Allah, glorifié et exalté soit-Il, a dit :

(Arabe********************)

La prière (salât) a certes été prescrite aux croyants comme une obligation, et un moment lui a également été fixé. (Sourate 4, An-Nisâ : 103)

(Arabe*************)

Ont certes réussi les croyants qui accomplissent leur prière avec humilité et recueillement. (Sourate 23, Al-Mu’minûn : 1-2)

(Arabe**************)

Le Messager vous donne ce que vous devez prendre, et ce dont il vous demande de vous abstenir, abstenez-vous-en. Craignez Allah. Sachez qu’Allah est dur en châtiment. (Sourate 59, Al-Hachr : 7)

Le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit :

(Arabe**********)

« Accomplissez la salât exactement comme vous m’avez vu l’accomplir. » (Sahîh al-Bukhârî, Musnad Ahmad)

Qui est l’Allâma Ibn al-Qayyim ?

L’Allâma Hâfiz Ibn al-Qayyim était une étoile extrêmement brillante et resplendissante du monde islamique. Il y a de nombreuses années que sa mort physique est survenue, mais son immense contribution, porteuse de fruits, au domaine du savoir islamique continue de le faire resplendir tel l’astre des Pléiades.

Il est né à Damas. Il est né en 691 de l’Hégire.

En raison de son niveau exceptionnellement élevé dans les domaines du savoir et de la pratique islamiques, les gens de son époque lui attribuèrent trois titres :

1. « Allâma » — un océan de savoir.

2. « Shamsuddîn » — le soleil de la religion.

3. « Hafiz » — Il était à la fois hafiz du Coran et des hadiths. Son intelligence et sa mémoire étaient exceptionnelles.

Sa kunya était Abu Abdallah. Son nom complet était Muhammad ibn Bakr ibn Ayyub ibn Sa‘d. Mais il est mondialement plus connu sous le nom d’« Allama Ibn al-Qayyim al-Jawziyya ».

Ibn al-Qayyim était le disciple et le digne successeur de l’imam Ibn Taymiyya, Shaykh al-Islam. L’imam Ibn Taymiyya avait en effet reçu le titre de « Shaykh al-Islam », c’est-à-dire enseignant ou maître de l’islam. Tout le monde connaît la célèbre phrase à propos de l’imam Ibn Taymiyya : « Ce qu’Ibn Taymiyya ne connaissait pas n’est pas un hadith. »

Ibn al-Qayyim était son digne disciple. Sa maîtrise de la science du hadith était comparable à celle de son maître. Les analyses et les opinions de l’imam Ibn Taymiyya ont principalement été diffusées et développées par l’intermédiaire d’Ibn al-Qayyim. Dans ses ouvrages, Ibn al-Qayyim répétait souvent : « Qāla shaykhunā », c’est-à-dire : « Notre maître — le shaykh — a dit. » Allama Ibn al-Qayyim était tout à la fois—

hafiz du Coran et des hadiths, éminent savant de la Sunna du Messager, éminent exégète, éminent analyste des hadiths, éminent spécialiste de la sîra, éminent faqih et, par-dessus tout, il était un mujtahid mutlaq (mujtahid indépendant et pleinement autonome).

La plus grande caractéristique d’Allama Ibn al-Qayyim était qu’il était un adepte strict et inflexible de la Sunna du Messager. Il était également au premier rang dans la recherche de la Sunna du Messager. Ses ouvrages en sont l’éclatante preuve. En particulier, son grand ouvrage Zad al-Ma‘ad constitue un mémorial en or de la Sunna du Messager.

Parmi les ouvrages immortels d’Allama Ibn al-Qayyim, quelques-uns des plus remarquables sont :

1. Zad al-Ma‘ad (en quatre volumes).

2. Tahdhîb des Sunan d’Abû Dâwûd et explication de ses difficultés.

3. Le voyage des deux émigrations.

4. Les étapes des cheminants.

5. La bonne parole.

6. La provision des voyageurs.

7. Critique des textes transmis.

8. Les indications des signataires au nom du Seigneur des mondes (trois volumes).

9. Les merveilles des bienfaits (deux volumes).

10. As-Sawâ’iq al-mursala.

11. Hâdî al-arwâh ilâ bilâd al-afrâh.

12. Nuzhat al-mushtâqîn.

13. Ad-Dâ’ wa ad-Dawâ’.

14. Miftâh dâr as-sa‘âda (un ouvrage volumineux).

15. Gharîb al-uslûb.

16. Ijtimâ‘ al-juyûsh al-islâmiyya.

17. Kitâb at-Turuq al-hikma.

18. La provision des patients.

19. Le secours de l’affligé.

20. L’exposé sur les serments du Coran.

21. Le Livre de l’âme.

22. Le droit chemin.

23. La conquête sacrée.

24. Le présent mecquois.

25. Les fatwas, etc.

26. Jamʿ al-Ifhām.

En raison de son observance rigoureuse de la Sunna du Messager et de son opposition aux innovations religieuses, l’érudit Ibn al-Qayyim a dû, tout comme son maître Ibn Taymiyya, subir de nombreuses incarcérations, injustices et persécutions.

Le qadi Burhān al-Dīn al-Zurʿī a dit à son sujet : « Sous le ciel, on n’a vu personne possédant un savoir plus vaste que le sien. »

Ce grand érudit, véritable modèle de la Sunna du Messager, quitta ce monde le 13 Rajab de l’an 751 de l’Hégire.

C’est le meilleur ouvrage sur la prière

Cet ouvrage est sans égal et constitue l’un des meilleurs livres sur la manière dont le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait la prière.

Ce livre est essentiellement une compilation des paragraphes relatifs à la prière, tirés du chapitre de l’adoration de l’ouvrage doré « Zād al-Maʿād », le plus fidèle et le plus fiable des livres écrits par l’érudit et hafiz Ibn al-Qayyim sur la vie du Messager et la Sunna du Messager.

Comment le Messager d’Allah (ﷺ) se préparait-il pour la prière, selon quelle méthode l’accomplissait-il, que récitait-il pendant la prière, comment observait-il ses piliers et ses règles, et quelles autres prières que les prières obligatoires accomplissait-il, et combien d’unités de prière effectuait-il ?

– C’est précisément l’un de ces récits fiables et authentifiés qui est consigné dans ce livre. Par ignorance, les générations ultérieures ne pratiquent pas nombre des règles de la prière que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a lui-même observées. En revanche, elles ont ajouté à la prière nombre de pratiques que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’a pas accomplies. Pourtant, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a clairement déclaré :(Arabe************)

Sens : Priez exactement comme vous m’avez vu prier. (Sahih al-Bukhari, Musnad Ahmad)

Voilà ce que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit lui-même. Mais Allah, exalté soit-Il, a également dit :(Arabe**************)

Sens : Ô Prophète, dis : « Si vous aimez Allah, alors suivez-moi ; Allah vous aimera alors. » (sourate 3, Âl-‘Imrân : 31)

Dans un autre verset du Saint Coran, Allah, exalté soit-Il, dit :(Arabe*********************)

Sens : Acceptez ce que le Messager d’Allah vous a donné et abstenez-vous de ce qu’il vous a interdit. (sourate Al-Hashr : 7)

Il est désormais clair pour nous que nous devons suivre le Messager d’Allah dans toutes nos actions et nous conformer à lui. Nous devons impérativement observer les prescriptions, les règles et les méthodes qu’il a établies.

La prière est le plus éminent acte d’adoration de l’islam. Il faut absolument accomplir la prière de la manière dont le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) l’a lui-même accomplie. Il a donné des instructions claires : ses disciples doivent prier exactement comme lui-même a prié.

Ceux qui connaissent la Sunna du Messager et les traditions des Compagnons vont aujourd’hui à la mosquée avec étonnement et sont même en butte aux reproches des ignorants. Par exemple :

Les imams de notre pays ont adopté comme une pratique absolument nécessaire le fait de lever les mains et de faire une invocation collective avec les fidèles après les salutations finales de la prière. Pourtant, rien ne prouve que le Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) ait levé les mains et fait une invocation avec les fidèles après les salutations finales de la prière.

La conséquence de cette pratique des imams est que les fidèles ont commencé à la considérer comme une partie de la prière. Et ce n’est pas tout : dans la plupart des cas, la situation est devenue si extrême que si un imam ne lève pas les mains et ne fait pas d’invocation avec les fidèles après les salutations finales, il ne conservera pas sa fonction d’imam. À notre connaissance, certains ont perdu leur fonction d’imam pour cette raison. Beaucoup continuent également de pratiquer cet acte uniquement pour conserver leur fonction d’imam, bien qu’ils sachent qu’il ne fait pas partie de la Sunna du Messager d’Allah.

Les imams ne se sont-ils donc pas retrouvés prisonniers d’une immense fitna à cause de leurs propres actes ?

Nous dirons que si un imam lève parfois les mains et fait une invocation avec les fidèles, cela n’est pas illicite. Mais en faire une règle et la considérer comme indispensable et obligatoire pour chaque prière est contraire à la Sunna du Messager. De plus, le fait de ne pas abandonner cette pratique, tout en sachant qu’elle n’est pas correcte, par crainte de s’attirer le mécontentement des fidèles, ne revient-il pas à transformer une coutume inventée par soi-même en règle de la charia ?

Il s’agit donc d’un ajout inventé dans la prière. En revanche, le Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) pratiquait le raf‘ al-yadayn au moment du takbirat al-tahrima, en allant vers l’inclinaison et en se relevant de l’inclinaison. Il est également rapporté qu’il pratiquait le raf‘ al-yadayn lorsqu’il se relevait après avoir accompli deux rak‘at. Le raf‘ al-yadayn à ces moments constitue une Sunna claire et authentiquement établie du Messager d’Allah. Pourtant, de nombreux fidèles ne le pratiquent pas par ignorance. D’autres, bien qu’ils le sachent, ne le pratiquent pas par crainte des reproches. Et lorsqu’une personne le pratique, on lui attribue le titre d’ahl al-hadith.

Une autre ignorance est particulièrement regrettable. Certains disent, pour excuser le fait de ne pas pratiquer cette Sunna : « Je suis hanafite, et le raf‘ al-yadayn n’existe pas dans le madhhab hanafite ; c’est pourquoi je ne le pratique pas. »

Ce n’est rien d’autre qu’une calomnie à l’encontre de l’éminent porte-étendard de l’islam, l’imam Abu Hanifa. En effet, l’imam Abu Hanifa, qu’Allah lui fasse miséricorde, a clairement exposé l’identité de son madhhab. Il a dit : (Arabe*******************)

Sens : « Si un hadith authentique est trouvé, c’est lui qui constitue mon madhhab. » [Voir : al-Hâshiya d’Ibn Âbidîn, tome 1, p. 63.]

La parole de l’imam Abû Hanîfa — qu’Allah lui fasse miséricorde — prouve que suivre un hadith authentique et établi constitue précisément son madhhab.

S’il a dit : « Si un hadith authentique est trouvé », c’est parce qu’à son époque les hadiths se transmettaient de bouche à oreille et étaient conservés dans la mémoire des gens. Jusqu’à la fin de sa vie, les recueils de hadiths n’avaient pas encore été compilés. Ce n’est qu’après sa mort que les imams du hadith ont rassemblé et vérifié les hadiths dispersés dans différents pays et différentes villes.

Il craignait qu’il puisse exister des hadiths en dehors de ceux dont il avait connaissance. C’est pour cette raison qu’il a prononcé cette parole. Et, dans les faits, sa crainte s’est avérée fondée. Lorsque les imams du hadith eurent recueilli et vérifié les hadiths provenant de toutes les régions, de nombreux hadiths apparurent, qui n’étaient auparavant jamais parvenus à Kûfa, la ville de l’imam Abû Hanîfa. [Même s’ils ne peuvent pas lire de volumineux ouvrages pour connaître directement, à partir des hadiths, la manière dont le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — accomplissait la prière, chacun devrait au moins lire le Mishkât Sharîf.]

Bien que la parole citée ci-dessus soit celle de l’imam Abû Hanîfa — qu’Allah lui fasse miséricorde —, l’imam al-Châfi‘î — qu’Allah lui fasse miséricorde — a également tenu le même propos. Les déclarations et les principes des autres imams étaient semblables. Le Coran et la Sunna constituaient le fondement de toutes leurs actions.

Ils ont expliqué avec une parfaite sincérité les versets du Coran et les hadiths qui nécessitaient une explication. Certes, leurs interprétations ont parfois présenté certaines divergences, mais aucun d’entre eux n’a déclaré que sa propre interprétation était définitive ou la seule valable.

En outre, pour les questions pertinentes au sujet desquelles on ne trouvait ni enseignement coranique, ni hadith, ni même parole des nobles Compagnons, ils ont pratiqué l’ijtihâd. Avec une parfaite sincérité, ils ont formulé leurs propres avis en procédant par analogie à la lumière de l’esprit du Coran et de la Sunna. Chacun a émis l’avis qu’il jugeait le meilleur. Aucun d’eux ne considérait son propre avis comme définitif et irréfutable. Au contraire, chacun d’eux a déclaré : « Si un hadith authentique est trouvé, c’est lui qui constitue mon madhhab ; dans ce cas, mon avis et mon interprétation doivent être délaissés. »

Grâce à cette ouverture d’esprit, les étudiants qu’ils avaient formés ont eux aussi divergé d’eux sur de nombreuses questions. Ainsi, Abû Yûsuf — qu’Allah lui fasse miséricorde — et Muhammad ibn al-Hasan al-Chaybânî — qu’Allah lui fasse miséricorde —, élèves de l’imam Abû Hanîfa — qu’Allah lui fasse miséricorde —, ont divergé sur de nombreuses questions de leur vénéré maître Abû Hanîfa — qu’Allah lui fasse miséricorde —. Ces divergences de leurs élèves n’ont nullement diminué le prestige de l’imam ; elles l’ont au contraire accru.

Tous les savants savent que les avis divergents des élèves de l’imam Abû Hanîfa sur certaines questions sont également considérés comme faisant partie du madhhab de l’imam Abû Hanîfa. La raison en est cette parole éminente de l’imam : « Lorsqu’un hadith authentique est trouvé, tel est mon madhhab. »

Il est donc évident que si une personne, même après avoir trouvé un hadith authentique, refuse de l’accepter et de le mettre en pratique en invoquant le madhhab, elle désobéit indirectement à l’imam du madhhab lui-même.

À l’époque actuelle, notre situation collective en est arrivée au point que, faute de connaissances justes, nous ne parvenons ni à suivre correctement le Coran et la Sunna, ni à observer comme il se doit l’enseignement des imams des madhhabs.

Revenons maintenant au sujet de ce livre. Al-hamdulillah. Ce livre nous aidera à accomplir la prière selon la méthode de la Sunna authentiquement établie. Et dès lors que nous serons véritablement capables de suivre la Sunna du Messager, il sera prouvé que nous témoignons du respect aux imams des madhhabs et que nous les suivons.

Nous avons également traduit et révisé cet ouvrage. Comme nous l’avons déjà dit, nous avons ici rassemblé les passages relatifs à la prière de l’ouvrage original, Zâd al-Maʿâd. Zâd al-Maʿâd est une œuvre immortelle de l’érudit Ibn al-Qayyim. Ce n’est pas seulement un ouvrage de fiqh ; c’est aussi un ouvrage consacré à la vie du Messager et à la Sunna du Messager.

Dans cet ouvrage, l’érudit Ibn al-Qayyim a exposé au grand jour, dans tous les domaines, le modèle et la Sunna du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Il a concilié les hadiths apparemment contradictoires, les a expliqués et en a apporté la solution. En rassemblant dans cet ouvrage les passages relatifs à la prière, nous avons également effectué quelques travaux de révision. Les voici :

1. Nous avons utilisé des titres et des sous-titres.

2. Nous avons réorganisé l’ordre, c’est-à-dire la disposition, de certains sujets et en avons inversé la succession, afin de l’adapter aux lecteurs de l’époque actuelle.

3. En vérifiant et en analysant l’authenticité ou la faiblesse de différents hadiths, l’auteur a longuement exposé la situation des rapporteurs. Nous n’avons pas repris cette longue discussion dans ce livre ; nous en avons plutôt retenu les conclusions de son analyse.

4. Nous avons également abrégé les longues discussions contextuelles consacrées à différents sujets, pour n’en retenir que l’essentiel.

5. Puisque l’auteur lui-même fait autorité en matière de hadith et de science du hadith, il n’en a souvent pas mentionné les sources. Nous avons indiqué les sources de certains hadiths, mais pas partout.

6. L’ouvrage original ne comporte ni notes ni commentaires. Afin de clarifier certains points pour les lecteurs et les lectrices, nous avons ajouté des notes et des commentaires. (Par conséquent, toute erreur ou omission qui s’y trouverait relève de ma seule responsabilité.)

7. Nous avons ajouté plusieurs paragraphes à différents endroits de l’ouvrage. Ces paragraphes ne mentionnent que des hadiths. Ils ne contiennent aucune parole de ma part. Les paragraphes ajoutés sont signalés par une note indiquant qu’ils ont été ajoutés.

Ainsi, nous avons essayé de rendre ce précieux ouvrage, tout en préservant son authenticité, simple, clair, élégant, fluide, agréable à lire et accessible au grand public.

J’ai la ferme conviction que ce livre se révélera très utile aux croyants. Pour ceux qui souhaitent prier exactement comme priait le Messager d’Allah (ﷺ), ce livre sera un compagnon particulièrement utile. Ce livre est le reflet de la prière du Messager d’Allah (ﷺ).

Ce livre s’adresse à ceux qui souhaitent prier comme le Messager d’Allah (ﷺ), en se fondant sur des hadiths authentiques.

— Ce livre s’adresse à ceux qui souhaitent s’attacher à la Sunna du Messager.

— Ce livre s’adresse à ceux qui souhaitent trouver la sérénité intérieure en suivant la manière dont le Messager d’Allah accomplissait la prière.

— Ce livre s’adresse à ceux qui souhaitent faire du Coran et de la Sunna la référence de leur adoration, de leur dévotion et de l’ensemble de leur vie.

— Ce livre s’adresse à ceux qui souhaitent véritablement suivre les grands imams de leur propre école juridique, ces imams qui avaient fondé toutes leurs pratiques et leurs opinions sur le Coran d’Allah et la Sunna du Messager d’Allah, et qui avaient également ordonné à leurs disciples d’en faire autant.

Avant de conclure, je voudrais présenter une excuse. Dans ce livre, nous avons employé le mot namaz, alors que le terme originel du Coran et des hadiths est salat. C’est le mot salat que nous aurions dû employer, mais nous avons utilisé namaz à la convenance du grand public. En effet, ce mot est connu et courant dans la langue bengalie et parmi les Bengalis depuis de nombreux siècles. De même, le mot khoda est devenu connu et courant à la place du mot Allah. Nous pensons que, dans le langage courant, ces termes originels — Allah, salat, etc. — devraient se répandre largement. Ils entreront alors également dans l’usage des livres, si Allah le veut.

Lors de la rédaction de ce livre, ma fille aînée, Sajeda Homayra Himu, m’a aidé en prenant sous dictée plusieurs passages. Je souhaite à elle-même, à l’éditeur du livre ainsi qu’à tous ses lecteurs et lectrices le bien dans ce monde et dans l’au-delà.

Puisse Allah, le Très Béni et Très-Haut, accorder à chacun de nous la capacité d’accomplir la prière selon la méthode enseignée par le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Si notre manière d’accomplir la prière comporte des erreurs, puisse Allah le Tout-Puissant nous accorder le bonheur de les corriger afin que nous puissions devenir des adeptes de la Sunna du Messager. Amîn.

Abdus Shahid Nasim

28.07.2000 de l’ère chrétienne

Comment l’Envoyé d’Allah accomplissait-il la prière ?

1

La manière dont l’Envoyé d’Allah accomplissait la purification rituelle pour la prière

Comment l’Envoyé d’Allah faisait-il ses ablutions ?

L’Envoyé d’Allah accomplissait généralement la prière après avoir renouvelé ses ablutions. Toutefois, il lui arrivait parfois d’accomplir plusieurs prières avec les mêmes ablutions.

Pour accomplir ses ablutions une fois, il utilisait un mudd d’eau (environ un kilogramme), ou un peu plus ou un peu moins. Lorsqu’il faisait ses ablutions, il utilisait soigneusement l’eau sur les différentes parties concernées. Cependant, il ne gaspillait pas l’eau et en utilisait très peu. Il a également interdit à sa communauté de gaspiller l’eau. Il a dit :

« Certains membres de ma communauté gaspilleront de l’eau en faisant leurs ablutions (alors qu’il s’agit d’un acte inspiré par les insinuations de Satan). » Il a également dit : « Lors des ablutions, un démon nommé Walhan vient continuellement insuffler des doutes (afin de faire utiliser davantage d’eau). Ne vous laissez pas tromper par lui. »

Sa‘d ibn Abî Waqqâs, qu’Allah l’agrée, faisait un jour ses ablutions. À ce moment-là, le Messager, qu’Allah le bénisse et le salue, passa près de lui. Il lui dit : « Sa‘d ! Ne gaspille pas l’eau. » Sa‘d demanda : « Ô Messager d’Allah ! Y a-t-il également du gaspillage dans l’utilisation de l’eau ? » Il répondit : « Oui, même si tu fais tes ablutions assis au bord d’une rivière en mouvement, il y a là aussi du gaspillage. Préserve-toi du gaspillage en toute circonstance. » (Musnad Ahmad)

Des sources authentiques établissent que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, lavait parfois les membres des ablutions une fois, parfois deux fois et parfois trois fois. Il est également établi que, lors d’une même ablution, il lavait certains membres une fois, d’autres deux fois et d’autres encore trois fois.

Il prenait parfois une seule poignée d’eau et l’utilisait à la fois pour se rincer la bouche et pour se nettoyer le nez. D’autres fois, il accomplissait ces deux actes avec deux ou trois poignées d’eau. Parfois, il utilisait la moitié d’une poignée d’eau pour se rincer la bouche et l’autre moitié pour se nettoyer le nez. Lorsqu’il utilisait deux ou trois poignées, il accomplissait probablement ces deux actes séparément ou simultanément. Toutefois, dans le récit d’Abdullah ibn Zayd rapporté par al-Bukhârî et Muslim, il est indiqué que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, prit une seule poignée d’eau, s’en rinça la bouche et se nettoya le nez, et fit cela trois fois. Un autre hadith indique cependant qu’il accomplit ces deux actes avec trois poignées d’eau.

Ce hadith est le plus authentique concernant la manière de se rincer la bouche et de se nettoyer le nez. Aucun hadith authentique n’établit qu’il se soit rincé la bouche et ait nettoyé son nez avec des poignées d’eau distinctes. Un récit de ce type est rapporté de Talha. Celui-ci le rapporta de son père, qui le rapporta de son propre père, alors que son grand-père n’était pas un Compagnon et n’avait pas rencontré le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue.

Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, prenait l’eau de la main droite. Il mettait l’eau dans son nez avec la main droite et le nettoyait avec la main gauche.

Il essuyait toute la tête. Il commençait par le front et allait vers l’arrière, puis revenait de l’arrière vers l’avant. En raison de cette manière d’agir, certains ont rapporté qu’il essuyait sa tête deux fois. En réalité, il n’essuyait sa tête qu’une seule fois. Il lavait les autres membres plusieurs fois, mais n’essuyait la tête qu’une seule fois. Cela est établi de manière catégorique ; toute version contraire n’est pas authentique. Le hadith rapporté par Ibn al-Yamânî, d’après son père, de ‘Umar, qu’Allah l’agrée, au sujet de l’essuyage effectué trois fois, n’est pas recevable. En effet, le père et le fils sont tous deux des rapporteurs faibles, bien que la situation du père soit quelque peu meilleure.

Le récit mentionné dans Abû Dâwûd, attribué à ‘Uthmân, qu’Allah l’agrée, au sujet d’un essuyage effectué trois fois, contredit tous les autres hadiths authentiques rapportés de ‘Uthmân. Les divers hadiths authentiques rapportés de lui mentionnent uniquement un essuyage effectué une seule fois.

Aucun hadith authentique ne prouve non plus que le Messager, qu’Allah le bénisse et le salue, ait essuyé seulement une partie de sa tête. Toutefois, lorsqu’il portait un turban au moment des ablutions, il essuyait son front, puis passait la main sur le turban, achevant ainsi l’essuyage.

Dans le Sunan d’Abou Dâwoud, un hadith rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) contient ces paroles d’Anas : « J’ai vu une fois le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) faire ses ablutions alors qu’il portait sur la tête un turban de tissu qatari. Il passa sa main sous le turban et essuya l’avant de sa tête. Il ne desserra ni ne resserra le turban. » Cela signifie qu’il essuyait sa tête sous le turban sans le défaire ni l’enlever. Toutefois, ce hadith ne prouve pas qu’il n’essuyait pas par-dessus le turban. La preuve de cela se trouve dans les hadiths rapportés par Al-Mughîra ibn Chu‘ba et d’autres Compagnons. Le fait que le hadith d’Anas ne mentionne rien à ce sujet ne change rien.

Rien ne prouve que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ait jamais fait ses ablutions sans se rincer la bouche et se laver le nez. Il n’en existe pas non plus le moindre exemple.

Il respectait toujours l’ordre successif des ablutions. Il n’existe aucune preuve qu’il ait jamais agi contrairement à cet ordre.

Lorsqu’il essuyait sa tête, il lui arrivait parfois d’essuyer directement toute la tête. Parfois, il essuyait par-dessus le turban. Parfois encore, il essuyait son front et son turban. Il a déjà été dit qu’il n’existe aucune preuve qu’il ait accompli l’essuyage de la tête en essuyant seulement son front.

En même temps qu’il essuyait sa tête, il essuyait l’intérieur et l’extérieur de ses oreilles. Il ne prenait pas de nouvelle eau pour cela. La preuve en est le hadith rapporté par Abdoullah ibn Omar (qu’Allah l’agrée).

Rien ne prouve qu’il ait essuyé son cou.

Lorsqu’il ne portait pas de chaussettes en cuir ou en tissu, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se lavait les pieds. En revanche, lorsqu’il portait des chaussettes, il les essuyait par-dessus.

Il commençait ses ablutions en disant la basmala. Les hadiths que l’on cite pour prétendre qu’il commençait ses ablutions en disant autre chose que la basmala sont faux et forgés. Il ne fit jamais une telle chose lui-même et ne l’enseigna pas non plus à la communauté. Rien ne prouve qu’il ait dit autre chose que la basmala.

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait l’invocation suivante après avoir achevé ses ablutions :

(Arabe***************)

Sens : J’atteste qu’il n’y a aucune divinité digne d’adoration en dehors d’Allah. J’atteste également que Muhammad est le serviteur et le Messager d’Allah. Ô Allah, compte-moi parmi ceux qui se repentent et ceux qui se purifient. »

Il est rapporté dans les Sunan d’an-Nasâ’î qu’il récitait également l’invocation suivante après les ablutions :

(Arabe***************)

Sens : Tu es exempt de toute imperfection et de toute incapacité. Tout en reconnaissant Ta louange, j’atteste qu’il n’y a aucune divinité digne d’adoration en dehors de Toi. Je Te demande pardon et c’est vers Toi que je me tourne. »

Au début de ses ablutions, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ne prononçait aucune parole ni aucune intention du genre : « J’ai l’intention de me débarrasser de l’impureté ou d’accomplir la prière. » Rien de cela n’est attesté par un hadith authentique ou faible. Ses Compagnons ne le faisaient pas non plus. Il n’existe à ce sujet aucune preuve, qu’elle soit authentique ou faible.

Rien ne prouve qu’il lavait les bras au-dessus des coudes et les jambes au-dessus des chevilles. Abû Hurayra, quant à lui, le faisait. Dans le hadith qu’il a rapporté au sujet des ablutions du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), le lavage des coudes et des chevilles fait partie des membres concernés par les ablutions.

Après avoir accompli les ablutions, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’essuyait pas les membres qu’il avait lavés. Aucun hadith authentique ne prouve qu’il le faisait. Le récit rapporté d’après Aïcha et Muadh ibn Jabal, selon lequel il essuyait ses membres avec un morceau ou une partie de tissu, n’est pas authentique. En effet, parmi les transmetteurs du premier hadith figure Sulayman ibn Akram, qui n’est pas un transmetteur acceptable, tandis que parmi ceux du second figure al-Afriqi, un transmetteur faible. L’imam al-Tirmidhi a déclaré qu’aucun hadith authentique du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’a été rapporté au sujet du fait d’essuyer avec un tissu les membres lavés lors des ablutions.

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) faisait parfois lui-même ses ablutions avec de l’eau, et parfois, lorsque cela était nécessaire, quelqu’un lui versait de l’eau tandis qu’il accomplissait ses ablutions. Il est rapporté dans les recueils d’al-Bukhari et de Muslim, d’après al-Mughira ibn Shu‘ba, que lors d’un voyage celui-ci versait de l’eau sur le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) afin qu’il accomplisse ses ablutions. Mais ce n’était pas une pratique régulière.

Après avoir accompli les ablutions, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passait parfois les doigts dans sa barbe. Il ne le faisait toutefois pas constamment, mais seulement de temps à autre. Les spécialistes du hadith divergent d’ailleurs sur cette question. Selon l’imam al-Tirmidhi et d’autres savants, le fait de passer les doigts dans la barbe est établi par un hadith authentique. En revanche, selon l’imam Ahmad ibn Hanbal et Abu Zur‘a, aucun hadith authentique ne prouve que le Prophète passait les doigts dans sa barbe.

Il passait également les doigts entre ses orteils lors des ablutions, mais il ne le faisait pas régulièrement. Cette pratique est attestée par un hadith rapporté par Mustawrid ibn Shaddad dans les recueils de Sunan. Cependant, aucune narration à ce sujet ne nous est parvenue de ceux qui étaient experts dans les ablutions du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui), tels qu’Uthman, Ali, Abdullah ibn Zayd, al-Rubai‘ et d’autres — qu’Allah les agrée. Cette pratique n’est donc pas mieux établie que le fait de passer les doigts dans la barbe.

Une narration rapporte que, pendant les ablutions, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) faisait bouger sa bague d’un côté puis de l’autre. Toutefois, cette narration est faible. L’imam al-Daraqutni a qualifié de faibles Muammar et son père, qui figurent dans la chaîne de transmission de ce hadith.

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passait la main humide sur ses chaussettes.

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) passait la main humide sur ses chaussettes aussi bien lorsqu’il était chez lui que lorsqu’il était en voyage. Cela est établi par des hadiths authentiques. Il maintint cette pratique jusqu’à sa mort.

Cependant, il ressort de plusieurs hadiths authentiques et bons qu’une durée a été fixée pour passer la main humide sur les chaussettes : un jour et une nuit pour les résidents, et trois jours et trois nuits pour les voyageurs. (C’est-à-dire qu’après avoir accompli une fois les ablutions et mis ses chaussettes, le résident peut passer la main humide dessus pendant un jour et une nuit, et le voyageur pendant trois jours et trois nuits. Ensuite, il devra refaire ses ablutions en se lavant de nouveau les pieds.)

Le Messager d’Allah (ﷺ) essuyait le dessus de ses chaussons. Aucun texte authentique ne prouve qu’il ait essuyé la partie inférieure de ses pieds. Cependant, un hadith maqtūʿ (à chaîne interrompue) mentionne l’essuyage de la partie inférieure des chaussons, mais cette affirmation contredit tous les hadiths authentiques.

Le Messager d’Allah (ﷺ) essuyait aussi bien ses chaussures que ses chaussons, tout comme il essuyait son turban avec le front. Plusieurs hadiths rapportant ses actes et ses paroles prouvent qu’il essuyait aussi bien les chaussures que les chaussons. Certains estiment qu’il ne le faisait que dans des situations particulières. Il est possible qu’il essuyât ses chaussures parce qu’il était difficile d’enlever les chaussures en cuir. Mais Allah sait mieux ce qu’il en est réellement.

En réalité, le Messager d’Allah (ﷺ) ne rendait jamais inutilement les choses difficiles. Adopter la facilité était sa règle. Lorsqu’il ne portait pas de chaussons, il se lavait les pieds ; lorsqu’il en portait, il les essuyait sans se soucier de les enlever. De même, il ne mettait pas inutilement des chaussons uniquement pour pouvoir les essuyer. Au contraire, si ses pieds étaient nus, il les lavait, et s’il portait des chaussons, il les essuyait : telle était sa règle. Selon notre maître, l’imam Ibn Taymiyya, c’est là la réponse correcte à la question de savoir lequel est préférable, entre se laver les pieds et essuyer les chaussons.

La manière dont le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait le tayammum

Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait le tayammum, il procédait ainsi : il frappait une seule fois les paumes de ses deux mains, puis s’en servait pour essuyer ses deux mains et son visage. Aucun hadith authentique ne prouve qu’il frappait ses mains deux fois pour cela. De plus, rien ne prouve qu’il essuyait ses mains jusqu’aux coudes. L’imam Ahmad ibn Hanbal a dit que ceux qui soutiennent le contraire expriment leur propre opinion, et que cela n’est pas établi d’après le Messager d’Allah (ﷺ).

Le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait le tayammum avec toute terre sur laquelle il était permis de prier. Pour accomplir le tayammum, il frappait ses mains sur un sol ferme, du sable et une terre salée. Il a dit : « Tout membre de ma communauté qui priera où qu’il soit y trouvera une mosquée et un moyen de se purifier —

— ce hadith montre clairement que si quelqu’un prie dans un endroit sablonneux, le sable lui suffit pour accomplir le tayammum.

Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) se rendit à la bataille de Tabouk, il accomplit le tayammum avec du sable en raison de la rareté de l’eau. Rien ne prouve qu’en se rendant à Tabouk il ait transporté des mottes de terre, ni qu’il ait demandé à l’un de ses Compagnons d’en emporter. En réalité, la plus grande partie du sable est constituée de terre. La nature du sol du Hedjaz est également semblable.

Aucune méthode précise pour s’essuyer les mains lors du tayammum n’est connue du Messager d’Allah (s.a.s.). On rapporte une méthode selon laquelle il faudrait commencer par poser la paume de la main gauche sur le dos de la main droite, la faire glisser jusqu’au coude, puis la retourner pour s’essuyer la partie inférieure de la main, et s’essuyer ensuite la main gauche de la même manière. — Rien ne prouve que cette méthode provienne du Messager (s.a.s.), ni des Compagnons. Il n’a pas non plus ordonné de procéder ainsi, et rien ne prouve qu’il l’ait approuvée.

Le Messager d’Allah (s.a.s.) a conféré au tayammum le même statut que les ablutions. Rien ne prouve qu’il ait accompli un tayammum distinct pour chaque prière, et il ne l’a pas non plus ordonné. Voilà la position correcte, à moins qu’une preuve contraire ne soit établie.

2

La manière dont le Messager d’Allah (s.a.s.) accomplissait la prière

Le takbîr al-ihrâm

Dès qu’il se levait pour prier, le Messager d’Allah (s.a.s.) prononçait « Allahu Akbar ». (Cela s’appelle le takbîr al-ihrâm.) Avant de prononcer ce takbîr, il ne récitait et ne disait absolument rien, et ne prononçait même pas l’intention. (L’intention consiste simplement à former intérieurement la résolution de faire quelque chose [irāda].) Il ne disait pas non plus des choses telles que : « Je vais accomplir, tourné vers la qibla, tant de rakʿât de la prière obligatoire de telle heure, en tant qu’imam ou en tant que fidèle derrière cet imam. » Il ne disait pas davantage : « Je l’accomplis » ou « Je rattrape une prière manquée ». Il ne prononçait pas de telles paroles, même pour les prières obligatoires (ni pour les prières sunna et surérogatoires).

Dire toutes ces choses avant le takbîr al-ihrâm est une innovation religieuse. En effet, aucun hadith du Messager d’Allah (s.a.s.) ne les étaye. Il n’existe même aucune parole des nobles Compagnons à ce sujet, ni aucune parole des tābiʿūn. Aucun des quatre imams n’a non plus rien dit à ce propos. Aucun n’a approuvé que l’on dise de telles choses.

Cependant, certains savants des générations suivantes se sont égarés en interprétant une parole de l’imam al-Shāfiʿī. Cette parole est la suivante : « La prière n’est pas comme le jeûne ; nul ne peut entrer en prière sans la mentionner. »

Les savants ont compris que cette mention signifiait mentionner ou prononcer l’intention de la prière. Pourtant, en réalité, l’imam ach-Châfi‘î entendait par là prononcer le takbîr de consécration pour la prière.

L’opinion des savants précités au sujet des propos de l’imam ach-Châfi‘î est erronée. En effet, comment l’imam ach-Châfi‘î pourrait-il déclarer obligatoire une pratique que le Messager d’Allah (s.), ses nobles Compagnons et les califes bien guidés n’ont même pas mentionnée ? Si nous trouvons à ce sujet ne serait-ce qu’un seul mot transmis du Messager d’Allah (s.) et de ses nobles Compagnons, nous l’accepterons assurément. Car notre principe de conduite est de suivre la sunnah du Messager d’Allah et la voie de ses nobles Compagnons. Le meilleur chemin qu’ils nous ont montré est notre chemin. Nous ne suivrons humblement que les principes de conduite établis d’après eux.

Lever les mains lors du takbîr de consécration

Pour commencer la prière, le Messager d’Allah (s.) ne disait rien d’autre que « Allahou akbar » et, en prononçant Allahou akbar, il levait les mains. Pour cela, il levait ses deux mains, paumes tournées vers la qibla, jusqu’aux épaules ou aux oreilles. À ce moment-là, ses doigts étaient écartés. Plusieurs récits rapportent la hauteur à laquelle il levait les mains. Abou Houmayd as-Sa‘dî (r.a.) et ses compagnons ont dit qu’il les levait à hauteur des épaules. ‘Abdallah ibn ‘Oumar (r.a.) a également tenu ce propos. Wâ’il ibn ‘Âzib (r.a.) a dit qu’il les approchait des oreilles. Certains ont dit que ce dernier avis était préférable, tout en laissant la liberté de les lever à n’importe quelle hauteur parmi celles mentionnées ci-dessus. Selon certains, il n’est pas permis de les lever au-dessus du lobe de l’oreille. Toutefois, il est également valable de les lever jusqu’aux épaules. Telle est la conclusion sur cette question.

Les autres moments où il levait les mains en prononçant le takbîr (« Allahou akbar ») seront mentionnés en leur endroit respectif.

Que récitait-il après le takbîr de consécration ?

Après avoir levé les mains en prononçant le takbîr de consécration, il les abaissait et plaçait la main droite sur le dos de la main gauche. Puis, avant de commencer la prière (la sourate al-Fâtiha), il récitait différentes invocations. Il récitait parfois l’invocation suivante :

(Arabe**************)

Sens : Ô mon Dieu ! Éloigne de moi toutes mes fautes, comme Tu as établi une distance entre l’Orient et l’Occident. Ô Allah ! Lave-moi et purifie-moi de mes fautes avec l’eau, la glace et les choses froides. Ô Allah ! Purifie-moi de mes péchés de manière aussi éclatante qu’un vêtement blanc devient immaculé après avoir été débarrassé de la saleté et des taches.

Il récitait parfois cette invocation :

(Arabe************)

Sens : J’ai tourné mon visage avec un dévouement exclusif vers le Créateur de l’univers et de cette terre. Je ne fais pas partie de ceux qui Lui donnent des associés. Certes, ma prière, mon sacrifice, ma vie et ma mort sont pour Allah, le Seigneur et Soutien de tous les mondes. Nul ne Lui est associé. C’est ce qu’il m’a été ordonné d’accepter, et je suis le premier à l’avoir accepté.

Il faisait parfois cette invocation :

(Arabe****************)

Sens : Ô Allah ! Tu es le seul Souverain de l’univers. Il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. Tu es mon Seigneur et je suis Ton serviteur. Je me suis fait du tort à moi-même et je reconnais mon péché. Pardonne-moi donc tous mes péchés, car nul autre que Toi ne peut pardonner les péchés. Guide-moi vers l’acquisition du meilleur caractère moral, car nul autre que Toi ne peut y guider. Éloigne de mon caractère et de mon comportement tous les défauts et toutes les imperfections, car nul autre que Toi ne peut les éloigner. Seigneur ! Me voici présent devant Toi ; Tu es infiniment Miséricordieux et tout le bien est entre Tes mains. Tu n’es pas responsable du mal. Je suivrai Ta volonté et c’est vers Toi que je retournerai. Tu es immensément prodigue et infiniment élevé, Seigneur ! Je Te demande pardon et je tourne mon visage vers Toi.

Habituellement, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récitait cette invocation dans la prière nocturne (tahajjud). Parfois, à ce moment-là, il récitait également cette invocation :

(Arabe***************)

Sens : Ô Allah ! Tu es le Seigneur de Jibrîl et d’Isrâfîl, le Créateur des cieux et de la terre, et Celui qui connaît le visible et l’invisible. C’est Toi qui tranches les différends entre Tes serviteurs. Guide-moi vers la voie juste concernant le différend auquel je suis confronté au sujet de la vérité suprême, selon Ton ordre. Tu guides certes qui Tu veux vers la voie droite. »

Il lui arrivait aussi de réciter l’invocation suivante : (Arabe******************)

Sens : Mon Seigneur ! À Toi appartient toute louange. Tu es la lumière de l’univers, de cette terre et de tout ce qui se trouve entre eux. »

Abdullah ibn Abbâs (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait l’invocation susmentionnée après avoir prononcé le takbîr al-taḥrîma.

À une autre occasion, il disait trois fois الله اكبر كبيرا trois fois الحمد لله كثيرا trois fois سبحان الله بكرة واصيلا et, avec cela, اللهم اني اعوذبك من الشيطان الرجيم من همزه ونفخه ونفثه disait.

Il lui arrivait de dire الله اكبر dix fois, سبحان الله dix fois, الحمد لله dix fois, لااله الا الله dix fois, استغفر الله dix fois, ainsi que اللهم اغفرلى واهدنى وارزقنى dix fois, puis اللهم اني اعوذبك من ضيق المقام يوم القيامة dix fois. Il est établi par des sources authentiques que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), après avoir prononcé le takbîr al-taḥrîma, récitait l’une ou l’autre de ces invocations.

Il est rapporté qu’il commençait la prière après avoir récité la sana suivante :

(Arabe**************)

Sens : Ô Allah ! Tu es exempt de tout défaut, de toute incapacité et de toute faiblesse. Je Te loue exclusivement. Béni soit Ton nom. Ta majesté est suprême. Et il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. »

Cette sana (formule de louange d’Allah) est rapportée dans plusieurs recueils de Sunan par Ali ibn Ali ar-Rifâ‘î. Celui-ci la rapporte d’Abû al-Mutawakkil, qui la rapporte d’Abû Sa‘îd, qu’Allah l’agrée. Un hadith similaire est également rapporté d’Aïcha, qu’Allah l’agrée. Lorsqu’il dirigeait la prière, ‘Umar, qu’Allah l’agrée, la récitait à voix haute et l’enseignait à tous.

L’imam Ahmad ibn Hanbal a dit : « Je préfère réciter cette invocation en suivant ‘Umar, qu’Allah l’agrée. Toutefois, si quelqu’un commence la prière en récitant l’une des invocations mentionnées précédemment, cela est valable. »

L’imam Ahmad a expliqué que cette invocation est la meilleure, la plus complète et la plus excellente. Le fait que ‘Umar, qu’Allah l’agrée, la récitait à voix haute lorsqu’il dirigeait la prière signifie que chacun doit la réciter au début de la prière, en particulier lors des prières obligatoires.

La récitation de la sourate Al-Fâtiha

Après avoir récité la sana ou l’invocation mentionnée précédemment, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, récitait : « Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé. » Puis il récitait la sourate Al-Fâtiha en commençant par : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. »

Il récitait parfois la sourate Al-Fâtiha à voix haute et parfois à voix basse. Toutefois, la plupart du temps, il la récitait à voix haute. Mais il ne la récitait pas à voix haute dans chacune des cinq prières quotidiennes, ni lorsqu’il était résident ni lorsqu’il était en voyage. S’il l’avait récitée à voix haute dans les cinq prières quotidiennes, comment cela aurait-il pu rester inconnu des califes bien guidés, de la plupart des Compagnons et en particulier des habitants de Médine ? Il est donc certain qu’il ne récitait pas la sourate Al-Fâtiha à voix haute dans chacune des cinq prières quotidiennes.

Lorsqu’il récitait la sourate al-Fatiha à voix haute, il récitait également la basmala à voix haute au début.

La prononciation de « Âmîn »

Après avoir achevé la sourate al-Fatiha, il disait « Âmîn ». Lorsqu’il récitait la sourate al-Fatiha à voix haute, il prononçait également « Âmîn » à voix haute, et les fidèles qui priaient derrière lui le prononçaient eux aussi à voix haute.

Garder brièvement le silence

Durant la prière, il gardait le silence pendant quelques instants à deux reprises. La première fois, c’était entre le takbîr d’ouverture et la récitation, c’est-à-dire la sourate al-Fatiha. Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, s’en est assuré en l’interrogeant à ce sujet.

Il existe une divergence quant au moment où il gardait le silence pour la deuxième fois. Certains ont dit que c’était après la récitation de la sourate al-Fatiha, tandis que d’autres ont dit que c’était après avoir achevé la récitation du Coran et avant de s’incliner. D’autres encore ont dit qu’il gardait le silence deux fois sans compter la première. Selon cette opinion, cela ferait trois moments de silence. Pourtant, il est manifeste qu’il ne gardait le silence que deux fois.

Le troisième moment de silence dont il est question, c’est-à-dire avant de s’incliner, n’était en réalité pas un silence de sa part. C’était un bref instant pris pour expirer et retrouver sa sérénité. En effet, il ne liait pas la récitation et l’inclinaison en une seule respiration.

Le silence entre le takbîr d’ouverture et le début de la sourate al-Fatiha était logique. En effet, c’était un silence préparatoire au commencement de la sourate al-Fatiha.

Quant à la deuxième pause silencieuse, c’est-à-dire après avoir terminé la sourate al-Fātiḥa, il a été dit qu’elle servait à laisser aux ma’mūmīn le temps de terminer la sourate al-Fātiḥa.

Quant à la troisième pause silencieuse, c’est-à-dire après la récitation et avant de se rendre en rukūʿ, ce n’était qu’une brève pause, le temps de reprendre son souffle et de se calmer.

Ceux qui n’ont pas mentionné la troisième pause ne l’ont pas fait parce qu’elle était très brève. Quant à ceux qui l’ont comptée malgré sa brièveté, ils considèrent que le Messager ﷺ observait trois pauses silencieuses. Il n’y a donc, en réalité, aucune contradiction entre les deux récits. Telle est la solution concernant les hadiths relatifs à cette question.

Les hadiths relatifs aux deux pauses silencieuses ont été rapportés par Samura ibn Jundub, Ubayy ibn Kaʿb et ʿImrān ibn Ḥusayn, par des chaînes authentiques. Abū Ḥātim a mentionné ces hadiths dans son recueil de hadiths authentiques.

L’un de ceux qui ont rapporté le hadith des deux pauses silencieuses est Samura ibn Jundub. Il dit : « Dans la prière du Messager d’Allah ﷺ, j’ai retenu qu’il observait deux pauses silencieuses. Il en observait une après le takbīrat al-iḥrām, et la seconde après avoir récité “ghayril-maghḍūbi ʿalayhim wa laḍ-ḍāllīn”. »

Certains hadiths rapportés par diverses chaînes indiquent que le Messager ﷺ restait silencieux quelques instants après la récitation. Mais cette formulation est tout à fait générale. Le contenu du premier hadith, c’est-à-dire celui de Samura, est clair : il y est explicitement question d’une pause silencieuse après la récitation de la sourate al-Fātiḥa. Par conséquent, c’est le hadith rapporté de Samura ibn Jundub qui constitue ici la preuve.

Sa manière de réciter le Coran pendant la prière

La récitation du Messager d’Allah ﷺ était posée et mesurée. Il s’arrêtait après la récitation de chaque verset. Lorsqu’il terminait un verset, il prolongeait légèrement sa voix sur la fin.

Après avoir terminé la sourate al-Fātiha, il passait à une autre sourate. Dans cette autre sourate, il prolongeait parfois la récitation, tandis qu’il la raccourcissait parfois en raison d’un voyage ou de quelque autre circonstance. Toutefois, sa récitation était généralement modérée, ni courte ni longue.

Sa récitation dans les différentes prières

Lors de la prière de l’aube, il récitait généralement de soixante à cent versets. Il récitait souvent, dans la prière de l’aube, la sourate Qāf, la sourate ar-Rūm et la sourate at-Takwīr ; parfois, il récitait la sourate az-Zalzala dans les deux rak‘ahs, et parfois les sourates al-Falaq et an-Nās. Toutefois, il ne récitait al-Falaq et an-Nās que pendant un voyage. Il récitait parfois les deux rak‘ahs avec la sourate al-Mu’minūn. Il récitait dans la première rak‘ah jusqu’au passage où Moïse et Aaron sont mentionnés, puis récitait le reste dans la deuxième rak‘ah.

Le vendredi, lors de la prière de l’aube, il récitait entièrement la sourate as-Sajda et la sourate ad-Dahr. Il ne récitait pas une partie de l’une et une partie de l’autre. De plus, il ne divisait pas la sourate as-Sajda entre les deux rak‘ahs : il la récitait entièrement dans une seule rak‘ah. Agir ainsi serait contraire à sa pratique. Ceux qui considèrent préférable de prier l’aube du vendredi en récitant uniquement la sourate as-Sajda ignorent la Sunna du Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui. En raison de cette conception ignorante des gens, certains imams désapprouvaient la récitation de la sourate as-Sajda lors de la prière de l’aube du vendredi.

En réalité, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, dirigeait la prière de l’aube du vendredi en récitant précisément ces deux sourates. En effet, elles évoquent le commencement de la création de l’être humain, son destin final, la création d’Adam, ainsi que les raisons de l’entrée au Paradis et en Enfer. Autrement dit, puisqu’elles exposent ce qui s’est produit et ce qui se produira dans la vie humaine, il faisait entendre ces sourates à tous le vendredi matin. C’est pour cette même raison qu’il récitait, lors de la prière du vendredi et des prières des fêtes, la sourate Qāf, la sourate al-Qamar, la sourate al-A‘lā et la sourate al-Ghāshiya.

Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, prolongeait souvent la récitation lors de la prière du zuhr. Il est rapporté dans Sahih Muslim qu’Abū Sa‘īd al-Khudrī, qu’Allah l’agrée, a dit qu’après l’appel annonçant le début du zuhr, si quelqu’un se rendait à al-Baqī‘ pour satisfaire un besoin naturel, y accomplissait ce qu’il avait à faire, puis revenait chez lui, faisait ses ablutions et retournait à la mosquée, il pouvait encore rattraper le Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui, dès la première rak‘ah. Il lui arrivait parfois d’adopter une récitation aussi longue lors de la prière du zuhr. Il récitait parfois au zuhr une quantité équivalente à la sourate as-Sajda. Il récitait parfois les sourates al-A‘lā et al-Layl, et parfois les sourates al-Burūj et at-Tāriq.

Lors de la prière de l’asr, il récitait environ la moitié de ce qu’il récitait au zuhr. Parfois, sa récitation était un peu plus longue, et parfois un peu plus courte.

Concernant la récitation du maghrib, sa pratique était différente de celle des gens de l’époque actuelle. Il dirigeait parfois la prière du maghrib en récitant la sourate al-A‘rāf, parfois la sourate at-Tūr, et parfois la sourate al-Mursalāt. Il lui arrivait de répartir l’une de ces sourates entre les deux rak‘ahs.

