Hazrat Muhammad (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) est certes le dernier des prophètes, mais il est également le prophète de l’ensemble de l’humanité du monde entier. Nous, chaque musulman qui prétend être membre de la communauté du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), avons le devoir de nous tenir informés de tous les commandements et prescriptions du Messager. Toutes les paroles et tous les actes du Maître au cours de sa vie constituent sa Sunna. C’est par les hadiths que nous pouvons acquérir la connaissance de la Sunna. Il est donc indispensable et nécessaire pour nous d’acquérir la connaissance des hadiths en même temps que celle du saint Coran.
C’est le sentiment de cette nécessité qui m’a incité à compiler ce livre. Dans cet ouvrage, j’ai essayé de rassembler en un seul endroit les directives du Messager (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) concernant les sujets nécessaires. Dans ce premier volume, j’ai bien entendu exposé l’importance et les mérites de chaque sujet. Dans le deuxième volume, j’ai traité des questions juridiques. Dans le troisième volume, j’ai mis en lumière les hadiths relatifs aux questions morales. Dans le quatrième volume, j’ai mis en lumière les hadiths relatifs aux recommandations du Messager.
Si ce livre apporte ne serait-ce qu’un peu d’aide à ceux qui souhaitent acquérir des connaissances sur les directives du Noble Prophète, je considérerai que mon travail aura été fructueux. Que le Très-Haut accepte ce modeste effort de ma part. Amen !
Abul Kalam Muhammad Yusuf
Dhanmondi, Dhaka.
Chapitre 1 : Les hadiths
Définition et présentation du hadith
Les paroles, les actes et les approbations du Messager (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) sont appelés hadiths. Autrement dit, les paroles que le Maître a prononcées en tant que Messager, les actes qu’il a accomplis et les actes des Compagnons qu’il a vus et approuvés constituent les hadiths.
Dans l’introduction du Sahih al-Bukhari, il est dit à propos de la définition du hadith :
وَهُوَ عِلْمٌ يُعْرَفُ بِهِ أَقْوَالُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَفْعَالُهُ وَأَحْوَالُهُ
« Le hadith désigne la science par laquelle on prend connaissance des paroles, des actes et de l’état du Noble Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). »
Dans l’introduction de Mishkât Sharîf, le muhaddith Sheikh Abd al-Haqq al-Dihlawî a donné la définition suivante du hadith,
عِلْمُ الْحَدِيْثِ فِي اصْطِلاحِ جَمْهُورِ الْمُحَدِّثِيْنَ يُطْلَقُ عَلَى قَوْلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَفِعْلِهِ وَتَقْرِيْرِهِ
« Dans la terminologie des muhaddithîn, la science du hadith désigne la science par laquelle on connaît les paroles et les approbations du noble Prophète (s.). »
On appelle approbation toute parole ou tout acte prononcé ou accompli par un compagnon devant le noble Prophète (s.), sans que le Prophète (s.) ne l’ait désapprouvé. En effet, si la parole ou l’acte susmentionné avait été répréhensible du point de vue de la charia, le Prophète (s.) l’aurait désapprouvé. Ainsi, ce genre d’approbation du Prophète constitue également l’une des principales sources permettant de connaître les prescriptions de la charia.
À propos de la définition du hadith, l’imam al-Sakhâwî a dit :
الْحَدِيثُ فِي اللُّغَةِ ضِدُّ الْقَدِيمِ وَفِي اصْطِلاحِهِمْ قَوْلُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَفِعْلُهُ وَتَقْرِيْرُهُ وَصِفَتُهُ حَتَّى فِي الْحَرَكَاتِ وَالسَّكَنَاتِ فِي الْيَقْظَةِ وَالنَّوْمِ
Dans le dictionnaire, le mot « hadith » signifie « nouveau » et s’oppose au mot « qadîm », qui signifie « ancien ». Dans la terminologie des muhaddithîn, on appelle hadith les paroles, les actes, les approbations et les qualités du noble Prophète (s.). Même les mouvements du Prophète, à l’état de veille comme pendant son sommeil, sont inclus dans le hadith.
Les différentes catégories de hadiths selon leur contenu
Shah Waliullah Dehlawi a déclaré, à propos de la discussion des hadiths dans son célèbre ouvrage Hujjatullah al-Baligha : « Les hadiths rapportés du Prophète (s) sont généralement de deux catégories.
1) Ceux qui exposent les questions relatives à sa mission prophétique et apostolique. Par exemple, les hadiths qui décrivent diverses questions et situations de la vie future ainsi que les réalités extraordinaires du monde supérieur. La source de ce type de hadiths est exclusivement la Révélation. C’est au sujet de cette catégorie de hadiths qu’Allah a donné l’instruction suivante.
مَا آتَاكُمُ الرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانْتَهُوا
« Acceptez tout ce que le Messager vous ordonne et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit. »
Les hadiths relatifs aux prescriptions de la Loi religieuse, aux règles du culte et aux dispositions d’intérêt public ayant une portée durable et pour lesquelles aucune limite temporelle n’a été fixée relèvent également de la première catégorie. Toutefois, certaines de ces dispositions proviennent de la Révélation, tandis que d’autres sont le fruit de l’ijtihad personnel du Messager. L’ijtihad du noble Prophète possède néanmoins le même rang que la Révélation, car l’ijtihad du Prophète ne peut jamais demeurer dans l’erreur. Les hadiths relatifs aux mérites des œuvres ainsi qu’aux qualités et au rang de ceux qui les accomplissent appartiennent également à la première catégorie. À mon avis, la plupart d’entre eux proviennent de la Révélation, tandis que certains sont le résultat de l’ijtihad du Prophète.
2) Ceux qui ne décrivent pas les aspects liés à la mission prophétique et apostolique du Prophète, mais exposent d’autres sujets. Il s’agit, par exemple, de propos relatifs à l’agriculture et aux caractéristiques des animaux. Ainsi, le Prophète (s) a dit : « Gardez des chevaux d’un noir profond aux joues blanches. » De même, les hadiths qui décrivent des actes accomplis par le Prophète par habitude, et non en tant qu’actes de culte, relèvent également de la deuxième catégorie. Les conversations du Prophète concernant les affaires mondaines et techniques appartiennent aussi à cette catégorie. Pour certaines, la source est l’expérience ; pour d’autres, les coutumes et les habitudes du pays ; et pour d’autres encore, les témoignages et les preuves. Tous ces éléments ne sont pas obligatoires pour nous, mais ils sont dignes d’être imités. »
Concernant l’objet d’étude des hadiths, l’avis des traditionnistes est le suivant :
مَوْضُوعُ عِلْمِ الْحَدِيْثِ هُوَ ذَاتُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ حَيْثُ هُوَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ
« La noble personne du Messager éminent constitue l’objet d’étude de la science du hadith. Autrement dit, tout ce que le Prophète, dans sa qualité de prophète, a fait, dit ou autorisé, ainsi que les qualités éminentes du Messager qui se sont manifestées à travers cela, constituent l’objet d’étude du hadith. »
L’objectif de l’étude du hadith est de comprendre la portée de la religion d’Allah à travers les prescriptions et les activités quotidiennes du Messager, afin d’obtenir le bien-être dans les deux mondes. L’érudit Badr ad-Dîn al-ʿAynî a écrit dans son ouvrage « ʿUmdat al-Qârî » :
وَأَمَّا فَائِدَتُهُ فَهِيَ الْفَوْزُ بِسَعَادَةِ الدَّارَيْنِ
« L’acquisition du bien suprême dans les deux mondes constitue la véritable finalité de l’étude du hadith. »
La Sunna
Le sens lexical du mot Sunna est la voie à suivre, ainsi que le principe et la méthode de l’action. Dans la terminologie du hadith, on appelle Sunna la voie et la doctrine que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) suivait. Il ne s’agit pas de la Sunna au sens usuel dans la science du fiqh. L’imam Râghib écrit dans son ouvrage intitulé « Mufradât »
intitulé, il écrit :سُنَّةُ النَّبِيِّ طَرِيقَتُهُ الَّتِي يَتَحَرَّهَا
« La voie, la règle et la méthode que le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) choisissait sont précisément appelées Sunna. » L’érudit Ibrâhîm ibn Mûsâ as-Sarnâtî a écrit dans son ouvrage célèbre « Al-Muyassaqât » : « On appelle Sunna les choses rapportées du noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et établies comme venant de lui, en particulier dans les domaines où le Coran ne contient aucune prescription explicite. Au contraire, c’est uniquement le noble Prophète qui a donné, dans ces domaines, ses propres avis, directives, etc. »
Parfois, le mot « sunnah » est employé dans le sens opposé à celui de bid‘ah. Ainsi, on dit qu’une personne est établie sur la sunnah lorsque ses actes et ses comportements ressemblent à ceux du Messager. (Peu importe que la description explicite de ces actes et comportements figure ou non dans le Coran.) À l’inverse, on dit qu’une personne est établie sur la bid‘ah lorsque ses actes et ses comportements s’opposent à la sunnah. Ici, ce sont les pratiques du Prophète qui sont désignées par le terme sunnah.
Le mot sunnah s’emploie également pour désigner les pratiques des Compagnons, car il est unanimement reconnu que les nobles Compagnons ont suivi la sunnah établie.
‘Allâmah ‘Abdul ‘Azîz a donné la définition suivante de la sunnah dans son ouvrage intitulé « Tawzîh an-Nazar » :
وَلَفْظُ السُّنَّةِ شَامِلٌ لِقَوْلِ الرَّسُوْلِ وَفِعْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ وَتُطْلَقُ عَلَى طَرِيقَةِ الرَّسُوْلِ وَالصَّحَابَةِ
« De même que le mot sunnah s’emploie à propos des paroles et des actes du Messager, il s’emploie également à propos des principes et des méthodes d’action suivis par le Messager et les Compagnons. »
Parfois, le mot sunnah est employé simplement dans le sens de hadith.
Les sources du hadith
La source du hadith est soit la révélation, soit l’ijtihâd du Prophète. La révélation descendue sur le Prophète était de deux sortes.
1) La révélation qui était récitée au Prophète et dont il lui était ordonné de préserver exactement les mots et les phrases est appelée « wahy matlū ». Seule cette catégorie de révélation peut être récitée dans la prière. C’est précisément le Coran.
2) Il n’a pas été ordonné au Prophète de préserver exactement les mots et les phrases de la deuxième catégorie de révélation. Il l’a plutôt rapportée dans ses propres termes et en a donné l’explication. Cette catégorie de révélation est appelée « wahy ghayr matlū ». C’est précisément le hadith.
Ainsi, durant la nuit du Mi‘rāj, les réalités du monde de la Royauté céleste furent montrées au Prophète, qui les décrivit dans ses propres termes. Parfois, Jibrīl (que la paix soit sur lui) se présentait auprès du Prophète et lui indiquait la volonté et le dessein d’Allah concernant la religion et la Loi islamique. Le Prophète l’expliquait ensuite aux Compagnons dans ses propres termes. Les explications et descriptions données par le Prophète des versets coraniques et des pratiques cultuelles — comme le nombre de rak‘āt de la prière et la quantité de zakat, qui ne sont pas mentionnés dans le Coran — relèvent également du hadith. Et la source de tout cela est la révélation.
Car, outre le Coran, une autre forme de révélation descendait également sur le Prophète. Ainsi, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit :
إِنِّي أُوتِيْتُ الْقُرْآنَ وَمِثْلَهُ مَعَهُ
« De même que le Coran m’a été donné, une autre chose semblable au Coran m’a également été donnée.
L’ijtihad du Prophète relève également du hadith et constitue lui aussi une source de la Loi islamique. En effet, si l’ijtihad du Prophète n’avait pas été conforme à la volonté d’Allah, Allah l’aurait rectifié par la révélation.
Chapitre 2 : La foi
La pureté de l’intention
وَمَا أُمِرُوا إِلَّا لِيَعْبُدُوا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ
(سورة البينة :٥)
« Il ne leur avait été ordonné que d’adorer Allah en Lui vouant un culte exclusif. (Al-Bayyina : 5)
(۱)
وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّمَا الْأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ، وَإِنَّمَا لِامْرِئٍ مَا نَوَى، فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَإِلَى رَسُولِهِ فَهِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَإِلَى رَسُولِهِ، وَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ لِدُنْيَا يُصِيبُهَا أَوِ امْرَأَةٍ يَتَزَوَّجُهَا فَهِجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْهِ (بخاري – مسلم)
1) D’après Umar ibn al-Khattab, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : « La récompense de toutes les actions dépend des intentions. Chacun n’obtiendra dans l’au-delà que ce qu’il aura eu l’intention d’accomplir. Ainsi, celui qui émigre pour Allah et Son Messager, son émigration sera pour Allah et Son Messager ; et celui qui émigre pour obtenir quelque avantage de ce bas monde ou pour épouser une femme, son émigration sera pour ce motif. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Ce hadith du noble Prophète concerne le fondement sur lequel Allah Tout-Puissant évaluera ultérieurement les résultats des actes accomplis par l’être humain dans ce monde. Le noble Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit qu’Allah Tout-Puissant accordera à l’homme la rétribution de ses actes selon son intention, et non selon l’acte lui-même. Autrement dit, la récompense de son acte lui sera accordée en fonction de la résolution ou de la disposition intérieure qui l’a poussé à l’accomplir. Ainsi, celui qui émigrera avec la ferme résolution d’obéir aux commandements d’Allah, dans le seul but d’obtenir Sa satisfaction, recevra dans l’au-delà la pleine récompense de cette émigration. En revanche, si quelqu’un émigre par convoitise d’un intérêt terrestre — comme épouser une belle femme ou acquérir des biens — il n’obtiendra que cet intérêt terrestre. Dans l’au-delà, il n’aura rien à réclamer auprès d’Allah.
Supposons qu’un homme quitte son domicile avec la ferme intention d’accomplir le pèlerinage afin d’obtenir la satisfaction d’Allah Tout-Puissant. Mais, en chemin, il est victime d’un accident et sa vie s’éteint. Dans ce cas, même s’il n’a pas pu achever son pèlerinage, il en recevra la récompense en raison de la pureté de son intention. En revanche, un autre homme, même s’il accomplit le pèlerinage avec l’intention de voyager et de visiter le pays, sera privé de toute récompense.
(۲)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ اللَّهَ لَا يَنْظُرُ إِلَى صُوَرِكُمْ وَأَمْوَالِكُمْ وَلَكِنْ يَنْظُرُ إِلَى قُلُوْبِكُمْ وَأَعْمَالِكُمْ (مسلم)
(2) « Selon Abou Houraira (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et salut d’Allah sur lui) a dit : Allah ne considère ni votre beauté ni vos biens, mais Il considère vos cœurs et vos œuvres. » (Mouslim)
Explication : le sens essentiel du hadith précité est qu’auprès d’Allah, la beauté physique, les richesses et autres biens de l’être humain n’ont pas d’importance particulière. Ce qui compte auprès d’Allah, ce sont le cœur et les œuvres de l’être humain. Autrement dit, l’œuvre accomplie par une personne avec une bonne intention dans son cœur revêt une importance particulière auprès d’Allah.
Deux conditions doivent être remplies pour que l’adoration soit acceptée. La première est la foi et la seconde est la sincérité de l’intention. De même qu’Allah n’accepte ni l’adoration ni les bonnes œuvres du mécréant, Il n’accepte pas non plus l’adoration de celui dont l’intention est défectueuse.
L’islam et la foi
مَنْ آمَنَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَعَمِلَ صَالِحًا فَلَهُمْ أَجْرُهُمْ عِنْدَ رَبِّهِمْ وَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُوْنَ
(سورة البقرة :٦٢)
« Ceux qui croiront en Allah et au Jour dernier et accompliront de bonnes œuvres auront leur récompense auprès d’Allah. Ils n’auront rien à craindre et ne seront pas affligés. » (sourate Al-Baqara – 62)
(۳)
وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ بَيْنَمَا نَحْنُ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَاتَ يَوْمٍ إِذْ طَلَعَ عَلَيْنَا رَجُلٌ شَدِيدُ بَيَاضِ الثَّيَابِ شَدِيدُ سَوَادِ الشَّعَرِ لَا يُرَى عَلَيْهِ أَثَرُ السَّفَرِ وَلَا يَعْرِفُهُ مِنَّا أَحَدٌ حَتَّى جَلَسَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَسْنَدَ رُكْبَتَيْهِ إِلَى رُكْبَتَيْهِ وَوَضَعَ كَفِّيْهِ عَلَى فَخِذَيْهِ، وَقَالَ: يَا مُحَمَّدًا أَخْبِرْنِي عَنْ الإِسْلَامِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الإِسْلَامُ أَنْ تَشْهَدَ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَتُقِيمَ الصَّلاةَ، وَتُؤْتِي الزَّكَاةَ، وَتَصُومَ رَمَضَانَ، وَتَحُجَّ الْبَيْتَ إِنْ اسْتَطَعْتَ إِلَيْهِ سَبِيلاً، قَالَ: صَدَقْتَ، قَالَ: فَعَجِبْنَا لَهُ يَسْأَلُهُ وَيُصَدِّقُهُ، قَالَ: فَأَخْبِرْنِي عَنْ الإِيمَانِ، قَالَ: أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلَائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ، قَالَ:
صَدَقْتَ، قَالَ: فَأَخْبِرْنِي عَنْ الْإِحْسَانِ، قَالَ: أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ كَأَنَّكَ تَرَاهُ فَإِنْ لَمْ تَكُنْ تَرَاهُ فَإِنَّهُ يَرَاكَ، قَالَ: فَأَخْبِرْنِي عَنْ السَّاعَةِ، قَالَ: مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ منْ السَّائِلِ، قَالَ: فَأَخْبِرْنِي عَنْ أَمَارَتِهَا ، قَالَ: أَنْ تَلِدَ الأَمَةُ رَبَّتَهَا وَأَنْ تَرَى الْحُفَاةَ الْعُرَاةَ الْعَالَةَ رِعَاءَ الشَّاءِ يَتَطَاوَلُوْنَ فِي الْبُنْيَانِ، قَالَ: ثُمَّ انْطَلَقَ فَلَبِثْتُ مَلِيًّا ، ثُمَّ قَالَ لِي: يَا عُمَرُ أَتَدْرِي مَنْ السَّائِلُ؟ قُلْتُ: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ، قَالَ: فَإِنَّهُ جِبْرِيلُ أَتَاكُمْ يُعَلِّمُكُمْ دِينَكُمْ.
(مسلم)
(3) « D’après ‘Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), il raconte : Un jour, nous étions présents auprès du Noble Prophète. Soudain, un homme apparut devant nous ; ses vêtements étaient d’une blancheur éclatante et ses cheveux d’un noir profond. Aucun signe de voyage n’était visible sur son corps, et pourtant personne parmi nous ne le reconnut. »
[Note 1 : ‘Umar (qu’Allah l’agrée) dit que nous, habitants de Médine, ne pûmes reconnaître le visiteur. Il était donc naturel de penser qu’il était étranger. Cependant, les vêtements et le visage d’un voyageur étranger devraient porter les signes du voyage, mais aucune trace de ce genre n’était visible sur le corps du visiteur. C’est pourquoi cet homme nous paraissait étrange.]
Puis il s’approcha du Prophète et s’assit de telle sorte que ses genoux étaient tournés vers les genoux du Prophète, tandis que ses mains reposaient sur ses cuisses.
[Note 2 : De même que, lors du tashahhud de la prière, le fidèle s’assoit avec bienséance en posant ses mains sur ses cuisses, le visiteur s’assit de la même manière, avec bienséance, devant le Prophète.]
Puis il dit : « Ô Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), informe-moi au sujet de l’islam. » Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « L’islam consiste à attester qu’il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah et que Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) est Son Messager ; à accomplir la prière, à acquitter la zakat, à jeûner durant le mois de Ramadan et à accomplir le pèlerinage à la Maison sacrée si tu en as les moyens. » L’homme dit : « Vous avez dit vrai. » Nous fûmes étonnés par cet échange de questions et de réponses.
[Note 3 : La raison de notre étonnement était que les questions de cet homme étaient celles d’un ignorant, tandis que ses approbations étaient celles d’un savant. Autrement dit, lorsqu’il posait ses questions, on aurait dit un élève interrogeant son professeur. En revanche, lorsqu’il approuvait les réponses, on aurait dit un professeur confirmant à son élève que sa réponse était correcte.]
Il demanda de nouveau : « Parlez-moi de la foi. » Le Prophète (s.a.s.) répondit : « La foi consiste à croire fermement en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses prophètes et au Jour dernier, et à croire également au destin, dans ce qu’il comporte de bien et de mal. » L’homme dit : « Vous avez dit vrai. » Puis il demanda : « Parlez-moi également de l’ihsan. » Le Prophète (s.a.s.) répondit : « L’ihsan consiste à adorer Allah comme si tu Le voyais ; et si tu ne Le vois pas, considère qu’Il te voit. » Le visiteur demanda alors : « Dans ce cas, parlez-moi de l’Heure. »
Le Prophète répondit : « Celui à qui l’on pose la question au sujet de l’Heure n’en sait pas davantage que celui qui la pose. » L’homme dit : « Alors, informez-moi de ses signes. » Le Prophète (s.a.s.) répondit : « Les servantes donneront naissance à leurs maîtresses, et tu verras les bergers autrefois va-nu-pieds, dévêtus et au long cou, habiter fièrement à l’intérieur de palais et d’édifices. » ‘Umar (qu’Allah l’agrée) dit : « Puis l’homme s’en alla. Après être resté quelque temps, le Prophète (s.a.s.) me demanda : “Ô ‘Umar, as-tu reconnu l’homme qui posait les questions ?” Je répondis : “Allah et Son Messager le savent mieux. (Je ne le sais pas.)” Le Prophète dit : “C’était Jibril (paix sur lui), venu vous enseigner la religion par le moyen de questions et de réponses.” » (Muslim)
(L’imam Muslim a rapporté ce hadith. L’imam Bukhari l’a également consigné, avec quelques variantes, dans son célèbre ouvrage.)
Explication : Puisque celui qui posait les questions était Jibril (paix sur lui), ce hadith est appelé « le Hadith de Jibril ». Ce hadith explique trois éléments fondamentaux de la religion : l’islam, la foi et l’ihsan.
Le sens lexical du mot islam est : se soumettre, obéir et se consacrer entièrement. Dans la terminologie de la Loi religieuse, l’islam consiste à obéir à Allah et à Son Messager et à se soumettre entièrement à la religion d’Allah.
Les cinq éléments mentionnés par le Prophète (s.a.s.) en expliquant l’islam sont ses cinq éléments fondamentaux, ou piliers.
Par conséquent, toute personne en qui se trouvent les cinq éléments mentionnés dans le hadith, y compris la proclamation de la formule de foi, sera nécessairement reconnue comme musulmane par la société et l’État musulmans, qui seront tenus de lui accorder tous les droits des musulmans.
Le sens lexical du mot foi est : conviction profonde, certitude ferme et confiance profonde. Dans son sens terminologique, il signifie accepter de tout cœur et de toute âme la religion qu’Allah a présentée à l’humanité par l’intermédiaire de Son Messager, et avoir une profonde confiance en sa véracité. Le hadith mentionne précisément les six éléments fondamentaux sans lesquels une personne ne peut même être considérée comme croyante au degré élémentaire.
Le premier et le plus important de ces sujets est la foi en Allah. Avoir foi en Allah signifie reconnaître sincèrement qu’Allah seul est le Créateur, le Législateur, le Pourvoyeur, le Soutien et le véritable Maître de l’univers tout entier. Il ne faut associer ni attribuer à personne d’autre aucune part avec Allah dans ces domaines. Les attributs susmentionnés d’Allah Ta‘ālā concernant la foi sont uniques et indivisibles. Si une personne croit au fond d’elle-même qu’Allah est le Créateur, mais doute qu’Il soit le Législateur, c’est-à-dire si elle n’admet pas qu’il faut respecter les prescriptions d’Allah dans tous les aspects de la vie, alors elle n’est pas croyante.
Le deuxième point est la foi aux anges. Avoir foi aux anges signifie croire fermement que les anges constituent une catégorie des grandes créatures d’Allah. Allah Ta‘ālā les a créés de lumière. Ils ne sont ni hommes ni femmes. Lorsque cela est nécessaire, les anges peuvent prendre diverses formes. Allah les a chargés de toutes les tâches liées à la gestion de la création. Ils ne désobéissent jamais aux ordres d’Allah.
Le troisième point est la foi aux Livres. Cela signifie croire sincèrement que les Livres qu’Allah a révélés, à travers les époques, aux prophètes afin de guider l’humanité sur le droit chemin sont justes, véridiques et exempts d’erreur.
Parmi les nombreux Livres révélés par Allah Ta‘ālā, quatre sont principaux : la Torah, les Psaumes, l’Évangile et le Furqān. Le Furqān, ou Coran, est le dernier Livre d’Allah Ta‘ālā. Le Coran contient toutes les vérités des Livres antérieurs ainsi que tout ce qui est nécessaire à la guidance de l’humanité jusqu’au Jour de la Résurrection. Après lui, aucun autre Livre céleste ne sera révélé. Ainsi, après la révélation du Coran, nul ne peut obtenir le salut dans l’au-delà sans suivre le Coran.
Il faut considérer comme obligatoires toutes les prescriptions données dans le Coran concernant les différents aspects et domaines de la vie humaine. Autrement, nul ne pourra être croyant.
Le quatrième point auquel il est absolument indispensable de croire pour être croyant est la foi aux Messagers. Le mot « Messager » signifie littéralement « envoyé ». Dans la terminologie de la Sharī‘a, on appelle Messagers ceux qu’Allah le Très-Haut a envoyés, à travers les époques et dans différentes régions du monde, avec la révélation et les Livres, afin de guider l’humanité. Depuis le commencement de l’humanité jusqu’à nos jours, d’innombrables prophètes et Messagers sont apparus dans le monde. Parmi eux, le vénérable Muhammad (S) est le dernier et le plus éminent des Messagers.
Avoir foi aux Messagers signifie croire, au sujet de tous les prophètes et Messagers envoyés par Allah, qu’ils étaient tous infaillibles et qu’ils étaient, chacun à leur époque, les personnes les plus savantes et les plus vertueuses. La guidance qu’ils avaient apportée était exempte d’erreur et provenait d’Allah. De tous les prophètes, le vénérable Muhammad (S) est non seulement le plus éminent, mais aussi le dernier. Les prophètes antérieurs avaient été envoyés à un peuple, une époque ou une région déterminés. En revanche, le vénérable Muhammad (S) a été envoyé à l’ensemble de l’humanité du monde entier. Ainsi, Allah dit :
وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا كَافَّةً لِلنَّاسِ (سورة السبأ : ۷۸)
« Ô Messager, Je t’ai assurément envoyé comme prophète à l’ensemble de l’humanité. » (Sourate Saba-78)
Le cinquième pilier est la foi en l’au-delà. Il faut porter dans son cœur la conviction ferme que la vie ne s’achève pas avec la mort, mais qu’elle entre dans une autre étape, appelée l’au-delà. À un moment de cet au-delà, après avoir rendu compte de toutes les actions de la vie terrestre, leurs conséquences seront attribuées aux hommes. Ainsi, certains seront admis au Paradis, tandis que d’autres seront voués à l’Enfer. Dans le hadith, le terme « Sāʿa » désigne le Jour du Jugement mentionné. Ce jour est également appelé le Jour du Rassemblement ou le Jour de la Résurrection. Le Coran, les hadiths et l’enseignement des prophètes accordent une importance extrême à la foi en l’au-delà. En effet, c’est précisément la foi en l’au-delà qui contraint l’homme à accomplir de bonnes actions dans la vie d’ici-bas. En revanche, celui qui ne croit pas en l’au-delà devient arbitraire et irresponsable, car il ne croit pas qu’il devra comparaître devant Allah au Jour de la Résurrection et rendre compte de ses bonnes et de ses mauvaises actions.
Allah n’a révélé à personne la date exacte — jour, mois et année — du Jour de la Résurrection. Cependant, Il a fait connaître à Son bien-aimé Prophète certains signes de son approche. Dans le hadith rapporté, Jibrîl (sur lui la paix) interrogea le Prophète à propos de ces signes, en lui demandant : « Alors, informe-moi des signes de la Résurrection. » Le Prophète (sur lui la paix) répondit : « Lorsque tu verras que les servantes donnent naissance à leurs maîtres, et que des bergers démunis, pieds nus et nus, se livrent à l’orgueil dans les édifices, alors sache que la Résurrection est proche. »
Autrement dit, lorsque les enfants traiteront leur mère comme une servante et que les gens incapables et méprisables de la société se donneront des airs de dirigeants et s’abandonneront à l’orgueil, il faudra considérer que la Résurrection est proche.
Dans ce hadith, le Noble Prophète (sur lui la paix) n’a mentionné que deux des innombrables signes de la Résurrection.
Le sixième pilier est la foi dans le bien et le mal du destin. En terminologie islamique, le destin est appelé « qadhāʾ et qadar ». C’est ce qadhāʾ et ce qadar que l’on désigne brièvement par le terme destin.
On appelle destin le fait de déterminer, avant qu’un événement ne se produise, ce qui est probable à son sujet en se fondant sur une estimation. Il existe de nombreux événements au sujet desquels l’homme forme à l’avance une estimation et fixe sa manière d’agir ; c’est cela que l’on appelle le destin. Toutefois, comme la connaissance humaine n’est pas exempte d’erreurs, il arrive parfois que les événements ne correspondent pas à ses conjectures et à ses estimations. En revanche, comme la connaissance d’Allah est parfaite et exempte d’erreurs, aucune exception ne se produit dans Son destin. S’Il provoque délibérément une exception, c’est un autre cas.
Nombre de savants vérificateurs ont donné du destin l’explication suivante :
« Bien avant la création, Allah le Très-Haut a déterminé toutes les choses créées : leur forme et leur nature, leurs caractéristiques et leurs qualités, la durée de leur existence, leur état durant cette existence, leur transformation, leur accroissement, leur destruction, leur anéantissement et leur destinée, entre autres. C’est avoir la conviction ferme en cette détermination préalable du Créateur que l’on appelle avoir foi au destin. »
La science d’Allah, qu’Il soit exalté, est prééternelle. Cela signifie que tout ce qui s’est produit, tout ce qui se produit et tout ce qui se produira est présent auprès d’Allah. Ainsi, c’est sur la base de cette science prééternelle qu’Allah a fixé ce qui se produira à l’avenir. Cela ne signifie certainement pas que nous agissons parce qu’Il l’a fixé — prédestiné — ; c’est plutôt parce que nous agirons qu’Il l’a fixé.
Il convient de remarquer que ce hadith expose les trois questions principales et fondamentales de la religion : l’islam, la foi et l’ihsan. Lorsqu’une personne accepte la religion d’Allah et décide de suivre la voie de la religion, elle est, à la première étape, musulmane, à la deuxième
étape, croyante, et à la troisième étape, une personne accomplissant l’ihsan. Lorsqu’une personne proclame sa reconnaissance d’Allah et du Messager et accomplit extérieurement les principaux rites de l’islam, elle est musulmane. La société et l’État islamiques la traiteront comme une musulmane. Peu importe l’état de son cœur : il n’est pas indispensable que la société ou l’État l’examine.
Lorsque l’effet de la déclaration susmentionnée et des pratiques extérieures pénètre dans le cœur d’une personne, c’est-à-dire lorsque la déclaration et les pratiques islamiques extérieures obtiennent l’approbation du cœur, elle devient croyante.
Puis, lorsque la pénétration croissante de la foi rend son cœur attaché à Allah, au Messager et à la religion, cette personne devient une personne accomplissant l’ihsan.
Les serviteurs sincères d’Allah demeurent constamment préoccupés par l’obtention de l’accès à cette porte de l’ihsan.
La signification de la foi au Messager
(٤) وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا يُؤْمِنُ أَحَدُكُمْ حَتَّى أَكُونَ أَحَبَّ إِلَيْهِ مِنْ وَالِدِهِ وَوَلَدِهِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ (بخاري – مسلم)
(4) « Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : l’Envoyé d’Allah (s.a.s.) a dit : celui d’entre vous qui ne m’aimera pas davantage que son père, ses enfants et tous les gens ne pourra être un croyant accompli. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Pour un croyant, il ne suffit pas d’avoir foi en l’Envoyé de manière générale. Au contraire, pour être véritablement croyant, il doit aimer l’Envoyé davantage que ses propres parents, ses enfants et tous ceux qui lui sont chers.
L’amour, ou affection, est généralement de deux sortes. L’une est
1) محبت اختياري l’amour volontaire.
2) محبت اضطراري l’amour naturel.
Le premier relève de la volonté de l’être humain, tandis que le second échappe à son contrôle. Imaginons qu’un croyant aime son père et aime également l’Envoyé. Dans ce cas, son père lui ordonne d’accomplir une action contraire à l’ordre de l’Envoyé (s.a.s.). S’il désobéit alors à son père en donnant la préférence à l’amour de l’Envoyé sur celui de son père, il faut considérer que son amour de l’Envoyé a pris le dessus sur son amour filial.
L’amour mentionné dans le hadith désigne le premier type, c’est-à-dire l’amour volontaire. Toutefois, si l’amour naturel de l’Envoyé devient plus intense dans le cœur de quelqu’un, cela est encore meilleur.
(٥) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا يُؤْمِنُ أَحَدُكُمْ حَتَّى يَكُونَ هَوَاهُ تَبَعًا لِمَا جِئْتُ بِهِ
(مشكوة)
(5) « Il est rapporté de Hazrat Abdullah ibn Amr (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a déclaré : Celui qui ne peut soumettre ses désirs et ses passions à la religion que j’ai présentée ne peut être croyant. » (Mishkat)
Explication : L’essence véritable de la foi au Messager consiste à soumettre entièrement sa volonté, ses élans et ses désirs à cette loi de vie, la charia que le Messager a apportée de la part d’Allah pour l’humanité.
(٦) وَعَنْ أَبِي أُمَامَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ أَحَبَّ لِلَّهِ وَأَبْغَضَ لِلَّهِ وَأَعْطَى لِلَّهِ وَمَنَعَ لِلَّهِ فَقَدِ اسْتَكْمَلَ الإِيمَانَ (بخاري)
(6) « Il est rapporté de Hazrat Abou Oumama (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Celui dont l’amour et l’hostilité, le fait de donner et celui de ne pas donner, sont motivés uniquement par la recherche de la satisfaction d’Allah est le véritable croyant. » (Boukhari)
Explication : Lorsqu’un croyant, en avançant sur le chemin de la foi, parvient à un degré où toutes ses actions commencent à s’accomplir uniquement conformément à la volonté d’Allah, il faut alors comprendre qu’il a atteint la perfection dans la foi.
وَعَنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ (V)
صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : ذَاقَ طُعْمَ الْإِيمَانِ مَنْ رَضِيَ بِاللَّهِ
رَبَّا وَبِالإِسْلَامِ دِينًا وَبِمُحَمَّدٍ رَسُولاً (بخاري – مسلم)
(7) « Il est rapporté de Hazrat Abbas (qu’Allah l’agrée) que le noble Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a déclaré : Celui qui a accepté avec une entière sincérité Allah comme Seigneur, l’islam comme religion et Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) comme prophète a véritablement goûté à la foi. » (Boukhari, Mouslim)
L’influence de la foi sur les actions de la vie
(۸)
وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَلَّمَا خَطَبَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَّا قَالَ: لَا إِيْمَانَ لِمَنْ لَا أَمَانَةَ لَهُ ، وَلَا دِينَ لِمَنْ لَا عَهْدَ لَهُ (بيهقي)
(8) « Il est rapporté de Hazrat Anas (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous a très rarement adressé un conseil sans y dire que celui qui trahit un dépôt n’a pas de foi et que celui qui rompt sa promesse n’a pas de religion. » (Bayhaqi)
Explication : Dans le hadith précité, le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a mentionné deux actes criminels graves, contraires à la religion et à la foi. Le premier est la trahison d’un dépôt, et le second est la rupture d’une promesse.
Dans ce hadith, le terme « dépôt » est employé dans un sens large. Cela signifie qu’il englobe toutes les catégories de dépôts : les dépôts confiés à l’individu, à la société, à la nation, etc. De même, les dépôts relatifs aux biens matériels, aux responsabilités et aux devoirs, à l’honneur et à la dignité, entre autres, y sont également inclus. Le terme « promesse », ou « engagement », est lui aussi employé ici dans un sens large. Cela signifie qu’il englobe aussi bien les promesses individuelles que les promesses nationales et internationales, les accords, les pactes et les engagements de toute nature.
(۹)
وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : لَا يُؤْمِنُ أَحَدُكُمْ حَتَّى يُحِبُّ لِأَخِيهِ مَا يُحِبُّ لِنَفْسِهِ (بخاري – مسلم)
(9) « Il est rapporté de Hazrat Anas (qu’Allah l’agrée) que le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Nul parmi vous ne pourra être croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère croyant ce qu’il aime pour lui-même. » (Bukhari-Muslim)
Explication : Après avoir embrassé la foi, certaines responsabilités sont naturellement confiées à l’homme conformément aux exigences de cette foi. Parmi ces responsabilités figurent également les responsabilités personnelles, familiales, sociales et étatiques. La responsabilité mentionnée dans ce hadith est la responsabilité sociale du croyant. En d’autres termes, le croyant considérera les intérêts et les droits de son frère croyant vivant dans la société exactement comme il considère ses propres intérêts et droits ; autrement, il ne pourra pas être un croyant accompli.
(۱۰)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْمُسْلِمُ مَنْ سَلِمَ الْمُسْلِمُونَ مِنْ لِسَانِهِ وَيَدِهِ، وَالْمُهَاجِرُ مَنْ هَاجَرَ مَا نَهَى اللَّهُ عَنْهُ (بخاري)
(10) « Il est rapporté d’Abdullah ibn Amr (qu’Allah l’agrée) que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : le musulman est celui dont les autres musulmans sont à l’abri de la main et de la langue. Et l’émigré (muhâjir) est celui qui émigre de ce qu’Allah a interdit. » (Al-Bukhari)
Explication : Ce hadith indique quel devrait être le caractère d’un musulman véritable et d’un émigré véritable. Autrement dit, celui qui adopte l’islam comme règle de vie ne nuira à aucun musulman, ni par sa main ni par sa langue. De même, seul celui qui émigre de ce qu’Allah a interdit recevra pleinement la récompense de l’émigration. Quitter son pays pour des intérêts terrestres n’est pas une émigration.
Les fondements de l’islam
(۱۱)
وَعَنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: بُنِيَ الْإِسْلَامُ عَلَى خَمْسٍ شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، وَإِقَامِ الصَّلاةِ، وَإِيتَاءِ الزَّكَاةِ، وَالْحَجِّ، وَصَوْمِ رَمَضَانَ (بخاري – مسلم)
(11) « Il est rapporté d’Abdullah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : l’islam est fondé sur cinq choses : attester qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad (que la paix soit sur lui) est Son serviteur et Son Messager, accomplir la prière, acquitter la zakat, accomplir le pèlerinage et observer le jeûne du mois de Ramadan. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Dans ce hadith, l’islam est comparé à une maison, et la profession de foi, la prière, la zakat, le pèlerinage et le jeûne du mois de Ramadan à ses piliers. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous a présenté une belle comparaison pour nous faire comprendre l’islam. Il faut remarquer que, de même qu’on ne peut concevoir une maison sans piliers, de simples piliers ne constituent pas non plus une maison. Les cinq éléments mentionnés dans le hadith ne sont que les fondements de l’islam, et non l’islam dans son intégralité. Ainsi, si quelqu’un accomplit ces cinq actes et pense avoir satisfait à toutes les exigences de l’islam, ce serait une erreur semblable à celle d’un homme qui, après avoir planté les piliers, s’imaginerait avoir construit une maison.
De même que quelques piliers seuls, sans toit, ne peuvent protéger une personne du soleil et de la pluie, l’homme ne pourra pas non plus se soustraire à la reddition de comptes dans l’au-delà en se contentant d’accomplir ces cinq actes. L’ensemble de la règle de vie que le Noble Prophète (que la paix soit sur lui) a présentée à l’humanité constitue l’islam. En l’adoptant entièrement, l’être humain peut obtenir le bien-être complet ici-bas et dans l’au-delà.
Les péchés majeurs
إِنْ تَجْتَنِبُوا كَبَائِرَ مَا تُنْهَوْنَ عَنْهُ نُكَفِّرْ عَنْكُمْ سَيِّئَاتِكُمْ وَنُدْخِلْكُمْ مُدْخَلاً كَرِيمًا (سورة النساء : ٣١)
Sens : « Si vous vous abstenez des grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos fautes (petites) et Nous vous ferons entrer dans une demeure honorable. » (Sourate An-Nisâ’, 31)
Cependant, si quelqu’un commet sans scrupule et continuellement de petits péchés, ces petits péchés finiront par devenir des grands péchés. En outre, si quelqu’un reste toute sa vie plongé dans le péché, puis se repent juste avant sa mort (après en avoir ressenti les signes), son repentir ne sera pas accepté auprès d’Allah. À ce sujet, le Coran déclare ce qui suit :
إِنَّمَا التَّوْبَةُ عَلَى اللَّهِ لِلَّذِينَ يَعْمَلُونَ السُّوءَ بِجَهَالَةٍ ثُمَّ يَتُوبُونَ مِنْ قَرِيبٍ فَأُولَئِكَ يَتُوْبُ اللَّهُ عَلَيْهِمْ وَكَانَ اللَّهُ عَلِيمًا حَكِيمًا ، وَلَيْسَتِ التَّوْبَةُ لِلَّذِينَ يَعْمَلُوْنَ السَّيِّئَاتِ حَتَّى إِذَا حَضَرَ أَحَدَهُمُ الْمَوْتُ قَالَ إِنِّي تُبْتُ الآنَ وَلَا الَّذِيْنَ يَمُوْتُوْنَ وَهُمْ كُفَّارٌ أُولَئِكَ أَعْتَدْنَا لَهُمْ عَذَابًا أَلِيمًا
(سورة النساء : ۱۷ – ۱۸)
Sens : « En vérité, le repentir n’est accepté que de ceux qui commettent un péché par ignorance, puis se repentent sans tarder. Voilà ceux dont Allah accepte le repentir. Allah est Omniscient et Sage. En revanche, le repentir de ceux qui s’adonnent continuellement au péché et qui, lorsqu’ils se trouvent face à la mort, disent : “Cette fois, je me repens”, est totalement sans valeur auprès d’Allah ; il en est de même du repentir de celui qui meurt dans la mécréance. (Sourate An-Nisâ’, 17-18)
(۱۲)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْكَبَائِرُ الإِشْرَاكُ بِاللَّهِ، وَعُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ، وَقَتْلُ النَّفْسِ، وَالْيَمِينُ الْغَمُوسُ (بخاري)
(12) « D’après ‘Abdullah ibn ‘Amr (qu’Allah l’agrée), le Prophète éminent (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Les grands péchés sont : associer quelqu’un à Allah, désobéir à ses parents, tuer quelqu’un et prêter un faux serment.” » (Al-Bukhari)
Explication : Toute action détestée par Allah et Son Messager est appelée un péché. « Gunah » est un mot persan. Son équivalent arabe est « ma‘siyat ». Les péchés sont généralement de deux sortes : les petits péchés et les grands péchés. Les fautes pour lesquelles le Coran et les hadiths prévoient une peine sont les grands péchés. Quant aux péchés pour lesquels le Coran et les hadiths ne prévoient aucune peine, ce sont les petits péchés. À l’exception de l’associationnisme, les autres grands péchés ne font certes pas du croyant un mécréant, mais celui-ci devra subir le châtiment de l’Enfer. Si un croyant se repent sincèrement de tous les grands péchés autres que les dettes envers les gens, Allah lui pardonnera ses péchés. Le mot « tawba » est arabe. Son sens lexical est : revenir, retourner. Dans la terminologie de la Loi religieuse, le repentir consiste à revenir d’un cœur contrit d’une action contraire à la Loi religieuse, à prendre la ferme résolution de ne plus commettre à l’avenir une action semblable et à se tourner vers Allah. Ainsi, si quelqu’un prononce mille fois le repentir avec sa bouche tout en persistant dans le péché, son repentir verbal n’est en réalité pas un repentir. Pour les musulmans autres que les prophètes et messagers bien-aimés d’Allah, il est impossible de se préserver de tous les petits péchés. Allah, le Seigneur des mondes, ne pardonne les grands péchés que par un repentir sincère. Toutefois, le repentir n’est accepté auprès d’Allah qu’à trois conditions. La première est que celui qui a commis le péché en éprouve un profond regret. La deuxième est qu’il promette à Allah de ne plus commettre ce péché de toute sa vie. Cela concerne l’acte qui relève uniquement du droit d’Allah. Mais si le péché concerne le droit d’un serviteur, une troisième condition s’ajoute aux deux précédentes : il devra restituer le droit à la personne ou au serviteur dont il a lésé le droit, ou obtenir son pardon.
(۱۳)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ
اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: اجْتَنِبُوا السَّبْعَ الْمُويقَاتِ،
قَالُوا : يَا رَسُولَ اللهِ وَمَا هُنَّ؟ قَالَ: الشَّرْكُ بِاللَّهِ، وَالسِّحْرُ، وَقَتْلُ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ،
وَأَكُلُ الرِّبَا، وَأَكُلُ مَالِ الْيَتِيمِ، وَالتَّوَلِي يَوْمَ
الزَّحْفِ، وَقَدْفُ الْمُحْصَنَاتِ الْمُؤْمِنَاتِ الْغَافِلَاتِ
(بخاري – مسلم)
(13) « D’après Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Évitez sept péchés destructeurs.” Les Compagnons demandèrent : “Ô Messager d’Allah, quels sont ces sept péchés ?” Il répondit : “Ce sont : associer quelqu’un à Allah, pratiquer la magie, tuer quelqu’un sans l’autorisation de la Charia, consommer l’usure, s’approprier injustement les biens de l’orphelin, fuir le champ du djihad et accuser faussement d’adultère des femmes croyantes, chastes et innocentes.” (Boukhari, Mouslim) »
Explication : Dans le hadith précité, le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) n’a fait mention que de quelques péchés majeurs. Il n’a pas énuméré tous les actes relevant des péchés majeurs.
