifier ces occurrences.
Deuxièmement : ce n’est pas seulement que la langue arabe est très concise et riche de sens. Souvent, elle n’emploie pas les mots et expressions liés qui seraient attendus. Il y a donc ici de l’ambiguïté, des ellipses, des ajouts, des omissions, des éléments sous-entendus, l’emploi de termes de remplacement et d’autres caractéristiques. Vous devez rester constamment attentif à cet égard. Vous ne pouvez apprendre tout cela qu’auprès des ouvrages de tafsir et d’un enseignant.
Troisièmement : le sens direct des mots ou du texte ne suffit pas à comprendre le Coran. Vous devez acquérir une certaine compréhension et une certaine sensibilité à partir de la vision d’ensemble, du style discursif du Coran et de ses procédés littéraires. La connaissance de la langue arabe telle qu’elle était à l’époque de la révélation serait très utile, même si, en tant qu’étudiant, elle restera d’abord hors de votre portée.
Orientations méthodologiques
Sur la base de la structure et des principes généraux exposés précédemment, quelques orientations méthodologiques pourraient vous être très utiles.
Étude des mots
Premièrement : commencez par essayer de connaître le sens des mots qui rendent très difficile la compréhension du texte. Vos premiers guides seront une traduction et un ouvrage de tafsir concis. Consultez les dictionnaires, mais ne considérez pas leur définition comme faisant autorité. Votre meilleur guide, et votre guide ultime, est le texte immédiat dans lequel le mot est employé, c’est-à-dire l’ensemble du Coran et sa vision du monde.
Le contenu du texte
Deuxièmement : Si vous comprenez les mots et leur sens direct, replacez le paragraphe dans le contexte du texte originel et essayez d’en comprendre la signification. Lisez le texte originel qui précède et celui qui suit et, si nécessaire, lisez toute la sourate.
Contexte historique
Troisièmement : recueillez autant que possible les informations historiques pertinentes et nécessaires. Mais vous devez vous assurer de leur fiabilité.
À cet égard, vous rencontrerez des hadiths décrivant les circonstances de la révélation. Ces hadiths fourniront des informations importantes. Mais vous devez garder deux choses à l’esprit.
Premièrement — dans ces récits, les événements historiques survenus au moment de la révélation ne sont pas toujours rapportés exactement tels qu’ils se sont produits. En revanche, c’est la situation qui a été considérée comme pertinente et réelle.
Deuxièmement — concernant la révélation, les preuves du texte originel sont plus importantes. Lorsque des informations historiques sont prises en compte, il ne faudrait pas en faire une détermination précise.
Troisièmement — les informations historiques ne devraient pas constituer un obstacle à la compréhension du Coran lorsqu’il s’agit d’en comprendre le message essentiel.
Sens essentiel
Quatre : Après avoir assimilé le sens littéral direct, efforcez-vous autant que possible de comprendre le texte comme l’ont compris les premiers auditeurs du Coran. Comprendre le sens littéral peut être relativement facile. Mais dégager le sens originel, quatorze siècles plus tard, dans une civilisation et un contexte social différents, est une tâche difficile et complexe. Ce n’est pas ici le lieu de discuter de ces difficultés. Elles sont simplement mentionnées par mesure de précaution.
Traduction dans le contexte actuel
Cinq : Votre tâche suivante consiste à essayer de lire et de comprendre le Coran dans le contexte de votre propre situation. C’est une tâche tout aussi importante que la détermination du sens originel, en particulier si vous voulez éviter de tomber dans le piège de lire le Coran selon vos propres conceptions. Il n’est pas non plus possible de discuter ici des problèmes complexes d’interprétation qui s’y rapportent. Mais c’est une tâche que vous ne pouvez ni négliger ni éluder. Si vous restez attentif à un principe fondamental et l’observez, abordez le Coran avec un esprit ouvert et abstenez-vous de considérer comme juste tout ce que vous pensez. Car c’est un piège que vous devriez éviter. Au lieu de vous concentrer sur des questions juridiques et morales complexes, vous devriez porter votre attention sur les messages essentiels pour votre vie. Il est possible, et parfois même nécessaire, de mettre en évidence le point de vue du Coran sur la terminologie, les interprétations et les situations de notre époque. Mais il faut être extrêmement vigilant et conscient de ne laisser, en aucune circonstance, disparaître le sens originel et la terminologie.
Sens hors de propos
Six : Ne vous consacrez pas à la découverte de sens cachés, lointains, invraisemblables et métaphoriques, que les gens ordinaires ne comprennent pas. Il n’est pas nécessaire de réfléchir à des sens qui ne sont liés ni à votre vie ni au mode de vie des croyants de la première époque du Coran.
Les niveaux de connaissance et de sagesse
Sept : Essayez de comprendre le sens au niveau des connaissances et de la sagesse que vous possédez. Quoi qu’il en soit, ne perdez pas de vue le niveau de connaissance des premiers auditeurs, afin de ne pas vous égarer. Ne commencez pas à lire dans le Coran uniquement ce qui relève de votre propre savoir.
Les connaissances humaines actuelles
Huit :Il ne fait aucun doute que chaque personne doit mobiliser ses propres connaissances pour comprendre le Coran. Toutefois, ses connaissances doivent satisfaire aux critères du Coran. Des critères modernes sont nécessaires pour obtenir des orientations sur les diverses questions soulevées. Mobilisez toutes vos connaissances et vos facultés intellectuelles pour vous aider à comprendre le Coran. Mais ne présentez jamais le Coran comme un soutien à vos connaissances contemporaines. Ne faites pas prédire au Coran toutes les découvertes de la science de notre époque. Soyez particulièrement prudent à l’égard des théories scientifiques, qui sont changeantes comme des grains de sable. Rechercher dans le Coran les théories d’Einstein, de Copernic, de Nietzsche ou de Bergson serait tout aussi erroné que d’y rechercher celles de Ptolémée, d’Aristote et de Platon.
ce que vous ne comprenez pas
Neuf : Le Coran contient de nombreux mots et énoncés dont vous ne parviendrez pas à comprendre le sens malgré tous vos efforts. Cela sera dû soit à l’insuffisance de vos connaissances, soit à la grande difficulté de la question. Dans une telle situation, prenez note de la difficulté et concentrez-vous sur la suite de votre étude. Ne perdez pas de temps à résoudre une question qui, à un moment donné, démontrera les limites de vos capacités.
La vie du Messager (paix et bénédiction sur lui)
Pour comprendre et assimiler le Coran, rapprochez-vous autant que possible du Noble Prophète (paix et bénédiction sur lui), qui fut le premier à recevoir le Coran d’Allah. Sa vie est le reflet fidèle du sens et du message du Coran, le symbole de la guidée certaine et la meilleure des explications. La vie du Messager (paix et bénédiction sur lui) est le Coran vivant. Si vous voulez voir le Coran, observez la vie de Muhammad (paix et bénédiction sur lui), au lieu de vous contenter de le lire. En effet, Aïcha (qu’Allah l’agrée) a dit : « Sa vie n’était rien d’autre que le Coran. » La vie et le caractère du Noble Prophète (paix et bénédiction sur lui) vous aideront bien davantage à comprendre le Coran que les célèbres tafsirs d’Ibn Kathir, d’Ibn Jarir, d’al-Kashshaf et d’al-Razi. Pour vous rapprocher du Prophète (paix et bénédiction sur lui), vous devez premièrement étudier sa vie et son caractère autant que vous le pouvez. Même si vous ne trouverez pas tous les détails de sa biographie, vous trouverez néanmoins dans le Coran la meilleure description de sa vie et de son caractère. Deuxièmement, efforcez-vous de suivre sa Sunna. Par ce moyen, vous le comprendrez véritablement. Ainsi, vous comprendrez le Coran, vous aimerez Allah et Allah vous aimera. (Al ‘Imran, 3:31)
7 : L’étude collective
Importance et nécessité
Pour parcourir le trésor de connaissances du Coran, vous devez rejoindre ou intégrer une communauté de recherche et d’étude. Il ne fait aucun doute que vous étudierez le Coran individuellement. Mais si vous vous joignez, en tant que condisciples, à d’autres croyants et chercheurs du Coran, vous en tirerez un bien plus grand profit. La compagnie des autres réjouira beaucoup plus votre cœur, et plusieurs esprits réunis pourront comprendre le sens de manière meilleure et plus juste. La responsabilité et la mission religieuses que le Coran nous a confiées, ainsi que la manière dont nos vies devraient être vécues, ne peuvent être réalisées qu’en association avec les autres. Ce n’est qu’en accomplissant cette mission et en œuvrant que vous pourrez être dignes de recevoir la pleine bénédiction potentielle du Coran.
De manière significative, le discours coranique est presque toujours collectif. Dès l’instant où Muhammad (s) commença à recevoir la révélation du Coran, il prit des dispositions pour établir une société ou une communauté centrée sur le Coran, et consacra chaque instant de sa vie à cette œuvre. L’appel « Lis ! » fut immédiatement suivi des injonctions : « Lève-toi ! », « Réveille-toi ! », « Avertis ! ». Aussitôt après l’ordre de continuer à lire ce qui a été révélé dans le Livre de ton Seigneur, vient l’instruction suivante —
« Ô Prophète, récite-leur ce qui t’a été révélé du Livre de ton Seigneur. Nul n’a le droit de modifier Ses paroles. Tu ne trouveras auprès de Lui aucun refuge pour échapper à Ses conséquences. Et garde ton cœur ferme auprès de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa satisfaction. » (Al-Kahf, 18:27-28)
Dans le Coran, ces enseignements établissent très clairement et fermement le lien avec la nécessité d’une formation coranique et d’une société organisée et puissante, fondée sur le Coran.