Abû ‘Umar Ibn ‘Abd al-Barr, citant à ce sujet des récits sur la pratique du noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui), a dit qu’il accomplissait parfois la prière du maghrib en récitant la sourate Al-A‘râf, parfois la sourate As-Saffât, parfois la sourate Ad-Dukhân, parfois la sourate Al-A‘lâ, parfois la sourate At-Tîn, parfois les deux protectrices (An-Nâs et Al-Falaq), et parfois la sourate Al-Mursalât. Il accomplissait également la prière du maghrib avec de courtes sourates. Tous ces récits sont réputés authentiques. Toutefois, le fait d’accomplir toujours la prière du maghrib avec de courtes sourates était une pratique de Marwân [Marwân ibn Al-Hakam, le quatrième calife omeyyade, c’est-à-dire après Mu‘âwiya (qu’Allah l’agrée), Yazîd et Mu‘âwiya ibn Yazîd. Son règne s’étendit de 64 à 65 de l’Hégire. C’est à cause de ce Marwân que survint le martyre de ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée).] ibn Al-Hakam. C’est pourquoi Zayd ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée) le critiqua. Mâlik (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Vous n’accomplissez la prière du maghrib qu’avec de courtes sourates, alors que j’ai vu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) réciter l’une des deux longues sourates, à savoir la sourate Al-A‘râf. » C’est un hadith authentique, rapporté par les compilateurs des Sunan. L’imam An-Nasâ’î rapporte d’après ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) qu’elle a dit : « Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a récité la sourate Al-A‘râf dans la prière du maghrib. Il l’a divisée en deux parties et l’a récitée au cours des deux rak‘at. » Accomplir donc toujours la prière du maghrib uniquement avec de courts versets et de courtes sourates est contraire à la Sunna. C’était la pratique de Marwân ibn Al-Hakam.

La dernière des cinq prières quotidiennes est la prière d’al-‘ishâ’. Selon un récit, il y récitait la sourate At-Tîn. D’après un autre récit, il ordonna à Mu‘âdh ibn Jabal de réciter, lors de la prière d’al-‘ishâ’, des sourates telles qu’Ash-Shams, Al-A‘lâ et Al-Layl. En outre, il interdit à Mu‘âdh, lorsqu’il se rendait tard dans la nuit auprès de la tribu des Banû ‘Amr ibn ‘Awf pour diriger leur prière d’al-‘ishâ’, de la diriger en récitant la sourate Al-Baqara.

Voici ce qui s’était passé : Mu‘âdh (qu’Allah l’agrée) accomplissait la prière d’al-‘ishâ’ avec le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), puis il se rendait auprès de la tribu des Banû ‘Amr ibn ‘Awf pour diriger la prière d’al-‘ishâ’ des gens qui l’y attendaient. Il était déjà très tard lorsqu’il se rendait auprès de cette tribu après avoir accompli la prière d’al-‘ishâ’ dans la mosquée du Prophète. Il priait derrière le Prophète en tant que fidèle, puis se rendait auprès de ces gens et dirigeait de nouveau leur prière en tant qu’imam. Pourtant, même à une heure aussi tardive, il récitait la sourate Al-Baqara dans la prière. Cela causait de grandes difficultés aux travailleurs qui peinaient durant la journée. Lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) en fut informé, il donna à Mu‘âdh (qu’Allah l’agrée) l’ordre mentionné plus haut et lui interdit de mettre les gens en difficulté en récitant une longue récitation à une heure avancée de la nuit.

Lors de la prière du vendredi, il récitait les sourates Al-Jumu‘a et Al-Munâfiqûn. Il récitait aussi parfois Al-A‘lâ et Al-Ghâshiya. Toutefois, il ne dirigeait jamais la prière en récitant seulement la partie finale des deux premières sourates [les parties finales des sourates Al-Jumu‘a et Al-Munâfiqûn commencent toutes deux par : « Ô vous qui avez cru ! »]. Cela était également contraire à sa pratique.

Lors de la prière de l’Aïd, il récitait entièrement les sourates Qâf et Al-Qamar. Il récitait parfois aussi Al-A‘lâ et Al-Ghâshiya. Il faisait cela lors des deux Aïd.

Voilà le guide authentique concernant le type de récitation qu’il accomplissait dans chaque prière jusqu’à sa mort. Les califes bien guidés suivaient ce guide.

Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) achevait la sourate Al-Baqara lors de la prière du fajr. Il se faisait ainsi presque l’heure du lever du soleil au moment de prononcer les salutations finales. Un jour, les gens attirèrent son attention en lui disant : « Ô calife du Messager d’Allah ! L’heure du lever du soleil est presque arrivée ! » Il répondit : « Ne me croyez pas inattentif à l’égard du lever du soleil. » ‘Umar (qu’Allah l’agrée) récitait, lors de la prière du fajr, les sourates Yûsuf, An-Nahl, Hûd, Banû Isrâ’îl ainsi que d’autres sourates similaires.

Si la longue récitation que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait lors de la prière du fajr avait réellement été abrogée, cela n’aurait pas été caché aux califes bien guidés ni aux détracteurs de la longue récitation. Dans Sahîh Muslim, il est rapporté d’après Jâbir ibn Samura (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait la sourate Qâf lors de la prière du fajr, puis sa prière devenait plus courte. Ici, « puis » signifie : après le fajr. Autrement dit, sa récitation du fajr était longue, tandis que la récitation des prières qui suivaient le fajr était courte. La déclaration d’Umm Al-Fadl, l’épouse de ‘Abbâs, en est la preuve. Après avoir entendu ‘Abdullah ibn ‘Abbâs, le fils de son mari, réciter la sourate Al-Mursalât à ‘Arafât, elle lui demanda : « Mon fils ! Ne m’avais-tu pas dit que tu avais entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) réciter cette sourate lors de la dernière prière du maghrib de sa vie ? »

Dans les hadiths de Jâbir et de Samura, le mot « ensuite » contient un pronom. Le nom auquel ce pronom renvoie ici est omis ou sous-entendu.

Tout le monde sait qu’un pronom est toujours employé à la place d’un nom mentionné précédemment. Ainsi, ici, « ensuite » doit être compris comme signifiant « après la prière de l’aube » ; il n’y a pas d’autre interprétation possible.

Ainsi, le sens de « ensuite » dans ce hadith est que le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) abrégait la récitation dans les prières qui suivaient celle de l’aube. Cela ne signifie pas qu’à partir de ce jour, il aurait abrégé la récitation de toutes les prières. Si tel était le sens, cela n’aurait pas pu rester caché aux califes bien guidés. Bien qu’ayant eu connaissance de la pratique abrogeante du Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui), ils ne se seraient certainement pas satisfaits de suivre la pratique abrogée.

Voici la parole du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) concernant l’abrègement de la récitation : « Lorsque l’un d’entre vous dirige la prière, qu’il abrège la récitation. » Et selon le récit d’Anas : le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) adoptait le principe d’abréger la récitation dans toutes les prières. La référence pour comprendre ces deux paroles est la pratique même du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Autrement dit, la forme concrète de l’abrègement mentionné dans ces deux hadiths était la pratique effective du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dans sa récitation, que nous avons exposée jusqu’ici.

Ces deux paroles ne permettent pas d’adopter une interprétation contraire à la pratique effective du Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Il est absolument impossible qu’il ait agi d’une manière tout en disant autre chose. Il a sans aucun doute recommandé le même type d’abrègement que celui qu’il pratiquait lui-même. Tout le monde sait également que des personnes âgées, faibles ou occupées par diverses nécessités priaient derrière lui.

On peut résoudre cette divergence concernant la récitation longue ou abrégée en disant qu’au début, il récitait de très longs passages, puis qu’il les abrégea quelque peu par la suite, récitant des passages moins longs. Des preuves appuient cette solution. L’imam An-Nasâ’î et d’autres imams du hadith ont rapporté d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) que celui-ci a dit : « Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) nous recommandait d’abréger la récitation et dirigeait notre prière en récitant la sourate As-Sâffât. » Ainsi, l’exemple de la récitation abrégée est la sourate As-Sâffât. (Et Allah sait mieux.)

Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ne réservait pas une sourate particulière à une prière donnée pour ne réciter que celle-là dans cette prière. Les prières du vendredi et des deux fêtes constituent toutefois une exception. ‘Amr ibn Shu‘ayb a rapporté d’après son père et son grand-père. Son grand-père a dit : « Il n’existe aucune sourate, courte ou longue, que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) n’ait récitée lorsqu’il dirigeait la prière obligatoire. » Ce hadith est rapporté par Abû Dâwûd.

Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) récitait une sourate complète dans une prière. Parfois, il récitait une sourate complète dans une seule unité de prière, et parfois il répartissait une sourate sur deux unités de prière. Il lui arrivait aussi de réciter la première partie d’une sourate. En revanche, rien ne prouve qu’il ait récité la partie médiane ou la partie finale d’une sourate.

Il a récité deux sourates dans la même rakʿa lors de la prière surérogatoire. Mais rien ne prouve qu’il ait récité deux sourates dans une seule rakʿa lors de la prière obligatoire.

ʿAbdullah ibn ʿAbbas (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait deux sourates dans chaque rakʿa ; il s’agit là d’une affirmation générale. Il n’est pas précisé ici s’il faisait cela dans la prière obligatoire ou dans la prière surérogatoire.

Dans le récit rapporté par Abou Dawoud au sujet d’un homme de la tribu de Juhayna, celui-ci dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) réciter la sourate Az-Zalzala dans les deux rakʿas de la prière de l’aube. » Mais, après avoir dit cela, le même homme ajouta : « Toutefois, je ne sais pas s’il a récité la sourate Az-Zalzala dans les deux rakʿas par oubli ou intentionnellement. »

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prolongeait la récitation de la première rakʿa par rapport à celle de la deuxième. Il faisait ainsi dans toutes les prières, y compris celle de l’aube. Parfois, il prolongeait la première rakʿa jusqu’à ce que cessent les bruits de pas des fidèles arrivant à la mosquée. Autrement dit, il la prolongeait jusqu’à ce que tous les fidèles soient arrivés et aient pu rejoindre la première rakʿa.

Il prolongeait la récitation de la prière de l’aube davantage que celle des autres prières. Plusieurs raisons peuvent expliquer qu’il prolongeait la prière de l’aube :

a. Parce que les anges sont présents lors de la récitation coranique de l’aube. À ce moment-là, les anges de la nuit et ceux du jour se rassemblent, car c’est l’heure de leur relève.

b. Parce que la prière de l’aube comporte peu de rakʿas.

c. Parce que les musulmans doivent se lever de leur sommeil et de leur repos pour venir accomplir la prière de l’aube.

d. Puisque, juste après cette prière, les musulmans sortent pendant une longue période pour gagner leur vie, afin que l’influence du Coran demeure longtemps en eux.

e. Puisqu’à ce moment-là, l’esprit des gens est paisible et qu’ils ont la possibilité d’écouter, de comprendre et de méditer le Coran avec attention.

f. Puisque c’est le premier acte de dévotion de la journée, ils lui accordaient une importance accrue et aspiraient ainsi à acquérir davantage de récompenses et de bénédictions dès le début de la journée.

Les gens instruits n’éprouvent aucune difficulté à comprendre ces sagesses, ces significations et ces subtilités profondes de la charia.

Sa manière d’accomplir le rukū‘

Après avoir achevé la récitation coranique, le Messager d’Allah (s.a.s.) restait silencieux un instant afin de reprendre son souffle et de retrouver son calme. Puis, comme lors du takbīr d’ouverture, il effectuait le raf‘ al-yadayn et descendait en rukū‘ en disant « Allahu akbar ».

Une fois en rukū‘, il posait fermement ses deux mains sur ses genoux. Il écartait ses deux bras de ses côtes et les tenait ouverts. Il étendait son dos bien droit et horizontal. Il maintenait sa tête dans l’alignement de son dos, sans la relever ni l’abaisser.

Une fois en rukū‘, il récitait ce tasbīḥ en ces termes : (Arabe***************)

Il ajoutait parfois également à cela les glorifications suivantes et les récitait : (Arabe******************)

Sens (des deux formules) : Mon Seigneur est exempt de toute imperfection et de toute faiblesse, et Il est glorieux. Ô Allah, Tu es exempt de toute imperfection et de toute faiblesse ! À Toi toute louange, ô notre Seigneur. Ô Allah, pardonne-moi. »

Il restait en inclinaison assez longtemps pour que les glorifications susmentionnées puissent être récitées environ dix fois. Il restait également aussi longtemps en prosternation. À ce sujet, la déclaration de Barā’ ibn ʿĀzib (qu’Allah l’agrée) a suscité une certaine confusion. Il a rapporté : « J’ai prié derrière le Messager d’Allah (s.a.s.) jusqu’à sa mort. La durée de sa station debout et de son inclinaison était égale. Sa prosternation et la position assise entre les deux prosternations duraient également à peu près autant. »

À partir de cette déclaration, certains ont compris que la station debout du Messager (s.a.s.) et son inclinaison étaient d’une durée égale, et que sa prosternation durait également aussi longtemps. En réalité, il n’y a aucune raison de l’interpréter ainsi. En effet, la longueur de la récitation du Messager d’Allah (s.a.s.) est solidement établie. Lors de la prière de l’aube, il récitait environ cent versets, parfois un peu plus ou un peu moins. J’ai déjà mentionné les hadiths relatifs à sa récitation lors de la prière du coucher du soleil : il y récitait également les sourates Al-Aʿrāf, At-Tūr et Al-Mursalāt. Or chacun sait qu’il ne restait pas aussi longtemps en inclinaison et en prosternation.

La preuve en est le hadith d’Anas, rapporté dans les Sunan [parmi les six recueils de hadiths authentiques, les quatre autres que ceux d’Al-Bukhārī et de Muslim sont appelés les Sunan ou les quatre Sunan]. Anas (qu’Allah l’agrée) y dit : « Après le Messager d’Allah (s.a.s.), je n’ai prié derrière personne dont la prière ressemblait autant à la sienne, à l’exception de ce jeune homme (c’est-à-dire ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz). » Le rapporteur dit : « J’ai compté dix glorifications dans l’inclinaison et dix dans la prosternation de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz. »

Le hadith rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) constitue également une preuve. Il y dit que, lorsque le Messager d’Allah (s.a.s.) dirigeait notre prière, il récitait la sourate As-Sāffāt. »

Allah sait mieux ce que signifiait exactement la déclaration de Barā’ ibn ʿĀzib (qu’Allah l’agrée). [Selon nous, dans la déclaration de Barā’ ibn ʿĀzib : « La durée de sa station debout et de son inclinaison était égale », le terme « station debout » désigne la station debout qui suit l’inclinaison et précède la prosternation.]

Les différentes parties de la prière du Messager d’Allah (s.a.s.) étaient naturelles et équilibrées entre elles. Lorsqu’il prolongeait la station debout (la récitation), il prolongeait naturellement aussi l’inclinaison et la prosternation. À l’inverse, lorsqu’il abrégeait la station debout, il abrégeait également l’inclinaison et la prosternation.

Dans les prières nocturnes (c’est-à-dire le tahajjud et les prières surérogatoires), il prolongeait parfois l’inclinaison et la prosternation autant que la station debout. Il faisait à peu près de même lors de la prière de l’éclipse solaire.

Il accordait une grande importance à maintenir l’harmonie et le naturel entre les différents gestes et parties de la prière. Les directives reçues de lui à ce sujet sont donc celles qui ont été exposées précédemment.

Dans les prières nocturnes (le tahajjud et les autres prières surérogatoires), il récitait également, pendant l’inclinaison, les invocations et les glorifications suivantes : (Arabe****)

Sens : Tu es absolument pur et exempt de toute faiblesse, de tout défaut et de toute incapacité, Seigneur de tous les anges et de Jibrîl. »

(Arabe******************)

Sens : Mon Seigneur, je me suis incliné devant Toi, j’ai cru en Toi, je me suis soumis à Toi seul et j’ai placé ma confiance en Toi. Tu es mon Maître. Mes oreilles, mes yeux, mon cerveau, mes os, mes veines et mes nerfs se sont tous humblement soumis à Toi. Chaque fois que mon pied se lève et chaque fois qu’il redescend, il le fait pour rechercher l’agrément d’Allah, le Seigneur des mondes. »

Se relever de l’inclinaison

Ensuite, il relevait la tête de l’inclinaison et se tenait bien droit. Lorsqu’il relevait la tête de l’inclinaison, il disait :

1. Il pratiquait le raf‘ al-yadayn (il levait les deux mains).

2. Et il récitait le tasbîh suivant :(Arabe*******)

Sens : Allah a entendu celui qui Le loue.

À ce moment-là, et aux deux moments mentionnés précédemment, il pratiquait donc le raf‘ al-yadayn à trois moments au total. [C’est-à-dire au moment du takbîr al-taḥrîmah, en allant vers le rukû‘ et en relevant la tête du rukû‘. Il sera toutefois question plus loin d’un autre raf‘ al-yadayn.]

Environ trente Compagnons ont rapporté que le Messager d’Allah (s.a.s.) pratiquait le raf‘ al-yadayn à ces trois moments, et aucune preuve contraire n’a été rapportée de sa part. Il a accompli la prière de cette manière toute sa vie, jusqu’à sa mort.

Le hadith à ce sujet rapporté d’Al-Barâ’ ibn ‘Âzib n’est pas authentique. En réalité, le Messager d’Allah (s.a.s.) n’a jamais abandonné cette pratique et ne s’en est jamais détourné.

Si Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) a délaissé le raf‘ al-yadayn, ce n’est pas parce qu’il l’aurait appris du Messager d’Allah (s.a.s.). En réalité, il ne s’y opposait pas et n’agissait pas contrairement à cette pratique. Voici ce qui s’était passé : à cette époque, les dirigeants et les chefs arrivaient tardivement à la prière. Il priait donc chez lui, sans adhân ni iqâmah. Deux fidèles se tenaient alors à ses côtés. Au lieu de se placer devant eux en tant qu’imam, il se tenait entre eux, sur la même ligne. Comme il lui était difficile de pratiquer le raf‘ al-yadayn dans cette situation, il ne le faisait pas.

Pourtant, un grand nombre de hadiths authentiques s’opposent à cette pratique. Alors que tant de hadiths authentiques, irréfutables et solidement établis par la pratique, concernant le raf‘ al-yadayn du Messager d’Allah (s.a.s.), sont conservés, comment pourrait-on l’abandonner ? Cela est inconcevable. Qu’Allah Tout-Puissant nous accorde à tous la capacité de suivre la pratique du Messager d’Allah (s.a.s.) — âmîn. Il se relevait du rukû‘ en redressant la colonne vertébrale. Il a dit :(Arabe********************)

Sens : Il n’y a pas de prière valable dans laquelle le fidèle ne se tient pas debout en redressant la colonne vertébrale après l’inclinaison et la prosternation, et ne s’assoit pas. » (Sahîh Ibn Khuzayma)

Que disait-il en se relevant de l’inclinaison ?

Lorsqu’il se relevait complètement de l’inclinaison, il disait :

ربنا ولك الحمدIl disait parfois ربنا لك الحمدet disait parfois :اللهم ربنا لك الحمد

Sens : Ô Allah, notre Seigneur ! À Toi seul reviennent toutes les louanges. »

Ces trois formulations sont toutes rapportées authentiquement du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). En revanche, il n’est pas correct de dire ainsi : اللهم ربنا ولك الحمدcar il ne faisait pas précéder cette même formulation par « ô Allah » en y ajoutant la conjonction « wa ». Le redressement qu’effectuait le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) après s’être relevé de l’inclinaison était, en durée, aussi long que son inclinaison et sa prosternation. Il est rapporté dans un hadith authentique que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récitait parfois cette invocation en se relevant de l’inclinaison :

(Arabe*****************)

Sens : Allah écoute et exauce celui qui Le loue. Notre Seigneur, à Toi reviennent toutes les louanges. Des louanges qui remplissent les cieux, des louanges qui remplissent la terre, et des louanges qui remplissent tout ce que Tu veux en dehors de cela. Tu es le plus digne et le plus habilité à recevoir tout ce que Ton serviteur dit en fait de gloire, de louange et de mérite. Nous sommes tous Tes serviteurs dévoués. Mon Dieu, nul ne peut empêcher ce que Tu veux donner, et nul ne peut donner ce que Tu veux refuser. La puissance du puissant et la richesse du fortuné ne leur sont d’aucune utilité auprès de Toi. »

Il est rapporté par une chaîne authentique qu’après le rukūʿ, durant le qiyām, il récitait également cette invocation :

(Arabe*****************)

Sens : Ô Allah ! Lave-moi et purifie-moi de mes fautes avec de l’eau, de la neige et de la grêle. Libère-moi de mes péchés comme on nettoie et blanchit un vêtement blanc de ses saletés. Établis entre moi et mes péchés la même distance que celle que Tu as établie entre l’Orient et l’Occident.

De plus, durant le qiyām qui suit le rukūʿ, il répétait aussi souvent les paroles suivantes :(Arabe*****************)

Sens : Toute louange revient à mon Seigneur, toute louange revient à mon Maître…..

Ainsi, ce qiyām durait aussi longtemps que le rukūʿ. Après avoir relevé la tête du rukūʿ, il restait debout durant une période si longue que les gens se disaient : « Peut-être a-t-il oublié. »

Il est rapporté dans le Sahih Muslim, d’après Anas (qu’Allah l’agrée), que lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) se relevait du rukūʿ en disant : « Allah entend celui qui Le loue », il restait debout si longtemps que nous disions : « Peut-être est-il dans le doute. » Puis il se prosternait. Ensuite, il restait assis entre les deux prosternations si longtemps que nous disions : « Peut-être a-t-il oublié. »

Il est rapporté par une chaîne authentique que, lors de la prière de l’éclipse solaire, il prolongeait tellement ce qiyām qui suit le rukūʿ qu’il durait presque aussi longtemps que le rukūʿ. Et ce rukūʿ durait aussi longtemps que le qiyām qui le précédait.

Tels sont les propos solidement établis du Messager d’Allah (ﷺ) au sujet de l’inclinaison (rukūʿ) et de la station debout qui la suit. Rien ne les contredit et aucun propos contraire n’est rapporté. Aucune source ne mentionne quoi que ce soit de tel.

Reste le hadith rapporté par al-Barā’ ibn ʿĀzib (qu’Allah l’agrée). Dans le Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, le hadith rapporté d’al-Barā’ ibn ʿĀzib (qu’Allah l’agrée) à ce sujet dit que l’inclinaison et la prosternation du Messager d’Allah (ﷺ), ainsi que ses moments assis et debout, étaient d’une durée à peu près égale.

Cependant, la station debout consacrée à la récitation et la position assise consacrée au tashahhud font exception. En effet, la prière comporte deux types de station debout et deux types de position assise. Lorsqu’al-Barā’ (qu’Allah l’agrée) a dit que l’inclinaison, la prosternation, la station debout et la position assise du Messager d’Allah (ﷺ) étaient d’une durée égale, il faisait référence à la station debout qui suit l’inclinaison et à la position assise entre les deux prosternations. En comprenant ainsi ses propos, il n’y a aucune contradiction entre ceux-ci et les autres hadiths authentiques. Il est en effet clair et solidement établi que la station debout du Messager d’Allah (ﷺ) ainsi que sa position assise pour le tashahhud étaient plus longues que les autres actes fondamentaux de la prière.

Notre maître, l’imam Ibn Taymiyya, a dit que les dirigeants des Banū Umayya avaient abrégé ces deux actes fondamentaux de la prière. De cette manière, ils sont intervenus dans d’autres aspects de la prière et y ont introduit diverses innovations religieuses, comme le fait de ne pas accomplir complètement les takbīr et de retarder fortement l’accomplissement de la prière. Ils considéraient même ces innovations qu’ils avaient introduites comme faisant partie de la Sunna.

Sa manière de se rendre en prosternation

Après avoir achevé calmement la station debout qui suit l’inclinaison, le Messager d’Allah (ﷺ) disait « Allāhu akbar » et se prosternait. À ce moment-là, il ne pratiquait pas le rafʿ al-yadayn, c’est-à-dire qu’il ne levait pas les mains.

Il a toutefois été rapporté qu’il pratiquait également le rafʿ al-yadayn à ce moment-là. Ibn Ḥazm (qu’Allah lui fasse miséricorde), entre autres, a considéré cette narration comme authentique. Il s’agit en réalité d’une affirmation fondée sur une supposition. En fait, le Messager d’Allah (ﷺ) ne levait pas les mains lorsqu’il se rendait en prosternation. C’est à cause d’une erreur du rapporteur du hadith que l’idée erronée qu’il levait les mains à ce moment-là s’est répandue. Allah sait mieux.

Lorsqu’il se rendait en prosternation, le Messager d’Allah (ﷺ) posait d’abord les genoux au sol, avant les mains. Puis il posait les deux mains, ensuite le front et enfin le nez.

Les mains d’abord ou les genoux d’abord ?

Il a été rapporté par une chaîne authentique qu’il posait les genoux avant les mains. Ce hadith a été rapporté par Charîk, d’après ‘Âsim ibn Kulayb, d’après son père, d’après Wâ’il ibn Hujr (qu’Allah l’agrée). Wâ’il (qu’Allah l’agrée) a dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) poser ses deux genoux avant ses deux mains lorsqu’il se prosternait. Lorsqu’il se relevait de la prosternation, il levait ses deux mains avant ses deux genoux. » [Voir at-Tirmidhî, chapitre de la prière]

On ne l’a pas vu faire le contraire.

Un hadith marfû‘ rapporté d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) est venu contredire cela. Le hadith dit : « Lorsque l’un d’entre vous se prosterne, qu’il ne s’asseye pas à la manière du chameau ; qu’il pose plutôt ses deux mains avant ses deux genoux. » [Voir Abû Dâwûd]

Allah sait mieux ce qu’il en est de ce hadith. Toutefois, il est probable que certaines paroles imaginées par l’un des rapporteurs s’y soient introduites. En outre, sa première partie est incompatible avec sa seconde. Si l’on pose les mains avant les genoux, on s’assied alors comme le chameau, car le chameau pose d’abord ses deux mains, et non ses genoux.

Lorsque les partisans de l’avis consistant à poser les mains avant les genoux apprirent que le chameau pose ses mains avant ses genoux, ils donnèrent cette explication : les genoux du chameau se trouvent dans ses mains, et non dans ses pattes. En réalité, les propos de ces personnes ne peuvent être acceptés pour plusieurs raisons :

Premièrement : lorsque le chameau s’assied, il étend d’abord ses deux mains, tandis que ses deux pattes restent debout. De même, lorsqu’il se relève, ses deux pattes se lèvent d’abord, tandis que ses deux mains demeurent encore au sol.

C’est précisément cette manière de faire que le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a interdite dans le hadith, et il a fait le contraire.

Le Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) posait d’abord au sol le membre qui en était le plus proche, celui qui touchait naturellement le sol en premier. De même, en se relevant, il relevait successivement les membres dans l’ordre où ils avaient été posés : d’abord les deux genoux, puis les deux mains, puis le front. En se relevant de la prosternation, il relevait d’abord la tête, puis les deux mains, et enfin les deux genoux.

C’est le contraire de la manière de faire du chameau. Ainsi, le Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) a interdit d’imiter les animaux, de poser les mains à plat sur le sol comme les bêtes féroces, de les étendre comme le chien et de donner des coups de bec comme le corbeau. Il a également interdit de lever les mains au moment de la salutation finale comme la queue d’un cheval.

Que tous deux aient dit : « Les genoux du chameau se trouvent dans ses mains », voilà qui est étonnant. Aucun linguiste ne peut en comprendre le sens ni l’accepter. Car les genoux ne se trouvent pas dans les mains, mais dans les pattes : c’est une évidence universellement reconnue.

S’il avait réellement rapporté que le Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) avait dit de poser les mains avant les genoux, il aurait dit : « Asseyez-vous comme le chameau et posez les mains avant les genoux. » C’est alors que le propos aurait été cohérent.

À mon avis, le contenu de ce hadith rapporté par Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) était à l’origine exact. Le hadith disait probablement d’abord : « Qu’il pose les deux genoux avant les deux mains. » Par la suite, les narrateurs ont introduit une confusion dans le propos, comme cela s’est produit dans plusieurs autres hadiths. C’est notamment le cas du hadith d’Ibn Omar (qu’Allah l’agrée) concernant le repas pris avant l’aube. Il y rapporte du Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) : « Bilal lance l’appel à la prière durant la nuit. Continuez donc à manger et à boire après son appel jusqu’à ce qu’Ibn Oumm Maktoum lance l’appel à la prière. » Par la suite, certains transmetteurs ont mentionné Ibn Oumm Maktoum à la place de Bilal, et Bilal à la place d’Ibn Oumm Maktoum. Dans un autre hadith, un transmetteur ultérieur a également, par confusion, mentionné l’Enfer à la place du Paradis et le Paradis à la place de l’Enfer.

Ainsi, il semble que dans ce hadith un transmetteur ultérieur ait dit « les genoux » à la place des « mains », et « les mains » à la place des « genoux ». La solution à ce problème réside dans la manière dont le chameau se repose. En l’occurrence, le hadith de Wa’il ibn Houjr est authentique.

Il existe également, de la part d’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), une autre narration en faveur de la pose préalable des genoux. Abou Bakr ibn Abî Chaybah rapporte de Mohammed ibn Foudhayl, qui rapporte d’Abdullah ibn Saïd, qui rapporte de son grand-père, qui rapporte d’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), lequel rapporte du Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) ce hadith. Le Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) a dit : « Lorsque l’un de vous se prosterne, qu’il pose les genoux avant les mains. Qu’il ne s’assoie pas comme le chameau. »

Al-Athram a rapporté ce hadith d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), avec une chaîne authentique, dans son recueil de Sunan.

Ce hadith correspond exactement à celui rapporté par Wā’il ibn Hujr. Voici un autre hadith similaire :

Ibn Khuzayma a cité, dans son recueil de hadiths authentiques, un hadith rapporté par Mus‘ab ibn Sa‘d. Mus‘ab l’a rapporté après l’avoir entendu de son père Sa‘d, qui a dit : « Nous placions les mains avant les genoux. Voyant cela, le Messager d’Allah nous ordonna de placer les genoux avant les mains. »

Dans ce cas, même si aucune confusion ne s’était produite dans la transmission du premier hadith d’Abū Hurayra, celui-ci serait néanmoins abrogé. Tel est l’avis de l’imam Ibn Qudāma, auteur d’al-Mughnī, ainsi que d’autres spécialistes du hadith.

Il existe en outre deux autres raisons de considérer ce hadith comme irrecevable. Les voici :

Premièrement. La chaîne de transmission de ce hadith comporte un transmetteur, Yaḥyā ibn Salama ibn Kuhayl. Il n’est pas digne de confiance. L’imam al-Nasā’ī a dit que cet homme devait être délaissé en tant que transmetteur (matrūk). Ibn Ḥibbān a dit qu’il était très faible et inapte comme transmetteur (munkar), et qu’il ne pouvait en aucun cas être considéré comme digne de confiance. Quant à Ibn Ma‘īn, il a purement et simplement rejeté sa qualité de transmetteur.

Deuxièmement. Le hadith rapporté par Mus‘ab ibn Sa‘d d’après son père Sa‘d peut être retenu comme un hadith permettant de concilier les différentes versions sur cette question. Ce hadith est d’ailleurs authentique. Dans ce hadith, Sa‘d dit : « Nous faisions ainsi, puis le Messager d’Allah nous ordonna de placer les mains sur les genoux. » L’auteur d’al-Mughnī, l’imam Ibn Qudāma, a également rapporté ce hadith : « Nous placions les mains avant les genoux. Voyant cela, le Messager d’Allah nous ordonna de placer les genoux avant les mains. »

Dans cette transmission également, un transmetteur a confondu les deux noms de Sa‘d et d’Abū Sa‘īd. Bien que le nom du Compagnon comporte une confusion dans la chaîne de transmission de ce hadith, son contenu fondamental (matn) est bien établi. Ce hadith peut donc être retenu pour concilier les deux positions dans la question de savoir s’il faut poser les mains ou les genoux en premier. C’est-à-dire :

— Au début, les Compagnons posaient d’abord les mains.

-Puis le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ordonna de poser les genoux en premier.

De plus, l’imam al-Bukhari, l’imam al-Tirmidhi, al-Daraqutni et Abu Hatim n’ont pas non plus jugé authentique la chaîne de transmission du premier hadith d’Abu Hurayra.

Voyons maintenant quelle était la pratique des Compagnons éminents à ce sujet. Les célèbres spécialistes du hadith ʿAbd al-Razzaq et Ibn al-Mundhir ont rapporté dans leurs recueils de hadith, d’après ʿAbd Allah ibn Masʿud (qu’Allah l’agrée), que ʿUmar (qu’Allah l’agrée) posait toujours ses genoux au sol avant ses mains.

L’imam al-Tahawi l’a rapporté de Fahad, qui le tenait de ʿUmar ibn Hafs, qui le tenait d’Alqama et d al-Aswad, élèves de ʿAbd Allah ibn Masʿud. Tous deux ont dit : « Nous avons gravé dans notre savoir ceci : ʿUmar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), après l’inclinaison, se penchait en s’appuyant sur ses genoux comme un chameau, et posait ses genoux avant ses mains. »

L’imam al-Tahawi a également rapporté, par l’intermédiaire de Hajjaj ibn Artat, cette parole d’Ibrahim al-Nakhaʿi : « Lorsque ʿAbd Allah ibn Masʿud se prosternait, il posait ses genoux au sol avant ses mains. » L’imam al-Tahawi a aussi rapporté une autre narration d’Abu Marzuq, qui la tenait de Wahb, qui la tenait de Shuʿba, qui la tenait d’al-Mughira. Al-Mughira dit : « J’ai interrogé Ibrahim al-Nakhaʿi au sujet d’un homme qui, en se prosternant, pose ses mains au sol avant ses genoux. » Il répondit : « Qui ferait une telle chose, à part un idiot ou un fou ? »

Ibn al-Mundhir a dit que les savants divergent sur la question de savoir s’il faut poser les mains ou les genoux en premier. Parmi ceux qui estiment qu’il faut poser les genoux avant les mains figurent ʿUmar ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée), Ibrahim al-Nakhaʿi, Muslim ibn Yasar, Sufyan al-Thawri, al-Shafiʿi, Ahmad ibn Hanbal, Ishaq ibn Rahawayh, Abu Hanifa et ses disciples, ainsi que les habitants de Koufa.

À l’inverse, parmi ceux qui estiment qu’il faut poser les mains avant les genoux figurent Malik et al-Awzaʿi. Ils ont dit : « Nous avons vu les gens poser leurs mains avant leurs genoux. » C’est également l’avis des gens du hadith.

Dans le recueil d’al-Bayhaqi, le hadith d’Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée) est cité dans une formulation quelque peu différente. Il y est rapporté ainsi : « Lorsque l’un de vous se prosterne, qu’il ne se laisse pas tomber comme un chameau. Qu’il pose plutôt ses mains sur ses genoux. »

Al-Bayhaqi a dit : si ce hadith est resté préservé et intact (maḥfūẓ), il constitue un argument en faveur du fait de poser les mains avant les genoux en se prosternant. Toutefois, pour plusieurs raisons, il est préférable d’adopter le hadith rapporté par Wā’il ibn Ḥujr, c’est-à-dire le hadith prescrivant de poser les genoux avant les mains. Les raisons sont les suivantes :

1. Le fait de poser les genoux avant les mains est établi par d’autres hadiths rapportés par Abū Hurayra, comme l’ont affirmé al-Khaṭṭābī et d’autres grands spécialistes du hadith.

2. Le texte principal (matn) de ce hadith rapporté par Abū Hurayra est quelque peu confus. On observe des divergences dans les formulations transmises par les différentes chaînes. Tantôt il est dit : « Qu’il pose les mains avant les genoux. » Tantôt il est dit : « Qu’il pose les genoux avant les mains. » Parfois encore, une partie du texte principal est omise.

3. De grands spécialistes du hadith, tels que l’imam al-Bukhārī et al-Dāraquṭnī, ont jugé défectueuse la chaîne de transmission du hadith d’Abū Hurayra prescrivant de poser les mains avant les genoux.

4. Certains gens de science considèrent que la narration prescrivant de poser les mains avant les genoux a été abrogée (mansūkh). Ibn al-Mundhir a dit que beaucoup considèrent cette narration comme devenue caduque.

5. Puisque le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a interdit de se jeter en prosternation comme le fait un chameau, la narration de Wā’il ibn Ḥujr est également préférable afin d’éviter la manière de procéder du chameau.

6. Les preuves disponibles concernant les traditions et pratiques (āthār) des grands Compagnons vont elles aussi dans le sens du fait de poser les genoux avant les mains. ʿUmar, ʿAbd Allāh ibn ʿUmar et ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, qu’Allah les agrée, posaient les genoux avant les mains. Rien ne prouve qu’aucun d’entre eux ait pratiqué de la manière rapportée par Abū Hurayra. Une opinion divergente rapporte seulement que ʿUmar l’aurait parfois fait.

7. Des hadiths rapportés par ʿAbd Allāh ibn ʿUmar et Anas viennent également soutenir le hadith rapporté par Wā’il ibn Ḥujr. En revanche, aucun hadith rapporté par un autre Compagnon ne vient soutenir celui d’Abū Hurayra.

8. La plupart des gens suivent le hadith rapporté par Wa’il ibn Hujr (qu’Allah l’agrée). Quant au hadith rapporté par Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), seuls l’imam Al-Awzaï et l’imam Malik l’ont suivi. Lorsqu’Abou Dawoud a dit que les gens du hadith suivent le hadith d’Abou Hourayra, cela signifie seulement certains d’entre eux. En effet, l’imam Ahmad ibn Hanbal, l’imam Ach-Chaféï et l’imam Ishaq ne l’ont pas suivi.

9. Le hadith d’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) est un hadith qawli (rapportant une parole). En revanche, le hadith de Wa’il ibn Hujr (qu’Allah l’agrée) est un hadith fi‘li (rapportant un acte du Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue). Les hadiths fi‘li sont généralement mieux préservés et plus authentiques que les hadiths qawli. De ce point de vue également, la narration de Wa’il ibn Hujr est donc préférable.

10. La description pratique (fi‘li) de la manière dont Wa’il ibn Hujr (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se prosternait est également confirmée par d’autres narrations authentiques. Toutes les narrations authentiques décrivant la manière et la procédure de la prière du Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) sont établies et authentiques. Celle-ci en fait également partie ; elle doit donc être retenue pour cette question juridique. Il n’existe pas d’argument suffisamment solide pour donner la préférence à la narration contraire. Telle est notre compréhension. Mais la connaissance véritable n’appartient qu’à Allah.

Sur quoi se prosternait-il ?

Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se prosternait la plupart du temps directement sur le sol. Il lui arrivait aussi de se prosterner sur de l’eau, de la boue, une natte en feuilles de palmier, un coussin en fibres de palmier et une peau séchée.

Comment se prosternait-il ?

Le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se prosternait en posant son front et son nez sur le sol. Il se prosternait le front découvert, et non le front couvert par un turban. Rien dans un hadith authentique ne prouve qu’il se prosternait avec le front couvert par un turban. Il n’existe même aucune preuve dans un hadith hasan.

Cependant, Abd ar-Razzaq a mentionné dans son ouvrage Al-Mousannaf une narration rapportée d’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée). Il y est dit que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) se prosternait sur le pan de son turban.

L’un des hommes par la bouche desquels ce hadith a été transmis est ʿAbdullāh ibn al-Muḥarriz. Cet homme n’est pas fiable en tant que transmetteur de hadith ; il est délaissé (matrūk).

Abū Aḥmad a également rapporté un hadith similaire par l’intermédiaire de Jābir. La chaîne de transmission de ce hadith comprend deux hommes nommés ʿAmr ibn Shahr et Jābir al-Jaʿfī. Tous deux sont peu fiables et délaissés (matrūk). Le hadith a été transmis par un homme délaissé d’après un autre homme délaissé. Il n’est donc pas non plus recevable.

Un hadith rapporté dans les Marāsīl d’Abū Dāwūd rapporte ce qui suit : un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) vit dans sa mosquée un homme en train de prier. L’homme se prosternait alors qu’un turban lui couvrait entièrement le front. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) lui ôta alors le turban du front. «

Lorsqu’il se prosternait, il posait fermement son front et son nez sur le sol. Il écartait les bras et laissait ses aisselles dégagées. Il les écartait tellement que la blancheur de ses aisselles était visible. Un petit chevreau aurait pu, s’il l’avait voulu, passer en courant entre ses deux bras. (Al-Bukhārī et Muslim)

En prosternation, il plaçait parfois les paumes de ses deux mains à hauteur de son cou, et parfois à hauteur de ses oreilles.

Un hadith rapporté dans Ṣaḥīḥ Muslim d’après al-Barāʾ mentionne qu’il dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Lorsque tu te prosternes, pose tes deux paumes sur le sol et relève tes deux coudes. »

Lorsqu’il se prosternait, il gardait le dos droit. Il orientait vers la qibla l’extrémité de ses deux orteils, en les repliant. Il étendait les paumes et les doigts, sans toutefois les rapprocher complètement ni les écarter excessivement.

Ibn Ḥibbān a rapporté dans son recueil de hadiths authentiques : lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) s’inclinait, il écartait les doigts de ses mains ; lorsqu’il se prosternait, il les rapprochait. »

Ainsi, il posait ses genoux, ses paumes, l’avant de ses pieds, ainsi que son front et son nez sur le sol avec sérénité, et il se tenait en prosternation, le dos droit.

Que disait-il en prosternation ?

En prosternation, le Messager d’Allah (ﷺ) récitait différentes glorifications et faisait également des invocations. Des sources authentiques rapportent qu’il récitait diverses glorifications et formulait différentes invocations. Il récitait parfois la glorification suivante :

سبحان ربي الاعلىSens : Mon Seigneur, le Très-Haut, est exempt de toute imperfection et de tout défaut.

Il récitait lui-même cette glorification et ordonnait également aux Compagnons de la réciter. Il récitait parfois la glorification suivante :

(Arabe***************)Sens : Ô Allah, notre Seigneur ! Tu es exempt de toute imperfection, et à Toi revient la louange. Ô Allah, pardonne-moi. »

Il récitait parfois la glorification suivante :(Arabe***********)

Sens : Tu es infiniment exempt de toute imperfection, Seigneur de Jibril et de tous les anges. »

Il récitait parfois ce tasbîh : (Arabe******************)

Il récitait parfois : (Arabe************************)

Sens : Ô Allah ! Je cherche, en obtenant Ton agrément, à me préserver de Ton mécontentement. Par le moyen de Ton pardon, je cherche à me préserver de Ton châtiment. Par Ton Être, je cherche refuge auprès de Toi. Je suis incapable de Te louer autant que Tu T’es loué Toi-même, ô Seigneur ! »

Il récitait parfois cette invocation : (Arabe*********************)

Sens : Mon Seigneur ! C’est pour Toi que je me suis prosterné. C’est en Toi que j’ai cru. Et c’est à Toi que je me suis soumis. Tu es mon Maître et mon Seigneur. Mon visage s’est prosterné devant Celui qui l’a créé, lui a donné la plus parfaite forme, et y a placé les yeux et les oreilles, lui accordant l’ouïe et la vue. Tu es le meilleur des créateurs, ô Allah ; Ton nom est infiniment béni. » (Sahîh Muslim)

Il demandait parfois pardon en prosternation en disant : (Arabe************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne-moi tous mes péchés, ceux qui précèdent et ceux qui suivent, les premiers et les derniers, les apparents et les cachés. » (Muslim)

Il récitait parfois cette invocation : (Arabe*******************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne toutes mes erreurs, mon ignorance et mes excès — ce que Tu connais mieux que moi. Ô mon Allah ! Pardonne toutes mes transgressions, mes insuffisances, mes erreurs involontaires, mes erreurs délibérées et tout ce qui leur ressemble que j’ai commis. Ô Allah ! Pardonne tous mes péchés passés et futurs, secrets et apparents. Tu es mon Sauveur ; il n’y a de sauveur que Toi. «

En prosternation, il faisait parfois cette invocation :(Arabe****************)

Sens : Ô Allah ! Mets de la lumière dans mon cœur. Mets de la lumière sur ma langue. Mets de la lumière dans mon ouïe. Mets de la lumière dans ma vue. Mets de la lumière à ma droite. Mets de la lumière à ma gauche. Mets de la lumière devant moi. Mets de la lumière derrière moi. Mets de la lumière au-dessus de moi. Mets de la lumière au-dessous de moi. Mets de la lumière en moi et rends ma lumière toujours plus étendue. »

Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a ordonné de s’efforcer dans les invocations de la prosternation. Il a dit : « Le serviteur est plus proche d’Allah lorsqu’il se prosterne. Multipliez les invocations pendant la prosternation. La prosternation est un moment propice à l’exaucement des invocations. » Trois points sont ici parfaitement clairs :

Premièrement : par la prosternation, le serviteur devient extrêmement proche d’Allah.

Deuxièmement : Allah exauce très fréquemment les invocations faites en prosternation.

Troisièmement : prosternez-vous donc et multipliez les invocations.

En prosternation, le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) faisait très souvent deux sortes d’invocations. Les voici :

Un : invocation de louange à Allah.

Deux : invocation de demande.

L’immense mérite de la prosternation

De même que le qiyâm de la prière, durant lequel on récite la Parole d’Allah (le Coran) et l’on demeure longuement debout devant Allah avec soumission et humilité, possède un grand mérite, la prosternation jouit également d’un immense mérite auprès d’Allah. Le mérite de se prosterner devant Allah est encore bien plus grand. En effet :

1. Le Messager d’Allah (s.a.s.) a dit : « Le serviteur qui est le plus proche de son Seigneur est celui qui se prosterne. »

2. Ma‘dân ibn Abou Talha dit : « J’ai dit à Sawbân (r.a.), l’affranchi du Messager d’Allah (s.a.s.) : “Enseignez-moi une parole grâce à laquelle je pourrai continuer à tirer profit.” Il répondit : “Multiplie les prosternations. Car j’ai entendu le Messager d’Allah (s.a.s.) dire : chaque fois qu’un serviteur se prosterne pour Allah, Allah Très-Haut élève son rang d’un degré et efface l’un de ses péchés.” »

Ma‘dân dit : « Je me rendis ensuite auprès d’Abou ad-Dardâ (r.a.) et l’interrogeai sur le même sujet. Il me rapporta le même hadith que Sawbân. »

3. Lorsque Rabî‘a ibn Ka‘b al-Aslamî exprima au Messager d’Allah (s.a.s.) son souhait d’être son compagnon au Paradis, celui-ci lui dit : « Alors aide-moi en multipliant les prosternations. »

4. Allah le Très-Haut a dit dans le dernier verset de la sourate Al-‘Alaq :

واسجد واقترب « Prosterne-toi et rapproche-toi de Moi. »

5. Toutes les créatures, petites ou grandes, se prosternent devant Allah.

6. C’est dans la prosternation que le serviteur a l’occasion de s’humilier le plus devant son Seigneur et de manifester le plus de dévotion et d’humilité. C’est donc l’état le plus honorable du serviteur auprès de son Seigneur.

7. La prosternation constitue donc l’expression ultime de l’adoration et de la servitude. En effet, pour manifester l’humilité, la dévotion, le respect et l’obéissance propre au serviteur, la prosternation est ce qui plaît le plus au Maître.

Combien de temps restait-il en prosternation ?

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) maintenait un équilibre entre toutes les parties et tous les piliers de la prière. Lorsqu’il prolongeait la station debout (la récitation), il prolongeait dans la même proportion l’inclinaison et la prosternation. Ainsi, lors de la prière de l’éclipse solaire et de la prière nocturne (tahajjud), il prolongeait considérablement la station debout, ainsi que l’inclinaison et la prosternation.

En revanche, lorsqu’il écourtait relativement la station debout (la récitation), il écourtait également l’inclinaison et la prosternation dans la même proportion. Il faisait généralement cela lors de la prière de l’aube.

La preuve de cet équilibre se trouve dans le hadith d’Al-Barâ’ ibn ‘Âzib (qu’Allah l’agrée). Il a dit : « La station debout, l’inclinaison et la prosternation du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) étaient équilibrées. Leur durée était à peu près similaire. »

De cette discussion, nous retenons trois points :

1. Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) maintenait un équilibre entre les différentes parties de la prière. Lorsqu’il prolongeait la récitation, il prolongeait également l’inclinaison et les prosternations. Lorsqu’il abrégeait la récitation, il abrégeait également l’inclinaison et les prosternations.

2. Lors de la prière de l’éclipse solaire et de la prière nocturne, il prolongeait considérablement la station debout, l’inclinaison et les prosternations.

3. En comparaison, il abrégeait la station debout, l’inclinaison et les prosternations dans les prières obligatoires.

La manière dont il s’asseyait en se relevant de la prosternation

Ensuite, il relevait la tête de la prosternation en disant « Allahou Akbar ». À ce moment-là, il ne pratiquait pas le raf‘ al-yadayn. En se relevant de la prosternation, il relevait la tête avant les mains.

Ensuite, il étendait le pied gauche et s’asseyait dessus avec sérénité. Il maintenait la plante du pied droit dressée. L’imam An-Nasâ’î a rapporté à ce sujet, par une chaîne authentique, un hadith d’Abdallah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée). Il a dit : « La Sunna consiste à étendre le pied gauche et à s’asseoir dessus, tout en dressant la plante du pied droit et en orientant les orteils vers la qibla. »

On ne connaît, de la part du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui), aucune autre manière de s’asseoir à ce moment-là.

À ce moment-là, il posait ses deux mains sur ses deux cuisses. Il posait ses coudes sur ses cuisses et le bout de ses doigts sur ses genoux. Il étendait la paume de sa main gauche sur son genou gauche. Il gardait repliés les deux doigts situés du côté droit de sa main droite, plaçait son pouce sur son majeur pour former un cercle, puis levait l’index vers le haut en continuant à réciter l’invocation et le remuait. Ce hadith a été rapporté par Wā’il ibn Ḥujr (qu’Allah l’agrée).

Dans le hadith rapporté par Abū Dāwūd d’après ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) à ce sujet, ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) dit : « Lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) récitait l’invocation, il faisait un signe avec son index ; il ne le remuait pas. »

Il semble que les mots « il ne le remuait pas » aient été ajoutés ultérieurement par quelqu’un, c’est-à-dire par un rapporteur. En effet, l’authenticité de ces seuls mots est contestée.

L’imam Muslim a également cité ce hadith dans son Ṣaḥīḥ Muslim, par l’intermédiaire de ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr (qu’Allah l’agrée). Il n’y a pas mentionné cet ajout, à savoir les mots « il ne le remuait pas ». Il l’a plutôt rapporté ainsi : « Lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) s’asseyait dans la prière, il plaçait son pied gauche entre ses deux cuisses et son tibia, et s’asseyait sur son pied droit. Il posait la paume de sa main gauche sur son genou gauche, la paume de sa main droite sur sa cuisse droite et faisait un signe avec son index. »

Les mots « il ne le remuait pas », présents dans le hadith d’Abū Dāwūd, ne figurent pas ici. En outre, il n’est pas précisé que ces mots du hadith d’Abū Dāwūd, « il ne le remuait pas », s’appliquent à la prière.

Dans ce cas, le hadith de Wā’il ibn Ḥujr (qu’Allah l’agrée) est solide et mérite la priorité. De plus, Abū Ḥātim a déclaré dans son recueil de hadiths authentiques qu’il s’agissait d’un hadith authentique.

L’invocation qu’il récitait lorsqu’il était assis entre les deux prosternations

Le Messager d’Allah (ﷺ) relevait la tête après la première prosternation et s’asseyait avec sérénité. Lors de cette assise entre les deux prosternations, il récitait l’invocation suivante : (Arabe******************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne-moi, fais-moi miséricorde, fortifie-moi, élève mon rang, guide-moi dans la bonne voie, accorde-moi la santé et pourvois à ma subsistance. » [At-Tirmidhi, Abû Dâwûd et Ibn Mâjah. Cette invocation est également rapportée par al-Hâkim, d’après Ibn ‘Abbâs (ra) et d’autres.]

Hudhayfa (ra) a dit que, lors de l’assise entre les deux prosternations, le Messager d’Allah (ﷺ) récitait l’invocation suivante : (Arabe**************)

Sens : Seigneur ! Pardonne-moi. Seigneur ! Pardonne-moi. »

Prolonger l’assise entre les deux prosternations

Le Messager d’Allah (ﷺ) prolongeait l’assise entre les deux prosternations autant que la prosternation.

Les hadiths authentiques en fournissent tous la preuve. Dans les recueils de hadiths authentiques, un hadith rapporté d’Anas (ra) dit : « Il restait assis entre les deux prosternations si longtemps que nous pensions peut-être qu’il avait oublié ou qu’il était tombé dans le doute. »

Telle est la Sunna. Après l’époque des Compagnons, la plupart des gens ont abandonné cette Sunna.