(١٤) وَعَنْ مُعَادٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: أَوْصَانِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِعَشْرِ كَلِمَاتٍ، قَالَ: لَا تُشْرِكْ بِاللَّهِ شَيْئًا وَإِنْ قُتِلْتَ وَحُرِّقْتَ، وَلَا تَعُقِّنَّ وَالِدَيْكَ، وَإِنْ أَمْرَاكَ أَنْ تَخْرُجَ مِنْ أَهْلِكَ وَمَالِكَ، وَلَا تَتْرُكُنَّ صَلَاةً مَكْتُوبَةً مُتَعَمِّدًا؛ فَإِنَّ مَنْ تَرَكَ صَلَاةً مَكْتُوبَةٌ مُتَعَمِّدًا فَقَدْ بَرِئَتْ مِنْهُ ذِمَّةُ اللَّهِ، وَلَا تَشْرَبَنَّ خَمْرًا ؛ فَإِنَّهُ رَأْسُ كُلِّ فَاحِشَةٍ، وَإِيَّاكَ وَالْمَعْصِيَةَ؛ فَإِنَّ بِالْمَعْصِيَةِ حَلَّ سَخَطُ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، وَإِيَّاكَ وَالْفِرَارَ مِنَ الزَّحْفِ وَإِنْ هَلَكَ النَّاسُ، وَإِذَا أَصَابَ النَّاسَ مَوْتٌ
وَأَنْتَ فِيْهِمْ فَاثْبُتْ، وَأَنْفِقْ عَلَى عِبَالِكَ مِنْ طَوْلِكَ، وَلَا تَرْفَعْ عَنْهُمْ عَصَاكَ أَدَبًا وَأَخِفُهُمْ فِي اللَّهِ (رواه أحمد )
(14) « Il est rapporté d’après Hazrat Mou‘adh (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : alors que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) me donnait des conseils au sujet de dix choses, il me dit : “Ô Mou‘adh, même si tu devais être tué ou brûlé, n’associe personne à Allah. Et même si tes père et mère te chassaient de ta famille et de tes biens, ne leur désobéis pas. Ne délaisse en aucune circonstance la prière obligatoire intentionnellement. En effet, Allah et Son Messager n’assument aucune responsabilité à l’égard de celui qui délaisse volontairement la prière obligatoire. Ne bois en aucune circonstance de boisson alcoolisée, car l’alcool est la source de toutes les turpitudes. Éloigne-toi de toute sorte de péché, car les péchés provoquent la descente de la colère d’Allah. Même au moment des combats les plus acharnés, n’abandonne pas le champ du djihad. Et si une épidémie (maladie contagieuse) apparaît là où tu te trouves, reste-y. Dépense autant que tu le peux pour les besoins de ta famille. Pour leur enseigner les bonnes manières, ne retire pas le bâton disciplinaire qui les menace, et fais naître dans leurs cœurs la crainte d’Allah.” (Ahmad) »
Explication : Le rapporteur (narrateur) de ce hadith, Hazrat Mou‘adh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée), était l’un des éminents Compagnons du Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) l’avait nommé gouverneur d’une province aussi importante que le Yémen. Le hadith rapporté témoigne de la profondeur de ses liens avec le Prophète.
Le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a conseillé à Hazrat Mou‘adh de rester pur de tout polythéisme même dans les moments critiques où sa vie serait en danger. En effet, s’il était tué par un mécréant pour être resté ferme et inébranlable dans le tawhid, il obtiendrait le rang de martyr. C’est précisément cette situation que la terminologie de la Charia appelle « ‘azîma ». Pour un Compagnon éminent comme Hazrat Mou‘adh, il convenait d’agir conformément à la ‘azîma. En revanche, si un musulman ordinaire, afin de sauver sa vie d’un ennemi mécréant, prononce verbalement la formule de polythéisme tout en conservant fermement dans son cœur la croyance au tawhid, une dispense lui est accordée à cet égard. Toutefois, s’il agit lui aussi conformément à la ‘azîma et meurt, il obtiendra le rang de martyr.
Il ressort également des recommandations du Prophète (s.) que si une épidémie de peste apparaît dans une région, ses habitants ne doivent pas quitter ce lieu. En effet, si les habitants de cette région partaient ailleurs, les malades ne recevraient pas de soins et aucun effort ne serait déployé pour empêcher la propagation de la maladie. Toutefois, lorsqu’une épidémie apparaît dans une région, il est également interdit aux personnes venant de l’extérieur d’y entrer.
L’innovation religieuse (bid‘a)
(١٥) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ أَحْدَثَ فِي أَمْرِنَا هَذَا مَا (مسلم – بخاري) لَيْسَ فِيهِ، فَهُوَ رَدُّ
(15) Il est rapporté d’après Aïcha (r.a.) qu’elle a dit : le Messager (s.) a dit : « Quiconque introduit dans notre religion une chose qui n’y repose sur aucun fondement, celle-ci sera rejetée. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : La religion qu’Allah a envoyée à l’humanité par l’intermédiaire de Son Prophète Muhammad (s.) est complète. Elle comprend les principes fondamentaux de tous les aspects de la vie humaine. Ainsi, si quelqu’un veut introduire dans la religion une nouveauté qui n’a aucune existence, directement ou indirectement, dans le Coran et les hadiths, c’est précisément une innovation religieuse (bid‘a), et il faut la délaisser.
La manière correcte de suivre le Messager
(١٦) وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: جَاءَ ثَلَاثَةُ رَهْطٍ إِلَى أَزْوَاجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَسْأَلُونَ عَنْ عِبَادَةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَلَمَّا أُخْبِرُوا بِهَا كَأَنَّهُمْ تَقَالُوْهَا ، فَقَالُوا : أَيْنَ نَحْنُ مِنَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ۚ وَقَدْ غَفَرَ اللَّهُ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ وَمَا تَأَخَّرَ، فَقَالَ أَحَدُهُمْ : أَمَّا أَنَا فَأُصْلِي اللَّيْلَ أَبَدًا ، وَقَالَ الآخَرُ: إِنِّي أَصُوْمُ الدَّهْرَ فَلَا أُفْطِرُ، وَقَالَ الْآخَرُ: أَنَا أَعْتَزِلُ النِّسَاءَ وَلَا أَتَزَوَّجُ أَبَدًا، فَجَاءَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَيْهِمْ فَقَالَ : أَنْتُمُ الَّذِينَ قُلْتُمْ كَذَا وَكَذَا ،
أَمَا إِنِّي لَأَخْشَاكُمْ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ وَأَتْقَاكُمْ لَهُ، لَكِنِّي أَصُومُ وَأُفْطِرُ وَأُصَلِى وَأَرْقُدُ وَأَتَزَوَّجُ النِّسَاءَ، فَمَنْ رَغِبَ عَنْ سُنَّتِي فَلَيْسَ مِنِّي (بخاري – مسلم)
(16) « Il est rapporté d’Anas — qu’Allah l’agrée — qu’il dit : Un jour, trois hommes se rendirent auprès des épouses du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — afin de s’enquérir de sa dévotion. Lorsqu’on les informa de la dévotion du Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, ils la jugèrent apparemment insuffisante et dirent : “Quelle comparaison peut-il y avoir entre nous et le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — ? Allah lui-même a annoncé qu’Il lui avait pardonné ses fautes passées et futures.” Puis l’un d’eux dit : “Quant à moi, je passerai toute la nuit en prière.” Le deuxième dit : “Je jeûnerai toute l’année et ne manquerai aucun jour de jeûne.” Le troisième dit : “Je m’écarterai des femmes et ne me marierai jamais.” Soudain, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — arriva auprès d’eux et leur demanda : “Ô vous, avez-vous réellement dit cela ?
[Note : Deux avis existent quant à la manière dont le Noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — eut connaissance de leur conversation. Selon le premier, le Prophète se trouvait alors dans la mosquée du Prophète, tandis que cette conversation avait lieu dans les appartements des Mères des croyants, attenants à la mosquée. Il aurait donc entendu ces propos alors qu’il était assis dans la mosquée. Selon le second avis, Jibrîl — que la paix soit sur lui — l’aurait lui-même informé de cette conversation. En effet, ces trois hommes quittaient la maison du Prophète après avoir adopté une conception erronée de la dévotion islamique. Si le Noble Prophète n’avait pas corrigé leur erreur, ils auraient propagé et prêché cette opinion erronée.]
« Attention ! Je jure par Allah que je suis, parmi vous, celui qui Le craint le plus et qui observe le plus scrupuleusement la piété à Son égard. Malgré cela, certains jours je jeûne et d’autres jours je ne jeûne pas — je délaisse alors le jeûne surérogatoire. Tantôt je prie, tantôt je dors. Je me suis également marié. Ainsi, celui qui ne suivra pas cette sunnah qui est la mienne n’appartient pas à ma communauté. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Le bien de ce monde et de l’au-delà réside dans l’observance exacte de la religion, ou mode de vie, qu’Allah, le Tout Miséricordieux, a révélée à l’humanité par l’intermédiaire des prophètes. Durant toute leur vie, les prophètes ont pratiqué cette religion et en ont laissé à leur communauté une forme concrète. Dans la terminologie de la charia, on l’appelle la sunnah du Messager.
La forme parfaite de la religion que notre Prophète bien-aimé, Muhammad — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, nous a laissée par l’ensemble de ses actes durant sa vie, c’est précisément sa sunnah, ou sa voie. Nul n’a le droit d’en retrancher quoi que ce soit, pas plus qu’il n’a le droit d’y ajouter quoi que ce soit de nouveau. Ainsi, de même qu’une vie débridée, libérée des obligations de la prière, du jeûne et des interdits du licite et de l’illicite, est détestée par Allah, il est également détestable de renoncer à la vie familiale et à toutes les responsabilités de ce monde pour se consacrer jour et nuit aux actes de dévotion surérogatoires. La voie du Prophète se situe entre ces deux voies. C’est en la suivant que l’être humain peut obtenir le bonheur éternel de ce monde et de l’au-delà. Dans le hadith en question, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a indiqué cette voie en disant : “Telle est ma sunnah.” Et celui qui ne suivra pas ma sunnah, quoi qu’il soit par ailleurs, n’appartient pas à ma communauté.
Parmi la communauté de Jésus — que la paix soit sur lui —, certains hommes craignant Allah abandonnèrent toutes les activités et affaires de ce monde, se retirèrent dans des cellules, des forêts, des montagnes et des grottes, et se consacrèrent jour et nuit à la méditation d’Allah. En évoquant leur cas, Allah met en garde la communauté de Muhammad en disant :
وَرَهْبَانِيَّةٌ ابْتَدَعُوهَا مَا كَتَبْنَاهَا عَلَيْهِمْ إِلَّا ابْتِغَاءَ رِضْوَانِ اللَّهِ فَمَا رَعَوْهَا حَقَّ رِعَايَتِهَا
(سورة الحديد : ۲۷)
« Cette vie monastique, ils se l’étaient imposée eux-mêmes. Je ne la leur avais pas prescrite comme obligation. Ils l’avaient adoptée afin de satisfaire Allah, mais ils en ont dépassé les limites. »
(Sourate al-Hadîd, 28)
(۱۷)
وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا صَنَعَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ شَيْئًا، فَرَخَّصَ فِيْهِ، فَتَنَزَّهَ عَنْهُ قَوْمٌ، فَبَلَغَ ذَالِكَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَخَطَبَ فَحَمِدَ اللَّهَ ثُمَّ قَالَ: مَا بَالُ أَقْوَامٍ يَتَنَزَّهُوْنَ عَنِ الشَّيْءِ أَصْنَعُهُ، فَوَاللَّهِ إِنِّي لَأَعْلَمُهُمْ بِاللَّهِ وَأَشَدُّهُمْ لَهُ خَشْيَةٌ (بخاري – مسلم)
(17) « Il est rapporté d’après Hazrat Aïcha (r.a.) qu’un jour, le Messager (s.a.) accomplit une action et en permit également l’accomplissement à d’autres. Malgré cela, certaines personnes s’en abstinrent. Lorsque cette nouvelle parvint aux oreilles du Prophète (s.a.), il leur adressa un sermon. Il commença par louer Allah, puis dit : “Comment ont-ils pu aimer s’abstenir d’une action que j’ai moi-même accomplie ? Par Allah, je connais Allah mieux qu’eux et je Le crains davantage qu’eux.” » (Boukhari, Mouslim)
Explication : Il existe, dans la Loi islamique, certains rites ou actes de dévotion qu’il est prescrit de délaisser selon les circonstances. Ainsi, le jeûne du mois de Ramadan n’est pas obligatoire pour le malade ou le voyageur. S’il le souhaite, il peut jeûner ou rattraper le jeûne. Toutefois, si le fait de jeûner risque de mettre sa vie en danger, le malade ou le voyageur doit impérativement s’abstenir de jeûner. En effet, l’adoration consiste à agir conformément à la volonté d’Allah et de Son Messager. Agir selon ses propres désirs, sans tenir compte des prescriptions et des interdictions de la Loi islamique, n’est pas une adoration.
(۱۸)
وَعَنْ أَبِي ثَعْلَبَةَ الْخُشْنِيِّ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ اللَّهَ فَرَضَ فَرَائِضَ فَلَا تُضَيّعُوهَا ، وَحَرَّمَ حُرُمَاتٍ فَلَا تَنْتَهِكُوهَا، وَحَدَّ حُدُودًا فَلَا تَعْتَدُوهَا ، وَسَكَتَ عَنْ أَشْيَاءَ مِنْ غَيْرِ نِسْيَانٍ فَلَا تَبْحَثُوا عَنْهَا (الدار قطني)
(18) « Hazrat Abou Tha‘labah al-Khouchani (r.a.) rapporte que le Noble Prophète (s.a.) a dit : “Allah a prescrit certaines obligations ; ne les négligez pas. Il a interdit certaines choses ; ne vous y engagez pas. Et, volontairement, Il n’a rien dit au sujet de certaines choses ; ne vous disputez pas à leur propos.” » (Daraqoutni)
(۱۹)
وَعَنْ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْأَمْرُ ثَلَثَةٌ أَمْرٌ بَيْنَ رُشْدُهُ فَاتَّبِعْهُ – وَأَمْرٌ بَيْنٌ غَيُّهُ فَاجْتَنِبُهُ وَأَمْرٌ اخْتُلِفَ فِيهِ فَكِلْهُ إِلَى اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ
(احمد)
(19) « Il est rapporté d’après Hazrat Ibn Abbas (r.a.) qu’il a dit : le Messager d’Allah (s.a.) a dit : “Toutes les questions de la Loi islamique sont de trois sortes. La première sorte comprend les choses dont la justesse est parfaitement évidente ; conformez-vous donc à elles. La deuxième sorte comprend les choses dont l’erreur est absolument certaine ; évitez-les donc. Il existe aussi certaines choses qui sont douteuses ; confiez-les à Allah. (Ne vous y engagez pas tant que le doute n’aura pas été dissipé.)” » (Ahmad)
(۲۰)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَزَلَ الْقُرْآنَ عَلَى خَمْسَةِ أَوْجُهِ – حَلَالٌ وَحَرَامٌ وَمُحْكَمْ وَمُتَشَابِةٌ وَأَمْثَالُ فَاحِلُّوا
الْحَلَالَ وَحَرِّمُوا الْحَرَامَ وَاعْمَلُوْا بِالْمُحْكَمِ وَامِنُوْا بِالْمُتَشَابِهِ وَاعْتِيرُوا بِالْأَمْثَالِ (احمد)
(20) « Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Cinq sortes de prescriptions ont été révélées dans le Coran. (C’est-à-dire que l’ensemble des versets du Coran est divisé en cinq catégories 🙂 le licite, l’illicite, les versets muhkam, les versets mutashabih et les exemples. Vous accepterez donc le licite comme licite, rejetterez l’illicite comme illicite, agirez conformément aux versets muhkam, croirez aux versets mutashabih et tirerez des enseignements des exemples. (Ahmad) »
Explication : Dans le hadith précité, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a mentionné que les versets du Saint Coran sont divisés en cinq catégories. La première est celle des versets relatifs au licite, c’est-à-dire ceux qui déclarent qu’une chose est licite. La deuxième est celle des versets relatifs à l’illicite, c’est-à-dire ceux qui indiquent qu’une chose est illicite. La troisième est celle des versets muhkam. On appelle muhkam les versets dont les formulations et les significations sont généralement compréhensibles. La quatrième est celle des versets mutashabih. On appelle mutashabih les versets ou les termes coraniques dont le sens et l’interprétation sont difficiles et obscurs. La cinquième est celle des versets contenant des exemples, par lesquels Allah a présenté diverses paraboles afin d’exhorter l’humanité.
Dans le hadith rapporté, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a précisément mentionné ce que nous devons faire concernant ces cinq catégories de versets. Il a dit : Vous accepterez comme licite ce que le Coran déclare licite et rejetterez comme illicite ce qu’il déclare illicite ; vous agirez conformément aux versets muhkam ; vous croirez aux versets mutashabih en considérant que leur sens a été maintenu hors de notre connaissance par Allah, l’Omniscient, pour une sagesse particulière ; et vous tirerez des enseignements des exemples du Coran.
Les trois hadiths précédents indiquent un point particulier : toutes les prescriptions de la charia sont claires et exemptes de doute. Il faut donc les suivre sans hésitation. En revanche, il ne faut pas s’adonner à des doutes inutiles en soulevant des questions obscures, difficiles à comprendre et sans utilité. On voit dans la société des gens qui ne prêtent guère attention aux prescriptions claires de la charia. Mais ils cherchent à créer un véritable labyrinthe dans l’esprit des gens en soulevant des questions relativement complexes, obscures et inutiles. La recherche de la vérité n’est nullement leur objectif. Leur véritable objectif est plutôt de montrer leur érudition ou de susciter dans l’esprit des gens des doutes au sujet de la religion et de la charia. Le hadith mentionne précisément que ce genre d’agissement est blâmable du point de vue de la charia.
Chapitre : 3 — L’adoration
L’importance de la prière
إِنَّ الصَّلَاةَ كَانَتْ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ كِتَابًا مَوْقُوْتًا
(سورة النساء – (۱۰۳)
« Certes, la prière a été prescrite aux croyants à des heures déterminées. »
(Sourate An-Nisâ, 103)
(۲۱)
وَعَنْ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: خَمْسُ صَلَوَاتٍ افْتَرَضَهُنَّ اللَّهُ تَعَالَى، مَنْ أَحْسَنَ وُضُوءَهُنَّ وَصَلَاهُنَّ لِوَقْتِهِنَّ وَأَتَمَّ رُكُوْعَهُنَّ وَخُشُوْعَهُنَّ، كَانَ لَهُ عَلَى اللَّهِ عَهْدٌ أَنْ يَغْفِرَ لَهُ ، وَمَنْ لَمْ يَفْعَلْ فَلَيْسَ لَهُ عَلَى اللَّهِ عَهْدٌ إِنْ شَاءَ غَفَرَ لَهُ وَإِنْ شَاءَ عَذَّبَهُ (أبو داود)
(21) « Il est rapporté d’après ‘Ubâdah ibn as-Sâmit (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Prophète éminent (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Allah a prescrit à Ses serviteurs cinq prières quotidiennes. Ainsi, celui qui accomplit correctement ses ablutions, prie à l’heure prescrite et accomplit sa prière avec concentration, en veillant à bien effectuer l’inclinaison et la prosternation, Allah lui pardonnera certainement. Quant à celui qui ne le fera pas, Allah n’a aucune obligation de lui pardonner ses péchés. S’Il le veut, Il peut lui pardonner, et s’Il le veut, Il ne lui pardonne pas. » (Abû Dâwûd)
Explication : Dans la terminologie islamique, la prière est appelée salât, un acte d’adoration déterminé. Namâz est sa traduction persane. Les actes d’adoration sont généralement de deux sortes. Il y a ceux que l’être humain accomplit avec ses membres et ses organes ; on les appelle actes d’adoration corporels. Il y en a d’autres que l’être humain accomplit en dépensant ses biens ; on les appelle actes d’adoration financiers. Parmi les actes d’adoration corporels, la prière est le plus éminent. Parmi les actes d’adoration financiers, la zakât est le plus éminent. Dans le Coran, Allah Très-Haut mentionne souvent ensemble ces deux actes d’adoration supérieurs. Depuis le commencement de la création humaine jusqu’à nos jours, tous les prophètes venus dans le monde avaient, avec leurs communautés, l’obligation d’accomplir la prière sous une forme ou une autre. Pour le dernier Prophète, Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), et sa communauté, cinq prières quotidiennes ont été prescrites, réparties entre le jour et la nuit. C’est l’ange Jibrîl lui-même qui, en dirigeant la prière, a accompli dix prières et a enseigné au Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) la manière concrète d’accomplir ces prières, ainsi que leurs horaires.
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a enseigné toutes les règles relatives à la manière de purifier le corps pour la prière par les ablutions et le bain rituel, aux horaires auxquels accomplir la prière, à la manière d’effectuer l’inclinaison et la prosternation, à la durée de la station assise entre les prosternations, ainsi qu’à la manière d’accomplir la prière avec humilité et concentration. Ainsi, celui qui accomplira correctement la prière conformément à l’enseignement du Prophète, Allah lui pardonnera. Quant à celui qui ne l’accomplira pas, Allah n’a aucune obligation de lui accorder le pardon.
(۲۲)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ ذَكَرَ الصَّلَاةَ يَوْمًا فَقَالَ: مَنْ حَافَظَ عَلَيْهَا كَانَتْ لَهُ نُورًا وَبُرْهَانًا وَنَجَاةً يَوْمَ الْقِيَامَةِ ، وَمَنْ لَمْ يُحَافِظُ عَلَيْهَا لَمْ يَكُنْ لَهُ نُوْرٌ وَلَا بُرْهَانٌ وَلَا نَجَاةٌ، فَكَانَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ مَعَ قَارُوْنَ وَفِرْعَوْنَ وَهَامَانَ وَأُبَيِّ بْنِ خَلَفٍ
أحمد – دارمي – بيهقي)
(22) Il est rapporté d’après ‘Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘Âs (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, alors qu’il parlait de la prière, le Prophète éminent (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui préservera correctement sa prière, celle-ci sera pour lui, au Jour de la Résurrection, une lumière, une preuve et une cause de salut. Quant à celui qui ne la préservera pas correctement, sa prière ne sera pour lui, au Jour de la Résurrection, ni une lumière, ni une preuve, ni une cause de salut. Et cet homme sera ressuscité au Jour du Rassemblement avec les mécréants, à l’image de Qârûn, Pharaon, Hâmân et Ubayy ibn Khalaf. (Ahmad, Dârimî, Bayhaqî)
Explication : Dans ce hadith, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a ordonné de préserver correctement la prière. Cela signifie que si quelqu’un accomplit toute sa vie la prière avec concentration, conformément aux règles et aux méthodes prescrites, cette prière lui apportera de la lumière dans les ténèbres de la Résurrection, témoignera auprès d’Allah de sa piété et le délivrera du châtiment de l’Enfer. En effet, une personne qui accomplit ainsi la prière ne peut généralement jamais s’adonner à un péché.
(۲۳)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: سَبْعَةٌ يُظِلُّهُمُ اللَّهُ فِي ظِلِهِ يَوْمَ لَا ظِلَّ إِلَّا ظِلُّهُ؛ الإِمَامُ الْعَادِلُ، وَشَابٌ نَشَأَ فِي عِبَادَةِ رَبِّهِ، وَرَجُلٌ قَلْبُهُ مُعَلِّقٌ فِي الْمَسَاجِدِ، وَرَجُلَانِ تَحَابًّا فِي اللَّهِ اجْتَمَعًا عَلَيْهِ وَتَفَرَّقَا عَلَيْهِ، وَرَجُلٌ طَلَبَتْهُ امْرَأَةٌ ذَاتُ مَنْصِبٍ وَجَمَالٍ فَقَالَ إِنِّي أَخَافُ اللَّهَ، وَرَجُلٌ تَصَدَّقَ أَخْفَى حَتَّى لَا تَعْلَمَ شِمَالُهُ مَا تُنْفِقُ يَمِينُهُ
-(بخاري – مسلم)
(23) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Le jour où il n’y aura d’autre ombre que celle d’Allah, le Très-Haut accordera refuge sous Son ombre à sept catégories de personnes : (1) un souverain équitable ; (2) le jeune homme dont la jeunesse s’est écoulée dans l’adoration d’Allah ; (3) celui qui prie et dont le cœur reste constamment attaché à la mosquée, au point que, après l’avoir quittée, il aspire à y retourner ; (4) deux personnes dont l’amour et la séparation n’avaient pour seul motif que la recherche de l’agrément d’Allah, c’est-à-dire dont l’union et la séparation se sont faites autour d’Allah ; (5) celui qui, seul, a invoqué Allah et a versé des larmes ; (6) celui qui, sollicité par une jeune femme belle et de haut rang pour qu’elle lui offre son amour, a refusé en disant : “Je crains Allah” ; (7) et celui qui fait l’aumône si discrètement que sa main gauche ne sait pas ce que donne sa main droite. (Al-Bukhârî, Muslim)»
Explication : En ce jour terrible où, sur le lieu du Rassemblement, il n’y aura d’autre ombre que celle qu’Allah contrôle Lui-même, les gens se tordront sous une chaleur insupportable et une ardeur intense. Ce jour-là, Allah abritera sept catégories de personnes sous l’ombre rafraîchissante de Sa miséricorde. La première est le souverain équitable qui, ayant reçu l’autorité de gouverner une partie de l’humanité, a constamment fait preuve de justice. La deuxième est le jeune homme qui a consacré sa jeunesse à l’adoration d’Allah. C’est durant la jeunesse que se développent toutes les forces et tous les talents de l’être humain. Ainsi, la période la plus importante de la vie humaine est sa jeunesse. C’est également durant cette période que le risque de tomber dans l’égarement est le plus grand. C’est pourquoi, le Jour de la Résurrection, Allah abritera sous Sa propre ombre le jeune homme qui, à cette étape cruciale de sa vie, a soumis le navire de sa jeunesse à la direction de la religion d’Allah. La troisième est celui qui prie et dont le cœur reste constamment attaché à la mosquée, c’est-à-dire celui qui accomplit la prière en assemblée à la mosquée avec une totale sincérité. Les quatrièmes qui bénéficieront de l’ombre d’Allah sont les deux personnes dont l’amour et l’hostilité n’avaient pour seul motif que la recherche de l’agrément d’Allah, c’est-à-dire dont l’inimitié et l’amitié n’étaient nullement dictées par des intérêts terrestres. La cinquième personne qui bénéficiera de l’ombre de la grâce d’Allah sera celle qui, à l’abri des regards, a invoqué Allah dans la solitude et versé des larmes. Le sixième qui, en ce jour terrible de la Résurrection, sera abrité sous l’ombre rafraîchissante d’Allah est l’homme vertueux et pieux qui, par crainte du châtiment d’Allah, a rejeté l’appel séduisant d’une belle jeune femme de haut rang l’invitant à satisfaire son désir. La septième personne à bénéficier de cet abri sera l’homme généreux qui, recherchant uniquement l’agrément d’Allah, a fait l’aumône dans le plus grand secret.
Établir la prière est une responsabilité de l’État islamique
(٢٤) وَعَنْ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ كَتَبَ إِلَى عُمَّالِهِ: إِنَّ أَهَمَّ أَمْوْرِكُمْ عِنْدِي الصَّلَاةُ، فَمَنْ حَافِظُ وَحَافَظَ عَلَيْهَا حَفِظَ دِينَهُ ، وَمَنْ ضَيَّعَهَا فَهُوَ لِمَا سوَاهَا أَصْيَع (موطا إمام مالك)
(24) « Il est rapporté d’après ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) qu’il avait donné à tous ses gouverneurs l’instruction suivante : parmi toutes les responsabilités qui vous incombent, la prière est, à mes yeux, la plus importante. Celui qui accomplit sa propre prière avec vigilance et veille à son observance aura, pour ainsi dire, pleinement préservé sa religion. Quant à celui qui ne veille pas à la prière, il ne lui est nullement impossible de trahir ses autres responsabilités. » (Al-Muwatta de l’imam Mâlik)
Explication : L’établissement de la prière fait partie des responsabilités de l’État islamique. De même que le chef de l’État et les gouverneurs placés sous son autorité sont responsables de l’administration de leurs territoires respectifs, ils sont également responsables d’y organiser la prière et de l’y établir. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) ainsi que ses califes compétents ont assumé conjointement ces deux types de responsabilités. Le deuxième calife, ‘Umar (qu’Allah l’agrée), a attiré l’attention de ses gouverneurs sur cette question importante par une directive, car il s’agit de l’une des principales responsabilités de l’État islamique. Allah dit à ce sujet dans le Noble Coran :
« Lorsque Mes serviteurs sincères obtiennent l’autorité sur une terre quelconque, ils y établissent la prière, acquittent la zakât, ordonnent aux citoyens le bien et les empêchent de commettre le mal. » (Sourate Al-Hajj, verset 41)
Hazrat Umar (qu’Allah l’agrée) avait particulièrement mis en garde les gouverneurs placés sous son autorité en leur disant que s’ils se montraient négligents à l’égard de cette première obligation d’Allah, ils feraient également preuve de négligence dans l’accomplissement de leurs autres responsabilités.
La prière, l’adoration la plus aimée d’Allah
(٢٥) وَعَنِ ابْنِ مَسْعُوْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، سَأَلْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَيُّ الْأَعْمَالِ أَفْضَلُ؟ قَالَ: الصَّلَاةُ لِوَقْتِهَا ، قُلْتُ : ثُمَّ أَيُّ؟ قَالَ: بِرُّ الْوَالِدَيْنِ، قُلْتُ
ثُمَّ أَيُّ؟ قَالَ: الْجِهَادُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، قَالَ حَدَّثَنِي بِهِنَّ وَلَوْ اسْتَزَدْتُهُ لَزَادَنِي (بخاري – مسلم)
(25) « Il est rapporté de Hazrat Ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : J’ai demandé au Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) quelle était, parmi toutes les bonnes actions des hommes, celle qu’Allah aimait le plus. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : accomplir la prière à son heure. Je demandai : Et ensuite, laquelle ? Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : bien se comporter envers ses père et mère. Je demandai de nouveau : Et ensuite, laquelle ? Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : s’engager dans le djihad dans la voie d’Allah. Hazrat Ibn Mas‘ud dit : Le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) m’avait dit ces paroles. Si je lui avais posé davantage de questions, il m’en aurait encore dit davantage. » (Al-Bukhari, Muslim)
Quand faut-il enjoindre aux enfants d’accomplir la prière ?
(٢٦) وَعَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيْهِ عَنْ جَدِّهِ قَالَ، قَالَ رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مُرُوا أَوْلَادَكُمْ بالصَّلاةِ، وَهُمْ أَبْنَاءُ سَبْعِ سِنِينَ، وَاضْرِبُوهُمْ وَهُمْ أَبْنَاءُ عَشْرِ سِنِينَ، وَفَرِّقُوا بَيْنَهُمْ فِي الْمَضَاجِعِ
(أبو داود)
(26) « Hazrat ‘Amr ibn Shu‘ayb a rapporté de son père, qui le tenait de son propre père, que celui-ci a dit : Le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Lorsque vos enfants auront atteint l’âge de sept ans, ordonnez-leur d’accomplir la prière. Lorsqu’ils auront dix ans, punissez-les s’ils négligent la prière et séparez leurs lits. » (Abu Dawud)
Explication : En réalité, dès qu’ils atteignent la puberté, la prière, le jeûne et les autres pratiques religieuses deviennent obligatoires pour tous, hommes et femmes sans distinction. Mais si, auparavant, on n’enseigne pas la prière aux garçons et aux filles et qu’on ne les y habitue pas, il leur est impossible de l’accomplir dès qu’ils atteignent la puberté. C’est pourquoi le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a ordonné aux parents d’encourager leurs enfants, garçons et filles, à prier dès l’âge de sept ans et de les contraindre à prier à l’âge de dix ans. Cette directive s’adresse aux tuteurs. Ainsi, si les tuteurs ne l’appliquent pas, ils en seront responsables devant Allah.
Le Jour de la Résurrection, la première question portera sur la prière
(۲۷)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : إِنَّ أَوَّلَ مَا يُحَاسَبُ بِهِ العَبْدُ يَوْمَ القِيَامَةِ مِنْ عَمَلِهِ صَلَاتُهُ ، فَإِنْ صَلُحَتْ فَقَدْ أَفْلَحَ وَأَنْجَحَ، وَإِنْ فَسَدَتْ فَقَدْ خَابَ وَخَسِرَ، فَإِنْ انْتَقَصَ مِنْ فَرِيضَةٍ ، قَالَ الرَّبُّ: انْظُرُوا هَلْ لِعَبْدِي مِنْ تَطَوُّع
فَيُكَمَّلَ بِهَا مَا انْتَقَصَ مِنَ الفَرِيضَةِ، ثُمَّ يَكُونُ سَائِرُ
أَعْمَا لِهِ عَلَى هَذَا (ترمذي)
(27) Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Dans la plaine de la Résurrection, le serviteur devra en premier lieu rendre compte de sa prière. S’il réussit à répondre à la question concernant sa prière, il connaîtra le succès. Mais s’il échoue à cette question, il n’aura plus aucun recours. Toutefois, si une déficience est relevée dans ses prières obligatoires, Allah dira aux anges : “Si Mon serviteur a des prières surérogatoires, comblez-en la déficience de ses prières obligatoires.” Ensuite, la même méthode sera appliquée à l’ensemble de ses œuvres. » (At-Tirmidhî)
Explication : Il a déjà été mentionné que, parmi les actes d’adoration corporels, la prière est le plus important. La prière était obligatoire sous une forme ou une autre pour tous les prophètes (que la paix soit sur eux) et leurs communautés. Ainsi, le Jour de la Résurrection, le serviteur sera interrogé en premier lieu au sujet de la prière. Ensuite, pour le serviteur qui réussira cette première épreuve, les épreuves suivantes ne seront pas difficiles. Le Jour du Rassemblement, si une déficience est relevée dans les prières obligatoires du serviteur obéissant à Allah, Allah, dans Sa miséricorde, la comblera au moyen de ses prières surérogatoires. Puis la même méthode sera appliquée à ses œuvres ultérieures. Autrement dit, la déficience des obligations sera comblée par les actes surérogatoires.
L’importance d’accomplir la prière en assemblée
(۲۸)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: صَلَاةُ الْجَمَاعَةِ تَفْضُلُ صَلَاةَ الْفَدَّ بِسَبْعٍ وَعِشْرِيْنَ دَرَجَةً
(بخاري – مسلم)
(28) « Il est rapporté de Hazrat ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a déclaré : “La prière accomplie en assemblée possède vingt-sept fois plus de mérite que la prière individuelle.” » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Allah Tout-Puissant a prescrit à la communauté de Muhammad les cinq prières quotidiennes en assemblée. Les dix prières de deux jours que Hazrat Jibril (paix sur lui) enseigna au Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) en dirigeant la prière furent elles aussi accomplies en assemblée. Ainsi, la prière obligatoire n’est accomplie pleinement que lorsqu’elle est effectuée en assemblée. Si l’on accomplit seul une prière obligatoire (sans excuse valable), elle ne sera pas accomplie dans sa plénitude ; elle sera plutôt assimilée à une prière à rattraper. Le célèbre savant Molla Jiyan Sahib a également mentionné ce point dans son ouvrage réputé, « Nur al-Anwar ». Le hadith cité fait précisément mention de l’immense récompense liée à l’accomplissement de la prière en assemblée par le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui). En effet, la prière en assemblée est la prière complète. Celui qui accomplit seul une prière obligatoire aura bien accompli la prière, mais non dans sa plénitude.
(۲۹)
وَعَنْ أَبِي دَرْدَاءِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُوْلَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَا مِنْ ثَلَاثَةٍ فِي قَرْيَةٍ وَلَا بَدْوِ لَا تُقَامُ فِيهِمُ الصَّلَاةُ إِلَّا قَدِ اسْتَحْوَذَ عَلَيْهِمُ الشَّيْطَانُ فَعَلَيْكَ بِالْجَمَاعَةِ فَإِنَّمَا يَأْكُلُ الذِّئْبُ القاصية
(أحمد – أبو داود – نسائي)
(29) « Il est rapporté de Hazrat Abu al-Darda (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a déclaré : “S’il y a trois personnes dans un village ou dans une région désertique et qu’elles n’accomplissent pas la prière en assemblée, Satan prendra certainement le dessus sur elles. La prière en assemblée vous est donc indispensable, car l’animal qui se sépare du troupeau devient la proie du tigre.” » (Ahmad, Abu Dawud, an-Nasa’i)
Explication : Dans ce hadith, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a donné une brève et belle comparaison concernant le caractère indispensable de la prière en assemblée. Lorsque le troupeau avance groupé au pied d’une montagne ou dans un pâturage, le tigre ne l’attaque pas, car le berger qui le surveille et les chiens de garde gardent constamment les yeux sur le troupeau. Mais lorsqu’un animal, tout en broutant, s’éloigne du regard du berger, le tigre l’attaque dès qu’il en trouve l’occasion. De même, le musulman qui ne prie pas en assemblée devient la proie de Satan.
(۳۰)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ أَمَرَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا كُنْتُمْ فِي
الْمَسْجِدِ فَنُوْدِيَ بِالصَّلَاةِ، فَلَا يَخْرُجْ أَحَدُكُمْ حَتَّى يُصَلِّي (أحمد)
(30) « Il est rapporté de Hazrat Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) nous a ordonné ce qui suit : “Lorsque vous vous trouvez dans une mosquée et que l’appel à la prière est lancé, ne sortez pas de là avant d’avoir achevé la prière.” (Ahmad)
(۳۱)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: لَوْلَا مَا فِي الْبُيُوتِ مِنَ النِّسَاءِ وَالذُّرِّيَّةِ ، أَقَمْتُ صَلَاةَ الْعِشَاءِ، وَأَمَرْتُ فِتْيَانِي يُحْرِقُوْنَ مَا فِي الْبُيُوتِ بِالنَّارِ. (أحمد)
(31) « Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) a rapporté du Prophète éminent (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) le hadith suivant : Un jour, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : “S’il n’y avait pas dans les maisons de jeunes enfants et de femmes, je commencerais la prière de ‘ichâ et j’enverrais des jeunes afin qu’ils mettent le feu aux maisons de ceux qui ne viennent pas prier.” » (Ahmad)
Explication : Le hadith précité du Prophète éminent (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) montre toute l’importance de l’accomplissement de la prière en assemblée. Toutefois, trois raisons permettent de manquer la prière en assemblée. (1) S’il existe, sur le chemin de la mosquée, la crainte d’ennemis, de tigres, d’ours, de serpents ou de scorpions.
(2) Si la personne qui doit prier est malade. (3) Si une tempête violente se lève, rendant impossible la présence à la prière en assemblée.
(۳۲)
وَعَن عَبْدِ اللَّهِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّهُ أَذَّنَ بِالصَّلَاةِ فِي لَيْلَةٍ ذَاتِ بَرْدٍ وَرِيحٍ، ثُمَّ قَالَ: أَلَا صَلُّوْا فِي الرِّحَالِ، ثُمَّ قَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَأْمُرُ الْمُؤَذِّنَ إِذَا كَانَتْ لَيْلَةٌ ذَاتُ بَرْدِ وَمَطَرٍ يَقُولُ أَلَا صَلُّوْا فِي الرِّحَالِ (بخاري – مسلم)
(32) « Abdallah ibn Omar (qu’Allah l’agrée) a rapporté qu’un jour, par une nuit froide et orageuse, il fit l’appel à la prière. Puis il dit : “Ô vous tous, accomplissez chacun la prière chez vous.” Il dit également que les nuits où le froid et la pluie étaient particulièrement intenses, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ordonnait au muezzin de dire cette nuit-là : “Que chacun accomplisse sa prière dans son propre lieu.” » (Boukhari, Mouslim)
Il est préférable que les femmes accomplissent la prière chez elles
(۳۳)
وَعَنِ عَبْدِ اللَّهِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا تَمْنَعُوْا نِسَاءَكُمُ الْمَسَاجِدَ، وَبُيُوتُهُنَّ خَيْرٌ لَهُنَّ (أبو داود)
(33) « Il est rapporté de Hadrat Abdullah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “N’empêchez pas vos femmes d’aller à la mosquée. Toutefois, leur maison est meilleure pour elles pour la prière.” » (Abou Dawoud)
(٣٤) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : صَلَاةُ الْمَرْأَةِ فِي بَيْتِهَا أَفْضَلُ مِنْ صَلَاتِهَا فِي حُجْرَتِهَا، وَصَلَاتُهَا فِي مَخْدَعِهَا أَفْضَلُ مِنْ صَلَاتِهَا فِي بَيْتِهَا (أبو داود)
(34) « Il est rapporté de Hadrat Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Pour les femmes, la prière accomplie à l’intérieur de leur maison est meilleure que celle accomplie à l’extérieur de leur maison. Et la prière accomplie dans leur chambre est meilleure que celle accomplie dans leur maison.” » (Abou Dawoud)
Explication : Bien que, selon le sens du hadith précité, les femmes soient autorisées à se rendre à la mosquée voilées, à se tenir séparées des rangs des hommes et à accomplir la prière en assemblée, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a indiqué que, pour elles, il est bien meilleur d’accomplir la prière dans leur propre maison.
Il est préférable d’accomplir les prières surérogatoires à la maison
(٣٥) وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا قَضَى أَحَدُكُمُ الصَّلَاةَ فِي
مسْجِدِهِ فَلْيَجْعَلْ لِبَيْتِهِ نَصِيبًا مِنْ صَلَاتِهِ، فَإِنَّ اللَّهَ جَاعِلٌ فِي بَيْتِهِ مِنْ صَلَاتِهِ خَيْرًا (مسلم)
(35) « Il est rapporté de Hadrat Jabir (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Lorsque l’un d’entre vous accomplit la prière à la mosquée, qu’il en réserve une partie (c’est-à-dire les prières surérogatoires ou sunnah) pour sa maison. En effet, Allah accordera le bien à sa maison grâce à cette prière.” » (Mouslim)
(٣٦) وَعَنْ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: صَلَاةُ الْمَرْءِ فِي بَيْتِهِ أَفْضَلُ مِنْ صَلَاتِهِ فِي مَسْجِدِي هَذَا إِلَّا الْمَكْتُوبَةَ
(أبو داود – ترمذي)
(36) « Zayd ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : accomplir la prière chez soi est préférable à l’accomplir dans ma mosquée, sauf pour les prières obligatoires. » (Abû Dâwûd, at-Tirmidhî)
Explication : l’ostentation réduit à néant l’adoration de l’être humain. Celui qui pratique l’ostentation n’obtiendra certes aucune récompense de son adoration auprès d’Allah. Au contraire, cette adoration accomplie dans un but ostentatoire peut même faire de lui un pécheur. Comme le fait d’accomplir des prières surérogatoires supplémentaires dans un lieu public et exposé peut éveiller l’ostentation dans le cœur de celui qui prie, le Prophète d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a encouragé à accomplir discrètement les prières surérogatoires chez soi.
La veille nocturne et le mérite de la prière de Tahajjud
(۳۷)
وَعَنْ مُغِيرَةً بِنْ شُعْبَةٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَامَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى تَوَرَّمَتْ قَدَمَاهُ، فَقِيلَ لَهُ لِمَ تَصْنَعُ هَذَا؟ وَقَدْ غُفِرَ لَكَ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِكَ وَمَا تَأَخَّرَ، قَالَ : أَفَلَا أَكُونُ عَبْدًا شَكُورٌ
(بخاري – مسلم)
(37) « Al-Mughîra ibn Shu‘ba (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) resta si longtemps debout pour la prière de Tahajjud que la plante de ses deux pieds enfla. On lui dit alors : “Ô Messager d’Allah, pourquoi agissez-vous ainsi, alors qu’Allah vous a pardonné tous vos péchés passés et futurs ?” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant envers Allah ?” » (Al-Bukhârî, Muslim)
Explication : parmi toutes les prières surérogatoires, la prière de Tahajjud possède un mérite particulièrement éminent. La prière de Tahajjud était obligatoire pour le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Bien qu’elle n’ait pas été rendue légalement obligatoire pour la communauté, Allah souhaite que la communauté de Muhammad accomplisse la prière de Tahajjud avec une attention et un soin particuliers. La prière de Tahajjud est également mentionnée dans le Noble Coran. Ainsi, Allah le Très-Haut s’est adressé au Prophète en disant :
وَمِنَ اللَّيْلِ فَتَهَجَّدْ بِهِ نَافِلَةً لَّكَ عَسَى أَنْ يَبْعَثَكَ رَبُّكَ مَقَامًا مَحْمُوْدًا (بني إسرائيل: ۷۹)
Sens : « Accomplis la prière de tahajjud durant une partie de la nuit ; c’est un acte surérogatoire pour toi. Bientôt, ton Seigneur t’élèvera au maqâm Mahmûd. »
(Banî Isrâ’îl, verset 79)
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) restait parfois si longtemps debout pour le tahajjud que la plante de ses deux pieds enflait. Alors, certains Compagnons lui dirent : « Ô Messager, vous êtes pourtant ma‘sûm, vous n’avez aucun péché. Malgré cela, Allah a promis de vous pardonner toutes vos fautes passées et futures. Pourquoi donc avez-vous besoin de vous imposer de si grandes peines ? » Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) répondit : « Pourquoi donc ? Ne devrais-je pas être un serviteur aimé d’Allah ? » Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) accomplissait la prière de tahajjud, avec le witr, en sept, neuf ou onze rak‘ât, et parfois en treize rak‘ât.
(۳۸)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُوْلَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَنْزِلُ رَبُّنَا تَبَارَكَ وَتَعَالَى كُلَّ لَيْلَةٍ إِلَى السَّمَاءِ الدُّنْيَا حِيْنَ يَبْقَى ثُلُثُ اللَّيْلِ الآخِرُ، يَقُولُ : مَنْ يَدْعُونِي فَأَسْتَجِيْبَ لَهُ، مَنْ يَسْأَلُنِي فَأُعْطِيَهُ، وَمَنْ يَسْتَغْفِرُنِي فَأَغْفِرَ لَهُ (بخاري – مسلم)
(38) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le noble Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit : Lorsque le dernier tiers de la nuit reste, notre Seigneur, le Pourvoyeur, Béni et Très-Haut, descend vers le ciel le plus proche de la terre et proclame : “Qui est là pour M’invoquer à ce moment ? Je répondrai à son invocation. Qui est là pour Me demander quelque chose ? Je le lui accorderai. Qui est là pour Me demander pardon de ses péchés à ce moment ? Je lui pardonnerai.” »
(Bukhârî, Muslim)
(۳۹)
وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، سَمِعْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: إِنَّ فِي اللَّيْلِ لَسَاعَةً لَا يُوَافِقُهَا رَجُلٌ مُسْلِمٌ يَسْأَلُ اللَّهَ خَيْرًا مِنْ أَمْرِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ إِلَّا أَعْطَاهُ إِيَّاهُ وَذَالِكَ كُلَّ لَيْلَةٍ (مسلم)
(39) « Jâbir (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) dire : Il y a certainement, durant la nuit, un moment tel que si un musulman le rencontre et demande alors quelque chose du bien de ce monde et de l’au-delà, Allah le lui accorde assurément. Ce moment survient chaque nuit. » (Il n’est lié à aucune nuit particulière.)