De même, aucune prière ne peut être complète sans la récitation du Coran, et la prière ne peut être accomplie sans la prière en assemblée, sauf en présence d’une raison valable. Si écouter le Coran, le comprendre et réfléchir profondément à son sujet n’étaient pas nécessaires, quel serait donc le but de sa récitation dans la prière ? Ainsi, la récitation du Coran dans la prière peut atteindre son objectif par un effort collectif cinq fois par jour. La responsabilité de transmettre le message ou la parole du Coran à l’ensemble de l’humanité est également inséparablement liée à sa récitation et à son explication correcte. Lorsque le mot tilāwa est employé avec la préposition arabe « ʿalā », il signifie « communiquer », « proclamer », « faire croire » et « enseigner ». Ainsi, la tilāwa est l’une des tâches fondamentales de la prophétie, et donc aussi de la communauté du Prophète.
« Ô Allah ! Envoie-leur un Messager issu d’eux-mêmes, qui leur récitera Tes versets, leur enseignera le Livre et la Sagesse, et purifiera et réformera leur vie concrète. Tu es certes le Tout-Puissant, le Sage. » (Al-Baqarah, 2:129)
« De même que J’ai envoyé parmi vous un Messager issu de vous-mêmes, qui vous récite Mes versets, vous purifie et vous élève, vous enseigne le Livre et la Sagesse, et vous apprend ce que vous ne saviez pas. » (Al-Baqarah, 2:151)
Dans la sourate Al-Jumuʿah, l’échec à comprendre la guidance d’Allah et à mener sa vie conformément à celle-ci est souligné à la lumière de l’échec à participer à la prière du vendredi, pendant laquelle toutes les activités mondaines sont interdites.
Le verset suivant attire l’attention sur la récitation du Coran devant les membres de la famille et les habitants de la maison.
« Souvenez-vous des versets d’Allah et des paroles pleines de sagesse qui sont récités dans vos maisons. Certes, Allah est Subtil et parfaitement informé. » (Al-Ahzab 33:34)
Ceux qui se réunissent pour réciter et étudier le Coran sont bénis, car les anges descendent sur eux avec l’immense miséricorde d’Allah. Le Messager d’Allah (ﷺ) dit :
Lorsque des gens se réunissent dans l’une des maisons d’Allah pour étudier le Coran et se l’enseigner mutuellement, la paix descend sur eux, ils trouvent place sous l’ombre du pardon et de la miséricorde d’Allah, les anges les couvrent de leurs ailes et Allah les mentionne auprès de ceux qui L’entourent. (Muslim)
Vous ne devriez donc pas vous contenter de lire et d’étudier le Coran seul. Cherchez plutôt ceux qui s’intéressent au Coran et désirent l’étudier, puis invitez-les afin que vous puissiez tous l’étudier ensemble.
L’étude collective peut revêtir deux formes
Premièrement : un petit groupe se réunit après s’être préparé pour l’étude, chacun participant activement au processus de formation coranique ; l’un d’entre eux, plus savant que les autres, dirige l’étude. Nous pouvons appeler ce type d’étude un cercle d’étude.
Deuxièmement : un groupe, grand ou petit, se réunit et écoute attentivement l’exposé d’un mufassir compétent. Les participants se contentent de poser des questions. Nous pouvons appeler ce type d’étude un dars, une conférence ou une discussion.
Vous devez savoir comment diriger un cercle d’étude et comment présenter un dars. Nous pouvons ici proposer quelques orientations générales. Il convient toutefois de préciser qu’il ne peut exister ni norme précise ni procédure immuable en la matière. Chacun doit perfectionner sa propre méthode, et celle-ci dépendra de sa situation, de son temps et de son environnement. Les directives présentées ci-dessous ne sont que des conseils. Vous devez appliquer ces conseils en fonction de vos besoins et de vos capacités.
Quatre principes fondamentaux
La réussite de toute étude collective repose sur quatre principes.
Premièrement : pour assumer votre responsabilité, vous devez toujours effectuer toute la préparation nécessaire. Ce travail ne doit pas être pris à la légère. La préparation doit se poursuivre jusqu’au dernier moment. Un survol effectué trop rapidement ne peut être considéré comme suffisant. Ne parlez jamais du Coran sans y avoir réfléchi profondément. Il est toujours préférable de prendre des notes sur ce que vous avez étudié et sur ce que vous souhaitez dire.
Deuxièmement : que vous soyez étudiant ou que vous ayez déjà acquis certaines connaissances, que vous présentiez un dars ou participiez à la discussion d’un cercle, vous devez dans tous les cas disposer d’un plan d’étude personnel, conforme à la méthode étudiée et appliquée au passage déterminé.
Troisièmement : gardez toujours une intention pure et juste. Il est indispensable que votre intention soit sincère lorsqu’il s’agit de comprendre le Coran, de mener votre vie conformément à ses enseignements et d’obtenir l’agrément d’Allah.
Quatrièmement : n’étudiez pas le Coran dans le seul but d’y prendre plaisir, de satisfaire une curiosité intellectuelle, ou de nourrir des arguments et des discussions. Votre étude du Coran doit nécessairement vous encourager à vous conformer au Coran, et vous devez veiller à pouvoir accomplir pleinement la mission que le Coran vous a confiée.
Cercle d’étude
Les règles suivantes peuvent vous aider à rendre l’étude en groupe efficace.
Participant
Un : Le nombre de participants peut aller de 3 à 10. Ils devraient être de niveau égal ou proche sur les plans des connaissances et des capacités intellectuelles. S’ils sont moins nombreux, cela peut se transformer en dialogue. En revanche, s’ils sont plus nombreux, la participation active de chacun peut devenir difficile.
Deux : Il faut toujours mettre l’accent sur le message principal, le contenu, ainsi que sur les orientations et les enseignements à en tirer. Il ne faut jamais se laisser attirer par un contenu magnifique qui n’a aucune utilité dans la vie réelle.
Trois : Tous les membres doivent être pleinement conscients de leurs objectifs, de leurs limites et de la procédure à suivre.
Quatre : Les membres du cercle doivent faire preuve de dévouement et de concentration dans leur étude et dans sa mise en pratique. Cela exigera une grande attention et un travail assidu. Il est particulièrement important de se préparer et d’être présents régulièrement.
Cinq : Ils doivent savoir comment avancer sur le chemin du Coran et s’y frayer une voie. La lecture de ce livre peut leur être quelque peu utile.
Six : Ils ne doivent pas parler comme des étrangers. Ils doivent plutôt parler en tant que frères croyants déterminés à comprendre le Coran et à le suivre.
Comment diriger
Un : Un membre présentera d’abord le fruit de son étude, c’est-à-dire ce qu’il a compris après avoir lu le passage déterminé.
Deux : Les autres participeront alors à la discussion. Ils fourniront des explications plus détaillées, apporteront des corrections ou des compléments, poseront des questions ou y répondront.
Trois : Si tous les membres doivent étudier, il sera utile de déterminer à l’avance qui présentera le premier la discussion. La qualité des présentations en sera meilleure. Vous pouvez aussi inviter n’importe qui à présenter la discussion ou l’exposé. Si cette méthode est adoptée, chacun restera vigilant et travaillera avec ardeur.
Quatre : Si au moins un membre possède davantage de connaissances et a la compétence et la capacité d’utiliser les sources originales, cela sera très bénéfique. Il pourra alors combler les lacunes de l’exposé du présentateur principal. Il pourra également contribuer à déterminer l’orientation et le rythme de la discussion.
Cinq : Si une personne expérimentée dans le Coran est présente, elle ne devrait pas intervenir dans la discussion dès le début. En revanche, il faudrait laisser les participants exprimer ce qu’ils souhaitent dire dans la discussion. Si, à la fin de leurs interventions, il apparaît qu’elles comportent des erreurs, il faudra attirer leur attention sur celles-ci ou les corriger avec beaucoup de politesse et de douceur, ou encore ajouter sa propre expérience à leur discussion. Sa manière d’intervenir ne devra pas être polémique, mais prendre la forme de conseils et de questions.
Six : À la fin du cercle d’étude, il est préférable qu’un membre, le responsable ou l’enseignant tire une brève conclusion sur l’ensemble des sujets abordés dans la discussion. Il convient de mentionner quel en est le contenu essentiel et quelles sont les affirmations avancées.
Dars
Un dars peut être efficace si l’on suit les directives ci-dessous.
Préparation
Un : vous devez avoir une idée claire de votre auditoire. Vous devez connaître son niveau de connaissance, son intelligence, son état de foi, ses préoccupations et ses réflexions, ainsi que ses besoins et ses attentes.
Deux : plutôt que de vous concentrer sur ce que vous souhaitez dire, déterminez la partie destinée au dars en tenant compte de la situation de votre auditoire et en la prenant en considération.
Trois : la forme de votre présentation, votre langage et votre manière de vous exprimer doivent être adaptés à la nature de votre auditoire.
Quatre : invoquez Allah et priez-Le afin de pouvoir présenter aux auditeurs le véritable message du Coran.
Cinq : lisez le passage et prenez vos notes. Que voulez-vous dire ? Comment et dans quel ordre voulez-vous le dire ? Comment voulez-vous commencer et terminer ?
Six : vous devez respecter dûment le temps dont vous disposez. Ne dépassez en aucun cas le temps imparti. Vous aurez peut-être beaucoup de points intéressants ou de choses pertinentes à dire, et vous pourrez en avoir très envie, mais rappelez-vous que les capacités de votre auditoire sont très limitées, tout comme sa capacité de compréhension. Il pourra admirer votre érudition, mais il ne pourra pas apprendre grand-chose auprès de vous.
Un passage très long peut être présenté brièvement, tandis qu’un passage très court peut faire l’objet d’une discussion prolongée. Tout cela dépend d’un seul élément. Il s’agit du message que vous souhaitez transmettre dans le cadre de votre étude.