Se relever après la deuxième prosternation

Après s’être relevé de la première prosternation, s’être assis sereinement et avoir fait l’invocation, il se rendait à la deuxième prosternation en disant « Allahu Akbar ». Lors de la deuxième prosternation, il procédait de la même manière que lors de la première.

Après avoir achevé la deuxième prosternation, le Messager d’Allah (s.) se relevait en disant « Allahu Akbar ».

En se relevant, il saisissait de ses deux mains ses deux pieds et ses genoux, et se relevait en prenant appui sur ses cuisses. Cette pratique est rapportée de Wa’il ibn Hujr et d’Abû Hurayra (qu’Allah les agrée tous deux).

Il ne se relevait pas en prenant appui sur ses mains posées au sol.

La séance de repos et la divergence à ce sujet

Mâlik ibn al-Huwayrith a rapporté que le Messager d’Allah (s.) ne se relevait pas après la deuxième prosternation avant de s’être assis bien droit pendant un bref moment. Cette assise est appelée la séance de repos.

Cependant, les juristes ont divergé au sujet de cette assise de repos. La question s’est posée : cette assise est-elle une sunna ? Doit-elle être imitée par chacun ? Ou bien l’a-t-il adoptée en raison d’une difficulté particulière ? Deux sortes de récits sont rapportées à ce sujet.

Al-Khallâl a dit qu’en se fondant sur le récit de Mâlik ibn al-Huwayrith, l’imam Ahmad ibn Hanbal s’était prononcé en faveur de la position assise de repos. Il a rapporté : « Yûsuf ibn Mûsâ m’a informé qu’après qu’on eut interrogé Abû Umâma sur la manière de se relever de la prosternation, celui-ci répondit qu’il fallait se relever en prenant appui sur les deux pieds. » La preuve de cette affirmation est le hadith rapporté par Rifâ‘a. Toutefois, le hadith d’Ibn ‘Ajlân ne prouve pas que le Messager d’Allah (ﷺ) se relevait en prenant appui sur les deux pieds.

D’autre part, un grand nombre de Compagnons — qu’Allah les agrée — ont rapporté des hadiths décrivant les caractéristiques et la manière d’accomplir la prière du Messager d’Allah (ﷺ). Aucun d’entre eux n’a mentionné cette position assise de repos.

Cette position assise n’est mentionnée que dans les hadiths rapportés d’Abû Humayd et de Mâlik ibn al-Huwayrith — qu’Allah les agrée.

Si le Messager d’Allah (ﷺ) avait accompli cette pratique régulièrement et de façon constante, le grand nombre de Compagnons qui ont décrit les caractéristiques et la manière de sa prière l’auraient certainement mentionnée. Le simple fait qu’il l’ait accomplie une fois ne suffit pas à prouver qu’elle fait partie de la Sunna de la prière. En revanche, s’il est établi qu’il l’a accomplie en tant que Sunna, elle doit alors être imitée. Mais s’il ne l’a accomplie qu’une fois en raison d’une difficulté personnelle, elle ne sera pas considérée comme une Sunna de la prière. Telle est la solution à cette divergence.

Comment accomplissait-il la deuxième rak‘a ?

Le Messager d’Allah (ﷺ) commençait à réciter la sourate al-Fâtiha dès qu’il se relevait de la prosternation de la première rak‘a. Après s’être redressé, il ne marquait pas une courte pause et ne restait pas silencieux quelque temps comme lors de la première rak‘a.

Cependant, les jurisconsultes ont divergé sur la question de savoir s’il récitait « A‘ûdhu billâhi min ash-shaytân ir-rajîm » avant de réciter la sourate al-Fâtiha dans la deuxième rak‘a.

Ils sont toutefois tous convenus qu’il ne s’agissait pas du début de la prière, mais d’un moment situé au milieu de celle-ci.

Deux avis sont apparus au sujet de la récitation ou non du taʿawwudh, à partir de deux opinions de l’imam Ahmad. Certains de ses élèves ont dit, en se fondant sur l’une de ses opinions, que si l’ensemble de la récitation de la prière est considéré comme une seule récitation composée de plusieurs parties, une seule récitation du taʿawwudh suffit. En revanche, si la récitation de chaque rakʿa est considérée comme une récitation distincte, il faut réciter le taʿawwudh avant chaque récitation de la Fātiḥa.

En réalité, l’ensemble des rakʿas relevant d’un seul takbīrat al-iḥrām n’a qu’un seul commencement. Il est donc clair qu’il suffit de réciter une seule fois le taʿawwudh au début. Les hadiths authentiques le prouvent également. Abū Hurayra a rapporté que, lorsque le Messager d’Allah se levait pour la deuxième rakʿa, il commençait la récitation sans marquer de pause.

En réalité, le commencement des rakʿas a lieu dès la première rakʿa. (Cette divergence est née de la question de savoir s’il est obligatoire de réciter le taʿawwudh au début de la récitation du Coran. La question s’est posée de savoir si les rakʿas relevant d’un seul takbīrat al-iḥrām ont un seul commencement ou si chaque rakʿa a un commencement distinct.) L’interruption qui se produit entre deux rakʿas n’est pas due à une pause, mais aux formules de dhikr. Or le dhikr n’interrompt pas la continuité de la récitation, car il consiste à prononcer la louange, le tasbīḥ, le tahlīl, la prière sur le Prophète et d’autres paroles semblables.

À l’exception de quatre éléments, le Messager d’Allah accomplissait la deuxième rakʿa comme la première. Ces quatre éléments sont les suivants :

1. Le takbīrat al-iḥrām.

2. Observer un bref silence après le takbīrat al-iḥrām.

3. Réciter, durant ce silence, la louange initiale et l’invocation.

4. Et la rendre un peu plus longue que la deuxième rakʿa.

Lors de la deuxième rak‘a, le Messager d’Allah (s.a.s.) ne prononçait pas le takbîr d’ouverture, ne restait pas silencieux un moment et ne récitait pas le dhikr initial ni l’invocation pendant ce silence. En outre, il abrégeait quelque peu la deuxième rak‘a par rapport à la première. Dans chacune de ses prières, la première rak‘a était plus longue que la deuxième.

La position assise du premier tashahhud et la manière de l’accomplir

Après avoir achevé les deux prosternations de la deuxième rak‘a, lorsque le Messager d’Allah (s.a.s.) s’asseyait pour le tashahhud, il plaçait sa main gauche sur sa cuisse gauche et sa main droite sur sa cuisse droite. Il indiquait la qibla avec l’index de sa main droite. À ce moment-là, il ne le dressait pas complètement, pas plus qu’il ne le maintenait abaissé ; il le relevait légèrement vers le haut et le bougeait. Il formait un cercle en plaçant le pouce sur le majeur, puis récitait le tashahhud en levant l’index et fixait son regard sur celui-ci. Pendant ce temps, il gardait la main gauche étendue sur la cuisse gauche.

Il s’asseyait pendant le tashahhud, lors de la première position assise, de la même manière qu’entre les deux prosternations. Il étendait le pied gauche et s’asseyait dessus. Il dressait le pied droit et en orientait les orteils vers la qibla. Personne ne l’a vu s’asseoir autrement lors de cette position assise.

Dans le récit d’Abdullah ibn az-Zubayr (r.a.) cité dans Sahih Muslim, il est rapporté que, lorsque le Messager d’Allah (s.a.s.) s’asseyait dans la prière, il plaçait son pied gauche entre sa cuisse et sa jambe, et étendait son pied droit. »

En réalité, ce récit concerne la dernière position assise. Cette question sera abordée plus loin. C’est l’une des particularités de ses deux positions assises.

Dans la description de la prière du Messager d’Allah (s.a.s.) rapportée d’Abû Humayd (r.a.) dans Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, il est dit que, lorsqu’il s’asseyait après la deuxième rak‘a, pour le premier tashahhud, dans une prière de quatre rak‘as, il étendait le pied gauche et s’asseyait dessus, tandis qu’il dressait le pied de l’autre côté, c’est-à-dire le pied droit. Lorsqu’il s’asseyait pour la dernière position assise, il avançait légèrement le pied gauche et le plaçait sous le tibia de la jambe droite. Il dressait le pied droit, posait les fesses à terre et s’asseyait sur celles-ci.

Ici, deux récits concernant le pied droit sont rapportés d’Abû Humayd et d’Abdullah ibn az-Zubayr. Abû Humayd a dit qu’il le gardait dressé, tandis qu’Ibn az-Zubayr a dit qu’il l’étendait.

Aucun rapporteur n’a affirmé qu’il agissait ainsi lorsqu’il s’asseyait pour le premier tachahhoud. Nous ne savons pas que quiconque l’ait dit.

Cependant, les divergences entre les récits concernant la manière dont le Messager d’Allah (ﷺ) s’asseyait ont donné naissance à plusieurs opinions parmi les gens. Ainsi, certains ont affirmé qu’il s’asseyait sur ses fesses lors des deux tachahhoud. C’est l’école de Mâlik (qu’Allah lui fasse miséricorde).

Certains ont estimé que, lors des deux positions assises, il fallait étendre la jambe gauche et s’asseoir dessus, tout en maintenant la jambe droite dressée. C’est l’avis d’Abû Hanîfa (qu’Allah lui fasse miséricorde).

Certains ont affirmé que, lors de la position assise du tachahhoud suivie de la salutation finale, il fallait s’asseoir sur les fesses, tandis que lors de l’autre tachahhoud, il fallait étendre la jambe gauche et s’asseoir dessus. C’est l’avis d’Ash-Shâfi‘î (qu’Allah lui fasse miséricorde).

Certains ont affirmé que, dans les prières comportant deux tachahhoud, il fallait s’asseoir sur les fesses lors du dernier tachahhoud, afin de distinguer les deux positions assises. C’est l’avis de l’imam Ahmad ibn Hanbal (qu’Allah lui fasse miséricorde).

Quant à ce qu’a dit ‘Abdullah ibn az-Zubayr (qu’Allah l’agrée), à savoir que le Messager d’Allah (ﷺ) étendait la jambe droite, cela signifie que, lors de la dernière position assise, il posait ses fesses au sol et s’asseyait en s’appuyant dessus. Il étendait donc la jambe droite. Il plaçait la jambe gauche entre les deux cuisses et les deux tibias, et posait ses fesses au sol.

La divergence porte ici sur la manière et l’endroit où il plaçait alors la plante du pied droit : l’étendait-il, ou la maintenait-il dressée ?

Allah connaît mieux la réalité de cette question. Toutefois, selon nous, il n’y a ici aucune véritable divergence. En effet, il ne s’asseyait jamais sur le pied droit ; il l’étendait plutôt vers la droite. Ainsi, celui-ci n’était ni dressé ni complètement étendu. Dans ce contexte, « l’étendre » signifie qu’il posait le revers de la plante du pied droit, de sorte que celui-ci ne restait pas complètement dressé. « Le dresser » signifie dresser la partie inférieure du pied, car dans ce cas il n’aurait pas été étendu et il ne se serait pas assis dessus.

Ainsi, les propos d’Abou Houmayd et d’Abdallah ibn az-Zoubayr — qu’Allah les agrée tous deux — sont tous deux corrects.

On peut aussi dire que le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — faisait parfois ainsi et parfois de l’autre manière. Allah sait mieux ce qu’il en est réellement.

Que récitait-il lors du premier tachahhoud ?

Dans les prières de quatre ou de trois unités, le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — s’asseyait après avoir accompli deux unités. C’est ce que nous avons appelé la séance du premier tachahhoud. Lors de cette séance, il récitait toujours le tachahhoud.

Un hadith a été rapporté dans les Sunan an-Nasaï par l’intermédiaire d’Abou az-Zoubayr. Celui-ci le rapporta de Jâbir — qu’Allah l’agrée. Jâbir dit : « Le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — nous enseignait le tachahhoud comme il nous enseignait une sourate du Coran. » [S’il oubliait de réciter le tachahhoud à ce moment-là, il accomplissait les prosternations de l’oubli lors de la dernière séance. (Al-Boukhari.) Réciter le tachahhoud à voix basse est une sunna. (Abou Dâwoud.)]

Le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a enseigné le tachahhoud comme suit : (Arabe**************************)

Sens : Toutes les salutations empreintes de vénération et d’honneur appartiennent à Allah. Allah est le Maître de toute paix, de tout bien et de toute abondance. Il est également le Maître de toute pureté. Ô Prophète ! Que la paix soit sur toi, ainsi que la grâce et les bénédictions d’Allah. Que la paix soit sur nous et sur tous les pieux serviteurs d’Allah. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah. J’atteste également que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.

Dans les Sunan an-Nasaï, le hadith de Jâbir — qu’Allah l’agrée — rapporte le tachahhoud suivant :

(Arabe**********************)

Sens : Au nom d’Allah et par Allah, toutes les formules de vénération sont destinées à Allah. Allah est le Maître de toute paix, de tout bien-être, de toute abondance et de toute pureté. Ô Prophète, que la paix, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous. Que la paix soit sur nous et sur tous les pieux serviteurs d’Allah. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah. J’atteste également que Muhammad est le serviteur et le Messager d’Allah. Je demande à Allah de m’accorder le Paradis et je cherche refuge auprès de Lui contre l’Enfer. »

En dehors de ce hadith, aucun autre hadith ne mentionne la formule « Bismillah » avant le tashahhud. Toutefois, la chaîne de transmission de ce hadith présente quelques défauts. Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait ce tashahhud (le premier tashahhud) très brièvement.

Dans ce tashahhud, il ne cherchait pas refuge contre le châtiment de la tombe, le châtiment de l’Enfer, les tentations de la vie et de la mort, ni contre la tentation du Messie ad-Dajjâl. Cependant, comme le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) recommandait généralement de toujours chercher refuge contre ces quatre choses, certains préfèrent également le faire lors du premier tashahhud. Toutefois, il est plus authentique d’accomplir cette invocation de refuge avec le dernier tashahhud.

Se relever après la position assise du premier tashahhud

Après avoir terminé le tashahhud, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se relevait en disant « Allahou akbar ». Il se relevait en prenant appui sur ses deux cuisses, les genoux et l’avant des pieds touchant le sol.

Il est rapporté dans le Sahih Muslim, d’après Abdallah ibn Umar (qu’Allah les agrée tous deux), que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait alors le « raf‘ al-yadayn ».

Cette pratique est également rapportée dans certaines chaînes de transmission du Sahih al-Bukhari. Toutefois, les différentes chaînes de transmission rapportées d’Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée) ne mentionnent pas toutes unanimement le raf‘ al-yadayn à cet endroit.

Il est toutefois établi de manière irréfutable, d’après le récit d’Abû Humayd al-Sâʿidî, qu’il pratiquait ici le rafʿ al-yadayn. En décrivant en détail la prière du Messager d’Allah (s.a.w.), il dit :

« Lorsque le Messager d’Allah (s.a.w.) se levait pour la prière, il disait “Allahu akbar” (c’est-à-dire le takbîr d’ouverture) et pratiquait le rafʿ al-yadayn. À ce moment-là, il levait les deux mains à hauteur des épaules. Il se tenait debout dans la prière de telle manière que chaque partie de son corps se stabilisait paisiblement à sa place. Puis il récitait. Après la récitation, il levait les deux mains à hauteur des épaules et pratiquait le rafʿ al-yadayn. Ensuite, il s’inclinait (rukûʿ). Il plaçait naturellement les doigts de ses mains sur ses genoux. Il gardait la tête dans le prolongement du dos ; il ne l’inclinait ni plus bas ni ne la relevait au-delà de cet alignement. Puis il relevait la tête en disant : “Samiʿa Allahu liman hamidah.” Après avoir relevé la tête depuis l’inclinaison, il se tenait debout avec sérénité, si bien que chaque partie de son corps reprenait sa position. Ensuite, il se penchait vers le sol pour la prosternation (sujûd). Pendant la prosternation, il éloignait ses deux bras de ses flancs. Il orientait les orteils de ses pieds vers la qibla. Puis il étendait ses deux pieds et s’asseyait dessus. [Dans d’autres récits d’Abû Humayd (r.a.), il est rapporté qu’à ce moment-là il étendait le pied gauche et s’asseyait dessus.] Ensuite, il accomplissait la deuxième prosternation. Puis, en disant “Allahu akbar”, il étendait le pied gauche et s’asseyait dessus. Il s’asseyait avec sérénité, jusqu’à ce que chaque partie de son corps reprenne sa position. Puis il se relevait pour la deuxième rakʿa. Il accomplissait également les piliers de la deuxième rakʿa comme ceux de la première. Ensuite, lorsqu’il se relevait après avoir achevé le tashahhud de la deuxième rakʿa, il pratiquait le rafʿ al-yadayn au moment de se relever. Il levait les mains jusqu’aux épaules, comme il le faisait au début de la prière. Puis il accomplissait le reste de la prière de la même manière. Enfin, lors de la dernière prosternation, après laquelle il prononçait le salâm, il sortait les deux pieds du côté droit et s’asseyait en appuyant la fesse gauche contre le sol. »

Ce récit est tiré du Sahîh d’Abû Hâtim.

On trouve également un récit similaire dans le Sahîh de Muslim. Dans le Tirmidhî, il est rapporté par une chaîne authentique d’après ʿAlî ibn Abî Tâlib (r.a.) que le Messager d’Allah (s.a.w.) pratiquait le rafʿ al-yadayn à ces endroits.

Que récitait-il dans les troisième et quatrième rakʿas ?

Après s’être relevé du premier tashahhud, il ne récitait que la sourate al-Fâtiha. Il n’existe aucune preuve qu’il ait récité autre chose qu’al-Fâtiha dans les troisième et quatrième rakʿas.

L’imâm al-Shâfiʿî considère toutefois qu’il est recommandé de joindre une récitation à la sourate al-Fâtiha même dans les deux dernières rakʿas. C’est pourquoi il retient comme preuve le hadith rapporté par Abû Saʿîd (r.a.). Ce hadith est rapporté dans le Sahîh de Muslim. Abû Saʿîd (r.a.) y dit : nous estimions, d’après la durée de la station debout du Messager d’Allah (s.a.w.) dans la prière du zuhr, qu’il récitait dans les deux premières rakʿas une quantité équivalente à la sourate as-Sajda, et que, dans les deux dernières rakʿas, il récitait environ la moitié de ce qu’il récitait dans les deux premières. [Il convient de préciser que la sourate as-Sajda comporte 30 (trente) versets. Le sens de ce hadith est donc qu’il récitait l’équivalent de trente versets dans les deux premières rakʿas et de quinze versets dans les deux dernières.] De plus, d’après la durée de sa station debout dans la prière de lʿasr, nous estimions qu’il récitait dans les deux premières rakʿas de lʿasr environ la moitié de cette quantité. (Sahîh Muslim)

En revanche, un hadith clair et unanimement reconnu est celui rapporté par Abû Qatâda (r.a.). Dans ce hadith, il dit explicitement que, dans les deux dernières rakʿas, le Messager d’Allah (s.a.w.) ne récitait que la sourate al-Fâtiha et n’y ajoutait aucune autre récitation. Abû Qatâda (r.a.) dit :

« Le Messager d’Allah priait avec nous. Lors des deux premières rak‘ahs du zuhr et de l’‘asr, il récitait deux autres sourates en plus de la sourate al-Fatiha. Il lui arrivait parfois de réciter de façon à ce que nous l’entendions. »

Ces propos figurent dans les récits rapportés à la fois par al-Bukhari et Muslim. Dans le hadith d’Abu Qatada rapporté par Muslim, on trouve également ceci : « Et lors des deux dernières rak‘ahs, il ne récitait que la sourate al-Fatiha. »

Les deux hadiths rapportés d’Abu Qatada par al-Bukhari et Muslim fournissent une indication claire et irréfutable permettant de résoudre cette question. En revanche, dans ce cas, l’affirmation d’Abu Saïd repose sur une supposition.

Nous pouvons donc conclure que l’habitude générale du Messager était de ne réciter que la sourate al-Fatiha lors des deux dernières rak‘ahs, sans y ajouter la récitation d’une autre sourate. La preuve en est le hadith d’Abu Qatada.

Cependant, il lui arrivait parfois d’ajouter une autre sourate à la sourate al-Fatiha lors des deux dernières rak‘ahs. La preuve en est le hadith d’Abu Saïd. Toutefois, ce n’était pas sa pratique habituelle. Il s’agissait d’une exception à sa pratique générale.

Sa pratique habituelle dans la prière et ses exceptions

Dans diverses situations, il lui arrivait également de déroger à sa pratique habituelle. Ainsi, sa pratique générale consistait à faire une longue récitation lors de la prière du fajr, mais il lui arrivait parfois de faire une récitation courte. Pour la prière du maghrib, il avait l’habitude de faire une récitation courte, mais il lui arrivait parfois d’en faire une longue. Sa pratique générale était de ne pas réciter la du‘a al-qunut lors de la prière du fajr, mais il lui arrivait parfois de la réciter. Il avait l’habitude de réciter silencieusement lors des prières du zuhr et de l’‘asr, mais il arrivait parfois que les Compagnons entendent sa récitation. Habituellement, il récitait « Bismillah » silencieusement, mais il lui arrivait parfois de la réciter à voix haute.

En résumé, le Messager dérogeait parfois à certaines modalités de sa prière. Il s’agissait d’exceptions, temporaires, à sa pratique habituelle. Le but était de laisser la possibilité d’y déroger de temps à autre. Mais cette possibilité ne constituait pas sa pratique habituelle.

Par exemple, un jour, il envoya un homme à cheval recueillir et rapporter une information particulière. Après l’avoir envoyé, il se leva pour prier. Pendant la prière, il regardait à plusieurs reprises en direction du chemin qu’avait pris cet homme.

Pourtant, un hadith rapporté d’Aïcha figure dans le Sahih al-Boukhari. Elle dit : « J’interrogeai le Messager d’Allah au sujet du fait de regarder ici et là pendant la prière. » Il répondit : « C’est une tromperie de Satan. Il cherche ainsi à tromper le serviteur afin de le détourner de la prière. » …

Pour une personne qui possède une bonne connaissance du Coran et des hadiths, il n’est nullement difficile de concilier ces deux hadiths. Il ne se montrait jamais inattentif à Allah dans le cadre de la prière. Le hadith concernant le messager à cheval se rapporte à une situation de guerre. Sur le champ de bataille, il accomplissait souvent la « Salat al-Khawf ». C’est pour le bien des musulmans qu’il regardait en direction du chemin par lequel devait arriver le messager porteur de la nouvelle attendue. Ce n’était pas sa pratique habituelle.

Il allongeait les deux premières rak‘ahs ainsi que la première rak‘ah.

La pratique du Messager d’Allah était, dans les prières de quatre rak‘ahs, d’allonger les deux premières rak‘ahs davantage que les deux dernières. De plus, parmi les deux premières rak‘ahs, il allongeait la première davantage que la deuxième. C’est pourquoi Sa‘d dit à ‘Umar : « J’allongerai les deux premières rak‘ahs et raccourcirai les deux dernières. » C’est ainsi que j’ai prié avec le Messager d’Allah.

La pratique du Messager d’Allah était d’allonger la prière de l’aube plus que toutes les autres prières. Umm al-Mu’minin Aïcha a rapporté qu’au début, Allah Très-Haut avait prescrit chaque prière par deux rak‘ahs. Puis, lorsque le Messager d’Allah émigra, Allah Très-Haut augmenta de deux rak‘ahs les autres prières, en situation de résidence, à l’exception de celle de l’aube. Il maintint la prière de l’aube dans son état initial, c’est-à-dire deux rak‘ahs, en raison de sa longue récitation. Quant à la prière du maghrib, Il la fixa à trois rak‘ahs, comme le witr du jour.

Ce hadith a été rapporté par Abou Hatim et Ibn Hibban dans leurs recueils de hadiths authentiques. Son contenu essentiel a également été rapporté dans le Sahih al-Boukhari.

Dans toutes les prières, la pratique du Messager d’Allah consistait à allonger la première partie davantage que la dernière.

-Il accomplissait également la prière de l’éclipse solaire de cette manière.

-Il accomplissait également la prière de nuit de cette manière. Toutefois, puisqu’il accomplissait la prière de nuit par séries de deux rakʿat, il allongeait davantage les deux premières rakʿat. Il raccourcissait les deux suivantes par rapport à celles-ci.

C’est ainsi qu’il récitait au début et qu’il terminait. Le fait qu’il ait recommandé de raccourcir les deux premières rakʿat de la prière de nuit ne contredit pas cette manière de faire. En effet, ces deux rakʿat constituent la prière inaugurale des prières de nuit. Il raccourcissait effectivement ces deux rakʿat inaugurales, tout comme il raccourcissait les deux rakʿat de la sunna de l’aube par rapport aux deux rakʿat obligatoires. En effet, ces deux rakʿat constituaient la prière inaugurale de l’aube.

Ainsi, ces deux rakʿat courtes ne dérogent pas à la pratique consistant à prolonger la prière de nuit. De même, il a dit : « Faites du witr la dernière prière de la nuit. » Pourtant, il lui arrivait souvent d’accomplir immédiatement après le witr deux rakʿat surérogatoires, assis ou debout. Cela ne contredit pas le fait que le witr soit la dernière prière de la nuit. Voyez également : il a appelé la prière du maghrib le witr du jour, mais il a recommandé d’accomplir immédiatement après le maghrib deux rakʿat de la sunna afin d’obtenir l’intercession. Cela ne contredit pas le fait que le maghrib soit le witr du jour.

En réalité, il accomplissait deux rakʿat après la prière obligatoire du maghrib, afin de préserver la prière obligatoire. Il accomplissait deux rakʿat après le witr, la dernière prière de la nuit, afin de préserver ce witr. Il est généralement admis qu’une prière auxiliaire ou protectrice ne modifie pas la nature de la prière principale. Cela s’applique à toutes les situations.

La position assise du tashahhud final

-Lorsque le Messager d’Allah s’asseyait pour le tashahhud final, il posait sa fesse gauche au sol, s’asseyait en s’appuyant sur ses fesses et étendait ses deux pieds d’un côté (vers la droite).

-Cette position fait partie des trois manières de s’asseoir en s’appuyant sur les fesses qui ont été rapportées d’après lui. Cette manière est rapportée dans les Sunan d’Abu Dâwûd ainsi que dans le recueil authentique d’Abu Hâtim, d’après Abu Humayd al-Sâʿidî.

-La deuxième méthode est rapportée dans le Sahîh al-Bukhârî par ce même Abû Humayd as-Sâ‘idî (رضي الله عنه). Il dit : « Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) s’asseyait lors de la dernière rak‘ah, il avançait légèrement le pied gauche, maintenait le pied droit dressé et s’asseyait sur ses fesses. »

-Cette méthode est presque semblable à la première. Dans les deux cas, il est indiqué de s’asseoir sur les fesses. La seule différence entre les deux concerne la position des pieds.

-La troisième méthode est rapportée dans le Sahîh Muslim, dans le hadith d’Abdullah ibn az-Zubayr. Ibn az-Zubayr (رضي الله عنه) dit : « À ce moment-là, le Messager d’Allah (ﷺ) plaçait son pied gauche entre sa cuisse et son mollet droits, et étendait la plante de son pied droit. »

Abû al-Qâsim al-Harbî a approuvé cette méthode dans son ouvrage. Cette méthode diffère des deux premières quant à la position des pieds. Il est possible que le Messager d’Allah (ﷺ) procédât parfois d’une manière et parfois de l’autre. C’est manifestement ce qui semble être le cas. Ou bien cette différence peut également être due aux variantes dans les récits.

-Le Messager d’Allah (ﷺ) distinguait entre la position assise du premier tashahhud et celle du dernier tashahhud. Lors de la dernière position assise, il s’asseyait sur ses fesses. Lors de la première, il s’asseyait sur la plante de son pied gauche.

-L’imam Ahmad a dit qu’il faisait cela afin de distinguer la première position assise de la dernière. Comme il devait se relever après la première, il s’asseyait sur la plante de son pied, se tenant prêt à se mettre debout. En revanche, puisqu’il n’avait pas à se relever après la dernière position assise, il y restait assis avec quiétude et sérénité. Puisque la prière s’achevait par le dernier tashahhud, il s’asseyait sereinement en faisant reposer tout son corps sur ses fesses.

-Abû Humayd (رضي الله عنه) a décrit clairement les caractéristiques distinctes de la première et de la dernière position assise du Messager d’Allah (ﷺ). Pour faire comprendre la dernière position assise du Messager d’Allah (ﷺ), il a employé les termes suivants dans différents récits :

-« Lorsqu’il s’asseyait lors de la dernière rak‘ah. »

-Lorsqu’il s’asseyait au quatrième rakʿat.”

-“Lorsqu’il s’asseyait pour le troisième salut, il étendait ses deux pieds et s’asseyait en prenant appui sur ses fesses.”

À partir de cette dernière phrase, l’imam ach-Châfiʿî et d’autres en ont également déduit que, dès qu’il s’assoit pour le salut final, il faut étendre les deux pieds, poser les fesses au sol et s’asseoir en prenant appui dessus, que la prière comporte quatre rakʿats, deux rakʿats ou trois rakʿats.

-Certes, cela ne se comprend pas d’après le sens apparent des paroles du hadith, mais c’est ainsi que cela ressort de son contenu.

-Le sens apparent du hadith décrit d’abord les caractéristiques de la première assise, puis la présente comme la deuxième assise, ou l’assise du salut. Ainsi, d’après le sens apparent du hadith, il est établi qu’il s’agit de la caractéristique de la dernière assise, ou deuxième assise, des prières de trois ou de quatre rakʿats.

Voilà pour un aspect de cette assise. D’autre part, lorsqu’il s’asseyait pour le tashahhud, il posait la main droite sur la cuisse droite et, en joignant trois doigts, dressait l’index. Selon une autre narration, il joignait trois doigts en les repliant et dressait l’index. Il posait également la main gauche sur la cuisse gauche. (Sahih Muslim : Ibn ʿUmar)

De son côté, Wâ’il ibn Houjr a rapporté : « J’ai vu le Messager s’asseoir lors de l’assise du tashahhud, en posant la main gauche sur la cuisse gauche. Il posait le coude du bras droit sur la cuisse droite, joignait deux doigts en pressant l’un contre l’autre et les enroulait en forme d’anneau ; puis il dressait l’index, le remuait et invoquait. (Abû Dâwûd, an-Nasâ’î, ad-Dârimî : Wâ’il ibn Houjr) »

Dans le Sahih Muslim, selon le récit d’Abdullah ibn ʿUmar, il est rapporté : « Il posait la main gauche sur le genou gauche et la main droite sur le genou droit. À ce moment-là, il joignait ses doigts comme on les joint pour indiquer le nombre cinquante-trois, et faisait un signe avec l’index. »

—En réalité, toutes ces narrations disent la même chose. Ainsi :

a. Dans la narration qui dit qu’il gardait trois doigts repliés, il est indiqué que le majeur était également joint, tandis que l’index, comme le doigt de l’attestation, restait ouvert.

b. Dans la narration qui dit qu’il pressait deux doigts l’un contre l’autre, il est indiqué que, contrairement aux deux doigts voisins qui restaient joints, le majeur n’était pas joint de la même manière ni aligné avec eux.

c. Quant à la narration qui dit qu’il joignait ses doigts de manière à indiquer le nombre cinquante-trois, elle signifie qu’il joignait le majeur. Toutefois, il ne le joignait pas aux deux doigts voisins, mais au pouce.

Il posait ses deux mains à plat sur ses deux cuisses. Il ne laissait aucun espace entre ses cuisses et ses mains. Ses coudes touchaient l’extrémité de ses cuisses.

—Il posait les doigts de sa main gauche à plat sur sa cuisse gauche.

Il orientait ses doigts vers la qibla

Pendant le tashahhud, le Messager d’Allah (s.) orientait les doigts de ses mains vers la qibla. De même, lors du rafʿ al-yadayn, ainsi que pendant le rukūʿ et le sujūd, il orientait ses doigts vers la qibla. Lors du sujūd, il orientait également les doigts de ses deux pieds vers la qibla.

Il récitait le tashahhud à chaque position assise.

Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, récitait le tashahhud lors de la dernière position assise comme lors de la première. Il récitait le tashahhud après chaque paire de rak‘ahs. Il enseignait le tashahhud aux Compagnons comme on enseigne une sourate du Coran. Il récitait lors de la dernière position assise le même tashahhud que celui qu’il récitait lors de la première. Nous avons déjà mentionné la description de son tashahhud.

La salat (durud) sur le Messager d’Allah

Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Lorsque l’un d’entre vous prie, qu’il proclame la louange et les éloges d’Allah, puis qu’il prononce la salat (durud) sur Son Prophète. Ensuite, qu’il adresse toute invocation qu’il souhaite. »

Ce hadith a été rapporté par Fudalah ibn ‘Ubayd. L’imam at-Tirmidhi l’a déclaré authentique. Un hadith similaire est également rapporté dans le Musnad d’Ahmad, les Sunan d’an-Nasa’i et les Sunan d’Abu Dawud. Le Messager, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a ordonné de réciter le durud après avoir prononcé les salutations qui lui sont adressées. Le hadith prouve qu’il faut réciter le durud après chacun des deux tashahhud. Cependant, certains ont considéré comme répréhensible de réciter le durud après le premier tashahhud. Mais aucun hadith ne vient étayer leur opinion.

Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, récitait lui-même la salat (durud) sur sa propre personne. Il a également enseigné aux Compagnons dans quelle langue réciter la salat sur lui. L’imam Ibn al-Qayyim a exposé en détail le sens et la portée du terme « salat » dans son ouvrage Jam‘ al-ifham. Dans notre pays, le fait de réciter la salat sur le Messager, paix et bénédictions d’Allah sur lui, est appelé « durud ». C’est un mot persan. Invoquer pour réciter la salat sur le Messager signifie invoquer Allah afin qu’Il lui accorde Sa miséricorde. Abou al-‘Aliya a dit qu’invoquer Allah pour réciter la salat sur le Messager signifie demander qu’Il augmente son honneur, son rang et ses louanges. L’imam Ibn al-Qayyim ne précise pas ici dans quelle langue il faut réciter la salat (durud) sur le Messager. Nous allons donc citer ici quelques salat (durud) tirées des recueils de hadiths :

Salat (durud) rapportée par al-Bukhari, Muslim, at-Tahawi, al-Humaydi, al-Bayhaqi et an-Nasa’i :

(Arabe****************)

Sens : Ô Allah ! Accorde Ta miséricorde à Muhammad, accrois son honneur, son rang et ses louanges. Accorde de même à sa descendance qui le suit, comme Tu l’as accordé à Abraham et à sa descendance qui le suivait. Certes, Tu es digne de louange et éminemment honoré. Ô Allah ! Accorde Tes bénédictions (bienfaits) à Muhammad et à sa descendance qui le suit, comme Tu as accordé Tes bénédictions à Abraham et à sa descendance qui le suivait. Certes, Tu es digne de louange et éminemment honoré.****

Cette formule de bénédiction est mentionnée dans le Musnad d’Ahmad et les Sunan d’an-Nasaï :

(Arabe******************)

Cette formule de bénédiction est mentionnée dans le Sahih Muslim :

(Arabe*****************)

Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad et chez at-Tahawi que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) récitait cette formule de bénédiction et invoquait Allah pour lui-même :

(Arabe****************)

Cette formule de bénédiction est également rapportée dans al-Bukhari, an-Nasaï, at-Tahawi et le Musnad d’Ahmad :

(Arabe******************)

Cette formule de prière sur le Prophète est également mentionnée dans al-Bukhari et Muslim :

(Arabe***************)

Prier pour le Prophète signifie invoquer pour lui la miséricorde, l’honneur, la dignité, la louange et le bien.

Il invoquait Allah à sept endroits de la prière

Le Messager d’Allah (s.a.s.) invoquait Allah à sept endroits de la prière. Ces sept endroits sont les suivants :

1. Après le takbîr d’ouverture, avant le début de la prière.

2. Après la récitation et avant de s’incliner, en récitant l’invocation du qunût dans la prière du witr et occasionnellement dans la prière du fajr. Toutefois, il existe des réserves quant à l’authenticité du hadith concernant l’invocation à cet endroit.

3. Après avoir relevé la tête de l’inclinaison et s’être tenu bien droit. À ce sujet, Abdallah ibn Abi Awfa (qu’Allah l’agrée) a dit : « Lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) relevait la tête de l’inclinaison, il disait : »

(Arabe*********************)

Sens : Allah entend et exauce celui qui Le loue. Ô notre Seigneur, à Toi toute louange ! Une louange qui remplit les cieux, une louange qui remplit la terre, et une louange qui remplit tout ce que Tu veux en dehors de cela. Ô Allah ! Purifie-moi et lave-moi avec de la glace et de l’eau froide ! Ô Allah ! Purifie-moi de mes péchés comme on nettoie parfaitement un vêtement blanc de toute souillure. »

4. Il invoquait également Allah pendant l’inclinaison. Il disait :

(Arabe******************)

Sens : Gloire à Toi, ô Allah, notre Seigneur ! À Toi seul la louange ; ô Seigneur, pardonne-moi. »

5. Pendant la prosternation. C’est pendant la prosternation qu’il invoquait le plus Allah.

6. Pendant la position assise entre les deux prosternations.

7. Après le tashahhud et avant le salâm.

Il a lui-même fait des invocations à ces moments et a également demandé aux nobles Compagnons d’en faire.

Parmi les invocations faites après le tashahhud et avant le salâm figure également la salât (durûd) en faveur du Prophète, car la salât (durûd) est aussi une forme d’invocation.

Diverses invocations du Messager d’Allah avant le salâm

Il a été mentionné précédemment que le Messager ﷺ faisait des invocations à différents moments de la prière. Certaines des invocations qu’il faisait à chacun de ces moments ont également été citées. Après le tashahhud, le Messager d’Allah ﷺ faisait lui-même diverses invocations et en enseignait également différentes aux Compagnons. Voici quelques-unes de ses invocations, qu’il récitait particulièrement après le tashahhud et avant le salâm :

(Arabe*****************)

Sens : Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de la tombe, contre la tentation du Messie ad-Dajjâl et contre les tentations de la vie et de la mort. Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le péché et contre le fait d’être endetté. » (Rapporté par al-Bukhârî et Muslim)

— Il est rapporté que le Messager d’Allah ﷺ cherchait constamment refuge contre ces quelques choses.

Il est rapporté dans le Sahih Muslim et les Sunan an-Nasa’i que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ordonna aux Compagnons de chercher refuge, après le tashahhud, contre quatre choses, en prononçant les paroles suivantes :

(Arabe*************)

Sens : Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de l’Enfer, le châtiment de la tombe, les épreuves de la vie et de la mort, et le mal du Messie ad-Dajjâl. »

Il est rapporté selon une chaîne authentique dans les Sunan an-Nasa’i que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) cherchait également refuge auprès d’Allah, pendant la prière, en disant :

(Arabe**************)

Sens : Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de mes actes passés et contre le mal des actes que je ne pourrai pas accomplir à l’avenir. »

]

Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récitait parfois cette invocation :

(Arabe*****************)

Sens : Ô Allah, pardonne-moi mes péchés. Élargis ma demeure pour moi et bénis de bien et d’abondance toute subsistance que Tu m’accorderas.

Il faisait parfois cette invocation :

(Arabe******************)

Sens : Ô Allah, je Te demande la constance et l’empressement dans l’obéissance à Tes commandements. Je Te demande la fermeté du cœur pour suivre le droit chemin. Je Te demande de m’accorder de Te remercier pour Tes bienfaits et de T’adorer de la meilleure manière. Je Te demande un cœur apaisé et une langue véridique. Je Te demande tout ce que Tu considères comme bon pour moi. Je cherche refuge auprès de Toi contre tout ce que Tu considères comme nuisible pour moi. Je Te demande pardon pour toutes mes fautes envers Toi.

[Les hadiths mentionnent encore diverses invocations après le tachahhoud. Le Prophète ﷺ faisait lui-même différentes invocations, les enseignait aux Compagnons et approuvait également les invocations personnelles de certains d’entre eux. L’imam Ibn al-Qayyim n’a pas mentionné toutes les invocations dans son ouvrage. Je vais donc citer encore quelques invocations dans mes notes :

***Il est mentionné dans Sunan an-Nasaï et Al-Mustadrak d’al-Hakim que le Messager d’Allah ﷺ récitait cette invocation pendant la prière :

(Arabe******************)

Sens : Ô Allah ! Par Ta connaissance de l’invisible et par Ton pouvoir sur la création, garde-moi en vie aussi longtemps que Tu jugeras préférable pour moi de vivre. Et lorsque Tu jugeras préférable pour moi de mourir, fais-moi mourir. Ô Allah ! Je Te demande de ressentir la crainte révérencielle envers Toi en secret comme en public. Dans les moments de colère comme de satisfaction, je Te demande de m’accorder la capacité de dire la vérité et d’être équitable. Je Te demande la modération dans la pauvreté comme dans l’abondance. Je Te demande l’abondance inépuisable de Tes bienfaits. Je Te demande une joie perpétuelle des yeux. Je Te demande Ta satisfaction après la mort. Je Te demande la paix et la fraîcheur dans l’au-delà. Je Te demande la joie de contempler Ton Visage. Je Te demande le désir de Te rencontrer, sans épreuve nuisible ni égarement. Ô Allah ! Embellis-nous par la beauté de la foi et fais de nous des guides bien guidés.

Le Messager d’Allah ﷺ a enseigné à la Mère des croyants, Aïcha رضي الله عنها, de faire cette invocation dans la prière :

(Arabe****************)

Sens : Ô Allah ! Rends mon jugement facile. (Musnad d’Ahmad, al-Hakim)

Il est rapporté dans al-Bukhari et Muslim que le Messager d’Allah ﷺ a dit à Abou Bakr رضي الله عنه de faire l’invocation suivante dans la prière :

(Arabe*****************)

Sens : Ô Allah ! J’ai été très injuste envers moi-même, et nul autre que Toi ne peut pardonner les péchés. Accorde-moi donc Ton pardon et fais-moi miséricorde. Tu es certes l’infiniment Pardonneur, le Très Miséricordieux.

Il est rapporté dans le Musnad de l’imam Ahmad, Al-Adab al-Mufrad d’al-Bukhari, le Musnad d’al-Tayalisi et Ibn Majah que le Messager d’Allah ﷺ a enseigné cette invocation à Aïcha afin qu’elle la récite dans la prière :

(Arabe********************)

Signification : Ô Allah ! Je Te demande tout le bien, immédiat ou différé, que je connais et que j’ignore. Je cherche refuge auprès de Toi contre tout mal, immédiat ou différé, que je connais et que j’ignore. Je Te demande de m’inspirer et de m’accorder les paroles et les actes qui permettent d’obtenir cela. Je Te demande tout le bien que Ton serviteur et Messager Muhammad (s.a.s.) a demandé. Je cherche refuge auprès de Toi contre tout mal et tout préjudice contre lesquels Ton serviteur et Messager Muhammad (s.a.s.) a cherché refuge. Je Te demande la bonne issue de ce qui m’est destiné.

Le Messager d’Allah (s.a.s.), ayant entendu un homme réciter l’invocation suivante dans le tachahhoud, s’exclama : « Celui-ci a été pardonné, celui-ci a été absous. »

(Arabe******************)

Signification : Ô Allah ! Je Te demande, ô Allah ! Tu es Un et Unique. Tu n’as besoin de personne ; Tu es Celui qui n’a engendré personne et qui n’est pas né, et nul ne T’est égal. Pardonne mes péchés ; Tu es certes Celui qui pardonne abondamment et le Très Miséricordieux. » (Abû Dâwûd, an-Nasâ’î)

Rapporté notamment dans les ouvrages d’Abû Dâwûd, d’an-Nasâ’î, le Musnad d’Ahmad, Al-Adab al-Mufrad et d’at-Tabarânî :

(Arabe******************)

Le Messager d’Allah (s.a.s.), ayant entendu un homme réciter cette invocation dans le tachahhoud, demanda aux nobles Compagnons : « Savez-vous par quel moyen il a invoqué ? » Ils répondirent : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « Par Celui dans la main duquel se trouve mon âme, je jure qu’il a invoqué Allah par Son Nom sublime. » Selon une autre version, il a invoqué Allah par Son “Nom suprême”. Lorsqu’Il est invoqué par ce Nom, Il répond, et lorsqu’on Lui demande quelque chose, Il l’accorde.

Le sens de cette invocation est :

« Ô Allah ! Je Te prie. Toute louange T’appartient. Il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. Tu es l’Unique et le Seul, sans associé. Ô Créateur des cieux et de la terre, ô Très-Pardonneur, ô Majestueux et Honorable, ô Vivant, ô Éternel ! Je Te demande le Paradis et cherche refuge auprès de Toi contre l’Enfer. »

** Muslim et Abû ‘Awâna rapportent que le Messager d’Allah (s.a.s.) adressait cette dernière invocation après le tachahhoud et avant le salâm :

(Arabe**********************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne-moi tous mes péchés passés et futurs, mes péchés secrets et apparents, toutes mes transgressions et ceux de mes péchés que Tu connais mieux que moi. C’est Toi qui fais avancer et c’est Toi qui fais reculer. Il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. »

Nous avons mentionné, aux endroits appropriés et à la lumière des hadiths authentiques, les invocations, les évocations et les tasbîh que le Messager d’Allah (s.a.s.) récitait dans les sept positions de la prière. Bien que nous ayons déjà mentionné les invocations qu’il récitait lors de la prosternation, nous en rapportons ici une autre qu’il récitait en prosternation :

(Arabe***************)

Sens : Seigneur ! Accorde à mon nafs sa piété et purifie-le. Tu es certes Celui qui le purifie le mieux, et Tu es son Protecteur. »

L’imam doit-il faire l’invocation à la première personne du singulier ou à la première personne du pluriel ?

Toutes les invocations que le Messager d’Allah (ﷺ) a faites pendant la prière et qui sont mentionnées et conservées dans les hadiths sont à la première personne du singulier, c’est-à-dire qu’il invoquait pour lui-même. Même les invocations qu’il a enseignées aux Compagnons à réciter pendant la prière sont à la première personne du singulier. Ainsi, il faisait cette invocation pendant la prière, à la première personne pour lui-même :(Arabe*****************)

Sens : Seigneur, pardonne-moi, fais-moi miséricorde et guide-moi sur le droit chemin. »

Il faisait ainsi toutes ses invocations à la première personne du singulier. Au début de la prière, après le takbîr d’entrée en prière, il récitait sa première invocation. Là encore, il la faisait à la première personne du singulier, de la manière suivante :

(Arabe************)

Sens : Ô Allah, lave et purifie-moi de mes péchés avec de la neige, de la grêle et de l’eau froide. Ô Allah, établis entre moi et mes péchés une distance semblable à celle que Tu as établie entre l’Orient et l’Occident…

(L’intégralité du hadith est ainsi formulée à la première personne du singulier.)

Un hadith a maintenant suscité une difficulté à ce sujet. Ce hadith est rapporté dans le Musnad d’Ahmad et dans les recueils des Sunan, d’après Thawbân (رضي الله عنه). Il rapporte que le Noble Prophète (ﷺ) a dit :

« Si une personne est l’imam (le dirigeant) d’un peuple et que, au moment de faire des invocations, elle n’invoque que pour elle-même, alors elle trahit la confiance. »

Ibn Khuzayma a mentionné ce hadith dans son recueil de hadiths authentiques comme étant un hadith mawdu‘ (fabriqué). Il est rapporté par une chaîne de transmission authentique.

(Arabe*************)

— Il rejette le hadith rapporté d’après Thawban, en prenant ce hadith comme preuve qu’il faut invoquer à la première personne pour soi-même.

J’ai entendu le cheikh de l’islam, l’imam Ibn Taymiyya, dire que le contenu du hadith rapporté d’après Thawban ne s’applique qu’aux invocations temporaires, comme l’invocation du qunût. Dans la prière, il ne faut faire que les invocations que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a lui-même faites, qu’il a enseigné à faire et qu’il a approuvées. [À notre avis, même si le hadith rapporté d’après Thawban n’est pas authentique, son contenu est correct. Cette affirmation s’applique à l’imamat (la direction) sociale, étatique et, plus largement, collective.]

La manière dont le Messager d’Allah prononçait le salâm

Après avoir terminé l’invocation, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —

(Arabe*****************)

Sens : « Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous », puis il tournait d’abord la tête vers la droite ; tout en prononçant la même phrase, il tournait d’abord la tête vers la droite et, tout en prononçant la même phrase, il tournait ensuite la tête vers la gauche.

Quinze Compagnons ont rapporté qu’il tournait ainsi la tête des deux côtés après avoir prononcé le salâm. Les voici :

1. Abd Allah ibn Mas‘ûd, qu’Allah l’agrée.

2. Sa‘d ibn Abî Waqqâs, qu’Allah l’agrée.

3. Sahl ibn Sa‘d as-Sâ‘idî, qu’Allah l’agrée.

4. Wâ’il ibn Hujr, qu’Allah l’agrée.

5. Abû Mûsâ al-Ach‘arî, qu’Allah l’agrée.

6. Hudhayfa ibn al-Yamân, qu’Allah l’agrée.

7. ‘Ammâr ibn Yâsir, qu’Allah l’agrée.

8. ‘Abdullah ibn ‘Umar, qu’Allah l’agrée.

9. Jâbir ibn Samura, qu’Allah l’agrée.

10. Al-Barâ’ ibn ‘Âzib, qu’Allah l’agrée.

11. Abû Mâlik al-Ach‘arî, qu’Allah l’agrée.

12. Talq ibn ‘Alî, qu’Allah l’agrée.

13. Aws ibn Aws, qu’Allah l’agrée.

14. Abû Rumthâ, qu’Allah l’agrée.

15. Adi ibn Umayra, qu’Allah l’agrée.

Il est également rapporté dans certains hadiths que le Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, achevait la prière en prononçant un seul salut, uniquement lorsqu’il était tourné vers l’avant. Cependant, cette affirmation n’est étayée par aucune source authentique. À cet égard, seul le hadith rapporté par Aïcha, qu’Allah l’agrée, peut être pris en considération. Son hadith a été recueilli dans les ouvrages de Sunan (l’expression « ouvrages de Sunan » désigne at-Tirmidhi, Abou Dawoud, an-Nassaï et Ibn Majah. Ces quatre ouvrages sont également réunis sous le nom de « Sunan al-Arba‘a », c’est-à-dire les quatre Sunan). Voici son récit :

« Après la prière, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, ne prononçait qu’un seul salut en disant “Assalamu alaykum”, et il le prononçait si fortement que nous nous réveillions. »

Pour plusieurs raisons pertinentes, ce hadith est déficient et n’est généralement pas acceptable. Ces raisons sont les suivantes :

1. Les propos d’Aïcha, qu’Allah l’agrée, montrent clairement qu’elle parlait ici de la prière nocturne (surérogatoire ou de tahajjud) du Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.

2. En outre, comme Aïcha, qu’Allah l’agrée, dormait, il est possible qu’elle n’ait pas entendu le premier salut et ait seulement entendu le second.

3. Ceux qui ont rapporté les deux salutations l’ont vu les prononcer alors qu’ils étaient éveillés et priaient avec le Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.

4. La plupart des hadiths concernant les deux salutations sont authentiques, les autres sont bons, et ils sont également nombreux.

5. Bien qu’Aïcha (qu’Allah l’agrée) mentionne ici un seul salâm, elle reste silencieuse au sujet des deux salâms.

— Pour ces raisons, le fait d’achever la prière par deux salâms, un de chaque côté, est solidement établi. Plus tard, les dirigeants omeyyades instaurèrent le salâm unique à Médine ainsi que dans diverses villes. Certains membres des générations de cette époque en vinrent alors à penser que la prière devait être achevée par un seul salâm. En voyant un seul salâm à la mosquée, cette idée

naquit parmi eux. Toutefois, rien de contraire à la manière de prier instaurée par le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), suivie par les califes bien guidés et confirmée par les hadiths authentiques, ne saurait être accepté.

Les quelques autres récits que l’on trouve au sujet du salâm unique sont tous faibles, défectueux et sans valeur.

La pratique de faire des invocations (du‘â) après le salâm par le fidèle dirigé

La pratique qui s’est répandue, consistant à se tourner vers la qibla ou vers les fidèles dirigés après avoir prononcé le salâm, à lever les mains et à faire des invocations ou une munâjât, ne repose sur aucune preuve provenant du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). On ne trouve aucune source authentique ni même bonne qui l’atteste. De plus, beaucoup ont instauré cette pratique de faire ainsi des invocations en se tournant vers les fidèles dirigés, notamment après les prières de l’aube et de l’après-midi. Mais cela non plus n’est rapporté ni du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), ni d’aucun des califes bien guidés. Il ne leur a donné aucune instruction ni indication en ce sens.