(Muslim)
(٤٠) وَعَنْ أَبِي أُمَامَةَ بَاهِلِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: قِيلَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ أَيُّ الدُّعَاءِ أَسْمَعُ ؟ قَالَ: جَوْفَ اللَّيْلِ الآخِرِ، وَدُبُرَ الصَّلَوَاتِ الْمَكْتُوبَاتِ (ترمذي)
(40) « Abû Umâma al-Bâhilî (qu’Allah l’agrée) rapporte : Un jour, on demanda au Prophète : “Ô Prophète d’Allah, à quel moment les invocations sont-elles le plus susceptibles d’être exaucées ?” Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) répondit : “Les invocations faites durant la seconde moitié de la nuit et celles faites après la prière obligatoire.” »
(Tirmidhî)
(٤١) وَعَنْ ابْنِ مَالِكِ الأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ فِي الْجَنَّةِ غُرَفًا يُرَى ظَاهِرُهَا مِنْ بَاطِنِهَا ، وَبَاطِنُهَا مِنْ ظَاهِرِهَا ، أَعَدَّهَا اللَّهُ لِمَنْ أَلَآنَ الْكَلَامَ، وَأَطْعَمَ الطَّعَامَ، وَتَابَعَ الصِّيَامَ، وَصَلَّى بِاللَّيْلِ وَالنَّاسُ نِيَامٌ (بيهقي – ترمذي)
(41) « D’après Hazrat Ibn Malik al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée), il a dit : Le noble Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Il y a au Paradis des demeures si transparentes et étincelantes que, de l’intérieur, on peut voir tout ce qui se trouve à l’extérieur, et que, de l’extérieur, on peut voir tout ce qui se trouve à l’intérieur. Allah a préparé ces demeures pour celui qui fait preuve de douceur dans ses paroles avec les gens, nourrit les affamés, jeûne et prie durant une partie de la nuit, à l’heure où les gens dorment habituellement. » (Al-Bayhaqi, At-Tirmidhi)
Explication : Lorsque, durant la dernière partie de la nuit, tout le monde dort généralement et que tout le vacarme et le tumulte du monde se sont tus, le serviteur d’Allah qui renonce au repos, se consacre au repentir, à l’istighfar et au dhikr pour implorer le pardon de ses péchés auprès de son Seigneur, prie et adresse ses supplications à Allah, n’est-il pas évidemment un serviteur agréé par Allah ? Lorsque le monde entier dort durant la dernière partie de la nuit, l’adoration accomplie en restant éveillé procure une immense tranquillité d’esprit et ne laisse guère place à la riya (ostentation). C’est pourquoi Allah aime une telle personne et exauce également ses invocations. Dans les hadiths mentionnés plus haut, le Prophète d’Allah a exprimé cette même idée de différentes manières.
Le jeûne mentionné dans le dernier hadith est le jeûne surérogatoire (nafl). Par la prière nocturne, on entend la prière surérogatoire, c’est-à-dire la prière de tahajjud. En effet, les obligations (fard) sont obligatoires pour tous. Lorsqu’une personne, après avoir accompli toutes les obligations et tous les devoirs (wajib), accomplit cette adoration supplémentaire dans le but de se rapprocher d’Allah et d’obtenir Son agrément, Allah lui accordera cette demeure.
(٤٢) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ أَبَاهُ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ كَانَ يُصَلِّي مِنَ اللَّيْلِ مَا شَاءَ اللَّهُ ، حَتَّى إِذَا كَانَ مِنْ آخِرِ اللَّيْلِ أَيْقَظَ أَهْلَهُ للصَّلاةِ، يَقُولُ لَهُمُ الصَّلاةَ الصَّلَاةَ، ثُمَّ يَتْلُو هَذِهِ الْآيَةَ : وَأْمُرْ أَهْلَكَ بِالصَّلَاةِ وَاصْطَبِرْ عَلَيْهَا لَا نَسْأَلُكَ رِزْقاً نَحْنُ نَرْزُقُكَ وَالْعَاقِبَةُ لِلتَّقْوَى (موطأ إمام مالك)
(42) « Il est rapporté d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) que son père, ‘Umar (qu’Allah l’agrée), accomplissait la prière durant la nuit selon la grâce qu’Allah lui accordait. Lorsque la fin de la nuit approchait, il réveillait même les membres de sa propre famille pour la prière. Puis il récitait ce verset :
وَأْمُرْ أَهْلَكَ بِالصَّلَاةِ وَاصْطَبِرْ عَلَيْهَا لَا تَسْأَلُكَ رِزْقاً نَحْنُ نَرْزُقُكَ وَالْعَاقِبَةُ لِلتَّقْوَى (سورة طه : ۱۳۲)
Sens : « Ô Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), ordonne à ta famille d’accomplir la prière et fais preuve de patience dans son accomplissement. Je ne te demande pas de subsistance ; c’est Moi qui te pourvois. Et la bonne fin appartient aux pieux. »
(Sourate Taha, verset 132)
L’importance de la prière du vendredi
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نُودِيَ لِلصَّلَاةِ مِنْ يَوْمِ الْجُمُعَةِ فَاسْعَوْا إِلَى ذِكْرِ اللَّهِ وَذَرُوا الْبَيْعَ ذَالِكُمْ خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُوْنَ (سورة الجمعة : ٩)
Sens : « Ô vous qui croyez, lorsque l’appel à la prière est lancé le vendredi, accourez à l’invocation d’Allah et abandonnez le commerce. Cela est meilleur pour vous, si seulement vous saviez. » (Sourate al-Jumu‘a, verset 9)
(٤٣) وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ
فَعَلَيْهِ الْجُمُعَةُ يَوْمَ الْجُمُعَةِ إِلَّا مَرِيضٌ أَوْ مُسَافِرٌ أَوِ امْرَأَةٌ أَوْ صَبِيٌّ أَوْ مَمْلُوكٌ فَمَنِ اسْتَغْنَى بِلَهْوِ أَوْ تِجَارَةٍ اسْتَغْنَى اللَّهُ عَنْهُ وَاللَّهُ غَنِيٌّ حَمِيدٌ (دار قطني)
(43) « Il est rapporté de Hazrat Jâbir (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Quiconque croit en Allah et au Jour dernier doit nécessairement accomplir la prière du vendredi le jour du vendredi. Toutefois, le malade, le voyageur, la femme, l’enfant et l’esclave sont dispensés de cette obligation. Si quelqu’un, occupé à des divertissements ou à des affaires commerciales, néglige cette prière, Allah se détournera également de lui. Allah est certes Celui qui Se suffit à Lui-même et digne de louange. »
(Dâraqutnî)
Explication : La prière du vendredi devint obligatoire peu avant l’Hégire. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui), après avoir émigré de La Mecque, arriva d’abord un lundi à Qubâ, dans les environs de Médine, et y séjourna quatre jours. Puis, le cinquième jour, il prit la route de Médine. C’était un vendredi. Lorsqu’il atteignit, en chemin, le village de la tribu des Banû Sâlim ibn ‘Awf, l’heure de la prière arriva et le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) y accomplit pour la première fois la prière du vendredi. Le hadith cité mentionne que la prière du vendredi est une obligation religieuse impérative.
À l’époque de la Jâhiliya, il n’existait pas de jour appelé vendredi. Les Arabes appelaient ce jour Yawm al-‘Arûba. Ce n’est qu’après l’ordre d’accomplir la prière du vendredi que ce jour fut nommé Yawm al-Jumu‘a, c’est-à-dire le jour du vendredi. En effet, ce jour-là, les musulmans se réunissent dans la plus grande mosquée de la région, en un lieu central, pour accomplir la prière du vendredi et écouter le sermon. Du point de vue du culte rituel, cette assemblée du vendredi est importante ; elle revêt également une signification particulière sur les plans social et politique. La prière du vendredi est une obligation impérative. Il n’est en aucun cas permis de l’abandonner sans une excuse reconnue par la loi religieuse. Toutefois, les femmes, les enfants, les malades, les voyageurs et les esclaves en sont dispensés. Mais s’ils l’accomplissent, leur prière du vendredi est valable et ils n’ont pas à accomplir la prière du zuhr.
(٤٤) وَعَنْ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدُبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: احْضُرُوا الْجُمُعَةَ وَادْنُوْا مِنَ الْإِمَامِ، فَإِنَّ الرَّجُلَ لَيَتَخَلَّفُ عَنِ الْجُمُعَةِ حَتَّى إِنَّهُ لَيَتَخَلَّفُ عَنِ الْجَنَّةِ وَإِنَّهُ لَمِنْ أَهْلِهَا
(مسند أحمد)
(44) « D’après Samoura ibn Joundoub (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le noble Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : “Présentez-vous à la prière du vendredi et tenez-vous près de l’imam. En effet, celui qui assistera à la prière du vendredi au dernier rang restera finalement aussi au dernier rang pour ce qui est d’entrer au Paradis, alors qu’il en est certainement digne.” »
(Mousnad Ahmad)
(٤٥) وَعَنْ أَبِي الْجَعْدِ الضَّمْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ تَرَكَ ثَلَاثَ جُمَع تَهَاوُنًا بِهَا طَبَعَ اللَّهُ عَلَى قَلْبِهِ
(أبو داود – ابن ماجة – دارمي – موطأ إمام مالك)
(45) « D’après Abou Ziyad Zamri (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : “Celui qui, par négligence, s’absentera trois vendredis consécutifs — c’est-à-dire qui n’accomplira pas la prière du vendredi — Allah scellera son cœur.
(Abou Daoud, Tirmidhi, Nassaï, Ibn Madja, Darimi, Malik)
Explication : Ce hadith indique combien la prière du vendredi est importante. Si quelqu’un s’absente trois vendredis consécutifs sans excuse valable, Allah rend son cœur insouciant et le scelle ; son cœur devient alors endurci.
Les mérites du vendredi
(٤٦) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: خَيْرُ يَوْمٍ طَلَعَتْ عَلَيْهِ الشَّمْسُ يَوْمُ الْجُمُعَةِ فِيْهِ خُلِقَ آدَمُ، وَفِيهِ أُدْخِلَ الْجَنَّةَ، وَفِيْهِ أُخْرِجَ مِنْهَا ، وَلَا تَقُوْمُ السَّاعَةُ إِلَّا فِي يَوْمِ الْجُمُعَةِ (مسلم)
(46) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : parmi les jours où le soleil se lève, le meilleur est le vendredi. C’est un vendredi qu’Adam (paix sur lui) a été créé. C’est ce jour-là qu’il a été admis au Paradis. Et c’est ce jour-là qu’il en a été expulsé et envoyé sur terre. Et la Résurrection aura lieu un vendredi. » (Muslim)
(٤٧) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ فِي الْجُمُعَةِ لَسَاعَةً لَا يُوَافِقُهَا عَبْدٌ مُسْلِمٌ يَسْأَلُ اللَّهَ مِنْهَا خَيْرًا إِلَّا أَعْطَاهُ إِيَّاهُ
(بخاري – مسلم)
(47) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : il y a certainement, le vendredi, un moment où, si un serviteur musulman demande à Allah quelque chose de bénéfique, cela lui est assurément accordé. » (Al-Boukhari, Muslim)
L’Aïd et la prière de l’Aïd
(٤٨) وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَدِمَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْمَدِينَةَ وَلَهُمْ يَوْمَانِ يَلْعَبُونَ فِيهِمَا فَقَالَ: مَا هَذَانِ الْيَوْمَانِ؟ قَالُوا : كُنَّا نَلْعَبُ فِيهِمَا فِي الْجَاهِلِيَّةِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَدْ
أَبْدَلَكُمْ اللَّهُ فِيهِمَا خَيْرًا مِنْهُمَا يَوْمَ الْأَضْحَى وَيَوْمَ الْفِطْرِ (أبو داود)
(48) « D’après Anas (qu’Allah l’agrée), il rapporte que, lorsque le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) arriva à Médine, il vit que les habitants de Médine se divertissaient et faisaient la fête durant deux jours particuliers. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) leur demanda : “Quelle est la signification de ces deux jours particuliers pour vous ?” Ils répondirent : “À l’époque de la Jâhiliya (avant l’islam), nous nous amusions et faisions la fête durant ces deux jours.” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) leur dit : “Sachez qu’Allah vous a donné, en remplacement de ces deux jours, deux jours meilleurs : le jour de l’Aïd al-Adha et le jour de l’Aïd al-Fitr.” » (Abou Dawoud)
Explication : Le mot Eid signifie joie ou allégresse. Puisque, durant ces deux jours particuliers, Allah a permis aux musulmans de célébrer dans la joie, ces deux jours sont appelés les jours de l’Eid. Toutefois, afin que les célébrations et les réjouissances des musulmans ne deviennent pas une simple fête de la joie, dépourvue de toute règle morale et éthique, Allah et Son Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) en ont fixé les règles et les principes. Bien plus, le programme de ces célébrations a été conçu de telle manière qu’il éveille dans le cœur des musulmans la conscience religieuse sacrée ainsi que le sentiment de leur responsabilité envers l’humanité. C’est pour cette raison qu’il a été prescrit, lors de l’Eid al-Fitr, que chaque personne aisée donne la Fitra aux pauvres avant d’accomplir la prière de l’Eid, et que, lors de l’Eid al-Adha, un tiers de la viande du sacrifice soit distribué aux pauvres et aux nécessiteux. Ainsi, la joie de l’Eid ne reste pas limitée aux personnes aisées et fortunées, mais que tous, pauvres comme riches, puissent y prendre part. Il est difficile de trouver un si bel exemple d’égalité et de fraternité dans les fêtes ou cérémonies des adeptes des autres religions.
(٤٩) وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يَغْدُو يَوْمَ الْفِطْرِ حَتَّى يَأْكُلَ تَمَرَاتٍ وَيَأْكُلُهُنَّ وِتْرًا (بخاري)
(49) « Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ne sortait pas le jour de l’Eid al-Fitr sans avoir mangé au moins quelques dattes. Il les mangeait en nombre impair. » (Al-Bukhari)
Explication : Le jour de l’Eid al-Fitr, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) mangeait quelque chose avant de sortir pour la prière. En revanche, le jour de l’Eid al-Adha, il ne mangeait rien avant de se rendre à l’Eidgah. La raison pour laquelle il mangeait les dattes en nombre impair est que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) disait : « Allah est Impair et Il aime ce qui est impair.
(٥٠) وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا كَانَ يَوْمُ عِيْدِ خَالَفَ الطَّرِيقَ
(بخاري)
(50) « Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) changeait de route le jour de l’Eid. » (Al-Bukhari)
Explication : Il est recommandé, le jour de l’Eid, de changer de route, notamment pour se rendre à l’Eidgah. En effet, il est prescrit de revêtir ses meilleurs vêtements ce jour-là et de proclamer le takbir en chemin. Ainsi, les différentes rues et zones du quartier deviennent le théâtre de la splendeur et de la dignité des musulmans, tandis que les divers secteurs résonnent de la glorification d’Allah et des proclamations du takbir.
(٥١) وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَخْرُجُ يَوْمَ الْفِطْرِ وَالْأَضْحَى إِلَى الْمُصَلَّى فَأَوَّلُ شَيْءٍ يَبْدَأُ بِهِ الصَّلَاةُ ثُمَّ يَنْصَرِفُ فَيَقُوْمُ مُقَابِلَ النَّاسِ وَالنَّاسُ جُلُوسٌ عَلَى صُفُوفِهِمْ فَيَعِظُهُمْ وَيُوْصِيْهِمْ وَيَأْمُرُهُمْ وَإِنْ كَانَ يُرِيدُ أَنْ يَقْطَعَ بَعْثًا قَطَعَهُ أَوْ يَأْمُرَ بِشَيْءٍ أَمَرَ بِهِ ثُمَّ يَنْصَرِفُ
(بخاري – مسلم)
(51) « D’après Abou Saïd al-Khoudri (que Dieu l’agrée), il dit : Le noble Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui) se rendait au lieu de prière le jour de l’Eid al-Fitr et de l’Eid al-Adha. La première chose qu’il y accomplissait était la prière. Ensuite, il se tournait et se tenait debout face à la foule, tandis que celle-ci restait assise dans ses rangs. Il leur prodiguait des exhortations, des conseils et des directives. S’il avait l’intention d’envoyer des soldats quelque part, il les sélectionnait alors, ou bien il donnait toute instruction qu’il avait à transmettre à quelqu’un. » (Boukhari, Mouslim)
(٥٢) وَعَنْ جَابِرٍ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، صَلَّيْتُ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْعِيْدَيْنِ غَيْرَ مَرَّةٍ وَلَا مَرَّتَيْنِ بِغَيْرِ أَذَانٍ وَلَا إِقَامَةٍ
(مسلم)
(52) « Jâbir ibn Samoura (que Dieu l’agrée) dit : J’ai accompli à maintes reprises, et non pas seulement une ou deux fois, les prières des deux Eids avec le Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui), sans appel à la prière ni annonce de son commencement. » (Mouslim)
(٥٣) وَعَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ خَطَبَنَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمَ النَّحْرِ قَالَ: إِنَّ أَوَّلَ مَا نَبْدَأُ بِهِ فِي يَوْمِنَا هَذَا أَنْ تُصَلِّي ثُمَّ نَرْجِعَ فَتَنْحَرَ، فَمَنْ فَعَلَ ذَلِكَ فَقَدْ أَصَابَ سُنَّتَنَا ، وَمَنْ ذَبَحَ قَبْلَ أَنْ يُصَلِّي فَإِنَّمَا هُوَ لَحْمٌ عَجَّلَهُ لِأَهْلِهِ لَيْسَ مِنَ النُّسُكِ فِي شَيْءٍ
(بخاري – مسلم)
(53) « Al-Barâ ibn Âzib (que Dieu l’agrée) dit : Un jour de l’Eid al-Adha, le Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui) nous fit un sermon et dit : “En ce jour, notre première tâche consiste à accomplir la prière. Ensuite, nous retournerons du lieu de prière et procéderons au sacrifice. Celui qui agit ainsi suit notre Sunna. Quant à celui qui égorge avant la prière, ce ne sera qu’une chèvre destinée à sa consommation, qu’il aura abattue à la hâte pour sa famille ; cela ne comporte absolument aucun caractère sacrificiel.” » (Boukhari, Mouslim)
Explication : En réalité, seul le sacrifice accompli conformément aux directives du Messager sera un sacrifice valide. Si l’on accomplit le sacrifice selon ses propres désirs, sans tenir compte des directives du Messager, on pourra certes en manger la viande, mais ce ne sera pas un sacrifice valide.
(٥٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ أَصَابَهُمْ مَطَرٌ فِي يَوْمِ عِيْدٍ فَصَلَّى بِهِمُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صَلَاةَ الْعِيدِ فِي الْمَسْجِدِ
(أبو داود – ابن ماجة)
(54) « D’après Abou Hourayra (que Dieu l’agrée), un jour de l’Eid, il pleuvait chez eux. Le Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui) accomplit donc avec eux la prière de l’Eid dans la mosquée. » (Abou Dâwoud, Ibn Mâjah)
Explication : La prière de l’Aïd est obligatoire (wâjib), et il est recommandé (sunna) de l’accomplir dans un vaste espace à ciel ouvert. Toutefois, s’il n’est pas possible de la célébrer en plein air en raison de la pluie ou de l’eau, elle peut être accomplie à la mosquée. C’est ce que laisse entendre le hadith rapporté ci-dessus.
(٥٥) وَعَنْ ابْنِ الْحُوَيْرِثِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَتَبَ إِلَى عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ وَهُوَ بِنَجْرَانَ أَنْ عَجِّلِ الْأَضْحَى وَأَخِرِ الْفِطْرَ وَذَكَرِ النَّاسَ
(شافعي)
(55) « Abû al-Huwayrith (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) adressa des instructions écrites à ‘Amr ibn Hazm, qu’il avait nommé à Najrân, lui ordonnant d’accomplir rapidement la prière de l’Aïd al-Adhâ (au début de son horaire) et de retarder la prière de l’Aïd al-Fitr. Il lui ordonna également d’exhorter les gens après la prière. » (Ach-Châfi‘î)
Explication : En réalité, l’horaire de la prière de l’Aïd commence immédiatement après l’horaire de l’ichrâq et se poursuit jusqu’à ce que le soleil atteigne son zénith. La prière de l’Aïd doit absolument être accomplie durant cette période. Toutefois, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a recommandé d’accomplir la prière de l’Aïd al-Adhâ dès le début de son horaire, afin qu’après la prière, on puisse rapidement égorger l’animal du sacrifice et consommer sans tarder sa viande. En revanche, il est préférable de retarder quelque peu la prière de l’Aïd al-Fitr, car il est recommandé (mustahabb) de manger quelque chose avant l’Aïd al-Fitr. Le retard est donc naturel.
Zakât
فَأَقِيمُوا الصَّلَاةَ وَآتُوا الزَّكَاةَ وَاعْتَصِمُوا بِاللَّهِ
(سورة الحج – ۷۸)
Sens : « Accomplissez donc la prière, acquittez-vous de la zakât et attachez-vous à Allah. » (Sourate al-Hajj, verset 78)
(٥٦) وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعَثَ مُعَاذَا إِلَى الْيَمَنِ فَقَالَ: إِنَّكَ
تَأْتِي قَوْمًا أَهْلَ كِتَابٍ فَادْعُهُمْ إِلَى شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوكَ لِذَالِكَ فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللَّهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ خَمْسَ صَلَوَاتٍ فِي كُلِّ يَوْمٍ وَلَيْلَةٍ فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوكَ لِذَالِكَ فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللَّهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ صَدَقَةً فِي أَمْوَالِهِمْ تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَائِهِمْ وَتُرَدُّ عَلَى فُقَرَائِهِمْ فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوكَ لِذَالِكَ فَإِيَّاكَ وَكَرَائِمَ أَمْوَالِهِمْ وَاتَّقِ دَعْوَةَ الْمَظْلُومِ فَإِنَّهَا لَيْسَ
بَيْنَهَا وَبَيْنَ اللَّهِ حِجَابٌ
(بخاري – مسلم)
(56) « Il est rapporté d’Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) que, lorsque le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) envoya Hazrat Mu‘adh comme gouverneur du Yémen, il lui donna le conseil suivant : “Ô Mu‘adh, tu te rends dans un pays dont les habitants sont des gens du Livre (juifs et chrétiens). Tu les inviteras donc en premier lieu (à la religion d’Allah) à attester qu’il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah et que Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) est assurément Son Messager.” S’ils l’acceptent, tu leur diras qu’Allah leur a prescrit cinq prières quotidiennes, réparties entre le jour et la nuit. S’ils l’acceptent également, tu leur feras savoir qu’Allah leur a prescrit la zakat, qui sera prélevée auprès des riches et distribuée aux pauvres. S’ils l’acceptent, prends garde à ne pas prendre leurs meilleurs biens (au titre de la zakat)
; et crains absolument la malédiction des opprimés, car il n’y a aucun voile entre l’invocation de l’opprimé et Allah.” (Boukhari, Muslim)
Explication : La zakat est un acte d’adoration qui constitue le plus éminent des actes d’adoration financière. À l’instar de la prière, la zakat est mentionnée à de nombreuses reprises dans le Noble Coran. Elle était également prescrite, sous une forme ou une autre, aux prophètes précédents et à leurs communautés.
Dans un État islamique, la zakat doit être collectée par l’État et distribuée dans ses catégories déterminées, conformément aux prescriptions de la charia. Outre les pratiques du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et des califes bien guidés qui lui ont succédé, le fait que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ait donné à Hazrat Mu‘adh, au moment de l’envoyer gouverner le Yémen, des directives concernant la zakat indique également qu’il s’agit d’une responsabilité de l’État. Si le régime politique n’est pas islamique, les personnes fortunées réuniront la zakat par l’intermédiaire d’une organisation islamique digne de confiance et la distribueront dans les catégories appropriées. S’il n’existe aucune organisation de ce type, les riches prélèveront eux-mêmes la zakat et la distribueront conformément à la charia.
La zakat doit être acquittée une fois par an. Pour l’or, l’argent, les liquidités et les marchandises commerciales, elle doit être versée à hauteur de deux et demi pour cent. Pour le bétail domestique, la zakat est d’une bête pour vingt. Une zakat est également due sur les récoltes et les fruits des champs.
Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a ordonné de ne pas prélever les meilleurs biens au titre de la zakat, mais plutôt des biens de qualité moyenne. En d’autres termes, il a ordonné de ne pas prendre, dans le troupeau du donateur de la zakat, les meilleures bêtes, ni les meilleures récoltes parmi les céréales produites.
Nous apprenons également de ce célèbre hadith du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) que les musulmans n’ont jamais contraint les non-musulmans placés sous leur autorité à se convertir. Au contraire, après leur avoir présenté l’appel de l’islam, ce n’est que s’ils l’acceptaient de leur plein gré qu’on leur enseignait ensuite les pratiques islamiques. Dans le cas contraire, ils jouissaient, sous l’autorité de l’État, de tous leurs droits politiques, civils et religieux.
Conséquences du non-acquittement de la zakat
(٥٧) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ آتَاهُ اللَّهُ مَالاً فَلَمْ يُؤَدِّ زَكَاتَهُ مُثْلَ لَهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ شُجَاعًا أَقْرَعَ لَهُ زَبِيْبَتَانِ يُطَوَّقُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ ثُمَّ يَأْخُذُ بِلِهْزِمَتَيْهِ يَعْنِي شَدْقَيْهِ ثُمَّ يَقُولُ أَنَا مَالُكَ أَنَا كَنْزُكَ ثُمَّ ثَلَا : وَلَا يَحْسِبَنَّ الَّذِينَ يَبْخَلُونَ الآية (بخاري)
(57) « Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui à qui Allah a accordé des biens mais qui n’en acquitte pas la zakat verra, le Jour de la Résurrection, ces biens prendre la forme d’un serpent venimeux terrifiant, portant deux taches noires sur la tête. (Les taches noires sont un signe caractéristique des serpents extrêmement venimeux.) Ce serpent s’enroulera autour de son cou comme un collier. Puis il mordra les mâchoires de cet homme et lui dira : “Je suis ton bien, je suis ta richesse accumulée.” Ensuite, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) récita le verset coranique suivant :
وَلَا يَحْسِبَنَّ الَّذِينَ يَبْخَلُونَ …. الآية
Sens : « Que ceux auxquels Allah a accordé des biens et qui se montrent avares ne pensent pas que leur avarice est un bien pour eux. Au contraire, elle est pour eux un mal des plus graves. » (Al-Bukhârî)
(٥٨) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: مَا خَالَطَتِ الزَّكَاةُ مَالاً قَطُّ إِلَّا أَهْلَكَتْهُ (شافعي – بخاري)
(58) « ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Prophète d’Allah dire : Tout bien dont la zakat n’est pas prélevée, mais qui se mêle à la zakat, finit par être détruit. » (Ash-Shâfi‘î, Al-Bukhârî)
Le statut du fonctionnaire chargé de percevoir la zakat
(٥٩) وَعَنْ رَافِعِ بْنِ خَدِيجٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْعَامِلُ عَلَى الصَّدَقَةِ بِالْحَقِّ كَالْغَازِي فِي سَبِيلِ اللَّهِ حَتَّى يَرْجِعَ إِلَى بَيْتِهِ
(أبو داود – ترمذي)
(59) « Il est rapporté de Râfi ibn Khadîja, qu’Allah l’agrée, qu’il a dit : Le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : Le mérite du fonctionnaire qui collecte correctement la zakat est équivalent à celui de la personne qui mène le jihâd dans le sentier d’Allah. Il conserve même ce mérite jusqu’à son retour chez lui. » (Abû Dâwûd, at-Tirmidhî)
Explication : La zakat n’est pas une taxe imposée par l’État. Elle est au contraire un acte cultuel financier précis, prescrit par Allah Lui-même. Bien que l’État islamique nomme des fonctionnaires chargés de collecter la zakat, leur statut n’est pas simplement celui de fonctionnaires gouvernementaux. Au contraire, lorsqu’il collecte les biens de cette zakat prescrite par Allah, il est l’équivalent d’un moudjahid menant le jihâd dans le sentier d’Allah.
Quand la zakat devient-elle obligatoire sur les biens ?
(٦٠) عَنِ عَبْدِ اللَّهِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنِ اسْتَفَادَ مَالاً فَلَا زَكَاةَ فِيْهِ حَتَّى يَحُولَ عَلَيْهِ الْحَوْلُ (ترمذي)
(60) « Abdallah ibn Umar, qu’Allah les agrée tous deux, rapporte que le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : Celui qui acquiert un bien n’est pas tenu d’en acquitter la zakat tant qu’une année ne s’est pas écoulée sur ce bien. » (at-Tirmidhî)
Explication : La zakat ne devient pas obligatoire dès que l’on possède des biens atteignant le seuil requis. Pour que la zakat devienne obligatoire, il faut que les biens restent pendant une année entière sous la propriété de leur détenteur. Toutefois, si quelqu’un acquitte la zakat avant l’écoulement de l’année, elle sera considérée comme acquittée.
(٦١) وَعَنْ عَلِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ الْعَبَّاسِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ سَأَلَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي تَعْجِيلِ صَدَقَتِهِ قَبْلَ أَنْ تَحِلَّ فَرَخَّصَ لَهُ فِي ذَالِكَ
(أبو داود ، ترمذي)
(61) « Il est rapporté de ʿAlî, qu’Allah l’agrée, qu’un jour, ʿAbbâs, qu’Allah l’agrée, interrogea le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, au sujet de l’acquittement de la zakat avant l’écoulement de l’année. Le Prophète lui en donna donc la permission. » (Abû Dâwûd, at-Tirmidhî)
La Fitra
(٦٢) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ:
فَرَضَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ زَكَاةَ الْفِطْرِ صَاعًا مِنْ تَمْرٍ أَوْ صَاعًا مِنْ شَعِيْرٍ عَلَى الْعَبْدِ وَالْحُرِّ وَالذَّكَرِ وَالْأُنْثَى وَالصَّغِيرِ وَالْكَبِيرِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ وَأَمَرَ بِهَا أَنْ تُؤَدَّى قَبْلَ خُرُوجِ النَّاسِ إِلَى الصَّلَاةِ
(بخاري – مسلم)
(62) « Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a fixé la sadaqat al-fitr, pour chaque musulman, qu’il soit esclave ou homme ou femme libre, jeune ou âgé, à un sâ‘ de dattes ou d’orge. Il a également ordonné de s’en acquitter avant de se rendre au lieu de prière de l’Aïd. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : La Fitra est en réalité la zakat du jeûne. De même que la zakat purifie les biens, la Fitra purifie le jeûne. Autrement dit, les défauts et manquements survenus pendant le jeûne sont compensés par la Fitra.
La Fitra est obligatoire. Toute personne aisée doit s’en acquitter pour elle-même et pour les personnes à sa charge avant de partir pour la prière le jour de l’Aïd. Pour la zakat, il est nécessaire d’avoir possédé pendant une année entière des biens atteignant le seuil imposable ; il n’en est pas ainsi pour la Fitra. Il suffit au contraire d’être propriétaire, le matin du jour de l’Aïd, de biens atteignant le seuil imposable pour devoir s’acquitter de la Fitra.
Toutes les fêtes et cérémonies instituées en islam sont universelles. Autrement dit, l’islam a accordé une attention particulière à ce que chacun, riche ou pauvre, puisse profiter de leur célébration et de leurs réjouissances. C’est pourquoi le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a ordonné qu’avant de partir pour la prière de l’Aïd, chaque personne aisée verse impérativement la Fitra, pour elle-même et pour les personnes à sa charge, aux pauvres et aux nécessiteux, afin que la joie de l’Aïd ne reste pas limitée aux foyers riches.
La quantité de Fitra est, pour chaque personne, une mesure de la denrée principale de sa région, c’est-à-dire de la farine ou du riz : un seer et douze chhataks et demi.
(٦٣) عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، فَرَضَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ زَكَاةَ الْفِطْرِ طُهْرَةُ لِلصَّائِمِ مِنَ اللَّغْوِ وَالرَّفَتْ وَطُعْمَةً لِلْمَسَاكِينِ (أبو داود)
(৬৩) « Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a prescrit la sadaqat al-fitr afin de purifier le jeûne des paroles futiles et obscènes, et de faire un don aux nécessiteux. » (Abou Dawoud)
Les mérites du Ramadan
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيَامُ كَمَا كُتِبَ عَلَى الَّذِينَ مِنْ قَبْلِكُمْ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ
(سورة البقرة : ۱۸۳)
« Ô croyants, le jeûne vous a été prescrit, comme il l’avait été à ceux qui vous ont précédés, afin que vous vous gardiez du péché. » (Sourate Al-Baqara, 183)
(٦٤) وَعَنْ سَلْمَانَ الْفَارْسِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ
خَطَبَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي آخِرِ يَوْمٍ مِنْ شَعْبَانَ، فَقَالَ: أَيُّهَا النَّاسُ قَدْ أَظَلُكُمْ شَهْرٌ عَظِيمٌ، شَهْرٌ مُبَارَكٌ فِيْهِ لَيْلَةٌ خَيْرٌ مِنْ أَلْفِ شَهْرٍ، جَعَلَ
اللَّهُ صِيَامَهُ فَرِيْضَةٌ وَقِيَامَ لَيْلِهِ تَطَوُّعًا ، مَنْ تَقَرَّبَ فِيهِ بِخَصْلَةٍ مِنَ الْخَيْرِ كَانَ كَمَنْ أَدَّى فَرِيضَةً فِيْمَا سوَاهُ، وَمَنْ أَدَّى فِيْهِ فَرِيضَةً كَانَ كَمَنْ أَدَّى سَبْعِينَ فَرِيضَةً فِيْمَا سِوَاهُ، وَهُوَ شَهْرُ الصَّبْرِ وَالصَّبْرُ ثَوَابُهُ الْجَنَّةُ، وَشَهْرُ الْمُوَاسَاةِ، وَشَهْرٌ يُزَادُ فِي رِزْقِ الْمُؤْمِنِ فِيهِ، مَنْ فَطْرَ فِيْهِ صَائِمًا كَانَ لَهُ مَغْفِرَةٌ لِذُنُوبِهِ وَعِتْقَ رَقَبَتِهِ مِنَ النَّارِ، وَكَانَ لَهُ مِثْلَ أَجْرِهِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ شَيْءٌ (الدعوات الكبير للبيبهقي)
(৬৪) « Il est rapporté de Salman al-Farisi qu’il a dit : Un jour, le dernier jour du mois de Sha‘bân, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) nous adressa un sermon. Il dit : Ô gens, un mois grandiose et béni étend son ombre sur vous. Il s’y trouve une nuit meilleure que mille mois. Allah a rendu obligatoire le jeûne de ce mois et a fait de la prière nocturne une œuvre surérogatoire. Celui qui, durant ce mois, accomplira une œuvre surérogatoire afin de se rapprocher d’Allah sera semblable à celui qui aura accompli une œuvre obligatoire durant un autre mois. Et celui qui y accomplira une œuvre obligatoire sera semblable à celui qui aura accompli soixante-dix œuvres obligatoires durant un autre mois. C’est le mois de la patience, et la récompense de la patience est le Paradis. C’est le mois de la compassion mutuelle. C’est le mois durant lequel la subsistance du croyant est augmentée. Celui qui, durant ce mois, offrira la rupture du jeûne à un jeûneur verra ses péchés pardonnés et sera sauvé de l’Enfer. Il recevra une récompense semblable à celle du jeûneur, sans que la récompense de celui-ci ne soit diminuée en rien. » (Da‘wat al-Kabir, Bayhaqi)
(٦٥) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : كُلُّ عَمَلِ ابْنِ آدَمَ يُضَاعَفُ الْحَسَنَةُ بِعَشْرِ أَمْثَالِهَا إِلَى سَبْعِ مِئَةِ ضِعْفٍ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى إِلَّا الصَّوْمَ فَإِنَّهُ لِي وَأَنَا أَجْزِي بِهِ، يَدَعُ شَهْوَتَهُ وَطَعَامَهُ مِنْ أَجْلِي لِلصَّائِمِ فَرْحَتَانِ فَرْحَةٌ عِنْدَ فِطْرِهِ وَفَرْحَةٌ عِنْدَ لِقَاءِ رَبِّهِ، وَلَخُلُوفُ فَمِ الصَّائِمِ أَطْيَبُ عِنْدَ اللَّهِ مِنْ رِيحِ الْمِسْكِ، وَالصِّيَامُ جُنَّةٌ، وَإِذَا كَانَ يَوْمُ صَوْمٍ أَحَدِكُمْ فَلَا يَرْفُتْ، وَلَا يَصْخَبْ فَإِنْ سَابَّهُ أَحَدٌ أَوْ قَاتَلَهُ فَلْيَقُلْ إِنِّي امْرُؤٌ صَائِمٌ (بخاري مسلم)
(65) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : la récompense de chaque bonne œuvre du fils d’Adam sera multipliée de dix à sept cents fois. Mais il en sera autrement pour le jeûne, car Allah dit Lui-même : “Mon serviteur a jeûné pour obtenir Ma satisfaction ; c’est donc Moi-même qui lui en accorderai la récompense. Il a délaissé, conformément à Mon commandement, sa nourriture, sa boisson et ses désirs.” » Le jeûneur connaît deux moments de joie : l’un au moment de la rupture du jeûne, l’autre au moment de la rencontre avec Allah (au Paradis). Le jeûne est aussi un bouclier (contre les attaques de Satan). Ainsi, lorsque vous jeûnez, ne prononcez pas de paroles obscènes et ne vous querellez pas. Si quelqu’un insulte un jeûneur ou se querelle avec lui, celui-ci doit lui répondre : “Je jeûne.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
Explication : parmi les actes de culte physiques, le jeûne du mois de Ramadan est l’un des plus importants. Le jeûne du mois de Ramadan a été rendu obligatoire pour la communauté de Muhammad au cours de la deuxième année de l’Hégire. De même que la prière et la zakât, le jeûne avait également été rendu obligatoire, sous une forme ou une autre, aux prophètes précédents et à leurs communautés depuis des temps immémoriaux.
Dans ce hadith rapporté, le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), évoquant le mérite particulier du jeûne, a dit que la récompense des autres actes de culte serait multipliée de dix à sept cents fois. Mais Allah fera une exception pour le jeûne. Autrement dit, la récompense du jeûne sera multipliée au-delà même de sept cents fois.
(٦٦) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: الصَّيَامُ وَالْقُرْآنُ يَشْفَعَانِ لِلْعَبْدِ، يَقُولُ الصِّيَامُ: أَيْ رَبِّ إِنِّي مَنَعْتُهُ الطَّعَامَ وَالشَّهَوَاتِ بِالنَّهَارِ فَشَفَعْنِي فِيهِ، وَيَقُولُ الْقُرْآنُ: مَنَعْتُهُ النَّوْمَ بِاللَّيْلِ فَيُشَفَعَانِ (بيهقي – مشكوة)
(66) « Abdullâh ibn ‘Amr (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Prophète éminent (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : le jeûne et le Coran intercéderont tous deux en faveur du serviteur (le Jour de la Résurrection). Le jeûne dira : “Seigneur, j’ai empêché cet homme de manger, de boire et de satisfaire ses désirs sexuels durant la journée (du mois de Ramadan), et il m’a obéi ; permets-moi d’intercéder en sa faveur.” Et le Coran dira : “Ô Seigneur, je l’ai empêché de dormir la nuit, et il m’a écouté (c’est-à-dire qu’il a interrompu son sommeil nocturne pour réciter le Coran lors de la prière de tarâwîh) ; désigne-moi pour intercéder en sa faveur.” Lorsque Allah leur accordera à tous deux la permission d’intercéder, ils intercéderont tous deux. » (Al-Bayhaqî, Mishkât)
(٦٧) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ صَامَ رَمَضَانَ إِيمَانًا وَاحْتِسَابًا غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ، وَ مَنْ قَامَ رَمَضَانَ إِيمَانًا وَاحْتِسَابًا غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ، وَمَنْ قَامَ لَيْلَةَ الْقَدْرِ إِيمَانًا وَاحْتِسَابًا غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ
(بخاري – مسلم)
(67) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) a dit que le Prophète éminent (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : quiconque jeûne le Ramadan avec foi et en espérant la récompense d’Allah verra pardonnés tous ses péchés antérieurs (mineurs). Quiconque accomplit la prière durant les nuits de Ramadan avec foi et en espérant la récompense d’Allah verra pardonnés ses péchés passés. Et quiconque accomplit des actes de dévotion durant la nuit du Destin avec foi et en espérant la récompense d’Allah verra pardonnés tous ses péchés antérieurs (mineurs). » (Al-Bukhârî, Muslim)
(٦٨) وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: فِي الْجَنَّةِ ثَمَانِيَةُ أَبْوَابٍ فِيهَا بَابٌ يُسَمَّى الرَّيَّانَ، لَا يَدْخُلُهُ إِلَّا الصَّائِمُونَ (بخاري – مسلم)
(৬৮) « Il est rapporté de Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Le Paradis possède huit portes. L’une d’entre elles s’appelle Ar-Rayyân. Seuls ceux qui jeûnent entreront au Paradis par cette porte particulière.” » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : En raison du mérite et de l’honneur particuliers accordés à ceux qui jeûnent, le Seigneur des mondes leur a réservé une porte spéciale pour entrer au Paradis.
(٦٩) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ لَمْ يَدَعْ قَوْلَ النُّورِ وَالْعَمَلَ بِهِ، فَلَيْسَ لِلَّهِ حَاجَةٌ فِي أَنْ يَدَعَ طَعَامَهُ وَشَرَابَهُ (بخاري)
(৬৯) « Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Allah n’a nul besoin que celui qui ne renonce pas aux paroles mensongères et aux actes mensongers renonce à sa nourriture et à sa boisson, c’est-à-dire qu’il jeûne.” » (Al-Bukhari)
(۷۰)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: كَمْ مِنْ صَائِمٍ لَيْسَ لَهُ مِنْ صِيَامِهِ إِلَّا الْجُوعُ، وَكَمْ مِنْ قَائِمٍ لَيْسَ لَهُ مِنْ قِيَامِهِ إلا السَّهَرُ (دارمي – مشكوة)
(৭০) « Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Nombreux sont les jeûneurs qui ne retirent de leur jeûne rien d’autre que la faim. De même, nombreux sont ceux qui prient et qui ne retirent de leur prière rien d’autre que le fait d’être restés éveillés la nuit.” » (Ad-Darimi, Mishkat)
Explication : Dans ces deux hadiths rapportés, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a indiqué le but du jeûne. Au sujet du but du jeûne, le Coran dit : “Afin que vous soyez parés de taqwâ, le jeûne vous a été prescrit.” (Le Saint Coran)
Pendant tout un mois de Ramadan, durant la journée, le croyant s’abstient de nourriture, de boisson, de désirs et d’autres choses semblables, et acquiert dans son cœur une qualité particulière qui l’encourage à délaisser les choses interdites par Allah durant les onze mois restants après Ramadan. Dans la terminologie islamique, cette qualité particulière s’appelle précisément la « taqwâ ». Ainsi, celui qui, malgré son jeûne, n’acquiert pas la taqwâ en lui-même, mais insulte les gens et ment tout en jeûnant, ne tire de son jeûne qu’une simple faim, et ses tarawih sont dépourvues de valeur. En d’autres termes, la faim et les veillées nocturnes de ce malheureux ne lui seront d’aucune utilité.
Les mérites de la Nuit du Destin
(۷۱)
وَعَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: دَخَلَ
رَمَضَانُ، فَقَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ هَذَا الشَّهْرَ قَدْ حَضَرَكُمْ، وَفِيهِ لَيْلَةٌ خَيْرٌ مِنْ أَلْفِ شَهْرٍ، مَنْ حُرِمَهَا فَقَدْ حُرِمَ الْخَيْرَ كُلُّهُ، وَلَا يُحْرَمُ خَيْرَهَا إِلَّا مَحْرُومٌ (ابن ماجة)
(71) « Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’à l’arrivée du mois de Ramadan, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Voici que ce mois est arrivé parmi vous. Il contient une nuit qui est meilleure que mille mois. Celui qui est privé de ses bienfaits est privé de tout bien. Seul celui qui est totalement privé en est privé des bienfaits.” » (Ibn Mâjah)
Explication : Pour exposer les mérites de la Nuit du Destin, Allah Lui-même, le Seigneur des mondes, a révélé dans le Coran une sourate appelée « Al-Qadr ». Cette nuit est une nuit d’une très grande dignité. L’adoration accomplie au cours de cette seule nuit est meilleure que l’adoration de mille mois. Ainsi, celui qui restera éveillé durant cette nuit particulière pour adorer Allah obtiendra d’innombrables bienfaits (récompenses). Et celui qui en sera privé ne peut être plus malheureux que quiconque.
(۷۲)
وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : تَحَرَّوْا لَيْلَةَ الْقَدْرِ فِي الْوِتْرِ مِنَ الْعَشْرِ الْأَوَاخِرِ مِنْ رَمَضَانَ (بخاري)
(72) « Selon une narration d’Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Cherchez la Nuit du Destin durant les nuits impaires des dix dernières nuits de Ramadan.” » (Al-Bukhârî)
Le Hajj
وَلِلَّهِ عَلَى النَّاسِ حِجُّ الْبَيْتِ مَنِ اسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلاً
Sens : « Et c’est envers Allah que les gens ont le devoir d’accomplir le pèlerinage de cette Maison, pour ceux qui ont les moyens d’y parvenir. » (Âl ʿImrân : 97)
(۷۳)
وَعَنِ عَبْدُ اللَّهِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّ اللَّهَ كَتَبَ عَلَيْكُمُ الْحَجَّ، فَقَامَ الْأَقْرَعُ بْنُ حَابِسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، فَقَالَ: أَفِي كُلَّ عَامٍ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: لَوْ قُلْتُهَا لَوَجَبَتْ، وَلَوْ وَجَبَتْ لَمْ تَعْمَلُوا بِهَا أَوْ لَمْ تسْتَطِيعُوا أَنْ تَعْمَلُوا بِهَا ، الْحَجُّ مَرَّةً فَمَنْ زَادَ فَتَطَوُّع
(أحمد – نسائي – دارمي)
(73) « Il est rapporté d’Ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Un jour, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) déclara : “Ô gens, Allah vous a certes prescrit le pèlerinage.” Aqra ibn Hâbis, un Compagnon, se leva aussitôt et demanda : “Ô Messager d’Allah, pour chaque année ?” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Si je répondais maintenant par l’affirmative, cela deviendrait obligatoire pour vous. Et si cela devenait obligatoire, vous ne pourriez pas l’accomplir et n’en auriez pas la capacité. Le pèlerinage ne doit être accompli qu’une seule fois dans la vie. Toutefois, si quelqu’un en accomplit davantage, ce sera pour lui une œuvre surérogatoire.” » (Ahmad, Nasâ’î, Dârimî)
Explication : Parmi les actes de dévotion islamiques, le pèlerinage est un acte de dévotion important. Il associe les actes de dévotion physiques et financiers. De même que l’accomplissement du pèlerinage exige des efforts et des épreuves physiques, il nécessite également des dépenses financières. À l’instar du jeûne et de la zakât, le pèlerinage a également été rendu obligatoire pour la communauté de Muhammad après l’Hégire.
