Note de l’auteur
Parmi les croyances doctrinales sur lesquelles repose l’édifice de la foi, la croyance en l’Au-delà occupe une place essentielle. Sans croire en l’Au-delà, on ne peut véritablement croire en Allah, au Messager, au Livre d’Allah et à tout ce qui s’y rapporte. De plus, il est absolument impossible de se libérer de l’asservissement aux passions et des incitations sataniques, et d’accomplir sincèrement de bonnes œuvres, sans une foi ferme en l’Au-delà.
Mais il ne suffit pas d’avoir une croyance quelconque en l’Au-delà. Cette croyance doit plutôt être conforme à l’islam, au Coran et aux hadiths. Si elle est imparfaite ou erronée, l’édifice tout entier de la foi et des œuvres s’effondrera et sera réduit en ruines.
Dans la mesure où Allah m’a accordé la grâce d’acquérir des connaissances sur l’islam et l’histoire islamique, une conviction profonde s’est formée en moi : dès lors que l’on possède une conception claire de l’Au-delà, il devient possible de suivre la voie de Dieu dans la vie terrestre. De plus, si une croyance juste et ferme en l’Au-delà demeure constamment éveillée dans le cœur, elle permet de détruire dès son apparition toute tendance aux œuvres coupables.
La vie terrestre n’est pas l’unique vie ; c’est plutôt la vie après la mort qui est la véritable vie, la vie éternelle. C’est là que les conséquences morales de la vie terrestre se manifesteront nécessairement. C’est là qu’Allah, le Seigneur des mondes, présentera au jugement chacun des actes secrets et publics des êtres humains. Ce jour-là, une décision parfaitement juste sera rendue pour chaque péché et chaque bonne action. Si la forme terrifiante de ce jour demeure éternellement présente au fond de l’esprit, et si elle s’accompagne de la crainte de Dieu, l’Omniscient et l’Omnipotent, alors il deviendra possible de s’éloigner du péché et d’acquérir un caractère élevé et noble. Il n’existe aucune autre voie, ni aucune voie alternative, pour acquérir un tel caractère ; il ne peut en exister.
C’est durant une période où, libéré du tumulte du monde, je menais une vie solitaire et silencieuse en prison que j’ai rédigé cet ouvrage, « Par-delà le rideau de la mort ». L’inspiration soudaine de l’écrire me vint en lisant le commentaire de la sourate « Qaf » dans Tafhim al-Qur’an. À cette époque, je n’avais d’ailleurs pas eu l’occasion de solliciter les conseils d’un savant ou d’un homme de mérite, ni de recourir à quelque ouvrage de référence faisant autorité. Il n’est donc guère étonnant que ce livre comporte certaines lacunes et quelques erreurs ou imperfections. Si un lecteur bienveillant en informe l’auteur, ou lui communique des éléments théoriques et des informations supplémentaires, ceux-ci seront ajoutés avec gratitude à une édition ultérieure, si Allah le veut. J’espère en outre pouvoir proposer une étude plus détaillée dans la prochaine édition.
Certes, de nombreux ouvrages écrits par différents auteurs sur ce sujet sont disponibles dans le commerce. Toutefois, même si je ne disposais d’aucun « ouvrage de référence » (ouvrage faisant autorité et susceptible d’être suivi) lors de la rédaction de ce livre, j’ai tenté de l’aborder sous un angle nouveau. Bien entendu, c’est au lecteur qu’il revient de juger les qualités et les défauts de ce livre.
Comme cet ouvrage a pu être publié près de deux ans après sa rédaction, je considère cela comme une grâce infinie du seul Allah Tout-Puissant et, dans la gratitude, j’incline la tête devant Lui.
Si, après avoir lu ce petit ouvrage, quelqu’un s’efforce, à sa lumière, de conduire sa vie sur la voie de Dieu, je considérerai que le labeur de mes jours silencieux et solitaires n’aura pas été vain.
C’est cette prière que je demande aux éminents lecteurs et lectrices : qu’Allah, le Seigneur des mondes, m’accorde également la force de cheminer sans cesse sur le Sirât al-Mustaqîm. Amîn.
Respectueusement
— L’auteur
Rabî al-Awwal 1395 de l’Hégire
1975 de l’ère chrétienne
Nul être humain n’est averti de sa propre mort,
Il prépare des provisions pour cent ans, sans savoir ce que lui réserve l’instant suivant.
Cet homme n’est ni éveillé ni conscient
Il ne craint pas sa mort.
Il n’a même pas conscience de l’instant
Des rêves colorés de cent années.
La question naturelle de l’esprit humain
La vie dans ce monde est-elle la seule vie, ou existe-t-il une autre vie après celle-ci ? Autrement dit, la vie humaine prend-elle fin dès la mort, ou se poursuivra-t-elle encore après ? Telle est une question naturelle de l’esprit humain ; à toutes les époques, les opinions ont divergé à ce sujet, et deux systèmes sociaux opposés se sont édifiés sur cette base.
Après sa naissance, l’être humain demeure quelque temps dans ce monde, puis le quitte. Pour certains, cette durée de séjour n’est que de quelques instants. Pour d’autres, elle est de quelques jours, de quelques mois ou de quelques années. Certains vivent même plus de cent ans. D’autres encore, dans l’extrême vieillesse, mènent une vie plus impuissante que celle d’un enfant.
Au cours de leur vie, les êtres humains nourrissent tant d’espoirs et d’aspirations, tant de rêves colorés. La vie de certains se remplit d’un bonheur sans fin ; ils ont la possibilité, les moyens et les ressources de jouir pleinement de la vie. Richesses, honneurs, renommée et gloire — et tant d’autres choses encore. Enfin, un jour, après avoir tout abandonné et fait pleurer tout le monde, ils doivent quitter ce monde. Leur Takht-e-Taous, leur royauté, leurs courtisans, leurs vizirs et leurs nadirs, leurs amis et leurs admirateurs, leurs richesses immenses : rien de tout cela n’a pu les retenir, et personne ne le pourra à l’avenir. Rois et sujets, riches et pauvres, blancs et noirs, tous doivent goûter à la mort.
Dans la vie de certains s’abattent des souffrances et une misère ininterrompues : indifférence d’autrui, oppression et persécution, injustice et accablement. Toute sa vie, ils doivent endurer tout cela en silence. Enfin, libéré des liens impitoyables de la société, lui aussi quitte un jour ce monde.
On voit aussi le cas d’un homme qui mène une vie d’une grande honnêteté. Le mensonge, la haine et la jalousie envers autrui sont contraires à sa nature. Nourrir les affamés, aider les démunis, tenir de bonnes paroles, accomplir de bonnes actions et avoir de bonnes pensées comptent parmi ses qualités.
Mais de la part de son peuple, il ne reçut que le mépris le plus absolu, l’oppression et l’injustice. Finalement, au milieu de cruelles persécutions, sa vie prit fin derrière les murs d’une prison ou sur l’échafaud. Dans cette vie, il ne reçut aucune récompense pour sa vérité et sa beauté. Son humanité sera-t-elle donc réduite à pousser des gémissements en vain ? On trouve aussi d’innombrables exemples de personnes ou de groupes qui, en élevant la voix pour la vérité et en luttant pour l’établir, ont rendu furieux un puissant tyran, adorateur du mensonge, et ont fait trembler et vaciller le trône de son pouvoir. Alors, pour assouvir sa vengeance, celui-ci fit emprisonner le porte-drapeau de la vérité. En prison, il lui fit subir le rouleau compresseur d’une torture impitoyable, martelant son corps de coups jusqu’à le couvrir de blessures et l’épuiser. Pourtant, il ne put être détourné du chemin de la vérité. Quiconque entendait parler de ses persécutions et de ses tourments en avait la chair de poule. Peut-être même que, par compassion, deux larmes coulaient de ses yeux.
Ceux qui suivent la justice, la vérité et la beauté ne souhaitent-ils pas que l’opprimé soit récompensé et que le tyran injuste soit puni ? Mais quand et comment ?
Il existe également un autre exemple : un homme mène une vie heureuse avec sa femme, ses enfants et ses proches. Jamais il n’a fait de tort à personne. Soudain, un jour, une bande de scélérats armés attaqua injustement sa maison. Ils tuèrent le maître de maison et ses fils, infligèrent des sévices bestiaux aux femmes, pillèrent les biens du foyer et incendièrent ce qui restait. Quiconque entendit parler de l’événement en fut profondément affligé. Tous disaient la même chose : « Ah ! Un acte aussi barbare et cruel ! N’y a-t-il donc aucune justice ? »
Il n’y a peut-être même aucune possibilité que justice soit rendue. Car ceux entre les mains desquels se trouve le pouvoir judiciaire sont peut-être de connivence et collaborent avec ces monstres humains. L’injustice effrénée envers les êtres humains doit-elle donc continuer ainsi indéfiniment ? Avant même que justice ne soit rendue, le souffle vital de ces êtres humains persécutés s’est éteint. Où sont-ils maintenant ? Les âmes opprimées se sont-elles dissoutes dans l’immensité du ciel ? Ont-elles entièrement disparu, ou errent-elles encore en poussant des cris ? À quoi ressemble le chapitre qui suit leur mort ? Un néant total, ou autre chose ?
Quant aux tyrans, ces monstres humains, qui n’ont subi aucun jugement dans ce monde, eux aussi mourront. Après leur mort, ne leur arrivera-t-il donc rien ? N’y aura-t-il aucune forme de châtiment ?
Voyez encore : dans ce monde, suffit-il de vouloir infliger à quelqu’un la punition de son crime ou la récompense de ses bonnes actions pour pouvoir réellement le faire comme il se doit ?
Imaginez qu’un homme ait injustement tué plus d’une centaine d’êtres humains. Sous sa tyrannie, des centaines de familles ont été détruites. Finalement, un jour, on le fit comparaître devant le tribunal. Une fois arrivé là, il peut encore s’en sortir en exploitant les failles de la loi ou par quelque autre moyen. S’il n’a absolument aucun moyen d’échapper au châtiment, vous le condamnerez. Quel châtiment ? La peine capitale peut être la peine suprême. Même la peine capitale du véritable meurtrier peut être commuée. Le plus puissant des dirigeants peut aussi libérer ledit meurtrier afin de l’utiliser à son propre profit. Et si la peine capitale est effectivement exécutée, une seule condamnation à mort suffit-elle pour le meurtre de plus d’une centaine de personnes ? Cette peine lui sera-t-elle suffisante ? Mais vous n’avez pas non plus le pouvoir de faire davantage.
À l’inverse, un homme, par les efforts et les sacrifices de toute une vie, par un labeur infatigable et une endurance inlassable, a libéré tout un peuple des chaînes de l’esclavage humain et l’a placé sous la loi équitable d’un Être tout-puissant. Il a établi pour eux une organisation sociale belle et heureuse. Ils sont devenus heureux, prospères et avancés. Leur vie, leurs biens, leur honneur et leur dignité sont devenus parfaitement en sécurité. Peut-on récompenser un homme si grand d’une récompense à la mesure de ses mérites ?
Si les conséquences des actes des hommes évoqués plus haut se poursuivent après leur mort et qu’un Être tout-puissant inflige à leurs deux catégories le châtiment qui leur revient et leur accorde la récompense qu’elles méritent — à chacune selon ce qui lui est dû —, n’est-ce pas là la véritable justice ? Alors, interrogez votre conscience : la vie après la mort n’est-elle pas également indispensable ?
Telle est la question naturelle qui, depuis des temps immémoriaux, a troublé et bouleversé l’esprit humain.
L’être humain ne trouve pas, et ne peut trouver, la réponse exacte par la réflexion et la recherche. Pour obtenir cette réponse exacte, il faut s’adresser à un Être omniscient et infaillible. Cet ouvrage est précisément la réponse exacte à cette question.
Les différentes doctrines concernant l’au-delà
Depuis l’Antiquité, diverses doctrines se sont formées dans la quête d’une réponse à la question naturelle de l’esprit humain exposée plus haut.
Une autre question est intimement liée à celle-ci : cette vie et cette mort ont-elles un maître, un ordonnateur, ou n’en ont-elles pas ? Ce monde et l’innombrable multitude des créations, les cieux, la lune et le soleil, les planètes et les étoiles, les montagnes, les fleuves et rivières, etc. ont-ils eux aussi un Créateur, ou n’en ont-ils pas ? On obtient simultanément la réponse à toutes ces questions.
1. Une doctrine affirme qu’il n’existe rien qui puisse être appelé le Créateur. Ce monde, le ciel, les êtres humains, les animaux et toutes les autres créations seraient apparus soudainement à la suite d’un accident. La naissance et la mort de l’être humain seraient également le résultat de cet accident. Il n’existe rien qui s’appelle l’au-delà. Tout ce qui est en train de disparaître, y compris l’humanité, n’a aucune possibilité de retrouver une existence. Ce monde finira nécessairement par être détruit un jour. Ensuite, il ne restera plus rien.
2. Certains disent que ce monde est sans commencement et sans fin. Il ne sera pas détruit. Seuls les êtres vivants disparaîtront. Mais il ne sera pas possible de retrouver la vie.
3. D’autres croient à la réincarnation. Cela signifie que l’être humain renaîtra à plusieurs reprises dans ce monde après sa mort, afin de subir les conséquences de ses bonnes ou de ses mauvaises actions. * [Si cette doctrine de ceux qui croient à la réincarnation était exacte, ceux qui renaissent après leur mort devraient avoir quelque connaissance de l’étape qui suit la mort. Mais qui a parlé de la condition postérieure à la mort ? Après la réincarnation, il est également indispensable de conserver la connaissance de sa vie terrestre antérieure. Sinon, comment saura-t-on que la naissance suivante est la conséquence de la naissance précédente ? Et si on ne le sait pas, comment ressentira-t-on la récompense ou le châtiment de la réincarnation ? — L’auteur]
4. D’autres encore pensent qu’après la mort, il existe pour l’être humain l’enfer et le paradis. Toutefois, après avoir subi le châtiment de l’enfer, le pécheur renaîtra afin de mener également une vie humiliée dans ce monde. Ici encore, une question demeure. Le châtiment de l’enfer n’est-il donc pas suffisant pour le pécheur ?
5. Certains soutiennent que ce monde est le lieu du grand péché. La vie elle-même y constitue un immense châtiment. Tant que l’âme humaine restera liée à ce monde matériel, elle devra, après sa mort, renaître sans cesse et y revenir. La véritable libération de l’âme (le grand nirvana (Émancipation de l’âme)) ou sa destruction. Et cela peut se produire de la manière suivante : à chaque naissance, l’être humain doit accomplir quelques bonnes actions. Ensuite, lorsque les mérites de plusieurs de ses vies sont réunis, si ceux-ci sont suffisamment importants, alors seulement son « fana » ou sa destruction aura lieu. Telle était sa libération de ce monde pécheur, ou le grand nirvana.
Ici non plus, il n’existe aucun châtiment ni aucune récompense permanents pour le péché et la vertu.
6. Il existe également un autre groupe qui croit à l’au-delà, au paradis et à l’enfer. Selon lui, ses membres sont les héritiers d’une lignée qui était particulièrement aimée et élue par Dieu. Ils n’ont donc aucune raison de craindre pour l’au-delà. Même s’ils sont jetés en enfer pour leurs péchés, ce ne sera que pour quelque temps. Eu égard à la noblesse de leur lignée, Dieu les promouvra très rapidement au paradis.
7. Il existe encore un autre groupe qui croit à l’au-delà, à l’enfer et au paradis. Selon lui, Dieu a crucifié et condamné à mort son fils unique (?) . En échange de cela, Il a pardonné tous les péchés de l’ensemble de l’humanité. Il suffira d’avoir foi en ce fils et de chanter quelque peu ses louanges pour obtenir le salut dans l’au-delà.
8. Certains croient certes à l’au-delà, à l’enfer et au paradis. Mais, dans ce monde même, ils considèrent certaines personnes (mortes ou vivantes) comme dotées de qualités particulières et d’un pouvoir immense. Ils croient que, dans l’au-delà, ces personnes useront de leur influence auprès de Dieu pour leur obtenir la délivrance. Sous l’emprise de cette croyance, au lieu de s’adresser à Dieu, ils cherchent à satisfaire ces personnes prétendument puissantes et influentes. Lorsqu’elles sont mortes, on dépose des fleurs, des offrandes, des vœux et des dons votifs sur leurs tombes, et l’on va même jusqu’à se prosterner devant celles-ci. Lorsqu’elles sont vivantes, on cherche à les satisfaire en leur offrant divers présents précieux ou des dons votifs.
Nous avons exposé ci-dessus diverses doctrines concernant l’au-delà. La question est la suivante : quelles sont les preuves de la véracité des doctrines susmentionnées ? Ces doctrines reposent-elles sur une connaissance exacte et rigoureuse, ou ont-elles été échafaudées sur de simples conjectures et suppositions ? S’agit-il d’un réseau d’aveugles superstitions transmis de génération en génération ? Ou bien d’un réseau frauduleux destiné à extorquer de l’argent, au nom de la religion et dans le but d’acquérir des mérites, par quelque individu rusé et intéressé, ou par plusieurs d’entre eux ?
Si tout cela est imaginaire et fondé sur des conjectures et des suppositions, ou s’il s’agit d’une superstition aveugle, ou encore du réseau frauduleux de personnes avides revêtant l’habit de guides religieux, tous reconnaîtront que cela n’est en rien digne de foi. Si cela repose sur la connaissance, quelle en est donc la source ? Il faut donc examiner cette question à la pierre de touche d’une connaissance exacte.
Les sources de la connaissance véritable
Examinons maintenant quelles sont les sources de la connaissance véritable. Les sources de la connaissance sont principalement les suivantes :
1. Les cinq sens — la connaissance fondée sur les sens et acquise par leur intermédiaire
2. La Révélation (wahy) — la connaissance infaillible et parfaitement exacte reçue de Dieu par l’intermédiaire des prophètes.
Il n’existe que les deux sources de connaissance mentionnées ci-dessus. Les scientifiques acquièrent cette connaissance par l’expérimentation et l’observation (Experiment & Observation). Mais, à sa base également, se trouvent l’ensemble des sens et certains éléments matériels fondamentaux (Basic Material).
On peut également acquérir des connaissances par des témoignages et autres preuves. Mais ces connaissances proviennent des perceptions sensorielles du témoin. De même, les connaissances que l’on acquiert en étudiant l’histoire sont celles que l’historien a vues de ses propres yeux ou entendues de ses propres oreilles. Autrement dit, ce sont des connaissances issues des sens. Ces connaissances ne sont pas non plus toujours exactes. Il arrive que l’on témoigne contre la vérité et que l’histoire soit écrite en déformant la vérité. Néanmoins, il faut considérer tout cela comme des sources de connaissances, qu’elles soient vraies ou fausses.
Or, la connaissance relative à l’au-delà — c’est-à-dire la connaissance selon laquelle l’au-delà existe, ou celle selon laquelle il n’existe pas — ne peut en aucun cas être fondée sur les sens. En effet, personne n’a eu l’occasion de franchir le voile de la mort pour aller voir ce qui se trouve au-delà, et il n’existe aucun moyen de maintenir un contact avec les âmes des morts. Par conséquent, personne ne peut affirmer que l’au-delà existe ou n’existe pas.
Certains, prétendant parler en scientifiques, disent que puisque personne n’a vu que l’au-delà existe, il est absolument impossible d’y croire. Mais cette affirmation n’est nullement scientifique ni rationnelle. Car puisque personne ne s’est rendu après la mort dans l’au-delà pour en observer la réalité, comment peut-on dire que l’au-delà n’existe pas ?
Vous pouvez dire ce qu’il y a ou non dans ma boîte en l’ouvrant et en regardant. Mais comment pouvez-vous dire, sans ouvrir la boîte, qu’elle ne contient rien ? Vous pouvez seulement affirmer avec certitude que vous ne savez pas s’il y a quelque chose dans ma boîte.
Un véritable scientifique peut, grâce à l’observation de ses expériences — lesquelles sont d’ailleurs souvent sujettes à l’erreur — déterminer la vérité ou la fausseté de quelque chose. Mais avant d’avoir observé cette expérience, il ne peut rien affirmer, ni par oui ni par non, au sujet de l’existence de quoi que ce soit. Il doit dire : « Je ne sais rien à ce sujet. » Ainsi, la déclaration d’un véritable scientifique sera la suivante : il n’a pas été possible de mener des expériences pour déterminer si l’au-delà existe ou non. Par conséquent, il serait tout aussi erroné d’affirmer qu’il existe que d’affirmer qu’il n’existe pas.
Il ressort de la discussion précédente que la première source de connaissance, les cinq sens, n’a pu nous donner aucune idée de l’au-delà. Il reste maintenant la deuxième source : la Révélation. Voyons quelle connaissance la Révélation nous apporte.
L’avènement des prophètes à travers les âges
La croyance en la Révélation ne peut découler que de la croyance en Dieu. Parmi les différentes doctrines exposées plus haut au sujet de l’au-delà, à l’exception des adeptes des doctrines mentionnées aux points 1, 2 et 5, les tenants de toutes les autres doctrines croient, dans l’ensemble, en un Créateur ou en Dieu. Pourtant, beaucoup de ceux qui croient en Dieu ont également rejeté l’au-delà. Mais ceux qui ne croient pas à l’existence de Dieu sont naturellement incroyants en l’au-delà. Cette discussion sur l’au-delà n’a pas pour objectif de prouver l’existence de Dieu. Néanmoins, l’examen de l’au-delà permettra de démontrer non seulement l’existence de Dieu, mais aussi Son unicité.
La terre, les cieux et tout ce qui se trouve entre eux, ainsi que tout ce qui se trouve sous la terre et dans les profondeurs des mers, ont tous un Créateur. C’est Lui, Allah le Tout-Puissant. Après avoir créé les êtres humains, Il a envoyé, à travers les âges, des prophètes parmi les peuples de différents pays afin de leur faire connaître le mode de vie juste. Il va sans dire que les prophètes étaient eux-mêmes des êtres humains. Toutefois, Allah le Très-Haut a choisi comme prophètes les meilleurs parmi les membres de la société. La connaissance qu’Allah transmet au prophète est appelée la connaissance de la révélation. Le prophète reçoit cette connaissance directement de Dieu, ou par l’intermédiaire de l’ange Gabriel (paix sur lui), ou encore en rêve. Puisque cette connaissance est reçue de Dieu, elle est absolument infaillible et constitue la vérité décisive.
Le premier prophète de ce monde fut le premier homme lui-même, Adam (paix sur lui). Le dernier prophète fut Muhammad (paix et bénédictions sur lui), d’Arabie. Au total, cent vingt-quatre mille prophètes, ou, selon certaines opinions, davantage ou moins, sont venus en ce monde. Le Coran mentionne certains prophètes, mais n’en mentionne pas beaucoup d’autres. Le Coran lui-même l’a établi.
Le dernier prophète, Muhammad (paix et bénédictions sur lui), ainsi que tous les autres prophètes, ont chacun présenté la même doctrine au sujet de l’au-delà. Il n’existe pas la moindre divergence entre les déclarations des prophètes concernant l’au-delà. Ils ont tous dit la même chose.
Il faut garder à l’esprit que ces centaines de milliers de prophètes n’appartenaient ni à la même époque ni à la même communauté, de sorte qu’ils n’auraient pas pu tenir une conférence et parvenir à une conclusion après de longues discussions. Depuis le Déluge de Noé (paix sur lui) jusqu’au dernier prophète, Muhammad (paix et bénédictions sur lui), des prophètes ont été envoyés à différents peuples pendant près de six mille ans. De nombreux prophètes sont également venus entre Adam (paix sur lui) et Noé (paix sur lui).
En général, lorsqu’après la disparition d’un prophète les hommes avaient complètement oublié son enseignement et son modèle, un autre prophète était envoyé. Le dernier prophète apparut six cents ans après la disparition de Jésus (paix sur lui). À l’exception d’une poignée d’entre eux, les prophètes ne se sont pas rencontrés les uns les autres. Pourtant, bien qu’ils aient vécu à des époques et en des temps différents, ils ont tous dit la même chose. La raison en est que le message qu’ils prêchaient aux hommes n’était pas une invention personnelle. Ils ne transmettaient aux hommes que la connaissance donnée par Allah. C’est à partir de cette connaissance divine qu’ils ont présenté une doctrine identique au sujet de l’au-delà.
Il n’y a qu’une seule réponse exacte
Il est universellement admis qu’il n’existe qu’une seule réponse exacte. Les réponses erronées, elles, sont nombreuses. Ceux qui se trompent ne sont pas unis dans leur manière de penser. Leur pensée ne découle pas d’une source exacte. Ainsi, donnez à vingt élèves d’une classe le même problème de mathématiques à résoudre. Vous constaterez que la bonne réponse est identique pour tous. Ceux qui se sont trompés n’auront pas pu s’accorder. Leurs réponses seront de différentes sortes, car elles ne reposeront pas sur une connaissance correcte.
Les prophètes d’Allah ont répondu à la question concernant l’au-delà. Leur réponse est correcte parce que leurs réponses à tous étaient exactement les mêmes. Et la raison de son exactitude et de sa vérité est que leur connaissance leur avait été donnée par Dieu.
Ainsi, la connaissance que les prophètes avaient de l’au-delà était, d’une part, une vérité absolue et, d’autre part, identique et commune à tous.
La conception islamique de l’au-delà
La conception de l’au-delà enseignée par les prophètes, appelée conception ou doctrine islamique, se résume ainsi : la terre, les cieux et toutes les créatures qui s’y trouvent seront inévitablement détruits un jour. Le Coran décrit en détail le commencement et le déroulement de cette destruction. Tout ce qui existe, hormis Dieu, sera détruit. Ensuite, sur l’ordre de Dieu, un monde nouveau sera créé. Chaque être humain ressuscitera et comparaîtra devant Dieu. Ce jour-là, il devra rendre compte devant Dieu de tout le bien et de tout le mal qu’il aura accomplis durant sa vie terrestre. Cela est appelé le Jour du Jugement. Allah Tout-Puissant sera Lui-même l’unique Maître et Juge de ce jour.
Lors de ce jugement, aucun défenseur, avocat ou barrister ne sera présent pour soutenir l’accusé. Aucun témoin humain ne sera non plus nécessaire. Si l’homme nie sa faute, les membres mêmes de son corps porteront un témoignage exact. Il ne pourra pas ne pas reconnaître sa faute. Car chaque acte accompli à chaque instant de la vie humaine est enregistré avec une parfaite précision dès cette vie terrestre. Les paroles, les conversations, les rires, les pleurs, les mouvements des membres, et même chacun des actes secrets ou publics, sont filmés avec une fidélité absolue. Ces preuves vivantes et tangibles seront placées devant lui. Il n’aura absolument aucun moyen de rien nier.
Si quelqu’un réussit l’épreuve de ce jour du Jugement, sa demeure sera le paradis. Ce sera un lieu de bonheur sans fin. Ceux qui échoueront à ce jugement auront pour demeure la Géhenne, ou l’enfer. Ce sera un brasier ardent qui brûlera éternellement. Que l’homme aille au paradis ou en enfer, sa vie, ou sa durée d’existence, sera éternelle. L’homme obtiendra une vie immortelle. Cette existence est appelée l’au-delà, ou, dans la terminologie coranique, l’« Akherat ».
Opposition à l’au-delà
À toutes les époques, les ignorants se sont vivement opposés à l’au-delà. Ils ne voulaient en aucune façon croire qu’après la mort l’être humain ressusciterait. Bien qu’ils crussent en un Créateur unique, leur conception de Ses attributs et de Son identité était erronée et inférieure. C’est pourquoi ils ne pouvaient absolument pas croire à l’au-delà.
Après la mort, chaque membre du corps humain, ses os, sa peau, sa chair, chacune de ses molécules et de ses particules, se détruit, se décompose et disparaît. Ou bien la terre dévore tout cela. Comment, ensuite, tout cela pourrait-il retrouver le corps et la vie détruits auparavant ? Cela dépassait leur savoir et leur intelligence. C’est pourquoi, lorsque chaque prophète parlait de l’au-delà et s’efforçait d’éveiller chez les hommes le sens de leurs responsabilités, les ignorants le traitaient de fou. Ils ne se contentaient pas de refuser d’accepter sa doctrine ; ils le persécutaient de diverses manières, sous prétexte qu’il la prêchait.
Pourquoi s’opposer à l’au-delà ?
Pourquoi la croyance en l’au-delà était-elle si dangereuse ? Pourquoi la propagation de cette doctrine mettait-elle tant en fureur ses adversaires ? Quel désastre cette prédication leur causait-elle, au point qu’ils ne pouvaient la tolérer ?
Derrière cela se trouvait une raison psychologique. En effet, ceux qui croient en l’au-delà ont un caractère, des actes, des comportements, des goûts, une façon de penser, une civilisation et une culture d’un certain type. Les incroyants, en revanche, ont tout cela d’un type entièrement opposé. C’est une vérité éprouvée.
Chez ceux qui croient en l’au-delà se forme une telle disposition d’esprit qu’ils pensent à chaque instant devoir rendre compte à Dieu, après leur mort, de chacun de leurs actes secrets ou publics. Ils ont la ferme conviction que chacune de leurs paroles et chacun de leurs actes sont consignés avec exactitude par une force invisible. Il leur est impossible d’en cacher un seul. Ils devront nécessairement être châtiés pour chacun de leurs méfaits. Telle est leur ferme conviction. C’est pourquoi ils s’efforcent de s’abstenir de tout acte mauvais.
Les incroyants en l’au-delà ont exactement le caractère opposé. Puisque, selon leur conception ou leur croyance, il n’y a plus rien après la mort, ils n’auront à rendre compte de leurs actes à personne. Dans la vie terrestre, même s’ils se livrent à la débauche la plus extrême et à l’anarchie sexuelle, même s’ils deviennent des brigands et des pillards, même s’ils privent les hommes de leur liberté individuelle et les contraignent à mener une vie inférieure à celle des animaux, ils n’ont aucune raison d’avoir peur. Car ils croient qu’après leur mort ils n’auront à rendre compte de rien de tout cela à personne. Après leur mort, il n’y a absolument plus rien : ni nouvelle vie, ni tracas ni complications liés au jugement des actes.
Une nouvelle doctrine a été élaborée, qui nie l’existence d’un Créateur et de l’au-delà. Elle affirme ceci : puisqu’il n’existe aucun créateur de l’univers et que l’au-delà n’existe pas davantage, il faut profiter pleinement de ce monde tant qu’on est en vie. Car après la mort, tout prendra fin. Alors, mangez, buvez et réjouissez-vous — « Eat, Drink and Be Merry ». Il est également dit que la vie dans ce monde est l’unique lutte pour la survie — « A Struggle for Existence ». Seuls les forts, les rusés et les intelligents ont le droit de survivre — « Survival of the Fittest ». Quant aux faibles, même s’ils sont honnêtes et justes, ils n’ont aucun droit de vivre.
Admettre l’existence du Créateur et de l’au-delà impose de brider ses instincts, de mettre fin à l’arbitraire et à la débauche, et de ne plus jouir de la vie par l’injustice et les moyens malhonnêtes. En outre, il faut rendre sa vie rigoureusement contrôlée et disciplinée. Or, dans ce cas, il n’est plus possible de profiter de la vie dans toute sa plénitude. Telle était donc leur raison psychologique de nier l’existence de Dieu et de l’au-delà.
La vision du monde et la disposition d’esprit décrites plus haut naissent de l’incrédulité envers l’au-delà. Ils ne croient pas aux qualités telles que la moralité, l’équité, la justice, la compassion et la miséricorde envers les faibles et les opprimés. La cruauté, la barbarie, le meurtre, la violation des promesses et la trahison ne sont pas reconnus comme des crimes à leurs yeux. Leur conscience ne ressent aucun remords lorsqu’ils transforment les femmes en objets de convoitise pour satisfaire leurs désirs sexuels, ou lorsqu’ils réduisent en esclavage ou détruisent, pour servir leurs propres intérêts, non seulement un être humain, mais un pays et un peuple tout entiers. L’histoire témoigne donc que, bien que de nombreux peuples du passé aient atteint les sommets du progrès et de la prospérité terrestres, ils ont sombré dans les profondeurs abyssales de la déchéance morale parce qu’ils ne croyaient pas en l’au-delà. Ils étaient devenus des tyrans extrêmes, des monstres assoiffés de sang. C’est pourquoi Allah les a détruits jusqu’à la racine et a effacé de la surface de la terre toute trace de leur nom.
Telle était la véritable raison pour laquelle, chaque fois qu’un prophète invitait les gens à croire en l’au-delà, ceux qui le niaient l’humiliaient, le blessaient à coups de pierres ou l’exilaient de sa patrie. En croyant à l’au-delà, ils ne voulaient pas rendre leur mode de vie ordonné et strictement réglementé, ni réprimer leur avidité effrénée de jouissance. Ils ne voulaient pas non plus renoncer à leur désir de réduire les hommes en esclavage et de régner sur eux. Telle était la cause fondamentale de leur opposition aux prophètes.
En raison de leur incroyance en l’au-delà et de leur extrême déchéance morale, le peuple de Noé, celui de Loth, Nemrod, Pharaon, les peuples de ‘Ad et de Thamûd, celui de Tubba‘ et bien d’autres peuples ont été réduits jadis à l’état de ruines. Dans la société humaine, leurs noms sont évoqués avec haine et malédiction. Les civilisations grecque et romaine antiques ne sont plus que des objets de l’histoire passée.