Septièmement : vous devez accorder toute votre attention à ce que votre message soit extrêmement clair. Ce que vous souhaitez présenter dans votre exposé afin d’obtenir la réaction des auditeurs et qu’ils le suivent doit être clairement exposé. Il doit être conforme à l’idée principale du passage, et non à vos propres souhaits.
Comment le présenter
Premièrement : vous n’aurez que deux objectifs :
Premièrement : obtenir l’agrément d’Allah en vous acquittant de votre devoir, qui consiste à faire entendre à autrui la parole d’Allah. Deuxièmement : transmettre clairement et efficacement la parole du Coran d’Allah.
Deuxièmement : souvenez-vous que le fait que votre message parvienne efficacement aux auditeurs et qu’il influence leur cœur et leur esprit dépend entièrement d’Allah. Mais cela ne signifie pas que vous êtes dispensé de la responsabilité de préparer les réponses possibles, de présenter le message efficacement, de rendre la parole du Coran vivante et dynamique pour eux, de l’adapter à leurs préoccupations, etc.
Votre présentation ne sera peut-être pas celle d’un grand orateur, ni particulièrement éloquente. Elle pourra être très simple. Mais ce qui compte réellement, c’est votre intention et votre effort.
Troisièmement : vous commencerez par réciter le Coran et en présenterez la traduction. Ensuite, vous pourrez passer à l’explication, que vous lisiez ou non chaque verset et que vous répétiez ou non sa traduction. Vous pourrez aussi, après une brève introduction, expliquer les versets l’un après l’autre ou plusieurs versets ensemble. La méthode que vous adopterez dépendra des circonstances et du temps dont vous disposerez.
Souvenez-vous qu’il n’est pas toujours nécessaire de réciter d’emblée tout le passage, surtout si le temps est limité. Vous pouvez plutôt consacrer ce temps à créer les conditions permettant aux auditeurs d’écouter votre exposé.
Quatre : dans la mesure du possible, vous pouvez utiliser une combinaison de diverses approches liées à chaque verset ou à un groupe de versets. Si le verset est bref et clair, vous pouvez d’abord le réciter, puis l’expliquer en détail. Avant et après l’explication, vous pouvez en exposer le message essentiel.
Ce que vous devez vous assurer d’obtenir, c’est que chaque auditeur ressente une cohérence et une unité d’ensemble. Chaque propos doit être présenté de manière à maintenir une continuité entre ce qui précède et ce qui suit.
Cinq : à la fin de la discussion, vous devez impérativement donner un résumé du thème central et insister sur le message éducatif qu’il contient. Si vous en avez le temps, vous pouvez relire l’ensemble du texte, ou seulement sa traduction. En lisant le texte original ou sa traduction à la conclusion, vous pouvez mettre vos auditeurs en contact direct avec le Coran. Ils pourront ainsi comprendre ce qu’ils ont saisi à la lumière de votre présentation.
Six : vous devez toujours veiller à ce que ce ne soit pas vous qui parliez, mais le Coran. Pour ceux qui connaissaient la langue du Coran et le porteur de son message, le Coran s’est montré efficace sans aucune explication ni analyse. Il l’est encore aujourd’hui. Vous pouvez entraver le message du Coran non seulement en lui imposant excessivement vos propres opinions, mais aussi en vous lançant dans des explications trop longues et détaillées. Le temps que vous acheviez vos longues explications et analyses, vos auditeurs pourraient avoir oublié ce que le Coran dit. Premièrement, résumez donc votre propos autant que possible. Deuxièmement, si, dans certains cas, il doit nécessairement être long, revenez aussi souvent que possible au texte original. En aucun cas, une distance ne doit se créer entre vos auditeurs et le Coran, ni du point de vue du sens ni du point de vue de l’écoute.
Sept : structurez votre propre explication selon le style du Coran. Cela pourrait être un moyen efficace de garantir le succès.
Cela peut vous sembler très difficile au début. Mais à mesure que vous vous rapprocherez du Coran, que vous le lirez encore et encore et que vous le mémoriserez, il deviendra de plus en plus une partie intégrante de votre propre style.
Vous devez absolument vous rappeler que le style d’expression coranique possède plusieurs caractéristiques : un : l’appel du Coran s’adresse à la fois à la raison et aux émotions. Deux : le Coran est concis, précis, direct, personnel et propre à éveiller la mémoire. Trois : le Coran place ses auditeurs face à des choix et à des décisions, et suscite en eux la motivation d’agir. Quatre : son langage est si puissant que le message du Coran pénètre profondément en vous. Cinq : ses arguments sont formulés de manière à être compris par les auditeurs. Le Coran puise ses exemples dans leur vie quotidienne et y trouve toujours un écho. Il n’est ni abstrait, ni purement rationnel, ni détaché de leur réalité.
Huit : ne présentez pas de propos abstraits. Ne détruisez pas non plus l’impact dynamique du Coran au profit de l’imagination et de la systématisation. En revanche, une compréhension juste et une présentation méthodique sont très importantes pour transmettre le message essentiel du Coran, à condition de les présenter dans un langage simple et clair, de manière à ce que les auditeurs puissent les assimiler. L’appel à l’action et l’engagement doivent absolument être des éléments indispensables de votre dars. Qu’il s’agisse de nature ou d’histoire, d’un avis, d’une déclaration, d’un dialogue ou d’un discours, chaque cas devrait comporter un appel à répondre, une invitation à aller de l’avant, ainsi que des décisions, des actes et des mesures à prendre.
Neuvièmement : n’utilisez pas le Coran pour présenter vos propres opinions. Formez-vous plutôt à être un transmetteur ou un interprète de la parole d’Allah.
Dixièmement : laissez le Coran pénétrer dans le cœur de vos auditeurs, laissez-le prendre place dans leur âme. Laissez-le éclairer votre compréhension, votre amour, votre gratitude et vos préoccupations. Telle devrait être la soif de votre dars.
Onzièmement : vous devez toujours être attentif à la réaction de vos auditeurs. Si vous estimez qu’un argument ne parvient pas à les attirer ou à les stimuler, vous pouvez le résumer ou l’abandonner, aussi précieux soit-il considéré. Vous pouvez toujours ajouter de nouveaux sujets ou de nouveaux styles selon les circonstances ou lorsque la situation l’exige.
8 : Vivre selon la lumière du Coran
L’obéissance au Coran
Si, dès le début, vous ne vous soumettez pas pleinement à Allah et ne reconstruisez ni ne transformez votre vie conformément au Coran qu’Il vous a donné, la lecture du Coran ne vous sera d’aucun profit ; elle pourrait même devenir une cause de préjudice et de détresse. Les émotions du cœur et de l’âme, l’effervescence des sentiments ou la richesse intellectuelle ne vous serviront à rien sans une ferme volonté et des efforts pour agir. Si le Coran ne produit aucun effet visible sur vos actes, si vous n’accomplissez pas ce qu’il ordonne et ne renoncez pas à ce qu’il interdit, vous ne pourrez pas vous rapprocher du Coran.
Chaque page du Coran contient un appel au dévouement, au changement et à l’action. À chaque étape, le lecteur est confronté à la nécessité de prendre une décision et de s’engager. Ceux qui, répondant à l’appel du Coran, ne parviennent pas à se soumettre à Allah ont été déclarés kafirs, injustes et pervers (al-Maïda 5:44-47).
Ceux à qui a été confié le grand message d’Allah, mais qui ne le comprennent pas ou n’agissent pas conformément à celui-ci, sont comparés à des ânes qui portent des charges sans savoir ce qu’ils portent et sans pouvoir en tirer profit. Ils sont ces malheureux contre lesquels le Prophète d’Allah portera plainte au Jour du Jugement :
« Ô mon Dieu, mon peuple a fait de ce Coran un objet de moquerie. » (Al-Furqân, 25:30)
Éviter le Coran, l’abandonner et le mettre de côté signifie ne pas le lire, ne pas le comprendre, ne pas mener sa vie conformément à ses enseignements et le considérer comme hors de propos et appartenant au passé.
Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a accordé une très grande importance au fait de suivre le Coran et l’a fortement recommandé.
Il y aura, parmi les membres de ma communauté, de nombreux hypocrites issus des lecteurs du Coran. (Ahmad)
N’est pas croyant celui qui considère licite ce que le Coran a déclaré illicite. (Tirmidhi)
Lis le Coran afin d’acquérir la capacité de t’abstenir des actes interdits. S’il ne te détourne pas des actes interdits, sache qu’en réalité tu n’as pas véritablement lu le Coran. (Tabarânî)
Pour les Compagnons du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), apprendre le Coran signifiait le lire, réfléchir profondément à son sujet et mettre ses enseignements en pratique.
Il a été rapporté :
Ceux qui se consacraient à l’étude du Coran ont rapporté que des hommes tels que le vénérable Othman ibn Affan, Abdullah ibn Affan et Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah les agrée), après avoir appris dix versets, ne poursuivaient pas leur étude tant qu’ils ne les avaient pas compris et n’étaient pas capables de les mettre en pratique dans leur vie. Ils disaient qu’ils avaient appris simultanément le Coran et la connaissance. C’est ainsi qu’il leur arrivait de consacrer des années à l’apprentissage d’une seule sourate. (Al-Itqân fî ulûm al-Qur’ân, Al-Suyûtî)
Al-Hasan al-Basri a dit : « Tu as pris la nuit comme une monture, semblable à un chameau, afin de la chevaucher et de parcourir les différents degrés du Coran. Ceux qui t’ont précédé l’ont considéré comme la parole de leur Seigneur. Ils méditent sur elle pendant la nuit et vivent conformément à elle durant le jour. » (Yahya)
L’étude du Coran devrait fortifier la foi dans ton cœur, une foi qui donnera une forme particulière à ta vie. Ce n’est pas un processus fragmenté et progressif dans lequel vous passeriez les premières années à réciter le Coran, puis quelques années à le comprendre et à fortifier votre foi, pour enfin seulement le mettre en pratique. Tout cela constitue un processus unique. Tout se déroule simultanément. Chaque fois que vous écoutez le Coran ou que vous le récitez, il enflamme la foi dans votre cœur. Et chaque fois que la foi prend naissance dans votre cœur, un changement commence dans votre vie.