Tout musulman aisé qui, après avoir déduit toutes les dépenses nécessaires de ses personnes à charge, peut supporter les frais du voyage aller-retour à La Mecque honorée et qui est également physiquement apte à effectuer ce voyage, doit accomplir le pèlerinage une fois dans sa vie. C’est précisément ce qu’a dit le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dans le hadith rapporté. Nous apprenons également de ce hadith qu’il ne faut pas poser inutilement des questions excessives au sujet de la religion et de la charia. À ce propos, Allah le Très-Haut avait averti les Compagnons en ces termes dans le Coran :
« Ô vous qui croyez, n’interrogez pas le Prophète sur chaque chose, car cela pourrait engendrer des difficultés pour vous. » (Le Coran)
(٧٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ حَجَّ لِلَّهِ فَلَمْ يَرْفُتْ وَلَمْ (بخاري – مسلم) يَفْسُقُ، رَجَعَ كَيَوْمٍ وَلَدَتْهُ أُمُّهُ
(74) « Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : Le Prophète d’Allah a déclaré : “Quiconque accomplit le pèlerinage dans le but de satisfaire Allah, en s’abstenant des désirs charnels (des rapports sexuels) et de la désobéissance à Allah, retourne chez lui comme s’il venait de naître du ventre de sa mère.” » (Boukhârî, Muslim)
Explication : De même que l’enfant est innocent et sans souillure au moment de sa naissance du sein maternel, celui qui accomplit le pèlerinage dans l’intention d’obtenir l’agrément d’Allah retourne chez lui tout aussi innocent.
Quand le pèlerinage devient-il obligatoire ?
(٧٥) وَعَنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ: جَاءَ رَجُلٌ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا يُوْجِبُ الْحَجَّ ؟ قَالَ: الزَّادُ وَالرَّاحِلَةُ (ترمذي – ابن ماجة)
(75) « D’après Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : Un jour, un homme se présenta auprès du Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et demanda : “Ô Prophète d’Allah, qu’est-ce qui rend le pèlerinage obligatoire ?” Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “Les dépenses nécessaires de nourriture et de boisson pour soi-même et pour les personnes à sa charge, ainsi que les frais du voyage.” » (C’est-à-dire que le pèlerinage devient obligatoire pour celui qui est capable de prendre en charge toutes les dépenses nécessaires de ses personnes à charge, ainsi que les frais du trajet jusqu’à La Mecque sacrée.)
(At-Tirmidhi, Ibn Majah)
Les femmes obtiennent par le pèlerinage le mérite du djihad
(٧٦) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: اِسْتَأْذَنْتُ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْجِهَادِ، فَقَالَ: جِهَادُكُنَّ الْحَجَّ (بخاري – مسلم)
(76) « D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle a dit : J’ai demandé au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) la permission de participer au djihad. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “Votre djihad, à vous les femmes, est le pèlerinage.” » (C’est-à-dire que c’est par le pèlerinage que vous obtiendrez la récompense du djihad. (Al-Bukhari, Muslim)
Une autre personne accomplira le hajj au nom d’une personne incapable
(۷۷)
وَعَنْ أَبِي رَزَيْنِ الْعُقَيْلِي أَنَّهُ أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ أَبِي شَيْخٌ كَبِيرٌ، لا يَسْتَطِيعُ الْحَجَّ وَلَا الْعُمْرَةَ وَلَا الضَّعْنَ، قَالَ: حُجَّ عَنْ أَبِيكَ وَاعْتَمِرْ (ترمذي – أبو داود – نسائي)
(77) « Il est rapporté d’Abû Razîn al-‘Uqaylî (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, il se présenta auprès du noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et lui demanda : “Ô Prophète d’Allah, mon père est extrêmement âgé. Tout comme il est incapable d’accomplir le hajj et la ‘umra, il n’a plus non plus la force de voyager.” Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “Accomplis le hajj et la ‘umra au nom de ton père.” » (At-Tirmidhî, Abû Dâwûd, An-Nasâ’î)
Le sacrifice
وَالْبُدْنَ جَعَلْنَاهَا لَكُمْ مِنْ شَعَائِرِ اللَّهِ لَكُمْ فِيْهَا خَيْرٌ فَاذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ عَلَيْهَا صَوَافَّ فَإِذَا وَجَبَتْ جُنُوبُهَا فَكُلُوا مِنْهَا وَأَطْعِمُوا الْقَانِعَ وَالْمُعْتَرَّ كَذَالِكَ سَخَّرْنَاهَا لَكُمْ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ (سورة الحج : ٣٦)
Sens : « Et les bêtes sacrificielles, Nous en avons fait pour vous un des rites d’Allah. Vous y trouverez un bien. Mentionnez donc le nom d’Allah sur elles lorsqu’elles sont dressées pour le sacrifice. Puis, lorsqu’elles tombent sur le flanc, mangez-en et nourrissez-en le nécessiteux qui mendie et celui qui ne mendie pas. Et soyez reconnaissants envers Moi. C’est ainsi que Nous vous les avons assujetties. » (Sourate Al-Hajj, 36)
(۷۸)
عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، ضَحَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِكَبْشَيْنِ أَمْلَحَيْنِ أَقْرَنَيْنِ ذَبَحَهُمَا بِيَدِهِ وَسَمَّى وَكَبَّرَ، قال: رَأَيْتُهُ وَاضِعًا قَدَمَهُ عَلَى صِفَاحِهِمَا ، وَيَقُولُ : وَقَالَ: بِسْمِ اللَّهِ، وَاللَّهُ أَكْبَرُ
(بخاري – مسلم)
(78) « Il est rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : “Un jour, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) sacrifia deux béliers gris cornus. Il les égorgea lui-même en disant : ‘Bismillâh, Allâhu Akbar’. Anas (qu’Allah l’agrée) dit : ‘J’ai vu le Prophète poser son pied sur leurs flancs et je l’ai entendu dire : “Bismillâh, Allâhu Akbar” au moment de les égorger.’” (Al-Bukhârî, Muslim)
Explication : L’animal qui est égorgé à un jour déterminé au nom d’Allah et dans le but de se rapprocher d’Allah est appelé sacrifice rituel. Les jours fixés pour le sacrifice rituel sont les 10, 11 et 12 du mois de Dhoul-Hijja.
Tout comme la prière et le jeûne, le sacrifice rituel était également une obligation pour les communautés des prophètes précédents. Aujourd’hui encore, on peut observer des formes dénaturées du sacrifice rituel parmi diverses nations du monde.
Le sacrifice rituel est obligatoire pour la communauté de Muhammad. Tout musulman aisé doit nécessairement accomplir le sacrifice rituel.
(۷۹)
وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: الْبَقَرَةُ عَنْ سَبْعَةِ وَالْجَزُورُ عَنْ
سبعة (مسلم – أبو داود)
(79) « D’après Jâbir, le Noble Prophète a dit : Une vache peut être sacrifiée au nom de sept personnes, et un chameau peut être sacrifié au nom de sept personnes. » (Muslim, Abou Dâwoud)
Explication : En ce qui concerne le sacrifice rituel, de une à sept personnes peuvent s’associer pour une vache ou un chameau. En revanche, un bélier et une chèvre doivent nécessairement être sacrifiés au nom d’une seule personne. Pour le sacrifice rituel, le chameau doit avoir cinq ans, la vache deux ans, la chèvre un an et le bélier six mois. Si l’animal est plus jeune, le sacrifice rituel ne sera pas valable.
عَنْهُ : أَنَّ رَسُولَ
(۸۰) وَعَنِ الْبَرَاءِ بْنِ عَازِبٍ رَضِيَ اللَّهُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سُئِلَ مَاذَا يُتَّقَى مِنَ الضَّحَايَا؟ فَأَشَارَ بِيَدِهِ وَقَالَ: أَرْبَعاً، الْعَرْجَاءُ الْبَيِّنُ طَلْعُهَا، وَالْعَوْرَاءُ الْبَيِّنُ عَوَرُهَا، وَالْمَرِيضَةُ الْبَيِّنُ مَرَضُهَا، وَالْعَجْفَاءُ الَّتِي لَا تُنْقِي
(موطأ إمام مالك – أحمد – ترمذي – نسائي – ابن ماجة)
(80) « Il est rapporté d’al-Barâ ibn Âzib (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, il fut demandé au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) quels animaux il fallait éviter pour le sacrifice rituel. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) fit un signe de la main et dit : “Vous éviterez quatre catégories d’animaux : le boiteux dont la boiterie est manifeste, l’aveugle dont la cécité est manifeste, le malade dont la maladie est manifeste et l’animal affaibli dont la moelle des os s’est desséchée.” »
(Mâlik, Ahmad, at-Tirmidhî, an-Nasâ’î, Ibn Mâjah, ad-Dârimî)
Explication : L’animal destiné au sacrifice rituel doit être bien nourri, robuste et en bonne santé. Le sacrifice rituel n’est pas valable avec un animal mutilé ou si faible qu’il lui est difficile de se déplacer.
(۸۱)
وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا عَمِلَ ابْنُ آدَمَ مِنْ عَمَلٍ يَوْمَ النَّحْرِ أَحَبَّ إِلَى اللَّهِ مِنْ إِهْرَاقِ الدَّمِ، وَإِنَّهَا لَتَأْتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ بِقُرُونِهَا وَأَشْعَارِهَا وَأَظْفَارِهَا وَإِنَّ الدَّمَ لَيَقَعُ مِنَ اللَّهِ بِمَكَانٍ قَبْلَ أَنْ يَقَعَ مِنَ الْأَرْضِ فَطِيبُوا
بِهَا نَفْسًا
(ترمذي – ابن ماجة)
(81) « Â’ichah (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager éminent (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Le jour du sacrifice rituel, aucune bonne œuvre du fils d’Adam n’est plus aimée d’Allah que le fait de faire couler le sang (c’est-à-dire d’accomplir le sacrifice rituel). Les animaux sacrifiés seront amenés le Jour de la Résurrection, avec leurs cornes, leur laine et leurs sabots, et seront placés sur la balance de celui qui les aura sacrifiés. Le sang de l’animal sacrifié atteint auprès d’Allah un lieu honorable avant même de toucher le sol. Accomplissez donc vos sacrifices rituels le cœur joyeux.” » (At-Tirmidhî, Ibn Mâjah)
(۸۲)
قَالَ رَسُوْلَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ وَجَدَ (ابن ماجة) سَعَةٌ وَلَمْ يُضَحٌ فَلَا يَقْرَبَنَّ مُصَلانَا
(82) « Le Messager éminent (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Que ceux qui ont les moyens mais n’accomplissent pas le sacrifice rituel ne s’approchent même pas de mon lieu de prière de l’Aïd.” » (Ibn Mâjah)
Explication : Le sacrifice rituel est obligatoire pour les musulmans aisés ; la déclaration précitée du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) en est la preuve.
Le don dans la voie d’Allah
مَثَلُ الَّذِينَ يُنْفِقُونَ أَمْوَالَهُمْ فِي سَبِيْلِ اللَّهِ كَمَثَلِ حَبَّةٍ أَنْبَتَتْ سَبْعَ سَنَابِلَ فِي كُلِّ سُنْبُلَةٍ مِائَةُ حَبَّةٍ وَاللَّهُ يُضَاعِفُ لِمَنْ يَشَاءُ وَاللَّهُ وَاسِعٌ عَلِيمٌ
(سورة البقرة : ٢٦١)
Sens : « Ceux qui dépensent leurs biens dans la voie d’Allah ressemblent à une graine qui produit sept épis, et chaque épi contient cent grains. Allah accorde ainsi une abondante récompense à qui Il veut. Allah est Celui qui donne largement et Il est Omniscient. » (Sourate Al-Baqara : 261)
(۸۳)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : لَوْ كَانَ لِي مِثْلُ أُحُرٍ ذَهَبًا
مَا يَسرَّنِي أَنْ يَمُرَّ عَلَيَّ ثَلَاثُ لَيَالٍ وَعِنْدِي مِنْهُ شَيْءٌ إِلَّا (بخاري) شَيْا أَرْصِدُهُ لِدَيْنِ
(83) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Si je possédais autant d’or que la montagne d’Uhud, je n’aimerais pas qu’il m’en reste la moindre quantité après trois nuits écoulées. Toutefois, je garderais seulement le peu qui serait nécessaire pour acquitter mes dettes. (Je laisserais le reste dans la voie d’Allah.) » (Al-Bukhârî)
(٨٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَجُلٌ يَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَيُّ الصَّدَقَةِ أَعْظَمُ أَجْرًا؟ قَالَ: أَنْ تَصَدَّقَ وَأَنْتَ صَحِيحٌ شَحِيْحٌ تَخْشَى الْفَقْرَ وَتَأْمُلُ الْغِنَى، وَلَا تُمْهِلْ حَتَّى إِذَا بَلَغَتِ الْحُلْقُوْمَ قُلْتَ لِفُلَانٍ كَذَا وَلِفُلَانٍ كَذَا وَقَدْ كَانَ لِفُلَانٍ
(بخاري – مسلم)
(84) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, un homme vint auprès du Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et lui demanda : Ô Prophète d’Allah, dans quelle situation l’aumône est-elle la meilleure en termes de résultat ? Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : L’aumône que tu fais alors que tu es en bonne santé et capable de gagner ta vie,
Lorsque tu crains de devenir pauvre et que tu espères devenir riche, tu continueras constamment à faire la charité. Même lorsque ton âme atteindra ta gorge, tu diras encore : « Ceci est pour untel, et ceci est pour un tel autre », tout en croyant que cela leur parviendra.
(Al-Boukhari, Muslim)
Explication : Allah et Son Prophète ont ordonné au musulman aisé et riche de consacrer toute sa vie à faire la charité afin de remédier aux besoins des pauvres et des nécessiteux et de répondre aux nécessités de la religion d’Allah, jusqu’aux derniers instants précédant la mort. Toutefois, les dons faits durant la jeunesse sont les plus aimés d’Allah.
(٨٥) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ سُوْلَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَا مِنْ يَوْمٍ يُصِيحُ الْعِبَادُ فِيْهِ إِلَّا مَلَكَانِ يَنْزِلَانِ، فَيَقُولُ أَحَدُهُمَا : اللَّهُمَّ أَعْطِ مُنْفِقًا خَلَفًا وَيَقُولُ الآخَرُ: اللَّهُمَّ أَعْطِ مُمْسِكًا تَلَفًا
(بخاري – مسلم)
(85) « Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : chaque fois que les serviteurs d’Allah quittent leur lit à l’aube, deux anges se tiennent présents. L’un d’eux dit : “Ô Allah, récompense celui qui donne.” Et l’autre dit : “Ô Allah, fais subir une perte à l’avare.” » (Al-Boukhari, Muslim)
(٨٦) وَعَنْ أَسْمَاءَ بِنْتِ أَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ لِي رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : أَنْفِقِي وَلَا تُحْصِي فَيُحْصِيَ اللَّهُ عَلَيْكِ، وَلَا تُوْعِي فَيُوْعِيَ اللَّهُ عَلَيْكِ، ارْضَخَيْ مَا اسْتَطَعْت (بخاري – مسلم)
(86) « Asma bint Abi Bakr, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Ô Asma, donne sans compter. Sinon, Allah te mesurera ce qu’Il te donne. Et ne retiens pas les biens, sinon Allah retiendra de toi. Donne, même si ce n’est qu’une petite quantité, selon tes moyens.” » (Al-Boukhari, Muslim)
(۸۷)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : قَالَ اللَّهُ تَعَالَى أَنْفِقْ يَا ابْنَ آدَمَ، يُنْفَقُ عَلَيْكَ (بخاري – مسلم)
(87) « Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : Allah dit : “Ô fils d’Adam, donne, et Je te donnerai.” » (Al-Boukhari, Muslim)
(۸۸)
وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا مِنْ مُسْلِمٍ يَفْرِسُ غَرْسًا،
وَيَزْرَعُ زَرْعًا فَيَأْكُلُ مِنْهُ إِنْسَانٌ أَوْ طَيْرٌ أَوْ بَهِيمَةً إِلَّا كَانَ لَهُ بِهِ صَدَقَةٌ (بخاري – مسلم)
(৮৮) « Selon Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Si un musulman plante un arbre ou sème une culture, puis qu’un être humain, un oiseau ou un animal en mange quelque chose, cela lui sera certainement compté comme une aumône. »
(Al-Bukhari, Muslim)
(۸۹)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا نَقَصَتْ صَدَقَةٌ مِنْ مَالٍ وَمَا زَادَ اللَّهُ عَبْدًا بِعَفْوِ إِلَّا عِرًّا وَمَا تَوَاضَعَ أَحَدٌ لِلَّهِ إِلَّا رَفَعَهُ اللهُ
(مسلم)
(৮৯) « Selon Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : L’aumône ne diminue pas les biens, et par le pardon, Allah accroît l’honneur et la considération de Son serviteur. Celui qui s’humilie pour Allah, Allah l’élève. » (Muslim)
Explication : Dans le hadith rapporté, le Prophète d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a mentionné trois qualités particulières : l’aumône, le pardon et l’humilité. Une personne matérialiste et peu intelligente pourrait penser que l’aumône diminue les biens, que le pardon fait perdre de la considération et que l’humilité porte atteinte à la dignité.
Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : Il n’en est pas ainsi, c’est plutôt le contraire. L’aumône accroît les biens, le pardon procure de la considération et l’humilité augmente la dignité de l’être humain.
Donner de la nourriture au pauvre
(۹۰)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ أَصْبَحَ مِنْكُمُ الْيَوْمَ صَائِمًا؟ قَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: أَنَا، قَالَ: فَمَنْ تَبِعَ مِنْكُمُ الْيَوْمَ جَنَازَةً؟ قَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: أنَا، قَالَ: فَمَنْ أَطْعَمَ مِنْكُمُ الْيَوْمَ مِسْكِينًا ۚ قَالَ أَبُوْ بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ : أَنَا ، قَالَ: فَمَنْ عَادَ مِنْكُمُ الْيَوْمَ مَرِيضًا؟ قَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ : أَنَا ، فَقَالَ رَسُوْلُ اللهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا اجْتَمَعْنَ فِي امْرِئٍ إِلَّا دَخَلَ الْجَنَّةَ (مسلم)
(90) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), il raconte qu’un jour le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) demanda : “Qui parmi vous a jeûné aujourd’hui ?” Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) répondit : “Moi.” Le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) demanda de nouveau : “Qui parmi vous a suivi aujourd’hui un cortège funèbre ?” Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) répondit : “Moi.” Le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) demanda encore : “Qui parmi vous a aujourd’hui donné à manger à un pauvre ?” Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) répondit également : “Moi.”
Le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) demanda de nouveau : “Qui parmi vous a aujourd’hui rendu visite à un malade et l’a soigné ?” Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) répondit : “Moi.” Puis le Prophète (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) dit : “Celui en qui sont réunies toutes ces bonnes œuvres entrera assurément au Paradis.” » (Mouslim)
(۹۱)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: اعْبُدُو الرَّحْمَنَ وَأَطْعِمُوا الطَّعَامَ، وَأَفْشُوا السَّلَامَ، تَدْخُلُوا الْجَنَّةَ بسلام (ترمذي – ابن ماجة)
(91) « D’après Abdallah ibn Omar (qu’Allah les agrée), il raconte que le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : “Adorez Allah, donnez à manger aux pauvres et saluez à haute voix. Vous entrerez au Paradis en toute sécurité.” » (At-Tirmidhi, Ibn Majah)
(۹۲)
وَعَنْ ثَوْبَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : أَفْضَلُ دِينَارٍ يُنْفِقُهُ الرَّجُلُ دِينَارٌ يُنْفِقُهُ عَلَى عِبَالِهِ ، وَدِيْنَارٌ يُنْفِقُهُ الرَّجُلُ عَلَى دَابَّتِهِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ ، وَدِيْنَارٌ يُنْفِقُهُ عَلَى أَصْحَابِهِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ
(مسلم)
(92) « D’après Thawban (qu’Allah l’agrée), il raconte que le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : “Parmi les dinars dépensés par les gens, le meilleur est celui que les femmes peuvent dépenser des biens de leur mari : celui qu’il dépense pour les besoins de sa famille, pour les montures gardées en vue du jihâd et pour ses compagnons engagés dans le jihâd.” » (Mouslim)
(۹۳) وَعَنْ ابْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا أَنْفَقَ الْمُسْلِمُ نَفَقَةً عَلَى أَهْلِهِ وَهُوَ يَحْتَسِبُهَا كَانَتْ لَهُ صَدَقَةٌ (بخاري – مسلم) (93) « D’après Ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée), il raconte que le Messager d’Allah (que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : “Lorsqu’un musulman dépense pour les besoins de sa famille avec l’intention d’obtenir une récompense, cela lui est compté comme une aumône auprès d’Allah.” » (Al-Boukhari, Mouslim)
Quels biens les femmes peuvent-elles dépenser parmi les biens de leur mari ?
(٩٤) وَعَنْ سَعْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، لَمَّا بَايَعَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ النِّسَاءَ، قَامَتِ امْرَأَةٌ جَلِيلَةٌ كَأَنَّهَا مِنْ نِسَاءِ مُضَرَ، فَقَالَتْ يَا نَبِيَّ اللَّهِ ۚ إِنَّا كَلَّ عَلَى آبَائِنَا وَأَبْنَائِنَا وَأَزْوَاجِنِنَا، فَمَا يَحِلُّ لَنَا مِنْ أَمْوَالِهِمْ، قَالَ: الرَّطْبُ تَأْكُلْنَهُ وَتُهْدِينَهُ (أبو داود)
(94) « Il est rapporté de Sa‘d — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — recueillait le serment d’allégeance des femmes à l’islam, une femme noble, probablement de la tribu de Muzayna, se leva et demanda au Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — : “Ô Prophète d’Allah, nos pères, nos enfants et nos maris ont la responsabilité de notre entretien. Quelle quantité de leurs biens nous est-il permis de dépenser sans leur permission ?” Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — répondit : “Les biens frais et périssables.” (C’est-à-dire les plats préparés, les fruits et les légumes, qui sont périssables. Aucune permission n’est nécessaire pour ceux-ci.) “Vous pouvez en manger et en donner à quelqu’un.” » (Abû Dâwûd)
Les conséquences de demander sans raison
(٩٥) وَعَنْ حَكِيمِ بْنِ حِزَامٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَعْطَانِي، ثُمَّ سَأَلْتُهُ فَأَعْطَانِي، ثُمَّ سَأَلْتُهُ فَأَعْطَانِي ، ثُمَّ قَالَ: يَا حَكِيمُ إِنَّ هَذَا الْمَالَ خَضِرَةٌ حُلْوَةٌ فَمَنْ أَخَذَهُ بِسَخَاوَةِ نَفْسٍ بُوْرِكَ لَهُ فِيْهِ، وَمَنْ أَخَذَهُ بِإِشْرَافِ نَفْسٍ لَمْ يُبَارَكْ لَهُ فِيْهِ كَالَّذِي يَأْكُلُ، وَلَا يَشْبَعُ الْيَدُ الْعُلْيَا خَيْرٌ مِنَ الْيَدِ السُّفْلَى، قَالَ حَكِيمٌ: فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَالَّذِي بَعَثَكَ بِالْحَقِّ لَا أَرْزَأُ أَحَدًا بَعْدَكَ شَيْئًا حَتَّى أُفَارِقَ الدُّنْيَا (بخاري – مسلم)
(95) « Hakîm ibn Hizâm — qu’Allah l’agrée — raconte : Un jour, je demandai quelque chose au Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — et il me le donna. Je lui demandai encore quelque chose, et il me le donna de nouveau. Puis le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — me dit : “Hakîm ! Souviens-toi que ces biens sont semblables à une herbe verte et savoureuse. Celui qui les reçoit sans convoitise, poussé par le besoin, sera béni à travers eux. Mais celui qui les reçoit avec avidité ne sera pas béni à travers eux. Il sera comme celui qui mange sans jamais être rassasié. Souviens-toi : la main supérieure est meilleure que la main inférieure.” Hakîm — qu’Allah l’agrée — dit : Je lui répondis alors : “Ô Prophète d’Allah, par Celui qui vous a envoyé avec la religion de vérité, je jure qu’après vous, je ne demanderai rien à personne jusqu’à ma mort.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
Explication : Le hadith ci-dessus indique que convoiter excessivement les biens et les obtenir auprès des gens en mendiant sans fournir d’effort est réprouvé du point de vue de la loi islamique.
(٩٦) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ وَهُوَ عَلَى الْمِنْبَرِ، وَهُوَ يَذْكُرُ الصَّدَقَةَ وَالتَّعَفُفَ عَنِ الْمَسْأَلَةِ الْيَدُ الْعُلْيَا خَيْرٌ مِنَ الْيَدِ السُّفْلَى، وَالْيَدُ الْعُلْيَا هِيَ الْمُنْفِقَةُ وَالسُّفْلَى هِيَ السَّائِلَةُ (بخاري – مسلم)
(96) « D’après ʿAbdullah ibn ʿUmar — qu’Allah l’agrée —, un jour, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se tenait debout sur le minbar et parlait de l’aumône ainsi que de l’abstention de mendier. Il dit : “La main qui donne est meilleure que la main qui reçoit. La main supérieure est celle qui donne, tandis que la main inférieure est celle qui reçoit.” (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : puisque la main du donateur se trouve au-dessus lorsqu’il donne quelque chose, le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a désigné le donateur par l’expression « main supérieure ». Et puisque la main du bénéficiaire ou du mendiant se trouve en dessous lorsqu’il reçoit, il a désigné le mendiant ou le bénéficiaire par l’expression « main inférieure ».
(۹۷)
وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، إِنَّ أُنَاسًا مِنَ الْأَنْصَارِ سَأَلُوا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَعْطَاهُمْ حَتَّى نَفِدَ مَا عِنْدَهُ، فَقَالَ: مَا يَكُوْنُ عِنْدِي مِنْ خَيْرٍ لَا أَدَّخِرْهُ عَنْكُمْ، وَمَنْ يَسْتَعِفَّ يُعِفُهُ اللَّهُ، وَمَنْ يَسْتَغْنِ يُغْنِهِ اللَّهُ، وَمَنْ يَتَصَبَّرْ يُصَبِّرْهُ اللَّهُ، وَمَا أُعْطِيَ أَحَدٌ عَطَاءٌ خَيْرًا وَأَوْسَعَ مِنَ الصَّبْرِ
(بخاري – مسلم)
(97) « Abou Saïd al-Khoudri — qu’Allah l’agrée — rapporte qu’un jour, certains Ansar demandèrent quelque chose au Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il leur donna ce qu’ils demandaient, au point que tout ce qu’il possédait fut épuisé. Puis le noble Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit : “Si je possédais des biens, je ne les garderais pas sans vous en donner. Mais souvenez-vous que celui qui veut s’abstenir de mendier, Allah l’en préserve. Celui qui ne veut dépendre de personne, Allah le rend indépendant de tous. Celui qui veut faire preuve de patience, Allah lui en accorde la capacité. Souvenez-vous que nul ne peut recevoir un don meilleur et plus vaste que la patience.” (C’est-à-dire qu’il vaut mieux faire preuve de patience que de dépendre des autres ou de demander quelque chose à quelqu’un, car Allah aide ceux qui patientent.) (Al-Bukhari, Muslim)
(۹۸)
وَعَنْ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدُبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْمَسَائِلُ كُدُوحٌ يَكْدَحُ بِهَا الرَّجُلُ وَجْهَهُ، فَمَنْ شَاءَ أَبْقَى عَلَى وَجْهِهِ، وَمَنْ شَاءَ تَرَكَ إِلَّا أَنْ يَسْأَلَ الرَّجُلُ ذَا سُلْطَانٍ أَوْ فِي أَمْرٍ لَا يَجِدُ مِنْهُ بُدا (أبو داود – ترمذي – نسائي)
(98) « Samoura ibn Joundoub — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Mendier est une blessure par laquelle le mendiant se défigure le visage. Celui qui le souhaite peut préserver son visage de cette blessure, et celui qui le veut peut aussi le défigurer. Toutefois, il n’est pas blâmable de demander quelque chose au gouvernement, ni pour une personne démunie de demander quelque chose à quelqu’un.” (Abou Dawoud, At-Tirmidhi, An-Nassaï)
L’importance d’un gagne-pain licite
يَسْأَلُونَكَ مَاذَا أُحِلَّ لَهُمْ قُلْ أُحِلَّ لَكُمُ الطَّيِّبَاتُ
(سورة المائدة : ٤)
« Les gens vous interrogent au sujet de ce qui leur a été rendu licite. Dis-leur : les bonnes et pures choses vous ont été rendues licites. » (Sourate al-Mâ’idah : 4)
(۹۹)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : إِنَّ اللَّهَ طَيِّبٌ لَا يَقْبَلُ إِلَّا طَيِّبًا ، وَإِنَّ اللَّهَ أَمَرَ الْمُؤْمِنِينَ بِمَا أَمَرَ بِهِ الْمُرْسَلِينَ، فَقَالَ: يَا أَيُّهَا الرُّسُلُ كُلُوا مِنَ الطَّيِّبَاتِ وَاعْمَلُوا صَالِحًا، وَقَالَ تَعَالَى: يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُلُوا مِنْ طَيِّبَاتِ مَا رَزَقْنَاكُمْ، ثُمَّ ذَكَرَ الرَّجُلَ يُطِيلُ السَّفَرَ أَشْعَثَ أَغْبَرَ يَمُدُّ يَدَيْهِ إِلَى السَّمَاءِ، يَا رَبِّ وَمَطْعَمُهُ حَرَامٌ وَمَشْرَبُهُ حَرَامٌ وَمَلْبَسُهُ حَرَامٌ، وَغُذِيَ بِالْحَرَامِ فَأَنَّى يُسْتَجَابُ لِذَالِك (مسلم)
(99) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Allah est Lui-même pur et n’accepte que ce qui est pur. Il a ordonné aux croyants ce qu’Il a ordonné aux prophètes. Allah a dit : ‘Ô Messagers, mangez des choses pures et accomplissez de bonnes œuvres.’ De même, Il a dit aux croyants : ‘Ô vous qui croyez, mangez des nourritures pures que Nous vous avons accordées.’ Puis le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) évoqua le cas d’un homme qui, après avoir parcouru une longue distance, couvert de poussière, lève les deux mains vers le ciel (dans un lieu saint, implorant Allah) et dit : ‘Ô Allah, ô Allah !’, alors que sa nourriture, sa boisson et ses vêtements sont tous illicites. Bien plus, il a vécu jusqu’alors de nourriture illicite. Comment donc son invocation pourrait-elle être exaucée ? » (Muslim)
Explication : le hadith précité ordonne aux croyants de consommer une nourriture pure, acquise par des moyens halal et autorisée par la charia. Ainsi, le croyant ne peut consommer ni une nourriture halal acquise par des moyens haram, ni une nourriture haram acquise par des moyens halal.
Allah n’acceptera pas les invocations, aussi suppliantes soient-elles, de celui qui consomme les aliments et les boissons acquis par les moyens haram mentionnés ci-dessus, porte des vêtements achetés avec de l’argent haram et se rend dans quelque lieu saint que ce soit pour y invoquer Allah.
(۱۰۰)
وَعَنْ أَبِي بُرْدَةَ الْأَسْلَمِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ،
قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا تَزُولُ قَدَمَا عَبْدِ يَوْمَ القِيَامَةِ حَتَّى يُسْأَلَ عَنْ خَمْسٍ: عَنْ عُمُرِهِ فِيْمَا أَفْنَاهُ، وَعَنْ عِلْمِهِ فِيْمَا فَعَلَ، وَعَنْ مَالِهِ مِنْ أَيْنَ اكتَسَبَهُ، وَفِيْمَا أَنْفَقَهُ، وَعَنْ حِسْمِهِ فِيْمَا أَبْلَاهُ
(ترمذي)
(100) « Abû Burdata al-Aslamî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète d’Allah a dit : “Au Jour de la Résurrection, personne ne pourra faire un pas avant d’avoir rendu compte de cinq choses. On l’interrogera sur sa vie : comment il l’a dépensée ; sur la manière dont il a utilisé son savoir ; sur la façon dont il a acquis ses biens et les voies dans lesquelles il les a dépensés ; et sur l’usage qu’il a fait de son corps et de sa santé.” » (Tirmidhî)
Explication : l’islam ordonne à ses adeptes d’abandonner toutes les méthodes injustes et répréhensibles d’acquisition des biens, telles que le vol, le brigandage, la tromperie, la fraude, l’intérêt usuraire, la corruption et le gain obtenu par la force ou la contrainte. De même, il ne les a pas laissés entièrement libres en matière de dépenses. Là aussi, des règles distinguant le halal du haram ont été imposées.
Dans le hadith cité, le Prophète d’Allah, voulant mettre les musulmans en garde au sujet de leurs moyens de subsistance et de leurs dépenses, a dit que, parmi les cinq choses sur lesquelles le serviteur devra rendre compte en premier au Jour de la Résurrection, figure sa richesse. Autrement dit, il devra répondre de la manière dont il l’a acquise et de la voie dans laquelle il l’a dépensée.
(۱۰۱)
وَعَنِ مِقْدَامِ بْنِ مَعْدِيُكَرِب رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا أَكَلَ أَحَدٌ طَعَامًا قَطُّ خَيْرًا مِنْ أَنْ يَأْكُلَ مِنْ عَمَلِ يَدِهِ، وَإِنَّ نبيَّ اللَّهِ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ كَانَ يَأْكُلُ مِنْ عَمَلِ يَدِيهِ
(بخاري)
(101) « D’après al-Miqdâm ibn Ma‘dî Karib (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : parmi les nourritures de l’être humain, la meilleure est celle qu’il se procure grâce aux biens gagnés de ses propres mains. Le bien-aimé prophète d’Allah, le vénérable Dâwûd (paix sur lui), se nourrissait du fruit de son propre travail. » (Al-Bukhârî)
Explication : le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a qualifié de meilleure nourriture celle que recueillent ceux qui gagnent leur subsistance par le travail de leurs mains et l’effort physique. À ce sujet, il a cité l’exemple du vénérable Dâwûd (paix sur lui). En effet, bien qu’il fût le souverain d’un vaste empire, le vénérable Dâwûd (paix sur lui) ne prélevait pas pour lui-même la moindre pièce du trésor public ; au contraire, il fabriquait de ses propres mains des armes de fer et d’autres objets, et subvenait à ses besoins grâce à l’argent obtenu de leur vente.
Dans le hadith étudié, le noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a encouragé les musulmans à être travailleurs et à gagner leur subsistance. Il n’est pas convenable qu’un musulman vive de la bonté d’autrui ou pratique la mendicité. Le Prophète a lui-même dit : الْكَاسِبُ حَبِيْبُ الله« Celui qui gagne sa subsistance est l’ami d’Allah. »
(۱۰۲)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَأْتِي عَلَى النَّاسِ زَمَانٌ لَا يُبَالِي الْمَرْءُ مَا أَخَذَ مِنْهُ أَمِنَ الْحَلَالِ أَمْ مِنَ الْحَرَامِ (بخاري)
(102) « D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : viendra pour l’humanité une époque où les gens ne se soucieront nullement de savoir si leurs gains et leurs moyens de subsistance sont licites ou illicites. » (Al-Bukhârî)
Le corps nourri de nourriture illicite sera voué à l’Enfer
(۱۰۳)
عَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ لَحْمٌ نَبَتَ مِنْ السُّحْتِ وَكُلُّ لَحْمٍ نَبَتَ مِنَ السُّحْتِ كَانَتِ النَّارُ أَوْلَى بِهِ
أحمد – دارمي – بيهقي)
(103) « D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), il dit : Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : La chair nourrie d’aliments illicites n’entrera pas au Paradis. Et chaque morceau de chair développé grâce à des aliments illicites mérite le Feu. » (Ahmad, Dârimî, Bayhaqî)
Chapitre 4 : Les transactions
Commerce (Tijârat)
(١٠٤) وَعَنْ رَافِعِ بْنِ خَدِيجٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قِيلَ يَا رَسُولَ اللهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الْكَسْبِ أَطْيَبُ قَالَ عَمَلُ الرَّجُلِ بَيَدِهِ وَكُلُّ بَيْعٍ مَبْرُورٍ (مسند أحمد)
(104) « D’après Râfiʿ ibn Khadîj (qu’Allah l’agrée), il dit : Un jour, on demanda au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : Ô Prophète d’Allah, quel est le plus pur de tous les gains de l’être humain ? Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : Ce que l’homme gagne de ses propres mains et ce qu’il acquiert par le commerce licite. » (Ahmad)
Explication : L’islam n’a pas accordé à ses adeptes un droit illimité de s’enrichir. Au contraire, dans l’intérêt national, il a soumis les moyens et les méthodes de gain aux règles du licite et de l’illicite. Il est possible de s’enrichir par d’innombrables voies illicites, telles que les jeux de hasard, la tromperie et la fraude, l’usure et les pots-de-vin, le vol et le brigandage ; de même, il est possible de s’enrichir par d’innombrables voies licites, telles que le commerce, l’emploi, le travail et l’effort, les prêts et les emprunts, les dons et les présents.
Parmi toutes les voies de gain licites, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a qualifié de meilleurs les revenus provenant du travail et du commerce.
(١٠٥) وَعَنْ أَبِي سَعِيدِ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : التَّاجِرُ الصَّدُوقُ الأَمِينُ مَعَ النَّبِيِّينَ وَالصِّدِّيقِينَ وَالشُّهَدَاءِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ
(ترمذي)
(105) « Il est rapporté d’Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Le commerçant véridique et digne de confiance sera, le Jour de la Résurrection, avec les prophètes, les véridiques et les martyrs. » (Tirmidhî)
Explication : bien qu’en apparence le commerce soit une activité mondaine, lorsqu’un musulman exerce le commerce avec une parfaite honnêteté et dans une bonne intention, sans recourir au mensonge ni à la trahison, son commerce se transforme alors en un acte d’adoration sacré. C’est pourquoi, le Jour de la Résurrection, il sera avec les personnes honorables telles que les prophètes, les véridiques et les martyrs.
Les faux serments dans le commerce
(١٠٦) وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : ثَلَاثَةٌ لَا يُكَلِّمُهُمُ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلَا يَنْظُرُ إِلَيْهِمْ وَلَا يُزَكِّيهِمْ وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ، قَالَ أَبُو ذَرِّ : خَابُوا وَخَسِرُوا مَنْ هُمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: المسيلُ وَالْمَنَّانُ وَالْمُنْفِقُ سِلْعَتَهُ بِالْحِلْفِ الْكَذِبِ
(مسلم)
(106) « Il est rapporté d’Abû Dharr al-Ghifârî (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Le Jour de la Résurrection, Allah ne parlera pas à trois catégories de personnes, ne les regardera pas et ne les purifiera pas de leurs péchés. Elles subiront en outre un châtiment extrêmement douloureux. Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) demanda : Ô Messager d’Allah, qui sont ces malheureux, déçus et voués à la perdition ? Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répondit : Ceux qui, par orgueil, laissent traîner leurs vêtements au-dessous de leurs chevilles ; ceux qui reprochent leurs dons à ceux qui les reçoivent ; et ceux qui augmentent l’écoulement de leurs marchandises au moyen de faux serments. » (Muslim)
Explication : on appelle « musbil » celui qui, par orgueil, laisse traîner son vêtement jusqu’au-dessous de ses chevilles. À cette époque, les rois et souverains, les chefs de tribu, les seigneurs féodaux et autres personnes riches et influentes portaient généralement des vêtements traînant jusqu’au sol. C’était un signe d’orgueil. Or l’orgueil est, selon la Loi islamique, un défaut extrêmement répréhensible. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Celui qui possède dans son cœur ne serait-ce qu’une once d’orgueil ne pourra en aucun cas entrer dans le Paradis d’Allah. On appelle « mannân » celui qui, après avoir fait un don, reproche ce don à son bénéficiaire lorsque l’occasion se présente. C’est un crime des plus odieux tant du point de vue de l’islam que de l’humanité. En réalité, par la zakât, la sadaqa ou les aumônes, la personne riche n’a accordé aucune faveur au bénéficiaire. Elle ne fait que s’acquitter de la part du pauvre qui se trouve dans ses biens. Il n’existe donc, dans ce cas, pas la moindre occasion de reprocher quoi que ce soit au bénéficiaire du don. Au contraire, il convient de remercier Allah de lui avoir permis de restituer convenablement au détenteur légitime son droit.
Le troisième malheureux mentionné dans le hadith est le commerçant qui, afin de tromper l’acheteur, augmente l’écoulement de sa marchandise au moyen de faux serments.
Le fait qu’Allah ne parle pas aux trois catégories de personnes susmentionnées et ne les regarde pas signifie qu’au Jour de la Résurrection, Allah sera terriblement mécontent de ces trois catégories de personnes.
(۱۰۷)
وَعَنْ أَبِي قَتَادَةَ الْأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِيَّاكُمْ وَكَثْرَةً الْحَلِفِ فِي الْبَيْعِ فَإِنَّهُ يُنَفِّقُ ثُمَّ يَمْحَقُ (مسلم)
(107) « Il est rapporté d’Abû Qatâda al-Ansârî (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Abstenez-vous de jurer sans cesse lors de vos ventes et de vos achats. Même si cela procure un avantage temporaire dans le commerce, cela cause finalement un préjudice. » (Muslim)
Diminuer ou augmenter les quantités en fin de compte
(۱۰۸)
وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَأَصْحَابِ الْمِكْيَالِ وَالْمِيزَانِ: إِنَّكُمْ قَدْ وَلَّيْتُمْ أَمْرَيْنِ هَلَكَتْ فِيهِمَا الْأُمَمُ السَّابِقَةُ قَبْلَكُمْ (ترمذي)
(108) « Il est rapporté d’Abbâs (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : S’adressant aux commerçants qui vendent des marchandises mesurées, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Vous avez assumé la responsabilité de deux pratiques qui ont causé la destruction de plusieurs peuples qui vous ont précédés. » (Tirmidhî)
Explication : Parmi les marchandises vendues par les commerçants, nombreuses sont celles dont la vente et l’achat se font au moyen de mesures. On trouve dans la société certains commerçants malhonnêtes qui prennent une quantité supérieure lorsqu’ils achètent. Mais, au moment de vendre, ils trichent et donnent un poids inférieur. Du point de vue de la Loi islamique, c’est un péché extrêmement grave. En de nombreux passages du noble Coran, Allah a mis l’humanité en garde contre ce péché. Ainsi, Allah dit :
وَيْلٌ لِلْمُطَفِّفِينَ الَّذِينَ إِذَا اكْتَالُوا عَلَى النَّاسِ يَسْتَوْفُوْنَ، وَإِذَا كَالُوهُمْ أَوْ وَزَنُوهُمْ يُخْسِرُونَ
(سورة التطفيف : (١-٣)
Sens : Malheur à ceux qui trichent dans les mesures, qui prennent intégralement la mesure des gens, mais qui, lorsqu’ils leur donnent, leur donnent une mesure insuffisante. » (Sourate At-Tatfîf : 1-3)
Il est également mentionné ailleurs dans le Noble Coran :
وَالسَّمَاءَ رَفَعَهَا وَوَضَعَ الْمِيزَانَ، أَلَا تَطْغَوْا فِي الْمِيزَانِ، وَأَقِيمُوا الْوَزْنَ بِالْقِسْطِ وَلَا تُخْسِرُوا الْمِيزَانَ (سورة الرحمن (۹۷)
Sens : C’est Lui, Allah le Très-Haut, qui a élevé le ciel et établi la balance, afin que vous ne transgressiez pas dans la mesure. Mesurez avec équité et ne diminuez pas la mesure. (Sourate Ar-Rahmân : 7-9)
Allah le Très-Haut avait envoyé le prophète Shu‘ayb auprès d’un peuple de commerçants, parmi lequel le péché de diminuer ou d’augmenter les mesures s’était répandu comme une maladie contagieuse. Par la bouche du prophète Shu‘ayb, Allah les avait mis en garde en ces termes :
قَالَ يَا قَوْمِ اعْبُدُوا اللَّهَ مَا لَكُمْ مِنْ إِلَهِ غَيْرُهُ وَلَا تَنْقُصُوا الْمِكْيَالَ وَالْمِيزَانَ إِنِّي أَرَاكُمْ بِخَيْرٍ وَإِنِّي أَخَافُ عَلَيْكُمْ عَذَابَ يَوْمٍ مُحِيطِ، وَيَا قَوْمِ أَوْفُوْا الْمِكْيَالَ وَالْمِيزَانَ بِالْقِسْطِ وَلَا تَبْخَسُوا النَّاسَ أَشْيَاءَهُمْ وَلَا تَعْثَوْا فِي الْأَرْضِ مُفْسِدِينَ
(سورة الهود : ٨٤ – ٨٥)
Sens : « Et Shu‘ayb dit : Ô mon peuple, acceptez la servitude envers Allah et adorez-Le. Vous n’avez aucune autre divinité que Lui. Ne diminuez pas la mesure. Je vous vois dans l’aisance, et je vous avertis du châtiment d’un jour terrible. Ô mon peuple, mesurez et pesez avec équité, ne lésez pas les gens dans leurs biens et ne dépassez pas les limites en semant la corruption et le désordre sur la terre d’Allah. »
(Sourate Hûd : 84-85)
Malgré la mise en garde précitée du prophète Shu‘ayb, les commerçants de Madyan ne cessèrent pas de commettre ce péché. En conséquence, un châtiment céleste les anéantit complètement. Dans le hadith cité, le dernier des prophètes, Muhammad, a ordonné à sa communauté de s’abstenir de ce péché terrible.
La trahison dans le commerce
(۱۰۹)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يَقُولُ أَنَا ثَالِثُ الشَّرِيكَيْنِ مَالَمْ يَخُنْ أَحَدُهُمَا صَاحِبَهُ فَإِذَا خَانَهُ خَرَجْتُ مِنْ بَيْنِهِمَا ، وَفِي رِوَايَةٍ وَجَاءَ الشَّيْطَانُ
(أبو داود)
(109) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Allah Lui-même dit : Je reste avec les deux associés commerciaux tant qu’aucun d’eux ne se livre à la trahison. Mais dès que l’un d’eux commence à trahir, Je les abandonne. (Selon une autre narration,) Satan s’interpose alors entre eux. » (Abû Dâwûd)
Explication : Le sens du hadith précité est qu’Allah accorde Sa bénédiction au commerce des associés tant qu’ils commercent entre eux avec honnêteté et ne se trompent pas l’un l’autre. Mais lorsqu’un associé commence à trahir l’autre, Satan fait son apparition et la bénédiction disparaît. Finalement, leur commerce est ruiné.