Seule la crainte de Dieu réprime la propension au crime
Pour réprimer la criminalité, divers codes pénaux sont élaborés dans chaque pays. Certes, on ne peut nier leur nécessité. Mais suffit-il d’élaborer des codes pénaux et de punir les criminels pour réprimer la propension au crime ?
Pourquoi des meurtres, des pillages, des brigandages, des adultères, de la corruption, des violences et d’autres crimes odieux sont-ils commis alors même que le pays dispose de lois et d’un code pénal ? Il faut rechercher leurs véritables causes.
L’individu porté au crime accomplit généralement ses méfaits dans le plus grand secret, à l’abri des regards. Il recourt ensuite à divers moyens pour échapper à la loi. C’est pourquoi il arrive que, malgré les peines sévères prévues par la loi pour les criminels, le coupable soit libéré sans encombre. Après avoir commis un crime, le fait d’être libéré l’encourage deux, voire quatre fois davantage à récidiver. Notre système juridique et judiciaire est imparfait parce qu’il est créé par les hommes. La profession juridique manque également d’honnêteté. De plus, il arrive souvent que le criminel échappe à la justice en influençant le pouvoir judiciaire ou, même après sa condamnation, grâce à l’influence de certains milieux. Ainsi, les personnes opprimées, persécutées et sans défense sont privées d’une justice équitable. C’est pourquoi le véritable meurtrier, celui qui a pillé et détourné des dizaines de millions, ainsi que l’auteur de divers crimes, se promènent la tête haute dans la société après avoir contourné la loi par toutes sortes de moyens malhonnêtes.
Ce ne devrait pas être seulement le châtiment du criminel qui soit souhaité ; c’est l’éradication de la criminalité à la racine qui devrait l’être. Comment cela est-il possible ?
La propension au crime prend d’abord naissance dans un recoin secret de l’esprit. Un environnement pétri de péché, la fréquentation de pécheurs, la lecture d’une littérature, de pièces de théâtre et de romans obscènes et vulgaires, ainsi que les films et les programmes télévisés qui suscitent l’excitation sexuelle, contribuent à faire naître cette propension. Ensuite, le désir, l’envie et la résolution de commettre un crime poussent l’être humain à passer à l’acte. Il faut maintenant détruire cette propension dès son germe, au plus profond de l’esprit. Mais il est absolument impossible de l’éradiquer par une loi, par l’intimidation ou par une force extérieure quelconque. Il faut qu’une force soit insufflée au plus profond de l’esprit, une force capable de réprimer la propension au crime. Seuls la crainte de Dieu et celle de l’au-delà peuvent être la source de cette force. Si l’être humain possède la ferme conviction que la vie terrestre n’est pas la seule vie, mais qu’il existe aussi une vie après la mort, sans fin, et que la vie future dépend des actes accomplis dans la vie terrestre ; si chaque chose qu’il fait dans cette vie, en secret comme au grand jour, devra faire l’objet, dans l’au-delà, d’un compte rendu détaillé devant Allah le Très-Haut ; si ni les péchés ni les bonnes actions de cette vie ne peuvent être dissimulés, si personne ne peut sauver quiconque du châtiment du péché ni priver quiconque de la récompense du bien, alors l’ancrage de cette croyance chez l’être humain, accompagné d’une formation mentale et de la construction d’un caractère concret conformément à celle-ci, protège la société de toutes les formes de dépravation.
Ainsi, seule la crainte de Dieu et de l’au-delà peut éloigner l’être humain du péché. L’histoire de l’islam en offre des exemples éclatants. J’en citerai ici un.
À l’époque du deuxième calife, Umar al-Faruq, qu’Allah l’agrée, vivait aux abords de Médine une vieille femme. Dans son foyer, il n’y avait qu’elle et sa fille. Elles se procuraient du lait en différents endroits, puis le vendaient au marché pour gagner leur vie.
Un soir, la vieille femme dit à sa fille : « En mélangeant un peu d’eau au lait, nous en tirerons un meilleur prix. »
La fille répondit : « Comment cela serait-il possible ? N’as-tu pas entendu que le commandeur des croyants a annoncé un châtiment pour les fraudeurs ? »
La vieille femme répliqua : « Allons donc ! En pleine nuit, dans ce hameau isolé, où serait le commandeur des croyants, et où serait son espion chargé de nous surprendre ? »
La fille répondit : « Il est vrai qu’aucun être humain ne pourra voir notre méfait. Mais peux-tu tromper le regard de Dieu, mère ? Au Jour de la Résurrection, nous serons certainement prises sur le fait. »
La vieille femme reprit ses esprits. La crainte de Dieu et de l’au-delà la remplit d’effroi. Elle se repentit et réprima son penchant au péché.
Le calife Umar, qu’Allah l’agrée, entendit par hasard la conversation de ces deux femmes alors qu’il parcourait la ville déguisé. Charmé par la crainte de Dieu de la jeune fille, il la prit pour épouse de son fils.
De tels événements se produisent peut-être à foison dans la société. Mais leur force est tout à fait insignifiante par rapport à la population.
Si le caractère des êtres humains se forme sur le fondement de la crainte de Dieu et de l’au-delà, il ne sera pas nécessaire d’entretenir une quelconque force publique pour extirper le crime et la corruption de la société. Si les membres des services ou des forces chargés de combattre la corruption ne craignent ni Dieu ni l’au-delà, il ne sera pas étonnant qu’ils deviennent eux-mêmes corrompus. Dès lors, au lieu de réprimer la corruption et la criminalité dans ce pays, tout le monde s’emploiera à les entretenir collectivement.
La foi en l’au-delà et le caractère
À toutes les époques et chez toutes les nations, la formation du caractère a été hautement appréciée. C’est pourquoi les personnes vertueuses ont toujours été regardées avec respect. Dire la vérité, mener sa vie par des moyens licites, faire preuve de compassion envers autrui, aider les personnes en détresse, respecter la vie, les biens, la richesse et l’honneur d’autrui, rendre justice à tous sans distinction entre amis et ennemis, être laborieux et vertueux, faire preuve de sacrifice, de patience et de tolérance, exprimer sa gratitude, et autres qualités de ce genre sont universellement reconnues comme des traits d’un noble caractère.
La question qui se pose maintenant est la suivante : comment acquérir ces qualités morales ? Comment obtenir la motivation nécessaire pour les acquérir, et quelle peut être la source de cette motivation ?
Certes, il n’est pas impossible d’acquérir certaines des qualités mentionnées ci-dessus sans croire en Dieu et en l’au-delà. Mais elles seront partielles, temporaires, incomplètes et unilatérales (partielles). Sous l’impulsion du nationalisme et du patriotisme, on peut acquérir partiellement ces qualités uniquement dans l’intérêt du pays et de la nation. Mais, toujours dans l’intérêt du pays et de la nation, renoncer à ces qualités est à son tour considéré comme une action noble. Sous l’impulsion du nationalisme et du patriotisme, soumettre d’autres pays et d’autres nations, réduire leurs habitants en esclavage et les contraindre à mener une vie plus vile que celle des animaux n’est nullement considéré comme répréhensible.
On cite l’exemple de la nation anglaise en affirmant que, bien qu’elle ne croie pas collectivement en Dieu et en l’au-delà, elle serait plus digne de confiance, plus juste, plus véridique, plus magnanime et plus compatissante que les autres nations, et qu’elle serait dévouée au service de l’humanité. Mais la réalité est que, même si certains de ses membres possèdent individuellement quelques qualités morales, ceux qu’elle choisit collectivement comme représentants de la nation commettent ouvertement, sur la scène internationale, sans aucun scrupule, des crimes odieux tels que le mensonge, la tromperie, la violation des promesses, la trahison, l’injustice, l’iniquité et le meurtre. Malgré cela, ils reçoivent les félicitations de toute la nation. En quoi le comportement des dirigeants britanniques envers les habitants de leurs colonies était-il inférieur à la barbarie ? Clive, le dirigeant anglais dont le souvenir est toujours honoré, a joué dans les vergers de manguiers de Plassey un rôle de tromperie et de trahison pour établir les fondations de l’Empire britannique ; c’est un épisode mémorable de l’histoire. Un modeste employé de la Compagnie des Indes orientales arriva en Inde en 1744. Lorsqu’il retourna chez lui en 1760, il possédait environ deux crores de roupies en espèces. Le coffret à bijoux de sa femme contenait des pierres précieuses d’une valeur de deux lakhs de roupies. Il était alors l’homme le plus riche d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse. Ces richesses étaient le fruit du pillage injuste des sujets des royaumes conquis. Dans leur conception de la vie, piller les biens et les richesses d’autrui n’est pas contraire à la morale. Les injustices, les iniquités et les cruautés de Dalhousie et de Warren Hastings sont-elles des faits imaginaires ? De quel noble caractère les Américains, prétendus porte-parole de la civilisation et des droits humains dans le monde actuel, sont-ils donc les détenteurs ? Pour leurs propres intérêts, ils n’ont pas hésité à anéantir des centaines de millions d’êtres humains au moyen d’armes nucléaires. En établissant au Moyen-Orient un État juif appelé Israël, on a détruit la paix de toute la région ; des millions de personnes sont devenues sans abri et totalement démunies, et ont mené une vie inhumaine. Les Américains n’en sont-ils pas responsables ? Est-ce là un signe de compassion envers l’humanité ?
Dans le communisme et le socialisme, l’éthique et la moralité n’ont absolument aucune place. Hitler, Lénine, Staline et les autres dirigeants d’État, qui ne croyaient ni en Dieu ni en l’au-delà et firent couler des fleuves de sang de milliards d’êtres humains, de quel caractère étaient-ils donc dotés ? Nous observons la même scène en Chine.
Voici la déclaration d’Allah concernant l’impossibilité de devenir véritablement vertueux en rejetant l’au-delà :
(Arabe***************************)
« En vérité, ceux qui n’espèrent nullement Nous rencontrer dans l’au-delà, qui se satisfont de la vie terrestre et s’en rassurent, et qui restent indifférents à Nos signes, auront pour dernière demeure l’Enfer, en rétribution de leurs actes (accomplis selon leurs doctrines et leurs méthodes d’action erronées). »
— Sourate Yunus : 7-8)
Même après avoir rejeté l’au-delà, si l’on peut devenir vertueux et accomplir de bonnes œuvres, pourquoi leur dernière demeure serait-elle l’Enfer au lieu de recevoir en récompense le Paradis ? Certes, certains traits moraux peuvent être acquis, mais seulement sur la base de l’utilitarisme (UTILITARIANISM — la doctrine selon laquelle ce qui est utile au bien public est juste). Ces qualités morales restent limitées à l’individu et à la nation. Il n’existe donc d’autre choix, dans l’intérêt de l’humanité et indépendamment de la nation ou de la religion, que de reconnaître l’obéissance absolue à un Être infiniment puissant.
En outre, il est souhaitable de disposer d’une méthode ou d’un critère pour déterminer le bon caractère. Aucun pays ni aucune nation ne peut fournir à ses habitants un mode de vie juste, ni établir un critère du bien et du mal. Le bien et le mal sont déterminés selon l’époque, les circonstances et les intérêts nationaux. Ce qui est considéré comme bon aujourd’hui devient mauvais demain. Ainsi, dans les parlements de certains pays, on voit l’alcool être interdit à une époque, puis déclaré légal par la suite. Dans les pays nationalistes, les citoyens de leur propre nation sont honorés d’une certaine manière, tandis que les membres des autres nations sont totalement privés de cette considération. Même aux yeux de la loi, les ressortissants du pays et les étrangers ne bénéficient pas d’un traitement égal.
C’est pourquoi la foi en Allah et en l’au-delà est absolument nécessaire. Allah a donné aux êtres humains un mode de vie beau, harmonieux et complet, a déclaré ce qui est bien et ce qui est mal, et a établi des lois et des règles de conduite uniformes pour déterminer le juste et l’injuste. Ces règles et ces méthodes resteront immuables et inaltérables.
Après avoir déterminé le bien et le mal, ainsi que le juste et l’injuste, Allah déclare que les hommes seront jugés dans l’au-delà sur cette base. Les gens de bonne moralité y seront récompensés et obtiendront une vie de bonheur éternel. En revanche, le sort des gens de mauvaise moralité sera terrible. C’est une vérité inéluctable qu’il n’existe aucune raison légitime de nier.
Désormais, il est possible de mener une vie bonne et de parvenir à un bon caractère en se fondant sur une foi ferme en Dieu et en l’au-delà. En effet, la motivation spontanée à former un bon caractère ne peut être acquise que par la foi en l’au-delà. Tant que cette foi restera éveillée dans le cœur, elle inspirera les bonnes actions et la marche sur le droit chemin.
L’histoire de l’humanité témoigne également de ceci : chaque fois qu’un homme ou qu’un peuple a nié Dieu et l’au-delà, ou les a oubliés, il a sombré dans les profondeurs insondables de la déchéance morale. En raison des injustices et des oppressions qu’ils ont commises, les lamentations et les cris de douleur ont envahi la vie sociale. Finalement, ce peuple a été anéanti, et son nom ainsi que toute trace de son existence ont disparu de la terre.
Voyons maintenant quels arguments irréfutables le Noble Coran avance au sujet de l’au-delà. La foi en l’au-delà est si importante que la nier revient à nier Allah Lui-même ainsi que Ses prophètes et messagers. Ce n’est que lorsque, parallèlement à une foi ferme en l’unicité de Dieu et en la mission prophétique, naît une conviction ferme en l’au-delà que l’édifice de la vision islamique de la vie et du système de vie islamique, présenté par les prophètes et les messagers, est préservé. C’est précisément le refus de l’au-delà qui fera voler cet édifice en éclats.
C’est pourquoi Allah le Très-Haut dit :
( Arabe *******************************)
« Les mécréants jurent solennellement par Allah qu’Allah ne ressuscitera pas les morts. Comment ne les ressusciterait-Il pas ? C’est une promesse qu’Il s’est imposée à Lui-même et qu’Il accomplira certainement. Mais la plupart des gens ne le savent pas. Il les ressuscitera afin de leur exposer clairement la vérité au sujet de laquelle ils divergeaient. Ainsi, les mécréants sauront qu’ils étaient des menteurs. Pour donner existence à une chose, Il n’a rien d’autre à faire que de dire : “Sois !”, et aussitôt elle est. » — (sourate An-Nahl, 38-40)
Allah le Très-Haut expose ici la nécessité rationnelle et morale de la résurrection et du relèvement après la mort. Depuis les débuts de l’existence humaine, de nombreuses divergences et dissensions ont eu lieu au sujet de la vérité véritable. Ces désaccords ont provoqué des divisions, des conflits et des affrontements entre lignées, peuples et tribus. Sur cette base, les tenants et les propagateurs de diverses doctrines et conceptions ont établi leurs religions, leurs systèmes sociaux ainsi que leurs civilisations et leurs cultures respectives. À différentes époques, des millions de personnes ont sacrifié leur vie, leurs biens, leur honneur et leur dignité pour soutenir chacune de ces doctrines et en assurer l’établissement. Des affrontements sanglants ont également opposé les adeptes de conceptions différentes. Les partisans d’une doctrine ont tenté d’expulser ceux qui en adoptaient une autre. Les adeptes attaqués n’ont pas renoncé à leurs propres croyances et doctrines jusqu’à leur dernier instant. La conscience exige elle aussi qu’au sujet de divergences aussi violentes, la vérité soit absolument dévoilée : laquelle de ces positions était vraie et laquelle était fausse ? Qui était établi sur le droit chemin et qui s’en était égaré ? Il ne semble pas possible que cette vérité soit dévoilée sur terre. L’ordre de ce monde est tel qu’il est difficile d’y dégager la vérité de ses voiles. Il est donc nécessaire qu’existe un autre monde pour répondre à cette exigence de la conscience.
Ce n’est pas seulement une exigence de la conscience, mais aussi une exigence de la morale et de l’éthique. En effet, de nombreux groupes ont participé à ces désaccords, conflits et affrontements. Parmi eux, certains ont infligé oppression et persécution, tandis que d’autres les ont subies. Certains ont sacrifié leur vie et leurs biens, tandis que d’autres en ont tiré profit. Chacun a adopté, conformément à sa doctrine, une philosophie et une conception morales, ce qui a produit des effets bons ou mauvais dans la vie de millions de personnes. Il doit donc nécessairement venir un moment où les conséquences de tout cela apparaîtront sous la forme d’une récompense ou d’un châtiment. Si l’ordre de ce monde ne permet pas que les conséquences morales s’expriment pleinement, il faut nécessairement un autre monde où elles se manifesteront dans leur plénitude.
Allah dit :
(Arabe ****************************************)
« Vous devrez tous retourner vers Lui. Telle est la promesse inébranlable d’Allah. C’est Lui qui inaugure la création et c’est Lui qui la reproduira une seconde fois. La seconde création a pour raison qu’Il rétribuera avec justice ceux qui, après avoir eu la foi, ont accompli de bonnes œuvres. Quant à ceux qui ont suivi la voie des mécréants, ils boiront de l’eau bouillante et subiront un châtiment douloureux. Tel est leur châtiment pour avoir rejeté la vérité et pour tout ce qu’ils ont fait. » — (sourate Yûnus, 4)
Ici sont exposées l’affirmation de l’au-delà et sa preuve. L’affirmation est catégorique : l’au-delà, c’est-à-dire la résurrection de l’être humain, aura certainement lieu. Cette œuvre n’est nullement impossible. Pour preuve, il est dit que Celui qui peut créer une première fois est assurément capable de reproduire cette œuvre à maintes reprises. Donc, s’Il a créé l’être humain une première fois, pourquoi ne pourrait-Il pas le faire une seconde fois ?
La nécessité de l’au-delà est ensuite exposée. L’argument précédent suffit à établir que la seconde création est parfaitement possible. Il est ensuite expliqué que, du point de vue de la conscience et de la justice, la résurrection est particulièrement nécessaire, et que cette nécessité ne peut en aucune façon être satisfaite sans la résurrection. Ceux qui, après avoir reconnu Allah le Très-Haut comme Créateur et Seigneur, vivent véritablement dans la servitude et l’obéissance ont légitimement droit à une récompense ; quant à ceux qui rejettent la vérité et vivent de manière opposée, ils devraient également subir les conséquences de leurs actes. Or cette nécessité n’a nullement été satisfaite dans la vie terrestre, et il n’existe aucune possibilité qu’elle le soit. C’est précisément pour satisfaire cette nécessité que la résurrection, ou la vie de l’au-delà, est absolument indispensable.
(Arabe ***********************************)
« Chacun devra goûter à la mort, et, au Jour de la Résurrection, vous recevrez votre pleine rétribution. Ainsi, ceux qui, ce jour-là, seront préservés du feu de l’Enfer et admis au Paradis seront les véritables victorieux. » — (sourate Âl ‘Imrân, 185)
Ici encore, l’argument en faveur de la nécessité de l’au-delà est exposé. Il est d’abord question d’une vérité éprouvée : tout être humain est mortel. Le fait que tout être vivant goûte à la mort est une expérience quotidienne et concrète de l’être humain.
Ainsi, dans ce monde, l’être humain accomplit durant sa vie des actions bonnes et mauvaises. Il ne reçoit pas ici la juste rétribution de ses bonnes et de ses mauvaises actions. Une personne vertueuse peut passer toute sa vie à agir avec droiture sans en recevoir la récompense, tandis qu’un malfaiteur peut commettre de mauvaises actions toute sa vie sans subir de châtiment. Ce sont là des vérités tout à fait concrètes que nul ne peut nier. Pourtant, la récompense des bonnes actions et le châtiment des mauvaises actions sont absolument nécessaires. Puisqu’il n’est pas possible, dans l’organisation de ce monde, d’accorder une récompense juste et complète pour les bonnes actions ni un châtiment approprié pour les méfaits, l’existence d’une autre vie après la mort est indispensable.
(Arabe ***************************************************)
« Chacun devra mourir, et Nous vous éprouverons ici-bas par le bonheur et le malheur ; puis vous devrez revenir auprès de Nous pour recevoir le résultat de cette épreuve. »
— (sourate Al-Anbiyā : 35)
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Les arguments du Coran concernant l’au-delà
En réponse aux propos des mécréants, qui affirment qu’il n’existe aucune possibilité que l’être humain soit ressuscité longtemps après que ses os, sa peau, sa chair et ses particules se sont décomposés après la mort, Allah le Très-Haut dit :
( Arabe ***************************************************)
« Nous savons tout ce que la terre dévore du corps des morts. Et chaque atome, chaque particule qui y est mentionné est également conservé dans Notre Livre. » – (sourate Qaf : 4)
Si les ignorants incroyants ne comprennent pas comment Allah peut redonner la vie, cela ne fait que révéler l’étroitesse de leur connaissance. Cela ne signifie nullement qu’Allah en soit incapable. Ils pensent que, des milliers d’années après que les corps des hommes morts depuis les temps anciens, et qui mourront à l’avenir, se seront décomposés et réduits au néant, leur redonner forme est une chose impossible et irréaliste. Mais Allah dit que, même si les particules décomposées du corps humain échappent au regard et à la connaissance des hommes, elles n’échappent jamais à Sa connaissance. Allah sait où elles se trouvent et, de plus, elles sont consignées dans les moindres détails dans le Livre préservé. Sur Son seul ordre, elles se rassembleront de nouveau et reprendront exactement la forme du corps originel. L’homme ne recevra pas seulement une nouvelle vie : il retrouvera exactement le corps qu’il avait en ce monde. Pour Allah, ce n’est nullement une tâche difficile.
Allah a également répondu à ce genre précis de question en de nombreux endroits du saint Coran :
( Arabe ****************************************)
« Je vous ai créés. Pourquoi donc ne reconnaissez-vous pas la vérité de l’Au-delà ? » – (sourate Al-Waqi‘a : 57)
Si celui qui ne croit pas à l’Au-delà reconnaît qu’Allah est Celui qui l’a créé, pourquoi refuserait-il de reconnaître qu’Il peut également le créer une seconde fois ?
( Arabe ******************************************)
« Ô vous, les hommes ! Si vous avez des doutes au sujet de votre résurrection au Jour de la Résurrection, souvenez-vous donc que Nous vous avons créés une première fois à partir de la terre, puis d’une goutte de sperme, puis d’un caillot de sang, puis d’un morceau de chair, dont une partie est formée et une autre reste informe. Nous vous montrons ainsi Notre puissance. Nous maintenons dans les matrices qui Nous voulons jusqu’à un terme fixé, c’est-à-dire jusqu’à l’accouchement. Puis Nous vous faisons sortir du ventre de vos mères à l’état de nouveau-nés, afin que vous atteigniez l’âge adulte. Certains d’entre vous meurent avant cet âge, tandis que d’autres atteignent un âge avancé et deviennent vieux. Il en résulte qu’après avoir acquis la connaissance d’une chose, vous devenez ensuite inattentifs à son sujet. (Deuxièmement,) vous voyez la terre desséchée. Puis, lorsque Nous y faisons tomber la pluie, elle devient fertile et vivante, et produit diverses sortes de belles récoltes. » – (sourate Al-Hajj : 5)
Les événements susmentionnés sont des réalités qui se produisent constamment sous nos yeux. Personne ne peut les nier. Bien que ceux qui ne croient pas à l’au-delà reconnaissent ces faits comme vrais, ils déclarent que l’au-delà est irréel. Ce n’est qu’un déni obstiné de leur part ; autrement, cela ne repose sur aucun argument.
Afin de dissiper les illusions des hommes, Allah a attiré leur attention sur le mystère de leur naissance :
( Arabe ***********************************************)
« Avez-vous considéré ce que vous émettez comme sperme dans les matrices lors de vos rapports conjugaux ? Est-ce vous qui en créez l’enfant, ou bien est-ce Moi ? Nous avons réparti entre vous la mort. Nous ne sommes nullement incapables de vous remplacer par des êtres semblables à vous et de vous faire renaître sous une forme que vous ne connaissez pas. Vous connaissez certes votre première création. Pourquoi donc ne réfléchissez-vous pas ? »
— (sourate Al-Waqi‘a, 58-62)
Dans Son discours concis, Allah a posé devant l’humanité une question extrêmement importante. Si l’homme, abandonnant tous les raisonnements et toutes les controverses, réfléchissait uniquement au mystère de sa naissance, tout lui deviendrait parfaitement clair. Dès lors, aucun doute ne subsisterait dans son esprit quant à l’existence et à l’unicité de Dieu, ni quant à l’au-delà,
Allah demande : après que les spermatozoïdes de l’homme et de la femme se sont réunis, l’enfant commence-t-il de lui-même à se former à partir d’eux ? La procréation est-elle l’œuvre de l’être humain ou celle d’une autre puissance ? Quelle capacité l’homme et la femme possèdent-ils donc pour que, dès que leurs semences se réunissent, ils donnent naissance à un enfant ?
Toute personne douée d’une raison saine et d’une conscience répondra : « Non, non, non, tout cela dépasse le pouvoir de l’être humain. » Observez l’évolution progressive du mélange des semences de l’homme et de la femme, depuis son entrée dans l’ovaire de la femme jusqu’à la naissance de l’enfant.
Après l’union des spermatozoïdes et des ovules extrêmement minuscules de l’homme et de la femme, il se forme une cellule, puis, à partir de celle-ci, un amas de sang. Quelque temps plus tard, cet amas de sang en croissance prend la forme d’un petit être humain. Cette forme est incomparable, unique. Elle ne ressemble à aucune autre. Elle peut être belle ou laide, dotée de tous ses membres ou handicapée. Puis, lui conférer un talent exceptionnel, des connaissances, une intelligence, une mémoire remarquable et un pouvoir d’invention inépuisable, ou faire le contraire : tout cela est-il l’œuvre d’un artiste humain ? Non, est-ce l’œuvre d’une divinité, d’un démon ou d’un monstre, en dehors de Dieu ?
L’approvisionnement en nourriture, par des moyens divers, du corps humain en croissance durant la gestation, ainsi que la préparation anticipée, avant même sa naissance, de la nourriture, des boissons, du refuge qui lui conviendront dans ce monde et de son éducation dans un environnement entouré d’une affection, d’une tendresse et d’un amour sincères : tout cela est-il soumis au plan d’un autre artiste que le même artiste, cet artiste tout-puissant et unique, Créateur et Nourricier de l’univers, Allah ?
Quelqu’un dira peut-être que tout cela est l’œuvre de la nature. Mais que veut-on dire par « nature » ? Les gens de cette sorte qualifient toutes les créations de processus d’action et de réaction consécutif à un accident (action and reaction after an accident). Mais la « nature » possède-t-elle une connaissance propre, un plan, un dessein particulier pour chaque création, une volonté et une force d’action, ou le pouvoir d’accomplir quoi que ce soit ? Celle que vous voulez appeler « nature » est elle aussi entièrement soumise au contrôle du Créateur de l’univers. La lumière, l’air, les nuages du ciel, la pluie, la naissance de la végétation grâce aux précipitations, la belle verdure qui nous entoure, le cours d’eau qui s’écoule en murmurant, le gazouillis des oiseaux dans les bosquets : tout cela est contrôlé par la main experte de la même Grande Puissance.
En outre, Allah dit qu’Il a réparti la mort parmi nous, c’est-à-dire que tous sont mortels et que la durée de vie de chacun n’est pas la même. Certains quittent ce monde dès l’instant de leur naissance, tandis que d’autres vivent plus de cent ans. La mort arrive à la porte de l’être humain à n’importe quel moment, à l’improviste. Allah a fixé Lui-même l’heure et l’instant de sa venue. Il n’est pas possible qu’elle survienne un seul instant plus tôt ou plus tard. Mais enfin, une fois la mort venue, personne ne peut retenir personne. Même l’empereur le plus puissant du monde, dont l’empire ne voit jamais le soleil se coucher, quelqu’un a-t-il pu le retenir malgré tous ses efforts ? Ainsi, combien d’enfants, laissant leurs parents flotter dans une mer de chagrin, combien d’amants, embrasant leur bien-aimée du feu d’une séparation éternelle, combien de pères et de mères, abandonnant leurs jeunes enfants orphelins et sans soutien, partent vers l’au-delà de la mort, sans que personne puisse rien y faire. La science se glorifie de ses découvertes toujours nouvelles et extraordinaires. Mais jusqu’à aujourd’hui, quelqu’un a-t-il découvert un remède contre la mort ? Quelqu’un a-t-il réussi à en découvrir un antidote ? La vie et la mort sont liées par les chaînes d’un ordre et d’une loi immuables. Elles sont sous le contrôle d’une main si puissante qu’il est impossible d’y déroger de quelque manière que ce soit. Allah est l’unique maître de cette puissance. Il est le Maître de la vie et de la mort, le Maître et Seigneur de ce monde comme de l’au-delà.
Dans le verset du Saint Coran évoqué ici, Allah proclame également qu’Il n’est pas seulement capable de créer l’humanité selon une seule méthode rigide. Il est aussi capable de la créer sous d’autres formes et par d’autres méthodes, au-delà de la connaissance humaine. Il a créé le premier homme, Adam, d’une manière particulière. Il a créé Jésus en faisant exception à la règle habituelle de la naissance. Pour recréer une personne morte, il ne sera pas nécessaire de la placer sous forme de spermatozoïde dans l’ovule d’une femme. Il est parfaitement capable de lui rendre la vie exactement sous la forme physique et avec le développement qu’elle avait au moment de sa mort. Dès lors, que peut être, sinon de la stupidité, le fait de nier l’au-delà tout en entretenant des idées erronées sur la puissance et la connaissance infinies d’Allah, maître d’un art créateur aussi mystérieux ?
Allah dit encore : « Dans la vie terrestre, vous avez reçu une forme déterminée de la vue, de l’ouïe et des autres sens. Dans l’au-delà, Je suis également capable de les transformer et de leur donner une autre forme. Ce jour-là, vous verrez et entendrez certaines choses que vous ne percevez pas maintenant. Aujourd’hui, votre peau, vos mains et vos pieds, vos yeux et les autres parties de votre corps ne possèdent pas la parole ; la parole que possède votre langue est un don qui vient de Moi. De même, dans l’au-delà, Je suis capable de donner la parole à chacun de vos membres. Dans ce monde, Je vous ai accordé une durée de vie déterminée, à laquelle il n’a jamais été et ne sera jamais fait exception. Mais dans l’au-delà, Je modifierai cette loi et vous accorderai une vie éternelle et inépuisable. Aujourd’hui, il y a une limite à vos souffrances ; si vous la dépassez, vous ne pouvez plus rester en vie. Ici, la naissance et la mort sont soumises à Ma loi irrévocable. Dans l’au-delà, Je modifierai cette loi et vous accorderai une vie durant laquelle vous resterez vivants tout en subissant éternellement les châtiments les plus sévères. Il est au-delà de votre imagination qu’un vieillard puisse un jour retrouver sa jeunesse. L’être humain sera parfaitement exempt de maladie et la vieillesse ne touchera personne. Tout ce qui se produit ici — l’arrivée successive de l’enfance, de la jeunesse et de la vieillesse, l’attaque des maladies et la guérison — relève de Mes lois immuables. Dans l’au-delà, J’établirai pour votre vie un nouvel ordre de lois. Dès qu’il entrera au paradis, l’homme bienheureux retrouvera la jeunesse éternelle. Alors, il n’y aura aucune possibilité que le soleil de sa jeunesse décline à l’occident de l’horizon de sa vie, et jamais la moindre maladie ne pourra le toucher ! »
Enfin, Allah dit : « Vous savez certainement que vous êtes nés selon une méthode mystérieuse et miraculeuse. Comment une goutte de sperme a été transférée du réservoir séminal du père dans le sein de la mère, devenant la cause de votre naissance. Comment vous avez été nourris dans l’obscurité du sein maternel, puis envoyés dans ce monde comme des êtres humains vivants. Comment, par la croissance et le développement progressifs d’un spermatozoïde minuscule, un esprit, un cerveau, des mains et des pieds, un nez, des oreilles et des yeux ont été placés en lui avec une parfaite harmonie. Comment lui ont été accordés la conscience, la sensibilité, l’intelligence, divers arts et savoir-faire, ainsi qu’un pouvoir d’invention extraordinaire. Le miracle incomparable que l’on découvre dans tout cela est-il en quoi que ce soit inférieur au fait de rendre les morts à la vie ? Ce miracle, vous l’observez de vos propres yeux des centaines de fois, jour et nuit. Pourquoi donc, malgré cela, nier encore l’au-delà ? »
(Arabe************************************)
Celui qui nie l’Au-delà dit : « Qui donc, après la mort et la décomposition des os et de la chair, pourra leur redonner la vie ? » Dis-lui, ô Prophète : « Celui qui les a créés la première fois leur redonnera la vie. Il est parfaitement habile dans l’art de créer. C’est Lui qui, pour vous, a fait surgir le feu des arbres verdoyants, et c’est avec lui que vous allumez vos foyers. Celui qui a créé les cieux et la terre ne serait-Il pas capable de créer quelque chose de semblable ? Certes, Il en est capable. Il est l’Habileté parfaite dans l’art de créer. Lorsqu’Il veut une chose, Il lui ordonne seulement : “Sois !”, et elle est aussitôt. »
— (Sourate Yâ-Sîn : 78-82)
Quel argument plus puissant que celui-ci pourrait-il y avoir en faveur de la résurrection ? Prenons, à titre d’exemple, le cas d’un horloger qui fabrique des centaines de montres. Si, sous ses yeux, quelqu’un réduisait une montre en morceaux et disait qu’il serait désormais absolument impossible de la fabriquer de nouveau, tout le monde reconnaîtrait sa stupidité. Celui dont le métier consiste à fabriquer sans cesse de nouvelles montres pourra certainement, sans aucun doute, reconstituer une montre identique à partir des pièces éparses d’une montre brisée. Penser que le Créateur et Artisan tout-puissant, qui a créé l’être humain une première fois à partir d’éléments assemblés de manière prodigieuse, ne pourrait pas le recréer est une idée étrange et risible. La création d’un être humain complet s’accomplit par une évolution progressive : d’abord une cellule dans le sein de la femme, puis un caillot de sang, puis une masse de chair, et enfin un être humain complet. Derrière cette évolution progressive n’agit que la volonté du grand Créateur, Allah, exalté soit-Il. Même si la création de l’être humain suit une telle méthode graduelle, toute chose peut venir à l’existence dès qu’Allah en donne l’ordre ; Il en a également le pouvoir. Par conséquent, pour que l’être humain revive après la mort, il ne sera pas nécessaire qu’il franchisse les différentes étapes de la gestation dans le sein de la femme, et telle n’est pas non plus la volonté d’Allah. Seuls Sa volonté et Son commandement sont nécessaires. Par Sa volonté et Son commandement, les molécules et les atomes décomposés du corps humain s’assembleront en un instant pour former un être humain complet, fait de chair, de sang, d’os et de peau, et il viendra à l’existence vivant. C’est une chose très simple et parfaitement compréhensible.