Ce que vous devez absolument retenir, c’est que vivre conformément au Coran exige de prendre une décision majeure dans votre vie. Quelles que soient les pensées qui vous entourent, quelles que soient les directives de votre société ou les actions des autres, vous devez changer complètement le cours de votre vie. Prendre cette décision exige un très grand sacrifice. Tant que vous ne serez pas prêts à consentir des sacrifices en tant que croyants en la parole d’Allah, le Coran, les résultats ne seront pas très bons, quel que soit le temps que vous lui consacrerez.
Dès le premier moment, dès le premier pas, il a été clairement établi que le Coran est une guidance pour ceux qui sont prêts à se préserver des conséquences de la désobéissance à Allah, pour ceux qui veulent se protéger du mécontentement d’Allah et qui craignent l’issue finale : ce sont eux les muttaqûn (Al-Baqara 2:1-5). Le Coran ne reconnaît aucune opposition entre la connaissance et l’action, ni entre la foi et les bonnes œuvres.
L’accomplissement de la mission coranique
Un aspect indispensable et essentiel de la conduite de sa vie conformément au Coran consiste à transmettre le message du Coran aux personnes qui vous entourent. En réalité, dès que la première révélation fut descendue sur le noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui), il comprit l’importante responsabilité et le devoir de la transmettre à son peuple. La deuxième révélation vint avec cette injonction : « Lève-toi et avertis » (Al-Muddaththir 74:2). Puis, à différentes étapes, il fut clairement établi au Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) que faire connaître le Coran aux autres, le leur faire entendre et l’expliquer constituaient sa responsabilité première, la mission de sa vie. (Al-An‘âm 6:19, Al-Furqân 25:1, Al-An‘âm 19:97, Al-A‘râf 7:157).
En tant que ses disciples et détenteurs du Livre d’Allah, nous avons nous aussi reçu cette même responsabilité et cette même mission. Réciter le Coran signifie que nous sommes tenus de le faire connaître aux autres ; écouter le Coran signifie que nous devons le faire écouter aux autres. Nous devons absolument le faire connaître à l’humanité et le Coran ne doit pas être tenu secret.
« Rappelle à ces gens du Livre l’engagement qu’Allah avait pris envers eux : vous devez transmettre aux gens les enseignements et l’esprit du Livre, et vous ne devez pas les dissimuler. Mais ils ont relégué le Livre derrière eux et l’ont vendu à vil prix. Comme est mauvais ce qu’ils font ! » (Al-‘Imran 3:187)
Si vous avez une lampe dans votre cœur et entre vos mains, elle diffusera nécessairement sa lumière. Si vous avez du feu dans votre cœur, il s’embrasera nécessairement. Ceux qui, pour de modestes intérêts mondains, ne le font pas remplissent en réalité leur ventre de feu.
« En vérité, ceux qui dissimulent les commandements et les interdits du Livre qu’Allah a révélé et qui le délaissent pour de modestes intérêts matériels ne font en réalité que remplir leur ventre de feu. Au Jour de la Résurrection, Allah ne leur parlera jamais et ne les déclarera pas purs. Un châtiment douloureux et terrible leur est réservé. » (Al-Baqara 2:174) Et ils méritent la malédiction d’Allah :
« Ceux qui dissimulent les enseignements lumineux et le mode de vie que Nous avons révélés, alors que Nous les avons exposés clairement dans Notre Livre pour guider l’ensemble des hommes, ceux-là doivent savoir qu’Allah les maudit, et que tous ceux qui maudissent les couvrent également de leur malédiction. » (Al-Baqara 2:159)
Jusqu’à ce qu’ils s’acquittent de leur responsabilité :
« Quant à ceux qui s’abstiendront de cette conduite répréhensible, réformeront leur manière d’agir et commenceront à révéler ce qu’ils dissimulaient, Je leur pardonnerai. En vérité, Je suis Pardonneur, Celui qui accepte le repentir, et Miséricordieux. » (Al-Baqara 2:160)
Mais s’ils meurent dans cet état, ils seront alors maudits par tous :
« Ceux qui ont adopté la mécréance et sont morts dans la mécréance, ceux-là seront frappés par la malédiction d’Allah, des anges et de l’ensemble des hommes. » (Al-Baqara 2:161)
Allah ne leur accordera même pas un regard :
« Quant à ceux qui vendent leurs engagements et leurs serments à vil prix, ils n’auront aucune part dans l’au-delà. Le Jour de la Résurrection, Allah ne leur parlera pas, ne les regardera pas et ne les purifiera pas ; ils auront plutôt un châtiment douloureux et pénible. (Âl ʿImrân 3:77)
Regardez-vous vous-mêmes, regardez les musulmans d’aujourd’hui. Pourquoi notre situation ne change-t-elle pas, malgré que des millions de personnes récitent le Coran jour et nuit ? Soit nous lisons le Coran sans le comprendre, soit, si nous le comprenons, nous ne l’acceptons pas et n’agissons pas conformément à ses enseignements ; soit encore, lorsque nous le lisons entièrement mais n’en appliquons qu’une partie, nous nous rendons coupables du plus grave des crimes : le dissimuler et ne pas le présenter aux peuples du monde à la lumière du Coran.
« Il y a parmi eux un autre groupe composé d’analphabètes, qui n’ont aucune connaissance du Livre d’Allah. Ils ne disposent que de leurs espoirs et de leurs désirs infondés, et sont guidés par des croyances et des convictions sans fondement. La ruine est donc assurée pour ceux qui écrivent de leurs propres mains des prescriptions de la charia, puis disent aux gens qu’ils en tireront un maigre profit. En vérité, ce que leurs mains ont écrit est la cause de leur ruine, et ce qu’ils acquièrent ainsi sera l’instrument de leur perte. » (Al-Baqara 2:77-78)
« Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous l’autre ? Sachez que ceux d’entre vous qui adoptent une telle attitude ne peuvent recevoir d’autre châtiment que d’être humiliés et avilis dans la vie présente, puis jetés, dans l’au-delà, vers le plus rigoureux des châtiments. Allah n’est nullement inattentieux à ce que vous faites. » (Al-Baqara 2:85)
Nous n’avons pas le moindre doute à ce sujet : tant que nous ne nous engagerons pas à assumer la responsabilité la plus importante qui nous incombe du fait de l’étude du Coran, celle d’en être les témoins, nous ne pourrons pas nous acquitter de notre devoir envers le Coran. La honte, le déshonneur, l’humiliation et le retard qui sont devenus notre lot ont pour seule cause notre attitude à l’égard du Coran et de sa mission.
Par l’intermédiaire de ce Livre, Allah élèvera certains peuples et en fera tomber d’autres. (Muslim)
Ah ! S’ils avaient établi la Torah, l’Évangile et les autres Livres qu’Allah leur a révélés, ils auraient reçu leur subsistance du ciel et de la terre. (Al-Mâ’ida 5:66)
Quels que soient les connaissances et le savoir que nous acquérions sur le Coran, tant que nous ne nous conformerons pas à ses enseignements, nous ne pourrons réussir à comprendre et à découvrir pleinement son sens véritable et sa juste portée. Le Prophète d’Allah (paix et bénédictions sur lui) dit à ses nobles Compagnons :
Il y aura parmi vous des gens dont la prière vous fera paraître vos propres prières insignifiantes, dont le jeûne vous fera paraître votre propre jeûne insignifiant et dont les bonnes œuvres vous feront paraître vos propres bonnes œuvres insignifiantes ; vous vous considérerez comme très inférieurs à eux. Ils réciteront le Coran, mais il ne descendra pas au-delà de leur gorge. (Al-Bukhari)
La soumission et la mise en pratique ne sont pas seulement nécessaires pour accomplir la véritable mission du Coran. Elles constituent aussi une clé certaine pour comprendre le Coran. La portée que vous pourrez découvrir en vous conformant aux directives du Coran ne peut être atteinte par la seule réflexion. Alors, vous pourrez contempler le Coran directement. À ce sujet, Sayyid Abul A‘la Maududi (que Dieu lui fasse miséricorde) a écrit dans des termes inoubliables, que l’on ne peut jamais oublier.