Ceux qui ont instauré la pratique de faire une munâjât en se tournant vers la qibla après le salâm, ou vers les fidèles dirigés après les prières de l’aube et de l’après-midi, l’ont instaurée comme alternative à la sunna. Ils la considèrent comme une bonne œuvre. Quant à savoir si agir ainsi en remplacement de la sunna est une bonne œuvre, Allah le sait mieux.

Toutes les invocations relatives à la prière mentionnées dans les hadiths, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) les a faites pendant la prière et a ordonné de les faire pendant la prière.

Tant que le serviteur demeure en prière, il s’entretient en réalité secrètement avec son Seigneur. C’est pourquoi le Messager (s.) a invoqué Allah pendant la prière et a ordonné de le faire. C’est précisément à ce moment que le serviteur se trouve dans la plus grande proximité de son Seigneur : c’est donc le moment le plus approprié pour lui adresser ses demandes (invocations).

Mais lorsqu’il prononce les salutations finales de la prière, cette conversation secrète prend fin. Il convient donc de demander à son Seigneur au moment le plus propice, c’est-à-dire pendant la prière. Voilà la Sunna. Voilà la meilleure manière. Il n’est pas préférable d’instituer ses propres pratiques contrairement à la Sunna.

Toutefois, chacun peut demander ce qu’il veut à Allah et L’invoquer à tout moment. Dans ce cas, il convient de commencer par se souvenir d’Allah, selon la manière enseignée par le Messager (s.), en récitant notamment le tasbîh, le tahlîl, le tahmîd et le takbîr, puis de prononcer des salutations (durûd) sur le Messager d’Allah (s.). Ensuite, il peut invoquer Allah et Lui demander ce qu’il désire.

En procédant ainsi, on fait une invocation après un acte de dévotion distinct. Elle n’a alors plus de rapport avec la prière. Cela permet d’éviter d’instaurer la coutume consistant à lever les mains après les salutations finales pour faire des invocations ou une conversation secrète en la rattachant à la prière. [Au Bangladesh et dans les régions avoisinantes, les gens ont complètement confondu cette pratique avec la prière. Les ignorants pensent que lever les mains après la prière pour faire une conversation secrète constitue une partie de la prière ou y est lié. Pourtant, le Messager (s.) et les Compagnons n’ont pas agi ainsi. Les imams ont rendu cette pratique obligatoire. Beaucoup d’imams la pratiquent pour satisfaire les fidèles qui prient derrière eux, car ils pensent que, sans cela, ils ne pourraient pas continuer à diriger la prière. Mais est-il raisonnable de transformer en Sunna une pratique qui ne relève absolument pas de la Sunna, voire de la rendre obligatoire comme une obligation prescrite ?]

On peut ainsi faire des invocations à tout moment. Si, après avoir mentionné Allah et prononcé des salutations (durûd) sur le Messager (s.), on fait une invocation, celle-ci est également exaucée. C’est ce que l’on comprend d’un hadith rapporté par Fadâla ibn Ubayd. Mais il ne convient pas de rattacher à la prière les invocations qui sont faites en dehors d’elle.

Prier avec des chaussures et dans un seul vêtement

Abdullah ibn Amr (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Messager d’Allah (s.) priait parfois pieds nus et parfois chaussé. (Abû Dâwûd)

Afin de se distinguer des Juifs, il a ordonné de prier chaussé. Il a dit : « Distinguez-vous des Juifs : ils ne prient pas avec des chaussures ni avec des chaussettes de cuir. » (Abû Dâwûd)

Il a dit : « Lorsque l’un d’entre vous prie, qu’il garde ses chaussures aux pieds. Mais s’il souhaite les retirer, qu’il les enlève et les place entre ses deux pieds. [Abû Dâwûd, Ibn Khuzayma et al-Hâkim ont rapporté, par une chaîne authentique, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : Un jour, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le préserve — dirigeait notre prière. Au cours de la prière, il retira ses chaussures et les posa à sa gauche. En voyant cela, tous ceux qui priaient derrière lui retirèrent également leurs chaussures. Après la prière, il nous demanda : “Pourquoi avez-vous retiré vos chaussures ?” Nous répondîmes : “Nous les avons retirées parce que nous vous avons vu les enlever.” Il dit alors : “Jibrîl est venu m’informer qu’il y avait une impureté sur mes chaussures. C’est pourquoi je les ai retirées. Lorsque vous vous rendez à la mosquée, examinez vos chaussures pour voir si elles comportent une impureté. Si vous y trouvez quelque saleté, essuyez-la et priez avec vos chaussures.”] Ne laissez pas vos chaussures n’importe où au point de faire du tort à autrui. » (Abû Dâwûd)

Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le préserve — priait parfois avec un seul vêtement. À d’autres moments, il priait avec deux vêtements. Toutefois, il priait le plus souvent avec deux vêtements. [Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad qu’Abdullah ibn Mas‘ûd — qu’Allah l’agrée — a dit : Si le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le préserve — priait parfois avec un seul vêtement, c’était en raison du manque de vêtements. En période d’aisance, il est préférable de prier avec deux vêtements.]

Sa joie, sa sérénité, son humilité et ses pleurs dans la prière

— L’imam Ahmad ibn Hanbal a rapporté que, lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le préserve — se tenait debout pour prier, il inclinait légèrement la tête et la gardait baissée.

— La prière était une source de joie pour les yeux du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le préserve. C’est par la prière qu’il ressentait joie et sérénité. Il disait :(Arabe *********)Cela signifie : « C’est dans la prière que mes yeux trouvent leur joie. Dans la prière, je trouve joie et sérénité. »

Il disait à Bilal :(Arabe*********)

Sens : « Bilal, appelle à la prière et remplis mon cœur de sérénité. »

— Il disait : « Dans la prière, une attention, une méditation, une absorption et une profonde concentration m’enveloppent. » (Al-Bukhârî, Muslim)

– Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) pleurait souvent pendant la prière. Sa poitrine résonnait de sanglots. Les Compagnons entendaient ses pleurs durant la prière. (Ahmad, an-Nasa’i, Abou Dawoud)

– À différents moments de la prière, il demandait à maintes reprises pardon auprès d’Allah, le Très Miséricordieux. Il Lui demandait de pardonner ses péchés. Il implorait la délivrance de tous les maux de ce monde et de l’au-delà. Il demandait tous les biens de ce monde et de l’au-delà. Ainsi, durant toute la prière, il s’entretenait intimement avec Allah par des invocations (supplications et demandes intimes).

– Au cœur de la nuit, tandis que le monde entier dormait, il se présentait auprès de son Seigneur par la prière.

– Il priait pour rendre grâce à son Seigneur.

– Dans les moments d’épreuve, il se levait pour prier.

– Sur le champ de bataille, il se levait pour prier.

– Pour implorer l’aide de son Seigneur, il se prosternait.

Sa vigilance pendant la prière

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) consacrait entièrement son cœur et son esprit à Allah pendant la prière, se tenait en Sa présence exclusive et Lui vouait une concentration totale. Malgré cela, il tenait compte des circonstances environnantes pendant la prière et veillait à la situation des fidèles. Voici quelques événements de ce genre rapportés par des sources authentiques :

1. Il prolongeait la prière et récitait longuement le Coran. En conséquence, il prolongeait également l’inclinaison et la prosternation. Mais dès qu’il entendait les pleurs d’un enfant pendant la prière, il abrégeait celle-ci et la terminait rapidement, prenant en considération l’état d’esprit de la mère de l’enfant qui priait avec lui.

2. Lors d’une bataille, il envoya un cavalier recueillir une information et la lui rapporter. Après l’avoir envoyé, il se leva pour prier. Alors qu’il priait, il regardait en direction du chemin par lequel devait revenir le cavalier qu’il avait envoyé. Même pendant la prière, il ne cessait donc pas de prêter attention à ce dernier.

3. Une fois, il accomplit la prière obligatoire en portant sur ses épaules sa petite-fille Umâma bint Abî al-‘Âs (la fille de l’une de ses filles). Lorsqu’il s’inclinait ou se prosternait, il la déposait à côté de lui. Lorsqu’il se relevait de la prosternation, il la reprenait sur ses épaules. (Al-Bukhârî et Muslim)

4. Il arrivait parfois que, lorsqu’il se prosternait, l’un de ses petits-fils, Hasan ou Husayn, vienne s’asseoir sur son dos. Craignant qu’il ne tombe, il prolongeait alors la prosternation.

5. Il lui arrivait de prier alors que la porte de la maison était fermée. Umm al-Mu’minîn ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) venait frapper à la porte. Pendant qu’il priait, il allait lui ouvrir, puis revenait terminer le reste de sa prière. (Ahmad, at-Tirmidhî, Abû Dâwûd et an-Nasâ’î)

6. Lorsque quelqu’un le saluait alors qu’il priait, il répondait à son salut d’un geste de la main. Il est rapporté dans Sahîh Muslim que Jâbir (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) m’envoya accomplir une tâche. À mon retour, je le trouvai en train de prier. Je le saluai alors qu’il priait, et il répondit à mon salut par un geste. »

Anas (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) faisait des gestes pendant qu’il priait. » (Musnad Ahmad)

Il est rapporté dans les recueils de Sunan que Souhayb, qu’Allah l’agrée, a dit : « Un jour, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, accomplissait la prière. Alors que je passais près de lui, je le saluai. Il répondit à mon salut par un geste. »

Un jour, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, se rendit à Qubâ. Alors qu’il accomplissait la prière dans la mosquée de Qubâ, un groupe de Compagnons ansar arriva. Ils le saluèrent alors qu’il était en prière. Il répondit à leur salut par un geste.

L’imam at-Tirmidhi a rapporté ce hadith d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar, qu’Allah l’agrée. Il a dit qu’il s’agissait d’un hadith authentique.

‘Abdullah ibn Mas‘ud, qu’Allah l’agrée, a rapporté : « À mon retour d’Abyssinie, je vins rencontrer le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue. Je le trouvai en train d’accomplir la prière. Je le saluai alors. Il répondit à mon salut en faisant un signe de la tête. » Ce hadith a été rapporté par al-Bayhaqi.

Un hadith rapporté d’après Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, semble contredire ceux qui permettent de faire des signes pendant la prière. Ce hadith a été rapporté par Abou Ghâtfân, d’après Abou Hourayra, qui a dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : “Que celui qui fait un signe compréhensible pendant la prière la recommence.” »

L’imam ad-Dâraqutni a dit : « C’est un hadith nul, il n’est pas recevable. » Il a dit que l’imam Abou Dâwoud lui avait déclaré : « Le rapporteur de ce hadith, Abou Ghâtfân, est un homme inconnu. Le hadith qu’il rapporte ne peut être accepté. En outre, ce hadith contredit les hadiths authentiques relatifs à cette question. Il est rapporté par des chaînes authentiques d’après Anas, Jâbir et d’autres — qu’Allah les agrée — que le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, faisait des signes pendant qu’il était en prière.

7. Lorsque le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, accomplissait la prière chez lui, la nuit, ‘Â’icha, qu’Allah l’agrée, était allongée en travers à l’endroit où il se prosternait. Lorsqu’il se prosternait, il lui touchait ou lui pinçait légèrement le corps afin qu’elle se déplace. ‘Â’icha, qu’Allah l’agrée, repliait alors de nouveau ses jambes. (Al-Boukhari)

8. Un jour, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, accomplissait la prière. Satan vint alors pour perturber sa prière. Il le saisit à la gorge et la serra si fortement que la salive ou la langue de Satan sortit et toucha sa main. (Musnad d’Ahmad, ad-Dâraqutni)

9. Il lui arrivait parfois de faire la prière debout sur le minbar. Il y accomplissait également l’inclinaison. Au moment de la prosternation, il descendait du minbar, reculait et se prosternait sur le sol. Une fois la prosternation terminée, il remontait sur le minbar et se remettait debout. (Al-Bukhari, Muslim)

10. Un jour, il priait en ayant un mur devant lui. À ce moment-là, un quadrupède (un chien) s’apprêta à passer devant lui. Il avança et plaqua le ventre de l’animal contre le mur. L’animal fut ainsi contraint de passer derrière lui. (At-Tabarani, Al-Hakim, Ibn Khuzayma)

11. Un jour, alors qu’il priait, deux fillettes des Banu Abd al-Muttalib arrivèrent devant lui en se querellant et en se battant. Tout en étant en prière, il les saisit et sépara l’une de l’autre. Dans le récit de l’imam Ahmad, il est également rapporté que les deux fillettes s’agrippèrent aux genoux du noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Il les sépara alors, ou les fit cesser, mais poursuivit sa prière.

12. Un jour, alors qu’il se tenait debout pour prier, un garçon s’apprêta à passer devant lui. Il lui fit signe de la main de repartir, et l’enfant repartit. (Musnad Ahmad)

13. Une autre fois, alors qu’il priait, une fillette passait devant lui. Il lui fit signe de la main, et elle repartit. (Les recueils de Sunan)

14. Il lui arrivait parfois, alors qu’il était en prière, de souffler sur l’endroit de la prosternation. Toutefois, le hadith concernant le fait de souffler est sujet à discussion. Bien qu’il soit mentionné dans le Musnad Ahmad et les recueils de Sunan, il n’a en réalité pas été rapporté du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) par une chaîne authentique.

15. Il pleurait pendant la prière.

16. Il se raclait la gorge pendant la prière. Il faisait également un signe en se raclant la gorge. Ali (qu’Allah l’agrée) dit : « Chaque jour, je me rendais deux fois à des moments déterminés auprès du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Je demandais la permission d’entrer chez lui. Il arrivait parfois qu’au moment de mon arrivée, il fût en prière. Dans ce cas, il se raclait la gorge pour m’autoriser à entrer. » (Sunan an-Nasa’i, Musnad Ahmad)

L’imam Ahmad se raclait également la gorge pendant la prière et ne considérait pas cela comme annulant la prière.

Ainsi, malgré sa profonde concentration dans la prière et son orientation vers Allah, il tenait compte du confort et de la gêne des autres. Il prenait en considération les circonstances et l’environnement, et ne considérait pas ces choses comme annulant la prière.

L’invocation du qunût dans les prières obligatoires (ou le qunût en cas de calamité)

Abdullah ibn Abbas, qu’Allah l’agrée, a rapporté que le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a récité sans interruption l’invocation du qunût pendant un mois, lors des prières de zuhr, d’asr, de maghrib, d’isha et de fajr. (Musnad Ahmad, Abû Dâwûd)

Selon certaines traditions, il a récité l’invocation du qunût pendant un mois lors de la prière de fajr. Selon d’autres, il l’a récitée lors de la prière de maghrib. En réalité, c’est la tradition rapportée plus haut qui est correcte. En fait, il a récité l’invocation du qunût lors des cinq prières quotidiennes.

– Il ne récitait pas toujours l’invocation du qunût.

– Il récitait l’invocation du qunût en temps de calamité.

– Par l’invocation du qunût, il invoquait Allah en faveur de certaines personnes et contre d’autres.

Dans la prière où il récitait le dou‘â al-qunût, il le récitait dans la dernière rak‘a, après s’être relevé de l’inclinaison en disant : « Sami‘a Allahu liman hamidah ». Après avoir récité le dou‘â al-qunût, il se rendait directement à la prosternation. Il ne faisait rien d’autre entre le dou‘â al-qunût et la prosternation.

Lorsque le Messager d’Allah récitait le dou‘â al-qunût, ceux qui priaient derrière lui disaient : « Amîn ».

Il est rapporté dans le Sahîh al-Bukhârî et le Sahîh Muslim, d’après Abû Hurayra, que le Messager d’Allah, lorsqu’il voulait invoquer en faveur de quelqu’un ou lancer une malédiction contre quelqu’un, récitait le dou‘â al-qunût après l’inclinaison. Après l’inclinaison, après avoir dit : « Sami‘a Allahu liman hamidah, rabbanâ wa laka al-hamd », il fit cette invocation pendant quelques jours :(Arabe********************)

Sens : Ô Allah ! Protège al-Walîd, Salama ibn Hishâm et ‘Iyâsh ibn Abî Rabî‘a. Ô Allah ! Saisis fermement la communauté de Mudar et inflige-lui, année après année, une famine semblable à celle du peuple de Yûsuf.

Abû Dâwûd et le Musnad d’Ahmad rapportent, d’après Ibn ‘Abbâs, qu’il lui arrivait parfois de faire, dans le dou‘â al-qunût, l’invocation de malédiction suivante :(Arabe*******************)

Sens : Ô Allah ! Fais descendre Ta malédiction sur les tribus de Lihyân, Ri‘l, Dhakwân et ‘Usayya. Ils ont désobéi à Allah et à Son Messager.

Abû Dâwûd a rapporté que la pratique habituelle du Messager d’Allah était de réciter le dou‘â al-qunût, ou qunût al-nâzila, lorsque survenaient des épreuves et des calamités. Lorsque celles-ci disparaissaient, il cessait de le réciter. Il n’a pas réservé la récitation du dou‘â al-qunût à la seule prière de l’aube : il le récitait également dans les autres prières. Toutefois, il le récitait davantage dans la prière de l’aube.

Les traditionnistes considèrent qu’il est recommandé de réciter le dou‘â al-qunût en cas d’épreuve ou de calamité. Ils sont bien sûr ceux qui connaissent le mieux les hadiths. Selon eux, le fait de réciter le qunût comme celui de le délaisser sont tous deux conformes à la Sunna. Ils estiment qu’il est bon de le réciter comme de ne pas le réciter, car les hadiths indiquent que le Messager d’Allah l’a récité, mais aussi qu’il l’a délaissé.

Si l’imam récite le duʿâ al-qunût à voix haute afin de l’enseigner aux fidèles ou de le leur rappeler, il n’y a aucun mal à cela. ʿUmar (qu’Allah l’agrée) récitait le début à voix haute afin de le rappeler aux fidèles. Ibn ʿAbbâs (qu’Allah l’agrée) récitait la sourate al-Fâtiha à voix haute lors de la prière funéraire, afin que les gens sachent que la récitation de la sourate al-Fâtiha durant la prière funéraire est une Sunna.

Le fait que l’imam dise « âmîn » à voix haute relève également de ce cas. En réalité, il s’agit de divergences (ikhtilâf) dont les deux pratiques sont permises (mubâh), ou bien dont l’accomplissement comme l’abandon sont tous deux permis. Ainsi, il est permis de pratiquer le rafʿ al-yadayn pendant la prière comme de le délaisser. De même, il est permis de réciter n’importe laquelle des différentes versions du tashahhud. Il est également permis d’adopter n’importe laquelle des différentes formes de l’adhân et de l’iqâma.

Cependant, notre objectif ici n’est pas de discuter de ce qui est permis ou interdit. Notre objectif est uniquement de mentionner ce que faisait le Messager (ﷺ) et la manière dont il le faisait, car il est notre modèle et notre référence. Dans cet ouvrage, nous voulons seulement rechercher et exposer sa pratique et ses principes. Il est le guide parfait. C’est lui que nous devons prendre pour modèle et suivre.

La synthèse des hadiths cités au sujet de la récitation du duʿâ al-qunût dans la prière obligatoire apparaît dans les propos d’un éminent savant de l’islam. Il a dit : « La position correcte à ce sujet est que le Messager d’Allah (ﷺ) ne récitait le qunût nâzila (duʿâ al-qunût) que pour invoquer en faveur d’un peuple ou d’une personne, ou pour invoquer contre eux. Puis, lorsque le résultat de son invocation se manifesta, il abandonna cette pratique. En outre, il a récité le duʿâ al-qunût tantôt à voix haute, tantôt à voix basse. Il l’a récité, puis il a également cessé de le réciter. Il ne l’a pas récité à voix haute plus longtemps qu’à voix basse. Telle était sa pratique concernant le qunût. De plus, dans la prière obligatoire, il récitait le duʿâ al-qunût juste après s’être relevé de l’inclinaison. C’est ce qui est établi. »

La prosternation de l’oubli (sujûd as-sahw)

Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Je ne suis qu’un être humain comme vous. Tout comme vous commettez des erreurs, j’en commets moi aussi. Si j’oublie quelque chose, rappelez-le-moi. » (Al-Bukhârî)

Le fait que le Messager d’Allah (ﷺ) ait commis une erreur durant la prière constitue l’accomplissement de la faveur d’Allah envers sa communauté. C’est ainsi qu’Allah, exalté soit-Il, a parachevé leur religion pour eux. En effet, c’est par ce moyen qu’ils ont appris ce qu’ils devaient faire lorsqu’une erreur était commise dans la prière.

Dans le Muwaṭṭaʾ de Mâlik, cette parole du Messager d’Allah (ﷺ) est rapportée dans un hadith à chaîne interrompue : « J’oublie, ou bien on me fait oublier, afin que je puisse leur expliquer clairement cette question (en répondant aux questions des gens et en leur donnant des explications). »

En réalité, c’est précisément parce que le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) commettait parfois des oublis que les règles relatives à l’oubli ont été établies dans la charia.

D’après ʿAbdullah ibn Buhayna, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dirigea un jour la prière du zuhr avec eux. À ce moment-là, il se leva sans s’asseoir après les deux premières rakʿat. Ceux qui priaient derrière lui se levèrent également avec lui. Ainsi, la prière arriva à sa fin et les gens attendaient qu’il prononce le salâm. C’est alors que le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui), alors qu’il était assis pour le tashahhud final, prononça « Allâhu akbar » avant le salâm et accomplit deux prosternations. Puis il prononça le salâm et acheva la prière. (Al-Bukhârî et Muslim)

On apprend de cela que si quelqu’un omet par oubli une partie de la prière autre que ses piliers obligatoires, il doit accomplir les prosternations de l’oubli avant le salâm.

Ainsi, lorsqu’il omettait par oubli un élément de la prière, il ne revenait pas en arrière pour l’accomplir. Par exemple, un jour, il se leva par oubli après avoir omis la position assise du premier tashahhud. Bien que les gens eussent dit « Subhân Allah » derrière lui, il leur fit signe de rester debout sans se rasseoir.

Yazîd ibn Hârûn rapporte : « Un jour, Al-Mughîra ibn Shuʿba (qu’Allah l’agrée) dirigea notre prière. Après avoir accompli deux rakʿat, il se leva sans s’asseoir. Ceux qui priaient derrière lui dirent : “Subhân Allah.” Mais il leur fit signe de rester debout. Puis, après avoir achevé la prière, il prononça le salâm. Ensuite, il accomplit deux prosternations, puis prononça de nouveau le salâm. Enfin, il dit : “C’est ainsi que faisait le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui).” Ce hadith est rapporté dans le Musnad d’Ahmad. At-Tirmidhî a déclaré qu’il s’agissait d’un hadith authentique. »

Les hadiths présentent une certaine divergence quant au fait d’accomplir les prosternations de l’oubli avant ou après le salâm. Le hadith de ʿAbdullah ibn Buhayna indique qu’elles se font avant le salâm, tandis que celui d’Al-Mughîra indique qu’elles se font après. En réalité, pour diverses raisons logiques, le hadith rapporté par ʿAbdullah ibn Buhayna est plus exact. Toutefois, les deux méthodes sont rapportées par des chaînes authentiques. Il est donc possible d’adopter l’une ou l’autre.

On connaît, d’après le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui), plusieurs types d’erreurs commises dans la prière. Par exemple :

1. Un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) prononça le salâm après n’avoir accompli que deux rakʿat de la prière de lʿishâ, du zuhr ou de lʿasr. Puis il acheva la prière. Ensuite, après le salâm et avoir parlé, il accomplit deux prosternations. Il disait « Allâhu akbar » chaque fois qu’il descendait pour la prosternation et lorsqu’il se relevait.

2. Il est rapporté dans les recueils d’Abou Dâwoud et d’at-Tirmidhi que le Noble Prophète (s.a.w.) dirigea la prière pour les gens, commis une erreur pendant la prière, puis accomplit deux prosternations de l’oubli. Ensuite, il récita le tachahhoud et prononça la salutation finale. L’imam at-Tirmidhi a dit que ce hadith est حسن et غريب.

3. Un jour, il dirigea la prière de quatre rak‘ats, mais n’en accomplit que trois, puis se tourna vers les fidèles qui priaient derrière lui. Talha ibn ‘Ubayd Allah (r.a.) lui demanda alors : « Vous avez accompli trois rak‘ats ; vous avez oublié d’en accomplir une. » Il ordonna alors à Bilal de faire l’iqama. Bilal fit l’iqama, puis il dirigea de nouveau la prière pour les gens. Ce hadith a été rapporté par l’imam Ahmad.

4. Un jour, il dirigea la prière de zuhr en accomplissant cinq rak‘ats. On lui demanda alors : « Une rak‘at a-t-elle été ajoutée à la prière de zuhr ? » Il répondit : « Qu’est-ce donc ? » Ils lui dirent alors : « Vous avez accompli cinq rak‘ats aujourd’hui. » En l’entendant, il accomplit deux prosternations après avoir prononcé la salutation finale. (Al-Boukhari et Muslim)

5. Un jour, il dirigea la prière de ‘asr en accomplissant trois rak‘ats, puis rentra chez lui. Un homme nommé Khirbâq, Dhoul-Yadayn (« celui qui a les longs bras »), le suivit et lui exposa l’affaire. Après avoir entendu ses paroles, il sortit de chez lui avec colère, en traînant son manteau, et demanda aux gens si cela était exact. Ils répondirent : « Oui. » Il accomplit alors la rak‘at restante et prononça la salutation finale. Ensuite, il accomplit deux prosternations de l’oubli, puis prononça de nouveau la salutation finale. (Sahih Muslim)

Au total, cinq méthodes concernant l’erreur dans la prière et les prosternations de l’oubli ont été rapportées du Messager (s.a.w.).

Il a accompli les prosternations de l’oubli aussi bien avant la salutation finale qu’après celle-ci. Les avis des imams à ce sujet sont les suivants :

1. Selon l’imam ach-Chafi‘i (r.a.), les prosternations de l’oubli doivent être accomplies avant la salutation finale, quelle que soit l’erreur.

2. Selon l’imam Abou Hanifa (r.a.), les prosternations de l’oubli doivent être accomplies après la salutation finale, quelle que soit l’erreur.

3. L’imam Mâlik (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : lorsqu’une omission est commise par inadvertance dans la prière, la prosternation de l’oubli doit être accomplie avant le salâm. Si quelque chose est ajouté par inadvertance dans la prière, la prosternation de l’oubli doit être accomplie après le salâm. Si les deux types d’erreur se produisent au cours d’une même prière, la prosternation de l’oubli doit être accomplie avant le salâm. Abû ‘Umar a dit : telle est l’école juridique de l’imam Mâlik. Toutefois, si quelqu’un agissait contrairement à son avis, il ne l’en empêchait pas non plus, car, selon lui, il est permis d’avoir des divergences sur cette question.

4. Quel est l’avis de l’imam Ahmad ibn Hanbal à ce sujet ? À ce propos, Asram dit : « J’ai entendu qu’on demandait à l’imam Ahmad (que Dieu lui fasse miséricorde) si la prosternation de l’oubli devait être accomplie avant ou après le salâm. Il répondit : dans certains cas, avant le salâm, et dans d’autres, après le salâm. C’est ainsi que l’a fait le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). »

5. L’imam Dâwûd (az-Zâhirî) a dit : puisque le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a accompli la prosternation de l’oubli dans cinq cas, que personne ne l’accomplisse dans ces cinq cas pour une autre raison.

La prosternation en cas de doute

Lorsque le doute et l’incertitude surgissaient au cours de la prière, le Messager (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ne recommençait pas la prière. Il a dit qu’en cas de doute, il fallait achever la prière en se fondant sur ce qui paraissait le plus probable, puis accomplir la prosternation avant le salâm et abandonner le doute.

D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (que Dieu l’agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous doute au cours de la prière et ne sait pas s’il a accompli trois ou quatre rak‘ahs, qu’il écarte le doute et se fonde sur ce qui lui paraît le plus probable. Ensuite, qu’il accomplisse deux prosternations avant le salâm. » (Sahîh Muslim)

Il est rapporté dans un hadith d’après Ibn Mas‘ûd (que Dieu l’agrée) : « Lorsque l’un d’entre vous doute au cours de la prière, qu’il retienne l’une des deux possibilités comme correcte, achève sa prière et accomplisse deux prosternations avant le salâm. » (Al-Bukhârî, Muslim). Une autre version précise également : « Ensuite, qu’il prononce le salâm, puis accomplisse deux prosternations. »

L’imam Ahmad (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : « Le doute est de deux sortes. L’une est le taharrî (la conjecture prépondérante), et l’autre est la certitude (avec une part de doute). Selon l’imam Ahmad, dans le cas du taharrî, le fidèle accomplit la prosternation après le salâm, tandis que dans le cas de la certitude, il l’accomplit avant le salâm. »

L’imam al-Châfi‘î et l’imam Mâlik (qu’Allah leur fasse miséricorde) ont dit que celui qui est pris par le doute au cours de la prière ne doit pas s’y laisser submerger, mais doit s’en tenir avec certitude à une opinion. C’est également l’un des avis de l’imam Ahmad.

L’imam Abû Hanîfa (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : si quelqu’un doute au cours de la prière et que cela lui arrive pour la première fois, qu’il recommence la prière. Mais s’il est fréquemment sujet au doute, qu’il poursuive sa prière en se fondant sur l’opinion prédominante ou sur la certitude.

Fermer les yeux pendant la prière

Prier les yeux fermés ne faisait pas partie de la pratique du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Il est rapporté dans le Sahîh al-Bukhârî que, lorsqu’il récitait l’invocation du tachahhoud, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) regardait l’index de sa main. Son regard ne dépassait pas son doigt.

-Il est rapporté dans le Sahîh al-Bukhârî, d’après Anas (qu’Allah l’agrée), qu’Aïcha (qu’Allah l’agrée) possédait un rideau d’un type particulier. Elle l’avait suspendu sur un côté de la maison. Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui demanda de l’enlever et ajouta : « Les images qui y sont représentées détournent mon regard de la prière. »

-S’il avait gardé les yeux fermés pendant la prière, comment les images représentées sur le rideau auraient-elles pu attirer son regard ?

-Cependant, ce hadith ne prouve pas qu’il soit interdit de fermer les yeux pendant la prière.

Les jurisconsultes ont divergé au sujet du fait de fermer les yeux pendant la prière. L’imam Ahmad et d’autres ont considéré cela comme makroûh. Selon eux, c’est une pratique des Juifs.

Mais d’autres considèrent qu’il est permis de fermer les yeux pendant la prière. Selon eux, fermer les yeux facilite l’acquisition du khushû‘ et du khudû‘ dans la prière ainsi que le sentiment de proximité avec Allah. Or c’est là l’essence et le but de la prière.

La position correcte à ce sujet est la suivante : si l’on peut préserver le khushû‘, le khudû‘ et la concentration en gardant les yeux ouverts pendant la prière, il est préférable de les garder ouverts. En revanche, si les garder ouverts empêche de rester concentré et d’atteindre le khushû‘ et le khudû‘ en raison des diverses choses que l’on voit, il n’est certainement pas blâmable de fermer les yeux. Au contraire, conformément au principe général de la Charia, dans une telle situation, il est préférable et recommandé de les garder fermés.

Sutrah (barrière)

Lorsque le Messager d’Allah se tenait debout pour prier, il se plaçait devant quelque chose, ou faisait placer quelque chose devant lui, ou traçait au moins une ligne devant lui. Il a ordonné de placer devant soi, pendant la prière, un objet servant de barrière (sutrah).

Il lui est arrivé de prier avec un mur devant lui. Entre l’endroit où il se prosternait et le mur, il n’y avait que l’espace nécessaire au passage d’une chèvre ou d’un mouton. Il ne laissait pas davantage de distance entre lui et la sutrah. Il a au contraire ordonné de se tenir près de la sutrah.

Il lui est également arrivé de prier avec un lit, un morceau de bois, un arbre ou un pilier de la mosquée devant lui.

Lorsqu’il était en voyage pour une expédition militaire ou qu’il priait dans un terrain découvert, il plantait une arme devant lui, en faisait une sutrah et priait ; les gens priaient derrière lui.

Il lui est parfois arrivé de placer sa monture devant lui et d’en faire une sutrah. Parfois aussi, il faisait de la selle de sa monture une sutrah.

Il a ordonné aux fidèles, s’ils ne trouvaient aucun écran de protection, de planter au moins devant eux une flèche ou un bâton et d’en faire une sutrah, afin de prier ainsi. S’ils ne trouvaient ni flèche ni bâton, ils devaient au moins tracer une ligne sur le sol devant eux. [Il est rapporté dans les recueils d’al-Bukhari, de Muslim et le Sahih d’Ibn Khuzayma que le Messager d’Allah (Salla Allahou ‘alayhi wa sallam) a dit : si quelqu’un, alors même qu’un orant prie en plaçant une sutrah devant lui, tente de passer devant sa prière, c’est-à-dire à l’intérieur de l’espace délimité par la sutrah, l’orant doit le repousser avec sa poitrine. Dans certaines versions, il est dit de le repousser autant que possible. Dans une autre version, il est dit de lui interdire deux fois, par un geste. S’il n’obtempère toujours pas, il faut le combattre, car c’est un démon.

Il est également mentionné dans les recueils d’al-Bukhari, de Muslim et le Sahih de Khuzayma que si celui qui passe devant l’orant connaissait la gravité des conséquences de son acte, il préférerait attendre quarante plutôt que de passer devant lui.

Ici, « quarante » signifie attendre quarante jours, quarante ans ou quarante temps de prière.]

Abou Dawoud dit : « J’ai entendu Ahmad ibn Hanbal dire que, lorsqu’on trace une ligne sur le sol, il faut la tracer transversalement, comme un croissant de lune. Abdullah a dit qu’il fallait la tracer longitudinalement. Quant au bâton, il faut le planter verticalement. »

La prière est-elle annulée en l’absence de sutrah ?

S’il n’y a pas de sutrah devant l’orant, il est établi par des sources authentiques que, dans ce cas, si une femme pubère, un âne ou un chien noir passe devant lui, la prière est annulée. Les hadiths à ce sujet ont été rapportés par Abou Dharr, Abou Hourayra, Ibn Abbas et Abdullah ibn Moughaffal, qu’Allah les agrée.

Toutefois, le récit d’Aïcha, qu’Allah l’agrée, contredit l’opinion exposée ci-dessus. Elle a dit qu’elle s’allongeait transversalement à l’endroit où le Messager d’Allah (Salla Allahou ‘alayhi wa sallam) se prosternait. Lorsqu’il se prosternait, il lui pinçait les pieds, et elle repliait alors ses jambes. Lorsqu’il se relevait après la prosternation, Aïcha, qu’Allah l’agrée, étendait de nouveau ses jambes.

La différence entre ces deux types de récits tient au fait qu’il s’agit, dans un cas, de passer, et dans l’autre, de rester en place. Allah sait mieux quelle est la réalité.

Que faisait le Messager (s.) après avoir prononcé le salâm ? Que récitait-il ?

(Nous allons maintenant examiner ce que faisait le Messager d’Allah (s.) après avoir prononcé le salâm de la prière obligatoire, comment il s’asseyait, ce qu’il récitait et quels invocations et rappels il accomplissait.

Il est rapporté dans le Sahîh Muslim, d’après ‘Â’isha et Thawbân (qu’Allah les agrée), que lorsque le Messager d’Allah (s.) achevait la prière après avoir prononcé le salâm, il disait trois fois استغفر الله (je demande pardon à Allah). [Il est rapporté dans les Sahîh d’al-Bukhârî et de Muslim, d’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) : Nous savions que le Messager d’Allah (s.) avait achevé sa prière en l’entendant prononcer le takbîr.

C’est-à-dire que le Messager d’Allah (s.) disait à voix haute « Allâhu akbar » après avoir prononcé le salâm.

Ainsi, conformément au hadith, il semble correct de prononcer une fois « Allâhu akbar », puis de réciter trois fois « astaghfirullâh ». Il convient ensuite de réciter « Allâhumma anta as-salâm wa minkas-salâm… ».] Puis il disait : (Arabe***********)

Cela signifie : « Ô Allah ! Tu es la Source de la paix, et c’est de Toi que vient la paix. Ô Détenteur de la majesté et de la grandeur ! Tu es infiniment béni et généreux. »

Après avoir prononcé le salâm, il restait tourné vers la qibla uniquement le temps nécessaire pour dire ces paroles. Après les avoir récitées, il se levait ou s’asseyait face aux fidèles dirigés en prière. Tantôt il se tournait vers eux par la droite, tantôt par la gauche. Il est rapporté dans les Sahîh d’al-Bukhârî et de Muslim, d’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée), qu’il a dit : « J’ai vu que le Messager d’Allah (s.) se tournait le plus souvent vers la gauche pour s’asseoir. »

Il est rapporté dans le Sahîh Muslim, d’après Anas (qu’Allah l’agrée), qu’il a dit : « J’ai vu que le Messager d’Allah (s.) se tournait le plus souvent vers la droite pour s’asseoir. »

D’après Abdallah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), il a dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’asseoir en se tournant tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche. Il s’asseyait directement face aux fidèles qui priaient derrière lui. Il ne se tournait pas spécialement d’un côté plutôt que de l’autre. Assis bien en face d’eux, il les regardait tous. Après avoir accompli la prière de l’aube, il restait assis à l’endroit où il avait prié jusqu’au lever du soleil. »

Les invocations et les demandes qu’il récitait après la prière

Il est rapporté dans les Sahih d’al-Boukhari et de Muslim, d’après Al-Mughira ibn Chou‘ba (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait ces paroles après chaque prière obligatoire :(Arabe***********************)

Sens : Il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah, le Maître souverain. Il est Unique et n’a aucun associé. La souveraineté de l’univers Lui appartient exclusivement. À Lui reviennent toutes les louanges. Il est tout-puissant. Ô Allah ! Nul ne peut empêcher ce que Tu veux donner. Et nul ne peut donner ce que Tu veux refuser. Face à Toi, la richesse d’un fortuné et le rang d’un homme honoré sont totalement vains et absolument inutiles. »

Abou Hatim a rapporté dans son Sahih que le noble Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disait après avoir terminé la prière :

(Arabe**********************)

Sens : Ô Allah ! Réforme ma religion, qui préserve toutes mes œuvres. Réforme ma vie d’ici-bas, dans laquelle Tu m’as accordé ma subsistance. Ô Allah ! Par Ta satisfaction, je cherche refuge contre Ton mécontentement. Par Ton pardon, je cherche refuge contre Ta vengeance. Et je cherche refuge auprès de Toi contre Ton châtiment. Nul ne peut retenir ce que Tu veux donner, et nul ne peut donner ce que Tu veux refuser. Face à Toi, ni la richesse d’un fortuné ni le rang d’un homme honoré ne servent à rien. » (Sahih Abou Hatim)

Al-Hakim a rapporté dans son Al-Mustadrak, d’après Abou Ayyoub Al-Ansari (qu’Allah l’agrée), un hadith dans lequel celui-ci dit : « Chaque fois que j’ai prié derrière votre Prophète bien-aimé, je l’ai nécessairement entendu prononcer ces paroles à la fin de la prière :

(Arabe****************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne toutes mes erreurs et tous mes péchés. Ô Allah ! Élève-moi, donne-moi la vie, accorde-moi ma subsistance et donne-moi la capacité de mener ma vie selon des œuvres et un caractère vertueux. Car si Tu n’accordes pas cette capacité, personne ne peut mener sa vie de cette manière. En dehors de Toi, personne ne peut éloigner les gens du mal et du malheur.

Dans le Sahih Muslim, il est rapporté d’Ibn az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) que lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prononçait le salām de la prière, il récitait ces paroles à voix haute : (Arabe*********************)

Sens : Il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah. Il est Un et Unique. Il n’a aucun associé. À Lui appartient toute la royauté de l’univers et à Lui reviennent toutes les louanges. Il est Tout-Puissant. Il n’y a de force pour personne en dehors d’Allah, et il n’existe aucun refuge en dehors de Lui. Il n’y a aucun commandant en dehors d’Allah. Nous ne servons que Lui et personne d’autre. Toutes les grâces Lui appartiennent, ainsi que tous les dons. C’est donc à Lui que reviennent toutes les meilleures louanges. Il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah. Nous Lui vouons un culte sincère, même si les mécréants n’apprécient pas cela.

Demander le pardon et la protection après la prière

Abou Dāwoud mentionne une narration rapportée d’Ali (qu’Allah l’agrée). Il y est dit que lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prononçait le salām, il disait : (Arabe*********************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne-moi. Pardonne mes péchés passés et futurs, secrets et manifestes. Pardonne toutes mes transgressions. Pardonne les péchés dont Tu sais mieux que moi qu’ils sont les miens. Fais avancer et retarde ; c’est Toi qui fais avancer et qui retardes. Il n’y a aucun sauveur en dehors de Toi.

Concernant cette invocation, l’imam Muslim a exprimé deux avis.

1. Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) la récitait entre le tachahhoud et le salut final. C’est essentiellement cet avis qui est correct.

2. Son deuxième avis est que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) la récitait après le salut final.

— Il est probable que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récitait cette invocation aussi bien avant qu’après le salut final. Allah sait mieux ce qu’il en est réellement.

Sa‘d ibn Abî Waqqâs (qu’Allah l’agrée) enseignait ces paroles à ses enfants et disait que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) cherchait ainsi la protection après la prière : (Arabe*****************)

Sens : Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre la peur et la lâcheté. Je cherche refuge auprès de Toi contre l’avarice. Je cherche refuge auprès de Toi contre l’incapacité de la vieillesse. Je cherche refuge auprès de Toi contre les épreuves de ce monde [le terme « épreuve » signifie être soumis à un test de foi par de grandes difficultés] et contre le châtiment de la tombe. » (Sahih al-Boukhari)

La profession de foi (chahada) après la prière

Il est rapporté dans le Mousnad d’Ahmad, d’après Zayd ibn Arqam, qu’il a dit : le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) disait ces paroles après chaque prière : (Arabe***********************)

Sens : Ô Allah ! Notre Seigneur, Seigneur et Maître de toute chose. Je témoigne que Toi seul es le Seigneur, que Tu es Unique et que Tu n’as aucun associé. Ô Allah, notre Seigneur et Seigneur de toute chose ! Je témoigne assurément que Muhammad est Ton serviteur et Ton Messager. Ô Allah, notre Seigneur et Seigneur de toute chose ! Je témoigne que tous les serviteurs sont frères les uns des autres. Ô Allah, notre Seigneur et Seigneur de toute chose, rends-moi ainsi que ma famille entièrement orientés et sincèrement dévoués à Toi à chaque instant de ce monde et de l’au-delà. Ô Très Majestueux, Très Honoré, entends ma demande et exauce-la. Allah est grand, Allah est le Très-Grand. Allah est la lumière de l’Univers et de cette terre. Allah est le plus grand, le meilleur de tous. Allah me suffit ; Il est le meilleur garant. Allahou Akbar, Allahou Akbar. »

— Ce hadith a été rapporté par l’imam Ahmad et l’imam Abou Dawoud.

Dire le tasbîh, le tahmîd et le takbîr après la prière

Le Messager d’Allah (s.) a recommandé à sa communauté qu’après avoir achevé la prière, elle—

سبحان اللهtrente-trois fois, الحمد للهtrente-trois fois, الله اكبرtrente-trois fois, puis (Arabe********)une fois, afin de compléter le total de cent.

Il est rapporté dans le Sahîh Muslim, d’après Abou Hourayra (r.), qu’il a dit : le Messager d’Allah (s.) a déclaré que quiconque, à la fin de chaque prière, prononce trente-trois fois « Subhânallâh », trente-trois fois « Al-hamdou lillâh » et trente-trois fois « Allâhou akbar », soit quatre-vingt-dix-neuf fois au total, puis prononce « Lâ ilâha illallâhou wahdahou… ‘alâ koulli chay’in qadîr » pour compléter le nombre de cent, verra ses péchés pardonnés, même s’ils étaient aussi nombreux que l’écume de la mer.

Cependant, un hadith rapporté dans le Sahîh Muslim d’après Ka‘b ibn ‘Oujra (r.) à ce sujet dit que le Messager d’Allah (s.) a déclaré : celui qui, après chaque prière, récite trente-trois fois « Subhânallâh », trente-trois fois « Al-hamdou lillâh » et trente-quatre fois « Allâhou akbar » ne connaîtra jamais le désespoir. (Sahîh Muslim)

Ce qu’il leur a enseigné de réciter après la prière

Il est rapporté d’Abou Dharr, d’Abou Ayyoub al-Ansari et d’Abd ar-Rahmân ibn Ghanm (qu’Allah les agrée) que le Prophète (s.) a dit que celui qui, immédiatement après avoir prononcé le salâm de la prière de l’aube et de celle du soir, prononcera dix fois les paroles suivantes recevra dix bonnes actions, dix de ses péchés seront effacés et son degré sera élevé de dix rangs. En outre, ces paroles équivaudront pour lui à l’affranchissement de quatre esclaves et lui serviront de protection contre Satan. Tant qu’il les récitera, aucun péché autre que le polythéisme ne pourra l’atteindre. Ces paroles embelliront également ses œuvres. Les paroles sont les suivantes : (Arabe*********************)

Sens : Il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah. Il est Un et Unique. Il n’a aucun associé. La royauté et l’autorité Lui appartiennent exclusivement. Toutes les louanges Lui reviennent également. Il est Tout-Puissant. » (Ibn Hibban, Musnad d’Ahmad, at-Tirmidhi)

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a également dit à propos de ces formules que quiconque les prononce à l’aube sera protégé des griffes de Satan jusqu’au coucher du soleil. Et s’il les récite également au coucher du soleil, il sera protégé des stratagèmes de Satan jusqu’à l’aube.

L’imam at-Tirmidhi a dit que ce hadith est hasan, sahih et gharîb.

Ibn Hibban a rapporté dans son recueil Sahih le récit d’al-Harith ibn Muslim at-Taymi. Il dit : Le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) m’a dit : « Lorsque tu auras achevé la prière de l’aube, demande à être délivré de l’Enfer en prononçant sept fois cette formule avant de dire quoi que ce soit d’autre. Tu prononceras également cette formule sept fois après la prière obligatoire du coucher du soleil. Ainsi, si tu meurs ce jour-là ou durant cette nuit, Allah inscrira pour toi la délivrance de l’Enfer. Voici la formule à prononcer sept fois :(Arabe**********)

Sens : Ô Allah, délivre-moi de l’Enfer. »

L’imam an-Nasa’i a mentionné un hadith dans son ouvrage Al-Kabir, d’après Abou ‘Umar (qu’Allah l’agrée), et l’imam al-Bayhaqi en a également mentionné un dans Shu‘ab al-Iman, d’après ‘Ali (qu’Allah l’agrée). Il y est dit que le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a déclaré : « Quiconque récite Ayat al-Kursi après chaque prière obligatoire [Ayat al-Kursi est un célèbre verset du Coran concernant la puissance infinie, la grandeur et la souveraineté d’Allah le Très-Haut. C’est le verset 255 de la sourate Al-Baqara. Tout croyant devrait mémoriser ce verset et en connaître le sens.] n’aura plus aucun obstacle sur le chemin qui le mène au Paradis, si ce n’est la mort. »

Ce hadith a également été rapporté par diverses autres chaînes de transmission. Toutefois, les spécialistes du hadith divergent quant à son authenticité ou sa faiblesse. Certains ont dit que sa chaîne de transmission est faible et qu’il n’est pas recevable. D’autres ont dit que, bien que sa chaîne de transmission soit quelque peu faible, puisque le hadith a été rapporté par de nombreuses chaînes, il peut en contenir un noyau de vérité.

Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, chez Abou Dawoud, an-Nasa’i, al-Bayhaqi, Abou Hatim, Ibn Hibban, al-Hakim et dans d’autres ouvrages, d’après ‘Uqba ibn ‘Amir (qu’Allah l’agrée), qu’il a dit : « Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) m’a ordonné de réciter après chaque prière les sourates Al-Falaq et An-Nas (les deux dernières sourates du Coran). »

At-Tabarani, dans son Mu’jam, et Abu Ya’la, dans son Musnad, ont rapporté, par l’intermédiaire d’Umar ibn Nabhan, d’après Jabir, un hadith marfu‘ selon lequel il existe trois œuvres que celui qui les accomplit avec foi pourra entrer au Paradis par la porte de son choix et obtenir pour compagnes des houris aux grands yeux. Ces trois œuvres sont :

1. Pardonner à ceux qui l’ont tué,

2. S’acquitter de ses dettes secrètes, et

3. Réciter dix fois « Qul huwa Allahu ahad… », la sourate (sourate al-Ikhlas), après chaque prière obligatoire.

— Abu Bakr demanda : « Ô Messager d’Allah ! Peut-on obtenir cette récompense en accomplissant seulement l’une de ces trois œuvres ? » Il répondit : « Oui, même en n’en accomplissant qu’une seule. »

Le Messager d’Allah a recommandé à Mu‘adh de demander ainsi l’aide d’Allah après chaque prière :

(Arabe******************)

Sens : « Ô Allah ! Aide-moi à toujours me souvenir de Toi, à Te remercier et à T’adorer de la meilleure et de la plus parfaite manière. »

Ici, l’expression « après la prière » peut désigner le moment avant ou après le salâm. Notre maître (l’imam Ibn Taymiyya) a dit que « après la prière » signifie à la toute fin, c’est-à-dire avant le salâm.

 

3

La prière en assemblée

(Ce chapitre ne figurait pas dans l’ouvrage original. Nous l’y avons ajouté. Cependant, sans faire aucun commentaire, nous avons rapporté ici directement, à partir des ouvrages authentiques, les paroles et la pratique du Messager d’Allah (s.a.s.) concernant l’accomplissement de la prière en assemblée.)