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L’argument historique en faveur de l’Au-delà
Dans Sa profonde sagesse, Allah, exalté soit-Il, tout en décrivant l’Au-delà, a d’une part invité les hommes à réfléchir et à étudier le prodige de la création, et d’autre part a fait des événements du passé des témoins de la certitude de l’Au-delà.
(Arabe **************************************)
« Par le mont Ṭûr ! Par le Livre saint manifeste, inscrit sur un parchemin de cuir lisse et déployé ! Par la Maison fréquentée, par la voûte céleste élevée et par la mer déchaînée aux vagues tumultueuses ! Le châtiment de ton Seigneur s’accomplira certainement ; nul ne pourra l’empêcher. » — (Sourate At-Tûr : 1-8)
Dans le verset évoqué, le châtiment désigne l’au-delà. En effet, l’au-delà apportera à ceux qui le nient un châtiment extrêmement terrifiant et douloureux. Afin d’ancrer dans les esprits la conviction que l’au-delà est une vérité inéluctable, Allah Très-Haut a juré par cinq choses. Autrement dit, ces cinq choses témoignent de la réalité de l’au-delà.
Considérons tout d’abord le mont Ṭūr : c’est une montagne historique et sacrée sur laquelle Allah Très-Haut s’entretint avec le prophète Moïse (sur lui la paix) et le revêtit de la couronne de la prophétie. C’est également en ce lieu que fut prise la décision de la décadence d’un peuple extrêmement puissant et de la transformation du destin d’un autre peuple opprimé et écrasé. Cette décision ne fut pas prise en vertu de la loi du monde fondée sur les nombres et la force (loi physique), mais conformément à la loi morale et à la loi de rétribution des mauvaises actions. C’est pourquoi le mont Ṭūr a été présenté comme un signe de la preuve historique de la réalité de l’au-delà.
C’est au cours de cette nuit grandiose, sur le mont Ṭūr, que fut décrété l’engloutissement dans les profondeurs de la mer Rouge de Pharaon, ce tyran ivre de puissance qui revendiquait la divinité sur les hommes, avec son armée et ses dignitaires, alors qu’il régnait sur une immense étendue de terre. Il y fut également décidé de libérer à jamais de l’esclavage les Banû Isrâ’îl, désarmés, innocents, persécutés et écrasés.
L’exigence de jugement moral qu’Allah Très-Haut, Seigneur et Maître de l’univers, formule à l’égard des êtres humains doués de raison et de conscience, de libre arbitre et de capacité d’agir, demeure et demeurera à jamais, dans l’histoire de l’humanité, un exemple éclatant à travers l’événement évoqué plus haut. Pour satisfaire cette exigence d’Allah Très-Haut, il est donc absolument nécessaire qu’advienne un Jour du Jugement, où toute l’humanité sera rassemblée et jugée avec une minutie absolue. Il est logique que cela ait lieu après la fin de la vie humaine. En ce jour du Jugement, nul ne pourra échapper au châtiment, même pour la moindre injustice ou la moindre iniquité.
Dans le verset évoqué, l’expression « Livre sacré » désigne l’ensemble des Livres révélés aux prophètes précédents, à savoir la Torah, l’Évangile, les Psaumes et les autres Livres célestes. Ces Livres étaient encore conservés entre les mains de nombreuses personnes. Par leur intermédiaire, les autres prophètes ont exposé au sujet de l’au-delà la même doctrine que le dernier prophète, Muhammad Mustafa (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), présenta aux Qurayshites. Chaque prophète a affirmé que toute l’humanité serait un jour rassemblée devant Dieu et que chacun devrait alors rendre compte de ses propres actes. Aucun prophète n’a reçu de Livre qui ne mentionne pas l’au-delà, ni dans lequel il aurait été dit qu’il n’existe rien de tel après la mort.
Ensuite, Allah Très-Haut a juré par le Bayt al-Ma‘mûr. Dans chaque ciel et au Paradis se trouve une demeure sacrée, vers laquelle les anges et les habitants des cieux s’orientent pour adorer et servir Allah. La noble Kaaba de La Mecque est appelée le Bayt al-Ma‘mûr terrestre, car cette demeure fut d’abord construite par les anges, puis par le prophète Abraham (sur lui la paix), à l’image du Bayt al-Ma‘mûr du Paradis.
La noble Kaaba porte les témoignages éclatants de plusieurs vérités. Il est clair comme le jour que la véracité des prophètes d’Allah, Sa sagesse éternelle et Sa puissance infinie entourent cette demeure sacrée.
Environ deux mille cinq cents ans (selon un autre avis, quatre mille ans) avant la révélation de ce noble verset, un homme exilait et quittait, dans une contrée désertique et inhabitée, entourée de montagnes et dépourvue de toute végétation, son épouse bien-aimée et son unique nourrisson encore allaité. Quelque temps plus tard, ce même homme construisit en ce lieu une demeure destinée au culte d’Allah et lança cet appel solennel : « Ô humanité, venez contempler cette demeure sacrée et accomplir le hajj. »
Son appel possédait une telle force magnétique et conquérait à ce point le cœur et l’esprit des hommes que la Maison devint le centre d’attraction de toute l’Arabie. Cet illustre prédicateur n’était autre que le glorieux prophète, le vénérable Ibrahim, l’ami intime d’Allah (paix sur lui). À son appel, d’innombrables personnes accoururent de chaque ville, village et contrée d’Arabie pour visiter cette Maison, faisant retentir les environs de leurs voix : Labbaïka Allahumma labbaïk — « Nous voici, nous voici, ô Allah, nous voici ». Car c’était la Maison d’Allah.
Depuis sa construction, pendant des milliers d’années et jusqu’à la révélation du verset précité, cette Maison a été — et demeure aujourd’hui encore — un sanctuaire de paix et de sécurité.
À cette époque, dans toute l’Arabie, de pays à pays, de peuple à peuple et d’homme à homme, se livrait une véritable hécatombe. Mais à l’approche de cette Maison sacrée, même le poing de l’homme le plus indomptable et le plus assoiffé de sang se relâchait. Jamais personne n’osa lever la main à l’intérieur de ses limites. Grâce à cette Maison, les Arabes purent bénéficier de quatre mois sacrés durant lesquels régna partout une paix totale et une parfaite sécurité pour leurs vies, leurs biens et leur honneur. Pendant cette période, ils circulaient librement et sans crainte avec leurs marchandises. Leur commerce prospérait également comme une récolte en pleine croissance.
Telle était la grandeur extraordinaire de cette Maison sacrée qu’aucun conquérant puissant ne pouvait même tourner vers elle un regard avide. À peine quarante-cinq ans avant la révélation de cette Parole sacrée, un souverain imprévoyant et orgueilleux de son pouvoir lança une expédition dans le but de réduire cette Maison en poussière. À cette époque, toute l’Arabie ne possédait aucune force capable de lui résister. Pourtant, loin de pouvoir toucher à cette Maison, il fut entièrement anéanti avec sa vaste armée avant même d’en atteindre les limites. Leurs os et leur chair furent réduits en miettes par un moyen miraculeux. Lorsque cet événement fut évoqué, nombre de ceux qui l’avaient vu de leurs propres yeux étaient encore en vie.
Tout cela ne constitue-t-il pas la preuve véritable que les prophètes d’Allah ne tiennent aucun propos imaginaire ? Leurs yeux voient des choses qui échappent au regard des autres. Leurs bouches expriment des vérités et des faits que les autres sont incapables de comprendre. Ils disent et accomplissent certaines choses, si bien que nombre de leurs contemporains les qualifient de fous. Puis, des siècles plus tard, les hommes louent avec enthousiasme leur sagesse et leur clairvoyance. Lorsque de tels hommes éminents ont répété, à chaque époque, la même vérité — que l’au-delà viendra certainement — que peut-on appeler l’incrédulité à son égard, sinon de l’obstination insensée ?
Ensuite, Allah a mentionné le ciel élevé, signe de Son art créateur extraordinaire, et l’a présenté comme témoin de l’au-delà. Même à l’époque du progrès extrême de la science, les savants n’ont pas été capables d’acquérir une connaissance complète du ciel. L’immensité de son étendue, ainsi que l’endroit où elle commence et où elle finit, demeurent encore au-delà de leur savoir. Le vide infini que l’on voit au-dessus de nos têtes, où se meuvent la Lune, le Soleil, les planètes et les étoiles, séparés par des dizaines de millions de kilomètres, est-il lui-même le ciel, ou bien le ciel commence-t-il à ses limites ultimes ? Il est difficile de l’affirmer avec certitude. À la vitesse de la lumière, qui est de cent quatre-vingt-six mille miles par seconde, la lumière de nombreuses étoiles n’est pas encore parvenue sur la Terre depuis qu’elle a commencé son voyage. Il n’a pas encore été possible de mesurer la distance entre la Terre et l’endroit où se trouvent ces étoiles.
Pour les savants, le ciel est sans aucun doute une immense merveille. Selon eux, notre système solaire se trouve dans une partie de cette portion du ciel qu’ils appellent une galaxie, ou Voie lactée. Cette seule galaxie contient la Lune, le Soleil, les planètes et les étoiles. Les dernières observations scientifiques ont révélé l’existence d’au moins un million de galaxies. Parmi ces innombrables galaxies, la plus proche de nous met un million d’années à faire parvenir sa lumière jusqu’à la Terre. Pourtant, cette lumière se déplace à une vitesse de cent quatre-vingt-six mille miles par seconde.
La portion infime de l’univers supérieur dont la science nous a jusqu’à présent donné connaissance possède déjà une étendue si immense et si vaste. L’ampleur de la puissance et du savoir du Créateur de tout cela dépasse notre imagination. À cet égard, la connaissance humaine est plus infime qu’une goutte d’eau comparée à un océan. Si l’être humain, si petit qu’il soit, se permet de déclarer au sujet du Dieu qui a donné l’existence à cet extraordinaire royaume de la création qu’Il est incapable de ressusciter les morts après leur décès ou de créer un monde nouveau après l’anéantissement et la destruction universels, il faut dire qu’un grave désordre s’est produit dans son univers mental.
Ensuite, voyez donc : la présence des mers déchaînées et ondoyantes à la surface de la Terre est-elle un moindre sujet d’émerveillement ? Les trois quarts de la Terre sont couverts d’eau et le dernier quart est constitué de terres émergées. C’est ce qu’enseigne la géographie. Avec l’immense masse d’eau des mers et le poids considérable des terres, la Terre tourne sans cesse dans l’espace comme une toupie. À force d’y réfléchir, la tête de l’homme en tourne elle-même.
Si quelqu’un étudie et réfléchit profondément à la mer, avec un regard clair et impartial, son esprit témoignera que la concentration de cette immense masse d’eau à la surface de la Terre est une œuvre de création qui ne peut en aucun cas être le fruit d’un accident soudain. De plus, tant de sagesses y sont liées qu’une organisation aussi parfaite, harmonieuse, rationnelle et équilibrée ne pourrait absolument pas s’être produite spontanément, sans Créateur ni Maître souverain.
D’innombrables créatures ont été créées dans les profondeurs de la mer. Leurs formes et leurs structures sont diverses. Chacune a été créée exactement en fonction de la profondeur qui lui a été assignée comme habitat. L’eau de la mer a été rendue salée. Ainsi, bien que d’innombrables êtres y meurent chaque jour, leurs cadavres ne pourrissent ni ne se décomposent au point de polluer l’eau de mer. L’augmentation et la diminution de la masse des eaux ont été limitées et régulées de telle manière qu’elle ne disparaît jamais en pénétrant dans les profondeurs du sol sous le fond marin, et qu’elle ne déborde pas avec une force démesurée au point d’inonder toutes les terres émergées. Depuis des dizaines de millions d’années, ses variations restent limitées dans les bornes qui lui ont été fixées. Ces variations elles-mêmes se produisent sur l’ordre du Créateur.
Sous l’effet de la chaleur du soleil, la masse des eaux marines produit de la vapeur, qui s’élève dans les airs. De cette vapeur se forment les nuages. Poussées par les vents, les nuées arrosent diverses régions des terres émergées. Grâce aux précipitations, ce ne sont pas seulement les besoins de l’homme qui sont satisfaits : tout ce qui est nécessaire à la vie des êtres terrestres est produit.
L’homme tire également des profondeurs de la mer une abondante nourriture. Il en extrait des perles précieuses, du corail, des diamants et des joyaux. Des navires sillonnent sa surface, allant d’un pays à l’autre. Le commerce s’y déroule librement, et les hommes se déplacent d’un endroit à l’autre. Cette relation profonde, étroite et bénéfique entre les terres émergées et l’humanité n’est possible que grâce à l’organisation harmonieuse d’une main experte. Il ne s’agit absolument pas d’un système dirigé par le simple hasard des événements.
À la lumière de l’exposé qui précède, ne faudra-t-il pas accepter comme une vérité incontestable qu’un Dieu unique et tout-puissant a créé la mer avec une telle grandeur, parmi les innombrables autres choses nécessaires à l’établissement et à la subsistance de l’humanité ?
S’il en est ainsi, seul un homme dépourvu de raison pourrait dire que Dieu fera apparaître des nuages au-dessus de la mer pour assurer sa subsistance et rendra sa terre abondamment pourvue d’eau, fertile et couverte de récoltes, mais qu’Il ne lui demandera jamais s’il Lui a exprimé sa gratitude ou s’il s’est montré ingrat, alors qu’il ne vit que par Sa grâce. C’est Allah le Très-Haut qui lui a accordé la force, le savoir et l’intelligence nécessaires pour conduire des embarcations sur la mer déchaînée, tout en la maintenant soumise et maîtrisée. Mais ne lui demandera-t-Il jamais s’il a dirigé ces embarcations sur la voie de la justice et de la vérité, ou s’il les a utilisées pour piller les biens d’autrui ? Serait-il faux de qualifier de fourvoyés dans leur raisonnement ceux qui tiennent de telles pensées et de tels propos ?
Celui dont la puissance infinie se manifeste ne serait-ce que dans la création de cette mer mystérieuse et sans limites, celui qui a placé une masse infinie d’eau à la surface de la Terre tournoyant dans l’espace, celui qui a dissous d’inépuisables réserves de sel et les a mêlées aux profondeurs de la mer, celui qui y a créé d’innombrables êtres et pourvu à leur nourriture, celui qui en prélève chaque année des milliards de gallons d’eau pour arroser des centaines de millions d’acres de terres arides, celui-là serait, après avoir créé une seule fois l’humanité, devenu si impuissant qu’il ne pourrait plus la créer une seconde fois ? Si quelqu’un proférait de telles divagations et de telles absurdités, vous diriez probablement qu’il a certainement perdu son équilibre mental.
Dans le Noble Coran, Allah, exalté soit-Il, a présenté d’innombrables arguments irréfutables concernant l’inéluctabilité de l’au-delà. Après cela, nul ne peut avoir le moindre doute au sujet de l’au-delà.
Le monde d’ici-bas est un lieu d’épreuve pour l’être humain
“(Arabe *********************************)
C’est Lui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de voir lequel d’entre vous est le meilleur en œuvres (en actes accomplis). » — (sourate Al-Mulk, 2)
Que le monde d’ici-bas soit un lieu d’épreuve pour l’être humain, cela est également affirmé en plusieurs endroits du Coran. Il ne cesse de passer l’épreuve jusqu’au moment précédant sa mort. Dès sa mort, son épreuve prend fin. L’épreuve est certes terminée, mais son résultat ne peut en aucune manière être connu. Or, sans l’annonce du résultat, une épreuve est dépourvue de sens. L’épreuve vise précisément à déterminer qui est le meilleur en œuvres. Celui qui a passé l’épreuve est mort. On ne sait donc pas s’il a réussi ou échoué à l’épreuve. Puisque la mort est survenue avant la publication du résultat, une autre vie est nécessaire après la mort pour que ce résultat soit connu. C’est cela, la vie de l’au-delà.
Il s’ensuit donc que le résultat de l’épreuve que l’être humain a passée tout au long de sa vie sera publié après sa mort. À cette fin, chaque être humain sera ressuscité dans un monde nouveau et présenté devant Allah, exalté soit-Il. Ce lieu est appelé la plaine du Rassemblement. C’est depuis cette assemblée que seront annoncés le succès et l’échec de l’épreuve humaine. Il sera ordonné aux bienheureux d’entrer au Paradis et aux malheureux d’entrer en Enfer.
Bien que l’annonce définitive du bien et du mal soit faite au tribunal de l’au-delà, chacun comprendra, au moment de sa mort, quelle sera sa demeure. Ils le comprendront à travers le comportement des anges au moment de leur mort. Cette question sera abordée en son lieu.
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Le monde de Barzakh
Une question surgit dans l’esprit : où l’âme humaine se rend-elle immédiatement après la mort, et où demeure-t-elle ? Après le jugement et le compte des actes, le Paradis ou l’Enfer deviendra l’un ou l’autre sa demeure permanente, le Jour de la Résurrection. Mais, durant la très longue période qui précède la Résurrection, où l’âme séjournera-t-elle ?
La réponse se trouve également dans le Noble Coran. Bien que la période qui suit immédiatement la mort soit considérée comme faisant partie de l’au-delà, l’intervalle entre la mort et le Jour du Jugement porte un nom particulier ; dans la terminologie islamique, on l’appelle le monde de Barzakh.
Le mot « Barzakh » signifie : un voile, un rideau. Le monde de Barzakh désigne un monde invisible recouvert d’un voile. Ou bien, le monde invisible de Barzakh constitue un immense voile entre le monde matériel et l’au-delà.
Allah dit :
(Arabe *********************************)
« Et derrière eux se trouve le Barzakh, jusqu’au jour où ils seront ressuscités et relevés. » — (sourate al-Mu’minûn, 100)
Dans l’islam, on distingue quatre sortes de mondes. Premièrement, le monde des âmes, ʿĀlam al-Arwāḥ. Deuxièmement, le monde des corps, ʿĀlam al-Ajsām, c’est-à-dire le monde grossier ou matériel (le monde actuel). Troisièmement, le monde de Barzakh, le monde invisible voilé qui suit la mort. Quatrièmement, le monde de l’au-delà, ʿĀlam al-Ākhirah, le monde éternel qui vient après la Résurrection.
Après la création du premier être humain, le prophète Adam (que la paix soit sur lui), toutes les âmes de l’humanité vinrent à l’existence, à un moment donné, par le seul ordre d’Allah. Leur séjour temporaire se trouve dans cet Alam al-Arwah, ou monde spirituel.
Un jour, Allah s’adressa collectivement à ces âmes (les descendants humains dépourvus de corps ou dotés d’un corps subtil) en disant :
(Arabe ************************)
« Ne suis-je pas votre Créateur et Seigneur, votre Nourricier ? » Toutes les âmes répondirent d’une seule voix : « Certainement, Vous seul êtes notre Créateur et notre Seigneur. »
Ainsi, Allah obtient de toutes les âmes créées pour ce monde, c’est-à-dire des êtres humains, la reconnaissance de leur servitude et de leur obéissance envers Lui. Car reconnaître Allah comme Seigneur constitue en soi la reconnaissance de la servitude et de l’obéissance. Le lieu où ces âmes séjournaient avant leur venue dans ce monde et où elles séjournent encore est l’Alam al-Arwah, le monde où résident les âmes.
Puis, lorsque commença l’arrivée des êtres humains dans ce monde, les âmes commencèrent à être transférées une à une de ce monde spirituel subtil vers ce monde matériel grossier. Après que la forme complète de l’enfant s’est constituée dans le sein maternel, sur le seul ordre d’Allah Ta‘ala, l’âme déterminée, c’est-à-dire l’être humain dépourvu de corps, entre du monde spirituel dans la forme humaine présente dans le sein maternel. Puis, au moment fixé, il vient au monde et entre dans la vie terrestre.
Après la mort, l’âme est de nouveau transférée du monde matériel vers l’Alam al-Barzakh. L’âme ne fait que quitter le corps. Elle ne meurt pas.
La partie particulière de l’Alam al-Barzakh où l’âme séjourne porte le nom de « tombe ». Cependant, les tombes ne seront pas toutes de même nature. Pour certains, la tombe sera semblable à une maison d’hôtes d’Allah. Pour d’autres, elle sera semblable à l’étroite cellule d’une prison réservée aux criminels.
Les âmes des êtres humains décédés y demeureront pendant une période déterminée, c’est-à-dire jusqu’à l’instant précédant la Résurrection.
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Description de la tombe
Dans le cadre de la description de la période qui suit la mort, le Noble Coran et les hadiths ont décrit la tombe. À l’époque préislamique, les polythéistes arabes ainsi que les juifs et les chrétiens enterraient tous leurs morts sans distinction.
D’un point de vue matériel et extérieur, la tombe n’est qu’une fosse de terre dans laquelle le cadavre est enterré. La terre finit par dévorer ce cadavre. Mais la véritable tombe est une réalité appartenant à un monde invisible et subtil, qui dépasse notre savoir, notre raison et notre imagination. Il a été dit plus haut que la tombe constitue une partie du monde du Barzakh.
En réalité, après sa mort, que l’être humain soit enterré, réduit en cendres sur un bûcher, dévoré par des bêtes sauvages ou englouti dans l’eau pour devenir la nourriture des animaux aquatiques, l’endroit où sera placée son âme séparée de son corps est sa tombe. Au son de la troisième trompette d’Israfil, chacun retrouvera une vie nouvelle, se lèvera de sa tombe et se dirigera rapidement vers le champ du Jugement.
Pharaon a été englouti avec son armée dans les profondeurs de la mer Rouge. La grande armée est peut-être devenue la nourriture des animaux aquatiques. Ou bien, après que les cadavres flottants de nombre de ses soldats eurent atteint le rivage, ils sont devenus la nourriture des chacals, des chiens et des rapaces. Le cadavre de Pharaon est conservé depuis des milliers d’années dans un musée égyptien, où quiconque le souhaite peut encore le voir de ses propres yeux. Mais les âmes de tous se trouvent dans leurs tombes respectives. Leur châtiment s’y poursuit.
(Arabe ****************************************)
« Allah sauva le croyant de la famille de Pharaon des conséquences néfastes de leur complot, tandis qu’un terrible châtiment s’abattit sur le peuple de Pharaon après leur mort. (Il s’agit du châtiment du feu de la Géhenne.) Puis, lorsque l’Heure surviendra, il sera ordonné : “Jetez le peuple de Pharaon et ses partisans dans le châtiment le plus sévère.” » — (Sourate al-Mu’min, 45-46)
Le verset précité constitue une preuve concrète du terrible châtiment que les pécheurs devront subir dans l’univers du Barzakh. De nombreux hadiths sont également rapportés sous le titre « le châtiment de la tombe ». Dans ce verset, Allah le Très-Haut mentionne clairement deux degrés de châtiment. Le premier, relativement moins sévère, est infligé à Pharaon et à son peuple avant l’Heure. Il consiste à les présenter matin et soir devant le feu de la Géhenne, afin qu’une telle terreur s’empare d’eux qu’ils sachent qu’ils y seront finalement jetés un jour. Puis, lorsque l’Heure surviendra, ils subiront, au second degré, l’immense châtiment qui leur est destiné. Autrement dit, ils seront jetés dans cette Géhenne dont ils contemplent l’horrible spectacle depuis qu’ils ont été engloutis dans la mer.
Cela n’est pas réservé uniquement à Pharaon et à ses partisans. Bien au contraire, dès l’instant de sa mort et jusqu’à l’Heure, chaque pécheur aura devant les yeux l’issue terrifiante qu’il devra finalement subir. En revanche, les serviteurs vertueux d’Allah continueront de voir le spectacle enchanteur des magnifiques demeures qu’Allah leur a destinées. Il est rapporté de ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) dans al-Bukhari, Muslim et le Musnad d’Ahmad :
(Arabe **************************************)
« Quiconque parmi vous meurt se voit montrer, matin et soir, sa demeure ultime. Qu’il soit destiné au Paradis ou à la Géhenne, on lui dit : “Voici la demeure où tu entreras lorsque Allah te redonnera la vie au Jour de la Résurrection et te fera comparaître devant Lui.” »
Le Noble Coran a exposé clairement le châtiment des pécheurs et le bonheur et la paix dont jouissent les serviteurs vertueux, immédiatement après la mort, dans la tombe ou dans l’univers du Barzakh :
(Arabe *****************************************)
« Si vous pouviez voir l’état dans lequel se trouvent les mécréants lorsque les anges reprennent leurs âmes, les frappent au visage et sur les flancs, et leur disent : “Goûtez donc maintenant au supplice du feu embrasé.” »
-(Sourate Al-Anfâl : 50)
(Arabe *******************************************)
« Lorsque les anges recueillent les âmes de ces pieux dans un état de pureté, ils leur disent : “As-salâmu alaykum. Entrez au Paradis en récompense des bonnes œuvres que vous avez accomplies.” »
-(Sourate An-Nahl : 32)
Dans les deux versets précédents, il est dit qu’immédiatement après leur mort, c’est-à-dire dans le monde du Barzakh ou dans la tombe, les pécheurs et les vertueux sont respectivement informés de leur entrée en Enfer et au Paradis. Avant d’entrer en Enfer ou au Paradis après le jugement du Jour de la Résurrection, les pécheurs séjourneront dans le châtiment du monde du Barzakh, tandis que les pieux serviteurs y vivront dans une paix parfaite. Ces deux versets constituent donc une preuve éclatante du châtiment dans la tombe pour les pécheurs, et du bonheur et de la paix pour les vertueux.
Il est rapporté dans les hadiths que, pour certains, la tombe est semblable à un jardin du Paradis, tandis que pour d’autres, elle est semblable à une fosse de l’Enfer. Le châtiment des pécheurs commence dès leur mort. Enfermés dans un espace étroit, ils sont châtiés de diverses manières. L’air brûlant et les flammes de l’Enfer les touchent. Divers serpents venimeux et scorpions continuent de les mordre jour et nuit. Le Saint Coran dit :
(Arabe ***************************************)
« Si vous pouviez voir la situation lorsque les anges reprenaient la vie aux mécréants tués au combat, les frappant à coups répétés au visage et sur la partie inférieure du corps et leur disant : “Goûtez maintenant au plaisir de brûler dans le feu !” »-(Sourate An-Nahl : 28)
(Arabe ****************************************)
« Ceux qui, après s’être fait du tort à eux-mêmes, sont saisis par les anges au moment où leur âme leur est retirée, renoncent à leur entêtement et se soumettent en disant : “Nous ne commettions aucun péché.” Les anges répondent : “Si, certes ! Allah sait parfaitement ce que vous faisiez. Entrez donc maintenant par les portes de l’Enfer. Vous y demeurerez éternellement.” En vérité, la pire demeure est réservée aux orgueilleux et aux arrogants. » — (sourate An-Nahl : 28)
(Arabe ******************************************)
« Quelle sera donc leur situation lorsque les anges leur retireront l’âme et les frapperont au visage et sur le dos ? Cela arrivera parce qu’ils ont suivi une voie et adopté une conduite qui ont déplu à Allah, et qu’ils n’ont pas aimé suivre la voie qui Lui plaît. C’est pourquoi Il a rendu vaines toutes leurs œuvres. » — (sourate Muhammad : 27-28)
Après la mort, les âmes des pécheurs seront placées dans des lieux étroits déterminés de l’Alam al-Barzakh, où elles subiront diverses sortes de châtiments. Dans l’Alam al-Barzakh, il n’y aura pas de corps : il n’y aura que le rūh, ou l’âme, qui ressentira pleinement le bonheur et la souffrance. La situation des pécheurs sera semblable à celle d’accusés détenus en prison.
En revanche, la situation de ceux qui craignent Allah et sont vertueux sera totalement opposée. Ils seront, pour ainsi dire, les hôtes d’Allah Ta‘ālā, et leur demeure sera incomparablement plus confortable.
Elle contiendra diverses choses procurant bonheur et tranquillité. C’est pourquoi il a été dit qu’elle serait semblable à un jardin du Paradis.
Au moment de leur mort, le croyant et le muttaqī recevront la bonne nouvelle concernant le lieu et le moment de leur mort.
(Arabe ***************************************)
« Ceux qui ont dit : “Allah est notre Seigneur”, puis sont demeurés fermes dans cette conviction, les anges descendent certainement auprès d’eux et leur disent : “N’ayez pas peur, ne soyez pas attristés, mais réjouissez-vous à l’annonce du Paradis qui vous a été promis.” » — (Sourate Hâmîm as-Sajda : 30)
(Arabe ***************************************)
« Malheur à ces mécréants qui se font du tort à eux-mêmes. Lorsque les anges les saisissent au moment de leur mort, ils se soumettent immédiatement et disent : “Nous n’avons commis aucun péché.” Les anges leur répondent : “Comment donc n’auriez-vous pas commis de péché ? Allah est parfaitement informé de toutes vos actions.” » — (Sourate An-Nahl : 28)
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) dit :
(Arabe *************************************)
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) rapporte qu’Allah dit : « J’ai préparé pour Mes serviteurs pieux, dans la tombe, tant de choses qu’aucun œil n’a jamais vues, qu’aucune oreille n’a jamais entendues et qui dépassent l’imagination humaine. »
Concernant le châtiment des pécheurs dans la tombe, le Coran dit :
(Arabe *****************************************)
« L’abondance et la rivalité dans les richesses et les enfants vous maintiennent dans l’orgueil de votre puissance, si bien que vous oubliez Dieu. Puis, soudain, vient le moment où vous mourez et comparaissez dans la tombe. Pensez-vous qu’après cela il n’y a plus rien ? Ne le pensez jamais. Vous apprendrez bientôt la réalité. Si vous aviez connu avec certitude la situation de ce moment-là, votre erreur aurait été dissipée. Après être entrés dans la tombe, vous verrez certainement l’Enfer. Ce jour-là, vous aurez la conviction visuelle de l’existence de cet Enfer auquel vous ne vouliez pas croire. Ensuite, vous serez interrogés au sujet des bienfaits inépuisables dont vous avez joui sur cette terre. » — (Sourate At-Takāthur, 1-8)
On trouve dans les hadiths une explication claire de la déclaration précitée du Noble Coran. Dans les recueils de Boukhari et de Muslim, on trouve une narration de ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée). Il y est dit :
Le Prophète a dit : après la mort de l’un d’entre vous, lorsqu’il est arrivé dans la tombe, on lui montre chaque matin et chaque soir sa future demeure. S’il est destiné au Paradis, on lui montre la demeure du Paradis ; et s’il est destiné à l’Enfer, on lui montre la demeure de l’Enfer. Puis on lui dit : « Voici ta véritable demeure. »
Le Prophète dit : ensuite, Allah t’y fera entrer.
« Lorsque le serviteur est placé dans la tombe et que ses compagnons repartent après l’avoir enterré, alors qu’il entend encore le bruit de leurs pas, deux anges viennent auprès de lui. Ils font asseoir le défunt. Puis, en désignant le Noble Prophète Mustafa (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), ils lui demandent : quelle opinion avais-tu de cet homme dans le monde ? »
Si cet homme est croyant, il répondra : « Il est le serviteur et le Messager d’Allah. » Alors on lui dira : « Regarde donc quelle demeure abominable t’était destinée en Enfer. Mais Allah a remplacé cette demeure par une demeure du Paradis. » Il verra alors les deux demeures. »
Mais lorsqu’on posera cette question au mécréant, il répondra : « Je ne peux pas le dire. Je répétais simplement ce que les gens disaient. »
On lui dira : « Tu n’as pas cherché à comprendre par ton savoir, ta raison et ton discernement, et tu n’as pas non plus cherché à apprendre en lisant le Livre saint d’Allah. »
Puis il sera violemment frappé avec un marteau de fer. Il continuera à pousser des cris terrifiants sous l’effet d’une douleur insupportable. Tous les êtres vivant à la surface de la terre, à l’exception des djinns et des êtres humains, entendront ses cris et ses lamentations.