« Mais malgré tous ces efforts pour comprendre le Coran, nul ne peut se familiariser pleinement avec son essence tant qu’il ne met pas effectivement et concrètement en pratique les prescriptions et les directives avec lesquelles le Coran est venu. Ce n’est pas simplement un livre de doctrines et de courants de pensée. Il n’est donc pas possible d’en comprendre tous les enseignements en le lisant assis dans un fauteuil. Selon la conception religieuse courante dans le monde, ce n’est pas simplement un livre religieux. Il n’est pas possible d’en percer tous les mystères et toutes les vérités profondes en restant assis dans une madrasa ou une khanqah. Il a été dit dans l’introduction qu’il s’agit d’un livre d’appel et de mouvement. Dès son avènement, il a fait sortir un homme honnête et sincère, de nature silencieuse, de sa vie solitaire et retirée, et l’a placé face à un monde hostile à Allah. Il a placé sur ses lèvres une voix de protestation ardente contre le faux. Il l’a engagé dans un affrontement intense contre les porte-étendards de l’incroyance, de la perversité et de l’égarement de son époque. Il a recherché des gens vertueux dans chaque foyer, les a rassemblés sous l’étendard de l’appel à la vérité. Il a irrité et excité les fauteurs de troubles et les semeurs de corruption de chaque région du pays, provoquant leur guerre contre les partisans de la vérité. Ayant commencé son action par l’appel d’un seul homme, ce livre a dirigé pendant vingt-trois années entières ce vaste et grand mouvement islamique, jusqu’à l’établissement du califat divin. Au cours de ce long et épuisant conflit entre la vérité et le faux, il a, à chaque étape et à chaque phase, enseigné d’un côté les méthodes de destruction et présenté de l’autre les plans de construction. Dites-moi donc : si vous ne participez pas vous-mêmes à la lutte entre l’islam et la jahiliyya, entre la religion et l’incroyance, si vous n’avez pas l’occasion de franchir les étapes de ce conflit et de cet affrontement, comment la lecture des seuls mots du Coran pourrait-elle dévoiler devant vous toute sa profondeur ? »
Il n’est possible de comprendre pleinement le Coran que lorsque vous vous lèverez vous-mêmes avec son appel, commencerez à inviter les gens vers Allah et continuerez à avancer exactement comme ce Livre vous montre le chemin. Ce n’est qu’alors que vous pourrez acquérir les expériences de l’époque de la révélation du Coran. Vous verrez les étapes de La Mecque, de l’Abyssinie (l’Éthiopie actuelle) et de Taïf. Les étapes de Badr et d’Uhud, puis celles de Hunayn et de Tabuk, se présenteront également devant vous. Vous vous trouverez face à Abou Jahl et à Abou Lahab. Vous rencontrerez les hypocrites et les Juifs. Vous rencontrerez tous les croyants : des croyants dévoués de la première époque de l’islam jusqu’aux croyants au cœur faible. Il s’agit d’une forme d’« exercice spirituel » ; je l’appelle l’« exercice coranique ». Un spectacle extraordinaire se révèle sur ce chemin d’exercice. À mesure que vous franchirez ses différentes étapes, des versets et des sourates du Coran apparaîtront d’eux-mêmes devant vous à chacune d’elles. Ils vous diront : c’est à cette étape qu’ils ont été révélés et c’est là qu’ils ont apporté ces prescriptions. Il se peut alors que certaines notions de lexicographie, de grammaire et de rhétorique restent hors de la vue de celui qui s’exerce ; mais il ne peut jamais arriver que le Coran se montre avare d’ouvrir devant lui sa propre essence. De même, selon cette règle générale, l’homme ne pourra comprendre les prescriptions du Coran, ses enseignements moraux, ses règles économiques et culturelles, ainsi que les principes, règles et lois qu’il a établis concernant les différents aspects et domaines de la vie, tant qu’il ne les aura pas effectivement appliqués dans sa propre vie. Celui qui ne suit pas le Coran dans sa vie personnelle ne pourra pas le comprendre. De même, une nation dont toutes les institutions sociales ne suivent pas la voie et les principes d’action exposés par le Coran ne pourra pas se familiariser avec lui.
Ce que le Messager (qu’Allah l’agrée) récitait ou recommandait en particulier
Certaines sourates et certains versets du Noble Coran sont mentionnés comme ayant été récités fréquemment par le Prophète (paix et bénédictions sur lui) dans certaines prières ou en des circonstances particulières ; il en expliquait également les qualités et les mérites extraordinaires et en faisait tout spécialement l’éloge. Il vous faut connaître ces sourates et ces versets, ainsi que leurs qualités et leurs mérites extraordinaires.
Le hadith présenté ci-dessous ne vise pas à prouver qu’une partie du Coran serait supérieure à une autre. Vous ne devez pas négliger le reste du Coran pour vous consacrer, à la place, à la récitation ou à la mémorisation de ces passages particuliers. Ces passages sélectionnés sont nécessaires parce qu’il n’est possible à personne de mémoriser et de réciter chaque jour l’intégralité du Coran. En outre, chacun peut généralement s’habituer à réciter régulièrement une partie déterminée. Que pourrait-il y avoir de meilleur que de suivre le Messager (paix et bénédictions sur lui) et d’espérer la récompense qu’il a promise ?
Il est très important de se rappeler que le Messager () avait l’habitude de réciter l’intégralité du Noble Coran au moins une fois pendant le mois de Ramadan. Il récitait également de longs passages, tels que les sourates Al-Baqara et Al ‘Imran, en une seule rak‘a de la prière nocturne.
Ce que le Messager () récitait au cours des différentes prières
Il est rapporté de Jabir ibn Samura (que Dieu l’agrée) que le Messager () récitait la sourate Qaf (50) ainsi que des sourates similaires. (Muslim)
Il récitait la sourate Al-Waqi‘a (56). (At-Tirmidhi)
‘Amr ibn Hurayth (que Dieu l’agrée) dit : « Je l’ai entendu réciter la sourate At-Takwir (81). » (Muslim)
‘Abdullah ibn As-Sa’ib (que Dieu l’agrée) dit que, lorsqu’il se trouvait à La Mecque, il récitait jusqu’à quarante-cinq ou cinquante versets de la sourate Al-Mu’minun. (Muslim)
Abu Hurayra (que Dieu l’agrée) dit qu’il récitait les sourates Al-Kafirun (109) et Al-Ikhlas (112). (Muslim)
‘Uqba ibn ‘Amir (que Dieu l’agrée) dit qu’il récitait les sourates Al-Falaq (113) et An-Nas (114). (Ahmad, Abu Dawud)
Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) dit qu’il récitait des passages de la sourate Al-Baqara (2:136) et de la sourate Al Imran (3:64). (Muslim)
Il est rapporté qu’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) récitait Al-Baqara. (Al-Muwatta)
Othman ibn Affan (qu’Allah l’agrée) récitait souvent la sourate Youssouf (12). (Al-Muwatta)
Omar ibn Al-Khattab récitait la sourate Youssouf (12) et la sourate Al-Hajj (22).
Omar (qu’Allah l’agrée) écrivit à Abou Moussa (qu’Allah l’agrée) de réciter les longues sourates du Mufassal, c’est-à-dire de la sourate Muhammad (47) jusqu’à la sourate Al-Buruj. (At-Tirmidhi)
Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit que, lors des deux unités de prière précédant la prière de l’aube, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récitait la sourate Al-Kafiroun et la sourate Al-Ikhlas. (Ibn Majah)
La prière de l’aube
Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) a dit que, lors de la prière de l’aube du vendredi, il récitait au premier cycle la sourate As-Sajda (32) et au deuxième cycle la sourate Al-Insan (76).
Prière de zuhr et d’asr
Selon le récit de Jabir ibn Samura (qu’Allah l’agrée), il récitait, lors des prières de zuhr et d’asr, la sourate al-Layl (92) et, selon un autre récit, al-A‘la (87). (Muslim)
Selon le récit de Jabir ibn Samura, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait les sourates al-Buruj (85), at-Tariq (86) et des sourates similaires.
Umar (qu’Allah l’agrée) écrivit à Abu Musa (qu’Allah l’agrée) : « Récite les sourates du milieu des mufassal, c’est-à-dire depuis la sourate al-Buruj (85) jusqu’à al-Bayyina (98). » (Tirmidhi)
Prière du maghrib
Umm Fazl (qu’Allah l’agrée) dit : « Lors de la prière du maghrib, j’ai entendu le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) réciter al-Mursalat (77). » (Bukhari, Muslim)
Jarir ibn Mut‘im dit : « Je l’ai entendu réciter la sourate at-Tur (52). » (Bukhari, Muslim)
Abdullah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) dit qu’il récitait al-Kafirun (109) et al-Ikhlas (112). (Ibn Majah) Jabir ibn Samura (qu’Allah l’agrée) dit, particulièrement le vendredi soir (Sharh as-Sunna)
Abdallah ibn Utbah (qu’Allah l’agrée) dit qu’il récitait la sourate ad-Dukhân (an-Nasâ’î).
Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit qu’il récitait la sourate al-A‘râf (7). (An-Nasâ’î)
Abdallah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) dit que, dans les deux unités de prière après la prière du maghrib, il récitait les sourates al-Kâfirûn (109) et al-Ikhlâs (112). (At-Tirmidhî)
‘Umar (qu’Allah l’agrée) écrivit à Abû Mûsâ (qu’Allah l’agrée) : « Récite les sourates courtes d’al-Mufassal, c’est-à-dire de la sourate al-Bayyina (98) à la sourate an-Nâs (114). » (At-Tirmidhî)
La prière d’al-‘Ichâ’
Jarîr (qu’Allah l’agrée) dit qu’il a ordonné à Mu‘âdh ibn Jabal de réciter les sourates ach-Chams (91), ad-Duhâ (93), al-Layl (92), al-A‘lâ (87), ainsi que des sourates plus longues que la sourate al-Baqara. (Al-Bukhârî, Muslim)
Al-Barâ’ (qu’Allah l’agrée) dit : « Je l’ai entendu réciter la sourate at-Tîn (95). » (Al-Bukhârî, Muslim)
La prière du vendredi et les prières de l’Aïd
Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit : « Lors de la prière du vendredi, je l’ai entendu réciter la sourate Al-Jumu‘ah (62) dans la première rak‘a et la sourate Al-Munâfiqûn (63) dans la deuxième. » (Muslim)
Hazrat Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) dit : « Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récitait, dans les deux prières du vendredi et des fêtes, les sourates Al-A‘la (87) et Al-Ghâshiyah (88). Lorsque le vendredi et la fête tombaient le même jour, il récitait les mêmes sourates dans les deux prières. » (Muslim)
Hazrat Wâfiq al-Laythî (qu’Allah l’agrée) dit : « Lors des prières de l’Aïd al-Adhâ et de l’Aïd al-Fitr, il récitait les sourates Qâf (50) et Al-Qamar (54). » (Muslim)
9 : Ce que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récitait à différents moments
Tahajjud
Hazrat Abd Allah ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) dit qu’après s’être réveillé, il regardait vers le ciel et récitait depuis « Innâ fî khalqis… » jusqu’à la fin de la sourate (Âl ‘Imrân 3:190-200 ; Boukhari).