L’insistance très appuyée du Messager d’Allah (s.a.s.) concernant la prière en assemblée

Abû Hurayra (r.a.) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (s.a.s.) a déclaré : « Par Celui qui détient ma vie en Sa main ! J’ai envie d’ordonner que l’on ramasse du bois et des brindilles. Puis, lorsqu’ils auront été rassemblés, d’ordonner que l’on fasse l’appel à la prière. Ensuite, d’ordonner à quelqu’un de diriger la prière, puis d’aller de maison en maison pour voir qui n’est pas venu prier. » Dans une autre version, il est dit : « J’ai envie de mettre le feu aux maisons de ceux qui, bien qu’ayant entendu l’appel à la prière, ne se rendent pas à la mosquée. » (Al-Bukhârî et Muslim)

Abû Hurayra (r.a.) rapporte que le Messager d’Allah (s.a.s.) a dit : « S’il n’y avait pas de femmes et d’enfants dans les maisons des gens, j’ordonnerais à des jeunes gens de mettre le feu aux maisons dont les occupants ne se sont pas présentés à la prière en assemblée de la nuit. » (Musnad Ahmad)

Abû Hurayra (r.a.) rapporte. Il dit qu’un jour, un homme aveugle vint trouver le Messager d’Allah (s.a.s.) et lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Je n’ai personne pour me prendre par la main et m’amener à la mosquée. » Puis l’homme demanda à être dispensé de se rendre à la mosquée et sollicita la permission de prier chez lui. Il lui accorda la permission de prier chez lui. Après avoir obtenu cette permission, l’homme repartit. Mais le Messager d’Allah (s.a.s.) le fit rappeler. Il revint, et le Messager d’Allah (s.a.s.) lui demanda : « Entends-tu l’appel à la prière ? » Il répondit : « Oui, je l’entends. » Il lui dit : « Alors, tu dois te rendre à la mosquée. » (Sahih Muslim)

Rapporté d’Abou Darda (qu’Allah l’agrée). Il dit : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit :

Si trois personnes, ou même davantage, résident dans une agglomération ou dans un lieu isolé, et qu’elles n’accomplissent pas la prière en assemblée, Satan s’emparera certainement d’elles. Tu dois donc absolument accomplir la prière en assemblée. En effet, le loup dévore nécessairement les moutons et les chèvres qui se sont séparés du troupeau. (Musnad Ahmad, Abou Dawoud, An-Nassaï)

Rapporté d’Abou Moussa al-Ach‘ari (qu’Allah l’agrée) : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : dès qu’il y a deux personnes ou davantage, elles doivent former une assemblée. (Ibn Mâjah)

Oumm ad-Darda (qu’Allah l’agrée) dit : un jour, Abou Darda entra chez lui dans une grande colère. Je lui demandai : « Qu’est-ce qui vous a mis en colère ? » Il répondit : « Par Allah, je ne connais rien de la communauté de Muhammad, si ce n’est qu’ils accomplissent tous ensemble la prière en assemblée. » (Sahih al-Boukhari)

Rapporté d’Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : celui qui entend l’appel à la prière mais ne se rend pas à la prière en assemblée n’a pas de prière. Sauf s’il a une excuse. (Ad-Daraqoutni, Abou Dawoud)

Le mérite (la valeur) de la prière en assemblée

Rapporté d’Abdullah ibn Omar (qu’Allah les agrée tous deux) : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : le mérite de la prière accomplie en assemblée est supérieur de vingt-sept degrés à celui de la prière accomplie seul. (Al-Boukhari, Mouslim)

Rapporté d’Oubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée) : le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : la première rangée de la prière est semblable à la rangée des anges. Si vous connaissiez le mérite de la première rangée, vous vous empresseriez de l’obtenir. Sachez qu’accomplir la prière à deux est meilleur que de l’accomplir seul. Accomplir la prière à trois est meilleur que de l’accomplir à deux. Ainsi, plus l’assemblée compte de personnes, plus elle est aimée d’Allah. (Abou Dawoud, An-Nassaï)

Il est rapporté d’Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) que celui qui accomplit correctement ses ablutions puis se dirige vers une mosquée pour y prier en assemblée, Allah le Très-Haut lui inscrit une bonne action pour chaque pas, l’élève d’un degré et lui efface un péché pour chaque pas. » (Sahih Muslim)

Nous avons appris des hadiths précités que la prière en assemblée possède un immense mérite. C’est-à-dire :

1. Un mérite vingt-sept fois supérieur.

2. Une bonne action pour chaque pas effectué en allant à la mosquée.

3. Une élévation d’un degré pour chaque pas.

4. L’effacement d’un péché pour chaque pas.

5. En se tenant dans la première rangée, l’obtention d’un mérite semblable à celui des anges.

6. Plus on fait participer de personnes à la prière en assemblée, plus on obtient l’amour d’Allah.

Ne pas assister à la prière en assemblée est un signe d’hypocrisie

Ubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée) rapporte : le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), après avoir prononcé le salâm à l’issue de la prière de Fajr deux jours consécutifs, nous demanda : « Un tel a-t-il assisté à la prière ? » Tous répondirent : « Non. » Il demanda encore : « Un tel est-il présent ? » Les gens répondirent : « Non. » Il dit : « Ces deux prières — Fajr et ‘Ishâ — sont plus pénibles pour les hypocrites que les autres prières. Si vous saviez quelle récompense se trouve dans ces deux prières, vous y assisteriez, même en rampant. » (Abû Dâwûd, an-Nasâ’î)

‘Abdullah ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) a dit : « Par Allah, j’ai vu les Compagnons. Ils ne délaissaient jamais la prière en assemblée ; seuls les hypocrites la délaissaient. Il est même arrivé qu’un homme parmi les Compagnons soit amené à la mosquée, soutenu par deux personnes de chaque côté, puis placé dans les rangs. » (Sahîh Muslim)

Usama (qu’Allah l’agrée) rapporte. Il dit que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui sort de la mosquée après l’appel à la prière, sans raison particulièrement urgente, et sans avoir l’intention d’y retourner, est un hypocrite. » (Mishkât)

Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) rapporte : « J’ai vu la communauté des nobles Compagnons. Dans cette communauté, personne ne s’absentait de la prière en assemblée, excepté l’hypocrite et le malade. » (Sahîh Muslim)

Il est dit dans le Noble Coran que la prière est un lourd fardeau pour ceux qui ne craignent pas Allah. D’autres hadiths indiquent que les hypocrites prient pour être vus. Ils ne prient pas lorsque personne ne les voit ; mais lorsque quelqu’un les voit, ils prient par obligation.

Lorsque la prière en assemblée commence, il n’y a plus de prière surérogatoire

Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Lorsque l’iqâma sera prononcée pour la prière en assemblée — c’est-à-dire lorsque la prière obligatoire en assemblée commencera — il n’y a pas d’autre prière que cette prière obligatoire. » Le sens de cette parole est que, lorsque la prière obligatoire en assemblée est sur le point de commencer, il n’est plus permis d’accomplir une autre prière.

—Sur la base de ce hadith, l’imam ach-Châfi‘î, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : lorsque la prière obligatoire en assemblée a commencé, il faut délaisser la prière sunnah et rejoindre l’assemblée.

L’imam Abû Hanîfa, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : même s’il est possible de rejoindre une rak‘ah de la prière de l’aube en assemblée, il est permis d’accomplir auparavant la sunnah. Toutefois, il faut se tenir éloigné des rangs. Selon lui, il est réprouvé de se tenir dans un rang ou à proximité de celui-ci.

Selon les spécialistes du hadith, ce hadith ne laisse entrevoir aucune possibilité d’accomplir la prière sunnah après que l’assemblée s’est mise en place. En effet :

—Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, n’a pas permis d’agir ainsi.

—On ne trouve pas non plus d’exemple d’une telle pratique chez les nobles Compagnons.

—Bien que la sunnah de la prière de l’aube soit plus importante que les autres prières sunnah, elle demeure une sunnah et non une obligation.

—Le fait que le muezzin prononce l’iqâmah signifie précisément que l’imam appelle à rejoindre l’assemblée. Or répondre à l’appel de l’imam — pour la prière obligatoire — est obligatoire.

Ainsi, selon le sens évident et le raisonnement découlant de ce hadith, une fois l’assemblée commencée, il n’est plus possible d’accomplir la sunnah.

La présence des femmes à la prière en assemblée à la mosquée

Selon ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si l’épouse de l’un d’entre vous souhaite se rendre à la mosquée pour prier en assemblée, qu’il ne l’en empêche pas. » (Al-Bukhari, Muslim)

Selon ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « N’empêchez pas vos femmes de se rendre à la mosquée. Toutefois, il est meilleur pour elles de prier chez elles. » (Abu Dawud)

— Une autre narration rapporte : « N’empêchez pas les servantes d’Allah de se rendre aux mosquées. »

Selon ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée), il rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Pour les femmes, il est meilleur de prier dans la partie intérieure de la maison que dans la salle de séjour ; et il est meilleur de prier dans leur chambre que dans la partie intérieure de la maison. » (Abu Dawud)

Selon Zaynab (qu’Allah l’agrée), l’épouse de ‘Abdullah ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée), elle rapporte : « Le Messager d’Allah ﷺ nous a dit : lorsque l’une de vous se rend à la mosquée, qu’elle n’y vienne pas parfumée. » (Sahih Muslim)

Selon Abu Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Qu’aucune femme ne se rende à la prière de ‘isha avec nous après avoir utilisé du parfum. » (Sahih Muslim)

Bilal ibn ‘Abdullah ibn ‘Umar rapporte de son père, ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée), que celui-ci a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : si vos femmes souhaitent venir à la mosquée pour y prier, ne les en empêchez pas. » En entendant cela, Bilal dit : « Nous les empêcherons certainement de se rendre à la mosquée. » ‘Abdullah se mit alors en colère contre son fils et lui dit : « Je te rapporte la parole du Messager d’Allah, et toi, tu t’y opposes ? » Salim, l’autre fils de ‘Abdullah ibn ‘Umar, a dit : « Mon père ne parla plus à Bilal jusqu’à sa mort. » (Muslim, Musnad Ahmad)

L’importance de la prière de l’aube en assemblée est supérieure à celle du tahajjud.

Abou Bakr ibn Soulaymân ibn Abî Hasma rapporte : Un jour, le calife Omar ibn al-Khattâb, qu’Allah l’agrée, ne vit pas (mon père) Soulaymân ibn Abî Hasma à la prière de l’aube en assemblée. Ce matin-là, Omar se mit en route vers le marché. La maison de mon père Soulaymân se trouvait sur le chemin du marché. Le calife vint chez nous et demanda à ma grand-mère Chifâ (bint Abdallah) : « Que se passe-t-il ? Pourquoi n’ai-je pas vu (ton fils) Soulaymân à la prière de l’aube aujourd’hui ? » Ma grand-mère répondit : « Il est resté éveillé toute la nuit pour prier (le tahajjud). Le sommeil l’a finalement gagné et il s’est couché (après avoir prié chez lui). »

En entendant cela, Omar, qu’Allah l’agrée, dit : « Pour moi, assister à la prière de l’aube en assemblée est préférable au fait de rester éveillé toute la nuit pour accomplir des prières surérogatoires. » (Muwatta de l’imam Mâlik)

Par cette déclaration, Omar, qu’Allah l’agrée, n’a pas découragé les gens de prier le tahajjud ou les prières surérogatoires nocturnes ; il a plutôt exposé ici la différence de degré d’importance entre la prière en assemblée et la prière surérogatoire. Ce hadith nous apprend que :

1. Bien que le tahajjud ou la prière nocturne ait une très grande valeur parmi les prières surérogatoires, sa valeur n’est pas supérieure à celle de l’accomplissement des prières obligatoires en assemblée.

2. S’il existe un risque de manquer la prière de l’aube en assemblée, il ne convient pas de rester éveillé la nuit pour se consacrer à l’adoration ou à toute autre activité religieuse.

3. Même s’il existe un risque de manquer la prière de l’aube en assemblée, il ne convient pas de rester éveillé la nuit pour accomplir le tahajjud. En revanche, s’il n’y a aucun risque de manquer la prière de l’aube en assemblée, il est préférable d’accomplir le tahajjud.

Possibilité de retarder sa présence à la prière en assemblée et exceptions

Rapporté d’après Aïcha, la Mère des croyants — qu’Allah l’agrée. Elle dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — dire : lorsque le repas est servi ou que le besoin d’uriner ou de déféquer se fait sentir, ne vous rendez pas à la prière avant d’avoir satisfait ces besoins. » (Sahih Muslim)

Rapporté d’après Abdallah ibn Arqam — qu’Allah l’agrée. Il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — dire : lorsque l’iqama de la prière est prononcée et que l’un d’entre vous ressent le besoin d’uriner ou de déféquer, qu’il satisfasse d’abord ce besoin. » (At-Tirmidhi, Abou Dawoud, An-Nasaï, Muwatta de Malik)

Rapporté d’après Abdallah ibn Omar — qu’Allah l’agrée. Il dit : le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Si le dîner de l’un d’entre vous est servi au moment où l’iqama de la prière est prononcée, qu’il mange d’abord tranquillement, sans se hâter, puis qu’il se rende à la prière. » (Al-Boukhari, Muslim)

Jabir ibn Abdallah — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Ne retardez pas la prière — c’est-à-dire la prière en assemblée — pour prendre votre repas ou pour toute autre raison. » (Charh as-Sunna)

Rapporté d’après Abdallah ibn Omar — qu’Allah l’agrée. Le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Lorsqu’un membre d’entre vous fait l’appel à la prière par une nuit de grand froid ou de pluie intense, qu’il dise également : “Priez dans vos propres demeures.” » (Al-Boukhari, Muslim)

Il ressort de ces hadiths que :

1. Même si le repas est servi et que l’iqama de la prière est prononcée, il convient de manger, puis de se rendre à la prière.

2. Lorsque le besoin d’uriner ou de déféquer se fait sentir, il faut d’abord satisfaire ce besoin, même si la prière a déjà commencé.

3. Lorsque l’heure de la prière en assemblée est fixée, il ne convient pas de la retarder pour manger ou pour toute autre raison.

4. Lors des nuits de froid intense, de pluie et de tempêtes, il est permis de prier chez soi.

5. D’autres hadiths nous apprennent qu’en cas de maladie ou de crainte de l’ennemi, il est permis de prier chez soi. (Abou Dâwoud, Ibn Abbâs, qu’Allah l’agrée.)

Redresser les rangs

Selon Anas, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :

(Arabe***************)

Cela signifie : « Redressez les rangs de la prière, car redresser les rangs fait partie de l’accomplissement de la prière. » (Al-Boukhari)

Selon Anas, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, a dit :(Arabe***************)

Cela signifie : Alignez les rangées de la prière, car aligner les rangées fait également partie du perfectionnement de la prière. (Muslim)

D’après Nu‘mân ibn Bashîr, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, alignait nos rangées de prière comme on redresse les flèches. Lorsque nos rangées étaient bien alignées, il prononçait le takbîr d’ouverture. (Muslim, Abû Dâwûd)

D’après Anas, qu’Allah l’agrée, un jour, lorsque l’iqâma de la prière fut prononcée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, se tourna vers nous et dit : « Alignez vos rangées et tenez-vous les uns contre les autres. » (Bukhârî)

D’après Jâbir ibn Samura, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Tenez-vous en rang comme les anges se tiennent en rang devant leur Seigneur. » Nous demandâmes : « Ô Messager d’Allah, comment les anges se tiennent-ils en rang devant leur Seigneur ? » Il répondit : « Ils complètent d’abord les premières rangées et se tiennent les uns contre les autres. » (Sahîh Muslim)

D’après Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Parmi les rangées des hommes, la meilleure est la première rangée ; et parmi les rangées des femmes, la meilleure est la dernière. » (Sahîh Muslim)

D’après ‘Abdullâh ibn Mas‘ûd, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Que ceux d’entre vous qui sont âgés et doués de discernement se tiennent près de moi, c’est-à-dire de l’imam. Puis ceux qui sont proches d’eux, puis ceux qui sont proches de ces derniers. Prenez garde à ne pas transformer la mosquée en un lieu de vacarme semblable à un marché. » (Muslim)

D’après al-Barâ’ ibn ‘Âzib, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, disait : « Allah et les anges prient pour ceux qui avancent dans les premières rangées », c’est-à-dire qu’ils leur accordent miséricorde et invoquent en leur faveur. Aucun pas n’est plus aimé d’Allah que celui qui est fait pour joindre et compléter les rangées. (Abû Dâwûd)

D’après ‘Abdullâh ibn ‘Umar, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Alignez vos rangées, alignez vos épaules, comblez les espaces, soyez doux les uns envers les autres et ne laissez pas de place au diable entre vous. Celui qui joint une rangée, Allah le relie à Lui ; et celui qui rompt une rangée, Allah le sépare de Lui. » (Abû Dâwûd, Nasâ’î)

Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Commencez par compléter le premier rang, puis le deuxième rang. Complétez-les ainsi successivement. S’il reste une rangée incomplète, que ce soit la dernière. » (Abou Daoud)

Où l’imam et les fidèles doivent-ils se tenir ?

Jabir (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se leva pour prier — une prière surérogatoire. Je vins me placer à sa gauche. Il me prit alors par la main, tout en étant en prière, et me plaça à sa droite. Puis Jabbar ibn Sakhr vint se placer à sa gauche. Le Messager d’Allah nous prit alors tous deux par les mains, nous fit reculer et nous plaça derrière lui. » (Sahih Mouslim)

Abdallah ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte : « Je passai une nuit chez ma tante, la Mère des croyants Maymouna. À un moment de la nuit, je vis le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se lever pour prier — la prière de tahajjoud. Je me levai alors moi aussi et me plaçai à ses côtés pour prier. Il passa sa main derrière lui, me saisit, me tira vers l’arrière et me plaça à sa droite. » (Boukhari et Mouslim)

Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) vint chez nous et se leva pour prier. Un enfant orphelin et moi-même nous plaçâmes derrière lui, tandis que ma mère, Oum Soulaym, se plaça derrière nous. » (Sahih Mouslim)

Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Lorsqu’un homme dirige les gens en prière, qu’il ne se tienne pas dans un endroit plus élevé qu’eux. » (Abou Daoud)

Sahl ibn Sa’d (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se tint debout sur la chaire, en direction de la qibla, et prononça le takbir d’ouverture. Les gens se placèrent derrière lui. Il récita et accomplit l’inclinaison alors qu’il se tenait encore sur la chaire, et les gens s’inclinèrent avec lui. Puis, après avoir relevé la tête de l’inclinaison, il recula, descendit sur le sol de la mosquée et se prosterna sur le sol. Après la prosternation, il remonta sur la chaire, récita, accomplit l’inclinaison et releva la tête de l’inclinaison. Ensuite, il recula et se prosterna sur le sol. »

Après avoir terminé la prière, il dit aux fidèles : « Ô gens ! J’ai fait cela afin que vous puissiez correctement observer et entendre, puis suivre la manière d’accomplir la prière. » (Boukhari, Mouslim)

Selon un récit d’Aïcha, la Mère des croyants, qu’Allah l’agrée : une fois, le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, accomplit une prière surérogatoire dans ma chambre. À ce moment-là, des gens, se trouvant à l’extérieur de ma chambre, prièrent derrière lui. (Abou Dawoud)

Il ressort de ces hadiths que :

1. Lorsque le fidèle qui suit l’imam est seul, il se tient à la droite de l’imam.

2. Si le fidèle qui suit seul l’imam se tient à sa gauche par erreur ou par ignorance, l’imam le prend par la main, le fait passer derrière lui et l’amène à sa droite.

3. Lorsque les fidèles qui suivent l’imam sont plusieurs, ils se tiennent derrière lui. S’ils se tiennent à ses côtés par ignorance, l’imam les repousse derrière lui ou, s’il y a de la place devant, se place lui-même devant eux.

4. Il est également permis d’accomplir une prière surérogatoire en assemblée.

5. Même si une personne n’a pas commencé la prière en tant qu’imam, il est permis de prier derrière elle en la suivant.

6. Les hommes se tiennent derrière l’imam, puis les femmes se placent à la fin.

7. L’imam ne doit pas se tenir dans un endroit plus élevé que les fidèles qui prient derrière lui. Un jour, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se tint sur le minbar afin d’enseigner la prière aux Compagnons, mais il descendait pour se prosterner.

8. La prière n’est pas invalidée lorsque l’imam se trouve à l’intérieur de la maison et que les fidèles prient à l’extérieur.

Qui dirigera la prière ?

Abou Mas‘oud (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Dans toute communauté, celui qui la dirigera dans la prière sera celui qui connaît le mieux parmi eux le Livre d’Allah (le Coran). S’ils sont égaux dans la connaissance du Livre d’Allah, celui qui dirigera la prière sera celui qui connaît le mieux la Sunna. S’ils sont également égaux dans la connaissance de la Sunna, celui qui les dirigera sera celui qui les a précédés dans l’émigration. Et s’ils sont également égaux concernant l’émigration, celui qui les dirigera sera le plus âgé. »

Que nul ne dirige la prière dans le lieu relevant de l’autorité d’un autre, et que nul ne s’asseye, dans la maison ou le bureau d’autrui, à sa place attitrée sans sa permission. (Sahih Muslim)

Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Que les meilleurs d’entre vous appellent à la prière, et que ceux qui connaissent le mieux le Coran dirigent votre prière. » (Abou Dâwoud)

Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un jour, alors que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) partait pour une expédition, il laissa à Médine ‘Abdallah ibn Oumm Maktoum pour diriger la prière des habitants, bien que celui-ci fût aveugle. (Abou Dâwoud)

Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « La prière de trois personnes ne s’élève pas au-dessus d’elles, ne serait-ce que d’un empan (c’est-à-dire qu’elle n’est pas acceptée). Ce sont : »

1. Celui qui dirige la prière des gens alors qu’ils ne l’apprécient pas. (Ibn Mâjah)

Selon Ibn Umar, qu’Allah l’agrée, avant l’arrivée du Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, à Médine, lorsque les premiers émigrés y arrivèrent, c’est Sâlim, l’affranchi d’Abû Hudhayfa, qui dirigeait leur prière, alors qu’Umar et Abû Salama ibn Abd al-Asad se trouvaient également parmi eux. (Sahih al-Bukhari)

Sâlim, qu’Allah l’agrée, était un grand connaisseur du Coran (savant). Le Messager, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, avait recommandé d’apprendre le Coran auprès de quatre personnes. Sâlim, qu’Allah l’agrée, était l’une de ces quatre personnes. Au moment de sa mort, le calife Umar, qu’Allah l’agrée, déclara : « Si Sâlim était encore en vie aujourd’hui, je proposerais de le désigner comme calife après moi. » C’est parce qu’il était un grand savant du Coran que Sâlim acquit la qualification nécessaire pour diriger la prière des Compagnons.

Devoirs et vigilance de l’imam

Selon Abû Qatâda, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a dit : « Il m’arrive parfois de commencer la prière avec l’intention de la prolonger, mais j’entends alors les pleurs d’un enfant et j’achève rapidement la prière, car je sais qu’en entendant pleurer son enfant, la mère devient inquiète. » (Sahih al-Bukhari)

Selon Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah a dit : « Lorsque l’un de vous dirige la prière des gens, qu’il l’allège (la raccourcisse), car parmi ceux qui prient derrière l’imam se trouvent des malades, des faibles et des personnes âgées. Mais lorsque l’un de vous prie seul, il peut prolonger sa prière autant qu’il le souhaite. » (Al-Bukhari et Muslim)

Qays ibn Abî Hâzim rapporte que le Compagnon du Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, Abû Mas‘ûd al-Ansârî, a dit : « Un homme vint un jour et se plaignit en disant : “Ô Messager d’Allah ! Par Allah, je tarde à me rendre à la prière de l’aube à cause d’un tel imam, car il nous fait accomplir une prière très longue.” » Abû Mas‘ûd dit : « Je vis alors ce jour-là le Messager d’Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, adresser un sermon d’un ton irrité. Il dit : “Certains d’entre vous, en dirigeant la prière, importunent les gens. Que celui d’entre vous qui dirige la prière des gens la raccourcisse impérativement, car parmi les fidèles se trouvent des faibles, des personnes âgées et des gens accaparés par diverses nécessités.” » (Al-Bukhari, Muslim)

Selon Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah a dit : « Ceux qui dirigeront votre prière, s’ils l’accomplissent correctement, en tireront une récompense, et vous en tirerez également une. Mais s’ils commettent des erreurs en dirigeant la prière, vous obtiendrez tout de même une récompense, tandis qu’ils porteront le péché. » (Sahih al-Bukhari)

Responsabilités et devoirs des fidèles qui prient derrière l’imam

Anas rapporte qu’un jour, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, dirigea notre prière. Après l’avoir achevée, il se tourna vers nous et dit : « Ô gens ! Je suis votre imam. Ne me devancez donc en rien : ni dans l’inclinaison, ni dans la prosternation, ni dans la station debout, ni dans le salut final. » (Sahih Muslim)

Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Ne devancez pas l’imam. Lorsqu’il prononce le takbîr, prononcez vous aussi le takbîr. … Lorsqu’il s’incline, inclinez-vous également. » (Al-Bukhârî et Muslim)

Anas rapporte que le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « L’imam n’a été institué que pour être suivi. Ainsi, lorsqu’il prie debout, priez debout avec lui. Lorsqu’il s’incline, inclinez-vous avec lui. Lorsqu’il relève la tête, relevez également la tête. Lorsqu’il dit : “Samiʿa Allahu liman hamidah”, dites : “Rabbanâ laka al-hamd”. » (Al-Bukhârî)

Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Celui qui relève la tête avant l’imam ne craint-il pas qu’Allah, le Très-Haut, ne transforme sa tête en tête d’âne ? » (Al-Bukhârî, Muslim)

ʿAlî et Muʿâdh ibn Jabal rapportent que le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Lorsque l’un d’entre vous rejoint la prière en assemblée, qu’il accomplisse ce que fait l’imam, dans la position où il le trouve. » (At-Tirmidhî)

Abû Hurayra rapporte que celui qui incline ou relève la tête avant l’imam a le diable qui le tient par sa houppe. (Al-Muwatta de l’imam Mâlik)

Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Si, en arrivant à la mosquée, vous nous trouvez prosternés, prosternez-vous vous aussi directement. Mais ne comptez pas cette unité de prière comportant une prosternation comme une unité complète pour vous. Celui qui a accompli une unité complète a obtenu toute la prière. » (Abû Dâwûd)

L’imam at-Tirmidhi rapporte qu’Anas, qu’Allah l’agrée, a dit : Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, a dit : « Celui qui accomplit la prière en assemblée pendant quarante jours consécutifs, en participant au premier takbir (takbirat al-ihram), sera inscrit comme s’étant désolidarisé de deux choses : »

1. Il s’est désolidarisé de l’Enfer.

2. Il s’est désolidarisé de l’hypocrisie.

Accomplir deux fois une même prière

Jabir, qu’Allah l’agrée, rapporte : Muadh ibn Jabal, qu’Allah l’agrée, priait avec le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, puis retournait dans son quartier et dirigeait ses habitants dans la même prière. (Al-Bukhari, Muslim)

Jabir, qu’Allah l’agrée, a rapporté : Muadh, qu’Allah l’agrée, accomplissait la prière de l’isha derrière le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, puis retournait auprès des habitants de son quartier et les dirigeait dans la prière de l’isha. Or cette prière était surérogatoire pour lui. (Al-Bayhaqi)

Yazid ibn al-Aswad a rapporté : Lors du pèlerinage d’adieu, j’ai accompli la prière de l’aube avec le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, dans la mosquée de Khayf. Après avoir terminé la prière, lorsqu’il se retourna et s’assit, il vit deux hommes debout à l’extrémité de la mosquée, qui n’avaient pas prié avec lui. Il les fit venir auprès de lui. Lorsqu’on les amena, leurs corps tremblaient. Il leur demanda : « Qu’est-ce qui vous a empêchés de prier avec nous ? » Ils répondirent : « Ô Messager d’Allah ! Nous avons déjà prié dans notre lieu de résidence. » Le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, dit alors : « Ne faites jamais cela. Lorsque vous aurez prié dans votre lieu de résidence, puis que vous trouverez une prière en assemblée à la mosquée, participez à la prière avec eux. Cette prière sera pour vous une prière surérogatoire. » (At-Tirmidhi, Abu Dawud, An-Nasa’i)

Mihjan, qu’Allah l’agrée, a dit : Un jour, comme j’étais venu après avoir prié chez moi, je restai assis sans prier lorsque la prière commença à la mosquée. Après la prière, le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, me vit assis à l’écart et me dit : « Qu’est-ce qui t’a empêché de prier en assemblée ? N’es-tu pas musulman ? » Je répondis : « Ô Messager d’Allah ! Je suis bien musulman, mais j’ai déjà prié chez moi. » Il dit : « Même si tu as prié chez toi et que tu viens ensuite à la mosquée, lorsque tu vois que la prière en assemblée a commencé, joins-toi à elle. » (An-Nasa’i, Al-Muwatta)

 4

Les prières que le Messager (s.a.s.) accomplissait avant et après les prières obligatoires

[Ce chapitre traite des prières que le Messager d’Allah (s.a.s.) accomplissait comme prières surérogatoires en complément des prières obligatoires (c’est-à-dire avant et après celles-ci). Puisque le Messager (s.a.s.) accomplissait lui-même ces prières, qu’il demandait à la communauté de les accomplir et l’y encourageait, ces prières sont donc une sunna pour la communauté.]

Combien de rak‘ats accomplissait-il avant et après les prières obligatoires ?

En résidence (c’est-à-dire lorsqu’il n’était pas en voyage), le Messager d’Allah (s.a.s.) accomplissait régulièrement dix rak‘ats avant et après les prières obligatoires.

Abdullah ibn Umar (r.a.) a rapporté ainsi ces dix rak‘ats : « J’ai gardé en mémoire les dix rak‘ats que le Messager d’Allah (s.a.s.) accomplissait avant et après les prières obligatoires. Il :

— accomplissait deux rak‘ats avant la prière de zuhr.

— accomplissait deux rak‘ats après la prière de zuhr.

Il priait deux rak‘ahs chez lui après le maghrib.

— Il priait deux rak‘ahs avant le fajr. » (Al-Bukhari et Muslim)

En dehors des voyages, il accomplissait régulièrement ces prières de deux rak‘ahs. Une fois, il avait manqué les deux rak‘ahs du zuhr ; il les accomplit alors après le ‘asr. Sa pratique concernant ces prières de deux rak‘ahs était constante. Lorsqu’il adoptait une pratique, il la maintenait. Toutefois, certaines narrations mentionnent douze rak‘ahs au lieu de dix.

L’imam Muslim a rapporté dans son Sahih Muslim un hadith transmis par la Mère des croyants, Umm Habiba. Umm Habiba, qu’Allah l’agrée, a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire : “Quiconque accomplit, de jour et de nuit, douze rak‘ahs de prière en plus des prières obligatoires, Allah lui construira en échange une demeure au Paradis.” »

L’imam at-Tirmidhi a également ajouté les éléments suivants dans cette narration :

— Quatre rak‘ahs avant le zuhr.

— Deux rak‘ahs après le zuhr.

— Deux rak‘ahs après le maghrib.

-Deux rak‘ahs après la prière de ‘ishâ’.

-Deux rak‘ahs avant le fajr. »

Ibn Mâjah a rapporté, d’après la Mère des croyants ‘Â’ishah (qu’Allah l’agrée), un hadith marfû‘ qui mentionne, de manière similaire à celui d’Umm Habîbah (qu’Allah l’agrée), douze rak‘ahs.

Dans le Sahîh de Muslim également, douze rak‘ahs sont mentionnées de manière similaire à la narration de ‘Â’ishah (qu’Allah l’agrée). ‘Abdullah ibn Shaqîq dit : « J’ai interrogé la mère des croyants, ‘Â’ishah, au sujet des prières surérogatoires du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Elle répondit : “Le Messager d’Allah accomplissait quatre rak‘ahs dans ma maison avant le zuhr. Puis il se rendait à la mosquée, dirigeait la prière des gens, revenait ensuite dans ma maison et accomplissait deux rak‘ahs. Après avoir dirigé la prière du maghrib, il entrait dans ma maison et accomplissait deux rak‘ahs. Après avoir dirigé la prière de ‘ishâ’, il entrait également dans ma maison et accomplissait deux rak‘ahs. (…) Et au début du fajr, il accomplissait deux rak‘ahs.” »

Parmi toutes les prières surérogatoires (sunnah), le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accordait la plus grande importance aux deux rak‘ahs avant le fajr et à la prière du witr.

Quatre rak‘ahs avant le zuhr, ou deux rak‘ahs ?

Deux types de récits ont été rapportés au sujet du nombre de rak‘ahs avant le zuhr. Il ressort du récit de ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait deux rak‘ahs avant le zuhr. En revanche, les récits de ‘Â’ishah et d’Umm Habîbah (qu’Allah les agrée toutes deux) indiquent qu’il en accomplissait quatre.

Il est possible qu’il accomplît parfois deux rak‘ahs et parfois quatre. Les deux récits sont authentiques. Les rapporteurs, Ibn ‘Umar, ‘Â’ishah et Umm Habîbah (qu’Allah les agrée), ont chacun rapporté ce qu’ils avaient observé.

Il se peut aussi que, lorsqu’il accomplissait chez lui ces quatre rakʿats avant le zuhr, il en accomplît quatre, tandis qu’à la mosquée il n’en accomplissait que deux.

— Cela semble clairement ressortir du hadith.

Il se peut également que ces quatre rakʿats ne soient pas la sunna du zuhr, mais une prière distincte qu’il accomplissait après le déclin du soleil. — Divers hadiths vont dans le sens de cette opinion. Ainsi, il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, d’après ʿAbdullah ibn Sāʾib, que le Messager d’Allah ﷺ accomplissait quatre rakʿats après le déclin du soleil. Il a dit : « Le moment qui suit le déclin du soleil est tel que les portes du ciel sont ouvertes. J’aime donc beaucoup qu’une partie de mes œuvres y monte. »

Il est également rapporté dans les recueils de Sunan, d’après ʿĀʾisha رضي الله عنها, que si, pour une raison quelconque, le Messager ﷺ ne pouvait pas accomplir les quatre rakʿats avant le zuhr, il les accomplissait après le zuhr. Il est rapporté dans Ibn Mājah que, lorsqu’il ne pouvait parfois pas accomplir les quatre rakʿats avant le zuhr, il les rattrapait après lʿasr.

Dans at-Tirmidhī, il est également rapporté d’après ʿAlī رضي الله عنه que quatre rakʿats étaient accomplis avant le zuhr et deux après.

Dans Ibn Mājah, il est rapporté d’après ʿĀʾisha que le Messager ﷺ accomplissait quatre rakʿats avant le zuhr. Il y prolongeait longuement la station debout et accomplissait le rukūʿ et les prosternations de manière excellente (c’est-à-dire prolongée). »

— Ces récits indiquent que les quatre rakʿats avant le zuhr constituent en réalité une prière distincte de quatre rakʿats, que le Messager d’Allah ﷺ accomplissait après le déclin du soleil. Allah sait mieux.

La sunna avant le zuhr consiste à l’origine en deux rakʿats, comme l’a rapporté ʿAbdullah ibn ʿUmar رضي الله عنهما. Cela concorde également avec les autres prières, puisque la sunna de chaque prière consiste en deux rakʿats. Même s’il disposait de beaucoup de temps avant le fajr, le Messager ﷺ n’accomplissait avec la prière de l’aube que deux rakʿats.

Les quatre rakʿahs de prière avant le zuhr constituent en réalité une prière indépendante, la prière du déclin du soleil.

ʿAbdullah ibn Masʿud, qu’Allah l’agrée, accomplissait huit rakʿahs après le déclin du soleil. Il disait : « Cette prière possède la même valeur que la prière que nous accomplissons après le milieu de la nuit (tahajjud). » Allah sait mieux.

Accomplissait-il une prière avant lʿasr ?

Certains récits rapportent que le Messager, qu’Allah le bénisse et le salue, accomplissait quatre rakʿahs avant lʿasr. Ainsi, il est rapporté que le Messager, qu’Allah le bénisse et le salue, accomplissait quatre rakʿahs avant lʿasr. Par exemple :

1. Ahmad, at-Tirmidhi et Abou Dawoud ont mentionné, d’après ʿAbdullah ibn ʿUmar, qu’Allah l’agrée, une prière de quatre rakʿahs (sunna) avant lʿasr.

2. At-Tirmidhi a mentionné, d’après ʿAli, qu’Allah l’agrée, une prière de quatre rakʿahs avant lʿasr. At-Tirmidhi a également mentionné, d’après ʿAli, qu’Allah l’agrée, l’accomplissement de deux rakʿahs avant lʿasr.

L’authenticité du premier récit fait l’objet d’une divergence. Seul Ibn Hibban l’a déclaré authentique. Tous les autres muhaddiths l’ont jugé défectueux. En réalité, ce récit est faible et irrecevable. De plus, dans les récits transmis par une chaîne authentique d’après ʿAbdullah ibn ʿUmar, qu’Allah l’agrée, celui-ci a dit : « J’ai retenu du Messager, qu’Allah le bénisse et le salue, l’accomplissement de dix rakʿahs durant le jour et la nuit. » Parmi ces dix rakʿahs, il n’est fait aucune mention de quatre rakʿahs avant lʿasr. Par conséquent, le récit qui lui attribue ici quatre rakʿahs avant lʿasr n’est pas recevable.

Concernant le deuxième récit, j’ai appris que le cheikh de l’islam, l’imam Ibn Taymiyya, refusait de le considérer comme un hadith. Il le réfutait. Il le qualifiait de mawduʿ (fabriqué). Abou Ishaq al-Juzajani le rejetait également.

-Par conséquent, on ne sait pas de manière authentiquement établie que le Messager d’Allah (ﷺ) ait accompli une prière nafl avant l’Asr.

Y a-t-il une prière avant le Maghrib ?

Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’à Médine, lorsque le muezzin lançait l’appel à la prière du Maghrib, les gens se hâtaient vers les colonnes de la mosquée et accomplissaient deux rak‘ahs. Ils étaient alors si nombreux à prier ces deux rak‘ahs que, lorsqu’un homme arrivait soudainement, il pensait que la prière en assemblée était déjà terminée. » (Sahih Muslim)

Marsad ibn ‘Abdullah (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Je me rendis un jour auprès de ‘Uqbah ibn ‘Amir al-Juhanî (qu’Allah l’agrée). Je lui dis : “Voulez-vous que je vous rapporte une chose étonnante au sujet d’Abû Tamîm ? Il accomplit deux rak‘ahs avant le Maghrib.” Après m’avoir entendu, ‘Uqbah dit : “Nous accomplissions ces deux rak‘ahs à l’époque du Messager d’Allah (ﷺ).” Je demandai : “Pourquoi ne les accomplissez-vous plus aujourd’hui ?” Il répondit : “À cause des occupations.” » (Sahih al-Bukhari)

Mukhtâr ibn Fulful rapporte : « Je demandai un jour à Anas (qu’Allah l’agrée) au sujet de l’accomplissement de deux rak‘ahs nafl après l’Asr. Il répondit : “Après l’Asr, lorsque certains se préparaient à prier, ‘Umar (qu’Allah l’agrée) leur frappait les mains. Toutefois, nous priions à l’époque du Messager d’Allah (ﷺ).” Je lui demandai : “Le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait-il lui aussi ces deux rak‘ahs ?” Il répondit : “Il nous voyait les accomplir, mais il ne nous l’a ni ordonné ni interdit.” » (Sahih Muslim)

-Ces récits montrent que les deux rak‘ahs avant le Maghrib étaient approuvées par le Messager d’Allah (ﷺ).

Accomplir les prières sunnah chez soi est une sunnah

Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Ô gens, priez chez vous. Sachez que les prières autres que les prières obligatoires sont meilleures lorsqu’elles sont accomplies chez soi. »

La pratique du Messager d’Allah (ﷺ) était que, lorsqu’il ne rencontrait aucune difficulté, il accomplissait les prières sunnah et surérogatoires chez lui. De même, sauf en cas de voyage, de maladie ou pour toute autre raison, il accomplissait la prière à la mosquée.

Nous avons déjà mentionné le récit de ʿÂ’isha, rapporté dans Sahih Muslim. Elle dit : « Avant la prière du zuhr, le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait quatre rakʿahs dans ma chambre. Puis il se rendait à la mosquée et dirigeait la prière des gens. Ensuite, il rentrait chez lui et accomplissait deux rakʿahs. Après avoir dirigé la prière du maghrib, il entrait dans ma chambre et accomplissait deux rakʿahs. Après avoir dirigé la prière de l’ʿishâ’, il entrait dans ma chambre et accomplissait deux rakʿahs. » (Sahih Muslim)

Un hadith rapporté par at-Tirmidhî, Abû Dâwûd et an-Nasâ’î, d’après Kaʿb ibn ʿUjrah (qu’Allah l’agrée), relate qu’un jour, le Messager d’Allah (ﷺ) se rendit à la mosquée des Banû ʿAbd Allâh al-Ashhal et y accomplit la prière du maghrib. Après la fin de la prière obligatoire, il vit les gens occupés à accomplir une prière surérogatoire (sunnah). Il leur dit alors :

« Cette prière doit être accomplie chez soi. »

La version du hadith rapportée par at-Tirmidhî et an-Nasâ’î est la suivante : « Après la prière obligatoire, les gens commencèrent à accomplir une prière surérogatoire. Le Noble Prophète (ﷺ) leur dit alors : Vous devriez accomplir cette prière chez vous. »

Divers récits indiquent, au sujet de la sunnah du fajr, que le Messager d’Allah (ﷺ) l’accomplissait chez lui.

Les spécialistes de l’islam ont déclaré que si quelqu’un accomplit les prières sunnah et surérogatoires à la mosquée, cela est permis, tout comme il est permis, pour une raison valable, d’accomplir la prière obligatoire chez soi. Toutefois, la pratique sunnah est celle qui a été exposée ci-dessus.

 

5

La prière en voyage

En voyage, le Messager accomplissait deux rakʿat obligatoires

Au cours de sa mission prophétique, le Messager d’Allah a effectué, en gros, quatre types de voyages. Les voici :

1. Le voyage de l’Hégire.

2. Le voyage pour le jihād dans la voie d’Allah. C’est celui qu’il a effectué le plus souvent.

3. Le voyage pour la ʿumra.

4. Le voyage pour le hajj.

Lorsque le Messager d’Allah partait en voyage, il raccourcissait les prières de quatre rakʿat à deux rakʿat, jusqu’à son retour à Médine à la fin du voyage.

Il n’existe aucune preuve qu’il ait accompli quatre rak‘ats complètes en voyage. Il existe toutefois à ce sujet un récit rapporté d’Aïcha (qu’Allah l’agrée), selon lequel le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) raccourcissait parfois la prière en voyage et l’accomplissait parfois en entier. Mais ce récit n’est pas authentique. L’imam Ibn Taymiyya a dit qu’il s’agissait d’un hadith forgé par les gens. Comment Aïcha (qu’Allah l’agrée) aurait-elle pu rapporter quelque chose qui contredit la pratique du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et de tous les Compagnons ? [Voici quelques hadiths concernant la manière dont le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et ses Compagnons accomplissaient la prière :

Ibn Abbas (qu’Allah les agrée) rapporte : Allah Très-Haut a prescrit, par l’intermédiaire de votre Prophète, quatre rak‘ats de prière en résidence et deux rak‘ats en déplacement (en voyage). En outre, Allah a prescrit une rak‘at de prière en temps de peur. (Sahih Muslim)

Il est rapporté d’Abdullah ibn Umar et d’Abdullah ibn Abbas (qu’Allah les agrée tous deux) qu’ils ont dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a établi la pratique d’accomplir deux rak‘ats de prière en voyage. Ces deux rak‘ats constituent en réalité la prière complète, et non une prière réduite (c’est plutôt la prière en résidence qui a été augmentée de deux rak‘ats). En outre, le Noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait également la prière du witr en voyage. (Ibn Maja)

Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : Nous sommes partis pour La Mecque avec le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Jusqu’à notre retour de La Mecque à Médine, il accomplissait en deux rak‘ats la prière qui en comportait quatre. (Al-Boukhari et Muslim). عمران ibn Husayn (qu’Allah l’agrée) rapporte : J’ai participé à de nombreuses batailles avec le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). J’étais également avec lui lors de la conquête de La Mecque. À cette occasion, il séjourna dix-huit nuits à La Mecque et, durant cette période, il accomplissait la prière en deux rak‘ats. (Abou Dawoud)

Il ressort des hadiths authentiques qu’Allah Très-Haut avait d’abord prescrit deux rak‘ats pour chaque prière. Puis, lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) émigra à Médine, le nombre de rak‘ats de la prière en résidence fut augmenté. Quant à la prière en déplacement (en voyage), elle resta telle qu’elle était auparavant.

Durant tous ses voyages, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait toutes les prières en deux rak‘ats ; aucune preuve n’indique qu’il ait accompli quatre rak‘ats à quelque moment que ce soit. Comment pourrait-on penser à son sujet qu’il ait agi contrairement à la pratique établie ? Des musulmans étaient ses compagnons de voyage. Aucun d’entre eux ne l’a vu accomplir quatre rak‘ats en voyage. Au sujet de la déclaration d’Aïcha, Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) a dit : « Aïcha avait sa propre interprétation, tout comme le noble Uthman avait sa propre interprétation. » [Le hadith concernant cette question est le suivant :

Urwa ibn az-Zubayr rapporte qu’il a dit : Ma tante Aïcha (qu’Allah l’agrée) a dit : « La prière fut d’abord prescrite à raison de deux rak‘ats. Puis, après l’émigration du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), quatre rak‘ats furent prescrites ; toutefois, la prière en voyage resta prescrite à deux rak‘ats, comme auparavant. » L’imam az-Zuhri dit : J’ai demandé à Urwa : Pourquoi donc votre tante Aïcha (qu’Allah l’agrée) accomplissait-elle quatre rak‘ats en voyage ? Urwa répondit : Elle avait à ce sujet sa propre interprétation, tout comme Uthman avait sa propre interprétation. (Al-Boukhari et Muslim)

Explication : L’interprétation d’Aïcha (qu’Allah l’agrée) était qu’elle pensait que la prière ne devait être raccourcie en voyage que lorsqu’on était confronté à la peur et à la terreur, et non dans le cas contraire.

Un jour, pendant le pèlerinage, Hazrat Othmân accomplit quatre rakʿats de prière à Mina. Pour l’expliquer, il dit : « Je me suis marié ici après y être arrivé. Or le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit que si quelqu’un se marie quelque part après y être arrivé en voyage, il devient résident de ce lieu et accomplit la prière complète. »]

On rapporte que, selon Hazrat Aïcha, la condition pour raccourcir la prière était le voyage, ainsi que la crainte et le risque d’une attaque pendant celui-ci. Selon elle, lorsque le voyage ne comportait ni crainte ni risque d’attaque, il n’y avait aucune raison de raccourcir la prière.

Cette interprétation est totalement erronée. De plus, elle est contraire à la pratique du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). En effet, il est solidement établi d’après les Compagnons éminents que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) raccourcissait toujours la prière, même durant les voyages en toute sécurité.

Le récit de Hazrat Umar à ce sujet est particulièrement remarquable. Il dit : « En voyant le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) raccourcir la prière au cours d’un voyage en toute sécurité, je m’en étonnai et, en mentionnant le verset relatif au raccourcissement, je lui demandai : “Allah Très-Haut a pourtant dit : ‘Si vous craignez que les mécréants ne vous mettent en danger, vous pouvez raccourcir la prière.’ Nous voyageons maintenant en toute sécurité ; pourquoi avez-vous néanmoins raccourci la prière ?” Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) répondit : “C’est un don, une dispense et une grâce de la part d’Allah envers vous. Acceptez donc ce don, cette dispense et cette grâce qu’Il vous a accordés.” » [Un autre hadith à ce sujet est cité ici : Haritha ibn Wahb al-Khuzaï (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dirigea pour nous la prière à Mina en accomplissant deux rakʿats au lieu de quatre, alors qu’à ce moment-là nous étions parfaitement à l’abri de toute crainte. (Al-Bukhari, Muslim)] Sahih Muslim)

On comprend ainsi qu’il n’incombe pas à la communauté de déterminer elle-même la signification d’un verset ; son devoir est plutôt de respecter la règle que le Messager (législateur de la charia), paix et bénédictions d’Allah sur lui, a déduite de ce verset.

Un jour, Umayya ibn Khalid dit à Abdallah ibn Umar (qu’Allah les agrée) : « Dans le Coran, nous ne trouvons que la prière en situation de résidence et la prière en temps de peur ; le Coran ne parle pas de la prière du voyage. D’où vient donc la prière du voyage ? » Hazrat Abdallah ibn Umar répondit : « Ô mon frère ! Nous ne savions rien. Allah Tout-Puissant a envoyé Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) comme prophète pour nous. Nous faisons donc ce que nous l’avons vu faire. »

À propos du récit de Hazrat Aïcha, l’imam Ibn Taymiyya a dit que ce hadith était forgé. Quelqu’un l’aurait composé puis attribué à Hazrat Aïcha. En effet, il est solidement établi dans tous les récits des Compagnons que, durant ses voyages, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’accomplissait que deux rakʿats et non quatre. Hazrat Othmân en accomplit quatre à Mina en invoquant son mariage.

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) n’accomplissait pas les prières sunnah en voyage

Le Messager (ﷺ) réduisait, pendant le voyage, les prières obligatoires de quatre rak‘ats à deux rak‘ats. Il n’est pas établi qu’en voyage il ait accompli une quelconque prière sunnah avant ou après les prières obligatoires, hormis le witr et la sunnah du fajr. Oui, il accomplissait toujours le witr et la sunnah du fajr, qu’il fût résident ou en voyage.

Lorsqu’on interrogea ‘Abdullah ibn ‘Umar au sujet de l’accomplissement des prières sunnah en voyage, il répondit : « J’ai toujours accompagné le Messager d’Allah (ﷺ) au cours de ses voyages. Mais je ne l’ai jamais vu accomplir le tasbîh (la prière sunnah). Il est notre modèle et celui que nous devons suivre. Allah, exalté soit-Il, dit :(Arabe*******************)

Sens : « Vous avez certes dans le Messager d’Allah un excellent modèle. »

Il est rapporté dans al-Bukhari et Muslim, d’après Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée), que le Messager (ﷺ) accomplissait en voyage le witr et les prières nocturnes surérogatoires en faisant des signes depuis sa monture. En revanche, il n’accomplissait pas les prières obligatoires sur sa monture.

L’imam ach-Chafi‘i (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Il est établi par la pratique du Messager d’Allah (ﷺ) qu’il raccourcissait la prière en voyage et accomplissait également des prières surérogatoires durant la nuit. »

Il est rapporté dans al-Bukhari et Muslim qu’Amir ibn Rabi‘ah (qu’Allah l’agrée) a dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (ﷺ), au cours d’un voyage et durant la nuit, accomplir assis sur sa monture une prière surérogatoire. » En réalité, il s’agissait de la prière de qiyam al-layl, ou tahajjud.

Lorsque l’imam Ahmad fut interrogé au sujet de l’accomplissement de prières surérogatoires en voyage, il répondit : « J’espère qu’il n’y a aucun mal à accomplir des prières surérogatoires en voyage. »

Il est rapporté d’al-Hasan (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : « Le Messager d’Allah et ses Compagnons accomplissaient en voyage des prières surérogatoires avant et après les prières obligatoires. » Il est également rapporté que ‘Umar, ‘Ali, Ibn Mas‘ud, Jabir, Anas, Ibn ‘Abbas et Abu Dharr (qu’Allah les agrée tous) agissaient de même.

Cependant, ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) n’accomplissait aucune prière sunna avant ou après les prières obligatoires durant ses voyages. Il n’accomplissait que le witr et le tahajjoud à la fin de la nuit. La pratique du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) consistait, en voyage, à raccourcir les prières obligatoires et à ne faire aucune autre prière avant ou après celles-ci. Toutefois, il n’interdisait pas d’accomplir des prières nafl avant ou après les prières obligatoires. Il s’agissait naturellement de prières nafl ordinaires, sans rapport avec les prières obligatoires. En effet, puisque les prières obligatoires ont été réduites à deux rak‘at pour faciliter la tâche au voyageur, il ne peut être logique de maintenir la pratique des prières sunna avant et après celles-ci. Dans ce cas, il aurait plutôt été préférable d’accomplir les prières obligatoires au complet. C’est pourquoi ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) a dit : « S’il avait été nécessaire d’accomplir des prières sunna avant et après les prières obligatoires en voyage, j’aurais plutôt accompli les prières obligatoires au complet, sans les raccourcir. »

Le récit de ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) selon lequel le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ne délaissait jamais les quatre rak‘at avant le zuhr ni les deux rak‘at après le zuhr concerne la prière en résidence, et non la prière en voyage.

Il accomplissait la prière à bord d’une monture ou d’un moyen de transport.

La pratique du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) était que, lorsqu’il voyageait à dos de monture ou à bord d’un moyen de transport, il accomplissait les prières nafl sur sa monture. [De nombreux hadiths à ce sujet ont été rapportés dans al-Bukhari, Muslim et d’autres ouvrages, d’après Ibn ‘Umar, Jabir, ‘Amir et plusieurs autres Compagnons (qu’Allah les agrée). Comme le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) établissait la prière en assemblée pour les prières obligatoires, et qu’il n’était pas possible d’établir une assemblée sur le dos d’une monture, il descendait de celle-ci au moment des prières obligatoires et établissait la prière en assemblée.] Quelle que fût la direction prise par la monture, il se tournait naturellement dans cette direction pour prier. À ce moment-là, il inclinait la tête pour accomplir le rukū‘ et la prosternation par un geste. Toutefois, il inclinait davantage la tête pour la prosternation que pour le rukū‘.

Un récit d’Anas (qu’Allah l’agrée) est cité dans le Musnad d’Ahmad et dans les Sunan d’Abu Dawud. Il y est dit qu’au moment du takbīrat al-ihrām, il orientait sa monture vers la qibla. Puis, pour le reste de la prière, il se tournait dans la direction vers laquelle se dirigeait la monture.

Ce hadith est contestable, car son contenu ne concorde pas avec celui de nombreux hadiths authentiques.

Les récits de tous ceux qui ont rapporté la manière dont le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) priait à bord d’une monture concordent. Ils ont tous dit : « Le Messager d’Allah priait à bord de sa monture et priait dans la direction vers laquelle celle-ci se dirigeait. » Dans ces récits, ils ne mentionnent nullement que, lors du takbīrat al-ihrām, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) orientait sa monture vers la qibla. Ces hadiths ont été rapportés par ‘Amir ibn Rabi‘a, ‘Abdullah ibn ‘Umar et Jabir ibn ‘Abdullah (qu’Allah les agrée). Ces hadiths sont plus authentiques et plus fiables que le hadith rapporté par Anas (qu’Allah l’agrée) précédemment. (Et Allah sait mieux.)