Les noms de ces deux anges sont rapportés comme étant Munkar et Nakir.
Les détails du châtiment de la tombe sont consignés dans divers recueils de hadiths. Le châtiment de la tombe est une vérité inéluctable. C’est pourquoi tout musulman doit implorer constamment Allah le Très-Haut de le préserver du châtiment de la tombe et vivre comme un véritable musulman.
Hadrat Zayd ibn Thabit dit :
« Un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) chevauchait une mule dans un jardin entouré d’un mur appartenant à la tribu des Banû Najjâr. Nous étions avec lui. Soudain, lorsque la mule se cabra, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) faillit tomber à terre. Nous découvrîmes qu’il y avait là cinq ou six tombes. Le Prophète dit : “L’un de vous connaît-il les occupants de ces tombes ?” »
L’un de nous répondit : « Je les connais. »
Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) demanda : « Quand sont-ils morts ? »
Il dit : « Ceux-ci sont morts à l’époque du shirk. »
Le Prophète dit : « Cette communauté, c’est-à-dire l’humanité, est soumise à l’épreuve dans la tombe et y subit un châtiment. Si je ne craignais pas que vous cessiez d’enterrer les morts, j’invoquerais Allah afin que vous entendiez le châtiment de la tombe que j’entends. »
Puis le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se tourna vers nous et dit : « Demandez tous la protection d’Allah contre le châtiment de l’Enfer. »
Tous dirent d’une seule voix : « Nous demandons la protection contre le châtiment de l’Enfer. »
Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Demandez la protection d’Allah contre le châtiment de la tombe. »
Tous dirent : « Nous demandons la protection d’Allah contre le châtiment de la tombe. »
Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Demandez la protection d’Allah contre toutes les fitna, secrètes et manifestes. »
Tous dirent : « Nous demandons la protection d’Allah contre toutes les fitna, secrètes et manifestes. »
Le Prophète (s) dit : « À présent, cherchez refuge auprès d’Allah contre la tentation de l’Antéchrist. »
Tous dirent : « Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre la tentation de l’Antéchrist. » — (Muslim)
Il convient de préciser que cette invocation est faite, conformément à la méthode enseignée par le Prophète (s), avant de prononcer le salām final de la prière.
Après la mort d’une personne, il est permis en islam de visiter sa tombe. Se rendre auprès de la tombe, saluer celui qui y repose et invoquer Allah en sa faveur : telle est la règle conforme à l’islam. Toutefois, le culte des tombes et le shirk consistant à demander quelque chose aux défunts sont répandus dans la société musulmane. Pour préserver sa foi, il faut s’en tenir éloigné.
On trouve également, chez certains membres de la société musulmane, des conceptions erronées et polythéistes au sujet de l’âme du défunt. Ils pensent qu’après la mort, l’âme continue de se déplacer et d’errer dans ce monde. Ils croient aussi qu’elle possède de nombreux pouvoirs illimités. Il ne fait aucun doute que ces conceptions relèvent du shirk. En effet, sous l’influence de ces croyances erronées, beaucoup demandent de l’aide à ces âmes imaginaires et présentent en leur nom des vœux et des offrandes. Il est absolument impossible que l’âme revienne du monde du Barzakh dans ce monde matériel.
Cependant, lorsqu’on salue un défunt, Allah, par Son pouvoir mystérieux, lui fait parvenir ce salām dans le monde du Barzakh. Certains disent que le défunt peut même voir celui qui le salue et le reconnaître. Dans l’ère de la radio et de la télévision, la question de savoir comment cela est possible est sans objet.
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Le cataclysme final ou la destruction
Tout ce qui se produit dans le monde est soumis au plan et au programme d’action d’Allah le Très-Haut. La destruction de la création, la création d’un nouveau monde et la résurrection des êtres humains sont toutes soumises à Son plan et à Son grand programme d’action.
L’ange Hadrat Isrâfîl (paix sur lui) attend l’ordre de Dieu pour déclencher le cataclysme. Dès qu’il en recevra l’ordre, il soufflera dans sa trompette. On peut se représenter cela comme le retentissement d’une sirène d’une puissance prodigieuse.
Avant le déclenchement du cataclysme, Hadrat Isrâfîl (paix sur lui) soufflera dans la trompette. Autrement dit, il produira une sorte de son de flûte. Cette flûte est appelée dans le Coran ( Arabe ****) le sūr. En anglais, on dit BUGLE. Ce son de flûte annonce le tumulte et le bouleversement. Cette flûte et son son dépassent notre imagination et ne peuvent être exprimés par le langage. Essayons de le comprendre à l’aide d’un exemple. De nos jours, le son d’une sirène annonce un danger imminent et la destruction, en particulier la sirène de guerre ; de même, le « sūr », ou trompette, continuera à semer la terreur et l’épouvante au moment précédant la destruction totale. La sirène est utilisée ici à titre d’exemple pour faciliter la compréhension.
De la trompette retentira un crépitement d’une violence extrême, accompagné d’un son continu. La trompette, ou la sirène, produira un son si assourdissant, terrifiant et saisissant qu’il déchirera les tympans. Chacun entendra ce son avec la même intensité depuis l’endroit qui lui sera le plus proche. Chacun aura l’impression que le son provient de ses propres côtés. Il se peut aussi que l’ange fasse retentir sa trompette, ou sa sirène, depuis un même endroit. Mais, dans le monde entier, un dispositif invisible semblable au pavillon d’un microphone sera installé à proximité des hommes.
Dans les hadiths, ce (Arabe****) sūr (la trompette) est décrit sous trois formes. Les voici :
1. (Arabe *****) (Nafkhatul Faza), c’est-à-dire le son de trompette qui effraie, terrifie et plonge dans l’épouvante.
2. (Arabe******) (Nafkhatuz Sâïq), c’est-à-dire le son de trompette qui fait tomber mort ou mourir en tombant.
3. (Arabe******) (Nafkhatul Qiyâm), c’est-à-dire le son de trompette qui ressuscitera tous les hommes de leurs tombes et les rassemblera sur le champ du Rassemblement.
C’est-à-dire qu’après le premier son de la trompette, un effroyable chaos et un bouleversement naturels se produiront, si bien que les êtres humains et les animaux, terrifiés et affolés, courront çà et là comme des fous.
Dès le deuxième son de la trompette, où qu’il se trouve, chacun mourra sur-le-champ et s’effondrera à terre. Puis, après un long intervalle — qui pourra durer quelques années, voire quelques décennies, ou seulement un court moment — retentira le troisième et dernier son de la trompette. Aussitôt, tous ressusciteront de l’endroit où ils seront morts ou de leur tombe, et seront rassemblés dans la plaine du Hashr. Allah dit :
(Arabe *********************************)
« (Avertis-les du jour) où la terre sera changée en une autre terre, et les cieux également. Puis tous comparaîtront devant l’Unique Allah, le Tout-Puissant, les mains et les pieds enchaînés et privés de tout confort. Ce jour-là, tu verras les pécheurs vêtus de vêtements de goudron, tandis que les flammes ardentes du Feu se répandront sur leurs visages. Il en sera ainsi afin qu’Allah rétribue chacun selon ses actes. Allah est prompt à demander des comptes. » — (Sourate Ibrahim : 48-51)
Il ressort de ce verset et d’autres indications du Coran que la terre et les cieux du Jour de la Résurrection ne seront pas réduits au néant. C’est plutôt l’ordre naturel actuel qui prendra fin. À un moment précis situé entre les deuxième et troisième sons de la trompette — moment que seul Allah connaît — la terre et les cieux seront recréés sous une autre forme, avec un autre ordre, ainsi que de nouvelles lois et modalités naturelles. Ce sera l’Alam al-Akhira, c’est-à-dire l’Au-delà et l’autre monde. Puis, au dernier son de la trompette, tous ceux qui seront morts, depuis Adam jusqu’à l’instant précédant le Jour de la Résurrection, seront ramenés à la vie et comparaîtront devant Allah. Dans la terminologie coranique, cela s’appelle le Hashr. Son sens lexical est de rassembler en un seul lieu ce qui a été regroupé de toutes parts. — (Tafhim al-Qur’an)
Voici le résumé de la description successive de la destruction donnée dans le Saint Coran : à ce moment-là, dans un premier temps, le soleil perdra sa lumière. Le ciel se fendra. Les étoiles tomberont en glissant vers le bas. Un séisme cataclysmique secouera le monde entier. Les collines et les montagnes seront réduites en poussière et s’envoleront comme des particules. Les mers s’agiteront et déborderont, inondant les terres. En somme, tout sera anéanti dans la confusion et la ruine. Il ne subsistera rien de ce que l’on appelle le monde, les cieux ou la création. Même aucun ange n’existera plus. Seule subsistera l’Essence sacrée d’Allah.
(Arabe ***************************************)
« (Ce jour-là, il sera crié et demandé 🙂 À qui appartient aujourd’hui la royauté ? (Où sont aujourd’hui les souverains du monde, orgueilleux de leur pouvoir ?) (La proclamation ou la réponse retentira 🙂 Aujourd’hui, la royauté, l’autorité et la souveraineté appartiennent exclusivement à Allah, le Tout-Puissant. (Il sera dit 🙂 Aujourd’hui, chaque personne sera rétribuée selon ce qu’elle aura acquis. Aujourd’hui, nul ne subira d’injustice. Et Allah est extrêmement prompt à demander des comptes. » — (Sourate al-Mu’min : 16-17)
La question qui se pose maintenant est celle du compte des actes de la vie terrestre des êtres humains. Est-il facile de rendre compte des moindres détails de la vie d’une multitude innombrable de personnes ? Mais auprès d’Allah, tout est très facile.
Allah dit que lorsqu’Il a créé l’être humain, Son œuvre ne s’est pas achevée après la création. Il observe les mouvements de l’être humain. Il connaît même les pensées qui surgissent dans les régions les plus profondes de son cœur.
Allah dit également qu’Il est plus proche de l’être humain que sa veine jugulaire. La connaissance infinie d’Allah l’enveloppe entièrement. Pour observer chacun de ses mouvements, Allah n’a besoin de se rendre nulle part. Il connaît parfaitement chacune des actions secrètes et manifestes de l’être humain, à chaque instant. Bien qu’Il en ait une connaissance directe, en tant que Souverain absolu de la création, Il a établi d’innombrables officiers afin d’enregistrer chacun des actes de l’être humain. Deux anges sont affectés à chaque être humain : l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Dès qu’une parole est prononcée par sa bouche, ils restent constamment attentifs afin de l’enregistrer. Ainsi, les deux anges dressent un relevé exact et détaillé de chacun des actes de l’être humain. Ce relevé, ou ce document, sera présenté comme preuve au Jour du Jugement, et il sera alors impossible de le nier.
Il est très difficile de se faire une idée exacte de ce relevé parfait des actes quotidiens de l’être humain. Mais d’après les informations qui nous ont été révélées jusqu’à présent, on peut affirmer avec certitude que, dans chaque recoin de l’environnement où l’être humain accomplit ses activités quotidiennes, une reproduction exacte de ses actes, de ses paroles, de ses rires et de ses pleurs, de sa démarche, de ses gestes, de sa voix, etc., est continuellement imprimée. Tout cela peut être rendu visible une nouvelle fois de telle manière qu’il n’existe aucune différence entre la première image et la seconde. L’être humain a pu maîtriser une partie de ce phénomène grâce à des appareils dotés de connaissances et de capacités limitées. Mais les officiers d’Allah (les anges) n’ont même pas besoin de tels appareils, et leur travail n’est soumis à aucune entrave ni limitation. Le corps humain et chacun des objets qui l’entourent sont pour eux des bandes et des films, sur lesquels ils peuvent reproduire fidèlement chaque son et chaque image. Puis, au Jour du Jugement, ils peuvent faire entendre à l’être humain, de ses propres oreilles, tout ce qu’il a dit, et lui faire voir de ses propres yeux tout ce qu’il a fait ouvertement ou en secret. Après cela, il ne lui sera plus possible de le nier en aucune manière.
Dans la vie terrestre, la mort arrive soudainement un jour à la porte de l’être humain. Un ange déterminé est chargé de séparer l’âme du corps et de provoquer la mort. Il s’appelle Hazrat Azraïl (paix sur lui). On l’appelle également « Malak al-Mawt » (l’ange de la mort, ou le roi de la mort). La mort s’accompagne aussi d’atroces souffrances. Allah dit que lorsque celui dont l’être humain cherche toujours à éviter la venue se présente avec un châtiment inévitable et douloureux, la véritable réalité lui apparaît. Jusqu’alors, un voile infranchissable séparait ce monde de l’au-delà.
Au moment de la mort, ce voile sera levé. Alors il verra clairement l’au-delà, au sujet duquel les prophètes d’Allah ont toujours proclamé des avertissements. Il ne percevra pas seulement la réalité de l’au-delà ; il saura également s’il commence son voyage vers l’au-delà en homme fortuné ou en homme malheureux.
Dans sa vie terrestre, l’incroyant a rejeté avec mépris toutes ces choses, les déclarant fausses et imaginaires. Mais maintenant, cet au-delà prétendument imaginaire se trouve clairement devant ses yeux.
C’est ainsi que chaque être humain meurt. Ensuite, lorsque, après le cataclysme, retentira la sonnerie de la sirène pour la résurrection, chaque être humain sera amené sur le lieu du Jugement. Deux anges l’accompagneront. L’un aura pour tâche de le pousser du lieu de la résurrection jusqu’à la présence d’Allah, tandis que l’autre sera chargé de porter son relevé et de témoigner. Il est probable que ces deux anges soient précisément ceux qui étaient chargés d’enregistrer les actes accomplis par l’être humain durant sa vie terrestre. Lorsque, au son de la sirène, l’être humain ressuscitera de sa tombe ou du lieu de sa mort, ces deux anges le prendront sous leur garde et le présenteront devant Allah, comme la police présente un accusé devant le tribunal.
(Arabe ***********************************)
« Ce jour-là, Dieu dira à chaque incroyant : “Tu as vécu dans l’insouciance en ne croyant pas à ce jour. Aujourd’hui, J’ai ôté le voile de tes yeux. Ce que tu ne voulais pas croire, ce que tu ne voulais pas voir avec les yeux du cœur, contemple-le donc aujourd’hui. Aujourd’hui, J’ai aiguisé ta vue afin que tu voies cette vérité.” — (sourate Qaf : 22)
Les deux anges présenteront devant Dieu la personne confiée à leur charge, et celui qui aura la responsabilité de la présenter dira :
(Arabe **************************************)
« Ô Dieu, voici celui qui m’avait été confié, je l’ai amené devant Toi. (Après le jugement, l’ordre sera donné 🙂 Jetez en Enfer tout mécréant endurci qui nourrit de l’hostilité envers la vérité. » — (sourate Qaf : 23-24)
Les principaux crimes des habitants de l’Enfer
(Arabe ***********************************)
« Jetez en Enfer tout mécréant qui nourrit de l’hostilité envers la vérité, fait obstacle au bien ou au droit chemin, transgresse les limites et nourrit des doutes à l’égard de la religion. » — (sourate Qaf : 24-26)
L’analyse des deux versets précités permet de dégager les principaux crimes des habitants de l’Enfer :
- Nier la vérité prêchée par les prophètes.
- Nourrir de l’hostilité envers la vérité et ceux qui y appellent.
- Après avoir reçu à chaque instant de la vie les faveurs et les dons de Dieu, se montrer ingrat envers Lui.
- Faire obstacle à la voie droite, s’en tenir soi-même éloigné et égarer les autres.
- Ne pas s’acquitter, sur ses biens, des droits dus à Dieu et aux hommes.
- Transgresser les limites fixées par Dieu au cours de sa vie.
- Commettre envers autrui injustice, iniquité et oppression.
- Douter de la religion prêchée par le Prophète.
- Susciter le doute dans l’esprit d’autrui.
- Associer quelqu’un à Dieu.
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La querelle entre Satan et l’être humain
Il convient de préciser que, dans ce monde, Satan s’emploie constamment à égarer les êtres humains. Dans l’au-delà, l’ordre sera donné de le jeter en Enfer avec la personne condamnée au châtiment de l’Enfer. À ce moment-là, cette personne et Satan s’accuseront mutuellement. Le malheureux accusera Satan en disant que c’est uniquement sous son incitation qu’il s’est égaré. Par conséquent, ce châtiment ne devrait être infligé qu’à lui.
De son côté, sans reconnaître sa propre faute, Satan déclarera l’homme coupable. Il présentera sa défense devant Dieu en disant :
(Arabe ***********************)
« Ô Seigneur, Pourvoyeur de subsistance, je n’ai nullement cherché à l’égarer. Au contraire, il était lui-même égaré. »
Allah s’adressera aux deux en disant : « Ne vous disputez pas ainsi devant Moi. Cela ne vous servira à rien. Je vous avais avertis tous deux à l’avance que quiconque s’égarerait lui-même et égarerait autrui devrait en subir les conséquences. Subissez donc maintenant tous deux ce châtiment inévitable. Ma décision est ferme et immuable. L’ordre qui vous a été donné ne sera pas modifié. La loi immuable que J’avais proclamée dans le monde, selon laquelle l’égaré et celui qui égare doivent tous deux subir un châtiment sévère, ne sera pas changée. Malgré cela, Je ne commets pas la moindre injustice envers Mes serviteurs. Le châtiment qui vous est infligé aujourd’hui, vous le méritez véritablement. Mon système de jugement est fondé sur la vérité et la justice. Nul ne reçoit un châtiment dont il n’est pas réellement responsable, ni dont le crime n’a pas été établi par des preuves irréfutables. » (Voir sourate Qaf, 27-29.)
La raison du succès des habitants du Paradis
Quant à ceux qui craignent Allah, qui ont répondu à l’appel des prophètes et ont embrassé sans la moindre hésitation une foi complète en leurs paroles, Allah dit à leur sujet que le Paradis sera rapproché d’eux. Puisque ce Paradis sera leur demeure éternelle, il leur sera rendu tout proche dès que le verdict en leur faveur aura été prononcé. Ils n’auront pas besoin de s’y rendre péniblement à pied ni au moyen d’un quelconque véhicule. À l’instant même où le verdict sera rendu, ils entreront aisément au Paradis. Allah a également mentionné, de manière générale, les qualités grâce auxquelles ils obtiendront le Paradis.
(Arabe **********************************************)
« Le Paradis sera rapproché des pieux et ne sera nullement éloigné. Il leur sera dit : “Voilà ce qui vous a été promis, à tout homme qui revient vers Allah et qui préserve [Ses commandements].” » (Voir sourate Qaf, 31-32.)
(Arabe *************************************************)
« Celui qui craint le Tout Miséricordieux sans Le voir, et qui se tourne vers Allah avec un cœur dévoué. » (Sourate Qaf, 33.)
o Leur première qualité sera la crainte révérencielle d’Allah (taqwa). Dans la vie terrestre, ils vivront constamment dans la crainte et l’effroi, par peur de susciter le mécontentement d’Allah. C’est cette crainte d’Allah qui les maintiendra à chaque instant fermement sur le droit chemin.
o Dans le langage du Coran, leur deuxième qualité est désignée par le terme « Awّâb ».(Arabe ***)Ce terme a un sens très large. Par « Awّâb », on entend une personne qui, ayant renoncé à la désobéissance envers Allah et à l’asservissement aux passions, a choisi la voie permettant d’obtenir exclusivement l’agrément d’Allah. Elle a abandonné tout ce qu’Allah déteste et adopté tout ce qu’Allah aime. Lorsqu’elle s’écarte soudainement du chemin d’Allah, elle en est profondément bouleversée, se repent aussitôt et revient vers Lui. Elle se souvient constamment d’Allah et prend toutes ses décisions conformément aux principes d’Allah.
o En évoquant leur troisième qualité, ils sont appelés « Hâfiz »(Arabe****)ce qui signifie généralement gardien. Il s’agit d’un gardien qui observe pleinement les limites fixées par Allah, les obligations et les interdits d’Allah, ainsi que les autres dépôts et responsabilités qui lui sont confiés. Il préserve les droits qu’Allah lui a imposés. Il respecte les serments et les engagements qu’il a contractés envers Allah au moment où il a embrassé la foi. Il surveille attentivement son temps, sa force, ses efforts et sa conduite, afin qu’ils ne soient dépensés dans de mauvaises actions ou de mauvaises voies. Il se repent et veille sur son repentir afin qu’il ne soit pas perdu. À chaque instant, il s’examine lui-même (muhâsaba al-nafs) pour vérifier que, par ses paroles et ses actes, il n’a désobéi en rien à Allah. Une telle personne est appelée « Hâfiz », et ceux qui possèdent ces qualités seront les habitants du Paradis.
o Celui qui n’a jamais vu Allah, mais qui, fermement convaincu de Son infinie miséricorde, vit constamment dans Sa crainte. Allah, océan de bonté, de miséricorde et de compassion, ne peut jamais être vu et ne peut être perçu d’aucune manière par les facultés sensorielles. Malgré cela, celui qui Le craint s’abstient constamment de Lui désobéir. Dans son cœur, la crainte de l’Allah invisible est plus intense que celle de toute autre puissance perceptible ou entité puissante et visible. Même s’il croit qu’Allah est le Très Miséricordieux et le Tout Miséricordieux, il ne se laisse pas aller au péché dans l’espoir de bénéficier de Sa miséricorde et de Son pardon. Au contraire, il demeure à chaque instant craintif et tremblant devant Allah.
Dans la partie du verset mentionné(Arabe *********)sont indiquées deux qualités du croyant. Premièrement, craindre Allah, que l’on n’a jamais vu. Deuxièmement, ne pas s’engager sur le chemin du péché par crainte de Lui, bien qu’Il soit le Très Miséricordieux et le Tout Miséricordieux.
o Celui qui demeure constamment tourné vers Allah avec une entière sincérité : Allah a décrit le cœur d’une telle personne comme étant un « qalb munîb »(Arabe **********)et l’a ainsi désigné.
Le mot « munîb » a un sens très large. De même que l’aiguille d’une boussole reste orientée vers le nord en toutes circonstances et qu’aucun effort ne peut la détourner durablement dans une autre direction, le cœur d’un croyant n’est appelé « qalb munîb » que lorsqu’il demeure, en toute circonstance — dans le bonheur comme dans l’épreuve, dans l’adversité comme dans la prospérité, dans le sommeil et dans les rêves comme à l’état de veille — constamment attiré par Allah et tourné vers Lui seul.
Seuls les bienheureux qui seront parés des cinq sortes de qualités décrites ci-dessus auront le droit d’entrer dans le Paradis d’Allah.
Ensuite, le Très-Haut s’adressera à eux en disant : « Entrez au Paradis, où il n’y a ni peine ni souffrance, ni aucune inquiétude. C’est un lieu de bonheur pur et sans fin. Là, de la part de Mes anges, vous recevrez la bienvenue. »
Ce Paradis est un lieu où l’être humain obtiendra tout ce qu’il désire. En outre, Allah y a préparé pour lui d’autres biens précieux qu’il ne peut même pas imaginer. — (Sourate Al-Qaf : 31-35)
Le Jour du Jugement dernier, l’humanité sera divisée en trois groupes selon ses péchés et ses bonnes œuvres : le groupe des devanciers, le groupe de la droite et le groupe de la gauche.
Le Jour du Jugement, la scène de la majestueuse cour d’Allah sera probablement la suivante : devant Lui se trouvera le groupe des devanciers, un groupe à droite et un autre à gauche. Ce dernier groupe sera profondément malheureux.
Dans la sourate Al-Waqi‘a, leur description est donnée comme suit :
(Arabe ****************************************)
« Ce jour-là, vous serez répartis en trois catégories : un groupe à droite. Que dire de ce groupe ? Un autre groupe à gauche. Que peut-on dire du malheur de ce groupe ? Et un autre groupe sera celui des devanciers. Ceux-là seront dans un Paradis rempli des bienfaits d’Allah. Il y en aura beaucoup parmi les premiers et peu parmi les derniers. Ils seront accoudés, assis face à face sur des trônes ornés de brocart. Autour d’eux circuleront des adolescents éternellement jeunes, les servant avec joie. Ils tiendront des aiguières, des coupes et des gobelets remplis d’un vin pur puisé à une source. Ils n’en auront ni mal de tête ni perte de raison en le buvant. Les adolescents éternellement jeunes leur présenteront également divers fruits savoureux, afin qu’ils puissent choisir ceux qu’ils voudront, ainsi que différentes viandes délicieuses d’oiseaux, dont ils mangeront à leur gré. Ils auront pour épouses des houris aux beaux yeux, d’une beauté incomparable ! Leur beauté sera semblable à des perles précieusement conservées. Ils obtiendront tout cela en récompense des bonnes œuvres qu’ils auront accomplies dans le monde. Ils n’y entendront ni propos vains ni bavardages offensants, ni paroles pécheresses ni conversations mauvaises. Leurs paroles et leurs échanges seront empreints de bienséance ; ils ne contiendront aucune extravagance (propos insensés). Il leur sera seulement dit : “Paix, paix sur vous.” » — (Sourate Al-Waqi‘a : 7-26)
Le groupe des devanciers
Dans le groupe des premiers mentionné plus haut se trouveront ceux qui sont à l’avant-garde de tous en matière de sincérité, d’acquisition de mérites et de cheminement dans la bonne voie. Ce sont ceux qui ont répondu les premiers à l’appel de Dieu et du Messager (s). Qu’il s’agisse du djihad, de dépenser généreusement ses biens dans la voie d’Allah, de servir l’humanité ou de s’employer à la da‘wa et au tabligh — en bref, chaque fois qu’une occasion de consentir des efforts et des sacrifices pour établir la justice et renverser l’injustice dans le monde se présente, ceux qui se tiennent aux premiers rangs dans cette œuvre appartiennent au groupe des premiers. C’est pourquoi, dans l’au-delà, au jour du Jugement dernier, ce groupe sera placé à la tête de tous. Les autres croyants pieux et gens vertueux seront placés à droite, tandis que les âmes pécheresses et malheureuses se trouveront à gauche.
Un hadith rapporté d’après ʿAïcha (ra) relate qu’un jour le Noble Prophète (s) demanda aux gens : « Savez-vous qui sera le premier à trouver place à l’ombre d’Allah (de Sa toute-puissance) dans le champ de la Résurrection ? »
Les gens répondirent : « Allah et Son Messager le savent mieux que quiconque. »
Le Prophète dit : « Ce sont ceux qui, lorsqu’on leur présente une revendication fondée sur la vérité, l’acceptent. À l’égard d’autrui, ils rendent le même jugement que celui qu’ils rendent à leur propre égard. »
Il a été question plus haut des adolescents éternels. Ils resteront ainsi adolescents pour l’éternité. Ils n’atteindront jamais l’âge adulte et ne vieilliront jamais.
Hadrat Ali (ra) et Hadrat Hassan al-Basri (ra) ont dit qu’il s’agit des enfants morts avant d’atteindre la puberté. Ils n’avaient ni péchés ni mérites pour lesquels ils auraient pu recevoir un châtiment ou une récompense.
Il convient de préciser que les adolescents susmentionnés seront les enfants de personnes auxquelles le Paradis n’aura pas été destiné. Au sujet des enfants des habitants du Paradis, Allah a déclaré que leurs enfants seront réunis avec eux au Paradis. Il ne s’agit pas seulement de leurs enfants innocents ; parmi les adultes, ceux qui gagneront le Paradis grâce à leurs bonnes œuvres auront eux aussi la possibilité de vivre réunis avec leurs parents. — Voir la sourate At-Tur, 21.
Le groupe de la droite
Puis, au sujet des bienheureux habitants du Paradis de la deuxième catégorie, Allah dit :
(Arabe **************************************************************)
« Ceux-ci jouiront de jujubiers sans épines, aux ombrages étendus au loin, de jardins fruitiers, de sources d’eau coulant sans cesse et de fruits en abondance. Ces fruits seront disponibles en quantité suffisante en toutes saisons, et aucun obstacle ne les empêchera d’y accéder ni d’en goûter la saveur. Ils seront installés sur des sièges élevés. Nous créerons leurs épouses d’une nouvelle création et les rendrons vierges, très amoureuses de leurs époux et du même âge qu’eux. Tout cela sera destiné aux gens de la droite. » — (Sourate Al-Wâqi‘a, 28-38)
Les vierges mentionnées seront ces femmes qui entreront au Paradis grâce à leur foi et à leur vie vertueuse. Là, elles retrouveront une jeunesse nouvelle, même si elles sont mortes âgées dans ce monde. Qu’elles aient été belles ou non ici-bas, elles seront rendues d’une beauté incomparable au Paradis. Même si elles sont mortes après avoir été mères de plusieurs enfants, elles resteront éternellement vierges au Paradis. Leur virginité ne disparaîtra jamais, même après avoir eu des rapports avec leur époux.
Si les époux de ces femmes fortunées sont eux aussi des habitants du Paradis, la question ne se pose évidemment pas. Elles resteront leurs compagnes pour l’éternité. Sinon, elles seront remariées avec un autre habitant du Paradis.
Un hadith rapporté dans les Shamâ’il de Tirmidhi raconte qu’un jour, une vieille femme s’adressa au Prophète Mustafa — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — en disant : « Ô Messager d’Allah, priez afin que je puisse entrer au Paradis. »
Le Prophète lui répondit en plaisantant quelque peu : « Aucune vieille femme ne pourra entrer au Paradis. »
En entendant cela, la vieille femme quitta les lieux en pleurant.
Le Prophète dit aux gens : « Dites-lui qu’elle ne pourra pas entrer au Paradis dans sa vieillesse. Allah a dit qu’Il ferait renaître vierge chacune des habitantes du Paradis. »
Dans le recueil d’al-Tabarani est rapporté un long récit d’Umm Salama (qu’Allah l’agrée). Lorsqu’on interrogea le Prophète au sujet des femmes mentionnées dans les versets coraniques cités plus haut, il expliqua le verset concerné en disant qu’il s’agissait de femmes mortes dans la vie terrestre. Elles étaient âgées. Leurs yeux étaient enfoncés dans leurs orbites. Leurs cheveux étaient grisonnants et blancs. Après cette vieillesse, Allah les fera renaître vierges.
Umm Salama (qu’Allah l’agrée) demanda : « Si une femme a eu plusieurs maris sur terre, avec lequel d’entre eux sera-t-elle au Paradis ? »
Le Prophète dit : « Elle aura le droit de choisir l’un de ses anciens maris. Elle choisira celui dont le caractère et le comportement étaient les meilleurs. Elle implorera ainsi Allah : “Ô Allah, puisque la conduite et le comportement d’untel envers moi étaient bien meilleurs que ceux des autres, accorde-moi le droit d’être sa compagne.” »
Puis le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Umm Salama, c’est ainsi que le bon caractère et le bon comportement procureront le bien de ce monde et de l’au-delà. »
Il va sans dire que les hommes du Paradis retrouveront eux aussi une jeunesse nouvelle.
Divers hadiths rapportent à leur sujet qu’ils auront environ trente ans. Ils auront l’apparence de jeunes hommes tout juste entrés dans l’âge où la barbe n’a pas encore poussé. Leur visage sera beau, clair et bien proportionné.
Le groupe de la gauche
Puis, au sujet du groupe malheureux placé à gauche, il est dit à propos des habitants de l’Enfer :
(Arabe *****************************************************)
« Ils séjourneront dans un vent brûlant et une eau bouillante. Une fumée noire et brûlante les recouvrira ; elle ne sera jamais fraîche ni agréable. Ce sont ceux qui, dans la vie d’ici-bas, vivaient dans le bonheur et l’aisance. Leur vie heureuse et aisée les avait poussés à se livrer aux péchés. Ils commettaient ces péchés par entêtement et obstination. Ils disaient : “Après notre mort, nous deviendrons des squelettes et nous nous mêlerons à la terre. Comment pourrions-nous alors être ramenés à la vie ? Et nos ancêtres seraient-ils eux aussi ramenés à la vie de cette manière ?” Allah dit : “Ô Prophète ! Dis-leur que les premiers comme les derniers seront tous rassemblés en un jour dont le terme est fixé.” Puis Allah dit : “Ô vous, groupe d’égarés et de menteurs, vous mangerez dans l’Enfer de l’arbre de Zaqqoum. Vous en remplirez vos ventres. Puis, comme des chameaux assoiffés, ils boiront à satiété de l’eau bouillante.” » — (sourate Al-Waqi‘a, 42-55)
Le « Zaqqoum » est un fruit particulièrement épineux et au goût extrêmement désagréable.
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Les malheurs des habitants de l’Enfer
En de nombreux endroits du Noble Coran, la condition des habitants du Paradis et celle des habitants de l’Enfer sont décrites. Il est d’abord question de l’épouvantable destinée des habitants de l’Enfer. Ensuite, certains aspects de l’immense bonheur des habitants du Paradis sont également exposés.