Le matin et le soir
Hazrat Abd Allah ibn az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) dit : « Récite trois fois le matin et trois fois le soir les sourates Al-Ikhlâs (9112), Al-Falaq (113) et An-Nâs (114). Cela te suffira pour atteindre n’importe quel objectif. » (Tirmidhî, Abou Dâwoud)
Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) a dit : Quiconque récite le Verset du Trône ainsi que Ha-Mîm al-Masîr (Al-Mu’min 40:2-3) le matin sera protégé par Allah jusqu’au soir, et quiconque les récite le soir sera protégé par Allah jusqu’au matin. (At-Tirmidhi)
Hazrat Maqîl ibn Yaghar (qu’Allah l’agrée) a dit : Si quelqu’un récite le matin les trois derniers versets de la sourate Al-Hachr (59:22-24), 70 000 anges ne cessent d’implorer Allah de lui pardonner jusqu’au soir. S’il les récite le soir, les anges ne cessent d’implorer Allah de lui pardonner jusqu’au matin. (At-Tirmidhi)
Hazrat Abdallah ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) a dit : Si quelqu’un récite le matin les trois versets de la sourate Ar-Rûm (30:17-19), il sera récompensé même s’il néglige une bonne œuvre pendant la journée ; et s’il les récite le soir, il sera récompensé même s’il néglige une bonne œuvre pendant la nuit. (Abou Dawoud)
Avant de dormir ou pendant la nuit
Dans un long hadith relatant sa confrontation avec Satan, Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) a dit : Récite le Verset du Trône au moment de te coucher. Alors, un gardien sera désigné pour toi par Allah et Satan ne pourra pas s’approcher de toi jusqu’au matin. (Al-Boukhari)
Hazrat Aïcha (qu’Allah l’agrée) a dit : Lorsqu’il allait se coucher, il joignait ses deux mains, y récitait les sourates Al-Ikhlâs, Al-Falaq et An-Nâs, puis soufflait dessus. Ensuite, il se frottait avec ses mains la tête, le visage et la partie antérieure du corps, autant qu’il le pouvait. Il faisait cela trois fois. (Al-Boukhari, Muslim)
Abdallah ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) a dit : Récite les deux derniers versets de la sourate Al-Baqara. Celui qui récite ces deux versets pendant la nuit, ils lui suffisent. (Al-Boukhari, Muslim)
La récitation de la dernière partie de la sourate Âl ‘Imrân (3:190-200) te vaudra une récompense semblable à celle d’un gardien vigilant durant la nuit. Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) a dit : Celui qui récite la sourate Ad-Doukhân, 70 000 anges continueront jusqu’au matin à demander à Allah de lui accorder Son pardon. (At-Tirmidhi)
Al-Irbad ibn Sâriya (qu’Allah l’agrée) a dit : « Récitez les Musabbihât, Al-Isrâ (17), Al-Hadîd (57), Al-Hachr (59), As-Saff (61), Al-Jumu‘a (62), At-Taghâbun (64) et Al-A‘lâ (87). » Il récitait ces sourates avant de dormir et disait : « Un de leurs versets est meilleur que mille versets. » (Abû Dâwûd, At-Tirmidhî)
Jâbir (qu’Allah l’agrée) a dit qu’il ne dormait jamais sans réciter As-Sajda (32) et Al-Mulk (67). (Ahmad, At-Tirmidhî)
10 : Ce que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit au sujet des mérites de diverses sourates
La sourate Al-Fâtiha
Abû Sa‘îd Al-Mu‘allâ (qu’Allah l’agrée) a dit : « Ne vais-je pas vous enseigner une sourate qui est la plus sublime du Coran ? » Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prononça ces paroles, puis lui enseigna la sourate Al-Fâtiha et dit : « Les sept versets répétés et le Coran sublime m’ont été donnés ; c’est elle. » (Al-Bukhârî)
Il est rapporté d’Abdullah ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) qu’un ange dit au Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) : « Réjouissez-vous de ces deux lumières qui vous ont été données et qui n’ont été données à aucun autre prophète. L’une est la sourate Al-Fâtiha et l’autre, les derniers versets de la sourate Al-Baqara (2:285-286). » (Muslim)
Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) a dit : « Par Allah, dans la main duquel se trouve mon âme, rien de semblable à la sourate Al-Fâtiha n’a été révélé dans la Torah, ni dans l’Évangile, ni dans les Psaumes, ni dans le Coran. » (At-Tirmidhî)
Abdul-Malik ibn Umayr (qu’Allah l’agrée) a dit : « Elle est un remède contre toute maladie. » (Ad-Dârimî)
Les sourates Al-Falaq et An-Nas
Uqba ibn Amir dit : « On n’a jamais rien vu de semblable. » (Muslim)
Aucun de ceux qui cherchent refuge ne peut le faire au moyen de quelque chose d’autre comme avec ces deux sourates. (Abou Dawoud)
Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée) dit : « Quelqu’un parmi vous peut-il réciter le tiers du Coran en une seule rak‘a ? » Il demanda cela, puis ordonna : « Récitez la sourate Al-Ikhlas, car elle équivaut au tiers du Coran. » (Al-Boukhari, Muslim)
Selon le récit d’Aïcha (qu’Allah l’agrée), au sujet de celui qui récite cette sourate à chaque prière, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Dis-lui qu’Allah l’aime. » (Al-Boukhari, Muslim)
La sourate Al-Kafiroun
Abdullah ibn Abbas (qu’Allah les agrée) et Anas ibn Malik (qu’Allah l’agrée) disent qu’elle équivaut au quart du Coran. (At-Tirmidhi)
La sourate An-Nasr
Anas (qu’Allah l’agrée) dit : « Elle équivaut à un quart du Coran. » (At-Tirmidhi)
Sourate At-Takâthur
Abdullah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux) demanda : « Ne pouvez-vous pas réciter mille versets en un jour ? » Puis il dit : « Quelqu’un parmi vous ne peut-il pas réciter la sourate At-Takâthur ? » (Al-Bayhaqi)
Sourate Az-Zalzalah
Abdullah ibn Abbas et Anas ibn Malik (qu’Allah les agrée) disent : « Elle équivaut à la moitié du Coran. » (At-Tirmidhi)
Âyat al-Kursî (sourate Al-Baqarah, 2:255)
Selon Ubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée), il demanda : « Savez-vous quel est le plus grand verset du Livre d’Allah ? » Lorsqu’on lui répondit qu’il s’agissait d’Âyat al-Kursî, il l’approuva. (Muslim)
Âmana ar-Rasûl (Al-Baqarah, 2:285-286)
Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) dit : « Aucun prophète avant lui n’avait apporté une lumière semblable. » (At-Tirmidhi)
Numan ibn Bashir (qu’Allah l’agrée) dit : « Quelle que soit la maison où elle est récitée, Satan ne peut s’en approcher pendant trois nuits. » (At-Tirmidhi)
Aïfa ibn Abd al-Kilâï (qu’Allah l’agrée) dit : « Elle émane du trésor de Ses réserves, sous le Trône d’Allah, qu’Il a accordé à cette communauté ; il n’existe aucun bien dans ce monde ni dans l’au-delà qui n’y soit inclus. » (Ad-Darimi)
Abou Dharr (qu’Allah l’agrée) dit : « Apprenez-la et enseignez-la à vos épouses et à vos enfants, car elle est une bénédiction, une récitation et une offrande. » (Al-Hakim)
Les sourates Al-Baqara et Âl-Imran
Abou Oumama (qu’Allah l’agrée) dit : « Récitez les deux sourates lumineuses et resplendissantes. Car, le Jour de la Résurrection, elles viendront telles deux nuées, deux ombres ou deux bandes d’oiseaux, plaidant en faveur de leurs compagnons. » (Mouslim)
Nawwas ibn Sam’an (qu’Allah l’agrée) dit : « Le Coran sera amené, le Jour de la Résurrection, avec ceux qui le mettaient en pratique. À leur tête se trouveront les sourates Al-Baqara et Âl-Imran. Elles apparaîtront comme deux nuages noirs, deux ombres lumineuses ou deux bandes d’oiseaux, et elles plaideront en faveur de leurs compagnons. » (Mouslim)
Sourate Al-Baqara (2)
Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit : Ne transformez pas votre maison en cimetière en abandonnant la récitation du Coran. Satan fuit la maison dans laquelle la sourate Al-Baqara est récitée. (Muslim)
Abou Oumama (qu’Allah l’agrée) dit : Récitez la sourate Al-Baqara, car s’y attacher est une bénédiction et l’abandonner est une perte. (Muslim)
Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit : Toute chose possède un trésor, et le trésor du Coran est la sourate Al-Baqara. (Muslim)
Sourate Al-An‘am (48)
Jabir (qu’Allah l’agrée) dit : Tant d’anges descendirent lors de la révélation de cette sourate qu’ils couvrirent l’horizon du ciel. (Al-Hakim)
Sourate Al-Kahf (18)
Abou Darda (qu’Allah l’agrée) dit : Quiconque apprend, mémorise et met sincèrement en pratique les dix premiers versets de la sourate Al-Kahf sera protégé contre l’Antéchrist. (Muslim)
Sourate Yassine (48)
Hazrat Anas (qu’Allah l’agrée) a dit : Chaque chose possède un cœur, et le cœur du Coran est la sourate Yâ-Sîn. Quiconque la récite, Allah lui inscrira la récompense de l’accomplissement de dix lectures complètes du Coran. (At-Tirmidhi)
Maqil ibn Yamar (qu’Allah l’agrée) a dit : Celui qui récite la sourate Yâ-Sîn en recherchant l’agrément d’Allah, Allah lui pardonne ses péchés passés. Récitez-la donc même au moment de la mort. (Al-Bayhaqi)
Sourate Al-Fath (48)
Hazrat Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : Je l’aime plus que toute chose au monde. (Al-Bukhari)
Sourate Ar-Rahman (55)
Hazrat Abdallah ibn Mas’ud (qu’Allah l’agrée) a dit : Chaque chose possède un ornement, et l’ornement du Coran est la sourate Ar-Rahman. (Al-Bayhaqi)
Sourate Al-Waqi’a (56)
Quiconque récite la sourate Al-Waqi’a chaque nuit ne connaîtra pas la pauvreté.