Lorsqu’il pleuvait et que le sol était boueux, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait les prières obligatoires à bord d’un moyen de transport avec ses Compagnons. Toutefois, ce récit ne nous est pas parvenu par plusieurs chaînes de transmission : un seul Compagnon l’a rapporté. Ce hadith figure dans le Musnad d’Ahmad, ainsi que dans les recueils d’al-Tirmidhi et d’al-Nasa’i. Voici le récit : Un jour, le Messager d’Allah arriva avec ses Compagnons dans un endroit étroit. Il pleuvait au-dessus d’eux et le sol était boueux. L’heure de la prière arriva alors. Sur l’ordre du Messager d’Allah, le muezzin fit l’appel à la prière ainsi que l’iqama. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) avança sur sa monture devant tout le monde et dirigea la prière en tant qu’imam avec les Compagnons.

Ils accomplissaient tous la prière depuis leurs propres montures. Le Messager (s.) accomplissait l’inclinaison et la prosternation par gestes, mais il inclinait la tête davantage pour la prosternation que pour l’inclinaison. »

— L’imam at-Tirmidhi a dit que ce hadith était gharîb, c’est-à-dire qu’à un moment donné il n’avait eu qu’un seul narrateur. À un moment donné, ʿUmar ibn Dîrmah l’a rapporté seul. Il est toutefois attesté que le vénérable Anas accomplissait la prière obligatoire sur une monture. [Bien que ce hadith soit rapporté par une chaîne unique, il est cohérent. En effet, lorsque des difficultés empêchent de descendre de la monture et d’établir une prière en assemblée au sol, il est logique d’accomplir la prière sur la monture. À l’époque moderne, ce hadith s’applique tout particulièrement aux moyens de transport, comme les bateaux.]

Il accomplissait deux prières à la fois.

La pratique du Messager d’Allah (s.) était la suivante : s’il partait en voyage avant le déclin du soleil, il retardait la prière de zuhr jusqu’au moment de la prière d’asr. Puis, au moment de l’asr, il accomplissait ensemble zuhr et asr. S’il se mettait en route après le déclin du soleil, il accomplissait ensemble zuhr et asr avant de partir.

S’il se mettait en route précipitamment au moment du maghrib, il retardait la prière du maghrib et accomplissait ensemble maghrib et icha au moment de l’icha.

On en trouve la preuve dans le hadith rapporté au sujet du voyage du Messager d’Allah (s.) à Tabûk. Il y est dit : lors du voyage à Tabûk, au moment de partir d’une étape, si le Messager (s.) se mettait en route après le déclin du soleil, il accomplissait ensemble zuhr et asr au moment de zuhr avant de partir. S’il partait avant le déclin du soleil, il retardait zuhr et accomplissait ensemble zuhr et asr au moment de l’asr. Il agissait de même pour maghrib et icha. Des divergences sont apparues au sujet de ce hadith :

— Certains ont dit que ce hadith était sahîh (authentique).

— Certains ont dit que ce hadith était hasan (excellent).

— Certains ont dit que ce hadith était défectueux.

Mais après l’avoir examiné et analysé sous tous ses aspects, nous avons constaté qu’il ne comportait aucun défaut. Ainsi, le hadith relatif à cette même question que al-Hakim a rapporté dans son ouvrage al-Mustadrak remplit toutes les conditions requises pour que sa chaîne de transmission soit authentique.

Al-Hakim a dit : Abou Bakr ibn Mouhammad ibn Ahmad al-Balouwiya m’a rapporté ; Moussa ibn Haroun lui a rapporté ; Qoutayba ibn Saïd lui a rapporté ; Laïth ibn Saad lui a rapporté ; celui-ci l’a entendu de Yazid ibn Abî Habib, qui l’a entendu d’Abou Toufayl, qui le tenait de Mouadh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée). Mouadh (qu’Allah l’agrée) lui a rapporté ceci : lors du voyage de l’expédition de Tabouk, chaque fois que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) partait d’une étape avant le zénith, il accomplissait ensemble les prières de zuhr et d’asr. S’il partait après le zénith, il accomplissait ensemble zuhr et asr au moment de zuhr, puis se mettait en route. S’il partait avant le coucher du soleil, il retardait la prière du maghrib jusqu’à l’heure d’isha, puis accomplissait ensemble maghrib et isha au moment d’isha. S’il partait après le coucher du soleil, il avançait la prière d’isha et accomplissait ensemble maghrib et isha au moment du maghrib, puis se mettait en route.

— Al-Hakim a dit : ce hadith a été rapporté par un groupe d’imams fiables du hadith. Il ne comporte aucun défaut ni aucune faiblesse. [Ce hadith a également été rapporté par Abou Dawoud et at-Tirmidhi.] Ceux qui ont signalé une faiblesse dans ce hadith ont en réalité soulevé une objection au sujet de l’un de ses transmetteurs. Ils l’ont critiqué par erreur. Les imams du hadith, notamment l’imam Mouslim, ont accepté ses transmissions.

En outre, de nombreux autres hadiths prouvent que le contenu de ce hadith est correct. [Dans Sahih al-Boukhari, il est rapporté d’Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) était en voyage, il accomplissait ensemble les prières de zuhr et d’asr, ainsi que celles de maghrib et d’isha. »

Dans al-Boukhari, il est rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait ensemble maghrib et isha en voyage. Dans al-Boukhari, il est également rapporté d’Anas (qu’Allah l’agrée) que, lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) partait avant le zénith, il retardait zuhr jusqu’à l’heure d’asr, puis accomplissait ensemble zuhr et asr au moment d’asr. Il est rapporté de Salim dans al-Boukhari que, en raison des difficultés du voyage, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait ensemble les prières de maghrib et d’isha. De nombreux hadiths au contenu similaire ont également été rapportés d’Ibn Abbas par différentes chaînes de transmission.

Après avoir analysé les hadiths relatifs au regroupement de deux prières, l’imam Ibn Taymiyya a déclaré qu’en voyage, il est permis de regrouper deux prières même lorsqu’on séjourne dans un endroit sans éprouver de difficulté. En effet, lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) séjournait à Arafat, il accomplissait ensemble zuhr et asr. De plus, si des difficultés ou un besoin surviennent durant le voyage, il est a fortiori préférable de regrouper les deux prières dans cette situation.

L’imam Ahmad ibn Hanbal, l’imam ach-Chafi‘i et l’imam Malik ont déclaré que le regroupement de deux prières est, de manière générale, lié au voyage. Il n’est pas réservé à un type particulier de voyage.

L’imam Abou Hanifa, qu’Allah lui fasse miséricorde, considère que le regroupement est réservé au séjour à Arafat.

La majorité des prédécesseurs de la communauté (les pieux prédécesseurs) raccourcissaient et regroupaient les prières lors de tout voyage, court ou long.

La distance du voyage permettant de raccourcir et de regrouper les prières

Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, n’a fixé aucune limite à la distance du voyage. Les Compagnons n’ont pas non plus mentionné de limite. Le Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, n’a précisé aucune distance à partir de laquelle il serait permis de raccourcir et de regrouper les prières ou de suspendre le jeûne obligatoire. Le Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et ses Compagnons employaient le mot « voyage » dans son sens général.

Certains ont considéré la distance entre La Mecque et Djeddah ainsi que celle entre La Mecque et Taïf, soit 48 miles, comme la distance minimale de référence pour un voyage. Mais le Messager, qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix, et les Compagnons n’ont rien fixé de tel. Ils ont employé le terme « voyage ». Ainsi, toute distance généralement considérée comme un voyage constitue un voyage. Il ne nous appartient pas d’en fixer la mesure en miles.

Le raccourcissement des prières, leur regroupement, la suspension du jeûne, le tayammum et autres dispositions sont donc permis lors de tout voyage, court ou long, qui est communément appelé « voyage ».

La prière en période de crainte face à l’ennemi

Lorsque le voyage s’accompagne de la crainte d’une attaque ennemie, Allah, exalté soit-Il, a permis de réduire à la fois les éléments constitutifs de la prière et le nombre de rak‘ahs.

Au cours d’un voyage sans danger (sans crainte d’une attaque ennemie), Il a seulement autorisé à réduire le nombre de rak‘ats.

Et, dans une situation dangereuse en dehors d’un voyage, Il a seulement autorisé à alléger les piliers de la prière.

— Telle était la manière de raccourcir la prière instituée par le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Il adopta cette méthode en se fondant sur les versets coraniques relatifs au raccourcissement de la prière. Deux sourates du Noble Coran en parlent. L’une est la sourate Al-Baqara, versets 238 et 249, et l’autre la sourate An-Nisâ’, versets 101 et 102. Nous mentionnons ici les versets des deux sourates :

(Arabe*******************)

Sens : Préservez toutes les prières, particulièrement la prière médiane. Et tenez-vous debout avec humilité devant Allah. Mais si vous craignez des troubles et du désordre, priez comme vous le pouvez, à pied ou montés sur une monture. Puis, lorsque la sécurité est rétablie, souvenez-vous d’Allah (accomplissez la prière) de la manière qu’Il vous a enseignée, alors qu’auparavant vous ne la connaissiez pas. (Sourate Al-Baqara : 238-239)

Il est dit dans la sourate An-Nisâ’ :(Arabe**************************)

Sens : Lorsque vous voyagez, il n’y a aucun mal à raccourcir la prière, surtout lorsque vous craignez que les mécréants ne vous causent du tort, car ils se sont acharnés à vous manifester ouvertement leur hostilité. Ô Prophète ! Lorsque tu te trouves parmi les croyants et que tu les conduis dans la prière en situation de guerre, qu’un groupe d’entre eux se tienne debout avec toi et prenne ses armes. Puis, après s’être prosterné, qu’il se retire à l’arrière, tandis que le second groupe, qui n’a pas encore prié, viendra prier avec toi. Que ceux-ci restent également vigilants et portent leurs armes, car les mécréants guettent l’occasion. Si vous négligez quelque peu vos armes et vos effets, ils fondront soudainement sur vous. Toutefois, si la pluie vous gêne ou si vous êtes malades, il n’y a aucun mal à déposer vos armes. Mais restez malgré tout vigilants. (Sourate An-Nisâ’ : 101-102)

En situation de crainte de l’ennemi, la manière dont le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accomplissait la prière était la suivante : si l’ennemi se trouvait en direction de la qibla, il faisait placer derrière lui tous ses compagnons musulmans pour prier. Il prononçait le takbîr et eux aussi prononçaient le takbîr. Il s’inclinait et eux aussi s’inclinaient tous. Il relevait la tête après l’inclinaison et eux aussi relevaient la tête et se tenaient debout. Puis, lorsqu’il se prosternait, le rang le plus proche de lui (c’est-à-dire le rang de devant) se prosternait avec lui, tandis que le rang arrière restait debout face à l’ennemi. Lorsqu’il achevait ainsi la première rak‘at et se relevait pour la deuxième, les personnes du rang arrière avançaient et celles du rang avant reculaient pour prendre place à l’arrière. Les personnes du rang arrière avançaient afin de pouvoir accomplir deux prosternations avec l’imam durant la deuxième rak‘at, comme l’avaient fait les personnes du rang avant lors de la première rak‘at. De cette manière, les deux groupes accomplissaient un nombre égal de prières avec l’imam.

Puis, lorsque le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) se rendait à l’inclinaison de la deuxième rakʿa, tous, ceux des rangs avant comme ceux des rangs arrière, s’inclinaient avec lui comme lors de la première rakʿa. Mais lorsqu’il se prosternait pour la deuxième rakʿa, les fidèles du rang avant se prosternaient avec lui, tandis que ceux du rang arrière restaient debout face à l’ennemi. Puis, lorsqu’il s’asseyait pour le tashahhud, les fidèles du rang arrière accomplissaient leurs deux prosternations et rejoignaient le tashahhud avec lui. Ensuite, tous prononçaient ensemble le salām avec lui.

Si l’ennemi se trouvait dans une direction autre que celle de la qibla, il répartissait alors ses compagnons en deux groupes. Un groupe restait prêt à affronter l’ennemi. L’autre groupe accomplissait avec lui une rakʿa de la prière, puis allait prendre la place du groupe resté face à l’ennemi. Le groupe qui était resté debout venait alors le rejoindre pour la deuxième rakʿa et accomplissait une rakʿa de prière avec lui. Puis il prononçait le salām, tandis que les deux groupes accomplissaient ensuite chacun à leur tour une rakʿa supplémentaire de leur propre initiative.

Lorsque l’ennemi se trouvait dans une direction autre que celle de la qibla, il lui arrivait également de répartir ses compagnons en deux groupes, puis d’accomplir une première rakʿa avec le premier groupe et de rester debout pour la deuxième rakʿa. Pendant qu’il restait debout, le premier groupe accomplissait seul une autre rakʿa, puis prononçait le salām et se retirait. À ce moment-là, le deuxième groupe venait le rejoindre pour la deuxième rakʿa. Après avoir accompli la deuxième rakʿa avec eux, lorsqu’il s’asseyait pour le tashahhud, ils se levaient et achevaient seuls la rakʿa qui leur restait. Pendant ce temps, il les attendait assis dans la position du tashahhud, afin qu’ils terminent leur rakʿa. Puis, lorsqu’ils avaient eux aussi terminé leur tashahhud, il prononçait le salām avec eux tous ensemble.

Il lui arrivait aussi d’accomplir deux rakʿas avec un groupe, puis de s’asseoir pour le tashahhud. À ce moment-là, ce groupe prononçait seul le salām et se retirait, tandis que l’autre groupe prenait sa place. Il se levait alors de la position du tashahhud et dirigeait également avec eux deux rakʿas, puis prononçait le salām.

Selon cette méthode, sa prière comportait quatre rakʿas, tandis que celle des Compagnons en comportait deux pour chacun.

Il lui arrivait aussi d’accomplir deux rakʿas avec un groupe, puis de prononcer le salām. Ensuite, il accomplissait deux rakʿas avec un autre groupe, puis prononçait le salām.

Selon cette méthode, sa prière était accomplie deux fois.

Il lui arrivait d’accomplir une rakʿa avec un groupe. Ce groupe se retirait après avoir accompli une seule rakʿa. Il n’accomplissait pas la deuxième rakʿa. Puis un autre groupe venait accomplir la deuxième rakʿa avec lui.

— Selon cette méthode, il accomplissait deux rakʿats, tandis que les Compagnons en accomplissaient chacun une.

En cas de crainte d’une attaque ennemie, il est permis d’accomplir la prière selon chacune de ces méthodes. L’imam Ahmad ibn Hanbal a dit que toutes ces méthodes sont établies d’après le Messager d’Allah (s.a.w.) et qu’il est donc permis d’accomplir la prière selon l’une d’elles lorsqu’une situation similaire se présente.

D’autres méthodes ont également été rapportées. Toutefois, les méthodes mentionnées ici sont les correctes.

Selon l’avis doctrinal d’Ibn ʿAbbās, Jābir ibn ʿAbd Allāh, Ṭāwūs, Mujāhid, al-Ḥasan al-Baṣrī, Qatāda, al-Ḥakam et Isḥāq ibn Rāhwayh, qu’Allah leur fasse miséricorde, chaque groupe accomplira une rakʿat.

 

6

La prière du vendredi

Comment la prière du vendredi a-t-elle commencé ?

L’historien Ibn Isḥāq a rapporté, en mentionnant sa source, d’après ʿAbd al-Raḥmān ibn Kaʿb ibn Mālik. ʿAbd al-Raḥmān dit : lorsque mon père, Kaʿb ibn Mālik, atteignit un âge avancé et perdit la vue, je le guidais en le tenant par la main et l’accompagnais çà et là. Alors que je l’emmenais accomplir la prière du vendredi, il entendit l’appel à la prière en chemin. Dès qu’il l’entendit, il demanda pardon pour Abū Umāma Asʿad ibn Zurāra. Je fus intrigué et voulus lui en demander la raison. Mais, par profond respect pour lui, je ne lui posai aucune question ce jour-là.

Depuis lors, je l’emmenais chaque vendredi à la prière du vendredi. Dès qu’il entendait l’appel à la prière du vendredi, il demandait pardon pour Abū Umāma Asʿad ibn Zurāra. Un jour, poussé par une grande curiosité, je finis par lui demander : « Père ! Pourquoi demandes-tu pardon pour Asʿad ibn Zurāra chaque fois que tu entends l’appel à la prière du vendredi ? »

Mon père répondit : « Mon fils ! Avant même que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — n’émigre à Médine, il avait commencé à diriger pour nous la prière du vendredi dans une étendue désertique de Baqīʿ. Cet endroit était appelé Baqīʿ al-Khadurāt. »

Je demandai : « Combien étiez-vous alors à accomplir la prière du vendredi ? »

Il répondit : « Quarante personnes. »

Ce hadith est rapporté par une chaîne excellente et authentique. Tous ses transmetteurs sont dignes de confiance.

— À mon avis, c’est là que commença la prière du vendredi.

Ensuite, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — émigra à Médine. Il séjourna d’abord à Qubā, un lieu situé dans la banlieue de Médine, chez les Banū ʿAmr ibn ʿAwf. Selon Ibn Isḥāq, il posa ici les fondations de la mosquée de Qubā les lundi, mardi, mercredi et jeudi. Puis, le vendredi, il se mit en route depuis cet endroit. Lorsqu’il arriva chez la tribu de Sālim ibn ʿAwf, l’heure de la prière du vendredi arriva. Il accomplit la prière du vendredi dans la mosquée située dans cette plaine.

C’était la première prière du vendredi du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — après son émigration à Médine. C’est également là qu’il prononça son premier sermon du vendredi. Ibn Isḥāq a dit : « J’ai entendu son premier sermon d’Abū Salama ibn ʿAbd al-Raḥmān. » Nous demandons refuge à Allah contre le fait d’attribuer au Messager d’Allah des paroles erronées.

Dans ce premier sermon, il commença par adresser à Allah les louanges et glorifications qui Lui sont dues. Puis il dit :

(Arabe*********************)

En vérité, ô gens ! Envoyez à l’avance de bonnes œuvres pour vous-mêmes. Sachez-le : je le jure par Allah, lorsque la mort vous surprendra, vos troupeaux resteront sans berger. Lorsque le défunt comparaîtra devant Allah, Celui-ci lui demandera : « Mon Messager n’est-il pas venu à toi ? Ne t’a-t-il pas transmis Mon message ? Ne t’ai-Je pas donné des biens ? Ne t’ai-Je pas élevé à divers rangs ? Qu’as-tu donc envoyé à l’avance pour toi-même ? » Alors il regardera à droite et à gauche, mais il ne verra rien. Puis il regardera devant lui et verra l’Enfer face à lui. Efforcez-vous donc de vous préserver, autant que vous le pouvez, de ce feu terrible, ne serait-ce qu’en donnant une datte. Celui qui même n’en est pas capable, qu’il se contente de congédier les autres par une bonne parole, car celle-ci tient lieu d’œuvre pieuse. Sa récompense ira de dix à sept cents fois sa valeur. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions descendent sur vous. »

Ibn Ishaq rapporte : Puis, il prononça ici un autre sermon, dont voici le texte :

(Arabe**************************)

Sens : Toute louange appartient à Allah. Nous Le louons et implorons Son aide. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le mal de nos âmes et nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide, nul ne peut l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a pas de seigneur en dehors d’Allah. Il est Unique et sans associé. Certes, la meilleure parole est la parole d’Allah. Celui dont Allah a orné le cœur par cette parole et qu’Il a fait passer de la mécréance à l’islam a assurément réussi. La Parole a été distinguée des autres paroles, car elle est la meilleure et la plus sublime des expressions. Aimez celui qu’Allah aime. Consacrez tout l’amour de vos cœurs à Allah. Ne vous abstenez pas de réciter la Parole d’Allah ni de L’évoquer. Que vos cœurs ne s’endurcissent pas à l’égard de la Parole sacrée. Allah, Très-Haut, l’a en effet qualifiée de meilleure œuvre et de meilleure parole. Elle contient tout ce qui a été rendu licite ou illicite pour les hommes. Adorez donc Allah et ne Lui associez absolument rien. Craignez-Le comme Il doit être craint. Par la grâce d’Allah, unissez-vous les uns aux autres dans les liens de l’affection. Certes, Allah est extrêmement mécontent de celui qui rompt ses engagements. Que la paix, les bénédictions et la miséricorde venant d’Allah descendent sur vous. »

D’autres informations à ce sujet seront exposées dans le chapitre consacré au sermon.

Le mérite du vendredi

Il est rapporté dans Bukhari et Muslim, d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Dans ce monde, nous sommes la dernière communauté, mais dans l’au-delà, nous serons les premiers. La seule différence est qu’ils ont reçu le Livre avant nous dans ce monde, tandis que nous l’avons reçu après eux. Le vendredi était leur jour. Mais ils divergèrent à son sujet. Allah nous a donc guidés vers ce jour. Ils nous ont suivis à cet égard. Les juifs ont choisi le samedi et les chrétiens ont choisi le dimanche. »

Il est rapporté dans Sahih Muslim, d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), que le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Parmi les jours qui commencent avec le lever du soleil, le vendredi est le meilleur. Car c’est ce jour-là que

-Adam a été créé.

-Il a été admis au Paradis ce jour-là.

-Il a été envoyé du Paradis sur terre ce jour-là.

-Et c’est un vendredi que l’Heure aura lieu. »

Une narration rapportée par Ibn Majah mentionne :

-« C’est ce jour-là qu’Adam est mort. »

Un moment exceptionnel où les invocations sont exaucées

Al-Bukhari et Muslim ont rapporté d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Le vendredi comporte un moment particulier. Si un serviteur musulman le rencontre et demande à Allah un bienfait, Allah, Très-Haut, le lui accorde assurément. »

— De nombreux autres hadiths ont été rapportés par des chaînes authentiques au sujet de ce moment particulier.

Mais quel est ce moment particulier ? Il est difficile de le déterminer clairement, car différents moments sont mentionnés dans les diverses transmissions. Certains ont dit que ce moment particulier n’est pas fixe, mais qu’il varie : chaque semaine, il survient à un moment différent. Voici les avis de ceux qui ont indiqué des moments précis :

1. Ibn al-Mundhir a rapporté d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) que ce moment particulier s’étend du début de l’heure de la prière du fajr jusqu’au lever du soleil, et après la prière de l’‘asr jusqu’au coucher du soleil.

2. Ibn al-Mundhir a rapporté d’après Hasan al-Basri et Abou al-‘Aliya que ce moment est celui où le soleil décline.

3. Ibn al-Mundhir a rapporté d’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) que ce moment est celui où le muezzin prononce l’adhân du vendredi.

4. Ibn al-Mundhir a rapporté d’après Hasan al-Basri que ce moment s’étend du moment où l’imam s’assoit sur le minbar pour prononcer le sermon jusqu’à la fin du sermon.

5. Abou Bourda a dit : « Ce moment est celui de la prière du vendredi. »

6. Abou as-Sawwar al-‘Adawi a dit que les anciens pensaient que ce moment s’étendait du déclin du soleil jusqu’au moment de la prière.

7. Abou Dharr a dit : « Ce moment s’étend du lever du soleil jusqu’à ce qu’il s’élève d’environ une longueur de lance au-dessus de l’horizon. »

8. Abou Hourayra, ‘Ata, ‘Abdallah ibn Salam et Tawous ont dit que ce moment s’étendait de la prière de l’après-midi jusqu’au coucher du soleil.

9. Selon la majorité des Compagnons, des tâbi‘în et Ahmad ibn Hanbal, ce moment est la dernière partie de la journée, après la prière de l’après-midi.

10. L’imam an-Nawawi et d’autres ont dit que ce moment s’étendait du départ de l’imam vers la mosquée jusqu’à la fin de la prière.

11. L’auteur d’Al-Moughni a dit que ce moment était le troisième tiers de la journée.

Parmi ces onze opinions, seules deux peuvent être retenues. Nous trouvons des hadiths authentiques et établis en faveur de ces deux opinions. Les voici :

Un. Selon le premier avis, cette période s’étend du moment où l’imam s’assied sur le minbar jusqu’à la fin de la prière. La preuve de cet avis est le hadith d’Abou Bourda rapporté dans le Sahih Muslim. Bourda, fils d’Abou Moussa (qu’Allah l’agrée), dit : « J’ai entendu mon père dire qu’il avait entendu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) parler de ce moment particulier du vendredi où les invocations sont exaucées. Il s’étend du moment où l’imam s’assied sur le minbar jusqu’à la fin de la prière. »

Un autre hadith authentique à ce sujet est celui d’Amr ibn Awf al-Muzani, rapporté par Ibn Majah et at-Tirmidhi. Il a entendu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire : « Le vendredi, il y a un moment où, si le serviteur demande quelque chose à Allah, Allah le lui accorde assurément. » Les gens demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Quand se situe ce moment ? » Il répondit : « De l’instant où la prière du vendredi commence à être établie jusqu’à sa fin. »

Deux. Selon le deuxième avis authentique, cette période se situe après la prière d’al-‘Asr et jusqu’au coucher du soleil. Des hadiths authentiques appuient également cet avis. Dans le Musnad d’Ahmad, il est rapporté d’après Abou Saïd al-Khoudri et Abou Hourayra (qu’Allah les agrée) que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Ce moment particulier où les invocations sont exaucées se situe après al-‘Asr. »

Abou Dawoud et an-Nasaï ont également rapporté un hadith similaire d’après Jabir (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) y a dit :

« Cherchez ce moment après al-‘Asr, dans la dernière partie de la journée. »

Un hadith similaire a également été rapporté dans Ibn Majah d’après Abdallah ibn Salam (qu’Allah l’agrée).

Les mérites éminents du vendredi

La particularité et l’éminente position du vendredi sont évidentes. Seuls les savants ont divergé sur la question de savoir lequel, d’Arafat ou du vendredi, est le plus éminent. Nous présentons ici les mérites éminents du vendredi afin que sa valeur soit claire pour tous.

Un. Le Messager d’Allah (sallallahu alayhi wa sallam) récitait, lors de la prière de l’aube du vendredi, les sourates As-Sajda et Ad-Dahr (sourates nos 32 et 76). L’imam Ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit que la raison pour laquelle le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) récitait ces deux sourates lors de la prière de l’aube du vendredi est qu’elles évoquent les événements qui se sont produits ou qui se produiront le vendredi, tels que la création d’Adam, la résurrection, le rassemblement et le Jour du Jugement. Le Messager (sallallahu alayhi wa sallam) récitait donc ces deux sourates le matin du vendredi afin de rappeler ces sujets aux gens.

Deux. Il est recommandé, ce jour-là, de multiplier les salat (durud) en faveur du Messager (sallallahu alayhi wa sallam). Il a dit : « Multipliez les salat en ma faveur le vendredi. »

Trois. Parmi les obligations de l’islam qui doivent être accomplies collectivement, la prière du vendredi est la plus importante. Parmi les rassemblements obligatoires de l’islam, le rassemblement de la prière du vendredi est le plus important, après le rassemblement de ‘Arafat.

Quatre. Le ghusl du vendredi est obligatoire. Seul au sein de l’école hanbalite existe un certain désaccord quant au caractère obligatoire du ghusl ce jour-là.

Cinq. Il est demandé d’utiliser du parfum ce jour-là, et celui-ci doit être meilleur que le parfum utilisé les autres jours de la semaine.

Six. Il faut utiliser le miswak ce jour-là et le faire de manière plus soignée que les autres jours.

Sept. Une particularité de ce jour est qu’un autre adhan est donné pour la prière après l’adhan de la khutba.

Huit. Une particularité de ce jour est de rester occupé par la prière, le dhikr et les adhkar, ainsi que la récitation du Coran, jusqu’à l’arrivée de l’imam à la mosquée.

Neuf. Il est obligatoire d’écouter en silence le prêche de l’imam. Si quelqu’un ne garde pas le silence, sa prière du vendredi peut être annulée.

Dix. Saïd ibn Mansour rapporte avoir entendu Abou Saïd al-Khoudri dire que le Messager d’Allah avait recommandé de réciter la sourate al-Kahf le vendredi. Il a dit : « Celui qui récite la sourate al-Kahf le vendredi verra une lumière s’étendre de ses pieds jusqu’au ciel. Il en recevra une clarté le Jour de la Résurrection et, grâce à cela, ses péchés entre un vendredi et l’autre lui seront pardonnés. »

Onze. Selon l’imam ach-Chafi‘î et l’imam Ibn Taymiyya, il n’est pas réprouvé de prier le vendredi lorsque le soleil arrive au zénith et commence à décliner. Ils ont adopté cet avis sur la base de hadiths.

Douze. Le Messager d’Allah récitait, pour la prière du vendredi, les sourates al-Jumu‘a et al-Munâfiqûn. Ou bien il récitait une sourate commençant par « Sabbaha » et la sourate al-Ghâchiya. Ou encore les sourates al-Jumu‘a et al-Ghâchiya. Il récitait les sourates en entier, et non une partie seulement.

Treize. Le vendredi est la fête hebdomadaire. Il est rapporté dans les Sunan d’Ibn Mâja que le Messager d’Allah a dit : « Le vendredi est le maître de tous les jours et le meilleur des jours auprès d’Allah. Ce jour est meilleur auprès d’Allah que l’Aïd al-Adhâ et l’Aïd al-Fitr. »

Quatorze. Le Messager d’Allah a recommandé de porter le vendredi les meilleurs vêtements dont on dispose. Cela est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, les Sunan d’Abou Dâwoud et celles d’Ibn Mâja.

Quinze. Il est recommandé de brûler de l’encens dans la mosquée le vendredi. Saïd ibn Mansour rapporte, d’après Nou‘aym ibn Abdallah al-Mujmir, que le calife Omar ibn al-Khattab ordonnait de brûler de l’encens dans la mosquée chaque vendredi à midi.

Seize. Pour celui à qui la prière du vendredi est obligatoire, il n’est pas permis de partir en voyage lorsque l’heure de la prière du vendredi commence.

Toutefois, certains ont dit que cela est permis lorsqu’il s’agit du djihad ou d’un autre acte d’adoration.

Dix-sept. Celui qui sort dans l’intention d’accomplir la prière du vendredi reçoit, pour chaque pas, la récompense d’une année de jeûne surérogatoire et d’une année de prière surérogatoire. L’imam Ahmad a mentionné à ce sujet un hadith du Messager (s.a.s.) dans son Musnad.

Dix-huit. Le vendredi est le jour de l’effacement des péchés. Il est rapporté de Salman al-Farisi (r.a.), dans le Musnad d’Ahmad, que le Messager d’Allah (s.a.s.) a dit : « Celui qui, le vendredi, accomplit correctement les ablutions, puis se rend à la mosquée et observe le silence, et qui écoute silencieusement le sermon de l’imam et la prière jusqu’à leur achèvement, verra cette œuvre considérée comme une expiation de ses péchés jusqu’au vendredi suivant. »

Dix-neuf. Tous les jours, à l’exception du vendredi, les flammes ardentes de l’Enfer brûlent avec intensité. Le Messager (s.a.s.) a dit que, puisque le vendredi est le meilleur des jours, l’Enfer n’est pas chauffé ce jour-là.

Vingt. Le vendredi comporte un moment particulier où les invocations sont exaucées ; à ce moment-là, Allah Tout-Puissant exauce l’invocation de Son serviteur. Ce moment a déjà été évoqué.

Vingt et un. C’est ce jour-là que l’on accomplit la prière du vendredi. Un vaste rassemblement de musulmans a lieu. La récitation y est faite à voix haute.

Vingt-deux. Ce jour-là, avant la prière du vendredi, l’imam (le dirigeant) prononce un discours (la khutba) à l’intention des musulmans. Dans ce discours, l’unicité d’Allah et la reconnaissance de la mission prophétique de Muhammad (s.a.s.) sont proclamées. Les responsabilités et les devoirs des musulmans leur sont rappelés, et des conseils leur sont prodigués.

Vingt-trois. Il est recommandé aux musulmans de prendre un congé le vendredi afin de se consacrer à l’adoration.

Vingt-quatre. À l’instar des deux fêtes annuelles, le vendredi est la fête hebdomadaire des musulmans.

Vingt-cinq. Faire l’aumône le vendredi est une œuvre dont la récompense est plus grande que les autres jours. De même que les aumônes faites pendant le Ramadan sont davantage récompensées que celles faites durant les autres mois, les aumônes faites le vendredi sont davantage récompensées que celles faites les autres jours.

Vingt-six. Le vendredi, Allah Très-Haut montrera à Ses serviteurs croyants l’éclat de Sa lumière. Ceux qui s’assiéront près de l’imam et sortiront rapidement après s’être préparés pour la prière du vendredi obtiendront une plus grande proximité d’Allah et Le verront les premiers. Ces propos sont rapportés dans plusieurs hadiths.

Vingt-sept. Il est rapporté dans plusieurs récits que le Jour de la Résurrection est le « Yawm al-Maw‘ûd ». Le jour d’Arafat est le « Yawm al-Mashhûd ». Quant au vendredi, c’est le « Yawm ash-Shâhid ».

Vingt-huit. Le vendredi est le jour de l’assemblée hebdomadaire de la communauté musulmane. C’est Allah Très-Haut Lui-même qui l’a rendue obligatoire pour la communauté.

Vingt-neuf. Ka‘b (qu’Allah l’agrée) a rapporté que, le vendredi, le ciel, la terre, les montagnes, les mers et même toutes les créatures d’Allah tremblent de peur, à l’exception des êtres humains et de Satan.

Trente. Le vendredi est le jour choisi par Allah.

Trente et un. Il est rapporté que, le vendredi, les âmes des hommes se rendent auprès des tombes.

Trente-deux. L’imam Ahmad a dit qu’il est makrûh de jeûner uniquement le vendredi. Autrement dit, il est makrûh de choisir délibérément le vendredi comme seul jour de jeûne. Toutefois, les autres imams ont considéré qu’il est mubâh de jeûner le vendredi.

La prière du vendredi du Messager d’Allah

Le Messager d’Allah (S.) accomplissait la prière du vendredi en deux rakʿat et y récitait le Coran à voix haute. La prière du vendredi est une obligation particulièrement importante parmi les obligations. Le Messager d’Allah (S.) a dit :

La prière du vendredi est obligatoire pour tous les musulmans, à l’exception des catégories de personnes suivantes. Ces personnes sont : 1. les esclaves ; 2. les femmes ; 3. les enfants ; 4. les malades ; 5. les voyageurs (les personnes en déplacement) ; et 6. les fous. »

Ce hadith a été rapporté par ad-Dâraqutnî d’après Jâbir (R.A.) et par Abû Dâwûd d’après Târiq ibn Chihâb.

Le Messager d’Allah (S.) récitait souvent, lors de la prière du vendredi, les sourates As-Sajda, Ad-Dahr, Al-Jumuʿa, Al-Ghâchiya et Al-Munâfiqûn.

Il accomplissait la prière du vendredi après le déclin du soleil. (Al-Bukhârî)

Il accomplissait la prière du vendredi plus tôt lors des grands froids et la retardait lors des fortes chaleurs. (Al-Bukhârî)

-Il prononçait d’abord le sermon, puis accomplissait la prière. (al-Bukhari)

-Il a recommandé de prolonger la prière et d’abréger le sermon. (Muslim)

Son sermon et sa prière étaient tous deux d’une durée moyenne : ni longs ni courts. (Sahih Muslim)

-Il a dit que celui qui accomplit une rak‘a avec l’imam a accompli toute la prière. (al-Bukhari et Muslim)

Le déroulement du sermon du vendredi du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui)

-Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) prononçait le sermon avant la prière.

-Il prononçait le sermon debout.

-Il prononçait deux sermons et, après le premier, s’asseyait un moment en silence, puis se relevait pour prononcer le second.

Après s’être assis sur le minbar, le muezzin faisait l’appel à la prière. Une fois l’appel terminé, il se levait et commençait le sermon.

-Avant la construction du minbar, il se tenait debout en s’appuyant sur une branche de palmier.

-Puis le minbar fut construit. Dès lors, il se tenait debout sur le minbar. Celui-ci n’était pas placé au milieu de la mosquée, mais contre le mur. Entre le minbar et le mur, il y avait un passage par lequel une chèvre pouvait passer.

-Après la construction du minbar, il ne se tint jamais debout en s’appuyant sur une flèche, une épée ou une branche de palmier. Rien ne prouve non plus qu’il se soit tenu debout en s’appuyant sur une épée.

-Lorsqu’il montait sur le minbar, il s’asseyait face aux Compagnons. Il s’asseyait et se tenait debout face à eux.

-Lorsqu’il était nécessaire d’ordonner une action ou d’en interdire une, il le faisait pendant le sermon. Un jour, alors qu’il prononçait le sermon, il dit à l’un des Compagnons : « Accomplis deux rak‘ahs de prière. »

-Un jour, lorsqu’un Compagnon leva la tête, il lui dit, au milieu du sermon, de s’asseoir.

-Il lui arrivait parfois de répondre aux questions des Compagnons au milieu du sermon. Puis il achevait la partie restante du sermon.

-Il lui arrivait de descendre de la chaire pendant le sermon. Après avoir réglé son besoin, il remontait sur la chaire et achevait le sermon interrompu. Un jour, alors que le sermon se déroulait, Hassan et Hussein entrèrent dans la mosquée. Il descendit de la chaire, les prit dans ses bras, puis remonta sur la chaire et acheva le reste du sermon en les gardant sur ses genoux.

-Il lui arrivait, pendant le sermon, de dire à quelqu’un : « Ô untel, assieds-toi ! » Il disait aussi à quelqu’un de se mettre à l’ombre, à l’abri du soleil.

-Il prononçait le sermon lorsque tout le monde était arrivé.

-Peu avant le sermon, il sortait seul et simplement de sa chambre. Aucun crieur public ne le précédait ni ne le suivait.

-En entrant dans la mosquée, il saluait lui-même en premier les Compagnons.

-Lorsqu’il s’asseyait sur la chaire, il tournait son regard vers tout le monde et les saluait.

-Dès qu’il s’asseyait, Bilal faisait l’appel à la prière. Dès que l’appel était terminé, il commençait le sermon.

-Le vendredi, lorsqu’il arrivait à la mosquée, il demandait aux gens de garder le silence. Il a dit : « Trois sortes de personnes assistent à la prière du vendredi : »

1. Celui qui tient des propos futiles : il dit des paroles vaines et absurdes.

2. Celui qui invoque Allah. Allah Tout-Puissant peut exaucer son invocation comme Il peut ne pas l’exaucer.

3. Celui qui garde le silence, ne se fraye un passage parmi personne, ne dérange ni ne fait de mal à personne, et s’emploie entièrement à l’adoration par son cœur, sa parole et ses actes. Ces œuvres lui servent d’expiation pour ses péchés jusqu’au vendredi suivant. En outre, il obtient la récompense d’un jour supplémentaire. »

— Parfois, lorsqu’il prononçait le sermon, ses deux yeux devenaient rouges et sa voix s’élevait. On aurait dit qu’il avertissait son armée contre une armée ennemie sur le point d’attaquer.

— Son sermon était court, tandis que sa prière était longue.

Que disait-il dans son sermon ?

Dans son sermon du vendredi, le Messager d’Allah exposait les fondements de la foi. Il expliquait la portée du tawhid et de la mission prophétique. Il présentait en détail la situation de l’au-delà, notamment le Paradis et l’Enfer. Il exhortait à suivre le Livre d’Allah. Il décrivait de manière saisissante les bienfaits qu’Allah Tout-Puissant avait préparés pour Ses amis et ceux qui Lui obéissent. Il dépeignait de façon terrifiante les châtiments qu’Allah avait réservés à Ses ennemis et à ceux qui Lui désobéissent.

Ainsi, en entendant son discours, le cœur des auditeurs était touché et attendri. Leur foi augmentait. Tous aspiraient ardemment à la proximité d’Allah et à l’obtention de Sa récompense. Ils menaient alors une vie d’obéissance à Allah et plaçaient l’amour d’Allah au-dessus de toute chose.

Dans ses sermons, il récitait fréquemment des versets du Coran. Il récitait très souvent la sourate Qaf, qui évoque les réalités de l’au-delà. Oummou Hicham bint Harith ibn Nou‘man a dit : « C’est en entendant les sermons du Messager d’Allah (S.A.W.) que j’ai mémorisé la sourate Qaf. »

Au début du sermon, il louait Allah Ta‘ala comme il se doit. Il lui arrivait également de proclamer le tawhid et la risalat. Puis il disait : « Ammâ ba‘d (après cela, écoutez). »

Puis il parlait :

(Arabe*********************)

En substance : « La meilleure parole est le Livre d’Allah. La meilleure voie est la voie de Muhammad. La pire des choses est la bid‘a (ce qui a été nouvellement introduit dans la religion). »

— Il prononçait encore d’autres paroles dans ce même style.

Selon une autre narration, après avoir loué Allah et prononcé des éloges, il disait :

(Arabe********************)

Sens : Celui qu’Allah guide vers le droit chemin, nul ne peut l’égarer. Et celui qu’Allah égare, nul ne peut le guider vers le droit chemin. La meilleure parole est le Livre d’Allah (Sahih Muslim). Toute innovation est un égarement, et tout égarement sera jeté en Enfer. (Nasâ’î)

Une de ses khutbas est rapportée ainsi dans Sunan Abî Dâwûd :

(Arabe*************************)

Sens : Toute louange appartient à Allah. Nous Lui demandons secours et implorons Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre les mauvaises incitations de nos âmes. Celui qu’Allah guide vers le droit chemin, nul ne peut l’égarer. Et celui qu’Allah égare, nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah. Il est Un et Unique, et n’a aucun associé. J’atteste également que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Allah Très-Haut l’a envoyé, avant la Résurrection, comme Messager, annonciateur de la bonne nouvelle et avertisseur, avec la vérité absolue. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager trouve le droit chemin. Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager ne nuit à personne d’autre qu’à lui-même. Il ne peut en rien nuire à Allah. » (Abû Dâwûd)

Une autre de ses khutbas est rapportée ainsi :

(Arabe************************)

Sens : Revenez vers Allah le Très-Haut avant la mort. Empressez-vous d’accomplir les bonnes œuvres et les actes de piété. Renforcez le lien entre vous et votre Seigneur en invoquant abondamment Allah et en faisant des aumônes secrètes et publiques. Si vous agissez ainsi, vous serez récompensés, dignes de louange et comblés de subsistance. Sachez qu’Allah le Très-Haut vous a rendu la prière du vendredi obligatoire. Bien qu’elle ait été rendue obligatoire en ce lieu, dans cette ville et cette année, elle demeurera obligatoire jusqu’à la Résurrection pour tous ceux qui peuvent parvenir à la mosquée. Quiconque, malgré la présence d’un dirigeant juste ou tyrannique, délaisse la prière du vendredi par légèreté durant ma vie ou après ma mort, ou la nie, Allah Très-Haut rendra sa vie vaine. Il ne bénira pas ses œuvres ; sa prière ne sera pas valable, ni ses ablutions, ni son jeûne, ni sa zakât, ni son pèlerinage ; rien de ce qu’il fera ne sera béni, jusqu’à ce qu’il se repente. S’il se repent, Allah acceptera son repentir. »

Ce récit a été rapporté par Alî ibn Zayd ibn Jud‘ân. La chaîne de transmission présente une faiblesse. Les khutbas du Messager d’Allah ﷺ étaient vivantes. Elles suscitaient chez les gens un amour ardent pour Allah. Ses discours poignants les remplissaient du désir de se rapprocher d’Allah. Grâce à eux, ils recevaient une éducation spirituelle, amélioraient leur caractère et acquéraient la connaissance de la religion et de la Loi islamique.

Les sermons que les gens prononcent de nos jours n’ont plus cette vitalité propre au sermon. Les sermons des gens d’aujourd’hui sont dépourvus de vie et remplis d’un éclat extérieur.

La prière surérogatoire du vendredi

À l’époque du Messager d’Allah (s.a.s.), il y avait un seul appel à la prière et une seule iqama pour la prière du vendredi. Toutefois, on les appelait respectivement le premier appel et le deuxième appel.

Le Messager d’Allah (s.a.s.) sortait de sa chambre et s’asseyait directement sur le minbar. Dès qu’il s’y asseyait, Bilal lançait l’appel à la prière du vendredi. Dès que Bilal terminait l’appel, le Messager d’Allah (s.a.s.) commençait le sermon. Il n’est donc pas établi qu’il y ait une prière surérogatoire avant la prière du vendredi.

Les savants ont deux avis concernant l’existence ou non d’une prière surérogatoire avant la prière du vendredi. De ces deux avis, celui mentionné ci-dessus est le plus authentique et est établi par la Sunna du Messager. Autrement dit, il n’y a aucune prière surérogatoire avant la prière du vendredi.

Certains pensent qu’une fois l’appel de Bilal terminé, tout le monde se levait pour accomplir deux rak‘ats de prière. En réalité, cette conception ne fait qu’exprimer leur ignorance de la Sunna du Messager.

Il est évident qu’il n’y a aucune prière surérogatoire avant la prière du vendredi. Tel est l’avis de l’imam Malik. C’est également l’avis le plus connu de l’imam Ahmad. C’est aussi l’avis d’un groupe de disciples de l’imam ach-Chafi‘i.

Ceux qui pensent qu’il existe une prière surérogatoire avant la prière du vendredi considèrent la prière du vendredi comme une forme abrégée de la prière de zuhr. Ils estiment donc que les règles de la prière de zuhr s’appliquent à la prière du vendredi. Mais leur argumentation est extrêmement faible. Elle n’a aucun fondement.

En réalité, la prière du vendredi est une prière totalement distincte. Sa distinction par rapport à la prière du zuhr est claire. Cette prière est récitée à voix haute, elle comporte deux rak‘at, elle comprend un sermon et est soumise à certaines conditions. Tous ces éléments sont absents de la prière du zuhr. Il n’y a donc aucune possibilité de considérer cette prière comme une version abrégée de la prière du zuhr.

Ainsi, le raisonnement par analogie de ceux qui, en se fondant sur la prière du zuhr, estiment qu’il existe également une prière sunnah avant la prière du vendredi est invalide. En effet, la sunnah doit être établie par les paroles, les actes et l’approbation du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui), ou par ceux des califes bien guidés. Or, il n’existe ici aucune preuve de ce genre.

Au contraire, c’est la sunnah consistant à ne pas accomplir de prière sunnah avant la prière du vendredi qui est établie d’après le Messager. De même, il est établi d’après lui qu’aucune autre prière ne doit être accomplie avant ou après la prière de l’Aïd. Ainsi, la sunnah consiste précisément à ne pas accomplir de prière sunnah avant la prière du vendredi.

Ceux qui pensent qu’il existe une prière sunnah avant la prière du vendredi présentent comme preuve un hadith dans le chapitre de Boukhari intitulé « Les prières avant et après le vendredi ». Dans ce chapitre, l’imam Boukhari rapporte, avec sa chaîne de transmission, un hadith d’Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée). Il y dit : Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) :

accomplissait deux rak‘at avant la prière du zuhr,

accomplissait deux rak‘at après la prière du zuhr,

accomplissait deux rak‘at après le maghrib dans sa demeure,

accomplissait deux rak‘at après l’isha, et

Après la prière du vendredi, il priait deux rak‘at chez lui.”

-Ce hadith ne prouve pas qu’il existe une prière sunnah avant la prière du vendredi. Il ressort clairement du hadith que, si l’imam al-Bukhari a intitulé ce chapitre « La prière avant et après le vendredi », c’est précisément pour signifier que ceux qui pensent qu’il y a une prière avant le vendredi se trompent.

-Ce hadith de Bukhari prouve également de manière certaine que la prière du vendredi n’est pas une version abrégée de la prière du zuhr, mais une prière totalement indépendante. Dans le hadith, la prière du vendredi est présentée comme une prière entièrement indépendante.

-Un hadith rapporté par Abû Dâwûd, d’après Nâfi‘, relate que celui-ci a dit : Ibn ‘Umar priait avant la prière du vendredi, puis, après celle-ci, il rentrait chez lui et priait deux rak‘at.

-Ce hadith ne prouve pas l’existence d’une sunnah avant le vendredi. La longue prière qu’Ibn ‘Umar accomplissait avant le vendredi était une prière ordinaire. Il est préférable que toute personne qui arrive à la mosquée avant l’appel à la prière ou avant l’arrivée de l’imam continue à accomplir des prières surérogatoires.

-Il apparaît désormais clairement qu’il n’y a aucune contradiction entre le récit d’Ibn ‘Umar concernant la pratique du Messager d’Allah (s.a.s.) et le récit de Nâfi‘ concernant la pratique d’Ibn ‘Umar. Ibn ‘Umar a rapporté la sunnah du Messager d’Allah (s.a.s.) : après le vendredi, celui-ci rentrait chez lui et priait deux rak‘at. Quant à Nâfi‘, il a rapporté les prières surérogatoires ordinaires d’Ibn ‘Umar, qu’il accomplissait après être arrivé tôt à la mosquée.

-Il est également établi par une source authentique que, tandis que le Messager d’Allah (s.a.s.) prononçait le sermon, un Compagnon entra dans la mosquée et s’assit. Il lui demanda : « En entrant dans la mosquée, as-tu prié deux rak‘at ? » Le Compagnon répondit : « Non. » Alors le Messager d’Allah (s.a.s.) dit : « Lève-toi et prie deux rak‘at. » Il a également dit : « Lorsque l’un de vous entre dans la mosquée, même pendant le sermon, qu’il prie deux rak‘at. »

-Le langage et le contenu du hadith montrent clairement que ces deux rak‘at ne sont pas la sunnah du vendredi, mais la prière accomplie en entrant dans la mosquée (tahiyyat al-masjid).

Le Messager d’Allah (S) a encouragé les fidèles à se rendre tôt à la mosquée le vendredi et à y accomplir des prières surérogatoires. Il en a également exposé le mérite. Beaucoup de Compagnons éminents se rendaient tôt à la mosquée et y accomplissaient des prières surérogatoires. Ibn Manzar rapporte que, selon les informations qui lui sont parvenues, Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) accomplissait douze rak‘ahs avant la prière du vendredi, tandis qu’Ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) en accomplissait huit.

Dans Sunan Ibn Majah, un récit rapporté d’Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) est mentionné. Il a dit : « Le Messager d’Allah (S) accomplissait quatre rak‘ahs avant la prière du vendredi, avec un seul salâm. » La chaîne de transmission de ce hadith n’est absolument pas recevable.

Le Messager d’Allah (S) accomplissait deux rak‘ahs chez lui après avoir accompli la prière du vendredi. En réalité, ce sont ces deux rak‘ahs qui constituent la sunna du vendredi.

Toutefois, il est également rapporté que le Messager (S) a recommandé d’accomplir quatre rak‘ahs après la prière du vendredi. (Sahih Muslim)

L’imam Ibn Taymiyya a dit : si quelqu’un accomplit la prière surérogatoire de la sunna après le vendredi à la mosquée, il en accomplira quatre rak‘ahs. Quant à celui qui l’accomplit chez lui, il en accomplira deux. C’est précisément ce que prouvent les hadiths. Dans Sunan Abi Dawud, il est rapporté d’après Ibn Umar (qu’Allah l’agrée) que, lorsqu’il priait chez lui, il accomplissait deux rak‘ahs, et lorsqu’il priait à la mosquée, il en accomplissait quatre.

 

7

Qiyam al-layl (la prière de tahajjud)

La prière de tahajjud était-elle obligatoire pour le Messager (S) ?

La prière de tahajjud était-elle obligatoire pour le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ? Les anciens oulémas et mujtahids ont divergé sur cette question. Selon certains, la prière de tahajjud était obligatoire pour le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), tandis que selon d’autres, elle était nafl. Les deux parties ont pris ce verset comme preuve.

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Sens : « Veille une partie de la nuit pour accomplir la prière de tahajjud ; cela constitue pour toi une prière nafl (supplémentaire). » (Sourate 17, Al-Isrâ’, verset 79)

Selon un groupe, ce verset constitue une preuve irréfutable que veiller la nuit pour accomplir la prière de tahajjud n’est pas obligatoire, mais qu’elle est nafl.