(Arabe *****************************************************)
« Les incroyants mécréants seront conduits par groupes vers la Géhenne. Les gardiens de la Géhenne en ouvriront les portes et leur demanderont : “Les messagers d’Allah ne vous ont-ils pas récité les versets de leur Seigneur ? Ne vous ont-ils pas avertis que vous alliez affronter ce Jour ?” Ils répondront : “Oui, ils l’ont bien fait.” Mais la parole du châtiment qui avait été prononcée contre les mécréants sera accomplie ce jour-là. Puis il leur sera dit : “Entrez dans la Géhenne.” Quelle demeure détestable et terrible que cette Géhenne pour les mécréants orgueilleux ! Et c’est là qu’ils demeureront éternellement. » — (Sourate Az-Zumar : 71-72)
Il est dit au sujet des habitants de la Géhenne :
(Arabe ********************************************************)
« Le Jour de la Résurrection, Nous les rassemblerons, la tête et le visage tournés vers le bas. Leur demeure sera la Géhenne. Chaque fois que l’intensité du feu de la Géhenne diminuera, Nous l’augmenterons. Telle sera leur rétribution, parce qu’ils avaient renié Nos signes. Ils disaient : “Après notre mort, nos os se mêleront à la terre. Comment pourraient-ils alors être recréés de nouveau ?” » — (Sourate Banî Isrâ’îl : 97-98)
(Arabe ***********************************************************)
« Aux mécréants seront revêtus des vêtements de feu de la Géhenne. De l’eau bouillante sera versée sur leur tête. Elle fera fondre leur peau et ce qui se trouve dans leur ventre. Des massues de fer leur seront destinées. Lorsqu’ils tenteront de sortir de la Géhenne, sous l’effet d’une souffrance insupportable, ils y seront repoussés. Il leur sera dit : “Goûtez au supplice du feu.” » — (Sourate Al-Hajj : 19-22)
« Le feu de la Géhenne est destiné aux mécréants. Ils n’y mourront pas et leur châtiment ne sera pas allégé. Ils crieront : “Notre Seigneur, délivre-nous de ce châtiment ! Nous abandonnerons désormais nos mauvaises actions antérieures et nous accomplirons de bonnes œuvres.” Allah leur dira : “Ne vous avons-Nous pas accordé une longue vie, afin que vous puissiez comprendre la vérité ?” Puisqu’ils ne l’ont pas fait, ils leur sera dit : “Goûtez donc ce châtiment.” Aujourd’hui, les injustes n’ont aucun secours. » — (Sourate Al-Fâtir : 36-37)
(Arabe *************************************************)
« Ceux qui ont rejeté Mes signes, bientôt Nous les ferons brûler dans le Feu. Chaque fois que la peau de leur corps sera consumée, Nous la remplacerons par une autre peau afin qu’ils continuent à subir le châtiment. Allah est certes Tout-Puissant et Sage. » — (Sourate An-Nisâ’, 56)
(Arabe ****************************************************)
« Ces gens disent : “Après notre première mort, il n’y a plus rien. Nous ne serons pas ressuscités une seconde fois. Si tu es véridique, fais donc revenir nos ancêtres morts.” (Il leur est répondu 🙂 “Sont-ils meilleurs, ou bien le peuple de Tubba‘ et ceux qui les ont précédés ? Nous les avons anéantis parce qu’ils étaient des criminels. ……… Le Jour de la Décision est le terme fixé pour la résurrection de tous. Ce jour-là, aucun ami intime ne sera d’aucune utilité à un autre ami intime, et ils ne seront secourus d’aucune manière. ………… L’arbre de Zaqqoum sera la nourriture des pécheurs. Il sera comme la lie de l’huile ; il bouillonnera dans leurs ventres comme l’eau bouillante. (Il sera dit 🙂 “Saisis-le et traîne-le jusqu’au milieu de la Fournaise. Puis verse sur sa tête le châtiment de l’eau bouillante qui bouillonne. Goûte cela, puisque tu étais un homme considérable et puissant. Voilà ce dont vous doutiez.” » — (Sourate Ad-Dukhân, 34-50)
Le souverain rebelle à Dieu, enivré par le pouvoir, s’était installé comme le maître des hommes. Il se croyait l’homme le plus influent et le plus honoré du monde. De gré ou de force, les gens se prosternaient devant lui et ne cessaient de le glorifier et de le louer. Ce qui lui adviendra après le jugement de l’au-delà a été décrit plus haut.
« Le jour où ces mécréants seront placés devant le Feu, on leur dira : “Vous avez épuisé, durant votre vie terrestre, les bienfaits qui vous étaient destinés, et vous en avez joui. Aujourd’hui, en rétribution de l’orgueil que vous affichiez sur terre sans aucun droit et de votre désobéissance, vous recevrez un châtiment humiliant.” » — (Sourate Al-Ahqâf, 20)
(Arabe ************************************************)
« Qu’adviendra-t-il lorsqu’ils seront saisis par les anges, qui leur ôteront leur âme en les frappant au visage et sur le dos ? Il en sera ainsi parce qu’ils ont suivi des pratiques, des méthodes et des doctrines qui ont encouru la colère d’Allah, et qu’ils n’ont pas voulu suivre la voie qui Lui aurait plu. C’est pourquoi Il a rendu vaines et nulles toutes leurs œuvres. » — (Sourate Muhammad, 27-28)
Les propos précédents ont été tenus dans le contexte de l’affrontement et du conflit entre l’islam et la mécréance. Ici-bas, ces hypocrites s’étaient préservés, pour protéger leurs propres intérêts, des risques et des dangers du conflit entre l’islam et la mécréance. Mais après leur mort, où fuiront-ils de la prise d’Allah ? À ce moment-là, leurs dernières tentatives et manœuvres ne pourront pas les sauver des coups des anges.
Ce verset constitue également une preuve du châtiment qui sera infligé après la mort dans l’Alam al-Barzakh. Il apparaît clairement que le châtiment des mécréants et des hypocrites commence dès l’instant de leur mort. Toutefois, ce châtiment n’est pas semblable à celui qui leur sera infligé à l’issue du jugement sur le lieu du Rassemblement.
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L’immense félicité des habitants du Paradis
D’une part, le terrible destin dans l’au-delà des dirigeants et des notables de la société qui rejettent l’appel religieux des prophètes, arrogants de leur pouvoir et rebelles à Dieu, a été décrit en détail ; d’autre part, la vie éternelle de bonheur des personnes qui croient en la vraie religion et se consacrent corps et âme à la voie de Dieu a également été exposée. En voici quelques exemples :
(Arabe ********************************************)
« Ceux qui, dans la vie d’ici-bas, craignaient Dieu, Le vénéraient avec crainte et Lui obéissaient, seront conduits par groupes vers le Paradis. Le gardien du Paradis leur dira : “As-salâmu ‘alaykum ! Entrez, entrez donc dans votre demeure éternelle, le Paradis, et établissez-vous ici dans la plus grande félicité.” Ils diront : “Louange à Allah, qui a tenu la promesse qu’Il nous avait faite. Il nous a donné pleine possession de ce Paradis ; nous pouvons y demeurer où bon nous semble. Quelle belle récompense pour ceux qui accomplissent de bonnes œuvres !” » — (sourate Az-Zumar, 73-75)
(Arabe *******************************************************)
« Pour celui qui craint de comparaître devant son Seigneur, il y aura deux jardins. Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? (Ces jardins seront) luxuriants, d’un vert intense, abondants en branches. ……… Dans les deux jardins couleront sans cesse deux sources. ……… Dans chacun des deux jardins, il y aura deux sortes de chaque fruit. ……… Les habitants du Paradis seront accoudés sur des couches dont l’intérieur sera fait d’épais brocart. Les branches des arbres du jardin, chargées de fruits, s’inclineront vers eux. Il s’y trouvera également des beautés aux regards modestement baissés, d’une beauté parfaite, qu’aucun homme ni aucun djinn n’aura touchées avant eux. Elles seront d’une beauté incomparable, semblables à des perles et des rubis préservés. La récompense du bien peut-elle être autre chose que le bien ? ……… Outre ces deux jardins, il y en aura encore deux autres. ………… Des jardins verdoyants, touffus et frais. …… Dans les deux jardins jailliront deux sources comme des fontaines. ……… Ils contiendront des fruits en abondance, ainsi que des dattes, des grenades et autres fruits. ……… (Parmi ces bienfaits, il y aura) des épouses chastes et vertueuses. ……… Des houris retirées sous des tentes. Aucun homme ni aucun djinn n’aura touché ces habitants du Paradis avant eux. Ces habitants du Paradis seront accoudés sur des tapis verts et de magnifiques couvre-lits précieux. » — (sourate Ar-Rahman, 46-76)
(Arabe *******************************************************)
« Ceux qui tiennent le pacte conclu avec Allah et ne rompent pas leur engagement, qui préservent les liens qu’Allah a ordonné de maintenir, qui craignent leur Seigneur et redoutent le règlement rigoureux des comptes, ceux qui endurent les épreuves pour obtenir l’agrément de leur Seigneur, accomplissent la prière, dépensent en secret et ouvertement une partie de la subsistance que Nous leur avons accordée, et repoussent le mal par le bien, ceux-là auront la demeure de l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils auront des jardins où entreront avec eux leurs pères, leurs ancêtres, leurs épouses et leurs enfants qui auront été vertueux. De toutes parts, les anges les accueilleront et leur diront : “As-salâmou ‘alaykoum” (Que la paix soit sur vous). C’est parce que vous avez affronté avec patience les situations de ce monde (face aux forces opposées à l’islam) que vous êtes aujourd’hui dignes de ce lieu. Quelle magnifique demeure de l’au-delà que ce jardin ! » — (Sourate Ar-Ra‘d : 20-24)
(Arabe *************************************************************)
« Le Jour de la Résurrection, les pécheurs seront reconnaissables au premier regard. On les traînera en les tirant par les cheveux de leur front et par leurs pieds. Ce jour-là, quelles merveilles d’Allah nierez-vous ? Voilà la Géhenne qu’ils traitaient de mensonge. Ils circuleront entre son brasier et son eau bouillante. …… D’autre part, deux jardins seront accordés au Paradis à ceux qui craignent Dieu, pour leur agrément. …… Ce sont des jardins remplis de verdure et de plantes luxuriantes. ……… Deux sources jaillissent entre ces deux jardins. ……… Chaque fruit de ces jardins sera de deux sortes. …… Le maître de ce jardin y sera assis, appuyé sur des coussins, sur de magnifiques couches de soie. Les branches des arbres du jardin, alourdies par leurs fruits, s’inclineront. Il y aura aussi de belles femmes qui baisseront pudiquement les yeux. Aucun homme ni aucun djinn ne les aura touchées auparavant ……… elles seront d’une beauté incomparable, semblables à des perles et des joyaux préservés. » — (Sourate Ar-Rahmân : 41-45)
(Arabe **************************************************)
« Ceux qui ont rejeté Nos signes, Nous les ferons entrer dans le Feu. Chaque fois que leur peau sera consumée, Nous la remplacerons par une nouvelle peau afin qu’ils goûtent au châtiment. Allah est Tout-Puissant et Sage. » — (Sourate An-Nisâ’ : 56)
(Arabe ****************************************************)
« Auprès d’Allah, les plus élevés en dignité sont ceux qui ont cru en Lui, ont abandonné, pour Sa cause, leurs foyers, leurs commerces et leurs terres agricoles, et ont lutté dans le chemin d’Allah avec leurs biens et leur vie : ce sont eux qui ont réussi leur existence. Leur Seigneur (Allah) leur annonce Sa miséricorde, Son agrément et des demeures dans des jardins où leur est assuré un bonheur et une paix éternels. Ils y demeureront à jamais. Auprès de Lui se trouvent des richesses inépuisables pour récompenser les bonnes œuvres. »
(Arabe *****************************************************)
« Ô vous qui croyez ! Voulez-vous que je vous indique un commerce qui vous préservera d’un châtiment douloureux ? Croyez en Allah et en Son Messager, et luttez de vos biens et de vos vies dans le chemin d’Allah. Si vous voulez savoir, écoutez : voilà ce qui est meilleur pour vous. (Grâce à cela,) Allah vous pardonnera vos péchés, vous fera entrer dans des jardins sous lesquels coulent des ruisseaux et vous accordera, dans les demeures éternelles et les jardins, de splendides habitations. Voilà, en vérité, la réussite suprême. »
Le Noble Coran donne en de nombreux endroits des descriptions détaillées de ce genre des habitants du Paradis et des habitants de l’Enfer. À titre d’exemple, seuls quelques passages ont été mentionnés ci-dessus.
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L’au-delà, le Jour de la victoire et de la défaite
Allah le Très-Haut a déclaré que le Jour du Jugement dernier serait véritablement le jour de la victoire et de la défaite, ou le jour de la réussite et de l’échec :
(Arabe *************************************************************)
« Les mécréants affirment avec beaucoup d’arrogance qu’ils ne seront en aucune manière ressuscités après la mort. (Ô Prophète,) dis-leur : “Par mon Seigneur, vous serez certainement ressuscités dans l’au-delà. Ensuite, on vous informera de tout ce que vous avez fait dans ce monde. Et cela est très facile pour Allah. Croyez donc en Allah, en Son Messager et en cette “Lumière” que J’ai révélée. Allah est informé de tout ce que vous faites. Vous apprendrez tout cela le jour où Il vous réunira pour le grand rassemblement (le Jour de la Résurrection). Ce jour-là sera, pour les uns et les autres, le jour de la victoire et de la défaite. Ceux qui croiront en Allah et accompliront de bonnes œuvres, Allah effacera leurs péchés. Il les fera entrer au Paradis, où des ruisseaux couleront sous leurs demeures. Ils y demeureront éternellement. Et voilà la réussite suprême. Quant à ceux qui renieront Allah et l’au-delà et traiteront de mensonges Mes paroles et Mes signes, ils seront les habitants de l’Enfer. Ils y demeureront éternellement. Quel détestable lieu !” » — (Sourate At-Taghâbun : 7-10)
Plus haut, le terme « Nūr » désigne le Saint Coran.
Le mot « Taghābun » possède plusieurs significations, qui vont être exposées l’une après l’autre.
Tous ceux qui s’opposaient à la vérité refusaient absolument de croire à l’au-delà. À ce sujet, ils ont fait preuve d’une extrême obstination. Pourtant, ils ne disposaient d’aucun moyen, et n’en disposent toujours pas aujourd’hui, qui leur permette d’affirmer avec certitude que l’au-delà n’existe pas. Cette question a été abordée au début de l’ouvrage.
Allah a ordonné au Prophète Muhammad (paix sur lui) de répondre, dans le verset précité, aux propos arrogants attribués aux mécréants. En réalité, Allah Lui-même fournit la réponse. Il lui a également été ordonné de répondre en jurant par Allah. Or, seul peut jurer celui qui possède une connaissance directe de la véracité d’une chose. La connaissance que le Prophète avait de l’au-delà ne se limitait pas au fait qu’Allah l’avait annoncé. Certes, dès lors qu’Allah dit quelque chose, aucun doute ne peut subsister quant à sa véracité. Mais cela aurait été une foi ferme en une vérité incontestable, sans l’avoir vue. Ce n’est pas une foi fondée sur la vision directe.
Le prophète Abraham (paix sur lui) avait la conviction et la certitude fermes qu’Allah pouvait rendre la vie aux morts. Pourtant, il désirait voir de ses propres yeux le processus par lequel les morts reprennent vie. Il souhaitait ainsi parvenir à une foi complète et obtenir la tranquillité de l’esprit. Il implora donc son Seigneur. Alors, le Seigneur lui montra, sous ses yeux, la résurrection de quatre oiseaux morts. (Voir la sourate al-Baqara, verset 260.)
La croyance en la résurrection des morts ne pouvait donc pas être la même chez le prophète Abraham (paix sur lui) et chez un simple croyant. Mais la croyance de notre dernier Prophète (paix sur lui) en l’au-delà et en la résurrection des morts était semblable à la croyance visuelle précitée du prophète Abraham (paix sur lui). Allah avait accordé à Son dernier et très aimé Prophète la possibilité de voir de ses propres yeux, durant la nuit du Mi‘rāj, les mystères de la création ainsi que bien d’autres réalités cachées. Il ne devait donc éprouver aucune hésitation à jurer par Allah de la véracité de l’au-delà.
La parole mentionnée dans le saint verset ci-dessus — « Puis, vous serez informés de tout ce que vous avez fait dans le monde » — est extrêmement importante. Dès le début de cette sourate, Allah a dit qu’après avoir créé l’être humain, Il lui avait accordé une entière liberté d’action. S’il le souhaite, celui-ci peut devenir un incroyant invétéré et suivre la voie du péché. Il peut devenir un tyran impitoyable, un pillard qui s’empare des biens, de l’honneur et de la dignité d’autrui, ainsi qu’un ogre assoiffé de sang. Ou bien, en croyant en Allah, en Son Messager et en l’au-delà, il peut mener une vie extrêmement pieuse. Puisque l’être humain est libre de suivre la bonne ou la mauvaise voie, et qu’avec l’octroi de cette liberté Allah a également annoncé que la récompense de la bonne conduite et le châtiment de la mauvaise conduite sont inévitables, comment peut-on alors penser qu’Allah, Celui qui accorde cette liberté et met en garde, ne demandera pas à l’être humain, après sa mort, quelle voie il avait choisie ? En vérité, l’au-delà existe précisément pour que cela soit connu. Allah est un Être tout-puissant qui a donné la vie et la mort afin de mettre les êtres humains à l’épreuve et de voir lequel d’entre eux se montrerait le meilleur dans ses œuvres durant la vie terrestre. — (Voir la sourate al-Mulk, verset 2.)
Ensuite, ce jour de l’au-delà a été appelé le jour de la véritable victoire et de la véritable défaite. Cette parole est elle aussi extrêmement significative, et c’est en elle que réside le sens véritable de l’au-delà.
Dans le monde, l’être humain commence à parcourir le chemin de la vie avec ses propres facultés intellectuelles et sa capacité d’action. Pour rendre sa vie heureuse et belle, il ne cesse de travailler, de s’efforcer et de se consacrer à ses objectifs. Chacun veut mettre en œuvre son propre programme d’action et parvenir au succès. C’est par le labeur et les efforts quotidiens de l’être humain que se déterminent finalement la victoire et la défaite.
En raison de la diversité des points de vue et des philosophies de vie, les critères de la victoire et de la défaite, ou du succès et de l’échec, sont naturellement eux aussi différents. Même lorsqu’un objectif est atteint par quelque moyen vil que ce soit, beaucoup le considèrent comme un succès. Même s’il faut, pour réussir, recourir à l’injustice, à l’extrême corruption, à des procédés incivils, bas et ignobles, cela est malgré tout considéré comme un succès. En s’emparant de force des biens d’autrui, en impliquant quelqu’un dans de fausses affaires judiciaires et en le ruinant au moyen de faux témoignages et de fausses preuves, certains deviennent des vainqueurs, des millionnaires ou des multimillionnaires. Aux yeux de beaucoup, cela aussi s’appelle le succès. Devenu propriétaire de nombreuses voitures et maisons, menant avec sa femme et ses enfants une vie extrêmement heureuse et luxueuse, cet homme est considéré comme un vainqueur. Les gens disent : « La vie de cet homme est vraiment accomplie. »
En devenant, par des moyens malhonnêtes, le propriétaire d’une immense fortune, quelqu’un parvient parfois à étendre sa domination sur la société. Il veut maintenir tout le monde sous sa coupe. Il ne peut tolérer le moindre mot prononcé contre lui. Une troupe de courtisans intéressés chante ses louanges jour et nuit. La voix de la vérité se trouve réduite au silence dans la société. Ceux qui portent et transmettent la vérité sont persécutés et accablés par lui. Leur place devient les cellules obscures des prisons. Enivré par le pouvoir, il veut exercer une domination absolue sur tout le monde. À ses yeux et aux yeux de beaucoup d’autres, c’est également un immense succès.
À l’inverse, un homme accepte la vérité de tout son cœur et de toute son âme et s’efforce de mener une vie honnête. En rejetant la corruption, l’usure, les pots-de-vin, le marché noir, le mensonge, la tromperie et la fraude, il devient désavantagé. Parce qu’il proclame la vérité et mène un « combat » contre le mensonge, ses proches, sa famille et ses amis s’éloignent de lui. Le mépris, le dédain et la pauvreté de la société rendent sa vie insupportable. Les gens disent que cet homme est tout simplement stupide. Sinon, sa vie n’aurait pas échoué de cette manière.
Nous voyons très souvent autour de nous l’apparence extérieure de la victoire, du succès et de l’échec dans les vies décrites ci-dessus. Mais la véritable victoire, la défaite ou l’échec seront déterminés le Jour du Jugement dans l’au-delà.
Examinons maintenant quelque peu la manière dont l’au-delà détermine la victoire et la défaite.
De nombreux commentateurs ont affirmé qu’à la fin du jugement dans l’au-delà, les habitants du Paradis obtiendront les parts de Paradis qui seraient revenues aux habitants de l’Enfer si ces derniers avaient agi dans la vie terrestre comme les habitants du Paradis. De même, les habitants de l’Enfer s’approprieront les parts de l’Enfer qui seraient revenues aux habitants du Paradis si ceux-ci avaient vécu ici-bas comme les habitants de l’Enfer.
Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari, d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), que toute personne qui entrera au Paradis se verra montrer la place qu’elle aurait eue en Enfer si elle n’avait pas suivi la voie droite. Elle en sera ainsi d’autant plus reconnaissante envers Dieu. De même, l’habitant de l’Enfer se verra montrer la part du Paradis qu’il aurait obtenue s’il avait suivi la voie droite durant sa vie terrestre. Cela accroîtra encore son regret et son remords.
Ceux qui auront été opprimés et persécutés ici-bas recevront dans l’au-delà, de la part des oppresseurs, une quantité de bonnes actions équivalant à la réparation des injustices et des persécutions qu’ils auront subies. Ou bien une quantité équivalente des péchés de l’opprimé sera transférée sur la tête de l’oppresseur. Ce jour-là, l’être humain ne possédera aucun bien matériel grâce auquel il pourra satisfaire la revendication de l’opprimé. Il ne restera à personne rien d’autre que les bonnes actions et les péchés. Ainsi, si quelqu’un a commis une injustice envers autrui ici-bas, il devra, pour satisfaire la revendication de l’opprimé, lui donner les bonnes actions qu’il aura accumulées, s’il en possède. Certes, l’opprimé recevra de son adversaire exactement autant de bonnes actions que la quantité d’injustice qui lui aura été infligée. Ou, si l’oppresseur ne possède aucune bonne action dans son compte, une quantité équivalente des péchés de l’opprimé sera transférée sur sa tête.
À ce sujet, il existe un hadith dans le Sahih al-Bukhari, rapporté par Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée). Il y est dit que si une personne commet quelque injustice ou tort que ce soit envers son frère — c’est-à-dire un être humain —, elle doit régler cela dès ici-bas. Car, dans l’au-delà, elle ne possédera pas même un seul sou. Ses bonnes actions lui seront donc retirées et données à cette personne. Ou, si elle n’a pas suffisamment de bonnes actions, une partie des péchés de l’opprimé lui sera attribuée.
De même, il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, d’après Jâbir ibn Abdoullah ibn Ounayes, que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Aucun habitant du Paradis n’entrera au Paradis, et aucun habitant de l’Enfer n’entrera en Enfer, avant d’avoir réglé les revendications liées aux injustices et aux oppressions qu’il a commises. Même s’il n’a donné qu’une seule gifle à quelqu’un, il devra lui en donner la compensation. »
Le rapporteur dit : « Nous demandâmes alors : “Comment cela se fera-t-il ? Ce jour-là, nous serons dépourvus de tout argent.” »
Le Prophète répondit : « La compensation se fera au moyen des péchés et des bonnes actions. »
Il existe dans le Sahih Muslim et le Musnad d’Ahmad un récit rapporté par Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée). Un jour, le noble Prophète demanda aux Compagnons réunis : « Savez-vous qui est le véritable ruiné ? »
Ils répondirent : « Celui qui est sans le moindre sou et ne possède aucun bien matériel : voilà le véritable ruiné. »
Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dit : « Le véritable ruiné parmi les membres de ma communauté est celui qui se présentera au champ de la Résurrection en emportant avec lui des œuvres pieuses telles que la prière, le jeûne et la zakat, tout en ayant, ici-bas, insulté quelqu’un, calomnié ou diffamé quelqu’un, consommé injustement les biens d’autrui, tué quelqu’un ou frappé quelqu’un. Ensuite, ses bonnes actions seront distribuées entre les opprimés. Et même après cela, il ne lui restera plus aucune bonne action pour régler les compensations. Alors le fardeau des péchés des opprimés qui détiennent des revendications sera placé sur lui, et il entrera en Enfer. »
Celui qui possédait d’immenses mérites est allé en Enfer en portant sur sa tête le lourd fardeau de péchés, après avoir payé la compensation due aux opprimés. Quelle terrible conséquence ! Rien que d’y penser, le corps en est parcouru de frissons. Qu’Allah nous préserve d’une telle conséquence !
Une immense tromperie
Dans le verset mentionné ci-dessus, le mot « Taghâbun » est également employé en arabe dans le sens de tromperie et de duperie.
On constate généralement que, dans ce monde, les gens s’entraident et coopèrent les uns avec les autres, avec insouciance et dans le plus grand plaisir, pour commettre de grands péchés tels que le shirk, la mécréance, l’injustice, l’iniquité, la fornication, la débauche, les meurtres et les massacres, entre autres. De profondes amitiés et une grande cordialité s’établissent entre eux à ce sujet.
Les membres de familles moralement dépravées, les dirigeants et leurs disciples qui prêchent le péché et l’égarement, les bandes de brigands et de voleurs, les partis et les compagnies qui propagent et diffusent l’égarement, le péché et l’obscénité, ainsi que les États et les nations qui portent et propagent une vaste injustice, l’iniquité, la fitna et le fasad, s’entraident pour répandre le péché. Plusieurs États entreprennent des expéditions afin de soumettre un pays ou un État faible et de réduire ses habitants en esclavage, convaincus qu’une grande amitié (Alliance) ou un pacte militaire (Military pact) a été conclu entre eux.
Tous ceux qui entretiennent des relations entre eux pensent qu’ils sont les meilleurs amis les uns des autres et que leur entraide se poursuit avec un succès complet. Mais lorsqu’ils comparaîtront dans l’au-delà, sur le champ du Jugement, ils se rendront compte qu’ils ont été totalement trompés. Chacun des gens décrits ci-dessus comprendra que le père bienveillant, le frère, le mari, l’épouse, l’ami, le dirigeant ou celui qu’il considérait comme son allié est en réalité son pire ennemi. Ce jour-là, toutes les relations, les liens de parenté, les amitiés, l’Alliance ou le pacte se transformeront en inimitié. Ce jour-là, ils s’insulteront et se maudiront les uns les autres. Chacun voudra faire porter sa faute à l’autre, afin que son adversaire soit celui qui subisse le châtiment suprême. Le Coran en fait mention à plusieurs endroits.
Les pécheurs se rejettent mutuellement la faute
En raison de sa faiblesse humaine, l’être humain se laisse souvent influencer par autrui. Beaucoup se livrent au péché pour faire plaisir à leur épouse ou à leur mari, pour satisfaire leur père ou leur enfant, pour contenter un ami, pour plaire à un dirigeant politique ou à un guide spirituel et religieux, pour satisfaire un supérieur hiérarchique afin de conserver leur emploi ou d’obtenir une promotion, ou encore pour contenter un souverain tyrannique. À cause de cette sottise, ils seront, dans l’au-delà, totalement trompés et désespérés. Le Noble Coran a maintes fois rappelé cette réalité et a ainsi averti ces groupes qui se trompent eux-mêmes. Quelques citations en sont données ci-dessous :
(Arabe ******************************************************)
« Ceux dont les gens suivaient les paroles se désolidariseront totalement de leurs adeptes au Jour de la Résurrection. Tous deux verront l’horreur du terrible châtiment de ce jour. Le lien entre eux sera complètement rompu. Les adeptes diront : “Si seulement nous pouvions retourner sur terre, d’une manière ou d’une autre, nous nous séparerions complètement d’eux là-bas, comme aujourd’hui ils se sont séparés de nous.” Mais Allah montrera à tous leurs œuvres, qui leur apporteront regret et remords. Ils seront jetés en Enfer et ne pourront en aucun cas sortir du feu de l’Enfer. » — (sourate Al-Baqara : 166-167)
Au moment de leur mort, les anges d’Allah demanderont à ceux qui attribuent mensongèrement des associés à Dieu :
(Arabe **************************************************************)
« Où sont aujourd’hui ceux que vous adoriez en dehors d’Allah ? » Ils répondront : « Ils nous ont abandonnés. » Puis ils reconnaîtront qu’ils n’ont fait que mécroire en Allah. Allah leur dira : « Entrez en Enfer avec les groupes de djinns et d’hommes qui vous ont précédés. » Chaque fois qu’un groupe y entrera, il maudira le groupe qui lui ressemble et l’a précédé. Lorsque tous les groupes y seront réunis, le dernier dira du précédent : « Seigneur, ce sont eux qui nous ont égarés. Inflige-leur donc un double châtiment en Enfer. » Allah dira : « Vous aurez tous deux un double châtiment, mais vous ne le savez pas. » Le premier dira au dernier : « Vous ne nous êtes nullement supérieurs. Goûtez donc le châtiment de ce que vous avez acquis. » » — (sourate Al-A‘raf : 37-39)
On constate généralement que les faibles, les démunis, les sujets et les opprimés obéissent, volontairement ou non, aux dirigeants tyranniques qui détiennent le pouvoir. Voici ce qui est dit de leur sort dans l’au-delà :
(Arabe **************************************************************)
« Lorsque les deux groupes seront rassemblés sur le lieu du Rassemblement, les faibles diront aux puissants, orgueilleux et haut placés : “Nous vous avons suivis. Pouvez-vous aujourd’hui alléger pour nous une partie du châtiment de Dieu ?” Ils répondront : “Si Allah nous avait montré une voie quelconque, nous vous l’aurions indiquée.” Désormais, que nous supportions ce châtiment avec peine ou que nous l’acceptions avec patience, cela revient au même pour nous. Nous n’avons maintenant aucun moyen d’être sauvés. » — (sourate Ibrahim : 21)
(Arabe **********************************************************)
« Le prophète Abraham (paix sur lui) dit : “C’est parce que vous êtes liés les uns aux autres par l’amitié que vous avez pris pour divinités les idoles au lieu d’Allah. Mais, le Jour de la Résurrection, vous vous renierez et vous vous maudirez mutuellement. Votre demeure finale sera l’Enfer, et vous n’aurez aucun secours.” » — (Sourate Al-Ankabut : 25)
Le verset ci-dessus affirme qu’il n’existe aucune raison de prendre pour divinités, à la place d’Allah Tout-Puissant, Créateur et Seigneur de l’univers, des idoles fabriquées de leurs propres mains. Pour en faire des divinités, les gens se sont soutenus mutuellement en amis ; leurs intérêts communs et leur amitié les ont poussés à adorer ces idoles. Ils comprendront leur erreur dans l’au-delà.
(Arabe ************************************************************)
« Ô humains ! Craignez Allah, votre Seigneur, et craignez le jour où aucun père ne sera d’aucune utilité à son fils, ni aucun fils à son père. La promesse qu’Allah vous a faite au sujet de la Résurrection est assurément vraie. Que votre vie terrestre ne vous trompe donc pas, et que le Trompeur, Satan, ne vous détourne pas d’Allah en vous faisant oublier. » — (Sourate Luqman : 33)
(Arabe ***************************************************************)
« Ce jour de la Résurrection, lorsqu’ils seront jetés face contre terre dans l’Enfer, ils diront : “Si seulement nous avions obéi à Allah et au Messager !” Et ils diront : “Ô notre Seigneur ! Hélas, nous avons suivi nos chefs et nos anciens. Ô notre Seigneur, inflige-leur donc un double châtiment et maudis-les d’une malédiction extrême.” » — (Sourate Al-Ahzab : 66-68)
(Arabe *******************************************************************)
« Ces mécréants disent : “Nous n’accepterons en aucun cas le Coran, pas plus que les Livres qui l’ont précédé.” Si tu pouvais voir leur situation lorsque ces injustes se tiendront devant leur Seigneur et se rejetteront mutuellement la faute ! Ce jour-là, les faibles et les démunis diront aux notables orgueilleux : “Sans vous, nous aurions certes cru en Allah.” Les notables orgueilleux répondront aux faibles : “Après que le message de la bonne direction vous est parvenu, est-ce nous qui vous avons détournés du droit chemin ? C’est vous-mêmes qui avez commis le crime.” Les faibles diront aux riches : “Oui, certainement ! Ce sont plutôt vos complots de jour et de nuit qui nous ont égarés. C’est vous qui nous ordonniez de renier Allah et de Lui donner des associés dans l’adoration et l’obéissance.” Allah dit : “Lorsqu’ils verront le châtiment, ils tenteront de dissimuler leur honte et leurs regrets. Nous mettrons des chaînes au cou de ceux qui ont nié la vérité. Ils subiront la conséquence de leurs actes, selon leurs œuvres.” » — (Sourate Saba, 31-33)
Voyez encore : dans la société, ceux qui, hostiles à Dieu et rebelles envers Lui, prennent le pouvoir et gouvernent les autres entrent en conflit ouvert avec les prédicateurs de la vérité. Ils regardent avec mépris les pieux attachés à la vérité, et, pour avoir semé la discorde et la corruption dans la société, la classe dirigeante au pouvoir accuse les prédicateurs de la vérité d’être égarés, hypocrites, de porter le masque de la religion et de semer la confusion. Mais, dans l’au-delà, ils seront totalement dupés lorsque la vérité véritable apparaîtra clairement à leurs yeux. Ils diront :
(Arabe *************************************)
« Et ils diront, depuis l’Enfer : “Qu’avons-nous donc ? Nous ne voyons pas ceux que nous ne voyons pas, ceux que nous comptions parmi les gens pervers.” » — (Sourate Sad, 62)
Le jour de la Résurrection, Allah le Très-Haut dira aux mécréants :
(Arabe *****************************************)
« Aujourd’hui est le jour du jugement définitif que vous traitiez de mensonge. (Puis l’ordre d’Allah sera donné 🙂 “Amenez ces injustes avec leurs compagnons et ceux dont ils suivaient les ordres, encerclez-les et conduisez-les vers l’Enfer. Eh bien, faites-les arrêter un instant : ils doivent être interrogés. Qu’avez-vous donc, aujourd’hui, à ne vous porter aucun secours les uns aux autres ? Ah ! Je vois qu’aujourd’hui les uns se désolidarisent des autres.” Les dirigeants et leurs suiveurs se feront face et se disputeront. Les suiveurs diront : “Votre influence sur nous était immense ; autrement dit, nous n’avions aucun moyen de désobéir à vos ordres.” Les dirigeants répondront : “Vous n’avez pas cru de votre propre volonté. Quelle autorité avions-nous sur vous ? Vous étiez plutôt vous-mêmes des transgresseurs désobéissants.” À présent, la parole de notre Seigneur s’est réalisée pour nous. Nous devons maintenant goûter ce châtiment. (Puis ils reconnaîtront et diront 🙂 “Nous vous avons égarés, et nous étions nous-mêmes égarés.” Allah dit : “Les deux groupes seront, ce jour-là, également responsables de subir le châtiment. C’est ainsi que Nous traitons les criminels.” » — (Sourate as-Saffat, 21-34)
Ceux qui, pour de simples intérêts terrestres, se livrent à la désobéissance envers Dieu afin de satisfaire les dirigeants et les gouvernants rebelles envers Dieu et hostiles à Lui doivent tirer une leçon de l’exposé précédent.
Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) proclame donc :
(Arabe **********************************)
« Il n’est en aucune manière permis d’obéir à une créature, c’est-à-dire à un être humain, en désobéissant à Allah. »
(Arabe ********************************************************************)
« Ceux qui avaient renié Allah et l’au-delà diront, le Jour de la Résurrection : “Ô notre Seigneur, montre-nous ceux qui, parmi les djinns et les humains, nous ont égarés ; nous les foulerons aujourd’hui aux pieds et les couvrirons d’humiliation et de honte.” » — (Hâmîm as-Sajda : 29)
(Arabe *******************************************************************)
« Le Jour de la Résurrection, lorsque les amis se rencontreront, aucun d’eux ne parlera à l’autre. Ce jour-là, le pécheur pensera qu’il pourrait se racheter du châtiment de ce jour en sacrifiant son fils, sa femme, son frère, les membres de sa famille, et même tout ce qui se trouve sur terre, pourvu qu’il puisse ainsi être sauvé. Mais cela ne pourra jamais arriver. Ils subiront nécessairement le châtiment, et ce jour-là, les flammes de l’Enfer consumeront leur peau. » — (sourate Al-Ma‘ârij : 10-16)
(Arabe **********************************************************************)
« En ce jour terrifiant de la Résurrection, l’homme fuira loin de son frère, de sa mère, de son père, de son épouse et de ses enfants. Ce jour-là, chacun sera si épouvanté et si préoccupé qu’il n’aura pas le loisir de s’intéresser à quoi que ce soit d’autre. » — (sourate ‘Abasa : 34-37)
Il est désormais clair, à la lumière de l’analyse précédente, quelle immense tromperie et quelle grande duperie ces gens rebelles à Dieu et détournés de Lui subiront dans l’au-delà.
Dans ce monde, certaines personnes ont pris certains êtres humains pour associés de Dieu. Autrement dit, pour plaire à ces associés inventés de Dieu, elles ont désobéi aux paroles et aux commandements de Dieu, le Créateur de l’univers, et, abandonnant le Sirât al-Mustaqîm, ont adopté la mauvaise voie dans leur vie. Qu’on les appelle ouvertement « ilâh » ou « Rabb », ou non, dès lors qu’on leur obéit de la manière dont il convient d’obéir à Dieu, on en a fait des associés et des égaux de Dieu. Au sujet de ces fausses divinités, de ces associés de Dieu et de leurs adeptes, il est dit :
(Arabe ***********************************************************)
« (Qu’ils n’oublient pas) le jour où Dieu les appellera et leur dira : “Où sont aujourd’hui Mes associés que vous considériez comme Mes associés ?” Ceux contre qui cette accusation sera portée répondront : “Ô notre Seigneur ! Ce sont eux que nous avons égarés. De même que nous étions nous-mêmes égarés, nous les avons aussi égarés.” Puis il sera dit à leurs adeptes : “Appelez donc à l’aide ceux que vous aviez associés à Dieu.” Ils les appelleront, mais ceux-ci ne leur répondront pas. Alors les deux groupes verront le châtiment de l’Enfer s’approcher. Que n’auraient-ils pas gagné à suivre le droit chemin ! » — (Al-Qasas : 62-64)
L’au-delà : le jour des profits et des pertes
Dans les versets du Saint Coran mentionnés plus haut, l’au-delà est appelé Yawm at-Taghâbun. Le mot « Taghâbun » signifie victoire-défaite ainsi que tromperie-duperie, notions qui ont été pleinement examinées plus haut. En outre, en langue arabe, les profits et les pertes dans le commerce sont également appelés « Taghâbun ». Ainsi, l’au-delà est véritablement le jour des profits et des pertes.
L’être humain fait des affaires en nourrissant dans son cœur l’espoir d’en tirer un profit. Lorsque son commerce est rentable, il se réjouit naturellement. Lorsqu’il subit une perte, il en est attristé et profondément affligé.
Allah a comparé tout ce que les hommes de ce monde accomplissent au cours de leur vie entière à une activité commerciale. Le jour du Jugement dernier, on connaîtra le profit ou la perte de cette activité. À ce sujet, Allah dit :
(Arabe *******************************************************************)
« Ô vous qui avez cru, écoutez. Ne vous indiquerai-je pas une activité commerciale qui vous préservera d’un châtiment douloureux ? Cette activité consiste à croire en Allah et en Son Messager, et à lutter dans la voie d’Allah avec vos biens et vos vies. Voilà ce qui est meilleur pour vous, si vous le saviez. Alors Allah vous pardonnera vos péchés et vous fera entrer dans des jardins sous lesquels coulent des ruisseaux, et dans des demeures agréables dans les jardins éternels où vous résiderez. Voilà véritablement le succès immense. » — (sourate As-Saff : 10-12)
Une activité commerciale est une chose dans laquelle l’homme investit son capital, son temps, son travail, ses aptitudes et ses facultés intellectuelles. Il fait tout cela afin d’en tirer profit. Dans le verset du Saint Coran faisant l’objet de cette discussion, la foi et la lutte dans la voie d’Allah sont qualifiées d’activité commerciale. Si l’homme consacre tout ce qu’il possède à cette œuvre, ce qu’il en gagnera est indiqué dans le verset suivant. Cela se résume principalement à trois choses :
o Il sera préservé, dans l’au-delà, d’un châtiment pénible et douloureux.
o Allah lui pardonnera l’ensemble de ses péchés.
o Il aura sa demeure dans un Paradis où il jouira des bienfaits et des richesses infinies d’Allah. Ce sera sa demeure éternelle. Tout cela a été appelé le succès immense. À la lumière de la discussion précédente, on comprend ici que l’au-delà est en réalité l’instance qui prononcera la décision définitive concernant le gain ou la perte éternels de l’homme.
Il a également été clairement démontré dans la discussion précédente que l’au-delà, c’est-à-dire la vie qui suit la mort, est une vérité inévitable et incontestable. Il a aussi été exposé pourquoi cette vie est nécessaire.
1. Le mot « jihad » signifie un effort total. Tout effort physique, mental, financier et intellectuel, ainsi que la mise en œuvre de tous les moyens et ressources nécessaires pour obtenir quelque chose, est appelé jihad. Le jihad peut être de deux sortes : le jihad dans la voie d’Allah et le jihad dans la voie de Satan. Le jihad accompli uniquement pour obtenir la satisfaction d’Allah et au moyen des méthodes qu’Il a prescrites est appelé jihad dans la voie d’Allah. Le jihad mené exclusivement pour des intérêts terrestres et personnels est le jihad dans la voie de Satan. En d’autres termes, le jihad mené contre la religion d’Allah est appelé jihad dans la voie de Satan ou dans la voie du taghut. À toutes les époques, les forces rebelles à Dieu ont mené, contre la vraie religion, le jihad dans la voie de Satan. Il convient de le souligner. Tout est bien qui finit bien. Ainsi, la réussite finale dans l’au-delà sera la véritable réussite.
En réalité, la vie terrestre est un immense centre d’examen pour l’être humain.
(Arabe ***************************************************************)
« Allah a donné la vie et la mort afin de vous éprouver et de voir qui, parmi vous, est le meilleur en œuvres. » — (sourate Al-Mulk : 2)
L’être humain a été envoyé ici doté d’une conscience, de la connaissance du bien et du mal, et de la liberté d’agir. Il a été envoyé pour une durée déterminée. Le programme de sa vie lui a également été indiqué. Lorsque son temps sera écoulé, il devra retourner auprès de Celui qui l’a envoyé. Après son retour, il lui sera naturellement et en toute justice demandé dans quelle mesure il a respecté le programme qui lui avait été assigné.
Le programme de sa vie est le Noble Coran. Sa mise en œuvre parfaite se trouve dans la vie entière du dernier Prophète, Muhammad Mustafa (paix et bénédiction sur lui). C’est pourquoi cette vie constitue, pour chaque être humain, un modèle grandiose et indispensable.
Pour avoir mis en œuvre ce programme, l’être humain sera récompensé dans la vie après la mort. S’il le néglige, il devra nécessairement subir un châtiment. Toutefois, le choix de mettre ou non ce programme en pratique a été laissé à sa propre liberté. Tel est son immense épreuve du feu. La joie de réussir et la tristesse de l’échec sont des réalités évidentes. Lorsqu’un candidat néglige son devoir, il doit faire face à un profond regret et à de vifs remords ; rien de nouveau à cela.
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Les cinq questions de l’au-delà
Un hadith rapporté dans le Tirmidhi Sharif traite des principales questions qu’Allah le Très-Haut posera à l’humanité au Jour du Jugement. Il a été rapporté par Hazrat Ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée). Il y est dit :
(Arabe ****************************************************************)
Ce jour-là, cinq questions principales seront posées à l’être humain. Il ne pourra pas avancer d’un seul pas sans y répondre. Les questions seront les suivantes :
o À quelles activités a-t-il consacré le temps de sa vie ?
o (En particulier,) à quelles occupations a-t-il consacré sa jeunesse ?
o Comment a-t-il gagné son argent ?
o Comment et dans quelle voie a-t-il dépensé les biens et l’argent qu’il avait acquis ? Dans quelle mesure a-t-il mis en pratique dans sa vie le véritable savoir qu’il avait acquis ?
La réponse à ces cinq questions fera apparaître le tableau complet de toute la vie de l’être humain. L’homme peut passer sa vie de deux manières. Premièrement, après avoir cru en Allah, au Messager et à l’au-delà, en vivant dans l’obéissance à Allah.
Deuxièmement, en menant une vie rebelle à Dieu et détournée de Dieu, à l’opposé de l’obéissance à Dieu. La débauche, l’injustice, les mauvais traitements et les torts infligés à autrui, la corruption, l’usure, la corruption sous forme de pots-de-vin, l’adultère, le meurtre et autres maux sont autant de manifestations d’une vie rebelle à Dieu et détournée de Dieu. C’est laquelle de ces deux vies qu’il aura menée qui fera l’objet de la question.
La première question mentionnée plus haut n’est pas moins importante. Certes, après la première question, les autres questions ne seraient pas nécessaires. Mais les autres questions désignent les points où se trouvent les faiblesses de l’être humain.
La jeunesse est une période de la vie humaine où ses forces d’action et l’ensemble de ses facultés atteignent leur plein épanouissement. Ses penchants sexuels se développent également. Un fleuve gonflé jusqu’à ses rives et chargé d’une énergie sexuelle s’agite sous le moindre souffle de vent, franchit ses limites et inonde ses deux rives. De même, dans le fleuve abondant de la vie humaine, les vagues de la sexualité peuvent franchir leurs limites sous le souffle impétueux des instincts. Cela n’a rien d’anormal. L’épreuve véritable de l’être humain consiste précisément à laisser ses instincts sans frein, ou à les réprimer et à les maintenir sous contrôle. Durant sa jeunesse, l’homme peut aussi faire mauvais usage de ses capacités physiques. Ou bien, par les qualités de maîtrise de soi, d’amour et d’affection, de pardon, de bonté et de générosité, il peut servir l’humanité. C’est pourquoi cette question est extrêmement importante.
Les troisième et quatrième questions révèlent le véritable caractère humain. Gagner de l’argent et acquérir des biens sont des aspirations naturelles de l’être humain. Ils sont aussi indispensables, dans une très large mesure, pour assurer la subsistance.
Il est indispensable de définir des principes pour gagner et dépenser les richesses. En effet, le bonheur et le malheur, le progrès et le déclin de l’ensemble de la société humaine dépendent de la manière dont l’argent est gagné, dépensé et réparti.
Beaucoup ne reconnaissent pas qu’il est nécessaire de suivre certains principes dans la manière de gagner et de dépenser l’argent. Selon eux, on peut gagner de l’argent par n’importe quel moyen. De même qu’ils souhaitent une liberté totale pour acquérir des richesses en exploitant autrui par l’usure et les pots-de-vin, ou en l’égarant par l’ivresse de l’obscénité, ils souhaitent exactement la même liberté en matière de dépenses. À leurs yeux, il n’est nullement blâmable de dépenser les richesses acquises, sans en distribuer une part aux démunis ni l’affecter à une œuvre bénéfique, dans la simple recherche du luxe et des plaisirs, ainsi que pour établir et promouvoir l’injustice, la débauche et l’obscénité. À leurs yeux, il n’est pas davantage injuste de concentrer, par des moyens malhonnêtes et répréhensibles, les richesses de toute la société entre les mains d’une poignée de personnes et de laisser les autres nus et affamés.
De même, pour protester contre un tel système économique extrêmement injuste, on étatise les richesses ainsi que les principes de leur acquisition, de leur dépense et de leur répartition, et l’on transforme la nation entière en esclave politique. Les êtres humains de ce pays deviennent alors pires que des animaux. Ils ne conservent ni liberté individuelle ni aucune dignité humaine. Comme les vaches et les buffles d’un paysan, ils doivent travailler aveuglément dans les champs et les plaines pour produire les récoltes, sans avoir aucun droit sur celles-ci. Beaucoup ne jugent pas non plus répréhensible ce système injuste.
Cependant, l’ordre du Seigneur Allah Tout-Puissant, Créateur, Maître et Nourricier de l’ensemble de la création, est que chacun doit gagner son argent par des moyens honnêtes et licites, et qu’il doit de même le dépenser dans la droiture et à de bonnes fins. Une part des richesses acquises doit être donnée aux pauvres, aux incapables, aux démunis, aux aveugles, aux malades et aux nécessiteux privés de revenus. Il a également été enjoint de veiller à ce que les richesses acquises ne restent pas immobilisées sous forme d’épargne thésaurisée et ne soient pas dépensées dans le luxe et les plaisirs. C’est pourquoi ces deux questions revêtent une grande importance dans l’au-delà.
La cinquième et dernière question sera la suivante : lorsque l’appel de la vérité lui est parvenu, ou lorsqu’il a pu comprendre la vérité, l’a-t-il acceptée ou rejetée ? Puis, après avoir acquis la connaissance de la vérité, a-t-il formé son caractère conformément à celle-ci ? A-t-il mené sa vie à la lumière rayonnante de cette connaissance ? S’il a rejeté la vérité, soumis à ses passions, pour ses intérêts personnels et les plaisirs de la vie terrestre, ou par une haine aveugle envers celui qui appelait à la vérité, ce fait aussi devra être présenté devant Dieu au Jour du Jugement.
Même après avoir reconnu comme véridique l’appel du dernier Prophète, les savants de la nation juive s’étaient lancés dans l’opposition, poussés par leurs intérêts terrestres et leur haine aveugle envers le dernier Prophète. Une grande partie de la communauté musulmane actuelle continue de se laisser emporter par le courant de cette même erreur.
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L’âme
Une question se pose : le châtiment de la tombe atteint-il l’âme ou le corps ? Les avis divergent à ce sujet. Certains disent qu’il atteint uniquement l’âme. D’autres disent qu’il atteint à la fois l’âme et le corps. À ce propos, il convient également d’examiner ce qu’est l’âme.
Bien que l’âme soit une réalité invisible et subtile, elle constitue une entité indéniable ! Il est donc extrêmement difficile de l’analyser. Allah dit :
(Arabe ******************************************************************)
« Lorsque Je l’aurai pleinement façonné et que J’aurai insufflé en lui une part de Mon esprit, prosternez-vous alors devant lui. » — (sourate Al-Hijr : 29)
Il ressort du verset ci-dessus que l’âme insufflée dans le corps humain est en réalité une subtile image lumineuse des attributs d’Allah. La vie, la connaissance, la force, la volonté, le libre arbitre, ainsi que tous les autres attributs présents chez l’être humain, dont l’ensemble est appelé l’âme, constituent un subtil reflet ou une image lumineuse des attributs divins, projeté ou insufflé dans le corps humain.
Il va sans dire qu’il ne nous est pas possible d’analyser correctement l’âme. Nous pouvons toutefois comprendre seulement ceci : l’âme maintient le corps vivant et actif. Son absence transforme l’être humain en cadavre immobile.
L’âme est une chose que l’on ne peut jamais voir, mais que l’on peut clairement ressentir. C’est une force mystérieuse qui, dès qu’elle s’unit au corps humain, le rend vivant et actif.
En réalité, l’âme est l’être humain véritable. Le corps n’est que le véhicule ou l’enveloppe de cet être humain. Bien que l’âme soit une chose subtile et invisible, elle possède une forme, et cette forme est exactement semblable à celle du corps. L’âme est l’original ; le corps n’en est qu’une copie. Quand on dit « moi », c’est bien l’être humain qu’est l’âme que l’on désigne. La douleur, la souffrance, la joie et le bonheur ne sont pas ceux du corps de « moi » (l’âme). Bien que l’être humain (l’âme) et le corps soient deux entités distinctes, ils sont liés l’un à l’autre.
Le bonheur et la souffrance sont ressentis dans le corps. Mais souvent aussi, le bonheur, la souffrance et la joie existent indépendamment du corps. Le corps est lié au monde matériel, tandis que l’âme est liée au monde invisible et éternel.
Il n’est pas difficile d’admettre que l’âme puisse connaître le bonheur ou la souffrance dans la tombe ou dans l’au-delà après la mort. Il a toutefois été dit précédemment que la connaissance exacte de ce monde dépasse notre savoir, notre raison et notre imagination. Nous ne pouvons qu’en avoir une idée approximative.
Dans le sommeil, l’être humain (l’âme) qui abandonne son corps et se déplace ailleurs — dans un autre pays, une autre société, sur terre, sur l’eau ou dans les airs — éprouve lui aussi pleinement le bonheur et la souffrance. Il possède également un corps incorporel doté de membres parfaitement constitués. Or le bonheur et la souffrance appartiennent à l’âme. Ainsi, dans un cauchemar, l’être invisible qui a abandonné son corps devient parfois si accablé par la douleur et la souffrance qu’il verse des larmes. Au réveil, on constate que les joues de la personne incarnée, allongée sur son lit, sont mouillées de larmes. Pourtant, les pleurs de l’être humain qu’est l’âme et leur cause ont peut-être eu lieu à des centaines ou des milliers de kilomètres de distance. La fatigue ressentie après un effort intense dans un rêve persiste jusque même après le réveil. Lorsque nous séjournions à Calcutta, un célèbre footballeur de notre quartier jouait au ballon en rêve, une nuit. Soudain, dans son sommeil, il cria à voix haute « but ! » et donna un coup de pied au ballon. Le coup atteignit sa femme qui dormait à ses côtés, si bien qu’il fallut appeler un médecin cette nuit-là.
L’âme invisible de l’homme, peut-être attaquée très loin de sa couche, quelque part, par un tigre, un ours ou des brigands, crie de toutes ses forces à l’aide. Il arrive souvent que l’écho de ses cris soit également entendu depuis le corps allongé.
Il a été dit précédemment que l’âme de l’homme qui, en rêve, accomplit ses activités ailleurs possède elle aussi un corps. Ses joies et ses peines sont semblables à celles de l’homme doté d’un corps matériel. Puisque, à l’état de rêve comme à l’état de veille, les joies et les peines appartiennent au corps de l’âme, et non au corps matériel, si l’on anesthésie une partie du corps à l’aide d’un médicament, qu’on rompe sa relation avec l’âme et qu’on la sectionne au couteau, l’âme n’en éprouvera absolument rien. Il a été dit que l’âme est liée au monde invisible et subtil. Ce monde invisible et subtil est illimité et constitue un monde situé au-delà du monde matériel. C’est pourquoi, en rêve, on rencontre le défunt qui se trouve dans le Barzakh. Cela ne signifie pas que le défunt, ou son âme, soit revenu dans ce monde matériel.
Après notre réveil, nous oublions les joies et les peines de courte durée, les considérant comme illusoires. Le rêve est tenu pour irréel et mensonger une fois qu’il s’est achevé. Mais si le rêve ne s’achevait jamais, il deviendrait réel et vrai.
Après la mort, dans la tombe, l’âme de l’homme peut éprouver des joies et des peines, ou bien les serviteurs vertueux connaître la félicité et les pécheurs la souffrance d’une manière contraire à notre conception. Puisque les joies et les peines appartiennent à l’âme, et non au corps, quelle raison pourrait-il y avoir pour qu’il n’y ait pas de joies et de peines après la mort ?
À propos du sommeil et des rêves, une autre réflexion me revient à l’esprit. Qu’est donc cette chose qu’est le sommeil ? Pendant le sommeil, l’âme reste-t-elle liée au corps ou s’en sépare-t-elle ? Voilà bien une question.
J’ignore ce que diront les scientifiques et les physiologistes. Car leurs recherches portent sur la matière, ou Matter, et non sur les réalités invisibles. Certes, de nombreuses substances invisibles peuvent être détectées à l’aide d’un microscope. Mais une substance telle que l’âme a-t-elle jamais été observée au microscope ? Et même l’âme mise à part, les sensations de l’âme — joie, peine ou douleur — sont-elles jamais devenues visibles au moyen d’un quelconque instrument ?
La question est donc la suivante : où l’âme va-t-elle pendant le sommeil ? Et où demeure-t-elle ? Les psychologues diront peut-être quelque chose. Mais eux aussi ne font que conjecturer. Quelle preuve avons-nous de la véracité de leurs affirmations ? À vrai dire, c’est une question extrêmement difficile à comprendre. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un aspect important du mystère de la création. Le Coran al-Hakim dit :
(Arabe ***********************************************************************)
« Allah saisit ou retire les âmes au moment de leur mort, ainsi que celles qui ne sont pas mortes pendant leur sommeil. Puis Il retient celles dont Il a décrété la mort et renvoie les autres jusqu’à un terme fixé. Il y a là de nombreux signes pour les gens réfléchis. » — (sourate Az-Zumar : 42)
Allah dit également :
(Arabe *********************************************************************)
« C’est Lui qui vous saisit l’âme durant la nuit. Il sait ce que vous accomplissez pendant le jour. Puis, après avoir saisi votre âme, Il vous renvoie le jour suivant dans ce monde d’action, afin que le terme fixé de votre vie puisse s’accomplir. Car, en fin de compte, c’est vers Lui que vous retournerez. Alors, Il vous informera de ce que vous faisiez. » — (sourate Al-An‘âm : 60)
Ces deux versets indiquent que l’âme quitte le corps au moment de la mort, et également pendant le sommeil. La différence est toutefois que les âmes de ceux dont la mort n’a pas été décrétée sont renvoyées pour une durée déterminée.
On comprend donc que le sommeil survient dès que l’âme quitte le corps. Toutefois, le sommeil est temporaire, car l’âme est ensuite renvoyée. Celui dont l’âme n’est pas renvoyée est déclaré définitivement mort.
Le premier verset précise également que cela offre matière à réflexion aux gens réfléchis.
Le professeur Arthur Ellison, après avoir réfléchi et mené des recherches sur les versets du Coran, est parvenu à la conclusion que la mort et le sommeil sont une même réalité dans laquelle l’âme quitte le corps. Toutefois, pendant le sommeil, l’âme revient dans le corps, tandis qu’elle n’y revient pas au moment de la mort : cela a été établi par l’étude PARA PSYCHOLOGIC.
Cependant, cette séparation de l’âme et du corps se présente différemment. Lorsque l’âme se sépare du corps pour toujours, l’être humain en prend conscience au moment de cette séparation et en éprouve d’insoutenables souffrances.
(Arabe*************)
« Et véritablement, l’agonie ou la dureté de la mort est arrivée. (Cette mort est une chose) à laquelle tu cherchais à échapper. » – (sourate Qaf : 19)
Cependant, il arrive aussi, quoique rarement, que les choses se passent autrement. Certaines personnes en bonne santé sont en train de prier. Alors qu’elles sont prosternées, la mort les saisit à leur insu et à l’insu des autres. Ou bien elles mangent le soir, puis s’endorment paisiblement, mais ne se réveillent plus. On entend également parler de tels événements. Ma mère, alors qu’elle était en bonne santé et vigoureuse, s’est levée pour accomplir la prière de ‘isha après une journée entière de travail. Elle avait l’intention de manger après la prière. Mais, alors qu’elle était prosternée, son âme quitta son corps. Qu’Allah lui pardonne.
Au moment de la mort, dès que l’âme se sépare du corps, les battements du corps, la circulation du sang et la vitalité cessent. Mais pendant le sommeil, tout cela demeure. En réalité, cette différence entre le sommeil et la mort dépend elle aussi de la décision d’Allah, Maître du corps et de la vie. Lorsque la mort est décidée, l’état du corps devient d’une certaine manière ; lorsqu’elle ne l’est pas, l’état du corps reste en grande partie normal. C’est également une manifestation de l’infinie puissance d’Allah, et il n’est pas possible de le nier. Essayons de le comprendre à l’aide d’un exemple. Imaginez un homme qui change de maison et s’installe ailleurs. Dans ce cas, il emporte tous les meubles et tous les objets de sa maison, jusqu’au balai et au tapis. Il ne reste alors qu’une maison vide. Mais lorsqu’il se rend ailleurs pour quelques instants ou quelques jours, les meubles de sa maison restent comme auparavant. Il n’y demeure que lui-même. La mort est semblable : elle n’est pas seulement un changement de maison, mais un transfert ou un déplacement de ce monde vers l’au-delà. Ensuite, il ne laisse dans cette demeure aucun des « meubles » que sont les battements du cœur, la circulation du sang, la vitalité du corps, la connaissance, la conscience, la faculté de ressentir, etc. En revanche, pendant le sommeil, l’âme se rend ailleurs pour un certain temps tout en laissant dans sa demeure l’ensemble de ses meubles.
J’espère qu’après cet exemple, il ne devrait pas être difficile de comprendre la différence entre le sommeil et la mort.
L’intercession dans l’au-delà
Comme l’exposé de l’au-delà ne saurait être complet sans une discussion détaillée de l’intercession, il me paraît nécessaire d’en présenter ici une notion générale mais néanmoins claire.
Allah Ta‘ala est le Créateur de cet univers et de toutes les créatures qu’il contient. Il est le Maître de ce monde comme de l’au-delà. De même qu’Il est le Souverain absolu de l’autorité et du gouvernement, de même, dans l’au-delà, Lui seul détient le droit exclusif de juger les œuvres de Ses serviteurs sur le champ du Rassemblement et de prendre à leur sujet les décisions qui s’imposent. Il dit :(Arabe************) « Ce jour-là (le Jour de la Résurrection), la royauté appartiendra exclusivement à Allah Ta‘ala. C’est Lui qui décidera du sort futur des hommes. » — (sourate al-Hajj : 56)
Autrement dit, pour le jugement de ce jour-là, Il n’aura nul besoin de recourir à l’aide de quiconque, de réunir un jury pour rendre une décision juste, ni de demander le conseil de qui que ce soit. Il est Lui-même Omniscient. Il connaît les œuvres secrètes et manifestes de chacun. En outre, afin de manifester la justice et l’équité, Ses anges ont scrupuleusement inscrit et correctement consigné chacune des œuvres secrètes et manifestes des serviteurs dans un registre des œuvres. Ce registre sera remis à chacun. En voyant leur registre, les pécheurs s’étonneront et diront :(Arabe************)
« Quelle chose étonnante ! Rien, ni petit péché ni grand péché, n’a été omis dans ce registre des œuvres. » — (sourate al-Kahf : 49)
Le registre des œuvres est écrit par les anges. Ils ne commettent aucune erreur. Ils n’ont aucune tendance à l’erreur ni au péché. Mais cela signifie-t-il qu’Allah dépend du registre des œuvres écrit par les anges ? En aucune façon. Les anges n’ont fait qu’inscrire chaque acte qu’ils ont vu le serviteur accomplir au moment où ils l’ont vu. Ils n’ont aucune connaissance des actes futurs du serviteur. Ils ne consignent que ce qu’ils le voient accomplir. Mais, auprès d’Allah, le passé et le futur sont tous deux présents. Les actes futurs du serviteur se présentent également à Lui sous la forme du présent. Il est donc capable de prendre une décision juste sur la base de Sa connaissance parfaite, même sans le registre des œuvres écrit par les anges. Toutefois, c’est pour établir la justice et pour convaincre les serviteurs qu’Il a institué la tenue de ce registre. Si une troisième partie devait être nécessaire pour prendre la décision, ce serait abaisser Allah de Sa sublime dignité. Penser que quelqu’un d’autre pourrait exercer une influence sur Lui ou Lui apporter une connaissance supérieure des œuvres et du caractère des serviteurs ne peut être que le fait d’un polythéiste. Ainsi, ce Jour du jugement, Il n’a nul besoin d’accepter le conseil ou l’intercession de quiconque.(Arabe****************)
« Avant la venue du jour où il n’y aura ni transaction, ni amitié, ni intercession. » — (sourate al-Baqara : 254)
Mais il est profondément regrettable que beaucoup nourrissent une conception erronée du tawhid. Ils croient même fermement qu’il existe des personnes qui intercéderont auprès d’Allah en faveur des pécheurs sur le champ du Rassemblement. Allah Ta‘ala leur pardonnera conformément à leur intercession et les fera entrer au Paradis.
Ils croient que cette intercession sera également efficace. Ainsi, ils accordent plus d’importance à l’intercession qu’au service d’Allah. L’une des raisons de cette importance est qu’ils considèrent les intercesseurs comme les favoris d’Allah, très proches de Lui et très influents auprès de Lui. Il en résulte inévitablement qu’au lieu de mettre un frein à leurs passions, de renoncer aux plaisirs et aux jouissances de ce monde, de faire des sacrifices et de suivre les commandements d’Allah, ils deviennent extrêmement empressés de satisfaire ceux qu’ils ont pris pour des intercesseurs. C’est pourquoi, pour obtenir leur satisfaction, ils leur offrent des présents votifs, font des vœux votifs en leur nom, déposent des fleurs et de la nourriture rituelle sur leurs tombes, y répandent des roses, y allument des lampes, distribuent de la nourriture rituelle au nom des pieux défunts, et accomplissent eux-mêmes avec grand enthousiasme toutes sortes d’actes semblables, tout en incitant les autres à les accomplir. Ils croient pouvoir ainsi les satisfaire. Une fois satisfaits, ceux-ci intercéderont certainement en leur faveur sur le champ du Rassemblement. Et cette intercession ne sera jamais vaine.
De telles conceptions sont nées d’un manque de compréhension et de foi fondamentales concernant l’islam. Certaines personnes ne veulent pas accepter les croyances fondamentales de l’islam ni se former conformément à celles-ci ; elles sont en réalité des malfaiteurs. Elles n’ont pas une conception correcte de l’au-delà. Elles ne souhaitent pas non plus imiter le Coran, les hadiths, ni la vie concrète du Saint Prophète (paix et bénédictions sur lui) et de ses nobles Compagnons. Elles se demandent si, au cas où l’au-delà existerait, il n’y aurait pas là-bas une autre voie facile pour obtenir le salut. Les démons parmi les djinns et les hommes leur inspirent qu’un certain wali défunt, connu sous tel ou tel nom, intercédera pour eux. Pleins d’espoir, ils se rendent auprès du mausolée d’un pieux musulman ou d’un mausolée imaginaire et leur adressent une vénération, un respect et des supplications qui ne sont dus qu’à Allah Ta‘ala. Les défunts n’ont aucun moyen de savoir ce qu’ils accomplissent dans ces mausolées. Et lorsqu’Allah Ta‘ala les en informera, ils ne seront pas satisfaits des adorateurs des mausolées ; ils seront au contraire profondément affligés par leurs comportements empreints de shirk. Pour ceux qui veulent faire des hommes des divinités à la place d’Allah ou les associer à Allah, il est absolument impossible d’espérer d’un homme pieux une prière ou une intercession, hormis une malédiction.