Sourate al-Mulk (67)
Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit : les trente versets de cette sourate intercèdent en faveur d’un homme jusqu’à ce que ses péchés lui soient pardonnés. (Ahmad, at-Tirmidhi, Abou Dawoud)
Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédiction sur lui) a dit : « J’aime que cette sourate prenne place dans le cœur de chaque croyant. » (Al-Hakim)
Sourate al-A‘la (87)
Ali (qu’Allah l’agrée) dit qu’il aime cette sourate. (Ahmad)
11 : Programme d’étude du Coran
Concevoir un programme de passages coraniques pour une étude personnelle ou un cercle d’étude est une tâche très difficile. Tout d’abord, que faut-il y inclure ? Il est presque impossible d’effectuer une sélection suffisante et satisfaisante à partir de l’ensemble du Noble Coran. Chaque partie du Coran contient des enseignements supplémentaires et nouveaux. Même les passages qui se répètent souvent et qui sont de même nature renferment des lignes directrices distinctes. Un nombre déterminé de passages ne peut présenter qu’un nombre déterminé de lignes directrices. Ainsi, tout programme comportera nécessairement le défaut de laisser de côté de nombreuses choses d’importance égale ou majeure. De plus, toute approche déterminée sera arbitraire. Elle exprimera, ou tendra naturellement à exprimer, non pas le Coran, mais uniquement la vision personnelle ainsi que les préférences et les aversions de celui qui effectue la sélection. Il est très important de garder à l’esprit ces limites lors de l’utilisation du programme présenté ici. Vous devez être conscient que ce qui a été laissé de côté possède également une valeur égale et que vous êtes guidé par une personne ordinaire, qui n’est pas à l’abri des erreurs et des défauts.
Deuxièmement, par où faut-il commencer, où faut-il terminer et selon quelle progression faut-il avancer ? La seule progression satisfaisante est celle du Coran, tel qu’il a été révélé par Allah. Mais un programme ne peut éviter de modifier cette progression. Sur quelle base ? Une fois encore, ce choix sera nécessairement arbitraire. Toute progression peut souvent constituer une alternative parmi les séquences nécessaires. Vous pouvez également avancer de la manière suivante : commencez par établir le statut du Coran en tant que révélation d’Allah. Puis familiarisez-vous avec les signes présents dans l’univers, avec votre propre personne et votre histoire, avec la foi en Allah, en l’Au-delà et au Messager, avec la dignité individuelle et collective, avec les buts et les objectifs de la vie musulmane, avec la foi et l’appel au djihad, ainsi qu’avec l’accomplissement de l’engagement et du serment envers Allah. Ou bien, si on le souhaite, on peut commencer par les croyances fondamentales. Ce que j’ai mentionné ici peut être modifié selon les circonstances. Il faut dès le début rappeler au lecteur les bienfaits de l’islam. Il faut lui rappeler le but de sa vie et son serment envers Allah. Cela repose sur ma compréhension de la manière dont Allah Très-Haut s’est adressé aux musulmans éprouvés dans la sourate al-Baqara.
Chaque cycle commencera par une discussion sur la manière de lire et de comprendre le Coran. Ce livre devrait y être utile.
Une remarque particulière au sujet de la sourate Al-Fatiha. Cette sourate occupe une place exceptionnelle dans le Noble Coran. Elle contient tout l’essentiel du sens du Coran. Vous la récitez plusieurs fois chaque jour. Elle devrait donc faire partie de tout programme d’études. Toutefois, pour qu’un débutant puisse réellement tirer profit de son étude, il lui faudra l’aide d’un bon enseignant ou d’un ouvrage de tafsir. Partout où une telle aide est disponible, même en échange d’une partie du programme prévu, il faut absolument l’intégrer au programme d’études.
Les sourates courtes vers la fin du Noble Coran, que vous récitez dans vos prières quotidiennes, sont également très importantes. Il faudra de l’aide pour comprendre correctement ces versets. Lorsque les moyens et les ressources appropriés seront disponibles, il faudra étudier ces sourates.
Deux programmes d’études sont présentés ici. Le programme abrégé, qui comprend 12 parties sélectionnées, est destiné à un cycle d’étude d’un an ou à une étude approfondie sur une courte période. S’il y a un enseignant et que l’on dispose de beaucoup de temps pour étudier, il peut également convenir à un programme de 12 semaines ou à un camp d’étude de 14 jours. Il peut même servir à élaborer un programme encore plus court, par exemple de 5 à 7 jours.
Pour chaque partie sélectionnée, plusieurs grands thèmes ont été indiqués afin que vous puissiez y réfléchir. Certaines orientations coraniques ont été fournies pour vous permettre de réfléchir à leur lumière. Ces références reposent sur ma propre compréhension et ne sont en aucun cas exhaustives. En progressant, vous constaterez peut-être que peu de références sont données. C’est parce que l’on espère que vous prendrez vous-même l’initiative et qu’entre-temps vous vous serez familiarisé avec ces éléments. Le programme détaillé est conçu pour convenir à un cycle d’étude hebdomadaire sur une année.
12 : Programme abrégé : 12 parties prescrites
Cours d’un an pour un cycle d’étude mensuel
(1) Sourate Al-Hajj 22 : 77-78
Réfléchissez : la vie de dévotion et d’obéissance trouve son accomplissement dans le jihad, est centrée sur la mission du shahâdat, le but d’être musulman, ainsi que les moyens que sont la prière, la zakat et le jeûne.
(1.1) Le rukû‘ et le sujûd : les actes de dévotion et d’obéissance que sont la prière, en particulier la prière nocturne, l’état d’esprit, l’état du comportement, individuellement et publiquement — 2:125, 16:49, 1:43, 76:26, 39:9, 77:48, 5:55, 96:19, 9:112, 48:29, 2:58.
(1.2) La dévotion : en tant que but de la création, le message fondamental d’Allah, l’obéissance et la soumission parfaites imprégnant toute la vie, se détourner de toute fausseté et se tourner vers Allah — 51:56, 16:36, 21:25, 4:36, 39:11, 40:66, 12:40.
(1.3) Le bien : du cœur à tous les domaines de la vie — 8:70, 2:269, 2:180, 73:20, 99:7.
(1.4) Le jihad : ses exigences — 49:15, 8:74, 3:142, 9:19-22, 4:95-96, 61:11, 9:41-45, 9:24.
(1.5) À propos d’être choisi en vue de rencontrer le martyre — 2:128-129, 2:143, 6:161-164, 3:65-68.
(1.6) L’exemple de Hadrat Ibrâhîm concernant le tawhîd, l’obéissance et le sacrifice — 6:79, 60:4, 2:131
(1.7) Le dîn — 5:3-6, 2:185, 4:26-28.
(1.8) Mission de témoignage – 2:213, 33:45, 5:67, 48:8, 3:187, 4:41, 2:159-163, 174-176.
(1.9) La prière : importance, conditions internes et externes pour l’établir – 2:3, 19:59, 70:23, 34:2, ******, 102:3, 2:239, 29:45, 7:29, 23:2, 4:43, 17:78, 4:142, 2:34, 7:31, 62:9-11, 19:55, ******, 22:41.
(1.10) La zakât : importance et signification – 41:6-7, 9:5, 30-39, 9:103.
(1.11) Le jeûne – 3:101, 31:22, 26:77-82.
(2) Sourate Al-Baqara 2:40-7
Réfléchissez : souvenez-vous des bienfaits de la guidance et d’autres choses, tenez la promesse faite à Allah, renouvelez la foi, faites le commerce consistant à obtenir un maigre avantage en échange de la parole d’Allah, mêlez la vérité au mensonge et falsifiez-la, dissimulez la vérité, la prière, la zakât, la vie collective dans l’adoration et en dehors, l’hypocrisie et la duplicité, la patience et la prière comme forces morales.
(2.1) La régularité – dans la guidance, la nature et l’histoire – 5:3, 2:150, 5:7, 16:8, 3:103, 8:26, 5:10.
(2.2) La promesse – 7:11, 48:8-10, 7:172, 36:60, 33:21-24, 5:12-13, 3:76-86.
(2.3) Le marchandage proposé par Allah dans ce monde et dans l’au-delà — 3:1-39, 24:55, 5:66, 4:66-9.
(2.4) Appel au renouvellement de la foi — 4:136-139, 57:7-16, 4:60-61.
(2.5) Les profits mondains en échange de la foi — 5:44, 2:174-176.
(2.6) Recouvrir la vérité de mensonges — 2:75, 78, 79, 40, 41, 91, 94, 102, 111, 113, 5:18.
(2.7) Dissimulation de la vérité — 2:157-163, 174-186.
(2.8) L’importance de la prière ; la prière en assemblée à la mosquée constitue le fondement de la communauté islamique — 18:28, 9:16-17, 24:36, 2:114, 9:107-108.
(2.9) L’incohérence entre les paroles et les actes, en particulier dans le travail de prédication — 61:2-3, 63:1-4.
(2.10) Le principal moyen de tenir son engagement envers Allah est la patience et la prière — 2:153-157, 41:35, 46:35, 7:107, 8:43, 3:125, 8:65-66.
(2.11) Avertissement et assurance concernant le retour vers Allah — 52:48.
(3) Sourate Al-Muzzammil, 73:1-10 et 20
Réfléchissez : la récitation du Coran dans la prière nocturne, le dhikr, le tabattul, le tawakkul, le sabr, la salat, la zakat, la justice et l’istighfar.