Stocker des produits de première nécessité afin d’en augmenter le prix
(۱۱۰)
وَعَنْ مُعَادٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ بِئْسَ الْعَبْدُ الْمُحْتَكِرُ إِنْ إِرْخَصَ اللَّهُ الْأَسْعَارَ حَزِنَ وَإِنْ أَعْلَاهَا فَرِحَ
(مشكوة)
(110) « Mu‘âdh (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : Maudit entre tous est celui qui stocke des marchandises dans le but d’en faire monter le prix. Puis, si Allah fait baisser le prix des marchandises, il s’en afflige ; et si le prix augmente, il s’en réjouit. » (Mishkât)
(۱۱۱)
وَعَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُوْلُ مَنِ احْتَكَرَ عَلَى الْمُسْلِمِينَ طَعَامَهُمْ ضَرَبَهُ اللَّهُ بِالْجُذَامِ وَالإِفلاس (ابن ماجه، بيهقي)
(111) « D’après Umar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), il rapporte : J’ai entendu le Prophète d’Allah dire que quiconque stocke des denrées alimentaires afin de les vendre aux musulmans à un prix excessif, Allah le châtiera par la pauvreté et par la maladie appelée juzâm. » (Ibn Mâjah, Bayhaqî)
Prêter de l’argent et accorder un délai au débiteur nécessiteux
(۱۱۲)
وَعَنْ أَبِي قَتَادَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ سَرَّهُ أَنْ يُنْجِيَهُ اللَّهُ مِنْ كُرَبِ يَوْمِ الْقِيَامَةِ فَلْيُنَفِّسَ عَنْ مُعْسِرٍ أَوْ يَضَعْ عَنْهُ
(مسلم)
(112) « D’après Abû Qatâdah (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager (paix et bénédictions sur lui) a dit : Celui qui souhaite être épargné des peines et des souffrances du Jour de la Résurrection doit accorder un délai au débiteur pauvre ou lui remettre sa dette. » (Mouslim)
Explication : L’islam a ordonné à ses adeptes de prêter, lorsque cela est nécessaire, à la personne dans le besoin, sans rechercher aucun intérêt. Si le débiteur se trouve dans la gêne, ils doivent lui accorder un délai pour le remboursement de sa dette. Et s’il est totalement incapable de s’en acquitter, ils doivent l’en libérer. À ce sujet, le Coran donne l’instruction suivante :
وَإِنْ كَانَ ذُو عُسْرَةٍ فَنَظِرَةٌ إِلَى مَيْسَرَةٍ وَأَنْ تَصَدَّقُوْا خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُوْنَ (سورة البقرة : ۲۸۰)
Sens : Si le débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu’à ce qu’il soit dans l’aisance. Et si vous lui faites remise de sa dette, c’est bien meilleur pour vous, si vous le saviez. (Si vous êtes doués de raison, vous pourrez le comprendre.)
(Sourate al-Baqara : 280)
(۱۱۳)
أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ كَانَ الرَّجُلُ يُدَايِنُ النَّاسَ فَكَانَ يَقُولُ لِفَتَاهُ إِذَا أَتَيْتَ مُعْسِيرًا تَجَاوَزْ عَنْهُ لَعَلَّ اللَّهُ أَنْ يَتَجَاوَزَ قَالَ فَلَقِيَ اللَّهَ
فَتَجَاوَزَ عَنْهُ (بخاري – مسلم)
(১১৩) « Le noble Prophète (s:) a dit : Un homme avait pour habitude de prêter de l’argent aux gens. Puis il disait à son serviteur : “Lorsque tu iras voir un emprunteur en difficulté pour recouvrer la dette, accorde-lui une remise de sa dette. Il se peut que, grâce à cela, Allah m’accorde également la remise de mes péchés.” Le Prophète (s:) dit : “Puis, lorsque cet homme rencontra Allah, Allah lui pardonna.” »
(Boukhari et Muslim)
L’importance du remboursement des dettes
(١١٤) وَعَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: أُتِيَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِجَنَازَةٍ لَيُصَلِّي عَلَيْهَا فَقَالَ هَلْ عَلَى صَاحِيكُمْ دَيْنٌ؟ قَالُوا : نَعَمْ، هَلْ تَرَكَ
لَهُ مِنْ وَفَاءِ؟ قَالُوا : لَا ، قَالَ: صَلُّوا عَلَى صَاحِيكُمْ، قَالَ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: عَلَى دَيْنُهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ ، فَتَقَدَّمَ فَصَلَّى عَلَيْهِ (شرح السنة)
(১১৪) « D’après Abou Saïd Al-Khoudri (r:), il rapporte qu’un jour, on amena auprès du noble Prophète (s:) un homme décédé, afin que le noble Prophète (s:) accomplisse sur lui la prière funéraire. Le Prophète (s:) demanda : “Votre compagnon a-t-il une dette envers quelqu’un ?” Les gens répondirent : “Oui.” Le Prophète (s:) demanda : “A-t-il laissé des biens permettant de rembourser sa dette ?” Ils répondirent : “Non.” Le Prophète (s:) dit alors : “Accomplissez vous-mêmes la prière funéraire de votre compagnon. Moi, je ne l’accomplirai pas.” Alî ibn Abî Tâlib dit : “Ô Prophète d’Allah (s:), je prends en charge le remboursement de sa dette.” Alors le Prophète (s:) s’avança et accomplit la prière funéraire sur lui. » (Charh as-Sunna)
(١١٥) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: يُغْفَرُ لِلشَّهِيدِ كُلُّ ذَنْبٍ إِلَّا الدَّيْنَ (مسلم)
(১১৫) « D’après Abdallah ibn Amr (r:), le Messager (s:) a dit : Allah pardonnera au martyr tous ses péchés, à l’exception de la dette. » (Muslim)
Explication : Ces deux hadiths soulignent tous deux avec une grande insistance l’importance de s’acquitter de ses dettes. Ceux qui ont la capacité de rembourser leurs dettes doivent donc le faire conformément à leur engagement. En effet, la dette relève du droit d’un serviteur, et seul le serviteur qui a accordé le prêt peut la pardonner. Même si une personne meurt en martyr dans la voie d’Allah et que tous ses péchés lui sont pardonnés, Allah ne lui pardonnera pas le péché lié à la dette tant que le créancier ne l’aura pas pardonné.
Toutefois, si quelqu’un, malgré des efforts désespérés, ne parvient pas à rembourser sa dette en raison de sa pauvreté, on peut espérer qu’Allah le fera pardonner par le créancier au Jour de la Résurrection.
Allah aide celui qui a l’intention de rembourser sa dette
(١١٦) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ أَخَذَ أَمْوَالَ النَّاسِ يُرِيدُ أَدَاءَهَا أَدَّى اللَّهُ عَنْهُ، وَمَنْ أَخَذَ يُرِيدُ إِخْلَافَهَا أَتْلَفَهُ اللَّهُ عَلَيْهِ (بخاري)
(116) « Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Quiconque contracte une dette auprès de quelqu’un avec l’intention de la rembourser, Allah lui en facilite le remboursement. (C’est-à-dire qu’en raison de la bonne intention cachée de l’emprunteur, Allah lui accorde une aisance qui lui permet de rembourser sa dette.) Mais quiconque contracte une dette auprès de quelqu’un avec l’intention de s’en approprier le bien, Allah le précipite dans la ruine. (C’est-à-dire qu’en raison de la perversité de son cœur, Allah le plonge dans les difficultés financières ; ainsi, non seulement il ne peut pas rembourser sa dette, mais sa vie d’ici-bas et sa vie future sont toutes deux ruinées.)” » (Bukhârî)
Violation forcée des limites d’un terrain
(۱۱۷)
وَعَنْ سَعِيدِ بْنِ زَيْدِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ أَخَذَ شَيْرًا مِنَ الْأَرْضِ ظُلْمًا فَإِنَّهُ يُطَوَّقُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ مِنْ سَبْعِ أَرَضِينَ
(بخاري – مسلم)
(117) « Il est rapporté d’Abû Saʿîd ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : “Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Si quelqu’un usurpe de force, ne serait-ce qu’une empan de la terre d’autrui, Allah lui suspendra autour du cou, le Jour de la Résurrection, le collier des sept terres.” » (Bukhârî, Muslim)
(۱۱۸)
وَعَنْ يَعْلَى بْنِ مُرَّةٍ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَخَذَ أَرْضًا بِغَيْرِ حَقَّهَا كُلِّفَ أَنْ يَحْمِلَ تُرَابَهَا إِلَى الْمَحْشَرَ (أحمد)
(118) « Hazrat Ya‘la ibn Murrah (qu’Allah l’agrée) dit : J’ai entendu le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dire : Quiconque s’empare injustement du terrain d’autrui, toute la terre de ce terrain sera, le Jour de la Résurrection, déposée sur sa tête. » (Ahmad)
Les héritiers deviennent propriétaires des biens du défunt
(۱۱۹)
عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: أَنَا أَوْلَى بِالْمُؤْمِنِينَ مِنْ أَنْفُسِهِمْ، فَمَنْ تُوُفِّيَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ عَلَيْهِ دَيْنٌ وَلَمْ يُتْرَكْ وَجَاءٌ فَعَلَيَّ قَضَاؤُهُ ، وَمَنْ تَرَكَ مَالاً فَلِوَرِثِهِ (بخاري – مسلم)
(119) « Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit : Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : Je suis plus cher aux croyants que leur propre vie. Ainsi, si un croyant meurt en laissant une dette et aucun bien permettant de la rembourser, c’est à moi de la rembourser. Mais s’il laisse des biens, ceux-ci appartiennent à ses héritiers. » (Al-Boukhari, Muslim)
Explication : conformément aux prescriptions islamiques, après avoir prélevé sur les biens laissés par le défunt les frais de son inhumation et de son linceul, ainsi que l’exécution de ses dernières volontés, tous les biens restants, meubles et immeubles, doivent être répartis entre ses héritiers. Les modalités de cette répartition sont exposées en détail dans le Coran et les hadiths.
Et si le défunt ne laisse absolument aucun bien, mais qu’il a au contraire des dettes, le Messager a déclaré, en sa qualité de dirigeant de l’État islamique : si aucun bien ne permet de rembourser les dettes du croyant défunt, c’est moi qui les rembourserai à partir du « Bayt al-Mal ».
La malédiction de priver quelqu’un de son héritage
(۱۲۰)
وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ قَطَعَ مِيْرَاثَ وَارِثِهِ، قَطَعَ اللَّهُ مِيرَاثَهُ مِنَ الْجَنَّةِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ (ابن ماجة)
(১২০) « Il est rapporté de Hazrat Anas (ra) que le Noble Prophète (s) a dit : Celui qui privera un héritier de son héritage, Allah le privera, le Jour de la Résurrection, de l’héritage du Paradis. » (Ibn Majah)
(۱۲۱)
وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا اسْتَهَلَّ الصَّبِيُّ، صَلِّيَ عَلَيْهِ وَوُرِّتَ (ابن ماجة – دارمي)
(১২১) « Hazrat Jabir (ra) rapporte que le Messager (s) a dit : Si un enfant pousse un cri après sa naissance, puis meurt, la prière funéraire doit être accomplie pour lui, et il sera également héritier. » (Ibn Majah, Darimi)
(۱۲۲)
وَعَنْ أَسَامَةَ بْنِ زَيْدِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا يَرِثُ الْمُسْلِمُ الْكَافِرَ، وَلَا الْكَافِرُ الْمُسْلِمَ (بخاري – مسلم)
(১২২) « Il est rapporté de Hazrat Usama ibn Zayd (ra) que le Messager (s) a dit : Le musulman n’héritera pas du mécréant, et aucun mécréant n’héritera du musulman. » (Bukhari, Muslim)
Explication : Si l’enfant d’un père musulman adopte une autre religion et abandonne la religion de l’islam, il n’héritera pas des biens de son père musulman décédé. De même, si l’enfant d’un père non musulman embrasse l’islam, il ne recevra pas non plus de part dans les biens de son père non musulman.
(۱۲۳)
عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُوْلُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْقَاتِلُ لَا يَرِثُ
(ترمذي – ابن ماجة)
(123) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Le meurtrier n’héritera pas de la personne assassinée. » (At-Tirmidhi, Ibn Mâjah)
L’importance du testament
(١٢٤) وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُوْلُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ مَاتَ عَلَى وَصِيَّةٍ مَاتَ عَلَى سَبِيلٍ وَسُنَّةٍ، وَمَاتَ عَلَى تُقِّى وَشَهَادَةٍ، وَمَاتَ مَغْفُورًا لَهُ (ابن ماجه)
(124) « D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Celui qui meurt après avoir fait un testament (en consacrant une partie de ses biens à la cause d’Allah) meurt sur la voie droite et la voie de la Sunna, dans la piété et le martyre. Il meurt dans un état où tous ses péchés lui ont été pardonnés. » (Ibn Mâjah)
Explication : Il convient à tout musulman aisé de léguer une partie de ses biens dans la voie d’Allah. Toutefois, le montant de ce legs doit être limité au tiers de l’ensemble de ses biens. Sinon, il sera coupable d’avoir privé les héritiers de leurs droits. En outre, il n’est pas permis de faire un testament en faveur de ceux qui sont légalement des ayants droit dans la succession.
(١٢٥) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا حَقُّ امْرِئٍ مُسْلِمٍ لَهُ شَيْءٌ يُوصِي فِيهِ يَبِيتُ لَيْلَتَيْنِ إِلَّا وَوَصِيَّتُهُ مَكْتُوبَةٌ عِنْدَهُ (بخاري – مسلم)
(125) « D’après Ibn Omar (qu’Allah l’agrée), le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Si un musulman a quelque chose à léguer concernant ses transactions, ses relations ou autre, il lui convient de le mettre par écrit avant que deux nuits ne s’écoulent. » (Al-Boukhari, Muslim)
Les conséquences de l’oppression
(١٢٦) قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَلَا لَا تَظْلِمُوا ، أَلَا لَا تَظْلِمُوا ، أَلَا لَا تَظْلِمُوا ، أَلَا لَا يَحِلُّ مَالُ امرئ إلا بطيب نَفْسٍ مِنْهُ
(بيهقي)
(126) Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Prenez garde, ne commettez pas d’injustice. Prenez garde, ne commettez pas d’injustice. Prenez garde : aucun bien appartenant à autrui ne sera licite pour quelqu’un sans autorisation accordée de plein gré. » (Al-Bayhaqi)
(۱۲۷)
وَعَنْ أَوْسِ بْنِ شُرَحْبِيْلَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: مَنْ مَشَى مَعَ ظَالِمٍ لِيُقَوِيَهُ وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ ظَالِمٌ فَقَدْ خَرَجَ مِنَ الْإِسْلَامِ
(بيهقي)
(127) « Il est rapporté d’Awss ibn Sourahbîl (qu’Allah l’agrée) qu’il a entendu le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : “Celui qui s’avance dans le but de renforcer un oppresseur, tout en sachant qu’il est un oppresseur, sortira de l’islam.” » (Al-Bayhaqi)
Explication : Empêcher l’oppresseur d’opprimer et aider l’opprimé est un devoir sacré des musulmans. Celui qui, au lieu d’accomplir ce devoir, agit à l’inverse, c’est-à-dire aide l’oppresseur sans apporter la moindre aide à l’opprimé, sera privé de la grâce de l’islam.
Les conséquences de la corruption
(۱۲۸)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قال ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَعْنَةُ اللَّهِ عَلَى الرَّاشِي وَالْمُرْتَشِي (بخاري – مسلم)
(128) « Il est rapporté d’Abdullah ibn Amr (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “La malédiction d’Allah s’abat aussi bien sur celui qui reçoit un pot-de-vin que sur celui qui le donne.” » (Al-Boukhari, Muslim)
Ne pas retarder le paiement du salaire
(۱۲۹)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : أَعْطُوا الأَجِيرَ أَجْرَهُ قَبْلَ أَنْ يَجِفَّ عَرَقُهُ (ابن ماجه)
(129) « Il est rapporté de Ḥazrat ʿAbd Allāh ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Payez le salaire du travailleur avant que la sueur de son corps ne sèche.” » (Ibn Mājah)
Explication : Ceux qui assurent la subsistance de leur famille grâce à un travail journalier devraient recevoir leur salaire immédiatement après l’achèvement de leur travail, afin que leurs enfants et les membres de leur famille n’aient pas à jeûner faute de nourriture. Le hadith interdit strictement de tergiverser ou de retarder le paiement du salaire du travailleur journalier.
(۱۳۰)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ثَلَاثَةٌ أَنَا خَصْمُهُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ رَجُلٌ أَعْطَى بِي ثُمَّ غَدَرَ وَرَجُلٌ بَاعَ حُرًّا فَأَكَلَ تُمَنَهُ، وَرَجُلٌ اسْتَأْجَرَ أَجِيرًا فَاسْتَوْفَى مِنْهُ وَلَمْ يُعْطِ أَجْرَهُ (بخاري)
(130) « Il est rapporté de Ḥazrat Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée) que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Allah Très-Haut a dit : “Le Jour de la Résurrection, Je serai en conflit avec trois personnes. La première est celle qui conclut un pacte en Mon nom puis le rompt. La deuxième est celle qui vend une personne libre et consomme le prix de sa vente. Et la troisième est celle qui fait accomplir entièrement un travail par un salarié, mais ne lui verse pas sa rémunération.” » (Al-Bukhārī)
Chapitre : 5. Les relations sociales
Le mariage
وَأَنْكِحُوا الْأَيَامَى مِنْكُمْ وَالصَّالِحِينَ مِنْ عِبَادِكُمْ وَإِمَائِكُمْ إِنْ يَكُونُوا فُقَرَاءَ يُغْنِهِمُ اللَّهُ مِنْ فَضْلِهِ وَاللَّهُ وَاسِعٌ عَلِيمٌ (سورة النور : ۲۲)
Sens : « Mariez ceux d’entre vous qui sont célibataires. Et mariez également ceux, parmi vos serviteurs et servantes, qui sont vertueux. S’ils sont pauvres, Allah les enrichira par Sa grâce. Allah est généreux et Omniscient. » (Sourate An-Nûr : 32)
(۱۳۱)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَا مَعْشَرَ الشَّبَابِ مَنِ اسْتَطَاعَ مِنْكُمُ الْبَاءَةَ فَلْيَتَزَوَّجُ فَإِنَّهُ أَغَضُّ لِلْبَصَرِ وَأَحْصَنُ لِلْفَرْجِ، وَمَنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَعَلَيْهِ بِالصَّوْمِ فَإِنَّهُ لَهُ وِجَاءٌ (بخاري – مسلم)
(131) « Hazrat Abdallah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Prophète éminent (paix et bénédictions d’Allah sur lui), s’adressant aux jeunes, dit : “Ô jeunes gens, que ceux d’entre vous qui sont capables d’assumer les responsabilités du mariage se marient. En effet, le mariage aide à maîtriser le regard et à préserver les parties intimes. Quant à celui qui n’est pas capable d’assumer les responsabilités du mariage, qu’il jeûne afin de maîtriser son désir sexuel, car le jeûne le réprime.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
La préférence pour la prétendante pieuse
(۱۳۲)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: تُنْكَحُ الْمَرْأَةُ لأَرْبَعِ لِمَالِهَا وَلِحَسَبِهَا وَلِجَمَالِهَا وَلِدِينِهَا، فَاغْفِرْ بِذَاتِ الدِّينِ تَرِبَتْ يَدَاكَ (بخاري، مسلم)
(132) « Hazrat Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète éminent (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Les femmes sont généralement épousées pour quatre raisons : sa richesse, sa noblesse familiale, sa beauté et sa piété religieuse. Mais cherchez à épouser une femme pieuse ; vous y trouverez votre bien.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
Explication : Le sens du hadith rapporté est que, lorsqu’il s’agit de mariage, les gens considèrent généralement la richesse de la prétendante, sa noblesse familiale, ainsi que sa beauté et son charme. Certains accordent également de l’importance à sa taqwâ et à sa piété. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit que, lors du mariage, vous devez donner la préférence à une prétendante pieuse ; ainsi, vous pourrez obtenir le bien dans ce monde et dans l’au-delà. Toutefois, si une prétendante possède, en plus de sa piété, les autres qualités, c’est encore meilleur. Mais il ne convient à aucun musulman de se marier en se fondant sur une autre qualité de la prétendante sans tenir compte de sa taqwâ et de sa piété.
(۱۳۳)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الدُّنْيَا كُلُّهَا مَتَاعٌ، وَخَيْرُ مَتَاعِ الدُّنْيَا الْمَرْأَةِ الصَّالِحَةِ (مسلم)
(133) « Hadrat Abdallah ibn Amr (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Messager (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : Le monde entier est une richesse — c’est-à-dire que toutes les choses de ce monde constituent des biens. Et, parmi tous les biens de ce monde, la meilleure est une épouse vertueuse. » (Muslim)
(١٣٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا خَطَبَ إِلَيْكُمْ مَنْ تَرْضَوْنَ دِينَهُ وَخُلُقَهُ فَزَوِّجُوهُ إِنْ لَا تَفْعَلُوا تَكُنْ فِتْنَةٌ فِي الْأَرْضِ وَفَسَادٌ كَبِيرٌ. (ترمذي)
(134) « Hadrat Abou Hourayra (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : Si un prétendant vient vous demander votre fille en mariage et que vous avez confiance en sa piété et en sa moralité, mariez-la avec lui. Sinon, la discorde, la corruption et le désordre se répandront sur la terre. » (Tirmidhi)
Dieu aide le jeune homme qui se marie afin de préserver sa moralité
(١٣٥) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : ثَلاثَةٌ حَقٌّ عَلَى اللَّهِ عَوْنُهُمُ
الْمُكَاتَبُ الَّذِي يُرِيدُ الأَدَاءَ، وَالنَّاكِحُ الَّذِي يُرِيدُ الْعَفَافَ وَالْمُجَاهِدُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ
(ترمذي – نسائي – ابن ماجة)
(135) « Hadrat Abou Hourayra (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : Allah le Très-Haut considère comme relevant de Sa propre responsabilité d’aider trois personnes. La première est l’esclave contractuel qui s’efforce de payer le prix de son affranchissement. La deuxième est le jeune homme marié qui se marie afin de préserver sa moralité. La troisième est le combattant qui lutte dans le chemin d’Allah. » (Tirmidhi, Nasaï, Ibn Maja)
La permission de voir la future épouse avant le mariage
(١٣٦) وَعَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا خَطَبَ أَحَدُكُمُ الْمَرْأَةَ فَإِنِ اسْتَطَاعَ أَنْ يَنْظُرَ إِلَى مَا يَدْعُوهُ إِلَى نِكَاحِهَا فَلْيَفْعَلْ (أبو داود)
(136) « D’après Jâbir ibn Abdallah (qu’Allah l’agrée), le noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : lorsqu’un homme parmi vous demande une femme en mariage, s’il le peut, qu’il la regarde une fois. » (Abû Dâwûd)
La dot du mariage et son importance
وَآتُوا النِّسَاءَ صَدُقَاتِهِنَّ نِحْلَةٌ (سورة النساء : ٤)
Sens : « Remettez de bon gré leur dot aux femmes » (sourate An-Nisâ’ : 4)
(۱۳۷)
وَعَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَحَقُّ الشَّرُوطِ أَنْ تُوْفُوْا بِهِ مَا اسْتَحْلَلْتُمْ بِهِ الْفُرُوْجَ (بخاري – مسلم)
(137) « D’après Uqba ibn Âmir (qu’Allah l’agrée), le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : parmi les engagements, celui qu’il est le plus important de respecter est celui par lequel vous rendez licites les parties intimes des femmes. » (Al-Bukhârî, Muslim)
(۱۳۸)
وَعَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ : قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: خَيْرُ الصَّدَاقِ أَيْسَرَهُ نيل الأوطار)
(138) « Ḥaḍrat ‘Ubbâ ibn ‘Âmir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : parmi les dots nuptiales, la meilleure est celle dont le paiement est facile. » (Nayl al-Awṭâr)
C’est un péché de ne pas inviter les pauvres à la cérémonie de la walîma
(۱۳۹)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: شَرُّ الطَّعَامِ طَعَامُ الْوَلِيمَةِ يُدْعَى لَهَا الأَغْنِيَاءُ وَيُتْرَكُ الْفُقَرَاءُ، وَمَنْ تَرَكَ الدَّعْوَةَ فَقَدْ عَصَى اللَّهَ وَرَسُولَهُ (بخاري – مسلم)
(139) « Ḥaḍrat Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : la nourriture la plus détestable est celle de la walîma à laquelle seuls les riches sont invités, tandis que les pauvres sont négligés. Et quiconque refuse une invitation désobéit à Allah et à Son Messager. » (Al-Bukhârî, Muslim)
Explication : après le mariage, le repas organisé à l’occasion du mariage au domicile du marié est appelé walîma. La walîma est une sunna ; toutefois, il faut impérativement y inviter les pauvres, faute de quoi elle est une walîma maudite aux yeux d’Allah et de Son Messager.
L’importance du voile
وَقُلْ لِلْمُؤْمِنَاتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَارِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا مَا ظَهَرَ مِنْهَا
(سورة النور: ۳۱)
Sens : Dis aux femmes croyantes de baisser leurs regards, de préserver leur chasteté et de ne pas montrer leurs atours, excepté ce qui en paraît habituellement. » (Sourate An-Nûr : 31)
(١٤٠) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: الْمَرْأَةَ عَوْرَةٌ، فَإِذَا خَرَجَتِ اسْتَشْرَفَهَا الشَّيْطَانُ (ترمذي)
(140) « Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) rapporte que le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Les femmes sont faites pour rester voilées. Lorsqu’elles sortent alors qu’elles négligent le voile, Satan les embellit aux yeux des hommes étrangers. » (At-Tirmidhi)
Explication : La mixité libre et sans restriction entre les femmes et les hommes engendre dans la société une grave maladie de déchéance morale. Afin de préserver la société musulmane de cette maladie, Allah a rendu obligatoire le voile pour les femmes. Les dispositions relatives au voile furent révélées à Médine, après l’Hégire du Noble Prophète. À l’exception des mahram, c’est-à-dire des personnes avec lesquelles le mariage est interdit selon la Charia, les femmes doivent observer le voile devant tous les autres. Dans ce hadith, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a interdit aux femmes de sortir sans voile. Sinon, elles pourraient tomber dans les griffes de Satan.
(١٤١) وَعَنْ جَرِيرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ نَظَرِ الْفُجَاءَةِ فَأَمَرَنِي أَنْ أَصْرِفَ بَصَرِي (مسلم)
(141) « Jarir ibn Abdullah (qu’Allah l’agrée) rapporte : Je demandai au Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ce qu’il fallait faire lorsqu’un regard tombait soudainement sur une femme. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) m’ordonna de détourner immédiatement mon regard. » (Muslim)
(١٤٢) وَعَنْ أُمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّهَا كَانَتْ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَيْمُونَةُ إِذَا أَقْبَلَ ابْنُ أُمِّ مَكْتُومٍ فَدَخَلَ عَلَيْهِ، فَقَالَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ
عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: احْتَجِبَا مِنْهُ، فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَلَيْسَ هُوَ أَعْمَى، لَا يُبْصِرُنَا وَلَا يَعْرِفُنَا، فَقَالَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَفَعَمْيَاوَانِ أَنْتُمَا أَلَسْتُمَا تُبْصِرَانِهِ
(أحمد – ترمذي – أبو داود)
(142) « Selon Umm Salama (qu’Allah l’agrée), un jour, elle et Maymouna (qu’Allah l’agrée) étaient assises auprès du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Soudain, Ibn Umm Maktoum entra. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit à Umm Salama et à Maymouna (qu’Allah les agrée) : “Voilez-vous devant cet homme qui vient d’entrer.” Je dis : “Ô Prophète d’Allah, (paix et bénédictions d’Allah sur lui), cet homme est aveugle ; il ne peut pas nous voir.” Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit alors : “Êtes-vous donc toutes deux aveugles, au point de ne pas le voir ?” (Ahmad, at-Tirmidhi, Abû Dâwûd)
Les droits réciproques
وَاعْبُدُوا اللَّهَ وَلَا تُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا وَبِذِي الْقُرْبَى وَالْيَتَامَى وَالْمَسَاكِينِ وَالْجَارِ ذِي الْقُرْبَى وَالْجَارِ الْجُنُبِ وَالصَّاحِبِ بِالْجَنْبِ وَابْنِ السَّبِيلِ وَمَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ مَنْ كَانَ مُخْتَالاً فَخُورًا (سورة النساء : ٣٦)
Sens : « Adorez Allah et ne Lui associez rien. Traitez avec bonté les père et mère, les proches, les orphelins, les nécessiteux et les voisins ; traitez également avec bonté le voyageur démuni ainsi que vos serviteurs et servantes. Certes, Allah n’aime pas l’arrogant et l’orgueilleux. (Sourate An-Nisâ’ : 36)
Les droits des père et mère
(١٤٣) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: رَعْمَ أَنْفُهُ رَغِمَ أَنْفُهُ رَغِمَ أَنْفُهُ ، قِيلَ مَنْ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: مَنْ أَدْرَكَ وَالِدَيْهِ عِنْدَ الْكِبَرِ أَحَدَهُمَا أَوْ كِلَاهُمَا ثُمَّ لَمْ يَدْخُلِ الْجَنَّةَ (مسلم)
(143) « Selon Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète éminent (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Que son nez soit couvert de poussière, que son nez soit couvert de poussière.”
[Note : 1. Il s’agit d’une expression de la langue arabe. Sa traduction littérale est : “Que son nez soit couvert de poussière.” En bengali, son sens figuré est : “Quel individu éminemment malheureux !”]
« Que son nez soit couvert de poussière ! » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, qui est donc cet homme malheureux ? » Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « C’est celui qui, ayant trouvé ses deux parents — ou l’un d’eux — dans leur vieillesse, n’a pourtant pas réussi à entrer au Paradis. » (Muslim)
Explication : Du point de vue de l’islam, après Allah et Son Messager, les parents occupent la place la plus importante auprès du musulman. Le Coran et les hadiths accordent une importance considérable au service des parents, à leur bien-être et au fait de gagner leur satisfaction. La désobéissance aux parents — tant que leurs ordres ne sont pas contraires aux ordres d’Allah et de Son Messager — a été incluse parmi les péchés majeurs. Dans le hadith rapporté, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a déclaré que nul ne peut être plus malheureux que celui qui, ayant trouvé ses deux parents, ou l’un d’eux, dans leur vieillesse, n’a pas réussi à gagner le Paradis en les servant et en prenant soin d’eux.
(١٤٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَجُلٌ: يَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَحَقُّ بِحُسْنِ صَحَابَتِي؟ قَالَ: أُمُّكَ، قَالَ : ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ : أُمُّكَ، قَالَ ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ : أُمُّكَ، قَالَ ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ: أَبُوكَ
(بخاري – مسلم)
(144) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un homme demanda : “Ô Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), qui mérite le plus ma bonne compagnie ?” Le Prophète répondit : “Ta mère.” L’homme demanda de nouveau : “Et ensuite qui ?” Le Prophète répondit : “Ta mère.” L’homme demanda encore : “Et ensuite qui ?” Le Prophète répondit une fois de plus : “Ta mère.” L’homme demanda encore : “Et ensuite qui ?” Cette fois, le noble Prophète répondit : “Ton père.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
Les droits des parents sur leurs enfants après leur décès
(١٤٥) وَعَنْ أَبِي أُسَيْدِنِ السَّاعِدِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، بَيْنَا نَحْنُ عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذْ جَاءَهُ رَجُلٌ مِنْ بَنِي سَلَمَةَ ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، هَلْ بَقِيَ مِنْ بِرِّ أَبَوَيَّ شَيْءٌ أَبَرُّهُمَا بِهِ بَعْدَ مَوْتِهِمَا؟ قَالَ: نعَمْ الصَّلَاةُ عَلَيْهِمَا، وَالاسْتِغْفَارُ لَهُمَا، وَإِنْفَاذُ عَهْدِهِمَا مِنْ بَعْدِهِمَا ، وَصِلَةُ الرَّحِمِ الَّتِي لَا تُوصَلُ إِلَّا بِهِمَا ، وَإِكْرَامُ صَدِيقِهِمَا (أبو داود)
(145) « Abû Usayd as-Sâ‘idî (qu’Allah l’agrée) dit : “Un jour, nous étions assis auprès du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Soudain, un homme de la tribu des Banû Salima arriva et demanda au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : ‘Ô Messager d’Allah, mes parents ont-ils encore des droits sur moi après leur décès, que je doive accomplir ?’ Le Prophète répondit : ‘Oui : tu prieras pour eux et demanderas le pardon en leur faveur ; tu exécuteras leurs dernières volontés, s’ils en ont laissé ; tu entretiendras de bonnes relations avec leurs proches du côté paternel et maternel ; et tu honoreras les amis de tes parents.’ » (Abû Dâwûd)
Les droits du mari
(١٤٦) وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا صَلْتِ الْمَرْأَةُ خَمْسَهَا ، وَصَامَتْ شَهْرَهَا ، وَأَحْصَنَتْ فَرْجَهَا، وَأَطَاعَتْ بَعْلَهَا ، فَلْتَدْخُل مِنْ أَيِّ أَبْوَابِ الْجَنَّةِ شَاءَتْ (مشكوة)
(146) « Il est rapporté de Hadrat Anas (qu’Allah l’agrée) que le Messager (ﷺ) a dit : “Toute femme qui accomplit régulièrement les cinq prières quotidiennes, jeûne durant le Ramadan, préserve son honneur et sa chasteté et obéit à son mari aura le droit d’entrer par n’importe quelle porte du Paradis.” » (Mishkat)
Explication : En règle générale, le pèlerinage et la zakat ne sont pas obligatoires pour les femmes. Dans ces conditions, si une femme accomplit correctement ces cinq actes, le hadith indique qu’il lui est inévitable d’entrer au Paradis. Toutefois, si la zakat et le pèlerinage deviennent obligatoires pour une femme, elle devra également s’acquitter de ces deux obligations susmentionnées pour entrer au Paradis.
(١٤٧) عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قِيلَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ النِّسَاءِ خَيْرٌ؟ قَالَ: الَّتِي تَسُرُّهُ
إِذَا نَظَرَ، وَتُطِيعُهُ إِذَا أَمَرَ، وَلَا تُخَالِفُهُ فِي نَفْسِهَا وَمَالِهَا بِمَا يَكْرَهُ (نسائي)
(147) « Il est rapporté de Hadrat Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, on demanda au Messager (ﷺ) : “Quelle est, parmi les femmes, la meilleure des femmes ?” Le Prophète (ﷺ) répondit : “C’est celle dont la vue réjouit son mari, qui exécute ses ordres lorsqu’il lui en donne, et qui ne fait, concernant sa personne ou ses biens, rien qui déplaise à son mari.” » (Nasa’i)
Une épouse croyante, le bien le plus précieux
(١٤٨) عَنْ تَوْبَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ لَمَّا نَزَلَتِ وَالَّذِيْنَ يَكْنِزُوْنَ الذَّهَبَ وَالْفِضَّةَ كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي بَعْضِ أَسْفَارِهِ، فَقَالَ بَعْضُ أَصْحَابِهِ نَزَلَتْ فِي الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ. لَوْ عَلِمْنَا أَيُّ الْمَالِ خَيْرٌ فَنَتَّخِذَهُ، فَقَالَ: أَفْضَلُهُ لِسَانٌ ذَاكِرٌ وَقَلْبٌ شَاكِرٌ وَزَوْجَةٌ مُؤْمِنَةٌ تُعِينُهُ عَلَى دِينِهِ (ترمذي)
(148) « Hazrat Thawban (qu’Allah l’agrée) dit : Nous étions en voyage avec le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lorsque le verset suivant fut révélé. »
وَالَّذِينَ يَكْنِزُونَ الذَّهَبَ وَالْفِضَّةَ وَلَا يُنفِقُونَهَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَبَشِّرْهُم بِعَذَابٍ أَلِيمٍ (سورة التوبة : ٣٤)
« Annonce à ceux qui amassent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans la voie d’Allah un châtiment douloureux. »
(Sourate At-Tawbah : 34)
Certains d’entre nous dirent : Ce verset a donc été révélé au sujet de l’or et de l’argent. (Il ne faut donc pas les amasser.) Si nous savions quelle richesse est la meilleure, nous la réunirions et la conserverions. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : La meilleure richesse est une langue qui se rappelle d’Allah, un cœur rempli de gratitude pour les bienfaits d’Allah et une épouse croyante qui aide son mari dans les affaires de la religion. » (Tirmidhi)
(١٤٩) وَعَنْ أُمِّ سَلَمَةَ قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَيُّمَا امْرَأَةٍ مَاتَتْ وَزَوْجُهَا عَنْهَا رَاضٍ دَخَلَتِ الْجَنَّةَ (ترمذي)
(149) « D’après Hazrat Umm Salama (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Toute femme qui meurt alors que son mari est satisfait d’elle entrera aisément au Paradis. » (Tirmidhi)
(١٥٠) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا دَعَا الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ إِلَى فِرَاشِهِ فَأَبَتْ فَبَاتَ غَضْبَانَ عَلَيْهَا لَعَنَتْهَا الْمَلَائِكَةُ حَتَّى تُصبح (بخاري – مسلم)
(150) « D’après Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Lorsqu’un mari appelle son épouse à son lit et qu’elle refuse, tandis qu’il demeure toute la nuit mécontent d’elle, les anges continuent de maudire cette femme jusqu’à l’aube. » (Boukhari, Muslim)
Les droits de l’épouse
(١٥١) وَعَنْ أَبِي مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا أَنْفَقَ الرَّجُلُ عَلَى أَهْلِهِ يَحْتَسِبُهَا فَهُوَ لَهُ صَدَقَةٌ (بخاري – مسلم)
(151) « Abû Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : lorsqu’une personne dépense pour les besoins de sa famille en recherchant la récompense de l’au-delà, cela lui est compté comme une aumône. » (C’est-à-dire que, de même qu’une personne obtient une récompense en faisant une aumône ou un don dans le chemin d’Allah, la personne mentionnée ci-dessus obtient également une récompense semblable en dépensant pour ses proches avec une bonne intention.) (Al-Bukhârî, Muslim)
(١٥٢) وَعَنْ عَمْرِو بْنِ الْأَحْوَصِ الْجُسْمِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، أَنَّهُ سَمِعَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي حَجَّةَ الوَدَاعِ يَقُولُ بَعْدَ أَنْ حَمِدَ اللَّهَ، وَأَثْنَى عَلَيْهِ، وَذَكِّرَ، وَوَعَظَ، ثُمَّ قَالَ: أَلَا وَاسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ
خَيْرًا ، فَإِنَّمَا هُنَّ عَوَانٌ عِنْدَكُمْ، لَيْسَ تَمْلِكُونَ مِنْهُنَّ شَيْئًا غَيْرَ ذَلِكَ، إِلَّا أَنْ يَأْتِينَ بِفَاحِشَةٍ مُبَيِّنَةٍ (ترمذي)
(152) « ‘Amr ibn al-Ahwâs al-Jushamî (qu’Allah l’agrée) rapporte : le jour du Pèlerinage d’adieu, j’ai d’abord entendu le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) louer Allah et Le glorifier, puis exhorter et conseiller la foule, et enfin dire : “Ô gens, comportez-vous convenablement envers les femmes. En effet, vos femmes sont comme des captives dans le foyer. Tant qu’elles ne vous désobéissent pas ouvertement, vous ne pouvez pas les traiter avec dureté.” » (At-Tirmidhî)
Explication : le jour du Pèlerinage d’adieu, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) prononça à l’intention de sa communauté un discours important et déterminant en matière de principes. Dans une partie de ce discours, il ordonna à sa communauté de bien se comporter envers les femmes et de s’acquitter dûment de leurs droits. Le rapporteur du hadith cité ci-dessus fait précisément référence à cette partie du discours.
(١٥٣) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا يَفْرَكُ مُؤْمِنٌ مُؤْمِنَةٌ إِنْ كَرِهَ مِنْهَا خُلُقًا رَضِيَ مِنْهَا آخَرَ (مسلم)
(153) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Il ne convient pas à un homme croyant de détester une femme croyante. Car même si son épouse croyante possède un défaut, elle a aussi de nombreuses qualités excellentes » (qui lui sont très agréables). (Muslim)
(١٥٤) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: خَيْرُكُمْ مِنْكُمْ خَيْرُكُمْ لأَهْلِهِ، وَأَنَا خَيْرُكُمْ لِأَهْلِي، وَإِذَا مَاتَ صَاحِبُكُمْ فَدَعُوهُ (ترمذي – دارمي)
(154) « ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur envers sa famille. Et je suis le meilleur d’entre vous envers ma famille. Lorsque l’un de vos compagnons mourra, pardonnez-le-lui. » (C’est-à-dire : ne prononcez pas de propos désobligeants à son sujet.) (at-Tirmidhî, ad-Dârimî)
(١٥٥) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ مِنْ أَكْمَلِ الْمُؤْمِنِينَ إِيمَانًا أَحْسَنُهُمْ خُلُقًا ، وَأَلْطَفُهُمْ بِأَهْلِهِ (ترمذي)
(155) « ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Le croyant parfait est celui dont le caractère est excellent et qui se montre bienveillant envers sa famille (son épouse et ses enfants). » (at-Tirmidhî)
Explication : La douceur du caractère d’une personne de bonne moralité se manifeste d’abord envers ses proches, en particulier envers son épouse et ses enfants. En effet, elle ne peut pas longtemps dissimuler la véritable nature de son caractère à ceux de sa famille avec lesquels elle vit jour et nuit. Ainsi, la personne que les membres de sa famille ressentent comme étant de bonne moralité et bienveillante est réellement telle qu’ils la perçoivent. Elle est donc également excellente du point de vue de l’islam. Dans le hadith cité plus haut, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) fait précisément allusion à cela.
Les droits des enfants et des descendants
(١٥٦) وَعَنِ النُّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ أَبَاهُ أَتَى بِهِ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ إِنِّي نَحَلْتُ ابْنِي هَذَا غُلَامًا كَانَ لِي، فَقَالَ رَسُولِ اللَّهِ : أَكُلَّ وَلَدِكَ نَحَلْتَهُ مِثْلَ هَذَا ، فَقَالَ : لَا ، فَقَالَ رَسُولِ اللَّهِ : فَارْجِعْهُ، وَفِي رِوَايَةٍ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَفَعَلْتَ هَذَا بِوَلَدِكَ كُلِهِمْ؟ قَالَ : لَا ، قَالَ: اتَّقُوا اللَّهَ وَاعْدِلُوا فِي أَوْلَادِكُمْ، فَرَجَعَ أَبِي فَرَدَّ تِلْكَ
الصدقة
(بخاري – مسلم)
(156) « Il est rapporté de Ḥazrat Nuʿmān ibn Bashīr (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, le père de Ḥazrat Nuʿmān l’amena avec lui auprès du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et dit : “Ô Messager, j’ai donné à ce fils qui est le mien un esclave m’appartenant.” Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) demanda : “As-tu également fait un don semblable à tes autres enfants ?” Il ne répondit pas. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit alors : “Dans ce cas, reprends cet esclave.” Selon une autre version, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) lui demanda : “As-tu donné à chacun de tes enfants un esclave semblable ?” Il répondit : “Non.” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : “Crains Allah et sois équitable entre tes enfants.” Puis mon père retourna chez lui et reprit l’esclave qu’il avait donné. » (Boukhari, Muslim)
Explication : Après que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) eut émigré à Médine, le premier enfant né dans la demeure des musulmans fut précisément le rapporteur du hadith ci-dessus, Ḥazrat Nuʿmān ibn Bashīr. En tant que premier enfant de l’État islamique récemment établi à Médine, tous, Ansars comme Muhadjirins, portaient à Nuʿmān une affection particulière. Cela fut peut-être aussi l’une des raisons de l’attachement excessif de son père à son égard. Malgré cela, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’autorisa pas qu’on lui accorde davantage qu’à ses autres frères. En effet, si l’on donne à l’un des enfants un avantage supplémentaire sans être équitable entre eux, cela est répréhensible au regard de la charia. De plus, cela provoquera des querelles et des conflits entre les frères, ce qui fera naître chez eux un manque de respect envers leurs parents.
(١٥٧) وَعَنْ سَعِيدِ بْنِ الْعَاصِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: مَا نَحَلَ وَالِدٌ وَلَدَهُ مِنْ نَحْلٍ أَفْضَلَ مِنْ أَدَبٍ حَسَنٍ (جامع الأصول – مشكوة)
(157) « Il est rapporté de Ḥazrat Saʿīd ibn ʿĀṣ (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Le meilleur don qu’un père puisse faire à ses enfants est de leur donner un bon enseignement et une bonne éducation.” » (Jāmiʿ al-Uṣūl, Mishkāt)
Explication : Quels que soient les biens — maisons, terrains, terres, etc. — qu’un père laisse à ses enfants, si, sans leur donner un enseignement et une éducation appropriés, il leur transmet tous ces biens, ceux-ci sont sans valeur au regard de l’islam. En effet, faute d’un enseignement approprié, l’enfant restera ignorant de la juste compréhension de la religion et des affaires de ce monde. Par conséquent, aucune richesse ne pourra combler cette lacune. L’enseignement et l’éducation des enfants constituent donc l’une des responsabilités essentielles des parents.
(١٥٨) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا مَاتَ الإِنْسَانُ انْقَطَعَ عَنْهُ عَمَلُهُ إِلَّا مِنْ ثَلَاثَةٍ إِلَّا مِنْ صَدَقَةٍ جَارِيَةٍ، أَوْ عِلْمٍ يُنْتَفَعُ بِهِ، أَوْ وَلَدٍ صَالِحٍ يَدْعُو لَهُ (مسلم)
(158) « D’après Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète éminent a dit : Dès qu’un être humain meurt, toutes ses œuvres cessent de produire leurs effets. Cependant, il existe trois choses dont les effets ne cessent pas en raison de la mort : la ṣadaqa jāriya, la science utile, et un enfant pieux qui prie constamment pour ses parents. » (Muslim)
Explication : On appelle ṣadaqa jāriya toute œuvre noble de grande portée dont les bienfaits continuent d’être longtemps appréciés par les gens ordinaires, même après la mort de son donateur. Il peut s’agir, par exemple, de construire des routes dans l’intérêt de la population, de fonder une madrasa ou une mosquée, etc. Si quelqu’un accomplit une œuvre de ce genre puis meurt, la récompense de celle-ci continuera d’être inscrite dans son registre des œuvres même après sa mort. De même, si une personne a enseigné à quelqu’un une science utile grâce à laquelle celui-ci peut acquérir une connaissance juste de ce monde et de l’au-delà, cet enseignant continuera également à recevoir la récompense de cet enseignement après sa mort. En effet, les gens tireront longtemps profit de son enseignement bénéfique. De même, si des parents meurent en laissant un enfant pieux qui, après leur mort, prie pour leur pardon, ces parents continueront à recevoir une récompense après leur mort grâce aux invocations de leur enfant.