Prenons ensuite le cas de certains prétendus saints vivants de ce monde. Les pires malfaiteurs de la société se pressent également chez eux. Ils se rendent auprès d’eux, convaincus qu’ils jouissent d’une telle influence auprès de Dieu qu’au Jour de la Résurrection, ils sauront certainement L’influencer afin de leur obtenir le salut. Dans cet espoir, ils couvrent ces pîrs ou saints de toutes sortes d’offrandes précieuses et de présents votifs.
Il est tout à fait raisonnable de penser qu’au Jour de la Résurrection, Allah le Très-Haut leur accordera l’honneur d’intercéder et qu’ils seront assurément des habitants du Paradis. Sinon, celui qui n’a lui-même aucun espoir d’obtenir le salut, comment pourrait-il recevoir cette faveur, à savoir la faveur d’intercéder en faveur d’autrui ? Et en réalité, si un pîr ou un saint est véritablement pieux, comment pourrait-il être l’ami de pécheurs et de malfaiteurs ? Au Jour de la Résurrection, les pécheurs n’auront ni ami ni intercesseur.(Arabe******************)
« Les injustes n’auront aucun ami intime ni aucun intercesseur dont la parole puisse être entendue. » (Sourate al-Mu’min : 18)
Certains prétendus pîrs et saints de renom, en échange de fortes sommes d’argent ainsi que de présents et d’offrandes précieux, encouragent les personnes pécheresses et antisociales dans leurs péchés au lieu de réformer leur caractère ; leur propre salut est incertain et, qui plus est, pour avoir aidé les injustes, ils seront eux aussi dignes d’être châtiés.
C’est à propos de ces gens que le Coran dit :(Arabe***********)
« (Au Jour de la Résurrection,) ces dirigeants qui avaient été suivis ici-bas manifesteront leur désaveu envers leurs adeptes — mais ils seront assurément châtiés, et tous les liens et rapports qui les unissaient seront rompus. Ceux qui, ici-bas, avaient suivi ces dirigeants diront : “Malheur à nous ! Si seulement une occasion nous avait été accordée ici-bas, nous leur aurions témoigné notre désapprobation, comme ils nous manifestent aujourd’hui leur mécontentement et leur irritation !” Allah le Très-Haut leur présentera ainsi les œuvres qu’ils ont accomplies ici-bas, et ils seront accablés de tristesse et de remords. Mais aucune issue ne leur permettra de sortir du feu de la Géhenne. » — (Sourate al-Baqara : 166-167)
Les dirigeants religieux des communautés antérieures éloignaient ainsi les gens du chemin d’Allah au nom de la religion, poussés par leur avidité à amasser des richesses.
Le Coran dit :(Arabe**************)
« C’est-à-dire que la plupart des savants des gens du Livre, des pirs et des derviches, dévorent illicitement les biens des gens et les détournent du chemin d’Allah. » — (Sourate at-Tawba, 34)
C’est ainsi que ces oppresseurs égarés, installés sur leurs trônes religieux, vendent des fatwas, gagnent de l’argent illicitement, s’emparent des offrandes et inventent toutes sortes de règles et de pratiques religieuses grâce auxquelles les gens achètent auprès d’eux le salut de l’au-delà ; sans les nourrir et les satisfaire, ils ne peuvent accomplir aucun acte de leur vie ni de leur mort, ni célébrer leurs mariages, entre autres, et ils en font les mandataires chargés de façonner et de briser leur destinée. Ils ne s’arrêtent pas là ; au contraire, pour leurs propres intérêts, ces pirs et derviches enferment les gens dans le piège de l’égarement et, lorsqu’un appel à la vérité est lancé pour la réforme et la rectification, ces commerçants de la religion sont les premiers à déployer leur réseau de tromperies et résolus à barrer la route à l’appel de la vérité.
En présentant cet exemple des gens du Livre des communautés précédentes, Allah a mis les musulmans en garde. Pourtant, beaucoup d’entre nous ont, à leur imitation, maintenu en pleine activité des trônes religieux artificiels.
Ceux qui ne veulent pas eux-mêmes se conformer aux préceptes de l’islam et qui, sous couvert de religion, trompent les gens et les éloignent de l’islam resteront eux aussi préoccupés par leur propre salut — où trouveraient-ils donc la capacité d’intercéder en faveur d’autrui ?
La conception islamique de l’intercession
Cela signifie-t-il pour autant que rien de ce qu’on appelle intercession ne fasse partie des croyances islamiques ? Si, assurément. Toutefois, le Saint Coran réfute à maintes reprises la conception polythéiste de l’intercession décrite plus haut et présente une conception conforme à l’islam. Certaines personnes intercéderont en faveur de certaines autres sur le lieu du rassemblement.
Cette intercession sera d’une nature totalement différente. Elle ne diminuera en rien les attributs d’Allah, pas plus qu’elle ne réduira le moins du monde Sa seigneurie et Son autorité. Ce jour-là, l’intercession aura lieu avec Sa permission, sous des conditions particulières et dans des limites déterminées. Elle s’effectuera selon des règles et des modalités particulières.
- Premièrement, toute l’affaire de l’intercession sera entre les mains d’Allah et se déroulera conformément à Sa volonté.
(Arabe*************)
« Dis : toute l’affaire de l’intercession est entre les mains d’Allah. » – (sourate Az-Zumar : 44)
(Arabe**************)
« Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? » – (sourate Al-Baqara : 255)
- L’intercesseur ne pourra prendre la parole qu’en faveur de celui pour lequel Allah, satisfait, lui aura permis d’intercéder.
(Arabe********)
« Nul ne pourra intercéder en faveur de quiconque, si ce n’est de ceux dont Allah est satisfait. » – (sourate Al-Anbiya : 28)
- L’intercesseur ne dira, au moment de l’intercession, que ce qui sera, à tous égards, vrai et juste.
(Arabe************)
« Personne ne pourra parler, sauf ceux à qui Allah, le Très-Miséricordieux, en donnera la permission, et ils ne diront que la vérité. » – (Sourate An-Naba, 38)
L’intercession qui aura lieu dans les conditions et les limites susmentionnées ne ressemblera en rien à une recommandation auprès des hommes de ce monde. Elle consistera uniquement en une supplication humble et soumise, en une prière et en une demande de pardon, dans l’esprit de la servitude absolue. Rien de plus. L’intercesseur n’aura même pas la moindre pensée qu’il puisse s’agir de modifier la décision d’Allah ou d’accroître Sa connaissance. Après avoir reçu la permission, accordée par pure grâce, du Seul Maître et Roi de l’au-delà, l’intercesseur dira avec la plus grande humilité et la plus profonde soumission : « Ô Maître et Roi du monde ! Pardonne les péchés et les fautes de tel de Tes serviteurs. Fais-le entrer dans l’étendue de Ton pardon et de Ta miséricorde. »
Il ressort de cela que, tout comme Allah est Celui qui autorise et accepte l’intercession, l’intercesseur est en réalité Allah Lui-même.
(Arabe********)
« En dehors de Lui (Allah), ils n’auront ni protecteur ni tuteur, ni aucun intercesseur. » – (Sourate Al-An‘am, 51)
Les hadiths indiquent quelles personnes seront les intercesseurs et pour qui l’intercession sera faite. Les intercesseurs seront les serviteurs vertueux d’Allah, ceux qui jouissent de Sa proximité. Elle sera faite en faveur de ceux dont la foi et les œuvres seront si insuffisantes au regard de la balance qu’ils ne seront pas dignes du pardon. Il leur manquera quelque chose pour mériter le pardon. Afin de combler ce manque, Allah, par Sa grâce, autorisera que l’on intercède en leur faveur.
Il ressort clairement de la discussion précédente que personne n’a le pouvoir d’intercéder selon sa propre volonté. Allah accordera à quelqu’un la permission d’intercéder pour ceux en faveur desquels Il aura décidé, dans Sa satisfaction, d’accorder le pardon.
Alors, une question surgit naturellement dans l’esprit : s’il en est ainsi, c’est-à-dire si Allah seul accomplira toute chose, quelle est donc la raison d’être de cette intercession ?
La réponse est qu’en ce jour de l’épreuve suprême, dont la terreur plongera d’effroi et de panique non seulement les gens ordinaires, mais aussi les prophètes, et où personne n’aura la force ni le courage de parler devant le Seigneur Très-Grand, Allah élèvera le rang de certains de Ses serviteurs privilégiés et aimés en leur accordant la permission d’intercéder. Le rang le plus éminent sera celui du dernier Prophète, le vénérable Muhammad Mustafa (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui).
Cette discussion détaillée a clairement établi que l’intercession est en réalité le nom donné à une forme particulière de pardon d’Allah, qui diffère quelque peu des règles générales du pardon. Nous pouvons l’appeler le principe d’une grâce supplémentaire dans l’octroi du pardon (Special concessional laws of amnesty). C’est également un principe et une procédure. Il est lui aussi entièrement conforme aux exigences des attributs d’Allah, tels que Son unicité, Sa seigneurie, Son autorité, Sa majesté et Sa connaissance. Il ne porte nullement atteinte aux lois régissant l’attribution de la récompense ou du châtiment.
Il faut également se rappeler qu’il est absolument impossible d’obtenir le pardon dans l’au-delà sans la grâce d’Allah. Le Prophète a dit :(Arabe***************)
« Sachez bien qu’aucun d’entre vous ne peut espérer être sauvé uniquement grâce à ses œuvres. » — (Muslim)
Mais de même que cela est vrai, il est également vrai que cette grâce d’Allah, ou Son « fadl et karam », repose sur un principe. Il n’accueillera sous l’ombre de Son fadl et karam que ceux qui, grâce à leur foi et à leurs œuvres, en seront dignes. Plus la foi et les œuvres d’une personne seront bonnes, plus elle sera digne de Son fadl et karam. Et moins seront grandes les réserves de foi et d’œuvres d’une personne, moins elle sera digne de bénéficier de Sa grâce. Il y aura aussi beaucoup de malheureux qui ne seront absolument pas dignes du pardon.
En somme, dans la réalité, le pardon dépend de la foi et des œuvres de l’être humain. Et dans cette affaire, le droit de prendre la décision, du début jusqu’à la fin, appartient exclusivement à Allah le Très-Pur.
Tout ce qui vient d’être dit constitue la conception exacte de l’intercession selon l’islam. Si l’on ne rejette pas de son esprit les conceptions erronées et polythéistes de l’intercession exposées plus haut pour adopter la conception islamique, la foi en l’au-delà deviendra dépourvue de sens.
Les morts peuvent-ils entendre quoi que ce soit du monde d’ici-bas ?
Après sa mort, l’être humain demeure dans un monde invisible appelé l’al-Barzakh. La question qui se pose maintenant est de savoir s’il peut entendre les paroles, les louanges, les éloges, les prières et les supplications des gens de ce monde.
La réponse se trouve dans le Noble Coran. Allah dit :(Arabe************)
« Qui est plus égaré que celui qui invoque, en dehors d’Allah, des êtres qui ne pourront lui répondre jusqu’au Jour de la Résurrection ? Ils ne sont même pas informés des invocations que ces gens leur adressent. » — (sourate al-Ahqâf : 5)
Les appels des gens de ce monde qui les invoquent ne leur parviennent absolument pas. Ils n’entendent pas eux-mêmes ces appels de leurs propres oreilles, et aucune information ne leur parvient non plus par quelque moyen que ce soit pour leur apprendre que quelqu’un les invoque.
Pour comprendre en détail cette parole d’Allah le Très-Haut, il faut savoir que les êtres que tous les polythéistes de ce monde invoquent en dehors d’Allah sont de trois sortes. La première est constituée de matières inertes et dépourvues de vie, que les hommes ont eux-mêmes fabriquées de leurs propres mains avant d’en faire des divinités.
Deuxièmement, certains hommes pieux et vénérables qui ont vécu autrefois.
Troisièmement, ces hommes égarés et dévoyés qui, après avoir égaré et corrompu d’autres personnes, ont quitté ce monde.
Concernant les divinités de la première catégorie, il est évident que, étant des matières inertes dépourvues de vie, elles ne peuvent ni entendre ni voir quoi que ce soit, et qu’elles n’ont aucun pouvoir d’agir.
Les divinités de la deuxième catégorie, c’est-à-dire les hommes pieux et vénérables décédés, resteront eux aussi ignorants des appels à l’aide et des prières des habitants de ce monde pour deux raisons. Premièrement, ils se trouvent auprès d’Allah dans une situation où les voix des habitants de ce monde ne leur parviennent pas directement ; deuxièmement, Allah et Ses anges ne leur transmettent aucune nouvelle de ce monde. La raison en est que, durant toute leur vie, ils ont enseigné aux hommes de prier uniquement auprès d’Allah, et que ce sont précisément eux que les hommes appellent maintenant : rien ne pourrait être plus douloureux pour eux. Allah ne souhaite en aucune manière infliger quelque souffrance que ce soit à l’âme de Ses serviteurs pieux.
Les divinités de la troisième catégorie ont également deux raisons de rester dans l’ignorance. La première est qu’elles se trouvent, en tant qu’accusées, dans la prison d’Allah, où aucune voix de ce monde ne parvient. Allah et Ses anges ne leur transmettent pas que leur mission a connu un grand succès dans ce monde et que les hommes en ont fait des divinités.
Si on leur annonçait une telle nouvelle, elle serait pour eux une très grande source de joie. Or Allah ne veut jamais satisfaire ces injustes.
À ce propos, il faut comprendre que les salutations et les prières des habitants de ce monde sont transmises à Ses serviteurs pieux. Car cela sera pour eux une source de joie.
De même, Allah fait entendre aux pécheurs et aux criminels les malédictions, les humiliations, les reproches, les insultes et autres paroles des habitants de ce monde. Cela accroît encore leur affliction.
Il est rapporté dans les hadiths qu’après la bataille de Badr, on fit entendre aux mécréants tués au combat les reproches du noble Prophète, car cela leur causa une grande affliction. Mais rien qui puisse être cause d’affliction pour les serviteurs pieux ne leur est transmis.
Je pense que la discussion ci-dessus permettra de comprendre clairement si les morts peuvent savoir et entendre quoi que ce soit de ce monde.
Il y a quelque temps, après avoir visité le mausolée de Khwaja Sahib à Ajmer, j’ai demandé à un ami chanteur : « De même que nous demandons beaucoup de choses à Allah le Très-Haut, que nous L’implorons avec insistance et que nous pleurons devant Lui, j’ai vu certaines personnes demander beaucoup de choses avec supplications au défunt Khwaja Sahib. Certains chantent même des qawwali dans son mausolée. Tout cela est strictement interdit en islam ; qu’en pensez-vous ? »
Il répondit : « Quoi qu’il en soit, si chanter dans son mausolée était interdit, il l’aurait interdit, ou bien sa malédiction nous aurait frappés ; or cela n’est arrivé à personne. De plus, il aimait les chants de qawwali. »
Mon ami évita de répondre aux premières remarques, mais il croyait que, lorsqu’on chantait des qawwali dans son mausolée, il les entendait et s’en réjouissait. Je pense que la discussion ci-dessus réfutera cette croyance de mon ami et de nombreuses autres personnes. Beaucoup demandent toutes sortes de choses à des awliya et des derviches d’Allah, qu’ils considèrent comme dotés d’un pouvoir infini. Pourtant, hormis Allah, personne, aucune force ni aucune entité, ne peut causer de tort ou procurer un bien aux êtres humains. Le Coran l’affirme en de nombreux endroits.
Ce qui est étonnant — et constitue un immense succès de Satan —, c’est que ceux qui ont enseigné le tawhid toute leur vie ont été transformés en divinités par les hommes après leur mort.
Hazrat Abd al-Qadir al-Jilani (que la miséricorde d’Allah soit sur lui) a enseigné que dire, après sa mort, en s’adressant à lui : « Ô Abd al-Qadir ! Donne-moi quelque chose pour l’amour d’Allah » serait également du shirk. Pourtant, j’ai vu ces paroles écrites en grosses lettres sur le mur extérieur d’une célèbre khanqah de la voie qadiriya. De nombreuses pratiques de shirk sont également répandues en son nom. Mais lui, comme beaucoup d’hommes semblables, ne peut absolument pas savoir que des ignorants les ont transformés en divinités.
Certains croient aussi que l’âme du défunt circule dans le monde. Si cette croyance était vraie, les affirmations précédentes seraient fausses. Khwaja d’Ajmer et Hazrat Abd al-Qadir al-Jilani (que la miséricorde d’Allah soit sur lui) auraient alors pu voir de leurs propres yeux que les hommes les avaient transformés en divinités, ce qui leur aurait causé une terrible souffrance. Or Allah ne le souhaite jamais. Il n’existe donc aucun moyen de revenir dans le monde depuis l’alam al-barzakh.
Une idée erronée
Il est incontestable que, dans l’au-delà, seuls les gens vertueux et pieux triompheront. De nombreux non-musulmans accomplissent toutes sortes de bonnes actions. Dire la vérité, aider les personnes en détresse, dépenser de l’argent et consentir des sacrifices pour le bien d’autrui, accomplir de nombreuses œuvres d’intérêt général, entre autres, sont des actes que l’on trouve également chez les adeptes d’autres religions. Bien qu’ils ne croient ni au tawhid d’Allah ni au dîn al-haqq, ces qualités se trouvent parmi eux. Il ne fait aucun doute que les actes mentionnés sont méritoires. Que leur arrivera-t-il donc lors du jugement dans l’au-delà ?
Beaucoup croient qu’en récompense de leurs bonnes œuvres, ils obtiendront eux aussi le paradis ou la félicité. Examinons un instant, en les vérifiant et en les analysant, dans quelle mesure cette croyance ou cette conception est fondée.
(Arabe****************)
« Et quiconque accomplira une bonne œuvre, homme ou femme, à condition d’être croyant, ceux-là entreront au Paradis et ne subiront pas la moindre injustice (c’est-à-dire que leurs droits ne seront nullement lésés). » – (sourate An-Nisâ’, 124)
(Arabe*******)
« Quiconque accomplira une bonne œuvre, homme ou femme, à condition d’être croyant, Nous lui ferons certes mener ici-bas une vie pure et agréable, et, dans l’au-delà, Nous leur accorderons la meilleure récompense selon leurs œuvres. » – (sourate An-Nahl, 97)
(Arabe**********)
« Et quiconque accomplira une bonne œuvre, homme ou femme, s’il est croyant, tous ceux-là entreront au Paradis, où une subsistance sans nombre leur sera accordée. » – (sourate Al-Mu’min, 40)
Les versets précités annoncent une récompense pour les bonnes œuvres. Mais, chaque fois, la condition est posée que celui qui accomplit ces bonnes œuvres soit nécessairement croyant. La récompense des bonnes œuvres ne pourra être obtenue qu’après avoir cru aux croyances fondamentales de l’islam.
C’est ainsi que cette question est exposée en de nombreux passages du Noble Coran :
(Arabe**************)
« Ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres » — c’est-à-dire que la foi est une condition préalable aux bonnes œuvres. Il faut d’abord croire en Allah, en Son Livre, en Ses Messagers et en l’au-delà, entre autres choses. Ensuite, les bonnes actions à accomplir ont également été indiquées. Les Prophètes et les Messagers ont eux-mêmes montré ces bonnes œuvres dans leur vie concrète. Il faut les accomplir conformément aux voies et aux méthodes qu’ils ont enseignées. Le but de ces actions sera le suivant : après avoir reconnu comme Créateur, Pourvoyeur, Propriétaire, Seigneur, Roi et Souverain Celui en qui l’on a placé sa foi, ces bonnes œuvres seront accomplies uniquement pour obtenir Sa satisfaction. Si l’on ne croit pas en Celui qui détient seul le droit de récompenser et si l’on ne désire pas obtenir Sa satisfaction, d’où viendra la récompense ? C’est pourquoi le salut et la récompense dans l’au-delà dépendent des bonnes œuvres, et les bonnes œuvres ne porteront leurs fruits qu’avec la foi.
Qui pourrait nier qu’Allah Très-Haut est l’unique Créateur, Propriétaire et Seigneur de l’univers et de chacune de Ses créatures ? C’est Allah qui a donné à l’être humain tout ce qui lui est nécessaire pour vivre. Il a créé tous les moyens et toutes les ressources nécessaires à son progrès et à sa prospérité, à son bien-être et à ses nouvelles inventions. Il lui a accordé le savoir, l’intelligence et la raison, la force d’agir et un puissant esprit d’innovation. C’est Lui qui a envoyé aux êtres humains le dîn de vérité, une règle de vie belle et bénéfique. Pour les guider constamment sur le droit chemin et leur dispenser un enseignement moral, Il leur a envoyé, à travers les âges, des Prophètes et des Messagers. C’est Lui qui est le Créateur, le Propriétaire et le Seigneur de ce monde et de l’autre. Il est également le Maître exclusif et le Juge du Jour du Jugement. Pourtant, on a renié la seigneurie, l’autorité et l’obéissance dues à Allah. On a renié Ses Prophètes et Ses Messagers ainsi que le Jour du Jugement dans l’au-delà. Au lieu de glorifier Allah, le Créateur, le Seigneur et le Nourricier, de Lui obéir et de Le servir, on a voué cela à l’une de Ses créatures ou à un objet imaginaire. Plus haut, la véracité a été mentionnée parmi les qualités de l’homme vertueux non musulman. Mais après avoir renié le dîn véritable et refusé d’être reconnaissant envers le Créateur, le Seigneur et le Nourricier miséricordieux, la véracité conserve-t-elle la moindre valeur ?
Deuxièmement, on a mentionné parmi leurs qualités leur générosité, leurs actions d’intérêt général et leurs dons charitables. Mais réfléchissez : l’argent et les biens, tous les moyens nécessaires aux œuvres d’intérêt général, le savoir, l’intelligence et la force d’agir sont tous des dons d’Allah. D’un côté, on aide autrui avec les biens donnés, et de l’autre, on renie l’obéissance, le service et la gratitude envers le véritable Donateur. C’est comme donner au saint la vache d’autrui. Quelle valeur ce don peut-il avoir ?
Le fait de refuser de s’incliner devant Allah, le Créateur et le Nourricier, de Le glorifier Lui seul et de L’adorer, n’est-ce pas le signe de l’orgueil, de l’arrogance et de l’ingratitude ? N’est-ce pas l’extrême insolence, l’ingratitude envers Celui qui nous a comblés et la trahison ? De plus, on a voué l’adoration et le service, la soumission et l’obéissance, à d’autres créatures d’Allah. On a élevé la créature à la grandeur du Créateur. Peut-il y avoir plus grande insolence, plus grande injustice et plus grande oppression ? C’est pourquoi Allah dit :
(Arabe**********)
« L’exemple de ceux qui ont refusé d’accepter le dîn de Dieu est celui de personnes dont les bonnes œuvres seront comme un tas de cendres. De même que ce tas de cendres est emporté dans les airs par un vent violent au jour de la tempête, ils ne pourront tirer aucun profit de leurs bonnes œuvres. Car leur incroyance envers le dîn de Dieu les avait égarés et les avait entraînés très loin du droit chemin. » — (sourate Ibrâhîm : 18)
Autrement dit, ceux qui ont fait preuve d’ingratitude, de trahison, d’arbitraire, de désobéissance et de péché envers Allah, leur propre Seigneur, et qui ont refusé d’adopter les voies de servitude, d’obéissance et d’adoration prêchées par les prophètes, paix sur eux, verront finalement l’ensemble de leurs activités et le capital de leurs œuvres et de leur conduite durant toute leur vie devenir si vains et dépourvus de sens qu’ils ressembleront à un immense tas de cendres accumulé peu à peu jusqu’à prendre la forme d’une montagne. Mais, sous le souffle impétueux d’un seul jour, chacune de leurs particules de cendre se dispersera dans le néant. Leur belle civilisation et leur culture trompeuses, leurs arts et leurs réalisations architecturales étonnants, leurs immenses universités, leurs connaissances scientifiques, leurs beaux-arts et leurs innombrables autres richesses, jusqu’à leurs actes de dévotion et de culte, leurs bonnes œuvres manifestes, leurs aumônes et leurs activités d’utilité publique, tout cela se révélera n’être qu’un immense tas de cendres. Au jour du Jugement dans l’au-delà, les actes issus de leur orgueil et de leur arrogance n’auront aucun poids ni aucune valeur sur la balance du jugement.
Allah dit également :
(Arabe*************)
« Ceux d’entre vous qui renieront la religion de l’islam et mourront dans la mécréance verront toutes leurs bonnes œuvres anéanties dans ce monde et dans l’au-delà. Ils seront les habitants de l’Enfer et y demeureront éternellement. » — (sourate Al-Baqara, 217)
Ce ne sont donc pas seulement les bonnes œuvres de ceux qui sont mécréants dans la religion de l’islam qui seront anéanties ; ceux qui, après avoir cru en la religion de l’islam, l’abandonneront auront eux aussi le même sort que les mécréants infidèles.
En somme, le Noble Coran proclame sans aucune ambiguïté, presque page après page, que tous ceux qui ont refusé d’accepter la religion de vérité envoyée par Allah auront pour demeure l’Enfer, qu’ils aient accompli ou non quelque bonne action dans ce monde.
Si ceux qui renient Allah et le Messager désirent ardemment recevoir une récompense dans l’au-delà, ils devraient la réclamer à ceux qu’ils ont adorés et loués, sous l’autorité et le gouvernement desquels ils ont vécu, et dont ils ont reconnu la seigneurie et le pouvoir. Mais, ce jour-là, y aura-t-il, en dehors d’Allah, quelque être puissant capable d’accorder à quiconque une récompense ou un châtiment ? Auront-ils le pouvoir, le courage et l’audace d’organiser des slogans ou une marche de protestation pour réclamer le Paradis ? De plus, ceux qui ont renié la résurrection, l’au-delà, le حساب et le décompte, l’Enfer et le Paradis, qu’auront-ils à y recevoir, ou que pourront-ils même demander à ce sujet ?
Par conséquent, si aucune valeur n’est accordée dans l’au-delà aux bonnes œuvres des mécréants rebelles et hostiles à Allah, ce sera pleinement conforme à une justice parfaite.
Cependant, oui, s’ils ont accompli quelque bonne action sur terre, ils en recevront la récompense ici-bas. Après leur mort, ils n’auront plus rien à réclamer.
Les bienfaits terrestres de la foi en l’au-delà
Tout être humain, quelle que soit sa nationalité ou son pays, aspire à la paix. Cette paix réside dans la possibilité de vivre sereinement et en sécurité avec son épouse, ses enfants et sa famille, de circuler librement dans un climat de sécurité, de jouir de ses droits fondamentaux et d’être protégé contre toute ingérence d’autrui dans ses droits. Elle réside également dans la liberté et la possibilité de bâtir sa vie selon ses propres idéaux et ses valeurs. Dès que l’un de ces éléments est entravé ou que sa garantie fait défaut, la paix est troublée.
Mais cette paix existe-t-elle quelque part dans la société humaine ? Elle n’existe absolument nulle part, et là où elle existe, ce n’est qu’en infime quantité. Si, au sein de votre famille, aucune lutte idéologique ne vous oppose et qu’aucune tempête de désaccord extrême ne se déchaîne, si aucun voleur ni malfaiteur ne rôde jamais dans les limites de votre demeure, si vous pouvez récolter en toute sécurité l’intégralité de votre moisson, si vos domestiques, en faisant vos achats au marché, ne détournent pas le moindre sou et ne portent pas atteinte à votre vie et à vos biens sous l’effet de conspirations extérieures, alors on pourra assurément dire que vous vivez en paix. Mais de nos jours, on observe partout exactement le contraire ; c’est pourquoi la paix n’existe nulle part.
Prenons simplement notre société. En raison de la déchéance morale extrême, la maladie de la corruption généralisée a rendu la vie des gens insupportable à tous les niveaux de la société. Corruption au sein du grand public, corruption entre enseignants et étudiants, corruption parmi les responsables de tous les échelons. Du vol de chaussures dans les mosquées au pillage des biens de l’État, tout se pratique à grande échelle. La corruption sévit même au sein des organismes chargés de lutter contre la corruption et la criminalité. Le fantôme s’est caché dans la moutarde même avec laquelle on prétend l’expulser. C’est ainsi que la loi et l’ordre se sont effondrés. Voilà pourquoi l’opprimé n’obtient aucune justice, tandis que les riches au pouvoir et les antisociaux se moquent de la loi et parviennent à leurs fins malveillantes.
Regardez ensuite le terrorisme extrême qui s’est enraciné de nos jours dans tous les pays. Meurtres, brigandages, détournements — y compris d’avions —, assassinats impitoyables, destruction d’immeubles et de maisons à l’aide de dynamite et de divers explosifs sont devenus des événements quotidiens. À la maison, dans les établissements scolaires et dans les rues, l’honneur, la pudeur, et même la vie des femmes ne sont aujourd’hui plus en sécurité. Un pays puissant lance une agression armée contre un autre pays et lui impose sa domination. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes sont massacrés sans pitié. Village après village et champ après champ, les terres cultivées sont incendiés. Des squelettes humains ne s’élèvent plus que des lamentations et des cris de douleur. Il n’existe aucun remède à cette oppression et à cette tyrannie. Toute l’humanité est aujourd’hui impuissante.
Quelqu’un possède-t-il un remède à tout cela ? Pas plus tard qu’il y a quelque temps, des terroristes ont fait sauter le bâtiment de l’ambassade américaine à Beyrouth. Les pertes en vies humaines et en biens ont été considérables. Un avion de ligne sud-coréen a été détruit par un missile russe. Plusieurs centaines d’innocents ont perdu la vie. La Russie a occupé l’Afghanistan par la force et a dévasté les foyers et les terres des Afghans ; elle a massacré des centaines de milliers de personnes et, par crainte pour leur vie, des millions d’autres sont devenues sans abri. Leurs lamentations et leurs cris de douleur ont affligé les habitants du monde entier. Israël a transformé tout le Liban en un Karbala. Mais un quelconque remède a-t-il été apporté ? De tels événements terrifiants se produisent sans cesse, partout dans le monde, sous des formes toujours nouvelles. En réponse à la question de savoir si des mesures seraient prises contre les terroristes, Caspar Weinberger n’a rien pu déclarer au nom du gouvernement américain — et qu’aurait-il pu dire ? Si l’on répond à un coup par un coup, il faut s’attendre à un coup plus violent encore. Comment éliminer l’attitude qui pousse à frapper injustement ? Les sociétés et les dirigeants des États de la civilisation moderne connaissent-ils une méthode efficace pour réformer le caractère des ennemis de l’humanité — antisociaux, criminels, bandits, pillards, terroristes et autres ? Non, absolument pas. Ils savent seulement se livrer à une course aux armements pour frapper et se défendre contre les attaques. Ils ne possèdent aucune arme capable de réformer le caractère humain.
Cette arme, seul l’islam la possède. Allah l’a envoyée à l’humanité par l’intermédiaire des prophètes et des messagers. Cette arme est une croyance, une conviction ferme sur laquelle se construisent la mentalité, le caractère, les goûts et les valeurs de la vie. C’est une croyance qui propose une philosophie de la vie, enseigne son but et sa finalité, enseigne les devoirs et le sens des responsabilités, donne un sens à la vie et fait naître un profond sentiment de devoir rendre compte de chaque acte devant une puissance invisible. Cette croyance enseigne que l’univers et les êtres humains qui s’y trouvent n’ont pas été créés sans but. Après les avoir créés, Dieu ne les a pas abandonnés ici sans aucune bride, afin qu’ils fassent tout ce qui leur plaît, sans que personne ne récompense les bonnes actions ni ne punisse les mauvaises. En vérité, après sa mort, l’être humain devra retourner auprès de Celui qui l’a créé. Il devra ensuite Lui rendre compte de chacune de ses bonnes et de ses mauvaises actions accomplies durant sa vie terrestre. Si, dans la vie d’ici-bas, il a commis une injustice, s’il a détruit la vie et les biens des hommes en devenant un criminel ou un terroriste, il devra nécessairement subir le châtiment qui lui revient. Ce jour-là, personne ne disposera d’aucune force capable d’empêcher le châtiment du Justicier. Le châtiment de ce jour sera éternel, car la vie de l’au-delà n’aura pas de fin et la mort ne touchera plus jamais personne. Telle est la foi en l’au-delà. Celui qui, ce jour-là, accordera le châtiment ou la récompense sera Allah Lui-même, le Très-Haut, qui est le Créateur d’ici-bas, le Créateur de tous les êtres vivants et de toutes les choses, y compris l’être humain, ainsi que le Créateur, le Maître et le Seigneur de l’au-delà.
Seule cette croyance peut faire de l’être humain un véritable être humain, et transformer l’impitoyable tyran en une personne affectueuse et miséricordieuse. Elle peut rendre honnête l’homme sans caractère, et transformer le malfaiteur pillard en protecteur de la vie et des biens des hommes. Elle peut faire du terroriste un défenseur de l’humanité et un ami de l’humanisme, et du corrompu un combattant contre la corruption. Au septième siècle de l’histoire humaine, un tel miracle s’est produit sous la direction du Prophète de l’Arabie, Muhammad Mustafa (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) fit naître chez les hommes pécheurs la foi en Allah avec tous Ses attributs, ainsi que la foi en l’Au-delà et le sentiment de devoir rendre des comptes. Sur le fondement de cette foi, il corrigea leur caractère. Il transforma une nation féroce et assoiffée de sang en une nation soucieuse du bien de l’humanité. Par leur intermédiaire, il édifia un véritable État du bien-être. Il unit tous les individus par les liens solides de la fraternité, de l’affection, de la compassion envers autrui et de l’entraide mutuelle. Toutes les injustices disparurent de la société. Une société si heureuse et si belle vit le jour que le monde n’en avait jamais connue auparavant. Un tel système social n’existe encore aujourd’hui nulle part dans le monde.