(3.1) Qiyam al-layl — 32:15-16, 39:9-23, 51:15-19, 17:78-82.
(3.2) Tasbih — 20:24-33
(3.3) La clé fondamentale de la tazkiya est le dhikr — en toute circonstance et sous diverses formes : dans le cœur, par la langue, physiquement, dans les actes, dans la da‘wa et dans le jihad — 87:15, 3:191, 13:28, 39:22-23, 62:9, 2:150-155.
(3.4) Le tawakkul : sa signification et sa nécessité — 8:2-4, 65:3, 11:123, 12:67, 25:58, 14:12.
(3.5) Les différentes formes de Yaf‘alûn — 34:8, 21:5, 25:4-5, 7, 68:8-15, 17:90-93, 10:15, 17:73.
(3.6) Le prêt gracieux et les dépenses dans la voie d’Allah — 57:11-16, 92:18-21, 23:60, 2:264-274, 3:92, 4:38, 57:10, 63:11, 35:29.
(3.7) L’istighfâr, le point central du message d’Allah : la vigilance, le discernement, la reddition des comptes, la reconnaissance des fautes, le retour, les récompenses dans ce monde et dans l’au-delà — 4:110, 3:15-17, 3:133-136, 3:146-148, 71:7-12, 39:53, 64:17.
(4) Sourate Al-Hadîd 57:1-7
Réfléchissez au Coran : toute chose proclame la gloire d’Allah ; toute la royauté Lui appartient ; Il est le Maître de la vie et de la mort ; Son pouvoir s’étend sur tous ; Sa connaissance embrasse toute chose ; Sa souveraineté et Son autorité s’exercent sur tous et sur le temps ; Il sait aussi ce qui se trouve dans les cœurs des hommes. À la lumière de cela : l’appel à la foi et aux dépenses dans la voie d’Allah.
(4.1) Les attributs d’Allah — 22:18, 17:44, 10:31,6, 59:61, 3:154, 28:70-72, 2:255, 59:22-24, 3:25-26.
(5) Sourate An-Nahl 16:1-22
Réfléchissez au Coran : les preuves du tawhîd, de la risâla et de l’au-delà dans l’univers et en soi-même. L’être humain, la Terre, le Paradis, le but de la création des êtres vivants, la pluie, la croissance des cultures, la nuit et le jour, le soleil, la lune, les étoiles, les diverses couleurs, la nourriture et les richesses dans la mer, et les étoiles comme moyen d’orientation.
(5.1) Les preuves, dans différentes sections — 30:17-27, 27:59-68, 10:1-10, 31:6.
(6) Sourate Yâ-Sîn 36:50-65
Réfléchissez au parcours à travers les différentes étapes de la vie. La mort et les derniers instants de la vie, la grande destruction ou le Jour de la Résurrection, puis la résurrection, le jugement, la récompense et le châtiment.
(6.1) L’au-delà — 50:16-35, 75:20-30, 18:47-9, 20:100-112, 22:1-7, 23:99-118, 43:66-80, 44:40-59, 51:1-27.
(7) Sourate al-Hadîd 57:20-25
Réfléchissez : la réalité et la nature de la vie présente. Déployer des efforts pour Allah et Son Messager.
(7.1) La vie présente et la vie future — 3:14-15,105, 10:24, 18:45, 4:134, 17:18-19, 42:19-20.
(7.2) Établir l’équité et la justice — 4:135, 61:9-14.
(8) Sourate al-Ankabût 28:1-10
Réfléchissez : la nécessité des épreuves et de subir des souffrances pour mettre la foi à l’épreuve et parvenir au succès.
(8.1) Voir : 2:155, 2:214, 3:140-142, 3:179, 47:29-31.
(9) Sourate Al-Anfal 8:72-75
Réfléchissez au lien profond entre la foi, l’émigration et le djihad. La nécessité d’une organisation collective pour le djihad.
(10) Sourate At-Tawbah 9:19-24
Réfléchissez : les fondements de la vie collective, nécessaires à l’accomplissement de la mission d’Allah, sont l’obéissance et la réponse à l’appel du Prophète.
(10.1) Voir : 8:20-28, 49:1-5, 58:11-13, 9:42-57, 9:62-66, 9:81-82, 62:9-11.
(11) Sourate Âl ‘Imrân 3:190-200
Un résumé complet : Allah, l’au-delà, la mission prophétique, la création du Paradis et de la terre, les preuves de l’alternance du jour et de la nuit, mener sa vie dans le souvenir constant d’Allah, l’au-delà comme objectif ultime, la confiance et la foi envers le Prophète envoyé par Allah, la portée de la lutte et des épreuves, et la guidance pour la vie collective.
Il est supposé que le programme mentionné ci-dessus sera étudié dans le cadre d’un cours plus vaste. C’est pourquoi rien concernant les qualités personnelles et collectives de la vie musulmane n’y a été inclus. Si tel n’est pas le cas, il serait très utile d’y ajouter les passages suivants : Al-Isrā’ — 17:23-39, Al-Furqān — 25:63-77, Luqmān — 31:12-19, Al-Hujurāt — 49:10-14.
13 : Programme long : 40 parties
Cours d’un an pour un cercle d’étude hebdomadaire
(1) Sourate Al-Hajj — 22:77-78 : une vie de jihād et de dévotion, la mission du martyre.
(2) Sourate At-Tawbah — 9:111-112 : l’engagement de la foi, une vie de dévotion.
(3) Sourate An-Nisā’ — 4:131-137 : le témoignage en faveur de la justice, l’appel à la foi.
(4) Sourate Āl ʿImrān — 3:102-110 : la mission de l’oumma.
(5) Sourate Al-Fath — 48:4-11 : Engagement à poursuivre la mission du Prophète.
(6) Sourate Al-Baqara — 2:40-46 : Appel à tenir ses engagements.
(7) Sourate Al-Muzzammil — 73:1-10, 20 : Établir une relation avec Allah.
(8) Sourate Al-Isra — 17:23-39 : Éthique individuelle et collective.
(9) Sourate An-Nahl — 16:1-11 : Preuves du tawhid, de la risalat et de l’au-delà.
(10) Sourate An-Nahl — 16:12-22 : Preuves du tawhid, de la risalat et de l’au-delà.
(11) Sourate Yunus — 10:31-3 : Preuves du tawhid et guidance.
(12) Sourate Al-Hajj — 22:1-7 : Preuves de l’au-delà.
(13) Sourate Al-Kahf — 18:1-18 : l’au-delà.
(14) Sourate Al-Mu’minûn — 99:1-118 : l’au-delà.
(15) Sourate Yâ-Sîn — 36:50-65 : l’au-delà.
(16) Sourate Qâf — 50:19-35 : l’au-delà.
(17) Sourate Az-Zumar — 39:53-56 : se préparer à l’au-delà.
(18) Al-Hashr — 59:18-24 : se préparer à l’au-delà et les attributs d’Allah.
(19) Al-Hadîd — 57:1-7 : les attributs d’Allah, la foi et l’appel à dépenser dans la voie d’Allah.
(20) Al-Hadîd — 57:12-17 : la foi et l’infaq.
(21) Al-Hadid — 57:20-25 : la vie présente, l’infâq, l’établissement de la justice.
(22) Sourate As-Saff — 61:9-14 : la mission du Prophète, la foi et l’appel au djihad.
(23) Sourate Al-Anfal — 8:72-75 : la foi, l’hégire, le djihad, la jama‘a.
(24) Sourate An-Nisa — 4:95-100 : l’hégire et le djihad.
(26) Sourate At-Tawba — 9:19-24 : le djihad, l’œuvre suprême, tout abandonner.
(27) Sourate At-Tawba — 9:38-45 : le djihad.
(28) Sourate Al Imran — 3:169-175 : mourir dans la voie d’Allah.
(29) Sourate Al-Baqara — 2:261-266 : la justice dans la voie d’Allah.
(30) Sourate Al-Baqara – 2:267-72 : la justice dans la voie d’Allah.
(31) Sourate Al-Anfal – 8:20-29 : la vie collective, l’obéissance.
(32) Sourate An-Nisa – 4:60-67 : la vie collective, l’obéissance.
(33) Sourate An-Nur – 24:47-52, 62-64 : la réponse de la vie collective et l’obéissance.
(34) Sourate Al-Hujurat – 49:1-9 : la vie collective, les relations avec les dirigeants.
(35) Sourate Al-Mujadila – 58:7-13 : la vie collective, les règles et les responsabilités.
(36) Al-Hujurat – 49:10-15 : la vie collective, les relations interpersonnelles.
(37) Al-Mursalat – 41:30-6 : la da‘wa et les qualités nécessaires.
(38) Al-Baqara — 2:150-63 : la mission et ses responsabilités.
(39) Al-Imran — 3:185-92 : résumé.
(40) Al-Imran — 3:193-200 : résumé.
Quarante parties ont été prévues pour cinquante-deux semaines. On a supposé qu’aucune semaine ne serait laissée de côté et que l’achèvement de certaines parties prendrait plusieurs semaines.
Quoi qu’il en soit, si cela est facilement accessible, on peut se concentrer sur les passages historiques du Coran que je n’ai pas inclus ici. À cet égard, on peut choisir chaque semaine un prophète, comme Noé (paix sur lui) ou Hûd (paix sur lui), pour l’étudier. Il faudra, à ce propos, discuter des versets coraniques probants en se fondant sur chacun des passages de la sourate Al-A‘râf.
1. Al-A‘râf — 7:59-64
2. Al-A‘râf — 7:65-72
3. Al-A‘râf — 7:73-9
4. Al-A’râf-7:40-44
5. Al-A’râf-7:45-93
6. Al-A’râf-7:94-102
7. Sourate Houd-11:116-123
— Fin —