L’autre groupe estime que ce verset lui a ordonné de veiller la nuit pour accomplir la prière de tahajjud ; celle-ci était donc obligatoire pour lui. Les deux premiers versets de la sourate Al-Muzzammil lui ont également donné le même ordre :

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Sens : « Ô toi qui es enveloppé dans ton manteau ! Accomplis la prière nocturne, à l’exception d’une partie de la nuit. » Dans ces deux passages, il lui a été ordonné de veiller la nuit pour prier, et cet ordre n’a pas été abrogé pour lui. La prière de tahajjud était donc obligatoire pour lui.

Dans le premier verset, lorsqu’il est dit : « Cela constitue pour toi une prière nafl (supplémentaire) », le terme nafl ne signifie pas ici « prière nafl » ; il est employé dans le sens de « supplémentaire ». Autrement dit, l’ordre de veiller la nuit pour prier était une obligation supplémentaire pour toi. Cette prière était une prière supplémentaire destinée à élever le rang et à accroître la récompense du Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui).

Pour les autres, veiller la nuit pour accomplir la prière du tahajjud est mubāḥ (permis) et constitue une expiation (compensation) de leurs péchés.

Allah le Très-Haut a pardonné au Messager d’Allah tous ses péchés passés et futurs. C’est pourquoi il lui a été demandé d’accomplir cette prière afin d’élever son rang et d’atteindre l’excellence. Pour sa communauté, cette prière est un moyen de se libérer des péchés.

Selon nous, le mot nafl (supplémentaire) ne signifie pas ici une prière simplement permise, que l’on peut accomplir ou ne pas accomplir.

Le Messager d’Allah n’abandonnait jamais la prière du tahajjud, qu’il fût chez lui ou en voyage. S’il lui arrivait de la manquer la nuit à cause du sommeil ou de la maladie, il l’accomplissait durant la journée.

Combien de rakʿat de tahajjud accomplissait-il ?

Pour comprendre combien de rakʿat de prière le Messager d’Allah accomplissait la nuit, il faut d’abord retenir qu’au cours de la seconde moitié de la nuit, le Messager d’Allah accomplissait trois sortes de prières. À savoir :

– La prière du tahajjud.

– La prière du witr.

– Deux rak‘ats de la sunna du fajr.

Comme il accomplissait parfois ces trois prières au même moment et parfois à des moments quelque peu différents, une certaine divergence est apparue quant au nombre de rak‘ats du tahajjud et du witr. Celui qui l’a vu accomplir un certain nombre de rak‘ats a rapporté ce nombre. Toutefois, à cet égard, les récits d’Aïcha et d’Ibn Abbas sont les plus authentiques.

Al-Boukhari et Muslim rapportent d’après Aïcha : « Après avoir achevé la prière de l’isha, le Messager d’Allah accomplissait onze rak‘ats jusqu’au fajr. Il prononçait le salâm après chaque groupe de deux rak‘ats et accomplissait le witr avec une seule rak‘at. Dans cette prière, chacune de ses prosternations durait aussi longtemps que la récitation de cinquante versets du Coran par l’un d’entre vous. Puis, lorsque le muezzin avait terminé l’appel à la prière du fajr, il accomplissait deux rak‘ats légères, se couchait sur le côté droit et se reposait jusqu’à l’iqama du fajr. »

Dans le Sahih de Muslim, un autre hadith rapporté d’après Aïcha est mentionné. Aïcha y dit : « Le Messager d’Allah accomplissait treize rak‘ats durant la nuit. Le witr en faisait partie, ainsi que les deux rak‘ats du fajr. »

Al-Boukhari et Muslim rapportent d’après Ibn Abbas qu’une nuit, il séjourna chez sa tante, la Mère des croyants Maymouna. Ayant vu le Messager d’Allah accomplir la prière durant la nuit, il se leva lui aussi, pria avec lui, puis se reposa. Ensuite, lorsque Bilal fit l’iqama, il se leva et accomplit la prière du fajr.

Al-Boukhari et Muslim rapportent également un autre hadith d’après Aïcha. Elle y dit : « Que ce soit pendant le Ramadan ou en dehors du Ramadan, le Messager d’Allah n’a jamais accompli plus de onze rak‘ats pour la prière de nuit. »

Cette narration d’Aïcha est authentique. Toutefois, les treize rak‘ats mentionnées plus haut incluent les deux rak‘ats du fajr.

Certaines narrations mentionnent qu’il accomplissait deux rak‘ats après les treize rak‘ats. Ce récit se trouve dans le Sahih d’al-Boukhari. Toutefois, selon la narration de Muslim, il accomplissait treize rak‘ats, y compris les deux rak‘ats du fajr.

Il est rapporté dans al-Bukhari et Muslim, d’après Qasim ibn Muhammad, qu’il a dit : « J’ai entendu Aïcha (r.a.) dire : la prière nocturne (tahajjoud) du Messager d’Allah (s.a.s.) comportait essentiellement dix rak‘ahs. Il accomplissait en plus une seule rak‘ah de witr, puis priait les deux rak‘ahs du fajr. Au total, il priait treize rak‘ahs. »

— Cette narration est explicite.

L’imam al-Cha‘bi a dit : « J’ai interrogé ‘Abdullah ibn ‘Abbas et ‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) au sujet de la prière nocturne du Messager d’Allah (s.a.s.). Tous deux m’ont dit : “La prière nocturne du Messager d’Allah (s.a.s.) comportait treize rak‘ahs : huit rak‘ahs de tahajjoud, trois rak‘ahs de witr et deux rak‘ahs de la sunna du fajr.” »

Bien que les narrations présentent certaines variantes, l’analyse attentive de l’ensemble des hadiths relatifs à cette question permet de comprendre qu’en réalité, le Messager d’Allah (s.a.s.) accomplissait onze rak‘ahs de prière nocturne, witr compris, sans compter les deux rak‘ahs de la sunna du fajr. [La discussion menée jusqu’ici peut susciter quelques doutes quant au fait que la prière du witr comporte une ou trois rak‘ahs. Je mentionne cependant ici un autre hadith concernant le nombre de rak‘ahs du tahajjoud, witr compris :

Masruq rapporte : « Je demandai à la Mère des croyants, Aïcha (r.a.), au sujet du nombre de rak‘ahs de la prière nocturne du Messager d’Allah (s.a.s.). Elle me répondit : “En dehors des deux rak‘ahs du fajr, la prière nocturne du Messager d’Allah (s.a.s.) comportait sept, neuf ou onze rak‘ahs.” » (Sahih al-Bukhari)

Quand le Messager d’Allah (s.a.s.) accomplissait-il la prière nocturne (tahajjoud) ?

Diverses narrations montrent que le Messager d’Allah (s.a.s.) se levait pour accomplir la prière nocturne :

— parfois au milieu de la nuit.

-Parfois, il se levait un peu avant minuit.

-Parfois, il se levait un peu après minuit.

-Parfois, il se levait au premier chant du coq, c’est-à-dire lorsque les deux tiers de la nuit étaient passés.

Il accomplissait parfois la prière nocturne d’un seul trait. D’autres fois, il l’accomplissait de manière interrompue. Par manière interrompue, on entend qu’il priait deux rak‘ats, puis dormait ; ensuite, il se relevait, faisait ses ablutions, utilisait le siwak et priait deux rak‘ats. Puis il se rendormait et se relevait à nouveau, et l’achevait ainsi.

Lorsqu’il se levait pour la prière nocturne, il accomplissait d’abord deux rak‘ats légères. Il recommandait également aux Compagnons d’accomplir ces deux rak‘ats légères. [L’identité de ces deux rak‘ats n’est pas claire. Cependant, l’accomplissement initial de deux rak‘ats légères est mentionné dans plusieurs récits. Ces deux rak‘ats peuvent être les deux premières rak‘ats du tahajjud, ou bien la tahiyyat al-wudu.] Ensuite, il prolongeait les rak‘ats suivantes.

Il est rapporté d’après Aïcha et Ibn Abbas que le Messager d’Allah, après avoir dirigé la prière de l’isha, rentrait chez lui et accomplissait quelques prières (deux à quatre rak‘ats). Après avoir accompli quelques prières, il dormait.

Lorsqu’il se réveillait pour la prière nocturne, il utilisait le siwak, faisait ses ablutions, invoquait Allah, récitait quelques invocations, puis priait.

Que récitait-il au moment du tahajjud et pendant la prière du tahajjud ?

Il est rapporté d’après Ibn Abbas, par plusieurs chaînes dans al-Bukhari et Muslim, que le Messager d’Allah (S.A.S.) récitait les derniers versets de la sourate Âl-Imran, en levant les yeux vers le ciel, avant même de faire les ablutions lorsqu’il se levait pour accomplir la prière nocturne (Tahajjud). Voici ces versets :

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Sens : Il y a de nombreux signes dans la création de la terre et de l’univers, ainsi que dans l’alternance de la nuit et du jour, pour les gens doués d’intelligence et de discernement, qui se souviennent d’Allah en toute circonstance, debout, assis ou couchés. (Spontanément, ils s’écrient 🙂 « Ô notre Seigneur ! Tu n’as pas créé tout cela en vain et sans but. Gloire à Toi, Tu es parfaitement exempt de toute œuvre futile. Ô notre Seigneur ! Préserve-nous donc du châtiment de l’Enfer. Seigneur, celui que Tu feras entrer dans l’Enfer, Tu l’auras certes couvert d’opprobre, et les injustes n’auront aucun secours. Notre Maître ! Nous avons entendu un prédicateur appeler à la foi en disant : “Croyez en votre Seigneur !” Nous avons répondu à son appel et nous avons cru. Ô notre Seigneur ! Pardonne-nous donc nos péchés, efface nos fautes et fais-nous mourir avec les vertueux. Notre Maître ! Accorde-nous ce que Tu nous as promis par l’intermédiaire de Tes messagers et ne nous couvre pas d’opprobre le Jour de la Résurrection. Certes, Tu ne manques jamais à Tes promesses. » (Exauçant leur prière,) leur Seigneur dit : « Je ne laisserai jamais perdre l’œuvre de celui qui agit parmi vous, qu’il soit homme ou femme : vous êtes issus les uns des autres. Ceux qui ont émigré, qui ont été chassés de leurs demeures, qui ont souffert dans Ma voie, qui ont combattu et qui ont été tués, Je ferai certainement disparaître leurs fautes et Je les ferai entrer dans des jardins sous lesquels coulent les rivières. » Telle est la récompense venant d’Allah, et c’est auprès d’Allah que se trouve la meilleure récompense. Ô Prophète ! Que les déplacements des mécréants à travers les pays et les villes, avec leur faste et leur prospérité, ne te trompent pas. Ce n’est qu’une jouissance de courte durée. Ensuite, leur demeure sera l’Enfer, et quel détestable lieu de séjour ! Quant à ceux qui craignent leur Seigneur, ils auront, de la part d’Allah, en demeure éternelle, des jardins sous lesquels coulent les rivières. Et ce qui se trouve auprès d’Allah est meilleur pour les vertueux. Parmi les gens du Livre, il en est qui croient en Allah, au Livre qui vous a été révélé et au Livre qui leur a été révélé ; ils sont humbles devant Allah et ne vendent pas les versets d’Allah à vil prix. Ceux-là auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Et Allah est prompt à régler les comptes. Ô vous qui croyez ! Soyez patients, persévérez avec constance, demeurez fermes et attachez-vous solidement les uns aux autres ; craignez Allah afin de réussir. » Selon le récit d’Ibn Abbas, il est également rapporté que le Messager d’Allah (S.A.S.) faisait cette invocation après la prière nocturne :

(Arabe********************)

Sens : Ô mon Dieu ! Mets une lumière dans mon cœur, une lumière sur ma langue, une lumière dans ma vue, une lumière dans mon ouïe, une lumière à ma droite, une lumière à ma gauche, une lumière au-dessus de moi, une lumière au-dessous de moi, une lumière devant moi et une lumière derrière moi. Ô Allah ! Accorde-moi une lumière et rends ma lumière vaste et étendue. »

Il est rapporté d’après Ibn Abbas, dans al-Bukhari et Muslim, que lorsque le Messager d’Allah (S.A.S.) se levait pour accomplir la prière de Tahajjud, il récitait ces paroles :(Arabe*****************)

Sens : Ô mon Dieu ! À Toi toute louange. Tu es le Maître et le Directeur de tout ce qui se trouve dans cet univers, sur cette terre et entre les deux. À Toi toute louange : Tu es la lumière de tout ce qui se trouve dans cet univers, sur cette terre et entre les deux. À Toi toute louange : Tu es le Souverain absolu de tout ce qui se trouve dans cet univers, sur cette terre et entre les deux. À Toi toute louange. Tu es la Vérité suprême. Ta promesse est vérité. Ta rencontre est vérité. Ta parole est vérité. Le Paradis est vérité. L’Enfer est vérité. Les prophètes sont vérité. Muhammad est vérité. L’Heure est vérité. Ô Allah ! Je me suis soumis à Toi, j’ai cru en Toi, j’ai placé ma confiance en Toi, je suis revenu vers Toi, j’ai combattu tous ceux qui s’opposaient à Toi et j’ai soumis mon jugement au Tien. Ô mon Seigneur ! Pardonne donc mes fautes passées et futures, celles que je commets en secret et celles que je commets ouvertement. Pardonne également les fautes que Tu connais mieux que moi. C’est Toi qui fais avancer les uns et reculer les autres. Il n’y a de divinité que Toi ; il n’y a de sauveur que Toi. »

Il est rapporté dans le Sahih Muslim, d’après la Mère des croyants Aïcha, qu’au moment où le Messager d’Allah (S.A.S.) se levait la nuit et commençait la prière, il disait

(Arabe***************)

Sens : Ô Allah ! Seigneur de Jibrîl, de Mikâ’îl et d’Isrâfîl ! Créateur de l’univers et de cette terre ! Omniscient de l’invisible et du visible. C’est Toi qui trancheras les différends de Tes serviteurs. Montre-moi, par Ta grâce, la vérité au sujet de laquelle ils divergent. Car certes, Tu guides vers le droit chemin qui Tu veux. »

Il est rapporté dans Abû Dâwûd, d’après Aïcha (r.a.), que lorsque le Messager d’Allah (s.a.w.) se réveillait la nuit, il disait :

(Arabe***********************)

Sens : Il n’y a aucun seigneur, aucun juge ni aucun libérateur en dehors de Toi. Tu es exempt et pur de toute sorte de défaut, de faute et de faiblesse. C’est Toi seul que je loue, ô Allah ! Je Te demande pardon pour mes fautes. Je sollicite Ta grâce. Ô Allah, accrois ma connaissance. Après m’avoir guidé vers le droit chemin, ne laisse pas mon cœur dévier. Accorde-moi Ta grâce. Certes, Tu es le plus généreux des donateurs. »

Il est rapporté dans Abû Dâwûd, d’après le tâbi‘î Sharîk al-Hawânî, qu’il dit : J’avais demandé à la Mère des croyants, Aïcha (r.a.) : « Que récitait en premier le Messager d’Allah (s.a.w.) lorsqu’il se levait la nuit pour accomplir la prière ? » Elle répondit : « Tu m’as interrogée sur une chose au sujet de laquelle personne ne m’avait interrogée avant toi. Lorsque le Messager d’Allah (s.a.w.) se réveillait la nuit, il prononçait dix fois (***) (« Allah est le plus grand »), disait dix fois (***) (*********) (« Toute louange appartient à Allah »), disait dix fois (******), dix fois (*****), disait dix fois (*******) (« Je demande pardon à Allah »), disait dix fois (*****) et disait dix fois (******************) (« Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre l’étroitesse de ce monde et du Jour de la Résurrection »). [Ces paroles sont appelées les Mu‘ashsharât as-Sab‘a. Cela signifie sept phrases dont chacune doit être prononcée dix fois.] Puis il commençait la prière. »

Il est rapporté dans le Sahîh de Boukhârî, d’après ‘Ubâda ibn as-Sâmit (r.a.), qu’il dit : Le Messager d’Allah (s.a.w.) a dit que celui qui se réveille la nuit, récite ces paroles et invoque Allah verra son invocation exaucée. Puis, s’il accomplit les ablutions et prie, sa prière sera acceptée. Ces paroles sont :(Arabe******************)

Il est rapporté dans Abû Dâwûd et an-Nasâ’î, d’après Hudhayfa (r.a.), qu’il avait vu le Messager d’Allah (s.a.w.) réciter ces paroles avant de commencer la prière de nuit :

(Arabe*****************)

Sens : Allah est grand, Allah est au-dessus de tous, Allah est le plus grand ; Il est le détenteur de la puissance et de la majesté, Il est le meilleur et le plus majestueux. »

Dans le même récit, Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) rapporte que, pendant la prière nocturne, le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a récité cette invocation durant un long moment entre les deux prosternations :

(Arabe*****************)

Sens : Mon Seigneur, pardonne-moi ! Mon Maître, absous-moi.………………

An-Nasaï et Ibn Mâjah ont rapporté un hadith d’Abû Dharr (qu’Allah l’agrée), dans lequel celui-ci dit : Une fois, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) se leva pour accomplir la prière nocturne ; jusqu’à l’arrivée de l’aube, il ne récita, durant toute la prière³, qu’un seul verset, qu’il répéta sans cesse. Le verset est le suivant :(Arabe******************)

Sens : Seigneur, si Tu les châties, Tu en as le pouvoir, car ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, Tu peux certainement le faire, car c’est Toi qui détiens la puissance absolue, le Sage par excellence. (Sourate Al-Mâ’ida : 118)

Certains jours, le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) récitait, pendant la prière nocturne, les sourates Al-Baqara, Âl ‘Imrân, An-Nisâ’, Al-Mâ’ida ou Al-An‘âm.

Il lui arrivait de réciter deux à deux les premières sourates du Mufassal (de la sourate Al-Hujurât jusqu’à la fin).

Il encourageait les Compagnons à réciter, dans la prière nocturne, dix, cent ou mille versets, selon leurs capacités.

Les immenses bienfaits de l’adoration nocturne [Ce paragraphe intitulé « Les immenses bienfaits de l’adoration nocturne » a été ajouté par l’éditeur.]

Il est rapporté dans Al-Bukhari et Muslim, d’après Abu Hurayra, que le Messager d’Allah a dit : « Chaque nuit, lorsqu’il ne reste plus que le dernier tiers, Allah descend au ciel le plus proche de la terre (Il s’en approche) et proclame : “Écoutez ! Qui M’invoquera maintenant, Je répondrai à son invocation. Qui Me demandera maintenant, Je lui donnerai. Qui Me demandera maintenant pardon pour ses péchés, Je lui pardonnerai.” » Il continue ainsi à proclamer jusqu’à l’aube.

Il est rapporté dans At-Tirmidhi, d’après Abu Umama, que le Messager d’Allah a dit : « Vous devez vous lever la nuit et prier, car cela est :

– la tradition des pieux parmi ceux qui vous ont précédés,

– un moyen de vous rapprocher de votre Seigneur,

– une arme pour effacer les péchés, et

– Un obstacle au péché.

Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), qu’il dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : après la prière obligatoire, la meilleure prière est celle de la nuit. »

Il est rapporté dans les recueils d’Abû Dâwûd et d’an-Nasâ’î, d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à l’homme qui se réveille durant la nuit, prie, réveille son épouse et qu’elle prie également ; et si elle refuse de se lever, il lui asperge le visage d’eau. Qu’Allah fasse également miséricorde à la femme qui se réveille durant la nuit, prie, réveille son époux et qu’il prie également ; et si son époux refuse de se lever, elle lui asperge le visage d’eau. »

Il est rapporté dans les Sahîh d’al-Bukhârî et de Muslim, d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous dort, Satan noue trois nœuds derrière sa tête. Sur chaque nœud, il appose le sceau de ces paroles : “La nuit est encore longue, dors donc.” Mais s’il se réveille et mentionne Allah, un nœud se défait. S’il fait ses ablutions, un autre nœud se défait. Puis, s’il prie, le dernier nœud se défait également. Il se réveille alors le matin de bonne humeur, pur et joyeux. Sinon, il se réveille le matin avec un esprit souillé et paresseux. »

Il est rapporté dans les Sahîh d’al-Bukhârî et de Muslim, d’après al-Mughîra ibn Shu‘ba (qu’Allah l’agrée), qu’il dit : « Un jour, les plantes des pieds du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) enflèrent parce qu’il était resté longtemps debout pour la prière de nuit. On lui dit alors : “Pourquoi vous imposez-vous tant de souffrances, alors que tous vos péchés passés et futurs vous ont été pardonnés ?” Il répondit : “Ne serais-je donc pas un serviteur reconnaissant envers Allah ?” »

Il est rapporté d’après Jâbir (qu’Allah l’agrée) qu’il dit : « J’ai entendu le noble Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) dire : durant toute la nuit, il existe un moment où, si un musulman le rencontre et demande à Allah, à ce moment-là, n’importe quel bien de ce monde ou de l’au-delà, Allah le lui accorde assurément. Ce moment particulier survient chaque nuit. » (Sahîh Muslim)

Il est rapporté d’après ‘Abdullah ibn ‘Abbâs (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit :(Arabe*****************)

« Les gens les meilleurs et les plus éminents de ma communauté sont ceux qui portent le Coran et ceux qui veillent la nuit pour accomplir la prière. » (Al-Bayhaqî : d’après Ibn ‘Abbâs)

 

8

La prière du witr

Il accomplissait le witr avec le tahajjud

La prière du witr du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) faisait partie de sa prière de qiyâm al-layl, ou tahajjud. Il accomplissait la prière du witr avec le tahajjud. Il faut donc aborder sa prière du witr conjointement avec sa prière du tahajjud.

Comment accomplissait-il le witr avec le tahajjud et combien de rak‘ahs accomplissait-il ? Plusieurs façons sont connues d’après les différentes transmissions des hadiths. Les voici :

Première façon, rapportée par Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) : Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) dit : « Une fois, je passai la nuit chez ma tante. Je vis le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se lever au dernier tiers de la nuit. Il leva les yeux vers le ciel et récita : “Inna fî khalfis-samâwâti…” Puis il fit ses ablutions et se plaça pour prier. Je fis moi aussi mes ablutions et me plaçai à sa gauche. Il me prit alors par l’oreille, me fit faire le tour et me plaça à sa droite. Je priai avec lui et constatai qu’il accomplissait au total treize rak‘ahs, witr compris. »

Une autre transmission d’Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’il vit le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplir huit rak‘ahs de tahajjud, deux par deux, puis trois rak‘ahs de witr et deux rak‘ahs de la sunna du fajr. Ces transmissions sont mentionnées dans al-Bukhari, Muslim et d’autres ouvrages.

Deuxième façon, rapportée par Aïcha (qu’Allah l’agrée) : Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : « Lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se levait pour la prière de nuit, il commençait par deux rak‘ahs légères (courtes) et terminait par onze rak‘ahs. Il prononçait le salâm après chaque paire de rak‘ahs et, la dernière fois, ajoutait une rak‘ah afin de rendre le nombre impair pour le witr. »

Troisièmement : il priait treize rak‘ahs, comme dans la deuxième manière.

Quatrièmement : il priait huit rak‘ahs, deux par deux. Puis, sans s’asseoir entre elles, il priait cinq rak‘ahs d’un seul salâm. (Rapporté par al-Bukhârî et Muslim, d’après ‘Â’isha, qu’Allah l’agrée.)

Cinquièmement : il priait neuf rak‘ahs d’affilée. Après avoir prié huit rak‘ahs consécutives, il s’asseyait à la huitième et, durant cette assise, il évoquait Allah, Le louait et L’invoquait. Puis il se levait, priait la neuvième rak‘ah (le witr) et prononçait le salâm. Ensuite, il priait deux rak‘ahs assis. (Rapporté par Muslim, d’après ‘Â’isha, qu’Allah l’agrée.)

Sixièmement : il priait sept rak‘ahs, de la même manière que les neuf rak‘ahs mentionnées ci-dessus. Puis il priait deux rak‘ahs assis.

Septièmement : il terminait le tahajjûd en priant deux rak‘ahs par deux. Puis, sans s’asseoir entre elles, il priait consécutivement trois rak‘ahs de witr. L’imam Ahmad a rapporté cela d’après ‘Â’isha, qu’Allah l’agrée. ‘Â’isha a dit : « Il priait trois rak‘ahs de witr sans interruption. »

L’imam an-Nasâ’î a également rapporté un hadith similaire d’après ‘Â’isha, qu’Allah l’agrée. Elle y dit : « Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, priait trois rak‘ahs de witr consécutives, sans prononcer le salâm après la deuxième rak‘ah. » — Toutefois, cette manière de prier le witr mérite réflexion, car elle ne concorde pas avec la plupart des récits.

Abû Hâtim et Ibn Hibbân ont rapporté, dans leurs recueils de hadiths authentiques, un hadith d’après Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée. Abû Hurayra a dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, a dit : « Ne faites pas ressembler la prière du witr à celle du maghrib ; ne priez pas trois rak‘ahs. Priez plutôt cinq ou sept rak‘ahs. »

L’imam ad-Dâraqutnî a dit : Tous les rapporteurs du récit concernant la prière du witr en cinq et sept rak‘ahs sont dignes de confiance. Il a dit : « J’ai demandé à Abû ‘Abdillah : Prononcez-vous le salâm après la deuxième rak‘ah dans la prière du witr ? Il répondit : Oui. Je demandai : Pourquoi prononcez-vous le salâm après la deuxième rak‘ah ? Il répondit : Les hadiths concernant le salâm après la deuxième rak‘ah sont nombreux et solides. En effet, ces hadiths ont été rapportés par l’imam az-Zuhrî d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr, qu’Allah l’agrée, et celui-ci d’après ‘Â’isha, qu’Allah l’agrée. Cette chaîne de transmission est extrêmement solide et constitue une chaîne en or. »

Hârith a dit : lorsqu’on interrogea l’imam Ahmad au sujet de la prière du witr, il répondit : « Il faut prononcer le salâm après la deuxième rak‘a. Toutefois, même sans prononcer le salâm, j’espère que la prière ne sera pas invalide. Mais le fait de prononcer le salâm est établi d’après le Prophète honoré ﷺ. »

Abû Tâlib dit : « J’ai demandé à Abû ‘Abd Allâh : quel hadith privilégiez-vous au sujet du witr ? » Il répondit : « Le hadith selon lequel on prie cinq rak‘as consécutives, sans s’asseoir au milieu, puis que l’on prononce le salâm lors de la dernière rak‘a, est authentique ; le hadith selon lequel on prie sept rak‘as consécutives, puis que l’on prononce le salâm lors de la dernière rak‘a, est également authentique. De même, le hadith rapporté par Zirâra d’après ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée), selon lequel le Messager ﷺ priait neuf rak‘as et s’asseyait après en avoir accompli huit consécutivement, est authentique. Toutefois, les hadiths concernant l’accomplissement du witr en une seule rak‘a sont les plus solides ; c’est pourquoi c’est ainsi que je le pratique. » Je demandai : « Qu’en est-il des trois rak‘as mentionnées par Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) ? » Il répondit : « Oui, Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée) a bien mentionné trois rak‘as. Sa‘d lui a également répondu par quelques propos et a réfuté sa manière d’accomplir trois rak‘as. »

8. Le récit de Hudhayfa, rapporté par an-Nasâ’î et Abû Dâwûd : Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) y mentionne seulement quatre rak‘as comprenant de longues glorifications et invocations. [En réalité, dans ce récit de Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), il n’est pas question de la prière du witr.]

Voici les différentes formes de la prière du witr que le Messager d’Allah ﷺ a accomplies, comme cela est établi. [Le Messager ﷺ accomplissait la prière du witr conjointement à la prière nocturne ; c’est pourquoi les Compagnons ont chacun rapporté le nombre de rak‘as qu’ils avaient observé. De plus, ils ont eux-mêmes pratiqué la prière selon ce qu’ils avaient personnellement observé. Il est donc permis de pratiquer n’importe laquelle des formes rapportées dans les hadiths authentiques, car le Messager ﷺ les a pratiquées de différentes manières.]

Quand et comment la faisait-il ?

Il ressort de différents hadiths que le Messager d’Allah ﷺ accomplissait la prière du witr –

– au début de la nuit également, et il ordonnait aussi aux Compagnons de l’accomplir.

– au milieu de la nuit également.

— il la priait aussi dans la dernière partie de la nuit.

Le Messager d’Allah (ﷺ) priait habituellement la prière nocturne de trois manières :

Premièrement, il la priait debout la plupart du temps.

Deuxièmement, il lui arrivait parfois — particulièrement vers la fin de sa vie — de prier assis et d’accomplir également le rukûʿ assis.

Troisièmement, il lui arrivait parfois de réciter les sourates assis, mais il se mettait debout pour accomplir le rukûʿ, puis se prosternait.

— Ces trois manières sont toutes rapportées par des chaînes authentiques.

L’invocation du qunût dans la prière du witr

On ne sait, par ailleurs, que par un hadith rapporté dans Ibn Mâjah que le Messager d’Allah (ﷺ) récitait le qunût dans la prière du witr. La chaîne de transmission du hadith est la suivante : Ibn Mâjah > ʿAlî ibn Maymûn al-Râqî > Muhammad ibn Yazîd > Sufyân > Zayd ibn Iyâmî > Saʿîd ibn ʿAbd al-Rahmân ibn Abzâ > ʿAbd al-Rahmân ibn Abzâ > Ubayy ibn Kaʿb (qu’Allah l’agrée). Le hadith rapporté par Ubayy ibn Kaʿb est le suivant : « Le Messager d’Allah (ﷺ) priait le witr et récitait le qunût avant le rukûʿ. »

Il est rapporté de l’imam Ahmad que le Messager d’Allah (s.a.s.) récitait principalement le qunût après le rukûʿ, et non avant.

En réalité, parmi tous les hadiths rapportés au sujet du qunût, il ressort que le Messager (s.a.s.) récitait le qunût dans la prière du fajr, après s’être redressé du rukûʿ. D’après ce hadith d’Ibn Mâjah, il récitait le qunût dans la prière du witr avant le rukûʿ.

Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad et les recueils de Sunan, d’après al-Hasan ibn ʿAlî (qu’Allah l’agrée), qu’il a dit : « Le Messager d’Allah (s.a.s.) m’a enseigné les paroles à réciter dans la prière du witr. Les voici : »

(Arabe********************)

Sens : Ô Allah, fais-moi rejoindre ceux que Tu as guidés vers le droit chemin ! Accorde-moi le pardon et la santé comme à ceux auxquels Tu as accordé Ton pardon et Ta santé ! Fais-moi rejoindre ceux dont Tu es le Protecteur ! Bénis pour moi ce que Tu m’as accordé. Protège-moi contre Ton mauvais décret. C’est Toi le véritable Juge, et nul ne peut prononcer de jugement contre Toi. Celui dont Tu es le Protecteur ne peut être humilié par personne. Celui qui est devenu Ton ennemi ne peut être honoré par personne. Notre Seigneur, Tu es Celui qui possède une abondance immense, Tu es infiniment Sublime. »

Dans la narration d’an-Nasâ’î, il est également rapporté qu’après avoir récité cette invocation, al-Hasan (qu’Allah l’agrée) récitait la prière sur le Messager d’Allah (s.a.s.).

Al-Hâkim a également rapporté dans son Mustadrak, d’après al-Hasan (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (s.a.s.) lui avait enseigné de réciter ces paroles dans la prière du witr, après s’être relevé du rukûʿ, lorsqu’il ne restait plus rien d’autre que la prosternation.

L’imam at-Tirmidhî a dit que ce hadith d’al-Hasan est un hadith « hasan » (excellent). Aucune narration meilleure que celle-ci n’a été rapportée au sujet du qunût du witr.

Cependant (le reste de ce passage a été ajouté par l’éditeur), le traditionniste al-Tabarani et d’autres ont rapporté une autre invocation du qunût dans la prière du witr. Bien que les traditionnistes aient qualifié l’invocation du qunût susmentionnée, rapportée par al-Hasan (qu’Allah l’agrée), de meilleure invocation du qunût du witr, l’imam Abou Hanifa, l’imam Malik et d’autres ont également considéré l’invocation suivante comme préférable :

(Arabe******************)

Sens : Ô Allah ! Nous implorons Ton aide, nous Te demandons pardon, nous croyons en Toi, nous plaçons notre confiance en Toi et nous attribuons à Toi toutes les qualités suprêmes. Nous vivons en Te rendant grâce et ne suivons pas la voie de l’ingratitude envers Toi. Nous nous séparons de ceux qui Te désobéissent et n’entretenons aucune relation avec eux. Ô Allah ! Nous T’adorons, nous prions pour Toi et nous nous prosternons devant Toi. Nous accourons vers Toi et avançons sur Ton chemin. Nous espérons Ta miséricorde, nous craignons Ton châtiment, et Ton châtiment ne frappera certes que les mécréants. »

Deux unités de prière après le witr

Il est rapporté dans le Sahih Muslim et le Musnad d’Ahmad, d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), Oum Salama (qu’Allah l’agrée) et Abou Oumama (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait parfois deux unités de prière après le witr, en position assise.

Les savants ont divergé au sujet de la validité de ces deux unités. Selon certains, ces deux unités contredisent la parole du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) : « Faites du witr la dernière prière de la nuit. » D’autres ont dit que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) accomplissait ces deux unités afin de montrer qu’il est permis de prier après le witr. Certains ont dit que ces deux unités constituent une prière complémentaire au witr.

9

Les prières surérogatoires occasionnelles du Messager d’Allah

La prière de Duha (la prière de la matinée)

La période comprise entre le moment où le soleil s’est levé le matin et est devenu lumineux et celui où il atteint le zénith est appelée Duha ou Chasht. Durant cette période, le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait parfois quelques prières surérogatoires et encourageait les Compagnons à les accomplir. Il accomplissait cette prière tantôt en deux rak‘ahs, tantôt en quatre, tantôt en six et tantôt en huit rak‘ahs.

Toutefois, de même que des hadiths rapportent que le Messager d’Allah (ﷺ) l’accomplissait durant cette période et encourageait à l’accomplir, d’autres hadiths rapportent également qu’il ne priait pas durant cette période.

Un hadith rapporté dans le Sahih al-Bukhari d’après ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit : « Elle a déclaré : Je n’ai pas vu le Messager d’Allah (ﷺ) accomplir la prière de Duha, mais moi, je l’accomplis à cette heure. »

Dans le Sahih al-Bukhari, un hadith rapporté d’après Muriq al-‘Ajali dit : « Il a déclaré : J’ai demandé à Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) : “Accomplissez-vous la prière de Duha ?” Il répondit : “Non.” Je demandai ensuite : “Le Prophète éminent (ﷺ) l’accomplissait-il ?” Il répondit : “Non, lui non plus ne l’accomplissait pas.” »

L’imam al-Bukhari a également mentionné un hadith d’Ibn Abi Layla. Dans ce hadith, Ibn Abi Layla dit : « Personne ne nous a rapporté que le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait la prière de Duha. Cependant, seule Umm Hani a dit : “Le jour de la conquête de La Mecque, le Messager d’Allah (ﷺ) vint chez moi et prit un bain rituel, puis il accomplit huit rak‘ahs. Je ne l’ai jamais vu accomplir une prière aussi brève. Toutefois, il accomplissait parfaitement l’inclinaison et la prosternation. C’était l’heure du Duha, c’est-à-dire du Chasht.” »

Dans le Sahih Muslim, il est rapporté d’après ‘Abdullah ibn Shaqiq qu’il a dit : « J’ai demandé à la Mère des croyants, ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) : “Le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait-il la prière de Duha ?” Elle répondit : “Non. Toutefois, lorsqu’il revenait de voyage durant cette période, il accomplissait quelques prières.” »

De même, il existe des récits rapportant que le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait la prière de Duha. Par exemple :

Il est rapporté dans le Sahih Muslim, d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accomplissait la prière de duha et priait quatre rak‘ats. Il en priait également davantage si Allah le voulait.

Il est rapporté dans al-Bukhari et Muslim, d’après Umm Hani (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accomplit huit rak‘ats de la prière de duha dans sa maison, le jour de la conquête de La Mecque.

Dans al-Mustadrak, al-Hakim rapporte d’après Anas (qu’Allah l’agrée) que celui-ci dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accomplir huit rak‘ats de la prière de duha en voyage. »

Al-Hakim rapporte, dans son chapitre sur les mérites de la prière de duha, d’après Aïcha (qu’Allah l’agrée), qu’elle dit : « Une fois, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accomplit la prière de duha. Puis il récita cent fois cette invocation : (Arabe******************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne-moi, fais-moi miséricorde et accepte mon repentir. Certes, Tu es Miséricordieux, Pardonneur et Celui qui accepte le repentir. »

Mujahid a dit que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) accomplissait, au moment de la prière de duha, deux, quatre, six ou huit rak‘ats.

Al-Hakim a également mentionné, selon une transmission d’Aïcha et d’Umm Salama (qu’Allah les agrée), qu’il en accomplissait douze rak‘ats.

Puisqu’il existe des hadiths concernant aussi bien l’accomplissement que la non-accomplissement de la prière au moment de la duha, les spécialistes du hadith ont naturellement exprimé des avis divergents sur le fait de l’accomplir ou non.

On trouve plusieurs hadiths concernant le mérite d’accomplir ou de ne pas accomplir cette prière. Nombre de pieux prédécesseurs l’ont accomplie conformément aux hadiths.

Un autre groupe de spécialistes du hadith a estimé qu’il fallait délaisser cette prière. Ils ont mis en doute l’authenticité des hadiths qui s’y rapportent. En outre, ils ont souligné que les Compagnons n’en avaient pas connaissance.

Dans un hadith cité par al-Bukhari, Ibn Umar a dit : « Le Messager, Abou Bakr, Umar et moi-même n’accomplissions pas cette prière. »

J’ai entendu, par l’intermédiaire de Wakīʿ, qu’Abou Hurayra a dit : « Je n’ai vu le Messager d’Allah accomplir la prière de duha qu’un seul jour. »

Alī ibn al-Madīnī rapporte, par l’intermédiaire d’Abd ar-Rahmān ibn Abī Bakr, qu’un jour, Abou Bakr, ayant vu un groupe de gens accomplir la prière de duha, leur dit : « Vous accomplissez une prière que ni le Messager ni aucun de ses Compagnons n’ont accomplie. »

Cependant, un troisième groupe considère qu’il est recommandé d’accomplir la prière de duha. C’est pourquoi ils recommandent de l’accomplir certains jours.

Toutefois, ils recommandent de l’accomplir certains jours.

Cependant, les hadiths relatifs à l’accomplissement de la prière de duha ne sont pas solidement authentifiés.

Il est établi que le Messager (ﷺ) a parfois accompli la prière à ce moment-là, mais que ces prières n’étaient pas liées à l’horaire de la prière de Duha. Ainsi, le jour de la conquête de La Mecque, il se rendit chez Umm Hani, y fit ses ablutions majeures et accomplit huit unités de prière. Cette prière n’était pas liée à « cet horaire » : il l’accomplissait plutôt en signe de gratitude pour la conquête de La Mecque. De même, Aïcha (رضي الله عنها) a dit qu’il accomplissait trois prières lorsqu’il revenait d’un voyage à l’heure de Duha. Cette prière n’était pas non plus liée à « cet horaire », mais constituait la prière accomplie au retour d’un voyage.

Ainsi, ceux qui l’ont parfois vu prier à ce moment-là ne l’ont pas vu accomplir une prière liée à cet horaire, c’est-à-dire celui de Duha ; il accomplissait plutôt parfois une prière à ce moment pour diverses raisons. Voilà ce qui est établi.

La prosternation de gratitude

Le Messager d’Allah (ﷺ) et ses Compagnons avaient pour habitude, lorsqu’ils se réjouissaient d’avoir reçu une grâce d’Allah ou de voir une épreuve écartée, de se prosterner devant Allah en signe de gratitude.

Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, d’après Abou Bakr (رضي الله عنه) : lorsqu’un événement heureux survenait dans la vie du Messager (ﷺ), il se jetait en prosternation pour remercier Allah.

Ibn Mâjah l’a rapporté d’après Anas (رضي الله عنه). Un jour, une bonne nouvelle fut annoncée au Messager d’Allah (ﷺ) au sujet d’une affaire. En l’entendant, il se jeta en prosternation devant Allah.

L’imam al-Bayhaqî a mentionné un hadith authentique, conformément aux conditions établies par l’imam al-Bukhârî pour l’authenticité de la chaîne de transmission. Il y est dit : ayant reçu la nouvelle écrite de la conversion à l’islam de la tribu de Hamdân, envoyée par Alî (رضي الله عنه), le Messager d’Allah (ﷺ) se jeta en prosternation. Puis il releva la tête et dit : « As-salâmu ‘alâ Hamdân, as-salâmu ‘alâ Hamdân. »

Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, d’après Abd ar-Rahmân ibn Awf (رضي الله عنه) :

Lorsque cette bonne nouvelle vint d’Allah Très-Haut : « Si quelqu’un invoque la bénédiction sur toi, J’invoque Moi aussi Ma bénédiction sur lui ; et si quelqu’un te salue, Je le salue Moi aussi en lui accordant la paix », le Messager d’Allah (s.a.s.) se prosterna aussitôt en signe de gratitude.

Il est rapporté dans les Sunan d’Abû Dâwûd, d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs (r.a.), que le Messager d’Allah (s.a.s.) leva une fois les mains et implora Allah pendant quelque temps. Puis il se jeta en prosternation. Il se prosterna ainsi trois fois. Enfin, il nous dit : « J’ai demandé quelque chose à mon Seigneur et j’ai intercédé en faveur de ma communauté — c’est-à-dire des gens qui suivent ma voie et mon idéal. J’ai prié pour un tiers de ma communauté. Il a exaucé ma prière pour un autre tiers. Aussitôt, je me suis prosterné devant mon Seigneur en signe de gratitude. Puis, après avoir relevé la tête, j’ai prié pour ma communauté. Cette fois, Il a exaucé ma prière pour le tiers restant de ma communauté. Aussitôt, je me suis prosterné devant mon Seigneur en signe de gratitude. »

À l’instar du Messager d’Allah (s.a.s.), les nobles Compagnons se sont eux aussi prosternés en signe de gratitude. Il est rapporté dans le Sahîh al-Bukhârî que lorsque Ka‘b ibn Mâlik (r.a.) reçut la bonne nouvelle de son pardon, il se prosterna aussitôt, humblement, en remerciement envers Allah Très-Haut. Ka‘b ibn Mâlik (r.a.) était l’un des trois Compagnons qui, par négligence, n’avaient pas participé à la bataille de Tabûk. À leur retour de Tabûk, le Messager d’Allah (s.a.s.), sur l’ordre d’Allah, boycotta ces trois Compagnons. Leur vie devint alors insupportable et le monde leur parut étroit. Ils ne cessaient de pleurer et de se repentir. Après cinquante jours d’un repentir intense, Allah Très-Haut annonça leur pardon et révéla des versets du Coran à ce sujet. C’est alors que Ka‘b (r.a.) accomplit une prosternation de gratitude.

Il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad que lorsque ‘Alî (r.a.) vit Dhû ath-Thadiyya parmi les morts kharidjites, il se jeta en prosternation devant Allah.

Sa‘îd ibn Mansûr a rapporté que lorsque Abû Bakr (r.a.) apprit la nouvelle de la mort de Musaylima al-Kadhdhâb, le faux prétendant à la prophétie, il se prosterna aussitôt devant Allah. Dans ce passage, il est question d’une prosternation de gratitude, et non de la prière. De plus, il n’est pas indiqué dans le hadith qu’il soit nécessaire d’avoir accompli les ablutions pour cette prosternation.

La prosternation de récitation

Lorsque, au cours de la récitation du Coran, l’ordre de se prosterner se présentait à certains endroits, le Messager d’Allah (s.a.s.) se jetait aussitôt en prosternation en disant : « Allahou akbar ». Lors de la prosternation de récitation, il récitait très souvent les paroles suivantes.

(Arabe***************)

Sens : Mon visage s’est prosterné devant la majestueuse Entité qui l’a créé et lui a donné une forme parfaite. De plus, par Sa puissance et Sa force, elle lui a accordé l’ouïe et la vue. »

Parfois, lors de la prosternation de récitation, il récitait l’invocation suivante :

(Arabe******************)

Sens : Ô Allah ! En échange de cette prosternation, allège le poids de mes péchés. En échange, inscris pour moi une récompense et une rétribution. Fais de cette prosternation une provision pour mon Au-delà. Et accepte cette prosternation de ma part comme Tu as accepté la prosternation de Ton serviteur Dâwûd. »

Ces deux récits ont été rapportés par les compilateurs des recueils de Sunan. Cependant, aucun des deux ne précise qu’il disait également « Allâhu akbar » en relevant la tête de cette prosternation de récitation.

Il n’est pas non plus établi que le Messager d’Allah (s.) récitait le tashahhud lors de cette prosternation, ni qu’il prononçait le salâm.

Les deux rak‘ats de Bilâl après chaque ablution [ce paragraphe a été ajouté par l’éditeur].

Chaque fois que Bilâl (r.) faisait ses ablutions, il accomplissait ensuite deux rak‘ats. Le Messager d’Allah (s.) a approuvé ces deux rak‘ats.

Il est rapporté dans les Sahih de Boukhari et de Mouslim, d’après Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) demanda un jour à Bilal (qu’Allah l’agrée), après la prière de l’aube : « Ô Bilal ! Dis-moi, quelle œuvre as-tu accomplie après avoir embrassé l’islam, grâce à laquelle tu espères une plus grande récompense auprès d’Allah ? » Je te pose cette question parce que j’ai entendu devant moi, au Paradis, le bruit de tes chaussures. Bilal répondit : « L’œuvre pour laquelle j’espère obtenir la plus grande récompense auprès d’Allah est que, chaque fois que j’ai fait les ablutions, de jour comme de nuit, j’ai accompli, avec ces ablutions, autant de prières que la capacité qu’Allah Tout-Puissant m’a accordée. »

Les deux unités de prière de Bilal après chaque appel à la prière [Cette section a été ajoutée par l’éditeur.]

Bilal (qu’Allah l’agrée) accomplissait deux unités de prière après chaque appel à la prière. Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a approuvé ces deux unités de prière.

L’imam at-Tirmidhi a rapporté, avec une chaîne de transmission authentique, d’après Bourayda (qu’Allah l’agrée), qu’il a dit : Un matin, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) appela Bilal, puis lui dit : « Ô Bilal ! Quelle œuvre as-tu accomplie pour être entré au Paradis avant moi ? Chaque fois que je suis entré au Paradis, j’ai entendu devant moi le bruit de tes chaussures. »

Bilal répondit : « Ô Messager d’Allah ! Chaque fois que j’ai lancé l’appel à la prière, j’ai accompli deux unités de prière (surérogatoires) après cet appel. En outre, chaque fois que mes ablutions étaient rompues, je faisais aussitôt mes ablutions, et après celles-ci, je me suis imposé d’accomplir deux unités de prière pour Allah. »

Le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) s’exclama alors : « Oui, c’est pour cela. »

La prière de demande de pardon et de soulagement des soucis [Cette section a été ajoutée par l’éditeur.]

Il est rapporté d’après Ali (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) m’a dit — et il a certes dit la vérité — : « J’ai entendu le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dire que toute personne qui commet un péché ou une faute, puis se purifie (par les grandes ablutions ou les ablutions) et accomplit quelques prières (surérogatoires), avant de demander pardon à Allah, verra certainement Allah lui pardonner. » Ensuite, le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) récita le verset suivant du Coran :

(Arabe******************)

Sens : Ceux qui, lorsqu’ils commettent une turpitude ou se font du tort à eux-mêmes en commettant un péché, se souviennent aussitôt d’Allah et Lui demandent pardon pour leurs péchés — car qui donc pardonne les péchés si ce n’est Allah ? — et ne persistent pas sciemment dans leurs actes, ceux-là trouveront auprès de leur Seigneur le pardon et le Paradis, sous lequel coulent des ruisseaux, où ils demeureront éternellement. (Sourate Âl ‘Imrân : versets 135-136)

Ce hadith a été rapporté par l’imam at-Tirmidhi et Ibn Mâjah. Toutefois, Ibn Mâjah n’a pas mentionné le verset.

Il est rapporté dans Abû Dâwûd, d’après Hudhayfa (qu’Allah l’agrée) : « Lorsque le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) était préoccupé pour quelque raison, il accomplissait des prières (surérogatoires). » En réalité, Allah Très-Haut a donné cette instruction dans le Noble Coran même : « Ô vous qui croyez ! Cherchez secours dans la patience et la prière. » (Sourate 2, al-Baqara, verset 153)

La prière et l’invocation de l’istikhâra (paragraphe ajouté par l’éditeur)

Jâbir (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous enseignait à accomplir l’istikhâra pour toutes nos affaires, tout comme il nous enseignait une sourate du Coran. Il disait : « Lorsque l’un de vous envisage d’entreprendre une affaire, qu’il accomplisse deux unités de prière, autres que les prières obligatoires, c’est-à-dire surérogatoires. Puis qu’il fasse l’invocation suivante : »

(Arabe******************)

Sens : Ô Allah ! Je Te demande de me guider dans cette affaire par Ta science, et je Te demande, par Ton pouvoir, de m’en accorder la capacité et le bien. Je Te demande de m’accorder de Ton immense grâce et de Ton trésor de bienfaits. Tu es certes capable de toute chose, tandis que je n’ai aucun pouvoir. Tu sais toute chose, tandis que je ne sais rien, et Tu es le Seul à connaître parfaitement l’invisible. Ô Allah ! Si Tu sais que cette affaire que j’ai l’intention d’entreprendre est bonne pour moi, pour ma religion, ma vie, ma subsistance, mon au-delà et ma situation, alors bénis-la pour moi.

En revanche, si tu sais ou estimes que cette chose serait nuisible pour moi, pour ma religion, mes moyens de subsistance et l’issue de ma vie future, alors détourne-la de moi et détourne-moi d’elle. Décrète pour moi le bien, où qu’il se trouve, et rends-moi satisfait de celui-ci. » (Sahih al-Bukhari)

La salat al-tasbih [ce paragraphe a été ajouté par l’éditeur.]

Abou Dawoud, Ibn Majah et al-Bayhaqi rapportent, d’après Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), et al-Tirmidhi, d’après Abou Rafi, que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) enseigna à son oncle Abbas (qu’Allah l’agrée) une prière de quatre rak‘at, d’un genre particulier. Cette prière est connue sous le nom de « salat al-tasbih ». Le hadith relatif à cette prière est le suivant :

Ibn Abbas rapporte qu’un jour, le Noble Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) dit à Abbas ibn Abd al-Muttalib (mon père) : « Ô Abbas ! Ô mon oncle ! Ne vais-je pas te faire un don ? Ne vais-je pas te donner quelque chose ? Ne vais-je pas t’en informer ? Ne vais-je pas t’enseigner dix choses ? Si tu les accomplis, Allah te pardonnera tes fautes : les anciennes et les récentes, les anciennes et les nouvelles, les commises intentionnellement et involontairement, les petites et les grandes, ainsi que les secrètes et les manifestes. Cette œuvre consiste à accomplir quatre rak‘at. Tu réciteras la sourate al-Fatiha et une autre sourate dans chaque rak‘a. Après avoir terminé la récitation de la première rak‘a, tu réciteras quinze fois cette formule en étant debout :

(Arabe****************)

Puis tu t’inclineras. Une fois incliné, tu réciteras cette formule dix fois. Ensuite, tu relèveras la tête de l’inclinaison et tu te tiendras debout ; dans cette position, tu réciteras ladite formule dix fois. Puis tu relèveras la tête de la prosternation et tu t’assiéras ; en position assise, tu réciteras ladite formule dix fois. Ensuite, tu te prosterneras une deuxième fois et, dans cette prosternation également, tu réciteras la formule dix fois. Ainsi, la formule aura été récitée au total soixante-quinze fois dans une rak‘a. Tu accompliras quatre rak‘at selon les mêmes règles que pour cette première rak‘a. Si tu le peux, accomplis-la une fois par semaine. Si ce n’est pas possible, une fois par mois. Si cela non plus n’est pas possible, une fois par an. Et si cela n’est toujours pas possible, accomplis-la au moins une fois dans ta vie. »

Al-Hakim, Ibn Khuzayma et al-Daraqutni l’ont qualifié de hadith authentique. Cependant, l’imam Ibn al-Qayyim al-Jawziyya l’a qualifié de hadith mawdu‘ (forgé).

La prière de tarawih [ce paragraphe a été ajouté par l’éditeur.]