(١٥٩) وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ كَانَتْ لَهُ أُنثَى فَلَمْ يَئِدْهَا وَلَمْ يَهِنْهَا وَلَمْ يُؤْثِرُ وَلَدَهُ عَلَيْهَا يَعْنِي الذَّكُورَ أَدْخَلَهُ الْجَنَّةَ (أبو داود)
(১৫৯) « Il est rapporté de Hazrat Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) que le noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Lorsqu’une fille naît dans la maison d’un homme, si celui-ci ne l’enterre pas vivante, comme à l’époque de l’Ignorance, ne la méprise pas et ne préfère pas un fils à cette fille, Allah lui accordera le Paradis. » (Abou Dawoud)
(١٦٠) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، جَاءَتْنِي امْرَأَةٌ وَمَعَهَا ابْنَتَانِ لَهَا تَسْأَلُنِي، فَلَمْ تَجِدُ عِنْدِي غَيْرَ ثَمَرَةٍ وَاحِدَةٍ، فَأَعْطَيْتُهَا إِيَّاهَا ، فَقَسَّمَتْهَا بَيْنَا ابْنَتَيْهَا ولَمْ تَأْكُلْ مِنْهَا ، ثُمَّ قَامَتْ فَخَرَجَتْ، فَدَخَلَ النَّبِيُّ
صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَحَدَّثْتُهُ، فَقَالَ: مَنِ ابْتُلِيَ مِنْ هَذِهِ الْبَنَاتِ بِشَيْءٍ فَأَحْسَنَ إِلَيْهِنَّ، كُنَّ لَهُ سِتْرًا مِنَ
النَّارِ (بخاري – مسلم)
(১৬০) « Il est rapporté de Hazrat Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle a dit : Un jour, une femme démunie vint me voir avec ses deux filles, dans l’espoir d’obtenir quelque chose. Or, je ne possédais alors aucune nourriture, si ce n’est une seule datte. Je la lui donnai donc. La femme partagea la datte en deux et en donna une moitié à chacune de ses filles, sans rien manger elle-même. Peu après son départ, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) entra dans la maison, et je lui racontai l’événement en détail. Après l’avoir écoutée, il dit : Celui qu’Allah éprouve au moyen de filles de cette nature et qui, par la suite, se comporte bien envers elles, celles-ci seront pour lui, le Jour de la Résurrection, un bouclier contre l’Enfer. » (Boukhari, Mouslim)
Explication : En général, les gens préfèrent les fils aux filles, car les filles, après leur mariage, partiront vivre dans la maison de leur mari. Elles ne pourront ensuite apporter aucun avantage particulier à leurs parents ni à leur foyer. Ainsi, on considère les dépenses consacrées aux filles comme une charge inutile. Le hadith mentionné ci-dessus condamne implicitement cette attitude des parents et qualifie de noble action le fait d’assumer les dépenses de leurs filles. Il est même indiqué que prendre en charge les filles avec un cœur satisfait est une cause de salut de l’Enfer.
Le hadith rapporté nous permet de découvrir un enseignement : il arrivait parfois que, dans la maison de Hazrat Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui), le maître des deux mondes, il n’y ait rien de plus qu’une seule datte. Même dans une telle situation, il n’hésitait nullement à donner cette unique datte pour répondre au besoin d’une personne affamée.
Les droits de l’orphelin
(١٦١) وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعَدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : أَنَا وَكَافِلُ الْيَتِيمِ لَهُ وَلِغَيْرِهِ فِي الْجَنَّةِ هَكَذَا ، وَأَشَارَ بِالسَّبَّابَةِ وَالْوُسْطَى وَفَرَّجَ بَيْنَهُمَا
(بخاري – مسلم)
(161) « Il est rapporté de Hazrat Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Moi et celui qui prend soin de l’orphelin et de l’indigent, nous serons ainsi au Paradis.” En disant cela, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) indiqua l’espace étroit entre son index et son majeur. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Il est fait mention ici du fait que celui qui prend soin de l’orphelin jouira d’un rang particulier au Paradis.
(١٦٢) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: خَيْرُ بَيْتٍ فِي
الْمُسْلِمِينَ بَيْتٌ فِيهِ يَتِيمٌ يُحْسَنُ إِلَيْهِ، وَشَرُّ بَيْتٍ فِي الْمُسْلِمِينَ بَيْتٌ فِيهِ يَتِيمٌ يُسَاءُ إِلَيْهِ (ابن ماجة)
(162) « Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Parmi les maisons des musulmans, la meilleure est celle où vit un orphelin et où l’on se comporte bien avec lui. Et parmi les maisons des musulmans, la pire est celle où vit un orphelin et où l’on se montre cruel envers lui.” » (Ibn Mâjah)
(١٦٣) وَعَنْ خُوَيْلِدِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: اللَّهُمَّ إِنِّي أُحَرِّجُ حَقَّ الضَّعِيفَيْنِ الْيَتِيمِ وَالْمَرْأَةِ (نسائي)
(163) « Il est rapporté de Khuwailid ibn ‘Amr (qu’Allah l’agrée) que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Ô mon Seigneur, j’accorde une très grande importance aux droits de deux catégories de personnes faibles : les orphelins et les femmes.” » (An-Nasâ’î)
Explication : Avant l’islam, les orphelins et les femmes étaient victimes d’une extrême injustice. En général, les orphelins étaient maltraités et leurs biens étaient détournés. Les femmes ne bénéficiaient également d’aucun statut particulier dans la société de l’époque et subissaient diverses formes de persécution. Sur l’ordre d’Allah, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), en tant que prophète et dirigeant du gouvernement islamique, accorda une grande importance à l’établissement des droits de ces deux catégories de personnes faibles. La parole citée ci-dessus du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) en apporte précisément la preuve.
Les droits du voisin
(١٦٤) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَا زَالَ جِبْرِيلُ يُوْصِينِي بِالْجَارِ حَتَّى ظَنَنْتُ أَنَّهُ سَيُوْرِتُهُ (بخاري – مسلم)
(164) « D’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Jibrîl n’a cessé de me recommander les droits du voisin, au point que j’ai pensé qu’il allait peut-être lui attribuer une part d’héritage.” » (Al-Boukhari, Mouslim)
(١٦٥) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: وَاللَّهِ لَا يُؤْمِنُ وَاللَّهِ لَا يُؤْمِنُ وَاللَّهِ لَا يُؤْمِنُ، قِيلَ: مَنْ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: الَّذِي لَا يَأْمَنُ جَارُهُ بَوَائِقَهُ (بخاري – مسلم)
(165) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), un jour, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit, lors d’une assemblée de Compagnons : “Je jure par Allah que cet homme n’est absolument pas croyant ! Je jure par Allah que cet homme n’est absolument pas croyant ! Je jure par Allah que cet homme n’est absolument pas croyant !” L’un des Compagnons demanda : “Ô Messager d’Allah, qui est donc cet homme si malheureux ?” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Celui dont le voisin n’est pas à l’abri du mal qu’il lui cause.” » (Al-Boukhari, Mouslim)
(١٦٦) وَعَنْ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: لَيْسَ الْمُؤْمِنُ الَّذِي يَشْبَعُ وَجَارُهُ جَائِعٌ إِلَى جَنْبِهِ (مشكوة)
(166) « D’après Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), il dit : “J’ai entendu le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : Celui qui mange à satiété alors que son voisin, à ses côtés, demeure affamé n’est pas croyant.” » (Michkat)
Explication : Le Coran et les hadiths accordent une importance particulière aux droits et aux prérogatives du voisin. On peut sans aucun doute affirmer qu’une société dont les membres se montrent mutuellement bienveillants envers leurs voisins, nourrissent leurs voisins affamés, s’abstiennent de leur nuire et souhaitent constamment leur bien est une société idéale. Or c’est précisément ce type de société idéale que l’islam souhaite. Dans les hadiths cités, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a encouragé sa communauté à établir une telle société idéale, fondée sur la compassion envers les voisins.
(١٦٧) وَعَنْ أَبِي ذَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا طَبَخْتَ مَرَقَةً فَأَكْثِرْ مَاءَهَا وَتَعَاهَدْ جَيرَانَكَ (مسلم)
(167) « Selon Abû Dharr (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Lorsque tu fais cuire un ragoût, ajoute-y un peu d’eau afin de pouvoir prendre des nouvelles de ton voisin.” C’est-à-dire : quels que soient la viande, le poisson ou les légumes que vous cuisinez, ajoutez-y un peu de bouillon afin de pouvoir en donner à votre voisin. » (Muslim)
(١٦٨) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَا نِسَاءَ الْمُسْلِمَاتِ لَا تَحْقِرَنَّ جَارَةٌ لِجَارَتِهَا وَلَوْ فِرْسَنَ شَاةٍ (بخاري – مسلم)
(168) « Selon Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Ô femmes musulmanes, ne considérez pas comme insignifiant le fait d’envoyer quelque chose, même de peu de valeur, à la maison de votre voisine, fût-ce seulement une partie du pied d’une chèvre.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
(١٦٩) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ لِي جَارَيْنِ فَإِلَى أَيِّهِمَا أُهْدِي؟ قَالَ إِلَى أَقْرَبِهِمَا مِنْكِ بابا (بخاري)
(169) « Il est rapporté de `Â’isha (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, elle demanda au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : “Ô Prophète d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), j’ai deux voisins ; auquel d’entre eux dois-je donner la priorité lorsque j’envoie un cadeau ?” Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “À celui dont la porte est la plus proche de la tienne.” » (Al-Bukhârî)
Explication : Bien qu’il faille se montrer bienveillant envers toutes les catégories de voisins et veiller aux droits de chacun, les droits diffèrent entre les voisins. Ainsi, le droit d’un voisin parent est supérieur à celui d’un voisin qui ne l’est pas. De même, parmi les voisins, celui dont la maison ou la demeure est la plus proche a davantage de droits. Autrement dit, il faut accorder plus d’importance au voisin le plus proche qu’au voisin éloigné.
Les droits des serviteurs et des servantes
(۱۷۰)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِخْوَانُكُمْ جَعَلَهُمُ اللَّهُ تَحْتَ أَيْدِيكُمْ فَمَنْ جَعَلَ اللَّهُ أَخَاهُ تَحْتَ يَدِهِ فَلْيُطْعِمْهُ مِمَّا يَأْكُلُ، وَلْيُلْبِسَهُ مِمَّا يَلْبَسُ، وَلَا يُكَلِّفُهُ مِنَ الْعَمَلِ مَا يَغْلِبُهُ فَإِنْ كَلْفَهُ مَا يَغْلِبُهُ فَلْيُعِنْهُ عَلَيْهِ (بخاري – مسلم)
(170) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : “Vos serviteurs, hommes ou femmes esclaves, sont en réalité vos frères. Allah les a placés sous votre autorité. Ainsi, que celui dont Allah a placé le frère sous son autorité lui donne à manger de ce qu’il mange lui-même et lui fasse porter ce qu’il porte lui-même ; qu’il ne lui impose pas une tâche qui dépasse ses capacités. S’il lui en impose une, qu’il l’aide à l’accomplir.” » (Al-Boukhari, Mouslim)
(۱۷۱)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا صَنَعَ لأَحَدِكُمْ خَادِمُهُ طَعَامَهُ ثُمَّ جَاءَهُ بِهِ وَقَدْ وَلِيَ حَرَّهُ وَدُخَانَهُ فَلْيُقْعِدَهُ عِنْدَهُ، فَلْيَأْكُلْ فَإِنْ كَانَ الطَّعَامُ مَشْفُوْهَا قَلِيلاً فَلْيَضَعْ فِي يَدِهِ مِنْهُ أُكَلَةً أَوْ أُكَلَتَيْنِ (مسلم)
(171) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : “Lorsque votre serviteur prépare le repas et vous le présente, faites-le asseoir avec vous et faites-le manger. En effet, il a supporté la fumée et la chaleur de la cuisine. Et si la nourriture est en quantité insuffisante, donnez-lui au moins une ou deux bouchées.” » (Mouslim)
Les droits des pauvres et des nécessiteux
(۱۷۲)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يَقُولُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ : يَا ابْنَ آدَمَ اسْتَطْعَمْتُكَ فَلَمْ
تُطْعِمْنِي، قَالَ: يَا رَبِّ وَكَيْفَ أُطْعِمُكَ وَأَنْتَ رَبُّ الْعَالَمِينَ، قَالَ: أَمَا عَلِمْتَ أَنَّهُ اسْتَطْعَمَكَ عَبْدِي فُلَانٌ فَلَمْ تُطْعِمْهُ، أَمَا عَلِمْتَ أَنَّكَ لَوْ أَطْعَمْتَهُ لَوَجَدْتَ ذَلِكَ عنْدِي، يَا ابْنَ آدَمَ اسْتَسْقَيْتُكَ فَلَمْ تَسْقِنِي، قَالَ: يَا رَبِّ كَيْفَ أَسْقِيكَ وَأَنْتَ رَبُّ الْعَالَمِينَ، قَالَ: اسْتَسْقَاكَ عَبْدِي فُلَانٌ فَلَمْ تَسْقِهِ أَمَا إِنَّكَ لَوْ سَقَيْتَهُ وَجَدْتَ ذَالِكَ عِنْدِي (مسلم)
(172) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : “Allah Tout-Puissant dira certainement, le Jour de la Résurrection, en s’adressant au fils d’Adam : ‘Ô fils d’Adam, Je t’ai demandé de la nourriture, mais tu ne M’en as pas donné.’ Le fils d’Adam dira : ‘Ô Seigneur, comment aurais-je pu Te nourrir, alors que Tu es le Seigneur de l’univers tout entier ?’ Allah dira : ‘Ne te souviens-tu pas que Mon tel serviteur t’avait demandé de la nourriture, mais que tu ne lui en avais pas donné ? Ne savais-tu pas que, si tu lui avais donné à manger ce jour-là, tu l’aurais certainement trouvé auprès de Moi ?’ Puis Allah, s’adressant à une autre personne, dira : ‘Ô fils d’Adam, Je t’ai demandé à boire, mais tu ne M’as pas donné à boire.’ Le fils d’Adam dira : ‘Ô Seigneur, comment aurais-je pu Te donner à boire, alors que Tu es le Gardien de l’univers tout entier ?’ Allah dira : ‘L’un de Mes serviteurs t’avait demandé à boire, mais tu ne lui as pas donné à boire. Si tu lui avais donné à boire ce jour-là, tu en aurais certainement trouvé aujourd’hui la récompense auprès de Moi.’” (C’est-à-dire que sa récompense t’aurait été accordée aujourd’hui.) (Mouslim)
(۱۷۳)
وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : أَفْضَلُ الصَّدَقَةِ أَنْ تُشِيعَ كَيدًا جَائِعًا (مشكوة)
(173) « Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “La meilleure aumône consiste à rassasier une personne affamée.” (Mishkât)
(١٧٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : السَّاعِي عَلَى الْأَرْمَلَةِ وَالْمِسْكِينِ كَالْمُجَاهِدِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، وَأَحْسِبُهُ قَالَ: كَالْقَائِمِ لَا يَفْتُرُ وَكَالصَّائِمِ لَا يُفْطِرُ (بخاري – مسلم)
(174) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Celui qui s’emploie à résoudre les problèmes d’une veuve et d’un misérable est semblable à celui qui combat dans le sentier d’Allah.” (Le rapporteur) dit : “Je pense que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit qu’il est semblable à celui qui passe toute la nuit en prière et jeûne toute l’année.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
(١٧٥) قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَيْسَ الْمِسْكِينُ الَّذِي يَطُوفُ عَلَى النَّاسِ تَرُدُّهُ اللُّقْمَةُ وَاللُّقْمَتَانِ وَالتَّمْرَةُ وَالتَّمْرَتَانِ، وَلَكِنِ الْمِسْكِينُ الَّذِي لا يَجِدُ غِنِّى يُغْنِيهِ وَلَا يُفْطَنُ لَهُ فَيُتَصَدَّقُ عَلَيْهِ وَلَا يَقُومُ
فَيَسْأَلُ النَّاسَ (بخاري – مسلم)
(175) « Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Celui qui va de porte en porte parmi les gens en mendiant une ou deux poignées de nourriture, ou une ou deux dattes, n’est pas le misérable. Le véritable misérable est celui qui ne possède pas suffisamment de biens pour subvenir à ses besoins, mais qui, par pudeur et décence, ne demande rien à personne, et dont personne ne connaît la pauvreté afin de lui faire l’aumône.” » (Al-Bukhârî, Muslim)
Explication : Dans les hadiths rapportés, le Prophète d’Allah a ordonné aux musulmans de prendre des nouvelles des personnes démunies, pauvres, misérables, orphelines, veuves et autres nécessiteux de la société, de remédier à leur dénuement et de leur donner à manger lorsqu’ils ont faim. Il a également mentionné que les efforts de ceux qui s’emploient à aider les nécessiteux sont meilleurs que les actes de dévotion surérogatoires et, dans certains cas, équivalents au combat dans le sentier d’Allah. Dans le dernier hadith, en parlant des misérables, le Prophète d’Allah a indirectement guidé les musulmans : ils doivent rechercher et assister les nécessiteux qui, par pudeur, ne font pas connaître leur pauvreté, alors même qu’ils ne possèdent pas les biens nécessaires pour remédier à leur dénuement.
Le droit du frère musulman malade
(١٧٦) وَعَنْ أَبِي مُوسَى الْأَشْعَرِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَطْعِمُوا الْجَائِعَ وَعُودُوا الْمَرِيضِ، وَقُكُوا الْعَانِي (بخاري)
(176) « D’après Abou Moussa al-Achari (qu’Allah l’agrée), le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Vous donnerez à manger à l’affamé, vous prendrez soin du malade et vous libérerez le prisonnier.” » (Boukhari)
(۱۷۷)
وَعَنْ ثَوْبَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ الْمُسْلِمَ إِذَا عَادَ أَخَاهُ الْمُسْلِمَ لَمْ يَزَلْ فِي خُرْفَةِ الْجَنَّةِ حَتَّى يَرْجِعَ (مسلم)
(177) « D’après Thawbân (qu’Allah l’agrée), le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Lorsqu’un musulman rend visite à son frère musulman malade, c’est comme s’il continuait à cueillir les fruits du Paradis jusqu’à son retour chez lui.” » (Mouslim)
Explication : Le Saint Coran et les hadiths ont comparé les relations entre musulmans à celles entre frères. La volonté d’Allah et de Son Messager est que la société musulmane soit bienveillante et compatissante envers chacun de ses membres. Ainsi, lorsqu’un musulman tombe malade, les autres musulmans devraient prendre de ses nouvelles et prendre soin de lui.
(۱۷۸)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: حَقُّ الْمُسْلِمِ عَلَى الْمُسْلِمِ ست، قِيلَ : مَا هُنَّ يَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ؟ قَالَ: إِذَا لَقِيتَهُ فَسَلِّمْ عَلَيْهِ، وَإِذَا دَعَاكَ فَأَجِبْهُ، وَإِذَا استنْصَحَكَ فَانْصَحْ لَهُ ، وَإِذَا عَطَسَ فَحَمِدَ اللَّهَ فَشَمِّتْهُ، وَإِذَا مَرِضَ تَعُدْهُ وَإِذَا مَاتَ فَاتَّبَعْهُ (مسلم)
(178) « D’après Abou Hourayra, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Le musulman a six droits sur son frère musulman.” On demanda : “Ô Prophète d’Allah, quels sont-ils ?” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Lorsque tu le rencontres, tu le salues. Lorsqu’il t’invite, tu acceptes son invitation. Lorsqu’il te demande conseil, tu le conseilles. Lorsqu’il éternue et dit : « Alhamdoulillah », tu lui réponds : « Yarhamouk Allah ». Lorsqu’il tombe malade, tu lui rends visite. Et lorsqu’il meurt, tu participes à sa prière funéraire et à son inhumation.” » (Mouslim)
(۱۷۹)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يَقُولُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ يَا ابْنَ آدَمَ مَرِضْتُ فَلَمْ تَعُدْنِي، قَالَ: رَبِّ كَيْفَ أَعُودُكَ وَأَنْتَ رَبُّ الْعَالَمِينَ، قَالَ: أَمَا عَلِمْتَ أَنَّ عَبْدِي فُلَانًا مَرِضَ فَلَمْ تَعُدْهُ أَمَا عَلِمْتَ أَنَّكَ لَوْ عُدْتَهُ لَوَجَدْتَنِي عِنْدَهُ (مسلم)
(179) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Le Jour de la Résurrection, Allah dira à un homme : “Ô fils d’Adam, J’étais malade, mais tu ne M’as pas rendu visite.” Il répondra : “Ô mon Seigneur, comment aurais-Tu été malade pour que je Te rende visite, alors que Tu es le Seigneur de tous les mondes ?” Allah dira : “Tu savais que Mon tel serviteur était malade, mais tu ne lui as pas rendu visite. Ne savais-tu pas que si tu lui avais rendu visite, tu M’aurais trouvé auprès de lui ?” » (Muslim)
Explication : Il ressort de l’examen de ce hadith que servir les affligés, nourrir les affamés et donner à boire aux assoiffés sont des œuvres extrêmement aimées d’Allah. Et tout ce que les gens dépensent pour ces œuvres est conservé auprès d’Allah.
Les droits réciproques des musulmans les uns envers les autres
(۱۸۰)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ:
إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : الْمُسْلِمُ أَخُو الْمُسْلِمِ لَا يَظْلِمُهُ وَلَا يُسْلِمُهُ، وَمَنْ كَانَ فِي حَاجَةِ أَخِيهِ كَانَ اللَّهُ فِي حَاجَتِهِ، وَمَنْ فَرَّجَ عَنْ مُسْلِمٍ كُرْيَةً فَرَّجَ اللَّهُ عَنْهُ كُرْبَةً مِنْ كُرُبَاتِ يَوْمِ الْقِيَامَةِ، وَمَنْ سَتَرَ مُسْلِمًا سَتَرَهُ اللَّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ
(بخاري – مسلم)
(180) « D’après Abdallah ibn Umar (qu’Allah les agrée), le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Les musulmans sont frères les uns des autres. Il ne doit donc commettre aucune injustice envers son frère ni l’abandonner dans une situation de détresse. Celui qui satisfait le besoin de son frère musulman, Allah satisfera son besoin. De même, celui qui soulage la peine d’un musulman, Allah soulagera sa peine le Jour de la Résurrection. Et celui qui dissimule le défaut d’un musulman, Allah dissimulera également son défaut le Jour du Rassemblement. » (Al-Boukhari, Muslim)
(۱۸۱)
وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: انْصُرْ أَخَاكَ ظَالِمًا أَوْ مَظْلُومًا ،
فَقَالَ رَجُلٌ: يَا رَسُولَ اللَّهِ أَنصُرُهُ مَظْلُومًا فَكَيْفَ نَنْصُرُهُ ظَالِمًا؟ قَالَ: تَمْنَعْهُ مِنَ الظُّلْمِ، فَذَالِكَ نَصْرُكَ إِيَّاهُ (بخاري – مسلم)
(181) « D’après Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Aide ton frère musulman, qu’il soit injuste ou victime d’une injustice. Un Compagnon demanda : “Ô Prophète d’Allah, je peux aider la victime d’une injustice, mais comment aiderai-je l’injuste ?” Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “Tu l’empêcheras de commettre l’injustice ; c’est ainsi que tu l’aideras.” » (Cela signifie que lorsqu’un musulman est empêché de commettre une injustice, il est détourné d’un acte gravement pécheur qui l’aurait précipité dans le feu de l’Enfer. C’est ainsi qu’il sera aidé.) (Al-Boukhari, Muslim)
(۱۸۲)
وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَا يُؤْمِنُ عَبْدٌ حَتَّى يُحِبُّ لأَخِيهِ مَا يُحِبُّ لِنَفْسِهِ (بخاري – مسلم)
(182) « Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Par Celui dans la main duquel se trouve ma vie, je le jure, nul ne sera véritablement croyant tant qu’il n’aimera pas pour son autre frère ce qu’il aime pour lui-même. » (Al-Bukhari, Muslim)
(۱۸۳)
وَعَنْ أَبِي أَيُّوبَ الأَنْصَارِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ،
قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا يَحِلُّ لِرَجُلٍ أَنْ يَهْجُرَ أَخَاهُ فَوْقَ ثَلَاثِ لَيَالٍ يَلْتَقِيَانِ فَيُعْرِضُ هَذَا وَيُعْرِضُ هَذَا وَخَيْرُهُمَا الَّذِي يَبْدَأُ بِالسَّلَامِ
(بخاري – مسلم)
(183) « Abû Ayyûb al-Ansârî (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Il n’est permis à personne de rompre ses relations avec son frère musulman pendant trois jours et trois nuits, au point que chacun détourne son visage de l’autre. Oui, le meilleur d’entre eux est celui qui met le premier fin à ce silence en donnant le salut. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Si, pour une raison quelconque, une mésentente survient entre deux musulmans et qu’elle rend leurs relations amères au point qu’ils cessent de se parler, il est blâmable, du point de vue de l’islam, que cette situation se prolonge plus de trois jours. Ils devraient mettre fin à leur différend dans les trois jours. À cet égard, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a qualifié de meilleur celui des deux qui, le premier, apaise sa colère et tend la main de la réconciliation à son frère.
Les droits des animaux et des oiseaux
(١٨٤) وَعَنْ سُهَيْلِ بْنِ الْحَنْظَلِيَّةِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: مَرَّ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَبَعِيْرٍ قَدْ لَحِقَ ظَهْرُهُ بِبَطْنِهِ، فَقَالَ: اتَّقُوا اللَّهَ فِي هَذِهِ الْبَهَائِمِ الْمُعْجَمَةِ فَارْكَبُوهَا وَكُلُوهَا صَالِحةً (أبو داود)
(184) « Suhayl ibn Hanzala (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passa près d’un chameau dont le ventre et le dos s’étaient rejoints sous l’effet de la faim. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : Craignez Allah au sujet de ces animaux privés de parole. Vous les monterez lorsqu’ils seront en bon état et vous les laisserez lorsqu’ils seront en bon état. (C’est-à-dire : montez-les alors qu’ils sont en bonne santé et robustes, et descendez de leur dos avant qu’ils ne soient accablés par la faim.) » (Abû Dâwûd)
(١٨٥) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِذَا سَافَرْتُمْ فِي الْخِصْبِ فَأَعْطُوا الإِيلَ حَقَّهَا مِنَ الْأَرْضِ وَإِذَا سَافَرْتُمْ فِي السَّنَةِ فَأَسْرِعُوا عَلَيْهَا السَّيْرَ (مسلم)
(১৮৫) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Lorsque vous voyagez dans une région abondante, laissez à vos chameaux le temps de prendre leur dû de la terre (herbe et eau). Mais lorsque vous voyagez pendant une période de disette (dans une région dépourvue d’herbe et d’eau), faites avancer rapidement les chameaux, afin qu’ils ne souffrent pas en chemin du manque d’herbe et d’eau et qu’ils puissent, une fois arrivés à destination, prendre leur nourriture et se reposer. » (Mouslim)
Explication : L’islam est un système de vie bénéfique et pleinement juste. Il n’y est pas seulement ordonné de faire preuve de justice envers l’humanité ; il est également prescrit d’agir avec justice envers les êtres dépourvus de parole, tels que les animaux et les oiseaux.
Dans les deux hadiths mentionnés ci-dessus, le Prophète d’Allah nous a guidés afin que nous prenions soin des animaux de trait, que nous leur fournissions convenablement nourriture et boisson, et que nous ne leur imposions aucune tâche dépassant leurs capacités. Ainsi, ceux qui utilisent des vaches, des buffles, des chameaux, des chevaux et autres animaux pour labourer, tirer des charrettes, servir de montures ou pour d’autres travaux doivent prendre correctement soin de ces animaux dépourvus de parole et ne pas leur infliger de souffrances dépassant leurs capacités.
(١٨٦) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَيْنَمَا رَجُلٌ يَمْشِي
بِطَرِيقِ اشْتَدَّ عَلَيْهِ الْعَطَشُ فَوَجَدَ بَتْرًا فَنَزَلَ فِيهَا
فَشَرِبَ ثُمَّ خَرَجَ فَإِذَا كَلْبٌ يَلْهَثْ يَأْكُلُ الثَّرَى مِنَ
الْعَطَشِ، فَقَالَ الرَّجُلُ لَقَدْ بَلَغَ هَذَا الْكَلْبَ مِنَ الْعَطَشِ مِثْلُ الَّذِي كَانَ بَلَغَنِي فَنَزَلَ الْبَشْرَ فَمَلأَ خُفْهُ
ثُمَّ أَمْسَكَهُ بِفِيهِ فَسَقَى الْكَلْبَ فَشَكَرَ اللَّهُ لَهُ فَغَفَرَ لَهُ، فَقَالُوا : يَا رَسُولَ اللَّهِ وَإِنَّ لَنَا فِي الْبَهَائِمِ أَجْرًا؟ فَقَالَ : نَعَمْ، فِي كُلِّ ذَاتِ كَيدٍ رَطْبَةٍ أَجْرًا.
(بخاري – مسلم)
(১৮৬) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Un jour, un homme marchait sur la route. Soudain, il fut saisi d’une terrible soif. Ayant trouvé devant lui un puits, il y descendit, but de l’eau, puis, en remontant, vit un chien assoiffé haleter et lécher la terre humide sous l’effet de la soif. L’homme se dit : Il y a peu, j’avais moi-même une soif d’eau semblable ; ce chien éprouve exactement la même soif. Il descendit aussitôt dans le puits, remplit d’eau sa chaussette de cuir, la saisit entre ses dents et remonta, puis donna cette eau au chien assoiffé et remercia Allah. En récompense, Allah lui pardonna ses péchés. Les nobles Compagnons demandèrent : Ô Messager d’Allah (que la paix soit sur lui), serons-nous également récompensés pour avoir fait preuve de compassion envers les quadrupèdes ? Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : Oui, vous serez récompensés pour avoir fait preuve de compassion envers tout être vivant. »
(Boukhari, Mouslim)
Chapitre 6 : Les défauts de caractère
Le mensonge
(۱۸۷) وَعَنْ أَبِي بَكْرَةً رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: كُنَّا عِنْدَ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: أَلَا أُنَبِّئُكُمْ بِأَكْبَرِ الْكَبَائِرِ ثَلاثًا الإِشْرَاكَ بِاللَّهِ وَعُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ وَشَهَادَةُ الزُّورِ أَوْ وَقَوْلُ النُّورِ، وَكَانَ رَسُوْلُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُتَّكِنًا ، فَجَلَسَ مَا زَالَ يُكَرِّرُهَا حَتَّى قُلْنَا : لَيْتَهُ سَكَتَ
(بخاري – مسلم)
(187) « D’après Hazrat Abou Bakrata (ra), il a dit : Un jour, nous étions présents auprès du Noble Prophète (s). Soudain, il dit : “Ne vous informerai-je pas du plus grand des péchés ?” Il répéta cette parole trois fois. Puis il dit : “C’est associer quelqu’un à Allah, désobéir à ses père et mère, porter un faux témoignage ou proférer des mensonges.” Le Prophète (s) prononçait ces paroles alors qu’il était assis, appuyé ; soudain, afin de nous faire prendre conscience de leur importance, il se redressa et continua à répéter ces paroles. Au point que nous nous disions intérieurement : “Ah ! Si seulement le Prophète s’arrêtait maintenant !” » (Boukhari, Muslim)
Explication : Dans ce hadith, le Noble Prophète (s) a mentionné trois péchés graves parmi les péchés majeurs. Le premier est d’associer quelqu’un à Allah. Le deuxième est de désobéir à ses père et mère, et le troisième est de porter un faux témoignage ou de dire des mensonges. Le faux témoignage comme le mensonge sont tous deux des péchés majeurs. Toutefois, le faux témoignage est plus répréhensible que le simple mensonge.
(۱۸۸) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: أَرْبَعٌ مَنْ كُنَّ فِيهِ كَانَ مُنَافِقًا خَالِصًا ، وَمَنْ كَانَتْ فِيهِ خَصْلَةٌ مِنْهُنَّ كَانَتْ فِيهِ خَصْلَةٌ مِنَ النِّفَاقِ حَتَّى يَدَعَهَا، إِذَا اؤْتُمِنَ خَانَ، وَإِذَا حَدَّثَ كَذَبَ، وَإِذَا وَعَدَ أَخْلَفَ، وَإِذَا خَاصَمَ فَجَرَ (بخاري – مسلم)
(188) « D’après Hazrat Abdoullah ibn Amr (ra), le Noble Prophète (s) a dit : Celui qui possède les quatre traits suivants est incontestablement un véritable hypocrite. Et si l’un de ces quatre traits se trouve chez quelqu’un, on doit considérer qu’il possède un trait d’hypocrite jusqu’à ce qu’il l’abandonne. Ces quatre mauvais traits sont les suivants : lorsqu’on lui confie un dépôt, il le trahit ; lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il promet, il rompt sa promesse ; et lorsqu’il se dispute, il tient des propos obscènes. » (Boukhari, Muslim)
(۱۸۹) وَعَنْ سُفْيَانَ بْنِ أَسِيدٍ الْحَضْرَمِ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: كَبُرَتْ خِيَانَةً أَنْ تُحَدِّثَ أَخَاكَ حَدِيثًا هُوَ لَكَ بِهِ مُصَدِّقٌ وَأَنْتَ لَهُ بِهِ
(أبو داود)
د كاذب
(189) « Hazrat Soufyan ibn Ousayd Hadrami (ra) dit : J’ai entendu le Messager (s) dire : La plus grande trahison consiste à dire à ton frère une chose qu’il tient pour vraie, alors que tu lui as menti. »
(Abou Dawoud)
Explication : Dire des mensonges est un péché majeur. Dans le Coran et les hadiths, cela a été qualifié de péché équivalent à l’associationnisme. Le Prophète (s) a qualifié le mensonge de signe d’hypocrisie. Le Prophète d’Allah a qualifié de plus grande trahison le fait de tromper une personne simple et confiante en lui mentant. Nous devons donc éviter le mensonge afin de nous préserver de la colère d’Allah.
(۱۹۰) وَعَنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: لا يَصْلُحُ الْكَذِبُ فِي جَدٌ وَلَا هَزْلٍ، وَلَا أَنْ يُوْعَدَ أَحَدُكُمْ وَلَدَهُ شَيْئًا ، ثُمَّ لَا يُنْجِزُهُ لَهُ (الأدب المفرد)
(190) « Hazrat Abdoullah ibn Mas‘oud (ra) a dit : Mentir n’est convenable en aucune circonstance, que ce soit pour plaisanter ou pour se glorifier. Et vous ne devez pas promettre à vos enfants une chose que vous ne pourrez pas leur donner. » (Al-Adab al-Moufrad)
Explication : En général, les gens ne considèrent pas comme blâmable le fait de tromper les enfants et de leur mentir. Pourtant, dans les hadiths, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a considéré comme une faute le fait de mentir aux enfants, de les tromper et de leur promettre de leur donner quelque chose sans le leur donner. En effet, cela produit chez les enfants une réaction négative à l’égard de leurs parents.
La médisance
(۱۹۱) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: أَتَدْرُونَ مَا الْغِيبَةُ؟ قَالُوا : اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ، قَالَ: ذِكْرُكَ أَخَاكَ بِمَا يَكْرَهُ، قِيلَ أَفَرَأَيْتَ إِنْ كَانَ فِي أَخِي مَا أَقُولُ؟ قَالَ: إِنْ كَانَ فِيهِ مَا تَقُولُ فَقَدِ اغْتَبْتَهُ، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِيهِ فَقَدْ بَهَتَّهُ
(مسلم)
(191) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), un jour, le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) demanda : “Savez-vous ce qu’est la médisance ?” Les Compagnons répondirent : “Allah et Son Messager le savent mieux.” (C’était une formule d’humilité des nobles Compagnons, par laquelle ils manifestaient leur ignorance au Messager.) Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : “La médisance consiste à parler de votre frère musulman, en son absence, d’une manière qui lui déplairait s’il l’entendait.” On demanda ensuite au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : “Ô Prophète d’Allah, si ce que je dis se trouve effectivement chez mon frère, cela sera-t-il aussi de la médisance ?” Il répondit : “Si ce que tu dis se trouve chez lui, ce sera de la médisance ; et si cela ne s’y trouve pas, ce sera une calomnie.” » (Muslim)
Explication : Si quelqu’un divulgue dans la société les défauts d’un musulman afin de le rabaisser aux yeux des gens, c’est de la médisance, et la médisance est un péché grave selon la loi islamique. Dans le Noble Coran, le médisant est comparé à celui qui mange la chair d’un homme mort. Toutefois, le fait d’en informer, dans l’intention de le corriger, une personne responsable qui lui est hiérarchiquement supérieure ne constitue pas de la médisance. De même, avertir les gens en divulguant les fautes et les défauts d’une personne qui désobéit ouvertement à Allah et commet des injustices et des violences envers les gens n’est pas de la médisance. C’est au contraire une action nécessaire.
(۱۹۲) وَعَنْ أَبِي سَعْيْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْغِيبَةُ أَشَدُّ مِنَ الزِّنَا، قَالُوا : يَا رَسُولَ اللهِ وَكَيْفَ الْغِيبَةُ أَشَدُّ مِنَ الزِّنَا؟ قَالَ: إِنَّ الرَّجُلَ لَيَزْنِي فَيَتُوبُ اللَّهُ عَلَيْهِ، وَإِنَّ صَاحِبَ الْغِيبَةِ لَا يُغْفَرُ حَتَّى يَغْفِرَهَا لَهُ صَاحِبُهُ
(بيهقي – مشكوة)
(192) « D’après Abou Saïd al-Khoudri (qu’Allah l’agrée), le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “La médisance est-elle plus grave que la fornication ?” Les Compagnons demandèrent : “Ô Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), comment la médisance peut-elle être plus grave que la fornication ?” Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “Lorsqu’une personne commet la fornication puis se repent, Allah accepte son repentir. Mais Allah ne pardonnera pas au médisant tant que la personne dont il a parlé ne lui aura pas pardonné.” » (Bayhaqi, Mishkat)
La délation
(۱۹۳) وَعَنْ أَنَسِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ مِنْ كَفَّارَةِ الْغِيبَةِ أَنْ تَسْتَغْفِرَ لِمَنِ اغْتَبْتَهُ، تَقُولُ: اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَنَا وَلَهُ
(بيهقي – مشكوة)
(193) « Selon Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : “L’expiation de la médisance consiste à prier pour le pardon de celui dont tu as dit du mal. Dans ta prière, tu diras : Ô Allah, pardonne mes péchés et les siens.” »
(Al-Bayhaqi, Mishkat)
Explication : si la personne qui a fait l’objet de médisance est encore en vie, il faut lui demander pardon. Si elle n’est plus en vie, il faut implorer Allah de pardonner ce péché.
(١٩٤) وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : لَا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ نَمَّامٌ
(بخاري – مسلم)
(194) « Selon Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), le Prophète éminent a dit : “Le colporteur de paroles n’entrera pas au Paradis.” (qu’Allah le bénisse et le salue)
(Al-Bukhari, Muslim)
(١٩٥) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ: نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ النَّمِيمَةِ، وَنَهَى عَنِ الْغِيْبَةِ، وَعَنِ الاسْتِمَاعِ إِلَى الْغَيْبَةِ
(195) « Abdullah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux) a dit : “Le Prophète éminent (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit le colportage de paroles. De même, il a interdit aux gens de faire de la médisance et d’écouter la médisance.” »
Explication : le colportage de paroles consiste à rapporter à l’un les propos de l’autre afin de susciter de l’animosité entre eux et de les pousser à se quereller. La plupart des conflits et des troubles dans la société sont causés par le colportage de paroles ou par des propos perfides. Du point de vue de l’islam, c’est un péché grave. En effet, dans la société idéale et pacifique que l’islam souhaite, l’existence d’un colporteur de paroles est inconcevable. C’est pourquoi le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a ordonné aux musulmans d’éviter ce péché abominable et les a également avertis que le colporteur de paroles ne pourrait pas entrer dans le Paradis d’Allah.
(١٩٦) وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ: مَرَّ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى قَبْرَيْنِ، فَقَالَ: إِنَّهُمَا يُعَذِّبَانِ، وَمَا يُعَذِّبَانِ فِي كَبِيرٍ، أَمَّا أَحَدُهُمَا يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ، وَأَمَّا الْآخَرُ فَكَانَ لَا يَسْتَنْزِهُ مِنَ الْبَوْلِ (بخاري)
(196) « D’après Abd Allah ibn Abbas (qu’Allah les agrée), il rapporte qu’un jour, alors que le Prophète d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passait près de deux tombes, il dit : “Les occupants de ces deux tombes subissent un châtiment. Ce châtiment ne leur est pas infligé pour une chose qu’il leur aurait été impossible d’éviter ; cependant, au regard de la gravité de la faute, celle-ci est très grave. L’un de ces deux hommes colportait des propos malveillants, tandis que l’autre ne se purifiait pas correctement après avoir uriné.” (Al-Boukhari)
L’orgueil
(۱۹۷) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا يَدْخُلُ الْجَنَّةَ مَنْ كَانَ فِي قَلْبِهِ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ مِنْ كِبْرٍ، فَقَالَ
رَجُلٌ: إِنَّ الرَّجُلَ يُحِبُّ تَوْبَهُ حَسَنًا وَنَعْلَهُ حَسَنَةً، قَالَ: إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ يُحِبُّ الْجَمَالَ، الْكِبْرُ بَطَرُ الْحَقِّ وَغَمْطُ النَّاسِ (مسلم)
(197) « D’après Abd Allah ibn Mas‘oud (qu’Allah l’agrée), le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Celui qui possède dans son cœur ne serait-ce qu’un atome d’orgueil n’entrera pas au Paradis.” Un homme demanda : “Ô Messager d’Allah, qu’en est-il de celui qui aime que ses vêtements et ses chaussures soient beaux ? Est-ce également de l’orgueil ?” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Certes, Allah est Beau et Il aime la beauté. En réalité, l’orgueil consiste à se détourner avec insouciance du service d’Allah et à mépriser les gens.” (Al-Boukhari)
Explication : Parmi les défauts de caractère qui privent l’être humain de son humanité, la suffisance ou l’orgueil figure au premier plan. En plus de dépendre de son Créateur, l’être humain dépend à chaque instant des autres dans ce monde. Puisqu’il est constamment dépendant d’autrui et dans le besoin, il ne convient nullement qu’il soit suffisant ou orgueilleux. Le fait que l’orgueilleux soit privé de la miséricorde d’Allah, le vénérable Luqman (que la paix soit sur lui) l’a exprimé avec éloquence en conseillant son fils. Dans le saint Coran, Allah l’a exposé de la manière suivante dans la sourate Luqman :
وَلَا تُصَعِّرْ خَدَّكَ لِلنَّاسِ وَلَا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحًا إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ كُلَّ مُخْتَالٍ فَخُورٍ (سورة لقمان: ۱۸)
« Ô mon cher enfant, ne prends pas un air sévère envers qui que ce soit, comme le font les arrogants lorsqu’ils s’entretiennent avec quelqu’un. Et ne marche pas sur la terre avec ostentation, car Allah n’aime aucun arrogant ni vaniteux. » (Sourate Luqman, 18)
Dans le hadith mentionné ci-dessus, le Prophète d’Allah a également expliqué avec clarté la différence entre l’arrogance et le souci de la propreté. Le Noble Prophète (s.) a dit que le fait pour une personne de rester propre et soignée, ou de porter de belles et bonnes chaussures, entre autres choses, ne constitue pas de l’arrogance. L’arrogance est plutôt un état d’esprit qui amène l’arrogant à se considérer comme supérieur et à considérer autrui comme inférieur. La pureté ou le souci de la propreté ne constituent pas de l’arrogance, car Allah Lui-même est pur et Il aime la pureté.
(۱۹۸)
وَعَنْ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا كُلِّ مَا شئْتَ، وَالْبَسُ مَا شِئْتَ، مَا أَخْطَأَتْكَ اثْنَتَانِ سَرَفٌ وَ مَخِيلَةٌ (بخاري)
(198) « D’après Hazrat Ibn Abbas (r.), il a dit : “En évitant la dépense excessive et l’arrogance, tu peux consommer toute nourriture licite et porter tout vêtement que tu souhaites.” » (Boukhari)
L’envie (hasad)
(۱۹۹) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِيَّاكُمْ وَالْحَسَدَ ، فَإِنَّ الْحَسَدَ يَأْكُلُ الْحَسَنَاتِ كَمَا تَأْكُلُ النَّارُ الْحَطَبَ (أبو داود)
(199) « D’après Hazrat Abou Houraira (r.), le Noble Prophète (s.) a dit : “Gardez-vous absolument de l’envie, car de même que le feu brûle le bois et le réduit en cendres, l’envie détruit les bonnes œuvres de l’être humain.” » (Abou Dawoud)
Explication : L’envie consiste à souhaiter la disparition des bienfaits d’autrui. Dans la société, on trouve des gens qui, en voyant l’aisance, l’habileté, le rang et les richesses d’autrui, ressentent une profonde brûlure intérieure et souhaitent secrètement sa ruine. En revanche, il n’est pas blâmable de s’efforcer d’acquérir soi-même des bienfaits semblables ; cela ne peut être appelé hasad ou envie.