Si aujourd’hui les superpuissances et les États qui bénéficient de leur faveur croyaient en Dieu et en l’Au-delà, et si elles consacraient au service de l’humanité l’immense somme qu’elles dépensent dans la course aux armements, un monde nouveau verrait le jour. Si, partout, les hommes égarés façonnaient leur caractère sous la direction idéologique du Prophète universel Muhammad Mustafa (paix et bénédictions d’Allah sur lui), fondée sur la foi en Dieu et en l’Au-delà, les massacres cesseraient partout. Chacun se sentirait en sécurité pour sa vie et ses biens, et la mentalité corrompue disparaîtrait. L’administration, le maintien de l’ordre, le commerce, l’éducation et la justice fonctionneraient tous correctement et au service du bien-être des hommes. Les organismes chargés de faire appliquer la loi ne violeraient pas eux-mêmes la loi. Ils ne feraient pas sortir clandestinement les richesses du pays vers l’étranger. Personne ne détournerait les biens de l’État et personne ne tromperait personne. Nul ne s’installerait en dictateur sur la nuque de la nation grâce aux armes. La voix des opprimés ne serait jamais réduite au silence, personne ne serait contraint aux chaînes de l’esclavage, on n’entendrait nulle part de lamentations dues au manque de nourriture et de vêtements, et personne ne souffrirait des douleurs de la maladie faute de soins. Tels sont les bienfaits et les bénéfices terrestres de la foi en l’Au-delà. Si les gens imbus de leur pouvoir, les dirigeants despotiques, les représentants et les esclaves mentaux de la civilisation occidentale matérialiste qui ne croit ni en Dieu ni en l’Au-delà pouvaient comprendre cette vérité, toute l’humanité pourrait en tirer profit.
Les devoirs des parents envers leurs enfants et des enfants envers leurs parents
L’enfant né du père et porté dans le sein de la mère est aimé plus que tout par son père et sa mère. Les parents ne peuvent supporter aucune souffrance ni aucune peine de leur enfant. Lorsque celui-ci tombe malade, son père et sa mère deviennent extrêmement anxieux. On peut toutefois affirmer sans le moindre doute qu’en général, l’enfant est davantage aimé par sa mère que par son père. Pour obtenir cet être cher et désiré, objet d’une tendresse et d’une affection extrêmes, la mère accepte volontairement et avec le sourire les difficultés de la grossesse et les douleurs extrêmes de l’accouchement. Cette douleur ressemble à l’agonie de la mort. Beaucoup meurent même, incapables de la supporter. Pourtant, aucune ne refuse de porter à nouveau un enfant. Après d’intenses souffrances, lorsque l’enfant vient au monde, il suffit à la mère de le regarder pour que toutes ses peines, ses souffrances et ses douleurs disparaissent, tandis qu’un sourire de joie céleste illumine son visage. Il est naturel que cet enfant soit l’objet de son amour le plus profond.
Puisque le sang du père coule aussi dans les veines de l’enfant, celui-ci est également l’être que le père aime le plus. Ainsi, naturellement, la mère et le père ne souhaitent voir leurs enfants mener qu’une vie heureuse et belle. Pour rendre leurs enfants heureux, les parents ne ménagent aucun effort. Le père qui gagne sa vie leur laisse des terres, fait construire des maisons et leur laisse un compte bancaire bien approvisionné, afin qu’ils puissent vivre dans le plus grand bonheur.
Si tel est le seul objectif qu’ils poursuivent, il faut comprendre que leur conception de la vie est erronée ou incomplète. La vie terrestre n’est pas la seule vie ; elle n’est qu’une partie de la vie tout entière. Il existe une vie après celle d’ici-bas, et c’est elle qui constitue la vraie vie : c’est précisément ce que cet ouvrage examine dans son intégralité.
Il faut donc admettre que ceux qui veulent voir leurs enfants vivre heureux et à l’abri des peines et des souffrances doivent nécessairement réfléchir aussi à la vie qui vient après la vie terrestre. Mais parmi ceux qui reconnaissent l’existence de l’Au-delà, combien réfléchissent à la vie éternelle de leurs enfants dans l’Au-delà ? Dès que leurs enfants ont un bon emploi, une voiture, une maison, gagnent à profusion de l’argent à pleines mains et jouissent de la renommée, les parents sont fous de joie. Ils ne se demandent pas comment leurs fils gagnent leur argent, ni sur quelle voie ils dirigent leur vie. Ils ne jugent pas nécessaire de s’informer pour savoir s’ils vivent comme de véritables musulmans ou s’ils sont plongés dans les plaisirs d’une vie matérialiste, sans principes ni frein. Si leur fille peut être mariée au fils d’un homme riche, ou si son mari est un haut fonctionnaire ou un homme d’affaires, ils considèrent que, de ce côté-là, le souhait de leur vie est réalisé. Si leur fille devient danseuse ou chanteuse, ou une vedette de cinéma qui divertit les innombrables personnes éprises de plaisirs, la poitrine de nombreux pères et mères se gonfle de joie. Bien entendu, il est naturel que ceux qui ne croient pas en l’Au-delà agissent ainsi. Allah le Très-Haut a également dit :
(Arabe*************************)
« Mangez, buvez et amusez-vous pendant quelques jours, car vous êtes des criminels » – (sourate al-Mursalāt, 46).
Ils ont pourtant renié la vie de l’au-delà. Ils pensent que la vie se résume à celle de ce monde. Mais le fait qu’ils le pensent suffit-il à transformer la vérité en mensonge ? L’au-delà viendra bel et bien, et dans cette vie-là, ils n’auront plus rien à réclamer. Ceux qui avaient tenu la vie de l’au-delà pour mensonge seront alors voués à la perdition.
Voilà donc le cas de ceux qui ne croient pas à l’au-delà. Mais ceux qui se disent musulmans se comportent exactement de la même manière. N’est-ce donc pas une raison de réfléchir ?
D’un autre côté, il est du devoir des enfants d’être reconnaissants envers leurs parents, de leur obéir, de les servir et de leur épargner toute peine et toute souffrance au cours de leur vie. Certains s’acquittent de ce devoir, d’autres non. Ceux qui ne le font pas sont assurément ingrats et désobéissants, et méritent l’humiliation. Mais ceux qui considèrent la reconnaissance comme une responsabilité et un devoir doivent également s’efforcer de rendre heureuse la vie dans l’au-delà de leurs parents. En outre, si, de leur vivant, ils voient leurs parents souffrir, l’enfant exemplaire en est profondément attristé et s’efforce de toutes ses forces de mettre fin à leurs peines. De même, après leur mort, l’enfant exemplaire se dit que sa mère ou son père se trouve peut-être dans la souffrance. Même s’il n’y a alors plus rien qu’il puisse faire concrètement, il invoque de tout son cœur Allah le Très-Haut en leur faveur : « Ô Seigneur ! Accorde-leur Ta miséricorde, comme ils m’ont élevé avec tant d’affection lorsque j’étais petit. » Allah le Très-Haut est Lui-même Celui qui a enseigné cette invocation. Ainsi, si l’enfant adresse sincèrement à Allah, pour ses parents, l’invocation qu’Il a enseignée, il peut assurément espérer qu’elle sera exaucée. C’est ainsi que l’enfant peut s’acquitter correctement du droit de ses parents, tant de leur vivant qu’après leur mort.
Mais que constatons-nous ? Il arrive souvent qu’un père ne traite pas équitablement ses différentes épouses et ses enfants. Lorsqu’il répartit ses biens, il donne à certains plus que leur juste part, à d’autres moins, et en prive totalement certains. Par ailleurs, certains enfants, poussés par une vision matérialiste de la vie, influencent injustement leur père, privent leurs frères et sœurs de leurs droits et obtiennent de leur père, par des arrangements écrits, la part du lion. Le père met parfois des biens clandestins au nom de l’une de ses épouses ou de l’un de ses enfants. De tels comportements sont profondément injustes et malhonnêtes de part et d’autre. À cause de cela, ils devront subir dans l’au-delà un châtiment sévère de la part d’Allah.
Par conséquent, si les parents souhaitent une vie heureuse dans l’au-delà pour leurs enfants, et si les enfants souhaitent voir leurs parents heureux et épanouis dans l’au-delà, leur comportement ici-bas à tous doit être conforme à ce qu’Allah et Son Messager leur ont enseigné.
Le devoir des parents est de façonner le caractère de leurs enfants selon le modèle de l’islam dès leur petite enfance, afin qu’ils puissent mener une vie pleinement musulmane. En revanche, si un enfant pieux voit ses parents s’être égarés, il doit s’efforcer de toutes ses forces de les ramener sur le droit chemin.
Si chacun s’acquitte de ses responsabilités envers l’autre, leur vie dans l’au-delà sera remplie d’un bonheur sans fin. Par la grâce d’Allah le Très-Haut, ils pourront alors vivre ensemble, au même endroit, dans un bonheur éternel.
Allah dit :
(Arabe*****************)
« Un tel Paradis sera leur demeure éternelle. Ils y entreront eux-mêmes, et ceux d’entre leurs pères et mères, épouses et enfants qui auront été vertueux les y rejoindront. Des anges viendront de toutes parts les accueillir et leur diront : “Que la paix soit sur vous ! C’est parce que vous avez affronté toute chose avec patience dans la vie d’ici-bas que vous avez aujourd’hui mérité cette félicité. Comme elle est excellente, cette demeure de l’Au-delà !” » — (Sourate Ar-Ra‘d, 23-24)
Il est également dit :
(Arabe************)
« Les anges qui portent le Trône divin, ainsi que ceux qui se tiennent autour de lui, célèbrent tous la gloire de leur Seigneur en Le glorifiant. Ils croient en Lui et implorent le pardon en faveur des croyants. Ils disent : “Ô notre Seigneur ! Tu embrasses toute chose de Ta miséricorde et de Ta science. Pardonne donc et préserve du châtiment de l’Enfer ceux qui se sont repentis et ont suivi Ton chemin. Ô notre Seigneur ! Fais-les entrer dans les jardins éternels que Tu leur as promis, ainsi que ceux de leurs pères et mères, de leurs épouses et de leurs descendants qui auront été vertueux, afin qu’ils les rejoignent auprès d’eux. Tu es certes le Tout-Puissant, le Très-Sage.” » — (Sourate Al-Mu’min, 7-8)
Le sens de cette déclaration d’Allah est parfaitement clair et n’a nul besoin d’être expliqué. Il est dit encore plus clairement dans la sourate At-Tûr :
(Arabe***************)
« Ceux qui ont cru et dont la descendance a suivi leurs traces à un quelconque degré de foi, Je réunirai également cette descendance avec eux. Je ne laisserai rien diminuer de leurs œuvres. » – (Sourate At-Tûr : 21)
Il est dit dans la sourate Al-Mu’min que les croyants et les gens vertueux jouiront du bonheur du Paradis. Alors, afin de réjouir leurs yeux, il leur sera permis de demeurer avec leurs parents, leurs épouses et leurs enfants, si ceux-ci ont accompli de bonnes œuvres après avoir embrassé la foi. Autrement dit, tout comme dans la vie terrestre, ils pourront également, dans la vie de l’Au-delà, vivre ensemble au Paradis avec leurs épouses, leurs fils et leurs proches. La précision supplémentaire apportée dans la sourate At-Tûr est la suivante : si les enfants suivent les traces de leurs ancêtres à un quelconque degré de foi, ils seront réunis avec leurs ancêtres, même s’ils n’ont pas atteint le haut rang que ceux-ci ont obtenu grâce à la supériorité de leur foi et de leurs œuvres. Cette réunion ne sera pas comparable à une simple visite occasionnelle. Ils continueront plutôt à vivre auprès d’eux au Paradis. Il est ensuite donné cette assurance supplémentaire : pour réunir les enfants avec leurs ancêtres, le rang de ces derniers ne sera pas abaissé ; au contraire, le rang des enfants sera élevé afin qu’ils soient réunis avec leurs pères.
Prenons par exemple un père et son fils qui ont tous deux obtenu le Paradis grâce à leur foi et à leurs œuvres. Mais le père appartient à la première classe, tandis que le fils appartient à la troisième. Pour les réunir, le père ne sera pas ramené à la troisième classe ; c’est au contraire le fils qui sera promu à la première classe et qui aura la possibilité de vivre avec son père. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un signe de l’immense grâce et de la générosité d’Allah envers Ses serviteurs vertueux.
C’est une question à laquelle tous les parents et tous les enfants doivent réfléchir profondément. Si chacun assume correctement ses responsabilités envers l’autre, leur vie dans l’Au-delà ne sera pas seulement heureuse et belle, mais une société et un environnement purs et harmonieux se construiront également ici-bas. La corruption, l’injustice et l’obscénité n’existeront plus, et une société humaine fondée sur la justice verra le jour, avec la sécurité des personnes et des biens.
En conclusion
En définitive, la vérité incontournable et indéniable est qu’après sa mort, l’être humain entrera dans une nouvelle vie qu’il obtiendra. C’est précisément pour rendre heureuse et joyeuse cette vie ultime que ce monde existe. La vie terrestre est le champ d’action de la vie de l’Au-delà.
(Arabe*****************)
C’est pour remplir ses greniers, au mois de Poush, des épis dorés du riz nouveau que la saison des pluies arrive durant les mois d’Ashar et de Shraban. Seul le cultivateur avisé qui, sous les pluies de la mousson et sous la chaleur brûlante du soleil, se dépense sans relâche dans ses champs et ses fermes récolte, à la fin de l’automne, la moisson dorée de Shraban. Ce monde est de la même manière un champ destiné à permettre de récolter dans l’Au-delà. Les œuvres accomplies ici porteront exactement les mêmes fruits dans l’Au-delà.
Le Très Miséricordieux, Allah, a partout dans le Saint Coran maintes fois mis les êtres humains en garde au sujet de leur vie future. Il aime profondément les êtres humains qu’Il a créés. C’est pourquoi Il souhaite qu’ils rendent également belle leur vie éternelle dans l’au-delà. Chacun des avertissements d’Allah révèle Sa sollicitude et Sa tendre affection.
« Ce Jour du Jugement est une vérité suprême, absolument certaine. Que celui qui le souhaite choisisse donc auprès de son Seigneur son ultime refuge. Nous vous avons avertis et continuons de vous avertir qu’un jour de châtiment effroyable est proche de vous. Ce jour-là, chaque être humain verra le fruit de ses propres œuvres. Ceux qui auront mécru en ce Jour diront alors avec regret : Hélas ! Si seulement nous avions été de la poussière au lieu de naître humains ! » – (Sourate An-Naba : 39-40)
Il convient également de rappeler qu’Allah n’éprouve aucune haine envers les rebelles à Dieu et ceux qui se détournent de Lui, et qu’Il ne peut en éprouver. Comment pourrait-Il haïr Ses créatures, qui dépendent d’une parcelle de Sa grâce ? Bien au contraire, Sa miséricorde et Sa compassion infinies se manifestent lorsqu’Il appelle avec insistance même les plus rebelles à Dieu et les plus grands pécheurs à revenir vers Lui.
Il faut également garder à l’esprit que cet appel fervent ne répond à aucun intérêt personnel de Sa part.
(Arabe**************)
« Je n’attends d’eux — des humains et des djinns — aucune subsistance. Je ne veux pas non plus qu’ils pourvoient à ma nourriture. Certes, Allah est le Pourvoyeur de subsistance et Il est doué d’une puissance infinie. » – (Sourate Adh-Dhariyat : 57-58)
Dans le verset examiné, Allah a déclaré d’une voix ferme qu’Il n’a aucun intérêt personnel dans Ses relations avec les djinns et les êtres humains. Que l’être humain adore et serve Dieu, ou qu’il ne le fasse pas, Sa divinité demeure éternelle et immuable. Dieu n’a nullement besoin que quiconque Le serve et Lui obéisse. Au contraire, servir Dieu est un devoir inné et naturel de l’être humain. C’est précisément pour cela qu’ils ont été créés. Se détourner du service et de l’obéissance à Dieu revient à s’opposer à sa propre nature et à attirer sa propre ruine.
Partout dans le monde, les faux dieux dépendent pourtant de l’obéissance de leurs sujets. C’est de cette obéissance que dépendent le faste de leur fausse divinité, l’abondance de leurs richesses et leur vie luxueuse. Ils ne sont pas les pourvoyeurs de subsistance de leurs fidèles ; ce sont au contraire leurs sujets et leurs fidèles qui sont à l’origine de leur subsistance et de leur bien-être. Lorsque les habitants soumis et obéissants d’un pays se révoltent, le palais de leur fausse divinité est réduit en poussière. Mais Allah, le Tout-Puissant et le Très-Grand, est le Pourvoyeur de subsistance et le Soutien de tous les êtres vivants.
Alors, pourquoi les exhorter avec tant d’insistance à revenir vers Lui, à maintes reprises ? Son unique objectif est de leur pardonner s’ils reviennent vers Lui.
Il souhaite leur accorder une part de Sa grâce.
(Arabe**********)
« Ceux qui n’associent aucune autre divinité à Allah, qui ne tuent pas une personne — sauf pour une juste cause — et qui ne commettent pas la fornication (ce sont eux les véritables serviteurs bien-aimés d’Allah), ceux qui font cela subiront les conséquences de leurs actes. Le châtiment leur sera doublé au Jour de la Résurrection. Ils y demeureront éternellement, humiliés, dans la Géhenne, lieu de ce châtiment. Mais ceux qui se repentent, reviennent vers Allah, croient et accomplissent de bonnes œuvres, Allah transforme leurs péchés en bonnes actions. Et Allah est certes Tout-Puissant et Miséricordieux. » — (sourate Al-Furqân, 68-70)
Dans les versets concernés, Allah mentionne trois très grands péchés avant d’annoncer Son pardon :
Premièrement : associer quelqu’un d’autre à Allah. Invoquer quelqu’un d’autre qu’Allah pour obtenir de l’aide dans les épreuves et les difficultés, ou pour voir exaucer ses souhaits — ce que la terminologie islamique appelle le shirk.
Deuxièmement : tuer injustement. C’est également un péché si grave que celui qui le commet devra demeurer éternellement en Enfer, à l’instar des mécréants polythéistes.
(Arabe**************)
« Et quiconque tue intentionnellement un croyant aura pour rétribution l’Enfer, où il demeurera éternellement. Allah sera irrité contre lui, le maudira et lui préparera un châtiment terrible. » – (Sourate An-Nisâ’, 93)
Allah veut voir régner dans la société humaine une paix et un ordre parfaits, et Il veut que la vie, les biens, l’honneur et la dignité de chaque personne soient pleinement protégés. Rien qui s’y oppose ne correspond en aucune façon à Sa volonté. C’est pourquoi Il dit :
(Arabe***********)
« Quiconque tue une personne sans que celle-ci ait commis un meurtre ou semé la corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité ; et quiconque sauve la vie d’une personne, c’est comme s’il avait sauvé la vie de toute l’humanité. » – (Sourate Al-Mâ’idah, 32)
Allah a rendu le sang des êtres humains sacré les uns pour les autres. À ce sujet, la déclaration précédente et la menace d’un châtiment sévère ont été annoncées.
Troisièmement : parmi les grands péchés, un autre péché a été mentionné plus haut. Il s’agit de la fornication.
Cependant, le Très-Grand et Miséricordieux Allah a, même après ces péchés, annoncé une parole d’espoir aux pécheurs. Il a promis de remplacer les péchés du pécheur repentant et revenu à Lui (celui qui fait tawba) par des bonnes actions ! Autrement dit, si, après avoir péché, une personne se repent, implore le pardon de Dieu, abandonne les mauvaises actions, embrasse une foi complète et commence à accomplir de bonnes œuvres, les péchés précédemment inscrits dans son registre d’œuvres sont effacés et des bonnes actions y sont inscrites à leur place. La souillure et les taches de corruption de son cœur disparaissent, qui devient beau, limpide et pur. Ses idées, sa réflexion et ses goûts se transforment. Elle devient bénéficiaire de l’infinie grâce et miséricorde d’Allah. Quelle occasion plus précieuse que celle-ci les pécheurs pourraient-ils espérer ?
Il convient toutefois de prêter une attention particulière à un point. Il a été dit qu’après avoir péché, il faut se repentir et avoir la foi. L’expression « avoir la foi » revêt une importance particulière. Avoir la foi ne signifie pas seulement croire en l’existence et en l’unicité d’Allah. Il faut aussi croire au Livre : dans le Livre d’Allah, le licite et l’illicite, le péché et la vertu, la vérité et le mensonge sont exposés clairement. Il faut tenir pour illicite ce qu’Il a déclaré illicite, pour licite ce qu’Il a déclaré licite, pour un péché ce qu’Il a déclaré péché et pour une vertu ce qu’Il a déclaré vertu. Dès lors qu’on considère le péché comme un péché, il est naturel d’en éprouver regret et repentir. Pourtant, même après avoir péché, beaucoup ne le considèrent pas comme un péché. Après avoir commis un meurtre ou une fornication, au lieu de s’en repentir, ils s’en vantent et prennent plaisir à le révéler aux autres. Il faut croire de tout cœur à chacune des prescriptions énoncées dans le Livre d’Allah et se soumettre à Lui. Il faut accepter le Coran comme le code de vie de toute son existence. Ce n’est qu’alors que la tawba et les bonnes actions seront acceptées par Allah. Quoi qu’il en soit, la voie du retour vers Allah reste toujours ouverte aux pécheurs. Il ne fait aucun doute que c’est là un signe de l’infinie bonté et de la compassion d’Allah.
Le hadith suivant mérite d’être médité pour comprendre combien Allah se réjouit du repentir de Ses serviteurs.
Le transmetteur du hadith, Anas (qu’Allah l’agrée), a rapporté que le Prophète d’Allah a dit : « Lorsqu’un serviteur se repent sincèrement auprès d’Allah, Celui-ci se réjouit davantage que cet homme qui, traversant une vaste étendue désertique et rocailleuse, perd soudain sa monture. Sur le dos de celle-ci se trouvaient sa nourriture, sa boisson et toutes ses provisions. Après de longues recherches, il perd espoir et se réfugie à l’ombre d’un arbre. Accablé de désespoir et de chagrin, il s’effondre. Peu après, il aperçoit soudain devant lui sa monture égarée, avec toutes ses provisions. Il saisit alors sa bride et, dans l’excès de sa joie, laisse échapper cette parole erronée : “Ô Allah, tu es mon serviteur et je suis ton Seigneur.” » — (Muslim)
Un autre hadith est également à mentionner à ce sujet. Omar al-Farouq (qu’Allah l’agrée) a dit :
Un jour, des prisonniers de guerre furent amenés auprès du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Parmi eux se trouvait une femme dont le nourrisson avait été séparé d’elle. Chaque fois qu’elle apercevait un enfant, elle le serrait contre sa poitrine et l’allaitait. Voyant sa situation pitoyable, le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous demanda : « Pouvez-vous imaginer que cette femme jette de ses propres mains son propre enfant dans le feu ? »
Nous répondîmes : « Jamais ! Loin de le jeter de ses propres mains dans le feu, même s’il était sur le point d’y tomber tout seul, elle ne ménagerait aucun effort pour le sauver. »
Le Prophète dit :
(Arabe**********)
« Allah est bien plus miséricordieux envers Ses serviteurs que cette femme ne l’est envers son enfant. » — (Voir le commentaire de la sourate Houd dans Tafhim al-Qur’an.)
Voyez combien Allah est miséricordieux et combien l’être humain est désobéissant et ingrat.
Ainsi, même celui qui a commis des péchés en abondance sous l’impulsion de ses passions n’a aucune raison de désespérer. Il doit, sans tarder, revenir vers Dieu d’un cœur repentant, abandonner la voie du péché et se remettre entièrement à Son service et dans Son obéissance. Ceux qui, abandonnant le code de vie donné par Dieu, croient aux systèmes de vie conçus par les hommes, et ceux qui, délaissant la direction du Prophète universel Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), courent, fascinés, derrière des dirigeants dépourvus de toute référence à Dieu, devraient revenir à temps vers le Messager d’Allah.
Le Prophète a dit : « La précipitation est l’œuvre de Satan. Elle n’est bonne que dans cinq cas : (1) marier rapidement une fille lorsqu’elle atteint la maturité ; (2) rembourser une dette dès que l’occasion de le faire se présente ; (3) ensevelir immédiatement le défunt après sa mort ; (4) accueillir son hôte dès son arrivée ; (5) se repentir aussitôt après avoir commis un péché. »
À quoi bon se repentir dès maintenant ? Attendons encore quelque temps. Que l’âge mûrisse un peu. Si je me repens maintenant, je ne pourrai pas persévérer dans cette repentance, etc. Tout cela n’est qu’une immense tromperie de Satan.
On ne peut compter sur aucun instant de la vie. On rapporte que le Prophète Jésus (sur lui la paix) a dit : « Le monde ne dure que trois jours. Hier est déjà passé, et tu n’en as plus rien entre les mains. Tu ne sais pas si tu seras encore là demain. Tu ne possèdes que le jour présent. Considère donc ce jour comme ton seul bien et mets-le à profit. »
Quelle parole précieuse ! Pourtant, beaucoup voient leur vie s’achever, plongés dans les tromperies de Satan. Ils n’ont alors plus l’occasion de se repentir. Ainsi, ils meurent en se débattant dans le péché.
Encore une remarque : ceux qui pensent qu’il leur suffira de se repentir un jour dans l’avenir et de se consacrer alors aux pratiques religieuses ne comprennent pas qu’il est inutile de se donner si tôt des airs de personnes pieuses.
Ils ne comprennent pas à quel point ils se trompent eux-mêmes. Car, à force de pécher, leur cœur devient si dur que l’intention de se repentir ne revient plus jamais. Et si la mort les surprend alors qu’ils sont en train de pécher, comment pourraient-ils donc l’empêcher de venir ?
Il ne fait donc aucun doute que toutes ces pensées sont des tromperies et des ruses de Satan. Qu’Allah Très-Haut nous en préserve, amîn.
Après s’être repenti, il est particulièrement nécessaire d’acquérir la connaissance du Coran et des hadiths afin de savoir quelles sont les bonnes œuvres prescrites par Allah. Après avoir cru en Allah et reconnu qu’on Lui doit obéissance, la toute première chose à accomplir est d’établir la prière. De toutes les œuvres qu’Allah a prescrites à l’être humain, la première est la prière. La prière est le premier signe de la profession de foi en Allah et de la reconnaissance de son obéissance. Ceux qui transgressent cette obligation prescrite par Allah doivent être considérés comme ayant refusé l’obéissance ; dès lors, ils sont incapables d’accomplir les autres obligations divines. Dans l’au-delà, la première chose sur laquelle on demandera des comptes sera la prière. Si l’on franchit avec succès cette première étape de l’épreuve, les étapes suivantes seront plus faciles ; mais si l’on échoue dès la première étape, les autres seront d’autant plus difficiles.
Il faut bien connaître la réalité et la signification profonde de la prière. De même, il faut prendre l’habitude de connaître parfaitement puis d’accomplir chaque commandement et chaque prescription d’Allah, notamment la zakat, le jeûne et le pèlerinage.
Il faut toujours garder une chose à l’esprit : certaines prescriptions d’Allah doivent impérativement être observées dans la vie personnelle. Il s’agit notamment d’établir la prière, d’observer le jeûne du Ramadan, de verser la zakat, d’accomplir le pèlerinage et de faire, en plus, des dons et des aumônes ; de dépenser ses biens dans la voie de l’islam, de gagner et de dépenser ses revenus par des moyens licites, et de ne pas être envieux, haineux, orgueilleux ni médisant, entre autres.
D’autres prescriptions concernent la famille, les proches, la société et l’ensemble de l’humanité. Il faut bien se comporter avec tous et s’acquitter de leurs droits, ne commettre aucune injustice envers quiconque et ne pas porter atteinte aux droits d’autrui, entre autres. Il n’est pas possible de se soustraire à leur accomplissement. Rien dans la vie d’un être humain ne doit être exclusivement centré sur ses intérêts personnels. Ainsi, il incombe au père de préparer ses enfants placés sous son autorité à suivre la voie d’Allah. Le devoir du mari envers son épouse est le même. L’être humain aime plus que tout son épouse et ses enfants. Il ne peut supporter qu’ils souffrent de la moindre maladie ou de la moindre peine. Dès lors, ne devrait-il pas souhaiter que leur vie éternelle après la mort soit heureuse et belle ? Pourtant, la plupart restent indifférents à cet égard.
Ensuite, il faut dépasser le cercle de sa propre famille et accomplir, au sein de la société extérieure, la mission d’appel et de propagation de l’islam. De même, un État musulman présentera l’appel de l’islam à l’intérieur de l’État comme sur la scène internationale extérieure. C’est un devoir qui lui incombe.
Si l’on ne s’efforce pas, par tous les moyens possibles, de mettre fin à l’injustice, à l’iniquité, à la corruption et au péché sous toutes leurs formes, les épreuves et les calamités que Dieu fait venir dans la vie terrestre ne frappent pas seulement les injustes, mais aussi les croyants vertueux qui n’ont pas tenté d’y mettre fin.
Allah dit :
(Arabe***********)
« Vous devez craindre une épreuve qui ne frappera pas seulement ceux d’entre vous qui ont commis l’injustice. » — (Sourate Al-Anfal, 25)
En examinant de nouveau le Saint Coran, on apprend également que ceux qui ont constamment suivi la voie d’Allah, œuvré à la propagation de l’islam, accompli l’« amr bil-ma‘ruf » (ordonner le bien) et le « nahi ‘anil-munkar » (empêcher le mal), ont été protégés de diverses manières par Allah, même lorsque celui-ci faisait descendre un châtiment en raison des péchés d’une certaine catégorie de gens. Ainsi, pour être préservé des dangers de ce monde et de l’au-delà, il serait sage d’emprunter cette voie.
Avant d’achever cet ouvrage consacré à l’au-delà, ou à ce qui se trouve au-delà du rideau de la mort, permettez-moi encore d’ajouter une chose.
La foi est comme une graine, tandis que les œuvres en sont l’arbre et le fruit. Plus la croyance en l’au-delà sera ferme, plus l’arbre des œuvres sera solide et orné de branches, de rameaux, de fleurs et de fruits.
D’un autre point de vue, la foi est un pacte entre Allah et Son serviteur. L’essence de ce pacte est la suivante : puisque Allah est le Créateur et le Roi de l’être humain, et que l’être humain est par nature Son esclave et Son sujet, l’esclave et le sujet doivent, dans tous les domaines de leur vie, se conformer exclusivement aux commandements, aux interdictions et aux lois de leur Seigneur et Roi. Ils doivent se conformer aux commandements, aux interdictions et aux lois du Créateur, du Seigneur et du Roi. Au lieu d’obéir à la loi du Créateur, du Seigneur et du Roi, obéir à la loi de quelqu’un d’autre — qui n’est ni leur Créateur, ni leur Seigneur, ni leur Roi — serait une trahison, une ingratitude envers leur bienfaiteur et une extrême stupidité ; ce serait violer le pacte.
D’autre part, la force qui fait obstacle à l’observance de la loi d’Allah ou à l’accomplissement de la servitude et de l’obéissance envers Lui dans tous les domaines de la vie est la force taghoutique, ainsi que les forces qui revendiquent une divinité artificielle. Pour mettre en œuvre le pacte conclu entre Allah et Son serviteur, il est également indispensable de renverser cette force taghoutique. Par conséquent, dans tous les domaines de la vie — c’est-à-dire dans tous les domaines et toutes les questions qui sont étroitement liés à la subsistance, au bonheur et au malheur, à la vie, aux biens, à l’honneur et à la dignité de l’être humain — en un mot, dans la vie personnelle et familiale, la vie politique et économique, le domaine de l’éducation et de la culture, la guerre, la paix, l’hostilité, l’amitié, les relations internationales et autres domaines similaires, la foi exige d’établir la domination, le gouvernement, la souveraineté et l’autorité de la loi d’Allah. La lutte pour réaliser cette exigence a été appelée « al-jihadu fi sabîlillâh » — le jihad dans la voie d’Allah. Son aboutissement victorieux est l’« iqamat ad-din » — l’établissement de la religion de l’islam, pour lequel tous les prophètes ont été envoyés. Cette œuvre est indispensable pour réussir dans l’au-delà. Chaque instant de la vie du Dernier Prophète a été consacré à cette œuvre, et suivre pleinement son exemple est l’unique devoir du véritable croyant. C’est à cette lumière qu’il est indispensable de déterminer le programme de toute la vie d’un croyant.
Enfin, nous adressons notre supplication fervente à Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Puisse-t-il nous accorder la pleine capacité d’accomplir les responsabilités mentionnées ci-dessus. Puisse-t-il nous préserver de toutes sortes de péchés et nous donner la force de suivre Sa voie droite. Puissions-nous finalement Le rejoindre en tant que Ses serviteurs bien-aimés. Amen.
(Arabe***********************)
— Fin —