Il existe une divergence d’opinions quant à savoir si la prière de Tarawih fait partie de la Sunna du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Abou Dawoud, at-Tirmidhi, an-Nasaï et Ibn Majah ont rapporté, par l’intermédiaire d’Abou Dharr al-Ghifari, un hadith concernant les prières surérogatoires du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) durant le Ramadan. Abou Dharr y dit : « Nous avons jeûné le mois de Ramadan avec le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Cependant, il n’instaura pas durant ce mois l’habitude de prier avec nous les prières surérogatoires. Mais lorsqu’il ne restait plus que sept jours du mois, il vint prier avec nous les prières surérogatoires. Après nous avoir dirigés pendant quatre nuits, il ne dirigea plus cette prière. »

Il est rapporté dans al-Boukhari et Muslim, d’après Zayd ibn Thabit, que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) se mit un jour à séjourner dans une petite pièce aménagée dans la mosquée, sur une natte. [C’est-à-dire pour y observer la retraite spirituelle durant les dix derniers jours du Ramadan.] Il y accomplit des prières surérogatoires durant plusieurs nuits. Les gens commencèrent même à prier avec lui. Puis, un jour, ils n’entendirent aucune réponse ni aucun bruit de sa part. Ils pensèrent qu’il s’était endormi. Certains commencèrent donc à s’éclaircir la gorge afin qu’il sorte les rejoindre. Ayant remarqué leur attitude, il leur dit : « J’ai constaté votre empressement au sujet de cette prière. Je crains qu’elle ne vous soit rendue obligatoire. Si elle le devenait, vous ne pourriez pas vous en acquitter. Accomplissez donc cette prière chez vous, car, en dehors des prières obligatoires, il est préférable d’accomplir les autres prières chez soi. »

Il est rapporté dans Sahih Muslim, d’après Abou Hourayra, que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) nous encourageait à prier durant les nuits du Ramadan, sans toutefois nous y exhorter avec insistance. Il disait : « Celui qui se lèvera pour prier durant le mois de Ramadan, avec foi et dans l’espoir de la récompense, verra ses péchés passés pardonnés. » Puis le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) mourut, et la situation resta la même à cet égard. Il en fut de même sous le califat d’Abou Bakr. [C’est-à-dire que la prière de Tarawih n’était pas accomplie en assemblée ; celui qui la priait le faisait individuellement.] La situation resta également la même au début du califat d’Oumar.

Il est rapporté dans Sahih al-Boukhari, d’après Abd ar-Rahman ibn Abd al-Qari, que je sortis une nuit avec Oumar ibn al-Khattab en direction de la mosquée. Nous constatâmes que les gens y priaient en groupes séparés : certains priaient seuls, tandis que d’autres priaient avec quelques personnes. Voyant cette situation, Oumar dit : « Si je réunissais tous ces gens derrière un seul imam, ce serait préférable. » Il prit alors cette décision et les réunit tous derrière Oubay ibn Ka‘b.

Abd ar-Rahman raconte : « Une autre nuit, je sortis avec Oumar. Nous vîmes les gens prier derrière leur récitant. Voyant cette situation bien ordonnée, Oumar s’exclama : “C’est là une excellente innovation.” Puis il dit aux gens : “Le moment où vous dormez est meilleur que le moment où vous accomplissez cette prière” — c’est-à-dire la fin de la nuit. »

Il est rapporté dans le Muwatta de Malik, d’après Saïb ibn Yazid, que le calife Oumar ordonna à Oubay ibn Ka‘b et à Tamim ad-Dari de diriger pour les gens une prière de onze rak‘ahs durant le mois de Ramadan, witr compris. L’imam nous dirigeait alors en récitant cent versets. En raison de cette station debout si longue, nous finissions par devoir nous appuyer sur des bâtons pour rester debout. Nous achevions cette prière aux environs de l’aube.

 

10

La prière pour demander la pluie et la prière de l’éclipse solaire

Salât al-Istisqâ [[« Istisqâ » est un mot arabe qui signifie demander de l’eau ou implorer la pluie. En cas de sécheresse ou lorsque l’eau se faisait nécessaire, le Messager d’Allah (s.a.w.) demandait de l’eau à son Seigneur Très-Haut. À cette fin, il accomplissait parfois aussi une prière de deux rak‘ats.]]

Il est établi que le Messager d’Allah (s.a.w.) a imploré la pluie de plusieurs manières. Les voici :

Un vendredi, alors qu’il prononçait le sermon, il implora la pluie en récitant l’invocation suivante :

(Arabe******************)

Sens : Ô Allah, donne-nous de l’eau. Ô Allah, accorde-nous la pluie. Ô Allah, fais-nous boire de l’eau ! Ô Allah, fais-nous boire de l’eau. »

Deuxièmement : Un jour, lorsque les gens l’informèrent du manque d’eau et de la sécheresse, il leur promit qu’il sortirait pour accomplir la prière de l’istisqâ. Comme promis, il sortit au lever du soleil. Il partit avec les gens, humble, soumis et recueilli comme un suppliant. Il monta sur le minbar — bien que l’authenticité du récit mentionnant qu’il y monta soit douteuse — et fit cette invocation :

Arabe**************)

Sens : Toutes les louanges appartiennent à Allah, le Maître de l’univers, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, le Souverain du Jour de la rétribution. Il n’y a aucune divinité en dehors d’Allah ; Il fait ce qu’Il veut. Ô Allah, Tu es Allah, il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. Tu fais ce que Tu veux. Ô Allah, il n’y a aucune divinité en dehors de Toi. Tu es Celui qui se suffit à Lui-même, le Détenteur de l’immense abondance, tandis que nous sommes pauvres, démunis et dépendants de Toi. Fais donc descendre sur nous Ta pluie, par Ta miséricorde. Et quelle que soit la quantité que Tu feras tomber sur nous, fais-en pour nous une source de force et un moyen de subsistance pour une durée déterminée. »

Ensuite, il leva les mains et se mit à invoquer Allah avec humilité, en pleurant et en implorant. Il les leva si haut que la blancheur de ses aisselles devint visible. Puis, laissant les gens derrière lui, il se tourna vers la qibla. À ce moment-là, il changea également l’orientation de son manteau : il plaça le côté droit à gauche et le côté gauche à droite. De même, il plaça la partie du dos vers la poitrine et celle de la poitrine vers le dos. Il portait alors un manteau noir. Ainsi tourné vers la qibla, il continua à invoquer Allah. Les gens présents se mirent eux aussi à L’invoquer en pleurant et en implorant.

Ensuite, il descendit de la chaire et accomplit avec les personnes présentes une prière de deux rak‘ates. Ces deux rak‘ates furent accomplies sans appel à la prière ni iqama, comme la prière de l’Aïd. Au cours de cette prière, il récita à voix haute. Dans la première rak‘a, il récita la sourate al-Fatiha, puis la sourate al-A‘la, et dans la deuxième, la sourate al-Ghashiya. Troisièmement : la troisième méthode consistait pour lui à monter un autre jour que le vendredi sur la chaire de la mosquée du Prophète et à demander seul de l’eau. Il n’est pas rapporté qu’il ait accompli une prière à cette occasion.

Quatrièmement : la quatrième méthode consistait à demander de l’eau, les mains levées, alors qu’il était assis dans la mosquée, et à faire cette invocation :

(Arabe******************)

Sens : Ô Allah ! Abreuve-nous d’une pluie d’eau douce. Accorde-nous une pluie suffisante, ni lente ni précipitée ; une pluie bénéfique et non nuisible. »

Cinquièmement : il se rendit à l’extérieur de la mosquée, près de la porte de Jawarab, pour demander de l’eau. Aujourd’hui, cet endroit est appelé « Bab as-Salam ». Il se trouvait à une distance de la mosquée équivalente à celle que parcourt une pierre lorsqu’on la lance.

Sixièmement : il lui arrivait de demander de l’eau en temps de guerre. Lorsque les polythéistes ennemis s’emparaient des puits, des citernes et des sources, les musulmans se retrouvaient assoiffés. Troublés, ils lui faisaient part du manque d’eau. Alors, il implorait Allah de leur accorder de l’eau.

Les hypocrites disaient aux musulmans : « S’il était vraiment un prophète, lorsqu’il demanderait de l’eau, il en obtiendrait certainement, comme Moïse — paix sur lui — avait demandé de l’eau et en avait obtenu. » Lorsque cette parole parvint aux oreilles du Noble Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, il dit : « Ont-ils vraiment dit cela ? Alors votre Seigneur ne tardera pas à pourvoir à ce que votre soif soit étanchée. » Sur ces mots, il leva les mains et demanda de l’eau à son Seigneur. Avant même qu’il ne les abaissât après l’invocation, le ciel se couvrit de nuages. Une pluie abondante tomba. Des flots d’eau coulèrent dans les canaux, les plaines inondables et les rigoles. Tous burent à leur soif. À cette occasion, il demanda de l’eau en prononçant l’invocation suivante :

(Arabe*****************)

Sens : Ô Allah ! Abreuve Tes serviteurs ainsi que Tes animaux et Tes oiseaux. Répands Ta miséricorde. Fais revivre Tes villes. Fais-nous boire une pluie d’eau douce et désaltère-nous. Fais que cette pluie nous soit bénéfique et non nuisible. Fais-la tomber rapidement, sans la retarder.

— Chaque fois que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) implorait la pluie, il pleuvait.

— Parfois, les pluies devenaient abondantes et causaient des dégâts ; le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) implorait alors qu’elles cessent.

— Lorsqu’il voyait des nuages, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ressentait de l’inquiétude, car il craignait que les nuages n’annoncent le châtiment d’Allah. Lorsqu’il pleuvait, une expression de bonheur et de joie apparaissait sur son visage.

Sâlim ibn Abd Allah a rapporté, d’après son père Abd Allah ibn Umar (qu’Allah l’agrée), un hadith marfû‘. Il y est dit que l’invocation du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) pour demander la pluie était la suivante :

(Arabe*******************)

Sens : Ô Allah ! Abreuve-nous d’une pluie qui nous désaltère. Fais tomber une pluie abondante, complète, dense et durable. Ô Allah, abreuve-nous par la pluie. Ne nous compte pas parmi les désespérés et les privés de Ta grâce. Ô Allah ! Tes serviteurs, Tes villes, Tes animaux, Tes oiseaux et toutes Tes créatures sont tombés dans la faim, la soif, la tristesse et la détresse. Nous ne portons notre plainte qu’à Toi, et à personne d’autre. Ô Allah ! Fais pousser nos récoltes ! Remplis de lait les mamelles de nos troupeaux ! Fais-nous boire des bénédictions et de l’abondance du ciel et de la terre ! Fais produire à notre terre ses bénédictions et son abondance ! Éloigne de nous la faim, la soif, la tristesse, la détresse et le manque de vêtements ! Éloigne de nous tous les malheurs et les calamités que nul autre que Toi ne peut éloigner. Ô Allah ! Nous Te demandons pardon. Oui, vraiment, Tu es le Très Pardonneur, le Très Miséricordieux. Fais tomber pour nous une pluie abondante du ciel.

—L’imam al-Châfi‘î a dit : « Je préfère de beaucoup que les imams récitent cette invocation lors de l’istisqâ’. »

—L’imam al-Châfi‘î a également dit : « Nous avons reçu par une source fiable l’information que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) implorait la pluie en levant les deux mains (istisqâ’). »

—Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Une invocation faite sous la pluie n’est jamais vaine. »

Prière du kusûf, c’est-à-dire de l’éclipse solaire (on appelle généralement kusûf l’éclipse solaire et khusûf l’éclipse lunaire. Cependant, dans les hadiths, l’éclipse solaire est désignée à la fois par kusûf et par khusûf. Rien ne prouve que le Messager (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ait accompli la prière lors d’une éclipse lunaire. Les expressions « prière du kusûf » et « prière du khusûf » désignent donc toutes deux la prière de l’éclipse solaire).

Une fois que le soleil s’était levé et était monté quelque peu dans le ciel, l’éclipse commença. Très inquiet et bouleversé, le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) sortit rapidement de sa maison en tirant son manteau, et se dirigea vers la mosquée. Il se plaça alors devant les fidèles et accomplit avec eux une prière de deux rak‘as. Dans la première rak‘a, après la sourate al-Fâtiha, il récita une longue sourate, à voix haute. Puis il accomplit une longue inclinaison. Après avoir relevé la tête de l’inclinaison, il resta longuement debout. Ce qiyâm n’était pas celui de la récitation de la sourate, mais le qiyâm qui suit l’inclinaison. En relevant la tête de l’inclinaison, il dit : « Sami‘a Allâhu liman hamidah, rabbanâ laka al-hamd. » Puis il recommença la récitation. Il accomplit ensuite une nouvelle inclinaison prolongée, mais y resta cette fois un peu moins longtemps que la première fois. Puis il se prosterna et prolongea la prosternation.

—Il accomplit la deuxième rak‘a de la même manière.

—Ainsi, il accomplit dans chaque rak‘a deux inclinaisons et deux prosternations.

—La prière compta donc en réalité quatre rak‘as au total, comportant quatre inclinaisons et quatre prosternations.

Au cours de cette prière, il vit le Paradis et l’Enfer.

Après avoir achevé la prière, il prononça devant les gens un sermon (discours) poignant. Divers rapporteurs ont transmis les passages de ce sermon que les gens avaient mémorisés. Selon une version, il y déclara : « Le soleil et la lune sont deux des signes d’Allah. Les éclipses solaire et lunaire n’ont aucun rapport avec la vie ou la mort de qui que ce soit. Lorsque vous verrez une éclipse du soleil ou de la lune, invoquez Allah, proclamez Sa grandeur, priez et faites l’aumône. Ô communauté des disciples de Muhammad ! Par Allah, rien n’est plus sujet à la colère d’Allah qu’un serviteur ou une servante d’Allah qui commet l’adultère. Ô disciples de Muhammad ! Par Allah, si vous saviez ce que je sais, vous ririez certainement moins et pleureriez davantage. »

« Tout ce que je vous ai promis, je l’ai vu à cet instant, d’ici même. Après avoir vu le Paradis, j’ai même voulu en arracher une grappe de raisin ; vous m’avez alors vu avancer quelque peu. Mais à peine avais-je avancé que j’ai aperçu l’Enfer. Une de ses parties est terrifiante et hideuse par rapport à une autre ! Chacune de ses parties mâche et dévore l’autre ! C’est alors que vous m’avez vu reculer. Je n’ai jamais vu de spectacle plus terrifiant que l’Enfer. J’ai constaté que la majorité de ceux qui y subissent un châtiment sont des femmes. »

— Les gens demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Quelle en est la raison ? »

— Il répondit : « C’est en raison de leur ingratitude. »

— On lui demanda : « Sont-elles ingrates envers Allah ? »

— Il répondit : « Elles se montrent ingrates envers leur mari et leur voisin. Quel que soit le bien que quelqu’un leur fasse, elles n’en expriment pas la gratitude. Si, durant toute ta vie, tu ne cesses de faire du bien et d’apporter des bienfaits à une femme, puis qu’une légère faute soit commise de ta part, elle s’écriera : “Je n’ai jamais rien reçu de bon de ta part.” »

« Il m’a été révélé que vous serez éprouvés dans vos tombes. Cette épreuve (fitna) sera semblable à l’épreuve du Dajjal, ou proche de celle-ci. Là, quelqu’un viendra interroger chacun d’entre vous : “Que sais-tu au sujet de cette personne (Muhammad) ?”

Le croyant répondra : « C’est Muhammad. Il est venu de la part d’Allah avec des preuves évidentes et la bonne direction. Nous avons répondu à son appel, avons cru et l’avons suivi. »

On lui dira alors : « Dors en paix. Tu es un homme vertueux. Nous savions que tu étais certainement croyant. »

Mais l’hypocrite répondra : « Je ne savais absolument rien à son sujet. J’ai entendu les gens dire diverses choses à son sujet, et je les ai répétées. »

L’imam Ahmad ibn Hanbal a également rapporté dans son Musnad, par une autre chaîne de transmission, le sermon du Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — après la prière de demande de pluie. Il y est dit : « Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — acheva la prière par les salutations finales, puis prononça un sermon après avoir récité les louanges, les éloges et la profession de foi. Dans son sermon, il dit : “Ô gens ! Je vous adjure par Allah : ai-je manqué de quelque manière que ce soit à transmettre le message de mon Seigneur ?” »

Alors un homme se leva et dit : « J’en témoigne. Vous avez transmis le message de votre Seigneur, souhaité le bien de vos adeptes et pleinement accompli votre mission. Vous n’y avez commis aucune négligence. »

Puis il dit : « Certains pensent que les éclipses du soleil et de la lune, ainsi que la déviation des étoiles de leur orbite, se produisent à cause de la mort d’une grande personnalité de la terre. Tout cela est faux. Ce sont plutôt tous des signes d’Allah. Il veut que Ses serviteurs en tirent une leçon, se repentent et se dirigent eux-mêmes sur le droit chemin. »

« Par Allah, lorsque je me suis tenu debout pour prier, j’ai observé toutes les réalités de votre monde et de l’au-delà. Allah sait mieux. L’Heure n’aura pas lieu avant l’apparition de trente grands imposteurs. Le dernier sera le Dajjal borgne. Son œil gauche sera aveugle. Lorsqu’il apparaîtra, il prétendra être une divinité. Celui qui croira en lui, le reconnaîtra comme véridique et le suivra ne tirera aucun profit de ses bonnes œuvres passées. Quant à celui qui lui désobéira et le reniera, il ne sera pas châtié pour aucun de ses péchés passés. Il prendra possession de toute la terre, à l’exception de la Kaaba et de Bayt al-Maqdis. Il assiégera les croyants dans Bayt al-Maqdis. Alors les croyants se soulèveront terriblement ; il en résultera sa destruction ainsi que celle de son armée. À ce moment-là, les murs, leurs fondations et même les racines des arbres crieront : “Ô musulman ! Ô croyant ! Voici ici un juif ou un mécréant. Viens le tuer…” »

Ces récits concernant la prière et le sermon de l’éclipse solaire ont été rapportés du Noble Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — par des chaînes authentiques.

Il existe également des récits décrivant une autre manière d’accomplir la prière de l’éclipse solaire. Selon ces récits, il lui est arrivé d’accomplir trois inclinations dans chaque rakʿa, parfois quatre, et parfois une seule inclination, comme dans la prière ordinaire.

Cependant, les grands imams ne considèrent pas ces récits comme authentiques, notamment l’imam Ahmad ibn Hanbal, l’imam al-Bukhari et l’imam al-Shafi‘i. Ils estiment que ces récits sont erronés.

L’imam Abu ‘Isa al-Tirmidhi, citant les propos de l’imam al-Bukhari, rapporte que celui-ci a dit : « À mon avis, le récit le plus authentique parmi les hadiths relatifs à la prière de l’éclipse solaire est le suivant : le Messager d’Allah a accompli cette prière avec quatre inclinations et quatre prosternations. Il a accompli deux inclinations et deux prosternations dans chaque rakʿa. »

 

11

La prière des deux fêtes de l’Aïd

Il accomplissait la prière de l’Aïd en plein air

Le Messager d’Allah accomplissait les deux prières de l’Aïd en plein air. Il y avait un terrain à l’est de l’une des entrées de Médine. C’est sur ce terrain qu’il accomplissait les trois prières de l’Aïd. Aujourd’hui, les véhicules des pèlerins y sont garés.

Il n’a jamais accompli la prière de l’Aïd dans la mosquée, si ce n’est une seule fois. Cette unique fois, il l’a accomplie dans la mosquée à cause de la pluie. Cela est rapporté dans les Sunan d’Abu Dawud et d’Ibn Majah.

Que faisait-il le jour de l’Aïd ?

Il avait pour habitude de toujours accomplir la prière à l’Eidgah.

Lorsqu’il sortait pour se rendre à l’Eidgah, il portait, dans la mesure du possible, ses plus beaux vêtements. Il possédait une hullah (une longue robe ample ou un caftan) qu’il portait lors des deux Aïds et le vendredi.

Une fois, il se rendit à l’Eidgah vêtu de deux châles verts.

Certains ont dit qu’une fois, il se serait rendu à l’Eidgah vêtu d’un châle rouge. En réalité, ce châle n’était pas rouge ; il comportait un ouvrage rougeâtre sur sa bordure. Il est impossible qu’il ait porté un châle rouge, car il a interdit de porter des vêtements rouges et safranés. Une fois, ayant vu Abdoullah ibn Oumar porter deux vêtements rouges, il lui ordonna de les brûler. Comment aurait-il pu porter lui-même une telle couleur alors qu’il la réprouvait tant ? Son interdiction montre que les vêtements rouges pour les hommes sont soit haram, soit au moins makrouh tahrimi.

Le jour de l’Aïd al-Fitr, avant de sortir pour se rendre à l’Eidgah, il mangeait quelques dattes. Leur nombre était impair.

Le jour de l’Aïd al-Adha, il ne mangeait rien avant de revenir de la prière. À son retour, il mangeait de la viande du sacrifice.

Il prenait un bain rituel les deux jours de l’Aïd, avant de se rendre à l’Eidgah. C’est cela qui est établi par un hadith sahih. Cependant, deux hadiths faibles rapportent une version différente à ce sujet.

ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) suivait rigoureusement la Sunna. C’est pourquoi, lors des deux fêtes, il sortait après avoir effectué le ghusl.

Le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) se rendait à la muṣallā de l’Aïd à pied.

Lorsqu’il se rendait à la muṣallā de l’Aïd, on portait une lance devant lui. Après son arrivée, on dressait la lance et on la plantait dans le sol, afin qu’il puisse se tenir en prière en la plaçant devant lui. En effet, la muṣallā de l’Aïd était un terrain découvert : il n’y avait devant lui ni mur ni poteau. Il utilisait donc cette arme comme sutra.

Il accomplissait la prière de l’Aïd al-Fiṭr plus tard dans la matinée.

Il accomplissait la prière de l’Aïd al-Aḍḥā tôt le matin. Pour observer rigoureusement cette Sunna, ʿAbdullah ibn ʿUmar (qu’Allah l’agrée) se mettait en route vers la muṣallā de l’Aïd al-Aḍḥā avant même le lever du soleil, le jour de l’Aïd.

Il ne cessait de prononcer le takbîr depuis sa sortie de chez lui jusqu’à son arrivée à la muṣallā de l’Aïd.

Comment accomplissait-il la prière de l’Aïd ?

Dès que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) arrivait à la muṣallā de l’Aïd, il commençait la prière. Avant la prière, aucun adhân n’était prononcé, aucune iqâma n’était faite et aucune annonce indiquant que la prière allait commencer n’était lancée. Il ne faisait rien de tout cela. Telle est la Sunna.

Après être arrivés au lieu de prière de l’Aïd, lui et ses Compagnons n’accomplissaient aucune autre prière avant ou après ces deux rak‘ahs.

Il accomplissait la prière avant le sermon.

Il accomplissait deux rak‘ahs.

Dans la première rak‘ah, il prononçait sept fois le takbîr. Il prononçait ces sept takbîr immédiatement avec le takbîr al-taḥrîmah. Il marquait une brève pause entre chaque paire de takbîr. Rien n’est établi quant à la récitation d’une quelconque invocation ou tasbîḥ entre les takbîr. Toutefois, ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd, qu’Allah l’agrée, a dit qu’il récitait la louange, la glorification et les bénédictions sur le Prophète.

‘Abd Allâh ibn ‘Umar, qu’Allah l’agrée, levait les mains à chaque takbîr — pratique appelée « raf‘ al-yadayn » — en suivant le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue.

Après avoir terminé les takbîr, il commençait la récitation. Après la sourate al-Fâtiḥah, il récitait dans une rak‘ah la sourate « Nûn wa-l-Qur’ân al-Majîd » et dans l’autre la sourate « Iqtarabati s-Sâ‘atu wa-nchaqqa l-Qamar ». Parfois, il récitait les sourates « Sabbiḥ isma rabbika l-a‘lá » et « Hal atâka ḥadîthu l-ghâchiyah ». Ce sont les seules récitations rapportées par des chaînes authentiques. Les autres récits ne sont pas authentiques.

Après avoir terminé la récitation, il prononçait le takbîr, puis accomplissait le rukû‘ et le sujûd.

À la fin de la première rak‘ah, après s’être relevé du sujûd, il prononçait cinq takbîr successifs au début de la deuxième rak‘ah. Après avoir terminé les takbîr, il commençait la récitation.

Ainsi, il commençait chaque rak‘a par les takbîr, puis se rendait au rukû‘ dès qu’il avait terminé la récitation. [Abû Dâwûd a rapporté d’un tâbi‘î qu’il prononçait quatre takbîr à quatre reprises. Celui-ci a dit qu’il avait obtenu cette information en interrogeant les Compagnons Abû Mûsâ et Hudhayfa (ra.). Le nom de ce tâbi‘î était Sa‘îd ibn al-‘Âs.] (Ces hadiths concernant les takbîr ont été rapportés par at-Tirmidhî, Ibn Mâja et ad-Dârimî.)

Certains ont rapporté que le Messager d’Allah (s.) prononçait les takbîr avant la récitation de la sourate lors de la première rak‘a, et après la récitation de la sourate lors de la deuxième rak‘a. Mais ces récits ne sont pas authentifiés. La chaîne de transmission de ce récit comprend un homme nommé Muhammad ibn Mu‘âwiya an-Nîsâbûrî. Al-Bayhaqî a dit qu’il était établi par plusieurs chaînes que cet homme était impliqué dans le mensonge.

L’imam at-Tirmidhî a rapporté un hadith par une chaîne authentique d’après Kathîr ibn ‘Abdullâh ibn ‘Amr ibn ‘Awf. Kathîr ibn ‘Abdullâh l’avait entendu de son père, qui le tenait de son grand-père : lors des deux prières de l’Aïd, le Messager d’Allah (s.) prononçait sept takbîr avant la récitation lors de la première rak‘a, et cinq takbîr avant la récitation lors de la deuxième rak‘a. At-Tirmidhî dit : « J’ai interrogé Muhammad ibn Ismâ‘îl, c’est-à-dire l’imam al-Bukhârî, au sujet de ce hadith. » L’imam al-Bukhârî a dit : « Il n’existe aucun hadith plus authentique que celui-ci concernant les takbîr de la prière de l’Aïd. »

L’imam at-Tirmidhî dit qu’il partageait le même avis que l’imam al-Bukhârî au sujet de ce hadith.

Il prononçait le sermon (khutba) après la prière.

Après avoir terminé la prière, le Messager d’Allah (s.) se retournait et se tenait face à la foule. Les fidèles restaient assis dans leurs rangs respectifs. Debout, il prononçait un sermon (khutba) à l’intention de la foule. Dans ce sermon, il leur donnait des conseils et des recommandations, et leur ordonnait ce qui devait l’être ou leur interdisait ce qui devait l’être.

Lorsqu’il fallait envoyer une armée quelque part, c’est d’ici même qu’il l’envoyait.

Lorsqu’il fallait émettre une directive, c’est d’ici même qu’il l’émettait.

Il n’y avait aucune chaire à la Eidgah pour prononcer le sermon. De plus, aucune chaire ne fut apportée depuis la mosquée de Médine. Il prononçait le sermon debout sur le sol.

Jâbir (r.a.) a rapporté : « J’ai assisté à la prière de l’Eid avec le Messager d’Allah (s.a.s.). Il accomplit la prière avant le sermon, sans adhân ni iqâma. Après la prière, il prononça le sermon en s’appuyant sur l’épaule de Bilâl. Dans son sermon, il ordonna aux gens de craindre Allah et de Lui obéir, leur donna divers conseils et aborda d’autres sujets. »

Ensuite, il se rendit auprès de l’assemblée des femmes, leur adressa également des conseils et les exhorta. (Al-Bukhâri et Muslim)

Un récit rapporté d’Abû Sa‘îd al-Khudrî (r.a.) indique que le Messager d’Allah (s.a.s.) prononça un sermon à dos de monture.

Un récit rapporté également de Jâbir rapporte que le Noble Prophète (s.a.s.) se rendit à la Eidgah et accomplit d’abord la prière. Après la prière, il prononça le sermon, puis descendit et s’adressa aux femmes.

Il commençait le sermon par la louange d’Allah. Rien ne prouve qu’il commençait le sermon par le takbîr.

Il est rapporté de Sa‘d, le muezzin du Noble Prophète (s.a.s.), que le Messager (s.a.s.) prononçait de nombreux takbîr dans ses sermons, et qu’il en prononçait encore davantage dans les sermons des deux fêtes de l’Eid. Toutefois, cela ne prouve pas qu’il commençait le sermon par le takbîr.

Le Messager (s.a.s.) autorisait ceux qui assistaient à la prière de l’Eid à rester assis pour écouter le sermon, et à partir s’ils le souhaitaient. Une fois, lorsque l’Eid tomba un vendredi, il leur accorda cette permission.

Il changeait de chemin pour aller au lieu de prière de l’Aïd et en revenir.

Le Messager d’Allah (sallallahou alayhi wa sallam) changeait de chemin pour aller au lieu de prière de l’Aïd et en revenir. Pour s’y rendre, il empruntait un chemin, et pour en revenir, il en prenait un autre. Plusieurs personnes ont donné différentes explications concernant le but de ce changement de chemin.

Certains ont dit que le but était de saluer un plus grand nombre de personnes sur les deux chemins.

Certains ont dit que le but était de faire parvenir la bénédiction de l’Aïd aux habitants des deux régions.

Certains ont dit que le but était d’aider les nécessiteux des deux chemins.

Certains ont dit que le but était de manifester la civilisation et la culture islamiques dans toutes les ruelles, ainsi que sur les chemins et dans les campagnes.

Certains ont dit que le but était de montrer aux hypocrites la splendeur et la puissance de l’islam.

Certains ont dit que le but était de faire témoigner davantage de terres en faveur des fidèles.

 

12

La prière funéraire

Le meilleur comportement envers le défunt

Lorsque le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) perdait espoir quant à la vie d’un malade, il disait :

(Arabe******************)

Sens : « Certes, nous appartenons à Allah et c’est assurément vers Lui que nous retournerons. »

Il rappelait à ce malade l’au-delà, lui recommandait de rédiger ses dernières volontés et de se repentir, et lui demandait de répéter cette sublime parole, « Lā ilāha illā Allāh », qui exprime la foi en Allah et l’affirmation de Son unicité, afin que cette profession de foi soit sa dernière parole de son vivant.

Lorsqu’une personne mourait, il adoptait à son égard la meilleure conduite possible. Son comportement envers le défunt était des plus bénéfiques. La conduite qu’il avait instaurée envers le défunt était bénéfique pour sa vie présente et son au-delà, réconfortante pour ses proches, et porteuse de conseils et d’enseignements pour les vivants.

Il accomplissait également l’inhumation et la mise en linceul du défunt par l’adoration du Très-Haut Allah.

Il institua la manière d’accomplir la salât funéraire pour le défunt [Salât signifie invocation. « Salât funéraire » signifie invoquer pour le défunt. Nous appelons la salât funéraire la « prière funéraire ». Il s’agit essentiellement d’une cérémonie d’invocation en faveur du défunt.]

Il se tenait debout devant le défunt. Les nobles Compagnons se tenaient en rang derrière lui. Avec lui, ils louaient Allah. Ils demandaient le pardon pour le défunt, imploraient pour lui la miséricorde d’Allah et invoquaient pour sa délivrance dans l’au-delà. Ils accompagnaient le cercueil jusqu’à la tombe. Ils l’inhumaient de la meilleure manière. Ensuite, lui et ses compagnons se tenaient devant la tombe et invoquaient pour sa délivrance dans les étapes suivantes. Car après la mort, la délivrance lors des étapes suivantes lui est davantage nécessaire.

Puis il institua la coutume de se rendre de temps à autre auprès de sa tombe pour la visiter, de le saluer lors de la visite et d’invoquer pour lui. C’était comme aller rendre visite à un être cher de son vivant, le saluer et prendre de ses nouvelles.

— Pour le défunt, il a interdit les lamentations bruyantes, le fait de se frapper la poitrine, de déchirer ses vêtements, de se raser la tête et de pousser des cris à haute voix, entre autres.

— En revanche, il a institué le fait de ressentir du chagrin pour le défunt, de pleurer silencieusement et d’avoir le cœur accablé.

— C’est ainsi qu’il agissait pour le défunt. Il disait que, pour le défunt, les yeux verseraient des larmes, le cœur serait accablé et la langue prononcerait des paroles qui plaisent au Très-Haut Allah.

Lavage rituel et mise en linceul du défunt

La Sunna du Messager (S.) était que, lorsqu’une personne mourait, il veillait à ce qu’elle soit lavée et purifiée. Il lui appliquait de l’attar et du parfum. Il la faisait envelopper dans un linceul blanc. Sur ses instructions, les Compagnons disposaient ainsi le défunt. Puis il accomplissait pour lui la prière funéraire.

Il n’accomplissait généralement pas la prière funéraire dans la mosquée. Toutefois, il est également établi qu’il l’a accomplie une ou deux fois dans la mosquée. Les deux manières sont permises. Cependant, il est préférable de l’accomplir à l’extérieur de la mosquée.

Embrasser le défunt

La Sunna du Messager d’Allah (S.) consiste, dès le décès, à allonger correctement le corps du défunt, à lui fermer les yeux et à couvrir son visage ainsi que son corps.

Il lui arrivait d’embrasser le défunt. Après la mort d’Uthmân ibn Maz‘ûn (R.), il l’embrassa et pleura pour lui.

Après le décès du Messager d’Allah (S.), Abû Bakr as-Siddîq (R.) se pencha sur son linceul et l’embrassa.

Les martyrs ne sont ni lavés ni soumis à la prière funéraire

Il ne faisait pas laver ceux qui tombaient en martyrs sur le chemin d’Allah. Il est rapporté de l’imam Ahmad ibn Hanbal que le Messager (S.) a interdit de laver les martyrs.

Il retirait aux martyrs leurs armes et leurs vêtements de cuir, puis les enterrait avec tous leurs autres vêtements.

Il n’accomplissait pas non plus la prière funéraire pour les martyrs, car leurs péchés sont pardonnés par le martyre.

Remboursement des dettes avant la prière funéraire

Lorsqu’un défunt lui était amené pour la prière funéraire, il demandait si cet homme avait une dette. Si le défunt n’avait pas de dette, il dirigeait la prière funéraire pour lui. Mais si le défunt était endetté, il ne la dirigeait pas lui-même. Il disait aux Compagnons : « Accomplissez la prière funéraire pour votre frère. » En réalité, la prière funéraire du Messager d’Allah constituait une intercession auprès d’Allah en faveur du défunt. Cette intercession était assurément acceptée. Pourtant, le débiteur n’entrera pas au Paradis tant que sa dette n’aura pas été acquittée. Ainsi, lorsqu’Allah Tout-Puissant lui accordait les moyens, il remboursait lui-même la dette du défunt, accomplissait la prière funéraire pour lui, puis remettait ses biens laissés en héritage à ses héritiers.

Comment accomplissait-il la prière funéraire ?

—La Sunna du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) était que, lorsque le défunt était un homme, il se tenait au niveau de sa tête, et lorsqu’il s’agissait d’une femme, il se tenait au niveau du milieu de son corps.

Il commençait la prière funéraire en disant « Allahu akbar ». Puis il récitait les louanges et les éloges d’Allah.

—Abdullah ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) dirigea un jour la prière funéraire et récita la sourate al-Fatiha à voix haute après le takbir. Il dit : « J’ai fait cela afin que vous sachiez que la récitation de la sourate al-Fatiha dans la prière funéraire est une Sunna. »

De même, Abou Oumâma ibn Sahl, qu’Allah l’agrée, a dit qu’il est conforme à la Sunna de réciter la sourate al-Fâtiha après le premier takbîr de la prière funéraire. La récitation d’al-Fâtiha est également rapportée du Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui, par son intermédiaire. Toutefois, la chaîne de transmission de ce hadith n’est pas authentique.

Notre cheikh, l’imam Ibn Taymiyya, a dit que la récitation de la sourate al-Fâtiha dans la prière funéraire n’est pas obligatoire, mais qu’elle relève de la Sunna.

Abou Oumâma ibn Sahl a rapporté, par l’intermédiaire d’un groupe de Compagnons, que dans la prière funéraire, il faut adresser la salât (prière sur le Prophète) au Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui.

Lorsqu’on demanda à ‘Ubâda ibn as-Sâmit comment le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui, accomplissait la prière funéraire, il répondit :

Par Allah, je vais certainement dire comment il accomplissait la prière funéraire. Tu commenceras la prière en disant « Allahou akbar », puis tu adresseras la salât (prière sur le Prophète) au Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui. Ensuite, tu invoqueras ainsi en faveur du défunt :

(Arabe******************************)

Sens : Ô Allah ! Ton serviteur que voici ne T’associait rien. Et Toi, certes, Tu le connais mieux que quiconque. S’il a été vertueux, augmente encore ses bonnes œuvres ; et s’il a été pécheur, pardonne-lui ses péchés. Ô Allah ! Ne me prive pas de sa récompense et n’égare pas, après lui, ceux d’entre nous qui sont encore en vie. »

Les gens n’ont pas mémorisé les invocations avec autant d’attention qu’ils ont mémorisé la sourate al-Fâtiha et la salât.

—Il est également rapporté qu’il invoquait pour le défunt de la manière suivante :

(Arabe*****************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne à ce défunt, accorde-lui Ta miséricorde et sois doux envers lui. Honore son arrivée et élargis son entrée. Lave-le avec de l’eau froide et de l’eau glacée. Purifie ses péchés comme on nettoie un vêtement blanc de toute souillure. Accorde-lui une demeure meilleure que sa demeure, une famille meilleure que sa famille et un compagnon meilleur que son compagnon. Fais-le entrer au Paradis et préserve-le du châtiment de la tombe et du châtiment de l’Enfer. »

—Il est également rapporté qu’il a invoqué de la manière suivante :

(Arabe*******************)

Sens : Ô Allah ! Pardonne à tous les nôtres, vivants et morts, jeunes et âgés, hommes et femmes, présents et absents. Maintiens dans l’islam ceux d’entre nous que Tu veux laisser vivre, et fais mourir dans la foi ceux auxquels Tu destines la mort. Ô Allah ! Ne nous prive pas de sa récompense et ne soumets pas nos vivants à une épreuve après lui. »

Il est également établi que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) invoquait ainsi pour les femmes lors de la prière funéraire :

(Arabe****************)

Sens : Ô Allah ! Tu es le Seigneur de cette femme. C’est Toi qui l’as créée. C’est Toi qui l’as guidée vers l’islam. Et maintenant, c’est Toi qui as repris son âme. Nous sommes venus intercéder auprès de Toi en sa faveur. Veuille donc lui pardonner. »

Le Messager d’Allah (ﷺ) a ordonné d’invoquer Allah pour les défunts avec dévouement et sincérité.

Combien de takbîr prononce-t-on dans la prière funéraire ?

Le Messager d’Allah (ﷺ) accomplissait la prière funéraire avec quatre takbîr. Il est également établi par des sources authentiques qu’il prononçait cinq takbîr.

Après son décès, certains Compagnons accomplissaient la prière funéraire avec quatre takbîr, d’autres avec cinq, et d’autres encore avec six.

Zayd ibn Arqam a accompli la prière funéraire avec cinq takbîr. Il a dit : « Le Noble Prophète (ﷺ) accomplissait la prière funéraire avec cinq takbîr. » Ce hadith est rapporté dans Sahîh Muslim.

‘Alî (رضي الله عنه) a accompli la prière funéraire de Sahl ibn Hunayf avec six takbîr. Il faisait accomplir aux Compagnons ayant participé à la bataille de Badr la prière funéraire avec six takbîr. Pour les autres Compagnons, il la faisait accomplir avec cinq takbîr. Quant aux autres personnes, il la faisait accomplir avec quatre takbîr. Cela a été rapporté par l’imam ad-Dâraqutnî.

Sa‘îd ibn Mansûr a rapporté de Hakam, qui le tenait d’Ibn ‘Uyayna, que les Compagnons accomplissaient la prière funéraire des participants à la bataille de Badr avec cinq, six ou sept takbîr.

Ce sont tous des récits authentiques établis d’après les Compagnons. Il est permis d’adopter n’importe laquelle de ces méthodes. Il n’est permis de rejeter aucune d’entre elles, car le Messager d’Allah lui-même et ses Compagnons ont prononcé plus de quatre takbîr.

Ceux qui interdisent de prononcer plus de quatre takbîr prennent comme preuve le hadith d’Ibn Abbâs, qu’Allah l’agrée. Ibn Abbâs y dit que le Messager d’Allah a accompli sa dernière prière funéraire avec quatre takbîr. Selon eux, dans toute question, le dernier acte du Messager d’Allah constitue la décision finale à ce sujet.

La chaîne par laquelle ce hadith est rapporté d’Ibn Abbâs, qu’Allah l’agrée, est très faible et totalement défectueuse. L’imam Ahmad a dit que cette affirmation était mensongère et qu’elle n’avait aucun fondement. La chaîne de transmission de ce hadith comporte un individu qui forgeait de faux hadiths.

Combien de salutations sont prononcées dans la prière funéraire ?

Il est rapporté que le Messager d’Allah prononçait une seule salutation dans la prière funéraire. Toutefois, certaines narrations mentionnent également deux salutations.

– L’imam al-Bayhaqî et d’autres ont rapporté, par la voie de Maqbarî, d’après Abû Hurayra, qu’Allah l’agrée, le hadith suivant : « Le Messager d’Allah a accompli une fois la prière funéraire avec quatre takbîr et une seule salutation. »

– L’imam Ahmad a dit que ce hadith était forgé.

Cependant, l’imam Ahmad a également rapporté, par une chaîne authentique, une seule salutation ainsi que deux salutations.

-Les Compagnons ont achevé la prière funéraire par une seule salutation finale, et ils l’ont également achevée par deux salutations finales.

L’élévation des mains dans la prière funéraire

Le Messager d’Allah (ﷺ) élevait-il les mains lors de la prière funéraire ? À ce sujet, l’imam al-Chaféï a dit : en se fondant sur la tradition et par analogie avec la Sunna du Messager d’Allah (ﷺ) dans la prière, il faut élever les mains dans la prière funéraire. En effet, le Messager d’Allah (ﷺ) élevait les mains avec chaque takbîr lorsqu’il se tenait debout pour la prière.

Il est rapporté qu’Ibn ʿUmar et Anas élevaient les mains avec chaque takbîr lors de la prière funéraire.

Al-Bayhaqî a rapporté que le Messager d’Allah (ﷺ) élevait les mains lors du premier takbîr et plaçait la main droite sur la main gauche.

Il a accompli la prière funéraire sur une tombe

Le Messager d’Allah (ﷺ) avait pour habitude, lorsqu’il n’avait pas pu accomplir la prière funéraire de quelqu’un avant son inhumation, de se rendre ensuite sur sa tombe pour y accomplir la prière funéraire.

Une fois, il s’est rendu sur la tombe d’un homme et y a accompli la prière funéraire une nuit après son inhumation. Une autre fois, il a accompli la prière funéraire trois jours après l’inhumation dans une tombe. Il l’a accomplie sur une autre tombe un mois plus tard. Il n’a fixé aucun délai à cet égard.

L’imam Ahmad a dit : « Qui peut douter de l’accomplissement de la prière funéraire sur une tombe ? Puisqu’il est rapporté que le Noble Prophète (S.) se rendait sur la tombe d’une personne dont la prière funéraire n’avait pas été accomplie afin d’y accomplir la prière funéraire, il n’y a donc aucune raison d’avoir le moindre doute à ce sujet. Des hadiths sur cette question ont été rapportés par six chaînes de transmission. Toutes ces chaînes sont hassan (bonnes).

— L’imam Ahmad a fixé à un mois la période durant laquelle la prière funéraire peut être accomplie sur une tombe.

— L’imam ach-Chafi‘i a dit qu’il est permis d’accomplir la prière funéraire sur la tombe jusqu’à ce que le corps se décompose et se détériore.

— L’imam Abou Hanifa et l’imam Malik n’ont considéré comme valable, pour personne d’autre que le tuteur du défunt, l’accomplissement de la prière funéraire sur la tombe. Ils ont dit que si le wali (tuteur) était absent avant l’inhumation, il pouvait revenir et accomplir la prière funéraire sur la tombe.

La prière funéraire pour l’enfant

Il est rapporté par une chaîne authentique que le Messager d’Allah (S.) a dit : « Vous accomplirez la prière funéraire pour les enfants. »

Un hadith marfou‘ est rapporté dans les Sunan d’Ibn Majah. Le Messager d’Allah (S.) a dit : « Vous accomplirez la prière funéraire pour les enfants, car ils sont des œuvres pieuses que vous avez envoyées en avant. » Il ressort d’un hadith rapporté par Saïd ibn al-Moussayyib que si le fœtus expulsé a atteint l’âge de quatre mois, la prière funéraire doit être accomplie pour lui.

La prière funéraire pour le suicidé, le fraudeur et le condamné à mort

-Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ne priait pas la prière funéraire d’une personne qui s’était suicidée.

-Il ne priait pas non plus la prière funéraire de celui qui s’était approprié une part du butin.

-Il existe une divergence quant à savoir s’il a accompli la prière funéraire d’une personne condamnée à mort. Bien que le Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) n’ait pas prié sur les endettés, les suicidés et ceux qui s’étaient approprié une part du butin, il ordonnait aux Compagnons de le faire. Les juristes ont dit que la prière funéraire devait être accomplie pour tout musulman. -Fiqh al-Sunna, tome 1.]

Accompagner le cercueil était une pratique du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : après avoir accompli la prière funéraire d’un défunt, il accompagnait le cercueil jusqu’à la tombe. À ce moment-là, il marchait à pied devant le cercueil.

Après son décès, la Sunna des califes bien guidés était également celle-ci.

-Il instaura également la règle selon laquelle ceux qui accompagnent le cercueil à bord d’un véhicule doivent rester derrière lui. Quant à ceux qui l’accompagnent à pied, ils doivent se tenir autour du cercueil, à proximité de celui-ci : devant, derrière, à droite et à gauche.

-Il ordonnait d’avancer rapidement avec le cercueil. C’est pourquoi les Compagnons se dirigeaient rapidement vers la tombe en portant le cercueil.

La lenteur adoptée de nos jours pour se rendre à la tombe avec le cercueil est une innovation blâmable, répréhensible, contraire à la Sunna et une pratique suivie par les juifs et les chrétiens. Lorsqu’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) voyait quelqu’un marcher lentement avec le cercueil, il levait son bâton contre lui et disait : « N’as-tu pas vu à quelle vitesse nous avancions avec le cercueil en compagnie du Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ? »

-Lorsque le Messager d’Allah (s.a.s.) se rendait vers la tombe en accompagnant le cercueil, il marchait à pied. Il disait : « Les anges marchent à pied ; comment pourrais-je me déplacer sur une monture ? »

-Après avoir enterré le défunt, il lui arrivait de revenir à pied et il lui arrivait aussi de revenir sur une monture.

Il ne s’asseyait pas avant que le défunt ne soit déposé à terre avec le cercueil.

La prière funéraire en l’absence

De nombreux musulmans étant morts en différents endroits éloignés, la prière funéraire n’avait pas été accomplie pour eux. Il est rapporté par une source authentique qu’après la mort du roi Négus, le Messager d’Allah (s.a.s.) accomplit pour lui la prière funéraire en l’absence. Trois avis se sont formés à ce sujet.

1. Selon un avis, le Messager d’Allah (s.a.s.) a institué la prière funéraire en l’absence. Ainsi, accomplir cette prière pour un défunt éloigné est une sunna pour la communauté. C’est l’avis de l’imam al-Châfi‘î, qu’Allah lui fasse miséricorde. Selon une narration, c’est également l’avis de l’imam Ahmad.

2. Les imams Abû Hanîfa et Mâlik, qu’Allah leur fasse miséricorde, ont dit que la prière funéraire en l’absence que le Messager d’Allah (s.a.s.) a accomplie pour le Négus lui était exclusivement particulière. Elle ne s’applique pas aux autres. Il n’est pas établi que le Messager d’Allah (s.a.s.) ait accompli une prière funéraire en l’absence pour quelqu’un d’autre que le Négus. La preuve qu’il l’a accomplie n’est rapportée qu’une seule fois, tandis que les preuves de son omission sont nombreuses. Ainsi, accomplir la prière funéraire en l’absence est une sunna, tout comme ne pas l’accomplir est également une sunna.

3. Selon l’imam Ibn Taymiyya, la meilleure manière de procéder à cet égard est la suivante : si quelqu’un meurt dans un endroit où la prière funéraire n’a pas été accomplie pour lui, il faut accomplir pour lui la prière funéraire en l’absence. C’est ainsi que le Prophète (s.a.s.) a accompli la prière funéraire pour le Négus, car celui-ci était mort dans un pays non musulman et aucune prière funéraire n’avait été accomplie pour lui. En revanche, si quelqu’un meurt dans un endroit où la prière funéraire a été accomplie pour lui, il ne faut pas accomplir de prière funéraire en l’absence pour lui, car l’obligation qui incombait aux musulmans d’accomplir sa prière funéraire a déjà été remplie. Le Prophète (s.a.s.) a tantôt accompli la prière funéraire en l’absence, tantôt délaissé cette pratique. Ainsi, l’accomplir comme ne pas l’accomplir sont tous deux des sunna. Les circonstances dans lesquelles il l’a accomplie étaient différentes de celles dans lesquelles il ne l’a pas accomplie.

Autres points concernant l’inhumation et la tombe

— Lorsque le défunt était placé dans la tombe, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prononçait ces paroles :

(Arabe**************)

Sens : « Au nom d’Allah, avec foi en Allah et selon la voie du Messager d’Allah, nous l’inhumons. »

Une autre narration rapporte qu’à ce moment-là, le Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prononçait la phrase suivante :

(Arabe*******************)

Sens : « Au nom d’Allah, dans la voie d’Allah et selon la voie du Messager d’Allah, nous l’inhumons. »

— Il est également rapporté qu’après avoir placé le défunt dans la tombe, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah sur lui) prit lui-même de la terre et la déposa dans la tombe. Il en déposa trois poignées. On commençait à mettre la terre du côté de la tête.

Une fois l’enterrement terminé, il se tenait debout sur la tombe avec ses compagnons et priait pour que le défunt soit affermi. [C’est-à-dire qu’il priait afin que le défunt puisse répondre avec fermeté aux questions posées dans la tombe.] Il demandait à ses compagnons de prier pour que le défunt soit affermi.

— Il est interdit de consolider les tombes, de les surélever et de construire au-dessus d’elles des mausolées ou des coupoles. Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) envoya Ali pour démolir ce genre de tombes.

— Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a interdit de faire des tombes des lieux de prosternation. Il a également interdit de prier en ayant une tombe devant soi.

— Il a interdit d’allumer des lampes dans les tombes.

— Il a interdit de faire des tombes des lieux de célébrations, des sanctuaires, des foires ou des lieux de rassemblement. Il a maudit ceux qui accomplissent de tels actes.

— Sa Sunna était de ne ni vénérer les tombes

ni les profaner.

— Il a interdit aux femmes de se rendre au cimetière pour visiter les tombes. Il a maudit celles qui le font.

-Lorsque le Messager d’Allah (S.A.W.) visitait les tombes, il le faisait afin d’invoquer Allah en faveur de leurs occupants, de demander Sa miséricorde pour eux, de solliciter leur pardon et de se rappeler la mort.

Lors de la visite des tombes, il a demandé aux Compagnons de dire ces paroles :

(Arabe********************)

Sens : Ô habitants croyants et musulmans de ces demeures ! Que la paix soit sur vous. Si Allah le veut, nous vous rejoindrons certainement. Nous demandons à Allah de nous pardonner, à nous et à vous. »

-Il avait pour habitude de présenter ses condoléances à la famille et aux proches du défunt. Il leur demandait d’accepter le décret d’Allah et de faire preuve de patience.

[Alhamdulillah, la traduction de cet ouvrage précieux et authentifié sur la prière du Messager d’Allah (S.A.W.) s’achève ici. On ne trouve, dans la manière dont le Messager d’Allah (S.A.W.) accomplissait la prière, aucune méthode différente destinée aux femmes. Aucune preuve n’établit non plus qu’il leur ait demandé d’accomplir la prière d’une manière différente. Ainsi, conformément à la Sunna, la manière d’accomplir la prière est la même pour les hommes et les femmes.]

— Fin —