La duplicité
(۲۰۰)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: تَجِدُونَ شَرَّ النَّاسِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ عِنْدَ اللَّهِ ذَا الْوَجْهَيْنِ الَّذِي يَأْتِي هَؤُلَاءِ يوَجْهِ وَهَؤُلاءِ يوجه (بخاري – مسلم)
(200) « Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Le Jour de la Résurrection, vous trouverez que l’homme à deux visages est dans la situation la plus abjecte. Ici-bas, il se présentait sous une forme auprès de l’un et sous une autre forme auprès de l’autre. » (Al-Bukhârî, Muslim)
(۲۰۱)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : إِيَّاكُمْ وَسُوءَ ذَاتِ الْبَيْنِ فَإِنَّهَا الْحَالِقَةُ
(ترمذی)
(201) « Il est rapporté d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Gardez-vous de susciter des querelles et des dissensions entre deux personnes. Car leur conséquence sera la destruction de votre religion. » (At-Tirmidhî)
(۲۰۲)
وَعَنْ أَبِي بَكْرِ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَلْعُونٌ مِنْ ضَارَّ مُؤْمِنًا أَوْ مَكَرَ بِهِ (ترمذي)
(202) « Il est rapporté d’Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Celui qui porte préjudice à un musulman ou le trompe est maudit. » (At-Tirmidhî)
Chapitre : 7 — Les qualités morales
La nécessité du caractère moral
وَإِنَّكَ لَعَلَى خُلُقٍ عَظِيمٍ
« Ô Prophète, vous êtes assurément doté d’une moralité éminente. » (Al-Qalam, 4)
(۲۰۳) وَعَنْ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ قَدْ بَلَغَهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : بُعِثْتُ لِأُتِمَّ مَكَارِمَ الأخلاق (موطأ إمام مالك)
(203) « Il est rapporté de l’imam Malik qu’il lui est parvenu que le Noble Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — a dit : “J’ai été envoyé précisément pour porter les qualités morales des êtres humains à leur perfection.” » (Al-Muwatta de l’imam Malik)
Explication : Parmi les responsabilités du Messager mentionnées dans le Coran, l’une des principales et des plus importantes est la tazkiyah. Autrement dit, le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — délivrera ses disciples de la souillure de l’injustice, de l’impureté et de la dépravation morale, et les conduira aux degrés élevés de la noblesse du caractère. Dans le hadith cité, le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — fait allusion à cela en disant qu’il a été envoyé précisément pour parfaire le caractère moral.
(٢٠٤) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: إِنَّ الْمُؤْمِنَ لَيُدْرِكُ بِحُسْنِ خُلُقِهِ دَرَجَةً قَائِمِ اللَّيْلِ وَصَّائِمِ النَّهَارِ
(أبو داود)
(204) « Il est rapporté de Aïcha — qu’Allah l’agrée — qu’elle a dit : “J’ai entendu le Messager — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dire : Un croyant peut, grâce à son excellent caractère, atteindre le rang de ces dévots qui passent toute la nuit en prière et jeûnent toute l’année.” »
(Abou Dawoud)
Explication : Après avoir accompli les obligations religieuses indispensables qui lui incombent, le croyant doté d’un bon caractère obtiendra, grâce à ses qualités morales, la récompense correspondant au plus grand nombre d’actes surérogatoires.
(٢٠٥) وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: آخِرُ مَا أَوْصَانِي بِهِ رَسُولُ اللَّهِ حِينَ وَضَعْتُ رِجْلِي فِي الْغَرْزِ أَنْ قَالَ: أَحْسِنْ خُلُقَكَ لِلنَّاسِ (موطأ إمام مالك)
(২০৫) « Hazrat Mu‘âdh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée) a dit : lorsque je fus envoyé au Yémen en qualité de gouverneur, alors que j’avais le pied dans l’étrier, le Prophète (ﷺ) me donna ce dernier conseil : “Ô Mu‘âdh, présente aux gens l’exemple de ton meilleur caractère.”
(Al-Muwatta de l’imam Mâlik)
(٢٠٦) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ مِنْ خِيَارِكُمْ أَحْسَنُكُمْ أَخْلَاقًا (بخاري – مسلم)
(২০৬) « D’après Hazrat ‘Abdullah ibn ‘Amr (qu’Allah les agrée tous deux), le Noble Prophète (ﷺ) a dit : “Le meilleur d’entre vous est celui qui possède le meilleur caractère.” » (Al-Bukhari, Muslim)
(۲۰۷)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ مِنْ أَحَبِّكُمْ إِلَيَّ أَحْسَنُكُمْ أَخْلَاقًا (بخاري)
(২০৭) « D’après Hazrat ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux), le Messager (ﷺ) a dit : “Celui qui m’est le plus cher parmi vous est celui qui possède le meilleur caractère.” » (Al-Bukhari)
(۲۰۸)
وَعَنِ النَّوَّاسِ بْنِ سَمْعَانَ قَالَ: سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الْبَرِّ وَالإِثْمِ، فَقَالَ: الْبِرُّ حُسْنُ الْخُلُقِ وَالإِثْمُ مَا حَاكَ فِي صَدْرِكَ وَكَرِهْتَ أَنْ يَطْلِعَ عَلَيْهِ النَّاسُ (مسلم)
(২০৮) « Hazrat Nawwâs ibn Sam‘ân (qu’Allah l’agrée) a dit : un jour, j’ai interrogé le Prophète d’Allah au sujet du péché et de la piété — c’est-à-dire ce qu’ils sont. Le Prophète (ﷺ) répondit : “Le meilleur caractère est la piété. Et toute action qui suscite en toi un malaise et dont tu n’aimes pas qu’elle soit révélée aux gens est un péché.” » (Muslim)
La ḥayāʾ (pudeur)
(۲۰۹) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرَّ عَلَى رَجُلٍ مِنَ الْأَنْصَارِ وَهُوَ يَعِظُ أَخَاهُ فِي الْحَيَاءِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : دَعْهُ فَإِنَّ الْحَيَاءَ مِنَ الْإِيمَانِ
(بخاري – مسلم)
(209) « Il est rapporté d’après Ḥaḍrat ʿAbd Allāh ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, le Prophète bien-aimé (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) passait près d’un Compagnon ansarite qui réprimandait son frère en raison de sa pudeur excessive. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : “Laisse-le, car la ḥayāʾ (pudeur) est une partie de la foi.” » (Al-Bukhārī, Muslim)
Explication : La ḥayāʾ est le sentiment de retenue que l’on éprouve intérieurement à la vue d’actes indécents, inconvenants et injustes. Selon le texte du hadith, la ḥayāʾ est l’une des branches essentielles de la foi. Ainsi, tout croyant est nécessairement une personne pudique, c’est-à-dire dotée de la qualité de ḥayāʾ. Il n’est donc pas convenable de réprimander quelqu’un pour sa pudeur.
(۲۱۰) وَعَنْ عِمْرَانَ بْنَ حُصَيْنٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْحَيَاءُ لَا يَأْتِي إِلَّا بِخَيْرٍ، وَفِي رِوَايَةِ الْحَيَاءُ خَيْرٌ كُلُّهُ
(بخاري – مسلم)
(210) « Il est rapporté d’après Ḥaḍrat ʿImrān ibn Ḥusayn (qu’Allah l’agrée) que le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : “La pudeur n’apporte que le bien.” Selon une autre version : “Toute la pudeur est bienfaisante.” » (Al-Bukhārī, Muslim)
(۲۱۱)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْحَيَاءُ مِنَ الإِيمَانِ، وَالْإِيمَانُ فِي الْجَنَّةِ، وَالْبَذَاءُ مِنَ الْجَفَاءِ، وَالْجَفَاءُ فِي النَّارِ (أحمد – ترمذي)
(211) « Il est rapporté d’après Ḥaḍrat Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée) que le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : “La pudeur est une partie de la foi, et le croyant entrera au Paradis. L’impudeur est un péché, et le pécheur ira en Enfer.” » (Aḥmad, at-Tirmidhī)
Faire preuve de patience au moment de la colère
(۲۱۲)
وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَا تَجَرَّعَ عَبْدٌ جَرْعَةً
أَفْضَلَ عِنْدَ اللهِ عَزَّ وَجَلَّ مِنْ جَرْعَةِ غَيْلٍ، يَكْظِمُهَا ابْتِغَاءَ وَجْهِ اللَّهِ تَعَالَى (أحمد)
(212) « Il est rapporté d’Ibn Umar que le Noble Prophète a dit : parmi les choses que l’être humain ravale, la plus excellente auprès d’Allah est la colère qu’il ravale afin de satisfaire Allah. » (Ahmad)
Explication : Apaiser sa colère, pardonner aux gens et faire preuve de patience afin d’obtenir la satisfaction d’Allah est une noble qualité. Allah Lui-même a dit dans le Coran :
وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ وَاللَّهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ (آل عمران: (١٣٤)
« Ceux qui maîtrisent leur colère et pardonnent aux gens, Allah aime ceux qui accomplissent de bonnes œuvres. » (Al-‘Imran, 134)
(۲۱۳)
وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلًا قَالَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْصِنِي قَالَ: لَا تَغْضَبْ فَرَدَّدَ ذَالِكَ مِرَارًا ، قَالَ : لَا تَغْضَبْ (بخاري)
(213) « Il est rapporté de Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, un homme demanda au Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) : “Ô Maître, donnez-moi un conseil.” Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : “Ne te mets pas en colère.” L’homme répéta plusieurs fois la même question, et le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) lui répondit chaque fois : “Ne te mets pas en colère.” » (Boukhari)
(٢١٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَة رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَيْسَ الشَّدِيدُ بالصَّرْعَةِ إِنَّمَا الشَّدِيدُ الَّذِي يَمْلِكُ نَفْسَهُ عِنْدَ الْغَضَبِ
(بخاري – مسلم)
(214) « Il est rapporté de Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “N’est pas courageux celui qui terrasse les gens dans la lutte ; en réalité, le véritable courageux est celui qui sait se maîtriser au moment de la colère.” » (Boukhari, Mouslim)
Explication : Cela ne signifie pas qu’un musulman ne se mettra jamais en colère. Cependant, dans les situations où il éprouve de la colère, il ne doit pas perdre tout discernement ni perdre le contrôle de lui-même. Au contraire, l’enseignement du Messager est qu’il soit capable de se maîtriser même dans les moments de colère extrême.
La préservation de la langue et des parties intimes
(٢١٥) وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ يَضْمَنْ لِي مَا بَيْنَ شَفَتَيْهِ وَمَا بَيْنَ فَحْذَيْهِ أَصْمَنْ لَهُ الْجَنَّةَ (بخاري)
(215) « Il est rapporté de Hazrat Sahl ibn Saad (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : “Celui qui pourra me garantir la préservation de sa langue et de ses parties intimes, je pourrai lui garantir le Paradis.” » (Boukhari)
Explication : Parmi les organes internes du corps humain, les deux organes mentionnés ci-dessus sont particulièrement vulnérables, et c’est d’eux que les attaques de Satan sont les plus susceptibles de provenir. Ainsi, le Maître (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a garanti le Paradis au croyant qui, après avoir vaincu Satan, préservera la pureté de ces deux organes.
L’importance de l’instruction (le savoir religieux)
(٢١٦) وَعَنْ مُعَاوِيَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ يُرِدِ اللَّهُ بِهِ خَيْرًا يُفَقِّهُهُ في الدِّينِ (بخاري – مسلم)
(216) « D’après Hazrat Muʿâwiya (que Dieu l’agrée), le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : “Celui à qui Dieu veut du bien, Il lui accorde la connaissance de la religion.” » (Boukhari, Muslim)
Explication : Le bien-être de l’être humain dans l’au-delà dépend de sa compréhension correcte de la religion de Dieu, de sa prise de conscience de celle-ci et de sa mise en pratique convenable. Celui qui connaîtra et comprendra la religion de Dieu, avec ses objectifs profonds, pourra la pratiquer correctement. Ainsi, celui à qui Dieu veut du bien, c’est à lui qu’Il accorde la connaissance de la religion.
(۲۱۷)
عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ
رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: طَلَبُ الْعِلْمِ فَرِيضَةٌ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ (ابن ماجه)
(217) « D’après Hazrat Anas (que Dieu l’agrée), le Prophète bien-aimé (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : “L’acquisition du savoir est obligatoire pour tout musulman et toute musulmane.” »
(Ibn Mâjah)
(۲۱۸) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهِ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ سَلَكَ طَرِيقًا يَلْتَمِسُ فِيهِ عِلْمًا سَهَّلَ اللَّهُ لَهُ بِهِ طَرِيقًا إِلَى الْجَنَّةِ، وَمَا اجْتَمَعَ قَوْمٌ فِي بَيْتِ مِنْ بُيُوتِ اللَّهِ يَتْلُونَ كِتَابَ اللَّهِ وَيَتَدَارَسُونَهُ بَيْنَهُمْ إِلَّا نَزَلَتْ عَلَيْهِمُ السَّكِينَةُ وَغَشِيَتْهُمُ الرَّحْمَةُ وَحَفْتْهُمُ الْمَلَائِكَةُ وَذَكَرَهُمُ اللَّهُ فِيْمَنْ عِنْدَهُ وَمَنْ بَطْأَ بِهِ عَمَلُهُ لَمْ يُسْرِعْ بِهِ نَسَبُهُ
(مسلم – أبو داود – ترمذي)
(218) « D’après Hazrat Abû Hurayra (que Dieu l’agrée), le Prophète bien-aimé (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : “Quiconque emprunte un chemin dans le but d’acquérir le savoir, Dieu lui facilitera le chemin du Paradis. Et lorsqu’un groupe de personnes se réunit dans la maison de Dieu, récite le Livre de Dieu et s’entretient à son sujet dans un but éducatif, une grande sérénité descend sur eux, la miséricorde de Dieu les enveloppe et Dieu les mentionne dans l’assemblée des anges. Quant à celui dont les œuvres le retardent, sa noblesse de lignée ne le fera pas avancer.” » (Cela signifie que le but de l’acquisition du savoir est de mettre celui-ci en pratique. Ainsi, celui qui ne met pas le savoir en pratique ne pourra atteindre Dieu ni par son savoir ni par la noblesse de sa lignée.)
(Muslim, Abou Dawoud, At-Tirmidhi)
(۲۱۹) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرَّ بِمَجْلِسَيْنِ فِي مَسْجِدِهِ فَقَالَ: كِلَاهُمَا عَلَى خَيْرٍ، وَأَحَدُهُمَا أَفْضَلُ مِنْ صَاحِيهِ، أَمَّا هَؤُلَاءِ فَيَدْعُونَ اللَّهَ وَيُرَغْبُونَ إِلَيْهِ فَإِنْ شَاءَ أَعْطَاهُمْ وَإِنْ شَاءَ مَنَعَهُمْ، وَأَمَّا هَؤُلَاءِ فَيَتَعَلَّمُونَ الْعِلْمَ وَيُعَلِّمُونَ الْجَاهِلَ فَهُمْ أَفْضَلُ، وَإِنَّمَا بُعِثْتُ مُعَلِّمًا
ثُمَّ جَلَسَ مَعَهُمْ (مشكوة)
(219) « Il est rapporté d’Abdallah ibn Amr — qu’Allah l’agrée — qu’un jour, le Prophète d’Allah entra dans la mosquée prophétique et vit deux groupes. (L’un de ces groupes s’adonnait à l’étude de la connaissance religieuse, tandis que l’autre était occupé à l’évocation d’Allah et aux invocations.) Le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dit : “Les deux groupes s’occupent d’une bonne œuvre. L’un d’eux est certes occupé à l’évocation d’Allah et aux invocations. Si Allah le veut, Il peut leur donner ce qu’ils désirent, ou ne pas le leur donner. Quant à l’autre groupe, il étudie la connaissance religieuse et l’enseigne aux ignorants. Ce groupe est donc meilleur, car j’ai moi-même été envoyé comme enseignant.” Sur ces paroles, le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — s’assit avec le second groupe. » (Mishkat)
(۲۲۰) وَعَنْ أَبِي أُمَامَةَ الْبَاهِلِيِّ قَالَ ذُكِرَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَجُلَانِ أَحَدُهُمَا عَابِدٌ وَالْآخَرُ عَالِمٌ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: فَضْلُ الْعَالِمِ عَلَى الْعَابِدِ كَفَضْلِي عَلَى أَدْنَاكُمْ، ثُمَّ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ اللَّهَ وَمَلَائِكَتَهُ وَأَهْلَ السَّمَوَاتِ وَالْأَرْضِ حَتَّى النَّمْلَةَ فِي جُحْرِهَا وَحَتَّى الْحُوتَ لَيُصَلُّونَ عَلَى مُعَلِّمِ النَّاسِ الْخَيْرَ
(ترمذي – دارمي)
(220) « Il est rapporté d’Abou Oumama — qu’Allah l’agrée — qu’un jour, on évoqua devant le noble Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — le cas de deux hommes, dont l’un était un dévot et l’autre un savant. (Autrement dit, on lui demanda lequel des deux était supérieur en rang.) Le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dit : “De même que je jouis d’un rang supérieur à celui du musulman ordinaire parmi vous, le savant possède un rang analogue par rapport au dévot.” Puis le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dit : “Allah Lui-même, les anges et les habitants des cieux et de la terre, jusqu’aux fourmis souterraines et aux poissons dans l’eau, prient pour celui qui enseigne aux gens une connaissance bénéfique.” » (At-Tirmidhi, Ad-Darimi)
Ordonner le convenable et interdire le blâmable
(Ordonner les bonnes actions et s’abstenir des mauvaises actions)
وَلْتَكُنْ مِنْكُمْ أُمَّةٌ يَدْعُونَ إِلَى الْخَيْرِ وَيَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ
آل عمران: (١٠٤)
« Il faut qu’il y ait parmi vous un groupe qui appelle les gens au bien et à la vertu, ordonne d’accomplir les œuvres bonnes et pieuses, et interdise les œuvres mauvaises. Ce sont eux qui réussiront. » (Al ‘Imrân : 104)
(۲۲۱)
وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَمَّا وَقَعَتْ بَنُو إِسْرَائِيلَ فِي الْمَعَاصِي نَهَتْهُمْ عُلَمَاؤُهُمْ فَلَمْ يَنْتَهُوا ، فَجَالَسُوهُمْ فِي مَجَالِسِهِمْ وَأَكَلُوهُمْ وَشَارَبُوهُمْ، فَضَرَبَ اللَّهُ قُلُوبَ بَعْضِهِمْ عَلَى بَعْضٍ وَلَعَنَهُمْ عَلَى لِسَانِ دَاوُدَ وَعِيسَى ابْنِ مَرْيَمَ ذَالِكَ بِمَا عَصَوْا وَكَانُوا
يَعْتَدُونَ، قَالَ: فَجَلَسَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَكَانَ مُتَّكِنًا، فَقَالَ: لَا وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَتَأْمُرُنَّ بِالْمَعْرُوفِ وَلَتَنْهَوُنَّ عَنِ الْمُنْكَرِ وَلَتَأْخُذُنَّ عَلَى يَدَيِ الظَّالِمِ وَلَتَأْطِرُنَّهُ عَلَى الْحَقِّ أَطْرًا، أَوْ لَيَضْرِبَنَّ اللَّهُ بِقُلُوبِ بَعْضِكُمْ عَلَى بَعْضٍ ثُمَّ لَيَلْعَنَنَّكُمْ كَمَا لَعَنَهُمْ (بيهقي – مشكوة)
(221) « Il est rapporté d’Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : lorsque les membres du peuple d’Israël se livrèrent aux péchés, leurs savants les en empêchèrent. Mais ils n’en tinrent aucun compte. Ensuite, leurs savants continuèrent à manger, à boire et à fréquenter ces gens, sans rompre leurs relations avec eux. Alors Allah rendit semblables les situations des deux groupes. (C’est-à-dire que les cœurs des savants devinrent eux aussi souillés et corrompus comme ceux des pécheurs.) En raison de leurs péchés et de leurs transgressions, Allah les maudit par l’intermédiaire de David et de Jésus, fils de Marie (paix sur eux). Le Compagnon narrateur dit que jusqu’à ce moment, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prononçait ces paroles en étant appuyé. Soudain, prenant conscience de l’importance de ses paroles, il se redressa et dit : “Non ! Vous ne devez pas devenir semblables aux enfants d’Israël.” Je jure par Allah, Celui dans la main duquel se trouve mon âme, que vous ordonnerez certainement le bien et empêcherez certainement les gens de commettre le mal. Si vous ne le faites pas, vos cœurs deviendront semblables à ceux des pécheurs, puis vous deviendrez vous aussi un peuple maudit, comme le peuple des enfants d’Israël. » (Bayhaqî, Mishkât)
Explication : Le hadith rapporté ordonne aux savants musulmans influents et aux dirigeants de l’État islamique d’empêcher les oppresseurs d’agir par leur influence sociale et étatique, d’extirper de la société l’oppression et l’injustice, et d’y instaurer l’équité et la justice. Le récit du hadith indique indirectement qu’il n’est pas réellement possible aux personnes dépourvues de pouvoir d’accomplir l’« amr bi-l-ma‘rûf wa-n-nahy ‘ani-l-munkar ». En effet, elles n’ont pas le pouvoir de résister à l’oppresseur ; elles peuvent seulement prêcher oralement, et encore, dans la mesure où le gouvernement oppresseur et les dirigeants influents l’autorisent. Le fait que l’exercice véritable de l’amr bi-l-ma‘rûf nécessite le pouvoir de gouverner l’État peut être compris à partir du verset suivant, énoncé dans le Coran.
الَّذِينَ إِنْ مَكَنَّاهُمْ فِي الْأَرْضِ أَقَامُوا الصَّلاةَ وَآتَوُا الزَّكَاةَ وَأَمَرُوْا بِالْمَعْرُوْفِ وَنَهَوْا عَنِ الْمُنْكَرِ وَلِلَّهِ عَاقِبَةُ الأُمُورِ (سورة الحج: (٤١)
« Si Nous les établissons au pouvoir sur une partie de la terre, ils y accompliront la prière, institueront la zakât, ordonneront le bien et empêcheront les gens de commettre le mal. Et la fin de toute chose appartient à Allah. » (Sourate Al-Hajj : 41)
(۲۲۲)
وَعَنِ نُعْمَانَ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَثَلُ الْمُدْهِنِ فِي حُدُودِ اللَّهِ وَالْوَاقِعِ فِيهَا مَثَلُ قَوْمٍ اسْتَهَمُوا سَفِينَةً فَصَارَ بَعْضُهُمْ فِي أَسْفَلِهَا بَعْضُهُمْ فِي أَعْلَاهَا فَكَانَ الَّذِي فِي أَسْفَلِهَا يَمُرُّ بِالْمَاءِ عَلَى الَّذِينَ فِي أَعْلَاهَا فَتَأَذَوْا بِهِ فَأَخَذَ فَأْسًا فَجَعَلَ يَنْقُرُ أَسْفَلَ السَّفِينَةِ فَأَتَوْهُ فَقَالُوا مَا لَكَ قَالَ تَأَذَّيْتُمْ بِي، وَلَا بُدَّ لِي مِنَ الْمَاءِ فَإِنْ أَخَذُوا عَلَى يَدَيْهِ أَنْجَوْهُ وَنَجَّوْا أَنْفُسَهُمْ وَإِنْ تَرَكُوهُ أَهْلَكُوهُ، وَأَهْلَكُوا أَنْفُسَهُمْ (بخاري)
(222) « Il est rapporté de Hadrat Nu‘mân ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a déclaré : celui qui se livre à un acte de désobéissance envers Allah et celui qui, le voyant, ne dit rien — mais détourne plutôt les yeux — sont dans la même situation qu’un groupe de personnes ayant embarqué sur un navire. Certaines d’entre elles se placèrent sur le pont supérieur et d’autres dans la partie inférieure. Comme les passagers de l’étage inférieur montaient régulièrement à l’étage supérieur pour prendre de l’eau, ceux d’en haut commencèrent à en éprouver de la gêne. Finalement, ceux de l’étage inférieur, réduits à cette extrémité, se préparèrent à percer à coups de hache les planches du fond du navire, afin de puiser l’eau du fleuve pour satisfaire leur besoin. Les passagers de l’étage supérieur, l’ayant remarqué, descendirent et leur demandèrent : “Pourquoi commettez-vous cet acte suicidaire ?” Ils répondirent : “Nous avons besoin d’eau, mais vous n’aimez pas que nous montions chez vous pour en prendre.” Dans cette situation, si les passagers de l’étage supérieur les retenaient par les mains et les empêchaient de commettre cet acte suicidaire, les deux groupes seraient sauvés. Mais s’ils ne le faisaient pas, les deux groupes se noieraient et périraient. En d’autres termes, bien que les passagers de l’étage supérieur n’aient pas participé au percement du navire, ils ne seraient pas davantage épargnés par la noyade que ceux de l’étage inférieur qui l’avaient percé. De même, le châtiment qui s’abat sur une société en raison de la propagation des péchés ne peut être évité par ceux qui n’y ont pas pris part, s’ils n’ont pourtant pas essayé d’empêcher les pécheurs de commettre ces actes. » (Al-Bukhârî)
(۲۲۳) وَعَنِ أَبِي سَعِيدِنِ الْخُدْرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ مَنْ رَائَ مِنْكُمْ مُنْكَرًا فَلْيُغَيِّرْهُ بِيَدِهِ فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِلِسَانِهِ فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِقَلْبِهِ ذَالِكَ أَضْعَفُ الإِيْمَانِ (مسلم)
(223) « Il est rapporté de Hadrat Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : si l’un de vous voit une mauvaise action être commise, qu’il l’empêche de sa main. S’il n’en a pas la capacité, qu’il l’interdise par la parole. S’il est également incapable de l’interdire par la parole, qu’il souhaite intérieurement qu’elle soit changée. Le fait de souhaiter intérieurement le changement est le signe le plus faible de la foi. » (Muslim)
Explication : le hadith cité indique trois méthodes à adopter, selon les circonstances, pour empêcher les gens de commettre des péchés et des actes répréhensibles. Si ceux en présence desquels le péché est commis sont des personnes puissantes — par exemple un dirigeant, un chef de groupe, le responsable d’une société ou d’une famille, ou encore un dirigeant influent —, ils doivent empêcher cette personne de commettre le péché par la force. S’ils n’ont pas le pouvoir d’employer la force — par exemple si celui qui commet le péché détient le pouvoir d’État ou est un dirigeant influent —, ils doivent alors protester verbalement. Et s’ils ne sont même pas en mesure de protester verbalement, ils doivent souhaiter intérieurement la fin de cet acte pécheur. Huzûr (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit qu’adopter cette dernière méthode est le signe d’une foi faible.
(٢٢٤) وَعَنْ حُذَيْفَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ النَبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَتَأْمُرُنَّ بِالْمَعْرُوفِ وَلَتَنْهَوُنَّ عَنِ الْمُنْكَرِ أَوْ لَيُوشِكُنَّ اللَّهُ أَنْ يَبْعَثَ . عَلَيْكُمْ عَذَابًا مِنْ عِنْدِهِ ثُمَّ لَتَدْعُونَهُ فَلَا يُسْتَجَابُ لَكُمْ (ترمذي)
(224) « Il est rapporté de Hadrat Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a déclaré : je jure par Allah, Celui qui tient ma vie sous Son contrôle, vous devez certainement ordonner le bien et empêcher les gens de commettre les actes injustes et pécheurs. Sinon, le châtiment d’Allah s’abattra bientôt sur vous. Ensuite, vous L’invoquerez pour être délivrés de ce châtiment, mais vos invocations ne seront pas exaucées. » (At-Tirmidhî)
(٢٢٥) عَنِ جَرِيرٍ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ مَا مِنْ رَجُلٍ يَكُونُ فِي قَوْمٍ يُعْمَلُ فِيهِمْ بِالْمَعَاصِي يَقْدِرُونَ عَلَى أَنْ يُغَيِّرُوا عَلَيْهِ فَلَا يُغَيِّرُوا إِلَّا أَصَابَهُمُ اللَّهُ بِعَذَابٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَمُوتُوا
(أبو داؤد)
(225) « Il est rapporté de Hadrat Jarîr ibn ‘Abdullâh (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : j’ai entendu le Prophète d’Allah dire que lorsqu’une personne d’une nation se livre au péché et que les membres de cette nation, bien qu’ils en aient le pouvoir, ne l’en empêchent pas, Allah fera peser sur cette nation un terrible châtiment avant qu’elle ne meure. » (Abû Dâwûd)
Explication : Dans le hadith précité, le Prophète d’Allah a rappelé l’un des devoirs sociaux essentiels du musulman. Lorsqu’un membre de la société musulmane se livre ouvertement au péché, c’est à toute la société qu’incombe la responsabilité de l’en détourner, quel que soit celui qui, au sein de la société, se livre à la désobéissance envers Allah, et quelle que soit son influence. Il est contraint de s’incliner devant la résistance de toute la société, même s’il est le dirigeant de l’État. En effet, lorsque toute la population se dressera pour protester contre ses péchés publics, il sera contraint de baisser la tête devant elle. En revanche, lorsque la société ou la nation oublie ce devoir sacré et, tout en voyant le pécheur se livrer librement au péché, garde le silence, cette nation devient indirectement complice de ce péché. Alors Allah fait descendre sur elle Son châtiment.
(٢٢٦) وَعَنْ حُذَيْفَةَ بْنِ الْيَمَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَتَأْمُرُنَّ بِالْمَعْرُوفِ وَلَتَنْهَوُنَّ عَنِ الْمُنْكَرِ، وَلَتَحَاضُنَّ عَلَى الْخَيْرِ أَوْ لَا يَسْتَعَنَّكُمُ اللَّهُ جَمِيعًا بِعَذَابٍ أَوْ لَيُؤْمِرَنَّ عَلَيْكُمْ شِرَارَكُمْ ثُمَّ يَدْعُو خِيَارُكُمْ فَلَا يُسْتَجَابُ لَهُمْ (مسند أحمد)
(226) « Il est rapporté de Hudhayfa ibn al-Yamân (qu’Allah l’agrée) que le Messager (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : Vous ordonnerez certainement le bien, vous détournerez les gens du mal et vous les encouragerez à accomplir les œuvres bénéfiques conformes à l’islam. Sinon, Allah vous anéantira par un châtiment collectif, ou Il placera à votre tête les plus mauvais et les plus pécheurs d’entre vous. Alors vos pieux ne cesseront d’invoquer, mais leurs invocations ne seront pas exaucées. » (Musnad de l’imam Ahmad)
Explication : Lorsque les habitants musulmans d’un pays ou d’un territoire se détournent collectivement de l’accomplissement du devoir d’amr bil-ma‘rûf wa nahy ‘an al-munkar, le Tout-Puissant Allah les châtie ici-bas par l’un des deux châtiments suivants.
Le premier consiste en un châtiment céleste de grande ampleur, tel qu’une inondation, une épidémie, une famine, une guerre, etc. Le second consiste en un dirigeant tyrannique : les hommes les plus vils et les plus pécheurs de la société sont nommés à sa tête, et sous leur oppression et leur persécution, toute la nation se consume peu à peu. Lorsque cette situation extrême apparaît, Allah n’exauce même pas les invocations des personnes âgées et honorables de cette société.
La prédication sans pratique
(۲۲۷)
وَعَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: رَأَيْتُ لَيْلَةَ أُسْرِيَ بِي رِجَالًا تُقْرَضُ شِفَاهُهُمْ بِمَقَارِيضَ مِنْ نَارٍ، فَقُلْتُ: مَنْ هَؤُلَاءِ يَا جِبْرِيلُ ؟ قَالَ: هَؤُلَاءِ خُطَبَاءُ مِنْ أُمَّتِكَ يَأْمُرُونَ النَّاسَ بِالْبِرِّ وَيَنْسَوْنَ أَنْفُسَهُمْ (مشكوة)
(227) « Il est rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : La nuit de l’Ascension, j’ai vu des gens dont les deux lèvres étaient découpées avec des ciseaux de feu. J’ai demandé à Jibrîl (que la paix soit sur lui) qui ils étaient, et il m’a répondu : Ce sont les prédicateurs de ta communauté qui ont exhorté les autres à accomplir de bonnes œuvres, mais qui ne les ont pas eux-mêmes mises en pratique. » (Mishkât)
La nécessité de la Jamāʿat
(۲۲۸)
وَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: مَنْ خَرَجَ مِنَ الطَّاعَةِ وَفَارَقَ الْجَمَاعَةَ فَمَاتَ مَاتَ مِيتَةً جَاهِلِيَّةً
(مسلم)
(228) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : “Celui qui refuse d’obéir à l’émir abandonne la Jamāʿat, et s’il meurt dans cet état, il meurt d’une mort de la Jāhiliyya.” » (Muslim)
Explication : On appelle « Jamāʿat » un groupe de personnes qui s’unissent autour d’un programme bien défini afin d’atteindre un objectif particulier. Quatre éléments sont indispensables à la Jamāʿat : un objectif, un programme d’action, une direction et une organisation. En l’absence de l’un quelconque de ces quatre éléments, il ne peut y avoir de Jamāʿat. C’est pourquoi les personnes réunies dans les marchés et les bazars ne sont pas appelées une Jamāʿat, car aucune des conditions précitées ne s’y trouve. En revanche, les personnes rassemblées dans les lieux de prière de l’Aïd et les mosquées pour la prière du vendredi sont appelées une Jamāʿat, car les quatre conditions y sont toutes réunies.
Dans le hadith, le terme « Jamāʿat » désigne la Jamāʿat islamique. On appelle Jamāʿat ou groupe islamique un groupe qui s’unit, sous la direction d’un chef (imām), dans le but de prêcher et d’établir la religion d’Allah, au moyen d’un programme agréé par le Messager d’Allah. Pour s’acquitter de la responsabilité qu’Allah Très-Haut a confiée à la communauté de Muhammad — anéantir le faux et établir la religion de vérité —, une force organisée est indispensable. Ni l’établissement de la religion ni l’anéantissement du faux ne peuvent être réalisés par des efforts individuels, dispersés, isolés et dépourvus de liens réciproques.
Allah a déclaré dans Son noble Livre sacré :
كُنْتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ (آل عمران : ١٠٤)
« Vous êtes la meilleure communauté suscitée pour les hommes : vous ordonnez le bien et interdisez le mal. » (Âl ʿImrân, 110)
Il convient de préciser que la responsabilité mentionnée ci-dessus a été confiée par Allah à la communauté des musulmans, et non à un individu. En effet, une tâche aussi importante ne peut être accomplie par les efforts d’une seule personne, aussi savante, vertueuse ou puissante soit-elle. Même des hommes au caractère aussi pur, aux qualités aussi éminentes et à la personnalité aussi imposante que les prophètes n’ont pu établir la religion d’Allah sans l’aide de la communauté de l’umma musulmane. C’est pourquoi les hadiths ont accordé une importance extrême au fait de rester uni à la communauté, et ont qualifié de jahiliyyah le fait de s’en séparer.
(۲۲۹)
وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ الشَّيْطَانَ ذِئْبُ ابْنِ آدَمَ كَذِئْبِ الْغَنَمِ، يَأْخُذُ الشَّاةَ الْقَاصِيَةَ النَّاحِيَةَ، وَإِيَّاكُمْ وَالشِّعَابَ، وَعَلَيْكُمْ بِالْجَمَاعَةِ وَالْعَامَّةَ.
(مسند أحمد)
(229) « Selon Mu‘âdh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée), le Noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : de même que le loup est l’ennemi du troupeau de moutons, Satan est le loup et l’ennemi des hommes. Le loup emporte la brebis qui s’éloigne seule du troupeau, ou qui s’en sépare pour chercher sa nourriture. Prenez donc garde à ne pas emprunter des chemins montagneux escarpés en quittant le groupe, et restez assurément avec la communauté, parmi l’ensemble des gens. » (Ahmad)
Explication : Dans les pays arabes et les régions voisines, certaines personnes gagnent leur subsistance en élevant des animaux. Elles font paître leurs bêtes en troupeaux dans les pâturages et au pied des montagnes, tout en surveillant attentivement qu’aucun animal ne soit emporté par un tigre. Ainsi, par crainte des armes des bergers et des chiens de chasse qui gardent le troupeau, aucun tigre n’attaque les bêtes. Mais si, à l’insu des bergers, un animal s’éloigne du troupeau en broutant, alors un tigre vient des grottes des montagnes voisines ou de la jungle et l’emporte.
Par cet exemple, le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a mis les musulmans en garde : de même qu’un animal séparé du troupeau devient la proie du tigre, le musulman qui abandonne la communauté ou qui reste en dehors d’elle devient la proie de Satan, aussi grand musulman soit-il.
La seule cause de la détresse que connaissent actuellement les musulmans dans le monde entier est leur séparation les uns des autres et leur désunion. C’est en raison de la désunion et des conflits des pays musulmans arabes qu’ils sont aujourd’hui humiliés par une petite nation juive. Les musulmans du Turkestan, de l’Ouzbékistan et de l’Azerbaïdjan, qui avaient autrefois suscité des remous dans le monde entier, sont opprimés sous un régime communiste précisément à cause de leur désunion. Les musulmans de notre sous-continent jouent exactement le même rôle. Par conséquent, les musulmans ne jouissent aujourd’hui d’aucun statut particulier dans le monde.
Bien qu’à l’époque actuelle les musulmans tentent parfois de se regrouper, ce n’est pas sur la base de la fraternité islamique, mais plutôt sur celle de la langue, de la race ou de la région. Le Prophète d’Allah a clairement qualifié cela de jahiliyyah,
(۲۳۰)
وَعَنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ اللَّهَ لَا يَجْمَعُ أُمَّتِي أَوْ قَالَ أُمَّةَ مُحَمَّدِرٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى ضَلَالَةٍ، وَمَنْ شَدَّ شُدَّ فِي النَّارِ (ترمذي)
(230) « Selon ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Allah Tout-Puissant ne réunira jamais ma communauté — ou la communauté de Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) — autour d’une décision erronée. La miséricorde d’Allah se trouve avec la Jama‘at. Ainsi, quiconque se sépare de la Jama‘at tombera en Enfer.” » (Tirmidhi) Explication : Dans ce hadith, le Prophète d’Allah annonce la bonne nouvelle que les véritables membres de la communauté de Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ne pourront jamais s’unir sur une décision erronée. C’est pourquoi l’ijma‘ de la communauté — c’est-à-dire sa décision collective — a été reconnu comme une preuve de la Charia.
(۲۳۱)
وَعَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ فَارَقَ الْجَمَاعَةَ شِبْرًا فَقَدْ خَلَعَ رِبْقَةَ الْإِسْلَامِ مِنْ عُنُقِهِ
أحمد – أبو داؤد)
(231) « Selon Anas (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Quiconque abandonne la Jama‘at et s’en éloigne de la mesure d’un empan, c’est comme s’il avait séparé son cou de la corde de l’islam.” » (Ahmad, Abou Dawoud)
Explication : La déclaration précitée du Messager prouve que, aussi pieux qu’un homme puisse être dans sa vie personnelle, s’il ne s’intègre pas à une Jama‘at de musulmans organisés pour propager et établir la religion d’Allah, alors, du point de vue de l’islam, sa vie sera dépourvue de valeur.
Il convient de retenir ici tout particulièrement un point : la Jama‘at constituée sous la direction du Prophète de son vivant était appelée « al-Jama‘at », c’est-à-dire l’unique Jama‘at des musulmans. À cette époque, il était obligatoire pour chacun d’adhérer à cette Jama‘at, et rester en dehors d’elle relevait de la mécréance. Après la disparition du Prophète, plusieurs Jama‘at peuvent cependant exister au sein de sa communauté, sous la direction de plusieurs personnes. Leur objectif devra toutefois être unique et commun : propager et établir la religion d’Allah selon la voie indiquée par le Prophète. Ainsi, l’unité de leur but et de leur objectif fera de ces différents groupes des alliés les uns des autres, et non des rivaux.
En réalité, après la disparition du Prophète, aucune Jama‘at particulière de musulmans ne peut prétendre que sa propre Jama‘at est l’unique Jama‘at pour le monde entier, et que rester en dehors d’elle relève de la mécréance. À l’inverse, ne rejoindre aucun groupe de musulmans fondé sur un programme précis en vue d’établir la religion d’Allah, tout en se considérant comme membre des Ahl al-Sunna wa-l-Jama‘at et en s’en satisfaisant, constitue également une tendance ridicule.
(۲۳۲)
وَعَنِ الْحَارِثِ الأَشْعَرِي رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ،
قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : آمُرُكُمْ بِخَمْسٍ: بِالْجَمَاعَةِ، وَالسَّمْعِ، وَالطَّاعَةِ، وَالْهِجْرَةِ، وَالْجِهَادِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، وَإِنَّهُ مَنْ خَرَجَ مِنَ الْجَمَاعَةِ قِيدَ شِبْرٍ فَقَدْ
خَلَعَ رِبْقَةَ الإِسْلَامِ مِنْ عُنُقِهِ إِلَّا أَنْ تُرَاجِعَ مَنْ دَعَا
بِدَعْوَى الْجَاهِلِيَّةِ فَهُوَ مِنْ جُتَى جَهَنَّمَ وَإِنْ صَامَ وَصَلَّى
وَزَعَمَ أَنَّهُ مُسْلِمٌ (أحمد – ترمذي)
(232) « D’après Hazrat Harith al-Ash‘ari (ra), le Noble Prophète (s) a dit : “Je vous ordonne cinq choses : vous joindre à la Jamaat, écouter le chef et lui obéir, émigrer (si nécessaire) et lutter dans le sentier d’Allah. Quiconque s’éloigne de la Jamaat de la longueur d’un empan, c’est comme s’il avait détaché la corde de l’islam de son cou jusqu’à ce qu’il réintègre de nouveau la Jamaat. Et si quelqu’un appelle les gens aux règles et principes de la Jāhiliyya, quand bien même il prierait et jeûnerait abondamment et se considérerait musulman, il fera partie des gens de l’Enfer.” » (Ahmad, Tirmidhi)
Le jihad dans le sentier d’Allah
(۲۳۳) وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَلَا أَدُلُّكُمْ بِرَأْسِ أَمْرِ وَعَمُودِهِ، وَذُرْوَةِ سَنَامِهِ ۚ قُلْتُ: بَلَى يَا رَسُولَ اللَّهِ قَالَ رَأْسُ الْأَمْرِ الإِسْلَامُ وَعَمُودُهُ الصَّلَاةُ وَذِرْوَةُ سَنَامِهِ
الجهاد (أحمد – ترمذي – ابن ماجة)
(233) « D’après Hazrat Mu‘adh ibn Jabal (ra), un jour le Noble Prophète (s) dit : “Ne vais-je pas t’indiquer le fondement, le pilier et le sommet suprême d’une chose particulièrement importante, à savoir la religion ?” Je répondis : “Oui.” Le Prophète (s) dit : “Le fondement de la religion est l’islam, son pilier est la prière et son sommet suprême est le jihad.” » (Ahmad, Tirmidhi, Ibn Majah)
Explication : Ce hadith présente de manière très concise, mais complète, la religion. Autrement dit, il y est fait mention de trois éléments principaux, depuis le fondement de la religion jusqu’à ses ramifications. Premièrement, l’homme entre dans l’islam en reconnaissant son obéissance et sa soumission à Allah. Deuxièmement, cette obéissance se manifeste concrètement à travers la prière. Troisièmement, grâce à la discipline spirituelle et purificatrice de la prière, il se prépare lui-même au jihad dans le sentier d’Allah.
Ces trois éléments sont tous interdépendants, et il est impossible de concevoir une vie islamique en supprimant l’un quelconque d’entre eux.
(٢٣٤) عَنْ أَبِي ذَرِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الْأَعْمَالِ أَفْضَلُ، قَالَ: الإِيمَانُ بِاللَّهِ وَالجِهَادُ فِي سَبِيلِ اللهِ (بخاري – مسلم)
(234) « D’après Hazrat Abou Dharr al-Ghifari (qu’Allah l’agrée), il dit : J’ai demandé : Ô Prophète d’Allah, quelle œuvre est la meilleure auprès d’Allah ? Le Prophète (paix et salut sur lui) répondit : Croire en Allah et lutter dans Sa voie. » (Al-Boukhari, Muslim)
Explication : Dans le hadith, le jihad est présenté comme la meilleure œuvre après la foi. Le mot jihad est arabe. Il est extrêmement difficile de trouver, dans les autres langues, un terme qui lui soit parfaitement équivalent.
Le sens lexical du mot jihad est l’effort extrême. Au sens terminologique, il signifie déployer tous ses efforts pour établir dans la société le système donné par Allah, s’engager dans une lutte acharnée au prix de sa vie et consacrer toutes ses forces à cette œuvre.
Le « jihad » ne se limite pas aux expéditions armées. Amener les gens à suivre la religion d’Allah en transformant leur manière de penser par l’écrit et par les discours est également un jihad. Dépenser ses biens et ses ressources dans le but d’établir la religion est aussi un jihad. Dans les situations extrêmes, employer la force pour déraciner le système jahilite et instaurer le système divin est également appelé jihad.
Puisque le « jihad » est une œuvre extrêmement difficile et que les personnes faibles de caractère ne sont pas capables de l’accomplir, le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) l’a désigné comme la meilleure œuvre après la foi.
(٢٣٥) عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: عَيْنَانِ لَا تَمَسُّهُمَا النَّارُ، عَيْنٌ بَكَتْ مِنْ خَشْيَةِ اللَّهِ، وَعَيْنٌ بَاتَتْ تَحْرُسُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ (ترمذي)
(235) « D’après Hazrat Ibn Abbas (qu’Allah les agrée), il dit : J’ai entendu le Messager (paix et salut sur lui) dire : Deux sortes d’yeux ne seront pas touchés par le feu de l’Enfer. Le premier est l’œil qui a versé des larmes par crainte d’Allah. Le second est l’œil qui est resté éveillé la nuit pour monter la garde dans la voie d’Allah. » (At-Tirmidhi)
Explication : Dans le hadith, par les yeux, on désigne les personnes qui les possèdent. Autrement dit, la personne qui pleure par crainte d’Allah, ainsi que celle qui est chargée de protéger l’État et les idéaux islamiques contre les ennemis de l’islam, n’entreront pas en Enfer.
(٢٣٦) عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : مَنْ مَاتَ وَلَمْ يَغْزُ وَلَمْ يُحَدِّثْ بِهِ نَفْسَهُ مَاتَ عَلَى شُعْبَةٍ مِنْ نِفَاقٍ (مسلم)
(236) « Il est rapporté d’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a dit : Celui qui ne participe pas au jihad et ne nourrit aucune réflexion à son sujet, puis meurt dans cet état, meurt comme un hypocrite. » (Mouslim)
Explication : Si une personne accepte pleinement la religion d’Allah, elle consacrera tous ses efforts à la propagation, à l’établissement et à la mise en pratique de cette religion. Si, pour une raison quelconque, elle n’a pas la possibilité d’agir ainsi, elle en concevra au moins le projet dans son cœur. Quant à celui qui ne fait rien de tout cela, il faut comprendre qu’il n’a pas accepté la religion d’Allah de tout son cœur. Sa mort sera donc semblable à celle d’un hypocrite.
Le jihad, expiation des péchés
(۲۳۷)
عَنْ أَبِي قَتَادَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَامَ فِيهِمْ فَذَكَرَ لَهُمْ: أَنَّ الْجِهَادَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَالإِيمَانَ بِاللَّهِ أَفْضَلُ الْأَعْمَالِ، فَقَامَ رَجُلٌ فَقَالَ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَرَأَيْتَ إِنْ قُتِلْتُ فِي سَبِيلِ اللهِ تُكَفِّرُ عَنِّى خَطَايَايَ؟ فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: نَعَمْ وَأَنْتَ صَابِرٌ مُحْتَسِبٌ مُقْبِلٌ غَيْرُ مُدْبِرٍ، ثُمَّ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: كَيْفَ قُلْتَ؟ قَالَ أَرَأَيْتَ إِنْ قُتِلْتُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَتُكَفْرُ عَنِّى خَطَايَايَ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: نَعَمْ وَأَنْتَ صَابِرٌ مُحْتَسِبٌ مُقْيلٌ غَيْرُ مُدْبِرٍ إِلَّا الدَّيْنَ فَإِنَّ جِبْرِيلَ قَالَ لِي ذَالِكَ (مسلم)
(237) « Il est rapporté d’Abou Qatada (qu’Allah l’agrée) qu’un jour, le Noble Prophète (paix et salut sur lui), se tenant devant ses Compagnons, leur dit : Certes, le jihad dans le sentier d’Allah et la foi en Allah sont les meilleures œuvres. Un homme se leva et demanda : Ô Prophète d’Allah, si je fais le jihad dans le sentier d’Allah et embrasse la mort, mes péchés antérieurs seront-ils pardonnés ?
Le Prophète (paix et salut sur lui) répondit : Oui, si tu avances résolument contre l’ennemi dans le sentier d’Allah et meurs sans tenter de fuir le champ de bataille, tes péchés seront certainement pardonnés. Après une courte pause, le Prophète (paix et salut sur lui) demanda : Dis-moi, qu’est-ce que tu m’avais demandé ? L’homme répondit : Maître, si je fais le jihad dans le sentier d’Allah et meurs en martyr, tous mes péchés antérieurs seront-ils pardonnés ? Le Prophète (paix et salut sur lui) répondit : Oui, si tu avances résolument contre les ennemis d’Allah, tous tes péchés seront pardonnés. Toutefois, les dettes d’une personne ne seront pas effacées. Gabriel (paix sur lui) vient précisément de me le dire. » (Mouslim)
(۲۳۸)
وَعَنْ زَيْدِ بْنُ خَالِدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ جَهَزَ غَازِيًا فِي سبِيلِ اللَّهِ فَقَدْ غَزَا ، وَمَنْ خَلَفَ غَازِيًا فِي أَهْلِهِ فَقَدْ غزا (بخاري – مسلم)
(২৩৮) « Il est rapporté de Hazrat Zayd ibn Khalid (qu’Allah l’agrée) que le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : celui qui procure l’équipement à un moudjahid aura lui aussi droit à la récompense du djihad. De même, celui qui prend soin de la famille et des proches d’un moudjahid recevra également la récompense du djihad. » (Al-Boukhari, Muslim)
Chapitre : 8 — Le système de gouvernement
Les responsabilités des gouvernants
الَّذِينَ إِنْ مَكَّنَّاهُمْ فِي الْأَرْضِ أَقَامُوا الصَّلَاةَ وَآتَوُا الزَّكَاةَ وَأَمَرُوا بِالْمَعْرُوفِ وَنَهَوْا عَنِ الْمُنْكَرِ وَلِلَّهِ
عَاقِبَةُ الأُمُورِ (سورة الحج: (٤١)
« Si Nous leur donnons le pouvoir sur une partie de la terre, ils y accompliront la prière, établiront le système de la zakat, ordonneront le bien et détourneront les gens du mal. Et la conséquence de toute chose appartient à Allah. » (Sourate Al-Hajj : 41)
(۲۳۹)
وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : اللَّهُمَّ مَنْ وَلِيَ مِنْ أَمْرِ أُمَّتِي شَيْئًا فَشَقَّ عَلَيْهِمْ فَاسْقُقْ عَلَيْهِ وَمَنْ وَلِيَ مِنْ أَمْرِ أُمَّتِي شَيْئًا فَرَفَقَ بِهِمْ فَارْفُقْ بِهِ (مسلم)
(২৩৯) « Il est rapporté de Hazrat Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle a dit : le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) priait ainsi : “Ô Allah, celui à qui Tu confies l’autorité sur une affaire quelconque de ma communauté, puis qui se montre dur envers elle, sois dur envers lui. Et celui qui reçoit l’autorité sur une affaire quelconque de ma communauté et se montre bienveillant envers elle, sois bienveillant envers lui.” » (Muslim)
(٢٤٠) وَعَن مَعْقَلِ بْنِ يَاسَرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: مَا مِنْ وَالٍ وَلِيَ رَعِيَّةً مِنَ الْمُسْلِمِينَ فَيَمُوتُ وَهُوَ غَاسٌ لَهُمْ إِلَّا حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ الْجَنَّةَ (بخاري – مسلم)
(240) « Hazrat Mayqal ibn Yasar (qu’Allah l’agrée) a dit : J’ai entendu le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : Tout gouvernant qui, après avoir obtenu l’autorité sur les musulmans, meurt en étant injuste et traître, Allah lui interdira certainement le Paradis. » (Al-Bukhari, Muslim)
(٢٤١) وَعَن مَعْقَلِ بْنِ يَاسِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا مِنْ عَبْدِ يَسْتَرْعِيهِ اللَّهُ رَعِيَّةً فَلَمْ يُعْطِهَا بِنَصِيْحَةٍ إِلَّا لَمْ يَجِدْ رَائِحَةَ الْجَنَّةِ (بخاري – مسلم)
(241) « Hazrat Mayqal ibn Yasar (qu’Allah l’agrée) a dit : J’ai entendu le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : Allah accorde à l’un de Ses serviteurs l’autorité sur le peuple ; puis, s’il ne se comporte pas envers eux avec bienveillance, il ne sentira même pas le parfum du Paradis. » (C’est-à-dire qu’il ne pourra en aucune façon entrer au Paradis.) (Al-Bukhari, Muslim)
(٢٤٢) وَعَن مَعْقَلِ بْنِ يَاسَارٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: أَيُّمَا وَالٍ وَلِيَ مِنْ أَمْرِ الْمُسْلِمِينَ شَيْئًا، فَلَمْ يَجْهَدْ لَهُمْ كَنُصْحِهِ وَجُهْدِهِ لِنَفْسِهِ كَبَّهُ اللَّهُ عَلَى وَجْهِهِ فِي النَّارِ
(طبراني)
(242) « D’après Hazrat Mayqal ibn Yasar (qu’Allah l’agrée), il a dit : J’ai entendu le noble Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : Celui qui assume la responsabilité d’une affaire concernant les musulmans, puis ne s’efforce pas de veiller à leur bien-être et à leurs intérêts avec autant de zèle qu’il en déploie pour lui-même, Allah le précipitera face contre terre en Enfer. » (At-Tabarani)
(٢٤٣) وَعَنْ عَائِدَ بْنِ عَمْرٍو رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: إِنَّ شَرَّ الرِّعَاءِ الْحُطَمَةُ (مسلم)
(243) « Hazrat Aïdh ibn Amr (qu’Allah l’agrée) a dit : J’ai entendu le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : Le pire des gouvernants est celui qui est tyrannique. » (C’est-à-dire celui qui opprime le peuple.) (Muslim)
Explication : Dans les hadiths ci-dessus, le Prophète d’Allah a ordonné aux gouvernants de se montrer compatissants envers le peuple, de rendre la justice et de veiller à son bien-être. Il a également clairement déclaré que le châtiment final des gouvernants sans cœur, oppresseurs et injustes est l’Enfer. Lorsque le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) envoya Hazrat Mu‘adh (qu’Allah l’agrée) gouverner le Yémen, il lui donna un conseil important dont il formula ainsi la dernière partie : « Ô Mu‘adh, tu dois absolument craindre l’invocation de l’opprimé, car il n’y a aucun voile entre la plainte de l’opprimé et Allah le Très-Haut. »
Le premier calife de l’islam, le vénérable Abou Bakr as-Siddiq, après avoir été élu calife, prononça un discours dans lequel il exposa les principes directeurs de son gouvernement. Il y déclara notamment : « Prenez garde : à partir d’aujourd’hui, chacun de vos faibles sera fort à mes yeux, car je m’avancerai pour l’aider avec la puissance de l’État. Et chacun de vos puissants sera faible à mes yeux, car c’est moi qui lui réclamerai le droit du faible. » Par conséquent, celui à qui Allah confie l’autorité gouvernante doit administrer le pays conformément à la volonté d’Allah et de Son Messager, et rendre justice au peuple. En effet, en islam, l’État n’a pas été placé en dehors du cadre de la charia.
Les devoirs du peuple
(٢٤٤) وَعَنْ أُمِّ الْحُصَيْنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنْ أُمْرَ عَلَيْكُمْ عَبْدٌ مُجَدَّعٌ يَقُودُكُمْ بِكِتَابِ اللَّهِ تَعَالَى فَاسْمَعُوا لَهُ وأَطِيعُوا (مسلم)
(244) « Ummul Hossain (qu’Allah l’agrée) rapporte que le noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : “Même si un esclave au nez mutilé était choisi comme votre émir et qu’il gouvernait sur vous conformément au Livre d’Allah, vous devriez écouter sa parole et lui obéir.” » (Mouslim)
(٢٤٥) عَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: اسْمَعُوا وَأَطِيعُوا وَإِنِ اسْتُعْمِلَ عَلَيْكُمْ عَبْدٌ حَبَشِيٌّ كَأَنَّ رَأْسَهُ زَبِيبَةٌ (بخاري)
(245) Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Même si un esclave abyssinien à la tête petite comme un grain de raisin était nommé votre dirigeant, vous devriez écouter sa parole et lui obéir. » (Boukhari)
Explication : En islam, une importance particulière est accordée à la discipline collective, à l’unité et à l’obéissance. L’ordre du Maître (paix et bénédictions d’Allah sur lui) est le suivant : une fois que vous avez choisi quelqu’un comme dirigeant, vous devez lui obéir et suivre ses ordres tant qu’il vous dirige conformément au Coran et à la Sunna. En effet, la diffusion et l’établissement de la religion d’Allah dans le monde, ainsi que le progrès et le bien-être de la communauté musulmane, dépendent précisément de sa force unie.
Les limites de l’obéissance
(٢٤٦) وَعَنْ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: السَّمْعُ وَالطَّاعَةُ عَلَى الْمَرْءِ الْمُسْلِمِ فِيمَا أَحَبَّ وَكَرِهَ مَا لَمْ يُؤْمَرُ بِمَعْصِيَةٍ فَإِذَا أُمِرَ بِمَعْصِيَةٍ فَلَا سَمْعَ وَلَا طَاعَةَ (بخاري – مسلم)
(246) « Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Tant que le gouvernant n’ordonnera pas un acte pécheur, il incombe à tout musulman d’écouter son ordre et de lui obéir, que cela lui plaise ou non. Mais s’il ordonne un acte pécheur, il n’est pas nécessaire d’écouter sa parole ni de lui obéir. » (Al-Bukhari, Muslim)
(٢٤٧) وَعَنْ عَلِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لا طَاعَةَ فِي مَعْصِيَةٍ إِنَّمَا الطَّاعَةُ فِي الْمَعْرُوفِ (بخاري – مسلم)
(247) « Ali (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Il n’y a pas d’obéissance dans le péché ; l’obéissance ne concerne que les bonnes actions. » (Al-Bukhari, Muslim)
(٢٤/٠) وَعَنْ أُمِّ سَلَمَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَكُونُ أُمَرَاءُ تَعْرِفُونَ وَتُنْكِرُونَ فَمَنْ أَنْكَرَ فَقَدْ بَرِئَ، وَمَنْ كَرِهَ فَقَدْ سَلِمَ أَيْ مَنْ كَرِهَ بِقَلْبِهِ وَأَنْكَرَ بِقَلْبِهِ، وَلَكِنْ مَنْ رَضِيَ وَتَابَعَ، قَالُوا : أَفَلَا نُقَاتِلُهُمْ، قَالَ: لَا ، مَا صَلَّوْا ، لا،
مَا صَلَّوْا (مسلم)
(248) « Umm Salama (qu’Allah l’agrée) rapporte : Le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Un temps viendra où vous seront imposés des gouvernants qui accompliront de bonnes actions comme de mauvaises. Celui qui désapprouvera leurs actes sera délivré. Celui qui les réprouvera intérieurement et les désapprouvera dans son cœur sera également en sécurité. Mais celui qui aimera leurs mauvaises actions et les suivra en deviendra le complice dans le péché. Les Compagnons demandèrent : Ô Prophète d’Allah, ne devons-nous pas prendre les armes contre ces gouvernants ? Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : Non, tant qu’ils continueront à accomplir la prière, vous ne le ferez pas. » (Muslim)
Convoiter un poste est répréhensible
(٢٤٩) وَعَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ سَمُرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: لَا تَسْأَلِ الإِمَارَةَ، فَإِنَّكَ إِنْ أُعْطِيتَهَا عَنْ مَسْأَلَةٍ وَكَلَتْ إِلَيْهَا ، وَإِنْ أُعْطِيتَهَا عَنْ غَيْرِ مَسْأَلَةٍ أُعِنْتَ عَلَيْهَا
(بخاري – مسلم)
(249) « Il est rapporté de Hazrat Abd ar-Rahman ibn Samura (رضي الله عنه) qu’il a dit : “Le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) m’a dit : Ne demande pas à obtenir une fonction de direction. Car si tu l’obtiens après l’avoir demandée, tu seras laissé à toi-même pour exercer cette fonction. (Dans cette situation, tu ne recevras aucune aide d’Allah.) Mais si tu obtiens une fonction de direction sans l’avoir sollicitée, Allah t’aidera à t’acquitter de ta responsabilité.” » (Al-Bukhari, Muslim)
(٢٥٠) عَنْ أَبِي مُوسَى رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: دَخَلْتُ عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَنَا وَرَجُلَانِ مِنْ بَنِي عَمِّى فَقَالَ أَحَدُهُمَا يَا رَسُولَ اللَّهِ أَمِّرْنَا عَلَى بَعْضٍ مَا وَلَاكَ اللَّهُ ، وَقَالَ الآخَرُ: مِثْلَ ذَلِكَ، فَقَالَ: إِنَّا وَاللَّهِ لَا نُوَلِّى
عَلَى هَذَا الْعَمَلِ أَحَدًا سَأَلَهُ وَلَا أَحَدًا حَرَصَ عَلَيْهِ، وَفِي رِوَايَةٍ لَا تَسْتَعْمِلُ عَلَى عَمَلِنَا مَنْ أَرَادَهُ
(بخاري – مسلم)
(250) « Hazrat Abu Musa (رضي الله عنه) raconte : Un jour, mes deux cousins et moi nous sommes présentés devant le Noble Prophète (صلى الله عليه وسلم). L’un de mes cousins lui dit : “Ô Prophète d’Allah, accorde-moi également la responsabilité d’une région sous l’autorité administrative qu’Allah t’a confiée.” Le second cousin formula exactement la même demande. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) dit : “Par Allah, nous ne confierons en aucun cas la responsabilité d’une telle fonction à quelqu’un qui la demande ou qui la convoite.” Selon une autre narration, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) leur dit : “Nous ne nommerons pas à ces fonctions des personnes qui les demandent.” » (Al-Bukhari, Muslim)
(٢٥١) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: تَجِدُونَ مِنْ خَيْرِ النَّاسِ أَشَدُّهُمْ كَرَاهِيَةً لِهَذَا الْأَمْرِ حَتَّى يَقَعَ فِيهِ
(بخاري – مسلم)
(251) « D’après Hazrat Abu Hurayra (رضي الله عنه), le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) a dit : “Vous trouverez parmi les meilleurs hommes ceux qui détestent profondément les fonctions, puis qui, lorsqu’ils y sont nommés, s’en acquittent.” » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Ceux qui, conscients de l’importance d’une responsabilité ou d’une fonction liée à l’administration, hésitent à l’accepter, s’acquittent ensuite de leur tâche avec un dévouement et une honnêteté accrus lorsqu’on la leur confie, en considération de leur intégrité et de leur sens des responsabilités. C’est pourquoi ils reçoivent l’aide d’Allah et deviennent alors des membres éminents de la société.
Les responsabilités du juge
وَإِذَا حَكَمْتُمْ بَيْنَ النَّاسِ أَنْ تَحْكُمُوا بِالْعَدْلِ إِنَّ اللَّهَ نِعِمَّا يَعِظُكُمْ بِهِ إِنَّ اللَّهَ كَانَ سَمِيعًا بَصِيرًا
(سورة النساء : ٥٨)
« Et lorsque vous jugerez entre les gens, jugez avec équité. Certes, Allah vous exhorte de la meilleure manière. Certes, Allah est Celui qui entend tout et qui voit tout. » (Sourate An-Nisâ’, 58)
(٢٥٢) وَعَنْ أَبِي بَكْرَةً رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ
رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: لَا يَقْضِيَنَّ حَكَمٌ بَيْنَ اثْنَيْنِ وَهُوَ غَضَبَانُ (بخاري – مسلم)
(252) « Hazrat Abou Bakrah (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai entendu le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : Qu’aucun juge ne rende de décision entre deux personnes alors qu’il est en colère. » (Al-Boukhari, Mouslim)
Explication : Si un juge rend un jugement dans un état de colère, il est possible que cette colère influence sa manière de juger, de sorte que la justice ne soit pas rendue. C’est pourquoi le Prophète d’Allah a ordonné de rendre une justice appropriée après avoir entendu les déclarations des deux parties et examiné les preuves, dans un état de pleine lucidité et de calme.
(٢٥٣) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ جُعِلَ قَاضِبًا بَيْنَ النَّاسِ فَقَدْ ذُبِحَ بِغَيْرِ سِكِينٍ
أحمد – ترمذي – أبو داؤد – ابن ماجة)
(253) « Hazrat Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : Celui qui est nommé juge, c’est comme s’il était égorgé sans couteau. » (Ahmad, At-Tirmidhi, Abou Dâwoud, Ibn Mâjah)
Explication : Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a donné l’exemple précité afin de faire comprendre l’importance et la délicatesse de la responsabilité du juge. Lorsqu’il tranchera le litige entre deux personnes en conflit, la lourde responsabilité qui lui incombe le tourmentera à tel point qu’il aura l’impression d’être égorgé sans couteau, au moyen d’un objet dur.
(٢٥٤) وَعَنْ بُرَيْدَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْقُضَاةُ ثَلَاثَةٌ وَاحِدٌ فِي الْجَنَّةِ وَاثْنَانِ فِي النَّارِ فَأَمَّا الَّذِي فِي الْجَنَّةِ فَرَجُلٌ عَرَفَ الْحَقَّ فَقَضَى بِهِ، وَرَجُلٌ عَرَفَ الْحَقَّ فَجَارَ فِي الْحُكْمِ فَهُوَ فِي النَّارِ وَرَجُلٌ قَضَى لِلنَّاسِ عَلَى جَهْلٍ فَهُوَ فِي
النَّارِ
(أبو داؤد – ابن ماجة)
(254) « D’après Abou Bourayda, qu’Allah l’agrée, le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : Les juges sont de trois sortes. L’une d’elles ira au Paradis, tandis que les deux autres iront en Enfer. Celui qui ira au Paradis est le juge qui reconnaît la vérité et rend son jugement en conséquence. Celui qui ira en Enfer est le juge qui, ayant reconnu la vérité, rend un jugement contraire à celle-ci. De même, le juge qui rend un jugement fondé sur l’ignorance ira en Enfer. » (Abou Dawoud, Ibn Mâjah)
Quelle méthode adopter dans le jugement
(٢٥٥) وَعَنْ مُعَاذِ بْنِ جَبَلٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمَّا بَعَثَهُ إِلَى الْيَمَنِ، قَالَكَ كَيْفَ تَقْضِي إِذَا عَرَضَ لَكَ قَضَاءٌ؟ قَالَ أَقْضِى
بِكِتَابِ اللَّهِ ، قَالَ: فَإِنْ لَمْ تَجِدْ فِي كِتَابِ اللَّهِ؟ قَالَ: فَبِسُنَّةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، قَالَ: فَإِنْ لَمْ تَجِدْ فِي سُنَّةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ؟ قَالَ: أَجْتَهِدُ رَأْيِي وَلَا آلُو، قَالَ: فَضَرَبَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى صَدْرِهُ وَقَالَ: الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي وَفِّقَ رَسُولَ رَسُولِ اللَّهِ لِمَا يَرْضِي بِهِ رَسُولُ اللَّهِ ترمذي – أبو داؤد – دارمي)
(255) « Mouadh ibn Jabal, qu’Allah l’agrée, rapporte que lorsque le Messager, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, l’envoyait au Yémen, il lui demanda : “Sur quelle base rendras-tu ton jugement lorsqu’une affaire te sera soumise ?” Mouadh répondit : “Je rendrai mon jugement conformément au Livre d’Allah.” Le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, demanda : “Et si tu ne trouves pas dans le Livre d’Allah de jugement à son sujet ?” Il répondit : “Alors je rendrai mon jugement conformément à la Sunna du Messager.” Le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, demanda : “Et si tu ne le trouves pas non plus dans la Sunna du Messager ?” Alors Mouadh répondit : “Dans ce cas, je pratiquerai l’ijtihad — en mobilisant mes connaissances — pour rendre mon jugement, et je ne manquerai pas de diligence dans mon ijtihad.” Ayant entendu cela, le Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, lui passa la main sur la poitrine et dit : “Louange à Allah, qui a accordé au représentant du Messager d’Allah la réussite pour prendre une décision conforme à la volonté du Messager.” » (At-Tirmidhi, Abou Dawoud, Ad-Darimi)
L’intercession dans le système judiciaire
(٢٥٦) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّ قُرَيْشًا أَهَمَّهُمْ شَأْنُ الْمَرْأَةِ الْمَحْزُومِيَّةِ الَّتِي سَرَقَتْ فَقَالُوا : وَمَنْ يُكَلِّمُ فِيهَا رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالُوا : وَمَنْ يَجْتَرِئُ عَلَيْهِ إِلَّا أُسَامَةُ بْنُ زَيْدٍ حِبُّ رَسُولِ اللَّهِ صلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَكَلَّمَهُ أُسَامَةُ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : أَتَشْفَعُ فِي حَدٍ مِنْ حُدُودِ اللَّهِ ثُمَّ قَامَ فَاخْتَطَبَ ثُمَّ قَالَ إِنَّمَا أَهْلَكَ الَّذِينَ قَبْلَكُمْ أَنَّهُمْ كَانُوا إِذَا سَرَقَ فِيهِمُ الشَّرِيفُ تَرَكُوهُ، وَإِذَا سَرَقَ فِيهِمُ الضَّعِيفُ أَقَامُوا عَلَيْهِ الْحَدَّ وَايْمُ اللَّهِ لَوْ أَنَّ فَاطِمَةَ ابْنَةَ مُحَمَّدٍ سَرَقَتْ لَقُطِعَتْ يَدُهَا
(بخاري – مسلم)
(256) « Selon un récit rapporté par Aïcha (qu’Allah l’agrée), un jour, les Quraychites furent extrêmement préoccupés au sujet d’une femme issue du clan des Makhzum, car cette femme avait commis un vol. (Son affaire avait été portée devant le tribunal du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.) Ils se demandaient entre eux : qui pourrait parler de cette affaire au Messager éminent d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ? Ils se dirent les uns aux autres : qui, hormis Usama ibn Zayd, le favori du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, oserait lui parler à ce sujet ? Alors Usama (qu’Allah l’agrée) parla de cette affaire au Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Celui-ci dit : “Intercèdes-tu auprès de moi au sujet de l’application d’un commandement d’Allah (afin que je ne l’applique pas) ?” Puis le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, se leva et prononça un sermon : “Les peuples qui vous ont précédés furent détruits parce que, lorsqu’un homme de haut rang parmi eux commettait un vol, ils le laissaient impuni ; mais lorsqu’un homme faible commettait un vol, ils lui appliquaient la peine prescrite. Par Allah, si Fatima, la fille de Muhammad, commettait un vol, je lui couperais certainement la main.” » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : En droit islamique, la peine maximale pour le vol est l’amputation de la main. Un jour, une femme de la célèbre famille Makhzum de la tribu des Quraychites, Fatima bint Asad, commis un vol par circonstance, et son affaire fut portée devant le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. À l’idée que la main de cette femme issue d’une famille noble puisse être coupée pour son vol, les membres de son propre clan furent très bouleversés. Ils firent donc intervenir Usama (qu’Allah l’agrée), le proche du Messager d’Allah, afin qu’il intercède pour l’annulation de sa peine. Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, en fut très mécontent et prononça un sermon à l’intention des Compagnons présents. Il déclara : “Une telle intercession dans l’application des peines de la Charia est particulièrement blâmable. Peu importe qu’il s’agisse de Fatima bint Asad ; si même Fatima bint Muhammad avait commis cet acte, je lui aurais certainement coupé la main.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, ajouta que, parmi les peuples qui les avaient précédés, Allah les avait détruits dès qu’ils avaient commencé à introduire des intercessions illégales et du favoritisme dans l’administration de la justice.
Chapitre 9 : L’au-delà
La mort et la vie après la mort
قُلْ إِنَّ الْمَوْتَ الَّذِي تَفِرُّونَ مِنْهُ فَإِنَّهُ مُلَاقِيكُمْ ثُمَّ لَا تُرَدُّونَ إِلَى عَالِمِ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ فَيُنَبِّئُكُمْ بِمَا كُنْتُمْ
تَعْمَلُونَ (سورة الجمعة (۸)
« Dis-leur : “La mort à laquelle vous fuyez vous rattrapera certainement. Ensuite, vous serez ramenés auprès d’Allah, l’Être suprême, qui connaît tout ce qui est apparent et tout ce qui est caché. Alors, Il vous informera de vos œuvres accomplies dans ce monde.” » (Sourate Al-Jumu‘a : 8)
(٢٥٧) وَعَنْ تَوْبَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : يُوشِكُ الْأُمَمُ أَنْ تَدَاعَى عَلَيْكُمْ كَمَا تَدَاعَى الأَكِلَةُ إِلَى قَصْعَتِهَا ، فَقَالَ قَائِلٌ وَمِنْ قلةٍ نَحْنُ يَوْمَئِذٍ ؟ قَالَ : بَلْ أَنْتُمْ يَوْمَئِذٍ كَثِيرٌ وَلَكِنَّكُمْ غُنَاءٌ كَفَتَاءِ السَّيْلِ وَلَيَنْزِعَنَّ اللَّهُ مِنْ صُدُورِ عَدُوِّكُمُ الْمَهَابَةَ مِنْكُمْ وَلَيَقْذِفَنَّ اللَّهُ فِي قُلُوبِكُمُ الْوَهَنَ، قَالَ
قَائِلٌ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَمَا الْوَهَنُ قَالَ: حُبُّ الدُّنْيَا
وَكَرَاهِيَةُ الْمَوْتِ (أبو داؤد)
(257) « D’après Thawban (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « Bientôt viendra un temps où les différentes nations du monde se précipiteront sur ma communauté comme les affamés se précipitent sur la nourriture. » Un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, serons-nous alors très peu nombreux, au point que les différentes nations du monde s’avanceront pour nous anéantir ? » Le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répondit : « Non, vous serez au contraire nombreux ce jour-là. Mais vous serez semblables à l’écume portée par les eaux d’une crue. Certes, Allah remplira alors leurs cœurs de crainte à votre égard. » Un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, quelle sera la cause de cette faiblesse et de cette peur qui apparaîtront dans nos cœurs ? » Le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) répondit : « Parce qu’à cette époque vous aimerez le monde et détesterez la mort. » (Abû Dâwûd)
Explication : Sur la base de la connaissance qu’Allah lui avait accordée, le Prophète d’Allah a parfois fait des prédictions. Le hadith cité plus haut est l’une de ses prédictions. Le Prophète d’Allah y fait allusion à une époque ultérieure des musulmans, où viendra un temps durant lequel les membres de sa communauté seront tellement absorbés par l’attrait du monde qu’ils considéreront la vie terrestre comme extrêmement heureuse, au lieu de l’au-delà, et n’aimeront nullement sacrifier leurs vies et leurs biens pour l’islam et la communauté islamique. Les ennemis de l’islam ne les craindront alors plus et, malgré le grand nombre des musulmans, ils feront disparaître du monde leur influence et leur prestige.
(٢٥٨) وَعَنْ شَدَّادِ بْنِ أَوْسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: الْكَيِّسُ مَنْ دَانَ نَفْسَهُ وَعَمِلَ لِمَا بَعْدَ الْمَوْتِ، وَالْعَاجِزُ مَنْ أَتْبَعَ نَفْسَهُ هَوَاهَا وَتَمَنَّى عَلَى اللَّهِ (ترمذي)
(258) « D’après Saddâd ibn Aws (qu’Allah l’agrée), le noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : « En vérité, l’homme intelligent est celui qui maîtrise ses passions et œuvre en vue de la vie après la mort. Quant à l’insensé, c’est celui qui livre son âme aux caprices des passions et nourrit de vains espoirs en la miséricorde d’Allah. » (C’est-à-dire qu’il agit selon les désirs de son âme, tout en espérant qu’Allah lui pardonnera.) (At-Tirmidhî)
(٢٥٩) وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: اسْتَحْيُوا مِنَ اللَّهِ حَقَّ الْحَيَاءِ، قُلْنَا إِنَّا لَنَسْتَحْيِي يَا رَسُولَ اللَّهِ وَالْحَمْدُ لِلَّهِ، قَالَ: لَيْسَ ذَاكَ وَلَكِنَّ الإِسْتِحْيَاءَ مِنَ اللَّهِ حَقَّ الْحَيَاءِ أَنْ تَحْفَظَ الرَّأْسَ وَمَا وَعَى وَتَحْفَظَ الْبَطْنَ وَمَا
حَوَى وَتَتَذَكَّرَ الْمَوْتَ وَالْبَلَى، وَمَنْ أَرَادَ الْآخِرَةَ تَرَكَ زِينَةَ الدُّنْيَا وَآثَرَ الآخِرَةَ عَلَى الْأُولَى، فَمَنْ فَعَلَ ذَالِكَ فَقَدِ اسْتَحْيَا مِنَ اللَّهِ حَقَّ الْحَيَاء (ترمذي)
(259) « Un jour, le noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’adressa à ses nobles Compagnons en disant : « Vous devez révérer Allah tout particulièrement. » Le Compagnon rapporteur dit : « Nous répondîmes : Ô Prophète d’Allah, nous remercions Allah de Le révérer pleinement. » Le Messager (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Non, ce que vous dites n’est pas exactement cela. Révérer pleinement Allah signifie que tu veilles particulièrement sur ton esprit et sur toutes les pensées qui y surgissent, que tu prêtes attention à ton ventre et à tout ce que tu y fais entrer comme nourriture, et que tu te rappelles fréquemment la mort et ce qui vient après elle. Celui qui prend l’au-delà pour objectif rejettera les apparences séduisantes du monde et donnera la priorité à l’au-delà sur la vie terrestre. Celui qui accomplit ces actes révère véritablement Allah de manière complète. » (At-Tirmidhî)
Explication : Dans le hadith rapporté, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), en expliquant la signification du fait de révérer Allah pleinement, a attiré l’attention sur trois éléments. Le premier est l’esprit, car il constitue le centre de la réflexion humaine. Veiller sur son esprit signifie ne laisser aucune pensée répréhensible, injuste ou pécheresse y prendre place. De même qu’une voiture est dirigée par son moteur, l’être humain est dirigé par son esprit. Les pensées d’une bonne ou d’une mauvaise action apparaissent d’abord dans l’esprit ; ensuite, les mains, les pieds et les autres membres les mettent en pratique. Ainsi, celui dont l’esprit nourrit de bonnes pensées sera nécessairement amené à accomplir de bonnes actions avec ses mains et ses pieds. Si l’esprit conçoit des pensées injustes et mauvaises, ses membres les transformeront également en actes. C’est pourquoi le Prophète d’Allah a ordonné de veiller sur l’esprit et sur les pensées qui y apparaissent.
Le deuxième est l’estomac ou le ventre. La nourriture que l’être humain consomme dans son ventre lui permet d’emmagasiner de l’énergie, et cette énergie maintient active et vivace la faculté de réflexion du cerveau. Ainsi, si la nourriture est impure et illicite, le cerveau ne pourra en aucun cas avoir des pensées pures grâce à l’énergie produite par cette nourriture. Le troisième est l’au-delà. En effet, la pensée de l’au-delà oblige l’être humain à suivre le droit chemin dans ce monde. Celui qui ne croit pas à l’au-delà ressemble à un voyageur sans destination. De même qu’un homme sans destination erre dans les ruelles comme un vagabond et que chaque éclat au bord de la route l’attire, celui qui oublie l’au-delà se laisse attirer par les filets illusoires de ce monde et demeure inattentif à Allah.
(٢٦٠) وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَجُلاً قَالَ: يَا رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَتَى السَّاعَةُ؟ قَالَ: وَيْلَكَ وَمَا أَعْدَدْتَ لَهَا؟ قَالَ: مَا أَعْدَدْتُ لَهَا إِلَّا أَنِّي
أُحِبُّ اللَّهَ وَرَسُولَهُ، قَالَ: أَنْتَ مَعَ مَنْ أَحْبَبْتَ، قَالَ أَنَسٌ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ مَا رَأَيْتُ الْمُسْلِمِينَ فَرِحُوا بِشَيْءٍ
بَعْدَ الإِسْلَامِ فَرَحَهُمْ بِهَا (بخاري – مسلم)
(260) « D’après Anas, qu’Allah l’agrée, un homme demanda un jour au Prophète d’Allah : “Quand l’Heure aura-t-elle lieu ?” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, lui dit : “Malheur à toi ! Qu’as-tu préparé pour l’Heure ?” L’homme répondit : “Je n’ai rien préparé de plus pour l’Heure, si ce n’est l’amour d’Allah et de Son Messager.” Le Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, dit : “Le Jour de la Résurrection, tu seras avec celui que tu auras aimé dans ce monde.” Anas, qu’Allah l’agrée, rapporte qu’après avoir entendu ces paroles du Messager, les musulmans furent ce jour-là si heureux qu’on ne les avait jamais vus aussi heureux depuis leur conversion à l’islam. » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Le Coran lui-même a loué la piété, la scrupuleuse observance religieuse, ainsi que le sacrifice et l’endurance des nobles Compagnons dans la voie d’Allah. Malgré cela, les nobles Compagnons demeuraient constamment préoccupés par la pensée de l’au-delà. C’est pourquoi ils furent profondément réjouis par la bonne nouvelle annoncée dans les paroles précédentes du Prophète, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. En effet, ils étaient éperdument épris du Prophète. Aussi furent-ils au comble de la joie en apprenant qu’ils demeureraient avec lui le Jour de la Résurrection.
Description de la Résurrection
(٢٦١) وَعَنْ سَهْلِ بْنِ سَعَدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : يُحْشَرُ النَّاسُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ عَلَى أَرْضِ بَيْضَاءَ عَفْرَاءَ كَفُرْصَةِ النَّقِيِّ لَيْسَ فِيهَا عَلَمٌ لأَحَدٍ (بخاري – مسلم)
(261) « D’après Sahl ibn Sa‘d, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit : “Le Jour de la Résurrection, l’humanité sera rassemblée sur une terre blanche teintée de rouge, semblable à un pain de pâte pétrie, où il ne subsistera aucune trace de maison ou d’habitation.” » (Al-Bukhari, Muslim)
Explication : Après la disparition de ce monde terrestre et de tout ce qu’il contient, Allah Très-Haut rassemblera l’ensemble des humains et des djinns sur une vaste plaine afin de leur demander compte de toutes les œuvres qu’ils auront accomplies dans le monde terrestre. Il n’y aura là ni maisons, ni montagnes, ni forêts, ni rien d’autre derrière quoi quiconque pourrait trouver refuge. Cette immense plaine est le Maïdân al-Hachr ; en comparaison, notre Terre n’est qu’un point. Le sol du Maïdân al-Hachr sera blanc et teinté de rouge.
(٢٦٢) وَعَن عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: يُحْشَرُ النَّاسُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ حُفَاةً عُرَاةً غُرْلًاً، قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ
النِّسَاءُ وَالرِّجَالُ جَمِيعًا يَنْظُرُ بَعْضُهُمْ إِلَى بَعْضٍ، فَقَالَ يَا عَائِشَةُ الْأَمْرُ أَشَدُّ مِنْ أَنْ يَنْظُرَ بَعْضُهُمْ إِلَى بَعْضٍ
(بخاري – مسلم)
(262) « Il est rapporté d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle dit : J’ai entendu le Prophète d’Allah dire que, le Jour de la Résurrection, l’humanité sera rassemblée pieds nus, nue et non circoncise. Je demandai : “Ô Messager d’Allah, dans un tel état, les hommes et les femmes se regarderont les uns les autres.” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Ô Aïcha, l’état de ce jour sera si terrifiant que personne ne songera à regarder autrui.” » (Al-Boukhari, Mouslim)
Explication : Le Jour du Hachr, tous les êtres humains seront rassemblés sur le Maïdân al-Hachr sans vêtements ni chaussures, nus et même non circoncis. Autrement dit, ils ressusciteront dans l’état même où ils étaient venus au monde en sortant du sein maternel. À ce sujet, le Coran dit ce qui suit :
كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُعِيدُهُ وَعْدًا عَلَيْنَا إِنَّا كُنَّا فَاعِلِينَ
« De même que Nous avons créé la première création, Nous les ressusciterons. C’est une promesse qui Nous incombe, et Nous l’accomplirons certainement. » (sourate Al-Anbiya, 134)
La terreur, l’épouvante et la peur du Jour de la Résurrection plongeront les gens dans une telle frayeur et une telle consternation que, bien que tous se lèveront nus, personne ne se retournera même pour regarder quelqu’un d’autre. Chacun sera préoccupé et anxieux au sujet de sa propre situation.
(٢٦٣) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : لَيَأْتِي الرَّجُلُ الْعَظِيمُ السَّمِينُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ لَا يَزِنُ عِنْدَ اللَّهِ جَنَاحَ بَعُوضَةٍ وَقَالَ اقْرَؤُوا : فَلَا نُقِيمُ لَهُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَزْنًا
(بخاري – مسلم)
(263) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Le Jour de la Résurrection, on fera comparaître un homme grand, corpulent et vigoureux, dont le rang auprès d’Allah ne pèsera même pas le poids de l’aile d’un moustique. Puis le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) demanda de réciter le verset suivant : “Le Jour de la Résurrection, Nous ne leur établirons aucune balance.” (Car ils n’auront aucune œuvre digne d’être pesée.) (Al-Bukhârî, Muslim) »
(٢٦٤) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: قَرَأَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ هَذِهِ الْآيَةَ: يَوْمَئِذٍ تُحَدِّثُ أَخْبَارَهَا، قَالَ: أَتَدْرُونَ مَا أَخْبَارُهَا؟ قَالُوا : اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ، قَالَ: فَإِنَّ أَخْبَارَهَا أَنْ تَشْهَدَ عَلَى كُلِّ
عَبْرٍ أَوْ أَمَةٍ بِمَا عَمِلَ عَلَى ظَهْرِهَا أَنْ تَقُولَ: عَمِلَ عَلَيَّ كَذَا وَكَذَا يَوْمَ كَذَا وَكَذَا ، قَالَ : فَهَذِهِ أَخْبَارُهَا
أحمد – ترمذي)
(264) « Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récita ce verset : “Le jour où la terre fera connaître toutes ses nouvelles.” Puis le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) demanda : Pouvez-vous dire quelles sont les nouvelles de la terre ? Les Compagnons répondirent : Allah et Son Messager seuls le savent ; nous ne le savons pas. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : Les nouvelles de la terre sont que, sur elle, les hommes et les femmes ont accompli toutes sortes de bonnes et de mauvaises actions ; le Jour de la Résurrection, la terre en témoignera. La terre dira : Sur mon dos, tel jour, telle personne a fait telle chose. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : Voilà ce que signifie le fait que la terre fasse connaître ses nouvelles. (Ahmad, at-Tirmidhî) »
(٢٦٥) وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا أَنَّهَا ذَكَرَتِ النَّارَ فَبَكَتْ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَا يُبْكِيكِ ، قَالَتْ: ذَكَرْتُ النَّارَ فَبَكَيْتُ فَهَلْ تَذْكُرُونَ أهْلِيكُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ؟ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: أَمَّا فِي ثَلاثَةِ مَوَاطِنَ فَلَا يَذْكُرُ أَحَدٌ أَحَدًا
عِنْدَ الْمِيزَانِ حَتَّى يَعْلَمَ أَيَخِفُ مِيزَانُهُ أَوْ يَثْقُلُ، وَعِنْدَ الْكِتَابِ حِينَ يُقَالُ هَاؤُمُ اقْرَءُوا كِتَابِيَهْ حَتَّى يَعْلَمَ أَيْنَ يَقَعُ كِتَابُهُ أَفِي يَمِينِهِ أَمْ فِي شِمَالِهِ أَمْ مِنْ وَرَاءِ ظَهْرِهِ، وَعِنْدَ الصِّرَاطِ إِذَا وُضِعَ فِي ظَهْرِ جَهَنَّمَ
(أبو داؤد)
(265) « ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) dit : Un jour, je me mis à pleurer en me rappelant l’Enfer. Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) me demanda : Pourquoi pleures-tu ? Je répondis : Je pleure en me rappelant l’Enfer. Ô Messager d’Allah, vous souviendrez-vous de votre famille et de vos proches le Jour de la Résurrection ? Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : Il y aura trois endroits si terrifiants que personne ne se souviendra de personne. Le premier sera près de la Balance ; chacun sera alors si préoccupé de savoir si le poids de ses œuvres sera faible ou élevé qu’il ne pensera à rien d’autre. Le deuxième sera l’endroit où les registres des œuvres seront remis, car chacun sera préoccupé de savoir s’il recevra son registre dans la main droite ou dans la main gauche, par-derrière. (Les serviteurs désobéissants d’Allah recevront leur registre dans la main gauche, par-derrière.) À tel point que le serviteur qui aura reçu son registre dans la main droite dira : Venez, lisez mon registre. Le troisième endroit sera près du pont de Sirât, lorsqu’il sera dressé au-dessus de l’Enfer. (Abû Dâwûd) »
Description des habitants du Paradis
إِنَّ اللَّهَ يُدْخِلُ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الأَنْهَارُ (سورة الحج)
« Ceux qui croiront et accompliront de bonnes œuvres, Allah les fera entrer dans des jardins sous lesquels coulent des rivières. »
(Sourate al-Hajj : 23)
(٢٦٦) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَالَا عَيْنٌ رَأَتْ، وَلَا أُذُنَ سَمِعَتْ ، وَلَا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ فَاقْرَؤُوا إِنْ شَئْتُمْ: فَلَا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أُخْفِيَ لَهُمْ مِنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ
(بخاري – مسلم)
(266) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : Allah, Seigneur des mondes, a dit : J’ai préparé pour Mes serviteurs pieux, au Paradis, toutes sortes de bienfaits qu’aucun œil n’a vus, dont aucune oreille n’a entendu parler et qu’aucun cœur n’a jamais pu concevoir. Et, pour confirmer cela, vous pouvez réciter le verset suivant :
فَلَا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أُخْفِيَ لَهُمْ مِنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ
(سورة السجدة : (۱۷)
« Nul ne sait quels bienfaits réjouissant les yeux Allah a tenus cachés pour Ses serviteurs pieux. »
(Sourate As-Sajda, 17)
(٢٦٧) وَعَنْ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ، قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ أَهْلَ الْجَنَّةِ يَأْكُلُونَ فِيهَا وَيَشْرَبُونَ وَلَا يَتْفُلُونَ وَلَا يَبُولُونَ وَلَا يَتَغَوَّطُونَ وَلَا يَمْتَخِطُونَ، قَالُوا : مَا بَالُ الطَّعَامِ؟ قَالَ: جُشَاءُ وَرَشْحٌ كَرَشْحِ الْمِسْكِ يُلْهَمُونَ التَّسْبِيحَ وَالتَّحْمِيدَ كَمَا يُلْهَمُونَ النَّفْسَ (مسلم)
(267) « D’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : les habitants du Paradis mangeront et boiront certainement au Paradis. Mais ils n’auront pas besoin de cracher, d’uriner, de déféquer ni de se moucher. Les Compagnons demandèrent : “Qu’adviendra-t-il de leur nourriture dans leur ventre ?” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Elle sortira par les rots et la transpiration, mais il s’en dégagera un parfum de musc. Le tasbîh et le tahmîd d’Allah seront insufflés dans le cœur des habitants du Paradis comme la respiration.” (C’est-à-dire que les habitants du Paradis réciteront continuellement « Subhân Allah, al-hamdou lillah », comme ils respirent.) » (Muslim)
Description de l’Enfer et de ses habitants
وَمَنْ يَعْصِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ فَإِنَّ لَهُ نَارَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا (سورة الجن : (۲۳)
« Et quiconque désobéit à Allah et au Messager aura pour destinée le feu de l’Enfer. Il y demeurera éternellement. » (Sourate al-Jinn : 23)
(٢٦٨) عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: نَارُكُمْ جُزْءٌ مِنْ سَبْعِينَ جزْءًا مِنْ نَارِ جَهَنَّمَ، قِيلَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنْ كَانَتْ لَكَافِيَةٌ، قَالَ: فَضَّلَتْ عَلَيْهِنَّ بِتِسْعَةٍ وَسِتِّينَ جُزْءًا كُلُّهُنَّ مِثْلُ حَرِّهَا (بخاري – مسلم)
(268) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : le feu terrestre que vous connaissez ne représente, en intensité de chaleur, qu’une partie sur soixante-dix du feu de l’Enfer. On demanda : “Ô Prophète d’Allah, ce feu-ci ne suffisait-il donc pas ?” Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “Le feu de l’Enfer a été augmenté de soixante-neuf parts par rapport au feu de ce monde, du point de vue de sa puissance de combustion. Chacune de ces parts équivaut, à elle seule, au feu de ce monde.” » (Boukhari, Muslim)
(٢٦٩) وَعَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، عَنِ النَّبِيِّ صلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ : أُوقِدَ عَلَى النَّارِ أَلْفَ سَنَةٍ حَتَّى احْمَرَّتْ ، ثُمَّ أُوقِدَ عَلَيْهَا أَلْفَ سَنَةٍ حَتَّى ابْيَضَتْ ثُمَّ أُوقِدَ عَلَيْهَا أَلْفَ سَنَةٍ حَتَّى اسْوَدَّتْ فَهِيَ سَوْدَاءُ مُظْلِمَةٌ (ترمذي)
(269) « D’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : le feu de l’Enfer a été chauffé pendant mille ans, si bien qu’il est devenu rouge comme le sang. Puis il a encore été chauffé pendant mille ans, si bien qu’il est devenu blanc. Ensuite, après avoir été chauffé durant mille années supplémentaires, le feu ardent est devenu noir. Il s’est ainsi transformé en une obscurité noire et profonde. » (Tirmidhi)
Fin